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Oubliez Zootopie 2 : cette publicité était la meilleure histoire animée de 2025... et maintenant un film se prépare !

Oubliez Zootopie 2 : cette publicité était la meilleure histoire animée de 2025... et maintenant un film se prépare !

Yoann Sardet

Yoann Sardet

Rédacteur JustWatch

Il était une fois un conte de Noël devenu un phénomène viral et global. Dès sa diffusion le 6 décembre 2025 sur TF1, Le Mal-Aimé s’est immédiatement imposé comme le chouchou des téléspectateurs français, mais plus largement des internautes à travers le monde. La planète est tombée sous le charme chaleureux et sincère de ce court métrage animé made in France, produit pour le groupe Intermarché.

« Pas facile de se faire des amis quand on les mange »

Le Mal-Aimé, c’est l’histoire d’un loup solitaire, craint par tous les animaux de la forêt et condamné à passer les fêtes de Noël tout seul, comme chaque année. « Pas facile de se faire des amis quand on les mange », comme le souligne la tagline qui barre l’affiche du film. En changeant de régime (plus de viande, vive les légumes !) et en découvrant les bienfaits d’une alimentation variée, l’animal va non seulement devenir un fin gourmet et un cordon-bleu, mais également trouver sa place à la grande tablée de ses voisins des bois.

En à peine 2mn30, on se retrouve embarqué dans cette histoire simple, universelle et touchante, imaginée par Romance Agency, Divine Productions et Illogic Studios (déjà aux manettes de publicité Guerlain et Oasis remarquées). Et surtout très belle, avec une ambiance forestière et enneigée particulièrement réussie, et des personnages immédiatement attachants. Inspirés par les dessins de l’illustratrice Wiebke Rauers, une équipe de 70 personnes a travaillé pendant plus de 6 mois sur ce court métrage ambitieux, garanti sans intelligence artificielle.

Plus d’un milliard de vues !

La force du film, c’est d’embrasser son statut de court métrage avant sa mission de publicité. Le Mal-Aimé raconte avant tout une histoire, un conte animé bienveillant qui illustre la petite fable racontée par un tonton attentionné à son neveu au pied du sapin (une séquence en prises de vues réelles tournée par Nadège Loiseau), alors que l’enfant s’ennuie à cette tablée d’adultes bruyants. Comme dans les précédentes tentatives -toujours très réussies- d’Intermarché, on plonge dans un récit qui se raccroche à l’enseigne seulement dans ses dernières secondes, de manière sobre et engageante (« On a tous une bonne raison de commencer à mieux manger »).

Ce qui aurait pu n’être qu’un triomphe franco-français dépasse rapidement nos frontières. Au-delà des canaux de diffusion de la marque, des amoureux d’animation partagent ce petit french bijou sur leurs réseaux sociaux. De 20 millions de vues sur les trois premiers jours, on dépasse aujourd’hui le milliard de visionnages en ligne, alors que la chanson Le Mal-Aimé de Claude François bondit sur les plateformes de streaming. « Ce film de Noël, c'est la belle histoire de fin d'année que l'on voulait offrir aux Français. Une tranche de bonheur et de partage pour les enfants et les parents » explique Thierry Cottilard, le Président du Groupe Mousquetaires. « C'est l'essence même des fêtes. Du partage, des retrouvailles, et surtout un moment où l'on doit se retrouver autour d'une bonne table en oubliant nos différences. »

« On savait que c’était bon, mais de là à faire le tour du monde ! »

L’animation (mêlant 3D et 2D), l’approche humaine et artisanale (là où d'autres grandes marques ont versé dans le tout IA pour leur spot de Noël), ce grand loup noir aux yeux jaunes mais au coeur aimant, le message de fraternité et de bien manger, les plans savoureux sur les ingrédients et les recettes (aussi appétissants que dans Ratatouille !) la musique nostalgique et intergénérationnelle : tout est réuni pour que le film touche le monde en plein cœur malgré une accusation de plagiat et une polémique concernant la présence de poissons dans le menu.

« On savait que c’était bon, mais de là à faire le tour du monde ! » lancera le patron d’Intermarché sur le plateau du 20 heures de France 2, subjugué et même pris de court par cette « loup mania ». Un animal qui va d’ailleurs devenir la mascotte officielle des magasins, et dont les peluches seront proposées à Noël 2026, le temps de lancer une fabrication responsable et européenne. Parallèlement, fort de ce succès, les Montpelliérains de Illogic Studios ont désormais un projet encore plus ambitieux.

Après le loup… les castors !

Ce projet, c’est le film d’animation La Famille Rivière, dont nos confrères d’AlloCiné ont dévoilé en exclusivité l’histoire et un premier visuel. Accompagnés par Mandarin & Cie, la société qui a porté des succès comme OSS 117, Brice de Nice ou Potiche mais également les aventures animées Sahara et Astérix et les Vikings, le long métrage sera supervisé par Victor Caire et Lucas Navarro, déjà à l’œuvre sur Le Mal-Aimé, et toute l’équipe Illogic Studios qui y reprendra la même approche graphique que pour son loup bien-aimé.

Les animateurs y retrouveront un univers forestier, mais a priori moins enneigé -si l’on en croit la première image- en suivant une famille de castors en plein conflit de générations, dans le cadre du magnifique parc naturel de Yellowstone, aux Etats-Unis. Et même si les rongeurs seront au centre de l'histoire, on peut imaginer que le loup ne manquera pas d’y faire un petit caméo. Très prometteur (tout comme le projet Scavengers développé parallèlement chez Illogic), La Famille Rivière s’annonce comme la réponse française à Jumpers (en salles le 4 mars 2026), le prochain film d’animation des studios Pixar, lui aussi centré sur des castors.

Cocorico pour l’animation française !

Le Mal-Aimé et La Famille Rivière s’inscrivent dans la dynamique très positive que connaît l’animation française. Alors que Arco (2025) et Amélie et la métaphysique des tubes (2025) ont été nommés aux Golden Globes (en attendant les Oscars ?) et que Le Combat des Chefs (2025) et Arcane (2021-2025) ont mis en avant le savoir-faire de TAT Productions côté Gaulois et de Fortiche Production côté Runeterra sur Netflix, des projets majeurs sont en préparation.

L’adaptation de la bande dessinée Les Légendaires (2026) ouvre le bal dès le 28 janvier, en donnant vie à Danaël, Jadina, Gryf, Shimy et Razzia, alors que Astérix - Le Royaume de Nubie sera assurément l’un des films français événements du mois de décembre 2026 face à la vague Dunesday. Sans oublier, bien sûr, Super Mario Galaxy Le Film (2026), fabriqué dans les bureaux français de Illumination. Par ailleurs, les projets des sociétés hexagonales Folivari, TAT, Fortiche, La Cachette ou Mikros -pour ne citer qu’elles- devraient nous en mettre plein les yeux !

Qui est le coupable ? 8 « whodunits » à voir après À couteaux tirés !

Qui est le coupable ? 8 « whodunits » à voir après À couteaux tirés !

Maëlle Beauget-Uhl

Maëlle Beauget-Uhl

Rédacteur JustWatch

Qu’il se déroule dans un train luxueux traversant l’Europe ou dans un somptueux manoir anglais, le « whodunit », est un genre phare pour les aficionados de polar. Depuis quelques années, il connaît une renaissance sur grand écran, et tend parfois à s'éloigner du modèle classique et peut-être un peu plus old school porté au grand public des années 30 à 70 par Agatha Christie et ses romans iconiques.

Le réalisateur américain Ryan Johnson a créé sa propre saga de « whodunits » avec Knives Out / À couteaux tirés, dont le célèbre détéctive, Benoît Blanc est interpreté par avec classe et humour par Daniel Craig. Le troisième opus de cette saga, Wake Up Dead Man, est sorti en décembre sur Netflix s’installant depuis dans le top des consultations des abonné.es.

Si, comme moi, vous raffolez des histoires policières se déroulant un peu en huis clos, et mettant en scène une galerie de suspects hauts en couleurs, je vous ai préparé une liste de 8 « whodunits » à découvrir sans plus attendre.

Le Crime de l’Orient Express (1974)

Le Crime de L’Orient Express (1974) est sûrement l’un de mes films préférés sur cette liste. Réalisé par Sidney Lumet, il reste pour moi l’une des meilleures adaptations du roman d’Agatha Christie. Les prestations du cast absolument légendaire, composé notamment de Lauren Bacall, Ingrid Bergman (qui sera même récompensée d’un Oscar), Sean Connery, Anthony Perkins ou encore Jean-Pierre Cassel élèvent vraiment ce whodunit au-dessus du lot. 

J’ai également beaucoup apprécié la version de Kenneth Branagh sortie en 2017 -même si elle est souvent décriée- surtout grâce au travail de photographie et à la bande originale incroyablement mélancolique de Patrick Doyle. Point bonus pour les performances de Daisy Ridley, Michelle Pfeiffer et de Dame Judi Dench. 

Cluedo (1985)

Cluedo mais au cinéma ? C'est exactement le pari qu’a pris Jonathan Lynn en adaptant le célèbre jeu de société en un véritable « whodunit » sur grand écran. L’histoire est simple et classique : six invités, un manoir, un meurtre… et un meurtier. Madame Blanche et le Colonel Moutarde sont donc bien de la partie dans cette adaptation très agréable, drôle et à l'ambiance feutrée et mystérieuse si typique du genre.

Tim Curry ou encore Christopher Lloyd sont à l’affiche de ce film qui était déjà une énigme à résoudre, de par sa simple sortie au cinéma : en effet, le long métrage a eu droit a trois fins différentes qui étaient montrées au hasard dans chaque cinéma. Plutôt ingénieux comme stratégie marketing ! 

Coup de Théâtre (2022)

Passé relativement inaperçu lors de sa sortie, Coup de Théâtre (2022) est un « whodunit » très divertissant porté par un cast incroyable, composé notamment de Saoirse Ronan, Sam Rockwell, Adrien Brody, Ruth Wilson et Harris Dickinson. Le film fonctionne comme une sorte de mise en abîme très originale et habile, puisqu’il met en lumière la pièce de théâtre La Souricière, écrite par la reine du crime elle-même, Agatha Christie.

L'histoire se déroule dans les années 50, dans un théâtre londonien dans lequel est jouée la pièce de théâtre à succès. Alors que les comédiens célèbrent la centième représentation, Leo Kopernik, un réalisateur travaillant sur une adaptation cinématographique de la pièce, est retrouvé mort sur scène. Qui est le coupable ? La réponse en 1h38mn d’enquête !

Mystère à Venise (2023)

Le troisième opus de la saga Hercule Poirot portée à l'écran par Kenneth Branagh mérite le détour, ne serait-ce que pour sa photographie et son atmosphère envoûtante et mystérieuse. Agatha Christie avait su mêler le roman policier avec des éléments d’horreur dans son œuvre originale, et le cinéaste a également su instiller une ambiance digne de celle d’une histoire de fantôme dans son adaptation -qui n’en reste pas moins assez libre.

Dans Meurtre à Venise (2023), le célèbre détective Belge se retrouve donc face à ses démons et en proie au doute alors que son pragmatisme et sa logique légendaire et sans faille se retrouvent mis à lourde épreuve face à un nouveau crime -a priori- impossible à élucider.

Gosford Park (2001) 

Robert Altman a réalisé l’un de ses meilleurs films avec Gosford Park (2001), un crime mystère aux allures de Downton Abbey et Maîtres et Valets -pour les fans des séries d'époque britanniques. D’ailleurs, c’est Julian Fellowes, le créateur de Downton Abbey qui a écrit ce long métrage dont le scénario lui vaudra un Oscar.

Maggie Smith, Michael Gambon, Kristin Scott Thomas, Charles Dance -la crème de la crème du cinéma British- se retrouvent donc dans le splendide manoir de Gosford Park entre amis puis… un meurtre est commis, comme dans tout bon huis clos qui se respecte. Le film est un classique à découvrir sans tarder si vous êtes fan du genre !

Témoin indésirable (1984) 

Donald Sutherland et Faye Dunaway (d'emblée, ça donne envie !) mènent avec virtuosité cette adaptation de l’une des meilleures histoires d’Agatha Christie (à mon humble avis), dans laquelle un homme accusé du meurtre de sa mère meurt en prison, bien qu’il air toujours nié les faits. Quelques années après le drame, un homme apparaît au domicile familial et clame être le seul alibi permettant de prouver l'innocence de l'accusé. La famille nombreuse se rend alors compte qu’il y a encore une possibilité que le meurtrier soit encore parmi eux… 

Loin des polars un peu plus cosy ou mystérieux d'Agatha Christie, Témoin indésirable (1984) opte pour un ton beaucoup plus sombre et centré sur la psychologie des personnages. Et je le recommande fortement !

La Maison Biscornue (2017)

La Maison Biscornue (2017) est également l’un des romans d’Agatha Christie les plus sous-estimés. Et c’est d'ailleurs l’un de deux romans qu’elle préférait, avec Témoin indésirable ! Glenn Close ou encore Gillian Anderson sont à l'affiche de cette adaptation encore une fois beaucoup plus sombre et plus ancrée sur la psychologie et les dynamiques malsaines d’une famille particulièrement étrange.

N'ayant jamais lu La Maison Biscornue, je dois avouer que la fin du film m’avait réellement marqué puisque cette fois-ci, je n’avais vraiment pas vu venir le plot twist ! Même si le film souffre parfois de quelques problèmes de rythme, la photographie et l'étude psychologique des personnages seront suffisants pour vous convaincre d'ajouter cette adaptation à votre watchlist. 

The Thursday Murder Club (2024)

L’un des derniers « whodunits » en date de Netflix, The Thursday Murder Club (2024), est un film très divertissant, drôle, charmant. Et bien qu’il s’agisse de résoudre une affaire de meurtre, cette adaptation de la série de romans à succès de Richard Osman, réalisée par Chris Columbus, se situe plus du côté des cosy mysteries à découvrir près d’un feu de cheminé avec une tasse de thé. 

Helen Mirren, Pierce Brosnan, Ben Kingsley et Celia Imrie mènent l'enquête avec brio et charisme (rien d'étonnant avec un casting pareil !) en formant le Thursday Murder Club, jusqu'au jour où une véritable enquête prend des proportions plus graves et potentiellement plus dangereuses pour eux.

Nous l’avions prédit : Dunesday sera bien le Barbenheimer de 2026 !

Nous l’avions prédit : Dunesday sera bien le Barbenheimer de 2026 !

Maëlle Beauget-Uhl

Maëlle Beauget-Uhl

Rédacteur JustWatch

Le 3 janvier dernier, pour JustWatch, je vous avais préparé un petit récapitulatif des blockbusters les plus attendus de 2026, qui sera une année phare pour le box-office (et pour l’industrie), puisqu’elle signera le retour de deux des plus grosses franchises actuelles sur grand écran.

Le 16 décembre, le box-office va trembler !

Du côté de Warner, le troisième volet de la saga Dune, réalisée par Denis Villeneuve, plongera à nouveau les spectateurs dans les paysages désertiques d’Arrakis. Quant aux studios Marvel/Disney, ils orchestreront le grand retour des Avengers dans Doomsday, la nouvelle entrée du MCU qui s’annonce déjà comme étant l'événement immanquable de Noël.

Si sur le papier, les deux franchises n’ont rien à voir l’une avec l’autre, c’est leur date de sortie identique, fixée au 16 décembre 2026 en France (et le 18 décembre outre-Atlantique), qui propulse déjà la sortie de ces deux blockbusters au sommet des meilleures campagnes marketing cinéma de 2026.

Les studios Warner avaient annoncé en décembre 2025 qu’ils ne changeraient pas la date de sortie de Dune 3 : il semblerait que le studio soit extrêmement confiant quant au succès de ce troisième chapitre. Pour rappel, Dune 2 avait dominé le box-office pendant plusieurs semaines à sa sortie en février 2024, en cumulant plus de 500 millions de dollars à l’international, surpassant ainsi les chiffres déjà impressionnants du premier volet.

Dunesday, le nouveau Barbenheimer ?

C’est dans ce même article que je prophétisais l'arrivée du terme « Dunesday », emboitant directement le pas à la folie marketing -et extrêmement divertissante- qu’avait été « Barbenheimer » à l'été 2023. Avec cette date de sortie partagée, les deux studios peuvent très bien jouer sur une promotion croisée, à l’instar de Universal et Warner qui l’avaient déjà fait à la sortie de Oppenheimer de Christopher Nolan et du Barbie de Greta Gerwig le même jour, créant ainsi un véritable phénomène culturel.

Les spectateurs n'avaient d’ailleurs pas été divisés. Au contraire même. C'était pour beaucoup l’occasion de faire une double-séance cinéma le même jour, ou bien de porter des tenues à l’effigie du « Barbenheimer », croisements entre les tenues de Margot Robbie et Cillian Murphy créées et vendues partout sur internet à cette occasion.  

« Barbenheimer » représentait la définition même du blockbuster d'été, une saison qui, nous le savons bien, est très propice à des résultats explosifs au box-office. Mais la période des fêtes de fin d'année est aussi généralement très favorable à l'industrie cinématographique, surtout pour des blockbusters de cette envergure. Warner, ayant déjà été témoin de ce succès croisé en 2023, aurait donc tout intérêt de surfer à nouveau sur cette vague, mais cette fois en se retrouvant en gentille compétition avec Marvel. 

Robert Downey Jr. et Timothée Chalamet son partants !

D’autant que les acteurs eux-mêmes vont pouvoir participer au discours « Dunesday », comme les stars de « Barbenheimer » l'avaient fait à l'époque, avec une bienveillance évidente. D’ailleurs, Robert Downey Jr. lui-même a annoncé lors d’un échange public aux côtés de Timothée Chalamet (les deux acteurs étant les stars de Doomsday et de Dune), après une projection de Marty Supreme (2025), qu’ils allaient officiellement commencer à parler du « Dunesday » comme successeur au « Barbenheimer ».  

Il y a de la place pour tout le monde au box-office, et plus que jamais dans les salles obscures, qui auront besoin de tout le soutien possible ces prochaines mois après des résultats en demi-teinte en 2025. N'oublions pas que le véritable gagnant dans cette histoire, c’est cet art magnifique qu’est le cinéma. Personnellement, je sais déjà où je me trouverai le 16 décembre 2026… Alors comme dirait Tom Cruise, « See you at the movies ! »

Scarlett Johansson n’est plus la championne du box-office mondial : qui l’a remplacée au sommet du classement ?

Scarlett Johansson n’est plus la championne du box-office mondial : qui l’a remplacée au sommet du classement ?

Yoann Sardet

Yoann Sardet

Rédacteur JustWatch

À Hollywood, il y a plusieurs façons de « classer » les stars du grand écran. Par un affect totalement subjectif (on le fait toutes et tous). Par longévité (Clint Eastwood, par exemple, a traversé 8 décennies de cinéma). Par filmographie (qui de Damon, Cruise ou DiCaprio a tourné avec le plus grand nombre de cinéastes majeurs ?). Par récompenses (avec Meryl Streep ou Katharine Hepburn comme icônes).

Et, aussi, à travers l’objectivité du box-office, en additionnant les recettes mondiales de tous les films dans lesquels une actrice ou un acteur s’est illustré.e durant sa carrière.

Zoe Saldaña, la femme qui valait 15 milliards

C’est le classement que propose régulièrement le site spécialisé www.the-numbers.com, qui vient justement de mettre à jour sa liste, bouleversée par la sortie récente de Avatar : de feu et de cendres (2025). Même si le troisième volet de la saga Na’vi de James Cameron marche bien moins que ses prédécesseurs au box-office, il a tout de même engrangé 1,2 milliards de dollars de recettes à l’heure où j’écris ces lignes. De quoi nourrir la « cagnotte » impressionnante de Zoe Saldaña, qui devient donc la star la plus lucrative de l’Histoire du cinéma, devant Scarlett Johansson qui laisse échapper son trône pour « quelques » millions.

En 33 longs métrages -the-numbers.com ne compte que les rôles principaux pour ce classement-, dont Avatar (2,9MM$), Avengers : Endgame (2,7MM$), Avatar : La Voie de l’eau (2,3MM$), Avengers : Infinity War (2MM$), la trilogie des Gardiens de la Galaxie (2,4MM$) ou la trilogie Star Trek (1,1MM$), la comédienne américaine a généré 15,4 milliards de dollars de recettes avec une insolente moyenne par film de 468 millions de dollars de recettes ! Et, à 47 ans à peine, il lui reste de nombreuses années de carrière pour faire grossir le pactole. Mais aussi pour alterner les genres.

En effet, si ces succès pourraient la réduire à une icône de la science-fiction et de la pop culture, rappelons que Zoe Saldaña s’est illustrée -avec talent- dans Emilia Pérez (2024) de Jacques Audiard, Amsterdam (2022) de David O. Russell, le biopic sur Nina Simone (2016), Blood Ties (2013) de Guillaume Canet, Les Brasiers de la colères (2013) de Scott Cooper, Le Terminal (2004) de Steven Spielberg ou le premier Pirates des Caraïbes (654M$). Sans oublier les films d'animation La Légende de Manolo (2014), My Little Pony : le film (2017), Monsieur Link (2019, Vivo (2021) et Elio (2025)... et l’incontournable Crossroads (2002) où elle jouait l’une des deux copines de Britney Spears durant son road-trip.

« Puisse une autre femme battre le record ! »

Zoe Saldaña a pris la parole sur ses réseaux sociaux, dans une vidéo tournée depuis son salon et extrêmement sympathique, touchante et humble, à son image, pour saluer celles et ceux qui l’ont accompagnée sur la route de ce record historique. Avec un beau message de sororité en conclusion : 

« Je tiens à exprimer ma plus sincère gratitude pour le parcours extraordinaire qui m'a permis de devenir aujourd'hui l'actrice de cinéma la plus lucrative de tous les temps. Un succès rendu possible uniquement grâce aux franchises incroyables et aux collaborateurs dont j'ai eu la chance de faire partie. »

« À tous les réalisateurs qui m'ont fait confiance, merci. J.J. Abrams, Joe et Anthony Russo, James Gunn et surtout, merci à James Cameron d'avoir cru en mon potentiel, d'avoir vu en moi quelque chose que je ne voyais pas toujours, et de m'avoir toujours poussée à me surpasser. Ta foi, tes conseils et ta vision façonnent non seulement ces films, mais aussi l'artiste que je suis. »

« Et à tous les fans du monde entier, merci. Merci ! Votre soutien indéfectible, votre passion et votre fidélité sont le véritable fondement de ce succès. Rien de tout cela n'aurait été possible sans votre présence constante, votre enthousiasme et votre dévouement. Cette réussite est la nôtre à tous, et je vous en suis profondément reconnaissante et infiniment touchée. »

« Puisse une autre femme battre le record ! »

Le Top 25 des stars les plus lucratives selon the-numbers.com

Le classement proposé par www.the-numbers.com ne s’attache donc qu’aux rôles principaux ou importants au sein d’un ensemble cast (film de groupe), et écarte donc les seconds rôles, participations réduites ou même caméos. Dès lors, le classement est évidemment trusté par une grande partie des talents de l’écurie Marvel, qui ont pu reprendre leurs costumes iconiques à de multiples occasions au sein du MCU. On notera d'ailleurs que l'ensemble des Gardiens de la Galaxie figurent dans ce Top 25 !

1. Zoe Saldaña : 15,47 milliards de dollars - 33 films - 468 millions de dollars / film

2. Scarlett Johansson : 15,4 milliards de dollars - 36 films - 427 millions de dollars / film

3. Samuel L. Jackson : 14,6 milliards de dollars - 70 films - 208 millions de dollars / film

4. Robert Downey Jr. : 14,3 milliards de dollars - 45 films - 318 millions de dollars / film

5. Chris Pratt : 14,1 milliards de dollars - 28 films - 504 millions de dollars / film

6. Tom Cruise : 12,6 milliards de dollars - 45 films - 281 millions de dollars / film

7. Chris Hemsworth : 12,1 milliards de dollars - 31 films - 393 millions de dollars / film

8. Vin Diesel : 12 milliards de dollars - 28 films - 430 millions de dollars / film

9. Chris Evans : 11,48 milliards de dollars - 29 films - 396 millions de dollars / film

10. Dwayne Johnson : 11,46 milliards de dollars - 41 films - 279 millions de dollars / film

11. Bradley Cooper : 11,3 milliards de dollars - 30 films - 379 millions de dollars / film

12. Tom Hanks : 10,9 milliards de dollars - 58 films - 188 millions de dollars / film

13. Johnny Depp : 10,3 milliards de dollars - 54 films - 191 millions de dollars / film

14. Tom Holland : 9,9 milliards de dollars - 18 films - 553 millions de dollars / film

15. Mark Ruffalo : 9,8 milliards de dollars - 26 films - 380 millions de dollars / film

16. Emma Watson : 9,2 milliards de dollars - 16 films - 580 millions de dollars / film

17. Will Smith : 9,02 milliards de dollars - 37 films - 243 millions de dollars / film

18. Don Cheadle : 9 milliards de dollars - 24 films - 375 millions de dollars / film

19. Dave Bautista : 8,8 milliards de dollars - 33 films - 267 millions de dollars / film

20. Jeremy Renner : 8,7 milliards de dollars - 20 films - 439 millions de dollars / film

21. Josh Brolin : 8,6 milliards de dollars - 28 films - 308 millions de dollars / film

22. Harrison Ford : 8,5 milliards de dollars - 43 films - 199 millions de dollars / film

23. Karen Gillan : 8,44 milliards de dollars - 19 films - 444 millions de dollars / film

24. Daniel Radcliffe : 8,42 milliards de dollars - 27 films - 312 millions de dollars / film

25. Elizabeth Olsen : 8,3 milliards de dollars - 21 films - 398 millions de dollars / film

Et en France ?

Contrairement aux Etats-Unis, dont les classements basés sur des cumuls de recettes peuvent évoluer selon les fluctuations du dollar et de l’inflation, le box-office français se base sur les entrées. Un indicateur stable et donc clairement très fiable pour déterminer quels films, cinéastes et stars attirent le plus grand nombre de spectateurs et de spectatrices dans nos salles. C’est ainsi que Titanic (21 772 257 entrées), Bienvenue chez les Ch’tis (20 438 757 entrées) et Intouchables (19 479 088 entrées) trustent le podium des plus gros succès de tous les temps dans l’Hexagone.

Qu’en est-il des acteurs et actrices ? Nous avons consulté cbo-boxoffice.com, la référence des chiffres du cinéma en France. Et le champion n’est autre que Louis de Funès, qui a enregistré plus de 220 millions d’entrées durant sa carrière, en portant haut les couleurs de la comédie française. On constate d’ailleurs que les comédien.nes hexagonaux dominent le classement, le premier talent étranger (et Française d'adoption) étant Romy Schneider à la 29e place, avec près de 85 millions d’entrées. Zoe Saldaña émerge quant à elle à la 60e place du classement avec 69 millions de billets vendus depuis le début de sa carrière.

Top 5 du plus grand nombre d’entrées au box-office France pour un acteur français :

1. Louis de Funès : 220 423 120 entrées (77 films)

2. Fernandel : 198 109 105 entrées (71 films)

3. Gérard Depardieu : 197 774 550 entrées (151 films)

4. Bourvil : 181 115 757 entrées (54 films)

5. Bernard Blier : 164 044 066 entrées (104 films)

Top 5 du plus grand nombre d’entrées au box-office France pour une actrice française :

1. Annie Girardot : 93 460 305 entrées (78 films)

2. Catherine Deneuve : 93 197 804 entrées (129 films)

3. Jeanne Moreau : 89 582 082 entrées (98 films)

4. Michèle Morgan : 87 875 250 entrées (45 films)

5. Danièle Darrieux : 83 241 062 entrées (69 films)

Top 5 du plus grand nombre d’entrées au box-office France pour un acteur étranger :

1. Harrison Ford : 82 162 432 entrées (46 films)

2. Anthony Quinn : 80 789 055 entrées (58 films)

3. John Wayne : 80 598 892 entrées (74 films)

4. Charlton Heston : 77 628 540 entrées (47 films)

5. Tom Cruise : 76 990 124 entrées (41 films)

Top 5 du plus grand nombre d’entrées au box-office France pour une actrice étrangère :

1. Romy Schneider : 84 946 962 entrées (59 films)

2. Zoe Saldaña : 69 414 366 entrées (28 films)

3. Emma Watson : 64 927 278 entrées (18 films)

4. Gina Lollobrigida : 59 884 243 entrées (33 films)

5. Claudia Cardinale : 59 754 747 entrées (61 films)

  • 28 ans plus tard et 6 apocalypses qui ont ravagé la Grande-Bretagne

    28 ans plus tard et 6 apocalypses qui ont ravagé la Grande-Bretagne

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Quand l’Apocalypse frappe, elle ne se concentre pas uniquement aux Etats-Unis. On pourrait le croire, alors que l’essentiel des productions relevant du post-apo se déroulent outre-Atlantique (et un peu en Australie avec la saga Mad Max). Ce serait oublier que ce sous-genre de la science-fiction touche aussi le reste du monde. Et notamment la Grande-Bretagne.

    Alors que Le Temple des morts (2026) nous invite à explorer plus en profondeur un archipel en quarantaine où rôdent infectés et sectes satanistes, JustWatch vous embarque en terre britannique, à la rencontre de quelques œuvres post-apocalyptiques marquantes. Zombies ou dystopies, il y en a pour tous les goûts. Suivez le guide !

    28 jours/semaines/années plus tard

    Quand Danny Boyle dévoile 28 jours plus tard (2002), il dynamite le film de zombies en proposant des infectés (et non plus des morts-vivants) qui courent vite. Très vite. Trop vite. Il propose aussi une iconographie puissante, celle d’une Angleterre dévastée et désertée, qu’il s’agisse du centre de Londres (cette image de Cillian Murphy seul sur le pont de Westminster, face à Big Ben, est mémorable), d’une banlieue résidentielle ou d’une autoroute vidée de tout véhicule. Dans 28 semaines plus tard (2007), la tentative de nettoyer et repeupler la City tourne court quand la contamination reprend chez les survivants. Avec là encore, des plans très marquants de la ville. Et dans 28 ans plus tard (2025) et sa suite, la dimension post-apocalyptique est poussée plus loin encore avec une Grande-Bretagne désormais maintenue en quarantaine, où la vie s’est organisée entre petites communautés de survivants, bandes sectaires ultraviolentes (les « Jimmy’s » menés par Jack O’Connell) et infectés peuplant les bois sous la domination d’Alphas terrifiants de force et de rage. Qu’on se le dise, cette apocalypse fait aussi peur qu’elle est fascinante. Vivement le dernier film !

    Shaun of the Dead (2004)

    Quand Londres n’est pas envahie d’infectés, ce sont les zombies qui s’invitent dans les rues et les pubs de la ville ! Heureusement, ils sont lents et pas très malins, ce qui permet au réalisateur Edgar Wright de s’amuser (et nous amuser) avec le genre. A la lisière de l’hommage et de la parodie, comme a pu le faire le génial Galaxy Quest (1999) avec la science-fiction, Shaun of the Dead (2004) est un film vraiment réjouissant, qui confronte deux buddies (Edgar Wright et Nick Frost) à une apocalypse de morts-vivants. Eux qui étaient globalement effacés, coincés dans une vie sans relief, vont se révéler en héros pour sauver leurs amis et leur famille. Du moins une partie d’entre-eux. Au-delà des vannes, des gags et des situations improbables (ah, cette scène du lancer de vinyles…), ce premier volet de la Cornetto Trilogy -composée de Shaun of the Dead, Hot Fuzz et Le Dernier pub avant la fin du monde- respecte tous les codes du genre et nous plonge dans une banlieue post-apocalyptique crédible. Il se permet même d’être, à certains moments, extrêmement touchant. Bref, c’est un incontournable de l’apocalypse Made in England, à poursuivre avec l’étonnante série Dead Set (2008) qui croise invasion de zombies et… téléréalité avec un sens de la satire qui aurait plu à Romero !

    Les Fils de l’homme (2006)

    Nous sommes en 2027 (c’est dans moins d’un an, préparez-vous !), et l’Humanité est confrontée à une information bouleversante : dans ce monde devenu stérile, la plus jeune personne vient de s’éteindre à l’âge de 18 ans. Voici planté le décor des Fils de l’homme (2006), qui propose une dystopie résolument déprimante, un monde au bord du gouffre où le Royaume-Uni est devenu un état totalitaire traquant les réfugiés. Ici, le futur est sale, cabossé, usé. A l’image du anti-héros Clive Owen, qui traverse cette société sans espoir avec cynisme et détachement depuis la mort de son fils. Au-delà de ses plans-séquence ahurissants (l’embuscade de la voiture et l’attaque du camp sont des monuments du genre), le long métrage d’Alfonso Cuarón nous plonge dans un futur sombre et délabré, proche de ceux montrés dans La Route (2009), Snowpiercer (2013) ou Sans un bruit (2018). Un univers que l’on comprend par des petits détails dans les rues, les bâtiments, les décors, les accessoires. Ici, tout semble à deux doigts l’effondrement, et après tout cela se comprend : pourquoi entretenir un monde voué à s’éteindre ? L’espoir va pourtant venir d’une réfugiée, première porteuse d’un bébé depuis de nombreuses années…

    Doomsday (2008)

    Si Doomsday (2008) vous rappelle Mad Max 2 (1982) , New York 1997 (1981) et 28 jours plus tard (2002), c’est normal ! Et même assumé par le réalisateur Neil Marshall qui a recyclé toutes ses influences post-apo préférées pour mettre en scène une Grande-Bretagne futuriste où l’Ecosse est devenue une zone de non-droit, murée par des parois bétonnées de dix mètres de haut pour contenir un virus mortel apparu à Glasgow. Quand la contamination se répand à Londres, une escouade est envoyée au-delà de l'enceinte pour tenter de trouver des éléments susceptibles de créer un vaccin… Dans cet univers, inspiré au réalisateur par sa jeunesse près des ruines du mur d’Hadrien (qui séparait la province romaine de Bretagne du territoire picte), deux factions font la loi : des pillards punks et cannibales, et des survivants organisés comme une confrérie de chevaliers moyenâgeux. Au croisement du anti-héros borgne Snake Plissken et des héroïnes badass de The Descent (2005), le major Eden Sinclair (Rhona Mitra) va tenter d’y survivre tout en menant sa mission à bien dans une série B assumée qui rappelle un peu la vibe de films comme Cyborg (1989) ou 2019 après la chute de New York (1983).

    The Last Girl – Celle qui a tous les dons (2016)

    The Last Girl – Celle qui a tous les dons (2016), c’est un peu le The Last of Us (2023-) version britannique. Avec moins d’ambition et de réussite toutefois (côté maquillages notamment, c’est un peu brouillon). Mais le long métrage, où s’illustrent notamment Glenn Close, Paddy Considine et Gemma Arterton, est intéressant à découvrir de ce point de vue comparatif, puisqu’il met aussi en scène une épidémie fongique qui transforme les êtres humains en créatures affamées de chair fraîche. Jusque-là rien de très nouveau me direz-vous, mais l’originalité de l’approche réside dans les enfants, représentés par Sennia Nanua, une infectée de deuxième génération qui a conservé ses émotions et sa capacité de raisonnement. Dans une Londres ravagée, où elle est escortée par un groupe de scientifique et de militaires, elle comprend dès lors -et nous avec- que l’avenir appartient désormais à ces enfants-hybrides. Et le dénouement montre que le réalisateur Colm McCarthy et le scénariste Mike Carey (qui adapte son propre livre) ont finalement mieux compris Je suis une légende de Richard Matheson (mon roman préféré) que le film avec Will Smith (2007).

    Threads (1984)

    Au moment de sa diffusion sur la BBC, le 23 septembre 1984, Threads (1984) a terrifié les 7 millions de téléspectateurs branchés devant leur poste. Il faut dire que le réalisateur Mick Jackson a opté pour une approche quasi-documentaire pour explorer l’hypothèse d’une attaque nucléaire sur le Royaume-Uni, et en particulier sur la ville ouvrière de Sheffield. On est ici très loin de l’ambiance joyeuse de The Full Monty (1997), l’autre production majeure qui a pris la cité pour espace de fiction : le réalisme cru de Threads est glaçant, et le film s’attarde, à travers le destin de deux familles, autant sur ce qui précède l’explosion (la montée des tensions, la panique…) que sur l’après et l’hiver nucléaire qui englobe le monde sur plusieurs années. Extrêmement pessimiste, le long métrage est aussi très immersif et dépeint une société effondrée où l’espoir a laissé place à la survie. Et à la mort. Basé sur des recherches poussées au niveau militaire, scientifique, médical, économique, sociologique et psychologique, Threads a été considéré comme le film le plus perturbant jamais vu à la télévision britannique, et a dès lors été très peu rediffusé sur petit écran. Il fait notamment écho au film américain Le Jour d’après (1983), mais aussi au documentaire The War Game (1966) de Peter Watkins.

    Terre brûlée (1970)

    Dans Interstellar (2014) Christopher Nolan dépeint une Terre en proie à l’extinction, alors que les cultures sont sur le point de disparaître. Si son film part ensuite dans l’espace intersidéral à la recherche d’une nouvelle planète, le long métrage Terre brûlée / No blade of grass (1970) reste sur notre sol et raconte les événements du point de vue britannique, alors qu’un groupe de survivants fuit Londres vers la campagne écossaise pour rejoindre une ferme potentiellement épargnée par le virus qui éradique les céréales et les plantes. Un peu daté et porté par des ficelles narratives pas très subtiles, le film de Cornel Wilde a toutefois le mérite d’être l’un des premiers à montrer une société au bord de l’effondrement. Dans cet univers sur le point de basculer mais déjà abandonné à la loi des plus forts, il y a une ambiance désenchantée et nihiliste qui rappelle beaucoup celle du premier Mad Max (1979). Les paysages anglais sont ici très bien utilisés pour retranscrire le roman de John Christopher et sa décadence civilisationnelle brutale et sans concession. Le film, porté par une morale ambiguë (mais la morale a t-elle encore sa place dans ce monde d’après ?), est à poursuivre avec Soleil Vert (1973) côté américain et la série française L'Effondrement (2019) qui est une claque du genre.

  • Alan Rickman : notre classement de ses 10 meilleurs rôles, de Harry Potter à Piège de Cristal

    Alan Rickman : notre classement de ses 10 meilleurs rôles, de Harry Potter à Piège de Cristal

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    C’est un visage et c’est une voix qui nous manquent beaucoup. Dix ans après sa disparition, Alan Rickman reste l’un des comédiens contemporains les plus iconiques, qui a marqué de son empreinte et de son talent toutes les œuvres auxquelles il a participé. Film d’action, saga magique, aventure moyenâgeuse, comédie galactique : il est bon -et mémorable- partout.

    Pour JustWatch, j’ai voulu partager ses rôles qui m’ont le plus marqué, entre ses débuts en 1988 et sa disparition le 14 janvier 2016, emporté par un cancer à l'âge de 69 ans. S’il venait du théâtre et des planches -où je n’ai hélas jamais eu le privilège de le voir exercer son art, Alan Rickman est donc essentiellement, pour moi, un immense acteur de cinéma. La preuve en 10 films, classés du très bon au meilleur, selon ma propre subjectivité.

    10. Harry - Love Actually (2003)

    Love Actually (2003) est l’une des comédies romantiques les plus iconiques, l’un des films de Noël les plus iconiques, l’une des Christmas RomCom les plus iconiques… Pourquoi, dès lors, ne pas la classer plus haut dans cette liste ? Question pertinente, à laquelle je répondrais qu’en tant que film-choral, où se croisent et se décroisent plusieurs destins amoureux, le long métrage de Richard Curtis n’offre pas un rôle central à Alan Rickman. Néanmoins, sur les quelques scènes qu’il partage à l’écran avec Emma Thompson, l’histoire racontée est bouleversante. Parce que réaliste, loin des codes guimauves du genre. Ou comment une mère de famille, croyant deviner en avance le cadeau de Noël prévu pour elle par son mari, découvre sous le sapin qu’il était en réalité destiné à la jeune maîtresse de ce dernier. Tout en subtilité, en non-dits et en regards fuyants, ce segment est, finalement, extrêmement juste. C’est étrange d’encenser une infidélité dans une comédie romantique, mais la manière minimaliste dont Alan Rickman incarne ce salaud ordinaire -entre lâcheté, culpabilité et égoïsme- est remarquable.

    9. Jamie - Truly, Madly, Deeply (1990)

    Au début des années 90, entre deux rôles de méchants iconiques -j’y reviendrai- Alan Rickman s’illustre dans Truly, Madly, Deeply (1991), une comédie romantique et fantastique méconnue mais qui mérite d’être redécouverte. Devant la caméra d’Anthony Minghella (futur réalisateur oscarisé du Patient anglais), il incarne un fantôme revenu s’installer chez sa fiancée (Juliette Stevenson). Envahissant, jaloux, possessif et toujours amoureux, parfois même carrément égoïste, c’est un « revenant » qui n’a jamais aussi bien porté son nom. Il incarne un amour qui ne veut jamais lâcher prise. Et qui n’accepte pas que la vie puisse continuer sans lui. Constamment sur le fil, Alan Rickman n’est ici jamais détestable mais profondément touchant, et campe un être certes charmant, sensible et tendre, mais imparfait. Au point que ses défauts, aident, finalement, son aimée à tourner la page et à poursuivre sa vie dans les bras d’un autre. On pense à Always (1989) et Ghost (1990), bien sûr, mais aussi à des œuvres plus douloureuses comme Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004) ou A Ghost Story (2017) 

    8. Le Juge Turpin - Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street (2007)

    Dans Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street (2007), transposition cinématographique de la comédie musicale de Stephen Sondheim par Tim Burton, la voix grave et traînante d’Alan Rickman fait des merveilles. Dans le costume du redoutable Juge Turpin, l’homme qui a condamné injustement son rival au bagne pour mieux courtiser sa femme, il campe une figure d’autorité corrompue, puritaine dans son image publique mais profondément perverse une fois la porte de sa riche demeure refermée. C’est même lui qui recueille la fille de Todd comme son propre enfant pour mieux l’épouser ensuite… et la reléguer dans un asile alors qu’elle refuse ses avances. D’une froideur et d’une rigidité totales, sans effet de manche, le comédien incarne l’avidité implacable d’un être amoral, protégé par son image institutionnelle. Son duo avec son meilleur ennemi, campé par Johnny Depp, sur le tableau Pretty Women est l’un des grands moments de ce musical gothique et sanglant. Pour un autre rôle en costume mais à l’opposé de l'immoralité de Turpin, vous pouvez retrouver Alan Rickman dans l’adaptation du roman Le Parfum : histoire d’un meurtrier (2006).

    7. Louis XIV - Les Jardins du Roi (2015)

    Au-delà d’avoir marqué la toute dernière apparition d’Alan Rickman sur les (grands) écrans français, Les Jardins du Roi (2015) est la seconde et ultime réalisation du comédien. Il revisite ici la manière dont Sabine De Barra (Kate Winslet) et le célèbre paysagiste royal André Le Nôtre (Matthias Schoenaerts) vont révolutionner la conception des jardins de Versailles en 1682, en livrant de merveilleuses créations comme le bosquet de Rocailles. Si la jeune femme est fictive, elle permet à Alan Rickman d’apporter une vraie modernité au propos de ce film en costumes, où il campe un monarque complexe et humain, épuisé par le poids de l’Etat, curieux de la Nature et des gens ordinaires et agacé par l’étiquette de la Cour. A ce titre, sa rencontre fortuite, sans habits ni perruque, avec Sabine donne lieu à une très jolie scène à hauteur d’homme et de femme. A l’image de ce qu’Alan Rickman souhaitait : un conte simple et intemporel. Et si vous souhaitez découvrir la première réalisation du comédien, c’était en 1997 avec L'Invitée de l'hiver où il dirigeait Emma Thompson.

    6. Le colonel Brandon - Raison et sentiments (1995)

    Emma Thompson (oscarisée pour son travail sur le scénario) et Kate Winslet donnaient déjà la réplique à Alan Rickman dans Raison et sentiments (1995), adaptation du classique de Jane Austen signée Ang Lee. Même s’il n’est ici qu’un personnage secondaire entré dans la vie des sœurs Elinor et Marianne Dashwood, il livre une interprétation habitée du colonel Brandon, un officier et homme de principe tombé sous le charme de la cadette. Tout en retenue et en subtilité, le comédien incarne cet attachement sain et cet amour silencieux, patient et solide, qui apporte à Marianne son soutien, son affection et sa présence discrète mais rassurante. C’est ce que souhaitait justement voir Emma Thompson, ravie de permettre à l’acteur de pouvoir enfin exprimer « l'extraordinaire douceur de sa nature » après avoir incarné tant de méchants flamboyants et autres ordures mémorables. Elle ne s’était pas trompée : le colonel Brandon version Alan Rickman est un personnage incontournable au sein de la galaxie d’adaptations cinéma et télévisuelles de Jane Austen.

    7. Metatron - Dogma (1999)

    Le public français ne connaît pas assez le View Askewniverse, un univers élargi imaginé par Kevin Smith bien avant le Marvel Cinematic Universe. Et c’est bien dommage ! Dans cette saga indé décalée, on retrouve Clerks (1994), Les Glandeurs (1996), Méprise Multiple (1997), Jay & Bob contre-attaquent (2001), Clerks II (2006), Jay et Bob contre-attaquent… encore (2019), Clerks III (2022) et surtout Dogma (1999). Plus gros « succès » de ce délire basé au New Jersey (30 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis, 168 000 entrées en France), ce long métrage est une comédie politiquement incorrecte autour de la religion, qui voit Matt Damon et Ben Affleck incarner deux anges renégats sur le point de détruire l’Humanité en retournant au Paradis dont ils ont été exclus. Or, si une décision de Dieu devient faillible, c’est la fin des temps. Ce n’est pas moi qui le dit, mais le Metatron, un séraphin chargé de transmettre la parole divine. Alan Rickman lui apporte sa gravité et son cynisme, avec un détachement so british qui rend chaque prise de parole de l’archange hilarante. Si vous aimez le phrasé du comédien, tendez une oreille dans H2G2 : Le Guide du Voyageur Galactique (2005) où il joue les robots dépressifs et Alice au pays des merveilles (2010) où il campe la sage chenille Absolem.

    4. Severus Rogues - la saga Harry Potter (2001-2012)

    Pour toute une génération, Alan Rickman restera Severus Rogue, professeur de potions au sein de l'École de Sorcellerie de Poudlard imaginée par J.K. Rowling. La romancière a songé au comédien dès l’écriture des premiers livres Harry Potter, et lui a même confié des éléments cruciaux sur la vraie nature des sentiments et des agissements de cette grande figure de Serpentard bien avant la sortie des derniers tomes, afin de l’aider dans son interprétation. Cette interprétation, justement, elle est parfaite : le teint cireux, le regard noir, la voix sifflante… Alan Rickman EST Rogue. Alors pourquoi ne pas le classer plus haut ? Parce que son personnage, sans doute le plus intéressant avec Sirius Black de mon point de vue, est malheureusement relégué au second plan dans la saga Harry Potter, avec une présence à peine plus centrale dans Le Prince de Sang-Mêlé (2009). Il avait d’ailleurs confié, dans des lettres révélées après sa mort, être frustré par le peu de place et d’attention accordée à Rogue/Snape au cinéma. Et je suis d’accord. 

    3. Le Shériff de Nottingham - Robin des Bois prince des voleurs (1991)

    Alan Rickman a refusé à deux reprises le rôle du Shériff de Nottingham dans Robin des Bois, prince des voleurs (1991). Et c’est avec l’assurance d’avoir carte blanche qu’il a finalement accepté de jouer ce méchant délicieusement cruel, élevé par une sorcière, et dont les envolées sont à la limite du cabotinage mais toujours parfaitement dosées. J’ai vu le film trois fois la semaine de sa sortie durant l’été 1991, et je me rappelle que j’y retournais certes pour Kevin Costner (mon idole), mais aussi beaucoup pour Alan Rickman donc je tentais d’imiter les répliques (en VF) avec mon frère sur le chemin du retour. « Je vais t’arracher le cœur avec une petite cuillère », quelle immense réplique ! Entre un psychopathe moyenâgeux et un méchant cartoonesque, le Shériff de Nottingham reste l’un des grands rôles de l’acteur, salué par le BAFTA du meilleur second rôle en 1992. Pour le voir jouer d’autres tortionnaires, je vous invite à découvrir le méconnu Closet Land (1991), sorti la même année et dans lequel il malmène Madeleine Stowe en huis clos.

    2. Alexander Dane / le docteur Lazarus - Galaxy Quest (2000)

    « Par le grand marteau de Grabthar, par les fils de Warvan, je te jure que tu auras ta vengeance. » Si vous souriez en lisant cette réplique, c’est que vous faites partie des rares personnes à avoir vu et apprécié Galaxy Quest, (1999), pépite passée totalement inaperçue au moment de sa sortie en salles (25 000 entrées, qui dit mieux ?). C’est pourtant, je crois, mon rôle préféré d’Alan Rickman. Celui d’un grand comédien de théâtre passé à côté de sa carrière à cause de son rôle dans une série de science-fiction kitsch. Le jour où des extraterrestres naïfs le kidnappent lui et ses partenaires pour mener une guerre intergalactique (ils croient que les épisodes du show sont des… documentaires historiques !), Alexander Dane va jouer le plus grand rôle de sa vie sous le maquillage improbable du Docteur Lazarus. Comédie SF à la lisière de la parodie et de l’hommage, Galaxy Quest se voit et se revoit sans modération. Pour Alan Rickman comme pour le reste de l’équipage où l’on retrouve notamment Sigourney Weaver. Elle partagera d’ailleurs l’affiche d’un autre film très réussi avec Alan Rickman : Snow Cake (2014).

    1. Hans Gruber - Piège de Cristal (1988)

    Piège de Cristal (1988) est le tout premier film tourné par Alan Rickman. Cette anecdote illustre le génie du comédien, repéré par le producteur du film alors qu’il incarnait Valmont dans Les Liaisons Dangereuses à Broadway. Il donne à Hans Gruber, chef charismatique et sophistiqué des braqueurs du Nakatomi Plaza, une classe et une prestance uniques. Braqueur dandy, aussi intelligent qu’implacable, il est, avec Bruce Willis / John McClane et la mise en scène de John McTiernan, l’un des éléments qui ont fait du long métrage un film culte, un monument du cinéma d’action et un incontournable des visionnages de Noël. Immédiatement intronisé au panthéon des méchants de cinéma aux côtés de Dark Vador et Hannibal Lecter, Hans Gruber est l’une des raisons pour lesquelles on revoit le premier Die Hard si souvent. La saga n’a d’ailleurs jamais réussi à retrouver un antagoniste du même calibre, malgré une tentative de lui inventer un frère (interprété par Jeremy Irons) dans Une journée en enfer (1995). Si vous aimez quand Alan Rickman joue de sombres personnages, jetez aussi un œil à Monsieur Quigley l'Australien (1990) où il incarne un riche propriétaire de ranch très « gruberien », ou Rasputin (1996) qui lui a valu le Golden Globe du Meilleur acteur dans une mini-série. L’un des rares prix d’une carrière pourtant immense.

  • Jonathan Cohen réalisateur du prochain Astérix ? Voici tous les films adaptés des célèbres Gaulois dans l'ordre

    Jonathan Cohen réalisateur du prochain Astérix ? Voici tous les films adaptés des célèbres Gaulois dans l'ordre

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Il y a eu l’Astérix d’Alain Chabat qui continue à faire rire dans les chaumières plus de 20 ans après sa sortie. Et il y aura -c’est désormais acté- l’Astérix de Jonathan Cohen ! L’auteur et comédien s’est vu confier sa première réalisation cinéma : l’adaptation de l’album Les Douze travaux d’Astérix.

    Actuellement en phase d’écriture, le projet suscite déjà beaucoup de curiosité. Aucun doute que l’adaptation du quadragénaire, dont l’humour absurde et référencé n’est pas si éloigné de celui de son aîné, saura s’emparer des codes de la bande dessinée iconique pour en faire un hommage aussi délirant qu’inventif.

    Le petit village d’irréductibles Gaulois n’a pas résisté longtemps à son succès : dès la fin des années 1990, Astérix et Obélix quittaient les bulles de BD pour s’incarner sur grand écran, devenant au fil des décennies l’une des franchises les plus emblématiques -et discutées- du cinéma populaire français. 

    Qui a transformé les bulles de BD en expérience de cinéma ? Pour JustWatch, je vous propose un petit tour d’horizon des adaptations en live action d’Astérix et Obélix dans l’ordre de leur sortie en salles.

    Astérix et Obélix contre César (1999)

    Premier pari du live action pour les héros gaulois, Astérix et Obélix contre César (1999) fait des personnages d’Uderzo et Goscinny des stars de cinéma, sous les traits de Christian Clavier et Gérard Depardieu. Ensemble, ils doivent retrouver leur druide Panoramix, enlevé par les Romains. 

    À la manœuvre : Claude Zidi, figure majeure de la comédie populaire française (La Boum, Les Sous-doués, L’aile ou la cuisse), qui signe ici son film le plus ambitieux en termes de budget et de production. Le spectacle est certes familial, porté par une musique signée Jean-Jacques Goldman, mais l’humour est jugé un peu daté et le rythme parfois inégal. Reste un immense succès public (près de 9 millions d’entrées).

    Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre (2002)

    Devenu l’opus le plus culte, voire LA référence, Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre (2002) est toujours resté dans les cœurs des fans de la BD. Alain Chabat y assume une patte résolument moderne, mêlant l’espièglerie d’Uderzo et Goscinny et l’humour des Nuls. Le film regorge de références, d’anachronismes et d’une liberté de ton rare dans une superproduction française. 

    Jamel Debbouze est inoubliable en Numérobis, architecte dépassé par un chantier impossible. tandis que Monica Bellucci, Gérard Darmon ou Édouard Baer complètent un casting devenu mythique. Avec plus de 14 millions d’entrées en France, le film s’impose comme la référence absolue de l’Astérix en prises de vues réelles… et un poids écrasant pour toutes les adaptations suivantes.

    Astérix aux Jeux Olympiques (2008)

    Avec Astérix aux Jeux Olympiques (2008), la saga change d’échelle — parfois à son détriment. Budget colossal de 78 millions d’euros (à l’époque le plus cher de l’histoire du cinéma français), casting dingue avec de nombreuses stars venues même pour des caméos : le film se veut une superproduction européenne capable de rivaliser avec Hollywood.

    Si le public répond présent avec 6,8 millions d’entrées en France, la critique est sévère. Humour jugé lourd, mise en scène peu inspirée, débauche de moyens sans véritable vision : le film reste l’un des opus les plus controversés de la saga, symbole d’un cinéma populaire où la démesure finit par étouffer l’esprit originel de la BD.

    Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté (2012)

    Nouvel acteur pour Astérix -Édouard Baer succède à Christian Clavier- et nouveau ton sous la direction de Laurent Tirard. Inspiré principalement de Astérix chez les Bretons, Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté (2012) adopte un humour plus absurde, parfois très british, et tente de revenir à une approche plus littéraire de l’œuvre.

    Bien écrit, le film se veut bon enfant avec un peu de potion magique de la version de Chabat. Si certaines idées séduisent, ce quatrième long métrage n’est ni une référence absolue ni un faux pas total mais une belle tentative de renouveler la formule, révélatrice des tensions entre tradition et modernité. 

    Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu (2023)

    Dernier film en date, L’Empire du Milieu (2023) marque une rupture nette. Guillaume Canet signe un scénario original pensé pour un public international, loin des albums classiques, et incarne lui-même Astérix aux côtés de Gilles Lellouche en Obélix. Direction la Chine impériale pour une aventure inédite, visuellement ambitieuse.

    Succès public massif (4,6 millions d’entrées) mais accueil critique très partagé : certains saluent l’énergie et la modernité, d’autres regrettent une perte de l’ADN d’Astérix. Une chose est sûre : le film confirme que les Gaulois restent une valeur sûre du box-office français.

    Les Douze travaux d’Astérix (prochainement)

    Prochain projet — et sans doute l’un des plus intrigants — Les Douze travaux d’Astérix marquera la première réalisation cinéma de Jonathan Cohen, dont l’expérience derrière la caméra s’étend pour l’instant aux délirantes parodies TV La Flamme (2020) et Le Flambeau (2022).

    Adapter en live action cet album culte, déjà porté à l’écran en animation en 1976, relève du défi tant le souvenir est fort chez les spectateurs. Mais l’humour absurde, l’amour des références et la liberté de ton de Jonathan Cohen laissent espérer une relecture aussi respectueuse que décalée. Peut-être, enfin, un nouveau film capable de dialoguer avec l’ombre écrasante de Mission Cléopâtre ?

  • Pluribus et les 10 meilleurs personnages de séries en 2025

    Pluribus et les 10 meilleurs personnages de séries en 2025

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Comme l’a illustré le palmarès séries des Golden Globes 2026, le cru télévisuel et streaming 2025 a livré des programmes marquants, portés par des performances majeures et des personnages iconiques. A leurs côtés, on a ri, on a pleuré, on a bingé. Et on a surtout eu la confirmation que le petit écran n’a rien à envier au cinéma quand il s’agit de proposer des protagonistes mémorables.

    Pour JustWatch, je vous propose mon panthéon personnel de ces héros/héroïnes/antihéros/antihéroïnes/méchant.es (rayez les mentions inutiles). C’est une sélection subjective -forcément- de celles et ceux qui m’ont le plus marqué cette année, et que j’ai hâte de retrouver dans de futures saisons. D’ailleurs, je me suis attaché ici uniquement à des personnages issus de saisons 1... et j’ai donc dû renoncer à intégrer le savoureux body swap entre Wednesday et Enid dans la saison 2 de Mercredi.

    Et pour mon Top 10 des personnages cinéma de 2025, c’est à voir ici.

    Zosia - Pluribus (2025-)

    Bien sûr, Carol Sturka, l’anti-héroïne misanthrope de Pluribus (2025-), est le cœur battant de la nouvelle pépite de Vince Gilligan et l’un des personnages les plus marquants de la saison 2025. Le Golden Globes décerné dimanche à Rhea Seehorn en atteste. Mais j’ai personnellement été très touché par Zosia et l’interprétation de Karolina Wydra, que les fans de True Blood (2008-2014) connaissent pour son rôle de Violet. Zosia donne un visage amical à la multitude de la ruche extraterrestre qui a contaminé l’Humanité. Et même si son plan est potentiellement machiavélique -les prochaines saisons nous en diront plus- j’ai été emporté par la bienveillance, la patience et la douceur renvoyées par cette entité venue d’ailleurs qui nous envahit en apportant paix, unité et empathie. Série disponible sur Apple TV+

    Sal Saperstein - The Studio (2025-)

    Bras droit ingérable mais attachant de son ami et patron Matt Remick (Seth Rogen) au sein d'un grand studio de cinéma, Sal Saperstein (Ike Barinholtz) est devenu le cri de ralliement incontournable des cérémonies de récompenses. Celui qu’on remercie pour son énergie, son dévouement et sa bonne humeur (on regrette d’ailleurs que ce running gag n’ait pas été répliqué dans la « vraie vie » aux Emmy Awards et aux Golden Globes). Vice-président de la production de l’hilarante The Studio (2025-), il incarne à la fois le chaos et la loyauté, l’imprévisibilité et la sécurité dans les murs de Continental Studios, et distribue à loisirs des conseils qu’il n’est pas toujours recommandé de suivre. J’ai hâte de retrouver ce « Hollywood Bro » en saison 2. Et en attendant, je tiens évidemment à remercier à mon tour Sal Saperstein. Série disponible sur Apple TV+

    L’oeil - Alien Earth (2025-)

    Dans l’univers de Alien Earth (2025-), il a été baptisé Trypanohyncha Ocellus. Ou Espèce 64. Pour ma part, je l’appelle « l'œil ». « L’oeil dégueulasse », même, mais c’est un ressenti très personnel. En s’attaquant à une série dérivée de la saga Alien, Noah Hawley a judicieusement pris conscience qu’il était difficile de surprendre -et donc de faire peur- avec un xénomorphe quelque peu essoré par Hollywood depuis son apparition en 1979. Il a donc intégré de nouvelles créatures au show, toutes vraiment creepy. Mais la plus mémorable reste assurément ce globe oculaire autonome, qui se déplace sur des tentacules et s’introduit dans le crâne de ses hôtes (humains ou… mouton !) pour les piloter. Après huit épisodes, cette entité reste encore très mystérieuse mais on perçoit nettement son intelligence cruelle. Le cliffhanger à la fin de la saison 1 promet du lourd pour la suite. Série disponible sur Disney+

    Abaddon - Haunted Hotel (2025-)

    Déjà, prenons le temps de dire que la série animée Haunted Hotel (2025-) est vraiment très sympathique. Quelque part entre SOS Fantômes, Hôtel Transylvanie, Beetlejuice et Rick et Morty, on y suit les aventures comico-surnaturelles d’une mère célibataire et de ses deux enfants, qui reprennent l’hôtel de tonton (devenu fantôme) où résident d’innombrables spectres. Cette famille recomposée est affublée d’un petit dernier, Abaddon, un démon ancestral coincé dans le corps d’un garçon de l’Amérique coloniale. Le décalage entre sa personnalité et son apparence est dès lors vraiment savoureux. Voir Abaddon s’exprimer de manière grandiloquente pour demander ses céréales ou de façon triviale quand il se lance dans un projet maléfique ou qu’il échange avec une autre entité démoniaque est vraiment ce que j’attends le plus à chaque épisode.  Je crois, au fond de moi, que j’aimerais vraiment voir une série dérivée sur Abaddon. Avec, évidemment, les voix de Jimmi Simpson et Jérémy Prévost. Série disponible sur Netflix

    « Les potages » - Des vivants (2025)

    C’est sans aucun doute la série la plus bouleversante de l’année. Et un travail d’équilibriste en termes de narration, de mise en scène et de jeu d’acteurs et d’actrices, qui réussit le pari de revisiter l'attentat terroriste survenu au Bataclan le 13 novembre 2015. En s’attachant à sept survivants retenus comme otages pendant plus de deux heures dans le couloir à l’étage de la salle de spectacle, et désormais liés par cette expérience traumatique, Des vivants (2025) parle d’humanité, de résilience, d’amitié. C’est un bijou d’empathie, où brillent, chacun.e à sa façon, les « potages » (contraction de « potes » et « otages ») Benjamin Lavernhe, Alix Poisson, Antoine Reinartz, Félix Moati, Anne Steffens, Thomas Goldberg et Cédric Eeckhout. Dans la même tonalité très humaine, je vous recommande Bref 2.0 (2025) et Empathie (2025-). Série disponible sur HBO Max

    Dr. Michael Robinavitch - The Pitt (2025-)

    En parlant d’empathie, je ne pouvais occulter The Pitt (2025-) au sein de cette sélection. La nouvelle série médicale de HBO Max est l’une des claques de l’année, plébiscitée pour son humanité et sa capacité à mettre en image le quotidien d’un système de santé américain à bout. C’est un peu, finalement, la version US de notre Hippocrate (2021-), avec un parti pris scénaristique qui utilise chaque épisode pour restituer une heure de garde d’un shift de quinze heures dans un service d’urgences de Pittsburgh. Produit par R. Scott Gemmill, John Wells et Noah Wyle, trio déjà à l'œuvre sur Urgences (1994-2009), le show met notamment en scène le Dr. Michael Robinavitch campé justement par Wyle : l’ex-John Carter brille dans ce rôle de mentor et pilier (épuisé) de l’équipe, remportant un Emmy et un Golden Globe pour son rôle. Série disponible sur HBO Max

    Ka'ahumanu - Chief of War (2025-)

    Au centre de Chief of War (2025-), flamboyante série historique qui raconte les guerres entre clans hawaïens au XVIIIème siècle, il y a Jason Momoa. Le colosse, également producteur mais aussi réalisateur sur un épisode, incarne Ka'iana, un guerrier embarqué malgré lui dans les troubles qui agitent l’archipel. Mais la série laisse la place à de nombreux autres personnages et de nouveaux visages encore peu croisés à Hollywood. Et notamment Ka'ahumanu (Luciane Buchanan, vue auparavant dans The Night Agent), épouse du roi Kamehameha dont le rôle sera central dans l’unification de Hawaï. Stratège, réfléchie, visionnaire, moderne, consciente de sa place mais n’hésitant pas à bousculer les traditions, Ka'ahumanu apporte intensité et profondeur à ce show majeur, au croisement de Vaiana, Apocalypto et Shōgun. Série disponible sur Apple TV+

    Annabarbera & Black Angus - Le Combat des chefs (2025)

    Impossible de constituer un classement des personnages de séries les plus marquants de l’année sans convier l’un des protagonistes de l’adaptation animée de Astérix & Obélix : le combat des chefs (2025) par Alain Chabat. Dans cette production française (et même toulousaine, big up à TAT Productions !) en cinq épisodes, on retrouve évidemment les Gaulois et Romains les plus iconiques des BD imaginées par Goscinny et Uderzo. Mais il y a également des petits nouveaux et petites nouvelles : Métadata (Anaïs Demoustier), Potus (Jean-Pascal Zadi), Fastanefurius (Fred Testot), Toutétobofix (Gérard Darmon), Apothika (Jeanne Balibar) ou Sucettalanix (Jamel Debbouze)... Personnellement j’ai une affection particulière pour le tandem Annabarbera & Black Angus, duo de commentateurs chargés d’animer le fameux combat des chefs. La complémentarité entre le professionnalisme de la journaliste et le goût pour la tuerie de l’ancien gladiateur est très chouette, tout comme leur disparité physique proche d’un Laurel & Hardy. Côté voix, Stefi Selma et Jérôme Commandeur sont parfaits. Autant de raisons qui font de ce binôme improbable LA première image qui me vient en tête quand on évoque la série ! Série disponible sur Netflix

    Russ Holliday / Chad Powers - Chad Powers (2025-)

    Glen Powell est la star qui monte, qui monte outre-Atlantique. La révélation de Top Gun : Maverick (2021) s’est illustrée cette année dans la nouvelle version de Running Man (2025) tout en portant la série sportive Chad Powers (2025-). Affublé d’un maquillage et d’une perruque, il incarne un quarterback arrogant tombé en disgrâce qui tente de relancer sa carrière en se faisant passer pour un autre joueur au sein d’une équipe en difficulté. Dans ce double rôle, à la fois détestable et attachant, Glen Powell -également co-créateur de la série- montre l’étendue de sa palette de jeu et confirme qu’il n’est pas seulement « le nouveau beau gosse hollywoodien ». Quelque part entre Ted Lasso, Mrs Doubtfire et Friday Night Lights, la série défend le droit à une seconde chance sous couvert de gags potaches. Avec à la clé, une nomination aux Golden Globes pour Powell. Série disponible sur Disney+

    Jamie Miller & Briony Ariston - Adolescence (2025)

    Dire que Adolescence (2025) a été une réussite, c’est un peu enfoncer une porte ouverte. Son grand chelem aux Golden Globes dimanche (quatre prix dont Meilleure mini-série) après son triomphe aux Emmy Awards en septembre dernier en est une nouvelle preuve. Le programme est évidemment une réussite chorale, portée par la justesse et l’implication des équipes devant et derrière la caméra pour livrer quatre segments en plan-séquence autour du drame qui frappe une petite communauté anglaise. Mais je crois que tout le monde gardera longtemps en mémoire le face à face entre Jamie Miller, jeune garçon accusé du meurtre de sa camarade de classe, et Briony Ariston, psychologue chargée de comprendre les ressorts internes de l’adolescent. Puissant, violent, perturbant, touchant aussi, cet épisode 3 est un bijou au sein du diamant qu’est Adolescence. Et l’interprétation de Owen Cooper et Erin Doherty, qui donnent littéralement vie à ces deux personnages, y est magistrale. Série disponible sur Netflix

    Rich - Ça : Bienvenue à Derry (2025-)

    Je vais être transparent, je n’attendais pas grand chose de cette série prequel au diptyque Ça (2017) / Ça chapitre 2 (2019). Ayant grandi avec l’incontournable Ça - Il est revenu (1990), je trouvais que les films d’Andy Muschietti faisaient moins bien. Tout simplement. J’ai donc été agréablement surpris par Ça : Bienvenue à Derry (2025-) qui revisite la ville centrale à l'œuvre de Stephen King en convoquant d’autres figures majeures de son univers. Face au clown Pennywise (Bill Skarsgård), on croise ainsi Dick Hallorann (Chris Chalk), le futur médium de Shining ! J’ai beaucoup aimé ces personnages, comme j’ai aimé les adultes et les enfants qui composent la distribution. Mais au sein de ces gamins, j’ai eu un vrai coup de cœur pour Rich Santos (Arian S. Cartaya). Joyeux, positif, romantique, courageux aussi, il est extrêmement touchant par son amitié totale pour sa bande et son amour fou pour sa camarade Marge Truman. Sa dernière apparition -sans spoiler- m’a bouleversé. Série disponible sur HBO Max

  • Ce film a été boudé aux Golden Globes 2026… mais il a tout de même remporté un prix qui signifie beaucoup !

    Ce film a été boudé aux Golden Globes 2026… mais il a tout de même remporté un prix qui signifie beaucoup !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

     A première vue, le palmarès cinéma des Golden Globes 2026 a essentiellement mis en lumière deux long métrages : Hamnet (2025), sacré Meilleur film - drame et Une bataille après l’autre (2025), auréolé de quatre trophées dont Meilleur film - comédie/comédie musicale. Mais il ne faudrait pas minimiser le parcours de Sinners (2025) lors de la cérémonie, qui a reçu un prix très particulier.

    Les déçus des Golden Globes 2026

    Évidemment, on ne peut pas récompenser toutes les œuvres et tous les talents en lice dans le cadre d’une cérémonie. C’est le jeu, et il faut l’accepter. Comme ses partenaires Benicio Del Toro et Sean Penn, « battus » par Stellan Skarsgård (Valeur sentimentale, 2025) côté seconds rôles, Leonardo DiCaprio peut en témoigner, lui qui a vu Timothée Chalamet lui ravir la statuette du Meilleur acteur - comédie/comédie musicale grâce à son interprétation dans Marty Supreme (2025). Mais Leo n’est pas le seul à être reparti (un peu) frustré du Beverly Hilton.

    Malgré cinq nominations, le Frankenstein (2025) de Guillermo del Toro et le deuxième volet de Wicked (2025) sont repartis bredouille. Tout comme la Palme d’Or Un simple accident (2025), l’étrange Bugonia (2025), ou les interprétations plébiscitées de Dwayne Johnson dans Smashing Machine (2025) et Jeremy Allen White dans Springsteen: Deliver Me from Nowhere (2025). Sans oublier, côté animation, les frenchies Arco (2025) et Amélie et la métaphysique des tubes (2025) et les Disney Elio (2025) et Zootopie 2 (2025), tous balayés par le phénomène Netflix KPop Demon Hunters (2025).

    Quels prix pour « Sinners » ?

    Sans avoir été totalement boudé par les 400 votant.es de la presse étrangère, Sinners est considéré par beaucoup d’observateurs comme un « snub » injuste de cette édition. Il faut dire que le long métrage de Ryan Coogler, qui fait une proposition marquante entre film d’auteur et d’horreur avec un sous-texte éminemment politique, figurait parmi les films les plus nommés de cette édition, avec pas moins de sept citations.

    Il n’a toutefois pas reçu les suffrages suffisants pour inscrire son titre dans les catégories majeures (Meilleur film - drame, Meilleur acteur pour Michael B. Jordan, Meilleur scénario où il figurait parmi les favoris). Et à la fin de la soirée, Sinners repartait « seulement » avec deux Golden Globes : Meilleure musique originale (signée Ludwig Göransson, déjà plébiscité pour Oppenheimer deux ans plus tôt) dont la remise a été programmée pendant une pause publicitaire pour mettre en lumière la nouvelle catégorie dédiée aux podcasts (!)... et le Golden Globe Award for Cinematic and Box Office Achievement. Ou pour le dire autrement, le Golden Globe du box-office.

    Un Golden Globe… du box-office ?

    Intronisée en 2024 pour saluer « les films les plus acclamés, les plus rentables et/ou les plus vus de l’année, ayant bénéficié d’un large soutien du public international et ayant atteint l’excellence cinématographique », cette jeune catégorie met en lumière les productions ayant généré au moins 150 millions de dollars de recettes au box-office mondial ou ayant enregistré une audience équivalente sur une plateforme de streaming. Au palmarès, Sinners a succédé à Barbie (2023) et Wicked (2024).

    Comme le César du public, testé entre 2018 et 2020 et remis respectivement à RAID dingue, Les Tuche 3 et Les Misérables pour ne pas occulter les succès en salles, ce Golden Globe Award for Cinematic and Box Office Achievement apparaît un peu comme une « médaille en chocolat », destinée à consoler les grosses productions génératrices d’entrées d’un côté et à parler au grand public de l’autre alors que les cérémonies peuvent renvoyer une image quelque peu élitiste et auteuriste, très éloignée de la majorité des spectatrices et spectateurs. 

    Que signifie ce prix pour « Sinners » ?

    Dans cette catégorie, Sinners était opposé à des blockbusters d’envergure, qui ont (plus ou moins) brillé au box-office cette année : Avatar : de feu et de cendres (1,2 milliards de dollars de recettes dans le monde), F1® Le Film (631 millions de dollars), KPop Demon Hunters (325 millions de vues), Mission: Impossible - The Final Reckoning (598 millions de dollars), Wicked Partie II (522 millions de dollars) et Zootopie 2 (1,6 milliards de dollars). Avec un cumul de 368 millions de dollars, le film de Ryan Coogler émergeait, à l'instar de Évanouis (269 millions de dollars), comme l’un des petits poucets de la compétition.

    C’est pourtant vers lui que se sont dirigés les votes. Peut-être dans une démarche de consolation, alors que Hamnet de Chloé Zhao apparaissait comme un lauréat indiscutable dans la catégorie drame ? Mais sans doute, aussi, pour la nature même du long métrage. Sinners est en effet, avec Évanouis et F1® Le Film, l’un des trois films originaux (c’est à dire n’appartenant pas à une franchise ou un univers préexistant) à intégrer le Top 20 du box-office annuel aux Etats-Unis. Et c’est même la seule production originale du Top 10 !

    A l’heure où Hollywood semble plus que jamais en panne d’inspiration et d’originalité -et même en panne de sens-, le message envoyé par les membres de l’association de la presse étrangère est sans équivoque. De la même manière que la liste des cinéastes nommés ont intégré un grand nombres de talents internationaux (Kleber Mendonça Filho, Joachim Trier, Jafar Panahi, Guillermo del Toro, Park Chan-wook, Yorgos Lanthimos, Ugo Bienvenu…), illustration de la jachère artistique américaine actuelle, voir Sinners émerger comme le chouchou des votants est un signal fort. Très fort, même.

    D’autant plus fort quand le studio derrière les films originaux plébiscités cette année par la critique et le public (Sinners, Évanouis, F1® Le Film, Une bataille après l’autre et dans une moindre mesure Mickey 17 ou Companion) n’est autre que la Warner Bros. au centre de tous les enjeux de l’industrie alors qu’un rachat par Netflix se profile. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’un certain nombres de talents invités sur la scène des Golden Globes hier soir ont tenu à saluer Michael De Luca, l'un des patrons de la Warner dont l'ambition est justement de mettre le studio au service des cinéastes. Le prix de Sinners fait donc plus que jamais, au milieu de ses concurrents issus de suites et sagas, acte de résistance.

    De quoi parle « Sinners » et où le voir ?

    Sorti dans les salles françaises le 16 avril 2025 (et deux jours plus tard aux Etats-Unis), Sinners nous plonge dans le Mississippi des années 1930. Anciens soldats, les frères jumeaux Smoke et Stack (Michael B. Jordan) reviennent dans leur ville natale pour y ouvrir un club de jazz. Mais leur projet est menacé par une force surnaturelle ancestrale et assoiffée de sang, attirée par la musique de leur jeune cousin et menée par l’inquiétant Remmick (Jack O'Connell).

    Entre la série B vampirique façon Une nuit en enfer et le frisson sociologique et sociétal à la Get Out, le cinquième long métrage de Ryan Coogler (Fruitvale Station, Creed, Black Panther) convie le folklore africain, l’histoire américaine, le blues et l’horreur gothique pour explorer des thèmes puissants comme le racisme, la ségrégation et l’appropriation culturelle. Avec en point d’orgue un plan-séquence musical proche de la transe, totalement spectaculaire et absolument ébouriffant, qui a profondément marqué l’année cinéma. Le film est disponible en VOD, en DVD & Blu-ray et sur CANAL+.

  • C’est la surprise des Golden Globes 2026 : tout sur le bouleversant Hamnet de Chloé Zhao

    C’est la surprise des Golden Globes 2026 : tout sur le bouleversant Hamnet de Chloé Zhao

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Si votre saison préférée est celle des cérémonies à Hollywood, vous n’avez pas pu passer à côté de l’un des films qui fait le buzz depuis sa victoire aux Golden Globes : Hamnet (2025). Jessie Buckley et Paul Mescal sont à l’affiche de ce film dramatique réalisé par Chloé Zhao, et produit par Steven Spielberg.

    En raflant cette nuit le trophée de la Meilleure actrice et surtout celui du Meilleur film dramatique, le long métrage devient dès lors l’un des outsiders des prochains Oscars, et se positionne comme un concurrent sérieux au grand favori Une bataille après l’autre (2025). Pour JustWatch, je vous propose un petit résumé de tout ce que vous devez savoir sur ce drame poignant, avant sa sortie nationale française le 21 janvier prochain.

    De quoi parle « Hamnet » ? 

    Avant toute chose, je vous implore de ne surtout pas oublier vos paquets de mouchoirs (oui, au pluriel) lorsque vous irez voir Hamnet. Et acceptez ce conseil de quelqu'un qui n’y avait justement pas pensé ce jour-là… Adapté du roman de l'écrivaine irlandaise Maggie O’Farrell, Hamnet est une fable poétique et mélancolique qui vous brisera assurément le coeur, mais elle est également témoin de l’importance de l'écriture, du théâtre et de l’art en général, pour communiquer ou même guérir dans ce cas précis.

    En 1580 en Angleterre, Agnès (Jessie Buckley) tombe amoureuse du tuteur du village, Will (Paul Mescal). Ils se marient et ont trois enfants : une première fille, Eliza, et des jumeaux, Judith et Hamnet. La famille semble heureuse, même si Will part régulièrement à Londres pour ses pièces de théâtre pendant qu'Agnès s’occupe des enfants. Mais lorsqu’une épidémie de peste s’abat sur la population et emporte le petit Hamnet alors âgé de 11 ans, le deuil et la rancœur divisent Will et Agnès plus que jamais. De ce drame naîtra l’une des plus grandes œuvres jamais écrites : Hamlet.

    C'est une histoire vraie ?

    Le film se concentre surtout sur la relation amoureuse de Will et d’Agnès -qui vous l’aurez compris, ne sont autres que William Shakespeare et sa femme, Anne Hathaway- mais il met particulièrement et merveilleusement bien en lumière le point de vue d’Agnès. Bien que le roman -et par conséquent le film- mette en scène des personnages historiques, beaucoup de faits relatés restent du domaine du fictif puisque nous n'avons malheureusement que très peu d'informations sur cette partie de la vie du dramaturge ou sur la vie d’Anne Hathaway.

    Cependant, de nombreux historiens s’accordent à dire qu’il est fort probable que le petit Hamnet ait effectivement succombé à la peste bubonique, puisque les épidémies étaient très fréquentes et particulièrement meurtrières en Angleterre à l'époque. Par ailleurs, le fait que le chef-d’œuvre de Shakespeare ait effectivement été écrit en hommage au jeune garçon est également possible au regard des thèmes abordés dans la pièce, mais aussi tout simplement à travers son titre qui fait écho au prénom de l’enfant, puisque les deux patronymes étaient alors considérés comme interchangeables. 

    Qui est Chloé Zhao ?

    Issue du cinéma indépendant américain et habituée du Festival de Sundance outre-Atlantique, mais également du Festival de Cannes, Chloé Zhao a écrit l’histoire avec un grand H en 2021, en remportant l’Oscar de la Meilleure réalisatrice pour son film Nomadland, devenant ainsi la deuxième femme à remporter la prestigieuse statuette dans cette catégorie. Le film remporte également l’Oscar du Meilleur film, clôturant ainsi une soirée historique pour la cinéaste -et pour l'industrie du cinéma-.

    En 2021, elle rejoint les rangs des dizaines de réalisateurs et réalisatrices constituant les studios Marvel, en signant Les Éternels, avec à l'affiche Angelina Jolie, Salma Hayek ou encore Richard Madden. Cependant, le film ne connaîtra jamais de suite, et les personnages introduits dans cette nouvelle entrée dans le MCU ne seront par réutilisés par ailleurs. La réalisatrice fait donc son grand retour au cinéma indie cette année avec Hamnet. Et il se pourrait bien qu’elle soit à nouveau, l’une des grandes gagnantes de cette saison de cérémonies.

    Est-ce le nouveau favori des Oscars ?   

    La prestation de Jessie Buckley dans Hamnet est extrêmement vulnérable et déchirante à la fois. Si la comédienne irlandaise est la favorite pour repartir avec l’Oscar de la Meilleure actrice au mois de mars, elle a donc remporté cette nuit le Golden Globes de la Meilleure actrice dans un drame mais également le Critic’s Choice dans la même catégorie la semaine dernière. Révélée par les séries Taboo (2017) et Chernobyl (2019), elle avait déjà été saluée par une nomination aux Oscars il y a quatre ans pour The Lost Daughter (2021).

    Enfin, le film lui-même a remporté -à la grande stupéfaction de Chloé Zhao-, le Golden Globes du Meilleur film dramatique (remis à la cinéaste et à son producteur, Steven Spielberg). Si jusqu’ici Hamnet était surtout pressenti pour repartir avec la statuette de la Meilleure actrice, de la Meilleure musique originale (signée Max Richter) et/ou du Meilleur scénario adapté, il est à présent un candidat sérieux à l’Oscar du Meilleur film, tout comme Une Bataille Après l’Autre ou Sinners. Réponse le 16 mars prochain ou Chloé Zhao pourrait à nouveau écrire l'histoire !

  • Golden Globes 2026 : triomphe pour Hamnet, Une bataille après l’autre… et Timothée Chalamet

    Golden Globes 2026 : triomphe pour Hamnet, Une bataille après l’autre… et Timothée Chalamet

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    C’est la première grande cérémonie de la saison des récompenses 2026. Dans le cadre feutré du Beverly Hilton, sous les yeux de tablées ultra-glamour et la direction hilarante de la maîtresse de cérémonie Nikki Glaser, la 83e soirée des Golden Globes a lancé la course aux Oscars, avec un triomphe (attendu et mérité) pour Paul Thomas Anderson et Chloé Zhao.

    Découvrez le palmarès complet, film par film. Et pour découvrir les séries récompensées, c'est par ici !

    Hamnet

    • Meilleur film (drame)

    • Meilleure actrice (drame) : Jessie Buckley

    C’est Steven Spielberg, producteur du film via sa société Amblin, qui a reçu le Golden Globe du Meilleur film dramatique (souvent annonciateur d’un futur Oscar) avant de laisser la place derrière le micro à Chloé Zhao. Déjà lauréate de deux Oscars pour Nomadland (2020), la réalisatrice retrouve les sommets d’Hollywood après une expérience marvélienne (Les Éternels, 2021) qui avait divisé. Dans Hamnet (2025), elle adapte -avec la romancière- le livre de Maggie O'Farrell pour raconter le drame personnel qui va inspirer à William Shakespeare l’un de ses chefs d'œuvres. Si le dramaturge est campé par Paul Mescal, il est un second rôle du long métrage où brille Jessie Buckley. J’adore cette comédienne, enfin reconnue aux Golden Globes. Si vous ne la connaissez pas encore, courez voir Hamnet le 21 janvier en salles, elle va vous bouleverser.

    Une bataille après l’autre

    • Meilleur film (comédie/comédie musicale)

    • Meilleur réalisateur : Paul Thomas Anderson

    • Meilleure actrice dans un second rôle : Teyana Taylor

    • Meilleur scénario : Paul Thomas Anderson

    Le triomphe de « PTA » était bien au rendez-vous de ces Golden Globes 2026. Jamais récompensé par Hollywood, Paul Thomas Anderson prend la route (si vous avez vu son film, vous comprendrez le clin d'œil) des Oscars avec Une bataille après l’autre, salué par quatre prix majeurs. Même si Leonardo DiCaprio a été éclipsé par Timothée Chalamet pour le trophée du Meilleur acteur, ce pamphlet satirique et politique ambitieux repart avec les Golden Globes du Meilleur film (catégorie comédie/comédie musicale), du meilleur réalisateur, du meilleur scénario et de la Meilleure actrice dans un second rôle pour l’incroyable Teyana Taylor. C’est l'œuvre majeure d’une année cinéma relativement mineure.

    Sinners

    • Meilleur succès au box-office

    • Meilleure musique originale : Ludwig Göransson

    Avec 279 millions de dollars de recettes, Sinners (2025) est le seul film original du Top 10 du box-office américain en 2025. Il était donc plus que logique (et salutaire !) que la catégorie saluant les grands succès de l’année récompense le long métrage de Ryan Coogler, qui croise avec une grande habileté le cinéma d’auteur et le cinéma d’horreur, la musique (également saluée par un Golden Globe) et le vampirisme. Porté par Michael B. Jordan dans un double-rôle, le long métrage a une forte résonance politique en traitant de racisme, de ségrégation et d’appropriation culturelle par le prisme du film de genre. Avec en point d’orgue une séquence dansée absolument mémorable.

    L'Agent secret

    • Meilleur film non-anglophone

    • Meilleur acteur (drame) : Wagner Moura

    Entre Un simple accident (France), Sirat (Espagne), Valeur sentimentale (Norvège), La Voix de Hind Rajab (Tunisie), Aucun autre choix (Corée du Sud) et L’Agent Secret (Brésil), la sélection était extrêmement relevée, pointue et puissante pour le Golden Globe du Meilleur film non-anglophone. Grand favori, grâce à la performance plébiscitée de Wagner Moura (saluée par les votants) et la patte unique de Kleber Mendonça Filho, le long métrage brésilien, qui brasse les genres et les références en 1977 à Recife, est à rattraper d’urgence au cinéma, où il a déjà attiré plus de 260 000 spectateurs en France. Pour en savoir plus, JustWatch vous dit tout juste ici !

    KPOP Demon Hunters

    • Meilleur film d’animation

    • Meilleure chanson : Golden / Briller

    Le phénomène animé de l’année a balayé les Golden Globes 2026. Avec 325 millions de vues, KPop Demon Hunters (2025) est la production originale Netflix la plus regardée de tous les temps sur la plateforme. L’histoire des HUNTR/X, un trio de chanteuses qui repousse les démons grâce à sa musique, a créé un lien puissant entre l’animation américaine et la Hallyu (la nouvelle vague coréenne). Et fait chanter toutes les générations, notamment sur le titre incontournable Golden / Briller imaginé par Joong Gyu-kwak, 24, Nam Hee-dong, Lee Yu-han, Teddy Park, EJAE et Mark Sonnenblick et salué par le prix de la Meilleure chanson originale. Rumi, Mira et Zoey devraient revenir en 2029 sur les écrans.

    Si j’en avais la force

    • Meilleure actrice (comédie/comédie musicale) : Rose Byrne

    Beaucoup voyaient déjà la jeune Chase Infinity (Une bataille après l’autre) lancée sur la route des récompenses : c’est Rose Byrne qui est finalement plébiscitée par les votant.es des Golden Globes pour son interprétation dans Si j’en avais la force / If I Had Legs I'd Kick You (2025), portrait d’une femme épuisée autour de qui tout s’écroule, et qui va affronter seule la fatigue, la culpabilité et l’absurdité du quotidien. C’est la toute première récompense majeure de la carrière de la comédienne australienne, qui se place comme l’une des outsiders des prochains Oscars.

    Marty Supreme

    • Meilleur acteur (comédie/comédie musicale) : Timothée Chalamet

    Pour son rôle dans Marty Supreme (2025), Timothée Chalamet s’entraîne au ping-pong depuis sept ans, partout où il va ! Son interprétation énergique et habitée d’un champion en devenir s’est nourrie des films d’Al Pacino et de l’interprétation de Leonardo DiCaprio dans Arrête-moi si tu peux, modèle de la nouvelle étoile d’Hollywood qu’il a donc « battu » dans le duel au sommet qui oppose le film de Josh Safdie à Une bataille après l’autre dans cette saison des récompenses. C’est le premier Golden Globe de « Timmy » en cinq nominations, et c’est de très bonne augure en prévision des Oscars pour un film que le public français découvrira le 18 février en salles.

    Valeur sentimentale

    • Meilleur acteur dans un second rôle : Stellan Skarsgård

    C’est l’une des surprises de la soirée : plébiscité pour son rôle de patriarche dans le magnifique Valeur sentimentale (2025) de Joachim Trier, Stellan Skarsgård a sans doute profité d’une répartition des votes entre Benicio del Toro et Sean Penn dans Une bataille après l’autre (2025) pour faire sienne cette nouvelle récompense, six ans après son Golden Globe pour Chernobyl (2019). Un prix qu’il a pu célébrer avec ses fistons Bill Skarsgård (Ça: Bienvenue à Derry) et Alexander Skarsgård (Succession), présents en coulisses.

  • Golden Globes 2026 : The Pitt, The Studio et Adolescence dominent le palmarès

    Golden Globes 2026 : The Pitt, The Studio et Adolescence dominent le palmarès

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Désormais élargi à 400 personnes, le panel de votant.es des Golden Globes a choisi ses séries préférées de l’année. Si vous suivez de près les Emmy Awards, vous ne serez pas surpris par le palmarès, où l’on retrouve l’essentiel des programmes et talents récompensés à l’automne dernier lors de la grand-messe télévisuelle américaine. Voici tous les lauréats côté petit écran !

    Le palmarès cinéma vous attend sur cette page.

    The Pitt

    • Meilleure série dramatique

    • Meilleur acteur dans une série dramatique : Noah Wyle

    Disponible sur HBO Max, The Pitt (2025-) est l’une des claques sérielles de l’année. Et une production considérée comme la représentation la plus réaliste du quotidien des soignants américains, par le personnel médical lui-même. C’est un peu, finalement, l’équivalent hollywoodien de notre Hippocrate, emmené par un Noah Wyle impeccable. Boudé à trois reprises par les Golden Globes pour son rôle (mythique) de John Carter dans Urgences, le comédien remporte la première statuette de sa carrière, après avoir récolté un Emmy en septembre dernier. La seconde saison de la série vient tout juste de débuter.

    The Studio

    • Meilleure série comique

    • Meilleur acteur dans une série comique : Seth Rogen

    « C’est trop bizarre ! On a fait semblant de vivre ça et maintenant c’est en train d’arriver ! » Avec son timbre inimitable, Seth Rogen a reçu les deux Golden Globes décernés à The Studio (2025-), l’une des séries les plus hilarantes (et acides) du moment qui dévoile les dessous du cinéma à travers le parcours d’un producteur qui monte. Porté par des plans-séquences mémorables, le show est devenu the place to be pour le tout-Hollywood et la saison 2 est d’ores et déjà très attendue. Salué par 13 Emmy Awards (dont 4 pour Seth Rogen !), The Studio avait notamment proposé un double-épisode hilarant dans les coulisses d’une cérémonie de récompenses. C’est donc très amusant de voir la réalité rattraper la fiction.

    Adolescence

    • Meilleure mini-série

    • Meilleur acteur dans une mini-série : Stephen Graham

    • Meilleure actrice dans un second rôle : Erin Doherty

    • Meilleure acteur dans un second rôle : Owen Cooper

    Adolescence (2025) aura été l’un des grands chocs de l’année. En quatre épisodes tournés en plan-séquence, on suit le drame qui touche une communauté anglaise alors qu’un jeune garçon est arrêté pour le meurtre d’une camarade de classe. Plus qu’une fiction, Adolescence a eu un impact sociétal et même politique majeur, ouvrant le débat sur la violence et les dérives du masculinisme. Avec quatre Golden Globes, qui suivent les huit Emmy Awards reçus en septembre dernier, cette production Netflix (dont les making-of sont presque aussi fascinants que les épisodes) a réussi le grand chelem cette nuit, concluant ainsi un parcours sans faute.

    Pluribus

    • Meilleure actrice dans une série dramatique : Rhea Seehorn

    En quelques semaines à peine, Pluribus (2025-) est devenue la série la plus vue de l’histoire de la plateforme Apple TV+. Un succès plus que mérité pour ce drame de science-fiction imaginé par Vince Gilligan (Breaking Bad) autour de Rhea Seehorn, qui campe une femme malheureuse confrontée à une invasion extraterrestre aussi discrète que redoutable qui rend tout le monde heureux et uni. Révélée par ses rôles dans Head Cases, Franklin & Bash, Whitney et surtout Better Call Saul, la comédienne s’impose comme un visage à suivre et la grande favorite des prochains Emmy Awards. Comme Pluribus, d’ailleurs. Si vous avez vu la saison 1, vous n’avez normalement que trois mots en tête : vivement la suite !

    Hacks

    • Meilleure actrice dans une série comique : Jean Smart

    Quatre saisons, quatre nominations et trois statuettes de la Meilleure actrice dans une série comique : Jean Smart domine la catégorie depuis 2022. Il faut dire que son interprétation et son personnage de Deborah Vance dans Hacks (2021-), gloire vieillissante de l’humour qui fait équipe avec une jeune autrice (Hannah Einbinder) pour moderniser son style, est devenue incontournable. Injouable même. A vérifier sur Netflix.

    Dying for Sex

    • Meilleur actrice dans une mini-série : Michelle Williams

    Pour la première fois de leur histoire, les Golden Globes ont récompensé les podcasts à travers une nouvelle catégorie qui a distingué le programme Good Hang d’Amy Poehler. C’est aussi un podcast -basé sur une histoire vraie- qui a inspiré la mini-série Dying for Sex (2025), où Michelle Williams décide d’explorer sa sexualité après avoir été diagnostiquée d’un cancer. Les huit épisodes, disponibles sur Disney+, pleins d’humour, d’émotion et d’introspection, offrent à la comédienne le troisième Golden Globes de sa carrière après My Week with Marilyn (2011) et Fosse/Verdon (2019).

  • Vecna vous manque ? Après Stranger Things, voici 11 films et séries où revoir Jamie Campbell Bower !

    Vecna vous manque ? Après Stranger Things, voici 11 films et séries où revoir Jamie Campbell Bower !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Que ce soit sous le maquillage de l’ignoble Vecna ou derrières les lunettes de l’inquiétant Henry Creel, Jamie Campbell Bower a marqué de son empreinte l’univers de Stranger Things (2016-2025). Grâce à son jeu intense, son body language et surtout son regard perçant, il a donné vie à l’antagoniste majeur de la série Netflix à partir de la saison 4.

    Artiste complet, le Britannique s‘est illustré dans la musique, le théâtre (il a joué dans le musical inspiré de Joue-la comme Beckham et fait une apparition dans la pièce Stranger Things : The First Shadow), le mannequinat et évidemment au cinéma et à la télévision. Pour JustWatch, je vous partage ses rôles les plus marquants, en attendant de le retrouver dans un rôle majeur (mais secret) de la saison 3 de Le Seigneur des anneaux : Les Anneaux de pouvoir (2022-).

    Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street

    Si certains parents ont été épuisés par la ritournelle du Libérée, Délivrée entonné par Elsa dans La Reine des Neiges (2013), j’ai été pour ma part hanté par la chanson Johanna dans Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street (2007) de Tim Burton. Le morceau, entêtant, est déclamé par un tout jeune Jamie Campbell Bower (c’est même son tout premier long métrage) dans les rues de Londres, à la fenêtre de la demoiselle blonde dont il s’est épris, quitte à subir le courroux du tuteur campé par Alan Rickman. Dans le rôle du jeune marin romantique Anthony Hope, né dans la comédie musicale de Stephen Sondheim, le comédien apporte lumière, amour et espoir à cet univers gris et sanglant où Johnny Depp joue du rasoir. Et il impose son visage de jeune premier, sa voix et son talent (à suivre de près). 

    Winter in Wartime

    Winter in Wartime (2008), c’est le premier rôle (presque) principal de Jamie Campbell Bower. Dans ce film de guerre néerlandais de Martin Koolhoven, il incarne un aviateur anglais sauvé par un jeune résistant pendant la Seconde Guerre mondiale aux Pays-Bas. Le long métrage, adapté du roman Oorlogswinter de Jan Terlouw, explore avant tout le passage de l’innocence à l’âge adulte de son jeune héros (Martijn Lakemeier) face aux horreurs de l’occupation allemande, et livre un point de vue humaniste et intimiste sur cette période sombre de l’Histoire. Comme l’excellent Black Book (2006), Winter in Wartime propose une vision originale sur le conflit (on a plutôt l’habitude de voir des films américains, britanniques ou français sur le sujet) et il le fait bien, au point de connaître un triomphe en salles aux Pays-Bas et de représenter le pays dans la course aux Oscars 2010.  A prolonger avec Empire du Soleil (1987) ou Jojo Rabbit (2019) pour d’autres guerres à hauteur d’enfant.

    Harry Potter / Les Animaux fantastiques

    Jamie Campbell Bower a précédé Johnny Depp dans le Wizarding World développé par Warner Bros. autour de l’univers magique imaginé par J.K. Rowling. Dans un court flashback de Harry Potter et les reliques de la mort 1ère partie (2010), il se glisse dans le costume d’un jeune Gellert Grindelwald, le temps d’un (très court) flashback qui montre le sorcier dérober la légendaire baguette de sureau puis d’un plan rapide sur une vieille photo. C’est Johnny Depp -partenaire de Jamie Campbell Bower dans Sweeney Todd- qui reprendra le rôle du sombre mage dans Les Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald (2018). Jamie Campbell Bower y fera d’ailleurs une autre apparition (à nouveau muette), alors que Albus Dumbledore (Jude Law) se remémore avec tristesse sa jeunesse auprès de son plus proche ami (et potentiel amant) devant le Miroir du Riséd, alors qu’ils sont désormais ennemis.

    Twilight

    Une cape noire, une longue chevelure blonde, une peau pâle et des yeux rouges comme le sang : Jamie Campbell Bower devient Caius dans la saga Twilight (2008-2012). Ce vampire millénaire est l’un des trois chefs des Volturi, un clan puissant qu’il dirige avec Aro (Michael Sheen) et Marcus (Christopher Heyerdahl). S’il ne possède pas de capacité particulière, il la compense par une violence perpétuelle et une ambition forte : Caius est considéré comme le plus impitoyable des Volturi, et ne cache jamais sa haine des loups-garous, d'Edward (Robert Pattinson) et la famille Cullen… et de Bella (Kristen Stewart) qu’il souhaite éliminer. Les traits angéliques de Jamie Campbell Bower siéent parfaitement à ce monstre implacable, qui apparaît dans trois films de la franchise : Tentation (2009), Révélation 1ère partie (2011) et Révélation 2ème partie (2012).

    The Mortal Instruments: La Cité des ténèbres

    Maître de l’Upside-Down, mage noir, vampire et… chasseur de démons : Jamie Campbell Bower est décidément un visage majeur de la pop culture. Dans The Mortal Instruments: La Cité des ténèbres (2013), adapté des romans young adult de Cassandra Clare, il incarne Jace Wayland, un Chasseurs d'Ombres qui va entraîner Clary Fray (Lilly Collins) dans un monde de mystères et de magie où rôdent notamment vampires et loups-garous (décidément !). Alex Pettyfer (Numéro quatre) et Alexander Ludwig (Hunger Games) avaient également été considérés pour ce rôle majeur d’une saga fantasy… qui sera abandonnée après l’échec commercial de ce premier opus. Les fans se rattraperont avec la série Shadowhunters (2016-2019) où Dominic Sherwood reprend le rôle de Jace. Si le film est plus qu’oubliable, c’est amusant de voir Jamie Campbell Bower dans le camp du Bien.

    Camelot

    Oubliez le Roi Arthur version Alexandre Astier, la série Camelot (2011) est très (très) différente de l’univers décalé de Kaamelott (2005-2009). Supervisé par Michael Hirst (Les Tudors, Vikings) et Chris Chibnall (Doctor Who 2005, Broadchurch), le show offre une vision plus sombre et réaliste des légendes arthuriennes où Jamie Campbell Bower campe un jeune et impétueux Arthur face à sa demi-sœur, l’ambitieuse et froide Morgane (Eva Green). Au générique, on retrouve également Joseph Fiennes en Merlin, Tamsin Egerton en Guenièvre, Claire Forlani en Igraine et Clive Standen en Gauvain. Malgré des audiences faibles et une annulation après la première saison de dix épisodes (le budget de 7 millions de dollars par épisode a découragé la chaîne Starz à poursuivre), la série a montré qu’un traitement adulte et politique de la fantasy était possible, ouvrant notamment la voie à Game of Thrones.

    Will

    Une saison et puis s’en va, c’est aussi ce qui est arrivé à Will (2017), récit des jeunes années de William Shakespeare. Face à Laurie Davidson dans le rôle du légendaire dramaturge britannique, Jamie Campbell Bower y campe l’un de ses amis et rivaux, l’auteur Christopher Marlowe. La particularité du show est de mêler la série d’époque à une approche punk‑rock de l’époque élisabéthaine : on n’en attendait pas moins du showrunner Craig Pearce, scénariste attitré de Baz Luhrmann sur Roméo + Juliette (1996), Moulin Rouge ! (2001) ou Elvis (2022). Assumant l’anachronisme dans la musique, les décors et les costumes, le programme offre une vision flamboyante du Londres du XVIème siècle et cherche à faire découvrir Shakespeare à un public contemporain. Louée pour cette approche visuelle inédite, la série a toutefois désarçonné le public, au point que la chaîne TNT l’annule après dix épisodes. On peut la prolonger avec Shakespeare in Love (1998), qui offre une vision romantique des jeunes années de Shakespeare.

    Horizon : Une saga américaine, chapitre 1

    Le projet Horizon de Kevin Costner est d’une ambition folle. Et un pari inédit, entre le cinéma et la télévision (c’est en quelque sorte une série sur grand écran) qui revisite l’histoire de l’ouest américain à travers les destins croisés de nombreux personnages. Cette approche hybride a malheureusement désarçonné le public, qui a boudé le premier opus, Horizon : Une saga américaine, chapitre 1 (2024), pourtant passé par le Festival de Cannes. C’est dommage, car au-delà de l’univers exposé par Kevin Costner (qui finance la production de sa poche) avec un réalisme de chaque plan, une longue durée (3h01mn) qui donne de la place à tous les protagonistes et une volonté de ne jamais tomber dans le manichéisme, le film met en scène un Jamie Campbell Bower convaincant en flingueur sans foi ni loi, qui va se lancer sur les traces de Jena Malone. Son face-à-face avec Costner, qui prend le temps d’installer une tension majeure avant que les colts ne soient dégainés, reste pour moi assez mémorable. Verra t-on Horizon : Une saga américaine, chapitre 2 (2024) et les autres films prévus un jour ? Rien n’est moins sûr, hélas.

  • C’est l'échec le plus spectaculaire de l’histoire du cinéma… et il fête ses 30 ans !

    C’est l'échec le plus spectaculaire de l’histoire du cinéma… et il fête ses 30 ans !

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Connaissez-vous ces films dont on pense qu’ils sont tellement mauvais qu’ils en deviennent bons ? L’histoire du cinéma est remplie de ces icônes mal famées : ce sont des longs métrages qui étaient soit tellement en décalage avec les valeurs esthétiques et les discours de leur époque qu’ils finissent par résonner davantage auprès des générations ultérieures qui les redécouvrent ; soit si naïvement ignorants de leurs propres aspects grotesques et discordants qu’ils acquièrent un statut culte à travers un regard humoristique ou ironique qui ne leur est pas inhérent.

    Showgirls, un cas unique dans l’Histoire du cinéma

    Eh bien, il existe un cas emblématique qui ne rentre dans ni l’une ni l’autre de ces catégories, sorti en salles françaises il y a exactement trente ans (le 10 janvier 1996). Il s’agit de Showgirls de Paul Verhoeven qui, telle une bombe s’autodétruisant, est venu ravager le box-office et la critique française, après avoir été amplement hué par le public états-unien. Or, aujourd’hui, cet opus idiosyncratique est considéré comme une entrée indispensable de l’Histoire du cinéma, et ce, surtout à travers l’accueil désastreux qu’il a suscité.

    Chef-d’œuvre incompris pour certains, bidon pornographique sous couvert d’un film d’auteur pour d’autres, Showgirls ne saurait être bientôt oublié. D’ailleurs, replacé dans le contexte de la culture postmoderne, les hommages qui lui sont rendus et les influences qu’il suscite contribuent, au contraire, à sa remontée en popularité. Pour célébrer le trentième anniversaire du phénomène Showgirls, JustWatch vous fait remonter dans l’histoire et revisite la trajectoire du film au fil des années.

    De quoi parle « Showgirls » ?

    Les vrais fans de Showgirls savent très bien qu’il est impossible de comprendre l’esprit et le caractère outrancier du film en décrivant uniquement son intrigue. De plus, l’idée sous-jacente au récit est qu’il reprend des thèmes, des figures et des trames narratives que la machine hollywoodienne -en particulier le mélodrame- a abondamment consommés, mâchés et régurgités au fil de son histoire. Il y a donc une intention précise dans la démarche scénaristique de Joe Eszterhas, qui signe ici sa deuxième collaboration avec le maître hollandais après Basic Instinct (1992).

    L’héroïne de Showgirls est une jeune femme dont on ne sait rien, sinon son nom : Nomi Malone, qui débarque à Las Vegas dans l’espoir de devenir une grande danseuse de cabaret. Dupée dès son arrivée par l’homme qui l’a prise en auto-stop, Nomi rencontre par hasard Molly, une costumière travaillant dans des cabarets prestigieux. Les deux deviennent rapidement amies et colocataires. Alors que Nomi commence à travailler dans un strip-club vulgaire, Molly l’introduit dans les coulisses d’un spectacle qui connaît un immense succès grâce à la vedette de la compagnie, Cristal Connors. Une rivalité tumultueuse se développe entre les deux femmes, rivalité encore amplifiée lorsque Zack, le compagnon de Cristal -également l’un des directeurs du cabaret- s’éprend de Nomi, qu’il ne manque pas d’utiliser à son propre avantage. 

    Nomi Malone : au delà d’une anti-héroïne 

    À première vue, Showgirls semble livrer un récit classique autour des thèmes de l’ascension sociale, de l’ambition et de l’exploitation des femmes dans l’industrie du divertissement. Or, c'est à sa tonalité excessive et criarde, qui défie les codes auxquels l’audience est habituée, qu’il doit son charme -et, pour certains, sa grossièreté. 

    À commencer par son personnage principal, Nomi, dont l’ambition et la soif de réussite ne s’alignent presque jamais avec l’irrévérence, voire la rage aveugle, qu’elle manifeste face à ceux et celles qui la regardent du haut de la hiérarchie du système. Loin d’être une héroïne à proprement parler, Nomi est même trop antipathique et aberrante pour être perçue et acceptée comme une anti-héroïne -en tout cas jusqu’à la séquence finale, que l’on ne dévoilera pas ici, mais qui, même dans sa résolution complaisante, sème quelques doutes quant à la morale de son histoire.

    Rares sont les personnages qui ont été étudiés avec autant de profondeur alors même qu’ils se caractérisent par leur superficialité. Cet aspect singulier, on le doit en grande partie à l’actrice Elizabeth Berkley (venue de la série ado Sauvés par le gong), dont le parcours cinématographique a bien failli s’arrêter avant même d’avoir réellement commencé, à la suite de la débâcle critique et publique entourant le film. 

    Mais la violence avec laquelle la performance de Berkley a été critiquée à l’époque -une expérience qui, pour l’actrice, n’était pas très loin d’un lynchage- montre à quel point le film réussissait à capturer la brutalité excessive et sexiste avec laquelle l’industrie du divertissement traite les femmes. L’échec même du long métrage a, en quelque sorte, fini par prouver ses propos sur le système dont il fait également partie. 

    Critique de la complaisance érotique

    En dehors des jeux d’acteurs, un autre aspect sur lequel les critiques de presse se sont amplement attardées concerne les scènes explicites du film. Aux États-Unis, Showgirls est connu pour être la première -et, à ce jour, le seule- production ayant bénéficié d’une large diffusion en salles à recevoir la classification NC-17 (interdit aux moins de 17 ans).

    Le rapport que le film entretient avec la nudité est également hors du commun, car malgré l’abondance de scènes où les femmes apparaissent torse nu, l’explicite devient d’abord banal, puis excessif  deux effets concomitants qui n’ont vraisemblablement pas parlé à une audience majoritairement masculine et hétérosexuelle, laquelle s’est notamment plainte de l’absence de plaisir érotique. 

    Or, comme Showgirls explore un système d’exploitation dans lequel les individus -aussi bien ceux qui se trouvent au sommet de l’échelon que ceux qui leur sont inférieurs- sont considérés comme des prostitués, y compris par eux-mêmes, les corps deviennent à la fois un outil de transaction et une arme dangereuse, servant à se venger, à se défendre et à s’imposer.

    La séquence de sexe dans la piscine, le strip-tease de Nomi devant Zack et Cristal ou la confrontation finale entre Nomi et Andrew Carver -peut-être le seul personnage véritablement détestable du film- : Verhoeven se sert de toutes pour souligner cette spectacularisation et cette banalisation du sexe, qui n’excluent pas l’une de l’autre.

    La récupération cinéphile

    Avec un budget de 45 millions de dollars, Showgirls n’a rapporté que 37,8 millions de dollars au box-office, devenant ainsi l’un des échecs commerciaux les plus spectaculaires de l’histoire du cinéma. Pourtant, son statut culte a commencé à se dessiner très rapidement après sa sortie. 

    Nommé dans treize catégories et récompensé dans sept d’entre elles, le film a marqué un moment historique aux Golden Raspberry Awards (les Razzies, ou Oscars du Pire), Paul Verhoeven devenant le premier lauréat à se présenter en personne pour recevoir son prix !

    Par la suite, malgré son accueil catastrophique au box-office, Showgirls est devenu l’un des films les plus vendus en format vidéo au sein du catalogue de la MGM. Ses valeurs camp et sa tonalité satirique ont été célébrées par la communauté LGBTIQ+, qui a contribué à renforcer sa popularité culte en organisant, au fil des années, des projections amateures parfois interactives. Des lectures féministes et lesbiennes, jusqu’alors très peu évoquées, ont également émergé.

    Côté critique, des personnalités comme Jacques Rivette, Quentin Tarantino et J. Hoberman sont venues défendre le film face à ses détracteurs. C’est surtout après la publication d’un recueil de textes autour du film par Film Quarterly que celui-ci a bénéficié d’une véritable réévaluation critique. D’ailleurs, Showgirls continue d’être évoqué dans l’actualité cinématographique en lien avec des films comme Anora (2024), The Substance (2024) ou The Last Showgirl (2024), chacun lui rendant, à sa manière, des hommages thématiques ou esthétiques, sans toutefois atteindre le niveau de transgressivité que Verhoeven et Eszterhas ont capturé de façon si directe et sans compromis.

    Pour les spectateurs qui souhaitent en savoir davantage sur la trajectoire du film auprès du public et sa réhabilitation par le canon cinématographique, le documentaire You Don’t Nomi (2019) de Jeffrey McHale reste incontournable.

  • Les films les plus attendus de vos cinéastes préférés en 2026

    Les films les plus attendus de vos cinéastes préférés en 2026

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    On n’a pas encore digéré les tops et classements de fin d’année, que celles qui anticipent les sorties de 2026 ont déjà commencé à se dessiner. Avec la saison des récompenses à l’horizon -bientôt les Golden Globes, puis les César et les Oscars- le calendrier des sorties en salles françaises s’annonce particulièrement chargé !

    C’est une démarche difficile pour les cinéphiles atteints du syndrome FOMO, mais nous avons néanmoins tenté d’établir une sélection de dix films réalisés par des auteurs et autrices renommé.es, y compris celles et ceux qui ont déjà connu leurs premières présentations en festivals l’année dernière, mais dont la sortie française est prévue pour 2026.

    Cette page sera régulièrement mise à jour à mesure que de nouveaux détails nous parviendront, notamment des dates de sortie encore inconnues et qui devraient se dessiner notamment en fonction de la sélection du Festival de Cannes. JustWatch vous souhaite une excellente année, remplie de beaux films !

    « The Mastermind » de Kelly Reichardt - au cinéma le 4 février 2026

    Même s’il n’a pas été distingué par le jury cannois en mai dernier, Kelly Reichardt a signé l’un des films les plus réussis de l’année passée. Porté par un Josh O’Connor charismatique, au sommet de son art et rappelant les anciennes stars d’Hollywood par son allure, The Mastermind (2025) sera dévoilé au public français le 4 février prochain.

    Au début de sa carrière, la réalisatrice a été surtout associée au genre mumblecore, très spécifique au cinéma indépendant américain, mais au fil des années, sa palette s’est diversifiée à travers des films comme La Dernière Piste (2010) et First Cow (2019), où elle a exploré le genre du western. The Mastermind, quant à lui, s’empare d’un autre genre canonique : celui du casse. Le film se déroule dans le Massachusetts en 1970 et met en scène un père de famille qui décide de voler des œuvres d’art dans un musée local.

    The Mastermind n’a rien de commun avec les représentations stéréotypées généralement associées au genre. En s’attardant sur les gestes et les temps morts ainsi que sur le langage corporel de son personnage, Reichardt déconstruit, en quelque sorte, les films de braquage. Le manque de rythme -auquel le spectateur est en général habitué- et l’absence de grandes révélations pourraient en décourager certains ; mais, comme le succès de First Cow l’a prouvé, nous sommes presque sûrs que le public français saura apprécier cet exercice de style.

    « Aucun autre choix » de Park Chan-wook - au cinéma le 11 février 2026

    Shortlisté dans la catégorie du Meilleur film international aux Oscars et nommé dans trois catégories aux Golden Globes, Aucun autre choix (2025) s’impose déjà comme l’un des longs métrages marquants de la saison des récompenses 2026. D’autant plus dans le contexte de la fascination persistante du public, français comme international, pour le cinéma sud-coréen.

    À l’instar de son compatriote Bong Joon-ho, Park Chan-wook s’est affirmé comme un auteur majeur auprès des cinéphiles, reconnu pour la précision de sa mise en scène et pour une représentation parfois extrême de la violence, toujours traversée par un humour noir mordant. Après le thriller néo-noir Decision to Leave (2022), le cinéaste s’oriente ici davantage vers le registre comique. Avec Aucun autre choix, dont la sortie est prévue pour le 11 février 2026, il signe une satire sociale incisive et une critique aiguë du capitalisme tardif.

    Yoo Man-soo, le personnage principal du film, est interprété par Lee Byung-hun, également connu pour son rôle du Front Man dans Squid Game (2021–2025). Licencié du jour au lendemain, et craignant de perdre ses biens, son statut social ainsi que le respect de sa famille, il élabore un plan radical : éliminer un à un ses concurrents pour un poste auquel il a lui-même postulé. Adaptation du Couperet de Donald E. Westlake, ce mélange de thriller, de comédie et même d’horreur séduira sans doute les fans de films comme Parasite (2019). En attendant la sortie, vous pouvez également jeter un coup d'œil à Le Couperet (2005) de Costa-Gavras, lui aussi adapté du même roman.

    « Hurlevent » de Emerald Fennell - au cinéma le 11 février 2026

    Depuis son premier long métrage Promising Young Woman (2020), l’actrice devenue réalisatrice Emerald Fennell s’est imposée comme une figure controversée au sein d’Hollywood. Entre son interprétation jugée problématique du genre rape and revenge et sa lecture souvent perçue comme superficielle des conflits de classe et des rapports de pouvoir, une chose est sûre : Emerald Fennell aime provoquer son public.

    Lorsqu’il a été annoncé qu’elle allait adapter Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, les contestations n’ont pas tardé à se faire entendre, nourries par la crainte qu’elle ne transforme ce récit emblématique de l’amour destructeur en un film aux allures de clip vidéo, dominé par une esthétique de mauvais goût. Mais, en même temps, ces choix ont évidemment de fortes chances de séduire le public de la Gen Z.

    Margot Robbie y incarnera Catherine Earnshaw, tandis que Jacob Elordi lui donnera la réplique dans le rôle de Heathcliff -un casting qui a suscité de vives critiques de la part des lecteurs du roman, notamment en raison du blanchiment du personnage. D’après les images dévoilées dans la bande-annonce, Hurlevent (2026) semble porté par une vision sensuelle, hypermoderne et romanesque, accompagnée de morceaux composés par Charli XCX. Reste à savoir si le film, qui sortira en France le 11 février 2026, sera un succès ou une déception. En attendant une chose est certaine : il divise son public avant même sa sortie ! 

    « Marty Supreme » de Josh Safdie - au cinéma le 18 février 2026

    Même s’il est déjà sorti dans plusieurs pays, les cinéphiles français devront attendre le 18 février 2026 pour découvrir le film phénomène de la saison des récompenses. Après Benny Safdie, c’est désormais Josh Safdie, le frère aîné du duo, qui fascine le public avec un film dans lequel Timothée Chalamet incarne un génie du tennis de table. 

    Inspiré de la véritable histoire du champion Marty Mauser, Marty Supreme (2025) nous transporte dans le New York des années cinquante, où le jeune Marty travaille dans le magasin de chaussures de son oncle, tandis que ses rêves de devenir champion du monde et de faire connaître le tennis de table l’appellent ailleurs. Animé par une ambition sans limite et doté d’un esprit rusé, Marty se lance dans une quête à haute tension, au cours de laquelle il croise aussi bien des gangsters que des hommes d’affaires riches (ainsi qu’une ex-actrice désillusionnée !).

    Les Safdie sont connus pour créer des atmosphères oppressantes, accompagnées d’un rythme très soutenu qui pousse leurs personnages à des états limites. Comparé à Smashing Machine (2025) de Benny Safdie, premier film sorti après la « séparation » des frères, Josh Safdie semble davantage suivre cette lignée. Même si le film doit énormément à la performance de Timothée Chalamet, considéré par beaucoup comme le favori dans la catégorie du Meilleur acteur aux Oscars, on retrouve également à ses côtés un casting stellaire composé de Gwyneth Paltrow, Odessa A’Zion, Tyler, The Creator et Abel Ferrara. Si vous avez déjà vu et aimé Good Time (2017) et Uncut Gems (2019), préparez-vous à doubler l’expérience !

    « The Bride! » de Maggie Gyllenhaal - au cinéma le 4 mars 2026

    De Nosferatu (Robert Eggers) à Dracula (Radu Jude et Luc Besson), en passant par Frankenstein (Guillermo del Toro), la littérature gothique n’a cessé d’alimenter l’imaginaire cinématographique ces dernières années. Et le film très attendu de Maggie Gyllenhaal s’inscrit sans doute dans cette lignée. L’actrice américaine avait réalisé son premier long métrage The Lost Daughter en 2021 et avait réussi à se démarquer notamment grâce à sa maîtrise du récit et ses personnages féminins très complexes et approfondis. 

    Pour The Bride! (2026), son deuxième long métrage, Gyllenhaal change radicalement de registre et de tonalité. Son film n’est pas une adaptation directe de La Fiancée de Frankenstein (1935), mais il s’inspire à la fois du classique de James Whale et, plus généralement, du mythe de Frankenstein. La réalisatrice signe sa deuxième collaboration avec Jessie Buckley, qui incarnera l’héroïne du film – que la créature de Frankenstein demande à un certain Dr Euphronius de créer pour qu’elle devienne sa compagne. Aux côtés de Buckley, Christian Bale interprète la créature, tandis que des noms tels que Annette Bening, Peter Sarsgaard, Jake Gyllenhaal, Penélope Cruz et John Magaro complètent le casting.

    Selon les propos de la réalisatrice et les scènes dévoilées dans la bande-annonce, The Bride (2026) est imprégné d’une imagerie pop et radicale. Décrit par Jessie Buckley comme un mélange de Bonnie et Clyde (1967) et Sailor et Lula (1990), le film semble également évoquer l’esthétique néo-gothique de Pauvres créatures (2023). La sortie française est actuellement annoncée pour le 4 mars 2026, mais, comme c’est le cas pour de nombreux films américains, cette date reste susceptible d’être modifiée.

    « The Drama » de Kristoffer Borgli - au cinéma le 8 avril 2026

    Le cinéaste norvégien Kristoffer Borgli s’est fait connaître sur le circuit festivalier avec ses comédies Sick of Myself (2022) et Dream Scenario (2023), dans lesquelles il explore la perception de soi ainsi que l’effet du regard d’autrui sur nos vies. Sous la bannière du studio A24, le prochain film du cinéaste sera une comédie romantique intitulée The Drama (2026), dont la sortie française vient d’être confirmée pour le 8 avril. Le fait que Zendaya et Robert Pattinson soient attachés au projet dans les rôles principaux a évidemment suscité beaucoup d’intérêt et de buzz autour du film. Selon le synopsis dévoilé par le studio, les deux vedettes incarnent un couple dont la semaine précédant leur mariage est complètement bousculée par un événement inattendu.

    Pour ce projet, A24 a eu recours à une stratégie marketing inédite, publiant une fausse annonce de fiançailles afin de dévoiler le synopsis et les informations relatives aux personnages du film. Pour l’instant, concernant le couple, nous savons qu’Emma Harwood (Zendaya) est originaire de Louisiane, qu’elle a étudié la littérature anglaise et qu’elle travaille pour « Mission Books », tandis que son futur mari, Charlie Thompson (Robert Pattinson), vient de Londres, est diplômé des Beaux-Arts et travaille en tant que directeur d’un musée. 

    On retrouve également Mamoudou Athie, Alana Haim, Hailey Gates et Zoë Winters au casting, dans des rôles qui n’ont pas encore été détaillés. D’après la bande-annonce, on pourrait s’attendre à un film dans un registre proche de Materialists (2025) de Celine Song. Toutefois, au regard de la prédilection du cinéaste pour l’humour noir, le ton de The Drama devrait se révéler nettement plus perçant.

    « Le Cri des gardes » de Claire Denis - au cinéma le 8 avril 2026

    Cette année, lorsque la grande réalisatrice Claire Denis a opté pour une première au Festival international du film de Toronto, ses fans en France ont été considérablement déçus. Néanmoins, elle reste une cinéaste très singulière et atypique au sein du paysage du cinéma français, car ses films ne garantissent pas toujours un carton au box-office -si l’on compare le succès de Un beau soleil intérieur (241 000 entrées en 2017) à l’échec de Stars at Noon (21 000 entrées en 2022). Certes, cela n’enlève rien à la qualité de ses films, mais certains d’entre eux résonnent moins auprès du public que d’autres.

    Le Cri des gardes (2025) est une adaptation d’une pièce de théâtre de Bernard-Marie Koltès. Ce n’est pas la première fois que la réalisatrice tourne avec des comédiens étrangers, mais des noms comme Tom Blyth et Matt Dillon au casting piquent certainement davantage la curiosité. Selon la critique, le film instaure une atmosphère de huis clos à travers un récit qui se déroule en moins de vingt-quatre heures.

    On y suit un patron de chantier (Matt Dillon) et un jeune ingénieur (Tom Blyth) confrontés, au milieu de la nuit, à un homme qui leur réclame le corps de son frère, tué le jour même sur le chantier. Le pitch et les personnages pourraient paraître quelque peu simplistes, mais c’est à travers des confrontations à la limite de la sphère intime que les inégalités sociales issues du (post)colonialisme font surface. Croisons les doigts pour voir si Denis réussit ce pari et attendons le 8 avril !

    « La Corde au cou » de Gus Van Sant - au cinéma le 15 avril 2026

    Depuis un bon moment, Gus Van Sant n’avait pas réussi à signer un film à la hauteur de ses premiers longs métrages, mais La Corde au cou (2025) marque un véritable retour en force pour le réalisateur. Présenté dans la section Hors Compétition du Festival du film de Venise, le film se présente comme un hommage stylistique et esthétique au Nouvel Hollywood, notamment dans la lignée de Un après-midi de chien (1975).

    Le cinéaste s’inspire d’un fait divers réel : une prise d’otage survenue à Indianapolis en 1977, au cours de laquelle Tony Kiritsis, un homme endetté, enlève le président de la compagnie de crédit immobilier qui lui a causé du tort. Par le soin apporté à la reconstitution historique, La Corde au cou rappelle par endroits The Mastermind, mais la mise en scène de Van Sant s’avère ici beaucoup plus dynamique, presque haletante.

    Côté casting, Bill Skarsgård campe Kiritsis et livre une excellente performance, incarnant avec intensité -aussi bien dans sa corporalité que dans ses regards-  la rage d’un homme qui n’a plus rien à perdre. À ses côtés, Dacre Montgomery interprète Richard Hall, l’otage de Kiritsis. On retrouve également Myha’la dans le rôle d’une jeune journaliste ambitieuse cherchant à couvrir l’incident, tandis que Colman Domingo déploie tout son charisme en incarnant le disc-jockey qui aide la police à dialoguer avec Kiritsis. Enfin, dans le rôle de M. L. Hall, le père de Richard, Al Pacino prolonge l’hommage qui lui est rendu de manière autoréflexive. Prévu pour une sortie en France le 15 avril, La Corde au cou promet une bonne dose de tension, d’action et de plaisir cinéphile !

    « Flowervale Street » de David Robert Mitchell - au cinéma le 12 août 2026

    Même s’il n’a réalisé que trois longs métrages jusqu’à présent, David Robert Mitchell est sans doute l’une des voix les plus singulières du cinéma indépendant américain, et ses fans attendent son retour avec un nouveau film depuis plus de sept ans. L’attente touche enfin à sa fin : le réalisateur a achevé Flowervale Street, dont la sortie est prévue pour le 12 août 2026.

    Mitchell a entamé son parcours avec un film de jeunesse, avant de réaliser un film d’horreur (It Follows, 2014), puis une comédie noire postmoderne (Under the Silver Lake, 2018). Pour son prochain film, des rumeurs ont commencé à circuler quant à d’éventuels liens avec la franchise Cloverfield, à la suite de l’annonce de la participation de J.J. Abrams au projet en tant que producteur. Mais nous savons désormais que Flowervale Street sera un film de science-fiction, centré sur une famille qui commence à remarquer des occurrences inhabituelles dans son quartier.

    Selon un article publié sur World of Reel, le film comporte une intrigue liée au voyage dans le temps, les habitants se retrouvant confrontés à des dinosaures à l’âge préhistorique. Ewan McGregor et Anne Hathaway sont confirmés en tête d’affiche, accompagnés de Maisy Stella, Christian Convery, Jordan Alexa Davis, P. J. Byrne et Chris Coy. Cette liste sera sans doute amenée à s’allonger à mesure que de nouveaux détails sur le projet seront révélés, mais pour l’instant, nous partageons la curiosité et l’enthousiasme des fans du cinéaste.

    « Digger » de Alejandro González Iñárritu - au cinéma le 30 septembre 2026

    Peu importe si son dernier film, extrêmement nombrilique, a été un échec critique : le fait qu’Alejandro González Iñárritu mette Tom Cruise en tête d’affiche suffit largement à susciter l’impatience autour de son prochain long métrage. Écrit en collaboration avec Nicolás Giacobone, Alexander Dinelaris Jr. et Sabina Berman, Digger (2026) se concentrera sur Digger Rockwell, qui, selon les rumeurs, entame une mission extraordinaire afin de sauver l’Humanité d’une catastrophe destructrice. 

    Au vu des films précédents du cinéaste, dont The Revenant (2015), qui mettent tous en scène la quête d’un homme, qu’il soit en lutte contre la société ou contre la nature, Digger s’inscrira très probablement dans la continuité thématique de sa filmographie. Côté technique, nous savons que le film a été tourné en 35 mm selon le procédé VistaVision, avec une image signée par le collaborateur fidèle du cinéaste, Emmanuel Lubezki.

    Digger a de fortes chances de propulser Tom Cruise dans la course aux Oscars, mais le reste du casting n’est pas moins stellaire : on y retrouve de grands comédiens comme Sandra Hüller, John Goodman, Michael Stuhlbarg, Jesse Plemons, Sophie Wilde, Riz Ahmed, Emma D’Arcy, entre autres -ce qui laisse supposer qu’il pourrait s’agir d’un film choral, dans la continuité de Birdman (2014). La date de sortie française est fixée au 30 septembre 2026, qui annonce probablement une première mondiale au Festival de Venise début septembre.

  • One Piece et les 10 séries les plus attendues sur Netflix en 2026

    One Piece et les 10 séries les plus attendues sur Netflix en 2026

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    2026, l’année du… binge-watching ! Netflix a profité de ce début d’année pour dévoiler son line-up complet. Et on peut dire que les abonné.es seront gâté.es avec pas moins de 110 séries, mêlant fictions, documentaires, animation et téléréalité. De quoi promettre aux fans de nombreuses heures dans des imaginaires très variés, qu’ils soient déjà connus ou inédits.

    Car oui, bien sûr, ce nouveau cru streaming promet de nouvelles saisons (et même certains finales importants) mais aussi de nouvelles séries. Si vous pensiez que la conclusion de Stranger Things (2016-2025) marquait la fin de l’ère Netflix, vous vous trompiez ! D’ailleurs, en 2026, on va aussi retourner à Hawkins, vous le verrez…

    Pour Justwatch, je vous ai fait une sélection des shows les plus attendus. Classés par ordre alphabétique car toutes les dates de mise en ligne n’ont pas encore été dévoilées par la plateforme. Demandez le programme !

    Avatar : Le dernier maître de l'air - saison 2

    C’est l’une des belles réussites récentes de Netflix : l’adaptation live-action de Avatar : Le dernier maître de l'air (2024), qui a su effacer la tentative cinéma ratée de 2010. Gordon Cormier (Aang), Kiawentiio (Katara), Ian Ousley (Sokka) et Dallas Liu (Zuko) -entre autres- font leur grand retour pour une nouvelle salve d’épisodes dans ce monde fantastique où se côtoient les nations de l'Eau, de la Terre, du Feu et de l'Air. Cette saison 2 -toujours aussi respectueuse de la série animée culte- les verra se lancer dans une quête pour convaincre le Roi de la Terre de les aider dans leur combat contre le Seigneur du Feu Ozai (Daniel Dae Kim) pour ramener l’équilibre entre les éléments. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, les fans seront ravis d’apprendre qu’un long métrage animé devrait parallèlement débarquer sur Paramount+ cette année !

    Beef / Acharnés - saison 2

    Il y a trois ans, Beef / Acharnés (2023-) s’était imposée comme l’un des succès-surprise de Netflix. Il y était question d’une altercation entre Ali Wong et Steven Yeun à la suite d’un accident de circulation, conduisant à une haine féroce et une spirale vengeresse. Loué pour sa férocité, sa noirceur et sa folie (8 Emmy Awards dont Meilleure mini-série, Meilleure actrice et Meilleur acteur), le programme a été prolongé par la plateforme, qui le transforme en anthologie explorant la toxicité des relations entre différents personnages. La saison 2 promet de faire aussi mal, en nous entraînant dans le milieu des ultra riches pour suivre l’affrontement entre les couple Oscar Isaac / Carey Mulligan et Charles Melton / Cailee Spaeny. Sur le papier, il y a un petit quelque chose de Parasite (2019) : on souhaite à ces huit nouveaux épisodes le même destin que le chef d’œuvre de Bong Joon-ho. Réponse le 16 avril !

    East of Eden

    Zoe Kazan revisite John Steinbeck… et son propre grand-père Elia Kazan ! La scénariste, dramaturge et comédienne (She Said, 2022) supervise en effet une mini-série adaptée du célèbre roman East of Eden -publié en 1952 et considéré par l’auteur américain comme son œuvre-maîtresse-, adapté par Kazan trois ans plus tard avec A l’est d’Eden (1955), l’un des trois films majeurs de la courte mais légendaire carrière de James Dean. Cette histoire de famille, au sein d’une exploitation agricole californienne, suit la relation déchirante et toxique entre deux frères et leur père. Mike Faist (Challengers, 2024) et Florence Pugh sont au casting des 7 épisodes de ce qui s’annonce comme l’un des nouveaux Originals les plus attendus de l’année.

    La Chronique des Bridgerton - saison 4

    Après Daphne (Phoebe Dynevor) en saison 1, Anthony (Jonathan Bailey) en saison 2 et Colin (Luke Newton) en saison 3, le quatrième chapitre de La Chronique des Bridgerton (2020-) va suivre les pas de Benedict (Luke Thompson), le frère artiste et bohème de la célèbre famille imaginée par Julia Quinn et adaptée pour Netflix par Chris Van Dusen et Shonda Rhimes. Il y sera question, comme toujours, d’étiquette à tenir, de rencontres arrangées, d’amour interdit ou empêché… et de bal masqué ! Parmi les nouveaux visages attendus, les fans feront connaissance avec la charmante Sophie Baek (Yerin Ha) et seront ravis de retrouver Katie Leung, inoubliable Cho Chang de la saga Harry Potter. A noter que la plateforme divisera les huit nouveaux épisodes en deux parties, proposées respectivement les 29 janvier et 26 février. 

    Le Problème à trois corps - saison 2

    Le Problème à trois corps (2024-), c’est un roman incontournable de la littérature de science-fiction contemporaine signé Liu Cixin. C’est aussi la série de l’après Game of Thrones pour le tandem David Benioff / D.B. Weiss. Accompagnés par Alexander Woo, ils ont quitté la dark fantasy de Westeros pour adapter cette épopée SF ambitieuse (160 millions de dollars de budget en saison 1), qui confronte l’Humanité à une menace venue d’ailleurs alors qu’une décision prise par une astrophysicienne chinoise dans les années 60 déclenche une série d'événements qui résonnent à travers l'espace et le temps. Tournée à travers le monde et portée par un casting choral, la série se voit dotée d’un budget de 267 millions de dollars (!) pour les saisons 2 (2026) et 3 (2027), qui concluront cette épopée lancée par huit épisodes plébiscités en 2024. Il y aura donc bien une fin… mais il faudra être patient !

    Man on Fire - saison 1

    Man on Fire (2004) est sans aucun doute mon film préféré de la fructueuse collaboration entre Denzel Washington et le réalisateur Tony Scott, entamée en 1995 avec USS Alabama. Alors bien sûr, le personnage de John Creasy, ancien agent désabusé et reconverti en garde du corps d’une petite fille, existait déjà dans le roman original de A. J. Quinnell et l’adaptation de 1987 avec Scott Glenn. Mais le personnage est pour moi indissociable de l’interprétation habitée et impitoyable de Denzel Washington, qui annonce d’ailleurs un peu son futur personnage de la trilogie Equalizer (2014-2023). Sur Netflix, la nouvelle adaptation en série sera emmenée par Yahya Abdul-Mateen II, révélé par Watchmen et Candyman. Celui qui sera parallèlement la star de la série Marvel Wonder Man sur Disney+ devrait y faire des merveilles et poser Man on Fire (2026) en concurrent sérieux et badass du Jack Reacher de Prime Video (Reacher, 2022-).

    Monstre : The Lizzie Borden Story

    Après Jeffrey Dahmer, les frères Menendez et Ed Gein, la quatrième itération de l’anthologie Monstre, à travers laquelle Ryan Murphy et Ian Brennan revisitent les grandes figures criminelles, intègre son premier protagoniste féminin. En l’occurrence Lizzie Borden, une jeune femme accusée du meurtre (à la hache) de son père et de sa belle-mère en 1892. Finalement acquittée et libérée, elle resta toutefois ostracisée par les habitants de Fall River, Massachusetts jusqu’à sa mort en 1927. Cette affaire, jamais résolue, a fortement marqué la culture populaire américaine, que ce soit dans la littérature, au théâtre, dans une comptine (!) et évidemment à l’écran. Après Elizabeth Montgomery (La Légende de Lizzie Borden, 1975), Christina Ricci (Lizzie Borden a-t-elle tué ses parents ? et The Lizzie Borden Chronicles, 2014-2015) ou Chloë Sevigny (Lizzie, 2018), c’est Ella Beatty qui campera la jeune femme.

    One Piece - saison 2

    One Piece (2023-) est la série qui a brisé la malédiction des adaptations de mangas et d’anime en prises de vues réelles. Là où les précédentes tentatives (dont Death Note ou Cowboy Bebop) n’avaient jamais réussi à renouer avec la qualité de leurs modèles dessinés, les aventures de Luffy et ses compagnons à Grand Line, sur les traces d’un fabuleux trésor, ont convaincu tout le monde. Les fans comme les néophytes, dont je faisais assurément partie. J’ai été totalement embarqué dans cet univers mêlant piraterie et fantasy, dont l’ambition visuelle n’a d’égal que la qualité de son casting, emmené par la réjouissante bande formée par Iñaki Godoy, Mackenyu, Emily Rudd, Jacob Romero et Taz Skylar. Je ne pensais vraiment pas dire ça un jour… mais j’ai vraiment hâte de retrouver One Piece en 2026 ! Le 10 mars, pour être précis.

    Orgueil et Préjugés

    En 2026, Lizzie Bennet et Mr. Darcy font leur grand retour à l’écran dans une nouvelle version (en mini-série) de Orgueil et Préjugés, adaptée du chef d'œuvre de Jane Austen. Supervisé par la journaliste et chroniqueuse britannique Dolly Alderton et le réalisateur de Heartstopper, ce projet en six épisodes autour de l’histoire d’amour incontournable -qui ne manquera pas, aussi, d'épingler les travers de l’époque comme l’avait fait l’autrice dans son livre)- aura la lourde tâche de faire oublier les classiques que sont devenus Orgueil et Préjugés (1995) avec le duo Jennifer Ehle & Colin Firth et Orgueil et Préjugés (2005) porté par Keira Knightley & Matthew Macfadyen. Nul doute que Emma Corrin et Jack Lowden sauront faire honneur à l’un des couples les plus iconiques de la littérature anglaise.

    Stranger Things : Chroniques de 1985

    Vous pensiez avoir tourné la page Stranger Things (2016-2025) ? Netflix vous propose de prolonger votre séjour à Hawkins. Déjà avec le making-of (que certaines théories annoncent comme un épisode 9 caché !) prévu le 12 janvier sur la plateforme. Mais surtout avec Stranger Things : Chroniques de 1985 (2026-), un prolongement animé de la série situé entre les deuxième et troisième saisons et dans lequel les personnages affrontent de nouveaux monstres durant un hiver glacial. Croisant l’esprit des dessins animés du samedi matin des années 80/90 (la série SOS Fantômes est la référence des frères Duffer) et une animation moderne et léchée façon Arcane, ce programme vient compléter l’univers aux côtés de la pièce de théâtre. Et en parlant des deux frères, ils dévoilent en 2026 une autre série fantastique sur Netflix : The Boroughs (2026-) qui confronte des retraités à une invasion extraterrestre.

    The Witcher - saison 5

    L’année 2025 aura été celle d’un double remplacement pour Henry Cavill : alors que David Corenswet reprenait l’iconique costume frappé d’un « S » de Superman (2025), Liam Hemsworth se glissait sous la non moins iconique chevelure argentée de The Witcher (2019-). Si le comédien n’a pas démérité épée en main dans le rôle de Geralt de Riv, la saison 4 n’a pas fait grand bruit sur la plateforme lors de sa mise en ligne à l’automne. Souhaitons que les abonné.es réservent un aurevoir digne au Sorceleur, à Ciri (Freya Allan) et à Yennefer (Anya Chalotra) pour cette saison finale. Pleine de promesses à son lancement, The Witcher laisse un goût d’inachevé et aurait clairement mérité mieux que cette adaptation en demi-teinte qui n’a convaincu ni les fans de l’univers d’Andrzej Sapkowski, ni les gamers, ni les néophytes.

    Et aussi…

    • A l'ombre des magnolias - saison 5
    • Beauty In Black - saison 2
    • Black Doves - saison 2
    • Emily in Paris - saison 6
    • Free Bert - saison 1
    • Grosse pression - saison 3
    • HIS & HERS - saison 1
    • How to Get to Heaven from Belfast - saison 1
    • La Défense Lincoln - saison 4
    • La Diplomate - saison 4
    • La Famille Upshaw - saison 7
    • La Loi de la plus forte - saison 3
    • La Meneuse - saison 2
    • Les Quatre Saisons - saison 2
    • Les Sept Cadrans d'Agatha Christie - saison 1
    • Lupin - saison 4
    • Ma vie avec les Walter Boys - saison 3
    • Nobody Wants This - saison 3
    • Outer Banks - saison 5
    • Rêve de glace - saison 1
    • The Gentlemen - saison 2
    • The Hunting Wives - saison 2
    • The Night Agent - saison 3
    • Un très mauvais pressentiment - saison 1
    • Virgin River - saison 7
    • XO, Kitty - saison 3
    • …
  • Les 8 films adaptés de romans les plus attendus en 2026

    Les 8 films adaptés de romans les plus attendus en 2026

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Entre Running Man, L’Homme qui rétrécit ou encore Frankenstein, l’année 2025 était déjà riche en récits passés de l’écrit à l’écran, confirmant l’appétit intact du cinéma pour la littérature. En 2026, la tendance se poursuit sans faiblir, avec une nouvelle vague d’adaptations puisant aussi bien dans les grands monuments du patrimoine littéraire que dans des romans contemporains devenus cultes en quelques années.

    Pour s’attaquer à ces œuvres plus ou moins connues : des cinéastes plus ou moins connus. Des talents aux profils variés, allant de réalisateurs confirmés habitués aux superproductions internationales à des auteurs plus singuliers venus du cinéma indépendant. Mais tous ces projets ont en commun une ambition assumée, celle de donner une nouvelle vie à des textes parfois centenaires, parfois très récents, en les confrontant aux enjeux et aux imaginaires d’aujourd’hui.

    Qui va transformer la puissance de la page en expérience de cinéma ? Pour JustWatch, je vous propose un petit tour d’horizon des adaptations les plus attendues de l’année.

    « Le Mage du Kremlin » d’Olivier Assayas - en salles le 21 janvier 2026

    Adapté du roman prémonitoire de Giuliano da Empoli, publié en 2022, année de l’invasion de l’Ukraine, Le Mage du Kremlin (2025) plonge dans les arcanes du pouvoir russe à travers le regard d’un stratège de l’ombre, inspiré de figures bien réelles du régime de Vladimir Poutine.

    Olivier Assayas, cinéaste de l’intime autant que du politique (Carlos, Doubles vies), s’empare de ce texte glaçant et visionnaire pour en faire un thriller idéologique tendu. Porté par Paul Dano, Alicia Vikander, Jeffrey Wright et Jude Law en Vladimir Poutine, le film s’annonce comme l’un des projets français les plus audacieux de l’année.

    « À pied d’œuvre » de Valérie Donzelli - au cinéma le 4 février 2026

    Révélée par son film La Guerre est déclarée (2011), Valérie Donzelli a construit une filmographie profondément personnelle. Dans A pied d'œuvre (2025), elle raconte l’histoire vraie d’un photographe à succès qui abandonne tout pour se consacrer à l’écriture, découvrant la pauvreté. 

    Le film raconte une traversée radicale, entre chute sociale et renaissance intérieure, avec une sensibilité à fleur de peau, servie par le talent de Bastien Bouillon, décidément adepte du changement de registre. Petite indication très favorable : le film a reçu le Prix du Meilleur scénario à la Mostra de Venise 2025. Hâte de la découvrir.

    « Hurlevent » d’Emerald Fennell - au cinéma le 26 février 2026

    On ne compte plus les adaptations du roman de l’Anglaise Emily Brontë, Les Hauts de Hurlevent. Le premier est un film muet de 1920, Luis Buñuel s’y est aussi essayé dans les années 1950 et le plus hollywoodien reste sans doute la version du Britannique Peter Kominsky avec Ralph Fiennes et Juliette Binoche en 1992. Dans Hurlevent, l’adaptation 2026 de ce texte qui n’a jamais cessé de fasciner, l’affiche fait rêver une nouvelle génération de public, dont je fais partie : Margot Robbie et Jacob Elordi incarnent Catherine et Heathcliff, le couple imaginé par l’autrice anglaise dans son roman publié en 1847.

    Derrière la caméra : Emerald Fennell, réalisatrice de Saltburn (2023) et Promising Young Woman (2023), qui ne manque pas d’audace dans sa vision du roman. Elle semble avoir insufflé à ce récit de passion destructrice une esthétique assez fiévreuse et radicale. Une première bande-annonce, très commentée, dévoile des séquences plutôt sulfureuses, portées par  une bande-son signée Charli XCX.

    « L’Odyssée » de Christopher Nolan - au cinéma le 15 juillet 2026

    Il fallait un cinéaste de la démesure de Christopher Nolan pour s’attaquer à ce grand classique de la littérature : L’Odyssée d’Homère, qui raconte le long périple d’Ulysse (Matt Damon) affrontant des épreuves mythiques pour retrouver sa femme Pénélope (Anne Hathaway) et son fils Télémaque (Tom Holland). 

    Le réalisateur d’Oppenheimer (2023), Interstellar (2014), Inception (2010) ou encore Tenet (2020) a fait le choix de tourner majoritairement en décors naturels, fidèle à son obsession du « réel » et du spectaculaire. Il me tarde de voir cette relecture de ce texte fondateur de la culture occidentale (étudié en 6e !), annoncée comme l’un des projets les plus ambitieux de sa carrière.

    « Les Misérables » de Fred Cavayé - au cinéma le 9 décembre 2026

    Plus habitué à fabriquer des thrillers tendus comme À bout portant (2010), Mea Culpa (2014) ou des comédies comme Radin ! (2016) ou Les Chèvres ! (2024), Fred Cavayé s’est lancé dans un projet d’un tout autre registre : l’adaptation d’un classique de la littérature, le chef d'œuvre de Victor Hugo Les Misérables.

    Le film suscite beaucoup d’attente, et pour cause : les précédentes adaptations d'œuvres fleuves de la littérature française ont remporté un beau succès au box office : Le Comte de Monte-Cristo (2024) a attiré plus de 9 millions de spectateurs en un an, les deux volets des Trois Mousquetaires (2023) ont cumulé près de 6 millions d’entrées au total. Le casting des Misérables est à la hauteur de l’ambition : Vincent Lindon en Jean Valjean, Tahar Rahim en Inspecteur Javert, Camille Cottin et Benjamin Lavernhe en Thénardier,  Noémie Merlant en Fantine… De quoi conquérir un public déjà fan des grandes fresques et devenir l’événement de l’année côté cinéma français.

    « Dune : troisième partie » de Denis Villeneuve - au cinéma le 16 décembre 2026

    Après le succès critique et public de Dune (2021) et Dune : Deuxième Partie (2024), Denis Villeneuve achève son triptyque avec un troisième volet très attendu. Inspiré de la suite directe du roman de Frank Herbert, ce nouvel opus s’annonce plus sombre et plus mystique.

    Le réalisateur québécois, déjà maître des adaptations complexes (Premier Contact, Blade Runner 2049), poursuit son exploration du destin de Paul Atréides, entre pouvoir absolu et fanatisme religieux. Une conclusion ambitieuse pour l’une des sagas de science-fiction les plus marquantes du cinéma contemporain, toujours emmenée par Timothée Chalamet et Zendaya.

    « Soudain » de Ryûsuke Hamaguchi - au cinéma en 2026

    Après Drive My Car (2021) -déjà adapté d’une nouvelle de Haruki Murakami, et Le Mal n’existe pas (2023), Ryûsuke Hamaguchi poursuit son exploration des failles humaines avec Soudain (2026), adapté d’un roman japonais contemporain encore peu connu en France. Il s’agit d’un recueil de lettres publiées dans le livre You and I - The Illness Suddenly Get Worse, de Makiko Miyano et Maho Isono. Le livre et le film montrent le lien entre deux femmes, une directrice de théâtre japonaise et une infirmière française, jouée par Virginie Efira.

    Fidèle à son cinéma de l’ellipse et de la parole, le cinéaste japonais promet une adaptation délicate, minimaliste et profondément émotionnelle. Un film attendu par les amateurs de littérature et de cinéma d’auteur. Comme il l’a confié au magazine Variety, Ryûsuke Hamaguchi entend « montrer un Paris un peu différent des clichés »... et rien que pour ça, j’ai hâte !

    « Narnia : Le Neveu du Magicien » de Greta Gerwig - sur Netflix en décembre 2026

    Après l’énorme succès de Barbie (2023), Greta Gerwig est attendue au tournant avec cette adaptation ambitieuse de l’univers de C.S Lewis. Préquel de la saga, Narnia : Le Neveu du Magicien (2026) raconte la création de ce monde magique et l’origine de ses mythes.

    L’enjeu est double pour la réalisatrice de Lady Bird (2017) et Les Filles du docteur March (2019) : réussir artistiquement un projet déjà très codifié et marqué par la patte d’Andrew Adamson (derrière Shrek et Shrek 2 notamment) et Michael Apted (Le Monde ne suffit pas, Gorilles dans la brume), tout en répondant à de fortes attentes industrielles. Réussira-t-elle le tour de passe-passe de renouveler l’imaginaire fantasy tout en attirant un large public, comme elle l’a fait avec la poupée la plus célèbre du monde  ?

  • Ce qui nous attend en 2026 selon ces 5 films et séries de science-fiction

    Ce qui nous attend en 2026 selon ces 5 films et séries de science-fiction

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Depuis ses débuts, le cinéma ne cesse de se projeter dans le futur, parfois très lointain (je pense à Waterworld, La Planète des Singes ou Barbarella). Et, à chaque début d’année, c’est toujours fascinant de regarder ce que la (science) fiction avait anticipé pour ce nouveau cap. C’est souvent improbable, mais, parfois, pertinent et visionnaire.

    Alors que nous rentrons en 2026 (l’année des 17 ans de Ellie dans The Last of Us S206), je vous propose de voyager à travers le futur anticipé par quelques longs métrages et séries pour cette année. Il y a des rébellions, un virus, des monstres et une IA inquiétante, et surtout 5 œuvres à (re)découvrir avec un regard tout particulier aujourd’hui. Et on parle bien ici des histoires se déroulant en 2026, et non des films dont la sortie est prévue en 2026 et que vous pouvez retrouver ici.

    Metropolis (1927) - un monde divisé en deux classes

    Il y a 99 ans, Fritz Lang envisageait la ville du futur avec Metropolis (1927), monument du 7ème Art s’il en est. Au coeur d’une mégalopole tentaculaire et futuriste, on découvre la société de 1926, divisée en deux classes distinctes : dans les profondeurs, la masse ouvrière, uniforme et destinée à faire marcher la cité dans le vacarme de machines terrifiantes ; dans les étages supérieurs, l’élite dirigeante, éclairée et engagée dans les loisirs et le pilotage de cette humanité à deux vitesses. Le fils du maître de la ville, un savant fou et une jeune femme vont alors, chacun à leur façon, bouleverser l’ordre établi, avec l’espoir qu’un médiateur serve de coeur entre les mains et le cerveau.

    Bien sûr, Metropolis est un peu compliqué à revoir en 2026. 2h28 de cinéma muet, avec le surjeu et la musique tonitruante que cela suppose et une intrigue un peu alambiquée, il faut être vraiment cinéphile ou motivé. Le long métrage n’en reste pas moins une œuvre majeure de l'histoire du cinéma, qui a autant influencé les robots (C-3PO doit tout à Maria) que la vision de la ville du futur (Blade Runner, Dark City ou Brazil s’en revendiquent) dont les effets spéciaux restent ahurissants pour l’époque. Et puis, quelque part, cette vision d’un monde divisé entre caste privilégiée et majorité exploitée n’était-elle pas prophétique à l’heure où la société n’a jamais été aussi polarisée ?

    Snowpiercer (2020-2024) - un monde toujours plus divisé

    Finalement, l’univers de la série Snowpiercer (2020-2024) est un digne héritier de celui de Metropolis. A ceci près qu’il transpose cette idée de hiérarchie sociale verticalisée à l’horizontalité d’un train en perpétuel mouvement -le dernier bastion de l’Humanité- lancé à pleine vitesse à travers les plaines d’une Terre gelée, ravagée par une ère glaciaire qui a figé le monde. A travers 1001 wagons, la guerre des classes, l’injustice sociale et la politique interne sèment le trouble. A l’origine de cette histoire, il y a une bande dessinée française imaginée par Jacques Lob et Jean-Marc Rochette, reprise par la suite par Bong Joon-ho dans le film Snowpiercer (2013).

    Très réussi mais assez frustrant car limité par ce que la durée d’un film ne permet pas de raconter, il est revisité et exploré en série et en profondeur par Josh Friedman (créateur de Foundation et co-scénariste sur la saga Avatar depuis le deuxième volet), qu’il s’agisse du fonctionnement de ce train-monde ou des seconds rôles. A travers l’opposition entre Jennifer Connelly et Daveed Diggs, le programme nous plonge durant quatre saisons dans cette dystopie qui confronte l’exploitation des classes de queue de train à celles des wagons de tête. Et c’est, comme l’avait fait Fritz Lang, une métaphore aussi juste que frappante. Dans le même genre, on pourra apprécier Silo (2023-), La Plateforme (2019) ou Soleil Vert (1973)

    La Planète des singes : L'Affrontement (2014) - la grippe menace

    Si 2026 -comme 2014- est l’année du cheval selon l’astrologie chinoise, c’était selon la fiction l’année… du singe ! En effet, La Planète des singes : L'Affrontement (sorti en... 2014) prédisait une éradication d’une grande partie de l’humanité en 2026 à la suite d’une épidémie de grippe simienne (annoncée à la fin de La Planète des singes : Les Origines, 2011). Sous le commandement de César, les chimpanzés, orang-outang et autres gorilles se sont désormais organisés en tribus évoluées, capables d’opposer une résistance féroce aux Humains. Voire de prendre le contrôle du monde. Si vous n’aviez pas aimé le COVID-19, la grippe des singes ne va pas vous plaire…

    Deuxième volet du reboot orchestré par Matt Reeves, le long métrage est passionnant, même s’il est un peu moins réussi que le film qui le précède et que La Planète des singes : Suprématie qui suivra. On sait que « l’épisode du milieu » d’une trilogie est toujours compliqué, sans réel début et sans vraiment de fin, et La Planète des singes : L'Affrontement n’y coupe pas. On y trouve néanmoins un propos très intéressant entre la réconciliation souhaitée par César et Jason Clarke d’un côté, et une lutte à mort prônée par Koba et Gary Oldman de l’autre. Et une réussite totale côté effets visuels (ce plan d’ouverture sur le visage de César balayé par la pluie est inoubliable !), magnifiée par la performance (capture) d’Andy Serkis qui n’a jamais été saluée à sa juste valeur de mon point de vue.

    Doom (2005) - on explore Mars… et ça se passe mal

    A l’heure où les bonnes adaptations de jeux vidéo ont enfin trouvé le chemin des écrans, on oublie que la cultissime licence vidéoludique Doom avait tenté un passage peu convaincant au cinéma en 2006. Emmené par Karl Urban et Dwayne Johnson, Doom nous entraîne sur Mars (à travers un trou de ver, plus besoin de voyage vers la planète rouge !) où les scientifiques de la station de recherche Olduvai ont ouvert par mégarde les portes de l’enfer : une escouade surentrainée de la Rapid Response Tactical Squad (RRTS) est alors envoyée sur place pour découvrir ce qu’il est advenu du personnel…

    Spoiler Alert : ça va mal se passer pour nos soldats, même armés du fameux « BFG » cher aux gamers. Entre couloirs sombres et créatures cauchemardesques, le voyage offre un gentil grand huit horrifique interdit aux moins de 12 ans (on est LOIN du PEGI 18 des jeux), qui vaut surtout pour Karl « The Boys » Urban enfin en tête d’affiche et pour sa mémorable séquence « First Person Shooter » qui rend un bel hommage à son modèle vidéoludique (avec la tronçonneuse !). On est ici dans la lignée de la vague d’adaptation lancée par Resident Evil  (2002), avec des adaptations assez peu respectueuses du matériau original (et du public). Heureusement, les choses ont changé et 2026 devrait à nouveau faire honneur aux jeux vidéo.

    Mission : Impossible - The Final Reckoning (2025) - la menace IA

    L’IA (pour intelligence artificielle, évidemment) a monopolisé la guerre numérique entre géants de la Silicon Valley, nos usages online… et les craintes au sujet d’une technologie toujours plus performante pleine d’opportunités mais aussi de menaces pour l’Humanité. Une menace que Ethan Hunt affronte à son tour dans Mission : Impossible - The Final Reckoning (2025), qui confronte l’agent M:I à sa dernière mission alors qu’une super IA fait peser sur le monde un risque nucléaire majeur. Ou pour le dire autrement : WarGames (1983) avec des cascades.

    Dans la lignée de James Cameron (Terminator, 1984) et des Wachowski (Matrix, 1999), mais à travers une approche action/espionnage/thriller, Christopher McQuarrie embrasse l’idée d’une machine échappant à notre contrôle pour mieux nous éradiquer. Ici, pas de de combats futuristes mais des cascades à couper le souffle (entre des voltiges en biplan et une apnée dans un sous-marin, ce que réalise Tom Cruise est ahurissant), et cette menace sous-jacente qui rejoint les préoccupations bien réelles qui nous agitent au quotidien. Sachant que dans la « vraie vie », il n’y a pas de Ethan Hunt pour débrancher la machine et nous sauver…

  • Belphégor : 100 ans (ou presque) de films et séries sur le fantôme du Louvre !

    Belphégor : 100 ans (ou presque) de films et séries sur le fantôme du Louvre !

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Le mythe est tenace ! Et opère un retour remarqué avec un timing bien particulier : alors que le spectaculaire vol de bijoux estimé à 83 millions d’euros a braqué les projecteurs du monde entier sur le musée du Louvre en octobre 2025, une nouvelle version télévisée de Belphégor débarquait sur la plateforme HBO Max quelques semaines plus tard.

    Le fantôme du plus célèbre musée du monde y renaît sous la forme d’une série de 4 épisodes qui sera également proposée sur les antennes de M6 courant 2026. Le spectre surnaturel qui hante les galeries du bâtiment n’en est pas à sa première apparition. D’autres productions l’ont mis en scène, et la première date de 1927 ! C’est dire si le fantôme traverse les époques sans jamais disparaître vraiment.

    Du cinéma muet à la télévision en noir et blanc, du grand écran des années 2000 jusqu’aux plateformes de streaming d’aujourd’hui, Belphégor n’a cessé de se réinventer. Justwatch revient sur près d’un siècle d’adaptations d’un mythe français unique, où le patrimoine rencontre le fantastique.

    Belphégor (1927) - le fantôme à l’ère du cinéma muet

    Avant même de devenir une icône télévisuelle, Belphégor fait sa première apparition à l’écran en 1927 dans un film muet réalisé par Henri Desfontaines. Adaptation directe du roman-feuilleton d’Arthur Bernède, cette version pose les bases visuelles et narratives du mythe : le Louvre, ses galeries nocturnes, ses trésors et cette silhouette inquiétante qui surgit de l’ombre. Sans dialogues, le film s’appuie sur le jeu des regards, les contrastes de lumière et une mise en scène très théâtrale pour instaurer un climat d’angoisse feutrée. 

    Le Belphégor de 1927 n’est pas encore le fantôme élégant et spectral que l’on connaîtra plus tard, mais une figure déjà profondément liée au mystère, à l’illusion et au faux surnaturel. Cette première incarnation, aujourd’hui largement oubliée du grand public, témoigne pourtant de la capacité précoce du cinéma français à exploiter l’espace muséal comme un terrain de peur et de fascination, et à faire de Belphégor une énigme avant même qu’il ne devienne une légende télévisuelle.

    Belphégor (1965) - la naissance du mythe télévisuel

    Diffusée en 1965 sur l’ORTF, la série Belphégor marque un tournant décisif dans l’histoire du personnage. Réalisée par Claude Barma et portée par Juliette Gréco dans le rôle de la mystérieuse Laurence, cette mini-série en quatre épisodes devient un véritable phénomène de société. Le Louvre, filmé de nuit dans une France encore peu habituée au fantastique télévisuel, se transforme en labyrinthe anxiogène où plane une menace presque abstraite. Le masque noir de Belphégor, simple mais terriblement efficace, imprime durablement l’imaginaire collectif.

    Ce qui fait la force de cette version, c’est avant tout son sens du mystère. Le fantastique y est suggéré plus que montré, et le spectateur doute longtemps de la nature réelle du fantôme. Est-il surnaturel ou le fruit d’une machination humaine ? Le rythme lent et les silences pesants distillés dans une mise en scène épurée participent à une tension psychologique inédite pour la télévision française de l’époque. D’où la naissance d’un mythe télévisuel qui continue, 60 ans plus tard, à hanter la mémoire collective.

    La Malédiction de Belphégor (1965) - un passage éclair au cinéma

    Face au succès fulgurant de la série, une version condensée voit rapidement le jour : La Malédiction de Belphégor, sortie au cinéma la même année. Plus qu’un véritable remake, il s’agit d’un montage destiné aux salles, regroupant et réadaptant les moments clés de la série pour le grand écran. Cette exploitation cinématographique témoigne de l’impact immédiat du personnage et de la volonté de capitaliser sur un phénomène populaire encore brûlant.

    Cette version perd une partie de la lente montée en tension propre au format feuilleton mais elle contribue néanmoins à installer Belphégor comme une figure hybride, à la frontière entre télévision et cinéma. Moins connu aujourd’hui, ce film reste un jalon important dans la diffusion du mythe, preuve de son potentiel transmédiatique bien avant l’ère des franchises modernes.

    Belphégor, le Fantôme du Louvre (2001) - le mythe de retour sur grand écran

    Inspiré par le roman d’Arthur Bernède et surtout de l’ancienne série des années 1960 qui a marqué toute une génération, Jean-Paul Salomé se lance dans une adaptation cinématographique dans les années 2000, avec Sophie Marceau comme tête d’affiche et un Louvre filmé sous toutes ses coutures. Du grand spectacle, donc, mais aussi un changement de ton radical.

    Là où la série de 1965 cultivait la peur toute psychologique, Belphégor, le Fantôme du Louvre opte pour une approche plus explicative, mêlant thriller, surnaturel et technologie moderne. Belphégor y devient une entité égyptienne clairement identifiée, au risque de perdre une part du mystère qui faisait sa force originelle. Accueilli de manière mitigée par la critique, le film connaît néanmoins un succès public honorable (2 millions d’entrées) et reste, encore aujourd’hui, une curiosité du cinéma fantastique français des années 2000 qui se laisse regarder sans déplaisir (test réalisé sur des enfants !). 

    Belphégor (2025) - la réinvention de la série

    Près de 60 ans après avoir terrorisé les téléspectateurs français, Belphégor signe son grand retour en 2025 avec une nouvelle adaptation télévisée produite pour HBO Max. Une version contemporaine en 4 épisodes, qui entend renouer avec l’essence du mythe tout en l’inscrivant dans les codes modernes du thriller et du fantastique sériel. Le Louvre, plus que jamais au cœur du récit, redevient un espace de mystères, filmé avec une ambition visuelle digne des grandes productions internationales.

    Shirine Boutella incarne une jeune restauratrice d’art engagée par le Louvre qui devient involontairement le centre de l’intrigue. À ses côtés d’autres très bons acteurs : Vincent Elbaz, Kad Merad, Aure Atika et Tiphaine Daviot. Si la qualité de la production, et notamment la réalisation de Jérémy Mainguy, n’est pas à remettre en cause, on peut reprocher à la série d’être un peu faible sur les dialogues, parfois un peu lente et avec un suspense parfois un peu trop dilué.

  • De Jujutsu Kaisen à Bleach, voici les 10 animes qu’on attend le plus en 2026 !

    De Jujutsu Kaisen à Bleach, voici les 10 animes qu’on attend le plus en 2026 !

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    L’industrie de l’animation est en surchauffe, et le calendrier ressemble à un embouteillage ! D’un côté, il y a des retours attendus par les fans ; de l’autre, on voit débarquer des projets un peu fous, des thrillers et de la dark fantasy. 2026 s’annonce sombre alors que toutes ces sorties semblent prendre un virage adulte qui nous restera en tête les nuits d’insomnie. 

    Pour JustWatch, j’ai sélectionné dix titres, pour vous donner un aperçu de 2026 et des nombreuses surprises que cette année anime nous réserve. Que vous soyez là pour la nostalgie, la claque visuelle ou pour vous faire mal avec des drames psychologiques, voici de quoi remplir vos semaines et étancher votre soif d’animation japonaise. 

    Jujutsu Kaisen - saison 3 (8 janvier 2026)

    Avec Jujutsu Kaisen (2020–), l’anime de Gege Akutami s’est imposé comme l’un des nouveaux poids lourds du shōnen. Vous êtes sûrement en train de digérer la fin de la saison 2. L’arc de Shibuya, ce n’était pas juste de la baston mais des personnages brisés, Yuji au fond du trou et un chaos qui nous lessive émotionnellement.  La saison 3 s’attaque à l’arc « Culling Game » (« La traque meurtrière ») : celles et ceux qui lisent le manga savent que ça va être un Battle Royale sous stéroïdes, avec une violence qui monte encore d’un cran.

    Jujutsu Kaisen fait donc évidemment partie des anime à ne surtout pas manquer. Alors qu’on sature un peu des super-héros invincibles, ici aucun personnage n’est à l’abri. Le programme arrive à mixer chorégraphies folles, horreur, sens du drame et animation grandiose. Il est signé par le studio MAPPA (L’Attaque des Titans, Chainsaw Man), donc on s’attend à quelque chose de fou. Et je pense qu’on ne sera pas déçus !

    Fire Force - Saison 3 partie 2 (9 janvier 2026)

    Fire Force (2019–) a commencé comme un shōnen d’action au concept presque absurde – des pompiers exorcistes combattant des combustions humaines spontanées – avant de se transformer peu à peu en préquelle directe de Soul Eater, l’œuvre phare d'Atsushi Ohkubo. Chaque saison de l’anime gagne en intensité et en qualité. La première partie de la saison 3 posait les jalons de cette transition ; la Part 2 s’annonce comme l’étape finale, celle où tout s’imbrique vraiment.

    Visuellement, la série reste l’une des plus spectaculaires du moment : jeux de lumière, flammes impressionnantes, combats aériens, animation de grande qualité… Si vous aimez les anime qui misent autant sur la mise en scène que sur le scénario, c’est une série à ne pas manquer, même s’il faut regarder quelques épisodes avant qu’elle ne devienne vraiment intéressante. Et si vous êtes déjà fan de Soul Eater (2008), difficile de faire l’impasse sur la manière dont Fire Force retisse peu à peu le même univers.

    Trigun Stargaze (10 janvier 2026)

    Avec Trigun Stampede (2023-), la franchise Trigun a réussi son retour en proposant une relecture nerveuse et visuellement folle des aventures de Vash the Stampede. Pourtant, c’était en 3D ! Un sacrilège pour certains, dont moi. Mais oubliez vos vieux préjugés sur la 3D dans l’animation japonaise, car le studio Orange (Beastars, 2019) a cloué le bec aux puristes. C’était fluide, expressif, et vraiment bluffant. On attend donc que Trigun Stargaze, le nom de la saison 2, continue sur cette lancée. Elle devrait aussi explorer les conséquences des révélations de la première saison et pousser encore plus loin le mélange de western spatial.

    Pour celles et ceux qui aiment les anime SF aussi spectaculaires que mélancoliques, Trigun Stargaze a tout pour plaire. Sous les fusillades bien chorégraphiées se cache une réflexion sur le pacifisme. Peut-on refuser de tuer quand on fait face à un ennemi génocidaire ?

    Hell’s Paradise: Jigokuraku - saison 2 (11 janvier 2026)

    Hell’s Paradise: Jigokuraku (2023–) avait débarqué comme un mélange explosif de dark fantasy, de gore et de méditation sur la mort. Le concept est simple mais tordu : des condamnés qu’on envoie chercher l’élixir d’immortalité sur une île paradisiaque d’apparence, des bourreaux pour les surveiller, des créatures qui ressemblent à des statues bouddhistes mélangées à des insectes géants… sacré cocktail ! Les dessins sont magnifiques, le décor est presque théâtral, c’est coloré, et c’est terrifiant. 

    Dans la saison 2, Gabimaru et les autres survivants ne cherchent plus à s’enfuir, mais à survivre alors que chaque seconde passée sur cette île de l’enfer ressemble à une mission suicide. Là, on est à mi-chemin entre la violence folle de Chainsaw Man et la tension palpable de L’Attaque des Titans. Si vous n’avez pas encore vu la première saison, foncez ! 

    Frieren: Beyond Journey’s End - saison 2 (16 janvier 2026)

    Avec Frieren: Beyond Journey’s End (2023–), on change de tempo : ici, pas de combats chaotiques, mais une réflexion mélancolique sur le temps qui passe. La première saison suivait Frieren, elfe magicienne quasi immortelle, dans un long voyage après la victoire contre le Roi Démon. C’est un peu comme si l’histoire commençait après le générique de fin. La saison 1 soulevait de nombreuses questions : qu’est-ce que ça veut dire d’avoir « sauvé le monde » ? Comment fait-on pour vivre vraiment lorsque l’on est presque immortelle et qu’on regarde ses amis vieillir et mourir en un clin d’œil ? La saison 2 s’annonce tout aussi poignante, et va probablement creuser cette contemplation du temps qui passe, tout en explorant la suite de l’histoire. Le voyage vers le nord continue...

    C’est l’anime parfait si vous aimez les grandes fresques de fantasy mais que vous en avez assez des combats sans conséquences. Frieren parle de deuil, de mémoire et de la façon dont les humains et les êtres immortels ne vivent pas le temps de la même manière. Si vous avez été marqué par Made in Abyss ou Violet Evergarden, il y a de grandes chances que cette nouvelle saison devienne l’un de vos rendez‑vous incontournables en 2026.

    Darwin’s Incident (Janvier 2026)

    Adapté du manga multi récompensé, Darwin’s Incident s’annonce comme l’un des anime les plus dérangeants de l’année. On y suit un Charlie, « humanzee », enfant hybride né d’une expérience entre un chimpanzé et un humain, pris au milieu d’un conflit entre militants pour la cause animale, institutions et une société incapable de le voir comme une personne. Loin des clichés manichéens, le matériau d’origine dissèque frontalement le terrorisme, la radicalisation et la manière dont on déshumanise et opprime ceux qui ne rentrent pas dans les cases.

    Ici, nous sommes plus proches du thriller politique que du shōnen, loin de récits pour enfants. Le manga propose une réelle réflexion sur notre société avec une grande froideur.  On est dans la lignée de la tension psychologique de Monster : une interrogation profonde des facettes les plus sombres de notre société. C’est exactement le genre d’anime que j’aime, car ils deviennent de vrais miroirs qu’on évite généralement de regarder. Ce ne sera sans doute pas l’anime le plus « confortable » de 2026 : ça va gratter, déranger, diviser, et c’est précisément pour cela qu’il faut le voir.

    The Ghost in the Shell (2026)

    La franchise Ghost in the Shell (démarrée en anime en 1995) fait partie de ces monuments cyberpunk qu’on pensait réservés à une poignée de fans hardcore. Entre les films, les anime et la version ratée sortie sur Netflix, c’est dur de savoir par où attaquer. Pourtant, chaque nouvelle itération a apporté sa vision de la Section 9, de la cybercriminalité et de la frontière floue entre corps et esprit. 

    C’est pour ça que la nouvelle série est si attendue, c’est enfin l’occasion pour les néophytes de se lancer, et aux fans de la première heure de retrouver un peu de structure. Pourquoi ? Parce que c’est un reboot pensé pour notre époque, et que c’est le studio Science SARU qui s’y colle. Si vous avez vu Devilman Crybaby ou Dandadan, vous savez qu’ils ne font pas dans la demi-mesure. Cela promet un style visuel psychédélique qui colle parfaitement à l’ambiance cyberpunk. The Ghost in the Shell parle de surveillance, d’identité, de sociétés ultra connectées. En 1996, c’était de la pure anticipation. Aujourd’hui, c’est presque le JT de 20h. 

    Bleach: Thousand-Year Blood War - Saison 4 (2026)

    Avec Bleach: Thousand-Year Blood War (2022–), Tite Kubo est en train d’offrir à son shōnen une conclusion animée à la hauteur de son impact. Après des années de pause, voir Ichigo, les Shinigami et les Quincy revenir avec une telle qualité d’animation a été un petit miracle. Finie l’animation qui n’est pas à la hauteur de l’histoire : ici, c’est une claque visuelle. The Calamity, partie finale annoncée pour 2026, doit clore cet énorme arc avec des combats démesurés, des révélations sur le passé et une mise en scène qui flirte parfois avec l’abstrait.

    Si vous avez grandi avec le « Big Three » (Naruto, One Piece, Bleach), cette dernière salve est assez nostalgique. Jujutsu Kaisen incarne la nouvelle génération, alors que Bleach vient boucler la précédente avec panache.

    JoJo's Bizarre Adventure: Steel Ball Run (2026)

    JoJo’s Bizarre Adventure (adaptée en anime depuis 2012) est devenue au fil des saisons un véritable phénomène culturel, avec ses poses improbables, sa mise en scène baroque et ses combats impressionnants. Steel Ball Run, nouvelle adaptation attendue pour 2026, est sans doute l’une des parties les plus attendues par les lecteurs et lectrices du manga : un western métaphysique à travers une course de chevaux transcontinentale, qui déplace l’action dans une Amérique uchronique du XIXᵉ siècle. On passe du shōnen adolescent au seinen, un genre plus adulte, sombre, littéraire. 

    JoJo’s Bizarre Adventure porte parfaitement son nom, c’est fou, c’est étrange, ça part dans tous les sens, et ce nouvel arc promet de passer au niveau au-dessus. Le problème ? La communauté attend le studio au tournant, car réussir à retranscrire la patte graphique d’Araki, l’auteur du manga, ça relève du défi.

    Tokyo Revengers - saison 4 (2026)

    Tokyo Revengers (2021–) a réussi à transformer des histoires de bandes de lycéens en drame temporel ultra addictif. Takemichi, loser au grand cœur, voyage dans le temps pour essayer d’empêcher la mort de celle qu’il aime et la dérive criminelle de ses anciens camarades. L’arc « Three Deities », sors de la bagarre de cour de récré, marque une escalade brutale dans la violence. Fini donc les rixes de collégiens, nous assistons maintenant à une véritable guerre de territoires entre les trois entités criminelles majeures (les Trois Divinités) de Tokyo.

    Avec Tokyo Revengers, on se retrouve face à ce paradoxe temporel bien connu dans le cinéma : tout ce qu’on fait pour arranger quelque chose dans le passé semble aggraver le futur. C’est une sorte de Sisyphe du crime. Si vous cherchez un western à la Cowboy Bebop… ne cherchez plus !

  • Anaconda et les meilleurs serpents du cinéma

    Anaconda et les meilleurs serpents du cinéma

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Entre le monstre géant de Anaconda (2025) et l’attachant Gary De’Snake de Zootopie 2 (2025), le cinéma a célébré les serpents cet hiver ! Ces deux propositions, radicalement opposées, illustrent à quel point l’animal peut provoquer la terreur ou la sympathie, selon la manière dont les histoires et les cinéastes décident de le mettre en scène.

    Pour JustWatch, je vous liste quelques reptiles marquants du grand écran. Qu’ils soient terrifiants ou amicaux, réalistes ou animés, cette sélection vous permettra de prolonger votre ophiophobie sans danger ou au contraire de soigner votre peur des serpents. Sortez le popcorn et l’antivenin, c’est parti !

    Anaconda (1997)

    Anaconda (1997) fait vraiment partie de ces plaisir coupables qui ont fait les grandes heures des vidéoclubs dans les années 90. Série B assumée, le long métrage croise le film de monstre géant et l’aventure dans la jungle, avec ce qu’il faut d’exotisme, d’invraisemblances zoologiques, de morts chocs (Owen Wilson ne s'attendait pas lui même à un trépas aussi violent) et de personnages caricaturaux (Jon Voight et son surjeu mémorable en tête). C’est grâce au succès-surprise d’Anaconda qu’on a pu avoir l’hydre de Un cri dans l’océan (1998), les requins de Peur bleue (1999), les volatiles de La Nuit des chauve-souris (1999), le crocodile de Lake Placid (2000) ou les varans de Komodo (2000). Pas du grand cinéma, mais de bons souvenirs de soirées vidéo en ce qui me concerne ! Par la suite, le serpent géant est revenu dans Anacondas : À la poursuite de l'orchidée de sang (2004), Anaconda 3 : L'Héritier (2008), Anacondas 4 : La Piste du sang (2009)... et donc le nouveau Anaconda (2025) dans lequel Jack Black et Paul Rudd décident de refaire le film original. Idée très sympa pour revisiter avec humour la franchise !

    Des serpents dans l’avion (2006)

    Un vol qui aurait dû se passer sans encombre, des reptiles venimeux lâchés dans la carlingue pour éliminer un témoin gênant et Samuel L. Jackson en flic badass : Des serpents dans l’avion (2006) n’a pas d’autre ambition que respecter la promesse de son titre et d’offrir aux spectateurs une soirée popcorn fun ! Et il le fait très bien, avec une vraie inventivité dans la gestion du huis clos entre les passagers et les serpents et des morts vraiment mémorables (mention spéciale pour l’attaque dans les toilettes) grâce à la maîtrise du réalisateur David R. Ellis qui avait déjà fait fort dans Destination finale 2 (2003). A l’époque, Samuel L. Jackson a accepté le projet uniquement sur le titre et le concept, et il faut vraiment faire comme lui : c’est absurde, c’est improbable, c’est WTF… mais c’est ça qui est bon ! Avec une réplique mémorable entrée dans la pop culture (et la meme culture) : « I have had it with these motherf****** snakes on this motherf****** plane ! » A poursuivre avec d’autres délires embarqués comme Snakes on a Train (2006), Plane of the Dead (2007) et Blood Red Sky (2021), en attendant Zombie Plane (2026) emmené par Vanilla Ice et Chuck Norris !

    Harry Potter et la chambre des secrets (2002)

    Forcément, avec une Maison baptisée Serpentard au sein des dortoirs et couloirs de Poudlard, on pouvait s’attendre à ce que les reptiles débarquent dans le monde magique d’Harry Potter. C’est le cas dès La Chambre des secrets (2002), deuxième année scolaire qui voit la menace d’un basilic légendaire planer sur l’école de sorcellerie. Un monstre au regard fatal (ou pétrificateur si vous avez de la chance) qui tient toutes ses promesses quand notre héros l’affronte dans le cadre de la mystérieuse chambre rouverte par Tom Jedusor. Crochets empoisonnés contre épée de Gryffondor, le duel a, mine de rien, terrifié pas mal de jeunes spectateurs. L’imagerie serpentine continuera à irriguer la saga à travers le personnage de Nagini, le serpent de Voldemort (pardon, de « Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom » ou « Vous-Savez-Qui ») qui accompagne son maître jusque dans la bataille finale des Reliques de la mort (2011), et dont on découvrira les origines dans Les Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald (2018). Dans le même genre, on se souvient de Uma Thurman en Méduse dans Percy Jackson : le voleur de foudre (2010).

    Les Aventuriers de l’arche perdue (1981)

    Entre Indiana Jones et les serpents, c’est une longue histoire ! Dès la première aventure d’Harrison Ford sous le mythique Fedora (Les Aventuriers de l’Arche perdue, 1981), on découvre que notre intrépide archéologue n’a peur de rien… sauf des reptiles ! Après une première rencontre amicale dans l’hydravion de son ami pilote à la fin du prologue, le héros imaginé par Steven Spielberg et George Lucas est confronté à son pire cauchemar en étant jeté avec Marion (Karen Allen) dans la fosse aux serpents du Puits des âmes de la cité perdue de Tanis. Et c’est aussi hilarant que terrifiant de voir ce courageux aventurier perdre de sa prestance face aux milliers de reptiles menaçants qui l’entourent (7000 véritables animaux ont été utilisés, complétés par des morceaux de tuyaux d’arrosage !). Pour l’anecdote, Harrison Ford n’a pas vraiment peur d’eux, et pourtant on y croit ! En son honneur, une nouvelle espèce, découverte en 2023 au Pérou, a d’ailleurs été baptisée Tachymenoides harrisonfordi. L’imagerie reptilienne reviendra régulièrement dans la saga (le fameux serpent-surprise du Temple Maudit, le prologue de La Dernière Croisade, la « corde » du Royaume du Crâne de Cristal, les anguilles du Cadran de la Destinée), à prolonger avec d’autres aventures dans la jungle comme Allan Quartermain (1986), King Kong (1976) ou Jumanji (2017).

    Conan le barbare (1982)

    Voilà une scène qui m’a terrifié dans ma jeunesse : la transformation de Thulsa Doom (inoubliable James Earl Jones) en serpent. Le visage et le regard figés, tel les reptiles qu’il adore au sein de sa secte sanguinaire, le sorcier modifie ses pupilles, rétracte ses mains dans les manches de sa robe, avant qu’un reptile géant n’émerge de son visage. Bien sûr, les effets spéciaux de Conan le barbare (1982) sont un peu datés, mais à l’époque, comme dans Le Loup-garou de Londres (1981) ou la série Manimal (1983), c’était vraiment impressionnant. Et mémorable, au point de m’avoir définitivement marqué depuis tout ce temps. Monument de l’heroïc fantasy, confronte un jeune cimmérien à Thulsa Doom et ses hommes. Capturé, seul survivant de son peuple, il grandit en colosse (Arnold Schwarzenegger) habité par la vengeance. Accompagné par un voleur et une guerrière, il cambriole alors la Tour des Serpents où il affronte un reptile de 11 mètres de long pour mettre la main sur un joyau convoité… reconnaissant à cette occasion le symbole de ceux qui ont tué ses parents. Le film de John Milius, première tentative sérieuse de dark fantasy, est à voir impérativement.

    Le Livre de la jungle (1967) / Le Livre de la jungle (2016)

    Si Triste Sire (Robin des Bois, 1973), Jafar version finale (Aladdin, 1992),  Juju (La Princesse et la Grenouille, 2009) et Gary De’Snake (Zootopie 2, 2025) ont marqué l’animation Disney au fil des années, ils n’arrivent pas à la cheville (qu’un serpent n’a pas !) de Kaa. Le gigantesque python réticulé représente l’un des dangers qui menacent Mowgli dans la jungle indienne, utilisant son pouvoir hypnotique pour attirer le jeune garçon dans ses anneaux et en faire son prochain repas. S’il est finalement assez comique et léger dans Le Livre de la jungle (1967), aidé par les voix inoubliables de Sterling Holloway en version originale et Roger Carel en version française et la chanson « Aie confiance » / « Trust in Me », il est beaucoup plus menaçant dans la version live (Le Livre de la jungle, 2016) qui remplace le reptile cartoonesque par un monstre réaliste, qui s’en remet aux timbres de Scarlett Johansson et Leïla Bekhti pour attirer Mowgli en utilisant une manipulation et une tentation froides mais implacables. De manière amusante, le Kaa original imaginé en 1884 par Rudyard Kipling dans son roman était certes un prédateur impitoyable craint de toute la jungle, mais ami de Mowgli qu’il délivre des singes avec Baloo et Bagheera. Kaa est aussi présent dans Le Livre de la jungle 2 (2003) et Mowgli : la légende de la jungle (2018) où Cate Blanchett donne de la voix sous les écailles.

    Sahara (2017)

    On l’a vu avec Gary De’Snake et Kaa, l’animation aime régulièrement revisiter la figure du serpent. Je pense à l’expert en perçage de coffre des Bad Guys (2022), à la Vipère de Kung Fu Panda (2008) ou au pistolero à sonnettes de Rango (2011). Je les aime beaucoup, mais j’avais envie de mettre en avant une production franco-canadienne : Sahara (2017) de Pierre Coré, à ne pas confondre avec le très chouette Sahara (2005) emmené par Matthew McConaughey. Bien sûr, le long métrage ne peut pas lutter contre des géants comme Disney/Pixar, Illumination ou DreamWorks. Mais l’ambition est là, avec une aventure colorée, certes assez classique dans sa narration et ses thèmes (quête initiatique, amour impossible, acceptation de la différence), mais qui saura embarquer petits et grands. Grâce notamment à une animation qui parvient à transmettre beaucoup d’émotions malgré l’absence de membres, et un doublage très réussi où l’on reconnaît Omar Sy, Louane Emera, Franck Gastambide, Vincent Lacoste, Ramzy Bedia, Clovis Cornillac, Reem Kherici, Jonathan Lambert, Sabrina Ouazani, Marie-Claude Pietragalla, Mathilde Seigner, Michaël Youn, Roschdy Zem et Grand Corps Malade en charmeur de serpents. Si vous ne l’avez jamais vu, n’hésitez pas à prendre la direction du désert !

    King Cobra (1999), Python (2000) et les nanars à serpents

    De la même manière que la sharksploitation a essoré les requins sous toutes les formes possibles et imaginables (je vous en partage un certain nombre ici), il existe une snakesploitation dont le cinéma bis s’est joyeusement emparé ! Dans cette grande famille, il y a vraiment de tout (et rarement du bon), mais de quoi assurément combler votre appétit de reptiles, géants ou non. Je pense évidemment à la saga Python (2000) / Boa - New Alcatraz (2001) / Python 2 - Le Parfait Prédateur (2002) / Boa vs Python (2004), aux (més)aventures exotiques King Cobra (1999) et Jungle Run (2021), aux monstres géants de Megaconda (2010), Snake (2018), Monster Python (2018) et Mutant Python (2021), aux duels que sont Mega Python vs. Gatoroid et Komodo vs. Cobra (2005) ou au mutant improbable de Piraconda (2012). Même un anaconda géant n’arriverait pas à digérer autant de nanars à serpents !

  • Stranger Things : c’était la meilleure fin possible... et voilà pourquoi !

    Stranger Things : c’était la meilleure fin possible... et voilà pourquoi !

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Toutes les bonnes choses ont une fin et Stranger Things (2016-2026) n’échappe pas à la règle. Après dix ans d’aventures à Hawkins, les protagonistes ont prononcé leurs dernières répliques dans le huitième épisode de la saison 5, ultime opus de la série. ATTENTION - Ne lisez pas ce qui suit si vous n’avez pas encore vu le final !

    Ces deux dernières heures ont apporté leur lot de stress et de tensions quant au devenir de Mike, Will, Steve, Dustin, Lucas, Eleven, Joyce et toute la bande qui a vécu les pires horreurs pendant dix ans. Mais SPOILERS, tout est bien qui finit pour le mieux. Depuis plusieurs semaines, toutes les théories échafaudées, toutes les hypothèses envisagées, ont finalement trouvé des réponses et les personnages se sont suffisamment épanchés pour solder une bonne partie de leurs problèmes.

    Pourquoi la fin de Stranger Things était la meilleure possible ? Pour JustWatch, je vous dresse un topo très subjectif de notre sentiment de complétude.

    « Stranger Things », que se passe-t-il dans la saison 5 ?

    Avec sa cinquième et ultime saison, Stranger Things opère un retour aux fondamentaux en recentrant son récit sur L’Abysse, désormais intimement lié au destin de Hawkins. Après avoir étendu son univers et multiplié les menaces à grande échelle, la série choisit de resserrer son propos autour de ce monde inversé, qui n’est plus seulement un décor terrifiant mais un espace à comprendre pour espérer y mettre un terme définitif.

    Dans cette dernière ligne droite, chaque personnage est confronté à l’aboutissement de son arc narratif. Eleven doit apprendre à se définir autrement que par ses pouvoirs, Mike et Will sont forcés d’affronter leurs non-dits et d’assumer leur passage à l’âge adulte, tandis que Dustin et Lucas portent les cicatrices laissées par les combats précédents. Steve, Nancy et Jonathan se trouvent à un carrefour décisif, partagés entre leurs sentiments et leurs renoncements. Joyce, enfin, demeure le pilier du groupe (même jusqu’à son geste final…), rappelant que la lutte contre L’Abysse est aussi une bataille pour préserver ce qu’il reste de leur humanité.

    Une fin qui ne laisse pas traîner de mystères inutiles

    Avec cette dernière saison de Stranger Things, attendue depuis mai 2022 (date de la sortie de la saison 4), les frères Duffer avaient la pression monumentale de tout scénariste devant le dernier paragraphe de sa copie : bien conclure. Entre renverser la table dans un bain de sang, et rester dans un mood très Goonies où tous les personnages ressortent globalement indemnes de l’aventure, les jumeaux ont choisi leur camp. Ce ne serait pas Game of Thrones !

    Une intention qu’ils n’avaient d’ailleurs jamais cachée, ce qui peut interroger quand on voit les réactions étonnées de certains médias et fans, fâchés par la supposée « mièvrerie » du dernier épisode. Pourtant, comme on est en droit de l’attendre d’une conclusion de fiction, tout s’éclaire dans la saison finale.

    Les grandes questions trouvent enfin leurs réponses : d’où vient le Monde à l’Envers ? Comment Henry Creel est devenu Vecna ? Où est passé le Flagelleur Mental ? L’héroïne Eleven va-t-elle survivre ? S’ajoutent des enjeux plus terre-à-terre mais tout aussi importants pour les fans, comme l’avenir de la relation entre Nancy et Jonathan ou encore l’évolution de l’amitié entre Mike et Will après le coming out de ce dernier.

    En refusant l’ambiguïté gratuite, Stranger Things fait le choix de la clarté narrative, dans un réflexe finalement assez proche des « ref » des années 70/80 des Duffer (Les Goonies bien sûr, mais aussi E.T. l’extra-terrestre, Alien, Terminator, Les Griffes de la nuit…).

    Une fin comme une bonne partie de Donjons & Dragons

    L’expression « la boucle est bouclée » n’a jamais autant trouvé meilleure illustration qu’avec Stranger Things. Depuis longtemps, certains prédisaient une conclusion pensée comme une immense partie de Donjons & Dragons, revenant ainsi à la deuxième séquence de l’épisode 1 de la saison 1, à savoir une partie de ce jeu de rôles entre Dustin, Will, Mike et Lucas. 

    D’autres théories allaient encore plus loin, suggérant que Mike refermerait un script en train d’être finalisé, révélant que toute cette histoire ne serait que le fruit de son imagination. Au final, les frères Duffer se montrent plus malins en mélangeant habilement ces pistes sans tomber dans le twist paresseux. Mike est à la fois en train de consigner par écrit de ce qu’il a vécu comme pour figer ses souvenirs avant de passer à l’âge adulte, tandis que les ados d’Hawkins (Max incluse) se retrouvent dans le sous-sol de la maison des Byers pour une nouvelle partie de D&D (ou est-ce la même ?).

    Une scène simple, presque anodine, mais profondément symbolique. La menace est vaincue, mais l’essentiel demeure : l’amitié, l’imaginaire et ce refuge qu’était le jeu au début de l’aventure. « That’s all Folks », aurait conclu un épisode des Looney Tunes, parfaitement incarné selon moi dans ce sourire revenant sur les lèvres de Mike au moment de regarder sa petite sœur Holly s’attabler avec ses amis pour entamer une nouvelle partie de D&D. Les frères Duffer nous disent que nous n’avons pas rêvé à travers les yeux d’un personnage ce que nous avons vécu grâce à la fiction, mais nous font quand même un petit clin d'œil complice pour nous rappeler que nous sommes - évidemment- dans une fiction et que personne n’est dupe !

  • De Fallout à The Boys : ces 7 séries SF incontournables reviennent en 2026 et sont à rattraper d'urgence

    De Fallout à The Boys : ces 7 séries SF incontournables reviennent en 2026 et sont à rattraper d'urgence

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Le truc avec la science-fiction, c’est qu’elle adore vous faire croire que tout va bien… jusqu’à la minute où tout s’effondre. Et en ce moment, les meilleures séries du genre ont toutes un point commun : elles reviennent pour de nouvelles saisons. Il faut dire que le genre à la côte, et ce n’est pas pour nous déplaire. 

    Voici sept séries de SF qui vont continuer en 2026 (et au-delà ?), à regarder dès maintenant pour arriver à l’heure quand les nouveaux épisodes tomberont. Du bunker post‑apocalyptique aux couloirs d’un vaisseau Starfleet, en passant par des mondes parallèles et des super‑héros qui saignent, c’est une sélection qui promet autant de frissons que de nuits trop courtes.

    Dark Matter (2024–)

    On commence à frôler l’overdose de multivers ces derniers temps, non ? Entre Marvel et DC, même Stephen Hawking en aurait marre. Heureusement, Dark Matter est là pour rafraîchir le sujet. La série adapte le best-seller de Blake Crouch (qui est aussi aux commandes), et part d’un pitch simple : et si votre vie « idéale » vous était volée par une version de vous‑même qui a fait d’autres choix ? Le show joue la SF comme un thriller d’identité, avec ses doubles, ses décisions qui reviennent vous mordre au pire moment, et cette peur très contemporaine de regarder sa propre existence comme un plan B raté.

    La saison 1 est dense, ne perd pas de temps et nous confronte au cauchemar de tous les indécis : « et si ? ». C’est anxiogène, hitchcockien, étouffant, mais on ne s’arrête pas de regarder. Son rythme effréné est peut être un peu trop rapide à mes yeux, car j’aime lorsqu'une histoire s’installe, lentement, avant de tout déclencher. Mais si vous aimez le concept du « double » de Counterpart (2018), cette course-poursuite à travers les réalités va vous scotcher, surtout avec un Joel Edgerton aussi bon. La saison 2 devrait sortir vers l’été 2026.

    Silo (2023–)

    En nous plongeant dans un silo souterrain de 144 étages qui abrite les survivants d’une Terre dévastée, Silo est une série qui vous enferme, puis vous regarde respirer plus vite. Le bunker, la hiérarchie, les règles absurdes, les vérités qu’on garde sous clé : c’est du post‑apocalyptique qui ressemble à une expérience sociale géante. Face à d’autres dystopies plus frontales, Silo préfère l’asphyxie lente : le doute, le soupçon, la petite phrase qui vous fait tout remettre en question.

    C’est sale, mécanique, ça sent l’huile de moteur et la poussière. Le show est au-delà d’une simple dystopie et flirte avec le thriller politique addictif dont on attend la prochaine grande révélation. On peut espérer retrouver la série pour une troisième saison au printemps 2026, mais aucune date précise n’a encore été donnée par Apple TV+. La saison 4 est déjà dans les starting blocks… mais il faudra attendre encore un peu ! 

    Star Trek : Strange New Worlds (2022–)

    Star Trek: Strange New Worlds est une série SF généreuse, aventureuse, parfois lumineuse — sans être naïve. Chaque épisode a ce goût de récit complet : « une planète, un problème, une solution », c’est simple et efficace. C’est du Star Trek qui assume la science, le danger, l’éthique… et le plaisir pur de l’exploration, avec un Capitaine Pike à la chevelure défiant la gravité. 

    C’est coloré, optimiste, et ça fait du bien au milieu des récits apocalyptiques.  La saison 4 est attendue pour 2026, sans rien de précis pour le moment. En attendant, vous pouvez regarder Star Trek : Starfleet Academy (2026) qui sort en janvier ! 

    Le Problème à 3 Corps (2024–)

    On nous annonçait qu’il était impossible d’adapter le chef-d'œuvre de Liu Cixin. Pourtant, Netflix a confié les clés aux créateurs de Game of Thrones. Le résultat ? Le Problème à 3 Corps divise autant qu’il fascine. La série suit les conséquences spatio-temporelles sur le présent d’une décision prise par une jeune femme en Chine dans les années 60. Un groupe de scientifiques devient le seul rempart contre l’une des plus grandes menaces de l’histoire. 

    Cette série, c’est une SF qui gratte, qui divise, et qui laisse des questions sous la peau plutôt que des réponses propres. Certains diront que la version chinoise, Three Body, est bien meilleure. Nous vous laisserons juger ! La saison 2 devrait sortir vers la fin 2026, mais aucune date précise n’a encore été annoncée. 

    Fallout (2024–)

    Fallout fait cohabiter le grotesque et le tragique à merveille. On y suit Lucy, l’ingénue qui quitte le confort de son abri souterrain aseptisé pour affronter la réalité des Terres Désolées à la recherche de son père. On a l’impression qu’on est coincé entre une pub Coca-Cola des années 50 et Mad Max (1979). Sous l’humour noir et ses airs de farces ultra-violentes, on retrouve une satire politique.

    Si vous aimez le mordant, Fallout est un bon pont entre la SF et le cynisme pur : ça rigole, mais ça saigne. La saison 2 est déjà en cours et sort chaque semaine sur Prime Video, alors dépêchez-vous de regarder la première saison avant que tous vos potes ne vous spoilent ! 

    Invincible (2021–)

    Je pourrais écrire des pages sur Invincible tellement la série a réussi à me surprendre. Ne vous fiez pas à son esthétique de dessin animé du samedi matin, la série est une boucherie. Robert Kirkman (The Walking Dead) adapte son propre comic book et nous livre une déconstruction brutale du mythe du super-héros. On suit Mark Grayson, un ado dont le père, Omni-Man, est l'équivalent de Superman. 

    Tout semble cliché, jusqu’au plot twist du premier épisode. A partir de là, Invincible devient un bijou scénaristique, avec des combats incroyablement violents, des os qui cassent, du sang qui gicle et des retournements de situation comme on n’en trouve généralement que dans les anime comme l’Attaque des Titans (2013). Invincible ne peut que plaire aux fans de The Boys (2019), mais est bien plus viscéral et tragique, et bien moins politique. La saison 4 arrive au printemps 2026, et j’ai vraiment, vraiment, vraiment hâte.

    The Boys (2019–)

    Quelle chance ! Après Invincible, on a droit à une nouvelle saison de The Boys en 2026. Eric Kripke a adapté le comics trash de Garth Ennis pour en faire une satire politique mordante de l'Amérique contemporaine. On entre dans un monde où les super-héros sont gérés par le marketing, la politique, la violence et le besoin de se sentir tout puissants. L'équivalent de Superman est un sociopathe narcissique masculiniste qui installe un climat de terreur. Face à lui, Billy Butcher et sa bande de bras cassés qui tentent de mettre fin à la toute puissance de ces « super-héros ».

    C’est sale, souvent drôle, parfois épuisant. La série arrive si bien à parler du monde contemporain que ça en est bouleversant. Elle ne parle pas seulement des gens puissants, elle parle d’une société qui accepte de raconter des histoires tant que le logo est joli. La saison 5 (la dernière) sort le 8 avril 2026. En attendant, Peacemaker (2022) devrait satisfaire vos envies d’irrévérence. 

  • De Évanouis à Sinners, les 10 meilleurs personnages cinéma de 2025

    De Évanouis à Sinners, les 10 meilleurs personnages cinéma de 2025

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Au-delà d’une fréquentation en demi-teinte, qui a vu les spectateurs quelque peu délaisser les salles obscures, l’année cinéma 2025 a livré des œuvres de qualités (pour voir le Top de l’équipe JustWatch France, c’est juste ici !). Et des personnages vraiment réussis, voire immédiatement cultes. Des « instant classics » qui ont trouvé une place de choix dans la culture pop dès leur apparition à l’écran.

    Dans cette sélection JustWatch, je vous partage celles et ceux qui ont marqué ma rétine, par leur interprétation, leur aura ou leur décalage. En excluant, évidemment, les biopics et films basés sur des histoires vraies (difficile de juger un personnage existant, vous en conviendrez). C’est un peu mes Oscars à moi, finalement. Et les meilleurs personnages 2025 sont…

    Tante Gladys - Évanouis (2025)

    Quelques jours après la sortie de Évanouis (2025), Zach Cregger et les studios Warner Bros. ont annoncé le développement d’un prequel centré sur elle : c’est dire l’impact de la Tante Gladys sur les spectateurs. Dès son apparition, la vieille dame, surmaquillée (une sorte de Longlegs version féminine) et très maniérée, provoque quelque chose. Une sensation de l’ordre du malaise, mêlée d’une réelle fascination. On a envie de la voir encore et encore… et en même temps de ne plus jamais la croiser. Il ne faut pas trop en dire sous peine de spoiler l’une des claques thrillers de l’année : juste savoir qu’on est au croisement de Prisoners et Pulp Fiction, avec une disparition d’enfants racontée sous formes de segments complémentaires consacrés à différents personnages. Et parmi eux, il y a cette Tante Gladys à qui Amy Madigan donne une présence folle. Et terrifiante. Si vous la voyez sortir un saladier et une branche, fuyez !

    Perfidia - Une bataille après l’autre (2025)

    C’est sur la silhouette encapuchonnée de Teyana Taylor, alias Perfidia, que s’ouvre Une bataille après l’autre (2025), LE grand favori de la saison des récompenses et de la course aux Oscars et aux Golden Globes. Et dès cette apparition, on ne voit plus que cette révolutionnaire incandescente, amazone moderne en guerre contre la société. Au point d’éclipser -à mes yeux- les performances pourtant très réussies du glandeur Leonardo DiCaprio, du martial Sean Penn et du sensei Benicio Del Toro. Bien sûr, on connaissait Teyana Taylor pour son travail dans la chanson, la danse et la mode. Et le long métrage de Paul Thomas Anderson n’est pas son premier film ni sa première série (on l’a vue avant dans A Thousand and One ou Star). Mais son interprétation est une claque monumentale. Au point où je me demande pourquoi « PTA » a décidé de l'occulter du récit à la moitié du film. Il y avait tellement de choses à raconter sur la nouvelle vie de Perfidia et sa gestion de la trahison, elle qui a balancé ses amis. Même si son absence devient, au final, une sorte de présence, je voulais plus de Perfidia.

    Varang - Avatar : De feu et de cendres (2025)

    Si Avatar : De feu et de cendres (2025) fait moins l’événement que ses deux prédécesseurs (le raz-de-marée pandoresque a laissé la place à un succès certes solide mais relativement timide au regard du budget monumental de 400 millions de dollars), un personnage tire son épingle du jeu. Il s’agit de Varang, la nouvelle antagoniste, issue cette fois non pas des rangs humains mais du peuple Na’vi. A la tête du clan Mangkwan, des pillards qui ont rejeté Eywa et embrassé l’adoration du feu, cette sorcière est vraiment marquante, inspirant à la fois terreur et fascination. L’interprétation brûlante de Oona Chaplin (la petite-fille de Charlie Chaplin !) donne vie à cette cheffe sans pitié, qui reçoit l’admiration de sa tribu comme de Quaritch (Stephen Lang). Dommage qu’elle ait, finalement, si peu de place dans une histoire qui tourne plus autour de l’eau que du feu… Comme pour Perfidia, on voulait plus de Varang !

    Rumi Kang - KPop Demon Hunters (2025)

    La surprise streaming de l’année, c’était assurément KPop Demon Hunters (2025), l’un de ces succès sortis de nulle part dont Netflix a le secret. Avec 325 millions de vues et plus de 540 millions d'heures de visionnage, c’est tout simplement le film le plus regardé de l’histoire de la plateforme. Et le seul long métrage animé du Top 10, au passage. Ce phénomène a été porté par le trio KPop des HUNTR/X, et notamment la leadeuse Rumi Kang reconnaissable à sa longue chevelure violette et sa voix unique. Cette héroïne, chasseuse de démons la nuit venue en compagnie de ses amies Mira et Zoey, est aussi rongée par un terrible secret : elle a, elle aussi, une ascendance maléfique. Quatre voix ont donné vie au personnage (Arden Cho aux dialogues et Ejae au chant en version originale, Noémie Orphelin et Alexiane Broque en version française), qui va assurément devenir une nouvelle icône du cosplay.

    Garrett Garrison - Minecraft, le film (2025)

    Cheveux façon mulet, veste rose à franges (!), jean slim et ego surdimensionné : je vous présente Garrett Garrison, alias « La Poubelle » (« Garbage Man » en version originale) ! Voir Jason Momoa jouer le jeu de ce personnage aussi loser qu’attachant est l’une des grandes qualités de Minecraft, le film (2025) dont je n’attendais RIEN (et même le pire) et devant lequel j’ai passé un très bon moment. Notamment grâce à cet ancien champion de jeu vidéo (il dominait Hunk City Rampage en 1989), qui rêve de retrouver sa gloire passée. Totalement incompétent, il est l’un des moteurs comiques de cette adaptation très lucrative (près d’un milliard de dollars de recettes mondiales), faisant jeu égal avec Jack Black quand il s’agit de s’amuser. On connaissait Jason Momoa plutôt sérieux et badass, il excelle aussi quand il s’agit de s'autoparodier. J’ai hâte de voir ce qu’il fera de Lobo au sein de l’univers  DC !

    Smoke & Stack - Sinners (2025)

    Deux Michael B. Jordan pour le prix d’un, c’est la promesse de Sinners (2025), l’une des autres belles surprises proposées par Warner Bros. cette année. Devant la caméra de son ami Ryan Coogler (qu’il accompagne depuis Fruitvale Station en 2013), il incarne Smoke et Stack, deux jumeaux gangsters qui décident d’ouvrir un bar dans leur ville natale. C’était sans compter l’arrivée de… Je n’en dis pas plus, mais si vous connaissez le film Une nuit en enfer (1996), vous serez en territoire connu. En attendant, ce double-rôle permet au comédien de montrer l’étendue de sa palette, en proposant deux frangins certes identiques mais aux personnalités très différentes, l’un charmeur et impulsif, l’autre sérieux et taciturne. Leur relation, fusionnelle et tragique, est au cœur du long métrage qui brasse, sous couvert d’un film de genre, de nombreux thèmes liés à l’histoire des Etats-Unis et de la musique blues.

    Dr. Kelson - 28 ans plus tard (2025)

    Avec 28 ans plus tard (2025), Danny Boyle a surpris tout le monde avec une proposition clivante mais passionnante. Beaucoup de spectateurs sont restés aux portes de cette suite de 28 jours plus tard (2002) et 28 semaines plus tard (2007), qui s’est avérée être non pas la fin d’une trilogie mais le début d’une autre ! En l'occurrence une plongée en territoire infecté, au cœur d’un Royaume-Uni définitivement mis en quarantaine, où la vie s’organise entre survivants sains et créatures contaminées par le virus de la Fureur. Les pas d’un jeune garçon (Alfie Williams) vont alors croiser la route d’un étrange personnage, le Docteur Ian Kelson (Ralph Fiennes). Malgré son apparence inquiétante (il est recouvert d’iode !), l’homme est extrêmement doux et bienveillant, et fait preuve d’un humanisme disparu dans ce monde post-apocalyptique, honorant la vie et la mort des infectés comme des non-infectés dans son temple d’ossements. Je suis très curieux de le retrouver dans 28 Ans plus tard : Le Temple des morts, attendu ce 14 janvier en salles. 

    Mister Terrific - Superman (2025)

    Oubliez l’Homme d’acier, oubliez son superchien Krypto : le personnage le plus réussi du Superman (2025) de James Gunn est assurément Mister Terrific. Campé par Edi Gathegi avec un sérieux savoureux, pas très loin d’un vrai mépris pour ses congénères qui ne possèdent pas son intelligence surdéveloppée, ce membre de la Justice Gang brille ici par son intellect, sa maîtrise de la haute technologie (grâce à des sphères multi-fonctions extrêmement pratiques) et sa capacité à refermer les failles de dimensions parallèles. Mais aussi par ses réparties, sa coolitude et son swag, qui tranchent avec l’imagerie un peu kitsch véhiculée par Guy Gardner / Green Lantern (Nathan Fillion) et Hawkgirl (Isabela Merced). Son masque en forme de « T » aurait pu être ringard… Il lui donne au contraire un style génial qui a fait de lui LE personnage préféré des spectateurs dans cette nouvelle version. Et le mien ! C’est LA révélation super héroïque de l’année avec Bob / Sentry (Lewis Pullman) de Thunderbolts* (2025).

    Bruce Tucker - Dangerous Animals (2025)

    Malgré un passage au Festival de Cannes en mai dernier, Dangerous Animals (2025) n’a pas réussi à surfer sur la vague du shark revival lancée par Sous la Seine (2024). Et c’est dommage que le film de Sean Byrne soit un peu passé inaperçu, car il met en scène un personnage vraiment réjouissant (si on aime les psychopathes) : Bruce Tucker, un (grand méchant) loup de mer qui adore kidnapper d’innocentes victimes pour les offrir en pâture aux squales, dont il film le festin avant de se repasser les images en boucle, le soir dans sa cabine. Totalement habité par le rôle, Jay Courtney est le vrai monstre d’un film où les requins sont finalement peu présents. Croisement entre le pêcheur Quint des Dents de la mer, le terrifiant Buffalo Bill du Silence des agneaux et le tueur sadique de Wolf Creek, il est vraiment dérangeant (et dérangé). Et il emmène le film dans les eaux de la série B plus que recommandable.

    Mikki - Arco (2025)

    Un an après Le Robot sauvage (2024), voilà que je verse des larmes pour un autre robot ! Dans Arco (2025), la superbe fable humaniste et futuriste de Ugo Bienvenu, il y a un petit garçon venu de l’avenir, une fillette intrépide qui va l’aider à rentrer chez lui, trois frangins rigolos… et le robot à tout faire Mikki. Chargée de surveiller et éduquer Iris et son petit frère, la machine est devenue un parent de substitution qui brille par sa patience, son attention, sa douceur. Jour et nuit, Mikki veille sur ses deux humains. Et malgré son corps de métal et les processeurs qui gèrent ses actions, il laisse apparaître un attachement sincère pour les enfants. En voyant la mascotte du dessinateur (Mikki apparaît aussi dans ses BD et courts métrages), j’y ai vu un écho du T-800 observé par Sarah Connor dans Terminator 2 (1991) : « En regardant John avec cette machine, tout devint très clair : il ne s’arrêterait jamais. Il ne l’abandonnerait jamais. Et il ne le frapperait jamais, ne crierait jamais après lui ou le tabasserait en rentrant saoul ou ne dirait qu’il est trop occupé pour jouer avec lui. Il serait toujours là. Et il mourrait pour le protéger. Et de tous les pères possible qui sont passés toutes ces années, cette chose, cette machine était le seul à être à la hauteur. Dans un monde de fous, c’était le choix le plus raisonnable. »  Anecdote étonnante, la voix du robot est un mélange des timbres de Alma Jodorowsky et Swann Arlaud en version française, et de Mark Ruffalo et Natalie Portman en version anglaise.

    Mentions spéciales

    Voilà pour mes coups de coeur, mais je ne voudrais pas oublier d’autres personnages notables qui ont fait mon/notre bonheur sur grand écran cette année : le maire-cheval Brian Winddancer et sa magnifique crinière blonde (avec la voix du toujours génial Adrien Antoine) dans Zootopie 2, l’enfant-créature de Substitution - Bring Her Back (Jonah Wren Phillips m’a traumatisé), les différentes versions de Mickey 17 campées par Robert Pattinson, le touchant et inspirant Charles Krantz dans Life of Chuck (quelle danse de Tom Hiddleston !), le couple glamour et plein d’humour de Y’a t-il un flic pour sauver le monde (Liam Neeson et Pamela Anderson, ça fonctionne !), le mystérieux Major de Marche ou Crève (Mark Hamill en méchant, on aime), le trio (très) étrange de Bugonia (Emma Stone, Jesse Plemons et Aidan Delbis)… et toute la bande de ravers abîmés de Sirāt. 

  • L’Odyssée, Avengers, Dune 3, Spielberg : les blockbusters les plus attendus en 2026 !

    L’Odyssée, Avengers, Dune 3, Spielberg : les blockbusters les plus attendus en 2026 !

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Qu’on se le dise : l'année cinéma 2026 s’annonce exceptionnelle, que ce soit en termes de « mid-budget movies » ou de blockbusters. Mais ce sont bien ces derniers qui marqueront le retour de Steven Spielberg, Christopher Nolan ou encore Denis Villeneuve dans les salles obscures. 

    Car oui, ces (très) grands cinéastes ont choisi cette nouvelle année pour revenir sur le devant de la scène, que ce soit avec des œuvres originales ou des suites de sagas particulièrement réussies. Très grosses stars et/ou très gros budget (et parfois appartenant à une licence), telles sont les conditions pour qu’un film soit qualifié de blockbuster. Pour JustWatch, je vous ai concocté une liste des superproductions les plus attendues de l’année, qui feront à coup sûr trembler le box-office 2026.

    Disclosure Day - au cinéma le 10 juin 2026

    Trois ans après la sortie de The Fabelmans, Steven Spielberg retourne à l'un de ses genres favoris, la science-fiction, avec Disclosure Day. Le titre et l’intrigue n’ont été dévoilés que très récemment, et bien qu’un premier aperçu soit sorti le 16 décembre, le mystère qui entoure le dernier projet du cinéaste reste total. Si on sait que le film aura un lien avec la présence irréfutable d’extraterrestres et les conséquences que cela aura pour les terriens, côté casting, nous savons déjà qu’Emily Blunt, Josh O’Connor, Colin Firth, Colman Domingo er Eve Hewson seront à l’affiche de ce blockbuster très énigmatique.

    Toy Story 5 - au cinéma le 17 juin 2026

    « Ton ami, c’est moi… » Le refrain iconique qui symbolise l'amitié entre Woody et Buzz l'Eclair résonnera encore une fois dans les salles obscures. Un premier teaser de Toy Story 5 a déjà été dévoilé et semble annoncer un énième danger pour la bande de jouets légendaires des studios Pixar : les tablettes pour enfants ! Et bien oui, quid de Woody, Monsieur Patate et Rex, si un jouet connecté ultra sophistiqué du nom de Lilypad réussit à capter toute l'attention de la petite Bonnie ? Réponse dans quelques mois ! Il va sans dire que Tom Hanks et Tim Allen seront de retour côté voix.

    Supergirl - au cinéma le 24 juin 2026

    Un an après la sortie du Superman de James Gunn, sa cousine, Kara Zor-El, que nous avons pu apercevoir à la toute fin du long métrage, sera la star de son propre film, Supergirl. C’est l'actrice australienne Milly Alcock qui reprendra son rôle, accompagnée du chien Krypto. Une première bande-annonce a été dévoilée il y a quelques jours, et montre la super-héroïne sous un nouveau jour, très loin des versions idéalisées et édulcorées auxquelles nous avons déjà eu le droit dans le passé. Dans un esprit pop et un peu destroy, cette nouvelle icône DC affrontera des ennemis de la Terre en tout genre, tout comme son cousin le faisait déjà avant elle. 

    L’Odyssée - au cinéma le 15 juillet 2026

    La bande-annonce de L'Odyssée a battu un record en atteignant plus de 121 millions de vues en 24 heures à sa sortie la semaine dernière : un chiffre énorme qui témoigne de l'impatience des fans de découvrir la vision que Christopher Nolan proposera de l’épopée d'Homère. Avec un casting 5 étoiles incluant Matt Damon, Anne Hathaway, Zendaya, Tom Holland ou encore Mia Goth, L’Odyssée sera assurément le film de l’été. Et si les photos de tournage qui ont fuité sur la toile, notamment les scènes incluant le cheval de Troie, ne sont qu’un petit avant-goût de ce que nous réserve Nolan, il se pourrait bien que L'Odyssée soit LE film de l'année. 

    Spider-Man: Brand New Day - au cinéma le 29 juillet 2026

    Cet été, Tom Holland reprendra du service dans son costume iconique de Peter Parker dans Spider-Man: Brand New Day. Si nous avons pu apercevoir énormément de photos et vidéos de tournage qui se déroulait à Glasgow en Ecosse cet été, le synopsis officiel reste encore un peu flou, même si on sait que le film se déroule 5 ans après les événements de No Way Home. Nous savons aussi que Brand New Day sera le seul et unique film Marvel à sortir avant Avengers: Doomsday : de quoi faire patienter les fans jusqu’en décembre 2026. Zendaya et Jacob Batalon reprendront également leur rôles alors que Sadie Sink, la Max de Stranger Things, sera de la partie même si son rôle est encore top secret !  

    Hunger Games: Lever de soleil sur la moisson - au cinéma le 25 novembre 2026

    La saga dystopique Hunger Games revient, trois ans après la sortie du prequel La Ballade du serpent et de l’Oiseau Moqueur (2023). L'annonce du film avait d'ailleurs été faite en même temps que l’annonce du livre écrit par Suzanne Collins. Dans Lever de soleil sur la moisson, nous serons amenés à suivre la jeunesse et les Hunger Games de Haymitch Abernathy, interprété par Woody Harrelson dans les premiers films, et cette fois-ci incarné par Joseph Zada. Nous retrouverons également Elle Fanning dans le rôle de la jeune Effie Trinket, mais également Mckenna Grace, Jesse Plemons et Ralph Fiennes dans le rôle du terrifiant Président Snow.

    Avengers: Doomsday - au cinéma le 16 décembre 2026

    Les frères Russo seront bel et bien de retour pour créer ce qui s’annonce déjà comme l'événement cinématographique de la fin d'année 2026, avec Avengers: Doomsday. Petit à petit, les studios Marvel teasent sur les réseaux sociaux le comeback de nos super-héros préférés, de Steve Rogers à présent devenu papa, à un Thor beaucoup plus sombre et sérieux. Le buzz avait déjà été créé à l’annonce du retour de Robert Downey Jr. dans le rôle du Doctor Doom, et lors de la révélation de la distribution en mars dernier (avec BEAUCOUP de héros dont les X-Men). Une annonce qui avait duré plus de 5 heures et demie !

    Dune : Troisième partie - au cinéma le 16 décembre 2026

    Après plusieurs reports de sortie, Dune : Troisième Partie sortira finalement le 16 décembre 2026, soit le même jour que Avengers: Doomsday ! Cela annonce un duel SF au sommet du box-office. Timothée Chalamet, Zendaya, Florence Pugh et Rebecca Ferguson seront de retour sur grand écran pour le troisième opus de la saga gigantesque de Denis Villeneuve adaptée de Frank Herbert. Et qui sait, cela marquera peut-être le début d’un Barbenheimer 2026 ? Un « Dunesday » en devenir ? Le nom est à revoir, mais c’est pourtant ce qui semble déjà s’annoncer pour Noël prochain !

  • Top cinéma 2025 : les meilleurs films de l’année selon JustWatch France

    Top cinéma 2025 : les meilleurs films de l’année selon JustWatch France

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Et s’il fallait retenir 5 films de ce cru cinéma 2025 ? Les plumes de l’équipe éditoriale de JustWatch France vous partagent chacune leurs longs métrages préférés, entre coups de cœur, coups de poing et claques sensorielles. Nous vous remercions d’avoir lu nos classements, tops, recommandations et décryptages tout au long de l’année et repartons de plus belle en 2026 pour célébrer le cinéma (et les séries et les animés, aussi) et vous aider à découvrir toujours plus d'œuvres susceptibles de nourrir votre passion. Tous nos voeux cinéphiles !

    Les 5 films préférés de Maëlle Beauget-Uhl en 2025

    Une bataille après l’autre (2025) - L'année cinématographique 2025 aura été marquée par le grand retour de Paul Thomas Anderson qui avec son nouveau film signe un scénario engagé et dénonciateur (des dérives gouvernementales, sociétales et politiques de notre temps). Le film est porté par de très belles performances du côté de Leonardo DiCaprio, Benicio del Toro et de la nouvelle étoile montante d’Hollywood, Chase Infiniti, mais également par une photographie incroyable puisque Paul Thomas Anderson et son directeur de photographie, Michael Baumann, ont pris la décision de le tourner en 35mm et VistaVision. 

    Sinners (2025) - Ma séance en IMAX pour le film de Ryan Coogler, reste l’une de mes meilleures expériences cinématographiques de l'année 2025. Entre les changements de ratio tout au long du film, LE plan séquence tout simplement génial et déjà iconique tourné par la directrice de photographie Autumn Durald Arkapaw et la musique de Ludwig Göransson, Sinners s’est instantanément imposé dans mon Top 5 de l'année. Même si je lui trouve parfois des petits problèmes de rythme, je trouve que ça cadre finalement assez bien avec tout l'aspect expérimental du film, que ce soit au niveau du scénario, de sa musique ou même de son montage. 

    Train Dreams (2025) - Ce film ne fait malheureusement pas autant de bruit que je l’aurais souhaité en France, je profite donc de ce petit Top 5 pour clamer mon amour pour ce long métrage magnifique réalisé par Clint Bentley (et vous convaincre de le voir dès à présent sur Netflix !). Il se dégage du long métrage  une force tranquille, mais aussi une poésie et une mélancolie indéniable, notamment grâce au travail de photographie d'Adolfo Veloso et à la musique de Bryce Dessner. Joel Edgerton incarne un homme en pleine contemplation d’une vie et d’une société en constante évolution au début du XXème siècle, et livre par la même occasion l’une des meilleures performances de sa carrière. 

    Frankenstein (2025) - Je n’ai malheureusement pas fait partie des chanceux et chanceuses qui ont découvert le film de Guillermo del Toro sur grand écran, mais j’ai adoré la performance touchante et mélancolique de Jacob Elordi dans le rôle de la Créature, ainsi que la BO d’Alexandre Desplat. Sachant également ce que cette adaptation représente pour le cinéaste et le mal qu’il a eu à la faire, cela ajoute encore plus à la poésie qui émane de son œuvre finale, comme de n’importe quel film réalisé par Del Toro. 

    Mission Impossible : The Final Reckoning (2025) - Même si le dernier opus de la saga n’est pas forcément mon préféré, je me devais de l’avoir dans mon Top 5 tant cette franchise a compté dans ma vie de cinéphile. Bien que je lui trouve des défauts de rythme et d'écriture, la prouesse que représente la réalisation d’un film Mission: Impossible -et surtout le miracle que tout le monde en ressorte indemne !- est plus évidente que jamais dans celui-ci. Les cascades imaginées, chorégraphiées et réalisées par Tom Cruise et son équipe ne sont plus à présenter. Mais c’est surtout le gros pincement au coeur que j’ai de devoir dire au revoir à Ethan Hunt, Benji et Luther, qui prouve également que ces films, ce ne sont pas juste des cascades impressionnantes, mais surtout des personnages emblématiques, charismatiques et auxquels nous avons réellement été attachés. 

    Les 5 films préférés de Aurélien Bouron en 2025

    La Voix de Hind Rajab (2025) - Il y a des œuvres qu’on ne regarde pas pour le plaisir, mais parce qu’il le faut. Ce film hybride entre documentaire et fiction est de ceux-là. Il ne s’agit pas de cinéma, mais d’une reconstitution précise et implacable des dernières heures de cette fillette de 6 ans à Gaza. Ici, tout est misé sur le son. On entend, tout le long du film, l’enregistrement téléphonique de la petite voix de Hind, piégée dans une voiture au milieu des tirs. C’est une expérience psychologique terriblement déstabilisante. Je ne vais pas vous mentir : ça a été difficile d’encaisser cette réalité brute, bien installé sur mon fauteuil de cinéma. C’est du réel qui vous prend à la gorge et refuse de laisser une seconde de répit. Ce film nous ramène à l’essentiel : l’humanité face à l’horreur. Le film terminé, les lumières allumées, personne dans la salle ne s’est levé ou n’a parlé. Plusieurs minutes de silence ont envahi le cinéma, et les spectateurs ont fini par sortir, tête baissée, les yeux gonflés. Un visionnage éprouvant, terrifiant, mais absolument nécessaire.

    Sirāt (2025) - Je préfère vous prévenir tout de suite : ce film n’est pas une séance de cinéma, c’est une hallucination collective. Oliver Laxe nous emmène dans un road-trip métaphysique dans le désert marocain qui m’a laissé totalement K.O. Le synopsis est simple : un père (l’incroyable Sergi López) recherche sa fille disparue en suivant des caravanes de ravers nomades, accompagné de son fils. Mais très vite, les longs plans désertiques laissent place à quelque chose qui prend aux tripes. La quête se transforme en transe mystique quasi insoutenable, avec les basses de la techno qui font vibrer les sièges. C’est un film qui divise, et pour cause : à la sortie du cinéma, j’ai détesté, avant de faire un 180 degrés dès le lendemain me rendant compte du moment que j’avais pu vivre. C’est une expérience sensorielle âpre, brûlante, qui ressemble à ce que donnerait Mad Max s’il avait été réalisé par un poète sous acide. 

    Amélie et la Métaphysique des tubes (2025) - Adapter l'écriture si particulière d'Amélie Nothomb relève souvent du casse-tête. Mais ce film d'animation a trouvé la clé : il ne cherche pas à illustrer les mots, il illustre les sensations. Maïlys Vallade et Liane-Cho Han nous plongent littéralement dans la tête d'un bébé « tube », cet état végétatif et contemplatif décrit par l'autrice avant ses trois ans. Visuellement, c'est merveilleux. Le trait est organique, pastel, presque liquide, laissant place à la lumière et rappelant par moments la poésie du Conte de la Princesse Kaguya d'Isao Takahata. C’est un film qui montre l’importance de la pluie qui tombe, la beauté des mots, la nécessité des connexions humaines et le pouvoir de l’imagination. J'ai été particulièrement touché par la relation entre la petite Amélie et sa nounou japonaise, Nishio-san, traitée avec une délicatesse qui vous serre le cœur. C'est une exploration universelle et sensorielle de l'éveil à la vie, au langage et à la beauté, qui ne manquera pas de vous tirer une larme ou deux.

    Black Dog (2024) - C’est sans doute le film le plus taiseux de l’année, et pourtant, quel vacarme émotionnel. Le réalisateur Guan Hu nous emmène loin des mégalopoles futuristes, aux portes du désert de Gobi, dans une petite ville fantomatique à la veille des JO de 2008. On y suit Lang (Eddie Peng, qui réussit à tout dire dans son silence), un ex-taulard chargé de nettoyer les rues de ses chiens errants. La relation qui se noue entre cet homme brisé et ce lévrier noir est rugueuse, instinctive, et va au delà des mots. C’est la rencontre de deux parias qui se reniflent et se reconnaissent dans un lieu où l’on ne choisit pas son destin, mais où l’on peut choisir son compagnon de route pour un temps. Cette année, j’ai aimé le contemplatif, la lenteur, l’émotion brute et instinctive. Black Dog est la parfaite représentation de cela. J'ai été totalement happé par la beauté plastique de l'œuvre ; c'est un véritable western moderne, aride et sublime, où les paysages écrasent les hommes.

    The Life of Chuck (2025) - Mike Flanagan nous livre une fable humaniste, adaptée d'une nouvelle de Stephen King. La structure du film est un petit coup de génie : tout est raconté à l'envers. On commence par la fin du monde pour remonter le fil du temps jusqu'à l'enfance d'un comptable apparemment ordinaire, Charles Krantz. Au début, on a du mal à comprendre. Mais c’est cette incompréhension qui nous lance dans le film, nous place comme spectateur actif, et nous fait vivre l’expérience voulue par le réalisateur. Tom Hiddleston y livre une performance douce et généreuse — cette scène de danse improvisée dans la rue sur le rythme effréné d’une batterie restera longtemps gravée dans ma mémoire. C'est un film qui nous rappelle que chaque vie, même la plus banale, contient une multitude de mondes. Car il est bien là le but de cette histoire : illustrer le poème de Walt Whitman Chanson de moi-même, dans laquelle il récite : « Je suis immense, je contiens des multitudes. » C'est une célébration de la vie face au néant, de l’individu face au tout. 

    Les 5 films préférés de Justine Charlet en 2025

    Une bataille après l’autre (2025) - Entre farce et tragédie, ce blockbuster d’auteur époustouflant, grand favori des Oscars, a de fortes chances de remporter un maximum de statuettes. Ambitieux, le film est porté par une écriture, une mise en scène et une direction d’acteurs virtuoses qui dressent un portrait très juste de l’Amérique. Les deux pointures du cinéma que sont Leonardo DiCaprio et Sean Penn s’y télescopent avec une intensité rare, incarnant deux visions opposées : l’une habitée par l’illusion du progrès, l’autre rongée par la désillusion.

    A House of Dynamite (2025) - La première femme oscarisée, l’Américaine Kathryn Bigelow, offre un film coup de poing qui dit, en une succession de scènes et de points de vue, le bourbier mondial dans lequel la course au nucléaire nous a mis. Ça ressemble à un pamphlet contre la diplomatie internationale, d’un pessimisme absolu, porté à la connaissance du plus grand nombre (sur Netflix donc) pour créer un électrochoc. Un peu à la manière de Don’t Look up : Déni cosmique d’Adam McKay, sorti sur la même plateforme quatre ans plus tôt, le film nous pose un « et si ? » qui n’est pas prêt de nous lâcher.

    L’Etranger (2025) - Adapter ce classique d’Albert Camus semblait être un exercice de style périlleux, pourtant François Ozon réussit ce pas de côté dans sa filmographie (plus habitué à des œuvres originales !), guidé par l’impassible et indolent visage du merveilleux Benjamin Voisin, qui donne corps avec grâce et sensualité à ce Meursault dont on déteste tout autant qu’on envie l’apathie presque nihiliste face à la vie. Le choix du noir et blanc, des silences plutôt que d’une voix off portant les mots de Camus, épaissit le mystère de ce personnage qui fait le choix de l’absence à lui-même.

    Mickey 17 (2025) - Après Parasite, meilleur film du XIXe siècle selon le New York Times, Bong Joon Ho aurait pu servir un long métrage un peu en dessous de son coup de génie. Pourtant, en retrouvant la science-fiction, le cinéaste coréen propose un concept vertigineux (celui d’un homme cloné à l’infini pour servir de chair à canon dans une mission spatiale) pour faire la satire glaçante du monde du travail, de la déshumanisation et de la logique capitaliste poussée jusqu’à l’absurde. La démultiplication de Robert Pattinson flirte avec le burlesque et l’étrange, et le réalisateur s’amuse avec virtuosité à manier l’humour noir et le vertige existentiel : combien de temps peut-on mourir avant de ne plus vraiment vivre ?

    Partir un jour (2025) - Cécile, cheffe réputée montée à Paris, retrouve la ville de son adolescence, les rapports inchangés avec ses parents vieillissants, et son premier amour, Raphaël, qui fait renaître des émois enfouis. Juliette Armanet et Bastien Bouillon incarnent à merveille ces retrouvailles touchantes, sur un fond sonore composé de chansons populaires qu’on fredonne dans sa tête pendant toute la séance de ciné. Ça dit joliment les choses sur la quarantaine, les choix qu’on regarde sans regret mais avec un pincement au cœur.

    Les 5 films préférés de Öykü Sofuoğlu en 2025

    L’Agent secret (2025) - J’ai toujours eu une prédilection pour les films réalisés par des cinéastes que l’on peut qualifier de cinéphiles, dont le travail repose largement sur des références aux genres cinématographiques ou au cinéma lui-même. Le nouveau film de Kleber Mendonça Filho, que j’ai vu à Cannes, en est l’un des meilleurs exemples de méta-cinéma. Tout aussi fort sur le plan des enjeux politiques, qui relèvent autant du passé que du présent, le film joue de manière très intelligente avec nos attentes face à une fiction et nous surprend par les directions inattendues qu’il emprunte, ainsi que par les fausses pistes vers lesquelles il feint de se diriger. Le travail de mise en scène est exquis -une perle rare dans un climat cinématographique où les films de plateforme deviennent de plus en plus fades et dépourvus de vision singulière.

    L’Amour qu’il nous reste (2025) - Même après trois passages dans la sélection cannoise, le cinéma de Hlynur Pálmason demeure à ce jour peu connu des cinéphiles français. Sorti en décembre, son dernier film dresse le portrait d’une famille assez inhabituel autour d’un couple qui reste lié malgré la séparation, et de leurs trois enfants. Tourné dans des paysages ruraux d’Islande, le film se compose d’un récit fragmentaire qui s’étend sur le cours d’une année. Les images argentiques, aux textures douces et granulées, sont d’une beauté ravissante, offrant aux spectateurs une expérience contemplative, même face aux gestes les plus ordinaires de la vie quotidienne. Un autre niveau de lecture s’ajoute au film du fait que les enfants sont interprétés par les propres enfants du cinéaste, lui conférant une dimension discrètement autobiographique.

    Le Rire et le Couteau (2025) - Le réalisateur portugais Pedro Pinho signe une fresque cinématographique dans laquelle on suit les pas de Sergio, ingénieur environnemental envoyé en Guinée-Bissau afin d’évaluer les impacts potentiels d’un projet d’infrastructure sur les populations locales. Même si le film dure 211 minutes -la version intégrale de 5h20 sera projetée en 2026- le temps semble ne jamais peser : Pinho nous immerge pleinement dans le quotidien de Sergio, rythmé aussi bien par les rencontres avec les habitants autour du projet que par de longues nuits passées dans des clubs, au fil de ses incursions dans la scène queer locale. Ce qui impressionne particulièrement chez Pinho, c’est sa manière de mettre à nu les mécanismes néocoloniaux en oscillant entre un registre fictionnel derrière lequel se dessine un enjeu documentaire, tout en déstabilisant le regard de l’homme blanc porté vers l’Autre.

    Soundtrack to a Coup d’État (2024) - L’un des films les plus marquants du Sundance 2024, sorti cette année en France, est un documentaire d’archives qui explore les liens entre la diplomatie de soft power des États-Unis dans les pays d’Afrique et les complots visant le premier ministre de la République du Congo, Patrice Lumumba, jusqu’à son assassinat. Le cinéaste Johan Grimonprez compose son film telle une partition de jazz, à travers un montage dynamique qui fait entrer les sons en collision avec les images. Même si son point focal principal porte sur les agitations politiques au Congo après l’indépendance, la véritable réussite du cinéaste réside dans sa capacité à capturer le paysage politique international du début des années 1960, entre Guerre froide et mouvements de décolonisation.

    Magellan (2025) - Maître du cinéma philippin, Lav Diaz, connu pour son penchant pour les films de grande ampleur, a réalisé cette année ce qui est sans doute son film le plus accessible. Il se concentre sur l’explorateur portugais éponyme, suivant ses campagnes colonisatrices menées au nom des grandes puissances européennes. Pour incarner Magellan, Diaz a collaboré avec le très talentueux Gael García Bernal, dont la performance, modeste mais convaincante, mérite d’être saluée. Quant aux images, signées par Arthur Tort -chef opérateur ayant également donné une identité visuelle distinctive aux films d’Albert Serra- elles sont d’une beauté et d’une puissance impressionnantes. Et lorsque l’on apprend que Diaz a tourné le film avec une Panasonic GH7, une caméra relativement économique, ce choix ne fait que renforcer mon admiration pour son ingéniosité.

    Les 5 films préférés de Yoann Sardet en 2025

    Muganga - Celui qui soigne (2025) - C’est indéniablement le film que j’ai le plus recommandé cette année, celui qui me venait sans réfléchir en réponse à la question « Sinon, t’as vu quoi de bien au cinéma ? ». Le film de Marie-Hélène Roux, qui retrace l’engagement du docteur congolais Denis Mukwege auprès des femmes victimes de violences sexuelles dans son pays, est plus qu’un coup de cœur. C’est un coup AU coeur. Je connaissais déjà la mission majeure du Prix Nobel de la paix en 2018, notamment à travers le documentaire L’Homme qui répare les femmes (2015). Mais la voir prendre vie à travers l’interprétation d’une intense dignité d’Isaach de Bankolé, sans jamais que la caméra n’oublie les femmes (mention spéciale à Manon Bresch et Déborah Lukumuena) et n’occulte l’horreur des exactions commises sur les théâtre de guerres civiles, m’a bouleversé comme rarement. J’avais peur qu’il ne passe inaperçu, mais le voir avec près de 300 000 entrées au compteur et la première place du Top 2025 des Spectateurs UGC est une nouvelle rassurante. En espérant, maintenant, que les votant.es de l’Académie des César ne l’oublient pas…

    Substitution - Bring Her Back (2025) - J’ai vu BEAUCOUP de films d’horreur dans ma vie. Certaines propositions allant vraiment loin. Mais cela faisait (très) longtemps que je n’avais pas été secoué comme avec le film des frères Philippou. Dès le plan d’ouverture, sorte de found footage de rituel démoniaque, on sent que le visionnage va être douloureux. Et le long métrage -qui suit l’arrivée d’un frère et de sa sœur dans une maison d’accueil tenue par Sally Hawkins- tient plus que ses promesses durant 1h44, que j’ai passées les dents serrées et les ongles rongés entre trauma, emprise, folie, deuil, surnaturel et torture, sans jamais savoir où le récit m’emmenait. C’est douloureux, donc. C’est malaisant, c’est bizarre, c’est poisseux, c’est glauque, c’est surprenant, c’est choquant… Bref, c’est très réussi (contrairement à ce que cette litanie d’adjectifs négatifs pourrait laisser entendre !). Et beaucoup moins « teen » que La Main (2023), précédent opus des deux frangins qui signent ici un truc très fort. Et très rare. A l’heure où le cinéma d’horreur décline à l’infini des sagas (un peu) essorées, c’est réjouissant de voir qu’il existe encore des propositions originales et abouties, comme Évanouis (2025) a aussi pu l’être cette année.

    Sirāt (2025) - Là encore, une expérience totale. Pas aussi horrifique que Substitution - Bring Her Back (quoique…) mais tout aussi radicale, alors que l’enquête menée par Sergi Lopez et son fils pour retrouver la grande soeur disparue dans le milieu des ravers prend une route inattendue, direction un désert sans fin qui transforme le thriller en voyage mystique, sensoriel et post-apo. C’est finalement impossible de décrire le film d’Oliver Laxe : c’est une proposition qu’on adorera ou qu’on détestera -difficile de rester indifférent- mais qu’il faut accepter de vivre comme on emprunterait le Sirāt, chemin et pont entre l'enfer et le paradis dans l’Islam. C’est encore mieux, évidemment, à vivre au cinéma. Je ne sais d’ailleurs pas si l’expérience fonctionnerait chez soi. Mais vous n’avez jamais vu et vous ne reverrez jamais quelque chose comme ça. Avec deux moments hallucinants (je pèse mes mots) qui figurent parmi les grandes scènes choc des vingt-cinq dernières années.

    Dossier 137 (2025) - J’ai découvert assez tardivement le cinéma de Dominik Moll. J’étais passé à côté de Harry, un ami qui vous veut du bien il y a vingt-cinq ans, et j’ai vraiment plongé pour la patte sombre du cinéaste avec Seules les bêtes (2019) et La Nuit du 12 (2022), véritable claques du polar mâtiné de thriller (ou inversement). Plus froid, procédural même, son nouvel opus raconte l’enquête menée par l’IGPN, alors qu’une enquêtrice de la police des polices (Léa Drucker, impeccable) doit faire la lumière sur le cas d’un jeune homme blessé par un tir de LBD dans le cadre d’une manifestation. Entre les différentes versions, les pressions internes et externes et les résistances institutionnelles, le devoir de vérité est dès lors pour le moins complexe à porter. Le long métrage brille par son réalisme, sa justesse et son approche méthodique, et interroge les limites d’un système et l’impunité qu’il peut engendrer avec une minutie qui a dû faire grincer quelques dents.

    La comédie française - Pour cette dernière entrée, j’avais envie de mettre en lumières quelques pépites offertes cette année par la comédie française. Parallèlement aux poids lourds du genre, qu’il s’agisse de comédien.nes ou de sagas, 2025 nous a apporté quelques propositions hexagonales rafraîchissantes et ensoleillées qui m’ont bien plu. Je pense à Avignon (2025) de Johann Dionnet, qui revisite le théâtre, la romcom et le film de potes dans le cadre ensoleillé du festival, avec une bande extrêmement attachante où chacun.e a la place de briller. Je pense aussi à Anges & Cie (2025) de Vladimir Rodionov qui, sur le papier et l’affiche ne vend peut-être pas du rêve, mais qui imagine un univers très sympa (et très bien construit) d’anges gardiens qui aurait sans doute eu plus de pertinence en programme court qu’en long métrage un peu sacrifié au début du mois de mai. Et puis, enfin, je pense à Natacha (presque) hôtesse de l'air (2025) de Noémie Saglio : l’iconographie un peu datée de la BD originale et la campagne marketing ratée n’ont pas laissé sa chance à cette comédie drôle et girl-power, qui rappelle les grandes heures de George de la jungle (1997) -si, si !- quand Camille Lou échange avec le narrateur. Ces trois films méritaient beaucoup mieux en salles, c’est le moment de leur offrir la séance de rattrapage qu’ils méritent en VOD.

  • Jane Austen par Netflix : tout ce que l’on sait sur le nouveau Orgueil et Préjugés

    Jane Austen par Netflix : tout ce que l’on sait sur le nouveau Orgueil et Préjugés

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    « C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit avoir envie de se marier. » Si vous aussi vous connaissez par cœur cette phrase d’ouverture du chef-d’œuvre de Jane Austen, Orgueil et Préjugés, alors comme moi, vous devez probablement avoir très hâte de découvrir la nouvelle adaptation de Netflix qui sortira en 2026.

    Alors oui c’est vrai, il existe déjà des dizaines d'adaptations de ce roman (pour le petit comme le grand écran). Il existe même une gentille « rivalité » entre l'adaptation de la BBC (Orgueil et Préjugés,1995) et l'adaptation cinématographique de Joe Wright (Orgueil et Préjugés, 2005). Alors pourquoi pas en rajouter une troisième ? La grande fan de Jane Austen que je suis ne va pas s’en plaindre (même si la barre est très haute, tant j'adore la version de 2005) !

    Et comme l'année 2025, qui se termine ce soir, a justement marqué les 250 ans de la naissance de l’autrice britannique, je vous partage pour JustWatch un petit résumé de tout ce que nous savons déjà sur cette future mini-série. 

    De quoi parle « Orgueil et Préjugés » ?

    Lizzie Bennet ne pense pas au mariage comme ses sœurs. Ni comme toutes les autres jeunes femmes qui l’entourent d’ailleurs. Sa mère, Mrs. Bennet, la pousse à épouser un homme de bonne situation, mais Lizzie refuse un mariage sans amour… Jusqu’au jour où elle rencontre Mr. Darcy, un homme charmant, mystérieux mais quelque peu odieux.

    Si Orgueil et Préjugés est une histoire d’amour magnifique et connue pour ses nombreuses adaptations, c’est surtout la fresque sociale qu’elle représente qui fait pour moi toute sa force. Jane Austen a toujours eu un regard très critique et acerbe sur la société dont elle faisait partie, et c’est sous couvert de romance et d’humour, que l'écrivaine est parvenue à dénoncer les petites mentalités et les carcans imposés aux femmes de son époque.

    Qui est au casting  ?

    Même si la date de sortie n’a pas encore été dévoilée, le casting de la prochaine série Netflix est extrêmement prometteur. Emma Corin et Jack Lowden vont respectivement incarner Lizzie Bennet et Mr. Darcy, l’un des couples les plus iconiques de la littérature anglaise.

    Vous avez sûrement croisé Emma Corin dans la magnifique adaptation de L’Amant de Lady Chatterley (2022), un film réalisé par Laure de Clermont-Tonnerre, mais également dans Nosferatu (2024), et dans la série The Crown (2016-2023), dans laquelle elle incarnait avec brio Lady Diana durant la saison 4.  

    Jack Lowden est quant à lui la star de l'excellente série Apple TV, Slow Horses (2022-), dans laquelle il joue aux côtés de Gary Oldman. Il est aussi à l'affiche de la série The Gold (2023-), et en 2018, il incarnait Lord Darnley, l'époux de Mary Stuart dans le superbe film Marie Stuart, reine d'Écosse, aux côtés de Saoirse Ronan et Margot Robbie. 

    Du côté des parents de Lizzie Bennet, la très grande Olivia Colman a été choisie pour incarner Mrs. Bennet et Rufus Sewell tiendra le rôle du père, Mr. Bennet.

    Pour les prétendants des soeurs Bennet, Daryl McCormack, qui était récemment à l’affiche de Wake Up Dead Man (2025), et de Mes Rendez-Vous avec Leo Grande (2022) sera Mr. Bingley ; Louis Partridge, la star de House of Guinness (2025-) sera Mr. Wickam, et Jamie Demetriou, que vous avez pu voir dans Barbie (2023) et Fleabag (2016-2019), sera Mr. Collins.

    Fiona Shaw, qui incarnait la Tante Petunia dans la saga Harry Potter, mais que vous avec aussi pu apercevoir dans Andor (2025) Bad Sisters (2024) et Hot Milk (2025) sera Lady Catherine de Bourgh, qui était incarnée par la légendaire Dame Judy Dench dans la version de 2005.

    Et derrière la caméra ?

    La journaliste et chroniqueuse britannique Dolly Alderton et le réalisateur de Heartstopper, Euros Lyn, sont tous les deux à la tête de ce projet de très grande envergure.  Emma Corin participe également à la production pour la toute première fois de sa carrière.

    Puisque le tournage de la série bat son plein en Angleterre, plus de détails seront dévoilés au cours de ces prochains mois. Cependant, cette version devrait être très fidèle au roman, et les six épisodes devraient permettre aux créateurs de prendre un peu plus leur temps et de se pencher sur d’avantages de détails qui composent cette histoire intemporelle.

  • Vous êtes fan de Zootopie 2 ? Voici 8 films d’animation pour prolonger l'expérience !

    Vous êtes fan de Zootopie 2 ? Voici 8 films d’animation pour prolonger l'expérience !

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Judy Hopps et Nick Wilde sont de retour ! Enfin, ils ont fait leur retour dans les salles françaises avec Zootopie 2 le 26 novembre dernier. Et au vu des chiffres du box-office -plus de 5,3 millions d’entrées cumulées, soit le plus gros succès de l’année en France- la trajectoire du film en salles semble encore se prolonger.

    Les fans de la franchise Zootopie (2016) qui souhaitent profiter de la période des vacances pour prolonger l’expérience avec d’autres films ne seront pas déçus, car JustWatch a tout prévu pour eux. Grâce à cette liste, qui s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux enfants, vous pourrez vous plonger dans différents univers créatifs de l’animation, à la hauteur de cette franchise emblématique de Disney.

    Les Aristochats (1970)

    Les studios Disney sont davantage connus pour les grandes franchises qu’ils ont acquises que pour les films d’animation à l’origine de leur histoire. Pourtant, même aujourd’hui, les grands classiques animés du studio n’ont rien perdu de leur beauté ni de leur originalité, et Les Aristochats (1970) en font certainement partie. Réalisé par Wolfgang Reitherman, le film rappelle Zootopie dans sa manière de projeter des enjeux sociaux sur des personnages anthropomorphiques. 

    L’histoire se déroule dans les années 1910, en France, où une vieille chanteuse d’opéra lègue toute sa fortune à sa chatte Duchesse et à ses chatons, Marie, Toulouse et Berlioz. Mais à cause des plans malveillants de son majordome jaloux, qui cherche à s’approprier l’héritage, Duchesse et les chatons se retrouvent abandonnés dans la campagne française. C’est là qu’ils font la rencontre de Thomas O’Malley, un chat de gouttière, qui accepte de les aider à retrouver le chemin de Paris.

    Avec son animation au style traditionnel et ses mélodies de jazz qui restent durablement ancrées dans la mémoire des spectateurs, Les Aristochats se distingue également par sa façon d’aborder les différences sociales entre l’aristocratie et les classes populaires. Un très beau choix pour passer un moment en famille pendant les vacances, avec un agréable brin de nostalgie.

    Robin des Bois (1973)

    Vous avez sûrement vu les théories de fans qui s’interrogent sur le fait que Zootopie et Robin des Bois (1973) appartiendraient au même univers filmique. Et si vous n’en avez jamais entendu parler, eh bien oui : les apparences physiques de Robin et de Nick Wilde -leurs chemises vertes en plus !- sont immanquablement similaires. Même si l’on apprend que ce n’était pas l’intention des créateurs de la franchise, l’idée de rapprocher ces deux renards hors-la-loi particulièrement rusés reste amusante.

    Robin des Bois est également réalisé par Wolfgang Reitherman et, après Les Aristochats, il s’agit du premier film du studio sorti après la mort de Walt Disney. Le film s’approprie le récit traditionnel du voleur au grand coeur de Sherwood, mais les personnages y sont interprétés sous une forme anthropomorphique. 

    Comparé à d’autres films réalisés à la même période, Robin des Bois n’a pas rencontré autant de succès et a été critiqué par certains pour son choix de faire d’un brigand une figure positive -un aspect éthique qui concernait davantage les enfants mais qui paraît aujourd’hui un peu obsolète comme argument. Pour les adultes qui s’intéressent au travail d’animation, celui-ci peut paraître peu original, en raison des limitations budgétaires du studio. Mais si vos enfants ont adoré Zootopie, Robin des Bois constitue une très jolie option pour leur faire découvrir la période classique de Disney et leur parler des liens hypothétiques entre les deux films.

    Basil, détective privé (1986)

    Bien que ce film reste relativement peu connu, même en comparaison avec d’autres classiques du studio, Basil, détective privé (1986) est souvent qualifié de « film qui a sauvé Disney ». Le long métrage s’inspire de la série de romans d’Eve Titus, illustrés par Paul Galdone, elle-même basée sur le personnage de Sherlock Holmes. Le film se rapproche de Zootopie dans la mesure où son histoire s’inscrit dans un cadre urbain -en l’occurrence le Londres de 1897- et investit le genre policier.

    On y retrouve Basil, la souris éponyme, illustre détective qui, avec l’aide de l’ancien médecin militaire David Q. Dawson, vient en aide à une petite fille prénommée Olivia pour retrouver son père, enlevé par le méchant professeur Ratigan.

    Basil, détective privé est le premier film Disney à utiliser de manière extensive des images de synthèse et, à cet égard, il annonce clairement une nouvelle direction dans l’animation du studio. Adoptant un ton plus sombre que les standards habituels de Disney, le film mérite assurément une chance de la part de celles et ceux qui apprécient le genre policier et les récits mettant en scène des duos improbables.

    Qui veut la peau de Roger Rabbit (1988) 

    Parmi tous les films qui figurent dans cette liste, Qui veut la peau de Roger Rabbit (1988) est sans doute celui qui est le plus original et inventif. Réalisé par Robert Zemeckis, le film mélange les prises de vue réelles et l’animation par une véritable prouesse technique qui lui a valu l’Oscar des meilleurs effets visuels. Même si leurs tons humoristiques sont différents, comme Zootopie, Qui veut la peau de Roger Rabbit livre un récit qui repose sur les hiérarchies sociales et se déroule autour d’une enquête policière. 

    Le film imagine un monde où les humains coexistent avec les « Toons », des personnages animés qui sont souvent embauchés pour jouer dans des productions à Hollywood. Quand, Roger Rabbit, un star toon, est accusé du meurtre d’un homme d’affaire puissant, le détective privé Eddie Vaillant qui, jusqu’alors méprisait les créatures de celluloïd, est tâché de protéger Roger et de trouver le vrai coupable. 

    Qui veut la peau de Roger Rabbit est un film hilarant et intelligent qui, lui aussi, aurait contribué à l’arrivé du Second Âge d’or de Disney, tout en ouvrant la voie à d’autres films hybrides comme Space Jam (1996) et Les Looney Tunes passent à l’action (2003). Attention aux parents : même s’il s’agit d’un film d’animation, les blagues et certains thèmes le rendent déconseillé aux très jeunes enfants. 

    Fantastic Mr. Fox (2009)

    Après Robin des Bois, le deuxième renard-héros de notre liste vient d’un magnifique film d’animation en volume de Wes Anderson, adapté du roman Fantastique Maître Renard de Roald Dahl. Nous prévenons d’emblée les fans de Disney : l’humour singulier et absurde de Fantastic Mr. Fox (2009) pourrait vous paraître un peu décalé, voire sec -surtout pour les enfants- mais, en même temps, le film peut leur servir d’introduction à d’autres univers d’animation plus matures et inventifs.

    Même si le pitch du film est considérablement différent de celui de Zootopie, le traitement approfondi des personnages et les thématiques plus sérieuses qu’il aborde se font écho. Fantastic Mr. Fox se concentre sur la famille Renard -Foxy, sa femme Felicity et leur fils Ash- qui subsistait autrefois en volant des poules. Alors que la famille menait désormais une vie normale, l’arrivée de leur neveu Kristofferson éveille chez Foxy un désir d’aventure, et il reprend ses activités de vol. Mais ses pulsions mettent sa famille en danger. 

    Résultat d’un véritable accomplissement technique, le film n’est pas exempt de choix esthétiques et d’un ton humoristique propres au cinéma de Wes Anderson. Les thèmes de la nature, des pulsions, ainsi que l’importance des liens familiaux y sont abordés avec justesse. N’oublions pas l’aspect le plus ingénieux du film, à savoir son casting vocal, dans lequel on retrouve de grandes stars comme George Clooney et Meryl Streep, interprétées, dans la version française, par Mathieu Amalric et Isabelle Huppert. Après Fantastic Mr. Fox, surtout ne manquez pas le deuxième film d’animation de Wes Anderson : L’Île aux chiens (2018) !

    Comme des bêtes (2016)

    Revenons maintenant un peu à l’animation conventionnelle. Produit par le studio Illumination, Comme des bêtes (2016) a souvent été comparé à Zootopie, en grande partie parce qu’ils sont sortis la même année et que les deux films mettent en scène des héros animaux aux comportements humains. Comme des bêtes part d’une prémisse assez simple que beaucoup de propriétaires d’animaux de compagnie se posent : que font-ils quand nous ne sommes pas avec eux ?

    Se déroulant également dans un cadre urbain, le film suit Max, un Jack Russell terrier dont la vie est bouleversée lorsque son humaine, Katie, adopte un autre chien nommé Duke. À cause de la jalousie de Max, le duo est d’abord attrapé par le service de contrôle des animaux, puis se retrouve mêlé à un groupe d’animaux anti-humains qui vivent dans les égouts de New York.

    Même si le récit de Comme des bêtes rappelle la franchise Toy Story, les créateurs ont tout de même réussi à construire un univers visuel intéressant, peuplé d’une grande variété de personnages à la fois mignons et drôles -vous reconnaîtrez sûrement les très iconiques Snowball le lapin et Gidget la Spitz nain ! Comparées à l’univers de Zootopie, les aventures de Max et Duke sont plus faciles à suivre, ce qui rend le film particulièrement adapté aux jeunes enfants. Il existe aussi une suite, Comme des bêtes 2 (2019), qui pourrait aussi leur plaire. Sans oublier, également signés des studios Illumination, les deux volets de Tous en scène et leurs animaux chantants.

    Les Bad Guys (2022)

    La franchise Moi, moche et méchant a rencontré un grand succès grâce à son arc narratif centré sur un méchant qui devient un héros. Produit par DreamWorks, Les Bad Guys (2022) reprend en partie ce concept d’anti-héros et le transpose dans le contexte d’un film de braquage. Comme dans Zootopie, la caractérisation des personnages animaux repose sur certains attributs auxquels on les associe.

    C’est pour cette raison que M. Loup, chef d’une bande de criminels composée de M. Serpent, Mlle Tarentule, M. Requin et M. Piranha, a du mal à croire qu’ils puissent devenir gentils et adopter de bons comportements, malgré sa nature de « méchant loup ». Le film raconte ainsi la collision entre l’image de méchanceté qui leur est projetée et celle de bons citoyens qu’ils aspirent à devenir.

    En regardant les deux films, vous remarquerez sûrement que la dynamique entre M. Loup et Diane Foxington rappelle celle de Nick Wilde et Judy Hopps. Mais il est clair que l’aspect social est beaucoup plus prononcé dans Zootopie, tandis que Les Bad Guys explore une tension plus universelle entre le Bien et le Mal. Comme Zootopie, Les Bad Guys a cartonné au box-office, et la suite du film, sortie cet été, est désormais disponible sur les plateformes de VOD en France.

    Élémentaire (2023)

    Dès la bande-annonce, les audiences avaient commencé à comparer Élémentaire (2023) à Zootopie, notamment en raison de l’imagerie urbaine qui caractérise les deux films, au point que le réalisateur d’Élémentaire a été contraint d’expliquer en quoi son film se distinguerait de l’autre. Reste que les deux œuvres se font tout de même écho sur le plan thématique : elles abordent des questions d’exclusion sociale, de discrimination et de préjugés, qui conditionnent également l’espace urbain.

    Dans Élémentaire, on découvre Element City, où cohabitent des êtres associés à quatre éléments différents. Issue d’une famille d’immigrés « flamboyants », Flam y rencontre un être aquatique nommé Flack et, malgré les règles qui séparent leurs communautés, ils tombent amoureux. À la différence de Zootopie, il s’agit donc d’un film davantage axé sur la romance. C’est aussi l’un des rares films Pixar sans méchant personnifié : ici, ce sont le système et les préjugés eux-mêmes qui génèrent les conflits.

    Le film se distingue par une animation splendide, des designs de personnages et des espaces très créatifs. Mais pour certains spectateurs, les métaphores autour des éléments et de leurs interactions ont été jugées lourdes ou incohérentes. Mais selon moi, cet aspect n’empêche pas d’apprécier la richesse visuelle du film et de se laisser porter par cet univers foisonnant d’imagination ! 

  • Avatar 3 : la nouvelle méchante a un lien étonnant avec… Charlie Chaplin !

    Avatar 3 : la nouvelle méchante a un lien étonnant avec… Charlie Chaplin !

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Si vous avez profité de votre break de Noël pour vous rendre au cinéma et découvrir le dernier opus de la saga gigantissime de James Cameron, Avatar: de Feu et de Cendres (2025), vous avez sûrement (comme beaucoup de fans) adoré Varang, la nouvelle vilaine enflammée introduite pour la première fois dans l’univers de Pandora.

    Cheffe du clan de pillards Mangkwan, Varang est une sorcière violente et sans pitié cherchant à anéantir les Na’vis et leur foie en Eywa après qu’une éruption ait rasé son village. Tranchant avec la spiritualité des clans de la forêt et des rivages, cette antagoniste féroce et fascinante est interprétée par Oona Chaplin.

    Le nom ne trompe pas : l'actrice n'est autre que la fille de Géraldine Chaplin, la cousine de James Thiérrée (Chocolat) et surtout la petite-fille de Charlie Chaplin, légende du cinéma muet avec son personnage iconique de Charlot ! A l’occasion du retour sur Pandora, je vous ai préparé pour Justwatch un petit récapitulatif de la carrière de l'actrice, que vous avez peut-être déjà croisée dans l’une de vos séries préférées.

    Avant Pandora… Westeros !

    Si l’actrice d’Avatar: de Feu et de Cendres a enchaîné les rôles sur le petit comme sur le grand écran pendant des années, c’est bien son dernier rôle en date -et son premier blockbuster-, qui permettra sans aucun doute de la faire connaître à un public plus large. 

    Cependant, les aficionados de séries TV, et notamment de Game of Thrones, ont probablement reconnue en Oona Chaplin l’interprète de Talisa Stark, la femme de Robb Stark, lui-même joué par Richard Madden. Attention spoilers ! Talisa connut une fin tragique lors du tristement célèbre Red Wedding, ou les Noces Pourpres en français, alors qu’elle était enceinte de plusieurs semaines.

    Où avez-vous déjà vu Oona Chaplin ?

    En 2011, Oona Chaplin était également à l’affiche de la série BBC The Hour, aux côtés de Ben Whishaw, Dominic West et de Romola Garai. The Hour est une série particulièrement réussie sur fond de Guerre Froide et d’intrigues politiques, retraçant les débuts d’une émission télévisée de la BBC dans les années 50 à Londres. 

    En 2017, la comédienne apparaît également dans l’excellente -et très sombre- mini-série Taboo, créée par Steven Knight (également créateur de Peaky Blinders, SAS Rogue Heroes et House of Guinness), Ridley Scott et Tom Hardy (rien que ça !) 

    Même si c’est principalement le petit écran qui lui a offert certains de ses plus grands rôles, Oona Chaplin a également tourné en 2015 dans l'adaptation cinématographique du livre de Nicholas Sparks, Chemins Croisés, et elle joue également aux côtés de Cillian Murphy, Jennifer Connelly et Mélanie Laurent dans L’Attrape-rêves en 2014.

    Le poids d’un nom de famille

    Récemment, l'actrice a déclaré au Times qu’elle avait longtemps pensé à changer de nom afin d'éviter les conversations sur le népotisme hollywoodien. Si elle reconnaît que des portes lui ont été ouvertes et que ça n’aurait peut-être pas été le cas sans son nom de famille, elle a finalement décidé de le garder et de transformer son sentiment de « culpabilité » en gratitude, tout en sachant que son travail d’actrice n’aurait rien à voir avec le travail de son grand-père. 

    Oona Chaplin est donc en chemin pour construire sa propre identité et sa propre carrière à Hollywood, une carrière qui semble de plus en plus prometteuse au vu de son travail génial dans Avatar: de Feu et de Cendres, dès à présent au cinéma.

  • Stranger Things saison 5 : la ref aux Tortues Ninja qu’on n’avait pas vue venir !

    Stranger Things saison 5 : la ref aux Tortues Ninja qu’on n’avait pas vue venir !

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Entre les quatre tortues anthropomorphes héroïnes des enfants des années 90 et la bande de Stranger Things (2016-2025), la filiation n’est pas évidente. Pourtant, les ingénieux frères Duffer cultivent une passion assumée pour la pop culture des années 80 et 90. Derrière les vélos et les talkies walkies d’Hawkins se cache une constellation de références que nous avons déjà évoqué dans d’autres articles.

    Mais il en manquait une essentielle, que les frangins viennent de révéler dans une interview à un média américain. On le savait déjà : Stranger Things ne se contente pas de recycler des codes puisque la série les digère et les transforme. À l’image des Tortues Ninja à leur époque, elle met en scène une bande d’adolescents confrontés à un monde souterrain, invisible aux adultes, où l’amitié devient une arme et l’imaginaire un outil de survie.

    Comment les deux univers ont interagi ? Comment les créateurs ont pioché dans la BD adaptée en dessin animé ? Je vous donne toutes les réponses ici, pour JustWatch !

    C’est quoi cette ref ?

    Aucune extrapolation de la part d’un fan : la référence à la Dimension X sort de la bouche et des cerveaux mêmes des frères Duffer, créateurs et showrunners de la série Stranger Things. Dans une interview accordée à Variety, ils expliquent avoir voulu « raconter depuis le début » l’histoire du troisième lieu révélé dans les épisodes 5, 6 et 7 de la saison 5 – L’Abysse –, afin d’en livrer enfin les clés de compréhension.

    Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce lien est évoqué. Un crossover officiel, écrit et dessiné, a déjà réuni les enfants d’Hawkins et les Tortues Ninja, tous représentés comme des adolescents, partageant la même logique de groupe et de survie face à un monde hostile. Les Duffer précisent même que, dès les balbutiements de la série, Netflix leur avait demandé d’expliquer précisément la mythologie de leur univers.

    « Nous avons rédigé un document de 20 pages », racontent-ils. « À l’époque, cela ne s’appelait pas encore L’Abysse, mais Dimension X, en référence aux Tortues Ninja. » Un clin d’œil assumé, qui révèle à quel point cette œuvre culte irrigue encore l’imaginaire contemporain.

    Pourquoi c’est culte, « Les Tortues Ninja » ?

    Des tortues mutantes (à cause d’un produit chimique) qui vivent dans les égouts de New York, élevées par un rat tout aussi mutant et expert en arts martiaux… rien que nommer la situation de ces super-héros est une bonne façon de mesurer à quel point ils sont spéciaux. Sans compter qu’ils portent des noms de sculpteurs de la Renaissance italienne !

    Créées en 1984 par Kevin Eastman et Peter Laird, les Tortues Ninja ont d’abord été une BD inspirée des comics de Ninja. Le succès est immédiat et adapté en dessin animé en 1987 de manière beaucoup plus accessible aux enfants. Ces Tortues sont au nombre de quatre : Leonardo (bandeau bleu sur les yeux) est le leader, sérieux et discipliné. Il se bat avec des katanas. Raphaël, en rouge, est le rebelle impulsif, armé de saïs. Donatello, en violet, est le cerveau du groupe, muni d’un bo (un bâton). Enfin Michelangelo, en orange, est le rigolo de la bande, le cool, toujours prêt à dégainer ses nunchakus en cas de danger.

    Ensemble, elles forment une famille de substitution, soudée face à un monde qui ne peut pas les accepter. Un schéma narratif qui, quarante ans plus tard, continue de faire écho — jusque dans les profondeurs de L’Abysse.

    « Stranger Things », que se passe-t-il dans la saison 5 ?

    Avec sa cinquième et ultime saison, Stranger Things opère un mouvement de repli stratégique : revenir à l’essence même de son récit. Après avoir multiplié les fronts, les personnages et les enjeux apocalyptiques, les frères Duffer recentrent leur narration sur L’Abysse, cette dimension parallèle désormais au cœur de la série. Plus qu’un simple décor horrifique, ce monde inversé devient un espace à explorer, à comprendre, presque à cartographier.

    La saison 5 ne cherche plus seulement à faire peur, mais à expliquer. Pourquoi cette dimension existe-t-elle ? Comment fonctionne-t-elle ? Et surtout, pourquoi entretient-elle un lien si intime avec Hawkins et ses habitants ? En ce sens, L’Abysse agit comme un équivalent adulte et sombre de la Dimension X des Tortues Ninja : un ailleurs structuré, doté de ses propres règles, où se joue le destin de héros trop jeunes pour porter de telles responsabilités.

  • Fallout et 8 adaptations de jeux vidéo qui ont brisé la malédiction ces 10 dernières années

    Fallout et 8 adaptations de jeux vidéo qui ont brisé la malédiction ces 10 dernières années

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Soyons honnêtes deux minutes : il y a quelques années, aller voir une adaptation de jeu vidéo au cinéma était plutôt destiné aux fans désespérés et clairement masochistes qu’aux cinéphiles. Soit l’adaptation trahissait le matériau d’origine, soit elle le copiait sans âme. Mais ces dix dernières années, quelque chose a changé.

    Une nouvelle génération de réalisateurs, qui a grandi avec une manette dans les mains, a pris les commandes. Et le résultat est là. De la tragédie Shakespearienne à l'humour noir et exagéré, nous vivons un véritable âge d’or que je mets en lumière pour JustWatch..

    Dans cette liste, vous trouverez des films et des séries qui respectent l’esprit du jeu, son ambiance, son rythme, sa manière de faire exister le monde. Voici donc ma sélection, garantie sans Uwe Boll au générique, des titres qui ont enterré la malédiction. 

    Fallout (2024–)

    Difficile de faire plus casse‑gueule que Fallout (2 saisons). Transformer un univers post-apo satirique, rempli de factions absurdes et de morale en carton‑pâte, en série « regardable par tout le monde » relevait du miracle. Surtout lorsque la fanbase est immense et fidèle. Et pourtant, ça fonctionne car Jonathan Nolan (Westworld) a compris que l’essence des jeux Bethesda est dans ce ton unique, ce mélange improbable d’ultraviolence gore et d’optimisme rétro années 50. 

    La série réussit le tour de force d’être hilarante tout en étant incroyablement cruelle, et arrive à passer de la noirceur à l’humour sans perdre le rythme. Mention spéciale à Walton Googins en Goul, qui vole la vedette à tout le monde. Fallout n’essaie pas de lisser le matériau pour le grand public, mais embrasse sa bizarrerie. Si vous avez aimé l’humour noir de la série The Boys (2019), vous serez ici en terrain conquis. Comme quoi, on peut étendre un univers sans juste copier une quête principale. 

    The Last of Us (2023-)

    On était beaucoup à commencer The Last of Us (2 saisons) à reculons. Le jeu est déjà tellement cinématographique, à quoi bon ? Pourtant, c’est tout simplement grandiose. Craig Mazin (Chernobyl) a su trouver l’équilibre parfait : une fidélité maladive aux décors et aux dialogues cultes, tout en s’autorisant des détours narratifs.

    L’épisode 3 de la première saison, centré sur Bill et Frank, reste pour moi l’un des plus beaux moments de télévision de ces dernières années, point final. Pedro Pascal et Bella Ramsey livrent une performance viscérale sur le deuil. Fallout vous attire avec un sourire cynique, alors que The Last of Us vous prend à la gorge. Deux apocalypses, mais pas le même poison. 

    Arcane (2021–2024)

    L’univers de League of Legends me laisse de marbre, et pourtant, Arcane (2 saisons) m’a mis une claque visuelle comme j’en ai rarement pris. Oubliez le label « adaptation de jeu », on est ici face à un chef-d'œuvre d’animation qui rivalise avec des productions comme Spider-Man : New Generation (2018).

    Le studio français Fortiche a réussi à créer une esthétique très particulière. Une sorte de peinture à l’huile en mouvement, qui sert une tragédie grecque déchirante entre deux sœurs. C’est sombre, politique, intense. Chaque victoire a un goût amer, chaque personnage brise le cœur. Ici on parle d’obsession, de lutte de classes, de culpabilité. Arcane joue dans une autre ligue que d’autres séries d’animation plus classiques comme Dota : Dragon’s Blood (2021). Une œuvre majeure, tout simplement. 

    Cyberpunk: Edgerunners (2022)

    Cyberpunk: Edgerunners (1 saison) a pris le jeu, l’a retourné, et en fait cet anime sous nitro prenant Night City et tous les fans du jeu par surprise, moi compris. Le studio Trigger (Kill la Kill) y injecte sa frénésie habituelle : c'est coloré, vulgaire, hyper-violent et, étrangement, ça vous brise le cœur. L’histoire nous rappelle que le système gagne toujours. On sait que ça va mal finir, mais on regarde quand même.

    C’est une adaptation qui comprend le cœur du jeu : l’illusion de la liberté dans une ville qui vous consomme. Cette énergie du désespoir est affreusement toxique mais tellement addictive. Regarder cet anime, c’est comme boire trop de café : on a besoin d’un bon thé à la fin pour s’en remettre. Alors si vous en voulez encore, relancez votre partie de Cyberpunk ou lancez vous dans Devilman Crybaby (2018).

    Super Mario Bros. le film (2023)

    Je pense qu’on s’attendait tous à un film rempli de fan-service et de clins d’œil sans histoire. Pourtant, Super Mario Bros. le film (1h33) n’est (presque) pas tombé dans le piège. Alors oui, le scénario tient sur un ticket de métro et l’évolution des personnages est quasi inexistante. Mais ce n’est pas si grave.

    Le film a un rythme de jeu de plateforme, des décors qui donnent envie de sauter dedans, et donne un véritable spectacle de fête foraine. Super Mario embrasse totalement son côté « parc d’attraction ». C’est un feu d'artifice de références visuelles et sonores, c’est beau, c’est drôle. Il ne prétend pas réinventer le cinéma d’animation, mais c’est le film « doudou » par excellence. Un bon bol d’air pour un dimanche après-midi en famille, dont la suite est attendue en 2026.

    Castlevania (2017 - 2021)

    Rendons à César ce qui est à César : avant Arcane et Edgerunners, c’est Castlevania (4 saisons) qui sauvait les meubles des adaptations de jeu vidéo. Warren Ellis a transformé un jeu de plateforme où l’on fouette des squelettes en une série gothique tout aussi sanglante que philosophique, disponible sur Netflix.

    Oui, les combats sont jouissifs, mais ce qui surprend le plus, c’est l’épaisseur morale des personnages : des héros épuisés, des monstres tragiques, des idéaux qui vacillent. J’ai particulièrement aimé Dracula, qui n’est pas juste un antagoniste, mais surtout un homme brisé par le deuil. Ici, nous sommes plutôt dans une série dark fantasy pour adultes que dans un simple anime d’action. 

    Sonic, le film (2020)

    Sonic, le film (1h39) aurait pu être une catastrophe. Après un premier design du hérisson qui avait terrifié internet (et pour cause, il ressemblait plutôt à un Pokémon pour lequel on ne gâcherait pas une pokéball), le studio a eu l’humilité de tout refaire. Résultat : un film familial solide qui assume son côté « buddy movie », avec un Jim Carrey en roue libre qui renoue avec ses grimaces mythiques.

    Le film est moins spectaculaire que Mario, mais il a plus de cœur. Ce n’est pas du grand cinéma d’auteur et il ne prétend pas être autre chose que fun, drôle et divertissant. Et parfois, c’est tout ce qu’on demande, non ? C’est un peu comme Détective Pikachu (2019), qui aurait pu figurer dans cette liste. 

    Gran Turismo (2023)

    Je ne m’attendais à rien, et j’ai été surpris. Quelle idée d'adapter un simulateur sans histoire ! Mais en choisissant l’angle du biopic sportif (l’histoire vraie de Jann Mardenborough), Gran Turismo (2h15) s’en sort avec les honneurs. Neill Blomkamp (District 9) réussit à rendre le film étonnamment prenant avec des courses effrénées.  

    Le problème, c’est qu’on a l’impression de regarder une publicité géante de deux heures pour Sony et Nissan. Mais si vous arrivez à passer outre cet aspect marketing, le fun et l’adrénaline sont bien là, et Gran Turismo ne pourra que plaire aux joueurs. C’est carré, c’est divertissant, et bien mieux que le film Need for Speed (2014). 

    Donjons & Dragons : L'Honneur des voleurs (2023)

    D’accord, ce n’est pas un jeu vidéo, et je triche un peu avec celui-là. Techniquement, Donjons & Dragons : L'Honneur des voleurs (2h14) adapte un jeu de rôle de plateau. Mais sans lui, des monuments vidéoludiques comme Baldur’s Gate, Skyrim, Final Fantasy ou World of Warcraft n’existeraient pas. Le monde du jeu vidéo serait totalement différent et probablement bien moins fun. Les points de vie, le mana, les classes… tout vient de D&D !

    Il ne fallait donc absolument pas rater cette adaptation au cinéma. Les réalisateurs nous ont offert une comédie d’aventure généreuse, portée par un Chris Pine charismatique en barde raté, en capturant l’essence d’une « partie entre potes ». Dans une liste dominée par des univers sombres, ce film fait du bien. C’est drôle, rythmé et ça respecte l’ADN du gaming mieux que la plupart des « vrais » films de jeux vidéo. 

  • Brokeback Mountain a 20 ans : 10 films LGBTIQ+ incontournables qui ont suivi ses pas

    Brokeback Mountain a 20 ans : 10 films LGBTIQ+ incontournables qui ont suivi ses pas

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    C’était il y a vingt ans : Le Secret de Brokeback Mountain, l’un des films les plus emblématiques du cinéma queer, sortait en salles en décembre 2005. Réalisé par Ang Lee, le long métrage racontait une histoire d’amour impossible entre deux ranchers dans l’Amérique rurale. Avec à la clé trois Oscars (Meilleure réalisation, Meilleur scénario adapté, Meilleure musique) et cinq nominations.

    Aujourd’hui considéré comme un classique ayant largement contribué aux représentations queer dans le cinéma mainstream, Le Secret de Brokeback Mountain a surtout marqué les esprits par les performances bouleversantes de Heath Ledger et Jake Gyllenhaal. Pour célébrer la postérité du long métrage, je vous propose une sélection JustWatch des films les plus incontournables du cinéma LGBTIQ+ des vingt dernières années.

    L’Inconnu du lac (2013)

    Alain Guiraudie a connu un grand succès auprès du milieu critique avec Miséricorde (2024), mais c’est avec L’Inconnu du lac (2013) qu’il a réalisé une véritable percée dans sa carrière. Attention : comme toute la filmographie du cinéaste, L’Inconnu du lac est loin de ressembler aux récits classiques du cinéma queer. D’une radicalité de mise en scène incomparable, le film propose un mélange unique d’érotisme et de thriller.

    Il s’agit avant tout d’un film d’atmosphère, centré sur le lac, qui sert de lieu de rencontre et de drague pour des naturistes homosexuels. C’est là que Franck (Pierre Deladonchamps), séduit par un certain Michel (Christophe Paou), est témoin d’un meurtre commis par ce dernier et choisit de se taire. Mais l’attirance de Franck pour Michel met progressivement sa vie en péril.

    L’Inconnu du lac se distingue également par la volonté de Guiraudie de mettre en scène des corps masculins que l’on n’associe pas forcément à l’homosexualité au cinéma -surtout dans le contexte du cinéma français, où les personnages gays sont souvent très jeunes et conformes aux standards de beauté. Si vous avez aimé le film, je vous conseille également Un prince (2023) de Pierre Creton, une autre représentation de l’homosexualité hors normes, qui défie les conventions esthétiques.

    Carol (2015)

    Parmi les différents genres cinématographiques qu’il a explorés, Todd Haynes est sans doute le plus connu pour ses mélodrames. Adapté du roman emblématique de Patricia Highsmith, Carol (2015) nous emmène dans les années cinquante aux États-Unis et aborde la rencontre entre Therese, une jeune vendeuse dans un magasin, et Carol, une femme très charismatique en cours de divorce.

    Dès la sortie du film, la relation sentimentale et sensuelle entre les deux personnages, campés par Rooney Mara et Cate Blanchett, devient un véritable phénomène. La mise en scène sophistiquée du cinéaste, la direction artistique très soignée, fidèle à l’esthétique de l’époque, ainsi que les performances retenues mais pénétrantes des deux actrices ont transformé Carol en un classique immédiat. 

    De plus, le film a joué un rôle important dans la représentation queer en lui donnant un ancrage historique et en rappelant que l’amour lesbien n’est pas apparu du jour au lendemain. Sur la même veine, vous pouvez retrouver cette tonalité esthétique dans Vita & Virginia (2017) et A Single Man (2009)

    Moonlight (2016)

    Aujourd’hui, on se souvient de Moonlight (2016) souvent en lien avec sa course aux Oscars face à La La Land (2016). Mais en réalité, le film a été très influent dans la représentation LGBTIQ+ au sein du cinéma hollywoodien, tout en étant profondément poétique et esthétiquement singulier. Réalisé par Barry Jenkins, Moonlight suit un récit épisodique autour de Chiron, un homme noir queer, à travers trois périodes différentes de sa vie.

    Doté d’une sensibilité profonde, assez proche de Pariah (2011) de Dee Rees, le film était l’un des rares exemples à aborder l’homosexualité des hommes queer sous un angle intime et subjectif. À travers son personnage principal, le réalisateur a su explorer les ambiguïtés de la masculinité chez les jeunes hommes gays, et plus précisément noirs, dont l’expérience dépend de plusieurs dynamiques sociales parfois contradictoires.

    Loin d’une simple histoire de coming-out, dépourvue des clichés narratifs des films dits LGBTIQ+, Moonlight reste à ce jour un véritable point tournant, non seulement pour la représentation queer, mais aussi pour la visibilité des productions indépendantes et l’ascension du studio A24.

    Mademoiselle (2016)

    Le thriller noir et érotique de Park Chan-wook occupe une place singulière, car il ne rentre pas tout à fait dans les catégories conventionnelles du cinéma dit queer. Le réalisateur sud-coréen, connu pour ses films dynamiques, esthétiquement raffinés et toujours pleins de surprises, signe avec Mademoiselle (2016) une adaptation audacieuse, transposant le récit victorien de la romancière Sarah Waters en Corée, sous l’occupation japonaise dans les années 30.

    Le film raconte la relation passionnelle entre Lady Hideko, une riche héritière japonaise, et une voleuse manipulée par un escroc qui souhaite l’utiliser comme confidente pour convaincre Hideko de l’épouser. Sans entrer trop dans les détails afin d’éviter les spoilers, disons qu’après une série de révélations, de déceptions et de trahisons, les deux femmes tombent amoureuses et unissent leurs forces en quête de vengeance.

    Mademoiselle est incontournable, car il décentralise l’amour lesbien, qui, jusqu’alors, était souvent abordé à travers des femmes blanches. Il le fait non seulement à travers ses personnages, mais aussi par le mélange des genres -thriller, érotique, film d’époque- que Park Chan-wook utilise pour construire un récit divertissant, audacieux et capable de jouer avec les extrêmes : une approche stylistique qui fait écho à La Favorite (2018) de Yorgos Lanthimos.

    Call Me By Your Name (2017)

    Rares sont les films indépendants traitant de l’amour gay qui ont suscité autant d’enthousiasme auprès du public lors de leur sortie. Réalisé par Luca Guadagnino, Call Me By Your Name (2017) est adapté du roman éponyme d’André Aciman et se concentre sur Elio, un adolescent de 17 ans, qui se rapproche et tombe amoureux d’Oliver, l’un des doctorants de son père, venu passer l’été chez eux, en Italie, pour ses recherches.

    Les amours éphémères sont très souvent abordées dans les récits initiatiques consacrés à la jeunesse, mais chez Guadagnino, l’amour homosexuel n’est pas une source de conflit. Cette volonté de normaliser le désir queer, de se concentrer sur les sentiments et l’intériorité des personnages, a élevé le long métrage à un niveau que très peu de films américains avaient alors atteint. 

    Propulsant également la carrière de Timothée Chalamet, Call Me By Your Name reste à ce jour iconique grâce à son atmosphère nostalgique, à ses musiques mélancoliques, mais aussi à ses scènes sensuelles, qui reposent davantage sur la suggestion que sur des images explicites

    120 Battements par minute (2017)

    Les films qui portent sur l’amour et les identités queer sont souvent limités au cercle intime des personnages, c’est-à-dire à leur lutte personnelle pour l’émancipation au sein de leur famille ou auprès de leurs amis. À cet égard, 120 Battements par minute (2017) de Robin Campillo constitue une exception particulièrement réussie. Le film met en scène les activistes du collectif Act-Up Paris, engagés dans la lutte contre l’épidémie du sida au début des années 1990. Campillo, ancien militant, s’inspire également de ses propres vécus et, même si cela reste en filigrane, le récit relève aussi d’un enjeu documentaire. 

    Porté par les performances passionnantes et très intenses de Nahuel Pérez Biscayart et d’Arnaud Valois, qui incarnent respectivement Sean, un activiste séropositif, et Nathan, qui vient de rejoindre le collectif, le film souligne avec fermeté l’importance de la solidarité et de la résistance au sein des communautés queer. 

    Lauréat du Grand Prix à Cannes, le film a largement contribué à la visibilité des luttes contre le sida, qui reste encore aujourd’hui un tabou pour une partie de la société, ainsi qu’au démantèlement des préjugés à l’égard des personnes vivant avec le VIH, grâce à son impact sur le débat public. Autour de la même thématique, on vous conseille également Jeanne et le garçon formidable (1998) ainsi que Dallas Buyers Club (2013).

    Portrait de la jeune fille en feu (2019)

    Quand la fameuse revue britannique Sight & Sound a dévoilé sa liste des meilleurs films de tous les temps, la présence de Portrait de la jeune fille en feu (2019) au 30ᵉ rang a été une belle et surprenante nouvelle. Réalisé par Céline Sciamma, on peut facilement affirmer que le long métrage est, à l’heure actuelle, considéré comme l’un des plus indispensables du canon lesbien.

    Au sein du cinéma français, où l’amour entre deux femmes est souvent instrumentalisé au service du désir masculin, sous le regard objectivant du male gaze, Portrait de la jeune fille en feu se distingue par sa perspective unique et témoigne d’une réflexion approfondie sur la manière de représenter le corps des femmes par les femmes. Le film se déroule au XVIIIᵉ siècle, en Bretagne, où une peintre, Marianne, est chargée de réaliser le portrait d’Héloïse de manière secrète. Cette jeune aristocrate refuse de poser, car sa famille souhaite la marier contre son gré.

    Film de costume qui ne prétend pas à la véracité historique, il explore les liens que tissent ces deux femmes à travers l’art et l’amour. Noémie Merlant, dans une performance plus retenue et observatrice, incarne Marianne, tandis qu’Adèle Haenel donne toute sa force à Héloïse, rebelle et têtue face aux conventions sociales. Certainement moins marquant que le film de Sciamma, Ammonite (2020) pourrait également intéresser ceux qui ont apprécié Portrait de la jeune fille en feu.

    Douleur et gloire (2019)

    Pedro Almodóvar est souvent qualifié de cinéaste « des femmes », en raison de l’attention portée à ses personnages féminins, et même si ses films mettent souvent en scène des couples hétérosexuels, c’est à travers son approche esthétique, sa sensibilité émotionnelle et l’expression déchaînée du désir que son cinéma assume un regard queer. Dans Douleur et gloire (2019), il pousse cette vision un peu plus loin en livrant un récit aux accents autobiographiques.

    Le réalisateur retrouve son acteur fétiche Antonio Banderas, à qui il confie le rôle de Salvador Mallo, un cinéaste dont la santé est en déclin et qui souffre de douleurs physiques. Véritable alter ego d’Almodóvar lui-même, ce personnage sert d’ancrage émotionnel pour explorer la psyché d’un artiste queer.

    Rappelant Huit et demi (1963) de Federico Fellini par sa structure fragmentaire, Douleur et Gloire se distingue par sa maturité au sein des récits dits queer, en ce qu’il s’intéresse avant tout à la subjectivité queer, non pas à travers une relation clé et déterminante, mais au sein d’un tissu complexe de relations, à la fois familiales et amoureuses. Après Douleur et gloire, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil à Strange Way of Life (2023), le court-métrage d’Almodóvar qu’il considère comme une réponse cinématographique à Brokeback Mountain.

    I Saw the TV Glow (2024)

    Jane Schoenbrun compte aujourd’hui parmi les cinéastes les plus prometteur·euses du cinéma queer américain. Son dernier long métrage, I Saw the TV Glow (2024), qui n’a malheureusement pas bénéficié d’une sortie française en dehors des festivals, propose une allégorie bouleversante et hypnotique de la transidentité.

    Véritable lettre d’amour expressionniste à la culture télévisuelle des années 1990, le film de Schoenbrun se concentre sur Owen, un adolescent qui noue une amitié avec Maddy à travers leurs obsessions communes pour une série télévisée mystérieuse intitulée The Pink Opaque. Le film brouille progressivement les frontières entre réalité et fiction, et les expériences qu’Owen vit à travers cette série témoignent d’un manque, d’un désir beaucoup plus profond, qui bouleverse sa perception de lui-même.

    Caractérisé par une atmosphère onirique, déclinée en différentes teintes de rose et de pourpre, le long métrage capture avec justesse le malaise existentiel que traversent de nombreux jeunes queers et montre avec subtilité comment les films et les séries jouent un rôle crucial dans leur quête d’identité. En raison de son ton assez sombre, le film peut, à certains moments, se révéler difficile à regarder, mais si le cinéma de David Lynch ou des séries comme Buffy contre les vampires (1997-2001) vous parlent, vous n’en serez pas déçus.

    Les Reines du drame (2024)

    Même si on n’arrêtait pas de parler d’Emilia Pérez (2024) pendant la saison de récompenses l’année dernière, s’il y avait un musical queer français qui méritait d’être mentionné ici selon moi, c’est bien Les Reines du drame (2024) d’Alexis Langlois.

    Présenté lors de Semaine de la Critique à Cannes, le premier long métrage de la réalisatrice raconte l'histoire d’amour bien agitée et passionnée entre deux icônes de la musique issues de différents milieux. Débordant de références aux cultures pop des années 2000 de Britney Spears à Yelle ou à Sexy Sushi, le film est un merveilleux hommage à l'esthétique de glittercore.

    Avec non seulement la butch-punk star Billie Kohler et la diva pop Mimi Madamour, mais aussi par le personnage Steevyshady -youtubeuse excentrique obsédé par Mimi Madamour, Les Reines du drame représentent les idéntités queer- mais surtout lesbien et non-binaire dans toute leur spectre. Porté également par une bande originale à laquelle on devient vite accro, le film plaira surtout aux fans de cinéastes comme Bertrand Mandico et Yann Gonzalez.

  • Plus flippants que Vecna dans Stranger Things ? Voici 7 monstres inoubliables des séries !

    Plus flippants que Vecna dans Stranger Things ? Voici 7 monstres inoubliables des séries !

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    L’incontournable figure d’horreur du moment, Vecna, peuple les réseaux sociaux de tous les fans de la série Stranger Things (2016-2026) qui se rongent les ongles en attendant ses ultimes épisodes, disponibles en partie le 26 décembre sur Netflix. Et si on vous disait qu’il existe des monstres tout aussi terrorisants, voire davantage ?

    Bon, on passe sur les Demogorgons, ces êtres visqueux à la tête de fausse fleur, sortes de soldats de Vecna avec des dents acérées à la place des pistils. Il faut plutôt regarder du côté de créatures mues par une horreur plus sourde : Twisty le clown dans American Horror Story, les Gentlemen de Buffy contre les vampires, la Dame au cou tordu de The Haunting of Hill House ou encore le monstre de fumée de Lost.

    Des figures moins démonstratives, parfois presque silencieuses, mais dont la capacité à s’insinuer dans l’imaginaire dépasse largement celle du monstre vedette de Stranger Things. Suivez-moi dans ce bestiaire JustWatch… si vous osez !

    Twisty le clown dans American Horror Story

    Dans American Horror Story : Freak Show (2014), Twisty le clown incarne une horreur profondément humaine. Ancien clown de foire brisé par l’humiliation et l’injustice, il bascule dans une folie meurtrière qu’il perçoit pourtant comme une mission bienveillante. Ce qui glace le sang chez Twisty n’est pas seulement son apparence grotesque ou ses crimes, mais la proximité troublante de sa folie avec le réel. Là où Vecna relève du fantastique pur, Twisty pourrait exister. Il détourne un symbole d’innocence —le clown— pour en faire une figure de prédation, notamment envers les enfants. Cette absence de dimension mythologique ou surnaturelle rend son horreur plus dérangeante, que celle, plus stylisée, de Vecna.

    Le rôdeur du puits dans The Walking Dead

    Dans The Walking Dead (2010-2022), le rôdeur coincé au fond du puits illustre une autre forme de terreur, presque absurde. Il ne s’agit pas d’un antagoniste à proprement parler, mais d’un cadavre bouffi d’avoir trop trempé dans l’eau, prisonnier d’un état de décomposition avancée qui provoque un malaise viscéral. La tentative du groupe de le sauver, animée par un reste de morale plutôt vain, ne fait qu’aggraver l’horreur. Ce zombie n’a ni plan ni intention, et c’est précisément cette absence de volonté qui le rend terrifiant. Contrairement à Vecna, qui choisit et cible ses victimes, le rôdeur du puits rappelle que dans un univers post-apocalyptique, l’horreur n’a plus besoin d’un esprit maléfique pour exister : elle est devenue la norme !

    Les Gentlemen dans Buffy contre les vampires

    Qui se souvient des Gentlemen dans Buffy contre les vampires (1997-2003) ?  Ces créatures flottantes chauves, livides, au sourire figé et en costumes trois pièces volent la voix des habitants avant de leur arracher le cœur. Leur apparition se fait dans un silence quasi total, au cours d’un épisode privé de dialogues. Là où Vecna use de monologues et de manipulation verbale, les Gentlemen s’imposent par l’absence de bruit, par la politesse glaçante de leurs gestes et par l’impuissance totale de leurs victimes. Leur esthétique de cauchemar, combinée à leur mutisme, les rend profondément inhumains, et donc souvent plus terrifiants que Vecna, dont la parole humanise paradoxalement la monstruosité.

    Les Claqueurs dans The Last of Us

    Peur primitive, bonjour. Les Claqueurs de The Last of Us (2023-) représentent le troisième stade de l’infection au Cordyceps : ils ont perdu toute humanité, leur visage étant littéralement dévoré par le champignon. Autant dire que leur apparence répugne. Aveugles, ils se repèrent uniquement par le son, transformant chaque respiration, chaque pas, en menace potentielle. Contrairement à Vecna, qui s’attaque à l’esprit et laisse parfois une chance de compréhension ou de résistance, les Claqueurs imposent une terreur immédiate et physique. Ils ne pensent pas, ne négocient pas et ne symbolisent rien d’autre que la brutalité aveugle d’un monde effondré. Leur simple présence suffit à créer une tension que Vecna, malgré son charisme, ne suscite pas toujours avec la même intensité.

    La dame au cou tordu dans The Haunting of Hill House

    C’est l’un des fantômes les plus mémorables imaginés par Mike Flanagan, le créateur et réalisateur de la série The Haunting of Hill House (2018). Celui d’une « Dame au cou tordu » qui se présente telle que son nom (visage fortement penché à droite et longue tignasse) et apparaît à Nell. Là où le spectre est surtout tordu, c’est qu’il n’est autre que Nell elle-même, prisonnière d’une boucle temporelle, condamnée à hanter sa propre vie. Là où Vecna est un prédateur extérieur, la Dame au cou tordu incarne une horreur existentielle absolue : le monstre, c’est ton futur, ton destin inévitable. Elle ne tue pas, elle révèle. Et cette révélation, bien plus que la violence, laisse une empreinte durable dans notre esprit de téléspectateur doué d’émotions fortes.

    Le Tuunbaq dans The Terror

    Avec le Tuunbaq dans la série The Terror (2018-2019), on est clairement dans une tradition de terreur plus archaïque et mythologique. Créature gigantesque issue du folklore inuit, il traque l’équipage perdu dans l’Arctique comme une incarnation du châtiment. Plus qu’un simple monstre, il est lié à la transgression des lois sacrées et à l’arrogance coloniale des hommes. Là où Vecna est le produit d’un traumatisme individuel, le Tuunbaq est une force presque cosmique. Son inhumanité totale, combinée à l’environnement hostile et désespéré dans lequel il apparaît, le rend plus écrasant et donc souvent plus effrayant que Vecna.

    Le monstre de fumée dans Lost : les disparus

    Enfin, si on doit revenir aux sources des monstres de séries TV, impossible de ne pas évoquer le monstre de fumée de Lost : les disparus (2004-2010), qui demeure l’une des entités les plus marquantes jamais créées pour la télévision. Capable de juger, de tuer, de sonder les souvenirs et de prendre l’apparence des morts, il dépasse le simple statut de créature. Il est une présence omnisciente, presque divine, intimement liée à l’île et à ses mystères. Contrairement à Vecna, qui reste un antagoniste identifiable avec des objectifs clairs, le monstre de fumée est fondamentalement ambigu. On ne sait jamais s’il punit, s’il manipule ou s’il protège. Cette incertitude, cette impossibilité de le comprendre ou de le vaincre complètement, font de lui une figure d’horreur durable, qui continue de hanter l’imaginaire bien après la fin de la série.

  • Alain Chabat et les Pères Noël cultes du cinéma français

    Alain Chabat et les Pères Noël cultes du cinéma français

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Oh (oh oh) que non ! Non, le sous-genre très spécifique du « film de Noël » n’est pas réservé au cinéma américain. Et la production hexagonale, certes moins prolifique quand il s’agit de mettre en scène les fêtes de fin d’année sous un angle familial et bienveillant, a su proposer au fil des années des longs métrages emmenés par des french santas réussis, dont certains ont trouvé une place de choix au sein de la culture populaire.

    De Gérard Jugnot à Alain Chabat, je reviens sur cette tradition cinématographique des papas noëls bleu-blanc-rouge, qui sont au moins aussi attachants que Tim Allen (Super Noël, 1994), Tom Hanks (Le Pôle Express, 2004), Kurt Russell (Les Chroniques de Noël, 2018), Richard Attenborough (Miracle sur la 34e rue, 1994), Ed Asner (Elfe, 2003), James Cosmo (Le Monde de Narnia, 2005) ou J.K. Simmons (Red One, 2024). De quoi passer de belles soirées en famille, en vérifiant sur JustWatch où retrouver ces films. Bonnes fêtes, et bonnes séances ! 

    Alain Chabat - Santa & Cie (2017)

    Alain Chabat dans le rôle du Père Noël, c’est juste une évidence. Dans Santa & Cie (2017), l’Ex-Nul met son génie, sa bonhomie, sa douceur et son sens du gag décalé au service d’une comédie familiale et magique très réussie. Sous la barbe et dans le costume vert (et non pas rouge et blanc, respect de la tradition oblige) de Santa Claus, il se rend sur Terre pour mettre la main en urgence sur 92 000 tubes de vitamine C afin de soigner ses lutins malades. Une usine de jouets à l’arrêt à quelques jours des cadeaux sous le sapin, il va falloir se sortir les doigts de la hotte ! 

    Dans ce périple savoureux qui va le confronter à la réalité de la vie, de l’argent et des enfants, Santa Chabat croise notamment un couple hyper-attachant (Pio Marmai et Golshifteh Farahani) et leurs deux bambins, des inspecteurs très drôles (David Marsais et Grégoire Ludig) et… Jean-Pierre Bacri en faux Père Noël lors d’un échange savoureux. J’adore la vision que nous offre (car oui, ce film est un vrai cadeau) le réalisateur de Mission Cléopâtre (2002), qui trouve le juste équilibre entre féérie et humour. Avec une mention spéciale à ses dialogues avec les rennes et les quiproquos générés par le fait qu’il connaît tous ceux et toutes celles qu’il croise. C'est le Père Noël après tout !

    Tahar Rahim - Le Père Noël (2014)

    Cinq ans après la claque Un prophète (2009), Tahar Rahim est Le Père Noël (2014). Enfin, pas tout à fait, puisque dans cette aventure touchante, il incarne un cambrioleur déguisé en Santa tombé par hasard sur le balcon du jeune Antoine, qui rêve de partir sur son traîneau pour retrouver son père décédé. Voyant dans cet enfant un apprenti-voleur inespéré, notre anti-héros va le prendre sous son aile le temps d’une nuit aussi magique que lucrative.

    Le long métrage d’Alexandre Coffre (Eyjafjallajökull, Les Aventures de Spirou et Fantasio) repose entièrement sur ce tandem improvisé qui arpente le métro, les toits de Paris et les riches appartements. Et donc sur l’alchimie entre les deux comédiens. Ce n’est jamais évident de miser sur un aussi jeune acteur mais Victor Cabal est juste, et les 1h21mn passent très bien, alternant entre la magie qui prend vie malgré tout dans les yeux de l’enfant, et l’humanité que son mentor va retrouver au fil des heures passées à ses côtés. Si vous n’êtes pas ému.es à la fin, il faudra peut-être voir à commander un cœur sous le sapin ! 

    Gérard Jugnot - Le Père Noël est une ordure (1982)

    « Joyeux Noël Félix ! » Ce Félix qui reçoit un coup de fer à repasser en plein visage, c’est Gérard Jugnot, un teigneux de la pire espèce qui poursuit sa chère Zézette (Marie-Anne Chazel) sous son costume de Père Noël, jusque dans les locaux de l’association SOS Détresse Amitié. Voleur et violent, c’est lui qui va déclencher la succession d'événements hilarants du Père Noël est une ordure (1982) auxquels vont participer -bien malgré eux-  Anémone, Thierry Lhermitte, Christian Clavier, Josiane Balasko et Bruno Moynot.

    On est ici face à un classique, que dis-je, un monument de la comédie française, un peu boudé par le public à sa sortie (« seulement » 1,5 millions de spectateurs) mais devenu depuis un incontournable des soirées télé en famille. Comme Les Bronzés font du ski (1979), autre chef d'œuvre de méchanceté et de rires de la bande du Splendid, et comme le Klug de ce cher Monsieur Preskovitch, Le Père Noël est une ordure est un plaisir très fin qui se mange sans faim. J’adore anticiper les répliques cultes, et je continue d’y découvrir de nouvelles choses à chaque visionnage. Mais entre nous, qu'est-ce que c’est vache ! 

    Benoît Allemane - L’Apprenti Père Noël (2010)

    Le 5 janvier 2025 Benoît Allemane nous a quittés à l’âge de 82 ans. Avec lui, c’est non seulement un immense comédien de théâtre, de cinéma et de télévision qui s’est éteint, mais surtout une voix légendaire du doublage français, qui a notamment accompagné Morgan Freeman depuis Robin des Bois, Princes de voleurs (1991). Narrateur incontournable de nombreux documentaires, Benoît Allemane avait aussi prêté son timbre inimitable au bonhomme à la longue barbe, à la hotte remplie de cadeaux et au costume rouge et blanc à plusieurs reprises. Et notamment dans L'Apprenti Père Noël (2010).

    Dans ce film qui brille par son animation traditionnelle, le Père Noël, bientôt en retraite forcée, doit trouver son successeur au plus vite : sélectionné parmi des millions d’enfants, son apprenti doit s’appeler Nicolas, être orphelin et avoir le cœur pur. L’un d’eux semble être le candidat idéal, mais il va devoir surmonter son vertige et son manque de confiance pour être à la hauteur de la fonction. Et c’est aux côtés du Père Noël, qui rechigne à passer la main, qu’il va découvrir les subtilités de sa nouvelle mission, l’usine de jouets, les lutins et un renne attachant doublé par Lorànt Deutsch. Aussi magique que logistique, ce conte familial brille par sa bienveillance et se poursuit dans une suite baptisée L'Apprenti Père Noël et le flocon magique (2013), toujours portée par Benoît Allemane (qui a aussi doublé Papa Noël dans Le Grand Noël des animaux).

    Patrick Timsit - À la poursuite du Père Noël ! (2025)

    Fallait pas se tromper de cadeau ! Le Père Noël va l’apprendre à ses dépends quand Zoé, 7 ans, le kidnappe pour obtenir « la sarbacane à boules de chewing-gum » qui était sur sa liste, et plus largement l’aide de Santa pour affronter son pire ennemi de la cour d’école et sa richissime et snob famille. Face à la jeune Théa De Boeck, c’est Patrick Timsit, après trois heures de maquillage et de pose de barbe blanche, qui se glisse dans le traîneau de À la poursuite du Père Noël ! (2025), dernière proposition en date de la comédie de fin d’année made in France.

    Se revendiquant de Maman j’ai raté l’avion (1990) et La Vie est belle (1946), soit un mélange entre gags en culottes courtes et esprit de Noël, le réalisateur James Huth se fait plaisir. Je n’en attendais pas moins de ce grand gamin au cinéma très BD, à qui l'on doit notamment Serial Lover (1998), Brice de Nice (2005), Hellphone (2007), Lucky Luke (2009) et Le Nouveau Jouet (2022). Après, bien sûr, le film est calibré pour les bambins de 7 ans, et il sort justement pour accompagner les vacances de fin d’année. Donc si vous cherchez plus qu’une ambiance feel-good et une narration (très) grand public, ce n’est pas le cadeau prioritaire à vous faire.

    Patrick Floersheim - 36.15 Code Père Noël (1990)

    Je vais être honnête, je n’ai pas revu ce film depuis longtemps. Très longtemps, même. Mais il m’a laissé un souvenir impérissable dans ma jeunesse. J’ai découvert 36.15 Code Père Noël (1990) à peu près au même moment que Maman, j’ai raté l’avion (qui l’a, a priori, plagié). Et j’y ai vu une version dark (et française !) des mésaventures de Kevin McCallister. Sauf qu’au lieu d’affronter des cambrioleurs pieds nickelés comme Macaulay Culkin dans une ambiance bon enfant, Thomas de Frémont (Alain Lalanne, fils du réalisateur et neveu de Francis Lalanne) doit faire face à un véritable psychopathe déguisé en Santa Claus, licencié plus tôt par sa mère et bien décidé à se venger tel un ogre de Noël.

    Ce Père Noël terrifiant est campé par Patrick Floersheim (LA voix française de Robin Williams et Michael Douglas), dont les yeux perçants apportent une vraie folie au personnage. La demeure, terrain de ce jeu de chat et de la souris mortel, est un personnage à part entière, avec sa façade quasi-burtonienne, ses pièges, ses couloirs et ses pièces secrètes (le gamin est fan de films d’action et a aménagé la maison comme un gigantesque terrain d’entraînement). Et l’approche visuelle, qui lorgne presque du côté du conte horrifique entre un petit garçon et un grand méchant loup, est aussi originale que réussie. Peu de gens connaissent l'existence du film de René Manzor (également auteur du très réussi Dédales, qui gravite dans la même catégorie que Identity), et si vous avez l’occasion de le découvrir, n’hésitez pas. Il est même devenu culte auprès des amateurs américains de Christmas Movies, c’est dire !

    Guy Lecluyse - Un stupéfiant Noël ! (2023)

    J’aime beaucoup cette comédie Prime Vidéo qui croise plusieurs genres : Un stupéfiant Noël ! (2023), c’est la rencontre aussi improbable que réussie entre le film de Noël, le film d’échange de corps (ou body swap) et le film parodique. Soit l’histoire d’un flic infiltré dur à cuire, envoyé dans le corps du père de famille du téléfilm préféré de sa fille… et inversement ! C’est ainsi que Eric Judor (chevelu et moustachu !) et Ragnar Le Breton s'échangent malgré eux leur univers et leur mission respective : démanteler un réseau de trafic de drogue pour l’un, et remporter un concours de patinage artistique pour l’autre. Avec l’espoir de pouvoir réintégrer leur monde.

    Ce swap magique, on le doit à un sympathique Père Noël campé par Guy Lecluyse (complice régulier de Dany Boon dans Bienvenue chez les Ch’tis, Rien à déclarer, La Ch’tite famille). Avec son lutin Tibulin (Philippe Lacheau aux oreilles pointues), il est responsable du petit bug qui a conduit à cette très fâcheuse situation. Du moins pour nos deux protagonistes, car pour le spectateur, la bonne humeur est au rendez-vous avec un film qui respecte sa triple promesse : l’équation body swap + parodie + film de Noël fonctionne vraiment bien, avec des quiproquos, des gags, des décors et costumes convaincants, des personnages secondaires savoureux (j’adore Laura Felpin en commentatrice de patinage !) et juste ce qu’il faut d’esprit de fêtes pour que ce soit touchant mais jamais mièvre. Bref, le film d’Arthur Sanigou porte bien son nom car c'est... stupéfiant !

    Armand Meffre - J’ai rencontré le Père Noël (1984)

    Dans J’ai rencontré Le Père Noël (1984), il y a Karen Cheryl. C’est même le seul et unique long métrage de la chanteuse et animatrice des années 80, idole de toute une génération. Elle incarne ici un double-rôle chanté, une institutrice et une fée qui accompagnent au Pôle Nord deux enfants dont les parents sont retenus en otage en Afrique. Face à elle, il y a aussi un ogre (le colosse Dominique Hulin)... et le Père Noël (Armand Meffre) qui gambade entre neige et désert avec une bonhomie très sympathique.

    Tourné entre la Laponie et le Sénégal, ce long métrage improbable, qui reste le tout premier film de Noël français de l’Histoire, a été imaginé par Christian Gion et Didier Kaminka comme un conte susceptible d’aller prendre quelques entrées au géant Disney. Dans un article passionnant, le journaliste Jérôme Lachasse revient sur les coulisses d’une production oubliée dans son propre pays, mais qui a eu les honneurs d’une sortie américaine dans près de 1500 salles (!) dans une version anglophone également chantée par Karen Cheryl. Et qui continue à s’exporter encore aujourd’hui ! Si le refrain Ne sois plus jamais triste, le Père Noël existe vous dit quelque chose, c’est que vous faites partie des rares personnes à avoir vu ce film.

  • Noël avec Stranger Things ou Mercredi  ? On a classé les feux de cheminée Netflix !

    Noël avec Stranger Things ou Mercredi ? On a classé les feux de cheminée Netflix !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Nous y sommes ! Les réunions de famille, les repas à rallonge, le sapin et les guirlandes… Noël est là. Et pour le réveillon, rien de mieux qu’un feu de cheminée pour se mettre dans l’ambiance des fêtes et donner à votre intérieur une ambiance cosy et chaleureuse, à la lumière vacillante des flammes orangées et au son du crépitement des bûches (oui, je suis un peu poète, à mes heures).

    Mais vous en conviendrez, tout le monde n’a pas la chance (ni le budget) d’avoir un âtre devant lequel prendre l’apéro, boire un chocolat chaud, faire un jeu de société, distribuer les cadeaux ou simplement se détendre. Et quand on a une cheminée… c’est par définition fait pour durer, sans possibilité de « homestager » le foyer (à l’exception de quelques décorations et chaussettes à y accrocher).

    Netflix a pensé à vous, en proposant une large sélection de feux de cheminée, ou fireplaces comme on les baptise outre-Atlantique. En quelques minutes, sans bûche ni allume-feu ni fumée, on peut ainsi lancer un joli feu. Il y a, bien sûr, les options traditionnelles (classique, chalet rustique, Noël enneigé, style moderniste…). Mais, Netflix oblige, il y a aussi des versions « pop » qui font écho aux franchises marquantes de la plateforme et qu'on peut alterner à loisir.

    Pour JustWatch, j’ai tout testé ! Et voici mon classement (brûlant, forcément).

    9. The Witcher : Feu de cheminée

    Selon le résumé proposé par Netflix, ces flammes nées de la « magie du feu » ont  réchauffé les corps et les cœurs de nombreux sorceleurs dans la grande salle de Kaer Morhen au fil des générations. Pour celles et ceux qui voudraient renouer avec l’univers fantasy de The Witcher (2019-), ce foyer puissant fait certes le boulot (ou le bouleau ? humour de bûcheron, pardon), mais je regrette l’économie en termes d’animation qui se réduit à un simple chaudron flamboyant en très gros plan, sans réel bonus ni clin d'œil pour les fans de Geralt de Riv, Yennefer et Ciri. Brûlant depuis 2021 au sein du catalogue, The Witcher : Feu de cheminée a le mérite d’être l’un des premiers du genre, mais sa simplicité le place en bas de cette sélection. En attendant, pour éclairer votre salon d’un bel orangé vacillant alors que vous aiguisez votre épée, c'est parfait.

    8. KPop Demon Hunters : Feu de cheminée

    Quand j’ai découvert l’existence de KPop Demon Hunters : Feu de cheminée, proposé dans la foulée du succès planétaire du film d’animation qui a fait danser à peu près tout le monde cette année (la chanson Golden / Briller, c’est un peu le Libérée, Délivrée de 2025), j’étais curieux. Mais je dois avouer que là aussi, je reste un peu sur la réserve. Oui, c’est joli des flammes pourpres façon Gwi-Ma. Oui, c’est chouette d’entendre les versions orchestrales des morceaux les plus marquants du long métrage (pendant les 20 premières minutes du moins). Mais c’est à peu près tout, hélas... Et c'est très pauvre au regard de l'univers des Huntrix. A réserver aux mordu.es de Rumi, Mira et Zoey.

    7. Ellian et le sortilège : Feu de cheminée

    Ellian et le sortilège (2024), c’est l’une des surprises animées proposées par la plateforme l’an dernier. Portée par Vicky Jenson (Shrek) et la légende des chansons Disney Alan Menken, cette aventure magique suit le parcours d’une jeune fille et de ses parents transformés en monstres, et interroge, au-delà de la fantasy, des notions matures comme la colère et la séparation. Pour le sujet qui nous intéresse, en l'occurrence Ellian et le sortilège - Feu de cheminée, c’est plutôt joli : une clairière, quelques arbres et rochers, la course des nuages, des lucioles turquoises, le chant des oiseaux et un joli feu de camp au centre de l’écran. Attention toutefois, la musique « magique » peut vite taper sur le système !

    6. Loups-Garous : Feu de cheminée

    Ah, voilà ! Là on commence à rentrer un peu plus dans une ambiance cosy, avec une vraie envie de se réchauffer auprès des bûches incandescentes de Loups-Garous : Feu de cheminée. On a presque le réflexe de tendre les mains vers les flammes et de sortir les chamallows, c’est dire ! L’ambiance nocturne est bien rendue, avec un crépitement très agréable, qui devrait rapidement convaincre les uns et les autres de lancer un jeu de société en famille. Peut-être une partie de Loups-Garous, justement, puisque l’artefact magique traîne au pied du feu ? A poursuivre avec le film emmené par Franck Dubosc, Suzanne Clément et Jean Reno, qui croise avec humour l’esprit de Jumanji et des Visiteurs.

    5. Mercredi : Feu de cheminée

    Je ne sais pas si Mercredi Addams aime fêter Noël. D’ailleurs, je me dis que l’animation proposée dans Mercredi : Feu de cheminée aurait toute sa place pour une soirée d’Halloween (ou dans l’attraction du Manoir Hanté de Disneyland Paris). C’est d'ailleurs pour ça que je ne la mets pas au top de ce classement spécial « fêtes de fin d’année », car l’ambiance est tout de même assez gothique et macabre, dans la lignée de la série portée par Jenna Ortega et Tim Burton. Dans la gueule d’une cheminée Méduse brûle un feu tantôt orangé, tantôt pourpre (avec des flammes en forme de « W »... comme Wednesday ?), au sein d’un salon aussi sinistre que raffiné. Et de temps en temps, une brume fantastique s’invite sur fond d’une musique inquiétante. Bref, c’est réussi par rapport à l’ADN du show. Mais un peu dark pour un réveillon. Et puis on regrette que la Chose ne passe pas faire un petit coucou. A moins que j’ai piqué du nez à ce moment-là, c’est possible !

    4. Squid Game : Feu de cheminée

    Durant les trois saisons de Squid Game (2021-2025), on a vibré et on a joué aux côtés de 456 et des malheureux engagés dans les épreuves mortelles de la série phénomène sud-coréenne. Squid Game: Feu de cheminée vous propose de passer de l’autre côté du miroir, en vous invitant pour un moment dans l’antre du maître du jeu. Bon, comme pour Mercredi, ce n’est peut-être pas le fireplace le plus joyeux pour Noël. D'autant que le thème du programme est régulièrement entonné par une chorale un peu inquiétante. Mais pour le coup, c’est vraiment très beau. Et très classe. Si ça ne vous dérange pas de passer du côté obscur et de célébrer le réveillon sous l’oeil de la poupée Young-hee et des gardiens aux combinaisons rouge, ce programme est fait pour vous.

    3. La Chronique des Bridgerton : Feu de cheminée

    Le feu crépite dans la cheminée, le thé est prêt à être servi, les fleurs sont savamment disposées dans des vases hors de prix : c’est un Noël dans la haute aristocratie qui vous est proposé avec La Chronique des Bridgerton : Feu de cheminée, animation d’une élégance rare, à l’image de l’univers imaginé par Shonda Rhimes et Chris Van Dusen d'après les romans de Julia Quinn. Mais attention à bien vous tenir, on est ici dans une imagerie très sélect. Pas question de se faire « péter le bide » ou de s’affaler dans les fauteuils et les coussins douillets : chez Lady Whistledown et son entourage, on adopte (et surtout on respecte) l’étiquette. C’est le programme idéal pour partager les derniers potins familiaux. 

    2. La Pat' Patrouille : Les Fêtes au coin du feu

    Au regard des franchises déclinées par Netflix à travers ces différents feux de cheminée, je ne pensais sincèrement pas classer si haut La Pat' Patrouille : Les Fêtes au coin du feu. Mais j’ai pris le temps de regarder... et j’ai adoré. Déjà, parce que j’aime beaucoup La Pat’ Patrouille, vaste univers animé qui défend de chouettes valeurs collectives depuis 2013. Mais surtout parce que le programme est généreux : il y a un feu de cheminée, bien sûr, mais il y a surtout Marcus, Zuma, Ruben, Chase, Rocky et Stella, endormis au pied du sapin. Chaque chiot est animé, et plusieurs surprises attendent les bambins au fil des minutes. Et je peux vous garantir que ça plaira à vos enfants (et que ça les occupera, aussi).

    1. Stranger Things : Feu de cheminée

    En cette année 2025, alors que Eleven et sa bande s’apprêtent à tirer leur révérence (la deuxième salve d’épisodes de Stranger Things est attendue le 26 décembre, le grand final de la série est programmé le 1er janvier), Stranger Things : Feu de cheminée est un indispensable du réveillon. Mais pas uniquement pour célébrer ce clap de fin. Le programme est en effet généreux et abouti, avec des animations régulières autour des diodes colorées épinglées au-dessus de l'alphabet dessiné sur le mur des Byers. Et, peut-être, un passage à prévoir dans l’Upside Down au cours des 60 minutes de cette boucle ? Ma seule recommandation, ce serait peut-être de couper le son de la musique synthwave -pas tout à fait « Christmas-Friendly »- quand vous recevez de la famille ou des amis. Papi et mamie qui ne comprendraient sans doute pas qu’on passe Noël dans le Monde à l'Envers... Mais sinon, pour vous détendre au coin du feu (virtuel) quand vous êtes seul.e, c’est parfait. Guettez quand même de temps à autre si Vecna ou un Demogorgon n'en profitent pas pour s’inviter pas chez vous ?

  • L’Agent secret  : tout ce qu’il faut savoir sur le film brésilien qui vise les Oscars  2026

    L’Agent secret  : tout ce qu’il faut savoir sur le film brésilien qui vise les Oscars  2026

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    La semaine dernière en France, un grand nombre de spectateur.ice.s attendait impatiemment le retour sur Pandora avec Avatar : De feu et de cendres (2025). Un événement majeur, certes, mais qui pourrait très bien vous faire passer à côté de l’un des meilleurs films de l’année ! Oui, oui, je vous parle de L’Agent secret (2025) de Kleber Mendonça Filho, qui s’impose de manière subtile dans la saison des récompenses à Hollywood.

    Récompensé par le Prix de la mise en scène et le Prix d’interprétation masculine (décerné à Wagner Moura) au Festival de Cannes en mai dernier, le long métrage a obtenu trois nominations aux Golden Globes, dans les catégories du Meilleur film dramatique, du Meilleur acteur dans un film dramatique et du Meilleur film en langue étrangère.

    Figurant également dans la shortlist de l’Oscar du Meilleur film international en tant que candidat brésilien, nul doute que L’Agent secret se manifestera dans d’autres catégories majeures. Le fait que l’ancien président Barack Obama l’ait inclus dans sa liste des meilleurs films de l’année 2025 contribue aussi à sa renommée, du moins aux États-Unis.

    En attendant les nominations aux Oscars ainsi que les chiffres du box-office en France, JustWatch vous présente tout ce que vous devez savoir sur le film.

    Connaissez-vous le cinéma de Kleber Mendonça Filho ?

    Pour bien saisir les enjeux esthétiques et narratifs de L’Agent secret, il faut être un minimum familier avec le cinéma de Kleber Mendonça Filho, profondément ancré dans les dimensions politiques et sociales de la société brésilienne. Aussi, je préfère vous prévenir : ses films peuvent paraître alambiqués selon le profil du spectateur.

    Entré dans le monde du cinéma en tant que critique, Mendonça Filho est connu pour réaliser des films habilement nourris de références cinéphiliques, notamment à travers les clins d’œil qu’il adresse aux genres cinématographiques. Après avoir réalisé une série de courts métrages et un documentaire dans les années 2000, le réalisateur signe son premier long métrage avec Les Bruits de Recife (2012), un récit choral centré sur les habitants d’un quartier résidentiel de la ville natale du cinéaste, à laquelle il reviendra dans ses films ultérieurs.

    Aquarius (2016), son deuxième film présenté en compétition officielle à Cannes, portait sur une femme qui refusait de vendre son appartement, s’opposant à un projet de construction d’un gratte-ciel. La sortie du film a coïncidé avec une période d’instabilité politique au Brésil, et la position controversée du gouvernement brésilien, ainsi que les protestations publiques liées à la destitution de la présidente Dilma Rousseff, ont suscité des critiques autour de l’omission du film dans la sélection du Brésil pour l’Oscar du Meilleur film en langue étrangère. 

    Désormais un habitué de la sélection cannoise, le cinéaste revient sur la Croisette avec son troisième long métrage, Bacurau (2019), coréalisé avec Juliano Dornelles. Lauréat du Prix du Jury, le film mêle le western, la science-fiction et le cinéma d’exploitation afin de construire un récit éclectique et anticolonial, dans lequel les habitants d’un village du Pernambouc doivent affronter un groupe d’étrangers venus pour les tuer.

    « L’Agent secret » : de quoi parle le film ? 

    Même si le quatrième film du cinéaste reste plus proche de Bacurau, il s’avère moins outrancier et davantage ancré dans la réalité que ce dernier. Le film nous ramène à Recife en 1977, où un homme revient en secret dans sa ville natale afin de retrouver son fils, tout en cherchant à fuir ses ennemis qui veulent le tuer. Et non : il n’est pas un « agent secret », contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire- il s’agit simplement d’une référence aux images de Le Magnifique (1973), qui apparaissent à l’écran lors d’une projection intégrée au film. 

    Je ne vais pas détailler davantage le résumé afin d’éviter d’éventuels spoilers, mais sachez que ce détournement de l’attention du spectateur, qui consiste à révéler autre chose que ce à quoi l’on s’attend, fait partie intégrante de la démarche du film. A commencer par l’identité de son personnage principal, mais aussi par le point de vue narratif à partir duquel le récit se déploie. Le fait que le long métrage réserve des surprises à son public -sans pour autant chercher le choc ou l’effet spectaculaire- procure un véritable plaisir de découverte.

    Mais attention : L’Agent secret n’est ni un film à mystère ni un thriller classique. S’il en reprend certains thèmes et types de personnages, ces éléments sont intégrés afin d’être déplacés, altérés et transformés. Comme une partie considérable du récit se déroule à l’intérieur d’un cinéma, on y trouve de nombreuses références relevant de l’imaginaire cinématographique, l’exemple le plus marquant étant Les Dents de la mer (1975), que le fils d’Armando a très envie de voir tout en ayant trop peur. Un autre exemple concerne une certaine « jambe poilue », à laquelle le cinéaste consacre une séquence à part entière, inspirée des films d’horreur de série B -une scène que je préfère vous laisser découvrir, sans en dévoiler davantage ici ! 

    « L’Agent secret » ressemble t-il à « Je suis toujours là » ? 

    Comme beaucoup de pays d’Amérique du Sud, le Brésil a été soumis à un régime militaire pendant plus de vingt ans. Dans L’Agent secret, le réalisateur fait pleinement ressentir ce climat de violence et la pression exercée par le régime sur le peuple. En le regardant, un autre film brésilien très récent peut venir à l’esprit : je parle de Je suis toujours là (2024) de Walter Salles, qui a obtenu l’Oscar du Meilleur film international l’année dernière.

    Cependant, là où le film de Salles cherche avant tout à rester fidèle à la reconstruction historique des faits, Mendonça Filho puise davantage dans la fiction pour montrer combien la mémoire collective n’est jamais objective, peut être altérée, et, à long terme, effacée — parfois volontairement. Conformément à cette idée, il n’hésite pas à exagérer et à accentuer certains aspects dans la mise en scène, en particulier l’atmosphère du carnaval.

    Tout cela ne signifie pas que l’un soit meilleur que l’autre : ils répondent simplement à des enjeux différents. Alors que le film de Salles se concentre sur les performances et les effets dramatiques, Mendonça Filho mise avant tout sur les choix formels et ses allusions esthétiques.

    Oscars 2026 : quels pronostics pour « L’Agent secret » ?

    Après l’annonce des shortlists pour 12 catégories, nous savons maintenant que L’Agent secret figure dans deux d’entre elles : Meilleur casting et Meilleur film international. Alors quid des huit autres catégories majeures ? Pour l’instant, une nomination dans la catégorie du Meilleur film semble peu probable. En revanche, Kleber Mendonça Filho, dont la popularité est en hausse, pourrait avoir davantage de chances dans la catégorie de la Meilleure réalisation. 

    Une autre catégorie où le film a de fortes chances d’être nommé est celle du Meilleur scénario original, également signé par Mendonça Filho et dont les qualités n’ont visiblement pas échappé aux professionnels de l’industrie hollywoodienne. Ce que l’on peut tenir pour certain, et même espérer être récompensé, c’est la catégorie du Meilleur acteur pour Wagner Moura, dont la performance charismatique et complexe mérite absolument d’être saluée !

  • Anatomie d’une chute, The Artist, La Môme : les 10 meilleurs films français distingués à Hollywood

    Anatomie d’une chute, The Artist, La Môme : les 10 meilleurs films français distingués à Hollywood

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    La shortlist pour l’Oscar du Meilleur film international vient d’être annoncée et Un simple accident (2025) de Jafar Panahi, choisi pour représenter l’Hexagone à Hollywood, figure parmi les 15 films sélectionnés ! Avec Arco (2025) et Amélie et la métaphysique des tubes (2025) en lice pour les Golden Globes dans la catégorie du Meilleur film d’animation -et qui entreront, on l’espère, aussi dans la course aux Oscars- la saison des récompenses semble bien démarrer pour la France !

    Certes, comparée aux années précédentes où nous avons eu des films comme Anatomie d’une chute (2023) ou encore -même en tenant compte de toutes les controverses- Emilia Pérez (2024), la récolte cinéma de 2025 reste relativement modeste pour la France, surtout dans les catégories majeures. En attendant les nominations aux Oscars, JustWatch vous propose un retour en arrière et revient sur les films français qui ont profondément marqué les esprits grâce à leurs triomphes lors des cérémonies hollywoodiennes.

    La Môme (2007)

    La performance inoubliable de Marion Cotillard dans le rôle d’Edith Piaf a certainement apporté au cinéma français l’une des réussites les plus mémorables des années 2000. Réalisé par Olivier Dahan, La Môme (2007) a remporté l’Oscar de la Meilleure actrice pour Cotillard ainsi que l’Oscar du Meilleur maquillage. Biopic touchant et passionné, qui suit une structure fragmentée, le film explore habilement la vie et le parcours musical de la chanteuse. 

    Marion Cotillard, qui connaît une ascension internationale significative après ce rôle, se donne corps et âme pour incarner les complexités intérieures de l’artiste. Elle interprète elle-même la majorité des chansons, au point que sa performance éclipse presque la postérité du film — un sort que partagent de nombreux biopics aujourd’hui, tels que Frida (2002), Ray (2004) ou Elvis (2022), pour ne citer que quelques exemples.

    The Artist (2011)

    Tour de force d’artisanat cinématographique et hommage nostalgique à l’histoire du cinéma, The Artist (2011) a connu un succès largement mérité après avoir remporté trois Golden Globes, cinq Oscars et de nombreux autres prix. Réalisé par Michel Hazanavicius, le film nous ramène à Hollywood dans les années 1920 et raconte une histoire d’amour entre une vedette du cinéma muet qui commence à perdre de sa renommée avec l’arrivée du cinéma parlant et une jeune actrice en pleine ascension dont il tombe amoureux.

    Jean Dujardin, collaborateur fidèle du cinéaste, incarne George Valentin et remporte l’Oscar du Meilleur acteur -devenant ainsi le premier acteur français à l’obtenir dans l’histoire- tandis que Bérénice Bejo lui donne la réplique dans le rôle de Peggy Miller.

    Tourné presque entièrement sans dialogues, en noir et blanc, le film fait preuve d’une mise en scène très fidèle aux choix esthétiques auxquels il rend hommage, tout en manifestant une véritable sincérité et un amour profond pour le cinéma lui-même. Si vous aimez les pastiches formels comme The Artist, parmi les films récents, l’hommage aux films d’espionnage proposé par Hélène Cattet et Bruno Forzani dans Reflet dans un diamant mort (2025) devrait vous plaire

    Amour (2012)

    Comme Michael Haneke n’a pas tourné de nouveau film depuis Happy End (2017), on parle de moins en moins de son cinéma, alors qu’il a longtemps été l’un des auteurs les plus influents du cinéma d’art et d’essai. Le réalisateur autrichien était déjà très connu du public européen dans les années 2000, mais c’est surtout grâce à Amour (2012), ainsi qu’aux nombreuses nominations et récompenses reçues par le film, qu’il s’est fait connaître à Hollywood. 

    Rappelons néanmoins que, même si le film reste une coproduction française, il a représenté l’Autriche aux Oscars dans la catégorie du Meilleur film en langue étrangère, qu’il a d’ailleurs remportée. Ses comédiens principaux, Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva -nommée elle aussi dans la catégorie de la Meilleure actrice- étant français, et son récit se déroulant à Paris, le film trouve donc naturellement sa place dans cette liste.

    Livrant un récit sobre sur la réalité du vieillissement à travers Anne et Georges Laurent, un couple octogénaire dont la vie est bouleversée après qu’Anne est victime d’un accident vasculaire cérébral, Haneke signe avec Amour son film, le plus accessible pour un public conventionnel. Sur la même thématique, je vous conseille également de découvrir Vortex (2021) de Gaspar Noé, qui propose une vision tout aussi déstabilisante, digne de Haneke.

    Elle (2016)

    Maître des thrillers érotiques controversés, mais aussi d’échecs commerciaux devenus cultes, Paul Verhoeven n’a pas déçu ses fans avec Elle (2016). Réalisé dix ans après Black Book (2006), son dernier film à l’époque, Elle marque le grand retour du cinéaste, avec le prix du Meilleur film étranger aux Golden Globes ainsi que celui de la Meilleure actrice pour Isabelle Huppert, également aux Golden Globes, puis une nomination à l’Oscar de la Meilleure actrice.

    Bien qu’il ait rencontré un succès tant auprès du public que de la critique, il convient néanmoins de signaler qu’en raison de la place centrale qu’occupe le thème de l’agression sexuelle, il ne s’agit pas d’un film qui plaira à tous les spectateurs. Avec Isabelle Huppert dans le rôle de Michèle Leblanc, dirigeante d’une entreprise au passé troublant, violée par un inconnu dans sa propre maison, le film propose un récit profondément dérangeant, marqué par une grande complexité psychologique, autour de l’obsession et du désir.

    La chimie (toxique !) entre Huppert et Laurent Lafitte fonctionne à merveille, et les allers-retours entre les genres -thriller, drame psychologique et comédie noire- sont vraiment impressionnants. Pour retrouver Isabelle Huppert dans un rôle aux échos similaires, La Pianiste (2001) de Michael Haneke reste incontournable.

    Anatomie d’une chute (2023)

    Difficile de croire que deux années se sont écoulées depuis le triomphe de Anatomie d’une chute (2023) à Hollywood -et ce, non sans quelques entraves sur son chemin. Le fait que La Passion de Dodin Bouffant (2023) de Trần Anh Hùng ait été sélectionné pour représenter la France aux Oscars dans la catégorie du Meilleur film international, au lieu du récipiendaire de la Palme d’Or, a suscité de nombreuses critiques. Néanmoins, le film a obtenu quatre nominations aux Golden Globes -remportant ceux du Meilleur film en langue étrangère et du Meilleur scénario- ainsi que cinq nominations aux Oscars, dont il a également remporté celle du Meilleur scénario.

    Coécrit par Justine Triet et Arthur Harari, Anatomie d’une chute se déploie autour d’un procès dans lequel une romancière est accusée de meurtre, après que son mari ait été retrouvé mort par leur fils aveugle à la suite d’une chute suspecte. Fondé sur un scénario rigoureux et intelligent, le film interroge la notion de vérité à travers son dispositif de fiction. À l’instar de la présence saisissante de Sandra Hüller dans le rôle principal, le film retravaille les codes du film de procès en y injectant un regard féministe sur les idéaux de la famille et de la maternité. Avec un rythme et une tension impressionnants du début à la fin, le long métrage compte certainement parmi les indispensables de ces dernières années.

    Emilia Pérez (2024)

    Pour un certain nombre -assez élevé d’ailleurs- de journalistes, Emilia Pérez (2024) a été l’événement le plus marquant du cinéma français. Bien que sa popularité se soit étendue jusqu’à Hollywood -avec treize nominations aux Oscars, un record pour un film non anglophone, sachant que le film n’en a remporté que deux- je n’ai malheureusement pas pu éprouver le même enthousiasme pour le drame musical aux tonalités kitsch de Jacques Audiard. Les propos controversés de l’actrice Karla Sofía Gascón, ainsi que les accusations de transphobie et de racisme à l’égard du film, n’ont pas non plus aidé sa cause. Emilia Pérez est un film entièrement chanté, où les dialogues sont intégrés aux chansons, et qui raconte l’histoire d’un chef de cartel au Mexique qui décide de laisser son identité derrière lui et, à l’aide d’un avocat, transitionne en femme.

    Audiard est un cinéaste qui aime s’aventurer dans différents genres, mais aussi dans des géographies qu’il ne connaît pas forcément, et son Emilia Pérez est marqué par une certaine touche d’exotisme et une esthétique de mauvais goût. En tant que musical, le film reste néanmoins une expérimentation audacieuse. Si vous avez aimé le côté tragique et baroque d’Annette (2021) de Leos Carax -qui, pour moi, est bien supérieur au film d’Audiard- vous pouvez tout de même lui donner une chance et vous faire votre propre opinion.

    The Substance (2024)

    L’année dernière, dans un tout autre registre qu’Emilia Perez -celui de l’horreur et de la satire- The Substance (2024) a également marqué la saison des récompenses. Le deuxième long métrage de Coralie Fargeat a sans doute été perçu comme une sorte de version 2024 de Titane (2021), mais là où le film de Ducournau n’avait pas réussi à attirer l’attention des prix internationaux, The Substance a connu un véritable succès en termes de visibilité et de marketing. Le fait que le film soit en anglais et porté par deux actrices reconnues et extrêmement talentueuses -Demi Moore et Margaret Qualley- a également joué un rôle important.

    S’emparant du genre du body horror, le film met en scène Elisabeth Sparkle, une actrice dont la popularité décline avec l’âge, qui commence à s’injecter un produit mystérieux lui offrant un nouveau corps et une nouvelle identité. Alors qu’elle profite de l’attention et de l’amour du public sous cette nouvelle peau, elle néglige totalement celle qui réapparaît lorsque les effets du produit disparaissent. Bien évidemment, ces deux identités -qui ne sont en réalité qu’une seule- entrent en conflit de manière (auto)destructrice.

    The Substance n’est peut-être pas un chef-d’œuvre, mais en le regardant, on voit que la réalisatrice est une bonne élève des maîtres du genre, comme John Carpenter et David Cronenberg. La plasticité de l’image, le travail sur les couleurs ainsi que l’équilibre entre gore et satire sont vraiment à saluer. Nommé à cinq Oscars, le film n’en a remporté qu’un -celui du Meilleur maquillage- et que Demi Moore n’ait pas décroché celui de la Meilleure actrice reste, selon moi, le snub le plus injuste de l’année dernière.

    Un simple accident (2025)

    Le réalisateur iranien Jafar Panahi, qui a affronté -et continue malheureusement d’affronter- des persécutions politiques dans son pays, a été récompensé par la Palme d’or en mai dernier. Malgré les discussions autour de l’appartenance nationale du film, la commission du CNC a décidé de proposer Un simple accident (2025) pour représenter la France aux Oscars, où il a été retenu dans la shortlist du Meilleur film international. Également nommé dans quatre catégories aux Golden Globes, le réalisateur bénéficie enfin d’une reconnaissance auprès d’un public plus large, qui ne se limite plus au seul milieu festivalier.

    Tourné en secret, sans autorisation du gouvernement, le film déploie un récit minimaliste mais percutant autour d’un ancien prisonnier qui croit reconnaître son tortionnaire dans un garage automobile. Incertain, car il n’a jamais vu son visage, il fait appel à d’autres personnes ayant subi ses tortures afin de déterminer s’il s’agit bien de l’homme qu’il pense être. Panahi adopte une économie narrative rigoureuse qui installe une atmosphère de huis clos -même lorsque les scènes se déroulent en extérieur. En penchant vers une dimension théâtrale qui produit un effet de distanciation, Un simple accident interroge la moralité et la justice, et souligne à quel point ces concepts abstraits se révèlent complexes à appliquer dans des situations réelles.

    Arco (2025)

    Connu pour ses bandes dessinées, clips et travaux d’animation pour le cinéma, Ugo Bienvenu signe son premier long métrage avec Arco (2025). Présenté initialement en séance spéciale à Cannes, le film est aujourd’hui nommé aux Golden Globes et pourrait bientôt l’être aux Oscars.

    Dans ce film, le cinéaste imagine un futur utopique où les êtres humains vivent en harmonie. Un jeune garçon curieux, malgré les avertissements de ses parents, se vêt d’une cape aux couleurs arc-en-ciel, dotée de pouvoirs extraordinaires, et voyage accidentellement vers le passé. Se retrouvant en l’an 2075 -soit près de neuf cents ans avant son époque- il se lie d’amitié avec une jeune fille de son âge et tente de retrouver sa cape afin de revenir à son propre temps.

    Le style d’animation du film reste assez classique, mais Bienvenu semble moins intéressé par l’idée de créer une imagerie distinctive, voire radicale, que par celle de développer un récit universel et humaniste, capable de résonner autant chez les adultes que chez les enfants — un peu comme Le Robot sauvage (2024) ou WALL‑E (2008).

    Amélie et la Métaphysique des tubes (2025)

    Amélie et la Métaphysique des tubes (2025), deuxième film en lice pour le Golden Globe du Meilleur film d’animation, est réalisé par Maïlys Vallade et Liane-Cho Han. Adapté du roman d’Amélie Nothomb -un récit autobiographique sur la vie de la romancière- le film adopte le point de vue de la petite Amélie et présente son anniversaire de trois ans comme un moment charnière dans sa conscience et sa perception du monde. À travers un récit à la première personne, les cinéastes excellent dans la création d’un univers riche en imagination, nourri par le regard introspectif et subjectif de leur personnage -même si le registre est différent, cet aspect rappelle certainement Persepolis (2007). 

    Le style d’animation, marqué par un goût prononcé pour les couleurs, se rapproche de la peinture et évoque particulièrement les œuvres de Matisse. Si vous avez aimé Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary (2020), sur lequel les cinéastes ont travaillé comme artistes storyboard, vous retrouverez dans Amélie un goût esthétique similaire. En revanche, comparé à Arco, les sujets abordés par Amélie sont plus philosophiques et approfondis : le film ne sera donc peut-être pas le choix idéal pour les très jeunes enfants.

  • Les 8 Pères Noël de cinéma les plus flippants

    Les 8 Pères Noël de cinéma les plus flippants

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    On a tous en tête cette image du vieux bonhomme jovial, avec sa grande barbe blanche, sur son traîneau tiré par des rennes, entouré de cadeaux et de sapins. Si le cinéma aime énormément surfer sur cette image pendant les fêtes, il aime aussi montrer le côté glauque du conte de fées !

    Entre les psychopathes qui cachent des haches dans leur hotte et les démons scandinaves venus manger des gosses, le costume rouge est parfois synonyme de très mauvais quart d’heure. Dans cette liste, j’ai voulu monter la pression progressivement.

    On attaque avec des Pères Noëls dangereux par accident, pour finir par les plus psychopathes et meurtriers. Bref, si vous faites une overdose de téléfilms mielleux et de « magie de Noël », bienvenue dans l’envers du décor. Ça va saigner sous le sapin !

    Bad Santa (2003)

    Bad Santa (1h35) commence comme une comédie noire bien arrosée : un faux Père Noël enchaîne les centres commerciaux pour mieux les cambrioler, bourré du matin au soir, misanthrope et grossier. Billy Bob Thornton est impérial dans ce rôle de Père Noël trash et complètement cramé, à mille lieues de la figure bienveillante qui fait rêver les enfants. Il fume clope sur clope dans son costume, insulte les enfants sur ses genoux et vomit dans les coulisses. Mais rassurez-vous, c’est le « moins pire » de la bande. Il a un désintérêt absolu pour tout ce qui l’entoure, jusqu’à ce qu’un gamin paumé le force malgré lui à se souvenir qu’il a une part d’humanité.

    Dans l’échelle des Pères Noël problématiques, Bad Santa reste le plus « fréquentable » de cette liste : il fait du mal mais surtout à lui-même, et le film reste un parfait antidote pour celles et ceux qui veulent un Noël cynique mais encore un peu tendre. Si vous aimez ce ton acide, vous pouvez enchaîner avec Tel est pris qui croyait prendre (1994) ou The Night Before (2015), qui prouvent que la comédie de Noël peut être vraiment méchante sans perdre son cœur.

    Violent Night (2022)

    Avec Violent Night (1h52), on change clairement de registre : cette fois, c’est le vrai Père Noël qui débarque, mais coincé au beau milieu d’une prise d’otages dans une villa de milliardaires. Vous l’aurez deviné : ici on pose le cerveau et on sort les popcorns. Entre deux saisons de Stranger Things, David Harbour incarne un Père Noël fatigué et désabusé, qui préfère lever le coude que descendre par la cheminée. Cependant, il est encore capable de distribuer des mandales très concrètes. Au milieu de mercenaires en pleine prise d’otage, il se comporte d’ailleurs plus comme un John Wick qui veut venger son chien que comme un papa noël tout gentil. 

    Ce qui rend le film jouissif, c’est la créativité du carnage. Oubliez la magie de noël : ici, on éradique des criminelles à coup de patins à glace, de décos de sapin et de chaussettes garnies de boules de billard. Pour les criminels, c’est une machine à broyer de l’os sur fond de guirlandes lumineuses. Violent Night assume totalement son côté Die Hard au pays des lutins, avec un humour bien gras et des kills inventifs. Si vous avez toujours rêvé de voir un Santa croiser la route de John McClane, c’est probablement ce qui s’en rapproche le plus. Et si vous en redemandez, complétez avec Fatman (2020) pour explorer une autre version de la figure du Père Noël armé jusqu’aux dents.

    Fatman (2020)

    J’en parlais à l’instant : Fatman (1h40) pousse encore plus loin l’idée d’un Père Noël qui a mal vieilli. Mel Gibson y joue un Santa usé, en plein burn‑out, dont l’atelier ne tourne plus aussi bien et qui se retrouve carrément obligé de travailler pour l’armée américaine pour équilibrer les comptes. Pendant ce temps, un gamin riche et odieux, furieux d’avoir reçu un morceau de charbon, engage un tueur à gages pour le supprimer. Voilà un face à face inattendu : le Père Noël, plus coriace qu’on pourrait le croire vs. un assassin. 

    Fatman mélange western enneigé et fusillades entre les sapins, avec un ton parfois bancal. Ce n’est pas le film de l’année, et probablement pas de la semaine, mais si vous êtes un cynique de Noël, il vous fera sûrement plaisir. Imaginez que c’est une version ratée de Logan (2017) sous la neige. La fin de carrière du Père Noël n’est donc pas glorieuse. 

    3615 Code Père Noël (1989)

    3615 Code Père Noël (1h32) est sans doute l’un des films français les plus déroutants autour du mythe du Papa Noël. On y suit Thomas, petit génie de l’informatique obsédé par les films d’action, qui se retrouve coincé avec sa mère et son grand-père lorsqu’un tueur déguisé en Père Noël s’introduit chez eux. Le jeune homme doit donc utiliser toute son intelligence pour faire face à ce psychopathe. L’histoire vous rappelle Maman, j’ai raté l’avion (1990) ? C’est normal ! Le réalisateur René Manzor a d’ailleurs déjà déclaré que le film américain est un remake mais qu’il n’ait jamais donné son accord. Une chose est certaine, 3615 Code Père Noël est bien sorti en premier !

    Il s’agit aussi d’une version beaucoup plus anxiogène, qui joue sur le contraste entre l’imaginaire enfantin (gadgets, pièges, déguisements) et la brutalité très réelle de la menace. Vous êtes constamment à la frontière entre le conte et le home invasion. Pas besoin de démon ou de créature antique : ici, le costume de Père Noël suffit à transformer un psychopathe en figure de cauchemar. Ce film, produit par Francis Lalanne (c’est le frère du réalisateur !), est parfait à regarder à Noël pour se changer des films cartes postales de Noël à l’eau de rose. Personnellement, j’ai adoré. 

    Père Noël Origines (2010)

    Père Noël Origines (1h24) nous vient de Finlande et part d’une idée délicieusement tordue : et si le « vrai » Père Noël était en fait une abomination lovecraftienne scellée sous la glace depuis des siècles pour protéger l'Humanité ? Le film suit des chasseurs de rennes qui découvrent un gigantesque tombeau pris dans la montagne. Une série d’événements étranges s’ensuivent : enfants qui disparaissent, traces de pas inquiétantes dans la neige… et massacre.

    Oubliez le bonhomme rouge et jovial. Ici, le Père Noël est une entité qui punit les enfants vilains (et pas en leur donnant du charbon, si vous voyez ce que je veux dire). Ses « lutins » sont des vieillards nus et effrayants qui courent dans la neige pour capturer de la chair fraîche, plus proches des Marcheurs Blancs de Game of Thrones (2011) que des petits bonhommes avec des chapeaux verts. Le film joue habilement avec le folklore nordique pour transformer la figure de Noël en mythe païen terrifiant, tout en gardant un humour noir très particulier. Comme dans SISU (2023) c’est toujours un plaisir de voir Jorma Tommila et Onni Tommila. Je ne vais pas vous vendre Père Noël Origines comme du grand cinéma, mais ça se regarde avec plaisir ! 

    Krampus (2015)

    Krampus (1h38) est un vrai bijou pour tous les cyniques de Noël : ici, ce n’est plus le Père Noël qui vient récompenser les enfants sages, mais son double maléfique, Krampus, qui débarque quand une famille entière a cessé d’y croire. Au lieu de cadeaux, ce démon cornu apporte une tempête de neige et une armée de jouets démoniaques. Le ton oscille entre comédie familiale qui commence mal et véritable conte de punition.

    C’est un grand bazar de monstres créatifs, et on s’amuse à les découvrir : il y a les ours en peluche aux dents acérées, les pains d’épices tueurs, et le clown qui avale des gens tout entiers.  C’est à la fois drôle et effrayant, Krampus est l’ombre portée du Père Noël, la version qui vient quand la magie a été remplacée par le cynisme et le sarcasme. Alors attention à ne pas trop aimer le film : vous risqueriez de passer un Noël assez surprenant. Si vous cherchez un programme parfait pour une soirée d’hiver entre amis, enchaîner Krampus avec Gremlins (1984) reste un combo imparable.

    Silent Night, Deadly Night (1984)

    Silent Night, Deadly Night (1h19), c’est un film qui a fait le buzz puisque des associations de parents ont essayé d’empêcher sa sortie au cinéma dans les années 80. Résultat : de nombreuses suites et plusieurs remakes ont vu le jour !

    Ici, on ne rit plus. L'histoire de Billy est terrible : après avoir vu ses parents se faire massacrer par un braqueur déguisé en Père Noël et avoir subi des années de maltraitance dans un orphelinat catholique, le pauvre garçon finit par craquer. Quand on l'oblige à enfiler le costume rouge pour le boulot, le fusible saute définitivement. On rentre alors dans le vrai slasher de Noël, violent, sanglant. Billy ne distribue pas de cadeaux, mais des coups de hache en hurlant « PUNISH! » (« Punition ! »). C’est presque l’entrée la plus radicale de cette liste, réservée à celles et ceux qui veulent voir jusqu’où on peut pousser le détournement du mythe. C'est sale, c'est tragique, et c'est parfait pour ruiner votre enfance. Mais il y a encore pire…

    Terrifier 3 (2024)

    Un film d’horreur interdit aux moins de 18 ans, c’est assez rare pour être signalé. Terrifier 3 (2024) l’a fait, et c’est sincèrement un film à réserver à un public (très) averti. Notamment son prologue, qui voit le clown démoniaque Art s’inviter chez une famille avec sa hache et son humour macabre pour y « fêter » Noël à sa façon. Extrêmement choquant -et même limite déviant, disons le-, le long métrage n’épargne rien au spectateur.

    Et si vous pensiez souffler après ces douze premières minutes insoutenables, accrochez-vous car le réalisateur Damien Leone a encore plein de « surprises » dans sa hotte dégénérée. Tout en saccageant une rencontre entre le Père Noël et des enfants, il creuse en profondeur la mythologie de son tueur diabolique et muet qui se conclut (ou presque car un cliffhanger annonce une suite) par une soirée de Noël encore plus trash que la scène d’ouverture. Au bout d’un moment, cette déferlante de torture et de gore tourne, au choix, au festin horrifique ou au trop-plein écœurant. Chacun.e décidera selon son seuil de tolérance. En tout cas, après ce film, vous ne regarderez plus jamais le type déguisé au centre commercial de la même façon. Joyeux Noël quand même, hein. 

  • Les 10 meilleurs films de 2025 selon les spectateurs UGC

    Les 10 meilleurs films de 2025 selon les spectateurs UGC

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Avec 48 cinémas, 510 salles et plus de 100 000 fauteuils en France, le groupe UGC est l’un des principaux circuits d’exploitation hexagonaux. Avec, comme figure de proue, l’incontournable UGC Ciné Cité Les Halles, établissement le plus fréquenté au monde. Et un baromètre désormais très regardé : la note certifiée UGC qui célèbre le meilleur du cinéma.

    Lancée en octobre 2023 et ouverte uniquement aux membres du Programme Fidélité UGC ayant réservé et vu un film dans un cinéma du circuit, la note certifiée UGC peut être attribuée, de 1 à 5, dans les sept jours qui suivent la sortie d’un film, et ne peut pas être modifiée. En 2024, Le Comte de Monte-Cristo (4,63/5), Le Robot sauvage (4,57/5) et Une vie (4,54/5) composaient le tiercé de tête sur un cumul de près de 1,2 millions de notes.

    Cette année, plus de 2 millions de notes ont été attribuées dans ce cadre par les spectateurs entre le 1er janvier et le 4 décembre 2025, qui permettent à UGC de publier un classement certifié des 50 meilleurs films de l’année intégrant les films sortis en salles dans le cadre d’une exploitation classique (hors visas temporaires) et ayant reçu au moins 500 notes.

    Pour JustWatch, je vous détaille le Top 10 2025, qui vous donnera -je l’espère- quelques envies pour vos rattrapages pendant les vacances de Noël. Bonne lecture et bonnes séances !

    10. Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba - Le film : La Forteresse infinie - 4,29/5

    Avec 1 757 173 entrées depuis sa sortie le 17 septembre, Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba - Le film : La Forteresse infinie (2025) a définitivement prouvé que la vague anime dépassait largement le marché de niche. Et au-delà du nombre de billets vendus, l’accueil des fans a été pour le moins dithyrambique pour ce nouveau chapitre de l’univers imaginé par Koyoharu Gotōge. Premier opus d’une trilogie, le long métrage poursuit les aventures de Tanjiro et des piliers pourfendeurs de démons après la saison 4, en les propulsant dans une mystérieuse structure dirigée par le maléfique Muzan. Au programme : une animation ahurissante au service de combats ultra-spectaculaires et d’émotions intenses, beaucoup de flashbacks et la mise en place de tous les éléments qui feront des deuxième et troisième volets des monuments de l’animation japonaise. Si vous avez aimé Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba - Le film : Le train de l'Infini (2020), foncez ! Et en même temps, vous l’avez sans doute déjà vu…

    9. La Venue de l'avenir (2025) - 4,31/5

    Pour son quinzième long métrage, Cédric Klapisch navigue entre deux temporalités. La Venue de l’avenir (2025) suit en effet Vincent Macaigne, Julia Piaton Zinedine Soualem et Abraham Wapler, quatre « cousins » éloignés réunis au hasard d’un héritage. En fouillant la maison familiale, ils vont, au gré de leurs découvertes, faire une plongée généalogique dans le temps sur les traces d’une mystérieuse aïeule, et la suivre en 1895 alors que le XIXème siècle s’achève. C’est le trio Suzanne Lindon / Paul Kircher / Vassili Schneider qui porte cette partie « d’époque », et si le film a été réduit à sa dimension « népo-babies » à sa sortie, il a depuis plus que convaincu le public qui y a découvert un voyage introspectif qui interroge avec poésie et douceur la culture, le temps, la famille et l’identité.

    8. Arco - 4,33/5

    Pépite animée remarquée en séance spéciale au Festival de Cannes, Arco (2025) est un petit bijou coloré, un Ghibli à la française qui propose un conte utopique où se rencontrent un petit garçon venu du futur et une petite fille de 2075, qui va tout faire pour aider son compagnon à la combinaison arc-en-ciel à retourner chez lui. La campagne de promotion a beaucoup mis en avant Natalie Portman, productrice du long métrage et soutien de poids pour ce projet monté en dehors des grands studios d’animation. Mais il ne faut surtout pas oublier d’applaudir le tandem Ugo Bienvenu et Félix de Givry, qui ont imaginé cette fable magnifique, pleine d’humanisme et d’espoir, qui montre qu’un futur radieux est possible malgré les défis climatiques, écologiques, politiques et économiques. Avec une mention spéciale pour le robot-nounou Mikki, qui m’a vraiment beaucoup touché. Rendez-vous aux Oscars ?

    7. Dragons - 4,33/7

    Les aventures de Harold et Krokmou (Dragons, Dragons 2, Dragons 3 le monde caché) sont tellement aimées du public que ce projet d’adaptation en prises de vues réelles était attendu épées et haches vikings en main par les fans. C’était oublier que le visionnaire Dean DeBlois, aux manettes de la trilogie animée, était une nouvelle fois aux commandes de Dragons (2025), assurant un respect total de l’univers qu’il avait imaginé à partir du roman How To Train Your Dragon de Cressida Cowell. Devant sa caméra, l’île de Beurk prend vie et le résultat est absolument réjouissant et virtuose, entre ses jeunes comédiens très bien choisis (Mason Thames, Nico Parker, Gabriel Howell, Julian Dennison, Bronwyn James et Harry Trevaldwyn), les solides Gerard Butler et Nick Frost en armure (ils sont savoureux en Stoik et Gueulfor), et des dragons très fidèles à leurs modèles animés et magnifiés par la CGI. Vivement la suite !

    6. Je suis toujours là - 4,36/5

    Sorti en tout début d’année, Je suis toujours là (2025) aurait pu être oublié au moment de ce bilan de fin d’année. Heureusement, les spectateurs français ont plébiscité le film de Walter Salles, déjà auréolé d’un immense succès au Brésil où il a enregistré plus de 3 millions d’entrées. Au centre de ce drame poignant, situé en 1971, il y a la comédienne Fernanda Torres, nommée aux Oscars et aux Golden Globes pour son interprétation d’une mère de famille qui voit son mari être arrêté et disparaître du jour au lendemain, alors que le pays vit sous la dictature militaire (le film est adapté de l’ouvrage autobiographique de l’un de ses enfants). À travers le regard et la résilience de cette femme, le réalisateur de Central do Brasil (1998) et Carnets de voyage (2004) livre l’un de ses films les plus personnels et explore le devoir de mémoire avec une émotion et une humanité rare. L’Oscar du Meilleur film international, le premier décerné au Brésil, est venu saluer le long métrage. Et c’est mérité.

    5. Zootopie 2 - 4,37/5

    Retour gagnant pour Judy Hopps et Nick Wilde ! Neuf ans après Zootopie (2016), l’improbable tandem formé par la lapine policière et le renard arnaqueur a de nouveau conquis la planète. Déjà près de 1,2 milliards de recettes mondiales au box-office en à peine quelques semaines (!) et surtout un accueil flamboyant de la part des spectateurs, ravis de prolonger l’exploration de ce monde animalier savoureux imaginé par les studios Disney, qui introduit de nouvelles espèces à son bestiaire (et notamment les serpents, emmenés par Gary De'Snake). Ke Huy Quan en version originale et Baptiste Lecaplain en version française prêtent leur voix à ce reptile sympathique, altruiste et optimiste, le tout premier serpoent positif de l’histoire du studio aux grandes oreilles. Il contribue beaucoup à faire de Zootopie 2 (2025) une réussite sur la forme comme sur le fond, qui aborde avec subtilité des sujets majeurs comme la tolérance et le vivre ensemble.  

    4. En première ligne - 4,38/5

    Les difficultés et le manque de considération rencontrés par le personnel hospitalier -et particulièrement par les infirmières et les infirmiers- ne sont pas des problématiques franco-françaises. Le film suisse En première ligne (2025), inspiré du livre enquête de l’infirmière allemande Madeline Calvelage, en atteste. Et son succès critique le prouve avec cette quatrième place du Top 2025 des spectateurs UGC. Devant la caméra de Petra Biondina Volpe, la comédienne Léonie Benesch (déjà excellente dans La Salle des profs, 2023) incarne une infirmière-courage, qui gravite comme elle le peut au sein d’un service en sous-effectif, face à des patients à qui elle consacre toute son énergie sans jamais rechigner ni penser à elle. C’est puissant, c’est émouvant, c’est rageant aussi. Et c’est donc à voir, histoire d’offrir une séance de rattrapage mérité au long métrage, sorti à la fin de l’été et qui mérite (beaucoup) plus que ses 128 000 entrées.

    3. Soundtrack to a Coup d'État - 4,39/5

    Le trio de tête de ce Top spectateurs UGC est documentaire (ou presque). A commencer par Soundtrack to a Coup d'État (2025) qui revisite un épisode méconnu de la Guerre Froide, ou comment musique et géopolitique se retrouvent intimement mêlés en 1960 au Congo, alors que Louis Armstrong y est envoyé par les Etats-Unis comme « ambassadeur du jazz » afin de détourner l’attention du coup d’état soutenu par la CIA qui mènera notamment à l’assassinat du Premier ministre Patrice Lumumba. Très novateur formellement (c’est un documentaire historique et politique de type collage qui emprunte beaucoup au jazz dans sa narration), le long métrage de Johan Grimonprez explore l’histoire coloniale et la diplomatie culturelle. Il est, certes, assez exigeant mais réellement passionnant. Ses sélections et nominations aux Oscars, aux European Film Awards et au Festival de Sundance en attestent.

    2. La Voix de Hind Rajab - 4,39/5

    C’est assurément l’un des moments de cinéma les plus marquants et bouleversants de l’année. Et là encore un documentaire plébiscité, passé par le Festival de Venise en septembre dernier et retenu pour représenter la Tunisie aux Oscars 2026. Avec La Voix de Hind Rajab (2025), la réalisatrice Kaouther Ben Hania (La Belle et la Meute, Les Filles d’Olfa) fait résonner la voix de la petite fille palestinienne de 6 ans, qui se retrouva piégée dans une voiture sous les tirs à Gaza le 29 janvier 2024. Et qui y laissa la vie. Entre le documentaire et la fiction, le long métrage remet en lumière les échanges entre l’enfant et la Société du Croissant-Rouge palestinien, en confrontant des comédiens à l’enregistrement du véritable appel de Hind Rajab alors qu’elle attendait les secours. « Je ne peux accepter un monde où un enfant appelle à l'aide et où personne ne vient. Cette douleur, cet échec, nous concerne tous. », déclarait la cinéaste, qui a tourné le film avec l’accord de la mère de Hind Rajab. Ce devoir de mémoire humaniste et cinématographique a reçu une standing ovation de plus de 23 minutes à la Mostra, la plus longue jamais enregistrée à Venise.

    1. Muganga - Celui qui soigne - 4,55/5

    Muganga - Celui qui soigne (2025) est aussi mon coup de cœur de l’année. Ou plutôt un coup en plein cœur, alors que Marie-Hélène Roux (accompagnée par Angelina Jolie à la production) raconte le parcours de Denis Mukwege, docteur congolais et futur Prix Nobel de la paix qui s’est donné pour mission de soigner les femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo. Le long métrage, véritable film coup de poing, ne se contente pas d’un « biopic Wikipédia » et complète avec beaucoup d’émotions le documentaire L’Homme qui répare les femmes (2015). Intense, délicat, révoltant, poignant, puissant et profondément humain, il raconte avec une dignité de chaque image l’engagement du médecin et de son partenaire belge, sans jamais occulter le drame physique et psychologique vécu par leurs patientes et leurs collaboratrices. Dans le rôle-titre, Isaach de Bankolé livre une interprétation d’une gravité impressionnante, entouré des bouleversantes Manon Bresch, Déborah Lukumuena, Babetida Sadjo, Soliane Moisset et Yves-Marina Gnahoua. C’est un film nécessaire et important, que les votants de l’Académie des César ne doivent pas oublier.

  • De Zoolander à Mon beau-père et moi : les meilleurs rôles de Ben Stiller

    De Zoolander à Mon beau-père et moi : les meilleurs rôles de Ben Stiller

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Penser à Ben Stiller donne immédiatement le sourire tant son potentiel comique est immense. Mais, c’est surtout un acteur qui n’a cessé de se réinventer : il a joué l’idiot, le rêveur, le fou, le père protecteur, et il est même passé derrière la caméra et a participé à la création de la série Severance (2022) !

    Cette sélection JustWatch revient sur ses meilleurs rôles, ceux qui montrent à quel point il peut être à la fois triste, touchant, inquiétant, ou carrément héroïque. L’idée ici n’est pas de dresser un palmarès, mais plutôt de parcourir sa carrière. Si vous pensez encore que Ben Stiller se résume à des grimaces, ces personnages devraient vous faire changer d’avis. 

    Greg Focker — Mon beau-père et moi (2000)

    Avec Mon beau-père et moi (1h48), Ben Stiller trouve l’un de ses rôles les plus emblématiques : Greg Focker, infirmier un peu gauche, persuadé qu’il ne sera jamais à la hauteur de la belle-famille parfaite de sa compagne. L'archétype du type bien qui se transforme en catastrophe ambulante dès qu’il est stressé. Coincé entre ses mensonges et l’œil perçant de Robert De Niro en beau-père paranoïaque, il transforme chaque dîner, chaque week-end en enfer comique.

    La pression monte à chaque scène et finit par nous gêner au point où on a envie de quitter la pièce. On le voit s’enfoncer, mentir, se laisser faire, casser des trucs, et le malaise devient palpable. Ce qui fonctionne si bien, c’est la précision avec laquelle Stiller joue l’humiliation. Greg est ridicule, oui, mais jamais méprisable. On ne rigole pas contre lui, mais avec lui, car on partage cette angoisse et on s’identifie à lui. 

    David Starsky — Starsky & Hutch (2004)

    Dans Starsky & Hutch (1h41), Ben Stiller dynamite l’image du flic cool des années 70. Son David Starsky est un inspecteur beaucoup trop appliqué, obsédé par les règles, premier de la classe -pire qu’Amy Santiago !- qui se ridiculise dès qu’il tente d’être cool. Face à lui, Owen Wilson joue le parfait contrepoint relax, et le duo trouve très vite une vraie alchimie, faisant de ce film un buddy cop movie qu’on ne peut qu’adorer. Dans le rôle de Starsky, Ben Stiller fait quelque chose qu’il fait souvent : prendre la posture de mâle alpha, le torse bombé, la fierté exacerbée…. Pour mieux la démonter. Il est dans une rupture constante entre « je suis un dur à cuire » et « je panique totalement » et je trouve ça hilarant.

    Si vous aimez les détournements de séries cultes, Starsky & Hutch montre à quel point Stiller sait jouer avec la nostalgie sans se contenter de faire un clin d’œil paresseux. Car, personnellement, j’ai adoré la série sortie en 1975 et j’ai vraiment apprécié de voir qu’un renouveau était possible. On retrouve un peu la même impression que face à Brooklyn Nine-Nine (2013-2021) : les personnages ont plein de défauts, ils sont souvent caricaturaux, mais que c’est drôle !

    Larry Daley — La Nuit au musée (2006)

    Avec La Nuit au musée (1h48), Ben Stiller devient un héros familial à part entière. En Larry Daley, gardien de nuit paumé qui découvre qu’un musée entier prend vie après la fermeture, il joue le type ordinaire plongé dans un chaos magique. Ce qui pourrait n’être qu’un rôle « service minimum » pour enfants fonctionne parce qu’il y met une vraie chaleur.

    Pourtant, sur le papier, je trouvais que ça avait tout d’un piège. Une grosse machine hollywoodienne, sortie au moment de Noël, ça ne présage rien de bon. Pourtant, comme de nombreux spectateurs, j’ai beaucoup aimé, et c’est en partie grâce à Ben Stiller. Il s’investit vraiment, apporte une bonne dose de tendresse, et réagit, un peu niaisement, aux dinosaures, aux pharaons et aux cow-boys miniatures, ce qui permet aux gags d’exister sans cynisme. Et c’est toujours un immense plaisir de voir Robin Williams dans le rôle de Theodore Roosevelt.

    Ted Stroehmann — Mary à tout prix (1998)

    Impossible de ne pas parler de Mary à tout prix (1h59), ce film culte dans lequel Ben Stiller incarne Ted, adolescent empoté marqué à vie par un rendez-vous catastrophique avec Mary (Cameron Diaz). Devenu adulte, il est toujours obsédé par ce premier amour. On se retrouve avec une comédie romantique volontairement trash, comme Hollywood savait en faire dans les années 90. L’acteur est dans son élément et ça se voit : il se lance la tête la première dans les situations humiliantes, et installe un malais constant. Du Ben Stiller tout craché. 

    Ce qui tient le film, c’est justement cette capacité à encaisser. Ted est un punching-ball humain, mais Stiller ne le rend jamais pathétique : il en fait quelqu’un de profondément attachant, un type qui croit encore à la possibilité d’une histoire simple dans un monde complètement barré. C’est la force de Ben Stiller dans chacun de ses films : réussir à rendre ses personnages si profondément humains qu’on n’oserait se moquer d’eux. 

    Walter Mitty — La Vie rêvée de Walter Mitty (2013)

    Avec La Vie rêvée de Walter Mitty (1h54), Ben Stiller est derrière et devant la caméra. C’est le moment où il a arrêté d’être juste « le mec marrant ». Ici, il raconte l’histoire d’un homme discret qui s’évade dans des fantasmes héroïques avant de se lancer, enfin, dans une vraie aventure. C’est l’un de ses rôles les plus doux et les plus mélancoliques : Walter est un rêveur silencieux, un type qui s’efface, qui n’ose pas, qui veut une vie qu’il ne se sent pas capable de mener et qui finit par se découvrir en allant au bout du monde. Stiller y joue en retenue, loin du bruit de ses comédies les plus hystériques. Nous avons tous été Walter, ce type qui s’imagine sauver un chien d’un immeuble en flammes alors qu’il n’arrive pas à dire bonjour à la collègue de la compta. Ce Walter n’est pas un clown triste, mais un homme ordinaire qui se met progressivement à occuper sa propre vie avec du Arcade Fire ou du Bowie en bande originale.

    La mise en scène, très travaillée, rend justice à cette bascule entre fantasme et réalité. Et finalement, ce que le film arrive à montrer, c’est que même un homme ordinaire avec une vie ordinaire est un héros du quotidien. Walter Mitty a dû partir à l’autre bout du monde pour s’en apercevoir. C'est une pépite de mélancolie qui vous donne envie de balancer votre ordinateur par la fenêtre et de prendre le premier billet d'avion pour le Groenland. Si vous ne connaissez de Ben Stiller que ses rôles comiques, ce film est une parfaite porte d’entrée vers son versant plus intime, qu’on retrouve aussi dans son travail de réalisateur sur la série Escape at Dannemora (2018), ou encore dans Severance (2022-), un véritable chef-d'œuvre.

    Derek Zoolander — Zoolander (2001)

    Zoolander (1h29), c’est l’idiotie élevée au rang d’art moderne. Ben Stiller incarne Derek, mannequin tellement stupide qu’il en devient poétique. Il est persuadé que son regard « Blue Steel » peut tout résoudre alors que ça ressemble plutôt à une constipation intense ! C’est sans doute l’un de ses personnages les plus cultes : un mélange de bêtise assumée, de fragilité infantile et de mégalomanie totale. En tant que réalisateur, Stiller construit autour de lui un univers complètement absurde, peuplé de stylistes mégalos, de défilés grotesques et de complots improbables.

    Comme toujours, il donne tout. Il joue ce rôle comme s’il jouait du Shakespeare et incarne Derek avec une gravité assez déstabilisante. Je pense que c’est pour cela que ça marche : c’est un rôle qui lui permet de pousser très loin le burlesque, les grimaces, les poses ridicules, tout en gardant un fond d’innocence qui nous empêche de le détester. Si vous avez envie de débrancher votre cerveau (et je veux dire, VRAIMENT le débrancher), c’est le film parfaitement divertissant, un peu comme un 21 Jump Street (2012). 

    Tugg Speedman — Tonnerre sous les tropiques (2008)

    Tonnerre sous les tropiques (1h47) tient du miracle. Réussir un film comme ça, c’est fort. Ben Stiller interprète Tugg Speedman, star d’action sur le déclin, une sorte de Stallone au rabais qui tourne un film de guerre censé relancer sa carrière. Le pitch est génial : une bande d’acteurs narcissiques lâchés dans la jungle, persuadés de tourner le film du siècle alors qu’ils sont au milieu d’un vrai conflit. C’est méta, c’est absurde, c’est méchant. Stiller tire à balles réelles sur Hollywood et rentre dans la caricature de la caricature, lui permettant d’avoir le champ libre et d’adopter un humour qui dépasse le 2ᵉ et 3ᵉ degré. 

    Tugg est un concentré de tout ce que Stiller aime explorer : l’insécurité, le besoin maladif de reconnaissance, l’absurdité d’un système qui pousse les acteurs à se perdre. Il joue ce type paumé avec un mélange de sincérité et d’excès, entre crises d’ego et moments de lucidité brutale. On parle souvent de la performance incroyable de Robert Downey Jr. ou du rôle délirant de Tom Cruise, mais Stiller est inoubliable dans ce film. Si vous aimez les œuvres qui se moquent d’Hollywood de l’intérieur et qui osent être dans le politiquement (très) incorrect, alors foncez.

    Chas Tenenbaum — La Famille Tenenbaum (2001)

    À quoi pensez-vous quand on vous parle de La Famille Tenenbaum (1h50) ? Moi je pense immédiatement au survêtement rouge de Ben Stiller. Il campe Chas, un ancien enfant prodige de la finance devenu père ultra-anxieux depuis la mort de sa femme. Sous ce survet’ et la coupe stricte, il joue un homme en deuil qui tente de tout contrôler pour éviter que le monde ne s’effondre de nouveau. Oubliez le Ben Stiller rigolo, là, c'est avec le visage fermé qu’il joue ce rôle mélodramatique offert par Wes Anderson.

    Chas est une cocotte-minute : autoritaire avec ses fils, fermé aux autres, en colère contre son père, incapable de lâcher prise, toujours à deux doigts d’exploser. On l’a vu sur ses films précédents, Ben Stiller sait parfaitement jouer la fragilité cachée par l’agressivité et le viril. La rage de l’acteur contraste parfaitement avec le style symétrique, carré, « maison de poupée » de Wes Anderson, et lorsqu’il finit par craquer, c’est frissons garantis. 

  • « Floor is lava ! » : les scènes de volcan les plus brûlantes du cinéma

    « Floor is lava ! » : les scènes de volcan les plus brûlantes du cinéma

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Qu’ils explosent sur notre bonne vieille planète, dans les plaines désolées de la Terre du Milieu ou dans une galaxie lointaine très lointaine, les volcans nous ont offert des séquences marquantes depuis les débuts cinéma (dès 1908 avec The Last Days of Pompeii !). Des catastrophes de plus en plus impressionnantes à mesure que les effets spéciaux se sont développés et améliorés.

    Fumée, lave, tremblements de terre… Les artisans des effets visuels n’ont jamais lésiné sur les moyens pour nous proposer des scènes aussi brûlantes qu’immersives, nourrissant ainsi nos imaginaires d’éruptions toujours plus mémorables. Et même si je sors assez frustré de Avatar : de feu et de cendres sur ce point précis (il y a au final beaucoup d'eau mais le vortex enflammé final est superbe !), c'est l'occasion d'accompagner le peuple de Varang (Oona Chaplin) à la redécouverte des grandes scènes de volcans qui ont marqué le cinéma.Pour JustWatch, je vous propose donc un classement très personnel des moments « chauds » les plus iconiques, terminant en apothéose avec le plus réussi (à mes yeux). Suivez le guide… et ne vous brûlez pas !

    NB : je me suis concentré sur les éruptions volcaniques de fiction, mais que cela ne vous empêche pas de jeter un oeil aux documentaires très réussis que sont Into the Inferno (2016), Fire of Love (2022), Whakaari : Dans le piège du volcan (2022) ou Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft (2024).

    9. Fusion - The Core (2003)

    Techniquement, c’est vrai, on n’est pas tout à fait dans l'éruption volcanique. Mais voir une mission naviguer dans un sous-marin indestructible au cœur du manteau brûlant de la croûte terrestre pour tenter d’atteindre le noyau (à l’arrêt) de la planète et tenter de le relancer à grands coups d’explosions nucléaires, on peut quand même se dire que ça compte, vous ne pensez pas ? Surtout qu’il y a au final plus de lave dans Fusion - The Core (2003) que dans tous les films de cette page réunis ! Donc je me permets de l’intégrer à cette sélection, d’autant que l’une des séquences, au cœur d’une géode géante fissurée, nous offre une cascade de magma du plus bel effet.

    Et puis vous l’aurez sans doute compris, j’ai une vraie affection pour ce film-catastrophe méconnu, au pitch certes improbable mais qui possède tous les ingrédients qu’on aime dans le genre : une brochette de personnages attachants, des dysfonctionnements terrestres inédits, des effets visuels plutôt réussis, un scénario qui élimine les protagonistes les uns après les autres avec une dimension sacrificielle qui décroche quelques larmes… et puis un casting vraiment chouette, où se croisent Aaron Eckhart, Hilary Swank, Delroy Lindo, Stanley Tucci, Bruce Greenwood, Richard Jenkins, Alfre Woodard et notre regretté Tchéky Karyo national. En plus, je l'ai vu à l'époque dans feu la salle parisienne de l'UGC Orient-Express, avec les vibrations du métro pour accompagner ma projection. De la 4DX avant l'heure !

    8. Vaiana (2016)

    Vous vous souvenez de Te Kā, immense créature de lave, de roches et de cendres que l'intrépide Vaiana (2016) affronte à la fin du classique Disney ? Ce démon flamboyant chargé de colère a aisément gagné sa place ici, alors qu’il tente d'empêcher notre exploratrice et son acolyte Maui (et l'inénarrable poulet Hey Hey) de restituer le cœur de Te Fiti, une pierre magique subtilisée à la déesse de la vie. Véritable volcan vivant, Te Kā est une création impressionnante du bestiaire animé, avec une peau brûlée et craquelée laissant apparaître des lignes de feu et des mains en magma capables de lancer des projectiles enflammés sur nos héros.

    J’aime beaucoup l’animation du personnage, et notamment son visage proche d’un masque de la commedia dell'arte où se lisent des émotions simples et pures. La séquence au ralenti où Te Kā se rue, tel un animal enragé, vers Vaiana qui vient vers elle en chantant, vaut à elle seule une place dans ce classement. J'ai hâte de voir ce que donnera la version live action de Vaiana en 2026. Si vous aimez les volcans animés made in Disney, Les Indestructibles (2004) propose un combat mémorable au bord d’un lac de lave, alors que le segment L'Oiseau de feu de Fantasia 2000 met en scène une somptueuse créature brûlante sur la musique d'Igor Stravinsky, comme un écho au Sacre du printemps du Fantasia original (1940). Sans oublier le court métrage Lava (2014), géniale histoire d’amour volcanique et musicale imaginée par le studio Pixar.

    7. Pompei (2014)

    L’éruption du Vésuve, qui ensevelit la ville italienne en 79 après JC, est assurément l’une des plus célèbres de l’Histoire. Une catastrophe qui a régulièrement inspiré le cinéma et la télévision, notamment avec le classique du péplum Les Derniers jours de Pompéi (1959) mais aussi le blockbuster Pompei (2014) signé Paul W.S. Anderson. Soyons clairs, le long métrage ne brille pas par sa qualité scénaristique où Kit Harington (échappé de Game of Thrones), Carrie-Anne Moss, Emily Browning et Kiefer Sutherland semblent un peu perdus (heureusement que Adewale Akinnuoye-Agbaje est là !). Il est en revanche généreux en termes de spectacle volcanique. 

    Ce film, finalement, c’est un peu une tentative de croisement entre Gladiator (2000), la série Rome (2005-2007) et un film de volcan. Et c’est cette partie du cocktail qui fonctionne le mieux. Et c’est le minimum, me direz-vous ! C’est vrai, après tout : un film baptisé Pompei se doit de livrer une éruption digne de ce nom. Et pour le coup on est servi alors que la lave, les gaz, les cendres, les fumées et une pluie de feu déferlent sur les décors de la cité romaine, accompagnés de séismes et de tsunami. Ça tremble beaucoup, ça détruit beaucoup, ça meurt beaucoup… et en 3D, s’il vous plaît ! Bref, la promesse du titre est tenue et c’est essentiellement ce qu’on lui demandait. D’où cette place de choix sur cette page.

    6. Skyfire (2019)

    Sorti directement en vidéo en France, Skyfire (2019) est une production sino-américaine qui s’inscrit dans la veine du film de requins géants En eaux troubles (2018) avec Jason Statham : un popcorn movie assumé qui croise financements, techniciens et comédiens hollywoodiens et chinois, afin d’offrir un spectacle à ambition mondiale. Confié à Simon West (Les Ailes de l'enfer, Lara Croft : Tomb Raider), le long métrage assume son genre de « film de volcan », en confrontant les vacanciers d’une île paradisiaque à une éruption dévastatrice.

    Comme le second volet de la saga Jurassic World (on y reviendra plus tard), il ne faut pas chercher ici la logique entrepreneuriale derrière la construction d’un complexe touristique de luxe sur une île volcanique. Ni la véracité scientifique. On est là pour le spectacle, et celui offert par Skyfire est vraiment au rendez-vous. Les scènes de destructions, d’explosions et de sauvetages sont impressionnantes, avec une mention spéciale à ce 4x4 suspendu à un treuil le long d’une paroi où s’écoulent des flots de lave. Dommage que les rebondissements et les personnages soient aussi clichés…

    5. 2012 (2009)

    Il était une fois la fin du monde par le réalisateur du Jour d’après (2004). 2012 (2009), c’est un peu l’Apocalypse selon Saint Roland Emmerich, qui s’inspire d’une prophétie maya pour orchestrer une destruction globale à l’échelle planétaire. Comme il sait parfaitement le faire, cet artisan du chaos confronte alors une distribution chorale et internationale (où se croisent notamment John Cusack, Chiwetel Ejiofor, Amanda Peet, Thandiwe Newton, Danny Glover…) à une succession de phénomènes aussi mortels qu’impressionnants.

    Film-catastrophe ultime, 2012 ne lésine pas sur les moyens et offre des séquences de dégâts ultra-généreuses. Tsunamis, tremblements de terre, naufrage, crash aérien… il y en a pour tous les goûts ! Et notamment une éruption volcanique titanesque au panache proche de celui d’une explosion nucléaire, dont le souffle couche les forêts alentours et qui est commentée en direct depuis une colline adjacente par un Woody Harrelson attachant en Charlie Frost, un illuminé prophète de l’Apocalypse qui vit le moment au plus près pour ses auditeurs. Jusqu’à ce qu'un rocher de plusieurs tonnes l’amène à rendre l’antenne.

    4. Jurassic World : Fallen Kingdom (2018)

    Qui a eu la bonne idée de construire un parc animalier dinosauresque aussi coûteux que Jurassic World sur une île volcanique ? Je ne vais même pas essayer d’apporter des réponses à ce débat qui concerne avant tout les assureurs d’InGen ! En revanche, je peux dire que ce qui était une idée fumeuse (!) nous offre une séquence ultra-spectaculaire dans Jurassic World : Fallen Kingdom (2018). Car la première partie du long métrage met en scène une opération de secours pour sauver le maximum de sauriens de l’explosion imminente qui menace l’archipel.

    Avec l’impressionnant tsunami de The Impossible (2012), Juan Antonio Bayona a prouvé qu’il était un artisan talentueux  pour orchestrer des catastrophes mémorables à l’écran. Et après l’eau, il démontre ici sa maîtrise du feu, de la fumée et de la lave alors que Chris Pratt, Bryce Dallas Howard et plein de dinos effrayés tentent d’échapper aux flammes et aux cendres qui déferlent sur les pentes autrefois vertes d’Isla Nublar. Même si le volcan en question ne respecte pas tout à fait les lois de la nature (il est à la fois explosif et effusif, ce qui a fait hurler plus d’un volcanologue !), et même si Owen ressort miraculeusement indemne de tout ce qu’il traverse, l’ensemble de la scène mérite de figurer haut dans ce classement.

    3. Le Pic de Dante (1997) / Volcano (1997)

    Impossible de dissocier ces deux propositions concurrentes, sorties la même année dans le cadre d’un face à face comme Hollywood en a le secret (Armageddon / Deep Impact feront la même chose l’année suivante avec la menace d’un astéroïde, tout comme 1001 Pattes et Fourmiz avec l’animation à hauteur d'insectes). Lancées dans les salles en 1997, dans un duel brûlant, les deux superproductions Le Pic de Dante et Volcano ont pris deux chemins différents dans le genre du « volcano movie » : le premier propose une catastrophe rurale dans une petite localité élue « deuxième ville américaine la plus agréable », quand le second fait émerger un cratère brûlant au coeur de… Los Angeles.

    A l’écran, pourtant, les films se ressemblent beaucoup. Même couple de comédiens solides en tête d’affiche (Pierce Brosnan et Linda Hamilton d’un côté, Tommy Lee Jones et Anne Heche de l’autre). Même budget conséquent pour restituer une catastrophe spectaculaire à l’écran (respectivement 116 et 90 millions de dollars de budget). Même structure scénaristique  (signes avant-coureurs, incrédulité générale, succession ininterrompue de catastrophes « même quand on pense que c’est terminé il y en a encore »). Même sacrifice marquant d’un personnage secondaire (la grand-mère dans le lac acide dans Le Pic de Dante, le pompier qui saute à pied joint dans le magma pour Volcano). Et surtout, même impact dans la culture populaire, car quand on dit « film de volcan », ces deux titres sont toujours cités.

    2. Le Seigneur des Anneaux : le Retour du Roi (2003)

    « Je ne peux le porter pour vous, mais je peux vous porter vous ! » Qu’est-ce que j’ai pu verser comme larmes devant cette réplique mémorable du Seigneur des Anneaux : le Retour du Roi (2003). Un moment puissant où le discret et fidèle Sam (Sean Astin) confirme son statut de vrai héros de la trilogie, sur les notes épiques de Howard Shore. C’est sur les flancs de la Montagne du Destin, entourés des cendres stériles et des vapeurs toxiques du Mordor, que lui et Frodon (Elijah Wood) achèvent leur quête pour détruire l’Anneau unique, pas après pas lors d’une ascension épuisante vers la porte cachée sur le flanc du volcan.

    Ce paysage désolé va bientôt se transformer en fournaise, quand la puissance maléfique de Sauron se dissout dans la roche en fusion. S’enfuyant tant bien que mal, Frodon et Sam sont poursuivis par des torrents de lave et trouvent refuge sur un promontoire entouré par les flots rougeoyants, alors que le ciel est envahi de projectiles brûlants et de fumées noires, à la fin de toute chose. Ce presque-dénouement (Peter Jackson a chargé le final de ce troisième opus en conclusion successives !) est une apocalypse sublime, où le feu semble « nettoyer » le Mal imaginé par Tolkien. Un immense moment de cinéma, qui me transporte à chaque fois.

    1. Star Wars : Episode III : la Revanche des Sith (2005)

    « Tu essaieras… » J’adore cette réplique de  Star Wars - Episode III : la Revanche des Sith (2005), lancée de manière sombre et implacable par Anakin Skywalker à son ancien mentor Obi-Wan Kenobi alors qu’il dégaine son sabre-laser pour arrêter celui qui est devenu un Seigneur Sith. Tranchant avec l’affection qui unissait les deux Jedi, cette phrase sonne comme une réplique cinglante du Padawan à celui qui fut son ami, et donne le coup d’envoi du combat entre les deux hommes. Un affrontement alors attendu depuis… 28 ans et le face-à-face entre Dark Vador et Obi-Wan (alors campé par Alec Guinness) de Star Wars - Episode IV : Un Nouvel Espoir (1977) dans les couloirs de l’Etoile de la Mort.

    La planète volcanique Mustafar sert de cadre à ce duel fratricide, qui voit Hayden Christensen et Ewan McGregor croiser les lames dans une ambiance rougeoyante, entourés de fumées, de flammes, de cendres, de vapeurs et de roches noires. Le combat culmine avec une passe d’armes épique sur un frêle esquif chahuté par des flots de lave brûlante, et se termine sur la rive où Anakin devient Vador et se retrouve définitivement consumé par la haine du côté obscur de la Force. Pour son iconographie comme pour la tragédie qu’il porte, pour son statut de dernière pièce du puzzle Star Wars version George Lucas, ce moment ne peut que dominer ce classement, comme Obi-Wan « domine » (techniquement et géographiquement) un ancien petit garçon de Tatooine devenu son meilleur ennemi.

  • Eleven, Will, Max… : qui pourrait mourir dans Stranger Things ?

    Eleven, Will, Max… : qui pourrait mourir dans Stranger Things ?

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    C’est une question à laquelle on n’aimerait pas répondre (car, après tout, personne ne devrait mourir !). Mais, alors que Stranger Things (2016-2025) s’apprête à tirer sa révérence sur Netflix, il faut bien la formuler : tout le monde sortira t-il indemne du final de la série ?

    Les frères Duffer, architectes d’une histoire devenue culte, vont refermer les portes d’Hawkins en entraînant les fans dans une fin qu’ils ont, selon leurs propres aveux, envisagée depuis très longtemps. La réponse commencera à se dessiner dès le 26 décembre, avant un ultime rendez-vous le 1er janvier pour le dernier épisode de la saison 5… et du show. 

    Sur les réseaux sociaux, les théories s’emballent sur qui va survivre ou pas. Un ou des sacrifice(s) héroïque(s) sont-ils à prévoir ? Un twist final pourrait-il surprendre tout le monde ? Va t-on dire adieu à certains personnages incontournables ? Beaucoup de questions, mais une seule chose est sûre à l’heure où j’écris ces lignes : la série n’a jamais autant flirté avec l’irréversible.

    1. Eleven, l’ultime sacrifice ?

    Héroïne de la série, traquée pour ses pouvoirs, seule à posséder la puissance pour réellement combattre Vecna : Eleven (Millie Bobby Brown) semble être le rempart au basculement total d’Hawkins dans l’Upside Down. Devra-t-elle payer de sa vie le maintien d’un monde « à l’endroit » ? Les efforts à consentir semblent être si grands que le sang risque de beaucoup couler de ses narines… De quoi ne pas s’en remettre ? Les aventures d’Hawkins finiraient avec Eleven, comme elles ont commencé cinq saisons plus tôt. Pas sûre que les frères Duffer se laissent aller à cette conclusion un peu clichée.

    2. Will, l’arme trop fragile de Vecna ?

    Depuis la saison 1 où il a été enlevé par Vecna, Will Byers (Noah Schnapp) est lié au Monde à l’Envers. De retour dans un état semi-comateux, le personnage est LA révélation de cette fin de première partie de saison 5. Je ne vous spoile pas plus si vous n’avez pas encore vu les épisodes. Est-ce que cette montée en puissance du personnage pourrait suggérer un sacrifice final destiné à sceller définitivement le portail et couper les liens entre les deux mondes ? Narrativement, cette hypothèse bouclerait la boucle.

    3. Max, déjà loin ?

    Cliniquement morte pendant un peu plus d’une minute à la fin de la saison 4, avant qu’Eleven ne la ramène à la vie, Max (Sadie Sink) est mal en point dans cette cinquième saison puisqu’elle est dans le coma avec plusieurs membres brisés. Selon certains, Max ne serait plus qu’un esprit dans un corps vide : elle pourrait ne jamais se réveiller, prisonnière de Vecna, ou alors dans un état végétatif (handicap ou séquelles psychologiques lourdes). Mais, mais mais… Et si sa connexion à l’esprit de Vecna lui permettait de « le tuer de l’intérieur » ? Sa mort différée aurait un goût de sacrifice indirect. Running Up That Hill devenant l’hymne de la victoire définitive face au Mal.

    4. Steve, la théorie la plus logique ?

    C’est l’un des personnages qui a le plus évolué dans la galaxie Stranger Things. Après avoir joué les ados arrogants, Steve (Joe Keery) est devenu un élément moteur, protecteur, presque une figure paternelle… Et paradoxalement il n’a plus d’arc personnel évident à conclure. Est-ce à dire que c’est une cible idéale ? Pour défendre Dustin, Nancy ou Robin, le jeune homme pourrait faire preuve d’un courage mortel. Un décès héroïque donc, qui le transformerait en martyr de Hawkins. Pourquoi pas une mort romantique aussi ? Steve pourrait sauver Nancy, qu’il n’a jamais vraiment cessé d’aimer… De quoi solder définitivement le triangle amoureux formé avec Jonathan.

    5. Karen, la mère louve ?

    Certes aucun parent n’a jamais eu vraiment à subir les foudres de Vecna, mais Karen (Cara Buono) joue un rôle un peu à part dans la série : mère de trois personnages clés (Mike, Nancy et Holly), qui ont tous « les mains dans le cambouis » gluant du Monde à l’envers, elle pourrait se sacrifier pour sauver l’un d’entre eux. Ce serait une bonne manière de faire rentrer définitivement dans l’âge adulte Mike et Nancy, Karen se positionnant comme une mère protectrice du foyer, contrairement à Joyce, davantage mère combattante.

    6. Vecna, la disparition ?

    Le grand méchant de l’histoire, alias Henry Creel, à la fois humain et monstre, règne sur le Monde à l’envers de manière organique. Le tuer, c’est l’assurance de voir s’effondrer cet univers maléfique avec lui. Certains fans de Stranger Things aimeraient sans doute que Vecna soit vaincu mais pas tué, histoire d’envisager une potentielle suite dans quelques années. Mais la fin la plus probable est que les frères Duffer le tue, entraînant la mort d’Eleven à l’issue d’un combat final d’anthologie. D’autant plus que les réalisateurs ont toujours promis une fin claire et que le public s’attend donc à une victoire nette. Plus que quelques jours à patienter pour avoir des réponses !

  • Zootopie et 6 films Disney qui ont failli être bien plus sombres !

    Zootopie et 6 films Disney qui ont failli être bien plus sombres !

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Disney a construit sa réputation sur la magie, la joie, les chansons entraînantes et les histoires d’amour qui finissent bien. Mais, parfois, derrière les sourires et les personnages secondaires rigolos, les origines de certains monuments de l’animation sont bien plus sombres qu’on l’imagine…

    Entre les contes cruels, les traumatismes et les changements de dernière minute, dès que l’on « soulève le capot », on prend ainsi conscience que tout n’est pas bonheur et papillons dans les coulisses du studio aux grandes oreilles. Dans cette sélection, j’ai voulu gratter cette surface.

    Pour JustWatch, je revisite sept classiques du studio qui, l’air de rien, racontent des histoires bien plus sombres qu’on pourrait le penser. Le but ici n’est pas de casser la magie, mais de rajouter une couche de lecture. 

    Zootopie (2016)

    Zootopie (1h48) se présente comme un buddy movie animalier très rafraîchissant, centré sur Judy Hopps, lapine flic idéaliste habitée par l'envie de changer le monde, et Nick Wilde, renard roublard et cynique mais rempli de bonté. Déjà, le film n'est pas si joyeux que cela, car sous ses airs de comédie policière, il aborde des sujets importants : racisme, préjugés et vivre ensemble. La ville, découpée en quartiers climatiques, est un décor parfait pour mettre en scène une société éclatée. Et même dans sa version finale, certains passages restent étonnamment durs pour un Disney grand public.

    Ce n’est donc pas surprenant d’apprendre que l’histoire originalement imaginée était bien plus sombre ! Nick devait être le personnage principal, renard désabusé bloqué dans une ville où les prédateurs portaient des colliers électriques se déclenchant à la moindre colère : le contrôle était institutionnalisé dans tout Zootopie, devenu un véritable État policier avec des lois discriminatoires. Dans toute cette noirceur, Nick était à la tête d’un parc d'attractions illégal, destiné au bon plaisir des prédateurs qui avaient besoin d’un peu de joie dans leur vie. Jugée trop sombre pour le public Disney, l’histoire a été entièrement remaniée par les équipes créatives. Cependant, je trouve que la nouvelle version est tout de même assez triste : la discrimination n’est plus aussi explicite et il n’y a pas de collier électrique, mais il y a bien une multitude de micro agressions et de propos racistes, même de la part de Judy. Elle parle elle-même « d’instincts sauvages ». 

    Toy Story (1995)

    Toy Story (1h21) est une magnifique histoire d’amitié entre Woody et Buzz, sur l’enfance, l’adolescence et l'émancipation. Pourtant, dans les premières versions du scénario, Woody était loin d’être le cow-boy rassurant que vous connaissez : il était autoritaire et cruel avec les autres jouets… presque tyrannique ! Pixar a cependant totalement adouci le personnage suite au tristement célèbre « Black Friday Reel ».

    Il s’agit d’une vidéo d’un storyboard montrant Woody qui jette Buzz par la fenêtre et qui se comporte de manière détestable. Quand la vidéo a été dévoilée en interne, l’accueil fut glacial par la direction, et par Tom Hanks (la voix originale du cowboy). À deux doigts de l’annulation, Toy Story a finalement vu le jour comme on le connaît aujourd’hui. Mais le ton reste assez mature : l’enfant qui démembre ses jouets, le sentiment d’abandon, la peur d’être remplacé… ce n’est pas pour rien qu’il reste toujours aussi populaire auprès des adultes ! 

    Le Roi Lion (1994)

    On peut bien se raconter ce qu’on veut, mais Le Roi Lion (1h28) n’a jamais été ce gentil petit film du mercredi pour occuper les gosses. Dès le départ, ça sent la tragédie shakespearienne qui va nous faire du mal. Je revois encore la chute de Mufasa : ce grand corps qui s’écroule, ce charisme qui se fait piétiner, cette tristesse de Simba. Un frère qui en tue un autre sans trembler, c’est presque biblique. On nage dans un dessin animé où les conflits se règlent dans la poussière et la fureur. Puis arrivent Timon et Pumba, Hakuna Matata, la savane joyeuse et colorée, et on retrouve cette ambiance presque enfantine avant que Scar ne refasse son entrée. 

    Scar, ce grand méchant de l’histoire, connaît une terrible fin alors qu’il chute et se retrouve littéralement dévoré par ses anciennes alliées hyènes. Rien de joyeux. Mais, l’idée originale est pire : Simba est celui qui tombe du rocher pendant que Scar lui lance un « Goodnight, sweet prince » emprunté à Hamlet, avant de rire, seul, au milieu des flammes. Pire encore, alors que Simba a succombé et Scar est le nouveau roi, il décide de choisir Nala comme épouse afin d’asseoir son pouvoir. Heureusement, ces idées sont restées à l’état d’esquisses afin que les enfants puissent regarder le film sans être traumatisés.

    La Reine des neiges (2013)

    La Reine des neiges (1h42) s’inspire très librement du conte d’Andersen, beaucoup plus froid et cruel. Dans cette histoire, la Reine des neiges est presque inhumaine et enlève un petit garçon après qu’un éclat de miroir se soit logé dans son cœur et son œil. Ce qui est fascinant, c’est que le film lui-même a basculé de la pure méchante à l’anti héroïne tourmentée grâce à une chanson : oui, c’est bien l’écriture de Libérée, Délivrée (Let It go en version originale), la chanson qui a traumatisé les parents, qui a tout changé.

    Au départ, Elsa avait les cheveux noirs, la peau bleue, et les compositeurs, Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez, avaient une consigne : « Écrivez-nous une chanson de méchante ». Cependant ce fut un gros raté puisqu'en composant Let It Go, ils ne sortent pas l’équivalent de la marche impériale du Grand Nord, mais un hymne à la catharsis, un cri de rage et de liberté. Et voilà, le personnage avait pris le pouvoir sur ses créateurs, le script est parti à la poubelle et tout a été réécrit autour de cette émotion : un rejet des attentes de la société. Cette chanson explique donc parfaitement le film et le revirement à 180 degrés de l’histoire. On ne parle plus d’une grande méchante à la tête d’une armée de monstres, mais bien de solitude, de pouvoir qui se confond avec malédiction (souvenez-vous, un grand pouvoir implique de grandes responsabilités !), et d'émancipation d’une jeune femme. 

    Bambi (1942)

    Je pense que nous serons tous d’accord pour dire que Bambi (1h10) n’est pas juste une balade bucolique : c’est aussi le trauma fondateur de n’importe quel gamin né le siècle dernier. La mort de la maman, c’est la séquence qui nous hante toute notre vie. Dans la première version du script, le faon devait découvrir le cadavre de sa mère gisant dans une mare de sang, mais Walt Disney lui-même a mis son veto.

    Pour lui, l’horreur serait bien plus puissante si elle restait hors champ : pas de corps, pas de sang, juste un coup de feu, la neige, et notre imagination fait le travail. L’ombre de « l’homme » plane alors sur tout le récit, comme une menace qui peut ressurgir à tout moment.  D’ailleurs, dans les premiers jets de scénario, ce chasseur aurait pu être rattrapé par le karma puisqu’une version montrait le feu de forêt se retourner contre lui, avec une scène où il tentait de fuir les flammes avant de perdre la vie, piégé par l’incendie qu’il avait lui-même provoqué. Mais là encore, Walt Disney a dit non, estimant que cette scène risquerait de trop choquer. 

    Lilo & Stitch (2002)

    Lilo & Stitch (1h25) donne le sourire rien qu’en y repensant. C’est une bonne comédie SF ensoleillée, avec une petite Hawaïenne, une « peluche » extraterrestre incontrôlable, du surf, un ukulélé et Elvis en bande-son. Pourtant, le cœur du film n’est pas si joyeux puisqu’il aborde la précarité d’une famille recomposée, la menace des services sociaux, le sentiment d’être « de trop », et que tout va mal si l’on n'entre pas dans la norme. Nani, la grande sœur, elle, ne cherche pas le prince charmant, mais juste un travail pour payer les factures. 

    Le film a été rattrapé par l’actualité : une scène devait montrer Stitch, Jumba et toute la clique détourner un avion de ligne Boeing 747 pour faire du rase-mottes entre les immeubles de Honolulu ! Néanmoins, entre la création de cette séquence épique et la sortie du film, il y a eu le 11 septembre 2001. Tout ce passage a donc impérativement dû être modifié. Au lieu de tout refaire, les équipes ont simplement maquillé la scène : l’avion est devenu un vaisseau spatial rouge, les gratte-ciels se sont transformés en montagnes. Ni vu ni connu.

    Mulan (1998)

    Mulan (1h28) adapte très librement la ballade chinoise de Hua Mulan, guerrière qui prend la place de son père pour partir à la guerre. Disney garde l’essentiel : une jeune femme qui se travestit pour rejoindre l’armée, et qui doit affronter un monde où la femme n’a ni sa place ni droit au respect. Mais dans la légende, bien plus sombre, la guerre dure des années, le sang coule, et tout ne se finit pas par des feux d’artifice. Dans certaines versions du mythe, Mulan préfère en effet se donner la mort plutôt que de se plier à un mariage forcé. 

    Disney transforme donc ce récit tragique en aventure drôle et épique. Mais la violence n’est jamais loin, car je me souviens des champs de batailles jonchés de corps, et de la musique qui s’arrête net quand le village est incendié, ne laissant place qu’au silence, à la neige, aux ruines fumantes. Mulan s’est donc éloigné du tragique pur et dur, mais a gardé la rage. La rage d’une femme qui doit se comporter « comme un homme » pour se faire respecter, la rage du sacrifice et de l’honneur. Mulan reste, à mon sens, l’un des Disney les plus matures, et c’est pour ça qu’il marque autant. 

  • 150 battements par minute : ce film d’horreur qui a terrifié son actrice principale cartonne sur Netflix

    150 battements par minute : ce film d’horreur qui a terrifié son actrice principale cartonne sur Netflix

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Alors que les films disparaissent assez vite du Top Netflix au gré des nouvelles sorties, un long métrage inattendu ne cesse de gravir les échelons du classement hebdomadaire proposé par JustWatch. Installé sur la deuxième marche de notre Streaming Charts, juste derrière Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés (2025), Longlegs (2024) a ainsi bondi de 1800 places ces derniers jours, reproduisant chez les abonné.es le phénomène qu’il avait provoqué dans les salles de cinéma au moment de sa sortie.

    Ça parle de quoi « Longlegs » ?

    Sorti sur les écrans français et américains en juillet 2024, Longlegs est un thriller psychologique et horrifique, aux frontières du fantastique et de l’occulte, qui confronte une jeune recrue du FBI (Maika Monroe) à un tueur en série insaisissable (Nicolas Cage) qui s’attaque à des familles innocentes. Au cours de son enquête, elle se découvre un lien personnel avec ce monstre impitoyable et terrifiant… Dérangeant, flippant, clivant : qu’on apprécie ou pas cette plongée en enfer, le long métrage ne laisse clairement pas indifférent et se vit comme une vraie expérience d’horreur arty, découpée en trois chapitres de plus en plus glauques.

    Qui est le réalisateur de « Longlegs » ?

    Longlegs est signé Osgood Perkins, un comédien devenu réalisateur qui n’a jamais cessé d'œuvrer dans l’horreur depuis ses débuts derrière la caméra il y a dix ans. Après February (2015) avec Emma Roberts, I Am the Pretty Thing That Lives in the House (2016) avec Ruth Wilson et Gretel & Hansel (2020) avec Sophia Lillis, il explose aux yeux de la critique et du grand public avec Longlegs. Celui qui n’est autre que le fils de l’acteur Anthony Perkins -oui, oui, l’inoubliable Norman Bates de Psychose !- a depuis adapté Stephen King avec The Monkey (2025) et vient tout juste de sortir L'Élue (2025) sur nos écrans, confirmant son statut de nouveau Maître de l’horreur.

    Pourquoi l’actrice principale de « Longlegs » a-t-elle été terrifiée ?

    Longlegs, littéralement « longues jambes » tel qu’il se présente à une petite fille au début du long métrage, est un personnage assurément marquant. Mémorable, même, tant Nicolas Cage disparaît sous le maquillage glaçant du tueur. Pommettes saillantes, peau blafarde, cheveux filasses, voix aigüe : le comédien est méconnaissable -le monteur du film ne l’a pas reconnu !- et donne vie à un être vraiment étrange (cringe, diraient les jeunes) et plus vraiment humain, qui n’apparaît que pendant 13 minutes (j’ai chronométré !) et hante pourtant les 1h41 de visionnage. D’abord présenté hors-cadre, puis de loin, de profil ou caché derrière ses mains, il finit par s’inviter dans l’image au bout d’1h07. De quoi provoquer un jump-scare mémorable qui ferait bondir n’importe qui.

    Maika Monroe, qui ne partage qu’une seule et unique scène avec lui (un interrogatoire mémorable de cinq minutes), a découvert Nicolas Cage en Longlegs directement sur le tournage : le micro accroché à sa poitrine a alors enregistré une accélération nette de son rythme cardiaque, dont la fréquence a alors dépassé les 150 pulsations par minute ! Ce qui était la dernière journée de tournage de l’acteur a littéralement glacé le sang de la comédienne, qui se souvient d’un moment « complètement fou » où Cage avait totalement disparu pour laisser la place au personnage, inspiré notamment de la folie de sa propre mère. Afin de réserver la même surprise -et le même effet- aux spectateurs, Nicolas Cage a été invisibilisé du matériel promotionnel (affiches et bandes-annonces) du film.

    Est-ce que « Longlegs » fait vraiment peur ?

    Au moment de sa sortie, le buzz qui accompagnait Longlegs était inédit. Des avis flirtant avec la perfection sur les sites de notation, des retours évoquant le film le plus terrifiant de l’année (voire de la décennie), des premiers spectateurs traumatisés par le film… C’était peut-être -comme beaucoup de buzz cinéma- un peu exagéré. Mais il faut reconnaître au long métrage une vraie ambiance tordue, qui ne verse ni dans le gore ni dans le sursaut facile pour livrer, au contraire, une sensation malaisante réelle, de celles qui s’insinuent sous la peau et restent longtemps en mémoire.

    Dès lors, inévitablement, le film divisera, entre celles et ceux qui adhèrent à la proposition d’Osgood Perkins, et les autres qui resteront sur leur faim. J’étais, personnellement un peu entre les deux, avec une vraie admiration pour l’ambiance et le ton, mais déçu par un récit dont la résolution m’a un peu fait l’effet d’un « tout ça pour ça ». Mais dans le genre, Longlegs est vraiment réussi et va chercher du côté du Silence des Agneaux (1991), Se7en (1995), Le Témoin du Mal (1998), Zodiac (2007), The VVitch (2015), Hérédité (2018) ou Substitution - Bring Her Back (2025) côté cinéma, et les séries Mindhunter (2017-2019) ou Monstre (2022-) côté séries. Il pourrait être plus mal entouré !

    Est-ce que vous avez bien regardé « Longlegs » ?

    Vous avez vu le film au cinéma, en VOD ou sur Netflix ? Mais l’avez-vous bien regardé ? Car plusieurs éléments, glissés par le réalisateur, participent à créer l’ambiance pesante et maléfique du long métrage. Des occurrences du nombre « 666 » par exemple, à l’image et jusque dans un numéro de téléphone créé spécialement pour la sortie du film avec un message enregistré par Nicolas Cage / Longlegs (458-666-4355). Un générique de fin qui défile du haut vers le bas et non du bas vers le haut comme c’est la tradition (entraînant ainsi les noms vers les enfers ?). Ou encore une présence diabolique subliminale identifiée à 15 reprises tout au long de scènes-clé du film. Enfin, les plus attentifs auront aperçu la poupée Annabelle sur un plan : pas dans la forme qu’elle a pris dans les films de la saga Conjuring, mais bien en tant que poupon Raggedy Ann original, tel qu’il est précieusement conservé dans le Musée de l’Occulte des Warren.

  • 7 films de Noël incontournables adaptés de classiques de la littérature

    7 films de Noël incontournables adaptés de classiques de la littérature

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Le cinéma s’inspire très souvent de la littérature, mais il contribue également à faire connaître certaines histoires classiques à un public plus large. Y compris aux enfants, et en particulier à Noël.

    Si nous avons toutes et tous entendu parler de Scrooge ou des filles du Docteur March, ce n’est pas forcément parce que nous avons lu les livres (ou peut-être que si ?), mais parce que parfois, ces ouvrages ont bénéficié de nombreuses adaptations cinématographiques. Un Chant de Noël, le chef-d’œuvre de Dickens, a notamment eu droit à des dizaines de versions, sur petit comme sur grand écran !

    Pour JustWatch, je vous ai concocté une sélection d’adaptations de livres devenues cultes, à (re)découvrir à Noël.

    Les Quatre Filles du Docteur March (1994)

    Si plusieurs adaptations des Quatre Filles du Docteur March ont vu le jour au fil des décennies -la plus récente étant Les Filles du Docteur March réalisée par Greta Gerwig en 2019-, la version de 1994, réalisée par Gillian Armstrong, est mon adaptation préférée du roman de Louisa May Alcott. Et celle que je regarde à chaque Noël, sans exception. Une très grande partie du roman -et par conséquent du film- se déroule dans des paysages enneigés ou à Noël, ce qui rend le contraste avec la chaleur et la joie qui se dégagent de la maison des March d’autant plus saisissante.

    Publié à la fin du XIXe siècle, Little Women suit les aventures de Meg, Jo, Beth et Amy March, vivant dans le Massachusetts seules avec leur mère, Marmee, puisque leur père, Robert March, est un pasteur engagé volontairement dans l'armée. La famille se trouve plongée dans des difficultés financières qu’elle n'avait jamais connu auparavant, mais la bonne humeur, l’esprit de partage, leur amour du théâtre ainsi que le bonheur que leur procurent les bals, les amours et les nouvelles amitiés, leur permettent de tenir le coup et de chercher à s'en sortir coûte que coûte.   

    Le Drôle de Noël de Scrooge (2009)

    Certains personnages de la littérature ont réellement marqué leur temps, et se sont imposés au fil des siècles comme des figures incontournables de la culture littéraire. Ebenezer Scrooge, le personnage phare du conte Un Chant de Noël, écrit par Charles Dickens et paru en 1843, est l’un d'entre eux. « Balivernes ! » s'écrit Scrooge à quiconque osera lui parler de Noël. Le vieillard aigri et avare que la ville préfère éviter comme la peste, est l’ennemi numéro un de la joie et de la bonne humeur qui règnent dans les rues du Londres victorien à l’approche des fêtes de fin d’année.

    Si la vie est dure et terriblement éprouvante pour une bonne partie de la population, Scrooge qui est un homme très riche, n’a aucune empathie pour les plus nécessiteux, qu’ils soient de sa propre famille ou non. Mais alors que le vieil homme s’est une fois de plus montré odieux, la nuit du 24 décembre, les trois fantômes des Noëls passé, présent et futur lui rendent visite et espèrent lui apprendre une bonne leçon. 

    Le film d’animation Disney réalisé par Robert Zemeckis, Le Drôle de Noël de Scrooge (2009), est devenu un incontournable des fêtes. Tantôt enchanteresse, tantôt terrifiante, cette version est notamment élevée par un Jim Carrey qui campe le rôle d'Ebenezer Scrooge avec brio et un casting cinq étoiles, composé notamment de Colin Firth, Gary Oldman ou encore Lesley Manville. 

    Noël chez les Muppets (1992)

    La meilleure adaptation de Un Conte de Noël pour une ambiance plus détendue et moins sérieuse ? Noël chez les Muppets (1992), sans hésitation ! Quoique… Même si les Muppets et les interludes musicaux ajoutent des notes comiques à l’histoire, le film ne recule pas devant les moments plus sombres et tristes du conte de Dickens. 

    Ici, Michael Caine incarne Mr.Scrooge, et bien que ses partenaires de scènes se prénomment Kermit et Piggy, l’acteur joue le rôle avec autant de sérieux que si c'était une production de la Royal Shakespeare Company -ce qui, si l’on en croit les secrets de tournage, était la condition sinequanone pour qu’il accepte le rôle ! Réalisé par Brian Henson (de la Jim Henson Company), Noël chez les Muppets est devenu culte auprès de nombreuses générations. D’ailleurs, cette adaptation est souvent citée comme étant l’une des plus fidèles adaptations du texte original (marionnettes de grenouilles et de souris mises à part, évidemment !).

    Charles Dickens, l'homme qui inventa Noël (2017)

    Charles Dickens, l'homme qui inventa Noël (2017) est une adaptation un peu revisitée de Un Conte de Noël, certes un peu moins connue, mais qui mérite le détour puisqu’elle se démarque réellement des autres versions. Réalisé par Bharat Nalluri, ce film se concentre cette fois sur Charles Dickens lui-même et sur le processus de création de son œuvre la plus connue.

    Dans le film, nous rencontrons un Dickens en proie à des difficultés financières et subissant la pression de ses éditeurs : depuis le triomphe de son Oliver Twist, ses romans n’ont malheureusement pas connu un aussi grand succès. Il trouve peu à peu l'inspiration dans les rues de Londres, et décide d'écrire Un Chant de Noël, en seulement six semaines, afin que le roman paraisse à temps pour le 25 décembre.

    C’est Dan Stevens qui incarne un Dickens très drôle -et un peu en proie à la panique- et Christopher Plummer qui tient le rôle de Scrooge, venant rendre visite à son créateur alors que celui-ci se démène pour terminer l’histoire à temps. 

    Casse-Noisette et les Quatre Royaumes (2018)

    Casse-Noisette est également l’un des contes de Noël les plus connus et les plus adaptés, que ce soit sous forme de ballets ou de films. D’abord écrite par E.T.A. Hoffmann puis repris par Alexandre Dumas, l’histoire a été adaptée par Disney en 2019 dans Casse-Noisette et les Quatre Royaumes (2018). Lasse Hallström et Joe Johnston signet une adaptation qui rend sait rendre hommage au livre ainsi qu’au ballet.

    Nous suivons les aventures de la jeune Clara qui vient de perdre sa mère et qui, le soir de Noël, cherche à trouver une clé attachée à un fil doré qui la conduira dans un royaume magique où vivent souris, fée dragée, et gardes casse-noisettes. La bande originale de James Newton Howard, qui reprend certains thèmes du ballet de Tchaïkovski, et les paysages enneigés et magiques vous feront passer un moment hors du temps. 

    Eloïse fête Noël (2003)

    Eloïse, la fameuse héroïne des romans écrits par Kay Thompson dans les années 50, est peut-être un peu moins connue en France, mais elle a elle aussi bénéficié de sa propre histoire de Noël… et de son propre film !

    Dans Eloïse fête Noël (2003), réalisé par Kevin Lima, la petite fille de 6 ans qui vit au dernier étage du Plaza Hotel à New York, joue les cupidons de Noël, lorsqu’elle elle apprend que la fille du propriétaire de l'hôtel va se marier avec un homme dont elle n’est pas amoureuse ! Eloïse n’est certes pas en reste de bêtises en tous genres, mais c’est également une petite fille attendrissante, qui peut compter sur sa nounou, ici incarnée par l’immense Julie Andrews. 

    Le Grinch (2000)

    34 ans après la sortie du téléfilm animé Comment le Grinch a volé Noël ! (1966), Ron Howard s’attaque à l'œuvre la plus connue du Dr. Seuss avec Le Grinch (2000). Là aussi, Jim Carrey incarne un personnage phare de la littérature, le Grinch lui-même, un grincheux aux poils verts et au sourire narquois qui s'apprête à voler le Noël des habitants de Chouville. En même temps, au regard de la façon dont les habitants de la ville l'avaient traité, on a tendance à être beaucoup moins sévère avec le Grinch… surtout lorsqu’il est accompagné de son adorable chien, Max !

    Le film fête ses 25 ans cette année, et ressort au cinéma aux Etats-Unis. Avec un peu de chance, la France aura elle aussi le droit de célébrer l'anniversaire de l’un des longs métrages de Noël les plus iconiques qui existent, en le revoyant sur grand écran dans sa version restaurée !

  • OVNI : ce documentaire étonnant devient un phénomène streaming

    OVNI : ce documentaire étonnant devient un phénomène streaming

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « La vérité est ailleurs », lançait en leitmotiv Fox Mulder dans la série culte X-Files, aux frontières du réel (1993-2018). Elle pourrait commencer avec le documentaire The Age of Disclosure (2025), consacré aux observations d’OVNIs et véritable phénomène streaming outre-Atlantique depuis sa mise en ligne à la fin du mois de novembre.

    C’est quoi « The Age of Disclosure » ?

    The Age of Disclosure, qu’on peut traduire par « L’âge de la transparence » ou « L'ère de la divulgation », est le fruit d’une enquête de trois ans menée par Dan Farah autour des observations de phénomènes non-expliqués aux Etats-Unis. En donnant la parole à une trentaine de responsables issus des plus hautes sphères du gouvernement américain, le cinéaste souhaite mettre en lumière le secret qui entoure depuis plus de 80 ans la question qui a toujours habité l’être humain : sommes-nous seuls dans l’univers ?

    Selon les intervenants du documentaire, non seulement nous ne sommes pas seuls dans l’univers… mais sur Terre alors que les observations, récupérations et contacts avec des intelligences non-humaines se multiplieraient à mesure que nos systèmes de détection sont de plus en plus performants. Le film met en lumière l’omerta qui aurait été mise en place depuis huit décennies, à la fois pour protéger une Humanité pas encore prête pour cette révélation mais également pour laisser le temps à des services ultra-secrets de mener un processus de rétro-ingénierie dans le cadre d’une nouvelle Guerre Froide entre grandes puissances pour la maîtrise de cette technologie très en avance sur la nôtre. 

    Qui sont les intervenants de « The Age of Disclosure » ?

    Bien évidemment, on est libre de croire ou de ne pas croire le documentaire. Après tout, il peut s’agir d’une supercherie savamment orchestrée, comme le fut dans les années 90 la savoureuse « autopsie des corps extraterrestres de Roswell » qui avait fait le tour des plateaux de télévision du monde entier. Mais il faut avouer que la brochette de hauts responsables interrogés par Dan Farah… interroge (!), alors que se succèdent face à sa caméra -et à visages découverts- des (très) hauts gradés, scientifiques et autres élus, qui ont tout à perdre à jouer les lanceurs d’alerte sur l’épineuse question des OVNIs. On apprend d’ailleurs au passage qu’on ne dit plus désormais Objets Volants Non Identifiés (ou UFOs pour Unknown Flying Objects), mais PAN (Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés) ou UAP (pour Unidentified Aerial/Anomalous Phenomena).

    Dans des interviews ou des extraits de commissions, les intervenants (menés par Lue Elizondo et Jay Stratton en figures centrales) y partagent ainsi leurs observations, expériences, hypothèses et craintes dans la limite de ce que la légalité leur permet de faire. En effet, dans The Age of Disclosure, seules seraient divulguées les informations déclassifiées, sommet d’un iceberg de dissimulations et de conspirations orchestrées sans même l’aval des différents Présidents qui se sont succédés à la Maison Blanche, pilotées dans l’ombre par un complexe militaro-industriel nébuleux. Des personnes dont les pedigrees sont plus qu’impressionnants, et qui donnent au propos du documentaire un écho intéressant alors que certaines d’entre elles ont été interrogées par le Congrès lors d’auditions publiques :

    • Lue Elizondo - ancien membre du Ministère de la Défense
    • Jay Stratton - agent de renseignement de la NAVY
    • Dr. Hal Puthoff - physicien quantique et responsable scientifique AATIP
    • Dr. Eric Davis - astrophysicien et conseiller scientifique AATIP
    • Colonel James Cobb - ancien pilote de l’US Air Force / vice-directeur des opérations NORAD
    • Commandant David Fravor - ancien pilote de l’US Air Force
    • Lieutenant-commandant Alex Dietrich - ancienne pilote de l’US Air Force
    • Lieutenant Ryan Graves - ancien pilote de l’US Air Force
    • Christopher Mellon - ancien membre du Département de la Défense
    • Marco Rubio - Secrétaire d’Etat / Conseiller à la sécurité nationale
    • Kirsten Gillibrand - Sénatrice
    • Lieutenant-Général James Clapper - ancien membre de l’US Air Force / ancien Directeur du renseignement national
    • Mike Gallagher - membre du Congrès
    • Mike Rounds - Sénateur
    • Dan Crenshaw - membre du Congrès
    • Brett Fedderson - ancien Directeur de la sécurité aérienne
    • Dr. Travis Taylor - physicien quantique
    • Contre-Amiral Dr. Tim Gallaudet - chef océanographe de la Marine américaine
    • Dr. Garry Nolan - Université de Stanford
    • Mike Flaherty - ancien officier du renseignement
    • Martin Heinrich - Sénateur
    • Mitt Romney - Sénateur
    • Contre-Amiral John Kirby - coordination du conseil de Sécurité Nationale
    • Harry Reid - ancien chef de la majorité au Sénat
    • Avril Haines - Directrice du renseignement national
    • John Brennan - ancien Directeur de la CIA
    • Anna Paulina Luna - membre du Congrès
    • André Carson - membre du Congrès
    • Adam Schiff - membre du Congrès
    • Scott Bray - Directeur adjoint du renseignement naval
    • Ronald Moultrie - Sous-secrétaire de la défense pour le renseignement et la sécurité
    • John Robert - ancien membre de l’AATIP / officiel de la DIA
    • Chris Miller - ancien Secrétaire à la Défense par intérim
    • Jim Semivan - ancien agent senior de la CIA
    • Tim Burchett - membre du Congrès
    • Mike Gold - membre de l’équipe d’étude PAN de la NASA
    • Mario Woods - ancien membre des forces de sécurité de l’US Air Force
    • Lieutenant Bob Jacobs - ancien membre de l’US Air Force
    • Chaz King - ancien membre des forces de sécurité de l’US Air Force
    • Terry Lovelace - ancien membre de l’US Air Force
    • Bob Salas - ancien membre de l’US Air Force
    • Jeffrey Nuccetelli - ancien membre des forces de sécurité de l’US Air Force
    • Colonel Karl Nell - ancien conseiller militaire
    • David Grusch - lanceur d’alerte
    • Ryan Graves - lanceur d’alerte
    • Bill Nelson - Administrateur de la NASA
    • Général Gregory Guillot - Commandant du NORAD
    • Chuck Schumer - Sénateur

    Qui est le réalisateur de « The Age of Disclosure » ?

    Né en 1979, Dan Farah a œuvré comme producteur à Hollywood, notamment sur la série fantasy Les Chroniques de Shannara (2016-2017) et le Ready Player One (2018) de Steven Spielberg. Il a participé à la production du documentaire The Phenomenon (2020) de James Fox, également centré sur la question des OVNIs / PAN. Produit en secret sous la bannière de sa société Farah Films, The Age of Disclosure avait été dévoilé en mars 2025 dans le cadre du Festival South by Southwest, avant de débarquer sur Prime Video il y a quelques semaines, où il a éclipsé de grosses productions hollywoodiennes à la vente et à la location VOD. Le film a également été programmé dans quelques cinémas, condition nécessaire pour se qualifier dans la course aux Oscars.

    C’est crédible « The Age of Disclosure » ?

    C’est toute la question. La qualité des intervenants du documentaire -je pense notamment au Secrétaire d’Etat Marco Rubio et aux différents Sénateurs et membres du Congrès- interpelle. Et les sujets qu’il soulève (observations détaillées, phénomènes régulièrement détectés près des installations nucléaires, dissimulations et menaces, existence d’un programme secret baptisé Legacy Program, hypothèses sur l’origine et les technologies observées, enjeux de sécurité nationale… et planétaire, protection des lanceurs d’alerte) sont évidemment passionnants. Surtout pour celles et ceux qui se passionnent pour cette thématique et ses implications scientifiques, politiques, militaires, religieuses et sociétales.

    Et c’est en même temps la limite du film, qui évite le sensationnalisme -tant mieux- et se concentre uniquement sur des témoignages et confidences d’officiels, qu’ils soient retraités ou encore en poste : sans jamais avancer aucune preuve matérielle si ce n’est accorder une confiance aveugle à la bonne foi des interviewé.es, The Age of Disclosure n’arrivera certainement pas à convaincre les sceptiques. D’ailleurs, c’est la principale critique adressée au long métrage : des récits certes concordants et étonnants, mais sans contradictions ni preuves. Le film de Dan Farah a, en tout cas, le mérite d’adresser avec sérieux une question passionnante. Et de lancer, finalement, ce que promet son titre : le début d’une ère de transparence au plus haut niveau sur un sujet qui n’a jamais cessé de nous interroger.

  • Quand un acteur joue… un acteur ! Jay Kelly et 8 films sur le cinéma et les comédiens 

    Quand un acteur joue… un acteur ! Jay Kelly et 8 films sur le cinéma et les comédiens 

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Cette semaine, JustWatch voit Jay Kelly (2025) grimper dans les Streaming Charts ! Le nouveau film de Noah Baumbach s’est ainsi hissé dans le haut de notre classement hebdomadaire. Reconnu également par les Golden Globes, il a obtenu deux nominations dans les catégories Meilleur acteur dans un film musical ou une comédie (George Clooney) et Meilleur acteur dans un second rôle (Adam Sandler).

    Jay Kelly est particulièrement apprécié par les cinéphiles, car son récit pseudo-biographique s’inscrit pleinement dans le milieu du cinéma. Le film se concentre sur l’acteur fictif incarné par George Clooney, qui remet en question sa vie professionnelle et personnelle après le décès de son mentor. Cet aspect auto-réflexif -un acteur jouant le rôle d’un acteur- confère au film à la fois son humour et son pathos. Il relève par ailleurs d’une tradition de films qui explorent la mise en abyme de la profession, certains ayant même une influence directe sur l’approche du cinéaste.

    En profitant du succès de Jay Kelly, je vous propose ici de découvrir quelques-uns des meilleurs exemples de films dans lesquels des comédien.nes incarnent des comédien.nes fictifs-ves. Des œuvres riches en références et en easter eggs pour le plaisir cinéphile.

    Boulevard du crépuscule (1950)

    Le chef-d’œuvre de Billy Wilder est sans doute l’exemple le plus emblématique de ce genre. Porté par un regard incisif, non dénué d’humour, sur le star système hollywoodien, Boulevard du crépuscule (1950) livre le récit tragique de Joe Gillis, scénariste en détresse qui, après avoir rencontré Norma Desmond, une vedette du cinéma muet désormais tombée dans l’oubli, se trouve pris au piège des illusions qu’elle entretient sur elle-même ainsi que de son amour obsessionnel pour lui.

    Au-delà de l’ingéniosité du récit, qui se déroule à rebours -le meurtre de Gillis étant annoncé dès le début- le film de Wilder témoigne pleinement d’un moment charnière dans l’histoire du cinéma et rend hommage aux légendes du cinéma muet. À commencer par la performance inoubliable de Gloria Swanson, star mythique des années 1920 dont le parcours reflète presque à la lettre celui de son personnage. Le film réunit également d’autres noms majeurs de l’époque, tels que Erich von Stroheim, qui incarne Max von Mayerling, version fictive de lui-même, Buster Keaton ou encore Cecil B. DeMille. 

    Nul besoin de rappeler que Boulevard du crépuscule est un film indispensable pour tout cinéphile. Mais si vous ne l’avez pas encore vu et que vous vous intéressez aux récits méta sur Hollywood -comme Babylon (2022) ou Once Upon a Time… in Hollywood (2019)- vous y retrouverez la source essentielle de leur influence.

    La Nuit américaine (1973)

    Même si le film ne comporte pas d’allusions directes, il est impossible de ne pas penser à ce grand classique de François Truffaut en regardant Jay Kelly. Porté par une cohorte de personnages vibrants et drôles, parfois volontairement conformes à certains clichés, Noah Baumbach y suit assurément une démarche « truffautesque ». La Nuit américaine (1973) immerge son audience en plein tournage, où Truffaut lui-même incarne un cinéaste.

    Avec son acteur fétiche Jean-Pierre Léaud dans le rôle d’Alphonse -une réitération de son persona, très proche d’Antoine Doinel- entouré de nombreuses figures du cinéma français telles que Jacqueline Bisset, Nathalie Baye, Valentina Cortese et Jean-Pierre Aumont, le réalisateur explore les frontières poreuses entre la vie et le cinéma.

    La Nuit américaine s’inscrit clairement dans la lignée des hommages cinématographiques à la Wilder, mais son ton est ici beaucoup plus léger et divertissant. Véritable lettre d’amour au cinéma, notamment à l’artisanat et aux techniciens qui se cachent derrière la caméra, le film dégage la même sentimentalité que Baumbach lorsqu’il fait dire à son protagoniste : « Tous mes souvenirs sont des films. » 

    Irma Vep (1996)

    Dans la tradition des films contenant un autre film, Irma Vep (1996) d’Olivier Assayas reste peut‑être relativement obscur pour le grand public, mais le film établit une filiation directe avec le cinéma de Truffaut, notamment grâce à la participation de Jean‑Pierre Léaud qui campe cette fois le personnage de René Vidal, réalisateur en quête de renaissance à travers le projet de remake de Les Vampires (1915) de Louis Feuillade.

    Même si Irma Vep met en scène, avec un humour sarcastique, toutes les difficultés bureaucratiques et financières qu’une production peut traverser, il gravite avant tout autour de la force magnétique de Maggie Cheung, épouse future du cinéaste, qui joue une version fictive d’elle-même.

    Le film reste également très marquant grâce à l’accent qu’il met sur l’exotisation opérée par le regard occidental, mais aussi sur l’obsession auteuriste du cinéma français. Si le pitch vous intrigue, sachez qu’Assayas a également réalisé un reboot sous forme de mini-série, avec un casting comprenant Alicia Vikander -remplaçant le personnage de Maggie Cheung, Vincent Macaigne, Adria Arjona, Jeanne Balibar ou Vincent Lacoste, parmi d’autres.

    The Artist (2011)

    Sans que beaucoup s’en rendent compte, les bouleversements de l’industrie cinématographique liés à l’arrivée du son ont fait l’objet de plusieurs films, à différentes périodes. Véritable phénomène des années 2010 grâce à son triomphe aux Oscars, mais relativement oublié aujourd’hui, The Artist (2011) de Michel Hazanavicius s’inscrit pleinement dans cette tradition.

    Dans le film, Jean Dujardin incarne George Valentin, grande star du cinéma muet dont la vie est bouleversée à la fois par l’avènement du cinéma parlant et par sa rencontre avec la jeune actrice prometteuse Peggy Miller, interprétée par Bérénice Bejo. Rappelant par endroits le récit d’Une étoile est née, en particulier les versions de Wellman ou de Cukor, The Artist excelle avant tout comme hommage stylistique à l’ère du muet.

    La performance oscarisée de Jean Dujardin est d’autant plus remarquable qu’il se transforme entièrement en acteur des années 1920, en embrassant la dimension physique et gestuelle propre à ce type de jeu. S’inscrivant lui aussi dans une lignée esthétique comparable, Nouvelle Vague (2025) de Richard Linklater pourrait d’ailleurs vous servir de point de référence si vous n’avez pas encore vu ce film mais êtes curieux de le découvrir.

    Avé, César ! (2016)

    Le parcours remarquable des frères Coen a connu des hauts et des bas -plutôt des bas depuis qu’ils travaillent séparément, d’ailleurs- et cette comédie parodique figure, pour certains, parmi leurs films les moins réussis. Avec le recul toutefois, Avé, César ! (2016) demeure un film drôle, volontiers outrancier, qui nous ramène dans les coulisses du cinéma hollywoodien des années 1950 à travers une série de performances marquantes -notamment celles de Ralph Fiennes, Alden Ehrenreich et Channing Tatum, mais surtout celle de George Clooney, qui signait alors sa quatrième collaboration avec les cinéastes.

    Considérablement différent de son personnage dans Jay Kelly, Clooney incarne ici Baird Whitlock, un comédien simple et un peu naïf, enlevé sur le tournage d’un film par un groupe de scénaristes marxistes décidés à dénoncer les injustices du système. Les Coen s’appuient moins sur le charisme naturel de Clooney que sur son potentiel burlesque et bouffon, qu’ils exploitent pleinement.

    Même si les deux films relèvent de registres distincts, l’humour d’Avé, César ! n’est pas sans écho avec celui de Jay Kelly. Toujours dans cette veine de comédie absurde, et toujours avec George Clooney, je vous recommande vivement O’Brother (2000) ou Burn After Reading (2008), également signés par les frères Coen.

    La La Land (2016)

    La comédie musicale qui a fait fondre les cœurs avec l’histoire d’amour « en-chantée » entre Seb et Mia n’a peut-être pas de liens aussi étroits avec le milieu cinématographique que d’autres films cités dans cette liste. Mais en même temps, le réalisateur Damien Chazelle accorde une place importante au cinéma dans La La Land (2016), qu’il place au cœur de cette véritable usine à rêves qu’est Los Angeles.

    Sur le fond d'une atmosphère onirique en couleurs vives, le film raconte l’histoire d’un couple : Mia (Emma Stone), qui rêve de devenir une actrice renommée, et Seb (Ryan Gosling), un pianiste de jazz qui cherche lui aussi à établir une carrière. La La Land comprend de nombreux hommages aux comédies musicales iconiques du XXᵉ siècle -même si la relation entre les deux personnages semble relever de certains clichés, Chazelle réussit à y apporter une gravité émotionnelle qui équilibre le côté « magique » de l’image. Un classique moderne dont les chansons restent gravées dans nos esprits, La La Land va surtout plaire aux romantiques qui aiment voir la vie représentée et racontée sous le prisme nostalgique et sentimental du cinéma.

    Once Upon a Time in… Hollywood (2019)

    Avec Once Upon a Time in… Hollywood (2019), nous découvrons une Los Angeles complètement différente de celle que Damien Chazelle dépeint dans La La Land : une ville bourdonnante, mouvementée et éclatée, mais très sinistre sous la chaleur et la poussière. Amateur de « révisionnisme historique », Quentin Tarantino livre ici deux récits parallèles : l’un centré sur Rick Dalton, acteur autrefois reconnu à la télévision mais désormais en déclin, et sa doublure de cascade, Cliff Booth ; l’autre autour de la secte de Charles Manson et de Sharon Tate, menant vers l’acte horrifique qui coûta la vie à l’actrice. Mais, comme dans Inglourious Basterds (2009), le cinéaste procède à une ingénieuse réécriture de l’histoire -non sans un massacre sanglant !

    Avec Leonardo DiCaprio, Brad Pitt et Margot Robbie dans les rôles principaux, mais aussi grâce à des performances secondaires très marquantes de Margaret Qualley, Mikey Madison, Austin Butler et bien d’autres, le film démontre encore une fois le talent du cinéaste pour naviguer dans un récit choral où chaque personnage est intéressant et vivant. Profondément inspiré par l’esthétique des films de série B, souvent éclipsés par l’âge d’or hollywoodien des années 1970, Once Upon a Time in… Hollywood est un film indispensable pour le plaisir cinéphile -mais pas le meilleur du cinéaste ! 

    Babylon (2022) 

    Damien Chazelle a poursuivi son hommage à Hollywood avec Babylon (2022), un film qui se déroule autour de trois personnages travaillant dans l’industrie hollywoodienne des années 1920. Le récit, construit autour du passage du muet au parlant, pourrait rappeler The Artist : mais le film de Hazanavicius reste très sage en comparaison avec l’ambition et l’excès stylistique de Chazelle. Le réalisateur privilégie une approche baroque dans sa mise en scène, notamment dans de longues séquences de fêtes -et d’orgies !- assez explosives. Avec Margot Robbie, Brad Pitt et Diego Calva dans les rôles principaux, le film n’a rien à reprocher du côté des performances, mais le fil narratif reste assez lâche, sans atteindre à aucun moment un véritable paroxysme dramatique.

    Le film est aujourd’hui considéré comme un échec commercial, car les spectateurs -moi y compris- ont été moins enthousiasmés par Babylon que par La La Land, surtout en raison de l’accent mis sur la grandeur et l’extravagance. Si vous aimez les projets ambitieux à grande échelle sur l’industrie hollywoodienne, comme The Studio (2025-), The Player (1992) ou encore Boogie Nights (1997), ou si vous avez apprécié le rythme dynamique et parfois frénétique de Whiplash (2014), Babylon pourrait devenir un coup de cœur pour vous !

  • Après Barbie… Narnia ! Tout ce que l'on sait du film de Greta Gerwig pour Netflix

    Après Barbie… Narnia ! Tout ce que l'on sait du film de Greta Gerwig pour Netflix

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    En ce mois de décembre 2025, nous célébrons les vingt ans de la sortie au cinéma du Monde de Narnia : Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique (2005). Ce premier opus marquait le début d’une superproduction Disney (basée sur la célèbre saga littéraire de C.S. Lewis) qui a donné deux autres films :   Le Prince Caspian (2008) et L'Odyssée du Passeur d’Aurore (2010).

    Sept tomes… mais trois films

    Le Monde de Narnia : Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique est peut être le premier ouvrage dans l’ordre d'écriture, mais c’est en réalité le deuxième des sept livres qui composent l’œuvre de Lewis, si on prend en compte le fait que le tome 6 (Le Neveu du Magicien) est en réalité la préquelle de la saga.

    Si vous êtes en manque de Narnia et de ses aventures magiques, et si comme beaucoup de fans, vous avez encore le cœur brisé que la saga n’ait jamais été intégralement portée à l’écran, vous avez sûrement entendu parler des nouveaux longs métrages Netflix qui verront très bientôt le jour ! 

    C’est Greta Gerwig, la réalisatrice plébiscitée de Barbie (2023), Lady Bird (2017) ou encore Les Filles du Docteur March (2019), qui sera derrière la caméra pour ces nouvelles adaptations de la série fantasy, en commençant justement par Le Neveu du Magicien. Si vous avez hâte de découvrir la vision de la cinéaste, JustWatch vous a préparé un petit résumé de ce que nous savons déjà sur ces prochains films.

    Quels seront les tomes adaptés par Greta Gerwig?

    Si en 2005, nous traversions une armoire magique aux côtés de la petite Lucy Pevensie pour découvrir le monde fabuleux et enneigé de Narnia, Greta Gerwig commencera par adapter la genèse de la saga, Le Neveu du Magicien, publiée en 1955. La réalisatrice est également confirmée pour au moins deux films.

    Bien que le livre se déroule au tout début du XXème siècle dans une Angleterre encore victorienne, le film de Gerwig se déroule dans les années 50 et sera donc contemporain à l'époque à laquelle le livre à été publié. Les autres romans devraient également être adaptés par la suite et, si tout se passe bien, cette série de films pourrait bien devenir l’une des plus grosses sagas fantasy de ces dix (voire quinze) prochaines années, parallèlement à la série Harry Potter développée par HBO.

    Où et quand sortiront les nouveaux films Narnia ? 

    Sur Netflix, et c’est prévu pour Noël 2026 ! Mais avant cela, la cinéaste a réussi à négocier une sortie limitée au cinéma en exclusivité avec IMAX pendant deux semaines en novembre 2026 (le 16 novembre aux Etats-Unis, très précisément), afin que l'expérience cinématographique soit réellement respectée. Cela permettra également au film d'être considéré pour d’éventuelles nominations aux Oscars.

    La date de sortie française au cinéma -si elle peut avoir lieu sans compromettre la chronologie des médias hexagonale- est pour l’instant inconnue. Mais même si le film bénéficie également de cette exclusivité IMAX en France, cela resterait malheureusement très limité compte tenu de la quantité assez réduite d'écrans IMAX chez nous.  

    Récemment, Rich Gelfond, le PDG d’IMAX -qui semble d’ailleurs très confiant quant au travail de Gerwig- a déclaré dans une interview avec World of Reel, que les films de la réalisatrice allaient « changer le monde » et créer un véritable « événement culturel ». 

    Qui composera la musique de Narnia ?

    Si Harry Gregson-Williams (Kingdom of Heaven, Sinbad : La Légende des sept mers)  étaient aux commandes des deux premiers films de la trilogie Disney, nous savons d’ores et déjà que Mark Ronson, qui avait déjà travaillé sur le Barbie de Gerwig, s’occupera cette fois-ci de la musique.

    Rich Gelfond a révélé que Greta Gerwig avait opté pour une bande originale qui puisera ses sources dans le rock, en insistant sur le fait que ce n'était pas le « Narnia de votre mère ou de votre grand-mère » (personnellement, je n’ai rien contre le Narnia de ma grand-mère et j'apprécie énormément le travail de Gregson-Williams sur Le Lion, la Sorcière Blanche et l’Armoire Magique !)

    Il a également laissé entendre que des chansons de groupes cultes comme Pink Floyd et The Doors pourraient potentiellement résonner dans les salles de cinéma en novembre prochain. Ces chansons seront-elles utilisées telles quelles ? Ou bien seront-elles reprises par un orchestre philarmonique, afin d'éviter un trop gros décrochage entre l’histoire et l’ambiance rock apportée par la musique ? Il faudra attendre encore un an pour le découvrir !

    Qui est au casting de Narnia ?

    Aucune annonce officielle n’a vraiment été faite de la part de Netflix, qu’il s’agisse de casting ou même de concept art. Pourtant, depuis quelques mois, des noms d’acteurs reviennent souvent dans la conversation.

    Le seul rôle officiellement annoncé est celui de la sorcière Jadis alias la Sorcière Blanche incarnée par Tilda Swinton dans les films Disney. Elle sera cette fois portée à l'écran par l'actrice franco-britannique Emma Mackey (Sex Education, Emily), un choix très intéressant pour le rôle de la fameuse antagoniste de la saga !

    Il semblerait également que Meryl Streep (excusez-nous du peu) puisse incarner Aslan, et que Daniel Craig se glisse dans la peau de l’Oncle Andrew. Carey Mulligan semble également être en pourparlers pour un rôle inconnu à ce jour.

    Cette page sera régulièrement mise à jour au fur et à mesure que les informations nous parviendront.

  • C’est le Wolverine de l’univers DC : qui est Lobo, joué par Jason Momoa ?

    C’est le Wolverine de l’univers DC : qui est Lobo, joué par Jason Momoa ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Le plan ne dure qu’une petite seconde, mais il a suffi à ravir les fans. Cigare au bec, médaillon iconique en pendentif, chevelure hirsute, attitude badass : la bande-annonce de Supergirl (2026) nous a offert un premier aperçu cinéma de Lobo, l’un des plus célèbres anti-héros de l’univers DC relancé cet été par James Gunn avec Superman (2025).

    Milly Alcock ayant déjà été dévoilée à la fin du long métrage emmené par David Corenswet, en cousine  excessivement borderline, ces images de Supergirl étaient surtout scrutées pour découvrir le ton du film de Craig Gillespie (qui semble se situer entre Captain Marvel et Les Gardiens de la Galaxie) et espérer apercevoir Lobo. Le chasseur de primes campé par Jason Momoa est bien là et il est « survalidé » par les aficionados.

    Si vous découvrez le personnage, JustWatch vous dit tout ce qu’il faut savoir avant qu’il ne fasse ses grands débuts au cinéma le 24 juin 2026 face à Kara Zor-El, dix ans après que la Warner ait relancé le projet d’adaptation cinéma de ses aventures.

    Le Wolverine de l’univers DC

    Lobo apparaît pour la première fois en juin 1983 dans les pages des comics DC. Né sous le crayon de Roger Slifer et Keith Giffen, il s’impose immédiatement comme l’un des personnages les plus violents et grossiers de l’univers. Et, de fait, comme un fan-favorite. Son goût pour la destruction et son cynisme se manifestent dès son adolescence sur la planète Crzarnia : dans le cadre d’un projet scolaire, il met au point un parasite qui va éliminer toute son espèce !

    L’anarchique Lobo est donc, depuis, le dernier Czarnien de l’univers, qu’il traverse pour mener des missions de chasseur de primes et de mercenaire avec sa moto de l’espace et sa chienne Dawg. Et un sens de l'honneur très strict : il tient TOUJOURS parole. Massif et agressif, violent et amoral, il manie à la perfection toutes les armes comme l’humour noir et la vulgarité, il est doté d’une force et d’une résistance surhumaines… et il est doué d’immortalité / régénération, le Paradis comme l’Enfer ne voulant pas de lui ! Lobo, c’est un peu le Wolverine (qu’il a déjà affronté) de l’univers DC, avec quelques touches de Deadpool. Un antihéros hors-normes que les lecteurs ont immédiatement adopté -surtout quand il affronte Superman et les autres membres de la Justice League- et qu’ils attendaient impatiemment de voir à l’écran.

    Une première au cinéma, mais un habitué des séries

    Même si son apparition dans Supergirl (2026) s’annonce assez réduite, teasant ses futures aventures en série ou en film dans le nouvel univers cinématographique DC, Lobo fera donc ses grands débuts au cinéma sous les traits de Jason Momoa. C’est LE rôle que le comédien souhaitait décrocher -il l’avait même évoqué dès son audition pour Aquaman, que Lobo a déjà affronté aussi !- et c’est LE personnage pour lequel James Gunn et Peter Safran l’ont approché quand il ont repris les rênes de DC Studios. Avec son maquillage entre Kiss et The Crow (visage blanchâtre, yeux en noir), Jason Momoa est plus que convaincant. En tout cas sur ce plan. 

    Avant cela, Lobo a déjà connu les honneurs du petit écran. En animation comme en prises de vues réelles. Entre 1996 et 1997, il côtoie l’Homme d’Acier dans trois épisodes de la série animée Superman l’ange Métropolis, . En 2003, Lobo fait son retour dans deux épisodes de Justice League (S2E19 & SE20) où il remplace carrément Superman au sein de la Ligue. Par la suite, on a pu le recroiser dans La Ligue des justiciers: Nouvelle Génération (2012-2019), La Ligue des Justiciers : Action (2017-2018), DC Super Hero Girls (2017), Legion of Super Heroes (2023), Justice League: Warworld (2023) et Justice League : Crisis on Infinite Earths Partie 3 (2024). C’est également un personnage jouable des jeux vidéo Injustice et LEGO DC Super-Villains.

    En 2019, dans la saison 2 de la série Krypton (2018-2019), Lobo prend vie sous les traits de Emmett J. Scanlan. Dans quatre épisodes (S2E1, S2E2, S2E3 & S2E10), le chasseur de primes est confronté à Seg-El (Cameron Cuffe), le grand-père du futur Superman, et Adam Strange (Shaun Sipos). Si le comédien est un peu « gringalet » (de mon point de vue) en comparaison de Jason Momoa, on apprécie la folie WTW qu’il injecte au personnage dont le look est convaincant et les pouvoirs de régénération particulièrement bien utilisés. Un projet de série dérivée centrée sur Lobo devait initialement voir le jour, mais il sera malheureusement stoppé après l’annulation de Krypton.

    Jason Momoa superstar pop

    Ce retour fracassant de Jason Momoa au sein de l’univers DC annonce une vague résolument « pop » pour le comédien. Après Lobo, il incarnera  le bestial Blanka dans le très attendu Street Fighter (2026), avant de retrouver l’héroïque et flamboyant Duncan Idaho dans Dune : Troisième Partie le 16 décembre 2026 et le tout aussi flamboyant (mais moins sympathique) Dante Reyes dans Fast X Part 2 (2026). Également sur son agenda très chargé : le buddy movie The Wrecking Crew (2026) où il fera équipe avec Dave Bautista, la suite de Minecraft (2027) et la comédie animalière Animal Friends (2026) aux côtés de Ryan Reynolds. Sans oublier une possible saison 2 pour la formidable série Apple TV+ Chief of War dans le rôle du guerrier Ka'iana. Qu’on se le dise, entre lui et Dwayne Johnson, l’action hollywoodienne repose actuellement sur deux colosses hawaïens.

  • Surprises et déceptions aux Golden Globes : ce qu’il faut retenir des nominations 2026

    Surprises et déceptions aux Golden Globes : ce qu’il faut retenir des nominations 2026

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Le 8 décembre, les nominations pour les Golden Globes 2026 -dont la cérémonie se tiendra le 11 janvier à Los Angeles- ont été dévoilées. Moment clé de la saison des récompenses hollywoodiennes, les Golden Globes sont surtout connus pour offrir des indications clés en vue des Oscars ; ce qui ne signifie pas pour autant que leur versant télévisuel soit moins important.

    Avec Une bataille après l’autre (2025) en tête, nommé dans neuf catégories côté cinéma, et The White Lotus (2021-) en tête pour les séries avec six nominations, les favoris de la saison commencent à se dessiner. Mais, comme chaque année, les nominations ne sont pas exemptes de surprises ni de déceptions.

    Dans ce guide JustWatch consacré aux nominations cinéma, je vous explique ce qu’il faut retenir de cette sélection et je fais le point sur les tendances de l’industrie.

    « Wicked : Partie II » : pour de bon mais pas aussi bon !

    Nous avons bien vu que le deuxième volet de l’adaptation cinématographique de la comédie musicale autour de l’univers du Magicien d’Oz, Wicked : Partie II (2025), n’a pas suscité autant d’enthousiasme auprès du public. Certes, les résultats au box-office ne reflètent pas totalement cette impression, mais les spectateurs se montrent tout de même moins charmés par le film. Aux Golden Globes, le film est nommé dans quatre catégories : Meilleure actrice (comédie/Musical) pour Cynthia Erivo, Meilleur second rôle féminin pour Ariana Grande, Meilleur succès au box-office, ainsi que Meilleure chanson originale -avec deux titres en lice. 

    Ces nominations semblent méritées, mais l’absence du long métrage dans la catégorie Meilleur film (comédie/musical) a certainement surpris les fans. On ignore si les critiques adressées à la mise en scène de Jon M. Chu ont pesé dans la balance, mais cet oubli paraît davantage lié aux choix opérés pour les autres nommés de la même catégorie.

    Des comédies qui n’en sont pas vraiment

    En effet, les films en lice pour le Meilleur film (comédie/musical) ont suscité des interrogations quant à la légitimité de leur présence dans cette catégorie. À commencer par Une bataille après l’autre, dont les thèmes et l’approche formelle dépassent largement le cadre du genre comique. Quant à Aucun autre choix (2025) de Park Chan-wook, même si le film est parcouru d’un humour noir acéré, les ravages du capitalisme qu’il met en scène ne relèvent en rien d’un sujet léger. Nouvelle Vague (2025), l’hommage cinéphile de Richard Linklater à Jean-Luc Godard, contient bien quelques gags, mais ce n’est certainement pas le premier film qui vient en tête lorsqu’on pense à une comédie.

    Le tableau qui se dessine laisse ainsi entendre que ces choix relèvent davantage de stratégies industrielles : les studios, craignant d’être éclipsés dans la catégorie principale (Meilleur drame) par des films comme Sinners (2025) ou Valeur sentimentale (2025), préfèrent inscrire leurs œuvres dans cette section où elles ont plus de chances d’être mises en avant.

    Les films en langue étrangère en vitrine 

    En France, nous connaissons NEON grâce à ses six triomphes consécutifs au Festival de Cannes, doublés l’an dernier par un Oscar du Meilleur film. Pour la saison des récompenses 2026, le studio semble une nouvelle fois bien préparé : trois de ses films concourent pour la statuette du Meilleur film dramatique -Un simple accident (2025), Valeur sentimentale (2025) et L’Agent secret (2025)- et un autre (Aucun autre choix) figure dans la catégorie du Meilleur film (comédie/musical). Au total, le studio cumule 21 nominations !

    Désormais acteur majeur de l’industrie, la présence de NEON s’accompagne aussi d’une hausse sans précédent du nombre et de la visibilité des films en langue étrangère. On observe également l’effet de la mondialisation des coproductions, très bénéfique pour les cinéastes étrangers confrontés à des difficultés non seulement financières mais aussi politiques, comme Jafar Panahi. Bien sûr, cette globalisation entraîne une remise en question implicite de la nécessité même de la catégorie du Meilleur film non anglophone, mais aucun changement radical n’est attendu dans un avenir immédiat.

    Meilleur succès au box office – pour des films qui ne sont pas sortis !

    Les Golden Globes ont commencé à décerner ce prix en 2024 : l’édition de cette année sera donc la troisième. Les films en lice dressent un tableau pour le moins surprenant, à commencer par la présence de KPop Demon Hunters (2025), qui était à l’origine une sortie streaming sur Netflix. Ce n’est qu’après son immense succès sur la plateforme que des projections en salle ont été organisées, avec des séances spéciales en version karaoké en août puis en novembre. Malgré une fenêtre très limitée au box-office, les chiffres montrent que le film a été un véritable phénomène, et qu’il continue visiblement de l’être.

    À l’inverse, la nomination de Avatar : de Feu et de Cendres (2025) interroge, puisque le film n’est même pas encore sorti en salles, ni aux États-Unis, ni ailleurs ! Difficile, dès lors, de comprendre si cette catégorie récompense avant tout la performance technique d’un film -ce qui, dans le cas de James Cameron, ne serait pas immérité- ou bien la fréquentation en salles à proprement parler. Dans ce cas, alors Superman (2025) de James Gunn et a clairement été snobé.

    Quelques autres oublis notables 

    Parmi les absences surprenantes dans les nominations figure sans doute Train Dreams (2025), avec pour seule consolation la présence de Joel Edgerton en lice pour le Meilleur acteur (Drame) et une citation en Meilleure chanson. Bien que le film ait charmé le public par sa beauté saisissante et sa tonalité contemplative, son absence dans les autres catégories montre qu’il demeure encore sous-estimé par les votants. Un autre grand oubli concerne Richard Linklater, absent de la catégorie Meilleure réalisation alors que non pas un, mais deux de ses films figurent parmi les nommés pour le Meilleur film (comédie/musical). 

    Restent aussi quelques surprises, disons… attendues : par exemple, l’absence totale de Christy (2025), biopic consacré à la boxeuse Christy Martin avec Sydney Sweeney en tête d’affiche, ou encore A House of Dynamite (2025) de Kathryn Bigelow, revenu les mains vides malgré les promesses d’un grand retour très ambitieux. 

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