
Il a battu Chalamet et DiCaprio aux BAFTAs : 10 films et séries pour découvrir Robert Aramayo
Ni Timothée Chalamet, ni Leonardo DiCaprio, ni Ethan Hawke, ni Michael B. Jordan, ni Jesse Plemons : les votant.es des BAFTAs, l’équivalent britannique des Oscars, ont sacré Robert Aramayo ce dimanche 22 février, offrant au film I Swear (2025) les trophées du Meilleur acteur et de la Meilleure distribution. Une vraie surprise, alors que la dernière ligne droite pré-Oscars -qui ont boudé Aramayo- se resserre autour de Une bataille après l’autre, Sinners, Marty Supreme et Hamnet.
Malheureusement entachée par la polémique provoquée par une interjection raciste lancée involontairement par John Davidson -qui a inspiré le film et qui est atteint du syndrome de Gilles de la Tourette qui se caractérise par des tics et insultes non-contrôlés-, la cérémonie a mis en lumière Robert Aramayo, jusqu’ici relativement peu identifié du grand public. Cette récompense pourrait donc marquer un vrai tournant dans sa carrière, marquée par quelques rôles notables que je vous liste ci-après. Suivez le guide JustWatch !
Game of Thrones - saisons 6 & 7 (2016-2017)
Après des rôles secondaires dans Nocturnal Animals (2016) et Lost in Florence (2017) et une prestation remarquée en Bill Harley dans la mini-série Harley and the Davidsons consacrée à la création de la célèbre moto, Robert Aramayo s’illustre dans quatre épisodes de Game of Thrones (2011-2019). S’il aurait pu n’être qu’un des nombreux visages rapidement entre aperçus à Westeros et aussi vite oubliés, son rôle est tout sauf mineur : il incarne, dans quatre épisodes de flashbacks, le rôle de Ned Stark (Sean Bean) jeune, opposé à Ser Arthur Dayne dans un duel mémorable au pied de la Tour de la Joie puis confronté au secret des origines de Jon Snow alors que sa soeur Lyanna lui demande de protéger l’enfant. Je me souviens avoir été marqué, déjà à l'époque, par sa prestation.
MINDHUNTER - saison 2 (2019)
Nouvel univers et nouvelle interprétation marquante, pour ne pas dire glaçante ici, de Robert Aramayo. Il rejoint en 2019 la distribution de MINDHUNTER (S2E4), chef d'œuvre de noirceur qui retrace la création du profiling des tueurs en série par le FBI. L’acteur se glisse dans la combinaison de détenu de Elmer Wayne Henley Jr., un jeune homme condamné à six emprisonnements à perpétuité pour sa participation aux vingt-huit meurtres perpétrés par Dean Corll entre 1970 et en 1973, à qui il amenait ses victimes. Celui qui se définit comme « juste un garçon proche d’un meurtrier » est traversé par plusieurs états durant l’interrogatoire mené par Wendy Carr (Anna Torv) : d’abord fermé et hostile, il se dévoile quand les bons leviers sont actionnés par l’enquêtrice avant de sombrer dans la colère quand une possible homosexualité est suggérée. Il y a un peu ici la même tonalité que dans le fameux épisode 3 de Adolescence (2025), et Aramayo est une nouvelle fois marquant.
Palestine 36 (2025) - actuellement au cinéma
Seul long métrage tourné en Palestine depuis le 7 octobre 2023 (la réalisatrice de Wajib - L'invitation au mariage Annemarie Jacir a également posé sa caméra en Jordanie), Palestine 36 (2025) a été choisi pour représenter le pays dans la course aux Oscars 2026. Même s’il ne figure pas dans la short-list définitive de la catégorie du Meilleur film international, le drame historique reste une œuvre notable à voir, pour son traitement épique de la Grande Révolte arabe contre la domination britannique en Palestine mandataire, période négligée par le cinéma et l’Histoire. Passé par plusieurs festivals, dont Toronto (où il a été très applaudi), Rome, Tokyo, Marrakech et Bordeaux, il croise plusieurs personnages et destins entre colonisateurs, populations locales et militants nationalistes. Robert Aramayo, dans le rôle d’un officier qui incarne la répression britannique, y côtoie Jeremy Irons, Hiam Abbass, Saleh Bakri, Liam Cunningham, Yasmine Al Massri et Kamel El Basha.
Plus fort que moi (2025) - au cinéma le 1er avril 2026
Plus fort que moi / I Swear (2025), c’est le film qui a valu à Robert Aramayo sa première reconnaissance majeure. Et c’est mérité, tant le comédien y livre une performance habitée, subtile et touchante dans le rôle de John Davidson, un Ecossais dont le syndrome de Gilles de la Tourette ne sera diagnostiqué que tardivement. Engagé sans audition par le réalisateur Kirk Jones (Nanny McPhee), Aramayo passé plusieurs mois avec Davidson pour comprendre sa vie, son quotidien et la nature de ses tics physiques et verbaux qui se manifestent de manière incontrôlable depuis son adolescence. Attendu sur les écrans français plusieurs mois après sa sortie britannique, le film devrait bénéficier de ce prix pour rayonner un peu plus auprès du public hexagonal, alors que ce sujet a rarement été traité par le cinéma. A poursuivre avec les documentaires John’s Not Mad (1989) et The Boy Can’t Help It (2002) qui ont suivi John Davidson à plusieurs moments de sa vie.
Robert Aramayo occupe pour la première fois le poste de producteur sur Les Fleurs du silence (2025), témoignant de son implication sur ce drame historique qui nous entraîne dans l’Angleterre des années 1920. Un romancier homosexuel (Fionn O'Shea) s’y lie d’amitié avec une infirmière (Erin Kellyman) à qui il se confie sur sa relation passionnée et interdite avec un ami, qui a alors recours à une méthode radicale pour tenter de se débarrasser de ces sentiments. Robert Aramayo incarne ce médecin qui se résout à s’imposer une transplantation de testicules, une méthode utilisée au début du XXème siècle pour « guérir » les patients dont les penchants gays étaient rejetés par la société de l’époque. A la fois solaire et glaçant, le long métrage de Will Seefried est notamment produit par Emilie Georges et Naima Abed, déjà à l’oeuvre sur Call Me By Your Name (2017). A noter que Robert Aramayo et Fionn O'Shea étaient tous deux au générique du biopic Dance First (2023) qui retrace la vie du géant littéraire Samuel Beckett.
C’est sans aucun doute le rôle qui a vraiment contribué à asseoir Robert Aramayo comme un visage à suivre et une valeur montante du cinéma britannique : l’Elfe Elrond, qu’il campe dans sa « jeunesse » (tout est relatif en Terre du Milieu) pour les besoins de la série Le Seigneur des Anneaux : Les Anneaux de pouvoir. Remontant le temps, plusieurs millénaires avant les événements de la trilogie de Peter Jackson, le projet nous replonge dans l’univers de Tolkien et suit les destins croisés de Galadriel, Elrond, Isildur, Celebrimbor, Durin, Gil-galad, Elendil (entre autres) et des futurs Gandalf et Sauron. Si l’ambition et le budget sont là, le show Prime Video n’a pas totalement convaincu, en raison d’une narration complexe et de personnages un peu froids. Mais c’est une œuvre qu’il faudra juger dans sa globalité, alors que le saison 3 est actuellement en préparation. Et même si le monde des Elfes ne vous passionne pas, c’est intéressant de voir un Elrond plus central que celui campé par Hugo Weaving dans la trilogie cinéma, alors qu’il est confronté aux enjeux politiques, militaires et spirituels de son peuple.
« Ils sont plus heureux quand ils sont seuls avec moi que quand ils sont tous les deux. » Cette réplique de Louise (Simona Brown) résume parfaitement sa relation avec David et Adèle, un couple dont elle se rapproche en devant la maîtresse de l’un et la meilleure amie de l’autre. En se rapprochant d’eux, elle va alors découvrir leurs secrets… En six épisodes, la mini-série Netflix Mon amie Adèle (2021) adapte le best-seller de Sarah Pinborough et tisse une intrigue entre mystères, songes et révélations. Après la révélation finale qui a fortement divisé, la plateforme a même dû publier une vidéo pour aider ses abonné.es à bien comprendre les tenants et aboutissants de cette histoire qui peut en perdre plus d’un.e ! Robert Aramayo y campe un personnage secondaire dont le « journal des rêves » contient certaines clés majeures pour la bonne compréhension de l’univers.
Le prologue de Antebellum (2020) est glaçant, passant pendant un plan-séquence très réussi d’une ambiance historico-bucolique à l’horreur de l’esclavage au sein d’une propriété confédérée. Le décor est planté pour ce thriller à forte résonance sociale, souvent comparé à Get Out (2017) mais qu’on pourrait plus justement présenter comme un croisement entre Le Village (2004) et 12 Years a Slave (2013). Sans spoiler plus loin -car le film repose mine de rien sur un twist majeur- on y suit les pas de Veronica Henley (Janelle Monáe, y livre une performance habitée pleine de rage contenue) alors qu’elle tente de survivre et s’enfuir de la plantation où elle est retenue prisonnière. Robert Aramayo y incarne Daniel, un soldat en apparence timide et humain qui va vite dévoiler un double-visage terrifiant quand il est confronté à la jeune femme qu’on lui offre pour la soirée. La même année, l’acteur apparaît dans un autre film d’horreur intéressant : The Empty Man (2020) qui convoque une légende urbaine étrange dans une ambiance néo-noire assez fascinante.
Le drame danois Suicide Tourist (2019) confronte Robert Aramayo à un autre transfuge de Game of Thrones en la personne de Nikolaj Coster-Waldau qui campait Jaime Lannister dans la série HBO. Devant la caméra de Jonas Alexander Arnby, remarqué pour son film sur l’adolescence When Animals Dream (2014), Coster-Waldau incarne un enquêteur en assurances condamné à court termes par une maladie, qui se rend dans un mystérieux hôtel spécialisé dans le suicide assisté alors qu’il enquête sur la disparition d’un bénéficiaire. L’histoire prend alors une direction mystique, onirique et existentielle, qui l'amène -et nous avec- à douter de la réalité elle-même. Personnage secondaire de l’établissement, Robert Aramayo contribue à nourrir l’étrangeté du lieu, baigné dans une ambiance qui rappelle A Cure For Life (2017).
Mélanie Laurent, actrice mais aussi réalisatrice depuis Les Adoptés (2011), dirige son cinquième long métrage -et le premier en anglais- avec Galveston (2018). Dans ce road movie sur fond de thriller noir adapté du roman de Nic Pizzolatto (le créateur de True Detective), on suit la cavale de deux marginaux, un gangster malade et une jeune prostituée campés par Ben Foster et Elle Fanning, alors qu’ils tentent de rejoindre la ville depuis La Nouvelle Orléans. Sur leur route vers le Texas, ils vont notamment croiser Robert Aramayo au détour d’un motel : le comédien incarne un criminel sans envergure qui leur propose un coup facile et devient une menace dans leur fuite. Le rôle est court -quatre scènes- mais illustre la capacité d’Aramayo à incarner de manière crédible des personnages très différents et immédiatement marquants.



























































