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César 2026 : 3 moments Carrey-ment inoubliables de la cérémonie

César 2026 : 3 moments Carrey-ment inoubliables de la cérémonie

Yoann Sardet

Yoann Sardet

Rédacteur JustWatch

Et le César d’honneur est décerné à… Jim Carrey ! Au-delà des récompenses décernées à L’Attachement, Nouvelle Vague, Nino, Arco, Léa Drucker et Laurent Lafitte, entre autres, la 51e grand-messe du cinéma français a salué comme il se doit son invité d’honneur, qui a provoqué chez les personnes présentes à L’Olympia un mélange de respect artistique, de star-struck et de joie enfantine assez rare. JustWatch vous partage les trois moments forts de cet hommage.

Le discours swing de Benjamin Lavernhe

Le maître de cérémonie des César 2026 l’avait dit en amont de la soirée : pouvoir rencontrer et surtout célébrer Jim Carrey serait un moment majeur pour lui. Et il n’a pas raté le rendez-vous. Il est d’abord rattrapé par l’émotion quand il s’adresse à son héros dans son discours d’introduction : « J’ai 10 ans, je sors d’une séance de The Mask au cinéma Le Castille à Poitiers. Je découvre beaucoup plus qu’un acteur : un artiste immense, au talent sans limite, qui libère nos imaginaires. Trente ans plus tard, il est à trois mètres de moi. C’est quasi irréel ». Un sanglot discret vient l’interrompre, et on sent à quel point le moment est fort pour le comédien. Et je ne peux que le comprendre, moi pour qui The Mask (1994) est un grand moment de ma vie de spectateur et dont la répliques m’accompagnent depuis.

  • Le discours complet de Benjamin Lavernhe

Et puis Benjamin Lavernhe va faire quelque chose qu’on aurait tous, je crois, rêvé de faire. Après avoir fait porter sur scène le véritable masque du film depuis le Musée Cinéma & Miniature de Lyon, le comédien s’en empare, lance un regard chargé de malice à son idole façon « Et si j’osais ? », et se l’applique sur le visage. Et là, le show est lancé : des éclairs verts rappelant les transformations du film de Chuck Russell, un changement de costume digne des plus grands illusionnistes troquant le smoking sobre des débuts pour le complet jaune du long métrage, un orchestre de swing qui reprend Hey Pachuco, une chorégraphie endiablée, une déambulation enjouée dans les travées et les couloirs de L’Olympia, des vannes gentiment acides à la The Mask pour présenter les différents nommés, un nouveau changement de costume, une rumba/mambo sur Sancho le Cubain / Cuban Pete… Le tout devant un Jim Carrey conquis. Refaire The Mask en live : j’avais à nouveau 10 ans (plutôt 14 ans dans mon cas), merci Benjamin !

La rencontre avec sa (splendide) voix française

Benjamin Lavernhe a définitivement tout réussi lors de cette soirée. Chaque intervention, chaque trait d’humour était juste, avec le bon équilibre entre classe et irrévérence. Un deuxième moment m’a conquis. Et je dois même concéder que s’il n’avait pas eu lieu, j’aurais crié au scandale. Alors que le maître de cérémonie lance la prochaine catégorie -en l'occurrence le Meilleur son-, sa voix n’est plus la même. Dans un playback absolument parfait, il se retrouve affublé du timbre d’Austin Powers, de Chandler dans Friends, de Borat, de Simba dans Le Roi Lion… Pas de doute, Emmanuel Curtil est dans les parages. Le comédien assure le doublage français de Jim Carrey depuis 1994. L’année qui a révélé Jim Carrey avec les triomphes de The Mask, Ace Ventura et Dumb & Dumber. Il aurait été impensable de ne pas le convier à la fête.

  • Le discours complet d’Emmanuel Curtil

Car Jim Carrey, c’est un talent rare, c’est un corps unique, mais c’est aussi une voix qui, quand on est enfant et pas encore adepte de la VO, est française. Et c’est celle d’Emmanuel Curtil. Malgré leur collaboration de plus de trente ans, il n’avait jamais rencontré la star. Et c’est avec une assurance impressionnante -car le moment était fort- et un respect sincère qu’il a pu lui adresser quelques mots depuis la scène : « J’attendais une belle occasion. C’est un véritable honneur pour moi de vous rencontrer ce soir. Enfin. Vous n’imaginez pas le cadeau que c’est pour un comédien comme moi de doubler un artiste tel que vous. Et à chaque fois que je vous retrouve dans un film, j’ai l’impression de retrouver un vieil ami. En tout cas je vous promets que je fais le max pour vous abîmer le moins possible. Je sais qu’à un moment donné vous avez songé à arrêter le cinéma mais je vous en supplie Jim : continuez ! Continuez à nous faire rêver ! Faites des films ! Et maintenant qu’on se connaît… Depuis trente secondes… Si vous ne le faites pas pour vous, alors faites-le pour moi. » Avant de s’adresser à la Ministre de la Culture fraîchement nommée Catherine Pégard pour défendre les talents du doublage face aux dangers de l’IA. Même si je regrette qu’Emmanuel Curtil n’ait pas été convié pour remettre le César d’honneur et que Jim Carrey ne soit pas monté sur scène pour lui adresser un « hug » mérité, le moment était ssssssssplendide !

Le discours touchant (et en français) de Jim Carrey

« Comment était mon français ? Presque médiocre, non ? » Non, Jim. C’était parfait ! Et extrêmement personnel, loin d’un discours convenu. En recevant son César d’honneur des mains de Michel Gondry -dont les quelques mots étaient à l’image du cadre Gym-Carré qu’il a offert à son comédien de Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004), un peu étranges- et de la Présidente Camille Cottin -dont les mots étaient vibrants et parfaitement choisis- Jim Carrey a tenu à s’exprimer en français avec des mots très personnels, célébrant notamment ses origines hexagonales (son arrière arrière arrière arrière grand-père François Carré est parti de Saint-Malo pour le Canada), sa famille et son papa disparu Percy Joseph Carrey (l’homme le plus drôle qu’il ait jamais connu, venant de Jim Carrey ça vous pose le monsieur), et partageant avec simplicité et émotion tout ce que son art lui avait apporté. 

  • Le discours complet de Jim Carrey

« En tant qu’acteur, chaque personnage que vous incarnez est comme l’agile du sculpteur que vous façonnez à la force de votre cœur. Quelle chance j’ai eu de partager cet art avec tant de personnes qui m’ont offert leur cœur en retour. (...) Si vous voulez que la fortune vous sourit, souriez-lui d’abord. C’est très difficile, mais nous devons essayer. Je vais toujours chérir ce souvenir. Et je vais toujours sourire ce souvenir ! Je vous aime tous, du fond du cœur, merci. » Je dois concéder que je râle chaque année en voyant les César convier une star hollywoodiene pour ce César d'honneur, comme si nous manquions de talents hexagonaux -certains jamais primés- à mettre en lumière. Mais là, ils ont vu juste en honorant cet artiste complet et profondément humain qui ne se réduit pas qu’à ses (géniales) grimaces et contorsions burlesques et dont les réussites n’ont jamais vraiment été célébrées dans les grandes cérémonies (à l’exception de Golden Globes pour The Truman Show et Man on the Moon). Il lui a fallu revenir en France pour recevoir cet honneur mérité. « Ce Carré a bouclé la boucle », comme il l’a dit lui-même.

Aucune nomination ! Le meilleur film de l'année a été oublié par les César 2026

Aucune nomination ! Le meilleur film de l'année a été oublié par les César 2026

Yoann Sardet

Yoann Sardet

Rédacteur JustWatch

10 nominations pour Nouvelle Vague (2025), 8 citations pour Dossier 137 (2025), L’Attachement (2025) et L'Inconnu de la Grande Arche (2025), 7 prix possibles pour La Petite dernière (2025) : la 51 cérémonie des César, animée par Benjamin Lavernhe, met en lumières les meilleurs films de l’année passée. Presque tous en réalité, car l’un d’entre eux manque cruellement à l’appel. De mon point de vue en tout cas.

Le choc Muganga

Muganga - Celui qui soigne (2025), c’est un film important. Premier de mon top personnel l’an dernier (ce qui n’a aucune valeur en tant que tel, je vous l’accorde). Premier selon la note certifiée des spectateurs UGC (là, c’est déjà plus indiscutable). Un vrai plébiscite public (près de 300 000 entrées) et le plus gros succès de la jeune histoire de L’Atelier Distribution. Et surtout un sujet majeur.

Marie-Hélène Roux y raconte le parcours de Denis Mukwege, docteur congolais et futur Prix Nobel de la paix, alors qu’il s’est donné pour mission de soigner les femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo où le viol est une arme de destruction intime et massive. Aidé par le chirurgien belge Guy Cadière et sa fille, il va mettre en place des procédures susceptibles d’aider un nombre croissant de patientes.

Muganga - Celui qui soigne c’est plus qu’un coup de cœur, c’est un coup au cœur. Un coup en plein cœur, même. Il va au-delà du documentaire L’Homme qui répare les femmes (2015), au-delà du simple « biopic Wikipédia » et parle autant de la mission menée par le soignant que des drames traversés par certaines de ses patientes, dévastées par la douleur, la colère, la honte aussi… Les blessures physiques et psychologiques ne sont jamais occultées, et certaines séquences vraiment difficiles à regarder. On en sort bouleversé. Et convaincu que c’est le genre d'œuvres qu’il faut absolument conseiller, transmettre, recommander, montrer au plus grand nombre et mettre en lumière dès que cela est possible.

Où est Muganga ?

La question, dès lors, est simple. Et demande vraiment à être posée. Où est Muganga ? Pas une seule catégorie des César 2026 n’a célébré le long métrage. Ni côté acteur (alors que vous n’avez jamais vu Isaach de Bankolé dans une posture aussi grave et intense), ni côté seconds rôles (Vincent Macaigne, Déborah Lukumuena, Soliane Moisset ou Yves-Marina Gnahoua y méritaient leur place), ni côté espoirs (Manon Bresch et Babetida Sadjo sont bouleversantes), ni côté réalisation ou scénario. C’est incompréhensible.

J’ai conscience qu’à chaque cérémonie de remises de prix, qu’elle soit cinématographique, théâtrale ou musicale, les places sont chères et les absents nombreux. Que tout le monde veut voir son « chouchou » être célébré. Que cela fait partie du jeu de râler quand un talent est boudé. Mais tout de même… Pas une nomination pour le film de Marie-Hélène Roux ? Sérieusement ? Je ne comprends pas.

Il est possible que le distributeur, jeune et modeste société, n’ait pas eu les moyens de pousser son film dans la course aux César. Mais les votant.es n’auraient ils/elles pas pu faire l’effort de le voir ? Depuis sa sortie en septembre dernier, je ne cesse de dire que le film ne doit pas être oublié par l’Académie. Tout en sachant au fond de moi que ce serait inévitablement le cas. Alors que c’était l’occasion de célébrer un combat majeur et des talents rarement mis en lumière. Et même, très cyniquement, d’un point de vue purement « paillettes », c’était s’assurer de la présence d’Angelina Jolie -productrice du film- à l’Olympia alors que les César aiment saluer chaque année le glamour international (avec cette année une statuette décernée à Jim Carrey).

Bref, vous l'aurez compris, MON César est attribué à Muganga. Ce n’est pas assez. Mais c’est toujours ça. Et j’espère que ces quelques lignes vous inciteront à découvrir ce film intense, délicat, révoltant, poignant, puissant, profondément humain. Et important.

Il a battu Chalamet et DiCaprio aux BAFTAs : 10 films et séries pour découvrir Robert Aramayo

Il a battu Chalamet et DiCaprio aux BAFTAs : 10 films et séries pour découvrir Robert Aramayo

Yoann Sardet

Yoann Sardet

Rédacteur JustWatch

Ni Timothée Chalamet, ni Leonardo DiCaprio, ni Ethan Hawke, ni Michael B. Jordan, ni Jesse Plemons : les votant.es des BAFTAs, l’équivalent britannique des Oscars, ont sacré Robert Aramayo ce dimanche 22 février, offrant au film I Swear (2025) les trophées du Meilleur acteur et de la Meilleure distribution. Une vraie surprise, alors que la dernière ligne droite pré-Oscars -qui ont boudé Aramayo- se resserre autour de Une bataille après l’autre, Sinners, Marty Supreme et Hamnet.

Malheureusement entachée par la polémique provoquée par une interjection raciste lancée involontairement par John Davidson -qui a inspiré le film et qui est atteint du syndrome de Gilles de la Tourette qui se caractérise par des tics et insultes non-contrôlés-, la cérémonie a mis en lumière Robert Aramayo, jusqu’ici relativement peu identifié du grand public. Cette récompense pourrait donc marquer un vrai tournant dans sa carrière, marquée par quelques rôles notables que je vous liste ci-après. Suivez le guide JustWatch !

Game of Thrones - saisons 6 & 7 (2016-2017)

Après des rôles secondaires dans Nocturnal Animals (2016) et Lost in Florence (2017) et une prestation remarquée en Bill Harley dans la mini-série Harley and the Davidsons consacrée à la création de la célèbre moto, Robert Aramayo s’illustre dans quatre épisodes de Game of Thrones (2011-2019). S’il aurait pu n’être qu’un des nombreux visages rapidement entre aperçus à Westeros et aussi vite oubliés, son rôle est tout sauf mineur : il incarne, dans quatre épisodes de flashbacks, le rôle de Ned Stark (Sean Bean) jeune, opposé à Ser Arthur Dayne dans un duel mémorable au pied de la Tour de la Joie puis confronté au secret des origines de Jon Snow alors que sa soeur Lyanna lui demande de protéger l’enfant. Je me souviens avoir été marqué, déjà à l'époque, par sa prestation.

Galveston (2018)

Mélanie Laurent, actrice mais aussi réalisatrice depuis Les Adoptés (2011), dirige son cinquième long métrage -et le premier en anglais- avec Galveston (2018). Dans ce road movie sur fond de thriller noir adapté du roman de Nic Pizzolatto (le créateur de True Detective), on suit la cavale de deux marginaux, un gangster malade et une jeune prostituée campés par Ben Foster et Elle Fanning, alors qu’ils tentent de rejoindre la ville depuis La Nouvelle Orléans. Sur leur route vers le Texas, ils vont notamment croiser Robert Aramayo au détour d’un motel : le comédien incarne un criminel sans envergure qui leur propose un coup facile et devient une menace dans leur fuite. Le rôle est court -quatre scènes- mais illustre la capacité d’Aramayo à incarner de manière crédible des personnages très différents et immédiatement marquants. 

MINDHUNTER - saison 2 (2019)

Nouvel univers et nouvelle interprétation marquante, pour ne pas dire glaçante ici, de Robert Aramayo. Il rejoint en 2019 la distribution de MINDHUNTER (S2E4), chef d'œuvre de noirceur qui retrace la création du profiling des tueurs en série par le FBI. L’acteur se glisse dans la combinaison de détenu de Elmer Wayne Henley Jr., un jeune homme condamné à six emprisonnements à perpétuité pour sa participation aux vingt-huit meurtres perpétrés par Dean Corll entre 1970 et en 1973, à qui il amenait ses victimes. Celui qui se définit comme « juste un garçon proche d’un meurtrier » est traversé par plusieurs états durant l’interrogatoire mené par Wendy Carr (Anna Torv) : d’abord fermé et hostile, il se dévoile quand les bons leviers sont actionnés par l’enquêtrice avant de sombrer dans la colère quand une possible homosexualité est suggérée. Il y a un peu ici la même tonalité que dans le fameux épisode 3 de Adolescence (2025), et Aramayo est une nouvelle fois marquant.

Suicide Tourist (2019)

Le drame danois Suicide Tourist (2019) confronte Robert Aramayo à un autre transfuge de Game of Thrones en la personne de Nikolaj Coster-Waldau qui campait Jaime Lannister dans la série HBO. Devant la caméra de Jonas Alexander Arnby, remarqué pour son film sur l’adolescence When Animals Dream (2014), Coster-Waldau incarne un enquêteur en assurances condamné à court termes par une maladie, qui se rend dans un mystérieux hôtel spécialisé dans le suicide assisté alors qu’il enquête sur la disparition d’un bénéficiaire. L’histoire prend alors une direction mystique, onirique et existentielle, qui l'amène -et nous avec- à douter de la réalité elle-même. Personnage secondaire de l’établissement, Robert Aramayo contribue à nourrir l’étrangeté du lieu, baigné dans une ambiance qui rappelle A Cure For Life (2017).

Antebellum (2020)

Le prologue de Antebellum (2020) est glaçant, passant pendant un plan-séquence très réussi d’une ambiance historico-bucolique à l’horreur de l’esclavage au sein d’une propriété confédérée. Le décor est planté pour ce thriller à forte résonance sociale, souvent comparé à Get Out (2017) mais qu’on pourrait plus justement présenter comme un croisement entre Le Village (2004) et 12 Years a Slave (2013). Sans spoiler plus loin -car le film repose mine de rien sur un twist majeur- on y suit les pas de Veronica Henley (Janelle Monáe, y livre une performance habitée pleine de rage contenue) alors qu’elle tente de survivre et s’enfuir de la plantation où elle est retenue prisonnière. Robert Aramayo y incarne Daniel, un soldat en apparence timide et humain qui va vite dévoiler un double-visage terrifiant quand il est confronté à la jeune femme qu’on lui offre pour la soirée. La même année, l’acteur apparaît dans un autre film d’horreur intéressant : The Empty Man (2020) qui convoque une légende urbaine étrange dans une ambiance néo-noire assez fascinante.

Mon amie Adèle (2021)

« Ils sont plus heureux quand ils sont seuls avec moi que quand ils sont tous les deux. » Cette réplique de Louise (Simona Brown) résume parfaitement sa relation avec David et Adèle, un couple dont elle se rapproche en devant la maîtresse de l’un et la meilleure amie de l’autre. En se rapprochant d’eux, elle va alors découvrir leurs secrets… En six épisodes, la mini-série Netflix Mon amie Adèle (2021) adapte le best-seller de Sarah Pinborough et tisse une intrigue entre mystères, songes et révélations. Après la révélation finale qui a fortement divisé, la plateforme a même dû publier une vidéo pour aider ses abonné.es à bien comprendre les tenants et aboutissants de cette histoire qui peut en perdre plus d’un.e ! Robert Aramayo y campe un personnage secondaire dont le « journal des rêves » contient certaines clés majeures pour la bonne compréhension de l’univers.

Le Seigneur des Anneaux : Les Anneaux de pouvoir (2022-)

C’est sans aucun doute le rôle qui a vraiment contribué à asseoir Robert Aramayo comme un visage à suivre et une valeur montante du cinéma britannique : l’Elfe Elrond, qu’il campe dans sa « jeunesse » (tout est relatif en Terre du Milieu) pour les besoins de la série Le Seigneur des Anneaux : Les Anneaux de pouvoir. Remontant le temps, plusieurs millénaires avant les événements de la trilogie de Peter Jackson, le projet nous replonge dans l’univers de Tolkien et suit les destins croisés de Galadriel, Elrond, Isildur, Celebrimbor, Durin, Gil-galad, Elendil (entre autres) et des futurs Gandalf et Sauron. Si l’ambition et le budget sont là, le show Prime Video n’a pas totalement convaincu, en raison d’une narration complexe et de personnages un peu froids. Mais c’est une œuvre qu’il faudra juger dans sa globalité, alors que le saison 3 est actuellement en préparation. Et même si le monde des Elfes ne vous passionne pas, c’est intéressant de voir un Elrond plus central que celui campé par Hugo Weaving dans la trilogie cinéma, alors qu’il est confronté aux enjeux politiques, militaires et spirituels de son peuple.

Les Fleurs du silence (2025)

Robert Aramayo occupe pour la première fois le poste de producteur sur Les Fleurs du silence (2025), témoignant de son implication sur ce drame historique qui nous entraîne dans l’Angleterre des années 1920. Un romancier homosexuel (Fionn O'Shea) s’y lie d’amitié avec une infirmière (Erin Kellyman) à qui il se confie sur sa relation passionnée et interdite avec un ami, qui a alors recours à une méthode radicale pour tenter de se débarrasser de ces sentiments. Robert Aramayo incarne ce médecin qui se résout à s’imposer une transplantation de testicules, une méthode utilisée au début du XXème siècle pour « guérir » les patients dont les penchants gays étaient rejetés par la société de l’époque. A la fois solaire et glaçant, le long métrage de Will Seefried est notamment produit par Emilie Georges et Naima Abed, déjà à l’oeuvre sur Call Me By Your Name (2017). A noter que Robert Aramayo et Fionn O'Shea étaient tous deux au générique du biopic Dance First (2023) qui retrace la vie du géant littéraire Samuel Beckett.

Palestine 36 (2025) - actuellement au cinéma

Seul long métrage tourné en Palestine depuis le 7 octobre 2023 (la réalisatrice de Wajib - L'invitation au mariage Annemarie Jacir a également posé sa caméra en Jordanie), Palestine 36 (2025) a été choisi pour représenter le pays dans la course aux Oscars 2026. Même s’il ne figure pas dans la short-list définitive de la catégorie du Meilleur film international, le drame historique reste une œuvre notable à voir, pour son traitement épique de la Grande Révolte arabe contre la domination britannique en Palestine mandataire, période négligée par le cinéma et l’Histoire. Passé par plusieurs festivals, dont Toronto (où il a été très applaudi), Rome, Tokyo, Marrakech et Bordeaux, il croise plusieurs personnages et destins entre colonisateurs, populations locales et militants nationalistes. Robert Aramayo, dans le rôle d’un officier qui incarne la répression britannique, y côtoie Jeremy Irons, Hiam Abbass, Saleh Bakri, Liam Cunningham, Yasmine Al Massri et Kamel El Basha.

Plus fort que moi (2025) - au cinéma le 1er avril 2026

Plus fort que moi / I Swear (2025), c’est le film qui a valu à Robert Aramayo sa première reconnaissance majeure. Et c’est mérité, tant le comédien y livre une performance habitée, subtile et touchante dans le rôle de John Davidson, un Ecossais dont le syndrome de Gilles de la Tourette ne sera diagnostiqué que tardivement. Engagé sans audition par le réalisateur Kirk Jones (Nanny McPhee), Aramayo passé plusieurs mois avec Davidson pour comprendre sa vie, son quotidien et la nature de ses tics physiques et verbaux qui se manifestent de manière incontrôlable depuis son adolescence. Attendu sur les écrans français plusieurs mois après sa sortie britannique, le film devrait bénéficier de ce prix pour rayonner un peu plus auprès du public hexagonal, alors que ce sujet a rarement été traité par le cinéma. A poursuivre avec les documentaires John’s Not Mad (1989) et The Boy Can’t Help It (2002) qui ont suivi John Davidson à plusieurs moments de sa vie.

Scream : il y a 30 ans, l'identité du tueur était sous nos yeux depuis le début !

Scream : il y a 30 ans, l'identité du tueur était sous nos yeux depuis le début !

Yoann Sardet

Yoann Sardet

Rédacteur JustWatch

Un masque iconique, un couteau aiguisé, des meurtres sanglants, des cris et des twists : pas de doute, Ghostface est de retour dans Scream 7 (2026), 30 ans après ses débuts dans Scream (1996). Véritable phénomène, le film avait initié une franchise de sept longs métrages (qui ont engrangé 900 millions de dollars de recettes au box-office), mais avait aussi été fondateur du néo-slasher.

Il y a 30 ans, la claque Scream

Le néo-slasher, c’était ce renouveau du « film de tueur masqué » popularisé dans les années 80 par Halloween et Vendredi 13, qui a envahi les écrans du milieu des années 90 jusqu’au début des années 2000 (Souviens-toi l’été dernier, Urban Legend), avant d’être tué par… Scary Movie (2000), la parodie de Scream. Preuve de son impact culturel, aucun film ne sera parvenu à capturer ce qui a fait le succès du long métrage imaginé par Wes Craven et Kevin Williamson, mélange d’hommage sincère au genre, de stars montantes d’Hollywood et de réflexion méta sur les codes du cinéma d’horreur. Succès en salles (100 M$ aux Etats-Unis, 2,2 millions d'entrées en France), le film avait relancé la carrière de Drew Barrymore et révélé des talents comme Neve Campbell et Courteney Cox (toutes deux de retour dans le septième opus).

Il y a 30 ans, un slasher aux allures de whodunit

Contrairement aux slashers des eighties, qui se reposaient sur des tueurs iconiques et récurrents comme Michael Myers ou Jason Voorhees, tout l’enjeu de Scream (et des films qui suivront ou s’en inspireront) est de tenter de deviner l’identité du ou des tueur(s). Et on y parvient rarement, grâce à des fausses pistes et faux semblants savamment distillés tout au long de l'intrigue et de ses rebondissements. C’est un peu, finalement, un whodunit croisé avec un slasher, et c’est en partie ce qui a fait le succès de la franchise même si les dernières tentatives ont un peu tiré à la ligne (notamment la révélation finale de Scream VI (2023). Mais dans Scream, il faut reconnaître que le twist était très fort.

Il y a 30 ans, un final qui a bluffé tout le monde

Je préfère vous prévenir, ça va spoiler dans les lignes qui suivent. Et en même temps, trente ans après, il y a prescription ! Mais si toutefois vous avez rejoint la franchise par ses dernières itérations et que vous n’avez jamais vu le film original, arrêtez de lire… MAINTENANT. C’est bon ? Alors revenons sur le final de Scream, qui nous offrait non pas un mais deux tueurs, un duo quelque peu allumé et psychotique biberonné aux films d’horreur, campé par Skeet Ulrich et Matthew Lillard qui avaient décidé de jouer les psychopathes masqués et de pourrir la vie de la pauvre Neve Campbell. Quand l’un tuait, l’autre pouvait justifier un alibi et inversement. Cette dynamique du duo, très originale, avait permis à Wes Craven de toutes et tous nous mener en bateau. Et pourtant, un des deux tueurs était dévoilé dès le début du film.

Il y a 30 ans, un indice qui vous a échappé

Retour à 14mn39, après le prologue cultissime où Drew Barrymore se fait massacrer après un quizz cinéma téléphonique qui tourne au cauchemar. Nous sommes dans la chambre de Sidney (Neve Campbell), où son petit ami Billy (Skeet Ulrich) s’est discrètement invité pour batifoler avec la demoiselle (en étant légèrement « forceur » au passage). Alors qu’il se rapproche d’elle pour aller plus loin, la scène est accompagnée par une chanson de Gus Black, qui reprend un titre de Blue Öyster Cult : et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de Don't Fear the Reaper, soit N'ayez pas peur de la Faucheuse (et, par extension, du tueur). Difficile de faire plus clair ! Nous sommes nombreuses et nombreux à être passé.es à côté, et j’avoue que je n’aurais pas repéré l’indice sans une amie (Sarah, que je salue) qui m’a révélé cet élément.

Il y a 30 ans, un film à double-lecture

Maintenant que vous l’avez en tête, vous (re)verrez Scream d’un autre œil (et d’une autre oreille) ! D’ailleurs, comme un Sixième Sens (2000) ou un Fight Club (1999), c’est intéressant de se repasser le film en connaissant la fin. Certains dialogues à double-sens et autres regards appuyés (notamment quand le groupe se retrouve devant le lycée au début du film) permettent de cerner autrement les personnages de Skeet Ulrich et Matthew Lillard (« Je n’ai assassiné personne ! » « On n’a jamais dit le contraire… » « Toi, t'es un pote ! »). Et de se fustiger pour ne pas les avoir démasqués plus tôt ! Et peut-être qu'un autre indice flagrant incrimine l'autre serial-killer, Stuart Macher alias Matthew Lillard ?

  • EXCLU Bridgerton - « C’est terrifiant pour elle » : Hannah Dodd analyse la crise silencieuse que traverse Francesca dans la saison 4

    EXCLU Bridgerton - « C’est terrifiant pour elle » : Hannah Dodd analyse la crise silencieuse que traverse Francesca dans la saison 4

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    De toutes les romances épiques et dramatiques qui ont vu le jour dans La Chronique des Bridgerton (2020-), un couple-phare de la série Netflix a lentement mais sûrement gagné le cœur des fans : il s’agit de celui formé par Francesca et John. Francesca ne pourrait pas être plus à l'opposé de la fratrie : calme et introvertie, elle a trouvé en John -qui est tout aussi timide qu'elle-  le match idéal. 

    Dans la première partie de la saison 4, nous la retrouvons alors fraîchement revenue d’Ecosse, où elle a séjourné avec John pendant leur lune de miel. Mais la jeune femme est perturbée par des problèmes plus intimes qu’elle doit affronter seule. De plus, la fin de cette première partie voit le retour de Michaela -la cousine de John- qui ne laisse pas la jeune femme totalement indifférente.

    Alors, si vous avez hâte de savoir ce qui va se passer pour Francesca après ce cliffhanger, patience… la seconde partie de la saison 4 arrive dans quelques jours sur Netflix !    Si Luke Thompson nous a révélé pourquoi la relation de Francesca et Benedict est très intéressante dans cette saison, JustWatch s’est également entretenu avec Hannah Dodd, l’actrice qui incarne Francesca depuis maintenant deux saisons. Elle nous en apprend un peu plus sur l'évolution de son personnage et sur sa relation avec John.

    JustWatch : Quel regard portez-vous sur Francesca ?

    Hannah Dodd : « Francesca est vraiment un personnage incroyable, parce que plus elle avance dans la vie, plus elle est obligée de grandir et d’évoluer, comme n'importe qui. Mais elle se retrouve dans des situations dans lesquelles elle doit tout apprendre par elle-même. »

    « J’ai vraiment beaucoup de respect pour le fait qu’elle n'essaye pas d'être comme tout le monde, et de suivre le même chemin que les autres. Mais en même temps, elle est simplement en quête de réponses, et elles ne viendront ni des livres, ni de sa famille… Donc j’ai vraiment beaucoup de sympathie pour ces femmes qui, à cette époque, étaient à la recherche de réponses. Surtout parce que Francesca est une introvertie, elle n'a pas autant d’assurance que les autres. Sortir de sa bulle et rechercher ces réponses, c’est terrifiant pour elle. »

    Francesca va-t-elle réussir à surmonter les difficultés qu’elle rencontre dans sa vie conjugale ? 

    Hannah Dodd : « Elle est mariée maintenant, c’est vraiment intéressant. Elle n’est plus ‘sur le marché’, elle n’a plus besoin de se montrer autant, tous les soirs et à chaque bal. Elle est à la tête de sa propre maison, elle a beaucoup à apprendre sur ce que signifie être une épouse. Elle est très introvertie et maintenant elle a son propre espace personnel : c'est tout ce dont elle a toujours rêvé. En même temps, elle doit apprendre à sortir afin de trouver les informations dont elle a besoin. » 

    Comment Francesca et John se démarquent-ils des autres personnages ? 

    Hannah Dodd : « John et Francesca se voient réellement pour qui ils sont, ils se comprennent. Il y a une telle tendresse entre eux. Ils apprennent à se connaître, mais je pense qu'ils sont très à l'aise ensemble, ils se sentent en sécurité. Au fur et à mesure que leur relation s'approfondit, ils creusent un peu plus pour se connaitre encore mieux. Mais ils ont une très belle… j’utilise toujours le terme ‘camaraderie’, mais je ne veux pas que les gens pensent que c’est simplement une amitié, ils sont très amoureux ! » 

    « Et c’est un très bel amour, même quand on le compare à tous ces énormes moments de déclarations qu’il peut y avoir dans les autres saisons. Francesca cherche juste à se rassurer, et à savoir si tout va bien dans sa relation. Elle n'a pas assez confiance en elle pour en être sûre... Mais ça va venir, elle grandit, surtout vers la fin de la première partie. Je pense qu'elle se sent un peu mieux. »  

    « Elle sait que John lui suffit, il représente tout ce qu’elle désire. Mais je pense vraiment que c'est juste en rapport avec tout ce manque d'informations dont souffraient les femmes. Tout ça est dû à l’énorme pression que Francesca se met, elle veut faire les choses correctement. Mais pour arriver à faire quelque chose on doit apprendre. Et pour apprendre, il faut s’exprimer et avoir une conversation. »  

    Propos recueillis par Maëlle Beauget-Uhl pour JustWatch

  • Attention au cerf mutant ! Les films Cold Storage et Disclosure Day se déroulent-ils dans le même univers ?

    Attention au cerf mutant ! Les films Cold Storage et Disclosure Day se déroulent-ils dans le même univers ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Ceci n’est qu’une théorie ! Je répète, ceci n’est qu’une théorie ! Mais je trouvais amusant de vous partager, pour JustWatch, un élément étrange qui relie -peut-être- le sanglant et amusant Cold Storage (2026) de Jonny Campbell sorti il y a quelques jours sur nos écrans et le très mystérieux Disclosure Day (2026) de Steven Spielberg, attendu dans quelques semaines au cinéma.

    C’est quoi Cold Storage ?

    Révélé par Alien Autopsy (2006) et passé ensuite à la réalisation sur quelques séries notables (Doctor Who, Westworld, Dracula), le réalisateur britannique Jonny Campbell propose avec Cold Storage une série B assumée, qui confronte deux gardiens de nuit (Georgina Campbell et Joe Keery) à une épidémie spectaculaire et sanglante qui voit un champignon mutant se propager du laboratoire secret où il était conservé. Avec l’aide d’un Liam Neeson à l'aise en vieux briscard des services secrets, ils vont tenter de contenir cette propagation fongique contagieuse et inarrêtable, dans un délire gentiment gore qui croiserait l’univers de The Last of Us (2023-) et la patte de Planète Terreur (2007).

    C’est quoi Disclosure Day ?

    Disclosure Day, ou le jour de la divulgation. Derrière ce titre, qui n’est pas sans rappeler celui du récent documentaire-événement consacré aux OVNIS, se cache le prochain long métrage de Steven Spielberg. Renouant avec ses chers aliens déjà abordés dans Rencontres du troisième type (1977), E.T. l'extraterrestre (1982) et La Guerre des mondes (2005), le cinéaste orchestre une révélation planétaire autour d’une intelligence venue d’ailleurs, dont les premières images emmenées par Josh O’Connor, Emily Blunt et Colin Firth, ont autant intrigué qu’elles n’ont pas vraiment révélé quoi que ce soit de concret sur le long métrage. Attendu juste avant l’été sur les écrans, le film devrait lancer de très belle manière la saison des blockbusters 2026.

    C’est quoi le point commun ?

    Les deux œuvres étant présentées, il est temps de vous partager le fameux point commun qui m’a intrigué. Et il est animalier et affublé de bois : en l'occurrence, un cerf inquiétant que l’on retrouve dans les images des deux films. Dans Cold Storage, il s’agit d’un cervidé contaminé par le fameux champignon-mutant, qui va perdre tout contrôle et, tel un zombie sanguinolent et verdâtre, se jeter vers nos héros improbables que sont les gardiens de nuit Naomi et Travis. Dans la bande-annonce de Disclosure Day, un cerf se distingue lui aussi : au début et à la fin du trailer, on voit la majestueuse bête adopter un comportement énigmatique qui pourrait suggérer une contamination extraterrestre. Un cerf mutant dans chacun de ces films, c’est sans doute un peu léger, je vous l’accorde. Même si deux bestioles de ce type sur grand écran à quelques mois d’intervalle, ça peut tout de même surprendre, vous en conviendrez !

    C’est quoi l’autre point commun ?

    L’autre point commun, qui alimente ma machine à théories, c’est la présence de David Koepp au scénario des deux films ! Cold Storage se base en effet sur son propre roman Chambre froide (2019), dont il adapte lui-même l’intrigue à l’écran. Quand Disclosure Day a été couché sur le papier par ses soins d’après une idée originale de Steven Spielberg pour qui Koepp avait déjà signé les scripts de Jurassic Park (1993), La Guerre des mondes, Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal (2008) et Le Monde perdu : Jurassic Park (1997) où il se faisait même croquer par le T-Rex à l’écran. Et là vous avouerez que deux cerfs mutants, au cinéma, en 2026, par le même scénariste, ça peut provoquer un étonnement légitime. Et une possible théorique sur une connexion entre les deux films.

    On verra le 10 juin s’il y avait un véritable lien -narratif ou simple easter egg- entre Disclosure Day et Cold Storage. Ou si, comme le crâne d’Independence Day aperçu au détour d’un plan sur le mur des trophées de Predator Badlands (2025), il ne s’agit que d’une coïncidence comme le cinéma en propose parfois. Mais avouez que vous aussi, maintenant, vous aimeriez que ma théorie soit vraie ! Et si vous cherchez d’autres théories sur le prochain Spielberg, ce fil Reddit est vraiment intéressant.

  • Les films avec Sophie Marceau : grandir avec elle de La Boum à LOL 2.0

    Les films avec Sophie Marceau : grandir avec elle de La Boum à LOL 2.0

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Ses délires d’adolescente, son parcours d’étudiante, ses inquiétudes de femme, ses nouvelles perspectives de mère et maintenant son nouveau rôle de grand-mère… Depuis l’âge de 13 ans, celui où elle s’est vu offrir son premier rôle dans La Boum (1980), Sophie Marceau grandit et mûrit devant la caméra, et nous avec. 

    On traverse les époques avec elle et sa vie de cinéma se suit comme un joli feuilleton, chaque décennie à l’écran racontant un peu une nouvelle étape de la vie. En suivant sa carrière, il est possible d’y voir une trajectoire complète de l'émancipation aux responsabilités, des premières découvertes à la transmission. 

    La Boum et La Boum 2 : l’adolescence et les premiers émois

    On ne naît pas star, on le devient. Sophie Marceau a explosé à l’écran à seulement 13 ans dans La Boum (1980). Le film raconte les premiers émois amoureux d’une jeune fille dans le Paris des années 80, avec une innocence et une spontanéité qui ont fait chavirer toute une génération d’adolescents. Les deux volets de la saga — La Boum puis La Boum 2 (1982) — ont capturé en quelques scènes la timidité du premier baiser, les disputes d’amis et les premières désillusions. 

    Ce que ces rôles ont d’emblématique, c’est qu’ils n’étaient pas seulement des performances : ils étaient des marqueurs culturels. La Boum n’a pas seulement lancé une carrière : elle a donné un visage à une génération qui se reconnaissait instantanément dans Vic et ses interrogations.

    L’Etudiante, Fanfan, La Fille de d’Artagnan : la jeune femme assumée

    Avec L'Étudiante (1988), Sophie Marceau quitte l’adolescence pour incarner une jeune femme ambitieuse, tiraillée entre amour et carrière. La comédienne est Valentine, étudiante qui prépare l’agrégation et tombe amoureuse d’un musicien bohème. Le film accompagne les années universitaires, celles où les choix deviennent structurants. Peut-on tout concilier, ambition intellectuelle et passion amoureuse ? Une question que beaucoup se posent à l’orée de la vie d’adulte.

    Dans Fanfan (1993), Sophie Marceau s’amuse avec l’idée du désir contrarié et de la passion idéalisée : son personnage préfère fantasmer une relation parfaite plutôt que la confronter à la réalité. Puis La Fille de d'Artagnan (1994) lui offre un rôle d’aventurière fougueuse, héritière d’un imaginaire romanesque. On découvre une actrice physique, capable de porter un film d’action historique. Avec ces trois rôles, on la voit s’affirmer, gagner en assurance, occuper l’écran avec plus de liberté. L’ingénue devient femme !

    Le Monde ne suffit pas, Belphégor, La Fidélité, Les Femmes de l’ombre : la femme libre

    À la fin des années 90 et au début des années 2000, Sophie Marceau s’éloigne progressivement de l’image romantique de ses débuts. Dans Le Monde ne suffit pas (1999), elle incarne Elektra King, antagoniste manipulatrice et troublante face à Pierce Brosnan. Elle y joue avec l’ambiguïté morale : vulnérable en apparence, redoutable en réalité. C’est l’un des rares rôles féminins de la saga à posséder une telle densité psychologique.

    Avec La Fidélité (2000), elle explore les tensions du couple et les désirs contradictoires d’une femme partagée entre passion et stabilité. Le film dissèque l’intimité, la jalousie, l’émancipation affective. Dans Belphégor, le fantôme du Louvre (2001), elle s’aventure dans le fantastique, jouant une héroïne hantée, littéralement possédée. Puis vient Les Femmes de l'ombre (2008) : elle y incarne une résistante recrutant un commando féminin en pleine Seconde Guerre mondiale. Le registre change. On est dans le courage, la stratégie, la solidarité. Elle devient figure d’autorité, presque maternelle, mais toujours combative.

    L.O.L : la maman à son tour

    En 2008, dans LOL (Laughing Out Loud) (2009), Sophie Marceau devient mère d’une adolescente. Le parallèle avec La Boum est évident. Elle n’est plus celle qui découvre l’amour, mais celle qui tente de comprendre sa fille, son journal intime, ses textos, ses drames sentimentaux version MSN. Son personnage navigue entre maladresse, inquiétude et tendresse. Sa vie de femme séparée ne s’efface pas derrière celui de mère : encore amoureuse, elle est confrontée au temps qui passe. Ce rôle agit comme un miroir générationnel : celles qui avaient été Vic sont désormais à sa place, de l’autre côté du miroir !

    LOL 2.0 : la grand-mère bien dans ses pompes

    Les années passent, et Sophie Marceau continue d’explorer de nouveaux âges de la vie. Dans ses rôles récents, notamment Tout s'est bien passé de François Ozon, elle incarne une femme confrontée à la fin de vie de son père. Ce n’est plus l’insouciance ni même la simple maternité : c’est la génération du dessus qui vacille. Dans LOL 2.0 (2026), Lisa Azuelos remet en scène son héroïne Anne, qui profite du départ de ses trois enfants jusqu’à ce que sa fille, en échec professionnel et sentimental, revienne vivre chez elle, et que son fils lui annonce qu’elle va être grand-mère. Aujourd’hui, ses personnages se situent dans la transmission : accompagner, protéger, comprendre. Grand-mère à l’écran ou femme face au vieillissement de ses proches, elle joue des rôles ancrés dans le réel, assumés, apaisés.

  • EXCLU Bridgerton - « C’est comme s’ils s’empêchaient d’avancer mutuellement » : Luke Thompson se confie sur la relation douce-amère de Benedict

    EXCLU Bridgerton - « C’est comme s’ils s’empêchaient d’avancer mutuellement » : Luke Thompson se confie sur la relation douce-amère de Benedict

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Bridgerton revient sur Netflix le 26 février, pour le plus grand bonheur des fans qui attendent avec impatience de connaître les réponses aux questions que l’on se posait après le cliffhanger de la première partie. JustWatch s’est entretenu avec Luke Thompson et Hannah Dodd, sur l'évolution de Benedict et Francesca dans cette quatrième saison, basée sur L’Offre d’un Gentleman, le troisième tome de la série de romans à succès de Julia Quinn.

    Benedict et Eloise, une relation approfondie entre frère et soeur

    Si cette fois-ci, c’est au tour de Benedict de tomber amoureux de Sophie / la Lady in Silver, une autre relation particulièrement chère aux fans et à l’acteur est également encore plus approfondie : celle de Benedict et Eloise, qui sont très proches et qui partagent de nombreux points communs, de leur ouverture d’esprit à leur créativité, en passant par le refus d’une vie conventionnelle régentée par des valeurs de classes que la société leur a inculquées.

    Dans la première partie de la saison, Eloise réalise que Benedict est pour la première fois de sa vie réellement amoureux et déterminé à retrouver sa mystérieuse inconnue. Mais alors qu’elle pensait être sûre de ne pas vouloir se marier et s'apprêtait même à être mise « on the shelf » -un terme peu élégant de l'ère régencienne désignant une « vieille fille »-  elle semble de plus en plus s'éloigner de ses frères et sœurs, qui démarrent peu à peu leur propre vie. 

    JustWatch : Est-ce que la relation entre Benedict et Eloise l’aide à mieux  comprendre les femmes ? 

    Luke Thompson : « C’est très intéressant, je n’avais jamais vraiment vu ça de cette manière mais oui, je pense que les fratries et nos relations avec nos frères et sœurs peuvent nous enrichir. Mais c’est intéressant parce que c’est un peu une épée à double tranchant, car pour Benedict, Eloise est également un personnage de sa vie qui le garde un peu à part, parce qu’ils ont la possibilité de se mettre en retrait ensemble. Ils s’autorisent l’un et l'autre à éviter tout ce processus difficile de tomber amoureux, de se marier et ils se disent : « Ça serait vraiment horrible, c’est tout ce qu’on déteste ! » Et c'est super, cela approfondit leur relation.

    « Mais c’est drôle parce que d’une certaine façon, c’est comme s’ils s’empêchaient d’avancer mutuellement. Pendant les scènes où ils discutent sur la balançoire, ils nourrissent et bercent l'idée de leur propre malheur, d’une certaine manière. Ils parlent des choses qui les dérangent et des choses qui les rendent tristes. Et c’est bien d’avoir des affinités comme ça dans la famille, mais parfois cela peut nous empêcher d’avancer et d'entamer le prochain chapitre de notre vie. Donc c'est très intéressant de voir la manière dont cette relation va avancer à la fin de la saison et comment elle évoluera par la suite. » 

    « C’est assez doux-amer dans un sens, parce que c'est vraiment comme ça dans les familles. Il y a des relations que nous chérissons, mais dont nous devons apprendre à nous détacher un peu, afin de pouvoir vivre notre propre vie au maximum. Mais c’est ça la famille, je pense. »  

    Benedict pourrait-il se rapprocher de Francesca et l’aider à surmonter ses peurs ?

    Luke Thompson : « Sa relation avec Francesca est aussi très intéressante : nous n'avons pas beaucoup de scènes ensemble, mais les moments que nous avons ont de l’importance et ont un poids très significatif. Bizarrement, ils ont en réalité beaucoup en commun. Ils peuvent se montrer timides quand ils sont ensemble. » 

    « Mais c’est vrai que dans les familles -ou les grandes familles comme celle-ci-, on pense que parce que c’est la famille, ils seront toujours là, donc on n’a pas besoin de s’investir réellement dans cette relation. Il se peut qu’on ne parle pas vraiment avec un membre de notre famille pendant longtemps, et un jour viendra dans notre vie où ce sera le bon moment de vraiment se livrer à cette personne. »   

    Benedict apprendra t-il à s'ouvrir et à se montrer vulnérable? 

    Luke Thompson : « Benedict ne veut pas être vulnérable ou être blessé, et on peut le comprendre : son père est mort quand il était très jeune. C'est un exemple assez prenant d’une relation heureuse -mais qui se termine mal- et c’est terrifiant. L'idée de ce qu'une relation amoureuse pourrait lui coûter, le fait de perdre quelque chose d’aussi important… Mais cette saison l’oblige à s'ouvrir et à voir où sont ses failles et ses faiblesses. On ne l'a encore jamais vu se mettre en colère, ou être vraiment contrarié. » 

    Propos recueillis par Maëlle Beauget-Uhl pour JustWatch

  • Jurassic Park : trois raisons qui font que la scène la plus iconique du film n’a aucun sens !

    Jurassic Park : trois raisons qui font que la scène la plus iconique du film n’a aucun sens !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Avant-propos indispensable : Jurassic Park (1993) est un film fondateur dans mon parcours de spectateur et d’amoureux du cinéma. Je me souviens précisément de ma découverte du film de Spielberg l’année de mes treize ans. J’ai toujours « les poils » à chaque fois que j’entends la musique de John Williams. J’ai vu et revu le long métrage « sans compter ». Donc ne doutez pas un seul instant que mon coeur bat pour JP . Et pourtant…

    Trois erreurs majeures pour une scène majeure

    Comme dit le vieil adage, « qui aime bien châtie bien ». Et c’est donc avec une vraie joie pop que je vous partage ici les trois gros soucis qui se sont glissés dans LA scène emblématique du long métrage, qui voit le T-Rex s’échapper de son enclos. Car si j'adore Jurassic Park, j’adore aussi traquer les erreurs dans les films et séries, qu’il s’agisse de fautes de raccord, de plans inversés, d’accessoires bancals, de figurants approximatifs, de doublures visibles, de techniciens malencontreusement apparus à l’écran ou de « plot holes », ces petits loupés de scénario qui font qu’une scène n’a plus aucun sens une fois levée la suspension d’incrédulité. La scène en question, iconique donc, en comporte justement trois qui vous avaient peut-être (sans doute ?) échappés.

    3. Les rails

    Souvenez-vous des voitures dans lesquelles Alan Grant, Ellie Sattler, Ian Malcolm, Donald Gennaro, Tim et Lex entament leur parcours. Il s’agit de véhicules de safari aux couleurs de Jurassic Park, autoguidés par des rails pour emmener les visiteurs découvrir les différentes espèces ramenées à la vie par InGen. Nous sommes dans un parc d’attractions, rien de choquant à cela. Ce qui est plus embêtant, c’est qu’il ne semble y avoir qu’une seule et unique voie ! C’est très visible devant l’enclos du T-Rex, avec des véhicules qui vont dans un sens à l’aller et dans l’autre sens au retour, sur les mêmes rails. La chèvre, censée attirer le dinosaure pour amuser les touristes, en atteste.

    Alors que le circuit devrait plutôt faire une boucle autour des différents enclos pour revenir à son point de départ (comme dans la plupart des parcs zoologiques proposant des visites motorisées), il ramènerait ici -dans le cas où le parc serait ouvert- les voitures par le même parcours, provoquant de fait des blocages pare-choc contre pare-choc… voire des accidents ? Bref, ça n’a aucun sens, et je suis certain que John Hammond, prompt à dépenser sans compter, aurait normalement prévu un rail aller et un rail retour. Steven Spielberg devrait aller tirer les oreilles de son chef-décorateur !

    2. Les toilettes

    Au-delà des rails, le décor de l’enclos comporte un élément qui n’y a logiquement pas sa place, et qui est pourtant le cadre d’un plan inoubliable de Spielberg. Je parle des toilettes, dans lesquelles va se réfugier l’avocat Donald Gennaro en voyant le saurien sortir de son enclos avant de se faire croquer directement sur la cuvette. Une mort spectaculaire et douloureuse -voir le T-Rex agiter sa proie dans tous les sens est impressionnant- mais méritée pour celui qui a honteusement abandonné deux enfants dans la voiture !

    Mais quand on y pense, rien ne justifie la présence de cet espace sanitaire à cet endroit précis, puisque les voitures sont censées être équipées d’une fermeture automatisée des portières -un dialogue rapide entre Hammond et son garde-chasse l’évoque-, indispensable pour que les visiteurs ne descendent pas dans des endroits dangereux (l'enclos des dilophosaures cracheurs de venin par exemple). Dès lors, si les portières sont bloquées, à quoi servent ces toilettes rutilantes au bord de la route ? Au vétérinaire ? Aux ouvriers du parc ? Là encore, ça n’a aucun sens ! Et c’est mon fils qui me l’a fait remarquer alors que nous revoyions le film ensemble et que ce détail m’avait échappé.

    1. Le fossé

    C’est sans doute la plus grosse erreur de la séquence. Et elle m’avait sauté aux yeux dès octobre 1993 pour le coup ! Je parle du fossé qui borde l’enclos du T-Rex. Pourtant, ce dernier est bien à hauteur de la route au début de la scène : la cage de la chèvre, tout comme les pattes du tyrannosaure, en attestent quand le monstre traverse la clôture pour venir attaquer les véhicules. Dès lors, d’où sort l’immense fossé dans lequel le dinosaure pousse la voiture de Tim et Lex ? Alan Grant et la jeune femme doivent y descendre avec un câble le long d’une paroi en béton pour échapper au saurien affamé puis à la voiture qu’il y jette, et le véhicule fait une longue chute avant de s’écraser en contrebas dans un arbre que Grant mettra ensuite un certain temps à gravir.

    On est donc ici facilement sur un fossé de vingt à trente mètres, là où un T-Rex mesure entre trois et six mètres. Certains fans ont bien tenté d’imaginer une conception qui expliquerait ce problème, mais je n’imagine pas InGen et John Hammond prendre le risque de voir leur création à plusieurs millions de dollars s’écraser en contrebas dans le fossé en cas de terrain glissant (le climat est tropical sur Isla Nublar). A ce jour, cela reste un immense mystère, et si j’ai un jour la chance de rencontrer Steven Spielberg, c’est assurément LA question que je lui poserai !

  • « Greed Is Good » : Industry et les meilleurs films et séries sur le monde impitoyable du trading

    « Greed Is Good » : Industry et les meilleurs films et séries sur le monde impitoyable du trading

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Costume sur mesure ou tailleur hors de prix, sourire carnassier et intelligence affûtée, réseau branché sur les moindres signaux du marché : bienvenue dans le monde impitoyable du trading, où l’ambition est majeure et la morale relative. Ici, on ne s’embarrasse pas de questionnements humanistes : l’important est de gagner. Vite et beaucoup. Et forcément, un tel univers ne peut que fasciner les scénaristes et cinéastes.

    Il faut dire que les temples de la finance restent pour nous, venus du commun des mortels, des lieux mystérieux où s’échangent les actions, les obligations, les millions et les coups bas, avec la même philosophie que dans Le Parrain : « Ce n'est pas personnel, c'est uniquement les affaires ». Si, comme moi, ce monde vous fascine autant qu'il vous rebute, je vous propose une sélection JustWatch pour pénétrer dans les arcanes du trading.

    Wall Street (1987)

    « Greed Is Good ! » La devise de Gordon Gekko est devenue celle d’innombrables traders à travers la planète, depuis que le financier imaginé par Oliver Stone dans Wall Street (1987) nous a ouvert les portes de la bourse américaine. On y suit un redoutable loup de la finance campé par un Michael Douglas qui prend sous son aile un jeune banquier d’affaires plein d’ambition incarné par Charlie Sheen. Aux côtés de ce mentor aux allures de Diable en costard, le jeune homme va découvrir un univers de luxe et d’argent, qui va avec son lot de trahisons, de mensonges et de corruptions. Au risque d’y perdre son âme…

    Cinéaste engagé, Oliver Stone profite de la crise de 1987 et de la défiance vis à vis de Wall Street pour alerter sur les dangers d’un capitalisme prédateur : ironiquement, comme un Patrick Bateman dans American Psycho (2000), son Gordon Gecko devient une icône culturelle grâce à l’interprétation flamboyante d’un Michael Douglas magnifié par son power dressing et ses cheveux gominés, qui lui vaut un Oscar du Meilleur acteur. Volontairement moralisateur et didactique, le film a défini l’imaginaire moderne du trader. A poursuivre avec la suite, Wall Street : L'argent ne dort jamais (2010), et la comédie romantique Working Girl (1988) où le ton est certes adouci -romcom oblige- mais dans laquelle Sigourney Weaver campe une vraie Gekko au féminin.

    Les Initiés (2000)

    Voilà une pépite méconnue -pour ne pas dire inconnue- qui a relancé le film de trading au début des années 2000, en annonçant bien avant la crise financière de 2008 les dérives du milieu. Les Initiés / Boiler Room (2000) est un peu un Loup de Wall Street avant l’heure, qui nous plonge au coeur d’une société de courtage proche de la pyramide de Ponzi, qui multiplie les placements toxiques auprès de ses clients tandis que les traders s’en mettent plein les poches. Devant la caméra du nouveau venu Ben Younger (qui œuvrera par la suite sur Ces liens qui nous unissent et Snowfall), on s’attache au parcours d’un jeune ambitieux rapidement confronté aux errements du système et à sa propre moralité… Les Initiés, c’est un peu la version moderne de Glengarry Glen Ross (1992).

    « Argent facile ! » disait John Connor en détournant des cartes de crédits dans Terminator 2 (1991). C’est exactement ce que traverse ici le personnage incarné par Giovanni Ribisi, qui n’a qu’à tromper les clients par téléphone pour encaisser ses bonus. Si vous avez en tête la mythique séquence de la démonstration de Leonardo DiCaprio / Jordan Belfort à ses nouveaux collègues dans Le Loup de Wall Street, Les Initiés la décline sur la durée d’un long métrage, inspiré à Ben Younger par l’histoire de Jordan Belfort (décidément) mais aussi son propre entretien d’embauche dans une société de courtage frauduleuse. L’autre grande qualité du film, remarqué à Deauville et aux Spirit Awards, c’est son casting composé de jeunes loups d’Hollywood : on y croise ainsi Vin Diesel, Nicky Katt, Scott Caan, Nia Long, Jamie Kennedy et Ben Affleck !

    Margin Call (2011)

    Contrairement à Wall Street (1987), Margin Call (2011) n’a pas eu l’aura publique qu’il méritait. Il mérite pourtant d'être vu par le plus grand nombre. Car le premier long métrage de J.C. Chandor, nommé à l’Oscar du Meilleur scénario, est aussi glacial qu’il est brillant. Alors que la crise financière de 2008 est sur le point d’éclater, entraînant la chute des banques d’affaires telles des dominos balayés dans leur course au dollar, les cadres d’une société d’investissement découvrent des anomalies dans leurs comptes qui pourraient provoquer ce tsunami financier. Ils ont alors une nuit pour liquider leurs positions et sauver leur argent avant le cataclysme.

    Au-delà de son casting brillant (Zachary Quinto, Stanley Tucci, Kevin Spacey, Paul Bettany, Jeremy Irons, Penn Badgley, Simon Baker, Mary McDonnell, Demi Moore...), Margin Call impressionne par son approche qui évite tout manichéisme. Pendant ces heures où chacun.e tente de sauver sa place et son avenir, on suit une ronde passionnante de personnages confrontés à un choix entre moralité et cupidité, entre leur âme et leur portefeuille. Ce discours d’un chef d’équipe demandant à ses collaborateurs de tromper en toute conscience celles et ceux à qui ils vont revendre des avoirs toxiques est symbolique de la qualité de cette pépite indé, passée par les festivals de Berlin et Sundance. Dans le même genre, je vous conseille Too Big To Fail (2011) et Mountainhead (2025), ainsi que les documentaire Inside Job (2010) et Enron: The Smartest Guys in the Room (2005).

    Le Loup de Wall Street (2013)

    Comme Gordon Gekko, Le Loup de Wall Street (2013) a fait -sans le vouloir- de son anti-héros une icône de la pop culture moderne, dont on se délecte des envolées, des excès et des dialogues avec le public en brisant le quatrième mur. De Raging Bull (1980) à Casino (1995) en passant par Les Affranchis (1990), Martin Scorsese filme comme personne les histoires d'ascension et de chute. Ici, c’est celle de Jordan Belfort, incarnation du capitalisme prédateur et sans scrupule des années 90, qui fit fortune en trompant et manipulant le marché. Le scénario, confié à Terence Winter (Les Soprano, Boardwalk Empire), est adapté du propre ouvrage de Belfort, qui confiera avoir été fortement influencé par… Wall Street (1987) pour se lancer dans cette carrière.

    Le Loup de Wall Street provoque deux sentiments très différents. Il est à la fois jubilatoire et épuisant dans sa mise en images des excès de Jordan Belfort et sa clique (mention spéciale à Jonah Hill, qui a accepté le salaire minimum pour apparaître dans le film et qui livre une performance hallucinante et hallucinée). Et on est sans cesse tiraillé entre une antipathie totale et une fascination évidente pour cet ogre en col blanc. Cette ambivalence fait toute la force du long métrage, qui prend le risque de verser dans une glorification de son protagoniste si on n’en saisit pas la seconde lecture (combien de bureaux ai-je vu décorés de l’affiche du film ?). Habité par Leonardo DiCaprio, Le Loup de Wall Street est traversé de moment cultes, mais aussi de personnages marquants, que ce soit Margot Robbie, notre Jean Dujardin national ou Matthew McConaughey dont le « chant guerrier », improvisé par l’acteur, est devenu emblématique. Dans le genre arnaque, ascension et chute, vous pouvez apprécier d’autres destins marquants comme Trader (1999) avec Ewan McGregor en Nick Leeson, L'Outsider (2016) avec Arthur Dupont en Jérôme Kerviel ou The Wizard of Lies (2017) avec Robert De Niro en Robert Madoff. 

    The Big Short (2015)

    Le générique de fin de la comédie Very Bad Cops (2010), qui déclinait des statistiques alarmantes sur les dérives de la finance, tranchait totalement avec le ton du délire emmené par Mark Wahlberg et Will Ferrell. Et on se rend compte, avec le recul, que le réalisateur Adam McKay y annonçait la couleur de The Big Short : Le Casse du Siècle (2015) dans lequel il suit le destins de quatre outsiders de la finance qui, sentant la crise économique sur le point d'éclater, vont décider de parier contre le marché et les banques pour rafler la mise avant que le système ne s’écroule.

    Adapté du livre de Michael Lewis, qui fait suite à son best-seller Liar’s Poker qui avait justement inspiré beaucoup de traders, le film est à la fois drôle, rythmé, ludique et pédagogique et utilise un spectacle hollywoodien pour délivrer une charge politique. La première de Adam McKay qui enchaînera avec Vice (2018) et Don’t Look Up (2021) après avoir brillé dans la comédie US (Anchorman, Frangins malgré eux). Epaulé par un casting quatre étoiles (Brad Pitt, Ryan Gosling, Christian Bale et Steve Carrell ont tous accepté de réduire leur salaire pour participer au projet), le cinéaste multiplie les caméos (Margot Robbie, Selena Gomez) et l’imagerie pop pour expliquer l’absurdité et le cynisme du système. Avec à la clé l’Oscar du Meilleur scénario. Si vous avez aimé, jetez un oeil au très cynique Thank You For Smoking (2005) avec Aaron Eckhart, à Arbitrage (2012) avec Richard Gere et à Dumb Money (2023) avec Paul Dano.

    Billions (2016-2023)

    J’ai tellement aimé suivre cette série… Billions (2016-2023), c’est l’histoire de l’affrontement entre Chuck Rhoades, un procureur fédéral de New York, et le brillant et richissime Bobby Axelrod, gestionnaire d’un fonds d’investissement en plein essor. L’un cherche à épingler les pratiques douteuses de l’autre sur son tableau de chasse pour nourrir ses ambitions politiques, quand ce dernier rivalise d'ingéniosité pour contourner les enquêtes et poursuites menées par l’équipe de l’élu. Et comme si cela n’était pas assez compliqué, la propre épouse de Chuck Rhoades est la collaboratrice numéro 1 de Bobby Axelrod…

    Je vais être honnête, je n’ai pas compris grand chose d’une bonne moitié des échanges qui surviennent durant les 7 saisons et 84 épisodes du show. Et ce n’est pas très grave : au cœur de cette histoire, il y a ce duel entre deux hommes ambitieux et sur-intelligents, qui ressemble presque à un combat de boxe en costumes à 10 000 dollars. Les coups bas, les alliances temporaires, les rebondissements : tout concourt à faire de Billions un incontournable, un peu éclipsé par Succession dont je vous parle juste après. Avec une mention spéciale pour les interprétations de Paul Giamatti, Damian Lewis, Maggie Siff, David Costabile, Dola Rashad, Jeffrey DeMunn, Asia Kate Dillon, Toby Leonard Moore ou Stephen Kunken qui proposent chacun des personnages monstrueux mais fascinants. Les fans de House of Cards (2013-2018), Suits : avocats sur mesure (2011-2019) et Mad Men (2007-2015) devraient adorer.

    Succession (2018-2023)

    Que peut-on encore dire sur Succession (2018-2023), série auréolée de 19 Emmy Awards dont trois trophées de la Meilleure série dramatique en quatre saisons ? Succession, c’est l'histoire du clan Roy, dont le patriarche, l’impitoyable mais vieillissant magnat des médias Logan Roy (Brian Cox), prépare l’avenir du groupe sous les yeux de ses quatre enfants prêts à s’entre-dévorer pour le trône. Il y a Kendall (Jeremy Strong), le fils tourmenté qui rêve de briller dans les yeux de son père ; Roman (Kieran Culkin), le fils imprévisible et (un peu) détraqué ; Shiv (Sarah Snook), la sœur sous-estimée qui aimerait bien sortir de l’ombre ; et Connor (Alan Ruck), le frère aîné éloigné des affaires mais dont les ambitions, qu’elles soient politique ou financières, sont toujours là.

    Savant mélange de drame familial, de comédie noire et de satire de la finance, la série est un vrai bijou, dont les rebondissements personnels et professionnels ne cessent de surprendre au fil des 39 épisodes. Notamment grâce à des personnages secondaires aussi insupportables que géniaux, notamment le beau-frère Tom (Matthew Macfadyen), jamais avare en trahisons, et le cousin Greg (Nicholas Braun), jamais avare en bassesses. J’ai mis du temps à m’y mettre, me méfiant toujours des « buzz streaming » parfois surcotés. Mais une fois lancé, je n’ai jamais pu m’arrêter, avec une vraie fascination pour la violence de ce milieu et pour ces personnages détestables mais qu’on ne peut s’empêcher de suivre. La série a aussi eu l’intelligence de s’arrêter quand il fallait, avec un final réussi (c’est rare). Si vous n’êtes toujours pas convaincu.es, sachez que le pilote a été orchestré par Adam McKay, le réalisateur de The Big Short (2015) qui a donc donné la tonalité parfaite au show. Et si vous l'avez vue et que vous êtes orphelins de la série et son générique hypnotique, jetez un oeil à Downton Abbey (2010-2015), Empire (2015-2020), Dynastie (2017-2022) et Patriarche (2025-).

    Industry (2020-)

    Depuis 2020, la série Industry a réussi à mêler le meilleur de toutes les œuvres citées plus haut. Il y a un portrait cynique et déshumanisé du milieu de la finance, des personnages ambivalents constamment à la frontière d’une moralité vacillante, un univers impitoyable où les coups bas sont légion et violents mais jamais personnels, des excès en tous genres, des protagonistes confrontés à l’amitié, l’ambition, et la rivalité… Bref, si vous aimez les films et séries qui dépeignent avec réalisme l’univers du trading et des banques d’investissement, n’hésitez pas à pousser les portes de Pierpoint & Co !

    La grande force du show, imaginé par deux anciens banquiers qui savent donc très bien de quoi ils parlent, c’est son portrait réaliste et sans concession du milieu et des gens qui y gravitent, qui apparaissent comme des « consommateurs » permanents (d’argent, de sexe, de drogue…) dont la vie semble uniquement pilotée par des leviers transactionnels. La distribution mêle étoiles montantes (Myha'la Herrold, Marisa Abela, David Jonsson, Harry Lawtey, Toheeb Jimoh, Kiernan Shipka…), guests talentueux (Kit Harrington, Charlie Heaton, Kal Penn…) et le toujours parfait (et sous exploité) Ken Leung en mentor attachant mais sans scrupules. Comme Billions, vous ne comprendrez pas tout, mais c’est l’une des meilleures séries du moment.

  • F1 : c’est LA chose que nous voulons absolument voir dans la suite du film avec Brad Pitt

    F1 : c’est LA chose que nous voulons absolument voir dans la suite du film avec Brad Pitt

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Une intrigue au coeur des plus grands circuits de Formule 1, Brad Pitt derrière le volant, le réalisateur de Top Gun : Maverick aux commandes, le producteur de Pirates des Caraïbes et Armageddon en coulisses, les plus grands noms du sport automobile (Lewis Hamilton, Max Verstappen, Charles Leclerc…) devant la caméra, un budget de 250 millions de dollars : F1® Le Film (2025) avait tout pour rouler vers le succès. Et ce fut le cas !

    Le plus grand succès de Brad Pitt, mais pas que !

    Avec 633 millions de dollars cumulés au box-office américain depuis l’été 2025, le long métrage tient la pole position des films les plus lucratifs de la carrière de Brad Pitt, devant World War Z (540 M$ en 2013), Troie (497 M$ en 2004), Mr & Mrs Smith (487 M$ en 2005) et Ocean’s Eleven (450 M$ en 2001). Mais c’est aussi le plus grand succès de tous les temps pour le studio Apple et pour un film sportif ! En France, il a attiré 3,3 millions de spectateurs, là aussi parmi les plus grands succès de l'acteur américain.

    Un vrai carton donc, qui vient saluer la proposition immersive du réalisateur Joseph Kosinski, qui met la star au plus près de la course, alors qu’il incarne un vétéran un peu très roublard rappelé par son écurie pour venir encadrer un jeune prodige (Damson Idris). Et au-delà des billets verts, des statuettes dorées sont en ligne de mire pour F1® avec quatre nominations aux Oscars, dont des citations techniques (Son, Montage, Effets visuels) mais aussi Meilleur film de l’année.

    Que sait-on de la suite en préparation ?

    A Hollywood, qui dit succès dit -inévitablement- réflexions poussées sur une potentielle suite. C’est le cas de Top Gun 3, actuellement en cours d’écriture, mais plus que jamais pour F1®. Dès la rentrée 2025, la direction d'Apple évoquait des discussions positives à ce sujet. Plus récemment, le réalisateur Joseph Kosinski confirmait à Variety : « Nous en sommes encore à la phase où nous imaginons ce que sera le prochain chapitre pour Sonny Hayes et pour l'APXGP ». Et lors d’une journée de présentation à la presse, début février 2026, le patron de la Formule 1 Stefano Domenicali lançait : « Si nous voulons en réaliser un nouveau, il devra être excellent. ». Et c’est finalement tout l’enjeu de cette potentielle suite : faire mieux que le premier opus. 

    Techniquement, ce n’est pas tellement un sujet. Promotionnellement non plus -même si le titre sera à travailler car F2 symboliserait une régression en termes de puissance !-. En revanche, narrativement, c’est plus délicat car -sans spoiler- F1® se suffit à lui-même avec un arc très clair pour le personnage de Sonny Hayes. Il faut donc trouver la bonne idée pour justifier son retour… mais aussi celui de Brad Pitt qui prendrait le risque de se créer une image de « star qui s’accroche à ses succès passés » alors qu’il s’apprête à retrouver son cascadeur de Once Upon A Time In… Hollywood (2019) dans le film Cliff Booth (2026) signé David Fincher ainsi que Rusty, son voleur glamour de la saga Ocean's, pour un nouveau braquage. D’autant que Cliff, Rusty et Sonny se ressemblent finalement beaucoup…

    La rumeur Tom Cruise

    L’idéal, après que Sonny Hayes ait joué les mentors, serait donc de lui opposer un adversaire à la hauteur de ses qualités de pilote. Et c’est là que Tom Cruise pourrait entrer en lice. Oui, oui, Tom Cruise en personne puisque selon le réalisateur Joseph Kosinski, interrogé par GQ au moment de la sortie du film, son pitch de rêve croiserait les univers de F1® et de Jours de Tonnerre (1990) ! « On découvre que Cole Trickle a un passé commun avec Sonny Hayes. Ils ont été rivaux à une époque, leurs chemins se sont peut-être croisés… J'ai entendu parler de cette course de karting épique entre Brad Pitt et Tom Cruise quand ils tournaient Entretien avec un vampire, et qui ne paierait pas pour voir ces deux-là s'affronter sur la piste ? ».

    Ce qui pourrait avoir des allures de fan-fiction dans la bouche de n’importe quel cinéaste a ici de vraies chances de se concrétiser : Joseph Kosinski connaît très bien Tom Cruise qu’il a dirigé dans Oblivion (2013) et Maverick ; Jours de tonnerre avait été supervisé par Jerry Bruckheimer, producteur de Top Gun et F1® ; Tom Cruise et Brad Pitt se sont effectivement donnés la réplique dans Entretien avec un vampire (1994) et devaient initialement se retrouver dans Le Mans 66 (2019) quand le projet était développé par… Joseph Kosinski ! Ça fait quand même beaucoup de signes positifs, non ? Et un affrontement Tom / Brad derrière le volant, c’est définitivement ce qu'on rêve de voir !

    En attendant la suite de F1®

    Maintenant, il va falloir être patient.es ! Un tel projet demande une immense préparation technique pour capturer les images les plus qualitatives et immersives possibles, et énormément d’entraînement physique pour que les comédiens puissent piloter les bolides (ainsi, même si les véhicules conduits par Brad Pitt étaient des F2 maquillées en F1, il a tout de même roulé à 290 km/h !). Il faut aussi faire coïncider les agendas de nos talents : outre Top Gun 3, Tom Cruise travaille sur Digger (2026) avec Alejandro González Iñárritu, ainsi que Deeper (2027) et une suite à Edge of Tomorrow avec Doug Liman ; Brad Pitt, parallèlement à Cliff Booth, va retrouver le réalisateur de Fury sur le survival Heart of the Beast, donner la réplique à Camille Cottin dans The Riders et retrouver la bande de Ocean’s 14 ; enfin, Joseph Kosinski s’apprête à tourner sa version de Miami Vice (2027) avec Austin Butler et Michael B. Jordan, tout en préparant les suites de F1® et de Maverick !

    Pour patienter, je peux vous recommander quelques films qui courent dans la même catégorie que F1® : Jours de tonnerre (1990), évidemment, qui brillait déjà par son intensité et dans lequel on croise un Robert Duvall génial en mentor automobile ; Le Mans 66 (2019) qui est sans aucun doute sur le podium -voire sur la première marche- des meilleurs « films de bagnoles » ; Cars 3 (2017) qui amenait Flash McQueen dans un rôle très proche de celui de Sonny Hayes ; Rush (2013) centré sur le duel au sommet entre James Hunt (Chris Hemsworth) et Niki Lauda (Daniel Brühl) sur les circuits ; et Gran Turismo (2023) qui a su dépasser son image d’adaptation de jeu vidéo pour livrer une belle histoire d’underdog des circuits. Et puis, bien sûr, il y a chaque saison le Formula 1 : Pilotes de leur destin / Drive to Survive de Netflix où suivre des champions et leurs écuries au cœur du championnat.

  • La Famille Addams : 10 secrets de tournage délicieusement macabres

    La Famille Addams : 10 secrets de tournage délicieusement macabres

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    1991-2026, ces 35 ans sont passés en… un claquement de doigts ! Ou plutôt deux, comme un écho au célèbre thème musical de la série La Famille Addams, composé en 1964 par Vic Mizzy. C’est au début des années 90 que la tribu délicieusement macabre de Morticia et Gomez s’illustre pour la toute première fois au cinéma, devant la caméra de Barry Sonnenfeld. Un film qui marque toute une génération et fait entrer les Addams dans la pop culture.

    Bien sûr, il y avait les illustrations de Charles Addams, publiées entre 1938 et 1988 dans les pages du New Yorker. Bien sûr, il y avait eu la série des années 60 et la version animée de 1973. Bien sûr il y aura ensuite les films d’animation emmenés par Oscar Isaac et Charlize Theron et la série Netflix portée par Jenna Ortega. Mais aucune adaptation n’a été aussi emblématique que La Famille Addams (1991).

    Je l’ai revu il y a quelques jours, sur grand écran, dans une salle où se mêlaient quinquagénaires, jeunes ados et enfants. Et quel bonheur de constater que cette transposition traverse les décennies mais aussi les publics, avec un humour noir parfaitement dosé, une ambiance élégante et gothique et des personnages toujours aussi bien dessinés. Les années passent, mais les Addams version nineties ne bougent pas.

    Magie noire ? Sorcellerie ? Vampirisme ? Ou peut-être simplement une production réussie, dont je vous livre quelques secrets de tournage pour JustWatch ! Alors poussez la porte du Manoir, prononcez la devise du clan (« Sic gorgiamus allos subjectatos nunc », ou « Nous aimons nous repaître de ceux qui aimeraient nous soumettre ») et délectez-vous de ces anecdotes cauchemardesques.

    Une adaptation née… dans une voiture !

    Selon la légende hollywoodienne, l’idée du film serait venue au producteur Scott Rudin (il sortait alors de L'Expérience interdite et Fenêtre sur Pacifique) durant un trajet en voiture avec ses collègues du studio, en revenant d’une avant-première. Alors que l’enfant de l’un d’eux commence à chanter le générique de La Famille Addams, tout le monde reprend en cœur -et par cœur- la célèbre chanson et claque des doigts. Malgré une longue absence (la dernière apparition des Addams remonte à 1977 dans un téléfilm en couleurs spécialement produit pour Halloween et réunissant les acteurs de la série, qui n’a pas spécialement marqué les téléspectateurs), c’est la preuve que l’univers imaginé par Charles Addams est encore pertinent. Rudin se met alors en quête des droits (pas simple, car la moitié appartenait à Orion Pictures et l’autre moitié la veuve de Charles Addams) et lance le premier long métrage dédié à la famille.

    Tim Burton décline

    A l’époque, un réalisateur semble né pour réaliser cette adaptation. Il s’appelle Tim Burton, il a été plébiscité pour son Beetlejuice (1988) dont la veine gothique et le mélange entre macabre et humour tape dans l'œil de Scott Rudin, et il travaille sur une nouvelle version de Batman (1989). Malgré son intérêt pour le genre, et sa patte unique qui semble idéale pour Morticia & Cie, le cinéaste préfère décliner pour se concentrer sur la réalisation de Batman, le défi (1992) et la production de L’Etrange Noël de Mr Jack (1993), deux oeuvres où il peut célébrer son amour des créatures et du bizarre. Lui aussi approché, Terry Gilliam (Brazil, 1985) passe son tour. Et c’est finalement Barry Sonnenfeld, alors directeur de la photographie (Sang pour Sang, Big, Quand Harry rencontre Sally, Misery), qui est choisi pour sa vision, son sens esthétique, sa capacité à trouver le bon équilibre entre humour noir et spectacle familial et son expérience sur des comédies grinçantes comme celles des frères Coen qu’il a accompagnés à leurs débuts.

    Un première réalisation stressante

    Un univers emblématique, un budget de 30 millions de dollars, un studio qui traverse de grosses difficultés financières, des décors et effets ambitieux et complexes, un premier long métrage derrière la caméra, des stars à gérer : l’expérience va s’avérer plus que stressante pour Barry Sonnenfeld, qui perd plusieurs kilos au fil de la production, contracte une sciatique et fait même un malaise avec évanouissement ! Parallèlement à la pression autour du projet, et des désaccords fréquents avec les producteurs sur les libertés à prendre ou non avec l'œuvre de Charles Addams, le réalisateur voit deux directeurs de la photographie quitter le projet : le premier part vers un autre film en plein tournage, quand sa remplaçante tombe malade ! Sonnenfeld décide donc de cumuler les deux postes. Ca fait beaucoup pour un jeune réalisateur…

    Les Addams bis

    Avant que le casting n’aboutisse à la famille légendaire que l’on connaît, d’autres comédien.nes ont été envisagés pour certains rôles. C’est le jeu à Hollywood, et c’est toujours amusant de regarder quels Addams alternatifs ou bis nous aurions pu découvrir à l’écran. Ainsi, aussi surprenant que cela puisse paraître, Anthony Hopkins était le premier choix pour incarner l’Oncle Fétide, avant que le rôle n’échoit à Christopher Lloyd ! Il décline pour Le Silence des Agneaux (1991) et un Oscar plus que mérité. Du côté de Morticia, c’est Cher qui a longtemps été la favorite pour se glisser dans la robe noire de la vampirique compagne de Gomez, avant que Anjelica Huston ne lui soit préférée. Le tournage s’avère d’ailleurs très compliqué pour la comédienne, qui doit porter un corset métallique pour donner au personnage sa silhouette longiligne caractéristique, mais également des élastiques pour tendre son visage et lui donner des yeux en amande. Elle terminait chaque journée épuisée et traversée de lourdes migraines.

    L’évidence Mercredi

    Voir Christina Ricci en Mercredi Addams relève aujourd’hui de l’évidence. Mais à l’époque, à peine âgée de 9/10 ans, la jeune actrice doit convaincre la production à travers une audition. Alors qu’elle enchaîne les castings, elle se rend à celui de La Famille Addams très fatiguée et un peu désemparée : sa mère lui conseille alors d’embrasser cet état, Mercredi étant froide et inexpressive. Un conseil plus que judicieux ! Pour nourrir son interprétation, Christina Ricci s’inspire également de la performance de Winona Ryder dans Beetlejuice (comme quoi Burton n’est jamais loin !), d’autant qu’elle connaît très bien la comédienne pour avoir partagé avec elle et Cher) l’affiche du film Les Deux Sirènes (1990) un an plus tôt. Très impliquée (c’est elle qui proposera par exemple que Mercredi dorme les bras croisés sur la poitrine, tel un vampire), Christina Ricci sera mandatée par le reste de la distribution pour convaincre Barry Sonnenfeld de changer la fin du film et faire de Fétide le vrai Oncle amnésique et non un imposteur. Et elle a eu gain de cause !

    Il était une fois La Chose

    La Chose, ou The Thing, cette main coupée apprivoisée qui accompagne la famille comme un animal de compagnie macabre, est un personnage emblématique de l’univers des Addams. Dans la série, elle apparaissait uniquement sur des plans fixes, émergeant d’une boîte. Pour le film, l’ambition est de lui donner plus de liberté de mouvement, une vraie personnalité et un vrai rôle au sein de l’intrigue. C’est le magicien Christopher Hart, doublure de David Copperfield (!) qui lui prête sa main, durant un tournage pour le moins éprouvant. Vêtu de noir ou de bleu, ce qui permet de l’effacer en post-production, il est ainsi allongé sur un chariot et doit faire galoper sa main dans les couloirs du manoir. Pour d’autres scènes (la partie d’échecs avec Gomez ou le fameux SOS en code morse), il est caché sous une table, dans un espace exigu et inconfortable, avec la main coincée dans un orifice et une visibilité nulle. Pas facile d’être la Chose, qu’on se le dise, dont la gestuelle burlesque a été inspirée de Charlie Chaplin et Fred Astaire !

    Le Manoir Addams

    Si la façade iconique du Manoir Addams a été construite sur une colline de Los Angeles pour un budget estimé à l’époque à 100 000 dollars, ça n’était qu’un décor de cinéma créant l'illusion d’une véritable bâtisse gothique, parfaitement représentative de la sombre demeure imaginée par Charles Addams. Les scène intérieures, elles, furent tournées sur le plateau 3/8 du Hollywood Center Studios de Los Angeles : un lieu qui avait accueilli le tournage de la série La Famille Addams vingt-cinq ans plus tôt !

    Une revente en plein tournage

    Plombée par des soucis financiers, la société Orion Pictures décide de « revendre » le film à la Paramount alors que le tournage est toujours en cours. Et ceci sans prévenir Barry Sonnenfeld et son équipe ! C’est ainsi que le réalisateur découvre la situation par les journaux en débarquant sur le plateau. Il doit désormais faire face à de nouveaux producteurs, ce qui ajoute au stress déjà évoqué plus haut. Quand on y repense, que ce tournage soit arrivé à son terme et avec le succès que l’on connaît relève du miracle !

    Quelques clins d’oeil

    Barry Sonnenfeld a glissé de jolies et savoureuses références à certaines planches de Charles Addams dans son film. La famille qui déverse de l’huile bouillante sur un chœur de Noël, Pugsley qui décroche un panneau « STOP » pour provoquer un accident, Gomez et Fétide qui partent nager avec de faux ailerons de requin dans le dos, un voyageur prisonnier du train électrique :  autant de vignettes qui reprennent directement les dessins originaux. Pour l’anecdote, Barry Sonnenfeld incarne lui-même ce passager qui découvre, incrédule, un Gomez géant et hilare par la vitre de son wagon ! Autre caméo, le compositeur Marc Shaiman s’invite en chef d’orchestre durant la scène de la Mamushka. Enfin, Fétide qui allume une ampoule avec ses dents, Gomez qui dompte un lion dans sa bibliothèque (une référence uniquement sonore) ou Morticia qui couple les fleurs de ses rosiers sont des clins d'œil directs à la série des années 60.

    Un succès, des prix et des hommages

    A sa sortie, La Famille Addams est un immense succès : plus de 190 millions de dollars de recettes en salles -dont 1,2 millions d’entrées en France- et des nominations aux Golden Globes (Meilleure actrice dans une comédie pour Anjelica Huston) et aux Oscars (Meilleurs costumes pour Ruth Myers). Le film remportera un autre prix, bien moins glorieux mais amusant : le Razzie Award de la Pire chanson pour le morceau Addams Groove de MC Hammer ! Devenu une référence pop majeure, le long métrage inspire une suite encore meilleure que l’original (Les Valeurs de la Famille Addams, 1993) mais aussi un flipper légendaire qui sera le plus vendu de tous les temps avec plus de 20 000 unités écoulées. Et côté hommages, innombrables chez les fans, les cosplayeurs mais aussi les séries et films qui ont suivi, comment ne pas citer la présence de Christina Ricci et Christopher Lloyd dans la série Netflix Mercredi, dont certains épisodes ont été réalisés par… Tim Burton ! Comme quoi personne ne peut résister au charme des Addams.

  • Après Heated Rivalry, les meilleurs films de hockey qui mettent le feu à la glace

    Après Heated Rivalry, les meilleurs films de hockey qui mettent le feu à la glace

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Entre la passion brûlante autour de la série-phénomène Heated Rivalry (2025-) et les Jeux d’hiver de Milan-Cortina, on n’a jamais autant parlé de hockey sur glace ! Pas forcément très populaire en dehors de cercles d’initiés et des grandes villes nord-américaines représentées en NHL, ce sport nous a pourtant offert quelques longs métrages notables, sur un large spectre de genres.

    Pour JustWatch, j’ai mis mes patins, j’ai pris ma crosse et j’ai coiffé mon casque pour vous lister quelques films intéressants -pas forcément aussi steamy que la relation entre Shane Hollander et Ilya Rozanov- si vous avez envie de rester un peu sur la patinoire. C’est beaucoup moins « chaud » que Heated Rivalry, certes, mais cela pourrait vous intéresser si vous découvrez la discipline avec le succès du show proposé par HBO Max.

    La Castagne (1977)

    Le Slap Shot ou  « Lancer-Frapper » est le tir le plus puissant de l’arsenal offensif des hockeyeurs. C’est aussi le titre d’un film avec Paul Newman, judicieusement rebaptisé La Castagne (1977) puisqu'on y célèbre ce sport à travers... ses bagarres sur glace ! Afin de mobiliser le public autour de son équipe, un entraîneur-joueur va recentrer la stratégie de ses coéquipiers sur les plaquages et les coups violents. Il y a ici quelque chose de l'ordre d'un Full Monty (1997) sur patins, et sous la direction de son réalisateur fétiche George Roy Hill (Butch Cassidy et le Kid, 1969 ; L'Arnaque, 1973), Paul Newman passe, de son propre aveu, le tournage le plus drôle et léger de sa carrière qui lui donnera la mauvaise habitude de jurer avec quelques grossièretés appuyées ! Peu identifié en France, le film est totalement culte outre-Atlantique, au point de se retrouver dans de nombreux classements du genre et d’engendrer deux suites emmenés par les bagarreurs frères Hanson (qui inspireront le fameux groupe pop !). Pour d’autres comédies à crosse, vous pouvez regarder Pucked (2006) avec Jon Bon Jovi et Fight Games (2012) / Fight Games 2 (2017) avec Seann William Scott.

    Youngblood (1986)

    Avant de partir s’adonner au surf et au parachute dans Point Break (1991), Patrick Swayze et Keanu Reeves s’étaient déjà croisés dans les vestiaires de Youngblood (1986). Même si Reeves n’y tient qu’un second rôle, caché derrière son masque de gardien, c’est un film intéressant à revoir pour tenter d’y repérer des visages qui deviendront connus par la suite. Parmi eux il y a le héros, Dean Youngblood, campé par Rob Lowe, qui rêve de tenter sa chance crosse en main, avec le soutien de son frère et de son mentor (campé par Swayze). C’est également amusant d’y jeter un oeil pour y trouver tous les codes du film eighties pour jeunes adultes, avec mélange de scénario balisé et un peu cliché, de personnages archétypaux (le héros beau gosse, la fille de l’entraîneur, le rival, le mentor…) et de dimension inspirationnelle. Un Karaté Kid (1984) sur glace, en somme, qui a été revisité par un remake récent.

    Mystery, Alaska (1999)

    On le sait depuis Gladiator (2000) : on suivrait Russell Crowe au combat sans sourciller. Un an avant d’incarner le Maximus de Ridley Scott, le comédien chaussait les patins de Mystery, Alaska (1999), un drame sportif méconnu, privé de sortie en salles en France. Derrière ce titre pas forcément très clair sur la promesse se cache une jolie histoire d’underdogs hockeyeurs, habitants d'une petite bourgade d’Alaska à qui l’on propose d’affronter les redoutables New York Rangers lors d’un match de gala. On y retrouve une vibe à la Rocky (1976) et autres Dodgeball (2004), le même esprit qui s’empare de la Coupe de France de football quand un « petit poucet » venu d’une division inférieure affronte une équipe de Ligue 1 au hasard des tirages au sort. Et, au-delà du sport, c’est une célébration d’une petite communauté comme on a pu le voir dans La Grande Séduction (2003). Dans cette communauté, les visages sont très connus puisqu’au-delà de Russell Crowe, on y croise Mary McCormack, Lolita Davidovich, Ron Eldard, Kevin Durand et Burt Reynolds. Sans oublier Mike Myers, qui s’invite dans un petit rôle de commentateur pour retrouver son réalisateur de la trilogie Austin Powers (1997-2002), Jay Roach.

    Maurice Richard (2005)

    Avec neuf trophées aux Génie (l’équivalent canadien des Oscars) et des salles pleines au Québec, le biopic Maurice Richard (2005) est un film de hockey sur glace majeur, malheureusement privé d’une exploitation française (comme beaucoup de longs métrages venus de la « Belle Province », malheureusement). Devant la caméra de Charles Binamé et sur un scénario de Ken Scott (Starbuck, 2011), Roy Dupuis (qui l’avait déjà incarné en 1999 dans une mini-série) se glisse sous le jersey de cette icône du hockey canadien, véritable légende de la NHL qui a patiné et beaucoup scoré pour les Montréal Canadiens pendant dix-huit saisons de 1942 à 1960. L’impact sportif et culturel de « Rocket » fut tel que sa suspension pour avoir frappé un arbitre provoqua des émeutes en 1955, alors que des funérailles nationales furent organisées à sa disparition en 2000. Si vous avez vibré pour le film, vous devriez aimer la franchise Les Boys (1997-2013), saga la plus lucrative de l’histoire québécoise centrée sur les aventures comico-sportives d’une équipe de hockeyeurs amateurs. 

    Miracle (2004)

    Le cinéma adore les histoires vraies où l’impossible se réalise. Parce que nous adorons ces récits qui voient des outsiders déjouer les pronostics et pour finir par briller -voire s’imposer- à force de résilience et de mental. Miracle (2004) s’inscrit totalement dans ce schéma, en racontant l’aventure sportive vécue par l’équipe de hockey américaine le 22 février 1980, aux Jeux Olympiques de Lake Placid. Alors composée d’étudiants et de joueurs professionnels mineurs, la formation menée par l’entraîneur Herb Brooks (Kurt Russell) va réussir à faire vaciller l’armada soviétique, invaincue depuis quatre olympiades. Certes, l’histoire a beaucoup moins de résonance de ce côté de l’Atlantique, mais le film signé Gavin O'Connor (Warrior, 2011) mérite vraiment le coup d'œil pour son côté « Rocky IV On Ice ». Pour aller plus loin, n’hésitez pas à jeter un œil aux documentaires Do you believe in miracles ? (2002) et Of Miracles and Men (2010)... mais aussi Red Army (2015) qui raconte la dynastie de l’équipe nationale soviétique.

    Les Petits Champions (1992-2021)

    J’aime beaucoup le logo de l’équipe des Anaheim (Mighty) Ducks : un masque de gardien de hockey façon Vendredi 13 (1980) reprenant la forme du bec de Donald Duck ! Et c’est plus que logique quand on sait que le club a été créé par les studios Disney lors de la saison 1993-1994. Lors d’un voyage de jeunesse aux Etats-Unis, je me suis donc mis en quête d’un maillot de la franchise dans un magasin spécialisé, m’attirant un regard méprisant du vendeur et des puristes présents dans la boutique ! Car les Mighty Ducks étaient vus -à juste titre a priori- comme un simple produit marketing destiné à développer l’aura de la NHL, à des années-lumière de franchises légendaires comme les New York Rangers, les Montréal Canadiens, les Toronto Maple Leafs ou les Boston Bruins.

    D’autant plus que le club a été fondé pour profiter du succès du film Les Petits Champions / The Mighty Ducks (1992), dans lequel un avocat campé par Emilio Estevez, condamné à des travaux d’intérêt général après une infraction, va devoir entraîner une petite équipe de jeunes hockeyeurs (où s’illustre un tout jeune Joshua Jackson) qu’il va équiper, fédérer et accompagner vers les victoires. Je ne l’ai pas vu depuis sa sortie, mais je garde un souvenir très sympa de cette comédie familiale, idéale pour inspirer les jeunes ados et les initier à l’esprit d’équipe et la résilience. Et à cette saine philosophie qui consiste, malgré la compétition, à ne jamais oublier de s’amuser sur la glace. Il est suivi par deux suites (Les Petits champions 2, 1994 ; Les Petits champions 3, 1996), une série animée (Les Canards de l’exploit, 1996) et une série Disney+ (Les Petits Champions : Game Changers, 2021-2022) dans laquelle Emilio Estevez revient passer une tête. Même si cette équipe et ce logo déplaisent aux puristes, ne vous privez pas de donner leur chance aux Ducks, c’est vraiment une franchise feel good qui envoie de bonne ondes.

  • Pixar : les 5 films les plus sous-cotés des créateurs de Toy Story

    Pixar : les 5 films les plus sous-cotés des créateurs de Toy Story

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Aujourd’hui, Pixar est considéré comme l’un des studios les plus influents du paysage cinématographique contemporain. Connu pour ses films d’animation innovants et originaux, il propose des univers riches en imagination, mais aussi profondément ancrés dans des émotions et des expériences qui résonnent auprès de publics variés, aussi bien adultes qu’enfants. Au fil des années, Pixar a ainsi bâti une véritable tradition, une marque et une identité tout à fait exceptionnelles.

    Qui dit Pixar, dit bien sûr franchises emblématiques : Toy Story (1995-2026), leur première grande réussite, mais aussi Cars (2006-2017), Les Indestructibles (2004-2018) ou encore Vice-Versa (2015-2024), qui a battu des records historiques au box-office. Certes, la popularité de ces succès peut parfois entraîner, surtout dans les années qui suivent leur sortie, un certain désintérêt pour les films qui n’ont pas rencontré le même enthousiasme critique ou commercial. 

    Heureusement, les plateformes de streaming permettent aujourd’hui à ces œuvres autrefois sous-estimées de connaître une seconde vie, auprès des nouvelles générations comme des adultes animés par un sentiment de nostalgie, redécouvrant ces films sous un autre regard. Pour JustWatch, je vous propose une sélection de cinq films Pixar parmi les plus sous-cotés -des films que nous adorons malgré les critiques qu’ils ont pu susciter, et dont nous sommes convaincus que vous saurez, vous aussi, apprécier les qualités… si vous ne les avez pas encore découverts !

    1001 Pattes (1998)

    1001 Pattes (1998) a une importance historique pour le studio, car c’est le deuxième long métrage qu’il a sorti après Toy Story (1995). Pour Pixar, c’était surtout l’occasion de prouver que ses ambitions créatives n’étaient pas limitées à un seul projet et qu’il visait un succès durable. Même si Toy Story reste aujourd’hui la franchise phare du studio, les vrais fans de Pixar savent apprécier l’ingéniosité de 1001 Pattes.

    L’histoire du film est inspirée de la fable La Cigale et la Fourmi d’Ésope et se concentre sur Tilt (Flik dans la version anglaise), qui veut devenir un héros en protégeant la colonie à laquelle il appartient contre les attaques des sauterelles, mais finit par causer davantage de dégâts. Malgré sa maladresse, il ne renonce pas à ses objectifs et engage des insectes guerriers qui ne sont, en réalité… qu’une troupe de cirque !

    1001 Pattes a été salué pour la qualité de son animation, mais le film est avant tout une réussite grâce à son esprit aventureux, drôle et divertissant, ainsi qu’à l’attachement que l’on ressent pour le personnage principal. D’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à éprouver cette connexion. Lors de notre rencontre avec la chanteuse Audrey Nuna, notamment connue pour avoir prêté sa voix à Mira dans KPop Demon Hunters (2025), elle a révélé à JustWatch combien elle adore le film. Selon Nuna, qui pleure à chaque visionnage, 1001 Pattes est l’un des films les plus émotionnels de tous les temps. Nous ne pourrions pas être plus d’accord avec elle !

    • Retrouvez ici l’intégralité de notre entretien avec Audrey Nuna

    Monstres Academy (2013)

    En comparaison avec les suites, qui garantissent la continuité des franchises, le nombre de prequels dans le monde de l’animation reste relativement rare. Il existe certes des exemples sorties directement en vidéo, mais des films dont la réussite auprès du public est à la hauteur du film original, on n’en trouve pas beaucoup : voilà pourquoi on aime tant Monstres Academy (2013) !

    Le film nous ramène à une période bien antérieure à celle où nos héros travaillent chez Monstres et Cie (2001), lorsque Robert « Bob » Razowski (Mike Wazowski en VO) débute sa première année dans le programme de la « Peur » à l’Université Monstres. Rob fait la connaissance de Jacques « Sulli » Sullivan (James P. « Sulley » Sullivan en VO), fils d’un célèbre professionnel de la peur et naturellement effrayant par son apparence. Comme Bob rêve lui aussi de devenir un expert de la trouille, une rivalité s’installe entre les deux étudiants mais, avec le temps, elle se transforme en amitié.

    Monstres Academy excelle dans sa manière d’approfondir un univers filmique préexistant en changeant de cadre narratif : on passe du monde administratif du premier film à l’univers académique. Les expériences de Bob et Sully en tant qu’étudiants -fraternités, cours, examens- parlent autant aux enfants qu’aux parents ayant vécu des situations similaires à l’université. L’un des aspects les plus importants du film est qu’il n’hésite pas à aborder l’expérience de l’échec, une qualité rare dans les films d’animation, souvent plus enclins à ne mettre en avant que les expériences positives de la vie.

    Ce n’est donc pas pour rien qu’une grande actrice comme Elle Fanning l’adore : lorsqu’elle a évoqué ses plaisirs coupables pour JustWatch, elle l’a même qualifié de l’un des meilleurs films d’animation. Si vous ne l’avez pas encore vu, suivez son conseil et découvrez-le sans tarder !

    • Regardez notre entretien avec Elle Fanning sur notre chaîne YouTube

    Le Voyage d'Arlo (2015)

    Même si beaucoup voient dans Le Voyage d’Arlo (2015) le premier échec au box-office de Pixar, que cela ne vous décourage pas ! Comme le film sort la même année que Vice-versa (2015), dont le rythme et le style sont diamétralement opposés, il est probablement normal qu’il ait été éclipsé par son succès hors pair. Néanmoins, le monde préhistorique qu’imagine Le Voyage d’Arlo est plein de surprises et très attirant grâce à son style d’animation photoréaliste.

    Le film propose une histoire du monde alternative dans laquelle les dinosaures n’ont pas été anéantis par un astéroïde. Le personnage éponyme, Arlo, est un jeune apatosaure qui aide sa famille de fermiers. Il doit faire l’expérience de la mort de son père, affronter ses peurs tout en tissant des liens d’amitié avec un enfant humain -lui aussi encore à un stade préhistorique- à qui il donne le nom de « Spot ». Le thème du récit pourrait sans doute vous faire penser à L’Âge de glace (2002) ou encore à Dragons (2010),  mais ici, ce sont les êtres humains qui sont associés au monde sauvage.

    Il est vrai que le film ne se penche pas vraiment sur une veine humoristique comme En avant (2020), par exemple, mais sa sensibilité émotionnelle touche véritablement nos cœurs et la beauté visuelle des paysages est à couper le souffle. Si votre enfant a un intérêt particulier pour les dinosaures -ne l’avons-nous pas tous eu, d’ailleurs ?- Le Voyage d’Arlo sera pour vous le parfait mélange entre une animation techniquement impressionnante et une sincérité émotionnelle. 

    En avant (2020)

    En avant (2020) a eu la malchance de voir sa sortie coïncider avec la période critique de la pandémie de COVID-19 ; ainsi, si les chiffres en salles n’étaient pas à la hauteur des attentes, cela tient certainement moins à la qualité du film qu’au contexte sanitaire. Au contraire, En avant se démarque par une très belle proposition : transposer des créatures mythologiques telles que les elfes, les centaures ou les manticores dans un monde moderne. Ce cadre familier (et familial, d’ailleurs) est particulièrement rassurant pour les jeunes enfants, qui pourraient autrement être effrayés par ce type de créatures.

    Le film suit l’histoire de deux frères elfes, Ian et Barley Lightfoot, qui ont grandi sans leur père. Le jour de son 16e anniversaire, Ian reçoit, avec son frère, un cadeau magique qui leur permettrait de faire revenir leur père pour une journée. Mais le sort ne fonctionne pas complètement, et les deux frères se lancent alors dans une quête pleine d’aventures afin de le retrouver.

    Mélange de road movie et de récit d’apprentissage, le film aborde des thématiques en apparence lourdes, comme le manque et la séparation, avec une grande justesse émotionnelle et une bonne dose d’humour. Comme le film prend pour point de départ une expérience assez universelle, à savoir l’absence du père, il devient facile de s’identifier aux deux personnages. D’ailleurs, on vous conseille de regarder le film en version originale : les performances de Tom Holland et Chris Pratt dans les rôles principaux sont vraiment impressionnantes !

    Luca (2021)

    Inspiré de l’enfance de son réalisateur Enrico Casarosa, Luca (2021) appartient à la période post-COVID du studio, ce qui a conduit à sa sortie directe sur la plateforme Disney+. L’identité visuelle du film doit beaucoup au cinéma de Miyazaki -même le fait que la ville où se déroule l’histoire s’appelle Portorosso est un clin d’œil au maître japonais. Au-delà de son imagerie pittoresque typiquement italienne, on retrouve également des références au cinéma de Fellini. Bien sûr, ces détails sont davantage destinés aux adultes, tandis que le récit marque surtout les esprits par sa manière d’aborder les questions de l’altérité et du besoin d’appartenance.

    Luca est un jeune monstre marin dont les parents lui interdisent d’approcher la surface de l’eau. Un jour, il rencontre Alberto, un autre monstre marin comme lui, qui lui apprend qu’une fois hors de l’eau, leur apparence se transforme en celle d’un humain. Luca, épris de cette nouvelle identité et de toutes les expériences qu’elle promet, se met à construire une Vespa avec Alberto, se fait de nouveaux amis et décide de participer à un triathlon. Mais le fait de cacher sa véritable identité n’est évidemment pas sans conséquences…

    En raison de sa thématique liée au monde marin et à la transformation entre créature et être humain, on compare souvent Luca à La Petite Sirène (1989). Mais ici, la forme humaine n’est pas présentée comme un idéal à atteindre. Il s’agit plutôt d’une métaphore pour explorer et faire comprendre aux enfants ce que signifie être différent et comment vivre en assumant les aspects qui définissent notre identité. Si vous aimez les films d’animation plus doux et intimes, où les enjeux ne relèvent pas de grandes ambitions comme sauver le monde, nul doute que vous adorerez Luca.

  • 2026, c'est l’année du Cheval (de feu) ! Voici nos chevaux de cinéma préférés

    2026, c'est l’année du Cheval (de feu) ! Voici nos chevaux de cinéma préférés

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Ce 17 février 2026, le Serpent de Bois qui a accompagné le cru 2025 a tiré sa révérence pour laisser place au Cheval de Feu. Une promesse de dynamisme, de renouveau, de mouvement, de liberté. D’emportement et de précipitations, aussi. Bref, on risque de ne pas s’ennuyer selon le calendrier chinois ! Et pour vous mettre dans le bon état d’esprit et vous lancer au triple galop dans la nouvelle année, JustWatch a décidé de célébrer nos amis les équidés à travers une sélection de montures incontournables du grand écran. Hue !

    Le plus animé

    Quand on parle de chevaux de cinéma, les exemples qui viennent immédiatement en tête sont animés. Samson dans La Belle au bois dormant (1959), Khan dans Mulan (1998), Pile-Poil dans Toy Story 2 (1999), l’âne devenu destrier dans Shrek 2 (2004), Cheval de Panique au village (2009), Maximus dans Raiponce (2010), la joyeuse bande de My Little Poney (2017)... l’écurie est plus que fournie ! Mais s’il ne fallait en garder qu’un, ce serait Spirit l’étalon des plaines (2002), un pur-sang de l’Ouest sauvage qui refuse de se laisser dompter par l’Homme, accompagné par la narration de Matt Damon et une bande originale signée Hans Zimmer & Bryan Adams. La force du film, c’est son approche naturaliste, qui renonce à l’anthropomorphisme pour livrer une ode simple, belle et puissante sur la liberté saluée à Cannes et aux Oscars. A poursuivre avec Spirit : Au galop en toute liberté (2017-2020) et Spirit : l'indomptable (2021).

    Le plus triste

    C’est une scène qui a traumatisé -dévasté même !- toute une génération : la mort d'Artax, courageuse monture de l'intrépide Atreyu (Noah Hathaway), embourbé dans les marécages de la mélancolie de L’Histoire sans fin (1984) alors que le jeune homme s’est lancé en quête d’un remède pour soigner la jeune impératrice de Fantasia. Tournée par Wolfgang Petersen durant trois semaines avec deux chevaux différents, la séquence est un vrai drame culturel des années 80, qui a d’ailleurs longtemps laissé croire que l’animal était mort pendant la production (ce qui est évidemment complètement faux). Comme tous les enfants des eighties, j’en ai versé des larmes devant cette agonie lente, désespérée et inéluctable… Difficile de faire plus triste, même si tout cheval qui succombe à ses blessures à l’écran me bouleverse quoi qu’il en soit. Dans le genre canasson déprimant, il y a aussi BoJack Horseman (2014-2020) chez Netflix. Et côté fantasy, qui ne voudrait pas prendre son envol avec Pégase, que ce soit version Hercule (1997) ou Le Choc des Titans (2010), ou galoper avec Arwen et Asfaloth pour échapper aux Nazguls dans La Communauté de l’anneau (2001) ?

    Le plus courageux

    Dans Cheval de Guerre (2011) de Steven Spielberg, l’animal est central. C’est même lui le personnage principal, que l’on va suivre durant son aventure dramatique au coeur des tranchées de la Première Guerre mondiale, alors qu’il traverse les horreurs du conflit après avoir été réquisitionné et arraché à la ferme anglaise qui l’a vu grandir. Joey -c’est son nom- est l’incarnation même de la résilience, de la loyauté, de l’endurance, et on est bouleversé par ce qu’il doit endurer, quel que soit le camp où il galope, et accroché à l’espoir qu'il retrouvera peut-être son maître Jeremy Irvine. Au fil de péripéties militaires ou fermières, il croise notamment la route de David Thewlis, Tom Hiddleston, Benedict Cumberbatch, Toby Kebbell, Peter Mullan, Emily Watson et Niels Arestrup, magnifié par l'approche grand cinéma classique de Spielberg. Dans le même genre, regardez Hidalgo (2004) où Viggo Mortensen se lance dans un périple à cheval à travers le désert, ou Le Cheval venu de la mer (1992). Et, évidemment, les montures de William Wallace et Maximus !

    Le plus rapide

    Même si on ne joue pas au tiercé, on ne peut s'empêcher de vibrer quand le cinéma raconte de belles histoires de courses hippiques, lançant des outsiders à la conquête de titres a priori inaccessibles. Dans le genre, je pense que Pur Sang, la légende de Seabiscuit (2003) est assurément LE film à vous recommander, alors que Tobey Maguire, entre deux aventures de Spider-Man, incarne une étoile déchue et borgne de l’équitation qui va transformer un cheval ingérable en légende de la piste. Véritable icône américaine, Seabiscuit a tenu en haleine les Américains durant la dépression des années 30, incarnant au cœur de la tourmente économique la revanche de tous ceux qui ne devaient pas gagner. Si vous avez vibré au son des sabots de Seabiscuit, vous pouvez sans crainte lancer Secrétariat (2010), Dreamer : inspiré d’une histoire vraie (2005) et le classique Le Grand National (1945).

    Le plus français

    Non, le « film hippique » n’est pas réservé au cinéma hollywoodien ! La preuve avec Jappeloup (2013), qui revient sur l’histoire iconique du cheval monté par Pierre Durand, un avocat devenu jockey qui ira décrocher un titre olympique à Séoul en 1988 en saut d’obstacles en compagnie de ce canasson rebelle et imprévisible qui ne coche -a priori- aucune case de la discipline. Lui-même passionné par le monde équestre et ancien jockey, Guillaume Canet prend les rênes devant la caméra de Christian Duguay (Belle et Sébastien, l'aventure continue, 2015) pour un film certes classique mais ambitieux et émouvant, qui a attiré près de 2 millions de spectateurs au cinéma. Pour d’autres canassons hexagonaux, je vous recommande Danse avec lui (2007), Ma bonne étoile (2012), En équilibre (2015), Nevada (2019), Poly (2020) et Tempête (2022).

    Le plus légendaire

    Si je vous dis L’Etalon Noir / Black Stallion (1979), vous ne pouvez pas dire que vous ne connaissez pas ! Le pur-sang à la robe de jais, né dans les pages du roman de Walter Farley, a été la star de plusieurs longs métrages (Le Retour de l’étalon noir, 1983 ; La Légende de l'étalon noir, 2003) qui mettent en avant sa prestance, sa vitesse et son amitié avec les humains qu’il croise. Dans le film de Carroll Ballard, il survit sur une île déserte avec le jeune Alec (Kelly Reno) avant de revenir avec lui vers le monde moderne et remporter de grandes courses, aidés par un entraîneur bienveillant (Mickey Rooney). Le comédien reprend d’ailleurs son rôle entre 1990 et 1993 pour la série L’Etalon Noir qui a accompagné toute une génération de cavaliers et cavalières. Pour d'autres sagas à crinière, je vous renvoie vers Prince Noir adapté de Anna Sewell, décliné entre 1971 et 2020, et Flicka d’après Mary O'Hara qui a galopé de 1943 à 2010.

    Le plus flippant

    Les séquences horrifiques mettant en scène des chevaux sont finalement assez rares. Et c’est assez logique : quand il sent poindre la menace, le quadrupède a souvent l’intelligence de hennir, se cabrer et partir au triple galop pour échapper au danger. C’est ce que fait l’étalon de Le Cercle - The Ring (2002) quand Naomi Watts décide de venir le caresser dans son box : sentant la malédiction qui plane sur la jeune femme, il s’agite, frappe du sabot, s’enfuit, saute par dessus une rambarde… sauf qu’on se trouve sur un ferry et qu’il termine sa course dans les eaux glacées de l’île de Moesko puis dans les hélices du navire ! Dur, mais ça n’est que du cinéma, rassurez-vous. Dans la famille des chevaux flippants -malgré eux-, j’ai en tête le pauvre canasson de Rick Grimes qui sert de festin aux Marcheurs des rues d’Atlanta dans le premier épisode de The Walking Dead (2010-2022), ou le cheval tranché (en douze parties) mais bien vivant de The Cell (2000) !

    Le plus cinéphile

    Je n’aurais pas pu terminer cette petite sélection équestre sans LE cheval indissociable d’un chef d'œuvre. Ou plutôt une partie de cheval, puisque dans Le Parrain (1972) de Francis Ford Coppola, une tête de canasson fraîchement découpée et stratégiquement placée dans votre lit peut vous convaincre de reconsidérer des demandes que vous aviez bêtement écartées d’un revers de main avec un certain mépris. C’est ce qui arrive au producteur Jack Woltz (John Marley) alors qu’il n’a pas accepté de rendre service à la famille Corleone. Même dans la sécurité de sa luxueuse demeure, personne n’est à l’abri. Ni lui, ni son cheval préféré, donc. Et il retiendra de cette mésaventure sanglante qu'il est toujours préférable d’accepter des propositions qu’on ne peut pas refuser…

  • De La Boum à LOL, 8 films français générationnels incontournables (qui nous définissent encore)

    De La Boum à LOL, 8 films français générationnels incontournables (qui nous définissent encore)

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Il y a des films qu’on regarde, et puis il y a ceux qui nous regardent grandir. Ceux qu’on cite comme « ref » absolue pour définir la génération à laquelle on appartient, dont on connaît les répliques par cœur et qu’on partage avec nos pairs du même âge. 

    Ces films ne sont pas seulement des succès : ce sont des marqueurs d’époque. Ils captent une façon de parler, d’aimer, de se rebeller, et fixent une génération tout en racontant l’universel : le passage à l’âge adulte, les fractures sociales, les premiers élans et les premières désillusions.

    Chaque génération a les siens : le slow sur Reality, l’uppercut de La Haine, les amours à l’ère de MSN. Parce qu’ils saisissent ce moment où tout se joue, ces films traversent le temps. Du Paris de la Nouvelle Vague aux lycées des années 2000, ils racontent autant la France que nos propres vies.

    A bout de souffle (1960)

    La Nouvelle Vague marque une rupture générationnelle avant même d’être un mouvement cinématographique. Dans À bout de souffle (1960), Jean-Luc Godard impose une jeunesse insolente, libre et désinvolte où Jean-Paul Belmondo devient l’anti-héros moderne. C’est le film d’une génération qui veut tout réinventer, cinéma compris.

    En captant l’esprit d’une jeunesse, Jean-Luc Godard a redéfini la manière de la filmer. Caméra à l’épaule, dialogues improvisés, ruptures… la Nouvelle Vague refuse les conventions jugées trop vieilles du cinéma et montre une jeunesse qui déambule dans un Paris très vivant, fume et flirte. 

    La Boum (1980)

    Vic et le slow au casque Reality dans La Boum (1980) : un moment inoubliable du cinéma français pour toute une génération et bien au-delà (la bande originale est signée Vladimir Cosma). Même les ados d’aujourd’hui - plus de 40 ans après sa sortie - passent tous par ce film qui relate parfaitement les problématiques intemporelles de cet âge, entre les premiers amours, les premières soirées, les disputes avec les parents… Si le long métrage ne reflète pas la réalité ultra-connectée de notre époque, l’adolescence semble être la même pour les jeunes des années 1980 que ceux des années 2020.

    Dans La Boum 2 (1982), pas tout à fait une redite du premier volet, Sophie Marceau y incarne une Vic devenue lycéenne, qui tombe amoureuse d’un étudiant de 18 ans, un amour plus fragile, moins idéalisé, plus adulte. L’actrice décroche le César du Meilleur espoir féminin pour ce rôle, le seul de sa carrière, mais qui la lance. Véritable rite de passage cinématographique, les deux volets de La Boum ont connu un énorme succès aussi parce que la problématique amoureuse des parents, entre fatigue conjugale et infidélité, vise juste. 

    La Vie est un long fleuve tranquille (1988)

    Sorti en 1988, La Vie est un long fleuve tranquille de Étienne Chatiliez adopte un angle très différent mais tout aussi générationnel : celui de la satire sociale. L’histoire est simple et brillante : deux bébés sont échangés à la naissance. L’un grandit dans une famille bourgeoise catholique, l’autre dans un foyer populaire du Nord. Quand l’erreur est révélée des années plus tard, tout vacille. Le film capture une France des années 80 divisée par les classes sociales, les valeurs religieuses et les préjugés. Les Le Quesnoy et les Groseille deviennent des archétypes instantanément reconnaissables. Les répliques cultes, « Jésus revient » chanté par les enfants, les tirades cyniques de Maurice Groseille, entrent dans le langage courant.

    Mais derrière l’humour féroce, il y a une vraie observation sociologique. Le film parle d’ascension sociale, d’identité et de déterminisme. Il est générationnel parce qu’il a cristallisé une époque où la France regardait encore frontalement ses fractures sociales… en riant jaune. Beaucoup de spectateurs des années 80 et 90 y ont vu un miroir de leur propre milieu, qu’il soit bourgeois ou populaire. Et aujourd’hui encore, le film continue d’être transmis comme une référence comique incontournable.

    Le Péril jeune (1994)

    Avant de devenir le cinéaste très inspiré de L’Auberge espagnole, Cédric Klapisch filme l’année du bac, les premiers engagements politiques et les amitiés qui se fissurent. Dans Le Péril jeune (1994) qui brasse les idées post-mai 68, le récit alterne entre présent mélancolique (alors que quatre anciens lycéens se retrouvent dix ans après la mort accidentelle de leur ami Alain), et le passé incandescent, durant lequel ce groupe d’amis pensait pouvoir changer le monde.

    Avec ce film très personnel, inspiré de ses propres souvenirs, Cédric Klapisch met en lumière une jeunesse en transition, filme les illusions sans les ridiculiser, et dresse ainsi le portrait d’une jeunesse politisée mais fragile, dans laquelle de nombreux ados des années 90 se sont reconnus. Les vêtements, la musique, les scoot’, les fêtes improvisées… tout ancre ce film dans une époque avec cette thématique universelle du passage à l’âge adulte. Révélation du film, Romain Duris y fait ses premiers pas avec un personnage grandiloquent, insolent et forcément charismatique.

    La Haine (1995)

    Chronique en noir et blanc façon documentaire d’une journée en banlieue après une bavure policière, La Haine (1995) est un film-manifeste des années 90 qui incarne parfaitement la fracture sociale. Filmés par Mathieu Kassovitz, le trio de comédiens Vincent Cassel, Hubert Koundé et Saïd Taghmaoui incarne parfaitement une génération désabusée, avec trois amis issus de l’immigration confrontés à la violence policière, à la pauvreté et au racisme. 

    Véritable électrochoc, avec des phrases uppercut, le film n’a jamais vraiment cessé d’être actuel. C’est le premier à avoir aussi bien capté l’essence des banlieues françaises, en esthétisant un peu le propos mais pour ne le rendre que plus fort. En immersion totale dans le quotidien de ces jeunes, le film est générationnel autant pour ceux qui ont vécu sa sortie que pour ceux qui l'ont découvert plus tard. À tel point qu’un spectacle musical, également imaginé par Kassovitz, a vu le jour en 2024 avec un public qui a répondu présent.

    L’Auberge espagnole (2002)

    Le film Erasmus par excellence ! Il a défini l’identité d’une jeunesse européenne mobile, un peu paumée et en construction au début des années 2000. Tous ceux qui sont partis dans un pays européen faire une année de leur cursus universitaire ont en mémoire cette période dorée que Cédric Klapisch s’est appliquée à transcrire dans L’Auberge espagnole (2002).

    Le film raconte l’histoire de Xavier (Romain Duris), un jeune étudiant français qui part à Barcelone pour un programme Erasmus donc. Il partage un appartement avec d’autres étudiants venus de toute l’Europe. Xavier navigue entre les incompréhensions culturelles, des amitiés improbables et des amours naissants. C’est le début de l’émancipation… et d’une franchise ! Les Poupées russes (2005) et Casse-tête chinois (2013) suivront, pour raconter Xavier devenu encore plus adulte. Puis Salade Grecque (2023), centré sur ses enfants.

    LOL (Laughing Out Loud) (2008)

    Rebelote avec Sophie Marceau, cette fois passée au rang de maman dans l’histoire. Avec LOL : Laughing Out Loud (2008), l’actrice se retrouve parent d’une ado … Le film est devenu générationnel, mais cette fois pour les ados des années 2000, souvent en train de s’envoyer des textos ou d’échanger sur MSN, et avec des relations amoureuses pas moins compliquées que vingt ans plus tôt. Le film capte les codes de ces ados hyperconnectés avec les modes de dialogues de cette époque. 

    Derrière cette comédie romantique qui s’inscrit en miroir de La Boum, il y a aussi une vraie photographie des relations mère-fille. La maman séparée est un peu déboussolée, son ado est en quête d’autonomie, avec des émotions exacerbées comme souvent à cet âge. A poursuivre avec LOL 2.0 (2026), qui raconte la jeunesse de 2025 à travers le destin de la petite soeur campée par Thaïs Alessandrin.

    Les Beaux gosses (2009)

    Avec Les Beaux Gosses (2009), Riad Sattouf signe peut-être le portrait le plus cru — et le plus drôle — de l’adolescence française des années 2000. Exit la romance idéalisée façon La Boum. Ici, place aux boutons, aux fantasmes maladroits, aux humiliations en cours de récré et aux stratégies catastrophiques pour séduire. Hervé (Vincent Lacoste) et Camel (Anthony Sonigo) sont des ados moyens, obsédés, souvent gênants et pathétiques.

    Le film capte l’adolescence dans ce qu’elle a de plus inconfortable : la découverte du désir, la peur du rejet, la construction de l’identité masculine. Les dialogues sont d’un naturel désarmant, presque documentaires. Beaucoup d’ados de l’époque se sont reconnus dans cette représentation sans filtre. Là où LOL était encore dans une certaine stylisation romantique, Les Beaux Gosses assume le malaise. Il devient une référence culturelle instantanée, citée dans les cours de lycée et sur les réseaux naissants.

  • Game of Thrones : vous devez impérativement voir ce film si vous aimez A Knight of the Seven Kingdoms

    Game of Thrones : vous devez impérativement voir ce film si vous aimez A Knight of the Seven Kingdoms

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Avec A Knight of the Seven Kingdoms (2026), l’univers de Game of Thrones (2011-2019) s’est élargi, en proposant un regard différent sur Westeros, loin des alliances politiques, des dragons et des affrontements pour le Trône de Fer. Ici, le récit se fait à hauteur d’hommes, en l'occurrence le tandem insolite et attachant formé par Dunk et Egg, un chevalier errant sans bannière et son jeune écuyer au crâne chauve (ou rasé ?).

    Leurs pas vont les mener au sein d’un tournoi prestigieux auquel rêve de participer notre Ser sans maison alors que tout lui fait obstacle, lui qui n’a ni titre de noblesse, ni fief, ni références pour valider son engagement dans la joute. Si les événements -et les surprises- entraînent ensuite cette première saison vers d’autres horizons, la série rappelle beaucoup un film un peu méconnu du début des années 2000, véritable pépite qu’il est toujours bon de recommander.

    Il était une fois… un Chevalier

    « Au Moyen-Âge, un sport naquit et fut adopté par nobles et paysans. Mais la compétition était réservée aux chevaliers. Pour l’un de ces chevaliers, un vieux champion dépassé, c’était la fin. Mais pour son écuyer paysan William, ce n’était que le commencement…» A Knight’s Tale, ou Chevalier (2001) en version française, c’est l’histoire de William Thatcher, un fils de couvreur devenu écuyer d’un Seigneur pas très fringant. Quand son chevalier meurt entre deux joutes, William endosse son armure, entre en lice et remporte le prix. Il va alors s’inventer une nouvelle identité -Sir Ulrich von Liechtenstein de Gelderland- et partir à la conquête de la gloire, persuadé qu’un homme peut changer son étoile…

    Petit succès, mais film culte

    Quand il sort en 2001 -en mai aux Etats-Unis, en novembre en France- Chevalier est une curiosité qui ne rencontre pas le succès qu’il mérite. 56 millions de dollars de recettes au box-office américain (pour un budget de 65 millions de billets verts), à peine 340 000 entrées en France, sa carrière n’est pas ratée mais pas flamboyante non plus, et il est rapidement relégué aux vidéoclubs (c’était avant l’ère du streaming). Pourtant, toutes celles et tous ceux qui le voient louent la proposition du scénariste et réalisateur Brian Helgeland (révélé deux ans plus tôt par le film de vengeance Payback, 1999), qui adopte une approche volontairement anachronique, quelque part entre Roméo + Juliette et Kaamelott, en introduisant des éléments modernes au genre médiéval. Une vision qui va donner une aura culte au long métrage.

    Avant le football, il y avait les joutes !

    Cette vision, plutôt pertinente, est assez simple : si le public contemporain remplit les stades pour applaudir les joueurs de football, le public moyenâgeux devait avoir ses propres idoles sportives, à savoir les chevaliers engagés dans des tournois musclés consistant à lancer leurs montures à pleine vitesse et à fracasser des lances sur l’armure de leur adversaire, le résultat se jouant au meilleur de cinq lances. Le cinéaste pousse l’analogie encore plus loin, en intégrant des morceaux rock à la bande originale (des gueux qui applaudissent au son de We Will Rock You, un bal sur Golden Years de David Bowie…), en intégrant un training montage que n’aurait pas renié Rocky Balboa et en imaginant une forgeronne badass signer ses créations d’une virgule emblématique !

    Un conte touchant

    Au-delà des tournois, qui n’ont jamais été aussi bien mis en image, même dans Game of Thrones, il y a aussi un destin, celui de notre serf usurpateur, qui va tenter de faire briller son nom et de charmer une jolie princesse en dépit de ce qu’il risque à se faire passer pour noble. A ce titre, si la scène des retrouvailles avec son père (qui l’avait confié à un chevalier français pour faire son éducation) lors de son retour à Londres pour les Championnats du Monde ou la séquence du pilori où les vivats vindicatifs de la foule sont interrompus par une intervention royale ne vous arrachent pas des larmes, c’est que vous n’avez pas de coeur !

    Un mélange des genres réussi

    Chevalier, c’est donc un étrange cocktail, qui pourrait sembler improbable et rebutant sur le papier, mais qui fonctionne totalement grâce à un dosage très bien équilibré. Il y a un récit médiéval, bien sûr, mais aussi les codes du film sportif, du conte moderne, de l’underdog story (ces histoires où un outsider déjoue son destin), de la bromance entre William et ses compagnons, de la comédie romantique aussi avec l’idylle naissante et l’amusant jeu du chat et de la souris entre le beau (faux) chevalier la jolie (et moderne) princesse qui se cherchent, se séduisent, se disputent et se retrouvent. Et puis il y a une vraie aura chevaleresque qui plane sur le film, qui célèbre la passion et le sens de l’honneur de manière vibrante.

    Un casting 9 étoiles

    La distribution mérite elle aussi toutes les éloges. Il y a notre fringant Chevalier campé par un Heath Ledger alors au début de sa gloire hollywoodienne après ses rôles dans 10 bonnes raisons de te larguer (1999) et The Patriot (2000) : loin de se contenter du rôle de jeune premier, le regretté comédien donne une vraie âme à ce personnage, dans lequel on discerne quelques bribes de son futur Joker, notamment dans son jusqu'au boutisme et la manière dont il observe son adversaire avant la dernière lance du tournoi final. A ses côtés, on croise Mark Addy (qui jouera… Robert Baratheon dans Game of Thrones !), Paul Bettany, Alan Tudyk, Laura Fraser, Rufus Sewell, James Purefoy, Shannyn Sossamon et notre Bérénice Bejo nationale tout juste nommée au César pour Meilleur Espoir féminin (2000). Pas mal non ?

    Une french vibe bienvenue

    Enfin, on retrouve dans le film quelque chose de très frenchie. Par la présence de Bérénice Bejo, bien sûr -qui devait tenir le rôle féminin principal mais qui sera écartée par les producteurs au profit de l’Américaine Shannyn Sossamon-, mais aussi par l’univers dans lequel se déroule l’histoire. Si le long métrage a été tourné à Prague, il se déroule notamment à Bordeaux, Rouen, Paris et… Lagny-sur-Marne, la ville de Seine-et-Marne où j’ai passé mes années lycée ! Voir un film hollywoodien investir « le 77 » à travers une ligne de dialogue et une mention à l’écran, je me souviens avoir bondi de mon siège au Festival de Deauville, où j’avais pu le découvrir en avant-première !

    Je me souviens, aussi, lors d’une fête organisée dans le cadre de l'événement, y avoir partagé le dancefloor avec Heath Ledger -très accessible et naturel- et un jeune Paul Walker (venu présenter le premier Fast & Furious en Normandie). Et ça me rend toujours triste de repenser à ces deux talents alors au début d’une carrière prometteuse, qui nous ont ensuite quittés bien trop tôt... Et peut-être que cela a renforcé mon attachement à Chevalier, quelque part. Mais même sans ce souvenir privilégié -que je chéris-, je vous invite à découvrir le long métrage, version lumineuse, moderne et charmante des joutes de A Knight of the Seven Kingdoms. Vous ne le regretterez pas !

  • 25 ans du Seigneur des Anneaux : que deviennent les stars de La Communauté de l’anneau ?

    25 ans du Seigneur des Anneaux : que deviennent les stars de La Communauté de l’anneau ?

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    2001, l’odyssée de Peter Jackson ! Il y a 25 ans, le réalisateur néo-zélandais entamait son long voyage vers le Mordor pour façonner l’une des trilogies les plus emblématiques de la pop culture : Le Seigneur des anneaux. Cette année, on fête le quart de siècle de La Communauté de l’anneau (2001), premier volet de l’adaptation de l’univers de J.R.R Tolkien. 

    Vingt-cinq ans plus tard, les visages de Frodon, Gandalf, Aragorn ou Galadriel sont toujours gravés dans l’imaginaire collectif. Mais que sont devenus les acteurs de cette aventure hors norme, dont certains ont vu leur carrière propulsée, quand d’autres ont préféré les chemins de traverse ? Pour JustWatch, je reviens sur le parcours du casting, en naviguant entre blockbusters, cinéma d’auteur et univers de genre.

    Elijah Wood (Frodon Sacquet)

    Dans la trilogie, Elijah Wood incarne Frodon Sacquet, le Hobbit chargé de détruire l’Anneau unique. Héros malgré lui, Frodon est le cœur fragile et moral de l’histoire : un personnage qui passe de l’innocence à une forme de traumatisme silencieux au fil du voyage vers le Mordor.

    Après un rôle aussi emblématique, Wood aurait pu rester enfermé dans l’image du jeune héros fantasy. Il choisit au contraire des projets plus atypiques. On le retrouve comme employé d’une entreprise d’effacement de souvenirs dans Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004), puis dans Sin City (2005) dans la peau d’un tueur en série cannibale. À la télévision, il surprend dans la série Wilfred (2011-2014), comédie absurde où il joue un homme dépressif qui voit le chien de sa voisine comme un humain en costume, mais aussi dans Yellowjackets (2021-) où il incarne un enquêteur amateur brillant mais étranger. En 2010, il fonde également la société de production SpectreVision, spécialisée dans le cinéma de genre (Mandy, 2018). Aujourd’hui, il cultive une carrière indépendante et exigeante, loin des blockbusters systématiques.

    Ian McKellen (Gandalf)

    Ian McKellen interprète Gandalf le Gris, puis Gandalf le Blanc : le guide, le mentor, la figure de sagesse de la Communauté. Son célèbre « You shall not pass! » est devenu l’une des répliques les plus iconiques du cinéma contemporain.

    Déjà immense acteur de théâtre avant la trilogie, le Britannique consolide son aura internationale grâce au rôle, qu’il reprend ensuite dans la trilogie Le Hobbit (2012-2014). En parallèle, il incarne Magneto dans la saga X-Men (2000-2014). A plus de 85 ans, il continue à alterner cinéma et théâtre et demeure une figure centrale de la scène britannique, engagé publiquement pour les droits LGBTQ+. Il sera prochainement en tête d’affiche de The Christophers (2026) de Steven Soderbergh, dans la peau d’un artiste autrefois célèbre dont les enfants engagent un faussaire pour compléter ses œuvres inachevées afin qu’elles puissent être découvertes et vendues après sa mort. Il reprendra également son rôle de Magneto dans Avengers : Doomsday (2026), réalisé par les frères Anthony et Joe Russo.

    Sean Astin (Sam Gamegie)

    Dans la saga, Sean Astin incarne Sam, le fidèle compagnon de Frodon. Loyal, courageux et profondément humain, Sam est souvent considéré comme le véritable héros émotionnel de l’histoire.

    Astin avait déjà marqué les années 80 avec Les Goonies (1985), mais Le Seigneur des Anneaux relance sa carrière à grande échelle. Il apparaît ensuite dans de nombreuses séries et films, avant de toucher une nouvelle génération grâce à son rôle de Bob Newby dans la saison 2 de Stranger Things (2017). Il est également apparu pour des petits rôles dans les séries : la saison 12 de The Big Bang Theory (2019), la saison 6 de Brooklyn Nine-Nine (2019) ou encore la saison 5 de Supergirl (2020). Il est aussi très actif dans le doublage (il a fait la voix de Raphael dans la série Les Tortues Ninja/2012-2017) et les conventions dédiées à la pop culture. Il préside par ailleurs la SAG-AFTRA, le principal syndicat d’acteurs outre-Atlantique.

    Viggo Mortensen (Aragorn)

    Appelé à la dernière minute pour remplacer Stuart Townsend jugé trop jeune pour le rôle, Viggo Mortensen donne à Aragorn une profondeur inattendue. Roi du Royaume réunifié d’Arnor et de Gondor, son personnage incarne le leadership et le courage. Ami de longue date de Gandalf, il vient rejoindre la Communauté de l’Anneau.

    Après la trilogie, Mortensen choisit des rôles exigeants et souvent sombres : A History of Violence (2005) et Les Promesses de l’ombre (2007), qui lui vaut une nomination aux Oscars, les deux sous la direction de David Cronenberg, puis l’adaptation du roman à succès de Cormac McCarthy La Route (2009), puis Green Book (2018). Il passe également derrière la caméra avec Falling (2020). Acteur polyglotte, poète et photographe, Mortensen est sans doute celui qui a le plus solidement construit une carrière d’auteur après la saga.

    Sean Bean (Boromir)

    Sean Bean incarne Boromir, fils de l’intendant du Gondor. Guerrier valeureux mais tenté par le pouvoir de l’Anneau, il représente la fragilité humaine face à la corruption. Sa mort héroïque, tentant de protéger Merry et Pippin, reste l’une des scènes les plus marquantes du premier film — et a largement contribué au running gag selon lequel Sean Bean meurt (presque) toujours à l’écran.

    Après la trilogie, l’acteur britannique enchaîne les rôles d’hommes tourmentés ou ambigus comme dans Troie (2004), The Island (2005) ou encore Silent Hill (2006). Il retrouve une popularité mondiale avec le rôle d’Eddard « Ned » Stark dans Game of Thrones (2011), autre figure noble et tragique. Il alterne ensuite télévision britannique (Broken, 2017) et thrillers internationaux (Seul sur Mars, 2015), consolidant son image d’acteur intense, spécialiste des destins brisés.

    Billy Boyd (Pippin)

    Billy Boyd prête sa candeur et son énergie à Peregrin « Pippin » Touque. D’abord insouciant, presque maladroit, Pippin gagne en maturité au fil de la trilogie, notamment lors de son engagement auprès de Denethor dans Le Retour du Roi.

    Après la saga, Boyd poursuit une carrière plus discrète au cinéma et à la télévision, tout en se consacrant à la musique avec son groupe Beecake. Clin d’œil émouvant : il interprète The Last Goodbye, chanson du générique de fin du Hobbit : La Bataille des Cinq Armées (2014), bouclant symboliquement la boucle avec la Terre du Milieu. Récemment, il a décroché un rôle récurrent dans la série de Hulu Washington Black (2025), aux côtés de Ernest Kingsley Jr, Rupert Graves et Tom Ellis.

    Dominic Monaghan (Merry)

    Complice inséparable de Pippin, Meriadoc « Merry » Brandebouc est incarné par Dominic Monaghan. Plus réfléchi que son ami, Merry participe activement à la chute du Roi-Sorcier d’Angmar lors de la bataille des Champs du Pelennor — un moment clé du troisième volet.

    Monaghan connaît un immense succès populaire grâce à son rôle de Charlie Pace dans la série Lost (2004-2010). Il apparaît ensuite dans plusieurs franchises, dont X-Men Origins: Wolverine (2009) où il incarne Christopher Bradley/Bolt et Star Wars: L’ascension de Skywalker (2019) où il joue Beaumont Kin. Parallèlement, il anime des programmes consacrés à la nature et aux animaux, révélant une autre facette de sa personnalité.

    Orlando Bloom (Legolas)

    Orlando Bloom incarne Legolas, l’elfe archer au regard perçant et à l’agilité spectaculaire. Personnage emblématique des scènes d’action, il devient instantanément une icône pop.

    À la suite de la trilogie, Orlando Bloom enchaîne avec un autre immense succès : la saga Pirates des Caraïbes (2003-2017), où il joue Will Turner. Il apparaît également dans Kingdom of Heaven (2005) de Ridley Scott. Plus récemment, il tient le rôle principal dans la série fantastique Carnival Row (2019-2023). Si son exposition médiatique a diminué par rapport aux années 2000, il reste associé à l’image du héros romantique et épique.

    John Rhys-Davies (Gimli)

    Dans la Communauté élargie : John Rhys-Davies incarne Gimli, le fier nain guerrier à la barbe tressée et l’armure massive, aussi bougon qu’attachant. Son amitié avec Legolas, d’abord improbable, devient l’un des plus beaux arcs relationnels de la trilogie. Sa susceptibilité et son humour bourru en font un personnage incontournable.

    Après Le Seigneur des Anneaux, John Rhys-Davies continue à tourner dans des films d’aventure et prête régulièrement sa voix à des jeux vidéo et séries animées. Habitué des grandes franchises (il est Sallah dans Indiana Jones), il demeure une figure incontournable des univers épiques.

    Christopher Lee (Saroumane)

    Imposant et magnétique, Christopher Lee incarne Saroumane, le mage blanc passé du côté obscur. Figure d’autorité déchue, il symbolise la corruption du savoir et du pouvoir puisqu’il était d’abord l’allié de Gandalf avant de sombrer dans la trahison. Immense admirateur de Tolkien (qu’il avait rencontré), l’acteur était le seul membre du casting à avoir connu personnellement l’auteur. 

    Déjà légende du cinéma avant Tolkien (Dracula chez la Hammer, Scaramanga dans James Bond), Lee ajoute une nouvelle génération de fans à sa carrière grâce au rôle qu'il reprend dans la trilogie Le Hobbit. Il meurt à 93 ans quelques mois après la sortie du dernier volet. Dans sa filmographie, on se souviendra aussi de son interprétation du Comte Dooku dans la prélogie Star Wars. Jusqu’à sa disparition en 2015, il aura traversé les décennies et les mythologies, devenant l’un des acteurs les plus emblématiques du cinéma fantastique.

    Liv Tyler (Arwen)

    Liv Tyler interprète Arwen, princesse elfe de Fondcombe, amoureuse d’Aragorn. Bien que son rôle soit plus développé dans les films que dans le roman original, elle incarne une figure romantique et sacrificielle forte.

    Après la trilogie, Liv Tyler joue dans L’incroyable Hulk (2008) au sein de l’univers Marvel, mais aussi dans Ad Astra (2019) de James Gray. Elle s’oriente davantage vers la télévision dans les années 2010, notamment avec la série The Leftovers (2014-2017), saluée par la critique. Plus discrète ces dernières années, elle reste associée à l’image d’Arwen, devenue iconique.

    Cate Blanchett (Galadriel)

    Apparaissant dès l’ouverture du film, Cate Blanchett incarne Galadriel, Dame de Lothlórien. Présence éthérée, presque mythologique, elle offre à Frodon l’un des moments les plus troublants de la trilogie lorsque l’Anneau révèle sa part d’ombre.

    Déjà actrice reconnue avant 2001, Blanchett voit sa stature internationale encore renforcée après la trilogie. Elle enchaîne les rôles majeurs : Aviator (Oscar du second rôle), Blue Jasmine (Oscar de la meilleure actrice), Carol (2015), TÁR (2022). Elle rejoint aussi l’univers Marvel dans Thor: Ragnarok (2017). À la différence de certains de ses partenaires, elle a su conjuguer cinéma d’auteur et blockbusters avec une aisance rare.

  • Ni Michael Jordan, ni LeBron James : cette légende NBA est le vrai GOAT du cinéma

    Ni Michael Jordan, ni LeBron James : cette légende NBA est le vrai GOAT du cinéma

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    L’actualité de la balle orange est majeure cette semaine ! Les fans de baskets sont servis entre la sortie de GOAT : Rêver plus haut (2026) au cinéma, le All Star Game qui réunit les meilleurs joueurs du championnat NBA à Los Angeles pour un week-end de gala, et la promotion du Rêve Américain (2026) qui revisite le parcours des frenchies Jérémy et Bouna partis de Grigny pour terminer agents des plus grands joueurs (dont Victor Wembanyama).

    Moi-même, je suis un immense fan de basket. D’ailleurs, j’ai longtemps hésité à embrasser cette carrière journalistique -je me rêvais comme le nouveau George Eddy- avant de réaliser que le cinéma était ma raison de vivre. Bref, tout ça pour dire que je n’allais pas passer à côté de cette actualité pour croiser mes deux passions. Et si le débat « qui est le GOAT entre Michael Jordan et LeBron James » ne pourra jamais être tranché sur un parquet, j’ai décidé de l’analyser sous les projecteurs des plateaux de tournage.

    Je me suis donc amusé à classer les meilleures performances cinéma des stars NBA, en me focalisant sur les joueurs qui ont tenu un vrai rôle devant les caméras. On ne parlera donc pas ici de l’apparition de Tony Parker dans Astérix aux Jeux Olympiques (2008), du caméo de Larry Bird dans Celtic Pride (1996), de Dominique Wilkins qui s’invite dans un épisode de Billions (S4E5, 2020) ou de Julius Erving qui croise Denzel Washington dans Philadelphia.

    15. Karl Malone

    Légende du Utah Jazz, où son maillot N°32 a été retiré, Karl Malone a formé avec son compère le meneur John Stockton l’un des tandems les plus prolifiques des parquets NBA. Jamais champion, Malone a toutefois intégré la troisième marche du classement des meilleurs scoreurs de tous les temps, avec 36 928 points en carrière. Au cinéma, outre quelques apparitions dans son propre rôle (Nash Bridges, Soul Plane, Coup d’éclat), Karl Malone a joué les cowboys dans le méconnu Rockwell: A Legend of the Wild West (1994), qui raconte l’histoire de Porter Rockwell, figure controversée de l'Ouest américain, passé de bandit à chasseur de primes puis défenseur des pionniers mormons. Karl Malone y incarne Elijah Abel, l’un des membres de son groupe, et il faut bien dire que son jeu est à la hauteur du budget de cette production indé difficile à regarder aujourd’hui : assez faible. Malone était meilleur sur un terrain.

    14. Wilt Chamberlain

    Vous avez forcément dû croiser, lors de vos scrolls sur les réseaux sociaux, ce cliché mémorable d’un Arnold Schwarzenegger posant, tel un enfant, aux côtés des colosses André The Giant et Wilt Chamberlain. Du haut de ses 2m16, l’Américain double-champion NBA reste l’une des plus grandes légendes du basketball professionnel américain, avec notamment le record -qui ne sera a priori jamais battu- de 100 points inscrits dans un seul et unique match. Au cinéma, il a un seul rôle à son actif, aux côtés puis face à Schwarzie. Dans le rôle de Bombaata, garde du corps de la princesse Jehnna (Olivia d'Abo), il accompagne Conan le destructeur (1984) et son groupe d'aventuriers pour récupérer une relique magique. Le film, très loin des sommets du chef d’œuvre de John Milius réalisé deux ans plus tôt, est un festival de fantasy kitsch qui vaut uniquement le détour pour Grace Jones et le combat au sommet Arnold vs. Wilt. Mais c’est uniquement par sa taille et sa présence que brille l’athlète : côté jeu, cela reste bien trop sommaire…

    13. Bill Russell

    En parlant de combat au sommet, la rivalité entre Wilt Chamberlain et Bill Russell a été au centre de la NBA durant les années 60. Si Chamberlain était focalisé sur ses statistiques personnelles -monstrueuses-, Russell était l’incarnation même du leader d’équipe. Résultat ? Onze titres de champion et une image d'icône fédératrice dans les vestiaires comme sur le parquet. Ce charisme se retrouve dans ses rares apparition à l’écran, dans quelques séries mais aussi le film Un cerveau en or (1981), dans lequel Gary Coleman (l’inoubliable petit frère de Arnold & Willy) incarne un orphelin vivant à la gare centrale de Chicago où il cire les chaussures, et qui se découvre un don pour prédire les résultats des courses hippiques. Le point de départ d’une comédie attachante et feel-good, où se distingue la relation entre Coleman et Russell, ici mentor bienveillant du jeune homme.

    12. Kevin Durant

    Alors joueur-star des Oklahoma City Thunder -nous sommes en 2012-, Kevin Durant joue son propre rôle dans Thunderstruck, une comédie sportive familiale qui voit un jeune fan hériter des talents de son idole après une poignée de main. A l’inverse, le sportif n’est plus capable de marquer un seul panier, et doit trouver un moyen d’inverser cette malédiction… Entre Big (1988), Sidekicks (1992), Last Action Hero (1993) et Magic Baskets (2002), le film réinvente le body swap (ou film d’échange de corps) pour un power-swap qui ne brille certes pas par son originalité mais qui prône de jolies valeurs sportives. A réserver aux fans de « K.D. » qui s’offre ici un caméo prolongé à sa gloire (plus long que son apparition dans Billions S3E9 en 2018), comme l’avait fait « M.J. » en son temps face à Bugs Bunny.

    11. Gheorghe Muresan

    Avec ses 2m31, Gheorghe Muresan est l’un des deux plus grands joueurs à avoir foulé les parquets NBA (il a notamment joué pour les Bullets / Wizards de Washington). Convaincu par Billy Crystal, il fait ses débuts à l’écran dans Le Géant et moi (1998), qui s’inspire de la véritable amitié nouée entre le comédien et le catcheur André The Giant sur le tournage de Princess Bride (1987). Billy Crystal incarne ici un commercial sans scrupules qui propose à un (très) grand Roumain rencontré par hasard de devenir son imprésario. Mais une relation plus profonde va se nouer entre les deux hommes, alors que le gentil géant est diagnostiqué d’une maladie cardiaque. Ce film méconnu, qui oscille entre rires et émotions, y va parfois avec de (très) grands sabots, mais reste sympathique, et Muresan est loin d’être ridicule. A noter qu’il s’est depuis illustré dans Manodrome (2023) aux côtés de Jesse Eisenberg.

    10. Stephen Curry

    Stephen Curry est un immense joueur, spécialiste du tir à trois points d’à peu près n’importe où sur le parquet. C’est aussi un producteur avisé, via sa société Unanimous Media qui a supervisé plusieurs émissions et documentaires sportifs mais qui a également mené des projets notables pour le cinéma et le streaming. Je pense au touchant De l’autre côté (2016) emmené par Chrissy Metz, Topher Grace, Mike Colter, Josh Lucas Dennis Haysbert et dont la chanson originale ira jusqu’aux Oscars ; aux documentaires Emanuel (2019), Sentenced (2024) et Good Shot (2025) ; et surtout au film d’animation GOAT : Rêver plus haut (2026) où il prête sa voix au personnage de Lenny Williamson, une girafe gigantesque (amusant, quand on sait que Curry est loin d’être le plus grand sur les vrais terrains !) qui va soutenir la chèvre Will dans son rêve de s‘imposer parmi les joueurs de grogneball / roarball. Le parcours de producteur de Steph' Curry est à suivre de près !

    9. LeBron James

    Faut-il accabler LeBron James pour la déception que fut Space Jam - Nouvelle ère (2021) ? Ce serait injuste, tant le meilleur marqueur de l’histoire de la NBA s’est démené sur les plateaux de tournage. Car, comme Stephen Curry, il mène parallèlement à sa longue carrière sur les parquets (il joue depuis 2003 !) un lucratif parcours de producteur, et parfois d’acteur essentiellement dans son propre rôle. Avec de vrais participations, qui ne se limitent pas aux caméos : outre la suite de Space Jam, on l’a vu dans Crazy Amy (2015) et dans le film d’animation Yéti & Compagnie (2018) que je recommande chaudement pour son univers, ses chansons, son doublage (Zendaya, Commun, James Corden et Channing Tatum y font des merveilles) et sa réflexion très pertinente sur les « bons mensonges ». C’est bien mieux que Space Jam 2, et ça permet à LeBron de ne pas être relégué au fin fond de ce classement ciné-basket. J’en profite au passage pour vous inviter à voir le fabuleux More Than A Game (2008), consacré à la jeunesse de LeBron James. C’est un incontournable.

    8. Charles Barkley

    La première apparition cinéma de Charles Barkley ? C’était dans Hot Shots ! (1991), où il s'empoigne avec le Pisons Bill Laimbeer dans une scène de bagarre de bar ! Depuis, le joueur, devenu un consultant très demandé sur les diffusions de matchs NBA, a trimballé sa carrure de déménageur et sa bouille de bad boy dans de nombreuses productions live et animées. J’avais dit que je ne retenais pas les caméos, mais Barkley est non seulement tellement sympathique mais surtout tellement régulier dans ses apparitions à l’écran, qu’il aurait été impensable de ne pas l’inclure ici ! Barman dans Santa Barbara (1992), joueur dans Forget Paris face à Billy Crystal en arbitre (1995), invité dans Suits (S5E3, 2015), Modern Family (S8E16, 2017) ou Les Simpson (S28E12 & S28E13, 2017), il a aussi prêté sa voix au père du monstrueux héros du film d’animation Steve, bête de combat.

    7. Shaquille O’Neal

    Alors je sais, vous êtes possiblement en train de vous étouffer en voyant le nom de Shaquille O’Neal émerger si haut dans cette liste. Et c’est vrai que des films comme Kazaam (1996) ou Steel, le justicier d’acier (1997) auraient pu disqualifier le gentil géant casseur d’arceaux. Mais il y a eu Blue Chips (1994) de William Friedkin où il tient la dragée haute à Nick Nolte (et où il côtoie Anfernee Hardaway, son futur coéquipier aux Orlando Magics). Et par la suite, des caméos toujours savoureux que ce soit dans Va te faire foutre Freddy! (2001), Scary Movie 4 (2006), Super Blonde (2008), Copains pour toujours 2 (2013), Famille recomposée (2014), Ce que veulent les hommes (2019), Le Haut du panier (2022)... et des rôles vocaux dans Les Schtroumpfs 2 (2013), La Grande aventure LEGO (2014) ou Les Simpsons (2017). Comme tous les gamins qui cherchent ses autographes et ses hugs, je suis toujours content de retrouver « Shaq ». Même dans un jeu vidéo comme Shaq Fu (1994).

    6. Kevin Garnett

    Vous ne l’aviez sans doute pas remarqué à l’époque, mais Kevin Garnett a fait une apparition aux côtés de Shaq dans Blue Chips (1994) juste avant de rejoindre la draft NBA. « K.G. » a depuis accroché deux films notables à son palmarès, avec des performances intéressantes : dans le film HBO L'Etoile du Bronx: la naissance d'une légende (1996), sorte de version sombre des Blancs ne savent pas sauter (1992) centrée sur le destin d’Eric Manigault (Don Cheadle) entre drogue et playgrounds, Kevin Garnett se glisse sous le maillot d’une légende, un certain Wilt Chamberlain (cité plus haut) lors d’un match musclé. Mais surtout, il a joué dans Uncut Gems (2019) avec un second rôle central et nuancé face au joaillier fan de basket campé par Adam Sandler devant la caméra des frères Safdie. Si ce thriller nerveux a beaucoup plu, Sandler et les Safdie y sont pour beaucoup, mais « K.G. » n’y est pas étranger.

    5. Juancho Hernangómez

    Depuis 2014, le joueur espagnol Juancho Hernangómez foule avec talents les parquets américains et européens. Mais aussi les plateaux de tournage, avec une performance notable dans Le Haut du panier (2022). Produit par LeBron James et emmené par Adam Sandler (immense fan de basket), cet original Netflix suit le parcours d’un scout NBA, chargé de repérer les futurs talents et diamants bruts promis à une belle carrière sportive. C’est ainsi qu’il croise la route d’un prodige de la balle orange, sur qui il va tout miser. Il y a un peu de Jerry Maguire (1996) et de Rocky (1976) dans ce drame sportif au style quasi-documentaire sur deux underdogs qui vont apprendre à s’apprivoiser pour aller tutoyer les sommets du sport-business. Hernangómez n’a plus tourné depuis, pourtant il est vraiment convaincant dans son rôle et ne se fait jamais « écraser » par son illustre partenaire de jeu (pourtant nommé aux Actors Awards). A noter par ailleurs qu’aux côtés des nombreux autres talents NBA qui s’illustrent dans le film, les fans reconnaîtront Anthony Edwards, très crédible lui aussi en rival arrogant.

    4. Ray Allen

    Joueur-clé pendant dix-huit saisons NBA (Milwaukee, Seattle, Boston, Miami) et shooteur très élégant, Ray Allen a aussi un vrai talent pour la comédie. Spike Lee en personne a pu le constater dans He Got Game (1998), dans lequel il met le joueur face à l'iconique Denzel Washington dans le rôle d’un père toxique récemment sorti de prison, qui menace la carrière de future star universitaire de son rejeton. « Enfin un athlète qui sait jouer » dira l’illustre critique américain Roger Ebert, saluant la performance de Ray Allen dans un film qui culmine sur un match cathartique entre le père et le fils. Sombre, amer, anti-glamour, He Got Game tranche avec ce qu’on peut attendre d’un film NBA (d’autant que Spike Lee est un fan de basket et un fervent supporter des Knicks). Et c’est justement pour cela qu’il mérite le coup d'œil, à poursuivre avec Harvard Story (2001) de James Toback, où Ray Allen s'illustre aux côtés de Sarah Michelle Gellar et Adrian Grenier.

    3. Michael Jordan

    Quand on dit basket et cinéma, c’est LE film qui vient immédiatement en tête : Space Jam (1996), ou la rencontre au sommet entre Michael Jordan et les Looney Tunes pour sauver Bugs Bunny et ses amis de méchants exploiteurs extraterrestres. Et c’est autour d’un match entre la Tune Squad et les Monstars que tout va se jouer. Je suis partagé sur ce film. D’un côté, j’adore le long métrage de Joe Pytka en tant qu’objet cinématographique et digne héritier de Qui veut la peau de Roger Rabbit (1988), mais aussi dans la manière dont il s’intègre à la propre histoire du N°23 des Chicago Bulls en expliquant son retour sur les parquets NBA après son passage par le baseball. De l’autre, même s’il livre une prestation plutôt engageante, « M.J. » n’est pas non plus le meilleur acteur de sa génération. C’est pour cette raison que Michael Jordan ne sera pas le GOAT de ce classement. Mais il reste -à mes yeux- l’athlète que j’ai le plus admiré.

    2. Rick Fox

    Rick Fox est le seul joueur NBA à être officiellement acteur. Au-delà de projets ponctuels et de caméos, s’entend. Ailier remarqué pour les Celtics puis les Lakers, le Canadien a mené une carrière solide sur les plateaux de cinéma et de séries depuis 1994 et Blue Chips (qui a décidément donné des envies de comédies à beaucoup de joueurs). Eddie (1995), He Got Game (1998), Oz (1997-2003), Missing: disparus sans laisser de trace (2003), Les Frères Scott (2006), Ugly Betty (2007), Dollhouse (2010), The Big Bang Theory (2011), Sharknado 3: Oh Hell No! (2015), Esprits criminels (2017), Black-ish (2017), New York - Unité spéciale (2020), Highest 2 Lowest (2025) où il retrouve Spike Lee et Denzel Washington... : sa filmographie est riche et variée, et tient la comparaison avec son palmarès sportif (trois bagues de champion NBA, tout de même). Alors pourquoi Rick Fox n'est-il pas en haut de ce classement ? Tout simplement parce qu’il n’a pas encore eu LE rôle marquant qui manque à sa carrière. Comme sur les parquets finalement, où il a été un membre majeur de l’équipe mais jamais LA star.

    1. Kareem Abdul-Jabbar

    Ne cherchez pas, le GOAT du basket-ciné, c’est lui. Kareem Abdul-Jabbar, c’est un combat légendaire contre Bruce Lee dans Le Jeu de la mort (1978), à qui il place quelques coups de pieds pointure 50. C’est un running-gag qui me fait hurler de rire dans Y a-t-il un pilote dans l'avion ? (1980), avec les dialogues de sourds provoqués par le patronyme de son personnage, le copilote Roger Murdock, qui se retourne chaque fois que la tour de contrôle ou le pilote lancent un « Roger ! ». C’est un prêcheur de l'Apocalypse dans l’excellente mini-série Le Fléau (1994) adaptée de Stephen King. Ce sont des apparitions dans un nombre impressionnant de séries cultes (Mannix, Arnold & Willy, 21 Jump Street, Le Prince de Bel-Air, La Fête à la maison, Scrubs, The Big Bang Theory, iZombie, Billions…). Bref, injouable, comme il le fut en NBA.

  • Sang pour Sang Love : 5 films d’horreur pour la Saint-Valentin

    Sang pour Sang Love : 5 films d’horreur pour la Saint-Valentin

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Ah, l’amour la mort… Il n’y a pas que la période d’Halloween pour se délecter d’histoires horrifiques ! La Saint-Valentin est, elle aussi, propice à mêler frissons et passions, à travers des films qui montrent que les sentiments peuvent continuer à exister dans le trépas, dans l’au-delà et chez des créatures pas toujours ragoûtantes mais dont le cœur n’a jamais cessé de battre.

    Pour JustWatch, alors que le 14 février, jour des amoureux, est déjà de retour, je vous propose une petite sélection horrifico-romantique (ou romantico-horrifique ?) déclinée en cinq thématiques majeures du cinéma d’horreur. En espérant que ces longs métrages vous feront trembler passionnément.

    L’amour façon zombies - Warm Bodies

    Roméo et Juliette revisité par le cinéma fantastique, ça a donné, notamment, l’amour entre vampires et lycans dans la saga Underworld (2003-2016). Mais aussi le très sympathique Warm Bodies (2013), qui revisite le film de zombies par un prisme romantique (sans oublier l’horrifique). Dans un monde post-apocalyptique décimé par une épidémie morte-vivante, un jeune homme zombie baptisé R erre dans un aéroport où il s'interroge sur son quotidien. Il va alors tomber follement amoureux de Julie, après avoir dévoré la cervelle de son fiancé…

    Dans cette adaptation du roman d’Isaac Marion, le couple Nicholas Hoult / Teresa Palmer fonctionne très bien, entre la rigidité cadavérique et le mutisme touchant de l’un et la chaleur humaine et la volubilité de l’autre. Et au-delà des sentiments naissants entre ces deux amants que tout sépare, j’aime beaucoup le point de vue « zombiesque » offert par l’histoire à travers les pensées de R, avec une mention spéciale pour son amitié amusante, touchante et grognante avec M (Rob Corddry). A poursuivre avec Fido (2006) et ses zombies domestiqués, Dellamorte Dellamore (1994) et son gardien de cimetière, les romcoms Zombie Honeymoon (2004) et Eat, Brains, Love (2019), le mignon Lisa Frankenstein (2024) avec Kathryn Newton, et l’étrange et déviant Retour des morts-vivants 3 (1993) dans lequel une jeune femme morte-vivante se torture volontairement pour calmer sa faim et ne pas dévorer son amoureux…

    L’amour façon slasher - Mortelle Saint-Valentin

    Depuis Halloween (1980) et Vendredi 13 (1980), le slasher a toujours associé ébats passionnés et morts violentes. Dans les films proposés par ce sous-genre du cinéma d’horreur, dans lesquels un tueur masqué enchaîne les meurtres de protagonistes adolescents et jeunes adultes, l’amour et le sexe sont souvent annonciateurs d’éliminations sanglantes. Mortelle Saint-Valentin (2001) n’échappe pas à ce poncif qu’il prolonge même en situant son intrigue dans le cadre de la fête des amoureux, où rôde un psychopathe au masque de Cupidon…

    Emmené par David Boreanaz (Buffy, Angel) et la bande de filles composée par Denise Richards, Jessica Capshaw, Marley Shelton, Jessica Cauffiel et Katherine Heigl, le film surfe sur la vague du néo-slasher -qui est déjà sur sa fin- initié à la fin des années 90 par Scream (1996) et Souviens-toi l’été dernier (1997). Il est d’ailleurs signé Jamie Blanks, réalisateur d’un Urban Legend (1998) déjà un peu convenu et poussif. Si Mortelle Saint-Valentin ne réinvente pas le genre, il propose quelques meurtres marquants et une ambiance nostalgique intéressante. Dans le même genre, vous pourriez aimer Meurtres à la Saint-Valentin (1981) et son remake 3D (2009), Heart Eyes (2025) et son tueur aux yeux en coeur, et le sympathique Wedding Nightmare (2019) qui mêle slasher, mariage et survival. 

    L’amour façon vampires - Morse

    Vous avez peut-être vu Laisse-moi entrer (2010), une histoire « d’amour » entre une vampire et un jeune garçon où s’illustraient Chloë Grace Moretz et Kodi Smit-McPhee ? Si ce remake US signé Matt Reeves était plutôt réussi, je vous recommande chaudement le film original Morse (2008) du Suédois Tomas Alfredson, complètement passé inaperçu en France (moins de 30 000 entrées au box-office) malgré son tour des festivals mondiaux et ses prix -entre autres- à Gérardmer, Neuchâtel, Sitges, Toronto et Tribeca. Si cette Saint-Valentin vous amène à découvrir le film, cette liste aura servi à quelque chose !

    Morse, c’est un peu l’anti-Twilight. Ici, pas de glamour et de vampire étincelantmais une ambiance crépusculaire, et une relation qui se noue soir après soir entre un jeune garçon solitaire victime de harcèlement et sa voisine aussi belle qu’étrange dont l’arrivée coïncide avec des meurtres mystérieux. Certaines séquences sont vraiment marquantes (mention spéciale à la scène de la piscine) et le long métrage laisse une trace indélébile chez le spectateur. Pour d’autres amours vampiriques par de grands réalisateurs, il y a aussi Thirst, ceci est mon sang (2009) de Park Chan-wook, Les Prédateurs (1983) de Tony Scott, Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch (2013) et bien sûr le flamboyant Dracula (1992) de Francis Ford Coppola.

    L’amour façon monstres - La Forme de l’eau

    Une histoire d’amour entre une femme de ménage muette et une étrange créature amphibienne, il n’y avait que Guillermo del Toro pour pouvoir la raconter ! Ce grand amoureux des monstres, qui avait déjà mis en scène des romances « contre-nature » dans Hellboy (2004) et Hellboy les légions d’or maudites (2008), livre son chef d’œuvre avec La Forme de l’eau (2017), récompensé par quatre Oscars dont Meilleur film et Meilleur réalisateur. Ce long métrage, c’est la rencontre entre une jeune femme discrète et solitaire employée par un laboratoire ultrasecret et un monstre aquatique emprisonné dans une cuve.

    Petit à petit, les deux êtres vont se rapprocher, se comprendre et se séduire, et ce qui aurait pu être vraiment bizarre est tout simplement sublime. Et tant pis si le film semble un peu trop s’inspirer de l’imagerie du Fabuleux destin d’Amélie Poulain (2001) et de l’héroïne imaginée par Jean-Pierre Jeunet : La Forme de l’eau est un conte fantastique qui déborde (!) d’amour. Si vous voulez vibrer devant d’autres romances qui vont au-delà des apparences, vous pouvez jeter un oeil à Your Monster (2014) avec Melissa Barrera et Tommy Dewey, la pépite Spring (2014) et ses amours lovecraftiennes, et puis l’incontournable La Fiancée de Chucky (et sa suite, Le Fils de Chucky) qui montre que les poupées tueuses ont aussi un petit coeur qui bat !

    L’amour façon bizarre - Pearl

    Dans la famille des films bizarres/étranges/déviants/tordus (rayez les mentions inutiles) parfaits pour une Saint-Valentin un peu creepy, il y a de quoi faire ! J’ai eu du mal à choisir, et puis j’ai finalement opté pour Pearl (2022), premier volet de la trilogie imaginée par Ti West autour de Mia Goth, à poursuivre avec X (2022) et MaXXXine (2024). Au croisement de l’esthétique de La Mélodie du bonheur (1965) et de l’ambiance de Carrie (1976), Pearl est comme un conte rural horrifique sur la frustration et le rêve brisé. Seul, le film est intéressant. Complété par les deux autres volets, il est passionnant. Donc n’hésitez pas à programmer ce triptyque étrange, dont chaque chapitre revisite un sous-genre du cinéma d’horreur.

    Dans le même genre, je le disais, il y a BEAUCOUP de possibilités. Je pense à May (2003) et son héroïne frustrée qui se fabrique un amant idéal, Teeth (2008) emmené par une adolescente au vagin denté (!), Jennifer’s Body (2009) où Megan Fox est (littéralement) une mangeuse d’hommes, The Loved Ones (2010) qui voit une jeune femme kidnapper celui qui ne l’a pas invité au bal de promo, Touristes (2012) et ses deux amants-tueurs, Adolescence explosive (2020) et sa romcom sur fond d’épidémie d’explosions spontanées, Bones and All (2022) et le road trip cannibale de Taylor Russell et Timothée Chalamet ou le récent Together (2025) dans lequel le couple fusionnel Dave Franco / Alison Brie commence à se fondre l’un dans l’autre. Bonne Saint-Valentin !

  • Aucun autre choix au cinéma : 5 films essentiels pour découvrir le réalisateur Park Chan-wook

    Aucun autre choix au cinéma : 5 films essentiels pour découvrir le réalisateur Park Chan-wook

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Les films et les séries sud-coréens sont en plein essor depuis plusieurs années, notamment grâce aux succès de Squid Game (2021-2025) et de Parasite (2019) de Bong Joon-ho. Même si le succès commercial de ses films reste plus modeste, le réalisateur Park Chan-wook compte lui aussi parmi les auteurs les plus singuliers du cinéma de la péninsule, et son dernier film Aucun autre choix (2025) en apporte une nouvelle preuve.

    Connaissez-vous Park Chan-wook ? 

    Révélé dans son pays avec JSA (Joint Security Area) (2000), la renommée internationale de Park Chan-wook se confirme au début des années 2000 avec sa « Trilogie de la Vengeance ». Son style se distingue par un formalisme pointu et des personnages moralement ambigus, que Park invite d’abord le spectateur à comprendre, voire à soutenir, avant d’en révéler les zones d’ombre, complexifiant ainsi l’estime et la sympathie qu’on leur accordait.

    Sa carrière se poursuit avec des films comme Je suis un cyborg (2006) et Thirst, ceci est mon sang (2009), dans lesquels il expérimente respectivement la comédie fantastique et le film d’horreur. Plus tard, il fait une incursion à Hollywood avec Stoker (2013), porté par Mia Wasikowska, Matthew Goode et Nicole Kidman, même si son parcours international demeure moins fulgurant que celui de son compatriote Bong.

    Mademoiselle (2016) marque un véritable retour en grâce, tandis que son film suivant, Decision to Leave (2022), annonce une forme de maturité dans son œuvre. Trois ans plus tard, avec Aucun autre choix (2025), le réalisateur semble retrouver un humour noir qui lui manquait depuis longtemps, sans rien perdre de la subtilité ni de la précision de ses obsessions formelles, tout en y ajoutant un regard critique sur une société hypercapitaliste et aliénante.

    Pour accompagner la sortie française du long métrage, en salles depuis le 11 février et qui raconte comment un père de famille licencié et en recherche d’emploi se met à éliminer tous ses concurrents, nous avons classé les meilleurs films du réalisateur afin de mieux comprendre les thématiques et les choix esthétiques qui traversent l’ensemble de sa filmographie.

    5. Sympathy For Mister Vengeance (2002)

    Premier volet de la « Trilogie de la Vengeance » -qui lui a valu une reconnaissance internationale- Sympathy for Mister Vengeance (2002) peut paraître moins raffiné sur le plan stylistique que certains films ultérieurs du cinéaste. Pourtant, ses thèmes de prédilection, notamment la moralité des individus et le sentiment de culpabilité, y sont traités avec une maîtrise déjà saisissante.

    Le film se montre particulièrement rigoureux dans son dispositif : il amène d’abord les spectateurs à donner raison aux actions de son protagoniste, avant de révéler que les faits présentés jusque-là ne constituaient qu’une facette de la réalité. Dès lors, il devient clair qu’aucune position morale idéale ou incontestable ne saurait exister.

    Les films de Park reposent en grande partie sur l’effet du dévoilement, il serait donc préférable d’en dire peu sur l’intrigue. Contentons-nous de souligner que le réalisateur ne limite jamais ses démonstrations pessimistes sur la nature humaine au seul récit. Les ellipses qui entravent des moments supposément les plus dramatiques, l’absence de résolution cathartique, la violence frontale : chaque élément participe minutieusement à une finalité morale que revendique le cinéaste. Sympathy for Mister Vengeance constitue ainsi un excellent point d’entrée pour celles et ceux qui n’ont encore jamais découvert l’œuvre du réalisateur sud-coréen. 

    4. Lady Vengeance (2005)

    Lady Vengeance (2005) est le troisième volet de la trilogie -et ouvrons ici une parenthèse pour préciser que l’idée de cette trilogie est venue au cinéaste plus tard, après qu’il eut réalisé les deux premiers films. C’est pour cette raison que Lady Vengeance est conceptuellement très élaboré et répond, de manière consciente, à Sympathy for Mister Vengeance et à Old Boy.

    Le film raconte l’histoire d’une femme, Lee Geum-ja, incarcérée pour le meurtre d’un enfant qu’elle n’a pas commis. Après treize ans de prison, elle est libérée pour bonne conduite, alors que, tout au long de sa peine, elle préparait soigneusement sa vengeance contre le véritable coupable. Au premier regard, Lady Vengeance possède tous les éléments susceptibles d’en faire un simple thriller de vengeance.

    Pourtant, la morale du film révèle plutôt la futilité de la vengeance et la manière dont on peut se retrouver dépouillé de toute humanité sous son emprise. Cet aspect moralisateur, qui traverse l’ensemble de la trilogie, est fortement présent ici aussi. Mais le fait que Park introduise une dimension collective dans l’exécution de la vengeance implique, d’une certaine façon, la culpabilité potentielle du spectateur lui-même — ce qui rend l’expérience du visionnage encore plus troublante.

    On compare souvent Lady Vengeance à Kill Bill (2003) de Quentin Tarantino en raison de leur proximité autour de l’idée d’une « vengeance au féminin ». Toutefois, l’aspect spectaculaire et baroque de la violence chez Park est contrebalancé par une dimension morale presque culpabilisante. Pour les cinéphiles particulièrement attentifs au style, il existe une version alternative du film dans laquelle les couleurs s’estompent progressivement jusqu’au noir et blanc -une métaphore visuelle subtile qui reflète la trajectoire morale du personnage.

    3. Decision to Leave (2022)

    On fait un grand saut dans la filmographie du réalisateur pour arriver à un film dans lequel l’aspect moral cesse d’être la question centrale. Decision to Leave (2022), qui a valu au cinéaste le Prix de la mise en scène à Cannes, constitue un excellent exemple d’œuvre de maturité. En raison de la popularité de la trilogie de la vengeance, et plus particulièrement d’Old Boy, les spectateurs ont souvent tendance à associer le cinéma de Park aux scènes de violence. Decision to Leave est précisément le film qui vient démentir cette idée reçue. Il s’agit d’un néo-noir romantique qui s’inscrit dans la tradition des grands cinéastes tels qu’Hitchcock.

    Au cœur du film, on retrouve le détective Jang Hae-jun, chargé d’enquêter sur la mort d’un homme, dont l’épouse, Song Seo-rae, apparaît comme la principale suspecte. Mais un rapprochement inéluctable s’opère entre Hae-jun et Seo-rae et, à mesure que les révélations s’accumulent — au point de pousser le détective à trahir ses propres convictions — leur relation se révèle tragiquement impossible. Sur le plan narratif, il s’agit peut-être de son film le plus ambigu et le plus insaisissable ; il n’est donc pas forcément conseillé de commencer la découverte de sa filmographie par celui-ci.

    Du point de vue de la mise en scène, en revanche, le film est véritablement sans égal, notamment grâce à son habileté à mobiliser les éléments visuels et sonores pour traduire les sentiments de Hae-jun et Seo-rae ainsi que l’évolution de leur relation. Comme dans tous les autres films du réalisateur, la mise en scène se met au service d’un concept, d’une idée ; mais ici, le poids du regard moralisateur se fait moins présent, remplacé par une approche plus subtile, presque mélancolique, centrée sur un amour mélodramatique et troublant.

    2. Old Boy (2003)

    Considéré comme l’un des films les plus emblématiques de tous les temps, Old Boy (2003) est également très apprécié par des spectateurs qui ne sont pas nécessairement familiers avec l’ensemble de l’œuvre du réalisateur. Classique moderne dont la renommée dépasse celle des autres volets de la trilogie, il demeure néanmoins le plus perturbant et, par moments, est extrêmement difficile à regarder.

    Pour résumer l’intrigue sans trop en révéler, le film se concentre sur Oh Dae-su, un homme emprisonné sans savoir ni pourquoi ni par qui, puis soudainement libéré au bout de quinze ans. Sa quête pour se venger de son geôlier révèle un jeu d’une brutalité extrême, au service d’une vérité profondément déstabilisante, et ébranle complètement la perception que l’on s’était construite du personnage.

    À l’instar du premier volet de la trilogie, la narration transforme des détails et des scènes en apparence insignifiants en pièces d’un puzzle dont la signification ne se dévoile que plus tard. Le contrôle du réalisateur sur le récit atteint ici son paroxysme ; certains spectateurs peuvent ainsi trouver son déterminisme -à l’exception peut-être de la scène finale- quelque peu étouffant. Si l’aspect choquant du twist final, digne des tragédies grecques, contribue largement à la notoriété de Old Boy, une autre part de celle-ci tient à la présence d’une scène devenue iconique : le plan-séquence dans lequel Dae-su affronte une vingtaine d’hommes dans un couloir.

    La virtuosité visuelle et la maîtrise narrative du film ont laissé une empreinte durable dans la culture populaire, au point que Spike Lee en a réalisé un remake en 2013, avec Josh Brolin dans le rôle principal. Le résultat s’avère malheureusement peu convaincant lorsqu’on le compare au chef-d’œuvre de Park.

    1. Mademoiselle (2016)

    Malgré la glorification très répandue d’Old Boy, les vrais cinéphiles savent que Mademoiselle (2016) constitue le véritable paroxysme de la filmographie de Park Chan-wook. Condensation sensorielle de ses thèmes de prédilection, mais sans le regard fataliste et culpabilisant des œuvres du début des années 2000, Mademoiselle bénéficie d’une liberté expressive largement liée à l’exploration du désir. 

    Le film est une adaptation libre du roman Du bout des doigts de Sarah Waters, dont le réalisateur transpose l’action en Corée sous l’occupation japonaise. On pourrait en résumer la prémisse -l’amour entre une jeune voleuse et une riche aristocrate japonaise qu’elle sert comme domestique- mais chez Park, rien n’est jamais tout à fait ce qu’il paraît. Tout au long du film, le réalisateur va nous surprendre par les renversements et les révélations qu’il effectue par des composants de la mise en scène. Dans Mademoiselle, on pourrait parler moins de l’effet Rashomon que de la vérité partielle qui se complète lorsqu’on passe d’une perspective subjective à l’autre. La virtuosité technique pour établir toutes ces facettes du récit est vraiment incomparable. 

    Un autre aspect ingénieux du film est sa tonalité qui mélange à la fois romance, thriller et comédie -un aspect qu’on retrouve aussi dans Aucun autre choix- qui ajoute au plaisir visuel du film un côté divertissant traditionnellement associé aux films du genre. Les performances de Kim Tae-ri et Kim Min-hee respectivement dans les rôles de Sook-hee et Mademoiselle Hideko sont également un vrai régal. Pas tout à fait le même registre que Park, mais si vous avez aimé Phantom Thread (2017) ou La Favorite (2018), ne passez surtout pas à côté de cette pépite !

  • Les 8 meilleures comédies romantiques de l'âge d'or de la romcom (1989-1999)

    Les 8 meilleures comédies romantiques de l'âge d'or de la romcom (1989-1999)

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Nora Ephron, Gary Marshall, Richard Linklater, Rob Reiner… Ces grands noms du cinéma ont contribué à l'essor de la comédie romantique dans les années 90, faisant de cette décennie, l'âge d’or de la romcom. De Quand Harry rencontre Sally (1989) à Notting Hill (1999), en passant par Vous avez un mess@ge (1998), il se dégage une atmosphère cozy et réconfortante qui fait de ces films des classiques intemporels.

    En ce beau jour de Saint-Valentin (bien qu’il n’y ait pas besoin de raison particulière pour revoir ces films sans modération), et que vous fêtiez le 14 février en couple, en solo, entre ami.es, pas du tout, ou juste avec une pizza devant un film, je vous ai concocté une liste JustWatch des meilleures romcoms des années 90.

    Quand Harry rencontre Sally (1989)

    Quand Harry rencontre Sally (1989) donne en 1989 le top départ à cette décennie en or pour tous les romantiques et amoureux du grand écran. Réalisée par le regretté Rob Reiner, cette comédie culte met en scène Billy Crystal et Meg Ryan. À la fin des années 70, Harry et Sally, deux étudiants de l'université de Chicago qui n’ont rien en commun, se retrouvent à faire le voyage ensemble jusqu'à New York : un road trip qui sera très pénible pour nos deux protagonistes. Cinq ans après, Harry et Sally se rencontrent par hasard à l'aéroport. Pendant des années, le destin continuera de les mettre sur le chemin l’un de l'autre, jusqu'à ce qu’ils deviennent meilleurs amis. Mais plus de 15 ans après leur première rencontre, il se pourrait que cette amitié évolue en quelque chose de plus romantique… 

    Coup de Foudre à Notting Hill (1999)

    « Je suis juste une fille, debout devant un garçon, et qui lui demande de l’aimer… » Cette réplique si honnête et vulnérable de Julia Roberts dans Coup de Foudre à Notting Hill (1999), réalisé par Roger Michell, est l’une des raisons qui font de ce film une comédie romantique absolument cultissime. Le couple Hugh Grant / Julia Roberts, c’est le charme et le romantisme personnifiés d’une histoire d’amour dans laquelle un libraire tombe amoureux d’une jeune femme qui s’avère être une des plus grosses stars de cinéma au monde. Pour moi, il fait partie des films vraiment feel good, avec une bande originale et une ambiance londonienne qui lui donnent une véritable identité.

    Un Beau Jour (1996)

    Un Beau Jour (1996) est une des comédies des années 90 les plus sous-cotées, et l’un de mes films préférés de cette liste pour plusieurs raisons. Déjà, le combo George Clooney et Michelle Pfeiffer, qui sont tous les deux au sommet de leur charme et de leur humour présage déjà de très bonnes choses. De plus, cette histoire d’amour se déroule au cours d’une journée pluvieuse à New York, pendant laquelle deux parents célibataires échangent malencontreusement leur téléphone, et finissent même par devoir s’occuper de l’enfant de l’autre. C’est drôle, émouvant, romantique, et je le redis, un classique des années 90 qui est à mon goût, pas assez souvent cité. 

    Before Sunrise (1995)

    Richard Linklater a probablement révolutionné le genre de la comédie romantique avec Before Sunrise (1995), le premier opus de sa trilogie iconique dont les suites, Before Sunset (2004) et Before Midnight (2013), sont un témoignage du succès de cette histoire d’amour se déroulant sur pratiquement trente ans ! Dans Before Sunrise, Jesse, un jeune Américain incarné par Ethan Hawke, rencontre une jeune Française, jouée par Julie Delpy, à bord d’un train à destination de Vienne. Les deux inconnus commencent à discuter, puis décident de passer la journée et la nuit ensemble dans la ville de destination, à explorer les rues pavées et à refaire le monde. Mais s’ils acceptent d’apprendre à se connaître pendant cette longue nuit, les adieux pourraient être très difficiles le lendemain matin…

    Quatre mariages et un enterrement (1994)

    Hugh Grant est l’une des figures phares de la comédie romantique, puisque l’acteur britannique a tourné dans pas moins d’une quinzaine de romcoms ! Je me devais donc d’inclure l’une des plus connues de sa filmographie, Quatre mariages et un enterrement (1994) de Mike Newell, dans laquelle le comédien interprète un célibataire endurci qui tombe amoureux d'une Américaine, incarnée par Andie MacDowell, alors qu’ils se rencontrent plusieurs fois lors de… vous l’aurez deviné : quatre mariages et un enterrement. Si vous êtes amateurs de scènes ultra romantiques, vous ne serez pas déçus avec une séquence de déclaration d’amour sous la pluie devenue très célèbre… 

    Vous avez un mess@ge (1998)

    Nora Ephron était l'une des plus grandes réalisatrices de comédies romantiques au monde. Elle a notamment remporté de nombreux prix et a été nommée pour des Oscars, des Golden Globes, des Baftas, et j’en passe ! Vous avez un mess@ge (1998) est l’un de ses films les plus connus, avec en tête d'affiche, deux des plus grandes stars du genre : Tom Hanks et Meg Ryan. C’est l'histoire de Kathleen Kelly, une jeune libraire dont la petite boutique, The Shop Around the Corner, fait le bonheur des habitants du quartier. Mais elle va bientôt faire la rencontre de Joe Fox, un homme d'affaires qui s'apprête à installer une grande chaîne de librairies près de chez elle. Les deux inconnus vont très rapidement se détester dans la vraie vie, sans savoir qu’ils entretiennent une relation amicale mais virtuelle sur internet.  

    L’Amour à tout prix (1995)

    On profite encore de l’hiver avec L’Amour a tout prix (1995) de Jon Turteltaub -même si c’est plus un film de Noël-, une romance adorable entre Sandra Bullock et Bill Pullman, autrement dit, une combinaison gagnante ! Lucy, une jeune employée du métro de Chicago tombe sous le charme d’un riche homme d'affaires, Peter Callaghan. Elle le voit tous les jours, mais ne lui a jamais adressé la parole ! Un matin comme les autres, l’homme est victime d’un accident. Lucy lui sauve la vie, mais l’inconnu se retrouve dans le coma. A la suite d’un quiproquos, la famille de Peter pense que Lucy est sa nouvelle fiancée, et ils l’invitent à fêter Noël dans leur maison. Elle y fait la rencontre de Jack, le très charmant frère de Peter…

    Nuits blanches à Seattle (1993)

    Comme je le mentionnais un peu plus haut, Nora Ephron a véritablement dominé le genre dans les années 90. Cinq ans avant le succès de Vous avez un mess@ge, l’ancienne journaliste devenue scénariste et réalisatrice avait déjà trouvé l’un des duos les plus parfaits du cinéma avec Tom Hanks et Meg Ryan, qui dans Nuits Blanches à Seattle (1993) incarnaient déjà des âmes sœurs à distance. Annie Reed, une journaliste de Baltimore, entend un jour à la radio le témoignage d’un jeune veuf vivant seul avec son petit garçon à Seattle. Alors qu’elle s'apprête à épouser Walter, Annie met tout en œuvre pour retrouver Sam et son fils…

  • Le meilleur couple de Bridgerton ? Le pire ? On a classé les amoureux de la série Netflix !

    Le meilleur couple de Bridgerton ? Le pire ? On a classé les amoureux de la série Netflix !

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Les Bridgerton reviennent bientôt valser dans les bals londoniens et passer des bagues aux doigts pour la deuxième partie de leur quatrième saison. Avant de découvrir les petites mesquineries, les cancans et surtout les nouvelles unions de ces nouveaux épisodes attendus le 26 février sur Netflix, partons pour un petit tour des couples emblématiques déjà formés. 

    Sur l’échelle de la passion et du désir contrarié, sur le terrain de la responsabilité sociale, chacun raconte une vision différente de l’amour dans la haute société londonienne imaginée par les romans de Julia Quinn. Pour JustWatch, je me suis livrée à cet exercice amusant -mais risqué, ne me détestez pas !- et je vous livre mon Top 4 !

    5. Anthony Bridgerton et Kate Sharma 

    Dans la saison 2 de La Chronique de Bridgerton (2022-), le Vicomte, tenant du titre de la famille, est pressé de trouver sa Vicomtesse. Archi-conscient de sa responsabilité d’aîné après le décès de son père, Anthony Bridgerton (Jonathan Bailey) a envie de choisir la parfaite candidate, étudie ainsi les jeunes femmes à marier en s’attardant sur les CV de chacune. Bref, rien de romantique dans sa démarche. Alors que la Reine nomme le diamant de la saison, le Vicomte décide qu’elle sera sa fiancée… sauf qu’Edwina Sharma (Charithra Chandran), c’est son nom, est chaperonnée par une grande sœur tout aussi tatillonne et déterminée que lui. 

    Invitées dans le domaine de campagne des Bridgerton, les Sharma prennent rapidement leurs marques. En particulier Kate (Simone Ashley), l’aînée donc. Avec leurs personnalités dominantes, elle et Colin ne tardent pas à se challenger sans arrêt, au croquet comme à la chasse, se cherchent des noises et s'exaspèrent l’un l’autre. « Vous êtes le poison de mon existence et l’objet de tous mes désirs », finit-on par se dire. Comment rester engagé dans un mariage avec la sœur si Anthony Bridgerton désire tellement l’aînée ? C’est tout l’enjeu du dénouement de cette intrigue amoureuse torride. Même si la mécanique est efficace, elle est ultra-poncée : de la haine à l’amour, il n’y a qu’un pas que ces deux-là franchissent allégrement. Un dénouement un peu trop couru d’avance, même si on ne boude pas notre plaisir.

    4. Dafnae Bridgerton et le Duc d’Hasting

    Dans la saison 1 de La Chronique des Bridgerton (2020), après une violente rencontre (les deux tourtereaux se sont heurtés dans une salle de bal), l’aînée des Bridgerton (Phoebe Dynevor) s’est trouvée dans une malencontreuse situation en présence d’un noble mal-élevé qui a essayé de forcer le mariage. Qu’à cela ne tienne, Dafne - « le diamant de la saison » selon l’expression consacrée de la Reine - a pu nouer un partenariat avec un homme capable - le Duc d’Hasting - a priori pas prêt pour l’amour (Regé-Jean Page). Leur deal : ils se montrent ensemble pour que les mamans de filles bonnes à marier le laissent en paix. De son côté, Dafne s’est engagé dans ce « deal » pour attirer des prétendants de haut rang. 

    Le teint de porcelaine de Dafne, mêlé à la haute conscience de ses libertés contraintes, et la réserve du Duc donnent naissance à une romance où chaque baiser et étreinte est à la fois scandaleux et irrésistible. L’histoire de ce couple est le plus « austinien » de la série : un amour qui naît dans le contrôle et la retenue, mais qui se transforme en passion dévorante. Le Duc, façon Mr Darcy, et Dafne, à la fois forte et fragile, incarnent la tension parfaite entre désir et société. Première saison de la série, on a découvert avec elle la grande liberté avec laquelle Shonda Rhimes fait parler de sexe les personnages. Une petite révolution dans ce type de saga historique.

    3. Benedict Bridgerton et Sophie Beckett

    Pendant la saison 4 de La Chronique des Bridgerton, c’est au tour de Benedict (Luke Thompson) d’être dans les phares de la bonne société londonienne pour trouver l’âme sœur. Au cours du bal masqué qui ouvre la saison, il rencontre une jeune femme mystérieuse dont il tombe immédiatement amoureux. Mais avant les douze coups de minuit, Sophie Beckett (Yerin Ha) -c’est le nom qu’elle porte et qu’elle ne lui a pas révélé- disparaît. On comprend qu’elle vit au service d’une famille composée d’une femme et deux filles de son âge.

    Le parallèle saute aux yeux des abonné.es : Sophie semble suivre la même trajectoire que Cendrillon. Alors que sa belle-mère (Katie Leung) découvre qu’elle a assisté au bal sans son accord, elle la chasse. Sophie se retrouve alors de fil en aiguille en la compagnie de Benedict, qui ne fait pas le rapprochement entre elle et la mystérieuse lady du bal masqué. Comment tout cela va finir ? Les quatre derniers épisodes sont sans suspense même si on a hâte de les découvrir. Un happy end pour le nouveau couple est plus qu’attendu. Les nostalgiques de Cendrillon seront sans doute content.e.s : on adore quand la justice triomphe ! Hâte de voir Sophie réhabilitée et la vilaine belle-mère avaler son chapeau.

    2. Francesca Bridgerton et Lord Kilmartin

    Pendant la saison 3 de La Chronique des Bridgerton, un autre couple se forme : Francesca Bridgerton (Hannah Dodd), diamant discret de la nouvelle saison, et Lord Kilmartin (Victor Alli), un jeune homme réservé et attentif. Tous deux introvertis et dans la lune, leur couple n’attire pas les regards de la haute société et n’est pas secoué par des scandales. Les dialogues sont rares mais chaque échange est chargé de sens : un sourire, un geste, un moment partagé deviennent des preuves silencieuses de leur affection. 

    Ce couple fonctionne par la lenteur et la subtilité. Francesca, qui est l’équivalent de la douce Beth dans Les Quatre filles du Dr March, et Kilmartin prouvent que l’amour peut être tendre sans être flamboyant et que la complicité se construit dans les petites attentions. Leur histoire est peut-être la moins spectaculaire de la saga qui, d’ailleurs, ne lui consacre pas une saison entière exclusivement, mais elle a un charme certain : un amour discret, élégant, presque hors du temps. Morale de leur histoire : pas besoin d’être trop démonstratif pour s’aimer. Ce couple aurait pu ne pas être du tout télégénique car pas très vendeur, pourtant il est traité avec beaucoup de justesse.

    1. Colin Bridgerton et Penelope Featherington

    Dans la saison 3 de La Chronique de Bridgerton (2024), revenu d’un voyage en Europe qui l’a transformé, Colin Bridgerton (Luke Newton), plus sûr de lui, est auréolé d’une forte aisance qui le rend plus attirant. Pour être à la hauteur de ce changement, Penelope Featherington (Nicola Coughlan), sa voisine-copine de toujours qui en a toujours pincé pour lui, décide elle aussi de changer de look en abandonnant les tonalités criardes de sa famille pour des tons plus glamour et des coiffures plus « parisiennes ». Après trois ans de saisons infructueuses, Penelope va se rapprocher de Colin, avec un drôle de prétexte : elle lui demande de lui donner des leçons de séduction.

    Ce faisant, le jeu entre voisins dérape au moment de la leçon du baiser. Et Colin ouvre les yeux sur ce qui le lie à Penelope, « la seule personne auprès de laquelle il s’est toujours senti sincèrement apprécié ». Petit problème à la love story ? Penelope a omis de prévenir son futur mari qu’elle est Lady Whistledown… la chroniqueuse de la société londonienne qu’on adore détester. Quand le pot aux roses est découvert, ça tangue pour le couple… mais l’amour finit toujours par triompher, non ? 

    J’adore ce couple parce que… Penelope ! C’est l’intellectuelle de la série, fragilisée par la liberté qu’elle s’est accordée en écrivant des chroniques sous un nom de plume. Elle a le courage d’étriller la société cadenassée dans laquelle elle vit. Et alors qu’elle s’apprête à se conformer à ce qu’on attend d’elle (le mariage), elle doit assumer qui elle est vraiment si elle ne veut pas abandonner une partie de sa personnalité. Colin est le plus déconstruit des mâles Bridgerton et son amour pour Penelope est tout simplement magnifique : il aime la femme puissante qu’est Penelope, et fait taire ainsi les grossophobes !

  • 8 films anti Saint-Valentin si vous détestez les fleurs, les chocolats et les clichés de l'amour

    8 films anti Saint-Valentin si vous détestez les fleurs, les chocolats et les clichés de l'amour

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    La Saint-Valentin est là, et avec elle l’overdose annuelle de guimauve, de restaurants trop chers et de cartes avec des cœurs. Si les comédies romantiques sirupeuses vous donnent envie de casser votre télé, vous êtes au bon endroit. Ici, on range les violons, on oublie les baisers mouillés sous l’orage et on se lance dans les ruptures sanglantes, les vengeances, et la joie d’être seul(e). 

    Pour JustWatch, j’ai compilé des œuvres qui parlent de relations (ou de leur absence) avec honnêteté, violence, tristesse et parfois avec beaucoup d’humour. Joyeuse anti Saint-Valentin ! 

    Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004)

    Que dire d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004) ? Déroutant ? Créatif ? Original ? Dérangeant ? Michel Gondry nous offre une épopée onirique sur le deuil amoureux qui reste, pour moi, l'un des plus grands films de ce siècle. Il nous fait penser l’amour, et la douleur qu’il engendre, autrement. Jim Carrey joue Joel qui, dévasté par sa rupture, décide d'effacer de sa mémoire Clementine (Kate Winslet) ainsi que toute la relation qu’il a pu vivre avec elle. On le voit alors faire face à la douleur, son effacement, et la réalisation que cette douleur est peut-être indispensable à ressentir. 

    C’est une œuvre particulièrement complexe, avec une mise en scène qui relève parfois du bricolage (mais un bricolage de génie), un scénario incroyable et une bande son qui arrive à lier le tout. C’est le genre de film dont on ne sort pas indemne, mais grandi et convaincu que la souffrance fait partie de la vie. Si vous êtes fans du côté dramatique de Jim Carrey, s’il a réussi à vous émouvoir aux larmes dans le magnifique The Truman Show (1998), si vous voulez voir une excellente Kate Winslet, alors ce film est fait pour vous. Pour prolonger la poésie visuelle et bricolée de Michel Gondry, jetez-vous sur La Science des rêves (2006). Et si vous voulez pousser l’exploration de la douleur et du souvenir encore plus loin, Aftersun (2022) va vous briser le cœur.

    Gone Girl (2014)

    Gone Girl (2014) ou l’un des meilleurs films pour dissuader quelqu’un qui hésite à passer la bague au doigt. Avec ce thriller, David Fincher nous montre que l’amour n’est pas un long fleuve tranquille. L’histoire commence pourtant simplement. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, Amy disparaît mystérieusement : tous les soupçons se tournent alors vers son mari, Nick. C’est sans doute l’un des meilleurs rôles de Ben Affleck, mais aussi de Rosamund Pike. Les deux arrivent à respecter l’exigence du cinéaste et à livrer une performance bluffante et glaçante.

    Ici, le mariage, loin d’être un refuge, est présenté comme une zone d’ombre dans laquelle on ne connaît jamais vraiment l’autre. Je n’en dis pas plus, car les films de Fincher doivent se vivre, mais c’est sombre, brillant, cynique. Une masterclass de manipulation qui donne envie de rester seul avec son chien pour le siècle à venir. 

    (500) jours ensemble (2009)

    Ne vous laissez pas berner par l’esthétique indie-pop et la bande-son parfaitement composée de (500) jours ensemble (2009). Marc Webb déconstruit le mythe du « Grand Amour » en nous montrant l'obsession de Tom (Joseph Gordon-Levitt) pour Summer (Zooey Deschanel), une fille qui lui a pourtant dit dès le départ qu'elle ne voulait rien de sérieux. C’est une œuvre parfaite sur la projection de nos propres désirs et sentiments sur l’autre. Tom n’est finalement pas tant amoureux d’elle que de l’idée qu’il se fait d’elle. 

    J’ai vraiment aimé que le montage soit au service de l’histoire et de son message. Le fait qu’il soit non-linéaire permet de souligner le fossé entre les attentes et la réalité. C’est le film parfait pour tous les fans des Smiths, de bonne musique, de bonne humeur. Mais c’est aussi l’œuvre parfaite pour comprendre que ce n’est pas parce qu’elle est belle et qu’elle a des goûts musicaux incroyables qu’elle est votre âme sœur. 

    Marriage Story (2019)

    Noah Baumbach signe, avec Marriage Story (2019), l’anatomie d’un divorce, entre tendresse et cruauté. On y suit le naufrage de Charlie (Adam Driver) et Nicole (Scarlett Johansson), un couple d’artistes qui s’aime encore mais qui ne sait plus comment faire pour s’aimer plutôt que de se haïr. C’est de la pure torture émotionnelle. On voit la flamme encore vivante, alors que les avocats s’empressent de l’éteindre pour gratter des honoraires.

    Les deux acteurs sont excellents, la dispute est intense, intime, et nous donne envie de regarder ailleurs par pudeur et par respect. C’est une belle piqûre de rappel pour nous montrer ce qui se passe quand un mariage ne fonctionne pas, avec une plongée impitoyable dans les détails logistiques qui tuent l’amour à petit feu. C’est un Kramer contre Kramer (1980) du XXème siècle. 

    High Fidelity (2000)

    High Fidelity (2000) est le manuel de survie du mélomane sentimental, celui qui préfère sa collection de vinyles aux relations compliquées. Adapté du roman de Nick Hornby, le film suit Rob Gordon (John Cusack, le parfait anti-héros), propriétaire d’un disquaire à deux doigts de la faillite. Il décide de recontacter le Top 5 de ses plus grosses ruptures pour comprendre pourquoi il finit toujours seul après s’être fait larguer par Laura. 

    Avec ce film, Stephen Frears capture l’immaturité masculine et le voyage du protagoniste vers la compréhension de lui-même, de ses défauts, ses attentes, ses qualités. C’est drôle, c’est méchant, bourré de références musicales. Le film parfait pour celles et ceux qui aiment s’entourer de 33 tours. Récemment, le livre a aussi été adapté en série du même nom (2020), avec Zoë Kravitz en mélomane névrosée. Une réussite qui vaut le détour. Si vous voulez une autre histoire d’exploration des relations passées, alors la série Lovesick (2014) est assurée de vous faire rire ! 

    Kill Bill : Volume 1 (2003)

    Quoi de plus approprié pour une soirée anti-romantique qu'une mariée qui se réveille d'un coma pour massacrer celles et ceux qui ont ruiné son mariage ? Quentin Tarantino signe un hommage sanglant au cinéma de genre où Uma Thurman manie le katana avec une grâce féroce. Kill Bill (2003) est le film à regarder si vous êtes seul.es le 14 février, ou si vous êtes en couple mais que vous avez réussi à rester fun ! L’histoire est simple : La Mariée se réveille après quatre ans de coma avec une seule idée en tête : tuer Bill et son entourage. 

    On oublie les sentiments, ici on parle de vengeance pure. Nous sommes loin d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind, à essayer d’effacer des souvenirs. Les souvenirs, on les garde, mais on efface l’ex de la surface de la Terre. Le katana remplace le bouquet de fleurs dans un exutoire total. On se concentre sur la vengeance pure. Le 14 février, si vous voulez vous faire une soirée vengeance avec 1 kilo de popcorns, lancez aussi le film japonais Lady Snowblood (1973), l’une des plus grosses inspirations de Tarantino ! 

    La Revanche d’une blonde (2001)

    Parfois, la meilleure des vengeances, c’est le succès. Du moins, c’est ce que prouve La Revanche d’une blonde (2001), loin de la comédie romantique classique. Quand Elle Woods (l’incroyable Reese Witherspoon), une bimbo au cœur d’or, se fait larguer par un snob la trouvant trop « légère » pour sa future carrière politique, elle décide de ne pas subir. Elle intègre Harvard, son chihuahua sous le bras, et montre qu’elle est très bien toute seule. 

    C’est un beau doigt d’honneur à l’idée que les femmes ont besoin d’un homme pour exister, et un poing levé pour les femmes indépendantes. Au final, c’est un film qui fait du bien, qui ne prend pas la tête, avec un message clair et limpide. C’est réellement l'œuvre parfaite pour un coup de boost si vous avez le blues de la Saint-Valentin en solo. Ici, nous sommes sur la version soft et girl boss de Kill Bill. Si vous voulez rester dans la femme en talons qui gravit les échelons comme une queen, alors Le Diable s’habille en Prada (2006) est évidemment un incontournable. 

    The Lobster (2015)

    Yórgos Lánthimos nous plonge dans une dystopie absurde où le célibat est littéralement un crime contre la société. Dans The Lobster (2015), les célibataires sont arrêtés et transférés dans un hôtel où ils ont 45 jours pour trouver l’âme sœur parmi les autres résidents. Celles et ceux qui échouent sont transformés en animal (!) de leur choix avant d’être relâchés dans la nature.

    C’est un très beau pied de nez à une société qui nous incite à nous mettre en couple à tout prix, même si c’est pour aller droit dans le mur et finir par un divorce. The Lobster démontre d’une manière totalement absurde que l’amour forcé est impossible. Le film parfait pour conclure cette liste puisqu’il pourrait être sous-titré « vaut mieux être seul que mal accompagné » (ou « vaut mieux être un homard que mal accompagné »). Colin Farrell est incroyable dans ce film et arrive, comme souvent, à mettre de l’absurde dans le drame, et du drôle dans le triste.

  • Cette comédie romantique méconnue de 2018 fait le buzz sur Netflix, juste à temps pour la Saint-Valentin

    Cette comédie romantique méconnue de 2018 fait le buzz sur Netflix, juste à temps pour la Saint-Valentin

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Les voies du streaming sont impénétrables. On n’a cessé de le constater sur les différentes plateformes, et notamment sur Netflix : certaines œuvres explosent en ligne de manière un peu inexplicable, par l’intermédiaire des algorithmes de recommandation, des mises en avant et des classements de visionnages. Et c’est ainsi que des films ou des séries a priori peu destinés à briller deviennent des épiphénomènes regardés par toutes et tous.

    + 4764 places !

    C’est le cas cette semaine d’une comédie passée relativement inaperçue à sa sortie. En France du moins, où elle n’a même pas bénéficié d’une diffusion au cinéma, malgré un petit succès outre-Atlantique (50 millions de dollars de recettes au box-office). Ce film, c’est la comédie romantique Overboard (2018) de Rob Greenberg, emmené par Anna Faris et Eugenio Derbez. Mise en ligne en septembre 2021 sur Netflix, la romcom a « vivoté » dans le catalogue de la plateforme depuis, sans jamais vraiment émerger… jusqu’à ces derniers jours. Selon l’outil de classement JustWatch, le long métrage a grimpé sur la deuxième (!) marche du podium des films les plus regardés en streaming en France cette semaine, avec un bond de 4674 places dans le top. Un vrai phénomène inattendu donc, qui risque de s‘auto-alimenter quelques jours alors que la Saint-Valentin approche.

    C’est quoi Overboard ?

    Overboard repose sur un pitch savoureux, déjà éprouvé dans la comédie romantique Un couple à la mer (1987) alors emmené par Goldie Hawn et Kurt Russell (un couple iconique d’Hollywood, dont la longévité amoureuse remonte à la Saint-Valentin 1983 !). L'histoire d’une riche et capricieuse milliardaire qui refuse de payer le travail d’un charpentier veuf : quand elle devient amnésique suite à un accident, il va se faire passer pour son mari et la faire s'occuper de ses enfants pendant un mois en compensation de l'argent qu'il aurait dû toucher… La différence, c’est que Overboard inverse le postulat : la milliardaire devient un héritier égoïste et méprisant (Eugenio Derbez) qui renvoie une femme de ménage (Anna Faris) de son yacht. Dans le jargon, on appelle ça un « gender swap » (j'y reviendrai), et il est ici plutôt réussi, alors que le playboy va découvrir les joies de la vraie vie et de la (fausse) paternité au contact de cette famille d’adoption dont il va devenir un super-papa très présent entre ses deux boulots d’ouvrier et de livreur de pizzas, les courses, le ménage, sa « compagne » et leurs filles.

    Un mélange réussi des codes et des sous-genres de la romcom

    Sans être hilarant, le film est plutôt mignon, et décline tous les codes des télénovelas sud-américaines dont il devient une transposition amusante dans la « vraie vie », mais aussi ceux de la romcom (quiproquos, rebondissements, seconds rôles attachants dont Eva Longoria et John Hannah…) dont il reprend plusieurs sous-genres. On y retrouve ainsi un savant mélange de « cross-class » (deux amoureux issus de milieux sociaux opposés) et de « enemies-to-lovers » (ils se détestent, ils finiront par s’aimer), saupoudré du charme mémoriel qu’on avait pu apprécier dans la méconnue mais très chouette comédie romantique Amour & Amnésie (2004) dans lequel Adam Sandler devait chaque jour reconquérir Drew Barrymore (j'aime beaucoup ce film).

    Des clins d’oeil pop

    On notera également dans Overboard plusieurs clins d’oeil pop très sympa : au film original Un couple à la mer (un docteur évoque un cas similaire d’amnésie touchant « une jeune femme dans les années 80 ») ; aux Dents de la mer (le chef de la police, dont on comprend qu’il a été croqué par un requin, est baptisé Brody comme le héros du film de Steven Spielberg) ; au Parrain de Francis Ford Coppola dont l’un des personnages secondaires est passionné (jusqu’à en parler pendant un discours de mariage) ; et à Titanic (les deux personnages principaux se rencontrent sur un immense yacht et sont baptisés Kate Sullivan et Leonardo Montenegro, soit littéralement Kate & Leo comme le couple-star du film aux 11 Oscars de James Cameron).

    C’est quoi le « gender swap » ?

    Quand on produit une nouvelle version ou un remake d’un précédent long métrage, et qu’on inverse le postulat de genre (des personnages masculins deviennent des protagonistes féminins, et inversement), on appelle ça un « gender swap ». Et Overboard n’est évidemment pas le premier du genre ! Côté romcom, je pense à Il est trop bien (2021) qui revisite Elle est trop bien (1999) ou Ce que veulent les hommes (2019) qui réinvente Ce que veulent les femmes (2000), mais il y a eu également Ghostbusters (2016) avec des chasseuses de spectres qui reprennent les packs à protons de SOS Fantômes (1984) ou les braqueuses chic et choc de Ocean’s 8 (2018) qui succèdent aux braqueurs de Ocean’s Eleven (2001). D’ailleurs, le film original Un couple à la mer (1987) -par le réalisateur de Pretty Woman !- est lui aussi disponible sur Netflix et vous permettra de prolonger Overboard et de comparer les deux approches et époques.

    Quelles romcom regarder sur Netflix pour la Saint-Valentin ?

    Et après Overboard, on regarde quoi ? Je ne vais pas vous mentir, le catalogue romantique de Netflix est riche ! Pour ne pas faire trop long, je vais exclure les drames romantiques et les séries romcom pour me concentrer sur les comédies romantiques long format. Côté Originals, vous devriez vibrer avec People We Meet On Vacation (2025), qui est un peu un Quand Harry rencontre Sally… moderne, sans oublier French Lover (2025) et son joli couple Omar Sy / Sara Giraudeau, le so french Champagne Problems (2025) et les incontournables trilogie A tous les garçons que j’ai aimés (2018-2020) et The Kissing Booth (2018-2021). Côté grands classiques du genre, je recommande plus que jamais Mon inconnue (2019), qui est l’une de mes romcom préférées, les couples croisés de Crazy, Stupid, Love (2011) et The Holiday (2006)... et pour rigoler un peu, l’hilarante parodie Sex Academy (2001) qui passe à la moulinette d’un humour (très) potache les clichés des romcoms et des teen-movies. Bonne Saint-Valentin !

  • Heated Rivalry et 5 couples de séries dont l’alchimie a crevé l’écran

    Heated Rivalry et 5 couples de séries dont l’alchimie a crevé l’écran

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Vous n’avez pas pu passer à côté du phénomène planétaire Heated Rivalry (2025-), cette série passionnée sur fond de hockey sur glace, basée sur les romans à succès de Rachel Reid dont la premier saison (6 épisodes) a fait un carton outre-Atlantique en fin d’année dernière, et qui est maintenant -enfin !- disponible en France sur HBO Max. 

    Shane Hollander et Ilya Rozanov sont deux stars de la glace qui jouent pour deux équipes rivales. Mais s’ils sont adversaires sur le terrain, les deux jeunes hommes vont rapidement entamer -loin des caméras et des tabloïds-, une relation qui va évoluer de façon beaucoup plus sérieuse au fil des matchs et des saisons.  

    Les deux visages de la série, Connor Storrie et Hudson Williams, ont été plébiscités pour leur interprétation mais surtout pour leur alchimie brûlante, qui a plus que contribué au buzz et au succès du show. Pour continuer sur cette lancée, je vous ai concocté une liste JustWatch de 5 couples fictifs dont l’alchimie à l’écran est exceptionnelle. 

    Hot Priest et Fleabag (Fleabag)

    « Ça passera… » Voilà ce que lance le Hot Priest Andrew Scott à Phoebe Waller-Bridge dans Fleabag (2016-2019), lorsqu’elle lui avoue qu’elle l'aime. Une réponse qui brisera le cœur aux milliers de fans de la série-pépite, primée aux Emmy Awards, aux Golden Globes et aux BAFTAs.

    C’est l’histoire de Fleabag, une trentenaire ayant récemment perdu sa meilleure amie et collègue qui se retrouve à affronter seule les aléas de la vie, le célibat, les relations familiales et le deuil. Notre héroïne va notamment tomber amoureuse d’un prêtre sexy, ce qui n’est pas forcément la situation la plus pratique au monde ! Cet amour interdit a crevé l'écran et obsède les fans du monde entier depuis maintenant plus de six ans alors que le show a tiré sa révérence après deux petites saisons. 

    Daisy Jones et Billy Dune (Daisy Jones and the Six)

    Daisy Jones and the Six a été LE phénomène de l'été 2023, et à juste titre. En plus de bénéficier d’une BO originale digne des plus grands groupes de rock des années 70 (oui, j’assume complètement), cette série basée sur le bestseller de Taylor Jenkins Reid, a aussi eu le droit à un casting à la hauteur des attentes des fans. 

    Riley Keough et Sam Claflin incarnent notamment les deux personnages principaux, Daisy Jones et Billy Dune, les chanteurs de ce groupe fictif largement inspiré de Fleetwood Mac et des histoires de cœur qui ont fragilisé la cohésion du groupe légendaire américain. Si la relation entre Daisy et Billy a déchaîné les passions, les relations plus secondaires entre les membres du groupe sont également extrêmement bien écrites, complexes et ne manqueront pas de vous rendre complètement accro à cette mini-série de 10 épisodes. 

    Jamie et Claire (Outlander) 

    « Tu es le sang de mon sang, la chair de ma chair. Je te donne mon corps, pour que nous ne fassions qu'un. Je te donne mon âme, jusqu'à la fin des jours. » Difficile de faire mieux en termes de déclaration d’amour, vous ne croyez pas ? S’il y a bien un couple que je ne peux pas imaginer être séparé, c’est Claire et Jamie à qui nous devrons d'ailleurs bientôt dire au revoir, puisque que la huitième et ultime saison d’Outlander (2014-2026) approche à grands pas.

    L’alchimie entre les deux personnages incarnés par Caitriona Balfe et Sam Heughan est d’une profondeur exceptionnelle, et si les années pendant lesquelles ils étaient séparés par les pierres et le temps ont été si difficiles à regarder, c’est bien parce que les deux amants sont indissociables. Je dois d'ailleurs admettre que peu de séries ou de couples fictifs ont réussi à me faire croire à ce point qu’ils étaient des âmes sœurs !

    Nick et Charlie (Heartstopper) 

    Nick et Charlie (Kit Connor et Joe Locke) ont fait battre le cœur de milliers de fans durant trois saisons, toutes plus humaines et touchantes les unes que les autres. Si un quatrième chapitre a été exclu par Netflix, nous aurons tout de même droit à un film qui clôturera les aventures des héros de Heartstopper (2022-2024).

    Nick et Charlie font partie de ces couples qui ont vécu tellement de choses ensemble qu’il sera difficile de leur dire au revoir. Ou même de les imaginer séparés. Les autres tandems phares de la série, notamment Elle et Tao (Yasmine Finney et William Gao) nous ont tellement emporté.es dans leur amitié puis dans leur romance qu’il sera là encore difficile de dire au revoir à ces personnages emblématiques d’une série coming-of-age LGBTQ+ particulièrement réussie et extrêmement importante.  

    Luke et Lorelai (Gilmore Girls) 

    Luke et Lorelai de Gilmore Girls (2000-2007), c’est un peu mon Ross et Rachel à moi. Les deux amis habitent à Stars Hollow, une petite ville idyllique -mais en fait plutôt effrayante où tout le monde sait tout sur tout le monde-, et ont refusé pendant des années d’admettre leurs véritables sentiments. La répartie toujours hilarante de Lorelai tranche extrêmement bien avec le côté râleur et grognon de Luke, qui est au fond quelqu'un de très gentil et de loyal. Néanmoins, ce duo finit toujours par faire des étincelles !

    Pour moi, le secret de l’alchimie du couple campé pendant sept saisons par Lauren Graham et Scott Patterson réside dans la magie des dialogues : ça fuse entre ces deux personnages qui n’ont, au premier abord, rien en commun ! Et pourtant, ils deviendront l’un des couples -même quand ils ne sont pas ensemble- les plus iconiques du petit écran.

  • Les meilleures séries true crime à voir sur Netflix

    Les meilleures séries true crime à voir sur Netflix

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Meurtres mystérieux, disparitions troublantes, enquêtes sinueuses restituées au fil d’interviews, d’images d’archives et de reconstitutions glaçantes : le genre « true crime » s’est imposé depuis quelques années comme un pilier du catalogue Netflix, captivant les amateurs d’histoires vraies à travers des séries documentaires devenues incontournables.

    Des productions qui nous embarquent au cœur de l’horreur, tout en questionnant les rouages de la justice et les zones d’ombre de l’âme humaine. Je vous propose un guide JustWatch des meilleures séries documentaires true crime disponibles en streaming sur Netflix.

    De rockstar à tueur : le cas Cantat (2025)

    Il fût l’icône d’une génération. Mais en 2010, Bertrand Cantat, chanteur charismatique du groupe Noir Désir, frappe et tue sa compagne, la comédienne Marie Trintignant. Sur trois épisodes, De rockstar à tueur : le cas Cantat (2025) revient sur un féminicide que la France n’a jamais vraiment regardé en face. À travers les mots des proches et de nouvelles images d’archives, la série questionne : comment un homme, après avoir tué, est-il redevenu une figure artistique ? Et qu’a-t-on fait de la mémoire de ses deux compagnes décédées ? 

    L’affaire Fourniret : dans la tête de Monique Olivier (2023)

    Elle est longtemps restée dans l’ombre, presque invisible. Complice ou victime ? Monique Olivier, épouse du tueur en série Michel Fourniret (condamné à la perpétuité incompressible) parle. Et le malaise grandit. L’affaire Fourniret : dans la tête de Monique Olivier (2023) est une série fascinante qui dissèque l’implication d’une femme dans l’horreur, avec une sobriété qui donne froid dans le dos. Derrière la façade terne, une mécanique du consentement et du silence. Le monstre avait deux visages, et peut-être deux cerveaux.

    Chaos : les meurtres de la famille Manson (2025)

    Los Angeles, 1969. Charles Manson, gourou à la voix douce et aux délires messianiques, orchestre des meurtres dont celui de Sharon Tate, actrice enceinte de 8 mois, épouse du réalisateur Roman Polanski. Mais Chaos : les meurtres de la famille Manson (2025) va plus loin : et si tout cela n’était qu’une pièce dans un jeu plus vaste ? Services secrets, LSD, manipulations. On perd pied, volontairement, dans un récit trouble où la vérité se dissout dans les fumées paranoïaques de l’époque. Un documentaire fascinant et dérangeant.

    Grégory (2019)

    Le 16 octobre 1984, un petit garçon de 4 ans est retrouvé noyé dans la Vologne, pieds et mains attachés. Des lettres d’un corbeau. Et un village figé dans le soupçon. L’affaire Grégory n’est pas un simple fait divers : c’est une tragédie française qui agite les médias depuis plusieurs décennies. Grégory (2019) explore, sans sensationnalisme, les failles d’un système judiciaire débordé, les rivalités intimes devenues publiques, et la spirale du doute. 

    Jeffrey Dahmer : autoportrait d’un tueur (2022)

    Il choisissait ses victimes dans les bars gays, les ramenait chez lui et ne les laissait jamais repartir. Le documentaire Jeffrey Dahmer : Autopsie d’un tueur (2022) explore l’esprit dérangé de l’un des tueurs en série les plus tristement célèbres des États-Unis, dont l’histoire a aussi été racontée dans la série Monstre : L'histoire de Jeffrey Dahmer (2022). À travers des témoignages d’experts, des archives judiciaires et des reconstitutions, il retrace le parcours macabre de ce personnage et les origines de sa violence extrême.

    Ted Bundy : autoportrait d’un tueur (2019)

    Séduisant, intelligent et diplômé, Ted Bundy n’en était pas moins un tueur capable de violence inouïe. En mêlant images d’archives et enregistrements audio de Bundy lui-même réalisés en prison, Ted Bundy : autoportrait d’un tueur (2019) propose une immersion dérangeante dans cet esprit tordu. Bien plus qu’une simple biographie criminelle, le film dresse un portrait d’un narcissisme absolu où les interviews de journalistes, d’enquêteurs et de proches des victimes permettent de mieux comprendre comment il a pu échapper si longtemps à la justice.

    The Keepers (2017)

    La série documentaire The Keepers (2017) explore le meurtre non élucidé de sœur Cathy Cesnik, une religieuse et enseignante très aimée à Baltimore, retrouvée morte en 1970. Le mystère de sa disparition est restée officiellement sans réponse, comme son assassinat, mais au fil des épisodes, l’enquête prend un tournant plus sombre. D’anciennes élèves du lycée où elle enseignait affirment qu’elle aurait découvert des abus sexuels perpétrés par un prêtre. Aurait-elle été tuée pour l’empêcher de parler ?

    Disparues : le tueur de Long Island (2025)

    C’est l’histoire d’un tueur en série resté dans l’ombre pendant plus de dix ans. Entre 2010 et 2011, plusieurs corps de jeunes femmes sont retrouvés le long d’une plage isolée à Long Island. Toutes étaient des escorts. Et pendant trop longtemps, personne n’a cherché à comprendre. Disparues : le tueur de Long Island (2025) suit l’enquête étouffée par les préjugés, jusqu’à un rebondissement : en 2023, Rex Heuermann, père de famille et architecte sans histoire, est arrêté. 

    Outreau : un cauchemar français (2024)

    L’affaire d’Outreau, qui a éclaté en 2001, est l’un des plus grands scandales judiciaires de France. Outreau : un cauchemar français (2024) revient sur cette affaire de pédocriminalité présumée, où plusieurs personnes ont été accusées à tort, jetées en prison, avant d’être innocentées. Une tragédie judiciaire qui interroge les méthodes d’instruction, la parole des enfants, et le rôle des médias.

    Disparue à Tokyo : l’affaire Lucie Blackman (2023)

    Disparue à Tokyo : l’affaire Lucie Blackman (2023) retrace le parcours de Lucie Blackman, 21 ans, qui disparaît à Tokyo en 2000. Britannique, ancienne hôtesse de l’air, elle travaillait dans un établissement à hôtesses. Des mois plus tard, son corps est retrouvé enterré dans une grotte. L’enquête révèle l’existence d’un homme riche et influent, suspecté d’agressions multiples. L’enquête sera tendue, entre deux cultures : la famille, les diplomates, la justice japonaise et un suspect richissime.

  • 8 films pour romantiques torturés à voir après Hurlevent

    8 films pour romantiques torturés à voir après Hurlevent

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    L’événement “Hurlevent” (2026) sort dans les salles françaises ce mercredi 11 février. Réalisé par Emerald Fennell (Promising Young Woman, 2020 ; Saltburn, 2023), et emmené par Margot Robbie et Jacob Elordi dans le rôle du couple iconique Catherine et Heathcliff, “Hurlevent” (nous allons revenir sur ces guillemets) est une interprétation du roman d'Emily Brontë, plus qu’il n'en est une adaptation littérale. 

    La relation passionnelle et torturée des deux personnages principaux a fait l’objet de plusieurs adaptations, sur le petit comme sur le grand écran. Cette fois-ci, le choix du titre est essentiel pour comprendre, -ou du moins appréhender- le film de Fennell. En effet, les guillemets que je mentionnais plus haut sont justifiées par la cinéaste comme étant une façon d'exprimer l'impossibilité d'adapter fidèlement un livre aussi « dense et complexe » que Les Hauts de Hurlevent. Son film est donc une vision du livre proche de celle qu’elle se souvient avoir eu en le lisant pour la première fois.

    Alors si comme moi vous avez hâte de découvrir cette itération très personnelle de ce classique, et que vous êtes à la recherche d’un film qui parlera à votre âme de romantique torturé, j’ai précisément ce qu’il vous faut dans cette liste JustWatch.

    Emily (2022)

    On commence avec Emily de Frances O’Connor, un film sur la vie de l'autrice du roman Les Hauts de Hurlevent et figure emblématique de la littérature anglaise, Emily Brontë. A mi-chemin entre le biopic et la fiction, Emily se base en partie sur ce que l’on sait de la famille Brontë, mais également sur les événements qui auraient -d’après le film- inspiré Emily à écrire son chef-d’œuvre. 

    Emma Mackey, la star de Sex Education (2019-2023) qui sera bientôt à l'affiche du Narnia de Greta Gerwig, incarne avec très grande justesse et vulnérabilité Emily Brontë. Même si beaucoup de fans ou spécialistes de l'écrivaine pourraient trouver à redire sur certaines libertés prises par la réalisatrice, la photographie, le jeu d'acteur et la musique sublime d’Abel Korzeniowski ne manqueront pas de vous emporter dans les paysages spectaculaires de la lande anglaise.

    Jane Eyre (2012)

    On reste aux côtés de la famille Brontë, mais cette fois-ci avec une autre sœur et un autre chef-d’œuvre de la littérature, Jane Eyre écrit par Charlotte Brontë. Comme beaucoup de classiques, ce roman a été adapté à de nombreuses reprises, mais si le Jane Eyre de Cary Joji Fukunaga est aussi apprécié, c’est notamment grâce aux performances magnétiques de Mia Wasikowska et de Michael Fassbender dans les rôle de Jane et Mr. Rochester.

    Comme pour n’importe quelle adaptation d’un roman aussi « dense et complexe » -pour paraphraser Emerald Fennell-, les lecteurs de la première heure y trouveront toute la complexité des personnages écrits par Brontë, mais également une vision de l'œuvre qui est propre au cinéaste. Je vous laisse donc vous faire votre opinion en ajoutant ce film à votre watchlist (si ce n’est pas déjà fait !).

    Anna Karénine (2012)

    L’Angleterre n’est pas la seule à avoir donné naissance à des héros romantiques torturés, puisque la littérature russe regorge elle aussi de personnages romanesques en proie au tourment et au mal d’amour. Anna Karénine de Joe Wright, basé sur le célèbre roman de Léon Tolstoï, met en scène Keira Knightley dans le rôle d’une aristocrate mariée à un homme d'État, qui entame une liaison avec le Comte Vronski. Les deux amants devront faire face aux conséquences de telles actions dans la Russie impériale du XIXème siècle. 

    D’un point de vue stylistique, je trouve que ce film est absolument sublime et une véritable prouesse technique, puisqu’il est tourné et monté comme une pièce de théâtre. Mais il m’a fallu deux visionnages pour apprécier l’intrigue dans son intégralité, même si beaucoup de raccourcis de l'œuvre de Tolstoï y sont faits.

    Ophelia (2019)

    On continue dans les réécritures de grands classiques, avec Ophelia (2019) de Claire McCarthy, tirée de la tragédie shakespearienne Hamlet. L’héroïne de la postlogie Star Wars (2015-2019), Daisy Ridley, y incarne la célèbre épouse du Prince Hamlet, qui dans la pièce n'occupe finalement qu’un rôle relativement secondaire.

    Pourtant, ce personnage, qui a été conduit à la folie puis à la mort par noyade, a toujours fasciné les artistes du monde entier, des peintres aux poètes en passant par les chanteurs et les cinéastes. L'alchimie entre les deux personnages principaux, Ophelia et Hamlet -incarné par George Mackay- est palpable et leur histoire tragique, bien que revue et réinventée, est mise en valeur par une superbe photographie et une bande originale que j’ai adoré, signée Steven Price. 

    The Young Lady (2016)

    Bien que The Young Lady (2016) ne soit pas une nouvelle itération de Macbeth, il tire son titre des points communs que Katherine Lester, son personnage principal, partage avec le personnage de Shakespeare. On peut d’ailleurs remercier William Oldroyd, le réalisateur de ce drame historique se déroulant au XIXème siècle, qui avait déjà repéré à l'époque le talent d'une certaine Florence Pugh, qui livre déjà dans ce film une performance absolument bluffante.

    Elle y incarne donc Katherine Lester, une jeune femme mariée de force à un homme beaucoup plus vieux qu’elle, qui ne cherche qu’à la contrôler et à la garder enfermée dans son manoir. Mais elle rencontre un jour Sebastian, un jeune homme travaillant sur la propriété qui devient son amant : une situation qui mettra leur vie à tous les deux en danger. 

    Mary Shelley (2017)

    Mary Wollstonecraft Godwin, plus connue sous le nom de Mary Shelley (2017), est au cœur de ce film biographique dans lequel nous découvrons l’histoire d'amour entre l’écrivaine, ici incarnée par Elle Fanning, et son mari le poète Percy Bysshe Shelley, joué par Douglas Booth. La réalisatrice Haifaa Al-Mansour trace ici un parallèle entre la relation amoureuse de l’autrice et son futur chef d'œuvre de la littérature gothique et romantique que sera Frankenstein.

    De plus, elle devra se faire une place et un nom dans le cercle très fermé et très masculin du monde de l'écriture. Bien sûr, comme dans beaucoup de biopics, il faudra prendre avec des pincettes certains événements et certains aspects des personnages, mais cette proposition mérite tout de même le coup d'œil. 

    Ma cousine Rachel (2017)

    Rachel Weisz et Sam Claflin incarnent des amants maudits dans Ma cousine Rachel (2017), adaptation de l'œuvre de Daphne du Maurier réalisée par Roger Michell. Dans l’Angleterre du XIXème siècle, Philip, un jeune aristocrate, apprend que son cousin, Ambrose, a récemment épousé une mystérieuse veuve lors d’un séjour en Italie. Mais petit à petit, Ambrose fait part à Philip de son inquiétude grandissante envers le comportement étrange de la jeune femme, qu’il soupçonne de vouloir l'empoisonner. Philip se rend donc chez son cousin mais découvre qu’il est déjà trop tard. Il y fait la rencontre de Rachel, dont il va finalement tomber amoureux… 

    Je ne peux vous en dire plus sur l'histoire au risque de spoiler les intrigues psychologiques et amoureuses de ce récit, mais je peux par contre vous assurer que vous ne serez pas déçus par l'interprétation envoûtante et saisissante de Rachel Weisz dans le rôle principal. 

    Mademoiselle Julie (2014)

    Mademoiselle Julie (2014), réalisée par Liv Ullmann, est l'adaptation de la pièce de théâtre éponyme, datant de 1888. Colin Farrell, Jessica Chastain et Samantha Morton jouent avec le feu et les normes sociales de l'époque dans ce drame romantique qui se déroule au cours d’une seule nuit. Mademoiselle Julie est la fille d’un baron et John est le valet de ce dernier. Il est fiancé à Kathleen, la cuisinière, mais très vite, un jeu du chat et de la souris s’installe entre John et Julie. Les classes sociales sont testées et remises en question, et des limites sont franchies.

    « A chacun sa classe », déclare Kathleen dans le film, une phrase qui résume très bien le carcan social de la société qui étouffe ces personnages. John est un homme frustré par sa condition, cherchant à s'élever dans l'échelle sociale. Kathleen a réussi à se persuader que ces mêmes barrières existent pour une bonne raison. Quant à Mademoiselle Julie, elle représente l'ennui profond que les femmes aristocrates pouvaient ressentir face à l'impossibilité de s'émanciper de leurs pères puis de leurs maris.

  • Stranger Things : la fin secrète de Jim Hopper se trouverait-elle dans… Predator ?

    Stranger Things : la fin secrète de Jim Hopper se trouverait-elle dans… Predator ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    La théorie « Conformity Gate » a agité les réseaux sociaux après la diffusion de l’épisode final de Stranger Things : et si les créateurs de la série Netflix avaient tourné une fin secrète, prolongeant -et annulant- le huitième dernier chapitre (qui a beaucoup divisé, alors que moi, personnellement, j’aime beaucoup) ? Si les espoirs des fans ont finalement été douchés, une autre théorie liée à Jim Hopper pourrait leur plaire !

    Avant Hawkins, le Vietnam

    Jim Hopper, c’est le shérif de la ville de Hawkins, campé à l’écran par David Harbour. Bourru et badass, il dévoile aussi un côté très touchant dans sa relation avec Eleven/Onze (Millie Bobby Brown), qui devient sa fille adoptive et lui permet de dépasser la disparition de son propre enfant, Sara, emportée par la maladie. Dans l’univers imaginé par les frères Duffer, Jim Hopper est un vétéran décoré de la Guerre du Vietnam, où il s’était distingué sur les champs de bataille, notamment lors d’opérations nécessitant la manipulation de l’Agent Orange, un produit chimique hautement cancérigène (et sans doute à l’origine de la maladie de sa fille). De retour à la vie civile à la fin du conflit, il devient policier à New York, puis à Hawkins.

    Après Hawkins, le Val Verde ?

    La série Stranger Things se déroule, en cinq saisons, de 1983 à 1987. Et 1987, c’est l’année de la sortie d’un monument de la science-fiction : Predator. Dans le film de John McTiernan, une escouade de mercenaires emmenée par Dutch (Arnold Schwarzenegger) est envoyée dans la jungle du Val Verde (un pays fictif d’Amérique Centrale) pour y retrouver un hélicoptère abattu. Sur place, ils vont découvrir qu’une mystérieuse créature prédatrice, invisible et impitoyable, les traque comme du gibier. Et surtout qu’avant eux, un commando de bérets verts avait été chargé de la même mission avant d’être éliminé par le monstre. Le nom de leur officier ? Jim Hopper, dont ils retrouvent le cadavre et la plaque d'identification !

    Hawkins aussi était dans Predator !

    Bien sûr, il s’agit peut-être -et même sans doute- d’un simple clin d'œil des Duffer à la pop culture qu’ils chérissent. De la même manière qu’ils ont inondé les cinq saisons de leur série de références, les deux frères ont pu y glisser du fan-service spécial Predator : en effet, au-delà de cette allusion à Jim Hopper, deux soldats du film de John McTiernan étaient baptisés Hawkins (Shane Black) et Billy (Sonny Landham) ! Les deux frangins aiment tellement la SF en général -et la saga Predator en particulier- qu’ils ont fait une apparition vocale dans Badlands (2025) où ils doublent -en Yautja !- l’ordinateur de bord du vaisseau de Dek : un petit cadeau du réalisateur Dan Trachtenberg pour s’excuser d’avoir dû abandonner la réalisation d’un épisode de la saison finale de Stranger Things. Mais l’idée que Dutch et Hopper (mais aussi les Yautjas et les Démogorgons) partagent le même univers, je ne peux qu’adouber !

    Une théorie qui se tient (presque)

    Et si, après les événements liés à l’Upside Down, Jim Hopper avait été chargé par l’armée américaine d’enquêter sur d’autres faits étranges -d’autres Stranger Things, finalement- impliquant une autre créature pour l’identifier, l’étudier et mettre la main sur sa technologie ? Ce travail, mené par un programme très secret de la CIA baptisé OWLF / Other Worldly Life Forms sous la supervision de Peter Keyes (Gary Busey) dans Predator 2 (1990), aurait ainsi conduit le personnage de Hopper vers une fin sanglante. Cette idée a été partagée il y a quatre ans sur Reddit. Et même si le saut dans le temps de dix-huit mois de l’épilogue de Stranger Things la met un peu à mal, elle me plaît beaucoup. Survivre aux Démogorgons pour finir écorché dans la jungle et en trophée dans les griffes d’un Yautja, j’adore l’idée. Qui, en plus, confirme que le Predator, c’est le plus fort ! (oui, je suis fan)

  • 5 films à ne manquer si vous avez aimé Une bataille après l’autre

    5 films à ne manquer si vous avez aimé Une bataille après l’autre

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Il reste presque un mois avant la cérémonie des Oscars 2026 et, comme tous les cinéphiles à travers le monde, j’ai hâte de découvrir quel film marquera la soirée par l’ampleur de ses victoires. Même si Sinners (2025) a déjà fait sensation en établissant un record historique avec 16 nominations, c’est Une bataille après l’autre (2025) qui semble s’imposer comme le favori dans la catégorie du Meilleur film.

    Dixième long-métrage de Paul Thomas Anderson, Une bataille après l’autre est un film qui résiste au simple résumé de son intrigue. Après une ouverture pulsionnelle, dense en action politique, le récit glisse progressivement vers un registre davantage imprégné d’humour noir et d’aventure, où les liens familiaux prennent une place centrale. Comme les œuvres précédentes du cinéaste, le film s’inscrit dans une tradition à la fois cinéphile et littéraire bien particulière.

    Si vous souhaitez davantage connaître à propos des choix stylistiques et narratifs du film, en retracer les possibles sources d’influence ou encore en explorer les affinités avec d’autres œuvres contemporaines, je vous propose la liste idéale JustWatch pour prolonger l’expérience. 

    La Prisonnière du désert (1956)

    Commençons par un classique incontournable du western, qui partage avant tout une affinité technique avec Une bataille après l’autre, à savoir l’utilisation du format VistaVision. La Prisonnière du désert (1956), signé John Ford, a influencé de nombreux films avant l’opus de Paul Thomas Anderson -aussi bien à travers des citations directes, comme chez George Lucas, que par des inspirations plus diffuses, comme chez Spielberg ou encore chez « PTA ». On peut bien sûr mettre en question et critiquer la représentation des populations indigènes chez Ford, mais son film témoigne d’une maîtrise sans égale sur le plan de la mise en scène.

    Même après tant d’années, les vastes paysages désertiques ne perdent rien de la sensation de sublime brutal qu’ils convoquent. Et sur le plan narratif, le récit d’Ethan Edwards (John Wayne), qui part en quête obsessionnelle pour retrouver sa nièce enlevée par des Comanches, se rapproche tant bien que mal de celui de Ghetto Pat (Leonardo DiCaprio), qui cherche à sauver sa fille Willa (Chase Infiniti). Mais chez Ford, la dimension morale et le vigilantisme toxique sont beaucoup plus explicitement soulignés. À cet égard, regarder La Prisonnière du désert avec une perspective contemporaine peut s’avérer difficile pour certains spectateurs, vous êtes prévenus !

    La Bataille d’Alger (1966)

    Le film-monument de Gillo Pontecorvo se distingue des autres entrées de cette liste par un aspect singulier : il est ouvertement cité par le film lui-même. Dans une scène, le personnage de Ghetto Pat est montré en train de fumer un joint tout en regardant La Bataille d’Alger (1966). Pour construire son récit autour des forces de guérilla algériennes mobilisées contre l’occupation française à Alger, Pontecorvo adopte un registre narratif très proche du documentaire.

    La représentation des forces révolutionnaires chez Paul Thomas Anderson, surtout dans la première partie du film, rappelle en effet la guerre urbaine -attentats, explosions, insurrections- déployée dans La Bataille d’Alger. Toutefois, l’enjeu anticolonial qui traverse ce dernier demeure relativement absent d’Une bataille après l’autre, « PTA » restant assez vague quant aux objectifs de ses révolutionnaires.

    Une autre thématique qui distingue les deux films est celle du désenchantement à l’égard des idéaux révolutionnaires dans la société contemporaine, plus marquée chez Anderson, alors que La Bataille d’Alger, encore proche du temps de l’indépendance, ne peut instaurer qu’une distance critique limitée. Il n’empêche que le film de Pontecorvo semble nourrir un certain idéalisme -aussi bien chez « PTA » lui-même que chez les personnages de son film.

    À bout de course (1988)

    Si vous êtes fan de Paul Thomas Anderson, vous savez sans doute qu’il est un grand admirateur du cinéma de Sidney Lumet. Même si À bout de course (1988) ne figure pas parmi ses œuvres les plus célèbres, sa manière d’aborder la radicalité politique et d’en explorer les répercussions sur les générations suivantes frappe par sa justesse.

    Sur le plan narratif, le film présente plusieurs points communs avec Une bataille après l’autre. Lumet y raconte l’histoire d’Annie et Arthur Pope (Christine Lahti et Judd Hirsch), un couple d’anciens militants ayant participé à un attentat anti-guerre à l’époque du Vietnam, contraints depuis de vivre sous de fausses identités. Au cœur du récit se trouve leur fils aîné, Danny (River Phoenix), qui aspire à s’affranchir du passé de ses parents, à mener une vie stable et ordinaire, et à devenir pianiste.

    Le conflit entre parents et enfants, né d’un passé sur lequel ces derniers n’ont aucun contrôle, vous paraîtra sans doute familier. Dans la seconde moitié d’Une bataille après l’autre, on retrouve ce même désir d’émancipation chez Willa, confrontée à un père qui tente coûte que coûte de la protéger de dangers extérieurs -dangers pourtant liés à ses propres actes passés.

    Mais les similitudes narratives ne devraient pas être votre seule raison de découvrir le film de Lumet. Dans le rôle de Danny, River Phoenix, à peine âgé de 18 ans, livre une performance d’une intensité remarquable, qui lui valut d’ailleurs sa seule nomination aux Oscars. Cela dit, contrairement aux autres films de cette liste, l’arrière-plan politique y reste relativement en retrait. Attendez-vous donc davantage à un mélodrame familial intime qu’à un film frontalement politique.

    Inherent Vice (2014)

    Thomas Pynchon est considéré comme l’un des auteurs majeurs de la littérature postmoderne américaine, et ses œuvres sont souvent réputées impossibles à adapter au grand écran. Pourtant, Paul Thomas Anderson a relevé ce défi à deux reprises, d’abord avec Inherent Vice (2014), puis avec Une bataille après l’autre.

    La filmographie du cinéaste explore des thématiques et des esthétiques très variées, qui se transforment d’un film à l’autre. Mais en tant qu’adaptations « pynchoniennes », ces deux œuvres sont sans doute celles qui se rejoignent le plus au sein de son parcours. Il faut toutefois préciser que Une bataille après l’autre s’inspire assez librement du roman Vineland, tandis que la version filmique d’Inherent Vice demeure bien plus fidèle à la structure digressive et labyrinthique du livre.

    Porté par un Joaquin Phoenix ingénieusement excentrique dans le rôle d’un détective privé embarqué dans des complots militaires et politiques au début des années 1970, Inherent Vice se distingue notamment par sa manière de saisir l’état d’âme d’une époque à travers des personnages outranciers et emblématiques. On peut par exemple voir une sorte d’équivalent du Colonel Lockjaw dans le personnage de Christian « Bigfoot » Bjornsen, incarné par Josh Brolin -notamment lors d’une scène inoubliable où il avale du cannabis. En comparaison, Une bataille après l’autre se révèle plus accessible, tant sur le plan narratif qu’humoristique. Disons que si vous souhaitez approfondir l’univers de « PTA », Inherent Vice constitue une étape suivante parfaitement justifiée mais plus exigeante.

    Eddington (2025) 

    Après la sortie d’Une bataille après l’autre, les critiques se sont immédiatement mis à comparer le film à Eddington (2025) d’Ari Aster. À juste titre : les deux œuvres tentent de proposer un commentaire critique sur le paysage politique et social des États-Unis contemporains. Les échelles narratives des deux films diffèrent toutefois sensiblement. Celui d’Anderson adopte un récit ample, presque épique, qui s’étend sur près de deux décennies, même si son noyau émotionnel demeure ancré dans la relation père-fille. Aster, de son côté, dépeint un microcosme social et politique à travers une ville fictive située au Nouveau-Mexique.

    L’intrigue d’Eddington repose sur la rivalité entre le maire Ted Garcia, incarné par un Pedro Pascal toujours aussi charmant et drôle, et le shérif Joe Cross, farouchement opposé aux mesures sanitaires imposées par Garcia. Sur le plan narratif, les deux films n’ont pas de véritables points communs ; en revanche, le traitement grotesque que les deux réalisateurs appliquent aux sphères militaires et politiques crée une proximité frappante. Par ailleurs, Joaquin Phoenix, collaborateur fidèle de Paul Thomas Anderson, porte dans Eddington les traces inévitables de ses performances dans The Master (2012) et Inherent Vice.

    La portée critique des deux films fait encore débat et ne suscite pas l’unanimité. En termes de tonalité, Eddington penche nettement vers la satire et l’excès -des choix esthétiques propres à Aster qui peuvent dérouter certains spectateurs. Reste à voir lequel, avec le temps, continuera à résonner.

  • Jacob Elordi avant « Hurlevent » : on a classé les meilleurs rôles de la star montante du cinéma US

    Jacob Elordi avant « Hurlevent » : on a classé les meilleurs rôles de la star montante du cinéma US

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    En quelques années, Jacob Elordi a pris un virage que tous les acteurs nés dans des fictions adolescentes ne sont pas parvenus à négocier. Révélé par une romance Netflix calibrée pour le binge-watching, il s’est progressivement détaché de cette image lisse pour explorer des rôles plus ambigus, voire dérangeants. Jusqu’à incarner une figure mondialement connue de la littérature et du cinéma : la créature de Frankenstein. 

    Sans avoir encore 30 ans, le comédien australien fait preuve d’une maturité artistique et d’une capacité à se réinventer avec, à son actif, une filmographie cohérente autour de personnages complexes et ambivalents qui culmine aujourd’hui avec Hurlevent (2026) de Emerald Fennell aux côtés de Margot Robbie. Pour JustWatch, je vous propose mon classement de ses meilleurs rôles, du moins notable au meilleur.

    The Kissing Booth (2018-2021)

    C’est le point de départ, la première expérience, le mythe fondateur qui lui a valu de se faire connaître auprès de sa génération : la trilogie The Kissing Booth (2018-2021) ! Le pitch est classique pour cette bluette adolescente : une fille grandit auprès de son meilleur ami et tombe amoureuse du grand frère, joué par Jacob Elordi. 

    Sur le plan artistique, le rôle est un peu limité, le comédien se contentant souvent de brandir son sourire charmeur avec fossettes intégrées et exposer à différentes occasions son long corps musclé (mais non, il n’est pas qu’un corps, insiste le scénario !). Cependant ce personnage de Noah Flynn, bad boy romantique, a permis à Jacob Elordi d’acquérir une visibilité mondiale et quelques codes de la célébrité. Conscient de sa carrière, et la prenant totalement en main, il a pu ensuite se détacher progressivement de ce genre de personnage. Si The Kissing Booth n’est pas son meilleur rôle, il n’en reste pas moins décisif.

    Oh, Canada (2024)

    Dans Oh, Canada (2024), Jacob Elordi s’inscrit dans un registre totalement différent de ses incarnations précédentes, en prêtant ses traits à Leonard Fife jeune dans les flashbacks d’un drame introspectif réalisé par Paul Schrader, adapté du roman Foregone de Russell Banks. Le film raconte l’histoire de Leonard « Leo » Fife, un documentariste de renommée qui, malade d’un cancer en phase terminale, accepte de livrer une ultime interview filmée pour faire la lumière sur sa vie, sa carrière et les mythes qui entourent son engagement politique et personnel.

    À travers un montage fragmenté mêlant présent et souvenirs, Fife — incarné à l’écran par Richard Gere dans le présent et par Elordi dans ses années de jeunesse — se remémore sa fuite vers le Canada pour éviter la conscription pendant la guerre du Vietnam, la construction de sa réputation de cinéaste engagé, et les relations humaines qu’il a abandonnées, trahies ou embellies au fil des décennies. Dans ce contexte, Elordi incarne un héros idéaliste et contradictoire, pris entre ses convictions politiques et les conséquences personnelles de ses choix. Une expérience pour le jeune comédien, qui démontre sa maturité.

    Euphoria (2019-)

    La sulfureuse série Euphoria (2019-), qui suit Rue Bennett (Zendaya), ado toxicomane en rémission scolarisée dans un lycée où sexe, drogue et violence structurent les rapports humains, a donné à voir une image totalement différente de Jacob Elordi. Avec Nate Jacobs, le comédien compose l’un des personnages les plus dérangeants de la télévision contemporaine. Nate est violent, manipulateur, narcissique, profondément réprimé et hanté par une masculinité toxique héritée de son père.

    Pas un personnage aimable, donc. D’autant que son physique imposant devient un outil narratif renforçant le sentiment de menace permanente sur les autres personnages. Avec cette série, dont la saison 3 devrait arriver sur HBO Max en avril 2026, Jacob Elordi montre aux critiques et au public qu’il est capable de livrer - aussi - des performances glaçantes, et incarner la violence avec une certaine retenue, suggérant le chaos intérieur constant.

    Saltburn (2023)

    Dans Saltburn (2023), Jacob Elordi est Felix Catton, figure aristocratique solaire autour de laquelle gravite tout le film. Plus qu’un personnage, Felix est une projection : celle du privilège absolu et du fantasme social entre beauté insouciante que l’on désire autant qu’on envie. Avec une apparente désinvolture et un jeu minimaliste, Jacob Elordi porte les chemises en lin de ce personnage avec une grande efficacité.

    Son antagoniste n’en devient que plus inquiétant puisque le centre de gravité du film devient finalement Oliver Quick (Barry Keoghan), étudiant irrémédiablement attiré par la lumière, qui désire, absorbe et finit par vouloir posséder. Dans ce récit de l’obsession, le vrai héros se révèle être non pas celui qui brille mais celui qui regarde brûler. Conscient de ce qu’il dégage, Jacob Elordi a l’intelligence de ne pas jouer la profondeur mais le mirage social. Il joue avec son physique avantageux, en pleine conscience de son pouvoir d’attraction.

    Priscilla (2023)

    Deux ans avant Frankenstein, Jacob Elordi se frottait déjà à une autre bête, de scène cette fois, puisqu’il était Elvis dans le biopic consacré par Sofia Coppola à sa femme, Priscilla (2023). Loin de toute tentation hagiographique, le film adopte le point de vue intime et subjectif de Priscilla Presley, reléguant la star au second plan pour mieux en révéler les failles. Dans ce cadre délicat, Elordi relève un défi de taille : incarner l’une des figures les plus mythifiées de la culture populaire sans jamais chercher à l’imiter. 

    Son Elvis n’est ni flamboyant ni spectaculaire mais feutré, parfois immature, souvent inquiétant dans son besoin de contrôle. Elordi joue la retenue dans son interprétation, faite de silences et de regards, et parvient à déconstruire le mythe pour faire émerger un homme prisonnier de son statut, incapable de vivre une relation d’égal à égal. Ce film marque une étape vers un cinéma d’auteur plus exigeant et introspectif dans les choix de l’acteur australien : la complexité psychologique avant la séduction !

    Frankenstein (2025)

    Est-ce l’ampleur du personnage, la réalisation virtuose du maître de l’horreur Guillermo de Toro ou bien l’addition des deux ? Le dernier rôle en date de Jacob Elordi, dans Frankenstein (2025), lui offre un registre encore jamais exploré. Ses 1m96 se glissent à merveille dans la peau cicatricielle et recousue de la créature, qui suscite tantôt l’effroi, tantôt la compassion, voire l’amour. Le cinéaste mexicain, fasciné par les figures marginales et les monstres tragiques, dirige impeccablement Elordi dans ce rôle mythique chargé d’un héritage cinématographique écrasant. 

    Sorte de graal pour les acteurs américains, la transformation est une épreuve réussie haut la main pour Jacob Elordi qui fait une pierre deux coups en montrant à la profession sa capacité à se réinventer radicalement de rôle en rôle, tout en offrant au public de redéfinir définitivement la perception qu’il a de lui. On n’est pas si éloigné d’un virage à la Robert Pattinson qui, après avoir émoustillé les ados dans Harry Potter et la Coupe de feu (2005) et Twilight (2008-2012) s’est tourné vers des films indépendants (Cosmopolis, Maps to the Stars, The Lost City of Z, The Lighthouse).

    Je me frotte déjà les mains des prochaines productions de Jacob Elordi : Hurlevent (2026) bien sûr, mais aussi la saison 3 d’Euphoria (2019-), le prochain film de Ridley Scott The Dog Stars (2026) et Outer Dark (pas de date).

  • Stranger Things : dans quels films et séries reverrez-vous les stars de la série Netflix ?

    Stranger Things : dans quels films et séries reverrez-vous les stars de la série Netflix ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    C’est la dure loi du streaming : un phénomène « pop » en chasse un autre. Alors que les frères Duffer ont conclu Stranger Things (2016-2026) le 1er janvier dernier sur Netflix, le public n’a désormais d’yeux que pour l’univers post-apo de Fallout (2024-), les joutes de A Knight of the Seven Kingdoms (2026-) et la folie Heated Rivalry (2025-) qui enflamme les cœurs et les patinoires depuis quelques jours…

    Mais même si nous avons quitté Hawkins, il serait injuste d’oublier les actrices et acteurs que nous avons accompagnés au cœur de l’Upside Down durant cinq saisons et une décennie. Car leurs carrières sont désormais lancées et, pour certaines, plutôt prometteuses. Pour JustWatch, je vous donne un petit aperçu des films et séries dans lesquels nous pourrons les retrouver prochainement (je me suis arrêté au casting principal, et sur les talents dont les projets sont confirmés et détaillés).

    Joe Keery (Steve)

    Il faut croire que les Demogorgons et autres monstres du monde à l’envers ne lui ont pas suffi ! Le 18 février, Joe Keery (en mode glandeur sympathique) fera équipe avec Georgina Campbell et Liam Neeson dans Cold Storage (2026) pour tenter de contenir un organisme mutant très contagieux, échappé de l’entrepôt où il était conservé. Lâché dans la nature, il va multiplier les créations bizarres et les explosions sanguinolentes... Au-delà de ce casting très sympathique, la présence de David Koepp (Jurassic Park, Hypnose, Spider-Man et le très attendu Disclosure Day) au scénario (d’après son propre roman) et de Gavin Polone (Zombieland) à la production annonce un délire chargé en hémoglobine, en bestioles étranges et en humour noir. Parallèlement à ce long métrage, Joe Keery poursuit sa carrière musicale et ses tournées sous le nom « Djo ».

    Millie Bobby Brown (Eleven)

    Quel que soit le destin que vous imaginez pour Eleven (les frères Duffer ont volontairement maintenu un flou sur ce qu’il advient de la jeune femme), Millie Bobby Brown continue, elle, son parcours hollywoodien. Du moins « netflixien », car c’est essentiellement sur la plateforme qu’elle développe ses projets (en tant qu’actrice et productrice exécutive). Le plus avancé, attendu en 2026 en streaming, c’est Enola Holmes 3 (2026) dans lequel elle reprend son rôle de petite sœur de Sherlock Holmes (Henry Cavill) devant la caméra du réalisateur de Adolescence. Egalement sur son agenda : la comédie romantique Just Picture It avec Gabriel LaBelle (The Fabelmans), le biopic Perfect consacré à la gymnaste américaine Kerri Strug et signé Gia Coppola (The Last Showgirl) et la série SF Prisme adaptée d’une nouvelle de Nick Shafir où elle tentera de sauver le monde d’apparitions mystérieuses.

    Caleb McLaughlin (Lucas)

    Vos retrouvailles avec Caleb McLaughlin sont plus proches que vous ne le pensez, puisque le comédien sera ce 11 février à l’affiche vocale du film d’animation GOAT - Rêver plus haut (2026). Dans ce projet produit par la star NBA Stephen Curry, il incarne un petit bouc avec un grand rêve : devenir un joueur professionnel de roarball, un sport mixte ultra-intense dérivé du basketball et réservé aux bêtes les plus rapides et féroces du règne animal. Entre Zootopie (2016), Tous en scène (2016), Space Jam (1996) et l’animation de Spider-Man : New Generation (2018), ce long métrage original (ça devient rare) devrait ravir petits et grands. A noter qu’on y entendra également la voix de David Harbour, alias le shérif Hopper de Stranger Things, qui donne vie ici à un rhino massif. 

    David Harbour (Jim Hopper)

    David Harbour est un acteur (très) occupé. Outre ce rôle dans GOAT, il participe à l’un des projets les plus attendus de l’année cinéma, celui qui peut relancer ou condamner Marvel : Avengers Doomsday (2026). Je suis très curieux de voir comment lui et les Thunderbolts* vont s’intégrer dans ce film super-choral face à la menace Robert Downey Jr. ! En décembre, l’acteur retrouvera également son costume de Père Noël badass dans Violent Night 2 (2026), qu’on souhaite aussi « diehardien » que le premier opus. Au programme également pour l’acteur : de l’horreur sur fond de mélancolie avec A Head Full of Ghosts, l’histoire vraie du pizza bomber racontée dans Evil Genius et le biopic The Trashers consacré au magnat du ramassage des déchets Jimmy Galante. Et dans quelques jours, le 2 mars sur HBO Max, vous pourrez le retrouver dans la série DTF St. Louis (2026-) aux côtés de Jason Bateman et Linda Cardellini.

    Sadie Sink (Max)

    Sadie Sink a elle aussi gagné son ticket d’entrée pour le MCU : elle débutera cette aventure en juillet 2026 face à Tom Holland et Zendaya dans Spider-Man: Brand New Day (2026). Si rien n’a filtré sur son rôle, les rumeurs vont bon train concernant l’identité de son personnage : la mutante Jean Grey, Rachel Cole-Alves célèbre acolyte du Punisher dans les comics, la super-méchante chasseuse d’araignées Shathra ou la propre fille de Peter Parker venue du futur ou d’une réalité alternative ? Quelle que soit la réponse, la comédienne semble s’inscrire sur la durée dans la famille Marvel puisqu'on l’annonce également dans Avengers Secret Wars (2027). A suivre également pour la comédienne de 23 ans : le drame John Proctor is the Villain (2024), qui croisera féminisme, luttes de pouvoir et pièce d’Arthur Miller dans une petite ville de Georgie.

    Finn Wolfhard (Mike)

    En juillet 2025, on découvrait Hell Of A Summer (2025), variation sur le slasher de camp de vacances et première co-réalisation de Finn Wolfhard avec son compère Billy Bryk. Les deux cinéastes remettront le couvert prochainement avec Idle Hands, remake de la comédie horrifique La Main qui tue (1999) dans laquelle un adolescent se découvrait une main droite douée d’une volonté propre aux tendances plutôt meurtrières. Également sur le planning de Finn Wolfhard dans les mois à venir : la comédie Crash Land (2026) signée Dempsey Bryk et centrée sur un groupe de cascadeurs amateurs façon Jackass, et un biopic musical consacré au groupe punk américain Replacements, dont l’influence a été majeure sur le rock alternatif made in USA.

    Gaten Matarazzo (Dustin)

    Attention, délire ! Dans Pizza Movie (2026), Gaten Matarazzo vivra une nouvelle aventure extraordinaire -qu’on lui souhaite moins sombre que Stranger Things- alors que cinq étudiants doivent réussir à monter les deux étages qui les séparent de la pizza qu’ils se sont faite livrer. Le duo Nick Kocher / Brian McElhaney, qui a fait ses armes au Saturday Night Live, est aux commandes de ce pitch savoureux (comme une quatre fromages !). Parallèlement, Gaten Matarazzo est annoncé au casting vocal de La Ferme des animaux (2026), adaptation animée du classique de George Orwell dans lequel les animaux prennent le pouvoir dans leur ferme, avant de voir un cochon-tyran prendre de plus en plus de place. Confié à Andy « Gollum » Serkis (Mowgli : la légende de la jungle), le film affiche une distribution impressionnante (Seth Rogen, Glenn Close, Woody Harrelson, Steve Buscemi, Kieran Culkin, Jim Parsons, Laverne Cox, Iman Vellani, Kathleen Turner…).

    Natalia Dyer (Nancy)

    Natalia Dyer reviendra t-elle à Hawkins, ou du moins dans l’univers des Duffer ? Les espoirs sont permis pour la comédienne américaine, puisque des rumeurs ont longtemps fait état d’un projet de série-dérivée centrée sur son personnage de Nancy Wheeler. Sachant que la jeune femme se lance dans la vie active en tant que journaliste à la fin de Stranger Things, on pourrait tout à fait imaginer suivre ses enquêtes dans un nouveau show ! En attendant d’en savoir plus, elle tournera dans la romcom Goodbye Girl centré sur une briseuse de cœurs professionnelle.

    Charlie Heaton (Jonathan)

    Compagnon de Natalia Dyer à la ville, Charlie Heaton est actuellement à l’affiche de la saison 4 de la série Industry (2020-) dans laquelle il incarne un journaliste financier en quête de scoops alors que sa vie personnelle s’effondre. Après cette interprétation fiévreuse, on le retrouvera face à la légende Al Pacino dans Billy Knight (2026) puis dans la comédie romantique Twice Over aux côtés de Mia Wasikowska. Il a par ailleurs toujours en projet d’incarner Joseph Merrick dans une série adaptée de Elephant Man (1980)

    Maya Hawke (Robin)

    Quand elle n’est pas derrière les platines de Radio WSQK, Maya Hawke tourne. Beaucoup. La fille de Ethan Hawke et Uma Thurman participera cette année à Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson (2026), deuxième prequel de la célèbre saga adaptée des romans de Suzanne Collins, qui nous plongera au coeur des 50ème Jeux de la Faim aux côtés d’un jeune Haymitch Abernathy. En 2026, on croisera également la comédienne dans One Night Only, variation potache sur la Purge d’American Nightmare signée Will Gluck (Tout sauf toi) où les relations adultères sont autorisées une nuit par an. Maya Hawke devrait également s’illustrer chez Stephen Frears dans le film Wilder & Me face à Christoph Waltz en Billy Wilder, et dans Lucia dans le rôle de la fille de James Joyce (incarné par Rhys Ifans).

    Jamie Campbell Bower (Henry Creel / Vecna)

    Il a campé un vampire (Twilight), un chasseur de démons (Mortal Instruments), un sorcier du Wizarding World (Les Animaux Fantastiques), le monstre du Monde à l’envers… Dans quel univers fantastique Jamie Campbell Bower pourrait-il évoluer après Stranger Things ? En Terre du Milieu, évidemment ! Le comédien et chanteur est ainsi annoncé dans un rôle important de la saison 3 des Anneaux de Pouvoir (2022-), sans qu’aucun indice sur son personnage n’ait encore filtré. Elfe ? Homme ? Orc ? Réponse prochainement sur Prime Video. Il devrait également affronter des phénomènes étranges avec Erin Moriarty dans The Haunting in Wicker Park, l’histoire vraie d’un exorcisme couvert par NBC en 1971.

  • Ces 8 séries fascinantes sont nées d’un podcast (et vous ne le saviez pas !)

    Ces 8 séries fascinantes sont nées d’un podcast (et vous ne le saviez pas !)

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Les livres n’ont pas le monopole de l’adaptation ! Avant de devenir des succès sur les plateformes de streaming, ces séries ont commencé par des voix, des silences, des relances. Homecoming (2018-2020), Dirty John (2018-2020), Archive 81 (2022) et bien d’autres ont en commun d’avoir été du son avant d’être associées à l’image. 

    Les récits audio intéressent l’industrie du streaming car ils portent en eux les ingrédients d’une série réussie : des intrigues déjà structurées, des personnages forts et une expérience peut-être plus immersive que pour des séries originales ou adaptées de livres. Un podcast qui a réussi à capter l’attention de son public part avec des points bonus pour intéresser les amateurs de séries ! Pour JustWatch, je vous fais une liste des adaptations les plus emblématiques.  

    Homecoming (2018-2020)

    Avant d’être une série portée par Julia Roberts, Homecoming (2018-2020) était un podcast audio de fiction, conçu comme une expérience d’écoute immersive. L’histoire d’une assistante sociale travaillant dans un centre de réinsertion pour soldats traumatisés s’y déployait à travers des appels téléphoniques, des séances enregistrées, des fragments de conversations et des comptes rendus administratifs. Peu à peu, derrière ce dispositif se dessinait une intrigue plus inquiétante, faite de manipulation institutionnelle et de non-dits. Le podcast plaçait l’auditeur dans une position active, obligé de recomposer le puzzle narratif à partir de bribes sonores.

    C’est précisément ce hors-champ sonore que la série a dû traduire à l’image. Et elle le fait en assumant une mise en scène très écrite : cadres géométriques, formats d’image contraints, couleurs froides presque cliniques. Là où l’audio suggérait, l’image cadre, enferme, organise. Homecoming ne trahit pas son origine sonore, elle la prolonge autrement, en transformant le doute auditif en malaise visuel. Comme si la série cherchait moins à révéler qu’à faire ressentir, rappelant que cette histoire est née d’un dispositif où l’on écoute avant de comprendre, et où la vérité se cache toujours dans ce qui n’est pas dit.

    Dirty John (2018-2020)

    « Based on the Los Angeles Times series of articles and podcast by Christopher Goffard ». Le générique de Dirty John (2018-2020) ne peut pas être plus clair ! La série d’anthologie repose sur des documents journalistiques américains, en partie sonores. Des affaires criminelles bien réelles qui ont défrayé la chronique.

    La première saison, « The John Meehan Story » raconte la vie de Debra Newell, femme divorcée aisée, et John Meehan, homme charismatique rencontré via une application de dating, qui vivent une belle histoire jusqu’à ce que le conte se fissure à coups de mensonges et de manipulations, jusqu’à la menace physique. À travers les témoignages audio de la vraie Debra et de ses proches, le podcast reconstituait a posteriori le piège de John. La série, elle, choisit de nous immerger dans la relation au présent, montrant comme la violence s’installe progressivement derrière des gestes en apparence anodins.

    La saison 2, « The Betty Broderick Story », s’éloigne du podcast initial mais conserve son approche documentaire en explorant une autre affaire médiatisée : celle d’une femme abandonnée par son mari, avocat en pleine ascension, qui sombre dans une spirale de colère et de ressentiment jusqu’au drame. Plus ambivalente, cette saison interroge les frontières entre victime et bourreau. La série s’arrête après deux saisons, le concept ayant été pensé comme une anthologie d’histoires closes, chacune tirée de faits réels, sans volonté d’étirer artificiellement le dispositif. 

    Dr. Death (2021-)

    Christopher Duntsch, ça vous dit quelque chose ? Qualifié à sa sortie de « podcast le plus terrifiant de l’année », Dr Death (2021-) racontait en six épisodes le cas de ce neurochirurgien américain malveillant ayant fait plus d’une trentaine de victimes (qu’il mutilait pendant les opérations), dont deux morts. À l’écoute, l’horreur ne vient pas de la mise en scène mais de la réalité brute des faits, racontés avec une précision clinique qui laisse peu de place à l’imagination et glace le sang.

    Le podcast à succès, disponible en français sur Spotify, prenait la forme d’une enquête rigoureuse, mais ne se contentait pas d’aligner les preuves. Il donnait une voix aux patients, aux familles, aux médecins lanceurs d’alerte, faisant émerger une question centrale et vertigineuse : comment un tel homme a-t-il pu continuer à opérer si longtemps ? En passant à l’écran, la série conserve cette tension morale et ce souci de l’humain, rappelant que Dr. Death n’est pas seulement le portrait d’un individu monstrueux, mais celui d’un système qui a préféré fermer les yeux. Une histoire où la véritable terreur ne vient pas du sensationnel, mais de ce qui a été laissé faire. 

    The Dropout (2022)

    Elizabeth Holmes existe vraiment mais son visage a, pour le grand public français, davantage les traits de la comédienne Amanda Seyfried. Pour cause : sa prestation dans The Dropout (2022) a été récompensée d’un Golden Globe. Cette série revient sur l’ascension fulgurante puis la chute tout aussi spectaculaire de la fondatrice de Theranos, start-up promettant de révolutionner les analyses sanguines à l’aide d’une technologie aussi séduisante qu’inexistante. Derrière le récit très médiatisé du scandale, la série s’attarde surtout sur la fabrication d’un mythe : celui d’une entrepreneuse visionnaire devenue icône avant même que ses inventions ne soient réellement éprouvées.

    Avant d’être une fiction TV, The Dropout était un podcast d’enquête composé de deux saisons, la deuxième suivant le procès de la protagoniste. Porté par un travail journalistique minutieux, le podcast décortiquait les rouages du mensonge et de la mise en scène de soi, là où la série en révèle la dimension presque performative. Un podcast dont la qualité a été reconnue par la profession, avec même une nomination aux Emmy Awards dans la catégorie Meilleur reportage d’actualité.

    Limetown (2019)

    Limetown (2019) commence comme une enquête journalistique classique. Lia Haddock, journaliste radio, s’intéresse à la disparition inexpliquée de plus de 300 personnes dans une ville de recherche scientifique baptisée Limetown. Personne n’a jamais su ce qu’il s’y est réellement passé, et surtout, personne ne semble vouloir en parler. Le podcast, à l’origine du projet, adoptait la forme d’un faux reportage radiophonique : des interviews, des archives sonores et des témoignages fragmentés composaient un récit où la frontière entre fiction et documentaire se brouille volontairement. À l’écoute, on avait la sensation troublante d’entendre une histoire vraie jusqu’à ce que l’horreur dépasse le cadre du plausible.

    En passant à l’écran, la série conserve cette structure d’enquête mais perd volontairement l’illusion du réel pour explorer une ambiance plus froide, presque clinique. Les images donnent un visage aux témoins, aux lieux et aux zones d’ombre, là où le podcast laissait l’imagination faire le travail. Limetown devient alors une réflexion sur la mémoire et le contrôle, mais aussi sur notre fascination pour les récits d’expériences scientifiques qui tournent mal. Une adaptation imparfaite mais fascinante, qui rappelle que certaines histoires gagnent à être entendues avant d’être vues et que le malaise naît souvent de ce que l’on ne peut pas totalement expliquer.

    Archive 81 (2022)

    Archive 81 (2022) commence par un geste presque anodin : la restauration de vieilles cassettes vidéo. Dan Turner, archiviste solitaire, est chargé de numériser les enregistrements réalisés par une étudiante en cinéma dans un immeuble new-yorkais aujourd’hui détruit par un incendie. Les vidéos révèlent des phénomènes inquiétants : portes qui claquent sans raison, ombres mouvantes, rituels occultes et indices d’une secte secrète dirigée par une mystérieuse femme appelée le « Compositeur ». Le podcast original construisait son suspense à travers ces fragments : les témoignages, les enregistrements partiels et les dialogues interrompus forçaient l’auditeur à combler les vides, accentuant le sentiment de mystère et d’inquiétude.

    La série conserve cette logique d’archives retrouvées, mais la traduit à l’image en jouant sur les formats, grâce notamment à des ruptures temporelles mais aussi des séquences de found footage. Là où le podcast plongeait l’auditeur dans une écoute sage, la série matérialise l’horreur. Classé un temps parmi les plus gros succès de Netflix, Archive 81 joue avec de nombreuses références de films d’horreur - de The Ring (2003) à Sinister (2012) - tout en imposant sa propre esthétique avec des images granuleuses et une atmosphère oppressante. Dommage qu’elle ait été annulée après une saison.

    The Ricky Gervais Show (2010-2012)

    Difficile d’imaginer qu’avant d’être une série d’animation culte, The Ricky Gervais Show (2010-2012) était une série audio, et avant cela, un podcast. Ricky Gervais, Stephen Merchant et Karl Pilkington y menaient des conversations improvisées et forcément décalées sur la vie quotidienne et les absurdités du monde. On y parlait de tout : des rêves les plus fous de Karl, de ses théories absurdes sur la gravité ou le sens de la vie. Chaque épisode fonctionnait comme un microcosme d’humour : on ne savait jamais comment commencerait la conversation ni où elle finirait. Un chaos qui fascine les auditeurs. 

    Illustrer ce matériau sonore, sans le transformer, dans une série animée n’a pas dû être une mince affaire. Mais le résultat est à la hauteur : l’alchimie entre les trois hommes perdure à l’écran. Les rires étouffés et les digressions conservent leur force comique, tandis que l’animation offre un supplément de fantaisie. Au final, la série, originale dans sa genèse, est un véritable objet culturel hybride et inattendu.

    Mythes et croyances (2017-2018)

    Les producteurs de Walking Dead et X-Files : Aux frontières du réel ont trouvé un vrai terrain de jeu avec Mythes et croyances (2017-2018), une série donnant vie au podcast Lore, de l’auteur et journaliste américain Aaron Mahnke. Basés sur des événements bien réels, chaque épisode explore les histoires étranges ou des légendes urbaines qui ont inspiré des peurs collectives. « Les histoires qui font le plus peur sont vraies », précise la série dans sa bande-annonce, et ce mantra structure l’expérience : derrière chaque frisson, il y a un élément tangible.

    Le podcast qui la précède plonge l’auditeur dans des récits précis : le meurtre d’Elizabeth Báthory et sa réputation de comtesse sanglante, les lynchages dans le Sud des États-Unis et la façon dont ils ont nourri des superstitions locales, les fantômes du Titanic ou encore la légende du monstre du Loch Ness. Faits documentés par des archives, des journaux intimes et des témoignages, on les retrouve dans la version en images, traités fidèlement. De quoi alimenter encore un peu plus nos peurs.

  • La suite de Once Upon A Time In… Hollywood et les bandes-annonces du Super Bowl 2026 !

    La suite de Once Upon A Time In… Hollywood et les bandes-annonces du Super Bowl 2026 !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Marqué par la victoire des Seattle Seahawks, le 60ème Super Bowl a également offert des images inédites de certains des films les plus attendus de 2026. Si rien de nouveau n’a filtré sur le « Dunesday », le programme était chargé entre Michael Jackson, Spielberg, les Minions et les retrouvailles de Fincher / Pitt !

    The Adventures of Cliff Booth - en 2026 sur Netflix

    Netflix a frappé fort cette nuit ! En dévoilant les premières images de The Adventures of Cliff Booth (2026), la plateforme ajoute un nouveau film-événement à un line-up 2026 déjà monstrueux. Et pas n’importe quel film puisqu'il s’agit de la suite du Once Upon A Time In… Hollywood (2019 de Quentin Tarantino, centrée sur le personnage de cascadeur cool incarné par Brad Pitt et pour laquelle le comédien retrouve David Fincher pour la quatrième fois après Seven (1995), Fight Club (1999) et Benjamin Button (2008). Au-delà de ces images qui montrent que le projet est bien plus avancé que ce qu’on imaginait, j’adore la « censure » ajoutée sur les images (nudité, insultes, tabac), dans un pur style Tyler Durden.

    • Voir la bande-annonce de « The Adventures of Cliff Booth » 

    Michael - au cinéma le 22 avril 2026

    Les images de Michael (2026) me font le même effet que celles de Bohemian Rhapsody (2018) : je suis sidéré par la manière dont Jaafar Jackson -comme Rami Malek avant lui avec Freddie Mercury- a réussi à capturer le body language de Michael Jackson. L’idée n’est pas tant de ressembler au King Of Pop (et il lui ressemble vraiment !) que de parvenir à capturer sa gestuelle et son esprit. Et de ce qu’on voit dans ce nouveau trailer est juste ahurissant. Le moonwalk, Thriller, Beat It… : les moments les plus iconiques de la carrière de la plus grande star de l’Histoire de la musique reprennent vie. Et au-delà des concerts et des clips, le parcours d’émancipation de l’artiste face à son père Joe Jackson (Colman Domingo est méconnaissable) s’annonce extrêmement touchant et inspirant.

    • Voir la nouvelle bande-annonce de « Michael »

    Minions & Monsters - au cinéma le 1er juillet 2026

    Les Minions font leur cinéma ! Pour leur troisième aventure solo, en parallèle de la franchise Moi, Moche et Méchant, les petits personnages délirants du studio Illumination s’invitent sur des plateaux de tournage pour concrétiser leur vision : un film de monstres. Convoquant une créature lovecraftienne -finalement très petite et plutôt mignonne-, ils vont la suivre à travers le monde à la rencontre de différents kaijus pour faire leur casting ! Au bout de sept longs métrages (et beaucoup de courts), je me demandais si les Minions pourraient encore me surprendre : la réponse est plutôt affirmative après ces images de Minions & Monsters, qui ont en plus le mérite de faire découvrir l’onomatopée « Couic » au public US ! Attention simplement à faire mieux que Monstres contre Aliens (2009), qui m’avait beaucoup déçu dans le même esprit.

    • Voir la bande-annonce de « Minions & Monsters »

    Disclosure Day - au cinéma le 10 juin 2026

    Le retour de Steven Spiegel à la science-fiction -et plus spécifiquement au film d’extraterrestres-, c’est un immense oui ! Après Rencontres du troisième type (1977), E.T. (1982) et La Guerre des Mondes (2005), le cinéaste nous propose cette année le très attendu Disclosure Day (2026), qui parvient à garder tout son mystère au sein d’un genre pourtant codifié et essoré. Les images rappellent Signes (2002), Les Âmes Vagabondes (2013), Pluribus (2025-), Independence Day (1996) aussi, mais avec la patte unique du cinéaste récemment intronisé dans le club très fermé des « EGOT ». Et au-delà de ces « refs », je sais qu’il saura nous surprendre en nous entraînant là où on ne s’y attend pas (il a imaginé l’histoire, mise en forme par David Koepp, le scénariste de Jurassic Park, 1993). La hype est IMMENSE.

    • Voir le spot de « Disclosure Day »

    Projet Dernière Chance - au cinéma le 18 mars 2026

    Projet Dernière Chance (2026), c’est un peu un outsider au sein de cette année riche en blockbusters. Mais plus je vois des images du film de Phil Lord & Christopher Miller (La Grande Aventure Lego), plus je crois en cette histoire d’un scientifique (Ryan Gosling) envoyé en mission spatiale pour sauver le Soleil, et qui va rencontrer et se lier d’amitié avec une étrange créature extraterrestre rocailleuse qu’il baptise Rocky. Certains avaient regretté le fait que la première bande-annonce spoilait beaucoup cette surprise : le trailer final montre au contraire que c’est l’aventure et l'amitié entre les deux personnages qui va être au centre du long métrage, plus que la révélation de l’alien. Entre Sunshine (2007), Interstellar (2014) et Ad Astra (2019), mais avec plus de légèreté, je ne peux qu’attendre cette proposition SF !

    • Voir la bande-annonce de « Projet Dernière Chance »

    The Mandalorian and Grogu - au cinéma le 20 mai 2026

    Un blizzard glacé, un chariot, de l’harmonica, la voix de Sam Elliott (en tout cas, ça y ressemble beaucoup !) : ça commence comme un western mystérieux. Et puis on devine des Tauntauns, et on découvre le gant d’un chasseur de primes laissant les rênes à une mignonne petite main verte. Le spot de The Mandalorian and Grogu (2026) joue la carte de la surprise et du décalage : ici pas vraiment de nouvelles images, mais un esprit pionnier et western qui s’inscrit dans l’ADN de la série The Mandalorian (2019-)... et une approche qui confirme que ce film ne sera pas tout à fait un Star Wars comme les autres. Oubliez la Force, c'est la Voie qui ramène la saga intergalactique sur grand écran après six ans d’absence.

    • Voir le spot de « The Mandalorian and Grogu »

    Supergirl - au cinéma le 24 juin 2026

    « Superman voit le bon en chacun. Moi, je vois la vérité. » Cette réplique, lancée à la fin du teaser de Supergirl (2026), montre comment la cousine du Man of Steel va se différencier du personnage réinventé par James Gunn et David Corenswet l’année dernière. Réalisateur de Moi, Tonya (2018) et Cruella (2021), Craig Gillespie a prouvé qu’il n’a pas son pareil pour mettre en scène des personnages féminins complexes, attachants et un peu trash. Et cela se sent dans ces nouvelles images, où on accompagne Milly Alcock durant les derniers jours de Krypton mais aussi durant sa rencontre avec un Krypto encore chiot et donc super mignon (c’est le cas de le dire !).

    • Voir le spot de « Supergirl »

    Jumpers - au cinéma le 4 mars 2026

    À moins d’un mois de sa sortie, Jumpers (2026) joue la sécurité avec un spot efficace (le gag des émojis en musique est très sympa) qui vise surtout à bien faire comprendre le concept du nouveau film d’animation des studios Pixar : une technologie qui permet à une jeune passionnée de la faune de piloter un castor pour découvrir la vie secrète des animaux. Entre Avatar (2009), Lucas fourmi malgré lui (2006) et Nos voisins, les hommes (2006), le long métrage propose un chouette bestiaire et promet une aventure finalement réjouissante -alors que sur le papier, le film ne m’emballait pas que ça. On n'est pas à l'abri d’une belle surprise comme le fut Alerte Rouge (2022) ! C’est tout ce que je souhaite au studio après un Elio (2025) en demi-teinte. 

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    Super Mario Galaxy, le film - au cinéma le 1er avril 2026

    15 secondes, c’est un peu court pour le nouveau spot de Super Mario Galaxy, le film (2026) ! Mais on n’en veut pas au studio Illumination, qui avait dévoilé il y a peu un teaser présentant Yoshi. On retrouve donc le petit dinosaure à carapace, qui tente un rugissement glapissement face à l’un de ses cousins, en l'occurrence un T-Rex massif qui lui répond cette fois avec un vrai hurlement tout droit sorti de Jurassic Park ! C’est court donc, mais très efficace et très sympa. Et au-delà de la franchise Nintendo, c’est une séquence qui met à l’honneur le film-culte de Spielberg une deuxième fois dans le cadre de ce Super Bowl, après l’incroyable publicité qui convoque les stars du film original pour un week-end où tout se passe bien.

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  • On a classé les meilleures pubs du Super Bowl inspirées par le cinéma : Harry & Sally, Un jour sans fin, Jurassic Park…

    On a classé les meilleures pubs du Super Bowl inspirées par le cinéma : Harry & Sally, Un jour sans fin, Jurassic Park…

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Avec plus de 100 millions d’Américain.es, c’est l’événement sportif le plus suivi chaque année outre-Atlantique. Le 60ème Super Bowl ne devrait pas faire exception. Et comme toujours, le spectacle se jouera sur le terrain mais aussi pendant les (nombreuses) pauses publicitaires.

    A chaque nouvelle finale du championnat de football américain de la NFL, les annonceurs se pressent pour profiter de cette exposition massive (vendue 5 millions de dollars les 30 secondes, tout de même), redoublant de créativité et de moyens pour livrer LE spot publicitaire le plus marquant. Et si de nombreuses stars d’Hollywood en profitent pour jouer les hommes et les femmes sandwich, le cinéma et les séries eux-mêmes inspirent les agences créatives. La preuve en 16 publicités mémorables, que j’ai classées -en toute subjectivité- pour JustWatch.

    16. The Brady Bunch - Snickers

    The Brady Bunch, c’est une série iconique de la télévision américaine, qui n’a jamais traversé l’Atlantique. De 1969 à 1974, durant 5 saisons et 117 épisodes, le public a suivi avec passion le quotidien d’une famille recomposée, formée d’un veuf et ses trois fils d’un côté et une veuve et ses trois filles de l’autre. De quoi rendre le quotidien agité ! L’aspect « Madeleine de Proust » du show n’a pas échappé à Snickers, qui l’a revisité dans un spot étonnant, qui reprend un vrai extrait de la série mais dans lequel Danny « Machete » Trejo et Steve Buscemi remplacent respectivement les personnages de Marcia et Jane. Le résultat est… savoureux, forcément.

    15. MacGyver - Mastercard

    Du désodorisant, des chaussettes, un trombone, un stylo à billes, un élastique, une pince à épiler, du spray nasal et une pipette à dinde : ce sont les petites choses inestimables qui permettent à Richard Dean Anderson de survivre à sa journée explosive ! Et c’est avec sa carte de crédit Mastercard que l’interprète de MacGyver (1985-1992) a fait ses emplettes. Dans cette publicité, les codes du légendaire héros couteau-suisse-bricolo des années 80 sont détournés avec beaucoup d’humour et de nostalgie. Et quand je vois cette publicité, j’ai à nouveau 8 ans !

    14. Looney Tunes - Nike

    Quatre ans avant Space Jam (1996), Michael Jordan croisait déjà le chemin de Bugs Bunny dans cette publicité pour Nike. Réveillé par des joueurs arrogants qui tapent le ballon au-dessus de son terrier (quelle idée, en même temps, d’habiter sous un parquet de basket !), le célèbre lapin va trouver du renfort chez le légendaire N°23 des Chicago Bulls. Quand Air Jordan fait équipe avec Hare Jordan (jeu de mots sur « hare » / « lièvre »), le spectacle est forcément au rendez-vous et les dunks s’enchaînent. On retrouve dans ces 30 secondes le même esprit et la même mise en scène que le film qui ravira la planète basket quelques années plus tard.

    13. Breaking Bad - Popcorners

    « Say THEIR name ! » Walter White (Bryan Cranston) et Jesse Pinkman (Aaron Paul) s’invitent en personne dans ce spot pour Popcorners, qui détourne l’univers de Breaking Bad (2008-2013). Ici, pas de métamphétamines, mais des chips de maïs soufflées à l’air préparées par le génie de la chimie dans son camping-car, à partir « d’ingrédients de base ». Et quand Tuco Salamanca (Raymond Cruz) vient goûter la marchandise, il ne peut s’empêcher de manifester son intérêt… mais aussi de réclamer non pas six saveurs mais bien sept variétés à grignoter ! Une publicité à consommer sans modération pour tous les fans de la série culte.

    12. Grease (et Scrubs) - T-Mobile

    Dans une banlieue américaine, deux résidents (Zach Braff et Donald Faison de la série Scrubs !) voient débarquer un nouveau voisin. Et pas n’importe lequel : c’est John Travolta, et il est en train de faire installer la fibre. Il n’en faut pas plus pour que les deux compères viennent à sa rencontre pour lui vanter -en chanson- les mérites de la 5G T-Mobile. Le morceau, repris et dansé par les trois comédiens, détourne alors habilement les paroles de Summer Nights (l’un des tubes de Grease, 1978) pour que Travolta les invite à en dire plus sur les avantages du forfait (« Tell me more, tell me more… »). C’est très marrant, et on en oublie que c’est une pub !

    11. Shining - Mountain Dew Zero

    Le Ready Player One de Steven Spielberg et le Doctor Sleep avec Ewan McGregor ne sont pas les seuls à avoir eu le privilège de fouler les couloirs de l’Overlook Hotel : dans la publicité pour la version sans sucres de Mountain Dew, Bryan Cranston reprend le rôle (et la hache) de Jack Nicholson dans Shining (1980) pour s’amuser avec les scènes emblématiques du chef d’oeuvre de Stanley Kubrick. L'ascenseur (où les flots d’hémoglobine sont remplacés par la boisson verte), les deux jumelles flippantes et évidemment la séquence de la porte : tout est là ! « Here’s Mountain Dew Zero !!! » 

    10. Austin Powers - General Motors

    J’adore le Docteur Denfer. Beaucoup plus que son meilleur ennemi Austin Powers (1997-2002), d’ailleurs. Alors quel plaisir de retrouver Mike Myers, Seth Green (Scott Denfer), Mindy Sterling (Frau Farbissina) et Rob Lowe (Numéro Deux) dans leur QG alors qu’ils prennent le contrôle de General Motors le temps d’une publicité qui renoue avec les meilleurs moments de la trilogie. Le rire inimitable du méchant est toujours là, tout comme ses plans machiavéliques, sa relation compliquée avec son fils et son envie irrépressible d’utiliser ses pièges mortels. Ici, Denfer va accepter de devenir le gentil pour passer à l'électrique et réduire l’empreinte carbone des véhicules du constructeur automobile… pour ensuite mieux s’emparer du monde. Sauver la Terre pour mieux la conquérir, c’est brillant ! (rire machiavélique)

    9. La Folle journée de Ferris Bueller - Honda

    Beaucoup de gens ont (re)découvert La Folle journée de Ferris Bueller (1986) grâce à la scène post-générique de Deadpool (2016), qui parodiait le héros culte campé par Matthew Broderick quand il s’adresse directement au spectateur en brisant le quatrième mur. Quatre ans plus tôt, le comédien avait accepté de revivre une folle journée pour Honda, dans le cadre d’une publicité qui le balade à travers la ville au nez et à la barbe de son agent, alors qu’il est censé être cloué au lit par un microbe. Tous les plans du spot jusqu’à la réplique finale, et même la bande son, renvoient au film de John Hughes. Et on adore !

    8. Seul au monde - FedEx

    Vous vous souvenez de Seul au monde (2000) ? Un employé de FedEx s’y retrouvait naufragé sur une île déserte après le crash de son avion, et organisait sa survie en s’aidant des colis ramenés par la marée. Il les ouvrait tous, sauf un, et le film se terminait alors que, enfin rentré chez lui, il partait livrer ce paquet qui lui avait permis de tenir. La publicité FedEx proposée lors du Super Bowl 2003 fait un super clin d’oeil au long métrage de Robert Zemeckis, en mettant en scène ce moment : le héros découvre alors avec horreur le contenu du colis (un téléphone-satellite, un GPS, une canne à pêche, un purificateur d’eau et des graines). C’est juste génial… on regrette juste l’absence de Tom Hanks ! 

    7. Star Wars - Volkswagen

    Comme le spot FedEx l’a prouvé, on peut se passer de stars tant que la créativité est là et que les références sont bien amenées. Volkswagen l’a démontré en 2011, dans sa publicité pour la nouvelle Passat. On y suit un Dark Vador en herbe, vêtu du déguisement du Seigneur Sith de la saga Star Wars, qui tente -sans grande réussite- d’utiliser la Force et le pouvoir du côté obscur sur les objets de la maison familiale. Et même sur son pauvre chien qui aimerait bien terminer sa sieste. Désespéré par le manque de résultats, le garçon va être récompensé quand son papa, utilisant discrètement la télécommande du véhicule, met en marche les phares et le moteur de sa voiture de manière synchronisée avec les gestes de son fils. L’idée est juste parfaite, et le body language du gamin inoubliable !

    6. Edward aux mains d’argent - Cadillac

    Winona Ryder chez Tim Burton, c’est Beetlejuice (1988), bien sûr, Edward aux mains d’argent (1990), évidemment, et Frankenweenie (2012). Si la comédienne a repris son rôle dans Beetlejuice Beetlejuice (2024), il ne faut pas oublier son savoureux clin d'œil à Edward en 2021, dans un spot pour Cadillac. Elle y retrouve son personnage de Kim, désormais maman d’un jeune Edgar (Timothée Chalamet !) qui, comme son père, a les mains coupantes et se retrouve quelque peu inadapté au monde qui l’entoure. Heureusement, il pourra compter sur un véhicule électrique semi-autonome pour s’évader. C’est une jolie pirouette autour de l’univers du conte freak imaginé par Burton… en revanche, je ne suis pas certain que le cinéaste ait apprécié.

    5. Quand Harry rencontre Sally - Hellmann’s

    C’est assurément l’une des scènes les plus cultes de la romcom, et même du cinéma : l’orgasme simulé par Meg Ryan en plein dinner, face à Billy Crystal dans Quand Harry rencontre Sally (1989). Maintes fois parodiée, la séquence est rejouée à l’identique -ou presque- par les deux comédiens en 2025, pour vanter les mérites de la mayonnaise Hellmann’s. C’est en croquant dans son sandwich, assaisonné avec la sauce, que la comédienne renoue avec la jouissance sous le regard mi-amusé mi-gêné de son partenaire. Les valeurs de plans, les figurants, le lieu (le Katz’s Delicatessen à New York) : tout est repris à l’identique, jusqu’à la réplique finale lancée cette fois par Sydney Sweeney. Je valide !

    4. Netflix Extended Universe - General Motors

    Je suis un immense fan de Will Ferrell, génie comique injustement méconnu -voire inconnu- en France. Il amène sa bonhomie et son timing comique unique dans le spot imaginé par General Motors pour vanter les mérites de sa nouvelle gamme électrique durant le Super Bowl 2023. Le constructeur s’allie pour l’occasion à Netflix, et voilà notre Will Ferrell embarqué dans les différents univers de la plateforme : une invasion zombie de Army of the Dead, un passage dans les jeux de Squid Game (2021-2025), une escapade par les jardins de La Chronique des Bridgerton (2020-) et un échange très marrant avec Priah Ferguson/Erica dans le monde à l’envers de Stranger Things (2016-2026).

    3. Will Hunting - Dunkin'

    Ben Affleck est un habitué des spots Dunkin' Donuts. Il s'est déjà illustré à la caisse de l'une des enseignes en caméra caché (pour le plus grand bonheur des clients) ou dans un rap d'anthologie où il intègre son compère Matt Damon -visiblement contraint et forcé de faire plaisir à son « ami ». La nouvelle publicité, diffusée dans le cadre du Super Bowl 2026, est une nouvelle fois très réussie avec une parodie façon sitcom des années 90 de Will Hunting (1997) baptisée Good Will Dunkin. Cette fois, c'est Ben Affleck qui joue les génies, entouré de figures majeures de la télévision américaine (Jennifer Aniston et Matt LeBlanc de Friends, Alfonso Ribeiro du Prince de Bel-Air, mais aussi Jason Alexander, Ted Danson, Jaleel White et Jasmine Guy. C'est génial, même si Matt Damon n'est pas du délire !

    2. Jurassic Park - Xfinity

    C’est LE spot le plus réussi du cru publicitaire du Super Bowl 2026 : un retour à Jurassic Park (1993) avec Sam Neill, Laura Dern et Jeff Goldblum ! Alors que John Hammond opte pour les services du fournisseur d’accès Xfinity, la catastrophe dinosauresque devient un week-end des plus agréables pour le trio : selfie avec le T-Rex, farniente au bord de la piscine, buffet à volonté (« C’est vraiment un gros tas de crevettes ! »), running au milieu des gallimimus, tour de manège tricératops… tout se passe au mieux, comme dans une version alternative du film culte de Steven Spielberg sans technicien-traître ni panne générale (« Le wifi trouve toujours un chemin »). J’ai découvert les images avec un immense sourire, et je l’ai partagé dans la foulée à tous mes contacts. C’est, je pense, la preuve que la publicité est réussie.

    1. Un jour sans fin - Jeep

    J’ai écrit il y a quelques jours sur le film culte de Harold Ramis (Un jour sans fin est-il un film d’horreur ?). L’occasion de revoir le long métrage ET sa parodie légendaire, également portée par Bill Murray. Pour Jeep, le comédien revit le jour de la marmotte, sauf que ce qui ressemblait à un cauchemar dans Un jour sans fin (1993) devient ici un plaisir répété encore et encore, grâce au nouveau véhicule du constructeur. Punxsutawney n’a pas bougé, les habitants (Brian Doyle‑Murray et Stephen Tobolowsky en tête) sont toujours là, la chanson de Sonny & Cher se lance chaque matin à 6 heures, mais notre héros grincheux est heureux de reprendre la route avec sa marmotte préférée chaque matin. Et moi aussi, je peux revoir le spot en boucle.

    HORS COMPÉTITION - Wallmart

    Si j’ai choisi d’isoler le spot WallMart 2020 du reste du classement, c’est parce qu’il mêle plusieurs univers « pop », à travers des clins d'œil et du fan-service, sans forcément offrir une réinvention ou une variation autour d’un univers culte. Il n’en reste pas moins génial, puisqu’on y croise de nombreux « visiteurs », venus chercher leurs courses en click-and-collect auprès des employés du supermarché. L’équipage de Star Trek, Groot et les Gardiens de la Galaxie, Flash Gordon, Buzz l’éclair, Bill (Alex Winter) et Bill & Ted, les LEGO, les envahisseurs de Mars Attacks, Marv le Martien et les aliens de Men in Black sont ainsi au rendez-vous de la publicité ! Il ne manque personne, pas même C-3PO et R2-D2 ni les heptapodes de Premier Contact. C’est fort, et ça ravit le fan de SF que je suis.

  • 5 acteurs qui pourraient remplacer Viggo Mortensen dans le prochain film Seigneur des Anneaux

    5 acteurs qui pourraient remplacer Viggo Mortensen dans le prochain film Seigneur des Anneaux

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    The Hunt of Gollum est actuellement en production à Hobbiton, le lieu de tournage légendaire qui a vu naître les trilogies du Seigneur des Anneaux et du Hobbit en Nouvelle-Zélande. Andy Serkis réalisera ce nouvel opus, accompagné de Peter Jackson, Philippa Boyens et Fran Walsh à la production et au scénario, qui se déroulera entre Le Hobbit (2012) et La Communauté de l’anneau (2001) et suivra les efforts de Gandalf et Aragorn pour localiser Gollum, afin de l’empêcher de révéler à Sauron où se trouve l'anneau unique, s’il venait à être capturé.

    Avec ou sans Viggo ?

    Je fais personnellement partie de la team qui pense que Viggo Mortensen est irremplaçable (il n’a pas seulement incarné Aragorn, il EST Aragorn !). Cela étant dit, s’il s'avère que l’acteur ne souhaite plus -ou ne puisse pas- reprendre son rôle de rôdeur, il faudra trouver un autre « Grands Pas ». L’acteur américain a récemment annoncé qu’il n'était pas fermé à l'idée de retrouver ce personnage iconique (si le scénario était bon), et qu’il faisait entièrement confiance à Peter Jackson et au reste de l'équipe.

    Aux dernières nouvelles, rien n'est encore joué puisque Philippa Boyens elle-même avait déclaré en 2024 que tout dépendrait de la décision de Viggo Mortensen, et de son choix d'utiliser ou non la technologie de rajeunissement numérique ou d'autres procédés. Cependant, si on en croit certaines rumeurs, il se pourrait que des auditions se tiennent en ce moment même à Londres et en Nouvelle-Zélande. D'après le toujours très bien renseigné The One Ring.Net, la production serait à la recherche d’un acteur plus jeune et inconnu.

    Qui pour Aragorn ?

    Personnellement, je trouve que c’est la meilleure approche à adopter si Viggo Mortensen n’est plus une option. En effet, Aragorn est un rôle qui marquera la vie et la filmographie du potentiel acteur en question au fer rouge. Or, caster un grand nom hollywoodien ou même un acteur qui a déjà été la tête d’affiche d’une franchise à succès ne serait -à mon humble avis- pas la meilleure direction à adopter.  

    Ben Barnes ou encore Sebastian Stan ont souvent été « fancastés » mais il semblerait que les deux acteurs aient été écartés par les équipes de casting, jugés déjà un peu « trop vieux » pour cette version d’Aragorn. Pour rappel, la chasse de Gollum a eu lieu en plusieurs étapes, mais le chapitre choisi pour le film est celui qui se déroule un peu avant le début de la Communauté de l'Anneau, dans lequel Viggo Mortensen avait tout juste 41 ans.

    On peut donc imaginer que les équipes du film s’orientent cette fois vers un acteur légèrement plus jeune ou du même âge que Mortensen lorsqu’il a commencé le tournage de la trilogie de Peter Jackson. Par ailleurs, rien n’est encore officiel en ce qui concerne le rôle, qu’il s’agisse du retour de Viggo Mortensen, ou du casting d’un autre acteur, ou même des deux (à l’instar du Hobbit, où le récit était narré par Ian Holmes, mais dans lequel Martin Freeman incarnait un Bilbon plus jeune) 

    Pour JustWatch, je vous ai donc préparé une petite liste hypothétique et subjective de 5 acteurs qui pourraient potentiellement remplacer Viggo Mortensen dans ce rôle iconique. 

    Michael Fassbender

    Oui, j’ai bien conscience que Michael Fassbender est plus âgé que Viggo Mortensen lors du tournage de la trilogie. Et ce n’est pas un acteur « inconnu » non plus. Mais s’il est souvent cité comme étant remplaçant plausible, c’est pour plusieurs raisons. D’abord, l’acteur a des yeux similaires et une carrure relativement proche de celle de Viggo Mortensen. Ensuite, nous l’avons déjà vu avec des cheveux mi-longs, maniant l'épée ou tout simplement dans des drames historiques que ce soit Assassin’s Creed, Macbeth ou Slow West. Et il faut bien avouer que le côté guerrier/ baroudeur qui a tout vu et tout vécu lui va très bien !

    Nicolaj Coster-Waldau 

    Là encore, Nikolaj Coster-Waldau n’est pas inconnu au bataillon. Et oui, il a 55 ans soit pratiquement 15 ans de plus que Viggo Mortensen à l'époque. Pourtant, physiquement, il partage plusieurs points communs avec lui, en commençant là aussi par son regard, qui me fait parfois beaucoup penser à celui d'Aragorn. Nous savons aussi que les rôles de capes et d'épées sont monnaie courante pour lui, même s’il se peut que ses rôles marquants dans Game of Thrones ou King and Conqueror soient un peu trop distrayants et poussent même à la comparaison. Mais l’acteur danois a l’air expérimenté, un critère essentiel pour le rôle. 

    Stuart Martin

    L’acteur de Medici, Jamestown et Miss Scarlet n’est pas étranger aux personnages un peu sombres, mystérieux -voir grognons-, surtout dans des séries d'époque. Physiquement, sa carrure, ses yeux verts et ses cheveux noirs lui font cocher automatiquement quelques cases pour incarner Aragorn. C’est un très bon acteur qui est également passé par une formation dans le théâtre, et si vous regardez quelques photos de lui dans Medici, vous verrez qu’il campe très bien le rôle de guerrier sombre à dos de cheval.

    Bart Edwards 

    Si vous avez regardé The Witcher, vous avez sûrement croisé Bart Edwards qui incarnait Duny/ L’Empereur Emhyr. Donc l’univers de la fantasy, ça le connaît ! Je ne pense pas avoir déjà vu son nom apparaître dans les fancast pour le rôle d’Aragorn, mais le fait qu’il soit relativement inconnu du grand public et qu’il corresponde assez bien à la description physique de l'héritier du Gondor, pourrait peut- être permettre à l'acteur de 37 ans de s'essayer à ce rôle emblématique. 

    Luke Thompson 

    La star de Bridgerton correspond également au critère physique nécessaire pour incarner Grands Pas. Même s’il n’a pas encore manié l'épée à l'écran, il est apparu dans plusieurs drames historiques. Par ailleurs, son éducation et sa carrière au théâtre font de lui un acteur solide, avec un éventail varié. D’ailleurs, il est même apparu sur scène aux côtés de Ian Mckellen (notre très cher Gandalf) dans Le Roi Lear en 2018. Ça serait assez extraordinaire si les deux acteurs se retrouvaient cette fois-ci dans l’univers de Tolkien !

  • De La Planète sauvage à Arco : l’évolution de l’animation française en 12 films incontournables

    De La Planète sauvage à Arco : l’évolution de l’animation française en 12 films incontournables

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    L’animation française, c’est un peu l’élève surdoué et turbulent au fond de la classe, celui qui refuse de colorier dans les cases. Entre la machine hollywoodienne et la poésie des studios japonais, la France a décidé de choisir une troisième voie : radicale, adulte, audacieuse graphiquement, créative.

    Ici, on est souvent surpris par l’abondance de couleurs, ou par un trait brouillon, une animation saccadée. L’animation française est souvent synonyme de recherche artistique, de prise de risque. De l’OVNI psychédélique des années 70 jusqu’aux récents chefs-d'œuvre de science-fiction, il y a le choix. Ce sont des films avec ce petit truc en plus, qui vous marquent suffisamment pour vous pousser à vous poser des questions auxquelles vous n’auriez pas pensé.

    Dans ce guide JustWatch, je vous présente 12 des films qui représentent le mieux l’animation française et son évolution à travers les dernières décennies. 

    La Planète sauvage (1973)

    La Planète sauvage (1973) est le genre de film capable de vous fasciner autant que vous mettre mal à l’aise. Premier long métrage de René Laloux, cette œuvre est une étrangeté totale de 72 minutes qui n’a pas pris une ride. Sur la planète Ygam, les Oms (nous, les humains) ne sont que de simples nuisibles ou animaux domestiques pour les Draags, des géants bleus à la technologie mystique.

    C’est une fable de domination, de peur, de révolte. Visuellement, nous sommes dans un surréalisme qui ne pourrait que plaire à Max Ernst. L’animation est presque onirique avec une rigidité étrange. C’est un véritable trip hallucinogène amplifié par la bande-son d’Alan Goraguer. C’est cruel, rentre-dedans, dérangeant et laisse vivre une expérience sensorielle et philosophique qui reste gravée. 

    Le Roi et l’Oiseau (1980)

    Le Roi et l’Oiseau est très certainement le film référence de l’animation hexagonale. Hayao Miyazaki, l’un des grands maîtres du genre, cite lui-même ce long métrage comme une influence majeure. Nous le devons à Jacques Prévert et Paul Grimault, qui nous ont offert un moment de poésie assez exceptionnel. Un roi, au nom étonnant (Charles-V-et-trois-font-huit-et-huit-font-seize) cherche  à séduire une bergère amoureuse d’un ramoneur dans une cité verticale oppressante qui a des airs de Metropolis de Fritz Lang.

    Derrière sa douceur apparente, il y a une critique du totalitarisme, du pouvoir, des tyrans. Ce film plaira aux enfants, mais les adultes n’ont pas le droit de passer à côté. Comme pour La Planète Sauvage, j’ai particulièrement apprécié la musique et le rôle qu’elle joue dans ce que l’on ressent en tant que spectateur. Si cela fait longtemps que vous ne l’avez pas vu, regardez le film avec vos yeux d’adultes : c’est beau, c’est triste, c’est mordant. 

    Kirikou et la Sorcière (1998)

    Kirikou. Prononcer ce mot me rend déjà nostalgique. A la fin des années 90, Michel Ocelot débarque pour bouleverser tout le cinéma français avec ce petit bonhomme « qui n'est pas grand mais qui est vaillant ». Le film est un véritable manifeste qui prône l’écoute, le pardon, l’empathie. Kirikou doit faire face à la sorcière Karaba, qui n’est pas méchante par nature, mais par souffrance. 

    Le Douanier Rousseau verrait ce film comme une œuvre d’art, et il aurait raison. C’est un conte initiatique qui sait parler aux enfants sans craindre la complexité. Un film qui reste en tête vingt-huit ans après sa sortie, la preuve : j’en parle encore et j’en garde un souvenir ému.

    Les Triplettes de Belleville (2003)

    Avec Les Triplettes de Belleville (2003), Sylvain Chomet en dit long sans dialogue. Ces derniers se font rares, car tout passe par le design grotesque des personnages, l’ambiance crasseuse d’une ville croisée entre Paris, New York et Montréal, mais surtout, le swing. C’est le film hommage aux années 30, qui ravira celles et ceux qui claquent des doigts au rythme du jazz manouche. On s’amuse autant qu’on s’inquiète face à cette histoire de grand-mère portugaise, Madame Souza, prête à tout pour retrouver son petit-fils cycliste enlevé par la mafia. 

    Vous l’aurez compris, le dessin est caricatural, exagéré, texturé. Loin de chercher le beau, n’ayant pas peur du repoussant, le film est unique et a de la « gueule ». Ici, c'est Jacques Tati qui serait ravi. Si vous aimez le jazz, le Tour de France, le caractère : regardez ce chef-d'œuvre de Sylvain Chomet ! Le réalisateur nous a aussi offert L'Illusionniste (2010), film magnifique qui aurait pu figurer dans cette liste.

    Persepolis (2007)

    Persepolis (2007), c’est tout d’abord une magnifique bande dessinée au style graphique à la hauteur de l’histoire. L’adapter en film paraît alors très risqué. Pourtant, le pari est plus que réussi, puisque Marjane Satrapi (aussi autrice de la BD) et Vincent Paronnaud réussissent à livrer l’un des meilleurs films d’animation que j’ai pu voir. 

    L’histoire ne tombe jamais dans le pathos et arrive même à adopter un ton léger. Le film raconte l'adolescence, les galères en Autriche, la découverte du punk. Mais il arrive aussi à nous parler de la révolution iranienne vue par une petite fille rebelle. C’est politique, parfois explicatif, et toujours très enrichissant. C’est touchant, avec une énergie punk et un scénario à fleur de peau. Le style graphique sert parfaitement l’histoire : noir et blanc, oppressant parfois, poétique souvent. 

    Ernest et Célestine (2012)

    Dans Ernest et Célestine (2012), les traits semblent flotter sur le papier. L’aquarelle est délicate, et pourtant, derrière ses allures de livre d’images pour enfant se cache une petite bombe d’anarchie. Benjamin Renner s’associe aux déjantés Patar & Aubier (Panique au Village, 2009) pour dynamiter les conventions.

    C’est l’histoire d’une amitié interdite entre Ernest, un ours au grand cœur, et Célestine, une souris orpheline. Le premier est marginal, la deuxième n’accepte ni les préjugés, ni l’ordre établi. Visuellement, le trait est vif, clair, léger et contraste intelligemment avec le propos. Car ici, ça parle de justice de classe, de droit fondamental, avec un véritable message politique et sociétal derrière. Comme quoi, la mignonnerie peut parfois être aussi efficace qu’un discours incisif. 

    Ma vie de Courgette (2016)

    Je dois avouer que j’ai toujours eu un gros faible pour les films en stop motion, donc je me retrouve assez facilement convaincu, même si l’histoire n’est pas passionnante. Cependant, dans Ma vie de Courgette (2016), tout est génial. L’animation image par image, bien sûr, et par ailleurs le scénario brillamment écrit par Céline Sciamma qui a réussi à adapter le roman de Gilles Paris.

    C’est l’histoire d’un gamin qui tue accidentellement sa mère alcoolique et violente et atterrit en foyer. C’est un cinéma social à hauteur d’enfant. Un film qui montre des âmes abîmées qui tentent de se réparer ensemble. Préparez vos mouchoirs, le film a tendance à briser le cœur pour mieux le recoller après. Certes, il parle de deuil mais également d’amour, d’amitié, de solidarité, d’espoir. Il plaira aux fans de stop motion, ceux qui ont été attendris devant Mary et Max (2009). 

    Tout en haut du monde (2016)

    Rémi Chayé propose ici un film d'aventures au sens noble du terme. Dans Tout en haut du monde (2016), on suit Sacha, jeune fille aristocrate russe de Saint-Pétersbourg qui décide de tout plaquer pour braver le Grand Nord sur les traces de son grand-père explorateur. Ce qui frappe immédiatement, c’est bien l’absence de contours : personnages et décors sont des aplats de couleur donnant l’impression de tableau vivant. 

    Pendant les 80 minutes de film, Sacha en bave. C’est physique, le froid mord, la faim se fait ressentir, tandis qu’elle doit s’immiscer dans un monde d’hommes. C’est le film parfait pour les aventuriers de canapé, qui rêvent de grand nord mais n’ont pas un navire et un équipage à portée de main pour se lancer. Un récit d’initiation bien loin des Disney, entre Jules Verne et Jack London. L’audace graphique rappelle celle de Klaus (2020), mais aussi l’autre film de Rémi Chayé : Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary (2020)

    J’ai perdu mon corps (2019)

    Le pitch de J’ai perdu mon corps (2019) est génial. Une main coupée s'échappe d’un labo pour retrouver son propriétaire. Dit comme ça, on imagine un spin-off de La Famille Addams avec La Chose qui rentre en crise existentielle, mais nous en sommes bien loin. Jérémy Clapin arrive à donner à ce film une mélancolie désarmante. On se lance dans un véritable périple macabre de cette main qui s’entrelace avec les souvenirs de Naoufel, le jeune homme à qui elle appartenait. 

    L’animation capture un Paris contemporain, loin des cartes postales, un peu gris, un peu sale, mais vibrant. J’adore la musique électro de Dan Levy qui ajoute une touche planante collant parfaitement à l’atmosphère. C’est un film comme je les aime : une véritable expérience sensorielle qui nous fait ressentir le manque (au sens propre comme au figuré) et ce besoin de reconstruction. C’est bizarrement poétique et montre que l’animation française a suffisamment de créativité pour nous faire ressentir de l’empathie pour cinq doigts orphelins. Le film va plaire aux âmes solitaires, aux amoureux du vrai Paris (pas celui d’Emily) et celles et ceux qui ont particulièrement aimé l’incroyable film tout aussi sensoriel La Tortue Rouge (2016)

    Mars Express (2023)

    Après la série Lastman (2016), Jérémie Périn n’avait plus rien à prouver. Pourtant, avec Mars Express (2023), il passe à la vitesse supérieure. Il arrive à faire de la SF qui regarde Ghost in the Shell dans le blanc des yeux, sans bégayer. Nous sommes en 2200, sur une Mars terraformée, où l’on suit Aline Rubby, une détective privée têtue et tenace, et son partenaire androïde (dans lequel se trouve la sauvegarde de son ex décédé) dans une enquête où rien ne va.

    C’est un véritable polar noir futuriste à la française qui réussit à imposer sa propre identité. L’intrigue part dans tous les sens, mais ça marche. Bio hacking, fermes de cerveaux, corruption d’IA : toutes nos inquiétudes sur l’avenir y passent. Il faut s'accrocher tellement l’histoire est dense, le montage est rythmé et la violence est graphique. C’est aussi cynique que visuellement magnifique, une vraie démonstration de force, terrifiante et fascinante.

    Amélie et la Métaphysique des tubes (2025)

    Adapter Amélie Nothomb et sa pensée n’était possible que par l’animation, et encore, c’était un pari risqué. Le duo Liane-Cho Han / Maïlys Vallade peut se vanter d’avoir parfaitement réussi avec Amélie et la Métaphysique des tubes (2025). Le film nous plonge dans le crâne d’un bébé qui se prend pour Dieu. On suit les trois premières années d’Amélie au Japon, période pendant laquelle elle se définit comme un simple « tube » avant de décider, par pur caprice, de commencer à vivre. 

    On y entend un monologue intérieur philosophique et délirant d’un nourrisson, on y voit sa relation fusionnelle avec sa nounou, mais également son rapport au Japon, au neuf, à la perte. Le style graphique est doux et coloré, et ressemble presque à une peinture animée. La profondeur est remplacée par les couleurs, un style contrasté, qui nous laisse admirer chaque recoin de l’écran. On découvre un monde vu du sol, à hauteur de bébé. On voit une Amélie arrogante, charmante, narcissique, comme tous les bébés. C’est une proposition singulière, une curiosité littéraire, qui nous incite à regarder les tout-petits différemment à la sortie du cinéma. Le film parfait pour les inconditionnels d’Amélie Nothomb et les parents qui suspectent leur nourrisson de les juger en silence. 

    Arco (2025)

    Ugo Bienvenu à une patte bien à lui, qu’on retrouve autant dans ses romans graphiques que dans ses courts métrages. Avec Arco (2025), il passe enfin au long format, et le résultat est une continuité sublime de son univers rétro futuriste. Il y a de la couleur partout, un peu comme si un comics avait pris une dose de LSD. 

    L’imagination d’Ugo Bienvenu dégouline dans le style, bien sûr, mais aussi dans l’histoire dans laquelle on suit un garçon arc-en-ciel qui vient d’un futur lointain, presque bucolique, où la présence de l’humain se fait si rare que la nature semble être harmonieuse. Son envie d’aventure le fait retourner dans le passé en 2075 (qui est toujours dans notre futur à nous). Cette fois, la terre chauffe, brûle, vente, comme un corps fiévreux qui veut éliminer un microbe. À cette époque où l’humain pense toujours pouvoir faire face à la nature, il rencontre une petite fille de 10 ans qui va l’aider à rentrer chez lui. 

    On est entre du Moebius et du Ghibli autant dans l’art que dans les concepts. C’est stimulant, hypnotique, et parfois déroutant. Pendant le visionnage, je n’arrêtais pas de penser aux Maîtres du Temps (1982) de René Laloux, avec son style Métal Hurlant, sa science-fiction contemplative, psychédélique, surréaliste. Bref, une fois de plus, c’est un film qui montre que l’animation française a une très belle histoire mais également un magnifique avenir.

  • Heated Rivalry : où revoir Hudson Williams, Connor Storrie et les stars de la série phénomène ?

    Heated Rivalry : où revoir Hudson Williams, Connor Storrie et les stars de la série phénomène ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Le feu sur la glace. Cela pourrait être le sous-titre de la série Heated Rivalry (2025), enfin proposée au public français par la plateforme HBO Max après de longues semaines d’attente. Véritable phénomène streaming depuis sa diffusion outre-Atlantique, la saison 1 adapte à l’écran les romans de Rachel Reid, qui racontent la romance entre deux stars de la NHL, rivaux sur les patinoires et amants en coulisses.

    A la fois touchants et (très) caliente, les six épisodes sont surtout profondément humains et mettent en avant un couple immédiatement iconique, traversé par la même évidence que les protagonistes de Normal People (2020). Sous les jerseys de Shane Hollander et Ilya Rozanov, Hudson Williams et Connor Storrie ont immédiatement conquis les fans comme ceux de la profession, au point de se voir propulsés sur la scène des Golden Globes pour remettre un prix début janvier.

    Si vous aussi, vous êtes sous le charme -et je vous comprends-, je vous partage dans ce guide JustWatch quelques films et séries où les revoir pour patienter en attendant la saison 2.

    Hudson Williams est Shane Hollander

    Heated Rivalry n’est assurément que le début d’un long parcours pour Hudson Williams. Le comédien canadien, qui fête ses 25 ans dans quelques jours, était relativement inconnu du grand public avant la série-phénomène. Au-delà d'une trentaine (!) de courts métrages que ses fans vont sans doute exhumer de Youtube, depuis 2024 il s'est essentiellement illustré dans des petits rôles à la télévision (l’épisode S2E9 de Tracker, l’épisode S1E4 de Allegiance, un rôle de cadavre dans la mini-série Surface of Blood). Côté longs métrages, vous pourrez l’apercevoir dans le téléfilm Nobody Dumps My Daughter (2024) et sous le sapin de la production Hallmark Noël comme pour la première fois (2024).

    Connor Storrie est Ilya Rozanov

    Si le visage de Connor Storie vous a rappelé quelqu’un, c’est normal : avant ses ébats passionnés dans Heated Rivalry, le comédien américain incarnait l’inquiétant détenu de l’asile d’Arkham qui se confronte à Joaquin Phoenix à la fin de Joker : Folie à deux (2024). En quelques minutes à peine, il livre une prestation marquante. Comme son partenaire Hudson Williams, l’acteur -qui a passé une partie de son enfance en France- s’est illustré dans de nombreux courts métrages, quelques séries (S1E6 / S1E7 dans Stuck, S1E1 dans Tiny Beautiful Things) et des longs métrages comme le drame Riley (2025) qui mêlait déjà sport de haut niveau et questionnements sur l’identité sexuelle ou le film de science-fiction April X (2025) où il se lance à la recherche de sa jumelle disparue dans une Russie futuriste.

    François Arnaud est Scott Hunter

    François Arnaud est -pour moi- au centre du plus bel épisode de la saison 1 de Heated Rivalry, qui fait un pas de côté, un peu à la manière du segment Bill & Frank de The Last of Us, en racontant l’histoire d’amour entre son personnage, joueur de hockey émérite, et un barista rencontré au hasard d’un footing. Le comédien canadien a une longue carrière derrière lui, qui remonte à 2007. Il serait donc un peu long et laborieux d’évoquer tous ses rôles. Je vous invite surtout à le retrouver jeune dans J'ai tué ma mère (2009) de Xavier Dolan, puis par la suite dans les séries The Borgias (2011-2013), Blindspot (saisons 1 et 5), Midnight, Texas (2017-2018) et Surface (2022) et au cinéma face à Liam Neeson dans Marlowe (2023), Lili Taylor dans The Winter House (2021) et Lambert Wilson, Virginie Ledoyen et Franck Gastambide dans Enragés (2015).

    Robbie G.K. est Kip Grady

    Avant de préparer les smoothies de François Arnaud / Scott Hunter dans Heated Rivalry, Robbie G.K., de son vrai nom Robbie Graham-Kuntz et lui aussi canadien, a mené une carrière plutôt discrète, entre courts métrages, téléfilms, séries et longs métrages. Parmi ses apparitions notables, on peut citer les films d’horreur Antisocial 2 (2015) et Mary F*** Kill (2023), le drame sportif Full Out (2015) ainsi que des rôles récurrents dans les séries Surcompensation (3 épisodes en 2025) et Utopia Falls (2020) qui reste son succès le plus notable avec le rôle de Tempo 3 dans les 10 épisodes de la saison 1, qui confronte des adolescents d’une colonie futuriste à des reliques culturelles et musicales du passé. Mais c’est assurément pour le rôle de Kip qu’il sera désormais identifié.

    Christina Chang est Yuna Hollander

    Sans divulgâcher, le dernier épisode de la saison 1 de Heated Rivalry nous offre une très belle scène entre Shane et Yuna Hollander sur la terrasse de la maison familiale. Une séquence mère-fils sur laquelle plane la même douceur et la même émotion qu’entre Nick Robinson  et Jennifer Garner dans Love, Simon (2018) ou entre Timothée Chalamet et Michael Stuhlbarg dans Call Me By Your Name (2017). La comédienne américaine d’origine taïwanaise, adorée des fans de Good Doctor dans le rôle du Dr. Audrey Lim, apparue dans 115 épisodes du show, a entamé sa carrière à la fin des années 90, avec des rôles dans L'Ombre d'un soupçon (1999) ou 28 jours en sursis (2000). Par la suite, à l’exception d’une participation notable dans Die Hard 4 : Retour en enfer (2007), elle s’illustre essentiellement sur petit écran et devient un visage récurrent de la télévision américaine avec des participations à des programmes comme FBI - Portés disparus, Numb3rs, 24 heures chrono, Mentalist, Private Practice, Les Experts : Miami, Suits, Desperate Housewives, Nashville, NCIS, Lucifer ou Rizzoli & Isles.

    Dylan Walsh est David Hollander

    Avant de jouer les pères exigeants mais attachants dans Heated Rivalry, Dylan Walsh avait endossé la blouse du chirurgien plasticien Sean McNamara, associé du Dr Christian Troy dans la tranchante série Nip/Tuck (2003-2010) où il est confronté à des cas médicaux extrêmes et à ses propres crises personnelles. On a également pu voir l'acteur américain dans Unforgettable (2011-2015) où il fait équipe avec Poppy Montgomery, Superman et Lois (2021-2024) sous l’uniforme du Général Sam Lane et les saisons 10 à 14 de Blue Bloods où il campe le Maire Peter Chase. Au cinéma, s’il a pu donner la réplique à Mel Gibson dans Nous étions soldats (2002) et Clint Eastwood dans Créance de sang (2002), je ne peux m’empêcher de recommander Congo (1995), une aventure en Afrique avec un gorille « parlant » adaptée de Michael Crichton et pour laquelle j’ai une affection particulière que je ne m’explique pas. 

    Sophie Nélisse est Rose Landry

    Dans Heated Rivalry, Sophie Nélisse a un rôle très intéressant : love interest initial de Shane Hollander à qui elle apporte le glamour rêvé pour un couple-star médiatique athlète/actrice, c’est elle qui va réaliser que le jeune homme porte un profond secret et qui va l’amener à prendre conscience et verbaliser sa véritable orientation sexuelle. Dès lors, elle qui aurait pu être un obstacle majeur à la relation entre Shane et Ilya, devient un soutien et une confidente fidèle. La comédienne canadienne, révélée par Monsieur Lazhar (2011, La Voleuse de livres (2013) et La Fabuleuse Gilly Hopkins (2015), brille depuis trois saisons dans la série Yellowjackets (2021-) dans le rôle de la version adolescente du personnage campé par Melanie Lynskey. Elle a aussi affronté les requins blancs de 47 Meters Down: Uncaged (2019).

  • EXCLU - Les stars de Outlander promettent des larmes pour la fin de la série Netflix

    EXCLU - Les stars de Outlander promettent des larmes pour la fin de la série Netflix

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Bientôt le clap de fin pour Outlander (2014-2026). Après 8 saisons et 101 épisodes, la série Starz, diffusée en France sur Netflix, se conclura en 2026 au grand désespoir des fans de Claire et Jamie, le couple passionnel formé par une infirmière propulsée en 1743 (Caitríona Balfe) et un Highlander charismatique qui doit concilier clan, guerre et amour (Sam Heughan).

    A quelques semaines du final, attendu le 7 mars sur Netflix et dont l’intrigue, gardée secrète, promet beaucoup de larmes, JustWatch s’est entretenu avec le couple iconique, qui a donné vie aux personnages imaginés par la romancière Diana Gabaldon. L’occasion pour eux de nous partager leurs sentiments à l’approche de la conclusion de leurs aventures épiques et romanesques. Préparez les mouchoirs !

    Un final émouvant ?

    Sam Heughan : « Vous allez pleurer, vous allez rire, vous allez être euphoriques et probablement... je ne dirais pas déprimés, mais la série touche à sa fin, alors il faut bien conclure. Mais nous espérons que cela servira l'histoire, les personnages et, bien sûr, les fans ! »

    Caitriona Balfe : « Nous avons eu notre dernière journée de tournage officielle, et c'était vraiment incroyable. D'habitude, quand on tourne, le studio est calme et vide. Mais là, tous les producteurs, toute l'équipe, tous les acteurs étaient venus pour nous voir Sam et moi alors que nous essayions d’aller au bout d’une scène de sept pages. C'était très émouvant, un moment vraiment spécial, une vraie célébration et un vrai deuil à la fois. »

    Sam Heughan : « Un sentiment doux-amer, c'est certain. »

    Un message pour les fans ?

    Caitriona Balfe : « Ce qui est formidable, c’est que la communauté de fans est devenue une entité à part entière, une communauté incroyable. Nous sommes tellement reconnaissants d’en faire partie et, vous savez, ça va continuer. Ils ont le prequel et ils peuvent regarder notre série en boucle… »

    Sam Heughan : « On peut devenir fans avec eux maintenant ! Il y a plein d’épisodes à revoir, de choses à commenter, et puis, il y a toute cette saison à regarder. Je pense qu’ils vont vraiment apprécier. »

    Outlander, pourquoi c’est culte ?

    Caitriona Balfe : « Les séries comme celle-ci sont parfois étiquetées comme des programmes à l'eau de rose ou quelque chose du genre, mais ce sont des séries très difficiles à créer. Réaliser ces grands drames historiques demande énormément de temps. Et il faut aussi savoir les ancrer dans le réel. Revenir saison après saison, en essayant de renouveler l'histoire et de maintenir ce lien avec le public… C’était un défi immense, mais passionnant. »

    Sam Heughan : « C’est une série énorme, une série épique. Et la qualité de la production est tellement élevée, c’est épique à tous les niveaux. C’est vraiment difficile de produire quelque chose d’un tel niveau, et Outlander l’a fait pendant plus de dix ans. »

    Quelle vie après Outlander ?

    Caitriona Balfe : « La vie continue ! Nous ne sommes pas complètement morts ! »

    Sam Heughan : « Mais oui, c’est difficile, évidemment, car notre quotidien va changer. Mais nous sommes acteurs et c’est formidable de pouvoir explorer d’autres histoires, d’autres productions et d’autres récits. Alors oui, j’ai hâte de voir la suite. »

    Caitriona Balfe : « Et je pense que nous ferons tous en sorte de nous voir et d’entretenir nos amitiés. Parce qu’après avoir passé autant de temps ensemble au fil des années, nous sommes une famille, liés pour la vie. Alors… non, tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement ! »

    Sam Heughan : « Parfait. »

  • Oscars 2026 : oubliez le duel Chalamet/DiCaprio, c'est une autre catégorie qui sera la plus marquante !

    Oscars 2026 : oubliez le duel Chalamet/DiCaprio, c'est une autre catégorie qui sera la plus marquante !

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Êtes-vous prêts pour l’événement cinématographique le plus attendu de l’année ? On imagine que, comme des milliers de cinéphiles à travers le monde, vous suivez de près la course aux Oscars 2026, alors que les favoris commencent peu à peu à se dessiner, à mesure que d’autres institutions professionnelles décernent leurs propres prix. 

    En comparaison avec les nominations de l’année dernière, difficile de ne pas constater que, parmi les films en lice cette année, la concurrence est nettement plus intense et que les pronostics s’avèrent bien moins évidents -ce qui n’empêche évidemment pas de s’y risquer. Là où, en 2025, les Oscars du Meilleur acteur et du Meilleur second rôle semblaient promis bien avant la cérémonie -respectivement à Adrien Brody et à Kieran Culkin- rien ne semble cette fois joué d’avance dans les catégories majeures.

    Qui pour l’Oscar de la Meilleure réalisation ?

    Parmi elles, la catégorie de la Meilleure réalisation se distingue tout particulièrement, tant par la qualité des cinéastes nommé.es que par la portée culturelle et historique que pourrait revêtir la victoire de chacun.e. Au prix d’absences notables -celles de Kléber Mendonça Filho, Park Chan-wook ou encore Jafar Panahi- les nominations dans cette catégorie distinguent ainsi Chloé Zhao, Joachim Trier, Josh Safdie, Paul Thomas Anderson et Ryan Coogler. 

    Certes, les votant.es de l’Académie prennent rarement en compte les enjeux de la diversité. Mais, à l’échelle de l’industrie, la valeur symbolique de ces récompenses demeure loin d’être négligeable. Dans ce guide JustWatch, je reviens sur ce que pourrait signifier la distinction de chacun.e de ces cinéastes, qui ont toutes et tous signé des films particulièrement aboutis et qui mériteraient, chacun.e pour des raisons propres, de l’emporter.

    Chloé Zhao (Hamnet) 

    Le parcours cinématographique de Chloé Zhao a été pour le moins tumultueux. En 2021, lorsque son Nomadland (2020) a remporté trois Oscars, dont Meilleur film et Meilleure réalisation, la réalisatrice était au sommet de sa carrière. Mais son film suivant, Les Éternels (2021), fut un échec critique, à tel point qu’on a commencé à douter de la capacité de la réalisatrice à se remettre de cette chute de popularité. 

    Hamnet (2025) a prouvé qu’en elle était sûrement capable. Objectivement, Zhao n’est pas la favorite, mais en tant que la troisième réalisatrice qui a remporté l’Oscar de la Meilleure réalisation après Kathryn Bigelow et Jane Campion, elle pourrait devenir la toute première réalisatrice à recevoir deux Oscars dans la catégorie ! Sa victoire serait d’autant plus marquante que parmi les nommés, son film est vraiment le plus investi émotionnellement, et marqué par une sensibilité intime seulement propre aux vrais auteurs.  

    Joachim Trier (Valeur sentimentale) 

    Distribué par la société NEON aux États-Unis, Valeur sentimentale (2025) a débuté la saison des récompenses avec une belle visibilité sur la route des Oscars. Mais aujourd’hui, on pourrait dire que, parmi les cinq nommés, Joachim Trier se situe au dernier rang des pronostics. Néanmoins, si par miracle il l’emportait, il deviendrait le premier cinéaste norvégien, mais aussi scandinave, à recevoir une statuette dans cette catégorie.

    Il est inutile de rappeler que l’Académie des Oscars est une institution très américano‑centrée, qui honore rarement les réalisateurs étrangers -Bong Joon-ho, Alejandro González Iñárritu, Alfonso Cuarón et Guillermo del Toro constituant des exceptions ces dernières années. Du côté des auteurs scandinaves, on retrouve des noms tels qu’Ingmar Bergman, Lasse Hallström, Morten Tyldum, Thomas Vinterberg et Ruben Östlund parmi le snommés. À cet égard, si Trier gagne, cela contribuerait à accroître la visibilité d’une région qui reste, historiquement, minoritaire au sein de l’institution.

    Josh Safdie (Marty Supreme) 

    En termes de diversité, la victoire de Josh Safdie n’aurait pas autant de valeur, c’est sûr. D’ailleurs, au sein de la catégorie, Safdie avait initialement de bonnes chances de l’emporter avec Marty Supreme (2025). Cependant, la mise en lumière polémique remontant au tournage de Good Time (2017) semble avoir considérablement entaché l’image du réalisateur, ce qui pourrait réduire significativement ses chances d’être récompensé.

    Mais en même temps, à l’instar de Sean Baker qui, comme lui, était jusqu’à Anora (2024) associé au milieu niche et indépendant du cinéma américain, sa victoire n’est pas si improbable. Comme Baker, Safdie s’est tourné vers un style qui, sans renier l’esthétique de ses débuts indépendants, parle davantage au grand public. Du point de vue des Oscars, la reconnaissance de ce type de films témoigne également d’un changement : les biopics feel-good ou les drames historiques perdent en influence face aux films de circuits festivaliers ou aux œuvres d’auteur.

    Paul Thomas Anderson (Une bataille après l’autre)

    Avec 13 nominations au total, Une bataille après l’autre (2025) est l’un des films les plus marquants des Oscars 2026. Et Paul Thomas Anderson se distingue clairement comme le grand favori de la catégorie Meilleure réalisation. Sa victoire serait particulièrement significative au regard de son parcours et de sa position dans l’industrie. Avant cela, le cinéaste avait déjà été nommé 11 fois aux Oscars, dont 3 pour la catégorie de la Meilleure réalisation, mais de manière assez incompréhensible, il n’avait jamais soulevé le trophée.

    « PTA » reste à ce jour l’un des auteurs contemporains les plus snobés par l’Académie. Sachant que l’institution a souvent tendance à récompenser les cinéastes et les comédien.nes oubliés non pas pour un film qui le mérite mais comme compensation des précédentes omissions, il y a de fortes chances que l’année 2026 soit celle du cinéaste.

    Ryan Coogler (Sinners)

    Sinners (2025) a créé la surprise avec ses 16 nominations, établissant ainsi un record historique. Si on ne sait évidemment pas dans combien de catégories il sera récompensé, une chose est sûre : ce n’est pas un film qui repartira bredouille. Quant à la catégorie de la Meilleure réalisation, la présence de Ryan Coogler représente un enjeu majeur, car il pourrait devenir le premier cinéaste noir à remporter ce prix. Oui, vous avez bien lu : dans l'histoire des Oscars, aucun réalisateur de couleur n’a jamais gagné dans cette catégorie.

    Certes, avant Coogler, plusieurs réalisateurs afro-américains ont été nommés : John Singleton pour Boyz'n the Hood, la loi de la rue (1991), Lee Daniels pour Precious (2009), Steve McQueen pour 12 Years a Slave (2013), Barry Jenkins pour Moonlight (2016), Jordan Peele pour Get Out (2017) et Spike Lee pour BlacKkKlansman : J'ai infiltré le Ku Klux Klan (2018). Mais sans statuette à la clé. Un tableau sombre, fruit d’une longue histoire de discrimination et d’inégalités de chances.

    Cette année marque la deuxième citation de Coogler dans la catégorie, après Black Panther : Wakanda Forever (2022). Compte tenu de l’importance historique de cette nomination et de l’accueil très positif réservé à Sinners, les chances semblent être de son côté. Sur le plan pratique, si le prix du Meilleur film revient à Une bataille après l’autre, les votant.es pourraient choisir de mettre en avant Coogler au niveau individuel. Verdict le 16 mars !

  • 8 films sur les JO d'hiver à regarder (au lieu de regarder les Jeux !)

    8 films sur les JO d'hiver à regarder (au lieu de regarder les Jeux !)

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    17 jours, 16 disciplines, 116 épreuves : du 6 au 22 février 2026, la flamme olympique va briller sur les pistes, les tremplins et les patinoires italiennes de Milan et Cortina d'Ampezzo. Cette 25ème olympiades d’hiver, animée par les hermines-mascottes Tina et Milo, enchaînera ski, glisse, patinage et hockey sur glace. L’occasion pour JustWatch de vous proposer une sélection cinéma « tout schuss » !

    Certes, l’univers des Jeux n’a pas inspiré un grand nombre d'œuvres, mais il existe tout de même des longs métrages très emblématiques -voire culte- qui méritent d’être (re)découverts à cette occasion. Alors on chausse les skis et les patins, on prépare les luges et les bobsleighs, on enfile les bonnets et les combinaisons, et on se lance !

    Rasta Rockett (1993)

    C’est un film dont le titre français a toujours étonné ses comédiens : d’un sage Cool Runnings, on est ainsi passé à un beaucoup plus réjouissant Rasta Rockett (1993), qui symbolise bien mieux l’aura du long métrage de Jon Turteltaub, passé du statut de « petit projet » (14 millions de dollars de budget) à film culte (plus de 150 millions de dollars de recettes et 2,5 millions d'entrées en France). Je faisais partie à l’époque de ce public embarqué par la vague jamaïcaine de l’histoire de la première équipe de bobsleigh du pays… et cela reste un formidable souvenir en salles, et un vrai plaisir à chaque revisionnage.

    Bien sûr, tous les événements relatés dans le film ne sont pas vraiment fidèles à la réalité (certains réécrivent même l’histoire vraie !). Bien sûr la patte Disney se fait sentir dans la manière de livrer un spectacle grand public caricatural et simpliste (jusqu’à l’américanisation des accents des acteurs, imposée par la studio…). Bien sûr que tout ceci est empreint d’une grande naïveté. Mais Rasta Rockett est un VRAI feel-good movie. Quel kiff de suivre Derice, Sanka, Yul Brenner, Junior Bevil et Coach Blitzer dans le froid de Calgary ! Et quelle émotion dans ce parcours d’underdogs qui défendent une seule idée « coubertiniste » : avoir le droit de participer pour représenter son pays. La scène finale me fait pleurer à chaque fois. 

    Eddie the Eagle (2016)

    Eddie the Eagle (2016), c’est un peu le Rasta Rockett du saut à ski. Même histoire incroyable mais vraie, même anti-héros qui embrasse son rêve olympique, même relation athlète/entraîneur… et même plaisir au moment du visionnage. Devant la caméra de Dexter Fletcher (qui retrouvera son acteur Taron Egerton sur Rocketman, 2019), on découvre le destin du Britannique Michael David Edwards, un natif du Gloucestershire passionné par le ski : ne parvenant pas à briller en ski alpin, il opte -de manière aussi improbable que maligne- pour le saut à ski dont il sera le premier et seul représentant national, parvenant à se qualifier pour les JO d'hiver de 1988.

    Comme dans Rasta Rockett (dont un visionnage avec ses enfants a inspiré le producteur Matthew Vaughn pour relancer un projet de biopic au point mort), assez peu de choses sont fidèles aux véritables événements. À peine 10% selon Michael David Edwards. Mais cela ne doit pas vous empêcher d’apprécier le long métrage,  extrêmement sincère, touchant et inspirant, porté par un tandem Taron Egerton / Hugh Jackman dont l'alchimie fait mouche. Le personnage interprété par ce dernier, par exemple, est totalement fictif ! Ce qui ne l’est pas en revanche, c’est la manière dont notre Eddie s’est accroché à son rêve : même s’il a amené le CIO à modifier les règles de qualifications aux épreuves de saut à ski, il a incarné l’esprit olympique, célébré lors de la cérémonie de clôture (« Vous avez battu des records du monde et établi des records personnels. Certains d'entre vous ont même volé comme des aigles »). C’est beau, non ?

    Moi, Tonya (2017)

    Aux antipodes du côté feel good des deux films précédents, il y a Moi, Tonya (2017) qui revisite l’agression dont a été victime la patineuse artistique américaine Nancy Kerrigan en janvier 1994, orchestrée par un assaillant engagé par l’ex-compagnon de sa grande rivale Tonya Harding. L’affaire, extrêmement médiatisée, a inspiré la pop culture à travers des chansons, des parodies, des fictions (Tonya & Nancy: The Inside Story, 1994 ; Attack of the 5 Ft. 2 Women 1994) et des documentaires (The Price of Gold, 2014 ; Nancy & Tonya, 2014). Mais le film de Craig Gillespie est assurément le plus abouti. Et le plus intéressant.

    En mêlant reconstitutions d’interviews/confessions, scènes de fiction et répliques à la caméra, Moi, Tonya donne la parole aux différents protagonistes de l’affaire, et joue avec les versions, sans jamais trancher. « Tout le monde a sa propre vérité. C’est l’histoire de ma vie, et c’est ça, la foutue vérité ! » lance ainsi au public l'anti-héroïne à la fin du film, sous les traits d’une Margot Robbie habitée (elle décroche sa première nomination à l’Oscar pour son interprétation). Le film, au croisement de Pam et Tommy (2022) et du cinéma des frères Coen, est avant tout le portrait d’une femme né avec la mauvaise vie et la mauvaise image et embourbée dans des relations toxiques avec sa mère (Allison Janney) et son mari (Sebastian Stan). Côté patinage, les reconstitutions sont assez bluffantes et nous entraînent notamment sur la glace des Jeux d’Albertville (1992) et de Lillehammer (1994).

    Miracle (2004)

    « Est-ce que vous croyez aux miracles ? » C’est un exploit qui nous parle peu, de ce côté de l’Atlantique, mais qui a considérablement marqué le public américain. Le 22 février 1980, sur la glace des Jeux de Lake Placid, l’équipe de hockey sur glace des Etats-Unis, essentiellement composée d’étudiants amateurs et de professionnels issues de ligues mineures, affronte l’équipe soviétique. Une armada annoncée comme invincible, championne des quatre dernières olympiades et intégrant des joueurs professionnels chevronnés. Sur le papier, le match était plié d’avance, mais parfois des miracles surviennent.

    C’est la belle (ou dure, selon le point de vue qu’on adopte) loi du sport, et forcément elle ne peut qu’inspirer le cinéma. Passé relativement inaperçu en France, Miracle (2004) raconte cette prouesse sportive historique avec Gavin O'Connor (Warrior, 2011) derrière la caméra et Kurt Russell sous le costume (et la coupe so eighties) de l’entraîneur Herb Brooks. Si Rasta Rockett est un peu un Rocky en bobsleigh, Miracle est un Rocky IV en patins à glace ! Un hymne (très patriotique) au dépassement de soi pour accomplir l’impossible, et dont les discours dans les vestiaires sont presque du niveau de ceux d’Al Pacino dans L’Enfer du dimanche (1999). A prolonger avec le téléfilm Miracle on Ice (1981) et les documentaires Do you believe in miracles ? (2002) et Of Miracles and Men (2010).

    Le Feu sur la glace (1992-2010)

    Relativement méconnu en France, l’univers de Cutting Edge / Le Feu sur la glace (1992) est un classique de la romcom US des années 90. Dans ce « Dirty Dancing en patins », on vit la rencontre et la collaboration entre une patineuse arrogante et un hockeyeur qui rêve des Jeux, qui vont s’associer pour briller en couple sur la patinoire d’Albertville en 1992. Evidemment, les premières semaines vont être tendues mais les deux athlètes vont finir par se comprendre, s’accepter et s’aimer avant de se lancer sur la glace à la conquête de l’or olympique.

    Oui, c’est cheesy à souhait, on ne va pas se mentir. Et rien ne semble très réaliste dans cette histoire. Mais est-ce vraiment important quand on est venu chercher de l’amour, du feel good et de l’inspiration chez ce duo improbable (Moira Kelly & D.B. Sweeney) qui met donc le feu sur la glace (le titre VF est vraiment bon !). Au-delà des suites (Le Feu sur la glace - En route vers la gloire, 2006 ; Le Feu sur la glace 3, 2008 ; Duo de glace, duo de feu, 2010), on pense aussi à Sexy Dance et l’association ballet / hip hop. Et puis, évidemment, à la brûlante série Heated Rivalry (2026-), enfin disponible sur HBO Max.

    Take Off (2009)

    Take Off (2009), c’est un peu la rencontre entre Rasta Rockett (1993) et Eddie the Eagle (2016). Ou comment la Corée du Sud, pour renforcer son dossier de candidature pour les Jeux de 2002 (finalement attribués à Salt Lake City, aux Etats-Unis), décide de former la toute première équipe de sauteurs à ski de son histoire en 1996. Un entraîneur est alors chargé de recruter et de former cinq athlètes (où l’on reconnaît Ha Jung-woo, vu dans Mademoiselle ou Tunnel), et de composer avec leurs parcours et leurs personnalités très différentes. Les aléas sportifs et budgétaires vont évidemment compliquer les choses pour cette équipe longtemps restée dans l’ombre et méconnue du grand public…

    La sortie du film -qui prend, comme toujours, de grandes libertés avec l’histoire vraie- va tout changer. Avec plus de 8 millions d’entrées en salles et une vingtaine de prix durant diverses cérémonies, Take Off est un immense succès. Les spectateurs sud-coréens sont conquis par ce mélange feel good entre drame sportif, comédie et histoire vraie, qui a un peu des airs de Dodgeball (2004), The Full Monty - Le grand jeu (1997) et du Grand Bain (2018) et qui célèbre le collectif, la résilience et l’identité nationale. Une suite, portée par une distribution entièrement féminine et consacrée à l’équipe de hockey sur glace de Corée du Sud, est sortie en 2016.

    Les Rois du Patin (2007)

    Will Ferrell et Jon Heder enchaînant des figures sur la glace en justaucorps à paillettes : cette image seule devrait vous donner le sourire… et surtout vous donner envie de regarder Les Rois du patin (2007) ! Dans cette comédie potache, deux ennemis jurés du patinage artistique, bannis à vie en individuel pour s’être battus en public sur le podium où ils recevaient une médaille d’or ex aequo, découvrent une faille dans le règlement : ils peuvent revenir dans la compétition en tant que couple.

    Oui, vous avez bien lu : ce film, c'est l'histoire du premier couple entièrement masculin lancé sur des patins à glace ! Et vous allez adorer rire et virevolter aux côtés du tandem Chazz Michael Michaels / Jimmy McElroy, deux patineurs fictifs et hauts en couleurs lancés à la reconquête de leur gloire glacée. Les films de Will Ferrell (un génie comique à mes yeux, et je pèse mes mots) sont malheureusement méconnus en France où ils bénéficient d’une très faible exposition en salles… Je vous invite VRAIMENT à y jeter un oeil, que ce soit dans le sport (Les Rois du patins, Ricky Bobby, roi du circuit et Semi-Pro) ou la comédie pure (Présentateur Vedette, Légendes vivantes, Frangins malgré eux ou Very Bad Cops). Vous ne le regretterez pas ! 

    Breaking Through (2022)

    Breaking Through (2022), c’est l’histoire de la conquête de la toute première médaille d’or chinoise aux Jeux d’hiver. Et celle de Yang Yang, une athlète légendaire qui concrétisa tous les espoirs du pays en 2002 à Salt Lake City, en remportant les titres du 500 mètres et du 1000 mètres en patinage sur piste courte, ainsi qu’une médaille d’argent en relais sur 3000 mètres. Véritable pionnière, tout comme certains de ses compatriotes Chen Lu, Shen Xue et Zhao Hongbo en patinage artistique, elle a contribué à populariser les sports d’hivers dans le pays, qui ont culminé en 2022 avec les Jeux de Pékin où la Chine remporte 15 médailles dont 9 en or.

    Devant la caméra de Fang Fang Wang, Meng Meiqi enfile les patins et la combinaison de Yang Yang (rebaptisée ici Yang Fan), accompagnée par son entraîneur campé par Yu Xia. Si le long métrage ne réinvente pas le film biographique sportif, dont il reprend la plupart des codes, il reste intéressant à voir pour son message inspirant, où la résilience permet à ces deux pionniers de conquérir les patinoires mondiales, et pour la mise en lumière de cette histoire relativement méconnue des spectateurs occidentaux (qui s’inscrit dans la « trilogie olympique chinoise » aux côtés de The One Man Olympics et Champion). Et puis, aussi, pour un biopic centré sur une athlète féminine. A poursuivre sur les rings de The Fire Inside (2024) et Christy (2025) ou dans les eaux agitées de Insubmersible (2023).

  • Dragon Ball Super saison 2 : le marathon indispensable pour se préparer à l'arc Galactic Patrol !

    Dragon Ball Super saison 2 : le marathon indispensable pour se préparer à l'arc Galactic Patrol !

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    L'annonce a fait l'effet d'un « Genki Dama » au sein de la communauté anime : Dragon Ball Super revient avec l'adaptation de La Patrouille Galactique. Il y en a eu des rumeurs, des faux espoirs, des débats au fin fond de Reddit, et voilà la suite des aventures de Goku et Vegeta enfin annoncée ! Surtout, cet arc marque l'arrivée de Moro, ce grand méchant qui a fait un bien fou au manga et relancé son succès. 

    Le problème, c’est que l'univers d'Akira Toriyama est un véritable sac de nœuds. Entre les films canon, ceux qui ne le sont pas, les anime, les remakes, les nouvelles annonces… on s'emmêle les pinceaux ! Pour ne pas arriver à la saison 2 comme un touriste, il faut réviser ses classiques. Pour JustWatch, j'ai donc compilé l'ensemble des œuvres à voir et à revoir pour vraiment tout comprendre des enjeux qui vont se jouer lors de ce nouvel arc tant attendu.

    Dragon Ball Z (1989-1996)

    Dragon Ball Z, c'est la base. L'Évangile selon Saint Toriyama. Impossible de comprendre toute la profondeur et les émotions d'un nouveau projet Dragon Ball sans passer par la carte DBZ. Je ne vais pas me lancer dans l'explication de l'intrigue, mais c'est là que tout commence. Les Saiyans, la relation compliquée entre Goku et Vegeta, mais surtout une histoire qui a défini le genre shonen sur des générations. 

    Le problème, c’est qu'il y a… 291 épisodes ! Alors si la longueur vous fait peur (même si les fans de One Piece vont vous rire au nez sachant qu'ils ont regardé plus de 1000 épisodes des aventures de Luffy depuis 1999), concentrez-vous simplement sur les arcs Freezer et Buu. DBZ a vieilli, certes. Et les scènes tirent parfois en longueur. Mais en termes d'intensité, d'énergie, d'enjeux, c'est parfait. 

    Dragon Ball Super (2015-)

    Alors là, on attaque le sujet qui fâche. Soyons honnête : le début de Dragon Ball Super (131 épisodes) est une rude épreuve pour les nerfs, avec une animation qui semblait avoir été faite sous Windows 95. C’est d’ailleurs pour cette raison que Toei a annoncé le projet Dragon Ball Super : Beerus, un remake des premiers arcs afin qu’on ne soit pas obligé de le regarder avec des lunettes anti-éclipse.

    Malheureusement, l’anime de base est un passage obligé pour tout comprendre. Dieux de la Destruction, Anges, Multivers… toutes les fondations de la saga actuelle et des futurs combats contre Moro sont posées là. Il y a de ces séries et anime pour lesquels il faut résister. Passer le début affreux, pour enfin arriver à la partie acceptable. La série finit par trouver son rythme de croisière et nous prouve que Goku est toujours le boss. Sinon, patientez fin 2026 que Dragon Ball Super: Beerus sorte ! 

    Dragon Ball Super :  Broly (2018)

    Avec ce film, on change de registre. Oubliez les dessins parfois hasardeux, Dragon Ball Super : Broly est une claque technique. Sous le regard avisé de Naohiro Shintani, le style visuel est fluide, rond, dynamique, et d’une violence inouïe. Ce film s’insère directement après Le Tournoi du Pouvoir, et réintroduit Broly, non plus comme une brute écervelée des films des années 90, mais comme un personnage tout aussi tragique que surpuissant.

    S’il y a un film à voir absolument, c’est celui-là, car les événements de La Patrouille Galactique prennent en compte l’existence de ce Saiyan légendaire. Cette réécriture de Broly pourrait ne pas plaire aux puristes, car elle rend le personnage plus accessible. Mais si vous entrez dans l’univers Dragon Ball, vous aimerez certainement ce film. C’est 1h40 d’adrénaline qui vous épuise. Un peu comme si on regardait Mad Max: Fury Road version animation japonaise. 

    Dragon Ball Super: Super Hero (2022)

    À la sortie de la bande-annonce de ce film d’1h39, la méfiance s’est installée. Les fans d’anime ne sont généralement pas friands du CGI en cel-shading, encore moins les fans de DBZ de la première heure. Effectivement, cette 3D qui se répand dans l’animation japonaise a une vraie tendance à dénaturer le trait organique de la 2D traditionnelle. Dragon Ball Super: Super Hero se rattrape légèrement avec une très belle mise en scène, mais rate le coche côté scénario. 

    En effet, le script n’est pas des plus intéressants, l’écriture est paresseuse, et on ne vibre pas comme on vibrait par le passé. L’idée de mettre Goku et Vegeta sur la touche pour mettre Gohan et Piccolo en avant était une excellente idée, mais là aussi, l'exécution n’est pas réellement réussie. Malgré tout, le long métrage est indispensable pour attaquer la suite : on y assiste à la naissance de Gohan Beast et Orange Piccolo et prépare le terrain pour Galactic Patrol. 

    Dragon Ball Daima (2024)

    C’est la dernière pièce du puzzle et sans doute la plus forte émotionnellement : Dragon Ball Daima est le dernier projet porté par Akira Toriyama avant sa disparition. Sur 20 épisodes, on retrouve l’ambiance de Dragon Ball GT avec les héros transformés en enfants par un complot démoniaque. C’est un back to basics rafraîchissant mais qui a fait grincer des dents aux fans. 

    Avec toutes ces séries et ces films sortis ces dernières années, il semblerait que le but soit d’accrocher un nouveau public et de rendre l’histoire la plus accessible possible. Les plus de 30 ans seront donc souvent déçus par ces dernières sorties. Cependant, avec le remake de l’arc Beerus et la sortie prochaine de Dragon Ball Super : Galactic Patrol, il y a de l’espoir !

  • De The Crown à The Mastermind, nous avons classé les meilleures performances de Josh O’Connor !

    De The Crown à The Mastermind, nous avons classé les meilleures performances de Josh O’Connor !

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Josh O’Connor est aujourd’hui considéré comme l’un des acteurs les plus prolifiques et les plus travailleurs de sa génération. Révélé avec le drame indépendant Seule la terre (2017) de Francis Lee, l’acteur britannique a bâti une carrière très solide, presque sans aucune fausse note dans ses choix de films, de séries et de rôles.

    Après avoir travaillé avec des auteurs comme Luca Guadagnino et Alice Rohrwacher, l’année 2025 s’est annoncée particulièrement abondante pour l’acteur, puisqu’on l’a vu en tête d’affiche dans quatre films. À l’occasion des sorties françaises de The Mastermind (2025) et Le Son des souvenirs (2025), mais aussi en vue du très attendu Disclosure Day (2026) de Steven Spielberg où O’Connor donnera la réplique à Emily Blunt et Colin Firth, j’ai classé ses meilleures performances au cinéma et à la télévision dans ce guide JustWatch.

    8. Le Son des souvenirs (2025)

    Réalisé par Oliver Hermanus, que certains connaissent également pour son film Vivre (2022), Le Son des souvenirs est, en théorie, un choix parfait pour les fans de Josh O’Connor, puisqu’il partage l’affiche avec une autre star tout aussi connue (et belle, d’ailleurs) : Paul Mescal. Mais le résultat s’avère plutôt décevant sur le plan cinématographique.

    Présenté en 2025 en compétition officielle à Cannes, le film raconte l’histoire d’amour entre deux étudiants en musique -Lionel et David- qui partent en voyage dans le Maine rural afin de recueillir et d’enregistrer des chansons folkloriques vers la fin des années 1910. Inutile de préciser que, compte tenu de l’époque, leur relation est condamnée à rester impossible. O’Connor y incarne David, dont la mélancolie et la solitude sont bien plus marquantes que celles du personnage joué par Paul Mescal. Son attitude ostensiblement insouciante, qui dissimule une intériorité plus profonde, rappelle d’ailleurs quelque peu son rôle dans Challengers.

    Malgré les performances touchantes de ses acteurs principaux, le film peine à capturer l’intimité et la chimie entre Lionel et David, sans doute en raison des ellipses temporelles qui rythment le récit. À noter, pour les fans de Josh O'Connor, que le film pourrait s’avérer quelque peu décevant, car dans sa seconde moitié, on ne le voit presque plus. Quoi qu’il en soit, la sortie est prévue le 25 février, si vous souhaitez découvrir ce film que je pourrais présenter comme un Secret de Brokeback Mountain (2005) dépourvu de toute sexualité. 

    7. Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés (2025)

    Même si le terme de « hot priest » nous est venu à l’esprit grâce à l’ingénieuse performance d’Andrew Scott dans Fleabag (2016-2019), le titre semble aujourd’hui être passé à son compatriote Josh O’Connor, qui incarne, dans le troisième volet de la saga Knives Out, un prêtre faussement accusé du meurtre d’un autre prêtre avec lequel il était en conflit. Le fait que la carrière de l’acteur soit aussi prolifique rend la comparaison entre ses rôles assez délicate ; mais comme Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés (2025) propose un récit choral, porté par de nombreux·ses comédien·nes apportant chacun·e sa propre singularité, il se retrouve ici relégué au septième rang. 

    Cet aspect du récit n’enlève rien à la performance de Josh O’Connor ; au contraire, le très sensible prêtre Jud constitue le véritable centre moral et émotionnel du film. D’ailleurs, la saga Knives Out est connue pour ses personnages excentriques et hauts en couleur. Même si celui de Josh O’Connor n’est pas au même niveau d'extravagance que celui de Daniel Craig, par exemple, le fait qu’il soit un ex-boxeur au passé sombre enrichit et approfondit les doutes qu’il éprouve envers lui-même. Wake Up Dead Man est également à ne pas manquer, car c'est l'un des rares cas où le comédien verse dans le registre comique. Enfin, au-delà de notre appréciation pour Josh O’Connor, c’est un délicieux whodunit.

    6. Rebuilding (2025) 

    Max Walker-Silverman est un cinéaste plutôt apprécié dans le circuit du cinéma indépendant américain, notamment à Sundance. Mais son deuxième long métrage, Rebuilding (2025), n’a malheureusement pas fait de buzz au box-office dans l’Hexagone (à peine 50 000 entrées). Dans ce néo-western, qui rappelle la subtilité des premiers films de Chloé Zhao, Josh O’Connor livre une performance très solide et convaincante. D'autant plus que l'acteur britannique y joue un cowboy de Colorado qui a perdu son ranch dans des incendies et qui, entouré des personnes qui se retrouvent dans la même situation que lui, essaye de « reconstruire » sa vie. 

    Rebuilding est un film qui travaille beaucoup avec le silence et les non-dits, et O’Connor est vraiment doué pour capter les états d’âme d’un homme qui n’arrive pas à se servir des mots pour exprimer ses émotions. Même si son personnage reste central au récit, le film met davantage l’accent sur le sens de la communauté et la résilience que l’on apprend à assumer à travers nos proches -la présence de l’acteur repose donc beaucoup sur l’effacement de soi, afin d’atteindre une certaine universalité sentimentale. La tonalité de Rebuilding est assez rare dans le cinéma contemporain, dotée d’une sincérité et d’une foi en l’humanité que je vous conseille vivement de découvrir.

    5. Challengers (2024)

    Le drame sportif et romantique électrisant de Luca Guadagnino a beaucoup contribué à la reconnaissance de Josh O’Connor auprès du grand public, car les rôles qu’on lui confiait jusqu’alors étaient davantage limités au cinéma d’art et d’essai. Challengers (2024) chronique des relations à la fois amoureuses et compétitives entre trois joueurs de tennis. Aux côtés de Zendaya et Mike Faist, Josh O’Connor y incarne Patrick Zweig, un personnage frontal, charmeur, instable mais aussi très ambitieux -des attributs qui contrastaient avec ceux de son ami et rival, Art Donaldson, incarné par Mike Faist.

    L’acteur a confié que jouer Patrick représentait un véritable défi, sa personnalité étant assez différente de la sienne -ajoutons également qu’il s’agissait de sa première production majeure où il incarnait un personnage américain. Nul besoin de dire qu’il a parfaitement assuré. Même si le film dessine un triangle amoureux entre Patrick, Art et Tashi, c’est en réalité la tension presque homoérotique entre eux qui laisse le plus d’impression dans la mémoire des spectateurs. Et ça, on le doit énormément au duo Faist–O’Connor ! Oui, oui, je sais, moi non plus je n’arrive pas à oublier la scène du churro, ni celle du sauna !

    4. The Mastermind (2025) 

    À titre personnel, The Mastermind est mon film préféré parmi les œuvres évoquées dans cette liste, mais si l’on établit un classement fondé uniquement sur les performances de Josh O’Connor, celle qu’il livre dans le film de Kelly Reichardt reste, disons, moins piquante. The Mastermind se concentre sur un certain J. B. Mooney, père de famille et charpentier au chômage qui, succombant à son ego démesuré, se croit capable de voler des œuvres d’art dans un musée du Massachusetts. Mais ses plans s’avèrent complètement désastreux et Mooney se retrouve rapidement dépassé, à la fois par le système et par le climat politique et social du début des années 1970.

    Qu’il s’agisse du début du XIXème siècle ou de notre époque, les films de Kelly Reichardt ont toujours été dotés d’un regard très incisif et lucide sur la société américaine, et The Mastermind n’y fait pas exception. On pourrait être tenté de qualifier le long métrage de film de braquage, mais il s’agit plutôt d’un anti-film de braquage, dans la mesure où la réalisatrice démonte un à un tous ses clichés pour aboutir à un exercice de style à portée politique. Dans cette perspective, le jeu du comédien joue un rôle indispensable, par la manière dont il incarne un protagoniste auquel le film ôte tout moyen de s’identifier ou de se sentir proche. Sa présence corporelle dans le cadre est travaillée avec une grande subtilité afin de convoquer, chez le spectateur, sa maladresse et son inaptitude existentielle. Une performance digne des films de Robert Bresson, qui restera sans doute sous-estimée par rapport à ses rôles plus connus.

    3. Seule la terre (2017)

    Le premier long métrage de Francis Lee est le film qui a véritablement révélé le talent de Josh O’Connor au public et, dans un entretien qu’il a donné à Letterboxd, l’acteur a lui-même confirmé combien il était fier de ce film, précisant qu’il regarde souvent ses dix dernières minutes pour « sentir quelque chose ». Sur le plan thématique, Seule la terre (2017) pourrait être comparé au Son des souvenirs, mais il se montre beaucoup plus nuancé et profond dans sa manière d’aborder la sensualité homosexuelle. O’Connor y incarne Johnny, un jeune fermier qui s’occupe de la ferme familiale dans le Yorkshire. C’est un travailleur frustré qui cherche à compenser ses angoisses par l’alcool et des relations sexuelles sans attaches avec des hommes, jusqu’à ce que Gheorghe, un ouvrier saisonnier roumain, fasse irruption dans sa vie.

    La singularité de Seule la terre réside dans l’équilibre impressionnant qu’il instaure entre le réalisme social et la profondeur émotionnelle, qui déterminent respectivement les comportements de ses personnages. La physicalité, le langage corporel — non seulement entre Johnny et Gheorghe, mais aussi dans leurs gestes quotidiens de manière plus générale — y occupent une place centrale. Dans ce rôle révélateur, le jeune acteur fait coexister la cruauté et la fragilité dans un même regard, un même geste. Aux côtés d’O’Connor, il faut également saluer l’interprétation d’Alec Secăreanu dans le rôle de Gheorghe, car la force du film découle précisément du magnétisme entre les deux acteurs. Un équilibre qui ne s’atteint pas aussi facilement qu’on pourrait le croire.

    2. La Chimère (2023)

    Un autre film qui tient particulièrement à cœur à l’acteur britannique est La Chimère (2023) d’Alice Rohrwacher, et ce n’est évidemment pas sans raison ! Josh O’Connor s’est beaucoup investi pour incarner Arthur, un homme hanté par un amour perdu, mais aussi par les fantômes des reliques qu’il exhume de la terre grâce à ses dons de médium. Comme le film se déroule en Toscane, l’acteur a appris l’italien ; et pour capter la solitude et la mélancolie de son personnage, il a vécu dans un camping-car pendant le tournage, préparé sa propre nourriture et s’est même lavé dans un lac !

    Le réalisme magique a toujours été très caractéristique du cinéma d’Alice Rohrwacher. Dans La Chimère également, vêtu d’un costume blanc cassé tout froissé, le regard reculé mais mystérieux, le personnage d’Arthur est dépeint comme une sorte d’anti-héros mythique. Parmi tous les rôles que l’acteur a incarnés jusqu’à présent, Arthur reste sans doute le plus atypique, le plus singulier, porté par la vision idiosyncrasique de la réalisatrice. Dans la même veine que La Chimère, Les Merveilles (2014) et Heureux comme Lazzaro (2018) sont également à ne pas manquer.

    1. The Crown (2019 - 2020)

    Certains peuvent trouver cette série biographique sur la vie de la reine Elizabeth II trop niche à leur goût, mais, dans le parcours de Josh O’Connor, The Crown (2016-2023) lui a offert son rôle le plus récompensé. L’acteur a rejoint le casting dans le rôle du roi Charles III et l’a incarné durant les troisième et quatrième saisons. Interpréter une personne réelle, dont la vie privée tumultueuse a été largement médiatisée, sans tomber dans une imitation grotesque, constituait le principal défi de ce rôle.

    Josh O’Connor a pourtant réussi à saisir le cœur des conflits intérieurs du Prince à travers des détails très subtils dans sa manière de parler ou de se tenir, qui auraient très bien pu passer inaperçus. L’inclinaison de la tête, le sifflement de ses dents lorsqu’il parle — O’Connor intègre toutes ces nuances dans son interprétation. Surtout dans le dixième épisode de la quatrième saison, lors de la confrontation de Charles avec Diana à propos de Camilla, son jeu atteint un nouveau sommet : son visage est traversé par de multiples émotions et réactions en l’espace de quelques secondes. Heureusement, le monde de la télévision n’est pas resté indifférent à sa prestation : en 2021, l’acteur a ainsi remporté à la fois un Emmy et un Golden Globe dans la catégorie du Meilleur acteur dans une série dramatique.

  • 3 millions d’entrées par film : de Babysitting à Marsupilami, tous les films de Philippe Lacheau dans l’ordre !

    3 millions d’entrées par film : de Babysitting à Marsupilami, tous les films de Philippe Lacheau dans l’ordre !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    C’est l’histoire d’une bande qui a conquis le box-office français et le cœur des spectateurs. Philippe Lacheau, Tarek Boudali, Julien Arruti, Elodie Fontan et Reem Kherici forment la bien nommée « Bande à Fifi », passée avec succès des plateaux de CANAL+ aux planches parisiennes puis au cinéma où les entrées pleuvent depuis 2013.

    Près de 3 millions d’entrées par film !

    Chef de file du groupe, Philippe Lacheau a réalisé sept longs métrages, avec la même approche décomplexée, populaire et bienveillante de l’humour, un sens du gag cartoonesque qui fait rire toute la famille, et une fidélité sans faille qui l'amène à construire tous les scénarios autour de la bande. Rarement pris en casting, les ami.es ont ainsi écrit leurs propres rôles et leur propre histoire, qui a fait d’eux un collectif aussi incontournable que le furent les Charlots, le Splendid ou les Inconnus.

    Affichant une insolente moyenne au-delà des 2,8 millions d’entrées par film -que le Marsupilami (2026) va assurément encore faire grimper- Philippe Lacheau est devenu LA valeur sûre de la comédie hexagonale, que ce soit en salles sous la bannière de sa société BAF Prod, ou en streaming (il anime LOL qui rit sort sur Prime Video, dont la nouvelle saison sort ce 6 février). Pour JustWatch, je reviens sur les réalisations du monsieur, pas toujours appréciées des cinéphiles il est vrai, mais devant lesquelles je me marre. Beaucoup.

    Babysitting (2014) - 2 358 733 entrées

    Un an après Paris à tout prix (2013), qui marquait la première réalisation de Reem Kherici avec Philippe Lacheau au scénario, ce dernier se lance dans le grand bain de la mise en scène, en binôme avec Nicolas Benamou. L’ambition est potache et familiale et détourne les codes du found footage (les films montées à partir d’images retrouvées) en dévoilant à deux parents atterrés (Gérard Jugnot et Clotilde Courau) ce qu’il est advenu de la soirée de Babysitting que devait assurer leur employé modèle auprès de leur fils unique.

    Les images retrouvées, telles une loi de Murphy festive, sont légendaires. Entre Projet X (2012) et Le Jouet (1976), le film enchaîne les séquences culte, d’une soirée apocalyptique dans la maison du patron à une course façon Mario Kart en plein Bois de Vincennes en passant par une séance de Surra de Bunda (une danse brésilienne durant laquelle la danseuse gifle un homme… avec ses fesses). Avec deux prix au Festival de l’Alpe d’Huez, plus de 2,3 millions de spectateurs hilares et des critiques globalement positives, l’essai est transformé.

    Babysitting 2 (2015) - 3 241 965 entrées

    Succès oblige, la bande remet ça dès l’année suivante dans Babysitting 2 (2015). Comme un symbole, c’est un autre membre illustre du Splendid qui succède à Gérard Jugnot dans ce second volet : dans le rôle du père de la compagne de Franck (Philippe Lacheau), Christian Clavier invite sa fille, son gendre et leurs amis dans son hôtel écologique au Brésil. Ce qui devait être un séjour paradisiaque va vite tourner au cauchemar (hilarant, rassurez-vous), dont on découvre les péripéties grâce à une GoPro retrouvée…

    Babysitting 2 repose sur la même structure que son prédécesseur : 20 minutes d’exposition en prises de vue traditionnelles, puis une alternance entre gags found footage et visages défaits de celles et ceux qui découvrent les images (dont le couple Jérôme Commandeur / Valérie Karsenti, très drôles). En changeant de cadre, le film parvient à réinventer l’original et offre même des séquences épiques qui, found footage oblige, ont forcé les comédiens à se passer de cascadeurs : c’est ainsi que le plongeon dans la rivière ou le saut en parachute ont été tournés sans doublure ! Et comme dans Babysitting, là encore, personne n’est oublié et chacun a ses moments de gloire, à commencer par une grand-mère destroy et hilarante.

    Alibi.com (2017) - 3 603 775 entrées

    Avec Alibi.com (2017), la bande intègre un nouveau membre : Elodie Fontan, rencontrée sur Babysitting 2 et devenue entre-temps la compagne de Philippe Lacheau. La comédienne amène une féminité bienvenue au sein du trio Lacheau / Boudali / Arruti, qui incarnent ici les fondateurs d’une société chargée de « couvrir » les mensonges et autres tromperies de ses clients. Alors que l’un d’eux tombe sous le charme de la demoiselle -qui déteste le mensonge-, il découvre que le père de son nouveau crush vient de faire appel à ses services pour couvrir son adultère…

    On oublie le found footage : ici, on mise tout sur le quiproquo et le gag potache ! Entre un collègue narcoleptique, un kidnapping de zèbre, une starlette en quête de likes (Nawell Madani) et un faux voyage en Tanzanie, le délire est au rendez-vous, rehaussé par des petits clins d’oeil à Star Wars, Fast & Furious, Assassin’s Creed, Thor et Bloodsport. Preuve de la dimension qu’a pris la bande, Didier Bourdon et Nathalie Baye se joignent au délire, où l'on croise également Medi Sadoun, Michèle Laroque, Kad Merad, La Fouine et JoeyStarr. Et au-delà de l’humour, j’avoue être touché par l’amour qui se dégage du couple Lacheau / Fontan, notamment dans un love-montage très sympathique dans la première partie du film : on a l’impression d’assister à la naissance d’une idylle (qui dure depuis !), et c’est touchant !

    Nicky Larson et le Parfum de Cupidon (2019) - 1 684 404 entrées

    Alors que tout le monde réclame un Babysitting 3 ou une suite à Alibi.com, le quatrième film de Philippe Lacheau est un choix surprenant. Et un vrai défi. Adapter en prises de vues réelles le manga culte City Hunter / Nicky Larson de Tsukasa Hojo, déjà transposé en anime entre 1987 et 1991 puis en live action par Jackie Chan en 1993. Biberonné au Club Dorothée dans sa jeunesse, le réalisateur-scénariste-acteur se lance ainsi dans son projet le plus ambitieux avec Nicky Larson et le Parfum de Cupidon (2019). Cheveux noir corbeau, veste bleue sur t-shirt rouge, le regard lubrique, Philippe Lacheau devient littéralement le célèbre détective, lancé sur les traces d’une phéromone qui provoque une attirance irrésistible.

    Si on peut regretter un humour un peu trop tourné vers les quiproquos homosexuels (comme Epouse-moi mon pote de son compère Tarek Boudali), on adore les innombrables clins d’oeil à la génération Club Do, la prestation d’Élodie Fontan très convaincante en Laura, et les séquences visuellement très abouties (le combat dans l'hôpital, la baston dans la casse automobile, le gunfight final). Sans oublier Chantal Ladesou ET Pamela Anderson (!) sous le charme d’un Julien Arruti chevelu. C’est le film de Philippe Lacheau qui a le moins marché en salles… et c’est pourtant la suite qu’on lui réclame le plus ! Alors, bientôt un crossover avec les voleuses de la série Cat’s Eyes (2024-) qui appartient au même univers  ?

    Super-héros malgré lui (2021) - 1 835 528 entrées

    Alors que Marvel et DC ont inondé la planète avec leurs personnages et leurs productions, Philippe Lacheau s’empare du genre super-héroïque, dans la foulée de quelques tentatives françaises (Black Snake en 2019 ou Comment je suis devenu super-héros en 2020). Mais il y ajoute évidemment sa patte et son sens du quiproquo, en mettant en scène un comédien, interprète de Badman à l’écran et devenu amnésique après un accident de voiture : découvrant son masque et son costume dans le véhicule, il pense alors être un vrai justicier !

    Vous l’avez compris, on est ici dans la lignée de héros très normaux comme Super (2010) ou Kick-Ass (2010), mais passés à la moulinette de l’humour « Bande à Fifi ». C’est, de mon point de vue, le moins réussi des films de Philippe Lacheau. Les gags sont un peu poussifs, et renvoient même une sensation de déjà-vu, alors que le reste de la bande est mal exploité (mention spéciale, tout de même, à la relation beau-père / beau-fils de Tarek Boudali et Julien Arruti). Restent tout de même une belle mise en image, un plan Avengers très malin et un Georges Corraface surprenant en Joker du pauvre baptisé « Le Clown ».  

    Alibi.com 2 (2023) - 4 277 971 entrées

    Après deux films sous la barre des 2 millions d’entrées, il était temps de retrouver les cimes du box-office. C’est chose faite avec Alibi.com 2 (2023), qui reste le plus grand succès public de Philippe Lacheau à ce jour avec plus de 4 millions de spectateurs conquis par ce festivals de mensonges, de quiproquos et de gags. Alors qu’il a promis à sa chère et tendre de fermer son agence et de cesser ses mensonges, notre héros doit renoncer à son engagement et mettre en place un dernier stratagème pour empêcher sa belle-famille de rencontrer ses parents, respectivement escroc à la petite semaine et actrice de charme…

    Évidemment, rien ne va se passer comme prévu, et on assiste à un double mariage dans deux maisons voisines, Philippe Lacheau devant passer de l’une à l’autre pour assurer une vraie union avec sa fiancée et une fausse union devant ses parents ! Pour l’occasion, du (très) beau monde est convié aux noces, entre Nathalie Baye, Didier Bourdon, Gérard Jugnot, Arielle Dombasle, Georges Corraface, Catherine Benguigui, Reem Kherici, Medi Sadoun, Redouane Bougheraba, Gad Elmaleh et des apparitions surprises de Pascal Obispo et Patrick Fiori ! Le délire culmine avec une garden party où le sens du gag de la bande fait une nouvelle fois merveille.

    Marsupilami (2026) - actuellement au cinéma

    Attention, carton monumental en vue ! Je vais partager ici une expérience familiale très personnelle : je n’ai JAMAIS vu mes enfants rire autant devant un film que ce Marsupilami (2026), découvert en avant-première il y a quelques jours. Quatorze ans après la version signée Alain Chabat (Sur la piste du Marsupilami, 2012), Philippe Lacheau orchestre une suite-reboot dans laquelle Jamel Debbouze reprend son rôle de Pablito Camaron, protecteur de la faune de la forêt palombienne. Il embarque ici en clandestin sur un bateau de croisière pour empêcher qu’un bébé Marsu ne soit ramené en France.

    La très bonne idée du film, c’est de quitter la jungle pour concentrer l’action sur un immense paquebot. Dans cet univers clos, terrain de jeu gaguesque idéal, « Bibi » provoque d’innombrables catastrophes, qui bénéficient une nouvelle fois du timing comique texaveryesque de Philippe Lacheau. Il y a ainsi dans le film (au moins) trois séquences de chutes, de chocs et de gags qui devraient faire résonner les salles obscures de rires bruyants. Et, au-delà de cet humour burlesque et familial (et bien moins sous la ceinture que dans ses précédents films), il y a une vraie émotion touchante dans la relation qui se noue entre un petit garçon et la bestiole, qui prend vie grâce à un savant mélange d’animatroniques et d’images de synthèse. Finalement, ce Marsupilami, c’est un Gremlins très très très fun… et sans aucun doute le futur plus grand succès de son réalisateur (je prends le pari !).

  • Silent Hill : tous les films adaptés du jeu vidéo dans l’ordre

    Silent Hill : tous les films adaptés du jeu vidéo dans l’ordre

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Dans l’univers du jeu vidéo, j’ai l’impression qu’il y a eu deux types de gamers : celles et ceux qui aiment flinguer du zombie dans Resident Evil, et les autres qui préfèrent une plongée dans l’atmosphère inquiétante de Silent Hill. Si la première franchise a été largement déclinée (essorée ?) au cinéma avec pas moins de sept films et une adaptation attendue en 2026, la seconde s’est faite plus rare.

    Il faut dire que le succès de Resident Evil est massif, avec plus de 170 millions de copies écoulées depuis la sortie du premier jeu en 1996. Là où Silent Hill, en misant sur une horreur plus psychologique, est resté un univers de « niche » pour les amateurs et amatrices de cauchemars éveillés. A l’occasion de la sortie du nouvel opus au cinéma, JustWatch fait le point sur les films inspirés de la saga imaginée par Keiichiro Toyama et Team Silent / Konami.

    Silent Hill (2006)

    Après leurs premières collaborations fructueuses sur Crying Freeman (1995) et Le Pacte des Loups (2001), les producteurs Samuel et Victor Hadida (Resident Evil, 2002) et le réalisateur Christophe Gans allient leurs forces pour transposer Silent Hill (2006) sur grand écran. Et il en faut, car le réalisateur français tente pendant cinq ans de convaincre Konami de lui confier les rênes de cette adaptation, avant d’obtenir leur accord de mêler différents aspects des quatre premiers jeux tout en prenant de vraies libertés, et de féminiser le protagoniste (le film est finalement très féminin, emmené par Radha Mitchell, Laurie Holden, Deborah Kara Unger, Alice Krige et la jeune Jodelle Ferland). Ce que cherche avant tout à faire ici Christophe Gans, c’est de restituer en 2h05mn son expérience de gamer et l’atmosphère cauchemardesque du survival-horror. Son iconographie, aussi, avec l’élaboration d’une centaine de décors confiés à Carol Spier (La Mouche, Mimic, eXistenZ, Blade II) et des créatures imaginées par Patrick Tatopoulos (Stargate, Pitch Black).

    C’est la grande force du film, qui vous bluffe par son ambiance pesante et impressionnante dans sa première moitié, alors que son héroïne découvre les différentes facettes de ce « Triangle des Bermudes urbain » dont on ne ressort jamais : une ville fantôme baignée de brume et de cendres le jour, une horreur sans nom quand les ténèbres déferlent. La suite est moins engageante, alors que le film verse dans une narration surécrite pour expliquer l’inexplicable et livrer un récit clé-en-main. C’est là la vraie différence entre une expérience vidéoludique personnelle et le cinéma grand public, finalement. Reste, toutefois, la meilleure adaptation d’un jeu vidéo à l’écran, à l’époque. Et ce n’est pas rien après plus d’une décennie de ratages emmenés par Super Mario Bros. (1993) et Alone in the Dark (2005) !

    Silent Hill Révélation (2012)

    Avec des recettes solides (100 millions de dollars dans le monde et un peu plus de 800 000 entrées en France pour un budget de 50 millions de billets verts), Silent Hill est un succès. Christophe Gans ne va toutefois pas rempiler, et laisse la place à M.J. Bassett, révélée par son travail sur La Tranchée (2002), Wilderness (2006) et Solomon Kane (2009). Dans Silent Hill : Révélation 3D (2012), la réalisatrice poursuit l’histoire initiée dans le premier opus, en inversant la dynamique : cette fois, c’est la fille, Heather Mason, qui doit retourner à Silent Hill pour tenter de retrouver son père disparu.

    Plus ramassée (1h34mn à peine), moins léchée aussi, cette nouvelle enquête horrifique offre quelques nouveautés, à l’image de l’iconographie cirque/freak/manège de l’horreur qui ouvre et clôture le long métrage ou cette araignée-mannequin très creepy, tout en réinvitant certaines des créatures les plus emblématiques de l’univers (les infirmières désarticulées et l’incontournable Pyramide-Head). Côté casting, on est content de croiser Carrie-Anne Moss et Malcolm McDowell, alors que Radha Mitchell et Deborah Kara Unger font une petite apparition et que Sean « Ned Stark » Bean retrouve Kit « Jon Snow » Harington de Game of Thrones. C’est au final tout ce qu’on retient du film, qui avec 55 millions de dollars de recettes et 230 000 entrées-France ne marque malheureusement pas grand monde.

    Retour à Silent Hill (2026)

    Il aura fallu vingt ans à Christophe Gans pour retrouver le chemin de Silent Hill. Entre-temps, le cinéaste a livré sa version de La Belle et la Bête (2014) et tenté de développer des adaptations de Bob Morane et de Rahan pour le cinéma. Avec Retour à Silent Hill (2026), il adapte le deuxième jeu vidéo, sorti en 2001 et considéré comme l’un des plus grands titres vidéoludiques de tous les temps. Et l’un des plus effrayants aussi. Et pour renforcer l’expérience, il retrouve l’illustre compositeur Akira Yamaoka, déjà à l'œuvre sur les jeux, pour signer la bande originale de ce nouveau cauchemar.

    Lorsqu’il reçoit une mystérieuse lettre de Mary (Hannah Emily Anderson), son amour perdu, James (Jeremy Irvine) est attiré vers Silent Hill, une ville autrefois familière, aujourd’hui engloutie par les ténèbres. En partant à sa recherche, le jeune homme affronte des créatures monstrueuses et découvre une vérité terrifiante qui le poussera aux limites de la folie… Sans être tout à fait une suite, le film se présente comme un nouveau chapitre au sein d’une anthologie horrifique. Avec de nouveaux personnages donc, mais un univers similaire (la brume, les cendres, les sirènes, les ténèbres) et le retour de certaines créatures iconiques (le Pyramide-Head et les infirmières sont toujours au rendez-vous !). Est-ce que cela suffit à réinventer l’expérience, deux décennies plus tard ? La réponse au cinéma.

  • Mastermind, First Cow, Wendy & Lucy : tous les Films de Kelly Reichardt dans l’ordre

    Mastermind, First Cow, Wendy & Lucy : tous les Films de Kelly Reichardt dans l’ordre

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Issue de la scène indépendante new-yorkaise, Kelly Reichardt est de retour au cinéma avec Mastermind (2025), présenté en compétition au Festival de Cannes en mai dernier. Emmené par Josh O’Connor, le film se passe dans le Massachussetts des années 70 où un charpentier et père de famille en quête de renouveau se met en tête d’organiser un vol d'œuvres d’art.

    Avant de découvrir le nouveau film de la cinéaste, je vous propose, pour JustWatch, un guide de sa filmographie passionnante regroupant tous ses longs-métrages et leur disponibilité en streaming. Idéal pour des séances de rattrapages avant ou après Mastermind !

    River of Grass (1994)

    Le premier long-métrage de Kelly Reichardt, River of Grass (1994), met en scène Cozy, une femme au foyer malheureuse en mariage et rêvant d’aventures. Un soir dans un bar, elle rencontre Lee, un homme solitaire et également insatisfait de sa vie. Après avoir passé la soirée ensemble, Lee apprend à Cozy à tirer et pense avoir tué quelqu'un. Les deux personnages fuient alors la ville et se retrouvent en cavale, en recherchent une solution à la frustration de leur vie respective. Le film a été restauré en 2015 et a été présenté en 2016 à nouveau à Sundance où il avait déjà fait ses débuts en 1994.

    Old Joy (2006)

    Dans Old Joy (2006), deux amis de longue date partent camper en forêt le temps d’un weekend. L’un est marié et s'apprête à devenir père, l’autre est encore ancré dans ses jeunes années. Cette expédition est l’occasion pour les deux hommes de crever l'abcès sur des non-dits et de voir si leur amitié, qui commence à s'étioler, peut encore être sauvée. Le film est adapté de la nouvelle du même nom écrite par Jonathan Raymond. 

    Wendy et Lucy (2008) 

    Avec Wendy et Lucy (2018), Reichardt signe un drame bouleversant dans lequel l’une de ses actrices fétiches, Michelle Williams, joue le role de Wendy, une jeune femme voyageant avec sa chienne Lucy, jusqu’en Alaska afin de trouver un nouveau travail. Les deux amies se retrouvent bloquées en Oregon lorsque la voiture de Wendy tombe en panne. N’ayant pas les moyens de réparer son véhicule, la jeune femme se met à voler dans un petit supermarché, mais quand elle ressort, Lucy a disparu. Lucy a notamment reçu le prix de la Palm Dog, remis durant le Festival de Cannes en 2008. 

    La Dernière Piste (2010) 

    Avec La Dernière Piste (2010) Kelly Reichardt signe un western original et poignant sur le destin de trois familles suivant la piste de l'Oregon en 1845, guidées par un homme qui prétend pouvoir les aider dans ce périlleux voyage. Sur le chemin, ils rencontrent un autochtone cherchant à les aider également. Face aux doutes et aux nombreux dangers, ces voyageurs devront choisir à qui faire confiance... La Dernière Piste a été sélectionné à la Mostra de Venise en 2010, aux côtés de Black Swan (2010) de Darren Aronofsky entre autres. Le film marque également l’une des quatre collaborations entre Michelle Williams et Kelly Reichardt. 

    Night Moves (2013)

    Emmené par Jesse Eisenberg et Dakota Fanning, Night Moves (2013) nous embarque dans une aventure à grand suspense aux allures de thriller écologique, lorsque Josh, un homme travaillant dans une ferme biologique de l’Oregon, rencontre des activistes et voit ses convictions se radicaliser. Le long métrage a été présenté lors de nombreux festivals, incluant la Mostra de Venise, le Toronto International Film Festival (TIFF) ainsi que le Festival du film américain de Deauville, pour lequel il a remporté le Grand Prix. 

    Certaines Femmes (2016)

    Dans Certaines Femmes (2016), nous suivons les destins -parfois croisés-, la vie personnelle et la carrière de quatre femmes de classe moyenne. A travers Laura Dern, Lily Gladstone, Michelle Williams et Kristen Stewart, le film interroge de façon poétique et engagée les relations entre les différentes classes sociales et entre les communautés plus marginalisées. Il avait remporté le Prix du meilleur film lors du Festival de Londres en 2016, où il était notamment en compétition avec Moonlight (2016) et Brimstone (2016). 

    First Cow (2019) 

    First Cow (2019) est décrit comme un western sur les origines du rêve américain. Dans les années 1820, un jeune cuisinier solitaire se dirige vers l’Oregon dans le grand ouest. Sur la route, il rencontre un immigrant chinois également à la recherche d’un avenir meilleur. Les deux hommes vont par la suite monter un plan pour utiliser le lait d’une vache appartenant à un homme aisé, propriétaire du tout premier bovin de ce territoire. First Cow a été présenté lors de plusieurs festivals, et il a notamment remporté le Prix du Jury au Festival du cinéma américain de Deauville en 2020.

    Showing Up  (2022) 

    Dans Showing Up (2022), Michelle Williams joue le rôle d’une sculptrice devant jongler entre les aléas  de son quotidien et le stress de son travail d’artiste, alors qu’elle s'apprête à exposer dans une galerie. La comédienne partage l'affiche avec Hong Chau et John Magaro. Showing Up avait été sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes en 2022, face à Armageddon Time de James Gray, Sans Filtre (2022) de Ruben Östlund, Decision to Leave (2022) de Park Chan-wook ou encore Les Crimes du Futur (2022) de David Cronenberg. 

  • Origines, pouvoirs, ennemis : qui est Wonder man, le nouveau super-héros Marvel ?

    Origines, pouvoirs, ennemis : qui est Wonder man, le nouveau super-héros Marvel ?

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    C’est probablement le projet le plus curieux de la phase actuelle du MCU. Oubliez les invasions extraterrestres et les multivers en folie : Marvel a besoin de retrouver du nerf, du style, et surtout une originalité. Avec la série Wonder Man (2026), le grand public va enfin rencontrer Simon Williams, un héros culte et pas comme les autres, surpuissant, et franchement dysfonctionnel. 

    La sortie de Wonder Man sur Disney+ marque un véritable tournant pour Marvel. Pilotée en majeure partie par Destin Daniel Cretton (réalisateur de Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux, 2021), la série en huit épisodes est une satire incisive du milieu hollywoodien et du star system, en même temps qu’un destin super-héroïque à hauteur d’homme.

    Alors que Yahya Abdul-Mateen II débarque sur nos écrans, voici tout ce qu'il faut savoir sur cet Avenger pas comme les autres, sans avoir à fouiller dans 60 ans d'archives. Et revenons d’abord sur les origines de ce héros méconnu du grand public.

    Une Origin Story réinventée : le grand écart entre les comics et la série

    Les puristes grincent certainement des dents en voyant le scénario de la série qui diverge totalement de l’histoire originale. Il va falloir résister et donner une chance à cette proposition qui prend des risques et nous fait comprendre que Marvel tente quelque chose de nouveau. 

    Dans les comics, l’histoire de Wonder Man est sombre. Créé en 1964 par Stan Lee et Jack Kirby, Simon Williams n’est pas un acteur raté, mais un héritier déchu. C'est le fils d’un riche industriel, Sanford Williams. À sa mort, la boîte coule car elle fait face à la plus rude des concurrences : Stark Industries. Et, on ne gagne pas contre Tony Stark. Au fond du trou, il finit en prison après avoir détourné des fonds. Là, son destin bascule, puisque sa porte de sortie est le Baron Zemo.

    Vous remettez ? C’est le Sokovien, joué par Daniel Brühl, brisé par la mort de sa famille dans Civil War (2016). Dans le comics, il est à la tête des Maîtres du Mal et propose un pacte à Simon : la liberté et des pouvoirs pour qu’il infiltre les Avengers et les trahisse de l’intérieur. Si l’on résume, Simon Williams est alors un traître, raté, qui vend son âme pour sauver sa peau. Pas top, le superhéros. Pourtant, c’est un personnage fascinant qui passe sa vie à pourchasser la rédemption, loin du boy-scout habituel,

    Dans la série, il n’y a ni Tony Stark, ni Zemo qui a d’autres chats à fouetter. Ici, Simon Williams n’en a que faire de sauver le monde. Lui veut d’abord réussir sa carrière à Hollywood, décrocher ce rôle qui va le faire percer. Et ce rôle, c’est celui de Wonder Man ! Il doit donc prendre son courage à deux mains et passer le casting. Mais, pour espérer sortir de l’anonymat, il doit cacher ses pouvoirs à cause de la « Doorman Clause », qui bannit les acteurs dotés de pouvoirs des plateaux. Si ça se sait, c’est terminé.

    Ainsi, dans la BD, nous avons un homme fabriqué, dans un moment de faiblesse, par un vilain et rattrapé par sa conscience ; alors que la série l'ancre dans le réel, la peur de l’échec, de l’anonymat. Dans la série, Simon Williams n’est pas Wonder Man, mais n’a qu’un but, en jouer le rôle. 

    Ses pouvoirs : ioniques, ironiques et iconiques

    Dans les comics, Simon Williams ne plaisante pas et peut rivaliser avec n’importe quel Avengers. Force, durabilité, endurance, réflexes : tout y est, au point de ne plus avoir besoin de manger ou boire ! Tout cela grâce à ses pouvoirs ioniques après que Zemo l’a soumis à un bombardement de rayons. Simon n’est plus vraiment humain alors que sa chair et ses os ont muté. 

    Dans la série, Simon est tout aussi puissant, mais ici c’est l’ironie qui prime. Imaginez pouvoir rivaliser avec Thor mais devoir se retenir pour ne pas montrer sa force surhumaine. C’est tout le comico-tragique de la série : voir un demi-dieu stresser pour des choses futiles du quotidien. 

    L’antagoniste : Simon Williams contre l’Etat

    Si l’histoire sort totalement des sentiers battus, Destin Daniel Cretton devait bien se plier à la règle principale de tous récits de superhéros. Il faut un antagoniste de poids. Cependant, si vous pensez que c’est un conquérant galactique à la Thanos, vous risquez d’être surpris. Ici, l’ennemi ne porte pas de cape, mais une cravate et un col blanc : le DODC (Department of Damage Control). 

    Au début, le Damage Control n’était là que pour nettoyer derrière les batailles des Avengers (et ils avaient du boulot). Mais au fil des années, l’organisation a muté. L’Agent Cleary a transformé ce DODC en agence de surveillance qui traque les « individus améliorés » qui pourraient présenter une menace.  Pour cela, ils sont prêts à toutes les manipulations psychologiques les plus crasses.

    Considérant Simon Williams comme une bombe nucléaire ambulante, le DODC utilise Trevor Slattery (joué par Ben Kingsley, qui se faisait passer pour le Mandarin dans Iron Man 3 puis dans Shang-Chi). L’agence lui pose un terrible ultimatum : infiltrer la vie de Simon et le trahir ou être jeté dans une cellule de haute sécurité pour le restant de sa vie. L’ennemi ici n’est donc pas un personnage charismatique, mais une surveillance d'État oppressante. 

    Comment Wonder Man s’ancre dans le MCU ?

    Est-ce que Wonder Man va réussir à réconcilier les sceptiques avec Marvel ? C’est probable. En délaissant les enjeux cosmiques, les capes et les marteaux divins pour laisser place à une satire sociale d’Hollywood, Marvel essaie de prouver qu’il sait encore se renouveler. On entre dans du Meta, une industrie qui se regarde et nous montre ce qu’elle voit.

    Finalement, Wonder Man s’emboite assez discrètement dans le MCU. On retrouve le DODC, qui est loin d’être nouveau pour les fans les plus attentifs : on les a déjà vus à l’œuvre dans Spider-Man: Homecoming (2017), Spider-Man: No Way Home (2021) ou Ms. Marvel (2022). Ensuite, Trevor Slattery, personnage historique du MCU, est utilisé ici comme passerelle narrative. Non seulement il permet de relier Simon Williams à l’univers global d’une manière plus concrète, mais son côté menteur pathologique est fort utile pour développer une satire d’Hollywood et du star-system. 

    Quelle suite cela laisse présager ? Difficile de répondre, car Wonder Man pourrait poser les jalons de beaucoup d’histoires. Dans les comics, il a des liens très forts avec les X-Men, mais aussi avec les West Coast Avengers. Wonder Man nous rapproche grandement d’Avengers : Doomsday qui devrait sortir en décembre 2026. Sera-t-il présent ? Est-ce que Simon Williams a un plus grand rôle à jouer dans la phase 6 du MCU ? Espérons-le !

  • Spielberg vient de rejoindre un club très fermé d’Hollywood, et il est en très bonne compagnie !

    Spielberg vient de rejoindre un club très fermé d’Hollywood, et il est en très bonne compagnie !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Pour le grand public, l’acronyme « EGOT » reste assez méconnu. Et même, avouons-le, carrément cryptique. Mais pour les professionnels de l’industrie du divertissement outre-Atlantique, c’est un club très fermé regroupant de véritables légendes de l’entertainment Made In USA. Mais ne vous fiez pas à la sonorité française : contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas ici de flatter l’ego de ses membres triés sur le volet mais bien une preuve de la qualité de leur carrière sous les feux de la rampe et en coulisses. 

    Ça veut dire quoi « EGOT » ?

    « EGOT », c’est tout simplement l’acronyme de Emmy (Awards) / Grammy (Awards) / Oscar / Tony (Awards). Soit les trophées majeurs des quatre principaux champs des arts du spectacle : la télévision (Emmy), la musique (Grammy), le cinéma (Oscar) et le théâtre (Tony). Devenir un « EGOT », c’est donc réussir à briller dans ces quatre milieux au cours de sa carrière, au point d’être récompensé par les votante.es de chaque Académie. C’est un peu comme réussir le grand chelem sur les courts de tennis ATP. Et c’est extrêmement rare.

    Qui sont les « EGOT » ?

    Ainsi, depuis la création des différents prix, seules 28 personnes ont décroché ce Graal artistique dont la paternité de la dénomination appartiendrait à Philip Michael Thomas (le Ricardo Tubbs de la série Deux flics à Miami), qui rêvait d’accrocher les quatre distinctions à son palmarès… sans jamais décrocher une seule nomination. Parmi elles, un talent particulier se distingue : l'auteur-compositeur Robert Lopez est non seulement devenu le plus jeune « EGOT » de l’histoire à 39 ans… mais il a depuis réitéré l’exploit en s’offrant un double « EGOT » !

    • EGOT 1962 - Richard Rodgers - compositeur

    • EGOT 1977 - Helen Hayes - actrice

    • EGOT 1977 - Rita Moreno - actrice et chanteuse

    • EGOT 1970 - Barbra Streisand - chanteuse et actrice

    • EGOT 1990 - Liza Minnelli - chanteuse et actrice

    • EGOT 1991 - John Gielgud - acteur et réalisateur

    • EGOT 1994 - Audrey Hepburn - actrice

    • EGOT 1995 - Marvin Hamlisch - compositeur

    • EGOT 1997 - Jonathan Tunick - compositeur

    • EGOT 2001 - Mel Brooks - acteur, scénariste, réalisateur et compositeur

    • EGOT 2001 - Mike Nichols - réalisateur et humoriste

    • EGOT 2002 - Whoopi Goldberg - actrice, productrice, humoriste et animatrice

    • EGOT 2011 - James Earl Jones - acteur

    • EGOT 2012 - Scott Rudin - producteur

    • EGOT 2014 - Harry Belafonte - acteur et chanteur

    • EGOT 2014 - Robert Lopez - auteur-compositeur

    • EGOT 2016 - Quincy Jones - auteur-compositeur et producteur

    • EGOT 2018 - Andrew Lloyd Webber - compositeur et producteur

    • EGOT 2018 - Tim Rice - parolier et producteur

    • EGOT 2018 - John Legend - chanteur, compositeur et producteur

    • EGOT 2020 - Alan Menken - compositeur et producteur

    • EGOT 2022 - Jennifer Hudson - chanteuse, actrice et productrice

    • EGOT 2023 - Viola Davis - actrice et productrice

    • EGOT 2023 - Frank Marshall - réalisateur et producteur

    • EGOT 2024 - Elton John - chanteur, auteur-compositeur et producteur

    • EGOT 2024 - Benj Pasek - auteur-compositeur et producteur

    • EGOT 2024 - Justin Paul - auteur-compositeur et producteur

    • EGOT 2026 - Steven Spielberg - réalisateur et producteur

    Pour quelles œuvres Steven Spielberg est-il un « EGOT » ?

    À 79 ans, Steven Spielberg est donc le tout dernier « EGOT » à rejoindre cette liste prestigieuse. Il aura fallu au réalisateur-producteur -dont le Jurassic Park vient d’être revisité par une publicité savoureuse pour le SuperBowl- trente-cinq années pour y parvenir, entre son tout premier Emmy en 1991 et son Grammy reçu cette année pour le documentaire consacré à son compositeur-fétiche John Williams, Music by John Williams (2024), dont il assure la production… en compagnie d’un autre complice hollywoodien, Frank Marshall, lui aussi « EGOT » depuis 2023. Voici la liste des prix qui ont permis à Spielberg de réaliser cet exploit :

    Emmy Awards

    • 1991 - Meilleur programme animé (daytime) - Les Tiny Toons

    • 1993 - Meilleur programme animé (daytime) - Les Tiny Toons

    • 1996 - Meilleur programme animé (daytime) - Les Animaniacs

    • 1996 - Meilleur programme animé (primetime) - Minus et Cortex

    • 1997 - Meilleur programme scolaire animé (daytime) - Freakazoid!

    • 1997 - Meilleur programme animé (daytime) - Les Animaniacs

    • 1999 - Meilleur programme scolaire animé (daytime) - Minus et Cortex

    • 2000 - Meilleur programme animé (daytime) - Minus, Elmira et Cortex

    • 2002 - Meilleure mini-série (primetime) - Frères d'armes

    • 2003 - Meilleure mini-série (primetime) - Disparition

    • 2010 - Meilleure mini-série (primetime) - Band of Brothers: L'enfer du Pacifique

    Grammy Awards

    • 2026 - Meilleur documentaire musical - Music by John Williams

    Oscars / Academy Awards

    • 1994 - Meilleur film - La liste de Schindler

    • 1994 - Meilleur réalisateur - La liste de Schindler

    • 1999 - Meilleur réalisateur - Il faut sauver le soldat Ryan

    Tony Awards

    • 2022 - Meilleure comédie musicale - A Strange Loop

    Qui pourraient être les prochains « EGOT » ?

    A Hollywood, quelques talents peuvent prétendre à un statut « EGOT » dans les années à venir ! Voici une liste -non exhaustive- de personnes qui ne sont plus qu’à un trophée de la consécration suprême : il manque ainsi un Oscar à Cynthia Erivo, Hugh Jackman, Lin-Manuel Miranda ou encore Trey Parker / Matt Stone (oui, oui, le tandem de South Park !) ; il manque un Grammy à Ellen Burstyn, Jeremy Irons, Jessica Lange, Helen Mirren, Al Pacino ou Geoffrey Rush ; il manque un Tony à Adele, Julie Andrews, Cher, Eminem, Lady Gaga, Martin Scorsese, Kate Winslet et… John Williams. Et si le compositeur, qui fête ses 94 ans le 8 février, finissait par rejoindre son ami Steven Spielberg dans ce Hall of Fame ? L'histoire serait belle, et il lui faut pour cela composer pour les planches. Et gagner.

    C'est quand le nouveau Spielberg ?

    Voilà plus de trois ans que nous attendons le prochain film de Steven Spielberg, après le bouleversant The Fabelmans (2022). Et ce sera en 2026, avec un retour aux sources extraterrestre réjouissant : Disclosure Day (2026), le quatrième film d'aliens du cinéaste après Rencontres du troisième type (1977), E.T. (1982) et La Guerre des Mondes (2005). « Si vous découvriez que nous ne sommes pas seuls, si quelqu'un vous le montrait, vous le prouvait, cela vous effraierait-il ? », annonce le synopsis officiel, en écho à une bande-annonce énigmatique où Emily Blunt, Josh O'Connor, Colin Firth, Eve Hewson et Colman Domingo -entre autres- sont confrontés à d'étranges phénomènes et une vérité qui pourrait changer la vie de 7 milliards de personnes. Imaginée par Spielberg lui-même et développée par le scénariste David Koepp (Jurassic Park), cette histoire dévoilera ses réponses le 10 juin, inaugurant un été cinéma qui s'annonce spectaculaire.

  • Jurassic Park a droit à un « reboot » spectaculaire – et il corrige tout (littéralement)

    Jurassic Park a droit à un « reboot » spectaculaire – et il corrige tout (littéralement)

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Plus que quelques jours avant le coup d’envoi du 60ème SuperBowl, la grande finale du championnat de football américain de la NFL. Alors que les New England Patriots et les Seattle Seahawks peaufinent leur préparation et leurs stratégies en vue du match du 9 février au Levi’s Stadium de Santa Clara, les grandes marques commencent à dévoiler leurs publicités prévues pour accompagner l’événement.

    Un match… et des pubs !

    Cette vague marketing, c’est une tradition communicationnelle très attendue. Profitant de la fenêtre de diffusion de l’événement sportif le plus regardé par les Américains (127 millions de téléspectateurs pour la précédente édition), les marques redoublent de créativité -et de budget- pour livrer LE spot ultime. Celui dont tout le monde parlera. Un match dans le match, en somme. Et ces dernières années, profitant des réseaux sociaux et de Youtube, elles dévoilent leurs productions de plus en plus tôt, bien en amont du SuperBowl, pour générer le plus de vues et faire monter le buzz dans les jours qui précèdent la rencontre.

    Le cinéma comme inspiration

    Si certains spots restent très traditionnels malgré leur ambition, d’autres ancrent leur message dans la pop culture en convoquant des univers et des stars de cinéma pour proposer des versions alternatives d'œuvres cultes. On se souvient ainsi des retrouvailles savoureuses de Billy Crystal / Harry et Meg Ryan / Sally pour la mayonnaise Hellmann’s, du nouveau Jour sans fin vécu par Billy Murray (et sa marmotte) pour Jeep, de Matthew Broderick rejouant La Folle journée de Ferris Bueller pour Honda, du retour du Docteur Denfer et de ses sbires pour General Motors, de Winona Ryder et Timothée Chalamet réinventant Edward aux mains d’argent pour Cadillac, ou de Bryan Cranston s'amusant avec Shining pour Mountain Dew Zero. De vraies réussites !

    Bienvenue Retour à Jurassic Park !

    Cette année, Xfinity frappe fort en revisitant Jurassic Park (1993). La société, qui propose des services téléphoniques, connexions haut débit et autres abonnements médias, nous replonge sur Isla Nublar, aux côtés d’Alan Grant, Ellie Sattler et Ian Malcolm. Les comédiens Sam Neill, Laura Dern et Jeff Goldblum reprennent leur rôle pour cette version alternative du film culte de Steven Spielberg, qui imagine comment leur week-end chez les dinosaures aurait pu parfaitement se dérouler si John Hammond (le monsieur qui aime dépense sans compter, sauf sur la maintenance informatique) avait confié à Xfinity la gestion des ordinateurs et du réseau de son parc. « Le Wifi trouve toujours son chemin », comme le lance avec malice le mathématicien au bord de la piscine.

    Buffet, piscine et selfie

    Si on avait pu voir le parc fonctionner correctement dans la première partie de Jurassic World (2015), avant que l’Indominus, les vélociraptors et d’autres ptérosaures ne s’échappent, on n’a pour ainsi dire jamais vu Jurassic Park proposer à ses visiteurs la prestation premium imaginée par John Hammond. Le spot corrige cela en montrant un lieu paradisiaque, où les clôtures, les grilles et l’éclairage fonctionnent, où l’on aime se détendre au bord de la piscine (à la mosaïque dinosauresque) en grignotant un énorme tas de crevettes au buffet, où on apprécie l’instant selfie avec le T-Rex ou un petit running matinal avec les gallimimus… Jusqu'à un tour en manège tricératops avec Alan Grant, qui « rajeunit de 33 ans » grâce à cette escapade.

    Un spot réjouissant

    Alors bien sûr, on pourrait reprocher à la publicité Xfinity de verser un peu trop dans l’IA et de proposer des rajeunissements numériques pas tout à fait aboutis (notamment Sam Neill sur la colline qui surplombe le marécage des parasaurolophus et des brachiosaures). Mais quelle bonne idée, qui détourne avec respect et humour un long métrage qui a traversé toutes les générations depuis 1993. J’ai personnellement été profondément marqué par ma première séance en octobre 1993 (au point de tout dater dans ma vie « avant ou après JP », véridique !), j’ai grandi avec le film, et j’aurais adoré avoir cette idée géniale : « Et si on imaginait que tout avait fonctionné, ça donnerait quoi ? ». Voir cette réalité parallèle prendre vie est sincèrement réjouissant. Encore plus avec les stars originales… qui font ainsi oublier leurs retrouvailles quelque peu ratées dans Jurassic World : le monde d’après (2022).

  • Huppert, Tatum et Charli xcx : 8 films que nous avons hâte de découvrir à la Berlinale 2026 !

    Huppert, Tatum et Charli xcx : 8 films que nous avons hâte de découvrir à la Berlinale 2026 !

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Alors qu’Hollywood reste absorbée par la course aux Oscars, les premiers festivals de 2026 ont également commencé, offrant un premier aperçu des nouveaux films du circuit dont on parlera au cours de l’année. Même si le titre de premier grand festival est généralement attribué à Sundance, celui-ci demeure assez niche et principalement axé sur le cinéma indépendant américain. C’est donc plutôt avec la Berlinale que commence, chez nous, en Europe, la saison des festivals.

    200 films au programme Wim Wenders au Jury

    Cette année, la 76ème édition du Festival International du Film de Berlin se déroulera du 12 au 22 février 2026. Parmi les plus de 200 films qui composent sa programmation, 22 titres concourent pour le très prestigieux Ours d’or. Le jury de cette édition est présidé par le grand réalisateur Wim Wenders, et compte parmi ses membres Min Bahadur Bham, Bae Doona, Shivendra Singh Dungarpur, Reinaldo Marcus Green, HIKARI et Ewa Puszczyńska.

    Avec une programmation particulièrement variée, allant d’œuvres expérimentales aux films et séries grand public, la Berlinale s’adresse à des audiences très diverses. Dans ce guide Justwatch, j’ai regroupé huit films qui, avant même d’être dévoilés au public, ont déjà suscité un fort retentissement et que j’ai, moi aussi, hâte de découvrir.

    L’arrivée des films berlinois dans l’Hexagone prenant généralement plus de temps que celle des films cannois, il est possible que certains d’entre eux ne soient visibles qu’au cours de la seconde moitié de 2026. Voire plus tard.

    At the Sea (2026)

    À partir des années 2000, le cinéaste hongrois Kornél Mundruczó s’est imposé comme un habitué de la sélection cannoise. On a surtout retenu White God (2014), qui a remporté le prix Un Certain Regard, tandis que La Lune de Jupiter (2017), qui lui a succédé, a été relativement mal accueilli. Les deux films suivants du cinéaste -Pieces of a Woman (2020) et Evolution (2021)- ont, d’une certaine manière, été victimes de la pandémie.

    Malgré un casting prestigieux réunissant Vanessa Kirby, Shia LaBeouf, Sarah Snook et Benny Safdie, Pieces of a Woman n’a pas réussi à laisser une impression durable auprès du public. Après cinq ans d’absence, il n’est pas surprenant que certains cinéphiles l’aient quelque peu oublié, mais avec At the Sea (2026), on espère qu’il saura raviver les mémoires.

    Pour ce nouveau film présenté en compétition, le réalisateur collabore à nouveau avec sa femme Kata Wéber à l’écriture du scénario. Selon le synopsis, le récit suit Laura, qui séjourne dans un centre de réhabilitation à la suite d’un accident lié à l’alcool, avant de retourner dans la maison familiale située au bord de la mer. On peut ainsi s’attendre à un drame psychologique proche de Pieces of a Woman, mais davantage orienté vers les thèmes de la guérison et de la confrontation. Côté casting, Amy Adams incarne Laura, entourée de Murray Bartlett, Chloe East, Brett Goldstein, Dan Levy, Jenny Slate et Rainn Wilson.

    Josephine (2026)

    Si vous avez un peu suivi le festival de Sundance, vous avez probablement entendu parler de Josephine (2026), réalisé par la cinéaste américaine Beth de Araújo. Le film a fait pas mal de bruit la semaine dernière, puisqu’il y a remporté à la fois le Grand Prix du Jury dans la compétition dramatique et le Prix du public. Ce doublé est à retenir, car les deux derniers films à avoir reçu ces honneurs étaient Minari (2020) et CODA (2021), ce qui constitue d’ores et déjà un fort présage en vue des Oscars 2027.

    Josephine est le deuxième long-métrage de la réalisatrice, après un premier thriller psychologique produit sous l’égide de Jason Blum et de sa société Blumhouse Productions. D’après le synopsis, le film se concentre sur une fillette de huit ans qui est témoin d’un viol alors qu’elle jouait dans le parc de Golden Gate, à San Francisco, avec son père. Cet événement traumatique, malgré tous les soutiens affectifs qui l’entourent, bouleverse complètement la vie de la jeune fille, qui devient à son tour très violente envers les autres.

    Selon la critique, Beth de Araújo adopte une approche frontale sur le plan dramatique, tout en restant subtile dans le traitement des émotions. La jeune actrice Mason Reeves interprète Josephine dans son tout premier rôle. Channing Tatum, qui incarne le père, est unanimement salué pour une performance qualifiée comme la meilleure de sa carrière, tandis que celle de Gemma Chan -connue notamment pour Les Éternels (2021)-  dans le rôle de la mère ne manque pas non plus d’éloges. Au vu de ce fort engouement festivalier, il y a de grandes chances que Josephine reparte également de la Berlinale avec un prix important.

    Rosebush Pruning (2026)

    Au cours des deux dernières décennies, l’œuvre du réalisateur brésilien Karim Aïnouz a été mise en avant dans de nombreux festivals -à Venise, Cannes et Berlin, entre autres. Or, en comparaison avec ses compatriotes Walter Salles ou Kleber Mendonça Filho, les films d’Aïnouz n’ont jamais été autant sous le feu des projecteurs, comme en témoigne notamment l’accueil peu favorable réservé à ses deux derniers films, Le Jeu de la reine (2023) et Motel Destino (2024). Mais ces déceptions critiques ne semblent pas avoir découragé le réalisateur, puisque son nouveau film s’annonce encore plus ambitieux.

    En lice pour l’Ours d’Or, Rosebush Pruning (2026) est décrit comme étant librement inspiré de Les Poings dans les poches (1965) de Marco Bellocchio. Au scénario, on retrouve un nom pour le moins intrigant : Efthimis Filippou, jusqu’alors surtout connu pour avoir coécrit plusieurs films de Yorgos Lanthimos. À la lumière de l’œuvre de ce dernier, il est certain qu’on ne manquera pas d’une satire bien tranchante -d’autant plus qu’à la lecture du pitch, les échos thématiques à Canine (2009) se font pleinement sentir.

    Le synopsis révèle que le film est centré sur des frères et sœurs -Jack, Ed, Anna et Robert- qui vivent dans une ville espagnole avec leur père aveugle et profitent de leur fortune de manière insolente. Leur équilibre intime est brisé lorsque Jack décide d’emménager avec sa petite amie, Martha, tandis qu’Ed révèle la véritable cause de la mort de leur mère. Probablement appuyé sur un récit choral, le casting donne particulièrement envie de découvrir le film : Riley Keough, Callum Turner, Elle Fanning, Jamie Bell, Tracy Letts et Pamela Anderson devraient y livrer des performances à la fois inventives et décalées.

    Dao (2026)

    Le réalisateur franco-sénégalais Alain Gomis se distingue comme l’une des voix les plus singulières du cinéma d’auteur contemporain. Certes relativement peu connu en comparaison de certains grands noms, son œuvre, qui aborde la question de l’identité à la fois à travers la sphère intime et le milieu social, constitue une force politique indispensable dans le contexte d’un cinéma postcolonial.

    Gomis est un habitué de la Berlinale depuis son troisième long métrage, Aujourd’hui (2013). Son quatrième film, Félicité (2016), y a d’ailleurs reçu le Grand Prix du Jury. Si, du côté de la fiction, les dix années écoulées depuis son dernier long métrage peuvent sembler particulièrement longues, le réalisateur s’est néanmoins fait remarquer avec Rewind & Play (2022), un documentaire d’archives sur Thelonious Monk présenté à la section Forum et qui cherchait à exposer les mécanismes cachés du racisme.

    Son nouveau film, Dao (2026), qui sera présenté en compétition, met au centre Gloria, qui, avec peu d’intervalle, fait marier sa fille en banlieue parisienne et participe à une commémoration en hommage à son père décédé en Guinée-Bissau. Selon les informations communiquées jusqu’à présent, le récit du film semble jouer avec les tensions entre passé et présent, ainsi qu’entre forme documentaire et fiction. Avec une durée de 185 minutes, Dao est l’un des films les plus ambitieux de la compétition. Heureusement, sa sortie est prévue pour le 29 avril : on ne tardera donc pas à découvrir de quoi il retourne !

    À voix basse (2026)

    La réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid est également en lice cette année à la Berlinale avec son troisième long métrage, À voix basse (2026). Dans son premier film, À peine j’ouvre les yeux (2015), elle signait, au cœur d’une révolution à l’horizon, le portrait d’une jeune femme assumant sa quête de liberté à travers la musique et la politique, en conflit avec les attentes de sa mère. Son deuxième film, Une histoire d’amour et de désir (2021) -comme son titre l’indique- proposait un récit sensoriel autour de la relation entre deux étudiants : l’un issu de la banlieue parisienne, l’autre fraîchement arrivée de Tunisie.

    Bouzid est une cinéaste très attentive à la confrontation entre identité personnelle et traditions ou mœurs qui la façonnent, mais aussi à celles auxquelles elle résiste. Dans À voix basse, l’histoire de Lilia, qui rentre en Tunisie pour les funérailles de son oncle et se retrouve confrontée aux secrets de sa famille, semble nourrie par ces mêmes thématiques. On a surtout hâte de découvrir les performances d’Eya Bouteraa (potentielle révélation César 2027 ?) et de Hiam Abbass. À noter : la sortie du film est déjà annoncée pour le 22 avril !

    The Blood Countess (2026)

    Nous avons vraiment de la chance que l’une des figures les plus emblématiques de l’avant-garde allemande soit encore vivante et qu’à l’âge de 83 ans, elle nous honore d’un nouveau film. Bien évidemment, il s’agit d’Ulrike Ottinger, dont le très attendu The Blood Countess (2026) sera présenté dans la section Berlinale Special Gala.

    Le film s’inspire d’un personnage historique réel, Élisabeth Báthory, comtesse hongroise que l’on croyait meurtrière en série et que l’on surnommait « Comtesse Dracula ». Ottinger s’empare donc de ce mythe vampirique avec la participation scénaristique de la grande écrivaine Elfriede Jelinek, et le transforme en un récit excentrique et mystérieux, avec les paysages urbains de Vienne en toile de fond.

    L’aspect le plus excitant du film est que la comtesse est interprétée par Isabelle Huppert, LA reine du cinéma français. Selon le synopsis, la comtesse revient du monde souterrain pour retrouver l’élixir rouge de la vie, accompagnée de sa fidèle servante. Mais sa quête risque d’être perturbée par son neveu végétarien, son psychothérapeute, deux vampirologues et un inspecteur de police !

    On sait qu’Ottinger est une artiste polyvalente, et ses films combinent souvent des éléments formels issus de diverses expressions artistiques -qu’il s’agisse du théâtre ou des arts visuels- leur conférant une plasticité très singulière. Nul doute que le mélange des genres -mystère, comédie et fantastique- que promet The Blood Countess sera également à la hauteur de la vision artistique que la réalisatrice n’a cessé de réinventer depuis plus de soixante ans.

    Good Luck, Have Fun, Don’t Die! (2025)

    De temps à autre, et beaucoup plus souvent ces derniers temps, les réseaux sociaux font surgir des séquences ou des images des trois premiers films de Pirates des Caraïbes, et une synergie se produit : des centaines d’utilisateurs saluent de concert le génie de Gore Verbinski. En réalité, depuis les aventures de Jack Sparrow, la carrière du réalisateur n’a pas vraiment connu de nouveaux sommets, à l’exception peut-être de son avant-dernier film, A Cure for Life (2016). 

    Après une absence d’une décennie sur le grand écran, le retour de Verbinski avec Good Luck, Have Fun, Don’t Die! (2025) semble s’annoncer beaucoup plus prometteur, et certainement au-delà d’un simple objet de curiosité découlant de notre nostalgie cinéphile. Écrit par le réalisateur et scénariste Matthew Robinson, le film a déjà fait sa première mondiale à Fantastic Fest en septembre, mais c’est surtout après sa première internationale à la Berlinale, dans la section Special Gala, qu’il pourra réellement toucher des audiences plus variées. D’après le résumé, on y découvrira une satire sociale anti-IA, à travers l’histoire d’un homme venu du futur pour empêcher une catastrophe causée par l’intelligence artificielle.

    Certains commentaires décrivent le film comme une version décalée et sci-fi de Un jour sans fin (1993), tandis que d’autres évoquent une tonalité exubérante proche de Everything Everywhere All at Once (2022). Avec Sam Rockwell dans le rôle de l’homme du futur, entouré de Haley Lu Richardson, Michael Peña, Zazie Beetz et Juno Temple, le casting donne lui aussi très envie de découvrir le film.

    The Moment (2026)

    Peut-on dire que l’on va bientôt entrer dans « l’hiver de brat » ? En tout cas, c’est ce qui semble s’annoncer avec The Moment (2026), le faux documentaire signé Aidan Zamiri, consacré à l’icône de l’électro-pop Charli xcx et qui, après sa première à Sundance, sera présenté en compétition dans la section Panorama de la Berlinale.

    Ceux et celles qui sont un peu familiers avec l’artiste connaissent sans doute déjà sa cinéphilie -son usage actif de Letterboxd ou encore ses micro-commentaires postés sur TikTok- mais à partir de 2025, elle s’est également mise à s’investir devant la caméra. D’abord avec son rôle dans Erupcja (2025) de Pete Ohs, pour lequel elle est aussi créditée comme scénariste et productrice. À partir de là, il devient difficile de l’arrêter : en 2026, elle sera à l’affiche de quatre films !

    Parmi ces quatre projets, The Moment semble être celui qui se rapproche le plus d’elle-même et dans lequel elle s’est le plus impliquée, là encore en tant que productrice et scénariste. Charli xcx y incarne une version fictive d’elle-même, alors qu’elle prépare la tournée mondiale de son album sensationnel brat en 2024. La bande-annonce, dévoilée il y a quelque temps, laisse déjà entrevoir -non sans humour- les coulisses chaotiques d’une industrie musicale cherchant à rentabiliser chaque geste artistique à tout prix, où l’authenticité devient elle-même un produit.

    Au-delà de la musicienne, le film bénéficie d’un casting bien fourni. On y retrouve notamment Rosanna Arquette et Alexander Skarsgård, qui interprètent des personnages fictifs, mais aussi plusieurs personnalités proches de Charli xcx -Rachel Sennott, Julia Fox ou encore Kylie Jenner- apparaissant sous des versions fictionnalisées d’elles-mêmes. Le film est distribué par A24 aux États-Unis ; reste à voir s’il suscitera suffisamment d’intérêt pour espérer une sortie en France.

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