L’amitié entre une femme et un homme est-elle possible ? L’affection entre deux ami.es se transforme-t-elle inévitablement en passion ? Cette question majeure autour des relations amicales et amoureuses, Sally Albright et Harry Burns l’ont explorée en 1989 dans une romcom culte. Elle revient aujourd’hui sur Netflix, portée par le couple Poppy Wright & Alex Nilsen.
C’est quoi « People We Meet On Vacation » ?
People We Meet On Vacation (2025), c’est le long métrage Original Netflix qui lance la riche année cinéma 2026 de la plateforme. Mise en ligne le 9 janvier, la romcom de Brett Haley suit les pas de Poppy (la pétillante Emily Bader, révélée par la série My Lady Jane) et Alex (Tom Blyth, le jeune Cornelius Snow de Hunger Games la ballade du serpent et de l’oiseau moqueur), deux anciens meilleurs amis qui se sont éloignés au fil des années et qui se retrouvent en Espagne, à l’occasion du mariage du frère du jeune homme. L’occasion pour les souvenirs et les sentiments de refaire surface…
Un best-seller à 2 millions d’exemplaires
A l’origine de cette histoire, il y a un roman publié par Emily Henry en 2021. Rapidement installé dans la liste des best-sellers du New York Times (où il restera pas moins de 69 semaines !), le livre s’écoule à plus de deux millions d’exemplaires outre-Atlantique et tape immédiatement dans l'œil d’Hollywood, qui y voit le terreau idéal pour construire une romcom pour les young adults des années 2020. L’adaptation est immédiatement mise en chantier, avec Yulin Kuang (Kissing in the Rain, I Ship It, Un amour polaire) au scénario
Déjà 1er sur Netflix
Dès sa première semaine de disponibilité, People We Meet On Vacation (ou PWMOV pour les puristes) domine le classement des films les plus regardés sur Netflix. Avec plus de 17 millions de vues, le long métrage arrive en tête dans une trentaine de pays (en France, il n’est « que » deuxième, devancé par… la comédie française 100% cachemire) et offre un petit moment feel good aux abonné.es en manque de romcoms « slow-burn » et « friends-to-lovers ». Pour les amatrices et amateurs de ces passions brûlantes, il fait aussi beaucoup écho à un monument du genre : Quand Harry rencontre Sally (1989). C’est en tout cas le film auquel je pensais tout au long de mon visionnage !
Quand Poppy rencontre Alex
Cette comparaison avait déjà émergé dans certaines critiques littéraires dès la parution du roman. Et l’adaptation Netflix le confirme, avec une trame générale, un parcours temporel et même certains éléments qui rappellent beaucoup le film de Rob Reiner écrit par Nora Ephron. Le covoiturage où s’opposent deux personnages aux caractères et visions de la vie très opposés, les retrouvailles régulières qui les voient grandir (ainsi que leurs sentiments inavoués), la jalousie inévitable quand l’autre présente sa/son chéri.e du moment, les second rôles courts mais marquants, la déclaration finale, le tandem réalisateur homme / scénariste femme… Tout était déjà, d’une certaine façon, dans le film porté par Billy Crystal et Meg Ryan, comme un écho contemporain à ce pilier du genre.
Une variation moderne
Après, il y a des différences bien sûr. La rivalité intellectuelle entre Harry et Sally laisse place à des blocages émotionnels dans la romance de 2025. Les flashbacks des différents étés vécus par Poppy et Alex remplacent la narration linéaire de 1989. Les personnalités de Harry / Alex d’un côté et de Sally / Poppy de l’autre, sont assez différentes, presque opposées sur certains aspects. Les joutes verbales ironiques des uns laissent place à des moments plus doux chez les autres. La cultissime scène de l’orgasme simulé au dinner est remplacée par un plus sage bain de minuit qui voit la marée emmener les vêtements d’Alex… L’histoire d’Emily Henry trouve donc quand même, au final, sa propre identité et son propre ton.
#TeamHarrySally ou #TeamPoppyAlex ?
Toutefois, cette impression ne me lâche pas : j’ai le sentiment que People We Meet On Vacation pourrait bien être le Quand Harry rencontre Sally de la « génération Netflix », qui -je dis cela sans condescendance aucune mais parce qu’il est compliqué de s’extraire de la mécanique des algorithmes- a des références romcom très récentes, souvent des productions originales de la plateforme (The Kissing Booth ou A tous les garçons que j’ai aimés). Les semaines à venir nous diront si le film a des chances de s'installer durablement dans la culture populaire. Car à date, il y a tout de même une dernière (et immense) différence majeure entre PWMOV et QHRS : le premier est sympathique mais oubliable (et déjà oublié) ; le second est un classique indémodable, même 37 ans après.


















































































































