Que ce soit sous le maquillage de l’ignoble Vecna ou derrières les lunettes de l’inquiétant Henry Creel, Jamie Campbell Bower a marqué de son empreinte l’univers de Stranger Things (2016-2025). Grâce à son jeu intense, son body language et surtout son regard perçant, il a donné vie à l’antagoniste majeur de la série Netflix à partir de la saison 4.
Artiste complet, le Britannique s‘est illustré dans la musique, le théâtre (il a joué dans le musical inspiré de Joue-la comme Beckham et fait une apparition dans la pièce Stranger Things : The First Shadow), le mannequinat et évidemment au cinéma et à la télévision. Pour JustWatch, je vous partage ses rôles les plus marquants, en attendant de le retrouver dans un rôle majeur (mais secret) de la saison 3 de Le Seigneur des anneaux : Les Anneaux de pouvoir (2022-).
Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street
Si certains parents ont été épuisés par la ritournelle du Libérée, Délivrée entonné par Elsa dans La Reine des Neiges (2013), j’ai été pour ma part hanté par la chanson Johanna dans Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street (2007) de Tim Burton. Le morceau, entêtant, est déclamé par un tout jeune Jamie Campbell Bower (c’est même son tout premier long métrage) dans les rues de Londres, à la fenêtre de la demoiselle blonde dont il s’est épris, quitte à subir le courroux du tuteur campé par Alan Rickman. Dans le rôle du jeune marin romantique Anthony Hope, né dans la comédie musicale de Stephen Sondheim, le comédien apporte lumière, amour et espoir à cet univers gris et sanglant où Johnny Depp joue du rasoir. Et il impose son visage de jeune premier, sa voix et son talent (à suivre de près).
Winter in Wartime
Winter in Wartime (2008), c’est le premier rôle (presque) principal de Jamie Campbell Bower. Dans ce film de guerre néerlandais de Martin Koolhoven, il incarne un aviateur anglais sauvé par un jeune résistant pendant la Seconde Guerre mondiale aux Pays-Bas. Le long métrage, adapté du roman Oorlogswinter de Jan Terlouw, explore avant tout le passage de l’innocence à l’âge adulte de son jeune héros (Martijn Lakemeier) face aux horreurs de l’occupation allemande, et livre un point de vue humaniste et intimiste sur cette période sombre de l’Histoire. Comme l’excellent Black Book (2006), Winter in Wartime propose une vision originale sur le conflit (on a plutôt l’habitude de voir des films américains, britanniques ou français sur le sujet) et il le fait bien, au point de connaître un triomphe en salles aux Pays-Bas et de représenter le pays dans la course aux Oscars 2010. A prolonger avec Empire du Soleil (1987) ou Jojo Rabbit (2019) pour d’autres guerres à hauteur d’enfant.
Harry Potter / Les Animaux fantastiques
Jamie Campbell Bower a précédé Johnny Depp dans le Wizarding World développé par Warner Bros. autour de l’univers magique imaginé par J.K. Rowling. Dans un court flashback de Harry Potter et les reliques de la mort 1ère partie (2010), il se glisse dans le costume d’un jeune Gellert Grindelwald, le temps d’un (très court) flashback qui montre le sorcier dérober la légendaire baguette de sureau puis d’un plan rapide sur une vieille photo. C’est Johnny Depp -partenaire de Jamie Campbell Bower dans Sweeney Todd- qui reprendra le rôle du sombre mage dans Les Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald (2018). Jamie Campbell Bower y fera d’ailleurs une autre apparition (à nouveau muette), alors que Albus Dumbledore (Jude Law) se remémore avec tristesse sa jeunesse auprès de son plus proche ami (et potentiel amant) devant le Miroir du Riséd, alors qu’ils sont désormais ennemis.
Twilight
Une cape noire, une longue chevelure blonde, une peau pâle et des yeux rouges comme le sang : Jamie Campbell Bower devient Caius dans la saga Twilight (2008-2012). Ce vampire millénaire est l’un des trois chefs des Volturi, un clan puissant qu’il dirige avec Aro (Michael Sheen) et Marcus (Christopher Heyerdahl). S’il ne possède pas de capacité particulière, il la compense par une violence perpétuelle et une ambition forte : Caius est considéré comme le plus impitoyable des Volturi, et ne cache jamais sa haine des loups-garous, d'Edward (Robert Pattinson) et la famille Cullen… et de Bella (Kristen Stewart) qu’il souhaite éliminer. Les traits angéliques de Jamie Campbell Bower siéent parfaitement à ce monstre implacable, qui apparaît dans trois films de la franchise : Tentation (2009), Révélation 1ère partie (2011) et Révélation 2ème partie (2012).
The Mortal Instruments: La Cité des ténèbres
Maître de l’Upside-Down, mage noir, vampire et… chasseur de démons : Jamie Campbell Bower est décidément un visage majeur de la pop culture. Dans The Mortal Instruments: La Cité des ténèbres (2013), adapté des romans young adult de Cassandra Clare, il incarne Jace Wayland, un Chasseurs d'Ombres qui va entraîner Clary Fray (Lilly Collins) dans un monde de mystères et de magie où rôdent notamment vampires et loups-garous (décidément !). Alex Pettyfer (Numéro quatre) et Alexander Ludwig (Hunger Games) avaient également été considérés pour ce rôle majeur d’une saga fantasy… qui sera abandonnée après l’échec commercial de ce premier opus. Les fans se rattraperont avec la série Shadowhunters (2016-2019) où Dominic Sherwood reprend le rôle de Jace. Si le film est plus qu’oubliable, c’est amusant de voir Jamie Campbell Bower dans le camp du Bien.
Camelot
Oubliez le Roi Arthur version Alexandre Astier, la série Camelot (2011) est très (très) différente de l’univers décalé de Kaamelott (2005-2009). Supervisé par Michael Hirst (Les Tudors, Vikings) et Chris Chibnall (Doctor Who 2005, Broadchurch), le show offre une vision plus sombre et réaliste des légendes arthuriennes où Jamie Campbell Bower campe un jeune et impétueux Arthur face à sa demi-sœur, l’ambitieuse et froide Morgane (Eva Green). Au générique, on retrouve également Joseph Fiennes en Merlin, Tamsin Egerton en Guenièvre, Claire Forlani en Igraine et Clive Standen en Gauvain. Malgré des audiences faibles et une annulation après la première saison de dix épisodes (le budget de 7 millions de dollars par épisode a découragé la chaîne Starz à poursuivre), la série a montré qu’un traitement adulte et politique de la fantasy était possible, ouvrant notamment la voie à Game of Thrones.
Will
Une saison et puis s’en va, c’est aussi ce qui est arrivé à Will (2017), récit des jeunes années de William Shakespeare. Face à Laurie Davidson dans le rôle du légendaire dramaturge britannique, Jamie Campbell Bower y campe l’un de ses amis et rivaux, l’auteur Christopher Marlowe. La particularité du show est de mêler la série d’époque à une approche punk‑rock de l’époque élisabéthaine : on n’en attendait pas moins du showrunner Craig Pearce, scénariste attitré de Baz Luhrmann sur Roméo + Juliette (1996), Moulin Rouge ! (2001) ou Elvis (2022). Assumant l’anachronisme dans la musique, les décors et les costumes, le programme offre une vision flamboyante du Londres du XVIème siècle et cherche à faire découvrir Shakespeare à un public contemporain. Louée pour cette approche visuelle inédite, la série a toutefois désarçonné le public, au point que la chaîne TNT l’annule après dix épisodes. On peut la prolonger avec Shakespeare in Love (1998), qui offre une vision romantique des jeunes années de Shakespeare.
Horizon : Une saga américaine, chapitre 1
Le projet Horizon de Kevin Costner est d’une ambition folle. Et un pari inédit, entre le cinéma et la télévision (c’est en quelque sorte une série sur grand écran) qui revisite l’histoire de l’ouest américain à travers les destins croisés de nombreux personnages. Cette approche hybride a malheureusement désarçonné le public, qui a boudé le premier opus, Horizon : Une saga américaine, chapitre 1 (2024), pourtant passé par le Festival de Cannes. C’est dommage, car au-delà de l’univers exposé par Kevin Costner (qui finance la production de sa poche) avec un réalisme de chaque plan, une longue durée (3h01mn) qui donne de la place à tous les protagonistes et une volonté de ne jamais tomber dans le manichéisme, le film met en scène un Jamie Campbell Bower convaincant en flingueur sans foi ni loi, qui va se lancer sur les traces de Jena Malone. Son face-à-face avec Costner, qui prend le temps d’installer une tension majeure avant que les colts ne soient dégainés, reste pour moi assez mémorable. Verra t-on Horizon : Une saga américaine, chapitre 2 (2024) et les autres films prévus un jour ? Rien n’est moins sûr, hélas.
















































































































