C’est un sous-genre méconnu du cinéma : le body swap movie, ou « film d’échange de corps », a été abordé dès les débuts du cinéma (The Eye of Envy, 1917) avant de gagner en popularité et en récurrence après le succès de Un vendredi dingue, dingue, dingue / Freaky Friday (1976), emmené par une toute jeune Jodie Foster propulsée dans le corps de sa maman Barbara Harris.
Depuis, la mécanique - à ne pas confondre avec le film de rajeunissement ou de vieillissement façon Big (1988) ou 30 ans sinon rien (2004) - est très régulièrement revisitée et réinventée sur grand et petit écran, le plus souvent dans des comédies. Mais pas uniquement. La preuve avec cette sélection spéciale body swap concoctée par JustWatch, pour découvrir les tentatives les plus réussies, marquantes ou étranges disponibles sur les plateformes de streaming en France. Bons visionnages… et bons échanges !
10. Echange standard (2011)
Il ne faut jamais faire de vœux quand on est alcoolisé ! Ryan Reynolds et Jason Bateman l’apprennent à leurs dépends dans Echange standard (2011). Le premier est un célibataire endurci qui se laisse porter par la vie. Le second est un papa entièrement dévoué à sa famille et à son travail. Et chacun rêve de vivre la vie de l’autre. Le destin (provoqué par… une envie pressante satisfaite dans une fontaine magique !) va alors leur permettre d’expérimenter cette possibilité et de se confronter à la réalité d’une autre vie fantasmée. Et quand le body swap est orchestré par le réalisateur de Serial noceurs (2005), l’humour est forcément au rendez-vous !
Si Freaky Friday : Dans la peau de ma mère s’adressait à un public familial, Echange standard est clairement son pendant adulte, avec un script aux gags très crus concocté par les scénaristes de Very Bad Trip (2009). Si on aime les gags potaches façon Ted (2012) ou Crazy, Stupid, Love (2011), on rit donc beaucoup. En revanche, si on cherchait dans cette histoire un peu de la finesse d’un Family Man avec Nicolas Cage (dont le pitch façon « Et si… » est finalement très proche de ce body swap sur deux vies d’adulte très différentes) ou de la douceur du Baiser empoisonné (1992) avec Meg Ryan et Alec Baldwin, il vaut mieux passer son chemin.C’est d’ailleurs pour cela que Echange standard se place en dixième position de notre classement : le body swap est central, mais son humour en dessous de la ceinture peut vite être clivant et desservir le propos.
9. Jumanji : Next Level (2019)
Après le succès de Jumanji : Bienvenue dans la jungle (2017) qui réinventait le classique emmené par Robin Williams, Dwayne Johnson et sa bande vont encore plus loin en croisant gaming et body swap dans la suite. Baptisé Jumanji : Next Level (2019), le film redistribue à plusieurs reprises les rôles au fil de l’histoire, en faisant des protagonistes (et des deux seniors embarqués malgré eux dans cette nouvelle partie) un aventurier, une guerrière badass, un spécialiste des animaux, une voleuse émérite ou… un magnifique cheval. Sans qu’ils ne puissent contrôler ces « swaps ». C’est improbable, mais ça marche !
Alors bien sûr, si on n’a pas accroché à la proposition du film de 2017 qui remplaçait le plateau du Jumanji original (1995) par un jeu vidéo, on pourra difficilement embarquer pour cette nouvelle partie. Et en même temps, il y a plus de personnages, un univers réinventé (la jungle laisse place au désert et aux montagnes) et surtout une belle réflexion sur l’amitié, la vieillesse, les regrets et le temps qui passe. A ce petit jeu, le tandem Dwayne Johnson / Kevin Hart (qui jouent Danny De Vito et Danny Glover) fonctionne à merveille. Il faut dire que l’alchimie entre les deux compères fonctionne très bien depuis Agents presque secrets (2016). Si l’effet de surprise n’est plus là, cette suite est plus aboutie et touchante que le précédent opus. Avec un mélange d’aventures et de comédie qui ravira les fans de Jungle Cruise (2021) et autres Secret de la cité perdue (2022).
Mais dans un Jumanji, l’aventure prend clairement le pas sur le body swap, finalement un peu anecdotique : le film ne pouvait donc pas aller plus haut que la neuvième place.
8. Freaky (2020)
Freaky (2020), c’est en quelque sorte la version gore de Freaky Friday qui voit un terrifiant serial killer transféré dans le corps de l’une de ses victimes, cette dernière occupant désormais l’impressionnante carcasse de celui qu’on surnomme à juste titre « Le Boucher ». Poursuivie par la police, elle a 24 heures pour inverser le processus, sous peine de se retrouver coincée sous cette identité. Sachant que pendant ce temps-là, insoupçonnable sous les traits d’une innocente lycéenne, le criminel peut donner libre court à ses pulsions les plus violentes…
Après avoir croisé l’horreur et la boucle temporelle avec Happy Birthdead (2017), Christopher Landon mélange avec la même réussite le slasher à la Halloween (2018) et le body swap. Son Freaky est un divertissement sanglant, décomplexé et drôle, qui vaut le coup d'œil pour ses mises à mort inventives et pour l’interprétation de ses comédiens principaux (Vince Vaughn et Kathryn Newton) dans un contre-emploi total. Voir ce visage d’ange commettre les pires atrocités et ce colosse (1m96) jouer les ados effrayées est assez savoureux. Il y a ici un dosage intéressant entre horreur et teen movie… mais qui pourra sans doute décevoir celles et ceux qui chercheraient surtout l’un des deux genres. Et un peu de fond.
C’est justement la limite de cette proposition, qui ne va jamais au-delà du visionnage fun et popcorn. D’où cette huitième (mais honorable) place !
7. Soul (2020)
Sorti directement sur Disney+ en décembre 2020, Soul est une énième pépite animée des studios Pixar, déjà à l'œuvre sur Toy Story (1995), Ratatouille (2007), WALL-E (2008), Vice-Versa (2015) ou le poignant Coco (2017). Comme lui, Soul explore l’au-delà. Mais là où Coco abordait la mort, le deuil et le souvenir, Soul préfère célébrer la vie et tout ce qui donne du sel et du sens à l’existence. Et pour cela, on accompagne un pianiste de jazz tué dans un accident lors de son passage dans le « Grand Avant », où il croise 22, une âme qui n’a jamais saisi l’intérêt de vivre une vie humaine. Et c’est en lui faisant découvrir les petits bonheurs de la vie, lui dans le corps d’un chat et 22 dans son corps de musicien, qu’ils découvriront tous deux les réponses à leurs questions.
En avril 2021, Soul repart avec deux statuettes dorées de la 93e cérémonie des Oscars : Meilleur film d’animation et Meilleure bande originale. Des prix qui viennent saluer l’audace narrative et visuelle de Pete Docter, déjà plébiscité pour Vice-Versa quelques années plus tôt, mais aussi la partition jazzy imaginée par le trio Trent Reznor / Atticus Ross / Jon Batiste. Car la musique -symbolisant la création, la passion et l’inspiration qui composent l’étincelle de la vie- est au centre d’un long métrage profond et touchant, qui parle aux petits comme aux grands, malheureusement passé un peu inaperçu en raison de sa sortie directement en streaming pendant la période COVID.
Comme beaucoup de films Pixar, Soul est un bijou profond. Et dans un classement des films sur la vie et la mort, il arriverait bien plus haut : mais dans un Top 10 des body swap, qui n’est pas central dans le récit, la septième marche lui va bien !
6. Get Out (2017)
Avec Get Out (2017), Jordan Peele - qui signera par la suite Us (2019) et Nope (2022) - utilise le body swap pour nous glacer le sang. Et celui de son héros, un jeune homme afro-américain invité à rencontrer les parents de sa petite amie blanche le temps d’un week-end dans le domaine familial. En dire plus relèverait du spoiler malvenu (voire criminel). Mais si le film est dans cette liste, vous aurez compris qu’il y a du body swap dans l’air. Mais peut-être pas comme vous vous y attendez, alors que le long métrage prend des allures de cauchemar éveillé au fil du récit, avec en point d’orgue une séance d’hypnose qui a fait date.
Véritable claque, le film est un immense succès à travers le monde (255 millions de dollars de recettes pour un budget de 5 petits millions de billets verts), auréolé de l’Oscar du meilleur scénario original et d’une place dans le classement des 100 films incontournables du XXIe siècle publié par le New York Times. Car au-delà du film d’horreur, il y a dans Get Out un vrai commentaire social qui fait écho à des oeuvres comme Antebellum (2020) ou Them (2021-), et une ambiance malaisante qui monte crescendo, à l’image de Vivarium (2019) ou Substitution - Bring Her Back (2025). Et aussi, dans le même genre, La Porte des Secrets (2005), également très réussi.
Alors pourquoi lui refuser le Top 5 ? Attention spoiler… Parce que le body swap n’est pas central dans Get Out : il ne porte pas le récit, il n’est « que » le twist final de ce dernier. Donc ambiance ultra réussie, oui, mais body swap trop en retrait (pour CE classement précis).
5. Les Dissociés (2015)
Qu’on se le dise, le body swap n’est pas uniquement réservé au cinéma américain. Côté français, il y a ainsi eu quelques tentatives, comme Le Sens de la famille (2021) qui voit l’ensemble de la maisonnée de Franck Dubosc et Alexandra Lamy changer de corps chaque nuit, ou L’un dans l’autre (2017) qui inverse les identités de Louise Bourgoin et Stéphane De Groodt. Mais la production hexagonale la plus réussie dans le genre n’est même pas sortie au cinéma ! Les Dissociés (2015), premier long métrage du collectif Suricate - Golden Moustache, est ainsi disponible gratuitement sur Youtube. Et c’est loin d’être sa seule qualité.
Plus de 10 millions de visionnages ont salué cette comédie depuis sa mise en ligne en 2015. Le trio Raphaël Descraques / Julien Josselin / Vincent Tirel, présent devant et derrière la caméra, s’en donne à cœur joie dans cette histoire où un simple contact entre deux personnes dissociées provoque une inversion des personnalités. Court (1h15), efficace, ultra-inventif et très bien mené, le film est évidemment drôle mais également souvent touchant et toujours surprenant. Déjà grâce aux invité.es qui ne cessent de se succéder devant la caméra (Kyan Khojandi, Mcfly & Carlito, le Palmashow…), mais surtout grâce au jeu de son trio-vedette, qui change de corps de manière extrêmement crédible selon les situations. Au-delà des (très) nombreux fans de Golden Moustache/Studio Bagel, celles et ceux qui aiment l’esprit de Bref / Bref 2 (2011 & 2025) ou du Visiteur du Futur (2022) ne pourront qu’adhérer à la proposition.
Un Top 5 sans film français, avouez que cela aurait été triste ! C’est un peu chauvin, certes, et je n’irai pas au-delà de la cinquième place. C’est déjà une belle exposition qui peut vous convaincre de donner sa chance à ces Dissociés qui sont, rappelons-le, visibles gratuitement. Et puis l’humour Suricate, qu’est-ce que c’est bon !
4. Dans la peau d’une blonde (1991)
De Diamants sur canapé (1961) à la saga La Panthère Rose (1963 - 1993) en passant par La Party (1968), Blake Edwards a été l’un des artisans majeurs de la comédie hollywoodienne. Quand il s’attaque au body swap avec Dans la peau d’une blonde (1991), il propose un film toujours aussi enlevé qui voit un imbuvable macho et incorrigible séducteur, tué par d’anciennes conquêtes trahies, être renvoyé sur Terre par le Diable dans la peau d’une femme pour gagner sa place au Paradis. A travers cette expérience, il/elle va porter un nouveau regard sur le beau sexe, l’amour et l’engagement.
La blonde du titre, c’est Ellen Barkin. Actrice en vue dans les années 80 (Johnny Belle Gueule, Mélodie pour un meurtre), elle livre ici une performance assez géniale en rejouant les postures et attitudes d’une caricature de golden boy américain coincé dans la peau d’une femme. Dans la lignée de ses comédies Victor Victoria (1982) et Boire et déboires (1987), Blake Edwards interroge les stéréotypes, les rapports homme / femme, le sexisme et la misogynie, avec certes un peu moins d’élégance que ses films des années 60 mais une grande efficacité comique qui repose sur les quiproquos des situations, l’inversion des rôles et l’abattage de sa comédienne principale. Le tout porté par une morale qu’on jugera mièvre ou bienvenue, c’est selon. Bref, une pépite ‘90s à redécouvrir d’urgence.
Parce qu’Ellen Barkin est une comédienne géniale mais un peu oubliée (sauf par les fans de la série Animal Kingdom, 2016-2022), parce que cette proposition féministe avant l’heure est très sympathique et parce que les films concept des années 90 sont à voir, on lui donne la quatrième place de notre classement !
3. Freaky Friday : Dans la peau de ma mère (2003)
C’est sans doute LE film le plus emblématique du body swap. Freaky Friday : Dans la peau de ma mère (2003) est une comédie Disney qui remet au goût du jour le Freaky Friday original de 1976. Devant la caméra du réalisateur de Lolita malgré moi (2004), Jamie Lee Curtis est une maman très sage sur le point de se remarier et Lindsay Lohan sa fille rock et rebelle. Les deux femmes ne se comprennent plus, ne s’entendent plus, ne se supportent plus. Mais grâce à la magie de fortune cookies chinois ingérés après un dîner théâtre d’une énième dispute, elles se retrouvent dans le corps l’une de l’autre et vont devoir apprendre à gérer cette situation improbable…
Cette comédie familiale drôle et décalée est un pur produit des années 2000. Dans le style (la maman est un clone de Bree Van de Kamp, la fille une mini Avril Lavigne), l’humour et la bande-son pop-rock. Relativement sage (production Disney oblige), elle repose sur des stéréotypes très marqués, un comique de situation permanent et des quiproquos sympathiques qui permettent aux deux comédiennes de s’en donner à coeur joie. Avec une mention spéciale à Jamie Lee Curtis qui semble retrouver ses 15 ans. Entre Desperate Housewives (2004-2012) et une comédie teen à la College Attitude (1999), le film propose évidemment une belle morale sur la compréhension de l’autre. C’est d’ailleurs ce qui pourra déplaire aux allergiques aux productions Disney trop calibrées. Mais en tant que figure emblématique du genre, il aurait été injuste de ne pas intégrer Freaky Friday au tiercé de tête car TOUT ce qu’on aime dans le body swap est ici réuni !
Succès au box-office (160 millions de dollars de recettes pour un budget huit fois inférieur !) et film culte de la décennie 2000, Freaky Friday : Dans la peau de ma mère donne lieu à une suite en 2025 (Freaky Friday 2 : Encore dans la peau de ma mère) où trois générations sont swappées ! A noter par ailleurs qu’un troisième Freaky Friday, produit en 2018, existe sur Disney+ : mais attention, il n’a aucun lien avec le film de 2003.
2. Your Name (2016)
Attention, chef d'œuvre ! Avec Your Name (2016), Makoto Shinkai livre un bijou animé qui voit Mitsuha, une jeune femme de la province japonaise, et Taki, un jeune homme vivant dans la frénésie tokyoïte rêver de la vie de l’autre, au point de partager des moments d’existence dans ce corps de substitution. Comme ces swaps sont totalement aléatoires, les deux protagonistes commencent à se laisser des messages pour tenter de comprendre ce qui leur arrive, et à nouer une relation profonde qui va mener Taki à une terrible découverte concernant cette « amie » inattendue…
Envoûtant, poétique, romantique, sublime : les qualificatifs ne manquent pas pour célébrer ce conte unique en son genre, qui a propulsé son auteur comme un potentiel héritier de Hayao Miyazaki (Le Voyage de Chihiro, 2001) après le succès phénoménal du long métrage au Japon (c’est l’une des productions nippones les plus vues de l’histoire) et dans le monde entier. Conte écologique et réflexion sur le destin, le temps et la mémoire, Your Name fait évidemment écho à d’autres films de Makoto Shinkai comme 5 centimètres par seconde (2007), The Garden of Words (2013) ou Les Enfants du temps (2019). Les spectateurs transportés par la délicatesse et l’animation de La Traversée du Temps (2006) de Mamoru Hosoda ou Silent Voice (2018) de Naoko Yamada devraient également apprécier ce voyage.
Contrairement à Soul, le body swap est ici au cœur du récit. Et contrairement aux films précédemment proposés, il y a une poésie, une subtilité, une finesse, une approche esthétique et un propos qui font définitivement de Your Name un incontournable pour petits et grands.
1. Volte/Face (1997)
Dans Volte/Face (1997), il n’est pas question de magie, de voeu ou de malédiction : l’échange de corps entre l’agent Sean Archer (John Travolta) et le criminel Castor Troy (Nicolas Cage) est volontaire (du moins pour le premier) et médicalisé, et vise à faire en sorte que l’enquêteur puisse récupérer des informations sur un futur attentat en se faisant passer pour le terroriste lors d’une immersion en prison. Mais il n’avait pas prévu que son pire ennemi se réveillerait de son coma et prendrait sa place dans les locaux de la CIA comme dans sa propre maison…
Volte/Face est un condensé de tout ce qu’on adore chez John Woo depuis Le Syndicat du Crime (1986), The Killer (1988) et Une balle dans la tête (1989) : des gunfights impressionnants, des séquences d’action au ralenti… et des colombes ! Ce film, c’est finalement la rencontre entre le « gun-fu » (des fusillades filmées comme des ballets) popularisé par le réalisateur hongkongais et le divertissement hollywoodien dans ce qu’il a de plus généreux. Mais c’est surtout un numéro bluffant de deux comédiens qui s’amusent à se jouer l’un l’autre. Tel un Jekyll & Hyde, John Travolta est doux puis diabolique, face à un Nicolas Cage dans ses grandes heures de héros d’action : si vous l’avez aimé dans Rock (1996), Les Ailes de l’enfer (1997) et Snake Eyes (1998), vous allez l’adorer en Castor Troy !
Cage joue Travolta et Travolta joue Cage pour John Woo : est-ce qu’il vous faut vraiment un autre argument pour justifier la première place de ce film aussi improbable que jouissif ??
BONUS - Mercredi S2E6 (2025)
Si vous êtes abonné.e à Netflix, vous avez pu constater que la plateforme aime régulièrement jouer avec le concept du body swap : on pense à la série Les 7 vies de Léa (2022-) qui voit une jeune femme revivre 1991 à travers sept personnes différents, à l’épisode Vendredi de m**** ! (S6E10) de Big Mouth (2017-2025) qui permute toutes les personnalités le temps d’une journée dingue, ou le k-drama Abyss (2019) qui croise réincarnation et échange de corps. Et il y a surtout l’épisode 6 de la saison 2 de Mercredi (2022-) dans lequel l’aînée des Addams va se retrouver dans la peau de sa camarade Enid Sinclair… et inversement !
Ce switch malencontreux survient alors que Mercredi se rend de nuit sur la tombe de Rosaline Rotwood (incarnée par une Lady Gaga fantomatique et éthérée) pour la convaincre de lui rendre son don de voyance et refaire d’elle un « corbeau ». Cependant, quand le rituel est interrompu par Enid qui souhaite ramener son amie à Nevermore avant le couvre-feu, un surprenant prix est à payer pour les deux jeunes femmes : propulsées dans le corps l’une de l’autre, elles vont devoir faire bonne figure devant les autres élèves !
C’est assez réjouissant de voir la délicieusement sinistre Jenna Ortega et la pétillante Emma Myers proposer autre chose, elles qui étaient tenues par les caractères très affirmés de leur personnage respectif depuis onze épisodes. Le chapitre S2E6 - Chacun son malheur leur offre ainsi une sympathique récréation, et on aime voir Mercredi -en réalité Enid- afficher un regard apeuré et des vêtements très colorés (auxquels elle fait une allergie !) quand Enid -habitée par Mercredi- affiche un comportement glacial à l’opposé de sa personnalité exubérante. Et ce sera l’occasion, pour les jeunes femmes, de mieux se comprendre et de porter un regard nouveau l’une sur l’autre. Du fun et de l’empathie : les ingrédients parfaits pour un body swap réussi !



















































































































