L’industrie de l’animation est en surchauffe, et le calendrier ressemble à un embouteillage ! D’un côté, il y a des retours attendus par les fans ; de l’autre, on voit débarquer des projets un peu fous, des thrillers et de la dark fantasy. 2026 s’annonce sombre alors que toutes ces sorties semblent prendre un virage adulte qui nous restera en tête les nuits d’insomnie.
Pour JustWatch, j’ai sélectionné dix titres, pour vous donner un aperçu de 2026 et des nombreuses surprises que cette année anime nous réserve. Que vous soyez là pour la nostalgie, la claque visuelle ou pour vous faire mal avec des drames psychologiques, voici de quoi remplir vos semaines et étancher votre soif d’animation japonaise.
Jujutsu Kaisen - saison 3 (8 janvier 2026)
Avec Jujutsu Kaisen (2020–), l’anime de Gege Akutami s’est imposé comme l’un des nouveaux poids lourds du shōnen. Vous êtes sûrement en train de digérer la fin de la saison 2. L’arc de Shibuya, ce n’était pas juste de la baston mais des personnages brisés, Yuji au fond du trou et un chaos qui nous lessive émotionnellement. La saison 3 s’attaque à l’arc « Culling Game » (« La traque meurtrière ») : celles et ceux qui lisent le manga savent que ça va être un Battle Royale sous stéroïdes, avec une violence qui monte encore d’un cran.
Jujutsu Kaisen fait donc évidemment partie des anime à ne surtout pas manquer. Alors qu’on sature un peu des super-héros invincibles, ici aucun personnage n’est à l’abri. Le programme arrive à mixer chorégraphies folles, horreur, sens du drame et animation grandiose. Il est signé par le studio MAPPA (L’Attaque des Titans, Chainsaw Man), donc on s’attend à quelque chose de fou. Et je pense qu’on ne sera pas déçus !
Fire Force - Saison 3 partie 2 (9 janvier 2026)
Fire Force (2019–) a commencé comme un shōnen d’action au concept presque absurde – des pompiers exorcistes combattant des combustions humaines spontanées – avant de se transformer peu à peu en préquelle directe de Soul Eater, l’œuvre phare d'Atsushi Ohkubo. Chaque saison de l’anime gagne en intensité et en qualité. La première partie de la saison 3 posait les jalons de cette transition ; la Part 2 s’annonce comme l’étape finale, celle où tout s’imbrique vraiment.
Visuellement, la série reste l’une des plus spectaculaires du moment : jeux de lumière, flammes impressionnantes, combats aériens, animation de grande qualité… Si vous aimez les anime qui misent autant sur la mise en scène que sur le scénario, c’est une série à ne pas manquer, même s’il faut regarder quelques épisodes avant qu’elle ne devienne vraiment intéressante. Et si vous êtes déjà fan de Soul Eater (2008), difficile de faire l’impasse sur la manière dont Fire Force retisse peu à peu le même univers.
Trigun Stargaze (10 janvier 2026)
Avec Trigun Stampede (2023-), la franchise Trigun a réussi son retour en proposant une relecture nerveuse et visuellement folle des aventures de Vash the Stampede. Pourtant, c’était en 3D ! Un sacrilège pour certains, dont moi. Mais oubliez vos vieux préjugés sur la 3D dans l’animation japonaise, car le studio Orange (Beastars, 2019) a cloué le bec aux puristes. C’était fluide, expressif, et vraiment bluffant. On attend donc que Trigun Stargaze, le nom de la saison 2, continue sur cette lancée. Elle devrait aussi explorer les conséquences des révélations de la première saison et pousser encore plus loin le mélange de western spatial.
Pour celles et ceux qui aiment les anime SF aussi spectaculaires que mélancoliques, Trigun Stargaze a tout pour plaire. Sous les fusillades bien chorégraphiées se cache une réflexion sur le pacifisme. Peut-on refuser de tuer quand on fait face à un ennemi génocidaire ?
Hell’s Paradise: Jigokuraku - saison 2 (11 janvier 2026)
Hell’s Paradise: Jigokuraku (2023–) avait débarqué comme un mélange explosif de dark fantasy, de gore et de méditation sur la mort. Le concept est simple mais tordu : des condamnés qu’on envoie chercher l’élixir d’immortalité sur une île paradisiaque d’apparence, des bourreaux pour les surveiller, des créatures qui ressemblent à des statues bouddhistes mélangées à des insectes géants… sacré cocktail ! Les dessins sont magnifiques, le décor est presque théâtral, c’est coloré, et c’est terrifiant.
Dans la saison 2, Gabimaru et les autres survivants ne cherchent plus à s’enfuir, mais à survivre alors que chaque seconde passée sur cette île de l’enfer ressemble à une mission suicide. Là, on est à mi-chemin entre la violence folle de Chainsaw Man et la tension palpable de L’Attaque des Titans. Si vous n’avez pas encore vu la première saison, foncez !
Frieren: Beyond Journey’s End - saison 2 (16 janvier 2026)
Avec Frieren: Beyond Journey’s End (2023–), on change de tempo : ici, pas de combats chaotiques, mais une réflexion mélancolique sur le temps qui passe. La première saison suivait Frieren, elfe magicienne quasi immortelle, dans un long voyage après la victoire contre le Roi Démon. C’est un peu comme si l’histoire commençait après le générique de fin. La saison 1 soulevait de nombreuses questions : qu’est-ce que ça veut dire d’avoir « sauvé le monde » ? Comment fait-on pour vivre vraiment lorsque l’on est presque immortelle et qu’on regarde ses amis vieillir et mourir en un clin d’œil ? La saison 2 s’annonce tout aussi poignante, et va probablement creuser cette contemplation du temps qui passe, tout en explorant la suite de l’histoire. Le voyage vers le nord continue...
C’est l’anime parfait si vous aimez les grandes fresques de fantasy mais que vous en avez assez des combats sans conséquences. Frieren parle de deuil, de mémoire et de la façon dont les humains et les êtres immortels ne vivent pas le temps de la même manière. Si vous avez été marqué par Made in Abyss ou Violet Evergarden, il y a de grandes chances que cette nouvelle saison devienne l’un de vos rendez‑vous incontournables en 2026.
Darwin’s Incident (Janvier 2026)
Adapté du manga multi récompensé, Darwin’s Incident s’annonce comme l’un des anime les plus dérangeants de l’année. On y suit un Charlie, « humanzee », enfant hybride né d’une expérience entre un chimpanzé et un humain, pris au milieu d’un conflit entre militants pour la cause animale, institutions et une société incapable de le voir comme une personne. Loin des clichés manichéens, le matériau d’origine dissèque frontalement le terrorisme, la radicalisation et la manière dont on déshumanise et opprime ceux qui ne rentrent pas dans les cases.
Ici, nous sommes plus proches du thriller politique que du shōnen, loin de récits pour enfants. Le manga propose une réelle réflexion sur notre société avec une grande froideur. On est dans la lignée de la tension psychologique de Monster : une interrogation profonde des facettes les plus sombres de notre société. C’est exactement le genre d’anime que j’aime, car ils deviennent de vrais miroirs qu’on évite généralement de regarder. Ce ne sera sans doute pas l’anime le plus « confortable » de 2026 : ça va gratter, déranger, diviser, et c’est précisément pour cela qu’il faut le voir.
The Ghost in the Shell (2026)
La franchise Ghost in the Shell (démarrée en anime en 1995) fait partie de ces monuments cyberpunk qu’on pensait réservés à une poignée de fans hardcore. Entre les films, les anime et la version ratée sortie sur Netflix, c’est dur de savoir par où attaquer. Pourtant, chaque nouvelle itération a apporté sa vision de la Section 9, de la cybercriminalité et de la frontière floue entre corps et esprit.
C’est pour ça que la nouvelle série est si attendue, c’est enfin l’occasion pour les néophytes de se lancer, et aux fans de la première heure de retrouver un peu de structure. Pourquoi ? Parce que c’est un reboot pensé pour notre époque, et que c’est le studio Science SARU qui s’y colle. Si vous avez vu Devilman Crybaby ou Dandadan, vous savez qu’ils ne font pas dans la demi-mesure. Cela promet un style visuel psychédélique qui colle parfaitement à l’ambiance cyberpunk. The Ghost in the Shell parle de surveillance, d’identité, de sociétés ultra connectées. En 1996, c’était de la pure anticipation. Aujourd’hui, c’est presque le JT de 20h.
Bleach: Thousand-Year Blood War - Saison 4 (2026)
Avec Bleach: Thousand-Year Blood War (2022–), Tite Kubo est en train d’offrir à son shōnen une conclusion animée à la hauteur de son impact. Après des années de pause, voir Ichigo, les Shinigami et les Quincy revenir avec une telle qualité d’animation a été un petit miracle. Finie l’animation qui n’est pas à la hauteur de l’histoire : ici, c’est une claque visuelle. The Calamity, partie finale annoncée pour 2026, doit clore cet énorme arc avec des combats démesurés, des révélations sur le passé et une mise en scène qui flirte parfois avec l’abstrait.
Si vous avez grandi avec le « Big Three » (Naruto, One Piece, Bleach), cette dernière salve est assez nostalgique. Jujutsu Kaisen incarne la nouvelle génération, alors que Bleach vient boucler la précédente avec panache.
JoJo's Bizarre Adventure: Steel Ball Run (2026)
JoJo’s Bizarre Adventure (adaptée en anime depuis 2012) est devenue au fil des saisons un véritable phénomène culturel, avec ses poses improbables, sa mise en scène baroque et ses combats impressionnants. Steel Ball Run, nouvelle adaptation attendue pour 2026, est sans doute l’une des parties les plus attendues par les lecteurs et lectrices du manga : un western métaphysique à travers une course de chevaux transcontinentale, qui déplace l’action dans une Amérique uchronique du XIXᵉ siècle. On passe du shōnen adolescent au seinen, un genre plus adulte, sombre, littéraire.
JoJo’s Bizarre Adventure porte parfaitement son nom, c’est fou, c’est étrange, ça part dans tous les sens, et ce nouvel arc promet de passer au niveau au-dessus. Le problème ? La communauté attend le studio au tournant, car réussir à retranscrire la patte graphique d’Araki, l’auteur du manga, ça relève du défi.
Tokyo Revengers - saison 4 (2026)
Tokyo Revengers (2021–) a réussi à transformer des histoires de bandes de lycéens en drame temporel ultra addictif. Takemichi, loser au grand cœur, voyage dans le temps pour essayer d’empêcher la mort de celle qu’il aime et la dérive criminelle de ses anciens camarades. L’arc « Three Deities », sors de la bagarre de cour de récré, marque une escalade brutale dans la violence. Fini donc les rixes de collégiens, nous assistons maintenant à une véritable guerre de territoires entre les trois entités criminelles majeures (les Trois Divinités) de Tokyo.
Avec Tokyo Revengers, on se retrouve face à ce paradoxe temporel bien connu dans le cinéma : tout ce qu’on fait pour arranger quelque chose dans le passé semble aggraver le futur. C’est une sorte de Sisyphe du crime. Si vous cherchez un western à la Cowboy Bebop… ne cherchez plus !
















































































































