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L’Odyssée, Avengers, Dune 3, Spielberg : les blockbusters les plus attendus en 2026 !

L’Odyssée, Avengers, Dune 3, Spielberg : les blockbusters les plus attendus en 2026 !

Maëlle Beauget-Uhl

Maëlle Beauget-Uhl

Rédacteur JustWatch

Qu’on se le dise : l'année cinéma 2026 s’annonce exceptionnelle, que ce soit en termes de « mid-budget movies » ou de blockbusters. Mais ce sont bien ces derniers qui marqueront le retour de Steven Spielberg, Christopher Nolan ou encore Denis Villeneuve dans les salles obscures. Car oui, ces (très) grands cinéastes ont choisi cette nouvelle année pour revenir sur le devant de la scène, que ce soit avec des œuvres originales ou des suites de sagas particulièrement réussies.

Très grosses stars et/ou très gros budget (et parfois appartenant à une licence), telles sont les conditions pour qu’un film soit qualifié de blockbuster. Pour JustWatch, je vous ai concocté une liste des superproductions les plus attendues de l’année, qui feront à coup sûr trembler le box-office 2026.

Disclosure Day - au cinéma le 10 juin 2026

Trois ans après la sortie de The Fabelmans, Steven Spielberg retourne à l'un de ses genres favoris, la science-fiction, avec Disclosure Day. Le titre et l’intrigue n’ont été dévoilés que très récemment, et bien qu’un premier aperçu soit sorti le 16 décembre, le mystère qui entoure le dernier projet du cinéaste reste total. Si on sait que le film aura un lien avec la présence irréfutable d’extraterrestres et les conséquences que cela aura pour les terriens, côté casting, nous savons déjà qu’Emily Blunt, Josh O’Connor, Colin Firth, Colman Domingo er Eve Hewson seront à l’affiche de ce blockbuster très énigmatique.

Toy Story 5 - au cinéma le 17 juin 2026

« Ton ami, c’est moi… » Le refrain iconique qui symbolise l'amitié entre Woody et Buzz l'Eclair résonnera encore une fois dans les salles obscures. Un premier teaser de Toy Story 5 a déjà été dévoilé et semble annoncer un énième danger pour la bande de jouets légendaires des studios Pixar : les tablettes pour enfants ! Et bien oui, quid de Woody, Monsieur Patate et Rex, si un jouet connecté ultra sophistiqué du nom de Lilypad réussit à capter toute l'attention de la petite Bonnie ? Réponse dans quelques mois ! Il va sans dire que Tom Hanks et Tim Allen seront de retour côté voix.

Supergirl - au cinéma le 24 juin 2026

Un an après la sortie du Superman de James Gunn, sa cousine, Kara Zor-El, que nous avons pu apercevoir à la toute fin du long métrage, sera la star de son propre film, Supergirl. C’est l'actrice australienne Milly Alcock qui reprendra son rôle, accompagnée du chien Krypto. Une première bande-annonce a été dévoilée il y a quelques jours, et montre la super-héroïne sous un nouveau jour, très loin des versions idéalisées et édulcorées auxquelles nous avons déjà eu le droit dans le passé. Dans un esprit pop et un peu destroy, cette nouvelle icône DC affrontera des ennemis de la Terre en tout genre, tout comme son cousin le faisait déjà avant elle. 

L’Odyssée - au cinéma le 15 juillet 2026

La bande-annonce de L'Odyssée a battu un record en atteignant plus de 121 millions de vues en 24 heures à sa sortie la semaine dernière : un chiffre énorme qui témoigne de l'impatience des fans de découvrir la vision que Christopher Nolan proposera de l’épopée d'Homère. Avec un casting 5 étoiles incluant Matt Damon, Anne Hathaway, Zendaya, Tom Holland ou encore Mia Goth, L’Odyssée sera assurément le film de l’été. Et si les photos de tournage qui ont fuité sur la toile, notamment les scènes incluant le cheval de Troie, ne sont qu’un petit avant-goût de ce que nous réserve Nolan, il se pourrait bien que L'Odyssée soit LE film de l'année. 

Spider-Man: Brand New Day - au cinéma le 29 juillet 2026

Cet été, Tom Holland reprendra du service dans son costume iconique de Peter Parker dans Spider-Man: Brand New Day. Si nous avons pu apercevoir énormément de photos et vidéos de tournage qui se déroulait à Glasgow en Ecosse cet été, le synopsis officiel reste encore un peu flou, même si on sait que le film se déroule 5 ans après les événements de No Way Home. Nous savons aussi que Brand New Day sera le seul et unique film Marvel à sortir avant Avengers: Doomsday : de quoi faire patienter les fans jusqu’en décembre 2026. Zendaya et Jacob Batalon reprendront également leur rôles alors que Sadie Sink, la Max de Stranger Things, sera de la partie même si son rôle est encore top secret !  

Hunger Games: Lever de soleil sur la moisson - au cinéma le 25 novembre 2026

La saga dystopique Hunger Games revient, trois ans après la sortie du prequel La Ballade du serpent et de l’Oiseau Moqueur (2023). L'annonce du film avait d'ailleurs été faite en même temps que l’annonce du livre écrit par Suzanne Collins. Dans Lever de soleil sur la moisson, nous serons amenés à suivre la jeunesse et les Hunger Games de Haymitch Abernathy, interprété par Woody Harrelson dans les premiers films, et cette fois-ci incarné par Joseph Zada. Nous retrouverons également Elle Fanning dans le rôle de la jeune Effie Trinket, mais également Mckenna Grace, Jesse Plemons et Ralph Fiennes dans le rôle du terrifiant Président Snow.

Avengers: Doomsday - au cinéma le 16 décembre 2026

Les frères Russo seront bel et bien de retour pour créer ce qui s’annonce déjà comme l'événement cinématographique de la fin d'année 2026, avec Avengers: Doomsday. Petit à petit, les studios Marvel teasent sur les réseaux sociaux le comeback de nos super-héros préférés, de Steve Rogers à présent devenu papa, à un Thor beaucoup plus sombre et sérieux. Le buzz avait déjà été créé à l’annonce du retour de Robert Downey Jr. dans le rôle du Doctor Doom, et lors de la révélation de la distribution en mars dernier (avec BEAUCOUP de héros dont les X-Men). Une annonce qui avait duré plus de 5 heures et demie !

Dune : Troisième partie - au cinéma le 16 décembre 2026

Après plusieurs reports de sortie, Dune : Troisième Partie sortira finalement le 16 décembre 2026, soit le même jour que Avengers: Doomsday ! Cela annonce un duel SF au sommet du box-office. Timothée Chalamet, Zendaya, Florence Pugh et Rebecca Ferguson seront de retour sur grand écran pour le troisième opus de la saga gigantesque de Denis Villeneuve adaptée de Frank Herbert. Et qui sait, cela marquera peut-être le début d’un Barbenheimer 2026 ? Un « Dunesday » en devenir ? Le nom est à revoir, mais c’est pourtant ce qui semble déjà s’annoncer pour Noël prochain !

Top cinéma 2025 : les meilleurs films de l’année selon JustWatch France

Top cinéma 2025 : les meilleurs films de l’année selon JustWatch France

Draft Editor

Rédacteur JustWatch

Et s’il fallait retenir 5 films de ce cru cinéma 2025 ? Les plumes de l’équipe éditoriale de JustWatch France vous partagent chacune leurs longs métrages préférés, entre coups de cœur, coups de poing et claques sensorielles. Nous vous remercions d’avoir lu nos classements, tops, recommandations et décryptages tout au long de l’année et repartons de plus belle en 2026 pour célébrer le cinéma (et les séries et les animés, aussi) et vous aider à découvrir toujours plus d'œuvres susceptibles de nourrir votre passion. Tous nos voeux cinéphiles !

Les 5 films préférés de Maëlle Beauget-Uhl en 2025

Une bataille après l’autre (2025) - L'année cinématographique 2025 aura été marquée par le grand retour de Paul Thomas Anderson qui avec son nouveau film signe un scénario engagé et dénonciateur (des dérives gouvernementales, sociétales et politiques de notre temps). Le film est porté par de très belles performances du côté de Leonardo DiCaprio, Benicio del Toro et de la nouvelle étoile montante d’Hollywood, Chase Infiniti, mais également par une photographie incroyable puisque Paul Thomas Anderson et son directeur de photographie, Michael Baumann, ont pris la décision de le tourner en 35mm et VistaVision. 

Sinners (2025) - Ma séance en IMAX pour le film de Ryan Coogler, reste l’une de mes meilleures expériences cinématographiques de l'année 2025. Entre les changements de ratio tout au long du film, LE plan séquence tout simplement génial et déjà iconique tourné par la directrice de photographie Autumn Durald Arkapaw et la musique de Ludwig Göransson, Sinners s’est instantanément imposé dans mon Top 5 de l'année. Même si je lui trouve parfois des petits problèmes de rythme, je trouve que ça cadre finalement assez bien avec tout l'aspect expérimental du film, que ce soit au niveau du scénario, de sa musique ou même de son montage. 

Train Dreams (2025) - Ce film ne fait malheureusement pas autant de bruit que je l’aurais souhaité en France, je profite donc de ce petit Top 5 pour clamer mon amour pour ce long métrage magnifique réalisé par Clint Bentley (et vous convaincre de le voir dès à présent sur Netflix !). Il se dégage du long métrage  une force tranquille, mais aussi une poésie et une mélancolie indéniable, notamment grâce au travail de photographie d'Adolfo Veloso et à la musique de Bryce Dessner. Joel Edgerton incarne un homme en pleine contemplation d’une vie et d’une société en constante évolution au début du XXème siècle, et livre par la même occasion l’une des meilleures performances de sa carrière. 

Frankenstein (2025) - Je n’ai malheureusement pas fait partie des chanceux et chanceuses qui ont découvert le film de Guillermo del Toro sur grand écran, mais j’ai adoré la performance touchante et mélancolique de Jacob Elordi dans le rôle de la Créature, ainsi que la BO d’Alexandre Desplat. Sachant également ce que cette adaptation représente pour le cinéaste et le mal qu’il a eu à la faire, cela ajoute encore plus à la poésie qui émane de son œuvre finale, comme de n’importe quel film réalisé par Del Toro. 

Mission Impossible : The Final Reckoning (2025) - Même si le dernier opus de la saga n’est pas forcément mon préféré, je me devais de l’avoir dans mon Top 5 tant cette franchise a compté dans ma vie de cinéphile. Bien que je lui trouve des défauts de rythme et d'écriture, la prouesse que représente la réalisation d’un film Mission: Impossible -et surtout le miracle que tout le monde en ressorte indemne !- est plus évidente que jamais dans celui-ci. Les cascades imaginées, chorégraphiées et réalisées par Tom Cruise et son équipe ne sont plus à présenter. Mais c’est surtout le gros pincement au coeur que j’ai de devoir dire au revoir à Ethan Hunt, Benji et Luther, qui prouve également que ces films, ce ne sont pas juste des cascades impressionnantes, mais surtout des personnages emblématiques, charismatiques et auxquels nous avons réellement été attachés. 

Les 5 films préférés de Aurélien Bouron en 2025

La Voix de Hind Rajab (2025) - Il y a des œuvres qu’on ne regarde pas pour le plaisir, mais parce qu’il le faut. Ce film hybride entre documentaire et fiction est de ceux-là. Il ne s’agit pas de cinéma, mais d’une reconstitution précise et implacable des dernières heures de cette fillette de 6 ans à Gaza. Ici, tout est misé sur le son. On entend, tout le long du film, l’enregistrement téléphonique de la petite voix de Hind, piégée dans une voiture au milieu des tirs. C’est une expérience psychologique terriblement déstabilisante. Je ne vais pas vous mentir : ça a été difficile d’encaisser cette réalité brute, bien installé sur mon fauteuil de cinéma. C’est du réel qui vous prend à la gorge et refuse de laisser une seconde de répit. Ce film nous ramène à l’essentiel : l’humanité face à l’horreur. Le film terminé, les lumières allumées, personne dans la salle ne s’est levé ou n’a parlé. Plusieurs minutes de silence ont envahi le cinéma, et les spectateurs ont fini par sortir, tête baissée, les yeux gonflés. Un visionnage éprouvant, terrifiant, mais absolument nécessaire.

Sirāt (2025) - Je préfère vous prévenir tout de suite : ce film n’est pas une séance de cinéma, c’est une hallucination collective. Oliver Laxe nous emmène dans un road-trip métaphysique dans le désert marocain qui m’a laissé totalement K.O. Le synopsis est simple : un père (l’incroyable Sergi López) recherche sa fille disparue en suivant des caravanes de ravers nomades, accompagné de son fils. Mais très vite, les longs plans désertiques laissent place à quelque chose qui prend aux tripes. La quête se transforme en transe mystique quasi insoutenable, avec les basses de la techno qui font vibrer les sièges. C’est un film qui divise, et pour cause : à la sortie du cinéma, j’ai détesté, avant de faire un 180 degrés dès le lendemain me rendant compte du moment que j’avais pu vivre. C’est une expérience sensorielle âpre, brûlante, qui ressemble à ce que donnerait Mad Max s’il avait été réalisé par un poète sous acide. 

Amélie et la Métaphysique des tubes (2025) - Adapter l'écriture si particulière d'Amélie Nothomb relève souvent du casse-tête. Mais ce film d'animation a trouvé la clé : il ne cherche pas à illustrer les mots, il illustre les sensations. Maïlys Vallade et Liane-Cho Han nous plongent littéralement dans la tête d'un bébé « tube », cet état végétatif et contemplatif décrit par l'autrice avant ses trois ans. Visuellement, c'est merveilleux. Le trait est organique, pastel, presque liquide, laissant place à la lumière et rappelant par moments la poésie du Conte de la Princesse Kaguya d'Isao Takahata. C’est un film qui montre l’importance de la pluie qui tombe, la beauté des mots, la nécessité des connexions humaines et le pouvoir de l’imagination. J'ai été particulièrement touché par la relation entre la petite Amélie et sa nounou japonaise, Nishio-san, traitée avec une délicatesse qui vous serre le cœur. C'est une exploration universelle et sensorielle de l'éveil à la vie, au langage et à la beauté, qui ne manquera pas de vous tirer une larme ou deux.

Black Dog (2024) - C’est sans doute le film le plus taiseux de l’année, et pourtant, quel vacarme émotionnel. Le réalisateur Guan Hu nous emmène loin des mégalopoles futuristes, aux portes du désert de Gobi, dans une petite ville fantomatique à la veille des JO de 2008. On y suit Lang (Eddie Peng, qui réussit à tout dire dans son silence), un ex-taulard chargé de nettoyer les rues de ses chiens errants. La relation qui se noue entre cet homme brisé et ce lévrier noir est rugueuse, instinctive, et va au delà des mots. C’est la rencontre de deux parias qui se reniflent et se reconnaissent dans un lieu où l’on ne choisit pas son destin, mais où l’on peut choisir son compagnon de route pour un temps. Cette année, j’ai aimé le contemplatif, la lenteur, l’émotion brute et instinctive. Black Dog est la parfaite représentation de cela. J'ai été totalement happé par la beauté plastique de l'œuvre ; c'est un véritable western moderne, aride et sublime, où les paysages écrasent les hommes.

The Life of Chuck (2025) - Mike Flanagan nous livre une fable humaniste, adaptée d'une nouvelle de Stephen King. La structure du film est un petit coup de génie : tout est raconté à l'envers. On commence par la fin du monde pour remonter le fil du temps jusqu'à l'enfance d'un comptable apparemment ordinaire, Charles Krantz. Au début, on a du mal à comprendre. Mais c’est cette incompréhension qui nous lance dans le film, nous place comme spectateur actif, et nous fait vivre l’expérience voulue par le réalisateur. Tom Hiddleston y livre une performance douce et généreuse — cette scène de danse improvisée dans la rue sur le rythme effréné d’une batterie restera longtemps gravée dans ma mémoire. C'est un film qui nous rappelle que chaque vie, même la plus banale, contient une multitude de mondes. Car il est bien là le but de cette histoire : illustrer le poème de Walt Whitman Chanson de moi-même, dans laquelle il récite : « Je suis immense, je contiens des multitudes. » C'est une célébration de la vie face au néant, de l’individu face au tout. 

Les 5 films préférés de Justine Charlet en 2025

Une bataille après l’autre (2025) - Entre farce et tragédie, ce blockbuster d’auteur époustouflant, grand favori des Oscars, a de fortes chances de remporter un maximum de statuettes. Ambitieux, le film est porté par une écriture, une mise en scène et une direction d’acteurs virtuoses qui dressent un portrait très juste de l’Amérique. Les deux pointures du cinéma que sont Leonardo DiCaprio et Sean Penn s’y télescopent avec une intensité rare, incarnant deux visions opposées : l’une habitée par l’illusion du progrès, l’autre rongée par la désillusion.

A House of Dynamite (2025) - La première femme oscarisée, l’Américaine Kathryn Bigelow, offre un film coup de poing qui dit, en une succession de scènes et de points de vue, le bourbier mondial dans lequel la course au nucléaire nous a mis. Ça ressemble à un pamphlet contre la diplomatie internationale, d’un pessimisme absolu, porté à la connaissance du plus grand nombre (sur Netflix donc) pour créer un électrochoc. Un peu à la manière de Don’t Look up : Déni cosmique d’Adam McKay, sorti sur la même plateforme quatre ans plus tôt, le film nous pose un « et si ? » qui n’est pas prêt de nous lâcher.

L’Etranger (2025) - Adapter ce classique d’Albert Camus semblait être un exercice de style périlleux, pourtant François Ozon réussit ce pas de côté dans sa filmographie (plus habitué à des œuvres originales !), guidé par l’impassible et indolent visage du merveilleux Benjamin Voisin, qui donne corps avec grâce et sensualité à ce Meursault dont on déteste tout autant qu’on envie l’apathie presque nihiliste face à la vie. Le choix du noir et blanc, des silences plutôt que d’une voix off portant les mots de Camus, épaissit le mystère de ce personnage qui fait le choix de l’absence à lui-même.

Mickey 17 (2025) - Après Parasite, meilleur film du XIXe siècle selon le New York Times, Bong Joon Ho aurait pu servir un long métrage un peu en dessous de son coup de génie. Pourtant, en retrouvant la science-fiction, le cinéaste coréen propose un concept vertigineux (celui d’un homme cloné à l’infini pour servir de chair à canon dans une mission spatiale) pour faire la satire glaçante du monde du travail, de la déshumanisation et de la logique capitaliste poussée jusqu’à l’absurde. La démultiplication de Robert Pattinson flirte avec le burlesque et l’étrange, et le réalisateur s’amuse avec virtuosité à manier l’humour noir et le vertige existentiel : combien de temps peut-on mourir avant de ne plus vraiment vivre ?

Partir un jour (2025) - Cécile, cheffe réputée montée à Paris, retrouve la ville de son adolescence, les rapports inchangés avec ses parents vieillissants, et son premier amour, Raphaël, qui fait renaître des émois enfouis. Juliette Armanet et Bastien Bouillon incarnent à merveille ces retrouvailles touchantes, sur un fond sonore composé de chansons populaires qu’on fredonne dans sa tête pendant toute la séance de ciné. Ça dit joliment les choses sur la quarantaine, les choix qu’on regarde sans regret mais avec un pincement au cœur.

Les 5 films préférés de Öykü Sofuoğlu en 2025

L’Agent secret (2025) - J’ai toujours eu une prédilection pour les films réalisés par des cinéastes que l’on peut qualifier de cinéphiles, dont le travail repose largement sur des références aux genres cinématographiques ou au cinéma lui-même. Le nouveau film de Kleber Mendonça Filho, que j’ai vu à Cannes, en est l’un des meilleurs exemples de méta-cinéma. Tout aussi fort sur le plan des enjeux politiques, qui relèvent autant du passé que du présent, le film joue de manière très intelligente avec nos attentes face à une fiction et nous surprend par les directions inattendues qu’il emprunte, ainsi que par les fausses pistes vers lesquelles il feint de se diriger. Le travail de mise en scène est exquis -une perle rare dans un climat cinématographique où les films de plateforme deviennent de plus en plus fades et dépourvus de vision singulière.

L’Amour qu’il nous reste (2025) - Même après trois passages dans la sélection cannoise, le cinéma de Hlynur Pálmason demeure à ce jour peu connu des cinéphiles français. Sorti en décembre, son dernier film dresse le portrait d’une famille assez inhabituel autour d’un couple qui reste lié malgré la séparation, et de leurs trois enfants. Tourné dans des paysages ruraux d’Islande, le film se compose d’un récit fragmentaire qui s’étend sur le cours d’une année. Les images argentiques, aux textures douces et granulées, sont d’une beauté ravissante, offrant aux spectateurs une expérience contemplative, même face aux gestes les plus ordinaires de la vie quotidienne. Un autre niveau de lecture s’ajoute au film du fait que les enfants sont interprétés par les propres enfants du cinéaste, lui conférant une dimension discrètement autobiographique.

Le Rire et le Couteau (2025) - Le réalisateur portugais Pedro Pinho signe une fresque cinématographique dans laquelle on suit les pas de Sergio, ingénieur environnemental envoyé en Guinée-Bissau afin d’évaluer les impacts potentiels d’un projet d’infrastructure sur les populations locales. Même si le film dure 211 minutes -la version intégrale de 5h20 sera projetée en 2026- le temps semble ne jamais peser : Pinho nous immerge pleinement dans le quotidien de Sergio, rythmé aussi bien par les rencontres avec les habitants autour du projet que par de longues nuits passées dans des clubs, au fil de ses incursions dans la scène queer locale. Ce qui impressionne particulièrement chez Pinho, c’est sa manière de mettre à nu les mécanismes néocoloniaux en oscillant entre un registre fictionnel derrière lequel se dessine un enjeu documentaire, tout en déstabilisant le regard de l’homme blanc porté vers l’Autre.

Soundtrack to a Coup d’État (2024) - L’un des films les plus marquants du Sundance 2024, sorti cette année en France, est un documentaire d’archives qui explore les liens entre la diplomatie de soft power des États-Unis dans les pays d’Afrique et les complots visant le premier ministre de la République du Congo, Patrice Lumumba, jusqu’à son assassinat. Le cinéaste Johan Grimonprez compose son film telle une partition de jazz, à travers un montage dynamique qui fait entrer les sons en collision avec les images. Même si son point focal principal porte sur les agitations politiques au Congo après l’indépendance, la véritable réussite du cinéaste réside dans sa capacité à capturer le paysage politique international du début des années 1960, entre Guerre froide et mouvements de décolonisation.

Magellan (2025) - Maître du cinéma philippin, Lav Diaz, connu pour son penchant pour les films de grande ampleur, a réalisé cette année ce qui est sans doute son film le plus accessible. Il se concentre sur l’explorateur portugais éponyme, suivant ses campagnes colonisatrices menées au nom des grandes puissances européennes. Pour incarner Magellan, Diaz a collaboré avec le très talentueux Gael García Bernal, dont la performance, modeste mais convaincante, mérite d’être saluée. Quant aux images, signées par Arthur Tort -chef opérateur ayant également donné une identité visuelle distinctive aux films d’Albert Serra- elles sont d’une beauté et d’une puissance impressionnantes. Et lorsque l’on apprend que Diaz a tourné le film avec une Panasonic GH7, une caméra relativement économique, ce choix ne fait que renforcer mon admiration pour son ingéniosité.

Les 5 films préférés de Yoann Sardet en 2025

Muganga - Celui qui soigne (2025) - C’est indéniablement le film que j’ai le plus recommandé cette année, celui qui me venait sans réfléchir en réponse à la question « Sinon, t’as vu quoi de bien au cinéma ? ». Le film de Marie-Hélène Roux, qui retrace l’engagement du docteur congolais Denis Mukwege auprès des femmes victimes de violences sexuelles dans son pays, est plus qu’un coup de cœur. C’est un coup AU coeur. Je connaissais déjà la mission majeure du Prix Nobel de la paix en 2018, notamment à travers le documentaire L’Homme qui répare les femmes (2015). Mais la voir prendre vie à travers l’interprétation d’une intense dignité d’Isaach de Bankolé, sans jamais que la caméra n’oublie les femmes (mention spéciale à Manon Bresch et Déborah Lukumuena) et n’occulte l’horreur des exactions commises sur les théâtre de guerres civiles, m’a bouleversé comme rarement. J’avais peur qu’il ne passe inaperçu, mais le voir avec près de 300 000 entrées au compteur et la première place du Top 2025 des Spectateurs UGC est une nouvelle rassurante. En espérant, maintenant, que les votant.es de l’Académie des César ne l’oublient pas…

Substitution - Bring Her Back (2025) - J’ai vu BEAUCOUP de films d’horreur dans ma vie. Certaines propositions allant vraiment loin. Mais cela faisait (très) longtemps que je n’avais pas été secoué comme avec le film des frères Philippou. Dès le plan d’ouverture, sorte de found footage de rituel démoniaque, on sent que le visionnage va être douloureux. Et le long métrage -qui suit l’arrivée d’un frère et de sa sœur dans une maison d’accueil tenue par Sally Hawkins- tient plus que ses promesses durant 1h44, que j’ai passées les dents serrées et les ongles rongés entre trauma, emprise, folie, deuil, surnaturel et torture, sans jamais savoir où le récit m’emmenait. C’est douloureux, donc. C’est malaisant, c’est bizarre, c’est poisseux, c’est glauque, c’est surprenant, c’est choquant… Bref, c’est très réussi (contrairement à ce que cette litanie d’adjectifs négatifs pourrait laisser entendre !). Et beaucoup moins « teen » que La Main (2023), précédent opus des deux frangins qui signent ici un truc très fort. Et très rare. A l’heure où le cinéma d’horreur décline à l’infini des sagas (un peu) essorées, c’est réjouissant de voir qu’il existe encore des propositions originales et abouties, comme Évanouis (2025) a aussi pu l’être cette année.

Sirāt (2025) - Là encore, une expérience totale. Pas aussi horrifique que Substitution - Bring Her Back (quoique…) mais tout aussi radicale, alors que l’enquête menée par Sergi Lopez et son fils pour retrouver la grande soeur disparue dans le milieu des ravers prend une route inattendue, direction un désert sans fin qui transforme le thriller en voyage mystique, sensoriel et post-apo. C’est finalement impossible de décrire le film d’Oliver Laxe : c’est une proposition qu’on adorera ou qu’on détestera -difficile de rester indifférent- mais qu’il faut accepter de vivre comme on emprunterait le Sirāt, chemin et pont entre l'enfer et le paradis dans l’Islam. C’est encore mieux, évidemment, à vivre au cinéma. Je ne sais d’ailleurs pas si l’expérience fonctionnerait chez soi. Mais vous n’avez jamais vu et vous ne reverrez jamais quelque chose comme ça. Avec deux moments hallucinants (je pèse mes mots) qui figurent parmi les grandes scènes choc des vingt-cinq dernières années.

Dossier 137 (2025) - J’ai découvert assez tardivement le cinéma de Dominik Moll. J’étais passé à côté de Harry, un ami qui vous veut du bien il y a vingt-cinq ans, et j’ai vraiment plongé pour la patte sombre du cinéaste avec Seules les bêtes (2019) et La Nuit du 12 (2022), véritable claques du polar mâtiné de thriller (ou inversement). Plus froid, procédural même, son nouvel opus raconte l’enquête menée par l’IGPN, alors qu’une enquêtrice de la police des polices (Léa Drucker, impeccable) doit faire la lumière sur le cas d’un jeune homme blessé par un tir de LBD dans le cadre d’une manifestation. Entre les différentes versions, les pressions internes et externes et les résistances institutionnelles, le devoir de vérité est dès lors pour le moins complexe à porter. Le long métrage brille par son réalisme, sa justesse et son approche méthodique, et interroge les limites d’un système et l’impunité qu’il peut engendrer avec une minutie qui a dû faire grincer quelques dents.

La comédie française - Pour cette dernière entrée, j’avais envie de mettre en lumières quelques pépites offertes cette année par la comédie française. Parallèlement aux poids lourds du genre, qu’il s’agisse de comédien.nes ou de sagas, 2025 nous a apporté quelques propositions hexagonales rafraîchissantes et ensoleillées qui m’ont bien plu. Je pense à Avignon (2025) de Johann Dionnet, qui revisite le théâtre, la romcom et le film de potes dans le cadre ensoleillé du festival, avec une bande extrêmement attachante où chacun.e a la place de briller. Je pense aussi à Anges & Cie (2025) de Vladimir Rodionov qui, sur le papier et l’affiche ne vend peut-être pas du rêve, mais qui imagine un univers très sympa (et très bien construit) d’anges gardiens qui aurait sans doute eu plus de pertinence en programme court qu’en long métrage un peu sacrifié au début du mois de mai. Et puis, enfin, je pense à Natacha (presque) hôtesse de l'air (2025) de Noémie Saglio : l’iconographie un peu datée de la BD originale et la campagne marketing ratée n’ont pas laissé sa chance à cette comédie drôle et girl-power, qui rappelle les grandes heures de George de la jungle (1997) -si, si !- quand Camille Lou échange avec le narrateur. Ces trois films méritaient beaucoup mieux en salles, c’est le moment de leur offrir la séance de rattrapage qu’ils méritent en VOD.

Jane Austen par Netflix : tout ce que l’on sait sur le nouveau Orgueil et Préjugés

Jane Austen par Netflix : tout ce que l’on sait sur le nouveau Orgueil et Préjugés

Maëlle Beauget-Uhl

Maëlle Beauget-Uhl

Rédacteur JustWatch

« C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit avoir envie de se marier. » Si vous aussi vous connaissez par cœur cette phrase d’ouverture du chef-d’œuvre de Jane Austen, Orgueil et Préjugés, alors comme moi, vous devez probablement avoir très hâte de découvrir la nouvelle adaptation de Netflix qui sortira en 2026.

Alors oui c’est vrai, il existe déjà des dizaines d'adaptations de ce roman (pour le petit comme le grand écran). Il existe même une gentille « rivalité » entre l'adaptation de la BBC (Orgueil et Préjugés,1995) et l'adaptation cinématographique de Joe Wright (Orgueil et Préjugés, 2005). Alors pourquoi pas en rajouter une troisième ? La grande fan de Jane Austen que je suis ne va pas s’en plaindre (même si la barre est très haute, tant j'adore la version de 2005) !

Et comme l'année 2025, qui se termine ce soir, a justement marqué les 250 ans de la naissance de l’autrice britannique, je vous partage pour JustWatch un petit résumé de tout ce que nous savons déjà sur cette future mini-série. 

De quoi parle « Orgueil et Préjugés » ?

Lizzie Bennet ne pense pas au mariage comme ses sœurs. Ni comme toutes les autres jeunes femmes qui l’entourent d’ailleurs. Sa mère, Mrs. Bennet, la pousse à épouser un homme de bonne situation, mais Lizzie refuse un mariage sans amour… Jusqu’au jour où elle rencontre Mr. Darcy, un homme charmant, mystérieux mais quelque peu odieux.

Si Orgueil et Préjugés est une histoire d’amour magnifique et connue pour ses nombreuses adaptations, c’est surtout la fresque sociale qu’elle représente qui fait pour moi toute sa force. Jane Austen a toujours eu un regard très critique et acerbe sur la société dont elle faisait partie, et c’est sous couvert de romance et d’humour, que l'écrivaine est parvenue à dénoncer les petites mentalités et les carcans imposés aux femmes de son époque.

Qui est au casting  ?

Même si la date de sortie n’a pas encore été dévoilée, le casting de la prochaine série Netflix est extrêmement prometteur. Emma Corin et Jack Lowden vont respectivement incarner Lizzie Bennet et Mr. Darcy, l’un des couples les plus iconiques de la littérature anglaise.

Vous avez sûrement croisé Emma Corin dans la magnifique adaptation de L’Amant de Lady Chatterley (2022), un film réalisé par Laure de Clermont-Tonnerre, mais également dans Nosferatu (2024), et dans la série The Crown (2016-2023), dans laquelle elle incarnait avec brio Lady Diana durant la saison 4.  

Jack Lowden est quant à lui la star de l'excellente série Apple TV, Slow Horses (2022-), dans laquelle il joue aux côtés de Gary Oldman. Il est aussi à l'affiche de la série The Gold (2023-), et en 2018, il incarnait Lord Darnley, l'époux de Mary Stuart dans le superbe film Marie Stuart, reine d'Écosse, aux côtés de Saoirse Ronan et Margot Robbie. 

Du côté des parents de Lizzie Bennet, la très grande Olivia Colman a été choisie pour incarner Mrs. Bennet et Rufus Sewell tiendra le rôle du père, Mr. Bennet.

Pour les prétendants des soeurs Bennet, Daryl McCormack, qui était récemment à l’affiche de Wake Up Dead Man (2025), et de Mes Rendez-Vous avec Leo Grande (2022) sera Mr. Bingley ; Louis Partridge, la star de House of Guinness (2025-) sera Mr. Wickam, et Jamie Demetriou, que vous avez pu voir dans Barbie (2023) et Fleabag (2016-2019), sera Mr. Collins.

Fiona Shaw, qui incarnait la Tante Petunia dans la saga Harry Potter, mais que vous avec aussi pu apercevoir dans Andor (2025) Bad Sisters (2024) et Hot Milk (2025) sera Lady Catherine de Bourgh, qui était incarnée par la légendaire Dame Judy Dench dans la version de 2005.

Et derrière la caméra ?

La journaliste et chroniqueuse britannique Dolly Alderton et le réalisateur de Heartstopper, Euros Lyn, sont tous les deux à la tête de ce projet de très grande envergure.  Emma Corin participe également à la production pour la toute première fois de sa carrière.

Puisque le tournage de la série bat son plein en Angleterre, plus de détails seront dévoilés au cours de ces prochains mois. Cependant, cette version devrait être très fidèle au roman, et les six épisodes devraient permettre aux créateurs de prendre un peu plus leur temps et de se pencher sur d’avantages de détails qui composent cette histoire intemporelle.

Vous êtes fan de Zootopie 2 ? Voici 8 films d’animation pour prolonger l'expérience !

Vous êtes fan de Zootopie 2 ? Voici 8 films d’animation pour prolonger l'expérience !

Öykü Sofuoğlu

Öykü Sofuoğlu

Rédacteur JustWatch

Judy Hopps et Nick Wilde sont de retour ! Enfin, ils ont fait leur retour dans les salles françaises avec Zootopie 2 le 26 novembre dernier. Et au vu des chiffres du box-office -plus de 5,3 millions d’entrées cumulées, soit le plus gros succès de l’année en France- la trajectoire du film en salles semble encore se prolonger.

Les fans de la franchise Zootopie (2016) qui souhaitent profiter de la période des vacances pour prolonger l’expérience avec d’autres films ne seront pas déçus, car JustWatch a tout prévu pour eux. Grâce à cette liste, qui s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux enfants, vous pourrez vous plonger dans différents univers créatifs de l’animation, à la hauteur de cette franchise emblématique de Disney.

Les Aristochats (1970)

Les studios Disney sont davantage connus pour les grandes franchises qu’ils ont acquises que pour les films d’animation à l’origine de leur histoire. Pourtant, même aujourd’hui, les grands classiques animés du studio n’ont rien perdu de leur beauté ni de leur originalité, et Les Aristochats (1970) en font certainement partie. Réalisé par Wolfgang Reitherman, le film rappelle Zootopie dans sa manière de projeter des enjeux sociaux sur des personnages anthropomorphiques. 

L’histoire se déroule dans les années 1910, en France, où une vieille chanteuse d’opéra lègue toute sa fortune à sa chatte Duchesse et à ses chatons, Marie, Toulouse et Berlioz. Mais à cause des plans malveillants de son majordome jaloux, qui cherche à s’approprier l’héritage, Duchesse et les chatons se retrouvent abandonnés dans la campagne française. C’est là qu’ils font la rencontre de Thomas O’Malley, un chat de gouttière, qui accepte de les aider à retrouver le chemin de Paris.

Avec son animation au style traditionnel et ses mélodies de jazz qui restent durablement ancrées dans la mémoire des spectateurs, Les Aristochats se distingue également par sa façon d’aborder les différences sociales entre l’aristocratie et les classes populaires. Un très beau choix pour passer un moment en famille pendant les vacances, avec un agréable brin de nostalgie.

Robin des Bois (1973)

Vous avez sûrement vu les théories de fans qui s’interrogent sur le fait que Zootopie et Robin des Bois (1973) appartiendraient au même univers filmique. Et si vous n’en avez jamais entendu parler, eh bien oui : les apparences physiques de Robin et de Nick Wilde -leurs chemises vertes en plus !- sont immanquablement similaires. Même si l’on apprend que ce n’était pas l’intention des créateurs de la franchise, l’idée de rapprocher ces deux renards hors-la-loi particulièrement rusés reste amusante.

Robin des Bois est également réalisé par Wolfgang Reitherman et, après Les Aristochats, il s’agit du premier film du studio sorti après la mort de Walt Disney. Le film s’approprie le récit traditionnel du voleur au grand coeur de Sherwood, mais les personnages y sont interprétés sous une forme anthropomorphique. 

Comparé à d’autres films réalisés à la même période, Robin des Bois n’a pas rencontré autant de succès et a été critiqué par certains pour son choix de faire d’un brigand une figure positive -un aspect éthique qui concernait davantage les enfants mais qui paraît aujourd’hui un peu obsolète comme argument. Pour les adultes qui s’intéressent au travail d’animation, celui-ci peut paraître peu original, en raison des limitations budgétaires du studio. Mais si vos enfants ont adoré Zootopie, Robin des Bois constitue une très jolie option pour leur faire découvrir la période classique de Disney et leur parler des liens hypothétiques entre les deux films.

Basil, détective privé (1986)

Bien que ce film reste relativement peu connu, même en comparaison avec d’autres classiques du studio, Basil, détective privé (1986) est souvent qualifié de « film qui a sauvé Disney ». Le long métrage s’inspire de la série de romans d’Eve Titus, illustrés par Paul Galdone, elle-même basée sur le personnage de Sherlock Holmes. Le film se rapproche de Zootopie dans la mesure où son histoire s’inscrit dans un cadre urbain -en l’occurrence le Londres de 1897- et investit le genre policier.

On y retrouve Basil, la souris éponyme, illustre détective qui, avec l’aide de l’ancien médecin militaire David Q. Dawson, vient en aide à une petite fille prénommée Olivia pour retrouver son père, enlevé par le méchant professeur Ratigan.

Basil, détective privé est le premier film Disney à utiliser de manière extensive des images de synthèse et, à cet égard, il annonce clairement une nouvelle direction dans l’animation du studio. Adoptant un ton plus sombre que les standards habituels de Disney, le film mérite assurément une chance de la part de celles et ceux qui apprécient le genre policier et les récits mettant en scène des duos improbables.

Qui veut la peau de Roger Rabbit (1988) 

Parmi tous les films qui figurent dans cette liste, Qui veut la peau de Roger Rabbit (1988) est sans doute celui qui est le plus original et inventif. Réalisé par Robert Zemeckis, le film mélange les prises de vue réelles et l’animation par une véritable prouesse technique qui lui a valu l’Oscar des meilleurs effets visuels. Même si leurs tons humoristiques sont différents, comme Zootopie, Qui veut la peau de Roger Rabbit livre un récit qui repose sur les hiérarchies sociales et se déroule autour d’une enquête policière. 

Le film imagine un monde où les humains coexistent avec les « Toons », des personnages animés qui sont souvent embauchés pour jouer dans des productions à Hollywood. Quand, Roger Rabbit, un star toon, est accusé du meurtre d’un homme d’affaire puissant, le détective privé Eddie Vaillant qui, jusqu’alors méprisait les créatures de celluloïd, est tâché de protéger Roger et de trouver le vrai coupable. 

Qui veut la peau de Roger Rabbit est un film hilarant et intelligent qui, lui aussi, aurait contribué à l’arrivé du Second Âge d’or de Disney, tout en ouvrant la voie à d’autres films hybrides comme Space Jam (1996) et Les Looney Tunes passent à l’action (2003). Attention aux parents : même s’il s’agit d’un film d’animation, les blagues et certains thèmes le rendent déconseillé aux très jeunes enfants. 

Fantastic Mr. Fox (2009)

Après Robin des Bois, le deuxième renard-héros de notre liste vient d’un magnifique film d’animation en volume de Wes Anderson, adapté du roman Fantastique Maître Renard de Roald Dahl. Nous prévenons d’emblée les fans de Disney : l’humour singulier et absurde de Fantastic Mr. Fox (2009) pourrait vous paraître un peu décalé, voire sec -surtout pour les enfants- mais, en même temps, le film peut leur servir d’introduction à d’autres univers d’animation plus matures et inventifs.

Même si le pitch du film est considérablement différent de celui de Zootopie, le traitement approfondi des personnages et les thématiques plus sérieuses qu’il aborde se font écho. Fantastic Mr. Fox se concentre sur la famille Renard -Foxy, sa femme Felicity et leur fils Ash- qui subsistait autrefois en volant des poules. Alors que la famille menait désormais une vie normale, l’arrivée de leur neveu Kristofferson éveille chez Foxy un désir d’aventure, et il reprend ses activités de vol. Mais ses pulsions mettent sa famille en danger. 

Résultat d’un véritable accomplissement technique, le film n’est pas exempt de choix esthétiques et d’un ton humoristique propres au cinéma de Wes Anderson. Les thèmes de la nature, des pulsions, ainsi que l’importance des liens familiaux y sont abordés avec justesse. N’oublions pas l’aspect le plus ingénieux du film, à savoir son casting vocal, dans lequel on retrouve de grandes stars comme George Clooney et Meryl Streep, interprétées, dans la version française, par Mathieu Amalric et Isabelle Huppert. Après Fantastic Mr. Fox, surtout ne manquez pas le deuxième film d’animation de Wes Anderson : L’Île aux chiens (2018) !

Comme des bêtes (2016)

Revenons maintenant un peu à l’animation conventionnelle. Produit par le studio Illumination, Comme des bêtes (2016) a souvent été comparé à Zootopie, en grande partie parce qu’ils sont sortis la même année et que les deux films mettent en scène des héros animaux aux comportements humains. Comme des bêtes part d’une prémisse assez simple que beaucoup de propriétaires d’animaux de compagnie se posent : que font-ils quand nous ne sommes pas avec eux ?

Se déroulant également dans un cadre urbain, le film suit Max, un Jack Russell terrier dont la vie est bouleversée lorsque son humaine, Katie, adopte un autre chien nommé Duke. À cause de la jalousie de Max, le duo est d’abord attrapé par le service de contrôle des animaux, puis se retrouve mêlé à un groupe d’animaux anti-humains qui vivent dans les égouts de New York.

Même si le récit de Comme des bêtes rappelle la franchise Toy Story, les créateurs ont tout de même réussi à construire un univers visuel intéressant, peuplé d’une grande variété de personnages à la fois mignons et drôles -vous reconnaîtrez sûrement les très iconiques Snowball le lapin et Gidget la Spitz nain ! Comparées à l’univers de Zootopie, les aventures de Max et Duke sont plus faciles à suivre, ce qui rend le film particulièrement adapté aux jeunes enfants. Il existe aussi une suite, Comme des bêtes 2 (2019), qui pourrait aussi leur plaire. Sans oublier, également signés des studios Illumination, les deux volets de Tous en scène et leurs animaux chantants.

Les Bad Guys (2022)

La franchise Moi, moche et méchant a rencontré un grand succès grâce à son arc narratif centré sur un méchant qui devient un héros. Produit par DreamWorks, Les Bad Guys (2022) reprend en partie ce concept d’anti-héros et le transpose dans le contexte d’un film de braquage. Comme dans Zootopie, la caractérisation des personnages animaux repose sur certains attributs auxquels on les associe.

C’est pour cette raison que M. Loup, chef d’une bande de criminels composée de M. Serpent, Mlle Tarentule, M. Requin et M. Piranha, a du mal à croire qu’ils puissent devenir gentils et adopter de bons comportements, malgré sa nature de « méchant loup ». Le film raconte ainsi la collision entre l’image de méchanceté qui leur est projetée et celle de bons citoyens qu’ils aspirent à devenir.

En regardant les deux films, vous remarquerez sûrement que la dynamique entre M. Loup et Diane Foxington rappelle celle de Nick Wilde et Judy Hopps. Mais il est clair que l’aspect social est beaucoup plus prononcé dans Zootopie, tandis que Les Bad Guys explore une tension plus universelle entre le Bien et le Mal. Comme Zootopie, Les Bad Guys a cartonné au box-office, et la suite du film, sortie cet été, est désormais disponible sur les plateformes de VOD en France.

Élémentaire (2023)

Dès la bande-annonce, les audiences avaient commencé à comparer Élémentaire (2023) à Zootopie, notamment en raison de l’imagerie urbaine qui caractérise les deux films, au point que le réalisateur d’Élémentaire a été contraint d’expliquer en quoi son film se distinguerait de l’autre. Reste que les deux œuvres se font tout de même écho sur le plan thématique : elles abordent des questions d’exclusion sociale, de discrimination et de préjugés, qui conditionnent également l’espace urbain.

Dans Élémentaire, on découvre Element City, où cohabitent des êtres associés à quatre éléments différents. Issue d’une famille d’immigrés « flamboyants », Flam y rencontre un être aquatique nommé Flack et, malgré les règles qui séparent leurs communautés, ils tombent amoureux. À la différence de Zootopie, il s’agit donc d’un film davantage axé sur la romance. C’est aussi l’un des rares films Pixar sans méchant personnifié : ici, ce sont le système et les préjugés eux-mêmes qui génèrent les conflits.

Le film se distingue par une animation splendide, des designs de personnages et des espaces très créatifs. Mais pour certains spectateurs, les métaphores autour des éléments et de leurs interactions ont été jugées lourdes ou incohérentes. Mais selon moi, cet aspect n’empêche pas d’apprécier la richesse visuelle du film et de se laisser porter par cet univers foisonnant d’imagination ! 

  • Avatar 3 : la nouvelle méchante a un lien étonnant avec… Charlie Chaplin !

    Avatar 3 : la nouvelle méchante a un lien étonnant avec… Charlie Chaplin !

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Si vous avez profité de votre break de Noël pour vous rendre au cinéma et découvrir le dernier opus de la saga gigantissime de James Cameron, Avatar: de Feu et de Cendres (2025), vous avez sûrement (comme beaucoup de fans) adoré Varang, la nouvelle vilaine enflammée introduite pour la première fois dans l’univers de Pandora.

    Cheffe du clan de pillards Mangkwan, Varang est une sorcière violente et sans pitié cherchant à anéantir les Na’vis et leur foie en Eywa après qu’une éruption ait rasé son village. Tranchant avec la spiritualité des clans de la forêt et des rivages, cette antagoniste féroce et fascinante est interprétée par Oona Chaplin.

    Le nom ne trompe pas : l'actrice n'est autre que la fille de Géraldine Chaplin, la cousine de James Thiérrée (Chocolat) et surtout la petite-fille de Charlie Chaplin, légende du cinéma muet avec son personnage iconique de Charlot ! A l’occasion du retour sur Pandora, je vous ai préparé pour Justwatch un petit récapitulatif de la carrière de l'actrice, que vous avez peut-être déjà croisée dans l’une de vos séries préférées.

    Avant Pandora… Westeros !

    Si l’actrice d’Avatar: de Feu et de Cendres a enchaîné les rôles sur le petit comme sur le grand écran pendant des années, c’est bien son dernier rôle en date -et son premier blockbuster-, qui permettra sans aucun doute de la faire connaître à un public plus large. 

    Cependant, les aficionados de séries TV, et notamment de Game of Thrones, ont probablement reconnue en Oona Chaplin l’interprète de Talisa Stark, la femme de Robb Stark, lui-même joué par Richard Madden. Attention spoilers ! Talisa connut une fin tragique lors du tristement célèbre Red Wedding, ou les Noces Pourpres en français, alors qu’elle était enceinte de plusieurs semaines.

    Où avez-vous déjà vu Oona Chaplin ?

    En 2011, Oona Chaplin était également à l’affiche de la série BBC The Hour, aux côtés de Ben Whishaw, Dominic West et de Romola Garai. The Hour est une série particulièrement réussie sur fond de Guerre Froide et d’intrigues politiques, retraçant les débuts d’une émission télévisée de la BBC dans les années 50 à Londres. 

    En 2017, la comédienne apparaît également dans l’excellente -et très sombre- mini-série Taboo, créée par Steven Knight (également créateur de Peaky Blinders, SAS Rogue Heroes et House of Guinness), Ridley Scott et Tom Hardy (rien que ça !) 

    Même si c’est principalement le petit écran qui lui a offert certains de ses plus grands rôles, Oona Chaplin a également tourné en 2015 dans l'adaptation cinématographique du livre de Nicholas Sparks, Chemins Croisés, et elle joue également aux côtés de Cillian Murphy, Jennifer Connelly et Mélanie Laurent dans L’Attrape-rêves en 2014.

    Le poids d’un nom de famille

    Récemment, l'actrice a déclaré au Times qu’elle avait longtemps pensé à changer de nom afin d'éviter les conversations sur le népotisme hollywoodien. Si elle reconnaît que des portes lui ont été ouvertes et que ça n’aurait peut-être pas été le cas sans son nom de famille, elle a finalement décidé de le garder et de transformer son sentiment de « culpabilité » en gratitude, tout en sachant que son travail d’actrice n’aurait rien à voir avec le travail de son grand-père. 

    Oona Chaplin est donc en chemin pour construire sa propre identité et sa propre carrière à Hollywood, une carrière qui semble de plus en plus prometteuse au vu de son travail génial dans Avatar: de Feu et de Cendres, dès à présent au cinéma.

  • Stranger Things saison 5 : la ref aux Tortues Ninja qu’on n’avait pas vue venir !

    Stranger Things saison 5 : la ref aux Tortues Ninja qu’on n’avait pas vue venir !

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Entre les quatre tortues anthropomorphes héroïnes des enfants des années 90 et la bande de Stranger Things (2016-2025), la filiation n’est pas évidente. Pourtant, les ingénieux frères Duffer cultivent une passion assumée pour la pop culture des années 80 et 90. Derrière les vélos et les talkies walkies d’Hawkins se cache une constellation de références que nous avons déjà évoqué dans d’autres articles.

    Mais il en manquait une essentielle, que les frangins viennent de révéler dans une interview à un média américain. On le savait déjà : Stranger Things ne se contente pas de recycler des codes puisque la série les digère et les transforme. À l’image des Tortues Ninja à leur époque, elle met en scène une bande d’adolescents confrontés à un monde souterrain, invisible aux adultes, où l’amitié devient une arme et l’imaginaire un outil de survie.

    Comment les deux univers ont interagi ? Comment les créateurs ont pioché dans la BD adaptée en dessin animé ? Je vous donne toutes les réponses ici, pour JustWatch !

    C’est quoi cette ref ?

    Aucune extrapolation de la part d’un fan : la référence à la Dimension X sort de la bouche et des cerveaux mêmes des frères Duffer, créateurs et showrunners de la série Stranger Things. Dans une interview accordée à Variety, ils expliquent avoir voulu « raconter depuis le début » l’histoire du troisième lieu révélé dans les épisodes 5, 6 et 7 de la saison 5 – L’Abysse –, afin d’en livrer enfin les clés de compréhension.

    Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce lien est évoqué. Un crossover officiel, écrit et dessiné, a déjà réuni les enfants d’Hawkins et les Tortues Ninja, tous représentés comme des adolescents, partageant la même logique de groupe et de survie face à un monde hostile. Les Duffer précisent même que, dès les balbutiements de la série, Netflix leur avait demandé d’expliquer précisément la mythologie de leur univers.

    « Nous avons rédigé un document de 20 pages », racontent-ils. « À l’époque, cela ne s’appelait pas encore L’Abysse, mais Dimension X, en référence aux Tortues Ninja. » Un clin d’œil assumé, qui révèle à quel point cette œuvre culte irrigue encore l’imaginaire contemporain.

    Pourquoi c’est culte, « Les Tortues Ninja » ?

    Des tortues mutantes (à cause d’un produit chimique) qui vivent dans les égouts de New York, élevées par un rat tout aussi mutant et expert en arts martiaux… rien que nommer la situation de ces super-héros est une bonne façon de mesurer à quel point ils sont spéciaux. Sans compter qu’ils portent des noms de sculpteurs de la Renaissance italienne !

    Créées en 1984 par Kevin Eastman et Peter Laird, les Tortues Ninja ont d’abord été une BD inspirée des comics de Ninja. Le succès est immédiat et adapté en dessin animé en 1987 de manière beaucoup plus accessible aux enfants. Ces Tortues sont au nombre de quatre : Leonardo (bandeau bleu sur les yeux) est le leader, sérieux et discipliné. Il se bat avec des katanas. Raphaël, en rouge, est le rebelle impulsif, armé de saïs. Donatello, en violet, est le cerveau du groupe, muni d’un bo (un bâton). Enfin Michelangelo, en orange, est le rigolo de la bande, le cool, toujours prêt à dégainer ses nunchakus en cas de danger.

    Ensemble, elles forment une famille de substitution, soudée face à un monde qui ne peut pas les accepter. Un schéma narratif qui, quarante ans plus tard, continue de faire écho — jusque dans les profondeurs de L’Abysse.

    « Stranger Things », que se passe-t-il dans la saison 5 ?

    Avec sa cinquième et ultime saison, Stranger Things opère un mouvement de repli stratégique : revenir à l’essence même de son récit. Après avoir multiplié les fronts, les personnages et les enjeux apocalyptiques, les frères Duffer recentrent leur narration sur L’Abysse, cette dimension parallèle désormais au cœur de la série. Plus qu’un simple décor horrifique, ce monde inversé devient un espace à explorer, à comprendre, presque à cartographier.

    La saison 5 ne cherche plus seulement à faire peur, mais à expliquer. Pourquoi cette dimension existe-t-elle ? Comment fonctionne-t-elle ? Et surtout, pourquoi entretient-elle un lien si intime avec Hawkins et ses habitants ? En ce sens, L’Abysse agit comme un équivalent adulte et sombre de la Dimension X des Tortues Ninja : un ailleurs structuré, doté de ses propres règles, où se joue le destin de héros trop jeunes pour porter de telles responsabilités.

  • Fallout et 8 adaptations de jeux vidéo qui ont brisé la malédiction ces 10 dernières années

    Fallout et 8 adaptations de jeux vidéo qui ont brisé la malédiction ces 10 dernières années

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Soyons honnêtes deux minutes : il y a quelques années, aller voir une adaptation de jeu vidéo au cinéma était plutôt destiné aux fans désespérés et clairement masochistes qu’aux cinéphiles. Soit l’adaptation trahissait le matériau d’origine, soit elle le copiait sans âme. Mais ces dix dernières années, quelque chose a changé.

    Une nouvelle génération de réalisateurs, qui a grandi avec une manette dans les mains, a pris les commandes. Et le résultat est là. De la tragédie Shakespearienne à l'humour noir et exagéré, nous vivons un véritable âge d’or que je mets en lumière pour JustWatch..

    Dans cette liste, vous trouverez des films et des séries qui respectent l’esprit du jeu, son ambiance, son rythme, sa manière de faire exister le monde. Voici donc ma sélection, garantie sans Uwe Boll au générique, des titres qui ont enterré la malédiction. 

    Fallout (2024–)

    Difficile de faire plus casse‑gueule que Fallout (2 saisons). Transformer un univers post-apo satirique, rempli de factions absurdes et de morale en carton‑pâte, en série « regardable par tout le monde » relevait du miracle. Surtout lorsque la fanbase est immense et fidèle. Et pourtant, ça fonctionne car Jonathan Nolan (Westworld) a compris que l’essence des jeux Bethesda est dans ce ton unique, ce mélange improbable d’ultraviolence gore et d’optimisme rétro années 50. 

    La série réussit le tour de force d’être hilarante tout en étant incroyablement cruelle, et arrive à passer de la noirceur à l’humour sans perdre le rythme. Mention spéciale à Walton Googins en Goul, qui vole la vedette à tout le monde. Fallout n’essaie pas de lisser le matériau pour le grand public, mais embrasse sa bizarrerie. Si vous avez aimé l’humour noir de la série The Boys (2019), vous serez ici en terrain conquis. Comme quoi, on peut étendre un univers sans juste copier une quête principale. 

    The Last of Us (2023-)

    On était beaucoup à commencer The Last of Us (2 saisons) à reculons. Le jeu est déjà tellement cinématographique, à quoi bon ? Pourtant, c’est tout simplement grandiose. Craig Mazin (Chernobyl) a su trouver l’équilibre parfait : une fidélité maladive aux décors et aux dialogues cultes, tout en s’autorisant des détours narratifs.

    L’épisode 3 de la première saison, centré sur Bill et Frank, reste pour moi l’un des plus beaux moments de télévision de ces dernières années, point final. Pedro Pascal et Bella Ramsey livrent une performance viscérale sur le deuil. Fallout vous attire avec un sourire cynique, alors que The Last of Us vous prend à la gorge. Deux apocalypses, mais pas le même poison. 

    Arcane (2021–2024)

    L’univers de League of Legends me laisse de marbre, et pourtant, Arcane (2 saisons) m’a mis une claque visuelle comme j’en ai rarement pris. Oubliez le label « adaptation de jeu », on est ici face à un chef-d'œuvre d’animation qui rivalise avec des productions comme Spider-Man : New Generation (2018).

    Le studio français Fortiche a réussi à créer une esthétique très particulière. Une sorte de peinture à l’huile en mouvement, qui sert une tragédie grecque déchirante entre deux sœurs. C’est sombre, politique, intense. Chaque victoire a un goût amer, chaque personnage brise le cœur. Ici on parle d’obsession, de lutte de classes, de culpabilité. Arcane joue dans une autre ligue que d’autres séries d’animation plus classiques comme Dota : Dragon’s Blood (2021). Une œuvre majeure, tout simplement. 

    Cyberpunk: Edgerunners (2022)

    Cyberpunk: Edgerunners (1 saison) a pris le jeu, l’a retourné, et en fait cet anime sous nitro prenant Night City et tous les fans du jeu par surprise, moi compris. Le studio Trigger (Kill la Kill) y injecte sa frénésie habituelle : c'est coloré, vulgaire, hyper-violent et, étrangement, ça vous brise le cœur. L’histoire nous rappelle que le système gagne toujours. On sait que ça va mal finir, mais on regarde quand même.

    C’est une adaptation qui comprend le cœur du jeu : l’illusion de la liberté dans une ville qui vous consomme. Cette énergie du désespoir est affreusement toxique mais tellement addictive. Regarder cet anime, c’est comme boire trop de café : on a besoin d’un bon thé à la fin pour s’en remettre. Alors si vous en voulez encore, relancez votre partie de Cyberpunk ou lancez vous dans Devilman Crybaby (2018).

    Super Mario Bros. le film (2023)

    Je pense qu’on s’attendait tous à un film rempli de fan-service et de clins d’œil sans histoire. Pourtant, Super Mario Bros. le film (1h33) n’est (presque) pas tombé dans le piège. Alors oui, le scénario tient sur un ticket de métro et l’évolution des personnages est quasi inexistante. Mais ce n’est pas si grave.

    Le film a un rythme de jeu de plateforme, des décors qui donnent envie de sauter dedans, et donne un véritable spectacle de fête foraine. Super Mario embrasse totalement son côté « parc d’attraction ». C’est un feu d'artifice de références visuelles et sonores, c’est beau, c’est drôle. Il ne prétend pas réinventer le cinéma d’animation, mais c’est le film « doudou » par excellence. Un bon bol d’air pour un dimanche après-midi en famille, dont la suite est attendue en 2026.

    Castlevania (2017 - 2021)

    Rendons à César ce qui est à César : avant Arcane et Edgerunners, c’est Castlevania (4 saisons) qui sauvait les meubles des adaptations de jeu vidéo. Warren Ellis a transformé un jeu de plateforme où l’on fouette des squelettes en une série gothique tout aussi sanglante que philosophique, disponible sur Netflix.

    Oui, les combats sont jouissifs, mais ce qui surprend le plus, c’est l’épaisseur morale des personnages : des héros épuisés, des monstres tragiques, des idéaux qui vacillent. J’ai particulièrement aimé Dracula, qui n’est pas juste un antagoniste, mais surtout un homme brisé par le deuil. Ici, nous sommes plutôt dans une série dark fantasy pour adultes que dans un simple anime d’action. 

    Sonic, le film (2020)

    Sonic, le film (1h39) aurait pu être une catastrophe. Après un premier design du hérisson qui avait terrifié internet (et pour cause, il ressemblait plutôt à un Pokémon pour lequel on ne gâcherait pas une pokéball), le studio a eu l’humilité de tout refaire. Résultat : un film familial solide qui assume son côté « buddy movie », avec un Jim Carrey en roue libre qui renoue avec ses grimaces mythiques.

    Le film est moins spectaculaire que Mario, mais il a plus de cœur. Ce n’est pas du grand cinéma d’auteur et il ne prétend pas être autre chose que fun, drôle et divertissant. Et parfois, c’est tout ce qu’on demande, non ? C’est un peu comme Détective Pikachu (2019), qui aurait pu figurer dans cette liste. 

    Gran Turismo (2023)

    Je ne m’attendais à rien, et j’ai été surpris. Quelle idée d'adapter un simulateur sans histoire ! Mais en choisissant l’angle du biopic sportif (l’histoire vraie de Jann Mardenborough), Gran Turismo (2h15) s’en sort avec les honneurs. Neill Blomkamp (District 9) réussit à rendre le film étonnamment prenant avec des courses effrénées.  

    Le problème, c’est qu’on a l’impression de regarder une publicité géante de deux heures pour Sony et Nissan. Mais si vous arrivez à passer outre cet aspect marketing, le fun et l’adrénaline sont bien là, et Gran Turismo ne pourra que plaire aux joueurs. C’est carré, c’est divertissant, et bien mieux que le film Need for Speed (2014). 

    Donjons & Dragons : L'Honneur des voleurs (2023)

    D’accord, ce n’est pas un jeu vidéo, et je triche un peu avec celui-là. Techniquement, Donjons & Dragons : L'Honneur des voleurs (2h14) adapte un jeu de rôle de plateau. Mais sans lui, des monuments vidéoludiques comme Baldur’s Gate, Skyrim, Final Fantasy ou World of Warcraft n’existeraient pas. Le monde du jeu vidéo serait totalement différent et probablement bien moins fun. Les points de vie, le mana, les classes… tout vient de D&D !

    Il ne fallait donc absolument pas rater cette adaptation au cinéma. Les réalisateurs nous ont offert une comédie d’aventure généreuse, portée par un Chris Pine charismatique en barde raté, en capturant l’essence d’une « partie entre potes ». Dans une liste dominée par des univers sombres, ce film fait du bien. C’est drôle, rythmé et ça respecte l’ADN du gaming mieux que la plupart des « vrais » films de jeux vidéo. 

  • Brokeback Mountain a 20 ans : 10 films LGBTIQ+ incontournables qui ont suivi ses pas

    Brokeback Mountain a 20 ans : 10 films LGBTIQ+ incontournables qui ont suivi ses pas

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    C’était il y a vingt ans : Le Secret de Brokeback Mountain, l’un des films les plus emblématiques du cinéma queer, sortait en salles en décembre 2005. Réalisé par Ang Lee, le long métrage racontait une histoire d’amour impossible entre deux ranchers dans l’Amérique rurale. Avec à la clé trois Oscars (Meilleure réalisation, Meilleur scénario adapté, Meilleure musique) et cinq nominations.

    Aujourd’hui considéré comme un classique ayant largement contribué aux représentations queer dans le cinéma mainstream, Le Secret de Brokeback Mountain a surtout marqué les esprits par les performances bouleversantes de Heath Ledger et Jake Gyllenhaal. Pour célébrer la postérité du long métrage, je vous propose une sélection JustWatch des films les plus incontournables du cinéma LGBTIQ+ des vingt dernières années.

    L’Inconnu du lac (2013)

    Alain Guiraudie a connu un grand succès auprès du milieu critique avec Miséricorde (2024), mais c’est avec L’Inconnu du lac (2013) qu’il a réalisé une véritable percée dans sa carrière. Attention : comme toute la filmographie du cinéaste, L’Inconnu du lac est loin de ressembler aux récits classiques du cinéma queer. D’une radicalité de mise en scène incomparable, le film propose un mélange unique d’érotisme et de thriller.

    Il s’agit avant tout d’un film d’atmosphère, centré sur le lac, qui sert de lieu de rencontre et de drague pour des naturistes homosexuels. C’est là que Franck (Pierre Deladonchamps), séduit par un certain Michel (Christophe Paou), est témoin d’un meurtre commis par ce dernier et choisit de se taire. Mais l’attirance de Franck pour Michel met progressivement sa vie en péril.

    L’Inconnu du lac se distingue également par la volonté de Guiraudie de mettre en scène des corps masculins que l’on n’associe pas forcément à l’homosexualité au cinéma -surtout dans le contexte du cinéma français, où les personnages gays sont souvent très jeunes et conformes aux standards de beauté. Si vous avez aimé le film, je vous conseille également Un prince (2023) de Pierre Creton, une autre représentation de l’homosexualité hors normes, qui défie les conventions esthétiques.

    Carol (2015)

    Parmi les différents genres cinématographiques qu’il a explorés, Todd Haynes est sans doute le plus connu pour ses mélodrames. Adapté du roman emblématique de Patricia Highsmith, Carol (2015) nous emmène dans les années cinquante aux États-Unis et aborde la rencontre entre Therese, une jeune vendeuse dans un magasin, et Carol, une femme très charismatique en cours de divorce.

    Dès la sortie du film, la relation sentimentale et sensuelle entre les deux personnages, campés par Rooney Mara et Cate Blanchett, devient un véritable phénomène. La mise en scène sophistiquée du cinéaste, la direction artistique très soignée, fidèle à l’esthétique de l’époque, ainsi que les performances retenues mais pénétrantes des deux actrices ont transformé Carol en un classique immédiat. 

    De plus, le film a joué un rôle important dans la représentation queer en lui donnant un ancrage historique et en rappelant que l’amour lesbien n’est pas apparu du jour au lendemain. Sur la même veine, vous pouvez retrouver cette tonalité esthétique dans Vita & Virginia (2017) et A Single Man (2009)

    Moonlight (2016)

    Aujourd’hui, on se souvient de Moonlight (2016) souvent en lien avec sa course aux Oscars face à La La Land (2016). Mais en réalité, le film a été très influent dans la représentation LGBTIQ+ au sein du cinéma hollywoodien, tout en étant profondément poétique et esthétiquement singulier. Réalisé par Barry Jenkins, Moonlight suit un récit épisodique autour de Chiron, un homme noir queer, à travers trois périodes différentes de sa vie.

    Doté d’une sensibilité profonde, assez proche de Pariah (2011) de Dee Rees, le film était l’un des rares exemples à aborder l’homosexualité des hommes queer sous un angle intime et subjectif. À travers son personnage principal, le réalisateur a su explorer les ambiguïtés de la masculinité chez les jeunes hommes gays, et plus précisément noirs, dont l’expérience dépend de plusieurs dynamiques sociales parfois contradictoires.

    Loin d’une simple histoire de coming-out, dépourvue des clichés narratifs des films dits LGBTIQ+, Moonlight reste à ce jour un véritable point tournant, non seulement pour la représentation queer, mais aussi pour la visibilité des productions indépendantes et l’ascension du studio A24.

    Mademoiselle (2016)

    Le thriller noir et érotique de Park Chan-wook occupe une place singulière, car il ne rentre pas tout à fait dans les catégories conventionnelles du cinéma dit queer. Le réalisateur sud-coréen, connu pour ses films dynamiques, esthétiquement raffinés et toujours pleins de surprises, signe avec Mademoiselle (2016) une adaptation audacieuse, transposant le récit victorien de la romancière Sarah Waters en Corée, sous l’occupation japonaise dans les années 30.

    Le film raconte la relation passionnelle entre Lady Hideko, une riche héritière japonaise, et une voleuse manipulée par un escroc qui souhaite l’utiliser comme confidente pour convaincre Hideko de l’épouser. Sans entrer trop dans les détails afin d’éviter les spoilers, disons qu’après une série de révélations, de déceptions et de trahisons, les deux femmes tombent amoureuses et unissent leurs forces en quête de vengeance.

    Mademoiselle est incontournable, car il décentralise l’amour lesbien, qui, jusqu’alors, était souvent abordé à travers des femmes blanches. Il le fait non seulement à travers ses personnages, mais aussi par le mélange des genres -thriller, érotique, film d’époque- que Park Chan-wook utilise pour construire un récit divertissant, audacieux et capable de jouer avec les extrêmes : une approche stylistique qui fait écho à La Favorite (2018) de Yorgos Lanthimos.

    Call Me By Your Name (2017)

    Rares sont les films indépendants traitant de l’amour gay qui ont suscité autant d’enthousiasme auprès du public lors de leur sortie. Réalisé par Luca Guadagnino, Call Me By Your Name (2017) est adapté du roman éponyme d’André Aciman et se concentre sur Elio, un adolescent de 17 ans, qui se rapproche et tombe amoureux d’Oliver, l’un des doctorants de son père, venu passer l’été chez eux, en Italie, pour ses recherches.

    Les amours éphémères sont très souvent abordées dans les récits initiatiques consacrés à la jeunesse, mais chez Guadagnino, l’amour homosexuel n’est pas une source de conflit. Cette volonté de normaliser le désir queer, de se concentrer sur les sentiments et l’intériorité des personnages, a élevé le long métrage à un niveau que très peu de films américains avaient alors atteint. 

    Propulsant également la carrière de Timothée Chalamet, Call Me By Your Name reste à ce jour iconique grâce à son atmosphère nostalgique, à ses musiques mélancoliques, mais aussi à ses scènes sensuelles, qui reposent davantage sur la suggestion que sur des images explicites

    120 Battements par minute (2017)

    Les films qui portent sur l’amour et les identités queer sont souvent limités au cercle intime des personnages, c’est-à-dire à leur lutte personnelle pour l’émancipation au sein de leur famille ou auprès de leurs amis. À cet égard, 120 Battements par minute (2017) de Robin Campillo constitue une exception particulièrement réussie. Le film met en scène les activistes du collectif Act-Up Paris, engagés dans la lutte contre l’épidémie du sida au début des années 1990. Campillo, ancien militant, s’inspire également de ses propres vécus et, même si cela reste en filigrane, le récit relève aussi d’un enjeu documentaire. 

    Porté par les performances passionnantes et très intenses de Nahuel Pérez Biscayart et d’Arnaud Valois, qui incarnent respectivement Sean, un activiste séropositif, et Nathan, qui vient de rejoindre le collectif, le film souligne avec fermeté l’importance de la solidarité et de la résistance au sein des communautés queer. 

    Lauréat du Grand Prix à Cannes, le film a largement contribué à la visibilité des luttes contre le sida, qui reste encore aujourd’hui un tabou pour une partie de la société, ainsi qu’au démantèlement des préjugés à l’égard des personnes vivant avec le VIH, grâce à son impact sur le débat public. Autour de la même thématique, on vous conseille également Jeanne et le garçon formidable (1998) ainsi que Dallas Buyers Club (2013).

    Portrait de la jeune fille en feu (2019)

    Quand la fameuse revue britannique Sight & Sound a dévoilé sa liste des meilleurs films de tous les temps, la présence de Portrait de la jeune fille en feu (2019) au 30ᵉ rang a été une belle et surprenante nouvelle. Réalisé par Céline Sciamma, on peut facilement affirmer que le long métrage est, à l’heure actuelle, considéré comme l’un des plus indispensables du canon lesbien.

    Au sein du cinéma français, où l’amour entre deux femmes est souvent instrumentalisé au service du désir masculin, sous le regard objectivant du male gaze, Portrait de la jeune fille en feu se distingue par sa perspective unique et témoigne d’une réflexion approfondie sur la manière de représenter le corps des femmes par les femmes. Le film se déroule au XVIIIᵉ siècle, en Bretagne, où une peintre, Marianne, est chargée de réaliser le portrait d’Héloïse de manière secrète. Cette jeune aristocrate refuse de poser, car sa famille souhaite la marier contre son gré.

    Film de costume qui ne prétend pas à la véracité historique, il explore les liens que tissent ces deux femmes à travers l’art et l’amour. Noémie Merlant, dans une performance plus retenue et observatrice, incarne Marianne, tandis qu’Adèle Haenel donne toute sa force à Héloïse, rebelle et têtue face aux conventions sociales. Certainement moins marquant que le film de Sciamma, Ammonite (2020) pourrait également intéresser ceux qui ont apprécié Portrait de la jeune fille en feu.

    Douleur et gloire (2019)

    Pedro Almodóvar est souvent qualifié de cinéaste « des femmes », en raison de l’attention portée à ses personnages féminins, et même si ses films mettent souvent en scène des couples hétérosexuels, c’est à travers son approche esthétique, sa sensibilité émotionnelle et l’expression déchaînée du désir que son cinéma assume un regard queer. Dans Douleur et gloire (2019), il pousse cette vision un peu plus loin en livrant un récit aux accents autobiographiques.

    Le réalisateur retrouve son acteur fétiche Antonio Banderas, à qui il confie le rôle de Salvador Mallo, un cinéaste dont la santé est en déclin et qui souffre de douleurs physiques. Véritable alter ego d’Almodóvar lui-même, ce personnage sert d’ancrage émotionnel pour explorer la psyché d’un artiste queer.

    Rappelant Huit et demi (1963) de Federico Fellini par sa structure fragmentaire, Douleur et Gloire se distingue par sa maturité au sein des récits dits queer, en ce qu’il s’intéresse avant tout à la subjectivité queer, non pas à travers une relation clé et déterminante, mais au sein d’un tissu complexe de relations, à la fois familiales et amoureuses. Après Douleur et gloire, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil à Strange Way of Life (2023), le court-métrage d’Almodóvar qu’il considère comme une réponse cinématographique à Brokeback Mountain.

    I Saw the TV Glow (2024)

    Jane Schoenbrun compte aujourd’hui parmi les cinéastes les plus prometteur·euses du cinéma queer américain. Son dernier long métrage, I Saw the TV Glow (2024), qui n’a malheureusement pas bénéficié d’une sortie française en dehors des festivals, propose une allégorie bouleversante et hypnotique de la transidentité.

    Véritable lettre d’amour expressionniste à la culture télévisuelle des années 1990, le film de Schoenbrun se concentre sur Owen, un adolescent qui noue une amitié avec Maddy à travers leurs obsessions communes pour une série télévisée mystérieuse intitulée The Pink Opaque. Le film brouille progressivement les frontières entre réalité et fiction, et les expériences qu’Owen vit à travers cette série témoignent d’un manque, d’un désir beaucoup plus profond, qui bouleverse sa perception de lui-même.

    Caractérisé par une atmosphère onirique, déclinée en différentes teintes de rose et de pourpre, le long métrage capture avec justesse le malaise existentiel que traversent de nombreux jeunes queers et montre avec subtilité comment les films et les séries jouent un rôle crucial dans leur quête d’identité. En raison de son ton assez sombre, le film peut, à certains moments, se révéler difficile à regarder, mais si le cinéma de David Lynch ou des séries comme Buffy contre les vampires (1997-2001) vous parlent, vous n’en serez pas déçus.

    Les Reines du drame (2024)

    Même si on n’arrêtait pas de parler d’Emilia Pérez (2024) pendant la saison de récompenses l’année dernière, s’il y avait un musical queer français qui méritait d’être mentionné ici selon moi, c’est bien Les Reines du drame (2024) d’Alexis Langlois.

    Présenté lors de Semaine de la Critique à Cannes, le premier long métrage de la réalisatrice raconte l'histoire d’amour bien agitée et passionnée entre deux icônes de la musique issues de différents milieux. Débordant de références aux cultures pop des années 2000 de Britney Spears à Yelle ou à Sexy Sushi, le film est un merveilleux hommage à l'esthétique de glittercore.

    Avec non seulement la butch-punk star Billie Kohler et la diva pop Mimi Madamour, mais aussi par le personnage Steevyshady -youtubeuse excentrique obsédé par Mimi Madamour, Les Reines du drame représentent les idéntités queer- mais surtout lesbien et non-binaire dans toute leur spectre. Porté également par une bande originale à laquelle on devient vite accro, le film plaira surtout aux fans de cinéastes comme Bertrand Mandico et Yann Gonzalez.

  • Plus flippants que Vecna dans Stranger Things ? Voici 7 monstres inoubliables des séries !

    Plus flippants que Vecna dans Stranger Things ? Voici 7 monstres inoubliables des séries !

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    L’incontournable figure d’horreur du moment, Vecna, peuple les réseaux sociaux de tous les fans de la série Stranger Things (2016-2026) qui se rongent les ongles en attendant ses ultimes épisodes, disponibles en partie le 26 décembre sur Netflix. Et si on vous disait qu’il existe des monstres tout aussi terrorisants, voire davantage ?

    Bon, on passe sur les Demogorgons, ces êtres visqueux à la tête de fausse fleur, sortes de soldats de Vecna avec des dents acérées à la place des pistils. Il faut plutôt regarder du côté de créatures mues par une horreur plus sourde : Twisty le clown dans American Horror Story, les Gentlemen de Buffy contre les vampires, la Dame au cou tordu de The Haunting of Hill House ou encore le monstre de fumée de Lost.

    Des figures moins démonstratives, parfois presque silencieuses, mais dont la capacité à s’insinuer dans l’imaginaire dépasse largement celle du monstre vedette de Stranger Things. Suivez-moi dans ce bestiaire JustWatch… si vous osez !

    Twisty le clown dans American Horror Story

    Dans American Horror Story : Freak Show (2014), Twisty le clown incarne une horreur profondément humaine. Ancien clown de foire brisé par l’humiliation et l’injustice, il bascule dans une folie meurtrière qu’il perçoit pourtant comme une mission bienveillante. Ce qui glace le sang chez Twisty n’est pas seulement son apparence grotesque ou ses crimes, mais la proximité troublante de sa folie avec le réel. Là où Vecna relève du fantastique pur, Twisty pourrait exister. Il détourne un symbole d’innocence —le clown— pour en faire une figure de prédation, notamment envers les enfants. Cette absence de dimension mythologique ou surnaturelle rend son horreur plus dérangeante, que celle, plus stylisée, de Vecna.

    Le rôdeur du puits dans The Walking Dead

    Dans The Walking Dead (2010-2022), le rôdeur coincé au fond du puits illustre une autre forme de terreur, presque absurde. Il ne s’agit pas d’un antagoniste à proprement parler, mais d’un cadavre bouffi d’avoir trop trempé dans l’eau, prisonnier d’un état de décomposition avancée qui provoque un malaise viscéral. La tentative du groupe de le sauver, animée par un reste de morale plutôt vain, ne fait qu’aggraver l’horreur. Ce zombie n’a ni plan ni intention, et c’est précisément cette absence de volonté qui le rend terrifiant. Contrairement à Vecna, qui choisit et cible ses victimes, le rôdeur du puits rappelle que dans un univers post-apocalyptique, l’horreur n’a plus besoin d’un esprit maléfique pour exister : elle est devenue la norme !

    Les Gentlemen dans Buffy contre les vampires

    Qui se souvient des Gentlemen dans Buffy contre les vampires (1997-2003) ?  Ces créatures flottantes chauves, livides, au sourire figé et en costumes trois pièces volent la voix des habitants avant de leur arracher le cœur. Leur apparition se fait dans un silence quasi total, au cours d’un épisode privé de dialogues. Là où Vecna use de monologues et de manipulation verbale, les Gentlemen s’imposent par l’absence de bruit, par la politesse glaçante de leurs gestes et par l’impuissance totale de leurs victimes. Leur esthétique de cauchemar, combinée à leur mutisme, les rend profondément inhumains, et donc souvent plus terrifiants que Vecna, dont la parole humanise paradoxalement la monstruosité.

    Les Claqueurs dans The Last of Us

    Peur primitive, bonjour. Les Claqueurs de The Last of Us (2023-) représentent le troisième stade de l’infection au Cordyceps : ils ont perdu toute humanité, leur visage étant littéralement dévoré par le champignon. Autant dire que leur apparence répugne. Aveugles, ils se repèrent uniquement par le son, transformant chaque respiration, chaque pas, en menace potentielle. Contrairement à Vecna, qui s’attaque à l’esprit et laisse parfois une chance de compréhension ou de résistance, les Claqueurs imposent une terreur immédiate et physique. Ils ne pensent pas, ne négocient pas et ne symbolisent rien d’autre que la brutalité aveugle d’un monde effondré. Leur simple présence suffit à créer une tension que Vecna, malgré son charisme, ne suscite pas toujours avec la même intensité.

    La dame au cou tordu dans The Haunting of Hill House

    C’est l’un des fantômes les plus mémorables imaginés par Mike Flanagan, le créateur et réalisateur de la série The Haunting of Hill House (2018). Celui d’une « Dame au cou tordu » qui se présente telle que son nom (visage fortement penché à droite et longue tignasse) et apparaît à Nell. Là où le spectre est surtout tordu, c’est qu’il n’est autre que Nell elle-même, prisonnière d’une boucle temporelle, condamnée à hanter sa propre vie. Là où Vecna est un prédateur extérieur, la Dame au cou tordu incarne une horreur existentielle absolue : le monstre, c’est ton futur, ton destin inévitable. Elle ne tue pas, elle révèle. Et cette révélation, bien plus que la violence, laisse une empreinte durable dans notre esprit de téléspectateur doué d’émotions fortes.

    Le Tuunbaq dans The Terror

    Avec le Tuunbaq dans la série The Terror (2018-2019), on est clairement dans une tradition de terreur plus archaïque et mythologique. Créature gigantesque issue du folklore inuit, il traque l’équipage perdu dans l’Arctique comme une incarnation du châtiment. Plus qu’un simple monstre, il est lié à la transgression des lois sacrées et à l’arrogance coloniale des hommes. Là où Vecna est le produit d’un traumatisme individuel, le Tuunbaq est une force presque cosmique. Son inhumanité totale, combinée à l’environnement hostile et désespéré dans lequel il apparaît, le rend plus écrasant et donc souvent plus effrayant que Vecna.

    Le monstre de fumée dans Lost : les disparus

    Enfin, si on doit revenir aux sources des monstres de séries TV, impossible de ne pas évoquer le monstre de fumée de Lost : les disparus (2004-2010), qui demeure l’une des entités les plus marquantes jamais créées pour la télévision. Capable de juger, de tuer, de sonder les souvenirs et de prendre l’apparence des morts, il dépasse le simple statut de créature. Il est une présence omnisciente, presque divine, intimement liée à l’île et à ses mystères. Contrairement à Vecna, qui reste un antagoniste identifiable avec des objectifs clairs, le monstre de fumée est fondamentalement ambigu. On ne sait jamais s’il punit, s’il manipule ou s’il protège. Cette incertitude, cette impossibilité de le comprendre ou de le vaincre complètement, font de lui une figure d’horreur durable, qui continue de hanter l’imaginaire bien après la fin de la série.

  • Alain Chabat et les Pères Noël cultes du cinéma français

    Alain Chabat et les Pères Noël cultes du cinéma français

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Oh (oh oh) que non ! Non, le sous-genre très spécifique du « film de Noël » n’est pas réservé au cinéma américain. Et la production hexagonale, certes moins prolifique quand il s’agit de mettre en scène les fêtes de fin d’année sous un angle familial et bienveillant, a su proposer au fil des années des longs métrages emmenés par des french santas réussis, dont certains ont trouvé une place de choix au sein de la culture populaire.

    De Gérard Jugnot à Alain Chabat, je reviens sur cette tradition cinématographique des papas noëls bleu-blanc-rouge, qui sont au moins aussi attachants que Tim Allen (Super Noël, 1994), Tom Hanks (Le Pôle Express, 2004), Kurt Russell (Les Chroniques de Noël, 2018), Richard Attenborough (Miracle sur la 34e rue, 1994), Ed Asner (Elfe, 2003), James Cosmo (Le Monde de Narnia, 2005) ou J.K. Simmons (Red One, 2024). De quoi passer de belles soirées en famille, en vérifiant sur JustWatch où retrouver ces films. Bonnes fêtes, et bonnes séances ! 

    Alain Chabat - Santa & Cie (2017)

    Alain Chabat dans le rôle du Père Noël, c’est juste une évidence. Dans Santa & Cie (2017), l’Ex-Nul met son génie, sa bonhomie, sa douceur et son sens du gag décalé au service d’une comédie familiale et magique très réussie. Sous la barbe et dans le costume vert (et non pas rouge et blanc, respect de la tradition oblige) de Santa Claus, il se rend sur Terre pour mettre la main en urgence sur 92 000 tubes de vitamine C afin de soigner ses lutins malades. Une usine de jouets à l’arrêt à quelques jours des cadeaux sous le sapin, il va falloir se sortir les doigts de la hotte ! 

    Dans ce périple savoureux qui va le confronter à la réalité de la vie, de l’argent et des enfants, Santa Chabat croise notamment un couple hyper-attachant (Pio Marmai et Golshifteh Farahani) et leurs deux bambins, des inspecteurs très drôles (David Marsais et Grégoire Ludig) et… Jean-Pierre Bacri en faux Père Noël lors d’un échange savoureux. J’adore la vision que nous offre (car oui, ce film est un vrai cadeau) le réalisateur de Mission Cléopâtre (2002), qui trouve le juste équilibre entre féérie et humour. Avec une mention spéciale à ses dialogues avec les rennes et les quiproquos générés par le fait qu’il connaît tous ceux et toutes celles qu’il croise. C'est le Père Noël après tout !

    Tahar Rahim - Le Père Noël (2014)

    Cinq ans après la claque Un prophète (2009), Tahar Rahim est Le Père Noël (2014). Enfin, pas tout à fait, puisque dans cette aventure touchante, il incarne un cambrioleur déguisé en Santa tombé par hasard sur le balcon du jeune Antoine, qui rêve de partir sur son traîneau pour retrouver son père décédé. Voyant dans cet enfant un apprenti-voleur inespéré, notre anti-héros va le prendre sous son aile le temps d’une nuit aussi magique que lucrative.

    Le long métrage d’Alexandre Coffre (Eyjafjallajökull, Les Aventures de Spirou et Fantasio) repose entièrement sur ce tandem improvisé qui arpente le métro, les toits de Paris et les riches appartements. Et donc sur l’alchimie entre les deux comédiens. Ce n’est jamais évident de miser sur un aussi jeune acteur mais Victor Cabal est juste, et les 1h21mn passent très bien, alternant entre la magie qui prend vie malgré tout dans les yeux de l’enfant, et l’humanité que son mentor va retrouver au fil des heures passées à ses côtés. Si vous n’êtes pas ému.es à la fin, il faudra peut-être voir à commander un cœur sous le sapin ! 

    Gérard Jugnot - Le Père Noël est une ordure (1982)

    « Joyeux Noël Félix ! » Ce Félix qui reçoit un coup de fer à repasser en plein visage, c’est Gérard Jugnot, un teigneux de la pire espèce qui poursuit sa chère Zézette (Marie-Anne Chazel) sous son costume de Père Noël, jusque dans les locaux de l’association SOS Détresse Amitié. Voleur et violent, c’est lui qui va déclencher la succession d'événements hilarants du Père Noël est une ordure (1982) auxquels vont participer -bien malgré eux-  Anémone, Thierry Lhermitte, Christian Clavier, Josiane Balasko et Bruno Moynot.

    On est ici face à un classique, que dis-je, un monument de la comédie française, un peu boudé par le public à sa sortie (« seulement » 1,5 millions de spectateurs) mais devenu depuis un incontournable des soirées télé en famille. Comme Les Bronzés font du ski (1979), autre chef d'œuvre de méchanceté et de rires de la bande du Splendid, et comme le Klug de ce cher Monsieur Preskovitch, Le Père Noël est une ordure est un plaisir très fin qui se mange sans faim. J’adore anticiper les répliques cultes, et je continue d’y découvrir de nouvelles choses à chaque visionnage. Mais entre nous, qu'est-ce que c’est vache ! 

    Benoît Allemane - L’Apprenti Père Noël (2010)

    Le 5 janvier 2025 Benoît Allemane nous a quittés à l’âge de 82 ans. Avec lui, c’est non seulement un immense comédien de théâtre, de cinéma et de télévision qui s’est éteint, mais surtout une voix légendaire du doublage français, qui a notamment accompagné Morgan Freeman depuis Robin des Bois, Princes de voleurs (1991). Narrateur incontournable de nombreux documentaires, Benoît Allemane avait aussi prêté son timbre inimitable au bonhomme à la longue barbe, à la hotte remplie de cadeaux et au costume rouge et blanc à plusieurs reprises. Et notamment dans L'Apprenti Père Noël (2010).

    Dans ce film qui brille par son animation traditionnelle, le Père Noël, bientôt en retraite forcée, doit trouver son successeur au plus vite : sélectionné parmi des millions d’enfants, son apprenti doit s’appeler Nicolas, être orphelin et avoir le cœur pur. L’un d’eux semble être le candidat idéal, mais il va devoir surmonter son vertige et son manque de confiance pour être à la hauteur de la fonction. Et c’est aux côtés du Père Noël, qui rechigne à passer la main, qu’il va découvrir les subtilités de sa nouvelle mission, l’usine de jouets, les lutins et un renne attachant doublé par Lorànt Deutsch. Aussi magique que logistique, ce conte familial brille par sa bienveillance et se poursuit dans une suite baptisée L'Apprenti Père Noël et le flocon magique (2013), toujours portée par Benoît Allemane (qui a aussi doublé Papa Noël dans Le Grand Noël des animaux).

    Patrick Timsit - À la poursuite du Père Noël ! (2025)

    Fallait pas se tromper de cadeau ! Le Père Noël va l’apprendre à ses dépends quand Zoé, 7 ans, le kidnappe pour obtenir « la sarbacane à boules de chewing-gum » qui était sur sa liste, et plus largement l’aide de Santa pour affronter son pire ennemi de la cour d’école et sa richissime et snob famille. Face à la jeune Théa De Boeck, c’est Patrick Timsit, après trois heures de maquillage et de pose de barbe blanche, qui se glisse dans le traîneau de À la poursuite du Père Noël ! (2025), dernière proposition en date de la comédie de fin d’année made in France.

    Se revendiquant de Maman j’ai raté l’avion (1990) et La Vie est belle (1946), soit un mélange entre gags en culottes courtes et esprit de Noël, le réalisateur James Huth se fait plaisir. Je n’en attendais pas moins de ce grand gamin au cinéma très BD, à qui l'on doit notamment Serial Lover (1998), Brice de Nice (2005), Hellphone (2007), Lucky Luke (2009) et Le Nouveau Jouet (2022). Après, bien sûr, le film est calibré pour les bambins de 7 ans, et il sort justement pour accompagner les vacances de fin d’année. Donc si vous cherchez plus qu’une ambiance feel-good et une narration (très) grand public, ce n’est pas le cadeau prioritaire à vous faire.

    Patrick Floersheim - 36.15 Code Père Noël (1990)

    Je vais être honnête, je n’ai pas revu ce film depuis longtemps. Très longtemps, même. Mais il m’a laissé un souvenir impérissable dans ma jeunesse. J’ai découvert 36.15 Code Père Noël (1990) à peu près au même moment que Maman, j’ai raté l’avion (qui l’a, a priori, plagié). Et j’y ai vu une version dark (et française !) des mésaventures de Kevin McCallister. Sauf qu’au lieu d’affronter des cambrioleurs pieds nickelés comme Macaulay Culkin dans une ambiance bon enfant, Thomas de Frémont (Alain Lalanne, fils du réalisateur et neveu de Francis Lalanne) doit faire face à un véritable psychopathe déguisé en Santa Claus, licencié plus tôt par sa mère et bien décidé à se venger tel un ogre de Noël.

    Ce Père Noël terrifiant est campé par Patrick Floersheim (LA voix française de Robin Williams et Michael Douglas), dont les yeux perçants apportent une vraie folie au personnage. La demeure, terrain de ce jeu de chat et de la souris mortel, est un personnage à part entière, avec sa façade quasi-burtonienne, ses pièges, ses couloirs et ses pièces secrètes (le gamin est fan de films d’action et a aménagé la maison comme un gigantesque terrain d’entraînement). Et l’approche visuelle, qui lorgne presque du côté du conte horrifique entre un petit garçon et un grand méchant loup, est aussi originale que réussie. Peu de gens connaissent l'existence du film de René Manzor (également auteur du très réussi Dédales, qui gravite dans la même catégorie que Identity), et si vous avez l’occasion de le découvrir, n’hésitez pas. Il est même devenu culte auprès des amateurs américains de Christmas Movies, c’est dire !

    Guy Lecluyse - Un stupéfiant Noël ! (2023)

    J’aime beaucoup cette comédie Prime Vidéo qui croise plusieurs genres : Un stupéfiant Noël ! (2023), c’est la rencontre aussi improbable que réussie entre le film de Noël, le film d’échange de corps (ou body swap) et le film parodique. Soit l’histoire d’un flic infiltré dur à cuire, envoyé dans le corps du père de famille du téléfilm préféré de sa fille… et inversement ! C’est ainsi que Eric Judor (chevelu et moustachu !) et Ragnar Le Breton s'échangent malgré eux leur univers et leur mission respective : démanteler un réseau de trafic de drogue pour l’un, et remporter un concours de patinage artistique pour l’autre. Avec l’espoir de pouvoir réintégrer leur monde.

    Ce swap magique, on le doit à un sympathique Père Noël campé par Guy Lecluyse (complice régulier de Dany Boon dans Bienvenue chez les Ch’tis, Rien à déclarer, La Ch’tite famille). Avec son lutin Tibulin (Philippe Lacheau aux oreilles pointues), il est responsable du petit bug qui a conduit à cette très fâcheuse situation. Du moins pour nos deux protagonistes, car pour le spectateur, la bonne humeur est au rendez-vous avec un film qui respecte sa triple promesse : l’équation body swap + parodie + film de Noël fonctionne vraiment bien, avec des quiproquos, des gags, des décors et costumes convaincants, des personnages secondaires savoureux (j’adore Laura Felpin en commentatrice de patinage !) et juste ce qu’il faut d’esprit de fêtes pour que ce soit touchant mais jamais mièvre. Bref, le film d’Arthur Sanigou porte bien son nom car c'est... stupéfiant !

    Armand Meffre - J’ai rencontré le Père Noël (1984)

    Dans J’ai rencontré Le Père Noël (1984), il y a Karen Cheryl. C’est même le seul et unique long métrage de la chanteuse et animatrice des années 80, idole de toute une génération. Elle incarne ici un double-rôle chanté, une institutrice et une fée qui accompagnent au Pôle Nord deux enfants dont les parents sont retenus en otage en Afrique. Face à elle, il y a aussi un ogre (le colosse Dominique Hulin)... et le Père Noël (Armand Meffre) qui gambade entre neige et désert avec une bonhomie très sympathique.

    Tourné entre la Laponie et le Sénégal, ce long métrage improbable, qui reste le tout premier film de Noël français de l’Histoire, a été imaginé par Christian Gion et Didier Kaminka comme un conte susceptible d’aller prendre quelques entrées au géant Disney. Dans un article passionnant, le journaliste Jérôme Lachasse revient sur les coulisses d’une production oubliée dans son propre pays, mais qui a eu les honneurs d’une sortie américaine dans près de 1500 salles (!) dans une version anglophone également chantée par Karen Cheryl. Et qui continue à s’exporter encore aujourd’hui ! Si le refrain Ne sois plus jamais triste, le Père Noël existe vous dit quelque chose, c’est que vous faites partie des rares personnes à avoir vu ce film.

  • Noël avec Stranger Things ou Mercredi  ? On a classé les feux de cheminée Netflix !

    Noël avec Stranger Things ou Mercredi ? On a classé les feux de cheminée Netflix !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Nous y sommes ! Les réunions de famille, les repas à rallonge, le sapin et les guirlandes… Noël est là. Et pour le réveillon, rien de mieux qu’un feu de cheminée pour se mettre dans l’ambiance des fêtes et donner à votre intérieur une ambiance cosy et chaleureuse, à la lumière vacillante des flammes orangées et au son du crépitement des bûches (oui, je suis un peu poète, à mes heures).

    Mais vous en conviendrez, tout le monde n’a pas la chance (ni le budget) d’avoir un âtre devant lequel prendre l’apéro, boire un chocolat chaud, faire un jeu de société, distribuer les cadeaux ou simplement se détendre. Et quand on a une cheminée… c’est par définition fait pour durer, sans possibilité de « homestager » le foyer (à l’exception de quelques décorations et chaussettes à y accrocher).

    Netflix a pensé à vous, en proposant une large sélection de feux de cheminée, ou fireplaces comme on les baptise outre-Atlantique. En quelques minutes, sans bûche ni allume-feu ni fumée, on peut ainsi lancer un joli feu. Il y a, bien sûr, les options traditionnelles (classique, chalet rustique, Noël enneigé, style moderniste…). Mais, Netflix oblige, il y a aussi des versions « pop » qui font écho aux franchises marquantes de la plateforme et qu'on peut alterner à loisir.

    Pour JustWatch, j’ai tout testé ! Et voici mon classement (brûlant, forcément).

    9. The Witcher : Feu de cheminée

    Selon le résumé proposé par Netflix, ces flammes nées de la « magie du feu » ont  réchauffé les corps et les cœurs de nombreux sorceleurs dans la grande salle de Kaer Morhen au fil des générations. Pour celles et ceux qui voudraient renouer avec l’univers fantasy de The Witcher (2019-), ce foyer puissant fait certes le boulot (ou le bouleau ? humour de bûcheron, pardon), mais je regrette l’économie en termes d’animation qui se réduit à un simple chaudron flamboyant en très gros plan, sans réel bonus ni clin d'œil pour les fans de Geralt de Riv, Yennefer et Ciri. Brûlant depuis 2021 au sein du catalogue, The Witcher : Feu de cheminée a le mérite d’être l’un des premiers du genre, mais sa simplicité le place en bas de cette sélection. En attendant, pour éclairer votre salon d’un bel orangé vacillant alors que vous aiguisez votre épée, c'est parfait.

    8. KPop Demon Hunters : Feu de cheminée

    Quand j’ai découvert l’existence de KPop Demon Hunters : Feu de cheminée, proposé dans la foulée du succès planétaire du film d’animation qui a fait danser à peu près tout le monde cette année (la chanson Golden / Briller, c’est un peu le Libérée, Délivrée de 2025), j’étais curieux. Mais je dois avouer que là aussi, je reste un peu sur la réserve. Oui, c’est joli des flammes pourpres façon Gwi-Ma. Oui, c’est chouette d’entendre les versions orchestrales des morceaux les plus marquants du long métrage (pendant les 20 premières minutes du moins). Mais c’est à peu près tout, hélas... Et c'est très pauvre au regard de l'univers des Huntrix. A réserver aux mordu.es de Rumi, Mira et Zoey.

    7. Ellian et le sortilège : Feu de cheminée

    Ellian et le sortilège (2024), c’est l’une des surprises animées proposées par la plateforme l’an dernier. Portée par Vicky Jenson (Shrek) et la légende des chansons Disney Alan Menken, cette aventure magique suit le parcours d’une jeune fille et de ses parents transformés en monstres, et interroge, au-delà de la fantasy, des notions matures comme la colère et la séparation. Pour le sujet qui nous intéresse, en l'occurrence Ellian et le sortilège - Feu de cheminée, c’est plutôt joli : une clairière, quelques arbres et rochers, la course des nuages, des lucioles turquoises, le chant des oiseaux et un joli feu de camp au centre de l’écran. Attention toutefois, la musique « magique » peut vite taper sur le système !

    6. Loups-Garous : Feu de cheminée

    Ah, voilà ! Là on commence à rentrer un peu plus dans une ambiance cosy, avec une vraie envie de se réchauffer auprès des bûches incandescentes de Loups-Garous : Feu de cheminée. On a presque le réflexe de tendre les mains vers les flammes et de sortir les chamallows, c’est dire ! L’ambiance nocturne est bien rendue, avec un crépitement très agréable, qui devrait rapidement convaincre les uns et les autres de lancer un jeu de société en famille. Peut-être une partie de Loups-Garous, justement, puisque l’artefact magique traîne au pied du feu ? A poursuivre avec le film emmené par Franck Dubosc, Suzanne Clément et Jean Reno, qui croise avec humour l’esprit de Jumanji et des Visiteurs.

    5. Mercredi : Feu de cheminée

    Je ne sais pas si Mercredi Addams aime fêter Noël. D’ailleurs, je me dis que l’animation proposée dans Mercredi : Feu de cheminée aurait toute sa place pour une soirée d’Halloween (ou dans l’attraction du Manoir Hanté de Disneyland Paris). C’est d'ailleurs pour ça que je ne la mets pas au top de ce classement spécial « fêtes de fin d’année », car l’ambiance est tout de même assez gothique et macabre, dans la lignée de la série portée par Jenna Ortega et Tim Burton. Dans la gueule d’une cheminée Méduse brûle un feu tantôt orangé, tantôt pourpre (avec des flammes en forme de « W »... comme Wednesday ?), au sein d’un salon aussi sinistre que raffiné. Et de temps en temps, une brume fantastique s’invite sur fond d’une musique inquiétante. Bref, c’est réussi par rapport à l’ADN du show. Mais un peu dark pour un réveillon. Et puis on regrette que la Chose ne passe pas faire un petit coucou. A moins que j’ai piqué du nez à ce moment-là, c’est possible !

    4. Squid Game : Feu de cheminée

    Durant les trois saisons de Squid Game (2021-2025), on a vibré et on a joué aux côtés de 456 et des malheureux engagés dans les épreuves mortelles de la série phénomène sud-coréenne. Squid Game: Feu de cheminée vous propose de passer de l’autre côté du miroir, en vous invitant pour un moment dans l’antre du maître du jeu. Bon, comme pour Mercredi, ce n’est peut-être pas le fireplace le plus joyeux pour Noël. D'autant que le thème du programme est régulièrement entonné par une chorale un peu inquiétante. Mais pour le coup, c’est vraiment très beau. Et très classe. Si ça ne vous dérange pas de passer du côté obscur et de célébrer le réveillon sous l’oeil de la poupée Young-hee et des gardiens aux combinaisons rouge, ce programme est fait pour vous.

    3. La Chronique des Bridgerton : Feu de cheminée

    Le feu crépite dans la cheminée, le thé est prêt à être servi, les fleurs sont savamment disposées dans des vases hors de prix : c’est un Noël dans la haute aristocratie qui vous est proposé avec La Chronique des Bridgerton : Feu de cheminée, animation d’une élégance rare, à l’image de l’univers imaginé par Shonda Rhimes et Chris Van Dusen d'après les romans de Julia Quinn. Mais attention à bien vous tenir, on est ici dans une imagerie très sélect. Pas question de se faire « péter le bide » ou de s’affaler dans les fauteuils et les coussins douillets : chez Lady Whistledown et son entourage, on adopte (et surtout on respecte) l’étiquette. C’est le programme idéal pour partager les derniers potins familiaux. 

    2. La Pat' Patrouille : Les Fêtes au coin du feu

    Au regard des franchises déclinées par Netflix à travers ces différents feux de cheminée, je ne pensais sincèrement pas classer si haut La Pat' Patrouille : Les Fêtes au coin du feu. Mais j’ai pris le temps de regarder... et j’ai adoré. Déjà, parce que j’aime beaucoup La Pat’ Patrouille, vaste univers animé qui défend de chouettes valeurs collectives depuis 2013. Mais surtout parce que le programme est généreux : il y a un feu de cheminée, bien sûr, mais il y a surtout Marcus, Zuma, Ruben, Chase, Rocky et Stella, endormis au pied du sapin. Chaque chiot est animé, et plusieurs surprises attendent les bambins au fil des minutes. Et je peux vous garantir que ça plaira à vos enfants (et que ça les occupera, aussi).

    1. Stranger Things : Feu de cheminée

    En cette année 2025, alors que Eleven et sa bande s’apprêtent à tirer leur révérence (la deuxième salve d’épisodes de Stranger Things est attendue le 26 décembre, le grand final de la série est programmé le 1er janvier), Stranger Things : Feu de cheminée est un indispensable du réveillon. Mais pas uniquement pour célébrer ce clap de fin. Le programme est en effet généreux et abouti, avec des animations régulières autour des diodes colorées épinglées au-dessus de l'alphabet dessiné sur le mur des Byers. Et, peut-être, un passage à prévoir dans l’Upside Down au cours des 60 minutes de cette boucle ? Ma seule recommandation, ce serait peut-être de couper le son de la musique synthwave -pas tout à fait « Christmas-Friendly »- quand vous recevez de la famille ou des amis. Papi et mamie qui ne comprendraient sans doute pas qu’on passe Noël dans le Monde à l'Envers... Mais sinon, pour vous détendre au coin du feu (virtuel) quand vous êtes seul.e, c’est parfait. Guettez quand même de temps à autre si Vecna ou un Demogorgon n'en profitent pas pour s’inviter pas chez vous ?

  • L’Agent secret  : tout ce qu’il faut savoir sur le film brésilien qui vise les Oscars  2026

    L’Agent secret  : tout ce qu’il faut savoir sur le film brésilien qui vise les Oscars  2026

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    La semaine dernière en France, un grand nombre de spectateur.ice.s attendait impatiemment le retour sur Pandora avec Avatar : De feu et de cendres (2025). Un événement majeur, certes, mais qui pourrait très bien vous faire passer à côté de l’un des meilleurs films de l’année ! Oui, oui, je vous parle de L’Agent secret (2025) de Kleber Mendonça Filho, qui s’impose de manière subtile dans la saison des récompenses à Hollywood.

    Récompensé par le Prix de la mise en scène et le Prix d’interprétation masculine (décerné à Wagner Moura) au Festival de Cannes en mai dernier, le long métrage a obtenu trois nominations aux Golden Globes, dans les catégories du Meilleur film dramatique, du Meilleur acteur dans un film dramatique et du Meilleur film en langue étrangère.

    Figurant également dans la shortlist de l’Oscar du Meilleur film international en tant que candidat brésilien, nul doute que L’Agent secret se manifestera dans d’autres catégories majeures. Le fait que l’ancien président Barack Obama l’ait inclus dans sa liste des meilleurs films de l’année 2025 contribue aussi à sa renommée, du moins aux États-Unis.

    En attendant les nominations aux Oscars ainsi que les chiffres du box-office en France, JustWatch vous présente tout ce que vous devez savoir sur le film.

    Connaissez-vous le cinéma de Kleber Mendonça Filho ?

    Pour bien saisir les enjeux esthétiques et narratifs de L’Agent secret, il faut être un minimum familier avec le cinéma de Kleber Mendonça Filho, profondément ancré dans les dimensions politiques et sociales de la société brésilienne. Aussi, je préfère vous prévenir : ses films peuvent paraître alambiqués selon le profil du spectateur.

    Entré dans le monde du cinéma en tant que critique, Mendonça Filho est connu pour réaliser des films habilement nourris de références cinéphiliques, notamment à travers les clins d’œil qu’il adresse aux genres cinématographiques. Après avoir réalisé une série de courts métrages et un documentaire dans les années 2000, le réalisateur signe son premier long métrage avec Les Bruits de Recife (2012), un récit choral centré sur les habitants d’un quartier résidentiel de la ville natale du cinéaste, à laquelle il reviendra dans ses films ultérieurs.

    Aquarius (2016), son deuxième film présenté en compétition officielle à Cannes, portait sur une femme qui refusait de vendre son appartement, s’opposant à un projet de construction d’un gratte-ciel. La sortie du film a coïncidé avec une période d’instabilité politique au Brésil, et la position controversée du gouvernement brésilien, ainsi que les protestations publiques liées à la destitution de la présidente Dilma Rousseff, ont suscité des critiques autour de l’omission du film dans la sélection du Brésil pour l’Oscar du Meilleur film en langue étrangère. 

    Désormais un habitué de la sélection cannoise, le cinéaste revient sur la Croisette avec son troisième long métrage, Bacurau (2019), coréalisé avec Juliano Dornelles. Lauréat du Prix du Jury, le film mêle le western, la science-fiction et le cinéma d’exploitation afin de construire un récit éclectique et anticolonial, dans lequel les habitants d’un village du Pernambouc doivent affronter un groupe d’étrangers venus pour les tuer.

    « L’Agent secret » : de quoi parle le film ? 

    Même si le quatrième film du cinéaste reste plus proche de Bacurau, il s’avère moins outrancier et davantage ancré dans la réalité que ce dernier. Le film nous ramène à Recife en 1977, où un homme revient en secret dans sa ville natale afin de retrouver son fils, tout en cherchant à fuir ses ennemis qui veulent le tuer. Et non : il n’est pas un « agent secret », contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire- il s’agit simplement d’une référence aux images de Le Magnifique (1973), qui apparaissent à l’écran lors d’une projection intégrée au film. 

    Je ne vais pas détailler davantage le résumé afin d’éviter d’éventuels spoilers, mais sachez que ce détournement de l’attention du spectateur, qui consiste à révéler autre chose que ce à quoi l’on s’attend, fait partie intégrante de la démarche du film. A commencer par l’identité de son personnage principal, mais aussi par le point de vue narratif à partir duquel le récit se déploie. Le fait que le long métrage réserve des surprises à son public -sans pour autant chercher le choc ou l’effet spectaculaire- procure un véritable plaisir de découverte.

    Mais attention : L’Agent secret n’est ni un film à mystère ni un thriller classique. S’il en reprend certains thèmes et types de personnages, ces éléments sont intégrés afin d’être déplacés, altérés et transformés. Comme une partie considérable du récit se déroule à l’intérieur d’un cinéma, on y trouve de nombreuses références relevant de l’imaginaire cinématographique, l’exemple le plus marquant étant Les Dents de la mer (1975), que le fils d’Armando a très envie de voir tout en ayant trop peur. Un autre exemple concerne une certaine « jambe poilue », à laquelle le cinéaste consacre une séquence à part entière, inspirée des films d’horreur de série B -une scène que je préfère vous laisser découvrir, sans en dévoiler davantage ici ! 

    « L’Agent secret » ressemble t-il à « Je suis toujours là » ? 

    Comme beaucoup de pays d’Amérique du Sud, le Brésil a été soumis à un régime militaire pendant plus de vingt ans. Dans L’Agent secret, le réalisateur fait pleinement ressentir ce climat de violence et la pression exercée par le régime sur le peuple. En le regardant, un autre film brésilien très récent peut venir à l’esprit : je parle de Je suis toujours là (2024) de Walter Salles, qui a obtenu l’Oscar du Meilleur film international l’année dernière.

    Cependant, là où le film de Salles cherche avant tout à rester fidèle à la reconstruction historique des faits, Mendonça Filho puise davantage dans la fiction pour montrer combien la mémoire collective n’est jamais objective, peut être altérée, et, à long terme, effacée — parfois volontairement. Conformément à cette idée, il n’hésite pas à exagérer et à accentuer certains aspects dans la mise en scène, en particulier l’atmosphère du carnaval.

    Tout cela ne signifie pas que l’un soit meilleur que l’autre : ils répondent simplement à des enjeux différents. Alors que le film de Salles se concentre sur les performances et les effets dramatiques, Mendonça Filho mise avant tout sur les choix formels et ses allusions esthétiques.

    Oscars 2026 : quels pronostics pour « L’Agent secret » ?

    Après l’annonce des shortlists pour 12 catégories, nous savons maintenant que L’Agent secret figure dans deux d’entre elles : Meilleur casting et Meilleur film international. Alors quid des huit autres catégories majeures ? Pour l’instant, une nomination dans la catégorie du Meilleur film semble peu probable. En revanche, Kleber Mendonça Filho, dont la popularité est en hausse, pourrait avoir davantage de chances dans la catégorie de la Meilleure réalisation. 

    Une autre catégorie où le film a de fortes chances d’être nommé est celle du Meilleur scénario original, également signé par Mendonça Filho et dont les qualités n’ont visiblement pas échappé aux professionnels de l’industrie hollywoodienne. Ce que l’on peut tenir pour certain, et même espérer être récompensé, c’est la catégorie du Meilleur acteur pour Wagner Moura, dont la performance charismatique et complexe mérite absolument d’être saluée !

  • Anatomie d’une chute, The Artist, La Môme : les 10 meilleurs films français distingués à Hollywood

    Anatomie d’une chute, The Artist, La Môme : les 10 meilleurs films français distingués à Hollywood

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    La shortlist pour l’Oscar du Meilleur film international vient d’être annoncée et Un simple accident (2025) de Jafar Panahi, choisi pour représenter l’Hexagone à Hollywood, figure parmi les 15 films sélectionnés ! Avec Arco (2025) et Amélie et la métaphysique des tubes (2025) en lice pour les Golden Globes dans la catégorie du Meilleur film d’animation -et qui entreront, on l’espère, aussi dans la course aux Oscars- la saison des récompenses semble bien démarrer pour la France !

    Certes, comparée aux années précédentes où nous avons eu des films comme Anatomie d’une chute (2023) ou encore -même en tenant compte de toutes les controverses- Emilia Pérez (2024), la récolte cinéma de 2025 reste relativement modeste pour la France, surtout dans les catégories majeures. En attendant les nominations aux Oscars, JustWatch vous propose un retour en arrière et revient sur les films français qui ont profondément marqué les esprits grâce à leurs triomphes lors des cérémonies hollywoodiennes.

    La Môme (2007)

    La performance inoubliable de Marion Cotillard dans le rôle d’Edith Piaf a certainement apporté au cinéma français l’une des réussites les plus mémorables des années 2000. Réalisé par Olivier Dahan, La Môme (2007) a remporté l’Oscar de la Meilleure actrice pour Cotillard ainsi que l’Oscar du Meilleur maquillage. Biopic touchant et passionné, qui suit une structure fragmentée, le film explore habilement la vie et le parcours musical de la chanteuse. 

    Marion Cotillard, qui connaît une ascension internationale significative après ce rôle, se donne corps et âme pour incarner les complexités intérieures de l’artiste. Elle interprète elle-même la majorité des chansons, au point que sa performance éclipse presque la postérité du film — un sort que partagent de nombreux biopics aujourd’hui, tels que Frida (2002), Ray (2004) ou Elvis (2022), pour ne citer que quelques exemples.

    The Artist (2011)

    Tour de force d’artisanat cinématographique et hommage nostalgique à l’histoire du cinéma, The Artist (2011) a connu un succès largement mérité après avoir remporté trois Golden Globes, cinq Oscars et de nombreux autres prix. Réalisé par Michel Hazanavicius, le film nous ramène à Hollywood dans les années 1920 et raconte une histoire d’amour entre une vedette du cinéma muet qui commence à perdre de sa renommée avec l’arrivée du cinéma parlant et une jeune actrice en pleine ascension dont il tombe amoureux.

    Jean Dujardin, collaborateur fidèle du cinéaste, incarne George Valentin et remporte l’Oscar du Meilleur acteur -devenant ainsi le premier acteur français à l’obtenir dans l’histoire- tandis que Bérénice Bejo lui donne la réplique dans le rôle de Peggy Miller.

    Tourné presque entièrement sans dialogues, en noir et blanc, le film fait preuve d’une mise en scène très fidèle aux choix esthétiques auxquels il rend hommage, tout en manifestant une véritable sincérité et un amour profond pour le cinéma lui-même. Si vous aimez les pastiches formels comme The Artist, parmi les films récents, l’hommage aux films d’espionnage proposé par Hélène Cattet et Bruno Forzani dans Reflet dans un diamant mort (2025) devrait vous plaire

    Amour (2012)

    Comme Michael Haneke n’a pas tourné de nouveau film depuis Happy End (2017), on parle de moins en moins de son cinéma, alors qu’il a longtemps été l’un des auteurs les plus influents du cinéma d’art et d’essai. Le réalisateur autrichien était déjà très connu du public européen dans les années 2000, mais c’est surtout grâce à Amour (2012), ainsi qu’aux nombreuses nominations et récompenses reçues par le film, qu’il s’est fait connaître à Hollywood. 

    Rappelons néanmoins que, même si le film reste une coproduction française, il a représenté l’Autriche aux Oscars dans la catégorie du Meilleur film en langue étrangère, qu’il a d’ailleurs remportée. Ses comédiens principaux, Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva -nommée elle aussi dans la catégorie de la Meilleure actrice- étant français, et son récit se déroulant à Paris, le film trouve donc naturellement sa place dans cette liste.

    Livrant un récit sobre sur la réalité du vieillissement à travers Anne et Georges Laurent, un couple octogénaire dont la vie est bouleversée après qu’Anne est victime d’un accident vasculaire cérébral, Haneke signe avec Amour son film, le plus accessible pour un public conventionnel. Sur la même thématique, je vous conseille également de découvrir Vortex (2021) de Gaspar Noé, qui propose une vision tout aussi déstabilisante, digne de Haneke.

    Elle (2016)

    Maître des thrillers érotiques controversés, mais aussi d’échecs commerciaux devenus cultes, Paul Verhoeven n’a pas déçu ses fans avec Elle (2016). Réalisé dix ans après Black Book (2006), son dernier film à l’époque, Elle marque le grand retour du cinéaste, avec le prix du Meilleur film étranger aux Golden Globes ainsi que celui de la Meilleure actrice pour Isabelle Huppert, également aux Golden Globes, puis une nomination à l’Oscar de la Meilleure actrice.

    Bien qu’il ait rencontré un succès tant auprès du public que de la critique, il convient néanmoins de signaler qu’en raison de la place centrale qu’occupe le thème de l’agression sexuelle, il ne s’agit pas d’un film qui plaira à tous les spectateurs. Avec Isabelle Huppert dans le rôle de Michèle Leblanc, dirigeante d’une entreprise au passé troublant, violée par un inconnu dans sa propre maison, le film propose un récit profondément dérangeant, marqué par une grande complexité psychologique, autour de l’obsession et du désir.

    La chimie (toxique !) entre Huppert et Laurent Lafitte fonctionne à merveille, et les allers-retours entre les genres -thriller, drame psychologique et comédie noire- sont vraiment impressionnants. Pour retrouver Isabelle Huppert dans un rôle aux échos similaires, La Pianiste (2001) de Michael Haneke reste incontournable.

    Anatomie d’une chute (2023)

    Difficile de croire que deux années se sont écoulées depuis le triomphe de Anatomie d’une chute (2023) à Hollywood -et ce, non sans quelques entraves sur son chemin. Le fait que La Passion de Dodin Bouffant (2023) de Trần Anh Hùng ait été sélectionné pour représenter la France aux Oscars dans la catégorie du Meilleur film international, au lieu du récipiendaire de la Palme d’Or, a suscité de nombreuses critiques. Néanmoins, le film a obtenu quatre nominations aux Golden Globes -remportant ceux du Meilleur film en langue étrangère et du Meilleur scénario- ainsi que cinq nominations aux Oscars, dont il a également remporté celle du Meilleur scénario.

    Coécrit par Justine Triet et Arthur Harari, Anatomie d’une chute se déploie autour d’un procès dans lequel une romancière est accusée de meurtre, après que son mari ait été retrouvé mort par leur fils aveugle à la suite d’une chute suspecte. Fondé sur un scénario rigoureux et intelligent, le film interroge la notion de vérité à travers son dispositif de fiction. À l’instar de la présence saisissante de Sandra Hüller dans le rôle principal, le film retravaille les codes du film de procès en y injectant un regard féministe sur les idéaux de la famille et de la maternité. Avec un rythme et une tension impressionnants du début à la fin, le long métrage compte certainement parmi les indispensables de ces dernières années.

    Emilia Pérez (2024)

    Pour un certain nombre -assez élevé d’ailleurs- de journalistes, Emilia Pérez (2024) a été l’événement le plus marquant du cinéma français. Bien que sa popularité se soit étendue jusqu’à Hollywood -avec treize nominations aux Oscars, un record pour un film non anglophone, sachant que le film n’en a remporté que deux- je n’ai malheureusement pas pu éprouver le même enthousiasme pour le drame musical aux tonalités kitsch de Jacques Audiard. Les propos controversés de l’actrice Karla Sofía Gascón, ainsi que les accusations de transphobie et de racisme à l’égard du film, n’ont pas non plus aidé sa cause. Emilia Pérez est un film entièrement chanté, où les dialogues sont intégrés aux chansons, et qui raconte l’histoire d’un chef de cartel au Mexique qui décide de laisser son identité derrière lui et, à l’aide d’un avocat, transitionne en femme.

    Audiard est un cinéaste qui aime s’aventurer dans différents genres, mais aussi dans des géographies qu’il ne connaît pas forcément, et son Emilia Pérez est marqué par une certaine touche d’exotisme et une esthétique de mauvais goût. En tant que musical, le film reste néanmoins une expérimentation audacieuse. Si vous avez aimé le côté tragique et baroque d’Annette (2021) de Leos Carax -qui, pour moi, est bien supérieur au film d’Audiard- vous pouvez tout de même lui donner une chance et vous faire votre propre opinion.

    The Substance (2024)

    L’année dernière, dans un tout autre registre qu’Emilia Perez -celui de l’horreur et de la satire- The Substance (2024) a également marqué la saison des récompenses. Le deuxième long métrage de Coralie Fargeat a sans doute été perçu comme une sorte de version 2024 de Titane (2021), mais là où le film de Ducournau n’avait pas réussi à attirer l’attention des prix internationaux, The Substance a connu un véritable succès en termes de visibilité et de marketing. Le fait que le film soit en anglais et porté par deux actrices reconnues et extrêmement talentueuses -Demi Moore et Margaret Qualley- a également joué un rôle important.

    S’emparant du genre du body horror, le film met en scène Elisabeth Sparkle, une actrice dont la popularité décline avec l’âge, qui commence à s’injecter un produit mystérieux lui offrant un nouveau corps et une nouvelle identité. Alors qu’elle profite de l’attention et de l’amour du public sous cette nouvelle peau, elle néglige totalement celle qui réapparaît lorsque les effets du produit disparaissent. Bien évidemment, ces deux identités -qui ne sont en réalité qu’une seule- entrent en conflit de manière (auto)destructrice.

    The Substance n’est peut-être pas un chef-d’œuvre, mais en le regardant, on voit que la réalisatrice est une bonne élève des maîtres du genre, comme John Carpenter et David Cronenberg. La plasticité de l’image, le travail sur les couleurs ainsi que l’équilibre entre gore et satire sont vraiment à saluer. Nommé à cinq Oscars, le film n’en a remporté qu’un -celui du Meilleur maquillage- et que Demi Moore n’ait pas décroché celui de la Meilleure actrice reste, selon moi, le snub le plus injuste de l’année dernière.

    Un simple accident (2025)

    Le réalisateur iranien Jafar Panahi, qui a affronté -et continue malheureusement d’affronter- des persécutions politiques dans son pays, a été récompensé par la Palme d’or en mai dernier. Malgré les discussions autour de l’appartenance nationale du film, la commission du CNC a décidé de proposer Un simple accident (2025) pour représenter la France aux Oscars, où il a été retenu dans la shortlist du Meilleur film international. Également nommé dans quatre catégories aux Golden Globes, le réalisateur bénéficie enfin d’une reconnaissance auprès d’un public plus large, qui ne se limite plus au seul milieu festivalier.

    Tourné en secret, sans autorisation du gouvernement, le film déploie un récit minimaliste mais percutant autour d’un ancien prisonnier qui croit reconnaître son tortionnaire dans un garage automobile. Incertain, car il n’a jamais vu son visage, il fait appel à d’autres personnes ayant subi ses tortures afin de déterminer s’il s’agit bien de l’homme qu’il pense être. Panahi adopte une économie narrative rigoureuse qui installe une atmosphère de huis clos -même lorsque les scènes se déroulent en extérieur. En penchant vers une dimension théâtrale qui produit un effet de distanciation, Un simple accident interroge la moralité et la justice, et souligne à quel point ces concepts abstraits se révèlent complexes à appliquer dans des situations réelles.

    Arco (2025)

    Connu pour ses bandes dessinées, clips et travaux d’animation pour le cinéma, Ugo Bienvenu signe son premier long métrage avec Arco (2025). Présenté initialement en séance spéciale à Cannes, le film est aujourd’hui nommé aux Golden Globes et pourrait bientôt l’être aux Oscars.

    Dans ce film, le cinéaste imagine un futur utopique où les êtres humains vivent en harmonie. Un jeune garçon curieux, malgré les avertissements de ses parents, se vêt d’une cape aux couleurs arc-en-ciel, dotée de pouvoirs extraordinaires, et voyage accidentellement vers le passé. Se retrouvant en l’an 2075 -soit près de neuf cents ans avant son époque- il se lie d’amitié avec une jeune fille de son âge et tente de retrouver sa cape afin de revenir à son propre temps.

    Le style d’animation du film reste assez classique, mais Bienvenu semble moins intéressé par l’idée de créer une imagerie distinctive, voire radicale, que par celle de développer un récit universel et humaniste, capable de résonner autant chez les adultes que chez les enfants — un peu comme Le Robot sauvage (2024) ou WALL‑E (2008).

    Amélie et la Métaphysique des tubes (2025)

    Amélie et la Métaphysique des tubes (2025), deuxième film en lice pour le Golden Globe du Meilleur film d’animation, est réalisé par Maïlys Vallade et Liane-Cho Han. Adapté du roman d’Amélie Nothomb -un récit autobiographique sur la vie de la romancière- le film adopte le point de vue de la petite Amélie et présente son anniversaire de trois ans comme un moment charnière dans sa conscience et sa perception du monde. À travers un récit à la première personne, les cinéastes excellent dans la création d’un univers riche en imagination, nourri par le regard introspectif et subjectif de leur personnage -même si le registre est différent, cet aspect rappelle certainement Persepolis (2007). 

    Le style d’animation, marqué par un goût prononcé pour les couleurs, se rapproche de la peinture et évoque particulièrement les œuvres de Matisse. Si vous avez aimé Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary (2020), sur lequel les cinéastes ont travaillé comme artistes storyboard, vous retrouverez dans Amélie un goût esthétique similaire. En revanche, comparé à Arco, les sujets abordés par Amélie sont plus philosophiques et approfondis : le film ne sera donc peut-être pas le choix idéal pour les très jeunes enfants.

  • Les 8 Pères Noël de cinéma les plus flippants

    Les 8 Pères Noël de cinéma les plus flippants

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    On a tous en tête cette image du vieux bonhomme jovial, avec sa grande barbe blanche, sur son traîneau tiré par des rennes, entouré de cadeaux et de sapins. Si le cinéma aime énormément surfer sur cette image pendant les fêtes, il aime aussi montrer le côté glauque du conte de fées !

    Entre les psychopathes qui cachent des haches dans leur hotte et les démons scandinaves venus manger des gosses, le costume rouge est parfois synonyme de très mauvais quart d’heure. Dans cette liste, j’ai voulu monter la pression progressivement.

    On attaque avec des Pères Noëls dangereux par accident, pour finir par les plus psychopathes et meurtriers. Bref, si vous faites une overdose de téléfilms mielleux et de « magie de Noël », bienvenue dans l’envers du décor. Ça va saigner sous le sapin !

    Bad Santa (2003)

    Bad Santa (1h35) commence comme une comédie noire bien arrosée : un faux Père Noël enchaîne les centres commerciaux pour mieux les cambrioler, bourré du matin au soir, misanthrope et grossier. Billy Bob Thornton est impérial dans ce rôle de Père Noël trash et complètement cramé, à mille lieues de la figure bienveillante qui fait rêver les enfants. Il fume clope sur clope dans son costume, insulte les enfants sur ses genoux et vomit dans les coulisses. Mais rassurez-vous, c’est le « moins pire » de la bande. Il a un désintérêt absolu pour tout ce qui l’entoure, jusqu’à ce qu’un gamin paumé le force malgré lui à se souvenir qu’il a une part d’humanité.

    Dans l’échelle des Pères Noël problématiques, Bad Santa reste le plus « fréquentable » de cette liste : il fait du mal mais surtout à lui-même, et le film reste un parfait antidote pour celles et ceux qui veulent un Noël cynique mais encore un peu tendre. Si vous aimez ce ton acide, vous pouvez enchaîner avec Tel est pris qui croyait prendre (1994) ou The Night Before (2015), qui prouvent que la comédie de Noël peut être vraiment méchante sans perdre son cœur.

    Violent Night (2022)

    Avec Violent Night (1h52), on change clairement de registre : cette fois, c’est le vrai Père Noël qui débarque, mais coincé au beau milieu d’une prise d’otages dans une villa de milliardaires. Vous l’aurez deviné : ici on pose le cerveau et on sort les popcorns. Entre deux saisons de Stranger Things, David Harbour incarne un Père Noël fatigué et désabusé, qui préfère lever le coude que descendre par la cheminée. Cependant, il est encore capable de distribuer des mandales très concrètes. Au milieu de mercenaires en pleine prise d’otage, il se comporte d’ailleurs plus comme un John Wick qui veut venger son chien que comme un papa noël tout gentil. 

    Ce qui rend le film jouissif, c’est la créativité du carnage. Oubliez la magie de noël : ici, on éradique des criminelles à coup de patins à glace, de décos de sapin et de chaussettes garnies de boules de billard. Pour les criminels, c’est une machine à broyer de l’os sur fond de guirlandes lumineuses. Violent Night assume totalement son côté Die Hard au pays des lutins, avec un humour bien gras et des kills inventifs. Si vous avez toujours rêvé de voir un Santa croiser la route de John McClane, c’est probablement ce qui s’en rapproche le plus. Et si vous en redemandez, complétez avec Fatman (2020) pour explorer une autre version de la figure du Père Noël armé jusqu’aux dents.

    Fatman (2020)

    J’en parlais à l’instant : Fatman (1h40) pousse encore plus loin l’idée d’un Père Noël qui a mal vieilli. Mel Gibson y joue un Santa usé, en plein burn‑out, dont l’atelier ne tourne plus aussi bien et qui se retrouve carrément obligé de travailler pour l’armée américaine pour équilibrer les comptes. Pendant ce temps, un gamin riche et odieux, furieux d’avoir reçu un morceau de charbon, engage un tueur à gages pour le supprimer. Voilà un face à face inattendu : le Père Noël, plus coriace qu’on pourrait le croire vs. un assassin. 

    Fatman mélange western enneigé et fusillades entre les sapins, avec un ton parfois bancal. Ce n’est pas le film de l’année, et probablement pas de la semaine, mais si vous êtes un cynique de Noël, il vous fera sûrement plaisir. Imaginez que c’est une version ratée de Logan (2017) sous la neige. La fin de carrière du Père Noël n’est donc pas glorieuse. 

    3615 Code Père Noël (1989)

    3615 Code Père Noël (1h32) est sans doute l’un des films français les plus déroutants autour du mythe du Papa Noël. On y suit Thomas, petit génie de l’informatique obsédé par les films d’action, qui se retrouve coincé avec sa mère et son grand-père lorsqu’un tueur déguisé en Père Noël s’introduit chez eux. Le jeune homme doit donc utiliser toute son intelligence pour faire face à ce psychopathe. L’histoire vous rappelle Maman, j’ai raté l’avion (1990) ? C’est normal ! Le réalisateur René Manzor a d’ailleurs déjà déclaré que le film américain est un remake mais qu’il n’ait jamais donné son accord. Une chose est certaine, 3615 Code Père Noël est bien sorti en premier !

    Il s’agit aussi d’une version beaucoup plus anxiogène, qui joue sur le contraste entre l’imaginaire enfantin (gadgets, pièges, déguisements) et la brutalité très réelle de la menace. Vous êtes constamment à la frontière entre le conte et le home invasion. Pas besoin de démon ou de créature antique : ici, le costume de Père Noël suffit à transformer un psychopathe en figure de cauchemar. Ce film, produit par Francis Lalanne (c’est le frère du réalisateur !), est parfait à regarder à Noël pour se changer des films cartes postales de Noël à l’eau de rose. Personnellement, j’ai adoré. 

    Père Noël Origines (2010)

    Père Noël Origines (1h24) nous vient de Finlande et part d’une idée délicieusement tordue : et si le « vrai » Père Noël était en fait une abomination lovecraftienne scellée sous la glace depuis des siècles pour protéger l'Humanité ? Le film suit des chasseurs de rennes qui découvrent un gigantesque tombeau pris dans la montagne. Une série d’événements étranges s’ensuivent : enfants qui disparaissent, traces de pas inquiétantes dans la neige… et massacre.

    Oubliez le bonhomme rouge et jovial. Ici, le Père Noël est une entité qui punit les enfants vilains (et pas en leur donnant du charbon, si vous voyez ce que je veux dire). Ses « lutins » sont des vieillards nus et effrayants qui courent dans la neige pour capturer de la chair fraîche, plus proches des Marcheurs Blancs de Game of Thrones (2011) que des petits bonhommes avec des chapeaux verts. Le film joue habilement avec le folklore nordique pour transformer la figure de Noël en mythe païen terrifiant, tout en gardant un humour noir très particulier. Comme dans SISU (2023) c’est toujours un plaisir de voir Jorma Tommila et Onni Tommila. Je ne vais pas vous vendre Père Noël Origines comme du grand cinéma, mais ça se regarde avec plaisir ! 

    Krampus (2015)

    Krampus (1h38) est un vrai bijou pour tous les cyniques de Noël : ici, ce n’est plus le Père Noël qui vient récompenser les enfants sages, mais son double maléfique, Krampus, qui débarque quand une famille entière a cessé d’y croire. Au lieu de cadeaux, ce démon cornu apporte une tempête de neige et une armée de jouets démoniaques. Le ton oscille entre comédie familiale qui commence mal et véritable conte de punition.

    C’est un grand bazar de monstres créatifs, et on s’amuse à les découvrir : il y a les ours en peluche aux dents acérées, les pains d’épices tueurs, et le clown qui avale des gens tout entiers.  C’est à la fois drôle et effrayant, Krampus est l’ombre portée du Père Noël, la version qui vient quand la magie a été remplacée par le cynisme et le sarcasme. Alors attention à ne pas trop aimer le film : vous risqueriez de passer un Noël assez surprenant. Si vous cherchez un programme parfait pour une soirée d’hiver entre amis, enchaîner Krampus avec Gremlins (1984) reste un combo imparable.

    Silent Night, Deadly Night (1984)

    Silent Night, Deadly Night (1h19), c’est un film qui a fait le buzz puisque des associations de parents ont essayé d’empêcher sa sortie au cinéma dans les années 80. Résultat : de nombreuses suites et plusieurs remakes ont vu le jour !

    Ici, on ne rit plus. L'histoire de Billy est terrible : après avoir vu ses parents se faire massacrer par un braqueur déguisé en Père Noël et avoir subi des années de maltraitance dans un orphelinat catholique, le pauvre garçon finit par craquer. Quand on l'oblige à enfiler le costume rouge pour le boulot, le fusible saute définitivement. On rentre alors dans le vrai slasher de Noël, violent, sanglant. Billy ne distribue pas de cadeaux, mais des coups de hache en hurlant « PUNISH! » (« Punition ! »). C’est presque l’entrée la plus radicale de cette liste, réservée à celles et ceux qui veulent voir jusqu’où on peut pousser le détournement du mythe. C'est sale, c'est tragique, et c'est parfait pour ruiner votre enfance. Mais il y a encore pire…

    Terrifier 3 (2024)

    Un film d’horreur interdit aux moins de 18 ans, c’est assez rare pour être signalé. Terrifier 3 (2024) l’a fait, et c’est sincèrement un film à réserver à un public (très) averti. Notamment son prologue, qui voit le clown démoniaque Art s’inviter chez une famille avec sa hache et son humour macabre pour y « fêter » Noël à sa façon. Extrêmement choquant -et même limite déviant, disons le-, le long métrage n’épargne rien au spectateur.

    Et si vous pensiez souffler après ces douze premières minutes insoutenables, accrochez-vous car le réalisateur Damien Leone a encore plein de « surprises » dans sa hotte dégénérée. Tout en saccageant une rencontre entre le Père Noël et des enfants, il creuse en profondeur la mythologie de son tueur diabolique et muet qui se conclut (ou presque car un cliffhanger annonce une suite) par une soirée de Noël encore plus trash que la scène d’ouverture. Au bout d’un moment, cette déferlante de torture et de gore tourne, au choix, au festin horrifique ou au trop-plein écœurant. Chacun.e décidera selon son seuil de tolérance. En tout cas, après ce film, vous ne regarderez plus jamais le type déguisé au centre commercial de la même façon. Joyeux Noël quand même, hein. 

  • Les 10 meilleurs films de 2025 selon les spectateurs UGC

    Les 10 meilleurs films de 2025 selon les spectateurs UGC

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Avec 48 cinémas, 510 salles et plus de 100 000 fauteuils en France, le groupe UGC est l’un des principaux circuits d’exploitation hexagonaux. Avec, comme figure de proue, l’incontournable UGC Ciné Cité Les Halles, établissement le plus fréquenté au monde. Et un baromètre désormais très regardé : la note certifiée UGC qui célèbre le meilleur du cinéma.

    Lancée en octobre 2023 et ouverte uniquement aux membres du Programme Fidélité UGC ayant réservé et vu un film dans un cinéma du circuit, la note certifiée UGC peut être attribuée, de 1 à 5, dans les sept jours qui suivent la sortie d’un film, et ne peut pas être modifiée. En 2024, Le Comte de Monte-Cristo (4,63/5), Le Robot sauvage (4,57/5) et Une vie (4,54/5) composaient le tiercé de tête sur un cumul de près de 1,2 millions de notes.

    Cette année, plus de 2 millions de notes ont été attribuées dans ce cadre par les spectateurs entre le 1er janvier et le 4 décembre 2025, qui permettent à UGC de publier un classement certifié des 50 meilleurs films de l’année intégrant les films sortis en salles dans le cadre d’une exploitation classique (hors visas temporaires) et ayant reçu au moins 500 notes.

    Pour JustWatch, je vous détaille le Top 10 2025, qui vous donnera -je l’espère- quelques envies pour vos rattrapages pendant les vacances de Noël. Bonne lecture et bonnes séances !

    10. Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba - Le film : La Forteresse infinie - 4,29/5

    Avec 1 757 173 entrées depuis sa sortie le 17 septembre, Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba - Le film : La Forteresse infinie (2025) a définitivement prouvé que la vague anime dépassait largement le marché de niche. Et au-delà du nombre de billets vendus, l’accueil des fans a été pour le moins dithyrambique pour ce nouveau chapitre de l’univers imaginé par Koyoharu Gotōge. Premier opus d’une trilogie, le long métrage poursuit les aventures de Tanjiro et des piliers pourfendeurs de démons après la saison 4, en les propulsant dans une mystérieuse structure dirigée par le maléfique Muzan. Au programme : une animation ahurissante au service de combats ultra-spectaculaires et d’émotions intenses, beaucoup de flashbacks et la mise en place de tous les éléments qui feront des deuxième et troisième volets des monuments de l’animation japonaise. Si vous avez aimé Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba - Le film : Le train de l'Infini (2020), foncez ! Et en même temps, vous l’avez sans doute déjà vu…

    9. La Venue de l'avenir (2025) - 4,31/5

    Pour son quinzième long métrage, Cédric Klapisch navigue entre deux temporalités. La Venue de l’avenir (2025) suit en effet Vincent Macaigne, Julia Piaton Zinedine Soualem et Abraham Wapler, quatre « cousins » éloignés réunis au hasard d’un héritage. En fouillant la maison familiale, ils vont, au gré de leurs découvertes, faire une plongée généalogique dans le temps sur les traces d’une mystérieuse aïeule, et la suivre en 1895 alors que le XIXème siècle s’achève. C’est le trio Suzanne Lindon / Paul Kircher / Vassili Schneider qui porte cette partie « d’époque », et si le film a été réduit à sa dimension « népo-babies » à sa sortie, il a depuis plus que convaincu le public qui y a découvert un voyage introspectif qui interroge avec poésie et douceur la culture, le temps, la famille et l’identité.

    8. Arco - 4,33/5

    Pépite animée remarquée en séance spéciale au Festival de Cannes, Arco (2025) est un petit bijou coloré, un Ghibli à la française qui propose un conte utopique où se rencontrent un petit garçon venu du futur et une petite fille de 2075, qui va tout faire pour aider son compagnon à la combinaison arc-en-ciel à retourner chez lui. La campagne de promotion a beaucoup mis en avant Natalie Portman, productrice du long métrage et soutien de poids pour ce projet monté en dehors des grands studios d’animation. Mais il ne faut surtout pas oublier d’applaudir le tandem Ugo Bienvenu et Félix de Givry, qui ont imaginé cette fable magnifique, pleine d’humanisme et d’espoir, qui montre qu’un futur radieux est possible malgré les défis climatiques, écologiques, politiques et économiques. Avec une mention spéciale pour le robot-nounou Mikki, qui m’a vraiment beaucoup touché. Rendez-vous aux Oscars ?

    7. Dragons - 4,33/7

    Les aventures de Harold et Krokmou (Dragons, Dragons 2, Dragons 3 le monde caché) sont tellement aimées du public que ce projet d’adaptation en prises de vues réelles était attendu épées et haches vikings en main par les fans. C’était oublier que le visionnaire Dean DeBlois, aux manettes de la trilogie animée, était une nouvelle fois aux commandes de Dragons (2025), assurant un respect total de l’univers qu’il avait imaginé à partir du roman How To Train Your Dragon de Cressida Cowell. Devant sa caméra, l’île de Beurk prend vie et le résultat est absolument réjouissant et virtuose, entre ses jeunes comédiens très bien choisis (Mason Thames, Nico Parker, Gabriel Howell, Julian Dennison, Bronwyn James et Harry Trevaldwyn), les solides Gerard Butler et Nick Frost en armure (ils sont savoureux en Stoik et Gueulfor), et des dragons très fidèles à leurs modèles animés et magnifiés par la CGI. Vivement la suite !

    6. Je suis toujours là - 4,36/5

    Sorti en tout début d’année, Je suis toujours là (2025) aurait pu être oublié au moment de ce bilan de fin d’année. Heureusement, les spectateurs français ont plébiscité le film de Walter Salles, déjà auréolé d’un immense succès au Brésil où il a enregistré plus de 3 millions d’entrées. Au centre de ce drame poignant, situé en 1971, il y a la comédienne Fernanda Torres, nommée aux Oscars et aux Golden Globes pour son interprétation d’une mère de famille qui voit son mari être arrêté et disparaître du jour au lendemain, alors que le pays vit sous la dictature militaire (le film est adapté de l’ouvrage autobiographique de l’un de ses enfants). À travers le regard et la résilience de cette femme, le réalisateur de Central do Brasil (1998) et Carnets de voyage (2004) livre l’un de ses films les plus personnels et explore le devoir de mémoire avec une émotion et une humanité rare. L’Oscar du Meilleur film international, le premier décerné au Brésil, est venu saluer le long métrage. Et c’est mérité.

    5. Zootopie 2 - 4,37/5

    Retour gagnant pour Judy Hopps et Nick Wilde ! Neuf ans après Zootopie (2016), l’improbable tandem formé par la lapine policière et le renard arnaqueur a de nouveau conquis la planète. Déjà près de 1,2 milliards de recettes mondiales au box-office en à peine quelques semaines (!) et surtout un accueil flamboyant de la part des spectateurs, ravis de prolonger l’exploration de ce monde animalier savoureux imaginé par les studios Disney, qui introduit de nouvelles espèces à son bestiaire (et notamment les serpents, emmenés par Gary De'Snake). Ke Huy Quan en version originale et Baptiste Lecaplain en version française prêtent leur voix à ce reptile sympathique, altruiste et optimiste, le tout premier serpoent positif de l’histoire du studio aux grandes oreilles. Il contribue beaucoup à faire de Zootopie 2 (2025) une réussite sur la forme comme sur le fond, qui aborde avec subtilité des sujets majeurs comme la tolérance et le vivre ensemble.  

    4. En première ligne - 4,38/5

    Les difficultés et le manque de considération rencontrés par le personnel hospitalier -et particulièrement par les infirmières et les infirmiers- ne sont pas des problématiques franco-françaises. Le film suisse En première ligne (2025), inspiré du livre enquête de l’infirmière allemande Madeline Calvelage, en atteste. Et son succès critique le prouve avec cette quatrième place du Top 2025 des spectateurs UGC. Devant la caméra de Petra Biondina Volpe, la comédienne Léonie Benesch (déjà excellente dans La Salle des profs, 2023) incarne une infirmière-courage, qui gravite comme elle le peut au sein d’un service en sous-effectif, face à des patients à qui elle consacre toute son énergie sans jamais rechigner ni penser à elle. C’est puissant, c’est émouvant, c’est rageant aussi. Et c’est donc à voir, histoire d’offrir une séance de rattrapage mérité au long métrage, sorti à la fin de l’été et qui mérite (beaucoup) plus que ses 128 000 entrées.

    3. Soundtrack to a Coup d'État - 4,39/5

    Le trio de tête de ce Top spectateurs UGC est documentaire (ou presque). A commencer par Soundtrack to a Coup d'État (2025) qui revisite un épisode méconnu de la Guerre Froide, ou comment musique et géopolitique se retrouvent intimement mêlés en 1960 au Congo, alors que Louis Armstrong y est envoyé par les Etats-Unis comme « ambassadeur du jazz » afin de détourner l’attention du coup d’état soutenu par la CIA qui mènera notamment à l’assassinat du Premier ministre Patrice Lumumba. Très novateur formellement (c’est un documentaire historique et politique de type collage qui emprunte beaucoup au jazz dans sa narration), le long métrage de Johan Grimonprez explore l’histoire coloniale et la diplomatie culturelle. Il est, certes, assez exigeant mais réellement passionnant. Ses sélections et nominations aux Oscars, aux European Film Awards et au Festival de Sundance en attestent.

    2. La Voix de Hind Rajab - 4,39/5

    C’est assurément l’un des moments de cinéma les plus marquants et bouleversants de l’année. Et là encore un documentaire plébiscité, passé par le Festival de Venise en septembre dernier et retenu pour représenter la Tunisie aux Oscars 2026. Avec La Voix de Hind Rajab (2025), la réalisatrice Kaouther Ben Hania (La Belle et la Meute, Les Filles d’Olfa) fait résonner la voix de la petite fille palestinienne de 6 ans, qui se retrouva piégée dans une voiture sous les tirs à Gaza le 29 janvier 2024. Et qui y laissa la vie. Entre le documentaire et la fiction, le long métrage remet en lumière les échanges entre l’enfant et la Société du Croissant-Rouge palestinien, en confrontant des comédiens à l’enregistrement du véritable appel de Hind Rajab alors qu’elle attendait les secours. « Je ne peux accepter un monde où un enfant appelle à l'aide et où personne ne vient. Cette douleur, cet échec, nous concerne tous. », déclarait la cinéaste, qui a tourné le film avec l’accord de la mère de Hind Rajab. Ce devoir de mémoire humaniste et cinématographique a reçu une standing ovation de plus de 23 minutes à la Mostra, la plus longue jamais enregistrée à Venise.

    1. Muganga - Celui qui soigne - 4,55/5

    Muganga - Celui qui soigne (2025) est aussi mon coup de cœur de l’année. Ou plutôt un coup en plein cœur, alors que Marie-Hélène Roux (accompagnée par Angelina Jolie à la production) raconte le parcours de Denis Mukwege, docteur congolais et futur Prix Nobel de la paix qui s’est donné pour mission de soigner les femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo. Le long métrage, véritable film coup de poing, ne se contente pas d’un « biopic Wikipédia » et complète avec beaucoup d’émotions le documentaire L’Homme qui répare les femmes (2015). Intense, délicat, révoltant, poignant, puissant et profondément humain, il raconte avec une dignité de chaque image l’engagement du médecin et de son partenaire belge, sans jamais occulter le drame physique et psychologique vécu par leurs patientes et leurs collaboratrices. Dans le rôle-titre, Isaach de Bankolé livre une interprétation d’une gravité impressionnante, entouré des bouleversantes Manon Bresch, Déborah Lukumuena, Babetida Sadjo, Soliane Moisset et Yves-Marina Gnahoua. C’est un film nécessaire et important, que les votants de l’Académie des César ne doivent pas oublier.

  • De Zoolander à Mon beau-père et moi : les meilleurs rôles de Ben Stiller

    De Zoolander à Mon beau-père et moi : les meilleurs rôles de Ben Stiller

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Penser à Ben Stiller donne immédiatement le sourire tant son potentiel comique est immense. Mais, c’est surtout un acteur qui n’a cessé de se réinventer : il a joué l’idiot, le rêveur, le fou, le père protecteur, et il est même passé derrière la caméra et a participé à la création de la série Severance (2022) !

    Cette sélection JustWatch revient sur ses meilleurs rôles, ceux qui montrent à quel point il peut être à la fois triste, touchant, inquiétant, ou carrément héroïque. L’idée ici n’est pas de dresser un palmarès, mais plutôt de parcourir sa carrière. Si vous pensez encore que Ben Stiller se résume à des grimaces, ces personnages devraient vous faire changer d’avis. 

    Greg Focker — Mon beau-père et moi (2000)

    Avec Mon beau-père et moi (1h48), Ben Stiller trouve l’un de ses rôles les plus emblématiques : Greg Focker, infirmier un peu gauche, persuadé qu’il ne sera jamais à la hauteur de la belle-famille parfaite de sa compagne. L'archétype du type bien qui se transforme en catastrophe ambulante dès qu’il est stressé. Coincé entre ses mensonges et l’œil perçant de Robert De Niro en beau-père paranoïaque, il transforme chaque dîner, chaque week-end en enfer comique.

    La pression monte à chaque scène et finit par nous gêner au point où on a envie de quitter la pièce. On le voit s’enfoncer, mentir, se laisser faire, casser des trucs, et le malaise devient palpable. Ce qui fonctionne si bien, c’est la précision avec laquelle Stiller joue l’humiliation. Greg est ridicule, oui, mais jamais méprisable. On ne rigole pas contre lui, mais avec lui, car on partage cette angoisse et on s’identifie à lui. 

    David Starsky — Starsky & Hutch (2004)

    Dans Starsky & Hutch (1h41), Ben Stiller dynamite l’image du flic cool des années 70. Son David Starsky est un inspecteur beaucoup trop appliqué, obsédé par les règles, premier de la classe -pire qu’Amy Santiago !- qui se ridiculise dès qu’il tente d’être cool. Face à lui, Owen Wilson joue le parfait contrepoint relax, et le duo trouve très vite une vraie alchimie, faisant de ce film un buddy cop movie qu’on ne peut qu’adorer. Dans le rôle de Starsky, Ben Stiller fait quelque chose qu’il fait souvent : prendre la posture de mâle alpha, le torse bombé, la fierté exacerbée…. Pour mieux la démonter. Il est dans une rupture constante entre « je suis un dur à cuire » et « je panique totalement » et je trouve ça hilarant.

    Si vous aimez les détournements de séries cultes, Starsky & Hutch montre à quel point Stiller sait jouer avec la nostalgie sans se contenter de faire un clin d’œil paresseux. Car, personnellement, j’ai adoré la série sortie en 1975 et j’ai vraiment apprécié de voir qu’un renouveau était possible. On retrouve un peu la même impression que face à Brooklyn Nine-Nine (2013-2021) : les personnages ont plein de défauts, ils sont souvent caricaturaux, mais que c’est drôle !

    Larry Daley — La Nuit au musée (2006)

    Avec La Nuit au musée (1h48), Ben Stiller devient un héros familial à part entière. En Larry Daley, gardien de nuit paumé qui découvre qu’un musée entier prend vie après la fermeture, il joue le type ordinaire plongé dans un chaos magique. Ce qui pourrait n’être qu’un rôle « service minimum » pour enfants fonctionne parce qu’il y met une vraie chaleur.

    Pourtant, sur le papier, je trouvais que ça avait tout d’un piège. Une grosse machine hollywoodienne, sortie au moment de Noël, ça ne présage rien de bon. Pourtant, comme de nombreux spectateurs, j’ai beaucoup aimé, et c’est en partie grâce à Ben Stiller. Il s’investit vraiment, apporte une bonne dose de tendresse, et réagit, un peu niaisement, aux dinosaures, aux pharaons et aux cow-boys miniatures, ce qui permet aux gags d’exister sans cynisme. Et c’est toujours un immense plaisir de voir Robin Williams dans le rôle de Theodore Roosevelt.

    Ted Stroehmann — Mary à tout prix (1998)

    Impossible de ne pas parler de Mary à tout prix (1h59), ce film culte dans lequel Ben Stiller incarne Ted, adolescent empoté marqué à vie par un rendez-vous catastrophique avec Mary (Cameron Diaz). Devenu adulte, il est toujours obsédé par ce premier amour. On se retrouve avec une comédie romantique volontairement trash, comme Hollywood savait en faire dans les années 90. L’acteur est dans son élément et ça se voit : il se lance la tête la première dans les situations humiliantes, et installe un malais constant. Du Ben Stiller tout craché. 

    Ce qui tient le film, c’est justement cette capacité à encaisser. Ted est un punching-ball humain, mais Stiller ne le rend jamais pathétique : il en fait quelqu’un de profondément attachant, un type qui croit encore à la possibilité d’une histoire simple dans un monde complètement barré. C’est la force de Ben Stiller dans chacun de ses films : réussir à rendre ses personnages si profondément humains qu’on n’oserait se moquer d’eux. 

    Walter Mitty — La Vie rêvée de Walter Mitty (2013)

    Avec La Vie rêvée de Walter Mitty (1h54), Ben Stiller est derrière et devant la caméra. C’est le moment où il a arrêté d’être juste « le mec marrant ». Ici, il raconte l’histoire d’un homme discret qui s’évade dans des fantasmes héroïques avant de se lancer, enfin, dans une vraie aventure. C’est l’un de ses rôles les plus doux et les plus mélancoliques : Walter est un rêveur silencieux, un type qui s’efface, qui n’ose pas, qui veut une vie qu’il ne se sent pas capable de mener et qui finit par se découvrir en allant au bout du monde. Stiller y joue en retenue, loin du bruit de ses comédies les plus hystériques. Nous avons tous été Walter, ce type qui s’imagine sauver un chien d’un immeuble en flammes alors qu’il n’arrive pas à dire bonjour à la collègue de la compta. Ce Walter n’est pas un clown triste, mais un homme ordinaire qui se met progressivement à occuper sa propre vie avec du Arcade Fire ou du Bowie en bande originale.

    La mise en scène, très travaillée, rend justice à cette bascule entre fantasme et réalité. Et finalement, ce que le film arrive à montrer, c’est que même un homme ordinaire avec une vie ordinaire est un héros du quotidien. Walter Mitty a dû partir à l’autre bout du monde pour s’en apercevoir. C'est une pépite de mélancolie qui vous donne envie de balancer votre ordinateur par la fenêtre et de prendre le premier billet d'avion pour le Groenland. Si vous ne connaissez de Ben Stiller que ses rôles comiques, ce film est une parfaite porte d’entrée vers son versant plus intime, qu’on retrouve aussi dans son travail de réalisateur sur la série Escape at Dannemora (2018), ou encore dans Severance (2022-), un véritable chef-d'œuvre.

    Derek Zoolander — Zoolander (2001)

    Zoolander (1h29), c’est l’idiotie élevée au rang d’art moderne. Ben Stiller incarne Derek, mannequin tellement stupide qu’il en devient poétique. Il est persuadé que son regard « Blue Steel » peut tout résoudre alors que ça ressemble plutôt à une constipation intense ! C’est sans doute l’un de ses personnages les plus cultes : un mélange de bêtise assumée, de fragilité infantile et de mégalomanie totale. En tant que réalisateur, Stiller construit autour de lui un univers complètement absurde, peuplé de stylistes mégalos, de défilés grotesques et de complots improbables.

    Comme toujours, il donne tout. Il joue ce rôle comme s’il jouait du Shakespeare et incarne Derek avec une gravité assez déstabilisante. Je pense que c’est pour cela que ça marche : c’est un rôle qui lui permet de pousser très loin le burlesque, les grimaces, les poses ridicules, tout en gardant un fond d’innocence qui nous empêche de le détester. Si vous avez envie de débrancher votre cerveau (et je veux dire, VRAIMENT le débrancher), c’est le film parfaitement divertissant, un peu comme un 21 Jump Street (2012). 

    Tugg Speedman — Tonnerre sous les tropiques (2008)

    Tonnerre sous les tropiques (1h47) tient du miracle. Réussir un film comme ça, c’est fort. Ben Stiller interprète Tugg Speedman, star d’action sur le déclin, une sorte de Stallone au rabais qui tourne un film de guerre censé relancer sa carrière. Le pitch est génial : une bande d’acteurs narcissiques lâchés dans la jungle, persuadés de tourner le film du siècle alors qu’ils sont au milieu d’un vrai conflit. C’est méta, c’est absurde, c’est méchant. Stiller tire à balles réelles sur Hollywood et rentre dans la caricature de la caricature, lui permettant d’avoir le champ libre et d’adopter un humour qui dépasse le 2ᵉ et 3ᵉ degré. 

    Tugg est un concentré de tout ce que Stiller aime explorer : l’insécurité, le besoin maladif de reconnaissance, l’absurdité d’un système qui pousse les acteurs à se perdre. Il joue ce type paumé avec un mélange de sincérité et d’excès, entre crises d’ego et moments de lucidité brutale. On parle souvent de la performance incroyable de Robert Downey Jr. ou du rôle délirant de Tom Cruise, mais Stiller est inoubliable dans ce film. Si vous aimez les œuvres qui se moquent d’Hollywood de l’intérieur et qui osent être dans le politiquement (très) incorrect, alors foncez.

    Chas Tenenbaum — La Famille Tenenbaum (2001)

    À quoi pensez-vous quand on vous parle de La Famille Tenenbaum (1h50) ? Moi je pense immédiatement au survêtement rouge de Ben Stiller. Il campe Chas, un ancien enfant prodige de la finance devenu père ultra-anxieux depuis la mort de sa femme. Sous ce survet’ et la coupe stricte, il joue un homme en deuil qui tente de tout contrôler pour éviter que le monde ne s’effondre de nouveau. Oubliez le Ben Stiller rigolo, là, c'est avec le visage fermé qu’il joue ce rôle mélodramatique offert par Wes Anderson.

    Chas est une cocotte-minute : autoritaire avec ses fils, fermé aux autres, en colère contre son père, incapable de lâcher prise, toujours à deux doigts d’exploser. On l’a vu sur ses films précédents, Ben Stiller sait parfaitement jouer la fragilité cachée par l’agressivité et le viril. La rage de l’acteur contraste parfaitement avec le style symétrique, carré, « maison de poupée » de Wes Anderson, et lorsqu’il finit par craquer, c’est frissons garantis. 

  • « Floor is lava ! » : les scènes de volcan les plus brûlantes du cinéma

    « Floor is lava ! » : les scènes de volcan les plus brûlantes du cinéma

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Qu’ils explosent sur notre bonne vieille planète, dans les plaines désolées de la Terre du Milieu ou dans une galaxie lointaine très lointaine, les volcans nous ont offert des séquences marquantes depuis les débuts cinéma (dès 1908 avec The Last Days of Pompeii !). Des catastrophes de plus en plus impressionnantes à mesure que les effets spéciaux se sont développés et améliorés.

    Fumée, lave, tremblements de terre… Les artisans des effets visuels n’ont jamais lésiné sur les moyens pour nous proposer des scènes aussi brûlantes qu’immersives, nourrissant ainsi nos imaginaires d’éruptions toujours plus mémorables. Et même si je sors assez frustré de Avatar : de feu et de cendres sur ce point précis (il y a au final beaucoup d'eau mais le vortex enflammé final est superbe !), c'est l'occasion d'accompagner le peuple de Varang (Oona Chaplin) à la redécouverte des grandes scènes de volcans qui ont marqué le cinéma.Pour JustWatch, je vous propose donc un classement très personnel des moments « chauds » les plus iconiques, terminant en apothéose avec le plus réussi (à mes yeux). Suivez le guide… et ne vous brûlez pas !

    NB : je me suis concentré sur les éruptions volcaniques de fiction, mais que cela ne vous empêche pas de jeter un oeil aux documentaires très réussis que sont Into the Inferno (2016), Fire of Love (2022), Whakaari : Dans le piège du volcan (2022) ou Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft (2024).

    9. Fusion - The Core (2003)

    Techniquement, c’est vrai, on n’est pas tout à fait dans l'éruption volcanique. Mais voir une mission naviguer dans un sous-marin indestructible au cœur du manteau brûlant de la croûte terrestre pour tenter d’atteindre le noyau (à l’arrêt) de la planète et tenter de le relancer à grands coups d’explosions nucléaires, on peut quand même se dire que ça compte, vous ne pensez pas ? Surtout qu’il y a au final plus de lave dans Fusion - The Core (2003) que dans tous les films de cette page réunis ! Donc je me permets de l’intégrer à cette sélection, d’autant que l’une des séquences, au cœur d’une géode géante fissurée, nous offre une cascade de magma du plus bel effet.

    Et puis vous l’aurez sans doute compris, j’ai une vraie affection pour ce film-catastrophe méconnu, au pitch certes improbable mais qui possède tous les ingrédients qu’on aime dans le genre : une brochette de personnages attachants, des dysfonctionnements terrestres inédits, des effets visuels plutôt réussis, un scénario qui élimine les protagonistes les uns après les autres avec une dimension sacrificielle qui décroche quelques larmes… et puis un casting vraiment chouette, où se croisent Aaron Eckhart, Hilary Swank, Delroy Lindo, Stanley Tucci, Bruce Greenwood, Richard Jenkins, Alfre Woodard et notre regretté Tchéky Karyo national. En plus, je l'ai vu à l'époque dans feu la salle parisienne de l'UGC Orient-Express, avec les vibrations du métro pour accompagner ma projection. De la 4DX avant l'heure !

    8. Vaiana (2016)

    Vous vous souvenez de Te Kā, immense créature de lave, de roches et de cendres que l'intrépide Vaiana (2016) affronte à la fin du classique Disney ? Ce démon flamboyant chargé de colère a aisément gagné sa place ici, alors qu’il tente d'empêcher notre exploratrice et son acolyte Maui (et l'inénarrable poulet Hey Hey) de restituer le cœur de Te Fiti, une pierre magique subtilisée à la déesse de la vie. Véritable volcan vivant, Te Kā est une création impressionnante du bestiaire animé, avec une peau brûlée et craquelée laissant apparaître des lignes de feu et des mains en magma capables de lancer des projectiles enflammés sur nos héros.

    J’aime beaucoup l’animation du personnage, et notamment son visage proche d’un masque de la commedia dell'arte où se lisent des émotions simples et pures. La séquence au ralenti où Te Kā se rue, tel un animal enragé, vers Vaiana qui vient vers elle en chantant, vaut à elle seule une place dans ce classement. J'ai hâte de voir ce que donnera la version live action de Vaiana en 2026. Si vous aimez les volcans animés made in Disney, Les Indestructibles (2004) propose un combat mémorable au bord d’un lac de lave, alors que le segment L'Oiseau de feu de Fantasia 2000 met en scène une somptueuse créature brûlante sur la musique d'Igor Stravinsky, comme un écho au Sacre du printemps du Fantasia original (1940). Sans oublier le court métrage Lava (2014), géniale histoire d’amour volcanique et musicale imaginée par le studio Pixar.

    7. Pompei (2014)

    L’éruption du Vésuve, qui ensevelit la ville italienne en 79 après JC, est assurément l’une des plus célèbres de l’Histoire. Une catastrophe qui a régulièrement inspiré le cinéma et la télévision, notamment avec le classique du péplum Les Derniers jours de Pompéi (1959) mais aussi le blockbuster Pompei (2014) signé Paul W.S. Anderson. Soyons clairs, le long métrage ne brille pas par sa qualité scénaristique où Kit Harington (échappé de Game of Thrones), Carrie-Anne Moss, Emily Browning et Kiefer Sutherland semblent un peu perdus (heureusement que Adewale Akinnuoye-Agbaje est là !). Il est en revanche généreux en termes de spectacle volcanique. 

    Ce film, finalement, c’est un peu une tentative de croisement entre Gladiator (2000), la série Rome (2005-2007) et un film de volcan. Et c’est cette partie du cocktail qui fonctionne le mieux. Et c’est le minimum, me direz-vous ! C’est vrai, après tout : un film baptisé Pompei se doit de livrer une éruption digne de ce nom. Et pour le coup on est servi alors que la lave, les gaz, les cendres, les fumées et une pluie de feu déferlent sur les décors de la cité romaine, accompagnés de séismes et de tsunami. Ça tremble beaucoup, ça détruit beaucoup, ça meurt beaucoup… et en 3D, s’il vous plaît ! Bref, la promesse du titre est tenue et c’est essentiellement ce qu’on lui demandait. D’où cette place de choix sur cette page.

    6. Skyfire (2019)

    Sorti directement en vidéo en France, Skyfire (2019) est une production sino-américaine qui s’inscrit dans la veine du film de requins géants En eaux troubles (2018) avec Jason Statham : un popcorn movie assumé qui croise financements, techniciens et comédiens hollywoodiens et chinois, afin d’offrir un spectacle à ambition mondiale. Confié à Simon West (Les Ailes de l'enfer, Lara Croft : Tomb Raider), le long métrage assume son genre de « film de volcan », en confrontant les vacanciers d’une île paradisiaque à une éruption dévastatrice.

    Comme le second volet de la saga Jurassic World (on y reviendra plus tard), il ne faut pas chercher ici la logique entrepreneuriale derrière la construction d’un complexe touristique de luxe sur une île volcanique. Ni la véracité scientifique. On est là pour le spectacle, et celui offert par Skyfire est vraiment au rendez-vous. Les scènes de destructions, d’explosions et de sauvetages sont impressionnantes, avec une mention spéciale à ce 4x4 suspendu à un treuil le long d’une paroi où s’écoulent des flots de lave. Dommage que les rebondissements et les personnages soient aussi clichés…

    5. 2012 (2009)

    Il était une fois la fin du monde par le réalisateur du Jour d’après (2004). 2012 (2009), c’est un peu l’Apocalypse selon Saint Roland Emmerich, qui s’inspire d’une prophétie maya pour orchestrer une destruction globale à l’échelle planétaire. Comme il sait parfaitement le faire, cet artisan du chaos confronte alors une distribution chorale et internationale (où se croisent notamment John Cusack, Chiwetel Ejiofor, Amanda Peet, Thandiwe Newton, Danny Glover…) à une succession de phénomènes aussi mortels qu’impressionnants.

    Film-catastrophe ultime, 2012 ne lésine pas sur les moyens et offre des séquences de dégâts ultra-généreuses. Tsunamis, tremblements de terre, naufrage, crash aérien… il y en a pour tous les goûts ! Et notamment une éruption volcanique titanesque au panache proche de celui d’une explosion nucléaire, dont le souffle couche les forêts alentours et qui est commentée en direct depuis une colline adjacente par un Woody Harrelson attachant en Charlie Frost, un illuminé prophète de l’Apocalypse qui vit le moment au plus près pour ses auditeurs. Jusqu’à ce qu'un rocher de plusieurs tonnes l’amène à rendre l’antenne.

    4. Jurassic World : Fallen Kingdom (2018)

    Qui a eu la bonne idée de construire un parc animalier dinosauresque aussi coûteux que Jurassic World sur une île volcanique ? Je ne vais même pas essayer d’apporter des réponses à ce débat qui concerne avant tout les assureurs d’InGen ! En revanche, je peux dire que ce qui était une idée fumeuse (!) nous offre une séquence ultra-spectaculaire dans Jurassic World : Fallen Kingdom (2018). Car la première partie du long métrage met en scène une opération de secours pour sauver le maximum de sauriens de l’explosion imminente qui menace l’archipel.

    Avec l’impressionnant tsunami de The Impossible (2012), Juan Antonio Bayona a prouvé qu’il était un artisan talentueux  pour orchestrer des catastrophes mémorables à l’écran. Et après l’eau, il démontre ici sa maîtrise du feu, de la fumée et de la lave alors que Chris Pratt, Bryce Dallas Howard et plein de dinos effrayés tentent d’échapper aux flammes et aux cendres qui déferlent sur les pentes autrefois vertes d’Isla Nublar. Même si le volcan en question ne respecte pas tout à fait les lois de la nature (il est à la fois explosif et effusif, ce qui a fait hurler plus d’un volcanologue !), et même si Owen ressort miraculeusement indemne de tout ce qu’il traverse, l’ensemble de la scène mérite de figurer haut dans ce classement.

    3. Le Pic de Dante (1997) / Volcano (1997)

    Impossible de dissocier ces deux propositions concurrentes, sorties la même année dans le cadre d’un face à face comme Hollywood en a le secret (Armageddon / Deep Impact feront la même chose l’année suivante avec la menace d’un astéroïde, tout comme 1001 Pattes et Fourmiz avec l’animation à hauteur d'insectes). Lancées dans les salles en 1997, dans un duel brûlant, les deux superproductions Le Pic de Dante et Volcano ont pris deux chemins différents dans le genre du « volcano movie » : le premier propose une catastrophe rurale dans une petite localité élue « deuxième ville américaine la plus agréable », quand le second fait émerger un cratère brûlant au coeur de… Los Angeles.

    A l’écran, pourtant, les films se ressemblent beaucoup. Même couple de comédiens solides en tête d’affiche (Pierce Brosnan et Linda Hamilton d’un côté, Tommy Lee Jones et Anne Heche de l’autre). Même budget conséquent pour restituer une catastrophe spectaculaire à l’écran (respectivement 116 et 90 millions de dollars de budget). Même structure scénaristique  (signes avant-coureurs, incrédulité générale, succession ininterrompue de catastrophes « même quand on pense que c’est terminé il y en a encore »). Même sacrifice marquant d’un personnage secondaire (la grand-mère dans le lac acide dans Le Pic de Dante, le pompier qui saute à pied joint dans le magma pour Volcano). Et surtout, même impact dans la culture populaire, car quand on dit « film de volcan », ces deux titres sont toujours cités.

    2. Le Seigneur des Anneaux : le Retour du Roi (2003)

    « Je ne peux le porter pour vous, mais je peux vous porter vous ! » Qu’est-ce que j’ai pu verser comme larmes devant cette réplique mémorable du Seigneur des Anneaux : le Retour du Roi (2003). Un moment puissant où le discret et fidèle Sam (Sean Astin) confirme son statut de vrai héros de la trilogie, sur les notes épiques de Howard Shore. C’est sur les flancs de la Montagne du Destin, entourés des cendres stériles et des vapeurs toxiques du Mordor, que lui et Frodon (Elijah Wood) achèvent leur quête pour détruire l’Anneau unique, pas après pas lors d’une ascension épuisante vers la porte cachée sur le flanc du volcan.

    Ce paysage désolé va bientôt se transformer en fournaise, quand la puissance maléfique de Sauron se dissout dans la roche en fusion. S’enfuyant tant bien que mal, Frodon et Sam sont poursuivis par des torrents de lave et trouvent refuge sur un promontoire entouré par les flots rougeoyants, alors que le ciel est envahi de projectiles brûlants et de fumées noires, à la fin de toute chose. Ce presque-dénouement (Peter Jackson a chargé le final de ce troisième opus en conclusion successives !) est une apocalypse sublime, où le feu semble « nettoyer » le Mal imaginé par Tolkien. Un immense moment de cinéma, qui me transporte à chaque fois.

    1. Star Wars : Episode III : la Revanche des Sith (2005)

    « Tu essaieras… » J’adore cette réplique de  Star Wars - Episode III : la Revanche des Sith (2005), lancée de manière sombre et implacable par Anakin Skywalker à son ancien mentor Obi-Wan Kenobi alors qu’il dégaine son sabre-laser pour arrêter celui qui est devenu un Seigneur Sith. Tranchant avec l’affection qui unissait les deux Jedi, cette phrase sonne comme une réplique cinglante du Padawan à celui qui fut son ami, et donne le coup d’envoi du combat entre les deux hommes. Un affrontement alors attendu depuis… 28 ans et le face-à-face entre Dark Vador et Obi-Wan (alors campé par Alec Guinness) de Star Wars - Episode IV : Un Nouvel Espoir (1977) dans les couloirs de l’Etoile de la Mort.

    La planète volcanique Mustafar sert de cadre à ce duel fratricide, qui voit Hayden Christensen et Ewan McGregor croiser les lames dans une ambiance rougeoyante, entourés de fumées, de flammes, de cendres, de vapeurs et de roches noires. Le combat culmine avec une passe d’armes épique sur un frêle esquif chahuté par des flots de lave brûlante, et se termine sur la rive où Anakin devient Vador et se retrouve définitivement consumé par la haine du côté obscur de la Force. Pour son iconographie comme pour la tragédie qu’il porte, pour son statut de dernière pièce du puzzle Star Wars version George Lucas, ce moment ne peut que dominer ce classement, comme Obi-Wan « domine » (techniquement et géographiquement) un ancien petit garçon de Tatooine devenu son meilleur ennemi.

  • Eleven, Will, Max… : qui pourrait mourir dans Stranger Things ?

    Eleven, Will, Max… : qui pourrait mourir dans Stranger Things ?

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    C’est une question à laquelle on n’aimerait pas répondre (car, après tout, personne ne devrait mourir !). Mais, alors que Stranger Things (2016-2025) s’apprête à tirer sa révérence sur Netflix, il faut bien la formuler : tout le monde sortira t-il indemne du final de la série ?

    Les frères Duffer, architectes d’une histoire devenue culte, vont refermer les portes d’Hawkins en entraînant les fans dans une fin qu’ils ont, selon leurs propres aveux, envisagée depuis très longtemps. La réponse commencera à se dessiner dès le 26 décembre, avant un ultime rendez-vous le 1er janvier pour le dernier épisode de la saison 5… et du show. 

    Sur les réseaux sociaux, les théories s’emballent sur qui va survivre ou pas. Un ou des sacrifice(s) héroïque(s) sont-ils à prévoir ? Un twist final pourrait-il surprendre tout le monde ? Va t-on dire adieu à certains personnages incontournables ? Beaucoup de questions, mais une seule chose est sûre à l’heure où j’écris ces lignes : la série n’a jamais autant flirté avec l’irréversible.

    1. Eleven, l’ultime sacrifice ?

    Héroïne de la série, traquée pour ses pouvoirs, seule à posséder la puissance pour réellement combattre Vecna : Eleven (Millie Bobby Brown) semble être le rempart au basculement total d’Hawkins dans l’Upside Down. Devra-t-elle payer de sa vie le maintien d’un monde « à l’endroit » ? Les efforts à consentir semblent être si grands que le sang risque de beaucoup couler de ses narines… De quoi ne pas s’en remettre ? Les aventures d’Hawkins finiraient avec Eleven, comme elles ont commencé cinq saisons plus tôt. Pas sûre que les frères Duffer se laissent aller à cette conclusion un peu clichée.

    2. Will, l’arme trop fragile de Vecna ?

    Depuis la saison 1 où il a été enlevé par Vecna, Will Byers (Noah Schnapp) est lié au Monde à l’Envers. De retour dans un état semi-comateux, le personnage est LA révélation de cette fin de première partie de saison 5. Je ne vous spoile pas plus si vous n’avez pas encore vu les épisodes. Est-ce que cette montée en puissance du personnage pourrait suggérer un sacrifice final destiné à sceller définitivement le portail et couper les liens entre les deux mondes ? Narrativement, cette hypothèse bouclerait la boucle.

    3. Max, déjà loin ?

    Cliniquement morte pendant un peu plus d’une minute à la fin de la saison 4, avant qu’Eleven ne la ramène à la vie, Max (Sadie Sink) est mal en point dans cette cinquième saison puisqu’elle est dans le coma avec plusieurs membres brisés. Selon certains, Max ne serait plus qu’un esprit dans un corps vide : elle pourrait ne jamais se réveiller, prisonnière de Vecna, ou alors dans un état végétatif (handicap ou séquelles psychologiques lourdes). Mais, mais mais… Et si sa connexion à l’esprit de Vecna lui permettait de « le tuer de l’intérieur » ? Sa mort différée aurait un goût de sacrifice indirect. Running Up That Hill devenant l’hymne de la victoire définitive face au Mal.

    4. Steve, la théorie la plus logique ?

    C’est l’un des personnages qui a le plus évolué dans la galaxie Stranger Things. Après avoir joué les ados arrogants, Steve (Joe Keery) est devenu un élément moteur, protecteur, presque une figure paternelle… Et paradoxalement il n’a plus d’arc personnel évident à conclure. Est-ce à dire que c’est une cible idéale ? Pour défendre Dustin, Nancy ou Robin, le jeune homme pourrait faire preuve d’un courage mortel. Un décès héroïque donc, qui le transformerait en martyr de Hawkins. Pourquoi pas une mort romantique aussi ? Steve pourrait sauver Nancy, qu’il n’a jamais vraiment cessé d’aimer… De quoi solder définitivement le triangle amoureux formé avec Jonathan.

    5. Karen, la mère louve ?

    Certes aucun parent n’a jamais eu vraiment à subir les foudres de Vecna, mais Karen (Cara Buono) joue un rôle un peu à part dans la série : mère de trois personnages clés (Mike, Nancy et Holly), qui ont tous « les mains dans le cambouis » gluant du Monde à l’envers, elle pourrait se sacrifier pour sauver l’un d’entre eux. Ce serait une bonne manière de faire rentrer définitivement dans l’âge adulte Mike et Nancy, Karen se positionnant comme une mère protectrice du foyer, contrairement à Joyce, davantage mère combattante.

    6. Vecna, la disparition ?

    Le grand méchant de l’histoire, alias Henry Creel, à la fois humain et monstre, règne sur le Monde à l’envers de manière organique. Le tuer, c’est l’assurance de voir s’effondrer cet univers maléfique avec lui. Certains fans de Stranger Things aimeraient sans doute que Vecna soit vaincu mais pas tué, histoire d’envisager une potentielle suite dans quelques années. Mais la fin la plus probable est que les frères Duffer le tue, entraînant la mort d’Eleven à l’issue d’un combat final d’anthologie. D’autant plus que les réalisateurs ont toujours promis une fin claire et que le public s’attend donc à une victoire nette. Plus que quelques jours à patienter pour avoir des réponses !

  • Zootopie et 6 films Disney qui ont failli être bien plus sombres !

    Zootopie et 6 films Disney qui ont failli être bien plus sombres !

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Disney a construit sa réputation sur la magie, la joie, les chansons entraînantes et les histoires d’amour qui finissent bien. Mais, parfois, derrière les sourires et les personnages secondaires rigolos, les origines de certains monuments de l’animation sont bien plus sombres qu’on l’imagine…

    Entre les contes cruels, les traumatismes et les changements de dernière minute, dès que l’on « soulève le capot », on prend ainsi conscience que tout n’est pas bonheur et papillons dans les coulisses du studio aux grandes oreilles. Dans cette sélection, j’ai voulu gratter cette surface.

    Pour JustWatch, je revisite sept classiques du studio qui, l’air de rien, racontent des histoires bien plus sombres qu’on pourrait le penser. Le but ici n’est pas de casser la magie, mais de rajouter une couche de lecture. 

    Zootopie (2016)

    Zootopie (1h48) se présente comme un buddy movie animalier très rafraîchissant, centré sur Judy Hopps, lapine flic idéaliste habitée par l'envie de changer le monde, et Nick Wilde, renard roublard et cynique mais rempli de bonté. Déjà, le film n'est pas si joyeux que cela, car sous ses airs de comédie policière, il aborde des sujets importants : racisme, préjugés et vivre ensemble. La ville, découpée en quartiers climatiques, est un décor parfait pour mettre en scène une société éclatée. Et même dans sa version finale, certains passages restent étonnamment durs pour un Disney grand public.

    Ce n’est donc pas surprenant d’apprendre que l’histoire originalement imaginée était bien plus sombre ! Nick devait être le personnage principal, renard désabusé bloqué dans une ville où les prédateurs portaient des colliers électriques se déclenchant à la moindre colère : le contrôle était institutionnalisé dans tout Zootopie, devenu un véritable État policier avec des lois discriminatoires. Dans toute cette noirceur, Nick était à la tête d’un parc d'attractions illégal, destiné au bon plaisir des prédateurs qui avaient besoin d’un peu de joie dans leur vie. Jugée trop sombre pour le public Disney, l’histoire a été entièrement remaniée par les équipes créatives. Cependant, je trouve que la nouvelle version est tout de même assez triste : la discrimination n’est plus aussi explicite et il n’y a pas de collier électrique, mais il y a bien une multitude de micro agressions et de propos racistes, même de la part de Judy. Elle parle elle-même « d’instincts sauvages ». 

    Toy Story (1995)

    Toy Story (1h21) est une magnifique histoire d’amitié entre Woody et Buzz, sur l’enfance, l’adolescence et l'émancipation. Pourtant, dans les premières versions du scénario, Woody était loin d’être le cow-boy rassurant que vous connaissez : il était autoritaire et cruel avec les autres jouets… presque tyrannique ! Pixar a cependant totalement adouci le personnage suite au tristement célèbre « Black Friday Reel ».

    Il s’agit d’une vidéo d’un storyboard montrant Woody qui jette Buzz par la fenêtre et qui se comporte de manière détestable. Quand la vidéo a été dévoilée en interne, l’accueil fut glacial par la direction, et par Tom Hanks (la voix originale du cowboy). À deux doigts de l’annulation, Toy Story a finalement vu le jour comme on le connaît aujourd’hui. Mais le ton reste assez mature : l’enfant qui démembre ses jouets, le sentiment d’abandon, la peur d’être remplacé… ce n’est pas pour rien qu’il reste toujours aussi populaire auprès des adultes ! 

    Le Roi Lion (1994)

    On peut bien se raconter ce qu’on veut, mais Le Roi Lion (1h28) n’a jamais été ce gentil petit film du mercredi pour occuper les gosses. Dès le départ, ça sent la tragédie shakespearienne qui va nous faire du mal. Je revois encore la chute de Mufasa : ce grand corps qui s’écroule, ce charisme qui se fait piétiner, cette tristesse de Simba. Un frère qui en tue un autre sans trembler, c’est presque biblique. On nage dans un dessin animé où les conflits se règlent dans la poussière et la fureur. Puis arrivent Timon et Pumba, Hakuna Matata, la savane joyeuse et colorée, et on retrouve cette ambiance presque enfantine avant que Scar ne refasse son entrée. 

    Scar, ce grand méchant de l’histoire, connaît une terrible fin alors qu’il chute et se retrouve littéralement dévoré par ses anciennes alliées hyènes. Rien de joyeux. Mais, l’idée originale est pire : Simba est celui qui tombe du rocher pendant que Scar lui lance un « Goodnight, sweet prince » emprunté à Hamlet, avant de rire, seul, au milieu des flammes. Pire encore, alors que Simba a succombé et Scar est le nouveau roi, il décide de choisir Nala comme épouse afin d’asseoir son pouvoir. Heureusement, ces idées sont restées à l’état d’esquisses afin que les enfants puissent regarder le film sans être traumatisés.

    La Reine des neiges (2013)

    La Reine des neiges (1h42) s’inspire très librement du conte d’Andersen, beaucoup plus froid et cruel. Dans cette histoire, la Reine des neiges est presque inhumaine et enlève un petit garçon après qu’un éclat de miroir se soit logé dans son cœur et son œil. Ce qui est fascinant, c’est que le film lui-même a basculé de la pure méchante à l’anti héroïne tourmentée grâce à une chanson : oui, c’est bien l’écriture de Libérée, Délivrée (Let It go en version originale), la chanson qui a traumatisé les parents, qui a tout changé.

    Au départ, Elsa avait les cheveux noirs, la peau bleue, et les compositeurs, Kristen Anderson-Lopez et Robert Lopez, avaient une consigne : « Écrivez-nous une chanson de méchante ». Cependant ce fut un gros raté puisqu'en composant Let It Go, ils ne sortent pas l’équivalent de la marche impériale du Grand Nord, mais un hymne à la catharsis, un cri de rage et de liberté. Et voilà, le personnage avait pris le pouvoir sur ses créateurs, le script est parti à la poubelle et tout a été réécrit autour de cette émotion : un rejet des attentes de la société. Cette chanson explique donc parfaitement le film et le revirement à 180 degrés de l’histoire. On ne parle plus d’une grande méchante à la tête d’une armée de monstres, mais bien de solitude, de pouvoir qui se confond avec malédiction (souvenez-vous, un grand pouvoir implique de grandes responsabilités !), et d'émancipation d’une jeune femme. 

    Bambi (1942)

    Je pense que nous serons tous d’accord pour dire que Bambi (1h10) n’est pas juste une balade bucolique : c’est aussi le trauma fondateur de n’importe quel gamin né le siècle dernier. La mort de la maman, c’est la séquence qui nous hante toute notre vie. Dans la première version du script, le faon devait découvrir le cadavre de sa mère gisant dans une mare de sang, mais Walt Disney lui-même a mis son veto.

    Pour lui, l’horreur serait bien plus puissante si elle restait hors champ : pas de corps, pas de sang, juste un coup de feu, la neige, et notre imagination fait le travail. L’ombre de « l’homme » plane alors sur tout le récit, comme une menace qui peut ressurgir à tout moment.  D’ailleurs, dans les premiers jets de scénario, ce chasseur aurait pu être rattrapé par le karma puisqu’une version montrait le feu de forêt se retourner contre lui, avec une scène où il tentait de fuir les flammes avant de perdre la vie, piégé par l’incendie qu’il avait lui-même provoqué. Mais là encore, Walt Disney a dit non, estimant que cette scène risquerait de trop choquer. 

    Lilo & Stitch (2002)

    Lilo & Stitch (1h25) donne le sourire rien qu’en y repensant. C’est une bonne comédie SF ensoleillée, avec une petite Hawaïenne, une « peluche » extraterrestre incontrôlable, du surf, un ukulélé et Elvis en bande-son. Pourtant, le cœur du film n’est pas si joyeux puisqu’il aborde la précarité d’une famille recomposée, la menace des services sociaux, le sentiment d’être « de trop », et que tout va mal si l’on n'entre pas dans la norme. Nani, la grande sœur, elle, ne cherche pas le prince charmant, mais juste un travail pour payer les factures. 

    Le film a été rattrapé par l’actualité : une scène devait montrer Stitch, Jumba et toute la clique détourner un avion de ligne Boeing 747 pour faire du rase-mottes entre les immeubles de Honolulu ! Néanmoins, entre la création de cette séquence épique et la sortie du film, il y a eu le 11 septembre 2001. Tout ce passage a donc impérativement dû être modifié. Au lieu de tout refaire, les équipes ont simplement maquillé la scène : l’avion est devenu un vaisseau spatial rouge, les gratte-ciels se sont transformés en montagnes. Ni vu ni connu.

    Mulan (1998)

    Mulan (1h28) adapte très librement la ballade chinoise de Hua Mulan, guerrière qui prend la place de son père pour partir à la guerre. Disney garde l’essentiel : une jeune femme qui se travestit pour rejoindre l’armée, et qui doit affronter un monde où la femme n’a ni sa place ni droit au respect. Mais dans la légende, bien plus sombre, la guerre dure des années, le sang coule, et tout ne se finit pas par des feux d’artifice. Dans certaines versions du mythe, Mulan préfère en effet se donner la mort plutôt que de se plier à un mariage forcé. 

    Disney transforme donc ce récit tragique en aventure drôle et épique. Mais la violence n’est jamais loin, car je me souviens des champs de batailles jonchés de corps, et de la musique qui s’arrête net quand le village est incendié, ne laissant place qu’au silence, à la neige, aux ruines fumantes. Mulan s’est donc éloigné du tragique pur et dur, mais a gardé la rage. La rage d’une femme qui doit se comporter « comme un homme » pour se faire respecter, la rage du sacrifice et de l’honneur. Mulan reste, à mon sens, l’un des Disney les plus matures, et c’est pour ça qu’il marque autant. 

  • 150 battements par minute : ce film d’horreur qui a terrifié son actrice principale cartonne sur Netflix

    150 battements par minute : ce film d’horreur qui a terrifié son actrice principale cartonne sur Netflix

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Alors que les films disparaissent assez vite du Top Netflix au gré des nouvelles sorties, un long métrage inattendu ne cesse de gravir les échelons du classement hebdomadaire proposé par JustWatch. Installé sur la deuxième marche de notre Streaming Charts, juste derrière Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés (2025), Longlegs (2024) a ainsi bondi de 1800 places ces derniers jours, reproduisant chez les abonné.es le phénomène qu’il avait provoqué dans les salles de cinéma au moment de sa sortie.

    Ça parle de quoi « Longlegs » ?

    Sorti sur les écrans français et américains en juillet 2024, Longlegs est un thriller psychologique et horrifique, aux frontières du fantastique et de l’occulte, qui confronte une jeune recrue du FBI (Maika Monroe) à un tueur en série insaisissable (Nicolas Cage) qui s’attaque à des familles innocentes. Au cours de son enquête, elle se découvre un lien personnel avec ce monstre impitoyable et terrifiant… Dérangeant, flippant, clivant : qu’on apprécie ou pas cette plongée en enfer, le long métrage ne laisse clairement pas indifférent et se vit comme une vraie expérience d’horreur arty, découpée en trois chapitres de plus en plus glauques.

    Qui est le réalisateur de « Longlegs » ?

    Longlegs est signé Osgood Perkins, un comédien devenu réalisateur qui n’a jamais cessé d'œuvrer dans l’horreur depuis ses débuts derrière la caméra il y a dix ans. Après February (2015) avec Emma Roberts, I Am the Pretty Thing That Lives in the House (2016) avec Ruth Wilson et Gretel & Hansel (2020) avec Sophia Lillis, il explose aux yeux de la critique et du grand public avec Longlegs. Celui qui n’est autre que le fils de l’acteur Anthony Perkins -oui, oui, l’inoubliable Norman Bates de Psychose !- a depuis adapté Stephen King avec The Monkey (2025) et vient tout juste de sortir L'Élue (2025) sur nos écrans, confirmant son statut de nouveau Maître de l’horreur.

    Pourquoi l’actrice principale de « Longlegs » a-t-elle été terrifiée ?

    Longlegs, littéralement « longues jambes » tel qu’il se présente à une petite fille au début du long métrage, est un personnage assurément marquant. Mémorable, même, tant Nicolas Cage disparaît sous le maquillage glaçant du tueur. Pommettes saillantes, peau blafarde, cheveux filasses, voix aigüe : le comédien est méconnaissable -le monteur du film ne l’a pas reconnu !- et donne vie à un être vraiment étrange (cringe, diraient les jeunes) et plus vraiment humain, qui n’apparaît que pendant 13 minutes (j’ai chronométré !) et hante pourtant les 1h41 de visionnage. D’abord présenté hors-cadre, puis de loin, de profil ou caché derrière ses mains, il finit par s’inviter dans l’image au bout d’1h07. De quoi provoquer un jump-scare mémorable qui ferait bondir n’importe qui.

    Maika Monroe, qui ne partage qu’une seule et unique scène avec lui (un interrogatoire mémorable de cinq minutes), a découvert Nicolas Cage en Longlegs directement sur le tournage : le micro accroché à sa poitrine a alors enregistré une accélération nette de son rythme cardiaque, dont la fréquence a alors dépassé les 150 pulsations par minute ! Ce qui était la dernière journée de tournage de l’acteur a littéralement glacé le sang de la comédienne, qui se souvient d’un moment « complètement fou » où Cage avait totalement disparu pour laisser la place au personnage, inspiré notamment de la folie de sa propre mère. Afin de réserver la même surprise -et le même effet- aux spectateurs, Nicolas Cage a été invisibilisé du matériel promotionnel (affiches et bandes-annonces) du film.

    Est-ce que « Longlegs » fait vraiment peur ?

    Au moment de sa sortie, le buzz qui accompagnait Longlegs était inédit. Des avis flirtant avec la perfection sur les sites de notation, des retours évoquant le film le plus terrifiant de l’année (voire de la décennie), des premiers spectateurs traumatisés par le film… C’était peut-être -comme beaucoup de buzz cinéma- un peu exagéré. Mais il faut reconnaître au long métrage une vraie ambiance tordue, qui ne verse ni dans le gore ni dans le sursaut facile pour livrer, au contraire, une sensation malaisante réelle, de celles qui s’insinuent sous la peau et restent longtemps en mémoire.

    Dès lors, inévitablement, le film divisera, entre celles et ceux qui adhèrent à la proposition d’Osgood Perkins, et les autres qui resteront sur leur faim. J’étais, personnellement un peu entre les deux, avec une vraie admiration pour l’ambiance et le ton, mais déçu par un récit dont la résolution m’a un peu fait l’effet d’un « tout ça pour ça ». Mais dans le genre, Longlegs est vraiment réussi et va chercher du côté du Silence des Agneaux (1991), Se7en (1995), Le Témoin du Mal (1998), Zodiac (2007), The VVitch (2015), Hérédité (2018) ou Substitution - Bring Her Back (2025) côté cinéma, et les séries Mindhunter (2017-2019) ou Monstre (2022-) côté séries. Il pourrait être plus mal entouré !

    Est-ce que vous avez bien regardé « Longlegs » ?

    Vous avez vu le film au cinéma, en VOD ou sur Netflix ? Mais l’avez-vous bien regardé ? Car plusieurs éléments, glissés par le réalisateur, participent à créer l’ambiance pesante et maléfique du long métrage. Des occurrences du nombre « 666 » par exemple, à l’image et jusque dans un numéro de téléphone créé spécialement pour la sortie du film avec un message enregistré par Nicolas Cage / Longlegs (458-666-4355). Un générique de fin qui défile du haut vers le bas et non du bas vers le haut comme c’est la tradition (entraînant ainsi les noms vers les enfers ?). Ou encore une présence diabolique subliminale identifiée à 15 reprises tout au long de scènes-clé du film. Enfin, les plus attentifs auront aperçu la poupée Annabelle sur un plan : pas dans la forme qu’elle a pris dans les films de la saga Conjuring, mais bien en tant que poupon Raggedy Ann original, tel qu’il est précieusement conservé dans le Musée de l’Occulte des Warren.

  • 7 films de Noël incontournables adaptés de classiques de la littérature

    7 films de Noël incontournables adaptés de classiques de la littérature

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Le cinéma s’inspire très souvent de la littérature, mais il contribue également à faire connaître certaines histoires classiques à un public plus large. Y compris aux enfants, et en particulier à Noël.

    Si nous avons toutes et tous entendu parler de Scrooge ou des filles du Docteur March, ce n’est pas forcément parce que nous avons lu les livres (ou peut-être que si ?), mais parce que parfois, ces ouvrages ont bénéficié de nombreuses adaptations cinématographiques. Un Chant de Noël, le chef-d’œuvre de Dickens, a notamment eu droit à des dizaines de versions, sur petit comme sur grand écran !

    Pour JustWatch, je vous ai concocté une sélection d’adaptations de livres devenues cultes, à (re)découvrir à Noël.

    Les Quatre Filles du Docteur March (1994)

    Si plusieurs adaptations des Quatre Filles du Docteur March ont vu le jour au fil des décennies -la plus récente étant Les Filles du Docteur March réalisée par Greta Gerwig en 2019-, la version de 1994, réalisée par Gillian Armstrong, est mon adaptation préférée du roman de Louisa May Alcott. Et celle que je regarde à chaque Noël, sans exception. Une très grande partie du roman -et par conséquent du film- se déroule dans des paysages enneigés ou à Noël, ce qui rend le contraste avec la chaleur et la joie qui se dégagent de la maison des March d’autant plus saisissante.

    Publié à la fin du XIXe siècle, Little Women suit les aventures de Meg, Jo, Beth et Amy March, vivant dans le Massachusetts seules avec leur mère, Marmee, puisque leur père, Robert March, est un pasteur engagé volontairement dans l'armée. La famille se trouve plongée dans des difficultés financières qu’elle n'avait jamais connu auparavant, mais la bonne humeur, l’esprit de partage, leur amour du théâtre ainsi que le bonheur que leur procurent les bals, les amours et les nouvelles amitiés, leur permettent de tenir le coup et de chercher à s'en sortir coûte que coûte.   

    Le Drôle de Noël de Scrooge (2009)

    Certains personnages de la littérature ont réellement marqué leur temps, et se sont imposés au fil des siècles comme des figures incontournables de la culture littéraire. Ebenezer Scrooge, le personnage phare du conte Un Chant de Noël, écrit par Charles Dickens et paru en 1843, est l’un d'entre eux. « Balivernes ! » s'écrit Scrooge à quiconque osera lui parler de Noël. Le vieillard aigri et avare que la ville préfère éviter comme la peste, est l’ennemi numéro un de la joie et de la bonne humeur qui règnent dans les rues du Londres victorien à l’approche des fêtes de fin d’année.

    Si la vie est dure et terriblement éprouvante pour une bonne partie de la population, Scrooge qui est un homme très riche, n’a aucune empathie pour les plus nécessiteux, qu’ils soient de sa propre famille ou non. Mais alors que le vieil homme s’est une fois de plus montré odieux, la nuit du 24 décembre, les trois fantômes des Noëls passé, présent et futur lui rendent visite et espèrent lui apprendre une bonne leçon. 

    Le film d’animation Disney réalisé par Robert Zemeckis, Le Drôle de Noël de Scrooge (2009), est devenu un incontournable des fêtes. Tantôt enchanteresse, tantôt terrifiante, cette version est notamment élevée par un Jim Carrey qui campe le rôle d'Ebenezer Scrooge avec brio et un casting cinq étoiles, composé notamment de Colin Firth, Gary Oldman ou encore Lesley Manville. 

    Noël chez les Muppets (1992)

    La meilleure adaptation de Un Conte de Noël pour une ambiance plus détendue et moins sérieuse ? Noël chez les Muppets (1992), sans hésitation ! Quoique… Même si les Muppets et les interludes musicaux ajoutent des notes comiques à l’histoire, le film ne recule pas devant les moments plus sombres et tristes du conte de Dickens. 

    Ici, Michael Caine incarne Mr.Scrooge, et bien que ses partenaires de scènes se prénomment Kermit et Piggy, l’acteur joue le rôle avec autant de sérieux que si c'était une production de la Royal Shakespeare Company -ce qui, si l’on en croit les secrets de tournage, était la condition sinequanone pour qu’il accepte le rôle ! Réalisé par Brian Henson (de la Jim Henson Company), Noël chez les Muppets est devenu culte auprès de nombreuses générations. D’ailleurs, cette adaptation est souvent citée comme étant l’une des plus fidèles adaptations du texte original (marionnettes de grenouilles et de souris mises à part, évidemment !).

    Charles Dickens, l'homme qui inventa Noël (2017)

    Charles Dickens, l'homme qui inventa Noël (2017) est une adaptation un peu revisitée de Un Conte de Noël, certes un peu moins connue, mais qui mérite le détour puisqu’elle se démarque réellement des autres versions. Réalisé par Bharat Nalluri, ce film se concentre cette fois sur Charles Dickens lui-même et sur le processus de création de son œuvre la plus connue.

    Dans le film, nous rencontrons un Dickens en proie à des difficultés financières et subissant la pression de ses éditeurs : depuis le triomphe de son Oliver Twist, ses romans n’ont malheureusement pas connu un aussi grand succès. Il trouve peu à peu l'inspiration dans les rues de Londres, et décide d'écrire Un Chant de Noël, en seulement six semaines, afin que le roman paraisse à temps pour le 25 décembre.

    C’est Dan Stevens qui incarne un Dickens très drôle -et un peu en proie à la panique- et Christopher Plummer qui tient le rôle de Scrooge, venant rendre visite à son créateur alors que celui-ci se démène pour terminer l’histoire à temps. 

    Casse-Noisette et les Quatre Royaumes (2018)

    Casse-Noisette est également l’un des contes de Noël les plus connus et les plus adaptés, que ce soit sous forme de ballets ou de films. D’abord écrite par E.T.A. Hoffmann puis repris par Alexandre Dumas, l’histoire a été adaptée par Disney en 2019 dans Casse-Noisette et les Quatre Royaumes (2018). Lasse Hallström et Joe Johnston signet une adaptation qui rend sait rendre hommage au livre ainsi qu’au ballet.

    Nous suivons les aventures de la jeune Clara qui vient de perdre sa mère et qui, le soir de Noël, cherche à trouver une clé attachée à un fil doré qui la conduira dans un royaume magique où vivent souris, fée dragée, et gardes casse-noisettes. La bande originale de James Newton Howard, qui reprend certains thèmes du ballet de Tchaïkovski, et les paysages enneigés et magiques vous feront passer un moment hors du temps. 

    Eloïse fête Noël (2003)

    Eloïse, la fameuse héroïne des romans écrits par Kay Thompson dans les années 50, est peut-être un peu moins connue en France, mais elle a elle aussi bénéficié de sa propre histoire de Noël… et de son propre film !

    Dans Eloïse fête Noël (2003), réalisé par Kevin Lima, la petite fille de 6 ans qui vit au dernier étage du Plaza Hotel à New York, joue les cupidons de Noël, lorsqu’elle elle apprend que la fille du propriétaire de l'hôtel va se marier avec un homme dont elle n’est pas amoureuse ! Eloïse n’est certes pas en reste de bêtises en tous genres, mais c’est également une petite fille attendrissante, qui peut compter sur sa nounou, ici incarnée par l’immense Julie Andrews. 

    Le Grinch (2000)

    34 ans après la sortie du téléfilm animé Comment le Grinch a volé Noël ! (1966), Ron Howard s’attaque à l'œuvre la plus connue du Dr. Seuss avec Le Grinch (2000). Là aussi, Jim Carrey incarne un personnage phare de la littérature, le Grinch lui-même, un grincheux aux poils verts et au sourire narquois qui s'apprête à voler le Noël des habitants de Chouville. En même temps, au regard de la façon dont les habitants de la ville l'avaient traité, on a tendance à être beaucoup moins sévère avec le Grinch… surtout lorsqu’il est accompagné de son adorable chien, Max !

    Le film fête ses 25 ans cette année, et ressort au cinéma aux Etats-Unis. Avec un peu de chance, la France aura elle aussi le droit de célébrer l'anniversaire de l’un des longs métrages de Noël les plus iconiques qui existent, en le revoyant sur grand écran dans sa version restaurée !

  • OVNI : ce documentaire étonnant devient un phénomène streaming

    OVNI : ce documentaire étonnant devient un phénomène streaming

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « La vérité est ailleurs », lançait en leitmotiv Fox Mulder dans la série culte X-Files, aux frontières du réel (1993-2018). Elle pourrait commencer avec le documentaire The Age of Disclosure (2025), consacré aux observations d’OVNIs et véritable phénomène streaming outre-Atlantique depuis sa mise en ligne à la fin du mois de novembre.

    C’est quoi « The Age of Disclosure » ?

    The Age of Disclosure, qu’on peut traduire par « L’âge de la transparence » ou « L'ère de la divulgation », est le fruit d’une enquête de trois ans menée par Dan Farah autour des observations de phénomènes non-expliqués aux Etats-Unis. En donnant la parole à une trentaine de responsables issus des plus hautes sphères du gouvernement américain, le cinéaste souhaite mettre en lumière le secret qui entoure depuis plus de 80 ans la question qui a toujours habité l’être humain : sommes-nous seuls dans l’univers ?

    Selon les intervenants du documentaire, non seulement nous ne sommes pas seuls dans l’univers… mais sur Terre alors que les observations, récupérations et contacts avec des intelligences non-humaines se multiplieraient à mesure que nos systèmes de détection sont de plus en plus performants. Le film met en lumière l’omerta qui aurait été mise en place depuis huit décennies, à la fois pour protéger une Humanité pas encore prête pour cette révélation mais également pour laisser le temps à des services ultra-secrets de mener un processus de rétro-ingénierie dans le cadre d’une nouvelle Guerre Froide entre grandes puissances pour la maîtrise de cette technologie très en avance sur la nôtre. 

    Qui sont les intervenants de « The Age of Disclosure » ?

    Bien évidemment, on est libre de croire ou de ne pas croire le documentaire. Après tout, il peut s’agir d’une supercherie savamment orchestrée, comme le fut dans les années 90 la savoureuse « autopsie des corps extraterrestres de Roswell » qui avait fait le tour des plateaux de télévision du monde entier. Mais il faut avouer que la brochette de hauts responsables interrogés par Dan Farah… interroge (!), alors que se succèdent face à sa caméra -et à visages découverts- des (très) hauts gradés, scientifiques et autres élus, qui ont tout à perdre à jouer les lanceurs d’alerte sur l’épineuse question des OVNIs. On apprend d’ailleurs au passage qu’on ne dit plus désormais Objets Volants Non Identifiés (ou UFOs pour Unknown Flying Objects), mais PAN (Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés) ou UAP (pour Unidentified Aerial/Anomalous Phenomena).

    Dans des interviews ou des extraits de commissions, les intervenants (menés par Lue Elizondo et Jay Stratton en figures centrales) y partagent ainsi leurs observations, expériences, hypothèses et craintes dans la limite de ce que la légalité leur permet de faire. En effet, dans The Age of Disclosure, seules seraient divulguées les informations déclassifiées, sommet d’un iceberg de dissimulations et de conspirations orchestrées sans même l’aval des différents Présidents qui se sont succédés à la Maison Blanche, pilotées dans l’ombre par un complexe militaro-industriel nébuleux. Des personnes dont les pedigrees sont plus qu’impressionnants, et qui donnent au propos du documentaire un écho intéressant alors que certaines d’entre elles ont été interrogées par le Congrès lors d’auditions publiques :

    • Lue Elizondo - ancien membre du Ministère de la Défense
    • Jay Stratton - agent de renseignement de la NAVY
    • Dr. Hal Puthoff - physicien quantique et responsable scientifique AATIP
    • Dr. Eric Davis - astrophysicien et conseiller scientifique AATIP
    • Colonel James Cobb - ancien pilote de l’US Air Force / vice-directeur des opérations NORAD
    • Commandant David Fravor - ancien pilote de l’US Air Force
    • Lieutenant-commandant Alex Dietrich - ancienne pilote de l’US Air Force
    • Lieutenant Ryan Graves - ancien pilote de l’US Air Force
    • Christopher Mellon - ancien membre du Département de la Défense
    • Marco Rubio - Secrétaire d’Etat / Conseiller à la sécurité nationale
    • Kirsten Gillibrand - Sénatrice
    • Lieutenant-Général James Clapper - ancien membre de l’US Air Force / ancien Directeur du renseignement national
    • Mike Gallagher - membre du Congrès
    • Mike Rounds - Sénateur
    • Dan Crenshaw - membre du Congrès
    • Brett Fedderson - ancien Directeur de la sécurité aérienne
    • Dr. Travis Taylor - physicien quantique
    • Contre-Amiral Dr. Tim Gallaudet - chef océanographe de la Marine américaine
    • Dr. Garry Nolan - Université de Stanford
    • Mike Flaherty - ancien officier du renseignement
    • Martin Heinrich - Sénateur
    • Mitt Romney - Sénateur
    • Contre-Amiral John Kirby - coordination du conseil de Sécurité Nationale
    • Harry Reid - ancien chef de la majorité au Sénat
    • Avril Haines - Directrice du renseignement national
    • John Brennan - ancien Directeur de la CIA
    • Anna Paulina Luna - membre du Congrès
    • André Carson - membre du Congrès
    • Adam Schiff - membre du Congrès
    • Scott Bray - Directeur adjoint du renseignement naval
    • Ronald Moultrie - Sous-secrétaire de la défense pour le renseignement et la sécurité
    • John Robert - ancien membre de l’AATIP / officiel de la DIA
    • Chris Miller - ancien Secrétaire à la Défense par intérim
    • Jim Semivan - ancien agent senior de la CIA
    • Tim Burchett - membre du Congrès
    • Mike Gold - membre de l’équipe d’étude PAN de la NASA
    • Mario Woods - ancien membre des forces de sécurité de l’US Air Force
    • Lieutenant Bob Jacobs - ancien membre de l’US Air Force
    • Chaz King - ancien membre des forces de sécurité de l’US Air Force
    • Terry Lovelace - ancien membre de l’US Air Force
    • Bob Salas - ancien membre de l’US Air Force
    • Jeffrey Nuccetelli - ancien membre des forces de sécurité de l’US Air Force
    • Colonel Karl Nell - ancien conseiller militaire
    • David Grusch - lanceur d’alerte
    • Ryan Graves - lanceur d’alerte
    • Bill Nelson - Administrateur de la NASA
    • Général Gregory Guillot - Commandant du NORAD
    • Chuck Schumer - Sénateur

    Qui est le réalisateur de « The Age of Disclosure » ?

    Né en 1979, Dan Farah a œuvré comme producteur à Hollywood, notamment sur la série fantasy Les Chroniques de Shannara (2016-2017) et le Ready Player One (2018) de Steven Spielberg. Il a participé à la production du documentaire The Phenomenon (2020) de James Fox, également centré sur la question des OVNIs / PAN. Produit en secret sous la bannière de sa société Farah Films, The Age of Disclosure avait été dévoilé en mars 2025 dans le cadre du Festival South by Southwest, avant de débarquer sur Prime Video il y a quelques semaines, où il a éclipsé de grosses productions hollywoodiennes à la vente et à la location VOD. Le film a également été programmé dans quelques cinémas, condition nécessaire pour se qualifier dans la course aux Oscars.

    C’est crédible « The Age of Disclosure » ?

    C’est toute la question. La qualité des intervenants du documentaire -je pense notamment au Secrétaire d’Etat Marco Rubio et aux différents Sénateurs et membres du Congrès- interpelle. Et les sujets qu’il soulève (observations détaillées, phénomènes régulièrement détectés près des installations nucléaires, dissimulations et menaces, existence d’un programme secret baptisé Legacy Program, hypothèses sur l’origine et les technologies observées, enjeux de sécurité nationale… et planétaire, protection des lanceurs d’alerte) sont évidemment passionnants. Surtout pour celles et ceux qui se passionnent pour cette thématique et ses implications scientifiques, politiques, militaires, religieuses et sociétales.

    Et c’est en même temps la limite du film, qui évite le sensationnalisme -tant mieux- et se concentre uniquement sur des témoignages et confidences d’officiels, qu’ils soient retraités ou encore en poste : sans jamais avancer aucune preuve matérielle si ce n’est accorder une confiance aveugle à la bonne foi des interviewé.es, The Age of Disclosure n’arrivera certainement pas à convaincre les sceptiques. D’ailleurs, c’est la principale critique adressée au long métrage : des récits certes concordants et étonnants, mais sans contradictions ni preuves. Le film de Dan Farah a, en tout cas, le mérite d’adresser avec sérieux une question passionnante. Et de lancer, finalement, ce que promet son titre : le début d’une ère de transparence au plus haut niveau sur un sujet qui n’a jamais cessé de nous interroger.

  • Quand un acteur joue… un acteur ! Jay Kelly et 8 films sur le cinéma et les comédiens 

    Quand un acteur joue… un acteur ! Jay Kelly et 8 films sur le cinéma et les comédiens 

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Cette semaine, JustWatch voit Jay Kelly (2025) grimper dans les Streaming Charts ! Le nouveau film de Noah Baumbach s’est ainsi hissé dans le haut de notre classement hebdomadaire. Reconnu également par les Golden Globes, il a obtenu deux nominations dans les catégories Meilleur acteur dans un film musical ou une comédie (George Clooney) et Meilleur acteur dans un second rôle (Adam Sandler).

    Jay Kelly est particulièrement apprécié par les cinéphiles, car son récit pseudo-biographique s’inscrit pleinement dans le milieu du cinéma. Le film se concentre sur l’acteur fictif incarné par George Clooney, qui remet en question sa vie professionnelle et personnelle après le décès de son mentor. Cet aspect auto-réflexif -un acteur jouant le rôle d’un acteur- confère au film à la fois son humour et son pathos. Il relève par ailleurs d’une tradition de films qui explorent la mise en abyme de la profession, certains ayant même une influence directe sur l’approche du cinéaste.

    En profitant du succès de Jay Kelly, je vous propose ici de découvrir quelques-uns des meilleurs exemples de films dans lesquels des comédien.nes incarnent des comédien.nes fictifs-ves. Des œuvres riches en références et en easter eggs pour le plaisir cinéphile.

    Boulevard du crépuscule (1950)

    Le chef-d’œuvre de Billy Wilder est sans doute l’exemple le plus emblématique de ce genre. Porté par un regard incisif, non dénué d’humour, sur le star système hollywoodien, Boulevard du crépuscule (1950) livre le récit tragique de Joe Gillis, scénariste en détresse qui, après avoir rencontré Norma Desmond, une vedette du cinéma muet désormais tombée dans l’oubli, se trouve pris au piège des illusions qu’elle entretient sur elle-même ainsi que de son amour obsessionnel pour lui.

    Au-delà de l’ingéniosité du récit, qui se déroule à rebours -le meurtre de Gillis étant annoncé dès le début- le film de Wilder témoigne pleinement d’un moment charnière dans l’histoire du cinéma et rend hommage aux légendes du cinéma muet. À commencer par la performance inoubliable de Gloria Swanson, star mythique des années 1920 dont le parcours reflète presque à la lettre celui de son personnage. Le film réunit également d’autres noms majeurs de l’époque, tels que Erich von Stroheim, qui incarne Max von Mayerling, version fictive de lui-même, Buster Keaton ou encore Cecil B. DeMille. 

    Nul besoin de rappeler que Boulevard du crépuscule est un film indispensable pour tout cinéphile. Mais si vous ne l’avez pas encore vu et que vous vous intéressez aux récits méta sur Hollywood -comme Babylon (2022) ou Once Upon a Time… in Hollywood (2019)- vous y retrouverez la source essentielle de leur influence.

    La Nuit américaine (1973)

    Même si le film ne comporte pas d’allusions directes, il est impossible de ne pas penser à ce grand classique de François Truffaut en regardant Jay Kelly. Porté par une cohorte de personnages vibrants et drôles, parfois volontairement conformes à certains clichés, Noah Baumbach y suit assurément une démarche « truffautesque ». La Nuit américaine (1973) immerge son audience en plein tournage, où Truffaut lui-même incarne un cinéaste.

    Avec son acteur fétiche Jean-Pierre Léaud dans le rôle d’Alphonse -une réitération de son persona, très proche d’Antoine Doinel- entouré de nombreuses figures du cinéma français telles que Jacqueline Bisset, Nathalie Baye, Valentina Cortese et Jean-Pierre Aumont, le réalisateur explore les frontières poreuses entre la vie et le cinéma.

    La Nuit américaine s’inscrit clairement dans la lignée des hommages cinématographiques à la Wilder, mais son ton est ici beaucoup plus léger et divertissant. Véritable lettre d’amour au cinéma, notamment à l’artisanat et aux techniciens qui se cachent derrière la caméra, le film dégage la même sentimentalité que Baumbach lorsqu’il fait dire à son protagoniste : « Tous mes souvenirs sont des films. » 

    Irma Vep (1996)

    Dans la tradition des films contenant un autre film, Irma Vep (1996) d’Olivier Assayas reste peut‑être relativement obscur pour le grand public, mais le film établit une filiation directe avec le cinéma de Truffaut, notamment grâce à la participation de Jean‑Pierre Léaud qui campe cette fois le personnage de René Vidal, réalisateur en quête de renaissance à travers le projet de remake de Les Vampires (1915) de Louis Feuillade.

    Même si Irma Vep met en scène, avec un humour sarcastique, toutes les difficultés bureaucratiques et financières qu’une production peut traverser, il gravite avant tout autour de la force magnétique de Maggie Cheung, épouse future du cinéaste, qui joue une version fictive d’elle-même.

    Le film reste également très marquant grâce à l’accent qu’il met sur l’exotisation opérée par le regard occidental, mais aussi sur l’obsession auteuriste du cinéma français. Si le pitch vous intrigue, sachez qu’Assayas a également réalisé un reboot sous forme de mini-série, avec un casting comprenant Alicia Vikander -remplaçant le personnage de Maggie Cheung, Vincent Macaigne, Adria Arjona, Jeanne Balibar ou Vincent Lacoste, parmi d’autres.

    The Artist (2011)

    Sans que beaucoup s’en rendent compte, les bouleversements de l’industrie cinématographique liés à l’arrivée du son ont fait l’objet de plusieurs films, à différentes périodes. Véritable phénomène des années 2010 grâce à son triomphe aux Oscars, mais relativement oublié aujourd’hui, The Artist (2011) de Michel Hazanavicius s’inscrit pleinement dans cette tradition.

    Dans le film, Jean Dujardin incarne George Valentin, grande star du cinéma muet dont la vie est bouleversée à la fois par l’avènement du cinéma parlant et par sa rencontre avec la jeune actrice prometteuse Peggy Miller, interprétée par Bérénice Bejo. Rappelant par endroits le récit d’Une étoile est née, en particulier les versions de Wellman ou de Cukor, The Artist excelle avant tout comme hommage stylistique à l’ère du muet.

    La performance oscarisée de Jean Dujardin est d’autant plus remarquable qu’il se transforme entièrement en acteur des années 1920, en embrassant la dimension physique et gestuelle propre à ce type de jeu. S’inscrivant lui aussi dans une lignée esthétique comparable, Nouvelle Vague (2025) de Richard Linklater pourrait d’ailleurs vous servir de point de référence si vous n’avez pas encore vu ce film mais êtes curieux de le découvrir.

    Avé, César ! (2016)

    Le parcours remarquable des frères Coen a connu des hauts et des bas -plutôt des bas depuis qu’ils travaillent séparément, d’ailleurs- et cette comédie parodique figure, pour certains, parmi leurs films les moins réussis. Avec le recul toutefois, Avé, César ! (2016) demeure un film drôle, volontiers outrancier, qui nous ramène dans les coulisses du cinéma hollywoodien des années 1950 à travers une série de performances marquantes -notamment celles de Ralph Fiennes, Alden Ehrenreich et Channing Tatum, mais surtout celle de George Clooney, qui signait alors sa quatrième collaboration avec les cinéastes.

    Considérablement différent de son personnage dans Jay Kelly, Clooney incarne ici Baird Whitlock, un comédien simple et un peu naïf, enlevé sur le tournage d’un film par un groupe de scénaristes marxistes décidés à dénoncer les injustices du système. Les Coen s’appuient moins sur le charisme naturel de Clooney que sur son potentiel burlesque et bouffon, qu’ils exploitent pleinement.

    Même si les deux films relèvent de registres distincts, l’humour d’Avé, César ! n’est pas sans écho avec celui de Jay Kelly. Toujours dans cette veine de comédie absurde, et toujours avec George Clooney, je vous recommande vivement O’Brother (2000) ou Burn After Reading (2008), également signés par les frères Coen.

    La La Land (2016)

    La comédie musicale qui a fait fondre les cœurs avec l’histoire d’amour « en-chantée » entre Seb et Mia n’a peut-être pas de liens aussi étroits avec le milieu cinématographique que d’autres films cités dans cette liste. Mais en même temps, le réalisateur Damien Chazelle accorde une place importante au cinéma dans La La Land (2016), qu’il place au cœur de cette véritable usine à rêves qu’est Los Angeles.

    Sur le fond d'une atmosphère onirique en couleurs vives, le film raconte l’histoire d’un couple : Mia (Emma Stone), qui rêve de devenir une actrice renommée, et Seb (Ryan Gosling), un pianiste de jazz qui cherche lui aussi à établir une carrière. La La Land comprend de nombreux hommages aux comédies musicales iconiques du XXᵉ siècle -même si la relation entre les deux personnages semble relever de certains clichés, Chazelle réussit à y apporter une gravité émotionnelle qui équilibre le côté « magique » de l’image. Un classique moderne dont les chansons restent gravées dans nos esprits, La La Land va surtout plaire aux romantiques qui aiment voir la vie représentée et racontée sous le prisme nostalgique et sentimental du cinéma.

    Once Upon a Time in… Hollywood (2019)

    Avec Once Upon a Time in… Hollywood (2019), nous découvrons une Los Angeles complètement différente de celle que Damien Chazelle dépeint dans La La Land : une ville bourdonnante, mouvementée et éclatée, mais très sinistre sous la chaleur et la poussière. Amateur de « révisionnisme historique », Quentin Tarantino livre ici deux récits parallèles : l’un centré sur Rick Dalton, acteur autrefois reconnu à la télévision mais désormais en déclin, et sa doublure de cascade, Cliff Booth ; l’autre autour de la secte de Charles Manson et de Sharon Tate, menant vers l’acte horrifique qui coûta la vie à l’actrice. Mais, comme dans Inglourious Basterds (2009), le cinéaste procède à une ingénieuse réécriture de l’histoire -non sans un massacre sanglant !

    Avec Leonardo DiCaprio, Brad Pitt et Margot Robbie dans les rôles principaux, mais aussi grâce à des performances secondaires très marquantes de Margaret Qualley, Mikey Madison, Austin Butler et bien d’autres, le film démontre encore une fois le talent du cinéaste pour naviguer dans un récit choral où chaque personnage est intéressant et vivant. Profondément inspiré par l’esthétique des films de série B, souvent éclipsés par l’âge d’or hollywoodien des années 1970, Once Upon a Time in… Hollywood est un film indispensable pour le plaisir cinéphile -mais pas le meilleur du cinéaste ! 

    Babylon (2022) 

    Damien Chazelle a poursuivi son hommage à Hollywood avec Babylon (2022), un film qui se déroule autour de trois personnages travaillant dans l’industrie hollywoodienne des années 1920. Le récit, construit autour du passage du muet au parlant, pourrait rappeler The Artist : mais le film de Hazanavicius reste très sage en comparaison avec l’ambition et l’excès stylistique de Chazelle. Le réalisateur privilégie une approche baroque dans sa mise en scène, notamment dans de longues séquences de fêtes -et d’orgies !- assez explosives. Avec Margot Robbie, Brad Pitt et Diego Calva dans les rôles principaux, le film n’a rien à reprocher du côté des performances, mais le fil narratif reste assez lâche, sans atteindre à aucun moment un véritable paroxysme dramatique.

    Le film est aujourd’hui considéré comme un échec commercial, car les spectateurs -moi y compris- ont été moins enthousiasmés par Babylon que par La La Land, surtout en raison de l’accent mis sur la grandeur et l’extravagance. Si vous aimez les projets ambitieux à grande échelle sur l’industrie hollywoodienne, comme The Studio (2025-), The Player (1992) ou encore Boogie Nights (1997), ou si vous avez apprécié le rythme dynamique et parfois frénétique de Whiplash (2014), Babylon pourrait devenir un coup de cœur pour vous !

  • Après Barbie… Narnia ! Tout ce que l'on sait du film de Greta Gerwig pour Netflix

    Après Barbie… Narnia ! Tout ce que l'on sait du film de Greta Gerwig pour Netflix

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    En ce mois de décembre 2025, nous célébrons les vingt ans de la sortie au cinéma du Monde de Narnia : Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique (2005). Ce premier opus marquait le début d’une superproduction Disney (basée sur la célèbre saga littéraire de C.S. Lewis) qui a donné deux autres films :   Le Prince Caspian (2008) et L'Odyssée du Passeur d’Aurore (2010).

    Sept tomes… mais trois films

    Le Monde de Narnia : Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique est peut être le premier ouvrage dans l’ordre d'écriture, mais c’est en réalité le deuxième des sept livres qui composent l’œuvre de Lewis, si on prend en compte le fait que le tome 6 (Le Neveu du Magicien) est en réalité la préquelle de la saga.

    Si vous êtes en manque de Narnia et de ses aventures magiques, et si comme beaucoup de fans, vous avez encore le cœur brisé que la saga n’ait jamais été intégralement portée à l’écran, vous avez sûrement entendu parler des nouveaux longs métrages Netflix qui verront très bientôt le jour ! 

    C’est Greta Gerwig, la réalisatrice plébiscitée de Barbie (2023), Lady Bird (2017) ou encore Les Filles du Docteur March (2019), qui sera derrière la caméra pour ces nouvelles adaptations de la série fantasy, en commençant justement par Le Neveu du Magicien. Si vous avez hâte de découvrir la vision de la cinéaste, JustWatch vous a préparé un petit résumé de ce que nous savons déjà sur ces prochains films.

    Quels seront les tomes adaptés par Greta Gerwig?

    Si en 2005, nous traversions une armoire magique aux côtés de la petite Lucy Pevensie pour découvrir le monde fabuleux et enneigé de Narnia, Greta Gerwig commencera par adapter la genèse de la saga, Le Neveu du Magicien, publiée en 1955. La réalisatrice est également confirmée pour au moins deux films.

    Bien que le livre se déroule au tout début du XXème siècle dans une Angleterre encore victorienne, le film de Gerwig se déroule dans les années 50 et sera donc contemporain à l'époque à laquelle le livre à été publié. Les autres romans devraient également être adaptés par la suite et, si tout se passe bien, cette série de films pourrait bien devenir l’une des plus grosses sagas fantasy de ces dix (voire quinze) prochaines années, parallèlement à la série Harry Potter développée par HBO.

    Où et quand sortiront les nouveaux films Narnia ? 

    Sur Netflix, et c’est prévu pour Noël 2026 ! Mais avant cela, la cinéaste a réussi à négocier une sortie limitée au cinéma en exclusivité avec IMAX pendant deux semaines en novembre 2026 (le 16 novembre aux Etats-Unis, très précisément), afin que l'expérience cinématographique soit réellement respectée. Cela permettra également au film d'être considéré pour d’éventuelles nominations aux Oscars.

    La date de sortie française au cinéma -si elle peut avoir lieu sans compromettre la chronologie des médias hexagonale- est pour l’instant inconnue. Mais même si le film bénéficie également de cette exclusivité IMAX en France, cela resterait malheureusement très limité compte tenu de la quantité assez réduite d'écrans IMAX chez nous.  

    Récemment, Rich Gelfond, le PDG d’IMAX -qui semble d’ailleurs très confiant quant au travail de Gerwig- a déclaré dans une interview avec World of Reel, que les films de la réalisatrice allaient « changer le monde » et créer un véritable « événement culturel ». 

    Qui composera la musique de Narnia ?

    Si Harry Gregson-Williams (Kingdom of Heaven, Sinbad : La Légende des sept mers)  étaient aux commandes des deux premiers films de la trilogie Disney, nous savons d’ores et déjà que Mark Ronson, qui avait déjà travaillé sur le Barbie de Gerwig, s’occupera cette fois-ci de la musique.

    Rich Gelfond a révélé que Greta Gerwig avait opté pour une bande originale qui puisera ses sources dans le rock, en insistant sur le fait que ce n'était pas le « Narnia de votre mère ou de votre grand-mère » (personnellement, je n’ai rien contre le Narnia de ma grand-mère et j'apprécie énormément le travail de Gregson-Williams sur Le Lion, la Sorcière Blanche et l’Armoire Magique !)

    Il a également laissé entendre que des chansons de groupes cultes comme Pink Floyd et The Doors pourraient potentiellement résonner dans les salles de cinéma en novembre prochain. Ces chansons seront-elles utilisées telles quelles ? Ou bien seront-elles reprises par un orchestre philarmonique, afin d'éviter un trop gros décrochage entre l’histoire et l’ambiance rock apportée par la musique ? Il faudra attendre encore un an pour le découvrir !

    Qui est au casting de Narnia ?

    Aucune annonce officielle n’a vraiment été faite de la part de Netflix, qu’il s’agisse de casting ou même de concept art. Pourtant, depuis quelques mois, des noms d’acteurs reviennent souvent dans la conversation.

    Le seul rôle officiellement annoncé est celui de la sorcière Jadis alias la Sorcière Blanche incarnée par Tilda Swinton dans les films Disney. Elle sera cette fois portée à l'écran par l'actrice franco-britannique Emma Mackey (Sex Education, Emily), un choix très intéressant pour le rôle de la fameuse antagoniste de la saga !

    Il semblerait également que Meryl Streep (excusez-nous du peu) puisse incarner Aslan, et que Daniel Craig se glisse dans la peau de l’Oncle Andrew. Carey Mulligan semble également être en pourparlers pour un rôle inconnu à ce jour.

    Cette page sera régulièrement mise à jour au fur et à mesure que les informations nous parviendront.

  • C’est le Wolverine de l’univers DC : qui est Lobo, joué par Jason Momoa ?

    C’est le Wolverine de l’univers DC : qui est Lobo, joué par Jason Momoa ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Le plan ne dure qu’une petite seconde, mais il a suffi à ravir les fans. Cigare au bec, médaillon iconique en pendentif, chevelure hirsute, attitude badass : la bande-annonce de Supergirl (2026) nous a offert un premier aperçu cinéma de Lobo, l’un des plus célèbres anti-héros de l’univers DC relancé cet été par James Gunn avec Superman (2025).

    Milly Alcock ayant déjà été dévoilée à la fin du long métrage emmené par David Corenswet, en cousine  excessivement borderline, ces images de Supergirl étaient surtout scrutées pour découvrir le ton du film de Craig Gillespie (qui semble se situer entre Captain Marvel et Les Gardiens de la Galaxie) et espérer apercevoir Lobo. Le chasseur de primes campé par Jason Momoa est bien là et il est « survalidé » par les aficionados.

    Si vous découvrez le personnage, JustWatch vous dit tout ce qu’il faut savoir avant qu’il ne fasse ses grands débuts au cinéma le 24 juin 2026 face à Kara Zor-El, dix ans après que la Warner ait relancé le projet d’adaptation cinéma de ses aventures.

    Le Wolverine de l’univers DC

    Lobo apparaît pour la première fois en juin 1983 dans les pages des comics DC. Né sous le crayon de Roger Slifer et Keith Giffen, il s’impose immédiatement comme l’un des personnages les plus violents et grossiers de l’univers. Et, de fait, comme un fan-favorite. Son goût pour la destruction et son cynisme se manifestent dès son adolescence sur la planète Crzarnia : dans le cadre d’un projet scolaire, il met au point un parasite qui va éliminer toute son espèce !

    L’anarchique Lobo est donc, depuis, le dernier Czarnien de l’univers, qu’il traverse pour mener des missions de chasseur de primes et de mercenaire avec sa moto de l’espace et sa chienne Dawg. Et un sens de l'honneur très strict : il tient TOUJOURS parole. Massif et agressif, violent et amoral, il manie à la perfection toutes les armes comme l’humour noir et la vulgarité, il est doté d’une force et d’une résistance surhumaines… et il est doué d’immortalité / régénération, le Paradis comme l’Enfer ne voulant pas de lui ! Lobo, c’est un peu le Wolverine (qu’il a déjà affronté) de l’univers DC, avec quelques touches de Deadpool. Un antihéros hors-normes que les lecteurs ont immédiatement adopté -surtout quand il affronte Superman et les autres membres de la Justice League- et qu’ils attendaient impatiemment de voir à l’écran.

    Une première au cinéma, mais un habitué des séries

    Même si son apparition dans Supergirl (2026) s’annonce assez réduite, teasant ses futures aventures en série ou en film dans le nouvel univers cinématographique DC, Lobo fera donc ses grands débuts au cinéma sous les traits de Jason Momoa. C’est LE rôle que le comédien souhaitait décrocher -il l’avait même évoqué dès son audition pour Aquaman, que Lobo a déjà affronté aussi !- et c’est LE personnage pour lequel James Gunn et Peter Safran l’ont approché quand il ont repris les rênes de DC Studios. Avec son maquillage entre Kiss et The Crow (visage blanchâtre, yeux en noir), Jason Momoa est plus que convaincant. En tout cas sur ce plan. 

    Avant cela, Lobo a déjà connu les honneurs du petit écran. En animation comme en prises de vues réelles. Entre 1996 et 1997, il côtoie l’Homme d’Acier dans trois épisodes de la série animée Superman l’ange Métropolis, . En 2003, Lobo fait son retour dans deux épisodes de Justice League (S2E19 & SE20) où il remplace carrément Superman au sein de la Ligue. Par la suite, on a pu le recroiser dans La Ligue des justiciers: Nouvelle Génération (2012-2019), La Ligue des Justiciers : Action (2017-2018), DC Super Hero Girls (2017), Legion of Super Heroes (2023), Justice League: Warworld (2023) et Justice League : Crisis on Infinite Earths Partie 3 (2024). C’est également un personnage jouable des jeux vidéo Injustice et LEGO DC Super-Villains.

    En 2019, dans la saison 2 de la série Krypton (2018-2019), Lobo prend vie sous les traits de Emmett J. Scanlan. Dans quatre épisodes (S2E1, S2E2, S2E3 & S2E10), le chasseur de primes est confronté à Seg-El (Cameron Cuffe), le grand-père du futur Superman, et Adam Strange (Shaun Sipos). Si le comédien est un peu « gringalet » (de mon point de vue) en comparaison de Jason Momoa, on apprécie la folie WTW qu’il injecte au personnage dont le look est convaincant et les pouvoirs de régénération particulièrement bien utilisés. Un projet de série dérivée centrée sur Lobo devait initialement voir le jour, mais il sera malheureusement stoppé après l’annulation de Krypton.

    Jason Momoa superstar pop

    Ce retour fracassant de Jason Momoa au sein de l’univers DC annonce une vague résolument « pop » pour le comédien. Après Lobo, il incarnera  le bestial Blanka dans le très attendu Street Fighter (2026), avant de retrouver l’héroïque et flamboyant Duncan Idaho dans Dune : Troisième Partie le 16 décembre 2026 et le tout aussi flamboyant (mais moins sympathique) Dante Reyes dans Fast X Part 2 (2026). Également sur son agenda très chargé : le buddy movie The Wrecking Crew (2026) où il fera équipe avec Dave Bautista, la suite de Minecraft (2027) et la comédie animalière Animal Friends (2026) aux côtés de Ryan Reynolds. Sans oublier une possible saison 2 pour la formidable série Apple TV+ Chief of War dans le rôle du guerrier Ka'iana. Qu’on se le dise, entre lui et Dwayne Johnson, l’action hollywoodienne repose actuellement sur deux colosses hawaïens.

  • Surprises et déceptions aux Golden Globes : ce qu’il faut retenir des nominations 2026

    Surprises et déceptions aux Golden Globes : ce qu’il faut retenir des nominations 2026

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Le 8 décembre, les nominations pour les Golden Globes 2026 -dont la cérémonie se tiendra le 11 janvier à Los Angeles- ont été dévoilées. Moment clé de la saison des récompenses hollywoodiennes, les Golden Globes sont surtout connus pour offrir des indications clés en vue des Oscars ; ce qui ne signifie pas pour autant que leur versant télévisuel soit moins important.

    Avec Une bataille après l’autre (2025) en tête, nommé dans neuf catégories côté cinéma, et The White Lotus (2021-) en tête pour les séries avec six nominations, les favoris de la saison commencent à se dessiner. Mais, comme chaque année, les nominations ne sont pas exemptes de surprises ni de déceptions.

    Dans ce guide JustWatch consacré aux nominations cinéma, je vous explique ce qu’il faut retenir de cette sélection et je fais le point sur les tendances de l’industrie.

    « Wicked : Partie II » : pour de bon mais pas aussi bon !

    Nous avons bien vu que le deuxième volet de l’adaptation cinématographique de la comédie musicale autour de l’univers du Magicien d’Oz, Wicked : Partie II (2025), n’a pas suscité autant d’enthousiasme auprès du public. Certes, les résultats au box-office ne reflètent pas totalement cette impression, mais les spectateurs se montrent tout de même moins charmés par le film. Aux Golden Globes, le film est nommé dans quatre catégories : Meilleure actrice (comédie/Musical) pour Cynthia Erivo, Meilleur second rôle féminin pour Ariana Grande, Meilleur succès au box-office, ainsi que Meilleure chanson originale -avec deux titres en lice. 

    Ces nominations semblent méritées, mais l’absence du long métrage dans la catégorie Meilleur film (comédie/musical) a certainement surpris les fans. On ignore si les critiques adressées à la mise en scène de Jon M. Chu ont pesé dans la balance, mais cet oubli paraît davantage lié aux choix opérés pour les autres nommés de la même catégorie.

    Des comédies qui n’en sont pas vraiment

    En effet, les films en lice pour le Meilleur film (comédie/musical) ont suscité des interrogations quant à la légitimité de leur présence dans cette catégorie. À commencer par Une bataille après l’autre, dont les thèmes et l’approche formelle dépassent largement le cadre du genre comique. Quant à Aucun autre choix (2025) de Park Chan-wook, même si le film est parcouru d’un humour noir acéré, les ravages du capitalisme qu’il met en scène ne relèvent en rien d’un sujet léger. Nouvelle Vague (2025), l’hommage cinéphile de Richard Linklater à Jean-Luc Godard, contient bien quelques gags, mais ce n’est certainement pas le premier film qui vient en tête lorsqu’on pense à une comédie.

    Le tableau qui se dessine laisse ainsi entendre que ces choix relèvent davantage de stratégies industrielles : les studios, craignant d’être éclipsés dans la catégorie principale (Meilleur drame) par des films comme Sinners (2025) ou Valeur sentimentale (2025), préfèrent inscrire leurs œuvres dans cette section où elles ont plus de chances d’être mises en avant.

    Les films en langue étrangère en vitrine 

    En France, nous connaissons NEON grâce à ses six triomphes consécutifs au Festival de Cannes, doublés l’an dernier par un Oscar du Meilleur film. Pour la saison des récompenses 2026, le studio semble une nouvelle fois bien préparé : trois de ses films concourent pour la statuette du Meilleur film dramatique -Un simple accident (2025), Valeur sentimentale (2025) et L’Agent secret (2025)- et un autre (Aucun autre choix) figure dans la catégorie du Meilleur film (comédie/musical). Au total, le studio cumule 21 nominations !

    Désormais acteur majeur de l’industrie, la présence de NEON s’accompagne aussi d’une hausse sans précédent du nombre et de la visibilité des films en langue étrangère. On observe également l’effet de la mondialisation des coproductions, très bénéfique pour les cinéastes étrangers confrontés à des difficultés non seulement financières mais aussi politiques, comme Jafar Panahi. Bien sûr, cette globalisation entraîne une remise en question implicite de la nécessité même de la catégorie du Meilleur film non anglophone, mais aucun changement radical n’est attendu dans un avenir immédiat.

    Meilleur succès au box office – pour des films qui ne sont pas sortis !

    Les Golden Globes ont commencé à décerner ce prix en 2024 : l’édition de cette année sera donc la troisième. Les films en lice dressent un tableau pour le moins surprenant, à commencer par la présence de KPop Demon Hunters (2025), qui était à l’origine une sortie streaming sur Netflix. Ce n’est qu’après son immense succès sur la plateforme que des projections en salle ont été organisées, avec des séances spéciales en version karaoké en août puis en novembre. Malgré une fenêtre très limitée au box-office, les chiffres montrent que le film a été un véritable phénomène, et qu’il continue visiblement de l’être.

    À l’inverse, la nomination de Avatar : de Feu et de Cendres (2025) interroge, puisque le film n’est même pas encore sorti en salles, ni aux États-Unis, ni ailleurs ! Difficile, dès lors, de comprendre si cette catégorie récompense avant tout la performance technique d’un film -ce qui, dans le cas de James Cameron, ne serait pas immérité- ou bien la fréquentation en salles à proprement parler. Dans ce cas, alors Superman (2025) de James Gunn et a clairement été snobé.

    Quelques autres oublis notables 

    Parmi les absences surprenantes dans les nominations figure sans doute Train Dreams (2025), avec pour seule consolation la présence de Joel Edgerton en lice pour le Meilleur acteur (Drame) et une citation en Meilleure chanson. Bien que le film ait charmé le public par sa beauté saisissante et sa tonalité contemplative, son absence dans les autres catégories montre qu’il demeure encore sous-estimé par les votants. Un autre grand oubli concerne Richard Linklater, absent de la catégorie Meilleure réalisation alors que non pas un, mais deux de ses films figurent parmi les nommés pour le Meilleur film (comédie/musical). 

    Restent aussi quelques surprises, disons… attendues : par exemple, l’absence totale de Christy (2025), biopic consacré à la boxeuse Christy Martin avec Sydney Sweeney en tête d’affiche, ou encore A House of Dynamite (2025) de Kathryn Bigelow, revenu les mains vides malgré les promesses d’un grand retour très ambitieux. 

  • 7 comédies romantiques cultes à dévorer pendant les fêtes de Noël !

    7 comédies romantiques cultes à dévorer pendant les fêtes de Noël !

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Qu’ont Renée Zellweger, Cameron Diaz, Sandra Bullock et Meg Ryan en commun ? Pour les fans de films de Noël qui nous lisent, la réponse est sûrement déjà trouvée ! Car oui, toutes ces actrices sont devenues nos héroïnes de films de Noël préférés au fil des années. 

    Si leurs situations professionnelles, leur indépendance, leurs appartements de rêve ou leurs cottages super cosy ont pu nous faire rêver, c’est également parfois leurs histoires de coeur drôles, touchantes et romantiques pendant les fêtes de fin d'année qui ont fait de ces films des must watch essentiels pendant les fêtes.

    De Bridget à Mary en passant par Iris et Amanda, JustWatch vous a concocté une liste des meilleures héroïnes de comédies romantiques cu(l)tes à revoir tout au long de ce mois de décembre. 

    Love Actually (2003)

    Le film choral Love Actually (2003) dont le cast n'est plus à présenter (Emma Thompson, Alan Rickman, Hugh Grant, Keira Knightley, Liam Neeson, Colin Firth… pour n'en citer que quelques-uns !) s’est rapidement imposé comme le film romantique par excellence au moment des fêtes. Ces histoires d’amour et de destins croisés se déroulent à Londres, pendant les cinq semaines précédant Noël. 

    Une super bande originale couplée avec une scène d'aéroport romantique comme on les aime, une déclaration d’amour non réciproque devenue iconique et une danse hilarante de la part de Hugh Grant dans les couloirs du 10 Downing Street, ont suffit à placer ce film de Richard Curtis comme un favoris de la saison.

    Le Journal de Bridget Jones (2001)

    « Je n’ai aucune attirance pour une fille qui fume comme un pompier, boit comme un trou, souffre d’incontinence verbale et s’habille comme sa mère. » Cette description peu élogieuse de Bridget Jones faite par le très snobe Mark Darcy lors d’une réception de Noël, marqua le début du l'un des triangles amoureux les plus mémorables du cinéma, dans lequel Renée Zellweger, Colin Firth et Hugh Grant se donnent la réplique (cinglante !) et s’adorent autant qu’ils se détestent.

    Inspiré par Orgueil et Préjugés, Le Journal de Bridget Jones (2001) n’est pas à proprement parler un film de Noël, puisque l’histoire se déroule sur une année entière. Et pourtant, les scènes de déclaration d’amour dans les rues enneigées de Londres, ou celles des soirées de Nouvel An quelque peu ennuyeuses auxquelles Bridget se rend, me viennent directement à l'esprit lorsqu'on parle de comédie romantique de Noël.

    The Holiday (2006)

    Impossible de passer à côté de The Holiday (2006), car même si les célébrations de Noël ou du Nouvel An y sont relativement reléguées au second plan, ce film de Nancy Meyers reste la quintessence même du film cosy à se passer en boucle en hiver. Amanda (Cameron Diaz), une réalisatrice de bandes-annonces, se retrouve à passer le mois de décembre dans le cottage anglais féerique d’Iris (Kate Winslet). Cette dernière, quant à elle, part s’installer dans la villa californienne d'Amanda.

    Toutes deux vont apprendre beaucoup de choses sur elles-mêmes, se faire de nouveaux amis et même tomber amoureuses. L'idée d'échanger de vie avec une totale inconnue pendant deux semaines peut paraître un peu loufoque, et pourtant c’est grâce à cette idée de génie que nous avons le droit au sketch de « Monsieur Serviette » (une très grande performance de Jude Law) tous les ans !

    Vous avez un mess@ge (1998) 

    Probablement mon film préféré de Nora Ephron, Vous avez un mess@ge (1998) n’est, lui non plus, pas un film de Noël tel qu’on l’entend puisqu’il se déroule de l'automne au printemps suivant. Mais certaines de mes scènes préférées se déroulent justement pendant le mois de décembre, ou juste en amont, lorsque New York rentre dans l'effervescence des préparatifs des fêtes de fin d'année et que tout le monde se rue dans les magasins en sortant du travail.

    Meg Ryan et Tom Hanks sont des rivaux dans la vie de tous les jours, sans savoir qu’ils entretiennent une correspondance par mail sous pseudo faisant place à des sentiments amoureux depuis plusieurs mois. Si vous connaissez vos classiques, c’est une relecture moderne du grand classique Rendez-Vous (1940). La scène où Kathleen décore sa petite librairie ou celle où elle rencontre Joe dans un café charmant remplis de petites guirlandes lumineuses, suffisent à elles seules à en faire une comédie romantique à voir à Noël. 

    Quand Harry Rencontre Sally (1989)

    Même son de cloche pour Quand Harry Rencontre Sally (1989) : ce n’est pas vraiment un film de Noël, même si Noël et le jour de l’an sont ici encore plus présents que dans Vous avez un mess@ge. D'ailleurs, ces deux fêtes jouent un rôle décisif dans la relation amicale puis amoureuse de nos deux personnages principaux. Alors qu’ils étudient tous les deux dans la même université dans les années 70, Harry et Sally (Billy Crystal et Meg Ryan) se retrouvent à faire du covoiturage forcé.

    Les deux jeunes gens n’ont rien en commun et couperont les ponts d'ailleurs aussi vite qu’ils se sont rencontrés. Pourtant, au fil des années, ils se rencontrent à de nombreuses reprises par hasard, avant de devenir meilleurs amis. Et plus si affinités… Que ce soit les moments ultra festifs comme lorsque Harry aide Sally à porter son sapin de Noël dans la neige, ou les déclarations d’amour épiques alors que l’horloge est en train de sonner minuit au réveillon du Nouvel An, c’est LE film de saison par excellence. 

    L’Amour à tout prix (1995)

    C’est l’histoire de Lucy, une employée du métro travaillant à Chicago, qui sauve la vie de Peter, un passager victime d’un accident sur les voies. Suite à un quiproquo, la famille de Peter pense que Lucy est la fiancée de ce dernier, et l'invite à passer les fêtes de fin d'année avec eux. Là bas, elle rencontre Jack, le frère de Peter qui a ses doutes concernant sa véritable identité…

    Je ne sais pas pourquoi on ne parle pas plus de L’Amour à tout prix (1995), une comédie romantique absolument adorable, drôle et très romantique. Sandra Bullock et Bill Pullman forment un duo absolument iconique dans cette romcom où l'ambiance chaotique des familles lors des fêtes de fin d'année est absolument hilarante (et à laquelle on peut tous s’identifier), et où la romance et le froid glacial de Chicago sont si palpables qu’ils pourraient presque traverser l'écran.  

    Eclair de Lune (1987)

    Noël est seulement périphérique à cette histoire d’amour magnifique, drôle et ultra théâtrale, élevée par les performances iconiques de Cher et Nicolas Cage. En fait, Eclair de Lune (1987) n’est pas seulement un de mes films de Noël préférés, mais un de mes films préférés tout court ! Cher incarne Loretta, une jeune veuve d’origine italienne vivant à Brooklyn et si malchanceuse en amour qu’elle en devient terre à terre.

    Elle accepte d'épouser Johnny, mais celui-ci doit se rendre en Sicile et demande à Loretta d'inviter son frère Ronnie au mariage, avec lequel il a coupé les ponts des années auparavant. Les deux se rencontrent et tombent évidemment éperdument amoureux. Noël n’est jamais vraiment mentionné dans ce film, mais l’ambiance hivernale, les lumières de la ville et l'atmosphère féérique et romantique qui se dégage de certaines scènes en font pour moi une comédie romantique incontournable pendant l'hiver.

  • Star Wars : comment Andor a mis fin à 45 ans de malédiction !

    Star Wars : comment Andor a mis fin à 45 ans de malédiction !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    La Force des Golden Globes est à nouveau avec les stars de Star Wars. Alors que les nominations pour la 83e cérémonie ont été dévoilées, saluant notamment le grand favori Une bataille après l’autre (9 citations) et l’outsider Valeur Sentimentale (8 citations) côté cinéma, elles ont également retenu Diego Luna pour son interprétation dans la série Andor (2022-2025) côté séries.

    C’est quoi la série « Andor » ? 

    La série Andor, développée sur deux saisons et vingt-quatre épisodes par Tony Gilroy, s’intègre juste avant le film Rogue One (2016) -lui-même intégré entre la prélogie et la trilogie originale-, et suit le parcours de Cassian Andor au sein de la Rébellion. L’approche et le ton du programme tranchent radicalement avec tout ce que Star Wars avait proposé jusque-là : une chronologie fragmentée (un saut temporel tous les trois épisodes) et surtout une approche loin du manichéisme Jedi / Sith, qui prend le temps d’adresser les zones grises des Rebelles comme celles des Impériaux.

    A quelles extrémités doivent parfois recourir les « gentils » dans leur combat pour la liberté de la Galaxie ? Quelles sont les motivations de certains « méchants » dans leur ascension au sein de la hiérarchie impériale ? Dans Andor, rien n’est tout noir, rien n’est tout blanc. Le showrunner confie s’être inspiré de la série hexagonale Un village français (2009-2017) qui explore les choix et attitudes de différents personnages sous l’Occupation allemande, entre collaboration et résistance, acceptation et sacrifice. On retrouve cette ambiance très politique et cette ambiguïté permanente dans Andor, qui culmine notamment avec un monologue puissant et inoubliable de Luthen Rael (Stellan Skarsgård) à la fin de la saison 1.

    « Au secours Cassian Andor, vous êtes notre seul espoir » 

    Pour son interprétation en eaux troubles, Diego Luna est cité aux Golden Globes cette année, comme il l’avait été en 2023 pour la première saison. Sa présence dans la catégorie Meilleur acteur dans une série dramatique pourrait sembler anecdotique. Mais pour la saga intergalactique, dont les comédien.nes sont toujours boudés dans les cérémonies de récompenses et particulièrement aux Golden Globes et aux Oscars, c’est un fait majeur. En effet, Star Wars est certes un univers très populaire, qui a engrangé des milliards au box-office mondial depuis le premier opus en 1977, mais constamment ramené à sa dimension de blockbuster-spectacle. Les récompenses -rares- et les nominations sont dès lors essentiellement adressées aux postes techniques (effets visuels, montage, son…) et à la musique (via le légendaire John Williams).

    Côté comédiens, il y a un dédain poli des différentes académies, qui boudent les grands visages de la franchise. Avant Diego Luna en 2023, il faut ainsi remonter à… 1978 et le grand Alec Guinness (premier interprète du Jedi Obi-Wan Kenobi dans Un Nouvel Espoir, également cité aux Oscars la même année) pour voir un acteur de Star Wars nommé aux Golden Globes. Soit 45 ans de disette. Un comble alors que tous les personnages figurent au panthéon de la pop culture (on ne présente plus Luke Skywalker, Dark Vador, Leia Organa, Han Solo, Rey ou Din Djarin) ! Cassian Andor a donc mis fin à la malédiction il y a trois ans, et confirmé cette année qu’on peut jouer dans un Star Wars et livrer une performance remarquée (et remarquable).

    Star Wars aux Oscars, aux Golden Globes, aux Baftas et aux Emmy Awards

    Précisons que les Golden Globes ne proposent pas de catégories techniques, et que les Oscars et les Baftas ne distinguent pas la séries.Star Wars - Episode IV : Un Nouvel Espoir (1977)

    • Oscars : 7 prix et 4 nominations
    • Golden Globes : 1 prix et 3 nominations
    • Baftas : 2 prix et 4 nominations

    Star Wars - Episode V : L’Empire Contre-Attaque (1980)

    • Oscars : 2 prix et 2 nominations
    • Golden Globes : 1 nomination
    • Baftas : 1 prix et 2 nominations

    Star Wars - Episode VI : Le Retour du Jedi (1983)

    • Oscars : 1 prix et 4 nominations
    • Golden Globes : ///
    • Baftas : 1 prix et 3 nominations

    Star Wars - Episode I : La Menace Fantôme (1999)

    • Oscars : 1 nomination
    • Golden Globes : ///
    • Baftas : ///

    Star Wars - Episode II : L’Attaque des clones (2002)

    • Oscars : 1 nomination
    • Golden Globes : ///
    • Baftas : ///

    Star Wars - Episode III : La Revanche des Sith (2005)

    • Oscars : 1 nomination
    • Golden Globes : ///
    • Baftas : ///

    Star Wars - Episode VII : Le Réveil de la Force (2015)

    • Oscars : 5 nominations
    • Golden Globes : ///
    • Baftas : 1 prix et 3 nominations

    Rogue One : A Star Wars Story (2016)

    • Oscars : 2 nominations
    • Golden Globes : ///
    • Baftas : 2 nominations

    Star Wars - Episode VIII : Les Derniers Jedi (2017)

    • Oscars : 4 nominations
    • Golden Globes : ///
    • Baftas : 2 nominations

    Solo : A Star Wars Story (2018)

    • Oscars : 1 nomination
    • Golden Globes : ///
    • Baftas : ///

    Star Wars - Episode IX : L’Ascencion de Skywalker (2019)

    • Oscars : 3 nominations
    • Golden Globes : ///
    • Baftas : 3 nominations

    The Mandalorian (2019-)

    • Golden Globes : 1 nomination
    • Emmy Awards : 15 prix et 33 nominations 

    Le Livre de Boba Fett (2021-)

    • Golden Globes : ///
    • Emmy Awards : 1 prix et 3 nominations 

    Star Wars : Andor (2022-2025)

    • Golden Globes : 2 nominations
    • Emmy Awards : 5 prix et 17 nominations

    Star Wars : Obi-Wan Kenobi (2022-)

    • Golden Globes : ///
    • Emmy Awards : 5 nominations

    Star Wars : Ahsoka (2023-)

    • Golden Globes : ///
    • Emmy Awards : 1 prix et 4 nominations

    Star Wars : The Acolyte (2024)

    • Golden Globes : ///
    • Emmy Awards : 1 nomination

    Star Wars : Skeleton Crew (2024-)

    • Golden Globes : ///
    • Emmy Awards : ///

    Quelles sont les prochaines sorties Star Wars ?

    Actuellement plongée dans une sorte de « jachère créative » avec de très nombreux projets en développement, la saga prépare de belles choses pour les fans. Alors que la série animée Star Wars Visions (2021-) vient de dévoiler sa saison 3 sur Disney+, un nouveau film très attendu se tourne : Starfighter (2027) emmené par Ryan Gosling sous la direction de Shawn Levy et annoncé pour le 26 mai 2027 au cinéma. Daisy Ridley s’apprête quant à elle à reprendre le sabre-laser de Rey Skywalker dans un long métrage qui ferait office d'Épisode X. Enfin, en 2026, on retrouvera The Mandalorian & Grogu (sortie le 20 mai 2026) dans un film qui servira de conclusion à la série, alors que Disney devrait proposer dans le courant de l’année la série animée Maul - Shadow Lord (2026) qui marquera le grand retour du célèbre Sith au premier plan.

  • Sacrifice d’Eleven, passerelle temporelle, disparition d’Hawkins…  6 théories folles sur la fin de Stranger Things

    Sacrifice d’Eleven, passerelle temporelle, disparition d’Hawkins… 6 théories folles sur la fin de Stranger Things

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Les paris sont lancés : comment les géniaux frères Duffer, showrunners et réalisateurs de Stranger Things (2016-2025), ont-ils imaginé la fin de leur série dont on découvrira la suite les 26 décembre et 1er janvier ? La première partie de la cinquième saison est disponible depuis quelques semaines sur Netflix, et déjà les rumeurs et les théories les plus dingues vont bon train.

    Entre les fans qui croient au héros sacrificiel et ceux qui s’imaginent -mais ne veulent pas- une fin révélant que la ville de Hawkins est seulement sortie de l’imagination de l’un des personnages (pitié, non)… tout est en suspens ! JustWatch fait le point sur les six théories les plus présentes parmi les fans.

    1. Le retour d’Eddie

    Le personnage sacrifié de la saison 4 pourrait-il revenir dans le « game » ?  Eddie Munson (Joseph Quinn) avait connu une mort déchirante, valant aux scénaristes de nombreuses protestations du public. Mais une piste est explorée par les fans. Dans Donjons & Dragons, le jeu qui irrigue toute la série de ses références, Vecna est un magicien mort-vivant qui évolue avec un fidèle lieutenant dénommé Kas. Vampire, ce Kas se montre d’abord loyal à son maître avant de le trahir pour usurper son pouvoir. Dans ce parallèle émoustillant, Joseph Quinn pourrait-il être le Kas d’Hawkins, c’est-à-dire avoir une vie de mort-vivant à la botte de Vecna avant de mordre la main qui l’a fait revivre ? On croise les doigts même si l’acteur ne figure pas au générique (pour l’instant)...

    2. Eleven : morte ou vive ?

    Après que tout ait commencé avec Eleven (Millie Bobby Brown), tout devrait finir avec elle, non ? C’est une des théories les plus partagées sur les réseaux. L’héroïne n’est pas seulement au centre de l’histoire, elle EST l’histoire. Les fans les plus mystiques pensent qu’elle n’a pas seulement ouvert la porte vers le Monde à l’Envers mais qu’elle l’a façonné sans s’en rendre compte, comme la projection traumatique de son enfance. Quitte à être la mère du monstre qu’elle doit détruire (oui, je sais, c’est délirant !). Pour, pourquoi pas, remodeler ensuite la réalité pour restaurer Hawkins et effacer de la mémoire de ses habitants le traumatisme des événements ? Autre lecture plus zen : Eleven et Vecna seraient le Yin et le Yang d’un même système. Si l’un disparaît, l’autre aussi, ce qui laisse présager d’un combat final épique où les deux « forces » s’anéantissent, Eleven procédant à un véritable sacrifice de sa petite personne pour refermer la brèche.

    3. Will : l’arme de Vecna ou l’architecte du nouveau monde ?

    Will Byers (Noah Schnapp) est connecté à l’esprit de la Ruche, donc indirectement à l’esprit de Vecna. Dans la scène finale de la première partie de la saison 5 - ATTENTION SPOILERS - on a assisté - bouche bée - à la révélation de ses pouvoirs, Will trucidant trois Demogorgons qui menaçaient ses amis et sa famille. Question légitime : peut-il donc lutter de l’intérieur contre Vecna ? Au prix de son sacrifice peut-être… De quoi donner à ce personnage un pouvoir énorme : rendre à Hawkins son visage de ville sans histoires. Dans le cas inverse, Will, trop faible pour lutter contre THE puissance maléfique, ne réussirait rien d’autre que d’être l’arme non-consentante de Vecna. Will massacrant sa mère, son frère et ses potes, ce serait le drama le plus complet pour les fans. Et la théorie la plus sombre.

    4. Hawkins va disparaître

    Déjà bien mal en point au début de la saison 5, avec sa gigantesque brèche maladroitement bétonnée balafrant son territoire, Hawkins pourrait devenir une ville-fantôme désertée par ses habitants. Pire : être engloutie dans l’Upside Down si la faille venait à se rouvrir dans le déluge final attendu. Car soyons réalistes : du Monde à l’envers ou du monde normal, les chances de survie basculent plutôt du côté des forces obscures. Enfin, c’est l’histoire que j’ai envie de me raconter pour espérer un jour une suite à la série. 

    5. Max le retour, Holly la clé et un raccourci dans le temps

    Max (Sadie Sink) prisonnière de l’esprit de Vecna-Henry et Holly, la petite sœur de Mike (Nell Fisher), kidnappée elle aussi par le grand méchant de la série, font alliance dans un nouveau lieu identifié comme étant ses souvenirs. Pourraient-elles, grâce à leur entente, réussir à vaincre Vecna ? Par quel tour de passe-passe ? Quelques questions se posent, surtout que les deux sont mal en point dans la vraie vie : Max est dans le coma et Holly est dans la ruche avec un tuyau organique dans la bouche, comme bientôt les 11 autres enfants que Vecna a décidé d’enlever.

    Le livre Un raccourci dans le temps, de Madeleine L’Engle, lue par Holly dans une scène laisserait un indice : un ou des voyages dans le temps pourraient avoir lieu dans la suite des épisodes (les frères Duffer assument l’inspiration de Retour vers le futur) et expliquer de nombreuses choses. L’Upside Down ne serait qu’une passerelle pour voyager dans le temps et l’espace. On comprendrait pourquoi Hopper se retrouve en Russie en un rien de temps dans la saison 4.

    6. Et si c’était un jeu ?

    C’est la théorie la plus partagée mais la plus agaçante à mon sens : tout ce beau monde s’échinant à combattre et vivre des aventures terrifiantes depuis 2016 ne serait en réalité que la projection fantasmée de la bande d’enfants de la saison 1 jouant toujours à son jeu de rôles préféré dans le sous-sol d’une maison américaine. Will, Dustin, Mike et Lucas pourraient, en réalité, seulement finir leur partie de Donjons & Dragons -le scénario de la série est truffé de références au jeu- installés autour de leur table comme dans la deuxième séquence de l’épisode 1 de la saison 1. Personnellement, je refuse. C’est non.

  • On les adore en secret : ces 5 films de Noël qu’on a honte de regarder chaque année !

    On les adore en secret : ces 5 films de Noël qu’on a honte de regarder chaque année !

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Chaque année, on fait semblant de râler devant les mêmes comédies sucrées, kitsch et prévisibles... avant de finir par les revoir, chocolat chaud en main, avec un sourire coupable. Ces films de Noël sont tout sauf parfaits : trop criards, trop sentimentaux, parfois franchement absurdes. Et pourtant…

    Il semblerait qu'on aime voir des scénarios écrits avec un grog de trop, écouter des musiques insupportables et voir des pulls moches portés par une Américaine qui rencontre son prince européen. C’est comme une overdose de sucre dont on sait qu’elle nous fera mal aux dents, mais qu’on ne peut pas s’empêcher d’avaler.

    Ces cinq films incarnent mieux que n’importe quel classique la magie imparfaite des fêtes : celle qui sent la bûche industrielle et la nostalgie mélangée. On les critique, on les moque, mais ils nous rattrapent toujours. Même sur JustWatch ! Voici donc mes cinq films de Noël que je regarde religieusement quand arrive le mois de décembre.

    Voisin contre voisin (2006)

    Voisin contre voisin (Deck the Halls, 1h35) représente le chaos américain dans toute sa splendeur : deux voisins, interprétés par Matthew Broderick et Danny DeVito, s’affrontent à coups de guirlandes électriques, de mégawatts et d’ego surdimensionnés. L’un veut briller, l’autre veut dormir. Résultat : un concours d’illuminations digne d’une Guerre Froide version banlieue pavillonnaire.

    C’est vulgaire, bruyant, avec une histoire sans la moindre importance, et pourtant c’est impossible à détester. Derrière ses gags lourdingues, le film capte quelque chose de vrai : cette compétition absurde qu’on retrouve chaque année entre voisins, familles ou collègues pour décrocher le titre officieux de « meilleur esprit de Noël ». C’est tout ce qu’on aime détester dans les comédies américaines : un désastre étincelant, qui en fait trop, mais très festif.

    Le Père Noël est une ordure (1982)

    Incontournable des fêtes françaises, Le Père Noël est une ordure (1h28) est sans doute le chef-d’œuvre du mauvais goût assumé. On y retrouve la troupe du Splendid au sommet de sa méchanceté, entre répliques cultes, situations absurdes et humour noir grinçant. Loin des bons sentiments, c’est une satire féroce d’un Noël sans magie, mais avec beaucoup d’humanité (et de folie). Comme un titre cité plus bas, on ne se vante pas de le voir et revoir, surtout qu'il n'a pas si bien vieilli. Mais à chaque revisionnage, je rigole à en recracher mon thé gingembre-cannelle. Une pépite.

    Personne n’ose vraiment le qualifier de « film de Noël », et pourtant il revient chaque année sur les écrans. Peut-être parce qu’il dit tout de nos contradictions : le besoin d’amour, la solitude, et ce chaos organisé qu’on appelle « les fêtes ». Si Maman, j’ai raté l’avion ! (1990) célèbre l'ingéniosité de l’enfance, Le Père Noël est une ordure glorifie le désastre adulte, avec un humour inégalable.

    La Course au jouet (1996)

    Avec La Course au jouet (Jingle All the Way, 1h29), Arnold Schwarzenegger troque ses muscles contre un costume de papa débordé, prêt à tout pour trouver LE jouet que son fils veut à tout prix retrouver sous le sapin. Bagarres dans les magasins, files d’attente infernales, chaos consumériste : c’est la quintessence du stress des fêtes version 90s.

    C’est absurde, cliché et bruyant, mais tellement attachant. Ce film capture une époque où Noël rimait avec hypermarchés et catalogues de jouets. Derrière son humour potache, il dégage une vraie nostalgie pour celles et ceux qui ont grandi durant cette décennie. À revoir pour Arnold en pleine panique paternelle et pour cette ambiance vintage qu’on ne retrouvera plus jamais.

    La Princesse de Chicago (2018)

    Le Christmas Cinematic Universe de Netflix mérite bien sa place ici. Entre La Princesse de Chicago (2018), A Christmas Prince (2017), L'Alchimie de Noël (2019) ou Un hiver plus doux (2023), ces romances interchangeables se déroulent toujours dans de faux royaumes enneigés d’Europe centrale. Décors en carton, flocons numériques, princes charmants en costume... et pourtant, impossible de décrocher. C’est tellement formaté qu’on se demande parfois si ce n’est pas une campagne de propagande pour promouvoir un idéal de Noël parfait ! Familles bienveillantes, villes toutes belles, sapins symétriques et bisous sous la neige : tout y respire une vision immaculée du bonheur, une morale universelle, où les États-Unis sauvent le monde à coups de cookies et de bons sentiments.

    C’est films, c’est cliché, c’est (très) mauvais, et c’est le plaisir coupable par excellence. Ils fonctionnent parce qu’ils offrent une bulle de confort, sans cynisme, sans drame, où tout finit toujours bien. On sait exactement ce qu’il va se passer, et il n’y a absolument pas besoin de réfléchir, et c’est pour ça qu’on les aime (un peu). Si vous aimez Love Hard (2021) ou Noël tombe à pic (2022), vous êtes déjà perdu : Netflix a gagné la bataille de Noël.

    Love Actually (2003)

    Love Actually (2h15) est devenu au fil du temps le doudou sentimental des fêtes. Le film entrelace plusieurs histoires d’amour et de solitude dans un Londres préparant les fêtes, où ministres, rock stars et anonymes cherchent un peu de chaleur humaine. On le connaît par cœur, on se moque de ses intrigues invraisemblables, de ses clichés et de ses personnages caricaturaux, mais on finit toujours par craquer devant la scène des pancartes ou l’aéroport final. On adore la sensiblerie exacerbée et Hugh Grant en Premier Ministre qui tient tête aux États-Unis à cause d’un crush. Noël se fait ressentir intensément, le plaisir est là, et on finit par connaître ce film par cœur. Tellement, qu’on a presque honte de le dire.

    Ici, ce n’est pas comme les visionnages annuels d’Harry Potter qu’on aime montrer sur les réseaux sociaux, mais plutôt un visionnage au coin du feu, qu’on ne va pas trop crier sur tous les toits. Dans Love Actually, Richard Curtis signe une déclaration d’amour aux imperfections humaines. Chaque histoire touche juste, même quand elle frôle le ridicule. Et c’est sans doute pour ça qu’on y revient tous les ans : parce que Love Actually nous fait croire, l’espace d’un instant, que Noël peut encore ressembler à un film.

  • Golden Globes 2026 : où voir tous les films nommés ?

    Golden Globes 2026 : où voir tous les films nommés ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    C’est parti pour la saison des récompenses 2026 ! Comme chaque année, les Golden Globes donnent le coup d’envoi des remises de prix hollywoodiennes. Un marathon de tapis rouges, de trophées et de festivités glamour qui s’achèvera et culminera avec la 98ème cérémonie des Oscars le 15 mars prochain.

    Les Golden Globes sont décernés chaque année depuis 1944 par la Hollywood Foreign Press Association, représentant la presse étrangère (journalistes et correspondants) basée dans la Cité des Anges. Ses palmarès dessinent alors les favoris des Oscars, confirmés par les remises de prix de plusieurs syndicats de critiques et de professionnels au fil des semaines. Avec une différence notable par rapport à la grand-messe hollywoodienne : les Golden Globes différencient drames et comédies / musicals, et récompensent aussi les séries.

    La 83e cérémonie, dominée par Paul Thomas Anderson côté cinéma, et The White Lotus côté télévisuel & streaming, se tiendra le 11 janvier 2026 à Los Angeles. JustWatch vous dit où retrouver les différents longs métrages nommés, avec un coup de projecteur sur les douze films retenus dans les deux catégories reines.

    Une bataille après l’autre (9 nominations) - actuellement au cinéma

    Depuis sa sortie à la fin du mois de septembre, Une bataille après l’autre (2025) s’est imposé comme le grand favori de la saison des récompenses. Paul Thomas Anderson, jamais primé ni aux Golden Globes ni aux Oscars, est au sommet de son art dans ce portrait polarisé de l’Amérique contemporaine, brûlot politique aux allures de grand divertissement hollywoodien où brillent Leonardo DiCaprio, Sean Penn, Benicio Del Toro, les révélations Teyana Taylor et Chase Infiniti et la musique de Jonny Greenwood. Quelque part entre les frères Coen et un film de Michael Moore, le long métrage a mis d’accord la critique et le public (1,5 millions d’entrées en France, plus gros succès de « PTA » dans l’Hexagone).

    Nominations :

    • Meilleur film (comédie / musical)
    • Meilleure réalisation - Paul Thomas Anderson
    • Meilleur scénario - Paul Thomas Anderson
    • Meilleur acteur (comédie / musical) - Leonardo DiCaprio
    • Meilleure actrice (comédie / musical) - Chase Infiniti
    • Meilleur acteur dans un second rôle - Benicio Del Toro
    • Meilleur acteur dans un second rôle - Sean Penn
    • Meilleur actrice dans un second rôle - Teyana Taylor
    • Meilleure musique - Jonny Greenwood

    Valeur sentimentale (8 nominations) - actuellement au cinéma

    Comme Paul Thomas Anderson, Joachim Trier a signé le plus gros succès de sa carrière dans les salles françaises cette année. Magnifiquement lancé par son Grand Prix du Festival de Cannes en mai dernier, Valeur sentimentale (2025) a ému près de 500 000 spectateurs, en leur offrant un portrait de famille sensible, subtil, puissant et extrêmement émouvant, qui dissèque les relations entre un réalisateur (Stellan Skarsgård) et ses filles, notamment son aînée devenue comédienne de théâtre. Dans le rôle principal, Renate Reinsve, révélation de Julie (en 12 chapitres) (2021) brille une nouvelle fois devant la caméra du cinéaste danois.

    Nominations :

    • Meilleur film (drame)
    • Meilleure réalisation - Joachim Trier
    • Meilleur scénario - Joachim Trier & Eskil Vogt
    • Meilleure actrice (drame) - Renate Reinsve
    • Meilleur acteur dans un second rôle - Stellan Skarsgård
    • Meilleure actrice dans un second rôle - Elle Fanning
    • Meilleure actrice dans un second rôle - Inga Ibsdotter Lilleaas
    • Meilleur film non-anglophone

    Sinners (7 nominations) - disponible en vidéo & VOD

    Depuis Fruitvale Station (2013), le réalisateur Ryan Coogler et Michael B. Jordan (ici dans un double rôle de jumeaux) ne se quittent plus. Leur quatrième collaboration, Sinners (2025), a été l’une des grandes surprises de l’année au cinéma, pour sa proposition entre film de gangsters et horreur, sa reconstitution historique et son approche musicale (certaines séquences chantées et dansées sont vraiment marquantes). Entre le thriller social façon Jordan Peele (Get Out, Us, Nope), le Vampires de John Carpenter et Une nuit en enfer du tandem Tarantino/Rodriguez, le long métrage est la seule histoire originale (non liée à une franchise ou un univers préexistant) à se glisser dans le Top 10 du box-office américain cette année. C’est fort ! Et triste, aussi.

    Nominations :

    • Meilleur film (drame)
    • Meilleure réalisation - Ryan Coogler
    • Meilleur scénario - Ryan Coogler
    • Meilleur acteur (drame) - Michael B. Jordan
    • Meilleure musique - Ludwig Göransson
    • Meilleures chanson - I Lied to You
    • Meilleur succès au box-office

    Hamnet (6 nominations) - au cinéma le 21 janvier 2026

    Il faudra encore un peu de patience pour découvrir dans les salles françaises un long métrage accueilli de manière dithyrambique par la presse américaine. Annoncé comme l’oeuvre la plus réussie de Chloé Zhao (déjà auréolée des Oscars du Meilleur film et de la Meilleure réalisation pour Nomadland), le déchirant Hamnet (2025) revisite l’histoire personnelle de William Shakespeare en imaginant comment la mort de son fils lui a inspiré son incontournable Hamlet. Au centre du long métrage, adapté du livre de Maggie O'Farrell, il y a le couple Paul Mescal / Jessie Buckley, et selon les premiers échos, les larmes coulent à flot dans ce drame qui fait écho, de manière plus tragique et pudique, à Shakespeare in Love (1998).

    Nominations :

    • Meilleur film (drame)
    • Meilleure réalisation - Chloé Zhao
    • Meilleur scénario - Maggie O'Farrell & Chloé Zhao
    • Meilleure actrice (drame) - Jessie Buckley
    • Meilleur acteur dans un second rôle - Paul Mescal
    • Meilleure musique - Max Richter

    Frankenstein (5 nominations) - disponible sur Netflix

    Projet de cœur (et de longue date) de Guillermo del Toro, Frankenstein (2025) livre une adaptation flamboyante du classique gothique de Mary Shelley. Raconté à travers le point de vue du Docteur Victor Frankenstein (Oscar Isaac) dans sa première moitié, puis via celui de sa créature (Jacob Elordi) dans la seconde partie, le long métrage brille par ses décors, ses costumes, ses maquillages et sa bande originale signée Alexandre Desplat. On en retient surtout cette vision inédite du « monstre », mélange d’innocence enfantine et de pouvoirs destructeurs d’un dieu qui trouve une place de choix dans le bestiaire du cinéaste.

    Nominations :

    • Meilleur film (drame)
    • Meilleur réalisation - Guillermo del Toro
    • Meilleur acteur (drame) - oscar Isaac
    • Meilleur acteur dans un second rôle - Jacob Elordi
    • Meilleure musique - Alexandre Desplat

    Un simple accident (4 nominations) - actuellement au cinéma

    Le réalisateur Jafar Panahi est iranien, mais Un simple accident (2025), par son financement et sa production, représente la France à Hollywood. Déjà auréolé de la Palme d’Or sur la Croisette en mai dernier, le long métrage confronte un groupe iconoclaste à un homme en qui ils croient reconnaître leur ancien bourreau. A la fois conte absurde et drame politique, inspiré par le passage derrière les barreaux du réalisateur et tourné dans la clandestinité, c’est un grand film qui interroge la justice, la vengeance et le pardon. Et qui met en lumière le combat et le parcours du cinéaste, longtemps incarcéré (en prison comme entre les frontières de son pays) par le régime iranien. Primé à Venise, à Berlin et à Cannes désormais, il pourrait ajouter un Golden Globe et un Oscar à son impressionnant palmarès.

    Nominations :

    • Meilleur film (drame)
    • Meilleure réalisation - Jafar Panahi
    • Meilleur scénario - Jafar Panahi
    • Meilleur film non-anglophone

    L’Agent secret (3 nominations) - au cinéma le 17 décembre

    L'Agent secret (2025), c'est Wagner Moura. « C'est beau de voir un film très brésilien qui se connecte avec des gens partout dans le monde, d'Espagne aux États-Unis », se confiait le comédien à JustWatch, alors que le film lui a valu le Prix d’interprétation masculine à Cannes et que le long métrage de Kleber Mendonça Filho décroche aujourd’hui pas moins de trois nominations aux Golden Globes. Tourné dans sa ville natale de Recife, L’Agent secret suit le retour au pays d’un homme au passé trouble, qui tente de reconstruire une vie paisible malgré les menaces de mort qui planent au-dessus de sa tête. Entre thriller politique et drame intimiste teinté d’onirisme, c'est un film engagé sur la mémoire collective, l'identité et la peur.

    Nominations :

    • Meilleur film (drame)
    • Meilleur acteur (drame) - Wagner Moura
    • Meilleur film non-anglophone

    Aucun autre choix (3 nominations) - au cinéma le 11 février 2026

    Décidément, le cinéma « non-américain » s’invite en force aux Golden Globes cette année. Aux côtés des films de Jafar Panahi, Joachim Trier et Kleber Mendonça Filho, on retrouve ainsi le nouvel opus de Park Chan-wook. Un long métrage qui a une petite aura française, puisque Aucun autre choix (2025) est le remake du thriller français Le Couperet (2005). Popularisé par son rôle de Front-Man dans Squid Game (2021-2025), Lee Byung-Hun reprend le rôle tenu il y a vingt ans par José Garcia, celui d’un cadre au chômage prêt à tout pour retrouver un emploi, notamment en éliminant tous les candidats répondant aux mêmes offres que lui… Le film est passé par le Festival de Venise en septembre dernier, avant de remporter le Prix international du public au Festival de Toronto.

    Nominations :

    • Meilleur film (comédie/musical)
    • Meilleur acteur (comédie/musical) - Lee Byung-hun
    • Meilleur film non-anglophone

    Bugonia (3 nominations) - actuellement au cinéma

    Depuis La Favorite (2018), Yorgos Lanthimos et Emma Stone ne se quittent plus. Et après Pauvres créatures (2023) et Kinds of Kindness (2024), ils ont enchaîné directement sur Bugonia (2025), un long métrage pour le moins étrange (mais quel film de Lanthimos ne l’est pas !) qui voit deux apiculteurs, vivant dans une ferme isolée, kidnapper une riche PDG afin de prouver qu’elle dirige une conspiration extraterrestre menaçant l’Humanité. Huis clos halluciné et hallucinant au bord de la folie, ce remake du film sud-coréen Save the Green Planet (2003) de Joon-Hwan Jang confronte Emma Stone, qui se laisse raser le crâne dans une scène-choc, à Jesse Plemons, au moins aussi inquiétant que dans Civil War (2024). 

    Nominations :

    • Meilleur film (comédie/musical)
    • Meilleure actrice (comédie/musical) - Emma Stone
    • Meilleur acteur (comédie/musical) - Jesse Plemons

    Marty Supreme (3 nominations) - au cinéma le 18 février 2026

    Les années se suivent et se ressemblent pour Timothée Chalamet, nommé aux Golden Globe pour la troisième fois d’affilée (et pour la cinquième fois de sa jeune carrière !). Celui qui s’est imposé comme l’un des comédiens les plus intéressants de sa génération brille une nouvelle fois dans Marty Supreme (2025). Devant la caméra de Josh Safdie (Good Time, Uncut Gems), en solo sans son frère Benny, il incarne un joueur de ping-pong ambitieux et plein de confiance, convaincu que son talent raquette en main lui permettra de faire fortune. La performance de Chalamet, exaltante et exaltée, est annoncée par la critique comme sa meilleure : il se prépare en secret depuis sept ans (!) pour se glisser dans le survêtement de son personnage, librement inspiré du champion américain de tennis de table des années 50 Marty Reisman.

    Nominations :

    • Meilleur film (comédie/musical)
    • Meilleur scénario - Josh Safdie & Ronald Bronstein
    • Meilleur acteur (comédie/musical) - Timothée Chalamet

    Blue Moon (2 nominations) - prochainement au cinéma

    Before Sunrise (1995), Le Gang des Newton (1998), Waking Life (2001), Tape (2001), Before Sunset (2004), Fast Food Nation (2006), Before Midnight (2013), Boyhood (2014) : la collaboration entre le réalisateur Richard Linklater et Ethan Hawke est pour le moins prolifique ! Elle se poursuit avec Blue Moon (2025), dans lequel le réalisateur américain retrouve son acteur-fétiche pour retracer le parcours de Lorenz Hart et Richard Rodgers, icônes de la musique américaine à l'œuvre sur plus de 500 chansons et une vingtaine de comédies musicales durant l’entre-deux guerres. On doit notamment au duo Rodgers and Hart des titres comme My Funny Valentine ou Blue Moon. Passé par la Berlinale au printemps dernier, le long métrage y avait reçu l’Ours d’argent du meilleur second rôle décerné à Andrew Scott… qui n’a pas été distingué dans le cadre des nominations aux Golden Globes.

    Nominations :

    • Meilleur film (comédie/musical)
    • Meilleur acteur (comédie/musical) - Ethan Hawke

    Nouvelle Vague (1 nomination) - actuellement au cinéma

    Richard Linklater réalise un doublé rarissime sur cette édition des Golden Globes : placer deux de ses longs métrages au sein d’une même catégorie ! Ainsi, son très frenchie et arty Nouvelle Vague (2025) se retrouve « face » à son Blue Moon (2025) parmi les œuvres en lice pour la statuette du Meilleur film de comédie/musical. Comme son titre l’indique, le film nous entraîne au début des années 60, aux côtés d’un certain Jean-Luc Godard, sur le point de révolutionner le cinéma avec À bout de souffle (1960). Le tournage, où l’on croise des clones du cinéaste (Guillaume Marbeck), de Jean Seberg (Zoey Deutch) et de Jean-Paul Belmondo (Aubry Dullin) est racontée dans le style et l’esprit de… Godard tournant À bout de souffle.

    Nomination :

    • Meilleur film (comédie/musical)

    Et aussi…

    After the Hunt (2025) - disponible sur Prime Video

    • Meilleure actrice (drame) - Julia Roberts

    Amélie et la métaphysique des tubes (2025) - disponible en vidéo & VOD

    • Meilleur film d’animation

    Arco (2025) - actuellement au cinéma

    • Meilleur film d’animation

    Avatar : de feu et de cendres (2025) - au cinéma le 17 décembre 2025

    • Meilleure chanson - Dream as One
    • Meilleur succès au box-office

    Demon Slayer : La Forteresse Infinie Film 1 (2025) - actuellement au cinéma

    • Meilleur film d’animation

    Die My Love (2025) -  prochainement sur MUBI

    • Meilleure actrice (drame) - Jennifer Lawrence

    Elio(2025) - disponible en vidéo & VOD

    • Meilleur film d’animation

    Évanouis (2025) - disponible en vidéo & VOD

    • Meilleur second rôle féminin - Amy Madigan
    • Meilleur succès au box-office

    F1® Le Film (2025) - disponible en vidéo & VOD

    • Meilleure musique - Hans Zimmer
    • Meilleur succès au box-office

    Hedda(2025) - disponible sur Prime Video

    • Meilleure actrice (drame) - Tessa Thompson

    Jay Kelly (2025) - disponible sur Netflix

    • Meilleur acteur (comédie/musical) - George Clooney
    • Meilleur second rôle masculin - Adam Sandler

    KPop Demon Hunters(2025) - disponible sur Netflix

    • Meilleur film d’animation
    • Meilleure chanson - Golden
    • Meilleur succès au box-office

    Mission: Impossible - The Final Reckoning (2025) - disponible en vidéo & VOD

    • Meilleur succès au box-office

    Si j'en avais la force (2025) - prochainement au cinéma

    • Meilleure actrice (comédie/musical) - Rose Byrne

    Sirāt (2025) - actuellement au cinéma

    • Meilleur film non-anglophone
    • Meilleure musique - Kangding Ray

    Smashing Machine(2025) - actuellement au cinéma

    • Meilleur acteur (drame) - Dwayne Johnson
    • Meilleur second rôle féminin - Emily Blunt

    Sorry, Baby (2025) - disponible en vidéo & VOD

    • Meilleure actrice (drame) - Eva Victor

    Springsteen: Deliver Me from Nowhere (2025) - actuellement au cinéma

    • Meilleur acteur (drame) - Jeremy Allen White

    Sur un air de Blues (2025) - au cinéma le 31 décembre 2025

    • Meilleure actrice (comédie/musical) - Kate Hudson

    Le Testament d’Ann Lee (2025) - au cinéma le 11 mars 2026

    • Meilleure actrice (comédie/musical) - Amanda Seyfried

    Train Dreams (2025) - disponible sur Netflix

    • Meilleur acteur (drame) - Joel Edgerton
    • Meilleure chanson - Train Dreams

    La Voix de Hind Rajab (2025) - actuellement au cinéma

    • Meilleur film non-anglophone

    Wicked: Partie II (2025) - actuellement au cinéma

    • Meilleure actrice (comédie/musical) - Cynthia Erivo
    • Meilleur second rôle féminin - Ariana Grande
    • Meilleure chanson - The Girl in the Bubble
    • Meilleure chanson - No Place Like Home
    • Meilleur succès au box-office

    Zootopie 2(2025) - actuellement au cinéma

    • Meilleur film d’animation
    • Meilleur succès au box-office
  • Zelda et 10 adaptations de jeux vidéo à voir en 2026/2027 !

    Zelda et 10 adaptations de jeux vidéo à voir en 2026/2027 !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Il fut un temps, pas si lointain, où jeu vidéo ne rimait pas forcément très bien avec cinéma et séries. Pour quelques rares adaptations notables, il y avait eu beaucoup de ratés, à commencer par « l’illustre » Super Mario Bros. (1993) et à peu près toute la filmographie de Uwe Boll. Et puis, portée notamment par Super Mario Bros, le film (2023) et The Last of Us (2023), une nouvelle vague est arrivée, avec des cinéastes respectueux des matériaux et univers d’origine.

    A ce titre, le cru 2026/2027 s’annonce particulièrement riche et prometteur, avec pas moins de onze adaptations attendues entre salles obscures et plateformes de streaming. De quoi ravir les gameuses et gamers (mais pas que), qui voient ainsi leurs héros, lores et gameplays traités avec tout le respect qu’ils méritent et des ambitions à la hauteur des titres vidéoludiques adaptés.

    Pour JustWatch, je vous propose un agenda le plus complet possible des deux années à venir, sachant qu’il est difficile de se projeter au-delà tant les projets en développement sont nombreux. Et je vous invite évidemment à profiter de cette fin d’année pour retrouver les animatroniques mortelles de Five Nights at Freddy’s 2 (2025) au cinéma, la saison 2 de la série animée Tomb Raider : la légende de Lara Croft sur Netflix le 11 décembre, et le grand retour de Fallout (2024-) et sa visite de New Vegas à partir du 17 décembre sur Prime Video.

    Retour à Silent Hill - au cinéma le 4 février 2026

    Il y a vingt ans, avec Silent Hill (2006), Christophe Gans livrait la toute première adaptation extrêmement fidèle du jeu original. L’ambiance de cette plongée dans une ville lugubre baignée de brouillard, et les créatures qui la peuplent (dont le terrifiant et iconique Pyramide Head), étaient parfaitement restituées par le réalisateur du Pacte des Loups (2001). En vrai amoureux du fantastique et des monstres, et surtout en vrai gamer, le cinéaste français ouvrait la voie à des adaptations respectueuses et ambitieuses.

    En 2026, avec Retour à Silent Hill, Christophe Gans retrouve le chemin de la ville maudite en adaptant le jeu Silent Hill 2 d’après un storyboard qu’il a lui-même développé pendant plus d’un an. Bien conscient de l'évolution du cinéma d’horreur depuis deux décennies, il promet un film plus dérangeant, plus psychologique et plus immersif, qui pourra compter sur les notes d'Akira Yamaoka (le compositeur iconique de la saga Konami) et les créatures terrifiantes recréées par le concepteur de génie (lui aussi frenchie) Patrick Tatopoulos. L'histoire suit les pas de James (Jeremy Irvine), un homme brisé rappelé à Silent Hill pour rechercher son grand amour : la ville qu’il connaissait jadis semble avoir été transformée par une force maléfique terrifiante…

    Super Mario Galaxy Le Film - au cinéma le 1er avril 2026

    Avec près de 1,4 milliards de dollars de recettes mondiales en 2023, et un accueil très positif des fans comme des non-gamers, Super Mario Bros., le film a effacé le triste souvenir de l'adaptation ratée de 1993. Moderne, coloré et résolument fun, le film a aussi -et surtout- ouvert la voie à un champ des possibles illimité pour l’association entre les jeux Nintendo et le studio d’animation Illumination (Les Minions, Tous en scène). Et notamment… une suite aux aventures de Mario, Luigi et Peach !

    Ce second volet, baptisé Super Mario Galaxy Le Film (2026), s’inspirera donc de l’un des plus célèbres jeux de la franchise Mario, et nous entraînera dans les étoiles à la découverte de nouveaux royaumes et d’étoiles magiques. Si l’intrigue est encore gardée secrète, on sait que deux nouveaux venus s'inviteront aux côtés des frangins plombiers et de la Princesse : Bowser Jr. venu au secours de son (mini) tyran de père empêtré dans une dynamique de gestion de sa colère, et Harmonie, personnage ultrapuissant de l’univers Mario. « Here We Go !!! »

    Mortal Kombat II - au cinéma le 6 mai 2026

    Sorti directement en vidéo et VOD alors que le monde se débattait encore avec la pandémie de COVID 19, Mortal Kombat (2021) avait été une vraie bonne surprise. Certes, ce n’était pas du Shakespeare, mais le film de Simon McQuoid était un vrai bon film de combat, réussi visuellement et très respectueux de l’univers et de ses personnages. Et surtout moins fauché que les versions de 1995 et 1997 (Mortal Kombat et Mortal Kombat Destruction Finale) qui penchaient surtout du côté du nanar de vidéoclub (avec musique techno énervée de rigueur et un Christophe Lambert à perruque).

    Dans l’univers des jeux Midway, il est question d’une guerre éternelle entre les royaumes de Outworld du maléfique Shang Tsung et de Earthrealm protégé par le sage Raiden, qui se règle dans le cadre de tournois entre super-combattants. Mortal Kombat II (2026) verra revenir Cole Young, Jax, Sonya Blade, Liu Kang, Kano, Kung Lao et les iconiques Sub-Zero et Scorpion, accompagnés de nouvelles recrues très attendues : Kitana, Jade, Sindel, Baraka, Shao Khan et surtout Johnny Cage, chouchou des fans campé par Karl « The Boys » Urban. Et bonne nouvelle : le studio est tellement confiant que Mortal Kombat III est déjà lancé. « Fight ! » 

    Resident Evil - au cinéma le 16 septembre 2026

    Après six longs métrages d’une saga cinéma qui n’a jamais trop ressemblé au chef d’œuvre qui a fait trembler les gamers (les six Resident Evil portés par Milla Jovovich entre 2002 et 2016), un film passé inaperçu malgré une vraie fidélité visuelle (Bienvenue à Raccoon City, 2021), une série rapidement annulée par Netflix (2022) et quelques films d’animation (Degeneration, Damnation, Vendetta, Death Island), on serait en droit de ne plus RIEN attendre d’une nouvelle adaptation au pays des zombies. Mais un nom a changé la donne.

    Ce nom, c’est celui de Zach Cregger. Adoubé comme LE talent horrifique à suivre après le choc Barbare (2022) et la claque Évanouis (2025), le réalisateur a décidé de s’attaquer à un nouveau Resident Evil (2026) avec une approche qui ravira les joueurs : rester ultra-fidèle à la structure et l’ambiance des jeux originaux, lui qui assure y avoir joué religieusement… et n’avoir jamais vu une seule des adaptations cinéma citées plus haut ! Et une volonté qui pourrait aussi les surprendre : proposer une histoire originale au sein du vaste univers Capcom (une vingtaine de jeux, tout de même), sans convoquer aucun des personnages emblématiques de la saga. On est très curieux de voir ça !

    Street Fighter - au cinéma le 14 octobre 2026

    Ce sera l’autre grande adaptation d’un jeu de combat à voir en 2026 : Street Fighter, là aussi destinée à renvoyer aux oubliettes de l’histoire cinématographique la version portée par Jean-Claude Van Damme, Kylie Minogue et Raul Julia il y a trente ans. Déjà à l’œuvre sur la transposition (très réussie) du jeu post-apocalyptique Twisted Metal en série pour Peacock, Kitao Sakurai a réuni un casting très impressionnant pour ce reboot, qui nous plongera, comme Mortal Kombat (et avant lui Tekken), au coeur des affrontements ultra-spectaculaires d’un tournoi d’arts martiaux de haute volée.

    A l’écran, les fans auront ainsi le plaisir de voir prendre vie Ken (Noah Centineo), Ryu (Andrew Koji), Chun-Li (Callina Liang), Guile (Cody Rhodes), Dhalsim (Vidyut Jammwal), Zangief (Olivier Richters), Vega (Orville Peck), Cammy (Mel Jarnson), Akuma (Joe Anoa'i) ou encore Bison (David Dastmalchian)... sans oublier deux stars et beaux bébés : 50 Cent en Balrog et Jason Momoa en Blanka ! 2026 s’annonce d’ailleurs comme une année résolument « pop » pour le colosse de Aquaman et Chief of War, puisqu’on le retrouvera à l’affiche de Dune 3, Supergirl, Animal Friends et potentiellement Fast & Furious 11 ! Qui dit mieux ?

    Angry Birds 3 - au cinéma le 23 décembre 2026

    Des oiseaux colorés, des cochons, de la destruction à tout-va… et un triomphe transmédia : l’univers Angry Birds a rapporté une petite fortune à Rovio Entertainment, se déclinant sur mobiles et consoles, en jouets et livres, en produits dérivés et parcs d’attractions, ainsi qu’en séries d’animation et au cinéma avec deux longs métrages (Angry Birds le film, 2016 et Angry Birds : Copains comme cochons, 2019) couronnés de succès au box-office et accompagnés d’un bon accueil critique.

    Un troisième volet, pour le moment baptisé Angry Birds le retour (2026), conclura l’année avec une aventure familiale qu’on imagine pleine de rires et de gags, où on devrait retrouver les volatiles Red, Bombe et Chuck, et les gorets verdâtres du Roi Leonard. Côté vocal, Jason Sudeikis, Danny McBride et Josh Gad devraient être accompagnés de Youtubeurs influents, notamment MrBeast. Psalm West, le fils de Kim Kardashian et Kanye West aperçu dans plusieurs épisodes de la série de téléréalité Les Kardashians (2022-) aux côtés de ses célèbres géniteurs, devrait y faire ses débuts de comédien.

    Sonic 4 - au cinéma le 24 mars 2027

    Après un faux départ qui aurait pu anéantir toutes velléités de saga cinématographique (souvenez-vous de l’affreux design rejeté par les fans), le hérisson bleu plus rapide que l’éclair a plus que transformé l’essai sur grand écran. 319 millions de dollars de recettes pour Sonic le film (2020), 405 millions de billets verts pour Sonic 2 (2022), 492 millions en banque pour Sonic 3 (2024) : il n’y a pas de raison pour que le réalisateur Jeff Fowler, aux commandes des trois longs métrages et de la série Paramount+ Knuckles (2024-), s’arrête en si bon chemin.

    Sonic 4 (2027) devrait donc reprendre là où le précédent film s’est arrêté, à savoir deux scènes post-génériques importantes : le sauvetage de notre héros par Amy Rose alors qu’il est attaqué par une multitude de robots Metal Sonic, et un plan suggérant que Shadow (Keanu Reeves) a finalement survécu. Chaque film plantant les graines du suivant, ce quatrième long métrage devrait mettre en place les éléments qui mèneront à un mystérieux Sonic Universe Event Film programmé pour décembre 2028.

    The Legend of Zelda - au cinéma le 5 mai 2027

    Après le triomphe du Super Mario Bros. animé, tout le monde attendait un film d’animation dédié à l’autre titre culte du géant Nintendo : Zelda. C’est finalement en prises de vues réelles que cette épopée d’héroïc-fantasy trouvera le chemin des salles obscures, devant la caméra de Wes Ball. Depuis son travail impressionnant sur la trilogie Le Labyrinthe (2014-2018), le réalisateur a prolongé la franchise La Planète des Singes avec Le Nouveau Royaume (2024), confirmant sa capacité à porter à l’écran des univers riches et crédibles.

    Avec The Legend of Zelda (2027), actuellement en tournage en Nouvelle-Zélande comme les trilogies du Seigneur des Anneaux et du Hobbit, Wes Ball nous entraîne dans les plaines d’Hyrule, aux côtés des jeunes Bo Bragason (vue dans Nell Rebelle) et Benjamin Evan Ainsworth (La Famille Critch, Pinocchio). Les toutes premières photos des comédiens, dans les costumes de Zelda et Link, ont enchanté les fans… et posé beaucoup de questions quant à l’aventure qui sera concrètement adaptée dans ce premier film. A date, il faut bien avouer qu’on ne sait pas grand chose… si ce n’est que c’est (très) prometteur !

    Minecraft 2 - au cinéma le 21 juillet 2027

    Au printemps dernier, le film Minecraft (2025) a potentiellement fait hurler les fans, mais il a réussi à conquérir un très large public (près d’un milliard de dollars de recettes mondiales !). Dont je fais résolument partie alors que cette adaptation ne partait pas vraiment gagnante à mes yeux. Entre nous, qui ne pourrait pas adhérer à un Jason Momoa looser vêtu de rose et surnommé « La Poubelle » ? De quoi évidemment lancer immédiatement un projet de suite, déjà daté à l’été 2027 alors qu’il n’est même pas encore tourné (c’est souvent ainsi à Hollywood).

    On ne sait pas grand chose sur ce second opus, si ce n’est le retour confirmé du réalisateur Jared Hess derrière la caméra et de Jack Black au pays des cubes magiques dans le rôle de Steve. A ses côtés, on devrait voir Alex, personnage féminin emblématique du jeu vidéo, teasé par une scène post-générique dans laquelle on la découvre comme la nouvelle propriétaire de l’ancienne maison du héros. Uniquement visible de dos durant ces quelques secondes, la dame était doublée par la toujours très drôle Kate McKinnon du Saturday Night Live, qui pourrait donc lui prêter ses traits dans la suite.

    The Last of Us saison 3 - sur HBO Max en 2027

    Le final abrupt de la saison 2 de The Last of Us a laissé les abonné.es HBO Max sous le choc, et orphelin de l’une des meilleures adaptations vidéoludiques qui soit. Ils devront prendre leur mal en patience pour voir la suite, les dirigeants de la plateforme l’ayant planifiée -pour le moment- courant 2027 en diffusion. Avec tout de même, une mauvaise nouvelle pour le show : le retrait du créateur Neil Druckmann et de sa scénariste Halley Gross, pour se concentrer sur les projets de jeux en chantier chez Naughty Dog.

    Craig Mazin (Tchernobyl) se retrouve donc seul aux manettes des nouveaux épisodes, qui épouseront le parcours et le point de vue d'Abby (Kaitlyn Dever), comme le faisait le jeu vidéo en racontant son histoire parallèlement à celle de Ellie. Le cliffhanger de fin de saison 2 trouvera t-il dès lors sa résolution en saison 3, ou faudra-t-il attendre la saison 4, souhaitée par le showrunner pour conclure cette épopée post-apocalyptique déchirante dans le monde envahi par le cordyceps ?

    Tomb Raider - sur Prime Vidéo en 2027

    Comme Indiana Jones, la place de Lara Croft n’est pas dans un musée ! Et la célèbre aventurière, née en 1996 dans le jeu culte développé par Core Design, devrait faire son grand retour en 2027 sur la plateforme Prime Vidéo, avec un nouveau visage. Après Angelina Jolie (Lara Croft : Tomb Raider & Lara Croft : Tomb Raider le berceau de la vie) et Alicia Vikander (Tomb Raider), c’est Sophie Turner qui se glissera dans le treillis de l’héroïne. L’occasion pour la comédienne britannique de marquer un peu plus la pop culture de son empreinte, après avoir campé Sansa Stark dans Game of Thrones (2011-2019) et Jean Grey dans X-Men : Apocalypse (2016) et X-Men : Dark Phoenix (2019).

    Au-delà de ce casting (même si je trouvais personnellement qu’Alicia Vikander faisait une Lara Croft très crédible), la bonne nouvelle de ce Tomb Raider version Amazon est la présence de Phoebe Waller-Bridge aux manettes de la série. La géniale créatrice et interprète de Fleabag en sera en effet la scénariste, productrice exécutive et co-showrunner, après avoir fait ses armes dans le cinéma d’aventures aux côtés d’Harrison Ford dans Indiana Jones et le cadran de la destinée (2023). De quoi garantir aux nouvelles expéditions de Lara Croft un ton moderne, ludique, féministe… bref, unique !

    Egalement en projet…

    • BioShock par le réalisateur Francis Lawrence (Je suis une légende)
    • Call of Duty par le réalisateur Taylor Sheridan (Yellowstone)
    • Days Gone avec Sam Heughan
    • Death Stranding par le réalisateur Michael Sarnoski (Sans un bruit: jour 1)
    • Elden Ring par le réalisateur Alex Garland (Annihilation)
    • Gears of War par le réalisateur David Leitch (Bullet Train)
    • Ghost of Tsushima par le réalisateur Chad Stahelski (la saga John Wick)
    • God of War par le créateur Ronald D. Moore (Outlander)
    • Just Cause par le réalisateur Angel Manuel Soto (Blue Beetle)
    • Mega Man par le réalisateur Henry Joost & Ariel Schulman (Project Power)
    • Metal Gear Solid par le réalisateur Jordan Vogt-Roberts (Skull Island)
    • Splinter Cell: Deathwatch saison 2 sur Netflix
    • The Witcher saison 5 sur Netflix
    • Twisted Metal saison 3 sur Peacock
    • Watch Dogs par le réalisateur français Mathieu Turi (Méandre)
  • La Vie est belle et 5 grands classiques du cinéma qui font du bien à Noël

    La Vie est belle et 5 grands classiques du cinéma qui font du bien à Noël

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Vous recherchez une ambiance de Noël vintage ou technicolor pour votre prochaine soirée cinéma ? Vous vous sentez d’humeur romantique ou musicale en ce mois de décembre ? JustWatch vous a concocté une liste de 6 classiques du cinéma des années 1940 et 1950 à voir ou à revoir pendant les fêtes. 

    De La Vie est belle à Noël Blanc en passant par Miracle sur la 34ème rue, ces incontournables du 7ème art ont vu passé certaines des plus grandes stars du grand écran comme Jimmy Stewart, Natalie Wood, Bing Crosby ou encore Rock Hudson. La MGM, les studios Warner et Paramount ont d’ailleurs particulièrement contribué à la création de ces œuvres à avoir vu au moins une fois dans sa vie. Et quoi de mieux que Noël pour se lancer ?

    La Vie est belle (1946)

    S’il y a bien un film sur lequel on peut presque toutes et tous s’accorder à dire que c’est un chef-d’œuvre intemporel, c’est La Vie est belle (1946) de Frank Capra. D’ailleurs, j’ajouterais même que c’est probablement le plus grand rôle de James Stewart ! Il incarne George Bailey, un père de famille profondément bon et généreux marié à la grande Donna Reed dans le film, qui a dédié sa vie à aider les gens de sa ville de Bedford Falls tout en mettant ses propres rêves de côté. Une grande partie de l’histoire se déroule la veille de Noël 1945, au moment où George se trouve dans une très grande détresse financière. Alors qu’il pense à mettre fin à ses jours, un ange gardien le rejoint sur Terre pour lui venir en aide, et lui montrer une toute autre perspective des choses…

    Rendez-Vous (1940)

    Encore un grand rôle pour James Stewart qui, dans Rendez-vous (1940), incarne Alfred Kralik, un vendeur dans une boutique de maroquinerie de Budapest. Il ne s’entend pas du tout avec sa collègue, Klara Novak (Margaret Sullavan). Pourtant, les deux « ennemis » entretiennent sans le savoir une relation épistolaire depuis quelque temps. La dynamique « amour-haine » entre les deux personnages principaux est certes attendrissante mais elle laisse surtout place à des quiproquos hilarants, le tout sur fond de Noël ultra cozy et nostalgique. D'ailleurs si vous êtes fan de Vous avez un mess@ge (1998), vous aurez sûrement deviné que ce film culte de Nora Ephron avec Meg Ryan et Tom Hanks est un remake moderne de Rendez-Vous !

    Noël Blanc (1954) 

    Michael Curtiz, le réalisateur de Casablanca (1943), a sorti en décembre 1954 Noël Blanc, une comédie romantique et musicale dans laquelle Bing Corsby et Danny Kaye incarnent deux anciens soldats qui décident de former un duo musical. Les deux amis connaissent un triomphe auprès du public et un soir, ils rencontrent deux sœurs se produisant sur scène, qui cherchent également à percer. S'ensuit alors une aventure romantique et enneigée, sur fond de numéros de danse incroyables et de classiques de la chanson comme White Christmas qui a donné son titre au long métrage. J’aime beaucoup regarder Noël Blanc au début du mois de décembre afin de me mettre encore plus dans l’esprit des festivités qui vont suivre !

    Miracle sur la 34ème rue (1947) 

    Si vous avez grandi en regardant Miracle sur la 34ème rue (1994) avec Richard Attenborough dans le rôle de Kris Kringle, vous savez sans doute que c’est en réalité un remake du classique de 1947, avec Maureen O’Hara, John Payne et Natalie Wood, qui a été récompensé par 3 Oscars à l'époque ! Miracle sur la 34ème rue met en scène Doris Walker, employée d’un grand magasin à New York, qui cherche désespérément quelqu'un pour tenir le rôle du Père Noël. Elle embauche un vieil homme du nom de Kris Kringle, persuadé d'être le véritable Père Noël. D’ailleurs, il est même prêt à témoigner au tribunal afin de prouver sa véritable identité ! Drôle et touchant, Kris Kringle est devenu un véritable symbole de Noël dans le paysage du cinéma classique.

    Joyeux Noël dans le Connecticut (1945)

    La grande Barbara Stanwyck incarne ici une écrivaine culinaire qui, pour le bien de sa rubrique éditoriale, se retrouve à mentir sur sa situation personnelle et sur sa parfaite vie de femme mariée. Elle se trouve un jour prise au dépourvu et doit dissimuler sa véritable identité lorsque son patron et un soldat blessé s'invitent chez elle pour Noël… Malentendus, humour et romance sont au rendez-vous de Joyeux Noël dans le Connecticut (1945), un film qui a été réalisé pendant la guerre et qui est sorti quelques semaines avant que celle-ci ne se termine. On peut d'ailleurs tout à fait ressentir le besoin qu’avait Hollywood de raconter des histoires plus légères pour remonter le moral du public. Vous aussi, il devrait vous faire du bien, faites moi confiance !

    Tout ce que le ciel permet (1955)

    Tout ce que le ciel permet (1955) est l’un de mes films préférés de cette liste. Le réalisateur Douglas Sirk signe une comédie romantique poignante, dans laquelle il livre une critique acerbe des mentalités étriquées des petites banlieues bourgeoises américaines de l’époque. Les très grands Rock Hudson et Jane Wyman sont à l’affiche de ce classique de la Paramount, dans lequel une femme veuve, mère de deux enfants adultes, tombe amoureuse de son jardinier, plus jeune qu’elle. En plus d'être un film très bien réalisé, les décors magnifiques, la chaleur et la romance qui se dégagent des scènes enneigées de Noël feront de Tout ce que le ciel permet, votre prochain film de Noël favori. On parie ?

  • Matrix : tous les films de la saga de science-fiction dans l’ordre

    Matrix : tous les films de la saga de science-fiction dans l’ordre

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Comme la trilogie Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson (2001-2003) pour la fantasy, l’univers Matrix est un monument du cinéma d’action, qui célèbre et magnifie son propre genre (ici la science-fiction cyberpunk)... tout en le « tuant » instantanément puisqu’il sera difficile -pour ne pas dire impossible- de faire mieux par la suite.

    La saga imaginée par les Wachowski a aussi une particularité très intéressante : le premier film se suffit à lui-même, et les autres volets viennent soit enrichir la mythologie et l’univers pour les spectatrices et spectateurs qui y adhèrent, soit carrément tout gâcher pour celles et ceux qui pensent que les aventures connectées de Neo auraient dû s’arrêter dès 1999.

    Dans ce guide JustWatch, je vous détaille les différents opus de la franchise selon l’ordre de sortie, ainsi, qu’à la toute fin de cette page, l’ordre narratif dans lesquels les regarder. Avec une spécificité concernant l’anthologie Animatrix (2003), dont les chapitres se glissent à différents moments de la chronologie de la Matrice. Prêt.es à suivre Alice dans le terrier du lapin blanc ?

    Matrix (1999)

    Matrix (1999) fait partie de ces films pour lesquels il y a clairement « un avant » et « un après ». Quand je le découvre pour la première fois en salles en juin 1999, je me souviens avoir fini la projection scotché dans mon fauteuil, incapable de quitter l’écran des yeux pendant que le générique défile. Et incapable de processer ce à quoi je viens d’assister. Au point d’y retourner plusieurs fois par la suite. C’est bien simple, je n’ai jamais vu ça. Plus largement, personne n’a jamais vu ça. Avec Matrix, les sœurs Lana et Lilly Wachowski livrent une œuvre qui réinvente le cinéma d’action et embrasse le monde digital naissant, tout en y injectant leurs références cyberpunk, vidéoludiques, japanime et arts martiaux mais aussi leurs questionnement philosophiques (nourries notamment par Platon et Baudrillard).

    L’histoire suit Neo (Keanu Reeves), employé de bureau le jour et pirate informatique la nuit, hanté par la sensation que quelque chose ne tourne pas rond dans sa réalité. Et par une question lancinante : qu’est-ce que la Matrice ? Approché par Morpheus (Laurence Fishburne) et Trinity (Carrie-Anne Moss), deux légendes du hacking, il va découvrir la terrible vérité qui se cache derrière le voile de son monde… Si la nouvelle génération de spectateurs trouve le film un peu trop long et lent (ce que je n’arrive toujours pas à comprendre !), Matrix reste une œuvre incontournable, qui joue avec deux niveaux de réalités branchées (comme Ready Player One, Avatar, Tron l’héritage ou même Inception le feront par la suite) tout en livrant des combats et gunfights impressionnants filmés en bullet time. A ce titre, je crois que je peux regarder en boucle la scène du lobby sur le morceau Spybreak! de Propellerheads.

    Matrix Reloaded (2003)

    Il faut attendre quatre ans pour retrouver l’univers de la Matrice. Entre-temps, le film original a popularisé l’esthétique techno-goth / cyberpunk (Underworld, Blade II ou Equilibrium, pour ne citer qu’eux, s’en emparent) et les téléphones portables à clapet. Et surtout ringardisé tout ce qui peut se faire en termes d’action à Hollywood. Preuve de l’impact du long métrage : Matrix Reloaded (2003) est présenté en sélection officielle au Festival de Cannes, et convie toute l’équipe sur les marches pour une première mondiale qui va diviser. C’était inévitable, après une telle claque initiale. D’autant que les Wachowski emmènent l’univers vers des territoires inattendus, qui interrogent la réalité même de la Matrice.

    Désormais intronisé comme « Elu », Neo doit composer avec ce statut de Messie numérique dans la forteresse souterraine Zion tout en poursuivant son combat contre les redoutables Agents au sein de la Matrice, alors que les machines se rapprochent dangereusement du dernier bastion humain. Dans cette quête, il va rencontrer des programmes rebelles (incarnés par Lambert Wilson et Monica Bellucci), se lancer sur les traces de l’Architecte et retrouver l’Agent Smith (Hugo Weaving), son Némésis qui officie désormais tel un virus inarrêtable. Par sa position de film du milieu / d’exposition préparant la suite, et par sa complexité narrative et verbeuse, Matrix Reloaded désarçonne. Restent néanmoins des séquences ahurissantes (et je pèse mes mots), comme l’affrontement avec les clones de Smith, le combat des deux escaliers ou la scène de l'autoroute pour laquelle un véritable tronçon a été construit. Jamais on n’aura été témoin d’une telle démesure dans l’action, avec lisibilité et virtuosité dans chaque plan.

    Animatrix (2003)

    En attendant la sortie du dernier film de ce qui est alors une trilogie, les Wachowski proposent aux fans le programme Animatrix (2003), compilation de courts métrages animés confiés à différents studios à travers le monde qui vise à raconter différentes histoires au sein de l’univers. Le projet s’inscrit dans une volonté de développer une mythologie transmédia, croisant cinéma, animation, comic-books, site officiel et jeu vidéo (le titre Enter the Matrix s’intègre ainsi entre Reloaded et Revolutions avec des éléments complémentaires de narration et des scènes exclusives). Une démarche pionnière, façon Star Wars, qui anticipe de plusieurs années les univers étendus qui seront imaginés par les grands studios, comme le Marvel Cinematic Universe côté Disney.

    Animatrix a aussi devancé des anthologies animées comme Love, Death & Robots (2019-) chez Netflix, Star Wars: Visions (2021-) chez Disney+ ou Secret Level (2024-) sur Prime Video. Les neuf segments sont très différents, et convoquent de l’animation traditionnelle très stylisée ou de la CGI qui célèbrent les styles de studios comme Square USA, MADHOUSE ou Studio 4°C. Certains s’intègrent directement dans la chronologie des films (Histoire d'un détective raconte l’enquête pour traquer Trinity, Histoire de l'enfant dévoile la déconnexion du personnage campé par Clayton Watson, Dernier Vol de l'Osiris est un prologue à Matrix Reloaded). D’autres complètent l’univers, à travers de grandes ou petites histoires. Chacun.e trouvera sa préférée.

    Matrix Revolutions (2003)

    Matrix Reloaded se concluant sur un cliffhanger majeur et d’innombrables questions laissées en suspens, Matrix Revolutions (2003) se doit d’apporter des réponses. Elles ne plaisent pas toutes, assurément, ce troisième opus retombant à 427 millions de dollars de recettes au box-office mondial et 3,5 millions d’entrées France, contre 740 millions de dollars et 5,7 millions d’entrées pour son prédécesseur. En allant au bout de leur histoire -dont je reste personnellement un immense défenseur même si je n’ai pas encore tout compris-, les Wachowski prennent le risque de perdre leur public. Du moins une partie. C’est ce que j’évoquais plus haut, en parlant de personnes pour qui les opus 2 et 3 avaient tout gâché. J’ai régulièrement le débat, encore aujourd’hui.

    Matrix Revolutions ne cède donc pas à la simplicité, au contraire, et suggère notamment que ce qu’on pensait être le monde réel pourrait être un autre niveau du programme. Et que l’histoire est amenée sans cesse à se répéter (ce que nous avons vu n’est donc qu’une énième itération de la même histoire), à chaque fois que se rompt l’équilibre entre liberté et contrôle, entre humains et machines. Je peux vraiment entendre que les fans du premier Matrix en attendaient autre chose, une histoire plus linéaire et manichéenne entre méchants robots et gentils héros. La proposition est plus complexe. Et ne donne pas toutes ses clés. Mais qu’on aime ou pas, on peut au moins se mettre d’accord sur la virtuosité visuelle du film, notamment le siège ultra-spectaculaire de Zion aux références très « méchas » et le combat final surpuissant entre Neo et Smith, digne d’un anime façon Dragon Ball Z.

    Matrix Resurrections (2021)

    Quand la trilogie cinéma tire sa révérence, les fans -plus aussi nombreux qu’en 1999- peuvent prolonger leur immersion dans les jeux vidéo Path of Neo (2005) et surtout The Matrix Online (2004), un MMO qui confie la continuité de l’histoire et de l’univers aux gamers qui peuvent alors choisir leur camp entre humains, machines et programmes rebelles. Finalement débranché en 2009, le jeu laisse la communauté orpheline, jusqu’à la surprise Matrix Resurrections (2021). Surprise, car personne n’attendait un nouveau film Matrix près de deux décennies plus tard, d’autant que l’esthétique commençait à être un peu dépassée. Et surtout pas un film aussi « méta ». Désormais en solo, Lana Wachowski fait de Matrix un jeu vidéo imaginé par le développeur Thomas Anderson (Keanu Reeves), qui injecte ses rêves, ses visions et son attachement à Tiffany (Carrie-Anne Moss) dans les lignes de code du programme. Mais vit-il dans une réalité supérieure à la Matrice, ou n’est-elle qu’une nouvelle illusion pilotée par les machines ?

    Ce qu’on peut accorder à Matrix Resurrections (2021), c’est qu’il est constamment surprenant. Quitte à désarçonner le spectateur. Dans ses questions, dans ses choix, dans ses références, dans ses réinventions d’anciens personnages (Yahya Abdul-Mateen II en Morpheus, Jonathan Groff en Smith, Priyanka Chopra Jonas en Sati) ou dans ses retrouvailles avec certains acteurs originaux (Jada Pinkett ou Lambert Wilson). Personnellement, c’est l’épisode qui m’a perdu, mais je respecte totalement la vision de la cinéaste. Surtout quand on sait que le film aurait pu voir le jour sans elle, comme une énième saga essorée par un grand studio. Même si on n’adhère pas, on peut lui reconnaître cette volonté de garder la main. En sachant que les résultats catastrophiques au box-office (157 millions de dollars pour un budget de 190 millions) amèneront inévitablement un.e autre à rebooter la Matrice. Mais en tout cas, écrire ces lignes m’a redonné envie de le revoir. Et même de tout revoir. Pas vous ?

    Dans quel ordre narratif regarder les films « Matrix » ?

    Au-delà de l’ordre de production et de sortie des différents longs et courts métrages de la saga Matrix, voici l’ordre de visionnage que je préconiserais, sachant que si les segments Matriculé, Programme, Au-delà et Record du monde n’ont pas de temporalité précise, ils trouvent une place pertinente avant le premier film :

    • Animatrix - La Seconde Renaissance, partie I / The Second Renaissance Part I (2003)
    • Animatrix - La Seconde Renaissance, partie II / The Second Renaissance Part II (2003)
    • Animatrix - Matriculé / Matriculated (2003)
    • Animatrix - Programme / Program (2003)
    • Animatrix - Au-delà / Beyond (2003)
    • Animatrix - Record du monde / World Record (2003)
    • Animatrix - Histoire d'un détective / A Detective Story (2003)
    • Matrix (1999)
    • Animatrix - Histoire de l'enfant / Kid's Story (2003)
    • Animatrix - Dernier Vol de l'Osiris / Final Flight of the Osiris (2003)
    • Matrix Reloaded (2003)
    • Enter the Matrix (jeu vidéo)
    • Matrix Revolutions (2003)
    • Matrix : Path of Neo (jeu vidéo)
    • The Matrix Online (jeu vidéo)
    • Matrix Resurrections (2021)
  • Marvel : tous les films et séries à (re)voir avant Avengers Doomsday

    Marvel : tous les films et séries à (re)voir avant Avengers Doomsday

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Le prochain choc du MCU se profile, et il porte un nom : Avengers: Doomsday. Avec cette nouvelle superproduction, Marvel semble décidé à faire sauter toutes les limites, entre collision de multivers, retours improbables et menaces d’une ampleur inédite. 

    Mais avant de plonger dans ce tourbillon cosmique, mieux vaut prendre un peu de recul. Car Doomsday n’arrive pas de nulle part : il s’inscrit dans une fresque longue de plus de quinze ans, tissée de sacrifices, de trahisons, de renaissances et de ruptures temporelles. 

    Voici une sélection essentielle pour remettre les pendules à l’heure et savourer pleinement ce qui s’annonce comme l’un des chapitres les plus denses (et fous) de l’univers Marvel.

    X-Men (2000–2019)

    Avant que le MCU ne devienne l’empire que l’on connaît, X-Men (2000) posait déjà les bases d’un cinéma de super-héros plus adulte, plus torturé. C’est en 2000 que Bryan Singer lance la machine, en mêlant allégorie politique, réflexions identitaires et action musclée. Au fil des années, la saga explore toutes les facettes de ses personnages : leurs doutes (Le Commencement, 2011), leurs échecs (Apocalypse, 2016), leurs adieux bouleversants (Logan, 2017). Aujourd’hui que les mutants ont officiellement leur place dans le multivers Marvel, leur héritage prend un tout autre relief. Leur rapport au pouvoir, à la différence et au rejet, fait écho aux dilemmes que devront affronter les Avengers dans Doomsday. Difficile d’imaginer les nouveaux équilibres sans eux.

    X-Men: Days of Future Past (2014)

    Sans doute l’un des volets les plus ambitieux du côté mutant. Days of Future Past (2014) mêle deux générations de X-Men dans un scénario vertigineux où passé, présent et avenir se télescopent. Le voyage dans le temps, les lignes réécrites, les choix impossibles : tout y est. C’est aussi un des premiers films à poser concrètement la question des conséquences du multivers. Si le MCU se nourrit aujourd’hui de ces concepts, Days of Future Past en a été un éclaireur. Pour comprendre à quel point le temps peut devenir un piège, ce film est indispensable. Et il ne fait aucun doute que Doomsday viendra marcher sur ces traces.

    Avengers (2012)

    Retour à l’essentiel. Avengers (2012), le tout premier, reste une pierre angulaire. Il a prouvé que rassembler des héros issus de films distincts pouvait fonctionner, et même créer quelque chose de plus grand. Ce n’est pas juste un film d’action efficace : c’est une leçon de dynamique de groupe, de conflits d’ego et de victoires collectives. Voir ces figures apprivoiser leurs différences pour former un vrai front uni, c’est assister à la naissance d’une famille dysfonctionnelle mais puissante. Ce socle émotionnel est ce qui rend Doomsday possible : sans cette fondation, le chaos du multivers n’aurait pas le même poids.

    Avengers: Infinity War (2018)

    C’est le film qui a tout changé. Infinity War (2018) ne suit pas les règles. Il commence comme une aventure classique... et finit comme une tragédie. Thanos n’est pas juste un méchant de plus : c’est un antagoniste avec une vision, dérangeante, mais cohérente. La défaite est totale, les héros impuissants. Rarement un blockbuster aura autant osé frustrer son public. Et c’est précisément pour ça qu’il reste si marquant. Pour entrer dans Doomsday avec la bonne énergie, il faut se souvenir de ce que signifie la perte. Et Infinity War en est la parfaite incarnation.

    Avengers: Endgame (2019)

    Point final d’une époque, et déclaration d’amour à tout un univers. Endgame (2019) est à la fois un hommage aux origines et un adieu bouleversant à certains piliers du MCU. C’est aussi un récit dense, presque méta, qui revient sur les moments clés de la saga tout en ouvrant la porte à la suite. Le voyage dans le temps devient outil de réparation, mais aussi de deuil. Tony Stark, Steve Rogers : leurs trajectoires trouvent ici leur conclusion. Comprendre Doomsday, c’est aussi accepter que le passé pèse sur chaque décision. Et que le futur se bâtit sur ces sacrifices.

    Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux (2021)

    Souvent sous-estimé, Shang-Chi (2021) introduit pourtant des éléments qui pourraient bien être décisifs pour la suite. En mêlant traditions asiatiques, art martial chorégraphié et objets mystiques puissants, le film enrichit l’univers Marvel d’un pan plus spirituel et symbolique. Les Dix Anneaux, en particulier, restent encore largement mystérieux. Sont-ils liés à Doom ? Aux dimensions parallèles ? Rien n’est sûr, mais tout est possible. Shang-Chi lui-même, entre passé douloureux et quête d’équilibre, pourrait incarner ce nouveau type de héros : plus humain, plus hésitant, mais aussi plus libre. Un profil parfait pour survivre au chaos de Doomsday.

    Spider-Man: No Way Home (2021)

    C’est peu dire que No Way Home (2021) a marqué un tournant. Ce n’est pas juste un film de super-héros, c’est un hommage vibrant à plus de vingt ans de cinéma Spider-Man. En réunissant Tobey Maguire, Andrew Garfield et Tom Holland, Marvel ne joue pas seulement la carte de la nostalgie : il offre un récit profondément humain sur la responsabilité, la solitude et le deuil. Peter Parker, plus vulnérable que jamais, doit faire face aux conséquences déchirantes de ses choix, avec des répercussions qui dépassent sa propre réalité. Ce film casse littéralement les murs du MCU pour ouvrir un jeu narratif plus risqué, plus libre. Une étape incontournable pour comprendre l’ampleur du chaos multiversel dans Doomsday.

    Doctor Strange in the Multiverse of Madness (2022)

    Avec Multiverse of Madness (2022), Sam Raimi injecte une bonne dose de bizarrerie gothique et de tension psychologique au MCU. On y suit un Doctor Strange plus tiraillé que jamais, confronté aux limites de sa propre morale et à une Wanda Maximoff consumée par le chagrin. America Chavez, capable de voyager entre les dimensions, vient ajouter une touche d’espoir et de nouveauté dans un récit aux airs de cauchemar cosmique. L’introduction des Illuminati, aussi brève qu’intrigante, laisse entrevoir un monde où la hiérarchie des pouvoirs pourrait être totalement bouleversée. Ce film est une plongée vertigineuse dans l’inconnu — et un avertissement : manipuler le multivers n’est pas sans conséquences.

    Thor: Love and Thunder (2022)

    Love and Thunder (2022), le quatrième volet des aventures de Thor, divise. Et c’est ce qui fait aussi sa singularité. Taika Waititi continue de bousculer les codes avec une approche plus décalée, parfois burlesque, mais il n’oublie pas d’explorer les blessures de ses personnages. Le retour de Jane Foster en Mighty Thor et la présence de Gorr, joué par un Christian Bale habité, donnent au film une vraie colonne vertébrale émotionnelle. Ce n’est pas juste une aventure cosmique : c’est une réflexion sur la foi, la perte et le sens du sacrifice. À l’heure où Doomsday s’apprête à ébranler les fondations même du cosmos, ces questionnements sur le rôle des dieux et leur fragilité prennent tout leur sens.

    Black Panther: Wakanda Forever (2022)

    Difficile d’imaginer un film plus chargé en émotion. Wakanda Forever (2022) est autant un récit de transmission qu’un hommage vibrant à Chadwick Boseman. La disparition de T’Challa ouvre une ère de tensions, d’incertitudes et de nouveaux enjeux. Shuri prend la relève, tiraillée entre la science et le deuil, tandis que le Wakanda se confronte à la diplomatie mondiale. L’arrivée de Namor et du royaume sous-marin de Talokan ajoute une nouvelle couche géopolitique fascinante. Ce film, plus ancré que cosmique, interroge les fondations du pouvoir et les rivalités à venir. Dans une phase où les alliances sont plus fragiles que jamais, Wakanda Forever prépare le terrain d’un Doomsday où les lignes ne seront plus aussi clairement dessinées.

    Ant-Man et la Guêpe : Quantumania (2023)

    Souvent perçu comme une figure secondaire, Scott Lang se retrouve ici projeté au cœur d’un conflit aux dimensions vertigineuses. Quantumania (2023) bascule le MCU dans une nouvelle phase où le royaume quantique devient une zone de chaos, de révélations et de menaces. Kang, enfin dévoilé, y incarne une forme de mal plus conceptuelle, plus terrifiante : celle du temps qui se déforme, des réalités qui s’effondrent. Ce n’est pas juste un nouveau méchant, c’est une entité narrative en soi. Si le ton léger du film désoriente parfois, l’ambition est là : poser les jalons d’un futur où tout peut basculer d’une version à l’autre. Même si son interprète Jonathan Majors est désormais écarté du MCU, Kang pourrait tout de même avoir un rôle à jouer dans Doomsday.

    Loki (2021-)

    C’est sans doute la série la plus importante pour comprendre les fondements actuels du MCU. Loki (2021-) n’est plus un simple trublion : il devient le témoin privilégié d’un monde qui se délite, où le libre arbitre vacille. La TVA, les variantes, la ligne temporelle sacrée... tout est mis à nu. Et surtout : He Who Remains, première version (inquiétante) de Kang. Cette série pose les questions philosophiques les plus profondes de l’univers Marvel, en montrant que la structure même du temps est une illusion fragile. À l’aube de Doomsday, Loki apparaît comme l’un des rares personnages à en avoir compris les règles — ou leur absence. L’anti-héros gagne en profondeur et en complexité, et ça lui va si bien.

    The Marvels (2023)

    The Marvels (2023) mise sur l’énergie collective : trois héroïnes, trois approches du pouvoir, et une seule ligne narrative de plus en plus instable. Carol Danvers, Monica Rambeau et Kamala Khan forment un trio inattendu mais attachant, propulsé dans un enchevêtrement de réalités qui échappent à toute logique. Les échanges de places, les ruptures dimensionnelles, les liens familiaux à distance : tout évoque une tension croissante entre individualité et destin partagé. Si le film reste plus léger que d'autres, il participe activement à cette sensation que l’univers Marvel est au bord de l’effondrement. Un avant-goût assumé du chaos de Doomsday.

    Deadpool & Wolverine (2024)

    À la fois événement pop et pari narratif, Deadpool & Wolverine est une passerelle explosive entre l’ancien monde des X-Men et le MCU version multivers. Le retour de Hugh Jackman aux côtés de Ryan Reynolds fait des étincelles, mais au-delà des blagues et des références, c’est un moment clé pour l’intégration des mutants dans l’univers principal. Le ton décalé ne doit pas faire oublier le potentiel dramatique d’une telle rencontre. Même si les deux mutants ne sont pas annoncés -pour le moment- au générique du film, le duo pourrait être le joker narratif de Doomsday, en introduisant de manière inattendue des éléments capables de rebattre toutes les cartes — y compris les plus absurdes.

    Captain America: Brave New World (2025)

    Après les hésitations et les doutes de Falcon and the Winter Soldier, Sam Wilson prend enfin son envol en tant que nouveau Captain America. Mais le monde qu’il doit représenter n’a plus rien à voir avec celui de Steve Rogers. Brave New World (2025) explore les tensions sociales, politiques et idéologiques qui déchirent l’Amérique post-Blip. Entre manipulations gouvernementales et menaces latentes, ce film est certes plus terrestre, mais pas moins crucial. Il redéfinit ce que signifie être un héros, à une époque où les repères s’effondrent. Avant le choc global de Doomsday, il fallait un rappel : les batailles se jouent aussi ici, sur le sol, dans les cœurs et les urnes.

    Thunderbolts* (2025)

    Voici venir l’équipe qu’on n’attendait pas. Thunderbolts rassemble les outsiders, les brisés, les ambivalents. Pas vraiment des méchants, pas vraiment des héros non plus, mais quelque chose entre les deux... au point de se voir rebaptisés New Avengers ! Cette alliance bancale, formée de figures comme Yelena, Bucky ou Red Guardian, fonctionne selon ses propres règles. Là où les Avengers brillent par leur vertu, les Thunderbolts avancent dans les zones grises. Et c’est précisément cette zone qui risque de s’étendre dans Doomsday. Face à une menace absolue, ces méthodes peu conventionnelles pourraient être les seules à faire la différence. D'autant que ce sont les Thunderbolts qui sont les premiers témoins de l'incursion d'un étrange vaisseau frappé d'un « 4 ».

    Les 4 Fantastiques, premiers pas (2025)

    Les fans espéraient peut-être un peu plus de Doom dans Les 4 Fantastiques, premiers pas (2025). Le méchant campé par Robert Downey Jr. ne s’invite qu’à la toute fin du long métrage, encapuchonné et de dos, dans une scène post-générique qui annonce l’importance que prendra Franklin, le fils de Sue Storm (Vanessa Kirby) et Reed Richards (Pedro Pascal), dans Doomsday. Ce film sert donc essentiellement de chapitre introductif pour la célèbre famille Marvel, dans un univers parallèle au rétro-futurisme sixties du plus bel effet. L’occasion de montrer qu’en conjuguant les forces de l’Homme-Elastique, la Femme Invisible, la Torche Humaine et La Chose (et avec l’aide de la Surfeuse d’Argent), nos héros peuvent stopper l’appétit d’entités cosmiques comme Galactus. Leur apparition est donc stratégique avant le tumulte de Doomsday.

  • C’est chaud ! 13 films sensuels qui font monter la température

    C’est chaud ! 13 films sensuels qui font monter la température

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Passion, désir et séduction sont au menu de cette sélection JustWatch, qui explore des genres très différents traversés par un érotisme assumé et une tension sexuelle de tous les instants. Dans le jargon, on appelle ça des « steamy movies », des œuvres qui assument leur approche sulfureuse et envoûtante. Des films qui donnent chaud, en résumé.

    Attention, on ne s’aventure pas ici dans le film X et la pornographie (même si certains longs métrages listés ci-dessous vont assez loin et de manière explicite). Non, on gravite dans la sensualité, qu’elle soit consommée ou non, et dans la célébration des corps et des passions. Une approche qui résonne régulièrement dans le cinéma depuis les années 70, et qui trouve un écho jusque dans certaines productions streaming récentes. 

    Cette sélection est à réserver à un public averti et en âge de regarder les œuvres citées : veillez bien à vérifier les classifications et recommandations avant tout visionnage.

    Love (2015)

    Love (2015), c’est l’histoire d’une ancienne passion, qui revient par vagues dans la mémoire de Murphy, un homme de 25 ans, heureux en couple et jeune papa. Hanté par le souvenir de cette relation passionnelle avec Electra, il revit le film de leur liaison lors d’une journée d’errance pluvieuse à Paris, chargée en regrets et en souffrance. La particularité de ce drame mélancolique, c’est de proposer des scènes de sexe non simulées entre les comédiens Karl Glusman, Aomi Muyock et Klara Kristin. Interdit aux moins de 18 ans en France (sa classification a généré un débat houleux à l’époque), Love propose ainsi des séquence explicites, diffusées en 3D lors d’une Séance de Minuit agitée au Festival de Cannes.

    Expérience bouleversante ou porno arty ? Le réalisateur Gaspar Noé aime bousculer le spectateur, et ce film, même s’il est moins radical que le reste de son œuvre, y parvient en cherchant à capturer l’intime. A prolonger avec ses très expérientiels Climax (2018) et Enter the Void (2010). Vous pourriez également être intéressé.es par la sexualité brute de films comme Shortbus (2006) de John Cameron Mitchell, 9 Songs (2004) de Michael Winterbottom, The Brown Bunny (2003) de Vincent Gallo, Intimité (2001) de Patrice Chéreau, Romance (1999) de Catherine Breillat ou Baise-Moi (2000) de Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi.

    Call Me By Your Name (2017)

    Il était une fois, durant l’été 1983, l’éveil du désir chez un jeune homme, provoqué par un séduisant doctorant américain, de sept ans son aîné, venu travailler dans la villa italienne de son père… Avec Call Me By Your Name (2017), adapté du roman d’André Aciman, Luca Guadagnino livre un film d’éducation sentimentale très sensuel, traversé par une chaleur estivale torride et une mise en scène sensorielle. C’est avec ce long métrage que le grand public découvre vraiment le cinéaste, mais aussi son acteur principal Timothée Chalamet, qui brille (brûle, même) par son intensité et devient l’idole (et le crush !) de toute une génération.

    Chef d'œuvre moderne du coming-of-age, Call Me By Your Name se vit comme un temps suspendu dans un cadre idyllique, presque « carte postale », et capture avec douceur et délicatesse la fragilité et la naïveté d’un premier amour. Avec notamment des scènes très remarquées, comme la fameuse séquence très steamy de la pêche ou le monologue final bouleversant de Michael Stuhlbarg. Le film est une porte d’entrée idéale pour découvrir le travail de Luca Guadagnino, notamment Queer (2024) et Challengers (2024). A prolonger avec Week-end (2011) d’Andrew Haigh, Seule la terre (2017) de Francis Lee, Été 1985 (2020) de François Ozon, Brokeback Mountain (2005) de Ang Lee ou Moonlight (2016) de Barry Jenkins.

    Basic Instinct (1992)

    On réduit trop souvent Basic Instinct (1992) à la fameuse séquence de « croisement / décroisement » de jambes de Sharon Stone durant son interrogatoire par la police de San Francisco. Une scène définitivement culte, détournée notamment dans la savoureuse comédie des Nuls La Cité de la Peur et évoquée via un caméo de la comédienne dans Last Action Hero. Mais ce serait oublier toute la puissance érotique et narrative du thriller de Paul Verhoeven qui confronte un inspecteur borderline (Michael Douglas) à la sulfureuse romancière Catherine Tramell, principale suspecte d’un meurtre sanglant. Très hitchcockien dans sa narration, avec une volonté assumée de verser dans la subversion et le désir à travers des séquences sensuelles/sexuelles, le long métrage est à l’image de la bande originale de Jerry Goldsmith : constamment trouble, ambigu et vénéneux. Et chaud.

    Par son succès, son scandale et sa liberté dans la représentation du sexe et de la violence, intimemement mêlés tout au long du récit, Basic Instinct a initié un sous-genre propre aux années 90 : le thriller érotique. On peut donc retrouver (un peu) de ce qui fait le sel du film dans Sliver (1993) toujours avec Sharon Stone, Body (1993) porté par Madonna, Color of Night (1994) avec Bruce Willis, ou Sexcrimes (1998) emmené par Neve Campbell et Denise Richards. Ce sera sans doute mieux que Basic Instinct 2 (2006) qui n’a pas réussi à recréer l’étincelle du film de Verhoeven (qui a par la suite signé Elle et Benedetta).

    Cinquante nuances de Grey (2015)

    Est-ce que la passion romantico-sado-maso-toxique entre Anastasia Steel et Christian Grey est une romance majeure de l’histoire du cinéma ? Non, évidemment. Sauf si on vibre pour la plume de E.L. James et plus globalement pour la littérature érotique moderne. Mais force est de reconnaître que quand il s’agit de faire monter la température, Cinquante nuances de Grey (2015) remplit sa part du contrat avec un jeu de séduction, de tentation et de punitions entre le milliardaire aux penchants troubles et la jeune vierge prête à toutes les expériences.

    En adaptant cette histoire, Sam Taylor-Johnson (Destricted, 2006) retranscrit à l’écran la dynamique entre l’innocente brebis et le ténébreux loup, avec deux comédiens (Dakota Johnson et Jamie Dornan) qui jouent le jeu des corps dans la mystérieuse chambre rouge de ce prince pas si charmant. Un jeu qui se poursuit dans Cinquante nuances plus sombres (2017) et Cinquante nuances plus claires (2018) confiés à James Foley. Pour explorer d’autres relations similaires, la trilogie Netflix 365 jours (2020-2022) s’impose, tout comme les franchises streaming hot À travers ma fenêtre (2022-2024) ou After (2019-2023). Sans oublier La Secrétaire (2002), très proche de Cinquante nuances dans sa manière de dépeindre la relation entre Maggie Gyllenhaal et James Spader, dont le personnage s’appelle… Mr. Grey !

    La Vie d’Adèle - chapitres 1 & 2 (2013)

    En 2013, le Jury du 66e Festival de Cannes, présidé par Steven Spielberg, décerne la Palme d’Or aux comédiennes de La Vie d’Adèle (2013, Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux. Une décision inédite, qui illustre le réalisme avec lequel le réalisateur Abdellatif Kechiche est parvenu à capter et retranscrire la passion entre les deux personnages au cœur de cette histoire initiatique, qui raconte leur rencontre, leur relation et leur séparation sur plusieurs années. Adapté du roman graphique Le bleu est une couleur chaude de Jul' Maroh, le long (3h00) métrage est raconté du point de vue d’Adèle. Adèle Exarchopoulos est ainsi au centre du film, et notamment son regard où passe tant de choses, sa bouche qui semble constamment affamée et son corps, que le cinéaste filme au plus près lors de séquences crues et explicites. 

    Ses méthodes, jugées éprouvantes et intrusives, ont d’ailleurs fait polémique. Et le film continue d’alimenter le débat entre female gaze et male gaze, entre défenseurs d’une représentation réaliste d’une romance lesbienne passionnée et dénonciateurs d’un regard trop masculin sur le sujet. Alors que l’histoire du personnage pourrait peut-être se poursuivre un jour (ce film couvre uniquement les chapitres 1 et 2), celles et ceux qui apprécient le cinéma naturaliste et immersif de Kechiche peuvent se tourner vers Mektoub My Love : Canto Uno (2018) et Mektoub My Love : Canto Due (2025). A voir aussi, dans la même veine, 37°2 le matin (1986) de Jean-Jacques Beineix, ou My Summer of Love (2005) de Paweł Pawlikowski.

    Magic Mike (2012)

    L’art de l’effeuillage participe assurément à la sensualité. Dans la vie comme à l’écran. Et si un long métrage incarne cela, c’est bien Magic Mike (2012) de Steven Soderbergh, emmené par Channing Tatum. Entouré de Matthew McConaughey, Alex Pettyfer, Joe Manganiello et Matt Bomer, le comédien revisite une partie de son véritable parcours pré-Hollywood en se glissant dans le costume (vite retiré) d’un stripteaseur masculin rêvant d’une vie meilleure que multiplier les déhanchés langoureux dans les clubs de Floride qui l’emploient. Magic Mike a de vraies qualités : le film prend le temps de raconter le parcours de son protagoniste principal avec beaucoup d'humanité et d'humour, et une approche sans concessions, quasi-documentaire de l’envers du décor bling-bling et sexy des go-go dancers. 

    Et, pour ce qui nous intéresse dans le cadre de cette sélection JustWatch, une célébration des corps avec des comédiens ultra-affûtés qui se lancent dans des numéros très sensuels qui rendent folles/fous. Et possiblement jaloux ! A compléter avec les deux autres volets de la trilogie, Magic Mike XXL (2015) et Magic Mike : Dernière Danse (2023), ou, pour une approche plus sociale et britannique, le cultissime The Full Monty : le grand jeu (1997). Côté striptease au féminin, regardez la Palme d’or Anora (2024) signée Sean Baker, l’acide Showgirls de Paul Verhoeven (1995) avec Elizabeth Berkley, Striptease avec Demi Moore (1996) où À mon seul désir (2023) avec Zita Hanrot. 

    9 Semaines ½ (1986)

    C’est sans doute le film « hot » le plus connu des années 80. Grâce notamment à une scène de striptease très suggestive sur la chanson You Can Leave Your Hat On de Joe Cocker. 9 Semaines ½ (1986) transpose à l’écran le roman autobiographique homonyme d’Ingeborg Day, qui relate sa rencontre et sa relation passionnelle et violente avec un courtier new-yorkais pendant une soixantaine de jours. A l’écran, c’est le couple Kim Basinger / Mickey Rourke qui donne vie à cette affair plus que toxique, qui verse très vite dans la domination, la manipulation et les abus de l’amant sur sa maîtresse.

    Comme Cinquantes nuances de Grey, qui apparaît un peu comme son héritier, 9 Semaines ½ (qui a eu une suite avec Love in Paris, 1997) est pris dans ce paradoxe d’une histoire qui dénonce un comportement réellement problématique tout en proposant des séquences d’une sensualité -et même d’un érotisme- totale. Le réalisateur, Adrian Lyne, s’est fait une spécialité de ces récits en eaux troubles, comme en atteste sa filmographie où l’on retrouve Liaison Fatale (1987) avec Michael Douglas et Glenn Close, Proposition indécente (1993) avec Demi Moore et Robert Redford, Infidèle (2002) avec Diane Lane et Richard Gere ou Eaux Profondes (2022) avec Ben Affleck et Ana de Armas. Récemment, Babygirl (2024), avec Nicole Kidman et Harris Dickinson, a exploré le même genre de relation.

    Portrait de la jeune fille en feu (2019)

    Quand il sort sur les écrans, le quatrième long métrage de Céline Sciamma est un véritable phénomène cinéphilique, qui dépasse les frontières hexagonales pour trouver un écho chez de nombreuses personnes à travers le monde. Il faut dire que Portrait de la jeune fille en feu (2019) est l’incarnation récente la plus indiscutable du female gaze, qui change la manière de raconter une histoire et surtout le regard porté sur les personnages féminins (mais pas que). Ici, on suit une peintre chargée de réaliser le portrait de mariage d’une jeune femme qui résiste à son destin d’épouse en refusant de poser : l’artiste va alors être introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, et la regarder pour la peindre en secret.

    A travers une lumière naturelle, des plans contemplatifs et une approche quasi-picturale, Céline Sciamma capture avec délicatesse et subtilité les regards, les frôlements, l’intimité, le désir, la passion interdite et l’émancipation. Avec, au cœur du film, l’alchimie brûlante entre Noémie Merlant et Adèle Haenel, qui culmine par la mémorable « scène du feu ». Le long métrage pourra rester hermétique à celles et ceux qui ne seraient pas habitués au cinéma d’auteur, mais il fait assurément partie des grandes œuvres sensuelles modernes. Si vous avez aimé, vous pouvez regarder Ammonite (2021) avec Kate Winslet et Saoirse Ronan, Désobéissance (2018) avec Rachel Weisz et Rachel McAdams, Carol (2015) avec Cate Blanchett et Rooney Mara ou Mademoiselle (2016) de Park Chan-wook.

    Curiosa (2019)

    Noémie Merlant est l’une des actrices les plus intéressantes de la nouvelle génération du cinéma français, qui n’hésite pas à explorer le désir féminin et la sensualité des corps. Portrait de la jeune fille en feu (2019) en est un exemple, Curiosa, sorti la même année, en est un autre. « Publications à caractère licencieux prisées par les bibliophiles », selon la définition de l’Académie Française, les curiosas servent ici de cadre à raconter l'initiation à l’amour et à l’érotisme que Marie de Heredia (Marie de Régnier) vécut auprès de son amant, le poète, photographe et érotomane Pierre Louÿs à la fin du XIXe siècle.

    Le long métrage de Lou Jeunet, qui capture l’essence « d’une jeune femme aussi douée pour les choses du corps que pour celles de l’esprit », multiplie les scènes sensuelles et dénudées, autour des corps de Noémie Merlant, Niels Schneider et Camélia Jordana. Il en ressort un récit initiatique troublant, qui peut trouver un écho dans Emmanuelle (2024) toujours avec Noémie Merlant, Belle de jour (1967) avec Catherine Deneuve, Lady Chatterley (2006) avec Marina Hands, La Maison (2022) avec Ana Girardot, Jeune & Jolie (2013) avec Marine Vacth ou L'Apollonide, souvenirs de la maison close (2011) où se croisent Hafsia Herzi, Céline Sallette, Jasmine Trinca et Adèle Haenel.

    L’Amant (1992)

    Marguerite Duras n’a pas apprécié L’Amant (1992), adaptation cinéma de son roman autobiographique (salué par le Prix Goncourt 1984) signée Jean-Jacques Annaud. Cela ne retire en rien les qualités esthétiques du long métrage, notamment quand il s’agit de capturer l’intimité et la sensualité des ébats entre une jeune femme de 15 ans (Jane March) et un homme chinois de douze ans son aîné (Tony Leung Ka Fai), dans l’Indochine des années 1920/1930. Une liaison torride et pour le moins délicate au regard de son sujet et de l’érotisme assumé des scènes, narrées par le timbre unique de Jeanne Moreau.

    Volontiers contemplatif, très élégant voire esthétisant (vous pouvez prolonger avec In the Mood For Love, 2000 et Lust, Caution, 2007) le long métrage interroge dans sa volonté de filmer des moments transgressifs. Notamment quand on sait que Jane March n’avait que 16 ans au moment du tournage, ce qui provoqua une polémique et un débat sur les limites éthiques de l’art sur un sujet aussi délicat que la nudité et la sexualité adolescentes. Des questions prolongées par la suite dans des films comme Lolita (1997), Ken Park (2003) ou Un moment d’égarement (2015).

    Nymphomaniac - Volume 1 / Nymphomaniac - Volume 2 (2013)

    Les Volume 1 et Volume 2 du diptyque Nymphomaniac (2013) proposent-ils une vision sensuelle ? Chacun.e jugera selon son propre prisme, alors que Lars von Trier, jamais avare de propositions chocs et de provocations, explore le parcours érotique d'une femme, de sa naissance jusqu'à l'âge de 50 ans. Cette vie est racontée par le personnage principal, auto-diagnostiquée nymphomane, en huit chapitres extrêmement suggestifs, avec une approche quasi-documentaire qui mêle réalisme cru et symbolisme sur la sexualité et le plaisir féminin.

    Porté par Stacy Martin puis Charlotte Gainsbourg, le personnage de Joe traverse ainsi expériences et excès avec compulsivité, tout en interrogeant la solitude et la culpabilité. Les scènes sensuelles sexuelles, très explicites, ont été tournées en mêlant les corps des comédiens traditionnels et de leurs doublures issues du milieu pornographique. Le résultat obtenu est bluffant… mais sa capacité à émoustiller dépendra une nouvelle fois de votre potentiel à adhérer à ce récit sombre et provocateur sur les fantasmes et la transgression. On pense notamment à L’Empire des sens (1976) de Nagisa Ōshima, Crash (1996) de David Cronenberg, Shame (2011) de Steve McQueen et Eyes Wide Shut (1999) de Stanley Kubrick.

    Les Liaisons dangereuses (1988)

    Les Liaisons dangereuses (1988), adaptation du chef d'œuvre épistolaire de Pierre Choderlos de Laclos, est l’histoire de deux nobles manipulateurs et libertins, la Marquise de Merteuil et le Vicomte de Valmont, qui se lancent des défis pour dépraver deux jeunes femmes innocentes. Ce récit majeur a été maintes fois adapté à l’écran, avec des couples iconiques (Jeanne Moreau et Gérard Philippe en 1959, Annette Bening et Colin Firth en 1989, Sarah Michelle Gellar et Ryan Phillippe dans la modernisation de 1999) et des versions streaming récentes (Les Liaisons dangereuses sur Netflix ou Merteuil sur HBO Max).

    Mais avec la version de Stephen Frears, saluée par trois Oscars en 1989, on tient l’adaptation la plus réussie, avec son casting flamboyant (Glenn Close, John Malkovich, Michelle Pfeiffer, Uma Thurman, Keanu Reeves) et ses costumes et décors raffinés qui servent de cadre à la perversité et la cruauté élégantes des deux protagonistes. A une certaine sensualité, aussi, avec une exploration des codes sociaux et sexuels du XVIIIᵉ siècle qui alimente une tension subtile mais omniprésente. A poursuivre avec Quills, la plume et le sang (2000) avec Kate Winslet confrontée au Marquis de Sade Geoffrey Rush, Rochester le dernier des libertins (2004) avec Johnny Depp, Casanova (1976) de Federico Fellini, La Courtisane (1999) avec Catherine McCormack ou, plus moderne dans son exploration des jeux entre adultes consentants, Closer (2004) avec le quatuor Jude Law, Natalie Portman, Julia Roberts et Clive Owen.

  • Parasite sur Netflix : est-ce vraiment le meilleur film de la décennie ?

    Parasite sur Netflix : est-ce vraiment le meilleur film de la décennie ?

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Alors que l’industrie hollywoodienne a été profondément secouée par l’acquisition de Warner Bros. par Netflix, la plateforme a mis en ligne en France un film dont le succès au box-office fut l’un des plus surprenants et impressionnants de la dernière décennie. Je parle bien sûr de Parasite (2019), du cinéaste sud-coréen Bong Joon-ho.

    Si vous faites partie de la minorité chanceuse qui n’a pas encore vu le film et qui souhaite le découvrir grâce à Netflix, ce guide JustWatch vous permettra de mieux connaître le phénomène Parasite et de décider par vous-même !

    1 Palme d’or, 4 Oscars et le titre de « meilleur film du XXIᵉ siècle »

    Depuis sa mise en ligne, Parasite grimpe d’ailleurs dans le classement de streaming de JustWatch et atteignant jusqu’au septième rang cette semaine, ce thriller à l’humour noir continue d’attirer les spectateurs grâce à son regard incisif sur les inégalités de classes sociales et les effets désastreux du capitalisme sur l’individu et la famille.

    D’abord récompensé par la Palme d’or à Cannes en 2019, la renommée du film a culminé lors de la 92ᵉ cérémonie des Oscars, où il fut couronné par la statuette du Meilleur film – c’est le premier long métrage non anglophone à l’obtenir – accompagné de trois prix additionnels : Meilleur réalisateur, Meilleur scénario et Meilleur film international.

    Mais à la différence de certains films oscarisés dont la réputation diminue considérablement avec le recul critique, au point de perdre leur légitimité -je pense notamment à Everything Everywhere All at Once (2022), Nomadland (2020) ou encore Green Book : Sur les routes du sud (2018)- Parasite semble résister à l’épreuve du temps. Le fait qu’il ait été nommé « meilleur film du XXIᵉ siècle » par The New York Times en est certainement la preuve (même s’il ne figure pas dans le Top 20 de Quentin Tarantino !).

    De quoi parle « Parasite » ? 

    Bong Joon-ho a toujours été un cinéaste qui aime expérimenter avec les genres cinématographiques, en mêlant critique sociale et humour noir. Dans Parasite, il s’empare d’un sujet aussi ancien qu’universel : la division socio-économique entre riches et pauvres. Parasite est centré sur la famille Kim, qui habite dans un quartier populaire de Séoul. Le père, la mère et leurs deux enfants adultes essaient de gagner leur vie en effectuant de petits travaux précaires. 

    Un jour, Ki-woo -le fils- se voit offrir un emploi par un ami pour donner des cours particuliers à une adolescente issue d’une famille riche. En leur présentant un faux profil, il obtient le poste et, très vite, séduit par la richesse des Park, les autres membres de la famille Kim obtiennent eux aussi des emplois dans la maison, chacun s’inventant une fausse identité. 

    Alors que les Kim s’habituent progressivement à cette vie confortable, ils découvrent un secret inattendu dans le sous-sol de la maison, qui débouche sur une confrontation violente et sanglante entre, non pas deux, mais trois familles !

    Pourquoi « Parasite » est-il tant célébré par le public ?

    Parasite repose beaucoup sur des twists saisissants… que je ne vais pas dévoiler ici : je préfère évidemment que les spectateurs découvrent eux-mêmes les surprises que le récit leur réserve. Même si l’aspect narratif joue un rôle crucial, c’est vraiment le travail sur le langage visuel et la dimension architecturale qui crée une atmosphère de huis clos dans laquelle la tension dramatique monte progressivement.

    Un aspect majeur qui ajoute au charme du film est la qualité de ses personnages -en particulier la famille Kim. À commencer par Song Kang-ho, collaborateur de longue date du cinéaste, puis avec les comédiens Park So-dam et Choi Woo-shik, Bong Joon-ho excelle à créer des personnages fascinants à la moralité grise. Des figures pour lesquelles on éprouve de la sympathie malgré leurs défauts.

    Il y maintient d’ailleurs une très bonne dose d’humour – ce qui n’est pas toujours le cas dans son cinéma, notamment dans Okja (2017) ou Mickey 17 (2025), où les personnages demeurent relativement caricaturaux. De même, bien que le film vise les vanités et les défaillances des différentes classes sociales -les deux résultant du même système- il ne se livre jamais à un cynisme total comme chez Ruben Östlund dans Sans filtre (2022).

    Tout au long du film, le cinéaste ne cherche jamais à étouffer son audience par des gestes artistiques trop appuyés : Parasite est avant tout un film divertissant, sans que cet aspect ne diminue sa portée politique et sociale. Cette accessibilité quant à la position critique du film a sans doute encouragé les spectateurs à approfondir leurs analyses et leurs interprétations à leur tour.

    Ce qui a aussi, de manière indirecte, contribué à la circulation du film, notamment grâce aux vidéos d’analyses. Sans parler des vidéos ou des GIFS créés par les fans depuis le film et qui deviennent des memes dont l’impact va au-delà du film – comme par exemple le visage du père dans la voiture ou la réplique iconique « Jessica. Fille unique. Illinois. Chicago. » 

    La cinéphilie numérique, la Bong-hive et « Parasite »  

    Aujourd’hui, les moyens par lesquels la nouvelle génération s’engage avec le cinéma sont radicalement différents de ceux des années 2010. La culture cinéphile, ou plutôt le discours cinéphile, autrefois réservée aux milieux intellectuels, est beaucoup plus inclusive et accessible grâce aux réseaux sociaux. Ces groupes hétérogènes, qui se forment et se déforment de manière spontanée, et donc difficiles à contrôler, peuvent certes influer sur la trajectoire d’un film.

    Nous sommes cependant loin d’un phénomène de l’ampleur Barbie–Oppenheimer : mais pendant la saison des Oscars, la présence médiatique de Bong Joon-ho a sûrement joué un rôle dans le cas de Parasite. Son insistance à parler en coréen -grâce à sa traductrice, elle aussi devenue une icône à part entière- dans des cérémonies internationales, son humour, son amabilité mais aussi ses idées sur le cinéma, beaucoup plus sérieuses et pertinentes que celles de nombre de ses collègues hollywoodiens, lui ont valu de gagner une véritable fanbase que l’on appelle aujourd’hui la « Bong Hive ».

    À part lui, très peu de cinéastes -voire aucun- d’origine étrangère ont connu un tel succès tout en préservant l’image et l’identité qui leur importaient, sans concéder aux exigences hollywoodiennes.

    Hallyu et l’essor de l’industrie des arts et du divertissement sud-coréens

    L’industrie cinématographique et télévisuelle en Corée du Sud, combinée à d’autres facettes de la culture populaire comme la K-pop, a donné lieu à un phénomène social et culturel que l’on appelle aujourd’hui hallyu. Dont le succès de Parasite constitue également une pierre angulaire. 

    Après la sortie du film, Netflix a augmenté sa mise avec Squid Game (2021-2025) et a battu des records auprès du public. À long terme, grâce au succès de cette série dystopique -qui, elle aussi, prend l’aspect économique comme source de conflit et de violence- et accompagnée de nombreux K-dramas qui circulent dans le monde entier, Parasite a pu rester d’actualité bien après sa sortie en salles.

    Ne ratez pas ces films si vous avez aimé « Parasite » ! 

    Si les questions que Parasite aborde vous parlent et que vous souhaitez découvrir d’autres films sur la même longueur d’onde -sud-coréens ou non- commencez par Snowpiercer (2013), dont le sujet reste le plus proche au sein de la filmographie de Bong Joon-ho. À part Squid Game que j’ai déjà citée, le nouveau film d’un autre maître du cinéma coréen, Aucun autre choix (2025) de Park Chan-wook, dont la sortie française est annoncée pour le 11 février 2026, se nourrit d’un humour noir et d’un regard critique qui n’est pas sans rappeler Parasite.

    Dans la catégorie des films autour de la famille et des personnages à la moralité grise, le film palmé de Hirokazu Kore-eda, Une Affaire de famille (2018), s’y inscrit pleinement. Sinon, des films comme Us (2019) de Jordan Peele, Saltburn (2023) d’Emerald Fennell ou The Servant (1963) de Joseph Losey restent thématiquement très proches de Parasite, tout en proposant chacun un style et une approche narrative très différents.

  • Du Pôle Express à Gremlins, 8 classiques de Noël à regarder sans modération en décembre !

    Du Pôle Express à Gremlins, 8 classiques de Noël à regarder sans modération en décembre !

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Qui n’est pas un peu coupable de regarder tous les ans les mêmes films de Noël ? Eh oui, parce que la tradition c’est la tradition après tout !

    Que vous ayez grandi en regardant les aventures folles du petit Kevin McCallister oublié par ses parents ou en citant chaque réplique culte de l’Elfe Will Ferrell ou du grincheux Grinch ; ou si vous avez vécu dans une maison où les (més)aventures de John McClane étaient le symbole, que dis-je, la quintessence même de l’esprit des fêtes de fin d'année, vous savez de quoi je parle !

    Pour JustWatch, je vous ai préparé une liste de classiques du cinéma à regarder en boucle en décembre, histoire de se mettre dans l’ambiance des fêtes ! 

    Le Pôle Express (2004)

    Je défie quiconque de ne pas verser une larme (ou plusieurs) lorsque Tom Hanks prononce ces quelques mots magiques dans Le Pôle Express (2004): « J'ai vieilli, mais le grelot tinte toujours pour moi, comme pour tous ceux qui croient. » L’animation a peut-être un peu vieilli et pourtant, quel film magnifique qui peut parler à toute la famille ou rappeler à certains combien grandir peut être difficile (surtout au moment des fêtes, lorsque certains doutes commencent à pointer le bout de leur nez…) !

    De plus, la bande originale absolument merveilleuse d’Alan Silvestri et les séquences délirantes -comme les plus sombres- de ce train magique à destination du Pôle Nord vous feront passer un moment hors du temps. Un chef-d’œuvre intemporel signé Robert Zemeckis.

    Maman, j’ai raté l'avion ! (1990)

    Tout le monde connaît les aventures de Kevin McCallister (Macaulay Culkin), que sa famille oublie à la maison alors qu’ils se rendent à Paris pour les fêtes de fin d'année ! Personnellement, je pourrais regarder Maman, j’ai raté l’avion ! (1990) et sa suite en boucle pendant les vacances de Noël.

    Non seulement l'atmosphère cosy et feutrée des fêtes de fin d'années des années 90 est imbattable, mais la bande originale de John Williams, les décorations qui éclairent les rues enneigées de Chicago et le fait que, malgré tout, ça reste une histoire sur l’importance de la famille, en font un classique instantané. Et si vous voulez enchaîner avec Maman, j’ai encore raté l'avion ! (1992), sa magie d’un Noël à New York saura sûrement satisfaire votre besoin de replonger en enfance.

    Harry Potter à l'école des sorciers (2001)

    « Joyeux Noël, Harry ! » Pour beaucoup, Harry Potter à l'école des sorciers (2001) est un film de Noël, et Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban (2004) un film d’Halloween. C’est aussi ce que je pense ! J’aime la magie qui émane du premier film, ainsi que la chaleur et le réconfort qui se dégagent du Poudlard des débuts.

    Et la séquence absolument féerique d’un premier Noël passé dans l'école mythique en est pour moi l’une des plus belles de toute cette saga. Voir la neige recouvrir le château, Hagrid traîner derrière lui le sapin qu’il installera dans la Grande Salle et entendre la musique iconique de John Williams (quel maestro !) sont des moments à revivre absolument pour passer de bonnes fêtes.

    Gremlins (1984)

    Comment oublier les trois règles essentielles à suivre lorsqu’on reçoit un Mogwai ? Pour celles et ceux d’entre vous qui en ont d’ailleurs demandé un à Noël, petite piqûre de rappel : ne jamais les exposer à la lumière ; ne jamais les mouiller ; et surtout, ne jamais les nourrir après minuit.

    Si la gentille peluche qu’est Gizmo est le parfait cadeau de Noël pour Billy, les choses prennent une tournure assez cauchemardesque (mais hilarante) lorsque les Gremlins finissent par envahir la maison de famille du jeune homme et saccager toute la déco. Dans Gremlins (1984), c’est là encore l’ambiance feutrée créée par la neige tombant à gros flocons sur la maison bardée de ces grosses guirlandes lumineuses, typiques des années 80, qui en fait un film parfait pour une soirée ciné en famille pendant l’hiver.

    Elfe (2003)

    Will Ferrell incarne Buddy the Elf dans l’une de mes comédies de Noël préférées, Elfe, sorti en 2003. Cette histoire surréaliste d’un humain adopté par l’un des Elfes du Père Noël, qui décide de faire le voyage jusqu’à New York pour retrouver son père biologique (interprété par le grand James Caan), est pleine d’humour, de séquences hilarantes mais surtout de tendresse.

    D’ailleurs pour la première fois cette année, Warner Bros Discovery dévoilera les célébrations du « December the TwELFth », une journée officielle de célébrations pendant laquelle le film ressortira au cinéma, parmi beaucoup d’autres surprises pour les fans. Malheureusement, ces animations se déroulent aux Etats-Unis et particulièrement à New York. Avec un peu de chance, la magie prendra bientôt en France ?

    Le Grinch (2000)

    Comment ne pas mentionner Le Grinch (2000), le film culte dans lequel Jim Carrey incarne le fameux vilain aux poils verts qui déroba le Noël des habitants de Chouville ? Bien que cette histoire célèbre du Dr.Seuss ait eu le droit à de nombreuses adaptations, en animation comme en live action, j’aime particulièrement la vision de Ron Howard et l'atmosphère magique qui se dégage des décors, d’ailleurs en grande partie réalisés en utilisant des effets pratiques.

    Le film fête également ses 25 ans cette année, et pour l'occasion, il bénéficie d’une sortie en Blu-ray 4K avec de nombreux bonus ajoutés, afin de découvrir comment la magie de ce classique de Noël a été créée à l'époque.

    Super Noël (1994)

    Dans Super Noël (1994), Tim Allen incarne Scott Calvin, un père celibataire qui s'apprête à passer la veille de Noël avec son jeune garçon de 6 ans, Charlie. Scott cherche à tout prix à maintenir un peu de magie pour son fils, car sa mère qui est maintenant remariée à un psychiatre, pense qu’il est temps que son fils apprenne la vérité sur le Père Noël. Le soir du 24 décembre, Scott effraie malencontreusement le bonhomme à barbe blanche qui se trouve sur le toit de la maison. Celui-ci glisse, tombe, et Scott devient dès lors… le nouveau Papa Noël ! 

    Super Noël est également un film que j'aime beaucoup revoir à cette époque de l'année, car il émane également de cette histoire la fameuse atmosphère feutrée et féerique qu’on recherche tous en fin d’année… Surtout dans les séquences qui se déroulent au Pôle Nord et dans l'atelier des lutins !

    Die Hard : Piège de Cristal (1988)

    « Yippee Ki Yay… » (je vous laisse compléter la suite). C’est enfin le moment de se repasser Piège de Cristal (1988) auprès de la cheminée qui crépite, un bon chocolat chaud à la main. Bon d’accord, ce n’est peut être pas exactement cette ambiance, mais s’il y a un bien un film qui chaque année est sujet à débats, c’est bien celui-là.

    Alors, le chef-d’œuvre de John McTiernan est-il oui ou non un film de Noël ? (Fausse question, bien sûr que oui !) Alors c’est vrai : ici, pas de cérémonie d'illumination du sapin ou de balade en traîneau dans la neige. Mais qui a décidé que c'était la seule et unique recette pour faire un film de Noël ? Un film d’action qui se déroule pendant les célébrations du 24 décembre, dans lequel on peut entendre des classiques de la saison comme Let It Snow! et qui place la famille au-dessus de tout, devient automatiquement un classique de la saison.

  • Tarantino a choisi les meilleurs films des 25 dernières années : voici où les voir !

    Tarantino a choisi les meilleurs films des 25 dernières années : voici où les voir !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Des allées de son vidéoclub aux plateaux d’Hollywood, Quentin Tarantino -ou « QT » pour les intimes- n’a jamais cessé de dévorer des films. Et de partager ses recommandations, souvent évidentes, parfois étonnantes, mais toujours dignes de confiance tant le cinéaste vibre pour le 7e Art. Au micro du podcast The Bret Easton Ellis, il vient de livrer son Top 20 du XXIème siècle, alors qu’on clôt vingt-cinq ans de cinéma depuis 2000.

    Animation, guerre, drame, horreur, post-apo, zombies, musical… Il y en a pour tous les goûts, avec de vraies surprises et de vrais parti-pris qui ne manqueront pas d'alimenter les débats cinéphiles. On n’en attendait pas moins du réalisateur de Reservoir Dogs (1992), Pulp Fiction (1994), Kill Bill (2003), Django Unchained (2012), et Once Upon A Time… in Hollywood (2019), dont le dixième (et dernier ?) long métrage reste très attendu.

    20. West Side Story (2021)

    Un Top sans film de Steven Spielberg aurait été une hérésie. « QT » a choisi West Side Story (2021), remake du classique de Robert Wise et Jerome Robbins (l’un des rares de la carrière du cinéaste). 50 ans après, Spielberg revisite l'amour impossible entre Maria et Tony sur fond de guerre des gangs entre Jets et Sharks. Il livre au passage sa première comédie musicale et c’est flamboyant, avec des séquences chantées/dansées épatantes. « C’est le film où il prouve qu’il est toujours au sommet de son art. Je ne crois pas que Scorsese ait réalisé un film aussi captivant [depuis le début du siècle]. Ça l’a véritablement revigoré ».

    19. Cabin Fever (2003)

    C’est la première surprise de ce classement made in Tarantino : le film d’horreur Cabin Fever (2003) d’Eli Roth, fidèle compère du cinéaste (Roth jouait dans Boulevard de la Mort et Inglourious Basterds, Tarantino a produit Hostel et Hostel chapitre II). C’est un long métrage éprouvant et très gore, où un virus mangeur de chair contamine un groupe d’amis partis en week-end dans une cabane isolée. On le regarde avec les dents serrés en raison de plans parfois insoutenables (l’épilation au rasoir m’a marqué…). « L’humour d’Eli, son sens du gore… ça fonctionne vraiment à merveille. (...) Hostel est peut-être son meilleur film, mais celui-ci est mon préféré. »

    18. Le Stratège (2011)

    Les films de sports US marchent rarement en France. Que ce soit le basketball, le football américain ou le baseball. Et c’est dommage, car le public hexagonal passe à côté de pépites comme Le Stratège (2011) de Bennett Miller, dans lequel Brad Pitt reprend les rênes d’une équipe en perdition en s’appuyant uniquement sur les statistiques et les mathématiques. C’est passionnant, haletant… et inspiré d’une histoire vraie. « La performance de Brad Pitt est l'une de mes préférées de ces vingt dernières années. Ou quand une star de cinéma nous rappelle pourquoi elle est une star de cinéma en portant le film sur ses épaules. »

    17. Chocolate (2008)

    « Voici un film dont vous n’avez probablement jamais entendu parler. Ce sont parmi les meilleurs combats de kung-fu que j’aie jamais vus au cinéma. » Effectivement, je suis passé à côté de ce concentré d'action thaïlandais par le réalisateur de Ong-Bak !  Mais si « QT » le recommande, lui qui a vu à peu près tout ce qui se fait dans le genre du film d’arts martiaux, il est préférable de l’écouter. L’histoire de Chocolate (2008), portée par Yanin Vismistananda (qui s’est entraînée quatre ans pour le rôle !), raconte comment une jeune fille va utiliser son don pour le combat pour récupérer l’argent de sa mère malade auprès de ses débiteurs… Et visiblement, ça fait (très) mal !

    16. The Devil’s Rejects (2005)

    Quand Rob Zombie s’essaie au cinéma, ça fait mal là aussi. Son premier film, La Maison des 1000 morts (2003) centré sur la famille Firefly, en témoigne. Deux ans après ce coup d’essai, il retrouve le Capitaine Spaulding, Otis et Baby (Sid Haig, Bill Moseley et Sheri Moon Zombie) dans une suite baptisée The Devil’s Rejects (2005) qui va encore plus loin dans les méfaits de ce trio ultra-violent et sadique inspiré par Ed Gein. « Ce style brut, entre le western à la Peckinpah et Charles Manson, n'existait pas vraiment avant et il l'a peaufiné avec ce film. Il l'a fusionné avec l'imagerie de ploucs dégénérés, et c'est devenu un genre à part entière. »

    15. La Passion du Christ (2004)

    Bon, jusque-là, force est de constater que la sélection est douloureuse ! La Passion du Christ (2004) s’inscrit aussi dans cette approche, avec une vision extrêmement violente du calvaire subi par Jésus (Jim Caviezel). Couronne d’épines, lourde croix à porter, flagellation arrachant la chair, crucifixion… Mel Gibson ne nous épargne aucun détail, lui qui a toujours été fasciné par la dimension sacrificielle de la torture de Braveheart à Apocalypto. C’était, pour moi, un immense choc de cinéma à sa sortie. Tarantino lui… a ri ! « J'ai beaucoup ri pendant le film. Pas parce qu'on essayait d'être pervers ou de se moquer de Jésus qui se fait massacrer : c’est juste que la violence extrême me fait rire. Et plus on va loin dans l'extrême, plus ça devient drôle. Mel a fait un travail formidable à la réalisation. Il m'a plongé dans cette époque. »

    14. Rock Academy (2003)

    Oui, Jack Black en enseignant de musique métalleux fait partie du Top de « QT ». Du Top 15 même ! Rock Academy (2003), c’est une autre belle surprise de ce classement, et l’occasion de (re)découvrir un film réjouissant qui s’inscrit dans la famille inspirante des « films de profs qu’on adore » aux côtés du Cercle des Poètes Disparus, Professeur Holland ou Esprits Rebelles. Jack Black est parfait est dans le rôle, et tous les gamins sont au… diapason (c'est le cas de le dire !). « C'était vraiment génial au cinéma. La projection était vraiment super. Je pense que la combinaison explosive de Jack Black, Rick Linklater et Mike White a rendu ce film spécial. »

    13. Jackass, le film (2002)

    Il n’y a aucun film de Scorsese dans cette liste… mais on y retrouve Jackass, le film (2002) ! Les choix de Tarantino sont décidément étonnants. Si vous ne connaissez pas cette « saga » des années 2000, tout part d’un programme MTV où une bande de fous-furieux (Johnny Knoxville, Bam Margera, Steve-O…) se lance dans des défis stupides et risqués (voire dangereux) réalisés sans trucage. Leurs aventures ont été déclinées dans de nombreux films jusqu'en 2022, et ont notamment inspiré Les 11 Commandements (2004) en France. « C’est le film qui m’a le plus fait rire ces 20 dernières années. (...) Pendant le tournage de Kill Bill, j’ai trouvé ce film tellement hilarant que j’ai dû le montrer à l’équipe. (...) On était morts de rire. »

    12. Big Bad Wolves (2013)

    Comme Chocolate, je suis totalement passé à côté de Big Bad Wolves (2013), thriller israélien qui confronte trois personnages en huis clos : le père d’une jeune fille assassinée, un policier prêt à tout pour connaître la vérité et le principal suspect des meurtres, torturé par les deux hommes dans une cave. Quentin Tarantino avait fait du long métrage de Aharon Keshales et Navot Papushado et de ces grands méchants loups son chouchou de l’année au moment de sa sortie. « Ce film possède un scénario fantastique et une intrigue similaire à celle de Prisoners.(...) Ils l’abordent avec du cran et de l’audace, et vous savez que le film américain n’oserait pas faire ça. »

    11. Battle Royale (2000)

    Quand un film donne son nom à un genre, c’est qu’il est marquant. C’est le cas du jeu mortel proposé par Kinji Fukasaku dans Battle Royale (2000). Sous la supervision de l’iconique Takeshi Kitano, professeur désabusé face à l’insolence de ses élèves, une classe est emmenée sur une île déserte pour s’entretuer : au bout de trois jours, il ne devra en rester qu’un.e. Sanglant, choquant, puissant, le long métrage occupe une place particulière dans le cœur de Tarantino, qui reproche à Hunger Games de s’en être beaucoup inspiré. « Je n'avais aucune idée de ce que j'allais voir. Et p**** de m**** ! Je ne sais même pas ce que j'ai vu. C'était tellement dingue… (...) Je ne comprends pas comment l'auteur japonais n'a pas poursuivi Suzanne Collins. Ils ont tout simplement plagié son livre. Ces imbéciles de critiques littéraires n'iraient jamais voir un film japonais intitulé Battle Royale, alors ils ne l'ont jamais dénoncé ; ils ont même encensé le livre, le qualifiant d'œuvre la plus originale qu'ils aient jamais lue. Mais dès que les critiques de cinéma ont vu le film, ils se sont exclamés : Mais qu'est-ce que c'est que ça ? C'est Battle Royale, en version tout public ! »

    10. Minuit à Paris (2011)

    La déambulation poético-romantique d’Owen Wilson dans les rues de la capitale, imaginée par Woody Allen, a visiblement beaucoup plu à Quentin Tarantino. Minuit à Paris (2011), où l’on croise les Frenchies Marion Cotillard, Carla Bruni, Léa Seydoux, Gad Elmaleh, Guillaume Gouix, Audrey Fleurot, Sonia Rolland, Catherine Benguigui, Olivier Rabourdin, Michel Vuillermoz ou Atmen Kélif (pour ne citer qu’elles/eux) se glisse ainsi dans le Top 10 du cinéaste, grâce à la performance de son acteur principal. « Je ne supporte vraiment pas Owen Wilson. La première fois que j'ai vu le film, je l'ai adoré et je l'ai détesté. La deuxième fois, je me suis dit : d'accord, arrête de faire ton difficile, il n'est pas si mal. Et puis, la troisième fois, je me suis surpris à ne plus regarder que lui. »

    9. Shaun of the Dead (2004)

    Quand Shaun of the Dead (2004) arrive sur nos écrans, c’est une triple révélation : la patte d’Edgar Wright derrière la caméra, qui deviendra l’un des cinéastes contemporains les plus intéressants ; le duo Simon Pegg / Nick Frost, qu’on retrouvera ensuite dans Hot Fuzz et Le Dernier Pub avant la fin du monde ; et cette idée géniale de rire (mais pas que) avec les codes du film de morts-vivants. Bref, un long métrage majeur, qui arrive la même année que l'énervé L’Armée des morts pour redonner du sang neuf aux zombies. « Mon ‘premier film’ préféré. (...) J’ai adoré voir à quel point il aimait l’univers de Romero, qu’il a recréé. Le scénario est vraiment excellent, c’est l’un des films les plus cultes de cette liste. (...). Ce n’est pas une parodie de film de zombies, c’est un vrai film de zombies, et j’apprécie cette nuance. » 

    8. Mad Max : Fury Road (2015)

    Voir George Miller revisiter l’univers post-apocalyptique de Mad Max avec un tel brio visuel, c'est évidemment réjouissant. Même si Mad Max 2 (1981) occupe une place à ma part dans mon panthéon personnel (c’est mon film préféré de tous les temps), je dois reconnaître que Fury Road (2015) possède d’immenses qualités, que je n’ai pas louées tout de suite et que je découvre au fil de mes revisionnages. Mais je m’égare, on est là pour laisser la parole à Tarantino ! « Au départ, je n'avais pas l'intention de le voir, tout simplement parce que dans un monde où Mel Gibson existe, il n'incarnerait pas Max ? Je veux Mad Mel ! (...) Et puis je l'ai vu. C'est vraiment génial, et on a l'impression d'assister à l'œuvre d'un cinéaste de génie. Il avait tout l'argent et tout le temps du monde pour le réaliser exactement comme il le souhaitait. » 

    7. Unstoppable (2010)

    Bon… Autant je peux suivre « QT » sur plein de choses, autant là je ne comprends pas bien. Que Unstoppable (2010) se retrouve dans une liste des films-catastrophe solides, aucun souci là-dessus. L’association Tony Scott / Denzel Washington / Chris Pine pour stopper un train de produits chimiques lancé à pleine vitesse est plutôt efficace. Mais dans le Top 20 (et même 10 !) des films les plus marquants des 25 dernières années, je ne suis pas sûr… Quentin ?  « C'est l'un de mes ‘derniers films’ préférés d'un réalisateur. Je l'ai vu quatre fois, et à chaque fois, je l'apprécie davantage. Si vous m'aviez posé la question il y a quelques années, j'aurais sans doute cité Man on Fire, mais Unstoppable est l'une des expressions les plus pures de l'esthétique d'action de Tony Scott. (...) C'est l'un des meilleurs films de monstres du XXIe siècle. (...) Le train se transforme en monstre. Et il devient l'un des plus grands monstres de notre époque. Plus puissant que Godzilla, plus puissant que les King Kong. »

    6. Zodiac (2007)

    Quentin Tarantino a souvent loué les qualités de The Social Network (2010), en faisant le meilleur film des années 2010. Il lui préfère ici un autre bijou signé David Fincher, le passionnant Zodiac (2007) qui replonge dans les méandres de l’enquête autour du célèbre tueur en série, à travers le regard de policiers et de journalistes. Devant la caméra du cinéaste, Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo, Anthony Edwards et Robert Downey Jr. font des merveilles. « Quand j’ai vu Zodiac la première fois, ça ne m’a pas vraiment emballé. Puis, il a commencé à passer sur des chaînes de cinéma, et avant même de m’en rendre compte, après 20 minutes, puis 40 minutes, j’ai réalisé que c’était beaucoup plus captivant que dans mon souvenir. Il me happait à plusieurs reprises, alors j’ai décidé de le revoir, et à partir de là, l’expérience a été complètement différente. Je me surprends à le revoir tous les six/sept ans, et c’est un véritable plaisir, un moment privilégié que je savoure pleinement. (...) C’est un chef-d’œuvre envoûtant. »

    5. There Will Be Blood (2007)

    Alors que Paul Thomas Anderson se place en grand favori de la saison des récompenses 2025 avec Une bataille après l’autre, Quentin Tarantino célèbre un autre de ses chefs d'œuvres : There Will Be Blood (2007). Épique, âpre, virtuose, exigeant, lyrique, austère, fulgurant, monumental… les qualificatifs ne manquent pas pour qualifier cette sombre épopée autour de la découverte du pétrole, portée par un Daniel Day-Lewis flamboyant qui remportera le deuxième de ses trois Oscars pour son interprétation. « Le film dégage une qualité artisanale à l'ancienne. On y retrouve le savoir-faire du vieil Hollywood sans en faire des tonnes. C'est le seul film qu'il ait fait -et je lui en ai parlé- sans scène d'anthologie. L'incendie est ce qui s'en rapproche le plus. L'important, c'était le récit, l'histoire, et il l'a fait de façon absolument magistrale. »

    4. Dunkerque (2017)

    A chaque grand cinéaste son grand film de guerre. Après Kubrick, Coppola, Spielberg, Malick, De Palma, Stone ou Bigelow, Christopher Nolan signe le sien avec Dunkerque (2017) dans lequel il magnifie une débandade militaire en utilisant une narration qui joue -comme toujours chez lui- sur le temps. Une semaine, un jour, une heure : la construction est d’une précision remarquable et donne toute son ampleur aux différents récits et destins qui traversent cette histoire. Ce n’est pas qu’un grand film de guerre, c’est un grand film tout court, qui revient en tête de manière régulière, comme les vagues sur les plages du Nord. « Un autre film que je n'avais pas aimé au départ… Ce que j'apprécie maintenant, c'est la maîtrise dont il fait preuve. À force de le revoir, j'ai fini par l'apprécier. La première fois, il ne m'a pas laissé de marbre : j'étais tellement sidéré que je ne comprenais pas vraiment ce que je voyais, c'était presque trop. Puis, à la deuxième vision, j'ai commencé à mieux le saisir, et à la troisième et à la quatrième fois, c'était tout simplement époustouflant. »

    3. Lost in Translation (2003)

    Une cinéaste grimpe sur le podium de ce classement tarantinesque : Sofia Coppola, dont le doux-amer Lost in Translation (2003) avait confirmé sa patte et sa place dans le cinéma après le marquant Virgin Suicides (2000). La fille de Francis Ford Coppola s’est définitivement fait un prénom en racontant la rencontre inopinée d’un acteur sur le déclin et d’une jeune Américaine à Tokyo (Bill Murray et Scarlett Johansson). Et en nous laissant sur ce chuchotement final entre les deux personnages, qui reste encore un mystère à ce jour. « J’ai tellement aimé que je suis tombé amoureux de Sofia Coppola et j’en ai fait ma petite amie ! (Rires) J’en ai parlé à Pedro Almodóvar, et nous étions tous les deux d’accord pour dire que c’était un film tellement girly, d’une manière délicieuse. Je n’avais pas vu un film aussi girly depuis très longtemps, et je n’en avais jamais vu un aussi bien réalisé. »

    2. Toy Story 3 (2010)

    Quentin Tarantino n’a jamais caché son incompréhension -et même son agacement- vis à vis de Toy Story 4 (2019) et de la volonté de poursuivre la franchise Pixar (avec Buzz l’éclair et le prochain Toy Story 5). On comprend mieux sa réaction en voyant Toy Story 3 (2010) s’installer sur la deuxième marche de son classement. Le film est en effet une parfaite conclusion à une trilogie parfaite, qui n’a jamais relégué sa narration et ses personnages derrière la réussite technique de l’animation. Il est dès lors impossible de ne pas verser une larme devant la scène finale (mes yeux se brouillent rien qu’en écrivant ces lignes). « Ces cinq dernières minutes m'ont brisé le cœur, et si j'essaie de décrire la fin, je vais me mettre à pleurer et à avoir la gorge nouée… C'est tout simplement remarquable. (...) Je pense que personne n’a jamais vraiment réussi un troisième volet. Pour moi, il y a juste Le Bon, la Brute et le Truand et celui-ci. C'est Le Bon, la Brute et le Truand du cinéma d'animation. C'est la meilleure fin de trilogie qui soit. »

    1. La Chute du Faucon Noir (2001)

    Si vous avez vibré devant des films comme 13 Hours (2016) ou Warfare (2025) -et je vous comprends, sachez qu’ils doivent TOUT à La Chute du Faucon Noir / Black Hawk Down (2001) de Ridley Scott. En revisitant les combats survenus à Mogadiscio en octobre 1993, le réalisateur de Gladiator livre une immersion inégalée au cœur de la guerre urbaine, qui vous prend aux tripes de la première à la dernière minute. Avec une distribution hallucinante qui fait corps avec la mise en scène et se met au service de cette histoire vraie (Josh Hartnett, Ewan McGregor, Ioan Gruffudd, Jason Isaacs, Orlando Bloom, Tom Hardy, Sam Shepard, Eric Bana, William Fichtner, Nikolaj Coster-Waldau, Ron Eldard, Jeremy Piven…). « Je le considère comme un chef-d'œuvre. (...) C'est le seul film qui adopte pleinement l'esprit d'Apocalypse Now, tant au niveau des effets visuels que de l'atmosphère, et je trouve qu'il y parvient. L'intensité est maintenue pendant 2 heures 45 minutes. Je l'ai revu récemment et mon cœur battait la chamade du début à la fin : il m'a captivé et ne m'a plus lâché, et pourtant ça faisait longtemps que je ne l'avais pas revu. La réalisation est tout simplement extraordinaire. »

  • Les 10 films de Noël incontournables

    Les 10 films de Noël incontournables

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Chaque année, en décembre, le grand barnum des festivités de Noël recommence. Et chaque année, on est toutes et tous ravi de retrouver les premiers froid, les files d'attente dans les magasins, les vitrines éclairées, les repas à rallonge, les feux de cheminées... et les soirées cinéma en famille. Des moments où on aime voir et revoir les mêmes films, et les transmettre au fil des années aux nouvelles générations.

    Quel que soit le genre, c’est toujours difficile de déterminer LA watchlist indiscutable. Chacun.e a, finalement, ses propres incontournables. Encore plus en ce qui concerne Noël. Néanmoins, pour cette liste JustWatch, je crois avoir rassemblé dix longs métrages VRAIMENT iconiques, dans des styles un peu différents, mais qui font sens une fois qu’on se retrouve toutes et tous ensemble, confortablement installés sous un plaid douillet, un chocolat chaud dans une main et un bol de friandises pas trop loin de l’autre.

    Si vous n’avez pas vu ces films, voyez-les. Et si vous avez déjà vu ces films… revoyez-les ! Bons visionnages et très belles fêtes !

    Maman, j'ai raté l'avion ! (1990)

    C’est le premier titre qui me vient en tête quand on me dit « film de Noël ». Et, le temps passant, j’y découvre à chaque visionnage quelque chose qui résonne différemment. Dans mon enfance, je rêvais d’être Macaulay Culkin, oublié par sa famille partie en vacances à Paris, et bien décidé à protéger sa maison des cambrioleurs qui veulent s’y introduire. Adolescent, j’adorais les Casseurs-Flotteurs, le tandem de voleurs-losers formé par Joe Pesci et Daniel Stern (qui a inspiré le nom du groupe d’Orelsan et Gringe !). Devenu adulte, je regarde avec tendresse les parents dépassés de Kevin et le périple de cette mère-courage pour retrouver son cher petit.

    En bon vrai classique, Maman, j'ai raté l'avion ! (1990) résiste au temps qui passe. Et il trouve un écho inchangé chez les jeunes spectateurs. J’ai adoré entendre les éclats de rire de mes enfants devant les pièges douloureux (mais hilarants) imaginés par notre jeune héros. Et j’aime toujours ce moment de bascule très émouvant où le « voisin qui fait peur » dévoile une histoire de famille extrêmement touchante. Et puis cette musique, entre composition de John Williams et chants de Noël… Je parlais d’incontournable, c’en est définitivement un, qu’on peut prolonger avec Maman, j’ai encore raté l’avion (1992) qui transpose le concept à New York avec le juste mélange de redite et de nouveauté. En revanche, sauf si les enfants les réclament, Maman, je m'occupe des méchants ! (1997) et Maman, j'ai raté l'avion! (ça recommence) (2021) sont loin d’être des indispensables de mon point de vue. Ah oui, La Course au jouet (1996) avec un Schwarzie lancé sur les traces du cadeau parfait pour son fils devrait aussi vous plaire !

    L'Étrange Noël de monsieur Jack (1993)

    Film de Noël… ou film d’Halloween ? La question se pose chaque année, et j’y réponds facilement : regardez-le deux fois ! L'Étrange Noël de monsieur Jack (1993) est un chef d'œuvre de la stop motion, cette technique d’animation image par image qui donne vie aux objets et aux figurines. C’est non seulement une prouesse technique, mais c’est surtout une histoire toujours aussi magique, avec ce qu’il faut de merveilleux pour faire rêver petits et grands, de macabre pour donner quelques frissons bienvenus et de chansons entêtantes (merci Danny Elfman !).

    Conçu comme un conte (de Noël ou d’Halloween, vous choisirez) musical, le film nous plonge dans la ville d’Halloween, peuplée de monstres, de sorcières et de créatures terrifiantes. Mais pas si méchantes, à l’image du squelette Jack Skellington, flamboyant roi des citrouilles fatigué de sa routine lugubre. En découvrant par hasard un passage vers la ville de Noël, il décide de célébrer cette nouvelle fête étrange… Soyez certain.es que le film d’Henry Selick (et pas de Tim Burton, qui a certes imaginé l’histoire et ses personnages mais ne l’a pas réalisé) est un bijou inoubliable, qui peut fonctionner en double-séance avec Edward aux mains d’argent (1990), un autre magnifique conte gothique cette fois signé Burton.

    Klaus (2019)

    Quand Netflix dévoile Klaus à la fin de l’année 2019, la surprise est totale. Un peu sorti de nulle part, le premier film d’animation original de la plateforme s’impose immédiatement comme un classique (de Noël, mais pas que), salué par un BAFTA, une pluie d’Annie Awards (les trophées de l’animation) et une nomination aux Oscars. Un plébiscite on ne peut plus mérité pour Sergio Pablos (ancien animateur pour les plus grands studios américains), qui livre une histoire magique, touchante, émouvante, inspirante… et visuellement sublime, en optant pour une 2D « à l’ancienne » là où les images de synthèse 3D dominent le marché.

    J’ai beaucoup aimé la simplicité de son approche (en apparence du moins, car atteindre la simplicité est d’une complexité immense, on ne le rappellera jamais assez). Car Klaus propose une réinvention du mythe du Père Noël, qui raconte comment un facteur cynique, un menuisier solitaire et une institutrice lumineuse vont imaginer une manière de ramener joie, bienveillance et solidarité dans le morne et glacial village de Smeerensburg. Dans le même genre, vous pourriez aimer L’Apprenti Père Noël (2010) / L’Apprenti Père Noël et le Flocon magique (2013), Mission : Noël - Les Aventures de la famille Noël (2011), Sauvons le Père Noël (2013) et Un garçon nommé Noël (2021).

    Santa & Cie (2017)

    Si le public américain a son Super Noël (1994) avec Tim Allen sous la barbe et la hotte, le public français peut se revendiquer d’un inoubliable Père Noël nommé Alain Chabat dans Santa & Cie (2017). Même si tout n’est pas parfait dans le long métrage, j’aime beaucoup cette « revisite » de la magie des fêtes par le prisme de l’humour de l’ex-Nul. On retrouve dans le film sa patte unique, mélange de bonnes vannes, de situations absurdes, d’une vraie maestria visuelle et d’une grande bienveillance. Avec l’histoire de ce Père Noël embarqué sur Terre pour trouver un remède susceptible de soigner ses 92 000 lutins, on sent que l’animateur du Burger Quiz se fait plaisir en nous faisant plaisir.

    Comme dans RRRrrrr !!! (2004) et Mission Cléopâtre (2002), il y a de quoi enchanter les petits comme faire marrer les grands enfants que nous sommes (avec une ref géniale au Red is Dead de La Cité de la peur et un tandem Grégoire Ludig / David Marsais hilarant !). Et puis, il y a autre chose que j’aime beaucoup dans Santa & Cie : le couple Golshifteh Farahani / Pio Marmaï, parents épuisés, qui galèrent et vivent dans un appartement trop petit et pas très bien rangé. ENFIN une vision réaliste, loin des clichés habituels des CSP+ triomphants et de leurs vastes habitations ! Si vous avez aimé le film, jetez un oeil à d’autres « french Santa Claus » : Le Père Noël (2014) avec Tahar Rahim, À la poursuite du Père Noël ! (2025) avec Patrick Timsit… et Le Père Noël est une ordure (1982) emmené par la troupe du Splendid.

    Le Grinch (2003)

    Il était une fois quelqu’un qui n’aimait pas Noël… Cet ignoble personnage -pas si méchant que ça, rassurez-vous-, c’est Le Grinch (2000) ! Sous le costume verdâtre du monstre grincheux (qu’il a porté pendant 92 jours !), Jim Carrey livre un festival de mimiques cartoonesques dont il a le secret depuis The Mask (1994). Avec la ferme intention de gâcher -et même pourrir, disons les choses comme elles sont- le joyeux Noël des habitants de Chouville (Whoville en version originale). Mais la petite Cindy Lou (Taylor Momsen) va peut-être réussir à refaire battre le cœur trois fois trop petit de ce grognon mal-aimé…

    Je vais être honnête, je suis assez hermétique à l’univers du Dr. Seuss. Je peux même dire que cette bienveillance sirupeuse peut vite me crisper. Mais je dois avouer que le film de Ron Howard est un vrai chouette moment cinéma de Noël, grâce à la performance de Jim Carrey (j’adore ses échanges avec son pauvre chien Max !). Pour une autre version, vous pouvez vous tourner vers le film d’animation Le Grinch (2018) des studios Illumination… et pour les plus grands vers Bad Santa (2003) à réserver à un public averti !

    Le Drôle de Noël de Scrooge (2009)

    Le célèbre A Christmas Carol / Un chant de Noël de Charles Dickens est LE conte anglo-saxon par excellence. Les adaptations ont été nombreuses, mais si je devais en recommander une, ce serait sans doute Le Drôle de Noël de Scrooge (2009). L’histoire ne change pas, celle du riche, pingre, solitaire et insensible Ebenezer Scrooge qui va vivre un Noël qu'il ne sera pas près d'oublier : visité par trois esprits (des Noëls passés, des Noëls présents et des Noëls futurs), il a être amené à reconsidérer son sens de la vie et des valeurs.

    Porté par Jim Carrey dans quatre rôles différents (Scrooge et les esprits), le long métrage animé de Robert Zemeckis utilise les avancées techniques de la performance capture pour offrir la vision la plus fidèle possible du conte original. C’est visuellement très impressionnant, et plutôt réussi côté émotions là où son Pôle Express (2004) avec Tom Hanks m’a toujours semblé un peu « froid ». Si cette adaptation vous a enchantés, vous pouvez vous tourner vers Scrooge (1951), Le Noël de Mickey (1983), A Christmas Carol (1984), Fantômes en fête (1988), Noël chez les Muppets (1992), La Nuit des fantômes (1999) ou la série Un chant de Noël (2019).

    Love Actually (2003)

    Oui, Love Actually (2003) est un film de Noël. C’est même LA romcom de Noël par excellence, avec son ambiance hivernale londonienne délicieusement romantique et sa galerie de personnages confrontés à un amour imprévisible, inexplicable, insurmontable et surtout omniprésent. Car le long métrage de Richard Curtis est ce qu’on appelle un film-choral : pas de protagoniste principal, mais une multitude de destins, plus ou moins liés entre eux, qui vont se croiser, se frôler et se confronter en cette veille de réveillon britannique.

    Au sein de la distribution, prestigieuse, on retrouve Hugh Grant en Premier ministre craquant par sa nouvelle collaboratrice, Emma Thompson en épouse trompée par Alan Rickman, Liam Neeson en veuf qui va aider son beau-fils face à ses premiers émois, Colin Firth en auteur confronté à un coup de coeur inattendu, Laura Linney en célibataire charmée par son collègue, Martin Freeman en acteur X trouvant l’amour sur un tournage coquin… Bref, du très beau monde, sans oublier, bien sûr, la célèbre « déclaration aux panneaux » d’Andrew Lincoln à l’inaccessible Keira Knightley qui s’apprête à épouser son meilleur ami.  C’est ultra-cliché, et peut-être red flag sous certains aspects, mais ce film m’attrape à chaque fois. Comme The Holiday (2006) ou Un amour à New York (2001).

    Gremlins (1984)

    Vous qui lisez ces lignes et moi, on aime Noël. Sinon on ne serait pas en train de passer ce petit moment ensemble. Mais il y a au fond de chacun.e d’entre-nous un.e sale gosse qui rêve aussi de saccager la fête. Et pour cela, rien de mieux que Gremlins (1984), film culte eighties s’il en est, qui décide de s’attaquer à l’esprit des fêtes made in USA, grâce à l’humour au vitriol de Joe Dante, sorte de cousin (gentiment) maléfique de Steven Spielberg. Si ce dernier est à la production de cette aventure, il laisse les mains libres à son ami pour mettre en scène une invasion d’horribles créatures pendant les fêtes de fin d’année.

    A l’origine de cette déferlante monstrueuse, il y a une créature trop mignonne : Gizmo, un Mogwai sur lequel il faut veiller avec grand soin, au risque de voir apparaître des bestioles beaucoup moins sympathiques. Lâchés dans les rues de Kingston Falls, les Gremlins détruisent tout sur leur passage, et on adore ! L’occasion pour Joe Dante de mêler frissons, rires et une critique anticonsumériste à peine cachée. Après cette première attaque, une deuxième dose s’impose avec Gremlins 2: La Nouvelle Génération (1990). Et pour aller plus loin dans l’horreur de Noël, vous pouvez tenter Jack Frost (1997), Père Noël Origines (2010) ou Krampus (2015).

    Piège de Cristal (1988)

    « Viens me voir à Los Angeles, on passera Noël en famille, on fera la fête ! » Prononcée par Bruce Willis dans un conduit d’aération poussiéreux de la Nakatomi Plaza, cette réplique est un pur délice. Piège de Cristal (1998) est non seulement un monument du cinéma d’action signé du maestro John McTiernan, mais aussi un incontournable des films de Noël, qu’on prend plaisir à revoir chaque année en famille ou entre amis pour anticiper les punchlines (dont le légendaire « Yippee-ki-yay, m*********** ! », devenu un tout aussi mémorable « Yippee-ki-yay, p***** c** ! » en version française grâce au timbre inimitable de Patrick Poivey).

    40 étages en otage annonce le slogan du film, avec l’efficacité du marketing hollywoodien des années 80. Ou comment John McClane, flic de New York presque divorcé, rend visite à sa future ex-femme dans ses bueaux de Los Angeles pour tomber sur un braquage orchestré par la bande de Hans Gruber (Alan Rickman dans ton tout premier rôle est fabuleux !). Que dire si ce n’est que le premier volet de la saga Die Hard et des mésaventures de John McClane n’a pas pris une ride. Un classique intemporel, en somme. Si vous aimez les gunfights en décembre, je vous recommande aussi L’Arme Fatale (1987), Kiss Kiss Bang Bang (2005), Bons baisers de Bruges (2008) et… 58 minutes pour vivre / Die Hard 2 (1990), bien sûr ! 

    Elfe (2003)

    Will Ferrell est un génie comique. Je l’affirme et je le signe. Des sketchs du Saturday Night Live aux plateaux de Présentateur Vedette (2004) en passant par les circuits de Ricky Bobby (2006) ou les enquêtes de Very Bad Cops (2010), le comédien me fait hurler de rire par sa capacité à donner vie à des personnages à la fois hilarants et terriblement attachants, sorte de grands gamins déjantés qui se permettent tous les délires et tous les comportements. Il le fait aussi dans Elfe (2003), son premier vrai succès en tête d’affiche dans lequel il incarne Buddy, un humain élevé par les lutins du Père Noël.

    Devenu adulte, Buddy est devenu bien trop grand pour continuer à vivre au Pôle Nord. Il est alors renvoyé vers notre monde, où il décide de retrouver la trace de son père biologique. Will Ferrell, son costume vert et son air ahuri de grand dadais dans les rues de New York : écrire ces quelques mots suffit à faire naître un sourire sur mon visage. Alors imaginez ce que cela peut donner à l’écran ! Si vous adhérez au délire, vous découvrirez une comédie familiale culte qui mêle humour absurde et magie de Noël, entre rires potaches et célébration de la gentillesse. A poursuivre avec d’autres Christmas Movies US avec un pied dans le merveilleux et un pied dans la réalité, comme Frère Noël (2007) avec Vince Vaughn, Les Chroniques de Noël (2018) porté par Kurt Russell, Red One (2024) épaulé par Dwayne Johnson ou Spirited, l’esprit de Noël (2022) emmené par Ryan Reynolds et… Will Ferrell !

  • Tarantino : un nouveau Kill Bill est enfin sorti… mais ce n’est pas ce que vous attendiez !

    Tarantino : un nouveau Kill Bill est enfin sorti… mais ce n’est pas ce que vous attendiez !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Si, comme moi, vous avez pu participer au Festival de Cannes 2006, vous avez peut-être eu le privilège d’assister à une séance restée légendaire : la projection des deux volets de Kill Bill, réunis en un seul long film et séparés par un entracte, proposant notamment la fameuse (et sanglante) séquence des Crazy 88 en couleurs !

    Je garde un souvenir mémorable de cette projection, alors que Quentin Tarantino, assis à quelques rangées devant moi, applaudissait et riait à son propre film avec la générosité qu’on lui connaît. Ce moment rare, que beaucoup de fans de « QT » n’ont pas pu vivre, va enfin être dévoilé au plus grand nombre avec la sortie américaine de Kill Bill : The Whole Bloody Affair ce 5 décembre 2025.

    C’est quoi « The Whole Bloody Affair » ?

    Plus de deux décennies après la sortie du diptyque Kill Bill : Volume 1 (2023) / Kill Bill : Volume 2 (2004), Quentin Tarantino dévoile au monde entier la version intégrale de l’histoire de la Mariée (Uma Thurman), lancée dans une vengeance implacable contre ses anciens partenaires tueurs à gages après qu’ils l’aient laissée pour morte le jour de son mariage, sur les ordres de Bill (David Carradine). Œuvre culte s’il en est, le quatrième long métrage de « QT » est un véritable condensé de pop culture, entre sa bande originale mémorable, ses références à Bruce Lee et autres monuments du film d’arts martiaux, ses séquences d’action folles et ses personnages inoubliables.

    Cette année, le cinéaste a décidé d’offrir un magnifique cadeau aux spectateurs avec une ressortie dans une version intégrale, annoncée à 281 minutes (dont 15 minutes d’entracte), contre 248 minutes pour la version que j’ai pu voir sur la Croisette. « J’ai écrit et réalisé ce film comme un seul et même opus, et je suis ravi d’offrir aux fans la possibilité de le voir ainsi », explique Tarantino dans un communiqué. « La meilleure façon de voir Kill Bill : The Whole Bloody Affair est au cinéma, à travers une glorieuse projection en 70 mm ou en 35 mm. Du sang et des tripes sur grand écran, dans toute leur splendeur ! »

    Entre 18 et 33 minutes de nouvelles images sont annoncées dont : des plans plus gores ; la version entièrement colorisée du combat entre Beatrix Kiddo et les Yakuzas (dans la version originale, on passait au noir et blanc suite à un arrachage d’oeil du plus bel effet) ; des scènes inédites ou alternatives ; quelques remontages (une scène clé que je ne spoilerai pas ici est déplacée de la fin du Volume 1 à la dernière partie des 4h41 de spectacle) ; ainsi qu’une nouvelle séquence animée de 7 minutes qui complète le segment sur les origines de O-Ren Ishii (Lucy Liu), toujours produite par les studios Production IG. Mais il y a aussi une autre surprise, à découvrir en ligne grâce… au jeu vidéo en ligne Fortnite !

    « Kill Bill », le chapitre manquant

    Au-delà des dix chapitres qui composent cette histoire, il y a eu un segment manquant, jamais réalisé et resté une arlésienne au grand désarroi des fans. Dans son scénario initial, Quentin Tarantino avait imaginé un affrontement au sommet entre la Mariée et la soeur de Gogo Yubari (la garde du corps psychopathe de O-Ren), baptisée Yuki et venue venger sa jumelle juste après que Beatrix ait éliminée Vernita Green (Vivica A. Fox), le deuxième nom de sa liste mortelle. Trop ambitieux en termes d'action et trop fou pour s'intégrer au film, ce chapitre était resté à l’état d’idée inachevée.

    Et puis, grâce à Fortnite, ce combat a pris vie. Développé par Epic Games en utilisant le moteur 3D Unreal Engine, le court métrage, baptisé Kill Bill - The Lost Chapter: Yuki's Revenge (2025), est un projet hybride étonnant, qui dévoile un pan inédit du long métrage au sein de l’univers cartoon du jeu vidéo. Pendant le duel entre Beatrix et Yuki, on croise ainsi des personnages de Fortnite (Chomp Sr., Skull Trooper, Peely, Lil Whip, Mothmando, Mullet Marauder & Aerobic Assassin), le sang est remplacé par un effet bleu pixélisé tout public, le célèbre Pussy Wagon est rebaptisé de manière plus acceptable pour le jeune public et le F-Word est bipé (contrairement aux autres grossièretés, étrange…). 

    Surtout, le projet est non seulement validé et adoubé par Tarantino en personne, mais il voit Uma Thurman reprendre son rôle, au niveau vocal mais également pour les sessions de performance-capture nécessaires à la création de cette Mariée numérique ! Sa doublure-cascades Zoë Bell et Chiaki Kuriyama, l'interprète de Gogo dans le film de 2003, sont également de la partie puisqu’elles figurent parmi les remerciements du générique final. On y découvre aussi le nom de Miyu Ishidate Roberts, actrice jusque-là méconnue et sur laquelle peu d’informations existent en ligne, qui prête sa voix (et sa gestuelle ?) à Yuki Yubari.

    Où et comment voir « The Lost Chapter: Yuki's Revenge » ?

    Le court métrage, d’une durée de 9mn45, est vraiment fun -si on accepte que la patte tarantinesque croise le monde de Fortnite et que la violence inhérente à cette histoire vengeresse soit gentiment édulcorée. Il a été mis en ligne en exclusivité dans le jeu le 30 novembre dernier lors d’un événement mondial ponctuel disponible dans le menu « Discover / Découvrir ». S’il semblerait qu’il ne soit malheureusement plus accessible, on peut tout de même essayer de le retrouver : certains gamers l’ont en effet enregistré pour le proposer via des codes d’îles spécifiques (ne maîtrisant pas les fondamentaux de Fortnite, je ne vais pas m’aventurer à vous guider mais faites vos recherches sur Reddit ou via une IA pour mettre la main dessus !). Autre solution : des fans ont déjà récupéré les images et les ont partagées sur Youtube. Là aussi, des recherches assez simples devraient vous permettre d’y accéder.

    Des Tarantino inédits en animation ?

    En regardant Kill Bill - The Lost Chapter: Yuki's Revenge et Kill Bill : The Whole Bloody Affair, vous aurez vu l’intégralité de la saga imaginée par Tarantino. A moins que le cinéaste ne décide de la prolonger ! Très heureux de sa collaboration avec Epic Games, il a révélé réfléchir à creuser l’idée d’un prequel animé, racontant le passé de Bill et notamment sa formation auprès de ses mentors Esteban Vihaio, Pai Mei et Hattori Hanzō (qui apparaissent tous les trois dans les films sous les traits de Michael Parks, Gordon Liu et Sonny Chiba).

    Et pourquoi pas, aussi, donner vie à son célèbre projet The Vega Brothers, croisant Vincent Vega (John Travolta dans Pulp Fiction) et Vic Vega (Michael Madsen dans Reservoir Dogs), crossover prequel entre ses deux plus célèbres films qui n’avait jamais pu voir le jour ? Alors qu’il ne souhaite pas aller au-delà de dix réalisations (la dixième se fait d’ailleurs attendre), l’animation pourrait finalement être un médium d’avenir pour « QT ». Et on est très curieux de voir ça !

  • Stranger Things : la saison 5 cache une ref géniale aux Goonies !

    Stranger Things : la saison 5 cache une ref géniale aux Goonies !

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Retour vers le futur avec la tenue d’Eleven dans la saison 5 de Stranger Things, dont les quatre premiers épisodes sont à voir sur Netflix. La sorte de combi-short de la superhéroïne gentiment déglingo n’est pas sortie de nulle part, mais bien du dressing so vintage d’une autre fiction, qui fête aujourd’hui les 40 ans de sa sortie française : Les Goonies (1985) ! 

    C’est quoi cette ref ?

    C’est Amy Parris en personne, la costumière de Stranger Things, qui a vendu la mèche de son inspiration pour la silhouette d’Eleven dans la saison 5 ! Dans une interview récente accordée au New York Post, la professionnelle a confié que Millie Bobby Brown avait été habillée façon Josh Brolin dans Les Goonies (1984).

    Même sweat-shirt court, même short par-dessus un jogging : pas de doute, les deux personnages se ressemblent beaucoup. Amy Parris a également évoqué Soleil Moon Frye dans le rôle de Punky Brewster (1984-1988), dans la sitcom éponyme de 1984. À savoir une allure très décontractée avec un tee-shirt court par-dessus un tee-shirt long, et une veste sans manches pour compléter le style.

    Pourquoi c’est culte, « Les Goonies » ?

    Les Goonies fête ses 40 ans ! Un anniversaire inratable pour ce film culte des années 1980, référence incontournable des frères Duffer dans la fabrication de leur série. Signé par Richard Donner qui avait déjà fait Superman (1978), Les Goonies, c’est le nom d’une bande de jeunes ados qui vivent dans la petite ville côtière d’Astoria. Après avoir appris que leurs maisons allaient être rachetées et détruites pour laisser place à un terrain de golf, ils découvrent une vieille carte au trésor menant à la légendaire fortune du pirate Willy le Borgne.

    Décidés à sauver leur quartier, ils se lancent alors dans une aventure souterraine ponctuée de pièges mortels et d’énigmes, poursuivis par une famille de criminels, les Fratelli, qui convoitent également le magot. Au casting : Sean Astin, le futur Sam Gamegie dans Le Seigneur des Anneaux (2001), Josh Brolin, aka Thanos dans le MCU ou encore Ke Huy Quan, la star d’Indiana Jones et le temple maudit (1984) oscarisé pour Everything Everywhere All at once (2022). Et surtout l’inoubliable Sinok, frère porteur de handicap au visage malformé, inspirant d’abord l’effroi avant de susciter la sympathie.

    « Stranger Things », que se passe-t-il dans la saison 5 ?

    Automne 1987, soit 18 mois après les événements de la saison 4, Hawkins vit sous quarantaine militaire, traumatisée par les brèches ouvertes vers Le Monde à l’envers. Le monstre Vecna a officiellement disparu… mais pas pour nos jeunes héros (Mike, Dustin, Lucas, Max, Steve, Jonathan et Cie…) qui ont bien grandi et qui se fixent pour objectif de le retrouver, le piéger et le mettre hors d’état de nuire avant qu’il n’ouvre de nouvelles failles et ne transforme Hawkins en enfer permanent.

    Déjà dix ans que les frères Duffer nous ont happés dans leur monde bourré de références eighties, sorte de buddy-movie SF très initiatique. Autant dire que les points de suspension après l’épisode 4 de cette saison 5, avalé comme les trois premiers, laissent un grand lot de questions et autant de réponses attendues les 26 décembre et 1er janvier, dates de diffusion des derniers épisodes de la saison… et de la série.

  • Challengers, Call Me By Your Name, After the Hunt... : tous les films de Luca Guadagnino

    Challengers, Call Me By Your Name, After the Hunt... : tous les films de Luca Guadagnino

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Subversif, provocateur et sensuel, le cinéma de Luca Guadagnino occupe aujourd’hui une place singulière dans le paysage cinématographique — en partie grâce à la multitude de vedettes avec lesquelles il travaille, et parce qu’il situe son œuvre à mi-chemin entre les films dits arthouse et un cinéma destiné au grand public.

    Cinéaste très prolifique, connu pour le nombre de projets qu’il entame -sans qu’ils parviennent toujours au stade de la réalisation, d’ailleurs-, Guadagnino a considérablement accéléré son rythme de travail ces dernières années. Alors que l’on attend la sortie de son onzième long métrage, Artificial, biopic consacré au créateur d’OpenAI, son tout dernier film, After the Hunt (2025), accueilli de manière divisée à la Mostra de Venise, vient d’arriver sur Prime Video.

    Pour JustWatch, je profite de cette occasion pour vous plonger dans l’œuvre de cet enfant terrible du cinéma contemporain et je vous invite à découvrir ses films moins connus, mais tout aussi réussis, que Challengers (2024) ou Call Me by Your Name (2017).

    The Protagonists (1999)

    Le premier long-métrage du cinéaste est un véritable ovni qui brouille les frontières entre documentaire et fiction. Tourné alors qu’il n’avait que 24 ans, The Protagonists (1999) prend pour point de départ un fait divers : le meurtre de Mohamed el-Sayed, un chef égyptien tué par deux jeunes hommes de 19 ans à Londres. Le film suit une équipe -certes fictive- qui souhaite tourner un documentaire autour du crime.

    En mêlant scènes de reconstitution et entretiens avec de véritables témoins, le cinéaste signe un début audacieux, qui porte néanmoins toutes les faiblesses d’un premier long désireux d’être sensationnel à tout prix, au risque d’opter pour des choix stylistiques parfois incongrus. Le film marque également sa première collaboration avec Tilda Swinton, dont la performance contribue largement à l’attrait que suscite cette curiosité. À conseiller surtout aux amateurs de récits « méta », type The Act of Killing (2012) ou C’est arrivé près de chez vous (1992), The Protagonists ne vous décevra pas !

    Melissa P. (2005)

    Adapté du roman autobiographique de Melissa Panarello, Cent coups de brosse avant d’aller dormir, la deuxième entrée dans la filmographie du cinéaste ne fait pas partie de ses œuvres les plus réussies, en grande partie à cause des difficultés rencontrées par Guadagnino avec Sony. Le cinéaste lui-même admet qu’en raison de leurs interventions, Melissa P. (2005) appartient moins à lui qu’au studio. Le film se concentre sur une adolescente de 15 ans vivant avec sa mère et sa grand-mère. Portant sur la vie amoureuse et l’éveil sexuel de la jeune femme, Luca Guadagnino propose un récit sur la quête d’identité, abordée à travers le prisme de l’érotisme.

    À l’époque de sa sortie, le sujet tabou du film avait suscité un certain retentissement. Mais aujourd’hui, il est clair qu’il n’a pas résisté à l’épreuve du temps -surtout si l’on considère que le cinéaste a réalisé un film beaucoup plus complexe et réussi sur l’adolescence avec Call Me By Your Name. Il faut cependant noter que le film résonne avec certains films d’auteur du cinéma français, l’adolescence étant également un sujet privilégié dans ce contexte. Ainsi, si vous appréciez les premiers films de Catherine Breillat ou de Céline Sciamma, ou ceux de Sofia Coppola outre-Atlantique, vous pourrez tout de même trouver dans Melissa P. des thèmes et des personnages intrigants.

    Amore (2009)

    Amore (2009) est, selon moi, le premier film du cinéaste véritablement marqué par un style distinctif. Celui qui nous fait dire : « voilà un auteur ». Si vous souhaitez plonger dans l’œuvre de Luca Guadagnino, Amore est donc un point de départ idéal. Retrouvant le cinéaste dix ans après The Protagonists, Tilda Swinton incarne Emma, une femme d’origine russe mariée à l’héritier des Recchi, une riche famille milanaise. Elle entame une relation avec Antonio, le jeune cuisinier de la famille, également ami de son fils, Eduardo Jr -une liaison qui ne sera pas sans conséquence, ni pour elle ni pour sa famille.

    Le cadre visuel somptueux et très stylisé de Guadagnino confère à chaque objet, à chaque costume, une valeur symbolique : textures, couleurs, lignes et courbes deviennent autant de signes évocateurs, chargés d’émotions et de sensations. Film baroque par excellence, comparable aussi bien à des films récents comme The Great Beauty (2013) de Paolo Sorrentino qu’à des chefs-d'œuvre anciens tels que Le Guépard (1963) de Luchino Visconti,  Amore démontre avec justesse la subtilité et l’attention avec lesquelles le cinéaste construit ses œuvres. Pour Tilda Swinton, actrice caméléon qui assume volontiers des rôles inhabituels, rares sont les films où elle est associée au désir féminin, ce qui confère à Amore une place singulière dans son parcours.

    A Bigger Splash (2015)

    Même si Amore se distinguait par une abondance et une liberté visuelles, la tonalité du récit, très proche du mélodrame, pesait sans doute sur le film. A Bigger Splash (2015), aussi splendide que ce précédent film du cinéaste, insuffle une bonne dose de légèreté et de sensualité que l’on retrouvera plus tard dans Challengers (2024). Il s’agit d’un remake de La Piscine (1969) de Jacques Deray, mais Luca Guadagnino va bien au-delà : avec un casting remarquable composé de Tilda Swinton, Ralph Fiennes, Dakota Johnson et Matthias Schoenaerts, A Bigger Splash orchestre des jeux de pouvoir et de désir sous le soleil brûlant d’une île sicilienne.

    Swinton incarne une rockeuse qui, après une opération des cordes vocales, part en vacances de convalescence avec son compagnon Paul. Leur séjour est perturbé par l’arrivée de Harry, ex-compagnon et producteur de Marianne, ainsi que de sa fille Penelope. Alors que Tilda Swinton captive le spectateur par ses silences et son allure mystérieuse, Ralph Fiennes, habituellement associé à des personnages stoïques et impénétrables, livre ici une performance exceptionnelle, débordante d’énergie et d’élan. Rythmé également par la musique vivifiante du rock des années 70 et 80, A Bigger Splash est un film essentiel dans l’univers de Guadagnino. Pour les fans de films comme Le Talentueux M. Ripley (1999), Swimming Pool (2003) ou Beauté volée (1996), c’est vraiment un film à ne pas manquer !

    Call Me By Your Name (2017)

    Pour beaucoup de spectateur·rice·s, Call Me By Your Name (2017) demeure l’un des films les plus marquants de la dernière décennie et a indéniablement contribué à la reconnaissance hollywoodienne de Luca Guadagnino. Adapté du roman d’André Aciman, le film baigne dans l’atmosphère des années 80, portée par les paysages italiens, où l’on voit Elio, adolescent de 17 ans, tomber amoureux d’Oliver, étudiant américain et assistant de son père, de sept ans son aîné.

    Certes, il s’agit d’un récit « d’éducation sentimentale », mais le cinéaste parvient à capturer l’universalité et la simplicité du désir et de l’affection – des sentiments qui transcendent le cadre narratif et résonnent de manière très intime auprès du public. Porté par des performances à la fois captivantes et tout en retenue, notamment celle de Timothée Chalamet, et sublimé par les morceaux sentimentaux de Sufjan Stevens, Call Me By Your Name est un véritable festin de lyrisme cinématographique. Si vous avez déjà vu le film et recherchez des récits au style ou à la tonalité similaire, Week-end (2011) d’Andrew Haigh ou Enzo (2025) signé par Laurent Cantet et Robin Campillo, devraient certainement vous plaire.

    Suspiria (2018)

    Le maître du giallo Dario Argento avait signé avec Suspiria (1977) un opus tellement canonique que l’annonce d’un remake par Luca Guadagnino a immédiatement suscité de nombreux doutes. Mais, comme pour A Bigger Splash – et peut-être avec une approche encore plus radicale et inventive – le cinéaste a su impressionner, et sans aucun doute effrayer, le public avec son Suspiria (2018). Certes, Guadagnino reprend la même trame – des assassinats épouvantables visant de jeunes femmes, derrière lesquels se dissimule un secret bien plus sinistre – mais le traitement stylistique et atmosphérique s’en éloigne profondément.

    Le réalisateur ancre son film dans une exploration du langage corporel de la danse, un élément presque accessoire chez Argento. Là où ce dernier inscrivait son œuvre dans un espace-temps quasi abstrait, traversé par un effroi stylisé, Guadagnino charge son récit d’un ancrage politique fort, notamment par les références au groupe Baader-Meinhof qui imprègnent le film d’un véritable zeitgeist. Dakota Johnson, dont le rôle dans A Bigger Splash était moins marquant que ceux de ses partenaires de jeu, trouve ici une matière bien plus riche, entourée d’interprètes impressionnistes comme Tilda Swinton, Mia Goth ou Chloë Grace Moretz. Pour les amateurs de films d’horreur nourris de cinéma d’auteur, tels que Midsommar (2019) ou Climax (2018), Suspiria version Guadagnino est assurément un indispensable.

    Bones and All (2022)

    Même si son univers emprunte certains éléments au cinéma d’horreur, Bones and All (2022) est avant tout un film d’amour destructif et de jeunesse, dont la tonalité se situe quelque part entre La Balade sauvage (1973) de Terrence Malick et Morse (2008) de Tomas Alfredson. Adaptant le roman éponyme de Camille DeAngelis, le cinéaste retrouve Timothée Chalamet tout en révélant au public du cinéma d’art et d’essai la talentueuse Taylor Russell.

    Il faut toutefois préciser que le récit met en scène deux jeunes adultes ayant des tendances cannibales : Bones and All n’est donc pas le film le plus accessible de Luca Guadagnino, se révélant même plus horrifique que Suspiria. Il est donc fortement déconseillé aux spectateur·rice·s sensibles aux images gores. Mais, comme dans le roman, le cannibalisme doit être compris ici comme une allégorie de l’altérité, de la marginalité et de la quête d’appartenance. Lu sous cette lumière, Bones and All apparaît comme un road movie mélancolique, parfois tragique, qui parvient aussi à capter la beauté des paysages américains. Le film marque par ailleurs la première collaboration de Guadagnino avec Trent Reznor et Atticus Ross, dont la composition renforce l’atmosphère du récit.

    Challengers (2024)

    Si Call Me By Your Name était le film le plus marquant du cinéaste dans les années 2010, Challengers (2024) sera sans aucun doute son film le plus estimé, autant par les critiques que par le public, dans sa filmographie post-2020. Certains ont tendance à résumer le scénario de Justin Kuritzkes à un simple triangle amoureux, mais les jeux de pouvoir, la jalousie, l’ambition et le désir qui traversent le film sont bien plus complexes, et finement explorés par la caméra dynamique et électrisante du réalisateur.

    Dans un récit qui s’étend sur treize ans, Zendaya incarne l’ex-prodige du tennis Tashi, tandis que Josh O’Connor et Mike Faist interprètent respectivement Patrick et Art, engagés dans une compétition fervente aussi bien sur le plan professionnel qu’amoureux. Les choix de casting de Guadagnino déçoivent très rarement, mais avec Challengers, la chimie entre ses comédiens atteint un sommet encore plus élevé. La fluidité et l'énergie de ses mouvements de caméra épousent parfaitement le dynamisme du montage -une cohésion que très peu de films sur le sport parviennent à atteindre. La bande originale composée là encore par Trent Reznor & Atticus Ross est presque addictive et constitue un élément essentiel à bien des égards. Du point de vue stylistique et tonal, Challengers est le plus proche de A Bigger Splash – donc si vous voulez organiser une soirée de double visionnage, ces deux films seront parfaits.

    Queer (2024)

    Queer (2024), adaptation cinématographique du roman de William S. Burroughs, repose sur une esthétique qui relève d’un goût acquis. Même s’il n’est pas aussi clivant que After the Hunt (2025), par exemple, et même si je l’aime beaucoup personnellement, ce n’est pas un film que je conseillerais à tout le monde ! Le script, signé une nouvelle fois par Justin Kuritzkes, se concentre sur Lee -à l’origine l’alter ego de Burroughs, écrivain américain vivant au Nouveau-Mexique- qui est épris du jeune ex-marin Eugene Allerton et part avec lui en Amérique du Sud à la recherche d’une plante mystérieuse appelée yagé.

    Entièrement tourné en studio, Queer se distingue par une plasticité beaucoup plus prononcée, presque artificielle, rappelant les films de Rainer Werner Fassbinder – en particulier Querelle (1982). Narrativement, le film avance presque en roue libre : si vous vous attendez à suivre un récit dense et maîtrisé comme celui de Challengers, vous pourriez être déçu. Cependant, la performance de Daniel Craig -qui défie tous les rôles typiques auxquels on l’associe en entrant dans la peau de Lee- est vraiment à ne pas manquer. Drew Starkey, qui lui donne la réplique, se distingue également par son jeu sobre et distancié.

    After the Hunt (2025)

    Projeté dans la section Hors Compétition du Festival International du Film de Venise, où il a rencontré un accueil visiblement polarisant, le dernier film du cinéaste est arrivé de manière assez discrète sur Prime Video. Guadagnino a toujours été un artiste qui n’avait pas peur de provoquer son public, mais dans After the Hunt (2025), sa provocation s’inscrit moins dans l’image que dans le discours -plus particulièrement en lien avec le contexte de #MeToo, notamment dans le milieu universitaire, mais pas uniquement.

    Au centre du film se trouve Alma (Julia Roberts), professeure de philosophie à Yale, dont Maggie (Ayo Edebiri), l’une de ses doctorantes, accuse Hank (Andrew Garfield) -son collègue de longue date et ex-amant- d’agression sexuelle. Or, Guadagnino les dépeint tous comme des personnages à la moralité grise, agissant souvent de manière égocentrique, ce qui rend difficile pour le spectateur d’éprouver de la sympathie pour eux. À cet égard, le film promet une expérience assez perturbante : il ne s’agit certainement pas d’un feel-good movie. Tár (2022) de Todd Field, dont le traitement du personnage principal n’est pas sans rappeler celui d’After the Hunt, peut servir de point de comparaison. De même, si vous appréciez les drames psychologiques traversés par une touche d’humour noir, à la Woody Allen ou Ingmar Bergman, vous pouvez apprécier celui-ci. Un avertissement est néanmoins à adresser aux personnes ayant vécu des traumatismes liés à l’agression sexuelle.

    Artificial (prochainement)

    Le onzième long métrage de Luca Guadagnino a été annoncé en juin 2025 et son tournage a commencé le mois suivant. À ce jour, ce que nous savons, c’est qu’il s’agira d’un film biographique consacré au PDG d’OpenAI. Selon les informations disponibles, Andrew Garfield incarnera Sam Altman, entouré d’un casting bien trempé composé de Monica Barbaro, Yura Borisov, Cooper Koch, Cooper Hoffman, Ike Barinholtz et Jason Schwartzman. Pour l’instant, aucune date de sortie n’a été annoncée, mais vu la rapidité avec laquelle le cinéaste travaille ces dernières années, on peut probablement espérer une sortie en 2026. Peut-être pour une nouvelle sélection à Venise… voire à Cannes ?

  • Predator : tous les films de la saga de science-fiction dans l’ordre de sortie

    Predator : tous les films de la saga de science-fiction dans l’ordre de sortie

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Le Predator occupe une place de choix dans le bestiaire fantastique. Et dans mon panthéon personnel des monstres de cinéma. Il faut dire que le chasseur extraterrestre, qui mène ses safaris humains (et aliens / xénomorphes) depuis près de quarante ans, a de solides arguments pour revendiquer une place de choix au sein de la pop culture.

    Avec sa carrure massive, son armement high-tech (ah, ce canon-laser rotatif sur l’épaule…), sa vision thermique, son camouflage proche de l'invisibilité et sa « gueule de porte-bonheur » bardée de mandibules, le Yautja (l’espèce à laquelle appartient le personnage) est devenu une icône de la science-fiction. Accompagné de quelques anecdotes savoureuses.

    Décliné en films, en animation, en jeu vidéo, en comic-books et autres produits dérivés collectors, le Predator a développé une mythologie riche et un code d’honneur très précis, qui fait de lui un incontournable de tous les classements de créatures majeures. Mais il ne faudrait pas oublier les longs métrages qui racontent ses aventures sanglantes, certains oubliables voire ratés, mais d’autres (très) réussis.

    Suivez-moi dans la jungle de JustWatch pour revisiter la saga, dans l’ordre de sortie des longs métrages !

    Predator (1987)

    « S’il peut saigner, on peut le tuer ». Assurément l’une des plus grandes répliques d’Arnold Schwarzenegger, dont la carrière musclée est pourtant riche en punchlines mémorables. Si celle-ci a tant marqué, c’est parce qu’elle intervient dans un film majeur, jamais considéré -selon moi- à sa juste valeur. Car Predator (1987) est à mes yeux un monument du cinéma d’action. Le pitch est presque inepte et aurait pu accoucher d’un nanar honteux : un peloton de mercenaires surentraînés, envoyés dans la jungle sud-américaine pour une mission d’exfiltration, est traqué par une créature mystérieuse qui fait des trophées de leurs corps.

    Le réalisateur John McTiernan (qui enchaînera avec Piège de Cristal, 1988) en fait tout autre chose : une chasse à l’homme spectaculaire et impitoyable, dans la moiteur de l’enfer vert, qui va amener ces guerriers ultimes à se battre pour leur survie. Comme le requin des Dents de la Mer, le chasseur n’apparaît que par touches discrètes (une silhouette dans les arbres, une tâche de sang fluorescente, une main griffue) et via sa vision thermique, avant de révéler sa force brute dans un face à face bestial et primal face à Schwarzie. Et au-delà de la créature, dont on saisit les motivations et la « philosophie » de manière implicite, j’adore les soldats qui composent l’unité de Dutch Schaefer : en un coup d'œil, on comprend qui est qui. Un art de la caractérisation de personnages, qui s’est malheureusement perdue depuis.

    Predator 2 (1990)

    Trois ans après le succès du premier film, un nouveau safari est organisé. Sans Arnold Schwarzenegger toutefois, qui décline pour des raisons d’emplois du temps (ou de cachet ?). Ni le réalisateur John McTiernan, engagé sur À la poursuite d'Octobre Rouge la même année. Cela n’empêche pas Predator 2 (1990) de proposer un spectacle réussi. J’ai personnellement une vraie affection pour ce film mal considéré lui aussi, dont je pourrais parler pendant des heures… mais je vais m’en tenir à quelques lignes, rassurez-vous !

    Déjà, cette suite ne tombe pas dans le piège de la redite. On aurait pu craindre une nouvelle immersion forestière : le plan d’ouverture prend le spectateur à contrepied et part des arbres pour dévoiler un nouveau terrain de chasse, Los Angeles. Une jungle urbaine gangrénée par la violence des gangs où le Predator va trouver des proies de choix. Ensuite, le musculeux Schwarzie est remplacé par un Danny Glover plus vulnérable, et donc tout aussi intéressant à suivre. Enfin, on explore plus en profondeur la mythologie Yautja, notamment dans un final mémorable qui ouvre un vaste univers pour la créature. Et puis, c’est un film où il fait (très) chaud : rarement la canicule aura été aussi bien retranscrite à l’écran.

    Alien vs. Predator (2004)

    La présence d’un crâne de xénomorphe sur le mur des trophées à la fin de Predator 2 a enflammé l’imagination des fans. Mais ils devront patienter quatorze ans pour voir les deux créatures s’affronter à l’écran, et se contenter des comic-books Dark Horse et de plusieurs jeux vidéo. Entre-temps, le projet de crossover connaît plusieurs faux départs, en raison notamment des blocages des producteurs de la saga Alien et de Sigourney « Ripley » Weaver qui juge l’idée horrible. Et c’est finalement en 2004, après que Alien la résurrection (1997) ait mis la franchise en pause, que Alien vs. Predator voit le jour. Direction l’Antarctique, sous la direction de Paul W.S. Anderson (Resident Evil, 2002), pour confronter un groupe de scientifiques à l’exploration d’une mystérieuse pyramide sous la glace. Ce qu’ils ignorent, c’est que c’est un terrain de chasse où un trio de jeunes Predators est envoyé dans le cadre d’un rite initiatique pour affronter la proie ultime : le xénomorphe. Et que ce sont nos chers humains qui doivent servir d’hôtes à l’incubation des bestioles…

     Rejeté par les fans, le film n’est pourtant pas totalement raté. Déjà, c’est plus rigolo qu’un Prometheus (2012) qui se prend très au sérieux. Et puis il y a quelques corps à corps vraiment sympa entre Predators et Aliens, la mythologie Yautja y est un peu plus creusée, et on découvre en partie les origines de la compagnie Weyland-Yutani, la légendaire corporation au cœur de la franchise Alien. Lance Henriksen, qui jouait Bishop dans Aliens, le retour (1986), sert ici de lien entre les univers dans le rôle de Charles Weyland : il devient au passage le deuxième acteur de l’histoire à affronter un Terminator, un Alien et un Predator après Bill Paxton, à l’affiche de Predator 2. 

    Aliens vs. Predator : Requiem (2007)

    Plus gros succès de la saga à l’époque (177 millions de dollars den recettes mondiales), le crossover donne inévitablement lieu à une suite, qui s’inscrit dans la continuité narrative du final du précédent opus (SPOILER ALERT : le corps d’un Predator, contaminé par un facehugger Alien, était ramené à bord du vaisseau Yautja pour donner naissance à un… Predalien). On suit donc un chasseur envoyé sur Terre pour éliminer cet hybride indésirable et faire le ménage.

    On ne va pas se mentir, Aliens vs. Predator : Requiem (2007) n’est pas mémorable. C’est même assez raté. Mais il y a des séquences étonnantes pour un film de studio, qui en font un vrai plaisir coupable -pour moi en tout cas-, comme cette violence totalement décomplexée vis à vis de certains personnages, notamment quand le Predalien débarque dans une maternité pour y implanter sa future progéniture ! Très (trop) sombre, le long métrage ne laisse pas voir grand chose et ressemble au final plus à un FPS brouillon qu’à un film, avec pour seul objectif de survivre à cette nuit d’invasion. Pas indispensable, donc, mais à voir si on veut apercevoir le camp Yutani (représenté par Françoise Yip à la toute fin du long métrage) qui reviendra dans la série Alien : Earth (202).

    Predators (2010)

    Dès son arrivée à Hollywood au milieu des années 90 avec Desperado (1995), Robert Rodriguez travaille sur le scénario d’un Predator 3 qui verrait notamment revenir Arnold Schwarzenegger. Jugé trop ambitieux, le film est relégué aux étagères de la Fox, avant de revenir sur le haut de la pile suite aux bons résultats enregistrés au box-office par les deux volets de Alien vs. Predator. C’est ainsi que Predators (2010) voit le jour, sans Schwarzie alors Gouverneur de Californie, avec Robert Rodriguez à la production et Nimród Antal (Kontroll, Motel, Blindés) derrière la caméra.

    Le pitch est intrigant. Différents soldats, mercenaires et criminels sont parachutés dans une jungle inconnue et pris en chasse : c’est en faisant équipe, menés par un Adrien Brody plutôt crédible en bête de guerre, qu’ils pourront peut-être survivre aux chasseurs lancés à leur trousses. Sur le papier, pourquoi pas. A l’écran, c’est moins convaincant. Je suis sans doute trop attaché au film original, mais cette idée de réserve intergalactique où les Yautja organisent leurs safaris (ambiance Les Chasses du comte Zaroff et The Hunt) me laisse de marbre. Tout comme l’intégration de différents clans Yautjas, le Predator original étant alors « victimisé » par un cousin bien plus balèze. Il méritait mieux. Et puis il y a cette scène (très) gênante avec Laurence Fishburne qui parle tout seul… Restent tout de même quelques séquences sympathiques, notamment un face à face entre Predator et samouraï dans les hautes herbes, et un arrachage de colonne vertébrale (évidemment sans anesthésie) du plus bel effet.

    The Predator (2018)

    Quand le projet The Predator (2018) est annoncé, les fans se réjouissent. Et moi avec. Non seulement le film reviendra sur Terre et mettra la créature au centre du récit, mais, surtout, le long métrage est confié à Shane Black, scénariste de L’Arme Fatale (1987-1998) revenu en force avec Kiss Kiss Bang Bang (2005) et The Nice Guys (2016)... et à l’affiche du Predator original ! Ajoutez à cela un casting très hype (Boyd Holbrook, Trevante Rhodes, Keegan-Michael Key, Sterling K. Brown, Thomas Jane, Alfie Allen, Olivia Munn, Yvonne Strahovski et Jacob Tremblay) et on se dit que la saga aura enfin le renouveau qu’elle mérite.

    Là encore, la déception est immense. Le casting, si prometteur, est mal utilisé et les moments de dialogues « shaneblackiens » sont trop rares. Le scénario est improbable, et creuse le concept de la rivalité entre clans Yautjas avec un Predator envoyé pour confier à l'Humanité une arme pour se défendre (!). La créature principale est en images de synthèse, une trahison pour les amateurs de monstres (!!). Il y a des chiens Predator (!!!). Et surtout, le dernier tiers, retourné à la hâte après des projections-tests désastreuses, n’a aucun sens. Bref, un film malade qui a vraiment énervé le gardien du temple que je suis. Au suivant !

    Prey (2022)

    Et puis, heureusement, Dan Trachtenberg a repris la main. Révélé par le huis clos post-apocalyptique 10 Cloverfield Lane (2016), le cinéaste décide de revenir au côté primal du film original en remontant le temps avec Prey (2022). Aux côtés de Naru, une jeune femme de la nation Comanche (Amber Midthunder), on découvre un Yautja plus primitif mais tout aussi agressif qui traque Natives et trappeurs dans les grandes plaines de l’Ouest en 1719.

    Presque abordé comme un film de wendigo -cette créature de la mythologie nord-américaine, le long métrage étonne par son audace visuelle, quelque part entre le survival à la The Revenant (2015) et la chasse à l’homme façon Apocalypto (2006). On apprécie sa simplicité narrative, qui ramène à ce que doit être un film Predator, et son respect pour les cultures amérindiennes (une version intégralement comanche est d’ailleurs disponible sur Disney+). Et il y a juste ce qu’il faut de fan-service (on découvre les origines du fameux pistolet « Raphael Adolini 1715 ») pour emporter le tout. Et convaincre Disney que la saga a encore des choses à raconter.

    Predator : Killer of Killers (2025)

    En 2025, Dan Trachtenberg, désormais intronisé showrunner en chef de la franchise, surprend les fans avec non pas un mais deux nouveaux longs métrages. Le premier, première incursion de la saga dans l’animation, sort directement pendant l’été sur Disney+. Predator : Killer of Killers (2025) est une anthologie composée de trois segments, qui nous entraîne à travers les siècles aux côtés de guerriers amenés à croiser le fer avec les Yautjas : une Viking impitoyable (qui revisite ici le mythe de Beowulf), un samouraï du Japon féodal (doublé par Louis Ozawa, déjà à l’affiche de Predators) et un pilote latino-américain de la Seconde Guerre mondiale (Rick Gonzalez donne la réplique au légendaire Michael Biehn).

    Au croisement de Love, Death & Robots (2019) pour la narration et de Ninja Turtles : Teenage Years (2023) pour l’animation, le film est une assez bonne surprise. Trois époques, de la SF, des Predators : je m’attendais à quelque chose d’assez indigeste et j’ai découvert au contraire une proposition intéressante, qui creuse la mythologie Yautja sans occulter la violence inhérente à la saga. Et l’histoire parvient, dans sa quatrième partie, à réunir les protagonistes et les époques de manière plutôt convaincante. Quant au final, rallongé par Disney+ quelques semaines après la mise en ligne du film, il augure du meilleur pour la suite.

    Predator : Badlands (2025)

    En véritable amoureux du Predator, on sent que Dan Trachtenberg a non seulement voulu surprendre mais qu’il a aussi cherché une idée pour permettre au chasseur de gagner. Predator : Badlands (2025) est ainsi le premier épisode de la franchise à faire d’un Yautja le personnage principal. En l'occurrence un jeune extraterrestre baptisé Dek (Dimitrius Schuster-Koloamatangi), rejeté par son clan et son propre père car jugé trop faible. Sauvé par son grand frère, il parvient à s'enfuir vers une planète lointaine où vit le Kalisk, une proie légendaire qui pourra lui permettre de regagner son honneur de chasseur.

    Un film avec un Predator attachant, démasqué et parlant, est-ce que ça marche ? En partie, même si on peut regretter l’humanisation trop poussée du personnage. On devrait en effet craindre le monstre plutôt que craindre pour lui... Mais son duo improbable avec une androïde Weyland-Yutani défectueuse (Elle Fanning) fonctionne, et on apprécie le soin apporté à la faune et la flore de Genna ainsi qu’à la langue Yautja. Et j’aime bien le parcours de Dek, rapidement désarmé et contraint de se fabriquer un arsenal à partir des ressources de la planète. Le vrai pari du film, finalement, c’est d’adhérer -ou pas- à un Predator dans une position de héros. Et ça, ça dépend vraiment de chacun pour le coup. En attendant, le box-office a parlé avec les recettes les plus élevées de l’histoire de la saga. Le feu vert pour une suite sur Yautja Prime ?

  • Les Goonies ont 40 ans ! Que sont devenues les stars du film culte des années 80 ?

    Les Goonies ont 40 ans ! Que sont devenues les stars du film culte des années 80 ?

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    « Les Goonies ne disent jamais ‘Mourir’ ! » / « Goonies never say die ! » Eh oui, le film cultissime sorti en 1985, réalisé par Richard Donner et produit par Steven Spielberg et sa société Amblin, fête ses 40 ans, aujourd’hui 4 décembre en France.

    Ce film, qui a bercé des générations entières, dont les dialogues hilarants sont devenus des classiques et qui a inspiré des œuvres comme Super 8 (2011) ou Stranger Things (2016-2025), a vu naître d'immenses stars hollywoodiennes comme Josh Brolin ou encore Sean Astin. D’autres membres de la distribution ont pris une autre route et totalement changé de vie. 

    Alors, si vous vous demandez ce que sont devenus Les Goonies (1985) après avoir découvert le trésor légendaire de Willy le Borgne et sauvé la maison de la bande, JustWatch vous a préparé un petit guide qui rappelle que nous aussi, nous avons grandi… 

    Sean Astin 

    Après avoir tourné dans Les Goonies, Sean Astin enchaîne les rôles au cinéma, notamment dans White Water Summer / Victoire sur la peur (1987), puis dans Rudy (1993), une performance qui reste encore à ce jour considérée comme l’une des meilleures de sa carrière. À partir de 2001, le fils du Gomez de La Famille Addams (oui, John Astin est son père !) incarne Sam Gamegie dans Le Seigneur des Anneaux (2001-2003), la trilogie mythique de Peter Jackson. C’est LE rôle de sa vie (et quelle performance époustouflante !). Il joue par la suite dans de plus petits films et apparaît également dans des séries comme la saison 2 de Stranger Things en 2017, dans laquelle il incarne Bob, le nouveau fiancé de Joyce Byers (Winona Ryder). En septembre 2025, il est élu président du SAG-AFTRA, le syndicat professionnel d’acteurs le plus important à Hollywood dont il défend aujourd’hui les intérêts.

    Ke Huy Quan

    Ke Huy Quan est également l’un des enfants-stars les plus connus de cette liste, puisqu’en plus de son rôle décisif dans les Goonies, il a également interprété Demi-Lune aux côtés d’un certain Harrison Ford dans Indiana Jones et le Temple Maudit (1984), un an auparavant. Après ça, les choses se sont compliquées pour le jeune acteur, qui a enchaîné les déceptions en termes de nouveaux rôles et d’auditions : à l'époque, très peu de rôles sont confiés -ou même écrits- à des comédiens d'origine asiatique. Ke Huy Quan finit donc par abandonner son rêve pour un temps, avant de se rendre compte qu’il ne souhaite pas totalement quitter l’industrie. Il s’essaye à différents jobs et devient même assistant réalisateur de Wong Kar Wai pendant plusieurs années ! Il décide de redevenir acteur, après avoir vu Crazy Rich Asians (2018) et s'être rendu compte qu’Hollywood avait commencé à évoluer. En 2022, il décroche le rôle de Waymond Wand dans Everything Everywhere All At Once (2022) et en 2023, il remporte l’Oscar du Meilleur acteur dans un second rôle. Depuis, il enchaîne les projets, de Love Hurts (2025) à Zootopie 2 (2025) en passant par Loki (2021-). Une très belle revanche sur la vie ! 

    Corey Feldman

    Gremlins (1984), Stand By Me (1986), Génération Perdue (1987)... Corey Feldman est un visage phare dans le paysage du cinéma des années 80, et notamment des coming-of-age. Après Gremlins, il joue dans un autre film de Joe Dante, Les Banlieusards (1989), aux côtés de Tom Hanks. Si les années 80 lui permettent d'enchaîner les rôles à succès, les années 90 marquent un déclin personnel et professionnel pour l’acteur, qui souffre d’addictions. Feldman devient par la suite un porte-parole contre les abus sexuels à Hollywood, et dénonce notamment l’existence d’un réseau pédophile dont il a été victime. Parallèlement à sa carrière musicale qu’il continue de développer, il signe notamment une biographie dans laquelle il dévoile les agressions qu’il a subies. Et en 2020, il produit le documentaire My Truth: The Rape of Two Coreys, dans lequel il revient sur les violences dont lui et son ami et partenaire dans Génération Perdue Corey Haim ont été victimes. Ayant déjà fait de la téléréalité, l'acteur participe en ce moment même à la version américaine de Danse avec les Stars. 

    Jeff Cohen

    Jeff Cohen est essentiellement connu pour son interprétation de Choco dans Les Goonies et la danse du bouffi-bouffon, même s'il joue également dans le téléfilm Disney Ask Max (1986) par la suite. Il aurait arrêté sa carrière d’acteur ne trouvant plus de rôle à Hollywood suite à sa perte de poids. Il devient, après ses études, avocat dans… l’industrie du divertissement, qu’il connaît depuis son plus jeune âge. Et surtout -et cela ravira les fans de la joyeuse bande des Goonies-, il est resté ami avec Ke Huy Quan pendant toutes ces années, et s’est occupé du contrat de l’acteur lorsqu’il a été engagé pour Everything Everywhere All at Once ! D’ailleurs, pendant son discours aux Oscars, Ke Huy Quan remercie en larmes, « son frère Goonie pour la vie, Jeff Cohen. »

    Josh Brolin 

    No Country for Old Men (2007), Sicario (2015), Avengers: Infinity War (2018), American Gangster (2007), Deadpool 2 (2018) Dune (2021), Évanouis (2025)… La filmographie de Josh Brolin parle d'elle-même : son premier grand rôle dans Les Goonies lui a par la suite garanti une carrière à succès, puisque le fils de James Brolin a même été nommé aux Oscars pour son rôle dans Harvey Milk (2008) de Gus Van Sant. Le comédien a travaillé avec les plus grands (devant et derrière la caméra) : les frères Coen, Denis Villeneuve, Oliver Stone, Paul Thomas Anderson, Edgar Wright, Guillermo del Toro, Paul Verhoeven, Robert Rodriguez ou Spike Lee derrière la caméra, et Denzel Washington, Russell Crowe, Kate Winslet, Emma Stone ou George Clooney devant l’objectif. Et son planning ne désemplit pas ! Actuellement à l’affiche de Running Man (2025), il sera bientôt à l'affiche du prochain film de Ridley Scott, The Dog Stars (2026) mais aussi de Dune 3 (2026). En décembre, ses fans pourront le voir également dans Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés (2025) sur Netflix.

    Martha Plimpton

    Martha Plimpton, qui incarne l’intello et bonne copine Stéphanie dans les Goonies, a elle aussi connu une carrière diversifiée sur le grand comme sur le petit écran, mais également au théâtre. Elle a notamment été citée à plusieurs reprises aux Emmy Awards et aux Tony Awards ! Un an après Les Goonies, le public la retrouve déjà à l’affiche de Mosquito Coast (1986), aux côtés d’Harrison Ford, Helen Mirren et River Phoenix, un film réalisé par le grand Peter Weir et écrit par Paul Schrader. En 1988, elle tourne à nouveau aux côtés de River Phoenix dans le film de Sidney Lumet, À bout de course. L’un de ses rôles récents et les plus connus fut dans la sitcom américaine Raising Hope (2010-2014). En 2025, Martha Plimpton apparaît également dans la série à succès HBO Task, aux côtés de Mark Ruffalo.

    Kerri Greene 

    Celle qui fait tourner la tête du grand frère de Mikey (tout en embrassant par erreur ce dernier au détour d’une caverne) n’a malheureusement pas connu une très grande carrière au-delà des teen movies des années 80 et 90. Après Les Goonies, Kerri Greene enchaîne avec la comédie de Rob Reiner, Les Chester en Floride (1985), puis elle tourne dans Lucas (1986), une comédie romantique avec Corey Haim, dont l'amitié avec Corey Feldman a été mentionnée plus haut. Ce film méconnu en France marque au passage la toute première apparition à l’écran d’une certaine Winona Ryder… Keri Greene décroche par la suite des petits rôles dans plusieurs séries télévisées, comme Dingue de toi (1992-2019), ou encore Urgences (1994-2009). Dans les années 90, elle fonde sa propre société de production, Independent Women Artists, puis quitte définitivement Hollywood pour étudier à l'université. Mais elle devrait revenir sur les plateaux avec le reste de la bande dans un Goonies 2 (2027) qu’on n’en peut plus d’attendre : on a hâte !

  • Ils sont parmi nous ! Pluribus et 7 invasions alien discrètes mais redoutables

    Ils sont parmi nous ! Pluribus et 7 invasions alien discrètes mais redoutables

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « Si tu avais le projet de conquérir le monde, tu ferais sauter la Maison Blanche façon  Independence Day ou tu préférerais te glisser par la porte de service ? » demande avec gravité l’un des héros de The Faculty (1998). Car certains envahisseurs extraterrestres l’ont bien compris : pour conquérir la Terre, il est souvent préférable de faire preuve de discrétion.

    Ainsi, pour des invasions « façon » Independence Day (1996), Mars Attacks! (1996), La Guerre des Mondes (2005), World Invasion : Battle Los Angeles (2011), Battleship (2012), Oblivion (2013), Pacific Rim (2013) ou Edge of Tomorrow (2014), certes spectaculaires mais qui finissent généralement par une victoire de l’Humanité, d’autres factions aliens ont œuvré de manière plus dissimulée. Avec une efficacité assez redoutable.

    Oui, ils sont déjà parmi nous… Aussi j’ai décidé de mener la résistance, en vous dévoilant quelques exemples marquants de ces incursions silencieuses dans le cinéma et les séries. La vérité n’est pas ailleurs, elle est ici, sur JustWatch !

    Pluribus (2025-)

    Pluribus (2025-), c’est LA série dont tout le monde parle en cette fin d’année. Presque autant que le final de Stranger Things du moins. Il faut dire que la nouvelle proposition de Vince Gilligan, génial créateur de Breaking Bad et Better Call Saul, est aussi déroutante que fascinante. Le premier épisode, énigmatique, montre comment une entité contamine l’Humanité et prend le contrôle de la planète de manière extrêmement rapide et pacifique, réunissant la totalité des Terriens dans une conscience collective apaisée, bienveillante et solidaire. Ou presque, puisqu’une autrice frustrée d’Albuquerque (formidable Rhea Seehorn) résiste au virus et va devoir apprendre à appréhender cette nouvelle vie, seule face à la multitude.

    Au-delà de cette invasion / contamination ultra-efficace qui fait, je l'avoue, un peu froid dans le dos tout en générant des situations tragi-comiques savoureuses, la série interroge sur les limites du libre-arbitre individuel quand il dessert l’ensemble d’une civilisation et plus largement d’un écosystème. Ou quand le fameux syndrome « Thanos n’a pas tout à fait tort quand on y pense » refait surface. J’aime beaucoup ce type de questionnement. Et j’aime, aussi, qu’on ne sache JAMAIS où la série nous emmène. Dans le genre normalement balisé de l’invasion alien, on est ici constamment surpris. En bien ou en mal, peu importe : ça fait un bien fou d’ignorer où l’on va avec cette histoire, semaine après semaine, sur Apple TV+.

    X-Files - Aux frontières du réel (1993-2018)

    « La vérité est ailleurs ». Si vous avez grandi dans les années 90, la diffusion de X-Files - Aux frontières du réel (1993-2018) était le phénomène dont on ne ratait aucun épisode sur M6. C’était bien avant le streaming et les DVD, et je faisais personnellement des cargaisons d’achats de VHS pour enregistrer scrupuleusement chaque épisode (évidemment diffusés dans le désordre par la chaîne française) afin de compléter l’intégrale, de revoir quelques pépites (Tooms ou les lucioles carnivores de la forêt ont hanté mes nuits) et surtout de mieux appréhender la mythologie développée par Chris Carter.

    Car au-delà des enquêtes menées par les agents du FBI Fox Mulder (David Duchovny) et Dana Scully (Gillian Anderson) en mode « procédural », la série dessinait une conspiration extraterrestre sur fond d’huile noire, d’enlèvements non élucidés, de syndicat mystérieux et de manipulations par l'énigmatique Homme à la cigarette (William B. Davis). Et puis au bout d’un moment, je dois l'avouer, j’ai lâché. Parce que ça n’avançait pas, parce que ça se répétait, parce que c’était inutilement compliqué, parce que c’était long (11 saisons et deux films !). Mais si vous arrivez à aller au bout de ce qui reste un programme majeur des 90s sur Disney+, vous découvrirez un plan alien méthodique et implacable, dissimulé aux yeux de la population (contrairement à des invasions visibles comme V, les visiteurs ou Colony).

    The Faculty (1998)

    J’adore ce film ! The Faculty (1998) fait partie des pépites nineties que je revois toujours avec grand plaisir. Les personnages sont tous attachants et campés par la fine fleur de la génération montante d’Hollywood à l’époque (Josh Hartnett, Elijah Wood, Jordana Brewster, Clea DuVall…). Les personnages secondaires convoquent un casting très cool (Salma Hayek, Robert Patrick, Piper Laurie, Famke Janssen, Bebe Neuwirth, Daniel von Bargen, Christopher McDonald et… Jon Stewart !). Le long métrage s’amuse des stéréotypes ado (le cancre génial, le quarterback, l’intello, le souffre-douleur…). Et puis raconter une invasion venue d’ailleurs par le prisme de lycéens fonctionne à merveille.

    Le film de Robert Rodriguez prend donc place dans les couloirs, classes et salle des professeurs de la Herrington High School, où les comportements des adultes puis des élèves deviennent de plus en plus étranges et inquiétants. Un groupe « d’amis » (en réalité, ils/elles se détestent tous) vont tenter de comprendre les rouages d’une machination qui pourrait dissimuler une contamination extraterrestre. Résolument pop (le film convoque de nombreuses « réf » SF), The Faculty repose aussi sur un scénario « whodunit » efficace pour tenter de deviner qui est le/la patient.e zéro et reine-mère des aliens. Pas étonnant quand on sait qu’il est signé Kevin Williamson, l’auteur de Scream (1996) et Souviens-toi l’été dernier (1997).

    BrainDead (2016)

    Commençons par une recommandation majeure : il ne faut pas confondre cette série avec le Brain Dead (1992) de Peter Jackson, film de zombies qui repousse les limites du gore. BrainDead -en un mot, donc- est un petit bijou de série malheureusement passé inaperçu en 2016, au point d’être annulé après une saison et treize épisodes. Le concept imaginé par Michelle et Robert King (The Good Wife, The Good Fight, Evil) est pourtant brillant, puisqu'il transpose l’idée d’une invasion extraterrestre au sein du milieu politique américain (un peu comme Les Maîtres du Monde en 1994). Avec une approche décalée qui en fait un OVNI (c’est le cas de le dire) parmi les séries de grands networks US.

    Dans BrainDead, on plonge dans les arcanes de l’administration, à travers les yeux de Laurel Healy (Mary Elizabeth Winstead), engagée au sein du cabinet de son frère sénateur (Danny Pino). Sur place, elle va réaliser que des parasites mangeurs de cerveaux venus d’ailleurs ont contaminé certains membres du Congrès et les pilotent à leur guise (un écho lointain aux fourmis de Phase IV , 1974). Entre paranoïa, science-fiction et réflexion sur la polarisation politique et le chaos institutionnel, la série réserve aussi des moments résolument décalés, comme des explosions sanglantes inattendues ou des « previously in » chantés au début de chaque épisode. Un OVNI, je vous dis !

    Invasion Los Angeles (1988)

    Ce n’est peut-être pas le plus connu des films de John Carpenter. Et personnellement loin d’être mon œuvre préférée du Master of Horror, dans laquelle j’ai toujours vu une série B qui aurait mérité plus de moyens et un acteur principal plus expressif. Pourtant, Invasion Los Angeles / They Live (1988) se bonifie avec le temps, avec un message politique qui trouve un écho de plus en plus révélateur dans un monde dominé par l’ultra-consommation de masse. Le long métrage met ainsi en scène une population extraterrestre dissimulée parmi nous, sur Terre, qui manipule l’Humanité à travers l’information et la publicité pour en faire des « citoyens » passifs et serviles et maintenus dans la soumission et le conformisme.

    Le film, pourtant court (90mn), se développe sur un faux rythme et met un certain temps avant de démarrer réellement. Cet électrochoc survient quand le héros John Nada (Roddy Piper), allégorie des gens qui ne sont « rien », découvre la réalité du monde qui l’entoure en mettant des lunettes très spéciales, dont le filtre occulte le système de dissimulation alien : dans une réalité en noir et blanc, il constate que les journaux, les chaînes de télévision et l’affichage diffusent des messages subliminaux invitant à l’obéissance et l'asservissement, alors que des extraterrestres aux faciès squelettiques œuvrent aux postes clés (politique, police, médias…), aidés par des collaborateurs qui veulent conserver leurs privilèges dans un monde déjà perdu. A prolonger avec The Arrival (1996) qui confronte Charlie Sheen à une autre invasion discrète. 

    The Thing (1982)

    Six ans avant Invasion Los Angeles, John Carpenter proposait The Thing (1982), remake de La Chose d'un autre monde (1951) et chef d'œuvre du cinéma fantastique. Dans une base de recherches scientifique américaine basée en Antarctique, l’irruption d’un mystérieux chien de traîneau va faire basculer l’ensemble de l’équipe dans un cauchemar éveillé : l’animal est en réalité une entité extraterrestre protéiforme qui contamine, digère et prend l’apparence de tout ce qu’elle touche, avec une parfaite capacité mimétique. Dès lors, une seule question se pose : qui est encore humain ?

    Porté par la musique lancinante de Ennio Morricone, le film est un monument de paranoïa, qui amène à douter jusqu’au dernier plan de chaque personnage de cette communauté isolée, notamment le héros MacReady, incarné par Kurt Russell. Et un monument d’horreur, avec des effets certes un peu datés aujourd’hui mais toujours aussi impressionnants, comme cette cage thoracique dentée qui s’ouvre lors d’un massage cardiaque pour sectionner les deux bras du médecin (j’en ai fait des cauchemars !). A poursuivre avec The Thing (2011), un prequel qui raconte le destin de la base norvégienne d’où vient le chien. Et pourquoi pas Les Huit Salopards (2015) dans lequel Quentin Tarantino rend hommage à Carpenter.

    Hidden (1987)

    Voilà une autre pépite des années 80, Grand Prix du Festival d’Avoriaz en 1988 qui célébrait alors le cinéma fantastique et horrifique, révélait de grands talents et faisait découvrir des futurs films cultes. Hidden (1987) en fait assurément partie, et mêle habilement polar et science-fiction en confrontant un duo de policiers (le vétéran Michael Nouri et un jeune agent campé par Kyle MacLachlan) à une série de crimes inexplicables dans les rues de Los Angeles, qui voit d’honnêtes citoyens se transformer les uns après les autres en meurtriers.

    Au sein d’une enquête a priori classique, la SF s’invite quand on réalise que chaque nouveau tueur a croisé le chemin du précédent, comme une contamination invisible (l’excellent Le Témoin du Mal avec Denzel Washington reprendra le même concept dix ans plus tard, mais avec une approche démoniaque). L’auteur des crimes est ici une créature alien peu ragoûtante (la scène de son transfert de corps me donne des frissons) qui parasite son hôte et l’utilise pour donner libre cours à ses pulsions. Sur ce thème du monstre caché parmi nous, on peut recommander le radical Under the Skin (2014) emmené par Scarlett Johansson ou le plus accessible La Mutante (1997) et son alien Natasha Henstridge en quête de reproducteurs.

    Body Snatchers

    C’est une histoire que le cinéma revisite depuis 70 ans, celle de L’Invasion des profanateurs de sépultures (1956) de Don Siegel, où des cosses extraterrestres dupliquent les êtres humains pour les remplacer par des copies dotées de leurs traits physiques et de leurs souvenirs, mais dénuées d’émotions et de personnalité et intégrées dans une intelligence collective globale bien décidée à conquérir notre planète. A l’origine de cette histoire glaçante aux fortes résonances politiques, intégrée parmi les dix meilleurs films SF de l’Histoire par l’American Film Institute,  il y a un roman de Jack Finney, paru deux ans plus tôt, qui dénonce aussi bien le maccarthysme ambiant que l’idéologie soviétique.

    De nouvelles adaptations de cette histoire voient régulièrement le jour, avec des approches différentes mais complémentaires. Si L'Invasion des profanateurs (1978) de Philip Kaufman avec Donald Sutherland mérite le détour pour son approche désespérée, Invasion (2007) d’Oliver Hirschbiegel emmené par Nicole Kidman et Daniel Craig est un peu plus oubliable. En revanche, ne passez pas à côté du Body Snatchers (1993) signé Abel Ferrara, qui m’a beaucoup marqué, notamment ces séquences où les clones détectent un humain, le pointent du doigt et hurlent à l’unisson avec un son terrifiant. La distribution, où l’on croise notamment les visages inexpressifs de Gabrielle Anwar et Meg Tilly, m’a laissé des souvenirs glaçants. 

  • Stranger Things : impossible d'apprécier totalement la série Netflix sans avoir vu ces films !

    Stranger Things : impossible d'apprécier totalement la série Netflix sans avoir vu ces films !

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Leurs cerveaux de jumeaux en perpétuelle connexion ont su imaginer un phénomène : Stranger Things (2016-2025). Mais quels sont les films qui ont nourri les idées à l’écriture et à la mise en scène de la série des frères Duffer, dont la première partie de la saison 5 vient de sortir sur Netflix ?

    En 2019, les inséparables livraient au magazine américain Wired une liste de leurs principales références distillées dans les trois premières saisons de leur show devenu culte. De quoi faire une liste de films à revoir en attendant la prochaine salve d’épisodes !

    Je vous invite à suivre ce guide JustWatch des nombreuses références hybridées, digérées, tordues, détournées que les Duffer ont semé au fil de la construction de leur récit et des images qui vont avec. Elles sont présentées dans l’ordre alphabétique de leur titre original.

    Les Griffes de la nuit (1984)

    Terrifiés par Les Griffes de la nuit / A Nightmare on Elm Street (1984) quand ils étaient enfants, les Duffer ne pouvaient que rendre hommage à ce personnage de Freddy Krueger. Résultat : le Demogorgon fait bouger les murs comme s’ils étaient élastiques !

    Alien, le huitième passager (1979) & Aliens (1986)

    Grands fans de la franchise Alien, les jumeaux Duffer aiment particulièrement le premier film de 1979 signé Ridley Scott et sa suite réalisée par James Cameron en 1986. Dans les deux cas, l’atmosphère oppressante est restituée à merveille dans la série. Le clin d'œil est particulièrement appuyé dans le tunnel souterrain de la saison 2 de Stranger Things, mais aussi avec l’apparition de l'œuf de Demogorgon comme l'œuf de xénomorphe. Autre « ref » : le personnage de David O’Bannon (Ron Roggé) porte le même nom que Dan O’Bannon, le scénariste du film original !

    Au-delà du réel (1981)

    Les expérimentations que Brenner - entre expériences sensorielles extrêmes et caissons d’isolation - pratique sur le personnage d’Eleven dans Stranger Things ont été inspirés par le film Au-delà du réel / Altered States (1981). Pour rappel, ce long métrage signé Ken Russell met en scène un scientifique qui expérimente des états de conscience extrêmes, entraînant des mutations physiques et mentales.

    Carrie au bal du diable (1976)

    Une ado maltraitée qui découvre et maîtrise des pouvoirs destructeurs… ça ne vous rappelle pas quelqu’un ? Carrie (1976) bien sûr, ce personnage imaginé par Stephen King (et transposé à l’écran par Brian De Palma dans ce qui reste la toute première adaptation d’un roman du King de l’horreur), qui partage avec Eleven à la fois une fragilité, une rage parfois incontrôlée (souvenez-vous quand elle a blessé Lucas en voulant défendre son petit ami !) et une puissance qui échappent au contrôle des adultes. 

    Rencontres du troisième type (1977)

    Les lumières surnaturelles très rougeoyantes et orageuses de Rencontres du troisième type / Close Encounters of the Third Kind (1977) ont inspiré les frangins surdoués dans de nombreuses scènes, notamment quand Will entrevoit pour la première fois le monde à l’envers et son ciel menaçant zébré d’éclairs surnaturels. 

    Cujo (1983)

    Le Demogorgon, silhouette bestiale qui se cabre et attaque à quatre pattes, est directement inspiré du chien monstrueux de Cujo (1983). Même posture, même menace. Et là encore, une créature issue de l’imaginaire de Stephen King.

    E.T. l’extra-terrestre (1982)

    Même si le film faisait moyennement peur aux Duffer, E.T. l’extra-terrestre (1982) a énormément compté pour eux et a influencé la scène d’ouverture de Stranger Things, à savoir la partie de Donjons et Dragons, clin d'œil à la tablée familiale du film de Spielberg. Autre « ref » : la façon dont la bande de copains s’est affairée pour habiller Eleven, tout comme la fratrie d’Elliott l’avait fait avec E.T. !

    New York 1997 (1981)

    Synthés sombres, ambiance nocturne et paranoïaque, esthétique dystopique : New York 1997 / Escape From New York est une influence majeure de Stranger Things. On en retrouve les traces dans le laboratoire d’Hawkins, la militarisation rampante et même dans certains choix de bande originale.

    Charlie (1984)

    Une fillette dotée de pouvoirs psychiques, manipulée par une agence gouvernementale… Le parallèle entre la Charlie du film (intitulé en anglais Firestarter) et Eleven est tellement évident qu’il n’y a pas de doutes sur l’inspiration. 

    Frankenstein (1931)

    Le thème du monstre créé par l’homme, rejeté et mal compris : encore une fois les frères Duffer ne s’en cachent pas : le Monde à l’envers et ses créatures sont nés de manipulations humaines qui ont mal tourné. Frankenstein (1931) est aussi clairement convoqué dans la saison 2 quand Eleven est seule à la maison et regarde le classique… de quoi suggérer aux téléspectateurs qu’elle se sent comme un monstre.

    SOS Fantômes (1984)

    L’esprit de bande, l’humour et le sens de l’aventure, matière première du film SOS Fantômes / Ghostbusters (1984) d’Ivan Reitman qui suit des chasseurs de spectres, sont bien présents à l’esprit des Duffers, dont c’est « le film préféré de tous les temps ». Les personnages de Stranger Things s’en amusent même dans la saison 2 en se déguisant pour Halloween. Un clin d'œil très largement revendiqué, donc.

    Gremlins (1984)

    Avec ses créatures au départ mignonnes et innocentes, et finalement imprévisibles et qui sèment le chaos dans une petite ville tranquille, les Gremlins (1984) ont été une source d’inspiration pour les scénaristes. Notamment quand Dustin adopte ce lézard bizarre qui se révèle être un bébé Demogorgon.

    Indiana Jones et le temple maudit (1984)

    Tous les films de l’aventurier au chapeau et au fouet irriguent les idées des frères réalisateurs, en particulier Indiana Jones et le temple maudit (1984) quand Max conduit la voiture de Billy exactement comme lorsque le héros de Spielberg s’échappe. Le personnage de Hopper est également très inspiré de l’archéologue intrépide pour son côté énervé, « qui frappe des gens tout le temps », comme le précisent les Duffer. Pleins de scènes sont inspirées des autres films de la saga aussi.

    Ça (1990)

    Ados, les showrunners de Stranger Things n’ont pas échappé au visage blanc et à la chevelure hirsute rouge du clown de la mini-série Ça - Il est revenu / It (1990) ! De quoi leur filer des cauchemars pendant plusieurs semaines, ont-ils confessé… Mais surtout être séduits par l’amitié entre les enfants du film luttant contre ce monstre interdimensionnel.

    Les Dents de la mer (1975)

    Film possédant tout ce que les frères adorent au cinéma (supers personnages, comédie, grand spectacle), Les Dents de la mer / Jaws (1975) a laissé des traces dans la réalisation de Stranger Things : la voiture de Hopper est la même que celle du chef Brody et surtout, la manière dont le Demogorgon attrape ses victimes pour les emmener dans l’Upside Down est très similaire à la façon dont le requin emmène ses proies sous l’eau.

    Jurassic Park (1993)

    Impressionnés par les dinosaures de Jurassic Park (1993) qu’ils ont vu au cinéma, les Duffers n’ont pas pu s’empêcher de rejouer la scène de la cuisine avec les raptors, “une des meilleures séquences de suspense dans un film”, selon eux.

    Mad Max (1979)

    Max ne porte pas ce prénom pour rien ! Le personnage est un clin d'œil à Mad Max (1979), avec sa façon très badass de conduire.

    Risky Business (1983)

    Avez-vous remarqué ? Quand Nancy et Steve arrivent à la fête d’Halloween dans la saison 2, ils sont habillés comme Tom Cruise et Rebecca De Mornay dans Risky Business (1983). Une manière explicite de dire à Paul Brickman que son film compte dans l’imagination des Duffer.

    Scanners (1981)

    Les pouvoirs psychiques et les expériences gouvernementales de Stranger Things viennent clairement du Scanners (1981) de David Cronenberg. Une influence fondamentale pour Eleven et les autres enfants du laboratoire.

    Stand By Me (1986)

    Adaptée de la nouvelle de Stephen King Le Corps, Stand By Me (1986) a inspiré les Duffer qui ont justement baptisé un des épisodes de la saison 1, Le Corps. On y voit la bande marcher le long des rails comme dans la fiction d’origine. Et les auditions des jeunes acteurs de Stranger Things se sont faites avec des scènes de ce film !

    Star Wars - Episode V : L’Empire contre-attaque (1980)

    Impossible de ne pas penser à la Force quand on voit les incroyables pouvoirs dont dispose Eleven, un enfant spécial qui n’est pas sans rappeler Luke Skywalker. Inspirés entre autres épisodes par L’Empire contre-attaque (1980), les Duffers ont placé une figurine Yoda, des répliques cultes et d’autres petites pépites étoilées dans la série.

    Super 8 (2011)

    Hommage pas du tout dissimulé : le film de J.J. Abrams, Super 8 (2011), est présent dans plusieurs scènes de Stranger Things, notamment quand les enfants se cachent dans un bus pour échapper au Demogorgon et que le bus est renversé.

    L’Exorciste (1973)

    Vecna prenant possession de Will n’est pas sans rappeler la jeune Regan MacNeil, la petite fille possédée de L’Exorciste / The Exorcist (1973). Les deux s’agitent dans leurs lits respectifs avec autant de gestes incontrôlés : le surnaturel qui s’infiltre jusque dans le corps !

    Fog (1980)

    Le film Fog / The Fog (1980) de John Carpenter a surtout été important pour la partition musicale et son oppressant brouillard, qui a été l’une des composantes visuelles essentielles pour imaginer l’Upside Down.

    Les Goonies (1985)

    Obsédés par le film Les Goonies / The Goonies, les frères Duffer ont adoré la camaraderie entre les enfants. La scène dans la saison 2 où tous les kids vont dans le tunnel est clairement en lien avec la quête du trésor de Willy-le-Borgne par la bande. Fun fact : Sean Astin, l’un des comédiens des Goonies, joue dans la saison 2 !

    Terminator (1984)

    Les Duffers sont fiers d’avoir réussi à mettre leur Terminator (1984) dans leur série, avec Grigori dans la saison 3, un tueur à gages soviétique incarné par Andrey Ivchenko. Et dans la saison 5, on retrouve nulle autre que Linda Hamilton, inoubliable Sarah Connor de la franchise SF imaginée par James Cameron.

    The Thing (1982)

    Le monstre de The Thing (1982) de John Carpenter a marqué les créateurs au point d’en donner des caractéristiques à leurs propres monstres dans leur série. Par ailleurs, Mike a un poster de The Thing dans son sous-sol et Lucas en parle lors d’un échange avec ses compagnons d’infortune. 

    Witness (1985)

    Quand Harrison Ford interroge un jeune garçon au poste de police dans Witness (1985), ce dernier voit un article de journal très important accroché au mur. Dans Stranger Things, les frères Duffer ont filmé une scène de la même manière que Peter Weir, mais avec Eleven.

  • Stranger Things, Running Man, Y a-t-il un flic… : en 2025, on a célébré les années 80 !

    Stranger Things, Running Man, Y a-t-il un flic… : en 2025, on a célébré les années 80 !

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    L’industrie hollywoodienne traverse une crise narrative depuis un certain moment et, plutôt que de parier sur la création de nouveaux univers et sur leur public potentiel, elle revient sur ses propres pas et choisit de se plonger dans des mondes, des récits et des personnages préexistants. Remakes, reboots, suites ou prequels – même si chacun de ces formats obéit à une logique interne liée au fan-service, le sentiment sur lequel ils misent reste le même : la nostalgie.

    Certes, les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes la plupart du temps et créent une déception douce-amère par rapport aux œuvres originales, mais il existe tout de même de rares cas où des séries ou des films parviennent à se servir de la nostalgie pour concevoir des mondes fictifs à la fois familiers et originaux. Et la série phénoménale de Netflix, Stranger Things (2016-2025), en fait certainement partie.

    L’esthétique rétro, ses hommages stylistiques aux cinéastes du cinéma de genre et ses easter eggs ont contribué à installer une véritable tendance « 80’s » au sein de la culture pop. Alors que les retentissements de ce retour aux eighties semblent perdurer jusqu’à aujourd’hui, avec un nombre croissant de remakes, suites et prequels sortis en 2025, jusqu’à la cinquième saison des aventures de Eleven, dont la première partie est arrivée sur Netflix le 26 novembre.

    En attendant de voir si Stranger Things retrouvera fera ses adieux à ses fans avec un final digne de l’imaginaire qu’elle a établi saison après saison, on explore les autres films et séries de l’année 2025 qui s’inspirent de la culture cinématographique des années 80, afin de voir si la nostalgie qu’ils procurent tient bon face à l’œuvre originale.

    Running Man (2025)

    Sorti au début du mois de novembre 2025, Running Man (2025) ne fait pas l’unanimité chez les critiques quant à ses mérites, mais il est clair que la vision d’Edgar Wright ne relève en rien d’une nostalgie paresseuse. Il cherche au contraire une proposition plus proche du livre de Stephen King que ne l’était l’adaptation de 1987, qui voyait le colosse Arnold Schwarzenegger dans le rôle de Ben Richards. L’adaptation d’Edgar Wright comporte sans doute quelques touches de rétrofuturisme, mais à la différence du premier film, sa version est une œuvre beaucoup plus flamboyante et spectaculaire, conforme au registre du thriller d’action. 

    Même si le récit s’articule autour d’un jeu télévisé, Wright nourrit son univers filmique de divers paysages et lieux selon la logique du road movie mortel auquel son protagoniste doit faire face. En outre, comme la relation du cinéaste aux pastiches cinématographiques est ancienne, et mis à part quelques clins d’œil ponctuels – par exemple le visage de Schwarzenegger qui figure sur les billets de 100 dollars – il est capable d’absorber références et influences pour les transformer en une vision auteuriste et unique.

    Tron: Ares (2025)

    Parmi les entrées de cette liste, il y a aussi bien des films qui s’approprient directement l’esthétique des années 80 que d’autres, produits durant cette période, mais qui se projettent dans des univers lointains ou imaginaires. Tron: Ares (2025) appartient à cette deuxième catégorie. Le film constitue le troisième volet de la franchise Tron, inaugurée par le film de 1982, qui avait rapidement attiré l’attention des fans de science-fiction fascinés par son imagerie singulière et son monde virtuel créatif et immersif. Mais malgré son statut culte, sa popularité restait sans commune mesure avec Star Wars ou Star Trek, ce qui a largement retardé l’arrivée du deuxième volet, Tron : L'Héritage (2010), sorti 28 ans plus tard. Ce deuxième film a rencontré un succès relativement favorable, tout en suscitant certaines réticences quant à la possibilité d’un troisième chapitre.

    Sorti lui aussi après une longue pause – qui a sûrement contribué à la baisse d’intérêt – Tron: Ares n’a malheureusement pas réussi son pari au box-office. Plusieurs facteurs expliquent cet échec, à commencer par la présence de Jared Leto, qui a développé une certaine notoriété en matière de « flops » – oui, on parle bien de Morbius (2022) ! – mais aussi à cause des attentes d’un public aujourd’hui moins impressionné par les effets visuels que la franchise pouvait offrir il y a 40 ans. Mais pour les fans de SF, le film reste une belle proposition. Si vous aimez l’esthétique néon-cyberpunk et les récits futuristes, Tron: Ares mérite le coup d’œil – et d’oreille aussi, grâce à sa bande originale immersive signée par les légendaires Nine Inch Nails. 

    Karaté Kid: Legends (2025)

    Plus qu’une simple série de films d’arts martiaux, la franchise Karaté Kid a été un véritable phénomène des années 80 qui a profondément marqué une génération. Le premier film, où le jeune Daniel LaRusso affronte ses harceleurs grâce à son maître de karaté, M. Miyagi, qui lui enseigne la discipline, la patience et le respect de soi, demeure un classique qui défie le temps. Après trois suites – Karaté Kid : Le Moment de vérité 2 (1986), Karaté Kid 3 (1989) et Miss Karaté Kid (1994) – la franchise a connu un remake en 2010 avec Jaden Smith et Jackie Chan, qui déplaçait l’action en Chine et remplaçait le karaté par le kung-fu. Gagnant à nouveau en popularité grâce à la série télévisée Cobra Kai (2018-2025), l’univers s’est élargi jusqu’à rassembler toutes ses branches narratives dans Karaté Kid: Legends (2025).

    On y retrouve l’iconique Daniel LaRusso, toujours interprété par Ralph Macchio, et M. Han, le maître de kung-fu de la version 2010, incarné par Jackie Chan, qui unissent leurs forces pour entraîner Li Fong, le petit-neveu de M. Han. Pour les fans de la franchise, Karaté Kid: Legends trouvera sans doute le bon équilibre entre nostalgie et nouveauté : un véritable film feel-good. Mais comme il s’agit d’un récit qui repose largement sur des références aux films précédents – à la différence, par exemple, de Predator: Badlands ou Alien: Earth, que j’explore dans les lignes suivantes – certains y verront peut-être moins d’attrait. Donc, si le film vous intrigue, essayez au moins de voir le premier long-métrage ainsi que le remake de 2010 avant de lancer le visionnage !

    Predator: Badlands (2025)

    En comparaison avec d’autres franchises que les studios peinent à ressusciter, Predator est sans doute un cas unique. Avec l’engagement du cinéaste Dan Trachtenberg d’abord sur Prey (2022), puis cette année sur le film animé Predator: Killer of Killers (2025) suivi de Predator: Badlands (2025), la franchise a réussi à se réactualiser et a gagné en popularité. Les films suivaient jusqu’alors une formule assez simple et efficace : des êtres humains sont poursuivis par un ou plusieurs extraterrestres farouches et redoutables qui cherchent à les tuer. Trachtenberg est parvenu à dépasser le registre thriller-action auquel les films avaient été confinés, et en approfondissant ses récits avec des lieux, des époques et des cultures différentes, le cinéaste a pu aborder la question de la survie sous un autre angle.

    Sous sa direction, la franchise a également développé un nouveau lore autour des extraterrestres chasseurs, ce qui constitue en quelque sorte le noyau dur de l’entrée la plus récente, Predator: Badlands. Le film nous fait découvrir le monde des Yautjas, la race de chasseurs éponymes, où le jeune guerrier Dek, considéré comme très faible, est chassé de son clan. Déterminé à survivre et à prouver sa valeur, il s’allie avec une androïde endommagée (Elle Fanning, qui incarne non pas une mais deux synthétiques), Badlands est un excellent exemple d’expansion d’une franchise préexistante sans rester bloqué dans un fan-service stérile. La mise en scène et le travail de worldbuilding sont très impressionnants, comparables à ceux de films comme The Revenant (2015) et District 9 (2009).

    Alien : Earth (2025)

    Franchise de science-fiction de longue durée, Alien ne cesse d’étendre son univers tout en restant fidèle au matériel d’origine. Transformé et retravaillé par de nombreux esprits créatifs — James Cameron, David Fincher, Jean-Pierre Jeunet, parmi d’autres – l’univers fictif d’Alien demeure néanmoins largement sous l’égide de Ridley Scott, qui a également assumé le rôle de producteur délégué sur la série Alien: Earth (2025), diffusée cette année sur Disney+ en France. Comme Predator, la mythologie et l’esthétique d’Alien sont beaucoup trop vastes et développées pour se réduire aux premiers films tournés dans les années 1980. Néanmoins, tout comme Fede Alvarez, réalisateur du dernier film de la franchise, Alien: Romulus (2024), on voit que le showrunner Noah Hawley a pris soin de rester fidèle à l’imaginaire de la saga. 

    Certes, il y a du fan-service ici, mais il réside moins dans la stricte concordance avec les récits précédents que dans l’artisanat avec lequel les créateurs réinterprètent le monde plastique et technique qui caractérise l’univers et que les fans aiment redécouvrir. La spécificité de la série réside dans le fait que, pour la première fois dans l’histoire de la franchise, l’action se déroule sur Terre. Il s’agit d’un prequel dont les événements se situent plusieurs années avant le premier film, sans y être strictement liés. Hawley y a apporté sa touche personnelle en explorant également des thématiques contemporaines telles que le capitalisme et le transhumanisme. Le résultat est particulièrement convaincant : si vous aimez la série Altered Carbon (2018-2020) ou des films comme Ex Machina (2014) et Blade Runner 2049 (2017), Alien: Earth est certainement fait pour vous.

    La Guerre des Rose (2025)

    Après les grandes franchises de science-fiction, on passe maintenant à un autre registre : celui de la comédie, avec La Guerre des Rose (2025), qui place en tête d’affiche le duo Benedict Cumberbatch–Olivia Colman. Le film est un remake de La Guerre des Rose (1989), adapté du roman de Warren Adler, et offre à son audience une satire conjugale intelligente, portée par les performances singulières de ses comédiens britanniques. On suit le conflit d’un couple, Ivy et Theo Rose, dont la relation se détériore lorsque la carrière de Theo s’effondre tandis qu’Ivy profite pleinement d’une ascension professionnelle.

    À la différence du film de 1989, qui misait davantage sur le grotesque, l’exagération et l’excès, le film de Jay Roach adopte une approche plus nuancée, construite autour de véritables enjeux professionnels et relationnels qui résonneront sans doute avec les sensibilités contemporaines du public. La Guerre des Roses version 2025 a lui aussi ses moments d’excès en matière de jalousie et de cruauté, dont il sait tirer une bonne dose d’humour. On pense notamment à Gone Girl (2014) de David Fincher ou, dans un tout autre registre, à Yorgos Lanthimos, qui avait déjà révélé le potentiel comique d’Olivia Colman dans La Favorite (2018). 

    Y a-t-il un flic pour sauver le monde ? (2025)

    Même si son parcours en salles atteste d’un succès modéré, le nouveau film de la série Y a-t-il un flic a beaucoup occupé les médias et les réseaux sociaux durant l’été 2025, surtout en raison de la campagne marketing autour de ses deux vedettes, Liam Neeson et Pamela Anderson. L’origine de la franchise remonte à la série télévisée Police Squad ! (1982) créée par le trio humoristique ZAZ (David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker), où ils parodiaient les séries policières. Leslie Nielsen, qui incarnait le personnage du lieutenant Frank Drebin, a ensuite repris son rôle dans la trilogie de Y a-t-il un flic.

    Le quatrième volet, qui est d’ailleurs un reboot, Y a-t-il un flic pour sauver le monde ? (2025), passe le relais au fils de notre cher flic hilarant : Frank Drebin Jr., campé par un Liam Neeson connu pour ses rôles typiquement endurcis et impassibles. Voir le héros de Taken (2008) se moquer de lui-même et de tous les clichés du genre – un peu comme Daniel Craig dans À couteaux tirés (2019) – est un vrai plaisir. Le cinéaste Akiva Schaffer reste assez fidèle à l’esprit comique des années 80, avec des gags décalés et potaches, tout en inscrivant le récit dans un discours résolument contemporain. Si Y a-t-il un flic pour sauver le monde ? paraît neuf tout en procurant une certaine nostalgie, c’est aussi parce que la comédie demeure un genre moins exploité par la logique des remakes et reboots hollywoodiens. On verra si cela change dans un futur proche.

  • Êtes-vous prêts pour le film français le plus improbable de 2025 ? Son réalisateur vous met au défi de le regarder !

    Êtes-vous prêts pour le film français le plus improbable de 2025 ? Son réalisateur vous met au défi de le regarder !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    L’histoire du cinéma est jalonnée de ratages flamboyants. On pense, évidemment, au mémorable Plan 9 From Outer Space (1959) qui valut à Ed Wood le titre de plus mauvais réalisateur de tous les temps (titre disputé depuis par le cinéaste Allemand Uwe Boll, notamment). Depuis, certaines oeuvres se sont glissées (involontairement) dans son sillage.

    Parfois, ça ne marche pas… et on aime ça !

    Outre-Atlantique, on pense à des films comme Les Dents de la Mer 4 (1987) et son squale vengeur, Terre champ de bataille (2000) et son invasion alien à dreadlocks, Dragonball Evolution (2009) et sa tentative ratée de faire honneur à Son Goku, le pas si lointain Cats (2019) et ses félins dansants ou l’incontournable The Room (2003), OVNI signé Tommy Wiseau à qui on voue aujourd’hui un véritable culte.

    Côté français, les exemples ne manquent pas. Le Jour et la nuit (1997), L'Extraterrestre (1999), Vercingétorix (2001), Incontrôlable (2006, Cinéman (2009), Le Baltringue (2010) ou Bad Buzz (2017) se sont tous « pris les pieds dans le tapis » durant leur fabrication, transformant des idées potentiellement intéressantes sur le papier en accidents industriels et artistiques sur l'écran. Parfois, c’est ainsi, ça ne marche pas. C’est ce qui fait -aussi- la magie du cinéma. Et c’est ce qui fait qu’on aime, finalement, (re)voir ces propositions improbables.

    Papamobile, « un nanar revendiqué »

    En 2025, le cinéma hexagonal nous a offert l’une des ces œuvres inclassables, immédiatement devenue LA curiosité de l’année. Sans pour autant être visible. Il faut dire que les distributeurs, déçus devant le résultat obtenu après trois remontages (!), ont carrément renoncé à donner sa chance au long métrage, le reléguant à une sortie technique en plein milieu du mois d'août dans 7 cinémas seulement pour honorer leurs obligations contractuelles. Et ce malgré la présence au générique de Kad Merad. Ce film, c’est Papamobile (2025) de Sylvain Estibal.

    Journaliste, romancier (Le Dernier vol, 2009, adapte l’un de ses ouvrages) et réalisateur, Sylvain Estibal fait des débuts remarqués dans le cinéma en 2012, en remportant le César du Meilleur premier film pour Le Cochon de Gaza (2011). Succès critique et public (plus de 300 000 entrées), cette fable tragi-comique met en scène un pêcheur palestinien qui tente de se débarrasser d’un cochon envahissant, animal impur tombé d’un cargo et ramené dans ses filets dont il va essayer de tirer profit.

    Il faut attendre 2023 pour que ce cadre de l’AFP retrouve le chemin des plateaux. Tourné en 24 jours au Mexique, pour à peine 1,2 millions d’euros, Papamobile part là encore d’une situation décalée : l’enlèvement du Pape par la dirigeante impitoyable d’un cartel mexicain lors de sa visite dans le pays, qui va réaliser que son captif est en réalité un sosie du souverain pontife. Entre quiproquos et critique des arcanes du Vatican, le film se veut une farce absurde aux allures de « nanar revendiqué ».

    « Ce film, comme Le Cochon de Gaza qui était un conte pour la paix, est un voyage absurde dans notre époque et aborde des thèmes sensibles tels que la religion, le narcotrafic et les migrations avec humour et bienveillance », explique alors le cinéaste dans un droit de réponse relayé sur les réseaux sociaux. « Le manque de moyens est totalement assumé dans la réalisation avec un côté nanar revendiqué. Le film est difficile à mettre dans une case et peut-être que cela perturbe et dérange d’autant qu’il aborde parallèlement des thèmes sérieux qui nous préoccupent collectivement. (...) J’invite les curieux à se faire leur propre avis ».

    « C’est raté »

    Ce droit de réponse est intervenu le jour de sortie du long métrage, alors qu’un service minimum était mis en place (7 salles de Province, aucun écran à Paris) et que l’un des producteurs le qualifiait de « comédie pas drôle » dans les colonnes du Canard Enchaîné, balayant le film d’un « c'est raté » catégorique. Papamobile aurait dès lors pu passer inaperçu entre le flot des sorties estivales et les grandes vacances. Au contraire, ce désaccord entre le réalisateur et la production/distribution va attirer l’attention sur le film.

    Une comédie avec Kad Merad, valeur sûre du box-office, « sabordée » par sa propre équipe ? Il y a là une histoire fascinante à creuser, qui amène Sylvain Estibal jusque sur le plateau de Quotidien où il défend son projet. « Tout le monde dit que c’est raté, du point de vue de l’idée que c’était un film différent, il est totalement réussi. C’est totalement différent de ce qu’on attend de voir au cinéma. Il a une originalité qui est assez inédite dans le contexte actuel. Je comprends le distributeur qui se demande ce qu’il va faire avec ce truc car ça ne rentre dans aucune case. Effectivement, il n’est pas du tout formaté, on ne peut pas le marketer facilement, mais il a le mérite d’exister. C’est un film qui parle de l’absurdité et de la folie du monde actuel, qui se sont un peu répercutées dans le film lui-même, et il y a comme un prolongement de cette folie dans la sortie qui est complètement folle. »

    Grâce à ce buzz inespéré, Papamobile intrigue. Au point de multiplier son parc de salles par cinq, avec trente-six écrans qui finissent par accueillir le long métrage. « Il devait sortir le plus discrètement possible, puis il y a eu ce coup de projecteur inattendu sur ce film que j'ai interprété avec beaucoup de plaisir », explique Kad Merad au micro de Pure Médias. « Dès le départ, le film était très particulier, très insolite, très curieux, très atypique. C'est vrai qu'on a peut-être souffert de moyens, il faut le dire. On est partis tourner au Mexique, au Vatican. Ça a été très compliqué. Le film est ce qu'il est, moi je l'aime, je le trouve intéressant et insolite. Comme l'a dit le réalisateur, ou ça passe ou ça casse, bon ça a plutôt cassé… »

    Il faut dire que le résultat est pour le moins déroutant. Avec des personnages décalés, un ton absurde, des situations loufoques, un rythme particulier, un jeu approximatif, un manque évident de budget, des choix parfois souvent bancals... Et -me concernant- une absence totale de rire (et même de sourire) et un ratio « durée réelle / ressenti » qui passe du simple au double (1h26 de film, 3h de ressenti). « Tout cela est un grand n’importe quoi » lâche judicieusement le narrateur du film, un garde suisse dont la voix-off a été ajoutée pour rallonger la durée du film.

    Restent Kad Merad chevelu (c’est rare !), une (pas si) méchante campée par Myriam Tekaïa -également coscénariste- que le réalisateur compare à la Annie Wilkes de Misery (ça n’engage que lui) et une improbable scène de léchage d’orteils tournée sans trucage par l’interprète du Pape Barnabé VI, dont la compagne Julia Vignali s’offre une apparition clin d’oeil en présentatrice télé. Ah oui, et puis des pédalos canard, un crocodile baptisé Marguerite, un braquage de la banque du Vatican et une traversée en sous-marin sans sous-marin.  Quand je vous dis que c'est une vraie curiosité à voir, je n'exagère pas !

    372 entrées

    Côté entrées, 372 personnes avaient fait le déplacement à la fin de l’été selon BFM. « J'ai fait le plus gros succès du cinéma français, je vais peut-être faire le plus grand bide… », prophétisait Kad Merad, qui passe des 20 millions d’entrées de Bienvenue chez les Ch’tis (2008) au plus gros échec de sa carrière avec Papamobile. Tout en relativisant la situation (« Ça s'appelle une vie d'acteur et j'espère continuer à avoir des surprises comme ça. ») et en embrassant le statut culte gagné par le long métrage dans cette aventure.

    Pour en juger, vous pouvez désormais le découvrir en VOD sur les plateformes recensées par JustWatch juste ici, avant une diffusion en streaming sur Prime Video courant 2026. En ayant en tête, avant de lancer votre visionnage, l’avertissement partagé avec beaucoup d’autodérision par le réalisateur Sylvain Estibal dans un excellent post LinkedIn que je trouve personnellement plus réussi que le film. Le voici ci-dessous. Bon Papamobile ! Ou pas.

    « Appuyez sur lecture. Et pardonnez-moi. Ou remerciez-moi. »

    Post LinkedIn de Sylvain Estibal - Le plus gros nanar français de ce XXIᵉ siècle, une anomalie cinématographique, un alien visuel, que j’ai la fierté (et l’inconscience) d’avoir réalisé, est enfin disponible en VOD sur Prime Video & Amazon MGM Studios et Orange Cinéma.

    Pour celles et ceux qui n’ont pas eu la chance particulièrement rare de le voir dans l’une des 7 salles qui l’ont projeté : réjouissez-vous ! Vous allez enfin pouvoir l’admirer, le disséquer, ou le fuir vite depuis votre canapé. Ce film a été tourné avec passion, sueur, de maigres deniers et probablement un léger déni de réalité. Heureusement, j’avais déjà un César : ça aide à survivre à ce genre d’aventure.

    Disclaimer : certains spectateurs ont ri, d’autres ont été médusés, quelques-uns ont pensé que leur télé avait un problème. Et puis il y a ceux qui ont simplement murmuré : « Ah ouais… quand même. »

    Appuyez sur “lecture”. Et pardonnez-moi. Ou remerciez-moi. Franchement, je ne sais plus. ‎

  • 8 duos iconiques qui ont marqué l’animation Disney

    8 duos iconiques qui ont marqué l’animation Disney

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Neuf ans après la sortie du premier film, Zootopie 2 (2025) a attiré les spectateurs en nombre dans les salles obscures pour ses premiers jours d’exploitation ! 556 millions de dollars de recettes au box-office mondial, soit le quatrième meilleur démarrage de tous les temps : un cumul historique qui illustre l’attachement des fans pour le tandem formé par la lapine Judy et le renard Nick, nouveau couple star de l’animation Disney. 

    Les duos Disney sont indissociables du fameux studio. Qu’elles soient composées d’animaux ou d’humains, ces amitiés iconiques ont souvent participé à la gloire des films dont elles sont issues. Que serait la Terre des Lions sans Timon et Pumba ? Ou le château de la Bête sans Lumière et Big Ben ? 

    Ces duos sont synonymes de loyauté et d’humour pour nos héros et permettent d’apporter un peu de légèreté et une touche un peu plus humoristique aux histoires Disney qui, sans eux, seraient peut-être un peu trop sombres, ou simplement moins drôles et moins attrayantes pour le grand public.

    Justwatch vous a préparé une liste de 8 duos iconiques des films d'animation du studio aux grandes oreilles. Quel est votre préféré ?

    Lilo et Stitch - « Ohana signifie famille »

    L'histoire de Lilo et Stitch (2002) est l’une des plus touchantes de cette liste, tant ces deux personnages dépendent l’un de l’autre. Lorsque Stitch est expulsé de la planète sur laquelle il a été créé, il atterrit sur Terre, plus précisément à Hawaii. Là, il est adopté par la petite Lilo, qui est élevée par sa grande sœur Nanni, suite à la mort de leurs parents dans un accident de voiture. Au milieu d’un foyer un peu chaotique mais dans lequel l’amour règne par-dessus tout, Stitch trouve une famille, des amis, et surtout une nouvelle passion pour le King, Elvis Presley, que Lilo lui fait découvrir dès son arrivée. Dès la sortie du film, Lilo et sa petite peluche bleue deviennent la coqueluche des studios, et des petits comme des grands. Une cote d’amour confirmée par le succès de l’adaptation en prises de vues réelles sortie durant l’été 2025.

    Marin et Dory - « On a les branchies qui bougonnent ? »

    Cette fois, c'est vers les studios Pixar que nous nous tournons avec Le Monde de Nemo (2003), dans lequel nous sommes plongés dans l'océan Pacifique, non loin de l'Australie. Nemo et son père Marin sont des poissons clowns qui vivent seuls, après que la mère de Nemo et toute sa fratrie aient été victimes d’un barracuda. Marin est terrifié à l'idée de perdre son fils unique, qui a du mal à s'émanciper. Un jour, il est capturé par des plongeurs, et Marin se lance à sa recherche. Il rencontre Dory, un poisson fort sympathique et drôle, mais qui a des problèmes de mémoire immédiate. Le côté beaucoup plus sérieux de Marin et l'originalité et l’humour de Dory créent un duo comique et touchant, lui aussi adoré du public, qu’on retrouvera avec plaisir dans Le Monde de Dory (2016) 13 ans plus tard.

    Bob et Sully - « Nous faisons peur, et nous le faisons bien ! »

    Monstres et Cie (2001) est sûrement l'un des meilleurs Pixar jamais réalisés (à mon humble avis). Bob, le mini-cyclope vert, et Sully, un grand monstre poilus bleu et violet, sont amis depuis des années. Ils travaillent tous les deux dans l’usine d'énergie de Monstropolis et ne sont pas seulement copains et colocataires dans la vraie vie : ils forment également un tandem de choc au travail, où ils effraient plus d’enfants et récoltent plus d'énergie que n'importe qui. Le caractère débonnaire et un peu pataud de Sully ainsi que le côté plus autoritaire, terre à terre mais vraiment hilarant de Bob, et par-dessus tout, la relation qu’ils nouent avec la petite Boo, font de cette paire un duo inoubliable, dont on découvrira les jeunes années dans Monstres Academy (2013).

    Buzz et Woody - « Vers l’infini et au-delà ! »

    La réplique culte de Buzz l'Éclair est parfaite pour décrire l'amitié que lui et Woody ont créé au fil des années dans la saga Toy Story (1995-2026). Peu de franchises d’animation sont aussi nostalgiques, drôles, et attirent autant le public à chaque fois qu’un nouvel opus sort au cinéma ! Mais il faut bien dire que le jour où Pixar a décidé de mettre en vedette nos jouets préférés -et ce que cela impliquait pour eux comme pour nous lorsque nous grandirions- ils allaient forcément réussir à nous faire verser un torrent de larmes. D’ailleurs, le simple fait de dire « Buzz ET Woody » semble être la chose la plus évidente au monde : il est impossible de dissocier ces deux personnages tant leur relation a marqué -et même défini- l’ampleur de la meilleure franchise Disney/Pixar.

    Timon et Pumba - « Hakuna Matata ! »

    Pauvre Simba… Heureusement que le duo de choc iconique que forment Timon et Pumba étaient là pour le secourir, sans quoi sa vie (et même le film Le Roi Lion, 1994) auraient vite pris une tournure beaucoup plus sombre. Entre les interludes musicaux dramatiques et les blagues hilarantes du duo, Simba n’avait vraiment pas d’autre choix que de relever la tête après la séquence tragique de la mort de Mufasa (et nous non plus d’ailleurs). En plus, bien qu’ils ne soient pas d’une très grande aide physique au combat, Timon peut faire diversion très facilement (donnez lui simplement une brassière en noix de coco) et Pumba, de part sa carrure, peut aisément tacler n'importe quelle hyène se trouvant sur son passage !  

    Lumière et Big Ben - « Prenez place… »

    Lumière et Big Ben, c’est LE duo intemporel des Disney classiques. L'amitié entre le chandelier et l’horloge parlante de La Belle et la Bête (1991) remonte à très, très longtemps. Lumière a ce charme à la française que Disney semblait adorer a l'époque, quant à Big Ben, son côté ronchon… et bien lui aussi semble être très français également ! Même si les deux sont souvent en désaccord, ils aident la Bête au quotidien en lui prodiguant leurs conseils avisés et en veillant à la bonne tenue de son château. Et ils savent très bien qu’ils peuvent compter l’un sur l'autre et s’entraider, surtout lorsqu’il s’agit de leur seule chance de devenir « humain » à nouveau. 

    Robin et Petit Jean - « Tu refuses de détrousser une personne royale ? »

    « Robin et Petit Jean, au bois se promènent… » L'amitié des deux compères de la forêt de Sherwood remonte elle aussi à très loin et même dans la littérature, ces deux personnages ont toujours été indissociables, surtout quand il s’agit de venir à bout de la tyrannie du Prince Jean, du Shérif de Nottingham et de leurs sbires. Ils ont toujours un coup d’avance sur « Jean l'affreux », comme lorsqu'il s’agit de lui voler ses bijoux et ses pierres précieuses en se faisant passer pour des diseuses de bonne aventure. C’est véritablement un duo dont les frasques, les chansons et l'amitié ont marqué mon enfance. Il fait de Robin des Bois (1973) l’un des meilleurs classiques Disney.

    Kronk et Yzma - « C’est ça l’ironie du sort, tout comme le fait que je sois affligée de toi… »

    En termes d’humour, de répartie cinglante et de sarcasmes à tout bout de champ, il n’y a pas mieux que Kronk et Yzma ! Kuzco, l'empereur mégalo (2000) a été transformé en lama par Yzma (à la suite d'une erreur d'étiquetage de poison). Cette dernière est accompagnée de Kronk, son homme de main, qui est le stéréotype même du géant musclé pas très futé, mais finalement gentil et extrêmement drôle de stupidité. Tous deux se mettent à la recherche de Kuzco afin de terminer le travail. Kronk et Yzma sont tellement hilarants et mauvais dans leur rôle d'antagonistes qu’on s’attache directement à eux, en espérant même qu’ils ne soient pas réellement vaincus à la fin. Spoiler Alert, on retrouvera le gentil et hilarant sbire dans King Kronk (2005), suite Disney méconnue mais très sympathique !

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