Alors que les films disparaissent assez vite du Top Netflix au gré des nouvelles sorties, un long métrage inattendu ne cesse de gravir les échelons du classement hebdomadaire proposé par JustWatch. Installé sur la deuxième marche de notre Streaming Charts, juste derrière Wake Up Dead Man : Une histoire à couteaux tirés (2025), Longlegs (2024) a ainsi bondi de 1800 places ces derniers jours, reproduisant chez les abonné.es le phénomène qu’il avait provoqué dans les salles de cinéma au moment de sa sortie.
Ça parle de quoi « Longlegs » ?
Sorti sur les écrans français et américains en juillet 2024, Longlegs est un thriller psychologique et horrifique, aux frontières du fantastique et de l’occulte, qui confronte une jeune recrue du FBI (Maika Monroe) à un tueur en série insaisissable (Nicolas Cage) qui s’attaque à des familles innocentes. Au cours de son enquête, elle se découvre un lien personnel avec ce monstre impitoyable et terrifiant… Dérangeant, flippant, clivant : qu’on apprécie ou pas cette plongée en enfer, le long métrage ne laisse clairement pas indifférent et se vit comme une vraie expérience d’horreur arty, découpée en trois chapitres de plus en plus glauques.
Qui est le réalisateur de « Longlegs » ?
Longlegs est signé Osgood Perkins, un comédien devenu réalisateur qui n’a jamais cessé d'œuvrer dans l’horreur depuis ses débuts derrière la caméra il y a dix ans. Après February (2015) avec Emma Roberts, I Am the Pretty Thing That Lives in the House (2016) avec Ruth Wilson et Gretel & Hansel (2020) avec Sophia Lillis, il explose aux yeux de la critique et du grand public avec Longlegs. Celui qui n’est autre que le fils de l’acteur Anthony Perkins -oui, oui, l’inoubliable Norman Bates de Psychose !- a depuis adapté Stephen King avec The Monkey (2025) et vient tout juste de sortir L'Élue (2025) sur nos écrans, confirmant son statut de nouveau Maître de l’horreur.
Pourquoi l’actrice principale de « Longlegs » a-t-elle été terrifiée ?
Longlegs, littéralement « longues jambes » tel qu’il se présente à une petite fille au début du long métrage, est un personnage assurément marquant. Mémorable, même, tant Nicolas Cage disparaît sous le maquillage glaçant du tueur. Pommettes saillantes, peau blafarde, cheveux filasses, voix aigüe : le comédien est méconnaissable -le monteur du film ne l’a pas reconnu !- et donne vie à un être vraiment étrange (cringe, diraient les jeunes) et plus vraiment humain, qui n’apparaît que pendant 13 minutes (j’ai chronométré !) et hante pourtant les 1h41 de visionnage. D’abord présenté hors-cadre, puis de loin, de profil ou caché derrière ses mains, il finit par s’inviter dans l’image au bout d’1h07. De quoi provoquer un jump-scare mémorable qui ferait bondir n’importe qui.
Maika Monroe, qui ne partage qu’une seule et unique scène avec lui (un interrogatoire mémorable de cinq minutes), a découvert Nicolas Cage en Longlegs directement sur le tournage : le micro accroché à sa poitrine a alors enregistré une accélération nette de son rythme cardiaque, dont la fréquence a alors dépassé les 150 pulsations par minute ! Ce qui était la dernière journée de tournage de l’acteur a littéralement glacé le sang de la comédienne, qui se souvient d’un moment « complètement fou » où Cage avait totalement disparu pour laisser la place au personnage, inspiré notamment de la folie de sa propre mère. Afin de réserver la même surprise -et le même effet- aux spectateurs, Nicolas Cage a été invisibilisé du matériel promotionnel (affiches et bandes-annonces) du film.
Est-ce que « Longlegs » fait vraiment peur ?
Au moment de sa sortie, le buzz qui accompagnait Longlegs était inédit. Des avis flirtant avec la perfection sur les sites de notation, des retours évoquant le film le plus terrifiant de l’année (voire de la décennie), des premiers spectateurs traumatisés par le film… C’était peut-être -comme beaucoup de buzz cinéma- un peu exagéré. Mais il faut reconnaître au long métrage une vraie ambiance tordue, qui ne verse ni dans le gore ni dans le sursaut facile pour livrer, au contraire, une sensation malaisante réelle, de celles qui s’insinuent sous la peau et restent longtemps en mémoire.
Dès lors, inévitablement, le film divisera, entre celles et ceux qui adhèrent à la proposition d’Osgood Perkins, et les autres qui resteront sur leur faim. J’étais, personnellement un peu entre les deux, avec une vraie admiration pour l’ambiance et le ton, mais déçu par un récit dont la résolution m’a un peu fait l’effet d’un « tout ça pour ça ». Mais dans le genre, Longlegs est vraiment réussi et va chercher du côté du Silence des Agneaux (1991), Se7en (1995), Le Témoin du Mal (1998), Zodiac (2007), The VVitch (2015), Hérédité (2018) ou Substitution - Bring Her Back (2025) côté cinéma, et les séries Mindhunter (2017-2019) ou Monstre (2022-) côté séries. Il pourrait être plus mal entouré !
Est-ce que vous avez bien regardé « Longlegs » ?
Vous avez vu le film au cinéma, en VOD ou sur Netflix ? Mais l’avez-vous bien regardé ? Car plusieurs éléments, glissés par le réalisateur, participent à créer l’ambiance pesante et maléfique du long métrage. Des occurrences du nombre « 666 » par exemple, à l’image et jusque dans un numéro de téléphone créé spécialement pour la sortie du film avec un message enregistré par Nicolas Cage / Longlegs (458-666-4355). Un générique de fin qui défile du haut vers le bas et non du bas vers le haut comme c’est la tradition (entraînant ainsi les noms vers les enfers ?). Ou encore une présence diabolique subliminale identifiée à 15 reprises tout au long de scènes-clé du film. Enfin, les plus attentifs auront aperçu la poupée Annabelle sur un plan : pas dans la forme qu’elle a pris dans les films de la saga Conjuring, mais bien en tant que poupon Raggedy Ann original, tel qu’il est précieusement conservé dans le Musée de l’Occulte des Warren.


















































































































