Quel film succèdera au bouleversant et élégant La Chambre d’à côté de Pedro Almodóvar, sacré à la Mostra 2024 par le très convoité Lion d’Or ? Réponse le 6 septembre prochain, quand le réalisateur Alexander Payne et son jury (les actrices Fernanda Torres et Zhao Tao ; les cinéastes Stéphane Brizé, Maura Delpero, Cristian Mungiu et Mohammad Rasoulof) décerneront le palmarès du 82e Festival International du Film de Venise.
21 longs métrages en Compétition et 11 avant-premières Hors Compétition (dont une clôture française signée Cédric Jimenez) s’y dévoileront sous le regard exigeant et passionné de la planète cinéma. JustWatch vous dit tout des œuvres les plus attendues de cette édition 2025, qui s’ouvre le 27 août dans la Cité des Doges.
« Le Mage du Kremlin » de Olivier Assayas (Compétition)
Jude Law est Vladimir Poutine. Le Mage du Kremlin (2025) va créer l’événement à Venise, en dévoilant les arcanes du pouvoir russe après la chute de l’URSS, à travers les yeux et les mémoires fictives d’un conseiller officieux du futur chef d'État. Ce thriller est adapté du roman de Giuliano da Empoli, plébiscité par le Grand Prix du roman décerné par L’Académie Française et finaliste du Prix Goncourt 2022).
Dans ce film mis en scène par le réalisateur français Olivier Assayas (qui s’était déjà attaqué à l’exercice périlleux du biopic polémique avec Carlos, 2010) Paul Dano (dans le rôle de Vadim Baranov) sera entouré de Alicia Vikander, Jeffrey Wright, Zach Galifianakis et Jude Law en « Tsar ». Un an après le portrait de Donald Trump dans The Apprentice (2024), cette vision de son pendant soviétique devrait assurément faire du bruit sur la lagune : les premières réactions critiques sont à guetter dès le 31 août.
« Jay Kelly » de Noah Baumbach (Compétition)
La bande-annonce de Jay Kelly (2025), très réussie, annonce un film introspectif passionnant : face à un miroir, George Clooney déclame son nom (« Jay Kelly… ») sans trop y croire, comme s’il ne se connaissait pas alors que le monde entier connaît tout de lui. Car Jay Kelly est une immense star de cinéma, qui a tellement été coupé du monde qu’il ne sait plus trop qui il est… Ce pitch clairement méta (George Clooney, longtemps comparé à un Cary Grant moderne, cite explicitement l’acteur dans les images) est le prétexte à un road-movie intimiste et solaire qui va voir notre vedette se lancer sur les routes en compagnie de son manager (Adam Sandler).
Après The Meyerowitz Stories (2017), Marriage Story (2019) et White Noise (2022), Noah Baumbach semble livrer ici une histoire de passage à l’âge adulte d’un adulte, au croisement de Birdman (2014) et The Descendants (2011), co-écrit avec la comédienne Emily Mortimer, et dans lequel Clooney devrait faire des merveilles. Avec un prix d'interprétation à la clé ? Ce serait un joli prix pour celui dont le tandem avec Brad Pitt dans Wolfs (2024) avait été plébiscité l’an dernier à Venise.
« The Voice of Hind Rajab » de Kaouther Ben Hania (Compétition)
En quinze ans, la réalisatrice Kaouther Ben Hania s’est imposée comme l’une des voix les plus intéressantes et singulières du cinéma tunisien. La réalisatrice de La Belle et la Meute (2017) et Les Filles d’Olfa (2023) devrait une nouvelle fois livrer une œuvre puissante, tournée en douze mois à peine. The Voice of Hind Rajab (2025) fera ainsi résonner la voix de la fillette palestinienne de six ans tuée avec plusieurs membres de sa famille par les forces israéliennes dans la bande de Gaza et dont l’appel au secours, alors qu’elle était coincée dans une voiture, bouleversa le monde.
Dans un communiqué, la cinéaste déclare : « Au cœur de ce film se trouve une chose très simple, et très difficile à vivre. Je ne peux accepter un monde où un enfant appelle à l'aide et où personne ne vient. Cette douleur, cet échec, nous concerne tous. Cette histoire ne concerne pas seulement Gaza. Elle parle d'un deuil universel. Et je crois que la fiction (surtout lorsqu'elle s'inspire d'événements réels, douloureux et vérifiés) est l'outil le plus puissant du cinéma. Plus puissant que le bruit des breaking news ou l'oubli du scrolling. Le cinéma peut préserver la mémoire. Le cinéma peut résister à l'amnésie. Que la voix de Hind Rajab soit entendue ».
« A House of Dynamite » de Kathryn Bigelow (Compétition)
Cela fait huit ans que nous étions sans nouvelles de Kathryn Bigelow. La cinéaste américaine, première femme sacrée par l’Oscar de la Meilleur réalisation (pour Démineurs, 2008), n’avait en effet rien tourné depuis le passionnant Detroit en 2017. C’est au cœur de la Maison Blanche qu’elle fait son grand retour, avec A House Of Dynamite (2025) dont le titre est aussi explosif que son pitch : comment les Etats-Unis font face à une attaque de missiles dirigée contre le pays.
Idris Elba, Rebecca Ferguson, Greta Lee, Moses Ingram, Jared Harris, Gabriel Basso et Anthony Ramos composeront l’équipe gouvernementale de ce film choral qui annonce un thriller sous haute tension, qui devrait aller lorgner du côté de Treize jours (2000) USS Alabama (1995), Point Limite (2000) et La Somme de toutes les peurs (2002).
« Frankenstein » de Guillermo del Toro (Compétition)
Voir le réalisateur de Hellboy (2004), Le Labyrinthe de Pan (2006) et La Forme de l'eau (2017) s’attaquer à l’une des plus célèbres icônes du cinéma et de la littérature fantastiques a quelque chose qui relève de l’évidence. Et de l’événement incontournable. Le Frankenstein (2025) de Guillermo Del Toro, immense amoureux des monstres, est l’un des films les plus attendus de l’automne. Oscar Isaac s’y glisse dans la blouse du Docteur Frankenstein dans des décors gothiques à souhait qui magnifient l’histoire imaginée par Mary Shelley, le tout emmené par une partition d’Alexandre Desplat.
Comment Jacob Elordi (star montante de Euphoria, Saltburn, Priscilla et Oh Canada) va t-il revisiter une créature mythique déjà campée par Boris Karloff (Frankenstein, 1931), Christopher Lee (Frankenstein s'est échappé !, 1957), Robert De Niro (Frankenstein, 1994) ou Aaron Eckhart (I, Frankenstein, 2014) ? Réponse le 30 août à Venise et en novembre sur Netflix. Ensuite, ce sera à Christian Bale de se glisser sous le maquillage couturé (The Bride, 2026).
« À pied d'oeuvre » de Valérie Donzelli (Compétition)
À pied d'oeuvre (2025) marque la toute première sélection de Valérie Donzelli à la Mostra. Déjà passée par les marches de la Compétition du Festival de Cannes (Marguerite & Julien, 2015), la réalisatrice française adapte ici le roman de Franck Courtès (Gallimard, 2023), dans lequel il raconte comment il a glissé peu à peu dans la pauvreté, alors qu’il a abandonné son métier de photographe pour se consacrer à l’écriture. C’est ainsi qu’il va faire l’expérience de la précarité, et de la liberté, avec lucidité et autodérision.
Le long métrage devrait trouver une place dans le cœur de celles et ceux qui ont vibré à des parcours intimistes comme L'Homme qui voulait vivre sa vie (2010), Into the Wild (2007), Nomadland (2020) ou Sur les chemins noirs (2023). Dans le rôle principal, on retrouve le talentueux Bastien Bouillon, visage de plus en plus incontournable du cinéma français après ses rôles dans La Nuit du 12 (2022), Le Comte de Monte-Cristo (2024) et Partir un Jour (2025).
« After the Hunt » de Luca Guadagnino (Hors Compétition)
Depuis la « claque » Call Me By Your Name (2017), Lucas Guadagnino est l’un des cinéastes les plus attendus par les cinéphiles et les plus courtisés par les stars d’Hollywood. Et un metteur en scène très prolifique, aussi. Et après Bones and All (2022), Challengers (2024) et Queer (2024), il revient déjà avec After the Hunt (2025) où il dirige l’iconique Julia Roberts. Centré sur les accusations d’une étudiante à l’encontre d’un professeur qui aurait « franchi la ligne », le film va interroger la justice, la rumeur, les apparences, les faux semblants et les rapports humains.
Cette thématique, pertinente quelle que soit l’époque, a très souvent inspiré le cinéma. Et les grands comédien.nes. On pense à La Chasse (2012) qui accusait Mad Mikkelsen. À La Rumeur (1961) avec Audrey Hepburn et Shirley MacLaine. À Chronique d’un scandale (2006) porté par Cate Blanchett et Judi Dench. À Doute (2008) qui confrontait Meryl Streep et Philip Seymour Hoffman. Ou au récent Pas de vagues (2024) avec François Civil. Et désormais Julia Roberts, qui devrait livrer une performance mémorable devant la caméra de Guadagnino. Et après Venise ? Le réalisateur italien a un agenda chargé avec une nouvelle version de American Psycho, le film DC Sgt Rock, la suite de Call Me By Your Name et un biopic sur la création de OpenAI. Vous avez dit passionnant ?
« Scarlet » de Mamoru Hosoda (Hors Compétition)
Le cinéaste japonais Mamoru Hosoda, talent majeur de la nouvelle vague de l’animation nippone et grand habitué des festivals internationaux (Annecy mais aussi Cannes où il avait été convié en 2021), débarque au Festival de Venise avec son nouveau film Scarlet (2025). Sous la bannière de son Studio Chizu, qui adoptera pour l’occasion une approche animée inédite proposant une 3D stylisée, le cinéaste racontera l’histoire d’une princesse qui doit parvenir à s’échapper du royaume des morts où elle se réveille pour éviter l’annihilation.
Ce projet ambitieux, sombre et violent mêlant la fantasy et l’action vient compléter une filmographie sans faute depuis le phénomène La Traversée du temps (2006), qui resta à l’affiche pendant de longs mois au Japon. Plébiscité pour la modernité de sa mise en scène, Mamoru Hosoda a par la suite signé Summer Wars (2009), Les Enfants Loups, Ame & Yuki (2012), Le Garçon et la Bête (2015), Miraï, ma petite soeur (2018, nommé à l’Oscar du Meilleur film d’animation) et Belle (2021). Gageons que Scarlet saura se hisser au niveau de ces pépites.
« Father Mother Sister Brother » de Jim Jarmusch (Compétition)
Si Jim Jarmusch fait partie des « habitués » du Festival de Cannes, l’Américain n’avait jamais été convié par la Mostra. C’est chose faite en 2025, et le cinéaste à la chevelure argentée débarque enfin à Venise avec Father Mother Sister Brother (2025), qui revisite en trois histoires les relations entre des frères et sœurs adultes et leur(s) parent(s) quelque peu distant(s), alors qu’ils se retrouvent après plusieurs années de séparation.
Tournée entre Paris, l’Irlande et les Etats-Unis, cette comédie réunit Cate Blanchett, Adam Driver, Vicky Krieps, Tom Waits et Charlotte Rampling. Le réalisateur annonce un long métrage très calme, très subtile et sans musique (!) : on devrait donc retrouver dans Father Mother Sister Brother un ton plus proche de Coffee and Cigarettes (2004) ou Broken Flowers (2005) que des zombies décalés de The Dead Don't Die qui avaient quelque peu divisé le public en 2019. Les amateurs de la patte Jarmusch devraient logiquement adouber ce nouvel opus, le dix-septième du cinéaste.
« Chien 51 » de Cédric Jimenez (Hors Compétition)
C’est sur un polar de science-fiction que tombera le rideau de la 82e Mostra. Et pas n’importe lequel puisque Chien 51 (2025) est l’un des projets français les plus ambitieux de l’année. Cédric Jimenez y adapte le roman de Laurent Gaudé (Actes Sud, 2022) et plonge Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos dans un Paris futuriste qui sépare les différentes classes sociales. Quand l’inventeur d’une IA qui a révolutionné le travail de la police est assassiné, ces deux inspecteurs que tout oppose vont devoir mener l’enquête ensemble…
Porté par un budget de 42 millions d’euros, le long métrage s’inscrit comme une nouvelle proposition hexagonale de science-fiction à résonance sociale dans la lignée de Renaissance (2006), Chrysalis (2007) et Arès (2016). Elle devrait également ravir les amateurs du cinéma sous tension proposé par Cédric Jimenez, révélé par Aux yeux de tous (2012) avant de s’installer comme l’une des valeurs sûres du polar français avec La French (2014), Bac Nord (2021) et Novembre (2022). Attendu le 15 octobre dans les salles françaises, Chien 51 sera présenté le 6 septembre aux festivaliers vénitiens.
« Bugonia » de Yorgos Lanthimos (Compétition)
Déjà un nouveau film pour le prolifique Yorgos Lanthimos ! Et comme toujours une intrigue qui attise la curiosité : « deux hommes obsédés par la conspiration kidnappent une grande PDG, convaincus qu'elle est un extraterrestre qui a l'intention de détruire la Terre ». Le décor décalé de Bugonia (2025) est posé et permettra au cinéaste de retrouver Emma Stone, à l’affiche de tous ses longs métrages depuis La Favorite (2018), elle qui a obtenu son second Oscar de la Meilleure actrice sous la direction du réalisateur avec Pauvres Créatures (2023).
Révélé par Canine (2009) et Alps (2011) avant la consécration internationale de The Lobster (2015), le cinéaste grec signe ici le premier remake de sa carrière. Bugonia est en effet une réadaptation du film sud-coréen Save the Green Planet (2003) de Joon-Hwan Jang. Yorgos Lanthimos devrait une nouvelle fois en faire une œuvre inclassable, dans la lignée de Mise à mort du cerf sacré (2017). Les premières images, avec sa villa aux grandes vitres et aux lignes parfaites, évoquent également le Parasite (2019) de Bong Joon Ho. De bonne augure pour ce nouveau cru lanthimosien attendu en novembre sur les écrans français ?
« Orphan » de László Nemes (Compétition)
En 2015, László Nemes est révélé sur la scène internationale avec son premier long métrage, le film-choc Le Fils de Saul, qui replonge avec une puissance rare dans les horreurs des crématoriums d’Auschwitz-Birkenau, et reçoit des prix à Cannes, aux Oscars et aux Golden Globes. Entre autres. Sa deuxième réalisation, Sunset (2018), aura par la suite les honneurs d’une sélection en Compétition à Venise. Et c’est encore à la Mostra que le cinéaste hongrois dévoilera cette année son nouvel opus.
Orphan (2025) racontera la vie d'un garçon à Budapest en 1957, un an après la tentative de révolution hongroise contre l'URSS. Le comédien français Grégory Gadebois se glisse au sein de la distribution du long métrage, à travers lequel László Nemes continue d’explorer le passé de son pays en croisant grande Histoire et drame intimiste. On devrait y retrouver la force brute et la patte esthétique des deux précédents films du cinéaste, qui travaille à nouveau avec la scénariste Clara Royer et le directeur de la photographie Mátyás Erdély.
« L’Etranger » de François Ozon (Compétition)
Pour son vingt-cinquième long métrage en un peu plus d’un quart de siècle, François Ozon s’attaque à un monument de la littérature : L’Etranger d’Albert Camus, l’un des romans en langue française les plus lus au monde. Étrangement, l'œuvre n’a été adaptée qu’une seule fois au cinéma, en 1967, par Luchino Visconti qui y dirigeait Marcello Mastroianni dans le rôle de Meursault.
Devant la caméra d’Ozon, c’est Benjamin Voisin (révélé par le cinéaste dans Eté 85) qui campe ce jeune homme froid et détaché qui évolue dans l’Algérie de 1938. Comme Frantz (2016), également passé par Venise, L’Etranger a été tourné en noir et blanc. Le cinéaste devrait y proposer une lecture toute personnelle, « avec une grande liberté formelle », d’une œuvre difficilement adaptable, entre drame introspectif, solitude écrasante et banalité proche de l’absurde sous un soleil de plomb. On saura le 2 septembre si le pari est réussi.
« Aucun autre choix » de Park Chan-wook (Compétition)
Le cinéma sud-coréen sera au rendez-vous de la 85e Mostra grâce à Park Chan-wook. Primé à Venise il y a vingt ans pour Lady Vengeance (2005), le cinéaste revient avec Aucun autre choix (2025), remake du thriller français Le Couperet (2005). Dans ce film noir signé Costa-Gavras, un ingénieur au chômage, prêt à tout pour retrouver un emploi, éliminait tous les candidats répondant aux mêmes offres que lui. Dans la version coréenne, José Garcia est remplacé par Lee Byung-Hun, bien connu des abonné.es Netflix pour avoir récemment incarné le Front-Man de la série Squid Game (2021-2025).
Cette histoire, on la retrouve initialement dans le roman The Ax publié par Donald E. Westlake en 1997. Voir cette comédie noire adaptée à la société coréenne -qui ne cesse d’inspirer les thrillers sociaux comme l’ont prouvé Parasite (2019), Squid Game (2021-2025) ou le récent 84 m² (2025)- par le cinéaste promet un film au sérieux « potentiel de culte ». Peut-être même à la hauteur de son indétrônable Old Boy (2003).
« The Smashing Machine » de Benny Safdie (Compétition)
Dwayne Johnson n’est pas qu’une star du cinéma d’action : l’ancien catcheur, connu des fans de la WWE sous le surnom « The Rock », fait très souvent des choix artistiques intéressants qui l’ont notamment amené sur les marches du Festival de Cannes (Southland Tales, 2007) et cette année sur le Lido de Venise. Dans The Smashing Machine (2025), nouvelle production du studio A24, le colosse remonte sur le ring dans le rôle de Mark Kerr, légende du MMA et immense champion UFC à la fin des années 90.
Devant la caméra du réalisateur de Good Time (2017) et Uncut Gems (2019) et accompagné par Emily Blunt qu’il avait déjà côtoyée dans Jungle Cruise (2021), l’acteur est littéralement métamorphosé et devrait livrer une prestation d’ores et déjà annoncée comme la meilleure de sa carrière. The Smashing Machine pourrait ainsi bien être son The Wrestler (2008), sachant que le film devrait s’éloigner du biopic traditionnel en proposant une expérience immersive et brute grâce à une approche visuelle et un grain de pellicule proches du documentaire. Les premières réactions -qui valideront ou pas le « Oscar Buzz »- sont à guetter dès le 1er septembre.
« In The Hand of Dante » de Julian Schnabel (Hors Compétition)
Attention, casting sept étoiles : Al Pacino, Gal Gadot, Oscar Isaac, Jason Momoa, John Malkovich, Gerard Butler et… Martin Scorsese, entre autres ! Pour son grand retour à Venise où il a déjà présenté Basquiat (1996), Avant la nuit (2000), Miral (2010) et At Eternity’s Gate (2018), Julian Schnabel réunit un casting de rêve, sans doute le plus impressionnant de la sélection.
In The Hand of Dante (2025) est un polar adapté du roman de Nick Tosches, qui mêlera deux histoires à deux époques différentes : une enquête contemporaine autour de la réapparition d’un manuscrit de La Divine Comédie, et le récit, justement, de la rédaction de l’œuvre en question. Annoncé par le cinéaste comme son projet le plus ambitieux, le long (2h31) métrage devrait une nouvelle fois proposer une expérience esthétique riche et puissante, doublée d’un hommage à l’art italien et à la création artistique.
« Grace » de Paolo Sorrentino (Compétition)
Acteur fétiche de Paolo Sorrentino (il a joué sous sa direction dans Il Divo, Silvio et les autres, La Grande Bellezza…), Toni Servillo retrouve le réalisateur italien pour la septième fois avec Grace / La Grazia (2025), qui fera l’ouverture à Venise. Peu de choses ont filtré sur le long métrage tourné entre Rome et Turin, qui parlera d’amour en racontant les derniers jours de la vie d’un Président fictif et « marquer les esprits par sa grande originalité et sa forte résonance avec l’actualité » selon les organisateurs du Festival.
C’est la quatrième sélection de Paolo Sorrentino à la Mostra, où il avait présenté son tout premier long métrage (L’Homme en plus, 2001) et remporté le Lion d’Argent pour La Main de Dieu (2021). Se revendiquant d’une filiation esthétique avec François Truffaut, Grace / La Grazia est né d’une envie partagée et portée par le cinéaste et Toni Servillo depuis vingt ans. Les festivaliers devraient y retrouver l’élégance, l’humanité et la profondeur des films de Sorrentino.
« Dead Man's Wire » de Gus Van Sant (Hors Compétition)
Il y a un petit air de Un après-midi de chien (1975) qui plane sur Dead Man’s Wire (2025). Déjà parce que le film de Gus Van Sant revisitera une véritable prise d’otage fiévreuse et tendue, survenue en 1977 aux Etats-Unis. Et ensuite parce qu’Al Pacino, inoubliable braqueur du film de Sidney Lumet, est au générique du long métrage. Face à lui, on retrouve Bill Skarsgård en preneur d’otage et Dacre Montgomery en banquier… et entre les deux hommes, un fil ténu synonyme de vie ou de mort puisqu’il est relié au cou de la victime et à l’arme du « criminel » (un homme sans histoire acculé par les dettes).
Le film marque le grand retour derrière la caméra du réalisateur de Will Hunting (1997) et Harvey Milk (2008), après sept ans d’absence. Si c’est donc un événement plus que notable (entre Bigelow, Jarmusch et Van Sant, c’est l’édition des grands retours américains), sa présence Hors Compétition semble promettre surtout un solide divertissement sous tension, entre thriller en huis-clos et critique sociale sous le feu des médias. Une proposition où la patte Van Sant devrait faire des merveilles.














































































































