L’actualité de la balle orange est majeure cette semaine ! Les fans de baskets sont servis entre la sortie de GOAT : Rêver plus haut (2026) au cinéma, le All Star Game qui réunit les meilleurs joueurs du championnat NBA à Los Angeles pour un week-end de gala, et la promotion du Rêve Américain (2026) qui revisite le parcours des frenchies Jérémy et Bouna partis de Grigny pour terminer agents des plus grands joueurs (dont Victor Wembanyama).
Moi-même, je suis un immense fan de basket. D’ailleurs, j’ai longtemps hésité à embrasser cette carrière journalistique -je me rêvais comme le nouveau George Eddy- avant de réaliser que le cinéma était ma raison de vivre. Bref, tout ça pour dire que je n’allais pas passer à côté de cette actualité pour croiser mes deux passions. Et si le débat « qui est le GOAT entre Michael Jordan et LeBron James » ne pourra jamais être tranché sur un parquet, j’ai décidé de l’analyser sous les projecteurs des plateaux de tournage.
Je me suis donc amusé à classer les meilleures performances cinéma des stars NBA, en me focalisant sur les joueurs qui ont tenu un vrai rôle devant les caméras. On ne parlera donc pas ici de l’apparition de Tony Parker dans Astérix aux Jeux Olympiques (2008), du caméo de Larry Bird dans Celtic Pride (1996), de Dominique Wilkins qui s’invite dans un épisode de Billions (S4E5, 2020) ou de Julius Erving qui croise Denzel Washington dans Philadelphia.
15. Karl Malone
Légende du Utah Jazz, où son maillot N°32 a été retiré, Karl Malone a formé avec son compère le meneur John Stockton l’un des tandems les plus prolifiques des parquets NBA. Jamais champion, Malone a toutefois intégré la troisième marche du classement des meilleurs scoreurs de tous les temps, avec 36 928 points en carrière. Au cinéma, outre quelques apparitions dans son propre rôle (Nash Bridges, Soul Plane, Coup d’éclat), Karl Malone a joué les cowboys dans le méconnu Rockwell: A Legend of the Wild West (1994), qui raconte l’histoire de Porter Rockwell, figure controversée de l'Ouest américain, passé de bandit à chasseur de primes puis défenseur des pionniers mormons. Karl Malone y incarne Elijah Abel, l’un des membres de son groupe, et il faut bien dire que son jeu est à la hauteur du budget de cette production indé difficile à regarder aujourd’hui : assez faible. Malone était meilleur sur un terrain.
14. Wilt Chamberlain
Vous avez forcément dû croiser, lors de vos scrolls sur les réseaux sociaux, ce cliché mémorable d’un Arnold Schwarzenegger posant, tel un enfant, aux côtés des colosses André The Giant et Wilt Chamberlain. Du haut de ses 2m16, l’Américain double-champion NBA reste l’une des plus grandes légendes du basketball professionnel américain, avec notamment le record -qui ne sera a priori jamais battu- de 100 points inscrits dans un seul et unique match. Au cinéma, il a un seul rôle à son actif, aux côtés puis face à Schwarzie. Dans le rôle de Bombaata, garde du corps de la princesse Jehnna (Olivia d'Abo), il accompagne Conan le destructeur (1984) et son groupe d'aventuriers pour récupérer une relique magique. Le film, très loin des sommets du chef d’œuvre de John Milius réalisé deux ans plus tôt, est un festival de fantasy kitsch qui vaut uniquement le détour pour Grace Jones et le combat au sommet Arnold vs. Wilt. Mais c’est uniquement par sa taille et sa présence que brille l’athlète : côté jeu, cela reste bien trop sommaire…
13. Bill Russell
En parlant de combat au sommet, la rivalité entre Wilt Chamberlain et Bill Russell a été au centre de la NBA durant les années 60. Si Chamberlain était focalisé sur ses statistiques personnelles -monstrueuses-, Russell était l’incarnation même du leader d’équipe. Résultat ? Onze titres de champion et une image d'icône fédératrice dans les vestiaires comme sur le parquet. Ce charisme se retrouve dans ses rares apparition à l’écran, dans quelques séries mais aussi le film Un cerveau en or (1981), dans lequel Gary Coleman (l’inoubliable petit frère de Arnold & Willy) incarne un orphelin vivant à la gare centrale de Chicago où il cire les chaussures, et qui se découvre un don pour prédire les résultats des courses hippiques. Le point de départ d’une comédie attachante et feel-good, où se distingue la relation entre Coleman et Russell, ici mentor bienveillant du jeune homme.
12. Kevin Durant
Alors joueur-star des Oklahoma City Thunder -nous sommes en 2012-, Kevin Durant joue son propre rôle dans Thunderstruck, une comédie sportive familiale qui voit un jeune fan hériter des talents de son idole après une poignée de main. A l’inverse, le sportif n’est plus capable de marquer un seul panier, et doit trouver un moyen d’inverser cette malédiction… Entre Big (1988), Sidekicks (1992), Last Action Hero (1993) et Magic Baskets (2002), le film réinvente le body swap (ou film d’échange de corps) pour un power-swap qui ne brille certes pas par son originalité mais qui prône de jolies valeurs sportives. A réserver aux fans de « K.D. » qui s’offre ici un caméo prolongé à sa gloire (plus long que son apparition dans Billions S3E9 en 2018), comme l’avait fait « M.J. » en son temps face à Bugs Bunny.
11. Gheorghe Muresan
Avec ses 2m31, Gheorghe Muresan est l’un des deux plus grands joueurs à avoir foulé les parquets NBA (il a notamment joué pour les Bullets / Wizards de Washington). Convaincu par Billy Crystal, il fait ses débuts à l’écran dans Le Géant et moi (1998), qui s’inspire de la véritable amitié nouée entre le comédien et le catcheur André The Giant sur le tournage de Princess Bride (1987). Billy Crystal incarne ici un commercial sans scrupules qui propose à un (très) grand Roumain rencontré par hasard de devenir son imprésario. Mais une relation plus profonde va se nouer entre les deux hommes, alors que le gentil géant est diagnostiqué d’une maladie cardiaque. Ce film méconnu, qui oscille entre rires et émotions, y va parfois avec de (très) grands sabots, mais reste sympathique, et Muresan est loin d’être ridicule. A noter qu’il s’est depuis illustré dans Manodrome (2023) aux côtés de Jesse Eisenberg.
10. Stephen Curry
Stephen Curry est un immense joueur, spécialiste du tir à trois points d’à peu près n’importe où sur le parquet. C’est aussi un producteur avisé, via sa société Unanimous Media qui a supervisé plusieurs émissions et documentaires sportifs mais qui a également mené des projets notables pour le cinéma et le streaming. Je pense au touchant De l’autre côté (2016) emmené par Chrissy Metz, Topher Grace, Mike Colter, Josh Lucas Dennis Haysbert et dont la chanson originale ira jusqu’aux Oscars ; aux documentaires Emanuel (2019), Sentenced (2024) et Good Shot (2025) ; et surtout au film d’animation GOAT : Rêver plus haut (2026) où il prête sa voix au personnage de Lenny Williamson, une girafe gigantesque (amusant, quand on sait que Curry est loin d’être le plus grand sur les vrais terrains !) qui va soutenir la chèvre Will dans son rêve de s‘imposer parmi les joueurs de grogneball / roarball. Le parcours de producteur de Steph' Curry est à suivre de près !
9. LeBron James
Faut-il accabler LeBron James pour la déception que fut Space Jam - Nouvelle ère (2021) ? Ce serait injuste, tant le meilleur marqueur de l’histoire de la NBA s’est démené sur les plateaux de tournage. Car, comme Stephen Curry, il mène parallèlement à sa longue carrière sur les parquets (il joue depuis 2003 !) un lucratif parcours de producteur, et parfois d’acteur essentiellement dans son propre rôle. Avec de vrais participations, qui ne se limitent pas aux caméos : outre la suite de Space Jam, on l’a vu dans Crazy Amy (2015) et dans le film d’animation Yéti & Compagnie (2018) que je recommande chaudement pour son univers, ses chansons, son doublage (Zendaya, Commun, James Corden et Channing Tatum y font des merveilles) et sa réflexion très pertinente sur les « bons mensonges ». C’est bien mieux que Space Jam 2, et ça permet à LeBron de ne pas être relégué au fin fond de ce classement ciné-basket. J’en profite au passage pour vous inviter à voir le fabuleux More Than A Game (2008), consacré à la jeunesse de LeBron James. C’est un incontournable.
8. Charles Barkley
La première apparition cinéma de Charles Barkley ? C’était dans Hot Shots ! (1991), où il s'empoigne avec le Pisons Bill Laimbeer dans une scène de bagarre de bar ! Depuis, le joueur, devenu un consultant très demandé sur les diffusions de matchs NBA, a trimballé sa carrure de déménageur et sa bouille de bad boy dans de nombreuses productions live et animées. J’avais dit que je ne retenais pas les caméos, mais Barkley est non seulement tellement sympathique mais surtout tellement régulier dans ses apparitions à l’écran, qu’il aurait été impensable de ne pas l’inclure ici ! Barman dans Santa Barbara (1992), joueur dans Forget Paris face à Billy Crystal en arbitre (1995), invité dans Suits (S5E3, 2015), Modern Family (S8E16, 2017) ou Les Simpson (S28E12 & S28E13, 2017), il a aussi prêté sa voix au père du monstrueux héros du film d’animation Steve, bête de combat.
7. Shaquille O’Neal
Alors je sais, vous êtes possiblement en train de vous étouffer en voyant le nom de Shaquille O’Neal émerger si haut dans cette liste. Et c’est vrai que des films comme Kazaam (1996) ou Steel, le justicier d’acier (1997) auraient pu disqualifier le gentil géant casseur d’arceaux. Mais il y a eu Blue Chips (1994) de William Friedkin où il tient la dragée haute à Nick Nolte (et où il côtoie Anfernee Hardaway, son futur coéquipier aux Orlando Magics). Et par la suite, des caméos toujours savoureux que ce soit dans Va te faire foutre Freddy! (2001), Scary Movie 4 (2006), Super Blonde (2008), Copains pour toujours 2 (2013), Famille recomposée (2014), Ce que veulent les hommes (2019), Le Haut du panier (2022)... et des rôles vocaux dans Les Schtroumpfs 2 (2013), La Grande aventure LEGO (2014) ou Les Simpsons (2017). Comme tous les gamins qui cherchent ses autographes et ses hugs, je suis toujours content de retrouver « Shaq ». Même dans un jeu vidéo comme Shaq Fu (1994).
6. Kevin Garnett
Vous ne l’aviez sans doute pas remarqué à l’époque, mais Kevin Garnett a fait une apparition aux côtés de Shaq dans Blue Chips (1994) juste avant de rejoindre la draft NBA. « K.G. » a depuis accroché deux films notables à son palmarès, avec des performances intéressantes : dans le film HBO L'Etoile du Bronx: la naissance d'une légende (1996), sorte de version sombre des Blancs ne savent pas sauter (1992) centrée sur le destin d’Eric Manigault (Don Cheadle) entre drogue et playgrounds, Kevin Garnett se glisse sous le maillot d’une légende, un certain Wilt Chamberlain (cité plus haut) lors d’un match musclé. Mais surtout, il a joué dans Uncut Gems (2019) avec un second rôle central et nuancé face au joaillier fan de basket campé par Adam Sandler devant la caméra des frères Safdie. Si ce thriller nerveux a beaucoup plu, Sandler et les Safdie y sont pour beaucoup, mais « K.G. » n’y est pas étranger.
5. Juancho Hernangómez
Depuis 2014, le joueur espagnol Juancho Hernangómez foule avec talents les parquets américains et européens. Mais aussi les plateaux de tournage, avec une performance notable dans Le Haut du panier (2022). Produit par LeBron James et emmené par Adam Sandler (immense fan de basket), cet original Netflix suit le parcours d’un scout NBA, chargé de repérer les futurs talents et diamants bruts promis à une belle carrière sportive. C’est ainsi qu’il croise la route d’un prodige de la balle orange, sur qui il va tout miser. Il y a un peu de Jerry Maguire (1996) et de Rocky (1976) dans ce drame sportif au style quasi-documentaire sur deux underdogs qui vont apprendre à s’apprivoiser pour aller tutoyer les sommets du sport-business. Hernangómez n’a plus tourné depuis, pourtant il est vraiment convaincant dans son rôle et ne se fait jamais « écraser » par son illustre partenaire de jeu (pourtant nommé aux Actors Awards). A noter par ailleurs qu’aux côtés des nombreux autres talents NBA qui s’illustrent dans le film, les fans reconnaîtront Anthony Edwards, très crédible lui aussi en rival arrogant.
4. Ray Allen
Joueur-clé pendant dix-huit saisons NBA (Milwaukee, Seattle, Boston, Miami) et shooteur très élégant, Ray Allen a aussi un vrai talent pour la comédie. Spike Lee en personne a pu le constater dans He Got Game (1998), dans lequel il met le joueur face à l'iconique Denzel Washington dans le rôle d’un père toxique récemment sorti de prison, qui menace la carrière de future star universitaire de son rejeton. « Enfin un athlète qui sait jouer » dira l’illustre critique américain Roger Ebert, saluant la performance de Ray Allen dans un film qui culmine sur un match cathartique entre le père et le fils. Sombre, amer, anti-glamour, He Got Game tranche avec ce qu’on peut attendre d’un film NBA (d’autant que Spike Lee est un fan de basket et un fervent supporter des Knicks). Et c’est justement pour cela qu’il mérite le coup d'œil, à poursuivre avec Harvard Story (2001) de James Toback, où Ray Allen s'illustre aux côtés de Sarah Michelle Gellar et Adrian Grenier.
3. Michael Jordan
Quand on dit basket et cinéma, c’est LE film qui vient immédiatement en tête : Space Jam (1996), ou la rencontre au sommet entre Michael Jordan et les Looney Tunes pour sauver Bugs Bunny et ses amis de méchants exploiteurs extraterrestres. Et c’est autour d’un match entre la Tune Squad et les Monstars que tout va se jouer. Je suis partagé sur ce film. D’un côté, j’adore le long métrage de Joe Pytka en tant qu’objet cinématographique et digne héritier de Qui veut la peau de Roger Rabbit (1988), mais aussi dans la manière dont il s’intègre à la propre histoire du N°23 des Chicago Bulls en expliquant son retour sur les parquets NBA après son passage par le baseball. De l’autre, même s’il livre une prestation plutôt engageante, « M.J. » n’est pas non plus le meilleur acteur de sa génération. C’est pour cette raison que Michael Jordan ne sera pas le GOAT de ce classement. Mais il reste -à mes yeux- l’athlète que j’ai le plus admiré.
2. Rick Fox
Rick Fox est le seul joueur NBA à être officiellement acteur. Au-delà de projets ponctuels et de caméos, s’entend. Ailier remarqué pour les Celtics puis les Lakers, le Canadien a mené une carrière solide sur les plateaux de cinéma et de séries depuis 1994 et Blue Chips (qui a décidément donné des envies de comédies à beaucoup de joueurs). Eddie (1995), He Got Game (1998), Oz (1997-2003), Missing: disparus sans laisser de trace (2003), Les Frères Scott (2006), Ugly Betty (2007), Dollhouse (2010), The Big Bang Theory (2011), Sharknado 3: Oh Hell No! (2015), Esprits criminels (2017), Black-ish (2017), New York - Unité spéciale (2020), Highest 2 Lowest (2025) où il retrouve Spike Lee et Denzel Washington... : sa filmographie est riche et variée, et tient la comparaison avec son palmarès sportif (trois bagues de champion NBA, tout de même). Alors pourquoi Rick Fox n'est-il pas en haut de ce classement ? Tout simplement parce qu’il n’a pas encore eu LE rôle marquant qui manque à sa carrière. Comme sur les parquets finalement, où il a été un membre majeur de l’équipe mais jamais LA star.
1. Kareem Abdul-Jabbar
Ne cherchez pas, le GOAT du basket-ciné, c’est lui. Kareem Abdul-Jabbar, c’est un combat légendaire contre Bruce Lee dans Le Jeu de la mort (1978), à qui il place quelques coups de pieds pointure 50. C’est un running-gag qui me fait hurler de rire dans Y a-t-il un pilote dans l'avion ? (1980), avec les dialogues de sourds provoqués par le patronyme de son personnage, le copilote Roger Murdock, qui se retourne chaque fois que la tour de contrôle ou le pilote lancent un « Roger ! ». C’est un prêcheur de l'Apocalypse dans l’excellente mini-série Le Fléau (1994) adaptée de Stephen King. Ce sont des apparitions dans un nombre impressionnant de séries cultes (Mannix, Arnold & Willy, 21 Jump Street, Le Prince de Bel-Air, La Fête à la maison, Scrubs, The Big Bang Theory, iZombie, Billions…). Bref, injouable, comme il le fut en NBA.


















































































































