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  • Huppert, Tatum et Charli xcx : 8 films que nous avons hâte de découvrir à la Berlinale 2026 !

    Huppert, Tatum et Charli xcx : 8 films que nous avons hâte de découvrir à la Berlinale 2026 !

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Alors qu’Hollywood reste absorbée par la course aux Oscars, les premiers festivals de 2026 ont également commencé, offrant un premier aperçu des nouveaux films du circuit dont on parlera au cours de l’année. Même si le titre de premier grand festival est généralement attribué à Sundance, celui-ci demeure assez niche et principalement axé sur le cinéma indépendant américain. C’est donc plutôt avec la Berlinale que commence, chez nous, en Europe, la saison des festivals.

    200 films au programme Wim Wenders au Jury

    Cette année, la 76ème édition du Festival International du Film de Berlin se déroulera du 12 au 22 février 2026. Parmi les plus de 200 films qui composent sa programmation, 22 titres concourent pour le très prestigieux Ours d’or. Le jury de cette édition est présidé par le grand réalisateur Wim Wenders, et compte parmi ses membres Min Bahadur Bham, Bae Doona, Shivendra Singh Dungarpur, Reinaldo Marcus Green, HIKARI et Ewa Puszczyńska.

    Avec une programmation particulièrement variée, allant d’œuvres expérimentales aux films et séries grand public, la Berlinale s’adresse à des audiences très diverses. Dans ce guide Justwatch, j’ai regroupé huit films qui, avant même d’être dévoilés au public, ont déjà suscité un fort retentissement et que j’ai, moi aussi, hâte de découvrir.

    L’arrivée des films berlinois dans l’Hexagone prenant généralement plus de temps que celle des films cannois, il est possible que certains d’entre eux ne soient visibles qu’au cours de la seconde moitié de 2026. Voire plus tard.

    At the Sea (2026)

    À partir des années 2000, le cinéaste hongrois Kornél Mundruczó s’est imposé comme un habitué de la sélection cannoise. On a surtout retenu White God (2014), qui a remporté le prix Un Certain Regard, tandis que La Lune de Jupiter (2017), qui lui a succédé, a été relativement mal accueilli. Les deux films suivants du cinéaste -Pieces of a Woman (2020) et Evolution (2021)- ont, d’une certaine manière, été victimes de la pandémie.

    Malgré un casting prestigieux réunissant Vanessa Kirby, Shia LaBeouf, Sarah Snook et Benny Safdie, Pieces of a Woman n’a pas réussi à laisser une impression durable auprès du public. Après cinq ans d’absence, il n’est pas surprenant que certains cinéphiles l’aient quelque peu oublié, mais avec At the Sea (2026), on espère qu’il saura raviver les mémoires.

    Pour ce nouveau film présenté en compétition, le réalisateur collabore à nouveau avec sa femme Kata Wéber à l’écriture du scénario. Selon le synopsis, le récit suit Laura, qui séjourne dans un centre de réhabilitation à la suite d’un accident lié à l’alcool, avant de retourner dans la maison familiale située au bord de la mer. On peut ainsi s’attendre à un drame psychologique proche de Pieces of a Woman, mais davantage orienté vers les thèmes de la guérison et de la confrontation. Côté casting, Amy Adams incarne Laura, entourée de Murray Bartlett, Chloe East, Brett Goldstein, Dan Levy, Jenny Slate et Rainn Wilson.

    Josephine (2026)

    Si vous avez un peu suivi le festival de Sundance, vous avez probablement entendu parler de Josephine (2026), réalisé par la cinéaste américaine Beth de Araújo. Le film a fait pas mal de bruit la semaine dernière, puisqu’il y a remporté à la fois le Grand Prix du Jury dans la compétition dramatique et le Prix du public. Ce doublé est à retenir, car les deux derniers films à avoir reçu ces honneurs étaient Minari (2020) et CODA (2021), ce qui constitue d’ores et déjà un fort présage en vue des Oscars 2027.

    Josephine est le deuxième long-métrage de la réalisatrice, après un premier thriller psychologique produit sous l’égide de Jason Blum et de sa société Blumhouse Productions. D’après le synopsis, le film se concentre sur une fillette de huit ans qui est témoin d’un viol alors qu’elle jouait dans le parc de Golden Gate, à San Francisco, avec son père. Cet événement traumatique, malgré tous les soutiens affectifs qui l’entourent, bouleverse complètement la vie de la jeune fille, qui devient à son tour très violente envers les autres.

    Selon la critique, Beth de Araújo adopte une approche frontale sur le plan dramatique, tout en restant subtile dans le traitement des émotions. La jeune actrice Mason Reeves interprète Josephine dans son tout premier rôle. Channing Tatum, qui incarne le père, est unanimement salué pour une performance qualifiée comme la meilleure de sa carrière, tandis que celle de Gemma Chan -connue notamment pour Les Éternels (2021)-  dans le rôle de la mère ne manque pas non plus d’éloges. Au vu de ce fort engouement festivalier, il y a de grandes chances que Josephine reparte également de la Berlinale avec un prix important.

    Rosebush Pruning (2026)

    Au cours des deux dernières décennies, l’œuvre du réalisateur brésilien Karim Aïnouz a été mise en avant dans de nombreux festivals -à Venise, Cannes et Berlin, entre autres. Or, en comparaison avec ses compatriotes Walter Salles ou Kleber Mendonça Filho, les films d’Aïnouz n’ont jamais été autant sous le feu des projecteurs, comme en témoigne notamment l’accueil peu favorable réservé à ses deux derniers films, Le Jeu de la reine (2023) et Motel Destino (2024). Mais ces déceptions critiques ne semblent pas avoir découragé le réalisateur, puisque son nouveau film s’annonce encore plus ambitieux.

    En lice pour l’Ours d’Or, Rosebush Pruning (2026) est décrit comme étant librement inspiré de Les Poings dans les poches (1965) de Marco Bellocchio. Au scénario, on retrouve un nom pour le moins intrigant : Efthimis Filippou, jusqu’alors surtout connu pour avoir coécrit plusieurs films de Yorgos Lanthimos. À la lumière de l’œuvre de ce dernier, il est certain qu’on ne manquera pas d’une satire bien tranchante -d’autant plus qu’à la lecture du pitch, les échos thématiques à Canine (2009) se font pleinement sentir.

    Le synopsis révèle que le film est centré sur des frères et sœurs -Jack, Ed, Anna et Robert- qui vivent dans une ville espagnole avec leur père aveugle et profitent de leur fortune de manière insolente. Leur équilibre intime est brisé lorsque Jack décide d’emménager avec sa petite amie, Martha, tandis qu’Ed révèle la véritable cause de la mort de leur mère. Probablement appuyé sur un récit choral, le casting donne particulièrement envie de découvrir le film : Riley Keough, Callum Turner, Elle Fanning, Jamie Bell, Tracy Letts et Pamela Anderson devraient y livrer des performances à la fois inventives et décalées.

    Dao (2026)

    Le réalisateur franco-sénégalais Alain Gomis se distingue comme l’une des voix les plus singulières du cinéma d’auteur contemporain. Certes relativement peu connu en comparaison de certains grands noms, son œuvre, qui aborde la question de l’identité à la fois à travers la sphère intime et le milieu social, constitue une force politique indispensable dans le contexte d’un cinéma postcolonial.

    Gomis est un habitué de la Berlinale depuis son troisième long métrage, Aujourd’hui (2013). Son quatrième film, Félicité (2016), y a d’ailleurs reçu le Grand Prix du Jury. Si, du côté de la fiction, les dix années écoulées depuis son dernier long métrage peuvent sembler particulièrement longues, le réalisateur s’est néanmoins fait remarquer avec Rewind & Play (2022), un documentaire d’archives sur Thelonious Monk présenté à la section Forum et qui cherchait à exposer les mécanismes cachés du racisme.

    Son nouveau film, Dao (2026), qui sera présenté en compétition, met au centre Gloria, qui, avec peu d’intervalle, fait marier sa fille en banlieue parisienne et participe à une commémoration en hommage à son père décédé en Guinée-Bissau. Selon les informations communiquées jusqu’à présent, le récit du film semble jouer avec les tensions entre passé et présent, ainsi qu’entre forme documentaire et fiction. Avec une durée de 185 minutes, Dao est l’un des films les plus ambitieux de la compétition. Heureusement, sa sortie est prévue pour le 29 avril : on ne tardera donc pas à découvrir de quoi il retourne !

    À voix basse (2026)

    La réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid est également en lice cette année à la Berlinale avec son troisième long métrage, À voix basse (2026). Dans son premier film, À peine j’ouvre les yeux (2015), elle signait, au cœur d’une révolution à l’horizon, le portrait d’une jeune femme assumant sa quête de liberté à travers la musique et la politique, en conflit avec les attentes de sa mère. Son deuxième film, Une histoire d’amour et de désir (2021) -comme son titre l’indique- proposait un récit sensoriel autour de la relation entre deux étudiants : l’un issu de la banlieue parisienne, l’autre fraîchement arrivée de Tunisie.

    Bouzid est une cinéaste très attentive à la confrontation entre identité personnelle et traditions ou mœurs qui la façonnent, mais aussi à celles auxquelles elle résiste. Dans À voix basse, l’histoire de Lilia, qui rentre en Tunisie pour les funérailles de son oncle et se retrouve confrontée aux secrets de sa famille, semble nourrie par ces mêmes thématiques. On a surtout hâte de découvrir les performances d’Eya Bouteraa (potentielle révélation César 2027 ?) et de Hiam Abbass. À noter : la sortie du film est déjà annoncée pour le 22 avril !

    The Blood Countess (2026)

    Nous avons vraiment de la chance que l’une des figures les plus emblématiques de l’avant-garde allemande soit encore vivante et qu’à l’âge de 83 ans, elle nous honore d’un nouveau film. Bien évidemment, il s’agit d’Ulrike Ottinger, dont le très attendu The Blood Countess (2026) sera présenté dans la section Berlinale Special Gala.

    Le film s’inspire d’un personnage historique réel, Élisabeth Báthory, comtesse hongroise que l’on croyait meurtrière en série et que l’on surnommait « Comtesse Dracula ». Ottinger s’empare donc de ce mythe vampirique avec la participation scénaristique de la grande écrivaine Elfriede Jelinek, et le transforme en un récit excentrique et mystérieux, avec les paysages urbains de Vienne en toile de fond.

    L’aspect le plus excitant du film est que la comtesse est interprétée par Isabelle Huppert, LA reine du cinéma français. Selon le synopsis, la comtesse revient du monde souterrain pour retrouver l’élixir rouge de la vie, accompagnée de sa fidèle servante. Mais sa quête risque d’être perturbée par son neveu végétarien, son psychothérapeute, deux vampirologues et un inspecteur de police !

    On sait qu’Ottinger est une artiste polyvalente, et ses films combinent souvent des éléments formels issus de diverses expressions artistiques -qu’il s’agisse du théâtre ou des arts visuels- leur conférant une plasticité très singulière. Nul doute que le mélange des genres -mystère, comédie et fantastique- que promet The Blood Countess sera également à la hauteur de la vision artistique que la réalisatrice n’a cessé de réinventer depuis plus de soixante ans.

    Good Luck, Have Fun, Don’t Die! (2025)

    De temps à autre, et beaucoup plus souvent ces derniers temps, les réseaux sociaux font surgir des séquences ou des images des trois premiers films de Pirates des Caraïbes, et une synergie se produit : des centaines d’utilisateurs saluent de concert le génie de Gore Verbinski. En réalité, depuis les aventures de Jack Sparrow, la carrière du réalisateur n’a pas vraiment connu de nouveaux sommets, à l’exception peut-être de son avant-dernier film, A Cure for Life (2016). 

    Après une absence d’une décennie sur le grand écran, le retour de Verbinski avec Good Luck, Have Fun, Don’t Die! (2025) semble s’annoncer beaucoup plus prometteur, et certainement au-delà d’un simple objet de curiosité découlant de notre nostalgie cinéphile. Écrit par le réalisateur et scénariste Matthew Robinson, le film a déjà fait sa première mondiale à Fantastic Fest en septembre, mais c’est surtout après sa première internationale à la Berlinale, dans la section Special Gala, qu’il pourra réellement toucher des audiences plus variées. D’après le résumé, on y découvrira une satire sociale anti-IA, à travers l’histoire d’un homme venu du futur pour empêcher une catastrophe causée par l’intelligence artificielle.

    Certains commentaires décrivent le film comme une version décalée et sci-fi de Un jour sans fin (1993), tandis que d’autres évoquent une tonalité exubérante proche de Everything Everywhere All at Once (2022). Avec Sam Rockwell dans le rôle de l’homme du futur, entouré de Haley Lu Richardson, Michael Peña, Zazie Beetz et Juno Temple, le casting donne lui aussi très envie de découvrir le film.

    The Moment (2026)

    Peut-on dire que l’on va bientôt entrer dans « l’hiver de brat » ? En tout cas, c’est ce qui semble s’annoncer avec The Moment (2026), le faux documentaire signé Aidan Zamiri, consacré à l’icône de l’électro-pop Charli xcx et qui, après sa première à Sundance, sera présenté en compétition dans la section Panorama de la Berlinale.

    Ceux et celles qui sont un peu familiers avec l’artiste connaissent sans doute déjà sa cinéphilie -son usage actif de Letterboxd ou encore ses micro-commentaires postés sur TikTok- mais à partir de 2025, elle s’est également mise à s’investir devant la caméra. D’abord avec son rôle dans Erupcja (2025) de Pete Ohs, pour lequel elle est aussi créditée comme scénariste et productrice. À partir de là, il devient difficile de l’arrêter : en 2026, elle sera à l’affiche de quatre films !

    Parmi ces quatre projets, The Moment semble être celui qui se rapproche le plus d’elle-même et dans lequel elle s’est le plus impliquée, là encore en tant que productrice et scénariste. Charli xcx y incarne une version fictive d’elle-même, alors qu’elle prépare la tournée mondiale de son album sensationnel brat en 2024. La bande-annonce, dévoilée il y a quelque temps, laisse déjà entrevoir -non sans humour- les coulisses chaotiques d’une industrie musicale cherchant à rentabiliser chaque geste artistique à tout prix, où l’authenticité devient elle-même un produit.

    Au-delà de la musicienne, le film bénéficie d’un casting bien fourni. On y retrouve notamment Rosanna Arquette et Alexander Skarsgård, qui interprètent des personnages fictifs, mais aussi plusieurs personnalités proches de Charli xcx -Rachel Sennott, Julia Fox ou encore Kylie Jenner- apparaissant sous des versions fictionnalisées d’elles-mêmes. Le film est distribué par A24 aux États-Unis ; reste à voir s’il suscitera suffisamment d’intérêt pour espérer une sortie en France.

  • Game of Thrones : quand se déroule la série A Knight of the Seven Kingdoms dans la chronologie de Westeros ?

    Game of Thrones : quand se déroule la série A Knight of the Seven Kingdoms dans la chronologie de Westeros ?

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    L’univers de Game of Thrones n’a pas fini de déployer ses ailes (de dragon). Après le succès de House of the Dragon (2022-), HBO Max explore une nouvelle facette de Westeros avec A Knight of Seven Kingdoms (2026-), une série très attendue par les fans de l’univers moyenâgeux de George R.R. Martin.

    Moins spectaculaire, mais baignant les téléspectateurs dans le même univers à succès, la série se laisse regarder avec plaisir, en attendant la saison 3 de House of the Dragon. Dans cette série inédite, pas de grandes batailles entre dragons ni de luttes pour le Trône de fer à chaque épisode : A Knight of the Seven Kingdoms s’intéresse à une période plus calme de l’histoire des Sept Couronnes, en mettant en avant des personnages modestes et une vision plus intime de la chevalerie. JustWatch vous parle de cette manière complémentaire de raconter Westeros.

    De quoi parle « A Knight of the Seven Kingdoms » ?

    Adaptée des Tales of Dunk and Egg, un ensemble de romans courts écrits par George R.R. Martin, A Knight of the Seven Kingdoms suit Ser Duncan le Grand, un chevalier errant sans nom ni fortune, et son jeune écuyer Egg/Œuf, un garçon intelligent et audacieux dont l’identité réelle s’avère bien plus importante qu’attendue.

    Le héros errant est interprété par Peter Claffey, un acteur irlandais et joueur de rugby à XV qui avait déjà fait ses armes devant une caméra avec de courtes apparitions dans la saison 3 de Vikings : Valhalla (2022-2024). Son écuyer a quant à lui une jolie expérience pour son âge : il a joué dans Hunger Games : La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur (2023) et The Midwich Cuckoos (2022).

    Le duo chevalier/écuyer voyage à Westeros, la série racontant le quotidien des routes, des tournois et des petits conflits locaux, bien loin des salles de Port-Réal, Winterfell ou Peyredragon. Ici, c’est la chevalerie à hauteur d’homme, avec ses idéaux et ses contradictions dans un monde où l’honneur ne garantit jamais la survie. 

    Où se situe le spin-off dans la franchise ?

    Sur le plan chronologique, A Knight of the Seven Kingdoms se déroule environ 90 ans avant les événements de Game of Thrones (2011-2019) et plusieurs décennies après House of the Dragon. Donc pour regarder dans l’ordre chronologique les trois séries de la franchise, il faut commencer par House of the Dragon, enchaîner avec A Knight of the Seven Kingdoms et finir en (sanglante) beauté par Game of Thrones.

    Dans cette nouvelle série, l’époque est celle où les Targaryen, toujours sur le Trône de Fer, ont vu leur puissance s'affaiblir : les dragons ont disparu et le royaume traverse une période de relative stabilité, sans guerre généralisée ni menace surnaturelle imminente. Une accalmie apparente qui permet d’explorer Westeros sous un autre angle, en montrant comment les grandes décisions du passé continuent d’influencer la vie quotidienne.

    Cette ère intermédiaire s’avère donc moins spectaculaire que les deux autres époques que les fans connaissent bien, mais semble être un maillon essentiel pour comprendre l’évolution du continent. Elle montre un monde en transition, où l’héritage des grandes guerres passées continue de peser sur les générations suivantes, sans pour autant dominer chaque aspect du quotidien. 

    Une autre façon de raconter Westeros

    Avec A Knight of the Seven Kingdoms, HBO Max fait le choix d’un récit plus intime, presque initiatique. Là où Game of Thrones racontait la chute et l’ascension des grandes maisons à travers des intrigues politiques complexes, cette série met un coup de projecteur sur des figures secondaires, qui vivent dans l’ombre des plus puissants.

    Ce changement de focale permet d’enrichir l’univers sans l’alourdir. En se concentrant sur des trajectoires individuelles, la série approfondit les thèmes chers à George R.R. Martin (l’honneur, la loyauté, la justice), tout en offrant un rythme plus accessible. Pour les fans de longue date, c’est une plongée précieuse dans une période souvent évoquée mais rarement montrée. Pour les nouveaux venus, c’est une porte d’entrée plus accessible vers Westeros, avant — ou après — de se confronter aux grandes sagas de la franchise.

  • Un jour sans fin est-il un film d’horreur ?

    Un jour sans fin est-il un film d’horreur ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « Debout les campeurs et haut les cœurs ! » Si ces mots résonnent à vos oreilles -et avec eux la chanson I Got You Babe de Sonny & Cher-, c’est que vous avez vu et revu Un jour sans fin (1993). Comme moi. Comme beaucoup de gens, dont certains voient dans la comédie culte… un film d’horreur ! En ce 2 février, Jour de la Marmotte, pour JustWatch, je fais le point sur cette analyse certes originale mais pas tout à fait dénuée de sens.

    C’est quoi « Un jour sans fin » ?

    Il était une fois l’histoire de Phil Connors, un présentateur météo grincheux, méprisant et arrogant, envoyé comme chaque année dans la petite ville de Punxsutawney en Pennsylvanie, pour mettre en boîte son reportage annuel consacré au Jour de la Marmotte (ou Groundhog Day, le titre original du film). Devant la ville émerveillée, un rongeur est sorti de sa boîte et, selon son attitude, on en déduit si l’hiver durera ou pas. Phil déteste cette cérémonie, ne rêve que de repartir, mais se retrouve coincé dans une boucle temporelle qui l’amène à revivre encore et encore cette journée de festivités.

    Pour beaucoup, dont je fais partie, Un jour sans fin s’inscrit dans la courte liste des films parfaits. L’interprétation de Bill Murray, l’ambiance douillette d’un conte de Noël, la répétition générée à l’infini dans les rues de la ville, l’arc narratif de ce anti-héros qui va découvrir le sens de la vie tel un Scrooge télévisuel (que l’acteur avait déjà incarné dans Fantômes en fêtes, 1988)... Tout s’imbrique pour former une partition exemplaire, inscrite notamment au National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès des Etats-Unis pour son importance culturelle.

    Et même si le film n’a été -à sa sortie- qu’un succès d’estime (70 millions de dollars au box-office US, 521 000 entrées en France), il fait désormais partie des « refs » cinéphiles incontournables… et des plus grands films de tous les temps, comme Les Évadés (1994) dont le destin sera similaire l’année suivante. Et surtout LE long métrage emblématique du sous-genre du « film de boucle temporelle ». D'ailleurs, preuve de son aura et de sa qualité, Un jour sans fin n’a jamais été refait, remaké, rebooté… Un cas rare à l’heure où Hollywood aime remouliner ses succès passés.

    Une comédie… ou un film d’horreur ?

    Parler « d’horreur » quand on évoque Un jour sans fin pourrait faire légitimement vous faire tiquer. Après tout, cette journée est quand même loin de la boucle-slasher de Happy Birthdead (2017) ou de l’invasion extraterrestre qui se répète de Edge of Tomorrow (2014). Mais il est intéressant, déjà, de savoir que le film a vu se confronter trois visions. Si le réalisateur Harold Ramis a emmené l’histoire vers la comédie, son interprète Bill Murray (ingérable sur le tournage, il coupera les ponts avec le cinéaste pendant vingt ans par la suite) souhaitait lui donner une dimension plus subversive alors que le scénariste Danny Rubin voulait en faire un conte beaucoup plus sombre, quasiment désespéré, avec un héros piégé 10 000 ans dans cette journée.

    L’écriture elle-même a été nourrie par les grandes étapes du deuil, identifiées par la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et enfin l’acceptation. Autant d’états par lequel passe Phil Connors au fil du récit, au point même, à un moment du film, d’enchaîner les suicides pour tenter d’échapper à cet enfer « marmottien ». Le montage, évidemment, rend cette répétition morbide hilarante. Mais si l’aventure dure pour nous 1h41mn, elle s’étale en réalité pour lui pendant plus de 30 ans à revivre le 2 février. Et c’est là, en réalité, qu’on touche à l’horreur.

    La boucle temporelle comme horreur existentielle

    Phil Connors est coincé. Dans une prison sans barreau, sans fenêtre, sans échappatoire. Quoi qu’il fasse, il reviendra inévitablement à son point de départ, sous sa couette de la charmante pension tenue par Madame Lancaster. Il sera réveillé chaque matin par I Got You Babe et ces deux sympathiques animateurs radio qui enchaînent les jeux de mots faciles. Il croisera les mêmes personnes, dont l’assureur envahissant Ned Ryerson (Stephen Tobolowsky). Même la mort ne peut l’empêcher de retrouver les mêmes événements, les mêmes conversations, les mêmes personnes « bloquées » dans cette journée de leur vie, comme les PNJ d'une bourgade enneigée.

    Ce que traverse Phil, c'est un cauchemar éveillé. Une torture psychologique. Un enfer quotidien lancé par la sonnerie d’un réveil à qui il ne peut échapper. Ce qui était autrefois sympathique, au pire un peu gênant, devient à la longue insupportable. J'exagère ? Vous avez forcément déjà vécu cette situation où vous expliquez quelque chose à quelqu’un, qui finit par oublier le propos ou par refaire la même erreur sur laquelle vous l'aviez alerté. C’est déjà un peu horripilant. Alors imaginez vivre ça avec tout le monde, jour après jour. Il y a eu Sisyphe et son rocher poussé, il y a eu Prométhée et son foie dévoré… et il y a Phil Connors et sa journée de la marmotte répétée telle un purgatoire éternel. « L'enfer, c'est les autres », comme disait Jean-Paul Sartre.

    La solitude et la folie

    Au-delà de cette répétition usante, abrutissante même, il y a la solitude. Phil est seul dans un monde figé, et ne peut par définition, nouer aucune relation avec quiconque puisque tout sera effacé et à refaire le lendemain. Alors bien sûr, cela permet de trouver quelques astuces de séduction, comme cette conquête d’un de plusieurs soirs dont il finit par maîtriser les leviers émotionnels pour la ramener dans son lit (on verse d'ailleurs ici dans quelque chose très proche de la prédation). Mais au-delà de ce plaisir physique, manipulateur et égotique, Phil reste seul, sans personne pour évoluer avec lui ni le comprendre. Le monde devient un décor, et Phil un être perdu comme une valise qui tournerait en boucle sur un tapis roulant d’aéroport, sans destination.

    C’est aussi ce qui provoque -avant une acceptation salutaire qui va faire de Phil un véritable génie multidisciplinaire omniscient et bienveillant- sa plongée dans la folie. 12 000 jours à revivre continuellement la même chose, il y a de quoi légitimement perdre la raison. Et le segment sombre du long métrage montre d’ailleurs un personnage en plein désespoir, qui veut juste que ce grand manège injuste et arbitraire s’arrête. S’il y avait une issue -spoiler alert, il finira par en trouver une-, même mortifère, le cauchemar pourrait cesser. Mais il reprend encore et encore, porté par cette idée terrifiante et vertigineuse que cela pourrait durer pour toujours. « L'éternité c'est long, surtout vers la fin », comme disait Franz Kafka.

    L’angoisse et le malaise

    Pour toutes ces raisons, Un jour sans fin est assurément angoissant. Du moins, il peut aisément provoquer un vrai sentiment de malaise chez le spectateur, que les rires amenés par Harold Ramis et le visage défait de Bill Murray -qui est quand même l'acteur parfait pour ce rôle avec sa tête de chien battu- viennent tenter d’exorciser. L’humour et l’absurde pour contrer la détresse d’un « faux bonheur » immuable, qui semble tout droit sorti de La Quatrième Dimension (1959-1964) ou d'un épisode de Black Mirror (2011-).

    Mais au-delà du cinéma, est-ce que ce n'est pas le miroir tendu qui est effrayant ? Il nous interroge, déjà, sur ce que nous ferions nous-mêmes d’un tel « pouvoir » : sans lendemain, il n’y a plus de conséquences ; et sans conséquences, la seule limite devient notre propre morale, apte à vaciller dans un monde sans issue et infini. Et puis surtout, face aux biais anxiogènes du monde contemporain (la routine, le quotidien qui se répète, la stagnation de la vie autour de soi.), il nous incite à nous réveiller. A l’image de Phil, qui devient pianiste émérite et sculpteur sur glace, qui se réinvente sauveur et bienfaiteur, Un jour sans fin rappelle que ce sont nos choix qui dictent nos vies. « Pas de destin, mais ce que nous faisons », comme disait Sarah Connor.

  • Sir Lord Jimmy Crystal et 10 gourous marquants du cinéma et de la pop culture

    Sir Lord Jimmy Crystal et 10 gourous marquants du cinéma et de la pop culture

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Le point commun entre l’univers connecté de Gourou (2026) et le monde post-apocalyptique de 28 ans plus tard : le temps des morts (2026) ? Deux personnages de leaders influents, capables d'ôter tout libre-arbitre à celles et ceux qui, aveuglés par leur aura, sont prêt.es à les suivre dans leurs philosophies, au point de passer à l’acte.

    La figure du gourou ou du cult leader a régulièrement influencé le grand écran, nous livrant des personnages certes fascinants, mais souvent inquiétants. Voire carrément dangereux. JustWatch vous propose une sélection de quelques grandes figures oratoires imaginées par la fiction, qu’on adore regarder (et détester ?). Nous ne traiterons donc pas ici de documentaires ou de longs métrages adaptés de figures réelles.

    Sir Lord Jimmy Crystal - 28 ans plus tard : le temple des morts (100 mots minimum)

    Il était apparu de manière rapide -prophétique ?- dans 28 ans plus tard (2025) : Sir Lord Jimmy Crystal est au centre de la suite, Le Temple des morts (2026). Cheveux peroxydés, chaînes en or, survêtement : le personnage campé par Jack O'Connell (qui livre une nouvelle performance majeure après Sinners) se revendique comme le fils et héritier de Satan, et mène sa bande de Jimmys à travers la campagne infectée pour faire acte de « charité » en torturant celles et ceux qui ont le malheur de croiser leur chemin. A ce titre, la séquence de la grange où une famille est dépecée vivante est très perturbante. On ne sait jamais si Sir Lord Jimmy Crystal croit vraiment être l’Antéchrist ou s’il adopte ce mécanisme de protection pour assurer sa survie ; en revanche, je sais qu’il est terrifiant, notamment dans sa capacité à faire commettre à son groupe emperruqué les pires atrocités au nom de « Old Nick » et... des Télétubbies.

    Lancaster Dodd - The Master (2012)

    Cinq ans après There Will Be Blood (2007), où il explore déjà une figure charismatique, flamboyante et écrasante, Paul Thomas Anderson dévoile The Master (2012) centré sur la rencontre entre un vétéran traumatisé par la guerre (Joaquin Phoenix) et le leader d’un mouvement baptisé La Cause (Philip Seymour Hoffman). Le film, qui est le préféré de « PTA » au sein de sa propre filmographie, est exigeant dans son rythme et sa narration. Troublant aussi, parce qu’il refuse le manichéisme et s’attache à explorer ls mécanismes de « processing », de pression psychologique, d’isolement, de fatigue mentale, d’emprise et de dépendance au guide. Inspiré de Ron Hubbard, le fondateur de la scientologie, Lancaster Dodd est une figure marquante qui interroge le spectateur, justement parce que le film refuse de trancher sur sa vraie nature. C’est ce qui fait tout son intérêt d’ailleurs. 

    Mola Ram - Indiana Jones et le Temple Maudit (1984)

    Toute personne qui a grandi dans les années 80 devant les aventures d’Indiana Jones a été traumatisée par Mola Ram, leader de la secte Thuggee, adoratrice de la déesse Kali dans Le Temple Maudit. Campé par l'impressionnant Amrish Puri, acteur légendaire du cinéma indien, le personnage a laissé un souvenir mémorable lors de la séquence du sacrifice, arrachant à main nue le cœur d’un malheureux (maintenu en vie grâce à la magie noire) avant de le plonger dans la lave rougeoyante. Grâce à l’intensité machiavélique de son interprétation (c’est LE méchant préféré du réalisateur Steven Spielberg) !, le long métrage est assurément le plus sombre de la franchise, avec scènes sacrificielles rougeoyantes, esclavage d’enfants, lavage de cerveau d’Indy et séquence acrobatique sur un pont suspendu au-dessus des crocodiles.

    Thulsa Doom - Conan le barbare (1995)

    J’ai toujours été hanté par la performance de James Earl Jones dans Conan le barbare (1982). Que ce soit lors de l’attaque sur le village du futur guerrier campé par Arnold Schwarzenegger, durant cette séquence où il invite avec une grande délicatesse une disciple à se jeter dans le vide ou pendant la scène de cérémonie/orgie, le comédien joue Thulsa Doom avec un calme total, une voix grave et posée, un regard hypnotique et des gestes contrôlés. Quelque chose de très reptilien, finalement, qui fait écho au culte du dieu-serpent Seth dont il est le gourou suprême. Également sorcier, le personnage peut se métamorphoser en reptile géant (voilà un autre moment qui m’a vraiment marqué !) et se distingue par l’emprise totale qu’il exerce sur ses fidèles, qui s’abandonnent totalement à lui et à sa volonté. « L'acier n'a aucune force mon garçon, la chair est plus forte » lance t-il au Cimmérien, démontrant sa toute-puissance dans le contrôle d’une foi aveugle.

    Tyler Durden - Fight Club (1999)

    La première règle du Fight Club (1999), c’est de ne pas parler du Fight Club. Ni de Tyler Durden, son cofondateur et leader charismatique incarné par Brad Pitt. Aussi magnétique qu’inquiétant, le comédien donne vie à cette figure d’anarchie et de chaos, qui va d’abord libérer ses membres dans des pugilats clandestins et anonymes, avant de les embarquer, en bons « Space Monkeys », dans son « Project Mayhem » qui vise à détruire la société de consommation. Révolutionnaire flamboyant et manipulateur, Tyler utilise les questionnements modernes sur la masculinité, la frustration sociale et économique et la perte de repères pour annihiler toute individualité chez ses disciples et transformer un discours radical en idéologie totalitaire. Le film, bien sûr, dénonce tout cela en sous-texte. Mais David Fincher a constaté et regretté que le propos ait été détourné et même retourné… On ne peut qu'être, hélas, d'accord avec ce constat.

    Rose the Hat - Doctor Sleep (2019)

    Doctor Sleep (2019), la suite de Shining (1980) m’a marqué pour deux raisons. La reconstitution de l’Hôtel Overlook dont Ewan McGregor arpente les pièces et les couloirs un an après le magnifique clin d'œil de Spielberg à Kubrick dans Ready Player One (2018). Et la mise à mort prolongée (et glaçante) d’un enfant par les vampires psychiques menés par Rose the Hat (Rebecca Ferguson). Son groupe de marginaux, baptisé « Nœud Vrai », forme une communauté itinérante à la recherche d’enfants possédant eux aussi le Shining : en les torturant durant de longues minutes, ils peuvent alors se nourrir -avec délectation- de ce pouvoir pour ralentir leur vieillissement et prolonger leur vie. Rose est la plus puissante de ces goules impitoyables, et dirige sa communauté prédatrice avec un mélange d'amour maternel et de calcul froid, qui rend tous les membres dépendants de ses décisions. Une secte surnaturelle, donc, mais une secte, assurément. Comme dans Le Maître des illusions (1995).

    Paul Atreides - Dune (2001-2026)

    A la sortie de Dune : Première Partie (2021) et Dune : Deuxième Partie (2024), celles et ceux qui ne connaissaient pas l’œuvre de Frank Herbert ont sans doute vu dans le personnage campé par Timothée Chalamet une sorte de Luke Skywalker moderne (même si le roman est sorti avant Star Wars, je suis d’accord). Pourtant, alors qu’il embrasse son statut d’élu, Paul Atreides, désormais vu comme le « Lisan al-Gaib », va mener une croisade politique et religieuse intersidérale, sous la bannière de la Maison dont il a hérité de son père le Duc Leto. La vision d’une bataille, livrée dans le premier film, montrait comment le jeune homme contemplait avec froideur ses disciples déferler sur l’univers. Le cri de guerre lancé par Stilgar (Javier Bardem) à la toute fin du deuxième volet en donnait justement le coup d’envoi. Et c’est sur cette toute-puissance messianique, manipulée dans l’ombre par sa mère Dame Jessica devenue révérende-mère des Fremen (tiens, encore Rebecca Ferguson !), que le récit d’Herbert nous alerte. Cet arc passionnant, que Denis Villeneuve conclura dans Dune : Troisième Partie le 16 décembre prochain lors du Dunesday, changera assurément le regard du public sur son « héros ». De la même manière que sa chère Chani (Zendaya) le voit désormais autrement.

    Immortan Joe - Mad Max : Fury Road (2015)

    « Soyez témoins !!! » C’est sur ce cri, les dents étincelantes grâce à un spray chromé, que les War Boys d’Immortan Joe se jettent dans la bataille de Mad Max : Fury Road (2015), prêts à mourir pour celui qui leur a promis une chevauchée éternelle sur les routes du Valhalla. Dans l’univers post-apocalyptique imaginé par George Miller, ce personnage masqué est un ancien chef militaire devenu despote, où il contrôle l’eau depuis les hauteurs de sa Citadelle. A la fois dieu vivant, chef de guerre et père spirituel de cette armée de jeunes hommes fanatisés depuis l’enfance, il utilise leur loyauté aveugle et sa mainmise sur les ressources pour dominer la région qu’il se partage avec le People Eater (John Howard) et le Bullet Farmer (Richard Carter). Comme toute figure érigée en divinité, il est néanmoins très fragile, lui qui glorifie la mort en façade quand, en coulisses, il exploite un harem pour obtenir une descendance viable. Pour l’anecdote, le personnage est incarné à l’écran par Hugh Keays-Byrne, qui campait le motard Toecutter dans le tout premier Mad Max (1979).

    Voldemort - Harry Potter (2001-2011)

    On l’oublie, mais dans le Wizarding World de J.K. Rowling, les Mangemorts s’apparentent à une secte. Toutefois, dans l’univers de la saga Harry Potter (2011-2011), pas de prisme spirituel (quoique, la magie noire pourrait être vue comme une religion) mais une croyance idéologique et politique qui vise à instaurer le pouvoir absolu pour les sorciers de sang pur. Et à célébrer le pouvoir de leur chef, « celui dont on ne doit pas prononcer le nom » alias « vous-savez-qui » alias le Seigneur des Ténèbres alias Lord Voldemort. Sous les traits reptiliens d’un Ralph Fiennes méconnaissable, le mage aime étaler sa toute-puissance à des disciples soumis (gare à celui ou celle qui ne rirait pas à une tirade du Maître ou qui refuserait une mission !) : en mêlant aura, intimidation, promesse, contrôle, charisme et image quasi-divine, il attire à lui ses partisans et exploite leurs faiblesses et leurs ambitions pour les fidéliser sous sa marque des ténèbres.

    Le Colonel Kurtz - Apocalypse Now (1979)

    « L’horreur… L’horreur… » Marlon Brando n’apparaît qu’une quinzaine de minutes dans Apocalypse Now (1979). Pourtant, son personnage, l’énigmatique et mythique Colonel Kurz, hante tout le long métrage de Francis Ford Coppola alors que le Capitaine Willard (Martin Sheen) se voit confier par sa hiérarchie la mission de remonter au coeur des ténèbres vietnamiennes et cambodgiennes pour retrouver cet officier renégat et l’éliminer. Vénéré par ses soldats (américains et locaux) soumis à sa volonté et son idéologie, à l’image du photographe de guerre campé par Dennis Hopper, Kurtz vit dans un temple en pleine jungle, décoré des têtes tranchées et des corps pendus ou crucifiés de ses ennemis, où il professe sa vision. Entre le gourou et le poète guerrier, c’est une figure majeure du cinéma. Et de cette liste.

    Lord Summerisle - Wicker Man (1973)

    Oubliez le Wicker Man (2006) emmené par Nicolas Cage ! Avant ce monument du nanar WTF qui a fait le bonheur des premiers memes à la fin des années 2000, il y a eu The Wicker Man (1973) de Robin Hardy, figure de proue du sous-genre du folk-horror où l’on retrouve également Midsommar (2019), The Witch (2015) ou Les Démons du maïs (1984). Et au centre du film, il y a la figure charismatique de Christopher Lee, chef politique et religieux d’une petite île isolée qui se livre à des rituels païens (et sacrificiels) pour assurer la prospérité de la communauté. Débarqué sur l’archipel pour tenter de retrouver une jeune femme disparue, un policier va plonger au coeur de la folie fanatique de Summerisle, dont le quotidien est bercé par les croyances et les rites collectifs organisés depuis des générations par la famille du maître des lieux. Avec des masques animaliers VRAIMENT dérangeants.

    Mathieu Vasseur - Gourou (2026)

    Gourou (2026) est né d’une idée et d’une envie de Pierre Niney d’explorer l’une de ces figures d’influence, alors que les coachs et autres motivateurs autoproclamés profitent de l’essor des réseaux sociaux pour prodiguer leurs conseils, développer leur communauté et monnayer ensuite des séances one-to-one ou des séminaires de groupe. Où s’arrête l’accompagnement et où commence la manipulation ? C’est la question que creuse le troisième long métrage porté par le comédien et le réalisateur Yann Gozlan (après Un homme idéal et Boîte noire) qui, s’il se perd un peu dans plusieurs sous-intrigues, réussit à capter l’électricité, l’énergie et la frénésie des séances collectives, où la foule s’abandonne à ce gourou si inspirant. Avec notamment trois moments très forts : la confession d’Anthony Bajon (toujours aussi juste), le face-à-face avec une journaliste incognito et la démission d’un participant par téléphone. Des scènes puissantes. 

    Et aussi…

    • Julian Karswell (Niall MacGinnis) - Rendez-vous avec la peur (1957)

    • Roman et Minnie Castevet (Sidney Blackmer et Ruth Gordon) - Rosemary’s baby (1968)

    • Night Slasher (Brian Thompson) - Cobra (1985)

    • Sal (Tilda Swinton) - La Plage (2000)

    • Patrick (John Hawkes) - Martha Marcy May Marlene (2011)

    • Abin Cooper (Michael Parks) - Red State (2011)

    • Maggie (Brit Marling) - Sound of My Voice (2011)

    • Hal (Tate Ellington) - The Endless (2017)

    • Jeremiah Sand (Linus Roache) - Mandy (2018)

    • Miss Novak (Mia Wasikowska) - Club Zero (2023)

  • Bridgerton saison 4 : 6 questions essentielles qu’on se pose à la fin de la partie 1

    Bridgerton saison 4 : 6 questions essentielles qu’on se pose à la fin de la partie 1

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Chers lecteurs, chères lectrices, la saison des bals est officiellement ouverte !  Et c’est à Benedict (Luke Thompson) et Sophie (Yerin Ha) que nous le devons (« Benophie », pour les intimes). Cette semaine, nous avons enfin retrouvé les Bridgerton, presque deux ans après la saison 3, le mariage de Colin et Pénélope, la révélation de l'identité de Lady Whistledown et le départ de Kate et Anthony pour l'Inde.

    La première partie de la saison 4 de La Chronique des Bridgerton (2021-) s’achève bien évidemment sur un cliffhanger qui rendra l’attente jusqu'au 26 février encore plus insupportable, puisque beaucoup de questions sont laissées sans réponse par Netflix à ce stade. Pour Justwatch, je vous ai donc préparé un petit récapitulatif des enjeux essentiels laissés en suspens à la fin de l’épisode 4, intitulé L’offre d’un gentleman.  

    1. Sophie va-t-elle finalement accepter la proposition de Benedict ?

    Lors de la fameuse « scène des escaliers », Benedict et Sophie franchissent un pas décisif et beaucoup plus intime dans leur relation. La jeune femme a même droit à une déclaration épique et romanesque comme seuls les frères Bridgerton savent le faire. Benedict promet à Sophie de lui offrir une vie merveilleuse et bien plus encore… avant de tout gâcher en lui demandant de devenir sa maîtresse. Dès lors, le charme est rompu et les classes sociales sont plus apparentes que jamais.

    Jess Brownell, la showrunneuse de la série, a récemment clarifié que pour la jeune femme, il n’y aurait pas pire situation que de devenir la maîtresse de Benedict. En effet, étant elle-même issue d’une union similaire, elle refuse de reproduire le schéma et de faire subir une vie similaire à la sienne à ses propres enfants, s’ils devaient en avoir. 

    Même si cette proposition était la seule option qu’avait un aristocrate dans cette situation, la deuxième partie nous montrera enfin si Benedict a le courage de voir au- delà des classes sociales. Et surtout de s’engager sur le long terme, ce qui a toujours été son point faible. 

    D’ailleurs, si vous avez bien observé, cette scène se déroule dans les escaliers entre la cuisine des domestiques et les chambres de la famille : une belle métaphore traduisant le conflit de classes que les deux personnages doivent affronter, mais qui représente également le statut que Benedict propose à Sophie d’adopter.

    2. Que signifie l'arrivée d’Araminta à Grosvenor Square ? 

    À la fin de la première partie, Lady Araminta Gun (Katie Leung), la belle-mère de Sophie, emménage à Grosvenor Square, devenant ainsi une voisine directe des Bridgerton. C’est d’ailleurs Mrs. Varley (Lorraine Ashbourne), l’ancienne intendante des Featherington qui accueille les Penwood dans leur nouvelle demeure.

    L'arrivée d’Araminta (qui semble décidée à gâcher la vie de sa belle-fille) dans le voisinage n’augure rien de bon pour Sophie, qui a gardé une grande partie de son identité secrète. Se pourrait-il que Mrs. Varley joue un rôle décisif dans cette affaire ? Pourrait-elle agir comme une « espionne » qui partagerait aux Bridgerton et aux Featheringhton les plans d’Araminta ? Une chose est sûre : dans l’univers Bridgerton, rien n’est laissé au hasard !

    3. Quel futur pour Francesca et John après l'arrivée de Michaela ?

    Francesca (Hannah Dodd) et John (Victor Alli) ont vu apparaître quelques difficultés dans leur vie intime, même s’ils ont toujours été les plus « calmes » et les plus sereins de tous les couples. Dans une interview avec Deadline, Jess Brownell a expliqué que ces problèmes étaient avant tout là pour montrer que Francesca ne se connait pas du tout. Et bien qu'elle soit déjà une épouse, elle a encore beaucoup de choses à apprendre sur elle-même.

    Par ailleurs, même si le couple est réellement amoureux, l'arrivée de Michaela (Masali Baduza), la cousine de John, va encore un peu plus semer le doute dans l’esprit de la jeune mariée, qui semble très éprise de la nouvelle venue. Lors du Today Show, Hannah Dodd révélait que nous allions bientôt en découvrir plus sur la relation des deux femmes, et notamment sur les événements durant leur séjour en Ecosse. 

    4. Lady Violet et Lord Danbury vont-ils officialiser les choses ?  

    S’il y a bien un personnage qui mérite le bonheur par-dessus tout, c'est Lady Violet (Ruth Gemmell). La matriarche de la famille s’est toujours pliée en quatre pour le bonheur de ses enfants et n’a que très rarement pensé à elle depuis la mort de son mari, Edmund. D’ailleurs, elle ne s’est jamais autorisée à rencontrer quelqu'un d'autre tant elle a été marquée par la perte de l’amour de sa vie.

    Mais depuis la saison 3, il est évident que Lady Violet a développé des sentiments, ou du moins une attirance pour Lord Danbury (Cyril Nri). Les deux amis s’avouent enfin leurs sentiments dans L’offre d’un gentleman, et ils passent la nuit ensemble en secret, grâce à l’aide de la femme de chambre de Lady Violet. Vont-ils officialiser les choses dans la seconde partie de la saison ? Un mariage est-il à prévoir ? Les enfants seront-ils mis au courant ? J'espère vraiment qu’on aura de bonnes nouvelles en ce qui concerne Violet dans la suite de cette saison !

    5. Kate et Anthony vont-ils faire leur grand retour ?  

    Benedict a temporairement pris la place de son frère, Anthony (Jonathan Bailey), en ce qui concerne ses devoirs de Vicomte. Et il est plus qu'évident que le cadet ne se sent ni comblé, ni épanoui par ses nouvelles responsabilités. Il serait donc grand temps que « Kanthony » rentrent d’Inde !

    C’est justement ce que Jess Brownell a récemment teasé dans une interview en annonçant que les fans allaient enfin revoir le couple dans la seconde partie. De plus, la scénariste a annoncé que les deux personnages auraient un rôle décisif à jouer au sein de leur famille de par leur statut social, mais également en aidant et en conseillant la fratrie.

    6. Quel avenir pour Lady Whistledown ? 

    Pénélope (Nicola Coughlan) a acquis un nouveau statut en épousant un Bridgerton, mais c’est surtout le fait que son identité secrète ait été révélée dans la saison précédente qui fait d’elle -en théorie- quelqu’un d’encore plus puissant qu'auparavant. En effet, Lady Whistledown est maintenant proche de la Reine, mais sa liberté et son omnipotence résidaient avant tout dans son anonymat.

    La Reine attend maintenant d’elle qu’elle continue à rendre compte de tous les potins de la société… mais à quel prix, puisque son indépendance est désormais remise en question ? Dans une interview, Jess Brownell a annoncé que Pénélope allait devoir décider du nouveau rôle de Whistledown. Et surtout de quelle façon elle allait utiliser ce nouveau pouvoir et sa voix.

  • Oscars 2026 : les 5 films incontournables de Paul Thomas Anderson, réalisateur d’Une bataille après l’autre

    Oscars 2026 : les 5 films incontournables de Paul Thomas Anderson, réalisateur d’Une bataille après l’autre

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Maintenant que les nominations aux Oscars ont été dévoilées, les cinéphiles sont à leur tour entrés en lice pour tenter les meilleurs pronostics en vue de la cérémonie, qui se tiendra le 16 mars 2026. Nommé dans 16 catégories -un record dans l’histoire de l’Académie- Sinners (2025), de Ryan Coogler, semble dominer cette 98ᵉ édition.

    Reste à savoir si ce record se traduira réellement en récompenses. Selon les experts, et surtout d’après mon propre goût et mon jugement de cinéphile, Paul Thomas Anderson pourrait bien sortir grand vainqueur de la cérémonie et, espérons-le, remporter les prix. « Un prix après l’autre », pour ainsi dire !

    Signé « PTA »

    Une bataille après l’autre (2025) est le dixième long métrage du cinéaste américain qui, malgré une carrière couvrant trois décennies, est connu pour une filmographie modeste en apparence mais monumentale dans son rendu. Longtemps célébré par les adeptes du cinéma indépendant américain, le cinéma de « PTA », en vertu de sa radicalité postmoderne, était généralement tenu à l’écart de noms comme Nolan, Villeneuve ou Tarantino — des cinéastes associés à ce que l’on appelle aujourd’hui la culture « filmbro ».

    Or, Une bataille après l’autre (2025) apparaît comme un véritable bond vers le cinéma mainstream : en étant l’un des films les plus accessibles de son œuvre, il marque un moment où la renommée du cinéaste dépasse désormais le cadre purement cinéphile.

    Vous venez découvrir son cinéma avec Une bataille après l’autre, et êtes curieux-se d’en explorer davantage ? Alors vous êtes à la bonne adresse. Avec ce guide JustWatch qui regroupe les cinq œuvres les plus distinctives de sa filmographie, vous pouvez choisir les films en phase avec vos goûts et éviter de mauvaises surprises !

    Boogie Nights (1997)

    Tourné alors qu’il n’avait à peine 26 ans, le deuxième long métrage de Paul Thomas Anderson (après Double Mise, 1997) est le film qui a véritablement lancé sa carrière et manifesté une vraie touche d’auteur. Flamboyant, excessif et divertissant, Boogie Nights (1997) raconte l’histoire du jeune Eddie Adams qui, alors qu’il travaille dans une boîte de nuit comme plongeur, est repéré par un réalisateur de films pornographiques, Jack Horner, et devient une superstar de l’industrie sous le nom de « Dirk Diggler ».

    De la fin des années soixante-dix jusqu’au milieu des années quatre-vingt, le film dépeint avant tout un paysage social et culturel, ancré dans la San Fernando Valley natale du cinéaste. Caractérisé par un récit choral, très riche en personnages excentriques, Boogie Nights s’inscrit clairement dans la lignée du cinéma de Robert Altman, rappelant en particulier Nashville (1975). 

    Eddie est campé par un très jeune et encore vert Mark Wahlberg, tandis que le vétéran Burt Reynolds -qui a supposément détesté le film- interprète Jack Horner. Le casting est complété par un ensemble copieux de talents hollywoodiens, avec Julianne Moore, Don Cheadle, Philip Seymour Hoffman, John C. Reilly et Alfred Molina, pour n’en citer que quelques-uns.  

    There Will Be Blood (2007)

    Après une période « altmanesque », suivie d’une comédie sensorielle beaucoup plus modeste par son ampleur (Punch-Drunk Love, 2002), Paul Thomas Anderson franchit un nouveau cap dans sa carrière en réalisant l’un des plus grands films épiques modernes du cinéma américain. There Will Be Blood (2007) est considéré par beaucoup comme le chef-d’œuvre de sa filmographie, même s’il existe, bien sûr, des exceptions parmi les fans du cinéaste. Comme moi, d’ailleurs… mais j’y viendrai !

    Librement inspiré du roman Pétrole ! d’Upton Sinclair, le film prend pour contexte historique le boom pétrolier en Californie au tournant du 20ème siècle et construit son récit autour de la rivalité entre le prospecteur ambitieux Daniel Plainview et Eli Sunday, un pasteur non moins obsessionnel dont Plainview cherche à acquérir la propriété. D’un rythme volontairement pesant, ce film-fresque interroge les défaillances de valeurs telles que la moralité, la famille et la religion, progressivement dévorées par le rêve américain et le système capitaliste.

    Certes, cette attention très appuyée portée à l’histoire, à l’économie et aux questions morales n’est pas du goût de tout le monde, et le film peut paraître énigmatique, voire ennuyeux, à celles et ceux qui ne sont pas particulièrement sensibles à ces sujets. En revanche, c’est un véritable délice en ce qui concerne les performances des acteurs. À commencer par le légendaire Daniel Day-Lewis, au sommet de sa fameuse Method Acting, qui lui a valu l’Oscar du Meilleur Acteur en 2008. Dans le rôle d’Eli Sunday -et de son frère jumeau Paul- Paul Dano incarne avec finesse la dimension à la fois tragique et grotesque de son personnage, que Quentin Tarantino a récemment osé contester par des propos disproportionnés et injustes.

    The Master (2012)

    La démarche artistique du cinéaste peut être résumée à une sorte de psychanalyse de l’histoire des États-Unis et, dans son sixième long métrage, il s’attaque à la période de l’après-guerre. Dans The Master (2012), on ressent également une prolifération de références thématiques, issues d’influences diverses, qui transforment presque le film en casse-tête intertextuel.

    Au premier abord, nous suivons l’histoire de Freddie Quell, un ex-soldat alcoolique traumatisé par la guerre, qui cherche à retrouver un nouveau sens à sa vie après sa rencontre avec Lancaster Dodd, leader captivant d’un mouvement spirituel. À travers une dynamique très décalée et poussée à l’extrême entre le maître et le disciple, le cinéaste explore les questions de l’autorité, de l’identité et de la croyance. De la Scientologie à Thomas Pynchon, les inspirations d’Anderson marquent un tournant beaucoup plus abstrait et postmoderne dans son cinéma. Même si There Will Be Blood présente une certaine lourdeur sur le plan thématique, c’est plutôt l’aspect elliptique du récit qui peut le rendre difficile à digérer pour certains spectateurs.

    Mais en même temps, malgré toutes les confusions qu’il peut susciter, les performances de ses acteurs principaux à elles seules devraient suffire à donner envie de regarder The Master. Joaquin Phoenix, dans la peau de Freddie Quell -rôle qui a exigé de lui un jeu reposant fortement sur la physicalité, préfigurant d’ailleurs certains de ses rôles ultérieurs, notamment chez Ari Aster ou encore dans Joker (2019)- hante le cadre par son énergie chaotique et imprévisible.

    Philip Seymour Hoffman, quant à lui, livre sa performance la plus emblématique et incarne une figure paternelle à la fois magnétique et manipulatrice avec une maîtrise impressionnante. Le cinéma de « PTA » n’a jamais manqué d’interprétations singulières, mais ici, ce que Phoenix et Hoffman ont créé procure, selon moi, un plaisir de spectateur inégalé. Un avis rare, certes, mais encore plus intense que celui que Daniel Day-Lewis suscite dans There Will Be Blood.

    Inherent Vice (2014)

    Adapté du livre éponyme de Thomas Pynchon -l’une des grandes sources d’inspiration d’Anderson, on l’a bien vu-  Inherent Vice (2014) est peut-être le film le plus « andersonien » de sa filmographie, ce qui en fait paradoxalement le plus inaccessible. Disons-le d’emblée : si vous n’avez jamais vu un film de « PTA », il ne faut surtout pas commencer par celui-ci, car il peut en résulter, comme chez ses personnages, de terribles bad trips. 

    Au cœur du film, on retrouve Larry « Doc » Sportello, sollicité par son ex-petite amie pour l’aider à sauver son nouvel amant fortuné d’un complot orchestré par la femme de ce dernier. À mesure que Doc approfondit son enquête, il se retrouve confronté à toute une chaîne de conspirations où se mêlent le FBI et une organisation de trafic de drogue appelée le Golden Fang. Reste à dire qu’aucun résumé ne peut réellement faire justice au film lui-même.

    Interprété par Joaquin Phoenix, qui défie ici ses propres limites en matière de performance, le personnage de Doc constitue l’ancrage narratif du film. Avec sa rouflaquette, ses joints et son allure atypique aux accents hippies, Anderson l’érige au rang des figures emblématiques du genre noir, à l’image de Philip Marlowe.

    Même si la démarche du cinéaste ne se réduit pas aux films d’époque, Inherent Vice s’empare pleinement de l’esprit psychédélique des années soixante-dix à Los Angeles et transforme sa narration en une expérience déroutante, proche de l’hallucination. Vous pouvez penser que j’exagère, mais le caractère conspirationnel de l’intrigue dissipe progressivement toute attente de cohérence sur le plan du sens et incite le spectateur à simplement « enjoy the ride » !

    Phantom Thread (2017)

    Phantom Thread (2017) marque un autre tournant dans le parcours du cinéaste, puisqu’il quitte pour la première fois ses territoires familiaux américains pour raconter une histoire se déroulant dans le Londres des années cinquante. Il s’agit également du film le plus sensoriel et formellement le plus maîtrisé de son œuvre, notamment en lien avec le monde de la haute couture dans lequel il se situe.

    Daniel Day-Lewis y incarne Reynolds Woodcock, un couturier renommé, très talentueux mais perfectionniste, à un niveau obsessionnel. Sa rencontre avec Alma, une jeune serveuse, transforme totalement sa vie : elle devient sa muse, mais leur amour passionnel évolue progressivement vers une co-dépendance toxique et des jeux d’autorité.

    Le cinéma de « PTA » est riche en personnages toujours poussés aux extrêmes, atypiques voire grotesques, mais très peu d’entre eux sont dessinés avec la complexité et la profondeur psychologique de Reynolds et Alma. L’élégance, mais aussi le côté maniaque du jeu de Lewis, n’a rien d’irréprochable, mais la véritable vedette du film est incontestablement Vicky Krieps, dont l’énergie, la beauté et l’intelligence apportent une fraîcheur bienvenue à l’univers andersonien.

    Phantom Thread est aussi, pour ainsi dire, son film le plus féminin, ses œuvres précédentes se concentrant sans exception sur des personnages masculins. En raison de son ancrage géographique et social, ainsi que de sa tonalité esthétique, Phantom Thread reste un peu à part dans sa filmographie. Mais la postérité du film auprès des cinéphiles prouve qu’il s’agit d’une œuvre majeure, au-delà de l’univers caractéristique de son cinéaste.

  • Connaissez-vous le « Visual Muzak » ? Ou comment notre utilisation du téléphone pourrait ruiner le streaming !

    Connaissez-vous le « Visual Muzak » ? Ou comment notre utilisation du téléphone pourrait ruiner le streaming !

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Une révolution culturelle est-elle en train d’opérer en silence ?  Cette crainte est légitime et vous l’aurez très certainement expérimentée sans même vous en rendre compte. De quoi parle-t-on ? De ce que les Américains appellent le « Visual Muzak », une expression qui concentre une sacrée dose d’angoisse pour la cinéphile et la sériephile que je suis…

    Derrière cette expression se cache une réalité de consommation : regarder tellement distraitement les films et séries, qu’ils pourraient être adaptés à cette écoute de plus en plus flottante. Horreur, malheur. Est-ce que notre attention de plus en plus diluée entre nos différents appareils électroniques pourrait coûter à l’industrie du cinéma et de l'audiovisuel sa qualité ? Pour JustWatch, je fais le point pour vous. 

    Le « Visual Muzak », c’est quoi exactement ?

    Avant d’être « Visual », le mot « Muzak » tout seul a eu une vie. En musique, le « Muzak » désigne la musique d’ascenseur fade, omniprésente, pensée non pour être écoutée mais pour combler le vide. On la trouve aussi dans les supermarchés, dans les aéroports ou dans les restaurants à service rapide !

    Pour la petite histoire, Muzak vient du nom de la société Muzak Holdings, pionnière dans ce domaine. Pour arriver à la définition de ce que nous attendons, il suffit alors de penser à son équivalent visuel. Et paf : le « Visual Muzak » est en train de redéfinir nos pratiques aussi sûrement que le « Muzak » occupe nos oreilles de manière passive. 

    Donc oui, le « Visual Muzak » a bien sûr à voir avec notre passivité : il s’agit des images et vidéos que nous consommons sans réellement les regarder. Elles tournent en arrière-plan pendant que nous scrollons sur notre téléphone, répondons aux messages, travaillons sur notre ordinateur ou - dans une attitude plus « verticale »- cuisinons ou faisons le ménage. Le « Visual Muzak », c’est la façon que l’on a de regarder d’un œil du contenu à la télévision. Que retenons-nous alors de ce que nous ne percevons que comme du flux ?

    Pourquoi le streaming est en danger

    Vous l’aurez compris, le « Visual Muzak » est peut-être en train de redéfinir les codes de fabrication de nos fictions et nos documentaires en voulant s’adapter aux nouveaux usages des consommateurs. Les plateformes, les chaînes, obsédées par le temps de visionnage, adaptent leurs contenus : récits simplifiés, dialogues sur-explicatifs (Matt Damon, dans des propos qui ont fait le tour des réseaux au moment de la sortie de The Rip, explique comment une intrigue doit désormais être rappelée verbalement à plusieurs reprises au cours du récit), intrigues peu exigeantes, formats immédiatement compréhensibles. 

    Le risque est double pour nos productions chéries. D’un côté, on s’expose à ne voir que des œuvres pensées pour être « consommables » plutôt que regardées. De l’autre, le public, en s’habituant à une expérience appauvrie, pourrait perdre de son engagement émotionnel quand il visionne une œuvre. Or, pour l’instant, le modèle économique du streaming repose sur l’attachement : aux arènes proposées, aux personnages qui y gravitent et aux récits qui les animent. Quelle angoisse d’imaginer que les prochaines œuvres ne seront réduites qu’à un bruit de fond ! Et dans le pire des scénarios, le « Visual Muzak » pourrait scier la branche sur laquelle le streaming est assis.

    Reprendre conscience de nos usages

    Loin de moi l’idée de condamner le smartphone (la cuisine et le vernissage des ongles en ce qui me concerne) ni même le streaming. Mais il serait temps de prendre conscience que nous sommes peut-être en train de perdre notre capacité d’attention, notre capacité à regarder vraiment. À être pleinement présents devant une œuvre en acceptant qu’un film ou une série exige du temps, de l’attention, voire même - en ces temps de contenus très courts - des efforts ! 

    Les plateformes sont-elles en train de demander à leurs scénaristes de simplifier les dialogues et d’enlever les nuances pour « parler » aux spectateurs plus facilement ? Les usagers doivent faire savoir que leur exigence n’a pas changé, et même que le public, de plus en plus expert en fictions et documentaires, veut être challengé, secoué, dérangé. Et surtout ne pas se contenter d’une télévision d’ambiance. Alors, on s’installe confortablement dans notre canapé, on pose l’ordi, le portable, on garde la tasse de thé, le plaid et le chat… et on ouvre grands les yeux, sur un seul écran !

  • Bridgerton et les séries d'époque les plus attendues en 2026

    Bridgerton et les séries d'époque les plus attendues en 2026

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Avis à tous les fans de séries d’époque et particulièrement de romances historiques : 2026 va être une année riche en émotions ! La première partie de la quatrième saison des Chroniques de Bridgerton, centrée sur le couple Benedict / Sophie, a d'ailleurs ouvert les festivités ce jeudi 29 janvier sur Netflix dans une ambiance bal masquée.

    Ces prochains mois marqueront également le clap de fin de certains de vos shows historiques préférés… ou leur grand retour. Ils apporteront également un vent de renouveau avec de toutes nouvelles séries historiques originales, et peut-être même que l’une d’entre elles deviendra votre prochaine obsession streaming.

    Pour Justwatch, je vous ai préparé un petit guide des séries d'époque et romances historiques les plus attendues de 2026. Demandez le programme !

    La Chronique des Bridgerton, saison 4 - disponible sur Netflix

    Lady Whistledown est ENFIN de retour en ce début d'année 2026 et elle vous apprendra tout ce que vous devez savoir sur la haute société londonienne depuis le mariage de Colin et Pénélope dans la saison 3 de La Chronique des Bridgerton (2021-). Cette fois-ci, c’est le frère que je préfère, Benedict, qui a le droit à sa propre histoire d’amour. La première partie, disponible sur Netflix depuis hier, sera suivie d’une deuxième salve d’épisodes le 22 février.

    Lors d’un bal masqué organisé par sa mère, Benedict rencontre une mystérieuse jeune femme qui s’enfuira avant de lui avoir donné son nom, en ne laissant rien d’autre qu’un gant blanc derrière elle. Benedict n’a dès lors qu’une seule idée en tête, retrouver sa belle inconnue par tous les moyens. C’est alors qu’un soir, il vient en aide à Sophie, une domestique à laquelle il propose de venir travailler au sein de la maison Bridgerton. Bals masqués, quiproquos et amours interdits s’invitent dans cette nouvelle saison aux allures de véritable conte de fées, emmenée par Luke Thompson Luke, Yerin Ha et Katie Leung.

    Outlander, saison 8 - sur Netflix le 7 mars 2026

    Comme je vous le disais précédemment, les fans d’Outlander (dont je fais partie) s'apprêtent à dire au revoir à Claire et Jamie : la huitième saison de ce qui est, pour moi, l’une des meilleures séries historiques de ces dernières années, sera bel et bien la dernière. Après douze ans d'aventures épiques et romanesques (soit une vie toute entière pour nos deux personnages), nous nous apprêtons à retrouver le couple iconique sur nos écrans, une dernière fois.  

    Si l'intrigue de cette ultime saison est gardée relativement secrète, la bande-annonce nous apporte tout de même quelques indices quant au destin des Frasers. Alors que la révolution américaine bat son plein, Jamie apprend qu’il va mourir au combat, laissant Claire dans un désespoir immense, le suppliant de ne pas y aller. Le sort du couple semble plus incertain que jamais… Préparez les mouchoirs !

    The Forsytes - Prochainement

    Si vous êtes fans de Downton Abbey (2010-2015) ou de The Gilded Age (2022-), j’ai trouvé trouvé votre prochaine obsession : The Forsytes (2025-), une série basée sur les romans de John Galsworthy qui a déjà été adaptée pour la télévision par deux fois auparavant. Cette fois-ci, nous pouvons nous attendre à un remake peut-être un peu plus moderne, voire plus explicite dans le traitement de certains sujets abordés.

    Dans cette mini-série de 6 épisodes, nous suivrons les péripéties d’une famille d'aristocrates à la fin de l'époque victorienne à Londres. Si vous avez autant hâte que moi de la découvrir, sachez qu’une deuxième saison est d’ores et déjà en production ! Il manque juste un diffuseur français : avis aux chaînes et aux plateformes !

    L’Autre Sœur Bennet - Prochainement 

    2025 a été une année importante pour les fans de Jane Austen : du 250ème anniversaire de l'écrivaine au 20ème anniversaire d'Orgueil et préjugés (2005), les célébrations étaient au rendez-vous. Mais cette année, de nouvelles adaptations dérivées de l'œuvre de la romancière anglaise auront aussi le droit au traitement du petit écran, tout comme L’Autre Sœur Bennet (2026-), une nouvelle série produite par la BBC.

    Basée sur le roman de Janice Hadlow, l’histoire se concentre sur Marie Bennet, l'une des cinq sœurs de la famille Bennet d'Orgueil et Préjugés. Mary est sans aucun doute la moins considérée de la famille, alors si comme moi, vous vous êtes toujours demandé si elle avait fini par trouver le bonheur ou à s'émanciper de ses parents, L’autre Soeur Bennet est une série faite pour vous. 

    Orgueil et Préjugés - Prochainement sur Netflix 

    Je vous en parlais il y a quelques semaines, Netflix est en train d'adapter Orgueil et Préjugés (2026-) en série. Cette œuvre incontournable de la littérature anglaise a déjà fait l’objet de nombreuses adaptations au cinéma comme à la télévision. Elizabeth Bennet, qui n’a jamais vraiment prêté attention au mariage (ou en tout cas, au mariage sans amour), rencontre un soir de bal, le fier et mystérieux Mr. Darcy.

    Malgré leurs différences, les malentendus et les idées préconçues qu’ils ont l’un de l’autre, l'amour pourrait bien se frayer un chemin entre eux. J’ai personnellement très hâte de découvrir ce que nous réserve cette distribution incroyable incluant Emma Corrin (Lizzie Bennet), Jack Lowden (Mr. Darcy) et Olivia Colman (Mrs. Bennet) !

    Young Sherlock - sur Prime Video le 4 mars 2026  

    On change complètement de registre pour cette fois parler d’une autre figure phare de la littérature anglaise : Sherlock Holmes. Guy Ritchie, le réalisateur des films Sherlock Holmes (2009) et Sherlock Holmes: Jeux d’ombres (2011), revisite cette fois une itération bien plus jeune du célèbre détective anglais. Hero Fiennes, Joseph Fiennes et Colin Firth font partie du casting très prometteur de cette nouvelle série.

    Young Sherlock (2026-) se concentre sur la jeunesse du personnage légendaire, alors qu’il est encore étudiant à Oxford. Comme le tease la bande-annonce, le détective en herbe rencontrera même son futur plus grand ennemi, James Moriarty. Cette version n'aura, semble-t-il, aucun rapport avec les deux films mettant en scène Robert Downey Jr. et Jude Law, même si on retrouvera quand même le côté bagarreur et provocateur de la version de l'interprète d’Iron Man. Après tout, c’est une série signée Guy Ritchie ! 

    Le Renard : Prince des voleurs, saison 2 - sur Disney+ le 10 février 2026

    Si vous aviez adoré la première saison de Renard : Prince des voleurs (2023-) et que vous attendiez désespérément la suite, il vous faudra encore un tout petit peu de patience (à peine quinze jours)avant de retrouver vos personnages préférés après plus de deux ans d’attente. Et pour celles et ceux qui avaient loupé cette pépite australienne passée relativement inaperçue à sa sortie, il est encore temps de découvrir la première saison sur Disney+. 

    Le Renard, ici incarné par Thomas Brodie-Sangster, est l’un des personnages principaux d’Oliver Twist de Charles Dickens. La série se déroule des années après les événements du roman, et on retrouve donc Jack Dawkins, dit « Le Renard », devenu un médecin respecté de Port Victory en Australie. Malheureusement pour lui, Fagin, un autre personnage essentiel du roman de Dickens, réapparaît dans la vie du jeune homme et pourrait bien tout chambouler. D’autant plus que Jack va tomber amoureux de la fille du gouverneur, Lady Belle Fox...

  • César 2026 : où et comment voir Nouvelle Vague et tous les films nommés ?

    César 2026 : où et comment voir Nouvelle Vague et tous les films nommés ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Qui succèdera à Emilia Pérez (2024), Meilleur film de la 50e cérémonie des César ? L'Académie des arts et techniques du cinéma vient de dévoiler les oeuvres et talents en lice pour l’édition 2026, qui se tiendra le 26 février (la date a été avancée d'une journée), sous la Présidence de Camille Cottin et la supervision de Benjamin Lavernhe, chef d’orchestre de En fanfare (2024) intronisé maître de cérémonie cette année.

    Un seul lauréat est connu à ce jour : Jim Carrey, qui recevra le César d'honneur sur la scène de L'Olympia. En attendant le reste du palmarès, JustWatch vous accompagne dans vos séances de rattrapage et vous dit où et comment revoir les longs métrages retenus par les 4 955 votant.es de l’Académie. Le meilleur du cinéma français vous attend ci-dessous !

    Nouvelle Vague (10 nominations) - actuellement au cinéma

    Quand le cinéma français célèbre… le plus célèbre des films français grâce à un réalisateur américain (vous suivez ?). Comme son titre l’indique, Nouvelle Vague (2025) nous plonge à la toute fin des années 50, à Paris, alors que le 7e Art va être bouleversé à jamais par l’arrivée d’une nouvelle génération de cinéastes et d'une révolution dans la manière de tourner. Dans un exercice de style réjouissant, Richard Linklater raconte la création et le tournage de À bout de souffle (1960) dans le style et l’esprit de Godard tournant À bout de souffle. Le nouveau venu Guillaume Marbeck, qui se glisse dans la peau du cinéaste, a été plébiscité par l’Académie, tout comme la reconstitution globale du long métrage, en lice pour 10 César dont ceux du Meilleur film et de la Meilleure réalisation.

    Nominations :

    • Meilleur film

    • Meilleure réalisation - Richard Linklater

    • Meilleur espoir masculin - Guillaume Marbeck

    • Meilleur scénario original

    • Meilleure photographie

    • Meilleurs costumes

    • Meilleurs décors

    • Meilleur son

    • Meilleur montage

    • Meilleur effets visuels

    Dossier 137 (8 nominations) - actuellement au cinéma

    Il y a trois ans, La Nuit du 12 (2022) avait été une claque de noirceur, saluée par 6 César. Dominik Moll est revenu avec Dossier 137 (2025), exploration glaciale, méthodique, procédurale même, d’une enquête menée par la police des polices après un incident impliquant les forces de l’ordre survenu dans le cadre d’une manifestation. Léa Drucker, prise entre les versions, les pressions et les résistances institutionnelles, est impeccable en anti-héroïne attachée au devoir de vérité. Si Nouvelle Vague pourra sans doute briller au palmarès pour ses qualités techniques et sa dimension cinéphile, Dossier 137, par son réalisme, son approche méthodique et son écho sociétal et politique, est un candidat majeur au César du Meilleur film.

    Nominations :

    • Meilleur film

    • Meilleure réalisation - Dominik Moll

    • Meilleure actrice - Léa Drucker

    • Meilleur scénario original

    • Meilleure photographie

    • Meilleur son

    • Meilleur montage

    • Meilleure musique originale - Olivier Marguerit

    L’Attachement (8 nominations) - disponible sur CANAL+ et en VOD

    Révélée avec La Tête de maman (2007) et Du vent dans mes mollets (2012), Carine Tardieu a brillé avec L’Attachement, qui lui vaut son plus gros succès en salles (près de 780 000 entrées). La réalisatrice a aussi beaucoup ému en adaptant le roman L’intimité d’Alice Ferney, l’histoire d’une quinquagénaire farouchement indépendante qui s’attache aux enfants de son voisin de palier, jeune veuf dévasté par la mort de sa femme. Le long métrage, sobre, juste et bouleversant, pourrait valoir à Valeria Bruni Tedeschi un deuxième César, 22 ans après sa statuette du Meilleur espoir pour Les Gens normaux n'ont rien d'exceptionnel (1993). Et marquer le premier trophée de Pio Marmaï, lui qui s’est privé de sommeil pour capturer l’émotion à fleur de peau de son personnage.

    Nominations :

    • Meilleur film

    • Meilleure réalisation - Carine Tardieu

    • Meilleure actrice - Valeria Bruni Tedeschi

    • Meilleur acteur - Pio Marmaï

    • Meilleure actrice dans un second rôle - Vimala Pons

    • Meilleure adaptation

    • Meilleure photographie

    • Meilleur montage

    L'Inconnu de la Grande Arche (8 nominations) - actuellement au cinéma

    Un film sur la création du monument emblématique de La Défense, sans star à l’affiche, au cœur des années 80 : L’Inconnu de la Grande Arche (2025) est un vrai pari de cinéma. Et un pari réussi pour Stéphane Demoustier (La Fille au bracelet, 2020), qui adapte le roman de Laurence Cossé en s’attachant à suivre l’architecte danois propulsé à la tête de ce chantier pharaonique. Outre les grandes qualités d’interprétation (quatre comédiens nommés, dont Claes Bang, révélé par The Square et le Dracula de Netflix), le film brille par sa reconstitution de l’époque, en utilisant les effets visuels pour intégrer les prises de vues dans des images d’archives. Si le César de cette catégorie s'adresserait, normalement, à des films plus « démonstratifs », il pourrait bien venir saluer cette proposition.

    Nominations :

    • Meilleure réalisation - Stéphane Demoustier

    • Meilleur acteur - Claes Bang

    • Meilleur acteur dans un second rôle - Swann Arlaud

    • Meilleur acteur dans un second rôle - Xavier Dolan

    • Meilleur acteur dans un second rôle - Michel Fau

    • Meilleure adaptation

    • Meilleurs décors

    • Meilleur effets visuels

    La Petite dernière (7 nominations) - actuellement au cinéma

    Quel parcours artistique pour Hafsia Herzi depuis son César du Meilleur espoir féminin pour La Graine et le Mulet (2007) ! César de la Meilleure actrice l’an dernier pour Borgo (2024), la comédienne-réalisatrice place sa Petite dernière (2025) dans pas moins de sept catégories aux César 2026, dont Meilleur film et Meilleure réalisation. Passée par Cannes, son troisième film (après Tu mérites un amour et Bonne Mère), adaptation du roman autobiographique de Fatima Daas, interroge les questions de la foi, de la culture et de l’orientation sexuelle à travers le parcours émancipateur de Fatima, benjamine d’une famille franco-algérienne vivant en banlieue parisienne. Déjà primée sur la Croisette pour son interprétation lumineuse et habitée, Nadia Melliti est la grande favorite pour le César du meilleur espoir féminin, comme un beau passage de relais avec sa réalisatrice.

    Nominations :

    • Meilleur film

    • Meilleure réalisation - Hafsia Herzi

    • Meilleure actrice dans un second rôle - Ji-Min Park

    • Meilleur espoir féminin - Nadia Melliti

    • Meilleure adaptation

    • Meilleur montage

    • Meilleure musique originale - Amine Bouhafa

    La Femme la plus riche du monde (6 nominations) - actuellement au cinéma

    La Femme la plus riche du monde (2025) ajoute six nominations aux César à sa fortune personnelle. Un joli butin pour le film de Thierry Klifa, librement inspiré de l’Affaire Bettencourt et dont le rôle principal a spécifiquement été écrit pour Isabelle Huppert avec une plume acérée, qui fait osciller le récit de ce fait divers entre satire sociale, jeux de pouvoirs et comédie féroce. Entourée dans ce Succession à la française de Laurent Lafitte, Marina Foïs et Raphaël Personnaz, tous nommés par l’Académie à ses côtés, l’actrice se distingue par son jeu -c’est sa 17e nomination, un record !- mais aussi par une impressionnante garde-robe de 70 costumes, dont la variété et la qualité ont tapé dans l'œil des votant.es.

    Nominations :

    • Meilleure actrice - Isabelle Huppert

    • Meilleur acteur - Laurent Lafitte

    • Meilleure actrice dans un second rôle - Marina Foïs

    • Meilleur acteur dans un second rôle - Raphaël Personnaz

    • Meilleurs costumes

    • Meilleure musique originale - Alex Beaupain

    Arco (4 nominations) - actuellement au cinéma

    Arco (2025), c’est l’histoire d’un premier film d’animation, conte poétique, écologique et futuriste, qui a conquis la planète cinéma depuis son passage par le Festival de Cannes en mai dernier. Ce Ghibli à la française raconte la jolie rencontre entre un petit garçon venu d’un futur lointain et d’une petite fille qui vit dans un futur proche, surveillée avec bienveillance par un robot babysitter bouleversant. Parallèlement aux César, où il « déborde » de sa case animée pour glaner trois autres nominations (dont Meilleur premier film), le long métrage d’Ugo Bienvenu est également en lice aux Oscars, aux côtés de Amélie et la métaphysique des tubes (2025). Côté glamour, ces quatre citations sonnent comme une promesse de la présence de Natalie Portman, productrice du film, dans les travées de L’Olympia.

    • Nominations :

    • Meilleur film d’animation

    • Meilleur premier film

    • Meilleur son

    • Meilleure musique originale - Arnaud Toulon

    L’Etranger (4 nominations) - actuellement au cinéma

    En dix-neuf nominations, François Ozon n’a jamais été récompensé aux César. Cette 51e cérémonie confirme pour une nouvelle année le statut de « mal-aimé » du réalisateur français au sein de la grand famille du cinéma français : si son adaptation de L’Etranger (2025) est saluée pour ses comédiens (Benjamin Voisin et Pierre Lottin que j’adore !), la musique atmosphérique de Fatima Al Qadiri et sa superbe photographie en noir et blanc, le réalisateur n’est distingué ni pour sa réalisation, ni pour son scénario, ni pour son film. Des votes quelque peu injustes alors qu’il a livré une transposition solide de l’inadaptable chef d'œuvre littéraire d’Albert Camus, où transparaît la distance froide et l’ennui existentiel de Meursault sous le soleil de plomb de l’Algérie de 1938. Un travail que les votant.es des Lumières ont tenu, au contraire, à saluer en lui décernant le Prix du meilleur film il y a quelques jours.

    Nominations :

    • Meilleur acteur - Benjamin Voisin

    • Meilleur acteur dans un second rôle - Pierre Lottin

    • Meilleure photographie

    • Meilleure musique originale - Fatima Al Qadiri

    Nino (4 nominations) - actuellement au cinéma

    Dévoilé à Cannes, primé à Rome et à Deauville, Nino (2025) conclut son joli parcours aux César, avec quatre nominations dont Meilleur premier film, catégorie pour laquelle la réalisatrice Pauline Loques fait figure de grande favorite. Son comédien, Théodore Pellerin, ne devrait pas non plus faire de figuration le 26 février, lui qui impose son jeu et sa grâce étrange projet après projet depuis Chien de Garde (2018), Beau Is Afraid (2023) et Becoming Karl Lagerfeld (2024). Centré sur le parcours introspectif d’un jeune homme, à quelques jours du début de son traitement contre un cancer de la gorge, Nino est un coup d’essai délicat, intime et sensible. Et un premier coup de maître pour une réalisatrice définitivement à suivre.

    Nominations :

    • Meilleur premier film

    • Meilleure actrice dans un second rôle - Jeanne Balibar

    • Meilleur espoir masculin - Théodore Pellerin

    • Meilleur scénario original

    Partir un jour (4 nominations) - disponible sur CANAL+ et en VOD

    Une autre réalisatrice prometteuse, c’est Amélie Bonnin. Son premier film, Partir un jour (2025) a affronté avec délicatesse et en musique le Festival de Cannes où il a fait l’ouverture en mai dernier, avant de toucher un large public (660 000 entrées), embarqué dans ce retour au source de Juliette Armanet dans son village d’enfance. La chanteuse aurait d’ailleurs mérité -selon moi- de figurer parmi les nominations du film, aux côtés de sa réalisatrice, de Dominique Blanc et de Bastien Bouillon. Nommé dans la catégorie Meilleur acteur, le comédien poursuit sa prometteuse ascension, lui qui avait été sacré Meilleur espoir pour La Nuit du 12 avant d’être nommé en Meilleur second rôle pour Monte-Cristo. Pour l’anecdote, il incarnait le héros du court métrage Partir un jour (2021) qui a inspiré le long métrage, et c’est intéressant de jeter un oeil aux deux pour comparer les différences entre les deux visions d’Amélie Bonnin, et ce changement d’un héros à une héroïne.

    Nominations :

    • Meilleur premier film

    • Meilleur acteur - Bastien Bouillon

    • Meilleure actrice dans un second rôle - Dominique Blanc

    • Meilleur son

    L'Épreuve du feu (3 nominations) - disponible en VOD

    Sorti en plein été, L'Épreuve du feu (2025) a émergé comme l’un des chouchous des jeunes cinéphiles. Aurélien Peyre y adapte son propre moyen métrage, Coqueluche (2018), et raconte l’été vécu par un jeune homme timide auprès de sa famille et de ses amis, accompagné de sa petite amie esthéticienne et exubérante. Les railleries des un.es et les convoitises des autres vont alors mettre à mal les certitudes du couple. Nommé au César du Meilleur espoir pour Été 85 (avec Benjamin Voisin, d'ailleurs), Félix Lefebvre retrouve la catégorie pour la deuxième fois, aux côtés de sa partenaire Anja Verderosa. D’un casting sauvage à la cérémonie des César, la jeune femme connaît une ascension fulgurante dans le rôle de celle qui va déclencher une réflexion profonde sur la manière dont les interactions sociales façonnent notre construction.

    Nominations :

    • Meilleur premier film

    • Meilleur espoir féminin - Anja Verderosa

    • Meilleur espoir masculin - Félix Lefebvre

    La Venue de l’avenir (3 nominations) - disponible en VOD

    Avec son, casting de « fils et filles de », le quinzième long métrage de Cédric Klapisch s’est traîné pendant un petit moment une étiquette de « film de nepo-babies ». Succès en salles (près d’un million d’entrées), La Venue de l’avenir (2025) a finalement convaincu le public, la critique et les votants avec ce  voyage introspectif sur deux temporalités, qui interroge la culture, le temps, la famille et l’identité avec poésie. Au-delà de la performance de Suzanne Lindon, citée au César du Meilleur espoir (remporté il y a trente ans par… sa propre maman, Sandrine Kiberlain pour En avoir (ou pas) !), la reconstitution de la fin du XIXème siècle proposée par le cinéaste a obtenu les suffrages des votant.es avec une présence dans les catégories Meilleurs décors et Meilleurs costumes.

    Nominations :

    • Meilleur espoir féminin - Suzanne Lindon

    • Meilleurs costumes

    • Meilleurs décors

    Chien 51 (2 nominations) - actuellement au cinéma

    Avec ses 42 millions d’euros de budget, Chien 51 (2025) était le projet français le plus ambitieux de l’année avec le Dracula réimaginé par Luc Besson. Le polar dystopique de Cédric Jimenez (BAC Nord, Novembre) a depuis connu une carrière en demi-teinte, avec « seulement » 1,3 millions de billets vendus dans l’Hexagone. Si le scénario du film -adapté du roman de Laurent Gaudé et centré sur une enquête dans un Paris divisé en castes sociales- n’a pas forcément convaincu, l’univers et l’ambition ont été unanimement loués. Les nominations dans les catégories Meilleurs décors et Meilleurs effets visuels, finalement très complémentaires sur un projet de science-fiction de cette envergure, en attestent. 

    Nominations :

    • Meilleurs décors

    • Meilleurs effets visuels

    La Pampa (2 nominations) - disponible sur OCS et en VOD

    Au-delà de leurs interprétations puissantes à l’écran, Damien Bonnard et Artus font presque office de « parrains » de ce premier film d’Antoine Chevrollier, qui a touché critiques et spectateurs aux tripes dès sa sortie il y a près d’un an. La Pampa (2025), c’est une histoire d’amitié dans la campagne française, qui brille par sa représentation d’une jeunesse rurale tiraillée entre rêves de liberté et contraintes sociales. A ce titre, le duo formé par Sayyid El Alami (la révélation du film, nommé au César du Meilleur espoir et déjà l’affiche de la série coup de poing Oussekine) et Amaury Foucher est le cœur battant de cette histoire. Qu’on se le dise : entre La Pampa, Arco, Partir un jour, Nino et L'Épreuve du feu, la course au César du Meilleur premier film s’annonce serrée !

    Nominations :

    • Meilleur premier film

    • Meilleur espoir masculin - Sayyid El Alami

    Le Chant des forêts (2 nominations) - actuellement au cinéma

    Plébiscité pour le sublime La Panthère des neiges (2021), récompensé par le César du Meilleur documentaire il y a quatre ans, Vincent Munier est de retour dans la catégorie, sans sa coréalisatrice Marie Amiguet. Pour Le Chant des forêts (2026) -dont l’affiche est sans aucun doute l’une des plus belles de l’année passée, le cinéaste a posé sa caméra dans ses Vosges natales, pendant près de dix ans, pour capter des instants offerts par la Nature, entre paysages, cerfs, renards, lynx et oiseaux rares. Le film croise son regard, celui de son père naturaliste et celui de son propre fils : trois générations mais une même fascination pour le miracle du vivant, qui profite d’un travail exceptionnel sur le son pour renforcer la dimension immersive, contemplative, méditative et poétique de l'œuvre.

    Nominations :

    • Meilleur film documentaire

    • Meilleur son

    Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan (2 nominations) - disponible en VOD

    Dans Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan (2025), Leïla Bekhti incarne la mère de son ami Jonathan Cohen. Un pari d’interprétation et de maquillage réussi, qui lui permet de donner vie à la maman-courage de Roland Perez, dont le film adapte l’histoire vraie, un homme né avec un pied-bot et pour qui sa mère se battra toute sa vie pour ne jamais réduire son existence à son handicap. Devant la caméra humaniste de Ken Scott (Starbuck, 2011), la comédienne donne au personnage toute sa force, sa tendresse et son amour. Avec à la clé, une sixième nomination aux César. Et si l’Académie lui offrait la statuette de la consécration, quinze ans après son trophée du Meilleur espoir féminin pour Tout ce qui brille (2010) ?

    Nominations :

    • Meilleure actrice - Leïla Bekhti

    • Meilleurs décors

    Un simple accident (2 nominations) - actuellement au cinéma

    La France ayant choisi le long métrage de Jafar Panahi pour représenter le cinéma hexagonal dans la course aux Oscars, il aurait été inconcevable de ne pas le retrouver aux César ! Palme d’Or à Cannes en mai dernier, Un simple accident (2025) émerge ainsi dans la catégorie reine, ainsi que dans celle du Meilleur scénario original. Deux nominations logiques pour ce drame politique, qui flirte parfois avec la comédie décalée et qui confronte d’anciens prisonniers politiques iraniens à un homme en qui ils croient reconnaître leur ancien bourreau. A partir d’un quiproquo, le cinéaste -qui a tourné dans la clandestinité et dont certains comédiens sont toujours bloqués en Iran- offre une réflexion puissante et profonde sur la justice, la vengeance et le pardon.

    Nominations :

    • Meilleur film

    • Meilleur scénario original

    Et aussi (1 nomination) :

    13 jours, 13 nuits (2025) - disponible sur CANAL+ et en VOD

    • Meilleur montage

    A bicyclette ! (2025) - disponible sur CANAL+ et en VOD

    • Meilleur film documentaire

    Amélie et la métaphysique des tubes (2025) - disponible en VOD

    • Meilleur film d’animation

    Black Dog (2024) - disponible en VOD

    • Meilleur film étranger

    Dracula (2025) - disponible en VOD

    • Meilleurs costumes

    Jane Austen a gâché ma vie (2025) - disponible sur CANAL+ et en VOD

    • Meilleur espoir féminin - Camille Rutherford

    Kika (2025) - actuellement au cinéma

    • Meilleur espoir féminin - Marion Clavel

    L’Agent Secret (2025)

    • Meilleur film étranger

    L’Engloutie (2025) - actuellement au cinéma

    • Meilleure photographie

    L’Homme qui rétrécit (2025) - actuellement au cinéma

    • Meilleurs effets visuels

    La Chambre de Mariana (2025) - disponible en VOD

    • Meilleure actrice - Mélanie Thierry

    La Condition (2025) - actuellement au cinéma

    • Meilleurs costumes

    La Vie de château, mon enfance à Versailles (2025) - actuellement au cinéma

    • Meilleur film d’animation

    Le Cinquième plan de La Jetée (2025)

    • Meilleur film documentaire

    Météors (2025) - actuellement au cinéma

    • Meilleur espoir masculin - Idir Azougli

    Personne n’y comprend rien (2025) - disponible en VOD

    • Meilleur film documentaire

    Put Your Soul On Your Hand And Walk (2025) - disponible en VOD

    • Meilleur film documentaire

    Sirat (2025) - disponible en VOD

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  • Vous avez adoré Les Sept Cadrans d’Agatha Christie sur Netflix ? Voici 8 séries incontournables adaptées de la reine du crime

    Vous avez adoré Les Sept Cadrans d’Agatha Christie sur Netflix ? Voici 8 séries incontournables adaptées de la reine du crime

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Vous avez dévoré Les Sept Cadrans, la nouvelle mini-série en mode whodunit de Netflix ? On vous comprend ! Cette nouvelle adaptation du roman d’Agatha Christie cartonne en France et occupe actuellement la deuxième place des programmes les plus regardés sur la plateforme de streaming.

    Helena Bonham Carter, Martin Freeman et Mia Mckenna Bruce sont à l'affiche de cette enquête mettant en scène le Superintendant Battle, un enquêteur de Scotland Yard qui apparaît dans cinq des romans d'Agatha Christie. Il est certes un peu moins connu que ses confrères Hercule Poirot ou Miss Marple, mais il est néanmoins tout aussi efficace. Dans Les Sept Cadrans (2025) un bal masqué somptueux tourne au drame lorsque le jeune Gerry Wade est retrouvé mort dans sa chambre par son amie de toujours, Lady Eileen, au lendemain de la fête. Battle va alors mener l’enquête.

    Si les romans de la reine du crime ont longtemps été associés à une vision assez classique et « datée » du roman policier, le petit comme le grand écran ont proposé ces dernières années de nouvelles adaptations plus contemporaines, ou en tout cas bordées d’une mise en scène plus sombre et plus modernes sans pour autant se défaire de cette ambiance si typique des whodunits des années 30, 40 ou 50.

    Pour JustWatch, je vous ai donc préparé une sélection des meilleures adaptations modernes d’Agatha Christie en mini-séries, si vous êtes déjà à la recherche de votre prochain whodunit préféré !

    Témoin Indésirable (2018) 

    Témoin Indésirable (2018) est l’une de mes adaptations préférées, d'autant plus qu’il s’agit de l’une des histoires les plus sombres écrites par Agatha Christie. La très riche mère de famille Rachel Argyle est retrouvée morte dans son somptueux manoir, et l’un de ses fils adoptifs, Jack, est très vite inculpé pour meurtre. Il décède en prison, bien qu’il ait toujours clamé son innocence. Quelques années après, un homme mystérieux se présente auprès de la famille comme étant la seule personne pouvant disculper Jack. 

    Cette adaptation est élevée par des performances brillantes de la part de Bill Nighy, Anna Chancellor, Anthony Boyle, Ella Purnell, Eleanor Tomlinson ou encore Alice Eve. Les séquences de flashbacks donnent notamment un excellent aperçu des dynamiques malsaines qui ont trouvé leur place au sein de cette famille, et l’acteur irlandais Anthony Boyle apporte une dualité et un magnétisme très intéressant au personnage de Jack.

    Ils étaient dix (2015)

    La première fois que j’ai vu Ils étaient dix (2015), j’ai été immédiatement happée par l'atmosphère sinistre et tempétueuse de l'île et de cette maison de l’horreur. Dix invités se retrouvent dans une maison isolée sur un archipel isolé au large des côtes anglaises. Ils ne se connaissent pas, et ne savent même pas ce qu’ils font là. Lors du premier dîner qu’ils partagent, une première mort choquante se déroule devant leurs yeux : ils comprennent alors que ce n'était pas un accident, et que leur temps est compté. 

    Une ambiance brumeuse, voire horrifique, des prestations d’acteurs toutes plus impressionnantes les unes que les autres: Cette adaptation doit absolument rejoindre votre watchlist si vous ne l'avez pas encore vue. A prolonger avec la version française Ils étaient dix (2021) emmenée par Samuel Le Bihan, Guillaume De Tonquédec, Marianne Denicourt et Roman Bohringer.

    Pourquoi pas Evans ? (2022)

    Will Poulter et Lucy Boynton mènent avec brio cette enquête complexe, réalisée par Hugh Laurie (Dr. House). Emma Thompson fait même une apparition dans cette mini-série de 3 épisodes ! Quand le jeune Bobby Jones découvre un blessé au pied d’une falaise, il lui vient immédiatement en aide, avant que l'homme ne succombe finalement à ses blessures. Mais avant de mourir, il pose à Bobby une question énigmatique : « Pourquoi pas Evans ? ».

    Il trouve également la photo d’une belle jeune femme mystérieuse dans sa veste. Bobby et son amie Frankie se jettent alors au coeur de cette enquête, afin de découvrir ce que l’homme a bien pu vouloir dire, mais également identifier la femme sur la photo. J’ai adoré cette mini-série qui vous tient en haleine jusqu'à la résolution finale ! De plus, Lucy Boynton apporte une véritable espièglerie, un charme et un excellent sens de l'humour au personnage de Frankie. 

    Un meurtre est-il facile ? (2023)

    Un meurtre est-il facile ? (2023) met en scène Luke Fitzwilliam, un jeune détective qui fait la connaissance d’une certaine Lavinia Pinkerton à bord d’un train anglais. Elle lui raconte qu’elle s'apprête à dénoncer à la police un meurtre ayant été commis dans son village. Fitzwilliam, intrigué par la situation -et par le peu d’information que Pinkerton partage avec lui-, se rend dans le bourg et commence à enquêter non pas sur un meurtre, mais sur une série de morts suspectes. 

    Portée par David Jonsson, Morfydd Clarke et Penelope Wilton, cette adaptation plus moderne du roman publié par Agatha Christie en 1939 adopte quelques changements par rapport au livre original, notamment en transposant l’histoire dans les années 1950. Néanmoins, tous les ingrédients clés pour un whodunit efficace et agréable sont à nouveau ici réunis.

    ABC contre Poirot (2018)

    John Malkovich incarne un Hercule Poirot cerné par le doute et par le sentiment d'avoir perdu de sa superbe dans ABC contre Poirot (2018), adapté par la BBC. Le célèbre détective d’Agatha Christie est sur les traces d’un tueur en série qui assassine toutes ses victimes en fonction de leurs initiales, de leur ville et de l’ordre alphabétique. Poirot est également confronté à l'inspecteur Crome (Rupert Grint), qui essayera par tous les moyens de s’imposer alors même que le célèbre détective belge semble être la clé du mystère. 

    John Malkovich est excellent dans cette version de Poirot, que nous connaissons finalement assez peu. En effet, il n’a plus sa fameuse moustache, et son aura ainsi que sa gloire semblent appartenir au passé. Pourtant, les fans de Christie ne pourront que se réjouir de voir ce personnage qu’ils aiment tant retrouver sa confiance en lui et résoudre l’une des plus grandes énigmes de sa carrière.

    L’Heure Zéro (2025)

    Cette mini-série de 3 épisodes est la plus récente de cette liste, puisqu’elle est sortie en 2025 outre-Atlantique. Elle commence par le divorce d’une star du tennis, Nevile Strange : Nevile est tombé amoureux d’une autre femme et pourtant, le couple fraîchement séparé décide de passer des vacances ensemble dans la maison de leur tante richissime, Lady Tressilian (Angelica Huston). La nouvelle fiancée de Nevile étant également de la partie, cette situation n'est pas pour plaire à Lady Tressilian, qui s’insurge contre cette désacralisation du mariage. 

    Et comme dans tout bon whodunit qui se respecte, une galerie de personnages se retrouvent également dans cette somptueuse demeure. Secrets, mensonges et jalousies diverses et variées font leur apparitions, jusqu'à ce qu’un meurtre soit commis, et que tous se retrouvent suspects. Entre l'enquête qui bat son plein et les règlements de comptes personnels, L’Heure Zéro (2025) saura vous tenir en haleine jusqu'au bout. 

    Le Cheval Pâle (2020)

    Superstitions et sorcellerie s’invitent dans cette adaptation du Cheval Pâle (2020), menée par une distribution incroyable incluant Rufus Sewell et Kaya Scodelario. Dans un petit village tranquille, Mark Easterboork, un antiquaire, se retrouve dans la tourmente lorsque son nom apparait sur une liste trouvée dans la chaussure d’une femme morte : toutes les personnes de la liste ont été assassinées… et Mark est le prochain.

    Cette mini-série en trois épisodes est une véritable réussite -même si n’ayant pas lu le livre, je ne peux donc pas comparer avec l'œuvre originale. Les éléments d’horreur et d’occulte ajoutés à cette enquête sont particulièrement efficaces et rendent la série vraiment prenante.

    Témoin à Charge (2016)

    Toby Jones, Kim Cattrall et Andrea Riseborough se donnent la réplique dans cette adaptation captivante de la pièce de théâtre -et de la nouvelle avant ça- d'Agatha Christie. Lorsque qu'Emily French, une riche héritière est retrouvée morte chez elle, son amant est immédiatement accusé du meurtre. Il plaide non coupable, mais sa femme témoigne également devant le tribunal et accuse son mari du meurtre. 

    Témoin à Charge (2016), c’est une enquête prenante soutenue par des performances d’acteurs excellents. Et c’est l’une des meilleures mini-séries de cette liste. Kim Cattrall y est extrêmement émouvante en riche et solitaire héritière.

  • Stranger Things : tous les programmes à voir sur Netflix (feu de cheminée inclus !)

    Stranger Things : tous les programmes à voir sur Netflix (feu de cheminée inclus !)

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Stranger Things (2016-2026) vous manque déjà ? Après la mise en ligne du dernier épisode de la série le 1er janvier, Netflix continue à faire vivre l’univers imaginé par les frères Duffer grâce à toute une gamme de programmes dérivés, bonus ou expériences immersives qui prolongent, chacun à leur manière, le séjour à Hawkins.

    Coulisses, pièce de théâtre, feu de cheminée… tout ce qui a trait à Stranger Things est regroupé dans un corner spécial, la « Collection Stranger Things », qui compte cinq vignettes dont celle introduisant la série. On vous propose de découvrir les autres programmes ci-dessous, bientôt rejoints par une série animée très attendue.

    La dernière aventure : le making-of de Stranger Things 5

    Sortez les mouchoirs ! Pendant deux heures avec La Dernière aventure : le making-of de Stranger Things 5 (2026), on joue les petites souris dans les coulisses de la cinquième et ultime saison de la série, avec une intensité émotionnelle difficile à ignorer. De quoi réaliser à quel point le show a occupé une place centrale dans la vie de ses comédiens, parfois pendant plus d’une décennie.

    L’un des moments forts est la lecture collective du dernier épisode. Réunis dans une grande salle, assis à même le sol, sur des chaises ou canapés, l’équipe laisse éclater son émotion. Les larmes coulent, puis un silence très éloquent s’installe après le point final. Les frères Duffer expliquent le moment : « On a vécu une expérience cathartique en écrivant ces dernières scènes » dit l’un. « Je me souviens du moment où j’ai écrit les mots ‘FIN DE LA SERIE’, ça a eu un énorme impact et on les écrit alors qu’on est encore en train de tourner », confie l’autre. 

    Pendant cette incursion en coulisses, on observe aussi la conception des décors des scènes les plus marquantes. SPOILERS. Et au moment de la répétition de la scène fatale à Vecna, on surprend même les acteurs danser après cet événement scénaristique, comme pour relâcher une tension accumulée depuis des années ! Fun fact : d’autres anecdotes plus légères filtrent de ce reportage derrière l’écran. On apprend par exemple que la mère des Duffer, choquée, a arrêté de regarder la série après la mort de Bob dans la saison 2.

    Beyond Stranger Things - Les coulisses de la saison 2

    Pour ceux qui avaient loupé cette mini-série documentaire, il est toujours temps de rattraper Beyond Stranger Things (2017). Diffusée à l’issue de la saison 2, elle se compose de cinq épisodes, chacun consacré à un ou plusieurs moments clés de ce deuxième chapitre.

    Animée par Jim Rash, acteur et scénariste oscarisé (Community, The Descendants), elle rassemble autour d’une table les frères Duffer, le producteur Shawn Levy et une partie du casting pour des discussions à bâtons rompus autour du décryptage des épisodes, avec anecdotes de tournage à l’appui. Le ton est volontairement léger et complice, à l’image d’une équipe encore portée par l’enthousiasme d’un succès en pleine ascension. Gros coup de cœur pour les vidéos d’auditions des enfants de la série, dont on perçoit l’évident talent.

    Avec le recul, Beyond Stranger Things fonctionne aussi comme une véritable capsule temporelle. On y retrouve les jeunes acteurs à un moment charnière de leur carrière, encore loin du statut d’icônes mondiales, et les frères Duffer en pleine construction de leur univers. Sans prétendre à l’exhaustivité, cette mini-série offre un regard sincère et accessible sur la fabrication de la saison 2, et constitue un complément idéal pour les fans curieux de comprendre les coulisses du phénomène.

    Stranger Things : The First Shadow - Les coulisses de la pièce

    La majorité des addicts à la série n’ont pas vu la pièce de théâtre Stranger Things : The First Shadow (2025), qui joue au London Theatre de Londres jusqu’en avril et au moins jusqu’au mois de juillet à Broadway à New York. Mais ils seront peut-être intéressés par ce documentaire d’1h30 sur l’incroyable travail en coulisses pour produire ce spectacle.

    De l’avancée du script à l’imagination et fabrication des décors jusqu’au casting, rien n’est laissé au hasard, tout en se faisant dans une grande urgence. « Sans montage, sans coupe… l’adaptation est un véritable défi », raconte la scénariste, tandis que le designer des effets spéciaux évoque la difficulté de « recréer l’ampleur des effets que l’on voit de la série, en direct, sur scène, huit fois par semaine ». 

    De quoi parle la pièce de théâtre ? D’après une histoire originale signée par les frères Duffer, Jack Thorne et Kate Trefry, elle explore les origines d’Henry Creel et des événements qui ont forgé l’univers de Stranger Things. L’histoire se passe à Hawkins, dans l'Indiana, en 1959. La famille Creel est en quête d’un nouveau départ, surtout Henry, un ado pressé de laisser derrière lui un passé trouble. Après des débuts sans histoire où Henry se fait des amis et intègre la pièce de théâtre de l’école, la ville est frappée par une vague de crimes choquants qui le forcent à affronter une vérité terrifiante : est-il lié aux horreurs qui se déroulent autour de lui ?

    Stranger Things Fireplace

    Les ampoules de toutes les couleurs s’allument et clignotent au-dessus des lettres de l’alphabet sur le mur de papier peint du salon eighties… Juste au-dessus d’une cheminée où une flambée crépitante attire notre œil de fan. Vous êtes bien dans le Stranger Things Fireplace (2025) !

    D’étranges bruits se font entendre, presque imperceptibles au départ, comme des frottements venus d’ailleurs. L’image semble figée, rassurante, presque décorative, mais très vite, quelque chose cloche. Des ombres traversent le foyer, des bruits bizarres se font entendre, et l’Upside Down s’invite dans ce moment faussement paisible.

    Le Stranger Things Fireplace détourne l’un des programmes les plus anodins de Netflix — le feu de cheminée d’ambiance — pour en faire une expérience délicieusement inquiétante, fidèle à l’ADN de la série : transformer le quotidien en terrain de jeu pour l’étrange. Plus qu’un simple gadget, ce feu de cheminée en direct d’Hawkins agit comme un clin d'œil qui ne raconte pas une histoire à proprement parler, mais convoque un imaginaire immédiatement reconnaissable, entre nostalgie et menace diffuse.

    n peut le laisser tourner en fond sonore lors d’une soirée d’hiver, le regarder distraitement ou guetter chaque apparition surnaturelle comme un mini jump scare improvisé. En refusant la narration classique, Stranger Things Fireplace prolonge l’univers de la série de manière presque sensorielle, rappelant que l’une de ses grandes forces a toujours été de créer une atmosphère.

  • Yoshi Superstar ! Où voir le dinosaure avant la sortie de Super Mario Galaxy ?

    Yoshi Superstar ! Où voir le dinosaure avant la sortie de Super Mario Galaxy ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « Suite à la première bande-annonce, les gens demandaient : ‘Yoshi ne sera pas dans le film ?’ Bien sûr que si ! ». Shigeru Miyamoto, légende Nintendo et créateur -entre autres- de Mario Bros., a rassuré les fans en dévoilant les nouvelles images de Super Mario Galaxy - le film, attendu le 1er avril 2026 au cinéma. Une suite où le célèbre dino sera bien présent !

    Un personnage iconique depuis 1990

    Le personnage, initialement imaginé comme une simple monture pour le plombier sur Super Nintendo en 1990, est vite devenu une icône incontournable de l’univers avec son corps de reptile à carapace, sa langue étirable, son design tout mignon et sa voix inimitable créée par le compositeur, directeur artistique sonore et comédien de doublage Kazumi Totaka.

    « Depuis plus de 30 ans, Yoshi fait partie intégrante des aventures de Mario », explique  Shigeru Miyamoto. « Lorsque nous avons lancé le développement de Super Mario World, Yoshi est né de l’envie de se déplacer sur le dos d’un petit dinosaure. M. Kondo a ajouté des percussions à la musique d’ambiance, et Yoshi, avec qui c’est un plaisir de courir, sauter, écraser, avaler et pondre des œufs, a vu le jour. Ensuite, dans Super Mario World 2 Yoshi’s Island, il protège Bébé Mario et peut lancer des œufs. »

    Yoshi sera bien dans Super Mario Galaxy

    « Yoshi a ensuite évolué vers la 3D et a continué à jouer un rôle actif dans différents jeux. Pour ce film, nous avons collaboré avec les artistes d’Illumination pour porter Yoshi sur grand écran ». Un long métrage où les deux frangins croisent le chemin de Yoshi dans les ruines d’une mystérieuse pyramide issue de Super Mario Odyssey, avant de l’intégrer à leur aventure et à leur groupe (au grand dam de Toad !).

    Si son rôle au sein de l’intrigue n’est pas encore spécifié, Yoshi sera assurément central comme en témoigne la nouvelle affiche mais aussi sa présence aux côtés de Bébé Mario et Bébé Luigi, qu’il protège armé d’un Super Scope 6 (nostalgie totale !). Avec la promesse d’une rencontre inattendue avec un tyrannosaure qui emprunte son rugissement au T-Rex de Spielberg ! A quelques semaines de la sortie, alors que les équipes terminent la post-production et le design sonore, JustWatch retrace les précédentes apparitions de Yoshi sur petit et grand écran.

    Super Mario Bros., le film (2023)

    Si les fans n’ont cessé de chercher une confirmation de la présence de Yoshi dans Super Mario Galaxy - le film (2026) depuis la sortie de Super Mario Bros. le film (2023), c’est que le personnage y était teasé à deux reprises ! Au-delà d’une rapide apparition d’un troupeau de Yoshis de différentes couleurs pendant que Mario, Peach et leurs amis traversent certaines zones du Royaume Champignon, c’est surtout la scène post-générique du long métrage qui annonçaient son arrivée : dans des sous-sols gris et humides, un œuf blanc à points verts, immédiatement reconnaissable, est dévoilé… avant de se craqueler et de laisser sortir le son iconique du dinosaure. Si vous faites partie des 7,3 millions de spectateurs en salles mais que vous êtes partis avant la fin, vous l’avez loupé ! C’est donc une bonne occasion de revoir le film.

    Super Mario Bros. (1993)

    C’est le film que Nintendo aimerait effacer ! En 1993, l’adaptation de Super Mario Bros. en prises de vues réelles est une catastrophe artistique et industrielle, qui transpose l’univers coloré et joyeux des jeux vidéo dans le monde parallèle de Dinohattan, dirigé par Koopa (Dennis Hopper en roue libre). Dans cette production improbable et kitsch où Bob Hoskins, John Leguizamo et Samantha Mathis font ce qu’ils peuvent, Toad devient un géant benêt, les champignons prennent la forme de filaments façon The Last of Us, et Yoshi est un « vrai » dinosaure, sorte de mini-T Rex utilisé comme animal de compagnie par la famille royale.  Neuf marionnettistes étaient nécessaires pour donner vie à cette animatronique d’un mètre de haut, qui fait pâle figure à côté de ses cousins de Jurassic Park sortis la même année.

    Super Mario World : Yoshi The Superstar (1991)

    Super Mario World : Yoshi The Superstar (1991) est une série animée de 13 épisodes, qui suit les aventures de Mario, Luigi, Peach et Yoshi (Toad est absent, remplacé par le garçon des cavernes Oogtar) dans un univers croisant les paysages du jeu vidéo et un univers préhistorique. Personnage central et ressort comique de la joyeuse bande, le dinosaure y est poltron, affamé et attachant… une sorte de Scooby-Doo d’écailles en quelque sorte, qui peut toutefois devenir légèrement horripilant à la longue. Avant tout destiné au jeune public, le programme a trouvé un bel écho chez les gamers fans, notamment l’épisode Mama Luigi qui raconte comment Luigi a trouvé l'œuf de Yoshi et l’a élevé comme son enfant. Deux autres séries animées ont précédé le show : Super Mario Bros. (1989) et Les Aventures de Super Mario Bros. 3 (1990).

  • Toy Story 5, Les Légendaires, Super Mario, Astérix : 40 films d’animation pour 2026 !

    Toy Story 5, Les Légendaires, Super Mario, Astérix : 40 films d’animation pour 2026 !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    2026 s’annonce comme une ÉNORME année de cinéma. Entre les blockbusters US avec le « Dunesday » en point d’orgue, le retour de grand.es cinéastes, les productions françaises attendues et les adaptations de romans, l’agenda des sorties promet du très grand spectacle. Ajoutez à cela un line-up animé aussi chargé que diversifié, et les entrées devraient pleuvoir par millions !

    Cette année, le cinéma d’animation promet en effet une grande variété d’œuvres, où se croiseront jouets Pixar, Minions délirants, irréductibles Gaulois, Toons déjantés, animaux rigolos et univers poétiques. Pour JustWatch, je vous propose un petit calendrier des sorties cinéma du genre, qui ne prend en compte ni les programmes pour tout-petits, ni les animé attendus en streaming.

    Alice au pays des merveilles : Dive in Wonderland - au cinéma le 14 janvier 2026

    L’imagerie d’Alice au pays des merveilles est tellement associée au classique Disney (1951) puis à l’adaptation live action de Tim Burton (2010) qu’on en oublie que d’autres peuvent livrer leur vision de l’univers fantastique imaginé par Lewis Carroll. C’est ce que propose Dive in Wonderland de Toshiya Shinohara, qui mise sur les qualités visuelles et émotionnelles du studio japonais P.A. Works pour réinventer cette histoire entre poésie et onirisme. 

    Tafiti - au cinéma le 21 janvier 2026

    Un suricate et un potamochère ? Toute ressemblance avec Timon et Pumbaa, l’inénarrable duo du Roi Lion (1994), serait purement fortuite ! Si on fait abstraction de ces similitudes, la quête de Tafiti et Mèchefol à travers le désert (et au-delà) promet un joli moment d’évasion, avec des personnages attachants et amusants et un joli travail sur les décors. Si vous avez aimé Le Cristal magique (2019), précédent film de Nina Wels, vous devriez aimer cette aventure !

    Olivia - au cinéma le 21 janvier 2026

    Avec Olivia, Irene Iborra signe son premier long métrage en adaptant le roman éponyme de Maite Carranza. La réalisatrice espagnole utilise la stop motion (l’animation d'objets image par image) pour donner vie à une histoire vraie et tendre, qui voit une mère et ses deux enfants confrontés à la précarité. Ou comment l’animation peut être un formidable médium pour traiter de sujets de société et sensibiliser les enfants à l’amitié, la solidarité et la résilience. 

    Les Légendaires - au cinéma le 28 janvier 2026

    Mes enfants ont grandi en lisant dévorant les albums des aventures de Danaël, Jadina, Gryf, Shimy et Razzia. Certes, ils ont pu profiter de la série animée, mais la sortie d’un film autour des Légendaires est un vrai événement. Pour moi aussi, car j’aime beaucoup la patte de Guillaume Ivernel (Chasseurs de dragons, Spycies). On a donc tous vraiment hâte de voir nos petits héros affronter le sorcier Darkhell sur grand écran.

    Biscuit le chien fantastique - au cinéma le 4 février 2026

    Dans l’univers des super-héros à quatre pattes, il n’y a pas que Krypto et les super-animaux (2022) ! La preuve avec Biscuit le chien fantastique, production canadienne développée par Icon Creative Studio (Star Wars: Les Aventures des Petits Jedi, Transformers : Earthspark) qui voit un toutou gourmand se transformer en super-justicier face à un chat super-méchant. Avec la voix d’Artus en version française ou d’Owen Wilson en VO, vous êtes servis !

    200% Loup - au cinéma le 4 février 2026

    En 2020, j'avais bien aimé 100% Loup et son caniche-garou à mèche rose (!) qui tentait de trouver sa place au milieu de sa famille de lycanthropes. Cette année, Freddy Lupin est de retour dans 200% Loup, et s’il est intégré à la meute, il n’y a toutefois pas encore trouvé le respect dont il rêvait. Un vœu va alors le transformer en vrai loup grâce aux pouvoirs d’un lutin lunaire… mais provoquer l’Apocalypse en menaçant de collision la Terre et la Lune !

    Goat - rêver plus haut - au cinéma le 11 février 2026

    Goat - rêver plus haut, c’est un peu la rencontre entre Tous en scène (2016), Zootopie (2016) et Space Jam (1996). Un univers animalier où les créatures les plus rapides et féroces brillent sur les parquets de roarball. Un petit bouc va alors tout faire pour intégrer son équipe préférée. Profitant d’une animation léchée, dans la lignée de Spider-Man Across The Spiderverse, le film est notamment produit par Stephen Curry, star des parquets NBA.

    The Dangers in My Heart : The Movie - au cinéma le 11 février 2026

    Il y a un peu de Harold Crick (2006) dans l’anime The Dangers in My Heart (2023-), avec son héros persuadé d’être un personnage de roman. Psychopathe sur les bords, il décide de faire d’une camarade sa potentielle victime… avant de s’attacher à elle. L’adaptation du manga de Norio Sakurai est déclinée en long métrage reprenant les deux premières saisons avec des scènes inédites. L’occasion de découvrir cette romance adolescente tendre et maladroite.

    Super Charlie - au cinéma le 18 février 2026

    Si comme moi, vous adorez Les Indestructibles (2004), vous serez d’accord sur le fait que le meilleur personnage de la super-famille était Jack-Jack. Le film d’animation suédois Super Charlie rappelle beaucoup le super nourrisson des studios Pixar, avec un bébé doté de pouvoirs variés qui va affronter un grand méchant, coaché par son grand frère. L’animation scandinave offrant souvent de bons délires (Ronal le Barbare, Mon ninja et moi), pourquoi pas ?

    Jumpers - au cinéma le 4 mars 2026

    Il était une fois une amoureuse de la nature qui transférait sa conscience à un robot castor : introduite dans la communauté de la forêt, elle va se retrouver au cœur d’un conflit entre animaux et humains ! Ce pitch, quelque part entre Avatar, Lucas fourmi malgré lui et Nos voisins les hommes, c’est celui de Jumpers, le nouveau film original des studios Pixar, par le créateur de We Bare Bears. On n’est pas à l’abri d’une pépite comme Alerte Rouge.

    Allah n'est pas obligé - au cinéma le 4 mars 2026

    Passé par le Festival d’Annecy en juin dernier, Allah n'est pas obligé est le premier long métrage de Zaven Najjar. Accompagné par les voix de SK 07, Thomas Ngijol, Marc Zinga et Annabelle Lengronne, il adapté le roman d’Ahmadou Kourouma -prix Renaudot et prix Goncourt des Lycéens 2000 - et suit les pas de Birahima, un orphelin guinéen d’une dizaine d’années lancé sur la route entre la Côte d’Ivoire et le Libéria, où il sera enrôlé comme enfant-soldat.

    Planètes - au cinéma le 11 mars 2026

    J’adore l’animation et tous les films listés sur cette page… mais Planètes est incontestablement l'œuvre qui m’interpelle le plus. Passée par Cannes et Annecy, cette épopée de quatre graines de pissenlit à la recherche d’un sol pour perpétuer leur espèce s’annonce comme un voyage merveilleux, sensoriel et muet au cœur du vivant. En mêlant prises de vues réelles et animation, la réalisatrice japonaise Momoko Seto nous propose une pépite unique en son genre.

    Scarlet et l'éternité - au cinéma le 11 mars 2026

    La Traversée du temps (2006), Summer Wars (2009), Les Enfants Loups, Ame & Yuki (2012), Le Garçon et la Bête (2015), Miraï, ma petite soeur (2018), Belle (2021) : autant de bijoux animés à mettre au crédit de Mamoru Hosoda. Le réalisateur revient avec Scarlet et l'éternité, une aventure fantasy au Pays des Morts en compagnie d’une princesse médiévale habitée par le deuil et la vengeance. Et on va le dire clairement : ça s’annonce sublime.

    David - au cinéma le 18 mars 2026

    L'histoire de David contre Goliath a, finalement, assez peu inspiré le cinéma. C’est cet affrontement entre le petit berger israélite et le géant philistin qui est raconté dans David, film d’animation ambitieux et musical qui rappelle les grandes heures du Prince d’Egypte (1998). C’est Timeo, révélé par The Voice Kids, qui prête son timbre lumineux au héros à la fronde, aux côtés d’Elie Semoun, Fabienne Carat et Féodor Atkine.

    Art College 1994 - au cinéma le 18 mars 2026

    Sélectionné en compétition aux festivals de Berlin et d’Annecy, Art College 1994 de Jian Liu (Have a Nice Day, 2018) nous ramène dans les années 90 en Chine, où un groupe d’étudiants va s’interroger sur la signification et le pouvoir de l’Art. De grands cinéastes comme Bi Gan (Un grand voyage vers la nuit) ou Jia Zhang-ke (Les Éternels / Ash is purest white) participent vocalement à ce projet animé pointu et cinéphile.

    Lupin the IIIrd the Movie: la lignée immortelle - au cinéma le 25 mars 2026

    Le petit-fils d’Arsène Lupin, également connu par certaines générations comme Edgar de la Cambriole, se lance dans sa treizième aventure cinéma avec La Lignée immortelle. Accessible aux fans comme aux néophytes, le long métrage entraîne le gentleman voleur et sa bande dans le Triangle des Bermudes, sur une île mystérieuse. L’occasion de renouer notamment avec les racines visuelles du personnage, imaginé en 1967 par Monkey Punch.

    Walter Lapin - au cinéma le 25 mars 2026

    Attention, pitch improbable mais très sympathique : Walter Lapin, c’est la rencontre entre une petite hérissonne qui rêve d’aventures et un lapin amnésique -et épuisé, il a tout de même 53 enfants !- qui se prend pour un chevalier. Voilà présenté le duo du nouveau film d’animation de la réalisatrice de Magic ! (2022), produit entre le Luxembourg et la France, qui devrait vivre de folles aventures entre des pirates et les habitants hauts en couleurs de leur ville.

    Super Mario Galaxy Le Film - au cinéma le 1er avril 2026

    La première collaboration entre Nintendo et Illumination a fait des étincelles avec Super Mario Bros., le film (2023). Les frangins plombiers, Peach et Bowser sont de retour dans Super Mario Galaxy Le Film, qui élargit le terrain de jeu (vidéo) et invite de nouveaux personnages comme Bowser Jr. et la Princesse Harmonie (ou Rosalina pour les puristes). Objectif pour cette suite : faire aussi bien -voire mieux- que les 1,3 milliards de dollars au box-office du premier film. Here We Go !!!

    Elfie et les Super Elfkins - au cinéma le 6 mai 2026

    Pendant les fêtes de Noël 2021, on s’était régalés avec Les Elfkins : Opération pâtisserie. Les espiègles lutins sont de retour cette année (il y a décidément beaucoup de suites animées en 2026 !) dans Elfie et les Super Elfkins, pour une nouvelle aventure où il ne s’agit plus de sauver une pâtisserie mais leur monde magique, menacé par les humains. Heureusement, Elfie pourra compter sur de nouveaux amis et leurs inventions plus loufoques les unes que les autres !

    Junk World - au cinéma le 13 mai 2026

    En 2022, on découvrait Junk Head : un OVNI de science-fiction en stop motion tourné en autodidacte et en solo par Takahide Hori pendant sept ans, dont l’univers singuliers, dérangeant et fascinant interroge l’immortalité et l’Humanité. Le Japonais revient en 2026 avec Junk World, qui poursuit son exploration de ce monde souterrain, entre humains, clones, cyborgs et robots, un millénaire avant le film original. Avec une nouvelle claque au rendez-vous ?

    ChaO - au cinéma le 13 mai 2026

    Prix du jury du Festival du Film d’Animation d’Annecy l’an dernier, ChaO nous plonge (littéralement) au pays des sirènes, où un modeste employé de bureau humain va tomber sous le charme d’une princesse à nageoire. Cette romance entre deux mondes, inattendue et touchante, marque le premier long métrage de Yasuhiro Aoki, animateur sur Le Seigneur des Anneaux : La Guerre des Rohirrim (2024) et Mutafukaz (2018).

    Nouveaux copains à Puffin Rock - au cinéma le 3 juin 2026

    Puffin Rock, c’est une série adorée des jeunes abonné.es Netflix. Depuis 2015, on y suit les aventures du petit oiseau Oona sur une île au large de l'Irlande. L’univers chaleureux et coloré s’invite sur grand écran dans Nouveaux copains à Puffin Rock, avec un bestiaire élargi et un œuf à sauver. Cette sortie pourrait sembler anecdotique, mais rappelons que Gabby et la Maison Magique, également né sur la plateforme, a dépassé les 600 000 entrées en France !

    Toy Story 5 - au cinéma le 17 juin 2026

    On pensait que les aventures de Buzz, Woody et des jouets d’Andy avaient trouvé une conclusion (bouleversante) dans Toy Story 3 (2010). Pixar continue pourtant de revisiter ses personnages cultes, et après les adieux de Toy Story 4 (2019) et l’aventure spatiale de Buzz l’éclair (2022), la petite bande se retrouve dans Toy Story 5 face à une nouvelle menace : les tablettes. Est-ce que ce nouvel opus sera le film de trop ? Ou un renouveau réussi ? Réponse en juin ! 

    Jim Queen - au cinéma le 17 juin 2026

    « Un long métrage d'animation de dur à queer ! » C’est ainsi que se présente Jim Queen, projet participatif qui raconte l’histoire d’une icône de la scène gay parisienne qui voit sa vie basculer lorsqu’il contracte un virus qui transforme les hommes gays en hétérosexuels. Il se met en quête d’un remède pour sauver la communauté LGBTQIA+ ! Alex Ramires, Jérémy Gillet et Shirley Souagnon donnent de la voix dans ce délire aussi étonnant que rafraîchissant.

    Minions 3 - au cinéma le 1er juillet 2026

    Depuis leurs débuts dans Moi, Moche et Méchant (2010), les Minions sont devenus des personnages adorés des spectateurs et de vraies icônes de la pop culture. Leurs bêtises hilarantes, leur langue improbable et leur naïveté touchante ont fait des petits bonhommes jaunes en salopette des créatures qu’on adore retrouver régulièrement. Ce sera le cas cette année dans Les Minions 3, dont l’intrigue est gardée secrète. On sait juste que ce sera drôle, comme toujours !

    La Fille dans les nuages - au cinéma le 22 juillet 2026

    Après les univers poétiques de L'Ecume des jours (2013) et L'Extraordinaire voyage du Fakir (2018), les équipes de Brio Films se lancent dans le premier projet animé. Adapté du roman La Fille qui avala un nuage gros comme la tour Eiffel de Romain Puertolas, La Fille dans les nuages entraîne une jeune Parisienne (Louane Emera) dans une aventure enchantée et écologique au pays des contes, accompagnée du hamster Airbag (Jamel Debbouze) et d'une plume magique.

    La Pat' Patrouille : Le film mission Dino - au cinéma le 5 août 2026

    Ryder et ses chiens Chase, Marcus, Ruben, Rocky, Zuma et Stella sont de retour au cinéma ! Parallèlement à la série animée qui enchante petits et grands (moi j’adore !) depuis 2013, la Pat’ Patrouille enchaîne les succès sur grand écran : 1,4 millions d’entrées en 2021, 2,3 millions d’entrées en 2023… le succès devrait donc encore être au rendez-vous pour La Pat' Patrouille : Le film mission Dino, encore plus si on ajoute des sauriens au programme !

    Coyote vs. Acme - au cinéma le 26 août 2026

    Voilà un film qu’on ne pensait jamais voir : annulé avant sa sortie par la Warner, Coyote vs. Acme a été sauvé grâce à la mobilisation des fans et sortira bien au cinéma, sous la bannière d’un autre studio. Le pitch est savoureux : le pauvre Coyote décide d’intenter un procès au fabricant de gadgets ACME, dont les produits se sont toujours avérés défectueux. Il sera aidé dans son dossier par l’avocat John Cena. Et si on tenait le nouveau Roger Rabbit ?

    Tad l’explorateur et la lampe merveilleuse - au cinéma le 26 août 2026

    Dans la grande famille des aventuriers de cinéma, il y a Indiana Jones, Lara Croft, Benjamin Gates et… Tad l’explorateur ! J’ai découvert ce personnage -et son compagnon momie- en 2013, et je regarde à chaque fois avec plaisir leurs nouvelles aventures. Après la Cité perdue, Le Secret du Roi Midas et la Table d’Emeraude, l’archéologue imaginé par Enrique Gato tentera de mettre la main sur une lampe merveilleuse. Un génie sera t-il de la partie ? Réponse cet été !

    Ma famille de samouraïs - au cinéma le 23 septembre 2026

    Il était une fois une histoire d’origines et de racines, entre le Japon et le Brésil. C’est cette quête que raconte Célia Catunda (Tarsilinha, 2021) dans son nouveau film d’animation Ma famille de samouraïs. Ou comment un jeune garçon, dans les années 80, demande à son grand-père de lui raconter sa jeunesse dans les années 1920, au moment où il a quitté l’Asie pour l’Amérique du Sud. Il y a quelque chose de Pachinko (2022-) dans cette histoire, et ça me plaît beaucoup.

    Le Corset - au cinéma le 14 octobre 2026

    Louis Clichy a été animateur chez Pixar (WALL.E, Là-haut) avant de co-réaliser Astérix - Le Domaine des Dieux (2014) et Astérix - Le Secret de la Potion Magique (2018) en compagnie de Alexandre Astier. Avec Le Corset, dont le coup de crayon est plus que prometteur, il signe son premier long métrage en solo en racontant l’histoire d’un jeune garçon de ferme « qui penche », et que son père affuble d’un appareil orthopédique. Je suis très curieux de découvrir ce film.

    Mochy, le chien le plus moche du monde - au cinéma le 14 octobre 2026

    On pensait que le toutou le plus laid de la planète avait été immortalisé dans Deadpool & Wolverine. L’animation a peut-être trouvé encore plus repoussant que Dogpool avec Mochy, le chien le plus moche du monde (de son vrai nom Yugly, en version originale). On sait très peu de choses sur cette production franco-belge développée par nWave Pictures (Les Inséparables, Royal Corgi, Hopper et le Secret de la Marmotte), mais au vu du titre, ça s’annonce rigolo !

    Carmen l'oiseau rebelle - au cinéma le 21 octobre 2026

    Voilà une autre proposition hexagonale qui s’annonce originale et unique. Et c’est ce que j’aime dans l’animation, cette variété de styles, d’univers et d’histoires ! Après La Jeune Fille Sans Mains (2016) et Linda veut du poulet ! (2023), Sébastien Laudenbach nous entraîne en Andalousie, en 1840, aux côtés de Carmen l'oiseau rebelle, une chanteuse gitane menacée par un funeste présage et qu’une bande de gamins des rues va tenter de sauver. 

    Shaun le Mouton : La Bêêête d'Halloween - au cinéma le 21 octobre 2026

    Dans le monde de la stop motion, la patte Aardman est unique. Leurs créations aussi. Wallace et Gromit, les poulets de Chicken Run et l’hilarant mouton Shaun composent ainsi le bestiaire en pattes à modeler de ces génies britanniques, qui s’attaquent cette année à La Bêêête d'Halloween, une histoire pleine de (gentils) frissons pour la Toussaint. Si c’est aussi bien que Le Mystère du Lapin-Garou (2005), c’est un grand oui ! Ou un grand « Bêêê ! », au choix.

    L'Île oubliée - au cinéma le 21 octobre 2026

    L’entrée 2026 des studios DreamWorks (Shrek, Kung Fu Panda, Dragons) est un film original. Dans L'Île oubliée, deux amies se retrouvent échouées sur la mystérieuse Nakali : le seul moyen de rentrer chez elles pourrait alors leur coûter toute une vie de souvenirs et d'émotions. Réalisateurs sur Le Chat Potté 2, Joel Crawford et Januel P. Mercado sont chargés de mettre en images ce pitch énigmatique, inspiré du folklore philippin.

    Le Chat Chapeauté - au cinéma le 4 novembre 2026

    Du Chat Potté au Chat Chapeauté, il n’y a qu’un pas ! Ou qu'une moustache, au chat au choix ! Le personnage né de l’imagination du Dr. Seuss, déjà adapté en 2003 avec Mike Myers sous le maquillage, prend vie en animation, avec pour mission d’aider deux frères et sœurs qui ont du mal à s'installer dans une nouvelle ville. La voix et l’humour de Bill Hader devraient y faire des merveilles, tout comme la bande de « Trucs » teasée par la bande-annonce.

    Hexed - au cinéma le 25 novembre 2026

    Hexed (que l’on peut traduire par « ensorcelée » en français), c’est le Disney de Noël 2026. Un film original qui tentera de faire aussi bien que les 8 millions d’entrées de Zootopie 2 (2025), en explorant un nouvel univers plein de magie et de sortilèges. Seules quelques images ont filtré sur cette production prometteuse, qui semble croiser les ambiances de Alice au pays des merveilles (1951), Encanto (2021) et L’Etrange Noël de M. Jack (1993). 

    Astérix – Le Royaume de Nubie - au cinéma le 2 décembre 2026

    Le dernier film d’animation autour des irréductibles Gaulois remonte à 2018, avec Le Secret de la potion magique. Entre-temps, Netflix nous a proposé un réjouissant Combat des Chefs (2025). Le tandem Alexandre De La Patellière & Matthieu Delaporte (Le Comte de Monte-Cristo) prend la relève d’Alexandre Astier et Alain Chabat pour Astérix – Le Royaume de Nubie, une aventure originale en Afrique qui prolonge l’héritage de Goscinny et Uderzo.

    Le Royaume des mers - au cinéma le 16 décembre 2026

    Depuis Le Vilain Petit Canard, les contes pour enfants aiment raconter les destins de personnages ostracisés par le groupe, qui finissent par prendre leur envol. C’est un schéma qui revient régulièrement dans le cinéma d’animation, et qu’on retrouvera dans Le Royaume des mers, où un monstre marin qui ne sait pas nager trouvera les ressources nécessaires pour se dépasser. Entre Luca et Happy Feet, ça devrait être un joli moment pour un Noël au cinéma. 

    Angry Birds 3 - au cinéma le 23 décembre 2026

    Les volatiles énervés imaginés par Rovio Entertainment ont fait du chemin depuis leur création en 2009. L’application (très addictive, je parle d'expérience) a ainsi donné lieu à des séries animées et une trilogie sur grand écran dont le dernier chapitre clôturera l’année cinéma. On sait encore peu de choses sur Angry Birds 3, qui verra revenir Red, Chuck et Bomb, accompagnés d’un petit nouveau doublé par Psalm West, le fils de Kanye West et Kim Kardashian.

  • Le Robot Sauvage et 8 androïdes de cinéma qui nous ont brisé le cœur

    Le Robot Sauvage et 8 androïdes de cinéma qui nous ont brisé le cœur

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    C’est un sacré paradoxe de voir que l’IA soulève des débats houleux et des craintes existentielles sur notre propre obsolescence,  tandis que le cinéma s’évertue à nous prouver que les machines ont une âme. Peut-être est-ce pour nous rassurer nous-mêmes ? Si les robots sont gentils, alors nous n’avons rien à craindre d’eux.

    En tout cas, dans certains films, ces machines sont souvent plus gentilles que les humains, et sont prêtes aux plus grands sacrifices pour le prouver. Qu’ils soient des nounous dévouées, des guerriers repentis, des nettoyeurs solitaires ou des robots qui aimeraient être humains, ils partagent tous un point commun : ils ont réussi à nous faire verser une larme. Pour JustWatch, je vous partage les 9 circuits imprimés les plus bouleversants du grand écran.

    WALL·E (2008)

    WALL·E (1h37) n’est pas seulement un film sur l’écologie, c’est aussi une romcom muette post-apocalyptique. C’est d’ailleurs l’un des exploits de Pixar : réussir à véhiculer les émotions à travers des bruits de vérins hydrauliques et des « bips » électroniques, sans un mot, pendant toute une partie du film. Ce qui marque, c’est l’immense solitude de ce petit robot dernier gardien d’une humanité qui a fui, triant nos erreurs depuis 700 ans. WALL·E est un archiviste du futur, condamné au silence perpétuel. Puis un jour, il tombe amoureux d’EVE, un robot au design épuré, et se lance dans une folle aventure dans le seul but de lui tenir la main. 

    Finalement, WALL·E est le personnage avec la plus grande humanité du film, nous rappelant que ce n’est pas une question de biologie, mais bien de liens et de sentiments. C’est le film parfait pour les romantiques et les défenseurs de l’environnement, à la recherche d’une oeuvre bien plus adulte qu’il n’y paraît.

    Roz - Le Robot Sauvage (2024)

    Dans la même veine que WALL·E, on pourrait croire que Le Robot sauvage (1h41) est un film sur l’écologie destiné aux enfants. Détrompez-vous. Si l’écologie est effectivement au cœur de l’histoire, les adultes sont assurés de verser leur larme. Visuellement, c’est une claque, une sorte de peinture en mouvement. Roz (l'unité ROZZUM 7134) s'échoue sur une île hostile avec son mode d'emploi d'assistante parfaite pour les humains. Elle cherche désespérément une tâche à accomplir au milieu de la nature et des bêtes sauvages qui la voient comme un monstre.

    Pourtant, une mission lui tombe tragiquement dessus, puisqu’elle se retrouve à devoir élever Joli-Bec, un oison chétif et orphelin dont elle a accidentellement tué la famille. Roz doit alors dépasser sa programmation pour pouvoir comprendre les besoins du vivant. Elle essaie, échoue, recommence, tout cela pour pouvoir s’occuper de Joli-Bec et lui apprendre à voler pour qu’il puisse migrer avant l’hiver. 

    Mikki - Arco (2025)

    Arco (1h29), c’est de la SF silencieuse, précise, poétique, signée Ugo Bienvenu, qui n’a pas besoin de trop en dire. Arco, c’est le nom d’un petit garçon qui vient de l’année 2932, une époque presque idyllique où la nature a repris ses droits, et voyage en 2075. Il y rencontre Iris, une gamine dont les parents trop occupés ne sont plus que des hologrammes. Fort heureusement, elle peut compter sur Mikki, un robot qui s’occupe de tout.

    Il aime, ne juge pas, rassure, et se montre présent pour affronter tous les dangers. Au milieu d’un monde où les catastrophes naturelles sont quotidiennes, où les robots remplacent les profs, la police et les services publics, Mikki est une lueur d’humanité. Ici, c’est une sorte de fable à la Miyazaki version française et futuriste. Un film qui en met plein la vue, avec la mélancolie comme couleur primaire. Pour continuer dans la SF française animée, Mars Express (2023) est un incontournable. 

    Baymax - Les Nouveaux Héros (2014)

    Dans Les Nouveaux Héros (1h42), contrairement à ce qu’on pourrait croire, Baymax n’est pas un guerrier robotique, mais plutôt un infirmier personnel, un « marshmallow » technologique programmé pour l’empathie et le soin. Le résultat de toute la bonté et l’amour de son créateur : Tadashi, le frère défunt du jeune Hiro.

    Dévasté par la mort brutale de son frère, il tente de transformer ce robot de soin en machine de vengeance. Mais Baymax ne comprend pas la haine.  A l’opposé de Roz, qu’on a vu plus haut, Baymax est programmé pour l’empathie, et c’est probablement le plus touchant. Cette rencontre animée entre Marvel et Disney, c’est le film câlin par excellence, qui nous tire une larme autant qu’il nous fait rire. 

    Le Géant de fer (1999)

    Le Géant de fer (1h26) nous plonge en 1957, en pleine paranoïa de la Guerre Froide, où tout ce qui vient du ciel est suspect. C’est là qu’Hogarth, un gamin solitaire élevé par une mère célibataire, découvre et cache un titan de métal de 30 mètres, qui est en fait une arme de destruction massive venue d’ailleurs. Comme Roz, nous voyons ce géant de fer lutter contre sa propre nature.

    Conçu pour tuer, armé dans chaque recoin de sa carcasse, il choisit de s’inspirer d’Hogarth et de Superman plutôt que de la guerre. Tout le film est une course contre la fatalité :  d’un côté l’armée américaine voulant le détruire, de l’autre, son propre apprentissage. C’est un fable loin du cynisme, qui nous montre qu’on est ce qu’on a choisi d’être. Le film parfait pour les fans d’E.T. l’extra terrestre, qui aiment voir l'innocence d’un enfant donner une chance à quelque chose qui fait peur. 

    T-800 - Terminator 2 : Le Jugement dernier (1991)

    James Cameron a réussi à nous faire pleurer pour un robot tueur dans Terminator 2 : Le Jugement dernier (2h17), c’est fort non ? Pourtant, il n’est pas gentil, il est juste en mission. Le T-800, ce vieux modèle obsolète par rapport au T-1000, doit protéger l’adolescent John Connor sous les yeux d’une Sarah Connor terrifiée. Le cyborg, joué par un Arnold Schwarzenegger au sommet de son art, apprend l’humanité par mimétisme et discipline, en assimilant le jargon, l’humour, les codes sociaux. 

    On se souvient de cette fameuse phrase « Je sais maintenant pourquoi vous pleurez, mais c’est quelque chose que je ne pourrai jamais faire », qui nous rappelle que c’est un robot qui a suffisamment compris l’humanité pour avoir le sens du sacrifice. Mais ce n’est que lors de ce fameux pouce levé que j’ai versé ma larme. C’est brutal. 

    Le Robot - Robot & Frank (2012)

    Dans Robot & Frank (1h29), on suit Frank (l'immense Frank Langella), un ancien cambrioleur à la retraite dont la mémoire part en lambeaux, forcé par son fils d'accepter un robot d'assistance médicale. Au départ, le ton reste léger, surtout lorsque Frank voit en cette machine une opportunité de relancer sa carrière de voleur de bijoux. Mais les choses se détériorent et le robot devient littéralement la mémoire externe de Frank, son dernier point d’ancrage au réel.

    Ce film traite de la technologie avec beaucoup de douceur, et comme un prétexte pour parler de la solitude et de la perte de soi. C’est aussi une bonne manière de parler de la fin de vie et de la dignité sans tomber dans le pathos excessif. Si vous avez aimé Robot & Frank, The Father (2020) est un incontournable, même s’il brise le cœur en 1000 morceaux. 

    Andrew - L’Homme bicentenaire (1999)

    L’Homme bicentenaire (2h12) de Chris Columbus peut être regardé de deux manières différentes : soit c’est une comédie familiale à la Mrs. Doubtfire, soit c’est une tragédie existentielle qui nous laisse sur le carreau. On y suit Andrew (Robin Williams, bouleversant de retenue sous ses prothèses), un robot domestique livré à la famille Martin qui, sur une période vertigineuse de deux siècles, va développer quelque chose d’inimaginable pour un robot : une âme. Alors qu’il voit ses proches vieillir et mourir, il finit par vouloir devenir humain.

    Le film a beaucoup de longueurs, la mise en scène de Chris Columbus est parfois chargée en bons sentiments hollywoodiens, et nous sommes loin de la rigueur d’Isaac Asimov (l’auteur de l'œuvre d’origine). Cependant, l’histoire est vraiment émouvante, et on ne peut résister au visage rempli d’empathie de Robin Williams. Si vous n’avez pas peur des films un peu Kitsch, et que vous aimez la filmographie de Columbus (Maman j’ai raté l’avion, Harry Potter), lancez vous ! Rien que pour la réflexion philosophique que nous impose le film, ça vaut le coup.

    David - A.I. Intelligence artificielle (2001)

    A.I. Intelligence artificielle (2h26) est le bébé né du cynisme froid de Stanley Kubrick (qui a initié le projet) et du sentimentalisme de Steven Spielberg. Résultat ? Un conte de fées qui se transforme en cauchemar existentiel. Le concept de base est d’une cruauté absolue : David (Haley Joel Osment), est un « Mecha » enfant programmé à aimer d’un amour inconditionnel. Le problème est qu’il est condamné à aimer sa mère, Monica, qui ne l’aime pas en retour.

    Ce film, c’est un peu la version hardcore de Pinocchio. David a pour seul but de devenir un véritable petit garçon pour être un bon fils et enfin être aimé. Il nous interroge sur des questions existentielles qui empêcheraient de dormir le plus fatigué des koalas. Quelles responsabilités avons-nous envers nos créations ? Quels droits pouvons-nous exercer sur elles à partir du moment où elles ont une conscience ? A l’heure où les IA inondent notre quotidien et ne cessent de progresser, c’est un film particulièrement d’actualité. On est à mi-chemin entre le Pinocchio (2022) de Guillermo del Toro et Ex Machina (2015) d’Alex Garland.

  • Les Misérables et les 25 films français les plus attendus en 2026

    Les Misérables et les 25 films français les plus attendus en 2026

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Après un cru français 2024 exceptionnel emmené par Un p’tit truc en plus, Le Comte de Monte-Cristo et L’Amour ouf, 2025 a marqué le pas, avec des succès mitigés… voire décevants, à l’image d’une année cinéma en demi-teinte. Qu’on se rassure, 2026 devrait relancer la machine tricolore et à nouveau faire le plein d’entrées !

    Comédies populaires, thrillers prenants, biopics autour de grands destins, adaptation ambitieuses : il y en aura pour tous les goûts tout au long de ces douze mois de cinéma made in France. JustWatch vous propose un calendrier des œuvres qui devraient faire l’événement, hors films d’animation (qui auront droit à leur propre liste) et hors films non datés (beaucoup sont en montage... et en attente de sélections en festivals).

    Gourou - au cinéma le 28 janvier 2026

    Absent des écrans depuis le triomphe de Monte-Cristo (près de 9,5 millions d’entrées), Pierre Niney fait son grand retour au cinéma avec Gourou. Devant la caméra du réalisateur de Boîte Noire (2021), Yann Gozlan, il se glisse dans la peau du coach personnel le plus influent de France, et interroge la frontière entre libre arbitre et influence et explore le business de la motivation alors que ces figures ne cessent d’émerger sur les réseaux sociaux.

    Marsupilami - au cinéma le 4 février 2026

    Quatorze ans après l’adaptation d’Alain Chabat (Sur la piste du Marsupilami, 2012), Philippe Lacheau s’empare de l’adorable bestiole jaune et noire pour une comédie où devrait briller son sens du gag. Toujours accompagné de sa bande, mais aussi de Jamel Debbouze qui reprend son rôle, le réalisateur, désormais incontournable dans la comédie française, quitte les forêts de Palombie pour lâcher le Marsupilami en mer. La croisière va s’amuser… et nous avec !

    LOL 2.0 - au cinéma le 11 février 2026

    En 2009, LOL de Lisa Azuelos était un vrai film générationnel, dont les histoires et amours adolescentes ont bercé de nombreux spectatrices et spectateurs (plus de 3 millions d’entrées et des revisionnages en boucle en vidéo). Dix-sept ans plus tard, la réalisatrice retrouve Sophie Marceau et sa propre fille Thaïs Alessandrin -qui jouait la petite sœur dans le premier film- pour suivre sa vie de jeune adulte à Paris dans LOL 2.0, entre métro, boulot, « potos » et réseaux. 

    Les Enfants de la Résistance - au cinéma le 11 février 2026

    Ils s’appellent François, Eusèbe et Lisa, et ils traversent la Seconde Guerre mondiale et l’Occupation en tentant de résister aux Nazis, à hauteur d’enfants. Après Les Choristes (2004) et Faubourg 36 (2008), Christophe Barratier revisite la BD à succès Les Enfants de la Résistance, où le trio Lucas Hector / Nina Filbrandt / Octave Gerbi est notamment entouré de Artus, Gérard Jugnot et Pierre Deladonchamps.

    L’Infiltrée - au cinéma le 11 février 2026

    Que ce soit sur scène ou au cinéma, Ahmed Sylla est l’un des visages les plus attachants de l’humour français. Et un expert dans l’art de disparaître derrière ses personnages. Avec L’Infiltrée, il coiffe aussi la casquette de réalisateur pour raconter son enquête délirante sous la perruque de Lupita au sein d’une organisation criminelle menée par Kaaris (à contre-emploi total !). On lui souhaite de retrouver les cimes du box-office de L'Ascension (2017). 

    Le Rêve américain - au cinéma le 18 février 2026

    Il était une fois le fabuleux destin de Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana. Dans Le Rêve américain, Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard revivent le parcours semé d’embûches des deux amis de Grigny, qui ont réalisé leur rêve en devenant deux des agents NBA les plus influents de la ligue de basketball américaine (ils gèrent les affaires de Victor Wembanyama, notamment). C’est Anthony Marciano (Les Gamins, Play) qui raconte cette histoire aussi émouvante qu’inspirante.

    Coutures - au cinéma le 18 février 2026

    Quatre ans après Revoir Paris (2022), qui avait offert à Virginie Efira le César de la Meilleure actrice, Alice Winocour dirige Angelina Jolie, Ella Rumpf et Anyier Anei dans le rôle de trois femmes dont les destins vont se croiser durant le tumulte de la Fashion Week. Dans Coutures, devraient une nouvelle fois briller la sensibilité, la pudeur et la délicatesse de la cinéaste, mais également un esprit de sororité et de solidarité entre ses trois protagonistes.

    Les K D'OR - au cinéma le 11 mars 2026

    Avec Les K D’OR, Jeremy Ferrari passe derrière la caméra, et on est très curieux de voir comment l’humour corrosif et engagé du comique pourra résonner dans cette aventure dans le désert du Sahel, sur les traces de l’or de Kadhafi (dont il est le fils caché !). Laura Felpin et Eric Judor l’accompagnent pour ce délire ensablé, qui devrait offrir son lot de gags politiquement incorrects et de caméos, ses amis Arnaud Tsamère et Baptiste Lecaplain en tête.

    Les Rayons et les ombres - au cinéma le 18 mars 2026

    Voilà cinq ans que Illusions Perdues (2021) a triomphé aux César. Xavier Giannoli revient avec un drame historique, qui raconte trois destins sous l’Occupation : un grand patron de presse ardent promoteur de la Collaboration avec l'occupant ; sa fille qui se lance dans une carrière d’actrice ; et un jeune francophile allemand devenu ambassadeur du Reich à Paris. Pour ce récit en eaux troubles, le cinéaste dirige pour la première fois Jean Dujardin.

    Fausse note - au cinéma le 25 mars 2026

    Kad Merad face à Benoît Poelvoorde, ça pourrait annoncer une comédie énorme. Fausse note sera pourtant un drame, en huis clos, qui confronte un célèbre chef d’orchestre et un admirateur envahissant le temps d’une nuit où un passé commun et des vérités majeures vont remonter à la surface. Le film, très intrigant sur le papier, pourrait marquer le retour en grâce d’Alexandre Arcady, lui qui avait brillé au box-office avec Le Grand pardon (1982) et L'Union sacrée (1989). 

    Mauvaise Pioche - au cinéma le 1er avril 2026

    2026 s’annonce comme une année chargée pour Gérard Jugnot : acteur dans Marsupilami, Les Enfants de la Résistance et Ducobu et le fantôme de Saint-Potache, le comédien retrouve aussi son fauteuil de réalisateur avec Mauvaise Pioche, l’histoire d’un paisible retraité confondu avec l’homme le plus recherché de France. Philippe Lacheau, Thierry Lhermitte, Jean-Pierre Darroussin, Michèle Laroque et Zabou Breitman -entre autres- seront sur sa route.

    Compostelle - au cinéma le 1er avril 2026

    Voilà une autre histoire qui prend la route : Compostelle s'engage sur le chemin du célèbre pèlerinage, sur les pas d’une femme (Alexandra Lamy) et d’un adolescent en rupture, réunis par une association. Adapté de l’histoire vraie racontée dans le roman Marche et invente ta vie de Bernard Olivier, ce drame racontera comment les épreuves de la randonnée tisseront des liens entre ces deux êtres blessés. Avec à la clé un succès similaire à Sur les chemins noirs (2023) ?

    Pour le meilleur - au cinéma le 15 avril 2026

    En 2015, la réalisatrice Marie-Castille Mention-Schaar avait ému les spectateurs avec sa pépite Les Héritiers. Cette année, dans Pour le meilleur, elle raconte comment Philippe Croizon, amputé des quatre membres après un accident domestique, va découvrir sa deuxième vie, rencontrer l’amour et se lancer dans une traversée de la Manche à la nage. A l’écran, Pierre Rabine et Lilly-Fleur Pointeaux incarnent ce destin hors du commun.

    Pour le plaisir - au cinéma le 6 mai 2026

    Pour le plaisir, c’est une chanson mythique d’Herbert Léonard. C’est aussi le titre de cette comédie signée Reem Kherici (Chien & Chat), librement inspirée de l’histoire des inventeurs… du Womanizer ! François Cluzet et Alexandra Lamy incarnent ce couple qui va révolutionner le monde des sextoys et offrir l’orgasme à des millions de femmes à travers le monde. 15 ans après, c’est un peu l’héritier du film britannique Oh My God ! (2011).

    La Bataille de Gaulle : L’âge de fer - au cinéma le 10 juin 2026

    La Bataille de Gaulle : J’écris ton nom - au cinéma le 3 juillet 2026

    Après Le Chant du loup (1,5 millions d’entrées en 2019), Antonin Baudry replonge dans le film de guerre avec un projet aussi ambitieux qu’attendu : une évocation du destin de Charles de Gaulle entre 1940 et 1945. Le réalisateur livre pour l’occasion non pas un mais deux longs métrages (L’Âge de fer et J’écris ton nom), qui sortiront à un mois d’intervalle, emmenés par Simon Abkarian sous l’uniforme du Général.

    Les Caprices de l’Enfant Roi - au cinéma le 24 juin 2026

    Artus en Cyrano de Bergerac, Franck Dubosc en D'Artagnan, Nemo Schiffman en Molière, Julia Piaton en Madeleine Béjart, Doria Tillier en Anne d'Autriche : Michel Leclerc (Le Nom des gens) convoque une superbe distribution pour Les Caprices de l’Enfant Roi, fantaisie historique qui revisite la jeunesse du futur Roi Soleil Louis XIV, caché au sein d’une troupe de théâtre où il découvre la vie, l’art, le courage et la stratégie qui feront de lui un souverain légendaire.

    De la Comédie-Française - au cinéma le 22 juillet 2026

    Découvert avec le génial programme court Broute (2018-2022), Bertrand Usclat passe derrière la caméra avec son cocréateur Martin Darondeau. Dans De la Comédie-Française, ils arpentent les coulisses d’une pièce de théâtre, alors que la troupe, confrontée à de multiples aléas à quelques heures du lever de rideau, va tout faire pour maintenir et assurer la représentation. Quatre prix et beaucoup d'applaudissements sont venus saluer le film au Festival de Comédie de l'Alpe d'Huez.

    Tu me diras - au cinéma le 19 août 2026

    J’adore Pierre Lottin. Au-delà de son rôle hilarant dans la saga Les Tuche, le comédien a brillé dans Un Triomphe (2020), La Bataille du rail (2021) et En fanfare (2024). Cet été, il sera en tête d’affiche de Tu me diras, en sous-officier du RAID en charge de la sécurité de l’Ambassade de France à Kaboul alors que les Talibans entrent dans la ville. La présence de Radu Mihaileanu (Le Concert, La Source des femmes), absent des plateaux depuis dix ans, devrait apporter beaucoup d’émotions à cette histoire. 

    Le Fantôme de l'Opéra - au cinéma le 23 août 2026

    On oublie souvent que Le Fantôme de l’Opéra est une œuvre française, publiée en 1910 par Gaston Leroux. Si cette histoire à la lisière du fantastique a beaucoup été adaptée outre-Atlantique, elle n’a jamais eu de version hexagonale majeure. 2026 va changer cela avec un projet ambitieux porté par Alexandre Castagnetti (Tamara), où on retrouvera Deva Cassel en héroïne tragique confrontée au fantôme Julien De Saint-Jean. Vous avez dit prometteur ?

    Les Misérables - au cinéma le 14 octobre 2026

    Vincent Lindon en Jean Valjean, Tahar Rahim en Javert, Camille Cottin et Benjamin Lavernhe en Thénardier, Noémie Merlant en Fantine, Vassili Schneider en Marius, Megan Northam en Cosette… La nouvelle adaptation des Misérables, signée Fred Cavayé, est l’un des événements de la rentrée. Et même de l’année, avec 33 millions d’euros de budget et une ambition majeure. C’est le rôle dont rêvait Vincent Lindon, et on a hâte de le voir en Valjean. 

    Juste une illusion - au cinéma le 14 octobre 2026

    Une année difficile (2023) avait quelque peu déçu les amoureux du cinéma de Olivier Nakache et Eric Toledano. Les réalisateurs de Intouchables (2011) et Le Sens de la fête (2017) reviennent cette année avec Juste une illusion, portrait d’un jeune ado de 13 ans, bloqué entre deux âges et dans ses réflexions et ses doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et l’amour. Ça s’annonce drôle, touchant et humain, et c’est ce qu’on aime chez le duo.

    Karma - au cinéma le 21 octobre 2026

    Remis du rouleau compresseur Astérix et Obélix : L'Empire du Milieu (2023), qui l’avait confronté à des critiques violentes (et pas toujours fondées d'ailleurs), Guillaume Canet signe son neuvième long métrage avec Karma, un retour au thriller après le succès de Ne le dis à personne (2006). Le film marquera aussi sa neuvième collaboration avec Marion Cotillard, dans le rôle d’une femme qui fuit son passé entre l’Espagne et la France. 

    Moulin - au cinéma le 28 octobre 2026

    La même année que le diptyque dédié à Charles de Gaulle, les spectateurs français découvriront un autre biopic majeur, dédié à Jean Moulin. Devant la caméra de László Nemes (Le Fils de Saul, 2015), Gilles Lellouche campe cette figure majeure, parachuté en France occupée pour unifier les réseaux de la Résistance et qui, capturé, ne cédera jamais malgré la torture de la Gestapo et de Klaus Barbie (Lars Eidinger).

    Kaamelott – Deuxième Volet [partie 2] - au cinéma le 11 novembre 2026

    Avec à peine 1 million d’entrées (contre 2,7 millions pour son prédécesseur), Kaamelott – Deuxième Volet partie 1 (2025) a été l’une des déceptions de l’année cinéma. On espère que les spectateurs seront au rendez-vous de la partie 2 pour permettre à Alexandre Astier et ses chevaliers de poursuivre (et conclure ?) leur quête du Graal dans un quatrième et dernier film. Avec le retour de Perceval ? (on croise les doigts)

    Badinter - au cinéma le 11 novembre 2026

    De Gaulle, Moulin… et Badinter : quelle année pour les biopics français ! C’est Jérémie Renier qui incarnera cette grande figure de la politique hexagonale, célébré pour son combat pour l’abolition de la peine de mort et la dignité de ses discours. Avant le comédien belge, Charles Berling avait incarné Robert Badinter dans l’unitaire L’Abolition (2008). A noter qu’un autre film, porté par Guillaume Canet, est également en projet autour de son parcours.

    Un bon patron - au cinéma le 11 novembre 2026

    Après sa trilogie Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu (2014-2021), Philippe de Chauveron adapte le succès espagnol El buen patrón (2021). Didier Bourdon y reprend le rôle de Javier Bardem, un dirigeant qui va tenter de sauver son usine, entre paternalisme et autorité. Avec la patte populaire du réalisateur et une sortie arrêtée sur un jour férié traditionnellement générateur d’entrées, Un bon patron a tout pour devenir l’un des grands succès français de l’année.

  • Les 20 séries qu’on attend le plus en 2026

    Les 20 séries qu’on attend le plus en 2026

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    2026 va être une année bien remplie. Entre les retours de séries événement, les nouvelles œuvres et les reboots, il n’y aura aucun répit ! Cette nouvelle année laisse aussi entrevoir quelques paris risqués qui peuvent soit connaître un immense succès, soit totalement se casser la figure.

    Tout ce qu’on espère, ce sont de bons scénarios, de bons acteurs et actrices, et plein d’émotions. Et je sais à quel point ça peut être angoissant de se demander ce qu’on pourrait regarder… Même pour moi, alors que c’est mon métier ! J’ai donc essayé de vous faire une belle liste de séries attendues au tournant en 2026, et qui vont sans doute être au centre de plein de conversations… en bien ou en moins bien ! 

    A Knight of the Seven Kingdoms — disponible sur HBO Max

    C’est Game of Thrones (2011-2019) à échelle humaine. Loin des effets visuels et pyrotechniques qui veulent en mettre plein la vue comme House of the Dragon (2022-) et ses batailles épiques à dos de dragons, A Knight of the Seven Kingdoms (2026-) fait le pari de l’intimité. On y suit les pérégrinations de Ser Duncan le Grand, un chevalier errant un peu naïf, et de son écuyer Egg/Oeuf, sur les routes accidentées d’un Westeros encore « paisible », sans que le Trône de Fer soit encore le centre d’une partie de chaises musicales. La série a l’air d’être un western médiéval, avec un humour sec et plus de cœur. 

    Avatar : Le Dernier Maître de l’air, saison 2 - courant 2026 sur Netflix

    La saison 1 d’Avatar : Le Dernier Maître de l’air (2024) avait une mission impossible : rassurer les puristes tout en séduisant un public qui n’a pas grandi avec l’anime. Je n’y croyais vraiment pas, et pourtant, c’est un succès ! La saison 2, elle, joue gros : la série prend de l’ampleur, du sérieux, gagne en émotion mais aussi en trauma. Fini le voyage touristique, Aang et ses compagnons doivent mettre les bouchées doubles dans le Royaume de la Terre, alors que la Nation du Feu leur colle aux fesses et que Aang a encore besoin d’améliorer sa maîtrise des éléments. L’immense nouvelle, c’est l’arrivée de Toph, un personnage adoré par les fans.

    The Pitt, saison 2 - disponible sur Apple TV+

    Dans The Pitt (2024-), on est dans l’arène. C’est l’anti-Grey’s Anatomy par excellence. La série veut faire de l’hôpital non pas un lieu de romance, mais une zone de guerre psychologique. La tension est palpable à chaque seconde et pour cause, tout se passe en temps réel : 1 minute de série = 1 minute d’histoire. La caméra colle à la peau, la fatigue des soignants devient palpable, et tout devient étouffant. La saison 2 a du pain sur la planche pour réussir à nous faire ressentir l’intensité de la saison 1 tout en maintenant notre intérêt. On va finir sur les rotules, mais vu le chef d'œuvre qu’a pu être la première saison, on a hâte. 

    Shrinking, saison 3 - le 28 janvier 2026 sur Apple TV+

    La grande force de Shrinking (2023-), c’est bien sa capacité à nous faire rire (vraiment rire) et à nous faire pleurer (vraiment pleurer) à deux minutes d'intervalles. C’est un feel-good cabossé, qui nous montre toute la douleur de la vie et comment la rendre un peu plus douce. C’est une histoire d’amitié, de deuil, de famille, de traumatismes, et qui ne cherche jamais à éviter les conversations difficiles. Aucun personnage n’est parfait, tout le monde est faillible, et à l’inverse, aucun personnage n’est totalement mauvais. Shrinking est une série précieuse car elle place l’humanité au centre sans jamais être mielleuse. C’est le rendez-vous qui nous répare un peu, qui nous fait penser à nos propres problèmes. La thérapie dont on ne pensait pas avoir besoin. Les deux premières saisons étaient géniales, il n’y a donc aucune raison pour que la saison 3 soit décevante.

    La Chronique des Bridgerton, saison 4 - le 29 janvier 2026 sur Netflix

    La Chronique des Bridgerton (2020-), c’est la machine à dopamine de Netflix. Et elle reprend du service ! On peut faire les snobs autant qu’on veut, il faut bien avouer que les costumes hors de prix, les reprises pop au violon et les tensions sexuelles qui feraient fondre un iceberg, ça marche. Cette saison 4 promet le renouveau : nouveau couple, nouvelle dynamique, nouveaux scandales. Le défi sera de maintenir l’intérêt des téléspectatrices et téléspectateurs. C’est le « bonbon » télévisuel de l’année, celui que votre mec va regarder en secret.

    The Night Agent, saison 3 - le 19 février 2026 sur Netflix

    The Night Agent (2023-), c’est le piège ultime : vous voulez juste tester, puis vous enchaînez parce que ça avance, parce que ça complote, parce que ça vous tient. Vous regardez le premier épisode, puis vous relevez la tête au dernier, et il est 4h du matin. Oups ! On attend de la saison 3 la même efficacité, pas de chichi, pas de recherches artistiques, juste des trahisons dans tous les recoins de la Maison Blanche et une histoire à binger. Si vous cherchez un équivalent moderne des séries d’espionnage grand public, c’est exactement ça. Il va juste falloir que Netflix hausse un peu son écriture pour nous garder intéressés. 

    Paradise, saison 2 - le 23 février 2026 sur Disney+

    Les séries comme Paradise (2025-) fonctionnent quand elles comprennent un truc essentiel : on aime le mystère, et on aime ne pas comprendre grand chose. Ici, l’intrigue compte presque moins que l’atmosphère où tout semble faux et qui nous pousse à la paranoïa. On attend cette saison 2 au tournant : va-t-elle élargir l'univers ou s'effondrer sous son propre poids ? Si les scénaristes gardent le cap, préparez-vous à perdre le sommeil. Je vous vois venir, vous allez échafauder toutes les théories fumeuses possibles, et la série vous donnera tort ! Je vous rassure, mes théories sont tout aussi fumeuses…

    Outlander, saison 8 - le 6 mars 2026 sur Netflix

    C’est l’heure des adieux pour Claire et Jamie Fraser. Cela fait plus d’une décennie qu’Outlander (2014-2026) arrive à captiver un très large public en réussissant étonnamment à se renouveler à chaque saison. Il fallait trouver l’équilibre entre récit historique, histoire d’amour et intrigues en fil rouge, et ça a été fait avec succès. Évidemment, on ne regarde pas cette série pour sa rigueur scientifique, ni pour un scénario digne des premières saisons de Game Of Thrones. Non, on la regarde pour ses sentiments, ses amours et ses déchirements. Je dois dire que même si les histoires trop sentimentales ne sont pas vraiment ma tasse de thé, j’ai particulièrement apprécié car l’histoire nous surprend et ne cherche pas à satisfaire ses fans. On attend donc de cette ultime saison qu’elle finisse sans être trop aseptisée, dans la surprise, les déchirements et l’amour. 

    One Piece, saison 2 - le 10 mars 2026 sur Netflix

    Avec One Piece (2023-), c’est le même constat que pour Avatar. Je m’attendais vraiment à être déçu, et pourtant, l'adaptation a réussi l’impensable : briser la malédiction des adaptations d’anime en capturant le cœur de l'œuvre d’Oda. Je regarde One Piece (1999-) depuis plus de 20 ans, et lorsque j’ai vu toute la folie, toute l’humanité, toutes les exagérations toujours présentes dans la série live-action, j’avoue avoir été ému. Alors maintenant, on attend la série au tournant car fini East Blue, les pirates au chapeau de paille entre sur Grand Line et le niveau de difficulté explose. L’univers devient plus vaste et bizarre, les aventures sont de plus en plus folles, et on attend l’arrivée de nouveaux personnages (Chopper ! j’ai hâte !). Netflix doit absolument garder la naïveté de la série et son sens immense de l’aventure, de l’amitié, de la révolte et de vivre à contre-courant.

    Hijack, saison 2 - disponible sur Apple TV+

    Hijack (2023-) partage un point commun avec The Night Agent : on ne s’arrête pas de le regarder. Préparez vos anxiolytiques, car la saison 1 mettait nos nerfs à rude épreuve grâce à un huis clos très bien géré et un Idris Elba toujours aussi viscéral. La saison 2 aura la tâche difficile de maintenir cette tension si bien amenée lors du premier volet de l’histoire. Est-ce que nous aurons plus d’explications ? Est-ce que la deuxième saison continuera de jouer sur la panique claustrophobe ? On sait déjà que le métro berlinois sera le théâtre de ces nouveaux épisodes. De quoi avoir peur des petits espaces après ça ! On espère que Hijack restera un thriller en temps réel qui nous donne l’impression de manquer d’air, mais aussi que la série réussira à se renouveler sans faire un copier coller de la première saison. 

    The Boys, saison 5 - le 8 avril 2026 sur Prime Video

    The Boys (2019-2026) touche à sa fin, et s’il y a une série qu’on attend au tournant, c’est bien celle-ci. C’est l’heure de régler l’addition et on espère qu’elle va être salée. La série a passé quatre saisons à démolir le mythe du super-héros et l’Amérique corporate. On a aimé la satire, la violence, l’ironie, mais aussi une vraie rage politique qui fait écho au monde actuel. Le but de cette saison 5 est de ne pas tourner en boucle, et de rester tout aussi incisif, sans jamais essayer de nous plaire coûte que coûte. On veut voir jusqu’où l’histoire peut aller. Si la série réussit, ça peut être une conclusion sale, brillante, et très satisfaisante — le genre de final qui vous fait rire jaune. Et si vous aimez les univers où personne n’est vraiment « sauvé », c’est littéralement leur terrain de jeu.

    Euphoria, saison 3 - le 13 avril 2026 sur HBO Max

    Euphoria (2019-2026) n’est pas juste une série, c’est un mood : une beauté toxique, les émotions à vif, la musique qui vous colle à la peau, et une mise en scène qui essaie de donner de la beauté à tous les moments de malaise. Ce qui peut être dérangeant pour beaucoup. Ce troisième acte joue gros après un silence assourdissant et doit prouver que la série a encore quelque chose à dire au-delà de son aura. La direction artistique léchée ne suffit plus, il faut maintenant réussir à captiver avec un fond qui accroche et une écriture qui tienne la distance. Le récit de cette saison fait un saut dans le temps d’environ cinq ans, montrant la bande d’East Highland dans le chaos de la vingtaine. Si cette transition vers l'âge adulte conserve l'intensité caractéristique du show tout en renouvelant ses enjeux, ça peut redevenir l’événement pop que tout le monde commente.

    Malcolm : rien n’a changé - le 11 avril 2026 sur Disney+

    S’attaquer à un monument de la sitcom tel que Malcolm (2000-2006), c’est dangereux : la nostalgie est une drogue, et l’époque a changé. Mais c’est aussi excitant parce que l’ADN de la série — ce mélange incroyable de chaos familial, de montage hystérique, de regards caméra complices — n’a pas pris une ride. L’intérêt, c’est de voir comment ces personnages existent aujourd’hui : ce qu’ils sont devenus, ce qu’ils ont raté, ce qu’ils répètent malgré eux. Mais le grand défi de Malcolm : rien n’a changé (2026-) sera de ne pas tomber dans ce fameux « c’était mieux avant » dont on se lasse très vite. Les premiers signes sont vraiment prometteurs, puisqu’on sait que Bryan Cranston - qui a énormément gagné en aura depuis la première série - a travaillé d’arrache pied pour nous pondre un scénario digne de la série originale. Ici, ce n’est plus Malcolm in the middle (titre original de la série), mais Malcolm in the Mid-life crisis : Hal et Lois sont grands-parents, tandis que Malcolm et ses frères font face à la parentalité, toujours dans un joyeux chaos. Si le revival garde la cruauté sans tomber dans le fan service paresseux ça peut être un retour qui fait du bien… et qui rappelle que grandir n’a jamais vraiment réglé le problème.

    House of the Dragon, saison 3 - été 2026 sur HBO Max

    Quand House of the Dragon (2022-) est au meilleur de sa forme, c’est une tragédie familiale avec des dragons en arrière-plan, pas l’inverse. Une sorte de Succession en cotte de mailles. Mais pour cela, il faut lâcher la tentation du blockbuster, des effets spéciaux à tout va, et des dragons de partout. La saison 3 est attendue parce que la l’acte 2 a été long, lent, et a pris le temps de tout bien mettre en place. Maintenant on veut que ça décolle : alliances, humiliations, décisions irréversibles. La promesse, c’est du feu — mais surtout des conséquences, des trahisons qui coûtent, et des personnages vrillent. La série s’attaque maintenant au cœur saignant de la « Danse des Dragons », adaptant les passages les plus violents de l'œuvre de George R.R. Martin. Finie la guerre froide, le temps des batailles est arrivé. On veut retrouver cette histoire où la couronne n’est pas un trophée mais une malédiction.

    Wonder Man - le 27 janvier 2026 sur Disney+

    La curiosité autour de Wonder Man (2026), c’est de savoir quel Marvel on va avoir. La série « plus humaine » qui ose la satire du star-system, ou le produit formaté qui se contente de cocher des cases créées par algorithme ? Sur le papier, l'angle d'attaque est pourtant savoureux : explorer la vanité d'Hollywood à travers un héros pour qui l'image compte plus que l'héroïsme, c'est le terrain de jeu idéal pour un pamphlet méta du star-system. Personnellement, j’ai très envie de voir une série sur l’obsession d’être aimé, sur la mise en scène de soi, l'égo qui prend toute la place. The Boys l’a montré, le personnage du super héros est parfait pour grossir le trait et nous forcer à nous regarder dans le miroir. Si Disney+ assume une tonalité plus mordante et un vrai angle, Wonder Man peut être la surprise 2026, un peu comme l’a été Loki (2021-) qui a su surprendre et émouvoir. 

    The Bear, saison 5 - en 2026 sur Disney+

    Il y a des séries qui vous divertissent, et il y a The Bear (2022-), qui vous secoue comme un service du samedi soir. On ne peut qu’être essoufflé à la fin d’un épisode, avec du bruit, du mouvement, des engueulades, des « Chef! » toutes les 10 secondes. C’est la série nerveuse par excellence, et c’est exactement ce qu’on adore. La saison 5 est attendue parce que la série a toujours cette capacité rare : faire de la cuisine un thriller émotionnel. Le vrai suspense n’est pas « est-ce qu’ils vont réussir ? », c’est « qu’est-ce que ça leur coûte, à chaque fois ? », « que vont-ils sacrifier sur l’autel de la perfection » ? Carmy Berzatto et son équipe doivent maintenant gérer le poids écrasant du succès, réussir à maintenir le cap tout en repoussant les limites. Si la série continue à creuser la famille, la loyauté, la pression, et ce besoin violent de faire bien, elle restera l’une des meilleures écritures de personnages à la télévision actuelle. Car The Bear a cette capacité à filmer le stress comme un film de braquage, et cela c’est aussi grâce à un casting extraordinaire qui ne cesse de m’impressionner au fil des épisodes.

    Blade Runner 2099 - en 2026 sur Prime Video

    L’univers de Blade Runner est un piège : dès que ça marche, ça vous hante. 2099 est attendue parce qu’elle peut ramener ce que beaucoup de films et séries de SF ont perdu : une mélancolie froide, un spleen futuriste, une réflexion sur l’identité, et ce sentiment que le futur est moins une promesse qu’un vertige. Il faut impérativement que Blade Runner 2099 évite le piège de la série SF premium aseptisée, mais retrouve une mélancolie crasseuse et philosophique. On veut des silences qui nous poussent au questionnement, une expérience visuelle hypnotique, et un scénario qui ne déçoit pas les fans de la première heure. Sous la supervision de Ridley Scott, le récit fait un bond de cinquante ans après le film de Denis Villeneuve, explorant une Los Angeles transformée et toujours aussi inhospitalière. L’intrigue s’articule autour de Cora (Hunter Schafer), une jeune femme habituée à la clandestinitée, et Olwen (Michelle Yeoh), une Réplicante en fin de cycle cherchant un sens à on existence prolongée. Ensemble, elles vont devoir déjouer une conspiration qui menace la ville. Si la série comprend que Blade Runner vit dans les silences, les regards, les néons mouillés et une histoire qui chuchote, elle peut devenir l’une des œuvres les plus marquantes de 2026 — lente, belle, et un peu désespérée.

    The Night Manager, saison 2 - disponible sur Prime Video

    Le retour de The Night Manager (2016-) est attendu après dix ans d’absence. La saison 1 avait ce mélange parfait d’espionnage feutré, de luxe et de menace, avec une tension presque sensuelle dans la manière de filmer le pouvoir. Tom Hiddleston reprend donc son rôle de Jonathan Pine dans une saison 2 qui doit retrouver cette classe tout en prouvant qu’il y a encore une histoire à raconter, pas juste une marque à relancer. Si vous aimez les thrillers où la violence est psychologique plutôt que sanglante, c’est la série idéale. Dans la première, nous étions loin des fusillades qui nous font baisser le son, privilégiant les duels de regards dans des costumes sur mesure. Après une décennie d’absence, on espère que le scénario aura autant de classe que Tom Hiddleston, sinon, on risque de ne pas être contents.

    Young Sherlock - en courant 2026 sur Prime Video

    S’attaquer aux origines de Sherlock Holmes est un terrain miné. Trop sage, c’est inutile ; trop exagéré, les puristes seront en colère. En tant que fan du détective et de ses histoires, j’espère que Young Sherlock (2026-) approfondira la psychologie du personnage, ses imperfections, ses obsessions, ses addictions. Car Sherlock, aussi brillant soit-il, est avant tout névrosé par un cerveau qui tourne trop vite pour son propre bien. 

    Mais voilà, avec Guy Ritchie aux manettes, il y a de l’espoir. Il avait revisité le personnage à travers ses films, mais là, on attend un ton sombre et émotionnel pour éviter le piège du énième teen drama qui ressemble aux autres. Mais Ritchie nous a prouvé à de nombreuses reprises qu’il pouvait écrire un scénario en s'immisçant dans les failles de ses personnages. 

    Spider-Noir - en 2026 sur Prime Video

    Spider-Noir (2026), c’est de la pluie, des ruelles, un héros qui n’a pas l’air d’avoir dormi depuis une semaine et Nicolas Cage sous le trench-coat. C’est sans doute le projet le plus excitant de l'année chez les super-héros, car il promet d’apporter une nouvelle ambiance, une esthétique, et pas juste une nouvelle histoire qui cherche à étendre un multivers. On espère une atmosphère de film noir assumée (sans se transformer en parodie), avec une morale aussi grise que la photographie, une enquête de détective avec des super-pouvoirs, et une voix off qui gratte. Le pari est audacieux : plonger l'homme-araignée dans le New York de la Grande Dépression, loin des gadgets high-tech et des vannes d'ados.

  • Après Stranger Things : tous les projets de la franchise Netflix… et des frères Duffer

    Après Stranger Things : tous les projets de la franchise Netflix… et des frères Duffer

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Vecna n’est plus qu’un lointain cauchemar ? Les frères Duffer ne l’entendent pas de cette oreille ! Les jumeaux et Netflix ne comptent pas laisser tomber les fans de Stranger Things (2016-2026) qui aura marqué toute une génération, mais bien les abreuver de projets tirés de l’univers… et étendre ainsi leur franchise.

    Après 5 saisons, 42 épisodes et une conclusion longue de 2h pleine d’émotions, Matt et Ross Duffer ne referment pas tout à fait le livre. Au contraire, les projets se multiplient pour prolonger l’aventure et explorer de nouvelles histoires. Voici notre guide JustWatch pour  en savoir plus.

    Stranger Things : Chroniques de 85

    C’est l’un des premiers prolongements directs de la franchise, déjà annoncé pour 2026. Stranger Things : Chroniques de 85 est une série animée de science-fiction qui se situe entre les saisons 2 et 3 du show original et met en scène les jeunes héros d’Hawkins — Eleven, Mike, Will, Lucas, Dustin et Max — face à de nouvelles menaces paranormales.

    « On a pu capturer différemment la magie de Hawkins », a fait savoir Eric Robles (Fanboy et Chum Chum), le showrunner et producteur exécutif. « On découvre que rien n’est comme on le croyait. Alors, à vos lampes torches et sacs à dos, ça va être génial ! ». Pensé pour capter l’esprit des dessins animés des années 80, le programme promet d’être une porte d’entrée parfaite pour les plus jeunes et un clin d'œil nostalgique pour les fans de la première heure. 

    Une série dérivée évoquant les origines de Vecna

    Ils veulent vite se remettre au boulot : c’est le message que les frères Duffer ont fait passer via le magazine américain Variety. Mais pas pour imaginer une suite à Stranger Things, non. Les showrunners veulent un tout nouvel univers, avec de nouveaux personnages, une nouvelle ville et une nouvelle mythologie. Aucun personnage connu ne reviendrait car les frangins veulent repartir d’une feuille blanche et travailler sans contraintes liées à la série originale.

    Certaines questions cependant, comme celle du Flagelleur Mental, pourraient être expliquées mais sans être le cœur du spin-off. « Ce sera une histoire inédite et originale, mais qui apportera des réponses à certaines questions restées en suspens », a précisé Matt Duffer. On pourrait notamment en savoir plus sur l’épisode de la grotte où Henry Creel, enfant, tire sur un homme porteur d’une mallette contenant le pouvoir du Flagelleur Mental.

    Un spin-off sur Nancy Wheeler ?

    Natalia Dyer sera-t-elle la nouvelle héroïne des Duffer après Millie Bobby Brown ? Son personnage de Nancy Wheeler, jeune journaliste qui n’a pas froid aux yeux, a suffisamment gagné en épaisseur pour espérer être le centre de l’attention. Mais attention à ne pas se tromper de projet : Netflix a bien lancé quelque chose autour de la sœur de Mike mais… un livre !

    Sorti le 8 janvier dernier aux éditions Lumen, ce roman écrit par Caitlin Schneiderhan, qui avait déjà écrit un précédent tome sur Eddie Munson, se focalise sur les événements survenus entre les 4e et 5e saisons. La suite logique qu’espèrent tous les fans de la franchise, c’est l’adaptation de ce livre et des autres, mais ni Netflix ni les frères Duffer n’ont confirmé ou donné le moindre espoir sur cette rumeur tenace d’un passage sur petit écran.

  • Ben Affleck et Matt Damon : les classement des meilleurs films (et bromances) du duo

    Ben Affleck et Matt Damon : les classement des meilleurs films (et bromances) du duo

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Il y a des mariages qui durent… et puis il y a Ben Affleck et Matt Damon. Ces deux-là représentent la plus belle bromance hollywoodienne. En plus d’être forte, cette relation entre ces deux meilleurs amis se montre très lucrative. Avec la sortie récente de The Rip (2026) sur Netflix, marquant leur retrouvailles musclées, c’est l’occasion de revenir sur les films qu’ils ont partagés.

    Pour chacun des longs métrages listés ci-dessous, on ne peut que saluer leur complicité et la confiance qu’ils s’accordent l’un à l’autre, au point de livrer des performances belles et authentiques. Pour JustWatch, j’ai donc classé leurs collaborations marquantes selon la force de leur alchimie à l’écran (et un peu par la qualité des films, aussi).

    8. Jay & Bob contre-attaquent (2001)

    Je ne vais pas essayer de vous vendre ça comme du grand cinéma. Matt Damon et Ben Affleck non plus d’ailleurs. Mais quand Kevin Smith appelle, le duo répond présent, même si c’est pour faire n’importe quoi. C’est le genre de films qui sent la pizza réchauffée au micro-ondes et la nostalgie des années 2000. Dans Jay & Bob contre-attaquent, on touche au cœur de l’autodérision. Affleck et Damon y jouent (presque) leur propre rôle.

    Ici, on parle de deux dealers iconiques du New Jersey, les incontournables Jay et Silent Bob (Jason Mewes et Kevin Smith), qui foncent à Hollywood pour saboter l’adaptation cinéma de leur propre comic-book Bluntman & Chronic. C’est le film de potes par excellence, une sorte de cour de récré chaotique qu’on aime détester ou l’inverse. Pour les fans du duo, c’est une pièce indispensable du puzzle. Un véritable plaisir coupable à ne surtout pas prendre au sérieux.

    7. Jusqu'au bout du rêve (1989)

    Mettre Jusqu'au bout du rêve (1989) dans la liste, c’est une belle arnaque. mais c’est là que commence la légende du tandem Ben Affleck & Matt Damon. Dans ce beau film signé Phil Alden Robinson, où un fermier de l’Iowa (Kevin Costner) construit un terrain de baseball après avoir entendu des voix, nos deux compères peuvent être aperçus parmi des milliers de figurants. Il faut mettre pause pour les voir, ils ne disent rien, ne font presque rien, mais c’est leur début, alors je n’allais pas passer à côté. Et puis, pour celles et ceux qui aiment jouer à « Où est Charlie ? », c’est idéal ! 

    6. La Différence (1992)

    On a du mal à voir les deux acteurs dans le rôle du méchant. Pourtant, avant d’être des chouchous du public, ils étaient des jeunes loups prêts à prendre des rôles pas très sympathiques. C’était le cas dans La Différence (1992) où Bendan Fraser tient la vedette et joue le rôle d’un quarterback juif issu de la classe ouvrière, recruté pour sauver l’équipe de football d’une lycée d’élite ultra-conservateur des années 50. 

    Matt Damon livre une performance glaçante dans la peau d’un leader antisémite, prouvant qu’il était bien capable de jouer les ordures, un peu comme dans Le Talentueux Mr. Ripley (1999). Affleck, lui, joue un suiveur un peu lâche qui gravite autour de Damon. Ici, c’est l'une des rares fois où leur complicité n’est pas mise en avant. Si vous voulez un décor similaire avec une vision beaucoup plus idéaliste, histoire de vous redonner foi en l’humanité, orientez-vous vers Le Cercle des Poètes Disparus (1989).

    5. Le Dernier Duel (2021)

    Le Dernier Duel (2021), c’est l’occasion parfaite de voir Matt Damon avec un mulet douteux et Ben Affleck en blond platine. Mais Le Dernier Duel, signé Ridley Scott, est aussi et surtout une fresque médiévale d’une grande brutalité. Le scénario est signé par les deux acteurs accompagnés de Nicole Holofcener. Ils nous racontent la France du XIVe siècle, où Jean de Carrouges (Matt Damon), un écuyer, accuse son ancien ami Jacques Le Gris (Adam Driver) d’avoir violé sa femme Marguerite (jouée par une talentueuse Jodie Comer). Ben Affleck joue quant à lui le Comte Pierre d’Alençon.

    Là encore, ils ne sont pas beaux à voir, jouant brillamment des rôles vraiment détestables. Le film vole la structure de Rashomon (1950) de Kurosawa, et est raconté selon trois points de vue, dévoilant comment l’ego masculin tord la réalité jusqu’à effacer la parole de la victime. Il permet surtout de parler de la culture du viol, du patriarcat, au travers d’une mise en scène froide et sanglante. Quand on lance le film, on peut s’attendre à voir une épopée chevaleresque un peu bourrine, mais on se retrouve vite surpris par l’approche et la mise en scène.

    4. The Rip (2026)

    Avec The Rip (2026), Joe Carnahan nous sort un polar nerveux qui sent le bitume et la trahison. Ici, on est plus proche du Kevlar que des costumes velours du Dernier Duel. C’est un cop thriller pur jus où Damon et Affleck incarnent des flics qui tombent sur une planque bourrée de cash. Il y a tellement d’argent que les soupçons entre policiers s'installent, et on se retrouve à se demander s’il y aurait pas un ripou dans le lot.

    Ce n’est pas un scénario exceptionnel, mais la mise en scène est efficace et permet de passer un bon moment suffisamment stressant pour que ça passe vite. Je pense aussi que le film doit beaucoup aux deux acteurs qui arrivent à faire marcher leur alchimie, une nouvelle fois. Matt Damon joue le mec brisé, tandis que Ben Affleck est nerveux et musclé comme jamais. 

    3. Air (2023)

    Si on m’avait dit que j’apprécierais un film sur la signature d’un contrat, je ne l’aurais pas cru. Pourtant, Air (2023), signé Ben Affleck, montre encore une fois que l’acteur est aussi un excellent réalisateur (comme s’il avait besoin de le prouver après The Town et Argo). Matt Damon incarne le bedonnant et obstiné Sonny Vaccaro, alors qu’Affleck joue l'excentrique patron de Nike.

    On y suit le moment charnière où la marque à la virgule se rapproche d’une jeune Michael Jordan afin de signer un contrat qui s’avèrera fructueux et historique. Air, c’est un peu la version excentrique, moins kilométrée, et plus confortable de The Social Network (2010) de David Fincher. Après 1h50 de film, on a juste envie d’aller acheter des chaussures. Un sacré coup de pub.

    2. Dogma (1999)

    Je le disais plus haut :  Kevin Smith a un projet, les deux acteurs répondent présent. Dans Dogma (1999), il prennent les rôles de Bartleby et Loki, deux anges déchus cherchant à retourner au Paradis, au risque de détruire l’univers. Jamais leur alchimie comique n’a été aussi électrique que dans ce road trip tombé du ciel : ils fonctionnent comme un vieux couple qui se dispute depuis des millénaires, avec Affleck en ange cynique et rationnel tandis que Damon est plus ludique et imprévisible. 

    C’est pour moi leur meilleure collaboration dans un registre léger et drôle. Le film est punk, surprenant, drôle, parfait pour les nostalgiques de la génération X et des films déjantés des années 90. Avec en bonus Alan Rickman en archange. Si vous ne connaissez pas Kevin Smith, découvrez le réalisateur à la source avec Clerks : Les Employés modèles (1994). 

    1. Will Hunting (1997)

    Il ne pouvait y avoir aucun autre numéro un. Il y a ces films qui ont immensément marqué ma jeunesse parce qu’ils me donnaient une leçon de vie : aux côtés du Cercle des Poètes Disparus, il y a évidemment Will Hunting (1997). Ce film, c’est l’apothéose des collaborations entre les deux acteurs, puisqu’ils sont aussi scénaristes (ils remporteront même l’Oscar !). Ils se sont inspirés de leurs propres vies, expériences et familles pour écrire l’histoire et les personnages. Sous la direction de Gus Van Sant, Matt Damon incarne un concierge génie des maths torturé par son passé, alors que Ben Affleck campe l’ami résilient et loyal jusqu’à la mort. 

    Ici, on a juste des âmes en peine, faisant face aux réalités de la vie de deux jeunes du sud de Boston. C'est viscéral, c’est poétique, et ça vous prend au tripes à chaque visionnage. Ajoutons à cela un Robin Williams magistral qui joue à merveille le psy torturé. Pour continuer de baigner dans les larmes du Massachusetts, jetez vous sur le film Manchester by the Sea (2016), produit par Matt Damon et Ben Affleck, avec… le petit frère, Casey Affleck en tête d’affiche.

  • Oscars 2026 : elle est le cœur de Hamnet, voici 5 rôles pour découvrir Jessie Buckley

    Oscars 2026 : elle est le cœur de Hamnet, voici 5 rôles pour découvrir Jessie Buckley

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Hamnet (2025), de Chloé Zhao, est sorti il y a quelques jours dans les salles françaises. Ce film dramatique et d'une poésie incroyable, basé sur le roman de Maggie O’Farrell, explore l’histoire d'amour entre William Shakespeare -bien qu’il ne soit jamais vraiment nommé- et sa femme, alors que le couple fait face au deuil après la perte de leur fils, Hamnet, emporté par la peste. 

    La prestation de Jessie Buckley dans le rôle de Anne Hathaway (qui devient Agnès dans cette adaptation) est tout simplement exceptionnelle. Au point de faire de la comédienne la grande favorite pour l’Oscar, après son triomphe aux Golden Globes. Si Hamnet marque votre première rencontre avec cette talentueuse artiste irlandaise, JustWatch vous propose une liste de 5 performances essentielles pour découvrir sa filmographie. 

    Je dis « artiste », car le talent de Jessie Buckley va bien au-delà du grand écran, puisqu’elle est également musicienne et chanteuse. Elle a suivi des études à la Royal Irish Academy of Music ainsi qu'à la RADA, la Royal Academy of Dramatic Arts. Elle a ensuite participé en 2008 à une émission de la BBC, I'd Do Anything, une sorte de grande audition télévisée pour la comédie musicale adaptée d’Oliver Twist pour le West End. Buckley est arrivée jusqu’en finale et a terminé à la deuxième place, mais sa prestation lui offre immédiatement la voie à de nombreux rôles sur les planches londoniennes. A la télé, c’est finalement la mini-série de la BBC Guerre et Paix (2016) -grâce à laquelle j’ai personnellement découvert l’actrice il y a quelques années de cela- qui lui ouvrira les portes du petit, puis du grand écran. 

    The Lost Daughter (2021)

    Si Jessie Buckley est aujourd'hui pressentie pour remporter l’Oscar de la Meilleure actrice pour son rôle dans Hamnet, The Lost Daughter (2021), réalisé par l’actrice et réalisatrice Maggie Gyllenhaal, a valu à la comédienne sa première nomination aux Oscars en 2022. Olivia Colman y incarne une mère divorcée en vacances sur une île grecque. Alors qu’on en découvre plus sur sa vie et son passé, c’est Jessie Buckley qui incarne le rôle dans des flashbacks.

    Sa prestation remarquable propulse la carrière de l'actrice à l'international, alors que le drame adapté du roman Poupée Volée d’Elena Ferrante voit naître la première collaboration entre Buckley et Colman (elles se retrouveront quelques années plus tard, nous le verrons), mais également entre Buckley et Maggie Gyllenhaal. La réalisatrice dévoilera prochainement le très attendu The Bride! (2026), avec Jessie Buckley dans le rôle de la fiancée (de Frankenstein).  

    Scandaleusement Vôtre (2023)

    Cette comédie signe la deuxième collaboration entre Jessie Buckley et Olivia Colman, cette fois-ci dans un registre beaucoup plus humoristique puisque les deux actrices y incarnent deux voisines vivant dans un petit village d'Angleterre des années 20, dont les habitants voient leur quotidien paisible et quelque peu monotone perturbé par l'arrivée de lettres obscènes… et anonymes.

    Edith Swan (Olivia Colman) est une femme vivant encore avec son père, un homme acariâtre et autoritaire. Elle n'a jamais connu de vie en dehors de celle-ci, jusqu’au jour où elle commence à recevoir les premières lettres. Sa voisine, Rose (Jessie Buckley), une femme irlandaise aux moeurs beaucop plus libres et différentes de celles du village est immédiatement accusée. Si vous êtes à l’aise en anglais, je vous conseille de regarder Scandaleusement Vôtre (2023) en VO pour profiter au maximum des dialogues et des insultes qui fusent entre les personnages. Des insultes qui sont toutes plus originales et hautes en couleurs les unes que les autres !

    Women Talking (2022)

    En 2022, aux côtés de Rooney Mara, Claire Foy et Frances McDormand, Jessie Buckley tient l’un des rôles principaux du film de Sarah Polley, Women Talking (2022), adapté du roman de Miriam Toews. Le livre est inspiré d'une affaire d’agressions sexuelles ayant eu lieu dans la communauté religieuse mennonite en Bolivie. Le film reprend donc ces faits tout en mettant en lumière les dérives sectaires de cette communauté dans laquelle les femmes ne savent ni lire, ni écrire, et se retrouvent vulnérables face au pouvoir des hommes. 

    Women Talking est nommé aux Oscars l’année suivante dans la catégorie Meilleur Film et reçoit la statuette du Meilleur Scénario adapté. Malheureusement, les prestations remarquables des actrices et la réalisation de Sarah Polley avaient été boudées par les votant.es de l’Académie. 

    Wild Rose (2019)

    Sa première nomination au BAFTA en tant qu’actrice principale dans un film, Jessie Buckley la doit à Wild Rose (2019), une histoire aussi drôle que touchante et pleine d’espoir sur une mère de famille vivant à Glasgow et fan de musique country qui, tout juste sortie de prison, rêve de faire carrière en tant que chanteuse à Nashville. 

    Dans ce rôle magnifique, Jessie Buckley a la possibilité de faire appel à ses talents d’actrice, de chanteuse et de musicienne, et délivre par la même occasion l’une des meilleures performances de sa carrière. Ce rôle participe également à sa nouvelle renommée internationale, en même temps que la série Chernobyl (2019). Je vous invite également à écouter la BO en boucle sans modération en vous laissant porter sur la route de Nashville par la magnifique voix de Jessie Buckley. 

    Taboo (2017)

    Les fans de drames historiques -et particulièrement de Steven Knight (le créateur de Peaky Blinders) et de Tom Hardy- connaissent bien sûr Taboo, une excellente série extrêmement populaire à sa sortie portée par de très belles performances, mais qui n’a malheureusement jamais connu de suite. Hardy y incarne James Delaney, un homme présumé mort en Afrique et qui retourne à Londres en 1814.

    Bien des choses ont changé depuis sa disparition, alors qu’il cherche à en apprendre plus sur la mort de son père. Jessie Buckley incarne ici Lorna Bow, une actrice d’origine irlandaise et la dernière épouse du défunt père de James. Les deux fortes personnalités de Lorna et James vont d’abord s’opposer, puis les deux personnages -élevés par les performances de leurs interprètes- se rendront compte qu’ils ont tous les deux bien plus intérêt à devenir alliés.

  • Oscars 2026 : où et comment voir tous les films nommés ?

    Oscars 2026 : où et comment voir tous les films nommés ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « And the Oscars goes to… » Ce moment solennel, qui marque la fin de la saison des récompenses à Hollywood, retentira pour la 98e fois de l’Histoire le 15 mars prochain dans l’enceinte glamour du Dolby Theatre, à Los Angeles. Orchestrée pour la deuxième année consécutive par le maître de cérémonie Conan O'Brien, la soirée tant attendue a dévoilé ses nominations ce jeudi 22 janvier.

    Ryan Coogler, Paul Thomas Anderson ou Chloé Zhao ? Leonardo DiCaprio, Timothée Chalamet ou Wagner Moura ? Jessie Buckley, Rose Byrne ou Renate Reinsve ? Les pronostics vont bon train, alors que les 9 905 votant.es de l’Académie vont entrer dans la dernière phase du scrutin, qui inaugure pour cette édition une nouvelle catégorie très attendue saluant les castings / distributions (comme le font les Actors Awards décernés chaque année par la SAG-AFTRA, le principal syndicat de comédien.nes outre-Atlantique).

    JustWatch vous dit où et comment voir ou revoir les différents films nommés (hors documentaires et courts métrages), dont certains ne sont toutefois pas encore sortis en France.

    Sinners (16 nominations) - disponible sur CANAL+ et en VOD

    Avec 16 nominations, Sinners (2025) domine cette édition 2026, s’offrant même un record historique (!) de citations devant les 14 citations reçues par Ève (1950), Titanic (1997) et La La Land (2016). De très bonne augure pour le film de Ryan Coogler, emmené par Michael B. Jordan dans un double-rôle de frères jumeaux, qui croise gangsters, vampires et musique sur fond de ségrégation dans le Mississippi des années 1930. Quelque peu boudé aux Golden Globes, le long métrage pourrait se rattraper aux Oscars, lui qui a émergé comme le seul film original (n’appartenant pas à une franchise ou un univers connu) du Top 10 annuel du box-office américain l’an dernier. C’est même LE grand favori de Variety pour la statuette du Meilleur film.

    Nominations :

    • Meilleur film

    • Meilleure réalisation - Ryan Coogler

    • Meilleur acteur - Michael B. Jordan

    • Meilleure acteur dans un second rôle - Delroy Lindo

    • Meilleure actrice dans un second rôle - Wunmi Mosaku

    • Meilleur casting

    • Meilleur scénario original

    • Meilleure photographie

    • Meilleurs décors

    • Meilleurs costumes

    • Meilleurs maquillages et coiffure

    • Meilleur montage

    • Meilleur son

    • Meilleurs effets visuels

    • Meilleure musique - Ludwig Göransson

    • Meilleures chanson - I Lied to You

    Une bataille après l’autre (13 nominations) - disponible en vidéo

    2026, l’année de la reconnaissance pour Paul Thomas Anderson ? Nommé à onze reprises aux Oscars depuis Boogie Nights (1997), le réalisateur américain n’a jamais soulevé la mythique statuette dorée. Une bataille après l’autre (2025) pourrait être l’œuvre de la consécration pour « PTA », alors que cette satire politique au sein d’une Amérique polarisée a été plébiscitée pour sa mise en scène (le fameux plan sur la route), son interprétation (quatre comédien.nes nommés par l’Académie), sa musique mais aussi sa capacité à faire se rencontrer le film d’auteur et le cinéma grand public, quelque part entre Michael Moore et les frères Coen.

    Nominations :

    • Meilleur film

    • Meilleure réalisation - Paul Thomas Anderson

    • Meilleur acteur - Leonardo DiCaprio

    • Meilleur acteur dans un second rôle - Benicio Del Toro

    • Meilleur acteur dans un second rôle - Sean Penn

    • Meilleur actrice dans un second rôle - Teyana Taylor

    • Meilleur casting

    • Meilleur scénario adapté

    • Meilleure photographie

    • Meilleurs décors

    • Meilleur montage

    • Meilleur son

    • Meilleure musique - Jonny Greenwood

    Frankenstein (9 nominations) - disponible sur Netflix

    Le cinéaste des monstres qui livre sa version du plus célèbre d’entre-eux : Frankenstein (2025) résonne comme une évidence. Costumes, décors, maquillages, photographie, bande originale : tout a été réuni par Guillermo del Toro pour magnifier et réinventer le classique gothique de Mary Shelley, raconté ici du point de vue du créateur (Oscar Isaac) puis de sa créature (Jacob Elordi, très touchant dans le rôle). On pourrait regretter que le réalisateur mexicain ait été peut-être écrasé par son attachement à l'œuvre, rendant le résultat final un peu trop froid et figé, mais c’est du grand cinéma, qu’on aurait préféré découvrir dans une salle obscure que sur Netflix. Mais remercions la plateforme d’avoir offert à Guillermo del Toro les moyens de concrétiser sa vision. Maintenant, place à Lovecraft ?

    Nominations :

    • Meilleur film

    • Meilleur acteur dans un second rôle - Jacob Elordi

    • Meilleur scénario adapté

    • Meilleure photographie

    • Meilleurs décors

    • Meilleurs costumes

    • Meilleurs maquillages et coiffure

    • Meilleur son

    • Meilleure musique - Alexandre Desplat

    Marty Supreme (9 nominations) - au cinéma le 18 février

    Timothée Chalamet opposé à son modèle Leonardo DiCaprio : c’est le match dans le match des Oscars 2026. Déjà nommé pour Call Me by Your Name (2018) et Un parfait inconnu (2024), le comédien, qui vient de fêter ses 30 ans, pourrait accéder à la consécration ultime le 15 mars. Une statuette du Meilleur acteur viendrait saluer son implication totale dans le rôle de Marty Mauser, un joueur de ping pong convaincu de la grandeur de son destin et inspiré du véritable champion Marty Reisman. Mais, au-delà de la fièvre qui habite le comédien, le film de Josh Safdie brille par son énergie, son montage et sa reconstitution du New York des années 50. Et il offre au cinéaste une place dans le quintet final des cinéastes de l'année.

    Nominations :

    • Meilleur film

    • Meilleure réalisation - Josh Safdie

    • Meilleur acteur - Timothée Chalamet

    • Meilleur casting

    • Meilleur scénario original

    • Meilleure photographie

    • Meilleurs décors

    • Meilleurs costumes

    • Meilleur montage

    Valeur sentimentale (9 nominations) - actuellement au cinéma

    Grand Prix au Festival de Cannes, Meilleur film aux European Film Awards, Golden Globe du Meilleur second rôle pour Stellan Skarsgård : Valeur sentimentale (2025) devrait terminer son parcours impressionnant aux Oscars, où il est nommé dans neuf catégories. Le Danois Joachim Trier, déjà nommé il y a quatre ans pour le scénario du formidable Julie en douze chapitres (2021), s’impose film après film comme l’un des cinéastes contemporains majeurs. Il livre ici un portrait de famille sensible autour d’un réalisateur plébiscité et de ses filles, dont l’une est devenue actrice de théâtre. Renate Reinsve, Inga Ibsdotter Lilleaas et Elle Fanning trouvent ici un écrin subtil et puissant, à la hauteur de leur talent.

    Nominations :

    • Meilleur film

    • Meilleure réalisation - Joachim Trier

    • Meilleure actrice - Renate Reinsve

    • Meilleur acteur dans un second rôle - Stellan Skarsgård

    • Meilleure actrice dans un second rôle - Elle Fanning

    • Meilleure actrice dans un second rôle - Inga Ibsdotter Lilleaas

    • Meilleur scénario original

    • Meilleur montage

    • Meilleur film international - Danemark

    Hamnet (8 nominations) - actuellement au cinéma

    Et si Chloé Zhao devenait la première femme « double-Oscarisée » de l’Histoire ? Cette perspective n’est pas impossible, alors que Hamnet (2025) a émergé comme la belle surprise des derniers Golden Globes. La réalisatrice de Nomadland (2020) y revisite l’histoire personnelle et tragique de William Shakespeare en imaginant comment la mort de son fils lui a inspiré Hamlet. Raconté du point de vue de la femme du dramaturge, campée par Jessie Buckley, ce drame bouleversant devrait a minima sacrer la comédienne irlandaise, qui m’avait déjà arraché beaucoup de larmes dans Wild Rose (2019). Et qui sait ? En cas d’Oscar du Meilleur film, ça pourrait être la revanche de Steven Spielberg (ici producteur) dont le Soldat Ryan (1998) avait été battu par Shakespeare in Love (1998) à l’époque.

    Nominations :

    • Meilleur film

    • Meilleure réalisation - Chloé Zhao

    • Meilleure actrice - Jessie Buckley

    • Meilleur casting

    • Meilleur scénario adapté

    • Meilleurs décors

    • Meilleurs costumes

    • Meilleure musique - Max Richter

    Bugonia (4 nominations) - actuellement au cinéma

    Il était une fois deux apiculteurs qui kidnappaient une riche PDG pour lui faire avouer... sa nature d’extraterrestre menaçant l’Humanité d’éradication ! La nouvelle proposition de Yorgos Lanthimos et Emma Stone, qui revisite le film sud-coréen Save the Green Planet (2003), est peut-être un peu trop barrée et bizarre pour les Oscars, où le cinéaste grec et sa comédienne-fétiche ont déjà brillé ensemble avec La Favorite (2018) et Pauvres créatures (2023). Mais on est content de retrouver le huis clos halluciné de Bugonia (2025) parmi les films mis en lumière par l’Académie. Avec sa scène-choc de rasage de crâne et son interprétation habitée, la comédienne pourrait être l’une des outsiders pour la statuette.

    Nominations :

    • Meilleur film

    • Meilleure actrice - Emma Stone

    • Meilleur scénario adapté

    • Meilleure musique

    F1® Le Film (4 nominations) - disponible sur Apple TV+ et en VOD

    F1® Le Film (2025) est, c’est vrai, un peu une publicité géante pour le championnat de Formule 1 et pour tous ses sponsors. Mais quel (grand) spectacle ! Joseph Kosinski, le réalisateur de Top Gun : Maverick (2022) nous entraîne au plus près de la course, que ce soit derrière le volant avec le vétéran Brad Pitt et le rookie Damson Idris, au ras du bitume des plus grands circuits de la planète, ou dans les boxes où se jouent les rouages mécaniques et financiers du sport automobile. S’il ne gagnera assurément pas la course à l’Oscar du meilleur film, je ne serais pas étonné que le long métrage mette la main sur les trophées du montage et du son.

    Nominations :

    • Meilleur film

    • Meilleur montage

    • Meilleur son

    • Meilleurs effets visuels

    L’Agent secret (4 nominations) - actuellement au cinéma

    Quelle année pour le cinéma brésilien à Hollywood ! Avec L’Agent secret (2025), Wagner Moura et son réalisateur Kleber Mendonça Filho font briller la cinématographie sud-américaine, en suivant le parcours d’un homme au passé trouble qui tente de se reconstruire, malgré les menaces, en pleine effervescence du carnaval à Recife. Plébiscité par les cinéphiles pour son habileté à jouer avec les genres -thriller politique et drame intimiste notamment- à travers un traitement unique de la mémoire collective, c’est un film qui peut laisser certains spectateurs sur le seuil. On verra le 15 mars comment les votant.es se sont positionnés.

    Nominations :

    • Meilleur film

    • Meilleur acteur - Wagner Moura

    • Meilleur casting

    • Meilleur film international - Brésil

    Train Dreams (4 nominations) - disponible sur Netflix

    Train Dreams (2025), c’est un peu la surprise de ce cru cinéma et de ces nominations 2026. Mais cela ne signifie pas que le long métrage Netflix a volé sa place à la grand-messe hollywoodienne, au contraire. En adaptant le livre de Denis Johnson, Clint Bentley raconte le parcours d’un bûcheron dans l’Amérique des années 1920, qui s’interroge sur sa place dans l’univers. Nos confrères d'Écran Large l’ont décrit comme la rencontre entre Terrence Malick et The Brutalist (2024), et c’est un bon résumé de ce qui vous attend dans cette histoire d’une beauté visuelle sidérante, portée par l'interprétation intériorisée de Joel Edgerton.

    Nominations :

    • Meilleur film

    • Meilleur scénario adapté

    • Meilleure photographie

    • Meilleure musique

    Avatar : de feu et de cendres (2 nominations) - actuellement au cinéma

    Si Avatar : de feu et de cendres (2025), troisième volet de la saga SF de James Cameron, est moins surprenant que ses prédécesseurs, il aurait été injuste de bouder la qualité visuelle du long métrage, dont les personnages, les créatures et les paysages continuent d’avoir dix ans (vingt ans ?) d’avance sur la concurrence. Comme sur Avatar (2009) et Avatar : la voie de l'eau (2022), déjà récompensés dans cette catégorie, c'est juste bluffant. Plus surprenant, l’Académie a également salué le travail réalisé sur les costumes, notamment les designs du nouveau clan mené par la redoutable Varang.

    Nominations :

    • Meilleurs costumes

    • Meilleurs effets visuels

    Blue Moon (2 nominations) - disponible en VOD

    Blue Moon (2025) n’a pas bénéficié d’une sortie au cinéma en France, la faute à un sujet sans doute trop américano-américain. En l’occurrence l'œuvre et les vies des icônes musicales Lorenz Hart et Richard Rodgers, qui ont signé plus de 500 chansons (My Funny Valentine ou Blue Moon) durant l’entre-deux guerres. Cela n’enlève rien à la qualité du long métrage de Richard Linklater, qui retrouve son acteur-fétiche Ethan Hawke pour la neuvième fois après Before Sunrise (1995), Le Gang des Newton (1998), Waking Life (2001), Tape (2001), Before Sunset (2004), Fast Food Nation (2006), Before Midnight (2013) et Boyhood (2014). C'est la cinquième nomination de la carrière du comédien-scénariste-réalisateur.

    Nominations :

    • Meilleur acteur - Ethan Hawke

    • Meilleur scénario original

    KPop Demon Hunters (2 nominations) - disponible sur Netflix

    Si l’Oscar de la Meilleure chanson semble -a priori- acquis à KPop Demon Hunters (2025) pour l'entêtant tube Golden / Briller, le succès-streaming de l’année pourra t-il aussi mettre la main sur le trophée du Meilleur film d’animation après son triomphe aux Golden Globes ? Quel que soit le verdict des membres de l’Académie, la vague des HUNTR/X a définitivement été un phénomène mondial, qui s’est imposé en quelques semaines comme le film le plus vu de tous les temps sur Netflix.

    Nominations :

    • Meilleur film d’animation

    • Meilleure chanson - Golden / Briller

    Sirāt (2 nominations) - actuellement au cinéma

    Celles et ceux qui ont vu Sirāt (2025) savent à quel point le film d’Oliver Laxe est une pure expérience de cinéma. On aime ou on déteste, mais on ne peut pas rester indifférent à cette proposition qui mêle musique électro, post-apo et quête mystique, qui réserve deux moments de pure sidération pour les spectateurs. Rave oblige, c'est aussi une œuvre où le design sonore et la musique jouent un rôle majeur, ce qu’a tenu à souligner le panel de votants en intégrant le film parmi les candidats à l'Oscar du Meilleur son.

    Nominations :

    • Meilleur son

    • Meilleur film international - Espagne

    Un simple accident (2 nominations) - actuellement au cinéma

    Jafar Panahi en route vers un Oscar symbolique, saluant non seulement sa carrière mais également son engagement politique ? Après sa Palme d’Or à Cannes en mai dernier, le cinéaste iranien, dont le film Un simple accident (2025) porte les couleurs françaises dans cette course hollywoodienne, est salué dans deux catégories, dont celle du Meilleur scénario original. Un script puissant, qui raconte une histoire universelle qui interroge la vengeance, le pardon et la justice et qui a été tournée dans la clandestinité.

    Nominations :

    • Meilleur scénario original

    • Meilleur film international - France

    Amélie et la métaphysique des tubes (1 nomination) - disponible en VOD

    Quelle année pour l’animation française ! Parallèlement aux sélections de Arco et au triomphe du loup Mal-Aimé de la publicité Intermarché, Amélie et la métaphysique des tubes (2025) a aussi fait son chemin jusqu’à Hollywood. Mailys Vallade et Liane-Cho Han y adaptent avec douceur et subtilité le roman d’Amélie Nothomb, retranscrit avec une animation sensorielle qui rappelle la poésie du Conte de la Princesse Kaguya (2013) dans sa manière d'aborder la façon dont une petite fille de 3 ans appréhende le monde qui l'entoure. Bruits, couleurs, sensations... : ce film est un enchantement.

    Nominations :

    • Meilleur film d’animation

    Arco (1 nomination) - actuellement au cinéma

    Le conte futuriste et inspirant d’Ugo Bienvenu s’envole jusqu’aux Oscars. Repéré à Cannes, où il n’avait étrangement pas eu droit à une sélection majeure, Arco (2025) s’est depuis bien rattrapé, avec un triomphe critique, une belle carrière dans les salles françaises (près de 500 000 entrées) et une présence aux Golden Globes et aux Oscars. Dans ce Ghibli à la Française, il est question de la rencontre entre un petit garçon venu du futur et une petite fille qui va l'aider à rentrer chez lui. En cas de statuette dorée, le cinéaste français partagera la scène du Dolby Theatre avec ses productrice Natalie Portman et Sophie Mas.

    Nominations :

    • Meilleur film d’animation

    Elio (1 nomination) - actuellement au cinéma

    Elio (2025) est certes un Pixar mineur, mais son joli message sur le droit à la différence et le fait de trouver sa place, sur fond d’aventures intergalactiques et de bestiaire extraterrestres colorés, a touché les votant.es de l’Académie, qui ont placé le long métrage parmi les cinq films en lice dans la catégorie Animation. A noter qu’on y entend Zoe Saldaña, doublement présente à ces Oscars 2026 avec Elio et Avatar 3. On n'en attendais pas moins de la comédienne la plus lucrative de l'histoire du box-office.

    Nominations :

    • Meilleur film d’animation

    Évanouis (1 nomination) - disponible en VOD

    C’est LE scénario que tous les studios s’arrachaient après la sortie de Barbare (2022), le film-choc qui a révélé Zach Cregger. Dans Évanouis (205), la nouvelle coqueluche d’Hollywood met en scène une affaire mystérieuse de disparition d’enfants, à travers une approche « à la Rashomon » qui croise plusieurs points de vue et plusieurs personnages. Parmi eux, il y a la Tante Gladys, une dame aussi terrifiante qu’elle a l’air inoffensive et à qui Amy Madigan donne vie avec un talent qui glace le sang. J’ai hâte -et en même temps peur- de voir le film qui pourrait lui être dédié.

    Nominations :

    • Meilleur actrice dans un second rôle - Amy Madigan

    If I Had Legs I'd Kick You (1 nomination) - prochainement

    C’est l’un des films outsiders de cette 98e cérémonie, repéré à Berlin où Rose Byrne a reçu le prix de la Meilleure interprétation féminine. Devant la caméra de Mary Bronstein, la comédienne brille dans ce rôle de femme épuisée autour de qui tout s’écroule, et qui va affronter seule la fatigue, la culpabilité et l’absurdité du quotidien. Nommé -bizarrement- dans la catégorie « comédie / comédie musicale » aux Golden Globes, Si j’en avais la force / If I Had Legs I'd Kick You (2025) lui avait valu le trophée de la Meilleure actrice il y a quelque jours. C’est donc la principale concurrente de Jessie Buckley dans la dernière ligne droite vers les Oscars.

    Nominations :

    • Meilleur actrice - Rose Byrne

    Jurassic World: Renaissance (1 nomination) - disponible en VOD

    Si Jurassic World: Renaissance (2025) a pu diviser les fans, le long métrage de Gareth Edwards a su mettre tout le monde d’accord avec ses effets visuels : qu’il s’agisse d’une attaque de spinosaures en plein océan, d’une rencontre magique avec des titanosaures dans les hautes herbes ou d’une poursuite à flanc de falaise avec un quetzalcoatlus, le rendu des dinosaures est superbe. Jusqu’aux apparitions du redoutable et mutant D-Rex dans une ambiance rougeoyante rappelant les grandes heures de Godzilla (2014). 

    Nominations :

    • Meilleurs effets visuels

    La Voix de Hind Rajab (1 nomination) - actuellement au cinéma

    Avec La Voix de Hind Rajab (2025), Kaouther Ben Hania utilise le cinéma pour donner un écho au drame vécu par cette petite fille palestinienne, dont les derniers instants au téléphone avec les services de secours alors qu’elle est coincé dans un véhicule sous les tirs de l’armée israélienne sont revisités dans un dispositif mêlant documentaire et comédiens. Une standing ovation de 24 minutes a salué cette œuvre coup de poing bouleversante à Venise. Le nom de Hind Rajab résonnera encore aux Oscars. 

    Nominations :

    • Meilleur film international - Tunisie

    Le Maître du Kabuki (1 nomination) - actuellement au cinéma

    Le Kabuki, c’est la plus célèbre forme traditionnelle de théâtre japonais, qui se distingue notamment par ses costumes et ses masques élaborés. Et par ses maquillages également, qui ont une grande signification dans l’histoire qui est jouée sur scène. Le Maître du Kabuki (2025), qui fait figure de grande surprise au sein de ces nominations, raconte l’histoire de deux amis qui vont évoluer vers la perfection dans la maîtrise de cet art, avec à la clé 11 millions d’entrées dans les salles de cinéma japonaises.

    Nominations :

    • Meilleurs maquillages et coiffure

    Smashing Machine (1 nomination) - actuellement au cinéma

    Après son accueil à Venise, je croyais beaucoup à une nomination pour Dwayne Johnson dans la catégorie Meilleur acteur pour Smashing Machine (2025). Si le biopic de Benny Safdie (le frangin du réalisateur de Marty Supreme) est loin d’être parfait, l’interprétation de The Rock dans la peau de la légende du MMA Mark Kerr est vraiment impressionnante. Tout comme sa transformation, saluée par une nomination à l’Oscar des maquillages et de la coiffure. Il est ici bluffant ET méconnaissable.

    Nominations :

    • Meilleurs maquillages et coiffure

    Sur un air de blues (1 nomination) - actuellement au cinéma

    Il y a les biopics dédiés aux artistes (re)connus (Marty Supreme ou Blue Moon). Et il y a les films qui mettent dans la lumière des artistes de l’ombre comme Sur un air de blues (2025) dans lequel Hugh Jackman et Kate Hudson campent Mike et Claire Sardina, alias Lightning & Thunder, un couple qui revisite les chansons de Neil Diamond dans les bars de Milwaukee. 25 ans après sa nomination pour Presque Célèbre -un film que je peux voir en boucle-, la comédienne retrouve les Oscars en musique. Et j'en suis ravi !

    Nominations :

    • Meilleur actrice - Kate Hudson

    The Lost Bus - Au cœur des flammes (1 nomination) - disponible sur Apple TV+

    Malgré son titre brûlant, Avatar : de feu et de cendres a finalement été assez décevant en termes de brasier et de lave. On a pu se rattraper avec The Lost Bus - Au cœur des flammes (2025), dans lequel Matthew McConaughey et America Ferrera tentent de secourir des écoliers piégés au cœur d'un incendie. Depuis Backdraft (1991) et Line of Fire (2017), on sait que le feu peut-être un vrai personnage de cinéma autant qu’un environnement terrifiant. Ce film original Apple TV+ signé Paul Greengrass (Vol 93) le prouve à nouveau.

    Nominations :

    • Meilleurs effets visuels

    The Ugly Stepsister (1 nomination) - disponible en VOD

    Décidément, la quête de la beauté et de la perfection inspire le cinéma. Après la claque The Substance (2024), et avant la série The Beauty (2026-), The Ugly Stepsister (2025) de la réalisatrice norvégienne Emilie Blichfeldt revisite le conte de Cendrillon par le prisme de l’horreur -plus précisément du body horror- et à travers le point de vue de l’une de ses demi-sœurs. Primé par les fans de fantastique des festivals de Sitges et Neuchâtel, le film obtient son invitation au grand bal hollywoodien. Et c’est mérité.

    Nominations :

    • Meilleurs maquillages et coiffure

    Zootopie 2 (1 nomination) - disponible en VOD

    Le retour aux affaires de Judy Hopps et Nick Wilde a été triomphal, avec plus de 1,7 milliards de dollars de recettes au box-office mondial et le titre de production Disney la plus lucrative de l’Histoire. Et si Zootopie 2 (2025) ajoutait un Oscar à ce pactole ? Réponse le 15 mars dans une catégorie qui reste sans doute la plus ouverte de cette 98e cérémonie des Oscars, mais où l’attachant Gary De’Snake pourrait enrouler ses anneaux autour de la statuette dorée grâce à sa célébration du vivre ensemble.

    Nominations :

    • Meilleur film d’animation

  • God of War a trouvé son Kratos ! 5 films et séries pour faire connaissance avec Ryan Hurst

    God of War a trouvé son Kratos ! 5 films et séries pour faire connaissance avec Ryan Hurst

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Certains personnages gaming sont iconiques. Il est dès lors impératif de choisir le/la bon.ne interprète pour lui donner vie à l'écran. Après Ellie et Joel (Bella Ramsey & Pedro Pascal) dans The Last of Us, Robotnik (Jim Carrey) dans Sonic, Johnny Cage (Karl Urban) dans Mortal Kombat ou Lara Croft (Sophie Turner) dans Tomb Raider, le héros de la série God of War a été dévoilé. 

    C’est le colosse Ryan Hurst (1m97 tout de même) qui a été choisi pour se glisser dans la carcasse de Kratos, demi-dieu et guerrier spartiate surpuissant, trahi par Arès et lancé dans une quête vengeresse contres les divinités de l’Olympe après la mort de sa femme et sa fille. Après avoir fondé un nouveau foyer, il se lance dans un voyage avec son fils, Atreus, pour disperser les cendres de leur épouse et mère, Fay : au fil de leurs aventures, Kratos tente d'inculquer à son fils les valeurs pour être meilleur dieu, tandis qu'Atreus s'efforce d'apprendre à son père à devenir un meilleur être humain.

    Déclinée à travers de nombreux titres depuis 2005, la franchise God of War devient aujourd’hui une série sous la bannière Prime Video, avec l’ambition narrative d’explorer le récit des deux derniers jeux en date. C’est Ronald D. Moore, génial showrunner de Battlestar Galactica (2004-2009), Outlander (2014-) et For All Mankind (2019-), qui aura la responsabilité de réussir cette adaptation, très attendue par les gamers. Il devrait y injecter son sens de l’épique, tout en explorant les thèmes de la culpabilité, de la vengeance et de la rédemption. Et avec Ryan Hurst -qui avait déjà joué un autre personnage dans le jeu vidéo, en l’occurrence Thor-, il a indubitablement déniché le comédien idéal pour y parvenir. La preuve en 5 rôles.

    Gerry Bertier - Le Plus beau des combats (2000)

    Comme Vin Diesel, membre de l’escouade menée par Tom Hanks, Ryan Hurst a pu être aperçu sur le champ de bataille de Il faut sauver le soldat Ryan (1998), où il campait un parachutiste victime de problèmes d’audition. S’il retrouve par la suite l’uniforme pour de petits rôles dans L'Enfer du devoir (2000) et Nous étions soldats (2002), il est surtout remarqué pour son interprétation dans Le Plus beau des combats (2000), film de football américain aussi réussi qu’émouvant. Emmené par Denzel Washington et Will Patton, le long métrage retrace l’histoire vraie de l’équipe du lycée TC Williams, qui mélangea entraîneurs et joueurs blancs et noirs, malgré la ségrégation. Ryan Hurst y incarne Gerry Bertier, leader de l’équipe défensive, qui va devenir un exemple pour dépasser les tensions raciales en emmenant ses coéquipiers jusqu’en finale du championnat, jusqu’à un accident de voiture qui le laisse paralysé. Si vous avez aimé Coach Carter (2005), Invictus (2009) ou 42 (2013), vous devriez adorer. Et pleurer.

    Opie Winston - Sons of Anarchy (2008-2012)

    C’est le rôle pour lequel Ryan Hurst est le plus connu : celui de Harry « Opie » Winston, le meilleur ami de « Jax » (Charlie Hunnam) dans la série Sons of Anarchy (2008-2014). Présent au générique de 54 épisodes sur les 92 que compte le show, Opie incarne le cœur battant du club de motards filmé par Kurt Sutter, pris entre sa loyauté pour le groupe fondé par son père, les activités illégales et ses propres ambitions personnelles et familiales. Salué par le Satellite Award du Meilleur second rôle en 2011, Ryan Hurst y livre une prestation complexe et habitée, très remarquée, et beaucoup de fans ont d’ailleurs très mal vécu la disparition de son personnage au sein de ce drame criminel aux allures de néo-western. À prolonger avec la série dérivée Mayans M.C. (2018-2023) et The Shield (2002-2008) co-écrite par Sutter.

    Chick Hogan - Bates Motel saisons 3, 4, 5 (2015-2017)

    Durant cinq saisons, Bates Motel (2013-2017) a revisité et modernisé le chef d’œuvre d’Alfred Hitchcock Psychose (1960), en explorant la relation toxique entre Norman Bates (Freddie Highmore) et sa mère Norma Louise Bates (Vera Farmiga) qui conduira le jeune homme à devenir le tueur au couteau immortalisé par la légendaire « scène de la douche ». Présent dans 15 épisodes, Ryan Hurst y prête ses traits à Chick Hogan, protagoniste récurrent -à la longue barbe, c’est souvent le cas chez les personnages campés par Hurst- associé à des éléments criminels de White Pine Bay qui sert de toile de fond du show. 

    Li'l Foster Farrell - Outsiders (2016-2017)

    Parallèlement à son rôle dans Bates Motel, Ryan Hurst rejoint l’univers tribal de Outsiders (2016-2017), imaginé par le showrunner Peter Mattei et malheureusement annulé après deux saisons. On y plonge dans une communauté isolationniste des montagnes des Appalaches, qui vit hors du système avec ses propres codes, ses propres lois, ses propres hiérarchies. Dans ce monde fascinant et dangereux totalement en marge, Hurst incarne Li'l Foster Farrell, le fils du chef campé par David Morse, pris entre les tensions externes avec les habitants et entreprises locales et les rivalités internes au sein du clan. Avec sa carrure menaçante et son apparence sauvage, Ryan Hurst fait un Outsider parfait au sein de ce monde rural violent, qui décline à travers un drame criminel l’univers de films comme Délivrance (1972) ou Détour Mortel (2003) et la dynamique dysfonctionnelle de Animal Kingdom (2016-2022).  

    Beta - The Walking Dead saisons 9 & 10 (2019-2020)

    Si vous avez lu les comics de Robert Kirkman et Tony Moore, vous savez qu’il y a deux antagonistes que les fans attendaient de voir à l’écran dans The Walking Dead (2010-2022) : Negan (campé à merveille par Jeffrey Dean Morgan) et les Chuchoteurs. Ce groupe terrifiant, apparu en saison 9 et caché au sein des hordes de morts-vivants sous des masques en peau humaine, vit selon une loi naturelle -et cruelle- bien spécifique, visant un retour à la vie sauvage dans ce monde désormais dominé par la mort. A sa tête, on retrouve deux figures centrales : Alpha (Samantha Morton) et son lieutenant Beta (Ryan Hurst), une brute silencieuse d’une loyauté totale (et meurtrière) envers son clan et sa cheffe. Sa violence extrême et imprévisible le rend bien plus terrifiant que les Marcheurs, respectant l’ADN d’une série qui fait des humains les vrais monstres de cet univers post-apocalyptique.

  • « 2026 est le nouveau 2016 » : 16 films incontournables sortis il y a 10 ans

    « 2026 est le nouveau 2016 » : 16 films incontournables sortis il y a 10 ans

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Je vous parle d’un temps que les moins de… 10 ans ne peuvent pas connaître ! C'est l’année 2016, dont les réseaux s’emparent pour en convoquer les souvenirs culturels, sociétaux et digitaux. A travers la tendance « 2026 est le nouveau 2016 / 2026 is the new 2016 », une vague nostalgique se souvient d’un web moins polarisé, moins monétisé, moins deepfakisé. Ce n'était pas parfait, mais c’était le bon temps.

    Et côté cinéma, que nous offrait ce cru 2016 ? Que regardait-on il y a une décennie, dans un monde pré-COVID où le streaming n’était pas encore autant installé (mais où Stranger Things, Westworld, The Crown, This Is Us, Fleabag et Baron Noir nourrissaient déjà notre binge-watching), où Timothée Chalamet et Pedro Pascal n’étaient pas encore des icônes et où le snap inoubliable de Avengers : Endgame (2019) n’avait pas encore bouleversé le MCU ? 

    JustWatch remonte le temps pour dresser la liste des films incontournables de 2016, ceux qui résonnent encore dix ans plus tard ! Cette sélection, classée par ordre alphabétique et purement subjective, se base sur les dates de sortie françaises : certains films sortis fin 2016 aux Etats-Unis mais en 2017 en France -comme Moonlight ou La La Land- n’y figurent donc pas.

    Captain America : Civil War (2016)

    En convoquant Captain America, Iron Man, Black Widow, le Soldat de l'hiver, Falcon, Wanda Maximoff, Hawkeye, Ant-Man, War Machine et Vision et en introduisant Black Panther et Spider-Man, Civil War (2016) a de faux airs de Avengers 3 ! Adapté de l’un des arcs les plus appréciés des comics Marvel, cette nouvelle entrée du MCU adresse des thématiques majeures comme le contrôle des super-héros (déjà traité avec brio dans Watchmen - Les Gardiens), les dissensions idéologiques au sein d’un groupe que l’on pensait pourtant soudé, la loyauté, la responsabilité, la vengeance… Et il confirme que les frères Joe et Anthony Russo sont définitivement les réalisateurs parfaits pour Avengers: Infinity War (2018) et Avengers: Endgame (2019)... et le futur Avengers : Doomsday (2026). Face à la réussite insolente de Marvel (Civil War, Deadpool, Doctor Strange) en 2016, l’univers DC fait pâle figure avec Batman V Superman et Suicide Squad.

    Creed : L'héritage de Rocky Balboa (2015)

    Je me souviens encore de ma première vision de Rocky Balboa (2006) et de l’émotion sincère qui m’avait saisi devant le dernier round -je croyais du moins- de Sylvester Stallone. J’étais donc loin d’accueillir Creed : L'héritage de Rocky Balboa (2015) les bras grand ouverts. J’avais même sorti les gants pour tout dire. Ça, c’était avant de découvrir l’approche moderne du tandem Ryan Coogler / Michael B. Jordan (de Fruitvale Station à Sinners, on ne les arrête plus !), qui revisite le mythe avec le juste équilibre de respect et de prise de risque pour lancer une nouvelle saga (la trilogie autour d’Adonis, le fils d’Apollo Creed) au sein de la franchise Rocky. Désormais placé derrière les cordes, dans le rôle de l’entraîneur autrefois occupé par son cher Mickey (Burgess Meredith), Stallone trouve l’une de ses meilleures partitions. Grâce à elle, il retrouve le chemin des nominations aux Oscars, près de quarante ans après Rocky (1976).

    Deadpool (2016)

    Quand il débarque dans le monde -déjà- un peu formaté des films de super-héros, Deadpool (2016) est une proposition réjouissante. Un anti-super-justicier trash, drôle, qui brise le quatrième mur et qui a un regard méta sur sa propre existence et les productions du genre, c’est une bouffée d’air frais inattendue ! Sous le masque de l’inénarrable et increvable mutant, Ryan Reynolds s’éclate (il a porté le projet à bout de bras depuis ses débuts) et nous éclate. Je me souviens parfaitement de ma découverte du film, en train de pouffer et de me demander comment des exécutifs hollywoodiens avaient bien pu donner leur feu vert à un tel délire. Et ils ont eu raison puisque le long métrage est l’une des surprises de l’année au box-office avec des recettes estimées à 782 millions de dollars de recettes dans le monde pour un budget de… 58 millions de billets verts ! Personne n’y croyait et voilà que le « mercenaire à la grande bouche » devient un outsider des Avengers au sein de l’univers Marvel. Et ce alors qu’il n’a pas encore rejoint le MCU. Il finira par le faire dans Deadpool & Wolverine (2024) après le rachat de la Fox par Disney.

    Demain tout commence (2016)

    2016 est une très belle année pour Omar Sy. Omniprésent, le comédien français brille par son talent dans des œuvres très différentes : le biopic Chocolat (2016) qui retrace l’histoire du célèbre clown et premier artiste noir de la scène française ; les films d’animation Norm (2016) et Angry Birds (2016) en ours polaire et en oiseau énervé ; Inferno (2016), troisième volet des aventures de Robert Langdon / Tom Hanks ; et puis Demain tout commence (2016). Si le film d’Hugo Gélin a eu une telle résonance chez les spectateurs, avec plus de 3 millions d’entrées et des avis très positifs sur les sites de notation, c’est que la relation qui se noue entre un célibataires sans attaches et la petite fille qu’une ancienne conquête lui met dans les bras est bouleversante. Je défie quiconque de ne pas verser une larme (voire un torrent de pleurs) devant cette jolie histoire et le très beau trio père/fille/pote formé par Omar Sy, la jeune Gloria Colston et Antoine Bertrand. Comme sur Mon inconnue (2019), le réalisateur réunit ici le meilleur de la comédie française et de la comédie anglo-saxonne. Et on adore.

    Dernier train pour Busan (2016)

    Trois ans avant le triomphe mondial de Parasite (2019), le cinéma sud-coréen poursuit sa vague d’expansion de très belle façon dans les salles françaises avec Mademoiselle (2016) de Park Chan-Wook, The Strangers (2016) de Na Hong-jin et surtout Dernier train pour Busan (2016) de Joo-Suk Park. À l’heure où les zombies ont renoué avec leur lenteur « romérienne » avec la série The Walking Dead (2010-2022), c’est tellement bon de retrouver des infectés très rapides et très énervés ! Très flippants aussi, alors que cette invasion sanglante est vécue dans les wagons d’un train à grande vitesse en toute vers la ville de Busan, alors que la contamination gagne du terrain, rame après rame. Des zombies dans un train, sur le papier, ça peut ressembler à un nanar. A l’écran, c’est une réussite totale, qui offre des images spectaculaires sans jamais oublier l’émotion (un père distant qui tente de sauver sa fille) et un sous-texte socio-politique.

    Five (2016)

    Voilà déjà dix ans que la bande de Five (2016) a pris sa place dans toutes les listes de films de potes incontournables. Une bande où l’on croise notamment Pierre Niney et François Civil, qui ont fait beaucoup de chemin depuis en devenant deux visages majeurs du cinéma français, deux talents sur qui les projets se montent et les succès se font. Aux manettes de cette comédie générationnelle, il y a Igor Gotesman (qui retrouvera ses amis sur la série Fiasco pour Netflix, en 2024). Devant et derrière la caméra, il adapte son propre court métrage, l’histoire de cinq amis d'enfance qui réalisent leur rêve d'habiter en colocation : mais quand l’agent du loyer vient à manquer, l’un d’eux s'improvise dealer et les ennuis commencent… C’est frais, c’est drôle, c’est attachant, c’est rythmé, c’est juste. Five, c’est la rencontre entre Le Péril Jeune (1995) et L’Auberge espagnole (2002), où l’amitié n’est pas feinte, où les vannes fusent, où l’esprit choral n’oublie personne et où François Civil, dans le rôle du pote toujours à l’ouest, livre une performance lunaire et culte. Du feel-good potache, c’est un grand oui !

    La Folle Histoire de Max et Léon (2016)

    J’adore le Palmashow. A travers le format court Very Bad Blagues, le tandem formé par David Marsais et Grégoire Ludig a réussi à renouer avec l’esprit des groupes comiques et parodiques marquants (Les Nuls, Les Inconnus, Les Nous C Nous…) tout en y apportant une vraie modernité et des codes très actuels. Je ne me remets toujours pas de certains de leurs pastiches musicaux de Julien Doré ou Aya Nakamura, ni de la mécanique récurrente (et hilarante) autour des grands moments de solitude ! Quand, après quelques petits rôles au cinéma, ils font le grand saut avec La Folle Histoire de Max et Léon (2016), c’est un peu « ça passe ou ça casse »… Et ça fait plus que passer pour cette comédie sur fond de Seconde Guerre mondiale, sorte de version 2.0 de La Grande Vadrouille (sorti précisément quarante ans plus tôt) où ils campent deux amis glandeurs qui vont tout faire pour ne pas être impliqués dans le conflit. Devant la caméra de leur complice Jonathan Barré (Les Vedettes, 2022), les compères transforment l’essai avec talent, humour et succès (1,2 millions d’entrées).

    Les Huit Salopards (2016)

    L’année 2016 s’ouvre dans le blizzard tarantinesque des Huit Salopards, sorti le 6 janvier dans les salles françaises. Pour son huitième long métrage (si l’on compte les deux volumes de Kill Bill comme un seul et même film), Quentin Tarantino s’essaie au huis clos en enfermant huit personnages dans une auberge isolée au milieu des montagnes. L’un deux n’est toutefois pas celui qu’il prétend être, et durant 2h48mn, « QT » s’amuse entre tromperies, trahisons et faux semblants. Entre le western, le whodunit et le chef d’oeuvre The Thing de John Carpenter (à qui le film rend un hommage appuyé jusque dans la partition d’Ennio Morricone, d’ailleurs saluée par un Oscar), Les Huit Salopards (2016) illustre une nouvelle fois le talent du cinéaste pour les dialogues et la création de personnages iconiques, à qui Kurt Russell, Samuel L. Jackson, Jennifer Jason Leigh, Walton Goggins, Demián Bichir, Tim Roth, Michael Madsen et Bruce Dern donnent vie.

    Merci Patron ! (2016)

    Dans le genre « enquête journalistique », 2016 nous a offert le solide Spotlight (2015) de Tom McCarthy, récompensé par l’Oscar du Meilleur film pour sa plongée dans un scandale sexuel au sein de l’Eglise américaine mis en lumière par la rédaction du Boston Globe. Et puis, avec une approche radicalement différente, il y a l’étonnant documentaire Merci Patron ! (2016) dans lequel François Ruffin (créateur du journal Fakir devenu depuis député), tel un pied nickelé picard, se retrouve confronté aux méthodes de Bernard Arnault, l'homme le plus riche de France, alors qu’il essaie d’aider un couple dont l’usine va être délocalisée. Aussi vraie qu’improbable, cette histoire vertigineuse de petits David contre un Goliath du luxe a dépassé les 500 000 entrées en salles et remporté le César du Meilleur documentaire. Drôle, humain, engagé, malicieux, le film est une sorte de cousin français de Michael Moore, un peu bricolé mais profondément sincère et militant. Avec les pieds dans la vraie vie. Un film nécessaire donc.

    Premier contact (2016)

    Je ne peux pas expliquer pourquoi, mais j’ai mis du temps à voir Premier contact (2016). L’affiche, le titre, le casting, le pitch… Rien ne me tentait vraiment. Mais en sachant que ce drame de science-fiction était proposé par Denis Villeneuve (le réalisateur le plus intéressant de la dernière décennie avec Christopher Nolan, de mon point de vue), j’allais évidemment finir par y jeter un œil. Et là, une claque monumentale. La construction, le propos, l’émotion, le langage extraterrestre, les heptapodes… J’ai été bouleversé par cette adaptation subtile du roman de Ted Chiang, dont les images et le message n’ont cessé de m’habiter. Même si j’adore ce que le réalisateur canadien a fait avec Dune / Dune 2 (2021 et 2024), Sicario (2015), Prisoners (2013) et Incendies (2010), Premier contact reste mon œuvre préférée au sein de sa filmographie quasi-parfaite. J'aimerais en dire beaucoup, et en même temps c’est une expérience tellement forte que je ne voudrais pas vous la gâcher. Donc, simplement, même si vous hésitez, lancez le film : vous ne le regretterez pas.

    The Revenant (2015)

    Techniquement, The Revenant est un film de 2015. Mais sa participation à la course aux Oscars (où il remportera trois statuettes sur douze nominations) a incité son distributeur français à le programmer le 24 février 2016 dans les salles hexagonales. Ce qui explique sa présence dans ce Top 16. Une présence méritée, tant le western survival de Alejandro González Iñárritu a été une expérience totale de cinéma. En suivant le parcours solitaire de Leonardo DiCaprio (sacré Meilleur acteur) dans un environnement glacé et hostile, le cinéaste mexicain (sacré Meilleur réalisateur) propose un chemin de croix aussi puissant que douloureux (je ne me suis jamais totalement remis de l’attaque de l’ours !), magnifié par les images naturalistes tournées par Emmanuel Lubezki durant l'heure dorée (sacré Meilleure photographie). C’est une fresque majeure en pleine nature, que vous pouvez poursuivre avec Jeremiah Johnson (1972), Vorace (1999) et Le Territoire des loups (2011).

    Rogue One : A Star Wars Story (2016)

    A sa sortie, je n’ai pas été aussi dithyrambique que beaucoup de gens sur Rogue One : A Star Wars Story (2016). Le premier film dérivé de la saga intergalactique (non, les deux direct-to-video dédiés aux Ewoks dans les années 80 ne comptent pas !) avait pourtant tout pour me plaire en promettant une approche différente, plus proche d’un film de guerre que d’un Star Wars. Je l’ai peut-être trouvé un peu trop lisse, du moins trop éloigné de l’aspect Soldat Ryan galactique que promettaient les premiers concept-arts et que je projetais dans mes attentes de fan biberonné aux jeux vidéo Dark Forces. Depuis, avec le recul, l’écrin parfait qu’a été la série Andor (2022-2025) et l’apparition d’un Dark Vador surpuissant lors d’un final vraiment très réussi (même si un peu trop fan service diront les mauvais langues), Rogue One est remonté dans mon estime. Et il aura été, au final, bien plus marquant que la postlogie emmenée par Rey, Finn et Poe.

    Tu ne tueras point (2016)

    Près de dix ans après le choc Apocalypto (2007), Mel Gibson retrouve le chemin des plateaux avec Tu ne tueras point (Hacksaw Ridge) (2016), dont le titre français assume la foi qui habite le cinéaste et son héros Desmond Doss, un véritable soldat qui, par conviction religieuse, n’a jamais pris les armes, exerçant comme infirmier sur le champ de bataille. C’est ainsi qu’il sauva 75 soldats lors de la Bataille d’Okinawa, ramenant un à un les blessés tombés sous les balles ennemies. Au-delà du prosélytisme que chacun regrettera ou pas dans le long métrage, il faut louer le talent de metteur en scène de Mel Gibson, qui sait filmer comme personne la violence et le sacrifice (souvenons-nous de Braveheart et La Passion du Christ). Et saluer la performance habitée d’Andrew Garfield, qui reçoit la première nomination à l’Oscar de sa carrière pour son interprétation. Si la critique est restée assez mesurée avec le message évangélique de Tu ne tueras point, les spectateurs ont globalement célébré le long métrage. 

    Vaiana, la légende du bout du monde (2016)

    Longtemps, Tarzan (1999) a été mon Disney préféré. Et puis voilà qu’arrive la vague Vaiana, la légend du bout du monde (2016), son héroïne intrépide et inspirante, son demi-Dieu tatoué et attachant, sa mythologie foisonnante, son crabe bling-bling, son monstre flamboyant, ses chansons entêtantes (mais jamais exaspérantes), ses Kakamoras échappés de Waterworld, son eau parfaitement animée au point de deven,ir un personnage à part entière, ses easter eggs innombrables… et son poulet débile ! J’ai adoré le film, avec une mention spéciale pour la VF emmenée par Cerise Calixte, Anthony Kavanagh et Adrien Antoine. Et depuis, je n’ai jamais réussi à retrouver le même souffle dans une production du studio aux grandes oreilles. Même dans Vaiana 2 (2024). J’espère que la version live action en préparation avec Dwayne Johnson saura lui faire honneur.

    Your Name (2016)

    Au-delà des propositions américaines de Disney (Vaiana, Zootopie, Le Monde de Dory), Illumination (Comme des bêtes), DreamWorks (Les Trolls, Kung Fu Panda 3) ou BlueSky (L’Âge de glace : les lois de l’univers), le cru animé 2016 a été d’une richesse folle, avec des œuvres comme Ballerina, La Tortue Rouge, Ma vie de courgette, Kubo et l’armure magique, Tout en haut du monde, Louise en hiver ou Le Garçon et la Bête. Et, sans aucun doute, le chef d'œuvre de l’année : Your Name (2016) de Makoto Shinkai. Le cinéaste japonais y livre un conte poétique et envoûtant, qui croise les destins, les vies et les corps d’une jeune femme de la province japonaise et d’un jeune homme serveur à Tokyo. Imprégné de mélancolie et de douceur, cette histoire originale entre science-fiction, romance et body swap connaît un immense succès dans les salles nippones mais aussi dans le monde entier, et propulse l’artiste comme un héritier de Hayao Miyazaki (Le Voyage de Chihiro, 2001). A poursuivre avec les autres bijoux signés Makoto Shinkai : 5 centimètres par seconde (2007), Voyage vers Agartha (2011), The Garden of Words (2013), Les Enfants du temps (2019) et Suzume (2022), sa dernière réalisation en date.

    Zootopie (2016)

    Quand Disney dévoile Zootopie (2016), je n’en attends pas grand chose. Un film citadin avec des animaux qui parlent, ce n’est pas nouveau. Pourtant, le film est une immense réussite visuelle et narrative, qui vous emporte grâce à son inventivité, son intrigue, son humour… Grâce à ses thèmes sociétaux autour du prédéterminisme et du vivre ensemble, aussi. Et puis grâce à ses personnages, Judy Hopps et Nick Wilde en tête : le tandem formé par le lapin flic et le renard escroc est un bonheur de buddy movie, jusque dans les « Carotte » que lance malicieusement le rouquin roublard à sa partenaire aux grandes oreilles. Et je n’oublie pas, évidemment, Flash le paresseux (quel fou rire !), et Mr. Big la musaraigne mafieuse façon mini-Corleone. Ni le travail incroyable et admirable -et pas assez célébré, selon moi- sur les vêtements portés par toute cette ménagerie. Seul Tous en scène (2017) a fait aussi bien en termes de garde-robe animée !

  • Tomb Raider : tous les films et séries adaptés des aventures de Lara Croft

    Tomb Raider : tous les films et séries adaptés des aventures de Lara Croft

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Indiana Jones, Benjamin Gates, Rick O'Connell, Allan Quatermain, Nathan Drake, Dirk Pitt, Jack Colton… Si les aventuriers iconiques ne manquent pas, les exploratrices ont été plus rares à trouver leur place sur grand écran. Mais il y a tout de même un nom qui résonne comme une invitation au voyage, sur les traces de trésors et d’artefacts légendaires : Lara Croft.

    Né en 1996 dans le jeu vidéo culte Tomb Raider imaginé par Core Design / Eidos, le personnage gagne immédiatement sa place comme icône pop majeure d’une culture gaming émergente. Bottes à mi-mollets, short marron, débardeur bleu, double holster (pour accueillir deux flingues massifs), cheveux noués en une longue natte : Lara Croft est immédiatement reconnaissable et son aura, comme son succès, dépassent vite l’univers vidéoludique.

    Hollywood s'intéresse très vite (dès 1998) à cette héroïne devenue badass et girl power, dont les aventures exotiques et les quêtes archéologiques offrent un vaste terrain de jeu pour des adaptations sur grand ou petit écran. Alors qu’une nouvelle version est en cours de tournage chez Prime Video, JustWatch revient sur les différentes transpositions (et leurs visages) de l’univers Tomb Raider.

    Lara Croft : Tomb Raider (2001)

    Quand Paramount Pictures lance le projet d’adaptation du jeu vidéo à la fin des années 90, la plupart des comédiennes hollywoodiennes sont considérées ou approchées pour incarner Lara Croft. Pamela Anderson, Demi Moore, Sandra Bullock, Cameron Diaz, Catherine Zeta-Jones, Kirsten Dunst, Jennifer Love Hewitt, Milla Jovovich, Jennifer Lopez, Charlize Theron, Liv Tyler ou Denise Richards figurent sur la liste des potentielles candidates. C’est finalement Angelina Jolie -star montante depuis son Oscar pour Une vie volée (1999) et ses rôles dans Bone Collector (1999) et 60 secondes chrono (2000)-qui se voit confier la responsabilité de donner vie à l’aventurière. Le risque est alors double : décevoir les fans -Hollywood et les adaptations de jeux vidéo, c’est loin d’être « quali » à l’époque- et abîmer son image d’étoile montante.

    Au-delà de la ressemblance avec son modèle de pixels (je me souviens encore du reveal de la toute première photo, qui avait convaincu tout le monde), Angelina Jolie est crédible dans le rôle et fait la plupart de ses cascades à l’écran, alors que le réalisateur Simon West (Les Ailes de l’enfer, 1997) restitue le mélange de modernité et d’exotisme du jeu, en gravitant entre le manoir Croft, le Cambodge et la Sibérie sur les traces de L’Œil-Qui-Voit-Tout et du Triangle de Lumière. Avec 115 millions de dollars de budget, Lara Croft : Tomb Raider (2001) veut se donner les moyens d’être le premier blockbuster tiré d’un jeu vidéo réussi. Et sans être un instant classic façon Les Aventuriers de l'arche perdue (1981) ou La Momie (1999), le boulot est plutôt bien fait. 25 ans après, certains effets visuels et l’approche très MTV de la musique et du montage « piquent » un peu, certes, mais c’est à l’époque un succès (275 millions de dollars au box-office mondial) qui inspirera les adaptations vidéoludiques qui suivront comme Resident Evil (2002).

    Lara Croft : Tomb Raider, le berceau de la vie (2003)

    Le succès du premier opus permet de lancer très rapidement une suite, dont l’action se déroule entre l’Angleterre, la Grèce, la Chine et l’Afrique, sur les traces d’un nouvel objet légendaire. S’il est plus maîtrisé, plus dépaysant et plus sexy, aussi, Lara Croft : Tomb Raider, le berceau de la vie (2003) tombe -selon moi- dans le même piège que Le Retour de la Momie (2001), qui versait dans la surenchère sans parvenir à retrouver la fraîcheur du film original (même si le majordome campé par Chris Barrie est toujours aussi sympathique). A ce titre, cette séquence surréaliste où Lara Croft donne un coup de poing dans le rostre d’un requin agressif (qui grogne sous l’impact !) avant d’être secourue par un sous-marin est l’illustration parfaite de cette approche résolument « too much ».

    L’intrigue en elle-même semble aussi trop similaire à Lara Croft : Tomb Raider (2001) : un artefact (la Boîte de Pandore), des retrouvailles avec un rival / love interest (Gerard Butler succède à Daniel Craig), de riches méchants qui veulent mettre la main sur le trésor pour s’accaparer sa puissance… Rien de très nouveau, même si Angelina Jolie propose une approche mature du personnage, désormais plus froide et désabusée. Confié au réalisateur Jan de Bont (Speed, 1994), dont ce sera le tout dernier film, et au légendaire compositeur Alan Silvestri, le long métrage propose une aventure plus old school que le précédent, entre Indiana Jones et James Bond avec quelques échos de Mission: Impossible (la scène des wingsuits entre les immeubles). L’échec au box-office et le souhait d’Angelina Jolie de passer à autre chose mettront un terme à cette (courte) franchise.

    Re\visioned: Tomb Raider (2007)

    Alors que notre archéologue préférée prend un repos bien mérité après ses deux premières aventures cinéma, un projet animé méconnu mais intéressant voit le jour en ligne, sur la plateforme de jeux vidéo GameTap (2006-2015). Baptisée Re\visioned: Tomb Raider (2007), cette web série supervisée par Ricardo Sanchez développe dix épisodes autour de Lara Croft, sous la forme d’une anthologie dont les sept histoires et les styles graphiques sont différents. Les auteurs aux manettes (des illustrateurs, animateurs ou auteurs comme Peter Chung, David Álvarez, Brian Pulido, Cully Hamner, Warren Ellis, Ivan Reis, Gail Simone, Louie del Carmen, Michael A. Stackpole, Jim Lee ou Christos N. Gage), ont la liberté d’y livrer leur vision personnelle du personnage.

    C’est ainsi que l’aventurière, doublée par Minnie Driver (Will Hunting, 1997), va être confrontée à un pharaon ressuscité et une momie aztèque, explorer une cité engloutie, se rendre en Antarctique à la recherche d’une potion de guérison, affronter des créature mi-humaines mi-animales dans un monastère… ou replonger dans son enfance, pour dévoiler comment une jeune fille de 12 ans est devenue l’aventurière que l’on connaît. Si vous avez aimé la proposition de Animatrix (2003), cette collection -qu’on peut retrouver sur Youtube en cherchant un peu- pourrait vous plaire !

    Tomb Raider (2018)

    Quinze ans après Lara Croft : Tomb Raider, le berceau de la vie (2003), il est temps de relancer le personnage sur grand écran. Entre-temps, le jeu vidéo s’est réinventé sous la bannière de Square Enix, avec le reboot Tomb Raider (2013) et une Lara Croft repensée comme une héroïne plus humaine et plus sombre, dont l’histoire doit primer sur le physique. On oublie ainsi les mensuration sculpturales et le mini-short de ses premières itérations pour un design bien plus réaliste, qui offre une nouvelle jeunesse à l’aventurière, portée vocalement et en performance-capture par la comédienne Camilla Luddington (bien connue des fans de Grey’s Anatomy où elle incarne le Dr. Jo Wilson depuis 2012).

    Si l’on pense initialement que la comédienne britannique pourrait incarner Lara Croft sur grand écran, elle qui l’a également accompagnée dans les jeux Rise of the Tomb Raider (2015) et Shadow of the Tomb Raider (2018), c’est Alicia Vikander qui lui est préférée. Oscarisée pour  Danish Girl (2015) et plébiscitée pour son rôle dans Ex Machina (2015), l’actrice suédoise se lance dans une préparation intense pour être crédible dans le treillis de l’aventurière : pendant sept mois, elle s’entraîne de manière drastique tout en suivant un régime diététique très précis à raison de cinq repas par jour (!). Résultat : 10 kilos de muscles en plus, et une silhouette digne de Lara Croft, qui reprend vie devant la caméra du spécialiste du survival Roar Uthaug (futur réalisateur de Troll / Troll 2 pour Netflix). Malheureusement, si l’ambition visuelle de Tomb Raider (2018) est notable et que la comédienne est parfaite dans le rôle, on s’ennuie ferme. Comme Uncharted (2022), peut-être que Tomb Raider se joue plus qu’il ne se regarde, finalement ?

    Tomb Raider : La légende de Lara Croft (2024-2025)

    Resté sans suite, Tomb Raider (2018) permet à Netflix de revisiter la franchise par le prisme d’une série d’animation. Comme elle l’a fait avec Castlevania (2017-2021), Fast & Furious : Les espions dans la course (2019-), La Colo du Crétacé (2020-), Pacific Rim : The Black (2021-), Arcane (2021-2025), Cyberpunk: Edgerunners (2022-), Skull Island (2023-) ou Terminator Zero (2024-), la plateforme de streaming aime régulièrement utiliser ce médium pour approfondir des univers « pop » portés par une solide fanbase. L’ambition de Tomb Raider : La légende de Lara Croft (2024-2025), déclinée en deux saisons de huit épisodes chacune, est de poursuivre l’histoire racontée dans la trilogie vidéoludique éditée entre 2013 et 2018 et de faire un lien avec le personnage des années 90.

    Produit par Legendary Television et développé par les artistes de Powerhouse Animation Studios, Inc. (déjà à l'œuvre sur Castlevania et Skull Island), le programme cherche avant tout à creuser -enrobé dans des aventures spectaculaires et exotiques- la personnalité et la psychologie de son héroïne, marquées par la solitude et le poids de l’héritage de son père. A la fois forte et vulnérable, Lara Croft doit beaucoup à l’interprétation vocale de Hayley Atwell (Agent Carter, Mission : Impossible - Dead Reckoning) qui apporte une vraie profondeur au personnage. Le ton mature, le respect de la mythologie Tomb Raider, l’animation solide et la volonté de ne pas (plus) sexualiser Lara ont fait de la série une réussite. Et même la meilleure adaptation de l’univers pour un grand nombre d’abonné.es.

    Untitled Tomb Raider Project (prochainement)

    La donne pourrait toutefois changer avec le projet ambitieux porté par le concurrent Amazon Prime Video. En confiant une série en prises de vues réelles à la géniale Phoebe Waller-Bridge (créatrice des pépites Fleabag et Killing Eve, elle a donné la réplique à Indiana Jones en personne dans Le Cadran de la Destinée), la plateforme pourrait offrir à Lara Croft l’écrin live action qu’elle mérite. Avec l’ambition de créer un univers étendu cohérent et respectueux du lore Tomb Raider et embrassant la modernité qui sied au personnage.

    Gardé très secret -on ignore le titre tout comme le nombre de saisons et d’épisodes-, le projet sera emmené par Sophie Turner : après avoir campé Sansa Stark dans Game of Thrones (2011-2019) et Jean Grey dans X-Men Dark Phoenix (2019), la comédienne ajoute un nouveau rôle iconique à sa filmographie, et se révèle totalement crédible en Lara Croft sur le premier cliché dévoilé par la production. Elle sera entourée, entre autres, de Sigourney Weaver et Jason Isaacs, dont la présence confirme l’envergure donnée au projet. On souhaite à Prime Video de réussir avec ce Untitled Tomb Raider Project d'une aussi belle manière que l’adaptation du jeu vidéo Fallout (2024-).

  • People We Meet On Vacation : la romcom Netflix est-elle le Harry & Sally des années 2020 ?

    People We Meet On Vacation : la romcom Netflix est-elle le Harry & Sally des années 2020 ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    L’amitié entre une femme et un homme est-elle possible ? L’affection entre deux ami.es se transforme-t-elle inévitablement en passion ? Cette question majeure autour des relations amicales et amoureuses, Sally Albright et Harry Burns l’ont explorée en 1989 dans une romcom culte. Elle revient aujourd’hui sur Netflix, portée par le couple Poppy Wright & Alex Nilsen.

    C’est quoi « People We Meet On Vacation » ?

    People We Meet On Vacation (2025), c’est le long métrage Original Netflix qui lance la riche année cinéma 2026 de la plateforme. Mise en ligne le 9 janvier, la romcom de Brett Haley suit les pas de Poppy (la pétillante Emily Bader, révélée par la série My Lady Jane) et Alex (Tom Blyth, le jeune Cornelius Snow de Hunger Games la ballade du serpent et de l’oiseau moqueur), deux anciens meilleurs amis qui se sont éloignés au fil des années et qui se retrouvent en Espagne, à l’occasion du mariage du frère du jeune homme. L’occasion pour les souvenirs et les sentiments de refaire surface…

    Un best-seller à 2 millions d’exemplaires

    A l’origine de cette histoire, il y a un roman publié par Emily Henry en 2021. Rapidement installé dans la liste des best-sellers du New York Times (où il restera pas moins de 69 semaines !), le livre s’écoule à plus de deux millions d’exemplaires outre-Atlantique et tape immédiatement dans l'œil d’Hollywood, qui y voit le terreau idéal pour construire une romcom pour les young adults des années 2020. L’adaptation est immédiatement mise en chantier, avec Yulin Kuang (Kissing in the Rain, I Ship It, Un amour polaire) au scénario

    Déjà 1er sur Netflix

    Dès sa première semaine de disponibilité, People We Meet On Vacation (ou PWMOV pour les puristes) domine le classement des films les plus regardés sur Netflix. Avec plus de 17 millions de vues, le long métrage arrive en tête dans une trentaine de pays (en France, il n’est « que » deuxième, devancé par… la comédie française 100% cachemire) et offre un petit moment feel good aux abonné.es en manque de romcoms « slow-burn » et « friends-to-lovers ». Pour les amatrices et amateurs de ces passions brûlantes, il fait aussi beaucoup écho à un monument du genre : Quand Harry rencontre Sally (1989). C’est en tout cas le film auquel je pensais tout au long de mon visionnage !

    Quand Poppy rencontre Alex

    Cette comparaison avait déjà émergé dans certaines critiques littéraires dès la parution du roman. Et l’adaptation Netflix le confirme, avec une trame générale, un parcours temporel et même certains éléments qui rappellent beaucoup le film de Rob Reiner écrit par Nora Ephron. Le covoiturage où s’opposent deux personnages aux caractères et visions de la vie très opposés, les retrouvailles régulières qui les voient grandir (ainsi que leurs sentiments inavoués), la jalousie inévitable quand l’autre présente sa/son chéri.e du moment, les second rôles courts mais marquants, la déclaration finale, le tandem réalisateur homme / scénariste femme… Tout était déjà, d’une certaine façon, dans le film porté par Billy Crystal et Meg Ryan, comme un écho contemporain à ce pilier du genre.

    Une variation moderne

    Après, il y a des différences bien sûr. La rivalité intellectuelle entre Harry et Sally laisse place à des blocages émotionnels dans la romance de 2025. Les flashbacks des différents étés vécus par Poppy et Alex remplacent la narration linéaire de 1989. Les personnalités de Harry / Alex d’un côté et de Sally / Poppy de l’autre, sont assez différentes, presque opposées sur certains aspects. Les joutes verbales ironiques des uns laissent place à des moments plus doux chez les autres. La cultissime scène de l’orgasme simulé au dinner est remplacée par un plus sage bain de minuit qui voit la marée emmener les vêtements d’Alex… L’histoire d’Emily Henry trouve donc quand même, au final, sa propre identité et son propre ton.

    #TeamHarrySally ou #TeamPoppyAlex ?

    Toutefois, cette impression ne me lâche pas : j’ai le sentiment que People We Meet On Vacation pourrait bien être le Quand Harry rencontre Sally de la « génération Netflix », qui -je dis cela sans condescendance aucune mais parce qu’il est compliqué de s’extraire de la mécanique des algorithmes- a des références romcom très récentes, souvent des productions originales de la plateforme (The Kissing Booth ou A tous les garçons que j’ai aimés). Les semaines à venir nous diront si le film a des chances de s'installer durablement dans la culture populaire. Car à date, il y a tout de même une dernière (et immense) différence majeure entre PWMOV et QHRS : le premier est sympathique mais oubliable (et déjà oublié) ; le second est un classique indémodable, même 37 ans après.

  • Oubliez Zootopie 2 : cette publicité était la meilleure histoire animée de 2025... et maintenant un film se prépare !

    Oubliez Zootopie 2 : cette publicité était la meilleure histoire animée de 2025... et maintenant un film se prépare !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Il était une fois un conte de Noël devenu un phénomène viral et global. Dès sa diffusion le 6 décembre 2025 sur TF1, Le Mal-Aimé s’est immédiatement imposé comme le chouchou des téléspectateurs français, mais plus largement des internautes à travers le monde. La planète est tombée sous le charme chaleureux et sincère de ce court métrage animé made in France, produit pour le groupe Intermarché.

    « Pas facile de se faire des amis quand on les mange »

    Le Mal-Aimé, c’est l’histoire d’un loup solitaire, craint par tous les animaux de la forêt et condamné à passer les fêtes de Noël tout seul, comme chaque année. « Pas facile de se faire des amis quand on les mange », comme le souligne la tagline qui barre l’affiche du film. En changeant de régime (plus de viande, vive les légumes !) et en découvrant les bienfaits d’une alimentation variée, l’animal va non seulement devenir un fin gourmet et un cordon-bleu, mais également trouver sa place à la grande tablée de ses voisins des bois.

    En à peine 2mn30, on se retrouve embarqué dans cette histoire simple, universelle et touchante, imaginée par Romance Agency, Divine Productions et Illogic Studios (déjà aux manettes de publicité Guerlain et Oasis remarquées). Et surtout très belle, avec une ambiance forestière et enneigée particulièrement réussie, et des personnages immédiatement attachants. Inspirés par les dessins de l’illustratrice Wiebke Rauers, une équipe de 70 personnes a travaillé pendant plus de 6 mois sur ce court métrage ambitieux, garanti sans intelligence artificielle.

    Plus d’un milliard de vues !

    La force du film, c’est d’embrasser son statut de court métrage avant sa mission de publicité. Le Mal-Aimé raconte avant tout une histoire, un conte animé bienveillant qui illustre la petite fable racontée par un tonton attentionné à son neveu au pied du sapin (une séquence en prises de vues réelles tournée par Nadège Loiseau), alors que l’enfant s’ennuie à cette tablée d’adultes bruyants. Comme dans les précédentes tentatives -toujours très réussies- d’Intermarché, on plonge dans un récit qui se raccroche à l’enseigne seulement dans ses dernières secondes, de manière sobre et engageante (« On a tous une bonne raison de commencer à mieux manger »).

    Ce qui aurait pu n’être qu’un triomphe franco-français dépasse rapidement nos frontières. Au-delà des canaux de diffusion de la marque, des amoureux d’animation partagent ce petit french bijou sur leurs réseaux sociaux. De 20 millions de vues sur les trois premiers jours, on dépasse aujourd’hui le milliard de visionnages en ligne, alors que la chanson Le Mal-Aimé de Claude François bondit sur les plateformes de streaming. « Ce film de Noël, c'est la belle histoire de fin d'année que l'on voulait offrir aux Français. Une tranche de bonheur et de partage pour les enfants et les parents » explique Thierry Cottilard, le Président du Groupe Mousquetaires. « C'est l'essence même des fêtes. Du partage, des retrouvailles, et surtout un moment où l'on doit se retrouver autour d'une bonne table en oubliant nos différences. »

    « On savait que c’était bon, mais de là à faire le tour du monde ! »

    L’animation (mêlant 3D et 2D), l’approche humaine et artisanale (là où d'autres grandes marques ont versé dans le tout IA pour leur spot de Noël), ce grand loup noir aux yeux jaunes mais au coeur aimant, le message de fraternité et de bien manger, les plans savoureux sur les ingrédients et les recettes (aussi appétissants que dans Ratatouille !) la musique nostalgique et intergénérationnelle : tout est réuni pour que le film touche le monde en plein cœur malgré une accusation de plagiat et une polémique concernant la présence de poissons dans le menu.

    « On savait que c’était bon, mais de là à faire le tour du monde ! » lancera le patron d’Intermarché sur le plateau du 20 heures de France 2, subjugué et même pris de court par cette « loup mania ». Un animal qui va d’ailleurs devenir la mascotte officielle des magasins, et dont les peluches seront proposées à Noël 2026, le temps de lancer une fabrication responsable et européenne. Parallèlement, fort de ce succès, les Montpelliérains de Illogic Studios ont désormais un projet encore plus ambitieux.

    Après le loup… les castors !

    Ce projet, c’est le film d’animation La Famille Rivière, dont nos confrères d’AlloCiné ont dévoilé en exclusivité l’histoire et un premier visuel. Accompagnés par Mandarin & Cie, la société qui a porté des succès comme OSS 117, Brice de Nice ou Potiche mais également les aventures animées Sahara et Astérix et les Vikings, le long métrage sera supervisé par Victor Caire et Lucas Navarro, déjà à l’œuvre sur Le Mal-Aimé, et toute l’équipe Illogic Studios qui y reprendra la même approche graphique que pour son loup bien-aimé.

    Les animateurs y retrouveront un univers forestier, mais a priori moins enneigé -si l’on en croit la première image- en suivant une famille de castors en plein conflit de générations, dans le cadre du magnifique parc naturel de Yellowstone, aux Etats-Unis. Et même si les rongeurs seront au centre de l'histoire, on peut imaginer que le loup ne manquera pas d’y faire un petit caméo. Très prometteur (tout comme le projet Scavengers développé parallèlement chez Illogic), La Famille Rivière s’annonce comme la réponse française à Jumpers (en salles le 4 mars 2026), le prochain film d’animation des studios Pixar, lui aussi centré sur des castors.

    Cocorico pour l’animation française !

    Le Mal-Aimé et La Famille Rivière s’inscrivent dans la dynamique très positive que connaît l’animation française. Alors que Arco (2025) et Amélie et la métaphysique des tubes (2025) ont été nommés aux Golden Globes (en attendant les Oscars ?) et que Le Combat des Chefs (2025) et Arcane (2021-2025) ont mis en avant le savoir-faire de TAT Productions côté Gaulois et de Fortiche Production côté Runeterra sur Netflix, des projets majeurs sont en préparation.

    L’adaptation de la bande dessinée Les Légendaires (2026) ouvre le bal dès le 28 janvier, en donnant vie à Danaël, Jadina, Gryf, Shimy et Razzia, alors que Astérix - Le Royaume de Nubie sera assurément l’un des films français événements du mois de décembre 2026 face à la vague Dunesday. Sans oublier, bien sûr, Super Mario Galaxy Le Film (2026), fabriqué dans les bureaux français de Illumination. Par ailleurs, les projets des sociétés hexagonales Folivari, TAT, Fortiche, La Cachette ou Mikros -pour ne citer qu’elles- devraient nous en mettre plein les yeux !

  • Qui est le coupable ? 8 « whodunits » à voir après À couteaux tirés !

    Qui est le coupable ? 8 « whodunits » à voir après À couteaux tirés !

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Qu’il se déroule dans un train luxueux traversant l’Europe ou dans un somptueux manoir anglais, le « whodunit », est un genre phare pour les aficionados de polar. Depuis quelques années, il connaît une renaissance sur grand écran, et tend parfois à s'éloigner du modèle classique et peut-être un peu plus old school porté au grand public des années 30 à 70 par Agatha Christie et ses romans iconiques.

    Le réalisateur américain Ryan Johnson a créé sa propre saga de « whodunits » avec Knives Out / À couteaux tirés, dont le célèbre détéctive, Benoît Blanc est interpreté par avec classe et humour par Daniel Craig. Le troisième opus de cette saga, Wake Up Dead Man, est sorti en décembre sur Netflix s’installant depuis dans le top des consultations des abonné.es.

    Si, comme moi, vous raffolez des histoires policières se déroulant un peu en huis clos, et mettant en scène une galerie de suspects hauts en couleurs, je vous ai préparé une liste de 8 « whodunits » à découvrir sans plus attendre.

    Le Crime de l’Orient Express (1974)

    Le Crime de L’Orient Express (1974) est sûrement l’un de mes films préférés sur cette liste. Réalisé par Sidney Lumet, il reste pour moi l’une des meilleures adaptations du roman d’Agatha Christie. Les prestations du cast absolument légendaire, composé notamment de Lauren Bacall, Ingrid Bergman (qui sera même récompensée d’un Oscar), Sean Connery, Anthony Perkins ou encore Jean-Pierre Cassel élèvent vraiment ce whodunit au-dessus du lot. 

    J’ai également beaucoup apprécié la version de Kenneth Branagh sortie en 2017 -même si elle est souvent décriée- surtout grâce au travail de photographie et à la bande originale incroyablement mélancolique de Patrick Doyle. Point bonus pour les performances de Daisy Ridley, Michelle Pfeiffer et de Dame Judi Dench. 

    Cluedo (1985)

    Cluedo mais au cinéma ? C'est exactement le pari qu’a pris Jonathan Lynn en adaptant le célèbre jeu de société en un véritable « whodunit » sur grand écran. L’histoire est simple et classique : six invités, un manoir, un meurtre… et un meurtier. Madame Blanche et le Colonel Moutarde sont donc bien de la partie dans cette adaptation très agréable, drôle et à l'ambiance feutrée et mystérieuse si typique du genre.

    Tim Curry ou encore Christopher Lloyd sont à l’affiche de ce film qui était déjà une énigme à résoudre, de par sa simple sortie au cinéma : en effet, le long métrage a eu droit a trois fins différentes qui étaient montrées au hasard dans chaque cinéma. Plutôt ingénieux comme stratégie marketing ! 

    Coup de Théâtre (2022)

    Passé relativement inaperçu lors de sa sortie, Coup de Théâtre (2022) est un « whodunit » très divertissant porté par un cast incroyable, composé notamment de Saoirse Ronan, Sam Rockwell, Adrien Brody, Ruth Wilson et Harris Dickinson. Le film fonctionne comme une sorte de mise en abîme très originale et habile, puisqu’il met en lumière la pièce de théâtre La Souricière, écrite par la reine du crime elle-même, Agatha Christie.

    L'histoire se déroule dans les années 50, dans un théâtre londonien dans lequel est jouée la pièce de théâtre à succès. Alors que les comédiens célèbrent la centième représentation, Leo Kopernik, un réalisateur travaillant sur une adaptation cinématographique de la pièce, est retrouvé mort sur scène. Qui est le coupable ? La réponse en 1h38mn d’enquête !

    Mystère à Venise (2023)

    Le troisième opus de la saga Hercule Poirot portée à l'écran par Kenneth Branagh mérite le détour, ne serait-ce que pour sa photographie et son atmosphère envoûtante et mystérieuse. Agatha Christie avait su mêler le roman policier avec des éléments d’horreur dans son œuvre originale, et le cinéaste a également su instiller une ambiance digne de celle d’une histoire de fantôme dans son adaptation -qui n’en reste pas moins assez libre.

    Dans Meurtre à Venise (2023), le célèbre détective Belge se retrouve donc face à ses démons et en proie au doute alors que son pragmatisme et sa logique légendaire et sans faille se retrouvent mis à lourde épreuve face à un nouveau crime -a priori- impossible à élucider.

    Gosford Park (2001) 

    Robert Altman a réalisé l’un de ses meilleurs films avec Gosford Park (2001), un crime mystère aux allures de Downton Abbey et Maîtres et Valets -pour les fans des séries d'époque britanniques. D’ailleurs, c’est Julian Fellowes, le créateur de Downton Abbey qui a écrit ce long métrage dont le scénario lui vaudra un Oscar.

    Maggie Smith, Michael Gambon, Kristin Scott Thomas, Charles Dance -la crème de la crème du cinéma British- se retrouvent donc dans le splendide manoir de Gosford Park entre amis puis… un meurtre est commis, comme dans tout bon huis clos qui se respecte. Le film est un classique à découvrir sans tarder si vous êtes fan du genre !

    Témoin indésirable (1984) 

    Donald Sutherland et Faye Dunaway (d'emblée, ça donne envie !) mènent avec virtuosité cette adaptation de l’une des meilleures histoires d’Agatha Christie (à mon humble avis), dans laquelle un homme accusé du meurtre de sa mère meurt en prison, bien qu’il air toujours nié les faits. Quelques années après le drame, un homme apparaît au domicile familial et clame être le seul alibi permettant de prouver l'innocence de l'accusé. La famille nombreuse se rend alors compte qu’il y a encore une possibilité que le meurtrier soit encore parmi eux… 

    Loin des polars un peu plus cosy ou mystérieux d'Agatha Christie, Témoin indésirable (1984) opte pour un ton beaucoup plus sombre et centré sur la psychologie des personnages. Et je le recommande fortement !

    La Maison Biscornue (2017)

    La Maison Biscornue (2017) est également l’un des romans d’Agatha Christie les plus sous-estimés. Et c’est d'ailleurs l’un de deux romans qu’elle préférait, avec Témoin indésirable ! Glenn Close ou encore Gillian Anderson sont à l'affiche de cette adaptation encore une fois beaucoup plus sombre et plus ancrée sur la psychologie et les dynamiques malsaines d’une famille particulièrement étrange.

    N'ayant jamais lu La Maison Biscornue, je dois avouer que la fin du film m’avait réellement marqué puisque cette fois-ci, je n’avais vraiment pas vu venir le plot twist ! Même si le film souffre parfois de quelques problèmes de rythme, la photographie et l'étude psychologique des personnages seront suffisants pour vous convaincre d'ajouter cette adaptation à votre watchlist. 

    The Thursday Murder Club (2024)

    L’un des derniers « whodunits » en date de Netflix, The Thursday Murder Club (2024), est un film très divertissant, drôle, charmant. Et bien qu’il s’agisse de résoudre une affaire de meurtre, cette adaptation de la série de romans à succès de Richard Osman, réalisée par Chris Columbus, se situe plus du côté des cosy mysteries à découvrir près d’un feu de cheminé avec une tasse de thé. 

    Helen Mirren, Pierce Brosnan, Ben Kingsley et Celia Imrie mènent l'enquête avec brio et charisme (rien d'étonnant avec un casting pareil !) en formant le Thursday Murder Club, jusqu'au jour où une véritable enquête prend des proportions plus graves et potentiellement plus dangereuses pour eux.

  • Nous l’avions prédit : Dunesday sera bien le Barbenheimer de 2026 !

    Nous l’avions prédit : Dunesday sera bien le Barbenheimer de 2026 !

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Le 3 janvier dernier, pour JustWatch, je vous avais préparé un petit récapitulatif des blockbusters les plus attendus de 2026, qui sera une année phare pour le box-office (et pour l’industrie), puisqu’elle signera le retour de deux des plus grosses franchises actuelles sur grand écran.

    Le 16 décembre, le box-office va trembler !

    Du côté de Warner, le troisième volet de la saga Dune, réalisée par Denis Villeneuve, plongera à nouveau les spectateurs dans les paysages désertiques d’Arrakis. Quant aux studios Marvel/Disney, ils orchestreront le grand retour des Avengers dans Doomsday, la nouvelle entrée du MCU qui s’annonce déjà comme étant l'événement immanquable de Noël.

    Si sur le papier, les deux franchises n’ont rien à voir l’une avec l’autre, c’est leur date de sortie identique, fixée au 16 décembre 2026 en France (et le 18 décembre outre-Atlantique), qui propulse déjà la sortie de ces deux blockbusters au sommet des meilleures campagnes marketing cinéma de 2026.

    Les studios Warner avaient annoncé en décembre 2025 qu’ils ne changeraient pas la date de sortie de Dune 3 : il semblerait que le studio soit extrêmement confiant quant au succès de ce troisième chapitre. Pour rappel, Dune 2 avait dominé le box-office pendant plusieurs semaines à sa sortie en février 2024, en cumulant plus de 500 millions de dollars à l’international, surpassant ainsi les chiffres déjà impressionnants du premier volet.

    Dunesday, le nouveau Barbenheimer ?

    C’est dans ce même article que je prophétisais l'arrivée du terme « Dunesday », emboitant directement le pas à la folie marketing -et extrêmement divertissante- qu’avait été « Barbenheimer » à l'été 2023. Avec cette date de sortie partagée, les deux studios peuvent très bien jouer sur une promotion croisée, à l’instar de Universal et Warner qui l’avaient déjà fait à la sortie de Oppenheimer de Christopher Nolan et du Barbie de Greta Gerwig le même jour, créant ainsi un véritable phénomène culturel.

    Les spectateurs n'avaient d’ailleurs pas été divisés. Au contraire même. C'était pour beaucoup l’occasion de faire une double-séance cinéma le même jour, ou bien de porter des tenues à l’effigie du « Barbenheimer », croisements entre les tenues de Margot Robbie et Cillian Murphy créées et vendues partout sur internet à cette occasion.  

    « Barbenheimer » représentait la définition même du blockbuster d'été, une saison qui, nous le savons bien, est très propice à des résultats explosifs au box-office. Mais la période des fêtes de fin d'année est aussi généralement très favorable à l'industrie cinématographique, surtout pour des blockbusters de cette envergure. Warner, ayant déjà été témoin de ce succès croisé en 2023, aurait donc tout intérêt de surfer à nouveau sur cette vague, mais cette fois en se retrouvant en gentille compétition avec Marvel. 

    Robert Downey Jr. et Timothée Chalamet son partants !

    D’autant que les acteurs eux-mêmes vont pouvoir participer au discours « Dunesday », comme les stars de « Barbenheimer » l'avaient fait à l'époque, avec une bienveillance évidente. D’ailleurs, Robert Downey Jr. lui-même a annoncé lors d’un échange public aux côtés de Timothée Chalamet (les deux acteurs étant les stars de Doomsday et de Dune), après une projection de Marty Supreme (2025), qu’ils allaient officiellement commencer à parler du « Dunesday » comme successeur au « Barbenheimer ».  

    Il y a de la place pour tout le monde au box-office, et plus que jamais dans les salles obscures, qui auront besoin de tout le soutien possible ces prochaines mois après des résultats en demi-teinte en 2025. N'oublions pas que le véritable gagnant dans cette histoire, c’est cet art magnifique qu’est le cinéma. Personnellement, je sais déjà où je me trouverai le 16 décembre 2026… Alors comme dirait Tom Cruise, « See you at the movies ! »

  • Scarlett Johansson n’est plus la championne du box-office mondial : qui l’a remplacée au sommet du classement ?

    Scarlett Johansson n’est plus la championne du box-office mondial : qui l’a remplacée au sommet du classement ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    À Hollywood, il y a plusieurs façons de « classer » les stars du grand écran. Par un affect totalement subjectif (on le fait toutes et tous). Par longévité (Clint Eastwood, par exemple, a traversé 8 décennies de cinéma). Par filmographie (qui de Damon, Cruise ou DiCaprio a tourné avec le plus grand nombre de cinéastes majeurs ?). Par récompenses (avec Meryl Streep ou Katharine Hepburn comme icônes).

    Et, aussi, à travers l’objectivité du box-office, en additionnant les recettes mondiales de tous les films dans lesquels une actrice ou un acteur s’est illustré.e durant sa carrière.

    Zoe Saldaña, la femme qui valait 15 milliards

    C’est le classement que propose régulièrement le site spécialisé www.the-numbers.com, qui vient justement de mettre à jour sa liste, bouleversée par la sortie récente de Avatar : de feu et de cendres (2025). Même si le troisième volet de la saga Na’vi de James Cameron marche bien moins que ses prédécesseurs au box-office, il a tout de même engrangé 1,2 milliards de dollars de recettes à l’heure où j’écris ces lignes. De quoi nourrir la « cagnotte » impressionnante de Zoe Saldaña, qui devient donc la star la plus lucrative de l’Histoire du cinéma, devant Scarlett Johansson qui laisse échapper son trône pour « quelques » millions.

    En 33 longs métrages -the-numbers.com ne compte que les rôles principaux pour ce classement-, dont Avatar (2,9MM$), Avengers : Endgame (2,7MM$), Avatar : La Voie de l’eau (2,3MM$), Avengers : Infinity War (2MM$), la trilogie des Gardiens de la Galaxie (2,4MM$) ou la trilogie Star Trek (1,1MM$), la comédienne américaine a généré 15,4 milliards de dollars de recettes avec une insolente moyenne par film de 468 millions de dollars de recettes ! Et, à 47 ans à peine, il lui reste de nombreuses années de carrière pour faire grossir le pactole. Mais aussi pour alterner les genres.

    En effet, si ces succès pourraient la réduire à une icône de la science-fiction et de la pop culture, rappelons que Zoe Saldaña s’est illustrée -avec talent- dans Emilia Pérez (2024) de Jacques Audiard, Amsterdam (2022) de David O. Russell, le biopic sur Nina Simone (2016), Blood Ties (2013) de Guillaume Canet, Les Brasiers de la colères (2013) de Scott Cooper, Le Terminal (2004) de Steven Spielberg ou le premier Pirates des Caraïbes (654M$). Sans oublier les films d'animation La Légende de Manolo (2014), My Little Pony : le film (2017), Monsieur Link (2019, Vivo (2021) et Elio (2025)... et l’incontournable Crossroads (2002) où elle jouait l’une des deux copines de Britney Spears durant son road-trip.

    « Puisse une autre femme battre le record ! »

    Zoe Saldaña a pris la parole sur ses réseaux sociaux, dans une vidéo tournée depuis son salon et extrêmement sympathique, touchante et humble, à son image, pour saluer celles et ceux qui l’ont accompagnée sur la route de ce record historique. Avec un beau message de sororité en conclusion : 

    « Je tiens à exprimer ma plus sincère gratitude pour le parcours extraordinaire qui m'a permis de devenir aujourd'hui l'actrice de cinéma la plus lucrative de tous les temps. Un succès rendu possible uniquement grâce aux franchises incroyables et aux collaborateurs dont j'ai eu la chance de faire partie. »

    « À tous les réalisateurs qui m'ont fait confiance, merci. J.J. Abrams, Joe et Anthony Russo, James Gunn et surtout, merci à James Cameron d'avoir cru en mon potentiel, d'avoir vu en moi quelque chose que je ne voyais pas toujours, et de m'avoir toujours poussée à me surpasser. Ta foi, tes conseils et ta vision façonnent non seulement ces films, mais aussi l'artiste que je suis. »

    « Et à tous les fans du monde entier, merci. Merci ! Votre soutien indéfectible, votre passion et votre fidélité sont le véritable fondement de ce succès. Rien de tout cela n'aurait été possible sans votre présence constante, votre enthousiasme et votre dévouement. Cette réussite est la nôtre à tous, et je vous en suis profondément reconnaissante et infiniment touchée. »

    « Puisse une autre femme battre le record ! »

    Le Top 25 des stars les plus lucratives selon the-numbers.com

    Le classement proposé par www.the-numbers.com ne s’attache donc qu’aux rôles principaux ou importants au sein d’un ensemble cast (film de groupe), et écarte donc les seconds rôles, participations réduites ou même caméos. Dès lors, le classement est évidemment trusté par une grande partie des talents de l’écurie Marvel, qui ont pu reprendre leurs costumes iconiques à de multiples occasions au sein du MCU. On notera d'ailleurs que l'ensemble des Gardiens de la Galaxie figurent dans ce Top 25 !

    1. Zoe Saldaña : 15,47 milliards de dollars - 33 films - 468 millions de dollars / film

    2. Scarlett Johansson : 15,4 milliards de dollars - 36 films - 427 millions de dollars / film

    3. Samuel L. Jackson : 14,6 milliards de dollars - 70 films - 208 millions de dollars / film

    4. Robert Downey Jr. : 14,3 milliards de dollars - 45 films - 318 millions de dollars / film

    5. Chris Pratt : 14,1 milliards de dollars - 28 films - 504 millions de dollars / film

    6. Tom Cruise : 12,6 milliards de dollars - 45 films - 281 millions de dollars / film

    7. Chris Hemsworth : 12,1 milliards de dollars - 31 films - 393 millions de dollars / film

    8. Vin Diesel : 12 milliards de dollars - 28 films - 430 millions de dollars / film

    9. Chris Evans : 11,48 milliards de dollars - 29 films - 396 millions de dollars / film

    10. Dwayne Johnson : 11,46 milliards de dollars - 41 films - 279 millions de dollars / film

    11. Bradley Cooper : 11,3 milliards de dollars - 30 films - 379 millions de dollars / film

    12. Tom Hanks : 10,9 milliards de dollars - 58 films - 188 millions de dollars / film

    13. Johnny Depp : 10,3 milliards de dollars - 54 films - 191 millions de dollars / film

    14. Tom Holland : 9,9 milliards de dollars - 18 films - 553 millions de dollars / film

    15. Mark Ruffalo : 9,8 milliards de dollars - 26 films - 380 millions de dollars / film

    16. Emma Watson : 9,2 milliards de dollars - 16 films - 580 millions de dollars / film

    17. Will Smith : 9,02 milliards de dollars - 37 films - 243 millions de dollars / film

    18. Don Cheadle : 9 milliards de dollars - 24 films - 375 millions de dollars / film

    19. Dave Bautista : 8,8 milliards de dollars - 33 films - 267 millions de dollars / film

    20. Jeremy Renner : 8,7 milliards de dollars - 20 films - 439 millions de dollars / film

    21. Josh Brolin : 8,6 milliards de dollars - 28 films - 308 millions de dollars / film

    22. Harrison Ford : 8,5 milliards de dollars - 43 films - 199 millions de dollars / film

    23. Karen Gillan : 8,44 milliards de dollars - 19 films - 444 millions de dollars / film

    24. Daniel Radcliffe : 8,42 milliards de dollars - 27 films - 312 millions de dollars / film

    25. Elizabeth Olsen : 8,3 milliards de dollars - 21 films - 398 millions de dollars / film

    Et en France ?

    Contrairement aux Etats-Unis, dont les classements basés sur des cumuls de recettes peuvent évoluer selon les fluctuations du dollar et de l’inflation, le box-office français se base sur les entrées. Un indicateur stable et donc clairement très fiable pour déterminer quels films, cinéastes et stars attirent le plus grand nombre de spectateurs et de spectatrices dans nos salles. C’est ainsi que Titanic (21 772 257 entrées), Bienvenue chez les Ch’tis (20 438 757 entrées) et Intouchables (19 479 088 entrées) trustent le podium des plus gros succès de tous les temps dans l’Hexagone.

    Qu’en est-il des acteurs et actrices ? Nous avons consulté cbo-boxoffice.com, la référence des chiffres du cinéma en France. Et le champion n’est autre que Louis de Funès, qui a enregistré plus de 220 millions d’entrées durant sa carrière, en portant haut les couleurs de la comédie française. On constate d’ailleurs que les comédien.nes hexagonaux dominent le classement, le premier talent étranger (et Française d'adoption) étant Romy Schneider à la 29e place, avec près de 85 millions d’entrées. Zoe Saldaña émerge quant à elle à la 60e place du classement avec 69 millions de billets vendus depuis le début de sa carrière.

    Top 5 du plus grand nombre d’entrées au box-office France pour un acteur français :

    1. Louis de Funès : 220 423 120 entrées (77 films)

    2. Fernandel : 198 109 105 entrées (71 films)

    3. Gérard Depardieu : 197 774 550 entrées (151 films)

    4. Bourvil : 181 115 757 entrées (54 films)

    5. Bernard Blier : 164 044 066 entrées (104 films)

    Top 5 du plus grand nombre d’entrées au box-office France pour une actrice française :

    1. Annie Girardot : 93 460 305 entrées (78 films)

    2. Catherine Deneuve : 93 197 804 entrées (129 films)

    3. Jeanne Moreau : 89 582 082 entrées (98 films)

    4. Michèle Morgan : 87 875 250 entrées (45 films)

    5. Danièle Darrieux : 83 241 062 entrées (69 films)

    Top 5 du plus grand nombre d’entrées au box-office France pour un acteur étranger :

    1. Harrison Ford : 82 162 432 entrées (46 films)

    2. Anthony Quinn : 80 789 055 entrées (58 films)

    3. John Wayne : 80 598 892 entrées (74 films)

    4. Charlton Heston : 77 628 540 entrées (47 films)

    5. Tom Cruise : 76 990 124 entrées (41 films)

    Top 5 du plus grand nombre d’entrées au box-office France pour une actrice étrangère :

    1. Romy Schneider : 84 946 962 entrées (59 films)

    2. Zoe Saldaña : 69 414 366 entrées (28 films)

    3. Emma Watson : 64 927 278 entrées (18 films)

    4. Gina Lollobrigida : 59 884 243 entrées (33 films)

    5. Claudia Cardinale : 59 754 747 entrées (61 films)

  • 28 ans plus tard et 6 apocalypses qui ont ravagé la Grande-Bretagne

    28 ans plus tard et 6 apocalypses qui ont ravagé la Grande-Bretagne

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Quand l’Apocalypse frappe, elle ne se concentre pas uniquement aux Etats-Unis. On pourrait le croire, alors que l’essentiel des productions relevant du post-apo se déroulent outre-Atlantique (et un peu en Australie avec la saga Mad Max). Ce serait oublier que ce sous-genre de la science-fiction touche aussi le reste du monde. Et notamment la Grande-Bretagne.

    Alors que Le Temple des morts (2026) nous invite à explorer plus en profondeur un archipel en quarantaine où rôdent infectés et sectes satanistes, JustWatch vous embarque en terre britannique, à la rencontre de quelques œuvres post-apocalyptiques marquantes. Zombies ou dystopies, il y en a pour tous les goûts. Suivez le guide !

    28 jours/semaines/années plus tard

    Quand Danny Boyle dévoile 28 jours plus tard (2002), il dynamite le film de zombies en proposant des infectés (et non plus des morts-vivants) qui courent vite. Très vite. Trop vite. Il propose aussi une iconographie puissante, celle d’une Angleterre dévastée et désertée, qu’il s’agisse du centre de Londres (cette image de Cillian Murphy seul sur le pont de Westminster, face à Big Ben, est mémorable), d’une banlieue résidentielle ou d’une autoroute vidée de tout véhicule. Dans 28 semaines plus tard (2007), la tentative de nettoyer et repeupler la City tourne court quand la contamination reprend chez les survivants. Avec là encore, des plans très marquants de la ville. Et dans 28 ans plus tard (2025) et sa suite, la dimension post-apocalyptique est poussée plus loin encore avec une Grande-Bretagne désormais maintenue en quarantaine, où la vie s’est organisée entre petites communautés de survivants, bandes sectaires ultraviolentes (les « Jimmy’s » menés par Jack O’Connell) et infectés peuplant les bois sous la domination d’Alphas terrifiants de force et de rage. Qu’on se le dise, cette apocalypse fait aussi peur qu’elle est fascinante. Vivement le dernier film !

    Shaun of the Dead (2004)

    Quand Londres n’est pas envahie d’infectés, ce sont les zombies qui s’invitent dans les rues et les pubs de la ville ! Heureusement, ils sont lents et pas très malins, ce qui permet au réalisateur Edgar Wright de s’amuser (et nous amuser) avec le genre. A la lisière de l’hommage et de la parodie, comme a pu le faire le génial Galaxy Quest (1999) avec la science-fiction, Shaun of the Dead (2004) est un film vraiment réjouissant, qui confronte deux buddies (Edgar Wright et Nick Frost) à une apocalypse de morts-vivants. Eux qui étaient globalement effacés, coincés dans une vie sans relief, vont se révéler en héros pour sauver leurs amis et leur famille. Du moins une partie d’entre-eux. Au-delà des vannes, des gags et des situations improbables (ah, cette scène du lancer de vinyles…), ce premier volet de la Cornetto Trilogy -composée de Shaun of the Dead, Hot Fuzz et Le Dernier pub avant la fin du monde- respecte tous les codes du genre et nous plonge dans une banlieue post-apocalyptique crédible. Il se permet même d’être, à certains moments, extrêmement touchant. Bref, c’est un incontournable de l’apocalypse Made in England, à poursuivre avec l’étonnante série Dead Set (2008) qui croise invasion de zombies et… téléréalité avec un sens de la satire qui aurait plu à Romero !

    Les Fils de l’homme (2006)

    Nous sommes en 2027 (c’est dans moins d’un an, préparez-vous !), et l’Humanité est confrontée à une information bouleversante : dans ce monde devenu stérile, la plus jeune personne vient de s’éteindre à l’âge de 18 ans. Voici planté le décor des Fils de l’homme (2006), qui propose une dystopie résolument déprimante, un monde au bord du gouffre où le Royaume-Uni est devenu un état totalitaire traquant les réfugiés. Ici, le futur est sale, cabossé, usé. A l’image du anti-héros Clive Owen, qui traverse cette société sans espoir avec cynisme et détachement depuis la mort de son fils. Au-delà de ses plans-séquence ahurissants (l’embuscade de la voiture et l’attaque du camp sont des monuments du genre), le long métrage d’Alfonso Cuarón nous plonge dans un futur sombre et délabré, proche de ceux montrés dans La Route (2009), Snowpiercer (2013) ou Sans un bruit (2018). Un univers que l’on comprend par des petits détails dans les rues, les bâtiments, les décors, les accessoires. Ici, tout semble à deux doigts l’effondrement, et après tout cela se comprend : pourquoi entretenir un monde voué à s’éteindre ? L’espoir va pourtant venir d’une réfugiée, première porteuse d’un bébé depuis de nombreuses années…

    Doomsday (2008)

    Si Doomsday (2008) vous rappelle Mad Max 2 (1982) , New York 1997 (1981) et 28 jours plus tard (2002), c’est normal ! Et même assumé par le réalisateur Neil Marshall qui a recyclé toutes ses influences post-apo préférées pour mettre en scène une Grande-Bretagne futuriste où l’Ecosse est devenue une zone de non-droit, murée par des parois bétonnées de dix mètres de haut pour contenir un virus mortel apparu à Glasgow. Quand la contamination se répand à Londres, une escouade est envoyée au-delà de l'enceinte pour tenter de trouver des éléments susceptibles de créer un vaccin… Dans cet univers, inspiré au réalisateur par sa jeunesse près des ruines du mur d’Hadrien (qui séparait la province romaine de Bretagne du territoire picte), deux factions font la loi : des pillards punks et cannibales, et des survivants organisés comme une confrérie de chevaliers moyenâgeux. Au croisement du anti-héros borgne Snake Plissken et des héroïnes badass de The Descent (2005), le major Eden Sinclair (Rhona Mitra) va tenter d’y survivre tout en menant sa mission à bien dans une série B assumée qui rappelle un peu la vibe de films comme Cyborg (1989) ou 2019 après la chute de New York (1983).

    The Last Girl – Celle qui a tous les dons (2016)

    The Last Girl – Celle qui a tous les dons (2016), c’est un peu le The Last of Us (2023-) version britannique. Avec moins d’ambition et de réussite toutefois (côté maquillages notamment, c’est un peu brouillon). Mais le long métrage, où s’illustrent notamment Glenn Close, Paddy Considine et Gemma Arterton, est intéressant à découvrir de ce point de vue comparatif, puisqu’il met aussi en scène une épidémie fongique qui transforme les êtres humains en créatures affamées de chair fraîche. Jusque-là rien de très nouveau me direz-vous, mais l’originalité de l’approche réside dans les enfants, représentés par Sennia Nanua, une infectée de deuxième génération qui a conservé ses émotions et sa capacité de raisonnement. Dans une Londres ravagée, où elle est escortée par un groupe de scientifique et de militaires, elle comprend dès lors -et nous avec- que l’avenir appartient désormais à ces enfants-hybrides. Et le dénouement montre que le réalisateur Colm McCarthy et le scénariste Mike Carey (qui adapte son propre livre) ont finalement mieux compris Je suis une légende de Richard Matheson (mon roman préféré) que le film avec Will Smith (2007).

    Threads (1984)

    Au moment de sa diffusion sur la BBC, le 23 septembre 1984, Threads (1984) a terrifié les 7 millions de téléspectateurs branchés devant leur poste. Il faut dire que le réalisateur Mick Jackson a opté pour une approche quasi-documentaire pour explorer l’hypothèse d’une attaque nucléaire sur le Royaume-Uni, et en particulier sur la ville ouvrière de Sheffield. On est ici très loin de l’ambiance joyeuse de The Full Monty (1997), l’autre production majeure qui a pris la cité pour espace de fiction : le réalisme cru de Threads est glaçant, et le film s’attarde, à travers le destin de deux familles, autant sur ce qui précède l’explosion (la montée des tensions, la panique…) que sur l’après et l’hiver nucléaire qui englobe le monde sur plusieurs années. Extrêmement pessimiste, le long métrage est aussi très immersif et dépeint une société effondrée où l’espoir a laissé place à la survie. Et à la mort. Basé sur des recherches poussées au niveau militaire, scientifique, médical, économique, sociologique et psychologique, Threads a été considéré comme le film le plus perturbant jamais vu à la télévision britannique, et a dès lors été très peu rediffusé sur petit écran. Il fait notamment écho au film américain Le Jour d’après (1983), mais aussi au documentaire The War Game (1966) de Peter Watkins.

    Terre brûlée (1970)

    Dans Interstellar (2014) Christopher Nolan dépeint une Terre en proie à l’extinction, alors que les cultures sont sur le point de disparaître. Si son film part ensuite dans l’espace intersidéral à la recherche d’une nouvelle planète, le long métrage Terre brûlée / No blade of grass (1970) reste sur notre sol et raconte les événements du point de vue britannique, alors qu’un groupe de survivants fuit Londres vers la campagne écossaise pour rejoindre une ferme potentiellement épargnée par le virus qui éradique les céréales et les plantes. Un peu daté et porté par des ficelles narratives pas très subtiles, le film de Cornel Wilde a toutefois le mérite d’être l’un des premiers à montrer une société au bord de l’effondrement. Dans cet univers sur le point de basculer mais déjà abandonné à la loi des plus forts, il y a une ambiance désenchantée et nihiliste qui rappelle beaucoup celle du premier Mad Max (1979). Les paysages anglais sont ici très bien utilisés pour retranscrire le roman de John Christopher et sa décadence civilisationnelle brutale et sans concession. Le film, porté par une morale ambiguë (mais la morale a t-elle encore sa place dans ce monde d’après ?), est à poursuivre avec Soleil Vert (1973) côté américain et la série française L'Effondrement (2019) qui est une claque du genre.

  • Alan Rickman : notre classement de ses 10 meilleurs rôles, de Harry Potter à Piège de Cristal

    Alan Rickman : notre classement de ses 10 meilleurs rôles, de Harry Potter à Piège de Cristal

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    C’est un visage et c’est une voix qui nous manquent beaucoup. Dix ans après sa disparition, Alan Rickman reste l’un des comédiens contemporains les plus iconiques, qui a marqué de son empreinte et de son talent toutes les œuvres auxquelles il a participé. Film d’action, saga magique, aventure moyenâgeuse, comédie galactique : il est bon -et mémorable- partout.

    Pour JustWatch, j’ai voulu partager ses rôles qui m’ont le plus marqué, entre ses débuts en 1988 et sa disparition le 14 janvier 2016, emporté par un cancer à l'âge de 69 ans. S’il venait du théâtre et des planches -où je n’ai hélas jamais eu le privilège de le voir exercer son art, Alan Rickman est donc essentiellement, pour moi, un immense acteur de cinéma. La preuve en 10 films, classés du très bon au meilleur, selon ma propre subjectivité.

    10. Harry - Love Actually (2003)

    Love Actually (2003) est l’une des comédies romantiques les plus iconiques, l’un des films de Noël les plus iconiques, l’une des Christmas RomCom les plus iconiques… Pourquoi, dès lors, ne pas la classer plus haut dans cette liste ? Question pertinente, à laquelle je répondrais qu’en tant que film-choral, où se croisent et se décroisent plusieurs destins amoureux, le long métrage de Richard Curtis n’offre pas un rôle central à Alan Rickman. Néanmoins, sur les quelques scènes qu’il partage à l’écran avec Emma Thompson, l’histoire racontée est bouleversante. Parce que réaliste, loin des codes guimauves du genre. Ou comment une mère de famille, croyant deviner en avance le cadeau de Noël prévu pour elle par son mari, découvre sous le sapin qu’il était en réalité destiné à la jeune maîtresse de ce dernier. Tout en subtilité, en non-dits et en regards fuyants, ce segment est, finalement, extrêmement juste. C’est étrange d’encenser une infidélité dans une comédie romantique, mais la manière minimaliste dont Alan Rickman incarne ce salaud ordinaire -entre lâcheté, culpabilité et égoïsme- est remarquable.

    9. Jamie - Truly, Madly, Deeply (1990)

    Au début des années 90, entre deux rôles de méchants iconiques -j’y reviendrai- Alan Rickman s’illustre dans Truly, Madly, Deeply (1991), une comédie romantique et fantastique méconnue mais qui mérite d’être redécouverte. Devant la caméra d’Anthony Minghella (futur réalisateur oscarisé du Patient anglais), il incarne un fantôme revenu s’installer chez sa fiancée (Juliette Stevenson). Envahissant, jaloux, possessif et toujours amoureux, parfois même carrément égoïste, c’est un « revenant » qui n’a jamais aussi bien porté son nom. Il incarne un amour qui ne veut jamais lâcher prise. Et qui n’accepte pas que la vie puisse continuer sans lui. Constamment sur le fil, Alan Rickman n’est ici jamais détestable mais profondément touchant, et campe un être certes charmant, sensible et tendre, mais imparfait. Au point que ses défauts, aident, finalement, son aimée à tourner la page et à poursuivre sa vie dans les bras d’un autre. On pense à Always (1989) et Ghost (1990), bien sûr, mais aussi à des œuvres plus douloureuses comme Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004) ou A Ghost Story (2017) 

    8. Le Juge Turpin - Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street (2007)

    Dans Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street (2007), transposition cinématographique de la comédie musicale de Stephen Sondheim par Tim Burton, la voix grave et traînante d’Alan Rickman fait des merveilles. Dans le costume du redoutable Juge Turpin, l’homme qui a condamné injustement son rival au bagne pour mieux courtiser sa femme, il campe une figure d’autorité corrompue, puritaine dans son image publique mais profondément perverse une fois la porte de sa riche demeure refermée. C’est même lui qui recueille la fille de Todd comme son propre enfant pour mieux l’épouser ensuite… et la reléguer dans un asile alors qu’elle refuse ses avances. D’une froideur et d’une rigidité totales, sans effet de manche, le comédien incarne l’avidité implacable d’un être amoral, protégé par son image institutionnelle. Son duo avec son meilleur ennemi, campé par Johnny Depp, sur le tableau Pretty Women est l’un des grands moments de ce musical gothique et sanglant. Pour un autre rôle en costume mais à l’opposé de l'immoralité de Turpin, vous pouvez retrouver Alan Rickman dans l’adaptation du roman Le Parfum : histoire d’un meurtrier (2006).

    7. Louis XIV - Les Jardins du Roi (2015)

    Au-delà d’avoir marqué la toute dernière apparition d’Alan Rickman sur les (grands) écrans français, Les Jardins du Roi (2015) est la seconde et ultime réalisation du comédien. Il revisite ici la manière dont Sabine De Barra (Kate Winslet) et le célèbre paysagiste royal André Le Nôtre (Matthias Schoenaerts) vont révolutionner la conception des jardins de Versailles en 1682, en livrant de merveilleuses créations comme le bosquet de Rocailles. Si la jeune femme est fictive, elle permet à Alan Rickman d’apporter une vraie modernité au propos de ce film en costumes, où il campe un monarque complexe et humain, épuisé par le poids de l’Etat, curieux de la Nature et des gens ordinaires et agacé par l’étiquette de la Cour. A ce titre, sa rencontre fortuite, sans habits ni perruque, avec Sabine donne lieu à une très jolie scène à hauteur d’homme et de femme. A l’image de ce qu’Alan Rickman souhaitait : un conte simple et intemporel. Et si vous souhaitez découvrir la première réalisation du comédien, c’était en 1997 avec L'Invitée de l'hiver où il dirigeait Emma Thompson.

    6. Le colonel Brandon - Raison et sentiments (1995)

    Emma Thompson (oscarisée pour son travail sur le scénario) et Kate Winslet donnaient déjà la réplique à Alan Rickman dans Raison et sentiments (1995), adaptation du classique de Jane Austen signée Ang Lee. Même s’il n’est ici qu’un personnage secondaire entré dans la vie des sœurs Elinor et Marianne Dashwood, il livre une interprétation habitée du colonel Brandon, un officier et homme de principe tombé sous le charme de la cadette. Tout en retenue et en subtilité, le comédien incarne cet attachement sain et cet amour silencieux, patient et solide, qui apporte à Marianne son soutien, son affection et sa présence discrète mais rassurante. C’est ce que souhaitait justement voir Emma Thompson, ravie de permettre à l’acteur de pouvoir enfin exprimer « l'extraordinaire douceur de sa nature » après avoir incarné tant de méchants flamboyants et autres ordures mémorables. Elle ne s’était pas trompée : le colonel Brandon version Alan Rickman est un personnage incontournable au sein de la galaxie d’adaptations cinéma et télévisuelles de Jane Austen.

    7. Metatron - Dogma (1999)

    Le public français ne connaît pas assez le View Askewniverse, un univers élargi imaginé par Kevin Smith bien avant le Marvel Cinematic Universe. Et c’est bien dommage ! Dans cette saga indé décalée, on retrouve Clerks (1994), Les Glandeurs (1996), Méprise Multiple (1997), Jay & Bob contre-attaquent (2001), Clerks II (2006), Jay et Bob contre-attaquent… encore (2019), Clerks III (2022) et surtout Dogma (1999). Plus gros « succès » de ce délire basé au New Jersey (30 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis, 168 000 entrées en France), ce long métrage est une comédie politiquement incorrecte autour de la religion, qui voit Matt Damon et Ben Affleck incarner deux anges renégats sur le point de détruire l’Humanité en retournant au Paradis dont ils ont été exclus. Or, si une décision de Dieu devient faillible, c’est la fin des temps. Ce n’est pas moi qui le dit, mais le Metatron, un séraphin chargé de transmettre la parole divine. Alan Rickman lui apporte sa gravité et son cynisme, avec un détachement so british qui rend chaque prise de parole de l’archange hilarante. Si vous aimez le phrasé du comédien, tendez une oreille dans H2G2 : Le Guide du Voyageur Galactique (2005) où il joue les robots dépressifs et Alice au pays des merveilles (2010) où il campe la sage chenille Absolem.

    4. Severus Rogues - la saga Harry Potter (2001-2012)

    Pour toute une génération, Alan Rickman restera Severus Rogue, professeur de potions au sein de l'École de Sorcellerie de Poudlard imaginée par J.K. Rowling. La romancière a songé au comédien dès l’écriture des premiers livres Harry Potter, et lui a même confié des éléments cruciaux sur la vraie nature des sentiments et des agissements de cette grande figure de Serpentard bien avant la sortie des derniers tomes, afin de l’aider dans son interprétation. Cette interprétation, justement, elle est parfaite : le teint cireux, le regard noir, la voix sifflante… Alan Rickman EST Rogue. Alors pourquoi ne pas le classer plus haut ? Parce que son personnage, sans doute le plus intéressant avec Sirius Black de mon point de vue, est malheureusement relégué au second plan dans la saga Harry Potter, avec une présence à peine plus centrale dans Le Prince de Sang-Mêlé (2009). Il avait d’ailleurs confié, dans des lettres révélées après sa mort, être frustré par le peu de place et d’attention accordée à Rogue/Snape au cinéma. Et je suis d’accord. 

    3. Le Shériff de Nottingham - Robin des Bois prince des voleurs (1991)

    Alan Rickman a refusé à deux reprises le rôle du Shériff de Nottingham dans Robin des Bois, prince des voleurs (1991). Et c’est avec l’assurance d’avoir carte blanche qu’il a finalement accepté de jouer ce méchant délicieusement cruel, élevé par une sorcière, et dont les envolées sont à la limite du cabotinage mais toujours parfaitement dosées. J’ai vu le film trois fois la semaine de sa sortie durant l’été 1991, et je me rappelle que j’y retournais certes pour Kevin Costner (mon idole), mais aussi beaucoup pour Alan Rickman donc je tentais d’imiter les répliques (en VF) avec mon frère sur le chemin du retour. « Je vais t’arracher le cœur avec une petite cuillère », quelle immense réplique ! Entre un psychopathe moyenâgeux et un méchant cartoonesque, le Shériff de Nottingham reste l’un des grands rôles de l’acteur, salué par le BAFTA du meilleur second rôle en 1992. Pour le voir jouer d’autres tortionnaires, je vous invite à découvrir le méconnu Closet Land (1991), sorti la même année et dans lequel il malmène Madeleine Stowe en huis clos.

    2. Alexander Dane / le docteur Lazarus - Galaxy Quest (2000)

    « Par le grand marteau de Grabthar, par les fils de Warvan, je te jure que tu auras ta vengeance. » Si vous souriez en lisant cette réplique, c’est que vous faites partie des rares personnes à avoir vu et apprécié Galaxy Quest, (1999), pépite passée totalement inaperçue au moment de sa sortie en salles (25 000 entrées, qui dit mieux ?). C’est pourtant, je crois, mon rôle préféré d’Alan Rickman. Celui d’un grand comédien de théâtre passé à côté de sa carrière à cause de son rôle dans une série de science-fiction kitsch. Le jour où des extraterrestres naïfs le kidnappent lui et ses partenaires pour mener une guerre intergalactique (ils croient que les épisodes du show sont des… documentaires historiques !), Alexander Dane va jouer le plus grand rôle de sa vie sous le maquillage improbable du Docteur Lazarus. Comédie SF à la lisière de la parodie et de l’hommage, Galaxy Quest se voit et se revoit sans modération. Pour Alan Rickman comme pour le reste de l’équipage où l’on retrouve notamment Sigourney Weaver. Elle partagera d’ailleurs l’affiche d’un autre film très réussi avec Alan Rickman : Snow Cake (2014).

    1. Hans Gruber - Piège de Cristal (1988)

    Piège de Cristal (1988) est le tout premier film tourné par Alan Rickman. Cette anecdote illustre le génie du comédien, repéré par le producteur du film alors qu’il incarnait Valmont dans Les Liaisons Dangereuses à Broadway. Il donne à Hans Gruber, chef charismatique et sophistiqué des braqueurs du Nakatomi Plaza, une classe et une prestance uniques. Braqueur dandy, aussi intelligent qu’implacable, il est, avec Bruce Willis / John McClane et la mise en scène de John McTiernan, l’un des éléments qui ont fait du long métrage un film culte, un monument du cinéma d’action et un incontournable des visionnages de Noël. Immédiatement intronisé au panthéon des méchants de cinéma aux côtés de Dark Vador et Hannibal Lecter, Hans Gruber est l’une des raisons pour lesquelles on revoit le premier Die Hard si souvent. La saga n’a d’ailleurs jamais réussi à retrouver un antagoniste du même calibre, malgré une tentative de lui inventer un frère (interprété par Jeremy Irons) dans Une journée en enfer (1995). Si vous aimez quand Alan Rickman joue de sombres personnages, jetez aussi un œil à Monsieur Quigley l'Australien (1990) où il incarne un riche propriétaire de ranch très « gruberien », ou Rasputin (1996) qui lui a valu le Golden Globe du Meilleur acteur dans une mini-série. L’un des rares prix d’une carrière pourtant immense.

  • Jonathan Cohen réalisateur du prochain Astérix ? Voici tous les films adaptés des célèbres Gaulois dans l'ordre

    Jonathan Cohen réalisateur du prochain Astérix ? Voici tous les films adaptés des célèbres Gaulois dans l'ordre

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Il y a eu l’Astérix d’Alain Chabat qui continue à faire rire dans les chaumières plus de 20 ans après sa sortie. Et il y aura -c’est désormais acté- l’Astérix de Jonathan Cohen ! L’auteur et comédien s’est vu confier sa première réalisation cinéma : l’adaptation de l’album Les Douze travaux d’Astérix.

    Actuellement en phase d’écriture, le projet suscite déjà beaucoup de curiosité. Aucun doute que l’adaptation du quadragénaire, dont l’humour absurde et référencé n’est pas si éloigné de celui de son aîné, saura s’emparer des codes de la bande dessinée iconique pour en faire un hommage aussi délirant qu’inventif.

    Le petit village d’irréductibles Gaulois n’a pas résisté longtemps à son succès : dès la fin des années 1990, Astérix et Obélix quittaient les bulles de BD pour s’incarner sur grand écran, devenant au fil des décennies l’une des franchises les plus emblématiques -et discutées- du cinéma populaire français. 

    Qui a transformé les bulles de BD en expérience de cinéma ? Pour JustWatch, je vous propose un petit tour d’horizon des adaptations en live action d’Astérix et Obélix dans l’ordre de leur sortie en salles.

    Astérix et Obélix contre César (1999)

    Premier pari du live action pour les héros gaulois, Astérix et Obélix contre César (1999) fait des personnages d’Uderzo et Goscinny des stars de cinéma, sous les traits de Christian Clavier et Gérard Depardieu. Ensemble, ils doivent retrouver leur druide Panoramix, enlevé par les Romains. 

    À la manœuvre : Claude Zidi, figure majeure de la comédie populaire française (La Boum, Les Sous-doués, L’aile ou la cuisse), qui signe ici son film le plus ambitieux en termes de budget et de production. Le spectacle est certes familial, porté par une musique signée Jean-Jacques Goldman, mais l’humour est jugé un peu daté et le rythme parfois inégal. Reste un immense succès public (près de 9 millions d’entrées).

    Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre (2002)

    Devenu l’opus le plus culte, voire LA référence, Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre (2002) est toujours resté dans les cœurs des fans de la BD. Alain Chabat y assume une patte résolument moderne, mêlant l’espièglerie d’Uderzo et Goscinny et l’humour des Nuls. Le film regorge de références, d’anachronismes et d’une liberté de ton rare dans une superproduction française. 

    Jamel Debbouze est inoubliable en Numérobis, architecte dépassé par un chantier impossible. tandis que Monica Bellucci, Gérard Darmon ou Édouard Baer complètent un casting devenu mythique. Avec plus de 14 millions d’entrées en France, le film s’impose comme la référence absolue de l’Astérix en prises de vues réelles… et un poids écrasant pour toutes les adaptations suivantes.

    Astérix aux Jeux Olympiques (2008)

    Avec Astérix aux Jeux Olympiques (2008), la saga change d’échelle — parfois à son détriment. Budget colossal de 78 millions d’euros (à l’époque le plus cher de l’histoire du cinéma français), casting dingue avec de nombreuses stars venues même pour des caméos : le film se veut une superproduction européenne capable de rivaliser avec Hollywood.

    Si le public répond présent avec 6,8 millions d’entrées en France, la critique est sévère. Humour jugé lourd, mise en scène peu inspirée, débauche de moyens sans véritable vision : le film reste l’un des opus les plus controversés de la saga, symbole d’un cinéma populaire où la démesure finit par étouffer l’esprit originel de la BD.

    Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté (2012)

    Nouvel acteur pour Astérix -Édouard Baer succède à Christian Clavier- et nouveau ton sous la direction de Laurent Tirard. Inspiré principalement de Astérix chez les Bretons, Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté (2012) adopte un humour plus absurde, parfois très british, et tente de revenir à une approche plus littéraire de l’œuvre.

    Bien écrit, le film se veut bon enfant avec un peu de potion magique de la version de Chabat. Si certaines idées séduisent, ce quatrième long métrage n’est ni une référence absolue ni un faux pas total mais une belle tentative de renouveler la formule, révélatrice des tensions entre tradition et modernité. 

    Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu (2023)

    Dernier film en date, L’Empire du Milieu (2023) marque une rupture nette. Guillaume Canet signe un scénario original pensé pour un public international, loin des albums classiques, et incarne lui-même Astérix aux côtés de Gilles Lellouche en Obélix. Direction la Chine impériale pour une aventure inédite, visuellement ambitieuse.

    Succès public massif (4,6 millions d’entrées) mais accueil critique très partagé : certains saluent l’énergie et la modernité, d’autres regrettent une perte de l’ADN d’Astérix. Une chose est sûre : le film confirme que les Gaulois restent une valeur sûre du box-office français.

    Les Douze travaux d’Astérix (prochainement)

    Prochain projet — et sans doute l’un des plus intrigants — Les Douze travaux d’Astérix marquera la première réalisation cinéma de Jonathan Cohen, dont l’expérience derrière la caméra s’étend pour l’instant aux délirantes parodies TV La Flamme (2020) et Le Flambeau (2022).

    Adapter en live action cet album culte, déjà porté à l’écran en animation en 1976, relève du défi tant le souvenir est fort chez les spectateurs. Mais l’humour absurde, l’amour des références et la liberté de ton de Jonathan Cohen laissent espérer une relecture aussi respectueuse que décalée. Peut-être, enfin, un nouveau film capable de dialoguer avec l’ombre écrasante de Mission Cléopâtre ?

  • Pluribus et les 10 meilleurs personnages de séries en 2025

    Pluribus et les 10 meilleurs personnages de séries en 2025

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Comme l’a illustré le palmarès séries des Golden Globes 2026, le cru télévisuel et streaming 2025 a livré des programmes marquants, portés par des performances majeures et des personnages iconiques. A leurs côtés, on a ri, on a pleuré, on a bingé. Et on a surtout eu la confirmation que le petit écran n’a rien à envier au cinéma quand il s’agit de proposer des protagonistes mémorables.

    Pour JustWatch, je vous propose mon panthéon personnel de ces héros/héroïnes/antihéros/antihéroïnes/méchant.es (rayez les mentions inutiles). C’est une sélection subjective -forcément- de celles et ceux qui m’ont le plus marqué cette année, et que j’ai hâte de retrouver dans de futures saisons. D’ailleurs, je me suis attaché ici uniquement à des personnages issus de saisons 1... et j’ai donc dû renoncer à intégrer le savoureux body swap entre Wednesday et Enid dans la saison 2 de Mercredi.

    Et pour mon Top 10 des personnages cinéma de 2025, c’est à voir ici.

    Zosia - Pluribus (2025-)

    Bien sûr, Carol Sturka, l’anti-héroïne misanthrope de Pluribus (2025-), est le cœur battant de la nouvelle pépite de Vince Gilligan et l’un des personnages les plus marquants de la saison 2025. Le Golden Globes décerné dimanche à Rhea Seehorn en atteste. Mais j’ai personnellement été très touché par Zosia et l’interprétation de Karolina Wydra, que les fans de True Blood (2008-2014) connaissent pour son rôle de Violet. Zosia donne un visage amical à la multitude de la ruche extraterrestre qui a contaminé l’Humanité. Et même si son plan est potentiellement machiavélique -les prochaines saisons nous en diront plus- j’ai été emporté par la bienveillance, la patience et la douceur renvoyées par cette entité venue d’ailleurs qui nous envahit en apportant paix, unité et empathie. Série disponible sur Apple TV+

    Sal Saperstein - The Studio (2025-)

    Bras droit ingérable mais attachant de son ami et patron Matt Remick (Seth Rogen) au sein d'un grand studio de cinéma, Sal Saperstein (Ike Barinholtz) est devenu le cri de ralliement incontournable des cérémonies de récompenses. Celui qu’on remercie pour son énergie, son dévouement et sa bonne humeur (on regrette d’ailleurs que ce running gag n’ait pas été répliqué dans la « vraie vie » aux Emmy Awards et aux Golden Globes). Vice-président de la production de l’hilarante The Studio (2025-), il incarne à la fois le chaos et la loyauté, l’imprévisibilité et la sécurité dans les murs de Continental Studios, et distribue à loisirs des conseils qu’il n’est pas toujours recommandé de suivre. J’ai hâte de retrouver ce « Hollywood Bro » en saison 2. Et en attendant, je tiens évidemment à remercier à mon tour Sal Saperstein. Série disponible sur Apple TV+

    L’oeil - Alien Earth (2025-)

    Dans l’univers de Alien Earth (2025-), il a été baptisé Trypanohyncha Ocellus. Ou Espèce 64. Pour ma part, je l’appelle « l'œil ». « L’oeil dégueulasse », même, mais c’est un ressenti très personnel. En s’attaquant à une série dérivée de la saga Alien, Noah Hawley a judicieusement pris conscience qu’il était difficile de surprendre -et donc de faire peur- avec un xénomorphe quelque peu essoré par Hollywood depuis son apparition en 1979. Il a donc intégré de nouvelles créatures au show, toutes vraiment creepy. Mais la plus mémorable reste assurément ce globe oculaire autonome, qui se déplace sur des tentacules et s’introduit dans le crâne de ses hôtes (humains ou… mouton !) pour les piloter. Après huit épisodes, cette entité reste encore très mystérieuse mais on perçoit nettement son intelligence cruelle. Le cliffhanger à la fin de la saison 1 promet du lourd pour la suite. Série disponible sur Disney+

    Abaddon - Haunted Hotel (2025-)

    Déjà, prenons le temps de dire que la série animée Haunted Hotel (2025-) est vraiment très sympathique. Quelque part entre SOS Fantômes, Hôtel Transylvanie, Beetlejuice et Rick et Morty, on y suit les aventures comico-surnaturelles d’une mère célibataire et de ses deux enfants, qui reprennent l’hôtel de tonton (devenu fantôme) où résident d’innombrables spectres. Cette famille recomposée est affublée d’un petit dernier, Abaddon, un démon ancestral coincé dans le corps d’un garçon de l’Amérique coloniale. Le décalage entre sa personnalité et son apparence est dès lors vraiment savoureux. Voir Abaddon s’exprimer de manière grandiloquente pour demander ses céréales ou de façon triviale quand il se lance dans un projet maléfique ou qu’il échange avec une autre entité démoniaque est vraiment ce que j’attends le plus à chaque épisode.  Je crois, au fond de moi, que j’aimerais vraiment voir une série dérivée sur Abaddon. Avec, évidemment, les voix de Jimmi Simpson et Jérémy Prévost. Série disponible sur Netflix

    « Les potages » - Des vivants (2025)

    C’est sans aucun doute la série la plus bouleversante de l’année. Et un travail d’équilibriste en termes de narration, de mise en scène et de jeu d’acteurs et d’actrices, qui réussit le pari de revisiter l'attentat terroriste survenu au Bataclan le 13 novembre 2015. En s’attachant à sept survivants retenus comme otages pendant plus de deux heures dans le couloir à l’étage de la salle de spectacle, et désormais liés par cette expérience traumatique, Des vivants (2025) parle d’humanité, de résilience, d’amitié. C’est un bijou d’empathie, où brillent, chacun.e à sa façon, les « potages » (contraction de « potes » et « otages ») Benjamin Lavernhe, Alix Poisson, Antoine Reinartz, Félix Moati, Anne Steffens, Thomas Goldberg et Cédric Eeckhout. Dans la même tonalité très humaine, je vous recommande Bref 2.0 (2025) et Empathie (2025-). Série disponible sur HBO Max

    Dr. Michael Robinavitch - The Pitt (2025-)

    En parlant d’empathie, je ne pouvais occulter The Pitt (2025-) au sein de cette sélection. La nouvelle série médicale de HBO Max est l’une des claques de l’année, plébiscitée pour son humanité et sa capacité à mettre en image le quotidien d’un système de santé américain à bout. C’est un peu, finalement, la version US de notre Hippocrate (2021-), avec un parti pris scénaristique qui utilise chaque épisode pour restituer une heure de garde d’un shift de quinze heures dans un service d’urgences de Pittsburgh. Produit par R. Scott Gemmill, John Wells et Noah Wyle, trio déjà à l'œuvre sur Urgences (1994-2009), le show met notamment en scène le Dr. Michael Robinavitch campé justement par Wyle : l’ex-John Carter brille dans ce rôle de mentor et pilier (épuisé) de l’équipe, remportant un Emmy et un Golden Globe pour son rôle. Série disponible sur HBO Max

    Ka'ahumanu - Chief of War (2025-)

    Au centre de Chief of War (2025-), flamboyante série historique qui raconte les guerres entre clans hawaïens au XVIIIème siècle, il y a Jason Momoa. Le colosse, également producteur mais aussi réalisateur sur un épisode, incarne Ka'iana, un guerrier embarqué malgré lui dans les troubles qui agitent l’archipel. Mais la série laisse la place à de nombreux autres personnages et de nouveaux visages encore peu croisés à Hollywood. Et notamment Ka'ahumanu (Luciane Buchanan, vue auparavant dans The Night Agent), épouse du roi Kamehameha dont le rôle sera central dans l’unification de Hawaï. Stratège, réfléchie, visionnaire, moderne, consciente de sa place mais n’hésitant pas à bousculer les traditions, Ka'ahumanu apporte intensité et profondeur à ce show majeur, au croisement de Vaiana, Apocalypto et Shōgun. Série disponible sur Apple TV+

    Annabarbera & Black Angus - Le Combat des chefs (2025)

    Impossible de constituer un classement des personnages de séries les plus marquants de l’année sans convier l’un des protagonistes de l’adaptation animée de Astérix & Obélix : le combat des chefs (2025) par Alain Chabat. Dans cette production française (et même toulousaine, big up à TAT Productions !) en cinq épisodes, on retrouve évidemment les Gaulois et Romains les plus iconiques des BD imaginées par Goscinny et Uderzo. Mais il y a également des petits nouveaux et petites nouvelles : Métadata (Anaïs Demoustier), Potus (Jean-Pascal Zadi), Fastanefurius (Fred Testot), Toutétobofix (Gérard Darmon), Apothika (Jeanne Balibar) ou Sucettalanix (Jamel Debbouze)... Personnellement j’ai une affection particulière pour le tandem Annabarbera & Black Angus, duo de commentateurs chargés d’animer le fameux combat des chefs. La complémentarité entre le professionnalisme de la journaliste et le goût pour la tuerie de l’ancien gladiateur est très chouette, tout comme leur disparité physique proche d’un Laurel & Hardy. Côté voix, Stefi Selma et Jérôme Commandeur sont parfaits. Autant de raisons qui font de ce binôme improbable LA première image qui me vient en tête quand on évoque la série ! Série disponible sur Netflix

    Russ Holliday / Chad Powers - Chad Powers (2025-)

    Glen Powell est la star qui monte, qui monte outre-Atlantique. La révélation de Top Gun : Maverick (2021) s’est illustrée cette année dans la nouvelle version de Running Man (2025) tout en portant la série sportive Chad Powers (2025-). Affublé d’un maquillage et d’une perruque, il incarne un quarterback arrogant tombé en disgrâce qui tente de relancer sa carrière en se faisant passer pour un autre joueur au sein d’une équipe en difficulté. Dans ce double rôle, à la fois détestable et attachant, Glen Powell -également co-créateur de la série- montre l’étendue de sa palette de jeu et confirme qu’il n’est pas seulement « le nouveau beau gosse hollywoodien ». Quelque part entre Ted Lasso, Mrs Doubtfire et Friday Night Lights, la série défend le droit à une seconde chance sous couvert de gags potaches. Avec à la clé, une nomination aux Golden Globes pour Powell. Série disponible sur Disney+

    Jamie Miller & Briony Ariston - Adolescence (2025)

    Dire que Adolescence (2025) a été une réussite, c’est un peu enfoncer une porte ouverte. Son grand chelem aux Golden Globes dimanche (quatre prix dont Meilleure mini-série) après son triomphe aux Emmy Awards en septembre dernier en est une nouvelle preuve. Le programme est évidemment une réussite chorale, portée par la justesse et l’implication des équipes devant et derrière la caméra pour livrer quatre segments en plan-séquence autour du drame qui frappe une petite communauté anglaise. Mais je crois que tout le monde gardera longtemps en mémoire le face à face entre Jamie Miller, jeune garçon accusé du meurtre de sa camarade de classe, et Briony Ariston, psychologue chargée de comprendre les ressorts internes de l’adolescent. Puissant, violent, perturbant, touchant aussi, cet épisode 3 est un bijou au sein du diamant qu’est Adolescence. Et l’interprétation de Owen Cooper et Erin Doherty, qui donnent littéralement vie à ces deux personnages, y est magistrale. Série disponible sur Netflix

    Rich - Ça : Bienvenue à Derry (2025-)

    Je vais être transparent, je n’attendais pas grand chose de cette série prequel au diptyque Ça (2017) / Ça chapitre 2 (2019). Ayant grandi avec l’incontournable Ça - Il est revenu (1990), je trouvais que les films d’Andy Muschietti faisaient moins bien. Tout simplement. J’ai donc été agréablement surpris par Ça : Bienvenue à Derry (2025-) qui revisite la ville centrale à l'œuvre de Stephen King en convoquant d’autres figures majeures de son univers. Face au clown Pennywise (Bill Skarsgård), on croise ainsi Dick Hallorann (Chris Chalk), le futur médium de Shining ! J’ai beaucoup aimé ces personnages, comme j’ai aimé les adultes et les enfants qui composent la distribution. Mais au sein de ces gamins, j’ai eu un vrai coup de cœur pour Rich Santos (Arian S. Cartaya). Joyeux, positif, romantique, courageux aussi, il est extrêmement touchant par son amitié totale pour sa bande et son amour fou pour sa camarade Marge Truman. Sa dernière apparition -sans spoiler- m’a bouleversé. Série disponible sur HBO Max

  • Ce film a été boudé aux Golden Globes 2026… mais il a tout de même remporté un prix qui signifie beaucoup !

    Ce film a été boudé aux Golden Globes 2026… mais il a tout de même remporté un prix qui signifie beaucoup !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

     A première vue, le palmarès cinéma des Golden Globes 2026 a essentiellement mis en lumière deux long métrages : Hamnet (2025), sacré Meilleur film - drame et Une bataille après l’autre (2025), auréolé de quatre trophées dont Meilleur film - comédie/comédie musicale. Mais il ne faudrait pas minimiser le parcours de Sinners (2025) lors de la cérémonie, qui a reçu un prix très particulier.

    Les déçus des Golden Globes 2026

    Évidemment, on ne peut pas récompenser toutes les œuvres et tous les talents en lice dans le cadre d’une cérémonie. C’est le jeu, et il faut l’accepter. Comme ses partenaires Benicio Del Toro et Sean Penn, « battus » par Stellan Skarsgård (Valeur sentimentale, 2025) côté seconds rôles, Leonardo DiCaprio peut en témoigner, lui qui a vu Timothée Chalamet lui ravir la statuette du Meilleur acteur - comédie/comédie musicale grâce à son interprétation dans Marty Supreme (2025). Mais Leo n’est pas le seul à être reparti (un peu) frustré du Beverly Hilton.

    Malgré cinq nominations, le Frankenstein (2025) de Guillermo del Toro et le deuxième volet de Wicked (2025) sont repartis bredouille. Tout comme la Palme d’Or Un simple accident (2025), l’étrange Bugonia (2025), ou les interprétations plébiscitées de Dwayne Johnson dans Smashing Machine (2025) et Jeremy Allen White dans Springsteen: Deliver Me from Nowhere (2025). Sans oublier, côté animation, les frenchies Arco (2025) et Amélie et la métaphysique des tubes (2025) et les Disney Elio (2025) et Zootopie 2 (2025), tous balayés par le phénomène Netflix KPop Demon Hunters (2025).

    Quels prix pour « Sinners » ?

    Sans avoir été totalement boudé par les 400 votant.es de la presse étrangère, Sinners est considéré par beaucoup d’observateurs comme un « snub » injuste de cette édition. Il faut dire que le long métrage de Ryan Coogler, qui fait une proposition marquante entre film d’auteur et d’horreur avec un sous-texte éminemment politique, figurait parmi les films les plus nommés de cette édition, avec pas moins de sept citations.

    Il n’a toutefois pas reçu les suffrages suffisants pour inscrire son titre dans les catégories majeures (Meilleur film - drame, Meilleur acteur pour Michael B. Jordan, Meilleur scénario où il figurait parmi les favoris). Et à la fin de la soirée, Sinners repartait « seulement » avec deux Golden Globes : Meilleure musique originale (signée Ludwig Göransson, déjà plébiscité pour Oppenheimer deux ans plus tôt) dont la remise a été programmée pendant une pause publicitaire pour mettre en lumière la nouvelle catégorie dédiée aux podcasts (!)... et le Golden Globe Award for Cinematic and Box Office Achievement. Ou pour le dire autrement, le Golden Globe du box-office.

    Un Golden Globe… du box-office ?

    Intronisée en 2024 pour saluer « les films les plus acclamés, les plus rentables et/ou les plus vus de l’année, ayant bénéficié d’un large soutien du public international et ayant atteint l’excellence cinématographique », cette jeune catégorie met en lumière les productions ayant généré au moins 150 millions de dollars de recettes au box-office mondial ou ayant enregistré une audience équivalente sur une plateforme de streaming. Au palmarès, Sinners a succédé à Barbie (2023) et Wicked (2024).

    Comme le César du public, testé entre 2018 et 2020 et remis respectivement à RAID dingue, Les Tuche 3 et Les Misérables pour ne pas occulter les succès en salles, ce Golden Globe Award for Cinematic and Box Office Achievement apparaît un peu comme une « médaille en chocolat », destinée à consoler les grosses productions génératrices d’entrées d’un côté et à parler au grand public de l’autre alors que les cérémonies peuvent renvoyer une image quelque peu élitiste et auteuriste, très éloignée de la majorité des spectatrices et spectateurs. 

    Que signifie ce prix pour « Sinners » ?

    Dans cette catégorie, Sinners était opposé à des blockbusters d’envergure, qui ont (plus ou moins) brillé au box-office cette année : Avatar : de feu et de cendres (1,2 milliards de dollars de recettes dans le monde), F1® Le Film (631 millions de dollars), KPop Demon Hunters (325 millions de vues), Mission: Impossible - The Final Reckoning (598 millions de dollars), Wicked Partie II (522 millions de dollars) et Zootopie 2 (1,6 milliards de dollars). Avec un cumul de 368 millions de dollars, le film de Ryan Coogler émergeait, à l'instar de Évanouis (269 millions de dollars), comme l’un des petits poucets de la compétition.

    C’est pourtant vers lui que se sont dirigés les votes. Peut-être dans une démarche de consolation, alors que Hamnet de Chloé Zhao apparaissait comme un lauréat indiscutable dans la catégorie drame ? Mais sans doute, aussi, pour la nature même du long métrage. Sinners est en effet, avec Évanouis et F1® Le Film, l’un des trois films originaux (c’est à dire n’appartenant pas à une franchise ou un univers préexistant) à intégrer le Top 20 du box-office annuel aux Etats-Unis. Et c’est même la seule production originale du Top 10 !

    A l’heure où Hollywood semble plus que jamais en panne d’inspiration et d’originalité -et même en panne de sens-, le message envoyé par les membres de l’association de la presse étrangère est sans équivoque. De la même manière que la liste des cinéastes nommés ont intégré un grand nombres de talents internationaux (Kleber Mendonça Filho, Joachim Trier, Jafar Panahi, Guillermo del Toro, Park Chan-wook, Yorgos Lanthimos, Ugo Bienvenu…), illustration de la jachère artistique américaine actuelle, voir Sinners émerger comme le chouchou des votants est un signal fort. Très fort, même.

    D’autant plus fort quand le studio derrière les films originaux plébiscités cette année par la critique et le public (Sinners, Évanouis, F1® Le Film, Une bataille après l’autre et dans une moindre mesure Mickey 17 ou Companion) n’est autre que la Warner Bros. au centre de tous les enjeux de l’industrie alors qu’un rachat par Netflix se profile. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’un certain nombres de talents invités sur la scène des Golden Globes hier soir ont tenu à saluer Michael De Luca, l'un des patrons de la Warner dont l'ambition est justement de mettre le studio au service des cinéastes. Le prix de Sinners fait donc plus que jamais, au milieu de ses concurrents issus de suites et sagas, acte de résistance.

    De quoi parle « Sinners » et où le voir ?

    Sorti dans les salles françaises le 16 avril 2025 (et deux jours plus tard aux Etats-Unis), Sinners nous plonge dans le Mississippi des années 1930. Anciens soldats, les frères jumeaux Smoke et Stack (Michael B. Jordan) reviennent dans leur ville natale pour y ouvrir un club de jazz. Mais leur projet est menacé par une force surnaturelle ancestrale et assoiffée de sang, attirée par la musique de leur jeune cousin et menée par l’inquiétant Remmick (Jack O'Connell).

    Entre la série B vampirique façon Une nuit en enfer et le frisson sociologique et sociétal à la Get Out, le cinquième long métrage de Ryan Coogler (Fruitvale Station, Creed, Black Panther) convie le folklore africain, l’histoire américaine, le blues et l’horreur gothique pour explorer des thèmes puissants comme le racisme, la ségrégation et l’appropriation culturelle. Avec en point d’orgue un plan-séquence musical proche de la transe, totalement spectaculaire et absolument ébouriffant, qui a profondément marqué l’année cinéma. Le film est disponible en VOD, en DVD & Blu-ray et sur CANAL+.

  • C’est la surprise des Golden Globes 2026 : tout sur le bouleversant Hamnet de Chloé Zhao

    C’est la surprise des Golden Globes 2026 : tout sur le bouleversant Hamnet de Chloé Zhao

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Si votre saison préférée est celle des cérémonies à Hollywood, vous n’avez pas pu passer à côté de l’un des films qui fait le buzz depuis sa victoire aux Golden Globes : Hamnet (2025). Jessie Buckley et Paul Mescal sont à l’affiche de ce film dramatique réalisé par Chloé Zhao, et produit par Steven Spielberg.

    En raflant cette nuit le trophée de la Meilleure actrice et surtout celui du Meilleur film dramatique, le long métrage devient dès lors l’un des outsiders des prochains Oscars, et se positionne comme un concurrent sérieux au grand favori Une bataille après l’autre (2025). Pour JustWatch, je vous propose un petit résumé de tout ce que vous devez savoir sur ce drame poignant, avant sa sortie nationale française le 21 janvier prochain.

    De quoi parle « Hamnet » ? 

    Avant toute chose, je vous implore de ne surtout pas oublier vos paquets de mouchoirs (oui, au pluriel) lorsque vous irez voir Hamnet. Et acceptez ce conseil de quelqu'un qui n’y avait justement pas pensé ce jour-là… Adapté du roman de l'écrivaine irlandaise Maggie O’Farrell, Hamnet est une fable poétique et mélancolique qui vous brisera assurément le coeur, mais elle est également témoin de l’importance de l'écriture, du théâtre et de l’art en général, pour communiquer ou même guérir dans ce cas précis.

    En 1580 en Angleterre, Agnès (Jessie Buckley) tombe amoureuse du tuteur du village, Will (Paul Mescal). Ils se marient et ont trois enfants : une première fille, Eliza, et des jumeaux, Judith et Hamnet. La famille semble heureuse, même si Will part régulièrement à Londres pour ses pièces de théâtre pendant qu'Agnès s’occupe des enfants. Mais lorsqu’une épidémie de peste s’abat sur la population et emporte le petit Hamnet alors âgé de 11 ans, le deuil et la rancœur divisent Will et Agnès plus que jamais. De ce drame naîtra l’une des plus grandes œuvres jamais écrites : Hamlet.

    C'est une histoire vraie ?

    Le film se concentre surtout sur la relation amoureuse de Will et d’Agnès -qui vous l’aurez compris, ne sont autres que William Shakespeare et sa femme, Anne Hathaway- mais il met particulièrement et merveilleusement bien en lumière le point de vue d’Agnès. Bien que le roman -et par conséquent le film- mette en scène des personnages historiques, beaucoup de faits relatés restent du domaine du fictif puisque nous n'avons malheureusement que très peu d'informations sur cette partie de la vie du dramaturge ou sur la vie d’Anne Hathaway.

    Cependant, de nombreux historiens s’accordent à dire qu’il est fort probable que le petit Hamnet ait effectivement succombé à la peste bubonique, puisque les épidémies étaient très fréquentes et particulièrement meurtrières en Angleterre à l'époque. Par ailleurs, le fait que le chef-d’œuvre de Shakespeare ait effectivement été écrit en hommage au jeune garçon est également possible au regard des thèmes abordés dans la pièce, mais aussi tout simplement à travers son titre qui fait écho au prénom de l’enfant, puisque les deux patronymes étaient alors considérés comme interchangeables. 

    Qui est Chloé Zhao ?

    Issue du cinéma indépendant américain et habituée du Festival de Sundance outre-Atlantique, mais également du Festival de Cannes, Chloé Zhao a écrit l’histoire avec un grand H en 2021, en remportant l’Oscar de la Meilleure réalisatrice pour son film Nomadland, devenant ainsi la deuxième femme à remporter la prestigieuse statuette dans cette catégorie. Le film remporte également l’Oscar du Meilleur film, clôturant ainsi une soirée historique pour la cinéaste -et pour l'industrie du cinéma-.

    En 2021, elle rejoint les rangs des dizaines de réalisateurs et réalisatrices constituant les studios Marvel, en signant Les Éternels, avec à l'affiche Angelina Jolie, Salma Hayek ou encore Richard Madden. Cependant, le film ne connaîtra jamais de suite, et les personnages introduits dans cette nouvelle entrée dans le MCU ne seront par réutilisés par ailleurs. La réalisatrice fait donc son grand retour au cinéma indie cette année avec Hamnet. Et il se pourrait bien qu’elle soit à nouveau, l’une des grandes gagnantes de cette saison de cérémonies.

    Est-ce le nouveau favori des Oscars ?   

    La prestation de Jessie Buckley dans Hamnet est extrêmement vulnérable et déchirante à la fois. Si la comédienne irlandaise est la favorite pour repartir avec l’Oscar de la Meilleure actrice au mois de mars, elle a donc remporté cette nuit le Golden Globes de la Meilleure actrice dans un drame mais également le Critic’s Choice dans la même catégorie la semaine dernière. Révélée par les séries Taboo (2017) et Chernobyl (2019), elle avait déjà été saluée par une nomination aux Oscars il y a quatre ans pour The Lost Daughter (2021).

    Enfin, le film lui-même a remporté -à la grande stupéfaction de Chloé Zhao-, le Golden Globes du Meilleur film dramatique (remis à la cinéaste et à son producteur, Steven Spielberg). Si jusqu’ici Hamnet était surtout pressenti pour repartir avec la statuette de la Meilleure actrice, de la Meilleure musique originale (signée Max Richter) et/ou du Meilleur scénario adapté, il est à présent un candidat sérieux à l’Oscar du Meilleur film, tout comme Une Bataille Après l’Autre ou Sinners. Réponse le 16 mars prochain ou Chloé Zhao pourrait à nouveau écrire l'histoire !

  • Golden Globes 2026 : triomphe pour Hamnet, Une bataille après l’autre… et Timothée Chalamet

    Golden Globes 2026 : triomphe pour Hamnet, Une bataille après l’autre… et Timothée Chalamet

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    C’est la première grande cérémonie de la saison des récompenses 2026. Dans le cadre feutré du Beverly Hilton, sous les yeux de tablées ultra-glamour et la direction hilarante de la maîtresse de cérémonie Nikki Glaser, la 83e soirée des Golden Globes a lancé la course aux Oscars, avec un triomphe (attendu et mérité) pour Paul Thomas Anderson et Chloé Zhao.

    Découvrez le palmarès complet, film par film. Et pour découvrir les séries récompensées, c'est par ici !

    Hamnet

    • Meilleur film (drame)

    • Meilleure actrice (drame) : Jessie Buckley

    C’est Steven Spielberg, producteur du film via sa société Amblin, qui a reçu le Golden Globe du Meilleur film dramatique (souvent annonciateur d’un futur Oscar) avant de laisser la place derrière le micro à Chloé Zhao. Déjà lauréate de deux Oscars pour Nomadland (2020), la réalisatrice retrouve les sommets d’Hollywood après une expérience marvélienne (Les Éternels, 2021) qui avait divisé. Dans Hamnet (2025), elle adapte -avec la romancière- le livre de Maggie O'Farrell pour raconter le drame personnel qui va inspirer à William Shakespeare l’un de ses chefs d'œuvres. Si le dramaturge est campé par Paul Mescal, il est un second rôle du long métrage où brille Jessie Buckley. J’adore cette comédienne, enfin reconnue aux Golden Globes. Si vous ne la connaissez pas encore, courez voir Hamnet le 21 janvier en salles, elle va vous bouleverser.

    Une bataille après l’autre

    • Meilleur film (comédie/comédie musicale)

    • Meilleur réalisateur : Paul Thomas Anderson

    • Meilleure actrice dans un second rôle : Teyana Taylor

    • Meilleur scénario : Paul Thomas Anderson

    Le triomphe de « PTA » était bien au rendez-vous de ces Golden Globes 2026. Jamais récompensé par Hollywood, Paul Thomas Anderson prend la route (si vous avez vu son film, vous comprendrez le clin d'œil) des Oscars avec Une bataille après l’autre, salué par quatre prix majeurs. Même si Leonardo DiCaprio a été éclipsé par Timothée Chalamet pour le trophée du Meilleur acteur, ce pamphlet satirique et politique ambitieux repart avec les Golden Globes du Meilleur film (catégorie comédie/comédie musicale), du meilleur réalisateur, du meilleur scénario et de la Meilleure actrice dans un second rôle pour l’incroyable Teyana Taylor. C’est l'œuvre majeure d’une année cinéma relativement mineure.

    Sinners

    • Meilleur succès au box-office

    • Meilleure musique originale : Ludwig Göransson

    Avec 279 millions de dollars de recettes, Sinners (2025) est le seul film original du Top 10 du box-office américain en 2025. Il était donc plus que logique (et salutaire !) que la catégorie saluant les grands succès de l’année récompense le long métrage de Ryan Coogler, qui croise avec une grande habileté le cinéma d’auteur et le cinéma d’horreur, la musique (également saluée par un Golden Globe) et le vampirisme. Porté par Michael B. Jordan dans un double-rôle, le long métrage a une forte résonance politique en traitant de racisme, de ségrégation et d’appropriation culturelle par le prisme du film de genre. Avec en point d’orgue une séquence dansée absolument mémorable.

    L'Agent secret

    • Meilleur film non-anglophone

    • Meilleur acteur (drame) : Wagner Moura

    Entre Un simple accident (France), Sirat (Espagne), Valeur sentimentale (Norvège), La Voix de Hind Rajab (Tunisie), Aucun autre choix (Corée du Sud) et L’Agent Secret (Brésil), la sélection était extrêmement relevée, pointue et puissante pour le Golden Globe du Meilleur film non-anglophone. Grand favori, grâce à la performance plébiscitée de Wagner Moura (saluée par les votants) et la patte unique de Kleber Mendonça Filho, le long métrage brésilien, qui brasse les genres et les références en 1977 à Recife, est à rattraper d’urgence au cinéma, où il a déjà attiré plus de 260 000 spectateurs en France. Pour en savoir plus, JustWatch vous dit tout juste ici !

    KPOP Demon Hunters

    • Meilleur film d’animation

    • Meilleure chanson : Golden / Briller

    Le phénomène animé de l’année a balayé les Golden Globes 2026. Avec 325 millions de vues, KPop Demon Hunters (2025) est la production originale Netflix la plus regardée de tous les temps sur la plateforme. L’histoire des HUNTR/X, un trio de chanteuses qui repousse les démons grâce à sa musique, a créé un lien puissant entre l’animation américaine et la Hallyu (la nouvelle vague coréenne). Et fait chanter toutes les générations, notamment sur le titre incontournable Golden / Briller imaginé par Joong Gyu-kwak, 24, Nam Hee-dong, Lee Yu-han, Teddy Park, EJAE et Mark Sonnenblick et salué par le prix de la Meilleure chanson originale. Rumi, Mira et Zoey devraient revenir en 2029 sur les écrans.

    Si j’en avais la force

    • Meilleure actrice (comédie/comédie musicale) : Rose Byrne

    Beaucoup voyaient déjà la jeune Chase Infinity (Une bataille après l’autre) lancée sur la route des récompenses : c’est Rose Byrne qui est finalement plébiscitée par les votant.es des Golden Globes pour son interprétation dans Si j’en avais la force / If I Had Legs I'd Kick You (2025), portrait d’une femme épuisée autour de qui tout s’écroule, et qui va affronter seule la fatigue, la culpabilité et l’absurdité du quotidien. C’est la toute première récompense majeure de la carrière de la comédienne australienne, qui se place comme l’une des outsiders des prochains Oscars.

    Marty Supreme

    • Meilleur acteur (comédie/comédie musicale) : Timothée Chalamet

    Pour son rôle dans Marty Supreme (2025), Timothée Chalamet s’entraîne au ping-pong depuis sept ans, partout où il va ! Son interprétation énergique et habitée d’un champion en devenir s’est nourrie des films d’Al Pacino et de l’interprétation de Leonardo DiCaprio dans Arrête-moi si tu peux, modèle de la nouvelle étoile d’Hollywood qu’il a donc « battu » dans le duel au sommet qui oppose le film de Josh Safdie à Une bataille après l’autre dans cette saison des récompenses. C’est le premier Golden Globe de « Timmy » en cinq nominations, et c’est de très bonne augure en prévision des Oscars pour un film que le public français découvrira le 18 février en salles.

    Valeur sentimentale

    • Meilleur acteur dans un second rôle : Stellan Skarsgård

    C’est l’une des surprises de la soirée : plébiscité pour son rôle de patriarche dans le magnifique Valeur sentimentale (2025) de Joachim Trier, Stellan Skarsgård a sans doute profité d’une répartition des votes entre Benicio del Toro et Sean Penn dans Une bataille après l’autre (2025) pour faire sienne cette nouvelle récompense, six ans après son Golden Globe pour Chernobyl (2019). Un prix qu’il a pu célébrer avec ses fistons Bill Skarsgård (Ça: Bienvenue à Derry) et Alexander Skarsgård (Succession), présents en coulisses.

  • Golden Globes 2026 : The Pitt, The Studio et Adolescence dominent le palmarès

    Golden Globes 2026 : The Pitt, The Studio et Adolescence dominent le palmarès

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Désormais élargi à 400 personnes, le panel de votant.es des Golden Globes a choisi ses séries préférées de l’année. Si vous suivez de près les Emmy Awards, vous ne serez pas surpris par le palmarès, où l’on retrouve l’essentiel des programmes et talents récompensés à l’automne dernier lors de la grand-messe télévisuelle américaine. Voici tous les lauréats côté petit écran !

    Le palmarès cinéma vous attend sur cette page.

    The Pitt

    • Meilleure série dramatique

    • Meilleur acteur dans une série dramatique : Noah Wyle

    Disponible sur HBO Max, The Pitt (2025-) est l’une des claques sérielles de l’année. Et une production considérée comme la représentation la plus réaliste du quotidien des soignants américains, par le personnel médical lui-même. C’est un peu, finalement, l’équivalent hollywoodien de notre Hippocrate, emmené par un Noah Wyle impeccable. Boudé à trois reprises par les Golden Globes pour son rôle (mythique) de John Carter dans Urgences, le comédien remporte la première statuette de sa carrière, après avoir récolté un Emmy en septembre dernier. La seconde saison de la série vient tout juste de débuter.

    The Studio

    • Meilleure série comique

    • Meilleur acteur dans une série comique : Seth Rogen

    « C’est trop bizarre ! On a fait semblant de vivre ça et maintenant c’est en train d’arriver ! » Avec son timbre inimitable, Seth Rogen a reçu les deux Golden Globes décernés à The Studio (2025-), l’une des séries les plus hilarantes (et acides) du moment qui dévoile les dessous du cinéma à travers le parcours d’un producteur qui monte. Porté par des plans-séquences mémorables, le show est devenu the place to be pour le tout-Hollywood et la saison 2 est d’ores et déjà très attendue. Salué par 13 Emmy Awards (dont 4 pour Seth Rogen !), The Studio avait notamment proposé un double-épisode hilarant dans les coulisses d’une cérémonie de récompenses. C’est donc très amusant de voir la réalité rattraper la fiction.

    Adolescence

    • Meilleure mini-série

    • Meilleur acteur dans une mini-série : Stephen Graham

    • Meilleure actrice dans un second rôle : Erin Doherty

    • Meilleure acteur dans un second rôle : Owen Cooper

    Adolescence (2025) aura été l’un des grands chocs de l’année. En quatre épisodes tournés en plan-séquence, on suit le drame qui touche une communauté anglaise alors qu’un jeune garçon est arrêté pour le meurtre d’une camarade de classe. Plus qu’une fiction, Adolescence a eu un impact sociétal et même politique majeur, ouvrant le débat sur la violence et les dérives du masculinisme. Avec quatre Golden Globes, qui suivent les huit Emmy Awards reçus en septembre dernier, cette production Netflix (dont les making-of sont presque aussi fascinants que les épisodes) a réussi le grand chelem cette nuit, concluant ainsi un parcours sans faute.

    Pluribus

    • Meilleure actrice dans une série dramatique : Rhea Seehorn

    En quelques semaines à peine, Pluribus (2025-) est devenue la série la plus vue de l’histoire de la plateforme Apple TV+. Un succès plus que mérité pour ce drame de science-fiction imaginé par Vince Gilligan (Breaking Bad) autour de Rhea Seehorn, qui campe une femme malheureuse confrontée à une invasion extraterrestre aussi discrète que redoutable qui rend tout le monde heureux et uni. Révélée par ses rôles dans Head Cases, Franklin & Bash, Whitney et surtout Better Call Saul, la comédienne s’impose comme un visage à suivre et la grande favorite des prochains Emmy Awards. Comme Pluribus, d’ailleurs. Si vous avez vu la saison 1, vous n’avez normalement que trois mots en tête : vivement la suite !

    Hacks

    • Meilleure actrice dans une série comique : Jean Smart

    Quatre saisons, quatre nominations et trois statuettes de la Meilleure actrice dans une série comique : Jean Smart domine la catégorie depuis 2022. Il faut dire que son interprétation et son personnage de Deborah Vance dans Hacks (2021-), gloire vieillissante de l’humour qui fait équipe avec une jeune autrice (Hannah Einbinder) pour moderniser son style, est devenue incontournable. Injouable même. A vérifier sur Netflix.

    Dying for Sex

    • Meilleur actrice dans une mini-série : Michelle Williams

    Pour la première fois de leur histoire, les Golden Globes ont récompensé les podcasts à travers une nouvelle catégorie qui a distingué le programme Good Hang d’Amy Poehler. C’est aussi un podcast -basé sur une histoire vraie- qui a inspiré la mini-série Dying for Sex (2025), où Michelle Williams décide d’explorer sa sexualité après avoir été diagnostiquée d’un cancer. Les huit épisodes, disponibles sur Disney+, pleins d’humour, d’émotion et d’introspection, offrent à la comédienne le troisième Golden Globes de sa carrière après My Week with Marilyn (2011) et Fosse/Verdon (2019).

  • Vecna vous manque ? Après Stranger Things, voici 11 films et séries où revoir Jamie Campbell Bower !

    Vecna vous manque ? Après Stranger Things, voici 11 films et séries où revoir Jamie Campbell Bower !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Que ce soit sous le maquillage de l’ignoble Vecna ou derrières les lunettes de l’inquiétant Henry Creel, Jamie Campbell Bower a marqué de son empreinte l’univers de Stranger Things (2016-2025). Grâce à son jeu intense, son body language et surtout son regard perçant, il a donné vie à l’antagoniste majeur de la série Netflix à partir de la saison 4.

    Artiste complet, le Britannique s‘est illustré dans la musique, le théâtre (il a joué dans le musical inspiré de Joue-la comme Beckham et fait une apparition dans la pièce Stranger Things : The First Shadow), le mannequinat et évidemment au cinéma et à la télévision. Pour JustWatch, je vous partage ses rôles les plus marquants, en attendant de le retrouver dans un rôle majeur (mais secret) de la saison 3 de Le Seigneur des anneaux : Les Anneaux de pouvoir (2022-).

    Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street

    Si certains parents ont été épuisés par la ritournelle du Libérée, Délivrée entonné par Elsa dans La Reine des Neiges (2013), j’ai été pour ma part hanté par la chanson Johanna dans Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street (2007) de Tim Burton. Le morceau, entêtant, est déclamé par un tout jeune Jamie Campbell Bower (c’est même son tout premier long métrage) dans les rues de Londres, à la fenêtre de la demoiselle blonde dont il s’est épris, quitte à subir le courroux du tuteur campé par Alan Rickman. Dans le rôle du jeune marin romantique Anthony Hope, né dans la comédie musicale de Stephen Sondheim, le comédien apporte lumière, amour et espoir à cet univers gris et sanglant où Johnny Depp joue du rasoir. Et il impose son visage de jeune premier, sa voix et son talent (à suivre de près). 

    Winter in Wartime

    Winter in Wartime (2008), c’est le premier rôle (presque) principal de Jamie Campbell Bower. Dans ce film de guerre néerlandais de Martin Koolhoven, il incarne un aviateur anglais sauvé par un jeune résistant pendant la Seconde Guerre mondiale aux Pays-Bas. Le long métrage, adapté du roman Oorlogswinter de Jan Terlouw, explore avant tout le passage de l’innocence à l’âge adulte de son jeune héros (Martijn Lakemeier) face aux horreurs de l’occupation allemande, et livre un point de vue humaniste et intimiste sur cette période sombre de l’Histoire. Comme l’excellent Black Book (2006), Winter in Wartime propose une vision originale sur le conflit (on a plutôt l’habitude de voir des films américains, britanniques ou français sur le sujet) et il le fait bien, au point de connaître un triomphe en salles aux Pays-Bas et de représenter le pays dans la course aux Oscars 2010.  A prolonger avec Empire du Soleil (1987) ou Jojo Rabbit (2019) pour d’autres guerres à hauteur d’enfant.

    Harry Potter / Les Animaux fantastiques

    Jamie Campbell Bower a précédé Johnny Depp dans le Wizarding World développé par Warner Bros. autour de l’univers magique imaginé par J.K. Rowling. Dans un court flashback de Harry Potter et les reliques de la mort 1ère partie (2010), il se glisse dans le costume d’un jeune Gellert Grindelwald, le temps d’un (très court) flashback qui montre le sorcier dérober la légendaire baguette de sureau puis d’un plan rapide sur une vieille photo. C’est Johnny Depp -partenaire de Jamie Campbell Bower dans Sweeney Todd- qui reprendra le rôle du sombre mage dans Les Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald (2018). Jamie Campbell Bower y fera d’ailleurs une autre apparition (à nouveau muette), alors que Albus Dumbledore (Jude Law) se remémore avec tristesse sa jeunesse auprès de son plus proche ami (et potentiel amant) devant le Miroir du Riséd, alors qu’ils sont désormais ennemis.

    Twilight

    Une cape noire, une longue chevelure blonde, une peau pâle et des yeux rouges comme le sang : Jamie Campbell Bower devient Caius dans la saga Twilight (2008-2012). Ce vampire millénaire est l’un des trois chefs des Volturi, un clan puissant qu’il dirige avec Aro (Michael Sheen) et Marcus (Christopher Heyerdahl). S’il ne possède pas de capacité particulière, il la compense par une violence perpétuelle et une ambition forte : Caius est considéré comme le plus impitoyable des Volturi, et ne cache jamais sa haine des loups-garous, d'Edward (Robert Pattinson) et la famille Cullen… et de Bella (Kristen Stewart) qu’il souhaite éliminer. Les traits angéliques de Jamie Campbell Bower siéent parfaitement à ce monstre implacable, qui apparaît dans trois films de la franchise : Tentation (2009), Révélation 1ère partie (2011) et Révélation 2ème partie (2012).

    The Mortal Instruments: La Cité des ténèbres

    Maître de l’Upside-Down, mage noir, vampire et… chasseur de démons : Jamie Campbell Bower est décidément un visage majeur de la pop culture. Dans The Mortal Instruments: La Cité des ténèbres (2013), adapté des romans young adult de Cassandra Clare, il incarne Jace Wayland, un Chasseurs d'Ombres qui va entraîner Clary Fray (Lilly Collins) dans un monde de mystères et de magie où rôdent notamment vampires et loups-garous (décidément !). Alex Pettyfer (Numéro quatre) et Alexander Ludwig (Hunger Games) avaient également été considérés pour ce rôle majeur d’une saga fantasy… qui sera abandonnée après l’échec commercial de ce premier opus. Les fans se rattraperont avec la série Shadowhunters (2016-2019) où Dominic Sherwood reprend le rôle de Jace. Si le film est plus qu’oubliable, c’est amusant de voir Jamie Campbell Bower dans le camp du Bien.

    Camelot

    Oubliez le Roi Arthur version Alexandre Astier, la série Camelot (2011) est très (très) différente de l’univers décalé de Kaamelott (2005-2009). Supervisé par Michael Hirst (Les Tudors, Vikings) et Chris Chibnall (Doctor Who 2005, Broadchurch), le show offre une vision plus sombre et réaliste des légendes arthuriennes où Jamie Campbell Bower campe un jeune et impétueux Arthur face à sa demi-sœur, l’ambitieuse et froide Morgane (Eva Green). Au générique, on retrouve également Joseph Fiennes en Merlin, Tamsin Egerton en Guenièvre, Claire Forlani en Igraine et Clive Standen en Gauvain. Malgré des audiences faibles et une annulation après la première saison de dix épisodes (le budget de 7 millions de dollars par épisode a découragé la chaîne Starz à poursuivre), la série a montré qu’un traitement adulte et politique de la fantasy était possible, ouvrant notamment la voie à Game of Thrones.

    Will

    Une saison et puis s’en va, c’est aussi ce qui est arrivé à Will (2017), récit des jeunes années de William Shakespeare. Face à Laurie Davidson dans le rôle du légendaire dramaturge britannique, Jamie Campbell Bower y campe l’un de ses amis et rivaux, l’auteur Christopher Marlowe. La particularité du show est de mêler la série d’époque à une approche punk‑rock de l’époque élisabéthaine : on n’en attendait pas moins du showrunner Craig Pearce, scénariste attitré de Baz Luhrmann sur Roméo + Juliette (1996), Moulin Rouge ! (2001) ou Elvis (2022). Assumant l’anachronisme dans la musique, les décors et les costumes, le programme offre une vision flamboyante du Londres du XVIème siècle et cherche à faire découvrir Shakespeare à un public contemporain. Louée pour cette approche visuelle inédite, la série a toutefois désarçonné le public, au point que la chaîne TNT l’annule après dix épisodes. On peut la prolonger avec Shakespeare in Love (1998), qui offre une vision romantique des jeunes années de Shakespeare.

    Horizon : Une saga américaine, chapitre 1

    Le projet Horizon de Kevin Costner est d’une ambition folle. Et un pari inédit, entre le cinéma et la télévision (c’est en quelque sorte une série sur grand écran) qui revisite l’histoire de l’ouest américain à travers les destins croisés de nombreux personnages. Cette approche hybride a malheureusement désarçonné le public, qui a boudé le premier opus, Horizon : Une saga américaine, chapitre 1 (2024), pourtant passé par le Festival de Cannes. C’est dommage, car au-delà de l’univers exposé par Kevin Costner (qui finance la production de sa poche) avec un réalisme de chaque plan, une longue durée (3h01mn) qui donne de la place à tous les protagonistes et une volonté de ne jamais tomber dans le manichéisme, le film met en scène un Jamie Campbell Bower convaincant en flingueur sans foi ni loi, qui va se lancer sur les traces de Jena Malone. Son face-à-face avec Costner, qui prend le temps d’installer une tension majeure avant que les colts ne soient dégainés, reste pour moi assez mémorable. Verra t-on Horizon : Une saga américaine, chapitre 2 (2024) et les autres films prévus un jour ? Rien n’est moins sûr, hélas.

  • C’est l'échec le plus spectaculaire de l’histoire du cinéma… et il fête ses 30 ans !

    C’est l'échec le plus spectaculaire de l’histoire du cinéma… et il fête ses 30 ans !

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    Connaissez-vous ces films dont on pense qu’ils sont tellement mauvais qu’ils en deviennent bons ? L’histoire du cinéma est remplie de ces icônes mal famées : ce sont des longs métrages qui étaient soit tellement en décalage avec les valeurs esthétiques et les discours de leur époque qu’ils finissent par résonner davantage auprès des générations ultérieures qui les redécouvrent ; soit si naïvement ignorants de leurs propres aspects grotesques et discordants qu’ils acquièrent un statut culte à travers un regard humoristique ou ironique qui ne leur est pas inhérent.

    Showgirls, un cas unique dans l’Histoire du cinéma

    Eh bien, il existe un cas emblématique qui ne rentre dans ni l’une ni l’autre de ces catégories, sorti en salles françaises il y a exactement trente ans (le 10 janvier 1996). Il s’agit de Showgirls de Paul Verhoeven qui, telle une bombe s’autodétruisant, est venu ravager le box-office et la critique française, après avoir été amplement hué par le public états-unien. Or, aujourd’hui, cet opus idiosyncratique est considéré comme une entrée indispensable de l’Histoire du cinéma, et ce, surtout à travers l’accueil désastreux qu’il a suscité.

    Chef-d’œuvre incompris pour certains, bidon pornographique sous couvert d’un film d’auteur pour d’autres, Showgirls ne saurait être bientôt oublié. D’ailleurs, replacé dans le contexte de la culture postmoderne, les hommages qui lui sont rendus et les influences qu’il suscite contribuent, au contraire, à sa remontée en popularité. Pour célébrer le trentième anniversaire du phénomène Showgirls, JustWatch vous fait remonter dans l’histoire et revisite la trajectoire du film au fil des années.

    De quoi parle « Showgirls » ?

    Les vrais fans de Showgirls savent très bien qu’il est impossible de comprendre l’esprit et le caractère outrancier du film en décrivant uniquement son intrigue. De plus, l’idée sous-jacente au récit est qu’il reprend des thèmes, des figures et des trames narratives que la machine hollywoodienne -en particulier le mélodrame- a abondamment consommés, mâchés et régurgités au fil de son histoire. Il y a donc une intention précise dans la démarche scénaristique de Joe Eszterhas, qui signe ici sa deuxième collaboration avec le maître hollandais après Basic Instinct (1992).

    L’héroïne de Showgirls est une jeune femme dont on ne sait rien, sinon son nom : Nomi Malone, qui débarque à Las Vegas dans l’espoir de devenir une grande danseuse de cabaret. Dupée dès son arrivée par l’homme qui l’a prise en auto-stop, Nomi rencontre par hasard Molly, une costumière travaillant dans des cabarets prestigieux. Les deux deviennent rapidement amies et colocataires. Alors que Nomi commence à travailler dans un strip-club vulgaire, Molly l’introduit dans les coulisses d’un spectacle qui connaît un immense succès grâce à la vedette de la compagnie, Cristal Connors. Une rivalité tumultueuse se développe entre les deux femmes, rivalité encore amplifiée lorsque Zack, le compagnon de Cristal -également l’un des directeurs du cabaret- s’éprend de Nomi, qu’il ne manque pas d’utiliser à son propre avantage. 

    Nomi Malone : au delà d’une anti-héroïne 

    À première vue, Showgirls semble livrer un récit classique autour des thèmes de l’ascension sociale, de l’ambition et de l’exploitation des femmes dans l’industrie du divertissement. Or, c'est à sa tonalité excessive et criarde, qui défie les codes auxquels l’audience est habituée, qu’il doit son charme -et, pour certains, sa grossièreté. 

    À commencer par son personnage principal, Nomi, dont l’ambition et la soif de réussite ne s’alignent presque jamais avec l’irrévérence, voire la rage aveugle, qu’elle manifeste face à ceux et celles qui la regardent du haut de la hiérarchie du système. Loin d’être une héroïne à proprement parler, Nomi est même trop antipathique et aberrante pour être perçue et acceptée comme une anti-héroïne -en tout cas jusqu’à la séquence finale, que l’on ne dévoilera pas ici, mais qui, même dans sa résolution complaisante, sème quelques doutes quant à la morale de son histoire.

    Rares sont les personnages qui ont été étudiés avec autant de profondeur alors même qu’ils se caractérisent par leur superficialité. Cet aspect singulier, on le doit en grande partie à l’actrice Elizabeth Berkley (venue de la série ado Sauvés par le gong), dont le parcours cinématographique a bien failli s’arrêter avant même d’avoir réellement commencé, à la suite de la débâcle critique et publique entourant le film. 

    Mais la violence avec laquelle la performance de Berkley a été critiquée à l’époque -une expérience qui, pour l’actrice, n’était pas très loin d’un lynchage- montre à quel point le film réussissait à capturer la brutalité excessive et sexiste avec laquelle l’industrie du divertissement traite les femmes. L’échec même du long métrage a, en quelque sorte, fini par prouver ses propos sur le système dont il fait également partie. 

    Critique de la complaisance érotique

    En dehors des jeux d’acteurs, un autre aspect sur lequel les critiques de presse se sont amplement attardées concerne les scènes explicites du film. Aux États-Unis, Showgirls est connu pour être la première -et, à ce jour, le seule- production ayant bénéficié d’une large diffusion en salles à recevoir la classification NC-17 (interdit aux moins de 17 ans).

    Le rapport que le film entretient avec la nudité est également hors du commun, car malgré l’abondance de scènes où les femmes apparaissent torse nu, l’explicite devient d’abord banal, puis excessif  deux effets concomitants qui n’ont vraisemblablement pas parlé à une audience majoritairement masculine et hétérosexuelle, laquelle s’est notamment plainte de l’absence de plaisir érotique. 

    Or, comme Showgirls explore un système d’exploitation dans lequel les individus -aussi bien ceux qui se trouvent au sommet de l’échelon que ceux qui leur sont inférieurs- sont considérés comme des prostitués, y compris par eux-mêmes, les corps deviennent à la fois un outil de transaction et une arme dangereuse, servant à se venger, à se défendre et à s’imposer.

    La séquence de sexe dans la piscine, le strip-tease de Nomi devant Zack et Cristal ou la confrontation finale entre Nomi et Andrew Carver -peut-être le seul personnage véritablement détestable du film- : Verhoeven se sert de toutes pour souligner cette spectacularisation et cette banalisation du sexe, qui n’excluent pas l’une de l’autre.

    La récupération cinéphile

    Avec un budget de 45 millions de dollars, Showgirls n’a rapporté que 37,8 millions de dollars au box-office, devenant ainsi l’un des échecs commerciaux les plus spectaculaires de l’histoire du cinéma. Pourtant, son statut culte a commencé à se dessiner très rapidement après sa sortie. 

    Nommé dans treize catégories et récompensé dans sept d’entre elles, le film a marqué un moment historique aux Golden Raspberry Awards (les Razzies, ou Oscars du Pire), Paul Verhoeven devenant le premier lauréat à se présenter en personne pour recevoir son prix !

    Par la suite, malgré son accueil catastrophique au box-office, Showgirls est devenu l’un des films les plus vendus en format vidéo au sein du catalogue de la MGM. Ses valeurs camp et sa tonalité satirique ont été célébrées par la communauté LGBTIQ+, qui a contribué à renforcer sa popularité culte en organisant, au fil des années, des projections amateures parfois interactives. Des lectures féministes et lesbiennes, jusqu’alors très peu évoquées, ont également émergé.

    Côté critique, des personnalités comme Jacques Rivette, Quentin Tarantino et J. Hoberman sont venues défendre le film face à ses détracteurs. C’est surtout après la publication d’un recueil de textes autour du film par Film Quarterly que celui-ci a bénéficié d’une véritable réévaluation critique. D’ailleurs, Showgirls continue d’être évoqué dans l’actualité cinématographique en lien avec des films comme Anora (2024), The Substance (2024) ou The Last Showgirl (2024), chacun lui rendant, à sa manière, des hommages thématiques ou esthétiques, sans toutefois atteindre le niveau de transgressivité que Verhoeven et Eszterhas ont capturé de façon si directe et sans compromis.

    Pour les spectateurs qui souhaitent en savoir davantage sur la trajectoire du film auprès du public et sa réhabilitation par le canon cinématographique, le documentaire You Don’t Nomi (2019) de Jeffrey McHale reste incontournable.

  • Les films les plus attendus de vos cinéastes préférés en 2026

    Les films les plus attendus de vos cinéastes préférés en 2026

    Öykü Sofuoğlu

    Öykü Sofuoğlu

    Rédacteur JustWatch

    On n’a pas encore digéré les tops et classements de fin d’année, que celles qui anticipent les sorties de 2026 ont déjà commencé à se dessiner. Avec la saison des récompenses à l’horizon -bientôt les Golden Globes, puis les César et les Oscars- le calendrier des sorties en salles françaises s’annonce particulièrement chargé !

    C’est une démarche difficile pour les cinéphiles atteints du syndrome FOMO, mais nous avons néanmoins tenté d’établir une sélection de dix films réalisés par des auteurs et autrices renommé.es, y compris celles et ceux qui ont déjà connu leurs premières présentations en festivals l’année dernière, mais dont la sortie française est prévue pour 2026.

    Cette page sera régulièrement mise à jour à mesure que de nouveaux détails nous parviendront, notamment des dates de sortie encore inconnues et qui devraient se dessiner notamment en fonction de la sélection du Festival de Cannes. JustWatch vous souhaite une excellente année, remplie de beaux films !

    « The Mastermind » de Kelly Reichardt - au cinéma le 4 février 2026

    Même s’il n’a pas été distingué par le jury cannois en mai dernier, Kelly Reichardt a signé l’un des films les plus réussis de l’année passée. Porté par un Josh O’Connor charismatique, au sommet de son art et rappelant les anciennes stars d’Hollywood par son allure, The Mastermind (2025) sera dévoilé au public français le 4 février prochain.

    Au début de sa carrière, la réalisatrice a été surtout associée au genre mumblecore, très spécifique au cinéma indépendant américain, mais au fil des années, sa palette s’est diversifiée à travers des films comme La Dernière Piste (2010) et First Cow (2019), où elle a exploré le genre du western. The Mastermind, quant à lui, s’empare d’un autre genre canonique : celui du casse. Le film se déroule dans le Massachusetts en 1970 et met en scène un père de famille qui décide de voler des œuvres d’art dans un musée local.

    The Mastermind n’a rien de commun avec les représentations stéréotypées généralement associées au genre. En s’attardant sur les gestes et les temps morts ainsi que sur le langage corporel de son personnage, Reichardt déconstruit, en quelque sorte, les films de braquage. Le manque de rythme -auquel le spectateur est en général habitué- et l’absence de grandes révélations pourraient en décourager certains ; mais, comme le succès de First Cow l’a prouvé, nous sommes presque sûrs que le public français saura apprécier cet exercice de style.

    « Aucun autre choix » de Park Chan-wook - au cinéma le 11 février 2026

    Shortlisté dans la catégorie du Meilleur film international aux Oscars et nommé dans trois catégories aux Golden Globes, Aucun autre choix (2025) s’impose déjà comme l’un des longs métrages marquants de la saison des récompenses 2026. D’autant plus dans le contexte de la fascination persistante du public, français comme international, pour le cinéma sud-coréen.

    À l’instar de son compatriote Bong Joon-ho, Park Chan-wook s’est affirmé comme un auteur majeur auprès des cinéphiles, reconnu pour la précision de sa mise en scène et pour une représentation parfois extrême de la violence, toujours traversée par un humour noir mordant. Après le thriller néo-noir Decision to Leave (2022), le cinéaste s’oriente ici davantage vers le registre comique. Avec Aucun autre choix, dont la sortie est prévue pour le 11 février 2026, il signe une satire sociale incisive et une critique aiguë du capitalisme tardif.

    Yoo Man-soo, le personnage principal du film, est interprété par Lee Byung-hun, également connu pour son rôle du Front Man dans Squid Game (2021–2025). Licencié du jour au lendemain, et craignant de perdre ses biens, son statut social ainsi que le respect de sa famille, il élabore un plan radical : éliminer un à un ses concurrents pour un poste auquel il a lui-même postulé. Adaptation du Couperet de Donald E. Westlake, ce mélange de thriller, de comédie et même d’horreur séduira sans doute les fans de films comme Parasite (2019). En attendant la sortie, vous pouvez également jeter un coup d'œil à Le Couperet (2005) de Costa-Gavras, lui aussi adapté du même roman.

    « Hurlevent » de Emerald Fennell - au cinéma le 11 février 2026

    Depuis son premier long métrage Promising Young Woman (2020), l’actrice devenue réalisatrice Emerald Fennell s’est imposée comme une figure controversée au sein d’Hollywood. Entre son interprétation jugée problématique du genre rape and revenge et sa lecture souvent perçue comme superficielle des conflits de classe et des rapports de pouvoir, une chose est sûre : Emerald Fennell aime provoquer son public.

    Lorsqu’il a été annoncé qu’elle allait adapter Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, les contestations n’ont pas tardé à se faire entendre, nourries par la crainte qu’elle ne transforme ce récit emblématique de l’amour destructeur en un film aux allures de clip vidéo, dominé par une esthétique de mauvais goût. Mais, en même temps, ces choix ont évidemment de fortes chances de séduire le public de la Gen Z.

    Margot Robbie y incarnera Catherine Earnshaw, tandis que Jacob Elordi lui donnera la réplique dans le rôle de Heathcliff -un casting qui a suscité de vives critiques de la part des lecteurs du roman, notamment en raison du blanchiment du personnage. D’après les images dévoilées dans la bande-annonce, Hurlevent (2026) semble porté par une vision sensuelle, hypermoderne et romanesque, accompagnée de morceaux composés par Charli XCX. Reste à savoir si le film, qui sortira en France le 11 février 2026, sera un succès ou une déception. En attendant une chose est certaine : il divise son public avant même sa sortie ! 

    « Marty Supreme » de Josh Safdie - au cinéma le 18 février 2026

    Même s’il est déjà sorti dans plusieurs pays, les cinéphiles français devront attendre le 18 février 2026 pour découvrir le film phénomène de la saison des récompenses. Après Benny Safdie, c’est désormais Josh Safdie, le frère aîné du duo, qui fascine le public avec un film dans lequel Timothée Chalamet incarne un génie du tennis de table. 

    Inspiré de la véritable histoire du champion Marty Mauser, Marty Supreme (2025) nous transporte dans le New York des années cinquante, où le jeune Marty travaille dans le magasin de chaussures de son oncle, tandis que ses rêves de devenir champion du monde et de faire connaître le tennis de table l’appellent ailleurs. Animé par une ambition sans limite et doté d’un esprit rusé, Marty se lance dans une quête à haute tension, au cours de laquelle il croise aussi bien des gangsters que des hommes d’affaires riches (ainsi qu’une ex-actrice désillusionnée !).

    Les Safdie sont connus pour créer des atmosphères oppressantes, accompagnées d’un rythme très soutenu qui pousse leurs personnages à des états limites. Comparé à Smashing Machine (2025) de Benny Safdie, premier film sorti après la « séparation » des frères, Josh Safdie semble davantage suivre cette lignée. Même si le film doit énormément à la performance de Timothée Chalamet, considéré par beaucoup comme le favori dans la catégorie du Meilleur acteur aux Oscars, on retrouve également à ses côtés un casting stellaire composé de Gwyneth Paltrow, Odessa A’Zion, Tyler, The Creator et Abel Ferrara. Si vous avez déjà vu et aimé Good Time (2017) et Uncut Gems (2019), préparez-vous à doubler l’expérience !

    « The Bride! » de Maggie Gyllenhaal - au cinéma le 4 mars 2026

    De Nosferatu (Robert Eggers) à Dracula (Radu Jude et Luc Besson), en passant par Frankenstein (Guillermo del Toro), la littérature gothique n’a cessé d’alimenter l’imaginaire cinématographique ces dernières années. Et le film très attendu de Maggie Gyllenhaal s’inscrit sans doute dans cette lignée. L’actrice américaine avait réalisé son premier long métrage The Lost Daughter en 2021 et avait réussi à se démarquer notamment grâce à sa maîtrise du récit et ses personnages féminins très complexes et approfondis. 

    Pour The Bride! (2026), son deuxième long métrage, Gyllenhaal change radicalement de registre et de tonalité. Son film n’est pas une adaptation directe de La Fiancée de Frankenstein (1935), mais il s’inspire à la fois du classique de James Whale et, plus généralement, du mythe de Frankenstein. La réalisatrice signe sa deuxième collaboration avec Jessie Buckley, qui incarnera l’héroïne du film – que la créature de Frankenstein demande à un certain Dr Euphronius de créer pour qu’elle devienne sa compagne. Aux côtés de Buckley, Christian Bale interprète la créature, tandis que des noms tels que Annette Bening, Peter Sarsgaard, Jake Gyllenhaal, Penélope Cruz et John Magaro complètent le casting.

    Selon les propos de la réalisatrice et les scènes dévoilées dans la bande-annonce, The Bride (2026) est imprégné d’une imagerie pop et radicale. Décrit par Jessie Buckley comme un mélange de Bonnie et Clyde (1967) et Sailor et Lula (1990), le film semble également évoquer l’esthétique néo-gothique de Pauvres créatures (2023). La sortie française est actuellement annoncée pour le 4 mars 2026, mais, comme c’est le cas pour de nombreux films américains, cette date reste susceptible d’être modifiée.

    « The Drama » de Kristoffer Borgli - au cinéma le 8 avril 2026

    Le cinéaste norvégien Kristoffer Borgli s’est fait connaître sur le circuit festivalier avec ses comédies Sick of Myself (2022) et Dream Scenario (2023), dans lesquelles il explore la perception de soi ainsi que l’effet du regard d’autrui sur nos vies. Sous la bannière du studio A24, le prochain film du cinéaste sera une comédie romantique intitulée The Drama (2026), dont la sortie française vient d’être confirmée pour le 8 avril. Le fait que Zendaya et Robert Pattinson soient attachés au projet dans les rôles principaux a évidemment suscité beaucoup d’intérêt et de buzz autour du film. Selon le synopsis dévoilé par le studio, les deux vedettes incarnent un couple dont la semaine précédant leur mariage est complètement bousculée par un événement inattendu.

    Pour ce projet, A24 a eu recours à une stratégie marketing inédite, publiant une fausse annonce de fiançailles afin de dévoiler le synopsis et les informations relatives aux personnages du film. Pour l’instant, concernant le couple, nous savons qu’Emma Harwood (Zendaya) est originaire de Louisiane, qu’elle a étudié la littérature anglaise et qu’elle travaille pour « Mission Books », tandis que son futur mari, Charlie Thompson (Robert Pattinson), vient de Londres, est diplômé des Beaux-Arts et travaille en tant que directeur d’un musée. 

    On retrouve également Mamoudou Athie, Alana Haim, Hailey Gates et Zoë Winters au casting, dans des rôles qui n’ont pas encore été détaillés. D’après la bande-annonce, on pourrait s’attendre à un film dans un registre proche de Materialists (2025) de Celine Song. Toutefois, au regard de la prédilection du cinéaste pour l’humour noir, le ton de The Drama devrait se révéler nettement plus perçant.

    « Le Cri des gardes » de Claire Denis - au cinéma le 8 avril 2026

    Cette année, lorsque la grande réalisatrice Claire Denis a opté pour une première au Festival international du film de Toronto, ses fans en France ont été considérablement déçus. Néanmoins, elle reste une cinéaste très singulière et atypique au sein du paysage du cinéma français, car ses films ne garantissent pas toujours un carton au box-office -si l’on compare le succès de Un beau soleil intérieur (241 000 entrées en 2017) à l’échec de Stars at Noon (21 000 entrées en 2022). Certes, cela n’enlève rien à la qualité de ses films, mais certains d’entre eux résonnent moins auprès du public que d’autres.

    Le Cri des gardes (2025) est une adaptation d’une pièce de théâtre de Bernard-Marie Koltès. Ce n’est pas la première fois que la réalisatrice tourne avec des comédiens étrangers, mais des noms comme Tom Blyth et Matt Dillon au casting piquent certainement davantage la curiosité. Selon la critique, le film instaure une atmosphère de huis clos à travers un récit qui se déroule en moins de vingt-quatre heures.

    On y suit un patron de chantier (Matt Dillon) et un jeune ingénieur (Tom Blyth) confrontés, au milieu de la nuit, à un homme qui leur réclame le corps de son frère, tué le jour même sur le chantier. Le pitch et les personnages pourraient paraître quelque peu simplistes, mais c’est à travers des confrontations à la limite de la sphère intime que les inégalités sociales issues du (post)colonialisme font surface. Croisons les doigts pour voir si Denis réussit ce pari et attendons le 8 avril !

    « La Corde au cou » de Gus Van Sant - au cinéma le 15 avril 2026

    Depuis un bon moment, Gus Van Sant n’avait pas réussi à signer un film à la hauteur de ses premiers longs métrages, mais La Corde au cou (2025) marque un véritable retour en force pour le réalisateur. Présenté dans la section Hors Compétition du Festival du film de Venise, le film se présente comme un hommage stylistique et esthétique au Nouvel Hollywood, notamment dans la lignée de Un après-midi de chien (1975).

    Le cinéaste s’inspire d’un fait divers réel : une prise d’otage survenue à Indianapolis en 1977, au cours de laquelle Tony Kiritsis, un homme endetté, enlève le président de la compagnie de crédit immobilier qui lui a causé du tort. Par le soin apporté à la reconstitution historique, La Corde au cou rappelle par endroits The Mastermind, mais la mise en scène de Van Sant s’avère ici beaucoup plus dynamique, presque haletante.

    Côté casting, Bill Skarsgård campe Kiritsis et livre une excellente performance, incarnant avec intensité -aussi bien dans sa corporalité que dans ses regards-  la rage d’un homme qui n’a plus rien à perdre. À ses côtés, Dacre Montgomery interprète Richard Hall, l’otage de Kiritsis. On retrouve également Myha’la dans le rôle d’une jeune journaliste ambitieuse cherchant à couvrir l’incident, tandis que Colman Domingo déploie tout son charisme en incarnant le disc-jockey qui aide la police à dialoguer avec Kiritsis. Enfin, dans le rôle de M. L. Hall, le père de Richard, Al Pacino prolonge l’hommage qui lui est rendu de manière autoréflexive. Prévu pour une sortie en France le 15 avril, La Corde au cou promet une bonne dose de tension, d’action et de plaisir cinéphile !

    « Flowervale Street » de David Robert Mitchell - au cinéma le 12 août 2026

    Même s’il n’a réalisé que trois longs métrages jusqu’à présent, David Robert Mitchell est sans doute l’une des voix les plus singulières du cinéma indépendant américain, et ses fans attendent son retour avec un nouveau film depuis plus de sept ans. L’attente touche enfin à sa fin : le réalisateur a achevé Flowervale Street, dont la sortie est prévue pour le 12 août 2026.

    Mitchell a entamé son parcours avec un film de jeunesse, avant de réaliser un film d’horreur (It Follows, 2014), puis une comédie noire postmoderne (Under the Silver Lake, 2018). Pour son prochain film, des rumeurs ont commencé à circuler quant à d’éventuels liens avec la franchise Cloverfield, à la suite de l’annonce de la participation de J.J. Abrams au projet en tant que producteur. Mais nous savons désormais que Flowervale Street sera un film de science-fiction, centré sur une famille qui commence à remarquer des occurrences inhabituelles dans son quartier.

    Selon un article publié sur World of Reel, le film comporte une intrigue liée au voyage dans le temps, les habitants se retrouvant confrontés à des dinosaures à l’âge préhistorique. Ewan McGregor et Anne Hathaway sont confirmés en tête d’affiche, accompagnés de Maisy Stella, Christian Convery, Jordan Alexa Davis, P. J. Byrne et Chris Coy. Cette liste sera sans doute amenée à s’allonger à mesure que de nouveaux détails sur le projet seront révélés, mais pour l’instant, nous partageons la curiosité et l’enthousiasme des fans du cinéaste.

    « Digger » de Alejandro González Iñárritu - au cinéma le 30 septembre 2026

    Peu importe si son dernier film, extrêmement nombrilique, a été un échec critique : le fait qu’Alejandro González Iñárritu mette Tom Cruise en tête d’affiche suffit largement à susciter l’impatience autour de son prochain long métrage. Écrit en collaboration avec Nicolás Giacobone, Alexander Dinelaris Jr. et Sabina Berman, Digger (2026) se concentrera sur Digger Rockwell, qui, selon les rumeurs, entame une mission extraordinaire afin de sauver l’Humanité d’une catastrophe destructrice. 

    Au vu des films précédents du cinéaste, dont The Revenant (2015), qui mettent tous en scène la quête d’un homme, qu’il soit en lutte contre la société ou contre la nature, Digger s’inscrira très probablement dans la continuité thématique de sa filmographie. Côté technique, nous savons que le film a été tourné en 35 mm selon le procédé VistaVision, avec une image signée par le collaborateur fidèle du cinéaste, Emmanuel Lubezki.

    Digger a de fortes chances de propulser Tom Cruise dans la course aux Oscars, mais le reste du casting n’est pas moins stellaire : on y retrouve de grands comédiens comme Sandra Hüller, John Goodman, Michael Stuhlbarg, Jesse Plemons, Sophie Wilde, Riz Ahmed, Emma D’Arcy, entre autres -ce qui laisse supposer qu’il pourrait s’agir d’un film choral, dans la continuité de Birdman (2014). La date de sortie française est fixée au 30 septembre 2026, qui annonce probablement une première mondiale au Festival de Venise début septembre.

  • One Piece et les 10 séries les plus attendues sur Netflix en 2026

    One Piece et les 10 séries les plus attendues sur Netflix en 2026

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    2026, l’année du… binge-watching ! Netflix a profité de ce début d’année pour dévoiler son line-up complet. Et on peut dire que les abonné.es seront gâté.es avec pas moins de 110 séries, mêlant fictions, documentaires, animation et téléréalité. De quoi promettre aux fans de nombreuses heures dans des imaginaires très variés, qu’ils soient déjà connus ou inédits.

    Car oui, bien sûr, ce nouveau cru streaming promet de nouvelles saisons (et même certains finales importants) mais aussi de nouvelles séries. Si vous pensiez que la conclusion de Stranger Things (2016-2025) marquait la fin de l’ère Netflix, vous vous trompiez ! D’ailleurs, en 2026, on va aussi retourner à Hawkins, vous le verrez…

    Pour Justwatch, je vous ai fait une sélection des shows les plus attendus. Classés par ordre alphabétique car toutes les dates de mise en ligne n’ont pas encore été dévoilées par la plateforme. Demandez le programme !

    Avatar : Le dernier maître de l'air - saison 2

    C’est l’une des belles réussites récentes de Netflix : l’adaptation live-action de Avatar : Le dernier maître de l'air (2024), qui a su effacer la tentative cinéma ratée de 2010. Gordon Cormier (Aang), Kiawentiio (Katara), Ian Ousley (Sokka) et Dallas Liu (Zuko) -entre autres- font leur grand retour pour une nouvelle salve d’épisodes dans ce monde fantastique où se côtoient les nations de l'Eau, de la Terre, du Feu et de l'Air. Cette saison 2 -toujours aussi respectueuse de la série animée culte- les verra se lancer dans une quête pour convaincre le Roi de la Terre de les aider dans leur combat contre le Seigneur du Feu Ozai (Daniel Dae Kim) pour ramener l’équilibre entre les éléments. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, les fans seront ravis d’apprendre qu’un long métrage animé devrait parallèlement débarquer sur Paramount+ cette année !

    Beef / Acharnés - saison 2

    Il y a trois ans, Beef / Acharnés (2023-) s’était imposée comme l’un des succès-surprise de Netflix. Il y était question d’une altercation entre Ali Wong et Steven Yeun à la suite d’un accident de circulation, conduisant à une haine féroce et une spirale vengeresse. Loué pour sa férocité, sa noirceur et sa folie (8 Emmy Awards dont Meilleure mini-série, Meilleure actrice et Meilleur acteur), le programme a été prolongé par la plateforme, qui le transforme en anthologie explorant la toxicité des relations entre différents personnages. La saison 2 promet de faire aussi mal, en nous entraînant dans le milieu des ultra riches pour suivre l’affrontement entre les couple Oscar Isaac / Carey Mulligan et Charles Melton / Cailee Spaeny. Sur le papier, il y a un petit quelque chose de Parasite (2019) : on souhaite à ces huit nouveaux épisodes le même destin que le chef d’œuvre de Bong Joon-ho. Réponse le 16 avril !

    East of Eden

    Zoe Kazan revisite John Steinbeck… et son propre grand-père Elia Kazan ! La scénariste, dramaturge et comédienne (She Said, 2022) supervise en effet une mini-série adaptée du célèbre roman East of Eden -publié en 1952 et considéré par l’auteur américain comme son œuvre-maîtresse-, adapté par Kazan trois ans plus tard avec A l’est d’Eden (1955), l’un des trois films majeurs de la courte mais légendaire carrière de James Dean. Cette histoire de famille, au sein d’une exploitation agricole californienne, suit la relation déchirante et toxique entre deux frères et leur père. Mike Faist (Challengers, 2024) et Florence Pugh sont au casting des 7 épisodes de ce qui s’annonce comme l’un des nouveaux Originals les plus attendus de l’année.

    La Chronique des Bridgerton - saison 4

    Après Daphne (Phoebe Dynevor) en saison 1, Anthony (Jonathan Bailey) en saison 2 et Colin (Luke Newton) en saison 3, le quatrième chapitre de La Chronique des Bridgerton (2020-) va suivre les pas de Benedict (Luke Thompson), le frère artiste et bohème de la célèbre famille imaginée par Julia Quinn et adaptée pour Netflix par Chris Van Dusen et Shonda Rhimes. Il y sera question, comme toujours, d’étiquette à tenir, de rencontres arrangées, d’amour interdit ou empêché… et de bal masqué ! Parmi les nouveaux visages attendus, les fans feront connaissance avec la charmante Sophie Baek (Yerin Ha) et seront ravis de retrouver Katie Leung, inoubliable Cho Chang de la saga Harry Potter. A noter que la plateforme divisera les huit nouveaux épisodes en deux parties, proposées respectivement les 29 janvier et 26 février. 

    Le Problème à trois corps - saison 2

    Le Problème à trois corps (2024-), c’est un roman incontournable de la littérature de science-fiction contemporaine signé Liu Cixin. C’est aussi la série de l’après Game of Thrones pour le tandem David Benioff / D.B. Weiss. Accompagnés par Alexander Woo, ils ont quitté la dark fantasy de Westeros pour adapter cette épopée SF ambitieuse (160 millions de dollars de budget en saison 1), qui confronte l’Humanité à une menace venue d’ailleurs alors qu’une décision prise par une astrophysicienne chinoise dans les années 60 déclenche une série d'événements qui résonnent à travers l'espace et le temps. Tournée à travers le monde et portée par un casting choral, la série se voit dotée d’un budget de 267 millions de dollars (!) pour les saisons 2 (2026) et 3 (2027), qui concluront cette épopée lancée par huit épisodes plébiscités en 2024. Il y aura donc bien une fin… mais il faudra être patient !

    Man on Fire - saison 1

    Man on Fire (2004) est sans aucun doute mon film préféré de la fructueuse collaboration entre Denzel Washington et le réalisateur Tony Scott, entamée en 1995 avec USS Alabama. Alors bien sûr, le personnage de John Creasy, ancien agent désabusé et reconverti en garde du corps d’une petite fille, existait déjà dans le roman original de A. J. Quinnell et l’adaptation de 1987 avec Scott Glenn. Mais le personnage est pour moi indissociable de l’interprétation habitée et impitoyable de Denzel Washington, qui annonce d’ailleurs un peu son futur personnage de la trilogie Equalizer (2014-2023). Sur Netflix, la nouvelle adaptation en série sera emmenée par Yahya Abdul-Mateen II, révélé par Watchmen et Candyman. Celui qui sera parallèlement la star de la série Marvel Wonder Man sur Disney+ devrait y faire des merveilles et poser Man on Fire (2026) en concurrent sérieux et badass du Jack Reacher de Prime Video (Reacher, 2022-).

    Monstre : The Lizzie Borden Story

    Après Jeffrey Dahmer, les frères Menendez et Ed Gein, la quatrième itération de l’anthologie Monstre, à travers laquelle Ryan Murphy et Ian Brennan revisitent les grandes figures criminelles, intègre son premier protagoniste féminin. En l’occurrence Lizzie Borden, une jeune femme accusée du meurtre (à la hache) de son père et de sa belle-mère en 1892. Finalement acquittée et libérée, elle resta toutefois ostracisée par les habitants de Fall River, Massachusetts jusqu’à sa mort en 1927. Cette affaire, jamais résolue, a fortement marqué la culture populaire américaine, que ce soit dans la littérature, au théâtre, dans une comptine (!) et évidemment à l’écran. Après Elizabeth Montgomery (La Légende de Lizzie Borden, 1975), Christina Ricci (Lizzie Borden a-t-elle tué ses parents ? et The Lizzie Borden Chronicles, 2014-2015) ou Chloë Sevigny (Lizzie, 2018), c’est Ella Beatty qui campera la jeune femme.

    One Piece - saison 2

    One Piece (2023-) est la série qui a brisé la malédiction des adaptations de mangas et d’anime en prises de vues réelles. Là où les précédentes tentatives (dont Death Note ou Cowboy Bebop) n’avaient jamais réussi à renouer avec la qualité de leurs modèles dessinés, les aventures de Luffy et ses compagnons à Grand Line, sur les traces d’un fabuleux trésor, ont convaincu tout le monde. Les fans comme les néophytes, dont je faisais assurément partie. J’ai été totalement embarqué dans cet univers mêlant piraterie et fantasy, dont l’ambition visuelle n’a d’égal que la qualité de son casting, emmené par la réjouissante bande formée par Iñaki Godoy, Mackenyu, Emily Rudd, Jacob Romero et Taz Skylar. Je ne pensais vraiment pas dire ça un jour… mais j’ai vraiment hâte de retrouver One Piece en 2026 ! Le 10 mars, pour être précis.

    Orgueil et Préjugés

    En 2026, Lizzie Bennet et Mr. Darcy font leur grand retour à l’écran dans une nouvelle version (en mini-série) de Orgueil et Préjugés, adaptée du chef d'œuvre de Jane Austen. Supervisé par la journaliste et chroniqueuse britannique Dolly Alderton et le réalisateur de Heartstopper, ce projet en six épisodes autour de l’histoire d’amour incontournable -qui ne manquera pas, aussi, d'épingler les travers de l’époque comme l’avait fait l’autrice dans son livre)- aura la lourde tâche de faire oublier les classiques que sont devenus Orgueil et Préjugés (1995) avec le duo Jennifer Ehle & Colin Firth et Orgueil et Préjugés (2005) porté par Keira Knightley & Matthew Macfadyen. Nul doute que Emma Corrin et Jack Lowden sauront faire honneur à l’un des couples les plus iconiques de la littérature anglaise.

    Stranger Things : Chroniques de 1985

    Vous pensiez avoir tourné la page Stranger Things (2016-2025) ? Netflix vous propose de prolonger votre séjour à Hawkins. Déjà avec le making-of (que certaines théories annoncent comme un épisode 9 caché !) prévu le 12 janvier sur la plateforme. Mais surtout avec Stranger Things : Chroniques de 1985 (2026-), un prolongement animé de la série situé entre les deuxième et troisième saisons et dans lequel les personnages affrontent de nouveaux monstres durant un hiver glacial. Croisant l’esprit des dessins animés du samedi matin des années 80/90 (la série SOS Fantômes est la référence des frères Duffer) et une animation moderne et léchée façon Arcane, ce programme vient compléter l’univers aux côtés de la pièce de théâtre. Et en parlant des deux frères, ils dévoilent en 2026 une autre série fantastique sur Netflix : The Boroughs (2026-) qui confronte des retraités à une invasion extraterrestre.

    The Witcher - saison 5

    L’année 2025 aura été celle d’un double remplacement pour Henry Cavill : alors que David Corenswet reprenait l’iconique costume frappé d’un « S » de Superman (2025), Liam Hemsworth se glissait sous la non moins iconique chevelure argentée de The Witcher (2019-). Si le comédien n’a pas démérité épée en main dans le rôle de Geralt de Riv, la saison 4 n’a pas fait grand bruit sur la plateforme lors de sa mise en ligne à l’automne. Souhaitons que les abonné.es réservent un aurevoir digne au Sorceleur, à Ciri (Freya Allan) et à Yennefer (Anya Chalotra) pour cette saison finale. Pleine de promesses à son lancement, The Witcher laisse un goût d’inachevé et aurait clairement mérité mieux que cette adaptation en demi-teinte qui n’a convaincu ni les fans de l’univers d’Andrzej Sapkowski, ni les gamers, ni les néophytes.

    Et aussi…

    • A l'ombre des magnolias - saison 5
    • Beauty In Black - saison 2
    • Black Doves - saison 2
    • Emily in Paris - saison 6
    • Free Bert - saison 1
    • Grosse pression - saison 3
    • HIS & HERS - saison 1
    • How to Get to Heaven from Belfast - saison 1
    • La Défense Lincoln - saison 4
    • La Diplomate - saison 4
    • La Famille Upshaw - saison 7
    • La Loi de la plus forte - saison 3
    • La Meneuse - saison 2
    • Les Quatre Saisons - saison 2
    • Les Sept Cadrans d'Agatha Christie - saison 1
    • Lupin - saison 4
    • Ma vie avec les Walter Boys - saison 3
    • Nobody Wants This - saison 3
    • Outer Banks - saison 5
    • Rêve de glace - saison 1
    • The Gentlemen - saison 2
    • The Hunting Wives - saison 2
    • The Night Agent - saison 3
    • Un très mauvais pressentiment - saison 1
    • Virgin River - saison 7
    • XO, Kitty - saison 3
    • …
  • Les 8 films adaptés de romans les plus attendus en 2026

    Les 8 films adaptés de romans les plus attendus en 2026

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Entre Running Man, L’Homme qui rétrécit ou encore Frankenstein, l’année 2025 était déjà riche en récits passés de l’écrit à l’écran, confirmant l’appétit intact du cinéma pour la littérature. En 2026, la tendance se poursuit sans faiblir, avec une nouvelle vague d’adaptations puisant aussi bien dans les grands monuments du patrimoine littéraire que dans des romans contemporains devenus cultes en quelques années.

    Pour s’attaquer à ces œuvres plus ou moins connues : des cinéastes plus ou moins connus. Des talents aux profils variés, allant de réalisateurs confirmés habitués aux superproductions internationales à des auteurs plus singuliers venus du cinéma indépendant. Mais tous ces projets ont en commun une ambition assumée, celle de donner une nouvelle vie à des textes parfois centenaires, parfois très récents, en les confrontant aux enjeux et aux imaginaires d’aujourd’hui.

    Qui va transformer la puissance de la page en expérience de cinéma ? Pour JustWatch, je vous propose un petit tour d’horizon des adaptations les plus attendues de l’année.

    « Le Mage du Kremlin » d’Olivier Assayas - en salles le 21 janvier 2026

    Adapté du roman prémonitoire de Giuliano da Empoli, publié en 2022, année de l’invasion de l’Ukraine, Le Mage du Kremlin (2025) plonge dans les arcanes du pouvoir russe à travers le regard d’un stratège de l’ombre, inspiré de figures bien réelles du régime de Vladimir Poutine.

    Olivier Assayas, cinéaste de l’intime autant que du politique (Carlos, Doubles vies), s’empare de ce texte glaçant et visionnaire pour en faire un thriller idéologique tendu. Porté par Paul Dano, Alicia Vikander, Jeffrey Wright et Jude Law en Vladimir Poutine, le film s’annonce comme l’un des projets français les plus audacieux de l’année.

    « À pied d’œuvre » de Valérie Donzelli - au cinéma le 4 février 2026

    Révélée par son film La Guerre est déclarée (2011), Valérie Donzelli a construit une filmographie profondément personnelle. Dans A pied d'œuvre (2025), elle raconte l’histoire vraie d’un photographe à succès qui abandonne tout pour se consacrer à l’écriture, découvrant la pauvreté. 

    Le film raconte une traversée radicale, entre chute sociale et renaissance intérieure, avec une sensibilité à fleur de peau, servie par le talent de Bastien Bouillon, décidément adepte du changement de registre. Petite indication très favorable : le film a reçu le Prix du Meilleur scénario à la Mostra de Venise 2025. Hâte de la découvrir.

    « Hurlevent » d’Emerald Fennell - au cinéma le 26 février 2026

    On ne compte plus les adaptations du roman de l’Anglaise Emily Brontë, Les Hauts de Hurlevent. Le premier est un film muet de 1920, Luis Buñuel s’y est aussi essayé dans les années 1950 et le plus hollywoodien reste sans doute la version du Britannique Peter Kominsky avec Ralph Fiennes et Juliette Binoche en 1992. Dans Hurlevent, l’adaptation 2026 de ce texte qui n’a jamais cessé de fasciner, l’affiche fait rêver une nouvelle génération de public, dont je fais partie : Margot Robbie et Jacob Elordi incarnent Catherine et Heathcliff, le couple imaginé par l’autrice anglaise dans son roman publié en 1847.

    Derrière la caméra : Emerald Fennell, réalisatrice de Saltburn (2023) et Promising Young Woman (2023), qui ne manque pas d’audace dans sa vision du roman. Elle semble avoir insufflé à ce récit de passion destructrice une esthétique assez fiévreuse et radicale. Une première bande-annonce, très commentée, dévoile des séquences plutôt sulfureuses, portées par  une bande-son signée Charli XCX.

    « L’Odyssée » de Christopher Nolan - au cinéma le 15 juillet 2026

    Il fallait un cinéaste de la démesure de Christopher Nolan pour s’attaquer à ce grand classique de la littérature : L’Odyssée d’Homère, qui raconte le long périple d’Ulysse (Matt Damon) affrontant des épreuves mythiques pour retrouver sa femme Pénélope (Anne Hathaway) et son fils Télémaque (Tom Holland). 

    Le réalisateur d’Oppenheimer (2023), Interstellar (2014), Inception (2010) ou encore Tenet (2020) a fait le choix de tourner majoritairement en décors naturels, fidèle à son obsession du « réel » et du spectaculaire. Il me tarde de voir cette relecture de ce texte fondateur de la culture occidentale (étudié en 6e !), annoncée comme l’un des projets les plus ambitieux de sa carrière.

    « Les Misérables » de Fred Cavayé - au cinéma le 9 décembre 2026

    Plus habitué à fabriquer des thrillers tendus comme À bout portant (2010), Mea Culpa (2014) ou des comédies comme Radin ! (2016) ou Les Chèvres ! (2024), Fred Cavayé s’est lancé dans un projet d’un tout autre registre : l’adaptation d’un classique de la littérature, le chef d'œuvre de Victor Hugo Les Misérables.

    Le film suscite beaucoup d’attente, et pour cause : les précédentes adaptations d'œuvres fleuves de la littérature française ont remporté un beau succès au box office : Le Comte de Monte-Cristo (2024) a attiré plus de 9 millions de spectateurs en un an, les deux volets des Trois Mousquetaires (2023) ont cumulé près de 6 millions d’entrées au total. Le casting des Misérables est à la hauteur de l’ambition : Vincent Lindon en Jean Valjean, Tahar Rahim en Inspecteur Javert, Camille Cottin et Benjamin Lavernhe en Thénardier,  Noémie Merlant en Fantine… De quoi conquérir un public déjà fan des grandes fresques et devenir l’événement de l’année côté cinéma français.

    « Dune : troisième partie » de Denis Villeneuve - au cinéma le 16 décembre 2026

    Après le succès critique et public de Dune (2021) et Dune : Deuxième Partie (2024), Denis Villeneuve achève son triptyque avec un troisième volet très attendu. Inspiré de la suite directe du roman de Frank Herbert, ce nouvel opus s’annonce plus sombre et plus mystique.

    Le réalisateur québécois, déjà maître des adaptations complexes (Premier Contact, Blade Runner 2049), poursuit son exploration du destin de Paul Atréides, entre pouvoir absolu et fanatisme religieux. Une conclusion ambitieuse pour l’une des sagas de science-fiction les plus marquantes du cinéma contemporain, toujours emmenée par Timothée Chalamet et Zendaya.

    « Soudain » de Ryûsuke Hamaguchi - au cinéma en 2026

    Après Drive My Car (2021) -déjà adapté d’une nouvelle de Haruki Murakami, et Le Mal n’existe pas (2023), Ryûsuke Hamaguchi poursuit son exploration des failles humaines avec Soudain (2026), adapté d’un roman japonais contemporain encore peu connu en France. Il s’agit d’un recueil de lettres publiées dans le livre You and I - The Illness Suddenly Get Worse, de Makiko Miyano et Maho Isono. Le livre et le film montrent le lien entre deux femmes, une directrice de théâtre japonaise et une infirmière française, jouée par Virginie Efira.

    Fidèle à son cinéma de l’ellipse et de la parole, le cinéaste japonais promet une adaptation délicate, minimaliste et profondément émotionnelle. Un film attendu par les amateurs de littérature et de cinéma d’auteur. Comme il l’a confié au magazine Variety, Ryûsuke Hamaguchi entend « montrer un Paris un peu différent des clichés »... et rien que pour ça, j’ai hâte !

    « Narnia : Le Neveu du Magicien » de Greta Gerwig - sur Netflix en décembre 2026

    Après l’énorme succès de Barbie (2023), Greta Gerwig est attendue au tournant avec cette adaptation ambitieuse de l’univers de C.S Lewis. Préquel de la saga, Narnia : Le Neveu du Magicien (2026) raconte la création de ce monde magique et l’origine de ses mythes.

    L’enjeu est double pour la réalisatrice de Lady Bird (2017) et Les Filles du docteur March (2019) : réussir artistiquement un projet déjà très codifié et marqué par la patte d’Andrew Adamson (derrière Shrek et Shrek 2 notamment) et Michael Apted (Le Monde ne suffit pas, Gorilles dans la brume), tout en répondant à de fortes attentes industrielles. Réussira-t-elle le tour de passe-passe de renouveler l’imaginaire fantasy tout en attirant un large public, comme elle l’a fait avec la poupée la plus célèbre du monde  ?

  • Ce qui nous attend en 2026 selon ces 5 films et séries de science-fiction

    Ce qui nous attend en 2026 selon ces 5 films et séries de science-fiction

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Depuis ses débuts, le cinéma ne cesse de se projeter dans le futur, parfois très lointain (je pense à Waterworld, La Planète des Singes ou Barbarella). Et, à chaque début d’année, c’est toujours fascinant de regarder ce que la (science) fiction avait anticipé pour ce nouveau cap. C’est souvent improbable, mais, parfois, pertinent et visionnaire.

    Alors que nous rentrons en 2026 (l’année des 17 ans de Ellie dans The Last of Us S206), je vous propose de voyager à travers le futur anticipé par quelques longs métrages et séries pour cette année. Il y a des rébellions, un virus, des monstres et une IA inquiétante, et surtout 5 œuvres à (re)découvrir avec un regard tout particulier aujourd’hui. Et on parle bien ici des histoires se déroulant en 2026, et non des films dont la sortie est prévue en 2026 et que vous pouvez retrouver ici.

    Metropolis (1927) - un monde divisé en deux classes

    Il y a 99 ans, Fritz Lang envisageait la ville du futur avec Metropolis (1927), monument du 7ème Art s’il en est. Au coeur d’une mégalopole tentaculaire et futuriste, on découvre la société de 1926, divisée en deux classes distinctes : dans les profondeurs, la masse ouvrière, uniforme et destinée à faire marcher la cité dans le vacarme de machines terrifiantes ; dans les étages supérieurs, l’élite dirigeante, éclairée et engagée dans les loisirs et le pilotage de cette humanité à deux vitesses. Le fils du maître de la ville, un savant fou et une jeune femme vont alors, chacun à leur façon, bouleverser l’ordre établi, avec l’espoir qu’un médiateur serve de coeur entre les mains et le cerveau.

    Bien sûr, Metropolis est un peu compliqué à revoir en 2026. 2h28 de cinéma muet, avec le surjeu et la musique tonitruante que cela suppose et une intrigue un peu alambiquée, il faut être vraiment cinéphile ou motivé. Le long métrage n’en reste pas moins une œuvre majeure de l'histoire du cinéma, qui a autant influencé les robots (C-3PO doit tout à Maria) que la vision de la ville du futur (Blade Runner, Dark City ou Brazil s’en revendiquent) dont les effets spéciaux restent ahurissants pour l’époque. Et puis, quelque part, cette vision d’un monde divisé entre caste privilégiée et majorité exploitée n’était-elle pas prophétique à l’heure où la société n’a jamais été aussi polarisée ?

    Snowpiercer (2020-2024) - un monde toujours plus divisé

    Finalement, l’univers de la série Snowpiercer (2020-2024) est un digne héritier de celui de Metropolis. A ceci près qu’il transpose cette idée de hiérarchie sociale verticalisée à l’horizontalité d’un train en perpétuel mouvement -le dernier bastion de l’Humanité- lancé à pleine vitesse à travers les plaines d’une Terre gelée, ravagée par une ère glaciaire qui a figé le monde. A travers 1001 wagons, la guerre des classes, l’injustice sociale et la politique interne sèment le trouble. A l’origine de cette histoire, il y a une bande dessinée française imaginée par Jacques Lob et Jean-Marc Rochette, reprise par la suite par Bong Joon-ho dans le film Snowpiercer (2013).

    Très réussi mais assez frustrant car limité par ce que la durée d’un film ne permet pas de raconter, il est revisité et exploré en série et en profondeur par Josh Friedman (créateur de Foundation et co-scénariste sur la saga Avatar depuis le deuxième volet), qu’il s’agisse du fonctionnement de ce train-monde ou des seconds rôles. A travers l’opposition entre Jennifer Connelly et Daveed Diggs, le programme nous plonge durant quatre saisons dans cette dystopie qui confronte l’exploitation des classes de queue de train à celles des wagons de tête. Et c’est, comme l’avait fait Fritz Lang, une métaphore aussi juste que frappante. Dans le même genre, on pourra apprécier Silo (2023-), La Plateforme (2019) ou Soleil Vert (1973)

    La Planète des singes : L'Affrontement (2014) - la grippe menace

    Si 2026 -comme 2014- est l’année du cheval selon l’astrologie chinoise, c’était selon la fiction l’année… du singe ! En effet, La Planète des singes : L'Affrontement (sorti en... 2014) prédisait une éradication d’une grande partie de l’humanité en 2026 à la suite d’une épidémie de grippe simienne (annoncée à la fin de La Planète des singes : Les Origines, 2011). Sous le commandement de César, les chimpanzés, orang-outang et autres gorilles se sont désormais organisés en tribus évoluées, capables d’opposer une résistance féroce aux Humains. Voire de prendre le contrôle du monde. Si vous n’aviez pas aimé le COVID-19, la grippe des singes ne va pas vous plaire…

    Deuxième volet du reboot orchestré par Matt Reeves, le long métrage est passionnant, même s’il est un peu moins réussi que le film qui le précède et que La Planète des singes : Suprématie qui suivra. On sait que « l’épisode du milieu » d’une trilogie est toujours compliqué, sans réel début et sans vraiment de fin, et La Planète des singes : L'Affrontement n’y coupe pas. On y trouve néanmoins un propos très intéressant entre la réconciliation souhaitée par César et Jason Clarke d’un côté, et une lutte à mort prônée par Koba et Gary Oldman de l’autre. Et une réussite totale côté effets visuels (ce plan d’ouverture sur le visage de César balayé par la pluie est inoubliable !), magnifiée par la performance (capture) d’Andy Serkis qui n’a jamais été saluée à sa juste valeur de mon point de vue.

    Doom (2005) - on explore Mars… et ça se passe mal

    A l’heure où les bonnes adaptations de jeux vidéo ont enfin trouvé le chemin des écrans, on oublie que la cultissime licence vidéoludique Doom avait tenté un passage peu convaincant au cinéma en 2006. Emmené par Karl Urban et Dwayne Johnson, Doom nous entraîne sur Mars (à travers un trou de ver, plus besoin de voyage vers la planète rouge !) où les scientifiques de la station de recherche Olduvai ont ouvert par mégarde les portes de l’enfer : une escouade surentrainée de la Rapid Response Tactical Squad (RRTS) est alors envoyée sur place pour découvrir ce qu’il est advenu du personnel…

    Spoiler Alert : ça va mal se passer pour nos soldats, même armés du fameux « BFG » cher aux gamers. Entre couloirs sombres et créatures cauchemardesques, le voyage offre un gentil grand huit horrifique interdit aux moins de 12 ans (on est LOIN du PEGI 18 des jeux), qui vaut surtout pour Karl « The Boys » Urban enfin en tête d’affiche et pour sa mémorable séquence « First Person Shooter » qui rend un bel hommage à son modèle vidéoludique (avec la tronçonneuse !). On est ici dans la lignée de la vague d’adaptation lancée par Resident Evil  (2002), avec des adaptations assez peu respectueuses du matériau original (et du public). Heureusement, les choses ont changé et 2026 devrait à nouveau faire honneur aux jeux vidéo.

    Mission : Impossible - The Final Reckoning (2025) - la menace IA

    L’IA (pour intelligence artificielle, évidemment) a monopolisé la guerre numérique entre géants de la Silicon Valley, nos usages online… et les craintes au sujet d’une technologie toujours plus performante pleine d’opportunités mais aussi de menaces pour l’Humanité. Une menace que Ethan Hunt affronte à son tour dans Mission : Impossible - The Final Reckoning (2025), qui confronte l’agent M:I à sa dernière mission alors qu’une super IA fait peser sur le monde un risque nucléaire majeur. Ou pour le dire autrement : WarGames (1983) avec des cascades.

    Dans la lignée de James Cameron (Terminator, 1984) et des Wachowski (Matrix, 1999), mais à travers une approche action/espionnage/thriller, Christopher McQuarrie embrasse l’idée d’une machine échappant à notre contrôle pour mieux nous éradiquer. Ici, pas de de combats futuristes mais des cascades à couper le souffle (entre des voltiges en biplan et une apnée dans un sous-marin, ce que réalise Tom Cruise est ahurissant), et cette menace sous-jacente qui rejoint les préoccupations bien réelles qui nous agitent au quotidien. Sachant que dans la « vraie vie », il n’y a pas de Ethan Hunt pour débrancher la machine et nous sauver…

  • Belphégor : 100 ans (ou presque) de films et séries sur le fantôme du Louvre !

    Belphégor : 100 ans (ou presque) de films et séries sur le fantôme du Louvre !

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Le mythe est tenace ! Et opère un retour remarqué avec un timing bien particulier : alors que le spectaculaire vol de bijoux estimé à 83 millions d’euros a braqué les projecteurs du monde entier sur le musée du Louvre en octobre 2025, une nouvelle version télévisée de Belphégor débarquait sur la plateforme HBO Max quelques semaines plus tard.

    Le fantôme du plus célèbre musée du monde y renaît sous la forme d’une série de 4 épisodes qui sera également proposée sur les antennes de M6 courant 2026. Le spectre surnaturel qui hante les galeries du bâtiment n’en est pas à sa première apparition. D’autres productions l’ont mis en scène, et la première date de 1927 ! C’est dire si le fantôme traverse les époques sans jamais disparaître vraiment.

    Du cinéma muet à la télévision en noir et blanc, du grand écran des années 2000 jusqu’aux plateformes de streaming d’aujourd’hui, Belphégor n’a cessé de se réinventer. Justwatch revient sur près d’un siècle d’adaptations d’un mythe français unique, où le patrimoine rencontre le fantastique.

    Belphégor (1927) - le fantôme à l’ère du cinéma muet

    Avant même de devenir une icône télévisuelle, Belphégor fait sa première apparition à l’écran en 1927 dans un film muet réalisé par Henri Desfontaines. Adaptation directe du roman-feuilleton d’Arthur Bernède, cette version pose les bases visuelles et narratives du mythe : le Louvre, ses galeries nocturnes, ses trésors et cette silhouette inquiétante qui surgit de l’ombre. Sans dialogues, le film s’appuie sur le jeu des regards, les contrastes de lumière et une mise en scène très théâtrale pour instaurer un climat d’angoisse feutrée. 

    Le Belphégor de 1927 n’est pas encore le fantôme élégant et spectral que l’on connaîtra plus tard, mais une figure déjà profondément liée au mystère, à l’illusion et au faux surnaturel. Cette première incarnation, aujourd’hui largement oubliée du grand public, témoigne pourtant de la capacité précoce du cinéma français à exploiter l’espace muséal comme un terrain de peur et de fascination, et à faire de Belphégor une énigme avant même qu’il ne devienne une légende télévisuelle.

    Belphégor (1965) - la naissance du mythe télévisuel

    Diffusée en 1965 sur l’ORTF, la série Belphégor marque un tournant décisif dans l’histoire du personnage. Réalisée par Claude Barma et portée par Juliette Gréco dans le rôle de la mystérieuse Laurence, cette mini-série en quatre épisodes devient un véritable phénomène de société. Le Louvre, filmé de nuit dans une France encore peu habituée au fantastique télévisuel, se transforme en labyrinthe anxiogène où plane une menace presque abstraite. Le masque noir de Belphégor, simple mais terriblement efficace, imprime durablement l’imaginaire collectif.

    Ce qui fait la force de cette version, c’est avant tout son sens du mystère. Le fantastique y est suggéré plus que montré, et le spectateur doute longtemps de la nature réelle du fantôme. Est-il surnaturel ou le fruit d’une machination humaine ? Le rythme lent et les silences pesants distillés dans une mise en scène épurée participent à une tension psychologique inédite pour la télévision française de l’époque. D’où la naissance d’un mythe télévisuel qui continue, 60 ans plus tard, à hanter la mémoire collective.

    La Malédiction de Belphégor (1965) - un passage éclair au cinéma

    Face au succès fulgurant de la série, une version condensée voit rapidement le jour : La Malédiction de Belphégor, sortie au cinéma la même année. Plus qu’un véritable remake, il s’agit d’un montage destiné aux salles, regroupant et réadaptant les moments clés de la série pour le grand écran. Cette exploitation cinématographique témoigne de l’impact immédiat du personnage et de la volonté de capitaliser sur un phénomène populaire encore brûlant.

    Cette version perd une partie de la lente montée en tension propre au format feuilleton mais elle contribue néanmoins à installer Belphégor comme une figure hybride, à la frontière entre télévision et cinéma. Moins connu aujourd’hui, ce film reste un jalon important dans la diffusion du mythe, preuve de son potentiel transmédiatique bien avant l’ère des franchises modernes.

    Belphégor, le Fantôme du Louvre (2001) - le mythe de retour sur grand écran

    Inspiré par le roman d’Arthur Bernède et surtout de l’ancienne série des années 1960 qui a marqué toute une génération, Jean-Paul Salomé se lance dans une adaptation cinématographique dans les années 2000, avec Sophie Marceau comme tête d’affiche et un Louvre filmé sous toutes ses coutures. Du grand spectacle, donc, mais aussi un changement de ton radical.

    Là où la série de 1965 cultivait la peur toute psychologique, Belphégor, le Fantôme du Louvre opte pour une approche plus explicative, mêlant thriller, surnaturel et technologie moderne. Belphégor y devient une entité égyptienne clairement identifiée, au risque de perdre une part du mystère qui faisait sa force originelle. Accueilli de manière mitigée par la critique, le film connaît néanmoins un succès public honorable (2 millions d’entrées) et reste, encore aujourd’hui, une curiosité du cinéma fantastique français des années 2000 qui se laisse regarder sans déplaisir (test réalisé sur des enfants !). 

    Belphégor (2025) - la réinvention de la série

    Près de 60 ans après avoir terrorisé les téléspectateurs français, Belphégor signe son grand retour en 2025 avec une nouvelle adaptation télévisée produite pour HBO Max. Une version contemporaine en 4 épisodes, qui entend renouer avec l’essence du mythe tout en l’inscrivant dans les codes modernes du thriller et du fantastique sériel. Le Louvre, plus que jamais au cœur du récit, redevient un espace de mystères, filmé avec une ambition visuelle digne des grandes productions internationales.

    Shirine Boutella incarne une jeune restauratrice d’art engagée par le Louvre qui devient involontairement le centre de l’intrigue. À ses côtés d’autres très bons acteurs : Vincent Elbaz, Kad Merad, Aure Atika et Tiphaine Daviot. Si la qualité de la production, et notamment la réalisation de Jérémy Mainguy, n’est pas à remettre en cause, on peut reprocher à la série d’être un peu faible sur les dialogues, parfois un peu lente et avec un suspense parfois un peu trop dilué.

  • De Jujutsu Kaisen à Bleach, voici les 10 animes qu’on attend le plus en 2026 !

    De Jujutsu Kaisen à Bleach, voici les 10 animes qu’on attend le plus en 2026 !

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    L’industrie de l’animation est en surchauffe, et le calendrier ressemble à un embouteillage ! D’un côté, il y a des retours attendus par les fans ; de l’autre, on voit débarquer des projets un peu fous, des thrillers et de la dark fantasy. 2026 s’annonce sombre alors que toutes ces sorties semblent prendre un virage adulte qui nous restera en tête les nuits d’insomnie. 

    Pour JustWatch, j’ai sélectionné dix titres, pour vous donner un aperçu de 2026 et des nombreuses surprises que cette année anime nous réserve. Que vous soyez là pour la nostalgie, la claque visuelle ou pour vous faire mal avec des drames psychologiques, voici de quoi remplir vos semaines et étancher votre soif d’animation japonaise. 

    Jujutsu Kaisen - saison 3 (8 janvier 2026)

    Avec Jujutsu Kaisen (2020–), l’anime de Gege Akutami s’est imposé comme l’un des nouveaux poids lourds du shōnen. Vous êtes sûrement en train de digérer la fin de la saison 2. L’arc de Shibuya, ce n’était pas juste de la baston mais des personnages brisés, Yuji au fond du trou et un chaos qui nous lessive émotionnellement.  La saison 3 s’attaque à l’arc « Culling Game » (« La traque meurtrière ») : celles et ceux qui lisent le manga savent que ça va être un Battle Royale sous stéroïdes, avec une violence qui monte encore d’un cran.

    Jujutsu Kaisen fait donc évidemment partie des anime à ne surtout pas manquer. Alors qu’on sature un peu des super-héros invincibles, ici aucun personnage n’est à l’abri. Le programme arrive à mixer chorégraphies folles, horreur, sens du drame et animation grandiose. Il est signé par le studio MAPPA (L’Attaque des Titans, Chainsaw Man), donc on s’attend à quelque chose de fou. Et je pense qu’on ne sera pas déçus !

    Fire Force - Saison 3 partie 2 (9 janvier 2026)

    Fire Force (2019–) a commencé comme un shōnen d’action au concept presque absurde – des pompiers exorcistes combattant des combustions humaines spontanées – avant de se transformer peu à peu en préquelle directe de Soul Eater, l’œuvre phare d'Atsushi Ohkubo. Chaque saison de l’anime gagne en intensité et en qualité. La première partie de la saison 3 posait les jalons de cette transition ; la Part 2 s’annonce comme l’étape finale, celle où tout s’imbrique vraiment.

    Visuellement, la série reste l’une des plus spectaculaires du moment : jeux de lumière, flammes impressionnantes, combats aériens, animation de grande qualité… Si vous aimez les anime qui misent autant sur la mise en scène que sur le scénario, c’est une série à ne pas manquer, même s’il faut regarder quelques épisodes avant qu’elle ne devienne vraiment intéressante. Et si vous êtes déjà fan de Soul Eater (2008), difficile de faire l’impasse sur la manière dont Fire Force retisse peu à peu le même univers.

    Trigun Stargaze (10 janvier 2026)

    Avec Trigun Stampede (2023-), la franchise Trigun a réussi son retour en proposant une relecture nerveuse et visuellement folle des aventures de Vash the Stampede. Pourtant, c’était en 3D ! Un sacrilège pour certains, dont moi. Mais oubliez vos vieux préjugés sur la 3D dans l’animation japonaise, car le studio Orange (Beastars, 2019) a cloué le bec aux puristes. C’était fluide, expressif, et vraiment bluffant. On attend donc que Trigun Stargaze, le nom de la saison 2, continue sur cette lancée. Elle devrait aussi explorer les conséquences des révélations de la première saison et pousser encore plus loin le mélange de western spatial.

    Pour celles et ceux qui aiment les anime SF aussi spectaculaires que mélancoliques, Trigun Stargaze a tout pour plaire. Sous les fusillades bien chorégraphiées se cache une réflexion sur le pacifisme. Peut-on refuser de tuer quand on fait face à un ennemi génocidaire ?

    Hell’s Paradise: Jigokuraku - saison 2 (11 janvier 2026)

    Hell’s Paradise: Jigokuraku (2023–) avait débarqué comme un mélange explosif de dark fantasy, de gore et de méditation sur la mort. Le concept est simple mais tordu : des condamnés qu’on envoie chercher l’élixir d’immortalité sur une île paradisiaque d’apparence, des bourreaux pour les surveiller, des créatures qui ressemblent à des statues bouddhistes mélangées à des insectes géants… sacré cocktail ! Les dessins sont magnifiques, le décor est presque théâtral, c’est coloré, et c’est terrifiant. 

    Dans la saison 2, Gabimaru et les autres survivants ne cherchent plus à s’enfuir, mais à survivre alors que chaque seconde passée sur cette île de l’enfer ressemble à une mission suicide. Là, on est à mi-chemin entre la violence folle de Chainsaw Man et la tension palpable de L’Attaque des Titans. Si vous n’avez pas encore vu la première saison, foncez ! 

    Frieren: Beyond Journey’s End - saison 2 (16 janvier 2026)

    Avec Frieren: Beyond Journey’s End (2023–), on change de tempo : ici, pas de combats chaotiques, mais une réflexion mélancolique sur le temps qui passe. La première saison suivait Frieren, elfe magicienne quasi immortelle, dans un long voyage après la victoire contre le Roi Démon. C’est un peu comme si l’histoire commençait après le générique de fin. La saison 1 soulevait de nombreuses questions : qu’est-ce que ça veut dire d’avoir « sauvé le monde » ? Comment fait-on pour vivre vraiment lorsque l’on est presque immortelle et qu’on regarde ses amis vieillir et mourir en un clin d’œil ? La saison 2 s’annonce tout aussi poignante, et va probablement creuser cette contemplation du temps qui passe, tout en explorant la suite de l’histoire. Le voyage vers le nord continue...

    C’est l’anime parfait si vous aimez les grandes fresques de fantasy mais que vous en avez assez des combats sans conséquences. Frieren parle de deuil, de mémoire et de la façon dont les humains et les êtres immortels ne vivent pas le temps de la même manière. Si vous avez été marqué par Made in Abyss ou Violet Evergarden, il y a de grandes chances que cette nouvelle saison devienne l’un de vos rendez‑vous incontournables en 2026.

    Darwin’s Incident (Janvier 2026)

    Adapté du manga multi récompensé, Darwin’s Incident s’annonce comme l’un des anime les plus dérangeants de l’année. On y suit un Charlie, « humanzee », enfant hybride né d’une expérience entre un chimpanzé et un humain, pris au milieu d’un conflit entre militants pour la cause animale, institutions et une société incapable de le voir comme une personne. Loin des clichés manichéens, le matériau d’origine dissèque frontalement le terrorisme, la radicalisation et la manière dont on déshumanise et opprime ceux qui ne rentrent pas dans les cases.

    Ici, nous sommes plus proches du thriller politique que du shōnen, loin de récits pour enfants. Le manga propose une réelle réflexion sur notre société avec une grande froideur.  On est dans la lignée de la tension psychologique de Monster : une interrogation profonde des facettes les plus sombres de notre société. C’est exactement le genre d’anime que j’aime, car ils deviennent de vrais miroirs qu’on évite généralement de regarder. Ce ne sera sans doute pas l’anime le plus « confortable » de 2026 : ça va gratter, déranger, diviser, et c’est précisément pour cela qu’il faut le voir.

    The Ghost in the Shell (2026)

    La franchise Ghost in the Shell (démarrée en anime en 1995) fait partie de ces monuments cyberpunk qu’on pensait réservés à une poignée de fans hardcore. Entre les films, les anime et la version ratée sortie sur Netflix, c’est dur de savoir par où attaquer. Pourtant, chaque nouvelle itération a apporté sa vision de la Section 9, de la cybercriminalité et de la frontière floue entre corps et esprit. 

    C’est pour ça que la nouvelle série est si attendue, c’est enfin l’occasion pour les néophytes de se lancer, et aux fans de la première heure de retrouver un peu de structure. Pourquoi ? Parce que c’est un reboot pensé pour notre époque, et que c’est le studio Science SARU qui s’y colle. Si vous avez vu Devilman Crybaby ou Dandadan, vous savez qu’ils ne font pas dans la demi-mesure. Cela promet un style visuel psychédélique qui colle parfaitement à l’ambiance cyberpunk. The Ghost in the Shell parle de surveillance, d’identité, de sociétés ultra connectées. En 1996, c’était de la pure anticipation. Aujourd’hui, c’est presque le JT de 20h. 

    Bleach: Thousand-Year Blood War - Saison 4 (2026)

    Avec Bleach: Thousand-Year Blood War (2022–), Tite Kubo est en train d’offrir à son shōnen une conclusion animée à la hauteur de son impact. Après des années de pause, voir Ichigo, les Shinigami et les Quincy revenir avec une telle qualité d’animation a été un petit miracle. Finie l’animation qui n’est pas à la hauteur de l’histoire : ici, c’est une claque visuelle. The Calamity, partie finale annoncée pour 2026, doit clore cet énorme arc avec des combats démesurés, des révélations sur le passé et une mise en scène qui flirte parfois avec l’abstrait.

    Si vous avez grandi avec le « Big Three » (Naruto, One Piece, Bleach), cette dernière salve est assez nostalgique. Jujutsu Kaisen incarne la nouvelle génération, alors que Bleach vient boucler la précédente avec panache.

    JoJo's Bizarre Adventure: Steel Ball Run (2026)

    JoJo’s Bizarre Adventure (adaptée en anime depuis 2012) est devenue au fil des saisons un véritable phénomène culturel, avec ses poses improbables, sa mise en scène baroque et ses combats impressionnants. Steel Ball Run, nouvelle adaptation attendue pour 2026, est sans doute l’une des parties les plus attendues par les lecteurs et lectrices du manga : un western métaphysique à travers une course de chevaux transcontinentale, qui déplace l’action dans une Amérique uchronique du XIXᵉ siècle. On passe du shōnen adolescent au seinen, un genre plus adulte, sombre, littéraire. 

    JoJo’s Bizarre Adventure porte parfaitement son nom, c’est fou, c’est étrange, ça part dans tous les sens, et ce nouvel arc promet de passer au niveau au-dessus. Le problème ? La communauté attend le studio au tournant, car réussir à retranscrire la patte graphique d’Araki, l’auteur du manga, ça relève du défi.

    Tokyo Revengers - saison 4 (2026)

    Tokyo Revengers (2021–) a réussi à transformer des histoires de bandes de lycéens en drame temporel ultra addictif. Takemichi, loser au grand cœur, voyage dans le temps pour essayer d’empêcher la mort de celle qu’il aime et la dérive criminelle de ses anciens camarades. L’arc « Three Deities », sors de la bagarre de cour de récré, marque une escalade brutale dans la violence. Fini donc les rixes de collégiens, nous assistons maintenant à une véritable guerre de territoires entre les trois entités criminelles majeures (les Trois Divinités) de Tokyo.

    Avec Tokyo Revengers, on se retrouve face à ce paradoxe temporel bien connu dans le cinéma : tout ce qu’on fait pour arranger quelque chose dans le passé semble aggraver le futur. C’est une sorte de Sisyphe du crime. Si vous cherchez un western à la Cowboy Bebop… ne cherchez plus !

  • Anaconda et les meilleurs serpents du cinéma

    Anaconda et les meilleurs serpents du cinéma

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Entre le monstre géant de Anaconda (2025) et l’attachant Gary De’Snake de Zootopie 2 (2025), le cinéma a célébré les serpents cet hiver ! Ces deux propositions, radicalement opposées, illustrent à quel point l’animal peut provoquer la terreur ou la sympathie, selon la manière dont les histoires et les cinéastes décident de le mettre en scène.

    Pour JustWatch, je vous liste quelques reptiles marquants du grand écran. Qu’ils soient terrifiants ou amicaux, réalistes ou animés, cette sélection vous permettra de prolonger votre ophiophobie sans danger ou au contraire de soigner votre peur des serpents. Sortez le popcorn et l’antivenin, c’est parti !

    Anaconda (1997)

    Anaconda (1997) fait vraiment partie de ces plaisir coupables qui ont fait les grandes heures des vidéoclubs dans les années 90. Série B assumée, le long métrage croise le film de monstre géant et l’aventure dans la jungle, avec ce qu’il faut d’exotisme, d’invraisemblances zoologiques, de morts chocs (Owen Wilson ne s'attendait pas lui même à un trépas aussi violent) et de personnages caricaturaux (Jon Voight et son surjeu mémorable en tête). C’est grâce au succès-surprise d’Anaconda qu’on a pu avoir l’hydre de Un cri dans l’océan (1998), les requins de Peur bleue (1999), les volatiles de La Nuit des chauve-souris (1999), le crocodile de Lake Placid (2000) ou les varans de Komodo (2000). Pas du grand cinéma, mais de bons souvenirs de soirées vidéo en ce qui me concerne ! Par la suite, le serpent géant est revenu dans Anacondas : À la poursuite de l'orchidée de sang (2004), Anaconda 3 : L'Héritier (2008), Anacondas 4 : La Piste du sang (2009)... et donc le nouveau Anaconda (2025) dans lequel Jack Black et Paul Rudd décident de refaire le film original. Idée très sympa pour revisiter avec humour la franchise !

    Des serpents dans l’avion (2006)

    Un vol qui aurait dû se passer sans encombre, des reptiles venimeux lâchés dans la carlingue pour éliminer un témoin gênant et Samuel L. Jackson en flic badass : Des serpents dans l’avion (2006) n’a pas d’autre ambition que respecter la promesse de son titre et d’offrir aux spectateurs une soirée popcorn fun ! Et il le fait très bien, avec une vraie inventivité dans la gestion du huis clos entre les passagers et les serpents et des morts vraiment mémorables (mention spéciale pour l’attaque dans les toilettes) grâce à la maîtrise du réalisateur David R. Ellis qui avait déjà fait fort dans Destination finale 2 (2003). A l’époque, Samuel L. Jackson a accepté le projet uniquement sur le titre et le concept, et il faut vraiment faire comme lui : c’est absurde, c’est improbable, c’est WTF… mais c’est ça qui est bon ! Avec une réplique mémorable entrée dans la pop culture (et la meme culture) : « I have had it with these motherf****** snakes on this motherf****** plane ! » A poursuivre avec d’autres délires embarqués comme Snakes on a Train (2006), Plane of the Dead (2007) et Blood Red Sky (2021), en attendant Zombie Plane (2026) emmené par Vanilla Ice et Chuck Norris !

    Harry Potter et la chambre des secrets (2002)

    Forcément, avec une Maison baptisée Serpentard au sein des dortoirs et couloirs de Poudlard, on pouvait s’attendre à ce que les reptiles débarquent dans le monde magique d’Harry Potter. C’est le cas dès La Chambre des secrets (2002), deuxième année scolaire qui voit la menace d’un basilic légendaire planer sur l’école de sorcellerie. Un monstre au regard fatal (ou pétrificateur si vous avez de la chance) qui tient toutes ses promesses quand notre héros l’affronte dans le cadre de la mystérieuse chambre rouverte par Tom Jedusor. Crochets empoisonnés contre épée de Gryffondor, le duel a, mine de rien, terrifié pas mal de jeunes spectateurs. L’imagerie serpentine continuera à irriguer la saga à travers le personnage de Nagini, le serpent de Voldemort (pardon, de « Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom » ou « Vous-Savez-Qui ») qui accompagne son maître jusque dans la bataille finale des Reliques de la mort (2011), et dont on découvrira les origines dans Les Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald (2018). Dans le même genre, on se souvient de Uma Thurman en Méduse dans Percy Jackson : le voleur de foudre (2010).

    Les Aventuriers de l’arche perdue (1981)

    Entre Indiana Jones et les serpents, c’est une longue histoire ! Dès la première aventure d’Harrison Ford sous le mythique Fedora (Les Aventuriers de l’Arche perdue, 1981), on découvre que notre intrépide archéologue n’a peur de rien… sauf des reptiles ! Après une première rencontre amicale dans l’hydravion de son ami pilote à la fin du prologue, le héros imaginé par Steven Spielberg et George Lucas est confronté à son pire cauchemar en étant jeté avec Marion (Karen Allen) dans la fosse aux serpents du Puits des âmes de la cité perdue de Tanis. Et c’est aussi hilarant que terrifiant de voir ce courageux aventurier perdre de sa prestance face aux milliers de reptiles menaçants qui l’entourent (7000 véritables animaux ont été utilisés, complétés par des morceaux de tuyaux d’arrosage !). Pour l’anecdote, Harrison Ford n’a pas vraiment peur d’eux, et pourtant on y croit ! En son honneur, une nouvelle espèce, découverte en 2023 au Pérou, a d’ailleurs été baptisée Tachymenoides harrisonfordi. L’imagerie reptilienne reviendra régulièrement dans la saga (le fameux serpent-surprise du Temple Maudit, le prologue de La Dernière Croisade, la « corde » du Royaume du Crâne de Cristal, les anguilles du Cadran de la Destinée), à prolonger avec d’autres aventures dans la jungle comme Allan Quartermain (1986), King Kong (1976) ou Jumanji (2017).

    Conan le barbare (1982)

    Voilà une scène qui m’a terrifié dans ma jeunesse : la transformation de Thulsa Doom (inoubliable James Earl Jones) en serpent. Le visage et le regard figés, tel les reptiles qu’il adore au sein de sa secte sanguinaire, le sorcier modifie ses pupilles, rétracte ses mains dans les manches de sa robe, avant qu’un reptile géant n’émerge de son visage. Bien sûr, les effets spéciaux de Conan le barbare (1982) sont un peu datés, mais à l’époque, comme dans Le Loup-garou de Londres (1981) ou la série Manimal (1983), c’était vraiment impressionnant. Et mémorable, au point de m’avoir définitivement marqué depuis tout ce temps. Monument de l’heroïc fantasy, confronte un jeune cimmérien à Thulsa Doom et ses hommes. Capturé, seul survivant de son peuple, il grandit en colosse (Arnold Schwarzenegger) habité par la vengeance. Accompagné par un voleur et une guerrière, il cambriole alors la Tour des Serpents où il affronte un reptile de 11 mètres de long pour mettre la main sur un joyau convoité… reconnaissant à cette occasion le symbole de ceux qui ont tué ses parents. Le film de John Milius, première tentative sérieuse de dark fantasy, est à voir impérativement.

    Le Livre de la jungle (1967) / Le Livre de la jungle (2016)

    Si Triste Sire (Robin des Bois, 1973), Jafar version finale (Aladdin, 1992),  Juju (La Princesse et la Grenouille, 2009) et Gary De’Snake (Zootopie 2, 2025) ont marqué l’animation Disney au fil des années, ils n’arrivent pas à la cheville (qu’un serpent n’a pas !) de Kaa. Le gigantesque python réticulé représente l’un des dangers qui menacent Mowgli dans la jungle indienne, utilisant son pouvoir hypnotique pour attirer le jeune garçon dans ses anneaux et en faire son prochain repas. S’il est finalement assez comique et léger dans Le Livre de la jungle (1967), aidé par les voix inoubliables de Sterling Holloway en version originale et Roger Carel en version française et la chanson « Aie confiance » / « Trust in Me », il est beaucoup plus menaçant dans la version live (Le Livre de la jungle, 2016) qui remplace le reptile cartoonesque par un monstre réaliste, qui s’en remet aux timbres de Scarlett Johansson et Leïla Bekhti pour attirer Mowgli en utilisant une manipulation et une tentation froides mais implacables. De manière amusante, le Kaa original imaginé en 1884 par Rudyard Kipling dans son roman était certes un prédateur impitoyable craint de toute la jungle, mais ami de Mowgli qu’il délivre des singes avec Baloo et Bagheera. Kaa est aussi présent dans Le Livre de la jungle 2 (2003) et Mowgli : la légende de la jungle (2018) où Cate Blanchett donne de la voix sous les écailles.

    Sahara (2017)

    On l’a vu avec Gary De’Snake et Kaa, l’animation aime régulièrement revisiter la figure du serpent. Je pense à l’expert en perçage de coffre des Bad Guys (2022), à la Vipère de Kung Fu Panda (2008) ou au pistolero à sonnettes de Rango (2011). Je les aime beaucoup, mais j’avais envie de mettre en avant une production franco-canadienne : Sahara (2017) de Pierre Coré, à ne pas confondre avec le très chouette Sahara (2005) emmené par Matthew McConaughey. Bien sûr, le long métrage ne peut pas lutter contre des géants comme Disney/Pixar, Illumination ou DreamWorks. Mais l’ambition est là, avec une aventure colorée, certes assez classique dans sa narration et ses thèmes (quête initiatique, amour impossible, acceptation de la différence), mais qui saura embarquer petits et grands. Grâce notamment à une animation qui parvient à transmettre beaucoup d’émotions malgré l’absence de membres, et un doublage très réussi où l’on reconnaît Omar Sy, Louane Emera, Franck Gastambide, Vincent Lacoste, Ramzy Bedia, Clovis Cornillac, Reem Kherici, Jonathan Lambert, Sabrina Ouazani, Marie-Claude Pietragalla, Mathilde Seigner, Michaël Youn, Roschdy Zem et Grand Corps Malade en charmeur de serpents. Si vous ne l’avez jamais vu, n’hésitez pas à prendre la direction du désert !

    King Cobra (1999), Python (2000) et les nanars à serpents

    De la même manière que la sharksploitation a essoré les requins sous toutes les formes possibles et imaginables (je vous en partage un certain nombre ici), il existe une snakesploitation dont le cinéma bis s’est joyeusement emparé ! Dans cette grande famille, il y a vraiment de tout (et rarement du bon), mais de quoi assurément combler votre appétit de reptiles, géants ou non. Je pense évidemment à la saga Python (2000) / Boa - New Alcatraz (2001) / Python 2 - Le Parfait Prédateur (2002) / Boa vs Python (2004), aux (més)aventures exotiques King Cobra (1999) et Jungle Run (2021), aux monstres géants de Megaconda (2010), Snake (2018), Monster Python (2018) et Mutant Python (2021), aux duels que sont Mega Python vs. Gatoroid et Komodo vs. Cobra (2005) ou au mutant improbable de Piraconda (2012). Même un anaconda géant n’arriverait pas à digérer autant de nanars à serpents !

  • Stranger Things : c’était la meilleure fin possible... et voilà pourquoi !

    Stranger Things : c’était la meilleure fin possible... et voilà pourquoi !

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Toutes les bonnes choses ont une fin et Stranger Things (2016-2026) n’échappe pas à la règle. Après dix ans d’aventures à Hawkins, les protagonistes ont prononcé leurs dernières répliques dans le huitième épisode de la saison 5, ultime opus de la série. ATTENTION - Ne lisez pas ce qui suit si vous n’avez pas encore vu le final !

    Ces deux dernières heures ont apporté leur lot de stress et de tensions quant au devenir de Mike, Will, Steve, Dustin, Lucas, Eleven, Joyce et toute la bande qui a vécu les pires horreurs pendant dix ans. Mais SPOILERS, tout est bien qui finit pour le mieux. Depuis plusieurs semaines, toutes les théories échafaudées, toutes les hypothèses envisagées, ont finalement trouvé des réponses et les personnages se sont suffisamment épanchés pour solder une bonne partie de leurs problèmes.

    Pourquoi la fin de Stranger Things était la meilleure possible ? Pour JustWatch, je vous dresse un topo très subjectif de notre sentiment de complétude.

    « Stranger Things », que se passe-t-il dans la saison 5 ?

    Avec sa cinquième et ultime saison, Stranger Things opère un retour aux fondamentaux en recentrant son récit sur L’Abysse, désormais intimement lié au destin de Hawkins. Après avoir étendu son univers et multiplié les menaces à grande échelle, la série choisit de resserrer son propos autour de ce monde inversé, qui n’est plus seulement un décor terrifiant mais un espace à comprendre pour espérer y mettre un terme définitif.

    Dans cette dernière ligne droite, chaque personnage est confronté à l’aboutissement de son arc narratif. Eleven doit apprendre à se définir autrement que par ses pouvoirs, Mike et Will sont forcés d’affronter leurs non-dits et d’assumer leur passage à l’âge adulte, tandis que Dustin et Lucas portent les cicatrices laissées par les combats précédents. Steve, Nancy et Jonathan se trouvent à un carrefour décisif, partagés entre leurs sentiments et leurs renoncements. Joyce, enfin, demeure le pilier du groupe (même jusqu’à son geste final…), rappelant que la lutte contre L’Abysse est aussi une bataille pour préserver ce qu’il reste de leur humanité.

    Une fin qui ne laisse pas traîner de mystères inutiles

    Avec cette dernière saison de Stranger Things, attendue depuis mai 2022 (date de la sortie de la saison 4), les frères Duffer avaient la pression monumentale de tout scénariste devant le dernier paragraphe de sa copie : bien conclure. Entre renverser la table dans un bain de sang, et rester dans un mood très Goonies où tous les personnages ressortent globalement indemnes de l’aventure, les jumeaux ont choisi leur camp. Ce ne serait pas Game of Thrones !

    Une intention qu’ils n’avaient d’ailleurs jamais cachée, ce qui peut interroger quand on voit les réactions étonnées de certains médias et fans, fâchés par la supposée « mièvrerie » du dernier épisode. Pourtant, comme on est en droit de l’attendre d’une conclusion de fiction, tout s’éclaire dans la saison finale.

    Les grandes questions trouvent enfin leurs réponses : d’où vient le Monde à l’Envers ? Comment Henry Creel est devenu Vecna ? Où est passé le Flagelleur Mental ? L’héroïne Eleven va-t-elle survivre ? S’ajoutent des enjeux plus terre-à-terre mais tout aussi importants pour les fans, comme l’avenir de la relation entre Nancy et Jonathan ou encore l’évolution de l’amitié entre Mike et Will après le coming out de ce dernier.

    En refusant l’ambiguïté gratuite, Stranger Things fait le choix de la clarté narrative, dans un réflexe finalement assez proche des « ref » des années 70/80 des Duffer (Les Goonies bien sûr, mais aussi E.T. l’extra-terrestre, Alien, Terminator, Les Griffes de la nuit…).

    Une fin comme une bonne partie de Donjons & Dragons

    L’expression « la boucle est bouclée » n’a jamais autant trouvé meilleure illustration qu’avec Stranger Things. Depuis longtemps, certains prédisaient une conclusion pensée comme une immense partie de Donjons & Dragons, revenant ainsi à la deuxième séquence de l’épisode 1 de la saison 1, à savoir une partie de ce jeu de rôles entre Dustin, Will, Mike et Lucas. 

    D’autres théories allaient encore plus loin, suggérant que Mike refermerait un script en train d’être finalisé, révélant que toute cette histoire ne serait que le fruit de son imagination. Au final, les frères Duffer se montrent plus malins en mélangeant habilement ces pistes sans tomber dans le twist paresseux. Mike est à la fois en train de consigner par écrit de ce qu’il a vécu comme pour figer ses souvenirs avant de passer à l’âge adulte, tandis que les ados d’Hawkins (Max incluse) se retrouvent dans le sous-sol de la maison des Byers pour une nouvelle partie de D&D (ou est-ce la même ?).

    Une scène simple, presque anodine, mais profondément symbolique. La menace est vaincue, mais l’essentiel demeure : l’amitié, l’imaginaire et ce refuge qu’était le jeu au début de l’aventure. « That’s all Folks », aurait conclu un épisode des Looney Tunes, parfaitement incarné selon moi dans ce sourire revenant sur les lèvres de Mike au moment de regarder sa petite sœur Holly s’attabler avec ses amis pour entamer une nouvelle partie de D&D. Les frères Duffer nous disent que nous n’avons pas rêvé à travers les yeux d’un personnage ce que nous avons vécu grâce à la fiction, mais nous font quand même un petit clin d'œil complice pour nous rappeler que nous sommes - évidemment- dans une fiction et que personne n’est dupe !

  • De Fallout à The Boys : ces 7 séries SF incontournables reviennent en 2026 et sont à rattraper d'urgence

    De Fallout à The Boys : ces 7 séries SF incontournables reviennent en 2026 et sont à rattraper d'urgence

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Le truc avec la science-fiction, c’est qu’elle adore vous faire croire que tout va bien… jusqu’à la minute où tout s’effondre. Et en ce moment, les meilleures séries du genre ont toutes un point commun : elles reviennent pour de nouvelles saisons. Il faut dire que le genre à la côte, et ce n’est pas pour nous déplaire. 

    Voici sept séries de SF qui vont continuer en 2026 (et au-delà ?), à regarder dès maintenant pour arriver à l’heure quand les nouveaux épisodes tomberont. Du bunker post‑apocalyptique aux couloirs d’un vaisseau Starfleet, en passant par des mondes parallèles et des super‑héros qui saignent, c’est une sélection qui promet autant de frissons que de nuits trop courtes.

    Dark Matter (2024–)

    On commence à frôler l’overdose de multivers ces derniers temps, non ? Entre Marvel et DC, même Stephen Hawking en aurait marre. Heureusement, Dark Matter est là pour rafraîchir le sujet. La série adapte le best-seller de Blake Crouch (qui est aussi aux commandes), et part d’un pitch simple : et si votre vie « idéale » vous était volée par une version de vous‑même qui a fait d’autres choix ? Le show joue la SF comme un thriller d’identité, avec ses doubles, ses décisions qui reviennent vous mordre au pire moment, et cette peur très contemporaine de regarder sa propre existence comme un plan B raté.

    La saison 1 est dense, ne perd pas de temps et nous confronte au cauchemar de tous les indécis : « et si ? ». C’est anxiogène, hitchcockien, étouffant, mais on ne s’arrête pas de regarder. Son rythme effréné est peut être un peu trop rapide à mes yeux, car j’aime lorsqu'une histoire s’installe, lentement, avant de tout déclencher. Mais si vous aimez le concept du « double » de Counterpart (2018), cette course-poursuite à travers les réalités va vous scotcher, surtout avec un Joel Edgerton aussi bon. La saison 2 devrait sortir vers l’été 2026.

    Silo (2023–)

    En nous plongeant dans un silo souterrain de 144 étages qui abrite les survivants d’une Terre dévastée, Silo est une série qui vous enferme, puis vous regarde respirer plus vite. Le bunker, la hiérarchie, les règles absurdes, les vérités qu’on garde sous clé : c’est du post‑apocalyptique qui ressemble à une expérience sociale géante. Face à d’autres dystopies plus frontales, Silo préfère l’asphyxie lente : le doute, le soupçon, la petite phrase qui vous fait tout remettre en question.

    C’est sale, mécanique, ça sent l’huile de moteur et la poussière. Le show est au-delà d’une simple dystopie et flirte avec le thriller politique addictif dont on attend la prochaine grande révélation. On peut espérer retrouver la série pour une troisième saison au printemps 2026, mais aucune date précise n’a encore été donnée par Apple TV+. La saison 4 est déjà dans les starting blocks… mais il faudra attendre encore un peu ! 

    Star Trek : Strange New Worlds (2022–)

    Star Trek: Strange New Worlds est une série SF généreuse, aventureuse, parfois lumineuse — sans être naïve. Chaque épisode a ce goût de récit complet : « une planète, un problème, une solution », c’est simple et efficace. C’est du Star Trek qui assume la science, le danger, l’éthique… et le plaisir pur de l’exploration, avec un Capitaine Pike à la chevelure défiant la gravité. 

    C’est coloré, optimiste, et ça fait du bien au milieu des récits apocalyptiques.  La saison 4 est attendue pour 2026, sans rien de précis pour le moment. En attendant, vous pouvez regarder Star Trek : Starfleet Academy (2026) qui sort en janvier ! 

    Le Problème à 3 Corps (2024–)

    On nous annonçait qu’il était impossible d’adapter le chef-d'œuvre de Liu Cixin. Pourtant, Netflix a confié les clés aux créateurs de Game of Thrones. Le résultat ? Le Problème à 3 Corps divise autant qu’il fascine. La série suit les conséquences spatio-temporelles sur le présent d’une décision prise par une jeune femme en Chine dans les années 60. Un groupe de scientifiques devient le seul rempart contre l’une des plus grandes menaces de l’histoire. 

    Cette série, c’est une SF qui gratte, qui divise, et qui laisse des questions sous la peau plutôt que des réponses propres. Certains diront que la version chinoise, Three Body, est bien meilleure. Nous vous laisserons juger ! La saison 2 devrait sortir vers la fin 2026, mais aucune date précise n’a encore été annoncée. 

    Fallout (2024–)

    Fallout fait cohabiter le grotesque et le tragique à merveille. On y suit Lucy, l’ingénue qui quitte le confort de son abri souterrain aseptisé pour affronter la réalité des Terres Désolées à la recherche de son père. On a l’impression qu’on est coincé entre une pub Coca-Cola des années 50 et Mad Max (1979). Sous l’humour noir et ses airs de farces ultra-violentes, on retrouve une satire politique.

    Si vous aimez le mordant, Fallout est un bon pont entre la SF et le cynisme pur : ça rigole, mais ça saigne. La saison 2 est déjà en cours et sort chaque semaine sur Prime Video, alors dépêchez-vous de regarder la première saison avant que tous vos potes ne vous spoilent ! 

    Invincible (2021–)

    Je pourrais écrire des pages sur Invincible tellement la série a réussi à me surprendre. Ne vous fiez pas à son esthétique de dessin animé du samedi matin, la série est une boucherie. Robert Kirkman (The Walking Dead) adapte son propre comic book et nous livre une déconstruction brutale du mythe du super-héros. On suit Mark Grayson, un ado dont le père, Omni-Man, est l'équivalent de Superman. 

    Tout semble cliché, jusqu’au plot twist du premier épisode. A partir de là, Invincible devient un bijou scénaristique, avec des combats incroyablement violents, des os qui cassent, du sang qui gicle et des retournements de situation comme on n’en trouve généralement que dans les anime comme l’Attaque des Titans (2013). Invincible ne peut que plaire aux fans de The Boys (2019), mais est bien plus viscéral et tragique, et bien moins politique. La saison 4 arrive au printemps 2026, et j’ai vraiment, vraiment, vraiment hâte.

    The Boys (2019–)

    Quelle chance ! Après Invincible, on a droit à une nouvelle saison de The Boys en 2026. Eric Kripke a adapté le comics trash de Garth Ennis pour en faire une satire politique mordante de l'Amérique contemporaine. On entre dans un monde où les super-héros sont gérés par le marketing, la politique, la violence et le besoin de se sentir tout puissants. L'équivalent de Superman est un sociopathe narcissique masculiniste qui installe un climat de terreur. Face à lui, Billy Butcher et sa bande de bras cassés qui tentent de mettre fin à la toute puissance de ces « super-héros ».

    C’est sale, souvent drôle, parfois épuisant. La série arrive si bien à parler du monde contemporain que ça en est bouleversant. Elle ne parle pas seulement des gens puissants, elle parle d’une société qui accepte de raconter des histoires tant que le logo est joli. La saison 5 (la dernière) sort le 8 avril 2026. En attendant, Peacemaker (2022) devrait satisfaire vos envies d’irrévérence. 

  • De Évanouis à Sinners, les 10 meilleurs personnages cinéma de 2025

    De Évanouis à Sinners, les 10 meilleurs personnages cinéma de 2025

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Au-delà d’une fréquentation en demi-teinte, qui a vu les spectateurs quelque peu délaisser les salles obscures, l’année cinéma 2025 a livré des œuvres de qualités (pour voir le Top de l’équipe JustWatch France, c’est juste ici !). Et des personnages vraiment réussis, voire immédiatement cultes. Des « instant classics » qui ont trouvé une place de choix dans la culture pop dès leur apparition à l’écran.

    Dans cette sélection JustWatch, je vous partage celles et ceux qui ont marqué ma rétine, par leur interprétation, leur aura ou leur décalage. En excluant, évidemment, les biopics et films basés sur des histoires vraies (difficile de juger un personnage existant, vous en conviendrez). C’est un peu mes Oscars à moi, finalement. Et les meilleurs personnages 2025 sont…

    Tante Gladys - Évanouis (2025)

    Quelques jours après la sortie de Évanouis (2025), Zach Cregger et les studios Warner Bros. ont annoncé le développement d’un prequel centré sur elle : c’est dire l’impact de la Tante Gladys sur les spectateurs. Dès son apparition, la vieille dame, surmaquillée (une sorte de Longlegs version féminine) et très maniérée, provoque quelque chose. Une sensation de l’ordre du malaise, mêlée d’une réelle fascination. On a envie de la voir encore et encore… et en même temps de ne plus jamais la croiser. Il ne faut pas trop en dire sous peine de spoiler l’une des claques thrillers de l’année : juste savoir qu’on est au croisement de Prisoners et Pulp Fiction, avec une disparition d’enfants racontée sous formes de segments complémentaires consacrés à différents personnages. Et parmi eux, il y a cette Tante Gladys à qui Amy Madigan donne une présence folle. Et terrifiante. Si vous la voyez sortir un saladier et une branche, fuyez !

    Perfidia - Une bataille après l’autre (2025)

    C’est sur la silhouette encapuchonnée de Teyana Taylor, alias Perfidia, que s’ouvre Une bataille après l’autre (2025), LE grand favori de la saison des récompenses et de la course aux Oscars et aux Golden Globes. Et dès cette apparition, on ne voit plus que cette révolutionnaire incandescente, amazone moderne en guerre contre la société. Au point d’éclipser -à mes yeux- les performances pourtant très réussies du glandeur Leonardo DiCaprio, du martial Sean Penn et du sensei Benicio Del Toro. Bien sûr, on connaissait Teyana Taylor pour son travail dans la chanson, la danse et la mode. Et le long métrage de Paul Thomas Anderson n’est pas son premier film ni sa première série (on l’a vue avant dans A Thousand and One ou Star). Mais son interprétation est une claque monumentale. Au point où je me demande pourquoi « PTA » a décidé de l'occulter du récit à la moitié du film. Il y avait tellement de choses à raconter sur la nouvelle vie de Perfidia et sa gestion de la trahison, elle qui a balancé ses amis. Même si son absence devient, au final, une sorte de présence, je voulais plus de Perfidia.

    Varang - Avatar : De feu et de cendres (2025)

    Si Avatar : De feu et de cendres (2025) fait moins l’événement que ses deux prédécesseurs (le raz-de-marée pandoresque a laissé la place à un succès certes solide mais relativement timide au regard du budget monumental de 400 millions de dollars), un personnage tire son épingle du jeu. Il s’agit de Varang, la nouvelle antagoniste, issue cette fois non pas des rangs humains mais du peuple Na’vi. A la tête du clan Mangkwan, des pillards qui ont rejeté Eywa et embrassé l’adoration du feu, cette sorcière est vraiment marquante, inspirant à la fois terreur et fascination. L’interprétation brûlante de Oona Chaplin (la petite-fille de Charlie Chaplin !) donne vie à cette cheffe sans pitié, qui reçoit l’admiration de sa tribu comme de Quaritch (Stephen Lang). Dommage qu’elle ait, finalement, si peu de place dans une histoire qui tourne plus autour de l’eau que du feu… Comme pour Perfidia, on voulait plus de Varang !

    Rumi Kang - KPop Demon Hunters (2025)

    La surprise streaming de l’année, c’était assurément KPop Demon Hunters (2025), l’un de ces succès sortis de nulle part dont Netflix a le secret. Avec 325 millions de vues et plus de 540 millions d'heures de visionnage, c’est tout simplement le film le plus regardé de l’histoire de la plateforme. Et le seul long métrage animé du Top 10, au passage. Ce phénomène a été porté par le trio KPop des HUNTR/X, et notamment la leadeuse Rumi Kang reconnaissable à sa longue chevelure violette et sa voix unique. Cette héroïne, chasseuse de démons la nuit venue en compagnie de ses amies Mira et Zoey, est aussi rongée par un terrible secret : elle a, elle aussi, une ascendance maléfique. Quatre voix ont donné vie au personnage (Arden Cho aux dialogues et Ejae au chant en version originale, Noémie Orphelin et Alexiane Broque en version française), qui va assurément devenir une nouvelle icône du cosplay.

    Garrett Garrison - Minecraft, le film (2025)

    Cheveux façon mulet, veste rose à franges (!), jean slim et ego surdimensionné : je vous présente Garrett Garrison, alias « La Poubelle » (« Garbage Man » en version originale) ! Voir Jason Momoa jouer le jeu de ce personnage aussi loser qu’attachant est l’une des grandes qualités de Minecraft, le film (2025) dont je n’attendais RIEN (et même le pire) et devant lequel j’ai passé un très bon moment. Notamment grâce à cet ancien champion de jeu vidéo (il dominait Hunk City Rampage en 1989), qui rêve de retrouver sa gloire passée. Totalement incompétent, il est l’un des moteurs comiques de cette adaptation très lucrative (près d’un milliard de dollars de recettes mondiales), faisant jeu égal avec Jack Black quand il s’agit de s’amuser. On connaissait Jason Momoa plutôt sérieux et badass, il excelle aussi quand il s’agit de s'autoparodier. J’ai hâte de voir ce qu’il fera de Lobo au sein de l’univers  DC !

    Smoke & Stack - Sinners (2025)

    Deux Michael B. Jordan pour le prix d’un, c’est la promesse de Sinners (2025), l’une des autres belles surprises proposées par Warner Bros. cette année. Devant la caméra de son ami Ryan Coogler (qu’il accompagne depuis Fruitvale Station en 2013), il incarne Smoke et Stack, deux jumeaux gangsters qui décident d’ouvrir un bar dans leur ville natale. C’était sans compter l’arrivée de… Je n’en dis pas plus, mais si vous connaissez le film Une nuit en enfer (1996), vous serez en territoire connu. En attendant, ce double-rôle permet au comédien de montrer l’étendue de sa palette, en proposant deux frangins certes identiques mais aux personnalités très différentes, l’un charmeur et impulsif, l’autre sérieux et taciturne. Leur relation, fusionnelle et tragique, est au cœur du long métrage qui brasse, sous couvert d’un film de genre, de nombreux thèmes liés à l’histoire des Etats-Unis et de la musique blues.

    Dr. Kelson - 28 ans plus tard (2025)

    Avec 28 ans plus tard (2025), Danny Boyle a surpris tout le monde avec une proposition clivante mais passionnante. Beaucoup de spectateurs sont restés aux portes de cette suite de 28 jours plus tard (2002) et 28 semaines plus tard (2007), qui s’est avérée être non pas la fin d’une trilogie mais le début d’une autre ! En l'occurrence une plongée en territoire infecté, au cœur d’un Royaume-Uni définitivement mis en quarantaine, où la vie s’organise entre survivants sains et créatures contaminées par le virus de la Fureur. Les pas d’un jeune garçon (Alfie Williams) vont alors croiser la route d’un étrange personnage, le Docteur Ian Kelson (Ralph Fiennes). Malgré son apparence inquiétante (il est recouvert d’iode !), l’homme est extrêmement doux et bienveillant, et fait preuve d’un humanisme disparu dans ce monde post-apocalyptique, honorant la vie et la mort des infectés comme des non-infectés dans son temple d’ossements. Je suis très curieux de le retrouver dans 28 Ans plus tard : Le Temple des morts, attendu ce 14 janvier en salles. 

    Mister Terrific - Superman (2025)

    Oubliez l’Homme d’acier, oubliez son superchien Krypto : le personnage le plus réussi du Superman (2025) de James Gunn est assurément Mister Terrific. Campé par Edi Gathegi avec un sérieux savoureux, pas très loin d’un vrai mépris pour ses congénères qui ne possèdent pas son intelligence surdéveloppée, ce membre de la Justice Gang brille ici par son intellect, sa maîtrise de la haute technologie (grâce à des sphères multi-fonctions extrêmement pratiques) et sa capacité à refermer les failles de dimensions parallèles. Mais aussi par ses réparties, sa coolitude et son swag, qui tranchent avec l’imagerie un peu kitsch véhiculée par Guy Gardner / Green Lantern (Nathan Fillion) et Hawkgirl (Isabela Merced). Son masque en forme de « T » aurait pu être ringard… Il lui donne au contraire un style génial qui a fait de lui LE personnage préféré des spectateurs dans cette nouvelle version. Et le mien ! C’est LA révélation super héroïque de l’année avec Bob / Sentry (Lewis Pullman) de Thunderbolts* (2025).

    Bruce Tucker - Dangerous Animals (2025)

    Malgré un passage au Festival de Cannes en mai dernier, Dangerous Animals (2025) n’a pas réussi à surfer sur la vague du shark revival lancée par Sous la Seine (2024). Et c’est dommage que le film de Sean Byrne soit un peu passé inaperçu, car il met en scène un personnage vraiment réjouissant (si on aime les psychopathes) : Bruce Tucker, un (grand méchant) loup de mer qui adore kidnapper d’innocentes victimes pour les offrir en pâture aux squales, dont il film le festin avant de se repasser les images en boucle, le soir dans sa cabine. Totalement habité par le rôle, Jay Courtney est le vrai monstre d’un film où les requins sont finalement peu présents. Croisement entre le pêcheur Quint des Dents de la mer, le terrifiant Buffalo Bill du Silence des agneaux et le tueur sadique de Wolf Creek, il est vraiment dérangeant (et dérangé). Et il emmène le film dans les eaux de la série B plus que recommandable.

    Mikki - Arco (2025)

    Un an après Le Robot sauvage (2024), voilà que je verse des larmes pour un autre robot ! Dans Arco (2025), la superbe fable humaniste et futuriste de Ugo Bienvenu, il y a un petit garçon venu de l’avenir, une fillette intrépide qui va l’aider à rentrer chez lui, trois frangins rigolos… et le robot à tout faire Mikki. Chargée de surveiller et éduquer Iris et son petit frère, la machine est devenue un parent de substitution qui brille par sa patience, son attention, sa douceur. Jour et nuit, Mikki veille sur ses deux humains. Et malgré son corps de métal et les processeurs qui gèrent ses actions, il laisse apparaître un attachement sincère pour les enfants. En voyant la mascotte du dessinateur (Mikki apparaît aussi dans ses BD et courts métrages), j’y ai vu un écho du T-800 observé par Sarah Connor dans Terminator 2 (1991) : « En regardant John avec cette machine, tout devint très clair : il ne s’arrêterait jamais. Il ne l’abandonnerait jamais. Et il ne le frapperait jamais, ne crierait jamais après lui ou le tabasserait en rentrant saoul ou ne dirait qu’il est trop occupé pour jouer avec lui. Il serait toujours là. Et il mourrait pour le protéger. Et de tous les pères possible qui sont passés toutes ces années, cette chose, cette machine était le seul à être à la hauteur. Dans un monde de fous, c’était le choix le plus raisonnable. »  Anecdote étonnante, la voix du robot est un mélange des timbres de Alma Jodorowsky et Swann Arlaud en version française, et de Mark Ruffalo et Natalie Portman en version anglaise.

    Mentions spéciales

    Voilà pour mes coups de coeur, mais je ne voudrais pas oublier d’autres personnages notables qui ont fait mon/notre bonheur sur grand écran cette année : le maire-cheval Brian Winddancer et sa magnifique crinière blonde (avec la voix du toujours génial Adrien Antoine) dans Zootopie 2, l’enfant-créature de Substitution - Bring Her Back (Jonah Wren Phillips m’a traumatisé), les différentes versions de Mickey 17 campées par Robert Pattinson, le touchant et inspirant Charles Krantz dans Life of Chuck (quelle danse de Tom Hiddleston !), le couple glamour et plein d’humour de Y’a t-il un flic pour sauver le monde (Liam Neeson et Pamela Anderson, ça fonctionne !), le mystérieux Major de Marche ou Crève (Mark Hamill en méchant, on aime), le trio (très) étrange de Bugonia (Emma Stone, Jesse Plemons et Aidan Delbis)… et toute la bande de ravers abîmés de Sirāt. 

  • L’Odyssée, Avengers, Dune 3, Spielberg : les blockbusters les plus attendus en 2026 !

    L’Odyssée, Avengers, Dune 3, Spielberg : les blockbusters les plus attendus en 2026 !

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Qu’on se le dise : l'année cinéma 2026 s’annonce exceptionnelle, que ce soit en termes de « mid-budget movies » ou de blockbusters. Mais ce sont bien ces derniers qui marqueront le retour de Steven Spielberg, Christopher Nolan ou encore Denis Villeneuve dans les salles obscures. 

    Car oui, ces (très) grands cinéastes ont choisi cette nouvelle année pour revenir sur le devant de la scène, que ce soit avec des œuvres originales ou des suites de sagas particulièrement réussies. Très grosses stars et/ou très gros budget (et parfois appartenant à une licence), telles sont les conditions pour qu’un film soit qualifié de blockbuster. Pour JustWatch, je vous ai concocté une liste des superproductions les plus attendues de l’année, qui feront à coup sûr trembler le box-office 2026.

    Disclosure Day - au cinéma le 10 juin 2026

    Trois ans après la sortie de The Fabelmans, Steven Spielberg retourne à l'un de ses genres favoris, la science-fiction, avec Disclosure Day. Le titre et l’intrigue n’ont été dévoilés que très récemment, et bien qu’un premier aperçu soit sorti le 16 décembre, le mystère qui entoure le dernier projet du cinéaste reste total. Si on sait que le film aura un lien avec la présence irréfutable d’extraterrestres et les conséquences que cela aura pour les terriens, côté casting, nous savons déjà qu’Emily Blunt, Josh O’Connor, Colin Firth, Colman Domingo er Eve Hewson seront à l’affiche de ce blockbuster très énigmatique.

    Toy Story 5 - au cinéma le 17 juin 2026

    « Ton ami, c’est moi… » Le refrain iconique qui symbolise l'amitié entre Woody et Buzz l'Eclair résonnera encore une fois dans les salles obscures. Un premier teaser de Toy Story 5 a déjà été dévoilé et semble annoncer un énième danger pour la bande de jouets légendaires des studios Pixar : les tablettes pour enfants ! Et bien oui, quid de Woody, Monsieur Patate et Rex, si un jouet connecté ultra sophistiqué du nom de Lilypad réussit à capter toute l'attention de la petite Bonnie ? Réponse dans quelques mois ! Il va sans dire que Tom Hanks et Tim Allen seront de retour côté voix.

    Supergirl - au cinéma le 24 juin 2026

    Un an après la sortie du Superman de James Gunn, sa cousine, Kara Zor-El, que nous avons pu apercevoir à la toute fin du long métrage, sera la star de son propre film, Supergirl. C’est l'actrice australienne Milly Alcock qui reprendra son rôle, accompagnée du chien Krypto. Une première bande-annonce a été dévoilée il y a quelques jours, et montre la super-héroïne sous un nouveau jour, très loin des versions idéalisées et édulcorées auxquelles nous avons déjà eu le droit dans le passé. Dans un esprit pop et un peu destroy, cette nouvelle icône DC affrontera des ennemis de la Terre en tout genre, tout comme son cousin le faisait déjà avant elle. 

    L’Odyssée - au cinéma le 15 juillet 2026

    La bande-annonce de L'Odyssée a battu un record en atteignant plus de 121 millions de vues en 24 heures à sa sortie la semaine dernière : un chiffre énorme qui témoigne de l'impatience des fans de découvrir la vision que Christopher Nolan proposera de l’épopée d'Homère. Avec un casting 5 étoiles incluant Matt Damon, Anne Hathaway, Zendaya, Tom Holland ou encore Mia Goth, L’Odyssée sera assurément le film de l’été. Et si les photos de tournage qui ont fuité sur la toile, notamment les scènes incluant le cheval de Troie, ne sont qu’un petit avant-goût de ce que nous réserve Nolan, il se pourrait bien que L'Odyssée soit LE film de l'année. 

    Spider-Man: Brand New Day - au cinéma le 29 juillet 2026

    Cet été, Tom Holland reprendra du service dans son costume iconique de Peter Parker dans Spider-Man: Brand New Day. Si nous avons pu apercevoir énormément de photos et vidéos de tournage qui se déroulait à Glasgow en Ecosse cet été, le synopsis officiel reste encore un peu flou, même si on sait que le film se déroule 5 ans après les événements de No Way Home. Nous savons aussi que Brand New Day sera le seul et unique film Marvel à sortir avant Avengers: Doomsday : de quoi faire patienter les fans jusqu’en décembre 2026. Zendaya et Jacob Batalon reprendront également leur rôles alors que Sadie Sink, la Max de Stranger Things, sera de la partie même si son rôle est encore top secret !  

    Hunger Games: Lever de soleil sur la moisson - au cinéma le 25 novembre 2026

    La saga dystopique Hunger Games revient, trois ans après la sortie du prequel La Ballade du serpent et de l’Oiseau Moqueur (2023). L'annonce du film avait d'ailleurs été faite en même temps que l’annonce du livre écrit par Suzanne Collins. Dans Lever de soleil sur la moisson, nous serons amenés à suivre la jeunesse et les Hunger Games de Haymitch Abernathy, interprété par Woody Harrelson dans les premiers films, et cette fois-ci incarné par Joseph Zada. Nous retrouverons également Elle Fanning dans le rôle de la jeune Effie Trinket, mais également Mckenna Grace, Jesse Plemons et Ralph Fiennes dans le rôle du terrifiant Président Snow.

    Avengers: Doomsday - au cinéma le 16 décembre 2026

    Les frères Russo seront bel et bien de retour pour créer ce qui s’annonce déjà comme l'événement cinématographique de la fin d'année 2026, avec Avengers: Doomsday. Petit à petit, les studios Marvel teasent sur les réseaux sociaux le comeback de nos super-héros préférés, de Steve Rogers à présent devenu papa, à un Thor beaucoup plus sombre et sérieux. Le buzz avait déjà été créé à l’annonce du retour de Robert Downey Jr. dans le rôle du Doctor Doom, et lors de la révélation de la distribution en mars dernier (avec BEAUCOUP de héros dont les X-Men). Une annonce qui avait duré plus de 5 heures et demie !

    Dune : Troisième partie - au cinéma le 16 décembre 2026

    Après plusieurs reports de sortie, Dune : Troisième Partie sortira finalement le 16 décembre 2026, soit le même jour que Avengers: Doomsday ! Cela annonce un duel SF au sommet du box-office. Timothée Chalamet, Zendaya, Florence Pugh et Rebecca Ferguson seront de retour sur grand écran pour le troisième opus de la saga gigantesque de Denis Villeneuve adaptée de Frank Herbert. Et qui sait, cela marquera peut-être le début d’un Barbenheimer 2026 ? Un « Dunesday » en devenir ? Le nom est à revoir, mais c’est pourtant ce qui semble déjà s’annoncer pour Noël prochain !

  • Top cinéma 2025 : les meilleurs films de l’année selon JustWatch France

    Top cinéma 2025 : les meilleurs films de l’année selon JustWatch France

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Et s’il fallait retenir 5 films de ce cru cinéma 2025 ? Les plumes de l’équipe éditoriale de JustWatch France vous partagent chacune leurs longs métrages préférés, entre coups de cœur, coups de poing et claques sensorielles. Nous vous remercions d’avoir lu nos classements, tops, recommandations et décryptages tout au long de l’année et repartons de plus belle en 2026 pour célébrer le cinéma (et les séries et les animés, aussi) et vous aider à découvrir toujours plus d'œuvres susceptibles de nourrir votre passion. Tous nos voeux cinéphiles !

    Les 5 films préférés de Maëlle Beauget-Uhl en 2025

    Une bataille après l’autre (2025) - L'année cinématographique 2025 aura été marquée par le grand retour de Paul Thomas Anderson qui avec son nouveau film signe un scénario engagé et dénonciateur (des dérives gouvernementales, sociétales et politiques de notre temps). Le film est porté par de très belles performances du côté de Leonardo DiCaprio, Benicio del Toro et de la nouvelle étoile montante d’Hollywood, Chase Infiniti, mais également par une photographie incroyable puisque Paul Thomas Anderson et son directeur de photographie, Michael Baumann, ont pris la décision de le tourner en 35mm et VistaVision. 

    Sinners (2025) - Ma séance en IMAX pour le film de Ryan Coogler, reste l’une de mes meilleures expériences cinématographiques de l'année 2025. Entre les changements de ratio tout au long du film, LE plan séquence tout simplement génial et déjà iconique tourné par la directrice de photographie Autumn Durald Arkapaw et la musique de Ludwig Göransson, Sinners s’est instantanément imposé dans mon Top 5 de l'année. Même si je lui trouve parfois des petits problèmes de rythme, je trouve que ça cadre finalement assez bien avec tout l'aspect expérimental du film, que ce soit au niveau du scénario, de sa musique ou même de son montage. 

    Train Dreams (2025) - Ce film ne fait malheureusement pas autant de bruit que je l’aurais souhaité en France, je profite donc de ce petit Top 5 pour clamer mon amour pour ce long métrage magnifique réalisé par Clint Bentley (et vous convaincre de le voir dès à présent sur Netflix !). Il se dégage du long métrage  une force tranquille, mais aussi une poésie et une mélancolie indéniable, notamment grâce au travail de photographie d'Adolfo Veloso et à la musique de Bryce Dessner. Joel Edgerton incarne un homme en pleine contemplation d’une vie et d’une société en constante évolution au début du XXème siècle, et livre par la même occasion l’une des meilleures performances de sa carrière. 

    Frankenstein (2025) - Je n’ai malheureusement pas fait partie des chanceux et chanceuses qui ont découvert le film de Guillermo del Toro sur grand écran, mais j’ai adoré la performance touchante et mélancolique de Jacob Elordi dans le rôle de la Créature, ainsi que la BO d’Alexandre Desplat. Sachant également ce que cette adaptation représente pour le cinéaste et le mal qu’il a eu à la faire, cela ajoute encore plus à la poésie qui émane de son œuvre finale, comme de n’importe quel film réalisé par Del Toro. 

    Mission Impossible : The Final Reckoning (2025) - Même si le dernier opus de la saga n’est pas forcément mon préféré, je me devais de l’avoir dans mon Top 5 tant cette franchise a compté dans ma vie de cinéphile. Bien que je lui trouve des défauts de rythme et d'écriture, la prouesse que représente la réalisation d’un film Mission: Impossible -et surtout le miracle que tout le monde en ressorte indemne !- est plus évidente que jamais dans celui-ci. Les cascades imaginées, chorégraphiées et réalisées par Tom Cruise et son équipe ne sont plus à présenter. Mais c’est surtout le gros pincement au coeur que j’ai de devoir dire au revoir à Ethan Hunt, Benji et Luther, qui prouve également que ces films, ce ne sont pas juste des cascades impressionnantes, mais surtout des personnages emblématiques, charismatiques et auxquels nous avons réellement été attachés. 

    Les 5 films préférés de Aurélien Bouron en 2025

    La Voix de Hind Rajab (2025) - Il y a des œuvres qu’on ne regarde pas pour le plaisir, mais parce qu’il le faut. Ce film hybride entre documentaire et fiction est de ceux-là. Il ne s’agit pas de cinéma, mais d’une reconstitution précise et implacable des dernières heures de cette fillette de 6 ans à Gaza. Ici, tout est misé sur le son. On entend, tout le long du film, l’enregistrement téléphonique de la petite voix de Hind, piégée dans une voiture au milieu des tirs. C’est une expérience psychologique terriblement déstabilisante. Je ne vais pas vous mentir : ça a été difficile d’encaisser cette réalité brute, bien installé sur mon fauteuil de cinéma. C’est du réel qui vous prend à la gorge et refuse de laisser une seconde de répit. Ce film nous ramène à l’essentiel : l’humanité face à l’horreur. Le film terminé, les lumières allumées, personne dans la salle ne s’est levé ou n’a parlé. Plusieurs minutes de silence ont envahi le cinéma, et les spectateurs ont fini par sortir, tête baissée, les yeux gonflés. Un visionnage éprouvant, terrifiant, mais absolument nécessaire.

    Sirāt (2025) - Je préfère vous prévenir tout de suite : ce film n’est pas une séance de cinéma, c’est une hallucination collective. Oliver Laxe nous emmène dans un road-trip métaphysique dans le désert marocain qui m’a laissé totalement K.O. Le synopsis est simple : un père (l’incroyable Sergi López) recherche sa fille disparue en suivant des caravanes de ravers nomades, accompagné de son fils. Mais très vite, les longs plans désertiques laissent place à quelque chose qui prend aux tripes. La quête se transforme en transe mystique quasi insoutenable, avec les basses de la techno qui font vibrer les sièges. C’est un film qui divise, et pour cause : à la sortie du cinéma, j’ai détesté, avant de faire un 180 degrés dès le lendemain me rendant compte du moment que j’avais pu vivre. C’est une expérience sensorielle âpre, brûlante, qui ressemble à ce que donnerait Mad Max s’il avait été réalisé par un poète sous acide. 

    Amélie et la Métaphysique des tubes (2025) - Adapter l'écriture si particulière d'Amélie Nothomb relève souvent du casse-tête. Mais ce film d'animation a trouvé la clé : il ne cherche pas à illustrer les mots, il illustre les sensations. Maïlys Vallade et Liane-Cho Han nous plongent littéralement dans la tête d'un bébé « tube », cet état végétatif et contemplatif décrit par l'autrice avant ses trois ans. Visuellement, c'est merveilleux. Le trait est organique, pastel, presque liquide, laissant place à la lumière et rappelant par moments la poésie du Conte de la Princesse Kaguya d'Isao Takahata. C’est un film qui montre l’importance de la pluie qui tombe, la beauté des mots, la nécessité des connexions humaines et le pouvoir de l’imagination. J'ai été particulièrement touché par la relation entre la petite Amélie et sa nounou japonaise, Nishio-san, traitée avec une délicatesse qui vous serre le cœur. C'est une exploration universelle et sensorielle de l'éveil à la vie, au langage et à la beauté, qui ne manquera pas de vous tirer une larme ou deux.

    Black Dog (2024) - C’est sans doute le film le plus taiseux de l’année, et pourtant, quel vacarme émotionnel. Le réalisateur Guan Hu nous emmène loin des mégalopoles futuristes, aux portes du désert de Gobi, dans une petite ville fantomatique à la veille des JO de 2008. On y suit Lang (Eddie Peng, qui réussit à tout dire dans son silence), un ex-taulard chargé de nettoyer les rues de ses chiens errants. La relation qui se noue entre cet homme brisé et ce lévrier noir est rugueuse, instinctive, et va au delà des mots. C’est la rencontre de deux parias qui se reniflent et se reconnaissent dans un lieu où l’on ne choisit pas son destin, mais où l’on peut choisir son compagnon de route pour un temps. Cette année, j’ai aimé le contemplatif, la lenteur, l’émotion brute et instinctive. Black Dog est la parfaite représentation de cela. J'ai été totalement happé par la beauté plastique de l'œuvre ; c'est un véritable western moderne, aride et sublime, où les paysages écrasent les hommes.

    The Life of Chuck (2025) - Mike Flanagan nous livre une fable humaniste, adaptée d'une nouvelle de Stephen King. La structure du film est un petit coup de génie : tout est raconté à l'envers. On commence par la fin du monde pour remonter le fil du temps jusqu'à l'enfance d'un comptable apparemment ordinaire, Charles Krantz. Au début, on a du mal à comprendre. Mais c’est cette incompréhension qui nous lance dans le film, nous place comme spectateur actif, et nous fait vivre l’expérience voulue par le réalisateur. Tom Hiddleston y livre une performance douce et généreuse — cette scène de danse improvisée dans la rue sur le rythme effréné d’une batterie restera longtemps gravée dans ma mémoire. C'est un film qui nous rappelle que chaque vie, même la plus banale, contient une multitude de mondes. Car il est bien là le but de cette histoire : illustrer le poème de Walt Whitman Chanson de moi-même, dans laquelle il récite : « Je suis immense, je contiens des multitudes. » C'est une célébration de la vie face au néant, de l’individu face au tout. 

    Les 5 films préférés de Justine Charlet en 2025

    Une bataille après l’autre (2025) - Entre farce et tragédie, ce blockbuster d’auteur époustouflant, grand favori des Oscars, a de fortes chances de remporter un maximum de statuettes. Ambitieux, le film est porté par une écriture, une mise en scène et une direction d’acteurs virtuoses qui dressent un portrait très juste de l’Amérique. Les deux pointures du cinéma que sont Leonardo DiCaprio et Sean Penn s’y télescopent avec une intensité rare, incarnant deux visions opposées : l’une habitée par l’illusion du progrès, l’autre rongée par la désillusion.

    A House of Dynamite (2025) - La première femme oscarisée, l’Américaine Kathryn Bigelow, offre un film coup de poing qui dit, en une succession de scènes et de points de vue, le bourbier mondial dans lequel la course au nucléaire nous a mis. Ça ressemble à un pamphlet contre la diplomatie internationale, d’un pessimisme absolu, porté à la connaissance du plus grand nombre (sur Netflix donc) pour créer un électrochoc. Un peu à la manière de Don’t Look up : Déni cosmique d’Adam McKay, sorti sur la même plateforme quatre ans plus tôt, le film nous pose un « et si ? » qui n’est pas prêt de nous lâcher.

    L’Etranger (2025) - Adapter ce classique d’Albert Camus semblait être un exercice de style périlleux, pourtant François Ozon réussit ce pas de côté dans sa filmographie (plus habitué à des œuvres originales !), guidé par l’impassible et indolent visage du merveilleux Benjamin Voisin, qui donne corps avec grâce et sensualité à ce Meursault dont on déteste tout autant qu’on envie l’apathie presque nihiliste face à la vie. Le choix du noir et blanc, des silences plutôt que d’une voix off portant les mots de Camus, épaissit le mystère de ce personnage qui fait le choix de l’absence à lui-même.

    Mickey 17 (2025) - Après Parasite, meilleur film du XIXe siècle selon le New York Times, Bong Joon Ho aurait pu servir un long métrage un peu en dessous de son coup de génie. Pourtant, en retrouvant la science-fiction, le cinéaste coréen propose un concept vertigineux (celui d’un homme cloné à l’infini pour servir de chair à canon dans une mission spatiale) pour faire la satire glaçante du monde du travail, de la déshumanisation et de la logique capitaliste poussée jusqu’à l’absurde. La démultiplication de Robert Pattinson flirte avec le burlesque et l’étrange, et le réalisateur s’amuse avec virtuosité à manier l’humour noir et le vertige existentiel : combien de temps peut-on mourir avant de ne plus vraiment vivre ?

    Partir un jour (2025) - Cécile, cheffe réputée montée à Paris, retrouve la ville de son adolescence, les rapports inchangés avec ses parents vieillissants, et son premier amour, Raphaël, qui fait renaître des émois enfouis. Juliette Armanet et Bastien Bouillon incarnent à merveille ces retrouvailles touchantes, sur un fond sonore composé de chansons populaires qu’on fredonne dans sa tête pendant toute la séance de ciné. Ça dit joliment les choses sur la quarantaine, les choix qu’on regarde sans regret mais avec un pincement au cœur.

    Les 5 films préférés de Öykü Sofuoğlu en 2025

    L’Agent secret (2025) - J’ai toujours eu une prédilection pour les films réalisés par des cinéastes que l’on peut qualifier de cinéphiles, dont le travail repose largement sur des références aux genres cinématographiques ou au cinéma lui-même. Le nouveau film de Kleber Mendonça Filho, que j’ai vu à Cannes, en est l’un des meilleurs exemples de méta-cinéma. Tout aussi fort sur le plan des enjeux politiques, qui relèvent autant du passé que du présent, le film joue de manière très intelligente avec nos attentes face à une fiction et nous surprend par les directions inattendues qu’il emprunte, ainsi que par les fausses pistes vers lesquelles il feint de se diriger. Le travail de mise en scène est exquis -une perle rare dans un climat cinématographique où les films de plateforme deviennent de plus en plus fades et dépourvus de vision singulière.

    L’Amour qu’il nous reste (2025) - Même après trois passages dans la sélection cannoise, le cinéma de Hlynur Pálmason demeure à ce jour peu connu des cinéphiles français. Sorti en décembre, son dernier film dresse le portrait d’une famille assez inhabituel autour d’un couple qui reste lié malgré la séparation, et de leurs trois enfants. Tourné dans des paysages ruraux d’Islande, le film se compose d’un récit fragmentaire qui s’étend sur le cours d’une année. Les images argentiques, aux textures douces et granulées, sont d’une beauté ravissante, offrant aux spectateurs une expérience contemplative, même face aux gestes les plus ordinaires de la vie quotidienne. Un autre niveau de lecture s’ajoute au film du fait que les enfants sont interprétés par les propres enfants du cinéaste, lui conférant une dimension discrètement autobiographique.

    Le Rire et le Couteau (2025) - Le réalisateur portugais Pedro Pinho signe une fresque cinématographique dans laquelle on suit les pas de Sergio, ingénieur environnemental envoyé en Guinée-Bissau afin d’évaluer les impacts potentiels d’un projet d’infrastructure sur les populations locales. Même si le film dure 211 minutes -la version intégrale de 5h20 sera projetée en 2026- le temps semble ne jamais peser : Pinho nous immerge pleinement dans le quotidien de Sergio, rythmé aussi bien par les rencontres avec les habitants autour du projet que par de longues nuits passées dans des clubs, au fil de ses incursions dans la scène queer locale. Ce qui impressionne particulièrement chez Pinho, c’est sa manière de mettre à nu les mécanismes néocoloniaux en oscillant entre un registre fictionnel derrière lequel se dessine un enjeu documentaire, tout en déstabilisant le regard de l’homme blanc porté vers l’Autre.

    Soundtrack to a Coup d’État (2024) - L’un des films les plus marquants du Sundance 2024, sorti cette année en France, est un documentaire d’archives qui explore les liens entre la diplomatie de soft power des États-Unis dans les pays d’Afrique et les complots visant le premier ministre de la République du Congo, Patrice Lumumba, jusqu’à son assassinat. Le cinéaste Johan Grimonprez compose son film telle une partition de jazz, à travers un montage dynamique qui fait entrer les sons en collision avec les images. Même si son point focal principal porte sur les agitations politiques au Congo après l’indépendance, la véritable réussite du cinéaste réside dans sa capacité à capturer le paysage politique international du début des années 1960, entre Guerre froide et mouvements de décolonisation.

    Magellan (2025) - Maître du cinéma philippin, Lav Diaz, connu pour son penchant pour les films de grande ampleur, a réalisé cette année ce qui est sans doute son film le plus accessible. Il se concentre sur l’explorateur portugais éponyme, suivant ses campagnes colonisatrices menées au nom des grandes puissances européennes. Pour incarner Magellan, Diaz a collaboré avec le très talentueux Gael García Bernal, dont la performance, modeste mais convaincante, mérite d’être saluée. Quant aux images, signées par Arthur Tort -chef opérateur ayant également donné une identité visuelle distinctive aux films d’Albert Serra- elles sont d’une beauté et d’une puissance impressionnantes. Et lorsque l’on apprend que Diaz a tourné le film avec une Panasonic GH7, une caméra relativement économique, ce choix ne fait que renforcer mon admiration pour son ingéniosité.

    Les 5 films préférés de Yoann Sardet en 2025

    Muganga - Celui qui soigne (2025) - C’est indéniablement le film que j’ai le plus recommandé cette année, celui qui me venait sans réfléchir en réponse à la question « Sinon, t’as vu quoi de bien au cinéma ? ». Le film de Marie-Hélène Roux, qui retrace l’engagement du docteur congolais Denis Mukwege auprès des femmes victimes de violences sexuelles dans son pays, est plus qu’un coup de cœur. C’est un coup AU coeur. Je connaissais déjà la mission majeure du Prix Nobel de la paix en 2018, notamment à travers le documentaire L’Homme qui répare les femmes (2015). Mais la voir prendre vie à travers l’interprétation d’une intense dignité d’Isaach de Bankolé, sans jamais que la caméra n’oublie les femmes (mention spéciale à Manon Bresch et Déborah Lukumuena) et n’occulte l’horreur des exactions commises sur les théâtre de guerres civiles, m’a bouleversé comme rarement. J’avais peur qu’il ne passe inaperçu, mais le voir avec près de 300 000 entrées au compteur et la première place du Top 2025 des Spectateurs UGC est une nouvelle rassurante. En espérant, maintenant, que les votant.es de l’Académie des César ne l’oublient pas…

    Substitution - Bring Her Back (2025) - J’ai vu BEAUCOUP de films d’horreur dans ma vie. Certaines propositions allant vraiment loin. Mais cela faisait (très) longtemps que je n’avais pas été secoué comme avec le film des frères Philippou. Dès le plan d’ouverture, sorte de found footage de rituel démoniaque, on sent que le visionnage va être douloureux. Et le long métrage -qui suit l’arrivée d’un frère et de sa sœur dans une maison d’accueil tenue par Sally Hawkins- tient plus que ses promesses durant 1h44, que j’ai passées les dents serrées et les ongles rongés entre trauma, emprise, folie, deuil, surnaturel et torture, sans jamais savoir où le récit m’emmenait. C’est douloureux, donc. C’est malaisant, c’est bizarre, c’est poisseux, c’est glauque, c’est surprenant, c’est choquant… Bref, c’est très réussi (contrairement à ce que cette litanie d’adjectifs négatifs pourrait laisser entendre !). Et beaucoup moins « teen » que La Main (2023), précédent opus des deux frangins qui signent ici un truc très fort. Et très rare. A l’heure où le cinéma d’horreur décline à l’infini des sagas (un peu) essorées, c’est réjouissant de voir qu’il existe encore des propositions originales et abouties, comme Évanouis (2025) a aussi pu l’être cette année.

    Sirāt (2025) - Là encore, une expérience totale. Pas aussi horrifique que Substitution - Bring Her Back (quoique…) mais tout aussi radicale, alors que l’enquête menée par Sergi Lopez et son fils pour retrouver la grande soeur disparue dans le milieu des ravers prend une route inattendue, direction un désert sans fin qui transforme le thriller en voyage mystique, sensoriel et post-apo. C’est finalement impossible de décrire le film d’Oliver Laxe : c’est une proposition qu’on adorera ou qu’on détestera -difficile de rester indifférent- mais qu’il faut accepter de vivre comme on emprunterait le Sirāt, chemin et pont entre l'enfer et le paradis dans l’Islam. C’est encore mieux, évidemment, à vivre au cinéma. Je ne sais d’ailleurs pas si l’expérience fonctionnerait chez soi. Mais vous n’avez jamais vu et vous ne reverrez jamais quelque chose comme ça. Avec deux moments hallucinants (je pèse mes mots) qui figurent parmi les grandes scènes choc des vingt-cinq dernières années.

    Dossier 137 (2025) - J’ai découvert assez tardivement le cinéma de Dominik Moll. J’étais passé à côté de Harry, un ami qui vous veut du bien il y a vingt-cinq ans, et j’ai vraiment plongé pour la patte sombre du cinéaste avec Seules les bêtes (2019) et La Nuit du 12 (2022), véritable claques du polar mâtiné de thriller (ou inversement). Plus froid, procédural même, son nouvel opus raconte l’enquête menée par l’IGPN, alors qu’une enquêtrice de la police des polices (Léa Drucker, impeccable) doit faire la lumière sur le cas d’un jeune homme blessé par un tir de LBD dans le cadre d’une manifestation. Entre les différentes versions, les pressions internes et externes et les résistances institutionnelles, le devoir de vérité est dès lors pour le moins complexe à porter. Le long métrage brille par son réalisme, sa justesse et son approche méthodique, et interroge les limites d’un système et l’impunité qu’il peut engendrer avec une minutie qui a dû faire grincer quelques dents.

    La comédie française - Pour cette dernière entrée, j’avais envie de mettre en lumières quelques pépites offertes cette année par la comédie française. Parallèlement aux poids lourds du genre, qu’il s’agisse de comédien.nes ou de sagas, 2025 nous a apporté quelques propositions hexagonales rafraîchissantes et ensoleillées qui m’ont bien plu. Je pense à Avignon (2025) de Johann Dionnet, qui revisite le théâtre, la romcom et le film de potes dans le cadre ensoleillé du festival, avec une bande extrêmement attachante où chacun.e a la place de briller. Je pense aussi à Anges & Cie (2025) de Vladimir Rodionov qui, sur le papier et l’affiche ne vend peut-être pas du rêve, mais qui imagine un univers très sympa (et très bien construit) d’anges gardiens qui aurait sans doute eu plus de pertinence en programme court qu’en long métrage un peu sacrifié au début du mois de mai. Et puis, enfin, je pense à Natacha (presque) hôtesse de l'air (2025) de Noémie Saglio : l’iconographie un peu datée de la BD originale et la campagne marketing ratée n’ont pas laissé sa chance à cette comédie drôle et girl-power, qui rappelle les grandes heures de George de la jungle (1997) -si, si !- quand Camille Lou échange avec le narrateur. Ces trois films méritaient beaucoup mieux en salles, c’est le moment de leur offrir la séance de rattrapage qu’ils méritent en VOD.

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