Oscars 2026 : les 5 films incontournables de Paul Thomas Anderson, réalisateur d’Une bataille après l’autre

Oscars 2026 : les 5 films incontournables de Paul Thomas Anderson, réalisateur d’Une bataille après l’autre

Öykü Sofuoğlu
Öykü Sofuoğlu

Publié le 31 janvier 2026

Mis à jour le 31 janvier 2026

Maintenant que les nominations aux Oscars ont été dévoilées, les cinéphiles sont à leur tour entrés en lice pour tenter les meilleurs pronostics en vue de la cérémonie, qui se tiendra le 16 mars 2026. Nommé dans 16 catégories -un record dans l’histoire de l’Académie- Sinners (2025), de Ryan Coogler, semble dominer cette 98ᵉ édition.

Reste à savoir si ce record se traduira réellement en récompenses. Selon les experts, et surtout d’après mon propre goût et mon jugement de cinéphile, Paul Thomas Anderson pourrait bien sortir grand vainqueur de la cérémonie et, espérons-le, remporter les prix. « Un prix après l’autre », pour ainsi dire !

Signé « PTA »

Une bataille après l’autre (2025) est le dixième long métrage du cinéaste américain qui, malgré une carrière couvrant trois décennies, est connu pour une filmographie modeste en apparence mais monumentale dans son rendu. Longtemps célébré par les adeptes du cinéma indépendant américain, le cinéma de « PTA », en vertu de sa radicalité postmoderne, était généralement tenu à l’écart de noms comme Nolan, Villeneuve ou Tarantino — des cinéastes associés à ce que l’on appelle aujourd’hui la culture « filmbro ».

Or, Une bataille après l’autre (2025) apparaît comme un véritable bond vers le cinéma mainstream : en étant l’un des films les plus accessibles de son œuvre, il marque un moment où la renommée du cinéaste dépasse désormais le cadre purement cinéphile.

Vous venez découvrir son cinéma avec Une bataille après l’autre, et êtes curieux-se d’en explorer davantage ? Alors vous êtes à la bonne adresse. Avec ce guide JustWatch qui regroupe les cinq œuvres les plus distinctives de sa filmographie, vous pouvez choisir les films en phase avec vos goûts et éviter de mauvaises surprises !

01

Boogie Nights

Tourné alors qu’il n’avait à peine 26 ans, le deuxième long métrage de Paul Thomas Anderson (après Double Mise, 1997) est le film qui a véritablement lancé sa carrière et manifesté une vraie touche d’auteur. Flamboyant, excessif et divertissant, Boogie Nights (1997) raconte l’histoire du jeune Eddie Adams qui, alors qu’il travaille dans une boîte de nuit comme plongeur, est repéré par un réalisateur de films pornographiques, Jack Horner, et devient une superstar de l’industrie sous le nom de « Dirk Diggler ».

De la fin des années soixante-dix jusqu’au milieu des années quatre-vingt, le film dépeint avant tout un paysage social et culturel, ancré dans la San Fernando Valley natale du cinéaste. Caractérisé par un récit choral, très riche en personnages excentriques, Boogie Nights s’inscrit clairement dans la lignée du cinéma de Robert Altman, rappelant en particulier Nashville (1975). 

Eddie est campé par un très jeune et encore vert Mark Wahlberg, tandis que le vétéran Burt Reynolds -qui a supposément détesté le film- interprète Jack Horner. Le casting est complété par un ensemble copieux de talents hollywoodiens, avec Julianne Moore, Don Cheadle, Philip Seymour Hoffman, John C. Reilly et Alfred Molina, pour n’en citer que quelques-uns.  

Après une période « altmanesque », suivie d’une comédie sensorielle beaucoup plus modeste par son ampleur (Punch-Drunk Love, 2002), Paul Thomas Anderson franchit un nouveau cap dans sa carrière en réalisant l’un des plus grands films épiques modernes du cinéma américain. There Will Be Blood (2007) est considéré par beaucoup comme le chef-d’œuvre de sa filmographie, même s’il existe, bien sûr, des exceptions parmi les fans du cinéaste. Comme moi, d’ailleurs… mais j’y viendrai !

Librement inspiré du roman Pétrole ! d’Upton Sinclair, le film prend pour contexte historique le boom pétrolier en Californie au tournant du 20ème siècle et construit son récit autour de la rivalité entre le prospecteur ambitieux Daniel Plainview et Eli Sunday, un pasteur non moins obsessionnel dont Plainview cherche à acquérir la propriété. D’un rythme volontairement pesant, ce film-fresque interroge les défaillances de valeurs telles que la moralité, la famille et la religion, progressivement dévorées par le rêve américain et le système capitaliste.

Certes, cette attention très appuyée portée à l’histoire, à l’économie et aux questions morales n’est pas du goût de tout le monde, et le film peut paraître énigmatique, voire ennuyeux, à celles et ceux qui ne sont pas particulièrement sensibles à ces sujets. En revanche, c’est un véritable délice en ce qui concerne les performances des acteurs. À commencer par le légendaire Daniel Day-Lewis, au sommet de sa fameuse Method Acting, qui lui a valu l’Oscar du Meilleur Acteur en 2008. Dans le rôle d’Eli Sunday -et de son frère jumeau Paul- Paul Dano incarne avec finesse la dimension à la fois tragique et grotesque de son personnage, que Quentin Tarantino a récemment osé contester par des propos disproportionnés et injustes.

03

The Master
The Master

The Master

2012

La démarche artistique du cinéaste peut être résumée à une sorte de psychanalyse de l’histoire des États-Unis et, dans son sixième long métrage, il s’attaque à la période de l’après-guerre. Dans The Master (2012), on ressent également une prolifération de références thématiques, issues d’influences diverses, qui transforment presque le film en casse-tête intertextuel.

Au premier abord, nous suivons l’histoire de Freddie Quell, un ex-soldat alcoolique traumatisé par la guerre, qui cherche à retrouver un nouveau sens à sa vie après sa rencontre avec Lancaster Dodd, leader captivant d’un mouvement spirituel. À travers une dynamique très décalée et poussée à l’extrême entre le maître et le disciple, le cinéaste explore les questions de l’autorité, de l’identité et de la croyance. De la Scientologie à Thomas Pynchon, les inspirations d’Anderson marquent un tournant beaucoup plus abstrait et postmoderne dans son cinéma. Même si There Will Be Blood présente une certaine lourdeur sur le plan thématique, c’est plutôt l’aspect elliptique du récit qui peut le rendre difficile à digérer pour certains spectateurs.

Mais en même temps, malgré toutes les confusions qu’il peut susciter, les performances de ses acteurs principaux à elles seules devraient suffire à donner envie de regarder The Master. Joaquin Phoenix, dans la peau de Freddie Quell -rôle qui a exigé de lui un jeu reposant fortement sur la physicalité, préfigurant d’ailleurs certains de ses rôles ultérieurs, notamment chez Ari Aster ou encore dans Joker (2019)- hante le cadre par son énergie chaotique et imprévisible.

Philip Seymour Hoffman, quant à lui, livre sa performance la plus emblématique et incarne une figure paternelle à la fois magnétique et manipulatrice avec une maîtrise impressionnante. Le cinéma de « PTA » n’a jamais manqué d’interprétations singulières, mais ici, ce que Phoenix et Hoffman ont créé procure, selon moi, un plaisir de spectateur inégalé. Un avis rare, certes, mais encore plus intense que celui que Daniel Day-Lewis suscite dans There Will Be Blood.

04

Inherent Vice

Adapté du livre éponyme de Thomas Pynchon -l’une des grandes sources d’inspiration d’Anderson, on l’a bien vu-  Inherent Vice (2014) est peut-être le film le plus « andersonien » de sa filmographie, ce qui en fait paradoxalement le plus inaccessible. Disons-le d’emblée : si vous n’avez jamais vu un film de « PTA », il ne faut surtout pas commencer par celui-ci, car il peut en résulter, comme chez ses personnages, de terribles bad trips. 

Au cœur du film, on retrouve Larry « Doc » Sportello, sollicité par son ex-petite amie pour l’aider à sauver son nouvel amant fortuné d’un complot orchestré par la femme de ce dernier. À mesure que Doc approfondit son enquête, il se retrouve confronté à toute une chaîne de conspirations où se mêlent le FBI et une organisation de trafic de drogue appelée le Golden Fang. Reste à dire qu’aucun résumé ne peut réellement faire justice au film lui-même.

Interprété par Joaquin Phoenix, qui défie ici ses propres limites en matière de performance, le personnage de Doc constitue l’ancrage narratif du film. Avec sa rouflaquette, ses joints et son allure atypique aux accents hippies, Anderson l’érige au rang des figures emblématiques du genre noir, à l’image de Philip Marlowe.

Même si la démarche du cinéaste ne se réduit pas aux films d’époque, Inherent Vice s’empare pleinement de l’esprit psychédélique des années soixante-dix à Los Angeles et transforme sa narration en une expérience déroutante, proche de l’hallucination. Vous pouvez penser que j’exagère, mais le caractère conspirationnel de l’intrigue dissipe progressivement toute attente de cohérence sur le plan du sens et incite le spectateur à simplement « enjoy the ride » !

05

Phantom Thread

Phantom Thread (2017) marque un autre tournant dans le parcours du cinéaste, puisqu’il quitte pour la première fois ses territoires familiaux américains pour raconter une histoire se déroulant dans le Londres des années cinquante. Il s’agit également du film le plus sensoriel et formellement le plus maîtrisé de son œuvre, notamment en lien avec le monde de la haute couture dans lequel il se situe.

Daniel Day-Lewis y incarne Reynolds Woodcock, un couturier renommé, très talentueux mais perfectionniste, à un niveau obsessionnel. Sa rencontre avec Alma, une jeune serveuse, transforme totalement sa vie : elle devient sa muse, mais leur amour passionnel évolue progressivement vers une co-dépendance toxique et des jeux d’autorité.

Le cinéma de « PTA » est riche en personnages toujours poussés aux extrêmes, atypiques voire grotesques, mais très peu d’entre eux sont dessinés avec la complexité et la profondeur psychologique de Reynolds et Alma. L’élégance, mais aussi le côté maniaque du jeu de Lewis, n’a rien d’irréprochable, mais la véritable vedette du film est incontestablement Vicky Krieps, dont l’énergie, la beauté et l’intelligence apportent une fraîcheur bienvenue à l’univers andersonien.

Phantom Thread est aussi, pour ainsi dire, son film le plus féminin, ses œuvres précédentes se concentrant sans exception sur des personnages masculins. En raison de son ancrage géographique et social, ainsi que de sa tonalité esthétique, Phantom Thread reste un peu à part dans sa filmographie. Mais la postérité du film auprès des cinéphiles prouve qu’il s’agit d’une œuvre majeure, au-delà de l’univers caractéristique de son cinéaste.

Bob Ferguson est un ancien révolutionnaire paranoïaque et désabusé, qui a jadis œuvré avec son ex, Perfidia, au sein du French 75, un groupe militant voué au renversement du gouvernement américain. Seize ans plus tard, Bob vit seul avec sa fille, Willa, quand celle-ci disparaît soudainement. Bob soupçonne son vieil ennemi d’antan, le Colonel Steven J. Lockjaw, d’être responsable de sa disparition. Il décide alors de renouer avec ses anciens frères d’armes pour retrouver sa fille, quitte à confronter les fantômes de son passé.

À propos de cette liste

Titres

6

Coût total de visionnage

11,98 €

Durée totale

14h 52min

Genres

Drame, Comédie, Comédie Romantique

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  1. 5 Titres Molotov TV
  2. 4 Titres Canal+
  3. 1 Titre HBO Max
  4. 1 Titre Cine+ OCS Amazon Channel
  5. 1 Titre Paramount Plus

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