Toutes les bonnes choses ont une fin et Stranger Things (2016-2026) n’échappe pas à la règle. Après dix ans d’aventures à Hawkins, les protagonistes ont prononcé leurs dernières répliques dans le huitième épisode de la saison 5, ultime opus de la série. ATTENTION - Ne lisez pas ce qui suit si vous n’avez pas encore vu le final !
Ces deux dernières heures ont apporté leur lot de stress et de tensions quant au devenir de Mike, Will, Steve, Dustin, Lucas, Eleven, Joyce et toute la bande qui a vécu les pires horreurs pendant dix ans. Mais SPOILERS, tout est bien qui finit pour le mieux. Depuis plusieurs semaines, toutes les théories échafaudées, toutes les hypothèses envisagées, ont finalement trouvé des réponses et les personnages se sont suffisamment épanchés pour solder une bonne partie de leurs problèmes.
Pourquoi la fin de Stranger Things était la meilleure possible ? Pour JustWatch, je vous dresse un topo très subjectif de notre sentiment de complétude.
« Stranger Things », que se passe-t-il dans la saison 5 ?
Avec sa cinquième et ultime saison, Stranger Things opère un retour aux fondamentaux en recentrant son récit sur L’Abysse, désormais intimement lié au destin de Hawkins. Après avoir étendu son univers et multiplié les menaces à grande échelle, la série choisit de resserrer son propos autour de ce monde inversé, qui n’est plus seulement un décor terrifiant mais un espace à comprendre pour espérer y mettre un terme définitif.
Dans cette dernière ligne droite, chaque personnage est confronté à l’aboutissement de son arc narratif. Eleven doit apprendre à se définir autrement que par ses pouvoirs, Mike et Will sont forcés d’affronter leurs non-dits et d’assumer leur passage à l’âge adulte, tandis que Dustin et Lucas portent les cicatrices laissées par les combats précédents. Steve, Nancy et Jonathan se trouvent à un carrefour décisif, partagés entre leurs sentiments et leurs renoncements. Joyce, enfin, demeure le pilier du groupe (même jusqu’à son geste final…), rappelant que la lutte contre L’Abysse est aussi une bataille pour préserver ce qu’il reste de leur humanité.
Une fin qui ne laisse pas traîner de mystères inutiles
Avec cette dernière saison de Stranger Things, attendue depuis mai 2022 (date de la sortie de la saison 4), les frères Duffer avaient la pression monumentale de tout scénariste devant le dernier paragraphe de sa copie : bien conclure. Entre renverser la table dans un bain de sang, et rester dans un mood très Goonies où tous les personnages ressortent globalement indemnes de l’aventure, les jumeaux ont choisi leur camp. Ce ne serait pas Game of Thrones !
Une intention qu’ils n’avaient d’ailleurs jamais cachée, ce qui peut interroger quand on voit les réactions étonnées de certains médias et fans, fâchés par la supposée « mièvrerie » du dernier épisode. Pourtant, comme on est en droit de l’attendre d’une conclusion de fiction, tout s’éclaire dans la saison finale.
Les grandes questions trouvent enfin leurs réponses : d’où vient le Monde à l’Envers ? Comment Henry Creel est devenu Vecna ? Où est passé le Flagelleur Mental ? L’héroïne Eleven va-t-elle survivre ? S’ajoutent des enjeux plus terre-à-terre mais tout aussi importants pour les fans, comme l’avenir de la relation entre Nancy et Jonathan ou encore l’évolution de l’amitié entre Mike et Will après le coming out de ce dernier.
En refusant l’ambiguïté gratuite, Stranger Things fait le choix de la clarté narrative, dans un réflexe finalement assez proche des « ref » des années 70/80 des Duffer (Les Goonies bien sûr, mais aussi E.T. l’extra-terrestre, Alien, Terminator, Les Griffes de la nuit…).
Une fin comme une bonne partie de Donjons & Dragons
L’expression « la boucle est bouclée » n’a jamais autant trouvé meilleure illustration qu’avec Stranger Things. Depuis longtemps, certains prédisaient une conclusion pensée comme une immense partie de Donjons & Dragons, revenant ainsi à la deuxième séquence de l’épisode 1 de la saison 1, à savoir une partie de ce jeu de rôles entre Dustin, Will, Mike et Lucas.
D’autres théories allaient encore plus loin, suggérant que Mike refermerait un script en train d’être finalisé, révélant que toute cette histoire ne serait que le fruit de son imagination. Au final, les frères Duffer se montrent plus malins en mélangeant habilement ces pistes sans tomber dans le twist paresseux. Mike est à la fois en train de consigner par écrit de ce qu’il a vécu comme pour figer ses souvenirs avant de passer à l’âge adulte, tandis que les ados d’Hawkins (Max incluse) se retrouvent dans le sous-sol de la maison des Byers pour une nouvelle partie de D&D (ou est-ce la même ?).
Une scène simple, presque anodine, mais profondément symbolique. La menace est vaincue, mais l’essentiel demeure : l’amitié, l’imaginaire et ce refuge qu’était le jeu au début de l’aventure. « That’s all Folks », aurait conclu un épisode des Looney Tunes, parfaitement incarné selon moi dans ce sourire revenant sur les lèvres de Mike au moment de regarder sa petite sœur Holly s’attabler avec ses amis pour entamer une nouvelle partie de D&D. Les frères Duffer nous disent que nous n’avons pas rêvé à travers les yeux d’un personnage ce que nous avons vécu grâce à la fiction, mais nous font quand même un petit clin d'œil complice pour nous rappeler que nous sommes - évidemment- dans une fiction et que personne n’est dupe !

















































































































