Au-delà d’une fréquentation en demi-teinte, qui a vu les spectateurs quelque peu délaisser les salles obscures, l’année cinéma 2025 a livré des œuvres de qualités (pour voir le Top de l’équipe JustWatch France, c’est juste ici !). Et des personnages vraiment réussis, voire immédiatement cultes. Des « instant classics » qui ont trouvé une place de choix dans la culture pop dès leur apparition à l’écran.
Dans cette sélection JustWatch, je vous partage celles et ceux qui ont marqué ma rétine, par leur interprétation, leur aura ou leur décalage. En excluant, évidemment, les biopics et films basés sur des histoires vraies (difficile de juger un personnage existant, vous en conviendrez). C’est un peu mes Oscars à moi, finalement. Et les meilleurs personnages 2025 sont…
Tante Gladys - Évanouis (2025)
Quelques jours après la sortie de Évanouis (2025), Zach Cregger et les studios Warner Bros. ont annoncé le développement d’un prequel centré sur elle : c’est dire l’impact de la Tante Gladys sur les spectateurs. Dès son apparition, la vieille dame, surmaquillée (une sorte de Longlegs version féminine) et très maniérée, provoque quelque chose. Une sensation de l’ordre du malaise, mêlée d’une réelle fascination. On a envie de la voir encore et encore… et en même temps de ne plus jamais la croiser. Il ne faut pas trop en dire sous peine de spoiler l’une des claques thrillers de l’année : juste savoir qu’on est au croisement de Prisoners et Pulp Fiction, avec une disparition d’enfants racontée sous formes de segments complémentaires consacrés à différents personnages. Et parmi eux, il y a cette Tante Gladys à qui Amy Madigan donne une présence folle. Et terrifiante. Si vous la voyez sortir un saladier et une branche, fuyez !
Perfidia - Une bataille après l’autre (2025)
C’est sur la silhouette encapuchonnée de Teyana Taylor, alias Perfidia, que s’ouvre Une bataille après l’autre (2025), LE grand favori de la saison des récompenses et de la course aux Oscars et aux Golden Globes. Et dès cette apparition, on ne voit plus que cette révolutionnaire incandescente, amazone moderne en guerre contre la société. Au point d’éclipser -à mes yeux- les performances pourtant très réussies du glandeur Leonardo DiCaprio, du martial Sean Penn et du sensei Benicio Del Toro. Bien sûr, on connaissait Teyana Taylor pour son travail dans la chanson, la danse et la mode. Et le long métrage de Paul Thomas Anderson n’est pas son premier film ni sa première série (on l’a vue avant dans A Thousand and One ou Star). Mais son interprétation est une claque monumentale. Au point où je me demande pourquoi « PTA » a décidé de l'occulter du récit à la moitié du film. Il y avait tellement de choses à raconter sur la nouvelle vie de Perfidia et sa gestion de la trahison, elle qui a balancé ses amis. Même si son absence devient, au final, une sorte de présence, je voulais plus de Perfidia.
Varang - Avatar : De feu et de cendres (2025)
Si Avatar : De feu et de cendres (2025) fait moins l’événement que ses deux prédécesseurs (le raz-de-marée pandoresque a laissé la place à un succès certes solide mais relativement timide au regard du budget monumental de 400 millions de dollars), un personnage tire son épingle du jeu. Il s’agit de Varang, la nouvelle antagoniste, issue cette fois non pas des rangs humains mais du peuple Na’vi. A la tête du clan Mangkwan, des pillards qui ont rejeté Eywa et embrassé l’adoration du feu, cette sorcière est vraiment marquante, inspirant à la fois terreur et fascination. L’interprétation brûlante de Oona Chaplin (la petite-fille de Charlie Chaplin !) donne vie à cette cheffe sans pitié, qui reçoit l’admiration de sa tribu comme de Quaritch (Stephen Lang). Dommage qu’elle ait, finalement, si peu de place dans une histoire qui tourne plus autour de l’eau que du feu… Comme pour Perfidia, on voulait plus de Varang !
Rumi Kang - KPop Demon Hunters (2025)
La surprise streaming de l’année, c’était assurément KPop Demon Hunters (2025), l’un de ces succès sortis de nulle part dont Netflix a le secret. Avec 325 millions de vues et plus de 540 millions d'heures de visionnage, c’est tout simplement le film le plus regardé de l’histoire de la plateforme. Et le seul long métrage animé du Top 10, au passage. Ce phénomène a été porté par le trio KPop des HUNTR/X, et notamment la leadeuse Rumi Kang reconnaissable à sa longue chevelure violette et sa voix unique. Cette héroïne, chasseuse de démons la nuit venue en compagnie de ses amies Mira et Zoey, est aussi rongée par un terrible secret : elle a, elle aussi, une ascendance maléfique. Quatre voix ont donné vie au personnage (Arden Cho aux dialogues et Ejae au chant en version originale, Noémie Orphelin et Alexiane Broque en version française), qui va assurément devenir une nouvelle icône du cosplay.
Garrett Garrison - Minecraft, le film (2025)
Cheveux façon mulet, veste rose à franges (!), jean slim et ego surdimensionné : je vous présente Garrett Garrison, alias « La Poubelle » (« Garbage Man » en version originale) ! Voir Jason Momoa jouer le jeu de ce personnage aussi loser qu’attachant est l’une des grandes qualités de Minecraft, le film (2025) dont je n’attendais RIEN (et même le pire) et devant lequel j’ai passé un très bon moment. Notamment grâce à cet ancien champion de jeu vidéo (il dominait Hunk City Rampage en 1989), qui rêve de retrouver sa gloire passée. Totalement incompétent, il est l’un des moteurs comiques de cette adaptation très lucrative (près d’un milliard de dollars de recettes mondiales), faisant jeu égal avec Jack Black quand il s’agit de s’amuser. On connaissait Jason Momoa plutôt sérieux et badass, il excelle aussi quand il s’agit de s'autoparodier. J’ai hâte de voir ce qu’il fera de Lobo au sein de l’univers DC !
Smoke & Stack - Sinners (2025)
Deux Michael B. Jordan pour le prix d’un, c’est la promesse de Sinners (2025), l’une des autres belles surprises proposées par Warner Bros. cette année. Devant la caméra de son ami Ryan Coogler (qu’il accompagne depuis Fruitvale Station en 2013), il incarne Smoke et Stack, deux jumeaux gangsters qui décident d’ouvrir un bar dans leur ville natale. C’était sans compter l’arrivée de… Je n’en dis pas plus, mais si vous connaissez le film Une nuit en enfer (1996), vous serez en territoire connu. En attendant, ce double-rôle permet au comédien de montrer l’étendue de sa palette, en proposant deux frangins certes identiques mais aux personnalités très différentes, l’un charmeur et impulsif, l’autre sérieux et taciturne. Leur relation, fusionnelle et tragique, est au cœur du long métrage qui brasse, sous couvert d’un film de genre, de nombreux thèmes liés à l’histoire des Etats-Unis et de la musique blues.
Dr. Kelson - 28 ans plus tard (2025)
Avec 28 ans plus tard (2025), Danny Boyle a surpris tout le monde avec une proposition clivante mais passionnante. Beaucoup de spectateurs sont restés aux portes de cette suite de 28 jours plus tard (2002) et 28 semaines plus tard (2007), qui s’est avérée être non pas la fin d’une trilogie mais le début d’une autre ! En l'occurrence une plongée en territoire infecté, au cœur d’un Royaume-Uni définitivement mis en quarantaine, où la vie s’organise entre survivants sains et créatures contaminées par le virus de la Fureur. Les pas d’un jeune garçon (Alfie Williams) vont alors croiser la route d’un étrange personnage, le Docteur Ian Kelson (Ralph Fiennes). Malgré son apparence inquiétante (il est recouvert d’iode !), l’homme est extrêmement doux et bienveillant, et fait preuve d’un humanisme disparu dans ce monde post-apocalyptique, honorant la vie et la mort des infectés comme des non-infectés dans son temple d’ossements. Je suis très curieux de le retrouver dans 28 Ans plus tard : Le Temple des morts, attendu ce 14 janvier en salles.
Mister Terrific - Superman (2025)
Oubliez l’Homme d’acier, oubliez son superchien Krypto : le personnage le plus réussi du Superman (2025) de James Gunn est assurément Mister Terrific. Campé par Edi Gathegi avec un sérieux savoureux, pas très loin d’un vrai mépris pour ses congénères qui ne possèdent pas son intelligence surdéveloppée, ce membre de la Justice Gang brille ici par son intellect, sa maîtrise de la haute technologie (grâce à des sphères multi-fonctions extrêmement pratiques) et sa capacité à refermer les failles de dimensions parallèles. Mais aussi par ses réparties, sa coolitude et son swag, qui tranchent avec l’imagerie un peu kitsch véhiculée par Guy Gardner / Green Lantern (Nathan Fillion) et Hawkgirl (Isabela Merced). Son masque en forme de « T » aurait pu être ringard… Il lui donne au contraire un style génial qui a fait de lui LE personnage préféré des spectateurs dans cette nouvelle version. Et le mien ! C’est LA révélation super héroïque de l’année avec Bob / Sentry (Lewis Pullman) de Thunderbolts* (2025).
Bruce Tucker - Dangerous Animals (2025)
Malgré un passage au Festival de Cannes en mai dernier, Dangerous Animals (2025) n’a pas réussi à surfer sur la vague du shark revival lancée par Sous la Seine (2024). Et c’est dommage que le film de Sean Byrne soit un peu passé inaperçu, car il met en scène un personnage vraiment réjouissant (si on aime les psychopathes) : Bruce Tucker, un (grand méchant) loup de mer qui adore kidnapper d’innocentes victimes pour les offrir en pâture aux squales, dont il film le festin avant de se repasser les images en boucle, le soir dans sa cabine. Totalement habité par le rôle, Jay Courtney est le vrai monstre d’un film où les requins sont finalement peu présents. Croisement entre le pêcheur Quint des Dents de la mer, le terrifiant Buffalo Bill du Silence des agneaux et le tueur sadique de Wolf Creek, il est vraiment dérangeant (et dérangé). Et il emmène le film dans les eaux de la série B plus que recommandable.
Mikki - Arco (2025)
Un an après Le Robot sauvage (2024), voilà que je verse des larmes pour un autre robot ! Dans Arco (2025), la superbe fable humaniste et futuriste de Ugo Bienvenu, il y a un petit garçon venu de l’avenir, une fillette intrépide qui va l’aider à rentrer chez lui, trois frangins rigolos… et le robot à tout faire Mikki. Chargée de surveiller et éduquer Iris et son petit frère, la machine est devenue un parent de substitution qui brille par sa patience, son attention, sa douceur. Jour et nuit, Mikki veille sur ses deux humains. Et malgré son corps de métal et les processeurs qui gèrent ses actions, il laisse apparaître un attachement sincère pour les enfants. En voyant la mascotte du dessinateur (Mikki apparaît aussi dans ses BD et courts métrages), j’y ai vu un écho du T-800 observé par Sarah Connor dans Terminator 2 (1991) : « En regardant John avec cette machine, tout devint très clair : il ne s’arrêterait jamais. Il ne l’abandonnerait jamais. Et il ne le frapperait jamais, ne crierait jamais après lui ou le tabasserait en rentrant saoul ou ne dirait qu’il est trop occupé pour jouer avec lui. Il serait toujours là. Et il mourrait pour le protéger. Et de tous les pères possible qui sont passés toutes ces années, cette chose, cette machine était le seul à être à la hauteur. Dans un monde de fous, c’était le choix le plus raisonnable. » Anecdote étonnante, la voix du robot est un mélange des timbres de Alma Jodorowsky et Swann Arlaud en version française, et de Mark Ruffalo et Natalie Portman en version anglaise.
Mentions spéciales
Voilà pour mes coups de coeur, mais je ne voudrais pas oublier d’autres personnages notables qui ont fait mon/notre bonheur sur grand écran cette année : le maire-cheval Brian Winddancer et sa magnifique crinière blonde (avec la voix du toujours génial Adrien Antoine) dans Zootopie 2, l’enfant-créature de Substitution - Bring Her Back (Jonah Wren Phillips m’a traumatisé), les différentes versions de Mickey 17 campées par Robert Pattinson, le touchant et inspirant Charles Krantz dans Life of Chuck (quelle danse de Tom Hiddleston !), le couple glamour et plein d’humour de Y’a t-il un flic pour sauver le monde (Liam Neeson et Pamela Anderson, ça fonctionne !), le mystérieux Major de Marche ou Crève (Mark Hamill en méchant, on aime), le trio (très) étrange de Bugonia (Emma Stone, Jesse Plemons et Aidan Delbis)… et toute la bande de ravers abîmés de Sirāt.
















































































































