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De Michael B. Jordan à la Kpop : les 20 « première fois » des Oscars 2026

De Michael B. Jordan à la Kpop : les 20 « première fois » des Oscars 2026

Yoann Sardet

Yoann Sardet

Rédacteur JustWatch

Certes, il y a eu Sean Penn, lauréat de son troisième Oscar. Certes il y a eu le compositeur Ludwig Göransson, qui a reçu lui aussi sa troisième statuette (en sept ans !). Certes il y a eu le sixième trophée pour le génie des effets visuels Joe Letteri, qui a mis Pandora en images. Mais pour le reste, l’essentiel des talents récompensés durant la 98ème cérémonie des Oscars étaient des « first-timers », symbole du renouvellement du paysage hollywoodien.

Cassandra Kulukundis (et le casting)

C’était par définition la Première la plus évidente : l’intronisation de la catégorie du Meilleur casting, saluant le travail de l’ombre mais ô combien essentiel mené par les directeurs -en réalité souvent des directrices- de casting pour composer un ensemble choral talentueux devant la caméra et repérer les visages de demain. A l’image de Chase Infinity, révélation de Une bataille après l’autre, recommandée par Cassandra Kulukundis à Paul Thomas Anderson pour camper la fille de Leonardo DiCaprio à l’écran. A l’oeuvre sur tous les films de « PTA » depuis Magnolia (1999), l’Américaine entre donc dans l’histoire de l’Académie comme la première lauréate dans cette catégorie. Rendez-vous l’an prochain pour une autre nouvelle section, honorant les coordinateurs, cascadeurs et doublures.

Michael B. Jordan

En recevant l’Oscar du Meilleur acteur des mains d’Adrien Brody, Michael B. Jordan a convoqué celle et ceux qui l’ont précédé dans l’histoire des Oscars : Sidney Poitier, Denzel Washington, Jamie Foxx, Forest Whitaker et Will Smith, ainsi que Halle Berry. « Être parmi ces géants, ces légendes, parmi mes ancêtres, parmi mes mentors… Merci à vous tous, ici présents et chez vous, pour votre soutien tout au long de ma carrière. Je le ressens. Je sais que vous souhaitez ma réussite, et je veux y parvenir car vous avez cru en moi. Alors merci de continuer à croire en moi. » S’il est le sixième comédien afro-américain à recevoir le trophée, son double-rôle dans Sinners marquait sa première nomination. Et sa première victoire donc.

Jessie Buckley (et l’Irlande)

Hamnet offre à Jessie Buckley son premier Oscar, mais aussi la première statuette à l’Irlande dans la catégorie de la Meilleure actrice. Très émue malgré son statut de grande favorite, cette comédienne discrète, authentique et puissante a rappelé que les hasards du calendrier avaient fait coïncider la cérémonie avec la Fête des Mères au Royaume-Uni. L’occasion pour elle de remercier sa réalisatrice Chloé Zhao : « Apprendre à connaître cette femme exceptionnelle et comprendre la puissance de l’amour maternel est la plus grande rencontre de ma vie. (...) Je voudrais dédier cet hommage au magnifique chaos du cœur d’une mère. Nous descendons toutes d’une lignée de femmes qui, contre vents et marées, continuent de créer. »

Amy Madigan

Elle a attendu quarante ans pour retrouver les lumières de la cérémonie des Oscars. La deuxième fois a été la bonne pour Amy Madigan, enfin sacrée par une statuette dorée pour son rôle aussi marquant que flippant dans Évanouis. Celle qui, un peu mise de côté par Hollywood, songeait à mettre un terme à sa carrière au moment où le réalisateur Zach Cregger est venu la chercher pour le rôle de Tante Gladys, avait connu les honneurs d’une nomination en 1986 pour Soleil d'automne, sans succès à l’époque. Elle triomphe enfin, à 75 ans, sous les yeux émus de son compagnon de toujours Ed Harris. C’est la deuxième lauréate la plus âgée de l’histoire, après Jessica Tandy, primée à 80 ans pour Miss Daisy et son chauffeur. Comme quoi, il n’est jamais trop tard !

Paul Thomas Anderson

C’est le grand gagnant de la soirée. Et il a rattrapé en une seule édition l’injustice et le sort qui semblaient s’acharner sur lui, film après film. Jamais primé par l’Académie depuis Boogie Nights malgré onze nominations, Paul Thomas Anderson a raflé trois Oscars ce dimanche sur la scène du Dolby Theatre. Et non des moindres : Meilleur film, Meilleure réalisation et Meilleur scénario adapté pour Une bataille après l’autre. Son premier Oscar est donc en réalité un triplé, qui lui permet de rentrer d’office dans un club très fermé où il côtoie Billy Wilder, Francis Ford Coppola, James Cameron, Peter Jackson, les frères Coen, Alejandro González Iñárritu, Bong Joon-Ho, Sean Baker et Walt Disney. Pour une première, « PTA » a fait fort !

Ryan Coogler

Cette 98ème cérémonie se jouait entre Une bataille après l’autre et Sinners. Et donc entre Paul Thomas Anderson et Ryan Coogler. Comme « PTA », le cinéaste a reçu sa toute première statuette dorée ce dimanche, saluant le scénario original de son film qui croise gangsters, musique noire américaine et vampires. Avec l’humilité qui le caractérise, Ryan Coogler a demandé à toute son équipe de se lever, afin de pouvoir les saluer et les remercier depuis la scène. S’il passe à côté de l’Oscar de la Meilleure réalisation (qui n’a jamais été décernée à un.e cinéaste afro-américain.e en 98 ans !), ce premier trophée atteste de son poids à Hollywood. Et qu’il le reçoive le même soir que son acteur-fétiche et ami Michael B. Jordan, qui l’accompagne depuis Fruitvale Station, c’est tout un symbole.

Autumn Durald Arkapaw

L’Oscar de la Meilleure photographie décerné à Autumn Durald Arkapaw pour Sinners est historique. Pour elle, évidemment, qui reçoit la toute première récompense majeure de sa carrière pour ce film tourné en IMAX (c’est la première femme à réaliser cela). Mais plus largement pour toutes les femmes chargées de la lumière et des caméras sur les plateaux hollywoodiens, qui n’avaient jamais pu toucher ce prix en 98 ans de cérémonie. Oui, il a fallu près d’un siècle pour que le nom d’une artiste soit accolé à « Best Achievement in Cinematography ». C’est ahurissant, quand on y pense. Et surtout scandaleux alors que la première nomination pour une directrice de la photographie remonte à… 2018, soit neuf décennies après la création de la catégorie ! Quand Autumn Durald Arkapaw a fait lever toutes les femmes de l’assistance pour célébrer ensemble ce moment majeur, c’était un moment très fort. 

Andy Jurgensen

Monteur de clips pour Radiohead et Haim, Andy Jurgensen croise la route de Paul Thomas Anderson sur Inherent Vice (2014) où il officie en tant qu’assistant-monteur. Il le retrouve sur Phantom Thread (2017) et Licorice Pizza (2021), avant de se voir confier l’orchestration des images de Une bataille après l'autre. La poursuite hallucinante et hallucinée en plein désert, la quête de Leonardo DiCaprio pour mettre la main sur un chargeur de batterie ou l’hilarant dialogue de sourds au téléphone pour tenter de retrouver un code vieux de plusieurs années sont à mettre au crédit du jeune homme, dont le sens du rythme et du montage ont été loués. Avec à la clé ce tout premier Oscar. Il y a fort à parier que d’autres suivront.

Tamara Deverell

Si son collègue Shane Vieau avait déjà eu la joie de recevoir un Oscar en 2018 pour les décors de La Forme de l'eau, la statuette décernée aux décors, plateaux et accessoires de Frankenstein est une première pour Tamara Deverell. Le cinéaste mexicain avait repéré son talent pour bâtir des décors aussi somptueux que chargés en caractère sur la série The Strain (2014-2017), le visuellement sublime Nightmare Alley (2021) et son anthologie Le Cabinet de curiosités de Guillermo del Toro (2022). Une patte idéale pour donner vie à l’univers gothique imaginé par Mary Shelley, qui a tapé dans l'œil des votant.es et offert à Tamara Deverell une consécration mondiale en compagnie de Shane Vieau.

Kate Hawley

Comme Tamara Deverell, Kate Hawley est une fidèle du cinéma de Guillermo del Toro, qu’elle a accompagné sur les costumes de Pacific Rim (2013), Crimson Peak (2015) et Frankenstein. Celle qui a également imaginé des costumes pour la Terre du Milieu de la trilogie Le Hobbit (2012-2014) et de la série Le Seigneur des Anneaux : Les Anneaux de Pouvoir (2023-), les looks de Harley Quinn et de la Suicide Squad (2016) et la garde-robe rétro-futuriste de Mortal Engines (2018) risque d’être très demandée après ce premier Oscar.

Gwendolyn Yates Whittle & Juan Peralta

Qu’on ait aimé la proposition de F1® Le Film ou regretté que le long métrage de Joseph Kosinski lorgne un peu trop vers la publicité géante pour les circuits de Formule 1, on ne peut qu’être d’accord sur l’immersion incroyable proposée par le film. On est littéralement avec Brad Pitt et Damson Idris derrière le volant, sur le bitume et dans les stands. Et les effets sonores participent énormément à l’expérience. Parmi les cinq lauréats de la statuette du Meilleur son, on retrouve deux néo-oscarisés : Gwendolyn Yates Whittle qui a pourtant une filmographie longue comme le bras qui remonte à Willow (1988), et Juan Peralta, mixeur chevronné depuis la fin des années 90 qui travaille en ce moment même sur le mixage de Avengers Doomsday (2026).

Mike Hill, Jordan Samuel et Cliona Furey

Aussi fou que cela puisse paraître, La Forme de l’eau, dont la créature amphibie campée par Doug Jones était une immense réussite technique et artistique, n’a pas été nommée à l’époque pour les Meilleurs maquillages. C’est ainsi que Mike Hill et Jordan Samuel ont connu leur toute première nomination aux Oscars cette année avec Frankenstein, accueillant Cliona Furey, elle aussi primo-nommée au sein de leur équipe qui a été chargée de donner vie à la Créature de Mary Shelley revisitée par Guillermo del Toro. C’est d’ailleurs Cliona Furey qui a conseillé au cinéaste de proposer le rôle à Jacob Elordi, qu’elle avait coiffé en Elvis sur Priscilla (2023). Au-delà de l'Oscar des Maquillages/Coiffures, elle aurait pu prétendre à celui du meilleur casting !

Maggie Kang, Chris Appelhans et Michelle Wong

Derrière ce trio se cache LE carton-surprise de 2025 : la claque animée et musicale KPop Demon Hunters qui affole les classements de Netflix depuis l’automne 2025, avec plus de 325 millions de vues sur la plateforme. Soir le film le plus regardé de l’histoire du géant du streaming. Jamais mise en lumière par Hollywood jusque-là, l’équipe formée par les réalisateurs Maggie Kang et Chris Appelhans et la productrice Michelle Wong peut enfin « briller » grâce à ce premier Oscar… avec la pression désormais de sortir au plus vite la suite des aventures des HUNTR/X, alias Rumi, Mira et Zoey, Kpopstars de jour et chasseuses de démons la nuit venue. Il faudra être un peu patient.es, car on parle d’une sortie au mieux en 2029. Oui, c’est loin ! Ça nous laissera le temps de (ré)écouter la bande originale.

La Kpop

Je ne vous apprends rien en disant que KPop Demon Hunters repose entièrement sur des morceaux (entêtants) issus de la Kpop. Dont l’incontournable hit Golden / Briller, salué par l’Oscar de la Meilleure chanson. C’est la toute première fois que ce style musical venu de Corée du Sud, et popularisé par des formations comme BTS ou BLACKPINK, reçoit une statuette dorée de la part des votant.es de l’Académie. Ou plutôt devrais-je dire une « Golden Statuette », décernée à EJAE, Joong Gyu-kwak, Nam Hee-dong, 24, Mark Sonnenblick, Lee Yu-han et Teddy Park, et qui symbolise la toute-puissance de l’Hallyu, la vague culturelle venue de la péninsule qui a infusé dans tous les champs du divertissement avec des oeuvres comme Parasite (2019) ou Squid Game (2021-2025). La Kpop aux Oscars, c’est donc une première... mais sans doute pas une dernière !

La Norvège

La Norvège et les Oscars, c’était une histoire très brève, uniquement marquée par la statuette du Meilleur documentaire décernée à L'Expédition du Kon-Tiki de Thor Heyerdahl en 1952. Soixante-quatorze ans plus tard, Joachim Trier offre à son pays le premier Oscar du film international de son histoire avec Valeur Sentimentale. Auréolé de neuf nominations, dont celles du Meilleur film, de la Meilleure réalisation et de la Meilleure actrice, le long métrage emmené par Renate Reinsve, Stellan Skarsgård, Inga Ibsdotter Lilleaa et Elle Fanning a fait briller le cinéma scandinave sur la scène du Dolby Theatre, après un Grand Prix à Cannes et le Prix du Meilleur film aux European Film Awards. Joachim Trier va t-il désormais céder aux sirènes hollywoodiennes ? Ses prochains projets vont être intéressants à suivre.

Et l’Oscar de la Meilleure percée est attribué… au cinéma d’horreur !

Et l’Oscar de la Meilleure percée est attribué… au cinéma d’horreur !

Yoann Sardet

Yoann Sardet

Rédacteur JustWatch

Qu’il s’agisse de Cannes, de Berlin, de Venise, de Toronto, des César, des BAFTAs ou des Oscars, le constat est souvent le même : les grandes cérémonies de cinéma privilégient le drame, au détriment de la comédie -souvent- et des films de genre -très trop souvent-. C’est le cas notamment des films d’horreur, rarement invités à participer à la saison des récompenses. Mais cette 98e cérémonie des Oscars a changé la donne !

Avant 2026, quel bilan pour le cinéma d’horreur aux Oscars ?

Avant de dresser un bilan, la difficulté est de définir le cinéma d’horreur en lui-même ! Si certains films relèvent du genre de manière indiscutable, qu’en est-il d’un thriller policier comme Le Silence des Agneaux (1991), d’un face à face contre des xénomorphes comme Aliens le retour (1986), d’un thriller psychologique comme Black Swan (2010), d’un huis clos adapté de Stephen King comme Misery (1990), d’un film de kaijus comme Godzilla Minus One (2023), de comédies joyeusement macabres comme Beetlejuice (1988) et La Mort vous va si bien (1992), ou d’une romance monstrueusement poétique comme La Forme de l’eau (2017) ?

Vous avouerez que si ces longs métrages proposent des éléments horrifiques, ils n’en sont pas pour autant de purs films d’horreur. Je me suis donc arrêté à une liste très stricte et -a priori incontestable- qui a fait briller le genre aux Oscars. Le plus souvent sur des aspects visuels (maquillages, direction artistique, effets visuels) ou immersifs (musique, son), plus rarement sur le scénario et l'acting. Avec seulement vingt-et-un Oscars en près d'un siècle de cérémonies, la moisson est maigre. Clairement. Et les (rares) gagnants sont…

  • 1969 : Rosemary's Baby - Meilleure actrice dans un second rôle (Ruth Gordon)

  • 1974 : L’Exorciste - Meilleur scénario adapté / Meilleur son

  • 1976 : Les Dents de la Mer - Meilleur montage / meilleur son / Meilleure musique

  • 1977 : La Malédiction - Meilleure musique

  • 1980 : Alien, le huitième passager - Meilleurs effets visuels

  • 1982 : Le Loup-garou de Londres - Meilleurs maquillages

  • 1987 : La Mouche - Meilleurs maquillages

  • 1993 : Dracula - Meilleurs costumes / Meilleur son / Meilleurs maquillages

  • 2000 : Sleepy Hollow - Meilleure direction artistique

  • 2007 : Le Labyrinthe de Pan - Meilleure photographie / Meilleure Meilleure direction artistique / Meilleurs maquillages

  • 2008 : Sweeney Todd - Meilleure direction artistique

  • 2011 : Wolfman - Meilleurs maquillages

  • 2018 : Get Out - Meilleur scénario original

  • 2025 : The Substance - Meilleurs maquillages

2026, une année record !

Grâce aux talents combinés de Ryan Coogler, Guillermo del Toro et Zach Cregger, l’édition 2026 a fait tomber des barrières. Et un record ! Avec huit Oscars en tout, le cinéma d’horreur ressort comme le grand gagnant de la soirée. Rappelons, déjà, que Sinners avait mis le genre sur de très bons rails avec ses seize nominations historiques. Plus que n’importe quelle production dans l'histoire de la cérémonie ! Et même si le film de vampires emmené par Michael B. Jordan ne repart au final du Dolby Theatre qu’avec quatre trophées (dont Meilleur acteur et Meilleur scénario original)… c’est déjà plus que n’importe quel film d’horreur avant lui.

Le Frankenstein (2025) porté par Oscar Isaac et Jacob Elordi en ajoute trois à ce cumul ! Projet de cœur de l’amoureux des monstres Guillermo del Toro, le long métrage revisite et magnifie le roman de Mary Shelley et livre un spectacle horrifico-gothique visuellement sublime, salué par les prix des Meilleurs décors, maquillages/coiffures et costumes. Ajoutez l’Oscar de la Meilleure actrice dans un second rôle décerné à Amy Madigan, alias la terrifiante Tante Gladys de Evanouis (2025), et vous obtenez un cru horrifique à huit Oscars saluant trois films certes d'horreur mais surtout majeurs de l’année cinéma 2025. Si le film n’était pas si grand public, on pourrait presque ajouter les deux statuettes de KPop Demon Hunters (2025) où il est question d’affrontements avec des démons… mais j'ai promis de rester sur des critères très stricts, donc je m'en tiens à huit trophées pour cette année.

Le cru 2026 fera-t-il mieux ? Entre Send Help de Sam Raimi, 28 ans plus tard : le temple des morts de Nia DaCosta et The Bride! de Maggie Gyllenhaal, déjà sortis, et les très attendus Evil Dead Burn de Sébastien Vaniček, Faces of Death de Daniel Goldhaber, The End of Oak Street de David Robert Mitchell, Ice Cream Man de Eli Roth, The Mummy de Lee Cronin, Onslaught de Adam Wingard, Resident Evil de Zach Cregger, Backrooms de Kane Parsons, The Young People de Osgood Perkins et Werwulf de Robert Eggers, l’année frissons s’annonce très intéressante. Et très flippante, aussi. Et elle pourrait poursuivre cette percée horrifique réjouissante.

Oscars 2026 : Leonardo DiCaprio et Paul Thomas Anderson ont rejoint deux clubs prestigieux durant la soirée

Oscars 2026 : Leonardo DiCaprio et Paul Thomas Anderson ont rejoint deux clubs prestigieux durant la soirée

Yoann Sardet

Yoann Sardet

Rédacteur JustWatch

La 98ème cérémonie des Oscars qui s‘est tenue cette nuit à Los Angeles, a plébiscité Une bataille après l’autre (2025), avec six statuettes dont celle du Meilleur film. Si Leonardo DiCaprio est reparti les mains vides du Dolby Theatre, la victoire du long métrage dans la catégorie suprême lui permet toutefois de rejoindre un club très fermé. Quant à son réalisateur, Paul Thomas Anderson, son grand chelem lui ouvre aussi les portes d’une liste prestigieuse.

Trois Oscars en une nuit pour « PTA »

Ignoré depuis Boogie Nights (1997) par l’Académie, avec onze nominations et aucune victoire, Paul Thomas Anderson a effacé cet affront cette nuit, avec beaucoup de classe et d’humilité, lui qui semblait surpris par ses trois trophées ! En remportant les Oscars de la Meilleure réalisation, du Meilleur scénario adapté (il a lui-même transposé le roman de Thomas Pynchon) et du Meilleur film (où il occupe un poste de producteur aux côtés de Sara Murphy et du regretté Adam Somner, récompensé à titre posthume), « PTA » s’offre un magnifique grand chelem.

Trois nominations et trois prix au cours d'une même édition, peu d’artistes peuvent se vanter d’avoir fait aussi bien. D’ailleurs, ils/elles ne sont pas nombreux à avoir précédé le cinéaste ! Avant lui, seuls treize talents avaient mis la main sur trois statuettes dans la même soirée : Billy Wilder (1961), Marvin Hamlisch (1974), Francis Ford Coppola (1975), James L. Brooks (1984), James Cameron (1998), Peter Jackson (2004), Fran Walsh (2004), Ethan Coen & Joel Coen (2008), Alejandro González Iñárritu (2015), Bong Joon-Ho (2020) et Daniel Kwan & Daniel Scheinert (2023).

Il y a même encore plus fort avec quatre trophées au cours d'une cérémonie ! Cet exploit a été réalisé par Walt Disney (l’homme le plus primé des Oscars avec 22 victoires), qui reçut les statuettes du Meilleur documentaire (The Living Desert), du Meilleur court métrage documentaire (The Alaskan Eskimo), du Meilleur court métrage d’animation (Toot, Whistle, Plunk and Boom) et du Meilleur court métrage (Bear Country) en 1954. Pour quatre films différents donc, en tant que producteur. En 2025, Sean Baker a quant à lui mis la main sur quatre prix (Film, Réalisation, Scénario original, Montage) pour Anora, grâce à une polyvalence propre à une production indépendante qui lui a permis de réaliser ce petit miracle. Une razzia qu'on ne reverra sans doute plus jamais.

Leonardo DiCaprio à l’affiche de trois « Meilleurs films »

Même si un deuxième Oscar du Meilleur acteur, remporté par Michael B. Jordan pour Sinners (2025), lui a échappé, Leonardo DiCaprio peut se réjouir du trophée du Meilleur film décerné à Une bataille après l’autre. Grâce à ce prix, le comédien rejoint quelques rares et illustres pairs (hors figurant.es) ayant trois Oscars du Meilleur film au sein de leur filmographie.

On y retrouve dix-neuf talents illustres, parmi lesquels Morgan Freeman (Miss Daisy et son chauffeur, Impitoyable, Million Dollar Baby), Diane Keaton (Le Parrain, Le Parrain 2e partie, Annie Hall), Jack Nicholson (Vol au-dessus d’un nid de coucou, Tendres Passions, Les Infiltrés), Meryl Streep (Voyage au bout de l’enfer, Kramer contre Kramer, Out of Africa) ou Clark Gable (New York-Miami, Les Révoltés du Bounty, Autant en emporte le vent). Sans oublier, évidemment John Cazale, qui n’a joué que dans cinq films avant sa disparition à 42 ans, tous nommés à l’Oscar du Meilleur film (Le Parrain, Conversation secrète, Le Parrain 2e partie, Un après-midi de chien et Voyage au bout de l’enfer) avec trois trophées à la clé !

Leonardo DiCaprio est encore jeune (51 ans), et il a tout le temps pour inscrire son nom au générique d’autres Oscars du Meilleur film. Comme il a le temps pour glaner d’autres statuettes individuelles après celle reçue pour The Revenant en 2016. L’objectif pour lui serait sans doute de faire aussi bien que les trois Oscars de ses partenaires Sean Penn -qui a reçu le troisième trophée de sa carrière cette nuit pour Une bataille après l’autre-, Jack Nicholson qu’il avait côtoyé dans Les Infiltrés et Daniel Day-Lewis qu’il affrontait dans Gangs of New York. Leonardo DiCaprio, ou comment tisser la filmographie la plus incontestable !

Paul Thomas Anderson a enfin gagné son Oscar… mais ces cinéastes attendent toujours la récompense suprême !

Paul Thomas Anderson a enfin gagné son Oscar… mais ces cinéastes attendent toujours la récompense suprême !

Justine Charlet

Justine Charlet

Rédacteur JustWatch

Alors que l’expression « passer sous le nez » semblait avoir été inventée pour Paul Thomas Anderson, qui a vu l’Oscar lui échapper onze fois par le passé, le metteur en scène américain est enfin rentré dans le club ! La malédiction a pris fin cette nuit lors de la 98ème cérémonie avec le triomphe d’Une bataille après l’autre (2025) qui repart avec six statuettes au total !

Trois décennies de malédiction pour « PTA »

Pour rappel, le réalisateur avait déjà séduit dès 1998 avec Boogie Nights (nommé dans la catégorie Meilleur scénario original), puis deux ans plus tard avec Magnolia (1999) pour la même catégorie. There Will Be Blood (2007) comptait des nominations pour le Meilleur Film, la Meilleure réalisation et le Meilleur scénario adapté, cette dernière catégorie étant celle retenue également pour Inherent Vice (2014).

Avec Phanthom Thread (2017), Paul Thomas Anderson est dans les starting blocks pour l’Oscar du Meilleur film et Meilleure réalisation. Mais encore raté : Guillermo del Toro rafle la mise avec La Forme et l’eau pour les deux catégories. En 2022, son film Licorice Pizza (2021) avait largement séduit l’Académie avec trois nominations (Meilleur Film, Meilleure réalisation et Meilleur scénario originale) mais là encore, pas de miracle. 

Hitchcock et Lynch ignorés de leur vivant

L’histoire des Oscars est ainsi faite d’absences remarquables. Certains des plus grands cinéastes du XXᵉ siècle n’ont jamais été récompensés par l’Académie, malgré des carrières qui ont profondément marqué le cinéma mondial. Pensons à Alfred Hitchcock, l’inventeur du suspense moderne ou David Lynch, créateur d’univers surréalistes inoubliables. Ils ont laissé une empreinte indélébile sur le cinéma… sans jamais voir leur nom gravé au palmarès des Oscars de la Meilleure réalisation Il a également fallu attendre 2010 pour qu’une réalisatrice obtienne enfin l’Oscar pour la première fois, l’Américaine Kathryn Bigelow pour Démineurs (2008). 

Aujourd’hui, certains réalisateurs et réalisatrices contemporains, talentueux, influents et souvent cités continuent de subir cet étrange « oubli ». Pour JustWatch, je vous fais une liste de sept cinéastes extraordinaires — hommes et femmes — qui ont marqué le cinéma… sans jamais décrocher l’Oscar de la Meilleure réalisation.

Greta Gerwig

Après le succès phénoménal au box-office de son film rose bonbon Barbie, Greta Gerwig s’impose comme une réalisatrice incontournable. C’est à la suite d’un début de carrière d’actrice dans le cinéma indépendant américain qu’elle passe derrière la caméra et connaît immédiatement un immense succès critique.

Son premier long métrage, Lady Bird (2017), est nommé à cinq Oscars et lui vaut une nomination dans la catégorie Meilleure réalisation, faisant d’elle l’une des rares femmes citées dans cette catégorie. Elle confirme ensuite son talent avec Les Quatre filles du Dr March (2020), puis connaît un succès mondial avec Barbie (2023).

Malgré cette reconnaissance critique et publique, l’Oscar lui échappe toujours.

Ridley Scott

La Reine Elizabeth a beau avoir anobli ce citoyen britannique pas comme les autres, pour services rendus au cinéma de son pays, « Sir » Ridley Scott ne possède pas encore la récompense suprême de ses pairs. Pourtant souvent reconnu pour son talent d’architecte d’un cinéma spectaculaire, le cinéaste a été nommé dans la catégorie Meilleure réalisation pour Thelma et Louise (1991), Gladiator (2000) et La Chute du faucon noir (2001). Sans gratification ultime au bout.

Et certains de ses films cultes sont passés à la trappe : Alien, le huitième passager (1979) a bien reçu l’Oscar des meilleurs effets visuels en 1979, mais rien pour son metteur en scène. Seul sur Mars (2015) partait grand favori avec sept nominations (sauf celle de la Réalisation). Encore raté, le film repart totalement bredouille. 

Plus de vingt-cinq ans après Gladiator (2000) et plusieurs films marquants entre-temps, Ridley Scott reste un maître du cinéma mondial dont l’Académie semble avoir décidé de ne pas couronner le travail de metteur en scène. Une situation qui frôle l’injustice tant son influence est immense, de Kingdom of Heaven (2005) à American Gangster (2007), en passant par Prometheus (2012).

Quentin Tarantino

Enfant terrible d’Hollywood depuis les années 1990, Quentin Tarantino a profondément marqué la culture populaire avec ses films à la violence stylisée, mêlant dialogues virtuoses et références cinéphiles. Dès son deuxième film, Pulp Fiction (1994), il révolutionne le cinéma indépendant américain avec une narration éclatée et des dialogues devenus cultes. Le film remporte la Palme d’or au Festival de Cannes et vaut à Tarantino son premier Oscar du Meilleur scénario original, partagé avec Roger Avary. Pourtant, l’Oscar de la réalisation lui échappe déjà cette année-là. 

Le réalisateur revient ensuite régulièrement dans la course aux Oscars. Inglourious Basterds (2009) est nommé dans huit catégories, dont celles du Meilleur film et de la Meilleure réalisation, mais c’est finalement Kathryn Bigelow qui remporte la statuette avec Démineurs (2008).

Même scénario pour Django Unchained (2012), qui lui permet de décrocher un second Oscar du Meilleur scénario original, mais pas celui de la réalisation. Enfin, Once Upon a Time in Hollywood (2019) récolte dix nominations, dont celles du Meilleur film et de la Meilleure réalisation. Une nouvelle occasion manquée pour Tarantino, malgré un film largement salué par la critique et le public.

David Fincher

Depuis son thriller psychologique Seven (1995) et Fight Club (1999), chacun de ses films fait l’événement. Pas sur le tapis rouge des Oscars. Mais les 40 nominations aux Oscars de sa filmographie ne suffisent pour l’instant pas à décider les votant.es de l’Académie à lui remettre la statuette dorée. 

David Fincher s’est pourtant rapidement imposé comme l’un des stylistes les plus influents du cinéma américain contemporain. Mais il faut attendre L’Etrange histoire de Benjamin Button (2008) pour qu’il décroche sa première nomination à l’Oscar de la Meilleure réalisation. Le film cumule alors treize nominations, mais c’est finalement Danny Boyle qui l’emporte cette année-là grâce à Slumdog Millionaire (2008).

En 2021, Fincher revient dans la course avec Mank (2020), hommage au Hollywood des années 1930 qui obtient dix nominations. Là encore, pas de victoire dans la catégorie saluant la mise en scène. Une nouvelle occasion manquée pour un cinéaste qui a profondément influencé l’esthétique du cinéma moderne.

Sofia Coppola

FIlle du légendaire Francis Ford Coppola (lui récompensé par l’Oscar de la Meilleure réalisation pour Le Parrain, 2e partie), Sofia Coppola s’est imposée au fil des années comme l’une des réalisatrices les plus singulières du cinéma contemporain. 

Elle se fait remarquer dès son premier film, Virgin Suicides (1999), avant de connaître un succès mondial avec Lost in Translation (2003). Le film reçoit quatre nominations aux Oscars, dont celles du Meilleur film et de la Meilleure réalisation. Sofia Coppola devient alors seulement la troisième femme de l’histoire à être nommée dans cette catégorie. Cette année-là, elle remporte l’Oscar du Meilleur scénario original, mais l’autre statuette lui échappe. 

Elle poursuit ensuite sa carrière avec des films très personnels comme Marie-Antoinette (2006), Somewhere (2010) ou encore Les proies (2017), récompensé au Festival de Cannes pour sa mise en scène. Pas d’Oscar en vue.

Denis Villeneuve

Le réalisateur québécois Denis Villeneuve s’est imposé en quelques années comme l’un des cinéastes les plus ambitieux et respectés du cinéma contemporain. Après avoir attiré l’attention de la critique avec Incendies (2011), nommé à l’Oscar du Meilleur film international, il enchaîne plusieurs succès critiques à Hollywood avec Prisoners (2013) et Sicario (2015).

C’est avec le film de science-fiction Premier contact (2016) qu’il obtient sa première nomination à l’Oscar de la Meilleure réalisation. Le film est également nommé dans la catégorie Meilleur film et remporte l’Oscar du Meilleur montage sonore.

Villeneuve confirme ensuite son statut de grand metteur en scène avec Blade Runner 2049 (2017), puis avec l’adaptation spectaculaire de Dune : première partie (2021). Ce dernier remporte six Oscars techniques et obtient dix nominations, mais son réalisateur n’est même pas nommé, une absence qui surprend de nombreux observateurs. Malgré ces succès critiques et publics, Denis Villeneuve attend toujours de voir son nom récompensé. Peut-être avec Dune : Troisième partie (2026) ?

Luca Guadagnino

Le réalisateur italien Luca Guadagnino s’est imposé comme l’un des cinéastes contemporains les plus sensibles et stylisés, capable de faire vibrer à la fois le cœur et les sens du spectateur.

Révélé internationalement avec Call Me by Your Name (2017), il reçoit des nominations pour l’Oscar du Meilleur film et du Meilleur scénario adapté, mais la statuette de la Meilleure réalisation lui échappe encore. Son travail sur la lumière, la musique et l’émotion pure dans ses films lui valent un respect immense de la critique et du public, mais pas de reconnaissance officielle dans la catégorie reine.

Guadagnino confirme son talent avec Suspiria (2018), remake du classique de Dario Argento, et Bones and All (2022), film romantique et horrifique à la fois, salué pour son audace narrative et sa mise en scène immersive. Malgré ces œuvres marquantes et plusieurs nominations aux prix internationaux, l’Oscar de la meilleure réalisation continue de lui échapper, faisant de lui l’un des grands oubliés contemporains de l’Académie.

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    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Une cérémonie des Oscars, ce sont avant tout des récompenses, bien évidemment. Cette année, le palmarès a distingué Une bataille après l'autre de Paul Thomas Anderson avec trois prix majeurs (Film, Réalisation, Scénario adapté) et six statuettes en tout, alors que Sinners (quatre Oscars), KPop Demon Hunters (deux Oscars), Frankenstein (trois Oscars) et Hamnet (Meilleure actrice pour Jessie Buckley) ont aussi été distingués par les votant.es de l'Académie. Mais la soirée a offert quelques moments marquants, drôles, émouvants ou étonnants.

    Conan O'Brien est Tante Gladys

    Pour lancer le show, Conan O'Brien a fait fort. Maquillé à la truelle (on ne peut pas dire autre chose !), le maître de cérémonie se dévoile en clone de Tante Gladys, le personnage terrifiant campé par Amy Madigan dans Evanouis (la comédienne a d'ailleurs été primée pour son interprétation mémorable en début de soirée). Alors que sa maquilleuse brise un bâton (celles et ceux qui ont vu le film de Zach Cregger saisiront le clin d'oeil), une horde d'enfants possédés se lance à la poursuite de l'animateur. Pour survivre, il doit fuir... et son chemin l'entraîne à travers certains films nommés : il passe sur les circuits de F1® Le Film, il échange quelques balles avec Marty Supreme, il déambule sur la scène de Hamnet, il tape à la porte du bar de Sinners, il boit un thé avec Stellan Skarsgård dans Valeur Sentimentale, il s'invite même en version animée dans KPop Demon Hunters ! Un lancement hyper sympa, qui rappelle les grandes heures de Billy Crystal qui adorait s'incruster dans les longs métrages du temps où il présentait la soirée. Et si vous avez éteint trop tôt, vous aurez loupé une autre séquence parodique, en scène post-générique de la cérémonie, qui voit O'Brien gagner son bureau à vie au sein de l'Académie avant d'être éliminé comme le personnage de Sean Penn dans Une bataille après l'autre.

    L'hommage aux disparus

    Billy Crystal, justement, était présent cette nuit au Dolby Theatre. Dans le cadre du traditionnel In Memoriam, hommage annuel rendu aux grand.es disparu.es de l'année, il a livré une vibrante déclaration d'amitié à son complice Rob Reiner, réalisateur de Quand Harry rencontre Sally. Alors qu'il termine son discours par un touchant « Buddy, what fun we had storming the castle », il est rejoint sur scène par d'illustres comédiens qui avaient joué devant la caméra du cinéaste (Meg Ryan, Kathy Bates, Demi Moore, Kiefer Sutherland, John Cusack, Annette Bening, Cary Elwes...) pour un dernier salut. Dans le cadre de ce tableau, Rachel McAdams a évoqué quant à elle le talent inoubliable de Diane Keaton, alors que Barbra Streisand a poussé une petite chanson (The way we were) pour honorer la mémoire de son partenaire de Nos plus belles années, Robert Redford. Très émouvant.

    Les tacles à Timothée Chalamet

    Depuis sa sortie malheureuse vis à vis de l'opéra et du ballet, Timothée Chalamet savait qu'il ne pourrait pas échapper à quelques piques lors de cette cérémonie. Conan O'Brien a dégainé, en annonçant des mesures de sécurité très strictes en regardant explicitement le comédien de Marty Supreme (2025) : « On s'attend à de l'hostilité de la part des artistes de ballet et d'opéra ». Par la suite, c'est le lauréat de l'Oscar du Meilleur court métrage Deux personnes échangeant de la salive (2025), Alexander Singh, qui a lancé depuis la scène : « Il faudra peut-être dix ans, mais nous pouvons changer la société grâce à l’art, à la créativité, au théâtre et au ballet. Et aussi grâce au cinéma. » Enfin, Timothée Chalamet a pu profiter du spectacle de ses fesses, détournées en instrument de musique au sein de l'orchestre, alors qu'un musicien tapait dessus à coups de raquettes de ping-pong, rejouant une scène du film de Josh Safdie. Et je n'oublie pas, évidemment, l'Oscar du meilleur acteur lui lui passe sous le nez, lui qui avait pourtant surinvesti la campagne de promotion du film avec ce trophée comme objectif.

    Baby Yoda en invité-surprise

    Tout le monde aime Grogu ! On en a eu la preuve alors que la créature trop mimi venue de l'univers Star Wars, et connue sous le pseudonyme de Baby Yoda, était aperçue sur un fauteuil du Dolby Theatre, aux côtés de Kate Hudson. « Ne la touche pas sale p*** ! » lui lance alors Sigourney Weaver depuis la scène où elle était accompagnée du Mandalorian Pedro Pascal, parodiant l'une de ses répliques les plus célèbres de Aliens le retour. La séquence était drôle et mignonne, comme lorsque le chien de Anatomie d'une chute avait été convié pour applaudir des deux pattes il y a deux ans. A la différence près que Grogu a les bras trop petits pour suivre le clapping des invités, au grand désespoir de Conan O'Brien qui ne cesse de l'invectiver avant la coupure pub !

    Deux Avengers sur scène

    Parmi les remettants notables de cette soirée, les fans de Marvel ont été ravis de revoir Robert Downey Jr. (dans un magnifique costume vert que ne renierait pas Docteur Doom) et Chris Evans, réunis pour remettre les Oscars du Meilleur scénario original et du Meilleur scénario adapté alors que leur première collaboration au sein du MCU soufflait ses quatorze bougies. Pris de court par cet anniversaire, l'interprète de Iron Man a trouvé un cadeau de dernière minute en coulisses, en offrant le string à paillettes de Magic Mike à son cher Captain America... avant que l'accessoire ne soit réclamé par Channing Tatum en personne depuis un fauteuil du Dolby Theatre, lui qui a du boulot après la cérémonie !

    Les Bridesmaids réunies

    Au-delà des retrouvailles des deux Avengers, du couple pince-sans-rire formé par Anne Hathaway et Anna Wintour et de la chansonnette poussée par Nicole Kidman et Ewan McGregor vingt-cinq ans après Moulin Rouge!, la réunion la plus réussie était assurément celles de la bande de Mes meilleures amies / Bridesmaids (2011). Quinze ans après, quel plaisir de retrouver Kristen Wiig, Maya Rudolph, Melissa McCarthy, Rose Byrne et Ellie Kemper sur la scène du Dolby Theatre. L'alchimie entre les copines est toujours là, notamment quand chacune découvre en direct une note remise par un assistant de production concernant la durée de leur intervention ou leur âge ! Dans la salle, Elle Fanning, Leonardo DiCaprio, Benicio Del Toro, Stellan Skarsgård et «le gamin de Hamnet » jouent le jeu, et c'est très drôle.

    Le tableau musical de Sinners

    On attendait -évidemment- la performance de Golden / Briller, la chanson-phare de Kpop Demon, Hunters (sacrée par l'Oscar de la Meilleure chanson). C'était réussi, mais c'est pourtant Sinners qui a livré le tableau le plus réussi, avec des dizaines de danseurs et musiciens recréant en live la fameuse scène musicale du film de Ryan Coogler sur le morceau I Lied to You interprété par Miles Catton et Raphael Saadiq. Li Jun Li, Jayme Lawson, Jack O’Connell, Shaboozey, Buddy Guy ou encore la ballerine Misty Copeland se sont mêlés à la fête, pour une séquence qui restera définitivement dans les annales de la cérémonie.

    Quelques sorties politiques

    La situation outre-Atlantique et dans le monde ne pouvait évidemment pas laisser les participant.es indifférent.es. Et c'est notable de voir que le côté lice et policé d'un tel événement a tout de même autorisé quelques sorties engagées : alors que certains lauréats rappelaient la nécessité d'un monde uni et optimiste pour les générations futures, Paul Thomas Anderson et Conan O'Brien en tête, Javier Bardem a lancé un tonitruant et limpide « No to war, and free Palestine » au moment de remettre l'Oscar du Meilleur film international avec Priyanka Chopra Jonas. Lors de son monologue d'ouverture, Conan O'Brien a évoqué les Epstein Files (« Il n'y a pas de comédiens anglais en lice cette année... Mais les Anglais nous ont répondu : au moins, nous on arrête nos pédophiles ! ») ainsi qu'une soirée alternative organisée par Kid Rock. Mais la palme (ou l'Oscar) du tacle politique revient à Jimmy Kimmel, invité à remettre la statuette du Meilleur documentaire : avant d'évoquer à demi-mot l'absence de Melania Trump dans la catégorie, il lançait : « On parle beaucoup de courage lors de cérémonies comme celle-ci, mais raconter une histoire qui peut vous faire tuer, ça c'est du vrai courage. Comme vous le savez, il y a des pays dont les leaders ne défendent pas la liberté d'expression. Je n'ai pas le droit de dire lesquels. On va dire la Corée du Nord et CBS. »

    Adrien Brody fait (très) court

    On se souvient du (trè) long discours d'Adrien Brody l'an dernier, en recevant l'Oscar du meilleur acteur pour The Brutalist (2024) : 5mn40 derrière le micro, soit la plus longue prise de parole d'un lauréat dans l'histoire de la cérémonie ! Le comédien s'est amusé du souvenir laissé, en sortant de sa poche plusieurs feuilles manuscrites. Immédiatement interrompu par la musique de l'orchestre, il a alors annoncé sans plus attendre les nominations dans la catégorie, passant ainsi de la présentation la plus longue à la plus courte. Avec en bonus une petite vanne sur son chewing-gum, qui avait beaucoup fait parler en 2025 et qu'il a décidé... d'avaler ici !

    Un meme en direct, plusieurs Michael B. Jordan et un opéra

    Parmi les autres petites surprises préparées par Conan O'Brien et son équipe, on retiendra ce moment où Leonardo DiCaprio, constamment détourné en memes sur les réseaux sociaux (Django Unchained, Gatsby le magnifique, Once Upon A Time in... Hollywood), est invité à improviser en direct une séquence symbolisant « ce sentiment quand on n'est pas du tout d'accord avec ça ». Cette séquence où Michael B. Jordan a été démultiplié dans la salle pour applaudir (et juger le costume) du maître de cérémonie, clin d'oeil au double-rôle du comédien dans Sinners. Et ce final (là encore en référence à Timothée Chalamet ?), où Conan O'Brien s'improvise roi de la soirée et reçoit un Oscar des serres de son aigle Cicero, alors que Josh Groban chante sa gloire au milieu de figurants en costumes. Vive l'opéra... et vive le cinéma !

  • Oscars 2026 : Sean Penn rejoint Jack Nicholson et Daniel Day-Lewis dans un club très fermé

    Oscars 2026 : Sean Penn rejoint Jack Nicholson et Daniel Day-Lewis dans un club très fermé

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « Sean Penn n'a pas pu être présent ce soir — ou n'a pas souhaité l'être —, je recevrai donc le prix en son nom. » Lauréat de l'Oscar du Meilleur second rôle l'an dernier pour A Real Pain, Kieran Culkin s'est autorisé ces quelques mots alors que Sean Penn n'était pas présent dans l'enceinte du Dolby Theatre de Los Angeles pour recevoir sa statuette pour son interprétation dans Une bataille après l'autre. L'une des six récompenses remportées par le film de Paul Thomas Anderson, grand gagnant de cette 98ème édition.

    L'Ukraine plutôt que les Oscars

    Selon le New York Times, le comédien, comme toujours très engagé, était en déplacement en Ukraine au moment de la cérémonie. On se souvient qu'en 2022, il avait justement offert l'une de ses statuettes à Volodymyr Zelensky. Et qu'il s'était accroché l'année suivante avec le producteur de la soirée, alors que sa demande d'y donner la parole au Président ukrainien n'avait pas été entendue. Est-ce pour cette raison qu'il n'était pas présent aux côtés de « PTA », de ses partenaires et de ses co-nommés (Benicio Del Toro, Stellan Skarsgård, Jacob Elordi et Delroy Lindo) cette nuit ?

    Une victoire historique

    Quoi qu'il en soit, Sean Penn est entré dans l'histoire de la cérémonie avec cette troisième victoire. Il n'est que le quatrième à réaliser cet exploit, lui qui a été sacré Meilleur acteur en 2004 pour Mystic River, Meilleur acteur en 2009 pour Harvey Milk et Meilleur second rôle pour Une bataille après l'autre (2025). Il avait également été nommé pour Sam, je suis Sam (2001), Accords et désaccords (1999) et La Dernière marche (1995). Il rejoint un club très fermé composé de Jack Nicholson (Oscar du Meilleur acteur pour Vol au-dessus d'un nid de coucou et Pour le pire et pour le meilleur et du Meilleur second rôle pour Tendres passions), Walter Brenan (triplement primé en second rôle pour Le Vandale, Kentucky et Le Cavalier du désert) et Daniel Day-Lewis (My Left Foot, There Will Be Blood et Lincoln). Ce dernier étant le seul à avoir été primé trois comme Meilleur acteur.

    Quel est son rôle dans Une bataille après l'autre ?

    Devant la caméra de Paul Thomas Anderson, road movie satirique et politique adapté de Thomas Pynchon, il campe le Colonel Steven J. Lockjaw, un militaire chargé de mettre un terme aux agissements du groupuscule d'activistes révolutionnaires des French 75 menés par Teyana Taylor et Leonardo DiCaprio. Mâchoire serrée, démarche virile, philosophie autoritaire entièrement tournée vers la réussite de la mission, le personnage incarne l'ordre de cette Amérique alternative, mais développe vite une obsession déviante pour l'Amazone Perfidia Beverly Hills qui lui fait perdre toute sa dignité et sa superbe. Le personnage, caricature assumée, devient alors totalement grotesque, jusque dans sa quête d'un bureau au sein de l'organisation secrète qui tire les ficelles, et dont Conan O'Brien a livré une sympathique parodie une fois la cérémonie achevée. Outre l'Oscar, Sean Penn a été récompensé aux BAFTAs et aux Actors Awards pour ce rôle.

  • Oscars 2026 : cette victoire rarissime ne s'était pas produite depuis 14 ans !

    Oscars 2026 : cette victoire rarissime ne s'était pas produite depuis 14 ans !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Il y a des moments toujours marquants aux Oscars. Comme la victoire de Autumn Durald Arkapaw il y a quelques heures, première femme sacrée dans la catégorie Meilleure photographie en 98 ans. Ou les rarissimes films lauréats du très convoité « Big Five », le grand chelem parmi les cinq sections majeures (Film, Réalisation, Acteur, Actrice, Scénario). Et il y a eu, parfois, des victoires ex aequo. Comme cette année où deux courts métrages ont reçu exactement le même nombre de suffrages des votant.es de l'Académie !

    Un Oscar, deux courts métrages

    « Ironiquement, c'est la catégorie qui prendra le double de temps ce soir ! » Chargé de remettre le trophée du Meilleur court métrage de fiction, le comédien Kumail Nanjiani n'a pas caché sa surprise en ouvrant l'enveloppe contenant le nom du lauréat, découvrant non pas un titre de film mais deux longs métrages. Il a immédiatement prévenu l'assistance de cette anomalie inattendue, conviant les personnes présentes au Dolby Theatre de Los Angeles à applaudir et accueillir une première équipe, avant d'appeler les autres lauréats à recevoir leur trophée.

    Le temps a dû sembler long aux Frenchies de Deux personnes échangeant de la salive, appelés en second pour recevoir leur récompense. Repartis bredouille des César, Natalie Musteata et Alexandre Singh n'ont pas caché leur bonheur face à cette consécration, même partagée avec The Singers de Sam A. Davis, saluant les illustres marraines du projet (Julianne Moore et Isabelle Huppert) et rappelant l'approche queer, féminine et cosmopolite de ce film en noir et blanc, raconté par Vicky Krieps, qui nous plonge dans un monde où embrasser est puni par une condamnation à mort.

    Le 7ème ex aequo de l'Histoire

    L'Académie des Oscars (Academy of Motion Picture Arts and Sciences ou (AMPAS) est constituée de milliers de votant.es. Et les règles sont strictes depuis 1933 : deux ex aequo ne peuvent être déclarés comme tels que s'ils reçoivent exactement le même nombre de suffrages. Cela fait suite au « tie in » enregistré en 1932, lors de la cinquième cérémonie, qui avait sacré Fredric March (Dr. Jekyll et Mr. Hyde) et Wallace Beery (Le Champion) dans la catégorie du Meilleur acteur : le règlement, changé par la suite, stipulait alors que deux nommés séparés par trois voix ou moins étaient sacrés conjointement. Fredric March avait alors reçu un vote de plus que Wallace Beery.

    Depuis, outre l'Oscar du court métrage partagé en 2026, les ex aequo se sont comptés sur le doigt d'une main. Et dans une catégorie majeure notamment. Il y a eu le trophée du court métrage documentaire en 1950, remis à A Chance to Live et So Much for So Little ; l'Oscar du documentaire en 1987, partagé entre Artie Shaw: Time Is All You've Got et Down and Out in America ; la statuette du court métrage en 1995 décernée à Franz Kafka's It's a Wonderful Life et Trevor ; le prix du Meilleur son en 2013 qui n'a pas réussi à départager le travail réalisé sur Skyfall et Zero Dark Thirty.

    Et puis il y a l'Oscar de la Meilleure actrice 1969, qui a vu deux légendes se partager la lumière et la statuette dorée. D'un côté, Katharine Hepburn, inoubliable Aliénor d’Aquitaine du Lion en hiver, libérée durant les fêtes de Noël 1183 par le Roi Henri II d'Angleterre pour décider de l'héritier du trône : ses répliques mordantes, s ajoute verbale avec Peter O’Toole et la qualité de son interprétation lui valent alors le troisième Oscar de sa carrière (elle en recevra un dernier en 1982 pour La Maison du lac). De l'autre, Barbra Streisand dont la carrière hollywoodienne est lancée avec Funny Girl, comédie musicale où elle reprend avec brio le rôle qu'elle tenait à Broadway, celui d'une meneuse de revue ambitieuse, lumineuse et drôle, tête d'affiche des Ziegfeld's Follies.

    Que deux comédien.nes se partagent ainsi les suffrages illustre la qualité de leur interprétation. D'ailleurs, on serait curieux de connaître la répartition des votes cette année entre Michael B. Jordan, Leonardo DiCaprio, Timothée Chalamet, Wagner Moura et Ethan Hawke tant l'issue de la catégorie Meilleur acteur (remportée par Jordan pour Sinners) était relevée et serrée !

  • Un Oscar historique pour Sinners ! Il a fallu attendre 98 ans pour ce prix...

    Un Oscar historique pour Sinners ! Il a fallu attendre 98 ans pour ce prix...

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    « Je vais demander à toutes les femmes de la salle de se lever, car je ne serais pas sur cette scène sans vous toutes. » Voilà le discours très émouvant prononcé par Autumn Durald Arkapaw, qui est devenue ce soir, la première femme à gagner l’Oscar dans la catégorie de la Meilleure photographie, pour son travail dans Sinners (2025).

    Un Oscar attendu depuis… 98 ans !

    La standing ovation, les applaudissements de la salle, et le rappel de Conan O’Brien de la victoire historique que cela représente, ont montré à quel point les femmes ont très largement manqué de reconnaissance dans cette profession. 

    En effet, cette catégorie a été créée en 1927, et la première femme à être nommée était… Rachel Morrison, pour le film Mudbound en 2018 ! Pourtant, les femmes ne manquent pas dans ce corps de métier : Natasha Braier (The Neon Demon), Kira Kelly (13th), Ari Wegner (Lady Macbeth), pour n’en citer que quelques-unes, parmi les dizaines et dizaines de directrices de photographie qui travaillent dans l’industrie du cinéma.

    Pourtant, il aura fallu attendre 90 ans pour une nomination, et 98 ans pour une victoire. Au total, seules quatre femmes ont été nommées dans cette catégorie. 

    Ce soir, Autumn Durald Arkapaw a donc créé l’Histoire avec un grand H, avec une nomination, et une victoire, qu’elle a obtenu en étant également la première femme à tourner un film en IMAX. Elle est également la première femme de couleur à être reconnue par l’Académie derrière la caméra.  

    Qui est Autumn Durald Arkapaw ?

    Le travail d’Autumn Durald Arkapaw dans Sinners m’a laissé bouche bée lorsque j’ai vu le film pour la première fois en IMAX. Mais en réalité, je suis en admiration devant son talent depuis que j’ai découvert sa patte dans The Last Showgirl (2024), le drame de Gia Coppola porté par Pamela Anderson. 

    Mais si sa victoire pour Sinners est si importante, et si Arkapaw a souligné l’importance de travailler avec un réalisateur aussi bienveillant que Ryan Coogler (qui était parti chercher en courant le jeune fils de sa collègue et amie oscarisée !), c’est parce qu’ils ont déjà travaillé ensemble sur Black Panther: Wakanda Forever (2022), pour lequel Arkapaw avait également dirigé le clip Lift Me Up de Rihanna.

    Pour la petite histoire, c’est d’ailleurs Rachel Morrison -la toute première femme nommée dans cette catégorie- qui avait présenté Coogler à Autumn Durald Arkapaw en 2022 ! La boucle est bouclée, et une chose est sûre désormais : Autumn Durald Arkapaw vient d’ouvrir la voie à de nombreuses femmes de cette profession.

  • Sinners marque l'histoire des Oscars avec une performance live enflammée

    Sinners marque l'histoire des Oscars avec une performance live enflammée

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Miles Catton et Raphael Saadiq ont enflammé la scène du Dolby Theatre lors de cette 98ème cérémonie des Oscars. Rejoint sur scène par une partie de la distribution de Sinners (2025), le film de Ryan Coogler au record historique de 16 nominations, cette performance a su rendre hommage au travail incroyable réalisé pour ce film, et notamment par la directrice de photographie, ​​Autumn Durald Arkapaw, lors du tournage de cette séquence déjà devenue culte.

    Catton, qui incarne le jeune Sammie dans le film, est donc monté sur scène pour reprendre sa chanson I Lied to You, qui fait partie de la bande originale incroyable produite par Ludwig Göransson et interprétée par les acteurs eux-mêmes. Cette bande originale est d’ailleurs noméme aux Oscars ce soir. 

    Tout comme dans le film, un ensemble d’acteurs, de danseurs et chanteurs ont repris la séquence du club de blues, renommée The Surreal Montage. Catton et Saadiq ont été rejoints par leur co-stars, Li Jun Li, Jayme Lawson et Jack O’Connell (qui est d’ailleurs arrivé sur le tapis rouge avec des dents de vampires pour l’occasion !) 

    Pendant cette performance où se mêlaient blues, hip-hop, rock, et des centaines d'années d’histoire de la musique, d’autres artistes de renommée mondiale tels que Shaboozey ou encore Buddy Guy, qui fait également une apparition à la fin de Sinners en reprenant le rôle de Sammy plus âgé, se sont mêlés à la fête.

    Misty Copeland, la célèbre ballerine américaine, a également rejoint l'assemblée en dansant, une semaine après la controverse Timothée Chalamet, renommé le « ballet / operagate » par internet.

    Enfin, la mise en scène de cette performance et la façon dont elle a été filmée est un merveilleux hommage au travail d’Autumn Durald Arkapaz, qui est la première femme de cette profession à avoir tourné en IMAX, mais également la première femme de couleur à être nommée dans cette catégorie.

    Tout comme dans le film, l’audience -et les téléspectateurs- ont été emportés sur scène, à naviguer à travers des siècles d’arts, de danse, de chant et de célébrations des cultures. 

    Et il est fort à parier que ce ne sera pas la dernière fois que le cast de Sinners sera célébré sur la scène du Dolby Theatre ce soir. 

  • Oscars 2026 : 6 Oscars pour Une bataille après l'autre, Michael B. Jordan et Jessie Buckley récompensés !

    Oscars 2026 : 6 Oscars pour Une bataille après l'autre, Michael B. Jordan et Jessie Buckley récompensés !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Enfin ! Après une course aux Oscars réellement interminable, le tout-Hollywood a décerné ses prix dans la salle so glamour du Dolby Theatre de Los Angeles pour célébrer le meilleur du cinéma de 2025. Le duel était serré et attendu entre Sinners (16 nominations historiques) et Une bataille après l'autre. Et c'est le film de Paul Thomas Anderson qui ressort vainqueur de la soirée, avec les trophées du Meilleur film, Meilleure réalisation, Meilleur scénario adapté, Meilleur second rôle masculin (Sean Penn), Meilleur montage et Meilleur casting. Une célébration mérité pour « PTA », l'un des immenses cinéastes américains à n'avoir jamais été salués par l'Académie.

    Le long métrage gangstero-vampiricio-musical de Ryan Coogler ne démérite pas, avec des victoires en Meilleur acteur (Michael B. Jordan), Meilleur scénario original, Meilleure musique et Meilleure photographie (le premier Oscar remis à une femme, Autumn Durald Arkapaw) ! Parmi les autres lauréats, si les triomphes de Jessie Buckley (Meilleure actrice pour Hamnet) et KPop Demon Hunters (Meilleur film d'animation et meilleure chanson) étaient attendus, la belle surprise est venue du Frankenstein de Guillermo del Toro, salué pour ses costumes, ses maquillages/coiffures et ses décors). Et je n'oublie pas le premier Oscar de la soirée, décerné à Amy Madigan pour son interprétation mémorable terrifiante de la Tante Gladys dans Evanouis, qui n'a pas manqué d'inspirer le maître de cérémonie Conan O'Brien pour l'ouverture de la soirée.

    La course aux Oscars, c'est fini ! Maintenant, les yeux sont tournés vers Cannes dont la sélection sera dévoilée mi-avril.

    Le palmarès complet des Oscars 2026

    • Meilleur film : Une bataille après l'autre

    • Meilleure réalisation : Paul Thomas Anderson - Une bataille après l'autre

    • Meilleure actrice : Jessie Buckley - Hamnet

    • Meilleur acteur : Michael B. Jordan - Sinners

    • Meilleure actrice dans un second rôle : Amy Madigan - Évanouis

    • Meilleur acteur dans un second rôle : Sean Penn - Une bataille après l'autre

    • Meilleur casting : Cassandra Kulukundis - Une bataille après l'autre

    • Meilleur scénario original : Ryan Coogler - Sinners

    • Meilleur scénario adapté : Paul Thomas Anderson - Une bataille après l'autre

    • Meilleure musique : Ludwig Göransson - Sinners

    • Meilleure chanson : Golden / Briller - KPop Demon Hunters

    • Meilleure photographie : Autumn Durald Arkapaw - Sinners

    • Meilleurs décors : Tamara Deverell & Shane Vieau - Frankenstein

    • Meilleurs costumes : Kate Hawley - Frankenstein

    • Meilleurs maquillages & coiffure : Mike Hill, Jordan Samuel et Cliona Furey - Frankenstein

    • Meilleur montage : Andy Jurgensen - Une bataille après l'autre

    • Meilleur son : Gareth John, Al Nelson, Gwendolyn Yates Whittle, Gary A. Rizzo & Juan Peralta - F1® Le Film

    • Meilleurs effets visuels : Joe Letteri, Richard Baneham, Eric Saindon & Daniel Barrett - Avatar : de feu et de cendres

    • Meilleur film d'animation : KPop Demon Hunters

    • Meilleur film documentaire : Mister Nobody contre Poutine

    • Meilleur court métrage (ex aequo) : The Singers & Deux personnes échangeant de la salive

    • Meilleur court métrage d'animation : La Jeune fille qui pleurait des perles

    • Meilleur court métrage documentaire : Toutes les chambres vides

    • Meilleur film international : Valeur sentimentale

    03h35 - Meilleur film : Une bataille après l'autre

    Vingt-cinq ans après avoir en-chanté Moulin Rouge !, le couple Nicole Kidman / Ewan McGregor s'est réuni sur la scène du Dolby Theatre pour remettre la statuette majeure de cette 98ème édition des Oscars. Et c'est Une bataille après l'autre qui remporte la statuette du Meilleur film, la sixième de la soirée et la troisième personnelle pour Paul Thomas Anderson, producteur du long métrage aux côtés de Sara Murphy et du regretté Adam Somner. Le cinéaste a rappelé, avec modestie et émotion, que les Oscars 1975 avaient confronté Vol au-dessus d'un nid de coucou, Barry Lyndon, Un après-midi de chien, Les Dents de la mer et Nashville. « Aucun film n'était LE meilleur, cela dépend juste de l'état d'esprit des votants ce jour-là. » Une très belle manière de saluer les autres films en lice lors d'une cérémonie qui aura été extrêmement ouverte et indécise.

    Etaient nommés :

    • Bugonia

    • F1® Le Film

    • Frankenstein

    • Hamnet

    • L'Agent secret

    • Marty Supreme

    • Sinners

    • Train Dreams

    • Valeur sentimentale

    03h30 - Meilleure actrice : Jessie Buckley - Hamnet

    Là pour le coup, aucune surprise. Mais une joie réelle de voir la comédien irlandaise enfin sacrée par l'Académie des Oscars. Elle est le coeur battant du Hamnet de Chloé Zhao, dans lequel elle campe la compagne de William Shakespeare avec une puissance émotionnelle incomparable alors que le couple doit faire face à la perte d'un enfant. En ce jour de Fête des Mères en Grande-Bretagne, l'actrice a tenu à dédier son trophée au « chaos magnifique qui vit dans le coeur des mères ».

    Etaient nommées :

    • Rose Byrne - Si j'en avais la force

    • Renate Reinsve - Valeur sentimentale

    • Emma Stone - Bugonia

    • Kate Hudson - Sur un Air de Blues

    03h21 - Meilleur acteur : Michael B. Jordan - Sinners

    Tout le monde avait initialement prédit un duel entre Leonardo DiCaprio et Timothée Chalamet. Et puis ces dernières semaines, notamment après son prix aux Actor Awards (décerné par le syndicat des comédiens), Michael B. Jordan a émergé comme un outsider inattendu dans la catégorie. Pour sa première nomination, dans un double-rôle de jumeaux dans Sinners, le comédien reçoit son premier Oscar. Et tout en saluant sa famille et ses partenaires (dont son réalisateur fétiche Ryan Coogler qui l'accompagne depuis Fruitvale Station), il a eu un mot fort pour celles et ceux qui l'ont précédé dans cette conquête des sommets d'Hollywood : Sydney Poitier, Denzel Washington, Halle Berry, Jamie Foxx, Forest Whitaker, Will Smith... Désormais, le nom de Michael B. Jordan est inscrit à leurs côtés.

    Etaient nommés :

    • Timothée Chalamet - Marty Supreme

    • Leonardo DiCaprio - Une bataille après l'autre

    • Ethan Hawke - Blue Moon

    • Wagner Moura - L'Agent secret

    03h16 - Meilleure réalisation : Paul Thomas Anderson - Une bataille après l'autre

    Depuis le début de la saison des récompenses, tout le monde sentait que ce serait l'année de « PTA ». C'est confirmé avec un deuxième Oscar ce soir, après celui du Meilleur scénario adapté. Le cinéaste voit enfin sa réalisation unique saluée par l'Académie, lui qui était passé à côté de la statuette dorée pour Licorice Pizza, Phantom Thread et There Will Be Blood. Quand on repense à cette course-poursuite finale dans le désert, entre montées et descentes, on ne peut qu'applaudir !

    03h10 - Meilleure chanson : « Golden / Briller » - KPop Demon Hunters

    Un Oscar... et des milliards d'écoutes ! Le triomphe attendu de Golden / Briller a bien eu lieu, après une performance live très réussie sur la scène du Dolby Theatre. C'est, là encore, une première avec ce tout premier Oscar récompensant un morceau de Kpop décerné à EJAE, Mark Sonnenblick, Joong Gyu-kwak, Lee Yu-han Nam, Hee-dong, Teddy et Park 24. Deux nominations, deux Oscars : carton plein pour les HUNTR/X !

    03h04 - Meilleur film international : Valeur Sentimentale

    Au regard de la situation internationale, on aurait pu penser que l'Académie voterait pour Jafar Panahi (Un simple accident) ou Kaouther Ben Hania (La Voix de Hind Rajab). C'est finalement Valeur Sentimentale de Joachim Trier qui décroche la statuette, et cela semble assez logique au regard des neuf nominations du long métrage ce soir. C'est le second Oscar de l'histoire de la Norvège, après le prix du Meilleur documentaire remis à L'Expédition du Kon-Tiki de Thor Heyerdahl en 1951. Mais le premier dans la catégorie du Meilleur film étranger.

    02h50 - Meilleure photographie : Autumn Durald Arkapaw pour Sinners

    Une standing ovation au féminin ! C'est la belle image qui restera de l'Oscar remis à Autumn Durald Arkapaw pour Sinners. La directrice de la photographie, première femme primée dans l'histoire de la cérémonie (!) a demandé à toutes les artistEs de l'assistance de se lever pour célébrer collectivement ce moment. Il n'aura fallu attendre « que » 98 ans pour que le travail d'une femme derrière la caméra soit mis en lumière par l'Académie. Il était temps !

    02h33 - Meilleure musique originale : Ludwig Göransson pour Sinners

    Sacré en 2019 pour Black Panther et en 2024 pour la bande originale de Oppenheimer, Ludwig Göransson remet ça pour Sinners. Soit Trois Oscars en sept ans ! C'était le grand favori de la catégorie, alors que le film place la musique au centre de son étonnant récit, qui navigue entre gangsters, vampires et reconstitution historique. Notamment grâce à la chanson I Lied to You, composée par Ludwig Göransson et Raphael Saadiq, dont le tableau en début de cérémonie était tout simplement ahurissant. Le film de Ryan Coogler rattrape son retard sur celui de « PTA », et le suspense reste entier.

    Etaient nommés :

    • Jerskin Fendrix - Bugonia

    • Alexandre Desplat - Frankenstein

    • Max Richter - Hamnet

    • Jonny Greenwood - Une bataille après l'autre

    01h36 - Meilleur scénario original : Ryan Coogler pour Sinners

    C'est là encore une première ! Pour le grand favori Sinners ce soir, mais aussi pour le réalisateur-scénariste Ryan Coogler qui avait auparavant été nommé pour Judas and the Black Messiah (Meilleur film, 2021) et Black Panther: Wakanda Forever (Meilleure chanson, 2023) sans jamais recevoir les honneurs d'une victoire. La bataille est enfin lancée entre les deux films favoris, et le suspense sera assurément entier jusqu'à la fin de la soirée !

    Etaient nommés :

    • Robert Kaplow - Blue Moon

    • Jafar Panahi, Shadmehr Rastin, Nader Saeivar & Mehdi Mahmoudian - Un simple accident

    • Josh Safdie & Ronald Bronstein - Marty Supreme

    • Joachim Trier & Eskil Vogt - Valeur sentimentale

    01h32 - Meilleur scénario adapté : Paul Thomas Anderson pour Une bataille après l'autre

    C'est le premier Oscar de la carrière de Paul Thomas Anderson ! Jamais salué par l'Académie, le cinéaste reçoit enfin une statuette son adaptation du roman de Thomas Pynchon. De très bonne augure pour la suite de la soirée alors que Une bataille après l'autre enchaîne les victoires depuis le début de la cérémonie avec déjà trois récompenses.

    Etaient nommés :

    • Will Tracy - Bugonia

    • Guillermo del Toro - Frankenstein

    • Maggie O'Farrell & Chloé Zhao - Hamnet

    • Clint Bentley & Greg Kwedar - Train Dreams

    01h22 - Meilleur acteur dans un second rôle : Sean Penn dans Une bataille après l'autre

    Il n'était pas présent au Dolby Theatre. Mais son Colonel Steven J. Lockjaw hante les esprits depuis son apparition dans Une bataille après l'autre où il mène une traque et une guerre contre « les ennemis de l'intérieur » tout en étant obsédé par la révolutionnaire campée par Teyana Taylor. C'est le troisième Oscar remporté par le comédien, après Mystic River (Meilleur acteur 2004) et Harvey Milk (Meilleur second rôle 2009). Il rejoint un club très fermé où Jack Nicholson, Daniel Day-Lewis et Walter Brennan !

    Etaient nommés :

    • Benicio Del Toro - Une bataille après l'autre

    • Stellan Skarsgård - Valeur sentimentale

    • Jacob Elordi - Frankenstein

    • Delroy Lindo - Sinners

    01h15 - Meilleur court métrage (ex aequo) : The Singers & Deux personnes échangeant de la salive

    « Ironiquement, c'est la catégorie qui prendra le double de temps ce soir ! » Kumail Nanjiani ne s'attendait sans doute pas à remettre un Oscar ex aequo. Encore moins dans la catégorie du court métrage. Un partage exact des votes, c'est arrivé à quelques reprises dans l'histoire de la cérémonie : Katharine Hepburn (Le Lion en hiver) et Barbra Streisand (Funny Girl) en Meilleure actrice 1969 ou Skyfall et Zero Dark Thirty en Meilleur son en 2013. Parmi les deux films lauréats, on retrouve un film français, Deux personnes échangeant de la salive, proposition originale, cosmopolite et queer soutenue par Julianne Moore et Isabelle Huppert.

    01h05 - Meilleur casting : Une bataille après l'autre

    Il y a du nouveaux aux Oscars 2026 ! Pour la première fois, la direction de casting est récompensée par l'Académie, mettant en lumière un travail de l'ombre -trop longtemps ignoré- qui permet de rassembler tous les visages et talents qui donneront vie à une histoire à l'écran. Et c'est Cassandra Kulukundis, qui a déniché tous les comédiens de Paul Thomas Anderson dans Une bataille après l'autre, qui reçoit cette première statuette historique, en présence notamment de sa jeune révélation Chase Infinity qui est venue sur la scène du Dolby Theatre pour adresser un joli message à celle qui l'a découverte.

    Etaient nommées :

    • Nina Gold - Hamnet

    • Jennifer Venditti - Marty Supreme

    • Gabriel Domingues - L'Agent secret

    • Francine Maisler - Sinners

    00h55 - Meilleurs costumes et Meilleurs maquillages/coiffures : Frankenstein

    Le projet de rêve de Guillermo Del Toro est célébré aux Oscars 2026. Huit ans après son triomphe pour La Jeune fille de l'eau, le réalisateur mexicain est salué à travers ses équipes artistiques, dont le sublime travail de costumes et de maquillages/coiffures sur sa réinterprétation de Frankenstein (un peu dans l'ombre durant cette campagne des Oscars) a tapé dans l'oeil des votant.es de l'Académie. Et dans celui de Anne Hathaway et Anna Wintour, chargées de remettre ces deux statuettes so fashion, en joli clin d'oeil à la sortie prochaine du Diable s'habille en Prada 2.

    00h31 - Meilleur film d'animation : KPop Demon Hunters

    Bien sûr, on regrettera que Arco et Amélie et la métaphysique des tubes repartent bredouille de Los Angeles, mais cet Oscar décerné à KPop Demon Hunters était on ne peut plus attendu. Et logique, au regard de la réussite artistique, musicale et publique du long métrage signé Chris Appelhans et Maggie Kang, plus gros succès de tous les temps sur Netflix avec plus de 325 millions de vues depuis sa mise en ligne en octobre 2025 ! On attend désormais les HUNTR/X pour la statuette de la Meilleure chanson, elles dont le Golden / Briller a envahi les esprits à la manière de l'entêtant Libérée, Délivrée de La Reine des Neiges il y a treize ans.

    Etaient également nommés :

    • Arco

    • Amélie et la métaphysique des tubes

    • Zootopie 2

    • Elio

    00h25 - Meilleure actrice dans un second rôle : Amy Madigan dans Évanouis

    On parlait de Tante Gladys, elle est venue en personne recevoir la première statuette de la soirée ! Nommé il y a quarante ans pour Soleil d'automne (1986), la comédienne, un peu oubliée ces dernières années (elle pensait même arrêter sa carrière), est revenue sur le devant de la scène grâce à Évanouis (2025) de Zach Cregger qui a fait de son personnage un fan favorite instantané. C'est assez rare de voir le cinéma d'horreur récompensé aux Oscars, et c'est réjouissant que cela survienne avec une créature aussi marquante (malgré un temps très réduit à l'écran). Entre la sorcière et le croquemitaine, la Tante Gladys est terrifiante derrière son look si particulier. Elle pourrait d'ailleurs revenir très prochainement sur les écrans dans un projet de prequel centré sur son parcours. Très émue par cette consécration tardive, Amy Madigan a salué son compagnon et partenaire régulier à l'écran, Ed Harris, avec qui elle est mariée depuis 1983. L'amour et le talent célébrés, on valide !

    Etaient également nommées :

    • Elle Fanning - Valeur Sentimentale

    • Inga Ibsdotter Lilleaas - Valeur Sentimentale

    • Teyana Taylor - Une bataille après l'autre

    • Wunmi Mosaku - Sinners

  • Michael B. Jordan est fan de cette comédie méconnue des années 90 !

    Michael B. Jordan est fan de cette comédie méconnue des années 90 !

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Nous sommes à quelques heures du début de la 98ème cérémonie des Oscars, et les pronostics ont rarement été aussi divisés, en particulier pour la catégorie Meilleur acteur. Si Timothée Chalamet a longtemps été le très grand favori, depuis la victoire de Robert Aramayo aux BAFTAs et celle de Michael B. Jordan (Sinners) aux Actors Awards, ce dernier est désormais pressenti pour remporter la statuette dorée.

    En attendant les Oscars…

    Sinners (2025) a déjà marqué l’Histoire des Oscars en devenant le film le plus nommé de tous les temps ! En effet, le film de Ryan Coogler est présenté dans 16 catégories, dont Meilleur film, Meilleur réalisateur et Meilleur acteur pour Michael B. Jordan donc. Mais ses partenaires ont également été remarquées par l'Académie, avec des nominations en second rôle pour Wunmi Mosaku côté actrices, et Delroy Lindo côté acteurs.   

    Les Oscars sont avant tout une façon de célébrer le cinéma et les différentes industries qui contribuent à faire perdurer la magie du 7ème art. JustWatch s’est justement récemment entretenu avec Michael B. Jordan, qui n’a pas manqué de célébrer l'un de ses genres et l’un de ses films préférés avec nous. Plus précisément un « plaisir coupable », qui vient s’inscrire dans la collection aussi surprenante que réjouissante des Sorry Not Sorry que nous proposons aux talents rencontrés en interview..

    Quel est le film « plaisir coupable » de Michael B. Jordan  ?

    A Low Down Dirty Shame (1994) est officiellement le « plaisir coupable » de Michael B. Jordan. D'après lui, cette comédie de et avec Keenen Ivory Wayans, est très largement sous-cotée dans la catégorie comédies cultes des années 1990. Le comédien avoue ainsi, en plaisantant, : « Vous voulez rire ?! Il est super ! Avec Peaches ! »

    Jamais sortie en France, cette comédie met en scène André Shame (Keenen Ivory Wayans), un détective privé qui malgré tous ses efforts, est constamment rattrapé par son passé et ses actions lorsqu’il est inspecteur de la LAPD. Toujours épaulé par Peaches (Jada Pinkett Smith), son assistante, Shame est maintenant chargé d'arrêter un baron de la drogue qu’il pensait mort depuis des années. 

    Bien que cette comédie ait été très mal accueillie par la critique, elle a su trouver avec le temps une communauté loyale -dont Michael B. Jordan fait officiellement partie-, qui prend un très grand plaisir à revoir régulièrement le film et ses gags tous plus risibles, absurdes et ridicules les uns que les autres. « Non mais c'était vraiment un super film. C'était un film de flics, avec ’Roc’, Charles Dutton. Oui, c’est un bon film ! » 

    D’ailleurs, si vous êtes fans de comédies cultes et de buddy cops movies des années 2000 comme White Chicks (2004), Little Man (2006) ou encore Scary Movie (2000), A Low Down Dirty Shame devrait sans aucun doute faire partie de votre watchlist !

  • One Piece saison 3 : Alabasta, Ace et Crocodile… tout ce qu’il faut attendre de la suite sur Netflix !

    One Piece saison 3 : Alabasta, Ace et Crocodile… tout ce qu’il faut attendre de la suite sur Netflix !

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Il y a des adaptations qui avancent aussi vite que possible. Celles qui charcutent le matériau d’origine pour enchaîner les épisodes, sprinter à travers l’histoire et faire de l’audience en un minimum de temps. Et puis, il y a One Piece. Netflix a clairement compris qu’il ne fallait surtout pas froisser les fans. Prendre son temps, soigner l’adaptation des arcs, installer de nouveaux visages avec patience et respect…

    Et c’est exactement ce que vient de prouver la saison 2, tout juste sortie en mars 2026. Pour les lecteurs de l’œuvre d’Oda, cette deuxième fournée a déjà laissé quelques indices sur les prochaines intrigues qui vont se jouer dans la série. Certaines vont se dénouer à très long terme, d’autres vont nous exploser au visage. Tout cela nous laisse donc une bonne idée de ce qui nous attend pour la saison 3, qui est déjà en production depuis fin 2025 en Afrique du Sud. 

    Rangez vos boussoles, sortez le log pose, et regardons où nous allons naviguer lors de la saison prochaine !

    Alabasta, et puis c’est tout !

    L’arc d’Alabasta est très important pour la communauté. À mes yeux, c’est le point de bascule où l’équipage du Chapeau de Paille devient une véritable famille, commençant enfin à se bâtir une réputation respectable sur les mers de Grand Line.  C’est sûrement avec cela en tête que les showrunners, Matt Owens et Joe Tracz, ont pris une excellente décision : cette saison 3 sera intégralement dédiée à ce seul arc narratif, couvrant le récit des chapitres 155 à 217 du manga. 

    L’histoire de ce passage est passionnante. Alabasta, c’est un royaume désertique servant d’arène à une guerre civile. On plonge la tête la première dans un nid de vipères, au cœur des complots politiques orchestrés par l’organisation criminelle secrète Baroque Works. La princesse Nefertari Vivi est le personnage central de cette tragédie. Pour les néophytes qui découvrent l’univers de la série, la saison 2 vous a déjà donné un petit indice : la traque du One Piece n’est finalement que la toile de fond d'un enchaînement de quêtes annexes épiques, toutes aussi passionnantes les unes que les autres. Mais ici, on ne parle pas d’une petite quête, puisque Luffy et ses amis se lancent dans le sauvetage d’un royaume entier ! C’est le moment où le manga prend un vrai tournant, et cimente l’ADN de nos héros : des pirates au grand cœur prêts à casser la tronche aux tyrans pour défendre les opprimés. 

    Vivi, Crocodile, Portgas D. Ace : les personnages centraux de la saison 3 

    Vivi, parfaitement jouée par Charithra Chandran, prendra une toute autre dimension dans la prochaine saison. Souvenez-vous : introduite au début de la saison 2 comme agente de Baroque Works sous le nom de Miss Wednesday, notre héroïne aux cheveux bleus (et chouchoute absolue des lecteurs) est en réalité la princesse d’Alabasta, au centre de toute l’intrigue.

    Face à elle se dresse Mr. 0, aussi connu sous le nom de Sir Crocodile. Fini les clowns de pacotille de l’East Blue, place au vrai méchant, fort, sombre, détestable. C’est Joe Manganiello qui va prêter sa carrure de titan au boss mafieux. Mais, la série gagnera aussi en couleur et en paillettes avec l’arrivée du théâtral et flamboyant Bon Clay, campé par Cole Escolar. Je sais que, comme moi, vous trépignez d'impatience à l'idée de l'entendre hurler son mythique « Okama wayyyyy » à l'écran. En parallèle, on va aussi assister à l’évolution de Miss All Sunday, la mystérieuse Nico Robin (jouée par Lera Abova), et du craquant Chopper (Mikaela Hoover).

    Mais, s’il y a un personnage que tout le monde attend, c’est Portgas D. Ace. Lui, c’est le panache pur, un pyromane charismatique, délicieusement fêlé, mais surtout un combattant d’une puissance redoutable. Il occupe une place sacrée, aussi bien dans la mythologie du manga que dans le cœur de notre héros, Luffy. Autant dire que Xolo Maridueña a une pression monstrueuse sur les épaules pour donner vie à cette icône intouchable.

    Le piège de la saison 3 : les effets spéciaux

    Ici, ça passe ou ça casse. La saison 3 n’est plus une histoire de petits pirates qui naviguent d’île en île. C’est une guerre totale. Crocodile manipule des tempêtes de sable, Ace est une torche humaine, Chopper… on n’en parle même pas ! Surtout, les combats seront nombreux et intenses, et il va falloir améliorer les CGI par rapport à la saison 2 que j’ai trouvée un peu limite à certains moments. Si les chorégraphies manquent d’impact ou que les pouvoirs des Fruits du Démon ont l’air de sortir d’une cinématique de PS2, ça va être compliqué. Iñaki Godoy (Luffy dans le live action) a déjà teasé que les combats seraient radicalement différents, plus brutaux. On attend donc cette troisième étape de la série au tournant. 

    La date de sortie ? Soyez patients, mais ça arrive ! 

    Même si le tournage devrait se terminer avant cet été, on se doute que la saison 3 ne va pas sortir aussi rapidement. Comme dit plus haut, la phase de post-production s’annonce immense avec la tonne de CGI nécessaire pour animer les tempêtes de sable, les attaques enflammées, les bras qui s’étirent, et tous les pouvoirs bizarres du manga. Aucune date n’a été officiellement annoncée, mais on peut prédire une sortie fin 2027, début 2028. Certains parlent même de l’été 2027, mais l’expérience nous prouve qu’il vaut mieux voir large lorsque l’on parle de la sortie d’une série. 

    La bonne nouvelle ? L’univers d’Eiichiro Oda est immense. Avec plus de 30 de manga et d’anime, vous avez une montagne colossale de contenu pour étancher votre soif de piraterie d’ici le grand retour du live action.

  • Oscars 2026 : date, heure, nominations… Êtes vous prêt.es pour la 98e cérémonie ?

    Oscars 2026 : date, heure, nominations… Êtes vous prêt.es pour la 98e cérémonie ?

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Plus que quelques heures avant les Oscars ! Et entre les scandales impliquant certains réalisateurs -oui, on te voit, Josh Safdie- et les discours problématiques de comédiens qui pourraient leur coûter la statuette -oui, on parle de toi, Timothée Chalamet-, la saison des récompenses 2025-2026 sera enfin derrière nous à l’aube du 16 mars 2026.

    Avez-vous déjà fait vos pronostics sur les gagnant.es de la soirée ? Pour celles et ceux qui comptent regarder la cérémonie -ces cinéphiles hardcore qui n’ont pas peur de faire une nuit blanche avant un lundi de travail- JustWatch vous propose le guide ultime des Oscars !

    Quand auront lieu les Oscars 2026 ?

    Les Oscars se tiendront à Los Angeles, dans le très célèbre Dolby Theatre, le 15 mars 2026. La cérémonie débutera à 16 h (heure du Pacifique) et à 19 h sur la côte Est des États-Unis -ce qui correspond à minuit, heure locale en France. Cette année, la cérémonie commence une heure plus tôt que l’an dernier -une occasion qui permettra aux téléspectateurs européens de dormir un peu plus. 

    Comment regarder la cérémonie ?

    Pour le public français, la cérémonie sera retransmise sur la plateforme de streaming Disney+, qui, en plus de la diffusion en direct, offrira à ses utilisateurs une immersion complète et divertissante dans la soirée la plus attendue de l’industrie hollywoodienne. Un pré-show débutera à 22h00, présenté par Kyan Khojandi et Navo, accompagnés d’Éric Judor, Kheiron, Blandine Lehout et Alice David. Le duo et leurs invité·e·s proposeront à l’audience « une cérémonie parallèle décalée avec un tapis rouge revisité », ainsi qu’une série de jeux et de quiz pour bien se chauffer avant le marathon cinéphile qui suivra.

    Ensuite, à 23h15, place au très prestigieux et sophistiqué tapis rouge, guidé par Lena Situations et Augustin Trapenard depuis Los Angeles. Ils accompagneront les stars hollywoodiennes pour commenter les looks les plus iconiques de la soirée et capturer les moments exceptionnels et exclusifs du red carpet avant le début de la cérémonie à minuit. La cérémonie elle-même sera présentée par le comédien, podcasteur et animateur Conan O’Brien, qui reviendra sur la scène du Dolby Theatre pour une deuxième édition, après le succès de son show l’année dernière.

    Connaissez-vous les nommés à l’Oscar du Meilleur Film ? 

    Cette année marque un tournant dans l’histoire des nominations : Sinners (2025) a battu un record historique en obtenant 16 nominations, dont celle du Meilleur Film. Ce récit aux inspirations du Southern Gothic, signé Ryan Coogler, figure parmi les favoris de la catégorie, aux côtés de Une bataille après l’autre (2025) de Paul Thomas Anderson, qui propose une fresque politique des États-Unis à travers un récit intime reliant un père et sa fille. 

    Parmi les dix films nommés dans cette catégorie phare des Oscars, on retrouve Marty Supreme (2025), porté par la performance remarquée de Timothée Chalamet, ainsi que Hamnet (2025) de Chloé Zhao, œuvre shakespearienne explorant le deuil et le processus créatif. Ces films font figure d’outsiders face à Sinners et Une bataille après l’autre. Quant à Valeur sentimentale (2025), qui a connu un bon démarrage auprès du public au début de la saison, ses chances restent relativement faibles.

    La nomination de L’Agent secret (2025) de Kleber Mendonça Filho, jusque-là connu uniquement du cercle cinéphile, offre une visibilité méritée au réalisateur et à son acteur principal, Wagner Moura. Train Dreams (2025), avec son ton sentimental et contemplatif, pourrait également créer la surprise, à l’instar du succès inattendu de CODA (2021). En revanche, Bugonia (2025), probablement jugé trop clivant pour les votant.es, F1 (2025) et Frankenstein (2025) au contraire trop grand public, apparaissent comme les moins probables pour décrocher la statuette.

    Oscars 2026 : les pronostics de JustWatch France

    Nous sommes maintenant dans la dernière ligne droite, et le duel dans la catégorie du Meilleur Film semble se jouer entre Sinners et Une bataille après l’autre. Le gagnant de cette catégorie est souvent lié à celui de la Meilleure Réalisation -la catégorie la plus marquante de cette édition : si Ryan Coogler remporte le prix de la Meilleure Réalisation, le Meilleur Film pourrait revenir à Une bataille après l’autre, et inversement. Mais Josh Safdie et Chloé Zhao pourraient également créer la surprise en décrochant une victoire inattendue.

    Dans la catégorie du scénario adapté, le succès pourrait revenir à Hamnet ou à Une bataille après l’autre, tandis que la course du scénario original se jouera vraisemblablement entre Marty Supreme et Sinners. Côté performances, malgré les controverses récentes -selon lesquelles elle aurait donné un ultimatum à son mari concernant ses chats parce qu’elle ne les aime pas- Jessie Buckley semble bien partie pour recevoir la statuette de la Meilleure actrice.

    Du côté du Meilleur acteur, compte tenu des autres prix de l’industrie, ainsi que des commentaires et de la campagne de marketing de Timothée Chalamet qui ont suscité pas mal d’animosité, Michael B. Jordan semble être le grand favori. La catégorie de la Meilleure actrice dans un second rôle semble promettre à Teyana Taylor un succès quasi assuré, tandis que celle du Meilleur acteur dans un second rôle s’annonce beaucoup plus compétitive, avec Benicio Del Toro, Sean Penn et Stellan Skarsgård, tous trois également soutenus et mis en avant.

    KPop Demon Hunters (2025) apparaît comme le prix le plus sûr de l’année dans la catégorie du Meilleur film d’animation. La catégorie du Meilleur film international, en revanche, est plus clivant : L’Agent secret a sans doute de bonnes chances ici, compte tenu de l’enthousiasme du public et du soutien des académicien·ne·s brésilien·ne·s, mais les récents événements politiques pourraient pousser les membres à voter pour La Voix de Hind Rajab (2025) ou encore Un simple accident (2025).

  • Et les pires films de l’année sont… Où et comment voir La Guerre des Mondes et les gagnants des Razzies 2026 ?

    Et les pires films de l’année sont… Où et comment voir La Guerre des Mondes et les gagnants des Razzies 2026 ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    C’est la coutume à Hollywood depuis 1981 : chaque année, la veille des Oscars, la Golden Raspberry Award Foundation décerne ses Razzie Awards, des trophées saluant les plus grands ratés de l’année cinématographique. Parfois avec pertinence, parfois avec une mauvaise foi totale (je pense à certains acteurs constamment dans le viseur des votant.es, j'y reviendrai). Mais c’est un rendez-vous que je ne manquerai pour rien au monde.

    De mon point de vue, c’est toujours fascinant de découvrir des choses loupées. Voire mauvaises. Voire très mauvaises. Et il y a, aussi, un vrai plaisir coupable assumé dans le visionnage de ces œuvres. C’est ce que saluent ces « Oscars du pire ». Je regrette d’ailleurs que la démarche n’existe plus en France, car des films comme Papamobile méritent d’être mis en lumière ! Alors que la planète cinéma a les yeux tournés vers la 98e cérémonie des Oscars, JustWatch vous partage le palmarès complet des Framboises d’or 2026, avec les informations sur les plateformes où retrouver les films en bas de page.

    NB - A noter que le Razzie de la Rédemption de cette 46ème édition est attribué à Kate Hudson, saluée comme Pire actrice en 2021 pour Music et relancée cette année avec sa nomination à l’Oscar pour Sur un air de blues (2025).

    La Guerre des Mondes (2025)

    • Pire film

    • Pire acteur : Ice Cube

    • Pire réalisation : Rich Lee

    • Pire scénario

    • Pire prequel, remake, film-dérivé ou suite

    C’est LE film dont tout le monde parlait l’été dernier. Et le grand gagnant de cette édition. 4% sur Rotten Tomatoes, 1/10 sur Letterboxd, 2,5/10 sur IMDB… La Guerre des Mondes (2025) partait pourtant d’une proposition intéressante : revisiter le classique de H.G. Wells à l’ère du numérique, en racontant l’invasion des tripodes extraterrestres à travers des écrans (ordinateurs, smartphones, caméras de surveillance…). Dans le jargon, on appelle ce sous-genre « screenlife » et il a essentiellement été décliné à travers l’horreur (Unfriended ou Host) et le thriller (Searching : Portée disparue ou  Missing : Disparition inquiétante). Pourquoi pas la science-fiction, après tout ? On est toutefois bien loin -à des années-lumière, même- de la version mémorable proposée par Steven Spielberg en 2005.

    Ici, tout est fauché, bricolé, flottant… Il y a presque un esprit nanar Asylum qui se dégage de tout ça ! A la décharge de Ice Cube, Eva Longoria et Clark Gregg (mais qu’allaient-ils faire dans cette galère ?), le long métrage a été tourné en 15 jours seulement, à distance pendant le confinement de la pandémie de COVID-19, et le réalisateur Rich Lee a dû littéralement bricoler un montage à partir des rushes envoyés par ses comédiens. Initialement prévu pour une sortie cinéma, La Guerre des Mondes a été revendu discrètement à Prime Video… qui n’espérait pas tant de publicité autour de ce direct-to-streaming. Je profite donc de ces Razzies pour vous inciter à y jeter un œil : quand c’est aussi raté, ça en devient incontournable !

    Blanche Neige (2025)

    • Pire second rôle masculin : les sept nains artificiels

    • Pire couple à l’écran : les sept nains artificiels

    Entre l’Oscar d’honneur remis en 1939 à Walt Disney pour saluer la création du premier long métrage de fiction (une grande statuettes et sept petites, représentant Blanche-Neige et les sept nains) et les deux Razzies décernés à l’adaptation live action cette année, c’est le grand écart pour le studio aux grandes oreilles ! Si Rachel Zegler et Gal Gadot ont échappé à des nominations (c’est assez miraculeux au regard du bad buzz qui avait accompagné leurs performances et leurs prises de parole pendant le tournage puis au moment de la sortie), ce sont les nains numériques qui ont été plébiscités par deux Framboises d’Or, avec une insistance sur le mot « artificial » dans le communiqué des Razzies, qui rappelle la polémique qui avait entouré leur création.

    Ces deux prix du Pire, ce sont les deux derniers clous dans le cercueil du film de Marc Webb, après un rejet massif de la part de la critique et du public -même s’il ne faut pas minimiser la campagne de bashing orchestrée en ligne pour nuire à cette vision en prises de vues réelle du classique de l’animation- et surtout après son échec au box-office (à peine 205 millions de dollars de recettes dans le monde pour un budget au-delà des 300 millions) qui a généré des pertes estimées à 170 millions de billets verts pour le studio, selon Forbes. Disney a tout de même une raison de se réjouir : alors qu’il dominait les nominations avec des citations dans six catégories, Blanche Neige a finalement « limité la casse » avec ces deux prix secondaire.

    Bride Hard (2025)

    • Pire actrice : Rebel Wilson

    Et un deuxième Razzie pour Rebel Wilson ! Déjà saluée par la Framboise d’or de la Pire actrice dans un second rôle en 2020 pour le mémorable Cats, l’actrice australienne est plébiscitée pour la comédie d’action Bride Hard (2025). Cet habile jeu de mots entre Die Hard / Piège de Cristal et Bridesmaids / Mes meilleures amies annonce la couleur de ce film Prime Video (décidément à la fête lors de cette 46ème édition), qui confronte les invités d’un mariage à une prise d’otages. Heureusement, l’une des demoiselles d’honneur, incarnée par Rebel Wilson, est un agent secret bien décidée à ne pas laisser les mercenaires gâcher l’union de sa meilleure amie.

    Le réalisateur Simon West est aguerri aux cascades, aux fusillades et aux explosions, lui qui a fait ses débuts avec le cultissime Les Ailes de l’enfer (1997) porté par Nicolas Cage, avant de diriger des gros bras comme Jason Statham, Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger et Bruce Willis et d’adapter les aventures de Lara Croft à l’écran avec Angelina Jolie dans le rôle-titre. Mais la rencontre entre comédie et action qu’il orchestre ici ne prend jamais, et c’est Rebel Wilson qui en fait essentiellement les frais, coincée entre des gags lourdingues et des situations embarrassantes malgré son investissement physique et son entraînement poussé. Dommage pour les fans de Hit Girls / Pitch Perfect qui se réjouissaient des retrouvailles de la comédienne avec Anna Camp.

    Gunslingers (2025)

    • Pire actrice dans un second rôle : Scarlet Rose Stallone

    Il y a un point commun entre les ratages de Bride Hard (2025) et de Gunslingers (2025) : la présence de Stephen Dorff au générique des deux films. C’est pourtant vers ses partenaires féminines que se sont dirigés les suffrages des 1 100 votant.es des Razzie Awards, avec un prix pour Rebel Wilson, donc, et un autre pour Scarlet Rose Stallone. Stallone ? Oui, comme Sylvester Stallone dont la comédienne de 23 ans est la fille ! « Sly » a d’ailleurs marqué une nouvelle fois l’histoire de la cérémonie cette année -lui qui détient le record de prix et de nominations avec respectivement 12 et 39-, puisque sa présence en Pire second rôle masculin pour Alarum (2025) et celle de sa benjamine est notable : c’est la première fois qu’un parent et son enfant sont nommés la même année !

    Pour en revenir au western Gunslingers, Scarlet Rose Stallone y campe la fille d’un hors-la-loi repenti aux côtés de Stephen Dorff, Heather Graham et Nicolas Cage. C’est le premier long métrage de la jeune femme sans son père, qu’elle avait côtoyé dans Bad Luck (2014) et la série Tulsa King (2022-). Même si le film est raté, on sent, tout de même, que les Razzies semblent avoir voulu ici « se payer » une Stallone plus qu’autre chose en accrochant la fille à leur tableau de chasse. Ce prix du pire donne au moins l’occasion / l'envie de la découvrir, avant qu’elle ne rejoigne Mel Gibson dans le thriller musclé Hunting Season.

  • 8 films et séries sur le rugby qui transforment l'essai

    8 films et séries sur le rugby qui transforment l'essai

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Que c’est difficile d’adapter le rugby à l’écran. Mais quand c’est bien fait, c’est magnifique. Les ruck, les mêlées, les sauts en touche, le ballon qui vole… Même si beaucoup ne comprennent pas grand chose aux règles, le rugby peut être un régal pour le spectateur. 

    Alors que le Tournoi des Six Nations a enflammé nos week-ends de janvier à mars, et qu’on aime aller voir les matchs dans les bars, une Guinness à la main (avec modération !), voici une sélection musclée pour prolonger l’ambiance moite des vestiaires depuis votre canapé. Des pelouses de Nouvelle-Zélande aux clichés chauvins de notre Sud-Ouest, ce sport de voyous joué par des gentlemen a de quoi plaire.

    Invictus (2009)

    On l’a dit, transposer le rugby au cinéma n’est pas chose facile. Mais, on pouvait bien compter sur Clint Eastwood pour réussir. Dans Invictus, nous sommes en 1995, dans une Afrique du Sud post-apartheid encore profondément fracturée. Fraîchement élu président, Nelson Mandela (incarné par Morgan Freeman, né pour ce rôle) fait le pari d’utiliser la Coupe du monde de rugby à domicile pour unir la nation. 

    Matt Damon campe François Pienaar, le capitaine des Springboks, et fait le job. Même si on aurait aimé le voir un peu plus brut et rugueux. C’est du vrai Clint Eastwood : c’est efficace, classique, parfois un peu trop scolaire avec une avalanche de bons sentiments. Cependant, le cinéaste arrive très bien à saisir tout l’enjeu de cette coupe du monde et l’ambiance politique autour de celle-ci. Mais d’un point de vue français, le film fait grincer quelques dents. Les fans de rugby de l’Hexagone sont traumatisés par la fameuse demi-finale Afrique du Sud - France. Un match entaché d’une pelouse totalement inondée à Durban, de décisions arbitrales étranges, et de scandales en tous genres. C’est un film qui a tout de même l’honneur de faire découvrir le sport et de mettre la lumière sur l’histoire contemporaine sud-africaine avec Nelson Mandela comme héros national. 

    Six Nations : au contact (2024)

    Après l’immense succès de leur série documentaire sur la F1, Netflix ne pouvait que chercher d’autres sports pour renouveler l’expérience. D’ailleurs, le géant du streaming a repris exactement la même formule que Formula 1 : Pilotes de leur destin (2019) pour la transposer au rugby. Franchement, le résultat de Six Nations : au contact est pas mal du tout ! Les caméras s’infiltrent dans l’intimité des vestiaires, réussissant à capter les tensions, les déceptions, les joies, les discours hurlés à s’en péter les cordes vocales. 

    Le montage est ultra-nerveux alors que les épisodes se concentrent sur des personnalités du rugby, comme Finn Russell ou Ellis Genge. Je trouve malgré tout que la série a trop essayé de scénariser le tournoi en inventant quelques rivalités, et en forçant le storytelling. C’est une série idéale pour mettre les pieds dans le monde du rugby, mais qui ne plaira pas forcément aux passionnés de la première heure. Au final, j’ai préféré Formula 1 : Pilotes de leur destin, un incontournable même si (comme moi) vous ne connaissez rien à la F1 mais que vous aimez tous les sports. 

    Le Stade (2022)

    Le Stade nous plonge au cœur du mythique Stade Toulousain lors de la saison de toutes les réussites : celle du légendaire doublé Top 14 / Champions Cup. D’abord, l'esthétique du documentaire est tout aussi surprenante que magnifique avec ce choix de filmer en noir et blanc. On croirait presque voir un film hollywoodien avec des discours des joueurs ou d’Ugo Mola, l'entraîneur, qui nous donnent des frissons. Les chocs s’enchaînent, les blessés aussi, la défaite vient parfois (rarement) se mêler aux multiples victoires. Le Stade Toulousain est présenté comme une véritable famille avec un seul but : la victoire. 

    Visuellement, on prend une claque, même un peu trop grande. On frôle parfois le spot publicitaire, alors qu’Antoine Dupont et Ugo Mola sont filmés presque comme s’ils étaient des dieux. Pourtant, c’est génial, et nous rappelle aisément Les Yeux dans les Bleus (1998). Ce documentaire est un indispensable pour les inconditionnels du peuple Rouge et Noir, mais aussi pour tous les fans de rugby (même ceux qui en ont marre de voir Toulouse sur le devant de la scène).

    All or Nothing: New Zealand All Blacks (2018)

    Amazon Prime Video s’est attaqué à une équipe de légende, avec Taika Waititi à la narration. All or Nothing: New Zealand All Blacks se concentre sur l’équipe néo-zélandaise, et rentre dans son intimité. On découvre la culture et la rigueur des All Blacks, leur gestion du stress, de la pression médiatique, et le poids immense d’un maillot qui représente l’âme d’une nation. 

    L’ensemble peut manquer d’un peu de folie, et est parfois trop chirurgical. Un défaut qu’on retrouve étonnamment souvent dans cette liste. Comme s’il fallait gommer le sang, la boue et la sueur pour que ce soit accepté par le grand public. Cela reste une mine d’or pour les fans de tactiques et de management pur et dur. On retrouve une ambiance similaire à The Last Dance, la série documentaire vraiment géniale sur les Chicago Bulls et Michael Jordan. 

    Le Fils à Jo (2011)

    Philippe Guillard, ancien joueur, est passé derrière la caméra pour réaliser Le Fils à Jo, une comédie dramatique enracinée dans le terroir du Sud-Ouest de la France, le berceau du rugby français. Gérard Lanvin y campe une ancienne gloire du ballon ovale, un peu bourrue, qui incite lourdement son fils chétif à reprendre le flambeau. Le film coche toutes les cases du bingo des clichés ruraux. Rivalités de clocher qui sentent le cassoulet, troisième mi-temps bien arrosée, des personnages aussi têtus que leur accent est fort, on frôle parfois la caricature. Mais ce qu’il y a de bien, c’est que cela semble totalement assumé. 

    Sous son trop plein de bons sentiments, le film a un cœur énorme et donne le sourire. Il parvient à capturer cette atmosphère de la terre du rugby, de l’amour du terroir, de l’envie de transmettre, même si cette envie n’est pas partagée. Car le rugby français, même les pros le diront, doit toujours faire honneur au rugby de village, aux amateurs, à ceux qui font vivre la culture de l’ovalie. Le Fils à Jo le fait parfaitement. C’est un peu le Rasta Rockett (1993) du Tarn : c’est naïf, mais bourré de bonnes intentions, et on finit par s’y attacher. 

    Philippe Guillard a également réalisé Pour l’honneur (2023). Avec ce film, il continue d’explorer le monde de l’ovalie du sud de la France, alors que deux bourgades rivales voient leur quotidien chamboulé par l’arrivée de demandeurs d’asile. Nous voilà lancés dans 1h37 de choc des cultures, de feel good, d’intégration, et de rugby comme ciment social. Là aussi c’est naïf, mais le message est beau et bien véhiculé. 

    Steelers: The World's First Gay Rugby Club (2020)

    Ce documentaire indépendant est une petite merveille. Le réalisateur de Steelers: The World's First Gay Rugby Club, Eammon Ashton-Atkinson, prend la caméra pour documenter les Kings Cross Steelers de Londres, devenu le tout premier club de rugby gay et inclusif au monde. 

    Ce documentaire dévie rapidement, avec beaucoup de grâce, vers une exploration de la vulnérabilité et de la masculinité. On y suit des piliers massifs luttant contre la dépression, des joueurs combattant les démons de l’homophobie. Le rugby, ce sport brutal et frontal, devient ici un exutoire pour se reconstruire. C’est filmé avec les tripes, sans le moindre vernis, sans en faire trop, mais sans rien cacher. Le film est dans la lignée de Pride (2014), un chef-d'œuvre sur la convergence des luttes sous Thatcher.

    Mercenaire (2016)

    Mercenaire est une petite pépite méconnue réalisée par Sacha Wolff et qui suit Soane. Ce dernier est un jeune Wallisien (incarné par Toki Pilioko), arraché de son île du Pacifique pour venir jouer pilier dans un club de Fédérale en métropole. 

    Ce film vient entacher le côté romantique du rugby français, qu’on imagine franchouillard et bon enfant. On parle de déracinement et d’exploitation du physique des jeunes des îles du Pacifique à qui on vend du rêve pour ne leur donner que des miettes. On découvre un monde qui traite l’humain comme du bétail. Là encore, rien n’est aseptisé. Le film est rempli de sueur, de drame, de réalisme. On ne peut qu’être touché par le jeu de l’acteur principal, son envie de chasser les démons de son passé, et de s’intégrer dans une métropole qui ne l’accepte pas. 

    The Ground We Won (2015)

    The Ground We Won est entièrement tourné dans un noir et blanc poisseux, sublime, organique. Ce documentaire signé Christopher Pryor nous montre le rugby amateur néo-zélandais sans le moindre artifice. On suit le club de Reporoa pendant une saison entière, constitué de fermiers et de travailleurs ruraux qui troquent leurs bottes boueuses pour des crampons tous les week-end. 

    Ici, nous sommes loin des All Blacks, on respire la terre humide et on y voit des hommes cabossés par le travail physique. On ouvre les bières à la troisième mi-temps, on oublie les côtes fêlées, on dévoile sa masculinité flirtant parfois avec le toxique et on noie le tout dans le ciment de la vie de ces sportifs : la camaraderie. Le documentaire est presque anthropologique. Il analyse la façon dont le ballon ovale structure, anime et sauve la vie sociale d’une région isolée de Nouvelle-Zélande. La brutalité est si forte qu’elle en devient poétique. C’est en même temps un documentaire très local et très universel. Je suis persuadé que certains clubs du sud de la France se reconnaîtront dans le quotidien de cette équipe. S’il y avait un titre à retenir pour comprendre ce qu’est le rugby, au-delà des mêlées et des règles compliquées, c’est celui-ci.

  • France - Angleterre : 6 films et séries pour vous échauffer avant le Crunch

    France - Angleterre : 6 films et séries pour vous échauffer avant le Crunch

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Le Tournoi des Six Nations bat son plein et le match qu’on attend tous pointe le bout de son nez : le fameux Crunch. Cette rivalité millénaire entre les deux pays se joue sur le gazon boueux depuis maintenant 120 ans, mais il faut fêter cela. Au cinéma comme à la télévision, l’affrontement culturel entre le panache incontestable des Français et le flegme (ou l’arrogance, c’est selon) britannique a pondu quelques pépites.

    Pour vous chauffer la voix avant de chanter la Marseillaise et de voir nos Bleus piétiner le XV de la Rose, rien ne vaut une bonne dose de films et séries pour explorer cette relation entre « Frogs » et « Roastbeefs ». Attention, pour l’occasion, cet article risque de contenir du chauvinisme et de la mauvaise foi. (Mais promis, en dehors du Crunch, j’aime les Anglais !).

    Henry V (1989)

    On attaque là où ça fait mal avec la genèse de notre rivalité. Le réalisateur de Henry V,  Kenneth Branagh, se lance dans l’adaptation de la pièce mythique de Shakespeare et nous livre une bataille d’Azincourt sanglante. Ici, on se croirait à la fin d’un match de Rugby sur un champ de boue en plein mois de novembre. Les armures s’embourbent, les flèches fusent, les morts s’accumulent. Même quand on est dans le camp français, on ne peut qu’apprécier le film. C’est une grande fresque épique, avec une mise en scène qui en met plein la vue. 

    Je dois bien avouer que pendant le film, j’ai fini par presque oublier cette défaite historique, et que je n’ai même pas pensé à m’exclamer « oui, mais nous, on a gagné Hastings ». Une vraie boucherie médiévale.

    Dunkerque (2017)

    Christopher Nolan nous lâche ici une expérience sensorielle suffocante et en apnée totale. Dunkerque est une immersion dans un cauchemar interminable. Mai 1940, des centaines de milliers de soldats britanniques et alliés sont piégés sur les plages de Dunkerque alors que l’armée allemande resserre l’étau. Pour raconter cette évacuation massive, le réalisateur croise trois temps : une semaine de survie sur la plage, un jour de sauvetage sur la mer, et une heure de combat dans les airs. C’est avec cette temporalité que Hans Zimmer arrive à nous broyer les nerfs avec une bande-son rythmée par des tic-tac incessants.  Les acteurs sont d’une grande justesse alors qu’on arrive à lire cette peur de mourir dans leurs yeux. 

    Mais, abordons le sujet qui fâche de ce côté-ci de la Manche. Si le film est une vraie réussite, le public français ne peut que se demander où sont passés les 40 000 soldats français qui ont joué un rôle décisif pour que les Anglais puissent retourner sur les terres de Sa Majesté. On s’imagine que Nolan a décidé de se concentrer sur le traumatisme psychologique de ses compatriotes, mais je vous ai prévenu que je serais chauvin. Dans le même genre, 1917 (2019) de Sam Mendes est un incontournable des films de guerre (sur la Première Guerre mondiale, cette fois-ci), avec cette même pression en sensation de peur viscérale. 

    La Grande Vadrouille (1966)

    La Grande Vadrouille est l’antidote parfait à nos petites querelles d’ego d’outre-Manche. En 1942, un bombardier de la Royal Air Force est abattu au-dessus de Paris. Trois pilotes britanniques sautent en parachute et tombent sur deux civils français : un chef d’orchestre (Louis de Funès) et un peintre en bâtiment (Bourvil). Ce duo se retrouve alors embarqué dans une aventure dans laquelle ils escortent les aviateurs jusqu’en zone libre en essayant d'éviter les troupes allemandes.

    C’est culte, c’est drôle, on en redemande, encore et encore. On ne présente plus l’alchimie entre de Funès et Bourvil, et ça fait du bien de voir Français et Anglais coopérer malgré les chocs culturels hilarants. Gérard Oury, le réalisateur, confronte parfaitement les deux nationalités avec la barrière de la langue qui ajoute au rire. 

    Tunnel (2013-2018)

    Un cadavre coupé en deux, parfaitement déposé sur la ligne frontière du tunnel sous la Manche, ce qui force les polices française et anglaise à coopérer. En plus, le corps est composé de deux victimes différentes, l’une française et l’autre britannique. Certains l’auront compris, il s’agit d’une adaptation de la série scandinave Bron/Broen (2011). 

    Tunnel est très sombre et franchement réussie. La série arrive à faire ressortir nos clichés respectifs sans jamais glorifier un camp plutôt qu’un autre. Sachant que Bron/Broen est déjà un chef-d'œuvre à mes yeux, il est difficile pour le show de me satisfaire pleinement. Il faut cependant bien avouer que c’est réussi, et si vous préférez écouter du français et de l’anglais, plutôt que du danois et du suédois, alors lancez-vous sur cette série.

    Les Vacances de Mr. Bean

    Ici, fini le chauvinisme : on ne touche pas à Mr. Bean. Je suis un grand adepte de l’humour britannique, de sa puérilité, de son intelligence, et Mr. Bean en est l’un des meilleurs représentants. Les Vacances de Mr. Bean montre ce dernier (joué par le légendaire Rowan Atkinson), gagner le premier prix d’une tombola paroissiale londonienne : un aller simple en Eurostar et un séjour tout frais payés à Cannes en plein festival, avec un caméscope pour immortaliser. On passe alors une heure et demie à admirer Mr Bean déambuler à travers l’Hexagone de manière délicieusement chaotique, ne voulant qu’une chose : rôtir sous le soleil du Sud. 

    Le film s’amuse à montrer à quel point la culture de nos voisins peut être incompatible avec la nôtre. Il suffit de voir Bean ingurgiter un plateau de fruits de mer, et d’installer un malaise ridicule dans toute la brasserie parisienne. Entre Johnny English (2003), et Monty Python, sacré Graal (1975), il y a pas mal de films qui prouvent que l’humour britannique est génial. On leur pardonnera donc de ne pas faire le spectacle quand ils jouent au rugby. 

    Les Poupées russes

    Terminons avec un peu de tendresse pour montrer que les Anglais et les Français savent faire l’amour et pas que la guerre. Dans Les Poupées Russes, trois ans après le succès monstre de L’Auberge Espagnole (2002), Cédric Klapisch remet le couvert avec cette suite. Xavier (Romain Duris), la trentaine approchante et toujours aussi paumé, galère à trouver un sens à sa vie entre Paris, Londres et Saint-Pétersbourg. Il débarque dans la capitale britannique pour écrire un scénario et retrouve Wendy (Kelly Reilly). 

    La relation entre Xavier et Wendy résume parfaitement toute la rivalité entre nos deux pays : on se frite, on se hurle dessus, on ne se comprend qu’à moitié, mais au final, le charme opère irrésistiblement. Le mélange entre la mise en scène de Klapisch et l’énergie bouillante de Londres est presque enivrant. C’est parfois un peu trop sentimental, mais c’est aussi pour ça qu’on aime voir les films du réalisateur.

  • Oscars 2026 : 28 ans plus tard, Steven Spielberg pourrait bien prendre sa revanche… grâce à Shakespeare !

    Oscars 2026 : 28 ans plus tard, Steven Spielberg pourrait bien prendre sa revanche… grâce à Shakespeare !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    L’histoire des Oscars est jalonnée de triomphes, de barrières renversées, de talents ignorés… mais aussi de suffrages qu’on ne comprend pas. Même de nombreuses années après. Parfois, les votes des membres de l’Académie nous échappent. Et quand ils ne semblent pas avoir cédé à une campagne de lobbying bien orchestrée, c’est pour récompenser un instant plutôt que la valeur pérenne des longs métrages et la manière dont ils rentreront dans la postérité.

    « Et l’Oscar du meilleur film est attribué à… attendez, quoi ??? »

    Dans la catégorie reine du Meilleur film, les exemples ne manquent pas ! Je pense à Qu'elle était verte ma vallée préféré à Citizen Kane en 1941. À Le Train sifflera trois fois battu par Sous le plus grand chapiteau du monde en 1953. Au Cercle des poètes disparus devancé par Miss Daisy et son chauffeur en 1990. Ou encore à Collision qui repart avec le trophée en 2006, au détriment du Secret de Brokeback Mountain.

    Et n’oublions jamais que l’Oscar a échappé au Dictateur de Chaplin en 1941, à La Vie est belle de Frank Capra en 1947, à L'Exorciste en 1974, à Apocalypse Now en 1980 (même si Rebecca, Les Plus Belles Années de notre vie, L’Arnaque et Kramer contre Kramer sont d’excellents films). Ni que la mention « Meilleur film » ne barrera jamais les affiches de Les Hommes du Président, Taxi Driver, Elephant Man, Barry Lyndon, Raging Bull, E.T., Les Affranchis, La Leçon de piano, Les Évadés, Pulp Fiction, Fargo, There Will Be Blood, The Social Network ou Dune.

    Oscars 1999 : Shakespeare vs. Ryan

    Et puis, il y a eu la 71ème cérémonie des Oscars, le 21 mars 1999. Cinq longs métrages sont en lice pour la récompense tant convoitée du Meilleur film. Le drame historique Elizabeth, qui fait entrer Cate Blanchett dans la cour des grand.es ; le poignant et lumineux La Vie est belle du trublion au grand cœur Roberto Benigni (nommé aussi à la réalisation et au scénario, et lauréat des Oscars du Meilleur acteur et du Meilleur film étranger !) ; le lyrique et tragique La Ligne Rouge de Terrence Malick qui marque le retour du cinéaste derrière la caméra après vingt ans d’absence ; le brutal et impressionnant Il faut sauver le Soldat Ryan dans lequel un peloton de soldats américains est envoyé derrière les lignes ennemies pour ramener un homme ; et l’élégant et divertissant Shakespeare in Love qui entrecroise une histoire d’amour fictive vécue par le légendaire dramaturge et la création de Roméo et Juliette.

    Dans cette course à l’Oscar, le long métrage de Steven Spielberg émerge comme le grand favori. Il a remporté auparavant les Golden Globes du Meilleur film (catégorie drame) et de la Meilleure réalisation, le DGA Award de la Meilleure réalisation (remis par le syndicat des réalisateurs américains) et le PGA Award du Meilleur film (décerné par le syndicat des producteurs américains). De son côté, le film de John Madden a triomphé aux Golden Globes (catégorie comédie) et aux BAFTAs (assez logique pour un film sur Shakespeare d’être plébiscité aux « Oscars » britanniques).

    Durant la soirée, Steven Spielberg repart avec la statuette de la Meilleure réalisation. La deuxième de sa carrière après La Liste de Schindler. Sa reconstitution brutale, réaliste et immersive de la violence de la Seconde Guerre mondiale -avec un prologue mémorable retraçant les heures sanglantes du débarquement en Normandie durant une séquence qui a fait date- a été le choc visuel et viscéral de l’année. Et quand on voit Harrison Ford, « son » Indiana Jones, prendre place sur la scène du Dorothy Chandler Pavilion de Los Angeles pour remettre l’Oscar suprême, à la fin de la soirée on se dit que c’est dans la poche pour « Tonton Steven ».

    Shakespeare in Love préféré à Soldat Ryan

    Pourtant, à la surprise-générale, c’est bien le titre Shakespeare in Love qui se trouve dans l’enveloppe du lauréat. Pour le plus grand bonheur de ses producteurs, dont un certain Harvey Weinstein qui aura mené une campagne extrêmement agressive estimée à 15 millions de dollars pour s’assurer le plus grand nombre de votes : projections privées, envois de VHS aux membres de l’Académie, soirées glamour, sur-présence médiatique et mondaine des stars du film, achats massifs de publicités… Hollywood n'avait jamais vu ça.

    Le producteur-distributeur de Miramax, condamné depuis à la prison pour agressions sexuelles, était alors tellement en quête d’un Oscar (il n’en remportera pas d’autres par la suite) qu’il fait même appel à des méthodes contestables -pour ne pas dire déloyales- de lobbying visant à dénigrer le film de Steven Spielberg comme le rappelle Vanity Fair : cette « whisper campaign », menée dans l’ombre d’Hollywood, résume alors Soldat Ryan à un film de guerre classique une fois passée sa scène d’ouverture pyrotechnique. Un coup bas, qui aura porté ses fruits.

    Cette campagne des Oscars 1999, qui applique au show-business une approche propre à la politique, a fait date à Hollywood. Elle a imposé une nouvelle norme dans la manière dont les studios appréhendent la course aux statuettes dorées, consacrant désormais un budget, une équipe et un message spécifique en vue de la cérémonie. Ce fut par exemple le cas pour Anora, Oscar du Meilleur film 2025 dont la campagne a été estimée à 18 millions de dollars, soit trois fois le budget du film de Sean Baker !

    Une revanche… grâce à Shakepeare ?

    Dans n’importe quelle recherche autour des plus grands affronts et scandales des Oscars, la victoire de Shakespeare in Love sur Il faut sauver le soldat Ryan trouve une place de choix. Non pas que la romcom en costumes de John Madden soit un mauvais film. Au contraire même, c'est vraiment léger et plein d'esprit. Mais de Harrison Ford au spectateur devant sa télévision, tout le monde a immédiatement compris que ce palmarès clochait. Et aujourd’hui, avec vingt-sept ans de recul, on ne peut qu'être étonné scandalisé de voir Shakespeare in Love afficher à son palmarès sept Oscars (!) dont Film, Actrice, Costumes et Musique, contre seulement cinq pour Soldat Ryan qui a pourtant objectivement bien mieux traversé les années.

    C’est encore plus surprenant de se dire que durant son immense carrière, couronnée tout de même par un rarissime statut d’EGOT (Emmy / Grammy / Oscar / Tony), Steven Spielberg n’a soulevé qu’une seule fois le trophée du Meilleur film -remis aux producteurs et productrices d’un long métrage-, en quatorze nominations (un record). C’était en 1994 pour La Liste de Schindler. Depuis, il n'a jamais revécu cette consécration. Mais cela peut changer cette année ! En effet, en 2026, Spielberg est à nouveau en lice puisqu’il est l'un des producteurs derrière le Hamnet de Chloé Zhao. C’est d’ailleurs lui qui a reçu le Golden Globe du Meilleur film (catégorie drame) en février dernier...

    Si la statuette de la Meilleure actrice est à peu près assurée pour Jessie Buckley, celle du Meilleur film devrait se jouer entre Sinners, Une bataille après l’autre et Hamnet dans la nuit de dimanche à lundi. Et si ce dernier fait un peu plus figure d’outsider que les deux autres, on n’est pas à l’abri que les votant.es lui accordent finalement leurs suffrages, emportés par l‘émotion, l’intensité et la patte unique de Chloé Zhao. Voir Shakespeare offrir cette statuette à Steven Spielberg, ce serait une belle revanche sur 1999. Encore plus avec cette nouvelle variation sur l'un des classiques de l'auteur (Hamlet), cette fois-ci dramatique et non plus romantique. Être ou ne pas être oscarisé, telle est la question !

  • Seulement 3 films l’ont fait ! C’est quoi le « Big Five » aux Oscars ?

    Seulement 3 films l’ont fait ! C’est quoi le « Big Five » aux Oscars ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Chaque année depuis 1929, la planète cinéma retient son souffle le temps d’une soirée glamour où se jouent les destins des films, des cinéastes, des stars et des hommes et femmes qui œuvrent dans les coulisses d’Hollywood. Décrocher un Oscar, c’est la promesse d'entrer dans l’Histoire (avec un grand « H ») du Cinéma (avec un grand « C »). Mais réussir le « Big Five », c’est se faire une vraie place au panthéon du 7ème art.

    C’est quoi le « Big Five » ?

    Si toutes les catégories présentes aux Oscars ont une immense valeur, certaines sont tout de même plus scrutées que les autres. Il y en a cinq, en particulier, qui retiennent l’attention du grand public, des commentateurs et des votante.s de l’Académie : Meilleur film, Meilleure réalisation, Meilleure actrice, Meilleur acteur et Meilleur scénario. Ce sont les cinq statuettes majeures de la cérémonie, et si un seul film parvient à toutes les remporter, on parle alors de « Big Five ». Tout simplement.

    Le « Big Five », c’est un peu le grand chelem des Oscars. Mais c’est un grand chelem collectif, remporté par un film, là où l’EGOT (le combo Emmy / Grammy / Oscar / Tony) est un grand chelem individuel réussi par une personnalité au cours de sa carrière. Pour un long métrage, réussir le « Big Five », c’est faire partie des chefs d'œuvres indiscutables, ceux qui ont mis tout le monde d’accord. Des films comme Autant en emporte le vent (1939), Madame Miniver (1942), Annie Hall (1977) ou American Beauty (1999) l’ont frôlé, avec quatre trophées sur cinq. D’autres comme Million Dollar Baby (2004) ou Rocky (1976) en ont rêvé, après avoir été cité dans les cinq catégories reines (seuls 43 films ont eu ce privilège).

    Durant cette édition 2026, aucun film ne pourra s’offrir un « Big Five » : malgré leur grand nombre de nominations (dont un record historique avec seize citations pour le film de Ryan Coogler), Sinners, Une bataille après l’autre, Hamnet, Valeur Sentimentale et Marty Supreme ne sont chacun en lice « que » dans quatre des cinq catégories majeures, JustWatch profite de cette 98ème cérémonie pour mettre en lumière les trois films qui ont réussi cet exploit. Et l’Oscar du Big Five est attribué à…

    New York - Miami (« Big Five » 1935)

    Dès la septième cérémonie des Oscars, le premier « Big Five » est transformé. Il est à mettre au crédit de New York-Miami (1934) de Frank Capra, film-prototype de la screwball comedy, genre très en vogue dans les années 30 et 40 et ancêtre de la comédie romantique qui mêle burlesque, sentiments et joutes verbales. Ou comment une riche héritière au caractère bien trempé se lance dans un voyage à travers les Etats-Unis pour rejoindre l’homme qu’elle a épousé contre l’avis de son père : en chemin, elle va faire la connaissance d’un journaliste cynique très intéressé par son histoire…

    Budget modeste, tournage rapide, intrigue a priori légère : rien ne prédestinait New York-Miami à ce triomphe. Pourtant, le road-movie se transforme en road-to-success grâce à des dialogues brillants et l’alchimie entre Clark Gable et la petite (mais piquante) Française Claudette Colbert, dont on oublie qu’elle a ouvert la voix à Simone Signoret, Juliette Binoche et Marion Cotillard aux Oscars. Résultat ? Les cinq statuettes du « Big Five » et une place de choix dans la liste des plus grands films américains, et plus spécifiquement des comédies US incontournables de l’entre-deux guerres aux côtés de L’Impossible Monsieur Bébé (1398) ou Indiscrétions (1940).

    Vol au-dessus d'un nid de coucou (« Big Five » 1976)

    Il faut attendre quarante-et-un ans et la 48ème cérémonie des Oscars pour que les étoiles du « Big Five » soient de nouveau alignées. Et c’est un autre chef d’oeuvre qui se retrouve auréolé des cinq trophées majeurs : Vol au-dessus d’un nid de coucou (1975). Pour échapper à la prison, Randle P. McMurphy simule la folie et se fait interner dans un institut psychiatrique. Sur place, il va être touché par la détresse et la solitude des patients, mais aussi révolté par la discipline de fer mise en place par l’infirmière en chef. Il va alors défier le pouvoir de ce tyran en blouse blanche…

    Un Oscar pour le réalisateur Miloš Forman, un Oscar pour Jack Nicholson (la première de ses trois statuettes), un Oscar pour la glaçante Louise Fletcher (son rôle l’a propulsée dans la liste des plus grandes méchantes du cinéma), un Oscar pour le scénario de Lawrence Hauben et Bo Goldman d’après le roman de Ken Kesey (qui n'aimait pas le film !) et un Oscar du Meilleur film remis aux producteurs Saul Zaentz et… Michael Douglas (qui glanera ensuite le trophée du Meilleur acteur en 1988 pour Wall Street) : un grand chelem mérité pour ce film aussi dur que puissant, qui porte une charge majeure contre la violence institutionnelle. C'est une claque qui m’émeut à chaque visionnage, notamment le mutique mais attachant personnage du « Chef » campé par Will Sampson.

    Le Silence des Agneaux (« Big Five » 1992)

    C’est le dernier « Big Five » en date, et non des moindres. Que dire du Silence des Agneaux (1991), qui reste à mes yeux le plus grand thriller jamais réalisé ? Adapté du roman de Thomas Harris, on y suit la confrontation entre la jeune stagiaire du FBI Clarice Starling, fraîchement sortie de Quantico, et le psychiatre cannibale Hannibal Lecter qu’elle vient solliciter depuis sa prison pour tenter d’arrêter un autre psychopathe surnommé « Buffalo Bill », qui enlève, tue et retire la peau de ses victimes. Voilà plus de trente ans que cette enquête d’une noirceur totale nous hante, me hante. Le film n’a pas pris une ride, et il s’impose comme une immense leçon de cinéma, d’écriture, de jeu et de mise en scène.

    C’est justement le parti-pris visuel du réalisateur Jonathan Demme qui donne au film toute sa dimension : en captant la grand majorité des regards directement face à sa caméra, il fait du spectateur un protagoniste de l’histoire. Pourquoi Hannibal Lecter (Anthony Hopkins) a t-il été aussi marquant ? Pourquoi avons-nous fait autant corps avec Clarice Starling (Jodie Foster) ? Pourquoi ce film a t-il changé l’image des femmes dans les polars, de la même façon que Alien l’a fait avec Ripley pour la science-fiction ? A cause de ces regards, qui nous scrutent, nous sondent et nous confrontent au sexisme comme aux ténèbres. C'est un monument du 7ème art, l’un de mes films de chevet, et un « Big Five » indiscutable.

    Trois autres « Big Five »… de studios !

    Au-delà de ces trois grands chelems triomphaux, quelques cérémonies ont été marquées par des « Big Five » d’une autre sorte. Ceux réalisés par des studios qui ont raflé la mise dans les cinq catégories une même année... mais pour deux films différents. C’est le cas de la MGM en 1940 avec Autant en emporte le vent (Meilleur Film, réalisateur, scénario et actrice pour Vivien Leigh) et Au revoir Mr Chips (Meilleur acteur pour Robert Donat) ; en 1977 pour United Artists avec Network (Meilleur scénario, acteur pour Peter Finch et actrice pour Faye Dunaway) et Rocky (Meilleur film et réalisateur) ; et en 2023 pour A24 avec Everything Everywhere All at Once (Meilleur film, réalisation, scénario et actrice pour Michelle Yeoh) et The Whale (Meilleur acteur pour Brendan fraser). Là aussi, c’est rare. Et là où le « Big Five » version film salue toutes les contributions à l’œuvre sur une production, le « Big Five » version studio salue la vision et la vista artistiques d’une société.

    Et en France ?

    En France aussi, le « Big Five » existe. Et parmi les vingt-sept longs métrages qui pouvaient prétendre aux cinq César majeurs depuis 1975 (film, réalisation, actrice, acteur et scénario), seuls deux ont réunis les suffrages des membres de l’Académie dans ces catégories : Le Dernier Métro de François Truffaut en 1981, et Amour de Michael Haneke en 2013. Le film de Truffaut a fait encore plus fort avec dix César en tout, ajoutant les prix de la musique, de la photographie, des décors, du montage et du son à son palmarès. Les trophées des seconds rôles (Heinz Bennent et Andréa Ferréol) l’ont privé d’un carton plein… et d’un « Big Twelve » !

  • Dudley Dursley, c'était lui ! De Harry Potter à Pillion : 5 rôles qui ont construit la carrière de Harry Melling

    Dudley Dursley, c'était lui ! De Harry Potter à Pillion : 5 rôles qui ont construit la carrière de Harry Melling

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Pour beaucoup de fans du Wizarding World, Harry Melling sera toujours Dudley Dursley, le cousin gâté, arrogant et insupportable qui mène la vie dure à Harry Potter au 4 Privet Drive. Pourtant, depuis la fin de la saga magique, l’acteur britannique a mené l’une des carrières les plus intéressantes parmi tous les anciens élèves de Poudlard.

    Il a diversifié son éventail en travaillant avec de gros studios comme Netflix, pour Le Diable tout le temps (2020), mais aussi dans de plus petites productions indépendantes, s'essayant ainsi à de nombreux genres, du western, avec La Balade de Buster Scruggs (2018), en passant par la tragédie shakespearienne avec Macbeth (2021).  Il a travaillé aux côtés des frères Coen à deux reprises, et il a partagé l'affiche avec certains des plus grands noms d’Hollywood, de Denzel Washington à Robert Pattinson, en passant par Anya Taylor-Joy ou encore Christian Bale.

    Il est aujourd’hui à l’affiche de Pillion (2025), une comédie romantique dans laquelle il incarne un jeune homme timide qui tombe sous le charme d’un motard (Alexander Skarsgård). Ce dernier lui fera découvrir le monde des pratiques BDSM. C'est donc à cette occasion que JustWatch vous a préparé une liste des cinq rôles qui ont réellement contribué à la construction de la carrière unique et remarquable de Harry Melling. 

    Le Jeu de la Dame

    Le Jeu de la Dame (2020) a été un véritable phénomène streaming pendant le COVID. Je me souviens très précisément de certaines conversations sur les réseaux autour de cette série, et il me semblait à ce moment-là que c'était le moyen qu’avait trouvé une partie du monde pour se rassembler autour d’un même programme télé. 

    Melling incarnait le joueur d'échecs Harry Beltik, épris de Beth Harmon, le personnage campé par Anya Taylor-Joy. S’il était au départ un grand adversaire de Beth, il est très vite impressionné par son talent et devient rapidement un allié et un ami fidèle. De plus, l'acteur est très attendrissant lorsqu'il se retrouve impuissant et vulnérable face au comportement presque autodestructeur de Beth.  

    Please Baby Please 

    Please Baby Please (2022), c’est un peu un rêve hallucinatoire burlesque, une comédie musicale aux allures de West Side Story version David Lynch $. Arthur (Harry Melling) et Suze (Andrea Riseborough) sont témoins d’une agression dans la rue alors qu’ils rentrent chez eux dans leur appartement du Lower East Side. Les coupables : les Young Gents, un gang de blousons noirs ultra violents, qui va éveiller chez le couple des désirs jusqu’alors ignorés. 

    Harry Melling est extrêmement touchant et d’une très grande justesse dans son rôle. Arthur est un homme qui ne souhaite pas céder aux injonctions de la société très conservatrice des années 50 aux Etats-Unis. Mais il se questionne aussi sur son identité d’homme, ne sachant pas s’il n'adhère simplement pas aux stéréotypes masculins de l’époque, ou s’il ne se sent et ne se définit finalement pas du tout comme homme. 

    The Pale Blue Eye

    Harry Melling incarne un très jeune Edgar Allan-Poe dans The Pale Blue Eye (2022), un thriller gothique dans lequel le jeune acteur britannique partage l'affiche aux côtés de Christian Bale, Gillian Anderson et Lucy Boynton. 

    C’est toujours un exercice difficile pour un acteur de camper le rôle d’une figure historique aussi importante, surtout quand il s’agit de sa jeunesse, avant que Poe ne devienne le Poe qu’on connaît tous. Mais Melling relève le défi haut la main : tantôt très enthousiaste, tantôt mystérieux, mais déjà passionné de poésie et de littérature alors qu’il est encore cadet dans l'armée. On en viendrait presque parfois à douter de ses intentions quant à la résolution de l'enquête qu’il mène aux côtés du détective Landor !

    Harvest 

    En 2024, Harry Melling est à l’affiche de Harvest (2024), un film entièrement filmé en 16mm (si vous avez aimé la photographie The Sweet East, c’est le même directeur de photographie, Sean Price Williams, qui est derrière la caméra). C’est un drame d'époque qui mélange de nombreux genres : il a parfois des allures de western mais c’est surtout un film d’horreur folklorique, dans lequel la vie d’une communauté vivant dans la campagne écossaise est menacée par l'arrivée de pionniers.

    La performance de Harry Melling, comme celle du reste de la distribution, est remarquable. Mais je dois avouer que Harvest peut mettre un peu mal à l'aise devant certaines scènes d’une très grande violence morale et physique. Mais tout cela témoigne finalement du très fort impact que ce film peut avoir sur son audience.

    Pillion 

    On en arrive donc à Pillion (2025), l’un des chocs du dernier Festival de Cannes qui est à découvrir dans les salles obscures françaises. Harry Melling est drôle et touchant dans ce rôle de jeune homme timide qui tombe sous le charme d’un motard qui lui fait découvrir le BDSM.

    Entre questionnements existentiels et rencontre un peu maladroite avec les potentiels futurs beaux-parents, Pillion est avant tout romantique et unique dans sa façon de traiter cette relation dominant/soumis. Les deux personnages ont réellement de la tendresse et du respect l’un pour l’autre, et on ne peut que leur souhaiter de vivre heureux jusqu'à la fin des temps !

  • Neve Campbell, ce n’est pas que Scream ! 5 films pour voir l’actrice autrement que poursuivie par un tueur masqué

    Neve Campbell, ce n’est pas que Scream ! 5 films pour voir l’actrice autrement que poursuivie par un tueur masqué

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Un Scream sans Neve Campbell n’a pas la même saveur. Les fans de la franchise horrifique, qui a relancé la mode du slasher en 1996, ont regretté l’absence de la comédienne canadienne dans Scream VI (2023) alors qu’elle avait refusé de reprendre son rôle de Sydney Prescott après des négociations salariales infructueuses. Scream 7 (2026), deuxième réalisation du scénariste Kevin Williamson, a pu effacer cet affront.

    Avec à la clé un joli pactole au box-office mondial, qui devrait offrir à ce nouveau chapitre le plus gros succès de l’histoire de la saga emmenée par le(s) tueur(s) caché(s) derrière le masque et le costume de Ghostface. Désormais installée au panthéon des Scream Queens, Neve Campbell ne doit pourtant pas être réduite à cette image. JustWatch vous partage 5 des autres rôles notables de celle qui fut révélée par la série La Vie à Cinq (1994-2000) aux côtés de Matthew Fox et Jennifer Love Hewitt, qu'on a pu voir aux côtés de Dwayne Johnson dans Skyscraper (2018) et qui brille depuis 2022 dans la série La Défense Lincoln.

    Dangereuse Alliance (1996)

    Avant The Craft : Les Nouvelles Sorcières (2020), il y avait The Craft, dangereuse alliance (1996), l'histoire de quatre copines de lycée, moquées, ostracisées voire harcelées, qui se réunissent autour de rites occultes. En invoquant les esprits, elles vont voir leurs rêves se réaliser… mais comme toujours dans les pactes diaboliques, il y a un prix à payer. Aux côtés de Fairuza Balk, Robin Tunney et Rachel True, Neve Campbell incarne le personnage le plus discret et touchant du groupe : une jeune femme discrète atteinte qui aimerait juste faire disparaître ses cicatrices pour être comme les autres, avant de devenir arrogante, superficielle et narcissique une fois qu’elle a enfin obtenu la beauté souhaitée. Proposition marquante entre le teen-movie et le film d’horreur, Dangereuse Alliance est un vrai film culte des années 90, souvent cité dans les classements des meilleures histoires de sorcières, et un incontournable des soirées-films entre copines qu’on pourra prolonger avec Les Ensorceleuses (1998) et surtout Charmed (1998-2006). A noter que Neve Campbell y croise Skeet Ulrich, qui jouera son love-interest quelques mois plus tard dans Scream.

    Studio 54 (1998)

    Ryan Phillippe, Salma Hayek, Mike Myers... et Neve Campbell : voilà un casting quatre étoiles pour cette plongée dans la vie nocturne new-yorkaise, qui retrace les heures de gloire de l’un des lieux les plus célèbres de la Grosse Pomme à la fin des années 70 : le mythique Studio 54 (1998). Également évoquée, la même année et de manière plus subjective, par Whit Stillman dans Les Derniers Jours du disco (1998), cette reconstitution capture l’esprit d’une époque, entre musique disco jusqu’à l’aube, illusions de la célébrité, sexe, drogue et excès. A travers le personnage campé par Ryan Phillippe, jeune ambitieux venu du New Jersey qui va se brûler les ailes dans cette ambiance de fête permanente et tomber sous le charme de la chanteuse interprétée par Neve Campbell, on assiste à l’apogée puis la chute du lieu, rattrapé par la vie réelle (et une fraude fiscale). Edulcoré par le distributeur Miramax au moment de sa sortie cinéma, le long métrage de Mark Christopher est depuis ressorti en version Director’s Cut, plus fidèle à la vision du réalisateur. A prolonger avec le documentaire Studio 54 (2018) et le cultissime Boogie Nights (1997) de Paul Thomas Anderson.

    Sexcrimes (1998)

    Voilà un titre « français » à ranger au rayon des meilleurs coups marketing des années 90 (passer de Wild Things à Sexcrimes, il fallait oser !). Et un film qui a vraiment tranché avec l’image sage et prude qui collait à la peau de Neve Campbell entre La Vie à Cinq et Scream. Dans ce thriller érotique, deux étudiantes accusent leur conseiller d’orientation d’agression sexuelle. Ce n’est que le premier acte d’une série de rebondissements, de trahisons et de manipulations, que je me garderai de vous spoiler ici. Souvent réduit à sa scène sensuelle entre Neve Campbell et Denise Richards dans la piscine, le film de John McNaughton (Henry, portrait d'un serial killer) vaut bien mieux que ça et continue de surprendre jusqu’à son dénouement final (à condition qu’on accepte les twists multiples et les retournements de situation énormes !). Si vous avez aimé Sexe Intentions (1999) et Basic Instinct (1992) vous devriez apprécier cette proposition sexy et cynique où l’on croise également Matt Dillon, Kevin Bacon et Bill Murray. Preuve de son aura culte, le film a inspiré plusieurs suites : Sexcrimes 2 (2004), Sexcrimes 3 - diamants mortels (2005) et Sexcrimes - partie 4 (2010), évidemment loin du niveau de l’original.

    Un de trop (2000)

    Neve Campbell version comédie romantique, c’est à voir dans Un de trop / Three to Tango (2000), dans lequel elle côtoie Dylan McDermott et Matthew Perry. A cette époque, entre deux cafés au Central Perk et deux parties de babyfoot avec Joey, le comédien est au top de la gloire Friends avec son rôle de Chandler, et il en profite pour s’illustrer dans quelques comédies sans prétention mais vraiment attachantes. Je pense à Mon voisin le tueur (2000) ou Les Premiers colons (1998). Et Un de trop, donc, qui mise sur un quiproquo majeur en confrontant un architecte que tout le monde croit gay à la maîtresse de son riche client : chargé par ce dernier de la surveiller -sans risque d’être tenté de la charmer car on le pense homosexuel-, notre héros va dès lors devenir très proche d’elle et finalement tomber amoureux. Combien de temps pourra t-il porter ce stratagème ? C’est le ressort centrale de cette romcom évidemment assez cliché sur l’univers LGBT (nous sommes en 2000), mais où l’alchimie entre Matthew Perry et Neve Campbell fonctionne plutôt bien, avec une mention spéciale au toujours génial Oliver Platt en associé gay qui conseille son ami dans l’ombre. Si on aime le jeu « chandlerien » de Matthew Perry, c’est un film léger, élégant et sans prétention, qui trouvera un écho en France l’année suivante dans Le Placard (2001).

    Company (2003)

    C’est devant la caméra du grand Robert Altman que Neve Campbell se retrouve en tête d’affiche de Company (2003), plongée dans les coulisses de la troupe du Joffret Ballet of Chicago, en pleine préparation d’une représentation majeure du ballet Blue Snake. Conçu comme un drame-choral qui croise et décroise les histoires personnelles et artistiques des différents protagonistes, l’avant-dernier long métrage de l’illustre cinéaste américain (il signera The Last Show trois ans plus tard) est presque un documentaire fictionnalisé, qui ne parvient pas toujours à convaincre sur le fond mais qui offre -sans surprise- une réelle virtuosité sur la forme. C’est un peu l’anti Black Swan, quelque part, qui cherche surtout à capter des moments de création, des individualités qui se fédèrent en groupe, et des artistes confrontés aux sacrifices physiques et émotionnels et au doute. Scénariste et productrice, Neve Campbell s’est énormément investie sur le projet, répétant plusieurs mois en amont du tournage, à raison de huit heures par jour, pour retrouver sa forme de danseuse classique et incarner le mentor de la troupe face à Malcolm McDowell et James Franco. C’est le film préféré de sa carrière. D’où sa présence indispensable dans cette sélection.

  • War Machine est le nouveau succès surprise de Netflix — et la raison est évidente

    War Machine est le nouveau succès surprise de Netflix — et la raison est évidente

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Ethan Kopek (Carry-On), Tyler Rake (Extraction), Terry Richmond (Rebel Ridge), Walker (Ravage), Sierra Six (The Gray Man), John Hartley (Red Notice), Un (6 Undeground), Adam Franco (AKA), Lino (Balle Perdue) : l’écurie Netflix était déjà riche en action-heroes. Elle accueille un « petit » (1m91) nouveau en la personne de 81, le héros de War Machine (2026), dont les débuts sont plus que prometteurs sur la plateforme.

    C’est quoi « War Machine » ?

    Imaginé par l’Australien Patrick Hughes (Expendables 3, Hitman & Bodyguard, The Man from Toronto), en collaboration avec le scénariste James Beaufort (qui joue 23 dans le film), War Machine est un condensé d’action efficace, qui flirte avec la science-fiction alors que des aspirants Rangers, lancés dans l’épreuve finale de la sélection (baptisée « la marche de la mort »), se retrouvent confrontés à une machine venue d’ailleurs. Suréquipé, infatigable, impitoyable : ce monstre de métal va les traquer et les éliminer un par un dans les montagnes du Colorado.

    C’est avec qui ?

    Dans le camp d’entraînement du 75ème régiment des Rangers, personne n’a de nom. Les aspirants se voient attribuer un numéro, qui va devenir leur seule identité au cours des huit semaines de ce programme de sélection exigeant, qui repousse leurs limites physiques et psychologiques. En tête d’affiche, on retrouve donc 81, campé par un Alan Ritchson qui trace doucement mais sûrement son chemin à Hollywood depuis ses débuts dans Smallville en 2005, entre la série Reacher (2022) sur Prime Video et des rôles remarqués dans Fast & Furious X (2023) et Le Ministère de la Sale Guerre (2024). Face à lui, on est ravi de retrouver les visages rugueux de Dennis Quaid, Esai Morales et Jai Courtney.

    Dans War Machine, Alan Ritchson est de tous les plans. Il est le cœur (et le corps) du film. Pourtant rompu aux expériences physiques avec Reacher, il confie au Hollywood Reporter avoir repoussé ses limites sur ce tournage : « C’était dur. Je ne vais pas mentir, c’est la fois où j’ai été le plus poussé physiquement, et c’est la fois où j’ai le plus douté de ma capacité à terminer. » Patrick Hughes, qui développe le projet depuis 2018, a su immédiatement qu’il avait trouvé son anti-héros en le découvrant dans la série. Depuis, les deux hommes ne se quittent plus, et tournent actuellement un autre film de guerre, co-écrit par le comédien, qui retrace les faits d’armes du Navy SEAL Mike Thornton, coincé avec quelques hommes derrière les lignes ennemis pendant la Guerre du Vietnam. Un projet qui ira encore plus loin, Alan Ritchson ayant eu besoin d’oxygène pour se remettre d’une scène dès le premier jour ! On a hâte.

    Pourquoi ça marche ?

    Lancé le 6 mars dernier sur Netflix, War Machine a immédiatement pris d’assaut le sommet des consultations mondiales de la plateforme avec 39,3 millions de visionnages en quelques jours et une présence dans le Top 10 hebdomadaire de 93 pays (dont une première place dans 83 d’entre-eux) ! Et les raisons à ce succès sont assez évidentes. Déjà, il y a un synopsis aussi limpide et efficace que son affiche : un soldat expérimenté, un monstre mystérieux aux « yeux » rouges, une traque musclée. C’est le genre de film « simple » qui ne ment pas sur sa promesse, on est donc en territoire rassurant au moment de le lancer.

    Ensuite, il y a le traitement narratif et visuel de Patrick Hughes : le film va droit au but (1h38), il assume son parti-pris de survival musclé, et il propose un spectacle réussi en termes d’action, de cascades (dont beaucoup ont été réalisée par Alan Ritchson) et d’effets spéciaux. Il y a aussi son personnage principal, très inspiré par les archétypes du western, un homme sans nom au passé traumatisant qui va se révéler face à l’adversité. Enfin, en ces temps troublés sur la scène internationale, le film a aussi cette approche de célébration de militaires d’élite entièrement dédiés à leur mission (la première demi-heure, dédiée aux séquences d’entraînement, est impressionnante) qui peut trouver un écho chez beaucoup d’abonnés. Soldat + Survival + Action + Effets Spéciaux + Extraterrestre = le cocktail pour un carton streaming.

    Ça ressemble à quoi ?

    Maintenant, ne vous attendez pas à prendre la claque de votre vie devant War Machine (qui n’a d’ailleurs aucun lien avec l’autre War Machine de Netflix emmené par Brad Pitt en 2017). Le film respecte sa promesse et ses enjeux, clairement. Et il le fait bien. Vraiment. Mais on doit concéder qu’il « recycle » quand même beaucoup de choses que l’on connaît. Et c’est aussi ce qui est rassurant, quelque part : être en territoire connu, surtout quand les références sont digérées avec talent et efficacité.

    On pense évidemment ici à Predator (1987) et son escouade de mercenaires confrontée à un chasseur extraterrestre impitoyable. On pense à des survivals de guerre réalistes comme Forces Spéciales (2011), Du Sang et des larmes (2013), The Wall (2017), Horse Soldiers (2018), The Covenant (2023) ou Warfare (2025). On pense à l’ED-209 de Robocop (1988) en découvrant le design de la machine (qui a été imaginée par le réalisateur après… un cauchemar, comme James Cameron avec Terminator !). On pense à Independence Day (1996), Battleship (2012) ou même la saga Transformers avec cette menace de métal bien plus avancée que notre technologie.

    Quelque part, j’ai même pensé à Robowar (1988) de Bruno Mattei avec Reb Brown, un nanar italien culte et ersatz honteux de Predator qui avait fleuri sur les présentoirs des vidéoclubs à la fin des années 80 ! En me disant, finalement, que sur un tel projet, l’histoire comptait peu (celle de Robowar est quasi-identique à celle de War Machine) : le talent d’un réalisateur, l’investissement d’un comédien et le budget (quand même !) permettent de proposer un spectacle spectaculaire et réussi. Qui fait le job, comme on dit. Comme Tomorrow War (2021), il y a dans War Machine un esprit « vidéoclub 2.0 » qui colle parfaitement avec ce qu'on peut -aussi- attendre du streaming.

    Y aura t-il une suite ?

    La fin de War Machine, sans spoiler, est plus qu’ouverte. Alan Ritchson et Patrick Hughes ont d’ailleurs annoncé avoir des envies -et beaucoup d’idées- pour poursuivre l’histoire de 81. Si les visionnages se maintiennent dans cette dynamique, il ne serait pas étonnant que Netflix valide (au moins) une deuxième mission, d’autant que le projet est tout de même beaucoup moins onéreux qu’un 6 Underground, qu’un Gray Man ou qu’un Red Notice. A l’image de Tyler Rake / Extraction et Balle Perdue, je ne serai pas étonné que la plateforme mise sur cet univers.

    Cela permettra notamment d’élargir le champ de bataille, alors qu’on apprend à la fin du film que la menace extraterrestre dépasse le simple cadre du Colorado. Gare simplement à la surenchère, qui perdrait l’âme survival qui fait le succès actuel du film. Si une potentielle franchise War Machine pouvait reprendre l’ambition d’une saga action/SF malheureusement abandonnée (World Invasion : Battle Los Angeles que j’avais beaucoup aimé en 2011, qui avait une approche réaliste similaire et qui espérait déplacer la caméra dans différentes capitales au fil des films), j’en serais ravi !

  • 12 actrices extraordinaires qui n’ont jamais gagné l’Oscar !

    12 actrices extraordinaires qui n’ont jamais gagné l’Oscar !

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Elles sont les oubliées des Oscars, celles qui n’ont pas (encore) eu le droit à leur statuette dorée récompensant une extraordinaire performance dans un film ou une carrière remarquable. Pourtant certaines actrices ont livré des rôles devenus cultes, marquant plusieurs générations de spectateurs. Comment l’Académie a pu passer à côté de telles prestations ?

    Ce phénomène n’est pas nouveau. Dans l’histoire du cinéma, certaines légendes comme Marilyn Monroe ou Greta Garbo n’ont jamais remporté l’Oscar malgré des carrières mythiques. Aujourd’hui encore, plusieurs actrices majeures continuent d’accumuler les nominations sans jamais repartir avec la récompense suprême. Parfois nommées de nombreuses fois, parfois ignorées malgré des performances acclamées, elles semblent poursuivies par une étrange malédiction. Pour JustWatch, je vous ai listé dix actrices extraordinaires qui mériteraient largement de voir leur nom enfin gravé au palmarès de l’Académie.

    Glenn Close

    Avec huit nominations aux Oscars et aucune victoire, Glenn Close détient l’un des records les plus frustrants de l’histoire de l’Académie. Sa première nomination remonte à 1983 pour Le Monde selon Garp, suivie de celle pour Les Copains d’abord (1983) et Le Meilleur (1984) dans les années 1980. Rapidement, Hollywood comprend qu’il s’agit d’une actrice d’une rare intensité.

    Mais c’est surtout avec Liaison fatale (1987) que Glenn Close marque durablement l’histoire du cinéma. Son personnage d’Alex Forrest, amante obsessionnelle devenue figure iconique du thriller psychologique, lui vaut une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice. Elle enchaîne ensuite avec une autre performance mémorable dans Les Liaisons dangereuses (1988).

    Plus récemment, elle était de nouveau nommée pour The Wife en 2019, où elle incarne une épouse sacrifiée dans l’ombre d’un écrivain célèbre. Cette année-là, beaucoup la voyaient enfin remporter l’Oscar. Mais la statuette lui échappe encore.

    Sigourney Weaver

    Sigourney Weaver a marqué l’histoire avec des rôles devenus cultes, mais l’Académie ne lui a jamais décerné de statuette. Elle a pourtant été nommée trois fois ! La première en 1987 pour Aliens, le retour (1986), où elle incarne Ellen Ripley, l’une des héroïnes les plus emblématiques du cinéma de science-fiction. Une nomination rare pour un film de genre.

    Deux ans plus tard, fait encore plus exceptionnel, Sigourney Weaver obtient deux nominations la même année. En 1989, elle est citée dans la catégorie meilleure actrice pour Gorilles dans la brume (1988), où elle incarne la primatologue Diane Fossey, et dans celle du second rôle pour la comédie Working Girl (1988).

    Récompensée aux Golden Globes pour ces performances, Weaver reste pourtant absente du palmarès des Oscars, malgré une carrière qui a redéfini la place des héroïnes dans le cinéma de genre.

    Isabelle Huppert

    Notre seule Française du classement qui, à mes yeux, a été totalement zappée, c’est Isabelle Huppert, nommée une seule fois aux Oscars, en 2017, pour son rôle glaçant dans Elle de Paul Verhoeven. Cette performance lui vaut le Golden Globe de la Meilleure actrice, mais l’Académie ne lui décerne pas la statuette.

    Pourtant, l’actrice possède l’une des carrières les plus prestigieuses du cinéma français et européen. Elle a remporté deux César de la Meilleure actrice pour La Cérémonie (1995) et Elle (2016), tout en accumulant un nombre record de nominations. Elle est aussi double lauréate du prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes pour Violette Nozière (1978) et La Pianiste (2000), un rôle radical qui reste l’un des sommets de sa carrière.

    Une reconnaissance impressionnante qui contraste avec la rareté des Françaises aux Oscars : seules Claudette Colbert, Simone Signoret, Juliette Binoche et Marion Cotillard ont remporté la statuette. Isabelle Huppert, elle, reste l’une des plus grandes actrices contemporaines… toujours sans Oscar.

    Michelle Williams

    Michelle Williams fait partie de ces actrices qui semblent régulièrement passer tout près de l’Oscar. Elle a été nommée cinq fois par l’Académie, preuve de la reconnaissance constante que lui porte Hollywood. Sa première nomination remonte à 2006 pour Le Secret de Brokeback Mountain (2005), où elle incarne l’épouse du personnage joué par Heath Ledger. Elle est ensuite nommée pour Blue Valentine (2011), My Week with Marilyn (2012), Manchester by the Sea (2016) et plus récemment The Fabelmans (2023).

    Son interprétation de Marilyn Monroe dans My Week with Marilyn (2012) reste l’une des plus marquantes de sa carrière et lui a valu un Golden Globe de la Meilleure actrice. Au fil des années, Michelle Williams s’est imposée comme l’une des comédiennes les plus sensibles et nuancées de sa génération, alternant cinéma indépendant et productions plus grand public.

    Amy Adams

    Amy Adams compte six nominations aux Oscars, sans jamais avoir remporté la statuette. Elle est d’abord remarquée en 2005 grâce à Junebug, qui lui vaut une nomination dans la catégorie du second rôle. Elle confirme ensuite son talent avec des performances saluées dans Doute (2008), Fighter (2011), The Master (2013) et Vice (2018).

    Elle est également nommée dans la catégorie Meilleure actrice pour American Bluff en 2014, où elle incarne une escroc brillante et manipulatrice. Amy Adams a toutefois été récompensée ailleurs : elle a notamment remporté cette année-là deux Golden Globes, pour American Bluff et Big Eyes. Sa capacité à passer de la comédie au drame en fait l’une des actrices les plus polyvalentes d’Hollywood.

    Saoirse Ronan

    Malgré son jeune âge, Saoirse Ronan a déjà été nommée quatre fois aux Oscars. Elle obtient sa première nomination à seulement 13 ans pour son rôle dans Reviens-moi (2008), où elle incarne une jeune fille dont le mensonge bouleverse plusieurs vies.

    Elle est ensuite nommée comme Meilleure actrice pour Brooklyn (2015), puis pour Lady Bird (2017), le film de Greta Gerwig qui lui vaut également un Golden Globe. Sa quatrième nomination arrive avec Les Filles du Docteur March (2020), où elle interprète Jo March avec une énergie et une sensibilité remarquées.

    En quelques années, Saoirse Ronan s’est imposée comme l’une des actrices les plus talentueuses de sa génération, enchaînant les rôles dans des films d’auteur salués par la critique. Mais sans Oscar.

    Taraji P. Henson

    Taraji P. Henson s’est imposée comme l’une des actrices américaines les plus charismatiques de sa génération. Elle reçoit sa première et unique nomination aux Oscars en 2009 pour son rôle dans L’Étrange Histoire de Benjamin Button (2008), où elle incarne Queenie, la femme qui élève Benjamin / Brad Pitt. Sa performance pleine de chaleur et d’humanité est largement saluée par la critique.

    Elle poursuit ensuite une carrière marquée par des rôles forts, notamment dans Les Figures de l’ombre (2016), où elle interprète la mathématicienne Katherine Johnson, pionnière afro-américaine de la NASA. Le film rencontre un immense succès public et critique.

    Très populaire à la télévision grâce à la série Empire (2015–2020), pour laquelle elle remporte un Golden Globe, Taraji P. Henson alterne depuis entre cinéma et télévision. Malgré son talent et plusieurs performances marquantes, l’actrice attend toujours de voir son nom récompensé par l’Académie.

    Michelle Pfeiffer

    Michelle Pfeiffer est l’une des actrices les plus emblématiques des années 1980 et 1990. Malgré trois nominations aux Oscars, elle n’a jamais remporté la statuette. Elle est d’abord nommée pour Les Liaisons dangereuses (1989) dans la catégorie du second rôle.

    Elle obtient ensuite une nomination comme meilleure actrice pour Susie et les Baker Boys (1990), un rôle devenu culte, notamment grâce à sa célèbre scène chantée sur un piano. Elle est nommée une troisième fois pour Love Field (1992), où elle incarne une femme ordinaire bouleversée par l’assassinat de John F. Kennedy. 

    Récompensée par de nombreux prix, dont un Golden Globe, Michelle Pfeiffer reste une figure incontournable du cinéma américain.

    Carey Mulligan

    Carey Mulligan s’est imposée comme l’une des actrices britanniques les plus respectées de sa génération. Elle reçoit sa première nomination aux Oscars dès Une éducation (2009), où elle incarne une adolescente brillante attirée par une vie plus adulte.

    Plus de dix ans plus tard, elle revient dans la course avec Promising Young Woman (2020), un rôle intense dans lequel elle joue une femme obsédée par la vengeance. Cette performance lui vaut également une nomination aux Golden Globes et aux BAFTA.

    Elle obtient une troisième nomination pour Maestro (2023), dans lequel elle interprète Felicia Montealegre, épouse du chef d’orchestre Leonard Bernstein. À chaque apparition, Carey Mulligan impressionne par la subtilité et l’élégance de son jeu.

    Zhang Ziyi

    C’est l’une des grandes stars du cinéma chinois révélée au monde entier grâce à Tigre et Dragon (2000) d’Ang Lee, immense succès international récompensé par quatre Oscars.

    Elle enchaîne ensuite avec plusieurs films spectaculaires comme Hero (2002) et Le Secret des poignards volants (2004), devenant l’un des visages majeurs du cinéma asiatique à l’international. Elle tient également le rôle principal dans Mémoires d’une geisha (2005), production hollywoodienne qui confirme sa notoriété mondiale.

    Malgré cette carrière impressionnante et de nombreuses récompenses en Asie, Zhang Ziyi n’a encore jamais été nommée aux Oscars. Une absence qui continue d’étonner les cinéphiles.

    Keira Knightley

    Keira Knightley a été citée deux fois aux Oscars. Elle obtient sa première nomination en 2005 pour son interprétation d’Elizabeth Bennet dans Orgueil et préjugés, alors qu’elle n’a que 20 ans.

    Elle est de nouveau citée près de dix ans plus tard dans la catégorie du second rôle pour Imitation Game (2014), où elle incarne la cryptanalyste Joan Clarke face à Benedict Cumberbatch.

    Entre ces deux nominations, Keira Knightley a construit une carrière solide, notamment dans des films d’époque comme Reviens-moi (2007), The Duchess (2008) ou Anna Karénine (2012). Elle a également été récompensée par plusieurs nominations aux BAFTA et aux Golden Globes.

    Felicity Jones

    Felicity Jones a reçu sa première nomination aux Oscars en 2015 pour Une merveilleuse histoire du temps. Dans ce biopic consacré au physicien Stephen Hawking, elle incarne Jane Hawking, la femme qui partage sa vie pendant les années les plus difficiles de sa maladie.

    Sa performance, tout en retenue et en émotion, est largement saluée par la critique. Elle lui vaut également des nominations aux BAFTA, aux Golden Globes et aux Screen Actors Guild Awards.

    Depuis, Felicity Jones a poursuivi une carrière variée, alternant films indépendants et grandes productions comme Rogue One: A Star Wars Story (2016). Une trajectoire qui pourrait bien la ramener un jour dans la course aux Oscars.

  • « La saison 2 s’empare vraiment de cet aspect » : Kurt Russell tease les nouveaux épisodes de la série Monarch sur Apple TV+

    « La saison 2 s’empare vraiment de cet aspect » : Kurt Russell tease les nouveaux épisodes de la série Monarch sur Apple TV+

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Le MonsterVerse ne s’arrête pas aux films mettant en scène Godzilla et Kong ! Au-delà des longs métrages spectaculaires qui ont remis les monstres géants au goût du jour (et du box-office) depuis 2014, la plateforme Apple TV+ propose une approche complémentaire, plus humaine, avec la série Monarch: Legacy of Monsters (2023-) qui explore les secrets de l’organisation chargée d’observer les Kaijus depuis les années 50.

    C’est quoi « Monarch: Legacy of Monsters » ?

    Si vous êtes familiers des films du Monsterverse -l’univers étendu développé par Warner Bros. et Legendary Pictures autour des monstres géants- le nom MONARCH doit forcément vous dire quelque chose. Cette organisation secrète, portée par des militaires et des scientifiques et dont le logo représente un papillon stylisé (mais aussi, peut-être, la couronne du roi/monarque des Kaijus ?), est chargée d’observer, d’analyser et de documenter toutes les apparitions, interactions et incidents liés aux Titans depuis que ces créatures ancestrales ont refait surface.

    La particularité de la série, dont la saison 2 est diffusée sur Apple TV+ depuis le 27 février, c’est de raconter cette histoire à travers trois générations, des années 50 à nos jours. Le show démarre dans la foulée de Godzilla (2014), et suit les pas de deux survivants de la destruction de San Francisco par le lézard géant alors qu’ils se lancent sur les traces de leur père et des liens de leur famille avec l’organisation. La narration navigue alors entre plusieurs époques, en s’attachant notamment au personnage de l’officier Lee Shaw, incarné à l’écran par Wyatt Russell dans le passé... et par son propre père Kurt Russell dans le présent !

    Ici, ce ne sont pas les monstres qui sont au centre de l’histoire, mais bien les humains et la manière dont ils vont mener cette mission dans l’ombre au fil des décennies. Cela n’empêche évidemment pas les Kaijus -dont Godzilla- de s’inviter à la fête de temps à autres, mais c’est surtout une série générationnelle comme Disparition (2002) côté extraterrestres ou Yellowstone (2018-2024) côté cowboys, traversée par un ADN conspirationniste qui plaira aux fidèles de X-Files (1993-2018), Torchwood (2006–2011) ou Sanctuary (2008–2011). Et en parlant de Yellowstone et de son univers qui qui ne cesse de se développer, il y a un vrai parallèle à faire alors que Monarch aura droit à sa propre série préquelle, centrée sur les missions menées par Lee Shaw pendant la Guerre Froide ! Entre cette saison 2, ce spin-off à venir et le très attendu Godzilla x Kong : Supernova (2027), l’avenir s’annonce radieux (et monstrueux) pour MONARCH.

    « Ce serait réel. Ce serait horrible. Ce serait terrifiant. »

    A l’occasion de la sortie de la saison 2, JustWatch a eu le privilège de s’entretenir avec Kurt et Wyatt Russell (qui se ressemblent de plus en plus, le fils a vraiment des airs de Snake Plissken et du héros de The Thing !). Les deux hommes ont notamment partagé leur amour commun pour Ace Ventura en Afrique (1995) que Wyatt a fait découvrir à son paternel alors qu'il était âgé de neuf ans. « Nous avons eu cette connexion alors que Wyatt était très jeune. Nous sommes allés voir ce film, parce qu'il avait tellement envie de le voir après avoir vu le premier. Nous nous sommes assis dans le cinéma, et il m’a dit avec son zozotement propre à l’enfance : ‘Prépare-toi à voir le film le plus drôle de toute ton existence !’ Et j’ai ri comme jamais, donc il avait raison ».

    Cette (trop courte) interview, c’est aussi l’occasion pour l’acteur-fétiche de John Carpenter de partager sa vision de la saison 2, afin de teaser aux fans ce qui les attend dans les dix épisodes de ce nouveau chapitre. « Certaines questions soulevées ou évoquées dans la première saison trouvent ici leur réponse. Et pour moi, l'impact émotionnel est encore plus fort sur les êtres humains contraints de faire face à cette situation incroyable. Pourtant, elle est bien réelle. C'est le grand dilemme de la science-fiction. Et si ? Et si cela arrivait vraiment ? »

    « Face à une telle situation, on ne serait pas dans une démarche de spectateur ‘Allons-y, amusons-nous à regarder les monstres s'affronter !’. Non, ce ne serait pas amusant. Ce serait réel. Ce serait horrible. Ce serait terrifiant. Mais il faut bien que quelqu'un s'en occupe. Et ce sont les personnages de la série qui doivent y faire face. Nous les suivons, nous assistons à tout cela à travers leurs yeux. J'aime ça dans la saison 2, qui s’empare vraiment de cet aspect. » Rendez-vous chaque vendredi sur Apple TV+ pour un nouvel épisode aux côtés de Keiko, Hiroshi, Kentaro et Lee Shaw, pris entre l'Axis Mundi, Skull Island et le Titan X, avant le grand final attendu le 1er mai.

  • Timothée Chalamet a tort : voici 10 films magnifiés par des airs d’opéra !

    Timothée Chalamet a tort : voici 10 films magnifiés par des airs d’opéra !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Voilà une polémique dont Timothée Chalamet se serait bien passé dans la dernière ligne droite vers la 98ème cérémonie des Oscars. Le comédien, qui fait faisait partie des favoris pour décrocher la statuette du Meilleur acteur dimanche soir pour son interprétation dans Marty Supreme (2025) est rattrapé par ses propos (au mieux) maladroits, tenus il y a quelques semaines dans le cadre d’un échange avec Matthew McConaughey.

    « Plus personne ne s'y intéresse »

    Organisées le 21 février à l'initiative de Variety et CNN à l’Université du Texas, à Austin, ces retrouvailles entre la star de Interstellar (2014) et celui qui y jouait son fils ont brassé de nombreux sujets autour de leur vision du jeu d’acteur et du cinéma. C’est là que le comédien a lancé : « J'admire les gens, et je l'ai fait moi-même, qui vont sur les plateaux télé et disent : ‘Il faut sauver les salles de cinéma. Il faut préserver ce genre cinématographique’. Mais d'un autre côté, je pense que si les gens veulent voir un film comme Barbie ou Oppenheimer, ils iront le voir et le clameront haut et fort. Je ne veux pas travailler dans le ballet ou l'opéra, ni dans des domaines où l'on nous dit : ‘Il faut sauver ça’, alors que plus personne ne s'y intéresse »

    Reconnaissant dans la foulée, à la fois gêné et amusé, avoir lancé cette pique « sans raison » (une « balle perdue », dirait-on dans le langage populaire), Timothée Chalamet a immédiatement adressé « tout [son] respect aux gens du ballet et de l'opéra » sous les rires du public et de Matthew McConaughey. Pas suffisant pour des artistes de tous horizons, qui ont rapidement regretté et condamné cette remarque, surtout venant d’un acteur lui-même issu des planches et dont la sœur, la mère et la grand-mère ont notamment dansé pour le New York City Ballet. Les réactions ont été nombreuses et l’opéra de Sydney a même mis en place un code de réduction ‘TIMOTHEE’ pour des fauteuils de Carmen.

    Opéra + cinéma = des scènes puissantes

    Maladresse ? Insolence ? Voire suffisance ? Chacun.e jugera en regardant la séquence. En attendant, c’est un bad buzz qui vient ternir la campagne de promotion portée par l’acteur autour du film de Josh Safdie, qui a souvent flirté avec l’arrogance alors que Timothée Chalamet revendiquait rester dans la même énergie « dream big » que son personnage. Et plus globalement c'est son image d’étoile montante et attachante qui est écornée, de nombreux fans ayant arrêté de le suivre sur les réseaux sociaux.

    Cette vidéo, c’est l’occasion pour JustWatch de vous partager quelques recommandations autour de grands moments de cinéma construits autour de l’opéra, et entrées aujourd’hui dans la pop culture. Je ne parle pas ici des retransmissions d’opéra et ballets directement sur grand écran, ni des superbes films directement inspirés d’opéras (La Flûte enchantée versions Ingmar Bergman et Kenneth Branagh, La Traviata par Franco Zeffirelli, Don Giovanni par Joseph Losey, Farinelli ou même Amadeus) ou de l’univers du ballet (Les Chaussons Rouges, Black Swan, Billy Elliot, Ballerina...) Au-delà de ces oeuvres, le 7ème art a su proposer des scènes magnifiées par des arias d’opéra, réconciliant la scène et le grand écran.

    Intouchables

    Commençons avec le carton Intouchables (2011) qui a fait rire et pleurer plus de 19 millions de spectateurs. Parmi les grands éclats de rire du film de Toledano & Nakache, il y a la séquence de l’opéra. Engagé au service de Philippe, paraplégique, Driss l'accompagne dans ses déplacements, et notamment à une représentation de Der Freischütz de Carl Maria von Weber, où le jeune homme découvre incrédule « un arbre qui chante en allemand ». Ses éclats de rire -du pur Omar Sy- sont vraiment contagieux (François Cluzet pouffe, et nous avec)... encore plus quand il découvre qu’il ne s’agit que de l’Acte 1 et qu’il y en a pour quatre heures !

    Pretty Woman

    Embarquée dans un conte de fée improbable comme seules les romcom savent les imaginer, la Pretty Woman (1993) Vivian -une prostituée engagée pour la semaine par un riche homme d’affaires- s’envole pour San Francisco où elle découvre La Traviata. Son prince charmant l’avait prévenue que l’expérience serait à nulle autre pareille : « La première fois que quelqu’un voit un opéra, très souvent il réagit d’une façon très forte : soit il adore, soit il déteste. S’il adore, il adorera toujours. Dans le cas contraire, peut-être qu’il apprendra à l’apprécier ? » Durant la représentation, Julia Roberts passe par toutes les émotions, de la joie totale à la tristesse la plus sincère. A priori, elle a adoré. Et nous aussi.

    Les Incorruptibles

    Si Le Parrain (1972) est tout en haut de l’Olympe du cinéma, Les Incorruptibles (1987) n’est pas loin. Pour moi en tout cas. Je peux voir ce film en boucle. J’adore chaque personnage, chaque réplique, chaque scène… Et parmi elles, il y a ce montage alterné entre Al Capone assistant à l’opéra Pagliacci de Ruggero Leoncavallo, et l’agonie de Malone, abattu chez lui par les hommes de mains du gangster menés par Frank Nitti (Billy Drago). La puissance de l’air Vesti la giubba sur ces images terribles de Sean Connery se traînant par terre et ce zoom incroyable sur un Robert De Niro traversé d’arrogance et de larmes devant la représentation, est un immense moment de cinéma. Plus encore, à mes yeux, que la fameuse scène des escaliers de la gare centrale, hommage de Brian de Palma au Cuirassé Potemkine (1925).

    Le Parrain 3

    Je parlais du Parrain… Francis Ford Coppola a t-il été inspiré par son ami De Palma pour le final du Parrain, 3ème partie (1990) ? Là encore, un montage alterné passe d’une représentation de l’opéra Cavalleria Rusticana dans le cadre prestigieux du Teatro Massimo de Palerme aux assassinats orchestrés par la famille Corleone pour se venger des rivaux et des traîtres. Dans cette séquence puissante, la mort est partout : sur scène avec les personnages et les masques de l'œuvre de Pietro Mascagni, dans les balcons (le cannolo empoisonné), dans les lits, dans les escaliers du Vatican, sous les ponts… Cette résolution macabre, qui emportera aussi la propre fille (Sofia Coppola) de Michael (Al Pacino), est implacable. Du grand art.

    Philadelphia

    Deux acteurs au sommet, deux gros plans et la voix de Maria Callas… Dans Philadelphia (1993), Andrew Beckett (Tom Hanks), avocat prometteur licencié abusivement par son cabinet en raison de son homosexualité et de sa séropositivité, fait appel à Joe Miller (Denzel Washington) pour défendre son dossier. A la fin d’une longue soirée de travail, alors que ce dernier veut rentrer chez lui, son client lui fait découvrir un morceau d’opéra, en l’occurrence La mamma morta extrait d’Andrea Chénier d'Umberto Giordano. Pourtant affaibli, Andrew se lève et explique les paroles d’un air qui parle de perte, de mort, de souffrance transformée par l’amour et la dignité. Cette chanson, c’est son histoire. C’est un moment hors du temps, dont on ressort estomaqué et sans voix. Comme Joe, dont le regard change à partir de ce moment.

    Portrait de la jeune fille en feu

    Raconter un amour perdu avec un plan, un visage, une musique et sans dialogue. Le final de Portrait de la jeune fille en feu (2019) de Céline Sciamma est certainement l’un des plus émouvants vus dans le cinéma français ces dernières années. Et même dans le cinéma tout court. Séparées par les conventions sociales du XVIIIème siècle, Marianne (Noémie Merlant) et Héloïse (Adèle Haenel) se retrouvent dans une salle d’opéra de Milan. Héloïse ne sait pas que Marianne l’observe alors qu’elle ne peut contenir son émotion en entendant les notes de L’été des Quatre Saisons de Vivaldi, un morceau que lui joua Marianne au clavecin durant leur moment de passion interdite. Pendant deux minutes trente, Adèle Haenel traverse toutes les émotions, en plan fixe, uniquement par son regard et sa respiration. Puissant(e).

    Mrs Doubtfire

    D’une scène de fin… à un générique d’ouverture ! On reste dans l’opéra, mais dans un registre beaucoup plus léger avec la première scène de Madame Doubtfire (1993), durant laquelle on observe Daniel Hillard, comédien de doublage de dessins animés, au travail. Durant cet enregistrement, sur l’aria Largo al factotum de l’opéra Le Barbier de Séville de Gioachino Rossini, on découvre tout le génie de Robin Williams, capable de faire chanter « Figaro, Figaro, Figaro » -et très bien !- à un perroquet toon avant de nous faire rire avec ses blagues et son accent. La séquence plante d’emblée le génie créatif du personnage, qui n’aura aucun mal à se déguiser en nounou pour rester auprès de ses enfants après son divorce, mais surtout, elle nous rappelle à quel point Robin Williams était unique.

    Happy Feet 2

    D’un perroquet à un manchot, il n’y a… qu’une patte ! Celle de Erik, le fils de Mumble, le serial danseur de Happy Feet (2006). Dans la suite, Happy Feet 2 (2011), Erik ne sait pas danser, mais il a les gènes vocaux de ses grands-parents Memphis et Norma Jean. Et à défaut de groove, c’est sur un air opératique qu’il revisite et réinvente Tosca de Puccini, plus précisément E lucevan le stelle à travers lequel il va célébrer le courage de son père et défier les immenses éléphants de mer qui règnent sur les plages à la fin du long métrage de George Miller. Vous ne pensiez pas voir des manchots et des éléphants de mer dans cette sélection, avouez ! Et pourtant, ils y ont toute leur place.

    Mission : Impossible - Rogue Nation

    Votre mission, si vous l’acceptez : infiltrer une représentation de Carmen à l’opéra de Vienne, pour tenter de récupérer des informations majeures sur le mystérieux Syndicat. Dans Mission : Impossible - Rogue Nation (2015), l’agent Ethan Hunt opère dans les coulisses, alors que la musique de Georges Bizet accompagne la montée en puissance et en suspense de la mission. C’est un petit bijou de montage, à la note près (un assassinat est prévu sur un moment très précis de la partitio), fait de bastons, de vertige, de snipers (dont Ilsa Faust, campée par Rebecca Ferguson)... Tom Cruise n’a pas seulement sauté en moto ou fini accroché à un biplan, il s’est aussi battu sur Carmen. Et ça, c'est la classe ! 

    Apocalypse Now

    Je ne pouvais terminer cette sélection -loin d’être exhaustive- sans évoquer Apocalypse Now (1979) et son mémorable raid en hélicoptère au son de La Chevauchée des Walkyries. L’iconique lieutenant-colonel Kilgore (immense Robert Duvall), celui qui aime l’odeur du napalm au petit matin, mène ses troupes sur le morceau de Richard Wagner. Le mélange entre les images guerrières et la musique épique provoque une impression dissonante et unique, mélangeant destruction et art, horreur et beauté, dans un spectacle qui reste l’un des morceaux de bravoure du film de Francis Ford Coppola. Vous avez dit chef d'œuvre ?

  • Les stars de One Piece imaginent les films préférés de leurs personnages - leurs réponses sont parfaites !

    Les stars de One Piece imaginent les films préférés de leurs personnages - leurs réponses sont parfaites !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Cap sur Grand Line ! Ressortez les chapeaux de paille : la saison 2 de One Piece (2023) est enfin de retour sur Netflix après deux ans et demi d’attente. Ces huit épisodes vont emmener Luffy, Zoro, Nami, Usopp et Sanji vers de nouveaux horizons et de nouveaux personnages, certains promettant de « casser Internet » (j’y reviendrai). En attendant, JustWatch est parti à la rencontre des acteurs, pour leur poser deux questions simples qui ont beaucoup inspiré les stars du show !

    « Quel serait le film préféré de votre personnage ? »

    Monkey D. Luffy, c’est ce jeune homme élastique (il a mangé un fruit du démon qui lui a donné ce pouvoir) constamment enthousiaste, positif et généreux (et affamé) qui se rêve roi des pirates. Lancé sur les traces du légendaire trésor de Gol D. Roger, il a rassemblé autour de lui un équipage aussi improbable qu’attaché à ce capitaine au chapeau de paille inspirant. Pour son interprète Iñaki Godoy, ce grand enfant ne pourrait qu’adorer un film comme Space Jam (1996), dont la rencontre haute en couleurs entre Michael Jordan et les Toons rappelle finalement beaucoup la joie de vivre de notre pirate préféré, et sa capacité à former une équipe certes peu convaincante sur le papier, mais capable de remporter toutes les batailles.

    Le charismatique et redoutable Roronoa Zoro, équipé de son triple-katana, est le lieutenant (officieux) de Luffy qui l’a recruté en premier dans son équipage. Taiseux voire taciturne, volontiers sarcastique, il est mû par une fidélité totale à son capitaine, un sens de l’honneur sans faille et un rêve de devenir le meilleur épéiste du monde et de terrasser Dracule Mihawk. Le personnage se distingue aussi par son goût immodéré pour la boisson, sa capacité à se réveiller dans des endroits inconnus et son attitude blasée face au chaos. Pas étonnant que son interprète, Mackenyu, imagine Very Bad Trip (2009) comme son film de chevet !

    Nami, c’est le cerveau pragmatique et stratégique, mais aussi l’intelligence émotionnelle de cette joyeuse bande. La voleuse incarnée par Emily Rudd se distingue par sa capacité à élaborer (et lire) des plans, à observer, à comprendre celles et ceux qui l’entourent… Tout en menant un objectif personnel secret (je ne spoile pas), elle devient la navigatrice indispensable à l’équipage, qui profite également dès que cela est nécessaire de ses capacités en infiltration, manipulation et cambriolage. Dès lors, il semble assez logique que la comédienne imagine son personnage dévorer tous les films de braquage possibles et imaginables, que ce soit au masculin (Le Casse de Central Park, 2011) ou au féminin (Ocean’s 8, 2018).

    Usopp, c’est un tireur d’élite exceptionnel (utile pour rester loin des combats). C’est aussi une ingéniosité folle pour concevoir, inventer, fabriquer. C’est enfin un incorrigible menteur, qui aime enjoliver ses propres exploits (ou s’attribuer ceux des autres) pour se donner une image de pirate dur à cuire. C’est ce qui rend attachant et humain cet éternel peureux, qui apporte beaucoup d’humanité et un vrai ressort comique à l’histoire. Un pseudo-héros qui écrit sa propre légende ? Cela rappelle beaucoup la version de Hercule (2014) proposée par Dwayne Johnson qui offrait une vision alternative du célèbre mythe. Très bon choix de la part de Jacob Romero pour son personnage !

    Que serait un équipage sans son cuisinier ? Luffy a déniché le meilleur d’entre-eux avec Sanji, chef charismatique dont les interactions avec son grand rival Zoro sur le pont du Vogue Merry sont aussi savoureuses que les plats qu’il concocte dans sa cambuse. Combattant féroce (uniquement avec les jambes et les pieds), Sanji est également un obstiné passionné décidé à tout faire pour accomplir son rêve (dénicher All Blue où se retrouvent tous les poissons de l'océan). Cette volonté et cette persévérance qui caractérisent le personnage amène logiquement Taz Skylar à choisir le film Rudy (1993), biopic inspirant dans lequel Sean Astin incarne Rudy Ruettiger, un joueur de football américain qui fit tout pour réaliser son rêve de jouer pour l’équipe universitaire de Notre-Dame en 1974 et 1975 malgré sa petite taille.

    « Quels moments de la saison 2 vont casser internet ? »

    Cette deuxième question de JustWatch a provoqué des exclamations sincères de la part du quintet, et un vrai brouhaha passionné duquel émergent tout de même quelques mots prometteurs. Pour Iñaki Godoy, Jacob Romero et Emily Rudd, l’arrivée de Chopper -le personnage mimi du manga très attendu par les fans et futur médecin de l’équipage- sera de manière indiscutable LE grand moment de la saison 2. Sans oublier les autres nouveaux personnages comme Hiriluk, médecin excentrique, père adoptif et mentor de Chopper incarné par Mark Harelik.

    Quant à Mackenyu et Taz Skylar, ils annoncent du lourd avec Smoker (Callum Kerr), officier capable de se changer en fumée, et Miss All Sunday alias Nico Robin (Lera Abova), qui peut faire pousser ses membres sur n’importe quelle surface. Selon les comédiens, les effets visuels pour donner vie à ces compétences sont vraiment exceptionnels… au point que les séquences de making-of devraient à elles seules « casser internet ». Et Mackenyu de conclure : « De toute façon, internet a déjà explosé ! »

  • Ces 8 réalisatrices qui ont marqué les Oscars

    Ces 8 réalisatrices qui ont marqué les Oscars

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Nous sommes le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, pile à une semaine des Oscars 2026. La cérémonie -qui s’est vraiment fait attendre cette année- déterminera qui de Paul Thomas Anderson, de Chloé Zhao, Ryan Coogler, Joachim Trier ou encore Joshua Safdie, remportera la prestigieuse statuette de la Meilleure réalisation.

    Au total, seules neuf femmes ont été nommées, et seules trois ont gagné l’Oscar. Mais ce n’est pas la seule catégorie dans laquelle ces cinéastes ont pu briller, puisque certaines d’entre elles étaient également en lice pour le prix du Meilleur film ou du Meilleur scénario. 

    À cette occasion, JustWatch revient sur 8 réalisatrices qui ont marqué l’Histoire lors des Oscars, notamment dans la catégorie Meilleure réalisation, pour laquelle l’Académie aura attendu 81 ans avant d’enfin récompenser une femme, Kathryn Bigelow.

    Lina Wertmüller (1977)

    En 1977, la réalisatrice italienne Lina Wertmüller est devenue la première réalisatrice à être nommée dans cette catégorie pour son film Pasqualino, une comédie dramatique se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Dans une interview accordée à Variety en 2018, la cinéaste, alors âgée de 90 ans, discutait du souvenir qu’elle avait de sa nomination : à l'époque, Wertmüller n'accordait pas une grande importance aux cérémonies, mais elle avoue que c’est « la réaction des médias » qui lui a fait prendre conscience de l’importance de cette consécration. Elle se souvient également qu’elle était perçue comme une avancée historique majeure par les journaux, ce qui, avec le recul, l'était « pour les femmes du monde entier ».

    En 2019, l'Académie lui remet un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Pendant son discours, la cinéaste ironise même en déclarant qu’il faudrait remplacer le nom masculin d’Oscar par un nom feminin. Sa statuette, elle la nomme Anna. 

    Sofia Coppola (2004)

    En 2004, Sofia Coppola devient la première réalisatrice américaine à être nommée pour son film devenu culte, Lost in Translation, qui met en scène Bill Murray et Scarlett Johansson. Même si elle ne remporte pas la statuette (Peter Jackson est primé cette année-là pour Le Retour du Roi), elle repart avec l’Oscar du Meilleur scénario original. En remportant cette première statuette, la jeune cinéaste fait des Coppola la deuxième famille hollywoodienne avec au minimum deux générations oscarisées.

    Kathryn Bigelow (2010)

    « The time has come » / « Le temps est venu » annonce fièrement Barbra Streisand, qui présentait la catégorie de la Meilleure réalisation lors de la 82ème cérémonie des Oscars. Streisand vient alors de découvrir le nom de Kathryn Bigelow dans l’enveloppe, qui cette année-là était nommée aux côtés de James Cameron pour Avatar ou encore de Quentin Tarantino pour Inglorious Basterds.

    Bigelow remporte donc la statuette pour Démineurs. Lorsqu’on lui demande ce qu’elle ressent pendant la conférence de presse des gagnants, la réalisatrice annonce vouloir être simplement vue comme « a filmmaker », un cinéaste comme tous les autres. Elle ajoute qu’elle sera éternellement reconnaissante si elle peut inspirer n’importe quel(le) jeune réalisateur intrépide et tenace, « homme ou femme », le plus important étant de se rendre compte que même « l'impossible est possible », et qu’il ne faut jamais renoncer à ses rêves.

    Ava DuVernay (2014)

    Pour son film magnifique sur le mouvement des droits civiques de 1965 aux Etats-Unis, Selma, la très talentueuse Ava DuVernay devient la première femme afro-américaine dont l’oeuvre est nommée dans la categorie Meilleur film. La cinéaste est cependant snobée par l'Académie à la Meilleure réalisation, ce qui avait à l'époque -et à juste titre- suscité une forte indignation.

    Mais il y a fort à parier que Ava DuVernay sera un jour nommée à la Meilleure Réalisation, tant le talent et la filmographie de la cinéaste parlent d’eux-même. Son film Origin, par exemple, est un long métrage d’une puissance incroyable sur le fascisme, le racisme et le deuil, à travers l'Histoire et à travers le monde, qui aurait plus que mérité sa place aux Oscars en 2024. Mais il avait aussi été ignoré par l'Académie, ce qui avait suscité de nombreuses critiques. 

    Jane Campion (1993/2022)

    Jane Campion est la première femme à avoir été nommée deux fois dans la catégorie Meilleur Réalisation au cours de sa prestigieuse carrière. Sa première nomination, elle la doit à La Leçon de Piano, un classique qui avait remporté la Palme d’Or au Festival de Cannes, ce qui était déjà une première pour une réalisatrice !

    Mais son premier Oscar, Campion le remporte en 2022 avec son western The Power of the Dog, qui avait raflé un total de 12 nominations, dont Meilleur acteur (Benedict Cumberbatch), Meilleure actrice dans un Second Rôle (Kirsten Dunst) et Meilleur film. 

    Dans la salle de presse, quelques minutes après sa victoire, Campion déclare qu’elle est très fière « pour son film et son équipe (...) mais également d’être une autre femme qui sera suivie d’une quatrième, d’une cinquième, d’une sixième, d’une septième et d’une huitième réalisatrice » puisque les choses avancent plus rapidement à présent. Elle termine : « On en a besoin. L'égalité, ça compte ! »  

    Chloé Zhao (2021) 

    Pour la première fois dans l'histoire des Oscars, deux femmes sont nommées dans la catégorie Meilleure Réalisation : Chloé Zhao et Emerald Fennell pour son film Promising Young Woman. Fennell est également la première réalisatrice britannique à être reconnue dans cette catégorie. 

    Zhao est la première cinéaste asiatique à remporter ce prix, pour son drame Nomadland. Son discours, elle le dédie aux gens qui continuent à se battre quand les choses deviennent difficiles, et à celles et ceux qui ont la foi et le courage de s’accrocher à la bonté en eux et dans les autres. 

    Lors de la conférence de presse, Zhao déclare qu’elle serait très contente si sa victoire historique pouvait aider d'autres cinéastes comme elle. C’est également la première fois qu’une réalisatrice voit aussi son film récompensé de l’Oscar du Meilleur film. Et ce n'est pas tout, puisque son actrice principale, Frances McDormand, repart également avec l'Oscar de la Meilleure actrice. 

    Cette année, Chloé Zhao marqué encore une fois l'histoire, puisqu’elle est à nouveau nommée dans la catégorie Meilleure réalisation pour Hamnet, qui est lui même nommé dans la catégorie Meilleur film. Jessie Buckley est quant à elle pressentie pour remporter l’Oscar de la Meilleure actrice. Hamnet totalise 8 nominations aux Oscars. 

    Justine Trier (2024)

    En 2024, Justine Trier devient la première Française à être nommée à la Meilleure réalisation pour son film Anatomie d’une chute. Un joli pied-de-nez alors qu’elle avait été snobée par le comité de sélection français des Oscars, ce dernier lui ayant préféré La Passion de Dodin Bouffant pour la catégorie du Meilleur film étranger.

    Contre toute attente  - ou en tout cas celle du comité français- Anatomie d’une chute rafle 5 nominations dont celle du Meilleur film, du Meilleur scénario original et de la Meilleure actrice ! La cinéaste remporte finalement la statuette pour son scénario, et rencontre Steven Spielberg qui, dans la même soirée, lui aurait demandé d’un jour lui écrire un script « de ce même niveau de complexité ».  

    Coralie Fargeat (2025) 

    Un an après Trier, c’est au tour de Coralie Fargeat d’écrire l'histoire, puisque la réalisatrice française est nommée pour la réalisation de The Substance, son body horror qui a fait frémir le monde entier. C’est un exploit car le genre horrifique est notoirement boudé par l'Académie des Oscars, quand bien même de nombreuses prestations d’acteurs auraient mérité d'être reconnues par une statuette dorée dans l'histoire du genre. 

    The Substance est également nommé dans la catégorie Meilleur film, Meilleur scénario, et Meilleure actrice pour Demi Moore. Même si le long métrage repart bredouille, l'histoire du cinéma de genre sera a toujours marqué par ce projet unique made in France, et entièrement tourné en Île-de-France et sur la Côte d’Azur !

  • 5 réalisatrices qui ont marqué l’histoire des festivals de cinéma

    5 réalisatrices qui ont marqué l’histoire des festivals de cinéma

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Nous célébrons, aujourd’hui 8 mars, la Journée internationale des droits des femmes : une date dont la portée reste souvent symbolique et ne se traduit pas toujours par des actions durables dans les sphères sociales, économiques et politiques de la société. L’industrie cinématographique, aussi bien en France qu’ailleurs, constitue l’un des domaines les plus flagrants où les inégalités professionnelles dont souffrent les femmes se font sentir.

    Les festivals de cinéma, par leur fonction de vitrines de cette industrie, incarnent inévitablement ces tensions structurelles. Bien que des mentalités obsolètes continuent de résister au changement, les initiatives visant à transformer le système et à assurer la parité, aussi bien devant que derrière la caméra, commencent à porter leurs fruits. Au-delà du travail collectif mené par diverses organisations, la reconnaissance des professionnelles de l’industrie -en particulier celle des réalisatrices- nourrit considérablement ces efforts et leur offre une visibilité accrue.

    À l’occasion de cette journée marquée par la lutte, la liberté d’expression et l’affirmation de soi, JustWatch vous invite à découvrir l’œuvre de cinq réalisatrices qui ont marqué l’histoire des plus grands festivals internationaux du cinéma.

    Jane Campion 

    Quand on pense aux Oscars et à la place des femmes dans leur histoire, le nom de Kathryn Bigelow vient presque immédiatement à l’esprit -sa victoire il y a seize ans avec Démineurs (2008) ayant fait d’elle la première femme à remporter l’Oscar de la meilleure réalisation. Dans le milieu festivalier, c’est plutôt le nom de Jane Campion qui s’impose comme figure pionnière -son œuvre étant célébrée et commémorée à chaque fois qu’une nouvelle réalisatrice est récompensée dans les grands festivals du monde du cinéma. La réalisatrice néo-zélandaise est surtout connue pour ses héroïnes rebelles, capables d’affirmer leur personnalité aussi bien dans l’Angleterre du 19ème siècle que dans les forêts sauvages de Nouvelle-Zélande. La renommée de Campion a sans doute atteint son apogée avec La Leçon de piano (1993), film qui lui a valu la première Palme d’or attribuée à un film réalisé par une femme. Mais Cannes n’est pas le seul festival à reconnaître les mérites de son œuvre : elle a également reçu le Grand Prix du Jury pour Un ange à ma table (1990) et le Lion d’argent de la Meilleure réalisation pour The Power of the Dog (2021) à la Mostra de Venise.

    Julia Ducournau

    Campion a été une pionnière en affrontant la présence masculine écrasante dans l’attribution des prix à Cannes, mais pendant près de trois décennies son succès est resté une exception, jusqu’à ce que Titane (2021) de Julia Ducournau remporte la Palme d’or en 2021. Victoire fulgurante qui a fait briller le talent de sa réalisatrice -malgré le faux pas de Spike Lee lors de la cérémonie !- le film a également contribué à accroître la visibilité du body horror, un genre que le festival a par la suite mis à l’honneur avec The Substance (2024) de Coralie Fargeat. Ducournau est rapidement devenue une icône féministe subversive et provocatrice grâce à Titane, qui rend hommage à des chefs-d’œuvre du genre tels que Crash (1996) ou La Mouche (1986) de David Cronenberg. Si Titane s’est ancré dans les esprits grâce à sa consécration cannoise, Grave (2016), le premier long métrage de la réalisatrice, se révèle tout aussi audacieux et fiévreux. Son film le plus récent, Alpha (2025), qui marque une transformation stylistique très saisissante dans son œuvre, mérite également d’être découvert.

    Justine Triet 

    Après l’effet de choc provoqué par Titane, heureusement qu’il n’a pas fallu attendre vingt-huit ans de plus : Justine Triet a remporté la Palme d’or seulement deux ans plus tard. Le succès de son Anatomie d’une chute (2023) était d’autant plus surprenant que le long métrage appartient au film de procès -un genre souvent marqué par une certaine sobriété, voire une pesanteur narrative, et qui exige également une attention particulière de la part de son audience. Le cinéma de Triet s’est toujours attaché à des figures de femmes complexes, ambitieuses et ambivalentes, révélées à travers leurs défauts -on pense notamment aux personnages incarnés par Virginie Efira et Adèle Exarchopoulos dans le deuxième long métrage de la réalisatrice, Sibyl (2019). Sandra, l’héroïne d’Anatomie d’une chute, portée par la brillante performance de Sandra Hüller, ne fait certainement pas exception. Le talent de Triet ne se limite pas à la mise en scène et se manifeste également dans l’écriture du scénario, qu’elle développe aux côtés de son collaborateur et compagnon Arthur Harari -formant un véritable duo de choc, également reconnu par l’Académie des Oscars à travers la statuette du Meilleur scénario original. Les fans de son œuvre peuvent d’ailleurs se réjouir : le tournage du cinquième long métrage de la réalisatrice, un thriller psychologique avec Andrew Scott et Mia Goth en tête d’affiche, devrait commencer très bientôt.

    Audrey Diwan 

    En comparaison avec Cannes, la Mostra de Venise s’est montrée plus précoce dans la mise en avant des réalisatrices : le premier Lion d’or attribué à une femme a été décerné à Margarethe von Trotta en 1981. Depuis cette victoire, le festival a couronné six autres femmes du même prix -un chiffre qui demeure néanmoins insuffisant. Parmi elles figure Audrey Diwan, qui a provoqué un véritable choc auprès du public de la Mostra avec L’Événement (2021), adaptation du roman éponyme d’Annie Ernaux. Bien que le récit du film se déroule dans les années 1960, le regard presque prémonitoire de la réalisatrice parvient à capter les sentiments d’oppression et de désespoir dont des milliers de femmes continuent de souffrir en raison des tabous entourant l’avortement. Caractérisé par un langage visuel à la fois très dynamique et profondément claustrophobique, le film est avant tout marqué par la performance retenue et poignante de son actrice principale, Anamaria Vartolomei. Si la réalisatrice était déjà connue dans le paysage du cinéma français grâce à ses collaborations scénaristiques avec Cédric Jimenez, c’est véritablement avec L’Événement qu’elle s’est fait connaître à l’international. Son dernier long métrage, Emmanuelle (2024), qui s’engage dans une direction très différente de celle empruntée par L’Événement, montre néanmoins qu’elle reste déterminée à défendre un regard féministe tout aussi tranchant et controversé.

    Laura Poitras 

    L’année 2022 a marqué un moment emblématique pour la Mostra de Venise : après Chloé Zhao et Audrey Diwan, la documentariste Laura Poitras a à son tour remporté le Lion d’or, portant à trois le nombre de réalisatrices récompensées consécutivement. Le fait que Toute la beauté et le sang versé (2022) soit un documentaire était d’autant plus significatif, au regard du faible nombre de femmes documentaristes récompensées dans les grands festivals. Avant cette consécration à la Mostra, Poitras était déjà très active depuis le début des années 2000, mais elle s’est surtout fait connaître grâce à Citizenfour (2014), son enquête sur Edward Snowden, qui lui a valu l’Oscar du meilleur film documentaire. Pour Toute la beauté et le sang versé, la réalisatrice a collaboré avec une véritable icône du monde de l’art et de l’activisme : Nan Goldin. Le documentaire peut paraître assez classique dans sa forme. Pourtant, Poitras relie avec brio les expériences personnelles et intimes de la célèbre photographe aux luttes qu’elle a menées contre la compagnie pharmaceutique de la famille Sackler, tenue pour responsable de la crise des opioïdes -une crise à cause de laquelle Goldin a perdu de nombreux proches. L’articulation entre la sphère intime et la sphère collective témoigne des grandes capacités narratives et affectives de la réalisatrice. Mais son projet le plus récent, Cover-Up : Un journaliste face au pouvoir (2025), suggère que son véritable intérêt réside dans l’exploration de l’histoire récente des États-Unis et des appareils militaires et politiques qui déterminent les règles du jeu sur la scène politique.

  • Young Sherlock et 9 adaptations de Sherlock Holmes à voir absolument

    Young Sherlock et 9 adaptations de Sherlock Holmes à voir absolument

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Guy Ritchie repasse aux affaires pour nous sortir une origin story. Avec l'arrivée de la série Young Sherlock (2026) sur Prime Video, le sale gosse du cinéma britannique s’attaque aux jeunes années du détective le plus iconique de la pop-culture. Le personnage de Sir Arthur Conan Doyle a littéralement été préparé à toutes les sauces depuis l'invention même de la pellicule.

    Du nanar au chef-d'œuvre, on a à peu près tout essuyé sur le célèbre locataire du 221B Baker Street. Parfois c’était excellent, parfois c’était terriblement décevant, et d’autres fois, c’était vraiment surprenant. Alors, avant de vous lancer dans cette nouvelle adaptation de Sherlock Holmes, je vous propose une petite revue des différentes versions du compère de Dr Watson.

    Voici neuf relectures absolument incontournables, de l'hommage le plus respectueux à la relecture la plus surprenante, histoire de bien vous mettre à jour sur la créativité qu’inspire le personnage (c’est le héros de fiction le plus adapté de l’Histoire !). Rangez vos loupes et sortez le pop-corn, on passe en mode investigation.

    Moriarty the Patriot (2020)

    On ouvre le bal avec une adaptation plus que surprenante mais surtout très rafraîchissante. Moriarty the Patriot (2020) fait un pas de côté et inverse l’histoire en adoptant le point de vue du fameux « Napoléon du crime ». Dans cet anime, William James Moriarty est un anti-héros complexe et fascinant. C’est un justicier social radical, prêt à se mettre toute l’aristocratie victorienne corrompue à dos pour rebâtir un monde plus juste. 

    Cette série bouscule l’ordre établi et c’est fascinant. On se retrouve maintenant face à un Moriarty qui veut changer le monde, qui se bat pour la justice et contre la corruption, quitte à passer pour le grand méchant. Si vous commencez à faire une overdose de l'arrogance glaciale du Sherlock traditionnel, ce grand retournement psychologique va vous donner une grosse bouffée d'air frais. C'est une série qui prouve que ce vieil univers littéraire en a encore sous la pédale.

    Le Secret de la pyramide (1985)

    Bien avant que Guy Ritchie ne veuille mettre à l’écran la jeunesse du détective avec sa série, le duo Steven Spielberg (à la production) et Barry Levinson avait déjà eu cette brillante idée avec Le Secret de la pyramide (1985). Le film nous catapulte directement dans les couloirs austères d'un pensionnat britannique pour y découvrir les toutes premières armes d'un Sherlock encore adolescent. « Pour ne pas avoir d'ennuis, vous renonceriez à l'aventure ? », c’est la question posée par Sherlock à Watson qui résume parfaitement ce long métrage. C'est un cinéma d'aventure des années 80 pur jus, gorgé d'une naïveté et baigné dans une atmosphère mystérieuse qui flirte avec le fantastique tout en mettant la logique au centre de l’histoire. Le scénario est signé Chris Columbus et ça se sent. On y décèlerait presque les prémisses d’un Harry Potter qu'il réalisera 16 ans plus tard. 

    Il est important de noter que ce long métrage met en scène le tout premier personnage entièrement généré par ordinateur. Sans jamais trahir le matériau d'origine de Conan Doyle (mais en prenant pas mal de liberté), le film arrive parfaitement à transmettre l’esprit Sherlock Holmes. Le Secret de la pyramide, d’ailleurs appelé Young Sherlock dans son titre original, se veut être la genèse du détective. On y découvre sa rencontre avec Watson, mais également tous ses accessoires iconiques qui le rendront célèbre, de la fameuse casquette à double visière jusqu'à la pipe. Un vrai divertissement plein de charme qui nous donne le goût de l’aventure. 

    Sherlock Holmes (2009)

    Impossible de parler de Young Sherlock de Guy Ritchie sans évoquer le diptyque qu’il a réalisé. Avec Sherlock Holmes (2009), le cinéaste balance le flegme britannique par la fenêtre pour nous imposer un Robert Downey Jr. surexcité, insolent, mais brillant. On y redécouvre un aspect trop souvent gommé des bouquins : oui, le détective était aussi un redoutable expert à la bagarre. Dans les livres, il est d’ailleurs expert en baritsu, un art martial développé en Angleterre. Face à ce choix assumé de faire un blockbuster d’action, certains hurleront à la trahison.

    Personnellement ? J’ai du mal à me décider. Je suis fan de Sherlock et de ses différentes adaptations, et j’adore que le combat, ici présenté comme une science de déduction, soit au centre de l’histoire. De plus, Jude Law est convaincant en Watson. Cependant, je n’arrive pas à apprécier de voir le duo Holmes et Watson devenir les stars d’un buddy movie, qui se poursuit dans Jeu d’ombres (2011). 

    La Vie privée de Sherlock Holmes (1970)

    Nous voici face à une adaptation qui ne pouvait que me plaire. Billy Wilder a décidé d’enlever de sa superbe à Sherlock Holmes et de le rendre faillible. Presque décevant, parfois. Avec La Vie privée de Sherlock Holmes (1970), Sherlock est plus humain. Fini le superhéros analytique : on découvre un homme rongé par la mélancolie, piquant à la cocaïne pour tuer l'ennui, misogyne par dépit et surtout, vulnérable.

    Car le personnage de Conan Doyle n’est pas toujours tout rose et la pop culture a tendance à l’oublier. Le film est porté par un humour au vitriol, des dialogues vifs et intelligents, et un cynisme qui surprend. Billy Wilder arrive à nous faire ressentir la pression d’un homme, étouffé sous le poids de la légende fabriquée de toutes pièces par la plume de son colocataire, Dr Watson. Sherlock n’est pas si grand, si intelligent, si incroyable. Watson semble simplement vouloir le présenter au monde sous son meilleur jour. 

    Élémentaire, mon cher... Lock Holmes (1988)

    On sort du tragique pour arriver au comique. Élémentaire, mon cher... Lock Holmes (1988) part d’une idée géniale, presque méta avant l'heure  :  le détective plus intelligent que tous est en fait le docteur Watson (incarné par Ben Kingsley). Mais pour rester discret, il est forcé d’inventer un personnage. Il embauche alors Reginald Kincaid, un acteur de théâtre raté, alcoolique notoire et complètement bête (joué par Michael Caine en roue libre), pour endosser publiquement le costume de Sherlock Holmes. 

    Watson est ici le génie de l’ombre, frustré face à sa marionnette imbécile sous le feu des projecteurs. Il est tellement dépassé par sa propre création qu’on ne peut que penser à Sir Arthur Conan Doyle qui n’a jamais réussi à se dépêtrer de son personnage et se faire connaître pour autre chose. Ici, l’humour est magnifiquement britannique, avec Caine qui balance des déductions complètement fumeuses avec aplomb, pendant que Kingsley ne peut s’empêcher de lever les yeux et soupirer de désespoir. On croirait presque voir Mr Bean avec une pipe et un chapeau. 

    Dr House (2004-2012)

    J’entends déjà celles et ceux qui voient Dr House dans cette liste et se disent qu’on raconte vraiment n’importe quoi à JustWatch. Oui, c’est une série médicale, mais c’est avant tout une série de déductions, et une véritable relecture du détective britannique. Le créateur David Shore a transposé l'essence du sociopathe fonctionnel victorien dans les couloirs stériles d'un hôpital du New Jersey. Le détective devient Gregory House (Hugh Laurie, monstrueux de cynisme), Watson se transforme en docteur Wilson, et l'addiction à la cocaïne est troquée contre des pilules de Vicodin. Poussons la comparaison encore plus loin : House habite à l’appartement B, Baker Street, à Princeton, alors que Sherlock habite 221B Baker Street à Londres.

    La seule différence que nous pouvons noter est que, au lieu de traquer des tueurs en série dans la brume londonienne, Dr House piste des pathologies mortelles rarissimes. La scène du crime devient le patient et l’enquête policière se métamorphose en un diagnostic clinique aussi cynique qu’impitoyable. Au travers des 8 saisons, on décortique la misanthropie maladive du brillant docteur comme si être incroyablement intelligent était une malédiction qui ne peut qu’isoler. C’est l’occasion d’observer Sherlock Holmes à travers un nouveau prisme. Un prisme très bien écrit.

    Le Chien des Baskerville (1959)

    On retourne aux fondamentaux de Conan Doyle, mais avec une approche un peu plus macabre que dans le livre. Lorsque l’on voit au générique du Chien des Baskerville (1985) que c’est le studio Hammer (le légendaire studio britannique roi de l'épouvante) qui se cache derrière ce film, on se doute que le roman policier classique va basculer dans l’horreur gothique.

    Tout y est pour retranscrire une ambiance sombre et macabre : la musique angoissante, la brume, les masques, le château qu’on croirait hanté, le jeu des acteurs et l’époque victorienne propice à une ambiance glauque. Le film a beaucoup vieilli (mais on ne peut pas lui en vouloir), le regarder pour la première fois aujourd’hui peut donc s'avérer quelque peu soporifique. Cela n’empêche pas le long métrage d’être une très bonne adaptation du roman sorti en 1902. 

    Sherlock Holmes (1984-1994)

    Face à toutes ces adaptations qui prennent quelques libertés, il fallait bien s’incliner un moment devant le purisme absolu. La série Sherlock Holmes de 1984 reste la bible télévisuelle pour la communauté Holmesienne intransigeante. Produite par la chaîne Granada Television, la série se donne pour défi d’être aussi fidèle à l’œuvre littéraire d’origine que possible, que ce soit dans l'histoire que dans les décors victoriens. Voir ce programme nous en dit long sur la maniaquerie obsessionnelle probable de Michael Cox et June Wyndham-Davies, les deux producteurs. 

    Jeremy Brett campe le détective britannique à la perfection. Il ne se contente pas de jouer ou d’imiter le personnage, il semble être, profondément, cet homme lunatique, presque bipolaire avec une diction froide et incisive, des yeux perçants, un regard. Il compense à lui seul la mise en scène un peu trop statique et théâtrale pour nos yeux modernes. Il faut dire que l’acteur souffrait réellement de troubles bipolaires et d’autres problèmes de santé qui le fatiguaient lourdement, ce qui se ressent cruellement dans les dernières saisons. Le show s’essouffle, la production commence à rencontrer des problèmes, et les dernières saisons perdent de leur intérêt. Malgré cela, la série est incontournable. 

    Sherlock (2010-2017)

    La meilleure adaptation à mes yeux, et aux yeux de beaucoup de fans, est d’une évidence presque insolente. Il fallait oser : transposer un détective de l’époque victorienne associé à sa calèche et sa pipe dans le Londres des GPS, des smartphones et des blogs, c'est sacrément culotté. Pourtant, les créateurs de Sherlock (2010-2017), Steven Moffat (à qui l’on doit certaines des plus belles saisons de Doctor Who) et Mark Gatiss, ont parfaitement réussi leur coup. Les intrigues sont présentées à un rythme frénétique, avec une mise en scène audacieuse qui réussit à matérialiser visuellement la mécanique mentale du détective. Devant la caméra, la magie opère à 100%. Benedict Cumberbatch et Martin Freeman trouvent une alchimie qui donne une énergie électrique à la série, et réussissent à délivrer l’humour vache à la perfection.

    J’ai tendance à juger une adaptation de Sherlock Holmes très rapidement (à tort, sans doute), et la scène de rencontre entre Holmes et Watson est primordiale dans mon jugement. C’est LE moment qui nous permet de découvrir la personnalité et le talent de Holmes, qui se vante de tout connaître de Watson sans même l’avoir préalablement rencontré. Cette scène, dans le livre Une étude en rouge, est magnifiquement écrite. J’ai adoré ce passage dans Le Secret de la pyramide,  mais je l’ai trouvé fascinant dans cette nouvelle adaptation. Benedict Cumberbatch arrive à passer pour un sale gosse surdoué insupportable qui a juste envie de faire le show et montrer l’étendue de son intelligence. La série finit par s'essouffler un peu, mais les premières enquêtes sont des chefs-d'œuvre d’écriture. Comme quoi, réadapter un personnage classique à une époque moderne, ça peut faire mouche. On a d’ailleurs pu le voir avec Lupin (2021) plus récemment. 

  • Mythic Quest et 5 séries comiques Apple TV+ vraiment sous-cotées

    Mythic Quest et 5 séries comiques Apple TV+ vraiment sous-cotées

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Je n’aime pas dire « séries comiques ». Je trouve que cela dessert l’image de programmes qui ont certes moins de prestige que leurs pendants dramatiques, mais qui nous offrent des moments de rire, de réconfort, de feel-good aussi indispensables que mémorables. Du moins quand ils sont réussis. A l'image de la sélection que je vous propose ici, qui vise à (re)mettre en lumière de vraies pépites « Comedy Shows » imaginées par Apple TV+.

    La profondeur de l’offre streaming étant aussi immense que l’appétit de Joey dans Friends, et les algorithmes aussi têtus que Monica, on en vient souvent à regarder les évidences. Soit les grosses nouveautés du moment, soit ce que nous poussent en priorité les plateformes, soit ce que nous recommandent vos proches et collègues dans les small talks du quotidien, soit les monuments du genre. Au risque de passer à côté de séries certes discrètes, mais incontournables. En voici six que je vous recommande d’intégrer d’urgence à votre watchlist !

    Mythic Quest : Le Festin du Corbeau (2020-2025)

    Silicon Valley (2014-2019) rencontre The Office (2005-2013) : on pourrait résumer ainsi la pépite Mythic Quest : Le Festin du Corbeau (4 saisons, 41 épisodes dont deux spéciaux tournés pendant le confinement). Imaginée par le créateur de It’s Always Sunny in Philadelphia, la série Apple TV+ nous plonge dans les coulisses de la création d’un jeu vidéo. Mais toute comparaison a ses limites et le show a son propre ton, sa propre patte, son propre univers, qui s’illustre par le grand écart à l’écran entre le monde fantastique et épique du jeu et l’environnement d’open spaces banals et les situations de bureau dans lesquels gravitent les personnages.

    Les gamers adorent, d’autant que la série a été accompagnée par Ubisoft pour pousser la véracité à l’écran). Mais si, comme moi, vous n’êtes pas forcément porté.e sur la manette, vous devriez craquer pour la relation entre Ian et Poppy. C’est le coeur émotionnel de Mythic Quest. D’un côté, il y a le créatif mégalo mais sincèrement brillant (Robert McElhenney), de l’autre sa codeuse en chef pragmatique chargée de concrétiser sa vision (Charlotte Nicdao). Et entre les deux, il y a une relation faite d’admiration mutuelle, de mentorat toxique, de rivalité créative et de tension romantique. Voilà un « couple » méconnu qui mérite toute votre attention. Et si vous avez aimé la proposition du créateur « Rob Mac », foncez sur les quatre épisodes de Side Quest (2025-) qui prolongent la série par le prisme de personnages parallèles. 

    Loot (2022-)

    Que feriez-vous avec 87 milliards de dollars ? Molly Novak, fraîchement divorcée après l’adultère de son richissime mari, devient la troisième femme la plus riche des Etats-Unis en même temps que l’incarnation médiatique et planétaire de la femme trompée. En pleine crise existentielle, elle va retrouver du sens en se rapprochant de la fondation qu’elle avait complètement oubliée avoir créé (!) et des employés qui voient débarquer cette étrange patronne dans leur quotidien.

    Avec Loot (3 saisons, 30 épisodes), Matt Hubbard (30 Rock) et Alan Yang (Parks & Recreation) s'attaquent avec malice à l’univers des ultra-riches, et utilisent leur déconnexion pour mieux interroger le sens de la vie. Ce qu’on aime ici, c’est l’équilibre entre satire et comédie feel-good, qui font qu’on termine chaque épisode avec légèreté et sans trop d’acidité. C’est un peu l’anti-Succession, finalement, où Maya Rudolph (j’adore cette actrice) s’éclate et nous éclate aux côtés de nombreux guests (dont Seal, Tony Hawk, Henry Winkler, Benjamin Bratt et notre Frenchie Olivier Martinez !).

    Platonic (2023-)

    Ils formaient un couple attachant, crédible et drôle dans Nos pires voisins (2014) et Nos pires voisins 2 (2016). Rose Byrne et Seth Rogen se retrouvent dans Platonic (2 saisons, 20 épisodes), une sorte de variation régressive autour de Quand Harry Rencontre Sally… (1989) qui interroge l’amitié entre femmes et hommes alors que pointe la crise de la quarantaine. Les showrunners Nicholas Stoller et Francesca Delbanco (Friends From College) nous offrent ici une romcom sans romance (platonique, donc) et explorent l’idée passionnante d’une comédie sur l’amitié très intense entre deux ancien meilleurs amis qui se retrouvent à l'âge adulte.

    Passionnante... et drôle, car dès qu’ils sont réunis, Sylvia et Will se lâchent et leurs soirées et sorties tournent souvent à la catastrophe. La grande force du show, au-delà de cette approche originale, c’est l’alchimie du tandem Byrne / Rogen, qui improvisent beaucoup de leurs dialogues et de leurs interactions. Au-delà de leurs retrouvailles en saison 3, j’avoue que j’adorerais voir la comédienne dans l’univers de The Studio (2025-), satire hilarante d’Hollywood par Seth Rogen à consommer également sans modération sur Apple TV+.

    Still Up (2023)

    Voilà une autre amitié platonique… et téléphonique ! Dans Still Up (1 saison, 8 épisodes), l’esprit des coups de fil nocturnes devant Casablanca entre Harry et Sally (décidément) n’est pas loin puisqu’on y suit les conversations entre Lisa (Antonia Thomas) et Danny (Craig Roberts), deux insomniaques qui passent leurs nuits à discuter sans jamais s’être rencontrés. Teinté de mélancolie (et de fatigue, forcément), le show propose une bulle distanciée mais profondément attachante entre deux êtres victimes de la solitude des grandes villes.

    Tout au long des huit épisodes, ce lien intime tisse une interrogation centrale sur la vraie nature de ces confessions nocturnes autour de leurs vies, leurs envies et leurs regrets : vraie amitié ? relation fantasmée ? romance inévitable ? Réponse au bout de la nuit et de l’unique saison de cette pépite britannique intimiste et originale (et en pyjamas !), qui nous ramène à quelque chose de profondément simple et humain. 

    The Big Door Prize (2023-2024)

    Imaginez une machine qui, en échange d’une simple pièce, vous révèle votre véritable potentiel de vie. Cet étrange dispositif baptisé Morpho, sorte de distributeur automatique d’inspiration, existe dans l’épicerie de la série The Big Door Prize (2 saisons, 20 épisodes). Et forcément, sa présence et ses révélations vont bouleverser les habitants de la petite ville de Deerfield, chacun remettant en question ses choix, ses ambitions et ses relations une fois le résultat imprimé.

    La série aurait pu être un épisode de Black Mirror. Mais son ton, bien plus léger que l’anthologie de Charlie Brooker, oscille entre comédie, drame et réalisme magique et va plutôt chercher du côté de la fable moderne et inspirationnelle sur le sens de la vie et l’importance qu’on accorde au destin ou au libre arbitre. Il y a un peu de Un jour sans fin (1993), un peu de Harold Crick (2006), un peu de Walter Mitty (2013), un peu de Life of Chuck (2025) aussi dans cette adaptation chorale du roman de M. O. Walsh. supervisée par David West Read (Schitt's Creek), dont l’humanité et la tendresse s’incarnent parfaitement dans le héros campé par Chris O'Dowd

    Strange Planet (2023)

    « Et si notre monde n’était pas le seul où l'existence est absurde ? » Voilà résumée l’approche de Strange Planet (1 saison, 10 épisodes), qui nous interroge -là encore- sur le sens de la vie et les habitudes parfois (très) étranges de notre quotidien. La série animée, minimaliste et pastel, adaptée des publications Instagram imaginées par Nathan W. Pyle (par la suite éditées en recueils) prend un peu l’approche inverse de ce que Bernard Werber proposait dans Nos amis les Terriens (2007) : à la place d’un documentaire extraterrestre sur nous humains, nous sommes ici invités à découvrir la vie de créatures bleues sur leur propre planète.

    Leurs comportements sont très similaires aux nôtres, jusque dans leur absurdité ; seul leur langage diffère un peu, puisque ces personnages s’expriment de manière très littérale et clinique sur ce qu’ils traversent (on ne bronze pas, on subit des dégâts stellaires, par exemple). Et c’est justement tout l'intérêt de la proposition, que certains pourraient qualifier de naïve mais qui sert de miroir à notre culture humaine qui repose quand même beaucoup sur des codes certes normaux à nos yeux mais sans doute très bizarres pour un observateur objectif. Comme le fait d’écrire ou lire ces lignes, par exemple ! N'hésitez pas, c’est un bon complément à Solar Opposites (2020-) dans lequel des aliens débarquent dans l'Amérique profonde.

  • Frankenstein a eu plusieurs fiancées ? 6 films à voir pour prolonger The Bride!

    Frankenstein a eu plusieurs fiancées ? 6 films à voir pour prolonger The Bride!

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    De Nosferatu (2024) de Robert Eggers à Frankenstein (2025) de Guillermo del Toro, entre autres, les récits iconiques de l’horreur gothique ont récemment connu une véritable revitalisation au cinéma. Ces adaptations, qui s’inspirent des classiques qui les ont précédées -tout en leur rendant hommage- permettent également d’interpréter leur matériau source selon une sensibilité moderne.

    L’un des exemples les plus récents de ces adaptations inventives et créatives est The Bride! (2026) de Maggie Gyllenhaal. Sortie en salles le 4 février dans l’Hexagone, cette nouvelle relecture du mythe de Frankenstein et de son univers élargi se concentre sur la Fiancée de la Créature en l’imaginant dans le Chicago des années 1930, que le film dépeint avec une esthétique baroque et punk, sans aucune peur de paraître excessif. En défiant les codes du genre (dans les deux sens du terme), la réalisatrice dialogue, de manière indirecte, avec les versions précédentes de son personnage principal. À l’occasion de la sortie du film, JustWatch revient justement sur d’autres apparitions et interprétations de la Fiancée sur le grand écran.

    La Fiancée de Frankenstein (1935) 

    La première apparition de la Fiancée de la Créature se trouve dans le deuxième volet des films produits par Universal, La Fiancée de Frankenstein (1935). Réalisé par James Whale, le film voit Mary Shelley raconter la suite de l’histoire de Frankenstein et de son Monstre à Percy Shelley et à Lord Byron. Le film introduit également le personnage du docteur Pretorius, mentor de Henry Frankenstein, qui se lance dans le projet de créer une compagne pour le Monstre et force Henry à l’aider en le menaçant de s’en prendre à la vie de sa fiancée, Elizabeth.

    Même si l’intrigue concerne principalement la création de ce monstre féminin, on ne la voit apparaître que pendant quelques minutes dans le film. Bien qu’elle n’apparaisse que très brièvement à l’écran, la Fiancée, interprétée par Elsa Lanchester -qui joue un double rôle en incarnant également Mary Shelley- marque à jamais l’histoire du cinéma. Avec sa coiffure aux mèches blanches, son maquillage et sa robe, son apparence devient aussi iconique que celle de Boris Karloff. Comme le film de Maggie Gyllenhaal répond au film de James Whale -ou plutôt cherche à combler les lacunes qu’il avait laissées dans la représentation de son personnage féminin- La Fiancée de Frankenstein constitue sans doute un visionnage essentiel pour tous les cinéphiles.

    La Promise (1985)

    Une adaptation cinématographique qui repose moins sur le registre de l’horreur que sur un ton carnavalesque et romanesque, La Promise (1985) de Franc Roddam suit deux récits parallèles : celui de la Créature, nommée Viktor dans le film, et celui d’Eva, la compagne que le baron Charles Frankenstein a créée pour le Monstre, mais qui ne possède pas les déformations dont ce dernier souffre. Charles, interprété par le légendaire Sting, décide de garder Eva pour lui-même et l’éduque afin qu’elle apprenne les règles et les coutumes de la société, alors qu’elle commence à mettre en question ses origines. Viktor, quant à lui, est recruté par un cirque avec son ami Rinaldo, mais finit par subir la violence des êtres humains — tout comme Eva, maltraitée par le baron possessif.

    Au regard du personnage de la Fiancée, cette version n’est malheureusement pas très réussie et souffre d’un certain déséquilibre tonal. À mi-chemin entre le mythe de Pygmalion et le récit de La Belle et la Bête, le film reste néanmoins un objet curieux, marqué par l’esthétique des films de studio des années 1980. Si vous cherchez une proposition plus radicale dans laquelle on retrouve également cette thématique de l’éducation sociétale, Pauvres Créatures (2023) de Yorgos Lanthimos constitue sans doute un choix idéal.

    Frankenhooker (1990)

    Réalisé par Frank Henenlotter, cinéaste emblématique du cinéma d’exploitation new-yorkais, Frankenhooker (1990) revisite la mythologie de Frankenstein sous un angle kitsch, grotesque et débordant d’humour noir. Henenlotter déplace le récit dans le New Jersey des années 1990 et transforme le personnage du docteur Frankenstein en un scientifique amateur obsédé par l’idée de ressusciter sa fiancée, qu’il a perdue à la suite d’un terrible accident. Spécialisé dans le domaine de la bioélectricité, Jeffrey décide d’utiliser différentes parties de corps de prostituées qu’il fait exploser à l’aide d’une drogue qu’il appelle « super-crack » (oui, vous avez bien lu !).

    Mais le résultat s’avère loin d’être parfait : le corps ainsi recomposé incarne tour à tour la personnalité de chaque prostituée et fait exploser quiconque tente de la toucher. Désormais surnommée « Frankenhooker », Elizabeth ressuscitée finit par employer la même procédure sur Jeffrey. Avec son mélange de gore outrancier et d’humour délirant, Frankenhooker constitue une relecture audacieuse du mythe de Frankenstein, portée par une vulgarité et un excès que Maggie Gyllenhaal, selon plusieurs critiques, n’ose pas explorer dans sa propre version. Le degré de violence et de sexualité ne sera pas au goût de tout le monde, mais pour les amateurs de cinéma bis -en particulier les fans de The Toxic Avenger (1984) ou de Frère de Sang (1982), également réalisé par Henenlotter- le film reste absolument incontournable.

    Re-Animator II (1990)

    Deuxième entrée dans la série des films Re-Animator, Re-Animator II (1990) est, à l’origine, une adaptation de la nouvelle Herbert West–Reanimator de H. P. Lovecraft. Mais le réalisateur et producteur Brian Yuzna transforme le film en une sorte de parodie de La Fiancée de Frankenstein. On y retrouve le docteur Herbert West et Dan Cain, qui poursuivent leurs recherches afin de perfectionner leurs expérimentations au Pérou, où ils travaillent comme médecins au milieu d’une guerre civile. Ils reprennent ensuite leurs postes à l’hôpital de l’Université de Miskatonic. Leur objectif ? Ressusciter Megan Halsey, la fiancée de Dan.

    D’un point de vue narratif, il est vrai que le film manque d’originalité, mais son aspect parodique, combiné au gore et à l’humour noir, vient compenser cette faiblesse. Des éléments de body horror, poussés à l’extrême grâce à l’usage inventif des effets spéciaux pratiques — assurés par le fidèle collaborateur de Yuzna, Screaming Mad George — confèrent au film son véritable charme cruel.

    L’univers de Re-Animator étant assez proche de celui de Frankenhooker, on le conseille plutôt aux amateurs de cinéma d’exploitation - sûrement moins à celles et ceux qui apprécient l’atmosphère gothique du récit original de Frankenstein. Si vous souhaitez explorer davantage cette veine du cinéma de genre, on peut également recommander Aux portes de l’au-delà (1986). Il s’agit aussi d’une adaptation de Lovecraft, signée par Stuart Gordon, réalisateur du premier Re-Animator (1985), dans laquelle on retrouve également Jeffrey Combs, l’acteur qui incarne l’iconique Herbert West.

    Frankenstein (1994)

    Produit par Francis Ford Coppola -d’où le titre original Mary Shelley’s Frankenstein, à l’image de son Bram Stoker’s Dracula (1992)- Frankenstein (1994) est considéré comme l’une des adaptations cinématographiques les plus fidèles au roman. En ce qui concerne la figure de la Fiancée, il existe cependant une différence par rapport au matériau source. Dans le film, comme dans le livre, Victor Frankenstein accepte d’abord de créer une compagne pour la Créature, mais renonce finalement à sa décision, provoquant la fureur du monstre, qui se venge en tuant Elizabeth, la fiancée de Victor. Dévasté, Victor tente alors de la ressusciter, mais malgré ses efforts, il se retrouve face à une version défigurée de sa bien-aimée.

    Réalisé par Kenneth Branagh, qui interprète également Victor Frankenstein,  le film se distingue par une grande ambition, aussi bien dans son approche esthétique et formelle que dans sa tonalité affective. Connu pour ses adaptations de Shakespeare, Branagh aborde clairement le matériau source sous cet angle théâtral. En tant qu’acteur, il se montre toutefois moins convaincant, en particulier parce qu’il reste quelque peu dans l’ombre de Robert De Niro, qui brille dans le rôle de la Créature. Quant à Elizabeth, elle est incarnée par Helena Bonham Carter : avec son visage naturellement romantique et gothique, l’actrice semble véritablement taillée pour ce rôle.

    La Fiancée de Chucky (1998)

    Franchise emblématique du genre du slasher, Chucky a connu un changement de ton très important avec La Fiancée de Chucky (1998). Don Mancini, scénariste du film et futur réalisateur de plusieurs volets ultérieurs de la franchise, opte ici pour une veine qui penche davantage vers la méta-comédie, en se concentrant plus directement sur la poupée Chucky. Dans le film, l’ex-petite amie de Chucky retrouve la poupée et le ressuscite grâce au vaudou. Après une dispute, Chucky électrocute Tiffany et enferme son âme dans une poupée de mariée : tout au long du film, les deux cherchent à retrouver leur forme humaine.

    Parmi les films que nous avons cités, La Fiancée de Chucky apparaît moins comme une adaptation que comme une référence parodique à La Fiancée de Frankenstein, car son récit et ses thèmes s’éloignent assez nettement du matériau source. Il faut néanmoins souligner que Tiffany Valentine est devenue elle-même une véritable icône du slasher -sans doute plus marquante que la plupart des autres interprétations de la figure de la Fiancée après celle du film de James Whale. Rien que pour cette raison, le film mérite largement d’être découvert, ne serait-ce que pour la performance exceptionnelle de Jennifer Tilly, qui reprend le même rôle dans les autres films de la franchise -à l’exception de la série télévisée.

  • Le plus grand secret de One Piece est au fond de la mer, et un seul réalisateur peut le récupérer

    Le plus grand secret de One Piece est au fond de la mer, et un seul réalisateur peut le récupérer

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Il fallait bien qu’Eiichiro Oda continue de nous surprendre. Après presque trente ans à entretenir le plus grand coffre-fort narratif du manga, le créateur de One Piece a décidé de transformer son secret en véritable trésor. Il a couché sur papier la vérité sur le One Piece, l’a enfermée dans un coffre, puis l’a envoyée au fond de la mer dans une vidéo devenue instantanément virale. Une idée folle, brillante, totalement à l’image de son manga, aujourd’hui devenu plus qu’un phénomène.

    La chasse au trésor est lancée par Eiichiro Oda

    Dans le manga, le One Piece a déclenché l'âge d’or de la piraterie. C’est à cause de cela, et de l’annonce du Roi des Pirates, Gol D. Roger, au moment de son exécution, qu’un élan de liberté et de chasse au trésor s’est emparé de tous les esprits rebelles comme celui de Monkey D. Luffy, le héros du manga. C’est pour cela que le coup de communication d’Oda est vraiment très fort. 

    Dans la vidéo révélée début mars, Oda écrit sur un papier ce qu’est réellement le One Piece. Il en déchire une partie, glisse le fragment dans un petit coffre, l’enferme dans une sphère blindée et résistante à la pression et envoie le tout au fond de l’océan. On est entre l’absurde et le sérieux. Le secret qui a animé des millions de fans à travers le monde est maintenant un véritable trésor !

    Évidemment, on a tous envie de construire un bateau de pirates, trouver un équipage, et de partir à la recherche du One Piece (et peut-être lancer l’âge d’or de la piraterie dans le monde réel ?). Mais, soyons honnêtes, une seule personne est capable d’aller le chercher, et c’est l’un des réalisateurs les plus connus et talentueux du cinéma.

    Pourquoi James Cameron est le seul réalisateur taillé pour le job ?

    Si on devait monter une expédition pour aller repêcher ce coffre, la liste des candidats crédibles tient sur la moitié d’un post-it. Déjà, il y aurait mon nom, car je veux faire partie de l’aventure ! Mais surtout, il y aura le nom de James Cameron qui écrase la concurrence. Il faut dire que le bonhomme a plongé jusqu’au fond de la fosse des Mariannes en 2012, à bord de son bathyscaphe Deepsea Challenger. C’est une descente vertigineuse de 11 000 mètres de profondeur. Le réalisateur de Abyss et Titanic est donc bien loin de se cantonner à être derrière sa caméra. C’est aussi un explorateur pur jus, qui rendrait Jacques Cousteau bien fier. 

    Un coup de folie pour fêter un record historique : 600 millions de ventes

    Si Oda a décidé de noyer l’ultime secret de son œuvre, c’est avant tout pour célébrer un cap. One Piece, dont l’aventure a commencé le 22 juillet 1997 dans les pages du mythique Weekly Shōnen Jump, vient officiellement de franchir la barre vertigineuse des 600 millions d'exemplaires vendus. Le manga est maintenant dans la même catégorie que Superman, Batman, ou Harry Potter. C’est un univers si dense et fédérateur qu’il a depuis longtemps fait exploser les frontières de son propre format, se mélangeant à la culture, mais aussi à la politique. On a tous entendu Damso ou 1995 faire référence à Luffy, et on a tous vu l'emblème du chapeau de paille dans des manifestations à travers le monde. 

    La saison 2 du live-action Netflix en approche : Le défi de Grand Line

    Outre les 600 millions d’exemplaires vendus, le mois de mars marque aussi la sortie de la saison 2 de l’adaptation en live-action produite par Netflix. Après avoir magistralement brisé la « malédiction » des adaptations d’animes avec une première saison plébiscitée, le showrunner Matt Owens et son équipe (sous l’œil attentif de l’omniprésent Eiichiro Oda) s’attaquent à un morceau de choix : l’entrée sur la Grand Line, le début des choses sérieuses. 

    Ici, tout est plus sombre, moins insouciant. Fini le pirate qui navigue tranquillement, Luffy doit maintenant faire face à des adversaires de taille. Les fans trépignent d’impatience à l’idée de découvrir la sulfureuse Loguetown, ou bien l’île glacée de Drum (et l’arrivée de notre renne médecin préféré, Tony Tony Chopper), et surtout l’arc d’Alabasta. Le capitaine Smoker, la princesse Vivi, Crocodile, Baroque Works, sont autant de personnages adorés ou détestés qu’on va avoir la chance de découvrir. 

    Mais au fait, c'est quoi le One Piece ?

    Puisque la vérité sur le One Piece repose désormais avec les poissons des profondeurs, il ne nous reste que nos cerveaux et nos espoirs pour tenter de percer le mystère. Depuis trois décennies, Oda s’amuse à semer quelques indices au compte-goutte. De très nombreuses théories peuvent être trouvées en ligne, et chacun y va de sa petite idée. Alors voici les théories les plus solides et populaires qui circulent dans la communauté (attention, il peut y avoir un peu de spoil si vous n’êtes pas à jour dans les anime ou manga) : 

    • All Blue, ou la destruction de Red Line : C’est la théorie la plus populaire, et ma préférée. Le One Piece serait un plan impliquant l’utilisation des Armes Antiques pour détruire le continent de Red Line qui divise le globe en quatre mers. En détruisant ce mur titanesque, les quatre océans ne feraient plus qu’un pour créer le légendaire « All Blue » (le plus grand rêve de Sanji). Cela offrirait une liberté totale à l’humanité, tout autant physique que politique. 

    • La plus grande blague de Joy Boy : Lorsque Gold D. Roger et son équipage légendaire sont arrivés sur l’île finale et ont vu le trésor laissé par Joy Boy il y a 800 ans, leur seule réaction a été de pleurer de rire. C’est pour cela qu’ils ont rebaptisé l’île « Laugh Tale » (le conte qui fait rire). Est-ce que tout cela serait un immense canular ? C’est en tout cas dans l’esprit loufoque de One Piece, avec un Luffy qui fait souvent preuve de folie et de joie. 

    • L’histoire du Siècle Oublié : Dans le monde de One Piece, le Gouvernement Mondial décide de tout. Pour garder sa mainmise sur le monde, il a méthodiquement effacé 100 ans d’Histoire. Le coffre posé sur Laugh Tale contient sans doute le dernier Rio Poneglyphe, révélant la vérité sur ce siècle perdu et les crimes fondateurs du Gouvernement. Ce serait l’étincelle qui pousserait Luffy, ses alliés, et l’Armée Révolutionnaire, à déclencher la plus grande révolution mondiale jamais vue afin de renverser les Cinq Doyens. 

    • La chanson « Le Bon Rhum de Bink » (« Binks’ Sake ») : C’est une théorie plutôt politique qui rejoint quelques suppositions présentées ici. La célèbre chanson, chantée par Brook, contiendrait le chemin vers Laugh Tale. La chanson parle de « traverser les mers », affronter « les tempêtes », chanter avec la « voix des vagues ». Aussi, le « Sake de Binks » symboliserait le partage et la réunion de tous les peuples. 

    De mon côté, je pense que c’est un mélange de ces quelques théories. Le One Piece vise à rassembler les peuples, détruire les frontières et faire tomber le Gouvernement Mondial. Je rêve de voir Luffy et ses camarades, rigoler à s’en tordre les poumons, un verre de saké à la main, de la nourriture dans l’autre, face à un monde qui se rassemble. 

  • Les 10 plus longues franchises du cinéma d’horreur (Scream n’est pas n°1 !)

    Les 10 plus longues franchises du cinéma d’horreur (Scream n’est pas n°1 !)

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Quand on aime, on ne compte pas… Le cinéma d’horreur est l’un de ceux qui joue le plus les prolongations avec une, deux, pléthore de suites ou de reboots et des séries dérivées. Avec autant de déclinaisons, les spectateurs ont l’assurance de ne jamais être à court de cauchemars et de nuits hantées par ces personnages iconiques. 

    Avec la sortie de Scream 7 (2026), beaucoup pensent que la saga autour du tueur surnommé Ghostface fait figure de marathon du genre. Sept films en près de trente ans, c’est déjà une belle longévité. Mais non, Scream est loin d’être la franchise la plus prolifique du cinéma d’horreur. Pour établir ce classement, nous avons volontairement écarté certaines « fausses » sagas longues comme celle démarrée avec Amityville : la maison du diable (1979) ou La Nuit des morts-vivants (1968). Pourquoi ? Parce que leur titre est tombé dans le domaine public ou exploité librement, ce qui a engendré une multitude de films non reliés par une continuité officielle (35 au total pour l’univers Amityville !). Ici, je ne vais compter que les franchises cohérentes avec des suites reconnues.

    Pour JustWatch, je vous fais la liste des dix franchises d’horreur les plus longues. Et certaines vont vous surprendre !

    10. Chucky (8 films)

    Chucky, cette poupée tueuse possédée, est l’exemple parfait d’une franchise capable de se réinventer sans se renier. Lancée à la fin des années 80 comme un slasher pur et brutal avec le film Jeu d’enfant (1988), la saga a progressivement glissé vers l’auto-parodie et la comédie horrifique avec La Fiancée de Chucky (1998) et Le Fils de Chucky (2004) avant de revenir à un ton plus sombre dans les années 2010. Huit films officiellement reconnus, un reboot en 2019 et une série télévisée qui prolonge la continuité principale : la poupée n’a jamais vraiment quitté la pop culture. Peu de franchises peuvent se targuer d’avoir traversé autant d’évolutions stylistiques tout en restant identifiables au premier regard.

    9. Massacre à la tronçonneuse (9 films)

    Leatherface est né dans la poussière texane des années 70, dans Massacre à la tronçonneuse (1974), un film brutal et quasi documentaire devenu culte. Depuis, la franchise a connu des suites directes, un remake très remarqué dans les années 2000, un préquel et même une suite sortie sur Netflix en 2022. Malgré des variations de qualité et de ton, la licence reste officiellement unifiée. Ce qui frappe, c’est sa capacité à revenir régulièrement à l’essentiel : une famille dégénérée dans une maison isolée avec ce bruit de tronçonneuse qui vient rompre le silence.

    8. Les Griffes de la nuit (9 films)

    Freddy Krueger, héros du film Les griffes de la nuit (1984) est l’un des rares tueurs à posséder une personnalité flamboyante. Entre humour noir et créativité visuelle délirante, la saga a exploré le terrain du cauchemar avec une liberté rare. Huit films principaux, plus le crossover officiel avec Jason, composent une franchise qui a marqué l’imaginaire collectif des années 80 et 90. Même le remake de 2010 reste intégré à la licence officielle, preuve que Freddy refuse obstinément de dormir à la nuit tombée.

    7. Conjuring (10 films)

    C’est le modèle moderne de la franchise horrifique ! Pensé dès le départ comme un univers partagé, The Conjuring a donné naissance à quatre films centrés sur les Warren (dont le dernier Conjuring : L’heure du jugement), trois Annabelle (dont le dernier Annabelle : La Maison du mal), trois films sur la Nonne (dont La Nonne : La Malédiction de Sainte-Lucie) et La Malédiction de la Dame Blanche (2019). Chaque film enrichit la chronologie globale, à la manière d’un puzzle démoniaque parfaitement huilé. En à peine dix ans, la saga s’est imposée comme l’une des plus rentables du genre, prouvant que l’horreur peut aussi devenir un univers structuré, presque « super-héroïque » façon Marvel, mais version possession et exorcisme.

    6. Saw (10 films)

    Dans les années 2000, Saw (2003) a redéfini l’horreur mainstream avec son esthétique industrielle et ses pièges machiavéliques. Dix films plus tard, la franchise continue d’explorer la mythologie complexe de Jigsaw à travers préquels, suites directes et relances comme Spirale : l’héritage de Saw (2021) ou Saw X (2023). Ce qui distingue Saw, c’est sa cohérence interne : malgré la multiplication des épisodes, la chronologie reste soigneusement imbriquée, transformant la saga en gigantesque puzzle narratif.

    5. Hellraiser (11 films)

    Pinhead n’est pas qu’un simple boogeyman : il est une figure quasi mythologique du cinéma d’horreur, au même titre que Freddy Krueger ou Jason Voorhees. Lancée par Clive Barker en 1987 avec le film Hellraiser : le pacte, la saga mêle body horror, sadomasochisme et une touche de dimension métaphysique. Après plusieurs suites cinéma, la franchise s’est prolongée en productions à petit budget sorties directement en vidéo pendant des années, avant de renaître via un reboot en 2022 officiellement rattaché à la licence. Onze films au total : une longévité qui prouve que certaines portes infernales restent toujours entrouvertes.

    4. Vendredi 13 (12 films)

    Dans Vendredi 13 (1980), Jason Voorhees est devenu une icône du slasher grâce à son masque de hockey et sa démarche implacable. Onze films principaux et un crossover officiel composent cette saga qui a défini les codes du genre : adolescents imprudents, lieu isolé, punition sanglante. Même les épisodes les plus improbables — comme celui qui envoie Jason dans l’espace — font partie intégrante de la licence. Peu de franchises peuvent se vanter d’avoir autant marqué l’esthétique horrifique populaire.

    3. Halloween (13 films)

    Michael Myers est la définition même du mal persistant. Depuis le classique de 1978, La Nuit des masques, la franchise a connu des suites multiples, des timelines alternatives, un reboot par Rob Zombie (Halloween) et une trilogie récente qui revient directement au film original de John Carpenter. Treize films au total, tous officiellement reconnus. Halloween incarne la notion même de slasher avec une formule scénaristique minimaliste mais éternelle.

    2. Puppet Master (15 films)

    Voici la surprise du classement. Quinze films centrés sur des marionnettes meurtrières animées par une force égyptienne occulte. Moins médiatisée que les grandes sagas hollywoodiennes, Puppet Master (1989) a pourtant maintenu une production régulière sur plus de trente ans. Suite après suite, la franchise s’est construite un univers cohérent, oscillant entre série B assumée et mythologie fantastique. Un marathon discret, mais redoutablement endurant. Le dernier opus en date ? Le spin-off Puppet Master : Doktor Death (2022).

    1. Witchcraft (16 films)

    La première place revient à une saga que peu de spectateurs citeraient spontanément. Lancée en 1988, Witchcraft suit une continuité linéaire centrée sur l’occultisme et le personnage de William Spanner. Seize films produits sur près de trente ans, sans reboot ni série dérivée. Discrète, souvent cantonnée au marché vidéo, la franchise détient pourtant le record absolu en nombre de films dans une continuité unique. Comme quoi, dans l’horreur, les champions ne sont pas toujours ceux que l’on croit !

  • Après la saison 2 de Hijack, 9 séries pépites pour plonger dans les ténèbres de Berlin

    Après la saison 2 de Hijack, 9 séries pépites pour plonger dans les ténèbres de Berlin

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Vous venez de voir la saison 2 de Hijack avec Idris Elba ? Si l’acteur britannique a troqué l’avion de la saison 1 pour les tunnels étouffants du métro berlinois, la tension, elle, est restée immense. Après cette prise d’otages dans les tréfonds de la capitale allemande, la Porte de Brandebourg risque de vous paraître bien fade si vous recherchez une série berlinoise qui garde le même ton. 

    Berlin n’est pas juste une ville de fêtes, de culture et de musique ; c’est aussi un labyrinthe de béton froid, avec des cicatrices laissées par une histoire lourde. Pour prolonger cette claustrophobie urbaine, j’ai sélectionné pour JustWatch neuf œuvres qui explorent les entrailles de la ville. Ici, on oublie les guides touristiques : ces séries vous emmènent dans des endroits que je vous conseille d’éviter ! On parle d’espionnage, de guerres de clans, de secrets enfouis sous le bitume. 

    Unfamiliar (2026-)

    Unfamiliar (1 saison, 6 épisodes) est la suite logique du moment, puisque la série fait partie des plus populaires sur Netflix. Ici, c’est un peu comme si The Americans (2013-2018) rencontrait l’ambiance froide d’un huis clos berlinois. On suit un couple d’ex-espions qui pensait avoir acheté sa tranquillité en gérant une « safe house » en plein Berlin. Sauf que dans cette ville, le passé a tendance à revenir nous mordre violemment, sans qu’on s’y attende. 

    On est sur du classique : meurtres, trahisons, alliances, secrets. Un thriller d’espionnage comme on les aime. Ce n’est pas révolutionnaire, mais c’est vraiment très efficace. Surtout que le scénario est vraiment bien écrit et prend bien soin de conserver une grande part de mystère à chaque épisode. Une paranoïa s’installe, même chez le spectateur, alors que les mensonges s’accumulent. 

    Deutschland 83 (2015)

    Impossible de passer à côté de Deutschland 83 (1 saison, 8 épisodes) si vous aimez l’espionnage et la Guerre Froide. Cette série (suivie de 86 et 89, pour la trilogie complète) nous ramène à l’époque où le monde retenait son souffle, le doigt sur le bouton nucléaire. On y suit Martin Rauch, un jeune garde-frontière de l’Est envoyé de force à l’Ouest pour infiltrer l’armée de la RFA. Ce n’est pas une énième série d’espionnage sur le conflit. C’est un thriller pop survolté, rythmé par une bande-son des années 80 parfaitement sélectionnée (Peter Schilling, Nena, New Order, Duran Duran, Bowie) et qui contraste avec la menace imminente d’une Troisième Guerre mondiale. 

    Le contraste, la série en abuse (et ce n’est pas une critique) : le ton est aussi grave que léger, c’est drôle, c’est passionnant, et la naïveté de Martin est rafraîchissante. Le protagoniste est vite confronté au choc culturel alors que les supermarchés de l'Ouest sont des lieux bien étranges à ses yeux. C’est une série qui ose, qui donne du rythme à son scénario et devant laquelle il est impossible de s’ennuyer. Pour les fans de Goodbye Lenin! (2003), c’est un passage obligatoire. 

    Kleo (2022)

    Kleo (2 saisons, 14 épisodes) est la réponse allemande à Killing Eve (2018-2022), mais avec une saveur post-RDA inimitable. L’histoire commence juste après la chute du Mur : Kleo Straub (Jella Haase), une tueuse d’élite de la Stasi, sort de prison après avoir été trahie. Elle n’a alors qu’une seule obsession : se venger dans le sang à travers un Berlin réunifié en pleine mutation anarchique. 

    Visuellement, c’est une claque. On oublie la noirceur de l’époque pour laisser place à des couleurs kitsch, des vêtements qu’on s’arracherait en friperie aujourd’hui, et de l’humour noir. On retrouve une nouvelle fois ce choc culturel alors que la musique électronique et les mœurs venues de l'Ouest envahissent l’Est. L’actrice, brillante, arrive à osciller entre sentimentalisme et brutalité psychopathe, tandis que son acolyte, Thilo (Julius Feldmeier), résume l’humour et l’absurde de la série à lui tout seul. C’est parfait pour décompresser : fun, rythmé, déjanté, avec une super histoire. Une pépite qui prouve qu’on peut rire en tuant des ex-agents de la Stasi. 

    Berlin Station (2016-2019)

    On revient au sérieux, au réalisme et au contemporain. Berlin Station (3 saisons, 29 épisodes) pourrait être comparé au Bureau des Légendes (2015-2020) par sa sobriété. Oubliez les gadgets à la James Bond, ici, les armes sont la bureaucratie, les clés USB cryptées, et les coups de poignard dans le dos sans que personne ne s’en aperçoive. L'intrigue suit Daniel Miller (Richard Armitage), un analyste américain transféré au bureau de la CIA à Berlin pour trouver la taupe qui fait fuiter des secrets d'État. 

    Berlin Station est faite pour les puristes, lecteurs de John Le Carré. La ville est filmée comme un personnage à part entière : grise, tentaculaire, labyrinthique, froide. Kleo montrait son côté festif, pop, coloré, Berlin Station expose le sombre de la ville. J’ai adoré que la frontière entre le Bien et le Mal soit inexistante. Personne n’est gentil ou méchant, la morale est absente, et tout ce qui compte est de servir ses propres intérêts et ceux de l'État qu’on défend. 

    4 Blocks (2017)

    On quitte les espions pour plonger dans le bitume avec 4 Blocks (3 saisons, 19 épisodes), qu’on pourrait facilement comparer à Gomorra (2014-2021). Nous sommes à Neukölln, un quartier de Berlin, territoire du clan libanais Hamady. Ali « Toni » Hamady (Kida Khodr Ramadan) rêve de se ranger pour offrir un avenir légal à sa femme et sa fille. Mais l’arrestation de son beau-frère le force à replonger à pieds joints dans le sang et la drogue pour protéger son quartier des gangs rivaux et de la police. 

    C'est brut, c'est sale, et ça fait froid dans le dos. Neukölln est l’un des quartiers les plus populaires de Berlin, avec ses bars cools, ses kebabs excellents, son multiculturalisme, mais 4 Blocks permet de découvrir la noirceur de ce lieu, sans rien glamoriser. Kida Khodr Ramadan livre une superbe performance en parrain fatigué mais impitoyable. C'est une œuvre qui sort des sentiers touristiques, et qui dépeint une réalité qui ne donne vraiment pas envie. Croyez-moi, après avoir vu la série vous aurez peut-être envie d’aller vivre à Neukölln mais sans devenir gangster. 

    Dogs of Berlin (2018-)

    Dogs of Berlin (1 saison, 10 épisodes) est un polar urbain qui a mangé du béton. La série commence par un événement malheureux qui risque de faire exploser la poudrière berlinoise : la veille d’un match international, une superstar du football germano-turc est retrouvée assassinée. Pour éviter une émeute, l’affaire est étouffée et deux flics que tout sépare doivent collaborer - Erol (un policier d’origine turque régi par ses principes) et Kurt (un flic d’ex-Allemagne de l’Est endetté et corrompu).

    Dogs of Berlin parvient, avec beaucoup de brutalité, à montrer les frictions communautaires en se frottant aux néo-nazis de Marzahn, à la mafia turque et aux flics ripoux. On patauge dans les bas-fonds de la ville avec beaucoup de chaos et de nervosité. Si la comparaison avec 4 Blocks est inévitable, Dogs of Berlin l’emporte grâce à une réalisation sous adrénaline. J’ai retrouvé quelques similarités avec The Shield (2002-2008), la référence britannique en matière de flics corrompus, mais aussi avec Gangs of London (2020-) dans sa réalisation. 

    Beat (2018)

    Que serait Berlin sans ses nuits blanches et sa scène techno ? Si la fête est un élément central dans la capitale allemande, cette dernière amène son lot de crimes. Beat (1 saison, 7 épisodes) utilise ce microcosme (les boîtes, la sueur, la drogue, et les basses qui font trembler les murs) comme toile de fond d’un thriller très sombre. Robert « Beat » Schlag (Jannis Niewöhner) est un promoteur de club recruté de force par les services secrets européens pour infiltrer un réseau mafieux soupçonné d’un vaste trafic d’organes. 

    La série mise tout sur l’atmosphère : sombre, poisseuse, dérangeante, mais aussi particulièrement enivrante. On sentirait presque le sol collant sous nos pieds et l’odeur de cigarette froide. Le protagoniste brûle la vie par les deux bouts jusqu’à l’autodestruction, la violence est bien présente et le gore nous fait parfois grimacer, mais tout y est : ambiance, scénario, jeu des acteurs. C’est la série parfaite pour voir l’envers du décor, là où l’esprit du Berghain rencontre le thriller. 

    Babylon Berlin (2017-2022)

    Faisons un grand saut dans le temps avec Babylon Berlin (5 saisons, 40 épisodes). C’est la série la plus chère de l’histoire de la télévision allemande, et croyez-moi, ça valait le coup. Nous sommes en 1929, en pleine République de Weimar, quand le commissaire Gereon Rath débarque dans la capitale depuis Cologne pour ce qui ressemble à une banale enquête de mœurs et de chantage. Pourtant cette affaire va rapidement l’entraîner dans une conspiration vertigineuse. 

    La ville entière semble prête à exploser alors que la pauvreté extrême des bas-fonds côtoie le luxe des cabarets et la montée insidieuse du nazisme. C’est une magnifique fresque historique qui arrive à montrer Berlin comme ville d’accueil des opprimés mais également comme un théâtre de répression. C’est un polar qui arrive à dépeindre une société en train de s’effondrer sur elle-même, mais qui porte une créativité incroyable. Babylon Berlin est pour moi LA grande surprise de ces dernières années. La mise en scène est toute aussi crasseuse que glamour, la série nous donne l’impression de flirter avec l’histoire, l’intrigue est réellement passionnante. Berlin est sans aucun doute une ville de dualité, et Babylon Berlin arrive parfaitement à la mettre en avant. Dans la continuité de Kleo, Deutschland 83 et Beat, la musique est centrale dans cette série et arrive à confirmer cette double atmosphère.

    Counterpart (2017-2019)

    Counterpart (2 saisons, 20 épisodes) est un OVNI qui mélange espionnage classique et science-fiction. La série utilise très intelligemment l’histoire berlinoise pour réinventer la Guerre Froide. On y suit Howard Silk (J.K. Simmons, toujours aussi doué), un gratte-papier sans ambition dans une agence bureaucratique mystérieuse de Berlin, qui découvre que le sous-sol abrite un passage secret vers une dimension parallèle. De l’autre côté, il y a son « double », qui est pourtant son opposé : espion aguerri, cynique et impitoyable. 

    Pourquoi Berlin ? C’est la ville idéale à cause de son histoire et de sa séparation Est/Ouest. La série utilise tous les codes du thriller d’espionnage (des échanges de prisonniers, la paranoïa, des secrets d'État, des catastrophes évitées de justesse) et les applique à deux réalités alternatives au bord de la guerre. J.K. Simmons livre une performance doublement parfaite puisqu’il incarne deux personnalités très différentes. Counterpart est un beau mélange de Dark (2017-2020), Severance (2022-) et du Pont des Espions (2015).

  • César de l’imposture ? Ou César de la fake news ? Comment l’affaire Jim Carrey a emballé les réseaux

    César de l’imposture ? Ou César de la fake news ? Comment l’affaire Jim Carrey a emballé les réseaux

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Et le César du doute est attribué à… Jim Carrey ! Entre l’introduction ssssssplendide de Benjamin Lavernhe hommage à The Mask, la première rencontre entre Emmanuel Curtil et la star qu’il double depuis 1994 et le discours en français du comédien américano-canadien, le passage de l’acteur aux César 2026 a été l’un des événements majeurs de cette cérémonie. Pourtant, l’histoire retiendra plutôt ce qui a suivi.

    Les réseaux s’emballent

    Quelques minutes après l’événement, les réseaux sociaux s’emballent. Parce que Jim Carrey ne ressemble plus à Jim Carrey. En tout cas moins qu’avant. Et un doute grandissant s’installe chez celles et ceux qui relaient et alimentent la théorie. On scrute le visage de l’acteur, ses yeux, ses dents, ses cheveux, la main avec laquelle il signe quelques autographes en quittant L’Olympia… On s’étonne du calme et de la douceur presque zen de celui qui est, normalement, élastique et intenable. L’explication est alors claire : Jim Carrey a été remplacé. Et si certain.es penchent pour une raisonnable doublure, d’autres crient carrément au clone (!). Les timelines sont envahies de vidéos de pseudo-analyses (c’était le cas lors de toutes mes connexions sur les réseaux), le palmarès est éclipsé (alors qu’il est pour la première fois paritaire !) et l’affaire Jim Carrey devient majeure.  

    Le post qui sème (vraiment) le doute

    Tout était, jusque-là, circonscrit à des comptes anonymes défendant la théorie de l’imposture, ou de médias relayant le phénomène. Et tout aurait pu/dû rester dans le petit monde des épiphénomènes propres aux réseaux sociaux. Et puis le 2 mars, Alexis Stone relance les spéculations autour de l’idée de doublure. L’influenceur drag britannique s’est fait connaître grâce à ses performances artistiques et médiatiques autour du maquillage, où il disparaît volontairement derrière des créatures de latex, qu’elles soient anonymes ou à l'effigie des plus grandes stars, pour interroger notre rapport à l’image. C’est ainsi qu’il a pris les traits de Meryl Streep, Anna Wintour, Glenn Close, Jack Nicholson, Jennifer Coolidge, Madonna, Lana Del Rey, Jessica Lange, Kate Moss, Mrs Doubtfire ou La Joconde, provoquant à chaque fois un sentiment étrange chez ceux qui le croisent, le photographient, le filment ou voient ses clichés. Une sorte de uncanny valley qui nous fait dire que ce qu’on voit semble vrai, ne l’est sans doute pas… mais pourrait l’être. Son post concernant Jim Carrey tient en sept mots (« Alexis Stone as Jim Carrey in Paris ») et trois photos, dont une, très IA, de ses accessoires (masque, perruque, dentier) dans ce qui ressemble à une chambre d’hôtel avec vue sur la Tour Eiffel. Il n’en fallait pas plus pour relancer l’emballement. Après tout, quel intérêt Alexis Stone aurait-il à mentir à ses 1,4 millions d’abonnés ? Ou s’agissait-il d’un commentaire ironique, soit pour mettre en lumière l'interchangeabilité des stars, soit pour dénoncer, justement, la rumeur ?

    La réponse de l’entourage et des César

    Le doute devient tel, même chez certaines personnes de l’industrie, que l’entourage doit monter au créneau pour démentir cette fake news d’ampleur mondiale. L’agent du comédien, Marleah Leslie, confirme ainsi de manière lapidaire à TMZ : « Jim Carrey a bien assisté à la cérémonie des César, où il a reçu son César d'honneur ». Du côté de l’Académie des César, le Délégué Général de la cérémonie Grégory Caulier doit même se fendre d’un communiqué à Variety, preuve de l’envergure des questionnements. « Pour moi, c’est insignifiant. Je me souviens simplement de sa générosité, de sa gentillesse, de sa bienveillance et de son élégance. (...) La venue de Jim Carrey était prévue depuis cet été. Dès le départ, il a été extrêmement touché par l’invitation de l’Académie. Huit mois d’échanges constructifs et continus. Il a travaillé son discours en français pendant des mois, me posant des questions sur la prononciation exacte de certains mots Il est venu avec son compagnon, sa fille, son petit-fils et douze proches. Son attaché de presse de longue date l’accompagnait. Son vieil ami Michel Gondry, avec qui il a tourné un film et deux séries, était présent, et ils étaient ravis de se revoir. » De quoi mettre un point final aux spéculations ? On l’espère… sauf si Alexis Stone relance la théorie avec une réponse.

    Pourquoi un tel emballement ?

    L’idée que certaines stars feraient appel à des doublures n’est pas nouvelle. C’est au moins vrai sur les plateaux de tournage, quand il s’agit de régler la lumière ou de tourner des séquences de cascades, de dos ou de loin. Et plus largement, cela trouve un écho majeur dans la pop culture complotiste, qu’il s’agisse de Paul McCartney, Avril Lavigne, Tupac, Michael Jackson ou même Elvis (qui, rappelons-le, vit sur une île déserte avec plein d’autres talents disparus… euh… je plaisante, hein ?). Concernant Jim Carrey, trois éléments ont clairement pu nourrir cet emballement. Déjà, Jim Carrey n’est plus tout jeune. Il a 64 ans, il a pu avoir recours à quelques procédés esthétiques, c’est son choix. Ensuite, par le passé, il avait confié dans le talk show de David Letterman faire parfois appel à une doublure pour éviter les « starlkerazzi». De mon point de vue, il s’agissait surtout d’un sketch (très drôle d’ailleurs quand il dévoile son « clone » Dolph), mais la séquence est aujourd’hui utilisée hors de tout contexte pour nourrir la théorie. Enfin, Jim Carrey s’est beaucoup éloigné d’Hollywood ces dernières années, dont il a régulièrement pointé l'artificialité. Dans ce cadre, il n’a jamais caché sa vision d’un « Jim Carrey » en tant que construction, que personnage, derrière lequel il est capable de disparaître comme il l’a fait dans Man on the Moon (1997). Un rôle dont il a eu assez, prenant ses distances avec les plateaux et sortant uniquement de sa retraite pour se cacher (encore) derrière les moustaches de Robotnik dans la saga Sonic (2020-). Et c’est sans doute pour cela que beaucoup ont vu à L’Olympia une doublure, comme un refus total de participer au jeu du cinéma, même dans le cadre d’une cérémonie et d’un prix honorifique.

    L'histoire, où fiction et réalité se mêlent au détour de fake news, est à la fois fascinante et triste dans ce qu'elle raconte de notre rapport à la vérité. Mais retenons le positif : cet emballement aura au moins eu le mérite de me permettre de vous conseiller les documentaires Jim & Andy (2017) et Jim Carrey l’Amérique démasquée (2021), qui permettent de mieux comprendre cette star peu conventionnelle et insaisissable. Qui n’a jamais cessé, finalement, d’interroger les masques que nous portons, que ce soit en Stanley Ipkiss, Truman Burbank ou Andy Kaufman.

  • Young Sherlock : cette nouvelle série Amazon est-elle liée aux films avec Robert Downey Jr. et Jude Law ?

    Young Sherlock : cette nouvelle série Amazon est-elle liée aux films avec Robert Downey Jr. et Jude Law ?

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Young Sherlock (2026), la nouvelle série de Guy Ritchie, sort sur Prime Vidéo ce 4 mars. Et si vous avez une impression de déjà vu en voyant ces deux noms côte à côte, ce n’est pas un hasard ! En effet, on peut se demander si elle a un rapport avec les deux films du réalisateur britannique, Sherlock Holmes (2009) et Sherlock Holmes : Jeux d’ombres (2011) mettant en scène Robert Downey Jr. et Jude Law.

    Alors qu’on attend toujours de vraies nouvelles concernant un potentiel troisième long métrage, JustWatch a mené l'enquête et vous dit tout ce que vous devez savoir sur cette nouvelle itération du plus célèbre des détectives anglais.  

    Young Sherlock, ça parle de quoi ? 

    Young Sherlock est une adaptation très librement inspirée de la série de romans jeunesse Les Premières Aventures de Sherlock Holmes, écrite par Andrew Lane et publiée de 2010 à 2015. Lane a bien évidemment tiré de nombreux éléments des écrits de Sir Arthur Conan Doyle.

    Toutefois, ses romans se concentrent sur l’adolescence et sur la vie de famille de Sherlock Holmes, dont nous ne savons finalement que peu de choses. La série de Ritchie n’est cependant pas basée sur un tome en particulier, puisque nous rencontrons cette fois-ci un Sherlock d’une vingtaine d'années, alors que dans les romans de Lane, le futur détective n’a que 14 ans.

    Dans cette première saison, nous faisons donc la connaissance du jeune Sherlock (incarné par un excellent Hero Fiennes-Tiffin), que son frère Mycroft vient tout juste de sortir de prison. En effet, le jeune homme sait s'attirer des ennuis et il est donc envoyé à l'université d’Oxford, non pas pour étudier, mais plutôt pour devenir « valet » !

    Le détective en herbe se retrouve un peu malgré lui embarqué dans une série de meurtres au sein même de l'université. Mais au cours de son enquête, il se rend compte que ces événements font tragiquement écho à un drame personnel qui a touché la famille Holmes, 12 ans auparavant.

    Pour l’aider à résoudre ce mystère, c’est un certain James Moriarty (campé par le très charismatique Dónal Finn), qui prend en quelque sorte la place de Watson. Nous assistons donc à la genèse de la relation Holmes / Moriarty, bien avant que les deux hommes deviennent ennemis jurés.

    Est-ce que la série a un lien avec les films de Guy Ritchie ? 

    Je vais tout de suite répondre à la question la plus légitime qu’on est bien évidemment en droit de se poser quand on voit Sherlock Holmes et Guy Ritchie réunis sur la même affiche :  NON, cette nouvelle série n’a aucun rapport avec le Sherlock Holmes de Robert Downey Jr.

    Bien sûr, on retrouvera cette attitude un peu rock ‘n' roll et le côté bagarreur qui semble être un trait de personnalité qui a toujours fasciné le réalisateur anglais. Après tout, c’est du Guy Ritchie comme on l’aime, et il faut dire que le cinéaste anglais est passé maître dans l’art de mettre en scène la figure du gentleman par excellence aux attitudes de véritable gangster. 

    Côté B.O., on retrouve également cette touche musicale anachronique qui a fait le charme des films de Ritchie, puisque des reprises contemporaines de morceaux tels que Rocky Road to Dublin (qui avait d’ailleurs déjà été utilisé pour la scène du combat de boxe dans le film de 2009), sont utilisées dans la série.

    De plus, certaines séquences de relevés d’indices dans lesquelles nous nous retrouvons plongés dans l'esprit de déduction du jeune Holmes sont filmées d'une telle manière qu'elles ne sont pas sans rappeler le travail de Ritchie dans ses deux films.

    Tout cela étant dit, Young Sherlock fonctionne extrêmement bien en tant que simple « origin story » (et non pas en tant que prequel). Les enjeux sont bien présents, les performances excellentes et surtout, on est immédiatement happé par l'amitié touchante et drôle des deux personnages principaux, dont on ne peut détourner le regard. On est pris dans leur jeu qui, comme on le sait, va malheureusement très mal tourner pour les deux acolytes.

  • Bridgerton : on a classé les 5 plus belles déclarations d’amour de la série Netflix !

    Bridgerton : on a classé les 5 plus belles déclarations d’amour de la série Netflix !

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Est-ce que La Chronique des Bridgerton est coupable de nous avoir donné des ambitions de romantisme complètement inatteignables ? Sans aucun doute ! Mais c'est également ce qui fait la force de la série Netflix, qui dès sa mise en ligne en 2020, a su s’emparer des cœurs des fans de romances historiques et déchaîner les passions sur internet. 

    Et s’il y a bien une chose qui caractérise le mieux une saison de Bridgerton, c’est une déclaration d’amour épique à vous couper le souffle qui met à chaque fois la barre encore plus haute pour la suite de la série. Alors que la quatrième saison s’est achevée -saison qui fait plus que jamais parler d’elle sur les réseaux- nous avons classé, et ce n'était pas chose facile,  les 5 meilleures déclarations d’amour du show. 

    5. « Chaque cicatrice. Chaque défaut. Chaque imperfection. Je vous aime » - Saison 1, épisode 8

    Le tout premier couple de Bridgerton continue de faire chavirer les cœurs, six ans après leur première apparition sur nos écrans. Il faut dire que le trope -fake dating- est extrêmement apprécié par les fans de romances. Daphné et le Duc de Hastings ont brillé dans cette première saison grâce à une alchimie magnifique et à de petites phrases, elles aussi devenues mémorables, telles que « I burn for you » / « Je brûle pour vous ». Même si comme n’importe quel.le fan de la série, j'apprécie vraiment cette scène, pour moi, elle témoigne plus du désir que les deux personnages éprouvent l’un pour l’autre que d’un véritable amour, puisqu’il y a encore beaucoup de non-dits entre eux à ce moment-là. 

    Personnellement, je trouve que c’est la confession de Daphné sous la pluie qui l’emporte très largement dans cette première saison. Elle témoigne du courage de la jeune femme, elle à qui on a toujours appris à rester dans les lignes et à suivre les régles, comme le parfait « diamant de la saison » qu’elle était. Ici, elle abat littéralement les murs qui étaient encore bien présents entre elle et son mari, et clame qu’elle l’aime de tout son cœur : « Every scar. Every flaw. Every imperfection. I love you. »

     En tant que spectateur, on sait à ce moment-là le poids que ces mots ont pour le Duc, qui a été victime pendant toute son enfance d’abus psychologiques et verbaux de la part de son père qui le considérait comme un bon à rien, et comme quelqu’un d’inférieur. Point bonus pour le morceau de Vivaldi, Spring 1 -ici interprété par Max Richter- qui ajoute une véritable magie à cette scène déjà envoutante.  

    4. « Si ma seule raison d’être est d’aimer une femme aussi brillante que vous… » - Saison 3, épisode 8 

    Si Benedict a fait l’objet de nombreux "memes" à cause de son incapacité à voir que Sophie était sa Lady in Silver, un autre frère Bridgerton peut également être accusé d'avoir été complètement aveugle face à l'amour : Colin Bridgerton. En plus de n’avoir jamais remarqué qu’il avait des sentiments pour sa chère amie Pénélope, il a également sous-estimé et blessé la jeune femme de bien des manières, et n’a même jamais pensé au fait qu’elle pouvait être Lady Whistledown. 

    Après avoir été considérée comme la moins remarquable des filles Featheringhton toute sa vie, que ce soit par sa mère ou par le reste du ton, la déclaration d’amour et d’admiration de Colin après que la jeune femme ait avoué sa véritable identité au beau milieu d’un bal -et en présence de la Reine- est d’autant plus importante et romantique. 

    Dans son discours, il avoue à Penn avoir été envieux de son talent, de son succès, mais aussi de son courage. Une déclaration magnifique qui témoigne non seulement de l’amour que Colin porte à Pénélope, mais également de son admiration et de son soutien total dans tout ce qu'elle entreprendra -et ce n’est pas rien à une époque où les femmes n'avaient que très peu de possibilités de s’épanouir en dehors du mariage.

    « How lucky I am to stand by your side and soak up even a little bit of your light. If my only purpose in life is to love a woman as great as you, then I will be a very fulfilled man indeed. »

    « Quelle chance j’ai de pouvoir m'immerger, ne serait-ce qu’un peu, dans votre lumière. Si ma seule raison d’être, est d’aimer une femme aussi brilliante que vous, alors je serais un homme comblé. »

    3. « Vous êtes le fléau de mon existence et l’objet de tous mes désirs » - Saison 2, épisode 5

    C’est LA scène qui a sûrement contribué le plus à l'essor de la deuxième saison et du couple phare de la série que forment Kate et Anthony - aka Kathony-. D’ailleurs, j’ai longuement hésité entre la deuxième et troisième place pour cette confession d’amour !  Anthony a toujours pris son rôle d’aîné de la fratrie très au sérieux -trop sûrement- mais on ne peut pas vraiment lui en vouloir, quand on voit la pression et les responsabilités qui lui sont tombés dessus à un si jeune âge.

    Dans cette deuxième saison, il préfère le pragmatisme à la romance, et pense avoir trouvé l’épouse idéale en la personne d'Edwina Sharma, la diamant de la saison. Mais c’est en fait la sœur de cette dernière, Kate, qui a capturé son cœur. Mais Anthony préfère agir en homme d’honneur et refoule ses sentiments pour la jeune femme.

    D’ennemis à amants, la tension monte entre eux tout au long des épisodes, jusqu'à cette déclaration enflammée. Anthony est torturé face à son amour pour Kate et lui déclare que même si elle repart pour l’Inde, ça ne sera jamais assez loin pour le libérer de cette tourmente. S’en suivent alors ces quelques mots inoubliables : « You are the bane of my existence and the object of all my desires. »

    Ils sont vraiment très dramatiques ces frères Bridgerton. Et heureusement pour nous ! 

    2. « Mon cœur vous réclame » - Queen Charlotte, épisode 6 

    La Reine Charlotte: Un Chapitre Bridgerton (2023), la série préquelle dédiée à l’histoire d’amour entre la Reine et le roi George est devenue l’un des chapitres Bridgerton préférés des fans. Et on peut tout à fait comprendre pourquoi, quand on voit à quel point leur amour était tout aussi passionné et romanesque qu’il est tragique.

    Alors que le roi George repousse Charlotte pour lui éviter d’avoir à vivre avec un mari malade qui est même considéré comme fou, cette dernière se bat pour lui faire comprendre qu’elle n’ira nulle part sans lui. Dans une scène devenue culte auprès des fans, la reine lui promet qu’elle se tiendra auprès de lui « entre le ciel et la terre » et lui redemande une dernière fois : « Est-ce que vous m’aimez ? » 

    À bout de force et à court d’arguments, George, au bord des larmes, laisse éclater ses sentiments. C’est surtout le contraste saisissant entre la fragilité et la vulnérabilité de George, et la force et la résistance de Charlotte, qui rend cette scène aussi poignante. Je vous avoue que c’est l’une des rares fois où j’ai pleuré devant un épisode de Bridgerton !

    « I love you! From the moment I saw you trying to go over the wall, I have loved you desperately. I cannot breathe when you are not near. I love you, Charlotte. My heart calls your name. »

     « Je vous aime ! Depuis le moment où je vous ai vu tenter d’escalader le mur, je vous aime désespérément. J’étouffe quand vous n’êtes pas là. Mon cœur vous réclame. » 

    1. « A chaque moment de chaque journée…» / « Every moment of every day » - Saison 4, épisode 5

    Cette quatrième saison est officiellement ma préférée. Et donc, la première déclaration de ce classement provient forcément du couple que forment Benedict et Sophie. Tout au long de la saison, Benedict a tenté de persuader Sophie d’être avec lui. D’abord en lui demandant d’être sa maîtresse (ce que Sophie refusera catégoriquement, et à juste titre !). Mais quand il comprend ce qu’implique réellement cette question désastreuse pour Sophie, il cherche tous les moyens possible et inimaginables pour rester avec la femme dont il est amoureux, bien que la société interdise une union comme la leur. 

    Le fils cadet Bridgerton est même prêt à aller contre les souhaits de sa famille et à être déshérité. Mais à chaque fois, Sophie essaye de le persuader qu’il regrettera toute sa vie de l’avoir choisi elle plutôt que la vie d’aristocrate qu’il est supposé mener. Les performances de Luke Thompson et de Yerin Ha élèvent encore plus cette romance interdite et dramatique, et je trouve personnellement que c’est la première fois qu’on voit un fils Bridgerton aussi effondré et avoir autant le cœur brisé.

    C’est aussi en comprenant la psychologie du personnage de Benedict, et en analysant son évolution à travers les saisons, que cette déclaration d’amour, suivie d’une série de « Je vous aime » tous plus désespérés et bouleversants les uns que les autres, prend une dimension incroyablement romantique et épique. C'est également la première fois de sa vie que Sophie entend ces mots ! Alors même si la déclaration de Benedict dans les escaliers était passionnée à souhait, Sophie ne savait pas à ce moment-là que ce n'était pas juste une passade, mais une véritable histoire d’amour. 

    «.... There is not a single moment where you don’t fill my mind. I’ve heard every qualm you raised about being with me. And I wish there was another way we could be together. But the thought of spending a single day without you torments my soul (...) You have taken possession of me, shot me back to life. You’re the person I’ve been searching for my entire life. »

     « Je pense à vous à chaque instant. Il n’y a pas un seul moment où vous n’envahissez pas mon esprit. J’ai entendu toutes vos inquiétudes d' être avec moi. Et j’aimerais qu’il y ait un autre moyen pour nous d'être ensemble. Mais l'idée de passer un seul jour sans vous, tourmente mon âme (...) Vous avez pris possession de moi, m’avez ramené à la vie. Vous êtes la personne que j’ai cherché toute ma vie. »

  • Comme Sophie Turner et Kit Harington, ces acteurs ont joué un couple… et les membres d'une même famille à l’écran !

    Comme Sophie Turner et Kit Harington, ces acteurs ont joué un couple… et les membres d'une même famille à l’écran !

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Les castings font parfois des blagues ! Pendant huit saisons de Game of Thrones (2011-2019), Sophie Turner et Kit Harington ont incarné Sansa Stark et Jon Snow, des demi-frère et soeur membres de la maison Stark. Leur relation, faite de distance puis de respect mutuel après leurs retrouvailles à Winterfell, était avant tout familiale et politique. 

    Quelques années après la fin de la série phénomène, les voilà réunis dans The Dreadful (2026), où ils forment cette fois… un couple ! Un grand écart qui les a visiblement amusés — et un peu gênés : une vidéo virale les montre grimacer à l’idée d’un baiser à l’écran. De quoi rappeler que la magie du jeu d’acteur a parfois ses limites ! 

    Pour JustWatch, je vous ai trouvé plusieurs configurations similaires avec certains acteurs passant d’amants passionnés à membres de la même famille, ou l’inverse. 

    Michael C. Hall et Jennifer Carpenter 

    Dans Dexter (2006–2013), Michael C. Hall et Jennifer Carpenter incarnent Dexter et Debra Morgan, frère et sœur adoptifs unis par un lourd secret : la double vie de tueur en série du premier. La série joue constamment sur la loyauté familiale et la tension morale entre les deux personnages. Ce qui rend leur duo encore plus fascinant, c’est que les acteurs ont été mariés dans la vie réelle entre 2008 et 2011, en plein tournage ! Une proximité qui a sans doute nourri l’intensité émotionnelle de leurs scènes, bien que leur romance ne se soit jamais invitée dans la fiction (Deb ayant quand même réalisé qu’elle était amoureuse de son frère).

    Jessica Lange et Even Peters

    Complices réguliers de American Horror Story (depuis 2011), Jessica Lange et Evan Peters ont exploré une multitude de relations à travers les saisons de l’anthologie horrifique. Selon les intrigues – qu’il s’agisse de la saison 4 Freak Show (2014) ou Murder House (2011) – ils ont pu jouer des membres d’une même famille ou des personnages liés par des rapports de pouvoir ambigus. La série de Ryan Murphy aime brouiller les frontières entre amour, manipulation et filiation, et ce duo caméléon en est l’un des meilleurs exemples.

    Keira Knightley et Matthew Macfadyen

    Couple mythique dans Orgueil et Préjugés (2005), ils ont incarné Elizabeth Bennet et Mr Darcy, amants contrariés dans l’Angleterre corsetée de Jane Austen. Leur romance, toute en regards et en retenue, a marqué toute une génération de spectateurs. Sept ans plus tard, changement radical dans Anna Karénine (2012), l’adaptation du roman de : les deux acteurs y jouent des frère et sœur, Kitty et Oblonsky, pris dans les tourments de l’aristocratie russe.

    Jeff Daniels et Anna Paquin

    Dans L'Envolée sauvage (1996), Jeff Daniels campe le père adoptif du personnage d’Anna Paquin, l’aidant à mener un projet scientifique un peu fou : guider des oies sauvages en ULM. Ce drame familial tendre met en avant la transmission et la confiance. Neuf ans plus tard, ils se retrouvent dans Les Berkman se séparent (2005), chronique acerbe d’un divorce new-yorkais où ils jouent donc des exs. L’atmosphère y est bien plus cynique, et la nature de leur relation change radicalement, démontrant l’étendue de leur registre commun.

    Paul Rudd et Elizabeth Banks

    Dans Les Grands Frères (2008), Paul Rudd et Elizabeth Banks incarnent un couple confronté à l’immaturité chronique du personnage de Rudd, dans une comédie irrévérencieuse produite par Judd Apatow. Trois ans plus tard, dans Our Idiot Brother (2011), ils deviennent frère et sœur, pris dans une dynamique familiale dysfonctionnelle mais affectueuse. Leur sens du timing comique reste intact, même lorsque la romance laisse place aux chamailleries fraternelles.

    Sally Field et Tom Hanks

    Dans Le Mot de la fin (1988), Sally Field et Tom Hanks incarnent deux humoristes en devenir dans le milieu du stand-up new-yorkais, entre ambition et attirance romantique. Six ans plus tard, changement total de registre dans Forrest Gump (1994) : Sally Field devient la mère aimante et déterminée du personnage de Hanks. Un écart d’âge crédible à l’écran, mais qui n’empêche pas les spectateurs avertis de sourire face à ce retournement de situation.

    Ryan Philippe et Sarah Michelle Gellar

    Dans Souviens-toi… l'été dernier (1997), Ryan Phillippe et Sarah Michelle Gellar forment un jeune couple pris dans un engrenage mortel après un accident tragique. Deux ans plus tard, dans Sexe Intentions (1999), ils incarnent un demi-frère et une demi-sœur manipulant leur entourage dans un jeu de séduction toxique. Le passage du slasher adolescent au drame sulfureux illustre parfaitement la malléabilité des duos hollywoodiens.

    Anaïs Demoustier et Jérémie Elkaïm

    En 2011, dans Les Neiges du Kilimandjaro, Anaïs Demoustier et Jérémie Elkaïm partagent une intrigue sociale où leurs personnages évoluent dans la même sphère familiale et intime, ancrée dans un contexte ouvrier marseillais. Quelques années plus tard, ils se retrouvent dans Marguerite et Julien (2015), où ils incarnent cette fois un frère et une sœur emportés par une passion amoureuse interdite. Un renversement troublant qui joue précisément sur la frontière entre amour et lien du sang.

    Hught Grant et Emma Thompson

    Dans Raisons et Sentiments (1995), adaptation raffinée de Jane Austen, Hugh Grant et Emma Thompson jouent des amoureux contraints par les conventions sociales. Huit ans plus tard, dans Love Actually (2003), ils deviennent frère et sœur, chacun empêtré dans ses propres tourments sentimentaux. Une évolution qui témoigne de leur capacité à incarner aussi bien la passion que la complicité familiale.

    Aaron Taylor-Jonhson et Elizabeth Olsen 

    Dans Godzilla (2014), ils incarnent un couple marié séparé par une catastrophe nucléaire et la menace d’un monstre géant. Un an plus tard, ils se retrouvent dans Avengers : L'Ère d'Ultron (2015) sous les traits de Vif-Argent et de la Sorcière Rouge, jumeaux liés par un passé douloureux. Passer du mariage à la fraternité en l’espace d’un an : un défi que le duo relève sans perdre en crédibilité.

    Steve Carell et Toni Collette 

    Dans Little Miss Sunshine (2006), ils incarnent un frère et une sœur unis par les galères d’une famille dysfonctionnelle lancée sur les routes de l’Amérique. Sept ans plus tard, dans Cet été-là (2013), leurs personnages entretiennent une relation beaucoup plus ambiguë, teintée d’attirance et de désillusion. Deux films indépendants qui montrent à quel point une même alchimie peut se décliner différemment.

    Rose McGowan et David Arquette

    Dans Scream (1996), ils incarnent Tatum et Dewey Riley, frère et sœur dans l’un des slashers les plus emblématiques des années 1990. Quatre ans plus tard, ils partagent une intrigue romantique dans Ready to Rumble (2000), comédie sportive déjantée centrée sur le catch professionnel. De l’horreur au burlesque, le duo change totalement de registre.

    Ansel Elgort et Shailene Woodley

    En 2014, ils apparaissent ensemble dans Divergente (2014) où Ansel Elgort joue le frère de l’héroïne incarnée par Shailene Woodley. La même année, ils deviennent l’un des couples les plus émouvants du cinéma adolescent dans Nos étoiles contraires (2014). Ce double emploi, à quelques mois d’intervalle, a marqué les fans des deux franchises.

    Ashley Green et Kellan Lutz

    Dans Twilight (2008), ils incarnent Alice et Emmett Cullen, frère et sœur adoptifs au sein d’un clan de vampires soudé. Pourtant, dans A Warrior's Heart (2011), ils jouent un couple romantique. Une transition surprenante pour les fans de la saga vampirique, qui avaient intégré leur dynamique fraternelle comme une évidence.

    Sophie Marceau et Claude Brasseur

    Révélée ado dans La Boum (1980), Sophie Marceau y partage l’affiche avec Claude Brasseur, son quadragénaire de père en pleine crise conjugale avec sa femme à l’écran, incarnée par Brigitte Fossey. Leur relation père-fille, tout à la fois complice et conflictuelle, a marqué toute une génération, prolongée dans La Boum 2 (1982). Quelques années plus tard, changement de dynamique avec Descente aux enfers (1986) : cette fois, le lien filial n’existe plus, il s’agit d’un couple entraîné dans une sombre spirale passionnelle. La sortie du film créa une polémique : de nombreux courriers furent adressés aux comédiens et à la production. Le réalisateur Francis Girod s’amusa plutôt de la situation. Sur le tournage, l’équipe s’amusait à appeler le film La Boum X.

  • 28 jours plus tard : tous les films de la saga de Danny Boyle dans l’ordre

    28 jours plus tard : tous les films de la saga de Danny Boyle dans l’ordre

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    De George A. Romero à Sam Raimi, les cinéastes d’horreur ont toujours été attirés par la figure du zombie. Leur notoriété ne s’est jamais limitée au grand écran : les morts-vivants -depuis déclinés en infectés- ont également connu un regain de popularité grâce aux succès phénoménaux de séries telles que The Walking Dead (2010-2022) et The Last of Us (2023-).

    Parmi les franchises ayant le plus marqué l’imaginaire et l’imagerie du genre, on retrouve sans doute 28 jours plus tard, qui a connu une seconde vie avec la sortie d’un troisième volet, vingt-trois ans après le premier film. Ce nouvel opus est suivi d’un quatrième épisode, sorti en début d’année 2026 et réalisé par Nia DaCosta. Le troisième film inaugure par ailleurs une nouvelle trilogie, dont le dernier chapitre n’a pas encore été officiellement confirmé par le studio.

    Comme la série a évolué en fonction des changements créatifs des cinéastes, les spectateurs peuvent se demander si chaque volet est indispensable pour comprendre le suivant. Du point de vue de la temporalité narrative, la saga laisse certes peu de place au doute puisqu’elle suit un ordre chronologique, mais cela ne signifie pas pour autant que chaque film soit strictement lié aux autres. Faut-il regarder les deux premiers films pour comprendre la trilogie 28 ans plus tard ? Y a-t-il des personnages récurrents ? JustWatch vous explique tout.

    28 Jours plus tard (2002)

    Réalisé par Danny Boyle et écrit par Alex Garland, 28 Jours plus tard (2002) nous plonge dans une Angleterre ravagée par le Virus de la Fureur (« Rage Virus »), qui transforme les êtres humains en contaminés. (Petite parenthèse : au sein de la série, personne n’emploie le mot « zombie », car les personnes infectées ne sont pas mortes, elles ne sont donc pas des morts-vivants non plus)

    Le personnage principal, Jim, se réveille d’un coma après un accident et découvre un monde complètement dévasté par une maladie qu’il peine à comprendre. Le personnage est interprété par un jeune Cillian Murphy, alors au début de sa carrière, tandis que Selena, qui l’accompagne dans sa quête de survie, est incarnée par Naomie Harris.

    Bien que Danny Boyle ne considère pas le film comme un film de zombies, 28 jours plus tard a largement contribué à la popularisation du genre au début des années 2000. Grâce à son esthétique lo-fi -notamment l’usage d’une caméra mini-DV qui confère à l’image un aspect sale et granuleux- le long métrage a laissé une empreinte durable sur le cinéma d’horreur contemporain. Au sein de la saga, 28 jours plus tard demeure une entrée essentielle, d’autant plus que certains personnages font leur retour dans 28 ans plus tard : Le Temple des morts (2026). On vous aura prévenus !

    28 Semaines plus tard (2007)

    La deuxième entrée de la série a sans doute été éclipsée par la popularité du premier film et a notamment été critiquée pour son manque d’originalité sur le plan narratif. Pourtant, elle parvient à élargir l’univers iconographique imaginé par le duo Boyle & Garland. Réalisé par Juan Carlos Fresnadillo -que l’on connaît plus récemment pour La Demoiselle et Le Dragon (2024)- 28 semaines plus tard (2007) se déroule six mois après le déclenchement de l’épidémie du Virus de la Fureur.

    On y apprend que la plupart des contaminés sont morts de faim et que les forces militaires de l’OTAN ont établi une zone protégée au cœur de Londres. Les personnages principaux, le frère et la sœur Andy et Tammy, y arrivent pour s’installer avec leur père. Mais leur désir de retourner dans leur ancienne maison, située en dehors de cette zone sécurisée, entraîne la réintroduction du virus parmi les survivants et, selon la fin du film, sa propagation potentielle dans d’autres régions du monde.

    Cependant, avec le troisième volet, cette piste narrative sera abandonnée, tout comme l’idée de personnages naturellement immunisés contre le virus. Ainsi, sur le plan de la continuité, le deuxième film n’établit pas de lien direct avec la suite. Il possède néanmoins d’autres qualités : une tonalité encore plus sombre et violente que celle du premier opus, ainsi qu’une critique acerbe des forces administratives et militaires en situation de catastrophe -un thème que l’on retrouve également dans La Bombe (1966) ou, plus récemment, dans A House of Dynamite (2025). Le film bénéficie enfin d’un casting solide, réunissant Robert Carlyle, Rose Byrne, Imogen Poots, Jeremy Renner et Idris Elba.

    28 ans plus tard (2025)

    Après la sortie du deuxième film, des discussions autour d’un troisième volet étaient déjà en cours. Cependant, en raison de divergences créatives, il aura fallu près de vingt ans pour que le projet se concrétise. De manière générale, les tentatives de relance d’anciennes sagas ne fonctionnent pas toujours comme prévu ; pourtant, 28 ans plus tard (2025) fait figure d’exception. Le film a non seulement su séduire les fans de la première heure, mais il a aussi permis à une nouvelle génération de cinéphiles de découvrir la saga. Réunis pour la première fois depuis le film original, Danny Boyle et Alex Garland livrent ici une suite remarquable. Ils évitent l’écueil du « fan service » et atteignent une véritable originalité, à la fois stylistique et narrative.

    Vingt-huit ans après l’épidémie, l’Angleterre demeure placée sous quarantaine, contrairement au reste du monde. L’intrigue se déroule sur une île où vit une petite communauté de survivants, parmi lesquels le jeune Spike. À douze ans, il part avec son père pour sa première expédition sur le continent afin d’affronter les contaminés. Le film débute comme un récit initiatique, dans un univers archaïque et presque analogue, comme si l’épidémie avait fait régresser la civilisation. Mais la relation entre Spike et sa mère, atteinte d’un cancer, ainsi que leur rencontre avec le Dr Kelson, transforment progressivement l’atmosphère du film. Le récit glisse alors vers une méditation mélancolique sur le deuil. Boyle continue de surprendre son public et, par une fin totalement inattendue, annonce les thématiques et les questionnements auxquels la suite tentera de répondre.

    Au-delà de sa réussite en tant que relance de saga, 28 ans plus tard s’impose comme l’un des films hollywoodiens les plus marquants de l’année. Porté par des performances inoubliables de Ralph Fiennes, Jodie Comer, Aaron Taylor-Johnson et Jack O’Connell, c’est un film que même les spectateurs réticents face au cinéma de zombies pourront -et devraient- découvrir sans hésitation.

    28 ans plus tard : Le Temple des morts (2026)

    Sorti quelques mois après 28 ans plus tard, 28 ans plus tard : Le Temple des morts (2026) reprend directement là où le film précédent s’arrêtait. Pour bien comprendre les événements, il est donc préférable d’avoir vu le troisième volet au préalable -d’autant plus que Danny Boyle y introduit différentes catégories d’infectés, comme les rampe-lents et les Alphas.

    On y retrouve Spike, désormais confronté au gang mené par « Sir Lord » Jimmy Crystal — personnage qui se démarque grâce à l’interprétation extraordinaire de Jack O’Connell — lequel tente de le recruter en le rebaptisant Jimmy, à l’image des autres membres de sa secte. Ailleurs, près du monument mortuaire qu’il a construit à partir d’ossements, le Dr Kelson poursuit ses expérimentations avec Samson, un Alpha sur lequel il tente d’inverser les effets du virus.

    Réalisé par Nia DaCosta, le film ne se présente ni comme une grande digression stylistique ni comme une rupture narrative, et l’on ressent inévitablement qu’il s’agit, pour la réalisatrice, d’un film de commande. L’accent mis sur le culte satanique dirigé par Lord Jimmy confère toutefois à l’ensemble une tonalité plus macabre et plus gore. Le message du film peut également sembler quelque peu attendu : les êtres humains peuvent parfois se révéler plus monstrueux que celles et ceux que l’on croit privés d’humanité.

    Par ailleurs, malgré une scène finale promettant le retour de personnages du premier film, les résultats au box-office n’ont pas été au rendez-vous. Les performances des acteurs ne manquent pourtant ni de subtilité émotionnelle -ni, dans le cas de O’Connell, d’une véritable folie -mais le film souffre d’un manque d’audace artistique.

    Y aura-t-il 28 ans plus tard 3 ? 

    Après la déception rencontrée par le film au box-office, les fans ont commencé à s’interroger sur le sort du dernier chapitre de la saga, d’autant plus que Sony n’a, à ce jour, rien annoncé concernant la suite. Même si 28 ans plus tard a été conçu comme le premier volet d’une nouvelle trilogie et que Danny Boyle et Alex Garland ont exprimé leur volonté de poursuivre le récit de Spike, il faudra sans doute patienter avant de savoir quelle direction prendra la franchise. Espérons simplement que l’attente pour ce cinquième film ne soit pas aussi longue que celle qui a précédé l’arrivée du troisième opus !

  • Superman : qui sont Mister Terrific et les nouveaux personnages ?

    Superman : qui sont Mister Terrific et les nouveaux personnages ?

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Dans sa version de Superman (2025) enfin disponible sur CANAL+, James Gunn ne se contente pas de réintroduire Clark Kent pour relancer l’univers DC : il en profite pour poser les bases d’un tout nouvel environnement. En réintroduisant notamment toute une brochette de héros secondaires que le grand public connaît peu mais que les fans de comics vont tout de suite identifier.

    De Mister Terrific à Metamorpho en passant par Hawkgirl, ce guide JustWatch vous propose de passer en revue ces nouveaux personnages qui pourraient bien voler la vedette à l’homme d’acier. Si, si ! On parie ?

    Mister Terrific / Michael Holt

    Génie multi-diplômé (14 doctorats), athlète olympique et milliardaire, Mister Terrific aurait pu s’arrêter à ce panel de bons points mais ce serait sans compter sa soif de justice née après avoir sauvé une jeune femme qui tentait de sauter d’un pont. Non doté de pouvoirs surnaturels, Michael Holt (créé en 1997) est la seconde incarnation de Mister Terrific dans les comics. Ce héros utilise des T-Sphères, des mini-drones capables de voler, de pirater et de le défendre. Stratège du groupe, il est souvent celui qui garde son sang-froid, observe et coordonne grâce à une intelligence tactique hors du commun. Dans le film de James Gunn, il est interprété par Edi Gathegi (Twilight, chapitre I : Fascination, X-Men : Le Commencement).

    Green Lantern / Guy Gardner

    Membre des Green Lantern Corps depuis 1968, Guy Gardner est l’un des plus anciens porteurs de l’anneau de pouvoir. Fidèle à James Gunn avec qui il a collaboré sur The Suicide Squad et Les Gardiens de la Galaxy vol.3, Nathan Fillion (Castle, The Rookie : Le Flic de Los Angeles) reprend ce rôle de gros bras du groupe, connu pour son insolence et son côté râleur mais plutôt très loyal. Grâce à son anneau de pouvoir, il peut créer des constructions d’énergie pure, voler, générer des boucliers et voyager dans l’espace. Provocateur, il se chamaille avec tout le monde, particulièrement Hawkgirl. Mais derrière son côté vanneur, il est extrêmement déterminé et prêt à se sacrifier pour les autres.

    Hawkgirl / Kendra Saunders

    Hawkgirl est l’un des personnages les plus anciens et fascinants de l’univers DC, apparue pour la première fois en 1940. À l’origine, elle s’appelle Shiera Hall, une archéologue qui s’avère être la réincarnation d’une prêtresse égyptienne. Dans les années 1960, une nouvelle version du personnage apparaît : Shayera Hol, une policière venue de la planète Thanagar, envoyée sur Terre pour traquer des criminels interstellaires. Enfin à la fin des années 1990, DC introduit Kendra Saunders, une jeune femme moderne dont le corps est habité par l’âme de Shiera.  Elle est jouée ici par Isabela Merced, actrice montante vue dans Dora et la Cité perdue (2019), Madame Web (2024), Alien : Romulus (2024) et la saison 2 de The Last of Us (2025).

    Metamorpho / Rex Mason

    Créé en 1965, Metamorpho est un des personnages les plus singuliers et atypiques de l’univers DC. À l’origine, il s’appelle Rex Mason, un aventurier et mercenaire transformé lors d’une expédition archéologique en Egypte par une relique mystique en une créature capable de changer son corps en n’importe quel élément chimique ou combinaison de ceux-ci. Bien que doté de pouvoirs impressionnants, Rex Mason est tiraillé entre son humanité perdue et son apparence monstrueuse. Dans Superman, il est interprété par Anthony Carrigan, remarquable dans Barry (2018), Gotham (2014-2019) et Bill et Ted sauvent l’univers (2020).

    The Engineer / Angelica Spica

    Super-héroïne venue de l’univers Wildstorm, intégrée à l’univers principal DC dans les années 2010, The Engineer apparaît pour la première fois en 1999 dans la série The Authority. Derrière ce nom de code se cache Anela Spica, brillante scientifique qui a remplacé tout son sang par des nanotechnologies liquides, permettant de configurer son corps à volonté. En fusionnant avec la machine, elle peut désormais créer des armes, manipuler des objets à distance et interfacer son esprit avec n’importe quel système électronique. Avec Superman, elle apparaît pour la première fois dans le DCU cinématographique, introduisant un côté science-fiction encore plus radical. Elle est interprétée par Maria Gabriela de Faria, actrice vénézuélienne connue pour ses rôles dans Franky (2015-2017) et Deadly Class (2018-2019).

  • 5 films à ne manquer si vous avez aimé Marty Supreme avec Timothée Chalamet

    5 films à ne manquer si vous avez aimé Marty Supreme avec Timothée Chalamet

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Il existe des personnages de cinéma profondément égocentriques, obsédés par des quêtes de réussite, capables d’écraser tout sur leur passage et que l’on finit pourtant par aimer. Marty Mauser n’est pas de ceux-là : le personnage principal de Marty Supreme (2025) reste difficile à apprécier, il est parfois même volontairement irritant.

    Pourtant, le film parvient à provoquer en nous une forme d’excitation constante grâce à son énergie hors pair et aux nombreuses résonances qu’il établit avec le cinéma américain des années 1970 et 1980. Il s’inscrit surtout dans l’héritage de Martin Scorsese et de ses portraits d’anti-héros complexes.

    Marty Supreme, entre énergie et obsession

    Sorti le 18 mars en France -malheureusement bien plus tard que dans d’autres pays- Marty Supreme est l’un des films les plus discutés de la saison des récompenses, en grande partie grâce à l’exposition médiatique de Timothée Chalamet, qui s’est pleinement investi pour incarner ce prodige du tennis de table. Ce souci de réalisme rend le film plus immersif -une dimension devenue caractéristique du cinéma des frères Safdie, que Josh Safdie prolonge et pousse à l’extrême dans son premier long métrage réalisé en solo, après l’annonce de la fin de leurs collaborations créatives.

    Derrière son apparence de drame sportif d’époque, situé dans le New York du début des années 1950, le film s’intéresse finalement moins à la victoire qu’à l’obsession de la reconnaissance et à l’ambition sociale de Marty, persuadé d’être destiné à la grandeur. À travers sa trajectoire chaotique, Josh Safdie explore la manière dont le talent, l’ego et l’obsession de la reconnaissance peuvent devenir indissociables.

    Pour prolonger l’expérience de Marty Supreme, dont l’énergie explosive ne nous quitte pas facilement, même longtemps après la fin du film, je vous propose pour JustWatch une sélection de cinq œuvres à la hauteur -et, pour certaines, bien plus grandes encore- que celle de Josh Safdie.

    After Hours (1985)

    Réalisateur new-yorkais par excellence, Martin Scorsese constitue sans doute l’une des références les plus essentielles du cinéma des frères Safdie. Notamment dans leur manière de représenter l’espace urbain, avec toute sa vibrance et ses tensions -sans pour autant renoncer à une approche réaliste. Les frères Safdie doivent beaucoup à la mise en scène dynamique de Scorsese.

    Même si le film de Scorsese se déroule sur une durée relativement limitée -le temps d’une seule nuit- les situations auxquelles Marty et Paul Hackett, le personnage principal d’After Hours (1985), se retrouvent confrontés sont assez similaires, à commencer par le manque d’argent ! L’objectif de Marty est certes plus vaste et plus ambitieux, mais, d’un point de vue structurel, les deux films suivent à peu près le même schéma narratif : un problème survenu par hasard entraîne le personnage dans une succession de rencontres inattendues avec des figures excentriques.

    Notons néanmoins que Marty Supreme se distingue par sa fin relativement cathartique, qui marque, au moins symboliquement, le passage à l’âge adulte de Marty. Là où Scorsese préfère maintenir son personnage prisonnier de sa réalité quotidienne, le film se concluant par un « retour à l’ordre ».

    La Couleur de l’argent (1986)

    L’autre veine de l’influence scorsesienne découle sans doute de La Couleur de l’argent (1986), film relativement sous-estimé en comparaison avec d’autres œuvres majeures du cinéaste  -notamment Raging Bull (1980), son opus emblématique lorsqu’il est question de film sportif. Porté par l’immense Paul Newman, toujours aussi charismatique et rusé à 61 ans, et par un jeune Tom Cruise alors au sommet de sa popularité après le succès phénoménal de Top Gun (1986), le récit de La Couleur de l’argent repose sur la relation mentor–mentoré entre deux joueurs de billard.

    Newman y incarne Eddie Felson, ancien prodige devenu stratège, qui entreprend d’initier le jeune Vincent, interprété par Cruise, aux rouages du hustle afin d’en faire un arnaqueur professionnel. Le talent naturel, encore indiscipliné, de Vincent apparaît comme un atout, tandis que chez Marty, la jeunesse et le manque d’expérience sont plutôt traités comme une source de frustration. Le hustle occupe également une place centrale : le film met en scène le conflit intérieur des personnages, contraints de choisir entre leur appétit de gain et le désir de prouver leur valeur en remportant la partie.

    Sur le plan esthétique, le dynamisme de la caméra lors des scènes de match est particulièrement saisissant ; les mouvements se révèlent plus fluides et plus stylisés que dans Marty Supreme. On comprend, dès lors, pourquoi certains disent que Josh Safdie ne peut qu’aspirer à atteindre la maîtrise de Scorsese ! 

    Whiplash (2014)

    Appartenant à un univers très différent de Marty Supreme, Whiplash (2014) explore lui aussi une obsession démesurée pour la réussite, bien plus qu’il ne dresse le portrait classique d’un batteur de jazz. Réalisé par Damien Chazelle, le film met en scène -un peu dans la veine de La Couleur de l’argent- la relation entre deux professionnels d’un même milieu. Mais les rapports entre le jeune Andrew et le chef d’orchestre Fletcher se révèlent d’une toxicité et d’une violence extrêmes.

    Interprété par un Miles Teller alors encore peu connu, Andrew n’est pas moins antipathique que Marty Mauser, parfois davantage encore. Tous deux se ressemblent par leur négligence des relations sentimentales et affectives, ainsi que par les sacrifices qu’ils sont prêts à faire pour réussir.

    La mise en scène de Chazelle doit beaucoup à la dimension musicale du film : les conflits entre Andrew et Fletcher s’inscrivent littéralement dans le déroulement même des performances. L’univers de Whiplash demeure relativement circonscrit, l’action se déployant principalement sur scène et dans les salles de répétition.

    À la différence des Safdie, qui créent la sensation d’étouffement et de pression par le mouvement et l’agitation extérieure, Chazelle choisit de les traduire par la musique et par l’intensité des corps, réduisant au minimum la construction spatiale. À cet égard, Whiplash pourra paraître moins flamboyant et moins ludique que Marty Supreme, mais il demeure l’un des films les plus marquants consacrés à l’obsession, qu’il traite avec une rigueur visuelle et sonore remarquable.

    Uncut Gems (2019) 

    Il serait presque impossible de parler de Marty Supreme sans revenir au film qui a consacré le cinéma sous haute tension des Safdie : Uncut Gems (2019). Bien avant que Josh Safdie ne livre le portrait d’un prodige du tennis de table dévoré par l’ambition, les deux frères avaient déjà imposé une esthétique de l’urgence, où chaque plan semble courir après le précédent.

    Howard Ratner, bijoutier new-yorkais incarné par Adam Sandler, constamment à la recherche d’un moyen d’échapper à son endettement, partage avec Marty Mauser une confiance presque démesurée en son propre génie. Tous deux évoluent dans des milieux compétitifs où la performance devient spectacle et où la reconnaissance sociale apparaît comme l’unique horizon. Les dialogues se chevauchent, la musique accélère la cadence, le montage ne laisse aucun répit.

    Mais dans Uncut Gems, le vertige se concentre dans un temps beaucoup plus resserré -ce qui rapproche le film d’After Hours. Là où Marty semble encore porté par la promesse d’un destin exceptionnel, Howard paraît déjà prisonnier de sa fuite en avant. Après Marty Supreme, si vous cherchez une nouvelle dose de cette montée d’adrénaline -cette sensation que tout peut exploser à chaque instant-, Uncut Gems en propose le versant le plus sombre.

    Smashing Machine (2025)

    Lorsque le public a appris que les frères Safdie allaient réaliser séparément deux films, dont les sorties étaient prévues la même année, la curiosité était grande quant à la manière dont la « touche Safdie » se refléterait dans chacun d’eux. Coïncidence intéressante également : les deux frères mettent en scène des protagonistes évoluant dans le milieu sportif. Alors que Marty Supreme s’inscrit dans le lignage direct des films que les frères ont réalisés ensemble, Smashing Machine (2025) de Benny Safdie, opte, en apparence, pour une narration plus posée, voire plus conventionnelle.

    Ces éléments, très conformes aux codes du biopic, peuvent susciter une certaine déception chez les fans les plus fervents des œuvres précédentes du duo. En réalité, Benny Safdie détourne subtilement les conventions du genre par des choix structurels discrets -notamment l’absence de victoire ou d’échec absolus- qui pourraient passer inaperçus auprès de certains spectateurs.

    Smashing Machine retrace l’histoire réelle de Mark Kerr, champion de MMA dont la carrière a connu un déclin en raison de ses problèmes d’addiction. Si l’on compare les deux personnages, Mark se situe déjà à l’endroit que Marty cherche désespérément à atteindre. Son objectif, tout aussi autodestructeur, consiste désormais à préserver sa position. Le film offre cependant une résolution relativement positive, en suggérant la possibilité de sortir du cycle d’ambition dans lequel Marty, lui, semble s’enfermer.

    Les visions des deux cinéastes ne sont pas diamétralement opposées ; des différences de sensibilité subsistent, certes, mais les spectateurs ne manqueront pas de percevoir combien ces deux films se répondent.

  • Andor saison 2 : où avez-vous vu les comédiens de la série Star Wars ?

    Andor saison 2 : où avez-vous vu les comédiens de la série Star Wars ?

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    L’univers Star Wars ne cesse de s’étendre ! Loin des combats spatiaux spectaculaires et des duels au sabre laser, la série Andor (2022-), prequel de Rogue One: : A Star Wars Story (2016), explore les manœuvres politiques et jeux de pouvoir au sein de la Rébellion contre l’Empire. Dans cette fresque épique, une galerie d’acteurs brillants donne vie à une intrigue complexe.  

    Je vous propose un guide JustWatch pour vous faire découvrir leurs parcours à la fois dans et hors de la galaxie lointaine, en vous indiquant où voir les films et séries auxquels ils ont participé.

    Diego Luna (Cassian Andor)

    L’agent rebelle au centre de l’histoire est incarné par Diego Luna, star mexicaine à la carrière éclectique. Le comédien s’est révélé au monde avec Y Tu Mamá También (2001) d’Alfonso Cuarón, et a enchaîné les rôles dans des films comme Frida (2002), Harvey Milk (2008) ou Le Terminal (2004). Plus récemment, il a marqué les esprits dans la série Netflix Narcos: Mexico (2018). Son interprétation dans Andor est saluée comme la meilleure de sa carrière, capturant la complexité et la vulnérabilité de son personnage.

    Stellan Skarsgård (Luthen Rael)

    Pilier du casting, Stellan Skarsgård apporte son charisme au mystérieux chef des espions rebelles. L’acteur suédois, figure emblématique du cinéma d’auteur et hollywoodien, a travaillé avec Lars von Trier (Dogville, Melancholia), et a marqué des franchises majeures comme Mamma Mia! (2008) et Dune (2020). Il est également connu des fans de Marvel pour son rôle dans Thor: Love and Thunder (2022).

    Adria Arjona (Bix Caleen)

    Bix, amie proche de Cassian, est incarnée par Adria Arjona. L’actrice portoricaine s’est faite remarquer dans la saison 2 de True Detective (2015), la série Emerald City (2017) ou la mini-série Good Omens (2019). Au cinéma, elle a partagé l’affiche de Hit Man (2023), acclamé pour sa fraîcheur, et joué dans Morbius (2022). Son rôle dans Andor révèle toute sa capacité à exprimer la douleur et la résilience.

    Genevieve O’Reilly (Mon Mothma)

    Sénatrice et figure clé de la Rébellion, Mon Mothma est incarnée par Genevieve O’Reilly, présente dans l’univers Star Wars depuis La Revanche des Sith (2005), Rogue One (2016) et la série Ahsoka (2023). En dehors de la galaxie lointaine, elle s’est illustrée dans la mini-série The Honourable Woman (2014) et la comédie Episodes (2011-2017).

    Ben Mendelsohn (Orson Krennic)

    Le redoutable officier impérial Orson Krennic, antagoniste majeur dans la traque de Cassian, est campé par Ben Mendelsohn. L’acteur australien a un parcours éclectique entre films indépendants (Babyteeth, Slow West), blockbusters (Captain Marvel, The Dark Knight Rises) et séries à succès comme Bloodline (2015-2018).

    Denise Gough (Dedra Meero)

    Détective impitoyable de l’ISB, Dedra Meero est interprétée par Denise Gough. Révélée par ce rôle glaçant dans Andor, elle a également brillé dans la mini-série policière The Stolen Girl (2025) et au cinéma  dans Alex, le destin d’un roi (2019).

    Kyle Soller (Sybil Karn)

    Agent acharné de l’ISB obsédé par la traque de Cassian, Syril Karn est joué par Kyle Soller, aperçu dans la série britannique Poldark (2015-2019) où il joue le cousin du héros, et la récente série de science-fiction Bodies (2023).

    Faye Marsay (Vel Sartha)

    Vel, cousine de Mon Mothma et espionne rebelle, est incarnée par Faye Marsay, connue pour son rôle dans Game of Thrones (2015-2016) et la série Netflix Adolescence (2025) où elle joue une enquêtrice.

    Varada Sethu (Cinta Kaz)

    Espionne déterminée et compagne de Vel, Cinta Kaz est jouée par Varada Sethu, vue dans la série dystopique Hard Sun (2018) et actuellement dans Doctor Who (1963-) où elle incarne l’officier Belinda Chandra.

    Forest Whitaker (Saw Gerrera)

    Saw Gerrera, rebelle radical aux méthodes controversées, est incarné par un grand nom d’Hollywood : Forest Whitaker, Oscar du Meilleur acteur pour Le Dernier Roi d’Écosse (2007). Il a une immense filmographie et a aussi joué dans Le Majordome (2013), Black Panther (2018) et Respect (2021).

  • De Halloween à Scream, la petite histoire derrière les plus grands masques des films d’horreur

    De Halloween à Scream, la petite histoire derrière les plus grands masques des films d’horreur

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Ils avancent masqués… pour notre plus grande frayeur ! Dans le cinéma d’horreur, le masque n’est pas qu’un accessoire de plus à la panoplie des grands méchants : c’est une signature, un symbole, parfois même l’âme du tueur (n’ayons pas peur des mots !). Et surtout des accessoires emblématiques qui ont fait entrer les personnages et les films dans la pop culture.

    Derrière ces visages figés, de Leatherface à Hannibal Lecter, se cachent des histoires de bricolage et de coups de génie à petit budget. Pour JustWatch, je vous raconte les petites histoires qui ont amené à la création des masques les plus cultes du cinéma d’horreur. 

    Leatherface dans Massacre à la tronçonneuse

    Littéralement « Visage de cuir », Leatherface (Thomas Hewitt pour son identité plus humaine) est un personnage de fiction qui, malheureusement, n’a pas fait un innocent atelier de DIY avec du cuir de vachette pour occuper son temps libre. La relation qu’il entretient avec ses masques (oui, il en a plusieurs) est plus intime et surtout dérangeante puisque ces objets qui le rendent unique sont fabriqués à partir… de peau humaine. 

    Trois masques garnissent la garde-robe du fou furieux de Massacre à la tronçonneuse (1974). Le premier, surnommé « The Killing Mask », est celui qu’il utilise pour traquer ses victimes : son apparence neutre et presque inachevée le rend encore plus perturbant, comme s’il n’était qu’une coquille vide. Le second, le « Old Lady Mask », est porté lors des scènes domestiques : avec lui, Leatherface adopte un comportement presque docile, comme s’il jouait le rôle d’une femme au foyer sous l’autorité de sa famille. Enfin, le « Pretty Woman Mask », visible lors de la scène du dîner, lui donne une apparence grotesque et dérangeante, accentuant la dimension théâtrale et profondément troublante du personnage.

    Le réalisateur Tobe Hooper s’est inspiré du tueur réel Ed Gein, connu pour avoir fabriqué des objets à partir de restes humains. Cette influence donne au personnage une dimension presque documentaire, renforçant le malaise. En coulisses, l’acteur Gunnar Hansen a raconté que le masque était particulièrement inconfortable. Fabriqué dans des matériaux épais pour paraître réaliste à l’écran, il retenait la chaleur et limitait sa respiration. Sous le soleil écrasant du Texas, ces conditions ont contribué à son jeu physique erratique, donnant à Leatherface sa gestuelle imprévisible et animale.

    Ghostface dans Scream

    C’est peut-être le masque le plus vendu pendant la période d’Halloween. Et qui a rendu la saga Scream aussi mythique. Dès le premier opus en 1996, le tueur joueur et sanguinaire apparaît avec son visage dissimulé derrière cet artifice blanc. Mais ce que peu de spectateurs savent, c’est que ce masque n’a pas été créé pour le film. Lors des repérages, la productrice Marianne Maddalena le découvre dans une maison et le montre au réalisateur Wes Craven. Il s’agit en réalité d’un modèle existant, appelé « Father Death », fabriqué par la société Fun World et vendu quelques dollars dans le commerce.

    Le studio tente d’abord de créer une version originale, mais les prototypes sont jugés trop sophistiqués. Après des négociations, la production obtient finalement les droits de l’utiliser. Il s’agit d’une création d’une certaine Brigitte Sleiertin, employée du magasin Fun World, qui s’est notamment inspirée du célèbre tableau d’Edvard Munch, Le Cri. Ce choix de masque pour le film permet une idée narrative brillante : Ghostface n’est pas une personne, mais un rôle. Plusieurs personnages peuvent ainsi porter le masque au fil de la saga, transformant cet objet en symbole universel de la menace.

    À noter : son succès a largement dépassé la franchise. Il sera parodié dans Scary Movie (2000), preuve que ce masque, né comme un simple produit de grande distribution, est devenu une icône mondiale de la pop culture.

    Jason Voorhees dans Vendredi 13

    Aujourd’hui indissociable du personnage, le masque de hockey de Jason Voorhees n’a pourtant pas toujours fait partie de son apparence. Dans le premier Vendredi 13 (1980), Jason n’apparaît même pas comme le tueur principal. Et lorsqu’il revient dans Le Tueur du vendredi (1981), il dissimule son visage sous un simple sac en toile, inspiré du tueur de Terreur sur la ville (1976). 

    Ce n’est que dans Vendredi 13 : Meurtres en trois dimensions (1982) que naît véritablement l’icône. Lors de la préparation du tournage, l’équipe cherche un nouveau moyen de masquer le visage du cascadeur Richard Brooker tout en renforçant la présence visuelle du personnage. Le superviseur des effets spéciaux Martin Jay Sadoff propose alors un masque de hockey, un objet qu’il utilise lui-même lors de ses loisirs. Le choix est immédiatement validé. Le masque possède une neutralité troublante : il ne montre aucune émotion, aucune humanité. Pour le film, plusieurs modifications sont apportées. La surface est vieillie, patinée, salie, afin de refléter la vie sauvage du personnage. Les trous sont élargis pour accentuer l’obscurité du regard, créant l’illusion d’un vide derrière le visage. Ce choix transforme immédiatement Jason en figure iconique.

    Hannibal Lecter dans Le Silence des agneaux

    Son manque d’expression est glaçant. Contrairement aux autres masques du cinéma d’horreur, celui d’Hannibal Lecter n’est pas conçu pour créer une identité… mais pour empêcher le personnage d’exprimer sa violence. Dans Le Silence des agneaux (1991), ce masque apparaît lors de la scène de transfert du prisonnier. Le cannibale est considéré comme extrêmement dangereux, au point que les autorités lui imposent une muselière rigide pour éviter toute attaque. Ce choix fait directement référence à un événement évoqué dans le film : Lecter a déjà attaqué et mutilé une infirmière en prison.

    Le masque a été conçu pour paraître crédible et fonctionnel, presque médical. Sa structure empêche toute morsure, tout en laissant visible une partie du visage. Ce détail est essentiel : le spectateur peut toujours voir les yeux d’Hannibal. Et c’est précisément ce qui le rend si dérangeant. Anthony Hopkins utilise cette contrainte comme un outil de jeu. Privé de parole et d’expression faciale complète, il concentre toute son intensité dans son regard. Cette immobilité renforce la tension, donnant l’impression que la violence du personnage est contenue, prête à exploser à tout moment.

    Michael Myers dans Halloween

    Le masque de Michael Myers est né d’une contrainte simple : un manque de budget ! Pour Halloween, la nuit des masques (1978), l’équipe achète un masque du Capitaine Kirk de Star Trek dans un magasin de farces et attrapes. Trop reconnaissable, il est modifié : les sourcils sont retirés pour effacer toute expression, les cheveux sont recoiffés pour paraître plus neutres, et le masque est entièrement repeint en blanc, supprimant toute chaleur. Le résultat dépasse toutes les attentes. Son absence totale d’expression lui donne une dimension inhumaine.

    Ce visage vide devient l’incarnation parfaite du concept imaginé par John Carpenter : Michael Myers n’est pas un homme, mais une présence. Sur le script, il est d’ailleurs simplement nommé « The Shape » (littéralement « la forme »). De quoi rappeler que Michael Myers est dénué de toute psychologie. Et le spectateur ne peut ni comprendre ni anticiper le personnage, imprévisible et inarrêtable.

    L’acteur Nick Castle, qui incarne Myers dans le film original, a expliqué que le masque limitait sa vision, l’obligeant à bouger lentement et mécaniquement. Cette contrainte physique a contribué à la démarche caractéristique du personnage, renforçant son aura inhumaine. Acheté pour quelques dollars et modifié avec des moyens rudimentaires, ce masque deviendra pourtant l’un des visages les plus terrifiants de toute l’histoire du cinéma.

  • « Toi, tu étais vrai ! » : comment Eric et Ramzy ont refait Truman Show sur Prime Video

    « Toi, tu étais vrai ! » : comment Eric et Ramzy ont refait Truman Show sur Prime Video

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « J’ai tout de suite pensé à des films comme The Truman Show ou The Game », confie Boris à Dauphiné Libéré, quand il découvre la réalité de l’imposture. Et c’est la première réflexion qui m’est venue en tête en entendant Eric et Ramzy lancer qu’une seule personne était « vraie » au moment de dévoiler la réalité de l’expérience. La même réplique prononcée par Ed Harris, le réalisateur-Dieu à la fin de Truman Show (1998).

    C’est quoi un prank ?

    Un prank, c’est une blague sous forme d’imposture, qui vise à tromper la personne ciblée sur la réalité de ce qu’elle traverse, que cela soit par téléphone, en caméra cachée ou à travers des mises en scènes trompeuses. La blague peut être réalisée avec des moyens limités, ou au contraire reposer sur des dispositifs plus élaborés.

    En France, on se souvient des programmes télévisés La Caméra invisible, La Caméra cachée ou Surprise sur prise !, de l’imposture mémorable de Patrick Sébastien dans Le Grand Bluff (plus grande audience historique pour un divertissement avec 17,4 millions de téléspectateurs le 26 décembre 1992) ou des blagues filmées de François Damiens ou Greg Guillotin.

    Très récurrent en radio, le concept a depuis envahi les réseaux sociaux et s’est même décliné en streaming, à travers des propositions comme Jury Duty (2023-) dont la seconde saison arrive le 20 mars sur Prime Video.

    Tout Simplement Fan, le prank ultime

    La France n’avait pas encore proposé son prank majeur et longue durée. C’est chose faite avec Tout Simplement Fan (2026) qui marque une nouvelle collaboration entre Amazon et Eric et Ramzy après Comedy Class et leurs participations à LOL qui rit sort. Pour ce programme en six épisodes, les compères de La Tour Montparnasse infernale (2001) voient grand : une blague étalée sur cinq jours, dans un décor de western impressionnant, impliquant 300 comédiens et techniciens, 40 caméras et des guests comme Laurent Lafitte, Laura Felpin, Melha Bedia, Jean-Pascal Zadi, Youssef Hajdi, Niels Schneider ou Marc Labrèche.

    Le concept ? Quatre aficionados du duo sont invités sur le tournage de leur série Zorro et Bernardo en Espagne, pour assister aux prises de vues tout en participant à un jeu pour choisir le plus grand fan d’Eric et Ramzy avec 20 000 euros à la clé. Parmi eux, il y a le Lyonnais Boris. Et ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il est au centre du prank et le seul participant à tout ignorer de la supercherie.

    Durant cette petite semaine, il va être confronté à un tournage pour le moins tendu, entre rivalités pour le rôle de Zorro, panel de spectateurs organisé par Amazon, réalisateur prêt à évincer Eric Judor, explosion imprévue d’un chariot… Il va même être invité à tester ses compétences de comédien lors d’une séquence WTF de multivers.

    Une première tentative ratée !

    La blague est impressionnante en termes de logistique. Et peut capoter à tout moment, tant les péripéties commencent à s’enchaîner de manière un peu trop énorme quand ce n’est pas une caméra derrière un miroir ou un micro oublié par Eric qui sont trop visibles. Mais aveuglé par sa joie d’être sur le plateau, sa découverte des coulisses d’une production (après tout, peut-être que ça se passe ainsi dans la grande famille du cinéma ?), les prestations bluffantes des trois autres fans complices du prank (qui ont tenu leur rôle pendant cinq jours !), et sa fanitude, Boris se laisse complètement berner.

    Contrairement à Aurélie, fan N°1 du tandem et première candidate malgré elle, qui avait compris les tenants et les aboutissants de la blague dès la première journée, obligeant la production à trouver un cobaye de secours pour tenter une deuxième fois de mettre en boîte l’imposture (et Laurent Laffite à prolonger son séjour alors qu’il était attendu au théâtre !). Ce raté majeur est dévoilé à la fin du dernier épisode, et c’est une vision tout aussi intéressante que le prank réussi.

    Un Truman Show en vrai ?

    Alors bien sûr, avec le montage, l’habillage et l’humour d’Eric et Ramzy, Tout Simplement Fan s’avère être au final un prank certes d’envergure mais surtout bon enfant, dont les leviers auraient pu aller beaucoup plus loin (les tensions en plateau restent limitées et cadrées, la blessure de Ramzy dans l’explosion ne verse jamais dans le drame) pour miner Boris. Les applaudissements de l’équipe, au moment de la révélation, sont sincères alors qu’Eric et Ramzy semblent ravis d’avoir mis un vrai fan au centre de leur univers et que tout le monde loue les qualités humaines du jeune homme (qui a été jusqu’à protéger la trahison de l’un des autres fans, qui a voté contre Ramzy lors du panel).

    Mais le programme divise, forcément (et même heureusement), puisque c’est, au final, un Truman Show « pour de vrai » qui peut provoquer un sentiment malaisant voire d’acharnement comme le pointe Télérama. La scène de multivers jouée par Boris, par exemple, sincèrement ridicule, se fait sous les rires cachés des uns et des autres alors que le jeune homme est persuadé d’avoir découvert et montré un talent qu’il ignorait. Cela m’interroge.

    Et je dois avouer ne pas avoir encore d’avis définitif sur le sujet. Je respecte l’ambition du prank, l’envie des trublions Eric et Ramzy de célébrer leurs admirateurs, et la bonne humeur qui en ressort. Mais j’aime surtout, finalement, que Tout Simplement Fan nous pose une question morale sur le fait de filmer quelqu’un à ses dépens pour capter une vérité. Et sur la frontière, très fine, entre rire avec cette personne et rire de cette personne.

  • Bridgerton sur Netflix : Eloise ou Francesca, quelle sœur tombera amoureuse dans la saison 5 ?

    Bridgerton sur Netflix : Eloise ou Francesca, quelle sœur tombera amoureuse dans la saison 5 ?

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Vous avez dévoré la deuxième partie de La Chronique des Bridgerton saison 4, et vous êtes déjà en train de penser à la saison 5 ? Rassurez-vous, beaucoup de fans (y compris « votre dévouée chroniqueuse ») sont dans la même situation. Maintenant que Benedict (Luke Thompson) et Sophie (Yerin Ha) ont eu le droit à leur fin heureuse et à un mariage digne d’un conte de fée, une question se pose sur toutes les lèvres : qui sera au cœur de la suite ?

    Jess Brownell, la showrunneuse de la série, a déjà confirmé lors de la première parisienne de que les initiales des personnages qui seront au centre de toutes les attentions lors des deux prochaines saisons, étaient brodées sur la poche de sa veste : on pouvait y voir un « E » et un « F », indiquant que Eloise (Claudia Jessie) et Francesca (Hannah Dodd) seraient bien les actrices principales des saison 5 et 6. Brownell n’a néanmoins pas révélé dans quel ordre.

    Alors même si les théories vont bon train sur la toile et les réseaux sociaux, la showrunneuse a annoncé que la production de la cinquième saison allait très bientôt commencer : or c’est généralement à ce moment-là que l’arc narratif de la prochaine saison est révélé aux fans.   

    Francesca sera-t-elle le personnage principal de la saison 5 ?

    Même si cette saison était celle de « Benophie », nous avons également suivi Francesca dans les débuts de sa nouvelle vie d'épouse. Malheureusement, la jeune femme est confrontée à la terrible perte de son mari, John Stirling (Victor Alli). Cette épreuve, Francesca la vit entourée de sa famille et de Michaela (Masali Baduza), la cousine de John qui, dès son arrivée à la fin de la saison 3, semblait avoir semé le doute dans l’esprit de la jeune femme.

    À la fin de la saison 4, Michaela quitte la maison de Francesca sans lui dire, alors même qu'elle avait promis de rester. Il semblerait que la cousine du défunt veuille s'éloigner d’elle pour se protéger de ses propres sentiments… Dans la scène post-générique, le mariage de Benedict et Sophie bat son plein lorsque les invités, incluant Kate Sharma, Eloïse, Francesca et Lady Violet, discutent de la prochaine union de la famille. Francesca, alors encore vêtue de noir, annonce qu’elle n’a aucune intention de se remarier, car elle a déjà eu droit à sa grande histoire d’amour avec John. 

    Pour les fans des romans, la suite la plus logique serait de continuer sur l’arc de Francesca puisque son histoire avec Michaela et John est déjà installée depuis la troisième saison. De plus, la mort de John marque le début du roman qui lui est consacré, When He Was Wicked, et il serait donc étrange de faire une pause maintenant avec ce personnage. Il faudra encore faire preuve de patience pour en avoir la confirmation, mais si je devais parier sur le lead de la prochaine saison, je pencherais plutôt pour Francesca !

    Ou est-ce que ce sera au tour d’Eloise de tomber amoureuse ? 

    Eloise, la plus indépendante et anticonformiste des sœurs Bridgerton, semble avoir légèrement changé d’opinion sur le mariage dans cette quatrième saison -pas forcément en ce qui la concerne, mais surtout pour les gens qui l'entourent, comme sa petite sœur Hyacinthe (Florence Hunt). En effet, c’est au cours d’une dispute avec cette dernière qu'elle se rend compte qu’elle a peut être porté des jugements un peu trop rapides et catégoriques en ce qui concerne les rêves et les ambitions d’autres jeunes femmes, y compris de ses sœurs.

    De plus, Eloise joue même les entremetteuses à la fin de la saison, pour venir en aide à Posie, la jeune sœur de Sophie ! C’est quelque chose qui aurait été impensable de la part de ce personnage auparavant. Par ailleurs, lorsque la jeune Hyacinthe est témoin de la détresse de Francesca suite au décès de John, elle décide de repousser ses débuts dans la société, voire d'oublier toute idée de mariage. En voyant cela, Eloise réalise que sa sœur si romantique, férue de bals et d'événements mondains en tout genre, est en train de prendre le même chemin qu'elle.

    Elle décide alors d’avoir une discussion à coeur ouvert avec Hyacinthe, en la persuadant que devenir une « vieille fille » ne lui correspond pas réellement, et qu’en ayant passé du temps avec elle pendant la saison, elle-même se rend compte que le mariage peut avoir de bons côtés, comme la compagnie ou la famille. Puis, lors des noces de Benedict et Sophie, Eloise admet aimer les mariages… en tant qu'invitée, bien évidemment ! Cette remarque, toute aussi innocente soit elle, s’ajoute au changement d’opinion du personnage en ce qui concerne la romance et la vie maritale, et laisse penser que son livre, To Sir Philip, With Love, pourrait également être le prochain à être adapté par Netflix.

  • De Interstellar à Marty Supreme, les 10 rôles qui ont construit Timothée Chalamet

    De Interstellar à Marty Supreme, les 10 rôles qui ont construit Timothée Chalamet

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Le carton plein de Marty Supreme (2026) donne envie de replonger à deux pieds dans la carrière de Timothée Chalamet, le plus frenchy des acteurs hollywoodiens, et de comprendre la trajectoire impressionnante de la star de seulement 30 ans. Ses services semblent gagnants à chaque tentative : un parcours qui révèle une curiosité permanente pour des personnages toujours complexes, tourmentés souvent, extraordinaires parfois.

    Pour comprendre l’évolution de son art, il suffit d’observer ces dix rôles qui ont façonné l’acteur que nous connaissons aujourd’hui : des débuts modestes mais formateurs et révélateurs dans Interstellar (2014), aux figures mythiques et aux performances radicales de Dune : première partie  (2021) ou Un parfait inconnu (2024) qui montrent son audace et sa transformation constante.

    1. Interstellar : à l’ombre de Matthew McConaughey

    Quand Timothée Chalamet apparaît dans Interstellar (2014) de Christopher Nolan, il n’est encore qu’un adolescent presque inconnu du grand public. Pourtant ce rôle secondaire, celui du fils du personnage joué par Matthew McConaughey, pose une pierre fondatrice dans la construction de l’acteur. À mon sens ce n’est pas un rôle spectaculaire, Chalamet démarre modestement, mais il est essentiel.

    Dans la peau de Tom qui, contrairement à sa sœur, esprit scientifique et rebelle, est un garçon enraciné à la terre, le comédien donne à voir un lien viscéral avec la planète que son père s’apprête à quitter. Christopher Nolan utilise déjà ce que Timothée Chalamet maîtrise instinctivement : la retenue. Son jeu repose sur la frustration silencieuse, sur la lente transformation d’un enfant en homme désillusionné, l’âge charnière de l’enfance à la responsabilité. C’est un rôle discret, mais il révèle une qualité rare : sa capacité à exister dans les interstices. Quand ces interstices sont signés d’un aussi grand cinéaste, ce sont des débuts sous les meilleures auspices.

    2. Call Me by Your Name : naissance d’un visage

    Avec Call Me by Your Name (2017) de Luca Guadagnino, Timothée Chalamet ne devient pas seulement célèbre avec une performance remarquable, il révèle une nouvelle forme de jeu masculin à l’écran : vulnérable, intellectuel et sensoriel. Elio, 17 ans, est un adolescent à la recherche de lui-même, fils d’un professeur cultivé et d’une mère intellectuelle, qui vit l’arrivée de leur ami Oliver, l’adulte libre dans son corps, comme une déflagration.

    Le film capture ce moment extrêmement précis où l’identité se forme à travers le désir. Timothée Chalamet fait un travail très organique sur ce film très contemplatif.  La scène finale avec ce gros plan fixe sur le visage en pleurs du comédien est spectaculaire : on y voit toutes les étapes du deuil amoureux, du choc à l’acceptation. À partir de ce moment, la profession et le public comprennent que Timothée Chalamet est un acteur plus que prometteur, mais qu’il réussit à être totalement poreux émotionnellement, maîtrisant le silence et acceptant de paraître fragile à l’écran à un âge difficile.

    3. Lady Bird : déconstruire son propre mythe

    Dans Lady Bird (2017), Timothée n’est pas le personnage principal, il incarne Kyle, figure secondaire dans le récit de Christine « Lady Bird » McPherson, jouée par Saoirse Ronan. Kyle correspond à un archétype familier : celui du jeune homme intellectuel, cultivé en apparence, dont la sophistication masque une immaturité émotionnelle profonde. Le travail de Chalamet consiste alors à habiter cette posture sans jamais la caricaturer, en jouant sur le contraste entre l’individualité affichée du personnage et son incapacité à assumer pleinement ses responsabilités affectives.

    Il compose un Kyle à la fois présent physiquement, mais émotionnellement fuyant, presque insaisissable. Pour le diriger, la réalisatrice Greta Gerwig l’a encouragé au naturel : parler naturel, et pas d’intensité dramatique artificielle. Du pain béni pour Timothée Chalamet qui offre aux spectateurs une nouvelle facette de son registre : là où Elio de Call Me By Your Name était ouvert, sincère et traversé par ses émotions, Kyle apparaît au contraire comme un être opaque, fermé, constamment sur la défensive. Par un jeu minimaliste, fait de retenue et d’évitement, Timothée Chalamet donne à voir non pas un antagoniste, mais une figure profondément humaine dans sa maladresse et son immaturité. 

    4. My Beautiful Boy : la désintégration intime

    Dans My Beautiful Boy (2018) de Felix van Greoningen, Timothée Chalamet atteint une intensité physique nouvelle. Il joue Nic Sheff, un jeune homme brillant détruit progressivement par son addiction à la méthamphétamine. Dans ce rôle de désintégration lente et intime, l’acteur excelle et sait parfaitement entrer dans cette zone fragile où le personnage ne contrôle plus sa propre existence. Il arrive à disparaître. On est loin de la découverte de l’amour et de la construction de son identité comme sur ses précédents rôles… Là, Nic l’emmène dans un territoire de survie à sa propre destruction.

    Dans ce duo père-fils (avec le formidable Steve Carell dans le rôle du père soutenant), Timothée Chalamet fait un travail impressionnant sur son corps avec une transformation physique progressive, une voix plus fragile, des mouvements désynchronisés, une posture affaissée. Encore une fois, le comédien ne cherche pas le spectaculaire mais la vérité avec ce personnage qui se perd. En montrant qu’il peut jouer la destruction intérieure sans caricature, Chalamet ajoute une nouvelle corde à son arc.

    5. Le Roi : apprendre à incarner le pouvoir

    Pour la première fois, Timothée Chalamet est au générique d’un film historique. Dans Le Roi (2019), il est Henri V, jeune prince devenu roi presque malgré lui, confronté à la solitude radicale du pouvoir. Ce rôle est fondamental car il introduit une nouvelle dimension dans la palette de jeu de Timothée Chalamet : l’autorité. Avec ce héros conquérant, Chalamet abandonne définitivement les fragilités adolescentes sans pour autant renoncer à une certaine forme d’intériorité. Henri demande de montrer une certaine intériorité.

    Avec ce rôle, on assiste à la naissance d’un acteur capable de porter le poids symbolique d’un personnage historique. Timothée Chalamet réussit à lui donner peu à peu de l’épaisseur, non en surjouant le personnage mais au contraire grâce à une économie de geste, une posture, des silences et des regards. On est loin du cliché héroïque et le comédien le fait très bien.

    6. The French Dispatch : de la fantaisie

    Sous le regard de Wes Anderson dans The French Dispatch (2021), il joue Zeffirelli, un jeune journaliste du journal du même nom, une figure révolutionnaire inspirée des mouvements étudiants de Mai 68. Idée plus que personnage, Timothée Chalamet joue de son image juvénile pour en faire un symbole romantique, celui d’une jeunesse persuadée que le monde peut être transformé par la seule force des convictions.

    Dans l’univers stylisé du cinéaste, le comédien s’intègre parfaitement, portant la vision très codifiée de l’auteur. Contrairement à ses rôles précédents, Zeffirelli n’est ni vulnérable émotionnellement ni destiné à un arc dramatique intense. Son rôle est secondaire mais reste mémorable car Timothée Chalamet réussit à capter l’attention par sa présence et son énergie. 

    7. Dune : devenir un mythe

    Avec le personnage de Paul Atréides, Timothée Chalamet accède à une dimension mythologique sous la direction de Denis Villeneuve. Ce rôle dans Dune : première partie  (2021) et Dune : deuxième partie (2024) est sans doute le plus ambitieux de sa carrière : il doit incarner non seulement un jeune homme, mais la naissance progressive d’une figure messianique. Là où d’autres acteurs auraient opté pour la gravité immédiate, Chalamet construit Paul dans la durée, en partant de sa vulnérabilité initiale.

    Ce qui rend sa performance remarquable, c’est la progression du personnage presque imperceptible vers la puissance. Dans le premier film, il est encore traversé par le doute, écrasé par l’héritage familial et les visions qu’il ne comprend pas. Dans le second, quelque chose se durcit : son regard devient plus opaque, sa parole plus assurée, presque inquiétante. Vivement Dune : Troisième partie (2026).

    8. Wonka : retrouver l’enfance

    Après la prestation de Johnny Depp en 2005, dont le look et les mimiques avaient laissé une grande persistance rétinienne, le personnage de Wonka, chocolatier rêveur, avait été laissé tranquille par le cinéma. C’était sans compter le potentiel de cet hurluberlu imaginé par Roald Dahl dans son livre Charlie et la chocolaterie. Dans Wonka (2023) de Paul King, Timothée Chalamet révèle une facette inattendue, autre que l’étrangeté : la sincérité.

    Wonka n’est finalement qu’un rêveur convaincu que l’imagination peut transformer la réalité. En chantant et en dansant car Wonka est comme un film (très) musical, Timothée Chalamet fait du personnage un Willy Wonka ingénieux, tendre et décalé, loin du génie cynique et manipulateur vu par Tim Burton. Ce rôle agit comme un contrepoint à ses personnages tourmentés. Il prouve qu’il peut incarner la lumière, l’émerveillement et une autre forme d’innocence. Pas seulement la gravité.

    9. Un parfait inconnu : incarner une légende

    En incarnant Bob Dylan pour James Mangold dans Un parfait inconnu (2024), Timothée Chalamet relève un défi redoutable : jouer une figure dont l’image est déjà profondément inscrite dans l’imaginaire collectif. Plutôt que de chercher la ressemblance parfaite, il travaille sur l’opacité du personnage. Son Dylan est insaisissable, souvent silencieux, presque en retrait de sa propre légende en marche.

    Le comédien comprend que Dylan est un artiste qui se construit contre les attentes des autres. Chalamet traduit cette résistance par une forme de distance constante, les regards obliques et la posture fermée aidant. Il ne cherche pas à expliquer Dylan, mais à préserver son mystère. Cette approche témoigne d’une maturité nouvelle : il ne joue plus seulement des personnages, mais des mythes vivants, avec tout ce que cela implique d’ambiguïté.

    10. Marty Supreme : la métamorphose radicale

    Avec Marty Supreme (2026), réalisé par Josh Safdie, Timothée Chalamet opère une transformation inattendue en incarnant l’insupportable joueur de ping-pong Marty Reisman. Un rôle fascinant qui l’éloigne radicalement de son image habituelle. Reisman est un personnage excessif, provocateur, profondément inscrit dans une culture populaire new-yorkaise. Chalamet semble y trouver une liberté nouvelle.

    Là où ses rôles précédents reposaient souvent sur la retenue, celui-ci lui permet d’explorer une physicalité différente, archi expressive, très ancrée dans le réel. Cette performance marque une étape décisive : l’acteur cesse d’être seulement une figure générationnelle pour devenir un véritable acteur de composition, capable de s’effacer derrière des personnalités radicalement différentes. Marty Supreme confirme ce que sa carrière laissait déjà entrevoir : Timothée Chalamet n’est pas seulement une star, mais un acteur en perpétuelle transformation.

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    Connaissez-vous Allegra Coleman ? Voici l’étonnante histoire de l'actrice qui n'a jamais existé

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « Oubliez Gwyneth… Oubliez Mira… Voici la prochaine fille de rêve d’Hollywood ». En novembre 1996, le magazine Esquire met à sa Une un nouveau visage : sous la plume de la journaliste Martha Sherrill et devant l’objectif de Troy House, la comédienne Allegra Coleman se dévoile aux lecteurs sur huit pages dans lesquelles elle partage avec une profondeur de « vieille âme » sa vie, son parcours, sa philosophie, ses ambitions…

    « Je suis née actrice »

    Dans le plus pur style du magazine, qui aime offrir des portraits vivants et très incarnés, on y apprend que la jeune femme de 22 ans, aux origines cherokees et tchèques, s’est confiée à la journaliste au détour d’une balade et d’un road trip, sans réelle interview cadrée. Qu’elle vient d’une famille de circassiens et de poètes (ses parents étaient photographe et actrice), qu’elle est amie avec l’auteur et gourou Deepak Chopra, qu’elle a vécu une relation passionnée avec David Schwimmer (Friends), qu’elle est apparue dans Melrose Place (1992-1999) et Cliffhanger (1993), et que les plus grands rêvent de travailler avec elle.

    « Elle a un talent fou. Que du talent. », dit d’elle Quentin Tarantino. « Vous avez l'impression qu’elle pourrait quitter la scène à n’importe quel moment et ne jamais revenir », confie Bernardo Bertolucci. Woody Allen s'apprête à la faire tourner, Susan Sarandon et Goldie Hawn veulent produire son prochain film, Joel Schumacher rêve de lui confier le rôle de Sally Bowles dans un remake de Cabaret… Allegra Coleman est désirée et pourtant insaisissable. « Elle se tient au bord de la célébrité comme s'il s'agissait d'une étape vers la mort », écrit Martha Sherrill.

    Le buzz Allegra Coleman

    Dès la publication, le tout-Hollywood s’enflamme pour Allegra Coleman. De nombreux agents et responsables de studios contactent la rédaction d’Esquire pour entrer en contact avec celle qui avait échappé à leurs radars et lui proposer un contrat. Sauf qu’Allegra Coleman n’existe pas. Elle est née de l’esprit de Martha Sherrill -qui poursuivra d’ailleurs ses aventures dans le roman My Last Movie Star (2003)- dans le cadre d’un canular visant à dénoncer la fascination et l’emballement permanent du microcosme hollywoodien pour ces portraits trop beaux pour être vrais. Et le buzz a prouvé que cela fonctionnait.

    La plume de Martha Sherrill, les clichés réels et retouchés signés Troy House, les anecdotes impliquant des stars, les citations improbables, les péripéties clichés qui parsèment le papier, le style en phase avec les publications habituelles du magazine, l’aura glamour de Esquire… Tout était aligné pour que la supercherie fonctionne. Si le cinéma imaginera par la suite des fictions autour d’actrices fictives voire de vraies stars virtuelles, l’article consacré à Allegra Coleman a finalement été l’une des premières tentatives du genre et nous incite, trente ans après, à l’heure où l’IA rend tout possible, à questionner les apparences.

    Deux vrais liens avec le réel

    Malgré son pedigree entièrement nourri d’illusions et de mensonges, Allegra Coleman a toutefois deux véritables liens avec le réel. Et le cinéma. Le premier, c’est son visage. C’est une jeune mannequin, alors âgée de 20 ans, qui accepte de jouer ce rôle en 1996. Une certaine Ali Larter qui, prophétiquement, verra sa carrière d’actrice décoller quelques années plus tard. Après des débuts dans American Boys (1999) et La Maison de l’horreur (1999), elle devient par la suite un visage récurrent des sagas Destination Finale et Resident Evil au cinéma, et multiplie les rôles à la télévision, notamment dans Heroes (2006-2010) et Landman (2024-). Et si je vous raconte cette histoire aujourd’hui, 28 février 2026, c’est que l’Américaine fête ses 50 ans ce samedi.

    L’autre lien est plus discret et relève de l’easter egg bien (bien) caché. Si vous l’aviez repéré, vous êtes fort.e car pour ma part, je ne l’ai découvert que très récemment. Dans le film Hitch - expert en séduction (2005), il y a Will Smith en love-coach, il y a Eva Mendes en journaliste piquante décidée à boucler un article sur ce gourou des sentiments, il y a Kevin James en amoureux nourri de ses conseils, et il y a Amber Valetta en femme d’affaires pour qui en pince ce dernier. C’est son personnage qui nous intéresse : dans la romcom, elle est baptisée Allegra Cole. Un clin d’oeil plus qu’appuyé à la star imaginaire d’Esquire, qui renvoie assurément à l’aura parfaite et inaccessible que prend la jeune femme dans l’oeil de son prétendant. Comme Allegra Coleman en 1996.

  • César 2026 : où et comment voir L’Attachement et les films récompensés ?

    César 2026 : où et comment voir L’Attachement et les films récompensés ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    La réalisatrice Carine Tardieu s’est dite « heureuse du partage » en recevant le César du Meilleur film sur la scène de L’Olympia ce jeudi 26 février. Un parfait résumé de cette cérémonie 2026, qui a vu les votant.es de l'Académie saluer la plupart des œuvres nommées, sans oubli ni sur-triomphe. Ce palmarès, finalement, est à la hauteur d’une édition très ouverte, où aucun favori ne se dégageait vraiment et où Jim Carrey a été célébré.

    Il a également donné une très belle place aux femmes (enfin !), avec quinze lauréates pour quinze lauréats. On peut, bien sûr, regretter que L’Attachement (2025) ne soit que le sixième film réalisé par une femme à repartir avec la récompense suprême en cinquante-et-un ans (Carine Tardieu succède à Trois Hommes et un couffin de Coline Serreau, Vénus Beauté (Institut) de Tonie Marshall, Le Goût des autres d’Agnès Jaoui, Lady Chatterley de Pascale Ferran et Anatomie d'une chute de Justine Triet), mais embrassons cette belle parité qui illustrait, hier, la belle diversité du cinéma français (malgré une absence majeure). Une diversité que JustWatch vous invite à (re)découvrir. Voici comment !

    L’Attachement - disponible sur CANAL+ et en VOD

    • Meilleur film

    • Meilleure actrice dans un second rôle : Vimala Pons

    • Meilleure adaptation

     « Faire des films d’auteur qui peuvent toucher le public » : le producteur Fabrice Goldstein, très ému, décrit avec ces mots très justes la réussite de L’Attachement de Carine Tardieu. Au-delà de ses 780 000 entrées en salles (c’est le plus gros succès public de la réalisatrice de La Tête de maman et Du vent dans mes mollets), cette adaptation du roman L’intimité d’Alice Ferney a profondément bouleversé le public, ému aux larmes par la rencontre entre une quinquagénaire indépendante et son voisin veuf et ses enfants. Si on peut regretter que Valeria Bruni Tedeschi et Pio Marmaï (jamais récompensé !) n’aient pas reçu les suffrages de l'Académie, c’est réjouissant de voir le long métrage repartir avec le trophée du Meilleur film, de la Meilleure adaptation (partagée avec ses coscénaristes Agnès Feuvre et Raphaële Moussafir) et du Meilleur second rôle féminin pour la fantasque et attachante Vimala Pons qui reçoit le premier trophée majeur de sa carrière.

    Nouvelle Vague - actuellement au cinéma

    • Meilleure réalisation : Richard Linklater

    • Meilleure photographie

    • Meilleurs costumes

    • Meilleur montage

    « C’est un film qui fait du bien » : en recevant son tout premier César en plus de 35 ans de carrière sur les bancs de montage, Catherine Schwartz a témoigné son amour et sa reconnaissance à Richard Linklater dont le Nouvelle Vague (2025), passé par Cannes et les Golden Globes, est numériquement le grand gagnant de la soirée avec quatre César. On pourrait regretter que l’Académie décide de célébrer un cinéaste américain en Meilleure réalisation -surtout quand la catégorie compte deux cinéastEs, Carine Tardieu et Hafsia Herzi- mais on sent que les votant.es ont tenu à saluer ici cette célébration sincère de A bout de souffle (1960) à la manière de Jean-Luc Godard, dont la superbe photographie en noir et blanc de David Chambille et les costumes signés Pascaline Chavanne ont également été plébiscités.

    Dossier 137 - actuellement au cinéma

    • Meilleure actrice : Léa Drucker

    Dominik Moll avait tout raflé en 2003 avec La Nuit du 12 (six César dont Meilleur film, Meilleure réalisation et Meilleur scénario). C’est peut-être pour cette raison que son puissant Dossier 137 (2025) a été moins mis en lumière cette année. Nommé dans huit catégories, le long métrage ne repart qu’avec une statuette, mais non des moindres. Déjà sacrée en 2019 avec Jusqu'à la garde, Léa Drucker rejoint le club des comédiennes possédant deux César de la Meilleure actrice, où elle côtoie Isabelle Huppert, Catherine Deneuve, Nathalie Baye, Sabine Azéma, Romy Schneider, Yolande Moreau et Isabelle Adjani. Excusez du peu ! Une récompense méritée pour son incarnation d’une anti-héroïne passionnante, enquêtrice au sein de la police des polices pour faire la lumière sur un incident impliquant les forces de l’ordre survenu dans le cadre d’une manifestation. Dans cette exploration glaciale et méthodique, Léa Drucker est impeccable, alors que son attachement au devoir de vérité vacille face aux versions et aux pressions.

    La Femme la plus riche du monde - disponible en VOD

    • Meilleur acteur : Laurent Lafitte

    Un rôle comique (ou du moins pas entièrement dramatique) récompensé par le César du Meilleur acteur, c’est rare. Très rare même. Il y a eu Michel Serrault pour La Cage aux folles, André Dussollier pour On connaît la chanson, Jacques Villeret pour Le Dîner de cons, Omar Sy dans Intouchables, Guillaume Gallienne dans Les Garçons et Guillaume, à table ! et Alex Lutz dans Guy. Des interprétations mémorables, auxquelles vient s’ajouter celle de Laurent Lafitte dans La Femme la plus riche du monde (2025). Dans cette satire de Thierry Klifa très inspirée de l’affaire Bettencourt, il incarne Pierre-Alain Fantin, un photographe charmeur, flamboyant et opportuniste qui se lie d’amitié avec une riche héritière (Isabelle Huppert) et qui fait écho à François-Marie Banier. A la fois chaleureux et manipulateur, sympathique et amoral, le personnage permet à l’acteur de livrer une performancemarquante, parfois à la limite du cabotinage théâtral mais toujours contrebalancée par des moments plus sombres et nuancés. C’est le premier César de la carrière de Laurent Lafitte, qui triomphe actuellement sur scène dans La Cage aux folles, et qui aura été reconnu outre-Manche (aux BAFTA TV Award International pour Tapie) avant de recevoir les honneurs de ses pairs. Quel chemin parcouru depuis Classe mannequin (1993) !

    L’Etranger - actuellement au cinéma

    • Meilleur second rôle masculin : Pierre Lottin

    Quel plaisir de voir Pierre Lottin dans la lumière ! Nommé dans la catégorie Espoir en 2025 pour le bouleversant En fanfare (où il partage l’affiche avec le maître de cérémonie 2026 Benjamin Lavernhe), le comédien décroche son premier César pour son interprétation haute en couleurs (paradoxal pour un film en noir et blanc) dans L’Etranger, où il incarne Raymond Sintès, celui qui va entraîner l’anti-héros imaginé par Albert Camus dans des zones troubles sous le soleil de plomb d’Alger en 1938. Celui qui aurait facilement pu se faire prendre au piège de son personnage des Tuche (le grand frère qui se rêve rappeur, c’est lui !) s’est au contraire forgé une très belle filmographie en quinze ans, où se distinguent Grâce à Dieu (2019), Un Triomphe (2020), La Bataille du rail (2021) ou La Nuit du 12 (2022). Profitant de cette exposition sur la scène de L’Olympia pour adresser un message sobre et engagé, il offre un prix par procuration à François Ozon, qui continue d'être ignoré par l’Académie (19 nominations sans statuette !).

    La Petite dernière - disponible en VOD

    • Meilleur espoir féminin : Nadia Melliti

    Voilà une récompense qui pouvait difficilement échapper à La Petite dernière (2025). Lauréate du prix d’interprétation féminine à Cannes en mai dernier, Nadia Melliti était la grande favorite de la catégorie Meilleur espoir féminin. Et, disons-le, il aurait été scandaleux que le trophée ne soit pas décerné à la comédienne révélée par Hafsia Herzi, qui incarne la benjamine d’une famille franco-algérienne prise dans des questionnements sur la sexualité, la foi, la culture et les impératifs familiaux alors qu’elle se découvre une attirance pour les femmes. Elle livre ici une prestation habitée, taiseuse mais intense, qui décuple la force de roman autobiographique de Fatima Daas. Ce César est non seulement logique, mais il est aussi éminemment symbolique, comme un passage de relais entre l’actrice et sa réalisatrice à la patte « kechichienne », qui avait elle-même reçu ce César en 2008 pour La Graine et le mulet.

    Nino - disponible en VOD

    • Meilleur premier film

    • Meilleur espoir masculin : Théodore Pellerin

    La catégorie du Meilleur premier film était la plus ouverte d’une cérémonie très ouverte. Arco, L'Épreuve du feu, La Pamp, Partir un jour et Nino s’y disputaient les faveurs des membres de l’Académie, avec cinq propositions très différentes et singulières et toutes réussies. Et c’est finalement le film de Pauline Loques qui est distingué, après des passages remarqués en festivals (Cannes, Rome, Deauville…). Nino, c’est un jeune homme dont on va suivre les déambulations parisiennes et introspectives pendant les trois jours qui précèdent le début de son traitement contre un cancer de la gorge. Le film est un coup d’essai délicat, intime et sensible, à l’image de son interprète Théodore Pellerin dont la douceur et l’intensité avaient déjà fait des merveilles dans Chien de Garde (2018), Beau Is Afraid (2023) et Becoming Karl Lagerfeld (2024) et qui a reçu la statuette (méritée) du Meilleur espoir masculin.

    Un ours dans le Jura - disponible en VOD

    • Meilleur scénario original

    Souvenez-vous : il y a un an, Franck Dubosc nous avait offert un happening hilarant lors de la cérémonie des César 2025, en venant recevoir la (mini) statuette du César de ceux qui n’ont jamais eu le César sous les yeux d’une Julia Roberts hilare. Et en réconciliant, par la même occasion, les univers souvent très éloignés de la grande famille du cinéma français et du petit monde de la comédie populaire. L’Académie ne l’a pas oublié, en lui offrant le premier (vrai) César de sa carrière, partagé avec Sarah Kaminsky pour le scénario de Un ours dans le Jura (2025). Succès-surprise en salles avec près de 1,5 millions d’entrées, cette comédie noire et glacée façon Fargo ou Un plan simple confronte un couple usé par le temps et les difficultés financières (Laure Calamy et Franck Dubosc) à une spirale de mensonges quand ils mettent la main sur un magot en billets usagés. C’est un autre visage de Franck Dubosc, également réalisateur, à découvrir.

    L’Inconnu de la Grande Arche - actuellement au cinéma

    • Meilleurs décors

    • Meilleurs effets visuels

    L’Inconnu de la Grande Arche (2025) faisait partie des outsiders de cette 51ème soirée des César, à travers une approche passionnante sur une histoire architecturale méconnue qui vit le Danois Otto von Spreckelsen remporter le concours international initié par François Mitterrand en 1983 pour bâtir la Grande Arche de la Défense dans l'axe du Louvre et de l'Arc de Triomphe. L’Académie a salué la réussite visuelle et technique du long métrage en récompensant le travail discret mais bluffant sur les effets visuels supervisés par Lise Fischer qui intègrent les prises de vues dans des images d’archives (qui ont été préférés à ceux, plus démonstratifs de L’Homme qui rétrécit et Chien 51), mais aussi les décors élaborés par Catherine Cosme. L’artiste est seulement la cinquième femme de l’Histoire de la cérémonie à être sacrée dans cette catégorie. Deux prix sur huit nominations, cela pourrait être décevant mais ce sont deux belles incitations à découvrir le film de Stéphane Demoustier.

    Arco - actuellement au cinéma

    • Meilleur film d’animation

    • Meilleure musique originale

    Le parcours sans faute se poursuit pour Arco (2025). Loin des canons modernes de l’animation par ordinateur, la fable colorée imaginée par Ugo Bienvenu et Félix de Givry est une sorte de « Ghibli français » à la patte unique, qui nous entraîne dans deux futurs différents alors qu’un jeune garçon d’un avenir lointain débarque dans le monde en crise pas si lointain d’une petite fille. Aidés par un robot émouvant et un trio de crapules attachantes, il vont tenter de renvoyer cet accidenté temporel vers son époque. Passé par Cannes, sacré à Annecy et Strasbourg, nommé aux Golden Globes, récompensé aux European Film Awards et aux Annie Awards, le long métrage repart de L’Olympia avec deux trophées : celui, attendu, du Meilleur film d’animation ; et celui, plus rare de la Meilleure musique originale (signée Arnaud Toulon) qui n’avait été remporté que deux fois par des films d’animation (Les Triplettes de Belleville et J’ai perdu mon corps). Et si l’arc-en-ciel d’Arco venait illuminer les Oscars dans quelques semaines ?

    Le Chant des forêts - actuellement au cinéma

    • Meilleur film documentaire

    • Meilleur son

    Le Chant des forêts (2025), c’est une histoire de nature et une histoire de transmission entre générations. Celles d’un grand-père, d’un père et d’un fils, dont les regards vont se croiser alors que le miracle du vivant survient dans leurs Vosges natales, entre paysages embrumés, cerfs majestueux, renards discrets, lynx mystérieux et oiseaux rares. Si vous avez aimé le sublime La Panthère des neiges (2021), déjà récompensé il y a quatre ans, vous devriez adorer cette nouvelle immersion contemplative, méditative et poétique, magnifiée par un travail poussé sur le son. Comme son titre l’indique, le long métrage met en avant la musique de Dame Nature, qui est à lui seul un vrai personnage. Preuve de cette qualité sonore, c’est seulement le quatrième documentaire à être primé dans la catégorie, après Microcosmos (1996), La Marche de l’empereur (2005) et Adolescentes (2020). 

    Une bataille après l’autre - disponible en VOD

    • Meilleur film étranger

    On pourrait aisément imaginer que des films comme Boogie Nights (1997), Magnolia (1999), There Will Be Blood (2007) ou Phantom Thread (2017) aient déjà reçu les louanges de l’Académie des César. Pourtant, Paul Thomas Anderson n’avait jamais été récompensé par les votant.es français dans la catégorie du Meilleur film étranger. Alors que 2026 semble plus que jamais être l’année de la consécration pour « PTA » (c’est le grand favori des prochains Oscars), Une bataille après l’autre (2025) lui permet d’ajouter un César à son palmarès. Il faut dire que le long métrage, satire politique emmenée par Leonardo DiCaprio, Teyana Taylor, Benicio Del Toro, Sean Penn et Chase Infiniti, a eu un très bel écho dans nos salles, avec plus de 1,5 millions de spectateurs et des critiques dithyrambiques de la part de la presse. Il était donc attendu et logique que le film soit préféré à L'Agent Secret de Kleber Mendonça Filho, Black Dog de Guan Hu, Sirāt d'Óliver Laxe et Valeur sentimentale de Joachim Trier. Prochaine (et dernière) étape pour le cinéaste : les Oscars avec 13 nominations et un duel au sommet face à Sinners, Marty Supreme et Hamnet. Rendez-vous le 15 mars !

  • César 2026 : 3 moments Carrey-ment inoubliables de la cérémonie

    César 2026 : 3 moments Carrey-ment inoubliables de la cérémonie

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Et le César d’honneur est décerné à… Jim Carrey ! Au-delà des récompenses décernées à L’Attachement, Nouvelle Vague, Nino, Arco, Léa Drucker et Laurent Lafitte, entre autres, la 51e grand-messe du cinéma français a salué comme il se doit son invité d’honneur, qui a provoqué chez les personnes présentes à L’Olympia un mélange de respect artistique, de star-struck et de joie enfantine assez rare. JustWatch vous partage les trois moments forts de cet hommage.

    Le discours swing de Benjamin Lavernhe

    Le maître de cérémonie des César 2026 l’avait dit en amont de la soirée : pouvoir rencontrer et surtout célébrer Jim Carrey serait un moment majeur pour lui. Et il n’a pas raté le rendez-vous. Il est d’abord rattrapé par l’émotion quand il s’adresse à son héros dans son discours d’introduction : « J’ai 10 ans, je sors d’une séance de The Mask au cinéma Le Castille à Poitiers. Je découvre beaucoup plus qu’un acteur : un artiste immense, au talent sans limite, qui libère nos imaginaires. Trente ans plus tard, il est à trois mètres de moi. C’est quasi irréel ». Un sanglot discret vient l’interrompre, et on sent à quel point le moment est fort pour le comédien. Et je ne peux que le comprendre, moi pour qui The Mask (1994) est un grand moment de ma vie de spectateur et dont la répliques m’accompagnent depuis.

    • Le discours complet de Benjamin Lavernhe

    Et puis Benjamin Lavernhe va faire quelque chose qu’on aurait tous, je crois, rêvé de faire. Après avoir fait porter sur scène le véritable masque du film depuis le Musée Cinéma & Miniature de Lyon, le comédien s’en empare, lance un regard chargé de malice à son idole façon « Et si j’osais ? », et se l’applique sur le visage. Et là, le show est lancé : des éclairs verts rappelant les transformations du film de Chuck Russell, un changement de costume digne des plus grands illusionnistes troquant le smoking sobre des débuts pour le complet jaune du long métrage, un orchestre de swing qui reprend Hey Pachuco, une chorégraphie endiablée, une déambulation enjouée dans les travées et les couloirs de L’Olympia, des vannes gentiment acides à la The Mask pour présenter les différents nommés, un nouveau changement de costume, une rumba/mambo sur Sancho le Cubain / Cuban Pete… Le tout devant un Jim Carrey conquis. Refaire The Mask en live : j’avais à nouveau 10 ans (plutôt 14 ans dans mon cas), merci Benjamin !

    La rencontre avec sa (splendide) voix française

    Benjamin Lavernhe a définitivement tout réussi lors de cette soirée. Chaque intervention, chaque trait d’humour était juste, avec le bon équilibre entre classe et irrévérence. Un deuxième moment m’a conquis. Et je dois même concéder que s’il n’avait pas eu lieu, j’aurais crié au scandale. Alors que le maître de cérémonie lance la prochaine catégorie -en l'occurrence le Meilleur son-, sa voix n’est plus la même. Dans un playback absolument parfait, il se retrouve affublé du timbre d’Austin Powers, de Chandler dans Friends, de Borat, de Simba dans Le Roi Lion… Pas de doute, Emmanuel Curtil est dans les parages. Le comédien assure le doublage français de Jim Carrey depuis 1994. L’année qui a révélé Jim Carrey avec les triomphes de The Mask, Ace Ventura et Dumb & Dumber. Il aurait été impensable de ne pas le convier à la fête.

    • Le discours complet d’Emmanuel Curtil

    Car Jim Carrey, c’est un talent rare, c’est un corps unique, mais c’est aussi une voix qui, quand on est enfant et pas encore adepte de la VO, est française. Et c’est celle d’Emmanuel Curtil. Malgré leur collaboration de plus de trente ans, il n’avait jamais rencontré la star. Et c’est avec une assurance impressionnante -car le moment était fort- et un respect sincère qu’il a pu lui adresser quelques mots depuis la scène : « J’attendais une belle occasion. C’est un véritable honneur pour moi de vous rencontrer ce soir. Enfin. Vous n’imaginez pas le cadeau que c’est pour un comédien comme moi de doubler un artiste tel que vous. Et à chaque fois que je vous retrouve dans un film, j’ai l’impression de retrouver un vieil ami. En tout cas je vous promets que je fais le max pour vous abîmer le moins possible. Je sais qu’à un moment donné vous avez songé à arrêter le cinéma mais je vous en supplie Jim : continuez ! Continuez à nous faire rêver ! Faites des films ! Et maintenant qu’on se connaît… Depuis trente secondes… Si vous ne le faites pas pour vous, alors faites-le pour moi. » Avant de s’adresser à la Ministre de la Culture fraîchement nommée Catherine Pégard pour défendre les talents du doublage face aux dangers de l’IA. Même si je regrette qu’Emmanuel Curtil n’ait pas été convié pour remettre le César d’honneur et que Jim Carrey ne soit pas monté sur scène pour lui adresser un « hug » mérité, le moment était ssssssssplendide !

    Le discours touchant (et en français) de Jim Carrey

    « Comment était mon français ? Presque médiocre, non ? » Non, Jim. C’était parfait ! Et extrêmement personnel, loin d’un discours convenu. En recevant son César d’honneur des mains de Michel Gondry -dont les quelques mots étaient à l’image du cadre Gym-Carré qu’il a offert à son comédien de Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004), un peu étranges- et de la Présidente Camille Cottin -dont les mots étaient vibrants et parfaitement choisis- Jim Carrey a tenu à s’exprimer en français avec des mots très personnels, célébrant notamment ses origines hexagonales (son arrière arrière arrière arrière grand-père François Carré est parti de Saint-Malo pour le Canada), sa famille et son papa disparu Percy Joseph Carrey (l’homme le plus drôle qu’il ait jamais connu, venant de Jim Carrey ça vous pose le monsieur), et partageant avec simplicité et émotion tout ce que son art lui avait apporté. 

    • Le discours complet de Jim Carrey

    « En tant qu’acteur, chaque personnage que vous incarnez est comme l’agile du sculpteur que vous façonnez à la force de votre cœur. Quelle chance j’ai eu de partager cet art avec tant de personnes qui m’ont offert leur cœur en retour. (...) Si vous voulez que la fortune vous sourit, souriez-lui d’abord. C’est très difficile, mais nous devons essayer. Je vais toujours chérir ce souvenir. Et je vais toujours sourire ce souvenir ! Je vous aime tous, du fond du cœur, merci. » Je dois concéder que je râle chaque année en voyant les César convier une star hollywoodiene pour ce César d'honneur, comme si nous manquions de talents hexagonaux -certains jamais primés- à mettre en lumière. Mais là, ils ont vu juste en honorant cet artiste complet et profondément humain qui ne se réduit pas qu’à ses (géniales) grimaces et contorsions burlesques et dont les réussites n’ont jamais vraiment été célébrées dans les grandes cérémonies (à l’exception de Golden Globes pour The Truman Show et Man on the Moon). Il lui a fallu revenir en France pour recevoir cet honneur mérité. « Ce Carré a bouclé la boucle », comme il l’a dit lui-même.

  • Aucune nomination ! Le meilleur film de l'année a été oublié par les César 2026

    Aucune nomination ! Le meilleur film de l'année a été oublié par les César 2026

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    10 nominations pour Nouvelle Vague (2025), 8 citations pour Dossier 137 (2025), L’Attachement (2025) et L'Inconnu de la Grande Arche (2025), 7 prix possibles pour La Petite dernière (2025) : la 51 cérémonie des César, animée par Benjamin Lavernhe, met en lumières les meilleurs films de l’année passée. Presque tous en réalité, car l’un d’entre eux manque cruellement à l’appel. De mon point de vue en tout cas.

    Le choc Muganga

    Muganga - Celui qui soigne (2025), c’est un film important. Premier de mon top personnel l’an dernier (ce qui n’a aucune valeur en tant que tel, je vous l’accorde). Premier selon la note certifiée des spectateurs UGC (là, c’est déjà plus indiscutable). Un vrai plébiscite public (près de 300 000 entrées) et le plus gros succès de la jeune histoire de L’Atelier Distribution. Et surtout un sujet majeur.

    Marie-Hélène Roux y raconte le parcours de Denis Mukwege, docteur congolais et futur Prix Nobel de la paix, alors qu’il s’est donné pour mission de soigner les femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo où le viol est une arme de destruction intime et massive. Aidé par le chirurgien belge Guy Cadière et sa fille, il va mettre en place des procédures susceptibles d’aider un nombre croissant de patientes.

    Muganga - Celui qui soigne c’est plus qu’un coup de cœur, c’est un coup au cœur. Un coup en plein cœur, même. Il va au-delà du documentaire L’Homme qui répare les femmes (2015), au-delà du simple « biopic Wikipédia » et parle autant de la mission menée par le soignant que des drames traversés par certaines de ses patientes, dévastées par la douleur, la colère, la honte aussi… Les blessures physiques et psychologiques ne sont jamais occultées, et certaines séquences vraiment difficiles à regarder. On en sort bouleversé. Et convaincu que c’est le genre d'œuvres qu’il faut absolument conseiller, transmettre, recommander, montrer au plus grand nombre et mettre en lumière dès que cela est possible.

    Où est Muganga ?

    La question, dès lors, est simple. Et demande vraiment à être posée. Où est Muganga ? Pas une seule catégorie des César 2026 n’a célébré le long métrage. Ni côté acteur (alors que vous n’avez jamais vu Isaach de Bankolé dans une posture aussi grave et intense), ni côté seconds rôles (Vincent Macaigne, Déborah Lukumuena, Soliane Moisset ou Yves-Marina Gnahoua y méritaient leur place), ni côté espoirs (Manon Bresch et Babetida Sadjo sont bouleversantes), ni côté réalisation ou scénario. C’est incompréhensible.

    J’ai conscience qu’à chaque cérémonie de remises de prix, qu’elle soit cinématographique, théâtrale ou musicale, les places sont chères et les absents nombreux. Que tout le monde veut voir son « chouchou » être célébré. Que cela fait partie du jeu de râler quand un talent est boudé. Mais tout de même… Pas une nomination pour le film de Marie-Hélène Roux ? Sérieusement ? Je ne comprends pas.

    Il est possible que le distributeur, jeune et modeste société, n’ait pas eu les moyens de pousser son film dans la course aux César. Mais les votant.es n’auraient ils/elles pas pu faire l’effort de le voir ? Depuis sa sortie en septembre dernier, je ne cesse de dire que le film ne doit pas être oublié par l’Académie. Tout en sachant au fond de moi que ce serait inévitablement le cas. Alors que c’était l’occasion de célébrer un combat majeur et des talents rarement mis en lumière. Et même, très cyniquement, d’un point de vue purement « paillettes », c’était s’assurer de la présence d’Angelina Jolie -productrice du film- à l’Olympia alors que les César aiment saluer chaque année le glamour international (avec cette année une statuette décernée à Jim Carrey).

    Bref, vous l'aurez compris, MON César est attribué à Muganga. Ce n’est pas assez. Mais c’est toujours ça. Et j’espère que ces quelques lignes vous inciteront à découvrir ce film intense, délicat, révoltant, poignant, puissant, profondément humain. Et important.

  • Il a battu Chalamet et DiCaprio aux BAFTAs : 10 films et séries pour découvrir Robert Aramayo

    Il a battu Chalamet et DiCaprio aux BAFTAs : 10 films et séries pour découvrir Robert Aramayo

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Ni Timothée Chalamet, ni Leonardo DiCaprio, ni Ethan Hawke, ni Michael B. Jordan, ni Jesse Plemons : les votant.es des BAFTAs, l’équivalent britannique des Oscars, ont sacré Robert Aramayo ce dimanche 22 février, offrant au film I Swear (2025) les trophées du Meilleur acteur et de la Meilleure distribution. Une vraie surprise, alors que la dernière ligne droite pré-Oscars -qui ont boudé Aramayo- se resserre autour de Une bataille après l’autre, Sinners, Marty Supreme et Hamnet.

    Malheureusement entachée par la polémique provoquée par une interjection raciste lancée involontairement par John Davidson -qui a inspiré le film et qui est atteint du syndrome de Gilles de la Tourette qui se caractérise par des tics et insultes non-contrôlés-, la cérémonie a mis en lumière Robert Aramayo, jusqu’ici relativement peu identifié du grand public. Cette récompense pourrait donc marquer un vrai tournant dans sa carrière, marquée par quelques rôles notables que je vous liste ci-après. Suivez le guide JustWatch !

    Game of Thrones - saisons 6 & 7 (2016-2017)

    Après des rôles secondaires dans Nocturnal Animals (2016) et Lost in Florence (2017) et une prestation remarquée en Bill Harley dans la mini-série Harley and the Davidsons consacrée à la création de la célèbre moto, Robert Aramayo s’illustre dans quatre épisodes de Game of Thrones (2011-2019). S’il aurait pu n’être qu’un des nombreux visages rapidement entre aperçus à Westeros et aussi vite oubliés, son rôle est tout sauf mineur : il incarne, dans quatre épisodes de flashbacks, le rôle de Ned Stark (Sean Bean) jeune, opposé à Ser Arthur Dayne dans un duel mémorable au pied de la Tour de la Joie puis confronté au secret des origines de Jon Snow alors que sa soeur Lyanna lui demande de protéger l’enfant. Je me souviens avoir été marqué, déjà à l'époque, par sa prestation.

    Galveston (2018)

    Mélanie Laurent, actrice mais aussi réalisatrice depuis Les Adoptés (2011), dirige son cinquième long métrage -et le premier en anglais- avec Galveston (2018). Dans ce road movie sur fond de thriller noir adapté du roman de Nic Pizzolatto (le créateur de True Detective), on suit la cavale de deux marginaux, un gangster malade et une jeune prostituée campés par Ben Foster et Elle Fanning, alors qu’ils tentent de rejoindre la ville depuis La Nouvelle Orléans. Sur leur route vers le Texas, ils vont notamment croiser Robert Aramayo au détour d’un motel : le comédien incarne un criminel sans envergure qui leur propose un coup facile et devient une menace dans leur fuite. Le rôle est court -quatre scènes- mais illustre la capacité d’Aramayo à incarner de manière crédible des personnages très différents et immédiatement marquants. 

    MINDHUNTER - saison 2 (2019)

    Nouvel univers et nouvelle interprétation marquante, pour ne pas dire glaçante ici, de Robert Aramayo. Il rejoint en 2019 la distribution de MINDHUNTER (S2E4), chef d'œuvre de noirceur qui retrace la création du profiling des tueurs en série par le FBI. L’acteur se glisse dans la combinaison de détenu de Elmer Wayne Henley Jr., un jeune homme condamné à six emprisonnements à perpétuité pour sa participation aux vingt-huit meurtres perpétrés par Dean Corll entre 1970 et en 1973, à qui il amenait ses victimes. Celui qui se définit comme « juste un garçon proche d’un meurtrier » est traversé par plusieurs états durant l’interrogatoire mené par Wendy Carr (Anna Torv) : d’abord fermé et hostile, il se dévoile quand les bons leviers sont actionnés par l’enquêtrice avant de sombrer dans la colère quand une possible homosexualité est suggérée. Il y a un peu ici la même tonalité que dans le fameux épisode 3 de Adolescence (2025), et Aramayo est une nouvelle fois marquant.

    Suicide Tourist (2019)

    Le drame danois Suicide Tourist (2019) confronte Robert Aramayo à un autre transfuge de Game of Thrones en la personne de Nikolaj Coster-Waldau qui campait Jaime Lannister dans la série HBO. Devant la caméra de Jonas Alexander Arnby, remarqué pour son film sur l’adolescence When Animals Dream (2014), Coster-Waldau incarne un enquêteur en assurances condamné à court termes par une maladie, qui se rend dans un mystérieux hôtel spécialisé dans le suicide assisté alors qu’il enquête sur la disparition d’un bénéficiaire. L’histoire prend alors une direction mystique, onirique et existentielle, qui l'amène -et nous avec- à douter de la réalité elle-même. Personnage secondaire de l’établissement, Robert Aramayo contribue à nourrir l’étrangeté du lieu, baigné dans une ambiance qui rappelle A Cure For Life (2017).

    Antebellum (2020)

    Le prologue de Antebellum (2020) est glaçant, passant pendant un plan-séquence très réussi d’une ambiance historico-bucolique à l’horreur de l’esclavage au sein d’une propriété confédérée. Le décor est planté pour ce thriller à forte résonance sociale, souvent comparé à Get Out (2017) mais qu’on pourrait plus justement présenter comme un croisement entre Le Village (2004) et 12 Years a Slave (2013). Sans spoiler plus loin -car le film repose mine de rien sur un twist majeur- on y suit les pas de Veronica Henley (Janelle Monáe, y livre une performance habitée pleine de rage contenue) alors qu’elle tente de survivre et s’enfuir de la plantation où elle est retenue prisonnière. Robert Aramayo y incarne Daniel, un soldat en apparence timide et humain qui va vite dévoiler un double-visage terrifiant quand il est confronté à la jeune femme qu’on lui offre pour la soirée. La même année, l’acteur apparaît dans un autre film d’horreur intéressant : The Empty Man (2020) qui convoque une légende urbaine étrange dans une ambiance néo-noire assez fascinante.

    Mon amie Adèle (2021)

    « Ils sont plus heureux quand ils sont seuls avec moi que quand ils sont tous les deux. » Cette réplique de Louise (Simona Brown) résume parfaitement sa relation avec David et Adèle, un couple dont elle se rapproche en devant la maîtresse de l’un et la meilleure amie de l’autre. En se rapprochant d’eux, elle va alors découvrir leurs secrets… En six épisodes, la mini-série Netflix Mon amie Adèle (2021) adapte le best-seller de Sarah Pinborough et tisse une intrigue entre mystères, songes et révélations. Après la révélation finale qui a fortement divisé, la plateforme a même dû publier une vidéo pour aider ses abonné.es à bien comprendre les tenants et aboutissants de cette histoire qui peut en perdre plus d’un.e ! Robert Aramayo y campe un personnage secondaire dont le « journal des rêves » contient certaines clés majeures pour la bonne compréhension de l’univers.

    Le Seigneur des Anneaux : Les Anneaux de pouvoir (2022-)

    C’est sans aucun doute le rôle qui a vraiment contribué à asseoir Robert Aramayo comme un visage à suivre et une valeur montante du cinéma britannique : l’Elfe Elrond, qu’il campe dans sa « jeunesse » (tout est relatif en Terre du Milieu) pour les besoins de la série Le Seigneur des Anneaux : Les Anneaux de pouvoir. Remontant le temps, plusieurs millénaires avant les événements de la trilogie de Peter Jackson, le projet nous replonge dans l’univers de Tolkien et suit les destins croisés de Galadriel, Elrond, Isildur, Celebrimbor, Durin, Gil-galad, Elendil (entre autres) et des futurs Gandalf et Sauron. Si l’ambition et le budget sont là, le show Prime Video n’a pas totalement convaincu, en raison d’une narration complexe et de personnages un peu froids. Mais c’est une œuvre qu’il faudra juger dans sa globalité, alors que le saison 3 est actuellement en préparation. Et même si le monde des Elfes ne vous passionne pas, c’est intéressant de voir un Elrond plus central que celui campé par Hugo Weaving dans la trilogie cinéma, alors qu’il est confronté aux enjeux politiques, militaires et spirituels de son peuple.

    Les Fleurs du silence (2025)

    Robert Aramayo occupe pour la première fois le poste de producteur sur Les Fleurs du silence (2025), témoignant de son implication sur ce drame historique qui nous entraîne dans l’Angleterre des années 1920. Un romancier homosexuel (Fionn O'Shea) s’y lie d’amitié avec une infirmière (Erin Kellyman) à qui il se confie sur sa relation passionnée et interdite avec un ami, qui a alors recours à une méthode radicale pour tenter de se débarrasser de ces sentiments. Robert Aramayo incarne ce médecin qui se résout à s’imposer une transplantation de testicules, une méthode utilisée au début du XXème siècle pour « guérir » les patients dont les penchants gays étaient rejetés par la société de l’époque. A la fois solaire et glaçant, le long métrage de Will Seefried est notamment produit par Emilie Georges et Naima Abed, déjà à l’oeuvre sur Call Me By Your Name (2017). A noter que Robert Aramayo et Fionn O'Shea étaient tous deux au générique du biopic Dance First (2023) qui retrace la vie du géant littéraire Samuel Beckett.

    Palestine 36 (2025) - actuellement au cinéma

    Seul long métrage tourné en Palestine depuis le 7 octobre 2023 (la réalisatrice de Wajib - L'invitation au mariage Annemarie Jacir a également posé sa caméra en Jordanie), Palestine 36 (2025) a été choisi pour représenter le pays dans la course aux Oscars 2026. Même s’il ne figure pas dans la short-list définitive de la catégorie du Meilleur film international, le drame historique reste une œuvre notable à voir, pour son traitement épique de la Grande Révolte arabe contre la domination britannique en Palestine mandataire, période négligée par le cinéma et l’Histoire. Passé par plusieurs festivals, dont Toronto (où il a été très applaudi), Rome, Tokyo, Marrakech et Bordeaux, il croise plusieurs personnages et destins entre colonisateurs, populations locales et militants nationalistes. Robert Aramayo, dans le rôle d’un officier qui incarne la répression britannique, y côtoie Jeremy Irons, Hiam Abbass, Saleh Bakri, Liam Cunningham, Yasmine Al Massri et Kamel El Basha.

    Plus fort que moi (2025) - au cinéma le 1er avril 2026

    Plus fort que moi / I Swear (2025), c’est le film qui a valu à Robert Aramayo sa première reconnaissance majeure. Et c’est mérité, tant le comédien y livre une performance habitée, subtile et touchante dans le rôle de John Davidson, un Ecossais dont le syndrome de Gilles de la Tourette ne sera diagnostiqué que tardivement. Engagé sans audition par le réalisateur Kirk Jones (Nanny McPhee), Aramayo passé plusieurs mois avec Davidson pour comprendre sa vie, son quotidien et la nature de ses tics physiques et verbaux qui se manifestent de manière incontrôlable depuis son adolescence. Attendu sur les écrans français plusieurs mois après sa sortie britannique, le film devrait bénéficier de ce prix pour rayonner un peu plus auprès du public hexagonal, alors que ce sujet a rarement été traité par le cinéma. A poursuivre avec les documentaires John’s Not Mad (1989) et The Boy Can’t Help It (2002) qui ont suivi John Davidson à plusieurs moments de sa vie.

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