L’incontournable figure d’horreur du moment, Vecna, peuple les réseaux sociaux de tous les fans de la série Stranger Things (2016-2026) qui se rongent les ongles en attendant ses ultimes épisodes, disponibles en partie le 26 décembre sur Netflix. Et si on vous disait qu’il existe des monstres tout aussi terrorisants, voire davantage ?
Bon, on passe sur les Demogorgons, ces êtres visqueux à la tête de fausse fleur, sortes de soldats de Vecna avec des dents acérées à la place des pistils. Il faut plutôt regarder du côté de créatures mues par une horreur plus sourde : Twisty le clown dans American Horror Story, les Gentlemen de Buffy contre les vampires, la Dame au cou tordu de The Haunting of Hill House ou encore le monstre de fumée de Lost.
Des figures moins démonstratives, parfois presque silencieuses, mais dont la capacité à s’insinuer dans l’imaginaire dépasse largement celle du monstre vedette de Stranger Things. Suivez-moi dans ce bestiaire JustWatch… si vous osez !
Twisty le clown dans American Horror Story
Dans American Horror Story : Freak Show (2014), Twisty le clown incarne une horreur profondément humaine. Ancien clown de foire brisé par l’humiliation et l’injustice, il bascule dans une folie meurtrière qu’il perçoit pourtant comme une mission bienveillante. Ce qui glace le sang chez Twisty n’est pas seulement son apparence grotesque ou ses crimes, mais la proximité troublante de sa folie avec le réel. Là où Vecna relève du fantastique pur, Twisty pourrait exister. Il détourne un symbole d’innocence —le clown— pour en faire une figure de prédation, notamment envers les enfants. Cette absence de dimension mythologique ou surnaturelle rend son horreur plus dérangeante, que celle, plus stylisée, de Vecna.
Le rôdeur du puits dans The Walking Dead
Dans The Walking Dead (2010-2022), le rôdeur coincé au fond du puits illustre une autre forme de terreur, presque absurde. Il ne s’agit pas d’un antagoniste à proprement parler, mais d’un cadavre bouffi d’avoir trop trempé dans l’eau, prisonnier d’un état de décomposition avancée qui provoque un malaise viscéral. La tentative du groupe de le sauver, animée par un reste de morale plutôt vain, ne fait qu’aggraver l’horreur. Ce zombie n’a ni plan ni intention, et c’est précisément cette absence de volonté qui le rend terrifiant. Contrairement à Vecna, qui choisit et cible ses victimes, le rôdeur du puits rappelle que dans un univers post-apocalyptique, l’horreur n’a plus besoin d’un esprit maléfique pour exister : elle est devenue la norme !
Les Gentlemen dans Buffy contre les vampires
Qui se souvient des Gentlemen dans Buffy contre les vampires (1997-2003) ? Ces créatures flottantes chauves, livides, au sourire figé et en costumes trois pièces volent la voix des habitants avant de leur arracher le cœur. Leur apparition se fait dans un silence quasi total, au cours d’un épisode privé de dialogues. Là où Vecna use de monologues et de manipulation verbale, les Gentlemen s’imposent par l’absence de bruit, par la politesse glaçante de leurs gestes et par l’impuissance totale de leurs victimes. Leur esthétique de cauchemar, combinée à leur mutisme, les rend profondément inhumains, et donc souvent plus terrifiants que Vecna, dont la parole humanise paradoxalement la monstruosité.
Les Claqueurs dans The Last of Us
Peur primitive, bonjour. Les Claqueurs de The Last of Us (2023-) représentent le troisième stade de l’infection au Cordyceps : ils ont perdu toute humanité, leur visage étant littéralement dévoré par le champignon. Autant dire que leur apparence répugne. Aveugles, ils se repèrent uniquement par le son, transformant chaque respiration, chaque pas, en menace potentielle. Contrairement à Vecna, qui s’attaque à l’esprit et laisse parfois une chance de compréhension ou de résistance, les Claqueurs imposent une terreur immédiate et physique. Ils ne pensent pas, ne négocient pas et ne symbolisent rien d’autre que la brutalité aveugle d’un monde effondré. Leur simple présence suffit à créer une tension que Vecna, malgré son charisme, ne suscite pas toujours avec la même intensité.
La dame au cou tordu dans The Haunting of Hill House
C’est l’un des fantômes les plus mémorables imaginés par Mike Flanagan, le créateur et réalisateur de la série The Haunting of Hill House (2018). Celui d’une « Dame au cou tordu » qui se présente telle que son nom (visage fortement penché à droite et longue tignasse) et apparaît à Nell. Là où le spectre est surtout tordu, c’est qu’il n’est autre que Nell elle-même, prisonnière d’une boucle temporelle, condamnée à hanter sa propre vie. Là où Vecna est un prédateur extérieur, la Dame au cou tordu incarne une horreur existentielle absolue : le monstre, c’est ton futur, ton destin inévitable. Elle ne tue pas, elle révèle. Et cette révélation, bien plus que la violence, laisse une empreinte durable dans notre esprit de téléspectateur doué d’émotions fortes.
Le Tuunbaq dans The Terror
Avec le Tuunbaq dans la série The Terror (2018-2019), on est clairement dans une tradition de terreur plus archaïque et mythologique. Créature gigantesque issue du folklore inuit, il traque l’équipage perdu dans l’Arctique comme une incarnation du châtiment. Plus qu’un simple monstre, il est lié à la transgression des lois sacrées et à l’arrogance coloniale des hommes. Là où Vecna est le produit d’un traumatisme individuel, le Tuunbaq est une force presque cosmique. Son inhumanité totale, combinée à l’environnement hostile et désespéré dans lequel il apparaît, le rend plus écrasant et donc souvent plus effrayant que Vecna.
Le monstre de fumée dans Lost : les disparus
Enfin, si on doit revenir aux sources des monstres de séries TV, impossible de ne pas évoquer le monstre de fumée de Lost : les disparus (2004-2010), qui demeure l’une des entités les plus marquantes jamais créées pour la télévision. Capable de juger, de tuer, de sonder les souvenirs et de prendre l’apparence des morts, il dépasse le simple statut de créature. Il est une présence omnisciente, presque divine, intimement liée à l’île et à ses mystères. Contrairement à Vecna, qui reste un antagoniste identifiable avec des objectifs clairs, le monstre de fumée est fondamentalement ambigu. On ne sait jamais s’il punit, s’il manipule ou s’il protège. Cette incertitude, cette impossibilité de le comprendre ou de le vaincre complètement, font de lui une figure d’horreur durable, qui continue de hanter l’imaginaire bien après la fin de la série.
















































































































