De « La Famille Addams » à « Mercredi » : toute la saga dans l’ordre !

De « La Famille Addams » à « Mercredi » : toute la saga dans l’ordre !

Yoann Sardet
Yoann Sardet

Publié le 29 octobre 2025

Mis à jour le 29 octobre 2025

Tout le monde (ou presque) connaît le générique de la plus gothique des familles américaines, les Addams ! D’ailleurs, on imagine aisément que les notes joyeusement macabres et les claquements de doigts iconiques de la musique résonnent en ce moment dans votre esprit… Et si ça n’est pas encore le cas, ça ne saurait tarder à la lecture des lignes à venir !

De leurs petits noms Morticia, Gomez, Mercredi/Wednesday, Pugsley, Oncle Fétide/Fester, Grand-Mère, Max/Lurch et la Chose, ce clan d’excentriques né sous le crayon de Charles Addams a fait le bonheur des lecteurs du New Yorker entre 1938 et 1988. Les personnages, aussi célèbres que Les Simpson, ont depuis été déclinés en livres, en jeux vidéo, en comédies musicales, en jouets, en funko pop, en flippers…

Et bien évidemment en séries (dont la dernière itération sur Netflix, emmenée par une Jenna Ortega née pour le rôle de Mercredi) et en films (mention spéciale pour le diptyque des années 90). JustWatch vous invite à pousser les portes du Manoir Addams pour découvrir, dans l’ordre, la longue lignée des adaptations de la Addams Family !

La Famille Addams : c'est la fête (1977)

Onze ans après l’annulation de leur série, les Addams célèbrent leurs retrouvailles au presque grand complet dans C'est la fête / Halloween with the New Addams Family (1977). Cet unitaire télévisé de 74 minutes, diffusé sur NBC pour Halloween (le 30 octobre précisément), confronte la famille à des voleurs venus cambrioler le manoir le soir de cette fête incontournable. Avec à la clé, des quiproquos bizarres et autres gags macabres. Et de la bonne humeur.

John Astin (Gomez), Carolyn Jones (Morticia), Jackie Coogan (Fétide), Lisa Loring (Mercredi), Ken Weatherwax (Pugsley) ou encore Ted Cassidy (Lurch) sont au rendez-vous de ce qui restera comme leur unique épisode tourné en couleurs, dans lequel on découvre notamment le frère de Gomez ainsi que des Mercredi Jr. et Pugsley Jr.. Mais ce revival, qui devait potentiellement initier une nouvelle série, est au final plus proche de la réunion de famille nostalgique et du fan service que d’une véritable œuvre ambitieuse. Il restera sans suite.

En septembre 1964, après presque trois décennies d’aventures papier, les téléspectateurs américains voient La Famille Addams prendre vie dans une série grand public diffusée sur ABC durant deux saisons et 64 épisodes. Si Charles Addams déclare regretter que ses personnages manquent de mordant par rapport à leurs modèles dessinés, la série marque les esprits, notamment grâce à son générique incontournable conçu par Vic Mizzy. Extrêmement sympathiques et attachants, les Addams y sont régulièrement confrontés à des visiteurs plus conventionnels, et l’humour naît de cette opposition avec leur mode de vie étrange et morbide. Ce qui peut sembler un peu répétitif à la longue, comme son pendant magique Ma sorcière bien-aimée (1964-1972), d’autant que le format sitcom ne permet pas vraiment de s’extraire de cette dynamique. Pour le dire autrement, on a vu un épisode, on les a tous vus. Ou presque.

Reste une première adaptation marquante pour son humour décalé, son ambiance macabre accessible et son couple Gomez / Morticia (John Astin & Carolyn Jones) dévoré par la passion. A noter que la plupart des personnages, anonymes au format papier, trouveront leurs noms grâce au programme, qui sera confronté à la même période à une autre série gothique inspirée des monstres Universal diffusée sur une chaîne concurrente : Les Monstres (1964-1966). Que certains préfèreront d’ailleurs à Mercredi & Cie à l’époque, pour son ton plus cartoon et burlesque. La postérité, en revanche, retiendra les Addams.

Après une première apparition aux côtés de Scooby-Doo en 1972 (la série invitait des guests à chaque épisode comme Batman & Robin, Les Trois Stooges… ou les Addams), La Famille Addams (1973) obtient sa première série animée l’année suivante, sur NBC. Produit au sein des prestigieux studios Hanna-Barbera (Les Pierrafeu, Les Jetson, Yogi l’ours, Wally Gator…) et s’appuyant sur un style graphique proche de celui imaginé par Charles Addams, le programme ne dure qu’une demi-saison de 16 épisodes et entraîne le clan Addams sur les routes américaines, dans un étrange véhicule s’inspirant de leur manoir. 

Animation oblige, le public visé est plus jeune et le ton -moins mordant et plus loufoque- s’en ressent. Mais on retrouve ici la dynamique « monstruosité attachante vs. normalité ennuyeuse » de la série live, qui sert une nouvelle fois de colonne vertébrale aux différentes histoires. Et une aventure proche du road-movie qui renouvelle un peu les situations et les environnements.  Néanmoins, il ne reste des Addams originels que le concept, la famille ayant été adaptée aux exigences d’une diffusion familiale du samedi matin. A noter qu’on retrouve au casting une toute jeune Jodie Foster dans le rôle de Pugsley, alors que Jackie Coogan (Le Kid de Chaplin, c’était lui !) reprend le rôle d’Oncle Fétide qu'il tenait neuf ans plus tôt. 

La famille Addams n'est pas disponible en streaming.
Laissez-nous vous avertir quand vous pourrez le regarder.

Les Addams ayant été ressuscités avec succès au cinéma, une nouvelle série animée voit le jour sur ABC, toujours sous la bannière Hanna-Barbera. Ces nouvelles (més)aventures macabrement bon enfant s’étalent sur deux saisons et 21 épisodes, et permettent au public de retrouver John Astin dans le rôle de Gomez (dans la version française, le patriarche Addams est doublé par notre Gérard Hernandez national). On quitte les routes et le camping-car manoir du programme de 1973 pour un retour aux sources dans la demeure familiale, avec un design plus proche des planches de Charles Addams et un humour noir assumé (même s’il ne rivalise pas encore avec le film de 1991).

Pour beaucoup d’enfants des années 90, ce programme a été une porte d’entrée incontournable à l’univers gothique et au ton particulier des Addams. Suivi, les années passant, par une découverte en VHS des deux films quand les téléspectateurs sont devenus assez grands. Comme cela avait été le cas pour la série Beetlejuice (1989-1991) vis à vis du film de Tim Burton. Toutefois, à l’image de l’adaptation des années 60, le format sériel limite les ambitions narratives de cette nouvelle proposition, qui se contente d’opposer la bizarrerie de la famille à la normalité de la communauté humaine (voisins, école, institutions…). Avec qui plus est une animation très classique par rapport aux réussites de l’époque (Batman, Les Razmoket, Gargoyles, Les Animaniacs, X-Men…). Sans doute trop pour rester dans les mémoires.

La Famille Addams n'est pas disponible en streaming.
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Aux débuts des années 90, les Addams vont partir à la conquête du public mondial. Un temps imaginée pour Tim Burton (dont le sens du macabre avait fait merveille dans Beetlejuice, 1988), c’est finalement sous la direction de Barry Sonnenfeld que la première adaptation cinéma voit le jour. L’ancien directeur de la photographie des frères Coen et futur réalisateur de Men In Black (1997) fait ici ses débuts derrière la caméra, et malgré une production compliquée et un scénario qui manque parfois de liant, il restitue à merveille le macabre loufoque et le panache bizarre de Gomez (Raul Julia), Morticia (Anjelica Huston) et Mercredi (Christina Ricci), alors qu’un sosie de Fétide (Christopher Lloyd) infiltre la famille pour dérober leur trésor…

Le résultat est une réussite que n’aurait pas reniée Charles Addams, décédé trois ans plus tôt. Bien plus sombre que les séries qui ont précédé. On y retrouve ce ton particulier, à l’humour noir délicieusement dérangeant, qu’on peut croiser dans Les Sorcières d’Eastwick (1987), Elvira maîtresse des ténèbres (1988), Hocus Pocus (1993) ou Dark Shadows (2012). Et beaucoup de vignettes cultes. Qui ne se souvient pas de la danse de la Mamuschka, des envolées romantiques de Gomez et Morticia, des mécanismes pour accéder à la chambre forte des Addams, des déambulations de la Chose, du spectacle sanglant sur la scène de l’école ou des pièges et tortures que Mercredi réserve à son petit frère ? Produit pour 30 millions de dollars, La Famille Addams (1991) rapporte près de 200 millions de billets verts dans le monde et lance une Addams-mania. Dont l’écho nous parvient encore deux décennies plus tard car n’oublions pas que la série Mercredi de Netflix trouve toute son inspiration ici.

Beaucoup plus abouti, riche et noir que le premier volet cinéma (la tonalité proche d’un Edward aux mains d’argent a dérouté quelques parents), Les Valeurs de la famille Addams (1993) mêle trois récits en parallèle : les amours de Fétide tombé sous la coupe d’une veuve noire (la déjantée Joan Cusack qui n’arrive pas à assassiner son cher époux malgré ses tentatives de plus en plus élaborées !), la dépression de Gomez sous les yeux amoureusement désespérés de Morticia, et les vacances en camp d’été de Mercredi et Pugsley. Le tout sous les yeux d’un adorable bébé à moustache, Puberté, le petit dernier du clan Addams !

Si le long métrage a eu le mérite d’inscrire son nom dans la courte liste des « suites meilleures que les originaux », il n’a pas trouvé son public et connaît une sévère déconvenue au box-office. De quoi stopper net Barry Sonnenfeld dans ses ambitions de franchise, d’autant que le génial Raul Julia (Gomez) est emporté par la maladie moins d’un an plus tard. Un échec évidemment injuste, mais qui fait définitivement de la Mercredi de Christina Ricci une icône de la pop culture. Et on devine que les scènes du Camp Chippewa (dont le cultissime spectacle de Thanksgiving) ont fortement inspiré la saison 2 de Mercredi

« A la vie ! A la mort ! A la famille ! Mais pas nécessairement dans cet ordre… » Cinq ans après l’échec du second film, les téléspectateurs trinquent avec les Addams dans La Famille Addams : Les Retrouvailles (1998), un direct-to-video qui met en scène un nouveau casting, emmené par Daryl Hannah (Kill Bill, 2004) en Morticia et Tim Curry (le clown de Ça, il est revenu, 1990) en Gomez. Seuls Carel Struycken (Max) et la main de Christopher Hart (La Chose) reprennent leur rôle dans cette histoire de réunion familiale émaillée de quiproquos, qui voit les Addams se tromper d’adresse et débarquer chez d’autres Addams tout à fait normaux…

Évidemment, cette tentative ne peut que souffrir de la comparaison avec les deux longs métrages qui l’ont précédé. En ce qui concerne l’interprétation, difficile de rivaliser avec l’iconique Christina Ricci, la flamboyance de Raul Julia et l’élégance glaciale d’Anjelica Huston. Et côté décors et costumes, le budget réduit limite le résultat à un revival un peu cheap et surtout très familial. Loin du ton macabre qu’avait adopté Barry Sonnenfeld, ces retrouvailles se destinent avant tout au jeune public. Et aux fans qui veulent avoir vu toutes les adaptations.

La Famille Addams : Les Retrouvailles n'est pas disponible en streaming.
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La Famille Addams : Les Retrouvailles devait initialement servir de pilote à une nouvelle série : La Nouvelle Famille Addams (1998-1999). Si la comédienne Nicole Fugere y reprend son rôle de Mercredi de belle manière, le reste de la distribution est une nouvelle fois changé. Plutôt bien accueillie par les téléspectateurs durant trois saisons et 65 épisodes, cette production canadienne rend hommage à la série des années 60 en reprenant certaines intrigues et gags dans un cadre 90’s, et laisse plus de place aux jeux délicieusement malsains de Mercredi et Pugsley. Avec, en bonus, la présence de John Astin (le Gomez de 1964) dans le rôle du grand-père Addams le temps de deux épisodes.

Moins sophistiqué que les deux films de 1991 et 1993, mais plus moderne et noir que la série des années 60, ce programme est finalement un pont intéressant entre ces deux visions des Addams. Cependant, à l’image du retour des monstres de The Munsters Today (1988-1991), la série ne laissera que peu de traces dans les mémoires. Il faut dire l’époque est plutôt trustée par des séries fantastiques comme Sabrina l'apprentie sorcière (1996-2003), Buffy contre les vampires (1997-2003) et Charmed (1998-2006). Il faudra attendre dix ans pour entendre à nouveau parler des Addams…

La nouvelle famille addams n'est pas disponible en streaming.
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En 2019, La Famille Addams retrouve le chemin des salles obscures dans une toute première version animée pour le cinéma. Un temps attaché au projet, Tim Burton quitte l’aventure quand l’approche envisagée passe d’une animation en volume (stop motion, comme L'Étrange Noël de Monsieur Jack ou Les Noces Funèbres) à une animation en images de synthèse. Et c’est le tandem derrière Sausage Party (2016), Conrad Vernon et Greg Tiernan, qui donne vie aux Addams avec une approche graphique qui réinvente totalement le design des personnages, directement inspiré des dessins de Charles Addams.

La philosophie reste en revanche la même, avec un décalage macabre savoureux qui confronte la famille aux habitants d’une ville colorée du New Jersey (un hommage direct à l'auteur de la bande dessinée, qui a justement grandi à Westfield). L’occasion pour Mercredi (doublée par Chloë Grace Moretz) de se faire une amie qui va mettre un peu de couleurs dans sa vie, annonçant la série Netflix à venir. Plus aseptisée que l’esprit qu’on attend de La Famille Addams, cette version se veut surtout comme une ode à la différence et la tolérance et une porte d’entrée vers l’univers pour les enfants de la génération Pixar/DreamWorks/Illumination. Comme Hôtel Transylvanie (2012) a su réinventer les Munsters, finalement.

En embarquant les personnages dans un camping-car macabre (avec crématorium !) sur les routes américaines de Salem, Sleepy Hollow ou du Grand Canyon, La Famille Addams 2 : Une virée d'enfer (2021) renoue avec l’esprit de la première série animée de 1973. Cette aventure pour resserrer les liens familiaux voit alors un énorme doute planer sur la véritable ascendance de Mercredi tout au long de la route…

Gomez et Morticia (Oscar Isaac et Charlize Theron en version originale, Kev Adams et Mélanie Bernier en version française) ainsi que les autres membres de la famille sont une nouvelle fois en retrait ici, au grand désarroi des fans. En revanche, préfigurant le succès de la série Netflix à venir, Mercredi est toujours plus centrale et devient le cœur émotionnel et comique des Addams. Assez décousu dans son intrigue, avec une suite de saynètes touristiques revisitées à la sauce gothique, le long métrage fait comme Hôtel Transylvanie 2 (2015) et ses suites : décliner des épisodes sans déplaisir, mais sans réelle magie ni autre volonté que poursuivre une franchise. A noter que le film a été produit pendant la pandémie de COVID-19, obligeant les comédiens de la VO (dont Snoop Dog en Cousin Machin !) à enregistrer les voix de chez eux.

10

Mercredi
Mercredi

Mercredi

2022

« Personne ne maltraite ma famille à part moi », aime lancer Mercredi / Wednesday. On l’a vu, depuis la version cinéma de 1991, s’il y a un.e Addams qui est adoré.e du grand public, c’est bien elle. Il n’en faut pas plus pour convaincre Netflix de faire de la jeune femme le personnage central d’une série à sa gloire, Mercredi (2022). Confié à Alfred Gough et Miles Millar, le tandem derrière Smallville (2001-2011), le show recrute Tim Burton pour mettre en scène les premiers épisodes. La troisième fois est donc la bonne pour le réalisateur de Sleepy Hollow (1999), qui peut donner libre cours à son sens du macabre au sein de l’Académie de Nevermore où est envoyée la fille de Gomez et Morticia.

Si la série introduit de vrais éléments fantastiques au sein de l’univers (école magique entre Harry Potter et Percy Jackson, loup-garou, malédiction…) et adopte un ton très Riverdale (2017-2023), elle révèle surtout Jenna Ortega, qui campe une parfaite Wednesday et offre aux abonné.es de la plateforme une danse gothique qui a fait le tour des réseaux sociaux. La série (où s’illustre également Christina Ricci dans un second rôle) est un carton planétaire : la comédienne devient immédiatement une icône pop et rejoint Tim Burton sur Beetlejuice Beetlejuice (2024) avant de le retrouver sur une saison 2 plus sombre et plus teen où Morticia et Gomez (Catherine Zeta-Jones et Luis Guzmán) ont plus de place... et où le dénouement s'arrête sur un cliffhanger mortel. Vivement la saison 3 !

À propos de cette liste

Titres

10

Coût total de visionnage

54,11 €

Durée totale

95h 46min

Genres

Comédie, Pour enfants, Fantastique

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Il y a 10 titres dans cette liste et vous pouvez regarder 3 d'entre eux sur Netflix. 7 autres services de streaming ont également des titres disponibles aujourd'hui.

  1. 3 Titres Netflix
  2. 3 Titres Netflix Standard with Ads
  3. 2 Titres TF1+
  4. 2 Titres Paramount Plus
  5. 2 Titres Paramount+ Amazon Channel