Il y a eu l’Astérix d’Alain Chabat qui continue à faire rire dans les chaumières plus de 20 ans après sa sortie. Et il y aura -c’est désormais acté- l’Astérix de Jonathan Cohen ! L’auteur et comédien s’est vu confier sa première réalisation cinéma : l’adaptation de l’album Les Douze travaux d’Astérix.
Actuellement en phase d’écriture, le projet suscite déjà beaucoup de curiosité. Aucun doute que l’adaptation du quadragénaire, dont l’humour absurde et référencé n’est pas si éloigné de celui de son aîné, saura s’emparer des codes de la bande dessinée iconique pour en faire un hommage aussi délirant qu’inventif.
Le petit village d’irréductibles Gaulois n’a pas résisté longtemps à son succès : dès la fin des années 1990, Astérix et Obélix quittaient les bulles de BD pour s’incarner sur grand écran, devenant au fil des décennies l’une des franchises les plus emblématiques -et discutées- du cinéma populaire français.
Qui a transformé les bulles de BD en expérience de cinéma ? Pour JustWatch, je vous propose un petit tour d’horizon des adaptations en live action d’Astérix et Obélix dans l’ordre de leur sortie en salles.
Astérix et Obélix contre César (1999)
Premier pari du live action pour les héros gaulois, Astérix et Obélix contre César (1999) fait des personnages d’Uderzo et Goscinny des stars de cinéma, sous les traits de Christian Clavier et Gérard Depardieu. Ensemble, ils doivent retrouver leur druide Panoramix, enlevé par les Romains.
À la manœuvre : Claude Zidi, figure majeure de la comédie populaire française (La Boum, Les Sous-doués, L’aile ou la cuisse), qui signe ici son film le plus ambitieux en termes de budget et de production. Le spectacle est certes familial, porté par une musique signée Jean-Jacques Goldman, mais l’humour est jugé un peu daté et le rythme parfois inégal. Reste un immense succès public (près de 9 millions d’entrées).
Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre (2002)
Devenu l’opus le plus culte, voire LA référence, Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre (2002) est toujours resté dans les cœurs des fans de la BD. Alain Chabat y assume une patte résolument moderne, mêlant l’espièglerie d’Uderzo et Goscinny et l’humour des Nuls. Le film regorge de références, d’anachronismes et d’une liberté de ton rare dans une superproduction française.
Jamel Debbouze est inoubliable en Numérobis, architecte dépassé par un chantier impossible. tandis que Monica Bellucci, Gérard Darmon ou Édouard Baer complètent un casting devenu mythique. Avec plus de 14 millions d’entrées en France, le film s’impose comme la référence absolue de l’Astérix en prises de vues réelles… et un poids écrasant pour toutes les adaptations suivantes.
Astérix aux Jeux Olympiques (2008)
Avec Astérix aux Jeux Olympiques (2008), la saga change d’échelle — parfois à son détriment. Budget colossal de 78 millions d’euros (à l’époque le plus cher de l’histoire du cinéma français), casting dingue avec de nombreuses stars venues même pour des caméos : le film se veut une superproduction européenne capable de rivaliser avec Hollywood.
Si le public répond présent avec 6,8 millions d’entrées en France, la critique est sévère. Humour jugé lourd, mise en scène peu inspirée, débauche de moyens sans véritable vision : le film reste l’un des opus les plus controversés de la saga, symbole d’un cinéma populaire où la démesure finit par étouffer l’esprit originel de la BD.
Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté (2012)
Nouvel acteur pour Astérix -Édouard Baer succède à Christian Clavier- et nouveau ton sous la direction de Laurent Tirard. Inspiré principalement de Astérix chez les Bretons, Astérix et Obélix : Au service de Sa Majesté (2012) adopte un humour plus absurde, parfois très british, et tente de revenir à une approche plus littéraire de l’œuvre.
Bien écrit, le film se veut bon enfant avec un peu de potion magique de la version de Chabat. Si certaines idées séduisent, ce quatrième long métrage n’est ni une référence absolue ni un faux pas total mais une belle tentative de renouveler la formule, révélatrice des tensions entre tradition et modernité.
Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu (2023)
Dernier film en date, L’Empire du Milieu (2023) marque une rupture nette. Guillaume Canet signe un scénario original pensé pour un public international, loin des albums classiques, et incarne lui-même Astérix aux côtés de Gilles Lellouche en Obélix. Direction la Chine impériale pour une aventure inédite, visuellement ambitieuse.
Succès public massif (4,6 millions d’entrées) mais accueil critique très partagé : certains saluent l’énergie et la modernité, d’autres regrettent une perte de l’ADN d’Astérix. Une chose est sûre : le film confirme que les Gaulois restent une valeur sûre du box-office français.
Les Douze travaux d’Astérix (prochainement)
Prochain projet — et sans doute l’un des plus intrigants — Les Douze travaux d’Astérix marquera la première réalisation cinéma de Jonathan Cohen, dont l’expérience derrière la caméra s’étend pour l’instant aux délirantes parodies TV La Flamme (2020) et Le Flambeau (2022).
Adapter en live action cet album culte, déjà porté à l’écran en animation en 1976, relève du défi tant le souvenir est fort chez les spectateurs. Mais l’humour absurde, l’amour des références et la liberté de ton de Jonathan Cohen laissent espérer une relecture aussi respectueuse que décalée. Peut-être, enfin, un nouveau film capable de dialoguer avec l’ombre écrasante de Mission Cléopâtre ?





















































































































