Un masque iconique, un couteau aiguisé, des meurtres sanglants, des cris et des twists : pas de doute, Ghostface est de retour dans Scream 7 (2026), 30 ans après ses débuts dans Scream (1996). Véritable phénomène, le film avait initié une franchise de sept longs métrages (qui ont engrangé 900 millions de dollars de recettes au box-office), mais avait aussi été fondateur du néo-slasher.
Il y a 30 ans, la claque Scream
Le néo-slasher, c’était ce renouveau du « film de tueur masqué » popularisé dans les années 80 par Halloween et Vendredi 13, qui a envahi les écrans du milieu des années 90 jusqu’au début des années 2000 (Souviens-toi l’été dernier, Urban Legend), avant d’être tué par… Scary Movie (2000), la parodie de Scream. Preuve de son impact culturel, aucun film ne sera parvenu à capturer ce qui a fait le succès du long métrage imaginé par Wes Craven et Kevin Williamson, mélange d’hommage sincère au genre, de stars montantes d’Hollywood et de réflexion méta sur les codes du cinéma d’horreur. Succès en salles (100 M$ aux Etats-Unis, 2,2 millions d'entrées en France), le film avait relancé la carrière de Drew Barrymore et révélé des talents comme Neve Campbell et Courteney Cox (toutes deux de retour dans le septième opus).
Il y a 30 ans, un slasher aux allures de whodunit
Contrairement aux slashers des eighties, qui se reposaient sur des tueurs iconiques et récurrents comme Michael Myers ou Jason Voorhees, tout l’enjeu de Scream (et des films qui suivront ou s’en inspireront) est de tenter de deviner l’identité du ou des tueur(s). Et on y parvient rarement, grâce à des fausses pistes et faux semblants savamment distillés tout au long de l'intrigue et de ses rebondissements. C’est un peu, finalement, un whodunit croisé avec un slasher, et c’est en partie ce qui a fait le succès de la franchise même si les dernières tentatives ont un peu tiré à la ligne (notamment la révélation finale de Scream VI (2023). Mais dans Scream, il faut reconnaître que le twist était très fort.
Il y a 30 ans, un final qui a bluffé tout le monde
Je préfère vous prévenir, ça va spoiler dans les lignes qui suivent. Et en même temps, trente ans après, il y a prescription ! Mais si toutefois vous avez rejoint la franchise par ses dernières itérations et que vous n’avez jamais vu le film original, arrêtez de lire… MAINTENANT. C’est bon ? Alors revenons sur le final de Scream, qui nous offrait non pas un mais deux tueurs, un duo quelque peu allumé et psychotique biberonné aux films d’horreur, campé par Skeet Ulrich et Matthew Lillard qui avaient décidé de jouer les psychopathes masqués et de pourrir la vie de la pauvre Neve Campbell. Quand l’un tuait, l’autre pouvait justifier un alibi et inversement. Cette dynamique du duo, très originale, avait permis à Wes Craven de toutes et tous nous mener en bateau. Et pourtant, un des deux tueurs était dévoilé dès le début du film.
Il y a 30 ans, un indice qui vous a échappé
Retour à 14mn39, après le prologue cultissime où Drew Barrymore se fait massacrer après un quizz cinéma téléphonique qui tourne au cauchemar. Nous sommes dans la chambre de Sidney (Neve Campbell), où son petit ami Billy (Skeet Ulrich) s’est discrètement invité pour batifoler avec la demoiselle (en étant légèrement « forceur » au passage). Alors qu’il se rapproche d’elle pour aller plus loin, la scène est accompagnée par une chanson de Gus Black, qui reprend un titre de Blue Öyster Cult : et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de Don't Fear the Reaper, soit N'ayez pas peur de la Faucheuse (et, par extension, du tueur). Difficile de faire plus clair ! Nous sommes nombreuses et nombreux à être passé.es à côté, et j’avoue que je n’aurais pas repéré l’indice sans une amie (Sarah, que je salue) qui m’a révélé cet élément.
Il y a 30 ans, un film à double-lecture
Maintenant que vous l’avez en tête, vous (re)verrez Scream d’un autre œil (et d’une autre oreille) ! D’ailleurs, comme un Sixième Sens (2000) ou un Fight Club (1999), c’est intéressant de se repasser le film en connaissant la fin. Certains dialogues à double-sens et autres regards appuyés (notamment quand le groupe se retrouve devant le lycée au début du film) permettent de cerner autrement les personnages de Skeet Ulrich et Matthew Lillard (« Je n’ai assassiné personne ! » « On n’a jamais dit le contraire… » « Toi, t'es un pote ! »). Et de se fustiger pour ne pas les avoir démasqués plus tôt ! Et peut-être qu'un autre indice flagrant incrimine l'autre serial-killer, Stuart Macher alias Matthew Lillard ?


















































































































