
Oubliez Marvel et Pixar : il y a 50 ans, cette comédie musicale culte a créé les meilleurs « easter eggs » !
Chaque week-end depuis 50 ans, c’est le même spectacle/délire/plaisir qui se déroule au cinéma. Notamment dans les murs du Studio Galande, à Paris. Une comédie musicale déjantée et résolument queer, une parodie de Frankenstein, des interactions du public à des moments clés du long métrage : pas de doute, on parle bien du mythique The Rocky Horror Picture Show (1975), qui fête les cinquante ans de son exploitation française ce 14 avril !
C’est quoi The Rocky Horror Picture Show ?
En septembre 1975, un OVNI signé Jim Sharman débarque sur les écrans américains. Adapté de la comédie musicale britannique imaginée par Richard O’Brien en 1973, The Rocky Horror Picture Show plonge un jeune couple (Susan Sarandon et Barry Bostwick) dans une expérience étrange alors qu’ils échouent dans un château isolé et sinistre : ils vont y faire la connaissance du Dr Frank-N-Furter (Tim Curry) et de sa création (un homme fabriqué à des fins sexuelles), de ses domestiques Riff Raff et Magenta (Richard O'Brien et Patricia Quinn) et de leurs invités très particuliers. Tout ceci se fait en musique, sur fond d’opéra glam-rock queer et punk et de scènes psychédéliques et suggestives, avec les titres Time Warp et Sweet Transvestite en figures de proue.
Pourquoi c’est culte ?
Si le long métrage -hommage à l’horreur gothique et à la SF des années 30 à 60- est un échec à sa sortie (il est beaucoup moins grand public que d’autres parodies et pastiches), il fédère rapidement des communautés de fans, qui viennent et reviennent et re-reviennent le voir. Les projections de The Rocky Horror Picture Show deviennent dès lors de vrais spectacles participatifs, avec déguisements, chansons reprises par les spectateurs, shadowcasting (on rejoue carrément des scènes devant l’écran), lancer de riz et autres réjouissances. Il devient même une institution au point d’être projeté -et donc joué- depuis cinquante ans, avec des troupes de fans qui se relaient pour animer chaque séance. J’avoue, humblement, ne l’avoir jamais fait… et c’est clairement quelque chose à cocher sur ma bucket-list de cinéphile !
Le film qui a inventé… les easter eggs ?
Au-delà de cette longévité-record, inscrite d’ailleurs au Guinness Book, The Rocky Horror Picture Show a popularisé un concept aujourd’hui très répandu dans la pop culture : les easter eggs. Cacher un détail ou un clin d'œil dans une œuvre cinématographique, cela a toujours existé. Je pense aux caméos-signatures d’Alfred Hitchcock par exemple. Et aujourd’hui, à l’ère d’internet et de la HD, les spectateurs adorent disséquer les films et séries, que ce soit chez Marvel, Disney, DC, Pixar ou dans le récent Super Mario Galaxy qui déborde de fan-service. Mais The Rocky Horror Picture Show propose littéralement une chasse aux oeufs de Pâques, née d’un « raté » de tournage : alors qu’ils s’ennuyaient, les techniciens avaient caché des oeufs colorés sur le plateau, oubliant d’en récupérer certains au moment de reprendre les prises de vues ! On peut donc essayer de retrouver, cachés à l’image, quelques vrais easter eggs. C’est notamment de là que vient la dénomination, appuyée quelques années plus tard, en 1979 par le jeu vidéo Adventure (évoqué dans Ready Player One).
Une suite et un remake ?
Si The Rocky Horror Picture Show a inspiré beaucoup d’artistes par la suite (de Glee aux Simpson en passant par Sabrina Carpenter ou le personnage d’Emporio Ivankov dans One Piece), on oublie souvent qu’il a eu une suite ! En 1981, Shock Treatment, toujours signé Jim Sharman, désarçonne en proposant une satire de la télévision, loin des outrances du film original. Les fans n'adhèrent pas. En 2016, pour le quarantième anniversaire du film, Kenny Ortega (High School Musical, This Is It) livre The Rocky Horror Picture Show: Let's Do the Time Warp Again, remake moderne emmené par Victoria Justice et Ryan McCartan en tourtereaux et Laverne Cox en Dr. Frank-N-Furter : là encore l’accueil est tiède pour ne pas dire froid, les fans reprochant au projet de transformer une œuvre de contre-culture en produit télévisuel aseptisé. Même si la présence de Tim Curry en criminologue leur fait évidemment plaisir ! Et en parlant de Tim Curry…
Joyeux anniversaire, Tim Curry !
L’inoubliable interprète du Dr Frank-N-Furter fête ses 80 ans ce 19 avril. L’occasion pour moi de saluer celui qui a livré quelques-unes des créatures les plus mémorables du cinéma. Il y a eu cet étrange savant fou de The Rocky Horror Picture Show -son premier grand rôle sur scène et son tout premier film !-, auquel il a beaucoup contribué, lui apportant notamment un accent britannique très appuyé… après avoir commencé à jouer le personnage avec un accent allemand ! Il y a eu, par la suite le Darkness de Legend (1985), mémorable Diable de fantasy aux cornes gigantesques face à un jeune Tom Cruise (six heures de maquillage quotidiennes). Et puis, bien sûr, le clown-tueur de Ça - Il est est revenu (1990) qui a traumatisé plusieurs générations de spectateurs. Très affaibli à la suite d’un AVC survenu en 2012, le comédien s’est aussi beaucoup illustré dans le doublage, campant Palpatine dans Clone Wars ou le patriarche de La Famille Delajungle. J’avais eu la chance de m’entretenir avec ce grand monsieur de théâtre/cinéma/télévision/doublage en 2008, et j’en garde un souvenir précieux. J’avais été frappé par sa classe so british doublée d’un caractère chaleureux, ouvert à partager souvenirs et anecdotes… Et puis, tout de même, j’ai parlé à Frank-N-Furter, Darkness et Grippe-Sou !






















