Ah, l’amour la mort… Il n’y a pas que la période d’Halloween pour se délecter d’histoires horrifiques ! La Saint-Valentin est, elle aussi, propice à mêler frissons et passions, à travers des films qui montrent que les sentiments peuvent continuer à exister dans le trépas, dans l’au-delà et chez des créatures pas toujours ragoûtantes mais dont le cœur n’a jamais cessé de battre.
Pour JustWatch, alors que le 14 février, jour des amoureux, est déjà de retour, je vous propose une petite sélection horrifico-romantique (ou romantico-horrifique ?) déclinée en cinq thématiques majeures du cinéma d’horreur. En espérant que ces longs métrages vous feront trembler passionnément.
L’amour façon zombies - Warm Bodies
Roméo et Juliette revisité par le cinéma fantastique, ça a donné, notamment, l’amour entre vampires et lycans dans la saga Underworld (2003-2016). Mais aussi le très sympathique Warm Bodies (2013), qui revisite le film de zombies par un prisme romantique (sans oublier l’horrifique). Dans un monde post-apocalyptique décimé par une épidémie morte-vivante, un jeune homme zombie baptisé R erre dans un aéroport où il s'interroge sur son quotidien. Il va alors tomber follement amoureux de Julie, après avoir dévoré la cervelle de son fiancé…
Dans cette adaptation du roman d’Isaac Marion, le couple Nicholas Hoult / Teresa Palmer fonctionne très bien, entre la rigidité cadavérique et le mutisme touchant de l’un et la chaleur humaine et la volubilité de l’autre. Et au-delà des sentiments naissants entre ces deux amants que tout sépare, j’aime beaucoup le point de vue « zombiesque » offert par l’histoire à travers les pensées de R, avec une mention spéciale pour son amitié amusante, touchante et grognante avec M (Rob Corddry). A poursuivre avec Fido (2006) et ses zombies domestiqués, Dellamorte Dellamore (1994) et son gardien de cimetière, les romcoms Zombie Honeymoon (2004) et Eat, Brains, Love (2019), le mignon Lisa Frankenstein (2024) avec Kathryn Newton, et l’étrange et déviant Retour des morts-vivants 3 (1993) dans lequel une jeune femme morte-vivante se torture volontairement pour calmer sa faim et ne pas dévorer son amoureux…
L’amour façon slasher - Mortelle Saint-Valentin
Depuis Halloween (1980) et Vendredi 13 (1980), le slasher a toujours associé ébats passionnés et morts violentes. Dans les films proposés par ce sous-genre du cinéma d’horreur, dans lesquels un tueur masqué enchaîne les meurtres de protagonistes adolescents et jeunes adultes, l’amour et le sexe sont souvent annonciateurs d’éliminations sanglantes. Mortelle Saint-Valentin (2001) n’échappe pas à ce poncif qu’il prolonge même en situant son intrigue dans le cadre de la fête des amoureux, où rôde un psychopathe au masque de Cupidon…
Emmené par David Boreanaz (Buffy, Angel) et la bande de filles composée par Denise Richards, Jessica Capshaw, Marley Shelton, Jessica Cauffiel et Katherine Heigl, le film surfe sur la vague du néo-slasher -qui est déjà sur sa fin- initié à la fin des années 90 par Scream (1996) et Souviens-toi l’été dernier (1997). Il est d’ailleurs signé Jamie Blanks, réalisateur d’un Urban Legend (1998) déjà un peu convenu et poussif. Si Mortelle Saint-Valentin ne réinvente pas le genre, il propose quelques meurtres marquants et une ambiance nostalgique intéressante. Dans le même genre, vous pourriez aimer Meurtres à la Saint-Valentin (1981) et son remake 3D (2009), Heart Eyes (2025) et son tueur aux yeux en coeur, et le sympathique Wedding Nightmare (2019) qui mêle slasher, mariage et survival.
L’amour façon vampires - Morse
Vous avez peut-être vu Laisse-moi entrer (2010), une histoire « d’amour » entre une vampire et un jeune garçon où s’illustraient Chloë Grace Moretz et Kodi Smit-McPhee ? Si ce remake US signé Matt Reeves était plutôt réussi, je vous recommande chaudement le film original Morse (2008) du Suédois Tomas Alfredson, complètement passé inaperçu en France (moins de 30 000 entrées au box-office) malgré son tour des festivals mondiaux et ses prix -entre autres- à Gérardmer, Neuchâtel, Sitges, Toronto et Tribeca. Si cette Saint-Valentin vous amène à découvrir le film, cette liste aura servi à quelque chose !
Morse, c’est un peu l’anti-Twilight. Ici, pas de glamour et de vampire étincelantmais une ambiance crépusculaire, et une relation qui se noue soir après soir entre un jeune garçon solitaire victime de harcèlement et sa voisine aussi belle qu’étrange dont l’arrivée coïncide avec des meurtres mystérieux. Certaines séquences sont vraiment marquantes (mention spéciale à la scène de la piscine) et le long métrage laisse une trace indélébile chez le spectateur. Pour d’autres amours vampiriques par de grands réalisateurs, il y a aussi Thirst, ceci est mon sang (2009) de Park Chan-wook, Les Prédateurs (1983) de Tony Scott, Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch (2013) et bien sûr le flamboyant Dracula (1992) de Francis Ford Coppola.
L’amour façon monstres - La Forme de l’eau
Une histoire d’amour entre une femme de ménage muette et une étrange créature amphibienne, il n’y avait que Guillermo del Toro pour pouvoir la raconter ! Ce grand amoureux des monstres, qui avait déjà mis en scène des romances « contre-nature » dans Hellboy (2004) et Hellboy les légions d’or maudites (2008), livre son chef d’œuvre avec La Forme de l’eau (2017), récompensé par quatre Oscars dont Meilleur film et Meilleur réalisateur. Ce long métrage, c’est la rencontre entre une jeune femme discrète et solitaire employée par un laboratoire ultrasecret et un monstre aquatique emprisonné dans une cuve.
Petit à petit, les deux êtres vont se rapprocher, se comprendre et se séduire, et ce qui aurait pu être vraiment bizarre est tout simplement sublime. Et tant pis si le film semble un peu trop s’inspirer de l’imagerie du Fabuleux destin d’Amélie Poulain (2001) et de l’héroïne imaginée par Jean-Pierre Jeunet : La Forme de l’eau est un conte fantastique qui déborde (!) d’amour. Si vous voulez vibrer devant d’autres romances qui vont au-delà des apparences, vous pouvez jeter un oeil à Your Monster (2014) avec Melissa Barrera et Tommy Dewey, la pépite Spring (2014) et ses amours lovecraftiennes, et puis l’incontournable La Fiancée de Chucky (et sa suite, Le Fils de Chucky) qui montre que les poupées tueuses ont aussi un petit coeur qui bat !
L’amour façon bizarre - Pearl
Dans la famille des films bizarres/étranges/déviants/tordus (rayez les mentions inutiles) parfaits pour une Saint-Valentin un peu creepy, il y a de quoi faire ! J’ai eu du mal à choisir, et puis j’ai finalement opté pour Pearl (2022), premier volet de la trilogie imaginée par Ti West autour de Mia Goth, à poursuivre avec X (2022) et MaXXXine (2024). Au croisement de l’esthétique de La Mélodie du bonheur (1965) et de l’ambiance de Carrie (1976), Pearl est comme un conte rural horrifique sur la frustration et le rêve brisé. Seul, le film est intéressant. Complété par les deux autres volets, il est passionnant. Donc n’hésitez pas à programmer ce triptyque étrange, dont chaque chapitre revisite un sous-genre du cinéma d’horreur.
Dans le même genre, je le disais, il y a BEAUCOUP de possibilités. Je pense à May (2003) et son héroïne frustrée qui se fabrique un amant idéal, Teeth (2008) emmené par une adolescente au vagin denté (!), Jennifer’s Body (2009) où Megan Fox est (littéralement) une mangeuse d’hommes, The Loved Ones (2010) qui voit une jeune femme kidnapper celui qui ne l’a pas invité au bal de promo, Touristes (2012) et ses deux amants-tueurs, Adolescence explosive (2020) et sa romcom sur fond d’épidémie d’explosions spontanées, Bones and All (2022) et le road trip cannibale de Taylor Russell et Timothée Chalamet ou le récent Together (2025) dans lequel le couple fusionnel Dave Franco / Alison Brie commence à se fondre l’un dans l’autre. Bonne Saint-Valentin !



















































































































