Avec 48 cinémas, 510 salles et plus de 100 000 fauteuils en France, le groupe UGC est l’un des principaux circuits d’exploitation hexagonaux. Avec, comme figure de proue, l’incontournable UGC Ciné Cité Les Halles, établissement le plus fréquenté au monde. Et un baromètre désormais très regardé : la note certifiée UGC qui célèbre le meilleur du cinéma.
Lancée en octobre 2023 et ouverte uniquement aux membres du Programme Fidélité UGC ayant réservé et vu un film dans un cinéma du circuit, la note certifiée UGC peut être attribuée, de 1 à 5, dans les sept jours qui suivent la sortie d’un film, et ne peut pas être modifiée. En 2024, Le Comte de Monte-Cristo (4,63/5), Le Robot sauvage (4,57/5) et Une vie (4,54/5) composaient le tiercé de tête sur un cumul de près de 1,2 millions de notes.
Cette année, plus de 2 millions de notes ont été attribuées dans ce cadre par les spectateurs entre le 1er janvier et le 4 décembre 2025, qui permettent à UGC de publier un classement certifié des 50 meilleurs films de l’année intégrant les films sortis en salles dans le cadre d’une exploitation classique (hors visas temporaires) et ayant reçu au moins 500 notes.
Pour JustWatch, je vous détaille le Top 10 2025, qui vous donnera -je l’espère- quelques envies pour vos rattrapages pendant les vacances de Noël. Bonne lecture et bonnes séances !
10. Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba - Le film : La Forteresse infinie - 4,29/5
Avec 1 757 173 entrées depuis sa sortie le 17 septembre, Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba - Le film : La Forteresse infinie (2025) a définitivement prouvé que la vague anime dépassait largement le marché de niche. Et au-delà du nombre de billets vendus, l’accueil des fans a été pour le moins dithyrambique pour ce nouveau chapitre de l’univers imaginé par Koyoharu Gotōge. Premier opus d’une trilogie, le long métrage poursuit les aventures de Tanjiro et des piliers pourfendeurs de démons après la saison 4, en les propulsant dans une mystérieuse structure dirigée par le maléfique Muzan. Au programme : une animation ahurissante au service de combats ultra-spectaculaires et d’émotions intenses, beaucoup de flashbacks et la mise en place de tous les éléments qui feront des deuxième et troisième volets des monuments de l’animation japonaise. Si vous avez aimé Demon Slayer : Kimetsu no Yaiba - Le film : Le train de l'Infini (2020), foncez ! Et en même temps, vous l’avez sans doute déjà vu…
9. La Venue de l'avenir (2025) - 4,31/5
Pour son quinzième long métrage, Cédric Klapisch navigue entre deux temporalités. La Venue de l’avenir (2025) suit en effet Vincent Macaigne, Julia Piaton Zinedine Soualem et Abraham Wapler, quatre « cousins » éloignés réunis au hasard d’un héritage. En fouillant la maison familiale, ils vont, au gré de leurs découvertes, faire une plongée généalogique dans le temps sur les traces d’une mystérieuse aïeule, et la suivre en 1895 alors que le XIXème siècle s’achève. C’est le trio Suzanne Lindon / Paul Kircher / Vassili Schneider qui porte cette partie « d’époque », et si le film a été réduit à sa dimension « népo-babies » à sa sortie, il a depuis plus que convaincu le public qui y a découvert un voyage introspectif qui interroge avec poésie et douceur la culture, le temps, la famille et l’identité.
8. Arco - 4,33/5
Pépite animée remarquée en séance spéciale au Festival de Cannes, Arco (2025) est un petit bijou coloré, un Ghibli à la française qui propose un conte utopique où se rencontrent un petit garçon venu du futur et une petite fille de 2075, qui va tout faire pour aider son compagnon à la combinaison arc-en-ciel à retourner chez lui. La campagne de promotion a beaucoup mis en avant Natalie Portman, productrice du long métrage et soutien de poids pour ce projet monté en dehors des grands studios d’animation. Mais il ne faut surtout pas oublier d’applaudir le tandem Ugo Bienvenu et Félix de Givry, qui ont imaginé cette fable magnifique, pleine d’humanisme et d’espoir, qui montre qu’un futur radieux est possible malgré les défis climatiques, écologiques, politiques et économiques. Avec une mention spéciale pour le robot-nounou Mikki, qui m’a vraiment beaucoup touché. Rendez-vous aux Oscars ?
7. Dragons - 4,33/7
Les aventures de Harold et Krokmou (Dragons, Dragons 2, Dragons 3 le monde caché) sont tellement aimées du public que ce projet d’adaptation en prises de vues réelles était attendu épées et haches vikings en main par les fans. C’était oublier que le visionnaire Dean DeBlois, aux manettes de la trilogie animée, était une nouvelle fois aux commandes de Dragons (2025), assurant un respect total de l’univers qu’il avait imaginé à partir du roman How To Train Your Dragon de Cressida Cowell. Devant sa caméra, l’île de Beurk prend vie et le résultat est absolument réjouissant et virtuose, entre ses jeunes comédiens très bien choisis (Mason Thames, Nico Parker, Gabriel Howell, Julian Dennison, Bronwyn James et Harry Trevaldwyn), les solides Gerard Butler et Nick Frost en armure (ils sont savoureux en Stoik et Gueulfor), et des dragons très fidèles à leurs modèles animés et magnifiés par la CGI. Vivement la suite !
6. Je suis toujours là - 4,36/5
Sorti en tout début d’année, Je suis toujours là (2025) aurait pu être oublié au moment de ce bilan de fin d’année. Heureusement, les spectateurs français ont plébiscité le film de Walter Salles, déjà auréolé d’un immense succès au Brésil où il a enregistré plus de 3 millions d’entrées. Au centre de ce drame poignant, situé en 1971, il y a la comédienne Fernanda Torres, nommée aux Oscars et aux Golden Globes pour son interprétation d’une mère de famille qui voit son mari être arrêté et disparaître du jour au lendemain, alors que le pays vit sous la dictature militaire (le film est adapté de l’ouvrage autobiographique de l’un de ses enfants). À travers le regard et la résilience de cette femme, le réalisateur de Central do Brasil (1998) et Carnets de voyage (2004) livre l’un de ses films les plus personnels et explore le devoir de mémoire avec une émotion et une humanité rare. L’Oscar du Meilleur film international, le premier décerné au Brésil, est venu saluer le long métrage. Et c’est mérité.
5. Zootopie 2 - 4,37/5
Retour gagnant pour Judy Hopps et Nick Wilde ! Neuf ans après Zootopie (2016), l’improbable tandem formé par la lapine policière et le renard arnaqueur a de nouveau conquis la planète. Déjà près de 1,2 milliards de recettes mondiales au box-office en à peine quelques semaines (!) et surtout un accueil flamboyant de la part des spectateurs, ravis de prolonger l’exploration de ce monde animalier savoureux imaginé par les studios Disney, qui introduit de nouvelles espèces à son bestiaire (et notamment les serpents, emmenés par Gary De'Snake). Ke Huy Quan en version originale et Baptiste Lecaplain en version française prêtent leur voix à ce reptile sympathique, altruiste et optimiste, le tout premier serpoent positif de l’histoire du studio aux grandes oreilles. Il contribue beaucoup à faire de Zootopie 2 (2025) une réussite sur la forme comme sur le fond, qui aborde avec subtilité des sujets majeurs comme la tolérance et le vivre ensemble.
4. En première ligne - 4,38/5
Les difficultés et le manque de considération rencontrés par le personnel hospitalier -et particulièrement par les infirmières et les infirmiers- ne sont pas des problématiques franco-françaises. Le film suisse En première ligne (2025), inspiré du livre enquête de l’infirmière allemande Madeline Calvelage, en atteste. Et son succès critique le prouve avec cette quatrième place du Top 2025 des spectateurs UGC. Devant la caméra de Petra Biondina Volpe, la comédienne Léonie Benesch (déjà excellente dans La Salle des profs, 2023) incarne une infirmière-courage, qui gravite comme elle le peut au sein d’un service en sous-effectif, face à des patients à qui elle consacre toute son énergie sans jamais rechigner ni penser à elle. C’est puissant, c’est émouvant, c’est rageant aussi. Et c’est donc à voir, histoire d’offrir une séance de rattrapage mérité au long métrage, sorti à la fin de l’été et qui mérite (beaucoup) plus que ses 128 000 entrées.
3. Soundtrack to a Coup d'État - 4,39/5
Le trio de tête de ce Top spectateurs UGC est documentaire (ou presque). A commencer par Soundtrack to a Coup d'État (2025) qui revisite un épisode méconnu de la Guerre Froide, ou comment musique et géopolitique se retrouvent intimement mêlés en 1960 au Congo, alors que Louis Armstrong y est envoyé par les Etats-Unis comme « ambassadeur du jazz » afin de détourner l’attention du coup d’état soutenu par la CIA qui mènera notamment à l’assassinat du Premier ministre Patrice Lumumba. Très novateur formellement (c’est un documentaire historique et politique de type collage qui emprunte beaucoup au jazz dans sa narration), le long métrage de Johan Grimonprez explore l’histoire coloniale et la diplomatie culturelle. Il est, certes, assez exigeant mais réellement passionnant. Ses sélections et nominations aux Oscars, aux European Film Awards et au Festival de Sundance en attestent.
2. La Voix de Hind Rajab - 4,39/5
C’est assurément l’un des moments de cinéma les plus marquants et bouleversants de l’année. Et là encore un documentaire plébiscité, passé par le Festival de Venise en septembre dernier et retenu pour représenter la Tunisie aux Oscars 2026. Avec La Voix de Hind Rajab (2025), la réalisatrice Kaouther Ben Hania (La Belle et la Meute, Les Filles d’Olfa) fait résonner la voix de la petite fille palestinienne de 6 ans, qui se retrouva piégée dans une voiture sous les tirs à Gaza le 29 janvier 2024. Et qui y laissa la vie. Entre le documentaire et la fiction, le long métrage remet en lumière les échanges entre l’enfant et la Société du Croissant-Rouge palestinien, en confrontant des comédiens à l’enregistrement du véritable appel de Hind Rajab alors qu’elle attendait les secours. « Je ne peux accepter un monde où un enfant appelle à l'aide et où personne ne vient. Cette douleur, cet échec, nous concerne tous. », déclarait la cinéaste, qui a tourné le film avec l’accord de la mère de Hind Rajab. Ce devoir de mémoire humaniste et cinématographique a reçu une standing ovation de plus de 23 minutes à la Mostra, la plus longue jamais enregistrée à Venise.
1. Muganga - Celui qui soigne - 4,55/5
Muganga - Celui qui soigne (2025) est aussi mon coup de cœur de l’année. Ou plutôt un coup en plein cœur, alors que Marie-Hélène Roux (accompagnée par Angelina Jolie à la production) raconte le parcours de Denis Mukwege, docteur congolais et futur Prix Nobel de la paix qui s’est donné pour mission de soigner les femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo. Le long métrage, véritable film coup de poing, ne se contente pas d’un « biopic Wikipédia » et complète avec beaucoup d’émotions le documentaire L’Homme qui répare les femmes (2015). Intense, délicat, révoltant, poignant, puissant et profondément humain, il raconte avec une dignité de chaque image l’engagement du médecin et de son partenaire belge, sans jamais occulter le drame physique et psychologique vécu par leurs patientes et leurs collaboratrices. Dans le rôle-titre, Isaach de Bankolé livre une interprétation d’une gravité impressionnante, entouré des bouleversantes Manon Bresch, Déborah Lukumuena, Babetida Sadjo, Soliane Moisset et Yves-Marina Gnahoua. C’est un film nécessaire et important, que les votants de l’Académie des César ne doivent pas oublier.















































































































