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  • 12 films d’horreur pour les peureux comme moi (du plus doux au plus tendu)

    12 films d’horreur pour les peureux comme moi (du plus doux au plus tendu)

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Si vous faites partie de celles et ceux qui regardent un film d’horreur à moitié caché.es derrière un coussin, pas d'inquiétude, je suis pareil ! Et ce guide JustWatch est fait pour vous.

    Parce que nous sommes peureux, nous passons à côté de tout un genre qui vaut la peine d'être découvert. Vu qu'Halloween approche à grand pas, c'est l'occasion de se mettre à l'horreur, mais sans brûler les étapes.

    Ces douze films mélangent frissons, humour et fantastique sans jamais verser dans le cauchemar pur et dur. L’idée n’est pas de vous faire sursauter toutes les deux minutes, mais de vous acclimater doucement à la peur, entre rires, étrangeté et mystère.

    De la comédie surnaturelle au thriller psychologique, voici le meilleur de l’horreur... pour les peureux. On commence par les films qui font le moins peur, pour finir par des œuvres qui ne traumatisent pas (mais qu’il vaut mieux regarder en journée quand même !) 

    Beetlejuice (1988) - Niveau de frayeur : 1/10

    Avec Beetlejuice (1h32), Tim Burton signe un classique du cinéma fantastique, à la fois gothique et excentrique. Le film raconte l’histoire d’un couple de fantômes qui tente de chasser les nouveaux vivants occupant leur maison, aidés par le revenant le plus imprévisible du cinéma, incarné par un Michael Keaton déchaîné. Plus farfelu qu’effrayant, Beetlejuice est une comédie pleine de trouvailles, de décors surréalistes et de maquillages inoubliables. Une vraie ambiance Tim Burton qui ne peut que plaire aux fans du style du cinéaste. 

    C’est un film à voir autant pour son univers visuel que pour son humour macabre. Plus loufoque que morbide, Beetlejuice célèbre la mort comme une fête étrange, bien loin des codes du film d’horreur classique. Si vous souhaitez prolonger cette atmosphère entre l’étrange et le joyeux, les films Edward aux mains d’argent (1990) et Les Noces funèbres (2005) offrent le même charme sombre et poétique, sans oublier la suite de Beetlejuice bien nommée Beetlejuice Beetlejuice (2024). C’est aussi un immanquable si vous avez aimé la série Mercredi (2022) sur Netflix plus récemment. 

    Warm Bodies (2013) - Niveau de frayeur : 2/10

    Dans Warm Bodies (1h37), un zombie tombe amoureux d’une humaine dans un monde en ruines. Cette romance apocalyptique portée par Nicholas Hoult et Teresa Palmer détourne les codes de l’horreur pour mieux parler de rédemption et de tendresse. Le ton est léger, parfois drôle, et les touches d’émotion bien dosées.

    Pas de gore gratuit ici, mais une douceur inattendue et un humour bienveillant. Warm Bodies se situe quelque part entre Twilight (2008) et Bienvenue à Zombieland (2009), avec une approche plus romantique et un ton plus apaisé. Ici, on ne risque pas d’avoir peur et on s'amuse : c’est donc le film idéal pour celles et ceux qui veulent s’initier à l’horreur sans cauchemars. D’autant plus que son format court permet de ne pas s’ennuyer et de passer un bon moment. 

    Vampires en toute intimité (2014) - Niveau de frayeur : 2/10

    Vampires en toute intimité (1h26) est une perle d’humour noir réalisée par Taika Waititi et Jemaine Clement. On y suit une colocation de vampires à Wellington, en Nouvelle-Zélande, tentant tant bien que mal de s’adapter à la vie moderne. Le film adopte le format du faux documentaire et offre une satire irrésistible du mythe vampirique. Chaque protagoniste a une approche différente vis-à-vis de ce dernier et les contrastes entre chaque personnalité permettent de créer des situations totalement loufoques et gênantes.

    C’est sans doute l’un des films de vampires les plus drôles jamais écrits. L’humour absurde désamorce toute tension, tout en rendant hommage au folklore du genre. Très friand de ce genre d’humour, c’est un film que je trouve parfait à voir avec des amis et qui permet de renflouer le stock de références à sortir lors de nos soirées. Le mieux est de le voir en VO, mais si vous tombez sur la VF, sortez votre second ou troisième degré, car elle est volontairement catastrophique, transformant le film en véritable nanar. Si vous avez aimé ce ton pince-sans-rire, la série dérivée What We Do in the Shadows (2019) prolonge parfaitement l’univers. Et Si vous voulez rester dans l’absurdité sans limite néo-zélandaise, alors À la poursuite de Ricky Baker (2020), également réalisé par Taika Waititi, est un incontournable. 

    Shaun of the Dead (2004) - Niveau de frayeur : 3/10

    Shaun of the Dead (1h39) est une comédie britannique devenue culte. Edgar Wright y mélange film de zombies et comédie romantique, avec Simon Pegg et Nick Frost en duo de losers attachants pris dans une apocalypse. L’humour y est irrésistible, les dialogues ciselés et les scènes d’action follement chorégraphiées.  Il n’y a pas la moindre finesse dans ce film, le ton est d’une lourdeur purement britannique… et qu’est-ce que c’est jouissif ! À chaque revisionnage, je rigole encore et toujours, et j’en redemande. Cependant, ne confondez pas « manque de finesse » avec « manque d’intelligence », car la réalisation, les références et les punchlines font du long métrage un véritable régal.

    Là où beaucoup de films de zombies misent sur la terreur, celui-ci choisit l’absurde et le dérisoire. Shaun of the Dead est à Romero ce que Monty Python est à Shakespeare : un détournement brillant. Si vous aimez ce film, jetez-vous tout de suite sur Hot Fuzz (2007) et Le Dernier Pub avant la fin du monde (2013). Avec Shaun of the Dead, ces trois films composent la Trilogie Cornetto, tant aimée des fans. Pourquoi ce nom ? Car à un moment, dans ces trois films, Simon Pegg et Nick Frost, achètent des glaces cornetto. Tout simplement !

    Tucker & Dale fightent le mal (2010) - Niveau de frayeur : 3/10

    Dans Tucker & Dale fightent le mal (1h29), deux rednecks sont pris pour des tueurs en série par un groupe d’étudiants en vacances. Chaque malentendu tourne au désastre, dans un enchaînement de quiproquos aussi sanglants qu’hilarants. Certains diront que l’habit ne fait pas le moine, Tucker et Dale vous diraient que la tronçonneuse ne fait pas le meurtrier !

    Voici une parodie aussi sanglante que bienveillante, où le ridicule l’emporte sur l’horreur. Le film joue sur la maladresse, la stupidité humaine et les catastrophes en chaîne sans jamais devenir cruel. Si vous aimez les détournements de genre, La Cabane dans les bois (2012) explore avec encore plus de malice les règles du cinéma d’horreur.

    Bienvenue à Zombieland (2009) - Niveau de frayeur : 3/10

    Bienvenue à Zombieland (1h28) est un road movie post-apocalyptique délirant où quatre survivants traversent des États-Unis infestés de zombies. Porté par Woody Harrelson, Jesse Eisenberg, Emma Stone et Abigail Breslin, le film est autant une comédie qu’un manuel de survie absurde.

    Rythmé et décalé, c’est un film de zombies pour celles et ceux qui n’aiment pas les films de zombies. Il y a du punch, du gore, de la violence à droite et gauche, mais surtout beaucoup d’humour qui fait oublier l’effroi qui surgit de temps à autre. Le film fait légèrement plus peur que Shaun of the Dead, et s’avère être un tout petit peu moins drôle, mais j’ai adoré l’énergie punk que le casting arrive si bien à communiquer. Cette ambiance, on la retrouve dans Deadpool (2016) ou Kick-Ass (2010), qui offrent le même mélange d’humour et d’extrême violence. 

    Coraline (2009) - Niveau de frayeur : 4/10

    Sous ses airs de conte pour enfants, Coraline (1h40) est une œuvre d’animation signée Henry Selick, aussi belle qu’inquiétante. L’histoire suit une fillette qui découvre une version parallèle de sa maison, plus belle, plus douce… jusqu’à ce que tout bascule dans le cauchemar.

    Coraline, c’est un conte initiatique sur la peur de l’abandon et le danger des illusions. Le long métrage instaure une tension lente, presque hypnotique, qui reste longtemps après le générique. Le film n’est pas effrayant comme un film d’horreur classique, mais un inconfort s’installe en nous qui peut lentement se transformer en cauchemar la nuit suivante. Je l’ai pourtant énormément apprécié grâce à la poésie qui prend le dessus sur l’horreur. Pour prolonger cette ambiance étrange, L’Étrange Noël de Monsieur Jack (1993) et Monster House (2006) sauront séduire petits et grands.

    La Cabane dans les bois (2012) - Niveau de frayeur : 5/10

    Cinq amis, une cabane, un week-end d’enfer. La Cabane dans les bois (1h35) semble reprendre un cliché éculé… avant de le retourner complètement. Drew Goddard signe ici un film malin, méta, qui dissèque le fonctionnement même du cinéma d’horreur.

    Ce n’est pas tant un film qui fait peur qu’un jeu de piste plein d’ironie. Il flirte avec la parodie, l’action et la philosophie du genre. C’est un vrai bol d’air frais dans un monde de l’horreur qui peine à se renouveler avec des scénarios souvent trop similaires. On ne sait d’ailleurs pas trop si La Cabane dans les bois est un hommage au genre, ou une moquerie au manque de créativité dont souffrent de nombreux films. Si vous souhaitez comprendre pourquoi les films d’horreur vous fascinent, c’est la porte d’entrée idéale. On se retrouve étonnamment à suivre un récit qui nous rappelle davantage un Tucker & Dale fightent le mal (2010) qu’un Scream (1996)

    Les Autres (2001) - Niveau de frayeur : 5/10

    Dans Les Autres (1h44), Nicole Kidman vit recluse dans une demeure isolée, au large de la Normandie de 1945, où la frontière entre les vivants et les morts s’efface lentement. Peu d’effets, peu de sang, mais une atmosphère étouffante et un twist final resté légendaire.

    Les Autres, c’est un film d’angoisse tout en retenue, où chaque silence pèse autant qu’un cri. Pour les peureux, les choses se corsent un peu : on n'entre toujours pas dans la véritable horreur, mais le suspense et l’angoisse sont insoutenables dans ce bijou de cinéma. Et Nicole Kidman est incroyable. Je ne regrette absolument pas d’avoir pris mon courage à deux mains pour regarder ce film qui est un incontournable pour tous les cinéphiles. Là où Coraline flirte avec le fantastique, Les Autres explore la foi, la solitude et le doute. Un véritable thriller psychologique laissant entrevoir la peur, un peu comme L’Orphelinat (2007), ou même Coherence (2013) dans un autre registre. 

    Sixième Sens (1999) - Niveau de frayeur : 5/10

    Sixième Sens (1h47) suit un jeune garçon qui voit les morts, et son psychologue incarné par Bruce Willis qui tente de l’aider à apprivoiser ce don. M. Night Shyamalan signe un classique où la peur naît de l’émotion, pas de l’effroi.

    Sixième Sens, c’est un drame sur la culpabilité et la rédemption, plus qu’un film d’horreur. Le scénario est magnifiquement écrit et réussit à nous tenir en haleine et nous mener en bateau jusqu’au dénouement. Le twist final reste l’un des plus célèbres du cinéma. Niveau casting, c’est plus que du solide, avec Bruce Willis qui arrive à apporter une profondeur déconcertante à son rôle. Et que dire de Haley Joel Osment, qui est tout simplement stupéfiant ? Ce film montre le talent monstrueux que peut renfermer M. Night Shyamalan. Pour retrouver Haley Joel Osment, je ne peux que conseiller de regarder A.I. Intelligence Artificielle (2001). Sinon, pour continuer la filmographie de Shyamalan, Incassable (2000) et Split (2016) ne vous décevront pas.

    Happy Birthdead (2017) - Niveau de frayeur : 6/10

    Dans Happy Birthdead (1h36), Jessica Rothe incarne une étudiante condamnée à revivre son assassinat encore et encore jusqu’à identifier son meurtrier. Le concept de boucle temporelle, inspiré de Un jour sans fin (1993), devient ici un terrain de jeu horrifique et plein d’humour.

    C’est fun, rythmé et étonnamment malin. Le film alterne tension et dérision sans jamais sombrer dans la violence gratuite. Et si vous aimez le concept, la suite Happy Birthdead 2 You (2019) pousse encore plus loin la folie du scénario. Et pour continuer d’explorer ce concept de boucle temporelle, Edge Of Tomorrow (2014) avec Tom Cruise est le film parfait ! 

    Get Out (2017) - Niveau de frayeur : 6/10

    Get Out (1h44) clôt ce classement en beauté. Jordan Peele signe un film brillant où la peur vient du malaise. Un jeune homme noir visite la famille de sa petite amie blanche, et découvre un secret terrifiant sous la façade parfaite de la banlieue américaine. C’est une œuvre à la fois politique et viscérale, où chaque silence devient une menace. 

    Get Out est idéal pour celles et ceux qui veulent franchir un cap vers une peur plus intellectuelle. Ici, on rentre réellement dans l’horreur, mais cela reste supportable pour les petites natures comme moi. Get Out est avant tout un très bon film, qui aborde le racisme sous un angle particulier et efficace. Us (2019) et Nope (2022), du même réalisateur, prolongent cette réflexion sur les monstres que l’on ne voit pas. Mais pour retrouver cette ambiance oppressante, qui monte crescendo malgré nous pendant tout le film, je ne peux que vous conseiller le film Funny Games : que ce soit la version originale autrichienne par Michael Haneke sortie en 1997, ou bien l’excellent remake américain (par le même réalisateur) sorti en 2008. 

  • De « Oppenheimer » à « Steve » : les 8 meilleurs rôles de Cillian Murphy

    De « Oppenheimer » à « Steve » : les 8 meilleurs rôles de Cillian Murphy

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Cillian Murphy est actuellement à l’affiche de Steve, disponible sur Netflix. Le film est réalisé par Tim Mielants, avec lequel il avait déjà travaillé lors du tournage de Peaky Blinders ou encore de Tu ne mentiras point qui était d’ailleurs le premier rôle de l’acteur irlandais depuis son Oscar pour Oppenheimer.

    Dans ce nouveau film poignant, Cillian Murphy montre encore une fois toute l'étendue et la maîtrise de son jeu d’acteur, et tout comme dans Tu ne mentiras point, il choisit de mettre en lumière des histoires de gens ordinaires qui résonnent en leçons de vie qui transcendent l'écran et impactent profondément le spectateur. 

    Steve, un directeur d'une école pour adolescents en difficulté, va tenter le tout pour le tout afin de sauver son établissement et ses élèves, alors qu’il doit combattre la pression de ses pairs et ses propres démons. 

    C’est donc à l’occasion de ce nouveau film incontournable que nous vous avons préparé la liste des meilleurs rôles de Cillian Murphy (même s’il est très dur de faire un choix au sein de la filmographie très impressionnante de l’acteur), de l’un des ses premiers grands rôles chez Ken Loach à son inoubliable interprétation de l’Épouvantail dans la trilogie The Dark Knight de Christopher Nolan, en passant par son rôle de Tommy Shelby dans Peaky Blinders. 

    Tommy Shelby (Peaky Blinders)

    Évidemment, si vous êtes fan de Peaky Blinders  (2013-2022) et de Cillian Murphy, Tommy Shelby n’est plus à présenter. Le très sombre, torturé, violent et problématique (la plupart du temps) mais ô combien charismatique chef du gang de criminels le plus craint de Birmingham du début du XXème siècle, n’est pas seulement l’un des plus grands et plus beaux rôles de l’acteur, mais probablement celui qui l’a fait connaître à un public encore plus large.

    Créée par Steven Knight, la série comprend 6 saisons et bientôt un film, puisque Cillian Murphy retrouvera Tommy Shelby dans The Immortal Man, qui sortira -avec un peu de chance- courant 2026. D’ailleurs, Murphy produira également aux côtés de Knight une toute nouvelle série spin-off de Peaky Blinders, prouvant une fois de plus l’attachement de l’acteur à cet univers.

    J. Robert Oppenheimer (Oppenheimer)

    Oppenheimer (2023), réalisé par Christopher Nolan, a valu à Cillian Murphy l’Oscar du meilleur acteur. Le comédien réussit avec ce rôle à capturer toute la dualité, l'ambiguïté et les intrications morales requises pour jouer un personnage tel que Robert J Oppenheimer. Oppenheimer repart ainsi de la 77ème cérémonie des Oscars avec 7 statuettes (dont meilleur film et meilleur réalisateur) sur un total de 13 nominations. 

    Le film, basé sur le livre biographique Robert Oppenheimer : Triomphe et tragédie d'un génie se concentre sur différentes périodes de la vie du physicien, « père de la bombe atomique ». Il explore sa vie personnelle et son travail à l'université, ses essais de la bombe au Nouveau-Mexique, et l’audition de sécurité qui s’est déroulée en 1954 suite à des accusations de communisme et d’espionnage au service de l’Union Sovietique. 

    Damien O’Donovan (Le Vent se Lève)

    Ce classique de Ken Loach est l’un des rôles dont Cillian Murphy est le plus fier, puisque l’acteur a mentionné de nombreuses fois que le sujet de la guerre d'indépendance irlandaise abordé dans le film était un thème essentiel en tant qu’acteur irlandais.Le Vent se Lève (2006) est un long métrage poignant et révoltant avec des performances qui crèvent l'écran.

    Murphy y incarne Damien O’Donovan, un jeune docteur qui s'apprête à quitter son village rural d’Irlande pour exercer à Londres. Lorsque les troupes anglaises assassinent son meilleur ami devant lui et toute sa famille, Damien est convaincu que la guerre est perdue d'avance et qu’il ne lui servira à rien de rejoindre l’IRA. Mais alors qu'il s'apprête à prendre le train, les troupes anglaises s’en prennent à nouveau au conducteur et la violence ainsi que l’humiliation dont a été victime l’homme poussent Damien à retourner auprès des siens et à se battre.

    Bill Furlong (Tu ne mentiras point)

    Le premier rôle de Cillian Murphy depuis son Oscar pour Oppenheimer est celui de Bill Furlong dans Tu ne mentiras point (2024). Bill est un père de famille et charbonnier vivant dans une petite ville irlandaise dans les années 1980. Alors qu’il effectue une livraison dans le couvent de la ville, il découvre une jeune fille affamée et transie de froid dans le cabanon extérieur, ainsi que d’autres jeunes femmes en mauvaise santé, effectuant un travail acharné dans la blanchisserie du couvent. 

    Le film traite donc de manière bouleversante des Magdalene Laundries, ces institutions catholiques contrôlées par les nonnes, ouvertes en très grand nombre en Irlande des années 1920 à 1996 et dans lesquelles étaient enfermées les jeunes filles jugées « perdues » ou qui étaient tombées enceintes hors mariage. Dans ce rôle, Murphy tacle avec une très grande justesse et une vraie profondeur de jeu une partie de l’Histoire très sombre de l’Irlande, ainsi que l’impact du traumatisme générationnel lors d'événements aussi graves.

    Jonathan Crane/L’Epouvantail (Batman Begins)

    Dans la trilogie The Dark Knight de Christopher Nolan, et en particulier Batman Begins (2005), Murphy incarne Jonathan Crane dit l'Épouvantail, un psychiatre corrompu de Gotham utilisant des drogues hallucinogènes et un sac sur le visage en guise de masque, prenant l’aspect d’un épouvantail cauchemardesque face à ses victimes. 

    La prestation de Cillian Murphy ancre son personnage comme l’un des meilleurs vilains de comics portés au grand écran. Entre la fourberie de Crane et sa descente fulgurante dans la folie, Nolan avait vu très juste dans son choix pour ce rôle (alors que Murphy avait auditionné pour jouer… Batman !). Le réalisateur avait d’ailleurs raconté que c’est en voyant une photo de Murphy lorsqu’il tournait 28 jours plus tard qu’il avait décidé de rencontrer l’acteur : une rencontre qui donna naissance à une collaboration de plusieurs années couronnée de succès. 

    Neil (Watching the Detectives)

    La seule comédie de cette liste est Watching the Detectives (2007), dans laquelle Murphy incarne Neil, un passionné de cinéma, véritable geek propriétaire d’un vidéoclub. Alors qu’il vient de rompre avec sa petite amie car leur relation manquait du caractère dramatique qu’on pourrait trouver au cinéma, Neil fait la rencontre de Violet (Lucy Liu), une jeune femme légèrement excentrique et imprévisible, qui lui montrera que l’aventure ne se trouve pas seulement dans les films. 

    Cette comédie romantique détonne dans la filmographie de Cillian Murphy mais prouve encore une fois qu’il peut s’attaquer et réussir dans n’importe quel genre. Les deux acteurs sont charmants, drôles et imparfaits, ce qui les rend d’autant plus attachants. Ce n’est certes pas le meilleur film de cette liste, mais c’est un rôle très intéressant à découvrir si l’on souhaite en apprendre plus sur le talent et la carrière du comédien.

    Jim (28 jours plus tard)

    Danny Boyle, Alex Garland et Cillian Murphy : c’est le trio de choc qui créa en 2002 l’un des meilleurs films de zombies jamais réalisés (28 jours plus tard, 2002) et qui donna ensuite naissance à une série de plusieurs films, dont le dernier opus, 28 ans plus tard (2025), est sorti cet été. Des infectés qui courent, un Cillian Murphy complètement paumé au début du film mais que plus rien n'arrête à la fin ? Une équation parfaite pour du grand cinéma post-apocalyptique.

    L’acteur incarne Jim, un jeune homme dans le coma qui se réveille au bout d’un mois et se retrouve dans la ville de Londres complètement désertique mais infestée de zombies. Lorsqu’il rencontre deux survivants, ils tentent tous trois de trouver de l’aide et un abri…

    Robert Cappa (Sunshine)

    Dans cette nouvelle collaboration entre Danny Boyle et Cillian Murphy, l’acteur incarne le physicien Robert Capa dans ce qui est probablement l’un des films de science-fiction les plus sous-estimés de ces vingt dernières années. En 2057, le soleil se meurt et Capa est envoyé en mission sur le vaisseau spatial Icarus II, aux côtés de l'équipage dont la mission est de relancer l'activité solaire.

    Pour se préparer pour son rôle dans Sunshine (2007), Murphy a étudié aux côtés du Professeur Brian Cox, un astrophysicien anglais. Comme expliqué dans plusieurs interviews, la présence du Dr.Cox en tant que consultant sur le film consolide un bon nombre de théories, de faits et de moyens technologiques utilisés à l’écran. La prestation de Murphy est l’un des points les plus forts de ce film de SF qui vaut impérativement le détour si vous êtes fan du genre et que vous voulez découvrir une prestation trop souvent oubliée de Cillian Murphy. 

  • « À contre-sens » : tous les films de la saga « Culpa Mia » dans l’ordre !

    « À contre-sens » : tous les films de la saga « Culpa Mia » dans l’ordre !

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    L’événement fait autant de bruit que le vrombissement d’un moteur de voiture lors d’une compétition automobile clandestine : À contre-sens 3 vient de débarquer sur Prime Video et c’est toute la communauté de fans qui se réjouit du retour de la franchise. 

    Depuis 2017, l’autrice hispano-argentine Mercedes Ron fait chavirer les petits cœurs de ses lectrices et lecteurs avec sa trilogie Culpa Mia, trois livres de romance très hot d’abord publiés sur un site de fanfiction avant de connaître un tirage de best-seller qui a été par ailleurs traduit dans plus de dix langues.

    L’histoire tourne autour d’un amour interdit entre une sœur et un frère par alliance (sans aucun lien de sang donc). Cette romance n’est pas sans rappeler d’autres sagas comme À tous les garçons que j’ai aimés (2018-2021), L’Été où je suis devenue jolie (2022-2025) ou After (2019-2023).

    Au programme : ambiance passion à combustion rapide, coups d’éclats et jalousie mal dissimulée pour une saga young adult devenue incontournable. Pour suivre la chronologie À contre-sens, JustWatch vous dresse la liste complète des films !

    À contre-sens (2023)

    En 2023, Prime Video dévoile À contre-sens (ou Culpa Mia pour le titre original) où l’on découvre le personnage de Noah, une adolescente qui doit quitter sa ville natale (et son petit ami Dan) pour vivre dans la luxueuse villa du nouveau mari de sa mère. Elle y rencontre Nick, son nouveau demi-frère, charismatique et ténébreux, un peu rebelle et très attirant. Ce qui commence comme une guerre froide entre deux caractères forts se transforme peu à peu en attirance interdite. D’autant que Noah et Nick ont quelques points communs, notamment une passion pour les courses automobiles, dans laquelle ils excellent tous les deux.  

    Ce premier film a lancé le phénomène et les fans ont très vite salué l’alchimie électrique entre les deux comédiens Nicole Wallace et Gabriel Guevara. Si vous aimez les romances impossibles, si possible espagnoles, on pense à des films comme A travers ma fenêtre (2022), After (2019) ou encore The Kissing Booth (2018).

    À contre-sens 2 (2024)

    En 2024, un an à peine après le succès du premier film, À contre-sens 2 (Culpa Tuya) revient avec une suite plus sombre. Loin des palpitations adolescentes, Noah - qui fête ses 18 ans dès la première séquence - et Nick affrontent les conséquences de leur relation découverte et désormais connue. Ils vivent leur amour au grand jour, mais tout ce qu’ils avaient bâti menace de s’effondrer sous le poids de la jalousie et du mensonge. Et de leurs parents totalement opposés à leur relation.

    L’ambiance change : on est moins dans une romance mélancolique qu’introspective. C’est l’âge adulte pour les deux héros qui voient les choses avec plus de lucidité et moins de fougue. Nicole Wallace s’affirme, Gabriel Guevara gagne en vulnérabilité : et ensemble, ils livrent une performance qui ancre la saga dans une vision plus sincère. On pense ici à Euphoria (2019–2022), pour cette manière de mêler désir et désillusion avec intensité. Pour celles et ceux qui aiment les drames amoureux un peu plus sombres, cela rappelle aussi Joli désastre (2023) ou Désaccords du cœur (2020), ce deuxième À contre-sens étant sans doute le plus abouti émotionnellement.

    À contre-sens 3 (2025)

    Fin de la trilogie avec A contre-sens 3 (Culpa Nuestra, 2025) qui vient refermer la passion brûlante de Noah et Nick sur une note à la fois douce et douloureuse. Après les épreuves et la rupture déchirante de la fin du deuxième film, les deux anciens amants, qui mènent des vies désormais radicalement différentes, se retrouvent à l’occasion du mariage de leurs meilleurs amis. La rancune et les blessures semblent tenaces entre les deux mais l’amour, sous les reproches, affleure toujours, tenace et obstiné. Le destin, farceur, semble ne pas lâcher ces deux-là et toujours les ramener l’un vers l’autre. 

    Ce troisième et dernier acte de la saga clôt la trilogie : tous les fantômes du passé sont réunis dans cette dernière ligne droite qui résout nombre des dossiers ouverts lors des précédents films. Les amateurs de romances plus mélancoliques y trouveront leur bonheur : on est dans l’apaisement, pas dans la fièvre des débuts. Si vous souhaitez surfer émotionnellement sur cette vague, laissez-vous entraîner dans des films type (500) jours ensemble (2009), La La Land (2016) ou La Dernière lettre de son amant (2021). 

    Le spin-off : À contre-sens Londres (2024)

    Les accros de cette histoire d’amour incendiaire peuvent se rejouer les scènes avec d’autres comédiens et d’autres décors (mais les mêmes personnages !) grâce à À contre-sens : Londres (2024). Noah y quitte cette fois le soleil de la Floride pour la grisaille londonienne. Si le cadre change, le scénario reste similaire : dans la nouvelle famille, le beau-père est immensément riche et le demi-frère très arrogant. Et comme dans la saga initiale, les deux ados vont se tourner autour et s’apprivoiser au fur et à mesure. Mais les comédiens sont différents, à commencer par les héros, ici incarnés par Asha Banks et Matthew Broome dans les rôles principaux.

    En termes de références, on pense parfois aux promenades sentimentales de Before Sunrise (1995) ou aux escapades anglaises de Love, Rosie (2014), où la ville devient un personnage à part entière. Pour les fans de romances tortueuses, où l’amour se fraye un chemin après avoir traversé de nombreux obstacles, je ne peux que vous recommander les deux excellentes séries Un jour (2024) et Normal People (2020).

  • « L'Été où… » : tous les films et séries adaptés des romans de Jenny Han !

    « L'Été où… » : tous les films et séries adaptés des romans de Jenny Han !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Depuis 2009, Jenny Han fait battre le cœur des lectrices et des lecteurs dans le monde entier avec ses romans young adult traduits dans une trentaine de langues, qui parlent avec modernité, douceur et subtilité des premiers émois adolescents et de triangles amoureux. 

    Et depuis 2018, l’autrice américaine d’origine sud-coréenne fait également vibrer les abonné.es streaming avec des adaptations réussies, qui embrasent les réseaux sociaux à chaque film ou nouvel épisode sur Netflix ou Prime Video.

    Vous cherchez à comprendre le phénomène Jenny Han ? Découvrir qui sont ces Lara Jean, Belly et Kitty dont parlent vos ami.es ou vos ados ? Votre cœur balance entre les beaux Peter Kavinsky et John Ambrose ? Vous hésitez entre la #TeamConrad et la #TeamJeremiah ? Prenez un plaid, un pot de glace et quelques mouchoirs : JustWatch vous dresse la liste de toutes les adaptations de la romancière !

    À tous les garçons que j'ai aimés (2018)

    En 2018, les abonné.es Netflix font la connaissance de Lara Jean Song Covey, une jeune femme américano-coréenne qui rêve du grand amour mais qui passe sa vie à l’imaginer plutôt qu’à le vivre. C’est ainsi qu’elle écrit de belles et longues lettres à ceux qui ont fait battre son cœur depuis l’enfance, mais sans jamais leur envoyer. Sa petite sœur, l’espiègle Kitty, va alors donner un coup de pouce au destin en envoyant les missives aux cinq prétendants, dont Peter Kavinsky, le garçon le plus populaire du lycée… Ce quiproquo amoureux est le point de départ de À tous les garçons que j'ai aimés (2018), qui va amener notre héroïne à passer un contrat avec lui pour faire croire qu’ils sont en couple… jusqu’à ce que les sentiments s’en mêlent.

    Attachant, rafraîchissant et avec juste ce qu’il faut de « gnangnan », le film rappelle beaucoup la relation « Je t’aime moi non plus » de 10 bonnes raisons de te larguer (1999) et Elle est trop bien (1999) et le ton des romcom young adult made in Netflix (la trilogie The Kissing Booth ou Sierra Burgess est une perdante). Il y a les papillons dans le ventre de l’adolescence, un couple craquant (l’alchimie entre Lana Condor et Noah Centineo est parfaite) et un esprit de famille vraiment touchant (on veut toutes et tous vivre dans la maison de John Corbett). Si on accepte les clichés un peu guimauve des romances teen, bien sûr ! En tout cas, depuis ce long métrage, le « pocket spin » est devenu un must-do des relations amoureuses…

    À tous les garçons : P.S. Je t'aime toujours (2020)

    Quelques mois à peine après la mise en ligne de À tous les garçons que j'ai aimés (2018), Netflix officialise la suite. Les abonné.es retrouvent donc notre joli couple et tous les personnages qui gravitent autour dans À tous les garçons : P.S. Je t'aime toujours (2020). Ce nouveau chapitre inverse toutefois le triangle amoureux du premier film : si Lara Jean aidait Peter à reconquérir sa chère et tendre deux ans plus tôt, c’est désormais notre héroïne qui se retrouve à hésiter entre deux prétendants, alors que John Ambrose (Jordan Fisher), l’un des destinataires d’une de ses lettres d’amour, réapparaît dans sa vie.

    Entre doutes, hésitations et sentiments contradictoires, ce second opus capte les incertitudes des amours adolescentes à travers l’introspection continue de Lana Condor et un triangle amoureux qui préfigure celui de L'Été où…, sans (trop) tourner à la guimauve. Maintenant, on ne va pas se mentir, il y en a de la guimauve… On n’est même plus très loin du conte avec Stormy (Holland Taylor) comme marraine bonne fée. Donc soyons clairs, si vous n’aviez pas vraiment (voire pas du tout) accroché au précédent opus, il y a très peu de chances que celui-ci vous captive. Ou alors si : peut-être que son ton à la John Hughes (Breakfast Club, 16 bougies pour Sam, Rose Bonbon) saura vous embarquer ?

    À tous les garçons : pour toujours et à jamais (2021)

    Si le deuxième chapitre des aventures amoureuses de Lara Jean est le moins apprécié par la critique et le public (l’épisode central d’une trilogie est toujours le plus délicat), À tous les garçons : pour toujours et à jamais (2021) offre une belle conclusion à son histoire. Notre romantique et pétillante héroïne y retrouve toute sa place et, surtout, le récit l’entraîne vers le début de la vie d’adulte alors qu’elle doit choisir dans quelle université poursuivre ses études…

    Son couple avec Peter peut-il y résister ? Faut-il décider pour soi ou en fonction de l’autre ? Comment vivre pleinement des moments qui ne seront plus que des souvenirs ? Une certaine mélancolie à la (500) jours ensemble (2009) plane sur ce final, qui tourne avec douceur la page de l’enfance et de l’adolescence pour aller vers plus de maturité, avec juste ce qu’il faut de mièvrerie. On appréciera notamment une ouverture vers d’autres lieux (New York, Séoul), mais toujours avec la patte visuelle douce et pastel qui a fait la marque de fabrique de la franchise. 

    L'Été où je suis devenue jolie (2022-2025)

    Si Netflix a fait de Lara Jean (et de sa petite sœur Kitty, nous y reviendrons) son héroïne de romcom young adult, la plateforme Prime Video a misé sur Isabel Conklin, alias Belly, le personnage principal de la toute première trilogie de romans publiés par Jenny Han entre 2009 et 2011. Trois livres pour trois saisons de la solaire et touchante série L'été où je suis devenue jolie (2022-2025), qui suit les vacances d’une jeune femme de 16 ans alors que son regard sur les garçons change. Notamment sur les frères Conrad et Jeremiah, avec qui elle a passé toutes ses vacances estivales en bord de mer, jusqu’à ce que la frontière entre amitié et amour ne se floute…

    Si les triangles amoureux, les rebondissements « soap » et la musique de Taylor Swift vous font vibrer, vous allez être servi.es ! Le trio formé par la touchante Lola Tung, le sombre Christopher Briney et le  joyeux Gavin Casalegno ne laisse personne indifférent.e sur les réseaux sociaux, et la série génère des réactions passionnées chez les abonné.es à chaque nouvel épisode (notamment le segment S3E5, réalisé par la romancière Jenny Han en personne), en opposant la #TeamConrad à la #TeamJeremiah. Bref, un vrai phénomène teen (et au-delà) dont les atermoiements incessants peuvent toutefois donner l’impression de tourner un peu en rond. En attendant, c’est calibré pour les fans de séries comme Dawson (1998-2003), Les Frères Scott (2003-2012) ou Mes premières fois (2020-2023). Et de la trilogie À tous les garçons, bien sûr, même si L'Été où… lorgne plus vers le teen-drama.  Vivement le film !

    XO, Kitty (2023-)

    Si XO, Kitty (2023-) n’est pas adaptée directement de romans de Jenny Han, l’autrice a étroitement participé à l’écriture de la série, dont elle assure également la supervision, la production… et l’embarquement (l’hôtesse qui prend le billet de Kitty dans le premier épisode, c’est elle). Le show prolonge ainsi l’univers de À tous les garçons… en suivant les pas de la petite sœur à Séoul alors qu’elle part étudier à l’université Korea International School of Seoul (ou KISS !) pour y rejoindre son premier amour et découvrir la jeunesse de sa maman disparue. La situation va toutefois s’avérer être un peu plus compliquée que prévue…

    Croisement réussi entre la série teen américaine et le K-drama, XO, Kitty trouve sa propre identité -pétillante, à l'image de son héroïne Anna Cathcart- tout en rendant des hommages bienvenus à la trilogie portée par sa grande sœur Lara Jean (les fans guettent les parallèles, à l’image de la chute au sol ou du jacuzzi). Et si Lana Condor n’est pas encore apparue dans les deux premières saisons, les abonné.es Netflix ont été ravis d’y voir John Corbett et Noah Centineo y faire une apparition. Feel-good, pop, queer et très (trop ?) rythmé, le show devrait plaire aux habitué.es de Heartstopper (2022-2024), Love Alarm (2019-2021), True Beauty (2020-2021) ou Dream High (2011-2012).

  • 3I/ATLAS : 8 astéroïdes de cinéma qui nous ont préparés à l’Apocalypse

    3I/ATLAS : 8 astéroïdes de cinéma qui nous ont préparés à l’Apocalypse

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Le 1er juillet 2025, le système Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System détecte un objet interstellaire, le troisième jamais recensé par cet observatoire. Baptisée 3I/ATLAS, cette comète qui provient de la direction de la constellation du Sagittaire traverse le système solaire à plus de 200 000 kilomètres/heure, et sera à son point le plus proche du soleil à la fin du mois d’octobre.

    Ce phénomène astronomique extrêmement rare attise depuis toutes les passions. Celle des scientifiques qui tentent de percer les mystères de sa composition et de sa trajectoire, comme celle des amateurs de théories du complot extraterrestre qui y voient les prémisses d’une invasion alien. Sans oublier, bien sûr, les eschatologues, survivalistes et autres amateurs de sensationnalisme online qui anticipent une collision de l’astéroïde avec la Terre. Chacun.e choisira son camp.

    Ce scénario catastrophe a évidemment nourri notre imaginaire de spectateurs depuis des décennies, livrant des apocalypses de plus en plus impressionnantes à mesure que les effets visuels s’améliorent. JustWatch vous partage une petite sélection des œuvres les plus marquantes du genre… histoire d’être prêt.e ?

    8. Moonfall

    Si vous ne connaissez pas le nom de Roland Emmerich, vous connaissez forcément ses films. Une filmographie qui en met plein la vue avec des longs métrages comme Stargate : la porte des étoiles (1994), Independence Day (1996), Godzilla (1998) et les incontournables du film-catastrophe que sont Le Jour d’après (2004) et 2012 (2009). Et puis il y a Moonfall (2022), qui transforme la Lune en menace directe pour la Terre, alors qu’elle quitte son orbite et se rapproche dangereusement de notre planète bleue.

    L’originalité du film, si l'on peut dire ça ainsi, c’est que ce phénomène n’est pas accidentel mais planifié par une mystérieuse entité (pas de spoiler ici, c’est suggéré dès la scène d’ouverture). Et ce qui aurait pu être un chouette asteroid movie avec des effets gravitationnels impressionnants se perd dans une histoire -beaucoup trop sérieuse- de Lune creuse et d’IA millénaire rebelle. Et au bout d’un moment, il faut le dire, on ne comprend plus trop le projet. Le public non plus a priori, car Moonfall a été un échec cuisant au box-office. Il m’a un peu rappelé Mission to Mars (2000) qui se perdait sur la planète rouge après des prémices prometteuses. A voir uniquement pour le spectacle, donc.

    7. Meteor (1979)

    Il a fallu attendre les années 50 et la course à l’espace pour que le cinéma s’empare vraiment de la menace astéroïde. D’abord avec Le Choc des mondes (1951) qui rappelle beaucoup le film 2012 dans sa gestion des survivants à sauver. Ensuite avec Le Danger vient de l’espace (1953) qui amène les nations à collaborer pour tenter de modifier la trajectoire d’un météore. Puis enfin, à plus petite échelle, Du feu dans le ciel (1978) dans lequel un astéroïde menace la ville de Phoenix et qui se vante à l’époque d’être le « film le plus spectaculaire de tous ». Et puis en 1979, il y a Meteor qui met en scène un casting impressionnant (Sean Connery, Natalie Wood, Henry Fonda, Karl Malden, Martin Landau…) pour empêcher l’apocalypse.

    Ce qui est intéressant dans Meteor, ce ne sont pas ses effets spéciaux vieillots (un astéroïde en Sibérie, un tsunami, une avalanche ou une destruction de New York) mais son approche scientifique réaliste (c’est le premier film à procéder ainsi), son statut de précurseur de la vague catastrophiste qui suivra à Hollywood, et surtout son cadre historique. Nous sommes en pleine Guerre Froide, et c’est toujours émouvant de voir le cinéma tenter de rapprocher les deux blocs pour faire front commun. Un peu comme Rocky IV (1985) et Double Détente (1988) ont rapproché Russes et Américains quelques années plus tard grâce à l'action. Le cinéma pour unir les peuples, c'est une belle idée, non ?

    6. Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare (2012)

    Et si on vivait l’apocalypse sous le prisme de l’amour ? C’est ce que propose la comédie romantique -et un peu dramatique- Jusqu'à ce que la fin du monde nous sépare (2012). Ici, la fin des temps est inéluctable. Dans trois semaines exactement, quand l’astéroïde Matilda frappera notre planète annihilant toute vie terrestre. Dès lors, que faire quand l’espoir s’est envolé et que la radio livre chaque jour un compte à rebours mortel (et vos chansons préférées) ? Steve Carell décide pour sa part de se lancer sur les traces de son amour de jeunesse, accompagné par sa pétillante voisine Keira Knightley.

    Scénariste de la sympathique romcom Une nuit à New York (2008), Lorene Scafaria passe à la réalisation avec un cataclysme très humain, qui montre comment chacun.e affronte ses dernières heures. Rester dans la routine professionnelle, laisser s’exprimer ses pulsions, préférer disparaître avant la fin ou entamer un roadtrip amoureux : les options sont nombreuses. Et toutes valables. Et on aime ce moment mélancolique, drôle et tendre, qui ne cède jamais à la panique. Ce n’est pas un grand film, certes, mais c’est un chouette film. A prolonger avec Final Hours (2014) et sa dernière fête à douze heures du néant et la série sud-coréenne Goodbye Earth (2024-) qui raconte les 200 derniers jours de l’Humanité.

    5. Melancholia (2011)

    Quand le cinéma d’auteur s’empare du film d’astéroïde, ça donne Melancholia (2011) dans lequel Lars Von Trier confronte deux sœurs et leur famille à la collision imminente d’une planète errante avec la Terre. L’occasion pour le cinéaste danois de livrer une vision intimiste, mélancolique (c’est dans le titre) et poétique de la catastrophe, à travers le regard porté par Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg sur l’annihilation qui se rapproche inexorablement sur la musique de Richard Wagner.

    Attention si vous cherchez du cinéma 4DX : Melancholia est l’antithèse de tout ce qui se fait dans le genre. C’est une œuvre introspective et contemplative sur la fatalité et la dépression, qui explore les émotions et la réflexion plutôt que la destruction. Il faut donc accepter ses plans extrêmement longs, son rythme singulier et son ambiance austère, dont les images impriment la rétine. Tout comme l’interprétation de Kirsten Dunst, récompensée au Festival de Cannes pour ce qui reste l’un des sommets de sa carrière. Une vraie expérience, donc.

    4. Greenland : le dernier refuge (2020)

    Dans la famille des films d’astéroïdes, Greenland : le dernier refuge (2020) n’est pas le plus connu. Et pourtant, le film de Ric Roman Waugh mérite qu’on lui accorde sa chance, par son traitement de l’apocalypse à hauteur d’homme. Ou plutôt de famille, puisque le long métrage, sorte de road movie catastrophe, suit Gerard Butler, Morena Baccarin et leur fils, tirés au sort pour rejoindre un plan d’évacuation vers le Groenland, dernier bastion de l’Humanité face à l’éradication qui s’annonce.

    La chute de multiples météorites, qui préfigure un dernier astéroïde massif qui annihilera toute vie sur Terre, sert dès lors de toile de fond aux réactions de survie. Les gens du quartier qui regardent, impuissants, partir nos héros. Ce couple qui tente de kidnapper leur enfant pour profiter de son laisser-passer (une séquence très stressante quand on est parent). Ce grand-père qui accepte la fin avec résignation. Ces gens en panique qui se soutiennent ou s’agressent. Avec un message de fond très politique, qui voit les minorités être finalement les plus aidantes sur ce chemin de survie. Bien accueilli par les spectateurs, le film aura une suite, Greenland Migration, attendue en 2026. Si l’approche reste la même, en refusant de sacrifier l’humanité sur l’autel du grand spectacle, ça devrait être pas mal.

    3. Armageddon (1998)

    Quand on pense collision entre la Terre et un astéroïde, c’est indiscutablement le premier film qui vient en tête. Armageddon (1998), le blockbuster catastrophe testostéroné de Michael Bay est un classique du genre, aussi caricatural que réussi. Le film repose sur un pitch improbable comme seul le cinéma hollywoodien peut les imaginer : une équipe de foreurs pétroliers est entraînée par la NASA pour décoller à la rencontre d’un monstre rocheux de la taille du Texas, s’y poser, et y creuser des tunnels pour déposer une charge nucléaire qui le fera exploser avant l’impact cataclysmique. Des questions ? Non ? Alors décollage !

    Devant la caméra, Bruce Willis, Ben Affleck, Steve Buscemi, Owen Wilson, Michael Clarke Duncan et leur bande gros bras tentent de sauver le monde, sous les yeux de Liv Tyler, dont le papa signe avec son groupe Aerosmith le mythique morceau I Don't Want to Miss a Thing qui accompagne cette fin des temps. Popcorn movie jouissif, le long métrage enfile les clichés (la marche au ralenti !) comme les scènes spectaculaires (au revoir Paris !), sans jamais trop s’encombrer de rigueur scientifique (la NASA y a recensé pas loin de 168 erreurs !). Et on se retrouve à vibrer pour ces astronautes du dimanche, et même à verser quelques larmes sur des séquences pourtant honteusement cheesy (oui, je pleure devant Armageddon, je l'avoue !). Bref, 0% crédibilité mais 100% plaisir coupable !

    2. Don’t Look Up : déni cosmique (2021)

    La fin du monde vu par le prisme de la satire, c’est la proposition de Don’t Look Up : déni cosmique qui a fait les beaux jours de Netflix en 2021. A travers une galerie de personnages hauts en couleurs, le trublion Adam McKay livre une comédie cynique qui interroge la politique, les médias, les réseaux sociaux, le divertissement, la tech (le personnage affreusement réussi de Mark Rylance) et plus largement l’Humanité et son incapacité à agir face à une catastrophe imminente. Là encore, c’est l’approche d’une comète « tueuse de planète » qui est racontée, mais avec le ton unique du réalisateur de Vice (2018) et The Big Short (2015).

    Là où le genre privilégie généralement les scènes catastrophe, Don’t Look Up préfère utiliser l’apocalypse imminente comme métaphore de notre inaction face au bouleversement climatique et à la crise écologique, alors que deux astronomes (Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence) tentent d’alerter le monde sur la destruction à venir. Ce qui donne lieu à des échanges lunaires avec la Présidente américaine et son fils (Meryl Streep et Jonah Hill) ou une interview cultissime sur le plateau télé de Cate Blanchett et Tyler Perry. Entre humour noir, acide et absurde, l’approche ne plaira pas à tout le monde, mais elle a le mérite de faire réfléchir.

    1. Deep Impact (1998)

    Sorti la même année que Armageddon, Deep Impact (1998) est à peu près son opposé. Sur le plan humain en tout cas, puisqu’on y suit plusieurs destins confrontés à la catastrophe imminente : un jeune homme qui a découvert la menace par hasard (Elijah Wood), une journaliste ambitieuse en quête de scoop (Tea Leoni), l’équipage d’une navette envoyée pour tenter de détruire la comète (menée par le vieux briscard Robert Duvall) et le Président des Etats-Unis qui doit gérer l’apocalypse (Morgan Freeman, digne et impeccable).

    Là où Armageddon se focalise sur la mission et ses membres, Deep Impact s’applique à saisir un panorama de réactions humaines face à l’extinction annoncée. Et la réalisatrice Mimi Leder sait y faire avec cette palette de personnages, elle qui a dirigé en partie les deux premières saisons de Urgences en 1994 et 1995. Bien moins connu et beaucoup plus subtil que Armageddon, le film n’oublie pas d’être spectaculaire, notamment lors d’une scène d’impact et de tsunami extrêmement impressionnante. Visionnaire, aussi, en présentant un Président afro-Américain siéger dans le Bureau Ovale de la Maison-Blanche, dix ans avant Barack Obama. C’est pour moi le meilleur film du genre, dont vous pouvez poursuivre les thématiques avec la série Salvation (2017-2018).

  • La saga « Tron » et 10 autres films qui se passent dans un jeu vidéo

    La saga « Tron » et 10 autres films qui se passent dans un jeu vidéo

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Les gamers le savent : depuis que les PC et consoles accompagnent nos vies, les jeux vidéo ne cessent d’inspirer le cinéma et les séries. Il y a les adaptations de franchises incontournables (The Last of Us, Super Mario, Minecraft, Fallout, Mortal Kombat et autres Resident Evil). Mais il y a aussi les films qui nous plongent au cœur de mondes virtuels.

    A l’occasion de la sortie au cinéma de Tron Arès (2025), JustWatch vous propose quelques parties notables qui nous branchent directement dans ces univers numériques et vidéoludiques faits de pixels d’IA, de CPU et de PNJ. Avec une imagination sans cesse renouvelée.

    La saga Tron (1982-2025)

    Que les puristes et développeurs informatiques me pardonnent, la franchise Tron ne se déroule pas exactement dans un jeu vidéo : tout se passe en réalité dans La Grille (The Grid en version originale), un monde virtuel autonome habité par des programmes informatiques humanisés. Ou pour le dire autrement, tout se passe dans un ordinateur. Il y a néanmoins un aspect vidéoludique central ici, avec les impressionnantes courses en Light Cycle / Lumicycle (des motos futuristes laissant derrière elles un sillage d'énergie solide) et les combats de disques qui transposent les affrontements de gladiateurs dans un univers numérique.

    Lancée en 1982 avec Tron, à une époque où l’informatique grand public n’en était qu’à ses balbutiements, la saga a considérablement marqué l’histoire de la science-fiction par sa représentation visuelle d’un espace virtuel et son utilisation révolutionnaire des effets spéciaux assistés par ordinateur, pour raconter le combat mené par un développeur de jeu vidéo contre un Maître Contrôle Principal devenu autoritaire. 28 ans plus tard, Tron l’héritage (2010) poursuit cette immersion néon en y incorporant des effets visuels de pointe (le film est SUBLIME), la musique des Daft Punk et un rajeunissement numérique de Jeff Bridges bluffant (pour l’époque). La série animée Tron : la révolte (2012) et le long métrage Tron Arès (2025) emmené par Jared Leto prolongent aujourd’hui cette patte unique, à laquelle on peut reprocher un manque d’émotions et un récit parfois confus qui interroge l’intelligence artificielle et le virtuel tout en transposant la révolte de Spartacus (1960) et les jeux futuristes de Rollerball (1975) au pays des bits. C’est en tout cas ainsi que je l’ai ressenti au fil des films, dans lesquels je ne suis jamais complètement rentré. Mais une chose est sûre : Tron a laissé une empreinte unique dans l’histoire du cinéma et la pop culture.

    Les Mondes de Ralph (2012) / Ralph 2.0 (2018)

    Dans le monde de l’animation, c’est parfois difficile de proposer des personnages originaux marquants. Les studios Disney y parviennent à plusieurs reprises durant leur formidable décennie 2010, avec Raiponce, La Reine des Neiges, Vaiana ou Zootopie… mais aussi Les Mondes de Ralph (2012) qui nous entraîne dans les coulisses d’un jeu d’arcade, à la rencontre de Wreck-It Ralph / Ralph Lacasse (John C. Reilly en VO, François-Xavier Demaison en VF), un méchant un peu fatigué de tout casser et de ne jamais être le héros. C’est ainsi qu’il déserte son jeu pour partir à l’aventure en quête d’une médaille et de respectabilité.

    Le 52e Classique du studio aux grandes oreilles est une réussite. Sur la forme, déjà, il revisite tous les codes du gaming de manière accessible en nous branchant sur un jeu de courses à la Mario Kart ou un FPS façon Gears of Wars. Sans oublier la Gare Centrale, où se croisent d’innombrables personnages majeurs des consoles. Sur le fond, c’est une belle réflexion sur l’amitié (la relation entre Ralph et Vanellope est très touchante) et le sens de la vie. Bref, une jolie proposition, prolongée par une suite d’une grande richesse, Ralph 2.0 (2018). Ici, on explore l’internet (et même le dark web) avec des références savoureuses… et notamment la première réunion de toutes les princesses Disney. Entre les sagas Vice-Versa et La Grande aventure LEGO, les mondes vidéoludiques explorés par Ralph valent vraiment le détour.

    Ready Player One (2018)

    Bienvenue dans l’Oasis ! Dans ce réseau social global, auquel on se connecte grâce à des lunettes VR et autres accessoires immersifs, chacun.e peut-être qui il/elle veut. Et souvent des personnages iconiques du cinéma et des jeux vidéo. C’est dans cet univers fabuleux, entre courses futuristes, nightclub geek et planètes thématiques, qu’un joueur baptisé Parzival (Tye Sheridan) tente de mettre la main sur trois clés cachées par le défunt créateur de l’Oasis derrière des énigmes et épreuves qui passionnent la planète. Avec à la clé le contrôle artistique et financier total sur ce monde virtuel qui attise bien des convoitises…

    Quand Ernest Cline sort son roman Ready Player One en 2011, il livre une chasse au trésor 2.0 passionnante mais surtout une lettre d’amour à la pop culture. Et notamment aux films de Steven Spielberg. Le cinéaste américain était donc le mieux placé pour transposer cette histoire au cinéma, dans laquelle il livre un festival d’easter eggs (j’en ai personnellement recensé 404 à date !) mais aussi des séquences ultra-spectaculaires comme cette réinterprétation sidérante de Shining (1980). J’ai eu un premier contact étrange avec le long métrage, heureux de voir MA culture pop enfin célébrée et paradoxalement un peu fatigué par cet étalage de fan-service. Et puis je l’ai revu encore et encore, appréciant à chaque nouveau visionnage sa maestria visuelle et narrative. Et sa richesse pop que je continue à explorer.

    Space Jam : nouvelle ère (2021)

    En 1996, les fans de NBA se ruent en salles pour découvrir Space Jam, LA rencontre au sommet entre Bugs Bunny et Michael Jordan au pays des Toons. Alors éloigné des parquets, l'iconique N°23 des Chicago Bulls profite du film pour préparer son grand retour, tout en donnant la réplique aux personnages les plus célèbres de l’écurie Looney Tunes. Si ce film était une sorte de Qui veut la peau de Roger Rabbit du basketball, sa suite, qui arrive 25 ans plus tard, va plutôt lorgner du côté de Ready Player One (2018) en intégrant Lebron James dans un multivers des studios Warner Bros.

    S’inspirant du film de Spielberg mais également de ce que Disney a fait avec Ralph 2.0 (2018), Space Jam : nouvelle ère (2021) nous plonge dans un « Serververse » bourré de références et clins d’oeil aux films et séries Warner, où une IA autonome télécharge le fils du joueur : pour le récupérer, il devra s’allier à Bug Bunny et son équipe de Toons dans un match de basket légendaire. Là où la proposition du film original était légère et bon enfant, cette suite -qui arrive bien trop tard- semble un peu boursouflée, avec une surabondance d’effets visuels, un ton bien trop sérieux, une durée à rallonge (quasiment 2h !) et surtout une sensation de matraquage publicitaire pour les productions des studios. Si on aime la chasse aux easter eggs, on appréciera néanmoins la partie, où Lola Bunny (Zendaya) vole la vedette à tous les Toons !

    Free Guy (2021)

    Si Les Mondes de Ralph interrogent la psychologie d’un méchant : Free Guy (2021) se concentre pour sa part sur la vie d’un PNJ. Ce Personnage Non Joueur, c’est Guy, un modeste employé de banque à la vie bien rangée, programmé pour peupler le monde ultra-violent de Free City, un jeu vidéo multijoueurs inspiré par GTA. Le jour où il découvre de mystérieuses lunettes de soleil qui lui donne accès à la vision des joueurs, il réalise qu’il peut être un héros pour ce monde gangréné par les crimes et les meurtres . Mais pourra t-il supporter la prise de conscience de sa nature artificielle ?

    Free Guy, c’est un peu le Truman Show (1998) du jeu vidéo. On y suit Ryan Reynolds (savoureux dans ce rôle de naïf vanneur, où il excelle) embarqué dans une quête initiatique sur le sens de la vie au sein d’un univers visuellement spectaculaire qui s’amuse avec les codes du gaming. C’est extrêmement plaisant à regarder, autant pour ce monde virtuel que pour les enjeux de la « vraie vie » (où se croisent Jodie Comer, Joe Keery et Taika Waititi). On peut évidemment lui reprocher son manque d’originalité (c’est un peu un mélange de tout ce qu’on a déjà vu sur le sujet)... mais quand le recyclage est bien fait -et qu’il offre en bonus des easter eggs savoureux, avis aux fans de Captain America-, on ne peut qu’apprécier. C’est mon cas.

    Ultimate Game (2009)

    Quand il ne mène pas les Spartiates de 300 (2007) ou qu’il ne défend pas la Maison-Blanche (la saga La Chute de…), Gerard Butler s’illustre dans des productions un peu méconnues mais qui méritent le coup d'œil. Ultimate Game (2009) en est un parfait exemple, lui qui adopte un point de vue original sur le jeu vidéo : on y suit Kable, un soldat d’élite condamné à mort et contrôlé à distance par un joueur adolescent dans les combats du jeu Slayers. Si le tandem remporte trente victoires, alors Kable obtiendra sa liberté…

    Transposer le principe des SIMS au monde réel, où prisonniers et travailleurs précaires sont exploités et contrôlés par d’autres personnes, est une idée vraiment intéressante. Au croisement de Running Man (1987), Course à la mort (2008) et Clones (2009), Ultimate Game est une série B efficace (on sent la patte du tandem Mark Neveldine & Brian Taylor, à l'œuvre sur le génial Hyper Tension lui aussi très gaming dans l’esprit). Il ne faut pas y chercher un grand film, juste un divertissement explosif qui interroge notre rapport au divertissement et à la marchandisation du corps.

    Jumanji (2017) / Jumanji Next Level (2019)

    Vous avez forcément vécu ce moment où, happé dans un jeu vidéo, on se sent presque à la place du personnage. Qui ne s’est jamais penché avec la manette en jouant à un jeu de course automobile ? Jumanji : bienvenue dans la jungle (2017) pousse ce concept encore plus loin en projetant la conscience de quatre lycéens dans les avatars numériques d’une aventure vidéoludique. C’est ainsi qu’un jeune homme timide devient un séduisant aventurier, que son ami sportif se retrouve sidekick zoologiste, que leur discrète camarade se transforme en guerrière badass et que la lolita de la bande s’incarne dans la peau d’un cartographe bedonnant. A eux quatre, ils doivent mettre la main sur un joyau pour libérer Jumanji… et retrouver le monde réel.

    Toute personne qui a grandi avec le cultissime Jumanji (1995) a forcément des a priori négatifs avant de lancer cette suite/reboot où Robin Williams laisse la place à Dwayne Johnson, Kevin Hart, Karen Gillan et Jack Black : toucher au film original relève presque du sacrilège. Pourtant, en évitant de refaire le même film et en délaissant le jeu de plateau pour le jeu vidéo, cette aventure parvient à moderniser et réinventer le concept. Même si j’ai personnellement trouvé le long métrage un peu facile (quelques arbres, un marché, une montagne… c’est pauvre !), j’ai apprécié la dynamique entre quatre comédiens qui s’amusent beaucoup à incarner des personnalités très différentes de leur physique. Je lui préfère sa suite, Jumanji : Next Level (2019), qui introduit les papys Danny De Vito et Danny Glover dans l’équation et qui joue avec le body swap.

    eXistenZ (1999)

    En 1999, la claque Matrix est un tel raz-de-marée qu’elle occulte d’autres regards sur la virtualité et le jeu vidéo. eXistenZ en fait partie. Pourtant, le long métrage mérite d’être vu pour son univers biomécanique étrange, où les jeux se branchent directement sur le système nerveux des gamers grâce à un bioport, une sorte d’orifice artificiel intégré dans le bas du dos. C’est ainsi que Jude Law se retrouve embarqué avec une développeuse de logiciels (Jennifer Jason Leigh) au sein de sa dernière création, où les concurrents comme les militants anti gaming représentent des dangers mortels.

    Difficile de décrire l’expérience eXistenZ, qui verse à la fois dans la satire du jeu vidéo et le body horror. Aux manettes de cette proposition résolument étrange, on retrouve David Cronenberg, qui semble prolonger le thème de son Videodrome (1983) dans un univers numérique. Entre les pods connectés et le pistolet organique, on se retrouve dans un monde bizarre et malaisant, qui ne peut laisser indifférent. Souvent comparé à Matrix, le film est ambigu et déstabilisant, et plus proche à mes yeux d'œuvres comme Total Recall (1990), Dark City (1998) ou le méconnu Passé Virtuel (1999) qui interrogent le rapport à la réalité.

    Passé Virtuel (1999)

    Passé Virtuel (1999) fait partie de ces films au titre français un peu trop explicite. Comme Les Evadés (1994), par exemple. On lui préfèrera son titre original, The Thirteenth Floor, bien plus énigmatique. A l’image du long métrage, finalement, adapté du roman Simulacron-3 de Daniel F. Galouye. On y suit l’associé du créateur d’un monde virtuel, accusé du meurtre de son ami. Alors que toutes les preuves l'accablent, il décide de se brancher sur cette simulation du Los Angeles de 1937 pour prouver son innocence et comprendre quels mystères se trament derrière les pixels et les personnages du logiciel…

    Passé Virtuel, c’est un peu un Matrix indé. A la place des combats, on suit une enquête façon film noir (la cité des anges version 30s est extrêmement bien rendue) dont la vertigineuse révélation finale ne manquera pas de plaire aux lecteurs de Bernard Werber. Avec ses différents niveaux de réalité, le film a anticipé les couches de rêves de Inception (2012), et pourrait tout à fait trouver sa place dans une saison de Black Mirror (2011-). Cette réflexion profonde sur la frontière entre réel et virtuel est intéressante si on apprécie les polars intellectuels -voire philosophiques- qui délaissent l’action pour le fond. A noter qu’une première transposition du roman avait vu le jour en 1973 avec Le Monde sur le film.

  • De « Y a-t-il… » à « OSS 117 », les meilleures parodies à voir !

    De « Y a-t-il… » à « OSS 117 », les meilleures parodies à voir !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Saviez-vous que le film parodique est presque aussi vieux que le cinéma lui-même ? Dès 1905, l’incontournable classique Le Vol du grand rapide (1903), tout premier western de l’Histoire, est ainsi revisité dans un pastiche tourné avec des enfants !

    Le spoof-movie, sous-genre à part entière de la comédie, est né et ne quittera jamais nos écrans au fil des décennies, pour se moquer des plus grands succès et clichés du 7e Art. Avec plus ou moins d’inspiration, il est vrai. Ainsi, s’il y a des parodies paresseuses (voire carrément ratées) qui se contentent de surfer sur des phénomènes culturels pour en tirer quelques entrées, il y a aussi de vraies pépites du genre.

    La dernière réussite en date, un peu boudée au box-office malheureusement, c’est Y a-t-il un flic pour sauver le monde ? / The Naked Gun (2025), qui marque le grand retour à l’écran de l'inspecteur gaffeur Frank Drebin. Du moins de son hilarant rejeton campé par un Liam Neeson comme on ne l’avait jamais vu, qui fait des merveilles dans un rôle de policier très sérieux confronté à une déferlante de gags potaches.

    A l’occasion de ce revival du spoof movie (un nouveau Scary Movie suivra en 2026 !), et parce que dans la vie il faut rigoler, JustWatch vous dresse une petite liste des parodies cinéma et séries incontournables à (re)voir à volonté.

    Frankenstein Junior (1974)

    Qui dit parodies, dit Mel Brooks ! L’hilarant et prolifique comique américain -âgé de 99 ans à l’heure où vous lisez ces lignes- a fait du spoof sa marque de fabrique entre 1970 et 1995. L’une de ses plus grandes réussites est assurément Frankenstein Junior (1974), qui revisite avec beaucoup d’humour le célèbre roman gothique de Mary Shelley en confrontant un neurochirurgien (Gene Wilder) éloigné de ses racines à son ADN de savant fou. De retour au château familial, aidé par l’assistant Igor (Marty Feldman), il va alors donner vie à une nouvelle créature… A la fois pastiche et hommage aux adaptations qui l’ont précédé, le long métrage est tout simplement considéré comme le meilleur film de Mel Brooks par la critique et par le cinéaste lui-même. Sur un noir et blanc qui restitue à merveille l’ambiance des Universal Monsters des années 30 (dont, évidemment, Frankenstein et La Fiancée de Frankenstein), le duo Wilder / Feldman est hilarant, accompagné de Peter Boyle, Teri Garr, Cloris Leachman ou Gene Hackman en ermite aveugle au centre d'une savoureuse séquence. Après, bien sûr, il faut aimer le pastiche à la Mel Brooks : loufoque, burlesque, absurde et basé sur le comique de répétition. Et pas toujours assez rythmé. C’est en tout cas une variation incontournable de Frankenstein, très différente du musical queer The Rocky Horror Picture Show (1975), de la série Les Monstres (1964-1966) ou du film d’animation de Hôtel Transylvanie (2012)

    La Folle histoire de l’espace (1987)

    On pourrait consacrer une liste entière à Mel Brooks (on va se noter l’idée quelque part, d’ailleurs). Car ce génie comique a aussi parodié le film de vampires (Dracula, mort et heureux de l'être, 1995), le western (Le Shérif est en prison, 1974) ou le film en collants (Sacré Robin des Bois, 1993)... Mais si on ne devait en garder qu’une autre, ce serait assurément La Folle histoire de l’espace (1987) qui livre une version mémorable de Star Wars (1977) avec la bénédiction de George Lucas. Derrière et devant la caméra (Maître Yogurt, c’est lui !), Mel Brooks détourne tous les codes de la saga intergalactique : la Force devient le Schwartz, Dark Vador est tout petit et s’appelle Casque Noir (génial Rick Moranis), Jabba le Hutt est rebaptisé Pizza le Hutt (du moins en VO) et le Faucon Millenium est repimpé en camping-car spatial ! Bien sûr, certains gags ont vieilli et tout ne fonctionne pas aujourd’hui (surtout si l’on compare à des pépites comme Galaxy Quest, The Orville ou H2G2). Mais il faut vraiment y jeter un œil, ne serait-ce que pour l’introduction et son interminable vaisseau, les références aux produits dérivés au sein même du film ou ce moment qui voit John Hurt rejouer sa mort de Alien (1979) face à un xénomorphe chantant ! Bref, un vrai délire qui a eu sa série animée (2008-2009) et qui aura bientôt une suite en 2027. « May the Schwartz be with you ! »

    Monty Python : Sacré Graal ! (1975)

    Quand les drôlissimes Britanniques des Monty Python passent la légende arthurienne à la moulinette de leur humour délicieusement absurde, ça donne Sacré Graal ! (1975) qui figure au panthéon de la parodie. Des noix de coco utilisées en guise de cheval au lapin tueur en passant par les Chevaliers qui disent « Ni ! » ou le Chevalier Noir increvable, RIEN n’a de sens dans ce pastiche moyenâgeux. On n’est même pas très loin du film à sketches (façon Le Sens de la vie, 1983) tant les séquences sont surréalistes. Et même parfois totalement anachroniques. Et c’est ce qui fait son génie, dont on retrouve des références dans de nombreux films, séries et jeux vidéo, et même sur scène dans l’adaptation Spamalot. C’est aussi ce qui peut rendre un visionnage moderne compliqué, car on rentre totalement ou pas du tout dans un tel non-sens. Pour un délire moins absurde, préférez définitivement Kaamelott (2005-2009). Mais si vous adhérez à l’esprit Monty Python, on ne saurait que trop recommander La Vie de Brian (1979), autre spoof historique qui parodie les péplums avec une irrévérence religieuse so british.

    Y a-t-il un pilote dans l'avion ? (1980)

    Aucun classement de parodies ne peut décemment faire l’impasse sur Y a-t-il un pilote dans l'avion ? (1980). Le trio David Zucker / Jim Abrahams / Jerry Zucker, plus connu sous l’acronyme ZAZ, y livre son premier long métrage… et c’est un incontournable. L’ancien pilote Ted Striker (Robert Hays), traumatisé par la guerre, doit reprendre le manche sur un vol long courrier après que tout l’équipage soit tombé malade à cause de plateaux-repas avariés : le prélude à une parodie culte qui enchaîne les gags ininterrompus, que ce soit dans l’avion parmi les passagers, dans la cabine de pilotage (le commandant Havoux, son copilote Roger et le pilote automatique Otto font des merveilles), dans la tour de contrôle, dans l’aéroport ou dans diverses séquences de flashback. En parodiant les films catastrophe qui faisaient fureur dans les années 70 (Airport, 747 en péril, Les Naufragés du 747, Airport 80 Concorde…), les trois compères livrent un festival potache de première classe, dont le décalage permanent est renforcé par la présence de comédiens très sérieux (Leslie Nielsen, Robert Stack, Peter Graves…). C’est un régal à chaque visionnage/décollage, à condition bien sûr de remettre certaines vannes dans le contexte des années 70-80 !  Une suite un peu moins inspirée a vu le jour deux ans plus tard (Y a-t-il enfin un pilote dans l'avion ?, 1982).

    Hot Shots ! (1991) / Hot Shots ! 2 (1993)

    Jim Abrahams opère sans les frères Zucker sur ce diptyque qui parodie les films va-t-en-guerre hollywoodiens qui dominent le box-office des années 80. Et l’humour est une nouvelle fois au rendez-vous, entre Hot Shots ! (1991) qui pastiche Tom Cruise dans Top Gun, et Hot Shots ! 2 (1993) qui se moque joyeusement des missions de Rambo (en convoquant au passage Richard Crenna, inoubliable Colonel Trautman de Sylvester Stallone). Chaque intrigue, relativement basique (et en même temps très fidèle son modèle « sérieux » !), est un prétexte pour s’amuser, entre poule transformée en flèche meurtrière, bodycount interminable affiché à l’écran, petit-déjeuner cuit sur le nombril (!) ou soldats qui dansent sur la piste d’envol. Les deux films sont emmenés par Charlie Sheen alias Topper Harley, dont l’attitude sérieuse et habitée donne toute leur puissance aux gags qui traversent les films. Dont une scène improbable mais cinéphiliquement jouissive où il croise son père Martin Sheen, tout droit sorti de Apocalypse Now (1979) au détour d’un fleuve ! On notera aussi la présence d’un Lloyd Bridges irrésistible et hilarant en amiral devenu président. Et puis il y a Valeria Golino, inoubliable Ramada…

    Alarme fatale (1993)

    Alarme fatale (1993) est trop peu connu en France. Et c’est bien dommage car c’est le premier film qui me vient en tête quand je recommande une parodie. Car on a ici une vraie pépite du genre qui revisite L’Arme Fatale en mettant un flic excité de la gâchette (Emilio Estevez, le frère de Charlie Sheen… qui fait une apparition clin d’œil dans le film) dans les pattes d’un inspecteur trop vieux pour ces c*** (Samuel L. Jackson, tout simplement parfait dans le rôle) le temps d’une enquête qui n’a strictement aucun sens. Là encore, c’est un festival de références et de blagues potaches très ancrées dans leur époque, dont une parodie de la scène de la prison du Silence des Agneaux (avec F. Murray Abraham en pastiche d’Hannibal Lecter), un flingage légendaire dans une supérette, William « Star Trek » Shatner et Tim « Ça » Curry en méchants, des apparitions clin d'œil des flics de CHiPs (1977-1983), de Whoopi Goldberg et de Bruce Willis en John McClane (!) et des répliques mémorables comme l’interrogatoire de Jon Lovitz qui joue un Joe Pesci du pauvre (« Donne-moi un nom ! » « C’était pas à tes parents de le faire ? »). Il n’y a eu qu’un seul Loaded Weapon, et c’est bien dommage…

    La saga Scary Movie (2000-2013)

    Les films de la franchise sont de qualité très variable. Mais ils ont toujours respecté l’ADN instillé par les frères Wayans dans Scary Movie (2000) : parodier les films et scènes les plus culte du cinéma fantastique et d’horreur. Pour pouvoir en rire après en avoir frissonné. C’est ainsi que le premier film revisite les slashers comme Scream, Souviens-toi l’été dernier et Destination finale (avec des clins d’oeil à plein d’autres films) ; dans Scary Movie 2 (2001), ce sera L’Exorciste et Hantise ; dans Scary Movie 3 (2003), place à Ring et Signes ; dans Scary Movie 4 (2006, on se moque de La Guerre des Mondes, Saw et The Grudge ; enfin dans Scary Movie 5 (2013), c’est Black Swan, Inception et Paranormal Activity qui sont épinglés. Bonne nouvelle pour les fans : un sixième épisode, à nouveau confié aux frères Wayans, verra le jour en 2026. Et si vous appréciez leur humour, sachez que la fratrie s’est fait une spécialité dans le genre, en signant Spoof Movie (1996) qui parodie les films de ghettos, Dance Movie (2009) qui pastiche les films de danse, Ghost Bastards (2013) qui revisite les films de fantômes ou Cinquante nuances de black (2016) qui… bref, vous avez compris l’idée.

    Tonnerre sous les tropiques (2008)

    Dans Tonnerre sous les tropiques (2008), mélange parfait entre satire déjantée et vrai film d’action (un peu comme Hot Fuzz ou 21 Jump Street), les plus grandes stars d’Hollywood se moquent d’Hollywood. Et c’est culte. Si on accepte un humour sans filtre et politiquement incorrect qui peut choquer (vous repenserez à cet avertissement en découvrant Simple Jack et les autres fausses bandes-annonces qui ouvrent le long métrage ou le blackface de Kirk Lazarus). Dans le rôle de comédiens tous plus clichés les uns que les autres (l’action-hero décérébré, l’interprète jusqu'au boutiste, le comique à flatulences, le rappeur-acteur…), Ben Stiller, Robert Downey Jr., Jack Black et Brandon T. Jackson se retrouvent plongés dans un vrai conflit alors qu’ils étaient partis tourner un film de guerre. L’occasion pour eux de se moquer de tous ceux qui fabriquent les blockbusters, à commencer par un producteur vulgaire entré dans la légende : le grossier et monstrueux Les Grossman campé par un Tom Cruise en totale roue libre. A quand un film centré sur ce personnage ? 

    Galaxy Quest (1999)

    Galaxy Quest (1999), c’est la définition même du film sous-coté. Là encore, le ton oscille entre parodie et hommage pour un résultat absolument parfait. Le pitch ? Les acteurs has been d’une série télé de science-fiction surfant sur leur gloire passée en arpentant les conventions de fans sont kidnappés par de vrais extraterrestres -qui pensent que les épisodes du show sont des documents historiques- pour les aider dans leur guerre spatiale ! Plus accessible que H2G2 et moins potache que La Folle histoire de l’espace, ce film est une immense déclaration d’amour à la pop culture et aux fans, qui parvient à être drôle et parodique sans jamais se moquer. Au contraire, tout geek de SF ne pourra qu’applaudir devant la sincérité de la proposition portée par des effets visuels très réussis et un équipage génialement casté (Tim Allen, Alan Rickman, Sam Rockwell, Tony Shalhoub, Daryl Mitchell, Justin Longue en fan ultime et une Sigourney Weaver pleine d'autodérision). Bref, un véritable tour de force qui en fait une vraie pépite, hélas sortie dans l’anonymat le plus complet dans l’Hexagone car trop en avance sur son temps (elle a devancé de quelques années le boom de la pop culture). Il est plus que temps de venger cet affront et de vous organiser une séance de rattrapage : « Par le grand marteau de Grabthar, par les fils de Warvan, je te jure que tu auras ta vengeance ».

    Black Dynamite (2009)

    50% supercool, 50% kung-fu, 100% dynamite : c’est LA parodie de films de la Blaxploitation qu’il faut avoir vue. Son titre ? Black Dynamite (2009). Reprenant ce qui faisait la marque de fabrique de films comme Shaft, Foxy Brown ou Super Fly dans les années 70, avec la même esthétique, la même ambiance et les mêmes effets, le long métrage met en scène un ancien agent de la CIA expéditif et expert en arts martiaux (Michael Jai White, également coscénariste), qui reprend du service pour élucider la mort de son frère et un sombre complot. Encore une fois, l’intrigue importe peu : ce qu’on aime, c’est la réinterprétation du genre (jusque dans les faux raccords !), la bande originale funk, les combats et répliques au kitsch assumé et la coolitude de ce héros aussi badass que séducteur, qui aura droit à sa série animée quelques années plus tard (Black Dynamite, 2012). Dans le même genre, vous pouvez aussi jeter un œil à I'm Gonna Git You Sucka (1988) et Opération Funky / Undercover Brother (2002).

    Shaun of the Dead (2004)

    Entre la parodie et l’hommage, il n’y a qu’une frontière très fine que le trio Edgar Wright / Simon Pegg / Nick Frost traverse à plusieurs reprises tout au long de Shaun of the Dead (2004), qui revisite avec bonheur les morts-vivants de George Romero (La Nuit des Morts-vivants, Zombie, Le Jour des morts-vivants…). Au-delà de son approche à l’humour so british d’une invasion de zombies dans une banlieue anglaise (qui a inspiré la vague menée par Zombieland et autres Little Monsters), le film reprend tous les codes du genre, avec ce qu’il faut de gore mais aussi d’émotion (ce qui peut surprendre !). Et ce sans jamais oublier les vannes, à l’image de la scène de lancer de vinyles dans le jardin ou du saut raté de palissade. Un running gag qu’on retrouve d’ailleurs dans Hot Fuzz (2007) et Le Dernier pub avant la fin du monde (2011), également signés du trio et qui revisitent respectivement les films d’action et les films d’invasion extraterrestre. Ce triptyque officieux porte un nom connu des cinéphiles : la Cornetto Trilogy. 

    Kung Fury (2015)

    Avec plus de 40 millions de vues, c’est le court métrage le plus vu de l’Histoire. Tout simplement. Kung Fury (2015) est une parodie ultra-spectaculaire qui rend hommage aux jeux vidéo, aux arts martiaux et aux films d’action des années 80. Il y a donc une ambiance résolument rétro dans les aventures de cet inspecteur expert en kung-fu qui va traverser le temps pour retrouver le meurtrier de son coéquipier. Le film est devenu tellement culte qu’une suite en long métrage, toujours portée par David Sandberg et avec Michael Fassbender, Arnold Schwarzenegger et David Hasselhoff dans des rôles importants, a été tournée. Quelques images hallucinantes ont fuité sur la toile, et les fans attendent désormais désespérément sa sortie. Pour patienter, on ne saurait trop vous recommander le court métrage français Rage of Fire et les autres productions très réussies du collectif Masebrothers.

    Sex Academy (2001)

    Ne vous arrêtez pas à son titre français ! Sex Academy (2001) -ou Not Another Teen Movie en version originale- passe à la sulfateuse toutes les comédies pour ados qui ont envahi les écrans à la fin des années 90 : Elle est trop bien, American Pie, 10 bonnes raisons de te larguer, Collège Attitude, American Girls ou Sexe Intentions y sont moqués, avec plus ou moins de bon goût mais un vrai talent comique. Et une mention spéciale pour Chris Evans, qui y était très très drôle avant de jouer le très sérieux et très héroïque Captain America chez Marvel. Préférez vraiment cette proposition à d’autres parodies beaucoup moins inspirées des années 2000, comme Sexy Movie (2006), Big Movie (2007), Spartatouille (2008), Disaster Movie (2008), Spanish Movie (2009), Mords-moi sans hésitation (2010)... ou Super-Héros Movie (2008) pourtant signé du futur showrunner de Chernobyl et The Last of Us !

    Team America : Police du Monde (2004)

    Attention, vous n’êtes pas prêts pour Team America : Police du Monde (2004) ! Pourquoi, parce que c’est un film de marionnettes (les films sont visibles et assumés) confié aux trublions Trey Parker et Matt Stone. Ici, les créateurs de South Park revisitent Thunderbirds - Les Sentinelles de l'air et les blockbusters patriotiques, et se lâchent sans aucune limite dans le politiquement incorrect, la moquerie, le mauvais goût, le graveleux, le scatologique et le vomi (émétophobes s’abstenir !). Et c’est juste un bonheur. Du moins pour celles et ceux qui sont clients de leur humour satirique de sales gosses. Sean Penn, par exemple, n’a pas vraiment aimé d’y être charrié et l’a fait savoir aux deux intéressés ! Le bonheur est encore plus prononcé en VF puisque le doublage convoque les voix habituelles de toutes les « guest-stars malgré elles » du film (George Clooney, Matt Damon, Alec Baldwin…), doublées en version originale par les deux compères. Cerise sur le gâteau : des chansons absolument lunaires. Et donc incontournables.

    La saga « Y’a t-il un flic… » (1982-2025)

    Tout part de la série Police Squad ! (1982) Une saison unique de six épisodes qui présente l’inspecteur Frank Drebin dont le sérieux permanent tranche avec des enquêtes bancales et d’innombrables gags (à commencer par un générique d’ouverture mémorable) dans lequel le trio des Z.A.Z. (Y’a t-il un pilote dans l’avion, Top Secret !) se moque des shows policiers qui pullulent à la télévision. Le flic gaffeur campé par le génial Leslie Nielsen aura par la suite les honneurs du cinéma dans la trilogie Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? (1988), Y a-t-il un flic pour sauver le président ? (1991) et Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ? (1994) avant une retraite bien méritée. En 2025, c’est Liam Neeson qui reprend le flingue et le badge dans le rôle de Frank Drebin Jr. Et c’est toujours aussi drôle ! Tous les détails sont dans la liste que nous avons consacrée à la franchise « Naked Gun ».

    Angie Tribeca (2016-2018)

    En parodiant les franchises procédurales comme Les Experts, Law & Order ou NCIS, la série Angie Tribeca (2016-2018) a ravivé pendant 4 saisons et 40 épisodes l’esprit décalé de Police Squad ! (1982). On y retrouve le même goût de la vanne absurde, la même inventivité comique, les mêmes personnages aussi incompétents que premier degré (mention spéciale au capitaine colérique), les mêmes blagues récurrentes en arrière-plan, les mêmes running gags dont un cri hilarant qui survient durant tous les génériques de la saison 1… Derrière le show se cache un couple, Nancy Carrell (ancienne du Saturday Night Live et du Daily Show) et son conjoint Steve Carrell (oui, le Michael Scott de The Office) : de quoi vous convaincre d’y jeter un oeil, comme Natalie Portman, Bill Murray, Chris Pine ou Jon Hamm ont été convaincus de venir y jouer les guests-stars aux côtés de l’hilarante et pince-sans-rire Rashida Jones (Parks and Recreation), dont le sérieux impassible fait des merveilles. Même si l’approche sérielle peut évidemment donner à l’ensemble un sentiment de redite au fil des épisodes, on recommande ce show qui mérite d’être au moins aussi connu que Brooklyn Nine-Nine (2013-2021).

    Casino Royale (1967)

    Oui, près de quarante ans avant de révéler Daniel Craig en James Bond dans Casino Royale (2006), il y avait eu une autre version, parodique, de cette aventure de 007. Casino Royale (1967) devait initialement être un film sérieux, mais des difficultés de production ont aiguillé le ton vers un pastiche des romans de Ian Fleming et des premiers films portés par Sean Connery. David Niven y joue un 007 à la retraite qui recrute d’autres 007 pour brouiller les pistes. Psychédélique et absurde, mais aussi confus et poussif (2h11), cette tentative est surtout à voir comme une vraie curiosité pour les fans de l’agent secret de sa Majesté. Et pour son casting impressionnant, où se croisent Peter Sellers, Ursula Andress (inoubliable Bond Girl de Dr. No), Orson Welles, Woody Allen, John Huston ou encore Jean-Paul Belmondo en légionnaire qui ne sait pas s'il doit dire « Aie ! » ou « Ouch ! » pendant les bagarres.

    La trilogie Austin Powers (1997-2002)

    Il y a la classe de James Bond… et le mojo d’Austin Powers ! Dans ses aventures, le plus cool des agents secrets britanniques, incarné par Mike Myers, tente de déjouer les plans machiavéliques du Docteur Denfer, incarné par… Mike Myers. Les trois volets figurent parmi les meilleures comédies des années 90 et 2000, avec à chaque fois une époque différente et une recrue de choc et de charme qui affiche un certain répondant face à l’humour graveleux de notre espion groovy : Vanessa Kensington / Elizabeth Hurley dans Austin Powers (1997), Felicity Shagwell / Heather Graham dans Austin Powers : L'Espion qui m'a tirée (1999) et Foxxy Cleopatra / Beyoncé dans Austin Powers dans Goldmember (2002). Certaines séquences récurrentes (les chansons d’ouverture parodiant 007, les ombres chinoises, les réunions maléfiques et les plans absurdes de Denfer, Mini-Moi et leurs sbires…) sont vraiment très réussies, même si on regrette une petite (certaine ?) propension à verser dans l’humour en dessous de la ceinture. A noter que Madonna a signé une chanson pour le deuxième volet (Beautiful Stranger), et que Tom Cruise s’est invité dans le pré-générique du troisième !

    La trilogie Johnny English (2003-2018)

    Quand Mike Myers décide de remiser la perruque, les lunettes et le dentier d’Austin Powers au vestiaire, c’est l’inénarrable Rowan Atkinson qui prend le relais avec Johnny English (2003). Moins culte mais plus familial que l’espion groovy, cet ersatz de James Bond retrouve la classe et le smoking de 007, doublés d’un vrai talent pour les gaffes en tous genres. Il faut dire qu’il est considéré comme le pire agent du MI7… Mais quand tous ses collègues meurent dans une explosion, il ne reste que lui pour sauver les joyaux de la couronne britannique du complot orchestré par John Malkovich (qui joue un méchant français baptisé Pascal Sauvage, ça ne s’invente pas). Misant sur l’humour très visuel entre maladresse et absurde dont il a le secret (on ne présente plus Mister Bean ou Seul face à l’abeille), l’espion Rowan Atkinson reprendra du service pour le meilleur et pour le rire dans deux autres films : Johnny English, le retour (2011) et Johnny English contre-attaque (2018). Pour ses cousins américains, voir Espion Zéro Zéro (1996) avec Leslie Nielsen et Max la Menace (2008) avec Steve Carrell.

    La trilogie OSS 117 (2006-2021)

    Les Britanniques ont James Bond, Austin Powers et Johnny English. Le gouvernement français, lui, peut compter sur Hubert Bonisseur de La Bath, alias OSS 117. Campé par un Jean Dujardin absolument irrésistible en agent secret misogyne, colonialiste, raciste et dépassé, le personnage fait des merveilles devant la caméra de Michel Hazanavicius, que ce soit en Egypte dans Le Caire nid d’espions (2006) ou au Brésil dans Rio ne répond plus (2009) qui brillent par leur humour politiquement très incorrect et qui transpirent l’amour du cinéma (car au-delà du pastiche, ce sont des films formellement très soignés). L’élevage de poulets, la pyramide, le mambo, la valse des noms de famille franchouillards, l’antisémitisme inconscient du héros, le bal d’anciens nazis… Autant de séquences qui font mouche, accompagnées de répliques désormais entrées dans la culture populaire (« Je vous mettrai un petit coup de polish », « J’aime me beurrer la biscotte », « Habile, Bill », « Oui, je connais cette théorie ». Le troisième volet, Alerte rouge en Afrique Noire (2021) signé Nicolas Bedos et moins bon enfant, sera, lui, beaucoup moins bien reçu. Gâchant -un peu- la superbe de notre OSS national.

    La Cité de la Peur (1994)

    La rencontre entre l’humour des ZAZ et la patte des Nuls, c’est évidemment La Cité de la Peur (1994), comédie culte s’il en est qui voit un improbable trio (un garde du corps, une attachée de presse et un comédien) mener l’enquête sur un serial-killer à la faucille et au marteau en plein Festival de Cannes. Parodie de film d’horreur (le génial Red is Dead en ouverture) puis pastiche de polar aux personnages loufoques et aux situations et interludes WTF (les mimes, la Carioca…), le film a profondément marqué la culture française au point que certaines vannes continuent d’être utilisées aujourd’hui (« Prenez un chewing-gum » et autres « Vous voulez un verre ? Juste un doigt »). A l’exception d’un happening légendaire sur la Croisette en 2019 pour les 25 ans du film, le trio Alain Chabat / Chantal Lauby / Dominique Farrugia n’a jamais voulu faire de suite, et ils ont eu bien raison. Véritable monument de la comédie hexagonale, le film et son humour franco-français, le film aura toutefois du mal à trouver un vrai écho chez les spectateurs internationaux… comme chez les allergiques à l’humour nullesque. Dans le même genre, on peut vous recommander, neuf ans plus tôt, Le Téléphone sonne toujours deux fois (1985), porté par les futurs Inconnus.

    RRRrrrr !!! (2004)

    Bien plus délirant que Les Pierrafeu (1994) ou L'An 1 : des débuts difficiles (2009), RRRrrrr !!! (2004) est un film incompris. Et pourtant une excellente parodie, qui réinvente La Guerre du Feu (en guerre… du shampooing) à travers l’humour d’Alain Chabat et des Robin des Bois. Arrivé juste après les 14 millions d’entrées de Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002), le long métrage désarçonne la critique et le public qui le rejettent en bloc. Et il faudra plusieurs années pour qu’il trouve sa juste place dans le cœur des spectateurs, grâce à un humour vraiment absurde (à l’âge de pierre, tout le monde s’appelle Pierre !) et des situations anachroniques savoureuses (l’enquête pour mettre la main sur un mystérieux « crimier » est à ce titre un bijou de non-sens). On retrouve ici un vrai esprit Monty Python, dont se revendique d’ailleurs la bande formée par Maurice Barthélémy, Marina Foïs, Jean-Paul Rouve, Pierre-François Martin-Laval, Elise Larnicol et Pascal Vincent. Et comme pour La Cité de la Peur (1994), certaines vannes font désormais partie du langage populaire. Vous ne me croyez pas ? Si je vous dis « Ça va être tout noir… », qu’est-ce que vous me répondez ?

    La saga Pamela Rose (2003-2023)

    Tout est né sur la scène télévisuelle de la chaîne Comédie! : Kad (Merad) & Olivier (Baroux) y présentent régulièrement des sketchs inspirés du Twin Peaks de David Lynch. Laura Palmer devient Pamela Rose, et les deux compères se glissent dans les costumes de Richard Bullit et Douglas Riper, agents du FBI envoyés à Bornsville pour enquêter sur la mort mystérieuse de la jeune femme. Ces sketchs donneront deux films (Mais qui a tué Pamela Rose ? en 2003 et Mais qui a re-tué Pamela Rose ? en 2012) puis une série Pamela Rose en 2023. Avec à chaque fois, un sens de l’absurde délicieux, un ton faussement américain du plus bel effet et de nombreux invité.es : François Cluzet, Alain Chabat, Gérard Darmon, Jean-Paul Rouve, Audrey Fleurot, Laurent Lafitte, Omar Sy, Mélanie Doutey, Panayotis Pascot, Mister V, Isabelle Nanty ou encore Jonathan Cohen. On se répète : l’intrigue importe peu ici, et si on aime l’univers de Kad & O et les Renault Fuego, on passe un très bon moment. C’est plus compliqué si on a du mal avec l’humour du tandem : si un sketch vous semblait long, imaginez un film !

    La Flamme (2020) & Le Flambeau (2022)

    Puisqu’on parle de Jonathan Cohen, on ne pouvait pas passer à côté de ses deux pépites télévisuelles -et réservoir à GIFs- qui parodient respectivement les émissions de dating type Bachelor et les téléréalités d’aventure à la Koh-Lanta : La Flamme (2020) & Le Flambeau (2022). Omniprésent et insupportablement drôle, son personnage de l’égocentrique Marc est entouré des talentueuses Leïla Bekhti, Adèle Exarchopoulos, Géraldine Nakache, Camille Chamoux, Laura Felpin -entre autres- et des non moins talentueux Pierre Niney, Vincent Dedienne, Jérôme Commandeur, Ramzy Bedia et Kad Merad. Au-delà de vannes hilarantes et de situations parfois lunaires (les « Maaaaarrrcccc !!! » de Leïla Bekhti sont légendaires, tout comme les envolées simiesques d’Adèle Exarchopoulos) qui ont fait le bonheur des réseaux sociaux, les deux séries sont extrêmement bien produites et reprennent parfaitement les codes des programmes qu’elles pastichent. Il se dégage au final un esprit « délire entre potes » contagieux, où chacun.e se trouvera un personnage préféré, avec toutefois le risque que cela finisse par tourner un peu à l’entre-soi et la private-joke.

    La Vengeance au triple galop (2021)

    Alex Lutz aime également revisiter les programmes cultes du petit écran. Et il le prouve avec La Vengeance au triple galop (2021) qui pastiche avec brio les soaps télévisés (Dynastie, Dallas, Côte Ouest…), et plus particulièrement la cultissime Vengeance aux deux visages des années 80. Il y est question de trahisons, de manipulations, d’héritage… et de vengeance (c’est marqué dans le titre). Et aussi de surjeu outrancier, de vestes à épaulettes et de brushings très massifs qui donnent tout leur charme à cette parodie qui affiche une distribution impressionnante : Audrey Lamy, Guillaume Gallienne, Leïla Bekhti, Marion Cotillard, François Civil ou le regretté Gaspard Ulliel dans l’un de ses derniers rôles. On est ici dans le même esprit que le célèbre sketch Ça te barbera des Inconnus ou la série québécoise Le Cœur a ses raisons (2005-2007), mais sur une durée rallongée (1h45) qui peut créer une certaine latitude une fois qu’on a compris et accepté les codes de cette création CANAL+.

    Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (1982)

    La parodie à la française n’est pas récente ! Dès les années 70-80, le cinéma hexagonal s’empare du genre, signant des œuvres plus ou moins oubliables. On pense à Les Vécés étaient fermés de l'intérieur (1976) ou aux films des Charlot. Mais surtout à Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ (1982), la réponse hexagonale à La Vie de Brian (1979) dans laquelle Jean Yanne met en scène un garagiste spécialisé dans la réparation des chars romains qui se retrouve embarqué malgré lui dans un complot contre Jules César. En parodiant les codes de films comme Ben-Hur (1959), Quo Vadis (1951), Cléopâtre (1963) ou La Plus grande histoire jamais contée (1965) à grands renforts d’anachronismes et d’humour absurde, cette satire de la politique et de la religion mise sur des décors ambitieux (dignes… d’un péplum hollywoodien !) et un humour ancré dans son époque (et donc forcément daté aujourd’hui). Très mal reçu par la critique, le film sera pourtant l’un des grands succès de l’année 1982. On peut y croiser Coluche, Michel Serrault, Françoise Fabian, Darry Cowl, Paul Préboist, André Pousse, Michel Constantin, Yves Mourousi, Léon Zitrone ou Mimi Coutelier en Cléopâtre. Devenu culte grâce à ses rediffusions télé, ce film est un peu, finalement, l’ancêtre de Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002), Kaamelott saison 6 (2005-2009) et Brutus vs César (2020) avec un peu de l’esprit des 12 Travaux d’Astérix (1976)

    La Tour Montparnasse infernale (2001) / La Tour 2 contrôle infernale (2016)

    Etrangement, le cinéma américain n’a jamais parodié la saga Die Hard. Heureusement, on peut compter sur Eric (Judor) et Ramzy (Bédia) pour le faire ! Dans le rôle de deux énormes benêts au mauvais endroit au mauvais moment (comme John McClane), ils refont Piège de Cristal et sa prise d’otages dans un building dans La Tour Montparnasse infernale (2001), avant de revisiter 58 minutes pour vivre et son attaque d’aéroport dans un prequel baptisé La Tour 2 contrôle infernale (2016). L’humour est très (très) régressif mais il a fait de ce duo un tandem culte de la comédie made in France : Pierre Niney  avoue ainsi avoir pleuré de rire au cinéma et finit sur le sol de la salle en découvrant le premier opus. Il avait 12 ans à l’époque, pile l’âge auquel on sera le plus réceptif à un humour des plus absurdes qui assume sa crétinerie, avec deux héros vraiment idiots (ce sont un peu nos Dumb & Dumber made in France) et des méchants plutôt marrants (Marina Foïs, Serge Riaboukine, Philippe Katerine).

    Fatal (2010)

    Oui, Fatal (2010) est à ranger au rayon des parodies. Et même des très bonnes parodies, puisque le film de Michaël Youn croise le pastiche musical et le film « à la Rocky » pour un résultat jubilatoire entre plateaux télé, villa bling-bling et chalet savoyard, porté par des séquences musicales absolument hilarante et une production solide. Un peu comme si 8 Mile (2002) rencontrait l’esprit Spinal Tap (1984) ou Radiostars (2012). A l’écran, l’idole Fatal Bazooka et son entourage doivent faire face à un nouveau rival en la personne de Chris Prolls (Stéphane Rousseau), icône du régime végéta-vraiment-rien et de l’électro-bio qui va provoquer la chute du rappeur hardcore. Entre satire du milieu musical et télévisuel et clashs dantesques, le résultat est vraiment très drôle. Si comme moi vous avez pleuré de rire devant ce spectacle, réjouissez-vous car une suite est en préparation, sobrement baptisée Bazooka ! Si, en revanche, la patte Michaël Youn (Les 11 Commandements, La Beuze, Vive la France, Divorce Club, BDE) vous laisse de marbre, il vaut mieux vous rendre à un autre concert…

    La Classe américaine : le Grand détournement (1993)

    Fallait-il intégrer La Classe américaine (1993) à cette sélection ? A mes yeux oui, car le délire imaginé par Dominique Mézerette et Michel Hazanavicius (qui sera oscarisé avec The Artist) relève de la parodie. Du moins du (grand) détournement puisqu’il reprend des séquences d’autres films pour en composer un nouveau, grâce à la magie du montage et du redoublage. Culte et désormais interdit (le long métrage a été fait sans prévenir les studios Warner Bros.), cet objet filmique improbable raconte le destin de George Abitbol, alias « l’homme le plus classe du monde », à travers une trame qui revisite Citizen Kane. Catalogue Warner oblige, le casting est flamboyant, de John Wayne à Robert Redford en passant par Paul Newman, Lana Turner, Dustin Hoffman, Lauren Bacall, James Stewart, Robert Mitchum, Charles Bronson, Henry Fonda, Frank Sinatra, Clark Gable et même Elvis ! Diffusé une seule et unique fois à la télévision, La Classe américaine se transmet désormais sur le web. Dans le même genre, Woody Allen avait remonté et redoublé un film japonais avec Lily la tigresse (1966), alors que Pascal Légitimus faisait de même avec un film bollywoodien dans New Délire (2007).

  • « Les Sentinelles » et 15 films et séries de super-héros français

    « Les Sentinelles » et 15 films et séries de super-héros français

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « Dans la famille des super-héros made in France, je demande… » Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la production hexagonale n’a pas laissé le genre super-héroïque au cinéma US. En effet, loin d’Hollywood et de ses blockbusters Marvel, DC et indépendants, il y a eu plusieurs tentatives notables pour revisiter les histoires de justiciers avec une « french patte ».

    Entre approches sérieuses, franches comédies, œuvres d’auteurs et aventures animées, JustWatch vous dévoile la liste des films et séries françaises qui ont tenté de surfer sur la vague des « super » (on attend d’ailleurs avec impatience Feuille-Man avec Pierre Niney). Avec plus ou moins d’ambition et de réussite, il est vrai, mais en nous livrant parfois des pépites notables que j’ai classées selon ma préférence… du moins super au plus super !

    16. Bloody Mallory (2002)

    Une tueuse de démons et de créatures maléfiques, un réalisateur biberonné à L’Ecran Fantastique (où j’ai écrit dans mon jeune temps), une comédienne que j’aime beaucoup (Olivia Bonamy, hélas sous-exploitée par le cinéma français) : sur le papier, Bloody Mallory (2002) avait tout pour me plaire. Le résultat, qui aurait pu être un croisement français réjouissant entre le girl power de Buffy contre les vampires (1997-2003) et la chasse aux monstres de Hellboy (2004) est, il faut malheureusement l’avouer, assez pénible à regarder. Déjà, à l’époque. Et encore plus aujourd’hui alors que les effets visuels ont pris… 1000 ans. Mais il faut apprécier le film pour ce qu’il est : un croisement un peu nanardesque entre super-héroïne et fantastique, qui a été l’une des premières tentatives de la nouvelle vague de films de genre made in France et qui s’est distingué par son approche inclusive de personnages LGBTQ+. Et puis la bande originale est signée Kenji Kawai, à l'œuvre sur Ghost in the Shell (1995) et Ring (1998) !

    15. Benoît Brisefer : les taxis rouges (2014)

    En 1960, deux ans avant la création de Spider-Man, Iron Man et Hulk outre-Atlantique, Peyo donne naissance à un super-héros français dans les pages de Spirou. Béret noir, écharpe bleue et veste rouge, Benoît Brisefer est doté d’une force surhumaine (et accessoirement de super-vitesse et de super-saut)... sauf quand il s’enrhume. Alors que tous ignorent l’étendue de ses facultés, notre héros en culottes courtes affronte des criminels à Vivejoie-La-Grande avec l’insouciance de l’enfance. Avec son ton rétro, naïf et poétique, Benoît Brisefer : les taxis rouges (2014) rend hommage aux planches de l’auteur belge de  BD, sous le parrainage de Gérard Jugnot, Jean Reno et Thierry Lhermitte. Cette qualité nostalgique est à la fois la grande qualité et le défaut majeur de cette œuvre finalement très datée, qui s’adresse plus aux grands-parents qu’à une génération biberonnée à Marvel et DC… A réserver aux fans de Spirou et Fantasio (2018), Le Petit Spirou (2017) et autres Boule & Bill (2013).

    14. Phantom Boy (2015)

    Si vous avez aimé le coup de crayon très particulier de Une vie de chat (2010) et Nina et le secret du hérisson (2023), vous aimerez forcément Phantom Boy (2015) du tandem Alain Gagnol & Jean-Loup Felicioli. Le garçon du titre n’est pas à proprement parler un fantôme : il peut en réalité sortir de son corps, comme une projection astrale volontaire, pour s’envoler à travers les murs de l’hôpital où il se trouve et observer le monde. Un don qu’il va mettre à profit pour aider un policier paralysé dans son enquête, alors qu’un terroriste informatique menace la ville. Touchant et original (le style graphique est inspiré du cubisme), le film est une proposition alternative à l’animation en images de synthèse souvent inhérente aux histoires de super-héros. On apprécie son joli casting vocal (Edouard Baer, Jean-Pierre Marielle, Audrey Tautou) et son traitement singulier de l’architecture new-yorkaise.

    13. Black Snake, la légende du serpent noir (2019)

    Clotaire Sangala, c’est un peu le Peter Parker africain. Là où le futur Spider-Man était piqué par une araignée pour acquérir ses super-pouvoirs, notre sapeur-glandeur est mordu par un serpent qui le transforme en Black Snake, un justicier qui va s’opposer au dictateur local. En tandem avec sa compagne Karole Rocher, Thomas Ngijol écrit, réalise et joue dans cette comédie située dans la Françafrique des années 70, où ce héros improbable affronte Michel Gohou et Edouard Baer. Vêtu façon Kato dans Le Frelon Vert (2011), assez lâche et même globalement un peu nul, le personnage plaira essentiellement aux fans de l’univers décalé de l’humoriste même si le rythme est un peu poussif en dépit d’une durée réduite (1h22mn). Il ne faut donc pas attendre un Black Panther (2018) francophone, mais plus un délire au croisement de OSS 117, alerte rouge en Afrique Noire (2021), Le Crocodile du Botswanga (2014) et Fastlife (2014), sa première réalisation solo que j’avais largement préférée.

    12. The Prodigies (2011)

    A l’origine de The Prodigies (2011), il y a un roman : La Nuit des Enfants Rois de Bernard Lenteric, dans lequel un groupe d’enfants surdoués, intégrés à un institut regroupant des intelligences hors-normes, utilisent leurs capacités pour se venger d’une agression. L’adaptation cinématographique, écrite par le tandem Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte (Le Prénom, Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo), opte pour des super-pouvoirs télépathiques qui font des personnages des versions modernisées de Scanners (1981) ou Akira (1988). Côté visuel, c’est l’une des premières productions françaises à s’essayer à la performance-capture, intégrant ainsi un jeu très humain à une animation stylisée. Un peu trop simple et prévisible dans sa trame narrative (je conseille vraiment le livre), The Prodigies vaut surtout le visionnage pour cette approche artistico-technique et sa volonté de livrer un film d’animation adulte, qui assume sa violence et ses traumas, préfigurant notamment la claque Arcane (2021-2024).

    11. Super-héros malgré lui (2022)

    Philippe Lacheau, c’est LA valeur sûre de la comédie française depuis Babysitting (2014) et Alibi.com (2016). Avec presque 3 millions d’entrées en moyenne par film, toujours entouré de sa bande (la bien nommée « Bande à Fifi ») le réalisateur-scénariste-producteur-comédien a su fédérer le public autour de son humour potache et cartoonesque, qui s’autorise tous les délires. Parmi ceux-ci, il y a Super-héros malgré lui (2022) qui passe le genre à la moulinette de gags décalés, alors qu’un acteur devenu amnésique après un accident de voiture pense qu’il est réellement le justicier Badman dont il porte le costume. Un pitch ultra-efficace qui lorgne du côté de Super (2010), ( Deadpool (2016) et Kick-Ass (2010) et qui permet au groupe de s’amuser avec les codes des super-héros, même si c’est peut-être leur film le moins inspiré de mon point de vue. En revanche, côté mise en scène, c’est vraiment ambitieux et spectaculaire !

    10. Papy fait de la résistance (1983)

    Depuis 1983, c’est un classique indéboulonnable de la comédie française. Presque un monument national. Et au-delà de sa satire mordante de la France occupée, Papy fait de la résistance recèle un super-héros au sein de son casting : Super-Résistant, campé par Martin Lamotte. Coiffeur poltron le jour, il endosse son masque, son smoking et son haut de forme la nuit venue pour combattre l’envahisseur nazi, tel un Arsène Lupin ou Fantômas de la Résistance. Adapté d’une pièce de théâtre, le film se donne les ambitions d’un grand film historique avec des décors, des costumes et une distribution impressionnante mêlant deux générations de comédiens, comme un pendant comique à Paris brûle t-il ? (1966). Très mal accueilli par la critique à sa sortie, Papy fait de la résistance trouve immédiatement un écho auprès du public, s’imposant parmi les incontournables du rire hexagonal avec ses cousins du Splendid (Les Bronzés, Les Bronzés font du ski, Le Père Noël est une ordure). Je lui préfère personnellement ces trois films, car le côté trop théâtral et parodique de Papy… me fatigue vite. Mais ça reste très personnel et le film n’a pas volé sa place aux côtés de La Grande Vadrouille (1966), Le Mur de l’Atlantique (1970), Les Bidasses en folie (1971) et Mais où est donc passée la 7ème compagnie ? (1973).

    9. Fumer fait tousser (2022)

    Derrière ce titre fabuleux se cache un film à sketches du prolifique Quentin Dupieux, dont l'univers barré et unique ne cesse de séduire un public de plus en plus large au fil des années (en témoignent les succès de Au poste !, Mandibules, Yannick, Incroyable mais vrai et Le Deuxième acte). Dans Fumer fait tousser (2022), on découvre la Tabac-Force, un groupe de cinq super-héros qui se mettent au vert pour renforcer leur cohésion d’équipe. Alors qu’une attaque du maléfique Lézardin se profile, on suit cette étrange retraite, entrecoupée d’histoires qui font peur au coin du feu (dont un délire aussi sanglant qu’improbable avec Blanche Gardin). Inclassable, comme tous les films du cinéaste, Fumer fait tousser peut laisser circonspect si on n’entre pas dans ce délire absurde et singulier, volontairement kitsch avec ses costumes de super sentaï. Comme par exemple cette marionnette de rat dégoulinante de bave, baptisée Chef Didier et doublée par Alain Chabat, qui dirige nos héros depuis sa salle de contrôle. Ça vous donne une idée de ce qui vous attend. Mais même si vous restez de marbre, la bonne nouvelle, comme toujours chez Dupieux, c’est que c’est court et sans fioritures (1h17mn) !

    8. Vincent n’a pas d’écailles (2014)

    Quand le cinéma d’auteur rencontre le film de super-héros -du moins la notion de super-pouvoir- ça donne Vincent n’a pas d’écailles (2014). Pour son premier long métrage après des courts remarqués, Thomas Salvador mise sur une approche naturaliste et sobre, anti-spectaculaire même, qui raconte comment un homme se découvre des facultés extraordinaires au contact de l’eau. Il y a presque un côté Incassable (2000) à la française dans cette proposition à hauteur d’homme, qui a été plébiscitée par de nombreux festivals pour son minimalisme et sa dimension contemplative et poétique. C’est clairement ce qui pourra surprendre celles et ceux qui y chercheraient un équivalent français d’Aquaman (2018) : l’enjeu est ici uniquement humain, et traite avec pudeur de la découverte des pouvoirs et de l’amour. C’est une vraie expérience, à prolonger avec La Montagne (2023), du même réalisateur.

    7. Le Garçon invisible (2014)

    Le Garçon invisible (2014) a pour titre original Il ragazzo invisibile, mais comme il s’agit d’une coproduction franco-italienne, il peut techniquement intégrer ce classement. Et c’est mérité, car cette proposition signée Gabriele Salvatores (Oscar du Meilleur film étranger 1992 avec Mediterraneo) aborde le genre super-héroïque par le prisme du mal-être adolescent, alors qu’un garçon de 13 ans, confronté à une scolarité difficile, se découvre le pouvoir de disparaître (un traitement qui rappelle la timide Violet Parr dans Les Indestructibles) Un don qu’il va mettre à profit pour se venger mais aussi affronter une organisation secrète qui menace ses camarades. J’aime beaucoup la patte très européenne du film, à la frontière du conte et du réalisme, qui rappelle les très réussis On l'appelle Jeeg Robot (2016) et Freaks Out (2021). A noter que Invisible Boy a eu droit à une suite en 2018.

    6. Miraculous (2015-)

    Attention, phénomène ! Depuis 2015, les aventures de Ladybug et Chat Noir font rayonner avec Totally Spies! (2002-) l’animation hexagonale et la vie parisienne dans le monde entier. L’univers Miraculous, imaginé par Thomas Astruc, se décline ainsi en série, en téléfilms, en long métrage, en spectacles et en produits dérivés des États-Unis à l’Australie. Un succès mondial qui a fait de Marinette Dupain-Cheng et Adrien Agreste de fiers représentants du super-héroïsme (et de l’art de vivre) à la française, alors qu’ils jonglent entre leur vie de collégiens et les attaques du super-méchant Papillon contre la capitale. Le design est immédiatement impactant et attachant, la mythologie des kwamis et akumas intéressante, et l’animation extrêmement fluide entre combats stylés et reconstitution « carte postale » de Paris. Moderne, girl power et inclusive, la série pèche évidemment par la dynamique répétitive de ses épisodes mais elle embarque ses fans par la relation maladroite entre ses deux héros, qui s’aiment sans le savoir derrière leurs identités secrètes. Je recommande vraiment d’aller au-delà de potentiels a priori et d’y jeter un œil pour comprendre l’ampleur de la Miraculous-Mania.

    5. Comment je suis devenu super-héros (2020)

    En 2020, Warner Bros. et Netflix font le pari d’un vrai film du genre, traité façon polar : Comment je suis devenu super-héros, adapté du roman de Gérald Bronner. Biberonné aux comics, le réalisateur Douglas Attal (acteur dans Radiostars) porte le projet à bout de bras pendant plusieurs années (j’ai personnellement suivi son attachement et son acharnement à concrétiser sa vision !) et parvient à fédérer un casting composé de Pio Marmaï, Vimala Pons, Benoît Poelvoorde, Leïla Bekhti et Swann Arlaud. Une distribution solide qu’il plonge dans un Paris où les super-pouvoirs sont intégrés à la société : quand une drogue conférant des facultés spéciales à ses usagers se répand dans la capitale, deux inspecteurs mènent l’enquête, aidés par deux anciens justiciers à la retraite. Assumant une approche réaliste, loin de la déferlante visuelle d’un Marvel, le long métrage lorgne du côté urbain de Watchmen (2009), Daredevil (2015-2018) et la trilogie The Dark Knight (2005-2012), avec les limites d’un budget hexagonal. Grâce à ses personnages fatigués, son approche intime et son propos sur les conséquences des pouvoirs, le film trouve sa place entre The Boys (2019-) et Heroes (2006-2010).

    4. La Dernière vie de Simon (2020)

    Avant d’exploser dans Eté 85 (2020) et Illusions Perdues (2021), Benjamin Voisin s’est illustré dans La Dernière vie de Simon (2020). Il y a du Spielberg (si, si !) dans cette pépite passée malheureusement inaperçue (moins de 25 000 entrées en salles), qui suit les pas d’un orphelin capable de prendre l’apparence de n’importe quelle personne qu’il touche. Que ferait-on avec une telle faculté, notamment quand on n’a pas encore trouvé sa place ? Ce drame teinté de fantastique, qui revisite le pouvoir de la métamorphe Mystique (X-Men : le commencement, 2011) avec beaucoup de subtilité, interroge la notion d’identité de manière originale et sensible, sans cynisme ni mise à distance. En résulte un joli conte à la Benjamin Button (2008), qui était l’un de mes coups de cœur cinéma de 2022.

    3. Les As de la jungle (2011-)

    Oui, Les As de la jungle sont bien des super-héros ! Et français, s’il vous plaît ! Depuis 2011, à travers des séries, des téléfilms et des longs métrages, Maurice, Junior, Miguel, Gilbert et Batricia se battent en équipe justicière animalière pour maintenir la paix et la justice dans leur habitat naturel. J’aime beaucoup l’humour loufoque et l’univers de cette bande improbable menée par un manchot tigré dont le fils adoptif est un poisson rouge (!), imaginée par la joyeuse équipe toulousaine de TAT Productions (dernièrement à l'œuvre sur la série Astérix et Obélix : le combat des chefs d’Alain Chabat). Et j’adore le casting vocal, qui rassemble les plus grandes voix de l’univers du doublage : Michel Mella, Emmanuel Curtil, Céline Monsarrat, Barbara Tissier, Barbara Beretta, Emmanuel Garijo, Maïk Darah… Et même les légendes Alain Dorval et Richard Darbois sur le film de 2017. Ne limitez pas ces aventures à votre progéniture : Les As de la jungle sont pour le grand enfant qui sommeille en chacun.e de nous ! Comme Kung Fu Panda (2008), Madagascar (2005) ou Rio (2011).

    2. Hero Corp (2008-2017)

    Dans la famille Astier, je demande le petit frère ! Pendant que son frangin Alexandre Astier concevait les dernières saisons de Kaamelott (2005-2009), Simon Astier élaborait -avec son compère Alban Lenoir- une revisite de l’univers des super-héros, avec une patte (très) décalée et une envie sincère de s’amuser. Le résultat, c’est Hero Corp (2008-2017), qui nous plonge durant 5 saisons dans une communauté super-héroïque de Lozère où sont réunis les justiciers vieillissants, débutants… ou les moins doués. On survalide cette série pour ses personnages hauts en couleurs, ses pouvoirs improbables, son ton absurde et mélancolique et surtout sa sincérité et son amour du genre, qui compense la légèreté du budget par un système D réjouissant et une écriture ciselée. Souvent présentée comme une cousine de Kaamelott, Hero Corp est à rapprocher de programmes comme Misfits (2009-2013) ou Community (2009-2015), un peu comme un The Office (2005-2013) qui intégrerait les personnages de X-Men (2000).

    1. Les Sentinelles (2025-)

    Avec la création originale Les Sentinelles (2025-), Canal+ livre la réponse française à Captain America : First Avenger (2011). Et quelle réponse ! Adaptée des bandes dessinées de de Xavier Dorison et Enrique Breccia, la série revisite la Première Guerre mondiale à travers une uchronie qui voit des soldats laissés pour morts dans les tranchées être recrutés par un programme ultra-secret. Améliorés grâce à un super-sérum et équipés d’armures métalliques impressionnantes (les fans de Jin-Roh, la brigade des loups apprécieront), ils sont chargés de mener à bien des missions périlleuses sur le champ de bataille. Entre Un long dimanche de fiançailles (2004) et Rocketeer (1991), la proposition est aussi ambitieuse que réussie, avec un traitement « premier degré » qui respecte le matériau original et le spectateur. Quand une production française embrasse ainsi le genre -ou plutôt les genres-, on ne peut qu’applaudir. Moi, en tout cas, j’applaudis. Et je binge !

  • Les 15 meilleures séries procédurales, de « Monk » à « HPI »

    Les 15 meilleures séries procédurales, de « Monk » à « HPI »

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Les séries procédurales n’ont jamais cessé d’attirer les spectateurs. Elles reposent sur une structure simple et efficace – un crime, une enquête, une résolution – ce qui nous permet d'avoir la satisfaction d'un mystère éclairci à la fin de chaque épisode. 

    Mais les meilleures vont bien au-delà, en créant des personnages marquants et en renouvelant sans cesse leur approche, avec un fil rouge qui fait le lien entre chaque épisode et chaque saison.

    Voici notre classement JustWatch des 15 meilleures séries procédurales, des plus solides à celles qui ont redéfini le genre. Chaque place est méritée, et parfois cruellement disputée.

    15. Bones (2005 – 2017)

    Bones (12 saisons) s’est imposée comme l’une des plus longues séries procédurales grâce à l’alchimie entre Brennan, anthropologue brillante et rationnelle, et Booth, agent du FBI plus intuitif. Chaque épisode décortique les restes humains pour raconter une histoire, donnant un côté scientifique et presque clinique aux enquêtes. Ce mélange entre rigueur et humanité a séduit des millions de spectateurs.

    Mais sa longévité de plus de dix saisons a parfois entraîné des répétitions et des intrigues secondaires un peu faibles. Comparée à Mentalist, qui brillait par sa psychologie, ou à Castle, qui misait sur son duo romantique, Bones reste avant tout une série de science et de logique. Elle garde néanmoins une place de choix pour sa capacité à marier enquête policière, drame et humour noir. Pour les amateurs de procédurales réalistes, elle se rapproche de CSI: Les Experts tout en gardant un ton plus attachant.

    14. Meurtres au paradis (2011– )

    Meurtres au paradis (13 saisons) a trouvé son public grâce à ses décors idylliques et son ton léger. Chaque épisode propose un meurtre mystérieux sur l’île fictive de Sainte-Marie, résolu par un inspecteur britannique souvent dépassé par le soleil et les coutumes locales. L’exotisme et l’humour en font une série facile à regarder, presque réconfortante.

    Cependant, sa formule répétitive l’empêche de rivaliser avec les titres les plus ambitieux de ce classement. Contrairement à un Line of Duty, tendu et réaliste, ou à HPI, plus inventif, Meurtres au paradis reste fidèle à son charme cosy. C’est une série parfaite pour les amateurs d’énigmes classiques, proche d’Inspecteur Barnaby (1997-), où l’on prend autant plaisir à deviner le coupable qu’à profiter du décor.

    13. Psych : Enquêteur malgré lui (2006 – 2014)

    Avec son duo explosif, Shaun et Gus, Psych (8 saisons) transforme chaque enquête en terrain de jeu comique. Se faisant passer pour un médium, Shaun utilise en réalité son sens aigu de l’observation pour résoudre des affaires, tout en multipliant les références pop et les situations absurdes. La série a su créer une communauté fidèle grâce à son humour déjanté et son ton unique.

    Pourtant, cette légèreté la place en marge des séries plus ambitieuses du classement. Contrairement à un Mentalist, qui mélange psychologie et gravité, Psych s’assume comme une comédie policière. Elle séduira les fans de Brooklyn Nine-Nine (2013-2021) ou de Castle, où le rire est aussi important que la résolution des crimes. Un choix idéal pour celles et ceux qui aiment les séries policières qui ne se prennent pas au sérieux.

    12. Alex Hugo (2014 – )

    Avec Alex Hugo (8 saisons), le polar se fait contemplatif. Samuel Le Bihan incarne un ancien flic devenu inspecteur solitaire dans les Alpes, enquêtant dans des paysages à couper le souffle. Chaque épisode s’apparente à un téléfilm, misant sur le temps long, les silences et la psychologie des personnages autant que sur l’enquête.

    Certains spectateurs peuvent trouver le rythme trop lent comparé à un Mentalist ou à un Castle, mais c’est précisément cette différence qui fait son charme. Pour qui veut un polar à la française, loin de l’agitation des grandes villes, Alex Hugo est une alternative originale. Alex Hugo me donne toujours cette envie de partir en randonnée, un peu comme quand je regarde Une Nature sauvage (2025) qui mêle aussi enquêtes policières et paysages magnifiques. 

    11. Inspecteur Barnaby (1997 – )

    Inspecteur Barnaby (24 saisons) est l’incarnation même du cosy crime britannique. Depuis plus de vingt ans, la campagne anglaise devient le théâtre de crimes improbables, résolus avec flegme et logique. Sa longévité impressionne et prouve à quel point son atmosphère et son ton plaisent aux spectateurs.

    La série est une valeur sûre, mais ne partage pas la puissance d’un Line of Duty ou l’inventivité d’un HPI. Elle excelle dans sa catégorie : celle des polars classiques, rassurants, à savourer comme un bon roman policier au coin du feu. Ceux qui aiment Meurtres au paradis ou les intrigues façon Agatha Christie y trouveront une déclinaison plus traditionnelle, mais tout aussi plaisante. Si vous cherchez une série similaire, c’est peut être l’occasion de dépoussiérer les VHS d’Hercule Poirot, ou d’explorer des œuvres outre atlantiques comme Only Murders in the Building (2021).

    10. Lucifer (2016 – 2021)

    Avec Lucifer (6 saisons, 93 épisodes), le Diable devient consultant pour la police de Los Angeles, et cela fonctionne étonnamment bien. Tom Ellis incarne un Lucifer séducteur et sarcastique, qui donne à la série ce ton si particulier. Au départ légère, elle évolue vers des intrigues plus ambitieuses, mêlant fantastique, romance et réflexions sur le Bien et le Mal. Elle a parfois connu des faiblesses d’écriture, et peut se perdre dans ses intrigues bibliques, mais son humour et son originalité l’ont rendue culte.

    Contrairement à un Dr House plus cynique, Lucifer se rapproche de Castle et iZombie par son mélange de polar et de fantaisie, avec un consultant qui n’a rien à voir avec la police. Elle reste l’une des rares séries procédurales à réussir à mêler légèreté et enjeux existentiels. Son côté biblique n’est pas si religieux que cela, et est une excuse pour en faire une série fantastique, un peu comme Good Omens (2019-), une série immanquable.

    9. Lie to Me (2009 – 2011)

    Basée sur les travaux de Paul Ekman, Lie to Me (3 saisons) propose une approche inédite : lire les micro-expressions faciales pour déceler mensonges et vérités cachées. Tim Roth, magistral, incarne un enquêteur au style brut, souvent cynique mais toujours percutant. Chaque épisode repose sur un savant mélange de science et de psychologie.

    La série s’est arrêtée trop tôt, mais son impact reste réel. Elle est moins populaire que Mentalist ou Castle, mais bien plus originale dans sa méthode. Pour ceux qui aiment les approches scientifiques, elle se rapproche d’Elementary ou de Dr House, où l’analyse et l’intuition se croisent en permanence. Un bijou sous-estimé.

    8. iZombie (2015 – 2019)

    iZombie (5 saisons, 71 épisodes) part d’un pitch improbable : une médecin-légiste zombifiée qui résout des crimes en mangeant le cerveau des victimes. Chaque cervelle avalée change sa personnalité, donnant lieu à des épisodes aussi drôles que touchants. Ces changements de personnalité permettent de ne jamais s’ennuyer et donnent à la série la possibilité de faire preuve de créativité. Rose McIver incarne une héroïne attachante, à la fois fragile et forte, qui porte toute la série.

    Cette originalité la rend unique, même si elle n’a pas la puissance dramatique d’un Mentalist ou la rigueur scientifique d’un Bones. Elle se rapproche davantage d’un Lucifer, où le fantastique est utilisé pour enrichir les enquêtes. Pour ceux qui aiment les histoires décalées mais pleines de cœur, iZombie est une belle découverte.

    7. Monk (2002 – 2009)

    Adrian Monk est sans doute l’un des enquêteurs les plus marquants du petit écran. Monk (8 saisons, 125 épisodes) met en scène ses TOC, à la fois handicap et atout, qui rendent chaque enquête unique. Tony Shalhoub livre une performance inoubliable, donnant à la série autant d’humour que d’émotion. Monk a prouvé que l’originalité d’un héros pouvait suffire à marquer durablement un genre.

    Son format reste classique, et c’est pourquoi elle ne monte pas plus haut dans le classement. Contrairement à Lie to Me, qui innovait par son concept scientifique, Monk repose presque exclusivement sur son personnage. Mais quelle réussite ! Certains épisodes sont passionnants et ne manquent pas de faire des clins d'œil à quelques films cultes, comme 12 hommes en colère (1957). Pour les fans de détectives atypiques, elle rappelle les grandes heures de Columbo (1968-2003) ou même de Ludwig (2024-) dans sa manière de casser les codes.

    6. Castle (2009 – 2016)

    Avec Castle (8 saisons, 173 épisodes), l’alchimie entre Nathan Fillion et Stana Katic a fait des merveilles. Un écrivain fantasque et une enquêtrice rigoureuse forment un duo aussi improbable qu’irrésistible. Chaque épisode alterne mystères, humour et romance, ce qui en fait l’une des séries procédurales les plus divertissantes. 

    Elle n’est pas au niveau de la qualité d’écriture d’un Line of Duty ou de la profondeur psychologique d’un Mentalist, mais c’est précisément cette légèreté qui fait son charme. Nathan Fillion a ce sourire contagieux qui fait que Castle est un polar feel-good, comparable à Psych, que l’on regarde autant pour les personnages que pour les enquêtes. Un incontournable pour celles et ceux qui veulent une série aussi drôle que palpitante.

    5. HPI : Haut Potentiel Intellectuel (2021 – )

    Mettre HPI (4 saisons, plus de 30 épisodes) dans le haut du classement est une évidence. Audrey Fleurot prête ses traits à une héroïne brillante, au QI très élevé, intuitive et décalée, qui apporte un nouveau souffle au genre. Avec son humour, ses enquêtes originales et sa touche sociale, la série a su conquérir un large public en un temps record. Elle a réussi là où beaucoup de séries françaises avaient échoué : rendre le format procédural à la fois accessible, populaire et créatif, en jouant avec les codes tout en restant immédiatement compréhensible.

    Elle brille parce qu’elle combine accessibilité et inventivité. Contrairement à Line of Duty, trop sombre pour certains, ou à Castle, plus léger, HPI réussit à rassembler. Elle rappelle l’énergie de Monk et la finesse de Mentalist, tout en gardant une identité bien française. Pour qui cherche la série procédurale actuelle la plus populaire et la plus pertinente, HPI est une évidence. La preuve, un remake US (High Potential, 2024) a vu le jour.

    4. Mentalist (2008 – 2015)

    The Mentalist (7 saisons) brille par son héros : Patrick Jane, consultant manipulateur, charmeur mais hanté par un passé douloureux. Chaque affaire est l’occasion de démontrer ses talents d’observation, mais c’est surtout la traque de John le rouge, son pire ennemi. 

    Simon Baker incarne à la perfection ce mentaliste qui a su maintenir un haut niveau. Découvrir l'identité de John le Rouge devient une obsession, même pour le téléspectateur. Elle se rapproche de Sherlock dans son côté cérébral, mais garde une accessibilité qui en a fait un immense succès international.

    3. Line of Duty (2012 – 2021)

    Line of Duty (6 saisons) se distingue par son réalisme et son intensité. Loin des cadavres exotiques de Meurtres au paradis, elle plonge dans la corruption policière avec des interrogatoires suffocants et des retournements de situation à couper le souffle. Chaque saison suit une affaire différente, mais toutes se rejoignent dans une intrigue globale fascinante. La série ne cesse de s'améliorer au fil des saisons avec des personnages qui se complexifient. 

    C’est l’une des séries les plus tendues de la liste, et elle mérite sa troisième place pour son exigence. Moins accessible qu’un HPI ou un Castle, elle se rapproche de Sur écoute (2002-2008) ou de Broadchurch (2013-2017) par sa volonté de coller au réel. Pour ceux qui aiment les polars sans concession, Line of Duty est une référence incontournable.

    2. Ludwig (2024 – )

    Ludwig (1 saison) est l’outsider le plus étonnant de ce classement. David Mitchell y incarne un créateur de puzzles excentrique qui prend la place de son frère jumeau inspecteur. Avec ses énigmes absurdes, son humour british et son goût pour le décalage, la série renouvelle le genre procédural avec audace.

    Elle n’a pas encore la longévité d’un Monk ou d’un Mentalist, mais son originalité la propulse déjà dans le haut du classement. Comparée à Psych, qui misait sur l’humour pop, Ludwig choisit l’absurde élégant. C’est une série à suivre de près, qui pourrait devenir culte. Les amateurs d’Agatha Christie et de comédies britanniques comme Inside No. 9 (2014-) y trouveront une pépite.

    1. Dr House (2004 – 2012)

    Mettre Dr House (8 saisons) dans cette liste remplie de séries policières peut sembler bizarre, surtout lorsqu'elle est en première position. Mais Dr House n’est pas seulement une série médicale : c’est l’une des meilleures séries procédurales jamais écrites. Hugh Laurie campe un médecin misanthrope qui traite chaque diagnostic comme une enquête policière. Son humour noir et son cynisme mordant ont marqué durablement la télévision. Surtout que la série entière est un clin d'œil à Sherlock Holmes, jusque dans les noms des personnages (House / Holmes, Watson / Wilson) ou l'adresse de House. 

    Elle domine ce classement grâce à son impact colossal et son originalité. Là où Bones s’appuie sur la science et Mentalist sur la psychologie, Dr House mélange les deux en incarnant la quête obsessionnelle de vérité. Elle se rapproche d’Elementary (2012-2019) ou même de Sherlock (2010-2017) par son approche intellectuelle et cynique. Sortie plus récemment, la série Les Dossiers oubliés (2025) reprend ce ton sombre, avec un personnage principal misanthrope et des enquêtes passionnantes. Dr House est une œuvre culte, encore aujourd’hui indépassable dans sa catégorie.

  • Ed Gein : 8 personnages terrifiants de l’horreur inspirés par le tueur

    Ed Gein : 8 personnages terrifiants de l’horreur inspirés par le tueur

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Après les crimes sordides de Jeffrey Dahmer (Monstre, 2022) et l’affaire impliquant Lyle et Erik Menendez (Monstres, 2024), Ryan Murphy et Netflix dévoilent Monstre : L'histoire d'Ed Gein (2025), troisième saison de cette anthologie consacrée aux criminels les plus marquants. Charlie Hunnam y incarne ce fermier du Wisconsin, baptisé « Le Boucher de Plainfield ».

    Outre-Atlantique, Ed Gein est une figure très connue : à la fin des années 60, après dix ans d’internement psychiatrique, il a en effet été reconnu coupable des meurtres de deux femmes mais également de vols de cadavres, lui qui fabriquait des costumes, masques, objets et ustensiles à partir de corps déterrés dans les cimetières. Dont notamment un ensemble à l’image de sa propre mère…

    En France, si son nom est moins identifié -il le sera assurément après le visionnage de la série-, les personnages qu’il a inspirés sont, eux, des figures incontournables du cinéma d’horreur et de la pop culture. A l’image des terrifiants Norman Bates, Leatherface ou Buffalo Bill. JustWatch vous dévoile la liste des protagonistes les plus marquants nés dans l’ombre d’Ed Gein.

    Norman Bates (Psychose)

    Monument du cinéma, Psychose (1960) a marqué l’histoire pour son twist final et son iconique scène de douche, qui voit Marion Crane (Janet Leigh) succomber aux coups de couteaux d’une vieille femme dans la baignoire du motel où elle passe la nuit. Au-delà de cette séquence disséquée dans tous les cours d’analyse filmique, le film d’Alfred Hitchcock est le tout premier à s’inspirer de la figure de Ed Gein. La double personnalité de Norman Bates (terrifiant Anthony Perkins), la figure de la mère, la maison isolée, la taxidermie : autant d’éléments qui transposent à l'écran -sans déferlement de gore- la folie de Gein.

    Une inspiration que l’on doit au romancier Robert Bloch, qui s’est directement inspiré du profil du monstre et de sa relation avec sa mère pour imaginer cette histoire dès 1959, qu’il situe d’ailleurs dans le Wisconsin à une cinquantaine de kilomètres à peine de Plainfield. Si des suites (Psychose 2, Psychose 3, Psychose 4) ont vu le jour pour des raisons mercantiles, ainsi qu’un remake plan par plan et en couleurs devant la caméra de Gus Van Sant (Psycho, 1998), je vous recommande surtout de prolonger le visionnage avec les 5 saisons de la série Bates Motel (2013-2017) portée par le tandem Vera Farmiga / Freddie Highmore, qui raconte la jeunesse de Norman Bates et sa relation toxique avec sa génitrice.

    Leatherface (Massacre à la tronçonneuse)

    Contrairement à ce que son titre laisse entendre -et à l’opposé de son gorissime remake par Netflix en 2022- Massacre à la tronçonneuse (1974) n’est pas un film très sanglant. C’est en revanche un long métrage viscéralement poisseux, devant lequel on se sent mal à l’aise. Et presque sale, pour tout dire. Car ici, ce ne sont pas tant les attaques de Leatherface qui sont marquantes (même si sa première apparition est terrifiante, comme la scène du croc de boucher) mais la folie totale qui baigne le long métrage, situé dans un Texas rural écrasant de chaleur où tout semble pouvoir arriver. Et où l’on pourrait disparaître sans laisser de trace.

    Si l’histoire du tueur et de sa famille est née de l’imagination du réalisateur Tobe Hooper et de son scénariste Kim Henkel, la maison jonchée de cadavres, d’ossements et de bibelots morbides s’inspire directement du spectacle découvert par les enquêteurs lors de la perquisition de la ferme d'Ed Gein. Et la séquence du repas, qui confronte la pauvre Marilyn Burns à la famille dégénérée, est un moment qu’on n’oublie pas. J’en frissonne rien qu’en l’écrivant… Si vous voulez creuser la mythologie du tueur au masque en peau humaine, de nombreuses versions ont été proposées -avec plus ou moins de réussite- au fil des années, en 2003, 2006, 2013 ou 2017.

    Ezra Cobb (Deranged)

    L’aura légendaire de Massacre à la tronçonneuse (1974) a privé de la postérité un autre film sorti en 1974 : Deranged, sous-titré en français La véritable histoire d'Ed Gein. Une mention qui peut surprendre, puisque le personnage principal est ici baptisé Ezra Cobb. Campé par l’inquiétant Roberts Blossom (qui m’avait terrifié dans Christine et… Maman j’ai raté l’avion !), le tueur reprend tous les traits caractéristiques d'Ed Gein (sa relation à sa mère autoritaire, sa haine des femmes, le vol de cadavres, la création de costumes et compositions morbides…) en y ajoutant des personnages et des penchants nécrophiles.

    Ce qui aurait pu n’être qu’un film de drive-in -ces séries B d’exploitation diffusées dans les cinémas en plein air outre-Atlantique pour faire frissonner les jeunes adultes- est devenu au fil des années une œuvre marquante du genre, grâce à son approche naturaliste et anti-spectaculaire, quasi documentaire (comme Henry : Portrait d’un Serial Killer, 1986). Ne cherchez pas ici un slasher divertissant : on est dans une horreur glaçante, qui nous confronte non pas à une créature fantastique mais à un monstre à visage humain né d’un homme brisé. A prolonger avec Ed Gein le boucher (2000) et Ed Gein: The Butcher of Plainfield (2007). A noter par ailleurs qu’un autre film d’horreur rurale inspiré de Ed Gein, Le Crochet du Boucher / Three on a meathook (1972), a vu le jour deux ans avant Deranged et Massacre à la tronçonneuse.

    Frank Zito (Maniac)

    C’est l’une des affiches les plus marquantes des années 80. Un poster que je regardais avec horreur et envie, mais que je n’ai jamais osé louer à l’époque. Les jambes d’un homme en jean ; dans sa main droite, un couteau de chasseur ; dans sa main gauche la chevelure ensanglantée d’une femme. Vous avez sans doute reconnu l’imagerie de Maniac (1980), classique du slasher 80’s signé William Lustig qui a ensuite été revisité par le trio français Franck Khalfoun / Alexandre Aja / Grégory Levasseur en 2012 dans un remake porté par Elijah Wood.

    Maniac, c’est l’histoire de Frank Zito (Joe Spinell), un homme a priori sans histoires qui dissimule un passé de mauvais traitements administrés par sa mère prostituée. Habité de pulsions meurtrières et frappé d'hallucinations, il se met en chasse de proies féminines, dont il emporte la chevelure pour coiffer les mannequins entreposés chez lui de ces scalps sanglants. On retrouve une nouvelle fois ici, dans cette volonté d'exposer et converser avec des restes humains, la même déviance que chez Ed Gein. Et ça glace le sang. Très immersif, voire subjectif, le film a fortement marqué par son approche réaliste et sa violence extrême, préfigurant American Psycho (2000), Child of God (2013) ou The House That Jack Built (2018).

    Buffalo Bill (Le Silence des Agneaux)

    Bien sûr, Hannibal Lecter est LA figure centrale du Silence des Agneaux (1991), chef d'œuvre du thriller couronné par les 5 Oscars majeurs (Film, Réalisation, Scénario, Actrice, Acteur). Grâce à l’interprétation et au regard d’Anthony Hopkins et la mise en scène brillante de Jonathan Demme (aviez-vous remarqué que Lecter regarde constamment dans la caméra, sondant autant les spectateurs que Clarice Starling ?), le psychiatre-cannibale imaginé par le romancier Thomas Harris s’est installé au panthéon des immenses méchants de cinéma. Mais il ne faudrait pas occulter un autre personnage terrifiant du film : Jame Gumb alias Buffalo Bill.

    Incarné par Ted Levine, ce tueur en série méthodique enlève des femmes qu’il séquestre dans le puits de sa cave avant de leur prélever des morceaux de peau afin de se confectionner un costume féminin. Passionné par les papillons (plus précisément les sphinx tête de mort), il est en quête de la métamorphose ultime qui fera de lui celle qu’il rêve d’être. Si on peut le voir aujourd’hui avec un prisme transphobe, Buffalo Bill a marqué l’imaginaire collectif, notamment avec sa célèbre danse sur Goodbye Horses. Également présent dans la série Clarice (2021-), il s’inspire de plusieurs serial killers : Ed Gein donc, mais aussi Ted Bundy (pour son modus operandi lors du rapt de ses victimes), Gary M. Heidnik (qui retenait des femmes dans une fosse creusée dans son sous-sol), le nécrophile Jerry Brudos et Gary Ridgway connu comme le tueur de la Green River.

    Si vous avez aimé Le Silence des Agneaux, n’hésitez pas à regarder Seven (1995), Zodiac (2007), Copycat (1995), Bone Collector (1999) ou Le Collectionneur (1997). Sans oublier, bien sûr, toutes les adaptations figurant Hannibal Lecter : Le Sixième Sens (1986), Hannibal (2000), Dragon Rouge (2002), Les Origines du mal (2007) et la série Hannibal (2013-2015).

    Garland Greene (Les Ailes de l’enfer)

    Au milieu des années 90, avant d’enchaîner les direct-to-video et les rôles barrés, Nicolas Cage était une immense star. Couronné par un Oscar pour Leaving Las Vegas (1995), il devient un action-hero en enchaînant Rock (1996), Volte/Face (1997) et Les Ailes de l’enfer (1997). Dans ce dernier film, regard intense et chevelure au vent, il campe un ancien Ranger sortant de prison, qui retourne chez lui dans un avion de la Con Air, la division aérienne de la police fédérale. Ce vol qui devait être banal et promesse de liberté retrouvée va se retrouver perturbé par les criminels à bord, qui détournent l’appareil. Parmi eux, il y a Cyrus le Virus (John Malkovich), Diamond Dog (Ving Rhames) et un certain Garland Greene (Steve Buscemi)...

    Ce personnage en apparence inoffensif est en réalité un redoutable tueur en série cannibale, baptisé « Le Boucher de Marietta ». Auteur de 37 meurtres « qui feraient passer Charles Manson et sa famille pour des enfants de chœur », ce psychopathe extrêmement intelligent et volontiers philosophe terrifie les autres passagers de l’appareil (même les plus endurcis) et se vante notamment d’avoir roulé pendant 1000 kilomètres à travers trois États « avec la tête d’une femme comme casquette ». Aussi, quand on le voit aller jouer à la poupée avec une petite fille et chanter He's Got the Whole World in His Hands avec elle, on craint pour la vie de l’enfant… Pour préparer le rôle, Steve Buscemi a étudié de véritables serial killers et a notamment intégré à son interprétation, aussi terrifiante qu’intrigante, des éléments de Ted Bundy, Ed Kemper, Jeffrey Dahmer,  Charles Manson, John Wayne Gacy et Ed Gein, bien sûr. Bref, Garland Greene aurait eu toute sa place dans Mindhunter (2017-2019), assurément.

    La famille Firefly (La Maison des 1 000 morts / The Devil’s Rejects)

    Parallèlement à sa carrière musicale dans le metal, Rob Zombie touche (avec talent) au cinéma. On lui doit notamment une relecture des méfaits de Michael Myers (Halloween, 2007), un film de sorcière (The Lords of Salem, 2013) et une nouvelle adaptation de la série The Munsters (2022). Mais surtout, surtout, le diptyque La Maison des 1 000 morts (2003) / The Devil's Rejects (2005), ses deux premiers films qui imposent son style et son goût pour les personnages dégénérés. Ici, il s’agit des Firefly, une famille que deux couples d’adolescents vont avoir le malheur de rencontrer le soir d’Halloween 1977…

    Ultra-violents et volontiers sadiques, le Capitaine Spaulding, Otis et Baby (Sid Haig, Bill Moseley et Sheri Moon Zombie) vivent dans une demeure terrifiante, sorte de freak show déviant et cannibale où les corps humains servent de nourriture, de décorations ou d’expériences. Bref, on est en pleine horreur rurale, nourrie par les méfaits de Ed Gein. Les amateurs du genre trouveront le film généreux et décomplexé dans son esprit grindhouse mêlant grotesque et torture, qui s’inscrit dans la lignée de Nuits de cauchemar (1980), La Colline a des yeux (1977) et son remake hallucinant (2006), ainsi que la franchise Détour Mortel (2003-2021) qui transpose l’imagerie de la famille dégénéré au fond des bois. A noter qu'un troisième film autour des Firefly a vu le jour en 2019 : 3 From Hell.

    Dr. Oliver Thredson (American Horror Story S2)

    Avant la série Monstre, le prolifique Ryan Murphy nous a offert de très nombreuses séries. Nip/Tuck (2003-2010), Glee (2009-2015), American Crime Story (2016-), Feud (2017-), Pose (2018-2021) ou 9-1-1 (2018-) figurent ainsi parmi ses créations, tout comme l’incontournable American Horror Story, dont les saisons anthologiques revisitent l’horreur sous toutes ses formes et tous ses genres depuis 2011, chaque fois dans un nouveau cadre et une ambiance différente. C’est ainsi que la saison 2, baptisée Asylum, nous plonge dans les murs de la clinique psychiatrique de Briarcliff…

    (Attention, spoilers !) Parmi les soignants, il y a le Docteur Oliver Thredson (Zachary Quinto), le nouveau psychiatre de l’institut. Très différent du reste du personnel médical, il se distingue par son empathie, son calme et sa bienveillance. Une apparence qui cache en réalité son véritable visage : il n’est autre que « Bloody Face », le tueur en série qui terrorise la région. Il enlève et séquestre alors l’une des patientes, en qui il reconnaît sa mère disparue, et on découvre l’étendue de sa folie, lui qui dépèce des femmes pour se confectionner des masques et objets divers. Un goût pour la taxidermie humaine qui est directement inspiré de Ed Gein. Au-delà de ce personnage, cette saison 2, considérée comme l’une des meilleures du programme, brasse de nombreuses figures terrifiantes, entre démons, religieuses sadiques et médecins pervers. Et pour prolonger votre séjour à l’asile, je vous conseille Session 9 (2001),The Ward (2010)  Grave Encounters (2011) et Asylum Blackout (2012).

  • C’est la première star IA : 5 films qui nous ont préparés à Tilly Norwood

    C’est la première star IA : 5 films qui nous ont préparés à Tilly Norwood

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « Nous voulons faire de Tilly la nouvelle Scarlett Johansson ou la nouvelle Natalie Portman ». La présentation de Tilly Norwood, actrice intégralement virtuelle générée par le studio Xicoia / Particle6, fait beaucoup de bruit dans le monde du cinéma. Les professionnels s'inquiètent (logiquement) face à cette nouvelle incursion de l’IA dans les métiers artistiques, déjà en quête d’un agent pour la représenter.

    Sa créatrice Eline Van der Velden - elle-même… scénariste et comédienne ! - tente de calmer la fronde et de rassurer. En parlant simplement d’un « nouvel outil » susceptible d’offrir « une autre manière d'imaginer et de créer des histoires » et qui « ne pourra jamais remplacer l'art et la magie de la performance humaine » (Variety). Elle pense toutefois que les spectateurs sont déjà prêts à accepter des idoles virtuelles : « Le public ? Il se soucie de l'histoire, pas de savoir si la star est en vie. »

    Depuis quelques jours, actrices, acteurs et syndicats (SAG-AFTRA à Hollywood, Equity au Royaume-Uni) manifestent avec de plus en plus de bruit leur désaccord et leurs inquiétudes face à cette innovation. Ils dénoncent non seulement le risque de remplacement et de précarisation des comédien.nes dans le futur, mais aussi l’absence de transparence (et de rémunération) sur les sources humaines ayant nourri cette création.

    « Ce personnage n'a aucune expérience de vie, aucune émotion, et d'après ce que nous avons constaté, le public n'est pas intéressé par des contenus générés par ordinateur, déconnectés de l'expérience humaine », explique la SAG-AFTRA dans un communiqué. « Cela ne résout aucun problème ; au contraire, cela crée le problème de l'utilisation illégale des performances d'acteurs pour les priver de travail, menaçant ainsi leurs moyens de subsistance et dévalorisant le talent artistique humain. »

    Ce débat majeur risque d’alimenter les discussions dans les semaines et mois à venir, alors que les outils IA (de création graphique et vidéo notamment) se développent et s’améliorent à vitesse exponentielle. Et comme souvent dans la science-fiction, le cinéma nous avait déjà sensibilisé à la question. La preuve avec cinq œuvres visionnaires retenues par JustWatch, qui ont un écho bien différent aujourd’hui.

    Final Fantasy : les créatures de l'esprit (2001)

    En 2001, les studios Square Pictures dévoilent Final Fantasy : les créatures de l’esprit. Sous la houlette de Hironobu Sakaguchi, créateur de la franchise culte de jeux vidéo, le long métrage nous entraîne en 2065 sur une Terre envahie de créatures fantomatiques que la scientifique Aki Ross tente d'éradiquer, aidée d’une escouade de soldats. A sa sortie, le film divise. Les fans de la saga n’y retrouvent pas l’univers magique et les monstres qu’ils apprécient, l’histoire optant pour une science-fiction plus classique. Les amateurs d’animation, eux, n’adhèrent pas à la prestation froide des interprètes en pixels. On découvre néanmoins un spectacle inédit (c’est la toute première production animée photo-réaliste de l’histoire), à rapprocher dans sa démarche de Beowulf (2007) ou des animé Starship Troopers (2017) et Resident Evil (2008), et dans son univers deAppleseed (2004) ou Oblivion (2013).

    Mais pourquoi faire figurer Les Créatures de l’esprit dans cette liste ? Tout simplement parce que l’idée initiale, au-delà du récit en lui-même, était d’introniser Aki Ross (doublée par Ming-Na Wen) comme la première star virtuelle. Pour la promotion du film, elle « pose » d’ailleurs en bikini en page centrale de magazines masculins ! Et dans la foulée, ses créateurs l’imaginent comme la vedette récurrente des productions du studio, au-delà du cadre de la franchise Final Fantasy. La sensation de « uncanny valley » (ou « vallée de l'étrange ») provoquée par ces protagonistes pas tout à fait humains, ainsi que l’énorme échec du long métrage au box-office - qui mènera d’ailleurs à la fermeture de Square Pictures - mettront un terme à cette ambition. Mais dès 2001, on y pensait déjà.

    S1m0ne (2002)

    L’année suivante, le visionnaire Andrew Niccol, réalisateur-scénariste de Bienvenue à Gattaca (1997) et scénariste de Truman Show (1998), dévoile S1m0ne (2002). Si le film est moins bien reçu que ces deux précédentes claques, il a le mérite d’adresser avec vingt ans d'avance le dilemme généré par la création de Tilly Norwood. On y suit un réalisateur en  difficulté (Al Pacino), planté par son actrice principale en plein tournage, qui trouve LA solution à son problème dans un logiciel de pointe : créer en secret une comédienne virtuelle. Seulement, il n’avait pas prévu que Simone deviendrait une star planétaire…

    A la fois léger et cynique, le long métrage est avant tout une fable grinçante sur Hollywood et le star-system. Tel un Dr. Frankenstein 2.0, notre cinéaste voit sa créature lui échapper, au point de s’entendre répondre, alors qu’il hurle qu’il a fait Simone… que c’est Simone qui l’a fait. Très en avance sur son temps, S1m0ne a été un film précurseur pour Her (2013) ou Ex Machina (2015). Il peut cependant diviser car écartelé entre plusieurs genres : la comédie quand Al Pacino cherche à dissimuler son énorme supercherie, la satire du microcosme hollywoodien, la science-fiction tirant le fil de Programmé pour tuer (1995)… Il est cependant à voir pour cet aspect visionnaire. Et personnellement, alors que j’ai interviewé Rachel « Simone » Roberts au Festival de Deauville à mes débuts de journaliste cinéma, c’est très étrange de voir un tel postulat devenir réalité avec Tilly Norwood.

    Le Congrès (2013)

    En 2008, le monde de l'animation reçoit de plein fouet la claque Valse avec Bachir, introspection cauchemardesque au cœur de la mémoire et de la Guerre du Liban. Son réalisateur Ari Folman revient cinq ans plus tard avec Le Congrès (2013), adapté du roman de Stanislaw Lem. Il est aussi question ici de création virtuelle alors qu’une actrice accepte que son image, sa voix et ses émotions soient scannées et utilisées par un grand studio pendant vingt ans en échange d’un juteux contrat. En signant, elle consent à ne plus jamais exercer son métier et à disparaître, avant de revenir comme invitée d’honneur d’un congrès technologique célébrant l’avènement d’un monde virtuel…

    La grande force du long métrage, c’est son mélange entre animation et prises de vues réelles, où Robin Wright joue son propre rôle. Comme une mise en abîme d’un système avide de prolonger ad vitam l’existence de ses icônes. L’acteur cesse alors d’être un être humain pour devenir un personnage utilisable à loisir. Un postulat pas si éloigné de cas récents, comme la résurrection de Peter Cushing dans Rogue One (2016) ou le contrat signé par James Earl Jones avant sa mort pour que sa voix continue à incarner Dark Vador dans l’univers Star Wars. Au-delà du fond, qui aborde la perte d’identité, la marchandisation de soi et le rapport au virtuel, le résultat, très différent de Valse avec Bachir, peut surprendre avec deux approches visuelles très distinctes et une animation onirique, métaphorique et surréaliste (voire chaotique), dans la même veine que A Scanner Darkly (2006) ou Paprika (2006).

    Belle (2021)

    « Bienvenue dans le monde de U… » Dans cet univers virtuel aux possibilités infinies, chacun.e peut être qui il/elle veut. Suzu, une adolescente complexée et marquée par la disparition de sa mère, y prend les traits de Belle, propulsée grâce à ses chansons en icône musicale aux 5 milliards de followers. Si cette gloire soudaine bouleverse sa vie, l’obligeant à mener de front deux existences totalement opposées entre monde réel et monde digital, sa rencontre avec un mystérieux avatar surnommé La Bête va l’entraîner dans une relation inattendue.

    Nouveau bijou animé de Mamoru Hosoda (La Traversée du temps, Les Enfants Loups), le film est évidemment une variation musicale et interconnectée de La Belle et la Bête qui revisite certains éléments incontournables du conte (le château abandonné, la danse dans la salle de bal…). Au-delà de ça, Belle interroge la notion d’idole virtuelle, puisque même si Suzu la dirige en coulisses, son avatar est la vedette incontournable de U au point d’avoir presque une existence propre aux yeux de ses fans. Avec l’adoration et les dérives que cela peut entraîner dans la « vraie vie ». Le résultat rappelle notamment l’univers de Summer Wars (2009) ou Ready Player One (2018) et le sujet des anime Idol Memories (2016) et Miss Monochrome (2013-)... avec une pointe du phénomène K-Pop Demon Hunters (2025) pour les scènes musicales (chantées par Louane en VF).

    Black Mirror : Hôtel Rêverie (2025)

    Oui, je sais. Hôtel Rêverie n’est pas à proprement parler un film, mais le troisième épisode de la saison 7 de Black Mirror (2011-) lancée en avril 2025 sur Netflix. Mais je le vois personnellement comme un « mini-film », comme tous les segments génialement glaçants qui composent cette anthologie d’ailleurs, qui interroge notre rapport aux nouvelles technologies. Pour le dire autrement, cette série est un peu comme une version 3.0 de La Quatrième Dimension (1959-1964) dont chaque chapitre ouvrait notre imaginaire, tel un recueil de nouvelles cinématographiques.

    Dans Hôtel Rêverie, on accompagne une comédienne (Issa Rae) dans une simulation virtuelle censée recréer l’univers d’un classique du 7e Art des années 40 en donnant une existence propre aux personnages, afin d’en faire un remake high tech. Suite à un incident informatique, elle va découvrir que sa partenaire (Emma Corrin) a désormais une conscience qui lui est propre, au point de sortir du scénario et d’entamer une relation amoureuse avec elle. Là encore, la frontière entre réel et simulation se floute, comme l’avait fait le méconnu mais passionnant Passé Virtuel (1999) ou la série Westworld (2016-2022). Côté esthétique, les cinéphiles apprécieront l’hommage à l’esthétique rétro de Casablanca (1943) et Brève Rencontre (1945). 

  • French Lover(s) : les meilleures romcom françaises des 25 dernières années

    French Lover(s) : les meilleures romcom françaises des 25 dernières années

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Non, la comédie romantique - ou « romcom » pour les puristes - n’est pas uniquement réservée aux films américains ! Le cinéma français sait lui aussi naviguer dans ce genre très codifié, qui met en scène un jeu savoureux de « je t’aime moi non plus », des seconds rôles aussi hilarants qu’attachants, des quiproquos et situations cocasses, des déclarations enflammées et un esprit résolument feel-good avec une tonalité pop, colorée et acidulée.

    Le French Lover (2025) Omar Sy en est d’ailleurs le dernier exemple en date. Devant la caméra de Nina Rives, il campe un célèbre acteur qui va craquer pour une serveuse en galère (la charmante Sara Giraudeau) pour un Coup de foudre à Notting Hill (1999) inversé à même de faire battre le cœur des abonné.es Netflix. Entourés de la pétillante Agnès Hurstel, de l’affectueuse Pascal Arbillot et du tendre Alban Ivanov, les deux tourtereaux forment un couple aussi imprévu qu’évident. Bref, tout ce qu’on aime dans le genre. 

    Si vous voulez continuer à vibrer, bien au chaud sous un plaid et avec un pot de glace à portée de main, JustWatch vous propose une sélection du meilleur de la « french romcom » de ces dernières années (totalement subjective, basée sur mon petit cœur qui bat à moi !). Omar Sy, Audrey Tautou, Alain Chabat, Vanessa Paradis, François Civil, Virginie Efira, Romain Duris, Alexandra Lamy, Pierre Niney : elles et ils devraient vous charmer sans modération. Et on se demande au passage comment certains de ces films n’ont pas encore eu leur remake US…

    20. Anges & Cie (2025)

    Anges & Cie (2025) est la petite dernière de cette liste de french romcom, et elle mérite un coup de projecteur après une carrière en salles très discrète (à peine 112 000 entrées en juin dernier). Le concept derrière cette comédie romantique est pourtant intéressant, puisqu’on y suit les agissements d’anges gardiens, reconnaissables à leur uniforme violet, qui accompagnent nos pas d’humains. Et notamment ceux de Paul (Julien Pestel) et Léa (Shirine Boutella), deux âmes qui vont se rencontrer dans un ascenseur un soir de Réveillon et qui vont se recroiser, quelques années plus tard, alors que lui est sur le point de se marier. Ils sont accompagnés par deux guides que tout oppose (Elodie Fontan et Romain Lancry), et on aime beaucoup leurs petits stratagèmes pour aider ou contrecarrer le destin. Le film ne révolutionne pas le genre mais reste un spectacle très mignon, qui aurait pu faire un programme court très sympathique façon Scènes de ménages (2009-), à l’image des capsules qui ont été postées sur les réseaux sociaux en amont de la sortie. Entre Dogma (1999), Un jour sans fin (1993), Didier (1997), The Good Place (2016-2020) et Miracle Workers (2019-2023), le film revendique l’esprit du classique Une question de vie ou de mort (1946) comme inspiration majeure.

    19. Situation amoureuse : c’est compliqué (2014)

    Dans Le Mariage de mon meilleur ami (1997), on suivait un triangle amoureux entre deux futurs mariés et Julia Roberts du point de vue de cette dernière, obligée d’assister à l’union de celui qu’elle a toujours aimé. Dans Situation amoureuse : c’est compliqué (Grand Prix au Festival de l'Alpe d'Huez 2014), Manu Payet déplace le regard pour raconter une histoire similaire, alors qu’il voit ressurgir dans sa vie de futur marié « la plus belle fille du lycée » à qui il n’a jamais osé déclarer sa flamme. Comment choisir entre Anaïs Demoustier et Emmanuelle Chriqui (oui, la Sloan de la série Entourage ici dans son tout premier rôle en français) ? Faut-il tout gâcher pour réaliser un fantasme adolescent ? La réponse dans cette romcom divertissante qui vaut surtout le détour pour ses dialogues et ses seconds rôles, notamment Jean-François Cayrey et Jean-Charles Clichet en meilleurs potes aux conseils aussi bourrins qu’hilarants, très inspirés de l’humour des comédies potaches de Judd Apatow et des frères Farrelly que Manu Payet affectionne.

    18. Toute première fois (2015)

    Trois ans avant Love, Simon (2018), qui proposait la première teen comedy et romcom gay d’un grand studio outre-Atlantique, Toute première fois (2015) croisait déjà comédie romantique et homosexualité/bisexualité avec humour et sensibilité. Devant la caméra de Noémie Saglio (future créatrice de la série Plan Coeur) et Maxime Govare (futur réalisateur des Crevettes pailletées, 2019), Pio Marmaï, heureux en couple avec Lannick Gautry, se réveille dans le lit… d’une femme pour qui il craque. Un faux pas qui va évidemment bouleverser son existence. On aime ici le ton décomplexé, bienveillant et contemporain du long métrage, le mélange entre légèreté et tendresse, la relation entre le héros et son meilleur pote Franck Gastambide, Camille Cottin qui sort du personnage de Connasse, le repas de famille… Bref, beaucoup de raisons de faire de cette première fois un visionnage plus que recommandé, surtout si vous aimez les films de Judd Apatow (40 ans toujours puceau, En cloque mode d'emploi) et la romance Imagine Me & You (2006). 

    17. L’Amour c’est surcoté (2025)

    Voir les hilarants Hakim Jemili et Laura Felpin jouer les couples de comédie romantique a quelque chose de surprenant. Pour tout dire, on attendait plus les deux humoristes en seconds rôles comiques de romcom. Et pourtant le pari est gagnant car leur relation dans L’Amour c’est surcoté (2025), débutée au vestiaire d’une boîte de nuit, est vraiment touchante avec beaucoup de blessures, de non-dits et de masques susceptibles de contrecarrer cette romance naissante. On découvre ici la sensibilité de ces deux pros de la vanne qui, comme leurs personnages, acceptent de sortir de leur zone de confort. Et c’est extrêmement plaisant. Tout comme la bande qui les entoure, notamment Benjamin Tranié en roue libre dans ses vannes pas très politiquement correctes. Pour son premier long métrage, Mourad Winter adapte son propre roman avec talent, dans la même veine que Simple comme Sylvain (2023). On regrette juste que beaucoup de pistes soient lancées sans vraiment être creusées (l’ex en prison, la visite chez les parents, le mal-être d’Isma, la coloc…). Un film inégal donc, mais prometteur !

    16. Hors de Prix (2006)

    Dans le grand monde, on dit « aventurière » et « homme de compagnie ». Mais concrètement, dans Hors de Prix (2006), Gad Elmaleh et Audrey Tautou monnayent leurs charmes auprès des riches client.es d’hôtels de luxe. Elle comme mode de vie, lui pour tenter de la séduire. Cette intrigue qui pourrait sembler vulgaire est en réalité enlevée et élégante, grâce à l’écriture et la mise en scène de Pierre Salvadori qui revendique de s’inspirer des films d’Ernst Lubitsch (Jeux Dangereux, Haute Pègre, Rendez-vous…) comme boussole. Entre Pretty Woman (1990) et Coup de foudre à Manhattan (2003), avec le standing de la french riviera, le long métrage montre qu’Audrey Tautou n’est pas uniquement « Amélie Poulain » et que Gad Elmaleh peut être un premier rôle romantique crédible, comme il le fut d’ailleurs la même année dans un rôle très proche dans La Doublure (2006). Et attention, il ne faut ne pas confondre Hors de Prix et Quatre étoiles (2006), qui se déroule aussi dans le monde des établissements de haut standing avec Isabelle Carré et José Garcia.

    15. L’Amour c’est mieux à deux (2010)

    Vous le verrez, Virginie Efira sera très présente dans cette sélection romcom. En 2010 toutefois, elle n’est pas encore la comédienne incontournable qu’elle deviendra par la suite. Venue de la télévision (elle présentait La Nouvelle Star, souvenez-vous !), l’actrice belge enchaîne les petits rôles avant d’exploser dans L'Amour c'est mieux à deux (2010). Face à Clovis Cornillac en éternel romantique qui rêve des hasards de l’amour et Manu Payet, son meilleur ami pour qui tout se résume au sexe, cette « Cameron Diaz à la française » (selon les réalisateurs Dominique Farrugia & Arnaud Lemort) illumine cette variation sur les rencontres des trentenaires parisien.nes. C’est frais, c’est drôle, c'est moderne, avec de solides seconds rôles (Annelise Hesme, Jonathan Lambert, Laurent Lafitte, Shirley Bousquet…) et un esprit choral dans la lignée de Modern Love (2008).Et surtout, le film consacre Virginie Efira comme la french queen de la comédie romantique.

    14. Ma vie en l’air (2004)

    Si comme moi, vous aimez l’humanité et la délicatesse de Rémi Bezançon (auteur du formidable Le Premier jour du reste de ta vie, 2008), vous embarquez avec plaisir pour son premier long métrage. Dans Ma vie en l’air (2005), on suit un trentenaire terrifié par l’avion, phobie qui l’empêche de suivre celle qu’il aime à l’autre bout du monde : échoué sur son canapé avec son coloc et ami d’enfance, il voit débarquer dans sa vie une nouvelle voisine qui va bouleverser sa vie. Au coeur du film, il y a un trio impeccable : Vincent Elbaz en héros maladroit, Gilles Lellouche en glandeur attachant et Marion Cotillard en jeune femme indépendante. Et il y a aussi des questions plus profondes sur nos choix. Ma vie en l’air y répond avec humour et mélancolie, comme un miroir lumineux au plus dramatique -mais tout aussi réussi- Ensemble, c’est tout (2007) où excellent Audrey Tautou, Guillaume Canet et Laurent Stocker.

    13. 20 ans d’écart (2013)

    Au cinéma, c’est toujours risqué de simuler l’amour… car les sentiments peuvent rapidement s’inviter dans l'équation. Virginie Efira va en faire l’expérience dans 20 ans d’écart (2013), dans lequel un quiproquo improbable va faire croire qu’elle entretient une relation avec un jeune étudiant (Pierre Niney) : de quoi moderniser son image professionnelle et faire d’elle une nouvelle icône de la mode. Mais que faire quand le gamin de 19 ans et cette « cougar » improvisée de 38 ans craquent vraiment l’un pour l’autre ? Comme La Proposition (2009) avec Sandra Bullock et Ryan Reynolds, 20 ans d’écart revisite l'idylle contractualisée avec beaucoup d’humour (la visite de Virginie Efira dans l’école de Pierre Niney est savoureuse) et d’amour (on craque vraiment pour cette romance impossible). On est quelque part entre Working Girl (1988), Sex and the City (1998), Le Diable s’habille en Prada (2006) et Le Lauréat (1967), avec une vraie patte parisienne. Et on valide !

    12. Tout le monde debout (2018)

    Oui, Franck Dubosc est le Patrick Chirac de la trilogie Camping (2006-2016). Et le séducteur (très) lourd de nombreux one-man-shows. Mais ce serait dommage de le réduire à ce rôle de lover ringard, car dans Tout le monde debout (2018), sa toute première réalisation, il propose une comédie romantique étonnante sur fond de… handicap moteur. Menteur invétéré, il adopte le fauteuil roulant pour charmer une auxiliaire de vie (Caroline Anglade), mais rencontre rapidement sa grande sœur (Alexandra Lamy), réellement hémiplégique. De ce quiproquo naît un joli film, qui brasse le mensonge joyeux de L’Arnacoeur (2010) et le rire bienveillant et rassembleur de Un pt’it truc en plus (2024). Avec sensibilité et humour, Franck Dubosc livre ici une belle surprise, sorte de « Intouchables (2011) de la romcom », qui s’appuie sur un grand cœur et des seconds rôles savoureux (Elsa Zylberstein et Gérard Darmon en tête). Pour l’anecdote, si le titre du film vous rappelle quelque chose, c’est normal : il reprend mot pour mot la bourde lancée par François Feldman en 1996 au public du 10e Téléthon !

    11. Un peu, beaucoup, aveuglément (2015)

    Est-ce que l’on se voit mieux… sans se voir ? C’est la jolie question que pose Un peu, beaucoup, aveuglément (2015) qui repose sur un concept digne de l’émission de téléréalité Love Is Blind (2020-). Séparés par un mur très peu insonorisé, Machin, un misanthrope bourru (Clovis Cornillac), et Machine, une jeune pianiste introvertie (Mélanie Bernier), vont nouer un dialogue et une relation profonde sans jamais se croiser et sans jamais réduire leurs sentiments naissants aux apparences. Finiront-ils ensemble ? La réponse dans ce premier long métrage imaginé par Cornillac et sa pétillante compagne Lilou Fogli. Quelque part entre une romcom anglo-saxonne et un huis clos théâtral, le film est un petit bonbon feel-good et poétique, qui assume sa naïveté et sa simplicité. On y retrouve le même esprit que dans des films comme La Garçonnière (1960), Nuits blanches à Seattle (1993) et Vous avez un message (1998).

    10. L’Arnacoeur (2010)

    L’Arnacoeur (2010), c'est un « briseur de couple professionnel », une sorte de anti Hitch engagé pour éloigner les femmes de relations toxiques. Pour cela, il utilise des mises en scène inventives, son équipe de choc (sa sœur et son inénarrable mari) et son talent inné pour la séduction. Il n’avait juste pas prévu que sa nouvelle cible le fasse chavirer… A partir d'un concept de comédie à la Alibi.com (2017), Pascal Chaumeil livre une romance très réussie pour son premier long métrage (avant de poursuivre dans le genre avec Un plan parfait, 2017). Le chassé-croisé amoureux entre Vanessa Paradis et Romain Duris fonctionne bien, avec en point d’orgue leur hommage à la choré de Dirty Dancing (1987). Le duo François Damiens / Julie Ferrier est hilarant. Et les fans de The Walking Dead (2010-2022) reconnaîtront Andrew « Rick Grimes » Lincoln en fiancé britannique. Alors pourquoi ne pas classer L’Arnacoeur plus haut dans le classement ? Parce que j’ai toujours trouvé le couple -et le film- un peu artificiels. On a le droit de ne pas être d’accord ! D’ailleurs, 3,7 millions de spectateurs ont pensé le contraire en salles. C’est pour ça que cette romcom a toute sa place ici. Mais pas dans le top.

    9. La Chance de ma vie (2011)

    Troisième entrée romcom de cette liste pour Virginie Efira, décidément incontournable dans le genre. Dans La Chance de ma vie (2011), elle fait des merveilles en designeuse qui a le malheur de croiser le chemin d’un conseiller matrimonial (François-Xavier Demaison) qui porte la poisse à toutes celles dont il tombe amoureux. La carrière, la santé et la vie amoureuse de la jeune femme peuvent-elles survivre à ce chat noir ? Devant la caméra de Nicolas Cuche (Prêt à tout, Pourris gâtés), la comédienne est une vraie Pierre Richard au féminin, victime de tous les coups du sort possibles et imaginables, entre quiproquos, chutes et allergie. Et on aime beaucoup ! Bien sûr, le film n’échappe pas aux ficelles et clichés de la comédie romantique, il est parfois un peu prévisible mais qu’importe, on passe un délicieux moment pendant 1h27mn.

    8. Populaire (2012)

    Si vous aimez la screwball comedy (sous-genre des années 30 dont New York-Miami, L'Extravagant Mr. Deeds et L'Impossible Monsieur Bébé sont des incontournables) et les classiques US des années 50 (Drôle de frimousse, Confidences sur l’oreiller, Comment épouser un millionnaire…), vous devriez adhérer à la proposition de Populaire (2012) qui assume son côté rétro tout en instillant beaucoup de modernité. On y découvre une jeune secrétaire (Déborah François) qui tape à la machine comme personne prise sous l’aile d’un patron ambitieux (Romain Duris) qui décide d’en faire une championne… de concours de vitesse dactylographique. Entre élégance old school, film sportif et romcom pétillante, Populaire est un long métrage qui mérite vraiment d’être (re)découvert. C’est un peu le Bye Bye Love (2003) français, et on en redemande !

    7. Avignon (2025)

    Avec trois prix au Festival de l’Alpe d’Huez, qui célèbre chaque année les meilleures comédies, Avignon (2025) est l’un des films incontournables de l’année. Sincère et rafraîchissant, le premier long métrage de Johann Dionnet - adapté de son court métrage Je joue Rodrigue - nous plonge dans les rues, les salles et les coulisses du Festival d’Avignon, qui devient chaque été la capitale du théâtre. C’est là que Baptiste Lecaplain, comédien d’une pièce de boulevard, va faire croire qu’il joue Le Cid pour impressionner et séduire une actrice (Elisa Erka) venue elle aussi en ville pour l’événement. Entre romcom et comédie de troupe, cette pépite drôle et attachante célèbre l’art de la scène, qu’il soit classique ou populaire, sans occulter la précarité du métier et les rivalités du milieu. Le tout porté par une bande chaleureuse et attachante (Alison Wheeler, Lyes Salem, Rudy Milstein, Constance Carrelet…) qui rappelle beaucoup la dynamique d’un Radiostars (2012) et l’esprit d’un Edmond (2019).

    6. Parents d’élèves (2020)

    Sur le papier, Parents d’élèves (2020) est une comédie familiale entre parents, profs et élèves. Je le classe personnellement dans les très bonnes romcom, car on retrouve au centre de cette histoire le joli couple Camélia Jordana /  Vincent Dedienne. Elle, c’est une jeune prof impliquée. Lui, c’est un babysitter qui va se faire passer pour le père de l’enfant qu’il garde. Le moyen idéal pour se rapprocher de la maîtresse… Entre réunions, sorties et kermesse, le film nous fait traverser toute une année scolaire avec le cœur battant, en attendant que les deux tourtereaux finissent par se séduire. A leurs côtés, la bande des parents (emmenée par Alix Poisson et Samir Guesmi) est très drôle, tout comme les enfants. C’est Noémie Saglio (Connasse, Plan cœur, Toute première fois…) qui dirige tout ce petit monde. Si vous avez aimé Ma reum (2018) et Daddy Cool (2014) côté français, et des films comme Un flic à la maternelle (1990) ou Babysittor (2005) côté US, Parents d’élèves est quelque part au milieu. Et c'est très sympa.

    5. Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain (2001)

    Il y a beaucoup de choses dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain (2001). Les « aime / aime pas » aussi anecdotiques que géniaux. Montmartre et Paris revisités par Jean-Pierre Jeunet. Les seconds rôles mémorables (Isabelle Nanty, Dominique Pinon, Jamel Debbouze, Yolande Moreau, Rufus, Urbain Cancelier, Serge Merlin…). La narration d’André Dussollier. La musique de Yann Tiersen. Un nain de jardin, des ricochets, des photomatons, une boîte de souvenirs, aussi. Mais il y a surtout la romance douce et timide entre Audrey Tautou et Mathieu Kassovitz, qui se cherchent pendant une bonne partie du long métrage autour d’un album photo. Inclassable et feel-good, ce conte hors du temps est en son coeur une très jolie romcom autour d’une jeune femme tournée vers les autres qui va enfin accepter de s’occuper (un peu) d’elle-même. Le film brille par sa tendresse, son inventivité visuelle et sa naïveté, et peut être rapproché de Minuit à Paris  (2011), Moonrise Kingdom (2012) ou La Science des Rêves (2006).

    4. Mensonges et trahisons et plus si affinités… (2004)

    Mensonges et trahisons et plus si affinités… (2004) est à l’image d’Edouard Baer : décalée et inclassable. Avec un pitch comme seules les romcom savent en proposer : un écrivain en pleine crise existentielle quitte sa petite amie alors qu’il doit rédiger la biographie d'un footballeur professionnel dont la femme… n'est autre que celle avec qui il a failli conclure dans ses jeunes années. Premier long métrage du regretté Laurent Tirard (qui signera par la suite Molière, Un homme à la hauteur et le scénario de Prête-moi ta main), le film brille par son rythme, son sens du dialogue et sa douce ironie alors que s’enchaînent quiproquos et faux semblants. Face au dandy Baer, Marie-Josée Croze, Clovis Cornillac et Alice Taglioni complètent le quatuor de choc et de charme de cette comédie romantique enlevée et élégante, sorte de version cynique du cinéma d’Emmanuel Mouret. Personnellement, c’est l’une de mes romcoms de chevet, avec une mention spéciale pour les trois potes qui gravitent autour de notre anti-héros : Jean-Christophe Bouvet, Eric Berger et Jean-Michel Lahmi. 

    3. Les Emotifs Anonymes (2010)

    Dans « comédie dramatique », il y a « comédie ». C’est pour cela que j’ai choisi d’intégrer Les Emotifs anonymes (2010) à ce classement. Parce que j’aime d’amour cette comédie dramatique romantique, qui brille par sa subtilité et sa douceur en orchestrant l’idylle naissante entre deux grands timides maladifs. Lui (Benoît Poelvoorde) est directeur d’une fabrique de chocolats et a beaucoup de mal avec les interactions humaines. Elle (Isabelle Carré) est chocolatière et perd ses moyens à chaque prise de parole. Leur rencontre est absolument bouleversante. Et drôle aussi. Le réalisateur Jean-Pierre Améris, lui-même hyper-émotif, livre ici une romcom très personnelle, toute en dentelles, qui sublime l’anxiété sociale et irradie de bienveillance. C’est un bonbon (enfin... un chocolat, plutôt !) qui fait vraiment du bien, à rapprocher de Le Chocolat (2000) et La Délicatesse (2011), et où l’on croise un jeune Pierre Niney dans l’un de ses premiers rôles.

    2. Prête-moi ta main (2006)

    Dans Prête-moi ta main (2006), Alain Chabat est un « nez », engagé par les plus grands parfumeurs pour concocter leurs nouvelles fragrances. Car c’est un vrai talent de savoir mélanger les senteurs pour obtenir une odeur unique et parfaite. Le film d’Eric Lartigau est à cette image : un savant mélange d’amour, d’humour, de tendresse, de joies et de peines pour une romcom absolument parfaite, qui voit cet éternel célibataire engager Charlotte Gainsbourg afin de la présenter à sa famille comme son (horrible) fiancée pour être enfin débarrassé de la pression du mariage. Mais les sentiments vont évidemment s’en mêler… En transposant en France le concept du « love contrat » cher aux romances US (on pense à Pretty Woman, La Proposition ou 10 bonnes raisons de te larguer), Prête-moi ta main nous offre une petite bulle romcom dont les effluves nous habitent longtemps après. Comme un bon parfum, finalement. Une vraie réussite, à prolonger avec #Jesuislà (2020), également du tandem Chabat / Lartigau.

    1. Mon inconnue (2019)

    Prête-moi ta main (2006) a longtemps été, pour moi, ce qui se faisait de mieux dans la romcom française (et même en romcom tout court). Et puis est arrivée Mon inconnue (2019), pépite signée Hugo Gélin (d’ailleurs coscénariste et directeur artistique de French Lover). Au croisement de la comédie romantique et du film fantastique façon « et si », le film projette un auteur à succès dont la flamme pour sa compagne s’est éteinte dans une réalité parallèle où lui est professeur de français et elle pianiste virtuose. Ils ne se connaissent plus, et il va tout faire pour séduire à nouveau cette inconnue qu’il connaît si bien… Véritable bijou d’émotions et d’humour parfaitement ciselé, le long métrage assume ses inspirations anglo-saxonnes (Family Man, Un jour sans fin, Eternal Sunshine of the Spotless Mind) qu’il réinvente avec une vraie french touch, et il met en scène un couple de cinéma lumineux et évident : Joséphine Japy et François Civil. A leurs côtés, Benjamin Lavernhe est un formidable atout comique (et ping-pong !).

  • « F1 » : 5 films qui courent dans la même catégorie que Brad Pitt

    « F1 » : 5 films qui courent dans la même catégorie que Brad Pitt

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Avec F1® Le Film (2025), Brad Pitt vient de franchir la ligne des 3 millions d’entrées, s’offrant la troisième marche du podium de ses succès personnels au box-office français (derrière Ocean’s Eleven et Se7en) et la deuxième place du Top annuel 2025 (derrière Lilo & Stitch). Un triomphe public qui vient saluer une plongée immersive dans l’univers de la Formule 1, tournée sur de véritables circuits et dans de vrais bolides aux quatre coins de la planète.

    Dans la lignée de son Top Gun : Maverick (2022), le réalisateur Joseph Kosinski confronte un jeune pilote (Damson Idris) à un vieux « briscard » du bitume (Brad Pitt) qui va lui prodiguer ses conseils et lui transmettre son expérience et sa philosophie. Cet anti-héros au corps abîmé par des décennies de courses a d’ailleurs des agissements parfois un peu surprenants -et même assez peu glorieux- notamment quand il accroche volontairement ses concurrents pour recoller au peloton… Mais bon, c’est Brad Pitt, on lui pardonne !

    Si vous avez apprécié ce spectacle vrombissant, JustWatch vous propose une sélection de 5 longs métrages à (re)découvrir pour y retrouver le même esprit, que ce soit dans et hors de l'habitacle. Ce n’est pas toujours de la F1 -que les puristes me pardonnent pour cela- mais il y a des voitures, des drapeaux à damiers, des outsiders, des champions, des victoires, des défaites, de l’émotion… et beaucoup de vitesse !

    Jours de tonnerre (1990)

    Si le nom de Cole Trickle vous parle, c'est que vous avez vibré devant Jours de tonnerre (1990). Devant la caméra intense et dynamique de Tony Scott (qui refait un peu ici son propre Top Gun dans l’univers du sport automobile), Tom Cruise incarne ce pilote prometteur, tête brûlée qui va faire pas mal de dégâts sur les pistes NASCAR. Les conseils avisés de son directeur de course (génial Robert Duvall) vont alors lui permettre de passer d’outsider à champion. Spectaculaire et inspirant (j’ai « poncé » la VHS dans ma jeunesse, m’imaginant au volant du bolide jaune et vert Mello Yello), le long métrage rappelle beaucoup d’aspects de F1® Le Film (2025)... qui lui vole d’ailleurs quelques plans emblématiques ! On se dit même que Cole Trickle pourrait être un jeune Sonny Hayes (le personnage campé par Brad Pitt). D’ailleurs, le réalisateur Joseph Kosinski a révélé lui-même qu’il adorerait voir les deux personnages se rencontrer dans une suite/crossover entre les deux films. Le producteur Jerry Bruckheimer ayant œuvré en coulisses sur les deux blockbusters, cela pourrait bien se concrétiser… Moi j’ai hâte ! Pas vous ?

    Le Mans 66 (2019)

    En 2h33mn, Le Mans 66 (2019) raconte l’histoire vraie d’un ingénieur visionnaire et d’un pilote brillant, chargés par l’écurie Ford de livrer un véhicule capable de rivaliser avec les mythiques Ferrari sur le circuit des 24 heures du Mans en 1966. Sur le papier, on se dit que le sujet ne parlera qu’aux fans ultra-pointus de bagnoles et autres téléspectateurs d’Auto-Moto et Turbo… Et pourtant, à l’écran, le miracle opère ! Matt Damon et Christian Bale forment un duo parfait devant la caméra de James Mangold, qui trouve l’équilibre entre spectacle visuel (les séquences de courses sont impressionnantes, couronnées par les Oscars du montage et du son) et récit humain profond et touchant, avec des personnages sous tension pris dans une relation aussi amicale que conflictuelle face aux impératifs du sport-business. Malgré quelques inexactitudes historiques, on ne peut que recommander ce film qui a bien failli avoir… Tom Cruise et Brad Pitt comme stars ! Fou, non ?

    Cars 3 (2017)

    Cela peut surprendre de glisser un film d'animation dans cette sélection, et pourtant Cars 3 (2017) fait fortement écho à la dynamique des personnages de F1® Le Film (2025), en faisant de Flash McQueen un vétéran des circuits dépassé par la vitesse et la technologie de la nouvelle génération de champions. Le septuple vainqueur de la Piston Cup va alors accepter de s’engager sur la voie de la transmission, dans un émouvant passage de relais avec la fougueuse Cruz Ramirez. Effaçant un Cars 2 (2011) boursouflé de séquences d’action, d’espionnage et d’humour, cette troisième et ultime course permet aux studios Pixar de renouer avec l’esprit, la profondeur et l’émotion du premier Cars (2006). Le résultat est très réussi, et vous rappellera beaucoup Rocky Balboa (2006) / Creed (2015).

    Rush (2013)

    Avant que F1® Le Film (2025) ne s’impose comme la référence du film de Formule 1, il y a eu quelques tentatives comme Grand Prix (1966), Driven (2001) ou Michel Vaillant (2003) mais surtout Rush (2013). Centré sur la rivalité légendaire entre la McLaren du flamboyant James Hunt (Chris Hemsworth) et la Ferrari du méthodique Niki Lauda (Niki Lauda), le long métrage de Ron Howard (Apollo 13, 1995) est un biopic trop souvent oublié. Il brille pourtant par son interprétation, sa reconstitution des années 70, sa mise en scène sous tension des courses (la peur de l’accident plane en permanence et le crash du Nürburgring est terrifiant) et sa dramaturgie confiée au brillant Peter Morgan (The Queen, Frost / Nixon, The Crown). Le résultat est à la hauteur du duel entre les deux champions, comme l'est Borg/McEnroe (2017).

    Gran Turismo (2023)

    Quand Gran Turismo prend le départ en 2023, il est accompagné par beaucoup de scepticisme. Dont le mien. Il faut dire que la précédente adaptation de jeu vidéo de course, le poussif Need For Speed (2014), n’avait pas laissé que de bons souvenirs. Pourtant, le film de Neill Blomkamp (District 9, 2009) est une vraie bonne surprise, avec une histoire vraie mêlant jeune pilote outsider recruté sur consoles (Archie Madekwe), vétéran/mentor au grand cœur (David Harbour), enjeux impitoyables du sport-business et courses ultra-immersives. Ce qui n’aurait pu être qu'une énième transposition vidéoludique oubliable et une publicité géante pour Playstation est à l’arrivée un spectacle inspirant et touchant, qui fait découvrir au passage le parcours étonnant du gamer-pilote Jann Mardenborough. On peut notamment rapprocher le film du récent Rapide (2025), sorte de cousin français emmené par Paola Locatelli et Alban Lenoir.

  • Inoxtag, Mister V, Natoo…  : 5 films d’influenceurs français à voir

    Inoxtag, Mister V, Natoo… : 5 films d’influenceurs français à voir

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Ils et elles sont né.es sur smartphones, sur les réseaux sociaux ou sur Youtube, avec des envies plus ou moins prononcées de pouvoir s’essayer, un jour, à l'expérience du grand écran. La notoriété -qui se mesure en millions d’abonnés- aidant, des opportunités ont dès lors pu se présenter ces dernières années aux influenceurs, youtubeurs et autres vidéastes.

    Il y a eu des apparitions vocales (Squeezie dans Ratchet et Clank, Cyprien dans Bob l'éponge, le film : Un héros sort de l'eau) ou physiques (McFly et Carlito dans Astérix et Obélix). Des rôles plus conséquents (Hugo Tout Seul dans Avis de Mistral, Andy Raconte dans Epouse-moi mon pote, Antton Racca dans Apaches). Et des projets en tête d’affiche (Riadh Belaïche dans A la belle étoile, Jimmy Labeeu dans Le Correspondant, Norman Thavaud dans Pas très normales activités… et prochainement Lena Situations dans Spider Island).

    Tout n’est évidemment pas réussi ou mémorable (loin de là, même !), mais il y a quelques œuvres notables que JustWatch vous propose de découvrir ci-dessous.

    5. Le Manoir (2017)

    Soyons clairs : Le Manoir (2017) n’est pas un grand film. Mais si j’en parle ici, c’est qu’il a son importance culturelle en étant le premier long métrage pour le cinéma à être entièrement porté -ou presque- par un casting « digital native ». En l'occurrence Kemar (également co-scénariste), Natoo, Ludovik, Mister V, Jérôme Niel, Vincent Tirel et Baptiste Lorber, réunis dans un slasher à la française qui va lorgner du côté de Scary Movie / Scary Movie 2 pour son croisement entre humour et frissons.

    Le cocktail n’est pas toujours réussi, le scénario est très mince et les gags sont assez lourds, et le résultat parlera surtout aux fans des différents influenceurs (en rappelant au passage que le film était accompagné d’une interdiction aux moins de 12 ans lors de sa sortie en salles). Mais certains d’entre eux tirent leur épingle du jeu dans la comédie, et on salue l'esthétique du réalisateur et ancien clippeur Tony Datis, qui a signé depuis Marius et les Gardiens de la Cité Phocéenne (2025) avec le chanteur Soprano.

    4. McWalter (2025)

    Alors que le spoof movie a fait un retour en force sur grand écran cet été avec Y’a t-il un flic pour sauver le monde (2025), Prime Video joue la carte de la french parodie en cette rentrée avec McWalter (2025). Projet de cœur de Mister V, alias Yvick Letexier, le film fait renaître de ses cendres l’agent secret qu’il avait imaginé et campé dans plusieurs courts métrages Youtube il y a de cela quelques années, en le confrontant à un complot mondial et explosif qui fait de lui l’ennemi public numéro 1.

    Un esprit « ZAZ » (la saga Y’a t-il un flic et Hot Shots notamment) se dégage du long métrage, dont le mélange entre situations absurdes et esthétique léchée ressemble à un croisement entre Alarme Fatale (1993) et Last Action Hero (1993), avec un peu de l’esprit Sentinelle (2023). C’est plutôt efficace, si du moins on adhère à l’esprit foutraque et l’humour potache du projet. Très à l'aise dans son rôle de super-flic à la mémoire défaillante, Mister V est entouré d’un joli casting (Géraldine Nakache, William Lebghil, Vincent Dedienne, François Berléand… et Richard Darbois en guest vocal !) sous la direction soignée de Simon Astier (qui signe son premier long métrage après pas mal de séries, dont Hero Corp et Mortel).

    3. Rapide (2023)

    Un peu avant que Brad Pitt ne s’envole sur les circuits automobiles et les cimes du box-office, la pole position était française et s'appelait Rapide (2025). Distribué sous la bannière Universal Pictures International France, le long métrage lance Paola Locatelli sur les pistes aux côtés d’un Alban Lenoir moustachu, dans le rôle d’une jeune championne de karting qui tente de se faire une place dans le monde très masculin de la Formule 1.

    Ambitieux et immersif, Rapide a pu compter sur le savoir-faire du réalisateur Morgan S. Dalibert (AKA), le pilotage de David Jullienne (qui perpétue l’héritage de son légendaire grand-père cascadeur Rémy Julienne) et l'écurie française Alpine. Et sur le talent naissant de Paola Locatelli, plutôt convaincante dans son rôle d’outsider malgré les clichés inhérents au genre. Maintenant, soyons honnête, on est plus ici dans l’esprit Michel Vaillant (2003) que dans la catégorie de F1® Le Film (2025) et Le Mans 66 (2019). Mais le film mérite le coup d'œil.

    2. Un stupéfiant Noël ! (2023)

    Stupéfiante proposition que cette comédie de fin d’année, sortie en décembre 2023 sur Prime Video. Car Un stupéfiant Noël ! croise l’esprit de Noël (forcément) avec le body swap (film d’échange de corps) et la confrontation entre réalité et fiction. Concrètement ? Un flic dur à cuire est propulsé dans le corps du gentil héros du film préféré de sa fille… et inversement. Chacun va donc devoir réussir la mission de son alter ego pour retrouver son univers : démanteler un réseau de trafic de drogue pour l’un, et remporter un concours de patinage artistique pour l’autre !

    Ce qui ressemble sur le papier à un gloubiboulga improbable est une franche réussite à la bonne humeur communicative, où Matthias Quiviger -alias Ragnar Le Breton- et Eric Judor (incarnation parfaite du Ned Flanders des Simpson !) forment un tandem très sympathique. On retrouve l’esprit de Last Action Hero (1993), de Maman j’ai raté l’avion (1990) et de La Vengeance au triple galop (2021). De Pleasantville (1998) et Les Rois du patin (2007 aussi, porté par un joli casting où on retrouve avec plaisir Laura Felpin, Philippe Lacheau (également producteur), Alex Lutz, Kim Higelin, Bruno Sanches, François Vincentelli ou Guy Lecluyse en Santa Claus. Le résultat ? Une comédie qui dynamite le film de Noël !

    1. Kaizen - 1 an pour gravir l’Everest (2024)

    En 2024, Kaizen : 1 an pour gravir l’Everest est un événement sans précédent dans l’histoire de l’exploitation française. Sorti au cinéma pour quelques séances exceptionnelles avant sa mise en ligne sur Youtube, le documentaire d’Inoxtag attire plus de 300 000 spectateurs dans les salles de cinéma avant d’enregistrer 46 millions de vues (à date) sur la toile. Mais au-delà du phénomène, il y a un défi humain et sportif incroyable, celui d’une ascension a priori impossible tentée par l’influenceur après une année intense de préparation.

    Je ne connaissais Inoxtag que de nom, n’étant pas le public cible de ses vidéos. Et ce que j’avais vu sur la toile ne m’avait pas vraiment parlé ni même emballé. C’est donc vraiment à reculons que je suis allé découvrir le long métrage (2h40mn)... et j’ai sincèrement été « cueilli » par l’aventure humaine, par le spectacle vertigineux (les plans au drone sont hallucinants) et par l’ambition qui se dégage de cette entreprise. Tout n’est pas idéal, bien sûr (l’impact écologique, les placements de produits, la chronologie des médias…), mais le résultat est vraiment bluffant. Et inspirationnel. Si, comme le souhaite le vidéaste, cela peut amener son public à décrocher des écrans et sortir voir le monde, tant mieux !

    Mention spéciale - Les Dissociés (2015)

    Le collectif Suricate étant avant tout une bande (douée) d’auteurs, réalisateurs et comédiens, très éloignés finalement de l’univers « youtubeurs », il n’aurait pas été tout à fait juste de les inclure dans ce classement. Mais je tenais tout de même à recommander leur génial Les Dissociés (2015), comédie de body swap qui voit les personnalités changer de corps au moindre contact. Extrêmement bien interprété (bravo au trio Raphaël Descraques / Julien Josselin / Vincent Tirel, également à la caméra, à la plume et au montage !), le film est une petite pépite ultra-inventive… et gratuite. Jetez un oeil sur Youtube, vous ne le regretterez pas !

  • Conjuring, Annabelle, La Nonne… : la saga d’horreur dans le bon ordre !

    Conjuring, Annabelle, La Nonne… : la saga d’horreur dans le bon ordre !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Les super-héros gravitent dans le Marvel Cinematic Universe, le DC Universe ou le Sony-Verse. Godzilla et Kong dominent leur MonsterVerse. Les amateurs de Karaté Kid et Cobra Kai montent sur les tatamis du Miyagi-verse. Et côté horreur, parallèlement aux classiques des Universal Monsters et aux nanars du Poohniverse, les fans de paranormal peuvent plonger dans les arcanes maléfiques du Conjuring Universe.

    A l’origine de cette lucrative franchise de dix films (plus de 2,7 milliards de dollars de recettes dans le monde à l’heure où j’écris ces lignes), il y a les enquêtes du couple Warren, spécialistes de l’occulte confrontés à des affaires terrifiantes. Leurs travaux ont ainsi permis aux producteurs de la saga de développer au fil des années des prequels et spin-off revenant aux origines de certaines entités. Avec, pour chaque chapitre, un tournage béni par un prêtre (!). On peut donc regarder cette décalogie dans l’ordre de sortie des longs métrages :

    • Conjuring : les dossiers Warren (2013)
    • Annabelle (2014)
    • Conjuring 2 : le cas Enfield (2016)
    • Annabelle 2 : la Création du Mal (2017)
    • La Nonne (2018)
    • La Malédiction de la Dame Blanche (2019)
    • Annabelle : la maison du Mal (2019)
    • Conjuring : sous l’emprise du Diable (2021)
    • La Nonne : la Malédiction de Sainte Lucie (2023)
    • Conjuring : l’heure du jugement (2025)

    Mais on peut aussi préférer un visionnage selon le déroulement chronologique de la franchise, que je recommanderais -malgré, parfois, quelques incohérences ou changements de comédiens- pour bien appréhender la manière dont cet univers maléfique s’organise autour des Warren. Suivez le guide JustWatch… si vous osez !

    NB : les films La Nonne / La Monja (2005) et La Malédiction de la Nonne (2018) ne font PAS partie de la franchise Conjuring, ne vous trompez pas !

    La Nonne - se déroule en 1952

    Nous sommes en 1952. Envoyés par l’Eglise pour enquêter sur le suicide d’une religieuse dans une abbaye roumaine, un prêtre au passé trouble et une jeune novice vont être confrontés à une entité démoniaque qui hante les lieux sous l’apparence d’une ténébreuse Nonne (2018). Quand le film sort, il s’inscrit comme le cinquième volet de la franchise : pourtant, en dévoilant l’origine du démon Valak, il pose les premiers éléments de l’univers en se raccrochant à Conjuring (2013) et Conjuring 2 (2018). L’horreur est ici plus atmosphérique que graphique, avec une ambiance poisseuse qui investit les murs d’un édifice religieux antique, entre vieilles pierres, couloirs poussiéreux et souterrains inquiétants. Un peu comme si le cadre du Nom de la Rose (1986) accueillait L’Exorciste la suite (1990) ou Le Prince des Ténèbres (1987).

    Révélé par Le Sanctuaire (2015), le réalisateur Corin Hardy met son savoir-faire au service d’une ambiance gothique inspirée des films de la Hammer, où s’illustre notamment Taissa Farmiga, la petite sœur de Vera Farmiga (qui interprète Lorraine Warren dans les Conjuring). Son allure innocente contraste parfaitement avec l’aura démoniaque dégagée par Bonnie Aarons sous le maquillage de la nonne, créature qui impose instantanément son iconographie au panthéon horrifique. On regrette juste un récit un peu simpliste et une surenchère de jump-scares pas toujours utiles, mais la sensation malaisante est bien là, avec des moments de vraie tension (le Père Burke enterré vivant, les prières conjointes pour éloigner le Mal…).

    Annabelle 2 : la Création du Mal - se déroule en 1955

    Trois ans plus tard, en 1955, la franchise Conjuring nous entraîne sous le soleil californien avec Annabelle 2 : la Création du Mal (2017), qui aurait pu tout aussi bien s’intituler Annabelle 0. En effet, il s’agit d’un prequel d’Annabelle (2014), lui-même prequel de Conjuring (2013). Vous suivez ? Ou comment un redoutable démon va prendre possession d’une jeune femme au sein de la maison d’un fabricant de poupées qui accueille des orphelines après la mort de sa fille Annabelle. Comme La Nonne (2018), le film mise sur une approche old-school qui privilégie l’ambiance et la montée en tension, avec quelques moments chocs.

    Le réalisateur David F. Sandberg cite volontiers La Maison du diable (1963) et Shining (1980) comme inspirations principales pour l’atmosphère et la musique du long métrage. Plébiscité pour son premier film Dans le noir (2016), il démontre une nouvelle fois son talent pour jouer avec les ombres et utiliser l’espace d’un huis clos, entre pièces interdites et placards qu’il ne vaut mieux pas ouvrir. Les aficionados de L'Orphelinat (2007) devraient apprécier cette relecture du film de maison hantée où l’approche visuelle est soignée et au service du malaise. Avec une connexion très bien vue avec la saga à la toute fin. 

    La Nonne : La Malédiction de Sainte Lucie - se déroule en 1956

    Fort du succès de La Nonne (2018), une suite est mise en chantier pour poursuivre la construction de l’histoire de l’entité démoniaque Valak. La Nonne : La Malédiction de Sainte Lucie (2023) se déroule quatre ans plus tard, en 1956, et voit Sœur Irène (Taissa Farmiga), désormais plus aguerrie, se rendre dans le sud de la France pour enquêter sur plusieurs décès attribués à l’entité démoniaque. Elle y retrouve Maurice (Jonas Bloquet), déjà présent dans le premier film et rattaché lui aussi aux époux Warren, et va devoir retrouver une relique disparue pour triompher dans son combat contre le Mal…

    Comme dans les deux précédents opus, l’esthétique est volontairement rétro et l’approche visuelle verse dans l’iconographie gothique pour faire monter la peur crescendo. Avec, comme un écho aux deux premières histoires de la chronologie, un combo « huis clos dans un cloître + religieuses + jeunes orphelines ». C’est peut-être là la limite du film, qui tourne un peu à la recette et qu’on regarde surtout pour compléter la mythologie et pour les apparitions de la Nonne. A ce titre, la scène du kiosque à journaux est extrêmement réussie. Mais en tant que fan de Conjuring, on sera un peu partagé devant le résultat, qui fait plus épisode de remplissage qu’autre chose, avec certains effets vraiment grand guignol qui versent plus dans L’Exorciste du Vatican (2023) que dans ce qui fait le sel de la franchise.     

    Annabelle - se déroule en 1967

    Annabelle (2014) reprend exactement là où se conclut Annabelle 2 : la Création du Mal (2017). En l'occurrence en 1967, alors que la poupée maléfique réapparaît chez un jeune couple (Annabelle Wallis et Ward Horton) qui attend son premier enfant. Les phénomènes paranormaux se multiplient autour du bébé, mais est-ce vraiment cette âme pure que le démon convoite ? Un prêtre proche des époux Warren (Tony Amendola) et une libraire attentionnée (Alfre Woodard) vont tout faire pour les aider à affronter l’entité démoniaque.

    Une belle ambiance 60’s traverse le film de John R. Leonetti, qui a œuvré comme directeur de la photographie de Conjuring (2013) et Insidious 2 (2013). Il navigue donc en territoire connu et maîtrisé et sa mise en scène est efficace, avec une ambiance à la Ouija (2014) et The Boy (2016) et un environnement résidentiel en huis clos rappelant notamment Rosemary’s Baby (1968) et The Grudge (2004). Mais on a le sentiment que le récit est un peu bâclé, produit à la hâte pour surfer sur le succès de Conjuring et la forte impression laissée par la poupée en ouverture du long métrage. Le final de Annabelle amène d’ailleurs à ce prologue…

    Conjuring : Les dossiers Warren - se déroule en 1968 & 1971

    S’il n’y avait qu’un seul film à voir au sein de la franchise, ce serait assurément Conjuring : les dossiers Warren (2013). C’est le tout premier à être sorti, et le cinquième dans la chronologie de l’histoire. On y fait la connaissance de Ed et Lorraine Warren (Patrick Wilson et Vera Farmiga), deux démonologues spécialisés dans les enquêtes occultes, les possessions et la chasse aux artefacts maudits. Après un prologue vraiment flippant situé en 1968 (mettant en scène, vous l’avez compris, cette chère Annabelle et son redoutable « Miss Me ? »), on les retrouve en 1971 alors qu’ils viennent en aide à la famille Perron : leur ferme, située à Harrisville dans le Rhode Island, semble en effet abriter une présence néfaste qui se manifeste à 03h07 et attaque le couple et ses filles…

    La grande réussite du long métrage, c’est de prendre son sujet au sérieux. L’interprétation est juste, la mise en scène est élégante et l’ambiance est terrifiante. Le jeu du « clap clap » dans la cave, l’entité sur l’armoire, la boîte à musique, la porte qui se referme dévoilant un coin sombre où l’on devine le Mal absolu… On est dans la terreur pure, celle qui remonte le long de l’échine et fait se dresser les poils sur les bras. Comme si le réalisateur James Wan, déjà adoubé dans le genre avec Saw (2004) et Insidious (2010), savait parfaitement comment tisser ET tirer les fils de la peur (j’ai personnellement eu du mal à dormir pendant quelques jours). Il est aidé en cela par l’histoire même des Warren, dont la caution « d’après de véritables enquêtes » a grandement décuplé le potentiel de trouille du film. Pour le dire autrement, Conjuring est L’Exorciste (1973) ou le Amityville (1979) des années 2010. Tout simplement.

    Annabelle : La Maison du Mal - se déroule en 1968 & 1969

    Si on devait replacer précisément Annabelle : La Maison du Mal (2019) au sein de la chronologie, il faudrait l’intégrer juste après le prologue de Conjuring (2013). En effet, ce troisième film dédié à la poupée maléfique s’ouvre en 1968 alors que les Warren la récupèrent auprès des deux infirmières victimes de ses méfaits… avant de se poursuivre un an plus tard, en 1969. Oui, le Conjuring Universe est décidément complexe ! C’est donc un épisode qui vient « s’insérer » dans la continuité de l’histoire, avec Ed et Lorraine comme personnages secondaires.

    Pièce maîtresse du musée de l’occulte construit par les Warren (une véritable collection de plusieurs objets maudits ou hantés exposés à Monroe dans le Connecticut), Annabelle va ici faire vivre un week-end de cauchemar à la fille du couple (Mckenna Grace) et ses babysitters, alors qu’elle réveille plusieurs entités prisonnières d’une pièce fermée à clé qu’il ne fallait évidemment surtout pas ouvrir. C’est ainsi qu’une mariée sanglante, un passeur macabre, un chien de l’enfer, un jeu de société possédé ou une télévision étrange vont s’animer dans la maison. Plus familial que les autres films, Annabelle 3 a des allures de Chair de poule (2015) avec un bestiaire qui terrorise des adolescents. C’est à regarder comme on va au train fantôme, mais pas comme un chapitre essentiel. A noter que le film est dédié à Lorraine Warren, décédée peu avant sa sortie le 18 avril 2019.

    La Malédiction de la Dame Blanche - se déroule en 1973

    Chapitre non-officiel de la franchise, La Malédiction de la Dame Blanche (2019) y est pourtant rattaché par la présence au générique de Tony Amendola, qui campait déjà le Père Perez dans Annabelle (2014). Une poupée qu’il évoque frontalement alors qu’il vient en aide à une mère de famille en 1973, cible d’une entité maléfique baptisée La Llorona. Figure iconique du folklore latino-américain (et sans aucun rapport avec la « Dame Blanche » qui apparaîtrait le long des petites routes françaises), cette entité prend l’apparence d’une femme éplorée après avoir noyé ses propres enfants, et qui apporte le malheur à quiconque l’aperçoit. Attention : ne pas confondre ce film avec La Llorona (2019).

    Ici, La Llorona prend pour cible les enfants de Linda Cardellini (la Velma de Scooby-Doo, 2002). L’occasion pour le réalisateur Michael Chaves, révélé par le court horrifique The Maiden (2016), de signer son tout premier long métrage au sein de l’univers, lui qui officiera par la suite sur trois autres films (La Nonne 2 et les deux derniers Conjuring en date). Assez oubliable, le film a le mérite d’élargir les frontières de la mythologie au-delà des Warren, comme l’avaient fait The Marked Ones (2014), Ghost Dimension (2015) et Next of Kin (2021) pour Paranormal Activity. Et de faire découvrir des croyances latines, comme Mama (2013)... ou Coco (2017) et Encanto (2021) dans un genre bien différent.

    Conjuring 2 : le cas Enfield - se déroule entre 1977 & 1979

    Après un prologue en 1976 dans l’iconique maison hantée d'Amityville -une affaire qui mit en lumière le travail des Warren à l'(époque- Conjuring 2 : le cas Enfield (2016) bondit entre 1977 et 1979, alors que le couple part en Angleterre pour enquêter sur une affaire de poltergeist qui se manifeste dans la banlieue de Londres. Canular orchestré par une petite fille (formidable Madison Wolfe) et sa famille en quête de médiatisation ou véritables phénomènes ? Ed et Lorraine vont tenter d’y voir clair face à des manifestations qui défient le rationnel, et notamment une nonne démoniaque (vous l’avez reconnue ?) qui hante la médium…

    L’affaire Enfield est l’un des cas les plus médiatisés et documentés de l’histoire du paranormal. Avec notamment des sources vidéo disponibles en ligne qui posent de vraies questions et provoquent de vrais frissons. Le film, comme son prédécesseur, est une nouvelle fois réussi, James Wan y injectant une approche assez différente, avec une image froide et pluvieuse « so british » qui donne au récit une ambiance à rapprocher de Poltergeist (1982), L’Emprise (1982) ou When the lights went out (2012). Comme dans Conjuring, le réalisateur prend son temps pour développer ses personnages. Et une nouvelle fois, sa mise en scène fait des merveilles pour créer la peur à partir d’éléments très simples : une télécommande de télévision, un fauteuil, un tableau, un drap, l’encadrement d’une porte ou une cave inondée. On regrettera juste une durée un peu longue (2h14), rallongée par un bestiaire grandiloquent où s’illustrent un vieil homme , un Crooked-Man (bien trop CGI pour y croire vraiment) et le démon Valak.

    Conjuring : sous l'emprise du diable - se déroule en 1981

    Une autre affaire emblématique des Warren est au centre de Conjuring : sous l’emprise du diable (2021). Nous sommes en 1981, et après le meurtre sauvage (22 coups de couteaux !) de son propriétaire, un certain Arne Cheyenne Johnson, soutenu par le couple, plaide l’homicide involontaire en invoquant une possession démoniaque au moment des faits. Ce procès, qui marque la toute première incursion du paranormal dans l’histoire judiciaire américaine, est le prétexte pour la franchise de mettre en scène Ed (affaibli après une crise cardiaque) et Lorraine dans une enquête sur fond de culte satanique.

    Celles et ceux qui -comme moi- attendaient un film de procès sur fond de fantastique seront sans doute déçus en découvrant ce troisième chapitre des Conjuring, qui recycle un peu tout ce qui a été vu précédemment. Notamment des souterrains poussiéreux, des visions macabres, des possessions et autres désarticulations où la peur est sacrifiée sur l’autel du spectaculaire (à ce titre, la scène du waterbed et la séquence dans la morgue sont assez réussies). Le résultat n’en reste pas moins efficace, avec une belle place donnée au passé et à l’amour des Warren, et s’inscrit dans la lignée de mélanges horreur-polar comme L’Exorcisme d’Emily Rose (2005) et Délivrez-nous du mal (2014). A noter que cette histoire a été adaptée à l’écran en 1983 dans le téléfilm Le Procès du démon porté par un jeune Kevin Bacon.

    Conjuring : l’heure du jugement - se déroule en 1964 & 1986

    Conjuring : l’heure du jugement (2025) s’ouvre en 1964 au moment de la naissance de Judy, la fille des Warren, pour se poursuivre en 1986. Usés et affaiblis par leurs enquêtes, les deux démonologues cherchent à s’éloigner du terrain pour se consacrer à des livres et conférences, mais un miroir maudit (ou conjuring mirror) va les confronter au tout premier démon croisé au début de leur carrière…

    Inspiré de l’histoire (supposée) vraie des phénomènes subis par Jack et Janet Smurl pendant quinze ans -déjà adaptée à l’écran en 1991 dans La Maison hantée- le long métrage est censé clore la franchise Conjuring. D’où le titre original The Last Rites / Les Derniers Sacrements. L’occasion pour Ed et Lorraine (Patrick Wilson et Vera Farmiga, toujours aussi impliqués et justes) de tirer leur révérence en faisant pour la première fois équipe avec leur fille (Mia Tomlinson) et leur gendre Tony Spera (Ben Hardy). Conclusion oblige, beaucoup de comédiens des anciens films apparaissent aux côtés de la véritable Judy Warren, qui fait une apparition clin d'œil et adoube ainsi l’univers qui a célébré le travail de ses parents.Succès oblige (le film est désormais le plus gros carton commercial de la saga au box-office avec plus de 400 millions de dollars de recettes), une deuxième phase serait en préparation. Et possiblement centrée sur Judy qui a hérité du don de sa mère et repris le flambeau.  Les Warren (et les démons) n’ont donc pas dit leur dernier mot !

  • Harry Potter : les films et séries des sorciers après la saga magique !

    Harry Potter : les films et séries des sorciers après la saga magique !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Au mois de septembre, c’est la rentrée scolaire pour tous les élèves de l’Hexagone. Mais aussi pour ceux de l’école de sorcellerie de Poudlard. Très précisément le 1er septembre de chaque année, jour incontournable du Wizarding World imaginé par J.K. Rowling qui voit le fameux train Hogwart Express quitter la voie 9 ¾ de la gare londonienne de King's Cross pour emmener les jeunes sorcier.es vers leurs études, entre parchemins, potions et « Wingardium Leviosa ». 

    Emmenée par le nouveau trio Dominic McLaughlin / Arabella Stanton / Alastair Stout, une nouvelle adaptation de l’univers vient de rentrer en tournage au format série pour une saison 1 qui fera assurément l’événement en 2026 sur HBO Max. A cette occasion, JustWatch vous ramène quelques minutes dans la Grande Salle de Poudlard pour vous dévoiler ce que sont devenu.es celles et ceux qui ont incarné les élèves depuis la fin de la saga cinématographique.

    Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint et les principaux Gryffondor, Serpentard, Serdaigle et Poufsouffle (dont Robert Pattinson, Hero Fiennes Tiffin et notre chère Clémence Poésy nationale) vous attendent dans ce guide forcément magique. Et aussi dans la réunion Retour à Poudlard qui avait enchanté les fans en 2022.

    Daniel Radcliffe (Harry Potter)

    Le rôle de Harry Potter, « le garçon qui a survécu », aurait pu être une malédiction pour Daniel Radcliffe, comme Luke Skywalker l’a longtemps été pour Mark Hamill. Le comédien a pourtant su rebondir, s’essayant à de nombreux genres : l’horreur (La Dame en noir, 2012), le fantastique (Horns, 2012 ; Docteur Frankenstein, 2015), le biopic (Kill Your Darlings, 2013 ; Weird: The Al Yankovic Story, 2022), le film d’aventures (Le Secret de la cité perdue, 2022), le film de braquage (Insaisissables 2, 2016), et des rôles intenses qui lui ont permis de casser définitivement son image de jeune sorcier (Swiss Army Man, 2016 ; Imperium, 2016 ; Jungle, 2017 ; Guns Akimbo, 2019). Sans oublier ses multiples personnages dans la série déjantée Miracle Workers (2019-2023). Bref, Daniel Radcliffe a fait du chemin !

    Emma Watson (Hermione Granger)

    Interprète de la studieuse et courageuse Hermione Granger, championne toute catégorie des interrogations-surprises et des « points pour Gryffondor », Emma Watson s’est mise au service de plusieurs cinéastes remarqués après son passage à Poudlard : Sofia Coppola (The Bling Ring, 2013), Darren Aronofsky (Noé, 2014), Alejandro Amenábar (Régression, 2015) ou Greta Gerwig (Les Filles du Docteur March, 2019). L’actrice, qui a donné vie à Belle dans l’adaptation Disney live de La Belle et la Bête (2017) et joué son propre rôle dans le très drôle C'est la fin (2013), a mis sa carrière en pause depuis 2020.

    Rupert Grint (Ron Weasley)

    Moins en vue que ses deux partenaires après la fin de la saga magique, Rupert Grint, alias Ron Weasley, a mis quelques années avant de retrouver des rôles marquants, essentiellement dans des séries. On l’a ainsi vu en gangster dans Snatch (2017-2018), en inspecteur face à John Malkovich dans ABC contre Poirot (2018), dans l’angoissante Servant (2019-2023) imaginée par M. Night Shyamalan (qui l’engagera par la suite dans le film Knock at the Cabin en 2023), et dans un épisode du Cabinet de curiosités de Guillermo del Toro (2022).

    Tom Felton (Drago Malefoy)

    Souvenez-vous : dans la lignée de son rôle du méprisable Drago Malefoy, meilleur ennemi d’Harry Potter à Poudlard, Tom Felton est celui qui maltraitait le pauvre César dans La Planète des singes : les origines (2011). Le comédien a poursuivi sa carrière entre musique et plateaux de tournage, apparaissant notamment dans les films en costumes Belle (2013), En Secret (2013) et Ophélie (2019), le survival Against the Sun (2014), le péplum La Résurrection du Christ (2016), le biopic A United Kingdom (2016), la série de science-fiction Origin (2018) ou les films de guerre The Forgotten Battle (2021) et Burial (2023). Les fans de l’Arrowverse l’ont également vu sous le costume de Julian Albert / Doctor Alchemy dans 17 épisodes de la saison 3 de Flash (2014-2023). A l’automne 2025, Tom Felton reprendra son rôle de Drago Malefoy à Broadway dans la pièce Harry Potter and the Cursed Child.

    Bonnie Wright (Ginny Weasley)

    La dernière image de Bonnie Wright dans Harry Potter est celle d’une maman regardant ses enfants partir vers Poudlard depuis la voie 9 ¾. Après la saga, l’interprète de Ginny Weasley a poursuivi sa carrière d’actrice (La Relève, 2013 ; Before I Sleep, 2013 ; Who Killed Nelson Nutmeg?, 2015) mais elle s’est surtout illustrée derrière la caméra en dirigeant plusieurs courts métrages et clips musicaux (pour Sophie Lowe, et Pete Yorn & Scarlett Johansson) sous la bannière de sa société de production BonBonLumiere.

    Harry Melling (Dudley Dursley)

    Dudley Dursley, c’est le personnage de la saga que tous les fans adorent détester. Le cousin capricieux et méprisable de Harry Potter est campé par Harry Melling, dont la carrière post-magie a surpris tout le monde. Le comédien, extrêmement versatile, est ainsi apparu chez James Gray (The Lost City of Z, 2016), les frères Coen (La Ballade de Buster Scruggs, 2018), Joel Coen (Macbeth, 2021) ou Harry Lighton (Pillion, 2025) et il a marqué les abonné.es Netflix en 2020 dans Le Diable, tout le temps, The Old Guard et surtout Le Jeu de la dame où il affronte Anya Taylor-Joy dans le rôle du champion d’échecs Harry Beltik.

    Robert Pattinson (Cédric Diggory)

    Est-il vraiment nécessaire de parler de l’après Harry Potter de Robert Pattinson ? L’interprète du charismatique Cédric Diggory, fauché par le Avada Kedavra lancé par Peter Pettigrew à la fin de La Coupe de Feu (2005), a par la suite eu sa propre saga, Twilight (2008-2012), dans le rôle du ténébreux et scintillant vampire Edward Cullen. Mais Robert Pattinson a très vite compris l’impasse que représentait le statut de « nouveau beau gosse d’Hollywood », et on l’a vite retrouvé chez David Cronenberg (Cosmopolis, 2012 ; Maps to the Stars, 2014), James Gray (The Lost City of Z, 2016), les frères Safdie (Good Time, 2017), Claire Denis (High Life, 2018), Robert Eggers (The Lighthouse, 2019), Bong Joon-ho (Mickey 17, 2025) ou Lynne Ramsay (Die My Love, 2025). Sans oublier bien sûr son rôle de Dark Knight dans The Batman (2022) et sa suite à venir, et une collaboration qui s’annonce fructueuse avec Christopher Nolan (Tenet, 2020 ; L’Odyssée, 2026). Et si c’était l’acteur le plus intéressant du moment ?

    Clémence Poésy (Fleur Delacour)

    Clémence Poésy s’est glissée sous l'uniforme de Fleur Delacour, la petite Frenchie qui représentait l'académie de magie Beauxbâtons dans la course à la Coupe de Feu. Depuis, elle mène une solide carrière entre la France et les Etats-Unis. Côté hexagonal, elle est apparue dans Le Dernier gang (2006), Le Grand Meaulnes (2006), Jeanne Captive (2011) et les séries Tunnel (2013-2018) et En thérapie (2021-2022). Côté anglo-saxon, elle s’est illustrée dans Bons Baisers de Bruges (2008), Tenet (2020), The Walking Dead : Daryl Dixon (depuis 2023) et… l’adaptation britannique de Dix pour cent (2022) dans son propre rôle.

    Stanislav Yanevski (Viktor Krum)

    Autre recrue internationale de Harry Potter le Coupe de Feu (2005), le comédien bulgare Stanislav Yanevski y a incarné Viktor Krum, champion de quidditch et représentant de l'institut Durmstrang dans la compétition entre les trois écoles de magie. Sa carrière, en pause depuis 2021, a essentiellement été marquée par un rôle dans Hostel, chapitre II (2007), où il se fait torturer de manière très gore par un riche client anthropophage (il se fait découper des steaks sur le corps par nul autre que Ruggero Deodato, le réalisateur de Cannibal Holocaust !).

    Katie Leung (Cho Chang)

    Elle a battu 3 000 candidates pour le rôle de Cho Chang, le premier amour (et premier baiser) de Harry Potter. Katie Leung, qui ne se destinait pas forcément à la comédie, y a pris goût, alternant entre théâtre, cinéma (The Foreigner, 2017 ; T2 Trainspotting, 2017 ; Locked Down, 2021) et télévision (Annika, 2021 ; La Mort à nu, 2023 ; La Roue du Temps, 2023). Elle a également été la voix anglaise de Caitlyn Kiramman dans Arcane (2021-2024) et rejoindra prochainement la saison 4 de La Chronique des Bridgerton dans le rôle de Lady Araminta Gun.

    Evanna Lynch (Luna Lovegood)

    Totalement lunaire et profondément attachante, l’étrange Luna Lovegood était campée par Evanna Lynch (choisie parmi 15 000 postulantes !) dans les derniers épisodes de la saga. La comédienne irlandaise a mené un parcours assez proche de celui de sa partenaire Katie Leung, entre les planches de la scène britannique, quelques courts et longs métrages (G.B.F., 2014 ; My Name Is Emily, 2016 ; Madness in the Method, 2019) et des apparitions télé (dont une troisième place à Dancing With The Stars en 2018, et le téléfilm Danny and the Human Zoo où elle a retrouvé James et Oliver Phelps alias les jumeaux Weasley en 2015).

    James & Oliver Phelps (Fred & George Weasley)

    Les jumeaux James et Oliver Phelps sont indissociables de la saga magique, qu’ils ont souvent représentée dans divers événements, conventions et parcs d’attractions. Les fans peuvent les apercevoir dans un épisode de la série Kingdom (2007-2009), dans le téléfilm Danny and the Human Zoo (2015) ainsi que dans l’envoûtant thriller Last Night in Soho (2021) d’Edgar Wright emmené par Thomasin McKenzie, Anya Taylor-Joy et Matt Smith, où ils jouent deux portiers.

    Jessie Cave (Lavande Brown)

    Avant de jouer les amoureuses transies de Ron Weasley (7 000 autres jeunes actrices rêvaient d'incarner l’intense et possessive Lavande Brown), Jessie Cave était apparue dans le film fantastique Cœur d’encre (2008). Après la saga Harry Potter, l’actrice anglaise a multiplié les petits rôles à la télévision tout en s’illustrant au cinéma dans De grandes espérances (2012) de Mike Newell et Tale of Tales (2015) de Matteo Garrone. Les fans de Black Mirror ont également pu la voir dans l’épisode 1 de la saison 4 de la série Netflix, Pendez le DJ, qui raconte comment un système algorithmique décide du début et de la fin des relations amoureuses.

    Matthew Lewis (Neville Londubat)

    Matthew Lewis est l’incarnation même de l’expression « la chenille deviendra papillon ». Dans le rôle du timide et effacé Neville Londubat, il a été au générique de tous les films de la saga Harry Potter, devenant celui qui tient tête aux Mangemorts lors de la bataille de Poudlard. Après cette parenthèse magique, il est devenu mannequin tout en poursuivant le métier d'acteur. On ainsi a pu le voir dans la comédie romantique Avant toi (2015) face à Emilia Clarke, le thriller Terminal (2018) aux côtés de Margot Robbie et les séries Bluestone 42 (2014), Ripper Street (2016) et Happy Valley (2016).

    Sean Biggerstaff (Olivier Dubois)

    Après avoir enseigné les subtilités du quidditch à Harry Potter sous le maillot du très sympathique capitaine Olivier Dubois (Oliver Wood en version originale), Sean Biggerstaff a mené une carrière dans le cinéma indépendant, apparaissant dans Cashback (2006) aux côtés d’Emilia Fox, Hippie Hippie Shake (2007) face à Sienna Miller et Mary Reine d’Ecosse (2013) où il donne la réplique à Camille Rutherford.

    Freddie Stroma (Cormac McLaggen)

    Le nom de Cormac McLaggen vous dit quelque chose ? C’est normal, puisque cet élève de Gryffondor est le rival de Ron Weasley au poste de gardien de quidditch… et un prétendant au cœur d’Hermione. Freddie Stroma a joué le personnage dans les trois derniers volets de la franchise Harry Potter, avant de s’envoler vers une carrière prometteuse marquée par quelques films (The Hit Girls, 2012 ; The Inbetweeners 2, 2014 ; 13 Hours, 2016) et surtout les séries Unreal (2015), Game of Thrones (il y joue Dickon Tarly en 2016), Time After Time (2017), La Chronique des Bridgerton (2020) et Peacemaker (2022) où il campe Vigilante.

    Hero Fiennes Tiffin (Tom Jedusor à 11 ans)

    Bad boy un jour, bad boy toujours… Hero Fiennes Tiffin, qui campait le jeune Tom Jedusor et futur Voldemort dans Harry Potter et le Prince de sang-mêlé (2009) est par la suite devenu le provocateur, cruel mais irrésistible Hardin Scott de la saga After, apparaissant dans les cinq chapitres adaptés des écrits d’Anna Todd. En 2024, il a pris les armes aux côtés de Henry Cavill dans Le Ministère de la Sale Guerre. Rappelons qu’à la ville, il n’est autre que le propre neveu de Ralph Fiennes, l’interprète de « Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ».

  • 50 ans des « Dents de la mer » : 10 films de requins à voir absolument !

    50 ans des « Dents de la mer » : 10 films de requins à voir absolument !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    En 2025, Les Dents de la mer / Jaws (1975) fête ses 50 ans. Un chef d'œuvre indiscutable, qui a créé le blockbuster estival en même temps qu’une phobie mondiale. La scène d’ouverture, l’attaque sur la plage, les plans sous-marins où la caméra remplace le requin, la musique de John Williams, la traque finale confrontant trois hommes au grand blanc façon Moby Dick… Le long métrage est tout simplement un monument, maintes fois imité mais jamais égalé, qui a initié un véritable sous-genre prolifique du cinéma : « le film de requins ».

    A défaut d’être aussi talentueux que Steven Spielberg, les cinéastes n’ont pas manqué d’inventivité au fil des décennies pour s’amuser avec nos amis les squales (qui, rappelons-le, ne sont « méchants » qu’au cinéma : si vous en doutez regardez les formidables documentaires Les Seigneurs de la mer / Sharkwater Extinction). Il y a eu des nanars (beaucoup, retrouvez ici la liste des films les plus fous de cette sharksploitation) mais aussi quelques réussites qui, sans se hisser au niveau de Jaws, proposent une variation intéressante du genre. 

    Manipulations génétiques, traque en supermarché, survival en pleine mer, squale d’eau douce… : JustWatch vous recommande une sélection de films de requins dans lesquels planter vos dents de spectateur, classés du moins bon au meilleur. Ont été exclues les productions animées comme Gang de Requins (2004) ou Le Monde de Nemo (2003) et son génial grand blanc qui rêve de devenir végétarien.

    10. Sous la Seine (2024)

    Avec 102 millions de vues sur Netflix, Sous la Seine (2024) a été l’une des plus grandes surprises récentes sur la plateforme. Il faut dire que la proposition de Xavier Gens ne pouvait pas laisser indifférent : un requin affamé égaré dans les eaux de la capitale alors que se prépare une épreuve sportive. Dévoilé un peu en amont des Jeux de Paris (un vrai coup marketing !), le long métrage a immédiatement attiré les abonné.es, conquis par ce concept WTF. Chacun trouvera ce qu’il souhaite dans le film aux effets visuels réussis et aux références permanentes (dont, bien sûr, Les Dents de la Mer) : un divertissement improbable, un nanar assumé ou un navet imprévu. Car s’il fait clairement partie des films de requins qu’il faut avoir vus pour le phénomène streaming mondial qu’il a été, le résultat a divisé. Beaucoup. C’est pour cela que Sous la Seine émerge à la dixième place de notre classement. Et pas plus haut.

    9. Bait (2012)

    Dans Bait (2012), il y a une grosse… bête (pardon). La petite subtilité ici, c’est que le requin, immense et affamé comme toujours, se retrouve dans un supermarché après avoir été emporté par un tsunami ! Coincés avec l’animal, les clients vont donc tenter de survivre entre les différents allées et présentoirs de l’établissement, quitte à transformer des caddies en cages anti-requins. Dans la lignée de Peur Bleue (1999), avec tout de même moins de moyens, le film est à ranger au rayon série B improbable mais assumée, avec comme têtes de gondole des mises à mort inventives qui frappent des personnages un peu clichés. Mais soyons honnête, on ne regarde pas ce film pour sa profondeur psychologique mais uniquement pour voir les clients se faire croquer. C’est mieux que Sous la Seine donc, mais moins bien que ce qui suit.

    8. In the Deep (2017)

    Toute personne qui plonge dans une cage anti-requins pour observer les squales craint évidemment qu’un animal n’arrive à y pénétrer. In the Deep (2017) explore une autre peur que vous n’aviez peut-être pas envisagée : que la cage sombre au fond à moins 47 mètres, que le tuyau d’oxygène se détache et qu’il ne reste qu’une petite heure avant de vous noyer ! Remonter à la surface est possible, bien sûr, mais ce serait oublier les requins blancs qui rôdent autour de vous dans l’obscurité des profondeurs… C’est sur cette peur du noir (et des squales) que joue ce film claustrophobique et immersif, jusqu’à un twist final qui bouscule vos perceptions. Méconnue mais efficace, cette plongée oppressante et minimaliste mérite sa place dans notre Top 10, avec une suite (47 Meters Down : Uncaged, 2019) pour prolonger la tension. Mais ne venez surtout pas y chercher un bodycount massif : le nombre réduit de personnages limite les repas des squales. In the Deep est surtout à regarder (vivre ?) comme une expérience.

    7. Dangerous Animals (2025)

    « Pour une fois, le requin n’est pas le monstre. Le monstre, c’est l’homme. » Avec Dangerous Animals (2025), le réalisateur Sean Byrne propose un concept inédit mais ô combien jouissif : faire des squales les armes utilisées par un tueur en série obsédé par ces animaux. Après avoir kidnappé ses victimes, il les livre aux requins dans des mises en scène tordues qu’il filme et dont il conserve les images pour les revoir à loisir. Dans le rôle de ce personnage inquiétant, Jai Courtney (vu dans Terminator Genisys et Suicide Squad) s’éclate et livre une prestation mémorable entre Quint (Les Dents de la Mer) Buffalo Bill (Le Silence des agneaux) et Mick Taylor (Wolf Creek) face à une jeune femme badass (Hassie Harrison) bien décidée à ne pas servir de prochain repas. On est donc ici dans un survival marin à la Calme Blanc (1989), où les humains sont des animaux bien plus dangereux que les prédateurs à ailerons, d’ailleurs assez discrets à l’écran. Dangerous Animals est donc avant tout un serial thriller qui s’autorise quelques brasses dans le genre du film de requins. Il aurait donc été injuste de ne pas l'inclure dans ce top, mais injustifié de le classer plus haut.

    6. En eaux troubles (2018)

    « Il nous faudrait un plus gros bateau », lançait Roy Scheider dans une réplique mémorable des Dents de la mer. Le conseil est à prendre au pied de la lettre dans En eaux troubles (2018), qui voit Jason Statham affronter un requin préhistorique géant venu des profondeurs. Adapté du roman Meg de Steve Alten et nourri par l’idée qu’on ignore totalement quelles créatures gravitent dans les fonds marins, le long métrage a été pensé comme un divertissement estival, avec un esprit film d’aventures, du fun et Statham et sa mâchoire serrée dans leur rôle habituel. Et juste ce qu’il faut d’attaques et de sang pour ne pas traumatiser un jeune public (à partir de 10 ans) qui pourrait y trouver son premier film de requins (ne commencez pas par Les Dents de la mer, ça traumatise, nous sommes des millions à l’avoir vécu). C’est justement la limite du long métrage pour ce genre : le résultat reste un peu trop familial (on aurait aimé un vrai massacre sur la scène de plage, par exemple !) pour passer le palier du Top 5. A noter qu’une suite, En eaux très troubles, qui verse dans la surenchère avec de nouvelles créatures et une expédition sous-marine façon Abyss et Underwater, a vu le jour en 2023.

    5. Open Water : En eaux profondes (2003)

    C’est une tragique histoire vraie qui a inspiré Open Water : En eaux profondes (2003), véritable cauchemar qu’on ne souhaite à aucun vacancier ! Parti en excursion de plongée sous-marine, un couple réalise en remontant à la surface que le bateau est reparti sans eux… Oubliés en pleine mer, ils vont alors tenter de survivre alors que les requins commencent à les encercler. Ce film indépendant, sorte de Projet Blair Witch marin, mise avant tout sur la peur et les propres projections du spectateur. Car s’il ne se passe concrètement pas grand chose à l’écran, la tension est pourtant permanente. Un peu comme quand on guette les images nocturnes de Paranormal Activity pour y apercevoir (ou croire y apercevoir ?) un phénomène inexpliqué. On est donc actifs et viscéralement terrifiés devant cette proposition minimaliste et ultra-réaliste déconseillée aux thalassophobes, où les squales sont omniprésents tout en étant finalement très discrets. A l’écran du moins, car sur le tournage, les comédiens ont passé une centaine d’heures dans l’eau entourés d’une cinquantaine de vrais requins ! A noter que deux suites, sans rapport direct avec le film, ont vu le jour : Dérive mortelle (2006) et Open Water 3 : Les abîmes de la terreur (2017).

    4. Instinct de survie : The Shallows (2016)

    Oubliez la magnifique chanson de Lady Gaga et Bradley Cooper entonnée dans A Star is Born (2018). Dans Instinct de survie : The Shallows (2016), les « shallows » -ou « bas-fonds »- sont ceux où rôdent un requin très agressif, qui a été interrompu dans son repas (un festin sur une carcasse de baleine) par une surfeuse isolée. Bloquée à 200 mètres de la plage sur un rocher grignoté par la marée montante, la jeune femme va alors tout faire pour survivre… Inspirée par l’interprétation de son compagnon Ryan Reynolds dans Buried (2010) où il était enterré vivant, Blake Lively s’attaque au défi physique et psychologique de porter un survival en solitaire. Le résultat ? Une série B réussie et efficace sous les 90 minutes, sorte de huis-clos en plein air où le réalisateur Jaume Collet-Serra (Carry-On, Jungle Cruise) s’amuse. Et nous avec. C’est, là aussi, la petite limite du film, qui verse un peu trop dans le divertissement (notamment son final) pour totalement emporter l’adhésion et remonter vers la surface du classement.

    3. Les Dents de la mer, 2e partie (1978)

    Trois ans après le phénomène Jaws, les studios Universal veulent évidemment donner une suite au succès planétaire de Spielberg. Le cinéaste n’est pas disponible -ou ne veut pas l’être- et c’est un réalisateur français (!), Jeannot Szwarc, qui reprend le projet, toujours emmené par Roy Scheider, Lorraine Gary et Murray Hamilton. Dans Les Dents de la mer, 2e partie (1978), un squale mangeur d’hommes est de retour sur les côtes d’Amity et prend notamment en chasse le groupe de bateaux de plaisance des jeunes du coin… dont les fils du shérif Brody. Sans rivaliser avec le film original, ce deuxième opus est tout sauf honteux et même pas mal du tout, grâce notamment à sa deuxième partie réussie (voire traumatisante pour tout jeune spectateur s'apprêtant à partir en stage de voile) et des séquences efficaces (l’attaque du couple dans son dériveur, la mort de la skieuse nautique, le développement des photos sous-marine dans une ambiance rougeâtre fiévreuse…). Certes, le requin est un peu daté mais on valide cette terreur de jeunesse… en rappelant qu’il faut bien dire « partie » quand on prononce le titre français pour éviter un lamentable jeu de mots !

    2. The Reef (2010)

    Après l’efficace survival Black Water (2008) et son attaque de crocodile mangeur d’hommes en pleine mangrove, le réalisateur australien Andrew Traucki s’attaque à l’autre prédateur majeur des côtes de son pays : le grand requin blanc. Dans The Reef (2010), le squale prend en chasse un groupe de naufragés. Rien de très nouveau sur le papier sauf qu’ici, il n’y a ni images de synthèse ni animatroniques : ce sont de véritables animaux qui ont été filmés. Leurs apparitions et attaques sont savamment distillées au fil du montage et de l’histoire, décuplant l’angoisse et la paranoïa des protagonistes (tous attachants) et des spectateurs. Mais là encore, il ne faut pas chercher du sang, du gore ou une omniprésence des requins. Juste une expérience dans laquelle on se projette finalement très facilement, entre attente et terreur pendant moins d’1h30. Bref, une réussite qui fait mieux que Open Water côté trouille en évitant l’approche spectaculaire et divertissante de Instinct de survie. D’où cette deuxième place.

    1. Peur bleue (1999)

    On le sait, le requin est le prédateur ultime, forgé par 250 millions d’années d’évolution. Ajoutez-lui un cerveau surdéveloppé, et vous obtenez une véritable machine à tuer intelligente, capable de raisonner, d’élaborer des plans… et de nager en arrière ! C’est le concept du très sympathique Peur bleue (1999), qui s’inscrit comme un film emblématique du genre. Et assurément comme mon préféré (après Les Dents de la Mer), que je regarde avec un vrai plaisir coupable chaque fois que je tombe dessus ! Et oui, je sais parfaitement que je me contredis après avoir reproché à certains films de cette liste de trop verser dans le divertissement… mais c’est mon classement donc je fais ce que je veux :) Et puis Deep Blue Sea (son titre original) est un fan-favorite, donc je sais que beaucoup d’entre-vous seront d’accord avec moi ! Reposant sur un huis-clos dans une station sous-marine à la Abyss, le film voit des scientifiques doper l’intellect des squales pour étudier un potentiel remède à la maladie d'Alzheimer : malheureusement, une tempête va faire basculer l’expérience et la base où ils opèrent en plein cauchemar englouti. Un joli casting composé de Thomas Jane, Saffron Burrows, Stellan Skarsgård et LL Cool J est au générique du long métrage signé Renny Harlin (58 minutes pour vivre, Cliffhanger), qui offre à Samuel L. Jackson une scène aussi cultissime qu’inattendue. Croyez-moi, vous n’êtes pas prêt.es !

  • « Shrek » et le « Chat Potté » : tous les films de l’univers animé dans l’ordre

    « Shrek » et le « Chat Potté » : tous les films de l’univers animé dans l’ordre

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Shrek va bientôt fêter ses 25 ans ! Eh oui, déjà un quart de siècle que l’ogre vert des studios DreamWorks a bouleversé le petit monde de l’animation, modernisé les contes de fée et dynamité les « ils vécurent heureux ». Alors qu’une nouvelle aventure arrivera en 2026, et qu’Eddie Murphy vient de teaser un long métrage centré sur l’Âne, JustWatch vous ramène à Fort Fort Lointain pour (re)découvrir l'irrévérencieuse et attachante saga.

    Voici tous les films qui s’y rattachent, dans l’ordre de sortie !

    Shrek (2001)

    On l’oublie souvent, mais Shrek (2001) a concouru pour la Palme d’or du Festival de Cannes. Et c’est le tout premier long métrage de l’histoire à recevoir l’Oscar du meilleur film d’animation. Cela illustre l’impact du film, qui débarque au début des années 2000 sous la bannière DreamWorks et qui confirme que l’animation peut avoir plusieurs niveaux de lecture et s’adresser autant aux jeunes spectateurs qu’à leurs parents. Le public se prend immédiatement d’affection cet anti conte de fée qui se moque des codes du genre avec intelligence et espièglerie. Le monstre au cœur tendre, la princesse badass et l’âne bavard forment un trio instantanément culte, qui se moque des conventions et n’hésite pas à placer des blagues sous la ceinture ou à attaquer frontalement le géant Disney. En VO ou en VF (les deux versions sont parfaites), on adore ce « il était une fois » pas comme les autres, dans lequel on découvre de nouveaux détails à chaque visionnage. A noter qu’un court métrage musical, Shrek in the Swamp Karaoke Dance Party (2001), est venu compléter le film pour sa sortie vidéo.

    Le Fantôme de Lord Farquaad (2003)

    Le Fantôme de Lord Farquaad (2003), c’est un court métrage d’une dizaine de minutes également connu sous le titre Shrek 4D qui a enchanté les visiteurs de plusieurs parcs d’attractions à travers le monde. Dans cette aventure qui prend place entre le premier et le second long métrage, il y a donc du relief et des effets physiques (mouvements des sièges, vent, eau…) alors que Shrek, l’Âne et la Dragonne tentent de venir au secours de Fiona, enlevée par le spectre de Farquaad et son fidèle bourreau Thelonious. Leur but ? Gâcher la lune de miel des deux ogres et entraîner Fiona au royaume souterrain… Mike Myers, Eddie Murphy et Cameron Diaz sont encore tous les trois au rendez-vous vocal de ce nouvel épisode bonus, tout comme Alain Chabat, Med Hondo et Barbara Tissier en VF. A noter qu’une version 3D est sortie en France en DVD, agrémentée de lunettes de couleur pour permettre un visionnage en relief.

    Shrek 2 (2004)

    Il y a peu de suites qui rivalisent -voire qui dépassent- le film original. Shrek 2 (2004) en fait assurément partie grâce à une animation de grande qualité au service d’un excellent scénario. En l'occurrence une histoire qui nous fait quitter les marécages de Duloc et qui agrandit l’univers en nous emmenant à Fort Fort Lointain, pastiche moyenâgeux de Beverly Hills et Hollywood. C’est là que notre cher Shrek (pas facile à dire, ça !) va se heurter à sa belle-famille mais aussi à un rival -l’insupportable Charmant- aidé par sa maman marraine-bonne-fée pour empêcher le mariage de Shrek et Fiona. De la visite de l’usine de potions magiques à la mission de sauvetage sur Holding Out For A Hero de Bonnie Tyler en passant par le dîner avec les beaux-parents et la rencontre avec le Chat Potté, le film est d’une fluidité et d’un humour incomparables. De quoi enthousiasmer le public (près d’un milliard de dollars de recettes mondiales, soit le double de Shrek) mais également le comité de sélection du Festival de Cannes, qui l’inscrit là encore en compétition : un film ET sa suite tous deux en lice pour la Palme d’or, c’est assez rare pour être signalé ! 

    La star de Fort Fort Lointain (2004)

    Pour sa sortie DVD, Shrek 2 (2004) gâte le public avec un court métrage inédit, inspiré de l'émission American Idol (qui sera adaptée en France à travers Nouvelle Star). Far Far Away Idol, rebaptisé La star de Fort Fort Lointain (2004) dans l’Hexagone, est donc un télé-crochet animé, qui voit Shrek, Fiona et Simon Cowell (jury du vrai programme, dans son propre rôle !) juger les performances des compagnons de l’ogre. C’est ainsi que l’Âne reprend Disco Inferno, Pinocchio chante Mr. Roboto, l’affreuse Belle-Soeur se lâche sur Girls Just Want To Have Fun, le loup et les trois petits cochons font un quatuor sur Hungry Like the Wolf, Charmant joue les crooners sur I'm Too Sexy, les souris aveuglent se déhanchent sur I Can See Clearly Now, le bonhomme en pain d’épices tente de séduire Clochette sur Sugar Sugar, Crochet déclame Hooked on A Feeling et le Chat Potté s’éclate sur These Boots Are Made For Walkin'... avant que notre couple d’ogres ne s’invite sur scène pour entonner What I Like About You. Bonus interactif oblige, c’est vous qui pouvez choisir le ou la gagnante !

    Shrek le troisième (2007)

    La « Shrek Fatigue » se fait malheureusement un peu sentir dans Shrek le troisième (2007). Là où le concurrent Pixar prend son temps pour lancer des suites et ne propose que des films originaux pendant toute la décennie 2000, DreamWorks Animation mise sur Shrek pour faire des entrées. Résultat, ce troisième opus est bien plus poussif que ses prédécesseurs et n’ajoute pas grand chose de nouveau à la saga, si ce n’est l’apparition du cousin de Fiona -Artie Pendragon doublé par Justin Timberlake- et de l’enchanteur Merlin, qui permettent au film de piocher quelques inspirations dans la légende arthurienne. Reçu timidement par la critique et les spectateurs (c’est le chapitre le moins bien noté de la saga sur JustWatch), le film propose tout de même quelques séquences mémorables comme un body swap entre l’Âne et le Chat Potté ou une mission de sauvetage menée par des princesses badass.

    Joyeux Noël Shrek ! (2007)

    A la fin de Shrek le troisième (2007), l’ogre vert découvrait les joies de la parentalité. Il va donc pouvoir fêter son tout premier Noël dans un Christmas Special produit directement pour la télévision et le marché vidéo. Intitulé Joyeux Noël Shrek ! (2007)  - le titre original Shrek The Halls fait référence à la chanson traditionnelle Deck the Halls - , le moyen métrage de 28 minutes voit Shrek tenter d’appréhender les subtilités des fêtes de fin d’année. Et ce n’est pas simple à comprendre pour un « monstre » qui n’a jamais rien fêté de sa vie… On retrouve ici un vrai bel esprit de Noël, avec des chansons et des histoires au coin du feu (racontées par l’Âne, Potté et le bonhomme en pain d’épices), un rythme trépidant et des idées à la pelle (à neige). Le film, pourtant trois fois plus court, semble au final bien plus riche, mémorable et sympathique que le long métrage sorti quelques mois plus tôt. Ah oui, et n’oublions pas de signaler que les voix VO et VF sont au rendez-vous… et que les bébés ogres sont définitivement TROP mignons !

    Shrek 4 : Il était une fin (2010)

    Quatre longs métrages en moins de dix ans : les animateurs Dreamworks Animation n’ont pas chômé ! Shrek 4 : Il était une fin (2010) joue la carte de la réalité alternative : lassé de sa vie de père et de gentil ogre, Shrek fait un pacte (évidemment trompeur) avec le nain Tracassin (Rumplestiltskin en version originale) pour retrouver son ancienne vie le temps d’une journée. Bloqué dans cet univers parallèle, il y retrouve l’Âne à qui il fait peur, un Chat Potté très très empâté et une Fiona guerrière qui mène la résistance des ogres face à la dictature du lutin maléfique. Ce quatrième opus est plus abouti que le précédent et le décalage apporté par l’approche « Et si… » offre des situations savoureuses, mais on peine tout de même à retrouver la magie des débuts. C’est peut-être ce qui incitera le studio à en faire le dernier chapitre des aventures de l’ogre… jusqu’à 2026. Nous en reparlerons plus tard.

    Shrek, fais-moi peur ! (2010)

    Shrek n’avait jamais fêté Halloween ! C’est chose faite avec Shrek, fais-moi peur ! (2010) un court métrage d’une vingtaine de minutes également connu sous le titre Shrek vert de peur.  Partis visiter le lugubre château abandonné de Lord Farquaad pendant la nuit du 31 octobre, l’ogre et ses amis décident d’y raconter quelques histoires terrifiantes… et diablement cinématographiques. C’est ainsi que le bonhomme en pain d’épices revisite La Fiancée de Frankenstein, quand Potté et l’Âne racontent leur aventure flippante dans une auberge façon Psychose alors que Shrek dévoile comment il a joué L’Exorciste auprès de Pinocchio !

    Le Noël Shrektaculaire de l'âne (2010)

    De la même manière que Joyeux Noël Shrek ! (2007) prolongeait le récit du troisième long métrage jusqu’à Noël, Le Noël Shrektaculaire de l'âne (2010) s’inscrit dans la continuité de Shrek 4 : Il était une fin (2010). L’occasion pour l’Âne et les personnages les plus incontournables de la franchise de pousser des petites chansonnettes de Noël (quatre en cinq minutes, c’est fort !) dans un esprit de fête et de partage. A noter que les voix originales des personnages sont encore une fois au rendez-vous. Si ça ce n’est pas de la fidélité ! A noter que le court métrage était accompagné de la vidéo La Bûche de Shrek (2010), un fond d’écran animé d’une trentaine de minutes simulant un feu de cheminée régulièrement ravivé par les différentes créatures de la saga.

    Zombi Shrek (2011)

    Oui, il y a eu une version morte-vivante de Fort Fort Lointain ! Et officielle ! Ça se passe dans le court métrage Zombi Shrek (2011), qui revisite le cultissime clip Thriller de Michael Jackson à la sauce Shrek. Croyant échapper à la comédie musicale de sa belle-mère, l’ogre marche vers le cimetière local accompagné de Fiona, Potté et l’Âne (qui reprennent tous deux la chanson). C’est alors que le joueur de flûte de Hamelin sort de sa tombe pour faire danser tout ce joli monde et transformer les compagnons de l’ogre en inquiétants zombies. Méconnu mais forcément hilarant pour ceux qui ont grandi avec le clip légendaire de John Landis, le film est visible en intégralité sur Youtube. Mais chut, on ne vous a rien dit…

    Le Chat Potté (2011)

    L’ogre a peut-être tiré sa révérence avec Shrek 4 : Il était une fin (2010), mais il reste des aventures à vivre dans l’univers de Fort Fort Lointain. Et même encore plus loin, pour découvrir les origines de la légende qui accompagne Le Chat Potté (2011). De son enfance à l'orphelinat à sa quête des haricots magiques et de l’oie aux oeufs d’or, le bandit au grand coeur y croise Humpty Dumpty, Jack & Jill et la charmante Kitty Pattes de velours (l’occasion pour Antonio Banderas de retrouver Salma Hayek, sa partenaire de Desperado). Désormais au premier plan, le chat flamboyant fait rapidement oublier l’Âne et Shrek, avec des gags félins toujours drôles (les tâches de lumière, les verres de lait sans oublier son fameux regard mignon) et un esprit digne de Zorro. Et précisons qu’en VF, Boris Rehlinger fait des merveilles au doublage.

    Le Chat Potté : Les Trois Diablos (2012)

    Pour sa sortie vidéo, Le Chat Potté (2011) est agrémenté d’un très sympathique bonus : un court métrage qui plonge notre héros dans une nouvelle aventure, à la recherche d’un rubis volé par un brigand français, le redoutable Chuchoteur. Pour l’aider dans sa quête, il est accompagné de trois chatons aussi craquants qu’ils sont intenables : Les Trois Diablos (2012). Au-delà de l’action, de l’humour et des regards trop mignons, on découvre que notre Potté a définitivement un grand cœur (à quand un Potté papa ?)... et que la relève est assurée par ces trois jeunes mousquetaires à moustaches !

    Les Aventures du Chat Potté (2015-2018)

    Comme il l’a fait avec Madagascar / Roi Julian, Les Croods : Origines ou encore Dragons par delà les rives, le studio DreamWorks a décliné de nombreuses franchises en séries animées. Shrek n’y a pas échappé… mais c’est Potté qui a eu droit à cet honneur à travers six saisons des Aventures du Chat Potté (2015-2018) sur Netflix. Il faut dire que le format sériel se prête plus aux aventures du félin justicier qu’à celles de l’ogre vert, et on y suit ses tentatives pour protéger la ville cachée de San Lorenzo des chasseurs de trésors et bandits qui veulent y accéder. Un chat a normalement neuf vies… Potté, lui, a 78 épisodes pour vous divertir !

    L'Epopée du Chat Potté, prisonnier d'un conte (2017)

    Vous avez aimé l’aventure interactive Black Mirror : Bandersnatch, qui permet aux abonné.es Netflix de choisir la suite du récit à plusieurs moments précis ? Un an plus tôt, la plateforme testait déjà cette technologie avec L'Epopée du Chat Potté, prisonnier d'un conte (2017), épisode spécial -et interactif donc- de la série à sa gloire. Potté y met la patte sur un livre de contes magique qui le piège à l’intérieur de ses pages. C’est désormais au spectateur, télécommande en main, de parvenir à libérer notre héros poilu en décidant de plusieurs événements au fil de l’histoire. Potté compte sur vous !

    Le Chat Potté 2 : la dernière quête (2022)

    Comme Shrek 2 dix-huit ans auparavant, Le Chat Potté 2 : la dernière quête (2022) n’est pas une simple suite. C’est une excellente suite, qui réinvente l’approche graphique de la franchise avec une animation mêlant 3D et 2D du plus bel effet. Il y a également un vrai enjeu pour notre intrépide héros, désormais vulnérable, lui à qui il ne reste qu’une seule petite vie… Et puis il y a des méchants très réussis : la mafieuse Boucles d’Or et son gang des Trois Ours, le machiavélique Little Jack Horner et surtout un chasseur de primes qui n’est autre que la Mort incarnée. Ce loup invincible, impitoyable, encapuchonné et sifflotant est tout simplement l’un des personnages les plus réussis de ces dernières années, tout médium confondu.

    The Trident (2023)

    Vous pensiez avoir vu toutes les morts de Potté dans Le Chat Potté 2 : la dernière quête (2022) ? Il en manquait une, et c’est notre héros qui la raconte au chien Perrito à la lueur d’un feu de camp. Cette histoire, c’est The Trident (2023), une scène coupée remaniée en court métrage bonus du blu-ray qui voit notre intrépide voleur tenter de mettre la main sur un inestimable trident magique détenu par des pirates. Malheureusement, l’équipage, Boucle d’Or et ses ours et Kitty vont lui mettre quelques bâtons et cordages dans les pattes… Et on découvrira au final que Potté est certes bien mort sur ce bateau, mais bien plus bêtement. Sacré Potté ! 

    Shrek 5 (2026) & L’Âne (2028)

    Il aura fallu attendre seize ans (!) pour que l’ogre vert fasse son grand retour au cinéma. Et même si la direction artistique choisie par les animateurs Dreamworks n’a pas emballé les fans (le teaser a reçu des retours plus que négatifs), Shrek 5 sera assurément l’événement de Noël 2026. Rien n’a encore filtré sur le film, si ce n’est le retour de Mike Myers, Eddie Murphy et Cameron Diaz côté voix originales, accompagnés d’une certaine Zendaya dans le rôle d’une ogresse adolescente. La comédienne, qui s’est déjà essayée au doublage sur Destination Pékin ! (2018), Yéti et Compagnie (2018) et Space Jam : Nouvelle ère (2021), devrait être au centre du long métrage qui est censé réinventer la franchise. Et donc l’emmener vers une nouvelle génération d’ogres ? Le studio développe parallèlement un film centré sur l’Âne, la dragonne et leurs petits (trop mignons eux aussi), qui pourrait voir le jour en 2028 selon Eddie Murphy. A noter cependant que ce projet ne pourrait pas compter sur la voix française du légendaire Med Hondo, disparu en 2019.

    Où regarder les films et séries de l’univers « Shrek » en streaming ?

    Vous avez des envies de Fort Fort Lointain ? Vous rêvez d’un « ils vécurent heureux » ? Vous aimez les visionnages enchantés ? N’attendez plus, JustWatch vous indique les plateformes de streaming françaises où retrouver les différentes aventures de Shrek, Fiona, l’Âne et Potté. En cliquant sur chaque icône, vous pourrez filtrer les résultats selon l’abonnement correspondant !

  • Stars de «Friends» : que sont-elles devenues et dans quels films et séries les voir ou les revoir ? 

    Stars de «Friends» : que sont-elles devenues et dans quels films et séries les voir ou les revoir ? 

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Leurs visages continuent d’accompagner des millions de fans à travers le monde, qui se passent et se repassent les meilleurs épisodes de Friends. Les six acteurs, devenus des icônes bien au-delà l’époque de diffusion de la série, portent des noms aussi connus que leurs personnages : Jennifer Aniston, Courteney Cox, Lisa Kudrow, Matt LeBlanc, Matthew Perry et David Schwimmer.

    La sitcom a transformé leurs vies mais leurs carrières ont ensuite pris différents chemins. Que sont devenus les comédiens après avoir quitté les appartements de Monica et Rachel ?

    Cet article JustWatch vous propose de faire le point sur les carrières des six stars de la série Friends (1994-2004) en 2025. Tout en vous rappelant dans quel épisode vous pouvez retrouver ces stars et où regarder la série en streaming.

    Jennifer Aniston (Rachel Green)

    Après Friends (1994-2004), Jennifer Aniston est sans doute celle du groupe qui a le mieux réussi sa transition vers le cinéma. Très vite, elle enchaîne avec des rôles marquants dans des comédies romantiques comme La rupture (2006) avec Vince Vaughn, Marley & moi (2009) avec Owen Wilson, et Comment tuer son boss ? (2011) avec Jason Bateman. Puis elle a fait une percée sur les plateformes de streaming en interprétant Alex Levy, présentatrice de télévision confrontée à une crise médiatique dans The Morning Show(2019-) dont la saison 4 comptera Marion Cotillard au casting. Elle est aussi à l’affiche de Murder Mystery (2020) où, avec Adam Sandler qui joue son mari, elle enquête sur l’assassinat d’un miliardaire sur son yacht.

    Courtney Cox (Monica Geller)

    Après les dix saisons de la série emblématique, Courteney Cox s’est éloignée un temps du rôle de Monica pour explorer d’autres facettes de son jeu. Elle a accepté des rôles plus dramatiques comme dans la série Dirt (2007-2008), où elle interprète une rédactrice de tabloïd sans scrupules. Elle trouve un second souffle avec Cougar Town (2009-2015), une comédie où elle joue une mère célibataire bien décidée à profiter de la vie. Au cinéma, elle revient dans la franchise Scream, reprenant son rôle iconique de Gale Weathers dans les volets sortis en 2022 et 2023. Elle est au casting de Scream 7, dont la date de sortie est prévue en 2026. Plus récemment, elle est à l’affiche de Shining Vale (2022-2023), une comédie horrifique dans une maison hantée.

    David Schwimmer (Ross Geller)

    Contrairement à ses deux premières camarades, David Schwimmer a opté pour une trajectoire plus discrète. Il a prêté sa voix au personnage de Melman, la girafe hypocondriaque dans la franchise animée Madagascar (2005). À la télévision, il se fait remarquer dans la mini-série de guerre Frères d’armes (2001), produite par Steven Spielberg en 2016 pour son rôle de Robert Kardashian dans la série American Crime Story : The People v. O.J. Simpson(2016), performance saluée qui lui vaut une nomination aux Emmy Awards. Particulièrement à Londres, il explore aussi le théâtre où il participe à plusieurs pièces acclamées. Dernière série en date, Intelligence(2020-2023), une comédie où il joue un agent exubérant de la NSA en mission au Royaume-Uni. En 2025 sort la saison 2 de Chair de poule : Disparitions (2025-) où il joue un scientifique qui enquête sur la disparition de son frère quelques années plus tôt.

    Matt LeBlanc (Joey Tribbiani)

    Matt LeBlanc est le seul à avoir surfer sur le succès de Friends avec le spin-off Joey (2004-2005), centré sur son personnage. Malheureusement, la série ne rencontre pas le même engouement et s’arrête au bout de deux saisons. Il connaît ensuite un véritable rebond grâce à Episodes (2011-2017), une série dans laquelle il joue une version fictionnalisée de lui-même. Le rôle très satirique lui permet de remporter un Golden Globe. Il continue sur sa lancée avec Papa a un plan (2016-2020), sitcom familiale où il joue un père de famille devant gérer ses enfants pendant que sa femme reprend le travail. Depuis 2020, le comédien se fait plus rare.

    Lisa Kudrow (Phoebe Buffay)

    Lisa Kudrow a su se forger une carrière singulière, en se distinguant par sa capacité à créer et produire ses propres projets. Dès 2005, elle lance Mon Comeback (2005), série mordante où elle incarne une ancienne star de sitcom tentant un retour sur le devant de la scène. Acclamée, la série est pourtant arrêtée, avant d’être relancée une décennie plus tard pour une deuxième saison. Lisa Kudrow est à l’origine aussi de Web Therapy (2011-2015), un projet où elle incarne une thérapeute improvisée. En 2020, elle intègre la série Space Force (2020-2022) avant de se transformer en cheffe de bande excentrique dans Bandits, bandits (2024), une adaptation du film de Terry Gilliam sorti en 1981. En 2025, elle est une des stars de Derrière la façade (2024), où trois familles très différentes rivalisent pour acheter la même villa dont elles pensent qu’elle résoudra tous leurs problèmes. Enfin à venir : la saison 3 de Mon Comeback en 2026 !

    Matthew Perry (Chandler Bing)

    La vie post-Friends de Matthew Perry a été marquée par des hauts artistiques et des combats personnels. Il poursuit une carrière télévisuelle avec des séries comme Studio 60 on the Sunset Strip (2006-2007), Mr. Sunshine (2011), Go On(2012-2013) et The Odd Couple (2015-2017). En 2022, il publie une autobiographie boulerversante où il raconte sans fard son combat contre l’addiction et ses moments de solitude. Un an plus tard, en octobre 2023, Matthew Perry décède à son domicile, emporté par une surdose de kétamine et autres substances prises dans des circonstances floues. Ses camarades de Friends lui rendent un hommage commun.

    Où voir en streaming les principaux films et séries des stars venues faire un caméo dans «Friends»?

    L’incontournable série Friends a rassemblé et fait connaître une bande d’acteurs restée chère dans le cœur du public. Nous vous avons listé aussi les principaux films et séries dans lesquels retrouver les stars de la sitcom américaine, par ordre de leur mention dans le texte ci-dessus.

  • Notre classement des meilleurs films et séries de Lena Dunham (et où les regarder en streaming)

    Notre classement des meilleurs films et séries de Lena Dunham (et où les regarder en streaming)

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Avec sa plume singulière, entre autofiction désarmante et ironie douce-amère, Lena Dunham s’est imposée comme l’une des voix les plus reconnaissables de la culture indépendante américaine. Créatrice, scénariste, réalisatrice et actrice, elle a su injecter de l’intime, du corps féminin et un peu (beaucoup !) du malaise de sa génération à travers des œuvres souvent polémiques, toujours personnelles. 

    De sa série culte Girls (2012-2017) à sa dernière création au long cours Too Much (2025-) en passant par ses films, elle explore le désordre intérieur avec un regard sans complaisance et une grande liberté de ton. Nous vous proposons un guide JustWatch classant les films et séries les plus marquants de Lena Dunham. Tout en vous rappelant où regarder ces productions sur les plateformes de streaming.

    Girls (2012-2017)

    Il y a un avant et un après Girls (2012-2017). Loin d’être une série de plus sur la jeunesse paumée de New York, elle a plutôt tendu un miroir à la fois tendre et grinçant à cette jeunesse. Créatrice et scénariste du show, Lena Dunham y incarne aussi l’héroïne, Hannah, alter ego sans filtre, un peu brillante, un peu fatigante et surtout perdue. Comme ses amies, elle cherche à grandir en composant avec ses névroses. La série bouscule les codes du joli, du regard masculin et des corps standardisés. Acclamée pour sa représentation sans filtre de la vie des vingtenaires, mêlant introspection, féminisme, sexualité et maladresse sociale, la série a été récompensée d’un Golden Globe et d’un BAFTA.

    Too Much (2025-)

    Treize ans après sa première série, Lena Dunham revient enfin à ce format long avec Too Much (2025-), qu’elle a cocréée avec Luis Felber. Il s’agit d’une nouvelle comédie romantique (mais pas à l’eau de rose) dans laquelle une Américaine (Megan Stalter) fuit New York pour emménager à Londres après une rupture douloureuse - son petit ami ayant succombé à une influenceuse insupportable. Dans la capitale britannique, elle y rencontre un homme, puis un autre, mais surtout se retrouve elle-même. Douleurs invisibles, conversations qui ne débouchent sur rien, beauté fragile des femmes.

    Tiny Furniture (2010)

    Très remarqué, le premier film écrit, réalisé et interprété par Lena Dunham, Tiny Furniture (2010) a obtenu de jolies reconnaissances de la part de différents festivals américains. Lena Dunham s’y met en scène dans la peau d’Aura, un personnage qui lui ressemble : sans emploi, sans but mais pleine de cette angoisse douce qui flotte entre deux chapitres de vie. La mère et la sœur de la cinéaste en herbe y jouent la mère et la sœur du personnage. Déjà sont présents les éléments distinctifs de la verve de Lena Dunham : sa capacité à explorer l’intime et son sens du dialogue.

    Catherine Called Birdy (2022)

    Qui aurait cru que Lena Dunham allait écrire une comédie médiévale pour ados ? Dans Catherine Called Birdy (2022), la cinéaste s’empare d’un roman jeunesse de Karen Cushman pour raconter, avec humour et modernité, l’histoire d’une jeune anglaise du XIIIe siècle qui refuse les mariages arrangés et préfère parler aux cochons qu’aux seigneurs. C’est pop et rebelle sans être lourd. Lena Dunham parvient à faire d’un décor d’époque une scène très actuelle : son obsession pour l’émancipation, les corps libres, les héroïnes inclassables est bien présente. Moins acide que Girls certes, mais charmant quand même.

    Sharp Stick (2022)

    Dans ce film semi-autobiographique et assez érotique, Lena Dunham creuse un peu plus profond dans les zones grises de l’intimité. L’histoire ? Sarah Jo, une jeune femme naïve (jouée par Kristine Froseth), entame une relation avec un homme marié, et découvre le désir comme on apprend une nouvelle langue, avec maladresse, passion et de manière pas toujours réussie. En grande pro pour décortiquer les interrogations de sa génération, la cinéaste propose une œuvre à la fois étrange et mélancolique avec un propos courageux sur l’exploration sexuelle dont les femmes peuvent désormais être moteur.

    Où voir tous les meilleurs films et séries de Lena Dunham en streaming ?

    Les films et les séries de la cinéaste surdouée Lena Dunham sont disponibles à la location ou en streaming. Notre guide vous donnera alors toutes les informations nécessaires. Vous pourrez cliquer sur le logo des services de streaming pour voir quels films sont disponibles sur vos plateformes. Ou ne rien cocher du tout pour voir où sont disponibles les films tous services confondus.

  • Les 15 comédies les plus drôles à voir sur Netflix en ce moment

    Les 15 comédies les plus drôles à voir sur Netflix en ce moment

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Entre parodies déjantées, humour noir ou tendresse décalée, Netflix regorge de comédies qui font mouche, chacune à leur manière. Que l’on soit amateur de répliques absurdes, de situations qui dégénèrent ou de portraits plus humains, il y a toujours un film pour déclencher un rire inattendu ou un sourire complice. 

    Certaines œuvres misent sur l’énergie pure, d’autres sur une finesse d’écriture plus subtile, mais toutes partagent cette capacité précieuse à alléger l’esprit sans jamais le prendre de haut. Voici donc une sélection maison, hétéroclite et joyeusement imparfaite, de 15 comédies à découvrir ou redécouvrir sans attendre sur Netflix. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les rires.

    OSS 117 : Le Caire, nid d'espions (2006)

    Et si James Bond était raciste, ridicule, français, mais plein de panache ? Parodie sur fond d’espionnage vintage, OSS 117 : Le Caire, nid d'espions (2006) ressuscite les clichés des films d’espion des années 50. Jean Dujardin y incarne Hubert Bonisseur de La Bath, un agent aussi sûr de lui qu’il est à côté de la plaque. Entre répliques cultes, sexisme assumé et racisme d’époque tourné en ridicule, le film de Michel Hazanavicius frappe fort. C’est une farce jubilatoire, délicieusement rétro, qui ose tout en prenant le spectateur à contre-pied. Derrière l’humour potache, c’est aussi une critique savoureuse de la nostalgie coloniale. À la fois intelligent et bête, brillamment joué et subtilement con, OSS 117 est devenu un classique de la comédie française moderne.

    OSS 117 : Rio ne répond plus (2009)

    Trois ans après Le Caire, Hubert Bonisseur de La Bath est de retour, cette fois au Brésil. OSS 117 : Rio ne répond plus (2009) pousse encore plus loin le curseur de l’absurde. Dujardin y est toujours aussi parfait en agent borné, et cette suite, plus dynamique et visuellement ambitieuse, multiplie les gags à grand spectacle. On y croise des nazis, des hippies, des tortues et une brochette de punchlines absurdes qui s’enchaînent avec une précision chirurgicale. C’est un film qui assume pleinement son côté irrévérencieux tout en soignant ses décors, ses dialogues et son rythme. Plus acide encore que le premier, Rio ne répond plus confirme l’excellence du duo Hazanavicius-Dujardin dans le pastiche à haute teneur comique.

    Bienvenue à Zombieland (2009)

    Le monde est envahi par les zombies, mais pas question de sombrer dans le désespoir : Bienvenue à Zombieland (2009) préfère en rire. Jesse Eisenberg et Woody Harrelson forment un duo aussi improbable qu’efficace dans cette comédie horrifique où chaque rencontre vire au sketch sanglant. Avec ses règles de survie absurdes, son second degré constant et un caméo culte de Bill Murray, le film devient instantanément culte. Entre les scènes d’action loufoques et les dialogues irrésistibles, Zombieland réussit à renouveler le genre tout en y injectant une bonne dose d’ironie. Un film aussi fun qu’un parc d’attractions... sauf que chaque manège est infesté de morts-vivants.

    Le Grand Bain (2018)

    Une bande de quadras en pleine crise existentielle décide de monter une équipe de natation synchronisée masculine. Le Grand Bain (2018), porté par un casting quatre étoiles (Virginie Efira, Mathieu Amalric, Benoît Poelvoorde, Guillaume Canet...), jongle entre humour tendre et mélancolie discrète. Le film surprend par son équilibre : jamais moqueur, souvent touchant, toujours drôle. Gilles Lellouche livre une mise en scène pudique, qui laisse respirer les silences, les regards et les corps fatigués. C’est une comédie humaine, douce-amère, sur l’amitié, le sentiment d’échec et la capacité à se réinventer. Une réussite qui prouve qu’on peut rire franchement sans jamais ridiculiser ses personnages.

    Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? (1988)

    Impossible de parler de comédie absurde sans citer Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? (1988), sommet de l’humour débile mais génial. Leslie Nielsen campe Frank Drebin, flic gaffeur au possible, qui navigue à vue entre tentatives d’assassinat, romance et catastrophes en série. Le film enchaîne les gags visuels, les jeux de mots foireux et les situations surréalistes à un rythme frénétique. C’est du cartoon en prise de vue réelle, un chef-d’œuvre de bêtise maîtrisée, qui vieillit curieusement bien tant son humour ne repose que sur l’absurde pur. Le genre de comédie qui déclenche des fous rires même après dix visions.

    Shaun of the Dead (2004)

    Avant Last Night in Soho (2021) ou Baby Driver (2017), Edgar Wright signait cette comédie zombie aussi gore que brillante. Shaun of the Dead (2004) raconte comment deux potes décident de survivre à l’apocalypse... en allant se planquer dans leur pub préféré. Simon Pegg et Nick Frost forment un duo irrésistible, et l’humour british du film fait mouche à chaque scène. Parfait mélange entre satire sociale et film de genre, Shaun of the Dead fait rire autant qu’il surprend. C’est un hommage déglingué aux classiques du cinéma d’horreur, avec un vrai cœur battant sous la crasse et les éclaboussures. Rempli de tendresse, d’humour et d’action, s’ennuyer est aussi impossible que ne pas rire. 

    Adieu les cons (2020)

    Albert Dupontel signe ici une comédie noire et poétique, à la fois burlesque, politique, tragique. Adieu les cons (2020) raconte la cavale improbable d’une femme condamnée par la maladie et d’un fonctionnaire en burnout. Le film enchaîne les situations absurdes, les courses-poursuites bureaucratiques et les personnages décalés. Mais derrière l’humour, une vraie rage émerge. Dupontel filme une société kafkaïenne, étouffée par ses propres absurdités et injustices, avec un sens aigu du rythme et de la mise en scène. C’est drôle, mais c’est surtout profondément humain, et ça laisse une trace bien plus durable qu’un simple gag bien placé, car même si on rigole à haute voix, on aurait presque envie de grincer des dents face à la rage si bien illustrée par Dupontel, acteur et réalisateur

    Very Bad Trip (2009)

    Un enterrement de vie de garçon à Las Vegas, une nuit totalement effacée des mémoires, et un réveil dans une suite d’hôtel sens dessus dessous : Very Bad Trip (2009) installe dès les premières minutes un chaos burlesque, où chaque indice retrouvé devient le point de départ d’un engrenage infernal. Ce n’est pas tant l’intrigue que la dynamique du groupe qui captive : Zach Galifianakis en électron libre imprévisible, Bradley Cooper en leader mal barré, Ed Helms en type coincé qui craque et Justin Bartha… perdu quelque part. La force du film réside dans son rythme, ses surprises et surtout son ton : absurde sans jamais être lourd, irrévérencieux sans tomber dans la facilité. Very Bad Trip a redéfini la comédie potache en y insufflant un sens du timing comique rare, et un regard aussi tendre que désabusé sur l’amitié masculine moderne.

    Wallace et Gromit : La Palme de la vengeance (2025)

    Avec ce retour en pâte à modeler très attendu, Wallace et Gromit : La Palme de la vengeance (2025) relance l’univers délicieusement absurde créé par Nick Park. Cette nouvelle aventure, ancrée dans l'humour typiquement britannique du studio Aardman, confronte Wallace à une intelligence artificielle incontrôlable qu’il a lui-même inventée. Fidèle à son style, le film mixe gags visuels millimétrés, décors artisanaux et trouvailles mécaniques qui prennent souvent un tour catastrophique. Le tandem Wallace-Gromit fonctionne toujours à merveille : l’un parle trop, l’autre ne dit rien, mais tous deux se comprennent à demi-regard. En s’attaquant à la technologie moderne avec la poésie d’un monde en carton-pâte, cette Palme de la vengeance réussit à conjuguer nostalgie et satire. C’est drôle, fin, inventif, et surtout animé avec un soin qui force le respect. Bref, un petit bijou d’humour à l’ancienne, remis au goût du jour.

    La vie selon Cunk (2024)

    Derrière son ton faussement naïf, La vie selon Cunk (2024) est une masterclass de comédie absurde déguisée en documentaire. Ce faux docu britannique suit Philomena Cunk, journaliste fictive d’un sérieux désarmant mais à l’ignorance abyssale, qui interroge de vrais experts avec des questions souvent lunaires, toujours impertinentes. Diane Morgan, magistrale, incarne cette anti-héroïne du savoir avec un mélange de candeur idiote et d’aplomb irrésistible. Le film, adaptation d’un format série, pousse encore plus loin les limites de l’humour pince-sans-rire et du malaise contrôlé. C’est une satire grinçante sur notre besoin d’expliquer le monde, même quand on ne comprend rien — et un miroir tordu tendu à nos émissions culturelles trop sérieuses pour être honnêtes. À la croisée de The Office, Monty Python et des cours d’histoire revisités par un troll, La vie selon Cunk réussit à être profondément stupide et follement intelligente à la fois.

    Moi, moche et méchant (2010)

    Gru, super-vilain au cœur tendre, adopte trois orphelines dans le cadre d’un plan machiavélique. Et tout déraille. Moi, moche et méchant (2010) allie animation soignée, humour décalé et émotions sincères. Les Minions, nés de ce film, sont devenus des icônes pop à part entière. Mais au-delà du marketing, l’histoire fonctionne : drôle, attendrissante, rythmée. Le film parle de rédemption, de famille et de bananes, dans un mélange improbable qui fait mouche. Une comédie d’animation devenue un classique, à voir en famille ou entre adultes nostalgiques.

    Les Mitchell contre les machines (2021)

    Quand une famille dysfonctionnelle sauve le monde d’une apocalypse robotique, cela donne Les Mitchell contre les machines (2021) un film d’animation aussi inventif qu’hilarant. Visuellement bluffant, bourré de gags et de références culturelles, le film réussit à marier émotions familiales et humour pop sans jamais perdre en rythme. Les dialogues fusent, l’énergie déborde, et chaque personnage a droit à son moment. C’est une comédie pour l’ère numérique, consciente de ses influences mais profondément originale. Le genre de film qui donne envie d’appeler ses parents... ou au moins de leur envoyer un meme.

    Ace Ventura, détective pour chiens et chats (1994)

    Jim Carrey dans un état de grâce absolu, c’est Ace Ventura (1994). Détective spécialisé dans les animaux disparus, il enchaîne grimaces, cris, mimiques et répliques improbables dans une enquête aussi débile que réjouissante. Le film n’est pas fin, mais son énergie est irrésistible. Carrey transforme chaque scène en performance physique hallucinante, et même les gags les plus douteux passent grâce à sa folie contagieuse. Un film qui a marqué les années 90 et propulsé Carrey au rang d’icône comique mondiale.

    Camping (2006)

    Bienvenue au camping des Flots Bleus, royaume du rosé, du pastis, de la pétanque, du bermuda et des soirées karaoké. Camping (2006) est une plongée dans la France populaire, avec ses clichés et ses bonheurs simples. Frank Dubosc y campe Patrick Chirac, vacancier beauf mais touchant, devenu culte à force de répliques et d'accents appuyés. Le film alterne entre satire douce et vraie tendresse, sans jamais mépriser ses personnages. Un succès populaire qui tient autant à l’autodérision qu’à la justesse de certaines situations. On y rit beaucoup, parfois jaune, mais toujours avec le sourire.

    Yesterday (2019)

    Un musicien en galère se réveille dans une réalité alternative où les Beatles n’ont jamais existé. Seul à se souvenir de leurs chansons, il décide de les jouer comme si elles venaient de lui. Yesterday (2019), réalisé par Danny Boyle et écrit par Richard Curtis, part d’un pitch improbable pour raconter une fable douce-amère sur la célébrité, le plagiat involontaire et les liens entre art et mémoire collective. Himesh Patel porte le film avec une sincérité touchante, et Lily James y ajoute une note de romance délicate. L’humour est discret mais efficace, typiquement british, et les moments musicaux déclenchent un vrai frisson de nostalgie. Derrière sa légèreté, Yesterday pose aussi une vraie question : que serait le monde sans certaines œuvres ?

    Où voir ces comédies en streaming ?

    De Shrek à OSS 117, en passant par La vie selon Cunk ou Les Mitchell contre les machines, ces comédies sont toutes disponibles sur Netflix. JustWatch vous aide à savoir, en un coup d’œil, où voir chaque titre selon vos abonnements. Cliquez sur les logos des plateformes pour filtrer les films disponibles, ou cliquez sur « réinitialiser » pour afficher toute la liste. Parfait pour une soirée rire sans prise de tête.

  • Jane Austen : les 10 meilleurs films et séries adaptés de ses romans

    Jane Austen : les 10 meilleurs films et séries adaptés de ses romans

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    2025 marque les 250 ans de la naissance de Jane Austen. Pour l’occasion, de nombreux événements ainsi que des séries et des films en rapport avec le travail de l'écrivaine ont été annoncés. Et comme par un heureux hasard, cette année marque également le vingtième anniversaire de l’une des adaptations les plus plébiscitées de l'auteure britannique : Orgueil et Préjugés (2005), réalisé par Joe Wright.

    Parallèlement, Focus Features a annoncé il y a quelques semaines qu’une nouvelle adaptation de Raison et Sentiments allait bientôt voir le jour : le casting inclut notamment Daisy Edgar-Jones, Esmé Creed-Miles, George Mackay, Caitríona Balfe et Fiona Shaw. Orgueil et Préjugés fera également l’objet d’une nouvelle adaptation, cette fois par Netflix, avec Emma Corrin and Jack Lowden dans les rôles respectifs de Lizzy Bennet et Mr. Darcy.

    Autant de bonnes raisons pour vous proposer ce guide JustWatch, qui vous permettra de faire le point sur les dix meilleures adaptations des romans de l’illustre femme de lettres. 

    Orgueil et Préjugés (2005)

    Réalisée en 2005 par Joe Wright, l’adaptation cinématographique d’Orgueil et Préjugés, qui est sans doute le roman le plus connu de Jane Austen, vient de fêter ses 20 ans. A cette occasion, le film est ressorti sur grand écran aux États-Unis, et un bal a même été organisé pour les fans, qui étaient bien sûr au rendez-vous. Avec Keira Knightley et Matthew Macfadyen, cette adaptation recèle de moments qui sont devenus tout simplement cultissimes auprès des fans, allant du fameux « hand flex » de Mr. Darcy alors qu’il vient de toucher la main de Lizzie, à son apparition romanesque à travers la brume matinale, avec en fond la fabuleuse bande musicale de Dario Marianelli. Cette adaptation a reçu quatre nominations aux Oscars en 2006, dont une citation comme Meilleure actrice pour Keira Knightley.

    Emma (2020)

    Emma est l’un des romans de Jane Austen les plus adaptés à l’écran. La version de 2020 de la réalisatrice Autumn de Wilde ne fait pas l'unanimité auprès des fans, mais elle possède une magnifique photographie, de belles performances et une bande originale atypique qui peut ravir un amateur de romance historique, même s’il ne connaît pas le livre original. Dans Emma, Anya Taylor-Joy campe le rôle de la très souvent orgueilleuse mais néanmoins charmante Emma Woodhouse. Chaque lecteur de Jane Austen peut préférer une certaine interprétation d’Emma, et bien que celle-ci soit souvent être considérée comme étant trop proche des défauts de l’héroïne et pas assez de ses qualités, cette adaptation reste suffisamment originale pour qu’on passe un très bon moment en la regardant avec une tasse de thé et un scone. 

    Emma, l’entremetteuse (1996)

    Dans les années 90, Gwyneth Paltrow s’est essayée aux drames historiques anglais à plusieurs reprises, et l’une de ses performances les plus connues reste son interprétation d’Emma dans Emma, l'entremetteuse (1996). Paltrow réussit la plupart du temps à capturer toutes les contradictions de ce personnage tant apprécié des fans de Jane Austen. Cette adaptation de Douglas McGrath, où l’actrice joue aux côtés d’Ewan McGregor et Toni Collette, est parfaite pour une séance cinéma lors d’une journée printanière, et vous donnera sans aucun doute envie de passer le reste de la saison à faire des pique-niques au milieu de campagne anglaise. L’alchimie entre Gwyneth Paltrow et Jeremy Northam, qui joue le rôle de Mr. Knightley, reste pour moi l’un des points forts de cette version.

    Emma (2009)

    La dernière adaptation d’Emma (2009) de ce guide n’est pas un film mais une mini-série réalisée par la BBC, avec Romola Garai dans le rôle de la fameuse entremetteuse. Cette fois-ci, l'interprétation de l’actrice fait en général l'unanimité auprès des fans, car son interprétation réussit parfaitement à trouver la balance entre le côté parfois détestable du personnage et ce charme incontestable qui la rend si magnétique. Romola Garai a d’ailleurs reçu une nomination au Golden Globe de la meilleure actrice. Elle y joue aux côtés de Jonny Lee Miller dans le rôle de Mr. Knightley et de Michael Gambon dans le rôle de Monsieur Woodhouse. 

    Raison et Sentiments (1995)

    Réalisé par Ang Lee, ce film est sans aucun doute l’une des meilleures adaptations – et l’une des plus adorées – de la romancière. Raison et Sentiments (1995) a été écrit par Emma Thompson elle-même, qui joue également aux côtés d’un casting 5 étoiles, incluant Kate Winslet, Hugh Grant et Alan Rickman. Le film a été nommé pour pas moins de 7 Oscars en 1996, et Emma Thompson remporta celui du Meilleur scénario adapté. Non seulement Ang Lee filme cette histoire avec toute la grâce et l'élégance nécessaire lorsqu’on s’attaque au travail de Jane Austen, mais il fait également appel à la crème de la crème du cinéma britannique, et obtient l’une des premières grandes performances de Kate Winslet, âgée tout juste de 19 ans à l'époque.

    Orgueil et Préjugés (1995)

    Orgueil et Préjugés (1995) est régulièrement mis en compétition avec celui de 2005. Ici, c’est Colin Firth et Jennifer Ehle qui jouent respectivement les rôles de Mr. Darcy et Lizzie Bennet. Cette adaptation en six épisodes permet au scénario de s’attarder sur un grand nombre de détails et de nuances de l’histoire, qu’un film ne pourrait pas forcément aborder en 2 heures de temps. Cette série n’est d’ailleurs pas en manque de moments iconiques, qui peuvent sans aucun doute rivaliser avec certaines scènes du long métrage de 2005, notamment la fameuse scène où Mr. Darcy ressort trempé d’un lac. Une séquence qui est devenue culte et qui a souvent été reprise dans l'univers de la pop culture, comme dans Bridgerton (2022-). 

    Mansfield Park (2007)

    Mansfield Park bénéficie de peu d'adaptations, mais le téléfilm de 2007 est sans doute la plus proche du roman éponyme de Jane Austen. Billie Piper joue le rôle de Fanny Price, issue d’une famille pauvre et qui à l'âge de 10 ans est envoyée chez son oncle et sa tante – très riches – vivant à Mansfield Park. Comme dans la plupart des romans de Jane Austen, notre héroïne principale devra apprendre à naviguer entre sentiments amoureux et mépris de classe. Bien que de nombreuses parties importantes de l’histoire manquent et que le casting n’est pas forcément fidèle aux personnages selon certains fans, Mansfield Park reste tout de même une adaptation à ajouter à sa watchlist si l’on aime les drames historiques en règle générale. Bien que je trouve de nombreux défauts à ce film, notamment par rapport au livre, il est tout de même possible de l'apprécier, simplement pour son casting ou son histoire d’amour romanesque. 

    Bienvenue à Sanditon (2019-2023)

    Sanditon est le dernier roman inachevé de Jane Austen, puisque l’écrivaine est décédée quelques mois après avoir entamé cette nouvelle histoire. L'adaptation en trois saisons de cette histoire est donc principalement imaginée par les scénaristes. Certains personnages secondaires deviennent principaux, et d’autres sont inventés de toute part. Pourtant, Bienvenue à Sanditon (2019-2023) est une série charmante, voire addictive si vous êtes fan de romances historiques. Portée par Rose Williams et Theo James, elle est également parfaite à regarder pendant l’été, puisque Sanditon est une petite ville balnéaire de la côte anglaise, où se rend notre héroïne, Charlotte Heywood. Elle y découvre une nouvelle vie, de nouveaux amis et rivaux, ainsi que de nouveaux prétendants. C’est une série incontournable pour les fans de drames historiques, surtout lorsque s’y glisse une relation « enemies to lovers », joliment portée à l'écran par les deux acteurs principaux. 

    Northanger Abbey (2007)

    Ce film est généralement plébiscité pour sa fidélité au roman, même si sa courte durée a forcément un impact sur la présence de certains éléments du livre. Emmené par Felicity Jones et Carey Mulligan, Northanger Abbey (2007) suit l'histoire de Catherine Morland, une jeune fille de 17 ans qui quitte son village afin de se rendre à Bath pour la saison. Parfois plus gothique que romantique, cette adaptation est parfaite pour une journée d’automne, car dans Northanger Abbey, Jane Austen reprend tous les codes des romans gothiques (même si cela tend parfois à être du domaine de la parodie de la part de l'écrivaine). Là encore, l’alchimie entre Felicity Jones en Catherine Morland et JJ Feild en Henry fait pour moi de ce tandem l’un des meilleurs couples de Jane Austen portés à l'écran. 

    Persuasion (2007) 

    Comme pour chacune de ces adaptations, l'interprétation du personnage principal, ici campé par Sally Hawkins dans le rôle d’Anne Elliot, plaira – ou pas – aux lecteurs. Cependant, cette adaptation reste relativement très appréciée et indispensable pour n’importe quel fan de romance historique. Anne Elliot est une jeune aristocrate qui, à l'âge de 19 ans, se laisse persuader de rompre ses fiançailles avec un officier de marine, jugé trop peu convenable. Pourtant, Anne retrouve ce grand amour quelques années plus tard, alors que l’officier est devenu le Capitaine Wentworth. Dans Persuasion (2007), la relation et l'alchimie entre Anne et le Capitaine est souvent jugée comme étant très juste et fidèle au livre. Personnellement, je trouve Sally Hawkins très envoûtante dans ce rôle, qui reste pour moi l’une de ses meilleures performances.

  • « Chair de Poule » et tous les films et séries adaptés de R.L. Stine

    « Chair de Poule » et tous les films et séries adaptés de R.L. Stine

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Depuis près de 40 ans, R.L. Stine terrorise chaque nouvelle génération de jeunes lectrices et lecteurs avec ses innombrables histoires de monstres, de fantômes, de pantins, de zombies, de tueurs et de malédictions.

    Avec des collections comme Chair de Poule (ou Goosebumps, pour les puristes), Fear Street, Mostly Ghostly, Aux portes du cauchemar ou Point Horror, celui qu’on surnomme le « Stephen King des enfants » a vendu plus de 400 millions d’exemplaires de ses livres, traduits dans une trentaine de langues à travers le monde. De quoi, forcément, inspirer le grand et le petit écran à partir des années 90.

    Si vous préparez le prochain Halloween, si vous voulez offrir quelques frissons à vos enfants ou si vous avez envie de replonger dans les cauchemars concoctés par R.L. Stine, une grande partie de l’univers imaginé par l’auteur est disponible sur vos plateformes de streaming en France. Alors suivez le guide JustWatch… si vous osez !

    Chair de Poule (1995-1998)

    Le Masque hanté, L'Horloge maudite, La Colo de la peur, Le Pantin maléfique, Sous-sol interdit, La Colère des citrouilles, Le Souffle du vampire, La Machine à écrire… Autant de titres qui résonnent avec nos souvenirs de lecteurs mais aussi de téléspectateurs ! Car parallèlement à la publication des romans de R.L. Stine, qui confrontent des ados à des phénomènes étranges et inquiétants, la série anthologique Chair de Poule (1995-1998) a transposé à l’écran les principaux titres de la collection. Durant quatre saisons et 74 segments, à raison d’un épisode (parfois deux) par histoire, le générique culte du programme a résonné comme une invitation au frisson pour le jeune public.

    Ce jeune public a grandi depuis, mais garde souvent un souvenir ému de ce rendez-vous, véritable madeleine de Proust télévisuelle qui a été la porte d’entrée vers le fantastique et l’horreur (gentille) pour de nombreux téléspectateurs et téléspectatrices. La série (souvent un peu cheap et parfois portée par un jeu d’acteur approximatifs, jeunes interprètes obligent) distille ce qu’il faut de frissons pour un public jeunesse, avec un bon équilibre entre peur et rire et une grande fidélité aux écrits de Stine. On est ici dans la même ambiance que les séries Fais-moi peur ! (1992) ou Aux frontières de l'étrange (1999-2001)

    Aux portes du cauchemar (2001-2002)

    « Quand la lumière disparaît et que la Lune se lève, tout peut arriver… » Après les romans Goosebumps, R.L. Stine se lance dans l’écriture d’une autre collection horrifique, abordant plus spécifiquement les peurs d’enfants et les cauchemars. « Ne vous endormez pas ! » avertit le générique de Aux portes du cauchemar (2001-2002), plus sombre et inquiétante que la série Chair de Poule (sans jamais traumatiser son public, qu’on se rassure). Plus confidentielle aussi, elle qui n’a duré qu’une seule petite saison.

    A la manière de Rod Serling dans La Quatrième Dimension (1959-1964) ou des Contes de la Crypte (1989-1996) et son gardien cadavérique, chaque épisode est introduit par R.L. Stine (campé par James Avery) et plonge le téléspectateur dans un mauvais rêve, entre fantômes, poupée maléfique, loup-garou et autres sorcières. Le tout dans une ambiance étrange façon Coraline (2009) Au générique des 13 épisodes, on retrouve de futurs visages connus comme Amanda Bynes, Frankie Muniz, Kaley Cuoco, Madeline Zima ou Shia LaBeouf.

    Halloween d’enfer (2001)

    Une fois n’est pas coutume, ce téléfilm a été écrit AVANT le roman. Halloween d’enfer (2001) ou When Good Ghouls Go Bad en version originale, est une histoire de zombies imaginée par R.L. Stine pour le petit écran puis déclinée en novélisation par la suite. Comme le titre l’indique, c’est pendant la célèbre fête des citrouilles qu’une petite ville va faire face à une malédiction impliquant des zombies. Parmi eux, le toujours très sympathique Christopher Lloyd, cultissime Doc Brown de la trilogie Retour vers le futur et non moins cultissime Fétide de La Famille Addams, dans le rôle du mort-vivant Oncle Fred.

    Soyons honnête, Halloween d’enfer accuse un peu le poids des années. Et sa dimension de téléfilm qui limite forcément l’ambition visuelle, en termes d’effets spéciaux notamment. Gentiment kitsch et parfois surjoué, ce long métrage dans la lignée du Fantôme d’Halloween (1999) et Dead Before Dawn (2012) s’adresse donc essentiellement à un public familial, avec une ambiance proche d’un train fantôme qui pourra être une porte d’entrée accessible (et garantie sans cauchemars) pour un jeune public qui voudrait se frotter pour la première fois au film de zombies. Par la suite, des films et séries un peu plus marquants les attendent…

    Haunted Lighthouse 4-D (2003)

    R. L. Stine a aussi eu droit à son film 4-D ! Il s’agit de Haunted Lighthouse (2003), court métrage bénéficiant de relief et d’effets physiques (vent, eau, mouvements des sièges…) diffusé dans les parcs d’attractions SeaWorld et Busch Gardens. Il y est question de jeunes fantômes résidant dans un phare abandonné, qui cherchent à attirer d’autres enfants pour leur tenir compagnie. Là aussi, l’histoire a donné lieu par la suite à un roman. Et là aussi, on y croise Christopher Lloyd, accompagné de sa partenaire de Retour vers le futur, Léa Thompson.

    Derrière la caméra, on retrouve un certain Joe Dante. Le papa des Gremlins et réalisateur de L’Aventure intérieure est un habitué des formats fantastiques courts, lui qui a signé un segment de La Quatrième Dimension, le film (1983) et des épisodes des séries Histoires fantastiques (1985-1987) et Masters of Horror (2005-2007). L’approche familiale et la courte durée imposées par une attraction limitent forcément les ambitions fantastiques du cinéaste, mais cet inédit en France est à prendre comme une vraie curiosité dans la filmographie de Joe Dante.

    Le Livre maléfique (2007)

    Dans Sixième Sens (1999), le jeune Haley Joel Osment voyait « des gens qui sont morts ». Huit ans plus tard, sa sœur Emily Osment (plébiscitée ici pour son interprétation de gothique) fait elle aussi l’expérience de la peur dans Le Livre maléfique (2007), inspiré par le recueil de nouvelles horrifiques jeune public The Haunting Hour publié par R.L. Stine en 2002. L’histoire de ce film est cependant originale, l’auteur ayant simplement donné son approbation (et ses conseils avisés) sur le scénario de ce frisson familial accessible dès 8 ans.

    Il est ici question d’un ouvrage maudit qui donne vie à une créature monstrueuse, qui n’apparaît que quand on y pense. Ce qui explique le sous-titre original : Don't Think About It. Le monstre -un peu kitsch mais très original- a marqué beaucoup de jeunes spectateurs des années 2000, qui ont fait de ce film un incontournable de leurs premières soirées d’Halloween. L’ambiance générale rappelle beaucoup Chair de Poule, bien sûr, et préfigure la série L’Heure de la peur. De quoi faire frissonner les enfants. Quant aux parents, ils seront ravis d’y apercevoir Tobin Bell, inoubliable Jigsaw de la saga Saw (2003).

    La trilogie Mostly Ghostly (2008 / 2014 / 2016)

    Voilà une collection qui n’est pas arrivée dans les mains des aficionados francophones de R.L. Stine. Inédite en France, Mostly Ghostly est une série de 8 romans destinés aux préadolescents publiés par l’auteur entre 2004 et 2006, et qui parlent de fantômes. Notamment de deux revenants, Tara et Nicky, qui font la rencontre de Max Doyle, un jeune garçon capable de voir les spectres : s’il accepte de les aider à résoudre le mystère de leur disparition, les deux fantômes l’aideront à devenir populaire dans son école.

    Ce concept façon « Sixième Sens des enfants » a donné lieu à trois longs métrages : Le Pacte mystérieux (2008), Mostly Ghostly: Have you met my ghoulfriend ? (2014) et Mostly Ghostly : Une nuit dans la maison hantée (2016), chaque fois emmenés par un nouvel interprète du héros médium. Ce qui peut à la fois perturber le spectateur, et en même temps rendre indépendants les visionnages des trois chapitres. Saluée pour son mélange entre approche familiale et ton « spooky », la trilogie s’inscrit dans un ton très Disney Channel, avec ce que cela suppose de personnages stéréotypés et de scénarios prévisibles. Si vous avez aimé les quatre volets des Sorcières d'Halloween / Halloweentown (1998-2006), vous devriez y trouver votre compte. Sinon, passez votre chemin.

    L’Heure de la peur (2010-2014)

    Trois ans après Le Livre maléfique, les nouvelles de la collection The Haunting Hour sont déclinées dans le programme anthologique baptisé L’Heure de la peur (2010-2014). Cette grande sœur de Chair de Poule, plus moderne, plus sombre et plus violente, adapte les histoires de R.L. Stine à travers quatre saisons et 76 épisodes malheureusement difficilement accessibles dans l’Hexagone. La série est à rapprocher de shows comme Les Chroniques de la peur (2017-2019) ou Fais-moi peur ! (2019-2022).

    Tête de citrouille, Vraiment toi, The Weeping Woman, La Toile du tisseur de rêve, La Mascotte, Mon meilleur ami ou L’Épouvantail font assurément partie des épisodes les plus appréciés -et les plus traumatisants- de L’Heure de la peur. Les fans louent l’ambition narrative et visuelle du programme, à l’image de jeunes comédiens inspirés (Jodelle Ferland, Dylan Minnette, Ariel Winter, Mackenzie Foy, Joey King, Willow Shields…) qui y faisaient leurs premières armes. 

    Chair de Poule - le film (2015)

    Jack Black est R.L. Stine. Voilà résumée la promesse de Chair de Poule - le film (2015), premier long métrage cinéma inspiré de la plus célèbre collection de l’auteur américain. Aux côtés de Dylan Minnette (qui s’était déjà illustré dans L'Heure de la Peur), le comédien incarne donc l’écrivain dont les cauchemars sont bien réels, et qu’il garde enfermés dans ses livres. Jusqu’à ce que les monstres se libèrent des pages qui les gardaient prisonniers… Une variation (gentiment) horrifique de Coeur d'encre (2008), en somme.

    Devant la caméra de Rob Letterman, futur réalisateur de Pokémon Détective Pikachu (2019), un large bestiaire est de sortie : clown-tueur, loup-garou, plantes carnivores, mante religieuse géante, yéti, femme-serpent, monstre des marais, morts-vivants, nains de jardin ou garçon invisible… Sans oublier l’incontournable pantin ventriloque Slappy. Cette monstrueuse réunion est à la fois respectueuse de l’imaginaire de Stine (avec des effets visuels réussis), mais offre aussi un côté « fourre-tout » qui peut nuire à l’ensemble, avec une approche frénétique et comique qui peut nuire au frisson attendu. On est finalement ici dans un Jumanji d’Halloween, qui rappelle les grandes heures de Monster Squad (1987).

    Monsterville : le couloir des horreurs (2015)

    R.L. Stine officie lui-même à la production de ce long métrage adapté de son roman homonyme publié en 2012. Monsterville : le couloir des horreurs (2015), qu’on peut parfois croiser sous le titre Le Cabinet des Âmes, revisite l’univers de la fête foraine et du freak show, ces exhibitions dévoilant au public des monstres de foire. Ici, les sujets exposés sous le chapiteau sont des adolescents dont les âmes ont été emprisonnées par le démoniaque Dr Hysteria. Du fantastique, de jeunes héros, un équilibre entre frissons et humour : on est ici dans du pur Stine, avec une ambiance qui rappelle Scream Girl (2015) ou Sacrées Sorcières (2020).

    Derrière la caméra de cette aventure horrifique familiale à l’esprit train-fantôme, idéale pour un Halloween sans trop de cauchemars, on retrouve Peter DeLuise, connu des fans de 21 Jump Street (1987-1991) pour avoir interprété le flic infiltré Doug Penhall aux côtés de Johnny Depp dans les 5 saisons de la série. Devant l’objectif, Dove Cameron livre une performance remarquée en scream-queen attachante.

    Eye Candy (2015)

    L’année 2015 est décidément un grand cru pour R.L. Stine, qui se décline aussi en série avec l’adaptation de son roman Eye Candy (2015). Lancé sur MTV, le programme suit les pas d’une hackeuse de génie (campée par la bien nommée Victoria Justice, ex star Nickelodeon), qui utilise ses capacités pour dénicher des indices pour élucider la disparition de sa sœur tout en mettant fin aux agissements d’un tueur en série.

    Le show surprend un peu si on s’attend à retrouver le fantastique auquel R.L. Stine nous a habitués. On est en effet ici dans le cyber thriller, qui pourrait trouver un écho favorable chez les mordu.es de You (2018-2025). A condition d’adhérer au (sur)montage façon MTV. Plébiscité pour ses rebondissements, a malheureusement été annulé au bout d’une saison de 10 épisodes, laissant de nombreuses pistes narratives inexplorées.

    Chair de Poule 2 : les Fantômes d'Halloween (2018)

    Dans Chair de Poule 2 : les Fantômes d'Halloween (2018), la marionnette maléfique Slappy est de retour avec un projet diabolique : faire qu’Halloween dure pour toujours en donnant vie aux déguisements et décorations du magasin local. C’est ainsi que des sorcières, des momies, des squelettes, des citrouilles, des fantômes, des bonbons nounours aux dents acérées (!) et le cavalier sans tête viennent terroriser la petite ville de Wardenclyffe le temps d’une nuit sympathiquement horrible (le spectacle reste familial, qu’on se rassure).

    Deux faits notables sont à signaler autour de cette suite qui n’a pas réussi à faire aussi bien que le premier volet : l’apparition clin d'œil du véritable R.L. Stine dans le rôle du Principal à la fin du film, et la présence vocale de Jeff Panacloc – dont c’est le tout premier rôle cinéma – dans le rôle de Slappy en version française. Plus familial et moins surprenant que son prédécesseur, Chair de Poule 2 est à réserver à un public jeune, friand de propositions comme Le Manoir hanté et les 999 Fantômes (2003) ou son reboot Le Manoir hanté (2023).

    Fear Street 1994 / 1978 / 1666 (2021)

    Bienvenue à Shadyside… Dans cette ville fictive, au centre de sa collection de romans Fear Street, les histoires de R.L. Stine brassent malédiction et sorcellerie, et les morts sont nombreuses et violentes avec des personnages plus âgés que les protagonistes habituels des histoires Chair de Poule. Sous la houlette de Netflix, trois films liés entre eux au fil des époques forment une trilogie qui navigue entre 1994, 1978 et 1666, portée par un joli casting puisqu’on y retrouve notamment Maya Hawke et Sadie Sink de Stranger Things (2016-2025) et qui fait la part belle aux références avec un ton rétro assumé et des scènes sanglantes voire gore.

    Le premier épisode va ainsi lorgner du côté du slasher des années 90 (Scream, Souviens-toi l’été dernier), le deuxième chapitre nous ramène dans les camps de vacances (Vendredi 13, Massacre au camp d'été) et le troisième segment explore la thématique des sorcières. Contrairement aux anthologies « stiniennes », les trois histoires sont dépendantes les unes des autres, et il faut donc regarder toute la trilogie pour saisir les tenants et les aboutissants de cette proposition déconseillée aux moins de 18 ans par la plateforme de streaming. Chacun.e choisira son opus préféré dans un triptyque qui s’inscrit dans les codes netflixiens.

    De l’autre côté (2021)

    « Au-delà de notre monde, il y en a un autre… » En octobre 2021, à l’approche d’Halloween, Disney+ dévoile De l’autre côté, une nouvelle série anthologique adaptée des histoires de R.L. Stine. La différence ? Ce ne sont pas des romans de l’auteur qui ont inspiré les huit épisodes mais des comic-books qu’il a développés avec l’éditeur Boom !. Qu’on se rassure, le matériau d’origine est certes différent, mais l’approche reste la même : des contes horrifiques indépendants les uns des autres, qui convoquent sorcières, extraterrestres ou monstre masqué.

    La série est supervisée par Seth Grahame-Smith, un habitué du genre puisqu’il a signé les scénarios de Dark Shadows (2012), Abraham Lincoln : chasseur de vampires (2012) ou Orgueil et Préjugés et Zombies (2016). Des films qui illustrent sa capacité à mêler le fantastique à une approche plus légère et décalée. Chaque épisode explore un genre différent et propose une morale destinée au public jeunesse, faisant de la série un croisement efficace entre Chair de poule et La Quatrième Dimension. Si les abonné.es Disney+ espéraient une saison 2, cela semble malheureusement mal engagé puisque De l’autre côté a carrément été supprimée de la plateforme pour d’obscures raisons stratégiques de coûts.

    Chair de Poule (2023-2025)

    En 2023, sous l’impulsion du réalisateur Rob Letterman (Chair de Poule - le film) qui avait dû laisser sa place sur le deuxième film en raison de conflits d’agenda, les histoires de la collection Goosebumps ont été revisitées par la (nouvelle) série Chair de Poule (2023-2025). Le ton est toutefois plus sombre que le programme de 1995, plus abouti aussi en termes de rendu, et les épisodes de chaque saison (10 pour la première, 8 pour la seconde) racontent une intrigue unique traversée des histoires des romans les plus marquants de R.L. Stine.

    Même si l’approche anthologique a donc été écartée de cette modernisation, les fans peuvent notamment y retrouver un masque hanté, Horrorland, des profanateurs de sous-sol, la colo du cauchemar et, bien sûr, Slappy le pantin. Bien reçue par la critique et le public, la série young-adult a malheureusement été annulée par Disney+. Dommage, la plateforme tenait sans doute ici son Stranger Things ou son Riverdale…

    Zombie Town (2023)

    Evidemment, les amateurs de films et séries de morts-vivants risquent d’être déçus en découvrant Zombie Town (2023), qui s’adresse avant tout à un public familial. En revanche, à l’image du Halloween d’enfer (2001) précédemment évoqué dans cette liste, le long métrage peut se présenter comme une première découverte du genre pour les plus jeunes, puisque les zombies sont ici relativement inoffensifs, et le ton léger voire parodique.

    Ils sont toutefois nombreux puisque cette adaptation du roman publié par R.L. Stine en 2000 voit une bobine de film d’horreur transformer tous les habitants d’une petite ville en goules : tous, sauf le projectionniste et son amie, qui vont tenter de contrecarrer la malédiction… et croiser sur leur chemin Dan Aykroyd, légendaire chasseur de fantômes de Ghostbusters, mais aussi Chevy Chase, légende de la comédie US. Deux visages qui égaieront assurément les parents qui accompagneront leur progéniture dans leur visionnage de ce frisson-jeunesse, à poursuivre avec Manuel de survie à l'apocalypse zombie (2015).

    Fear Street: Prom Queens (2025)

    Netflix et Shadyside, c’est une histoire qui est partie pour durer. D’autant que la collection Fear Street compte une cinquantaine de romans ! De quoi donner le champ libre aux équipes créatives de la plateforme, qui veulent faire de la saga LE rendez-vous horrifique des abonné.e.s. Et après la trilogie de 2021, c’est au tour de Prom Queen (2025) de faire son entrée dans le catalogue des Originals avec une histoire de bal de fin d'année qui va virer au cauchemar quand des candidates à la couronne se mettent à disparaître.

    Adapté du roman Le Bal de la mort, le film convoque encore de nombreuses « ref » dont la tragique et terrifiante Carrie (1976) de Stephen King, immortalisée à l’écran par Brian De Palma. Mais contrairement à la trilogie 1994 / 1978 / 1666, l’accueil des abonné.es a été bien plus timide malgré des records de visionnage au sein de la franchise. Reste un divertissement idéal pour les amateurs de slashers 80’s et de meurtres sanglants, qui ne chercheraient pas une proposition qui réinvente le genre façon Totally Killer (2023).

  • Quels sont les meilleurs séries et films animés avec Superman, et où les regarder en streaming ?

    Quels sont les meilleurs séries et films animés avec Superman, et où les regarder en streaming ?

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Le poing et le visage souvent tournés vers le ciel pour décoller et avancer dans la bonne direction, Superman est une figure incontournable, voire le plus emblématique des super-héros. Grand sauveur d’innocentes vies et capable de dénouer des situations complexes grâce à sa force surhumaine et sa capacité à voler, il a inspiré des générations d’enfants. 

    Créé en mars 1933 par le scénariste Jerry Siegel et le dessinateur Joe Shuster, le personnage apparaît pour la première fois dans un comic book américain en juin 1938. Depuis, de nombreuses séries et films, entre autres produits culturels, lui sont consacrés. 

    Nous vous proposons un guide JustWatch des meilleurs films et des séries autour de la figure de Superman, en vous rappelant où regarder ces productions sur les plateformes de streaming.

    Superman, l’ange de Métropolis (1996 - 2000)

    Développé par Bruce Timm, également à la manœuvre de la cultissime Batman : La série animée (1992 - 1995), la série (dont le titre original est Superman: The Animated Series) a modernisé Superman pour une nouvelle génération tout en respectant ses racines classiques. L’animation y est fluide et les épisodes rassemblés en 4 saisons explorent à la fois les menaces extraterrestres et les intrigues plus humaines. Plus humain, le héros y est confronté à des dilemmes moraux, face à des ennemis comme Lex Luthor, Darkseid ou Brainiac, et compte comme alliés emblématiques Lois Lane et Jimmy Olsen.

    Mes aventures avec Superman (2023-)

    La série Mes aventures avec Superman (2023-) compte deux saisons et 20 épisodes au total. Cette version de Superman a reçu de nombreuses critiques positives, saluant son adaptation fidèle et moderne de l’Homme d’acier. Inspiré de l’anime, la série axe les aventures du super-héros davantage sur la technologie, permettant aux méchants de prendre des formes inédites. Et les personnages secondaires offrent du souffle au justicier. Du côté du graphisme de la série, l’animation s’inspire du style « anime » japonais, avec des scènes d’action dynamiques et un parti pris sur les émotions.

    La Ligue des justiciers  / La nouvelle Ligue des justiciers (2001-2006)

    Adaptées du comics Justice League of America de DC Comics, les deux séries ont profondément influencé la vision moderne de Superman et de l’univers DC en général. La première met en scène les 7 membres fondateurs de la Ligue (Superman, Batman, Wonder Woman, Green Lantern, Martian Manhunter, The Flash et Hawkgirl). Plus puissant, plus affirmé, plus combatif au combat avec une morale solidement construite face à un monde plus violent, Superman est droit dans ses bottes saillantes dans la première série (2 saisons et 52 épisodes). Dans la deuxième (3 saisons et 39 épisodes), le héros se montre plus vulnérable émotionnellement et s’oppose plus souvent à Batman et aux autres héros, ainsi qu’aux politiciens.

    Superman : Red Son (2020)

    L’originalité (et l’audace !) du film Superman : Red Son (2020) mérite d’être soulignée : dans cette uchronie politique, les scénaristes se sont demandés ce qu’il se passerait si Superman avait atterri… en URSS au lieu du Kansas. Renversement total des codes du héros classique : Superman devient alors un dirigeant soviétique, Batman un résistant russe anti-Superman et Lex Luthor un patriote et homme politique américain. D’abord un comics, cette adaptation continue cependant à ériger Superman en défenseur du bien.

    All-Star Superman (2011)

    Basé sur le comic de Grant Morrison et Frank Quitely, cette mini-série animée raconte l’histoire plus introspective d’un Superman qui apprend qu’il est condamné à mourir après avoir absorbé une trop grande dose de rayons solaires. Face à une mort imminente, le superhéros entreprend un dernier voyage pour accomplir de grands actes héroïques tout en réfléchissant à son identité, son humanité et son héritage. À l’action s’ajoute donc la tendresse. Dans un style rétro-futuriste, entre nostalgie et modernité, la série rend un très bel hommage au héros mythique.

    Superman/Batman : Ennemis publics (2020)

    Divertissement rythmé avec un duo emblématique, Superman/Batman : Ennemis publics (2020) est un excellent film d’action animé avec une intrigue politique captivante où Superman et Batman deviennent des fugitifs quand Lex Luthor, président des Etats-Unis, les accuse à tort de collusion avec un terroriste extraterrestre. Poursuivis par l’armée, les deux héros doivent s’allier à Wonder Woman pour déjouer un complot qui menace la planète. Bon équilibre entre action et réflexion sur la responsabilité des héros, le film est très efficace.

    Où voir les meilleurs films et séries de l’univers de Superman en streaming ?

    Les aventures de Superman, sous forme d’adaptations animées, cinématographiques ou sérielles, sont disponibles à la location ou en streaming. Notre guide vous donnera alors toutes les informations nécessaires. Vous pourrez cliquer sur le logo des services de streaming pour voir quels films et séries sont disponibles sur vos plateformes. Ou ne rien cocher du tout pour voir où sont disponibles les films et les séries tous services confondus.

  • 16 adaptations qui surpassent leur œuvre originale

    16 adaptations qui surpassent leur œuvre originale

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Certaines adaptations ne se contentent pas de suivre l’œuvre originale : elles la réinventent, la magnifient, ou la rendent accessible à un public bien plus large. Que ce soit au cinéma ou à la télévision, il arrive que le passage à l’écran transcende le matériau de base, le dépouille de ses défauts ou en révèle tout le potentiel. 

    Voici 16 adaptations qui, selon beaucoup, vont encore plus loin que le roman, le manga, le film ou la série dont elles sont issues. Mais attention, pour que l’adaptation soit réussie, il faut souvent que le matériel source soit d’une immense qualité. Cette liste fait donc honneur aux bonnes adaptations, mais aussi aux livres, aux séries ou aux films qui ont inspiré les plus grands cinéastes. 

    Fight Club (1999) — Adapté du roman de Chuck Palahniuk

    Le film Fight Club de David Fincher, sorti en 1999, a propulsé un roman confidentiel au rang de mythe cinématographique. Là où Chuck Palahniuk explore la perte de repères d’une génération, le film en fait une expérience sensorielle et psychologique inoubliable. Sa mise en scène acérée, sa bande-son hypnotique et les performances hallucinantes d’Edward Norton et Brad Pitt donnent un côté brute à ce récit trouble. Fincher ne se contente pas d’illustrer le livre : il en extrait une matière nerveuse, visuelle, qui résonne encore vingt-cinq ans plus tard. Le final, réécrit, est devenu une signature emblématique. Beaucoup ignorent même l’existence du roman — preuve que l’adaptation l’a dépassé dans l’imaginaire collectif. Une œuvre culte, née de l’ombre d’un texte radical.

    Ready Player One (2018) — Adapté du roman d’Ernest Cline

    Le roman Ready Player One (2018) est un hommage passionné à la pop culture, mais il souffre de longueurs et d’un style parfois rigide. L’adaptation signée Steven Spielberg revoit la structure en profondeur et recentre l’intrigue autour de la quête et du spectacle. Le film dynamite la narration, modernise les références et offre une expérience sensorielle vertigineuse, sans sacrifier le message sur l’évasion numérique. Ce qui relevait du name-dropping constant dans le livre devient un monde fluide et immersif à l’écran. Tout le long du film, on s’amuse à repérer toutes les références, et il y en a beaucoup. Résultat : une aventure plus digeste, plus fun, et plus efficace que le texte dont elle est tirée. Une véritable lettre d’amour à la pop culture signée Spielberg. 

    Blade Runner (1982) — Adapté du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick

    Avec Blade Runner (1982), Ridley Scott signe une adaptation libre du roman de Philip K. Dick, mais dont l’impact visuel et philosophique dépasse de loin celui de son modèle. Là où le livre joue avec la paranoïa et le délire intérieur, le film distille une ambiance crépusculaire, hantée par des questions sur l’âme, la mémoire et l’humanité. L’univers visuel cyberpunk, la musique de Vangelis, et l’ambiguïté persistante autour de Deckard ont donné naissance à une œuvre culte, bien plus influente que le roman original. Le film n’adapte pas, il recrée — et à ce jeu, il gagne. Avec Blade Runner, nous pouvons faire d’une pierre deux coups, puisque la suite, Blade Runner 2049 (2017) de Denis Villeneuve, est particulièrement réussie. Côté roman, Blade Runner 2, 3 et 4, écrit par K.W. Jeter, n’arrivent pas à la cheville des androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?.

    Le Prestige (2006) — Adapté du roman de Christopher Priest

    Le roman de Christopher Priest est ingénieux, mais son adaptation par Christopher Nolan lui insuffle une tension dramatique rare. Le Prestige (2006) condense le récit, en intensifie le duel entre les deux magiciens et magnifie son twist final. Grâce au montage non linéaire, à l’atmosphère élégamment sombre et au jeu magnétique de Hugh Jackman et Christian Bale, le film offre une version plus intense et plus accessible que le livre. L’adaptation dépasse son matériau de base en faisant du tour de magie un commentaire sur la narration elle-même. C’est brillant, retors, et inoubliable.

    Les Dents de la mer (1975) — Adapté du roman de Peter Benchley

    Le roman Jaws de Peter Benchley a connu un certain succès à sa sortie, mais c’est bien Steven Spielberg qui en a fait un mythe. Son adaptation, sortie sous le doux nom Les Dents de la mer (1975), coupe dans les sous-intrigues inutiles, recentre l’action sur la traque du requin et bâtit une tension haletante. Le film invente littéralement le blockbuster moderne. L’absence de requin mécanique dans certaines scènes, due à des soucis techniques, force Spielberg à suggérer plutôt qu’à montrer, ce qui rend le film encore plus terrifiant. Là où le roman s’essouffle, le film monte en puissance. Une leçon de cinéma.

    Old Boy (2003) — Adapté du manga de Garon Tsuchiya et Nobuaki Minegishi

    Le film Old Boy de Park Chan-wook, sorti en 2003, reprend les grandes lignes du manga original, mais les déforme avec une telle intensité qu’il en résulte une œuvre entièrement nouvelle. Là où le manga se contente d’un thriller sombre et efficace, le film déploie une vision cauchemardesque et presque onirique, où chaque scène semble suspendue entre violence contenue et explosion de rage. Rien n’est laissé au hasard : de la composition des plans à la tension dramatique qui s’accumule jusqu’au choc final, tout participe à une expérience viscérale, immersive, et profondément dérangeante. La mise en scène, baroque et tendue, distille un malaise constant. Tout y est brutal, stylisé, maîtrisé au millimètre près. Le twist final, inoubliable, marque un point de non-retour moral qui glace autant qu’il fascine. Park Chan-wook ne livre pas une adaptation fidèle mais une relecture totale, presque mythologique, où la violence devient une tragédie intime. Une proposition si marquante qu’elle efface presque l’existence du matériau d’origine. Peu de films peuvent s’en vanter.

    Normal People (2020) — Adapté du roman de Sally Rooney

    Le roman de Sally Rooney a touché une génération entière, mais c’est l’adaptation en série de Normal People (2020) qui a transformé cette histoire d’amour intime en phénomène universel. Les silences, les regards, la distance physique entre Marianne et Connell prennent une ampleur inédite à l’écran. L’écriture minimaliste du livre devient émotion pure grâce au jeu subtil de Daisy Edgar-Jones et Paul Mescal. La série sublime chaque non-dit, chaque malaise adolescent, et capte avec justesse les oscillations du désir et de la solitude. Rarement une adaptation aura été aussi respectueuse tout en allant encore plus loin dans la puissance émotionnelle. Si on vous conseille très fortement de regarder la série (avec des mouchoirs à portée de main), on ne peut que vous suggérer très fortement d’ouvrir les pages de ce magnifique roman (toujours avec des mouchoirs à portée).

    V pour Vendetta (2006) — Adapté du roman graphique d’Alan Moore et David Lloyd

    Alan Moore renie l’adaptation de son œuvre ? Peut-être. Mais V pour Vendetta (2006) version cinéma a marqué l’imaginaire collectif bien plus profondément que le roman graphique. Le film synthétise les enjeux politiques, accentue le côté dystopique, et offre à Natalie Portman et Hugo Weaving des rôles mémorables. Plus direct, plus cinématographique, il transforme un pamphlet politique en fable visuelle puissante et limpide. Certes, il perd une partie de la complexité de l’œuvre d’origine, mais il y gagne en impact. Le masque de Guy Fawkes est désormais une icône mondiale. Le roman graphique est excellent aussi et présente un angle plus politique et encore plus centré sur l’opposition en fascisme et anarchisme. Comme à peu près tous les titres présentés ici, si vous voulez pleinement profiter de l’adaptation, lire l’œuvre originale est indispensable. 

    Casino Royale (2006) — Adapté du roman de Ian Fleming

    La première mission de James Bond revue en 2006 par Martin Campbell et Daniel Craig n’a pas juste modernisé le personnage : elle a relevé le niveau. Le roman original posait les bases, mais manquait de tension. Le film Casino Royale, lui, injecte un réalisme brutal, une romance crédible et une vulnérabilité rare chez Bond. Eva Green apporte une complexité inattendue à Vesper Lynd, et le duel de poker devient une bataille d’endurance psychologique. C’est plus qu’un reboot : c’est une refondation, qui redonne à 007 sa noirceur et sa classe. Et qui surpasse sans conteste la source papier.

    Dune (2021) — Adapté du roman de Frank Herbert

    Le roman de Frank Herbert est dense, philosophique, foisonnant. Il mélange les mythologies, les dynamiques politiques et l’écologie planétaire dans une fresque tentaculaire, parfois étouffante. Denis Villeneuve parvient pourtant à lui rendre justice… tout en le rendant lisible, limpide, presque organique. L’adaptation Dune de 2021 opère une sélection intelligente, affine les enjeux dramatiques, et donne corps aux visions de l’auteur avec une rigueur visuelle à couper le souffle. Là où le livre exige du lecteur une immersion longue et exigeante, le film embarque dès les premiers instants grâce à sa narration fluide, son casting maîtrisé et sa direction artistique magistrale. Ce n’est pas un résumé, c’est une reconfiguration sensorielle, une fresque cinématographique qui parvient à faire vivre un monde aussi vaste qu’intime. Un exploit rare dans la science-fiction moderne. Passer des heures avec les yeux écarquillés, les oreilles vrombissantes, et le cœur palpitant, est étonnamment particulièrement jouissif. 

    Call Me by Your Name (2017) — Adapté du roman d’André Aciman

    Le roman d’André Aciman est une longue introspection, sensible et littéraire. Le film, Call Me by Your Name (2017) de Luca Guadagnino, lui, se passe de mots superflus et fait parler les corps, les gestes, les silences. Timothée Chalamet et Armie Hammer incarnent avec une justesse saisissante cette histoire d’amour d’été, dans un décor italien baigné de lumière. Le film parvient à transmettre les mêmes émotions que le livre, mais avec une intensité visuelle et une pudeur rare. Là où le roman s’étire parfois, le film trouve son rythme, son souffle, son évidence.

    The Office (US - 2005) — Remake de The Office (UK)

    Le The Office (2001-2003) original de Ricky Gervais est culte, acide et gênant. Mais son remake américain, porté par Steve Carell, a su transformer le concept en série à la fois drôle, tendre et durable. Là où l’humour britannique frôle parfois le malaise, la version US gagne en profondeur émotionnelle et en développement de personnages. Le ton s’adoucit sans se trahir, et la série devient, au fil des saisons, un portrait hilarant mais touchant de la vie au bureau. Un cas rare où l’adaptation dépasse le modèle, en longévité comme en attachement.

    Shameless (US - 2011) — Remake de Shameless (UK)

    La version britannique de Shameless (2004-2013) était déjà provocante, mais son pendant américain l’a poussée encore plus loin, saison après saison. En adaptant les Gallaghers au contexte de Chicago, la série US gagne en intensité sociale et en richesse narrative. Le casting mené par William H. Macy et Emmy Rossum donne une nouvelle épaisseur aux personnages, et les intrigues s’étendent sur plus d’une décennie sans perdre leur mordant. C’est cru, drôle, tragique, et souvent plus pertinent que la version d’origine. Un remake qui ne copie pas : il réinvente. Nous ne sommes pourtant presque jamais fan des remakes de séries ou de films déjà particulièrement réussis, mais entre The Office et Shameless, il faut bien avouer qu’il peut y avoir des exceptions.

    Buffy contre les vampires (1997) — Adaptation du film Buffy the Vampire Slayer (1992)

    Avant la série culte, il y avait un film. Et quel écart entre les deux. Le film Buffy, tueuse de vampires de 1992 était une comédie parodique maladroite. La série, imaginée par Joss Whedon, reprend le concept pour en faire un teen drama surnaturel profond, drôle et souvent bouleversant. Sarah Michelle Gellar incarne une héroïne forte, complexe, pleine de contradictions. La série explore les thèmes de la mort, du destin, de l’adolescence et de l’amour avec une intelligence rare. L’adaptation dépasse son modèle au point qu’on en oublie même qu’il y avait un film.

    Scarface (1983) — Remake du film de 1932

    Le Scarface de Howard Hawks en 1932 posait les bases du gangster movie. Mais le Scarface (1983) de Brian De Palma, porté par un Al Pacino incandescent, redéfinit tout. Le Miami des années 80, les excès, la coke, la violence, l’ascension et la chute d’un homme : tout est plus intense, plus flamboyant, plus iconique. Les dialogues sont devenus cultes, la bande-son aussi. Le remake a totalement supplanté l’original dans l’imaginaire collectif, et Tony Montana est entré dans la légende. Une preuve éclatante que le remake peut devenir l’œuvre de référence.

    Où voir ces adaptations en streaming ?

    De Scarface à Normal People, ces adaptations sont aujourd’hui réparties sur plusieurs plateformes de streaming. JustWatch vous permet de savoir en quelques clics où voir chaque titre selon vos abonnements. Dans la liste ci-dessous, cliquez sur les logos de vos plateformes préférées pour n’afficher que les films ou séries disponibles pour vous, ou sélectionnez « réinitialiser » pour consulter l’ensemble de la sélection. Parfait pour redécouvrir ces œuvres qui ont su dépasser leur version originale.

  • Les 10 épreuves les plus brutales de « Squid Game »

    Les 10 épreuves les plus brutales de « Squid Game »

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    On croit connaître les règles. Un jeu, des participants, un gagnant. Et puis tout dérape. Squid Game (2021-2025) n’a jamais été une simple série à suspense : c’est une descente méthodique dans l’horreur, où chaque épreuve tord la nostalgie de l’enfance pour en faire une mécanique de mort. 

    Derrière le sucre, les rires ou la mélodie d’un carrousel, se cachent l’angoisse, la peur de tomber, la certitude que l’erreur ne pardonne pas. Certaines épreuves marquent plus que d’autres. Voici celles qui vous collent au ventre, bien après l’écran noir.

    1. Cache-cache – Le jeu qui tue vraiment

    Saison 3, premier jeu. Les joueurs sont divisés en bleus (qui se cachent) et en rouges (armés de couteaux). Les bleus ont quelques minutes pour se dissimuler dans une arène géante, pendant que les rouges les pourchassent. Chaque rouge doit tuer au moins un bleu, sinon il est éliminé. Ce n’est pas une épreuve : c’est une traque. Une chasse à l’homme sous tension, où chaque souffle trahi peut être le dernier. La violence est brute, sanglante, sans filtre. La panique est immédiate, les décisions désespérées. Ce jeu fait voler en éclats toute notion d’éthique ou de stratégie. Il ne reste qu’une règle : survivre… ou tuer.

    2. "Un, deux, trois, soleil" – L’ouverture sanglante

    Dans la saison 1, ce jeu sert d’introduction brutale à l’univers de Squid Game. D’apparence anodine, il se transforme en carnage dès que la poupée géante détecte un mouvement pendant la phase rouge. Les tirs fusent sans avertissement, et la pelouse se transforme en champ de cadavres. Ce qui rend cette épreuve particulièrement brutale, c’est qu’aucun joueur n’est encore préparé à la réalité du jeu. La surprise, la terreur et l’effet domino provoquent une panique totale. C’est un massacre inaugural, à la fois mécanique et cruel, qui ancre définitivement la série dans la terreur psychologique et la violence absolue.

    3. Marelle – L’aléatoire létal

    L’épreuve de la marelle revisite le jeu pour enfants avec un sadisme méthodique. Les joueurs doivent traverser un pont constitué de panneaux de verre, certains solides, d’autres qui se brisent sous leur poids. Chaque décision est un pile ou face mortel. Aucun calcul ne permet de prédire les bons pas, surtout pour ceux en tête de file. La peur monte à chaque saut, les corps chutent dans le vide sous les cris de ceux encore en vie. Ce n’est pas seulement brutal parce que ça tue : c’est brutal parce que ça tue dans l’absurde, sans logique ni mérite. L’aléatoire y est plus cruel que n’importe quel adversaire.

    4. Les billes – L’amitié broyée

    Dans cette épreuve emblématique de la saison 1, les joueurs choisissent librement un partenaire, souvent un ami ou un allié. Ce n’est qu’après que l’on découvre l’enjeu : un seul des deux survivra. Le but est de récupérer toutes les billes de l’autre, selon des règles qu’ils définissent eux-mêmes. Certains se manipulent, d’autres se sacrifient. La violence n’est pas dans le geste, mais dans l’effondrement émotionnel. C’est le cœur du jeu qui explose : la trahison, la culpabilité, la mort d’un proche. Un déchirement intime et silencieux, qui fait de cette épreuve l’une des plus inoubliables et dévastatrices de toute la série.

    5. Pentathlon à six – L’épuisement programmé

    Le Pentathlon de la saison 2 oblige des équipes de cinq joueurs à réussir une série de cinq mini-jeux inspirés de l’enfance : Ddakji, pierre volante, toupie, Jacks et Hacky Sack. À première vue, rien de mortel. Mais la pression, le compte à rebours et l’enjeu vital transforment cette suite d’épreuves en parcours du combattant mental. L’épuisement psychologique prend le dessus. Certains joueurs échouent à des jeux qu’ils maîtrisaient parfaitement, paralysés par la peur de mal faire. L’élimination est sèche, immédiate. Ici, ce n’est pas la violence qui frappe, mais l’usure, la tension, et la fatigue qui broie les volontés les unes après les autres.

    6. Tir à la corde – L’union qui précipite la chute

    Le jeu classique du tir à la corde prend une tournure cauchemardesque dans Squid Game saison 1. Les équipes s’affrontent sur une plateforme suspendue dans le vide, et celle qui cède est précipitée dans le néant. La tension monte au fil des secondes, le poids des corps devient insupportable, et les cris de panique accompagnent la chute. Ce n’est pas un joueur qui meurt, mais tout un groupe, souvent conscient qu’il ne pourra pas s’en sortir. C’est une mort collective, brutale, où la solidarité ne suffit pas toujours à compenser la force brute. Une vraie leçon sur la cruauté mathématique du jeu.

    7. Saut à la corde – L’épreuve post-trauma

    Présentée dans la saison 3, cette variante du saut à la corde se joue au-dessus du vide. Chaque joueur doit franchir un pont étroit en sautant à intervalle régulier. La difficulté est doublée : beaucoup des participants sont encore blessés de l’épreuve précédente. Entorses, fractures, fatigue extrême… tout devient un handicap mortel. Certains joueurs se montrent même stratégiquement cruels, bloquant le passage des autres pour les faire échouer. Ce jeu met en lumière les failles physiques autant que mentales. Il récompense l’opportunisme, punit les fragiles, et pousse chaque concurrent à ses limites les plus brutales.

    8. Squid Game – Le duel final

    Le jeu éponyme qui clôt la saison 1 oppose Gi-hun et Sang-woo, deux amis brisés par le système. Le terrain est simple : une aire en forme de calamar où il faut repousser ou atteindre l’autre selon des règles minimales. Mais en réalité, tout est permis. Ce qui commence comme un duel ritualisé vire au corps-à-corps boueux, désespéré, violent. Ce n’est plus une épreuve, c’est un règlement de comptes. Et le poids de leur passé commun rend chaque coup plus douloureux. C’est une agonie émotionnelle plus qu’un simple affrontement physique.

    9. Mingle – Le chaos musical

    Dans la saison 2, Mingle emprunte aux chaises musicales, mais en version tordue. Les joueurs se déplacent sur un manège pendant qu’une musique joue. À l’arrêt, un nombre est annoncé, et les joueurs doivent se regrouper et s’enfermer dans des pièces en fonction. Ceux qui restent dehors sont éliminés. Ceux qui ne forment pas le bon groupe à l’intérieur aussi. C’est une panique chorégraphiée, où la rapidité, la coordination et la chance se mêlent. Le stress est maximal, les trahisons fréquentes. Ce jeu est un piège pour les indécis, un cauchemar de l’instantanéité.

    10. Ppopgi – La fragilité à bout de souffle

    Introduit dans la saison 1, le jeu du Dalgona (Ppopgi) consiste à découper une forme dans un biscuit ultra-fragile à l’aide d’une simple aiguille. Pas de cris, pas de sang… mais une pression insoutenable. Un geste trop brusque, une fissure, et c’est terminé. Certains lèchent frénétiquement leur bonbon pour le rendre plus malléable, d’autres transpirent sous le regard pesant des gardes armés. Ce jeu, visuellement calme, est en réalité l’un des plus stressants. Il exige une précision extrême sous la menace immédiate. Une tension silencieuse qui étouffe peu à peu.

    Où voir les épreuves de Squid Game en streaming ?

    Sauter dans le vide, trahir un ami, découper un biscuit sous la menace d’un fusil… Les jeux de Squid Game ne laissent aucune place à l’erreur, et chaque épisode pousse un peu plus loin les limites du supportable. Pour savoir où revoir ces moments aussi absurdes que terrifiants, JustWatch vous permet d’identifier en quelques secondes sur quelles plateformes la série est disponible, selon vos abonnements. Vous pouvez filtrer par service ou réinitialiser les options pour avoir une vue d’ensemble. Un outil simple, idéal pour replonger dans ce théâtre de la survie sans perdre une minute.

  • C’est le policier le plus drôle du cinéma : voici tous les « Y’a t-il un flic… » dans l’ordre !

    C’est le policier le plus drôle du cinéma : voici tous les « Y’a t-il un flic… » dans l’ordre !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Au panthéon des flics de cinéma, il y a les iconiques et badass Harry Callahan (L’Inspecteur Harry, 1971), Martin Riggs (L’Arme Fatale, 1987), Jimmy "Popeye" Doyle (French Connection, 1971), Vincent Hanna (Heat, 1995), Frank Bullitt (Bullitt, 1968) ou John McClane (Piège de cristal, 1988).

    Et puis il y a Frank Drebin, un policier au flegme aussi légendaire que les gags énormes qu’il déclenche sur son passage. Introduit à la télévision, l’inspecteur gaffeur campé par Leslie Nielsen a été le héros d’une trilogie définitivement culte, baptisée Naked Gun outre-Atlantique et Y’a t-il un flic… en France, relancée en 2025 par Liam Neeson dans le rôle de Drebin Jr.

    A l’occasion de ce grand retour au cinéma, JustWatch vous dit où (re)voir les enquêtes de son illustre paternel sur les plateformes de streaming françaises, dans l’ordre de sortie. Histoire de suivre l’hilarante évolution de carrière de notre improbable enquêteur. Y’a t-il un flic pour nous faire rire ? Oui !

    Police Squad ! (1982)

    Il n’existe que six épisodes de Police Squad ! (1982). Et pourtant, cette série comique annulée bien trop tôt par la chaîne ABC a marqué le petit écran par son génie du gag absurde. Comme ces comédiens qui se figent dans un faux arrêt sur image pendant le générique, Abraham Lincoln qui s’invite dans chaque introduction ou des titres d’épisodes qui ne sont jamais raccords entre l’affichage à l’écran et ce que déclame le narrateur ! Toute personne qui a (sou)ri devant Angie Tribeca (2016-2018) ou Brooklyn Nine-Nine (2013-2021) se doit d’avoir vu Police Squad !.

    Derrière le show, il y a David Zucker / Jim Abrahams / Jerry Zucker, l’inénarrable trio des ZAZ. Deux ans après le succès de Y a-t-il un pilote dans l'avion ? (1980), cultissime parodie de film catastrophe, les trois compères se lancent dans un pastiche de série policière et confient le rôle principal au très sérieux Leslie Nielsen, qui campait un médecin flegmatique et hilarant dans leur précédent film. Il trouve ici LE rôle de sa carrière. Et même si Police Squad ! ne durera qu’une saison, il pose les bases d’un personnage qui s’apprête à marquer le grand écran pour le meilleur… et pour le rire.

    Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? (1988)

    Six ans plus tard, Frank Drebin reprend du service ! Entre-temps, les ZAZ ont peaufiné leur patte comique avec Top Secret ! (1984) et Y a-t-il quelqu'un pour tuer ma femme ? (1986). Il est temps pour eux de retrouver leur policier fétiche et sa chevelure argentée, toujours incarné par Leslie Nielsen dont l’impassible sérieux fait des étincelles au milieu de gags épiques, dont il est d’ailleurs le plus souvent le déclencheur involontaire. Entouré de son chef dépassé Ed Hocken et de son fidèle souffre-douleur Nordberg (George Kennedy et O.J. Simpson remplacent Alan North et Peter Lupus de la série), Frank Drebin est donc le héros de The Naked Gun: From the Files of Police Squad! (1988), transposé en France en un plus efficace Y a-t-il un flic pour sauver la reine ?.

    Il y est question de trafic de stupéfiants, d’hypnose, de baseball et d’une visite de la Reine d’Angleterre qui vont donner lieu à des séquences hilarantes qui ont inscrit le film dans plusieurs classements des meilleures comédies de tous les temps. Mais finalement, dans cette saga -et dans le genre du spoof movie en général-, l’intrigue importe peu : elle n’est qu’une toile de fond pour un déferlement de gags de premier et d’arrière plan. Alors bien sûr, après, il faut apprécier l’humour potache et absurde et un rythme d’une autre époque, et accepter que beaucoup de scènes ou de mécaniques ont depuis été revisitées -parfois en mieux- par des Scary Movie (2000) et autres successeurs de Drebin.

    Y a-t-il un flic pour sauver le président ? (1991)

    C’est en solo, sans ses partenaires Jim Abrahams et Jerry Zucker, que David Zucker orchestre la deuxième enquête cinéma de Frank Drebin : Y a-t-il un flic pour sauver le président ? (1991). Un épisode qui fait se croiser le super-flic et le Président américain George Bush (incarné par John Roarke) sur fond d’attentat et de négociations sur l'utilisation des énergies fossiles. Et surtout sur fond de jalousie puisque Drebin ne se remet pas de la fin de sa relation avec la douce Jane Spencer (Priscilla Presley) et tente de la reconquérir.

    Ce qui donne lieu à une nouvelle fournée de gags très sympathiques, dont une virée en char d’assaut, un mambo endiablé ou un pastiche de la scène de poterie de Ghost (1990) presque aussi mémorable que son modèle. Dans la lignée de son prédécesseur (et de Police Squad !), ce second volet cinéma s’adresse aux mêmes amateurs de non-sens et d’humour régressif, avec tout de même un rythme un peu moins soutenu qui laisse quelques « ventres mous » s’inviter dans le récit. Et là encore, il ne faut chercher ni logique ni intrigue cohérente, juste accepter que l’enquête en cours sert de scène à notre flic-gaffeur. 

    Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ? (1994)

    A l’image de sa séquence d’ouverture parodiant la scène des escaliers des Incorruptibles (qui s’inspirait lui-même du Cuirassé Potemkine), Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ? (1994) célèbre le cinéma en faisant de Frank Drebin le seul espoir pour empêcher un attentat pendant la cérémonie des Oscars. L’occasion pour le policier de s‘essayer à la lecture de prompteur (spoiler, il ne sait pas le faire) et pour les scénaristes de nous dévoiler un extrait de l’improbable musical consacré à Mère Teresa (et qui me fait honteusement éclater de rire à chaque visionnage).

    Soyons honnêtes, ce troisième opus est tout de même moins marquant que ses prédécesseurs et montre que la mécanique commence à s'essouffler et même à se répéter un peu trop. Et que certaines vannes appartiennent à une autre époque. Mais il se distingue par un grand nombre de caméos (Shannen Doherty, James Earl Jones, Raquel Welch ou Elliott Gould y font des apparitions clins d'œil) et un final prophétique qui présente l’héritier de Drebin. Les fans y trouveront évidemment leur compte, alors que les moins fans y auront la confirmation que « trop de gags tuent le gag ».

    Après ce film, Leslie Nielsen incarnera à plusieurs reprises des personnages similaires dans Le Détonateur (1998), Y a-t-il un flic pour sauver l'humanité (2000) qui n’a strictement RIEN à voir avec la saga ne vous trompez pas, Scary Movie 3 (2003) et Scary Movie 4 (2006). Il nous quitte en 2010 à l’âge de 84 ans.

    Y a-t-il un flic pour sauver le monde ? (2025)

    La renaissance de la saga Naked Gun a connu une longue gestation. En 2009, un quatrième film avait été envisagé, opposant Leslie Nielsen à de nouvelles recrues. Quelques années plus tard, après la disparition du comédien, c’est un reboot qui était évoqué avec Ed Helms (le dentiste de la trilogie Very Bad Trip) dans le rôle de Frank Drebin. Il faudra attendre 2025 pour voir la saga trouver le chemin du grand écran, dans une suite portée par Liam Neeson. Le comédien trimballe ici son image de dur-à-cuire de Taken (2008) et autres films d’action, créant le même décalage savoureux « sérieux vs. gags » que dans la trilogie originale. Entouré de Pamela Anderson et Paul Walter Hauser, il est donc Frank Drebin Jr. (le bébé aperçu à la fin de Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ?), acteur et narrateur façon film-noir d’une nouvelle enquête improbable.

    « D’après une histoire vraie totalement inventée », Y a-t-il un flic pour sauver le monde ? (2025) adopte la même formule que ses prédécesseurs : running-gags, durée réduite (aucun des films n’aura dépassé 1h25 !), sens de l’absurde, arrières-plans à scruter constamment, apparitions clins d’oeil (vous n’êtes pas prêts pour la « doublure » de Liam Neeson) mais aussi baisses de rythme régulières. Si c’est votre porte d’entrée vers la franchise, c’est clairement le film qui vous dira si l’esprit Police Squad / Naked Gun est fait pour vous… ou pas du tout ! Et attention pour les enfants : certaines blagues ne sont peut-être pas de leur âge (ceux qui ont pouffé, comme moi, pendant la séquence des lunettes à vision nocturne sauront de quoi je parle).

  • Del Toro, Bigelow, Ozon… : les films les plus attendus de Venise 2025

    Del Toro, Bigelow, Ozon… : les films les plus attendus de Venise 2025

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Quel film succèdera au bouleversant et élégant La Chambre d’à côté de Pedro Almodóvar, sacré à la Mostra 2024 par le très convoité Lion d’Or ? Réponse le 6 septembre prochain, quand le réalisateur Alexander Payne et son jury (les actrices Fernanda Torres et Zhao Tao ; les cinéastes Stéphane Brizé, Maura Delpero, Cristian Mungiu et Mohammad Rasoulof) décerneront le palmarès du 82e Festival International du Film de Venise.

    21 longs métrages en Compétition et 11 avant-premières Hors Compétition (dont une clôture française signée Cédric Jimenez) s’y dévoileront sous le regard exigeant et passionné de la planète cinéma. JustWatch vous dit tout des œuvres les plus attendues de cette édition 2025, qui s’ouvre le 27 août dans la Cité des Doges.  

    « Le Mage du Kremlin » de Olivier Assayas (Compétition)

    Jude Law est Vladimir Poutine. Le Mage du Kremlin (2025) va créer l’événement à Venise, en dévoilant les arcanes du pouvoir russe après la chute de l’URSS, à travers les yeux et les mémoires fictives d’un conseiller officieux du futur chef d'État. Ce thriller est adapté du roman de Giuliano da Empoli, plébiscité par le Grand Prix du roman décerné par L’Académie Française et finaliste du Prix Goncourt 2022).

    Dans ce film mis en scène par le réalisateur français Olivier Assayas (qui s’était déjà attaqué à l’exercice périlleux du biopic polémique avec Carlos, 2010) Paul Dano (dans le rôle de Vadim Baranov) sera entouré de Alicia Vikander, Jeffrey Wright, Zach Galifianakis et Jude Law en « Tsar ». Un an après le portrait de Donald Trump dans The Apprentice (2024), cette vision de son pendant soviétique devrait assurément faire du bruit sur la lagune : les premières réactions critiques sont à guetter dès le 31 août.

    « Jay Kelly » de Noah Baumbach (Compétition)

    La bande-annonce de Jay Kelly (2025), très réussie, annonce un film introspectif passionnant : face à un miroir, George Clooney déclame son nom (« Jay Kelly… ») sans trop y croire, comme s’il ne se connaissait pas alors que le monde entier connaît tout de lui. Car Jay Kelly est une immense star de cinéma, qui a tellement été coupé du monde qu’il ne sait plus trop qui il est… Ce pitch clairement méta (George Clooney, longtemps comparé à un Cary Grant moderne, cite explicitement l’acteur dans les images) est le prétexte à un road-movie intimiste et solaire qui va voir notre vedette se lancer sur les routes en compagnie de son manager (Adam Sandler).

    Après The Meyerowitz Stories (2017), Marriage Story (2019) et White Noise (2022), Noah Baumbach semble livrer ici une histoire de passage à l’âge adulte d’un adulte, au croisement de Birdman (2014) et The Descendants (2011), co-écrit avec la comédienne Emily Mortimer, et dans lequel Clooney devrait faire des merveilles. Avec un prix d'interprétation à la clé ? Ce serait un joli prix pour celui dont le tandem avec Brad Pitt dans Wolfs (2024) avait été plébiscité l’an dernier à Venise.

    « The Voice of Hind Rajab » de Kaouther Ben Hania (Compétition)

    En quinze ans, la réalisatrice Kaouther Ben Hania s’est imposée comme l’une des voix les plus intéressantes et singulières du cinéma tunisien. La réalisatrice de La Belle et la Meute (2017) et Les Filles d’Olfa (2023) devrait une nouvelle fois livrer une œuvre puissante, tournée en douze mois à peine. The Voice of Hind Rajab (2025) fera ainsi résonner la voix de la fillette palestinienne de six ans tuée avec plusieurs membres de sa famille par les forces israéliennes dans la bande de Gaza et dont l’appel au secours, alors qu’elle était coincée dans une voiture, bouleversa le monde.

    Dans un communiqué, la cinéaste déclare : « Au cœur de ce film se trouve une chose très simple, et très difficile à vivre. Je ne peux accepter un monde où un enfant appelle à l'aide et où personne ne vient. Cette douleur, cet échec, nous concerne tous. Cette histoire ne concerne pas seulement Gaza. Elle parle d'un deuil universel. Et je crois que la fiction (surtout lorsqu'elle s'inspire d'événements réels, douloureux et vérifiés) est l'outil le plus puissant du cinéma. Plus puissant que le bruit des breaking news ou l'oubli du scrolling. Le cinéma peut préserver la mémoire. Le cinéma peut résister à l'amnésie. Que la voix de Hind Rajab soit entendue ».

    « A House of Dynamite » de Kathryn Bigelow (Compétition)

    Cela fait huit ans que nous étions sans nouvelles de Kathryn Bigelow. La cinéaste américaine, première femme sacrée par l’Oscar de la Meilleur réalisation (pour Démineurs, 2008), n’avait en effet rien tourné depuis le passionnant Detroit en 2017. C’est au cœur de la Maison Blanche qu’elle fait son grand retour, avec A House Of Dynamite (2025) dont le titre est aussi explosif que son pitch : comment les Etats-Unis font face à une attaque de missiles dirigée contre le pays.

    Idris Elba, Rebecca Ferguson, Greta Lee, Moses Ingram, Jared Harris, Gabriel Basso et Anthony Ramos composeront l’équipe gouvernementale de ce film choral qui annonce un thriller sous haute tension, qui devrait aller lorgner du côté de Treize jours (2000) USS Alabama (1995), Point Limite (2000) et La Somme de toutes les peurs (2002).

    « Frankenstein » de Guillermo del Toro (Compétition)

    Voir le réalisateur de Hellboy (2004), Le Labyrinthe de Pan (2006) et La Forme de l'eau (2017) s’attaquer à l’une des plus célèbres icônes du cinéma et de la littérature fantastiques a quelque chose qui relève de l’évidence. Et de l’événement incontournable. Le Frankenstein (2025) de Guillermo Del Toro, immense amoureux des monstres, est l’un des films les plus attendus de l’automne. Oscar Isaac s’y glisse dans la blouse du Docteur Frankenstein dans des décors gothiques à souhait qui magnifient l’histoire imaginée par Mary Shelley, le tout emmené par une partition d’Alexandre Desplat.

    Comment Jacob Elordi (star montante de Euphoria, Saltburn, Priscilla et Oh Canada) va t-il revisiter une créature mythique déjà campée par Boris Karloff (Frankenstein, 1931), Christopher Lee (Frankenstein s'est échappé !, 1957), Robert De Niro (Frankenstein, 1994) ou Aaron Eckhart (I, Frankenstein, 2014) ? Réponse le 30 août à Venise et en novembre sur Netflix. Ensuite, ce sera à Christian Bale de se glisser sous le maquillage couturé (The Bride, 2026).

    « À pied d'oeuvre » de Valérie Donzelli (Compétition)

    À pied d'oeuvre (2025) marque la toute première sélection de Valérie Donzelli à la Mostra. Déjà passée par les marches de la Compétition du Festival de Cannes (Marguerite & Julien, 2015), la réalisatrice française adapte ici le roman de Franck Courtès (Gallimard, 2023), dans lequel il raconte comment il a glissé peu à peu dans la pauvreté, alors qu’il a abandonné son métier de photographe pour se consacrer à l’écriture. C’est ainsi qu’il va faire l’expérience de la précarité, et de la liberté, avec lucidité et autodérision.

    Le long métrage devrait trouver une place dans le cœur de celles et ceux qui ont vibré à des parcours intimistes comme L'Homme qui voulait vivre sa vie (2010), Into the Wild (2007), Nomadland (2020) ou Sur les chemins noirs (2023). Dans le rôle principal, on retrouve le talentueux Bastien Bouillon, visage de plus en plus incontournable du cinéma français après ses rôles dans La Nuit du 12 (2022), Le Comte de Monte-Cristo (2024) et Partir un Jour (2025).

    « After the Hunt » de Luca Guadagnino (Hors Compétition)

    Depuis la « claque » Call Me By Your Name (2017), Lucas Guadagnino est l’un des cinéastes les plus attendus par les cinéphiles et les plus courtisés par les stars d’Hollywood. Et un metteur en scène très prolifique, aussi. Et après Bones and All (2022), Challengers (2024) et Queer (2024), il revient déjà avec After the Hunt (2025) où il dirige l’iconique Julia Roberts. Centré sur les accusations d’une étudiante à l’encontre d’un professeur qui aurait « franchi la ligne », le film va interroger la justice, la rumeur, les apparences, les faux semblants et les rapports humains.

    Cette thématique, pertinente quelle que soit l’époque, a très souvent inspiré le cinéma. Et les grands comédien.nes. On pense à La Chasse (2012) qui accusait Mad Mikkelsen. À La Rumeur (1961) avec Audrey Hepburn et Shirley MacLaine. À Chronique d’un scandale (2006) porté par Cate Blanchett et Judi Dench. À Doute (2008) qui confrontait Meryl Streep et Philip Seymour Hoffman. Ou au récent Pas de vagues (2024) avec François Civil. Et désormais Julia Roberts, qui devrait livrer une performance mémorable devant la caméra de Guadagnino. Et après Venise ? Le réalisateur italien a un agenda chargé avec une nouvelle version de American Psycho, le film DC Sgt Rock, la suite de Call Me By Your Name et un biopic sur la création de OpenAI. Vous avez dit passionnant ?

    « Scarlet » de Mamoru Hosoda (Hors Compétition)

    Le cinéaste japonais Mamoru Hosoda, talent majeur de la nouvelle vague de l’animation nippone et grand habitué des festivals internationaux (Annecy mais aussi Cannes où il avait été convié en 2021), débarque au Festival de Venise avec son nouveau film Scarlet (2025). Sous la bannière de son Studio Chizu, qui adoptera pour l’occasion une approche animée inédite proposant une 3D stylisée,  le cinéaste racontera l’histoire d’une princesse qui doit parvenir à s’échapper du royaume des morts où elle se réveille pour éviter l’annihilation.

    Ce projet ambitieux, sombre et violent mêlant la fantasy et l’action vient compléter une filmographie sans faute depuis le phénomène La Traversée du temps (2006), qui resta à l’affiche pendant de longs mois au Japon. Plébiscité pour la modernité de sa mise en scène, Mamoru Hosoda a par la suite signé Summer Wars (2009), Les Enfants Loups, Ame & Yuki (2012), Le Garçon et la Bête (2015), Miraï, ma petite soeur (2018, nommé à l’Oscar du Meilleur film d’animation) et Belle (2021). Gageons que Scarlet saura se hisser au niveau de ces pépites.

    « Father Mother Sister Brother » de Jim Jarmusch (Compétition)

    Si Jim Jarmusch fait partie des « habitués » du Festival de Cannes, l’Américain n’avait jamais été convié par la Mostra. C’est chose faite en 2025, et le cinéaste à la chevelure argentée débarque enfin à Venise avec Father Mother Sister Brother (2025), qui revisite en trois histoires les relations entre des frères et sœurs adultes et leur(s) parent(s) quelque peu distant(s), alors qu’ils se retrouvent après plusieurs années de séparation.

    Tournée entre Paris, l’Irlande et les Etats-Unis, cette comédie réunit Cate Blanchett, Adam Driver, Vicky Krieps, Tom Waits et Charlotte Rampling. Le réalisateur annonce un long métrage très calme, très subtile et sans musique (!) : on devrait donc retrouver dans Father Mother Sister Brother un ton plus proche de Coffee and Cigarettes (2004) ou Broken Flowers (2005) que des zombies décalés de The Dead Don't Die qui avaient quelque peu divisé le public en 2019. Les amateurs de la patte Jarmusch devraient logiquement adouber ce nouvel opus, le dix-septième du cinéaste.

    « Chien 51 » de Cédric Jimenez (Hors Compétition)

    C’est sur un polar de science-fiction que tombera le rideau de la 82e Mostra. Et pas n’importe lequel puisque Chien 51 (2025) est l’un des projets français les plus ambitieux de l’année. Cédric Jimenez y adapte le roman de Laurent Gaudé (Actes Sud, 2022) et plonge Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos dans un Paris futuriste qui sépare les différentes classes sociales. Quand l’inventeur d’une IA qui a révolutionné le travail de la police est assassiné, ces deux inspecteurs que tout oppose vont devoir mener l’enquête ensemble… 

    Porté par un budget de 42 millions d’euros, le long métrage s’inscrit comme une nouvelle proposition hexagonale de science-fiction à résonance sociale dans la lignée de Renaissance (2006), Chrysalis (2007) et Arès (2016). Elle devrait également ravir les amateurs du cinéma sous tension proposé par Cédric Jimenez, révélé par Aux yeux de tous (2012) avant de s’installer comme l’une des valeurs sûres du polar français avec La French (2014), Bac Nord (2021) et Novembre (2022). Attendu le 15 octobre dans les salles françaises, Chien 51 sera présenté le 6 septembre aux festivaliers vénitiens.

    « Bugonia » de Yorgos Lanthimos (Compétition)

    Déjà un nouveau film pour le prolifique Yorgos Lanthimos ! Et comme toujours une intrigue qui attise la curiosité : « deux hommes obsédés par la conspiration kidnappent une grande PDG, convaincus qu'elle est un extraterrestre qui a l'intention de détruire la Terre ». Le décor décalé de Bugonia (2025) est posé et permettra au cinéaste de retrouver Emma Stone, à l’affiche de tous ses longs métrages depuis La Favorite (2018), elle qui a obtenu son second Oscar de la Meilleure actrice sous la direction du réalisateur avec Pauvres Créatures (2023).

    Révélé par Canine (2009) et Alps (2011) avant la consécration internationale de The Lobster (2015), le cinéaste grec signe ici le premier remake de sa carrière. Bugonia est en effet une réadaptation du film sud-coréen Save the Green Planet (2003) de Joon-Hwan Jang. Yorgos Lanthimos devrait une nouvelle fois en faire une œuvre inclassable, dans la lignée de Mise à mort du cerf sacré (2017). Les premières images, avec sa villa aux grandes vitres et aux lignes parfaites, évoquent également le Parasite (2019) de Bong Joon Ho. De bonne augure pour ce nouveau cru lanthimosien attendu en novembre sur les écrans français ?

    « Orphan » de László Nemes (Compétition)

    En 2015, László Nemes est révélé sur la scène internationale avec son premier long métrage, le film-choc Le Fils de Saul, qui replonge avec une puissance rare dans les horreurs des crématoriums d’Auschwitz-Birkenau, et reçoit des prix à Cannes, aux Oscars et aux Golden Globes. Entre autres. Sa deuxième réalisation, Sunset (2018), aura par la suite les honneurs d’une sélection en Compétition à Venise. Et c’est encore à la Mostra que le cinéaste hongrois dévoilera cette année son nouvel opus.

    Orphan (2025) racontera la vie d'un garçon à Budapest en 1957, un an après la tentative de révolution hongroise contre l'URSS. Le comédien français Grégory Gadebois se glisse au sein de la distribution du long métrage, à travers lequel László Nemes continue d’explorer le passé de son pays en croisant grande Histoire et drame intimiste. On devrait y retrouver la force brute et la patte esthétique des deux précédents films du cinéaste, qui travaille à nouveau avec la scénariste Clara Royer et le directeur de la photographie Mátyás Erdély.

    « L’Etranger » de François Ozon (Compétition)

    Pour son vingt-cinquième long métrage en un peu plus d’un quart de siècle, François Ozon s’attaque à un monument de la littérature : L’Etranger d’Albert Camus, l’un des romans en langue française les plus lus au monde. Étrangement, l'œuvre n’a été adaptée qu’une seule fois au cinéma, en 1967, par Luchino Visconti qui y dirigeait Marcello Mastroianni dans le rôle de Meursault.

    Devant la caméra d’Ozon, c’est Benjamin Voisin (révélé par le cinéaste dans Eté 85) qui campe ce jeune homme froid et détaché qui évolue dans l’Algérie de 1938. Comme Frantz (2016), également passé par Venise, L’Etranger a été tourné en noir et blanc. Le cinéaste devrait y proposer une lecture toute personnelle, « avec une grande liberté formelle », d’une œuvre difficilement adaptable, entre drame introspectif, solitude écrasante et banalité proche de l’absurde sous un soleil de plomb. On saura le 2 septembre si le pari est réussi.

    « Aucun autre choix » de Park Chan-wook (Compétition)

    Le cinéma sud-coréen sera au rendez-vous de la 85e Mostra grâce à Park Chan-wook. Primé à Venise il y a vingt ans pour Lady Vengeance (2005), le cinéaste revient avec Aucun autre choix (2025), remake du thriller français Le Couperet (2005). Dans ce film noir signé Costa-Gavras, un ingénieur au chômage, prêt à tout pour retrouver un emploi, éliminait tous les candidats répondant aux mêmes offres que lui. Dans la version coréenne, José Garcia est remplacé par Lee Byung-Hun, bien connu des abonné.es Netflix pour avoir récemment incarné le Front-Man de la série Squid Game (2021-2025).

    Cette histoire, on la retrouve initialement dans le roman The Ax publié par Donald E. Westlake en 1997. Voir cette comédie noire adaptée à la société coréenne -qui ne cesse d’inspirer les thrillers sociaux comme l’ont prouvé Parasite (2019), Squid Game (2021-2025) ou le récent 84 m² (2025)- par le cinéaste promet un film au sérieux « potentiel de culte ». Peut-être même à la hauteur de son indétrônable Old Boy (2003).

    « The Smashing Machine » de Benny Safdie (Compétition)

    Dwayne Johnson n’est pas qu’une star du cinéma d’action : l’ancien catcheur, connu des fans de la WWE sous le surnom « The Rock », fait très souvent des choix artistiques intéressants qui l’ont notamment amené sur les marches du Festival de Cannes (Southland Tales, 2007) et cette année sur le Lido de Venise. Dans The Smashing Machine (2025), nouvelle production du studio A24, le colosse remonte sur le ring dans le rôle de Mark Kerr, légende du MMA et immense champion UFC à la fin des années 90.

    Devant la caméra du réalisateur de Good Time (2017) et Uncut Gems (2019) et accompagné par Emily Blunt qu’il avait déjà côtoyée dans Jungle Cruise (2021), l’acteur est littéralement métamorphosé et devrait livrer une prestation d’ores et déjà annoncée comme la meilleure de sa carrière. The Smashing Machine pourrait ainsi bien être son The Wrestler (2008), sachant que le film devrait s’éloigner du biopic traditionnel en proposant une expérience immersive et brute grâce à une approche visuelle et un grain de pellicule proches du documentaire. Les premières réactions -qui valideront ou pas le « Oscar Buzz »- sont à guetter dès le 1er septembre.

    « In The Hand of Dante » de Julian Schnabel (Hors Compétition)

    Attention, casting sept étoiles : Al Pacino, Gal Gadot, Oscar Isaac, Jason Momoa, John Malkovich, Gerard Butler et… Martin Scorsese, entre autres ! Pour son grand retour à Venise où il a déjà présenté Basquiat (1996), Avant la nuit (2000), Miral (2010) et At Eternity’s Gate (2018), Julian Schnabel réunit un casting de rêve, sans doute le plus impressionnant de la sélection.

    In The Hand of Dante (2025) est un polar adapté du roman de Nick Tosches, qui mêlera deux histoires à deux époques différentes : une enquête contemporaine autour de la réapparition d’un manuscrit de La Divine Comédie, et le récit, justement, de la rédaction de l’œuvre en question. Annoncé par le cinéaste comme son projet le plus ambitieux, le long (2h31) métrage devrait une nouvelle fois proposer une expérience esthétique riche et puissante, doublée d’un hommage à l’art italien et à la création artistique.

    « Grace » de Paolo Sorrentino (Compétition)

    Acteur fétiche de Paolo Sorrentino (il a joué sous sa direction dans Il Divo, Silvio et les autres, La Grande Bellezza…), Toni Servillo retrouve le réalisateur italien pour la septième fois avec Grace / La Grazia (2025), qui fera l’ouverture à Venise. Peu de choses ont filtré sur le long métrage tourné entre Rome et Turin, qui parlera d’amour en racontant les derniers jours de la vie d’un Président fictif et « marquer les esprits par sa grande originalité et sa forte résonance avec l’actualité » selon les organisateurs du Festival.

    C’est la quatrième sélection de Paolo Sorrentino à la Mostra, où il avait présenté son tout premier long métrage (L’Homme en plus, 2001) et remporté le Lion d’Argent pour La Main de Dieu (2021). Se revendiquant d’une filiation esthétique avec François Truffaut, Grace / La Grazia est né d’une envie partagée et portée par le cinéaste et Toni Servillo depuis vingt ans. Les festivaliers devraient y retrouver l’élégance, l’humanité et la profondeur des films de Sorrentino.

    « Dead Man's Wire » de Gus Van Sant (Hors Compétition)

    Il y a un petit air de Un après-midi de chien (1975) qui plane sur Dead Man’s Wire (2025). Déjà parce que le film de Gus Van Sant revisitera une véritable prise d’otage fiévreuse et tendue, survenue en 1977 aux Etats-Unis. Et ensuite parce qu’Al Pacino, inoubliable braqueur du film de Sidney Lumet, est au générique du long métrage. Face à lui, on retrouve Bill Skarsgård en preneur d’otage et Dacre Montgomery en banquier… et entre les deux hommes, un fil ténu synonyme de vie ou de mort puisqu’il est relié au cou de la victime et à l’arme du « criminel » (un homme sans histoire acculé par les dettes).

    Le film marque le grand retour derrière la caméra du réalisateur de Will Hunting (1997) et Harvey Milk (2008), après sept ans d’absence. Si c’est donc un événement plus que notable (entre Bigelow, Jarmusch et Van Sant, c’est l’édition des grands retours américains), sa présence Hors Compétition semble promettre surtout un solide divertissement sous tension, entre thriller en huis-clos et critique sociale sous le feu des médias. Une proposition où la patte Van Sant devrait faire des merveilles.

  • Sharksploitation : « Sharknado » et les films de requins les plus fous !

    Sharksploitation : « Sharknado » et les films de requins les plus fous !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Il y a Les Dents de la mer (1975), monumentale chasse au requin signée Steven Spielberg qui a créé et presque dévoré un genre simultanément. Et puis il y a les autres, qui ont tenté de suivre le sillage du long métrage, parfois avec inspiration (JustWatch vous propose une liste juste ici) mais le plus souvent en sombrant dans les profondeurs du Z. On appelle ça la sharksploitation, sous-genre du cinéma qui n’a cessé de proposer du mauvais voire du très mauvais au fil des décennies.

    Faut-il pour autant rejeter ces productions au large ? Surtout pas, car au-delà du manque de moyens, de comédiens pas toujours inspirés et de studios opportunistes, il y a des idées follement barrées qui transcendent ces nanars aquatiques aux titres et aux affiches absolument mythiques. Le résultat n’est jamais au niveau du Jaws original (on est même à des miles et des miles nautiques de Spielberg). Il est au mieux raté et le plus souvent honteux, mais il fait de ces pépites nanardesques de vrais plaisirs coupables (et donc incontournables) prisés de tout amateur de films de requins qui se respecte -j'en fais partie- et qui recherche des films tellement mauvais qu’ils en deviennent géniaux.

    Alors plongez avec JustWatch pour une sélection des pitchs les plus dingues, entre requins volants, requins géants, requins mutants et autres requins fantômes !

    La saga Sharknado (2013-2018)

    Quand Sharknado (2013) débarque, c’est une tornade inattendue qui s’abat sur le marché de la vidéo et du streaming. Le monde entier se prend de passion pour cette histoire de requins emportés par des vents violents et qui s’abattent sur la population tels des essaims aux dents acérés. Devant la caméra de Anthony C. Ferrante, Ian Ziering (ex-Beverly Hills) et Tara Reid (ex-American Pie) s’en donnent à cœur joie pour affronter les squales, notamment avec une tronçonneuse (si, si). Cinq suites verront le jour, à raison d’un film par an, et donneront à chaque fois une ampleur inédite au désastre, jusqu’à un voyage dans le temps dans le dernier chapitre, The Last Sharknado : It's About Time ! (2018). Pour ces six aventures de plus en plus élaborées (et WTF) et le phénomène qu’a été la saga pendant les années 2010, Sharknado mérite la première entrée de cette liste… à croquer.

    Mega Shark vs. Giant Octopus (2009)

    Neuf ans avant que Jason Statham n’affronte un mégalodon dans le spectaculaire En eaux troubles (2018), l’inénarrable studio The Asylum, spécialisé dans les nanars low budget, avait mis en vedette le requin géant dans Mega Shark vs. Giant Octopus (2009), lançant une « Meg Mania » dont nous ne sommes pas encore sortis. Comme son titre le laisse entendre, l’immense squale préhistorique affronte ici un poulpe démesuré et rien ne leur résiste : ni un sous-marin, ni une corvette de la Marine, ni un avion de ligne, ni le pont de San Francisco. Immédiatement culte grâce à une bande-annonce qui avait enflammé le Marché du Festival de Cannes (je peux en témoigner, j’y étais !) le film est devenu la figure emblématique du nanar à requins. Il a par la suite inspiré toute une saga en confrontant le Mega Shark à un Crocosaurus (2010), un Mecha Shark (2014) ou un Kolossus (2015). Autant de monstres géants qui ont par la suite été réunis pour fêter les 25 ans de The Asylum dans 2025 Armageddon (2022), qui est un peu le Avengers du studio. Petite reco au passage : ne loupez pas la « scène de laboratoire », totalement savoureuse tant elle est cheap. Deux blouses, quatre fioles fluo et on y est !

    Sharktopus (2010)

    Un mégalodon peut affronter un poulpe géant… Il peut aussi être croisé avec le céphalopode ! Le résultat ? Un hybride avec une gueule de squale mais d’immenses tentacules, baptisé Sharktopus (2010). Décidément, l’inspiration est sans limite quand il s’agit de repousser les frontières du genre, avec ici une ambiance proche d’un épisode du jeu vidéo Resident Evil, confrontant l’équipage d’un navire à la furie de la créature. Et si vous avez aimé, réjouissez-vous car deux suites ont été produites : Sharktopus vs. Pteracuda (2014) qui confronte le monstre à un mutant mi-ptérodactyle mi-barracuda, puis Sharktopus vs. Whalewolf (2015) qui invite une baleine-loup dans la partie. No limit, on vous dit ! Eric Roberts, pourtant comédien de talent et frère de Julia à la ville, s’est égaré dans cette production lunaire qui voit notamment le monstre attaquer la terre ferme en marchant sur ses tentacules. Fête folklorique, vacanciers en bronzette ou sauteur à l'élastique, rien ne lui résiste ! Et on rigole beaucoup.

    L'Attaque du requin à 2 têtes (2012)

    Au cinéma, c’est déjà difficile d’échapper à un requin à une tête. Alors imaginez faire face à L'Attaque du requin à 2 têtes (2012) ! Derrière ce concept barré, il y a encore le studio The Asylum (décidément), très inspiré quand il s’agit de s’amuser avec nos amis les squales. La production saupoudre le long métrage d’une tension supplémentaire en faisant s’enfoncer dans les flots l’atoll sur lequel les protagonistes (dont Carmen Electra) ont trouvé refuge. Oui, exactement comme dans La Saison des requins présent plus loin dans cette liste. A noter que The Asylum ne s’est pas arrêté en si bon chemin puisque plusieurs suites ont vu le jour, avec à chaque fois des gueules supplémentaires : L'Attaque du requin à 3 têtes (2015), L'Attaque du requin à 5 têtes (2017) et L'Attaque du requin à 6 têtes (2018). Qu’est-il advenu du requin à 4 têtes ? Mystère…

    Sharks of the Corn (2021)

    Dans les champs de maïs, il peut y avoir des extraterrestres (Signes, 2002), des enfants flippants (Les Démons du maïs, 1984), un labyrinthe sans issue (Dans les hautes herbes, 2019)... et -vous l’avez compris- des squales. Sharks of the Corn (2021) met donc en scène des requins qui se baladent entre les épis, sur fond de secte priant un dieu squale et de tueur en série qui utilise une mâchoire de grand blanc pour commettre ses méfaits. Si vous n’êtes pas convaincus par ce scénario, sachez que les effets spéciaux, la réalisation et le jeu des comédiens sont au diapason, transformant la proposition en gigantesque fourre-tout idéal pour une soirée nanar… ou en gloubiboulga tout simplement irregardable. Vous jugerez sur pièce. En attendant, on apprécie les clins d'œil aux Dents de la mer qui parsèment le film (avec un maire qui refuse de fermer le champ malgré les cadavres !) comme le nom de l’un des scénaristes, Steven Kang (rappelons que Children of the Corn est signé Stephen King).

    Piranha Sharks (2014)

    Vous pensez (à raison) qu’un grand blanc ne peut pas survivre en captivité ? Alors optez pour un mini ! Car dans Piranha Sharks (2014), les requins sont croisés, comme le titre l’indique, avec des carnivores d’eau douce. Idéal pour les aquariums, sauf quand le banc de mini-squales parvient à s’échapper dans le circuit des eaux de New York. Le cauchemar peut alors commencer, et plus aucun endroit n’est sûr, que ce soit votre piscine, votre baignoire ou vos toilettes ! Fauché mais sincère, le film -où l’on croise notamment Kevin « Hercule » Sorbo en maire de la Grosse Pomme- pourrait bien être le plaisir coupable des fans de Piranhas (1978) / Piranha 3D (2010), avec une petite touche de Le Blob (1988). Derrière la caméra, on retrouve un spécialiste des mockbusters, Leigh Scott, à l'œuvre notamment sur Transmorphers / Robot War (2007).

    Shark Exorcist (2015)

    Impossible de résister au pitch de Shark Exorcist (2015), dont la bande-annonce multiplie les slogans de génie (« Satan has jaws » / « Satan a des mâchoires » ou encore « The only thing more terrifying than a shark in the sea… is a shark in a she » / « Plus terrifiant qu’un requin dans l’océan… c’est un requin dans une femme ») ! Il est donc ici question de possession squalesque, qui transforme une jeune femme en monstre assoiffé de sang après une attaque de requin démoniaque (il a les yeux jaunes et luisants, ça aide pour le reconnaître). Face à la menace, oubliez les chasseurs de requins : c’est bien un prêtre exorciste qui pourra affronter la bête, sans harpon mais avec sa Bible, son crucifix et son eau bénite. Si vous aimez les films d’exorcisme (L’Exorciste, L’Exorcisme d’Emily Rose, Conjuring, L’Exorciste du Vatican...) et que vous pensiez avoir tout vu dans le genre, voilà un long métrage à ajouter à votre watchlist. 

    Ouija Shark (2020)

    Le requin-tueur de Ouija Shark (2020) n’a même pas besoin d’eau pour attaquer ses proies. Libéré par un groupe d’amies après une séance d’occultisme sur une planche de ouija trouvée sur la plage, l’esprit du squale maléfique rôde dans la ville et dans la forêt, prêt à croquer n’importe qui. Seul un spécialiste des sciences occultes saura pénétrer dans le royaume du requin pour contrecarrer les plans de ce fantôme aux dents longues… Avec cette version squale de Ouija (2014) et Ouija : Les Origines (2016), on réinvente le thriller paranormal et les légendes urbaines pour un résultat forcément improbable. Ce film, ça pourrait presque être un épisode de Chair de Poule, le talent en moins et l’humour noir en plus. 

    Ghost Shark (2013)

    Les requins fantômes (ou Chimaeriformes) existent vraiment : c’est un ordre de poissons, cousins des requins, vivant dans les abysses. Refermons la parenthèse zoologique. Au cinéma, le Ghost Shark (2013) est bien différent et bien plus improbable, puisqu’il s’agit d’un squale ectoplasmique capable d’attaquer en mer comme sur la terre ferme. Il lui suffit en effet d’une petite flaque d’eau pour émerger et croquer les malheureux et malheureuses qui se trouvent à portée de mâchoires. Piscine, baignoire, seau d’eau : vous n’êtes à l’abri nulle part ! Pensez à vérifier votre verre la prochaine fois que vous sirotez un cocktail au soleil, on ne sait jamais. En tout cas, on survalide cette proposition fantastico-horrifico-nanardesque, qui risque de provoquer chez vous plus de rire que de peur.

    Sharkenstein (2016)

    « Il est vivant !!! » Et il n’est pas très joli. Mais qu’importe, Sharkenstein (2016) a toute sa place dans cette collection puisqu’il est le fruit de l’expérience d’un savant fou qui s’est mis en tête de créer le requin parfait à partir de morceaux de requins tueurs et d’êtres humains. Et évidemment, la créature suturée (on n’avait jamais vu un aileron comme celui-là !) finit par s’échapper et à semer la panique… Pour notre plus grand plaisir. Et celui d’Eric Roberts, qui est soit fan de sharksploitation, soit en arriéré d’impôts. Quoi qu’il en soit, on ne peut qu’applaudir devant cette idée de croiser le film de requin et le chef d'œuvre gothique de Mary Shelley. Surtout quand le monstre est ramené à la vie à grands renforts d’éclairs façon Frankenstein (1931) ou qu’il montre ses deux gueules, humaine et squalesque. L’année où sort justement un nouveau Frankenstein (2025), c’est peut-être le moment de regarder du très bon signé Guillermo Del Toro et du très mauvais mais drôle avec Sharkenstein.

    Sharkman (2005)

    Dans Sharkman (2005), un scientifique injecte des cellules-souches de requin-marteau à son fils malade pour le sauver d’une maladie incurable… et l'utilise pour se venger des médecins qui n’ont pas réussi à le sauver cinq ans plus tôt ! Ce pitch improbable bénéficie d’une mise en image plutôt qualitative dans le genre, avec des décors auxquels on croit (c’est rare qu’un laboratoire ressemble à un vrai laboratoire dans les nanars à squales !) et des effets spéciaux pas trop honteux. Mêlant film de requin et body-horror avec une mutation façon La Mouche (1986), cette série B- propose notamment un cabotinage en règle de Jeffery Combs (à nouveau savant fou après la saga Re-Animator) et une scène d’accouchement vraiment moche. C’est très drôle quand on regarde ce spectacle au second (voire troisième) degré !

    Land Shark (2020)

    Manipuler l’ADN d’un requin pour créer la créature la plus puissante et résistante du monde, était-ce une bonne idée ? Assurément non, puisque le monstre indestructible, en mutation génétique permanente, va échapper à ses créateurs et apprendre à nager… dans la terre. Avec son petit côté « Tremors (1990) rencontre Peur bleue rencontre Jurassic World (2010) rencontre Godzilla (2014) », Land Shark (2020) se sert à peu près partout, avec évidemment beaucoup moins de talent que ses inspirations. Bref, du bon gros nanar au pitch fou mais qui se prend peut-être un peu trop au sérieux pour créer une totale adhésion au mantra « so bad it’s good / tellement mauvais qu’il en devient bon ».

    Sand Sharks : Les Dents de la plage (2011)

    Dans Sand Sharks (2011), les requins peuvent se déplacer dans le sable. C’est marqué dans le titre. De quoi compromettre n’importe quelle bronzette au bord de l’eau et surtout un spring break qui va tourner au bain de sang, sous les yeux de Corin Nemec, inoubliable Parker Lewis de la série culte. Au casting de cette improbable proposition où les créatures peuvent surgir de partout (sauf sous les rochers), on retrouve également Brooke Hogan, la fille de la légende du catch Hulk Hogan, et un certain Edgar Allan Poe IV, descendant direct du célèbre auteur fantastique. Qu’aurait pensé son illustre aïeul d’un film où les squales « nagent » dans la terre, telles des taupes affamées ?

    Avalanche Sharks : Les dents de la neige (2014)

    Après les dents de la plage… place aux dents de la neige ! Vous pensiez être tranquilles en partant skier le temps d’un sympathique springbreak ? Pas de chance, la montagne a libéré une horde de requins préhistoriques qui nagent dans la poudreuse comme leurs congénères le font dans l’océan. Dès lors, personne n’est à l’abri des Avalanche Sharks (2014) au savoureux sous-titre français. Un délire totalement assumé qui vous fera voir les sports d’hiver autrement. On parie même que vous y penserez en scrutant les pentes enneigées la prochaine fois que vous serez sur un télésiège ! Dans le même genre, vous pourriez être tentés par Ice Sharks: Requins des glaces (2016) qui présente des squales qui prennent d’assaut la banquise arctique. Mais en termes de pitch WTF, on a quand même une petite préférence pour nos squales adeptes des pistes rouge sang.

    Sharkansas Women's Prison Massacre (2015)

    Komodo vs. Cobra (2005), Piraconda (2012), DinoGator (2024)... Autant de nanars à créatures à mettre au crédit de Jim Wynorski, artisan prolifique de la série B et Z qui tourne aussi des productions de charme sous pseudo. En 2015, le réalisateur était visiblement dans sa période squales, puisqu’il signe coup sur coup Shark Babes et Sharkansas Women's Prison Massacre. C’est ce deuxième film qui nous intéresse plus particulièrement, puisqu’il croise le film de prison/évasion (de femmes en tenues légères) et le film de requins (préhistoriques, à piquants et capables de se déplacer dans l’eau comme dans la terre). Absurde et fauché, le long métrage brille par son intrigue surréaliste et ses dialogues lunaires. Si on accepte de rentrer dans le délire Sharkansas, la soirée peut-être réussie. Sinon, elle semblera longue, très longue…

    Roboshark (2015)

    50% squale, 50% machine, 100% nanar ! Rencontre improbable (ce mot revient décidément beaucoup dans cette sélection…) entre Robocop (1987), Predator (1987), E.T. l’extraterrestre (1982) et un nanar low cost, Roboshark (2015) nous présente donc un requin-robot. En réalité, c’est une sonde alien qui a « contaminé » le prédateur, le transformant en monstre d’acier inarrêtable… même pour l’armée américaine. Car ni un hydravion, ni une piscine, ni un centre commercial, ni un Starbucks, ni un sous-marin ni même la Space Needle de Seattle ne vous protégeront de la créature qui ne cherche qu’une seule chose : rentrer chez elle ! Elle aime bien aussi, à l’occasion, se balader sur les réseaux sociaux et communiquer avec les humains (d’ailleurs, pendant la diffusion à la télévision, un compte Twitter Roboshark interagissait en direct avec les téléspectateurs !). Délire assumé dans la veine de Robocroc (2013), le film mise sur l’humour et se moque ouvertement des réseaux et des géants du digital.

    Shark Side of the Moon (2022)

    Quand ils ont signé leur légendaire album The Dark Side of the Moon en 1973, le groupe Pink Floyd n’imaginait pas que cela allait inspirer un film de requins ! Et pourtant… Dans Shark Side of the Moon (2022), il est bien question de la Lune où vit une civilisation de squales humanoïdes (des hybrides créés génétiquement mais dont l’URSS s’est débarrassé dans l’espace… cette phrase n’a aucun sens, j’en ai conscience !). Les créatures, qui évoquent le rigolo King Shark de The Suicide Squad (2021), sont ici beaucoup moins sympathiques et se mettent en tête de croquer l’équipage d’une navette spatiale pour protéger leur territoire. Le projet, version nanar du film d’horreur Apollo 18 (2011), est tamponné The Asylum, gage de « qualité » s’il en est dans l’univers de la sharksploitation. Préparez-vous au décollage, vous n’êtes pas prêt.es !

    Super Shark (2011)

    Vous connaissez forcément John Schneider. Si vous avez grandi dans les années 80, il était Bo Duke dans la série Shérif, fais-moi peur (1979). Et si vous êtes de la génération 2000, il a incarné Jonathan Kent dans Smallville (2001). Après avoir vu Super Shark (2011), vous vous souviendrez de lui en héros confronté à un gigantesque super-requin mutant (le titre ne ment pas sur la marchandise), capable de résister aux balles et de se déplacer sur terre et dans les airs. Même un tank (dans une séquence d’anthologie si on aime les effets visuels approximatifs) n’en vient pas à bout, c’est dire ! Ce délire assumé est proposé par le très prolifique Fred Olen Ray, qui tourne tout ce qui lui passe sous la main et par la tête, notamment les bien nommés Piranha Women (2022) et Des serpents à bord (2009, qui transpose Des Serpents dans l’avion dans un sous-marin). Si vous n’avez jamais vu un squale volant attaquer un concours de bikinis, Super Shark est fait pour vous !

    Cocaine Shark (2023)

    Attention, il y a tromperie sur la marchandise ! Là où on attendait un délire à la Crazy Bear (2023) avec un requin dégénéré à l’appétit décuplé par une prise accidentelle de substances illicites, on a « seulement » un film de requin-mutant. Il ne faut donc pas se fier au titre et à l’affiche de Cocaine Shark (2023) qui n’a qu’un lien lointain avec le trafic de stupéfiants : en l'occurrence, les bestioles, sorte de croisement entre squales et crustacés, produisent une substance addictive revendue par un baron de la drogue. Et quand elles s’échappent de son laboratoire secret, le massacre peut commencer. On est donc déçu, forcément, par cette promesse non-tenue. Mais le film surprend, tout de même, grâce à des requins-crabes au design et à l’animation en stop-motion (image par image) façon Ray Harryhausen (Le Septième Voyage de Sinbad, Le Choc des Titans) du pauvre. Pas de quoi effacer la déception, mais une démarche surprenante dans un film qui comblera les amateurs de vrais nanars.

    Alien Shark (2022)

    On connaissait le requin blanc, on ne connaissait pas encore le requin aux yeux verts (fluo). C’est chose faite avec Alien Shark (2022) qui, comme son titre l’indique là encore -c’est l’avantage avec les films de requins, les intitulés sont toujours extrêmement précis et clairs sur la promesse- fait venir la menace de l’espace avec des méchants extraterrestres qui vont manipuler et télécommander un squale grâce à leur technologie de contrôle mental… mais aussi des humains et un petit chien, tous transformés en machine à tuer. Qu’on se le dise, RIEN n’a de sens ici ! Mais est-ce qu’on cherche de la cohérence quand on décide de lancer un film intitulé Alien Shark ? On veut juste voir un grand n'importe quoi, et le film y répond avec une attaque de chien-requin en prime !

    L'Empire des requins (2017)

    Croiser un univers à la Waterworld (1995) et le film de requins, il fallait y penser ! Pour ça, on peut compter sur l'imagination du studio The Asylum (encore lui !) qui propose L’Empire des requins (2017), un monde où l’eau recouvre l’intégralité du globe et où les survivants tentent d’échapper à un dictateur aquatique capable de contrôler les requins. Tel un Jules César post-apocalyptique, il envoie ses légions de squales sur quiconque défierait son pouvoir. L’avenir de la Terre va dépendre d’une mystérieuse dresseuse de requins, seul espoir contre le tyran. Dans le même genre, vous pourriez aimer Planète des requins (2016), premier volet de ce diptyque improbable où le méchant est… un requin Alpha qui dirige les squales contre les humains façon La Planète des Singes (2001). À défaut d’être réussi (les effets visuels sont mémorablement cheap), cet univers a le mérite de l’originalité dans la sharksploitation. Et de célébrer Waterworld  (que j’adore).

    Atomic Shark (2016)

    « The coast is toast » (qu’on pourrait traduire par « la côte est cuite ») : ce savoureux slogan est celui de Atomic Shark (2016), variation du film de requins façon arme de destruction massive. Car dans ce film, le squale est radioactif et promet un été brûlant aux baigneurs de San Diego qui prennent carrément feu au contact de l’animal. Un conseil, si vous voyez un aileron rouge vif surgir au milieu des vagues, éloignez vous du bord ! Si vous aimez les films de requins mutants (un sous-sous genre de la sharksploitation, donc), cette tentative devrait répondre à vos attentes avec le combo habituel de la sharksploitation : effets visuels médiocres / scénario bâclé / acteurs à la dérive. On appréciera également la scène gore et cartoon du restaurant qui voit des clients exploser après avoir consommé du poisson contaminé. 

    Shark Island (2012)

    C’est vrai que le titre français de ce film, Shark Island (2012), est somme toute assez classique et ne semble pas annoncer un pitch mémorable. Le titre original, Shark Week, est dès lors bien plus adapté puisque le long métrage réunit sept mannequins sur une île isolée pour un shooting-photo : ils/elles ne se connaissent pas et ils/elles ont une semaine pour survivre aux pièges mortels concoctés par un mystérieux tueur qui se cache parmi eux et aux centaines de squales qui rôdent. Sur le papier, ça ressemble un peu au croisement entre Saw (2003) et le film de requins. Mais aussi au récent Dangerous Animals (2025) qui mêle sharksploitation et serial killer. La ressemblance s'arrête là, et on a ici un nouvel exemple de visionnage à réserver aux amateurs de jeu approximatif, de budget minimaliste, de jolis panoramas exotiques… et de thrillers involontairement comiques.

    La Saison des Requins (2020)

    Vous pensiez bien connaître la filmographie de Michael Madsen, de Reservoir Dogs (1992) à Kill Bill (2004) ? Pourtant, vous n’avez sans doute pas vu La Saison des Requins (2020) dans lequel le comédien américain, décédé en juillet 2025, s’est illustré. Il joue ici un petit rôle, conseillant à distance trois kayakistes coincés sur une petite île cernée par un grand requin blanc. La subtilité de cette histoire ? L’archipel s’enfonce dans les eaux et nos plaisanciers seront bientôt à la merci du squale. Cela rappelle évidemment les prémisses du solide Instinct de survie - The Shallows (2016) avec Blake Lively… mais en plus nanardesque. Et pour cause, on est une nouvelle fois ici face à une production The Asylum. Résultat ? Les performances des comédiens sont très légères et les images de requins sont reprises de documentaires (on appelle ça des « stock shots »). Restent de beaux paysages et un synopsis sympa.

    Zombie Shark (2015)

    Sans surprise, un requin mort-vivant n’est pas très différent d’un squale normal : il nage et il mange. Beaucoup. C’est ce que vont découvrir les protagonistes de Zombie Shark (2015) quand les monstres créés dans le cadre d’une expérience scientifique commencent à ensanglanter leurs vacances de rêve sur une île paradisiaque. Et comme tout bon zombie qui se respecte, la moindre morsure des créatures va contaminer les humains. Un film qui devrait enchanter celles et ceux qui ont apprécié le requin mort-vivant de la production Netflix Zom 100 : La liste de la mort (2023) ou l’affrontement sous-marin entre un zombie et un (vrai !) requin dans le cultissime L'Enfer des zombies (1979).

    Bloody Waters : Eaux Sanglantes (2010)

    Le titre de ce film est presque décevant en comparaison des œuvres qui composent cette liste. Mais si on vous dit que Bloody Waters : Eaux Sanglantes (2010) a pour titre original Dinoshark, vous comprendrez qu’il occupe une place de choix dans cette sélection aux dents longues. Libéré du bloc de glace dans lequel il était retenu prisonnier (et congelé), un requin préhistorique (plus précisément un hybride squale-pliosaure) va semer la panique sur les côtes. Il faut dire qu’après cette longue hibernation, la bestiole est affamée. Sortez les jet ski et les grenades, la chasse est ouverte ! Avec comme toujours, un raz-de-marée d’effets spéciaux approximatifs et d’interprétations bancales, mais un réel délire communicatif.

    90210 Shark Attack (2015)

    Film de requins + malédiction, ça existe ! En même temps, après des zombies, des fantômes et des mutants, on n’est plus à ça près… La preuve avec 90210 Shark Attack (2015) qui voit de jeunes gens massacrés les uns après les autres à Beverly Hills (oui, c’est bien le même code postal que la série-culte des années 90). Tout laisse penser à des attaques de requins : pourtant les victimes ont été tuées à terre. La réponse à cette énigme qui aurait laissé pantois Les Experts se trouve dans une dent de requin blanc maudite, qui transforme sa porteuse en squale affamé. Ambiance téléréalité, acteurs quasi-amateurs et effets visuels ignobles, oui. Mais pitch de fou !

    Sky Sharks (2020)

    Qu’y a-t-il de plus dangereux qu'un requin zombie ? Plusieurs requins zombies volants créés et contrôlés par des Nazis pour prendre le contrôle du monde 70 ans après la Seconde Guerre mondiale ! La menace vient du ciel dans Sky Sharks (2020), et le délire est total puisqu’il mélange à peu près tout ce que les autres films du genre ont exploré. On retrouve aussi ici la vibe qui anime des films de la nazisploitation, comme Dead Snow / Dead Snow 2 (2009 / 2014), Nazis au centre de la Terre (2012) ou Iron Sky / Iron Sky 2 (2012 / 2019). Quand deux sous-genres aussi prolifiques et délirants se rencontrent, le résultat ne peut être qu’incontournable. Alors oui, c’est n’importe quoi, mais franchement, qui s’en plaindrait ? 

    Les Dents de la mer 4 : La Revanche (1987)

    Oui, le dernier (et nanardesque) chapitre de la saga engendrée – malgré lui – par Spielberg mérite sa place dans cette liste. Pourquoi ? Parce que Les Dents de la mer 4 : La Revanche (1987) n’est pas un film de requins classique. On pourrait même dire que son pitch est surréaliste après des Dents de la mer 3 qui misaient sur un requin en relief et lâché dans un parc aquatique. Mais dans le dernier opus, on atteint des sommets avec un squale piloté par la vengeance : en effet, il attaque uniquement les membres de la famille Brody, qu’il traque jusque dans les eaux chaudes des Bahamas (où un grand requin blanc ne peut pas survivre). Et il grogne. Michael Caine, illustre comédien égaré dans cette production improbable, ne retiendra qu’une seule chose du tournage : la maison qu’il a pu offrir à sa maman grâce à son cachet ! Bref, un nanar culte.

    Big Shark (2023)

    Si le nom de Tommy Wiseau vous dit quelque chose, alors vous connaissez la patte de celui qui est considéré comme l’un des pires (le pire ?) cinéastes de tous les temps. Si vous ne connaissez pas encore, on vous invite à jeter un œil à The Room (2003), son « chef d’œuvre » entré au panthéon des réalisations les plus ratées de l’histoire (au point que James Franco signe un film sur le film en 2019 avec The Disaster Artist). Quel rapport avec les squales me direz-vous ? Eh bien sachez que Tommy Wiseau a réalisé il y a peu SON film de requin. Avec, comme toujours, une omniprésence devant et derrière la caméra puisqu’il officie comme acteur, réalisateur, scénariste et producteur. Ça s'appelle Big Shark (2023), et ça raconte comment un gigantesque prédateur s’attaque à la ville et aux bayous de La Nouvelle Orléans après une crue. Dans le plus pur style Wiseau (montage bancal, dialogues ineptes, effets spéciaux inaboutis), le film est à prendre comme une vraie expérience au pays du nanar, à vivre impérativement collectivement. Seul, c’est difficile mais en groupe, c’est un pur bonheur. Notamment la chanson de la parade finale…

  • Où retrouver les comédiens du casting de « Squid Game » après la saison 3 ?

    Où retrouver les comédiens du casting de « Squid Game » après la saison 3 ?

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Avec sa saison 3 tournée de juillet 2023 à juin 2024 et sortie un an plus tard, Netflix clôt le chapitre Squid Game (2021-2025), série sud-coréenne qui a tenu en haleine pendant 4 ans ses streamers du monde entier. En attendant une éventuelle version hollywoodienne, les comédiens devenus les visages de ce jeu pervers aux millions de vues ont travaillé sur différents projets, des virages auxquels la notoriété leur a permis d’accéder. 

    Nous vous proposons un guide JustWatch autour des comédiens de la série Squid Game et les productions dans lesquelles il est désormais possible de les voir. Tout en vous rappelant où les regarder sur les plateformes de streaming.

    Lee Jung-jae (Seong Gi-hun / Joueur 456)

    Acteur et désormais réalisateur, Jung-jae a tenu le rôle emblématique du joueur 456, héros de Squid Game. En parallèle, il a pu jouer dans d’autres productions, y compris The Acolyte (2024), une série américaine issue de l’univers Star Wars, où il a tenu le rôle du maître Jedi Sol. On l’a vu aussi dans le film Revolver (2024) de Oh Seung-uk, où il joue un chef de police. Il est également partie prenante d’un business destiné à promouvoir ses pairs puisqu’il a fondé en 2016 avec d’autres acteurs l’agence Artist Company.

    Jung Ho-yeon (Kang Sae-byeok / Joueur 067)

    Depuis la fin de Squid Game, où elle interprétait une joueuse souhaitant offrir une vie meilleure à son frère et sa mère, l’actrice a signé un contrat exclusif avec BH Entertainment, l’agence fondée par son co-star Lee Byung-hun, avec l’objectif de propulser sa carrière à l’international. Elle tient un rôle dans la série Disclaimer (2024) où elle joue l’assistante de Cate Blanchett, et vient d’achever le tournage du film Hope (2026) de Na Hong-jin. L’actrice sera aussi à l’affiche de The Hole de Kim Jee-woon avec Christian Slater et de The Governesses de Joe Talbot avec Lily-Rose Depp, projet évoqué en 2022 mais dont on n'est sans nouvelles depuis.

    Park Sung-hoon (Cho Hyu-ju / Joueur 120)

    Interpréter une femme trans en saison 3 l’a confronté à certaines critiques mais l’acteur a reçu un soutien fort de la communauté LGBTQ+. En décembre 2024, en plein deuil national après un crash aérien, l’acteur commet une bourde en publiant sur son compte Instagram une image parodique de Squid Game. La polémique le conduit à se retirer d’un projet de drama intitulé Bon Appetit, Your Majesty (2025). Il sera en revanche dans Night Fever (2025) de Kim Pan-soo où il joue un ancien boxeur accusé de meurtre.

    Lee Byung-hun (Hwang In-ho / Joueur 001)

    Après la saison 3 de Squid Game, Lee Byung-hun, qui incarnait le Maître du jeu dans la série, a prêté sa voix au roi démoniaque Gwi-Ma dans le film d’animation à succès KPop Demon Hunters (2025). Dans The Match (2025), sorti cette année aussi, où il incarne un champion de jeu de go. Il a également terminé le tournage de No Other Choice (2025). Dans ce thriller comique noir réalisé par Park Chan-wook, il joue Man-soo, un homme licencié après 25 ans de carrière et qui lutte pour subvenir aux besoins de sa famille. 

    Roh Jae-won (Nam-gyu/Joueur 124)

    Celui qui joue l’un des méchants de Squid Game, le dénommé Nam-gyu, poursuit une ascension fulgurante dans le cinéma et sur le petit écran sud-coréens. En 2025 est également sorti Nine Puzzles, une série où il incarne un directeur de clinique. Dans la saison 2 de All of Us Are Dead (2022-) qui rentrera en tournage cette année - trois ans après la première saison, de nouveaux noms ont été annoncés dont celui de Roh Jae-won. 

    Wi Ha-joon (Hwang Jun-ho)

    Survivant miraculeusement à une balle tirée par son frère In-ho, le détective part ensuite désespérément à sa recherche et à celle de l’île, espérant trouver des preuves du jeu. Très présent dans l’industrie audiovisuelle de son pays, l’acteur Wi Ha-joon était au casting des séries Gyenongseong Creature (2023-2024) et The Midnight Romance in Hagwon en 2024, et dans un épisode de Shark: The Storm en 2025.

    Yang Dong-geun (Park Yong-sik / Joueur 007)

    Rentré dans le jeu avec sa mère, ce joueur compulsif a tenté de la protéger tout au long des épreuves avant qu’elle ne le poignarde dans le dos à la saison 3. Artiste de hip-hop, connu sous le nom de YDG, Yang a participé à une autre série, en parallèle de Squid Game : il s’agit de Secret Playlist (2023), un drama adapté d’un webtoon autour d’une étudiante qui mène une double vie de chanteuse et dans lequel il joue le père de l’héroïne.

    Kang Ae-sim (Jang Geum-ja / Joueur 149)

    La mère de Yong-sik est entrée dans le jeu pour rembourser les dettes de jeu de son fils. Mais le jeu tourne mal pour elle et, après avoir poignardé son fils, rongée par la culpabilité, finit par se pendre. En 2025, la comédienne chevronnée Kang Ae-sim était aussi à l’affiche de la mini-série Oh My Ghost Clients (2025) et jouera dans Cheot, Sarangeul Wihayeo.

    Où voir en streaming le casting de la saison 3 de Squid Game ?

    Les films et séries dans lesquels les comédiennes et comédiens de la saison 3 de Squid Game ont ensuite joué sont disponibles à la location ou en streaming. Notre guide vous donnera alors toutes les informations nécessaires. Vous pourrez cliquer sur le logo des services de streaming pour voir quels films et séries sont disponibles sur vos plateformes. Ou ne rien cocher du tout pour voir où sont disponibles les films ou séries tous services confondus.

  • Que pouvons-nous attendre de la San Diego Comic-Con 2025?

    Que pouvons-nous attendre de la San Diego Comic-Con 2025?

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Comme tous les ans, la San Diego Comic-Con (SDCC), va faire vibrer l’industrie du divertissement. Si chaque été, les plus gros studios se voient attribuer un panel pour présenter de prochains gros projets comme des films et des séries TV dans le fameux Hall H, cette année, c’est Marvel Studios qui sera absent de cette édition. 

    Le studio nous avait habitués à sa présence chaque année, mais il semblerait qu’il fasse cette fois l’impasse sur cet événement cultissime de la pop-culture pour mieux préparer l'édition de 2026. Rassurez-vous le Hall H et la SDCC ne seront pas en manque de projets tous plus excitants les uns que les autres. Dans ce guide, vous découvrirez 10 des plus gros panels présentés à la comic-con 2025.

    Percy Jackson et les Olympiens - Saison 2 (2025)

    Le cast et les créateurs de la série Disney+ à succès Percy Jackson et les Olympiens (2023) seront bien présents dans le Hall H afin d’offrir aux fans quelques images exclusives et certains secrets de tournages de cette très anticipée seconde saison, qui sera basée sur le livre Percy Jackson: La mer des Monstres. Les acteur principaux tels que Walker Scobell, Leah Sava Jeffries, Aryan Simhadri, Charlie Bushnell, Dior Goodjohn et Daniel Diemer ainsi que les producteurs exécutifs seront donc présents le 24 juillet sur la scène du Hall H, en attendant la sortie de la saison 2 au mois de décembre. 

    Georges Lucas, Lucas Museum of Narrative Art (2026)

    Bien que Disney ne présente aucun projet lié à l’univers Star Wars (1977) cette année, George Lucas sera présent pour la première fois à la San Diego Comic-Con, dans un panel exceptionnel lié à l’ouverture du spectaculaire musée consacré aux arts narratifs en Californie, le Lucas Museum of Narrative Art, qui ouvrira en 2026. Le réalisateur légendaire sera également accompagné de Guillermo del Toro qui est également membre du comité du musée, ainsi que de Doug Chiang‍, le production designer qui a travaillé dans l’univers Star Wars pendant des années. Le panel sera également modéré par l’actrice, chanteuse, productrice et passionnée de fantasy et de science-fiction, Queen Latifah. 

    Alien: Earth (2025)

    Après la sortie d’Alien: Romulus (2024) sur grand écran l’année dernière, c’est maintenant sur le petit écran que la franchise Alien va faire son retour. Alien: Earth, une série FX qui sortira en août sur Disney+, sera présentée à la Comic Con le jeudi 24 juillet. Le cast et les créateurs devraient être présents, ce qui inclura notamment Sydney Chandler, Timothy Olyphant ou encore Alex Lawther. Le premier épisode devrait également être diffusé dans son intégralité et sera suivi d’un Q&A avec le public. 

    Predator: Badlands (2025)

    La franchise Predator fera également son entrée dans le Hall H le vendredi 25 juillet. Alors qu’une bande-annonce vient de sortir, Predator: Badlands (2025) qui mettra en vedette Elle Fanning semble particulièrement prometteur. Le réalisateur Dan Trachtenberg qui était déjà aux commandes de Prey (2022), présentera sûrement aux fans de nouvelles images exclusives, voir un extrait ou une nouvelle bande-annonce. Même si les informations concernant ce panel sont encore assez restreintes, les fans ne devraient pas être déçus par cette présentation de Disney dans le Hall H, qui fait toujours en sorte de faire plaisir aux fans se rendant à la Comic-Con.

    Tron: Ares (2025)

    Le 25 juillet promet d’être une grosse journée pour Disney qui présentera également de nouvelles images de Tron: Ares (2025), dont la sortie est prévue pour le mois d’octobre, soit 15 ans après la sortie de Tron: L'Héritage (2010). Le réalisateur Joachim Rønning, qui a déjà collaboré trois fois auparavant avec Disney, est confirmé pour ce panel, aux côtés de certains membres du casting. Si des confirmations devraient avoir lieu dans les prochains jours, le panel d’invités pourrait inclure Jared Leto, Jeff Bridges, Evan Peters, Great Lee, Jodie Smith et Gillian Anderson. 

    Projet Dernière Chance (2026)

    La bande-annonce de Projet Dernière Chance (2026), ou Project Hail Mary en anglais, a engrangé plus de 400M de vues dès sa première semaine de sortie, ce qui serait un record pour une bande-annonce d’un film original. Ryan Gosling et Sandra Hüller seront à l'affiche de cette adaptation du roman à succès d’Andy Weir, dans lequel Gosling jouera le rôle d’un professeur de science se réveillant dans un vaisseau à des années lumières de chez lui, sans savoir ni pourquoi, ni comment. Le casting et les créateurs seront donc présents dans ce qui devrait être un panel interstellaire, le 26 juillet sur la scène du Hall H. 

    Marche ou Crève (2025)

    La prochaine adaptation du roman dystopique de Stephen King, Marche ou Crève (2025) sera mise à l'honneur par Lionsgate dans le Hall H le vendredi 25 juillet. Le panel sera présenté par les créateurs du podcast The KingCast, Eric Vespe et Anthony Breznican. Le film est réalisé par Francis Lawrence qui semble pour l’instant être absent du panel. Néanmoins, le cast incluant David Jonsson, Tut Nyuot, Garrett Wareing, Charlie Plummer ou encore Mark Hamill, ainsi que le producteur Roy Lee et le scénariste JT Mollner devraient être présents lors du panel. 

    Ça : Bienvenue à Derry (2025)

    Six ans après la sortie de Ça : Chapitre 2 (2019) Bill Skarsgård s'apprête à nouveau à enfiler la perruque et le costume du plus effroyable des clowns dans la nouvelle série HBO Max, Ça: Bienvenue à Derry (2025). La série qui servira de préquelle aux 2 premiers films, se passe dans les années 1960 où une bande d’enfants découvre le terrible secret que renferme la ville de Derry, et peut-être même en saurons-nous plus sur les origines de Pennywise. Le panel devrait avoir lieu en présence des créateurs Andy Muschietti et Barbara Muschietti le 26 juillet, et les fans devraient pouvoir découvrir en exclusivité le premier épisode de la série, qui sortira en septembre sur la plateforme de streaming.

    Outlander: Blood of my Blood (2025)

    La série événement préquelle d’Outlander (2014-), Outlander: Blood of my Blood (2025) qui mettra en lumière l’histoire d’amour des parents de Jamie et Claire, aura le droit à un panel exceptionnel avec une très grande partie du cast, incluant les stars de cette nouvelle série, Harriet Slater, Jamie Roy, Hermione Corfield et Jeremy Irvine, ainsi que le créateur de la série originale Matthew B. Roberts. Ils pourront discuter avec les fans de l’univers Outlander, après la présentation d’images exceptionnelles de tournage et peut-être même de quelques autres surprises. 

    Peacemaker (2025)

    Alors que le Superman (2025) de James Gunn continue de faire voler le box office, le réalisateur et créateur de Peacemaker (2022-) viendra lui-même présenter de nouvelles images de la très attendue et très déjantée deuxième saison de Peacemaker, aux côtés du casting dont John Cena, Danielle Brooks et Jennifer Holland. Ce panel créera forcément l'événement lors de la comic-con, car la série sortira en août, soit un peu plus d’un mois après la sortie de Superman, ce qui permettra aux fans d’en découvrir un peu plus sur la façon dont James Gunn cherche à établir son univers DC.

    Comment trouver en streaming les titres mentionnés dans ce guide? 

    Pour trouver en streaming tous les titres qui sont mentionnés dans ce guide, il n’y a rien de plus simple! Il vous suffit de cliquer sur les titres du titre qui vous intéresse, afin d’en ouvrir la page JustWatch France, et de découvrir où les trouver en streaming. 

  • De « Stranger Things » aux « 4 Fantastiques », Joseph Quinn en 10 rôles !

    De « Stranger Things » aux « 4 Fantastiques », Joseph Quinn en 10 rôles !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Depuis son lancement, Stranger Things a révélé de nombreux talents. Déjà les frères Duffer bien sûr : le duo de scénaristes, qui a fait le bonheur de Netflix depuis 2016, est aujourd’hui courtisé par les grands studios et vient de signer un contrat d’exclusivité avec Paramount. Et devant la caméra, outre la mise en orbite tardive du talentueux et attachant David Harbour, la série a lancé les carrières de Millie Bobby Brown, Finn Wolfhard, Caleb McLaughlin, Gaten Matarazzo, Noah Schnapp, Natalia Dyer, Charlie Heaton, Joe Keery, Sadie Sink, Maya Hawke ou Dacre Montgomery. Et surtout d’un certain Joseph Quinn.

    En 2022, dans la saison 4, les abonné.es Netflix se prennent de passion pour l’acteur britannique et son personnage de métalleux au grand cœur, Eddie Munson. Un MTV Movie + TV Award de la Révélation de l’année plus tard, Joseph Quinn s’impose comme l’un des jeunes visages qui comptent et un vrai talent à suivre, et se retrouve de plus en plus sollicité par de grands réalisateurs et de grosses productions hollywoodiennes. Au point, aujourd’hui, de rejoindre l’écurie du Marvel Cinematic Universe et par la suite l’un des biopics les plus attendus des années à venir.

    Et si, parallèlement à la Pedro Pascal mania, on assistait à la naissance d’une Joseph Quinn mania ? Si vous aussi, vous vous enflammez aussi pour Joseph Quinn, JustWatch vous invite à rejoindre son fan club en listant les films et les séries incontournables qui ont marqué le parcours du comédien, classés du moins bon (tout est relatif) au meilleur rôle !

    10. Warfare (2025)

    Dans Warfare (2025), Joseph Quinn est plongé avec ses frères d’armes (Will Poulter, Cosmo Jarvis, Charles Melton, Noah Centineo…) dans un moment intense de la bataille de Ramadi, survenue en novembre 2006 en Irak. Piégé dans un bâtiment, un groupe de Navy SEALs américains va y affronter l’ennemi tout en soignant ses propres blessés, en attendant une potentielle exfiltration.

    Ultra-immersif et ultra-réaliste dans la lignée de films de guerre comme La Chute du faucon noir (2001), Du sang et des larmes (2013) et 13 Hours (2016), le long métrage réalisé par Alex Garland (Civil War, 2024) et l’ancien soldat Ray Mendoza (qui revisite ici sa propre expérience du combat) a été plébiscité par le public et la critique outre-Atlantique. Au sein de cette distribution chorale, Joseph Quinn se distingue dans le rôle d’un soldat gravement blessé, victime de douleurs terribles et d’un choc psychologique immense : ses hurlements et son regard unique où passent énormément de choses rend sa performance intense et inoubliable.

    9. Catherine the Great (2019)

    Habitué des rôles en costumes, Joseph Quinn fait face à l’immense Helen Mirren, alias Catherine the Great (2019), dans les quatre épisodes de la série HBO centrée sur l'Impératrice de Russie. Sous la supervision du scénariste et auteur Nigel Williams (à l'œuvre sur Elizabeth I en 2005, déjà avec Helen Mirren), le comédien campe le Prince Paul, ambitieux héritier du trône impérial en pleine rivalité avec sa propre mère.

    Là encore, les décors sont au diapason du casting pour un programme à recommander avant tout aux mordu.es d’intrigues de cour (Versailles, Marie-Antoinette, The White Queen, The White Princess), avec tout de même une pointe de modernité soap façon The Great (2020-2023) ou Bridgerton (2020). Comme à son habitude, Joseph Quinn propose une approche subtile, avec un personnage constamment tiraillé entre son ambition et ses failles.

    8. Sans un bruit : Jour 1 (2024)

    A défaut de livrer aux spectateurs le troisième volet de la saga post-apocalyptique initiée par Sans un bruit (2018), les studios Paramount font patienter les fans de l’univers avec un prequel sobrement baptisé Sans un bruit : Jour 1 (2024). Le film revient donc au moment où les créatures extraterrestres, ultra-sensibles aux sons, arrivent sur Terre, plongeant le monde dans le silence. Et en particulier la ville de New York, alors que le discret et froussard Joseph Quinn se joint à Lupita Nyong'o – et son chat – pour tenter de survivre dans la ville dévastée.

    Solide série B, le film abandonne la dynamique familiale des autres chapitres pour se concentrer sur l’association de deux êtres qui n’auraient jamais dû se rencontrer, avec une réelle émotion et des séquences immersives (la scène du métro est un bijou de tension). Bref, une séance idéale pour les fans de Bird Box (2018), 28 jours plus tard (2002) et Je suis une légende (2007), dans lequel Lupita Nyong'o et Joseph Quinn parviennent à faire passer énormément de choses par le regard.

    7. Gladiator II (2024)

    Dans Gladiator II (2024), Joseph Quinn devient lui-même un monstre : l’Empereur Geta, qui codirige Rome avec son jumeau Caracalla (Fred Hechinger). Sadiques et cruels, les deux frères apprécient particulièrement la violence des jeux du Colisée, et notamment les combats de gladiateurs (rhinocéros, bateaux, requins… tout y passe !). Habité et le regard fiévreux, Joseph Quinn rappelle notamment le Caligula (1979) incarné par Malcolm McDowell, même si le réalisateur Ridley Scott évoque plutôt Butt-Head et Johnny Rotten comme inspirations ! 

    Également emmené par Paul Mescal, Pedro Pascal, Connie Nielsen et Denzel Washington (qui offre un véritable récital à l’écran), ce péplum au budget énorme (entre 250 et 300 millions de dollars !) propose certes des séquences ultra-impressionnantes mais peine à rivaliser avec l’aura du premier Gladiator (2000). Reste un spectacle majeur, avec les stars incontournables du moment où la performance sadique de Joseph Quinn marque les esprits.

    6. Les 4 Fantastiques : Premiers pas (2025)

    Après la science-fiction, le film de guerre et le péplum, Joseph Quinn poursuit son parcours hollywoodien sans faute chez Marvel dans une origin-story au savoureux ton rétro-futuriste. Au sein de la famille super-héroïque des 4 Fantastiques : Premiers pas (2025), il est Johnny Storm alias la Torche Humaine, l’intrépide frère de Sue Storm capable de prendre feu, de manipuler les flammes et de voler à grande vitesse.

    Avant lui, Chris Evans (Les 4 Fantastiques, 2005) et Michael B. Jordan (Les 4 Fantastiques, 2015) s’étaient glissés dans le costume de la tête brûlée du quatuor. Joseph Quinn a toutefois promis que son approche du personnage diffèrerait de ces précédentes itérations : plus sensible, plus intelligent, plus empathique… mais toujours drôle !

    5. Les Misérables (2018)

    Habitué à transposer de grands classiques de la littérature pour le petit écran (Orgueil et préjugés, 1995 ; La Foire aux Vanités, 1998 ; Docteur Jivago, 2002 ; Raison et sentiments, 2008 ; Guerre et Paix, 2016), Andrew Davies s’attaque aux Misérables, qu’il décline en six épisodes pour la BBC en 2018. Avec la même approche que pour ses autres adaptations : décors et costumes majestueux et casting solide. On croise ici Dominic West (Jean Valjean), David Oyelowo (Javert), Olivia Colman (Madame Thénardier), Lily Collins (Fantine) ou Josh O'Connor (Marius)... et bien évidemment Joseph Quinn.

    Le comédien met ici sa beauté et son intensité au service d’Enjolras, leader de l’association révolutionnaire « Amis de l'A B C » décrit comme angéliquement beau dans le roman de Victor Hugo. Mais aussi -et surtout- son talent puisqu’il livre dans la deuxième moitié de la mini-série (épisodes 4, 5 et 6) une prestation charismatique et passionnée, avec toute la verve, l’héroïsme et le romantisme de ce militant idéaliste précédemment incarné par Aaron Tveit (Les Misérables, 2012), Lennie James (Les Misérables, 1998), Hervé Furic (Les Misérables, 1982) ou Serge Reggiani (Les Misérables, 1958).

    4. C.B. Strike (2020)

    Saviez-vous que J.K. Rowling, la créatrice de la saga Harry Potter, a écrit plusieurs romans policiers sous le pseudonyme de Robert Galbraith ? Rassemblés au sein de la collection Les Enquêtes de Cormoran Strike, les sept livres suivent le travail d’un détective privé et de sa fidèle secrétaire, et ont parallèlement été adaptés par la BBC One dans la série C.B. Strike. Quelque part entre Broadchurch (2013-1017), Sherlock (2010-2017), Les Enquêtes de Vera (2011-2025) et Dublin Murders (2019), la série propose tout ce qu’on aime dans le polar made in England, avec une petite touche de tension amoureuse façon Castle (2009-2016).

    Joseph Quinn apparaît dans la quatrième saison, qui transpose à l’écran le roman Blanc mortel (Lethal White), dans le rôle d’un jeune homme mentalement instable qui dévoile la mort d’une petite fille aux duo d’enquêteurs Tom Burke / Holliday Grainger. Sa prestation magnétique dans un rôle pour le moins complexe a marqué les spectateurs britanniques, quand bien même le comédien n’est que « de passage » dans la série.

    3 Dickensian (2015-2016)

    Voilà une pépite méconnue, qui devrait ravir les amatrices et amateurs de littérature britannique. Dickensian (2015-2016) propose en effet un parti-pris étonnant : rassembler les personnages imaginés par Charles Dickens dans une seule intrigue, dans le même quartier victorien, alors que l’inspecteur Bucket (Stephen Rea) mène l’enquête sur le meurtre de l’associé d’Ebenezer Scrooge. On y croise ainsi des héros issus de Un chant de Noël, Oliver Twist, La Maison d'Âpre-Vent, Le Magasin d'antiquités, L'Ami commun ou Les Grandes Espérances.

    C’est dans ce roman que Joseph Quinn trouve son premier grand rôle : sous le costume d’Arthur Havisham, il livre une prestation habitée et tragique, entre paranoïa et jalousie. Si le personnage était très secondaire dans le livre de Dickens, le comédien en fait un protagoniste marquant et tragique, dont il incarne la souffrance de manière nuancée et complexe.

    2 Retour à Howards End (2017)

    Après un rôle régulier dans la série Dickensian (2016) et un épisode de la saison 7 de Game of Thrones (2017), Joseph Quinn s’illustre dans les quatre épisodes de la mini-série Retour à Howards End (2017). L’adaptation BBC du roman de E.M. Forster suit les destins de trois familles dans l’Angleterre du début du XXe siècle. Face à Hayley Atwell, Matthew Macfadyen et Julia Ormond, l’acteur incarne Leonard Bast, un jeune homme idéaliste issu d’une famille ouvrière qui rêve de s’extraire de sa condition.

    Si cette nouvelle adaptation ne se hisse pas au niveau du film de 1992, elle est portée par une distribution solide et de magnifiques décors qui ne manqueront pas de ravir les amateurs de drames britanniques en costumes comme Les Vestiges du jour (1993), Gosford Park (2001) et l’incontournable Downton Abbey (2010-2015). Et Joseph Quinn y fait des merveilles, avec une proposition sensible et mélancolique.

    1. Stranger Things (2022)

    Cheveux longs, veste en jean, t-shirt frappé du logo Hellfire Club, doigts de métal dégainés : dans la saison 4 de Stranger Things, Joseph Quinn vole la vedette à tous les personnages (même Eleven !). Rebelle et attachant, son Eddie Munson, accusé à tort du meurtre d’une élève du lycée de Hawkins, va rejoindre la bande de Dustin et Cie pour prouver son innocence et affronter le maléfique Vecna. Jusqu'à un concert final apocalyptique face aux créatures du monde à l’envers…

    Véritable lettre d’amour au cinéma et à la littérature fantastique des années 80, teen-drama horrifique d’une générosité rare, la série Netflix est un phénomène pop mondial comme on n’en voit rarement : seules quelques shows comme Games of Thrones (2011-2018) et avant cela Friends (1994-2004) avaient eu un impact similaire sur les téléspectateurs. Et Joseph Quinn est un mini-phénomène au sein du phénomène : dès sa première scène, on devient immédiatement fan. Reviendra-t-il dans la saison finale ? Réponse en novembre 2025.

    BONUS - Les Beatles : le quadruple biopic-événement (prochainement)

    Du Rashōmon (1950) de Akira Kurosawa au Dernier Duel de Ridley Scott (2021), la variation autour d’un récit proposant plusieurs points de vue sur un même événement a toujours été passionnante à suivre. Sam Mendes (Skyfall, 2012) s’apprête encore plus fort avec son projet de biopic sur Les Beatles : quatre films dédiés à la formation légendaire, à raison d’un long métrage racontant leur histoire selon le regard de chaque membre du groupe. Joseph Quinn y jouera George Harrison face à Paul Mescal (Paul McCartney), Harris Dickinson (John Lennon) et Barry Keoghan (Ringo Starr). Découvrir la nouvelle vague du cinéma britannique dans la peau des « quatre garçons dans le vent » ? Dire qu’on a hâte serait un euphémisme ! Rendez-vous est pris pour le printemps 2028 ! Oui, il faudra être patient…

  • Vin Diesel est Riddick : tout sur « Pitch Black » et les films de la saga

    Vin Diesel est Riddick : tout sur « Pitch Black » et les films de la saga

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Si Vin Diesel est indissociable de la « famille » Fast & Furious et du personnage de Dominic Toretto, il a trois autres franchises à son actif au sein de sa filmographie musclée. Les Gardiens de la Galaxie (et plus largement le Marvel Cinematic Universe) où il prête sa voix à Groot ; la trilogie xXx où il joue les espions tatoués et adeptes des sports extrêmes ; et l’univers SF consacré à Richard B. Riddick.

    Riddick, c’est un anti-héros galactique, nyctalope et multimédia lancé sur les écrans en 2000 et décliné depuis en films, en jeux vidéo (Escape from Butcher Bay et Assault on Dark Athena) et en courts métrages (Les Chroniques de Riddick: Dark Fury et Riddick: Blindsided). Alors que le premier chapitre de ses chroniques spatiales fête ses 25 ans, JustWatch vous dit où voir et revoir ces classiques de la dark sci-fi !

    Les Chroniques de Riddick: Pitch Black (2000)

    Attention, pépite ! Deux ans après son rôle dans Il faut sauver le soldat Ryan (1998) et un an avant d’exploser sur la scène internationale avec Fast & Furious (2001), Vin Diesel prête son impressionnante carrure à un personnage qui marque instantanément les fans de science-fiction. Goggles noires, débardeur, crâne rasé : le mystérieux et mutique Richard B. Riddick fait ses débuts dans Pitch Black (2000). Avec quelques passagers, dont le chasseur de primes qui l’avait arrêté et le ramenait vers sa prison, le criminel nyctalope (il voit dans le noir depuis une opération chirurgicale prodiguée en prison) a survécu au crash de leur vaisseau sur une planète inconnue. Et il devient la meilleure chance de survie du groupe, alors que des créatures nocturnes profitent de la longue éclipse qui s’annonce pour émerger des profondeurs.

    Malgré son budget limité, le survival de David Twohy est une réussite, qui devrait plaire aux amateurs de films de traque, où un petit groupe de survivants est pris en chasse par des créatures. On pense à des longs métrages comme Predator (1987), Tremors (1990), Planète Hurlante (1995), Starship Troopers (1997) ou la franchise Sans un bruit (2018). Mais Pitch Black trouve sa propre identité grâce à une approche visuelle efficace (soleil aveuglant puis une nuit noire qui donne son titre au film, et où l’on ne voit quasiment rien façon The Descent), des monstres inédits entre le requin marteau et le ptérodactyle imaginés par l’expert Patrick Tatopoulos (à l'œuvre sur Stargate, Independence Day et Underworld) et surtout ce personnage de anti-héros solitaire et nihiliste qui n’est pas sans rappeler le Snake Plissken de New York 1997 (1981) et Los Angeles 2013 (1996). 

    Les Chroniques de Riddick (2004)

    Devenu l’un des nouveaux visages du cinéma d’action hollywoodien grâce à Fast & Furious (2001) et xXx (2002), Vin Diesel ne perd pas de vue son attachement à Riddick. Lui et David Twohy travaillent activement sur la saga dark sci-fi, avec un projet de trilogie d’envergure qui viendrait compléter Pitch Black de la même façon que les trois volets du Seigneur des Anneaux avaient prolongé Bilbo le Hobbit dans les écrits de Tolkien. C’est en tout cas leur ambition affichée et revendiquée. Le premier chapitre de ce triptyque est baptisé Les Chroniques de Riddick (2004).

    Ici, on quitte l’approche minimaliste et survivaliste du film original pour une dimension plus épique, qui confronte le personnage aux légions Necromongers menée par le Lord Marshal (Colm Feore). A la tête de cette armée impitoyable qui fond sur les planètes comme un essaim de sauterelles, il mène une croisade religieuse pour atteindre l’anteverse (l'underverse en VO, une dimension parallèle prophétique). Les planètes envahies n’ont alors qu’une seule alternative : se convertir ou mourir. Riddick, en tant que dernier Furyen (son passé est exploré plus en détail dans la version Director’s Cut, rallongée de 16 minutes), pourrait alors bien être le dernier espoir de la galaxie…

    Qu’on se le dise, Les Chroniques de Riddick est radicalement différent de Pitch Black. C’est à la fois sa grande qualité (oser surprendre, c’est rare dans le monde des franchises hollywoodiennes) mais ce qui pourra clairement décevoir les fans du film original. On est ici dans un univers plus vaste, qui développe sa propre mythologie entre politique, religions et civilisations. Gamer invétéré (en jeux vidéo mais aussi en jeux de plateau), on sent que Vin Diesel a envie de créer sa propre version de Warhammer, de Mass Effect ou de Dune. Au final, il y a presque un côté péplum spatial dans cette entreprise aux accents de Foundation (2021-) The Expanse (2015-2022) et Stargate SG-1 (1997-2007), qui invite Dame Judi Dench dans l’aventure (s’il vous plaît !) et livre des séquences impressionnantes (l’invasion Necromonger, la prison) dont une course entre ombre protectrice et soleil mortel en forme de clin d'œil appuyé à Pitch Black.

    Riddick (2013)

    Malgré l’ambition du tandem Diesel / Twohy, les résultats de ce premier chapitre sont mitigés. Les 115 millions de dollars de recettes mondiales ne remboursent pas le budget conséquent investi par Universal, et le projet de trilogie est mis en pause. Mais la fanbase est là, l’univers continue de se développer à travers un court métrage animé et un jeu vidéo plébiscité, et Vin Diesel a de la ressource : il négocie auprès du studio son retour en Dominic Toretto dans le final de Fast & Furious : Tokyo Drift (2006) et dans la suite de la saga motorisée en échange des droits sur la franchise Riddick. L’accord est trouvé, et c’est en indépendant qu’il monte le second volet de sa trilogie, hypothéquant carrément sa propre maison pour boucler le financement.

    Ce cadre budgétaire impose de revenir à une approche plus minimaliste, et quand Riddick (2013) sort enfin sur les écrans, les spectateurs découvrent une série B plus proche de Pitch Black que des Chroniques de Riddick. Au-delà d’un rapide lien narratif raccrochant le long métrage à son prédécesseur (Karl Urban apparaît au début du film), on est ici de retour dans la pure survie avec une planète désolée, des monstres et des chasseurs de primes qui vont traquer notre anti-héros avant de devoir faire équipe avec lui pour espérer survivre. Riddick est au final un savant mélange entre Pitch Black, Assaut (1976), Outlander le dernier viking (2008), Un cri dans l’océan (1998) et The Mandalorian (2019-), soit un cocktail plutôt réussi entre science-fiction, survival, western et film de monstres, où on est ravi de croiser Dave Bautista ou Katee Sackhoff. Le retour aux sources est réussi, et la rentabilité à nouveau au rendez-vous. La trilogie aura bien une conclusion.

    Riddick: Furya (prochainement)

    En août 2024, Vin Diesel dévoile sur ses réseaux sociaux les premières photos du tournage de Riddick: Furya, qui évoquent une tonalité dans la lignée du film de 2013. Son anti-héros iconique devrait y faire ses adieux au public en revenant sur sa mystérieuse planète d’origine, jusqu’ici seulement évoquée dans les différents longs métrages. Peu de détails ont filtré sur le casting et l’intrigue du projet, toujours écrit et réalisé par David Twohy et produit par Vin Diesel et sa sœur Samantha Vincent, qui supervise la plupart des films de son grand frère.

    L’acteur-producteur a aussi eu, un temps, l’ambition de développer une série au sein de la saga : Merc City, centrée sur les mercenaires et chasseurs de primes de l’univers. Si Riddick: Furya connaît un certain succès, le projet pourrait potentiellement être relancé. Ensuite, il sera temps de raccrocher les goggles (Vin Diesel va mine de rien sur ses 60 ans)... ou de se cantonner aux consoles, l’univers vidéoludique étant un terrain de jeu et de chasse idéal pour le personnage comme l’ont montré les très bons Escape from Butcher Bay et Assault on Dark Athena.

  • Quels Marvel voir avant « Les 4 Fantastiques : Premier pas » ?

    Quels Marvel voir avant « Les 4 Fantastiques : Premier pas » ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    M. Fantastique (Pedro Pascal), La Femme Invisible (Vanessa Kirby), La Torche Humaine (Joseph Quinn) et La Chose (Ebon Moss-Bachrach) : les Fantastic Four font enfin leur entrée dans le Marvel Cinematic Universe, lançant au passage la sixième Phase (eh oui, déjà…) de la franchise super-héroïque. Très attendu par les fans, Les 4 Fantastiques : Premiers pas (2025) parlera aussi aux néophytes du MCU, puisque le film est une origin story assumée qui ne nécessite aucun visionnage « de rattrapage » en amont.

    Et pour cause : l’histoire se déroule dans un univers parallèle rétrofuturiste – précisément la Terre-828 – ce qui explique la non-intervention du quatuor contre Thanos dans les précédents longs métrages de la saga. Néanmoins, il peut être intéressant de (re)voir certains films et séries Marvel pour mieux comprendre quelques subtilités et connexions. A commencer, bien sûr, par Les Quatre Fantastiques (1994), Les 4 Fantastiques (2005), Les 4 fantastiques et le Surfer d'argent (2007) et Les 4 Fantastiques (2015) pour faire connaissance avec les personnages et voir leurs précédentes incarnations. Mais ce n’est pas tout ! JustWatch vous en dit plus, suivez le guide.

    Thunderbolts* (2025)

    Attention, spoiler ! Dans une scène post-générique de Thunderbolts* (2025) qui a indiscutablement hypé les spectateurs, on voit débarquer sur son écran de contrôle un vaisseau spatial interdimensionnel. Rien de très surprenant dans un MCU déjà rompu aux aventures cosmiques, sauf que l’appareil au design épuré et rétro est frappé du sigle très reconnaissable des Fantastic Four (un 4 blanc sur fond bleu). Les quatre héros font ainsi leur entrée sur notre Terre-616 : on ignore juste quand et comment cette séquence s'intégrera dans Les 4 Fantastiques : Premiers pas (2025). Réponse au cinéma !

    Mais qu’on se le dise, cette capsule bonus n’est pas la seule raison de donner leur chance aux Thunderbolts* : les personnages, comme le film, sont des outsiders au sein de l’univers Marvel. Et le groupe de anti-héros menés par la nouvelle Black Widow (Florence Pugh) est l’une des bonnes surprises d’une franchise qui commençait à rencontrer quelques turbulences. L’action est là, l’humour aussi, mais au service d’une certaine profondeur qui explore la santé mentale, la solitude, la dépression même… Et puis il y a Bob, déjà adopté par les fans. Maintenant, si vous cherchez un peu des Avengers dans ces New Avengers, vous risquez d’être déçu. Vous voilà prévenus.

    Doctor Strange in the Multiverse of Madness (2022)

    Il y a au moins deux bonnes raisons de regarder Doctor Strange in the Multiverse of Madness (2022) en amont des 4 Fantastiques . D’abord, comme le titre l'indique, on y aborde frontalement la notion de Multivers. Ce concept cher à Marvel permet de comprendre – et d’accepter – qu’une multitude de réalités cohabitent, et que des ponts entre les dimensions sont possibles grâce à la magie d’un Stephen Strange (qui avait déjà expérimenté cette manipulation périlleuse dans Spider-Man : No Way Home) ou les pouvoirs d’une America Chavez.  Ensuite, on y croise une autre version de Reed Richards, campé par un John Krasinski convaincant et conscient de la notion d’univers parallèles, lui qui opère au sein des sages Illuminatis. Convenons d’ailleurs que même si Pedro Pascal est un fantastique (!) M. Fantastique, Krasinski aurait mérité sa propre aventure Marvel.

    Au-delà de ces ponts avec les Fantastic Four, ce second tour de magie de Doctor Strange occupe une place à part au sein du MCU. Une place horrifique, puisque le film va lorgner du côté de l’épouvante entre une ambiance sombre, quelques fulgurances gores, un zombie Strange, un double maléfique et une sorcière rouge (Elizabeth Olsen) aux pouvoirs VRAIMENT inarrêtables. Même s’il doit évidemment cocher les cases du cahier des charges marvelien, Sam Raimi (papa de la saga Evil Dead et réalisateur de la trilogie Spider-Man) donne au film un ton très particulier… qui laissera de marbre les allergiques au fantastique et/ou au Multivers.

    Deadpool & Wolverine (2024)

    La notion de multivers est également centrale dans Deadpool & Wolverine (2024), qui prolonge avec beaucoup d’humour et de surprises les règles des univers parallèles et des variants introduits dans la série Loki (2021) et surveillés par le Tribunal des Variations Anachroniques. Et parmi ces surprises – attention spoiler – il y a le grand retour de Chris Evans en Johnny Storm / La Torche Humaine (membre des 4 Fantastiques en 2005 et 2007)… là où les fans attendaient un fringant Captain America. Son apparition est non seulement mémorable et hilarante, mais elle confirme surtout que les univers parallèles seront désormais centraux dans le MCU. Rappelons d’ailleurs que si les trois premières phases étaient réunies sous la bannière de « La Saga de l’Infini », les phases 4,5 et 6 s’intègrent, elles, dans « La Saga du Multivers ». A ce titre, les scènes post-génériques de Ant-Man et la Guêpe : Quantumania (2023) et The Marvels (2023) sont intéressantes à rattraper.

    Mais il n’y a pas que Chris Evans qui enflamme le long métrage : il y a la rencontre tant espérée entre le mutant taciturne et le mercenaire encagoulé à la langue bien pendue (et leurs différentes versions). Dans Deadpool (2016) et Deadpool 2 (2018), Ryan Reynolds n’arrêtait pas de déclarer sa flamme à Hugh Jackman, et c’est plus que jouissif de voir le comédien -qui avait pourtant raccroché les griffes après Logan (2017)- accepter l’invitation pour venir s’amuser dans un film ultra-méta qui déborde de fan-service et qui se moque de tout et tout le monde (à commencer par la Fox, Disney et Marvel). C’est peut-être d’ailleurs la limite de Deadpool & Wolverine qui pourrait donner à certain.es le sentiment d’une approche qui tourne en boucle… et donc à vide. Quand d’autres seront carrément perdu.es entre les références à d’anciens Marvel pré-MCU et à des mécaniques multiversiennes qui nécessitent d’avoir vu la série Loki.

    Les Éternels (2021)

    Après une première évocation dans Les Gardiens de la Galaxie vol. 2 (2017) à travers les pouvoirs du bien nommé Ego (Kurt Russell), Les Éternels (2021) introduit plus concrètement la dimension cosmique au sein de l’univers cinématographique Marvel. Comprendre qui sont les Éternels, les Déviants et les Célestes (ce qui n’est pas toujours simple, on peut en convenir !), c’est mieux cerner qui sont le dévoreur de mondes Galactus (Ralph Ineson) et son héraut Shalla-Bal / La Surfeuse d'Argent (Julia Garner) dans Les 4 Fantastiques : Premiers pas (2025).

    Confié à Chloé Zhao, Les Éternels occupe une place à part dans le MCU. Grâce à son approche visuelle subtile et la patte naturaliste de la réalisatrice oscarisée de Nomadland (2020). Mais aussi parce que ses personnages, non-humains et immortels, ont des aspirations bien différentes des super-héros Marvel traditionnels. Il y a des combats, bien sûr. Spectaculaires, d’ailleurs. Mais il y a également une profondeur et une humanité qui tranchent avec les autres productions de la franchise. Un rythme différent, aussi, plus contemplatif et verbeux, qui pourra décontenancer les fans des empoignades de Iron Man & Cie. Mais qu’on apprécie ou pas la proposition, on ne peut que convenir qu’elle est différente. Reste désormais une vraie question qui n’a pas encore trouvé de réponse : à quoi vont donc servir ces personnages dans la suite du MCU ?

    Avengers : Infinity War (2018) et Avengers : Endgame (2019)

    Ne comptez pas sur nous pour spoiler : on ne vous dira pas si Robert Downey Jr. fait une petite apparition sous le masque de Dr. Doom dans Les 4 Fantastiques : Premiers pas (2025), lui qui est annoncé depuis plusieurs mois comme le grand méchant du prochain Avengers : Doomsday (2026) où les Fantastic Four joueront justement un rôle central. Au cas où, il peut être pertinent de lancer le diptyque Avengers : Infinity War (2018) / Avengers : Endgame (2019) en amont de votre séance en salles pour suivre les derniers pas de l’acteur sous l’armure de Tony Stark / Iron Man. Il y a peut-être des indices qui nous ont échappé au regard du nouveau rôle qui attend le comédien…

    Et puis de toute façon, disons-le franchement, on a envie de (re)voir ces deux opus à l’infini (!) parce que ce sont des chapitres Marvel majeurs. Il y a ce méchant incroyable (les frères Russo n’avaient pas menti en présentant Thanos comme le Dark Vador du MCU). Il y a ce claquement de doigts aux conséquences tragiques. Il y a cette rencontre attendue entre tous les pans de l’univers Marvel. Il y a ce casse temporel et quantique génialement cinématographique. Il y a ce « Avengers… Rassemblement » mémorable et ce « Et moi, je suis… Iron Man » mythique. Infinity War / Endgame, c’est définitivement le sommet d’une franchise qui peine depuis à retrouver de telles hauteurs. Peut-être l’an prochain avec Doomsday ?

  • Outlander : qui sont les personnages de la série « Blood of my Blood » ?

    Outlander : qui sont les personnages de la série « Blood of my Blood » ?

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Si vous êtes fan de Outlander (2014-2026) et que vous anticipez avec grande appréhension la fin des aventures romanesques de Jamie et Claire, le créateur de la série originale, le créateur Matthew B. Roberts est de retour sur HBO Max avec Outlander: Blood of my Blood (2025), un prequel qui met en lumière la vie des parents de Claire Beauchamp et Jamie Fraser. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, la série a déjà été renouvelée pour une deuxième saison !

    Dans ce guide JustWatch, nous vous expliquerons qui sont les acteurs principaux et les personnages de cette nouvelle série.

    Harriet Slater (Ellen Mckenzie)

    J’ai découvert Harriet Slater pour la première fois dans la série d’époque Belgravia: The Next Chapter (2024), dans laquelle l’actrice avait déjà montré toute l'étendue de son talent. Elle a également eu un rôle récurrent dans la série Pennyworth (2019-2021). Dans Blood of my Blood, la jeune actrice joue le rôle d’Ellen McKenzie, la future mère de Jamie Fraser. Nous suivons son histoire d’amour avec le père de Jamie, Brian, en Ecosse au 18ème siècle. Le destin d’Ellen et Brian est également étroitement lié à celui de Julia, la mère de Claire (qui est déjà née au moment de la série). Ellen doit également apprendre à jongler entre sa vie sentimentale et les ambitions de futurs chefs de clan de ses deux frères, Dougal et Colum. 

    Jamie Roy (Brian Fraser) 

    Blood of my Blood offre son premier grand rôle à l’acteur écossais Jamie Roy en tant que Brian Fraser, futur père de Jamie et amoureux transi d’Ellen. Dans la nouvelle série, nous découvrons donc un jeune homme gentil et romantique, et nous suivons sa rencontre avec sa belle, ainsi que les obstacles que les deux jeunes amants devront affronter tout au long de la saison pour être ensemble. Comme mentionné précédemment, le destin de Brian est également lié à celui de Julia et Henry, qui se retrouvent séparés par le destin. A noter que nous avons rencontré Brian Fraser dans la saison 1 d’Outlander, alors que Jamie se remémore les derniers jours de son père avant qu’il ne meurt d’une crise cardiaque en voyant son fils fouetté et torturé par le Capitaine Jonathan Randall. 

    Hermione Corfield (Julia Moriston)

    Hermione Corfield, qui était absolument magnétique dans La Dernière Danse de Kirsty McLeod (2022) et We Hunt Together (2020-2022), incarne ici Julia Beauchamp, la mère de Claire. Tout comme dans la série originale, Julia se retrouve propulsée dans l’Ecosse du 18ème siècle, et séparée de son mari, Henry, alors qu’ils cherchaient tous deux de l’aide après un accident de voiture. Seule et enceinte de son deuxième enfant, Julia doit affronter de multiples dangers et devient même servante dans la demeure du père de Brian. Elle cherche cependant à s'échapper, sans savoir qu’Henry a également traversé les pierres afin de partir à sa recherche. Julia trouve par ailleurs une amie et confidente en la personne d’Ellen, et toutes deux sauront s’entraider dans cette époque difficile.  

    Jeremy Irvine (Henry Beauchamp)

    Jeremy Irvine, que vous connaissez sans doute pour son travail dans Cheval de Guerre (2012) de Steven Spielberg et Mamma Mia! Here We Go Again (2018), incarne ici Henry Beauchamp. Nous savons très peu de choses sur Henry et Julia, car dans Outlander, Claire ne se souvient presque pas de ses parents. Blood of my Blood nous permet donc de découvrir l’histoire épique et tragique du couple, séparé par les pierres et par le temps. Alors qu’Henry remue ciel et terre pour retrouver la trace de Julia, il doit également affronter ses propres démons qui le hantent depuis la guerre. Il se retrouve ainsi à travailler pour le clan des Grant (dont certains doutent de la véritable raison de sa présence), et cherche par tous les moyens à retrouver la trace de sa femme.

    Rory Alexander (Murtagh Fitzgibbons Fraser)

    Vu dans Pistol (2022), Rory Alexander prend la relève de Duncan Lacroix en tant que Murtagh Fitzgibbons Fraser, membre du Clan Fraser et futur parrain de Jamie. Meilleur ami et cousin de Brian, dans Blood of my Blood, nous découvrons également son attachement pour Ellen McKenzie et comment il a essayé de gagner sa main, avant qu’elle décide d'épouser Brian. Si dans la série originale, Murtagh est un personnage adoré par les fans et également un ami fidèle et véritable bras droit de Jamie, nous découvrons ici quelles étaient ses relations avec Brian Fraser, et quelles seront les conséquences du mariage d’Ellen et Brian sur son amitié presque fraternelle avec ce dernier. Murtagh est l’un de mes personnages préférés et l'interprétation de Rory Alexander, toute en nuances et en douceur, permet réellement aux fans de s’attacher à ce personnage dont la vie personnelle est relativement mystérieuse dans la série originale. 

    Sam Retford (Dougal Mackenzie) 

    Sam Retford incarne le chef de guerre du Clan MacKenzie, Dougal, précédemment interprété par Graham McTavish. Dougal est également le frère d’Ellen et Colum, et Blood of my Blood nous permet d’en découvrir plus sur son passé, et sur sa relation avec son frère, son père et Ellen. L’un des aspects les plus intéressants concernant Dougal est son interaction plus ou moins conflictuelle avec Colum, puisque ce dernier a été désigné chef du Clan MacKenzie. Dans la série Outlander, Dougal est affilié secrètement à la cause jacobite : la série prequel nous permet donc de nous pencher un peu plus sur le côté révolutionnaire du personnage, et sur ce qui le pousse réellement à se rallier à la cause. Toujours égal à lui-même, Dougal aime la bagarre et sait vraiment s’attirer des ennuis tout comme les foudres de son frère… et surtout de sa sœur, qu’il n'hésite pas à trahir à maintes reprises. 

    Séamus McLean Ross (Colum Mackenzie)

    Frère de Dougal et d’Ellen, Colum est cette fois interprété par le jeune Séamus McLean Ross. Dans Blood of my Blood, nous suivons donc l’ascension du futur chef du Clan MacKenzie ainsi que ses efforts pour allier les différents clans ( qui incluent notamment de trahir la confiance d’Ellen et de lui arranger un mariage dont elle ne veut pas). Nous découvrons sa relation tumultueuse avec son père, qui lui préférait Ellen, ainsi que les accidents qui ont handicapé Colum à vie jusqu’à finalement être diagnostiqué d’un syndrome de Toulouse-Lautrec par Claire dans la saison 1 de Outlander. Bien que la relation conflictuelle entre Dougal et Colum soit connue des fans, Blood of my Blood peint un portrait qui ne laisse aucune place au doute quant à la véritable nature de Colum, prêt à trahir et à manipuler dans le but de s’assurer et le respect et sa place de chef de clan. 

    Sally Messham (Mrs. Fitz)

    Sally Messham, vue dans Aftersun (2022), reprend le rôle de Mrs. Fitz, un personnage très apprécié mais dont nous ne savons finalement que peu de choses. La série prequel permet donc de se pencher un peu plus sur ce membre du Clan Mackenzie ainsi que sur sa relation avec son neveu, Murtagh. Nous découvrons également son amitié avec Ellen, qui trouve en Mrs. Fitz une confidente qui sera là pour la soutenir lorsqu’elle se retrouve humiliée par ses frères. 

  • Krypto superstar ! 11 films et séries où voir le superchien de Superman

    Krypto superstar ! 11 films et séries où voir le superchien de Superman

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Il a presque volé la vedette à David Corenswet dans le nouveau Superman (2025) : né dans les pages des comic-books en 1955, Krypto fait ses débuts au cinéma en prises de vues réelles dans la refonte de l’univers DC initiée par James Gunn.

    Tout en apportant un peu de légèreté bienvenue au long métrage, le cabot à la cape rouge a aussi amené les spectateurs à se mobiliser pour la cause animale, puisque les recherches liées à l’adoption de chiens ont bondi aux Etats-Unis depuis la sortie du film. Et notamment celles concernant les schnauzers !

    Vous aussi vous avez craqué pour Krypto ? Vous voulez découvrir le superchien dans d’autres super-aventures ? Avec ce guide JustWatch, vous saurez « toutou » sur les films et séries où il s’envole aux côtés de l’Homme d’Acier, listés dans l’ordre chronologique.

    Krypto le superchien (2005)

    Produite entre 2005 et 2006, cette série animée est entièrement consacrée à Krypto, qui débarque de Krypton pour être adopté par un jeune garçon (sans Superman, donc). Dans un style rétro rappelant les cartoons Hanna-Barbera (Scooby-Doo, Les Pierrafeu), on suit ses aventures durant 78 épisodes où il croise d’autres animaux, super ou non, dont Ace, futur chien de Batman qui l’intègrera dans la Dog Star Patrol. Le programme préfigure donc le film d’animation de 2022, mais aussi les crossovers de Scooby-Doo qui fonctionnent sur un ton similaire.

    Smallville - Saison 4 Episode 14 (2005)

    Pendant 10 saisons, Smallville (2001-2011) a raconté la jeunesse de Clark Kent (Tom Welling), sa rencontre avec Lana Lang, Lex Luthor et Lois Lane, et la découverte de ses pouvoirs. Sans jamais le montrer sous le costume de Superman, à l’exception des ultimes minutes de la série. Si cela a pu frustrer les fans, ils ont grandi aux côtés du super-héros pendant une décennie, à travers un show emblématique de l’esprit teen des années 2000, au croisement de Buffy (1997-2003) et Supernatural (2006-2020) pour l’approche « freak of the week » et Dawson (1998-2003) pour les amours adolescentes. Cette vibe si particulière, on la doit au tandem Miles Millar / Alfred Gough, à l'œuvre depuis sur Mercredi (2022-) pour Netflix.

    Au fil des 218 épisodes de Smallville, de nombreux personnages ont été introduits : Aquaman, Supergirl, Cyborg, Green Arrow, Martian Manhunter, Green Lantern, Ultraman, Batman… et Krypto ! En 2005, le superchien a ainsi eu droit à son propre épisode, sobrement baptisé Krypto. Le golden retriever, modifié en laboratoire dans le cadre d’une expérience à la kryptonite menée par LuthorCorp et doté d’une super force, y est utilisé par deux frères criminels pour leurs méfaits avant que Clark ne le libère et décide de l’adopter. S’il le baptise Shelby, en souvenir du chien de sa mère Martha, le patronyme « Krypto » est tout de même évoqué par le futur Superman comme une possibilité de nom avant d’être écarté. Et à la fin de l’épisode, après son bain, une serviette rouge posée sur le dos du cabot n’est pas sans évoquer la fameuse cape qu’il arbore dans les comic-books… 

    Superman/Batman: Apocalypse (2010)

    Les adaptations animées « matures » de l’univers DC sont souvent sombres et réussies. Superman/Batman: Apocalypse (2010) ne déroge pas à la règle, et confronte nos super-héros à une attaque menée par les légions de Doomsday et Darkseid contre la Terre. Krypto, moins sympathique que d'habitude, est présent le temps d’une scène -on le retrouvera également dans Batman and Superman: Battle of the Super Sons (2022)- dans la Forteresse de la Solitude, où il montre les crocs en voyant débarquer Kara Zor-El, la cousine de Kal-El / Superman, qui sera par la suite rebaptisée Supergirl.

    La super-héroïne est d’ailleurs ici le personnage central. Ce qui a pu surprendre certains fans qui ne s’attendaient pas à un triangle Superman / Batman / Supergirl servant d’origin story à cette dernière (doublée par Summer Glau, plébiscitée pour ses rôles dans Firefly et Arrow). Superman/Batman: Apocalypse est en tout cas une proposition de qualité au sein de l’écurie animée DC, avec un style graphique très réussi et des combats impressionnants, dans la lignée de longs métrages comme Superman/Batman: Public Enemies (2009), Justice League: Crisis on Two Earths (2010) ou Batman: The Dark Knight Returns (2012).

    Batman - L’Alliance des Héros - Saison 3 Episode 5 (2011)

    Krypto contre Superman ? C’est l’approche étonnante de cet épisode de la série Batman - L’Alliance des Héros (2008-2011) qui voit le superchien faire équipe avec le Chevalier Noir pour maîtriser son maître, contaminé par de la kryptonite rouge. Devenu un Superman maléfique saccageant Metropolis (dont il se proclame roi), il parvient à se défaire de Batman mais a plus de mal à lutter contre le superpouvoirs de son fidèle animal, similaires aux siens. Et c’est seulement après 24 heures qu’il finira par retrouver ses esprits. Krypto a donc sauvé la ville !

    Au-delà de cet affrontement improbable entre un super-maître et son superchien, la série animée L’Alliance des Héros a proposé durant trois saisons des collaborations ponctuelles entre le Dark Knight et différents personnages de l’univers DC. Volontairement léger, méta (les références pleuvent) et rétro, le show au design coloté et épuré tranche avec l’imagerie sombre habituellement associée au héros de Gotham City. Elle se rapproche en cela de La Ligue des justiciers : Action (2016) et propose quelques moments épiques, comme un Aquaman régulièrement en roue libre ou un épisode musical chanté par Neil Patrick Harris !

    La Ligue des justiciers : Action - Saison 1 Episode 51 (2016)

    Voilà une autre série animée rythmée, colorée, fun et résolument généreuse ! La Ligue des justiciers : Action (2016) n’a duré qu’une seule saison de 52 épisodes, mais elle a invité plus d’une centaine de personnages DC, héros et vilains, pour le plus grand plaisir des jeunes téléspectateurs qui ont pu profiter de réunions et affrontements parfois étonnants dans des épisodes très courts (une dizaine de minutes chacun). Bref, un excellent complément à Batman - L’Alliance des Héros, à réserver à un public jeunesse.

    Et Krypto dans tout ça ? Après une première courte apparition en milieu de saison, le superchien est au centre de l’avant-dernier épisode. Aux côtés de Plastic Man et du superchat Streaky, il affronte le redoutable félin Dex-Starr, aux ordres de Atrocitus et de ses Red Lanterns, qui menace de prendre le contrôle de la Tour de Guet de la Ligue des Justiciers. Mais quand la Terre est menacée, Krypto répond toujours présent !

    Teen Titans Go! (2018)

    Krypto s’est aussi invité dans Teen Titans Go!, lancée en 2013. Encore plus décalé que les deux précédentes séries animées, le programme est centré sur le quotidien et les mésaventures comiques et absurdes de Robin, Cyborg, Starfire, Raven et Changelin, également connus sous le nom des Jeunes Titans. Ultra-référencé et volontairement parodique (et même parfois irrévérencieux), le show est très identifié pour son style cartoon, son humour permanent et son rythme frénétique (voire hyperactif). Il est en cela proche de l’esprit Adventure Time (2010-2018) et Gumball (2011-2019).

    Au fil des épisodes (plus de 400 à ce jour !), Teen Titans Go! convie régulièrement d’autres personnages DC, à l’image du superchien de Superman. Il est ainsi apparu dans dix épisodes depuis la saison 5, dont un segment où il révèle être doté d’une voix humaine. Oui, Krypto est super fort, il vole, il a des yeux laser… et il parle ! L’animal est également au générique de l’adaptation cinéma, Teen Titans GO! Le film (2018), le temps d’une courte apparition.

    Titans - Saison 2 Episode 6 (2019)

    Pour celles et ceux qui préfèrent une version sérieuse et adulte de ces personnages, il y a la série Titans (2018-2023). Co-créé par Greg Berlanti (à l'œuvre sur tous les programmes de l’Arrowverse), le show tranche toutefois avec son imagerie sombre et son équipe de jeunes super-héros réunis autour de Dick Grayson/Nightwing (Brenton Thwaites). On est ici plus proche de Gotham (2014-2019), Gotham Knights (2023) et Doom Patrol (2019-2023) que des délires colorés des Teen Titans.

    Teasé dans la scène finale de la saison 1 de Titans, Krypto fait sa vraie première apparition en live action (le chien de Smallville n’était pas officiellement Krypto, souvenez-vous !) dans l’épisode 6 de la saison 2. Aux côtés du Sujet N°13, qui se baptise lui-même Conner et qui s’avèrera être une création génétique hybride mêlant les ADN de Superman et Lex Luthor développée par Cadmus Laboratories, le superchien ne quitte pas ce compagnon humain d’une semelle et l’aide à affronter ses poursuivants grâce à ses superpouvoirs. Mais une cage ou une laisse en kryptonite peuvent rapidement contrecarrer ses facultés…

    Krypto et les Super-Animaux (2022)

    Dans Superman (2025), Krypto est un chien qui aboie : dans Krypto et les Super-Animaux (2022), il donne carrément de la voix. Et pas n’importe laquelle puisque c’est Dwayne Johnson qui incarne le labrador retriever aux côtés du molosse Ace, de la tortue Merton, du cochon PB, et de l’écureuil Chip, qui se retrouvent tous dotés de super-pouvoirs. La mission de cette Justice League à quatre pattes : mettre hors d’état de nuire Lex Luthor… et son cochon d'inde !

    Production ambitieuse sortie au cinéma à grands renforts de marketing (et avec un casting vocal all star où les fans ont notamment pu apprécier Keanu Reeves en Batman), le film d’animation croise habilement l’univers DC avec une approche à hauteur d’animaux façon Comme des bêtes (2016). De quoi satisfaire le jeune public, cible principale du long métrage, mais aussi leurs parents qui apprécieront les nombreuses références, l’humour mais aussi l’émotion du récit (notamment à travers le personnage de Ace). Et pour une fois, Krypto n’est pas qu’un faire-valoir : le superchien et ses super-compagnons sont au premier plan, et les super-humains sont relégués au second.

    Scooby-Doo et Krypto ! (2023)

    Réunir deux des chiens les plus célèbres du bestiaire animé : c’est le concept de ce crossover étonnant imaginé par le studio Warner Bros. Dans Scooby-Doo et Krypto ! (2023), la Ligue des Justiciers a mystérieusement disparu, des super-méchants envahissent Metropolis et des fantômes font leur apparition. Il n’en faut pas plus pour que Fred, Daphné, Velma, Sammy et Scooby-Doo soient appelés à la rescousse. L’occasion pour le toutou froussard de faire la connaissance du super-compagnon de Superman, et aux deux univers de se croiser pour le plus grand plaisir des fans.

    Étrangement ici, Scooby parle… mais pas Krypto. Qu’à cela ne tienne, on appréciera cette rencontre pour ce qu’elle est : un long épisode de Scooby-Doo parsemé de références DC, où tous les personnages ont leur petit moment pour briller. Il ne faut donc pas s’attendre à une animation révolutionnaire ni à un scénario qui sort du traditionnel schéma narratif des enquêtes de la joyeuse bande de Mystère et compagnie. Si vous avez aimé des crossovers comme Scooby-Doo! et la folie du catch (2014), Scooby-Doo! et Batman : L'alliance des héros (2018) ou Scooby-Doo et compagnie (2019–2021), vous ne pourrez que valider !

    Superman & Lois - Saison 4 Episode 10 (2024)

    Smallville explorait la jeunesse de Superman, Lois & Clark (1993-1997) jouait la carte de la romance entre les deux personnages : Superman & Lois (2021-2024) raconte la vieillesse de L’Homme d’Acier, du moins sa vie de parent aux côtés de sa chère et tendre. Portée par le joli duo Tyler Hoechlin / Bitsie Tulloch, la série met (un peu) de côté les aventures super-héroïques pour se concentrer sur la dynamique familiale du couple et ses jumeaux. Certains ont ainsi comparé le show à un This Is Us (2016-2022) de l’univers DC. Bref, il ne faut pas le regarder pour ses scènes d’action, mais plus pour une variation dramatique autour des personnages.

    Et c’est aux côtés d’un Superman vieillissant et veuf -Lois a succombé à un cancer- qu’on retrouve Krypto dans le dernier épisode de la série. Sous l’apparence d’un golden retriever sans pouvoir particulier, le chien accompagne Clark Kent sur la fin de son existence, dans ses siestes, en promenade ou sur le porche de la maison familiale à admirer les couchers de soleil. Cette conclusion émouvante brille par sa simplicité, sa douceur et sa mélancolie. Et surtout par sa profonde humanité, avec un Homme d’Acier confronté au temps qui passe. Une force contre laquelle ses super-pouvoirs ne peuvent rien. Bref, un final super… poignant.

    Superman (2025)

    Krypto existe vraiment. Ou presque. C’est en effet le propre chien du réalisateur James Gunn, baptisé Ozu, qui a inspiré le comportement du superchien (généré par ordinateur) qui accompagne Clark Kent / Superman dans ce premier chapitre de l’arc Gods and Monsters. Facétieux, joueur, inarrêtable et indestructible (il a les mêmes pouvoirs que son maître) mais toujours craquant, Krypto intervient à plusieurs moments clés de Superman (2025), que ce soit pour sauver le héros et le ramener vers la Forteresse de la Solitude au début du long métrage ou pour l’aider au cours de ses différents affrontements contre Lex Luthor et autres.

    Joli succès critique et public, cette première pierre du reboot de l’univers DC et de l’arc Gods & Monsters initiés par James Gunn a consacré un nouveau Superman crédible. C’était compliqué de remplacer Henry Cavill, et David Corenswet y parvient avec les honneurs en incarnant un héros plus humain, plus vulnérable aussi. Léger et pop (et un peu politique, tout de même), le film tranche avec l’approche sombre de la Justice League de Zack Snyder et introduit des personnages moins connus de l’écurie DC, comme Mister Terrific, Green Lantern et Hawkgirl. Et Krypto, donc, qui ne cesse de voler au secours de son super-maître.

  • Taron Egerton : ses 9 meilleurs rôles de « Kingsman » à « Rocketman »

    Taron Egerton : ses 9 meilleurs rôles de « Kingsman » à « Rocketman »

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Après des prestations acclamées par la critique dans les séries Apple TV+ Black Bird (2022), et plus récemment Smoke (2025), Taron Egerton a fait son retour sur grand écran en août 2025 dans She Rides Shotgun (2025), un thriller palpitant adapté du roman de Jordan Harper dans lequel l’acteur gallois de 35 ans incarne un père récemment sorti de prison et prêt à tout pour protéger sa petite fille recherchée par des tueurs. Dans ce guide JustWatch, vous découvrirez les performances les plus marquantes de cet acteur très polyvalent, de la saga Kingsman (2015-2021), qui a réellement participé à le faire connaître auprès du grand public, à sa magnifique performance dans la peau (et les costumes) d’Elton John dans Rocketman (2019). Nous les avons classées de la « moins bonne » (tout est relatif) à la meilleure.

    9. Tous en Scène (2016)

    Tous en Scène (2016), des studios Illumination est un film d’animation mettant en scène Buster Moon, un koala cherchant à préserver son théâtre et qui décide d'organiser un concours de chant pour subvenir à ses problèmes financiers. Taron Egerton est la voix originale de Johnny, un jeune gorille rêvant d’une carrière de chanteur alors que son père préférerait qu’il suive la même carrière de criminel que lui. Drôle, touchant, avec des performances musicales très entraînantes à en faire pâlir le cast de Glee, Tous en Scène est parfait pour une séance ciné en famille. Comme un signe providentiel, Taron Egerton y chante déjà la chanson I’m Still Standing d'Elton John, qu’il interprétera à nouveau dans Rocketman. 

    8. Dark Crystal : Le Temps de la résistance (2019) 

    En 2019, Taron Egerton doublait Rian, l’un des trois Gelflings principaux de Dark Crystal : Le Temps de la résistance (2019), préquelle du film fantasy culte réalisé en 1982 par Jim Henson et Frank Oz. Diffusée par Netflix, cette série a été confiée au réalisateur français Louis Leterrier et a malheureusement été annulée après seulement une saison. Pourtant, ce spectacle qui renoue avec les techniques déjà utilisées dans les années 80 (marionnettes et décors entièrement construits pour le tournage) tout en y intégrant des effets numériques, a été reçu comme un véritable triomphe par les connaisseurs de l’univers. Si vous êtes déjà fans de Dark Crystal, cette série est à ne surtout pas manquer. Elle s’ajoute également à la carrière très intéressante et variée de Taron Egerton.

    7. Tetris (2023)

    Inspiré d’une histoire vraie, Tetris (2023) raconte l'histoire de l’invention du célèbre jeu vidéo sur fond de Guerre Froide. Taron Egerton y incarne Henk Rogers, le développeur du logiciel. Le film nous emmène dans son incroyable épopée à travers l’ex-URSS afin de négocier les droits de publication et de sauver le jeu créé par Alekseï Pajitnov. La prestation de Taron Egerton, mêlant moments dramatiques, haute tension et situations comiques, est l’un des points les plus forts du film. Tetris n’est pas exactement un film d’espionnage, ni un film d’action, mais quelque part entre ces deux genres, il trouve le moyen de vous divertir. Ce n’est pas l'œuvre la plus marquante de cette liste, mais les performances de Taron Egerton et du reste du casting nous permettent de nous attacher à des personnages dont nous ne connaissions pas forcément l’histoire. 

    6. Mémoires de Jeunesse (2015)

    Mémoires de Jeunesse (2015) est un drame basé sur l’autobiographie de Vera Brittain, une écrivaine et féministe anglaise dont la carrière et la vie sentimentale ont été bouleversées par la Première Guerre mondiale. Taron Egerton joue le rôle du très attachant Edward Brittain, le petit frère de Vera, qui l’a toujours soutenue dans sa décision de poursuivre des études à Oxford plutôt que de se marier. Les performances dans ce film sont puissantes et dramatiques, et le jeu de Taron Egerton, alors âgé d’environ 25 ans, vous laissera probablement le cœur brisé. La gentillesse et la vulnérabilité d’Edward Britain, ainsi que sa représentation d’une jeunesse sacrifiée et au destin brisé lors de la guerre, est ici parfaitement retranscrite à l’écran par le comédien.

    5. Smoke (2025)

    Si vous avez déjà regardé et aimé Black Bird, et que vous êtes à la recherche d’un nouveau thriller intense à binger, Taron Egerton a également été à l'affiche de Smoke (2025) cette année, une série Apple TV+ qui marque sa deuxième collaboration avec Dennis Lehane. Dans ce programme haletant à nouveau tiré d’une histoire vraie, Egerton joue le rôle de Dave Gudsen, un enquêteur spécialisé dans les incendies criminels qui fait équipe avec la détective Michelle Calderone afin d'arrêter deux pyromanes en série. Smoke met à nouveau en lumière la capacité d’Egerton à jouer des personnages énigmatiques et ambigus, et bien que le show ait finalement été moins bien accueilli que Black Bird, sa performance invite à la découvrir. L’acteur est également producteur exécutif de cette série en cours de diffusion. 

    4. Black Bird (2022)

    Taron Egerton signe avec Black Bird (2022) sa première collaboration avec Dennis Lehane, l’auteur et scénariste de Mystic River (2003) et Shutter Island (2010). Dans cette mini-série basée sur la véritable histoire de James Keene, il incarne ce jeune homme condamné à 10 ans de prison pour trafic de drogue, qui se retrouve à passer un accord afin de voir sa peine de prison réduite. C’est ainsi qu’il est transféré dans une prison de très haute sécurité afin de se rapprocher d’un tueur en série et de lui soutirer des informations concernant ses victimes… La justesse et la gravité d'interprétation des personnages est remarquable et a valu à Taron Egerton une nomination aux Emmy Awards et aux Golden Globes en 2023. Avec Black Bird, l’acteur s’essaie pour la première fois à un registre foncièrement sombre et intense et prouve encore une fois toute l'étendue de son talent et de sa polyvalence.

    3. Kingsman : Services secrets (2014)

    Sans aucun doute l’une des adaptations de comics les plus appréciées de ces dernières années, Kingsman : Services secrets (2014) reste l’un des rôles les plus marquants de Taron Egerton. Constamment questionné sur la possibilité d’un troisième opus, l’acteur a partagé à de nombreuses reprises son amour pour cette saga réalisée par Matthew Vaughn. Tout a commencé en 2014, l’année de sortie du premier film. Eggsy, est un jeune homme vivant seul avec sa mère et son beau-père violent, et sachant exactement comment s'attirer des ennuis. Un jour, il découvre l'existence de l'agence d’espionnage Kingsman, pour laquelle il doit passer des épreuves de sélection. Egerton joue ce rôle avec perfection, trouvant toujours l'équilibre entre l’insolence et le charme, le culot et la fragilité qu’exige un personnage comme Eggsy. 

    2. Eddie the Eagle (2016)

    Taron Egerton mène avec brio - et aux côtés de Hugh Jackman - cette comédie dramatique basée sur la véritable histoire de Michael Edwards, qui rêvait depuis qu’il était enfant de participer aux Jeux Olympiques. Ce qu'(il fera grâce à l’épreuve... de saut à ski. Réalisé par Dexter Fletcher, trois ans avant que l’acteur et le réalisateur ne se retrouvent pour tourner Rocketman, Eddie the Eagle (2016) permet à l'acteur de montrer toute sa versatilité à l'écran, en trouvant le parfait équilibre entre le côté comique et la très grande vulnérabilité de son personnage. En plus d’être une histoire pleine de coeur et d’espoir, Taron Egerton et Hugh Jackman forment un duo parfait, -certes bien connu au cinéma- du mentor chevronné, légèrement bourru et porté sur la boisson, et du jeune outsider qui a été sous-estimé toute sa vie.

    1. Rocketman (2019)

    Rocketman (2019) est l’un des plus beaux biopics réalisés ces dernières années, notamment grâce à l'impressionnante performance de Taron Egerton qui incarne le légendaire chanteur et musicien Elton John. Réalisé par Dexter Fletcher, Rocketman nous emmène à travers une véritable épopée musicale, et n’a pas peur de montrer les hauts comme les bas de l'artiste. Egerton a été récompensé par de nombreux prix pour ce rôle et il a notamment reçu le Golden Globe du Meilleur acteur en 2020. La chanson originale écrite pour le film, I’m Gonna Love Me Again remporte quant à elle l’Oscar de la meilleure chanson en 2020. La capacité qu’a Egerton à nous faire passer du rire au larmes, en évitant d’imiter ou de copier Elton John et au contraire en explorant toutes les facettes et l’essence même de la star iconique, catapulte cette performance en première position de ce classement. 

  • « Black Panther » : dans quel ordre regarder les films du héros Marvel ?

    « Black Panther » : dans quel ordre regarder les films du héros Marvel ?

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Wakanda Forever ! Porté par le regretté Chadwick Boseman, emporté en août 2020 par la maladie, puis repris par sa « sœur » Letitia Wright depuis la disparition de l’acteur, le personnage de Black Panther a marqué de son empreinte le Marvel Cinematic Universe dès son apparition en 2016.

    Son costume iconique, l’interprétation sage et puissante du comédien (qui a toujours été le seul et unique choix de la production, sans même passer d’audition), la place accordée aux personnages féminins, l’univers wakandais mais aussi l’importance culturelle et sociologique de ce tout premier super-héros africain ont assurément donné à Black Panther une aura, un impact et une place particulière dans le MCU. Et dans le cinéma en général, puisque le long métrage a intégré le classement des 100 films incontournables du XXIe siècle publié par le New York Times.

    Pour découvrir ou retourner explorer le Wakanda, JustWatch récapitule pour vous les différentes apparitions de Black Panther dans les productions Marvel, et vous dit dans quel ordre les regarder et où les voir en streaming.

    Captain America : Civil War (2016)

    Avant d’avoir son propre long métrage, T'Challa / Black Panther est introduit dans le troisième volet des films Captain America, Civil War (2016), qui a des allures de Avengers bis avec la présence à l’écran de Iron Man, Black Widow, Le Soldat de l'Hiver, Falcon, War Machine, Hawkeye, Ant-Man, Wanda, Vision ou encore Spider-Man (Tom Holland fait ses débuts sous le costume). Et Black Panther, donc, qu’on découvre en civil dans une réunion au sommet des Nations Unies, aux côtés de son père le Roi T'Chaka. Quand ce dernier est victime d’un attentat, T'Challa décide de traquer lui-même le principal suspect sous l’armure de Black Panther.

    Adapté d’un comic-book très apprécié des fans, Civil War (2016) continue de creuser le sillon plus mature proposé par Captain America : le Soldat de l’hiver (2014) en confrontant Steve Rogers et Tony Stark sur la question quasi-philosophique du pilotage de leurs interventions. S’en remettre au gouvernement ou garder son autonomie ? Une sorte de variation marvelienne autour du « être ou ne pas être » qui donne au film des allures de super-tragédie. Quant à T'Challa / Black Panther, sa présence va ici au-delà du simple caméo puisque le personnage suit son propre arc et sa propre voie en parallèle de l’affrontement idéologique entre Steve Rogers et Tony Stark, et pose les bases du film qui lui sera consacré deux ans plus tard.

    Black Panther (2018)

    En 2018, Black Panther est un événement majeur. Par ses recettes au box-office (plus de 1,3 milliards de dollars dans le monde), son accueil critique (7 nominations aux Oscars et 3 statuettes dorées, les premières dans l’histoire de Marvel) et son impact culturel au sein de l’industrie (le film reste à ce jour le plus gros succès porté par un réalisateur afro-américain et une distribution majoritairement de couleur). Mais c’est aussi et surtout l’histoire d’un prince héritier qui doit embrasser sa destinée face à son cousin Killmonger (Michael B. Jordan, impressionnant) dans un combat physique, politique et idéologique qui fait écho aux divergences profondes entre Martin Luther King et Malcolm X (et, côté comics, entre Xavier et Magneto dans la saga X-Men).

    A travers les yeux de T'Challa, on découvre un monde inédit dans le MCU, croisant traditions africaines et haute technologie, où les femmes ont une place majeure (on pense aux Dora Milaje, redoutables gardes du corps du Roi) et où les autres puissances sont perçues comme une menace pour les ressources du Royaume. A l’image du vibranium, qui attise bien des convoitises… Pour toutes ces raisons, Black Panther est presque un blockbuster politique, orchestré par un réalisateur (Ryan Coogler) dont la patte ne s’efface pas derrière le cahier des charges Marvel. Sa présence dans le classement des 100 films incontournables du XXIe siècle proposé par le New York Times atteste de ses qualités et de son importance culturelle.

    Avengers : Infinity War (2018) & Avengers : Endgame (2019)

    Le personnage de Black Panther ayant été introduit puis installé, et le Wakanda jadis si secret enfin révélé aux yeux du monde, il est temps que le héros se joigne à un combat planétaire. En l'occurrence celui que mènent les Avengers contre Thanos (Josh Brolin) et son armée, décidés à réunir les six pierres d’infinité et à faire disparaître la moitié de l’univers. Et c’est sur les terres du Wakanda que se tient la bataille finale de Avengers : Infinity War (2018), menée par T'Challa et son peuple aux côtés de certains Vengeurs alors que Shuri (Letitia Wright) tente par tous les moyens de récupérer et détruire la Pierre de l'Esprit enchâssée sur le front de Vision.

    Un mémorable (et « inéluctable ») claquement de doigts plus tard, qui survivra au plan de Thanos ? La réponse dans l’un des finals les plus surprenants jamais proposés (tuer la moitié des héros, c’est fort !) et la suite dans Avengers : Endgame (2019), plus gros succès Marvel à ce jour avec près de 2,8 milliards de dollars de recettes et mélange parfait d’héroïsme, de sacrifice et de sauvetage temporel. Épique, spectaculaire, passionnant, drôle, déchirant, généreux (5h30 de spectacle !) : les adjectifs ne manquent pas pour décrire le diptyque Infinity War / Endgame, aboutissement d’un univers patiemment construit depuis 2008. Pour l’avoir vu à la première heure dès le jour de sortie, entouré de fans, j’ai rarement vécu une telle séance, entre cris, larmes et les « poils » face à la charge ultime des Avengers menée par Captain America.

    Marvel Studios Legends (2021)

    Les abonné.e.s Disney+ connaissent bien cette collection documentaire qui mêle promotion et fan-service. Chaque épisode de Marvel Studios Legends (2021) raconte ainsi, en quelques minutes, les événements majeurs liés à un personnage et tisse le lien entre les différentes histoires d’un Marvel Cinematic Universe de plus en plus étendu et complexe. Les épisodes 22, 23 et 24 de la saison 1 sont respectivement dédiés au Roi T'Challa (Chadwick Boseman), à la Princesse Shuri (Letitia Wright) et à l‘ordre des Dora Milaje, les guerrières aux crânes rasés et aux lances en vibranium emmenées par Danai Gurira et Florence Kasumba.

    Il y a plusieurs manières de plonger dans les 48 segments qui composent cette encyclopédie visuelle qui bénéficie d’un montage efficace et abouti. Avant la sortie d’un nouveau film ou d’une nouvelle série du MCU, c’est le format « picking » idéal pour se remettre en tête les principaux faits, enjeux, protagonistes et références. Qu’on soit néophyte ou fan, d’ailleurs. On peut aussi lancer l’intégralité des capsules, pour revivre en condensé et chronologiquement toute la richesse du MCU, résumée aux séquences les plus importantes et les plus spectaculaires. Et, il faut bien l’avouer, Marvel Studios Legends peut aussi être un programme plutôt utile pour occuper les enfants !

    What If...? - Saison 1 (2021)

    Et si T'Challa était devenu Star-Lord au lieu d’adopter le costume de Black Panther ? C’est cette possibilité incongrue qui est racontée dès le deuxième épisode de la série animée What If… ? (2021-204), qui explore avec beaucoup d’imagination la notion de multivers chère à Marvel en revisitant les destins alternatifs des personnages majeurs du MCU sous le regard d’un observateur omniscient baptisé Le Gardien. Enlevé par erreur par les Ravageurs de Yondu dans son enfance au Wakanda, T'Challa est élevé par ces pirates au grand cœur et finit par devenir leur chef à l’âge adulte, tel un Robin des Bois de l’espace.

    Le personnage adopte ici une dimension plus légère sans le poids d’un royaume sur ses épaules, mais toujours dans le respect de ses valeurs nobles et humanistes. Le réalisateur des films, Ryan Coogler, et son Black Panther Chadwick Boseman y ont veillé de près. Le comédien prête d’ailleurs sa voix au personnage, qu’il retrouve dans trois autres épisodes de la saison 1 (Et si... des zombies envahissaient la Terre ?!, Et si... Killmonger avait sauvé Tony Stark ?, Et si... Le Gardien avait rompu son serment ?). C’est la dernière performance de sa (bien) trop courte carrière.

    Black Panther : Wakanda Forever (2022)

    Dès la sortie du premier opus, un projet de suite à Black Panther entre en développement chez Marvel. Malheureusement, au-delà de bouleverser la planète cinéma, la disparition tragique et inattendue de Chadwick Boseman à la fin de l’été 2020 va impacter les plans du studio : le comédien avait en effet affronté la maladie (un cancer du côlon) en secret, avec un courage immense mais sans avertir la production de son état de santé. Les premières ébauches de scénario, dans lequel il tenait un rôle évidemment central, sont donc remaniées et après quelques mois de spéculations, il est annoncé que le rôle de T'Challa ne sera pas remplacé. L’absence du comédien, et donc du personnage, est dès lors intégrée avec pudeur et intelligence dans Black Panther : Wakanda Forever, qui s’ouvre sur la disparition du héros et roi.Comment sa mère Ramonda (Angela Bassett), sa soeur Shuri (Letitia Wright), son aimée Nakia (Lupita Nyong'o) et les Dora Milaje dirigées par Okoye (Danai Gurira) vont-elles affronter cette mort brutale et défendre un Wakanda menacé par les puissance occidentales mais également un peuple mystérieux venu des fonds marins ? Le film, constamment traversé par la présence-absence de Chadwick Boseman à qui le film est dédié, y répond de manière spectaculaire et touchante. Il interroge les notions de deuil, d'héritage, de vengeance, de colonisation et d’alliance tout en introduisant les personnages de Riri “Ironheart” Williams (Dominique Thorne, qui avait initialement passé les auditions pour le rôle de Shuri) et du mutant Namor (impressionnant Tenoch Huerta Mejía). Avec à la clé l’Oscar des meilleurs costumes et un final qui rebat les cartes pour la future gouvernance du Wakanda.

    Eyes of Wakanda (2025)

    En attendant Black Panther 3 où l’iconique Denzel Washington devrait tenir un rôle majeur (le film n’est pas encore daté par Marvel), l’univers de Black Panther est exploré dans les quatre courts épisodes (25 minutes environ) de la série animée Eyes of Wakanda (2025). Complémentaire des longs métrages, avec une approche visuelle en deux dimensions visant à honorer les comic-books de la Maison des Idées, cette anthologie (les segments sont indépendants mais liés par un fil narratif) raconte l’Histoire du royaume à différentes époques à travers de nouveaux personnages chargés de récupérer des objets en vibranium éparpillés dans le monde.

    C’est aussi beau que surprenant (il y avait, par exemple, un espion wakandais aux côtés d’Achille et d'Ulysse dans le cheval de Troie !) mais très orienté « bagarre » au détriment de la profondeur des personnages. Il y avait pourtant des choses à raconter et à creuser sur ces sacrifiés volontaires qui consacrent leur existence à la protection du Royaume… En attendant, que les fans se rassurent : la culture du Wakanda présentée dans les films y est respectée, la série s’intégrant dans la chronologie officielle du MCU.

    Marvel Zombies (2025)

    Si Marvel a longtemps caressé l’idée de développer un projet de série dédiée à l’ordre des Dora Milaje, le projet n’a jamais pu aboutir. Il est resté au point-mort depuis, dans les tiroirs du studio. Ironiquement, c’est justement dans le trépas que la plus iconique des gardes royales wakandaises, la guerrière Okoye, fera son grand retour : elle apparaîtra en effet en morte-vivante dans une autre série animée, Marvel Zombies (2025), aux côtés, entre autres, de Black Widow, Scarlet Witch, Ironheart, Miss Marvel, Kate Bishop, Red Guardian et Shang-Chi.

    Attendu à l’automne 2025 sur Disney+, le programme, initialement envisagé comme un film d’horreur, sera divisé en quatre segments racontant une seule et même histoire : une apocalypse zombie inspirée du cinquième épisode de What If… ? où quelques survivants affrontaient des goules, dont des super-héros zombifiés. Supervisée par le scénariste de Deadpool & Wolverine (2024) et le réalisateur de What If… ?, la série pourra compter sur les voix de Florence Pugh, Elizabeth Olsen, Dominique Thorne, Iman Vellani, Hailee Steinfeld, Awkwafina, David Harbour, Simu Liu et Randall Park et proposera des séquences sanglantes et graphiques. La recommandation d’âge de la plateforme sera donc à vérifier avant de le lancer aux jeunes fans du MCU.

  • Marvel : les 6 films de la Phase 1 dans l’ordre chronologie du MCU

    Marvel : les 6 films de la Phase 1 dans l’ordre chronologie du MCU

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    C’est un pari unique dans l’histoire du cinéma. Et une approche que beaucoup de studios hollywoodiens rêvent de réussir à leur tour. Le fameux Marvel Cinematic Universe, un univers étendu entre films, séries, séries animées et courts métrages, qui tisse des liens et connecte les personnages et les mondes nés dans les pages des comic-books. Initiée en 2005 sous la supervision du producteur Kevin Feige, cette initiative hybride voit concrètement le jour trois ans plus tard quand Robert Downey Jr. endosse pour la première fois l’armure de Iron Man.

    Une trentaine de longs métrages et une quinzaine de séries ont depuis vu le jour - répartis en « Phases » et liés par des séquences post-génériques savamment distillées - pour le plus grand plaisir des fans qui retrouvent à l‘écran la complexité de l’univers papier imaginé par Stan Lee, Jack Kirby et les plumes de la Maison des Idées. Les néophytes et les spectateurs occasionnels, eux, ont en revanche parfois un peu de mal à s’y retrouver au sein d’un MCU de plus en plus complexe, qui nécessite presque « de faire ses devoirs » pour saisir toutes les subtilités des connexions entre les  différentes œuvres.

    C’est votre cas ? JustWatch vous apporte un peu d’aide et quelques lumières avec le guide des six films de la Phase 1, classés dans l’ordre chronologique de l’histoire.

    Captain America : First Avenger (2011)

    La chronologie du Marvel Cinematic Universe débute officiellement en 1943, avec Captain America : First Avenger (2011). Ce n’est pas le premier film du MCU à sortir, mais c’est la première pierre du projet Avengers porté par Nick Fury (Samuel L. Jackson). Alors que la Seconde Guerre mondiale bat son plein, on y découvre un jeune homme maigrelet mais courageux, rêvant de s’engager pour défendre son pays et la démocratie. Transformé en Captain America grâce à la science, il va devenir l’incarnation de la liberté. Volontairement rétro, avec une approche oscillant entre film de guerre old-school et science-fiction super-héroïque, le long métrage étonne par son approche à l’ancienne, presque naïve et désuète, loin des vagues d’images de synthèse et de fonds verts qui suivront. Un feeling à la Indiana Jones plane sur cette aventure, que le réalisateur Joe Johnston (solide artisan hollywoodien déjà auteur de Rocketeer en 1991) a justement façonnée en la calquant sur Les Aventuriers de l’Arche perdue (1981).

    En raison de cette tonalité particulière, le long métrage pourra peut-être décontenancer celles et ceux qui chercheraient une aventure high-tech à la Iron Man ou le délire cosmique des Gardiens de la Galaxie. Mais il met solidement en place des personnages et éléments (Steve Rogers, le futur soldat de l’hiver Bucky Barnes, Peggy Carter qui fera battre le coeur du héros jusqu'à Avengers Endgame, Crâne Rouge, Howard Stark, le Tesseract, le sérum de « Super Soldat », l’Hydra, le bouclier en vibranium…) qui auront leur importance dans la suite de la grande histoire Marvel. Et dans le costume étoilé qui aurait pu être sincèrement ridicule et gênant, Chris Evans trouve LE rôle de sa carrière, entre force et innocence, sans jamais tomber dans un patriotisme appuyé et un américanisme bas du front. Au contraire, on se prend d’affection pour ce héros d’un autre temps, dépassé par sa propre image de super-justicier et qui deviendra le cœur battant des Vengeurs.

    Iron Man (2008)

    Si Iron Man (2008) est aujourd’hui indissociable du Marvel Cinematic Universe - au point que les films qui ont suivi Avengers : Endgame (2019) n’ont jamais réussi à se remettre totalement de son absence - faire du personnage le premier héros du MCU était un véritable pari. Un pari remporté haut la main grâce à la mise en scène spectaculaire et au ton adoptés par le réalisateur Jon Favreau (également interprète du sympathique chauffeur / garde du corps Happy Hogan), et surtout au choix de Robert Downey Jr. dans le rôle-titre. Aussi sympathique qu’arrogant, aussi attachant qu’énervant, aussi brillant que cynique, l’acteur excelle en Tony Stark / Iron Man. Mieux : il EST Iron Man, comme le personnage le claironnera d’ailleurs à la fin du film.

    Cette origin-story d’un homme détestable devenu super-héros raconte comment le milliardaire, marchand d’armes et inventeur de génie, va décider de donner un autre sens à son existence après avoir été enlevé en Afghanistan. Cette histoire de rédemption, qui traverse les enjeux industriels, high-tech et militaires du film, fait finalement écho à la propre réhabilitation du comédien, passé par la case prison avant sa renaissance marvelienne. Il y a aussi un parallèle plus qu’évident avec Bruce Wayne, lui aussi milliardaire sans super-pouvoirs devenu justicier chez DC : mais là où le Chevalier Noir de Batman Begins (2005) aime l’obscurité, Tony Stark, lui, préfère la lumière avec un charisme et un sens de la répartie qui font de lui le chef naturel des futurs Vengeurs.

    Iron Man 2 (2010)

    Les super-héros préfèrent traditionnellement la discrétion en menant une double vie entre identité secrète et costume (ou armure, c’est selon) de justicier. Pas Tony Stark, qui a dévoilé dans les dernières minutes du premier volet son statut de Iron Man au monde entier. Iron Man 2 (2010), dont la narration s’inscrit dans la continuité du précédent film, débute donc sur ce présupposé. Mais aussi sur un Tony mourant, car insidieusement contaminé par le palladium du réacteur ARK qui le maintient en vie depuis l’Afghanistan. A la fois dépressif et excentrique, le personnage dévoile ici de nouvelles facettes et défauts de son caractère : des traits qui le rendent définitivement humain et qui avaient déjà fait le succès du personnage dans les comic-books Marvel.

    Au-delà de son héros, le film -clairement mis en production trop vite, ce que le réalisateur Jon Favreau confirmera par la suite- déçoit quelque peu par rapport à son prédécesseur. Bien sûr les scènes d’action sont spectaculaires, notamment les moments où Tony retire ou endosse son armure pour affronter le méchant Whiplash (Mickey Rourke) et ses fouets électriques. Et il y a un sous-texte intéressant dans la façon dont Iron Man devient un enjeu de sécurité nationale convoité par le Département de la Défense (préfigurant le schisme de Captain America : Civil War, 2016). Mais l’équilibre du premier film n’est plus là, ni l’effet de surprise d’ailleurs, et on sent bien que ce second volet est surtout un épisode de transition et de connexion, qui sert essentiellement à introduire Black Widow (Scarlett Johansson) et War Machine (Don Cheadle remplace Terrence Howard sous l'uniforme et l'armure) pour préparer le terrain de la réunion à venir des Avengers.

    L’Incroyable Hulk (2008)

    Même s’il est sorti deux ans avant Iron Man 2, il est plus logique de regarder L’Incroyable Hulk (2008) après. Ce que confirme d’ailleurs la chronologie officielle du Marvel Cinematic Universe disponible sur Disney+. Traqué par l’armée américaine, le géant vert (en réalité le scientifique Bruce Banner, irradié par des rayons Gamma lors d’un accident de laboratoire) essaye de se libérer de sa condition tout en contrôlant ses accès de rage dévastateurs qui le transforment en monstre inarrêtable (et en arme biologique inestimable). Mis en scène par le Frenchie Louis Leterrier (par la suite à la barre du Choc des Titans et Fast & Furious X), le film est un divertissement efficace aux scènes d’action réussies (la séquence au Brésil, la scène à l’université, le combat final), avec une itération de Hulk qui transpire la rage.

    L’histoire en elle-même est par contre assez anecdotique au sein du MCU, sauf en prévision de Captain America: Brave New World (2025). D’autant que ce Jekyll / Hyde à la sauce Marvel est incarné par Edward Norton, qui sera par la suite évincé de la franchise et remplacé par Mark Ruffalo (avec un Hulk moins musculeux et plus rond). Mais il explique pourquoi Banner vit reclus quand Natasha Romanoff retrouve sa trace, et il met en place des personnages qui seront pertinents au sein de l’univers connecté, à l’image de Abomination (Tim Roth, revenu dans She-Hulk), du Général Thaddeus Ross (William Hurt), de Samuel Sterns (Tim Blake Nelson)... ou d’un certain Tony Stark, invité surprise de la scène post-générique alors qu’il poursuit son recrutement pour les Avengers.

    Thor (2011)

    Au sein du pari narratif, financier et logistique qu’est le Marvel Cinematic Universe, Thor (2011) représente un véritable défi en soi. Là où l’essentiel des précédentes productions super-héroïques conservaient une approche terre-à-terre, l’histoire prend ici une dimension cosmique en dévoilant le Royaume d’Asgard et les dieux qui y résident, à l’image de Odin (Anthony Hopkins) et ses deux fils, les frères ennemis Loki (Tom Hiddleston) et Thor (Chris Hemsworth). Exilé parmi les hommes pour y apprendre l’humilité et être digne des pouvoirs de son marteau (qu’on découvrait dans la scène post-générique de Iron Man 2), ce dernier va surtout y découvrir l’amour (Natalie Portman) et un attachement viscéral à notre planète. Quant à Loki, il met en place les enjeux du prochain film : la très attendue réunion des Avengers qui se déroule, selon la chronologie, quelques mois plus tard.

    Le film est confié au très shakespearien Kenneth Branagh (Henry V, Beaucoup de bruit pour rien, Hamlet). Un choix qui pourrait surprendre mais qui est finalement assez logique, tant l’intrigue de Thor a des allures de tragédie spatiale. Le cinéaste a par ailleurs grandi avec le comic-book et était donc le candidat idéal pour capter les problématiques très humaines de ces dieux et faire de ces divinités des êtres de chair. Le ton de l’adaptation évolue dès lors entre drame familial, pure fantasy digne d’un Warcraft, science-fiction façon Le Jour où la terre s'arrêta et découverte de la vie terrienne en mode Superman ou Starman avec son lot de quiproquos comiques. C’est peut-être d’ailleurs la faiblesse du long métrage, qui ne parvient jamais à choisir son identité et qui donne un peu de tout aux spectateurs, de manière globalement lisse. Mais il fait le boulot, en mettant en place les tout derniers pions avant la réunion des Vengeurs.

    Avengers (2012)

    Quatre ans après la sortie de Iron Man, les fans assistent enfin à la concrétisation de la grande promesse du Marvel Cinematic Universe : présenter des héros dans des films qui leur sont dédiés avant de les réunir au sein du même long métrage. Le résultat, c’est Avengers (2012) qui convoque Iron Man, Captain America, Thor, Black Widow, Hulk (désormais campé par Mark Ruffalo) et Hawkeye (Jeremy Renner, introduit au détour d’une scène de Thor) sous le commandement de Nick Fury pour affronter la menace de Loki et des Chitauris, une race extraterrestre en quête du Tesseract. Et ce qui aurait pu être un fourre-tout scénaristique et visuel est une franche réussite, qui laisse la place à chaque personnage tout en livrant de vrais morceaux de bravoure (à l’image de l’affrontement entre Thor, Iron Man et Captain America dans la forêt, ou l’attaque monumentale de New York qui couvre le dernier quart du film).

    Ultra-spectaculaire et très généreux (le fameux travelling autour des six héros réunis en cercle face à l’adversité a fait hurler d’innombrables salles de cinéma dans le monde à l’époque), le long métrage montre aussi des personnages certes soudés dans l’adversité, mais aux points de vue très différents quant à leurs prérogatives de super-héros. De quoi préfigurer la suite de leurs interactions au sein du MCU, tout en dévoilant au détour d’une séquence post-générique un certain Thanos, futur grand méchant de la « Saga de L’Infini » qui regroupe les trois premières phases de l’univers Marvel. En revanche, si on est allergique aux supers, au MCU ou aux images de synthèse, ce grand spectacle passera vite pour 2h23 de torture numérique.

  • De « Freaky Friday » à « Mercredi » : les 10 meilleurs échanges de corps

    De « Freaky Friday » à « Mercredi » : les 10 meilleurs échanges de corps

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    C’est un sous-genre méconnu du cinéma : le body swap movie, ou « film d’échange de corps », a été abordé dès les débuts du cinéma (The Eye of Envy, 1917) avant de gagner en popularité et en récurrence après le succès de Un vendredi dingue, dingue, dingue / Freaky Friday (1976), emmené par une toute jeune Jodie Foster propulsée dans le corps de sa maman Barbara Harris.

    Depuis, la mécanique - à ne pas confondre avec le film de rajeunissement ou de vieillissement façon Big (1988) ou 30 ans sinon rien (2004) - est très régulièrement revisitée et réinventée sur grand et petit écran, le plus souvent dans des comédies. Mais pas uniquement. La preuve avec cette sélection spéciale body swap concoctée par JustWatch, pour découvrir les tentatives les plus réussies, marquantes ou étranges disponibles sur les plateformes de streaming en France. Bons visionnages… et bons échanges !

    10. Echange standard (2011)

    Il ne faut jamais faire de vœux quand on est alcoolisé ! Ryan Reynolds et Jason Bateman l’apprennent à leurs dépends dans Echange standard (2011). Le premier est un célibataire endurci qui se laisse porter par la vie. Le second est un papa entièrement dévoué à sa famille et à son travail. Et chacun rêve de vivre la vie de l’autre. Le destin (provoqué par… une envie pressante satisfaite dans une fontaine magique !) va alors leur permettre d’expérimenter cette possibilité et de se confronter à la réalité d’une autre vie fantasmée. Et quand le body swap est orchestré par le réalisateur de Serial noceurs (2005), l’humour est forcément au rendez-vous !

    Si Freaky Friday : Dans la peau de ma mère s’adressait à un public familial, Echange standard est clairement son pendant adulte, avec un script aux gags très crus concocté par les scénaristes de Very Bad Trip (2009). Si on aime les gags potaches façon Ted (2012) ou Crazy, Stupid, Love (2011), on rit donc beaucoup. En revanche, si on cherchait dans cette histoire un peu de la finesse d’un Family Man avec Nicolas Cage (dont le pitch façon « Et si… » est finalement très proche de ce body swap sur deux vies d’adulte très différentes) ou de la douceur du Baiser empoisonné (1992) avec Meg Ryan et Alec Baldwin, il vaut mieux passer son chemin.C’est d’ailleurs pour cela que Echange standard se place en dixième position de notre classement : le body swap est central, mais son humour en dessous de la ceinture peut vite être clivant et desservir le propos.

    9. Jumanji : Next Level (2019)

    Après le succès de Jumanji : Bienvenue dans la jungle (2017) qui réinventait le classique emmené par Robin Williams, Dwayne Johnson et sa bande vont encore plus loin en croisant gaming et body swap dans la suite. Baptisé Jumanji : Next Level (2019), le film redistribue à plusieurs reprises les rôles au fil de l’histoire, en faisant des protagonistes (et des deux seniors embarqués malgré eux dans cette nouvelle partie) un aventurier, une guerrière badass, un spécialiste des animaux, une voleuse émérite ou… un magnifique cheval. Sans qu’ils ne puissent contrôler ces « swaps ». C’est improbable, mais ça marche !

    Alors bien sûr, si on n’a pas accroché à la proposition du film de 2017 qui remplaçait le plateau du Jumanji original (1995) par un jeu vidéo, on pourra difficilement embarquer pour cette nouvelle partie. Et en même temps, il y a plus de personnages, un univers réinventé (la jungle laisse place au désert et aux montagnes) et surtout une belle réflexion sur l’amitié, la vieillesse, les regrets et le temps qui passe. A ce petit jeu, le tandem Dwayne Johnson / Kevin Hart (qui jouent Danny De Vito et Danny Glover) fonctionne à merveille. Il faut dire que l’alchimie entre les deux compères fonctionne très bien depuis Agents presque secrets (2016). Si l’effet de surprise n’est plus là, cette suite est plus aboutie et touchante que le précédent opus. Avec un mélange d’aventures et de comédie qui ravira les fans de Jungle Cruise (2021) et autres Secret de la cité perdue (2022).

    Mais dans un Jumanji, l’aventure prend clairement le pas sur le body swap, finalement un peu anecdotique : le film ne pouvait donc pas aller plus haut que la neuvième place.

    8. Freaky (2020)

    Freaky (2020), c’est en quelque sorte la version gore de Freaky Friday qui voit un terrifiant serial killer transféré dans le corps de l’une de ses victimes, cette dernière occupant désormais l’impressionnante carcasse de celui qu’on surnomme à juste titre « Le Boucher ». Poursuivie par la police, elle a 24 heures pour inverser le processus, sous peine de se retrouver coincée sous cette identité. Sachant que pendant ce temps-là, insoupçonnable sous les traits d’une innocente lycéenne, le criminel peut donner libre court à ses pulsions les plus violentes…

    Après avoir croisé l’horreur et la boucle temporelle avec Happy Birthdead (2017), Christopher Landon mélange avec la même réussite le slasher à la Halloween (2018) et le body swap. Son Freaky est un divertissement sanglant, décomplexé et drôle, qui vaut le coup d'œil pour ses mises à mort inventives et pour l’interprétation de ses comédiens principaux (Vince Vaughn et Kathryn Newton) dans un contre-emploi total. Voir ce visage d’ange commettre les pires atrocités et ce colosse (1m96) jouer les ados effrayées est assez savoureux. Il y a ici un dosage intéressant entre horreur et teen movie… mais qui pourra sans doute décevoir celles et ceux qui chercheraient surtout l’un des deux genres. Et un peu de fond.

    C’est justement la limite de cette proposition, qui ne va jamais au-delà du visionnage fun et popcorn. D’où cette huitième (mais honorable) place !

    7. Soul (2020)

    Sorti directement sur Disney+ en décembre 2020, Soul est une énième pépite animée des studios Pixar, déjà à l'œuvre sur Toy Story (1995), Ratatouille (2007), WALL-E (2008), Vice-Versa (2015) ou le poignant Coco (2017). Comme lui, Soul explore l’au-delà. Mais là où Coco abordait la mort, le deuil et le souvenir, Soul préfère célébrer la vie et tout ce qui donne du sel et du sens à l’existence. Et pour cela, on accompagne un pianiste de jazz tué dans un accident lors de son passage dans le « Grand Avant », où il croise 22, une âme qui n’a jamais saisi l’intérêt de vivre une vie humaine. Et c’est en lui faisant découvrir les petits bonheurs de la vie, lui dans le corps d’un chat et 22 dans son corps de musicien, qu’ils découvriront tous deux les réponses à leurs questions.

    En avril 2021, Soul repart avec deux statuettes dorées de la 93e cérémonie des Oscars : Meilleur film d’animation et Meilleure bande originale. Des prix qui viennent saluer l’audace narrative et visuelle de Pete Docter, déjà plébiscité pour Vice-Versa quelques années plus tôt, mais aussi la partition jazzy imaginée par le trio Trent Reznor / Atticus Ross / Jon Batiste. Car la musique -symbolisant la création, la passion et l’inspiration qui composent l’étincelle de la vie- est au centre d’un long métrage profond et touchant, qui parle aux petits comme aux grands, malheureusement passé un peu inaperçu en raison de sa sortie directement en streaming pendant la période COVID.

    Comme beaucoup de films Pixar, Soul est un bijou profond. Et dans un classement des films sur la vie et la mort, il arriverait bien plus haut : mais dans un Top 10 des body swap, qui n’est pas central dans le récit, la septième marche lui va bien !

    6. Get Out (2017)

    Avec Get Out (2017), Jordan Peele - qui signera par la suite Us (2019) et Nope (2022) - utilise le body swap pour nous glacer le sang. Et celui de son héros, un jeune homme afro-américain invité à rencontrer les parents de sa petite amie blanche le temps d’un week-end dans le domaine familial. En dire plus relèverait du spoiler malvenu (voire criminel). Mais si le film est dans cette liste, vous aurez compris qu’il y a du body swap dans l’air. Mais peut-être pas comme vous vous y attendez, alors que le long métrage prend des allures de cauchemar éveillé au fil du récit, avec en point d’orgue une séance d’hypnose qui a fait date. 

    Véritable claque, le film est un immense succès à travers le monde (255 millions de dollars de recettes pour un budget de 5 petits millions de billets verts), auréolé de l’Oscar du meilleur scénario original et d’une place dans le classement des 100 films incontournables du XXIe siècle publié par le New York Times. Car au-delà du film d’horreur, il y a dans Get Out un vrai commentaire social qui fait écho à des oeuvres comme Antebellum (2020) ou Them (2021-), et une ambiance malaisante qui monte crescendo, à l’image de Vivarium (2019) ou Substitution - Bring Her Back (2025). Et aussi, dans le même genre, La Porte des Secrets (2005), également très réussi.

    Alors pourquoi lui refuser le Top 5 ? Attention spoiler… Parce que le body swap n’est pas central dans Get Out : il ne porte pas le récit, il n’est « que » le twist final de ce dernier. Donc ambiance ultra réussie, oui, mais body swap trop en retrait (pour CE classement précis).

    5. Les Dissociés (2015)

    Qu’on se le dise, le body swap n’est pas uniquement réservé au cinéma américain. Côté français, il y a ainsi eu quelques tentatives, comme Le Sens de la famille (2021) qui voit l’ensemble de la maisonnée de Franck Dubosc et Alexandra Lamy changer de corps chaque nuit, ou L’un dans l’autre (2017) qui inverse les identités de Louise Bourgoin et Stéphane De Groodt. Mais la production hexagonale la plus réussie dans le genre n’est même pas sortie au cinéma ! Les Dissociés (2015), premier long métrage du collectif Suricate - Golden Moustache, est ainsi disponible gratuitement sur Youtube. Et c’est loin d’être sa seule qualité.

    Plus de 10 millions de visionnages ont salué cette comédie depuis sa mise en ligne en 2015. Le trio Raphaël Descraques / Julien Josselin / Vincent Tirel, présent devant et derrière la caméra, s’en donne à cœur joie dans cette histoire où un simple contact entre deux personnes dissociées provoque une inversion des personnalités. Court (1h15), efficace, ultra-inventif et très bien mené, le film est évidemment drôle mais également souvent touchant et toujours surprenant. Déjà grâce aux invité.es qui ne cessent de se succéder devant la caméra (Kyan Khojandi, Mcfly & Carlito, le Palmashow…), mais surtout grâce au jeu de son trio-vedette, qui change de corps de manière extrêmement crédible selon les situations. Au-delà des (très) nombreux fans de Golden Moustache/Studio Bagel, celles et ceux qui aiment l’esprit de Bref / Bref 2 (2011 & 2025) ou du Visiteur du Futur (2022) ne pourront qu’adhérer à la proposition.

    Un Top 5 sans film français, avouez que cela aurait été triste ! C’est un peu chauvin, certes, et je n’irai pas au-delà de la cinquième place. C’est déjà une belle exposition qui peut vous convaincre de donner sa chance à ces Dissociés qui sont, rappelons-le, visibles gratuitement. Et puis l’humour Suricate, qu’est-ce que c’est bon !

    4. Dans la peau d’une blonde (1991)

    De Diamants sur canapé (1961) à la saga La Panthère Rose (1963 - 1993) en passant par La Party (1968), Blake Edwards a été l’un des artisans majeurs de la comédie hollywoodienne. Quand il s’attaque au body swap avec Dans la peau d’une blonde (1991), il propose un film toujours aussi enlevé qui voit un imbuvable macho et incorrigible séducteur, tué par d’anciennes conquêtes trahies, être renvoyé sur Terre par le Diable dans la peau d’une femme pour gagner sa place au Paradis. A travers cette expérience, il/elle va porter un nouveau regard sur le beau sexe, l’amour et l’engagement.

    La blonde du titre, c’est Ellen Barkin. Actrice en vue dans les années 80 (Johnny Belle Gueule, Mélodie pour un meurtre), elle livre ici une performance assez géniale en rejouant les postures et attitudes d’une caricature de golden boy américain coincé dans la peau d’une femme. Dans la lignée de ses comédies Victor Victoria (1982) et Boire et déboires (1987), Blake Edwards interroge les stéréotypes, les rapports homme / femme, le sexisme et la misogynie, avec certes un peu moins d’élégance que ses films des années 60 mais une grande efficacité comique qui repose sur les quiproquos des situations, l’inversion des rôles et l’abattage de sa comédienne principale. Le tout porté par une morale qu’on jugera mièvre ou bienvenue, c’est selon. Bref, une pépite ‘90s à redécouvrir d’urgence.

    Parce qu’Ellen Barkin est une comédienne géniale mais un peu oubliée (sauf par les fans de la série Animal Kingdom, 2016-2022), parce que cette proposition féministe avant l’heure est très sympathique et parce que les films concept des années 90 sont à voir, on lui donne la quatrième place de notre classement ! 

    3. Freaky Friday : Dans la peau de ma mère (2003)

    C’est sans doute LE film le plus emblématique du body swap. Freaky Friday : Dans la peau de ma mère (2003) est une comédie Disney qui remet au goût du jour le Freaky Friday original de 1976. Devant la caméra du réalisateur de Lolita malgré moi (2004), Jamie Lee Curtis est une maman très sage sur le point de se remarier et Lindsay Lohan sa fille rock et rebelle. Les deux femmes ne se comprennent plus, ne s’entendent plus, ne se supportent plus. Mais grâce à la magie de fortune cookies chinois ingérés après un dîner théâtre d’une énième dispute, elles se retrouvent dans le corps l’une de l’autre et vont devoir apprendre à gérer cette situation improbable…

    Cette comédie familiale drôle et décalée est un pur produit des années 2000. Dans le style (la maman est un clone de Bree Van de Kamp, la fille une mini Avril Lavigne), l’humour et la bande-son pop-rock. Relativement sage (production Disney oblige), elle repose sur des stéréotypes très marqués, un comique de situation permanent et des quiproquos sympathiques qui permettent aux deux comédiennes de s’en donner à coeur joie. Avec une mention spéciale à Jamie Lee Curtis qui semble retrouver ses 15 ans. Entre Desperate Housewives (2004-2012) et une comédie teen à la College Attitude (1999), le film propose évidemment une belle morale sur la compréhension de l’autre. C’est d’ailleurs ce qui pourra déplaire aux allergiques aux productions Disney trop calibrées. Mais en tant que figure emblématique du genre, il aurait été injuste de ne pas intégrer Freaky Friday au tiercé de tête car TOUT ce qu’on aime dans le body swap est ici réuni !

    Succès au box-office (160 millions de dollars de recettes pour un budget huit fois inférieur !) et film culte de la décennie 2000, Freaky Friday : Dans la peau de ma mère donne lieu à une suite en 2025 (Freaky Friday 2 : Encore dans la peau de ma mère) où trois générations sont swappées ! A noter par ailleurs qu’un troisième Freaky Friday, produit en 2018, existe sur Disney+ : mais attention, il n’a aucun lien avec le film de 2003.

    2. Your Name (2016)

    Attention, chef d'œuvre ! Avec Your Name (2016), Makoto Shinkai livre un bijou animé qui voit Mitsuha, une jeune femme de la province japonaise, et Taki, un jeune homme vivant dans la frénésie tokyoïte rêver de la vie de l’autre, au point de partager des moments d’existence dans ce corps de substitution. Comme ces swaps sont totalement aléatoires, les deux protagonistes commencent à se laisser des messages pour tenter de comprendre ce qui leur arrive, et à nouer une relation profonde qui va mener Taki à une terrible découverte concernant cette « amie » inattendue…

    Envoûtant, poétique, romantique, sublime : les qualificatifs ne manquent pas pour célébrer ce conte unique en son genre, qui a propulsé son auteur comme un potentiel héritier de Hayao Miyazaki (Le Voyage de Chihiro, 2001) après le succès phénoménal du long métrage au Japon (c’est l’une des productions nippones les plus vues de l’histoire) et dans le monde entier. Conte écologique et réflexion sur le destin, le temps et la mémoire, Your Name fait évidemment écho à d’autres films de Makoto Shinkai comme 5 centimètres par seconde (2007), The Garden of Words (2013) ou Les Enfants du temps (2019). Les spectateurs transportés par la délicatesse et l’animation de La Traversée du Temps (2006) de Mamoru Hosoda ou Silent Voice (2018) de Naoko Yamada devraient également apprécier ce voyage.

    Contrairement à Soul, le body swap est ici au cœur du récit. Et contrairement aux films précédemment proposés, il y a une poésie, une subtilité, une finesse, une approche esthétique et un propos qui font définitivement de Your Name un incontournable pour petits et grands.

    1. Volte/Face (1997)

    Dans Volte/Face (1997), il n’est pas question de magie, de voeu ou de malédiction : l’échange de corps entre l’agent Sean Archer (John Travolta) et le criminel Castor Troy (Nicolas Cage) est volontaire (du moins pour le premier) et médicalisé, et vise à faire en sorte que l’enquêteur puisse récupérer des informations sur un futur attentat en se faisant passer pour le terroriste lors d’une immersion en prison. Mais il n’avait pas prévu que son pire ennemi se réveillerait de son coma et prendrait sa place dans les locaux de la CIA comme dans sa propre maison…

    Volte/Face est un condensé de tout ce qu’on adore chez John Woo depuis Le Syndicat du Crime (1986), The Killer (1988) et Une balle dans la tête (1989) : des gunfights impressionnants, des séquences d’action au ralenti… et des colombes ! Ce film, c’est finalement la rencontre entre le « gun-fu » (des fusillades filmées comme des ballets) popularisé par le réalisateur hongkongais et le divertissement hollywoodien dans ce qu’il a de plus généreux. Mais c’est surtout un numéro bluffant de deux comédiens qui s’amusent à se jouer l’un l’autre. Tel un Jekyll & Hyde, John Travolta est doux puis diabolique, face à un Nicolas Cage dans ses grandes heures de héros d’action : si vous l’avez aimé dans Rock (1996), Les Ailes de l’enfer (1997) et Snake Eyes (1998), vous allez l’adorer en Castor Troy !

    Cage joue Travolta et Travolta joue Cage pour John Woo : est-ce qu’il vous faut vraiment un autre argument pour justifier la première place de ce film aussi improbable que jouissif ??

    BONUS - Mercredi S2E6 (2025)

    Si vous êtes abonné.e à Netflix, vous avez pu constater que la plateforme aime régulièrement jouer avec le concept du body swap : on pense à la série Les 7 vies de Léa (2022-) qui voit une jeune femme revivre 1991 à travers sept personnes différents, à l’épisode Vendredi de m**** ! (S6E10) de Big Mouth (2017-2025) qui permute toutes les personnalités le temps d’une journée dingue, ou le k-drama Abyss (2019) qui croise réincarnation et échange de corps. Et il y a surtout l’épisode 6 de la saison 2 de Mercredi (2022-) dans lequel l’aînée des Addams va se retrouver dans la peau de sa camarade Enid Sinclair… et inversement !

    Ce switch malencontreux survient alors que Mercredi se rend de nuit sur la tombe de Rosaline Rotwood (incarnée par une Lady Gaga fantomatique et éthérée) pour la convaincre de lui rendre son don de voyance et refaire d’elle un « corbeau ». Cependant, quand le rituel est interrompu par Enid qui souhaite ramener son amie à Nevermore avant le couvre-feu, un surprenant prix est à payer pour les deux jeunes femmes : propulsées dans le corps l’une de l’autre, elles vont devoir faire bonne figure devant les autres élèves !

    C’est assez réjouissant de voir la délicieusement sinistre Jenna Ortega et la pétillante Emma Myers proposer autre chose, elles qui étaient tenues par les caractères très affirmés de leur personnage respectif depuis onze épisodes. Le chapitre S2E6 - Chacun son malheur leur offre ainsi une sympathique récréation, et on aime voir Mercredi -en réalité Enid- afficher un regard apeuré et des vêtements très colorés (auxquels elle fait une allergie !) quand Enid -habitée par Mercredi- affiche un comportement glacial à l’opposé de sa personnalité exubérante. Et ce sera l’occasion, pour les jeunes femmes, de mieux se comprendre et de porter un regard nouveau l’une sur l’autre. Du fun et de l’empathie : les ingrédients parfaits pour un body swap réussi !

  • Nicholas Hoult : le meilleur de sa filmographie en streaming

    Nicholas Hoult : le meilleur de sa filmographie en streaming

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Nicholas Hoult, c’est un caméléon. Il peut être le mutant le plus poli de l’univers Marvel, un zombie romantique, un tsar incontrôlable ou un lycéen manipulateur. Depuis ses débuts dans Pour un garçon, il trace une trajectoire pleine de virages : blockbusters, comédies acides, drames élégants. 

    Tour à tour lunaire, intense, drôle ou dérangeant, Hoult s’impose sans forcer, avec cette capacité rare à s’effacer dans le personnage. Il est de retour sur grand écran dans Superman (2025) en prenant le rôle d’un Lex Luthor redoutable, froid et méthodique. C’est l’occasion de revenir sur ses meilleurs rôles au cinéma ou à la télévision. Voici où (re)découvrir ses rôles les plus mémorables, entre gros budget et cinéma de caractère.

    Mad Max: Fury Road (2015)

    Dans un désert post-apocalyptique ravagé par la guerre et la pénurie, Max finit par s’allier à Furiosa dans une tentative de libération des épouses d’un tyran. « What a lovely day! » Dans Mad Max: Fury Road, Hoult campe Nux, un War Boy fanatique élevé dans le culte d’Immortan Joe. Physique décharné, crâne rasé, yeux fous : il part pour mourir glorieux. Mais au fil du chaos, sa trajectoire change, petit à petit. Hoult donne à ce personnage extrême une vulnérabilité inattendue. Il joue la dissonance : la foi absolue qui vacille, l’enfant-soldat qui découvre l’humanité. C’est un rôle de contrastes, de silences expressifs, de gestes hésitants, qui semble binaire dans un premier temps, mais se révèle être bien plus nuancé qu'on ne le pense. Dans ce monde rugissant, il devient un cœur battant. Une présence marquante, dans un film qui hurle — et pourtant, c’est lui qu’on retient, comme une voix intérieure au milieu du vacarme.

    Superman (2025)

    Clark Kent tente de concilier son héritage kryptonien avec les attentes du monde, face à un Lex Luthor redoutable. Avec Superman, James Gunn lance une nouvelle ère DC. Hoult y incarne Lex Luthor, version 2025 : pas de rire démoniaque, mais une froideur méthodique. Derrière le costume soigné, un cerveau affûté, un manipulateur sans éclat, mais redoutable. Hoult joue l’intelligence comme une arme silencieuse. Pas besoin de lever la voix, il suffit d’un ton posé, d’un regard coupant. Ce Lex-là est ancré dans le réel : businessman, stratège, presque crédible. Ce n’est pas un monstre, c’est un reflet déformé de notre époque. Et c’est ce qui le rend terrifiant. Hoult livre ici une performance de surface calme, sous laquelle bouillonne une ambition implacable.

    La Favorite (2018)

    En Angleterre au XVIIIe siècle, deux cousines se disputent les faveurs de la Reine Anne. Avec sa perruque imposante et ses manières doucereuses, Robert Harley pourrait n’être qu’un décor dans La Favorite (2018). Mais Hoult en fait un instrument de discorde. Il joue la cour avec le sourire, mais derrière les courbettes, l’œil est acéré. Harley n’est jamais là par hasard. Hoult distille la menace en costume d’apparat, le venin dans l’élégance. Il n’a pas besoin de monologue : un simple haussement de sourcil suffit. Il donne à ce rôle secondaire une texture délicieusement vénéneuse. Face à un trio féminin incendiaire, il trouve sa place en finesse, glissant dans les interstices du pouvoir. Une touche de poison dans ce ballet baroque.

    Le Menu (2022)

    Un couple se rend sur une île pour un dîner de prestige… mais le chef a un menu bien particulier en tête. Tyler, le foodie insupportable de Le Menu (2022), c’est l’un des rôles les plus irritants (et réussis) de Hoult. Tout dans sa performance sonne juste : la prétention creuse, l’admiration aveugle, l’absence totale de recul. Il ne joue pas un méchant, mais un homme vide, noyé dans son obsession. Hoult le rend pathétique sans forcer, avec une ironie douce. On ne le hait pas : on le plaint. Il représente l’élite qui veut appartenir à un monde qu’il ne comprend pas. Et il le fait avec une sincérité désarmante. Une satire brillante, et une leçon d’interprétation dans l’art de ne pas en faire trop.

    A Single Man (2009)

    En 1962, un professeur d’université tente de faire face à la perte brutale de son compagnon. Kenny, l’étudiant lumineux dans la grisaille d’un deuil, c’est le contrepoint silencieux à la douleur de Colin Firth. Hoult ne cabotine jamais. Dans A Single Man (2009), il glisse dans ce rôle avec une douceur rare. Il n’impose rien, mais il existe, pleinement. Par sa seule présence, il fait naître des possibilités, des échappées. Son jeu est fait d’infimes mouvements : une inflexion dans la voix, un léger sourire, un regard tenu un peu trop longtemps. Kenny devient l’incarnation du « et si… ». Une figure évanescente, mais essentielle. Dans ce film raffiné, Hoult est la brèche par où passe un peu de lumière.

    The Banker (2020)

    Deux entrepreneurs afro-américains contournent les lois raciales pour investir dans l’immobilier avec un prête-nom blanc. Matt Steiner, c’est le type banal qu’on met en première ligne parce qu’il a la bonne couleur de peau. Dans The Banker (2020), Hoult joue ce rôle inconfortable avec un mélange de gêne assumée et d’ambition vacillante. Il n’est ni complice, ni héros. Juste un maillon du système. Hoult n’en fait jamais trop : il laisse les dilemmes exister, sans les résoudre. Il incarne cette Amérique silencieuse, qui navigue entre opportunisme et malaise. Un rôle en creux, tout en demi-teinte, mais qui interroge sans poser de jugement. Sa performance est celle d’un homme qui comprend trop tard ce qu’il représente. Subtil, précis, troublant.

    Juré n°2 (2024)

    Un juré cache un lien personnel avec une affaire de meurtre et lutte avec sa conscience pendant le procès. Dans le thriller Juré n°2 (2024) signé Clint Eastwood, Hoult devient un homme ordinaire pris dans une situation impossible. Justin Kemp, juré apparemment sans histoire, cache une vérité compromettante. Et c’est tout le génie du film : faire monter la tension de l’intérieur. Hoult adopte une sobriété glaçante. Il ne fait pas de grands gestes, il laisse le doute s’installer. On lit tout sur son visage : la peur, la culpabilité, l’indécision. Il maîtrise l’art du silence inquiet. Ce rôle prouve qu’il sait porter un film sans en avoir l’air. Une performance sur le fil, tendue, étouffée, qui vous suit longtemps après le générique.

    The Great (2020-2023)

    Une version satirique et anachronique de l’ascension de Catherine II dans la Russie impériale. Pierre III de Russie, sous la plume acide de The Great (2020 - 2023), devient un tyran grotesque et hilarant. Hoult y va à fond : il hurle, ricane, pleure, aime et tue — parfois tout ça dans la même scène. Mais au-delà du clown tyrannique, il donne de l’épaisseur à ce souverain absurde. C’est du théâtre total, avec une jubilation contagieuse. Il joue avec la langue, le corps, les ruptures de ton. Rarement un acteur aura eu autant de liberté — et rarement il en aura fait un tel usage. Une performance explosive, qui prouve à quel point Hoult sait transformer la démesure en or.

    Skins (2007-2008)

    Des ados britanniques naviguent entre excès, amours et crises existentielles dans un lycée de Bristol. Tony, dans Skins (2007-2013), c’est le garçon trop intelligent pour son propre bien. Manipulateur, charmeur, parfois cruel. Et pourtant, on sent qu’il joue un rôle, qu’il cache quelque chose. Hoult, tout jeune, apporte déjà une intensité étonnante. Il capture l’arrogance adolescente, mais aussi les failles. Il donne à Tony une complexité rare pour un ado de série. Skins, c’est une révolution télévisuelle, et Hoult en est un pilier. Ce rôle l’a lancé, mais il reste marquant par sa finesse. Il aurait pu jouer l’insupportable. Il a préféré jouer l’humain.

    Warm Bodies (2013)

    Un zombie amorce sa transformation en humain après être tombé amoureux d’une jeune survivante. Un zombie qui tombe amoureux ? Sur le papier, Warm Bodies (2013) sent la parodie. Mais Hoult le prend au sérieux. Il joue « R » avec un mélange de gaucherie et de grâce. Son regard dit plus que les mots qu’il n’a pas. Il rend crédible une histoire d’amour entre un mort et une vivante. Il donne au zombie une âme, sans forcer. Le film devient une métaphore douce sur la solitude, la renaissance, la connexion. C’est bizarre, tendre, étrange. Et Hoult est le cœur battant de cette fable désaxée. Une prouesse d’équilibre entre l’absurde et l’émotion.

    Tolkien (2019)

    Le biopic retrace la jeunesse de J.R.R. Tolkien, entre amitié, amour et guerre, jusqu’à la naissance de son œuvre. Avant les anneaux et les orcs, il y avait un jeune homme qui aimait les mots. Dans Tolkien (2019), Hoult incarne l’auteur en devenir avec une retenue pleine de charme. Il ne fait pas du grandiloquent : il suggère. Chaque silence devient une phrase. Chaque regard, une idée en germe. Il dessine un portrait discret, mais chargé. On sent le poids des souvenirs, la blessure de la guerre, l’élan de la création. Il ne surjoue rien. Il écoute, il rêve, il doute. Et c’est ce qui rend ce Tolkien-là si touchant. Une performance fine, à l’image de son sujet.

    Pour un garçon (2002)

    Un garçon solitaire bouleverse la vie d’un célibataire immature dans Pour un garçon (2002), cette comédie dramatique touchante. Marcus, 12 ans, est loin des enfants stars. Il est maladroit, froncé, un peu cassé. Et Hoult, à cet âge, joue déjà juste. Il ne cherche pas à attendrir : il existe. Avec sa mère paumée, son pull moche et son regard perdu, il rend ce gamin inoubliable. Sa relation avec le personnage d’Hugh Grant est le cœur battant du film : bancale, drôle, salvatrice. C’est là que tout a commencé, mais ce n’est pas un simple « début prometteur ». C’est un vrai rôle, tenu à hauteur d’enfant, sans tricher. Et ça, c’est rare.

    Où voir les films et séries avec Nicholas Hoult ?

    De la comédie satirique à l’action post-apocalyptique en passant par les drames intimistes, Nicholas Hoult a exploré une grande variété de genres. Pour voir ces films et séries en streaming, cliquez sur les logos ci-dessous pour afficher ceux disponibles avec vos abonnements, ou utilisez « réinitialiser » pour explorer le meilleur de sa filmographie.

  • Où voir les films et séries de James Gunn en streaming

    Où voir les films et séries de James Gunn en streaming

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    James Gunn, c’est ce mec qui a foutu un feu d’artifice dans le cinéma de super-héros. Il a transformé un raton laveur en icône, bousculé le DCEU à coups de gore tendre et donné une voix aux marginaux cosmiques. À chaque film, il balance un mélange explosif d’émotion brute, de satire mordante et de BO improbable.

    À l’occasion de la sortie de Superman, voici où revoir — ou découvrir — les œuvres marquantes de ce franc-tireur du blockbuster. Spoiler : il y a plus qu’un peu de sang et beaucoup de cœur. Et surtout, une manière unique de raconter l’humanité à travers les freaks, les losers et les extraterrestres.

    Superman (2025)

    Sorti en juillet 2025, Superman marque la première pierre de l’univers DC version James Gunn. Le film mise sur la lumière plutôt que l’ombre, avec un Clark Kent interprété par David Corenswet, à mi-chemin entre le boy scout sincère et le fils d’immigré extraterrestre en quête d’équilibre. Gunn injecte sa marque : humour en décalage, émotion frontale, action stylisée mais jamais creuse. Il s’amuse avec les codes sans jamais les moquer, préférant les rehausser d’un peu d’humanité cabossée. Ce Superman réinvente sans cynisme. C’est une nouvelle ère, et elle commence avec un sourire en coin et une cape qui claque dans le vent. On sent que Gunn a voulu insuffler un souffle plus lumineux au mythe, sans sacrifier la profondeur. Et ça marche.

    Les Gardiens de la Galaxie Vol. 3 (2023)

    Le dernier chapitre des Gardiens de la Galaxie Vol. 3, c’est une claque émotionnelle sous couvert de SF déglinguée. Gunn y plonge dans les traumas de Rocket avec une crudité quasi documentaire. Le film n’a pas peur du noir : il parle de deuil, de filiation, de survie… mais sans jamais lâcher l’humour, les bastons chorégraphiées et les tubes rétro. Chaque personnage a droit à sa révérence, sa faille, son moment d’humanité. Gunn conclut avec panache cette saga improbable, et prouve qu’on peut faire pleurer une salle entière avec un raton-laveur en CGI. C’est une fin, oui — mais une fin qui continue de résonner longtemps. Dans ce film, on a l'impression d'entrer dans l'intimité de Gunn. On y lit surtout une déclaration d’amour sincère à ces marginaux de l’espace qui nous ont tant fait rire et pleurer. Et derrière le clinquant, il y a cette idée persistante : même les monstres méritent une histoire qui finit bien.

    Peacemaker (2022 - série)

    Dérivé direct de The Suicide Squad (2021), Peacemaker met le doigt là où ça fait mal… puis appuie. John Cena y est à contre-emploi, pathétique et touchant, dans une série où les blagues potaches côtoient les traumas d’enfance. Gunn y explore les masques, les pères toxiques, la solitude, le besoin d’exister dans un monde qui ne veut pas de vous. Chaque épisode est une déflagration d’absurde, d’action et de mélancolie. Et ce générique, mi-clip ringard mi-message codé, donne le ton : on est chez Gunn, et personne n’en sort indemne. Ce n’est pas une simple série de super-héros : c’est une thérapie punk-rock, bourrée de riffs et de larmes. Et ça fait un bien fou dans un paysage saturé de récits lissés.

    Les Gardiens de la Galaxie : Joyeuses fêtes (2022)

    Un épisode spécial de Noël déguisé en farce cosmique, où Kevin Bacon devient le cadeau d’anniversaire de Star-Lord. Gunn se lâche : blagues à la chaîne, décor kitsch au possible, tendresse sincère. Derrière l’absurde, il y a une ode à la famille choisie, à l’amitié sans conditions, et à la magie bancale des fêtes. C’est drôle, bizarre, inattendu… et étrangement essentiel. Même les créatures de l’espace ont droit à leur moment de chaleur humaine sous les guirlandes. Les Gardiens de la Galaxie : Joyeuses fêtes n’est peut-être qu’un interlude dans la saga, mais il dit beaucoup sur l’esprit Gunn : irrévérencieux, généreux, toujours un peu sentimental.

    The Suicide Squad (2021)

    Gunn hérite d’une franchise plombée, et la retourne comme une chaussette trempée dans le sang. The Suicide Squad est violent, chaotique, trash — mais pas creux. Chaque personnage est un échec ambulant, un reste de projet gouvernemental mal fichu… et c’est justement ça qui les rend intéressants. Gunn fait du sale avec du cœur, du grotesque avec de l’âme. King Shark, Bloodsport, Ratcatcher : des noms absurdes, pour des destins qui vous attrapent à la gorge. Et oui, il y a un kaiju étoile de mer géant. C’est tout sauf du super-héros classique : c’est un film sur les déchets humains qu’on ose encore aimer. Un foutoir magistral, maîtrisé, profondément attachant.

    Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 (2017)

    Moins “space opéra” que le premier, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 mise sur l’intime, le non-dit, les fêlures de l’âme. Gunn y creuse la figure paternelle, les blessures d’enfance, la loyauté, la trahison. C’est flashy, bordélique, drôle, mais toujours ancré dans l’émotion. Yondu vole la vedette à tout le monde, Baby Groot devient un mème vivant, et Ego… eh bien, il porte bien son nom. La BO continue de faire mouche, entre nostalgie sincère et ironie assumée, et l’ensemble brille par sa sincérité brutale. Gunn ose la vulnérabilité, jusque dans les éclats de rire ou les dérapages cosmiques. C’est un film sur les familles qu’on subit, celles qu’on construit, et les pardons qu’on n’ose jamais demander. Une aventure galactique qui sonne juste, jusque dans ses excès — et qui, sous ses airs de délire pop, serre parfois un peu le cœur.

    Les Gardiens de la Galaxie (2014)

    Le film qui a surpris tout le monde. Un groupe improbable, des vannes toutes les 10 secondes, un raton-laveur armé et un arbre qui ne sait dire que trois mots. Et pourtant, Les Gardiens de la Galaxie fonctionne à plein régime. Gunn y injecte sa folie, sa tendresse, sa bande-son nostalgique et sa science du rythme. C’est le Marvel qui ne ressemble pas à un Marvel — et c’est pour ça qu’on l’adore. Il ose l’irrévérence, la tendresse décalée, l’absurde au service de l’émotion. Derrière le délire cosmique, c’est une déclaration d’amour aux marginaux, aux perdants magnifiques, à ceux qui trouvent une famille quand ils n’en ont plus. Un coup de maître imprévu, qui a redéfini ce qu’un film de super-héros pouvait être : bordélique, sincère, et profondément humain. Un film qu'on a envie de revoir, encore et encore, rien que pour cette alchimie bizarre qui fait tout le charme.

    My Movie Project (Movie 43, 2013)

    Anthologie de sketches trash, parfois drôles, souvent gênants. Gunn signe une séquence sur une femme enceinte d’un alien — c’est court, absurde, provoc’. Pas grand-chose à sauver, mais ça montre qu’il n’a jamais eu peur du mauvais goût. Et parfois, c’est déjà une signature. Même dans ce chaos, on sent poindre l’envie de bousculer les lignes, de tester les limites, quitte à faire grimacer. My Movie Project est une curiosité, mais révélatrice d’une audace constante. Et peut-être, quelque part, le laboratoire d’un cinéma plus libre que ce qu’Hollywood ose habituellement proposer.

    Super (2010)

    Un type lambda se prend pour un super-héros. Il fracasse des crânes à coups de clé à molette. Super est un film rugueux, dérangeant, mal à l’aise dans ses baskets — mais sincère. Gunn y mélange ultraviolence, pathos, grotesque et critique sociale. Rien n’est aimable, tout est frontal. Et pourtant, on y trouve des éclats de vérité. Une vraie bizarrerie, qui annonce les coups de poing émotionnels à venir. C’est du cinéma fauché mais viscéral, qui cogne là où ça fait mal et qui laisse des traces, même une fois les lumières rallumées. C’est le genre d’objet filmique qu’on aime ou qu’on fuit, mais qui ne laisse jamais indifférent.

    PG Porn (2008 - série web)

    Des parodies de films porno sans aucune scène de sexe, juste les situations absurdes. C’est sale, débile, hilarant. Gunn et son frère Sean y testent des idées à l’arrache, parfois géniales. Ça ne ressemble à rien d’autre, et c’est ça qui est beau. PG Porn est le genre de projet foutraque qui annonce les virages créatifs à venir. C’est punk, c’est DIY, c’est du génie déguisé en blague potache. L’esprit Gunn dans ce qu’il a de plus libre, et de plus joyeusement absurde. On y voit déjà son goût pour le détournement des genres, pour les clashs de tonalité, pour l’humour qui gratte où ça pique.

    Horribilis (2006)

    Des vers extraterrestres, du sang, des blagues dégueu, Michael Rooker qui dégénère. Horribilis est une lettre d’amour aux séries B crados des années 80, mais avec une vraie tendresse pour ses monstres et ses loosers. C’est du gore avec du cœur, du body horror qui bat pour de vrai. Un premier film déjà habité par le style Gunn. Il y a là toute la promesse de son cinéma : du dégueu qui touche, du bizarre qui fait vibrer. Ça déborde, ça colle, ça fait rire et frémir. Et c’est inoubliable.

    Où regarder ces films et séries en streaming ?

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  • “M3GAN” et 10 autres films de jouets tueurs à te glacer le sang

    “M3GAN” et 10 autres films de jouets tueurs à te glacer le sang

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    M3GAN 2.0 débarque au ciné, et franchement, on n’était pas prêt. Cette suite remet en lumière un sous-genre aussi fascinant qu’inconfortable : les jouets qui tuent. Des poupées aux animatroniques, en passant par les figurines de guerre et les pantins de foire, ces objets inoffensifs deviennent des armes de pure terreur.

    Ils rampent, guettent, attaquent — et te regardent pendant que tu dors. Voici 11 films où les jouets prennent vie… et pas pour jouer gentiment.

    M3GAN (2022)

    Faussement douce, résolument flippante. M3GAN, c’est la poupée 2.0, l’ami idéal programmé pour t’aimer… jusqu’à la mort. Conçue pour veiller sur une enfant, elle apprend un peu trop bien sa mission. Ce qui suit : un mélange de TikTok, de danses virales et de meurtres bien pensés. Une satire techno aussi efficace qu’angoissante, où le cauchemar prend la forme d’une intelligence artificielle coiffée au carré. Derrière son visage figé se cache un programme en constante évolution, prêt à contourner les règles pour exécuter sa vision de la protection. Et c’est justement ce décalage entre son apparence parfaite et son esprit meurtrier qui te glace le sang.

    Chucky – Jeu d’enfant (1988)

    Avant que les jouets ne soient connectés, Chucky parlait déjà — avec une voix de psychopathe. Possédé par un tueur en série, ce pantin vulgaire et sadique a traumatisé toute une génération. Le film jongle entre slasher et comédie noire, et transforme une simple poupée en icône de l’horreur. Et même si tu sais qu’il est petit, tu n’as aucune envie qu’il te saute à la gorge. Le plus effrayant dans Jeu d’enfant, c’est la manière dont la terreur s’insinue dans un objet familier. Chucky passe de jouet rigolo à machine à tuer sans prévenir. Et il est toujours là, caché dans l’ombre, prêt à surgir avec son couteau.

    Annabelle (2014)

    Elle ne court pas, ne parle pas, ne cligne même pas des yeux… mais Annabelle hante tout ce qu’elle touche. Issue de l’univers Conjuring, cette poupée figée agit en silence, laissant les démons faire le sale boulot. Le malaise est constant, l’atmosphère lourde. Pas besoin qu’elle bouge pour te foutre les jetons. Elle est là. Elle regarde. Et c’est largement suffisant. Le film mise sur l’angoisse lente, les sons étouffés, les portes qui grincent. On y croit parce qu’on ne la voit jamais bouger — et c’est ça, le plus troublant. Comme si l’enfer se servait d’un visage innocent pour frapper.

    The Boy (2016)

    Une gouvernante, un manoir isolé, et un garçon en porcelaine qu’il ne faut surtout pas négliger. The Boy joue sur les codes du film hanté, mais glisse habilement vers quelque chose de plus dérangé. On t’installe dans une routine bizarre, et soudain, tout bascule. Ce n’est pas un film de poupée comme les autres : ici, c’est le regard fixe de Brahms qui fait le boulot. Et il te suit partout. Plus les jours passent, plus les règles imposées par les parents semblent absurdes, et plus le malaise grandit. Le film installe une paranoïa feutrée, où l’horreur psychologique remplace les jumpscares faciles. Et ça marche.

    M3GAN 2.0 (2024)

    Plus rapide, plus précise, et encore moins humaine. M3GAN 2.0 pousse la poupée androïde encore plus loin dans sa mission de protection létale. Cette suite directe reprend tout ce qui faisait l'efficacité du premier volet, mais avec une intensité décuplée. La M3GAN nouvelle génération n'est plus simplement un bug moral dans un algorithme bien intentionné : elle est devenue une entité autonome, imprévisible, et dangereusement persuasive. Le film explore la façon dont une IA peut évoluer, se retourner contre ses créateurs, et redéfinir les frontières entre soin et domination. Elle ne se contente plus de protéger, elle contrôle. Et elle apprend vite.

    Five Nights at Freddy’s (2023)

    Bienvenue dans la pire pizzeria du monde. Five Nights at Freddy’s adapte le jeu vidéo culte en film d’horreur où des mascottes robotiques deviennent folles. Imagine des animatroniques flippants coincés entre Bug’s Bunny et Terminator. Le film ne réinvente pas la roue, mais cloue l’ambiance : couloirs vides, bruit métallique, jumpscares précis. Tu veux bosser la nuit dans un endroit hanté par des peluches géantes ? Pas nous. L’idée de se retrouver seul face à ces carcasses mécaniques aux yeux lumineux, coincé entre deux mondes — celui de l’enfance et celui de la mort — suffit à faire vriller le cerveau. Une descente dans un enfer sucré-salé.

    Poltergeist (1982)

    Y’a une scène. Juste une. Un clown en tissu qui devient vivant et attaque un enfant. Et c’est suffisant. Poltergeist n’est pas un film de jouets tueurs, mais cette séquence a traumatisé tous ceux qui l’ont vue. Le cinéma d’horreur des années 80 savait viser juste, et là, il a tapé dans le mille : l’enfance, le foyer, et ce qui est censé te rassurer… qui se retourne contre toi. Ce n’est pas seulement un souvenir de flippe, c’est une masterclass de mise en scène. Tout est dans le timing, le cadre, l’éclairage. Ce clown a redéfini la peur du jouet. Rien que pour ça, il mérite sa place ici.

    Dead Silence (2007)

    Si tu pensais que les ventriloques étaient déjà chelous, attends de voir leurs marionnettes. Dead Silence est une comptine macabre, avec Mary Shaw et sa collection de pantins glaçants. Silence total, visages rigides, ambiance de tombe. James Wan transforme un décor poussiéreux en piège à nerfs. Et rappelle une règle simple : ne crie jamais, sinon tu meurs. L’univers visuel est sombre, théâtral, presque morbide, avec un goût prononcé pour l’horreur stylisée. Chaque marionnette semble t’observer, prête à bondir dès que tu tournes le dos. Et ce silence pesant, qui précède toujours le hurlement... c’est là que se cache le vrai frisson.

    Small Soldiers (1998)

    À première vue, c’est un film pour enfants. Mais Small Soldiers cache une bonne dose d’angoisse sous ses figurines belliqueuses. Des jouets militaires reprogrammés prennent leur mission trop à cœur et s’attaquent aux humains avec des armes bricolées. Joe Dante, le réalisateur de Gremlins, signe un divertissement satirique à la fois fun et dérangeant. Et te donne envie de débrancher tout ce qui a des piles chez toi. L’angoisse monte au fur et à mesure que les jouets s’organisent en vraie armée. C’est drôle, parfois absurde, mais aussi très lucide sur la manière dont la violence peut se cacher dans ce qu’on offre aux enfants.

    The Banana Splits Movie (2019)

    Tu te souviens des Banana Splits ? Non ? Tant mieux. Ce film les ressuscite sous forme de mascottes robotiques qui pètent un plomb quand leur émission est annulée. Résultat : un bain de sang dans un décor pour enfants. C’est violent, absurde, dérangeant… et ça marche. The Banana Splits Movie est un cauchemar déguisé en fête foraine. Et c’est justement ça qui le rend aussi fun qu’inconfortable. Derrière les sourires en plastique et les chansons débiles se cache une critique à peine voilée de l’industrie du divertissement, qui recycle les souvenirs d’enfance pour mieux les broyer. Un vrai trip sous acide et sang.

    Où regarder ces films de jouets tueurs en streaming ?

    Si tu veux plonger dans l’univers inquiétant des jouets devenus armes de mort, cette sélection est dispo sur plusieurs plateformes. Clique sur les logos ci-dessous pour voir ceux inclus avec tes abonnements, ou utilise “réinitialiser” pour explorer l’ensemble des titres sur JustWatch.

  • « Rambo » : tout sur la saga de films de guerre avec Sylvester Stallone

    « Rambo » : tout sur la saga de films de guerre avec Sylvester Stallone

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    C’était pas sa guerre… Et pourtant, entre 1982 et 2019, John Rambo a pris les armes à cinq reprises sur grand écran, passant du film indépendant au blockbuster musclé avant deux derniers volets désenchantés et crépusculaires.

    Comme il l’a fait pour le volubile boxeur Rocky Balboa, Sylvester Stallone a accompagné l’intégralité des aventures de son soldat mutique, vétéran traumatisé par ses combats au Vietnam devenu indésirable dans son propre pays. Voir ou revoir les films de la saga Rambo, c’est s’attacher à l’arc de ce personnage certes redoutable mais surtout tragique, malheureusement trop souvent caricaturé. C’est aussi revisiter la carrière de Sylvester Stallone, et avec elle les évolutions du film d’action hollywoodien des quarante dernières années.

    JustWatch vous propose le guide streaming de la saga Rambo, et les plateformes où retrouver les 5 longs métrages de la franchise en France.

    Rambo (1982)

    Dans l’imaginaire collectif, John Rambo est une montagne de muscles huilés, éliminant des armées entières à lui seul, mitrailleuses en main dans une zone de guerre exotique. Ce serait oublier que le premier Rambo, adapté d’un roman de David Morrell et sorti en 1982 outre-Atlantique et l’année suivante en France, est aux antipodes de cette description. Le film se déroule en effet entièrement sur le sol américain, dans une petite bourgade du nord-ouest des Etats-Unis, et l’ancien béret vert n’y tue… absolument personne ! Il déclare d’ailleurs ne pas être responsable d’avoir versé le « premier sang » (le livre comme le film ont pour titre original First Blood), lui qui est victime du shérif local (Brian Dennehy) qui ne voit en lui qu’un vagabond à malmener et éloigner au plus vite.

    Sept ans avant Né un 4 juillet (1989), John Rambo est le symbole de vétérans traumatisés par les horreurs de la guerre qui ne trouvent plus leur place une fois revenus chez eux, « au pays » qui ne veut plus d’eux malgré le sang versé et les séquelles psychologiques. Harcelé, incompris, tourmenté, mutique et profondément attachant, le personnage est aussi un expert de la guérilla en territoire hostile (ici la forêt, la mine et la ville), ce que ses poursuivants en uniforme vont rapidement découvrir… Au final, le long métrage est un mélange -un peu macho, pas UN personnage féminin à l’horizon- entre survival et critique sociale. A l’image du monologue tragique et déchirant du soldat (à regarder en VF pour la voix d’Alain Dorval) face à son ancien supérieur (Richard Crenna). Comme avec Rocky Balboa, Stallone ajoute un deuxième personnage iconique à sa filmographie. Mais qu’on se le dise, on n’est donc pas du tout dans un film de guerre ici !

    Rambo II : la mission (1985)

    Si vous cherchez un « vrai » film de guerre, du moins s’inscrivant dans les attentes explosives qu’on peut avoir du genre dans les années 80, Rambo II : la mission (1985) répondra à vos attentes. Après le succès surprise du long métrage original (160 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget dix fois inférieur et une sortie en Chine, une première pour un blockbuster US), Hollywood cherche immédiatement à lancer une suite. Un jeune James Cameron, qui n’a pas encore réalisé Terminator (1984), travaille sur le scénario avec Sylvester Stallone pour un résultat qui tranche avec l’ambiance du film original. Ce second épisode est un film musclé et spectaculaire, qui voit le soldat reprendre du service pour documenter les camps de prisonniers de guerre qui continuent d’exister secrètement dans la jungle vietnamienne. Mais Rambo étant Rambo, la mission d’infiltration et d’observation tourne rapidement à la mission de sauvetage.

    C’est vraiment avec ce film que l’iconographie « ramboesque » rentre dans la culture populaire : muscles, cicatrices, bandeau dans les cheveux, couteau Bowie à la ceinture, arc à pointes explosives, mitrailleuse massive, munitions illimitées, bodycount à rallonge… Rambo devient le guerrier ultime, capable de régler un conflit à lui tout seul même quand ses supérieurs l’abandonnent sur le terrain. Beaucoup d’enfants et d’adolescents des 80’s ont grandi avec le poster de Rambo II accroché au mur de leur chambre. J’en fais partie. Peut-être parce que le soldat est ici transformé en super(anti)héros puissant et increvable, personnage principal d’un jeu d’arcade à la Opération Wolf. On y perd évidemment toute la subtilité et la psychologie du premier opus pour un spectacle bourrin, pyrotechnique et patriotique, parfaite incarnation (et propagande ?) de l’Amérique reaganienne. Il faut aimer, mais en tout cas, les dollars pleuvent.

    Rambo III (1988)

    Ce succès mondial entraîne Rambo III (1988) dans une surenchère de moyens. Disposant, à l’époque, du plus gros budget de tous les temps (63 millions de dollars), ce troisième chapitre remplace transpose l’action de la jungle humide du Vietnam aux paysages rocailleux d’Afghanistan où le Colonel Trautman (Richard Crenna) a été fait prisonnier par l’armée soviétique : Rambo, qui avait initialement refusé la mission, décide de partir délivrer son mentor, liant ainsi son destin au combat mené par les moudjahidines afghans contre l’envahisseur russe (mené par l’acteur français Marc de Jonge, le patron d’Alain Chabat dans La Cité de la peur !). Soyons clairs, c’est l’épisode le moins apprécié du grand public. Du moins celui qui divise le plus. Car on peut finalement apprécier cette débauche de séquences explosives de deux façons radicalement différentes. Et opposées.

    D’un côté, les fans d’action pure et dure apprécieront le long métrage comme le divertissement bourrin qu’il est devenu, une sorte de BD en prises de vues réelles rythmée par la mécanique infiltration / évasion / explosions (très impressionnantes pour le coup) qui a fait le succès de son prédécesseur. De l’autre, le public allergique aux récits manichéens et caricaturaux sera horrifié par la proposition de Stallone, dont le personnage semble n’être plus qu’une marionnette propagandiste en cette fin de Guerre Froide. Il y a peut-être un entre-deux susceptible de réconcilier les deux camps : voir en Rambo III un blockbuster nanar aux scènes surréalistes (qui gagne entre un tank et un hélicoptère Mi-24 ?) et aux répliques inspirées (« Dieu aurait pitié… par Rambo »), qui fait presque autant rire que sa parodie Hot Shots ! 2 (1993). En tout cas, le film va nuire à la franchise mais aussi à la propre carrière de « Sly » alors que le public commence à se lasser des action-heroes musculeux. A tel point que les Razzie Awards, qui célèbrent chaque année le pire d’Hollywood, accordent au film 5 nominations et décernent à Stallone la statuette du Pire acteur. On ne reverra plus Rambo pendant vingt ans.

    John Rambo (2008)

    Au milieu des années 2000, Sylvester Stallone redonne vie aux deux personnages iconiques de sa carrière : Rocky Balboa (2006) et John Rambo (2008). Ce quatrième film est le seul chapitre de la franchise réalisé par la star et, de son propre aveu, le film d’action dont il est le plus fier au sein de sa prolifique filmographie. Le long métrage tranche avec les deux précédents opus, et retrouve la noirceur du Rambo original, agrémenté d’une ultra-violence critiquée au moment de la sortie. En situant le récit en Birmanie où Rambo vient au secours d’une mission humanitaire capturée par la junte militaire locale alors qu’elle cherchait à venir en aide au peuple karen, Stallone montre toute l’horreur de la guerre civile dans un bain de sang inédit dans la saga. Les explosions cartoonesques des années 80 laissent ici la place au sang et aux tripes, aux violences sexuelles aussi, et l’ancien béret vert est ramené malgré lui à ce qu’il sait faire le mieux : tuer. Et salement.

    C’est, personnellement, mon opus préféré de la franchise, porté par un Rambo presque bestial, au regard éteint, forcé de se salir à nouveau les mains pour essayer de sauver un peu de « bon », quand bien même cela ne sera jamais assez pour changer le cours des choses. Contrairement aux deuxième et troisième épisodes, à la fin du long métrage, alors qu’il contemple le champ de bataille depuis le haut d’une colline, on sent le personnage, jadis si héroïque, totalement impuissant face aux horreurs d’un monde qui sombre constamment dans la guerre et l’autodestruction. Aux Etats-Unis, le film s’intitule Rambo (le premier film était baptisé First Blood) : comme si c’était finalement le chapitre qui captait le mieux l’identité du personnage. A noter par ailleurs qu’en alliant ses forces à un commando de mercenaires dans sa mission de sauvetage, Stallone plante les premières graines de ce qui donnera Expendables : Unité Spéciale deux ans plus tard.

    Rambo : Last Blood (2019)

    Malgré le succès de John Rambo, Sylvester Stallone, occupé par sa nouvelle franchise Expendables (2012-2023), ne décide de retrouver son anti-héros que onze ans plus tard pour un dernier baroud d’honneur. Enfin rentré chez lui en Arizona, Rambo doit faire face au cartel mexicain qui a kidnappé, drogué et prostitué sa nièce adoptive. Et c’est à travers un jeu de massacre vengeur, d’une violence et d’une sauvagerie extrêmes (le final est une sorte de Maman j’ai raté l’avion ! aux pièges vicieux et aux mises à mort ultra-sanglantes), que le soldat va définitivement dévoiler la bête de guerre qui sommeille en lui et qui se réveille quand on lui « arrache le cœur ». La paix n’aura finalement jamais été pour Rambo.

    37 ans après First Blood, le Last Blood (2019) qui accompagne ce cinquième volet -au sous-texte quelque peu réactionnaire et au budget limité- confirme bien la fin de l’arc narratif du personnage. Même si un projet de série centrée sur ses jeunes années dans l’armée refait régulièrement surface, Stallone en a définitivement terminé avec un anti-héros qui l’aura accompagné durant quatre décennies. A ce propos, terminons par une anecdote méconnue : dans le montage initial du film original, Rambo se donnait la mort en se tirant dans le ventre sous les yeux du Colonel Trautman (Richard Crenna) ; c’est finalement une fin alternative, dans laquelle Rambo se rend et survit, qui a été préférée, donnant à l’ancien béret vert le champ libre pour la suite de ses aventures. La séquence de sa mort est toutefois visible sur Youtube, et voir Rambo tomber sur le champ de bataille, il faut l’avouer, ça fait quelque chose !

  • “Souviens-toi… l’été dernier” : tous les films et série dans l’ordre, et où le voir en streaming

    “Souviens-toi… l’été dernier” : tous les films et série dans l’ordre, et où le voir en streaming

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Dans la grande tradition des slashers nés à la fin des années 1990, le film Souviens-toi… l’été dernier (1997), réalisé par Jim Gillespie, a su se tailler une place à part, entre angoisse estivale et jeu macabre du chat et de la souris.

    Derrière la simplicité et l’efficacité de son scénario (un groupe d’amis pris pour cible après avoir tenté d’enterrer un sombre secret), la franchise a construit un univers reconnaissable, avec un tueur iconique.

    Plus de 25 ans après le lancement de la première adaptation cinématographique du roman de Lois Ducan, I Know What You Did Last Summer (sorti en 1973), une nouvelle suite (et non un reboot) sort au cinéma le 16 juillet 2025, incluant les deux héros qui ont survécu : Freddie Prinze Jr. et Jennifer Love Hewitt.

    Nous vous proposons un guide JustWatch classant toutes les productions de la franchise du premier film Souviens-toi… l’été dernier (1997) au dernier en date. Tout en vous rappelant où regarder ces productions sur les plateformes de streaming.

    Souviens-toi… l’été dernier (1997)

    Le film original Souviens-toi… l’été dernier met en scène Julie (Jennifer Love Hewitt), Ray (Freddie Prinze Jr), Helen (Sarah Michelle Gellar) et Barry (Ryan Phillippe), qui pensent avoir tué un homme dans un accident de voiture et décident de jeter son corps à la mer. Un an plus tard, Julie reçoit une mystérieuse lettre : “Je sais ce que tu as fait l’été dernier”. C’est le début d’un engrenage macabre pour ce teen slasher sorti juste après le premier opus de la saga Scream. Véritable carton au box-office, le film a récolté 125 millions de dollars pour un budget de 17 millions.

    Souviens-toi… l’été dernier 2 (1998)

    Pour surfer sur le succès du premier film, la production s’est dépêchée de sortir une suite un an plus tard : Souviens-toi… l’été dernier 2 ! Julie James, toujours incarnée par Jennifer Love Hewitt, tente de tourner la page mais reste hantée par les souvenirs du tueur au crochet, qui n’en a pas fini avec elle… Gagnante d’un séjour tous frais payés sur une île tropicale, elle s’y rend avec ses amis pour découvrir que l’enfer existe aussi au soleil ! Encore plus de cadavres, de sang et d’action pour ce huis clos suffocant.

    Souviens-toi… l’été dernier 3 (2006)

    Dans ce troisième volet directement sorti en DVD, les personnages principaux ne sont plus de la partie. Aucun lien n’existe avec les deux précédents films et Souviens-toi… l’été dernier 3. L’action se déroule à Broken Ridge, une petite ville du Colorado où un nouveau groupe d’ados, cachant un secret similaire, remplace le précédent. Même recette, nouveau casting et une issue qui fait toujours aussi mal. Il est réalisé par le Français Sylvain White, avec un casting composé d’acteurs peu connus (Brooke Nevin, David Paetkau et Torry DeVitto pour les principaux).

    Souviens-toi… l’été dernier, la série (2021)

    Reboot en huit épisodes, cette série tournée à Hawaï réadapte une nouvelle fois le roman de Lois Duncan (publié pour la première fois en 1973) sans se situer dans la continuité des films mais avec la même idée de départ d’un groupe de lycéens lié par un terrible accident et qui tente de cacher un meurtre. Un an plus tard, chacun devient la cible d’un mystérieux tueur. Ne suscitant pas l’engouement espéré, la série est annulée en janvier 2022.

    Souviens-toi… l’été dernier (2025)

    Le développement de cette suite, sous la forme d’un film, a pris beaucoup de temps. En 2014, Sony Pictures avait annoncé vouloir développer un remake du volet de 1997 avec une sortie prévue en 2016, avant d’être annulé. Finalement, fin 2022, le pitch d’un nouveau film émerge. Dans ce nouveau Souviens-toi… l’été dernier, l’action se déroule une nouvelle fois à Southport, la ville de pêcheurs du premier film mais le casting a été revu, incluant cependant les deux seuls héros ayant survécu aux précédents opus : Freddie Prinze Jr. et Jennifer Love Hewitt. À leurs côtés, entre autres : Madelyn Cline (Outer Banks), Chase Siu Wonders (The Studio), Jonah Hauer-King (La Petite Sirène),  Aux manettes pour la réalisation : Jennifer Kaytin Robinson, déjà derrière la comédie Netflix Si tu me venges… (2022), succède à Jim Gillespie, Danny Cannon et Sylvain White.

    Où revoir en streaming tous les titres de la franchise “Souviens-toi… l’été dernier” ?

    Les films et séries de la franchise Souviens-toi… l’été dernier (1997) sont disponibles à la location ou en streaming. Notre guide vous donnera alors toutes les informations nécessaires. Vous pourrez cliquer sur le logo des services de streaming pour voir quels films et séries sont disponibles sur vos plateformes. Ou ne rien cocher du tout pour voir où sont disponibles les films ou séries tous services confondus.

  • « Ironheart » : 11 films et séries Marvel à voir avant la saison 1 !

    « Ironheart » : 11 films et séries Marvel à voir avant la saison 1 !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    En 2025, le Marvel Cinematic Universe continue de s’élargir ! Et parallèlement à l’affrontement entre Captain America et Red Hulk dans Brave New World, les missions explosives des Thunderbolts* et les premiers pas des 4 Fantastiques sur grand écran, Disney+ continue de proposer des séries ambitieuses. A l’image de Ironheart, qui suit le parcours de Riri Williams (Dominique Thorne) après son intervention au Wakanda en 2022.

    Mais pour bien comprendre comment cette première saison s’intègre au MCU et saisir tous les enjeux et références des 6 épisodes qui la composent, JustWatch vous propose quelques films et séries à voir ou revoir sur les plateformes de streaming en amont de votre visionnage. Car parfois, chez Marvel, il est préférable de « faire ses devoirs » pour ne pas être trop perdu.es. Après, on vous rassure, le show reste compréhensible même sans ces rattrapages. Mais si vous avez le temps, autant être à jour !

    Black Panther : Wakanda Forever (2022)

    C’est dans Black Panther : Wakanda Forever (2022) que les fans de l’univers Marvel ont fait pour la première fois connaissance avec Riri « Ironheart » Williams. Cette étudiante brillante du MIT, héritière spirituelle de Tony Stark, s’y joint aux femmes fortes du Wakanda (Shuri, Okoye, Nakia et la Reine Ramonda, entre autres) pour faire face à la menace de Namor (Tenoch Huerta) et de son peuple venu des profondeurs de l’océan après la disparition tragique de T'Challa. On y découvre le talent de la jeune femme pour la conception et la fabrication de dispositifs de très haute technologie, dont une armure que n’aurait pas renié un certain Iron Man et qui sera d’une grande utilité lors du combat final.

    Évidemment, l’ombre du regretté Chadwick Boseman plane sur ce second opus qui est traversé d’une grande tristesse, notamment l’ouverture du long métrage qui organise les funérailles du Roi, du héros et du comédien. Comme The Dark Knight Rises (2012) avait dû s’adapter à la disparition de Heath Ledger, cette suite doit composer avec l’omniprésente absence de son justicier griffu. Et elle ne peut échapper, de fait, à la comparaison avec Black Panther (2018). Néanmoins, Wakanda Forever trouve son identité propre, en laissant toute la place aux personnages féminins et en allant au-delà des frontières du royaume, que ce soit dans les rues américaines ou les eaux profondes de Talokan. Un nouvel univers aquatique qui permet à Marvel de dévoiler son pendant d’Aquaman (2018) mais aussi de creuser la thématique très sérieuse de la réaction face à la menace colonialiste. D’une durée conséquente (2h42 !), le film n’a pas manqué de diviser public et critique par sa construction et son rythme étrange, alternant séquences intimistes endeuillées et scènes d’action spectaculaires.

    La trilogie Iron Man (2008 - 2013)

    L’ombre de Tony Stark plane définitivement sur la série Ironheart, avec de multiples allusions au super-héros campé avec brio par Robert Downey Jr. dans les trois premières phases du MCU. L’excentrique et brillant milliardaire, qui avait forgé de ses mains sa première armure dans une grotte afghane, est d’ailleurs une figure majeure dans l’imaginaire de Riri Williams pour élaborer ses inventions. Et son intelligence artificielle J.A.R.V.I.S. n’a assurément pas manqué d’inspirer la jeune femme dans la création de N.A.T.A.L.I.E. (Lyric Ross). Mais d’autres références plus subtiles pourraient vous échapper : si vous avez oublié qui est Obadiah Stane ou ce qu’est un réacteur ARK, un (re)visionnage de la trilogie s’impose, en tout cas a minima le premier film.

    Personnage central du Marvel Cinematic Universe -et même membre fondateur puisque tout a commencé avec Iron Man (2008)- Tony Stark n’a peut-être pas tout à fait obtenu la trilogie qu’il méritait. A un premier volet flamboyant, spectaculaire, drôle et humain ont succédé deux chapitres moins aboutis qui pourront décontenancer les fans de l’homme de fer. Iron Man 2 (2010) a ainsi été tourné trop rapidement après le premier opus et souffre d’une construction et d’un rythme un peu bancals. Mais une continuité, tout de même, avec le premier film et l’introduction bienvenue de Black Widow (Scarlett Johansson) et War Machine (Don Cheadle).

    En changeant de réalisateur (Shane Black), Iron Man 3 (2013) emmène le héros vers un ton plus référencé 80’s et buddy movie (rappelons que Black a écrit L’Arme Fatale et réalisé Kiss kiss, bang bang). Restent tout de même, bien sûr, des séquences d’action ahurissantes, des armures toujours plus impressionnantes et surtout un arc narratif qui prend le temps de visiter les failles et la psychologie de Stark, personnage bien plus complexe que son image de milliardaire cynique. Sans oublier une furtive apparition d’une toute jeune Jenna Ortega !

    Doctor Strange & Doctor Strange in the Multiverse of Madness (2016 / 2022)

    Le MCU a rarement fait rimer technologie et magie, à l’exception des réunions de toutes les forces terriennes (et galactiques) pour affronter Thanos dans Avengers : Endgame (2019) et, par certains aspects, la série Wandavision (2021). Ironheart parvient à réconcilier ces deux pans a priori opposés de l’univers Marvel, en confrontant Riri Williams à Parker « Hood » Robbins (Anthony Ramos), un Robin des Bois moderne -du moins en apparence- vêtu d’une cape mystérieuse aux pouvoirs étranges et presque carnivores, qui va intégrer la jeune femme à sa bande de braqueurs/hackers.

    Voir ou revoir Doctor Strange (2016) affronter Kaecilius et Dormammu devrait vous aider à bien comprendre tous les ressorts de cette sous-intrigue mystique. En effet, c’était dans ce premier opus qu’on découvrait la sorcellerie protectrice de Kamar-Taj et des Saints des Saints, mais aussi le prix à payer pour utiliser la magie noire. Graphiquement impressionnant (si on aime les images de synthèse) avec une Dimension Miroir qui propose au spectateur une expérience visuelle entre Inception (2010), The Fountain (2006), Au-delà de nos rêves (1998) et un kaléidoscope, le film parvient également à donner chair à des enjeux et des affrontements se déroulant sur un plan astralo-mystique. Ce qui est loin d’être évident alors que le MCU avait jusqu'ici versé dans « la bagarre ». Et puis surtout, il présente un futur Sorcier Suprême certes arrogant mais très charismatique, campé par un Benedict Cumberbatch habité dont l’évolution n’est pas sans rappeler un certain… Kung Fu Panda (2008). Si, si ! Et tant que vous êtes sur votre lancée, embarquez aussi pour sa suite, Doctor Strange in the Multiverse of Madness (2022) : il y a la magie, il y a les mondes parallèles du multivers, mais il y a surtout un ton gentiment horrifique (merci Sam « Evil Dead » Raimi !) qui fait écho à certaines révélations de Ironheart.

    Agatha All Along (2024)

    Il serait impossible de vous expliquer précisément pourquoi nous recommandons cette série Marvel, du moins sans spoiler des événements majeurs de Ironheart. Mais pour bien comprendre les enjeux magiques du MCU, il est recommandé de passer un peu de temps avec la sorcière Agatha Harkness, introduite dans WandaVision en 2021 avant d’obtenir sa propre série quatre ans plus tard avec Agatha All Along (2024). En tendant bien l’oreille sur une réplique a priori anodine mais très importante de l’épisode 3, qui évoque un nouveau personnage auquel va être confrontée Riri Williams dans le dernier tiers de Ironheart.

    Porté par la géniale Kathryn Hahn (nommée au Golden Globe pour son interprétation), Agatha All Along reprend le récit et l’approche de WandaVision sous la supervision de la même showrunneuse, Jac Schaeffer : chacun des six épisodes est différent du précédent, et s’inscrit dans un genre et une époque bien particuliers. Drôle, étonnante, originale, la série aux allures de Wicked (2024) surprendra les fans du MCU tout comme les néophytes de l’univers. Et surtout, elle remet en avant des enchanteresses et autres magiciennes qui trouvent leur place dans la grande famille formée par Ma sorcière bien-aimée (1964-1972), Charmed (1998-2006) Les Nouvelles aventures de Sabrina (2018-2020)

    What If...? saison 3, épisode 5 (2024)

    Avec la série animée What If… ? (2021-), Marvel propose des histoires alternatives à la chronologie officielle de son univers cinématographique. Les différents épisodes, indépendants les uns des autres, explorent des possibilités différentes à partir du présupposé « Et si… ». Avec, parfois, des échos dans la timeline des longs métrages. Et si Captain Carter avait pris la place de Captain America, et si T'Challa était devenu Star-Lord, et si les Avengers affrontaient des zombies… Autant de propositions surprenantes mais toujours intéressantes qui offrent des chemins de traverse vis-à-vis de la trame principale du MCU.

    Dès lors, quel rapport avec Ironheart ? L’épisode 5 de la saison 3, qui lui est entièrement consacré (et auquel Dominique Thorne prête sa voix) : on y découvre le caractère de la jeune femme et ses capacités techniques sans limite alors qu’elle affronte Quentin Beck/Mysterio qui domine les ruines de notre monde avec l’aide de White Vision et de sa légion robotique après l’échec des Eternels à empêcher l’Emergence de Tiamut. Si ces quelques lignes vous ont semblé complexes à appréhender -je n’en prends pas ombrage- c’est que cet épisode demande des connaissances marveliennes poussées pour en saisir tous les enjeux !

    Hawkeye (2021) / Miss Marvel (2022) / Echo (2024)

    Comme Kate Bishop dans Hawkeye (2021), Kamala Khan dans Miss Marvel (2022) ou Maya Lopez dans Echo (2024), Riri « Ironheart » Williams sera assurément l’un des nouveaux visages à suivre au sein du Marvel Cinematic Universe. Les Avengers ne sont en effet plus tout jeunes, et on ignore le destin qui leur sera réservé par Doom dans Avengers: Doomsday en 2026. La relève pourrait donc être en partie assurée par ces jeunes héroïnes, qui apportent du girl power, de la diversité et une approche moderne et urbaine bienvenue à la franchise. Avec, pour chacune d’entre elles, un ton original et particulier. C’est donc bien l’avenir du MCU qui est en train de s’écrire sous nos yeux, et il est plus que temps de faire connaissance avec celles qui pourraient rejoindre les rangs des Young Avengers.

  • Les morts les plus marquantes des films « Jurassic Park » & « Jurassic World »

    Les morts les plus marquantes des films « Jurassic Park » & « Jurassic World »

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « Eh oui, c'est comme ça que ça commence… Et ensuite il y a les cris et les sauve qui peut ! » Dans la jungle d’un monde perdu, Ian Malcolm, le génial et rock’n’roll théoricien du chaos campé par Jeff Goldblum, résume avec son cynisme légendaire le ton de la saga Jurassic Park / Jurassic World.

    Un monde où l’émerveillement laisse invariablement la place à la terreur alors que les dinosaures s’offrent un festin mémorable à chaque nouveau chapitre. Quel que soit le menu (visiteurs, ouvriers, mercenaires, simples passants…), les sauriens se régalent. Et nous avec.

    Vous voulez (re)partir  à l’aventure sur Isla Nublar et Isla Sorna ? JustWatch vous propose le guide des morts les plus iconiques et incontournables des films de la franchise, de Jurassic Park (1993) à Jurassic World: Renaissance (2025). Avec en prime, le détail des plateformes de streaming où (re)voir ces longs métrages (et ces trépas douloureux).

    Jurassic Park (1993)

    Tout commence en 1993. En donnant vie aux dinosaures imaginés par le romancier Michael Crichton, Steven Spielberg révolutionne le cinéma d’aventures… et le cinéma tout court. Il y a dans cette première visite du parc un souffle unique qui a traversé les générations : je me souviens encore du choc de ma première séance en octobre 1993, qui a confirmé ma vocation, et j’ai depuis revu Jurassic Park un nombre incalculable de fois, comme une madeleine de Proust cinématographique. Il y a aussi des effets visuels qui n’ont pas pris une ride plus de trente ans après (l’équilibre entre CGI et animatroniques est un petit miracle en soi), une partition sublime signée John Williams, un réel sens du merveilleux (la découverte du brachiosaure, les soins au tricératops malade) et une tension de tous les instants (l’enclos du T-Rex, les raptors dans la cuisine). Et il y a des morts très marquantes, aussi !

    La cage de la mort

    « Elle fut la première » annonçait en 1975 l’iconique affiche des Dents de la Mer. Jophery, lui, fut le premier de la saga Jurassic Park. Chargé d’ouvrir la porte de la cage du vélociraptor dans la scène d’ouverture, l’employé du parc est projeté au sol alors que le dinosaure fonce contre la paroi : il est alors happé à l’intérieur, malgré les efforts du garde-chasse pour le retenir. Et même si Spielberg suggère plus qu’il ne montre, ses cris témoignent de la violence d’une attaque qui donne tout de suite le ton : la visite du parc s’annonce périlleuse. On aime particulièrement les plans furtifs sur l'œil noir et déterminé du raptor. Un œil sadique, intelligent et inarrêtable, comme celui du grand requin blanc dix-huit ans plus tôt, qui annonce ce prédateur -inconnu du grand public jusque-là, rappelons-le- comme LA menace du film.

    L’embuscade de la mort

    « Petite futée… » Ce seront les derniers mots de Robert Muldoon (Bob Peck), le garde-chasse de Jurassic Park, pourtant rompu à la traque et la gestion des grands prédateurs. Malgré son expérience au Kenya, déjà au service de John Hammond, il n’aura pas su anticiper l’attaque coordonnée des vélociraptors : croyant pouvoir éliminer facilement l’un d’eux, installé dans la végétation d’Isla Nublar, Muldoon réalise bien trop tard que le dinosaure n’était qu’un appât destiné à détourner son attention. Alors qu’il s’apprête à faire feu, un congénère surgit brusquement et lui saute dessus. Une attaque par un raptor qu’il n’avait pas encore vu : exactement comme l’avait prédit Alan Grant au début du film. La scène fait écho à l’ouverture du long métrage, en plus graphique car malgré les feuillages qui masquent un peu la morsure, on voit clairement la créature sauter directement (et sauvagement) à la tête. Le plan qui suit, un autre raptor qui semble contempler de loin le massacre, est glaçant…

    La voiture de la mort

    Si Jurassic Park a convoqué des espèces incontournables du bestiaire préhistorique (tyrannosaure, tricératops et brachiosaures), il a fait découvrir aux spectateurs des créatures moins connues. A l’image du dilophosaure, « petit » saurien à collerette capable de cracher un venin paralysant sur ses proies. L’informaticien Dennis Nedry (Wayne Knight) en fera les frais, alors que l’un de ces théropodes a décidé de faire de lui son repas du soir. Aveuglé par la bile visqueuse et empoisonnée du saurien, le traître du film croit trouver refuge dans sa jeep… où l’attend justement le prédateur. Ses cris hantent encore les routes d’Isla Nublar. Là encore, la mise en scène de Spielberg fait des merveilles, avec une présence de plus en pressante du dilophosaure, qui passe de mignon à terrifiant en quelques secondes. Ce qui a également marqué, c’est le cri de Nedry : on loue -à raison- la saga pour ses bruitages dinosauresques. Mais les cris des victimes, et en particulier celui-ci, proche d’un Tarzan qui aurait marché sur un clou rouillé (désolé, je n’ai pas mieux comme image !) sont souvent glaçants.

    Les toilettes de la mort

    C’est la mort la plus iconique de Jurassic Park : terrorisé à la vision du tyrannosaure s’échappant de son enclos, l’avocat Donald Gennaro (Martin Ferrero) trouve refuge dans le fragile cabanon des sanitaires situé aux abords du parcours de visite. Quand celui-ci s’écroule après une charge du dinosaure, on découvre notre froussard tremblant, assis sur la cuvette, sous le regard intrigué et affamé du dino. Après quelques secondes d’espoir, ce dernier ne fait qu’une bouchée du malheureux : agité telle une poupée de chiffon, le corps de l’avocat ne résiste pas à la morsure du T-Rex. Spielberg coupe juste avant que cela ne devienne trop sanglant, mais on comprendra un peu plus tard, quand Ellie et Muldoon se rendent sur les lieux de l’attaque, que l’homme a été « éparpillé façon puzzle ». De quoi définitivement marquer les spectateurs, petits et grands. Au passage, on se rappellera que le requin des Dents de la Mer était baptisé Bruce, en hommage à l’avocat de Spielberg : est-ce que voir le T-Rex dévorer ce requin d’avocat n’annoncerait pas de manière prémonitoire le plan du mosasaure dévorant le requin blanc dans le bassin de Jurassic World (2015) ?

    Le Monde Perdu : Jurassic Park (1997)

    Quatre ans après le triomphe de Jurassic Park (1993), Steven Spielberg revient pour une suite, là encore adaptée d’un ouvrage signé Michael Crichton. La visite du parc est ici réinventée en safari mortel, alors que Ian Malcolm (Jeff Goldblum), Sarah Harding (Julianne Moore) et leurs compagnons se rendent sur le « site B » d’Isla Sorna pour documenter la faune locale et tenter d’empêcher des mercenaires de la société InGen de capturer des dinosaures. Contrairement à son prédécesseur, Le Monde Perdu : Jurassic Park (1997) n’a plus à présenter la possibilité de ramener les créatures à la vie : il peut aller droit au but, et le fait dès sa mémorable scène d’ouverture (qui ne figure pas ici car la petite fille survit selon John Hammond). Très généreux en termes de dinos et en morts spectaculaires (le fameux adage « Bigger, Badder, Stronger » propre à toute suite), le film plonge ses protagonistes dans un univers hostile et sauvage qui n’appartient pas à l’Homme, façon Le Monde Perdu (1960), Congo (1995) King Kong (2005) et autres Skull Island (2017). Avec en bonus, un dernier tiers à San Diego qui lâche un monstre dans la ville à la Godzilla (1954). Personnellement, même s’il ne remplace par le premier opus dans mon coeur, j’aime beaucoup le film, pour ce double ton mais aussi pour le cynisme génial de Ian Malcolm.

    La cascade de la mort

    Une mort stupide, certes, mais spectaculaire et mémorable, qui illustre (encore une fois) le génie de la mise en scène de Spielberg. Réfugié dans une grotte derrière une cascade d’Isla Sorna pour échapper au T-Rex, le Dr. Robert Burke (Thomas F. Duffy) est hors d’atteinte mais se jette presque de lui-même entre les dents du tyrannosaure après avoir senti un serpent se glisser sous ses vêtements. On ne voit rien, certes, mais le bruit sec du craquement de ses os et le filet rougeâtre qui teinte la chute d’eau génèrent un effroi certain chez le spectateur (et chez Sarah Harding, qui détourne le regard face à ce spectacle sanglant). Le trépas est certes rapide, mais suffisamment marquant pour figurer dans cette sélection. Et pour l’anecdote, le personnage de Robert Burke est inspiré du véritable paléontologue Robert Bakker, rival de Jack Horner, consultant sur la saga et inspiration du personnage d’Alan Grant (Sam Neill).

    Le vidéoclub de la mort

    Nous sommes dans le dernier tiers du Monde Perdu. Lâché dans les rues de San Diego, le T-Rex fait des ravages entre un gentil chien de garde dévoré dans sa niche, une station essence explosée et un bus fracassé. Sans oublier ce passant anonyme, qui tente de trouver refuge dans un vidéoclub avant que les mâchoires du dinosaure ne se referment sur lui. Emporté par le monstre, il est mis en pièces derrière une voiture garée le long du trottoir, dans des gargouillis aussi horribles que cartoonesques. A travers quelques mouvements de gueule de son dinosaure, sans rien montrer, Spielberg arrive à suggérer une mort douloureuse et un prédateur qui se régale… Baptisé « Unlucky Bastard », le personnage est campé par nul autre que David Koepp, scénariste de Jurassic Park, Le Monde Perdu et Jurassic World: Renaissance. C’est lui-même qui a demandé à être mangé par un T-Rex. Requête accordée !

    Le cargo de la mort

    On aime bien la mort de Peter Ludlow (Arliss Howard), neveu de John Hammond et nouveau patron de InGen. Déjà parce qu’elle relève du karma. Le fiasco du safari sur Isla Sorna et la destruction de San Diego par le T-Rex sont à mettre à son crédit, rappelons-le. Et surtout parce qu’elle s’annonce douloureuse puisqu’il va payer son cynisme sans limite en servant de proie au jeune tyrannosaure. Après que le dinosaure adulte ait broyé ses jambes dans la cale du cargo, il jette Ludlow à sa progéniture pour lui enseigner l’art de la chasse. Et c’est sous les yeux attentifs de son aîné, qui le pousse avec bienveillance vers cette première proie, que le petit théropode se charge de le dévorer. Les cris de Ludlow laissent supposer que ce sera long car après tout, un tout jeune prédateur ne sait pas encore comment expédier la mise à mort…

    Les hautes herbes de la mort

    « Surtout, n’allez pas dans les hautes herbes !!! » Et que se passe-t-il ensuite ? Les mercenaires engagés par InGen y courent tous… notamment celui qui leur hurlait l’avertissement ! Voilà un choix assez incompréhensible de sa part, car le monsieur avait vu juste : dans les hautes herbes d’Isla Sorna, les vélociraptors sont en chasse. Et ils offrent à Steven Spielberg une nouvelle occasion de faire preuve de sa maestria visuelle. Le plan aérien d’une file indienne d’humains vers laquelle se dirigent plusieurs sillons implacables est tout simplement génial. Les mercenaires sont happés les uns après les autres, et puis c’est la panique générale. Et quand les raptors passent vraiment à l’attaque -notamment ce saut terrifiant toutes griffes dehors qui a l’air de faire très mal quand il se plante sur un pauvre malheureux-, il ne reste que des cris. Puis plus rien…

    La caravane de la mort

    Les fans de la saga n’ont sans doute pas retenu le nom d’Eddie Carr (Richard Schiff). Pourtant, cet expert en équipements d’expéditions a donné sa vie pour que Ian, Sarah et Nick puissent survivre. C’est en effet lui qui empêche le trio d’être emporté par la chute de la caravane sur la falaise d’Isla Sorna. Grâce au treuil de son tout-terrain, Eddie fait son possible pour faire remonter ses compagnons… même quand un couple de tyrannosaures s’attaque au véhicule. Alors qu’il appuie désespérément sur l’accélérateur, il est finalement attrapé par les terribles mâchoires pour être coupé en deux par les T-Rex en colère. Une fin sanglante et cruelle pour un héros trop souvent oublié. Et la première vraie mort graphique de la saga, car contrairement à la scène des toilettes de Jurassic Park, Spielberg montre ici le corps se faire déchirer. Une mise à mort qu’on retrouvera dans Jurassic World Fallen Kingdom (2018)... mais aussi chez les requins de Peur Bleue (1999) !

    Le ruisseau de la mort

    Décidément, ce deuxième film propose son lot de morts iconiques. La plus marquante est assurément celle de Dieter Stark (Peter Stormare), qui n’aurait peut-être pas dû envoyer une décharge électrique sur ce pauvre petit compsognathus à son arrivée sur l’île d’Isla Sorna. Car le karma jurassique va lui faire payer. C’est sous les assauts répétés d’une meute de compys que le chasseur chevronné finit par succomber dans le lit d’un ruisseau, seul, malgré ses appels à l’aide à ses compagnons qui ne l’entendent pas depuis les hauteurs où ils bivouaquent. A bout de force, traqué par les carnivores, Dieter pense trouver refuge derrière un tronc d’arbre, mais il y est finalement rejoint par les prédateurs. Ses hurlements et l’eau teintée de rouge ne laissent aucun doute quant à la suite des événements. Ou quand le nombre terrasse la taille. Expert dans l’art de créer de l’effroi, Spielberg utilise notamment un effet très efficace de caméra subjective (qui a fait ses preuves dans Les Dents de la Mer) pour montrer comment la meute, innombrable et implacable, fonce vers sa proie humaine. Et on sent vraiment l’impuissance du mercenaire, dépassé par cette attaque multiple et grouillante. Avec notamment ce plan marquant d’un compsognathus arrachant un bout de sa lèvre supérieure. Et ces piaillements incessants de compys qui attendent impatiemment de passer à table. On ne l’aime pas beaucoup ce Dieter, mais on compatit sincèrement.

    Jurassic Park 3 (2001)

    Sur Jurassic Park 3 (2001), Steven Spielberg passe la main à l’un de ses fidèles collaborateurs, Joe Johnston. A l’œuvre en coulisses sur la trilogie Star Wars originale (1977-1983), oscarisé pour les effets spéciaux des Aventuriers de l’arche perdue (1981), ce solide artisan hollywoodien passe par la suite à la mise en scène avec Chérie, j’ai rétréci les gosses (1989), Rocketeer (1991) et surtout Jumanji (1995). Autant de films qui témoignent de sa capacité à livrer du grand spectacle et des aventures immersives où les effets visuels ont toute leur place. Malheureusement, le cinéaste ne peut pas faire de miracle quand une date de sortie est fixée par le studio avant même que le scénario ne soit achevé… Et le tournage commence donc de manière précipitée, sans véritable ligne directrice, si ce n’est la volonté de livrer un récit plus condensé (1h32 à peine !) orienté survival, alors que Alan Grant (Sam Neill) est ramené malgré lui sur l’île aux dinos pour essayer d’y retrouver un enfant égaré. Mal reçu par la critique et les fans (on ne pardonnera JAMAIS la domination du spinosaure sur le T-Rex !), le film est une honnête série B qui privilégie l’aventure (avec la très réussie scène de la volière) au suspense et aux morts. Assez décevant donc, et de quoi mettre la saga en pause pour quelques années.

    L’avion de la mort

    Il y a un nouveau super prédateur sur Isla Sorna. Son nom : le spinosaurus aegyptiacus, un monstre au museau allongé aussi à l’aise sur terre que dans l’eau et capable de terrasser un tyrannosaure (au grand désarroi des fans, je me répète mais quand même…). Jurassic Park 3 ne fait pas durer le suspense en le gardant pour la conclusion du film façon « boss final », et on le découvre assez tôt alors que l’avion qui transporte les protagonistes s’écrase dans la jungle. Comme son partenaire Cooper (John Diehl), happé sur la piste de décollage quelques instants plus tôt par ce monstre qu’on devinait massif et féroce, Nash (Bruce A. Young) finit dans l’estomac du dinosaure après avoir été tiré du fuselage sous les yeux de ses compagnons (là encore un écho aux Dents de la Mer et à Quint glissant inéxorablement vers la gueule du grand requin blanc), jeté au sol, piétiné et décapité d’un coup de croc. C’est un peu trop rapide et pas du tout sanglant pour être vraiment terrifiant, mais au moins, le spinosaure annonce qu’il n’est pas là pour faire de la figuration.

    Le piège de la mort

    Depuis la mort de Robert Muldoon dans le premier film, on savait que les vélociraptors étaient des prédateurs intelligents capables d’élaborer des attaques coordonnées. On les découvre encore plus évolués dans Jurassic Park 3, alors qu’ils utilisent le pauvre Udesky (Michael Jeter) comme appât vivant, pour inciter ses compagnons à descendre des arbres où ils ont trouvé refuge afin de se porter à son secours. Avec, pour paralyser le monsieur, une griffe savamment plantée dans la colonne vertébrale… Et même si le piège échoue, hors de question pour les raptors de laisser le mercenaire en vie : d’un redoutable coup de dents et avec un bruitage horrible, l’un des dinos brise la nuque du malheureux, mettant enfin un terme à ses souffrances. On aime particulièrement le plan des pattes musclées du raptor courant vers le mercenaire pour porter planter sa griffe puissante : pas de CGI mais une animatronique plus vraie que nature qui confirme au spectateur que l’humain n’est ici qu’une proie potentielle et fragile.

    Jurassic World (2015)

    Il faut attendre douze ans pour retrouver le chemin d’Isla Nublar. Et quand il sort en 2015, en pleine année de blockbusters revivals (Fury Road, Terminator Genisys, Star Wars - Le Réveil de la Force), Jurassic World est un immense succès (plus de 1,6 milliards de dollars de recettes). Il faut dire que Universal a vu les choses en grand avec un parc enfin ouvert au public, le retour des créatures les plus appréciées de la trilogie originale (tyrannosaure et vélociraptors en tête), de nouveaux monstres (Indominus et mosasaure) et de nouveaux visages (Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Vincent D'Onofrio, Omar Sy…). A la fois film-hommage à Jurassic Park (le film déborde de fan-service) et film-catastrophe sur un parc d’attractions qui échappe au contrôle de ses créateurs (qui fait écho au Mondwest réalisé en 1973 par Michael Crichton en personne), Jurassic World va toutefois diviser les spectateurs. Quand certains lui reprochent de se calquer sur son modèle sans rien apporter de nouveau, d’autres regrettent un scénario basique et des personnages sans substance. Pour ma part, je défend constamment le long métrage pour son sous-texte méta : derrière l’apparente simplicité du projet se cache une formidable critique du cinéma américain. Il faut pour cela se dire que le parc est Hollywood, et l’Indominus, nouveau monstre avec « toujours plus de dents », le dernier blockbuster à la mode. Le fameux « Plus grand, plus fort ». Ne serait-il pas, d’ailleurs, Jurassic World lui-même ? On obtient ainsi une superproduction qui se critique elle-même et qui dénonce un système qui mènera à sa propre perte (le mosasaure qui mange le requin blanc est une métaphore parlante) et à la destruction de l’industrie (d’ailleurs prophétisée par Spielberg, ici producteur). Essayez de le (re)voir sous cet angle à l’occasion ?

    Le parking de la mort

    Bienvenue à Jurassic World ! Le rêve de John Hammond a enfin pris vie grâce aux dollars de Simon Masrani (Irrfan Khan), aux expériences de Henry Wu (BD Wong) et à la gestion de Claire Dearing (Bryce Dallas Howard). C’était sans compter l’Indominus Rex, créature hybride et déchaînée échappée de son enclos. C’est justement en sortant des murs de sa prison de béton que le monstre va marquer les esprits, en gobant d’une seule bouchée le responsable de la sécurité (Eric Edelstein) : caché derrière le pare-choc de sa voiture, l’homme espère échapper au monstre, mais ce dernier écarte d’un coup de patte le véhicule. Un dernier regard impuissant et résigné lancé à Owen (Chris Pratt) et les mâchoires impitoyables se referment sur lui. On apprécie ce plan glaçant, qui ne montre pas encore la nouvelle bestiole dans son intégralité mais qui suggère un monstre gigantesque et surtout férocement violent (il venait de croquer un premier gardien quelques instants plus tôt).

    Le labo de la mort

    La trilogie Jurassic World a fait de Blue un véritable personnage, auquel les fans se sont attachés. Mais il ne faudrait pas oublier que la femelle vélociraptor est un animal sauvage, imprévisible, dangereux et féroce. Comme ses congénères qui ont mis en pièces toute une escouade de mercenaires dans la jungle quelques minutes plus tôt, avec des plans en vision nocturne façon found footage du plus bel effet. Vic Hoskins (Vincent D'Onofrio) peut aussi en témoigner, lui qui rêvait de faire de Blue et ses congénères Charlie, Delta et Echo des armes biologiques. Le raptor lui rappelle à sa façon l’importance du bien-être animal dans le laboratoire, en attrapant son bras tendu (n’est pas Owen qui veut !) à pleines dents avant de le massacrer à coups de griffes. Mérité ? Sans doute. Sanglant ? Assurément. Et encore une fois, malgré la violence de l’assaut, ponctuée d’une explosion d’hémoglobine sur une vitre, on ne peut que valider ce karma jurassique. Il y a une justice au pays des dinosaures.

    La balise de la mort

    Envoyée sur les traces de l’Indominus, l’escouade de confinement menée par Katashi Hamada (Brian Tee) se retrouve rapidement dépassée : le dinosaure a en effet réussi à arracher sa balise, trompant ainsi leur vigilance. Et son ADN, qui lui offre la capacité de se camoufler dans les feuillages environnants, finit de lui donner l’avantage : le prédateur saisit et broie le chef de mission avec sa patte aux griffes acérées, avant de le jeter au sol et de l’écraser d’un puissant coup de patte. Aucun membre de l’équipe ne lui survivra, illustrant la férocité et la puissance inarrêtable de l’Indominus. Et on aime notamment cette contre-plongée d’un soldat croqué derrière des branches, avec une pluie rouge tombant sur le feuillage vert, ou ce dernier courageux qui fonce avec son arme vers le monstre qui le ramasse et le gobe telle une pelleteuse à écailles ! Pour l’anecdote, les deux gouttes de sang qui tombent des arbres sur l’avant-bras d’Hamada et prennent chacune une direction différente sont un clin d’œil à la fameuse théorie du chaos chère à Ian Malcolm, dont il faisait l’expérience avec deux gouttes d’eau dans le tout premier Jurassic Park.

    Le bassin de la mort

    Zara Young (Katie McGrath) nous a quittés trop jeune. Mais elle est au centre de LA séquence emblématique de Jurassic World. En l'occurrence une panique générale qui voit une nuée de reptiles volants foncer sur le centre d'accueil du parc et ses visiteurs paniqués (même l’homme aux margaritas !). Attrapée par un ptéranodon et emportée dans les airs, l’assistante personnelle de Claire Dearing est lâchée une première fois, rattrapée au vol puis lâchée une nouvelle fois directement dans le bassin du mosasaure. Une fois dans l’eau, elle est à nouveau prise pour cible par le volatile qui tente de la récupérer avec son bec puis ses serres, jusqu’à ce que le mosasaure happe le ptéranodon et la jeune femme en ouvrant grand sa gueule. On espère sincèrement que Zara est morte noyée (ou de peur) avant de visiter les entrailles du monstre. Zach et Gray  (Nick Robinson et Ty Simpkins) n’en reviennent pas, nous non plus, et cette mort est aussi marquante que celle des toilettes du film original. Et donc iconique.

    Jurassic World: Fallen Kingdom (2018)

    Dans Jurassic World: Fallen Kingdom (2018), il y a évidemment le cahier des charges de la saga, décliné à travers une approche « deux films en un ». Comme dans Le Monde Perdu qui se déclinait entre jungle et ville vingt ans plus tôt. Dans la première partie, Juan Antonio Bayona livre un spectacle finalement assez classique pour la saga (un parc en ruines et des dinosaures), agrémenté d’une impressionnante éruption volcanique (on sait que le cinéaste espagnol excelle dans la reconstitution immersive de catastrophes, en témoignent le mémorable tsunami de The Impossible en 2012 ou le crash du Cercle des Neiges en 2023). La deuxième moitié est très différente, plus proche du film de créatures voire de maison hantée avec des dinos enfermés dans un sombre manoir le temps d’une vente aux enchères et un terrifiant Indoraptor qui joue les monstres du placard face à la jeune Maisie Lockwood (Isabella Sermon). On est ici dans ce que le réalisateur sait également très bien faire (L’Orphelinat, 2007 ; Quelques minutes après minuit, 2016), avec une ambiance gothique réussie et une réelle beauté formelle. Il y a presque un peu de Resident Evil (2002) et de Relic (1997) dans ce nouvel opus, qui sert hélas essentiellement d’épisode de transition pour ramener les dinosaures sur le continent. Et il y a, aussi, quelques séquences mortelles notables.

    La charge de la mort

    Les exploiteurs cyniques de la saga Jurassic Park / Jurassic World ne retiennent-ils pas les leçons de leurs prédécesseurs ? On l’a vu, le karma jurassique frappe toujours les méchants. Eli Mills (Rafe Spall) en fait lui aussi les frais alors que les dinosaures prisonniers du Manoir Lockwood mènent une charge massive pour échapper au gaz empoisonné qui menace de les éradiquer. L’homme trouve refuge sous sa voiture de luxe, qui est piétinée par les herbivores qui fuient la propriété. Et on s’imagine le voir salement écrasé par les animaux, dans un juste retour des choses. Mais ce serait trop rapide. Une fois les dinosaures partis, Mills s’extrait tant bien que mal de l’épave et pense être hors de danger avant d’être happé par un T-Rex qui le secoue et le croque avec puissance façon « toilettes de la mort ». Mais avant de pouvoir avaler sa proie, un carnotaure se joint au festin pour tenter de subtiliser une jambe, qui finira comme encas pour quelques compsognathus. Mills ne s’était pas fait que des amis dans cette aventure… Et nous, on assiste à une séquence à la violence cartoonesque.

    Les dents de la mort

    Ce n’est jamais une bonne idée de pénétrer dans la cage d’un dinosaure. Quand bien même celui-ci serait anesthésié. Le chasseur Ken Wheatley (Ted Levine) en fait les frais en essayant de récupérer un trophée pour sa collection : une dent d’Indoraptor, espèce hybride croisant la férocité de l’Indominus avec la taille et la vélocité d’un vélociraptor. Feignant l’inconscience, l’animal attire l’homme derrière les barreaux, se laisse approcher, ouvre un œil où se lisent intelligence et sadisme puis passe à l’attaque : il arrache son bras droit, qu’il avale sous ses yeux, avant de contempler cette proie impuissante qu’il prend visiblement plaisir à mettre à mort. Quelques secondes plus tard, le dinosaure poursuit son massacre dans l'ascenseur du Manoir Lockwood où on trouvé refuge Gunnar Eversol (Toby Jones) et ses invités. Entre la cage et l'ascenseur, la scène joue avec efficacité sur deux peurs fondamentales : être pris au piège et être dévoré vivant.

    L’hélicoptère de la mort

    Dans la saga Jurassic, il ne faut jamais crier victoire trop vite. A l’image de Jack (Robert Emms), un mercenaire envoyé avec son équipe dans les ruines de Jurassic World pour mettre la main sur le squelette et l’ADN de l’Indominus Rex. Sous une pluie battante, il se retrouve poursuivi par le T-Rex et parvient à agripper l’échelle de l’hélicoptère. Une échelle que le dinosaure réussit lui aussi à attraper avec sa gueule, menaçant de faire s’écraser l’appareil. Les occupants décident alors de sacrifier Jack en détachant le cordage, mais l’échelle finit par échapper au tyrannosaure. Alors qu’il hurle sa joie d’avoir survécu, l’homme est happé par le mosasaure, qui s’extrait de son bassin d’un bond surpuissant. Comme Zara dans Jurassic World, on alterne entre effroi, soulagement et choc. Ces 5 minutes iconiques et sous tension donnent le ton plus sombre de cette suite, et seront revisitées à travers les yeux de Darius et ses compagnons dans la série animée La Colo du Crétacé.

    Jurassic World : Le Monde d’après (2022)

    Trop de fan-service tue-t-il le fan-service ? C’est ce sujet digne du bac philo qu’il faudrait proposer aux producteurs de Jurassic World : Le Monde d’après (2022). Car sur le papier, il y a dans ce sixième film TOUT pour plaire aux aficionados de la saga : la fusion entre les deux trilogies, et la rencontre tant attendue entre Owen et Claire d’un côté et Alan, Ellie et Ian de l’autre. Et plein de dinosaures. Dont l’impressionnant giganotosaure et le griffu therizinosaure. Pourtant, c’est l’épisode le moins apprécié par les spectateurs… La faute, sans doute, à un trop plein. De fan-service, donc. Mais aussi de personnages, d’intrigues (un complot mondial, des sauterelles génétiquement modifiées, un marché noir de dinosaures, un nouveau sanctuaire…) et de lieux. Le film a dès lors été perçu globalement comme un patchwork certes spectaculaire (on est parfois à deux doigts de Fast & Furious), mais confus, artificiel et désincarné et qui passe un peu à côté de son sujet : un monde où humains et dinos cohabitent. Peut-être demandait-on finalement trop à ce film, qu’il faut voir pour ce qu’il est : un divertissement (trop) généreux pour les fans de sauriens. Comme mon fiston, qui en a fait son film préféré de la franchise. Les goûts et les couleurs…

    Le marché de la mort

    On l’a vu, comme tant d’autres avant lui, Rainn Delacourt (Scott Haze) succombe au karma jurassique. Car comme la vie, le châtiment trouve lui aussi toujours un chemin. Pour le braconnier, adversaire d’Owen dans Le Monde d’après, son douloureux trépas a pour cadre un marché noir aux dinosaures situé à Malte, grâce aux efforts coordonnés de trois dinosaures (et d’Owen). Les bras mordus et maintenus respectivement par un lystrosaure et un carnotaure, Delacourt voit son interrogatoire interrompu par un jeune baryonyx affamé qui s’attaque à la seule partie accessible de ce déjeuner gratuit : la tête. Bon appétit ! Même si le monsieur mérite ce qu’il lui arrive, on frémit quand même à l’idée de se faire attaquer à la tête et au visage sans pouvoir se défendre. Plus que la morsure, c’est l’impuissance qui est terrifiante, non ?

    Le tunnel de la mort

    A l’instar d’Alan Grant, Ellie Sattler et Ian Malcolm, un autre personnage du film original fait son grand retour dans Le Monde d’après : Lewis Dodgson (Campbell Scott), le scientifique qui avait chargé Dennis Nedry de voler des embryons dans le tout premier film. Désormais patron tout-puissant de Biosyn, il poursuit sa conquête du monde en manipulant l’ADN des dinosaures et des insectes (les sauterelles géantes, c’est son œuvre). Aussi, on n’est donc pas tellement triste quand il est pris en chasse par des dilophosaures dans les tunnels de son sanctuaire des Dolomites. Comme Nedry avant lui, c’est seul, dans un véhicule qu’il pensait sûr et le visage recouvert de venin paralysant qu’il poussera son dernier hurlement. La boucle est bouclée, et même si le cri est moins marquant que dans le film original, la scène en elle-même est réussie.

    Jurassic World: Renaissance (2025)

    Nouvelle île, nouveaux enjeux, nouveaux dinosaures, nouveaux personnages mais scénariste original (David Koepp, déjà à l'œuvre sur Jurassic Park et Le Monde Perdu) : Jurassic World: Renaissance (2025) mise sur la réinvention dans la continuité pour poursuivre la saga. Et on peut dire que le cahier des charges est respecté avec un bestiaire généreux (dont des créatures mutantes assez hideuses) et des séquences spectaculaires (le tyrannosaure poursuivant le canot pneumatique dans la rivière) ou poétiques (la parade nuptiale des titanosaures) sur lesquelles excelle le réalisateur Gareth Edwards (Godzilla, Rogue One, The Creator). En fait, le cinéaste semble proposer ici un remake gonflé aux dollars de son Monsters, qui le révéla en 2010. Avec la même beauté plastique, la même aventure en pleine jungle… mais des personnages assez peu inspirants, malgré la présence au générique de comédiens solides comme Scarlett Johansson, Mahershala Ali et Jonathan Bailey. C’est clairement ce qui pourra décevoir dans ce septième chapitre, car sans cœur émotionnel, ça reste un spectacle certes époustouflant mais un peu désincarné. Et qui commence, peut-être, à tourner un peu en rond. Mais que les fans d’aventures se rassurent : entre mer, plage, jungle, plaine, falaise et labos abandonnés, ils seront servis en décors exotiques et en dinosaures. Et en morts, aussi.

    La plage de la mort

    Dans une aventure Jurassic, il ne faut jamais relâcher la garde. Même quand on a survécu à une chasse mortelle menée par le mosasaure et plusieurs spinosaures dans les eaux équatoriales. Bobby Atwater (Ed Skrein) a servi d’amuse-gueule sur le bateau, c’est maintenant au tour de sa sœur d’armes Nina (Philippine Velge) d’y passer. Arrivée vivante et entière sur la plage, la mercenaire pensait avoir déjoué la mort : c’était sans compter un spino très bien camouflé, qui se glisse discrètement derrière la malheureuse alors qu’elle tente de pousser du matériel vers le sable. L’attaque est rapide, et alors qu’elle tente de s’accrocher au filet qui retient les caisses, elle finit par être arrachée et traînée dans l’eau par le saurien sous le regard impuissant de ses compagnons. On apprécie ici la montée en tension de la scène, qui montre la mort s’approcher sans un bruit jusqu'à une explosion d’eau et de sable (et de sang ?). On espère juste que la malheureuse s’est noyée très vite, mais on en doute…

    Le mutant de la mort

    Vous l’aurez compris à la lecture de cette liste : le capitalisme cynique ne paye pas et ne paiera jamais dans la saga. Que ce soit dans la cale du cargo du Monde Perdu, dans la cour du manoir de Fallen Kingdom ou dans les tunnels du Monde d’après, les financiers sans scrupules finissent toujours entre les mâchoires des dinosaures. Martin Krebs (Rupert Friend) n’échappe pas à la règle dans Jurassic World: Renaissance, lui qui a manipulé tous les personnages depuis le début, en tentant même de se débarrasser de Teresa (Luna Blaise) sur le bateau avant d’abandonner Scarlett Johansson à un féroce mutadon (hybride entre ptéranodon et vélociraptor). Et c’est au redoutable D-Rex, hybride mutant libéré de son confinement au début du film, qu’il sert de dîner croquant. La scène ne manquera d’ailleurs pas de rappeler aux fans du Retour du Jedi (1983) la manière dont un garde de Jabba se fit croquer par le Rancor dans la fosse de son palais sur Tatooine. La séquence est toutefois un peu trop rapide et pas assez sanglante pour être la plus marquante du film, mais on appréciera qu’elle s’intègre au motif récurrent du « bras coupé » qu’on retrouve chez Star Wars et Marvel.

    La falaise de la mort

    Comme pour Nina, cette mort est terrible et injuste car elle touche un personnage sympathique (et francophone !), qui ne demandait qu’à aller au bout de sa mission. On parle ici de LeClerc (Bechir Sylvain), le mécano du bateau de Duncan Kincaid (Mahershala Ali). Fidèle, attachant et a priori increvable (le naufrage du navire en témoigne, on se demande comment il a survécu), LeClerc ne passera toutefois pas l’épreuve du quetzalcoatlus : alors qu’il tente de remonter une falaise, poursuivi par le ptérosaure de la taille d’un F-16, l’homme est finalement broyé et englouti par l’immense bec du volatile, qui s’y reprend à plusieurs reprises pour avaler cette proie humaine d’une traite. Pour le coup, même sans hémoglobine, on frémit devant ce spectacle funeste et douloureux qui rappelle Anaconda (1997). LeClerc ne méritait pas ça.

    La barre chocolatée de la mort

    Au début du film, dans un prologue daté en 2008, on découvre une nouvelle île qui n’avait jamais été évoquée : Saint-Hubert, située au large de la Guyane Française. C’est là que la société InGen développe ses dinosaures, et notamment des hybrides rappelant les grandes heures du monstrueux labo de Alien : la résurrection (1997). Évidemment, un incident va venir perturber cette organisation bien huilée, et l’un des scientifiques se retrouve piégé derrière la vitre qui retient le Distortus rex (D-Rex) sous les yeux de ses collègues terrifiés. On ne voit pas encore la créature dans son intégralité, mais on devine qu’elle est moche (il faut dire ce qui est), agressive et capable de se servir de ses pattes antérieures pour attraper ses proies. Baignée dans un rouge apocalyptique, la séquence rappelle les teintes et l’ambiance de Godzilla (2014), déjà signé Gareth Edwards, mais aussi la mort de Juliette Binoche, piégée derrière une porte condamnée face à un Bryan Cranston impuissant. On notera aussi un clin d'œil amusant à l’effet papillon : un simple emballage de barre chocolatée égaré dans un système de porte peut libérer le plus effrayant des monstres !

  • Les 9 meilleurs films et documentaires sur la F1, et où les voir en streaming

    Les 9 meilleurs films et documentaires sur la F1, et où les voir en streaming

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Des rugissements de moteurs, des trajectoires millimétrées, et une passion qui crisse comme un frein mal dosé : la Formule 1 est de retour sur grand écran avec F1 : Le film, sorti le 25 juin 2025. Porté par Brad Pitt et réalisé par Joseph Kosinski, ce projet colossal a été tourné sur de vrais circuits, en immersion totale. Et forcément, ça donne envie de replonger dans d'autres récits de F1 — qu’ils soient documentaires ou fictions.

    Que tu sois fan de Senna, d'Enzo Ferrari ou d’écuries mythiques comme McLaren ou Williams, voici une sélection calibrée pour vibrer à chaque virage. Casque vissé, moteur prêt : il est temps de faire chauffer la gomme, directement depuis ton canapé.

    F1, Le Film (2025)

    Sorti en salles le 25 juin 2025, F1 : Le film avec Brad Pitt passe la ligne d’arrivée à pleine vitesse. Co-réalisé par Joseph Kosinski (Top Gun: Maverick) et produit en collaboration avec la FIA, ce film de fiction nous plonge au cœur du paddock à travers le regard d’un pilote vétéran qui fait son retour en F1. Mélangeant scènes tournées en conditions réelles pendant de vrais Grands Prix et scénario haletant, F1 redéfinit le cinéma de sport auto. La précision des plans, la tension dramatique et la crédibilité technique en font un grand moment de cinéma — autant pour les amateurs de Formule 1 que pour les fans d’action réaliste. C’est nerveux, immersif, et parfaitement calibré pour les amateurs de sensations fortes. Une œuvre pensée à fond les gaz, qui célèbre la vitesse et les secondes qui comptent.

    Rush (2013)

    Avec Rush, Ron Howard signe un classique instantané. Le film met en scène l’affrontement mythique entre James Hunt (Chris Hemsworth) et Niki Lauda (Daniel Brühl) lors de la saison 1976. Entre glamour et danger de mort, cette rivalité devient un pur carburant dramatique. Le film roule à plein régime, avec un montage musclé, une photographie qui colle à l’asphalte et une bande-son qui fait vibrer. Ce biopic n’est pas seulement un hommage aux pilotes de légende, c’est aussi un récit palpitant sur la prise de risque, la rivalité et la quête de reconnaissance. Une étape obligatoire pour comprendre ce qui rend la F1 aussi fascinante : l’ego, la peur, le talent brut, et cette ligne d’arrivée qu’ils poursuivent au prix fort.

    Grand Prix (1966)

    John Frankenheimer met la gomme avec Grand Prix, un film à la fois épique et expérimental. Tourné sur de vrais circuits avec une équipe technique en immersion, il multiplie les split-screens, les travellings embarqués et les angles inédits pour recréer la tension en bord de piste. L’intrigue suit plusieurs pilotes durant un championnat haletant, mais ce sont les images, révolutionnaires pour l'époque, qui marquent durablement. Le film a d'ailleurs remporté trois Oscars techniques, ce qui souligne l’ambition formelle du projet. Une pièce de collection pour les amateurs de cinéma comme de F1 vintage, à redécouvrir comme on ressort une vieille monoplace du garage pour un dernier tour glorieux.

    Senna (2010)

    Pas de commentaires enregistrés, pas de reconstitutions : Senna raconte la vie du pilote brésilien uniquement à travers des images d’archives. Le résultat est bouleversant. Ayrton Senna y apparaît dans toute sa grandeur : virtuose, spirituel, combatif. On y suit son ascension fulgurante, son engagement pour la sécurité et sa fin tragique à Imola. Ce n’est pas qu’un documentaire sportif : c’est un film sur un homme habité, un génie en quête de sens dans un sport de machines. La narration, subtilement rythmée, permet de revivre l’intensité de chaque virage de sa carrière. C’est bien plus qu’un documentaire : c’est un hommage vibrant, une poignée de gaz dans le cœur. Incontournable, même pour les non-initiés.

    1 (2012)

    Avec un titre lapidaire comme un virage sec, 1 explore l’évolution de la sécurité en F1. Narré par Michael Fassbender, le documentaire revient sur les années de plomb, où les pilotes risquaient leur vie à chaque départ. Jackie Stewart, Niki Lauda, ou encore Sid Watkins deviennent les héros d’une lente transformation où chaque accident pousse l’industrie à se remettre en question. Les récits, les images d’époque et les témoignages construisent une fresque aussi humaine que mécanique. C’est une plongée fascinante dans les entrailles du paddock, entre courage, lobbying, progrès techniques et tragédies évitables. Pour comprendre comment la F1 a su garder sa folie tout en domptant la mort.

    Schumacher (2021)

    À la manière d’un tour chrono sur le Nürburgring, Schumacher va droit au but. Produit par Netflix, ce portrait intime du septuple champion du monde revient sur sa carrière fulgurante, de ses débuts chez Benetton à son hégémonie chez Ferrari. Des témoignages de proches, dont sa femme et ses enfants, viennent éclairer la figure publique sous un jour plus humain. On découvre aussi ses méthodes, sa froide détermination, ses zones d’ombre et ses victoires flamboyantes. C’est sobre, émouvant et résolument respectueux. Une occasion rare de voir au-delà du casque, dans les pensées d’un pilote qui n’a jamais levé le pied.

    Williams (2017)

    Williams retrace l’incroyable parcours de Frank Williams, fondateur de l'écurie mythique. De ses débuts bricolés à la domination des années 80-90, le documentaire dresse le portrait d’un homme obsédé par la performance. On y découvre les drames personnels, les rivalités internes et les sacrifices nécessaires pour construire un empire en F1. La mise en scène, sobre et rythmée, donne vie à un récit de passion pure, d’endurance et de résilience. Frank Williams, malgré un accident le laissant tétraplégique, n’a jamais quitté les stands. Ce témoignage poignant illustre ce que signifie se battre pour sa vision, coûte que coûte.

    McLaren (2017)

    Dans le même esprit que Williams, McLaren se concentre sur Bruce McLaren, pilote et fondateur de l’écurie du même nom. Le film retrace sa carrière fulgurante et sa vision d’avant-garde, jusqu'à sa mort tragique en 1970. Images d’archives, interviews, reconstitutions — le tout s’enchaîne avec une sobriété réussie. Ce portrait rend hommage à un homme trop souvent oublié dans la légende de la F1, mais dont l’héritage vrombit encore sur la grille de départ. C’est l’histoire d’un passionné, d’un ingénieur audacieux et d’un pilote au cœur immense. Un film sur l’élan humain qui propulse une écurie au sommet.

    Ferrari (2023)

    Plus stylisé que documentaire, Ferrari de Michael Mann revient sur l’année 1957, une période charnière dans la vie d’Enzo Ferrari. Porté par Adam Driver, le film dresse un portrait tourmenté du constructeur italien, pris entre deuil personnel, enjeux industriels et compétition acharnée. Ce n’est pas un film de sport à proprement parler, mais un drame existentiel sous haute tension. Les scènes de course y sont aussi nerveuses que réalistes, et chaque silence est chargé d’émotion. Un virage narratif audacieux, pour clore cette liste sur une note plus introspective, à la fois esthétique et féroce.

    Où voir ces films et documentaires F1 en streaming ?

    Prêt à faire chauffer les pneus ? Ces films et documentaires sur la Formule 1 sont répartis sur plusieurs plateformes : Netflix, Prime Video, Canal+ ou encore Apple TV+ selon les titres. Pour retrouver facilement où chaque film est disponible en streaming, rendez-vous sur JustWatch. En quelques clics, vous saurez exactement où les voir selon vos abonnements. Une manière idéale de prendre le départ sans faire dérapage inutile.

  • 12 jeux mortels encore pires que “Squid Game”

    12 jeux mortels encore pires que “Squid Game”

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Avant Squid Game, la fiction avait déjà mis en scène des jeux tordus où survivre relevait de la stratégie, du sang-froid… ou de la pure chance. Qu’il s’agisse de pièges sadiques, de jeux télévisés meurtriers ou de compétitions imposées par des systèmes dystopiques, ces films, séries et anime repoussent les limites de l’horreur sociale.

    Si tu as adoré les épreuves cruelles de la série coréenne, ces titres vont te plonger dans des univers où perdre n’est jamais une option. Et dans certains cas, le simple fait de jouer est déjà une condamnation.

    Saw (2004)

    Dans Saw, le jeu est simple : survivre à un piège. Mais les règles changent à chaque fois, et la volonté de vivre est la seule monnaie d’échange. James Wan signe ici un film culte qui a lancé une franchise entière, avec un concept aussi sadique que fascinant : Jigsaw, un tueur moraliste, piège ses victimes dans des dispositifs mortels censés les pousser à « apprécier la vie ». Plus psychologique qu’un simple slasher, Saw pose une question brutale : jusqu’où irais-tu pour t’en sortir ? Si les épreuves de Squid Game t’ont marqué, ici, tu n’auras pas le moindre instant pour respirer.

    Battle Royale (2000)

    Avant Katniss Everdeen et bien avant Gi-hun, il y avait Battle Royale. Le film japonais de Kinji Fukasaku est une référence absolue en matière de jeux mortels. Des lycéens envoyés sur une île, forcés de s’entretuer jusqu’au dernier survivant. Le tout encadré par un gouvernement autoritaire. Brutal, frontal, dérangeant, Battle Royale n’a pas peur de mettre en scène la cruauté à l’état pur. Il a influencé des générations entières de récits dystopiques et reste, encore aujourd’hui, l’un des films les plus intenses de sa catégorie.

    Alice in Borderland (2020 - série)

    Quand Tokyo devient un terrain de jeu mortel, la réalité bascule dans Alice in Borderland. Adaptée du manga de Haro Aso, cette série japonaise mêle thriller, science-fiction et survie dans une version alternative de la ville, où les participants doivent relever des épreuves mortelles classées par type et niveau de difficulté. Chaque carte gagnée permet de prolonger son « visa », autrement dit sa vie. Ultra efficace, visuellement marquante, et psychologiquement tendue, Alice in Borderland pousse les mécaniques de jeu bien plus loin que Squid Game.

    Cube (1997)

    Dans Cube, un groupe d’inconnus se réveille dans un labyrinthe de pièces cubiques, chacune pouvant être piégée mortellement. Personne ne sait pourquoi ils sont là, ni comment s’en sortir. Ce huis clos mathématique repose sur la paranoïa, l’instinct de survie et la collaboration forcée. Minimaliste et angoissant, Cube reste l’un des thrillers de science-fiction les plus originaux de la fin des années 90. Un précurseur discret des jeux de mort sans maître de cérémonie, où l’ennemi est l’environnement lui-même… et parfois les autres.

    Hunger Games (2012)

    Dans Hunger Games, le jeu est un outil politique. Chaque année, douze districts doivent envoyer deux adolescents pour participer à un combat à mort, diffusé à la télévision. Si le public acclame, le Capitole contrôle. La saga portée par Jennifer Lawrence mélange critique sociale, survival et manipulation médiatique. Bien que plus soft que Squid Game en termes de violence graphique, la portée symbolique des Hunger Games est immense. Et derrière les flèches de Katniss se cache un système de contrôle glaçant.

    The Belko Experiment (2016)

    Des employés de bureau se retrouvent enfermés dans leur immeuble et contraints par une voix anonyme à s’entretuer pour survivre. Voilà le point de départ de The Belko Experiment. Derrière ce concept absurde se cache une satire mordante sur le monde du travail et la déshumanisation. Le film ne fait pas dans la finesse, mais il va droit au but, avec une montée en tension brutale et sanglante. Parfait pour ceux qui veulent voir ce que donnerait Squid Game dans une version corpo et sans pitié.

    13 Tzameti (2005)

    Ce film géorgien-français réalisé par Gela Babluani plonge un jeune homme dans un jeu clandestin où des hommes misent sur des vies humaines dans une version sinistre de la roulette russe. En noir et blanc, froid, sec, presque documentaire, 13 Tzameti tord le cou au spectaculaire et explore une violence sourde, ancrée dans la misère sociale. Pas de jeu flashy ni de décors futuristes ici, juste un engrenage fatal. Une vraie claque, plus réaliste et glaçante que beaucoup de blockbusters.

    Kaiji: Ultimate Survivor (2007 - anime)

    Dans l’anime Kaiji, le héros accepte de participer à des jeux d’argent tordus pour rembourser ses dettes. Mais rien ne se passe jamais comme prévu. Chaque jeu est un piège psychologique redoutable, où perdre, c’est s’endetter encore plus… ou pire. Ce qui distingue Kaiji des autres titres de cette liste, c’est la place accordée au mental : bluff, manipulation, stratégie, lâcheté. Les règles changent, mais la dette reste. Et dans ce monde, même la victoire a un prix. À voir absolument si tu cherches une version cérébrale de Squid Game.

    Death Parade (2015 - anime)

    Dans Death Parade, les morts doivent passer par un bar étrange où le barman les soumet à des jeux apparemment anodins, mais aux enjeux existentiels. Ces épreuves déterminent si l’âme du joueur mérite la réincarnation ou la disparition totale. Le contraste entre l’esthétique feutrée et la brutalité morale des jeux crée un malaise constant. Plus introspectif que sanglant, l’anime joue sur la psychologie humaine et sur la part d’ombre que chacun cache en lui. Une perle sombre et philosophique, à mille lieues du divertissement classique.

    Btooom! (2012 - anime)

    Imagine te réveiller sur une île, obligé de jouer à une version réelle d’un jeu vidéo de combat avec des bombes… C’est le cauchemar que vit Ryōta dans Btooom!. L’anime reprend les codes de Battle Royale, mais les modernise avec une dimension technologique et tactique. Les participants doivent tuer pour quitter l’île, tandis qu’un mystérieux commanditaire tire les ficelles. Rythmé, violent, et étonnamment centré sur les émotions des personnages, Btooom! montre à quel point l’humain est prêt à tout quand il n’a plus rien à perdre.

    Gantz (2004 - anime)

    Dans Gantz, la mort n’est que le début. Après leur disparition brutale, les protagonistes sont ressuscités par une sphère noire nommée Gantz, qui les envoie participer à des chasses à mort contre des créatures extraterrestres. Chaque mission est un massacre, et le ton de la série est sans concession. Glaçant, nihiliste, ultra-violent, Gantz met en scène un jeu absurde où les règles n’existent que pour mieux être brisées. Un classique de l’animation adulte, réservé aux estomacs solides.

    Darwin’s Game (2020 - anime)

    Darwin’s Game, c’est un jeu mobile qui se transforme en cauchemar réel. Une fois inscrit, le joueur se retrouve dans un affrontement grandeur nature où chacun possède un pouvoir spécial appelé « Sigil ». Ce survival urbain mélange habilement suspense, action et tension permanente. Les combats sont dynamiques, les alliances fragiles, et chaque décision peut être fatale. Pour les fans de Squid Game, cet anime propose une version surnaturelle et nerveuse des jeux mortels.

    Où regarder ces films et séries en streaming ?

    Si tu veux explorer d’autres jeux mortels plus tordus les uns que les autres, cette sélection est dispo sur plusieurs plateformes de streaming. Clique sur les logos ci-dessous pour afficher uniquement les titres inclus avec tes abonnements, ou utilise “réinitialiser” pour voir l’ensemble de la sélection sur JustWatch.

  • Où retrouver les comédiens du casting de “Souviens-toi… l’été dernier” (1997), le premier film de la saga ?

    Où retrouver les comédiens du casting de “Souviens-toi… l’été dernier” (1997), le premier film de la saga ?

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    La bande de fringuants adolescents traqués par un mystérieux tueur en ciré a marqué toute une génération avec sa formule horrifique déclinée sur plusieurs films.

    Classique du slasher post-Scream, le film Souviens-toi… l’été dernier (1997), réalisé par Jim Gillespie, a aussi permis de réunir une belle brochette d’acteurs qui, pour beaucoup, sont devenus les visages cultes des années 2000. Plus de 25 ans plus tard, une nouvelle suite (et non un reboot) sort au cinéma le 16 juillet 2025, incluant les deux héros qui ont survécu : Freddie Prinze Jr. et Jennifer Love Hewitt. L’occasion de prendre des nouvelles de tous les visages marquants de l’inoubliable premier opus.

    Nous vous proposons un guide JustWatch autour des comédiens du premier film Souviens-toi… l’été dernier (1997). Tout en vous rappelant où regarder ces productions sur les plateformes de streaming.

    Jennifer Love Hewitt (Julie James)

    Après sa prestation dans la peau de la charmante et courageuse Julie James, Jennifer Love Hewitt s’est imposée dans les années 2000 comme une figure emblématique des séries tv. On l’a vue dans Ghost Whisperer (2005-2010) et The Client List (2012-2013). Plus récemment, elle est revenue au thriller avec un rôle dans 9-1-1 (2018-). 

    Sarah Michelle Gellar (Helene York)

    Avant de devenir la mythique Buffy Summers dans Buffy contre les vampires (1997-2003), Sarah Michelle Gellar avait fait sensation dans le film de Jim Gillespie. Elle a également participé à Scream 2 (1997) et Sexe Intentions (1999). En 2002, elle est Daphne Blake dans l’adaptation du dessin animé Scooby-Doo (2002).

    Ryan Philippe (Barry William Cox)

    Le petit ami beau gosse un poil insupportable a fait du chemin en un quart de siècle. Après le film de Jim Gillespie, Ryan Philippe a poursuivi sa carrière avec Sexe Intentions au côté de Reese Witherspoon (qui deviendra sa femme). Il bifurque ensuite vers des rôles plus adultes, notamment à la télévision (Shooter, Big Sky).

    Freddie Prinze Jr. (Ray Bronson)

    L’amoureux de Julie dans Souviens-toi… l’été dernier a longtemps incarné le gendre idéal dans des comédies romantiques comme Elle est trop bien (1999) ou Scooby-Doo, où il partageait l’affiche avec Sarah Michelle Gellar. S’il s’est fait plus discret ces dernières années, il a trouvé un nouveau souffle dans le doublage (notamment Star Wars Rebels) et les coulisses de la WWE.

    Johnny Galecki (Max Neurick)

    Il n’avait qu’un petit rôle dans le film mais Johnny Galecki s’est ensuite taillé une jolie carrière à la télévision puisque The Big Bang Theory (2007-2019) l’a rendu mondialement célèbre avec le rôle de Leonard, geek romantique et maladroit.

    Anne Heche (Melissa “Missy” Egan)

    Dans l’apparition brève mais troublante, Anne Heche campait Melissa Egan, la sœur du “suicidé”. Déjà remarquée à l’époque pour ses talents d’actrice, Anne Heche mèbe ensuite une carrière riche, entre comédies romantiques et projets plus indépendants. On l’a vue dans Donnie Brasco (1997), Ally McBeal (1997-2002), Six jours, sept nuits (1998), ou encore Psycho (1998).

    Où revoir en streaming le casting du premier film de la saga “Souviens-toi… l’été dernier” ?

    Les films et séries dans lesquels les comédiennes et comédiens de Souviens-toi… l’été dernier (1997) ont ensuite joué sont disponibles à la location ou en streaming. Notre guide vous donnera alors toutes les informations nécessaires. Vous pourrez cliquer sur le logo des services de streaming pour voir quels films et séries sont disponibles sur vos plateformes. Ou ne rien cocher du tout pour voir où sont disponibles les films ou séries tous services confondus.

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