Et s’il fallait retenir 5 films de ce cru cinéma 2025 ? Les plumes de l’équipe éditoriale de JustWatch France vous partagent chacune leurs longs métrages préférés, entre coups de cœur, coups de poing et claques sensorielles. Nous vous remercions d’avoir lu nos classements, tops, recommandations et décryptages tout au long de l’année et repartons de plus belle en 2026 pour célébrer le cinéma (et les séries et les animés, aussi) et vous aider à découvrir toujours plus d'œuvres susceptibles de nourrir votre passion. Tous nos voeux cinéphiles !
Les 5 films préférés de Maëlle Beauget-Uhl en 2025
Une bataille après l’autre (2025) - L'année cinématographique 2025 aura été marquée par le grand retour de Paul Thomas Anderson qui avec son nouveau film signe un scénario engagé et dénonciateur (des dérives gouvernementales, sociétales et politiques de notre temps). Le film est porté par de très belles performances du côté de Leonardo DiCaprio, Benicio del Toro et de la nouvelle étoile montante d’Hollywood, Chase Infiniti, mais également par une photographie incroyable puisque Paul Thomas Anderson et son directeur de photographie, Michael Baumann, ont pris la décision de le tourner en 35mm et VistaVision.
Sinners (2025) - Ma séance en IMAX pour le film de Ryan Coogler, reste l’une de mes meilleures expériences cinématographiques de l'année 2025. Entre les changements de ratio tout au long du film, LE plan séquence tout simplement génial et déjà iconique tourné par la directrice de photographie Autumn Durald Arkapaw et la musique de Ludwig Göransson, Sinners s’est instantanément imposé dans mon Top 5 de l'année. Même si je lui trouve parfois des petits problèmes de rythme, je trouve que ça cadre finalement assez bien avec tout l'aspect expérimental du film, que ce soit au niveau du scénario, de sa musique ou même de son montage.
Train Dreams (2025) - Ce film ne fait malheureusement pas autant de bruit que je l’aurais souhaité en France, je profite donc de ce petit Top 5 pour clamer mon amour pour ce long métrage magnifique réalisé par Clint Bentley (et vous convaincre de le voir dès à présent sur Netflix !). Il se dégage du long métrage une force tranquille, mais aussi une poésie et une mélancolie indéniable, notamment grâce au travail de photographie d'Adolfo Veloso et à la musique de Bryce Dessner. Joel Edgerton incarne un homme en pleine contemplation d’une vie et d’une société en constante évolution au début du XXème siècle, et livre par la même occasion l’une des meilleures performances de sa carrière.
Frankenstein (2025) - Je n’ai malheureusement pas fait partie des chanceux et chanceuses qui ont découvert le film de Guillermo del Toro sur grand écran, mais j’ai adoré la performance touchante et mélancolique de Jacob Elordi dans le rôle de la Créature, ainsi que la BO d’Alexandre Desplat. Sachant également ce que cette adaptation représente pour le cinéaste et le mal qu’il a eu à la faire, cela ajoute encore plus à la poésie qui émane de son œuvre finale, comme de n’importe quel film réalisé par Del Toro.
Mission Impossible : The Final Reckoning (2025) - Même si le dernier opus de la saga n’est pas forcément mon préféré, je me devais de l’avoir dans mon Top 5 tant cette franchise a compté dans ma vie de cinéphile. Bien que je lui trouve des défauts de rythme et d'écriture, la prouesse que représente la réalisation d’un film Mission: Impossible -et surtout le miracle que tout le monde en ressorte indemne !- est plus évidente que jamais dans celui-ci. Les cascades imaginées, chorégraphiées et réalisées par Tom Cruise et son équipe ne sont plus à présenter. Mais c’est surtout le gros pincement au coeur que j’ai de devoir dire au revoir à Ethan Hunt, Benji et Luther, qui prouve également que ces films, ce ne sont pas juste des cascades impressionnantes, mais surtout des personnages emblématiques, charismatiques et auxquels nous avons réellement été attachés.
Les 5 films préférés de Aurélien Bouron en 2025
La Voix de Hind Rajab (2025) - Il y a des œuvres qu’on ne regarde pas pour le plaisir, mais parce qu’il le faut. Ce film hybride entre documentaire et fiction est de ceux-là. Il ne s’agit pas de cinéma, mais d’une reconstitution précise et implacable des dernières heures de cette fillette de 6 ans à Gaza. Ici, tout est misé sur le son. On entend, tout le long du film, l’enregistrement téléphonique de la petite voix de Hind, piégée dans une voiture au milieu des tirs. C’est une expérience psychologique terriblement déstabilisante. Je ne vais pas vous mentir : ça a été difficile d’encaisser cette réalité brute, bien installé sur mon fauteuil de cinéma. C’est du réel qui vous prend à la gorge et refuse de laisser une seconde de répit. Ce film nous ramène à l’essentiel : l’humanité face à l’horreur. Le film terminé, les lumières allumées, personne dans la salle ne s’est levé ou n’a parlé. Plusieurs minutes de silence ont envahi le cinéma, et les spectateurs ont fini par sortir, tête baissée, les yeux gonflés. Un visionnage éprouvant, terrifiant, mais absolument nécessaire.
Sirāt (2025) - Je préfère vous prévenir tout de suite : ce film n’est pas une séance de cinéma, c’est une hallucination collective. Oliver Laxe nous emmène dans un road-trip métaphysique dans le désert marocain qui m’a laissé totalement K.O. Le synopsis est simple : un père (l’incroyable Sergi López) recherche sa fille disparue en suivant des caravanes de ravers nomades, accompagné de son fils. Mais très vite, les longs plans désertiques laissent place à quelque chose qui prend aux tripes. La quête se transforme en transe mystique quasi insoutenable, avec les basses de la techno qui font vibrer les sièges. C’est un film qui divise, et pour cause : à la sortie du cinéma, j’ai détesté, avant de faire un 180 degrés dès le lendemain me rendant compte du moment que j’avais pu vivre. C’est une expérience sensorielle âpre, brûlante, qui ressemble à ce que donnerait Mad Max s’il avait été réalisé par un poète sous acide.
Amélie et la Métaphysique des tubes (2025) - Adapter l'écriture si particulière d'Amélie Nothomb relève souvent du casse-tête. Mais ce film d'animation a trouvé la clé : il ne cherche pas à illustrer les mots, il illustre les sensations. Maïlys Vallade et Liane-Cho Han nous plongent littéralement dans la tête d'un bébé « tube », cet état végétatif et contemplatif décrit par l'autrice avant ses trois ans. Visuellement, c'est merveilleux. Le trait est organique, pastel, presque liquide, laissant place à la lumière et rappelant par moments la poésie du Conte de la Princesse Kaguya d'Isao Takahata. C’est un film qui montre l’importance de la pluie qui tombe, la beauté des mots, la nécessité des connexions humaines et le pouvoir de l’imagination. J'ai été particulièrement touché par la relation entre la petite Amélie et sa nounou japonaise, Nishio-san, traitée avec une délicatesse qui vous serre le cœur. C'est une exploration universelle et sensorielle de l'éveil à la vie, au langage et à la beauté, qui ne manquera pas de vous tirer une larme ou deux.
Black Dog (2024) - C’est sans doute le film le plus taiseux de l’année, et pourtant, quel vacarme émotionnel. Le réalisateur Guan Hu nous emmène loin des mégalopoles futuristes, aux portes du désert de Gobi, dans une petite ville fantomatique à la veille des JO de 2008. On y suit Lang (Eddie Peng, qui réussit à tout dire dans son silence), un ex-taulard chargé de nettoyer les rues de ses chiens errants. La relation qui se noue entre cet homme brisé et ce lévrier noir est rugueuse, instinctive, et va au delà des mots. C’est la rencontre de deux parias qui se reniflent et se reconnaissent dans un lieu où l’on ne choisit pas son destin, mais où l’on peut choisir son compagnon de route pour un temps. Cette année, j’ai aimé le contemplatif, la lenteur, l’émotion brute et instinctive. Black Dog est la parfaite représentation de cela. J'ai été totalement happé par la beauté plastique de l'œuvre ; c'est un véritable western moderne, aride et sublime, où les paysages écrasent les hommes.
The Life of Chuck (2025) - Mike Flanagan nous livre une fable humaniste, adaptée d'une nouvelle de Stephen King. La structure du film est un petit coup de génie : tout est raconté à l'envers. On commence par la fin du monde pour remonter le fil du temps jusqu'à l'enfance d'un comptable apparemment ordinaire, Charles Krantz. Au début, on a du mal à comprendre. Mais c’est cette incompréhension qui nous lance dans le film, nous place comme spectateur actif, et nous fait vivre l’expérience voulue par le réalisateur. Tom Hiddleston y livre une performance douce et généreuse — cette scène de danse improvisée dans la rue sur le rythme effréné d’une batterie restera longtemps gravée dans ma mémoire. C'est un film qui nous rappelle que chaque vie, même la plus banale, contient une multitude de mondes. Car il est bien là le but de cette histoire : illustrer le poème de Walt Whitman Chanson de moi-même, dans laquelle il récite : « Je suis immense, je contiens des multitudes. » C'est une célébration de la vie face au néant, de l’individu face au tout.
Les 5 films préférés de Justine Charlet en 2025
Une bataille après l’autre (2025) - Entre farce et tragédie, ce blockbuster d’auteur époustouflant, grand favori des Oscars, a de fortes chances de remporter un maximum de statuettes. Ambitieux, le film est porté par une écriture, une mise en scène et une direction d’acteurs virtuoses qui dressent un portrait très juste de l’Amérique. Les deux pointures du cinéma que sont Leonardo DiCaprio et Sean Penn s’y télescopent avec une intensité rare, incarnant deux visions opposées : l’une habitée par l’illusion du progrès, l’autre rongée par la désillusion.
A House of Dynamite (2025) - La première femme oscarisée, l’Américaine Kathryn Bigelow, offre un film coup de poing qui dit, en une succession de scènes et de points de vue, le bourbier mondial dans lequel la course au nucléaire nous a mis. Ça ressemble à un pamphlet contre la diplomatie internationale, d’un pessimisme absolu, porté à la connaissance du plus grand nombre (sur Netflix donc) pour créer un électrochoc. Un peu à la manière de Don’t Look up : Déni cosmique d’Adam McKay, sorti sur la même plateforme quatre ans plus tôt, le film nous pose un « et si ? » qui n’est pas prêt de nous lâcher.
L’Etranger (2025) - Adapter ce classique d’Albert Camus semblait être un exercice de style périlleux, pourtant François Ozon réussit ce pas de côté dans sa filmographie (plus habitué à des œuvres originales !), guidé par l’impassible et indolent visage du merveilleux Benjamin Voisin, qui donne corps avec grâce et sensualité à ce Meursault dont on déteste tout autant qu’on envie l’apathie presque nihiliste face à la vie. Le choix du noir et blanc, des silences plutôt que d’une voix off portant les mots de Camus, épaissit le mystère de ce personnage qui fait le choix de l’absence à lui-même.
Mickey 17 (2025) - Après Parasite, meilleur film du XIXe siècle selon le New York Times, Bong Joon Ho aurait pu servir un long métrage un peu en dessous de son coup de génie. Pourtant, en retrouvant la science-fiction, le cinéaste coréen propose un concept vertigineux (celui d’un homme cloné à l’infini pour servir de chair à canon dans une mission spatiale) pour faire la satire glaçante du monde du travail, de la déshumanisation et de la logique capitaliste poussée jusqu’à l’absurde. La démultiplication de Robert Pattinson flirte avec le burlesque et l’étrange, et le réalisateur s’amuse avec virtuosité à manier l’humour noir et le vertige existentiel : combien de temps peut-on mourir avant de ne plus vraiment vivre ?
Partir un jour (2025) - Cécile, cheffe réputée montée à Paris, retrouve la ville de son adolescence, les rapports inchangés avec ses parents vieillissants, et son premier amour, Raphaël, qui fait renaître des émois enfouis. Juliette Armanet et Bastien Bouillon incarnent à merveille ces retrouvailles touchantes, sur un fond sonore composé de chansons populaires qu’on fredonne dans sa tête pendant toute la séance de ciné. Ça dit joliment les choses sur la quarantaine, les choix qu’on regarde sans regret mais avec un pincement au cœur.
Les 5 films préférés de Öykü Sofuoğlu en 2025
L’Agent secret (2025) - J’ai toujours eu une prédilection pour les films réalisés par des cinéastes que l’on peut qualifier de cinéphiles, dont le travail repose largement sur des références aux genres cinématographiques ou au cinéma lui-même. Le nouveau film de Kleber Mendonça Filho, que j’ai vu à Cannes, en est l’un des meilleurs exemples de méta-cinéma. Tout aussi fort sur le plan des enjeux politiques, qui relèvent autant du passé que du présent, le film joue de manière très intelligente avec nos attentes face à une fiction et nous surprend par les directions inattendues qu’il emprunte, ainsi que par les fausses pistes vers lesquelles il feint de se diriger. Le travail de mise en scène est exquis -une perle rare dans un climat cinématographique où les films de plateforme deviennent de plus en plus fades et dépourvus de vision singulière.
L’Amour qu’il nous reste (2025) - Même après trois passages dans la sélection cannoise, le cinéma de Hlynur Pálmason demeure à ce jour peu connu des cinéphiles français. Sorti en décembre, son dernier film dresse le portrait d’une famille assez inhabituel autour d’un couple qui reste lié malgré la séparation, et de leurs trois enfants. Tourné dans des paysages ruraux d’Islande, le film se compose d’un récit fragmentaire qui s’étend sur le cours d’une année. Les images argentiques, aux textures douces et granulées, sont d’une beauté ravissante, offrant aux spectateurs une expérience contemplative, même face aux gestes les plus ordinaires de la vie quotidienne. Un autre niveau de lecture s’ajoute au film du fait que les enfants sont interprétés par les propres enfants du cinéaste, lui conférant une dimension discrètement autobiographique.
Le Rire et le Couteau (2025) - Le réalisateur portugais Pedro Pinho signe une fresque cinématographique dans laquelle on suit les pas de Sergio, ingénieur environnemental envoyé en Guinée-Bissau afin d’évaluer les impacts potentiels d’un projet d’infrastructure sur les populations locales. Même si le film dure 211 minutes -la version intégrale de 5h20 sera projetée en 2026- le temps semble ne jamais peser : Pinho nous immerge pleinement dans le quotidien de Sergio, rythmé aussi bien par les rencontres avec les habitants autour du projet que par de longues nuits passées dans des clubs, au fil de ses incursions dans la scène queer locale. Ce qui impressionne particulièrement chez Pinho, c’est sa manière de mettre à nu les mécanismes néocoloniaux en oscillant entre un registre fictionnel derrière lequel se dessine un enjeu documentaire, tout en déstabilisant le regard de l’homme blanc porté vers l’Autre.
Soundtrack to a Coup d’État (2024) - L’un des films les plus marquants du Sundance 2024, sorti cette année en France, est un documentaire d’archives qui explore les liens entre la diplomatie de soft power des États-Unis dans les pays d’Afrique et les complots visant le premier ministre de la République du Congo, Patrice Lumumba, jusqu’à son assassinat. Le cinéaste Johan Grimonprez compose son film telle une partition de jazz, à travers un montage dynamique qui fait entrer les sons en collision avec les images. Même si son point focal principal porte sur les agitations politiques au Congo après l’indépendance, la véritable réussite du cinéaste réside dans sa capacité à capturer le paysage politique international du début des années 1960, entre Guerre froide et mouvements de décolonisation.
Magellan (2025) - Maître du cinéma philippin, Lav Diaz, connu pour son penchant pour les films de grande ampleur, a réalisé cette année ce qui est sans doute son film le plus accessible. Il se concentre sur l’explorateur portugais éponyme, suivant ses campagnes colonisatrices menées au nom des grandes puissances européennes. Pour incarner Magellan, Diaz a collaboré avec le très talentueux Gael García Bernal, dont la performance, modeste mais convaincante, mérite d’être saluée. Quant aux images, signées par Arthur Tort -chef opérateur ayant également donné une identité visuelle distinctive aux films d’Albert Serra- elles sont d’une beauté et d’une puissance impressionnantes. Et lorsque l’on apprend que Diaz a tourné le film avec une Panasonic GH7, une caméra relativement économique, ce choix ne fait que renforcer mon admiration pour son ingéniosité.
Les 5 films préférés de Yoann Sardet en 2025
Muganga - Celui qui soigne (2025) - C’est indéniablement le film que j’ai le plus recommandé cette année, celui qui me venait sans réfléchir en réponse à la question « Sinon, t’as vu quoi de bien au cinéma ? ». Le film de Marie-Hélène Roux, qui retrace l’engagement du docteur congolais Denis Mukwege auprès des femmes victimes de violences sexuelles dans son pays, est plus qu’un coup de cœur. C’est un coup AU coeur. Je connaissais déjà la mission majeure du Prix Nobel de la paix en 2018, notamment à travers le documentaire L’Homme qui répare les femmes (2015). Mais la voir prendre vie à travers l’interprétation d’une intense dignité d’Isaach de Bankolé, sans jamais que la caméra n’oublie les femmes (mention spéciale à Manon Bresch et Déborah Lukumuena) et n’occulte l’horreur des exactions commises sur les théâtre de guerres civiles, m’a bouleversé comme rarement. J’avais peur qu’il ne passe inaperçu, mais le voir avec près de 300 000 entrées au compteur et la première place du Top 2025 des Spectateurs UGC est une nouvelle rassurante. En espérant, maintenant, que les votant.es de l’Académie des César ne l’oublient pas…
Substitution - Bring Her Back (2025) - J’ai vu BEAUCOUP de films d’horreur dans ma vie. Certaines propositions allant vraiment loin. Mais cela faisait (très) longtemps que je n’avais pas été secoué comme avec le film des frères Philippou. Dès le plan d’ouverture, sorte de found footage de rituel démoniaque, on sent que le visionnage va être douloureux. Et le long métrage -qui suit l’arrivée d’un frère et de sa sœur dans une maison d’accueil tenue par Sally Hawkins- tient plus que ses promesses durant 1h44, que j’ai passées les dents serrées et les ongles rongés entre trauma, emprise, folie, deuil, surnaturel et torture, sans jamais savoir où le récit m’emmenait. C’est douloureux, donc. C’est malaisant, c’est bizarre, c’est poisseux, c’est glauque, c’est surprenant, c’est choquant… Bref, c’est très réussi (contrairement à ce que cette litanie d’adjectifs négatifs pourrait laisser entendre !). Et beaucoup moins « teen » que La Main (2023), précédent opus des deux frangins qui signent ici un truc très fort. Et très rare. A l’heure où le cinéma d’horreur décline à l’infini des sagas (un peu) essorées, c’est réjouissant de voir qu’il existe encore des propositions originales et abouties, comme Évanouis (2025) a aussi pu l’être cette année.
Sirāt (2025) - Là encore, une expérience totale. Pas aussi horrifique que Substitution - Bring Her Back (quoique…) mais tout aussi radicale, alors que l’enquête menée par Sergi Lopez et son fils pour retrouver la grande soeur disparue dans le milieu des ravers prend une route inattendue, direction un désert sans fin qui transforme le thriller en voyage mystique, sensoriel et post-apo. C’est finalement impossible de décrire le film d’Oliver Laxe : c’est une proposition qu’on adorera ou qu’on détestera -difficile de rester indifférent- mais qu’il faut accepter de vivre comme on emprunterait le Sirāt, chemin et pont entre l'enfer et le paradis dans l’Islam. C’est encore mieux, évidemment, à vivre au cinéma. Je ne sais d’ailleurs pas si l’expérience fonctionnerait chez soi. Mais vous n’avez jamais vu et vous ne reverrez jamais quelque chose comme ça. Avec deux moments hallucinants (je pèse mes mots) qui figurent parmi les grandes scènes choc des vingt-cinq dernières années.
Dossier 137 (2025) - J’ai découvert assez tardivement le cinéma de Dominik Moll. J’étais passé à côté de Harry, un ami qui vous veut du bien il y a vingt-cinq ans, et j’ai vraiment plongé pour la patte sombre du cinéaste avec Seules les bêtes (2019) et La Nuit du 12 (2022), véritable claques du polar mâtiné de thriller (ou inversement). Plus froid, procédural même, son nouvel opus raconte l’enquête menée par l’IGPN, alors qu’une enquêtrice de la police des polices (Léa Drucker, impeccable) doit faire la lumière sur le cas d’un jeune homme blessé par un tir de LBD dans le cadre d’une manifestation. Entre les différentes versions, les pressions internes et externes et les résistances institutionnelles, le devoir de vérité est dès lors pour le moins complexe à porter. Le long métrage brille par son réalisme, sa justesse et son approche méthodique, et interroge les limites d’un système et l’impunité qu’il peut engendrer avec une minutie qui a dû faire grincer quelques dents.
La comédie française - Pour cette dernière entrée, j’avais envie de mettre en lumières quelques pépites offertes cette année par la comédie française. Parallèlement aux poids lourds du genre, qu’il s’agisse de comédien.nes ou de sagas, 2025 nous a apporté quelques propositions hexagonales rafraîchissantes et ensoleillées qui m’ont bien plu. Je pense à Avignon (2025) de Johann Dionnet, qui revisite le théâtre, la romcom et le film de potes dans le cadre ensoleillé du festival, avec une bande extrêmement attachante où chacun.e a la place de briller. Je pense aussi à Anges & Cie (2025) de Vladimir Rodionov qui, sur le papier et l’affiche ne vend peut-être pas du rêve, mais qui imagine un univers très sympa (et très bien construit) d’anges gardiens qui aurait sans doute eu plus de pertinence en programme court qu’en long métrage un peu sacrifié au début du mois de mai. Et puis, enfin, je pense à Natacha (presque) hôtesse de l'air (2025) de Noémie Saglio : l’iconographie un peu datée de la BD originale et la campagne marketing ratée n’ont pas laissé sa chance à cette comédie drôle et girl-power, qui rappelle les grandes heures de George de la jungle (1997) -si, si !- quand Camille Lou échange avec le narrateur. Ces trois films méritaient beaucoup mieux en salles, c’est le moment de leur offrir la séance de rattrapage qu’ils méritent en VOD.















































































































