L’événement “Hurlevent” (2026) sort dans les salles françaises ce mercredi 11 février. Réalisé par Emerald Fennell (Promising Young Woman, 2020 ; Saltburn, 2023), et emmené par Margot Robbie et Jacob Elordi dans le rôle du couple iconique Catherine et Heathcliff, “Hurlevent” (nous allons revenir sur ces guillemets) est une interprétation du roman d'Emily Brontë, plus qu’il n'en est une adaptation littérale.
La relation passionnelle et torturée des deux personnages principaux a fait l’objet de plusieurs adaptations, sur le petit comme sur le grand écran. Cette fois-ci, le choix du titre est essentiel pour comprendre, -ou du moins appréhender- le film de Fennell. En effet, les guillemets que je mentionnais plus haut sont justifiées par la cinéaste comme étant une façon d'exprimer l'impossibilité d'adapter fidèlement un livre aussi « dense et complexe » que Les Hauts de Hurlevent. Son film est donc une vision du livre proche de celle qu’elle se souvient avoir eu en le lisant pour la première fois.
Alors si comme moi vous avez hâte de découvrir cette itération très personnelle de ce classique, et que vous êtes à la recherche d’un film qui parlera à votre âme de romantique torturé, j’ai précisément ce qu’il vous faut dans cette liste JustWatch.
Emily (2022)
On commence avec Emily de Frances O’Connor, un film sur la vie de l'autrice du roman Les Hauts de Hurlevent et figure emblématique de la littérature anglaise, Emily Brontë. A mi-chemin entre le biopic et la fiction, Emily se base en partie sur ce que l’on sait de la famille Brontë, mais également sur les événements qui auraient -d’après le film- inspiré Emily à écrire son chef-d’œuvre.
Emma Mackey, la star de Sex Education (2019-2023) qui sera bientôt à l'affiche du Narnia de Greta Gerwig, incarne avec très grande justesse et vulnérabilité Emily Brontë. Même si beaucoup de fans ou spécialistes de l'écrivaine pourraient trouver à redire sur certaines libertés prises par la réalisatrice, la photographie, le jeu d'acteur et la musique sublime d’Abel Korzeniowski ne manqueront pas de vous emporter dans les paysages spectaculaires de la lande anglaise.
Jane Eyre (2012)
On reste aux côtés de la famille Brontë, mais cette fois-ci avec une autre sœur et un autre chef-d’œuvre de la littérature, Jane Eyre écrit par Charlotte Brontë. Comme beaucoup de classiques, ce roman a été adapté à de nombreuses reprises, mais si le Jane Eyre de Cary Joji Fukunaga est aussi apprécié, c’est notamment grâce aux performances magnétiques de Mia Wasikowska et de Michael Fassbender dans les rôle de Jane et Mr. Rochester.
Comme pour n’importe quelle adaptation d’un roman aussi « dense et complexe » -pour paraphraser Emerald Fennell-, les lecteurs de la première heure y trouveront toute la complexité des personnages écrits par Brontë, mais également une vision de l'œuvre qui est propre au cinéaste. Je vous laisse donc vous faire votre opinion en ajoutant ce film à votre watchlist (si ce n’est pas déjà fait !).
Anna Karénine (2012)
L’Angleterre n’est pas la seule à avoir donné naissance à des héros romantiques torturés, puisque la littérature russe regorge elle aussi de personnages romanesques en proie au tourment et au mal d’amour. Anna Karénine de Joe Wright, basé sur le célèbre roman de Léon Tolstoï, met en scène Keira Knightley dans le rôle d’une aristocrate mariée à un homme d'État, qui entame une liaison avec le Comte Vronski. Les deux amants devront faire face aux conséquences de telles actions dans la Russie impériale du XIXème siècle.
D’un point de vue stylistique, je trouve que ce film est absolument sublime et une véritable prouesse technique, puisqu’il est tourné et monté comme une pièce de théâtre. Mais il m’a fallu deux visionnages pour apprécier l’intrigue dans son intégralité, même si beaucoup de raccourcis de l'œuvre de Tolstoï y sont faits.
Ophelia (2019)
On continue dans les réécritures de grands classiques, avec Ophelia (2019) de Claire McCarthy, tirée de la tragédie shakespearienne Hamlet. L’héroïne de la postlogie Star Wars (2015-2019), Daisy Ridley, y incarne la célèbre épouse du Prince Hamlet, qui dans la pièce n'occupe finalement qu’un rôle relativement secondaire.
Pourtant, ce personnage, qui a été conduit à la folie puis à la mort par noyade, a toujours fasciné les artistes du monde entier, des peintres aux poètes en passant par les chanteurs et les cinéastes. L'alchimie entre les deux personnages principaux, Ophelia et Hamlet -incarné par George Mackay- est palpable et leur histoire tragique, bien que revue et réinventée, est mise en valeur par une superbe photographie et une bande originale que j’ai adoré, signée Steven Price.
The Young Lady (2016)
Bien que The Young Lady (2016) ne soit pas une nouvelle itération de Macbeth, il tire son titre des points communs que Katherine Lester, son personnage principal, partage avec le personnage de Shakespeare. On peut d’ailleurs remercier William Oldroyd, le réalisateur de ce drame historique se déroulant au XIXème siècle, qui avait déjà repéré à l'époque le talent d'une certaine Florence Pugh, qui livre déjà dans ce film une performance absolument bluffante.
Elle y incarne donc Katherine Lester, une jeune femme mariée de force à un homme beaucoup plus vieux qu’elle, qui ne cherche qu’à la contrôler et à la garder enfermée dans son manoir. Mais elle rencontre un jour Sebastian, un jeune homme travaillant sur la propriété qui devient son amant : une situation qui mettra leur vie à tous les deux en danger.
Mary Shelley (2017)
Mary Wollstonecraft Godwin, plus connue sous le nom de Mary Shelley (2017), est au cœur de ce film biographique dans lequel nous découvrons l’histoire d'amour entre l’écrivaine, ici incarnée par Elle Fanning, et son mari le poète Percy Bysshe Shelley, joué par Douglas Booth. La réalisatrice Haifaa Al-Mansour trace ici un parallèle entre la relation amoureuse de l’autrice et son futur chef d'œuvre de la littérature gothique et romantique que sera Frankenstein.
De plus, elle devra se faire une place et un nom dans le cercle très fermé et très masculin du monde de l'écriture. Bien sûr, comme dans beaucoup de biopics, il faudra prendre avec des pincettes certains événements et certains aspects des personnages, mais cette proposition mérite tout de même le coup d'œil.
Ma cousine Rachel (2017)
Rachel Weisz et Sam Claflin incarnent des amants maudits dans Ma cousine Rachel (2017), adaptation de l'œuvre de Daphne du Maurier réalisée par Roger Michell. Dans l’Angleterre du XIXème siècle, Philip, un jeune aristocrate, apprend que son cousin, Ambrose, a récemment épousé une mystérieuse veuve lors d’un séjour en Italie. Mais petit à petit, Ambrose fait part à Philip de son inquiétude grandissante envers le comportement étrange de la jeune femme, qu’il soupçonne de vouloir l'empoisonner. Philip se rend donc chez son cousin mais découvre qu’il est déjà trop tard. Il y fait la rencontre de Rachel, dont il va finalement tomber amoureux…
Je ne peux vous en dire plus sur l'histoire au risque de spoiler les intrigues psychologiques et amoureuses de ce récit, mais je peux par contre vous assurer que vous ne serez pas déçus par l'interprétation envoûtante et saisissante de Rachel Weisz dans le rôle principal.
Mademoiselle Julie (2014)
Mademoiselle Julie (2014), réalisée par Liv Ullmann, est l'adaptation de la pièce de théâtre éponyme, datant de 1888. Colin Farrell, Jessica Chastain et Samantha Morton jouent avec le feu et les normes sociales de l'époque dans ce drame romantique qui se déroule au cours d’une seule nuit. Mademoiselle Julie est la fille d’un baron et John est le valet de ce dernier. Il est fiancé à Kathleen, la cuisinière, mais très vite, un jeu du chat et de la souris s’installe entre John et Julie. Les classes sociales sont testées et remises en question, et des limites sont franchies.
« A chacun sa classe », déclare Kathleen dans le film, une phrase qui résume très bien le carcan social de la société qui étouffe ces personnages. John est un homme frustré par sa condition, cherchant à s'élever dans l'échelle sociale. Kathleen a réussi à se persuader que ces mêmes barrières existent pour une bonne raison. Quant à Mademoiselle Julie, elle représente l'ennui profond que les femmes aristocrates pouvaient ressentir face à l'impossibilité de s'émanciper de leurs pères puis de leurs maris.


















































































































