JustWatch PRO
AccueilNouveautésPopulaires Listes Sportsguide
  • « Hunger Games » : qui sont les personnages et stars du prochain film ?

    « Hunger Games » : qui sont les personnages et stars du prochain film ?

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Hunger Games va faire son retour sur grand écran en 2026 avec Lever de soleil sur la Moisson. Si en 2023, La Ballade du Serpent et de l'Oiseau Chanteur mettait en lumière la jeunesse du Président Snow et de Lucy Gray, c’est cette fois au tour d’Haymitch, incarné par Woody Harrelson dans la saga originale, d’être au centre de ce nouvel opus.

    Le roman, toujours écrit par Suzanne Collins, est sorti en mars 2025 et le casting du film a quant à lui été annoncé au fur et à mesure des semaines suivantes sur le compte Instagram officiel de Hunger Games, pour le plus grand bonheur des fans qui ont acclamé ce casting 5 étoiles. 

    Joseph Zada (Haymitch Abernathy) 

    Précédemment joué par Woody Harrelson - Le jeune acteur australien de 20 ans, Joseph Zada, incarnera Haymitch Abernathy qui a été désigné comme tribut du District 12 pour les 50ème Hunger Games. Il sera le premier et unique vainqueur de son district jusqu’à l’arrivée de Katniss Everdeen (Jennifer Lawrence) et Peeta Mellark (Josh Hutcherson). Si l’acteur est pour l’instant peu connu du grand public, il donnait déjà une prestation poignante début 2025 dans la série australienne Invisible Boys. Cet été, il était également à l’affiche de la série We Were Liars sur Prime Video. Il apparaîtra dans À l'Est d'Éden sur Netflix en 2026. 

    Whitney Peak (Lenore Dove Baird) 

    Whitney Peak a été choisie pour incarner le rôle de la rebelle et téméraire Lenore Dove, qui est également la petite amie d'Haymitch. Vous avez pu apercevoir la comédienne dans Hocus Pocus 2 en 2022 ainsi que dans le reboot de la série Gossip Girl, et elle sera bientôt à l’affiche de Trap House. Dans le film, Lenore Dove est musicienne et se retrouve régulièrement en danger à cause de la nature de ses chansons : nous verrons donc sûrement Whitney Peak dévoiler ses talents de chanteuse dans Lever de Soleil sur la Moisson.

    Mckenna Grace (Maysilee Donner)

    D’abord dépeinte comme arrogante et froide, Maysilee Donner s'avère rapidement être une amie loyale lors des Hunger Games. C’est l’actrice américaine Mckenna Grace qui l’incarnera à l'écran. Le public la connaît très bien pour avoir joué à de nombreuses reprises la version enfant de certaines stars d’Hollywood : en 2019, par exemple, elle incarnait le rôle de Carol Danvers (Brie Larson) enfant dans Captain Marvel ; elle a également joué le rôle de la très jeune Sabrina Spellman (Kiernan Shipka) dans Les Nouvelles Aventures de Sabrina. Mais Mckenna Grace a réellement percé sur grand écran grâce à sa prestation dans Mary (2017), Ghostbusters: Afterlife (2021) et The Handmaid’s Tale (2017-2025). La jeune comédienne a donc démarré sa carrière lorsqu’elle était enfant, et a toujours su montrer toute sa versatilité, ce qui en fera sans aucun doute une véritable force à l'écran pour ce nouveau chapitre de Hunger Games.  

    Jesse Plemons (Plutarch Heavensbee) 

    Précédemment joué par Philip Seymour Hoffman - Jesse Plemons s’est rapidement imposé à Hollywood comme un acteur aux milles facettes, ce qui en fait un choix parfait pour reprendre le rôle de Philip Seymour Hoffman, en tant que jeune Plutarch Heavensbee, le chef d’équipe de tournage du Capitol. Nommé aux Oscars en 2022 pour son rôle dans The Power of the Dog et lauréat du prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes en 2023 pour Kinds of Kindness, Plemons a récemment joué dans Killers of the Flower Moon (2023), Civil War (2024) et Zero Day (2025). Son charisme et son talent ne sont plus à prouver, et bien qu’il reprenne le rôle du regretté Philip Seymour Hoffman, souvent considéré comme l’un des meilleurs acteurs modernes, il ne fait aucun doute qu’il est le choix de casting parfait pour incarner Plutarch Heavensbee.

    Elle Fanning (Effie Trinket) 

    Précédemment jouée par Elizabeth Banks - L’annonce du casting d’Elle Fanning pour incarner la jeune Effie a été, pour les fans, l’une des meilleures nouvelles concernant ce nouveau film. Effie Trinket étant l’un des personnages préférés et les plus complexes de la saga, Fanning était depuis plusieurs mois déjà le choix numéro 1 de nombreux fan-castings. Future hôtesse des tributs, conseillère et amie de Katniss Everdeen et de Peeta Mellark, Effie s’est rapidement imposée comme un personnage indispensable à cet univers. Parallèlement à cette aventure à Panem, Elle Fanning était également au Festival de Cannes cette année, où elle y a présenté Valeur Sentimentale (2025). Ces dernières années, ses fans ont également pu la suivre dans The Great (2020-2023), mais aussi dans Un Parfait Inconnu (2024), Maléfique (2014), Les Proies (2017).  Elle sera à l’affiche cette automne de Predator: Badlands (2025). 

    Maya Hawke (Wiress) 

    Précédemment jouée par Amanda Plummer - Maya Hawke de Strangers Things (2016-2025), Vice-Versa 2 (2024) et Asteroid City (2023) incarnera la gagnante des 49ème Hunger Games, connue pour avoir survécu dans une arène faite de miroirs et à en être ressortie physiquement indemne. Cette fois encore, le casting de la jeune actrice pour jouer Wiress a été plébiscité par beaucoup de fans. En plus de sa carrière d'actrice (elle incarnera bientôt la danseuse Lucia Joyce dans un biopic), Maya Hawke mène également une carrière de musicienne, son dernier album étant sorti en 2024.

    Kelvin Harrison Jr. (Beetee Latier)

    Précédemment joué par Jeffrey Wright - Beetee, incarné par Jeffrey Wright dans la saga originale, est un véritable expert en électronique et en électricité. Il est aussi le grand gagnant des 34ème Hunger Games, et sera joué par Kelvin Harrison Jr., que le public a pu découvrir ces dernières années dans Chevalier (2023), Cyrano (2022) ou encore Elvis (2022), dans lequel il incarnait B.B.King. Il a également été annoncé que l’acteur incarnera bientôt le peintre new-yorkais Jean-Michel Basquiat au cinéma dans Samo Lives.

    Kieran Culkin (Ceasar Flickerman)

    Précédemment joué par Stanley Tucci - Ceasar Flickerman, présentateur des jeux à la télévision du Capitol, représente à lui seul toute l’extravagance, l'opulence et la capacité d’endoctrinement du Capitole dans cette saga. Cette fois-ci c’est Kieran Culkin, la star de Succession (2018-2023) et lauréat de l’Oscar du meilleur dans second rôle en 2025 pour son rôle dans A Real Pain, qui reprendra les rênes de ce personnage phare de la saga. Stanley Tucci campait déjà ce personnage à la perfection dans la franchise originale, mais Culkin saura sans aucun doute interpréter ce personnage avec toute les nuances et la subtilité nécessaires. 

    Ralph Fiennes (President Snow) 

    Précédemment joué par Donald Sutherland et Tom Blyth - Pour la première fois, nous avons ici un personnage qui a déjà été incarné par deux acteurs différents : le grand Donald Sutherland a interprété magnifiquement le Président Snow dans les premiers films, et Tom Blyth a également donné sa propre (et plus jeune) version du grand antagoniste de la saga dans La Ballade du Serpent et de l'Oiseau Chanteur. C’est à présent à Ralph Fiennes de s'attaquer à ce personnage aussi terrifiant que complexe.

    Est-il encore nécessaire de présenter le comédien, qui a incarné un autre méchant iconique de la littérature et du cinéma : Voldemort dans la saga Harry Potter ? Mais la filmographie iconique de Ralph Fiennes inclut également La Liste de Schindler (1993) qui lui a valu une nomination aux Oscars, mais aussi Le Patient Anglais (1996), Bons Baisers de Bruges (2008) et The Grand Budapest Hotel (2014). Après sa nomination aux Oscars pour son rôle dans Conclave (2024), Ralph Fiennes a également été à l’affiche de 28 ans plus tard (2025), dans un rôle étonnant qu’il retrouvera début 2026 dans Le Temple des morts.

  • « SOS Fantômes » : tous les films et séries « Ghostbusters » dans l’ordre

    « SOS Fantômes » : tous les films et séries « Ghostbusters » dans l’ordre

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « If there's something strange, in your neighborhood… » Vous connaissez forcément la suite de la chanson mythique de Ray Parker Jr., hymne des Ghostbusters depuis plus de quatre décennies. Cette équipe unique de chasseurs de spectres, rebaptisée SOS Fantômes en France, s’est déclinée au cinéma, à la télévision, en jouets et en jeu vidéo au fil des années, avec un univers immédiatement reconnaissable et un logo entré dans la légende.

    A l’origine de la franchise, il y a le jovial Dan Aykroyd. Passionné de paranormal et figure du Saturday Night Live, le comédien planche sur une histoire ambitieuse de spécialistes de l’occulte lancés dans des aventures à travers le monde. Un véhicule parfait pour qu’il s’y amuse avec John Belushi, son compère des Blues Brothers (1980) et du SNL.

    Le décès de son ami (à qui le verdâtre Bouffe-tout / Slimer rend hommage) et les contraintes budgétaires vont recentrer le projet vers une comédie familiale gentiment horrifique, qui intègre Bill Murray, Harold Ramis et Ernie Hudson à ses côtés pour endosser les combinaisons et les packs à protons de cette escouade fantastique, qui a indéniablement marqué la pop culture. 

    Sans les Ghostbusters, il n’y aurait sans doute pas eu Fantômes contre Fantômes (1996), Men in Black (1997), Evolution (2001), Zombieland (2009) ou Stranger Things (2016-2025). Ni de séries documentaires comme Ghost Adventures (2008-) et toutes ses cousines qui transposent la mission dans la vraie vie. JustWatch vous invite à (re)découvrir tous les films et séries liés à SOS Fantômes, dans l’ordre de leur sortie. Mais attention à ne pas croiser les effluves…

    SOS Fantômes (1984)

    A New York, les scientifiques Peter Venkman, Raymond Stantz et Egon Spengler perdent leur poste au sein du département Parapsychologie de l’Université de Columbia. Alors que les phénomènes inexpliqués se multiplient en ville, ils décident de se reconvertir en chasseurs de fantômes, qu’ils étudient et capturent grâce à leur équipement spécial. SOS Fantômes (1984), c’est LE film qui a tout lancé et un incontournable des années 80 qui a marqué toute une génération de spectateurs (je le regardais en boucle étant gamin, un aspirateur dans le dos en guise de pack à protons pour traquer les spectres de la maison avec mes frères et mes cousins !). Et aujourd’hui encore, c’est un indispensable pour un Halloween en famille réussi.

    Les petits frissonnent devant les apparitions du fantôme de la bibliothèque ou de Gozer, et les grands se marrent devant le cynisme jubilatoire de Bill Murray ou les élucubrations comptables de Rick Moranis. Bien sûr, quarante ans après, le rythme est un peu old school et les effets visuels (pourtant révolutionnaires à l’époque) assez datés, mais c’est tellement bien, avec un équilibre parfait entre comédie et fantastique, et des trouvailles majeures (le corbillard ECTO-1, la caserne, le logo, le Bibendum Chamallow…) Bref, une vraie madeleine de Proust cinématographique qu’il est impératif de transmettre. En VF, si possible !

    S.O.S. Fantômes / The Real Ghostbusters (1986-1991)

    Dès sa sortie, SOS Fantômes (1984) est un triomphe planétaire : le film récolte près de 300 millions de dollars de recettes au box-office pour un budget 10 fois inférieur ! De quoi donner des idées aux networks américains pour poursuivre l’univers. Les effets spéciaux étant onéreux, les acteurs se faisant désirer et l’ADN de l’univers répondant finalement très bien à une logique « procédurale » (un épisode, une enquête), une adaptation animée fait sens. Et c’est ainsi que la série The Real Ghostbusters / SOS Fantômes (1986-1991) voit le jour.

    Durant 7 saisons et 140 épisodes (et des segments spéciaux dédiés à Bouffe-tout / Slimer, devenu la mascotte du show), les enfants -comme moi- suivent avec plaisir la suite des aventures de l’équipe, déclinées parallèlement en comics et en jouets. Au-delà des fantômes constamment inventifs (et parfois effrayants !), la profondeur de l’écriture est plébiscitée car elle propose un vrai regard sur la psychologie des personnages. Du moins dans ses premières saisons, la série évoluant ensuite vers une approche plus enfantine. Loin d’être un prolongement mercantile, c’est un bon programme, comme ont pu l’être les adaptations des Tortues Ninja (1987-1996), Beetlejuice (1989-1991) ou Men in Black (1997-2001).

    SOS Fantômes II (1989)

    Quand je pense à SOS Fantômes II (1989), j’ai tout de suite en tête l’image très cool de la Statue de la Liberté en mouvement, pilotée par les Ghostbusters à travers les rues de Manhattan grâce à… un joystick Nintendo ! Un vrai régal pour le gamin que j’étais. J’ai aussi le souvenir de scènes assez terrifiantes comme le portrait possédé de Vigo des Carpates, la rivière de slime « négatif » qui coule sous New York, les têtes coupées dans les tunnels du métro ou les photos qui s’enflamment comme dans un film d’exorcisme : des séquences qui plaisent aujourd’hui plus à l’adulte que je suis devenu.

    A l’image de ces deux approches finalement très différentes, on sent que cette suite ne sait pas trop sur quel pied danser ni à qui s’adresser… Renouer avec le film original ou toucher le public familial qui a adopté les Ghostbusters ? Clairement, le choix n’a pas été fait. Ajoutez à cela des difficultés de production côté coulisses avec un studio compliqué à manoeuvrer et des enjeux portant plus sur le cachet des comédiens que sur l’histoire, et vous comprenez mieux pourquoi ce second volet semble un peu « malade », du moins bancal ou inabouti. On est évidemment ravi de retrouver toute la bande (même Sigourney Weaver est revenue !), mais on se dit qu’il y avait tellement mieux à faire qu’une redite du premier film en moins bien. D’autant que l’échec du long métrage mettra la franchise live en pause pendant de nombreuses années…

    Extreme Ghostbusters (1997)

    Alors que la télévision aime régulièrement relancer ses séries porteuses à travers des reboots, la saga opte pour une suite directe à S.O.S. Fantômes / The Real Ghostbusters (1986-1991). C’est ainsi que Extreme Ghostbusters voit le jour en 1997, avec une nouvelle équipe de chasseurs de spectres réunis autour de leur mentor Egon Spengler, de la secrétaire Janine Melnitz et de la mascotte Bouffe-tout / Slimer. Le show dure une petite saison de 40 épisodes, stoppant hélas une proposition un peu plus sombre et mature et laissant des intrigues inachevées.

    L’intérêt de Extreme Ghostbusters (1997), c’est de proposer de nouveaux personnages, tous les quatre plus modernes et inclusifs que les Ghostbusters originaux. Et un peu plus abîmés par la vie aussi, notamment le téméraire Garrett Miller, né paraplégique et contraint de se déplacer en fauteuil roulant. C’est aussi sa limite car on réalise rapidement qu’on aime autant SOS Fantômes pour son concept global que pour le légendaire quatuor Venkman / Stantz / Spengler / Zedmore (qui s’invitent dans quelques épisodes). C’est une série qui reste recommandable, notamment pour cette approche plus urbaine et ancrée dans la diversité qui en fait, finalement, un show en avance sur son temps.

    S.O.S. Fantômes (2016)

    Durant près de deux décennies, la franchise n’offre pas de nouvelles aventures. Seul un jeu vidéo (Ghostbusters: The Video Game, 2009) entretient la flamme. Et il faut attendre 2016 pour un retour de S.O.S. Fantômes sur grand écran, dans une approche étonnante : à l’heure où les franchises misent sur le legacyquel (dans lequel le casting original rencontre une nouvelle distribution), le réalisateur Paul Feig opte, lui, pour un reboot au féminin qui reprend le concept né trente ans plus tôt en remplaçant les quatre chasseurs de fantômes par quatre chasseuses.

    Adoubées par Bill Murray, Dan Aykroyd, Ernie Hudson, Annie Potts et Sigourney Weaver (qui s’offrent chacun.e une sympathique apparition clin d’oeil dans des rôles différents), le quatuor Kristen Wiig / Melissa McCarthy / Kate McKinnon / Leslie Jones s’empare donc des packs à protons avec un humour décalé qui rappelle beaucoup Mes meilleures amies (2011). On est parfois à deux doigts du sketch façon Saturday Night Live, ce qui peut faire sortir du film, mais si on rentre dans le délire, cette bande est vraiment drôle. Tout comme Chris Hemsworth, à contre emploi en réceptionniste à côté de la plaque. Et même si on n’adhère pas à la proposition, le fan service est au rendez-vous et saura contenter les puristes. Avec toutefois un vrai bémol : un trop plein d’images de synthèse qui fait perdre l’authenticité de la franchise.

    S.O.S. Fantômes : l’héritage (2021)

    Malheureusement abîmé par la polémique inepte liée au changement de genre de ses personnages, S.O.S. Fantômes (2016) ne transforme pas l’essai au box-office. C’est donc la logique de legacyquel qui est adoptée sur S.O.S. Fantômes : l’héritage (2021) dont le titre atteste d’une continuité avec le diptyque original. Derrière la caméra, la filiation est également au rendez-vous puisque Jason Reitman, le propre fils d’Ivan Reitman qui avait signé les films de 1984 et 1989, prend la relève pour ce qui est présenté comme le vrai SOS Fantômes 3.

    Comme dans Extreme Ghostbusters (1997), le lien se fait à travers le personnage d’Egon Spengler : désormais fantôme, il amène sa fille et ses petits-enfants à prendre la relève pour contrecarrer le retour de Gozer. Il y a dans ce film non pas la réinvention tentée par le reboot de 2016, mais une volonté de s’inscrire dans l’esprit des années 80, en conviant au passage les Ghostbusters originaux dans un final vraiment touchant. Tout en trouvant, au passage, son propre ton dans un univers rural très éloigné du macadam new-yorkais. Je n’en attendais personnellement rien, et j’ai été agréablement surpris par la proposition de Jason Reitman, qui rend ainsi un bel hommage à son papa -ici producteur- qui rejoindra l’au-delà quelques mois après la sortie du film…

    S.O.S. Fantômes : La Menace de glace (2024)

    Scénariste de S.O.S. Fantômes : l’héritage (2021), Gil Kenan coiffe la casquette de réalisateur sur S.O.S. Fantômes : La Menace de glace (2024). Cette suite directe revient à New York et, comme a pu le faire un Jurassic World : le monde d’après (2022), mélange les deux générations pour affronter une nouvelle menace paranormale. Les Ghostbusters originaux ont donc ici plus de place et côtoient Carrie Coon, Finn Wolfhard, Mckenna Grace et Paul Rudd. Et les Mini-Pufts, des Bibendum Chamallow miniatures qui avaient beaucoup plu aux fans !

    Sur le papier, la réunion des générations est une belle idée. A l’écran, comme cela a été le cas dans les sagas Jurassic World ou Star Wars, le résultat n’est pas tout à fait convaincant. Trop de personnages et de fan service finit par nuire à l’ensemble, donnant à cette Menace de Glace le même sentiment d’inabouti que SOS Fantômes II (1989). Et le box-office en a pâti... On espère que la suite ne mettra pas un quart de siècle à nous parvenir, car au-delà de ses défauts, le film montre que les Ghostbusters ont encore de l’énergie (et de l’humour !) à revendre.

  • 10 films comme « Jurassic Park »

    10 films comme « Jurassic Park »

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Des dinosaures ressuscités qui sèment le chaos sur toute ou partie de la Terre jusqu’à ce que de malins et valeureux humains reprennent le dessus ? Depuis la sortie de Jurassic Park en 1993, et toutes les suites depuis plus de 30 ans (six jusqu’à présent), le film de Steven Spielberg a réussi à s’imposer dans un sous-genre particulier : le combat contre les très grosses bêtes !

    Si vous aimez ce genre d’intrigues, sachez qu’il en existe bien d’autres. JustWatch vous a d’ailleurs listé 10 films similaires qui valent le coup. Consultez notre guide ci-dessous !

    Godzilla (2014)

    Esthétiquement, c’est l’une des créatures les plus approchantes d’un gros dino. Godzilla appartient d’abord à l’imaginaire japonais avant d’être mondialisé : son histoire tient à la peur atomique et aux conséquences des radiations nucléaires, qui l’ont réveillé et transformé. Si vous êtes fascinés par le chaos provoqué par les T-Rex de Steven Spielberg, pas de doute que ce gigantesque lézard bipède vous fera vibrer !

    La version de Gareth Edwards -qui lance le MonsterVerse- remet la créature au goût du jour avec des effets spéciaux spectaculaires et une approche quasi mythologique. Le film s’impose comme un modèle du monster movie moderne, entre terreur visuelle et fascination pour la puissance de la nature. Si vous aimez ce Godzilla, sachez que c’est une vraie star de cinéma, présent dès la première version japonaise de 1954 jusqu’à Shin Godzilla (2016), qui propose une autre vision du monstre légendaire, ou encore Godzilla vs. Kong (2021) pour une bataille entre kaijus.

    King Kong (2005)

    En 2005, Peter Jackson s’attaque à un mythe absolu du cinéma américain : King Kong, un singe surdimensionné de la taille d’un building new-yorkais (qu’il escalade sans problème d’ailleurs), vivant sur Skull Island. Respectant la première version de 1933, le remake du réalisateur fait de la grosse bestiole un être attachant dans un film mêlant action et émotions. L’île de Skull Island devient un paradis perdu grouillant de créatures préhistoriques, et Kong un monstre tragique plus humain qu’il n’y paraît.

    Si Jurassic Park vous a ébloui par ses décors grandioses, King Kong offre un voyage tout aussi vertigineux que l’on peut également rapprocher des longs métrages Le Monde perdu (1960) ou Congo (1995) pour les amateurs d’expéditions périlleuses avec singe agressif en option. Si vous êtes focus sur les singes justement, tous les films de la franchise La Planète des Singes, à commencer par la première version de 1968, vous offriront de quoi vous rassasier visuellement.

    Les Dents de la mer (1975)

    Les requins tueurs ne font pas dans la demi-mesure quand il s’agit d’effrayer le public. Les Dents de la mer (1975), le classique de Steven Spielberg, a réussi à semer le doute chez des millions de gens faisant trempette dans la mer l’été. Après lui, des dizaines de longs métrages plus ou moins réussis ont vu le jour -dont certains sont parodiques voire nanardesques-, n’égalant jamais ce modèle absolu de tension largement soutenue par la musique de John Williams.

    La filiation avec Jurassic Park est évidente : même structure, même crescendo, même fascination pour la peur primitive de la nature. Dans le même genre, on goûtera aux sensations fortes de The Reef (2010), Peur Bleue (1999) et plusieurs films commençant par Shark comme Sharknado (2013) ou encore Shark Attack (1999). Et on rappelle au passage que le requin blanc se fait à son tour croquer dans Jurassic World (2015).

    Anaconda (1997)

    Quel autre animal à part les requins (et les vélociraptors) est capable de provoquer une peur panique chez qui le côtoie ? Le serpent bien sûr. Et quand ce dernier est un anaconda, le plus grand des reptiles du monde, alors pas de doute que l’effet sera maximal. Le film Anaconda (1997) en est la preuve et il connaît trois suites et bientôt un remake tellement la formule est bonne.

    Le pitch ? Une équipe de tournage envoyée dans la jungle amazonienne croise la route d’un serpent géant affamé. Des attaques spectaculaires pour une aventure humide et pleine de rebondissements. Comme Jurassik Park, le film joue sur la peur viscérale des prédateurs et la beauté menaçante de la nature sauvage. Dans le même genre mettant en scène des serpents monstrueux, je pense à Des serpents dans l’avion (2006), Piraconda (2012) ou encore Komodo vs Cobra (2005).

    Spiders (2000)

    Un araignée mutante créée par les Services secrets échappe à leur surveillance et menace le monde. Tiens tiens, ça vous rappelle quelque chose ? Comme Jurassic Park, Spiders (2000) joue sur les conséquences imprévues de manipulations scientifiques avec des créatures qui échappent à tout contrôle. Une bonne montée d’adrénaline pendant le visionnage !

    Le résultat est kitsch mais la tension et le rythme ne faiblissent pas. Même ambiance que dans Jurassic Park où tout part d’une expérience devenue incontrôlable. Pour prolonger le cauchemar à huit pattes, on peut se caler avec son seau à pop-corn devant Arachnophobie (1991), Arachnid (2001) ou encore Arac attack (2002).

    Pacific Rim (2013)

    Que peut l’humanité face à la nature, surtout quand cette dernière essaie de prendre le dessus ? Dans Pacific Rim, de gigantesques robots contrôlés par les hommes tentent de faire barrage aux kaijus, créatures colossales surgies des profondeurs et qui s’attaquent à l’humanité. Priorité à la survie dans ce film débordant d’imagination de Guillermo del Toro.

    « Aujourd’hui, nous neutralisons l’Apocalypse ! » prévient Idris Elba. Dans le genre fin du monde imminente, on s’attardera sur les Godzilla (2014) et leurs déclinaisons pour le côté grosses bestioles menaçantes, pourquoi pas un Mars Attacks (1996) pour le côté menace extraterrestre, Cloverfield (2008), Transformers (2007) ou encore Edge of Tomorrow (2014).

    S.O.S Fantômes (1984)

    Franchise tout aussi emblématique que Jurassic Park, S.O.S Fantômes brille également par son inventivité en termes d’effets spéciaux et de ton décalé. Face aux forces incontrôlables que sont les ectoplasmes, un groupe de scientifiques new-yorkais (Bill Murray en tête) rivalisent d’astuces pour y faire face, armés de matériel high-tech et d’un humour inimitable.

    À la différence de Jurassic Park, on rit beaucoup ! Mais comme sur Isla Nublar, le film repose sur un savant mélange de science, d’humour et de surnaturel, porté par des personnages attachants. Pour retrouver ce même ton absurde et réjouissant, on peut lorgner du côté de Men in Black (1997) et Beetlejuice (1988).

    Cloverfield (2008)

    New York est dévastée par l’attaque d’un monstre inconnu. La terreur et l’incertitude gagnent alors ses habitants dans Cloverfield (2008) tourné façon caméra amateur qui nous embarque dans la fuite d’un groupe d’amis essayant d’échapper à la mort. La même panique qu’avec les dino de Spielberg, le côté Blair Witch (1999) en plus.

    Tout comme Jurassic Park, le film évoque l’impuissance humaine face à une force qui nous dépasse. A rapprocher de Monsters (2010), film gorgé de créatures géantes qui ont envahi une zone du Mexique, ou Chronicle (2012) où trois ados se retrouvent dotés d’un pouvoir qui les dépassent.

    The Mist (2007)

    D’inquiétantes créatures planquées dans un épais brouillard coincent des habitants d’une petite ville du Maine dans un supermarché. Adapté de Stephen King, The Mist (2007), film de Frank Darabont, joue avec nos nerfs autant que Jurassic Park, tout en dénonçant aussi la folie collective dont peuvent faire preuve les hommes.

    Comme Jurassic Park, le film questionne la survie et la panique collective, mais il pousse plus loin la réflexion sur la nature humaine. Et son final reste l’un des plus marquants du genre. A voir aussi : Bird Box (2018) où ceux qui ouvrent les yeux meurent mystérieusement et Fog (1980) où la brume se fait maléfique. Un autre cauchemar brumeux !

    Alien, le huitième passager (1979)

    Dans l’espace aussi, on peut faire de mauvaises rencontres. Dans Alien, le huitième passager (1979), sans surprise, le xénomorphe n’est pas de meilleure compagnie que le T-Rex. La survie en milieu hostile relève alors du miracle et d’une bonne dose d’intelligence de l’action. Quand l’espace devient la jungle, on reste dans un écosystème hors de contrôle et de la survie face à l’inconnu.

    Dans la même veine, on pense à The Thing (1982) où un groupe de scientifiques découvre en Antarctique un corps enfoui sous la neige qui, une fois décongelé, retourne à la vie en prenant la forme de tout ce qu’il touche, et Sunshine (2007) avec le risque imminent de la mort du soleil, tous deux pour leur huis clos étouffant et leur tension métaphysique.

  • Ed Gein : 8 personnages terrifiants de l’horreur inspirés par le tueur

    Ed Gein : 8 personnages terrifiants de l’horreur inspirés par le tueur

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Après les crimes sordides de Jeffrey Dahmer (Monstre, 2022) et l’affaire impliquant Lyle et Erik Menendez (Monstres, 2024), Ryan Murphy et Netflix dévoilent Monstre : L'histoire d'Ed Gein (2025), troisième saison de cette anthologie consacrée aux criminels les plus marquants. Charlie Hunnam y incarne ce fermier du Wisconsin, baptisé « Le Boucher de Plainfield ».

    Outre-Atlantique, Ed Gein est une figure très connue : à la fin des années 60, après dix ans d’internement psychiatrique, il a en effet été reconnu coupable des meurtres de deux femmes mais également de vols de cadavres, lui qui fabriquait des costumes, masques, objets et ustensiles à partir de corps déterrés dans les cimetières. Dont notamment un ensemble à l’image de sa propre mère…

    En France, si son nom est moins identifié -il le sera assurément après le visionnage de la série-, les personnages qu’il a inspirés sont, eux, des figures incontournables du cinéma d’horreur et de la pop culture. A l’image des terrifiants Norman Bates, Leatherface ou Buffalo Bill. JustWatch vous dévoile la liste des protagonistes les plus marquants nés dans l’ombre d’Ed Gein.

    Norman Bates (Psychose)

    Monument du cinéma, Psychose (1960) a marqué l’histoire pour son twist final et son iconique scène de douche, qui voit Marion Crane (Janet Leigh) succomber aux coups de couteaux d’une vieille femme dans la baignoire du motel où elle passe la nuit. Au-delà de cette séquence disséquée dans tous les cours d’analyse filmique, le film d’Alfred Hitchcock est le tout premier à s’inspirer de la figure de Ed Gein. La double personnalité de Norman Bates (terrifiant Anthony Perkins), la figure de la mère, la maison isolée, la taxidermie : autant d’éléments qui transposent à l'écran -sans déferlement de gore- la folie de Gein.

    Une inspiration que l’on doit au romancier Robert Bloch, qui s’est directement inspiré du profil du monstre et de sa relation avec sa mère pour imaginer cette histoire dès 1959, qu’il situe d’ailleurs dans le Wisconsin à une cinquantaine de kilomètres à peine de Plainfield. Si des suites (Psychose 2, Psychose 3, Psychose 4) ont vu le jour pour des raisons mercantiles, ainsi qu’un remake plan par plan et en couleurs devant la caméra de Gus Van Sant (Psycho, 1998), je vous recommande surtout de prolonger le visionnage avec les 5 saisons de la série Bates Motel (2013-2017) portée par le tandem Vera Farmiga / Freddie Highmore, qui raconte la jeunesse de Norman Bates et sa relation toxique avec sa génitrice.

    Leatherface (Massacre à la tronçonneuse)

    Contrairement à ce que son titre laisse entendre -et à l’opposé de son gorissime remake par Netflix en 2022- Massacre à la tronçonneuse (1974) n’est pas un film très sanglant. C’est en revanche un long métrage viscéralement poisseux, devant lequel on se sent mal à l’aise. Et presque sale, pour tout dire. Car ici, ce ne sont pas tant les attaques de Leatherface qui sont marquantes (même si sa première apparition est terrifiante, comme la scène du croc de boucher) mais la folie totale qui baigne le long métrage, situé dans un Texas rural écrasant de chaleur où tout semble pouvoir arriver. Et où l’on pourrait disparaître sans laisser de trace.

    Si l’histoire du tueur et de sa famille est née de l’imagination du réalisateur Tobe Hooper et de son scénariste Kim Henkel, la maison jonchée de cadavres, d’ossements et de bibelots morbides s’inspire directement du spectacle découvert par les enquêteurs lors de la perquisition de la ferme d'Ed Gein. Et la séquence du repas, qui confronte la pauvre Marilyn Burns à la famille dégénérée, est un moment qu’on n’oublie pas. J’en frissonne rien qu’en l’écrivant… Si vous voulez creuser la mythologie du tueur au masque en peau humaine, de nombreuses versions ont été proposées -avec plus ou moins de réussite- au fil des années, en 2003, 2006, 2013 ou 2017.

    Ezra Cobb (Deranged)

    L’aura légendaire de Massacre à la tronçonneuse (1974) a privé de la postérité un autre film sorti en 1974 : Deranged, sous-titré en français La véritable histoire d'Ed Gein. Une mention qui peut surprendre, puisque le personnage principal est ici baptisé Ezra Cobb. Campé par l’inquiétant Roberts Blossom (qui m’avait terrifié dans Christine et… Maman j’ai raté l’avion !), le tueur reprend tous les traits caractéristiques d'Ed Gein (sa relation à sa mère autoritaire, sa haine des femmes, le vol de cadavres, la création de costumes et compositions morbides…) en y ajoutant des personnages et des penchants nécrophiles.

    Ce qui aurait pu n’être qu’un film de drive-in -ces séries B d’exploitation diffusées dans les cinémas en plein air outre-Atlantique pour faire frissonner les jeunes adultes- est devenu au fil des années une œuvre marquante du genre, grâce à son approche naturaliste et anti-spectaculaire, quasi documentaire (comme Henry : Portrait d’un Serial Killer, 1986). Ne cherchez pas ici un slasher divertissant : on est dans une horreur glaçante, qui nous confronte non pas à une créature fantastique mais à un monstre à visage humain né d’un homme brisé. A prolonger avec Ed Gein le boucher (2000) et Ed Gein: The Butcher of Plainfield (2007). A noter par ailleurs qu’un autre film d’horreur rurale inspiré de Ed Gein, Le Crochet du Boucher / Three on a meathook (1972), a vu le jour deux ans avant Deranged et Massacre à la tronçonneuse.

    Frank Zito (Maniac)

    C’est l’une des affiches les plus marquantes des années 80. Un poster que je regardais avec horreur et envie, mais que je n’ai jamais osé louer à l’époque. Les jambes d’un homme en jean ; dans sa main droite, un couteau de chasseur ; dans sa main gauche la chevelure ensanglantée d’une femme. Vous avez sans doute reconnu l’imagerie de Maniac (1980), classique du slasher 80’s signé William Lustig qui a ensuite été revisité par le trio français Franck Khalfoun / Alexandre Aja / Grégory Levasseur en 2012 dans un remake porté par Elijah Wood.

    Maniac, c’est l’histoire de Frank Zito (Joe Spinell), un homme a priori sans histoires qui dissimule un passé de mauvais traitements administrés par sa mère prostituée. Habité de pulsions meurtrières et frappé d'hallucinations, il se met en chasse de proies féminines, dont il emporte la chevelure pour coiffer les mannequins entreposés chez lui de ces scalps sanglants. On retrouve une nouvelle fois ici, dans cette volonté d'exposer et converser avec des restes humains, la même déviance que chez Ed Gein. Et ça glace le sang. Très immersif, voire subjectif, le film a fortement marqué par son approche réaliste et sa violence extrême, préfigurant American Psycho (2000), Child of God (2013) ou The House That Jack Built (2018).

    Buffalo Bill (Le Silence des Agneaux)

    Bien sûr, Hannibal Lecter est LA figure centrale du Silence des Agneaux (1991), chef d'œuvre du thriller couronné par les 5 Oscars majeurs (Film, Réalisation, Scénario, Actrice, Acteur). Grâce à l’interprétation et au regard d’Anthony Hopkins et la mise en scène brillante de Jonathan Demme (aviez-vous remarqué que Lecter regarde constamment dans la caméra, sondant autant les spectateurs que Clarice Starling ?), le psychiatre-cannibale imaginé par le romancier Thomas Harris s’est installé au panthéon des immenses méchants de cinéma. Mais il ne faudrait pas occulter un autre personnage terrifiant du film : Jame Gumb alias Buffalo Bill.

    Incarné par Ted Levine, ce tueur en série méthodique enlève des femmes qu’il séquestre dans le puits de sa cave avant de leur prélever des morceaux de peau afin de se confectionner un costume féminin. Passionné par les papillons (plus précisément les sphinx tête de mort), il est en quête de la métamorphose ultime qui fera de lui celle qu’il rêve d’être. Si on peut le voir aujourd’hui avec un prisme transphobe, Buffalo Bill a marqué l’imaginaire collectif, notamment avec sa célèbre danse sur Goodbye Horses. Également présent dans la série Clarice (2021-), il s’inspire de plusieurs serial killers : Ed Gein donc, mais aussi Ted Bundy (pour son modus operandi lors du rapt de ses victimes), Gary M. Heidnik (qui retenait des femmes dans une fosse creusée dans son sous-sol), le nécrophile Jerry Brudos et Gary Ridgway connu comme le tueur de la Green River.

    Si vous avez aimé Le Silence des Agneaux, n’hésitez pas à regarder Seven (1995), Zodiac (2007), Copycat (1995), Bone Collector (1999) ou Le Collectionneur (1997). Sans oublier, bien sûr, toutes les adaptations figurant Hannibal Lecter : Le Sixième Sens (1986), Hannibal (2000), Dragon Rouge (2002), Les Origines du mal (2007) et la série Hannibal (2013-2015).

    Garland Greene (Les Ailes de l’enfer)

    Au milieu des années 90, avant d’enchaîner les direct-to-video et les rôles barrés, Nicolas Cage était une immense star. Couronné par un Oscar pour Leaving Las Vegas (1995), il devient un action-hero en enchaînant Rock (1996), Volte/Face (1997) et Les Ailes de l’enfer (1997). Dans ce dernier film, regard intense et chevelure au vent, il campe un ancien Ranger sortant de prison, qui retourne chez lui dans un avion de la Con Air, la division aérienne de la police fédérale. Ce vol qui devait être banal et promesse de liberté retrouvée va se retrouver perturbé par les criminels à bord, qui détournent l’appareil. Parmi eux, il y a Cyrus le Virus (John Malkovich), Diamond Dog (Ving Rhames) et un certain Garland Greene (Steve Buscemi)...

    Ce personnage en apparence inoffensif est en réalité un redoutable tueur en série cannibale, baptisé « Le Boucher de Marietta ». Auteur de 37 meurtres « qui feraient passer Charles Manson et sa famille pour des enfants de chœur », ce psychopathe extrêmement intelligent et volontiers philosophe terrifie les autres passagers de l’appareil (même les plus endurcis) et se vante notamment d’avoir roulé pendant 1000 kilomètres à travers trois États « avec la tête d’une femme comme casquette ». Aussi, quand on le voit aller jouer à la poupée avec une petite fille et chanter He's Got the Whole World in His Hands avec elle, on craint pour la vie de l’enfant… Pour préparer le rôle, Steve Buscemi a étudié de véritables serial killers et a notamment intégré à son interprétation, aussi terrifiante qu’intrigante, des éléments de Ted Bundy, Ed Kemper, Jeffrey Dahmer,  Charles Manson, John Wayne Gacy et Ed Gein, bien sûr. Bref, Garland Greene aurait eu toute sa place dans Mindhunter (2017-2019), assurément.

    La famille Firefly (La Maison des 1 000 morts / The Devil’s Rejects)

    Parallèlement à sa carrière musicale dans le metal, Rob Zombie touche (avec talent) au cinéma. On lui doit notamment une relecture des méfaits de Michael Myers (Halloween, 2007), un film de sorcière (The Lords of Salem, 2013) et une nouvelle adaptation de la série The Munsters (2022). Mais surtout, surtout, le diptyque La Maison des 1 000 morts (2003) / The Devil's Rejects (2005), ses deux premiers films qui imposent son style et son goût pour les personnages dégénérés. Ici, il s’agit des Firefly, une famille que deux couples d’adolescents vont avoir le malheur de rencontrer le soir d’Halloween 1977…

    Ultra-violents et volontiers sadiques, le Capitaine Spaulding, Otis et Baby (Sid Haig, Bill Moseley et Sheri Moon Zombie) vivent dans une demeure terrifiante, sorte de freak show déviant et cannibale où les corps humains servent de nourriture, de décorations ou d’expériences. Bref, on est en pleine horreur rurale, nourrie par les méfaits de Ed Gein. Les amateurs du genre trouveront le film généreux et décomplexé dans son esprit grindhouse mêlant grotesque et torture, qui s’inscrit dans la lignée de Nuits de cauchemar (1980), La Colline a des yeux (1977) et son remake hallucinant (2006), ainsi que la franchise Détour Mortel (2003-2021) qui transpose l’imagerie de la famille dégénéré au fond des bois. A noter qu'un troisième film autour des Firefly a vu le jour en 2019 : 3 From Hell.

    Dr. Oliver Thredson (American Horror Story S2)

    Avant la série Monstre, le prolifique Ryan Murphy nous a offert de très nombreuses séries. Nip/Tuck (2003-2010), Glee (2009-2015), American Crime Story (2016-), Feud (2017-), Pose (2018-2021) ou 9-1-1 (2018-) figurent ainsi parmi ses créations, tout comme l’incontournable American Horror Story, dont les saisons anthologiques revisitent l’horreur sous toutes ses formes et tous ses genres depuis 2011, chaque fois dans un nouveau cadre et une ambiance différente. C’est ainsi que la saison 2, baptisée Asylum, nous plonge dans les murs de la clinique psychiatrique de Briarcliff…

    (Attention, spoilers !) Parmi les soignants, il y a le Docteur Oliver Thredson (Zachary Quinto), le nouveau psychiatre de l’institut. Très différent du reste du personnel médical, il se distingue par son empathie, son calme et sa bienveillance. Une apparence qui cache en réalité son véritable visage : il n’est autre que « Bloody Face », le tueur en série qui terrorise la région. Il enlève et séquestre alors l’une des patientes, en qui il reconnaît sa mère disparue, et on découvre l’étendue de sa folie, lui qui dépèce des femmes pour se confectionner des masques et objets divers. Un goût pour la taxidermie humaine qui est directement inspiré de Ed Gein. Au-delà de ce personnage, cette saison 2, considérée comme l’une des meilleures du programme, brasse de nombreuses figures terrifiantes, entre démons, religieuses sadiques et médecins pervers. Et pour prolonger votre séjour à l’asile, je vous conseille Session 9 (2001),The Ward (2010)  Grave Encounters (2011) et Asylum Blackout (2012).

  • « Les Sentinelles » et 15 films et séries de super-héros français

    « Les Sentinelles » et 15 films et séries de super-héros français

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « Dans la famille des super-héros made in France, je demande… » Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la production hexagonale n’a pas laissé le genre super-héroïque au cinéma US. En effet, loin d’Hollywood et de ses blockbusters Marvel, DC et indépendants, il y a eu plusieurs tentatives notables pour revisiter les histoires de justiciers avec une « french patte ».

    Entre approches sérieuses, franches comédies, œuvres d’auteurs et aventures animées, JustWatch vous dévoile la liste des films et séries françaises qui ont tenté de surfer sur la vague des « super » (on attend d’ailleurs avec impatience Feuille-Man avec Pierre Niney). Avec plus ou moins d’ambition et de réussite, il est vrai, mais en nous livrant parfois des pépites notables que j’ai classées selon ma préférence… du moins super au plus super !

    16. Bloody Mallory (2002)

    Une tueuse de démons et de créatures maléfiques, un réalisateur biberonné à L’Ecran Fantastique (où j’ai écrit dans mon jeune temps), une comédienne que j’aime beaucoup (Olivia Bonamy, hélas sous-exploitée par le cinéma français) : sur le papier, Bloody Mallory (2002) avait tout pour me plaire. Le résultat, qui aurait pu être un croisement français réjouissant entre le girl power de Buffy contre les vampires (1997-2003) et la chasse aux monstres de Hellboy (2004) est, il faut malheureusement l’avouer, assez pénible à regarder. Déjà, à l’époque. Et encore plus aujourd’hui alors que les effets visuels ont pris… 1000 ans. Mais il faut apprécier le film pour ce qu’il est : un croisement un peu nanardesque entre super-héroïne et fantastique, qui a été l’une des premières tentatives de la nouvelle vague de films de genre made in France et qui s’est distingué par son approche inclusive de personnages LGBTQ+. Et puis la bande originale est signée Kenji Kawai, à l'œuvre sur Ghost in the Shell (1995) et Ring (1998) !

    15. Benoît Brisefer : les taxis rouges (2014)

    En 1960, deux ans avant la création de Spider-Man, Iron Man et Hulk outre-Atlantique, Peyo donne naissance à un super-héros français dans les pages de Spirou. Béret noir, écharpe bleue et veste rouge, Benoît Brisefer est doté d’une force surhumaine (et accessoirement de super-vitesse et de super-saut)... sauf quand il s’enrhume. Alors que tous ignorent l’étendue de ses facultés, notre héros en culottes courtes affronte des criminels à Vivejoie-La-Grande avec l’insouciance de l’enfance. Avec son ton rétro, naïf et poétique, Benoît Brisefer : les taxis rouges (2014) rend hommage aux planches de l’auteur belge de  BD, sous le parrainage de Gérard Jugnot, Jean Reno et Thierry Lhermitte. Cette qualité nostalgique est à la fois la grande qualité et le défaut majeur de cette œuvre finalement très datée, qui s’adresse plus aux grands-parents qu’à une génération biberonnée à Marvel et DC… A réserver aux fans de Spirou et Fantasio (2018), Le Petit Spirou (2017) et autres Boule & Bill (2013).

    14. Phantom Boy (2015)

    Si vous avez aimé le coup de crayon très particulier de Une vie de chat (2010) et Nina et le secret du hérisson (2023), vous aimerez forcément Phantom Boy (2015) du tandem Alain Gagnol & Jean-Loup Felicioli. Le garçon du titre n’est pas à proprement parler un fantôme : il peut en réalité sortir de son corps, comme une projection astrale volontaire, pour s’envoler à travers les murs de l’hôpital où il se trouve et observer le monde. Un don qu’il va mettre à profit pour aider un policier paralysé dans son enquête, alors qu’un terroriste informatique menace la ville. Touchant et original (le style graphique est inspiré du cubisme), le film est une proposition alternative à l’animation en images de synthèse souvent inhérente aux histoires de super-héros. On apprécie son joli casting vocal (Edouard Baer, Jean-Pierre Marielle, Audrey Tautou) et son traitement singulier de l’architecture new-yorkaise.

    13. Black Snake, la légende du serpent noir (2019)

    Clotaire Sangala, c’est un peu le Peter Parker africain. Là où le futur Spider-Man était piqué par une araignée pour acquérir ses super-pouvoirs, notre sapeur-glandeur est mordu par un serpent qui le transforme en Black Snake, un justicier qui va s’opposer au dictateur local. En tandem avec sa compagne Karole Rocher, Thomas Ngijol écrit, réalise et joue dans cette comédie située dans la Françafrique des années 70, où ce héros improbable affronte Michel Gohou et Edouard Baer. Vêtu façon Kato dans Le Frelon Vert (2011), assez lâche et même globalement un peu nul, le personnage plaira essentiellement aux fans de l’univers décalé de l’humoriste même si le rythme est un peu poussif en dépit d’une durée réduite (1h22mn). Il ne faut donc pas attendre un Black Panther (2018) francophone, mais plus un délire au croisement de OSS 117, alerte rouge en Afrique Noire (2021), Le Crocodile du Botswanga (2014) et Fastlife (2014), sa première réalisation solo que j’avais largement préférée.

    12. The Prodigies (2011)

    A l’origine de The Prodigies (2011), il y a un roman : La Nuit des Enfants Rois de Bernard Lenteric, dans lequel un groupe d’enfants surdoués, intégrés à un institut regroupant des intelligences hors-normes, utilisent leurs capacités pour se venger d’une agression. L’adaptation cinématographique, écrite par le tandem Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte (Le Prénom, Les Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo), opte pour des super-pouvoirs télépathiques qui font des personnages des versions modernisées de Scanners (1981) ou Akira (1988). Côté visuel, c’est l’une des premières productions françaises à s’essayer à la performance-capture, intégrant ainsi un jeu très humain à une animation stylisée. Un peu trop simple et prévisible dans sa trame narrative (je conseille vraiment le livre), The Prodigies vaut surtout le visionnage pour cette approche artistico-technique et sa volonté de livrer un film d’animation adulte, qui assume sa violence et ses traumas, préfigurant notamment la claque Arcane (2021-2024).

    11. Super-héros malgré lui (2022)

    Philippe Lacheau, c’est LA valeur sûre de la comédie française depuis Babysitting (2014) et Alibi.com (2016). Avec presque 3 millions d’entrées en moyenne par film, toujours entouré de sa bande (la bien nommée « Bande à Fifi ») le réalisateur-scénariste-producteur-comédien a su fédérer le public autour de son humour potache et cartoonesque, qui s’autorise tous les délires. Parmi ceux-ci, il y a Super-héros malgré lui (2022) qui passe le genre à la moulinette de gags décalés, alors qu’un acteur devenu amnésique après un accident de voiture pense qu’il est réellement le justicier Badman dont il porte le costume. Un pitch ultra-efficace qui lorgne du côté de Super (2010), ( Deadpool (2016) et Kick-Ass (2010) et qui permet au groupe de s’amuser avec les codes des super-héros, même si c’est peut-être leur film le moins inspiré de mon point de vue. En revanche, côté mise en scène, c’est vraiment ambitieux et spectaculaire !

    10. Papy fait de la résistance (1983)

    Depuis 1983, c’est un classique indéboulonnable de la comédie française. Presque un monument national. Et au-delà de sa satire mordante de la France occupée, Papy fait de la résistance recèle un super-héros au sein de son casting : Super-Résistant, campé par Martin Lamotte. Coiffeur poltron le jour, il endosse son masque, son smoking et son haut de forme la nuit venue pour combattre l’envahisseur nazi, tel un Arsène Lupin ou Fantômas de la Résistance. Adapté d’une pièce de théâtre, le film se donne les ambitions d’un grand film historique avec des décors, des costumes et une distribution impressionnante mêlant deux générations de comédiens, comme un pendant comique à Paris brûle t-il ? (1966). Très mal accueilli par la critique à sa sortie, Papy fait de la résistance trouve immédiatement un écho auprès du public, s’imposant parmi les incontournables du rire hexagonal avec ses cousins du Splendid (Les Bronzés, Les Bronzés font du ski, Le Père Noël est une ordure). Je lui préfère personnellement ces trois films, car le côté trop théâtral et parodique de Papy… me fatigue vite. Mais ça reste très personnel et le film n’a pas volé sa place aux côtés de La Grande Vadrouille (1966), Le Mur de l’Atlantique (1970), Les Bidasses en folie (1971) et Mais où est donc passée la 7ème compagnie ? (1973).

    9. Fumer fait tousser (2022)

    Derrière ce titre fabuleux se cache un film à sketches du prolifique Quentin Dupieux, dont l'univers barré et unique ne cesse de séduire un public de plus en plus large au fil des années (en témoignent les succès de Au poste !, Mandibules, Yannick, Incroyable mais vrai et Le Deuxième acte). Dans Fumer fait tousser (2022), on découvre la Tabac-Force, un groupe de cinq super-héros qui se mettent au vert pour renforcer leur cohésion d’équipe. Alors qu’une attaque du maléfique Lézardin se profile, on suit cette étrange retraite, entrecoupée d’histoires qui font peur au coin du feu (dont un délire aussi sanglant qu’improbable avec Blanche Gardin). Inclassable, comme tous les films du cinéaste, Fumer fait tousser peut laisser circonspect si on n’entre pas dans ce délire absurde et singulier, volontairement kitsch avec ses costumes de super sentaï. Comme par exemple cette marionnette de rat dégoulinante de bave, baptisée Chef Didier et doublée par Alain Chabat, qui dirige nos héros depuis sa salle de contrôle. Ça vous donne une idée de ce qui vous attend. Mais même si vous restez de marbre, la bonne nouvelle, comme toujours chez Dupieux, c’est que c’est court et sans fioritures (1h17mn) !

    8. Vincent n’a pas d’écailles (2014)

    Quand le cinéma d’auteur rencontre le film de super-héros -du moins la notion de super-pouvoir- ça donne Vincent n’a pas d’écailles (2014). Pour son premier long métrage après des courts remarqués, Thomas Salvador mise sur une approche naturaliste et sobre, anti-spectaculaire même, qui raconte comment un homme se découvre des facultés extraordinaires au contact de l’eau. Il y a presque un côté Incassable (2000) à la française dans cette proposition à hauteur d’homme, qui a été plébiscitée par de nombreux festivals pour son minimalisme et sa dimension contemplative et poétique. C’est clairement ce qui pourra surprendre celles et ceux qui y chercheraient un équivalent français d’Aquaman (2018) : l’enjeu est ici uniquement humain, et traite avec pudeur de la découverte des pouvoirs et de l’amour. C’est une vraie expérience, à prolonger avec La Montagne (2023), du même réalisateur.

    7. Le Garçon invisible (2014)

    Le Garçon invisible (2014) a pour titre original Il ragazzo invisibile, mais comme il s’agit d’une coproduction franco-italienne, il peut techniquement intégrer ce classement. Et c’est mérité, car cette proposition signée Gabriele Salvatores (Oscar du Meilleur film étranger 1992 avec Mediterraneo) aborde le genre super-héroïque par le prisme du mal-être adolescent, alors qu’un garçon de 13 ans, confronté à une scolarité difficile, se découvre le pouvoir de disparaître (un traitement qui rappelle la timide Violet Parr dans Les Indestructibles) Un don qu’il va mettre à profit pour se venger mais aussi affronter une organisation secrète qui menace ses camarades. J’aime beaucoup la patte très européenne du film, à la frontière du conte et du réalisme, qui rappelle les très réussis On l'appelle Jeeg Robot (2016) et Freaks Out (2021). A noter que Invisible Boy a eu droit à une suite en 2018.

    6. Miraculous (2015-)

    Attention, phénomène ! Depuis 2015, les aventures de Ladybug et Chat Noir font rayonner avec Totally Spies! (2002-) l’animation hexagonale et la vie parisienne dans le monde entier. L’univers Miraculous, imaginé par Thomas Astruc, se décline ainsi en série, en téléfilms, en long métrage, en spectacles et en produits dérivés des États-Unis à l’Australie. Un succès mondial qui a fait de Marinette Dupain-Cheng et Adrien Agreste de fiers représentants du super-héroïsme (et de l’art de vivre) à la française, alors qu’ils jonglent entre leur vie de collégiens et les attaques du super-méchant Papillon contre la capitale. Le design est immédiatement impactant et attachant, la mythologie des kwamis et akumas intéressante, et l’animation extrêmement fluide entre combats stylés et reconstitution « carte postale » de Paris. Moderne, girl power et inclusive, la série pèche évidemment par la dynamique répétitive de ses épisodes mais elle embarque ses fans par la relation maladroite entre ses deux héros, qui s’aiment sans le savoir derrière leurs identités secrètes. Je recommande vraiment d’aller au-delà de potentiels a priori et d’y jeter un œil pour comprendre l’ampleur de la Miraculous-Mania.

    5. Comment je suis devenu super-héros (2020)

    En 2020, Warner Bros. et Netflix font le pari d’un vrai film du genre, traité façon polar : Comment je suis devenu super-héros, adapté du roman de Gérald Bronner. Biberonné aux comics, le réalisateur Douglas Attal (acteur dans Radiostars) porte le projet à bout de bras pendant plusieurs années (j’ai personnellement suivi son attachement et son acharnement à concrétiser sa vision !) et parvient à fédérer un casting composé de Pio Marmaï, Vimala Pons, Benoît Poelvoorde, Leïla Bekhti et Swann Arlaud. Une distribution solide qu’il plonge dans un Paris où les super-pouvoirs sont intégrés à la société : quand une drogue conférant des facultés spéciales à ses usagers se répand dans la capitale, deux inspecteurs mènent l’enquête, aidés par deux anciens justiciers à la retraite. Assumant une approche réaliste, loin de la déferlante visuelle d’un Marvel, le long métrage lorgne du côté urbain de Watchmen (2009), Daredevil (2015-2018) et la trilogie The Dark Knight (2005-2012), avec les limites d’un budget hexagonal. Grâce à ses personnages fatigués, son approche intime et son propos sur les conséquences des pouvoirs, le film trouve sa place entre The Boys (2019-) et Heroes (2006-2010).

    4. La Dernière vie de Simon (2020)

    Avant d’exploser dans Eté 85 (2020) et Illusions Perdues (2021), Benjamin Voisin s’est illustré dans La Dernière vie de Simon (2020). Il y a du Spielberg (si, si !) dans cette pépite passée malheureusement inaperçue (moins de 25 000 entrées en salles), qui suit les pas d’un orphelin capable de prendre l’apparence de n’importe quelle personne qu’il touche. Que ferait-on avec une telle faculté, notamment quand on n’a pas encore trouvé sa place ? Ce drame teinté de fantastique, qui revisite le pouvoir de la métamorphe Mystique (X-Men : le commencement, 2011) avec beaucoup de subtilité, interroge la notion d’identité de manière originale et sensible, sans cynisme ni mise à distance. En résulte un joli conte à la Benjamin Button (2008), qui était l’un de mes coups de cœur cinéma de 2022.

    3. Les As de la jungle (2011-)

    Oui, Les As de la jungle sont bien des super-héros ! Et français, s’il vous plaît ! Depuis 2011, à travers des séries, des téléfilms et des longs métrages, Maurice, Junior, Miguel, Gilbert et Batricia se battent en équipe justicière animalière pour maintenir la paix et la justice dans leur habitat naturel. J’aime beaucoup l’humour loufoque et l’univers de cette bande improbable menée par un manchot tigré dont le fils adoptif est un poisson rouge (!), imaginée par la joyeuse équipe toulousaine de TAT Productions (dernièrement à l'œuvre sur la série Astérix et Obélix : le combat des chefs d’Alain Chabat). Et j’adore le casting vocal, qui rassemble les plus grandes voix de l’univers du doublage : Michel Mella, Emmanuel Curtil, Céline Monsarrat, Barbara Tissier, Barbara Beretta, Emmanuel Garijo, Maïk Darah… Et même les légendes Alain Dorval et Richard Darbois sur le film de 2017. Ne limitez pas ces aventures à votre progéniture : Les As de la jungle sont pour le grand enfant qui sommeille en chacun.e de nous ! Comme Kung Fu Panda (2008), Madagascar (2005) ou Rio (2011).

    2. Hero Corp (2008-2017)

    Dans la famille Astier, je demande le petit frère ! Pendant que son frangin Alexandre Astier concevait les dernières saisons de Kaamelott (2005-2009), Simon Astier élaborait -avec son compère Alban Lenoir- une revisite de l’univers des super-héros, avec une patte (très) décalée et une envie sincère de s’amuser. Le résultat, c’est Hero Corp (2008-2017), qui nous plonge durant 5 saisons dans une communauté super-héroïque de Lozère où sont réunis les justiciers vieillissants, débutants… ou les moins doués. On survalide cette série pour ses personnages hauts en couleurs, ses pouvoirs improbables, son ton absurde et mélancolique et surtout sa sincérité et son amour du genre, qui compense la légèreté du budget par un système D réjouissant et une écriture ciselée. Souvent présentée comme une cousine de Kaamelott, Hero Corp est à rapprocher de programmes comme Misfits (2009-2013) ou Community (2009-2015), un peu comme un The Office (2005-2013) qui intégrerait les personnages de X-Men (2000).

    1. Les Sentinelles (2025-)

    Avec la création originale Les Sentinelles (2025-), Canal+ livre la réponse française à Captain America : First Avenger (2011). Et quelle réponse ! Adaptée des bandes dessinées de de Xavier Dorison et Enrique Breccia, la série revisite la Première Guerre mondiale à travers une uchronie qui voit des soldats laissés pour morts dans les tranchées être recrutés par un programme ultra-secret. Améliorés grâce à un super-sérum et équipés d’armures métalliques impressionnantes (les fans de Jin-Roh, la brigade des loups apprécieront), ils sont chargés de mener à bien des missions périlleuses sur le champ de bataille. Entre Un long dimanche de fiançailles (2004) et Rocketeer (1991), la proposition est aussi ambitieuse que réussie, avec un traitement « premier degré » qui respecte le matériau original et le spectateur. Quand une production française embrasse ainsi le genre -ou plutôt les genres-, on ne peut qu’applaudir. Moi, en tout cas, j’applaudis. Et je binge !

  • « Grave », « Titane », « Alpha »… : tous les films de Julia Ducournau

    « Grave », « Titane », « Alpha »… : tous les films de Julia Ducournau

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Chez Julia Ducournau, le sang coule à flot, les corps souffrent, mutent, s’ouvrent… L’esthétique prime chez cette réalisatrice unique qui maîtrise l’art des chocs visuels, essentiellement dans le body horror, sous-genre du cinéma de l’horreur auquel elle s’adonne le plus.

    Entrée très vite dans la cour des grands, la réalisatrice a décroché la Palme d’or à Cannes en 2021 avec Titane, et a été sélectionnée en Compétition avec Alpha pour l’édition 2025 (sans décrocher de prix).

    JustWatch vous propose un guide de ses films, classés dans l’ordre de sortie du plus ancien au plus récent, pour mieux avoir en tête la filmographie naissante mais déjà incroyablement marquante de cette spécialiste désormais incontournable du genre.

    Junior (2011)

    Court métrage de fin d’études, Junior (2011) annonce déjà les obsessions de la cinéaste. On y découvre Justine, adolescente garçon manqué qui voit son corps se transformer de manière étrange à l’approche de la puberté. Une mutation physique qui devient le miroir de sa métamorphose intérieure. Ce film, qui a très bien été accueilli en festivals, a agi comme un laboratoire d’idées pour Grave dont l’héroïne porte d’ailleurs le même prénom.

    Tourné à la Fémis avec un ton à la fois cru et décalé, Junior impose déjà une esthétique viscérale et charnelle. Julia Ducournau y filme le corps adolescent comme un territoire de bouleversements et de contradictions. Son approche est moins fantastique qu’organique, transformant la métamorphose en métaphore de la construction de soi. Dans le même style, on pense au film d’horreur Teeth (2017) avec son héroïne au vagin denté ou encore Ginger Snaps (2010) avec cette fois la transformation d’une ado en loup-garou.

    Grave (2016)

    Le film Grave (2016) a révélé Julia Ducournau. Il suit Justine, étudiante vétérinaire et végétarienne, qui développe un goût inattendu pour la chair crue après un bizutage. Entre pulsions incontrôlées et conflits familiaux, Grave explore les thèmes du désir, de la construction de soi, de la sororité, de l’identité et du lien familial. La réalisatrice y traite déjà de sa fascination pour le thème de l’humanité cachée derrière l’horreur. 

    Présenté à la Semaine de la Critique à Cannes, le film a provoqué un véritable choc. Porté par Garance Marillier, il fait du corps un langage émotionnel à part entière. Si vous aimez les récits de métamorphose féminine et les initiations radicales, Grave s’inscrit dans la lignée de Carrie (1976) l’adaptation de Stephen King par Brian de Palma avec cette même métaphore du corps féminin comme source de peur et de pouvoir, ou du très trash The Neon Demon (2016) de Nicolas Winding Refn.

    Titane (2021)

    Palme d’or à Cannes en 2021 - Julia Ducournau est seulement la seconde femme à obtenir la récompense, 28 ans après Jane Campion -, Titane a choqué avec son univers mutant ultraviolent. On y suit Alexia (jouée par une actrice inconnue à l’époque, Agathe Rousselle), jeune femme au passé traumatique qui vit avec une plaque de titane dans la tête depuis un accident d’enfance. Entre pulsions de mort, métamorphose corporelle et fausse identité, Ducournau tisse une histoire étrange et violente.

    Passionnée de films d’horreur et de mythologie, Julia Ducournau a eu l’idée de ce film après avoir eu un flash autour d’une créature blessée au squelette incassable. Avec Titane, la réalisatrice pousse encore plus loin son exploration du corps et de l’identité. Le film brouille les frontières entre humanité et mécanique. Radical et poétique à la fois, il s’inscrit dans la lignée d’œuvres transgressives comme Crash (1996) de David Cronenberg qui mêle accidents de voiture et plaisir sexuel, Under the Skin (2013) de Jonathan Glazer qui fait de Scarlette Johansson une extraterrestre chasseuse d’hommes, ou encore Possession (1981) d’Andrzej Zulawski.

    Alpha (2025)

    Troisième long métrage de la réalisatrice présenté à Cannes, où il n’a pas reçu de prix, Alpha (2025) est le nom d’une ado de 13 ans qui vit au Havre dans les années 1980 avec sa mère, médecin dans un service hospitalier traitant des malades atteints d’un virus mystérieux. Évitée par ses camarades en raison de rumeurs sur une nouvelle maladie, Alpha cherche à s’intégrer. Dans ce film sur une épidémie fictive, Julia Ducournau évoque clairement celle du Sida. Si le body horror est moins présent que dans ses deux opus précédents, la réalisatrice filme quand même la mutation des corps dans le contexte de l’adolescence et de la maladie, avec un solide casting où se croisent Mélissa Boros, Tahar Rahim, Golshifteh Farahani et Emma Mackey.

    Plus intime et mélancolique que les précédents films, Alpha explore la vulnérabilité des corps et la peur du contact à travers le regard d’une enfant. Visuellement plus sobre, le film marque une évolution vers un cinéma davantage porté sur l’émotion, sans renoncer à sa dimension organique et sensorielle. Sa poésie trouble n’est pas sans rappeler des drames adolescents comme Virgin Suicides (1999) de Sofia Coppola ou It Follows (2014) de David Robert Mitchell.

  • Paddington : les films et série de l’ourson so british dans l’ordre

    Paddington : les films et série de l’ourson so british dans l’ordre

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Toujours affublé de son duffle-coat à capuche bleu et de son chapeau rouge de guingois, l’ours Paddington s’est inscrit durablement dans l’imaginaire des enfants. 

    D’abord personnage emblématique de la littérature jeunesse, né sous la plume de l’écrivain britannique Michael Bond, il fait son apparition en 1958 dans un premier livre qui le décrit comme un petit ours originaire du Pérou, descendu à la gare de Paddington à Londres - et qui lui vaudra son surnom - après avoir voyagé seul en bateau.

    Plus de 60 ans plus tard, sa frimousse poilue est revenue sur les écrans de cinéma, pour son troisième long métrage. Ce sympathique personnage, gauche mais très attachant, est devenu au fil des décennies une véritable icône culturelle. Et ses histoires parlent autant aux enfants qu’aux adultes, mêlant tendresse, humour anglais et une pointe de mélancolie.

    Paddington, la série (1975)

    Avant d’être la star de cinéma que l’on connaît, Paddington a d’abord été le héros d’une série de 23 livres, écrits de 1958 à 2012 par Michael Bond et vendus à des millions d’exemplaires dans le monde. Son premier succès visuel, lui, arrive en 1975, avec une série britannique en stop motion comptant 56 épisodes. Chaque aventure, courte et accessible, montre l’ourson fraîchement débarqué à Londres, maladroit mais toujours bien intentionné. L’animation du plantigrade était simple mais inventive : Paddington était représenté par une petite figurine articulée dans un décor miniature, tandis que les autres personnages étaient en papier découpé, ce qui donnait à la série un style unique immédiatement reconnaissable.

    Une génération entière de petits Anglais ont été marqués par cette série, poussant l’ourson à rentrer dans la culture populaire. Elle s’adresse aux nostalgiques et aux amateurs du patrimoine télévisuel britannique, mais reste charmante pour les plus jeunes. Si vous aimez le stop motion, les films des studios Aardman comme Wallace & Gromit : le mystère du lapin-garou (2005) et Chicken Run (2000), le programme peut vous en mettre plein la vue avec cette technique animée.

    Paddington (2014)

    Il faut attendre près de 40 ans après la série pour voir Paddington retranscrit en long métrage. Le premier film, sobrement intitulé Paddington, sort en 2014. On y voit un jeune ours péruvien, fraîchement débarqué à Londres à la recherche d’un foyer et d’une vie meilleure, qui rencontre la famille Brown et en devient peu à peu un membre à part entière. Il est signé par Paul King, qui, trois ans plus tard, a également réalisé le deuxième opus et est derrière la caméra du plus récent Wonka (2023). Il réussit ici un vrai pari : actualiser le personnage iconique sans le trahir.

    Mélangeant prises de vues réelles et images de synthèse, le film confie la voix originale de l’ourson à Ben Whishaw, et à Guillaume Gallienne en France. Le tournage a mobilisé des effets spéciaux qui a réussi à rendre l’ours à la fois réaliste et expressif. Adressé aux familles et aux amateurs de comédies britanniques, ce premier long métrage regorge de clins d'œil humoristiques et de références culturelles très anglaises. Il n’est pas sans rappeler d’autres films familiaux hybrides comme Stuart Little (1999) avec cette fois une souris au milieu des humains, ou Jean-Christophe et Winnie (2018) avec toute la cohorte d’amis de l’ourson amateur de miel.

    Paddington 2 (2017)

    Dans Paddington 2 (2017), l’adorable plantigrade vit paisiblement avec la famille Brown, qui l’a adopté dans le premier film. Un jour, il découvre un livre pop-up sur la ville de Londres et se met en tête de l’offrir à sa tante Lucy - qui vit toujours au Pérou - pour ses 100 ans. Mais l’unique exemplaire de l’ouvrage a été volé et Paddington est accusé à tort et incarcéré. La famille Brown mène l’enquête.

    Trois ans après le premier opus, Paul King récidive donc avec ce nouveau succès critique et public. Avec davantage d’aventures mais toujours autant d’humour et d’émotion, le film développe des thématiques fortes autour de la justice et la solidarité. Anecdote amusante : Hugh Grant, qui campe le méchant flamboyant Phoenix Buchanan, a confié que ce rôle de comédien raté était son préféré de toute sa carrière ! En cela on peut voir une parenté avec d’autres films pour enfants aux figures malveillantes très présentes comme Glenn Close dans Les 101 Dalmatiens (1997) ou Emma Stone dans Cruella (2021). L’accent a été mis les décors colorés et poétiques, en hommage aux illustrations des livres d’origine.

    Les Aventures de Paddington (2019)

    Diffusée à partir de 2019, Les Aventures de Paddington marque le retour de l’attachant ourson à la télévision dans une version animée en 3D. Coproduite par StudioCanal et Nickelodeon, la série modernise le personnage tout en restant fidèle à l’esprit des livres de Michael Bond. On y suit Paddington dans son quotidien à Windsor Gardens, entouré de la famille Brown, où chaque épisode raconte une petite aventure faite de curiosité et de maladresses.

    Grâce à son animation soignée et à son ton résolument optimiste, la série s’adresse avant tout aux enfants, mais conserve un charme universel qui séduira les adultes nostalgiques. Les valeurs chères à Paddington y sont bien présentes mais adaptées à notre époque : un halo de tolérance et de tendresse qu’on retrouve dans des séries comme Pierre Lapin (2013), adaptées du personnage de l’écrivaine anglaise Beatrix Potter, ou Ernest et Célestine, la collection (2017).

    Paddington au Pérou (2025)

    Le 5 février 2025 est sorti en salles Paddington au Pérou, troisième volet des aventures du petit ours qui quitte ici Londres pour repartir dans son pays d’origine rendre visite à sa tante Lucy bien-aimée, résidant désormais à la Maison des ours retraités. Un voyage inattendu attend Paddington et la famille Brown, en plein cœur de la forêt amazonienne. Aux manettes, un autre Britannique succède à Paul King : Dougal Wilson, jusqu’à présent réalisateur de publicités et de clips. Le tournage a lieu au Royaume-Uni et en Amérique du Sud, avec des décors spectaculaires.

    Ce voyage initiatique au fin fond de la forêt dense peut faire référence, dans notre esprit, au Livre de la Jungle (2016) pour le côté émerveillement en milieu naturel, ou encore le Disney Vaiana (2016) pour son aspect retour aux racines, même si on peut aussi traverser la Manche pour aller chercher le film d’Alain Chabat Sur la piste du Marsupilami (2012) qui repose sur le même esprit.

  • Les 15 meilleures séries procédurales, de « Monk » à « HPI »

    Les 15 meilleures séries procédurales, de « Monk » à « HPI »

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Les séries procédurales n’ont jamais cessé d’attirer les spectateurs. Elles reposent sur une structure simple et efficace – un crime, une enquête, une résolution – ce qui nous permet d'avoir la satisfaction d'un mystère éclairci à la fin de chaque épisode. 

    Mais les meilleures vont bien au-delà, en créant des personnages marquants et en renouvelant sans cesse leur approche, avec un fil rouge qui fait le lien entre chaque épisode et chaque saison.

    Voici notre classement JustWatch des 15 meilleures séries procédurales, des plus solides à celles qui ont redéfini le genre. Chaque place est méritée, et parfois cruellement disputée.

    15. Bones (2005 – 2017)

    Bones (12 saisons) s’est imposée comme l’une des plus longues séries procédurales grâce à l’alchimie entre Brennan, anthropologue brillante et rationnelle, et Booth, agent du FBI plus intuitif. Chaque épisode décortique les restes humains pour raconter une histoire, donnant un côté scientifique et presque clinique aux enquêtes. Ce mélange entre rigueur et humanité a séduit des millions de spectateurs.

    Mais sa longévité de plus de dix saisons a parfois entraîné des répétitions et des intrigues secondaires un peu faibles. Comparée à Mentalist, qui brillait par sa psychologie, ou à Castle, qui misait sur son duo romantique, Bones reste avant tout une série de science et de logique. Elle garde néanmoins une place de choix pour sa capacité à marier enquête policière, drame et humour noir. Pour les amateurs de procédurales réalistes, elle se rapproche de CSI: Les Experts tout en gardant un ton plus attachant.

    14. Meurtres au paradis (2011– )

    Meurtres au paradis (13 saisons) a trouvé son public grâce à ses décors idylliques et son ton léger. Chaque épisode propose un meurtre mystérieux sur l’île fictive de Sainte-Marie, résolu par un inspecteur britannique souvent dépassé par le soleil et les coutumes locales. L’exotisme et l’humour en font une série facile à regarder, presque réconfortante.

    Cependant, sa formule répétitive l’empêche de rivaliser avec les titres les plus ambitieux de ce classement. Contrairement à un Line of Duty, tendu et réaliste, ou à HPI, plus inventif, Meurtres au paradis reste fidèle à son charme cosy. C’est une série parfaite pour les amateurs d’énigmes classiques, proche d’Inspecteur Barnaby (1997-), où l’on prend autant plaisir à deviner le coupable qu’à profiter du décor.

    13. Psych : Enquêteur malgré lui (2006 – 2014)

    Avec son duo explosif, Shaun et Gus, Psych (8 saisons) transforme chaque enquête en terrain de jeu comique. Se faisant passer pour un médium, Shaun utilise en réalité son sens aigu de l’observation pour résoudre des affaires, tout en multipliant les références pop et les situations absurdes. La série a su créer une communauté fidèle grâce à son humour déjanté et son ton unique.

    Pourtant, cette légèreté la place en marge des séries plus ambitieuses du classement. Contrairement à un Mentalist, qui mélange psychologie et gravité, Psych s’assume comme une comédie policière. Elle séduira les fans de Brooklyn Nine-Nine (2013-2021) ou de Castle, où le rire est aussi important que la résolution des crimes. Un choix idéal pour celles et ceux qui aiment les séries policières qui ne se prennent pas au sérieux.

    12. Alex Hugo (2014 – )

    Avec Alex Hugo (8 saisons), le polar se fait contemplatif. Samuel Le Bihan incarne un ancien flic devenu inspecteur solitaire dans les Alpes, enquêtant dans des paysages à couper le souffle. Chaque épisode s’apparente à un téléfilm, misant sur le temps long, les silences et la psychologie des personnages autant que sur l’enquête.

    Certains spectateurs peuvent trouver le rythme trop lent comparé à un Mentalist ou à un Castle, mais c’est précisément cette différence qui fait son charme. Pour qui veut un polar à la française, loin de l’agitation des grandes villes, Alex Hugo est une alternative originale. Alex Hugo me donne toujours cette envie de partir en randonnée, un peu comme quand je regarde Une Nature sauvage (2025) qui mêle aussi enquêtes policières et paysages magnifiques. 

    11. Inspecteur Barnaby (1997 – )

    Inspecteur Barnaby (24 saisons) est l’incarnation même du cosy crime britannique. Depuis plus de vingt ans, la campagne anglaise devient le théâtre de crimes improbables, résolus avec flegme et logique. Sa longévité impressionne et prouve à quel point son atmosphère et son ton plaisent aux spectateurs.

    La série est une valeur sûre, mais ne partage pas la puissance d’un Line of Duty ou l’inventivité d’un HPI. Elle excelle dans sa catégorie : celle des polars classiques, rassurants, à savourer comme un bon roman policier au coin du feu. Ceux qui aiment Meurtres au paradis ou les intrigues façon Agatha Christie y trouveront une déclinaison plus traditionnelle, mais tout aussi plaisante. Si vous cherchez une série similaire, c’est peut être l’occasion de dépoussiérer les VHS d’Hercule Poirot, ou d’explorer des œuvres outre atlantiques comme Only Murders in the Building (2021).

    10. Lucifer (2016 – 2021)

    Avec Lucifer (6 saisons, 93 épisodes), le Diable devient consultant pour la police de Los Angeles, et cela fonctionne étonnamment bien. Tom Ellis incarne un Lucifer séducteur et sarcastique, qui donne à la série ce ton si particulier. Au départ légère, elle évolue vers des intrigues plus ambitieuses, mêlant fantastique, romance et réflexions sur le Bien et le Mal. Elle a parfois connu des faiblesses d’écriture, et peut se perdre dans ses intrigues bibliques, mais son humour et son originalité l’ont rendue culte.

    Contrairement à un Dr House plus cynique, Lucifer se rapproche de Castle et iZombie par son mélange de polar et de fantaisie, avec un consultant qui n’a rien à voir avec la police. Elle reste l’une des rares séries procédurales à réussir à mêler légèreté et enjeux existentiels. Son côté biblique n’est pas si religieux que cela, et est une excuse pour en faire une série fantastique, un peu comme Good Omens (2019-), une série immanquable.

    9. Lie to Me (2009 – 2011)

    Basée sur les travaux de Paul Ekman, Lie to Me (3 saisons) propose une approche inédite : lire les micro-expressions faciales pour déceler mensonges et vérités cachées. Tim Roth, magistral, incarne un enquêteur au style brut, souvent cynique mais toujours percutant. Chaque épisode repose sur un savant mélange de science et de psychologie.

    La série s’est arrêtée trop tôt, mais son impact reste réel. Elle est moins populaire que Mentalist ou Castle, mais bien plus originale dans sa méthode. Pour ceux qui aiment les approches scientifiques, elle se rapproche d’Elementary ou de Dr House, où l’analyse et l’intuition se croisent en permanence. Un bijou sous-estimé.

    8. iZombie (2015 – 2019)

    iZombie (5 saisons, 71 épisodes) part d’un pitch improbable : une médecin-légiste zombifiée qui résout des crimes en mangeant le cerveau des victimes. Chaque cervelle avalée change sa personnalité, donnant lieu à des épisodes aussi drôles que touchants. Ces changements de personnalité permettent de ne jamais s’ennuyer et donnent à la série la possibilité de faire preuve de créativité. Rose McIver incarne une héroïne attachante, à la fois fragile et forte, qui porte toute la série.

    Cette originalité la rend unique, même si elle n’a pas la puissance dramatique d’un Mentalist ou la rigueur scientifique d’un Bones. Elle se rapproche davantage d’un Lucifer, où le fantastique est utilisé pour enrichir les enquêtes. Pour ceux qui aiment les histoires décalées mais pleines de cœur, iZombie est une belle découverte.

    7. Monk (2002 – 2009)

    Adrian Monk est sans doute l’un des enquêteurs les plus marquants du petit écran. Monk (8 saisons, 125 épisodes) met en scène ses TOC, à la fois handicap et atout, qui rendent chaque enquête unique. Tony Shalhoub livre une performance inoubliable, donnant à la série autant d’humour que d’émotion. Monk a prouvé que l’originalité d’un héros pouvait suffire à marquer durablement un genre.

    Son format reste classique, et c’est pourquoi elle ne monte pas plus haut dans le classement. Contrairement à Lie to Me, qui innovait par son concept scientifique, Monk repose presque exclusivement sur son personnage. Mais quelle réussite ! Certains épisodes sont passionnants et ne manquent pas de faire des clins d'œil à quelques films cultes, comme 12 hommes en colère (1957). Pour les fans de détectives atypiques, elle rappelle les grandes heures de Columbo (1968-2003) ou même de Ludwig (2024-) dans sa manière de casser les codes.

    6. Castle (2009 – 2016)

    Avec Castle (8 saisons, 173 épisodes), l’alchimie entre Nathan Fillion et Stana Katic a fait des merveilles. Un écrivain fantasque et une enquêtrice rigoureuse forment un duo aussi improbable qu’irrésistible. Chaque épisode alterne mystères, humour et romance, ce qui en fait l’une des séries procédurales les plus divertissantes. 

    Elle n’est pas au niveau de la qualité d’écriture d’un Line of Duty ou de la profondeur psychologique d’un Mentalist, mais c’est précisément cette légèreté qui fait son charme. Nathan Fillion a ce sourire contagieux qui fait que Castle est un polar feel-good, comparable à Psych, que l’on regarde autant pour les personnages que pour les enquêtes. Un incontournable pour celles et ceux qui veulent une série aussi drôle que palpitante.

    5. HPI : Haut Potentiel Intellectuel (2021 – )

    Mettre HPI (4 saisons, plus de 30 épisodes) dans le haut du classement est une évidence. Audrey Fleurot prête ses traits à une héroïne brillante, au QI très élevé, intuitive et décalée, qui apporte un nouveau souffle au genre. Avec son humour, ses enquêtes originales et sa touche sociale, la série a su conquérir un large public en un temps record. Elle a réussi là où beaucoup de séries françaises avaient échoué : rendre le format procédural à la fois accessible, populaire et créatif, en jouant avec les codes tout en restant immédiatement compréhensible.

    Elle brille parce qu’elle combine accessibilité et inventivité. Contrairement à Line of Duty, trop sombre pour certains, ou à Castle, plus léger, HPI réussit à rassembler. Elle rappelle l’énergie de Monk et la finesse de Mentalist, tout en gardant une identité bien française. Pour qui cherche la série procédurale actuelle la plus populaire et la plus pertinente, HPI est une évidence. La preuve, un remake US (High Potential, 2024) a vu le jour.

    4. Mentalist (2008 – 2015)

    The Mentalist (7 saisons) brille par son héros : Patrick Jane, consultant manipulateur, charmeur mais hanté par un passé douloureux. Chaque affaire est l’occasion de démontrer ses talents d’observation, mais c’est surtout la traque de John le rouge, son pire ennemi. 

    Simon Baker incarne à la perfection ce mentaliste qui a su maintenir un haut niveau. Découvrir l'identité de John le Rouge devient une obsession, même pour le téléspectateur. Elle se rapproche de Sherlock dans son côté cérébral, mais garde une accessibilité qui en a fait un immense succès international.

    3. Line of Duty (2012 – 2021)

    Line of Duty (6 saisons) se distingue par son réalisme et son intensité. Loin des cadavres exotiques de Meurtres au paradis, elle plonge dans la corruption policière avec des interrogatoires suffocants et des retournements de situation à couper le souffle. Chaque saison suit une affaire différente, mais toutes se rejoignent dans une intrigue globale fascinante. La série ne cesse de s'améliorer au fil des saisons avec des personnages qui se complexifient. 

    C’est l’une des séries les plus tendues de la liste, et elle mérite sa troisième place pour son exigence. Moins accessible qu’un HPI ou un Castle, elle se rapproche de Sur écoute (2002-2008) ou de Broadchurch (2013-2017) par sa volonté de coller au réel. Pour ceux qui aiment les polars sans concession, Line of Duty est une référence incontournable.

    2. Ludwig (2024 – )

    Ludwig (1 saison) est l’outsider le plus étonnant de ce classement. David Mitchell y incarne un créateur de puzzles excentrique qui prend la place de son frère jumeau inspecteur. Avec ses énigmes absurdes, son humour british et son goût pour le décalage, la série renouvelle le genre procédural avec audace.

    Elle n’a pas encore la longévité d’un Monk ou d’un Mentalist, mais son originalité la propulse déjà dans le haut du classement. Comparée à Psych, qui misait sur l’humour pop, Ludwig choisit l’absurde élégant. C’est une série à suivre de près, qui pourrait devenir culte. Les amateurs d’Agatha Christie et de comédies britanniques comme Inside No. 9 (2014-) y trouveront une pépite.

    1. Dr House (2004 – 2012)

    Mettre Dr House (8 saisons) dans cette liste remplie de séries policières peut sembler bizarre, surtout lorsqu'elle est en première position. Mais Dr House n’est pas seulement une série médicale : c’est l’une des meilleures séries procédurales jamais écrites. Hugh Laurie campe un médecin misanthrope qui traite chaque diagnostic comme une enquête policière. Son humour noir et son cynisme mordant ont marqué durablement la télévision. Surtout que la série entière est un clin d'œil à Sherlock Holmes, jusque dans les noms des personnages (House / Holmes, Watson / Wilson) ou l'adresse de House. 

    Elle domine ce classement grâce à son impact colossal et son originalité. Là où Bones s’appuie sur la science et Mentalist sur la psychologie, Dr House mélange les deux en incarnant la quête obsessionnelle de vérité. Elle se rapproche d’Elementary (2012-2019) ou même de Sherlock (2010-2017) par son approche intellectuelle et cynique. Sortie plus récemment, la série Les Dossiers oubliés (2025) reprend ce ton sombre, avec un personnage principal misanthrope et des enquêtes passionnantes. Dr House est une œuvre culte, encore aujourd’hui indépassable dans sa catégorie.

  • Bazinga ! 13 séries à voir si vous avez aimé « The Big Bang Theory »

    Bazinga ! 13 séries à voir si vous avez aimé « The Big Bang Theory »

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Entre humour geek, amitiés improbables et répliques cultes, The Big Bang Theory (2007-2019) a redéfini la sitcom moderne et laissé un vide bien particulier dans le cœur des fans.

    Durant douze saisons, la série a su trouver l’équilibre parfait entre comédie et émotion, entre discussions sur la physique quantique et maladresses sentimentales. Chaque saison nous permettait de voir les personnages évoluer et grandir alors que tous les geeks de la planète s'identifiaient farouchement à cette clique si attachante. Rares sont les séries qui ont réussi à multiplier les références à la pop culture avec autant d'humour et d'efficacité.

    Si vous ressentez un petit manque depuis la fin des aventures de Sheldon, Leonard et Penny, rassurez-vous : il existe d’autres pépites qui perpétuent ce mélange unique d’humour intelligent, de tendresse et de folie douce. JustWatch vous offre une sélection des meilleures séries à découvrir si vous avez aimé TBBT, entre absurdité, gags brillants et personnages qu’on finit par considérer comme des amis.

    Community (2009–2015)

    Community (6 saisons) suit un groupe d'étudiants d'horizons très différents qui se rencontrent dans une université. Dirigée par Dan Harmon, la série joue avec les codes de la pop culture et de la narration, transformant chaque épisode en expérience unique. Entre parodie de films d’action, faux documentaire et comédie absurde, Community a un style reconnaissable entre mille. Joel McHale, Donald Glover et Alison Brie créent un équilibre parfait au croisement du sarcasme et de la tendresse.

    Si The Big Bang Theory se concentre sur l’humour geek dans le quotidien, Community va plus loin dans la méta-fiction et l’autodérision. C’est une série pour celles et ceux qui aiment les références, les délires collectifs et les personnages à la fois dysfonctionnels et brillants. Personnellement, c'est l'une de mes séries préférées. Elle est particulièrement touchante grâce à son écriture et ses personnages variés. Une fois la série terminée, une évidence s’impose : Dan Harmon, également créateur de Rick et Morty, est un génie. Si vous aimez les situations absurdes et le côté loufoque de Sheldon, Community est un passage obligé.

    Silicon Valley (2014–2019)

    Créée par Mike Judge, Silicon Valley (6 saisons) dresse un portrait satirique du monde des start-ups technologiques. La série suit un groupe de programmeurs géniaux mais socialement maladroits tentant de révolutionner Internet. Avec son humour pince-sans-rire et sa critique acérée du capitalisme numérique, c’est un miroir moderne de The Big Bang Theory, mais plus cru et réaliste.

    Là où Sheldon et Leonard explorent les théories scientifiques, Richard Hendricks et son équipe affrontent les absurdités du marché technologique. Silicon Valley plaira à qui apprécie les dialogues brillants, le jargon technique et les situations où la logique dérape. Je n'ai cessé de rigoler devant ce show, tellement l'absurdité y est intelligente. Quand on voit la direction que prennent toutes ces entreprises tech aujourd'hui, la série nous semble encore plus d'actualité. Si vous cherchez un Big Bang Theory version startup, c’est ici que ça se passe.

    New Girl (2011–2018)

    Quand une jeune femme excentrique emménage avec trois colocataires, cela donne New Girl (7 saisons), une comédie chaleureuse et désarmante. Zooey Deschanel est irrésistible dans le rôle de Jess, figure décalée mais terriblement humaine, entourée d’un casting hilarant où chaque personnage apporte une énergie unique. La série se démarque par son humour sincère et ses moments de douceur inattendus ponctués par un humour parfois clownesque drôlement efficace.

    The Big Bang Theory explore les difficultés sociales des geeks, là où New Girl s’attarde sur la maladresse des relations amoureuses et amicales. Les deux partagent cette capacité rare à rendre le quotidien extraordinaire et donnent envie de devenir amis avec les personnages et partager leur vie. C’est le genre de série à voir et revoir. Pour celles et ceux qui aiment les séries feel-good avec un groupe soudé et des dialogues aussi drôles que tendres, c’est une valeur sûre.

    Brooklyn Nine-Nine (2013–2021)

    Brooklyn Nine-Nine (8 saisons) déplace la formule de la sitcom dans un commissariat new-yorkais, où un groupe de policiers atypiques résout des enquêtes aussi absurdes qu’efficaces. Andy Samberg, Terry Crews et Andre Braugher forment un trio de choc, jonglant entre burlesque, émotion et ouverture d'esprit.

    L’esprit d’ensemble et les dynamiques de groupe rappellent The Big Bang Theory, mais avec un rythme plus frénétique et un humour parfois plus absurde. Si vous voulez une série où le rire ne s’arrête jamais tout en développant des personnages profonds, Brooklyn Nine-Nine est un successeur idéal. Mais cette série peut se vanter d'une plus grande profondeur avec certains épisodes particulièrement marquants sur le racisme, l'homophobie et le sexisme. Jake devient le frère qu'on aurait toujours voulu avoir alors que Captain Holt est notre papa à tous et toutes. Et pour les fans de méta-humour, elle partage avec Community cette même volonté de détourner les codes du genre.

    The IT Crowd (2006–2013)

    Série britannique culte, The IT Crowd (5 saisons) suit le quotidien d’une équipe informatique enfermée dans le sous-sol d’une grande entreprise. Entre bugs, sarcasmes et patrons déconnectés, c’est une avalanche de gags absurdes et de dialogues ciselés. Richard Ayoade et Chris O’Dowd excellent dans leur duo d’inadaptés sociaux, tandis que la série explore les mêmes maladresses et obsessions que celles des héros de The Big Bang Theory.

    Plus grinçante et excentrique, The IT Crowd délivre un humour typiquement britannique qui fera mouche chez les fans de Black Books (2000) ou Peep Show (2003). Cet esprit outre-manche, que j’adore, n’est peut-être pas fait pour tout le monde, ce qui rend la série légèrement moins accessible que les autres. Mais si vous avez rigolé devant Shaun of the Dead (2004) ou The Thick of It (2005), vous allez adorer adorer. Car si Sheldon vivait à Londres, il serait probablement coincé dans cette cave avec Moss et Roy à suggérer à tout le monde de brancher et rebrancher leur ordinateur !

    Ghosts : fantômes à la maison (2019–)

    Dans Ghosts (5 saisons), un jeune couple hérite d’un manoir hanté où chaque fantôme a son propre caractère. Mélangeant comédie absurde et tendresse, la série joue sur les décalages entre vivants et morts avec un humour très britannique. Chacun des spectres a son passé, ses manies et ses obsessions, un peu comme les personnages excentriques de The Big Bang Theory.

    Là où la bande de Sheldon se chamaille autour de théories, les revenants de Ghosts se disputent pour savoir qui a le droit de hanter le salon. Si vous aimez les huis clos comiques et les personnages déjantés, cette série est une vraie perle. Et pour une version américaine, Ghosts: fantômes à la maison (2021) conserve le même charme, des gags tout aussi drôles et une histoire toujours si bien écrite. La série a été un tel succès qu’elle a même eu droit à sa version française, même si celle-ci peine à trouver son public faute de réussir à s’adapter à la France et son humour. 

    The Good Place (2016–2020)

    The Good Place (4 saisons) imagine un au-delà où l’on doit mériter sa place au paradis. Portée par Kristen Bell et Ted Danson, la série combine philosophie et humour dans une aventure morale aussi hilarante que touchante. Son concept original et son écriture millimétrée en font une des comédies les plus intelligentes de ces dernières années.

    Si The Big Bang Theory abordait la science, The Good Place s’amuse avec la morale et la métaphysique. Les deux partagent un amour des débats absurdes et une réflexion sur ce que signifie qu’être humain. Je ne peux que vous conseiller de vous laisser porter par la série tellement elle est surprenante. Loin d’être centrée sur la religion - malgré les apparences - elle décortique l’humain avec un humour déconcertant. Pour ceux qui veulent rire tout en philosophant, c’est un bijou incontournable.

    Modern Family (2009–2020)

    Modern Family (11 saisons) dresse le portrait d’une grande famille recomposée, pleine d’amour et de chaos. Sous ses airs de mockumentaire, la série parle de tolérance, d’évolution et de liens intergénérationnels avec une très grande tendresse. Ses dialogues brillants et sa galerie de personnages font d’elle une série intemporelle.

    Là où The Big Bang Theory se concentre sur un cercle d’amis, Modern Family explore le cocon familial sous toutes ses formes. C’est drôle, c’est rafraîchissant, on se sent bien après chaque épisode. Alors si vous voulez retrouver un humour bienveillant et une écriture pleine de cœur, foncez ! De plus, le genre mockumentaire ne pourra que plaire aux fans de The Office (2005-2013) et Parks and Recreation (2009-2015).

    Friends (1994–2004)

    Difficile de ne pas citer Friends (10 saisons), la mère de toutes les sitcoms modernes. Avec ses six personnages iconiques et ses dialogues parfaits, la série a posé les bases de ce que The Big Bang Theory a raffiné vingt ans plus tard. Chaque épisode est un concentré de timing comique, d’affection sincère et de nostalgie new-yorkaise. 

    Plus de 30 ans plus tard, je ne sais toujours pas comment ce groupe d'amis faisait pour payer des loyers new-yorkais en étant serveuse dans un café ou paléontologue, mais je rigole toujours autant devant chaque épisode. Si vous voulez comprendre d’où vient tout l’héritage de la sitcom moderne, c’est ici qu’il faut revenir.

    How I Met Your Mother (2005–2014)

    Ted Mosby raconte à ses enfants comment il a rencontré leur mère, mais le chemin est long, rempli de détours, de romances et de fous rires. How I Met Your Mother (9 saisons) reprend la formule du groupe d’amis urbains, mais y ajoute une narration en puzzle et un ton plus nostalgique. Neil Patrick Harris en Barney Stinson est à lui seul une raison de regarder la série.

    Comme The Big Bang Theory, elle repose sur un équilibre entre humour et émotion. Les deux séries explorent l’amitié comme refuge et terrain de jeu, tout en gardant une dimension sentimentale forte. Dans ces séries, le groupe d'amis est une famille, et les liens partagés y sont très forts, un peu comme dans Friends (1994-2004).

    Superstore (2015–2021)

    Dans un supermarché américain, une équipe de vendeurs gère des clients odieux, des managers incompétents et des situations absurdes. Superstore (6 saisons) mêle critique sociale et humour de bureau dans une ambiance à la fois tendre et anarchique. America Ferrera y campe une employée dévouée face à un Ben Feldman aussi maladroit qu’attachant.

    Pour les fans de The Big Bang Theory, on retrouve ce sens du collectif et des dialogues percutants. L’humour s’y fait plus politique, mais toujours bienveillant. Un parfait équilibre entre satire et comédie de personnages, à la manière de Brooklyn Nine-Nine.

    Rick et Morty (2013–)

    Rick et Morty (8 saisons) est une tornade d’humour noir, de science-fiction et de délires métaphysiques. Créée par Dan Harmon (encore lui) et Justin Roiland, la série d’animation suit les aventures d’un scientifique alcoolique et de son petit-fils à travers les multivers. Brillante, dérangée et très réfléchie, c’est une vision plus extrême et philosophique de la folie scientifique.

    Là où The Big Bang Theory flirte avec la science et la pop culture, Rick et Morty en fait son carburant principal. Si vous voulez une version plus nihiliste et déjantée du génie de Sheldon, vous la trouverez ici. Et pour un humour plus doux, Futurama (1999-) est une excellente alternative.

    Young Sheldon (2017–2024)

    Prequel direct de The Big Bang Theory, Young Sheldon (7 saisons) raconte l’enfance de Sheldon Cooper dans le Texas des années 90. Iain Armitage incarne un jeune prodige aussi agaçant qu’attendrissant, dans une ambiance plus familiale et introspective. On y découvre les racines de sa rigueur scientifique et de ses bizarreries.

    Moins centrée sur le rire, plus sur la tendresse et la compréhension, Young Sheldon prolonge l’univers de la série mère avec justesse. Étant tout de même très différente, la série peut décevoir les fans de la première heure de The Big Bang Theory. Si j’ai apprécié regarder cette série pour mieux comprendre Sheldon, je ne trouve pas un grand intérêt à regarder cette série si l’on n'a pas vu la série mère au préalable.

  • « Bad Boys » : tous les films de la saga dans l’ordre

    « Bad Boys » : tous les films de la saga dans l’ordre

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Explosions, répliques cultes et duo de flics déjantés : depuis 1995, la saga Bad Boys signée Michael Bay (puis Adil El Arbi et Bilall Fallah) a redéfini le buddy movie d’action et s’est imposée comme un rendez-vous incontournable du cinéma grand spectacle.

    Portée par Will Smith et Martin Lawrence, elle marie humour corrosif, amitié sincère et scènes d’action XXL où chaque course-poursuite devient un morceau d’anthologie. Véritable cocktail d’adrénaline et de comédie, la franchise a accompagné plusieurs générations de spectateurs et continue d’incarner ce mélange rare de fun et de fureur.

    JustWatch vous invite à (re)découvrir tous les films Bad Boys dans l’ordre, pour revivre l’évolution de ce duo aussi improbable qu’attachant.

    Bad Boys (1995)

    Premier opus de la saga, Bad Boys (1h59) pose les bases. Mike Lowrey (Will Smith), flic frimeur et séducteur, et Marcus Burnett (Martin Lawrence), père de famille stressé, doivent protéger une témoin menacée tout en enquêtant sur une affaire de trafic de drogue. Le contraste entre leurs personnalités crée une alchimie irrésistible, entre blagues incessantes et coups de feu à répétition. Michael Bay impose déjà son style : caméra nerveuse, explosions spectaculaires et humour décalé.

    Malgré son budget limité, ce premier volet a marqué toute une génération, offrant une alternative fun et colorée aux polars urbains sombres des années 90. Les films buddy cop, c'est du vu et revu, surtout lorsque tout oppose les deux personnages principaux, mais il est vrai qu'ici, ça marche très bien. Et puis il faut avouer que l'on doit la popularité de ce sous-genre à Bad Boys, mais aussi à L’Arme Fatale (1987-1998) ou Rush Hour (1998-2007), dans lesquels on retrouve le même mélange d’action et de complicité comique.

    Bad Boys II (2003)

    Plus grand, plus bruyant, plus explosif et plus long : Bad Boys II (2h27) pousse tous les curseurs à fond. Cette fois, Mike et Marcus affrontent un cartel de la drogue mené par un ennemi impitoyable. Le film enchaîne les poursuites délirantes, notamment une scène mémorable d’autoroute où les voitures volent dans tous les sens, entre explosions, fusillades et semi-remorque qui défonce tout sur son passage. C’est l’essence du cinéma d’action décomplexé des années 2000.

    Certains reprochent au film sa durée excessive à une époque où ce n'était pas la norme, et son côté « too much ». Mais pour les fans, c’est justement ce qui en fait un plaisir coupable irrésistible. Si Bad Boys premier du nom était une promesse, ce deuxième épisode est un feu d’artifice assumé. J'avais déjà sorti les popcorns pour regarder le premier opus, mais celui-ci est encore plus divertissant et nous en met plein les yeux. Ce n'est pas du grand cinéma, mais ce qu'on attend de Michael Bay est plutôt du grand divertissement. Ses exagérations assumées et l'alchimie entre Will Smith et Martin Lawrence en font le film que j'ai préféré de la saga. En plein dans les années 2000, un autre film faisant parler de lui pour ses courses poursuites et son côté too much, c'était Fast & Furious (2001). Immanquable si vous recherchez des cascades insensées.

    Bad Boys for Life (2020)

    Après 17 ans d’absence, Will Smith et Martin Lawrence reviennent avec Bad Boys for Life (2h04). Plus mûrs, leurs personnages affrontent cette fois un groupe de mercenaires albanais animés par un désir de vengeance. Et le poids des années. L’action est toujours là, mais le film prend aussi le temps de développer un nouvel angle, entre bilan de vie et peur de vieillir. 

    Réalisé par Adil El Arbi et Bilall Fallah, ce troisième opus modernise la franchise sans trop prendre de risque. Malgré quelques petits changements qui restent bienvenus, la saga peine à se renouveler vraiment. On y retrouve tout de même le fun des débuts et des bonnes scènes d’action. Pour les nostalgiques des films de cette époque, le même constat peut être fait du Flic de Beverly Hills : Axel F. (2024). Sans être dans le grand cinéma, ces films ont le mérite de divertir.

    Bad Boys Ride or Die (2024)

    Dernier volet en date, Bad Boys: Ride or Die (1h55) montre Mike et Marcus confrontés à une affaire qui va mettre leur loyauté à rude épreuve. Entre trahisons, révélations et fusillades dantesques, ce quatrième film prouve que le duo a encore beaucoup d’énergie à revendre. Les scènes d’action sont plus spectaculaires que jamais, mais toujours portées par la complicité irrésistible de ses deux héros. C’est bien grâce à ce duo désormais devenu culte que la franchise tient toujours debout. On rigole, on regarde le film avec plaisir, et on passe à autre chose. 

    Plus condensé et plus rythmé que Bad Boys 3, ce nouveau chapitre prouve que la franchise peut encore rivaliser avec les films d'action comme Fast & Furious : Hobbs & Shaw (2019) ou Agents presque secrets (2016), qui partagent cette touche d’humour et un style old-school. Pour les fans d’action généreuse et de buddy movies survitaminés, qui ont envie de passer un bon moment, c’est une conclusion (provisoire ?) idéale.

  • « Arcane » : 10 séries à regarder si vous avez aimé la claque Netflix

    « Arcane » : 10 séries à regarder si vous avez aimé la claque Netflix

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Avec sa saison 2, Arcane (2021) a confirmé son statut de phénomène de l’animation. Adaptée de l’univers du jeu vidéo League of Legends, la série Netflix a su dépasser la simple adaptation pour devenir une œuvre à part entière, aux visuels époustouflants.

    Arcane mélange parfaitement science-fiction, magie et drame, tout en transformant affrontements et scènes d'action en véritables chorégraphies animées. Ce qui m'a frappé, ce sont aussi ses personnages : ils sont si complexes, si imparfaits, qu’ils sont tous et toutes capables du meilleur comme du pire. C’est là que réside la magie du programme : réussir à rendre un univers de fantasy si réaliste qu’on finit par s’attacher aux personnages, aux lieux et à l’histoire. Mais Arcane, c’est aussi de la politique avec Piltover et Zaun qui s’affrontent dans une lutte de pouvoir, d’opprimés contre oppresseurs. 

    Si vous avez vibré devant l’intensité d’Arcane, il existe d’autres séries qui peuvent prolonger cette expérience. Certaines partagent la noirceur et la beauté des univers dystopiques, d’autres explorent l’héroïsme, les dilemmes moraux ou les mondes inspirés des jeux vidéo. JustWatch vous dévoile une sélection incontournable.

    Blue Eye Samurai (2023–)

    Blue Eye Samurai (2023-) suit l’histoire de Mizu, une guerrière métisse dans le Japon du XVIIᵉ siècle, rejetée par la société et animée par un désir de vengeance. La série m'a impressionnée par son animation aussi fluide que dynamique, qui sublime aussi bien les duels sanglants que les paysages somptueux. Comme Arcane, elle allie une esthétique travaillée à une histoire de lutte identitaire et de quête de justice. Le contraste entre la beauté des décors, des dessins et des costumes, et la violence particulièrement brutale est saisissante.

    Si Arcane oppose Piltover et Zaun, Blue Eye Samurai oppose un individu à une société oppressive. Les deux se retrouvent dans leur intensité et leur univers visuel fabuleux. Dans la place laissée aux personnages féminins, aussi, qui ont une place centrale, loin du cliché du personnage qui doit être sauvé. Bien au contraire, même. Dans les deux séries, c’est une femme qui porte l’histoire sur ses épaules, qui protège, et qui se suffit à elle-même. Blue Eye Samurai est une série animée à ne pas manquer pour les spectateurs fascinés par les récits de vengeance comme Kill Bill (2023) ou par les anime adultes à la Samurai Champloo (2004).

    Cyberpunk: Edgerunners (2022)

    Cyberpunk: Edgerunners plonge dans Night City, mégalopole futuriste rongée par la violence et la corruption. On y suit David, un adolescent qui bascule dans l’univers des mercenaires après un drame personnel. La série, portée par le style nerveux du studio Trigger (Kill la Kill, Darling in the Franxx), combine action brutale et émotion déchirante. Comme Arcane, Edgerunners a su séduire même ceux qui ne connaissaient pas le jeu vidéo dont elle est tirée. Les deux séries partagent un sens du tragique et une intensité visuelle qui marquent durablement.

    En tant que joueur, j'ai retrouvé toute la complexité de Night City, son melting pot et ses enjeux politiques, mais j'ai été très agréablement surpris par les choix graphiques. On s'éloigne donc de la 3D plutôt réaliste du jeu, et on saute à pieds joints dans l'anime aussi beau que chaotique, à la foi sombre et fluo. On peut aisément le rapprocher de classiques comme Akira (1988) ou Ghost in the Shell (1995), mais aussi d’Invincible pour sa manière d’associer ultraviolence et drame personnel. Bien sûr, des anime comme Gurren Lagann (2007) ou Akudama Drive (2020) sont incontournables si vous ressentez une petite nostalgie à la fin d’Edgerunners. 

    La Légende de Vox Machina (2022–)

    Inspirée de Critical Role (une websérie elle-même basée sur le jeu de rôle Donjons et Dragons), La Légende de Vox Machina (2022-) suit une bande de mercenaires déjantés dans un monde de fantasy. Là où Arcane mêle drame et noirceur, Vox Machina assume un ton plus léger, avec humour et irrévérence, mais reste tout aussi violente et surprenante. Pourtant, derrière ses blagues, la série brille par son écriture, ses plots twists, et son sens de l'aventure. 

    Les deux œuvres partagent une énergie chaotique, où chaque personnage a une voix forte et une place dans l’équipe. Ce sentiment de camaraderie que l’on ressent en regardant la série est précieux car il nous permet de nous sentir vraiment impliqués dans la quête de chaque personnage. Évidemment, si vous aimez les jeux de rôles ou des jeux vidéo comme World of Warcraft, La Légende de Vox Machina est incontournable ! Je ne peux donc que recommander le film Donjons & Dragons : L’honneur des voleurs (2023) pour son humour, mais aussi la série animée Castlevania (2017-2021) pour ses combats.

    Invincible (2021–)

    Invincible (2021-) suit Mark Grayson, un adolescent qui découvre ses super-pouvoirs et l’héritage terrifiant de son père, Omni-Man. L’animation colorée contraste volontairement avec une immense violence graphique. Après avoir vu la première saison, on ne peut que développer une forme d’addiction pour cette série tant elle est surprenante. 

    Comme Arcane, Invincible surprend par sa noirceur inattendue et son goût pour les dilemmes moraux. Elle questionne ce que signifie être un héros et jusqu’où il faut aller pour protéger ou détruire. Les fans d’Arcane retrouveront cette capacité à faire cohabiter l’émotion et le choc. Puisqu’Invincible est signé Robert Kirkman, je ne peux que recommander son autre bébé connu mondialement : The Walking Dead (2010-2022). Ce serait aussi dommage de ne pas voir The Boys (2019-) tant les deux séries se ressemblent pour leur cynisme et leurs questionnements.

    Love, Death & Robots (2019–)

    Cette anthologie d’animation propose des épisodes indépendants explorant science-fiction, horreur et fantastique. Chaque court-métrage offre une esthétique et une idée unique, allant du cyberpunk au post-apocalyptique.

    Si Arcane t’a séduit par son audace visuelle, Love, Death & Robots (2019-) est une véritable galerie d’expérimentations. Certaines histoires rappellent la noirceur d’Edgerunners, d’autres la poésie mélancolique d’Arcane, même si tous les épisodes ne se valent pas. Pour les amateurs d’animation adulte qui aiment être surpris à chaque épisode, c’est un incontournable, proche d’Animatrix (2003) ou de Black Mirror (2011-) en version animée.

    Pantheon (2022–2023)

    Pantheon (2022-2023) raconte l’histoire de Maddie, une adolescente qui découvre que son père a été transformé en conscience numérique. Ici, nous sommes dans un registre bien différent d’Arcane, même si nous sommes toujours sur une série animée. Mais Pantheon est une réflexion sur les limites de la technologie, explorant ce que signifie « être humain » quand la mort n’est plus une frontière. Etonnement, il y a aussi quelques combats et des références à la pop culture. 

    Si Arcane traite de pouvoir et de conflits sociaux, Pantheon s’intéresse à l’identité et à la mémoire. Les deux partagent une profondeur rarement vue dans l’animation. Une profondeur qu’on retrouve dans une série comme Severance (2022-) pour sa réflexion sur la conscience et la technologie.

    Castlevania (2017–2021)

    Basée sur le jeu culte, Castlevania suit Trevor Belmont, un chasseur de vampires opposé à Dracula et ses armées. L’animation est sombre, violente et magnifiquement chorégraphiée, avec une ambiance gothique qui rappelle la noirceur d’Arcane.

    Les deux séries partagent un sens du tragique, des personnages torturés et une esthétique forte. Si Arcane vous a séduit par ses combats, vous retrouverez la même intensité ici, un peu comme dans Berserk (1997-1998) ou Devilman Crybaby (2018) pour son ton mature et sa violence exacerbée.

    Dota: Dragon’s Blood (2021–2022)

    Nous voilà avec une nouvelle série inspirée d’un jeu vidéo. Cette fois-ci il s’agit du mythique Dota. Dragon’s Blood (2021-2022) suit Davion, un chevalier dragon mêlé à une guerre entre dieux et créatures mythiques. Avec ses combats dynamiques et son univers magique, l’anime partage l’énergie d’Arcane et son goût pour les destins contrariés.

    Si Arcane a réussi à séduire au-delà des fans de League of Legends, Dota tente la même chose. La série plaira à celles et ceux qui aiment les grandes fresques de fantasy animées comme Shadow and Bone (2021-2023) et The Witcher (2019-2025).  

    Scott Pilgrim prend son envol (2023)

    Cette adaptation animée du comic culte revisite l’histoire de Scott Pilgrim et de ses combats contre les ex maléfiques de Ramona. Avec son style rétro et son humour méta, elle dynamite les codes de la pop culture et des jeux vidéo. 

    Bien moins sombre que Arcane, mais tout aussi inventive, cette série joue sur la nostalgie et l’énergie punk. Ayant aimé la créativité visuelle d’Arcane, j’ai trouvé que Scott Pilgrim prend son envol (2023) était un prolongement fun et rafraîchissant, qui permet de reprendre son souffle entre toutes ces séries remplies de noirceur. On peut aussi le rapprocher de Spider-Man: New Generation (2018) pour son style visuel explosif.

    Fullmetal Alchemist: Brotherhood (2009–2010)

    Fullmetal Alchemist: Brotherhood (2009-2010) suit Edward et Alphonse Elric, deux frères qui, après avoir tenté une transmutation interdite, paient un prix terrible et se lancent dans une quête pour retrouver leurs corps. L’anime est l’un des meilleurs que j’ai pu voir, et probablement celui qui m’a le plus touché. Chaque arc narratif est écrit avec finesse et émotion, tandis que l’alchimie est un prétexte pour questionner notre humanité dans ce qu’il y a de plus sombre, de triste et de joyeux. La série mêle réflexions philosophiques et intrigues politiques dans un monde où science et magie se confondent. Comme Arcane, elle brille par ses personnages nuancés et son mélange de spectacle visuel et d’émotion.

    Les deux œuvres partagent aussi une même noirceur dans leur approche de la tragédie et de la destinée. Pour les amateurs de récits bouleversants et magnifiquement écrits, c’est un incontournable. Si on aime Fullmetal Alchemist on ne peut qu’aimer L’Attaque des Titans (2013-2023), mais aussi un anime comme Hunter x Hunter (2011-2014) qui nous fait voyager et vivre une grande palette d’émotions. 

  • C’est la première star IA : 5 films qui nous ont préparés à Tilly Norwood

    C’est la première star IA : 5 films qui nous ont préparés à Tilly Norwood

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « Nous voulons faire de Tilly la nouvelle Scarlett Johansson ou la nouvelle Natalie Portman ». La présentation de Tilly Norwood, actrice intégralement virtuelle générée par le studio Xicoia / Particle6, fait beaucoup de bruit dans le monde du cinéma. Les professionnels s'inquiètent (logiquement) face à cette nouvelle incursion de l’IA dans les métiers artistiques, déjà en quête d’un agent pour la représenter.

    Sa créatrice Eline Van der Velden - elle-même… scénariste et comédienne ! - tente de calmer la fronde et de rassurer. En parlant simplement d’un « nouvel outil » susceptible d’offrir « une autre manière d'imaginer et de créer des histoires » et qui « ne pourra jamais remplacer l'art et la magie de la performance humaine » (Variety). Elle pense toutefois que les spectateurs sont déjà prêts à accepter des idoles virtuelles : « Le public ? Il se soucie de l'histoire, pas de savoir si la star est en vie. »

    Depuis quelques jours, actrices, acteurs et syndicats (SAG-AFTRA à Hollywood, Equity au Royaume-Uni) manifestent avec de plus en plus de bruit leur désaccord et leurs inquiétudes face à cette innovation. Ils dénoncent non seulement le risque de remplacement et de précarisation des comédien.nes dans le futur, mais aussi l’absence de transparence (et de rémunération) sur les sources humaines ayant nourri cette création.

    « Ce personnage n'a aucune expérience de vie, aucune émotion, et d'après ce que nous avons constaté, le public n'est pas intéressé par des contenus générés par ordinateur, déconnectés de l'expérience humaine », explique la SAG-AFTRA dans un communiqué. « Cela ne résout aucun problème ; au contraire, cela crée le problème de l'utilisation illégale des performances d'acteurs pour les priver de travail, menaçant ainsi leurs moyens de subsistance et dévalorisant le talent artistique humain. »

    Ce débat majeur risque d’alimenter les discussions dans les semaines et mois à venir, alors que les outils IA (de création graphique et vidéo notamment) se développent et s’améliorent à vitesse exponentielle. Et comme souvent dans la science-fiction, le cinéma nous avait déjà sensibilisé à la question. La preuve avec cinq œuvres visionnaires retenues par JustWatch, qui ont un écho bien différent aujourd’hui.

    Final Fantasy : les créatures de l'esprit (2001)

    En 2001, les studios Square Pictures dévoilent Final Fantasy : les créatures de l’esprit. Sous la houlette de Hironobu Sakaguchi, créateur de la franchise culte de jeux vidéo, le long métrage nous entraîne en 2065 sur une Terre envahie de créatures fantomatiques que la scientifique Aki Ross tente d'éradiquer, aidée d’une escouade de soldats. A sa sortie, le film divise. Les fans de la saga n’y retrouvent pas l’univers magique et les monstres qu’ils apprécient, l’histoire optant pour une science-fiction plus classique. Les amateurs d’animation, eux, n’adhèrent pas à la prestation froide des interprètes en pixels. On découvre néanmoins un spectacle inédit (c’est la toute première production animée photo-réaliste de l’histoire), à rapprocher dans sa démarche de Beowulf (2007) ou des animé Starship Troopers (2017) et Resident Evil (2008), et dans son univers deAppleseed (2004) ou Oblivion (2013).

    Mais pourquoi faire figurer Les Créatures de l’esprit dans cette liste ? Tout simplement parce que l’idée initiale, au-delà du récit en lui-même, était d’introniser Aki Ross (doublée par Ming-Na Wen) comme la première star virtuelle. Pour la promotion du film, elle « pose » d’ailleurs en bikini en page centrale de magazines masculins ! Et dans la foulée, ses créateurs l’imaginent comme la vedette récurrente des productions du studio, au-delà du cadre de la franchise Final Fantasy. La sensation de « uncanny valley » (ou « vallée de l'étrange ») provoquée par ces protagonistes pas tout à fait humains, ainsi que l’énorme échec du long métrage au box-office - qui mènera d’ailleurs à la fermeture de Square Pictures - mettront un terme à cette ambition. Mais dès 2001, on y pensait déjà.

    S1m0ne (2002)

    L’année suivante, le visionnaire Andrew Niccol, réalisateur-scénariste de Bienvenue à Gattaca (1997) et scénariste de Truman Show (1998), dévoile S1m0ne (2002). Si le film est moins bien reçu que ces deux précédentes claques, il a le mérite d’adresser avec vingt ans d'avance le dilemme généré par la création de Tilly Norwood. On y suit un réalisateur en  difficulté (Al Pacino), planté par son actrice principale en plein tournage, qui trouve LA solution à son problème dans un logiciel de pointe : créer en secret une comédienne virtuelle. Seulement, il n’avait pas prévu que Simone deviendrait une star planétaire…

    A la fois léger et cynique, le long métrage est avant tout une fable grinçante sur Hollywood et le star-system. Tel un Dr. Frankenstein 2.0, notre cinéaste voit sa créature lui échapper, au point de s’entendre répondre, alors qu’il hurle qu’il a fait Simone… que c’est Simone qui l’a fait. Très en avance sur son temps, S1m0ne a été un film précurseur pour Her (2013) ou Ex Machina (2015). Il peut cependant diviser car écartelé entre plusieurs genres : la comédie quand Al Pacino cherche à dissimuler son énorme supercherie, la satire du microcosme hollywoodien, la science-fiction tirant le fil de Programmé pour tuer (1995)… Il est cependant à voir pour cet aspect visionnaire. Et personnellement, alors que j’ai interviewé Rachel « Simone » Roberts au Festival de Deauville à mes débuts de journaliste cinéma, c’est très étrange de voir un tel postulat devenir réalité avec Tilly Norwood.

    Le Congrès (2013)

    En 2008, le monde de l'animation reçoit de plein fouet la claque Valse avec Bachir, introspection cauchemardesque au cœur de la mémoire et de la Guerre du Liban. Son réalisateur Ari Folman revient cinq ans plus tard avec Le Congrès (2013), adapté du roman de Stanislaw Lem. Il est aussi question ici de création virtuelle alors qu’une actrice accepte que son image, sa voix et ses émotions soient scannées et utilisées par un grand studio pendant vingt ans en échange d’un juteux contrat. En signant, elle consent à ne plus jamais exercer son métier et à disparaître, avant de revenir comme invitée d’honneur d’un congrès technologique célébrant l’avènement d’un monde virtuel…

    La grande force du long métrage, c’est son mélange entre animation et prises de vues réelles, où Robin Wright joue son propre rôle. Comme une mise en abîme d’un système avide de prolonger ad vitam l’existence de ses icônes. L’acteur cesse alors d’être un être humain pour devenir un personnage utilisable à loisir. Un postulat pas si éloigné de cas récents, comme la résurrection de Peter Cushing dans Rogue One (2016) ou le contrat signé par James Earl Jones avant sa mort pour que sa voix continue à incarner Dark Vador dans l’univers Star Wars. Au-delà du fond, qui aborde la perte d’identité, la marchandisation de soi et le rapport au virtuel, le résultat, très différent de Valse avec Bachir, peut surprendre avec deux approches visuelles très distinctes et une animation onirique, métaphorique et surréaliste (voire chaotique), dans la même veine que A Scanner Darkly (2006) ou Paprika (2006).

    Belle (2021)

    « Bienvenue dans le monde de U… » Dans cet univers virtuel aux possibilités infinies, chacun.e peut être qui il/elle veut. Suzu, une adolescente complexée et marquée par la disparition de sa mère, y prend les traits de Belle, propulsée grâce à ses chansons en icône musicale aux 5 milliards de followers. Si cette gloire soudaine bouleverse sa vie, l’obligeant à mener de front deux existences totalement opposées entre monde réel et monde digital, sa rencontre avec un mystérieux avatar surnommé La Bête va l’entraîner dans une relation inattendue.

    Nouveau bijou animé de Mamoru Hosoda (La Traversée du temps, Les Enfants Loups), le film est évidemment une variation musicale et interconnectée de La Belle et la Bête qui revisite certains éléments incontournables du conte (le château abandonné, la danse dans la salle de bal…). Au-delà de ça, Belle interroge la notion d’idole virtuelle, puisque même si Suzu la dirige en coulisses, son avatar est la vedette incontournable de U au point d’avoir presque une existence propre aux yeux de ses fans. Avec l’adoration et les dérives que cela peut entraîner dans la « vraie vie ». Le résultat rappelle notamment l’univers de Summer Wars (2009) ou Ready Player One (2018) et le sujet des anime Idol Memories (2016) et Miss Monochrome (2013-)... avec une pointe du phénomène K-Pop Demon Hunters (2025) pour les scènes musicales (chantées par Louane en VF).

    Black Mirror : Hôtel Rêverie (2025)

    Oui, je sais. Hôtel Rêverie n’est pas à proprement parler un film, mais le troisième épisode de la saison 7 de Black Mirror (2011-) lancée en avril 2025 sur Netflix. Mais je le vois personnellement comme un « mini-film », comme tous les segments génialement glaçants qui composent cette anthologie d’ailleurs, qui interroge notre rapport aux nouvelles technologies. Pour le dire autrement, cette série est un peu comme une version 3.0 de La Quatrième Dimension (1959-1964) dont chaque chapitre ouvrait notre imaginaire, tel un recueil de nouvelles cinématographiques.

    Dans Hôtel Rêverie, on accompagne une comédienne (Issa Rae) dans une simulation virtuelle censée recréer l’univers d’un classique du 7e Art des années 40 en donnant une existence propre aux personnages, afin d’en faire un remake high tech. Suite à un incident informatique, elle va découvrir que sa partenaire (Emma Corrin) a désormais une conscience qui lui est propre, au point de sortir du scénario et d’entamer une relation amoureuse avec elle. Là encore, la frontière entre réel et simulation se floute, comme l’avait fait le méconnu mais passionnant Passé Virtuel (1999) ou la série Westworld (2016-2022). Côté esthétique, les cinéphiles apprécieront l’hommage à l’esthétique rétro de Casablanca (1943) et Brève Rencontre (1945). 

  • Conjuring, Annabelle, La Nonne… : la saga d’horreur dans le bon ordre !

    Conjuring, Annabelle, La Nonne… : la saga d’horreur dans le bon ordre !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Les super-héros gravitent dans le Marvel Cinematic Universe, le DC Universe ou le Sony-Verse. Godzilla et Kong dominent leur MonsterVerse. Les amateurs de Karaté Kid et Cobra Kai montent sur les tatamis du Miyagi-verse. Et côté horreur, parallèlement aux classiques des Universal Monsters et aux nanars du Poohniverse, les fans de paranormal peuvent plonger dans les arcanes maléfiques du Conjuring Universe.

    A l’origine de cette lucrative franchise de dix films (plus de 2,7 milliards de dollars de recettes dans le monde à l’heure où j’écris ces lignes), il y a les enquêtes du couple Warren, spécialistes de l’occulte confrontés à des affaires terrifiantes. Leurs travaux ont ainsi permis aux producteurs de la saga de développer au fil des années des prequels et spin-off revenant aux origines de certaines entités. Avec, pour chaque chapitre, un tournage béni par un prêtre (!). On peut donc regarder cette décalogie dans l’ordre de sortie des longs métrages :

    • Conjuring : les dossiers Warren (2013)
    • Annabelle (2014)
    • Conjuring 2 : le cas Enfield (2016)
    • Annabelle 2 : la Création du Mal (2017)
    • La Nonne (2018)
    • La Malédiction de la Dame Blanche (2019)
    • Annabelle : la maison du Mal (2019)
    • Conjuring : sous l’emprise du Diable (2021)
    • La Nonne : la Malédiction de Sainte Lucie (2023)
    • Conjuring : l’heure du jugement (2025)

    Mais on peut aussi préférer un visionnage selon le déroulement chronologique de la franchise, que je recommanderais -malgré, parfois, quelques incohérences ou changements de comédiens- pour bien appréhender la manière dont cet univers maléfique s’organise autour des Warren. Suivez le guide JustWatch… si vous osez !

    NB : les films La Nonne / La Monja (2005) et La Malédiction de la Nonne (2018) ne font PAS partie de la franchise Conjuring, ne vous trompez pas !

    La Nonne - se déroule en 1952

    Nous sommes en 1952. Envoyés par l’Eglise pour enquêter sur le suicide d’une religieuse dans une abbaye roumaine, un prêtre au passé trouble et une jeune novice vont être confrontés à une entité démoniaque qui hante les lieux sous l’apparence d’une ténébreuse Nonne (2018). Quand le film sort, il s’inscrit comme le cinquième volet de la franchise : pourtant, en dévoilant l’origine du démon Valak, il pose les premiers éléments de l’univers en se raccrochant à Conjuring (2013) et Conjuring 2 (2018). L’horreur est ici plus atmosphérique que graphique, avec une ambiance poisseuse qui investit les murs d’un édifice religieux antique, entre vieilles pierres, couloirs poussiéreux et souterrains inquiétants. Un peu comme si le cadre du Nom de la Rose (1986) accueillait L’Exorciste la suite (1990) ou Le Prince des Ténèbres (1987).

    Révélé par Le Sanctuaire (2015), le réalisateur Corin Hardy met son savoir-faire au service d’une ambiance gothique inspirée des films de la Hammer, où s’illustre notamment Taissa Farmiga, la petite sœur de Vera Farmiga (qui interprète Lorraine Warren dans les Conjuring). Son allure innocente contraste parfaitement avec l’aura démoniaque dégagée par Bonnie Aarons sous le maquillage de la nonne, créature qui impose instantanément son iconographie au panthéon horrifique. On regrette juste un récit un peu simpliste et une surenchère de jump-scares pas toujours utiles, mais la sensation malaisante est bien là, avec des moments de vraie tension (le Père Burke enterré vivant, les prières conjointes pour éloigner le Mal…).

    Annabelle 2 : la Création du Mal - se déroule en 1955

    Trois ans plus tard, en 1955, la franchise Conjuring nous entraîne sous le soleil californien avec Annabelle 2 : la Création du Mal (2017), qui aurait pu tout aussi bien s’intituler Annabelle 0. En effet, il s’agit d’un prequel d’Annabelle (2014), lui-même prequel de Conjuring (2013). Vous suivez ? Ou comment un redoutable démon va prendre possession d’une jeune femme au sein de la maison d’un fabricant de poupées qui accueille des orphelines après la mort de sa fille Annabelle. Comme La Nonne (2018), le film mise sur une approche old-school qui privilégie l’ambiance et la montée en tension, avec quelques moments chocs.

    Le réalisateur David F. Sandberg cite volontiers La Maison du diable (1963) et Shining (1980) comme inspirations principales pour l’atmosphère et la musique du long métrage. Plébiscité pour son premier film Dans le noir (2016), il démontre une nouvelle fois son talent pour jouer avec les ombres et utiliser l’espace d’un huis clos, entre pièces interdites et placards qu’il ne vaut mieux pas ouvrir. Les aficionados de L'Orphelinat (2007) devraient apprécier cette relecture du film de maison hantée où l’approche visuelle est soignée et au service du malaise. Avec une connexion très bien vue avec la saga à la toute fin. 

    La Nonne : La Malédiction de Sainte Lucie - se déroule en 1956

    Fort du succès de La Nonne (2018), une suite est mise en chantier pour poursuivre la construction de l’histoire de l’entité démoniaque Valak. La Nonne : La Malédiction de Sainte Lucie (2023) se déroule quatre ans plus tard, en 1956, et voit Sœur Irène (Taissa Farmiga), désormais plus aguerrie, se rendre dans le sud de la France pour enquêter sur plusieurs décès attribués à l’entité démoniaque. Elle y retrouve Maurice (Jonas Bloquet), déjà présent dans le premier film et rattaché lui aussi aux époux Warren, et va devoir retrouver une relique disparue pour triompher dans son combat contre le Mal…

    Comme dans les deux précédents opus, l’esthétique est volontairement rétro et l’approche visuelle verse dans l’iconographie gothique pour faire monter la peur crescendo. Avec, comme un écho aux deux premières histoires de la chronologie, un combo « huis clos dans un cloître + religieuses + jeunes orphelines ». C’est peut-être là la limite du film, qui tourne un peu à la recette et qu’on regarde surtout pour compléter la mythologie et pour les apparitions de la Nonne. A ce titre, la scène du kiosque à journaux est extrêmement réussie. Mais en tant que fan de Conjuring, on sera un peu partagé devant le résultat, qui fait plus épisode de remplissage qu’autre chose, avec certains effets vraiment grand guignol qui versent plus dans L’Exorciste du Vatican (2023) que dans ce qui fait le sel de la franchise.     

    Annabelle - se déroule en 1967

    Annabelle (2014) reprend exactement là où se conclut Annabelle 2 : la Création du Mal (2017). En l'occurrence en 1967, alors que la poupée maléfique réapparaît chez un jeune couple (Annabelle Wallis et Ward Horton) qui attend son premier enfant. Les phénomènes paranormaux se multiplient autour du bébé, mais est-ce vraiment cette âme pure que le démon convoite ? Un prêtre proche des époux Warren (Tony Amendola) et une libraire attentionnée (Alfre Woodard) vont tout faire pour les aider à affronter l’entité démoniaque.

    Une belle ambiance 60’s traverse le film de John R. Leonetti, qui a œuvré comme directeur de la photographie de Conjuring (2013) et Insidious 2 (2013). Il navigue donc en territoire connu et maîtrisé et sa mise en scène est efficace, avec une ambiance à la Ouija (2014) et The Boy (2016) et un environnement résidentiel en huis clos rappelant notamment Rosemary’s Baby (1968) et The Grudge (2004). Mais on a le sentiment que le récit est un peu bâclé, produit à la hâte pour surfer sur le succès de Conjuring et la forte impression laissée par la poupée en ouverture du long métrage. Le final de Annabelle amène d’ailleurs à ce prologue…

    Conjuring : Les dossiers Warren - se déroule en 1968 & 1971

    S’il n’y avait qu’un seul film à voir au sein de la franchise, ce serait assurément Conjuring : les dossiers Warren (2013). C’est le tout premier à être sorti, et le cinquième dans la chronologie de l’histoire. On y fait la connaissance de Ed et Lorraine Warren (Patrick Wilson et Vera Farmiga), deux démonologues spécialisés dans les enquêtes occultes, les possessions et la chasse aux artefacts maudits. Après un prologue vraiment flippant situé en 1968 (mettant en scène, vous l’avez compris, cette chère Annabelle et son redoutable « Miss Me ? »), on les retrouve en 1971 alors qu’ils viennent en aide à la famille Perron : leur ferme, située à Harrisville dans le Rhode Island, semble en effet abriter une présence néfaste qui se manifeste à 03h07 et attaque le couple et ses filles…

    La grande réussite du long métrage, c’est de prendre son sujet au sérieux. L’interprétation est juste, la mise en scène est élégante et l’ambiance est terrifiante. Le jeu du « clap clap » dans la cave, l’entité sur l’armoire, la boîte à musique, la porte qui se referme dévoilant un coin sombre où l’on devine le Mal absolu… On est dans la terreur pure, celle qui remonte le long de l’échine et fait se dresser les poils sur les bras. Comme si le réalisateur James Wan, déjà adoubé dans le genre avec Saw (2004) et Insidious (2010), savait parfaitement comment tisser ET tirer les fils de la peur (j’ai personnellement eu du mal à dormir pendant quelques jours). Il est aidé en cela par l’histoire même des Warren, dont la caution « d’après de véritables enquêtes » a grandement décuplé le potentiel de trouille du film. Pour le dire autrement, Conjuring est L’Exorciste (1973) ou le Amityville (1979) des années 2010. Tout simplement.

    Annabelle : La Maison du Mal - se déroule en 1968 & 1969

    Si on devait replacer précisément Annabelle : La Maison du Mal (2019) au sein de la chronologie, il faudrait l’intégrer juste après le prologue de Conjuring (2013). En effet, ce troisième film dédié à la poupée maléfique s’ouvre en 1968 alors que les Warren la récupèrent auprès des deux infirmières victimes de ses méfaits… avant de se poursuivre un an plus tard, en 1969. Oui, le Conjuring Universe est décidément complexe ! C’est donc un épisode qui vient « s’insérer » dans la continuité de l’histoire, avec Ed et Lorraine comme personnages secondaires.

    Pièce maîtresse du musée de l’occulte construit par les Warren (une véritable collection de plusieurs objets maudits ou hantés exposés à Monroe dans le Connecticut), Annabelle va ici faire vivre un week-end de cauchemar à la fille du couple (Mckenna Grace) et ses babysitters, alors qu’elle réveille plusieurs entités prisonnières d’une pièce fermée à clé qu’il ne fallait évidemment surtout pas ouvrir. C’est ainsi qu’une mariée sanglante, un passeur macabre, un chien de l’enfer, un jeu de société possédé ou une télévision étrange vont s’animer dans la maison. Plus familial que les autres films, Annabelle 3 a des allures de Chair de poule (2015) avec un bestiaire qui terrorise des adolescents. C’est à regarder comme on va au train fantôme, mais pas comme un chapitre essentiel. A noter que le film est dédié à Lorraine Warren, décédée peu avant sa sortie le 18 avril 2019.

    La Malédiction de la Dame Blanche - se déroule en 1973

    Chapitre non-officiel de la franchise, La Malédiction de la Dame Blanche (2019) y est pourtant rattaché par la présence au générique de Tony Amendola, qui campait déjà le Père Perez dans Annabelle (2014). Une poupée qu’il évoque frontalement alors qu’il vient en aide à une mère de famille en 1973, cible d’une entité maléfique baptisée La Llorona. Figure iconique du folklore latino-américain (et sans aucun rapport avec la « Dame Blanche » qui apparaîtrait le long des petites routes françaises), cette entité prend l’apparence d’une femme éplorée après avoir noyé ses propres enfants, et qui apporte le malheur à quiconque l’aperçoit. Attention : ne pas confondre ce film avec La Llorona (2019).

    Ici, La Llorona prend pour cible les enfants de Linda Cardellini (la Velma de Scooby-Doo, 2002). L’occasion pour le réalisateur Michael Chaves, révélé par le court horrifique The Maiden (2016), de signer son tout premier long métrage au sein de l’univers, lui qui officiera par la suite sur trois autres films (La Nonne 2 et les deux derniers Conjuring en date). Assez oubliable, le film a le mérite d’élargir les frontières de la mythologie au-delà des Warren, comme l’avaient fait The Marked Ones (2014), Ghost Dimension (2015) et Next of Kin (2021) pour Paranormal Activity. Et de faire découvrir des croyances latines, comme Mama (2013)... ou Coco (2017) et Encanto (2021) dans un genre bien différent.

    Conjuring 2 : le cas Enfield - se déroule entre 1977 & 1979

    Après un prologue en 1976 dans l’iconique maison hantée d'Amityville -une affaire qui mit en lumière le travail des Warren à l'(époque- Conjuring 2 : le cas Enfield (2016) bondit entre 1977 et 1979, alors que le couple part en Angleterre pour enquêter sur une affaire de poltergeist qui se manifeste dans la banlieue de Londres. Canular orchestré par une petite fille (formidable Madison Wolfe) et sa famille en quête de médiatisation ou véritables phénomènes ? Ed et Lorraine vont tenter d’y voir clair face à des manifestations qui défient le rationnel, et notamment une nonne démoniaque (vous l’avez reconnue ?) qui hante la médium…

    L’affaire Enfield est l’un des cas les plus médiatisés et documentés de l’histoire du paranormal. Avec notamment des sources vidéo disponibles en ligne qui posent de vraies questions et provoquent de vrais frissons. Le film, comme son prédécesseur, est une nouvelle fois réussi, James Wan y injectant une approche assez différente, avec une image froide et pluvieuse « so british » qui donne au récit une ambiance à rapprocher de Poltergeist (1982), L’Emprise (1982) ou When the lights went out (2012). Comme dans Conjuring, le réalisateur prend son temps pour développer ses personnages. Et une nouvelle fois, sa mise en scène fait des merveilles pour créer la peur à partir d’éléments très simples : une télécommande de télévision, un fauteuil, un tableau, un drap, l’encadrement d’une porte ou une cave inondée. On regrettera juste une durée un peu longue (2h14), rallongée par un bestiaire grandiloquent où s’illustrent un vieil homme , un Crooked-Man (bien trop CGI pour y croire vraiment) et le démon Valak.

    Conjuring : sous l'emprise du diable - se déroule en 1981

    Une autre affaire emblématique des Warren est au centre de Conjuring : sous l’emprise du diable (2021). Nous sommes en 1981, et après le meurtre sauvage (22 coups de couteaux !) de son propriétaire, un certain Arne Cheyenne Johnson, soutenu par le couple, plaide l’homicide involontaire en invoquant une possession démoniaque au moment des faits. Ce procès, qui marque la toute première incursion du paranormal dans l’histoire judiciaire américaine, est le prétexte pour la franchise de mettre en scène Ed (affaibli après une crise cardiaque) et Lorraine dans une enquête sur fond de culte satanique.

    Celles et ceux qui -comme moi- attendaient un film de procès sur fond de fantastique seront sans doute déçus en découvrant ce troisième chapitre des Conjuring, qui recycle un peu tout ce qui a été vu précédemment. Notamment des souterrains poussiéreux, des visions macabres, des possessions et autres désarticulations où la peur est sacrifiée sur l’autel du spectaculaire (à ce titre, la scène du waterbed et la séquence dans la morgue sont assez réussies). Le résultat n’en reste pas moins efficace, avec une belle place donnée au passé et à l’amour des Warren, et s’inscrit dans la lignée de mélanges horreur-polar comme L’Exorcisme d’Emily Rose (2005) et Délivrez-nous du mal (2014). A noter que cette histoire a été adaptée à l’écran en 1983 dans le téléfilm Le Procès du démon porté par un jeune Kevin Bacon.

    Conjuring : l’heure du jugement - se déroule en 1964 & 1986

    Conjuring : l’heure du jugement (2025) s’ouvre en 1964 au moment de la naissance de Judy, la fille des Warren, pour se poursuivre en 1986. Usés et affaiblis par leurs enquêtes, les deux démonologues cherchent à s’éloigner du terrain pour se consacrer à des livres et conférences, mais un miroir maudit (ou conjuring mirror) va les confronter au tout premier démon croisé au début de leur carrière…

    Inspiré de l’histoire (supposée) vraie des phénomènes subis par Jack et Janet Smurl pendant quinze ans -déjà adaptée à l’écran en 1991 dans La Maison hantée- le long métrage est censé clore la franchise Conjuring. D’où le titre original The Last Rites / Les Derniers Sacrements. L’occasion pour Ed et Lorraine (Patrick Wilson et Vera Farmiga, toujours aussi impliqués et justes) de tirer leur révérence en faisant pour la première fois équipe avec leur fille (Mia Tomlinson) et leur gendre Tony Spera (Ben Hardy). Conclusion oblige, beaucoup de comédiens des anciens films apparaissent aux côtés de la véritable Judy Warren, qui fait une apparition clin d'œil et adoube ainsi l’univers qui a célébré le travail de ses parents.Succès oblige (le film est désormais le plus gros carton commercial de la saga au box-office avec plus de 400 millions de dollars de recettes), une deuxième phase serait en préparation. Et possiblement centrée sur Judy qui a hérité du don de sa mère et repris le flambeau.  Les Warren (et les démons) n’ont donc pas dit leur dernier mot !

  • French Lover(s) : les meilleures romcom françaises des 25 dernières années

    French Lover(s) : les meilleures romcom françaises des 25 dernières années

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Non, la comédie romantique - ou « romcom » pour les puristes - n’est pas uniquement réservée aux films américains ! Le cinéma français sait lui aussi naviguer dans ce genre très codifié, qui met en scène un jeu savoureux de « je t’aime moi non plus », des seconds rôles aussi hilarants qu’attachants, des quiproquos et situations cocasses, des déclarations enflammées et un esprit résolument feel-good avec une tonalité pop, colorée et acidulée.

    Le French Lover (2025) Omar Sy en est d’ailleurs le dernier exemple en date. Devant la caméra de Nina Rives, il campe un célèbre acteur qui va craquer pour une serveuse en galère (la charmante Sara Giraudeau) pour un Coup de foudre à Notting Hill (1999) inversé à même de faire battre le cœur des abonné.es Netflix. Entourés de la pétillante Agnès Hurstel, de l’affectueuse Pascal Arbillot et du tendre Alban Ivanov, les deux tourtereaux forment un couple aussi imprévu qu’évident. Bref, tout ce qu’on aime dans le genre. 

    Si vous voulez continuer à vibrer, bien au chaud sous un plaid et avec un pot de glace à portée de main, JustWatch vous propose une sélection du meilleur de la « french romcom » de ces dernières années (totalement subjective, basée sur mon petit cœur qui bat à moi !). Omar Sy, Audrey Tautou, Alain Chabat, Vanessa Paradis, François Civil, Virginie Efira, Romain Duris, Alexandra Lamy, Pierre Niney : elles et ils devraient vous charmer sans modération. Et on se demande au passage comment certains de ces films n’ont pas encore eu leur remake US…

    20. Anges & Cie (2025)

    Anges & Cie (2025) est la petite dernière de cette liste de french romcom, et elle mérite un coup de projecteur après une carrière en salles très discrète (à peine 112 000 entrées en juin dernier). Le concept derrière cette comédie romantique est pourtant intéressant, puisqu’on y suit les agissements d’anges gardiens, reconnaissables à leur uniforme violet, qui accompagnent nos pas d’humains. Et notamment ceux de Paul (Julien Pestel) et Léa (Shirine Boutella), deux âmes qui vont se rencontrer dans un ascenseur un soir de Réveillon et qui vont se recroiser, quelques années plus tard, alors que lui est sur le point de se marier. Ils sont accompagnés par deux guides que tout oppose (Elodie Fontan et Romain Lancry), et on aime beaucoup leurs petits stratagèmes pour aider ou contrecarrer le destin. Le film ne révolutionne pas le genre mais reste un spectacle très mignon, qui aurait pu faire un programme court très sympathique façon Scènes de ménages (2009-), à l’image des capsules qui ont été postées sur les réseaux sociaux en amont de la sortie. Entre Dogma (1999), Un jour sans fin (1993), Didier (1997), The Good Place (2016-2020) et Miracle Workers (2019-2023), le film revendique l’esprit du classique Une question de vie ou de mort (1946) comme inspiration majeure.

    19. Situation amoureuse : c’est compliqué (2014)

    Dans Le Mariage de mon meilleur ami (1997), on suivait un triangle amoureux entre deux futurs mariés et Julia Roberts du point de vue de cette dernière, obligée d’assister à l’union de celui qu’elle a toujours aimé. Dans Situation amoureuse : c’est compliqué (Grand Prix au Festival de l'Alpe d'Huez 2014), Manu Payet déplace le regard pour raconter une histoire similaire, alors qu’il voit ressurgir dans sa vie de futur marié « la plus belle fille du lycée » à qui il n’a jamais osé déclarer sa flamme. Comment choisir entre Anaïs Demoustier et Emmanuelle Chriqui (oui, la Sloan de la série Entourage ici dans son tout premier rôle en français) ? Faut-il tout gâcher pour réaliser un fantasme adolescent ? La réponse dans cette romcom divertissante qui vaut surtout le détour pour ses dialogues et ses seconds rôles, notamment Jean-François Cayrey et Jean-Charles Clichet en meilleurs potes aux conseils aussi bourrins qu’hilarants, très inspirés de l’humour des comédies potaches de Judd Apatow et des frères Farrelly que Manu Payet affectionne.

    18. Toute première fois (2015)

    Trois ans avant Love, Simon (2018), qui proposait la première teen comedy et romcom gay d’un grand studio outre-Atlantique, Toute première fois (2015) croisait déjà comédie romantique et homosexualité/bisexualité avec humour et sensibilité. Devant la caméra de Noémie Saglio (future créatrice de la série Plan Coeur) et Maxime Govare (futur réalisateur des Crevettes pailletées, 2019), Pio Marmaï, heureux en couple avec Lannick Gautry, se réveille dans le lit… d’une femme pour qui il craque. Un faux pas qui va évidemment bouleverser son existence. On aime ici le ton décomplexé, bienveillant et contemporain du long métrage, le mélange entre légèreté et tendresse, la relation entre le héros et son meilleur pote Franck Gastambide, Camille Cottin qui sort du personnage de Connasse, le repas de famille… Bref, beaucoup de raisons de faire de cette première fois un visionnage plus que recommandé, surtout si vous aimez les films de Judd Apatow (40 ans toujours puceau, En cloque mode d'emploi) et la romance Imagine Me & You (2006). 

    17. L’Amour c’est surcoté (2025)

    Voir les hilarants Hakim Jemili et Laura Felpin jouer les couples de comédie romantique a quelque chose de surprenant. Pour tout dire, on attendait plus les deux humoristes en seconds rôles comiques de romcom. Et pourtant le pari est gagnant car leur relation dans L’Amour c’est surcoté (2025), débutée au vestiaire d’une boîte de nuit, est vraiment touchante avec beaucoup de blessures, de non-dits et de masques susceptibles de contrecarrer cette romance naissante. On découvre ici la sensibilité de ces deux pros de la vanne qui, comme leurs personnages, acceptent de sortir de leur zone de confort. Et c’est extrêmement plaisant. Tout comme la bande qui les entoure, notamment Benjamin Tranié en roue libre dans ses vannes pas très politiquement correctes. Pour son premier long métrage, Mourad Winter adapte son propre roman avec talent, dans la même veine que Simple comme Sylvain (2023). On regrette juste que beaucoup de pistes soient lancées sans vraiment être creusées (l’ex en prison, la visite chez les parents, le mal-être d’Isma, la coloc…). Un film inégal donc, mais prometteur !

    16. Hors de Prix (2006)

    Dans le grand monde, on dit « aventurière » et « homme de compagnie ». Mais concrètement, dans Hors de Prix (2006), Gad Elmaleh et Audrey Tautou monnayent leurs charmes auprès des riches client.es d’hôtels de luxe. Elle comme mode de vie, lui pour tenter de la séduire. Cette intrigue qui pourrait sembler vulgaire est en réalité enlevée et élégante, grâce à l’écriture et la mise en scène de Pierre Salvadori qui revendique de s’inspirer des films d’Ernst Lubitsch (Jeux Dangereux, Haute Pègre, Rendez-vous…) comme boussole. Entre Pretty Woman (1990) et Coup de foudre à Manhattan (2003), avec le standing de la french riviera, le long métrage montre qu’Audrey Tautou n’est pas uniquement « Amélie Poulain » et que Gad Elmaleh peut être un premier rôle romantique crédible, comme il le fut d’ailleurs la même année dans un rôle très proche dans La Doublure (2006). Et attention, il ne faut ne pas confondre Hors de Prix et Quatre étoiles (2006), qui se déroule aussi dans le monde des établissements de haut standing avec Isabelle Carré et José Garcia.

    15. L’Amour c’est mieux à deux (2010)

    Vous le verrez, Virginie Efira sera très présente dans cette sélection romcom. En 2010 toutefois, elle n’est pas encore la comédienne incontournable qu’elle deviendra par la suite. Venue de la télévision (elle présentait La Nouvelle Star, souvenez-vous !), l’actrice belge enchaîne les petits rôles avant d’exploser dans L'Amour c'est mieux à deux (2010). Face à Clovis Cornillac en éternel romantique qui rêve des hasards de l’amour et Manu Payet, son meilleur ami pour qui tout se résume au sexe, cette « Cameron Diaz à la française » (selon les réalisateurs Dominique Farrugia & Arnaud Lemort) illumine cette variation sur les rencontres des trentenaires parisien.nes. C’est frais, c’est drôle, c'est moderne, avec de solides seconds rôles (Annelise Hesme, Jonathan Lambert, Laurent Lafitte, Shirley Bousquet…) et un esprit choral dans la lignée de Modern Love (2008).Et surtout, le film consacre Virginie Efira comme la french queen de la comédie romantique.

    14. Ma vie en l’air (2004)

    Si comme moi, vous aimez l’humanité et la délicatesse de Rémi Bezançon (auteur du formidable Le Premier jour du reste de ta vie, 2008), vous embarquez avec plaisir pour son premier long métrage. Dans Ma vie en l’air (2005), on suit un trentenaire terrifié par l’avion, phobie qui l’empêche de suivre celle qu’il aime à l’autre bout du monde : échoué sur son canapé avec son coloc et ami d’enfance, il voit débarquer dans sa vie une nouvelle voisine qui va bouleverser sa vie. Au coeur du film, il y a un trio impeccable : Vincent Elbaz en héros maladroit, Gilles Lellouche en glandeur attachant et Marion Cotillard en jeune femme indépendante. Et il y a aussi des questions plus profondes sur nos choix. Ma vie en l’air y répond avec humour et mélancolie, comme un miroir lumineux au plus dramatique -mais tout aussi réussi- Ensemble, c’est tout (2007) où excellent Audrey Tautou, Guillaume Canet et Laurent Stocker.

    13. 20 ans d’écart (2013)

    Au cinéma, c’est toujours risqué de simuler l’amour… car les sentiments peuvent rapidement s’inviter dans l'équation. Virginie Efira va en faire l’expérience dans 20 ans d’écart (2013), dans lequel un quiproquo improbable va faire croire qu’elle entretient une relation avec un jeune étudiant (Pierre Niney) : de quoi moderniser son image professionnelle et faire d’elle une nouvelle icône de la mode. Mais que faire quand le gamin de 19 ans et cette « cougar » improvisée de 38 ans craquent vraiment l’un pour l’autre ? Comme La Proposition (2009) avec Sandra Bullock et Ryan Reynolds, 20 ans d’écart revisite l'idylle contractualisée avec beaucoup d’humour (la visite de Virginie Efira dans l’école de Pierre Niney est savoureuse) et d’amour (on craque vraiment pour cette romance impossible). On est quelque part entre Working Girl (1988), Sex and the City (1998), Le Diable s’habille en Prada (2006) et Le Lauréat (1967), avec une vraie patte parisienne. Et on valide !

    12. Tout le monde debout (2018)

    Oui, Franck Dubosc est le Patrick Chirac de la trilogie Camping (2006-2016). Et le séducteur (très) lourd de nombreux one-man-shows. Mais ce serait dommage de le réduire à ce rôle de lover ringard, car dans Tout le monde debout (2018), sa toute première réalisation, il propose une comédie romantique étonnante sur fond de… handicap moteur. Menteur invétéré, il adopte le fauteuil roulant pour charmer une auxiliaire de vie (Caroline Anglade), mais rencontre rapidement sa grande sœur (Alexandra Lamy), réellement hémiplégique. De ce quiproquo naît un joli film, qui brasse le mensonge joyeux de L’Arnacoeur (2010) et le rire bienveillant et rassembleur de Un pt’it truc en plus (2024). Avec sensibilité et humour, Franck Dubosc livre ici une belle surprise, sorte de « Intouchables (2011) de la romcom », qui s’appuie sur un grand cœur et des seconds rôles savoureux (Elsa Zylberstein et Gérard Darmon en tête). Pour l’anecdote, si le titre du film vous rappelle quelque chose, c’est normal : il reprend mot pour mot la bourde lancée par François Feldman en 1996 au public du 10e Téléthon !

    11. Un peu, beaucoup, aveuglément (2015)

    Est-ce que l’on se voit mieux… sans se voir ? C’est la jolie question que pose Un peu, beaucoup, aveuglément (2015) qui repose sur un concept digne de l’émission de téléréalité Love Is Blind (2020-). Séparés par un mur très peu insonorisé, Machin, un misanthrope bourru (Clovis Cornillac), et Machine, une jeune pianiste introvertie (Mélanie Bernier), vont nouer un dialogue et une relation profonde sans jamais se croiser et sans jamais réduire leurs sentiments naissants aux apparences. Finiront-ils ensemble ? La réponse dans ce premier long métrage imaginé par Cornillac et sa pétillante compagne Lilou Fogli. Quelque part entre une romcom anglo-saxonne et un huis clos théâtral, le film est un petit bonbon feel-good et poétique, qui assume sa naïveté et sa simplicité. On y retrouve le même esprit que dans des films comme La Garçonnière (1960), Nuits blanches à Seattle (1993) et Vous avez un message (1998).

    10. L’Arnacoeur (2010)

    L’Arnacoeur (2010), c'est un « briseur de couple professionnel », une sorte de anti Hitch engagé pour éloigner les femmes de relations toxiques. Pour cela, il utilise des mises en scène inventives, son équipe de choc (sa sœur et son inénarrable mari) et son talent inné pour la séduction. Il n’avait juste pas prévu que sa nouvelle cible le fasse chavirer… A partir d'un concept de comédie à la Alibi.com (2017), Pascal Chaumeil livre une romance très réussie pour son premier long métrage (avant de poursuivre dans le genre avec Un plan parfait, 2017). Le chassé-croisé amoureux entre Vanessa Paradis et Romain Duris fonctionne bien, avec en point d’orgue leur hommage à la choré de Dirty Dancing (1987). Le duo François Damiens / Julie Ferrier est hilarant. Et les fans de The Walking Dead (2010-2022) reconnaîtront Andrew « Rick Grimes » Lincoln en fiancé britannique. Alors pourquoi ne pas classer L’Arnacoeur plus haut dans le classement ? Parce que j’ai toujours trouvé le couple -et le film- un peu artificiels. On a le droit de ne pas être d’accord ! D’ailleurs, 3,7 millions de spectateurs ont pensé le contraire en salles. C’est pour ça que cette romcom a toute sa place ici. Mais pas dans le top.

    9. La Chance de ma vie (2011)

    Troisième entrée romcom de cette liste pour Virginie Efira, décidément incontournable dans le genre. Dans La Chance de ma vie (2011), elle fait des merveilles en designeuse qui a le malheur de croiser le chemin d’un conseiller matrimonial (François-Xavier Demaison) qui porte la poisse à toutes celles dont il tombe amoureux. La carrière, la santé et la vie amoureuse de la jeune femme peuvent-elles survivre à ce chat noir ? Devant la caméra de Nicolas Cuche (Prêt à tout, Pourris gâtés), la comédienne est une vraie Pierre Richard au féminin, victime de tous les coups du sort possibles et imaginables, entre quiproquos, chutes et allergie. Et on aime beaucoup ! Bien sûr, le film n’échappe pas aux ficelles et clichés de la comédie romantique, il est parfois un peu prévisible mais qu’importe, on passe un délicieux moment pendant 1h27mn.

    8. Populaire (2012)

    Si vous aimez la screwball comedy (sous-genre des années 30 dont New York-Miami, L'Extravagant Mr. Deeds et L'Impossible Monsieur Bébé sont des incontournables) et les classiques US des années 50 (Drôle de frimousse, Confidences sur l’oreiller, Comment épouser un millionnaire…), vous devriez adhérer à la proposition de Populaire (2012) qui assume son côté rétro tout en instillant beaucoup de modernité. On y découvre une jeune secrétaire (Déborah François) qui tape à la machine comme personne prise sous l’aile d’un patron ambitieux (Romain Duris) qui décide d’en faire une championne… de concours de vitesse dactylographique. Entre élégance old school, film sportif et romcom pétillante, Populaire est un long métrage qui mérite vraiment d’être (re)découvert. C’est un peu le Bye Bye Love (2003) français, et on en redemande !

    7. Avignon (2025)

    Avec trois prix au Festival de l’Alpe d’Huez, qui célèbre chaque année les meilleures comédies, Avignon (2025) est l’un des films incontournables de l’année. Sincère et rafraîchissant, le premier long métrage de Johann Dionnet - adapté de son court métrage Je joue Rodrigue - nous plonge dans les rues, les salles et les coulisses du Festival d’Avignon, qui devient chaque été la capitale du théâtre. C’est là que Baptiste Lecaplain, comédien d’une pièce de boulevard, va faire croire qu’il joue Le Cid pour impressionner et séduire une actrice (Elisa Erka) venue elle aussi en ville pour l’événement. Entre romcom et comédie de troupe, cette pépite drôle et attachante célèbre l’art de la scène, qu’il soit classique ou populaire, sans occulter la précarité du métier et les rivalités du milieu. Le tout porté par une bande chaleureuse et attachante (Alison Wheeler, Lyes Salem, Rudy Milstein, Constance Carrelet…) qui rappelle beaucoup la dynamique d’un Radiostars (2012) et l’esprit d’un Edmond (2019).

    6. Parents d’élèves (2020)

    Sur le papier, Parents d’élèves (2020) est une comédie familiale entre parents, profs et élèves. Je le classe personnellement dans les très bonnes romcom, car on retrouve au centre de cette histoire le joli couple Camélia Jordana /  Vincent Dedienne. Elle, c’est une jeune prof impliquée. Lui, c’est un babysitter qui va se faire passer pour le père de l’enfant qu’il garde. Le moyen idéal pour se rapprocher de la maîtresse… Entre réunions, sorties et kermesse, le film nous fait traverser toute une année scolaire avec le cœur battant, en attendant que les deux tourtereaux finissent par se séduire. A leurs côtés, la bande des parents (emmenée par Alix Poisson et Samir Guesmi) est très drôle, tout comme les enfants. C’est Noémie Saglio (Connasse, Plan cœur, Toute première fois…) qui dirige tout ce petit monde. Si vous avez aimé Ma reum (2018) et Daddy Cool (2014) côté français, et des films comme Un flic à la maternelle (1990) ou Babysittor (2005) côté US, Parents d’élèves est quelque part au milieu. Et c'est très sympa.

    5. Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain (2001)

    Il y a beaucoup de choses dans Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain (2001). Les « aime / aime pas » aussi anecdotiques que géniaux. Montmartre et Paris revisités par Jean-Pierre Jeunet. Les seconds rôles mémorables (Isabelle Nanty, Dominique Pinon, Jamel Debbouze, Yolande Moreau, Rufus, Urbain Cancelier, Serge Merlin…). La narration d’André Dussollier. La musique de Yann Tiersen. Un nain de jardin, des ricochets, des photomatons, une boîte de souvenirs, aussi. Mais il y a surtout la romance douce et timide entre Audrey Tautou et Mathieu Kassovitz, qui se cherchent pendant une bonne partie du long métrage autour d’un album photo. Inclassable et feel-good, ce conte hors du temps est en son coeur une très jolie romcom autour d’une jeune femme tournée vers les autres qui va enfin accepter de s’occuper (un peu) d’elle-même. Le film brille par sa tendresse, son inventivité visuelle et sa naïveté, et peut être rapproché de Minuit à Paris  (2011), Moonrise Kingdom (2012) ou La Science des Rêves (2006).

    4. Mensonges et trahisons et plus si affinités… (2004)

    Mensonges et trahisons et plus si affinités… (2004) est à l’image d’Edouard Baer : décalée et inclassable. Avec un pitch comme seules les romcom savent en proposer : un écrivain en pleine crise existentielle quitte sa petite amie alors qu’il doit rédiger la biographie d'un footballeur professionnel dont la femme… n'est autre que celle avec qui il a failli conclure dans ses jeunes années. Premier long métrage du regretté Laurent Tirard (qui signera par la suite Molière, Un homme à la hauteur et le scénario de Prête-moi ta main), le film brille par son rythme, son sens du dialogue et sa douce ironie alors que s’enchaînent quiproquos et faux semblants. Face au dandy Baer, Marie-Josée Croze, Clovis Cornillac et Alice Taglioni complètent le quatuor de choc et de charme de cette comédie romantique enlevée et élégante, sorte de version cynique du cinéma d’Emmanuel Mouret. Personnellement, c’est l’une de mes romcoms de chevet, avec une mention spéciale pour les trois potes qui gravitent autour de notre anti-héros : Jean-Christophe Bouvet, Eric Berger et Jean-Michel Lahmi. 

    3. Les Emotifs Anonymes (2010)

    Dans « comédie dramatique », il y a « comédie ». C’est pour cela que j’ai choisi d’intégrer Les Emotifs anonymes (2010) à ce classement. Parce que j’aime d’amour cette comédie dramatique romantique, qui brille par sa subtilité et sa douceur en orchestrant l’idylle naissante entre deux grands timides maladifs. Lui (Benoît Poelvoorde) est directeur d’une fabrique de chocolats et a beaucoup de mal avec les interactions humaines. Elle (Isabelle Carré) est chocolatière et perd ses moyens à chaque prise de parole. Leur rencontre est absolument bouleversante. Et drôle aussi. Le réalisateur Jean-Pierre Améris, lui-même hyper-émotif, livre ici une romcom très personnelle, toute en dentelles, qui sublime l’anxiété sociale et irradie de bienveillance. C’est un bonbon (enfin... un chocolat, plutôt !) qui fait vraiment du bien, à rapprocher de Le Chocolat (2000) et La Délicatesse (2011), et où l’on croise un jeune Pierre Niney dans l’un de ses premiers rôles.

    2. Prête-moi ta main (2006)

    Dans Prête-moi ta main (2006), Alain Chabat est un « nez », engagé par les plus grands parfumeurs pour concocter leurs nouvelles fragrances. Car c’est un vrai talent de savoir mélanger les senteurs pour obtenir une odeur unique et parfaite. Le film d’Eric Lartigau est à cette image : un savant mélange d’amour, d’humour, de tendresse, de joies et de peines pour une romcom absolument parfaite, qui voit cet éternel célibataire engager Charlotte Gainsbourg afin de la présenter à sa famille comme son (horrible) fiancée pour être enfin débarrassé de la pression du mariage. Mais les sentiments vont évidemment s’en mêler… En transposant en France le concept du « love contrat » cher aux romances US (on pense à Pretty Woman, La Proposition ou 10 bonnes raisons de te larguer), Prête-moi ta main nous offre une petite bulle romcom dont les effluves nous habitent longtemps après. Comme un bon parfum, finalement. Une vraie réussite, à prolonger avec #Jesuislà (2020), également du tandem Chabat / Lartigau.

    1. Mon inconnue (2019)

    Prête-moi ta main (2006) a longtemps été, pour moi, ce qui se faisait de mieux dans la romcom française (et même en romcom tout court). Et puis est arrivée Mon inconnue (2019), pépite signée Hugo Gélin (d’ailleurs coscénariste et directeur artistique de French Lover). Au croisement de la comédie romantique et du film fantastique façon « et si », le film projette un auteur à succès dont la flamme pour sa compagne s’est éteinte dans une réalité parallèle où lui est professeur de français et elle pianiste virtuose. Ils ne se connaissent plus, et il va tout faire pour séduire à nouveau cette inconnue qu’il connaît si bien… Véritable bijou d’émotions et d’humour parfaitement ciselé, le long métrage assume ses inspirations anglo-saxonnes (Family Man, Un jour sans fin, Eternal Sunshine of the Spotless Mind) qu’il réinvente avec une vraie french touch, et il met en scène un couple de cinéma lumineux et évident : Joséphine Japy et François Civil. A leurs côtés, Benjamin Lavernhe est un formidable atout comique (et ping-pong !).

  • Outlander : qui sont les personnages de la série « Blood of my Blood » ?

    Outlander : qui sont les personnages de la série « Blood of my Blood » ?

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Si vous êtes fan de Outlander (2014-2026) et que vous anticipez avec grande appréhension la fin des aventures romanesques de Jamie et Claire, le créateur de la série originale, le créateur Matthew B. Roberts est de retour sur HBO Max avec Outlander: Blood of my Blood (2025), un prequel qui met en lumière la vie des parents de Claire Beauchamp et Jamie Fraser. Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, la série a déjà été renouvelée pour une deuxième saison !

    Dans ce guide JustWatch, nous vous expliquerons qui sont les acteurs principaux et les personnages de cette nouvelle série.

    Harriet Slater (Ellen Mckenzie)

    J’ai découvert Harriet Slater pour la première fois dans la série d’époque Belgravia: The Next Chapter (2024), dans laquelle l’actrice avait déjà montré toute l'étendue de son talent. Elle a également eu un rôle récurrent dans la série Pennyworth (2019-2021). Dans Blood of my Blood, la jeune actrice joue le rôle d’Ellen McKenzie, la future mère de Jamie Fraser. Nous suivons son histoire d’amour avec le père de Jamie, Brian, en Ecosse au 18ème siècle. Le destin d’Ellen et Brian est également étroitement lié à celui de Julia, la mère de Claire (qui est déjà née au moment de la série). Ellen doit également apprendre à jongler entre sa vie sentimentale et les ambitions de futurs chefs de clan de ses deux frères, Dougal et Colum. 

    Jamie Roy (Brian Fraser) 

    Blood of my Blood offre son premier grand rôle à l’acteur écossais Jamie Roy en tant que Brian Fraser, futur père de Jamie et amoureux transi d’Ellen. Dans la nouvelle série, nous découvrons donc un jeune homme gentil et romantique, et nous suivons sa rencontre avec sa belle, ainsi que les obstacles que les deux jeunes amants devront affronter tout au long de la saison pour être ensemble. Comme mentionné précédemment, le destin de Brian est également lié à celui de Julia et Henry, qui se retrouvent séparés par le destin. A noter que nous avons rencontré Brian Fraser dans la saison 1 d’Outlander, alors que Jamie se remémore les derniers jours de son père avant qu’il ne meurt d’une crise cardiaque en voyant son fils fouetté et torturé par le Capitaine Jonathan Randall. 

    Hermione Corfield (Julia Moriston)

    Hermione Corfield, qui était absolument magnétique dans La Dernière Danse de Kirsty McLeod (2022) et We Hunt Together (2020-2022), incarne ici Julia Beauchamp, la mère de Claire. Tout comme dans la série originale, Julia se retrouve propulsée dans l’Ecosse du 18ème siècle, et séparée de son mari, Henry, alors qu’ils cherchaient tous deux de l’aide après un accident de voiture. Seule et enceinte de son deuxième enfant, Julia doit affronter de multiples dangers et devient même servante dans la demeure du père de Brian. Elle cherche cependant à s'échapper, sans savoir qu’Henry a également traversé les pierres afin de partir à sa recherche. Julia trouve par ailleurs une amie et confidente en la personne d’Ellen, et toutes deux sauront s’entraider dans cette époque difficile.  

    Jeremy Irvine (Henry Beauchamp)

    Jeremy Irvine, que vous connaissez sans doute pour son travail dans Cheval de Guerre (2012) de Steven Spielberg et Mamma Mia! Here We Go Again (2018), incarne ici Henry Beauchamp. Nous savons très peu de choses sur Henry et Julia, car dans Outlander, Claire ne se souvient presque pas de ses parents. Blood of my Blood nous permet donc de découvrir l’histoire épique et tragique du couple, séparé par les pierres et par le temps. Alors qu’Henry remue ciel et terre pour retrouver la trace de Julia, il doit également affronter ses propres démons qui le hantent depuis la guerre. Il se retrouve ainsi à travailler pour le clan des Grant (dont certains doutent de la véritable raison de sa présence), et cherche par tous les moyens à retrouver la trace de sa femme.

    Rory Alexander (Murtagh Fitzgibbons Fraser)

    Vu dans Pistol (2022), Rory Alexander prend la relève de Duncan Lacroix en tant que Murtagh Fitzgibbons Fraser, membre du Clan Fraser et futur parrain de Jamie. Meilleur ami et cousin de Brian, dans Blood of my Blood, nous découvrons également son attachement pour Ellen McKenzie et comment il a essayé de gagner sa main, avant qu’elle décide d'épouser Brian. Si dans la série originale, Murtagh est un personnage adoré par les fans et également un ami fidèle et véritable bras droit de Jamie, nous découvrons ici quelles étaient ses relations avec Brian Fraser, et quelles seront les conséquences du mariage d’Ellen et Brian sur son amitié presque fraternelle avec ce dernier. Murtagh est l’un de mes personnages préférés et l'interprétation de Rory Alexander, toute en nuances et en douceur, permet réellement aux fans de s’attacher à ce personnage dont la vie personnelle est relativement mystérieuse dans la série originale. 

    Sam Retford (Dougal Mackenzie) 

    Sam Retford incarne le chef de guerre du Clan MacKenzie, Dougal, précédemment interprété par Graham McTavish. Dougal est également le frère d’Ellen et Colum, et Blood of my Blood nous permet d’en découvrir plus sur son passé, et sur sa relation avec son frère, son père et Ellen. L’un des aspects les plus intéressants concernant Dougal est son interaction plus ou moins conflictuelle avec Colum, puisque ce dernier a été désigné chef du Clan MacKenzie. Dans la série Outlander, Dougal est affilié secrètement à la cause jacobite : la série prequel nous permet donc de nous pencher un peu plus sur le côté révolutionnaire du personnage, et sur ce qui le pousse réellement à se rallier à la cause. Toujours égal à lui-même, Dougal aime la bagarre et sait vraiment s’attirer des ennuis tout comme les foudres de son frère… et surtout de sa sœur, qu’il n'hésite pas à trahir à maintes reprises. 

    Séamus McLean Ross (Colum Mackenzie)

    Frère de Dougal et d’Ellen, Colum est cette fois interprété par le jeune Séamus McLean Ross. Dans Blood of my Blood, nous suivons donc l’ascension du futur chef du Clan MacKenzie ainsi que ses efforts pour allier les différents clans ( qui incluent notamment de trahir la confiance d’Ellen et de lui arranger un mariage dont elle ne veut pas). Nous découvrons sa relation tumultueuse avec son père, qui lui préférait Ellen, ainsi que les accidents qui ont handicapé Colum à vie jusqu’à finalement être diagnostiqué d’un syndrome de Toulouse-Lautrec par Claire dans la saison 1 de Outlander. Bien que la relation conflictuelle entre Dougal et Colum soit connue des fans, Blood of my Blood peint un portrait qui ne laisse aucune place au doute quant à la véritable nature de Colum, prêt à trahir et à manipuler dans le but de s’assurer et le respect et sa place de chef de clan. 

    Sally Messham (Mrs. Fitz)

    Sally Messham, vue dans Aftersun (2022), reprend le rôle de Mrs. Fitz, un personnage très apprécié mais dont nous ne savons finalement que peu de choses. La série prequel permet donc de se pencher un peu plus sur ce membre du Clan Mackenzie ainsi que sur sa relation avec son neveu, Murtagh. Nous découvrons également son amitié avec Ellen, qui trouve en Mrs. Fitz une confidente qui sera là pour la soutenir lorsqu’elle se retrouve humiliée par ses frères. 

  • « Downton Abbey » : la série et les films dans l’ordre chronologique

    « Downton Abbey » : la série et les films dans l’ordre chronologique

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Les adieux tant attendus ont eu lieu. Le 10 septembre 2025, le film Downton Abbey 3 : Le Grand final nous a offert la conclusion de 15 années d’engouement pour la famille Crawley et son personnel.

    Les personnages, qui ont d’abord eu une vie sérielle avant d’être les sujets de trois long métrages, ont baigné une dernière fois dans l’Angleterre du début du siècle dernier, dans un contexte de transformation politique et sociale.

    Les différents protagonistes de l’univers Downton Abbey méritent qu’on s'intéresse à eux dans l’ordre de leurs aventures romanesques : d’abord les six saisons de la série, puis le premier film sorti en 2019, suivi du second en 2022 et enfin le dernier, en 2025. JustWatch vous explique tout.

    Downton Abbey (2010-2015)

    Là où tout a commencé. En 2011, débarque en France la série britannique Downton Abbey et avec elle sa cohorte de personnages divisés entre la famille Crawley et leurs domestiques. Créée par Julian Fellowes, l’histoire débute en 1912, au lendemain du naufrage du Titanic, et traverse les grandes secousses de l’époque. Tensions entre l’aristocratie et la classe ouvrière, changements sociaux et événements historiques majeurs (Première Guerre mondiale et pandémie de grippe espagnole) : la série traite de nombreux sujets à travers une double lecture des gens « d’en haut » et des gens « d’en bas ».

    Le succès de Downton Abbey, qui compte 6 saisons et 52 épisodes, ne tarde pas à devenir mondial. Et le château de Highclere dans le Hampshire, qui sert de décor, un haut lieu du tourisme ! La série s’adresse autant aux amateurs de drames historiques qu’aux passionnés de grandes sagas familiales car l’intime se mêle au contexte politique et social avec une grande habileté. La finesse de l’écriture, la richesse des dialogues ont fait la réputation de ce huis clos très chic, à rapprocher de The Gilded Age (2022– ) ou Gosford Park (2001) de Robert Altman.

    Downton Abbey (2019)

    Trois ans après la fin de la série, la manoir de Downton rouvre ses portes au cinéma. Réalisé par Michael Engler, déjà à la manœuvre pour plusieurs épisodes de la série, ce premier long-métrage réunit l’intégralité du casting original, de Michelle Dockery à Hugh Bonneville en passant par Elizabeth McGovern, et feu Maggie Smith. L’intrigue se passe en 1927, après la fin de la dernière saison, et tourne autour de la visite royale du roi George V et de la reine Mary à Downton Abbey, provoquant une effervescence tant chez les aristocrates que leurs domestiques.

    On y retrouve le même esprit que dans la série avec des intrigues familiales et des secrets bien gardés. Ce passage au grand écran est une réussite : l’esprit et la légèreté de la série est bien là, sa dimension grand public respectée. 

    Downton Abbey II : Une nouvelle ère (2022)

    Réalisé cette fois par Simon Curtis, Downton Abbey 2 : Une nouvelle ère (2022) est en revanche de nouveau scénarisé par Julian Fellowes. Cette fois, la franchise mêle deux intrigues : l’une centrée sur un tournage de film muet au château (clin d'œil aux débuts d’Hollywood), qui oblige les Crawley à une modernité qu’ils regardaient jusque là de loin ; l’autre sur la découverte d’un passé mystérieux en Méditerranée, la comtesse douairière Violet héritant d’une villa.

    À mon avis, ce deuxième opus est le plus intéressant des trois films car il parvient à élargir le champ narratif de la franchise - avec du glamour et de l’exotisme - tout en gardant l’élégance qui fait sa marque. La métaphore du passage du temps joue à plein tube et on s’achemine doucement vers la conclusion de la saga.

    Downton Abbey III : Le Grand Final (2025)

    Annoncé comme le dernier chapitre de la saga, Downton Abbey 3 : Le  Grand Finale (2025) conclut les arcs narratifs des personnages principaux et explore les défis auxquels la famille Crawley est confrontée en entrant dans les années 1930. Julian Fellowes est de nouveau à l’écriture (tout comme Simon Curtis à la réalisation) pour ce film qui va clore 15 ans d’engouement pour ces personnages so british. Deux ans après le décès de Lady Violet, et un an après le Krach boursier de Wall Street, les nobles de Downton finissent de profiter de la saison londonienne avant de regagner leur château de campagne avec une encombrante nouvelle : le frère de Cora est au bord de la faillite, ce qui met en danger les projets de la famille.

    Si le scénario tient sur quelques lignes, l’enjeu n'est pas là. Tout tient au plaisir de retrouver une dernière fois les visages de la série et ce dernier film est déjà empreint de la nostalgie qu’on a à les quitter à la fin du film. À noter que la regrettée Dame Maggie Smith, décédée en septembre 2024, n’est pas de la partie mais est pourtant omniprésente !

    Et ensuite ? Le créateur de la série, Julian Fellowes, n’a pas complètement fermé la porte à une suite de la saga, sous forme de spin-offs en évoquant notamment « un spin-off avec certains des personnages les plus jeunes » au micro du Daily Mail en janvier 2024. Si le manoir rouvre ses portes, les fans - moi la première - seront à l’heure pour le tea time !

  • Omar Sy en 8 films et séries, de « Intouchables » à « Lupin »

    Omar Sy en 8 films et séries, de « Intouchables » à « Lupin »

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Acteur préféré des Français, Omar Sy a connu une spectaculaire ascension au fil des années, le hissant au rang de star de cinéma. Une star appréciée du public mais aussi reconnue par la profession puisque le comédien a eu le privilège de siéger au sein du jury du 77e Festival de Cannes en 2024.

    Repéré par Jamel Debbouze, originaire de Trappes (Yvelines) comme lui, ce dernier le fait entrer à Radio Nova avant de l’embarquer à Canal+ où Omar Sy forme un duo avec Fred Testot dans Le SAV des émissions. Leurs sketches les rendront célèbres auprès du grand public. Vient ensuite le cinéma. Débutant d’abord en tandem (La Tour Montparnasse infernale - 2001), chacun suit ensuite son propre chemin. 

    À partir de 2002, Omar Sy enchaîne les rôles secondaires dans des comédies comme Le Raid (2002), Le Boulet (2002), La Beuze (2003), Le Carton (2004) et c’est grâce à un autre duo, les réalisateurs Éric Toledano et Olivier Nakache, que sa carrière au cinéma décolle vraiment. Les complices lui offrent son premier rôle important avec la comédie très sympathique Nos jours heureux (2006), où il joue un animateur de colonie de vacances. La suite, Omar Sy l’a écrite en enchaînant souvent les succès.

    Intouchables (2011)

    Nakache et Toledano lui font de nouveau confiance avec Tellement proches (2009) mais c’est leur troisième collaboration, Intouchables (2011), qui vaut à Omar Sy de devenir une personnalité reconnue, le film étant distribué dans de nombreux pays. Dans ce film inspiré d’une histoire vraie, Omar Sy incarne Driss, un jeune homme issu d’un quartier défavorisé qui devient l’assistant d’un homme très riche paralysé (François Cluzet). Pour moi, ce film - qui fuit l’apitoiement - offre un regard neuf et décomplexé sur le handicap, et le naturel rigolard d’Omar Sy s’ajuste parfaitement à ce fil rouge scénaristique. Même le milieu du cinéma ne s’y est pas trompé en lui décernant un César du Meilleur acteur (le premier remporté par un acteur de couleur). 

    X-Men : Days of Future Past (2014)

    Avant la franchise Jurassic World, Omar Sy avait déjà fait un pas dans l’industrie américaine avec X-Men : Days of Future Past (2014), une autre saga mondiale culte forte d’une grosse fanbase : les amateurs de Marvel. Il décroche le rôle de Bishop, mutant aux yeux rouges capable d’absorber et de projeter toutes formes d’énergie. Il y côtoie tous les grands noms de la franchise super-héroïque, puisque le film, le plus ambitieux des X-Men croise les distributions de X-Men : le commencement (2011) et X-Men (2000) - voir notre guide dédié à la saga. Autre blockbuster auquel le frenchy a participé : Inferno (2016), le troisième volet de la saga cinématographique des aventures de Robert Langdon (après Da Vinci Code et Anges et Démons), mis en scène par Ron Howard et incarné par Tom Hanks. Omar Sy dans une franchise US : une grosse fierté française !

    Samba (2014)

    En parallèle, Omar Sy n’oublie pas les réalisateurs français qui le lui rendent bien. Trois ans après Intouchables (2011), le comédien signe pour Samba (2014), le quatrième film avec Nakache et Toledano où il devient un Sénégalais clandestin se trouvant des affinités avec une cadre sup’ en burn out, jouée par Charlotte Gainsbourg. Je ne suis pas la seule à le penser : dans cette chronique sociale, Omar Sy confirme son potentiel dans le jeu dramatique, en l’ancrant dans un rôle beaucoup plus sombre et réaliste sur un sujet d’actualité, l’immigration clandestine. Dix ans après sa sortie, le film est toujours d’actualité, comme l’a montré le succès public et critique de L'Histoire de Souleymane (2024).

    Jurassic World (2015)

    Après le succès retentissant d’Intouchables (2011), Omar Sy part s’installer aux États-Unis avec sa femme Hélène et leurs 5 enfants, et commence à recevoir d’autres offres de projets internationaux : en 2015, le public l’aperçoit brièvement dans Jurassic World dans le rôle de Barry, un dresseur de raptors allié de Chris Pratt, rôle qu’il reprendra plus longuement en 2022 dans Jurassic World : Le monde d’après. Quand j’ai vu Omar Sy associé à cette superproduction mondiale que j’adore, mon enthousiasme était immense même si, certes, son rôle reste secondaire. Mission accomplie pour l’incursion à Hollywood !

    Chocolat (2016)

    Dans le biopic Chocolat (2016) de Roschdy Zem, il joue le premier artiste noir de la scène française, le clown Rafael Padilla, dit Chocolat. Le film retrace son ascension et sa chute dans le Paris de la Belle Époque. Avec ce rôle, peut-être le plus exigeant de sa carrière, Omar Sy s’est un peu plus ancré dans le patrimoine historique et culturel français. À la fois biopic et film historique, je reprocherai peut-être au film son classicisme, mais l’intensité du comédien donne tellement chair à cette figure injustement oubliée, qu’il suffit à porter cette histoire méconnue qui rappelle notamment Vénus Noire (2010).

    Le Chant du loup (2019)

    Après avoir revisité le docteur-voyou Knock (2017) imaginé par Lorraine Levy, Omar Sy descend dans un sous-marin pour jouer un capitaine dans Le Chant du loup (2019) d’Antonin Baudry, qui compte aussi au casting François Civil. Omar Sy a le don pour changer de registre en un claquement de costume. Souvent qualifié de « thriller acoustique », le film plonge le spectateur dans un univers tendu voire « claustrophonique » où chaque son nécessite une décision qui peut être fatale. Une référence du genre, certes moins intense que le chef d'œuvre Das Boot - Le Bateau (1981), mais qui montre que le cinéma américain (USS Alabama, A la poursuite d’Octobre Rouge, U-571) n’est pas le seul à savoir faire des films de sous-marin divertissants.

    Lupin (2021-)

    Côté séries, la seule expérience d’Omar Sy est la bonne puisque Lupin, réinterprétation du personnage de l’écrivain Maurice Leblanc, lui vaut - depuis 2021 - de porter l’un des plus gros succès internationaux de Netflix. Omar Sy entre dans une nouvelle ère, en incarnant Assane Diop, gentleman cambrioleur fan des écrits de Leblanc. Le succès est immédiat : avec une approche glamour à la Insaisissables (2013), la série modernise l’imagerie d’Arsène Lupin et devient l’un des plus gros cartons non anglophones de la plateforme. Notre célébrité nationale devient une star mondiale. Netflix a confirmé une saison 4 à venir en 2026.

    The Killer (2024)

    Omar Sy poursuit son parcours international avec The Killer (2024), auto remake signé John Woo qui revisite au féminin son classique du gun-fu (The Killer, 1989). Aux côtés de Nathalie Emmanuel et d’un casting international, il tient un rôle significatif dans ce film d’action sombre très stylisé qui transpose les fusillades en plein Paris. Sa participation confirme qu’il est devenu un acteur incontournable capable de séduire des réalisateurs mythiques. Hors du cadre hexagonal, Omar Sy n’a pas encore eu de rôle prépondérant mais il se fait sa place année après année. Et cette dernière porte ouverte pourrait lui valoir des rôles encore plus marquants. Le comédien sera ainsi à l’affiche de la nouvelle série Netflix Extraction, dérivée de Tyler Rake (2020), la franchise portée par Chris Hemsworth.

  • Taron Egerton : ses 9 meilleurs rôles de « Kingsman » à « Rocketman »

    Taron Egerton : ses 9 meilleurs rôles de « Kingsman » à « Rocketman »

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Après des prestations acclamées par la critique dans les séries Apple TV+ Black Bird (2022), et plus récemment Smoke (2025), Taron Egerton a fait son retour sur grand écran en août 2025 dans She Rides Shotgun (2025), un thriller palpitant adapté du roman de Jordan Harper dans lequel l’acteur gallois de 35 ans incarne un père récemment sorti de prison et prêt à tout pour protéger sa petite fille recherchée par des tueurs. Dans ce guide JustWatch, vous découvrirez les performances les plus marquantes de cet acteur très polyvalent, de la saga Kingsman (2015-2021), qui a réellement participé à le faire connaître auprès du grand public, à sa magnifique performance dans la peau (et les costumes) d’Elton John dans Rocketman (2019). Nous les avons classées de la « moins bonne » (tout est relatif) à la meilleure.

    9. Tous en Scène (2016)

    Tous en Scène (2016), des studios Illumination est un film d’animation mettant en scène Buster Moon, un koala cherchant à préserver son théâtre et qui décide d'organiser un concours de chant pour subvenir à ses problèmes financiers. Taron Egerton est la voix originale de Johnny, un jeune gorille rêvant d’une carrière de chanteur alors que son père préférerait qu’il suive la même carrière de criminel que lui. Drôle, touchant, avec des performances musicales très entraînantes à en faire pâlir le cast de Glee, Tous en Scène est parfait pour une séance ciné en famille. Comme un signe providentiel, Taron Egerton y chante déjà la chanson I’m Still Standing d'Elton John, qu’il interprétera à nouveau dans Rocketman. 

    8. Dark Crystal : Le Temps de la résistance (2019) 

    En 2019, Taron Egerton doublait Rian, l’un des trois Gelflings principaux de Dark Crystal : Le Temps de la résistance (2019), préquelle du film fantasy culte réalisé en 1982 par Jim Henson et Frank Oz. Diffusée par Netflix, cette série a été confiée au réalisateur français Louis Leterrier et a malheureusement été annulée après seulement une saison. Pourtant, ce spectacle qui renoue avec les techniques déjà utilisées dans les années 80 (marionnettes et décors entièrement construits pour le tournage) tout en y intégrant des effets numériques, a été reçu comme un véritable triomphe par les connaisseurs de l’univers. Si vous êtes déjà fans de Dark Crystal, cette série est à ne surtout pas manquer. Elle s’ajoute également à la carrière très intéressante et variée de Taron Egerton.

    7. Tetris (2023)

    Inspiré d’une histoire vraie, Tetris (2023) raconte l'histoire de l’invention du célèbre jeu vidéo sur fond de Guerre Froide. Taron Egerton y incarne Henk Rogers, le développeur du logiciel. Le film nous emmène dans son incroyable épopée à travers l’ex-URSS afin de négocier les droits de publication et de sauver le jeu créé par Alekseï Pajitnov. La prestation de Taron Egerton, mêlant moments dramatiques, haute tension et situations comiques, est l’un des points les plus forts du film. Tetris n’est pas exactement un film d’espionnage, ni un film d’action, mais quelque part entre ces deux genres, il trouve le moyen de vous divertir. Ce n’est pas l'œuvre la plus marquante de cette liste, mais les performances de Taron Egerton et du reste du casting nous permettent de nous attacher à des personnages dont nous ne connaissions pas forcément l’histoire. 

    6. Mémoires de Jeunesse (2015)

    Mémoires de Jeunesse (2015) est un drame basé sur l’autobiographie de Vera Brittain, une écrivaine et féministe anglaise dont la carrière et la vie sentimentale ont été bouleversées par la Première Guerre mondiale. Taron Egerton joue le rôle du très attachant Edward Brittain, le petit frère de Vera, qui l’a toujours soutenue dans sa décision de poursuivre des études à Oxford plutôt que de se marier. Les performances dans ce film sont puissantes et dramatiques, et le jeu de Taron Egerton, alors âgé d’environ 25 ans, vous laissera probablement le cœur brisé. La gentillesse et la vulnérabilité d’Edward Britain, ainsi que sa représentation d’une jeunesse sacrifiée et au destin brisé lors de la guerre, est ici parfaitement retranscrite à l’écran par le comédien.

    5. Smoke (2025)

    Si vous avez déjà regardé et aimé Black Bird, et que vous êtes à la recherche d’un nouveau thriller intense à binger, Taron Egerton a également été à l'affiche de Smoke (2025) cette année, une série Apple TV+ qui marque sa deuxième collaboration avec Dennis Lehane. Dans ce programme haletant à nouveau tiré d’une histoire vraie, Egerton joue le rôle de Dave Gudsen, un enquêteur spécialisé dans les incendies criminels qui fait équipe avec la détective Michelle Calderone afin d'arrêter deux pyromanes en série. Smoke met à nouveau en lumière la capacité d’Egerton à jouer des personnages énigmatiques et ambigus, et bien que le show ait finalement été moins bien accueilli que Black Bird, sa performance invite à la découvrir. L’acteur est également producteur exécutif de cette série en cours de diffusion. 

    4. Black Bird (2022)

    Taron Egerton signe avec Black Bird (2022) sa première collaboration avec Dennis Lehane, l’auteur et scénariste de Mystic River (2003) et Shutter Island (2010). Dans cette mini-série basée sur la véritable histoire de James Keene, il incarne ce jeune homme condamné à 10 ans de prison pour trafic de drogue, qui se retrouve à passer un accord afin de voir sa peine de prison réduite. C’est ainsi qu’il est transféré dans une prison de très haute sécurité afin de se rapprocher d’un tueur en série et de lui soutirer des informations concernant ses victimes… La justesse et la gravité d'interprétation des personnages est remarquable et a valu à Taron Egerton une nomination aux Emmy Awards et aux Golden Globes en 2023. Avec Black Bird, l’acteur s’essaie pour la première fois à un registre foncièrement sombre et intense et prouve encore une fois toute l'étendue de son talent et de sa polyvalence.

    3. Kingsman : Services secrets (2014)

    Sans aucun doute l’une des adaptations de comics les plus appréciées de ces dernières années, Kingsman : Services secrets (2014) reste l’un des rôles les plus marquants de Taron Egerton. Constamment questionné sur la possibilité d’un troisième opus, l’acteur a partagé à de nombreuses reprises son amour pour cette saga réalisée par Matthew Vaughn. Tout a commencé en 2014, l’année de sortie du premier film. Eggsy, est un jeune homme vivant seul avec sa mère et son beau-père violent, et sachant exactement comment s'attirer des ennuis. Un jour, il découvre l'existence de l'agence d’espionnage Kingsman, pour laquelle il doit passer des épreuves de sélection. Egerton joue ce rôle avec perfection, trouvant toujours l'équilibre entre l’insolence et le charme, le culot et la fragilité qu’exige un personnage comme Eggsy. 

    2. Eddie the Eagle (2016)

    Taron Egerton mène avec brio - et aux côtés de Hugh Jackman - cette comédie dramatique basée sur la véritable histoire de Michael Edwards, qui rêvait depuis qu’il était enfant de participer aux Jeux Olympiques. Ce qu'(il fera grâce à l’épreuve... de saut à ski. Réalisé par Dexter Fletcher, trois ans avant que l’acteur et le réalisateur ne se retrouvent pour tourner Rocketman, Eddie the Eagle (2016) permet à l'acteur de montrer toute sa versatilité à l'écran, en trouvant le parfait équilibre entre le côté comique et la très grande vulnérabilité de son personnage. En plus d’être une histoire pleine de coeur et d’espoir, Taron Egerton et Hugh Jackman forment un duo parfait, -certes bien connu au cinéma- du mentor chevronné, légèrement bourru et porté sur la boisson, et du jeune outsider qui a été sous-estimé toute sa vie.

    1. Rocketman (2019)

    Rocketman (2019) est l’un des plus beaux biopics réalisés ces dernières années, notamment grâce à l'impressionnante performance de Taron Egerton qui incarne le légendaire chanteur et musicien Elton John. Réalisé par Dexter Fletcher, Rocketman nous emmène à travers une véritable épopée musicale, et n’a pas peur de montrer les hauts comme les bas de l'artiste. Egerton a été récompensé par de nombreux prix pour ce rôle et il a notamment reçu le Golden Globe du Meilleur acteur en 2020. La chanson originale écrite pour le film, I’m Gonna Love Me Again remporte quant à elle l’Oscar de la meilleure chanson en 2020. La capacité qu’a Egerton à nous faire passer du rire au larmes, en évitant d’imiter ou de copier Elton John et au contraire en explorant toutes les facettes et l’essence même de la star iconique, catapulte cette performance en première position de ce classement. 

  • Blade : tous les films et séries sur le chasseur de vampires Marvel

    Blade : tous les films et séries sur le chasseur de vampires Marvel

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Dans le monde des suceurs de sang, il est appelé le « Diurnambule » ou le « Daywalker », un vampire capable de marcher au grand jour et qui s’est donné pour mission de protéger les humains. Les spectateurs le connaissent sous le nom de Blade, justicier vêtu de cuir et bardé d’armes en tous genres, qui maîtrise les arts martiaux et traque sans relâche ses semblables.

    De son vrai nom Eric Brooks, le personnage apparaît en 1973 dans les comic-books Marvel, au sein d’un groupe de chasseurs de goules confrontés à Dracula lui-même. Si ses caractéristiques ne sont pas tout à fait les mêmes qu’au cinéma (notamment son ADN à moitié vampirique et la soif d’hémoglobine qui le ronge), sa haine des striges est similaire et il évoluera au fil des années dans diverses histoires et collections, jusqu’à obtenir sa propre série.

    Depuis cinquante ans, Blade est incontestablement un super (anti) héros emblématique de la Maison des Idées, au point d’inspirer le grand écran avant même la vague d’adaptations modernes du début des années 2000. Si Wesley Snipes est devenu son visage attitré dans une trilogie marquante (avec un bonus inattendu en 2024), le « Daywalker » est apparu dans d’autres œuvres. JustWatch vous dit tout !

    Blade (1998)

    Retour en 1998. X-Men (2000) et Spider-Man (2002) n’ont pas encore pris d’assaut le box-office. Et le Marvel Cinematic Universe n’a même pas commencé sa gestation. C’est dans cette décennie marquée par le naufrage de DC (Batman Forever et Batman & Robin), quelques pépites indépendantes (The Mask, The Crow, Darkman…) et beaucoup de films de super-héros oubliables (Barb Wire, Spawn, Le Fantôme du Bengale…) que débarque Blade. Le grand public découvre alors, sous les traits impassibles de Wesley Snipes, un justicier badass aux canines pointues qui combat impitoyablement ses semblables pour protéger l’humanité.

    Sous la plume de David S. Goyer (qui œuvrera par la suite sur Batman Begins, Man of Steel, et Constantine), on découvre un univers certes pop mais résolument sombre, qui assume que ce combat entre ombre et lumière s’adresse avant tout à un public adulte. Le sang est donc au rendez-vous (la douche d’hémoglobine en pleine rave !) tout comme des combats spectaculaires (donc un effet bullet time pré-Matrix). Même si le film n’a pas tout à fait les moyens de ses ambitions -les effets visuels de la Magra ont très mal vieilli- et que Wesley Snipes est très monolithique (j’ai compté trois expressions de visage !), on apprécie l’univers caché qu’il met en place, entre conseil des vampires, humains consentants et rivalités entre sangs purs et néo-monstres. Et l’image immédiatement iconique de ce héros implacable, armé et conseillé par le bourru mais touchant Kris Kristofferson. Il se dégage du film un esprit à la Hellboy (2004), entre film de studio et entreprise indépendante, qu’on aime bien.

    Blade II (2002)

    Le fait que je cite Hellboy (2004) n'est pas innocent. En effet, avant de donner vie au démon rouge de Mike Mignola, Guillermo Del Toro a signé Blade II (2002), qui lui offre son ticket définitif pour Hollywood après les réussites du vampirique Cronos (1993), du monstrueux Mimic (1997) et du plébiscité L’Echine du Diable (2001). Le cinéaste mexicain met ici à profit son goût pour les récits gothiques (l’esthétique s’inscrit dans la lignée de Resident Evil et Underworld) et son amour des monstres pour une suite qui fait beaucoup mieux que le film original (c’est rare !) en amenant Blade à faire équipe avec ses ennemis afin de combattre une nouvelle espèce de monstres qui attaquent humains comme vampires.

    La grande force du film, c’est justement ce Bloodpack, un groupe d’élite façon Expendables vampiriques dont chaque membre affiche une culture, une arme, un look et un caractère très identifiable. Del Toro parvient à parfaitement caractériser celles et ceux qui composent cette escouade (même si je me dis qu’une série aurait donné sa juste place à chacun.e), tout en faisant de Blade un personnage central, à la fois intrus et coéquipier à qui on ouvre les portes du monde secret des goules (la séquence de la boîte de nuit est mémorable). Dans Blade II, on aime aussi la nouvelle menace incarnée par les Reapers : le cinéaste voulait s’éloigner de l'imagerie romantique des vampires, et c’est réussi avec des créatures sauvages et inhumaines qui préfigurent 30 jours de nuit (2007) et la série The Strain (2014-2017). C’est mon film préféré de la franchise… et l’un des mes films préférés de super-héros (et de monstres).

    Blade Trinity (2004)

    Avant de camper avec succès et jubilation ce très cher Deadpool (2016), Ryan Reynolds a multiplié les casseroles super-héroïques. Il y a eu Green Lantern (2011). Il y a eu X-Men Origins : Wolverine (2009). Et il y a eu Blade Trinity (2004), un troisième opus qui a fait très mal aux fans après la réussite de Blade II. Dans ce film, Wesley Snipes fait équipe avec Jessica Biel, qui campe la fille de son ancien mentor Abraham Whistler, et Ryan Reynolds donc, qui donne vie à Hannibal King. Les lecteurs des comic-books Marvel le connaissent comme membre des Nightstalkers, un trio de chasseurs de monstres dont Blade faisait partie.

    Là où Guillermo Del Toro adoptait une approche sérieuse et premier degré, le scénariste et néo-réalisateur David S. Goyer prend le parti d’une tonalité plus légère et plus pop, avec ce qui ressemble à un concours de vannes permanent entre nos héros et des vampires très trop démonstratifs, Parker Posey et Triple H en tête. Quant au grand méchant, sorti de son caveau pour donner naissance à une nouvelle race de vampires, il est baptisé  Drake, nom « modernisé » de Dracula. Et même si on aime bien Dominic Purcell (il sortait de John Doe et débutait Prison Break), il ne peut pas faire de miracles avec un personnage peu charismatique et une armure vraiment ratée… Au final, c’est le chapitre le moins bien noté de la trilogie, et à juste titre. Un peu comme la saga Resident Evil est allée vers le grand n’importe quoi à partir du quatrième film. Il reste tout de même des choses intéressantes : Wesley Snipes, comme toujours impeccable dans le rôle, et le concept de fermes de sang qui rappelle Daybreakers (2009).

    Blade la série (2006)

    La bande des Nightstalkers aurait dû obtenir son propre spin-off après Blade Trinity (2004). Une fin alternative, qui les voit chasser un loup-garou dans un casino en Asie, a d'ailleurs été tournée pour lancer le projet. Il ne verra jamais le jour. Blade, en revanche, reprend du service dans une série à sa gloire souvent présentée comme une version adulte de Buffy et Angel. Durant une seule petite saison de 12 épisodes, la chasse reprend pour le justicier, qui s’attaque aux vampires de la Maison Chthon avec l’aide de la sœur de son ancien acolyte qu’il avait infiltré au sein de l’organisation…

    Directement rattaché à la franchise, le programme doit toutefois se séparer de Wesley Snipes (avec qui le tournage du troisième film a visiblement été très compliqué). C’est Kirk Jones, alias « Sticky Fingaz » du groupe de rap Onyx, qui le remplace sous le costume et les lunettes noires de Blade. C’est le point faible du show, car la comparaison est inévitable entre les deux comédiens et les fans n’oublient pas facilement Snipes. En revanche, la série est appréciée pour son aspect infiltration et pour la mythologie qu’elle élabore, avec des sous-intrigues politiques au sein des clans vampiriques. Pour ses combats brutaux et son ton urbain, aussi. Et pour la musique de Ramin Djawadi, futur compositeur de Game of Thrones (2011-2018). L’écrin de la chaîne Spike TV était sans doute inadapté à l'ambition de ce précurseur de Daredevil et autres Defenders, qui aurait aujourd’hui toute sa place au sein des séries du MCU proposées par Disney+ (notamment ECHO et Ironheart qui adoptent la même tonalité).

    Blade (2011)

    Cinq ans plus tard, le « Daywalker » s’anime dans Blade (2011). Confiée au studio japonais Madhouse (Paprika, Summer Wars, Hunter x Hunter…), cette mini-série de 12 épisodes revient aux origines du personnage, qui se lance dans la traque de Deacon Frost, responsable de son état -il a mordu sa mère alors qu’elle était enceinte- et de l’organisation Existence. C’est Kenta Fukasaku, le scénariste de Battle Royale et sa suite, qui orchestre cet affrontement au sommet qui était déjà au cœur du Blade de 1998 (Stephen Dorff incarnait alors l’arrogant et ambitieux vampire face à Wesley Snipes).

    Intégré à la collection Marvel Anime (2010-2011), qui adapte également les aventures de Iron Man, Wolverine et les X-Men avec une approche japanime, Blade propose d’impressionnants combats au katana, lui qui a été entraîné par un maître samouraï et un certain Noah Van Helsing. On peut en revanche lui reprocher un trop-plein de dialogues, qui nuisent au rythme et à l’action. On reconnaîtra d’ailleurs en version japonaise le timbre de Akio Ōtsuka (également interprète de Solid Snake dans les Metal Gear) dans le rôle-titre, et côté US la voix de Harold Perrineau (Roméo + Juliette, la série From). A recommander aux fans de Hellsing (2001-2002), Blood: The Last Vampire (2009) et Castlevania (2017-2021).

    Deadpool & Wolverine (2024)

    Attention, ça va spoiler ! Et en même temps, vous vous doutez bien que si Deadpool & Wolverine (2024) est intégré à cette liste, c’est que Blade doit traîner quelque part. C’est en effet l’une des très belles surprises du long métrage : le grand retour de super-héros sacrifiés par leurs studios et laissés dans le Vortex où pourrissent les franchises abandonnées. En l'occurrence Elektra (Jennifer Garner), Gambit (Channing Tatum), X-23 (Dafne Keen), La Torche Humaine (Chris Evans)... et Blade en personne.

    Pour ce come-back aussi improbable que jouissif, Wesley Snipes reprend le manteau noir, les lunettes et le sabre. Et on adore ! Mais il ne faut pas non plus s’emballer : il est peu probable que le tueur de vampires soit rappelé par la suite dans le Marvel Cinematic Universe (contrairement à Gambit qui, lui, reviendra dans Avengers Doomsday en 2026). Et en même temps, dans un multivers désormais bien accepté des spectateurs, tout est possible ! Mais à 63 ans passé, pas certain que Wesley Snipes soit partant pour reprendre la chasse. Il faut donc apprécier cette apparition clin d'œil pour ce qu’elle est : un très beau cadeau méta offert aux fans Marvel par Ryan Reynolds.

    Marvel Zombies (2025)

    Décidément, derrière ses airs de tueur impassible et badass, Blade aime bien faire des surprises ! Et après son apparition dans Deadpool & Wolverine (2024), il s’est invité dans la série animée Marvel Zombies (2025). Avec un rôle beaucoup plus central, lui qui se joint à la bande de survivants formée par Miss Marvel, Ironheart, Kate Bishop, Yelena Belova, Red Guardian, Shang-Chi, Valkyrie, Katy, Jimmy Woo, John Walker et Ant-Man/Strange. Comme le titre du show l’indique, on est ici en pleine apocalypse de morts-vivants dont les hordes affamées sont au service des sombres projets de Scarlet Witch.

    Suite directe d’un épisode de What If… ? (2021-), Marvel Zombies explore le pan horrifique du MCU, déjà abordé dans Doctor Strange and the Multiverse of Madness (2022) et Werewolf at Night (2022). L’occasion pour les aficionados d’apprécier quelques scènes graphiques (la série n’est pas pour les enfants !) et de voir certains héros Marvel transformés en goules (Hawkeye et Captain America, notamment). Doublé par Todd Williams, Blade est ici proposé dans une itération inédite, qui le voit endosser le costume de Moon Knight et accueillir l’esprit du dieu égyptien Khonshu. Ses aptitudes au combat, en revanche, sont les mêmes : mortelles. Si vous voulez le voir jouer du katana, vous allez être servi. En revanche, comme Eyes of Wakanda (2025), on regrette la trop grande place laissée aux combats. Personnellement, je me suis senti trèèèèèèès vieux devant ce spectacle !

    Blade (prochainement)

    Verra t-on le nouveau Blade un jour ? Ce qui avait été LA grosse annonce Marvel en 2019, avec l’engagement de Mahershala Ali dans le rôle, est depuis resté au point mort, malgré une introduction (vocale) du personnage dans la scène post-générique des Éternels (2021). Entre-temps, les réalisateurs se sont succédés et le scénario a connu une valse incessante de réécritures. Au point que le film n’est désormais même plus sur le calendrier des sorties du studio ! Il faudra donc être (très) patient, alors qu’une sortie est espérée au mieux en 2028. Soit près de dix ans après l’annonce du projet. Vous avez dit sang pour sang frustrant ?

  • Jane Austen : les 10 meilleurs films et séries adaptés de ses romans

    Jane Austen : les 10 meilleurs films et séries adaptés de ses romans

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    2025 marque les 250 ans de la naissance de Jane Austen. Pour l’occasion, de nombreux événements ainsi que des séries et des films en rapport avec le travail de l'écrivaine ont été annoncés. Et comme par un heureux hasard, cette année marque également le vingtième anniversaire de l’une des adaptations les plus plébiscitées de l'auteure britannique : Orgueil et Préjugés (2005), réalisé par Joe Wright.

    Parallèlement, Focus Features a annoncé il y a quelques semaines qu’une nouvelle adaptation de Raison et Sentiments allait bientôt voir le jour : le casting inclut notamment Daisy Edgar-Jones, Esmé Creed-Miles, George Mackay, Caitríona Balfe et Fiona Shaw. Orgueil et Préjugés fera également l’objet d’une nouvelle adaptation, cette fois par Netflix, avec Emma Corrin and Jack Lowden dans les rôles respectifs de Lizzy Bennet et Mr. Darcy.

    Autant de bonnes raisons pour vous proposer ce guide JustWatch, qui vous permettra de faire le point sur les dix meilleures adaptations des romans de l’illustre femme de lettres. 

    Orgueil et Préjugés (2005)

    Réalisée en 2005 par Joe Wright, l’adaptation cinématographique d’Orgueil et Préjugés, qui est sans doute le roman le plus connu de Jane Austen, vient de fêter ses 20 ans. A cette occasion, le film est ressorti sur grand écran aux États-Unis, et un bal a même été organisé pour les fans, qui étaient bien sûr au rendez-vous. Avec Keira Knightley et Matthew Macfadyen, cette adaptation recèle de moments qui sont devenus tout simplement cultissimes auprès des fans, allant du fameux « hand flex » de Mr. Darcy alors qu’il vient de toucher la main de Lizzie, à son apparition romanesque à travers la brume matinale, avec en fond la fabuleuse bande musicale de Dario Marianelli. Cette adaptation a reçu quatre nominations aux Oscars en 2006, dont une citation comme Meilleure actrice pour Keira Knightley.

    Emma (2020)

    Emma est l’un des romans de Jane Austen les plus adaptés à l’écran. La version de 2020 de la réalisatrice Autumn de Wilde ne fait pas l'unanimité auprès des fans, mais elle possède une magnifique photographie, de belles performances et une bande originale atypique qui peut ravir un amateur de romance historique, même s’il ne connaît pas le livre original. Dans Emma, Anya Taylor-Joy campe le rôle de la très souvent orgueilleuse mais néanmoins charmante Emma Woodhouse. Chaque lecteur de Jane Austen peut préférer une certaine interprétation d’Emma, et bien que celle-ci soit souvent être considérée comme étant trop proche des défauts de l’héroïne et pas assez de ses qualités, cette adaptation reste suffisamment originale pour qu’on passe un très bon moment en la regardant avec une tasse de thé et un scone. 

    Emma, l’entremetteuse (1996)

    Dans les années 90, Gwyneth Paltrow s’est essayée aux drames historiques anglais à plusieurs reprises, et l’une de ses performances les plus connues reste son interprétation d’Emma dans Emma, l'entremetteuse (1996). Paltrow réussit la plupart du temps à capturer toutes les contradictions de ce personnage tant apprécié des fans de Jane Austen. Cette adaptation de Douglas McGrath, où l’actrice joue aux côtés d’Ewan McGregor et Toni Collette, est parfaite pour une séance cinéma lors d’une journée printanière, et vous donnera sans aucun doute envie de passer le reste de la saison à faire des pique-niques au milieu de campagne anglaise. L’alchimie entre Gwyneth Paltrow et Jeremy Northam, qui joue le rôle de Mr. Knightley, reste pour moi l’un des points forts de cette version.

    Emma (2009)

    La dernière adaptation d’Emma (2009) de ce guide n’est pas un film mais une mini-série réalisée par la BBC, avec Romola Garai dans le rôle de la fameuse entremetteuse. Cette fois-ci, l'interprétation de l’actrice fait en général l'unanimité auprès des fans, car son interprétation réussit parfaitement à trouver la balance entre le côté parfois détestable du personnage et ce charme incontestable qui la rend si magnétique. Romola Garai a d’ailleurs reçu une nomination au Golden Globe de la meilleure actrice. Elle y joue aux côtés de Jonny Lee Miller dans le rôle de Mr. Knightley et de Michael Gambon dans le rôle de Monsieur Woodhouse. 

    Raison et Sentiments (1995)

    Réalisé par Ang Lee, ce film est sans aucun doute l’une des meilleures adaptations – et l’une des plus adorées – de la romancière. Raison et Sentiments (1995) a été écrit par Emma Thompson elle-même, qui joue également aux côtés d’un casting 5 étoiles, incluant Kate Winslet, Hugh Grant et Alan Rickman. Le film a été nommé pour pas moins de 7 Oscars en 1996, et Emma Thompson remporta celui du Meilleur scénario adapté. Non seulement Ang Lee filme cette histoire avec toute la grâce et l'élégance nécessaire lorsqu’on s’attaque au travail de Jane Austen, mais il fait également appel à la crème de la crème du cinéma britannique, et obtient l’une des premières grandes performances de Kate Winslet, âgée tout juste de 19 ans à l'époque.

    Orgueil et Préjugés (1995)

    Orgueil et Préjugés (1995) est régulièrement mis en compétition avec celui de 2005. Ici, c’est Colin Firth et Jennifer Ehle qui jouent respectivement les rôles de Mr. Darcy et Lizzie Bennet. Cette adaptation en six épisodes permet au scénario de s’attarder sur un grand nombre de détails et de nuances de l’histoire, qu’un film ne pourrait pas forcément aborder en 2 heures de temps. Cette série n’est d’ailleurs pas en manque de moments iconiques, qui peuvent sans aucun doute rivaliser avec certaines scènes du long métrage de 2005, notamment la fameuse scène où Mr. Darcy ressort trempé d’un lac. Une séquence qui est devenue culte et qui a souvent été reprise dans l'univers de la pop culture, comme dans Bridgerton (2022-). 

    Mansfield Park (2007)

    Mansfield Park bénéficie de peu d'adaptations, mais le téléfilm de 2007 est sans doute la plus proche du roman éponyme de Jane Austen. Billie Piper joue le rôle de Fanny Price, issue d’une famille pauvre et qui à l'âge de 10 ans est envoyée chez son oncle et sa tante – très riches – vivant à Mansfield Park. Comme dans la plupart des romans de Jane Austen, notre héroïne principale devra apprendre à naviguer entre sentiments amoureux et mépris de classe. Bien que de nombreuses parties importantes de l’histoire manquent et que le casting n’est pas forcément fidèle aux personnages selon certains fans, Mansfield Park reste tout de même une adaptation à ajouter à sa watchlist si l’on aime les drames historiques en règle générale. Bien que je trouve de nombreux défauts à ce film, notamment par rapport au livre, il est tout de même possible de l'apprécier, simplement pour son casting ou son histoire d’amour romanesque. 

    Bienvenue à Sanditon (2019-2023)

    Sanditon est le dernier roman inachevé de Jane Austen, puisque l’écrivaine est décédée quelques mois après avoir entamé cette nouvelle histoire. L'adaptation en trois saisons de cette histoire est donc principalement imaginée par les scénaristes. Certains personnages secondaires deviennent principaux, et d’autres sont inventés de toute part. Pourtant, Bienvenue à Sanditon (2019-2023) est une série charmante, voire addictive si vous êtes fan de romances historiques. Portée par Rose Williams et Theo James, elle est également parfaite à regarder pendant l’été, puisque Sanditon est une petite ville balnéaire de la côte anglaise, où se rend notre héroïne, Charlotte Heywood. Elle y découvre une nouvelle vie, de nouveaux amis et rivaux, ainsi que de nouveaux prétendants. C’est une série incontournable pour les fans de drames historiques, surtout lorsque s’y glisse une relation « enemies to lovers », joliment portée à l'écran par les deux acteurs principaux. 

    Northanger Abbey (2007)

    Ce film est généralement plébiscité pour sa fidélité au roman, même si sa courte durée a forcément un impact sur la présence de certains éléments du livre. Emmené par Felicity Jones et Carey Mulligan, Northanger Abbey (2007) suit l'histoire de Catherine Morland, une jeune fille de 17 ans qui quitte son village afin de se rendre à Bath pour la saison. Parfois plus gothique que romantique, cette adaptation est parfaite pour une journée d’automne, car dans Northanger Abbey, Jane Austen reprend tous les codes des romans gothiques (même si cela tend parfois à être du domaine de la parodie de la part de l'écrivaine). Là encore, l’alchimie entre Felicity Jones en Catherine Morland et JJ Feild en Henry fait pour moi de ce tandem l’un des meilleurs couples de Jane Austen portés à l'écran. 

    Persuasion (2007) 

    Comme pour chacune de ces adaptations, l'interprétation du personnage principal, ici campé par Sally Hawkins dans le rôle d’Anne Elliot, plaira – ou pas – aux lecteurs. Cependant, cette adaptation reste relativement très appréciée et indispensable pour n’importe quel fan de romance historique. Anne Elliot est une jeune aristocrate qui, à l'âge de 19 ans, se laisse persuader de rompre ses fiançailles avec un officier de marine, jugé trop peu convenable. Pourtant, Anne retrouve ce grand amour quelques années plus tard, alors que l’officier est devenu le Capitaine Wentworth. Dans Persuasion (2007), la relation et l'alchimie entre Anne et le Capitaine est souvent jugée comme étant très juste et fidèle au livre. Personnellement, je trouve Sally Hawkins très envoûtante dans ce rôle, qui reste pour moi l’une de ses meilleures performances.

  • « F1 » : 5 films qui courent dans la même catégorie que Brad Pitt

    « F1 » : 5 films qui courent dans la même catégorie que Brad Pitt

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Avec F1® Le Film (2025), Brad Pitt vient de franchir la ligne des 3 millions d’entrées, s’offrant la troisième marche du podium de ses succès personnels au box-office français (derrière Ocean’s Eleven et Se7en) et la deuxième place du Top annuel 2025 (derrière Lilo & Stitch). Un triomphe public qui vient saluer une plongée immersive dans l’univers de la Formule 1, tournée sur de véritables circuits et dans de vrais bolides aux quatre coins de la planète.

    Dans la lignée de son Top Gun : Maverick (2022), le réalisateur Joseph Kosinski confronte un jeune pilote (Damson Idris) à un vieux « briscard » du bitume (Brad Pitt) qui va lui prodiguer ses conseils et lui transmettre son expérience et sa philosophie. Cet anti-héros au corps abîmé par des décennies de courses a d’ailleurs des agissements parfois un peu surprenants -et même assez peu glorieux- notamment quand il accroche volontairement ses concurrents pour recoller au peloton… Mais bon, c’est Brad Pitt, on lui pardonne !

    Si vous avez apprécié ce spectacle vrombissant, JustWatch vous propose une sélection de 5 longs métrages à (re)découvrir pour y retrouver le même esprit, que ce soit dans et hors de l'habitacle. Ce n’est pas toujours de la F1 -que les puristes me pardonnent pour cela- mais il y a des voitures, des drapeaux à damiers, des outsiders, des champions, des victoires, des défaites, de l’émotion… et beaucoup de vitesse !

    Jours de tonnerre (1990)

    Si le nom de Cole Trickle vous parle, c'est que vous avez vibré devant Jours de tonnerre (1990). Devant la caméra intense et dynamique de Tony Scott (qui refait un peu ici son propre Top Gun dans l’univers du sport automobile), Tom Cruise incarne ce pilote prometteur, tête brûlée qui va faire pas mal de dégâts sur les pistes NASCAR. Les conseils avisés de son directeur de course (génial Robert Duvall) vont alors lui permettre de passer d’outsider à champion. Spectaculaire et inspirant (j’ai « poncé » la VHS dans ma jeunesse, m’imaginant au volant du bolide jaune et vert Mello Yello), le long métrage rappelle beaucoup d’aspects de F1® Le Film (2025)... qui lui vole d’ailleurs quelques plans emblématiques ! On se dit même que Cole Trickle pourrait être un jeune Sonny Hayes (le personnage campé par Brad Pitt). D’ailleurs, le réalisateur Joseph Kosinski a révélé lui-même qu’il adorerait voir les deux personnages se rencontrer dans une suite/crossover entre les deux films. Le producteur Jerry Bruckheimer ayant œuvré en coulisses sur les deux blockbusters, cela pourrait bien se concrétiser… Moi j’ai hâte ! Pas vous ?

    Le Mans 66 (2019)

    En 2h33mn, Le Mans 66 (2019) raconte l’histoire vraie d’un ingénieur visionnaire et d’un pilote brillant, chargés par l’écurie Ford de livrer un véhicule capable de rivaliser avec les mythiques Ferrari sur le circuit des 24 heures du Mans en 1966. Sur le papier, on se dit que le sujet ne parlera qu’aux fans ultra-pointus de bagnoles et autres téléspectateurs d’Auto-Moto et Turbo… Et pourtant, à l’écran, le miracle opère ! Matt Damon et Christian Bale forment un duo parfait devant la caméra de James Mangold, qui trouve l’équilibre entre spectacle visuel (les séquences de courses sont impressionnantes, couronnées par les Oscars du montage et du son) et récit humain profond et touchant, avec des personnages sous tension pris dans une relation aussi amicale que conflictuelle face aux impératifs du sport-business. Malgré quelques inexactitudes historiques, on ne peut que recommander ce film qui a bien failli avoir… Tom Cruise et Brad Pitt comme stars ! Fou, non ?

    Cars 3 (2017)

    Cela peut surprendre de glisser un film d'animation dans cette sélection, et pourtant Cars 3 (2017) fait fortement écho à la dynamique des personnages de F1® Le Film (2025), en faisant de Flash McQueen un vétéran des circuits dépassé par la vitesse et la technologie de la nouvelle génération de champions. Le septuple vainqueur de la Piston Cup va alors accepter de s’engager sur la voie de la transmission, dans un émouvant passage de relais avec la fougueuse Cruz Ramirez. Effaçant un Cars 2 (2011) boursouflé de séquences d’action, d’espionnage et d’humour, cette troisième et ultime course permet aux studios Pixar de renouer avec l’esprit, la profondeur et l’émotion du premier Cars (2006). Le résultat est très réussi, et vous rappellera beaucoup Rocky Balboa (2006) / Creed (2015).

    Rush (2013)

    Avant que F1® Le Film (2025) ne s’impose comme la référence du film de Formule 1, il y a eu quelques tentatives comme Grand Prix (1966), Driven (2001) ou Michel Vaillant (2003) mais surtout Rush (2013). Centré sur la rivalité légendaire entre la McLaren du flamboyant James Hunt (Chris Hemsworth) et la Ferrari du méthodique Niki Lauda (Niki Lauda), le long métrage de Ron Howard (Apollo 13, 1995) est un biopic trop souvent oublié. Il brille pourtant par son interprétation, sa reconstitution des années 70, sa mise en scène sous tension des courses (la peur de l’accident plane en permanence et le crash du Nürburgring est terrifiant) et sa dramaturgie confiée au brillant Peter Morgan (The Queen, Frost / Nixon, The Crown). Le résultat est à la hauteur du duel entre les deux champions, comme l'est Borg/McEnroe (2017).

    Gran Turismo (2023)

    Quand Gran Turismo prend le départ en 2023, il est accompagné par beaucoup de scepticisme. Dont le mien. Il faut dire que la précédente adaptation de jeu vidéo de course, le poussif Need For Speed (2014), n’avait pas laissé que de bons souvenirs. Pourtant, le film de Neill Blomkamp (District 9, 2009) est une vraie bonne surprise, avec une histoire vraie mêlant jeune pilote outsider recruté sur consoles (Archie Madekwe), vétéran/mentor au grand cœur (David Harbour), enjeux impitoyables du sport-business et courses ultra-immersives. Ce qui n’aurait pu être qu'une énième transposition vidéoludique oubliable et une publicité géante pour Playstation est à l’arrivée un spectacle inspirant et touchant, qui fait découvrir au passage le parcours étonnant du gamer-pilote Jann Mardenborough. On peut notamment rapprocher le film du récent Rapide (2025), sorte de cousin français emmené par Paola Locatelli et Alban Lenoir.

  • Harry Potter : les films et séries des sorciers après la saga magique !

    Harry Potter : les films et séries des sorciers après la saga magique !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Au mois de septembre, c’est la rentrée scolaire pour tous les élèves de l’Hexagone. Mais aussi pour ceux de l’école de sorcellerie de Poudlard. Très précisément le 1er septembre de chaque année, jour incontournable du Wizarding World imaginé par J.K. Rowling qui voit le fameux train Hogwart Express quitter la voie 9 ¾ de la gare londonienne de King's Cross pour emmener les jeunes sorcier.es vers leurs études, entre parchemins, potions et « Wingardium Leviosa ». 

    Emmenée par le nouveau trio Dominic McLaughlin / Arabella Stanton / Alastair Stout, une nouvelle adaptation de l’univers vient de rentrer en tournage au format série pour une saison 1 qui fera assurément l’événement en 2026 sur HBO Max. A cette occasion, JustWatch vous ramène quelques minutes dans la Grande Salle de Poudlard pour vous dévoiler ce que sont devenu.es celles et ceux qui ont incarné les élèves depuis la fin de la saga cinématographique.

    Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint et les principaux Gryffondor, Serpentard, Serdaigle et Poufsouffle (dont Robert Pattinson, Hero Fiennes Tiffin et notre chère Clémence Poésy nationale) vous attendent dans ce guide forcément magique. Et aussi dans la réunion Retour à Poudlard qui avait enchanté les fans en 2022.

    Daniel Radcliffe (Harry Potter)

    Le rôle de Harry Potter, « le garçon qui a survécu », aurait pu être une malédiction pour Daniel Radcliffe, comme Luke Skywalker l’a longtemps été pour Mark Hamill. Le comédien a pourtant su rebondir, s’essayant à de nombreux genres : l’horreur (La Dame en noir, 2012), le fantastique (Horns, 2012 ; Docteur Frankenstein, 2015), le biopic (Kill Your Darlings, 2013 ; Weird: The Al Yankovic Story, 2022), le film d’aventures (Le Secret de la cité perdue, 2022), le film de braquage (Insaisissables 2, 2016), et des rôles intenses qui lui ont permis de casser définitivement son image de jeune sorcier (Swiss Army Man, 2016 ; Imperium, 2016 ; Jungle, 2017 ; Guns Akimbo, 2019). Sans oublier ses multiples personnages dans la série déjantée Miracle Workers (2019-2023). Bref, Daniel Radcliffe a fait du chemin !

    Emma Watson (Hermione Granger)

    Interprète de la studieuse et courageuse Hermione Granger, championne toute catégorie des interrogations-surprises et des « points pour Gryffondor », Emma Watson s’est mise au service de plusieurs cinéastes remarqués après son passage à Poudlard : Sofia Coppola (The Bling Ring, 2013), Darren Aronofsky (Noé, 2014), Alejandro Amenábar (Régression, 2015) ou Greta Gerwig (Les Filles du Docteur March, 2019). L’actrice, qui a donné vie à Belle dans l’adaptation Disney live de La Belle et la Bête (2017) et joué son propre rôle dans le très drôle C'est la fin (2013), a mis sa carrière en pause depuis 2020.

    Rupert Grint (Ron Weasley)

    Moins en vue que ses deux partenaires après la fin de la saga magique, Rupert Grint, alias Ron Weasley, a mis quelques années avant de retrouver des rôles marquants, essentiellement dans des séries. On l’a ainsi vu en gangster dans Snatch (2017-2018), en inspecteur face à John Malkovich dans ABC contre Poirot (2018), dans l’angoissante Servant (2019-2023) imaginée par M. Night Shyamalan (qui l’engagera par la suite dans le film Knock at the Cabin en 2023), et dans un épisode du Cabinet de curiosités de Guillermo del Toro (2022).

    Tom Felton (Drago Malefoy)

    Souvenez-vous : dans la lignée de son rôle du méprisable Drago Malefoy, meilleur ennemi d’Harry Potter à Poudlard, Tom Felton est celui qui maltraitait le pauvre César dans La Planète des singes : les origines (2011). Le comédien a poursuivi sa carrière entre musique et plateaux de tournage, apparaissant notamment dans les films en costumes Belle (2013), En Secret (2013) et Ophélie (2019), le survival Against the Sun (2014), le péplum La Résurrection du Christ (2016), le biopic A United Kingdom (2016), la série de science-fiction Origin (2018) ou les films de guerre The Forgotten Battle (2021) et Burial (2023). Les fans de l’Arrowverse l’ont également vu sous le costume de Julian Albert / Doctor Alchemy dans 17 épisodes de la saison 3 de Flash (2014-2023). A l’automne 2025, Tom Felton reprendra son rôle de Drago Malefoy à Broadway dans la pièce Harry Potter and the Cursed Child.

    Bonnie Wright (Ginny Weasley)

    La dernière image de Bonnie Wright dans Harry Potter est celle d’une maman regardant ses enfants partir vers Poudlard depuis la voie 9 ¾. Après la saga, l’interprète de Ginny Weasley a poursuivi sa carrière d’actrice (La Relève, 2013 ; Before I Sleep, 2013 ; Who Killed Nelson Nutmeg?, 2015) mais elle s’est surtout illustrée derrière la caméra en dirigeant plusieurs courts métrages et clips musicaux (pour Sophie Lowe, et Pete Yorn & Scarlett Johansson) sous la bannière de sa société de production BonBonLumiere.

    Harry Melling (Dudley Dursley)

    Dudley Dursley, c’est le personnage de la saga que tous les fans adorent détester. Le cousin capricieux et méprisable de Harry Potter est campé par Harry Melling, dont la carrière post-magie a surpris tout le monde. Le comédien, extrêmement versatile, est ainsi apparu chez James Gray (The Lost City of Z, 2016), les frères Coen (La Ballade de Buster Scruggs, 2018), Joel Coen (Macbeth, 2021) ou Harry Lighton (Pillion, 2025) et il a marqué les abonné.es Netflix en 2020 dans Le Diable, tout le temps, The Old Guard et surtout Le Jeu de la dame où il affronte Anya Taylor-Joy dans le rôle du champion d’échecs Harry Beltik.

    Robert Pattinson (Cédric Diggory)

    Est-il vraiment nécessaire de parler de l’après Harry Potter de Robert Pattinson ? L’interprète du charismatique Cédric Diggory, fauché par le Avada Kedavra lancé par Peter Pettigrew à la fin de La Coupe de Feu (2005), a par la suite eu sa propre saga, Twilight (2008-2012), dans le rôle du ténébreux et scintillant vampire Edward Cullen. Mais Robert Pattinson a très vite compris l’impasse que représentait le statut de « nouveau beau gosse d’Hollywood », et on l’a vite retrouvé chez David Cronenberg (Cosmopolis, 2012 ; Maps to the Stars, 2014), James Gray (The Lost City of Z, 2016), les frères Safdie (Good Time, 2017), Claire Denis (High Life, 2018), Robert Eggers (The Lighthouse, 2019), Bong Joon-ho (Mickey 17, 2025) ou Lynne Ramsay (Die My Love, 2025). Sans oublier bien sûr son rôle de Dark Knight dans The Batman (2022) et sa suite à venir, et une collaboration qui s’annonce fructueuse avec Christopher Nolan (Tenet, 2020 ; L’Odyssée, 2026). Et si c’était l’acteur le plus intéressant du moment ?

    Clémence Poésy (Fleur Delacour)

    Clémence Poésy s’est glissée sous l'uniforme de Fleur Delacour, la petite Frenchie qui représentait l'académie de magie Beauxbâtons dans la course à la Coupe de Feu. Depuis, elle mène une solide carrière entre la France et les Etats-Unis. Côté hexagonal, elle est apparue dans Le Dernier gang (2006), Le Grand Meaulnes (2006), Jeanne Captive (2011) et les séries Tunnel (2013-2018) et En thérapie (2021-2022). Côté anglo-saxon, elle s’est illustrée dans Bons Baisers de Bruges (2008), Tenet (2020), The Walking Dead : Daryl Dixon (depuis 2023) et… l’adaptation britannique de Dix pour cent (2022) dans son propre rôle.

    Stanislav Yanevski (Viktor Krum)

    Autre recrue internationale de Harry Potter le Coupe de Feu (2005), le comédien bulgare Stanislav Yanevski y a incarné Viktor Krum, champion de quidditch et représentant de l'institut Durmstrang dans la compétition entre les trois écoles de magie. Sa carrière, en pause depuis 2021, a essentiellement été marquée par un rôle dans Hostel, chapitre II (2007), où il se fait torturer de manière très gore par un riche client anthropophage (il se fait découper des steaks sur le corps par nul autre que Ruggero Deodato, le réalisateur de Cannibal Holocaust !).

    Katie Leung (Cho Chang)

    Elle a battu 3 000 candidates pour le rôle de Cho Chang, le premier amour (et premier baiser) de Harry Potter. Katie Leung, qui ne se destinait pas forcément à la comédie, y a pris goût, alternant entre théâtre, cinéma (The Foreigner, 2017 ; T2 Trainspotting, 2017 ; Locked Down, 2021) et télévision (Annika, 2021 ; La Mort à nu, 2023 ; La Roue du Temps, 2023). Elle a également été la voix anglaise de Caitlyn Kiramman dans Arcane (2021-2024) et rejoindra prochainement la saison 4 de La Chronique des Bridgerton dans le rôle de Lady Araminta Gun.

    Evanna Lynch (Luna Lovegood)

    Totalement lunaire et profondément attachante, l’étrange Luna Lovegood était campée par Evanna Lynch (choisie parmi 15 000 postulantes !) dans les derniers épisodes de la saga. La comédienne irlandaise a mené un parcours assez proche de celui de sa partenaire Katie Leung, entre les planches de la scène britannique, quelques courts et longs métrages (G.B.F., 2014 ; My Name Is Emily, 2016 ; Madness in the Method, 2019) et des apparitions télé (dont une troisième place à Dancing With The Stars en 2018, et le téléfilm Danny and the Human Zoo où elle a retrouvé James et Oliver Phelps alias les jumeaux Weasley en 2015).

    James & Oliver Phelps (Fred & George Weasley)

    Les jumeaux James et Oliver Phelps sont indissociables de la saga magique, qu’ils ont souvent représentée dans divers événements, conventions et parcs d’attractions. Les fans peuvent les apercevoir dans un épisode de la série Kingdom (2007-2009), dans le téléfilm Danny and the Human Zoo (2015) ainsi que dans l’envoûtant thriller Last Night in Soho (2021) d’Edgar Wright emmené par Thomasin McKenzie, Anya Taylor-Joy et Matt Smith, où ils jouent deux portiers.

    Jessie Cave (Lavande Brown)

    Avant de jouer les amoureuses transies de Ron Weasley (7 000 autres jeunes actrices rêvaient d'incarner l’intense et possessive Lavande Brown), Jessie Cave était apparue dans le film fantastique Cœur d’encre (2008). Après la saga Harry Potter, l’actrice anglaise a multiplié les petits rôles à la télévision tout en s’illustrant au cinéma dans De grandes espérances (2012) de Mike Newell et Tale of Tales (2015) de Matteo Garrone. Les fans de Black Mirror ont également pu la voir dans l’épisode 1 de la saison 4 de la série Netflix, Pendez le DJ, qui raconte comment un système algorithmique décide du début et de la fin des relations amoureuses.

    Matthew Lewis (Neville Londubat)

    Matthew Lewis est l’incarnation même de l’expression « la chenille deviendra papillon ». Dans le rôle du timide et effacé Neville Londubat, il a été au générique de tous les films de la saga Harry Potter, devenant celui qui tient tête aux Mangemorts lors de la bataille de Poudlard. Après cette parenthèse magique, il est devenu mannequin tout en poursuivant le métier d'acteur. On ainsi a pu le voir dans la comédie romantique Avant toi (2015) face à Emilia Clarke, le thriller Terminal (2018) aux côtés de Margot Robbie et les séries Bluestone 42 (2014), Ripper Street (2016) et Happy Valley (2016).

    Sean Biggerstaff (Olivier Dubois)

    Après avoir enseigné les subtilités du quidditch à Harry Potter sous le maillot du très sympathique capitaine Olivier Dubois (Oliver Wood en version originale), Sean Biggerstaff a mené une carrière dans le cinéma indépendant, apparaissant dans Cashback (2006) aux côtés d’Emilia Fox, Hippie Hippie Shake (2007) face à Sienna Miller et Mary Reine d’Ecosse (2013) où il donne la réplique à Camille Rutherford.

    Freddie Stroma (Cormac McLaggen)

    Le nom de Cormac McLaggen vous dit quelque chose ? C’est normal, puisque cet élève de Gryffondor est le rival de Ron Weasley au poste de gardien de quidditch… et un prétendant au cœur d’Hermione. Freddie Stroma a joué le personnage dans les trois derniers volets de la franchise Harry Potter, avant de s’envoler vers une carrière prometteuse marquée par quelques films (The Hit Girls, 2012 ; The Inbetweeners 2, 2014 ; 13 Hours, 2016) et surtout les séries Unreal (2015), Game of Thrones (il y joue Dickon Tarly en 2016), Time After Time (2017), La Chronique des Bridgerton (2020) et Peacemaker (2022) où il campe Vigilante.

    Hero Fiennes Tiffin (Tom Jedusor à 11 ans)

    Bad boy un jour, bad boy toujours… Hero Fiennes Tiffin, qui campait le jeune Tom Jedusor et futur Voldemort dans Harry Potter et le Prince de sang-mêlé (2009) est par la suite devenu le provocateur, cruel mais irrésistible Hardin Scott de la saga After, apparaissant dans les cinq chapitres adaptés des écrits d’Anna Todd. En 2024, il a pris les armes aux côtés de Henry Cavill dans Le Ministère de la Sale Guerre. Rappelons qu’à la ville, il n’est autre que le propre neveu de Ralph Fiennes, l’interprète de « Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ».

  • De « Stranger Things » aux « 4 Fantastiques », Joseph Quinn en 10 rôles !

    De « Stranger Things » aux « 4 Fantastiques », Joseph Quinn en 10 rôles !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Depuis son lancement, Stranger Things a révélé de nombreux talents. Déjà les frères Duffer bien sûr : le duo de scénaristes, qui a fait le bonheur de Netflix depuis 2016, est aujourd’hui courtisé par les grands studios et vient de signer un contrat d’exclusivité avec Paramount. Et devant la caméra, outre la mise en orbite tardive du talentueux et attachant David Harbour, la série a lancé les carrières de Millie Bobby Brown, Finn Wolfhard, Caleb McLaughlin, Gaten Matarazzo, Noah Schnapp, Natalia Dyer, Charlie Heaton, Joe Keery, Sadie Sink, Maya Hawke ou Dacre Montgomery. Et surtout d’un certain Joseph Quinn.

    En 2022, dans la saison 4, les abonné.es Netflix se prennent de passion pour l’acteur britannique et son personnage de métalleux au grand cœur, Eddie Munson. Un MTV Movie + TV Award de la Révélation de l’année plus tard, Joseph Quinn s’impose comme l’un des jeunes visages qui comptent et un vrai talent à suivre, et se retrouve de plus en plus sollicité par de grands réalisateurs et de grosses productions hollywoodiennes. Au point, aujourd’hui, de rejoindre l’écurie du Marvel Cinematic Universe et par la suite l’un des biopics les plus attendus des années à venir.

    Et si, parallèlement à la Pedro Pascal mania, on assistait à la naissance d’une Joseph Quinn mania ? Si vous aussi, vous vous enflammez aussi pour Joseph Quinn, JustWatch vous invite à rejoindre son fan club en listant les films et les séries incontournables qui ont marqué le parcours du comédien, classés du moins bon (tout est relatif) au meilleur rôle !

    10. Warfare (2025)

    Dans Warfare (2025), Joseph Quinn est plongé avec ses frères d’armes (Will Poulter, Cosmo Jarvis, Charles Melton, Noah Centineo…) dans un moment intense de la bataille de Ramadi, survenue en novembre 2006 en Irak. Piégé dans un bâtiment, un groupe de Navy SEALs américains va y affronter l’ennemi tout en soignant ses propres blessés, en attendant une potentielle exfiltration.

    Ultra-immersif et ultra-réaliste dans la lignée de films de guerre comme La Chute du faucon noir (2001), Du sang et des larmes (2013) et 13 Hours (2016), le long métrage réalisé par Alex Garland (Civil War, 2024) et l’ancien soldat Ray Mendoza (qui revisite ici sa propre expérience du combat) a été plébiscité par le public et la critique outre-Atlantique. Au sein de cette distribution chorale, Joseph Quinn se distingue dans le rôle d’un soldat gravement blessé, victime de douleurs terribles et d’un choc psychologique immense : ses hurlements et son regard unique où passent énormément de choses rend sa performance intense et inoubliable.

    9. Catherine the Great (2019)

    Habitué des rôles en costumes, Joseph Quinn fait face à l’immense Helen Mirren, alias Catherine the Great (2019), dans les quatre épisodes de la série HBO centrée sur l'Impératrice de Russie. Sous la supervision du scénariste et auteur Nigel Williams (à l'œuvre sur Elizabeth I en 2005, déjà avec Helen Mirren), le comédien campe le Prince Paul, ambitieux héritier du trône impérial en pleine rivalité avec sa propre mère.

    Là encore, les décors sont au diapason du casting pour un programme à recommander avant tout aux mordu.es d’intrigues de cour (Versailles, Marie-Antoinette, The White Queen, The White Princess), avec tout de même une pointe de modernité soap façon The Great (2020-2023) ou Bridgerton (2020). Comme à son habitude, Joseph Quinn propose une approche subtile, avec un personnage constamment tiraillé entre son ambition et ses failles.

    8. Sans un bruit : Jour 1 (2024)

    A défaut de livrer aux spectateurs le troisième volet de la saga post-apocalyptique initiée par Sans un bruit (2018), les studios Paramount font patienter les fans de l’univers avec un prequel sobrement baptisé Sans un bruit : Jour 1 (2024). Le film revient donc au moment où les créatures extraterrestres, ultra-sensibles aux sons, arrivent sur Terre, plongeant le monde dans le silence. Et en particulier la ville de New York, alors que le discret et froussard Joseph Quinn se joint à Lupita Nyong'o – et son chat – pour tenter de survivre dans la ville dévastée.

    Solide série B, le film abandonne la dynamique familiale des autres chapitres pour se concentrer sur l’association de deux êtres qui n’auraient jamais dû se rencontrer, avec une réelle émotion et des séquences immersives (la scène du métro est un bijou de tension). Bref, une séance idéale pour les fans de Bird Box (2018), 28 jours plus tard (2002) et Je suis une légende (2007), dans lequel Lupita Nyong'o et Joseph Quinn parviennent à faire passer énormément de choses par le regard.

    7. Gladiator II (2024)

    Dans Gladiator II (2024), Joseph Quinn devient lui-même un monstre : l’Empereur Geta, qui codirige Rome avec son jumeau Caracalla (Fred Hechinger). Sadiques et cruels, les deux frères apprécient particulièrement la violence des jeux du Colisée, et notamment les combats de gladiateurs (rhinocéros, bateaux, requins… tout y passe !). Habité et le regard fiévreux, Joseph Quinn rappelle notamment le Caligula (1979) incarné par Malcolm McDowell, même si le réalisateur Ridley Scott évoque plutôt Butt-Head et Johnny Rotten comme inspirations ! 

    Également emmené par Paul Mescal, Pedro Pascal, Connie Nielsen et Denzel Washington (qui offre un véritable récital à l’écran), ce péplum au budget énorme (entre 250 et 300 millions de dollars !) propose certes des séquences ultra-impressionnantes mais peine à rivaliser avec l’aura du premier Gladiator (2000). Reste un spectacle majeur, avec les stars incontournables du moment où la performance sadique de Joseph Quinn marque les esprits.

    6. Les 4 Fantastiques : Premiers pas (2025)

    Après la science-fiction, le film de guerre et le péplum, Joseph Quinn poursuit son parcours hollywoodien sans faute chez Marvel dans une origin-story au savoureux ton rétro-futuriste. Au sein de la famille super-héroïque des 4 Fantastiques : Premiers pas (2025), il est Johnny Storm alias la Torche Humaine, l’intrépide frère de Sue Storm capable de prendre feu, de manipuler les flammes et de voler à grande vitesse.

    Avant lui, Chris Evans (Les 4 Fantastiques, 2005) et Michael B. Jordan (Les 4 Fantastiques, 2015) s’étaient glissés dans le costume de la tête brûlée du quatuor. Joseph Quinn a toutefois promis que son approche du personnage diffèrerait de ces précédentes itérations : plus sensible, plus intelligent, plus empathique… mais toujours drôle !

    5. Les Misérables (2018)

    Habitué à transposer de grands classiques de la littérature pour le petit écran (Orgueil et préjugés, 1995 ; La Foire aux Vanités, 1998 ; Docteur Jivago, 2002 ; Raison et sentiments, 2008 ; Guerre et Paix, 2016), Andrew Davies s’attaque aux Misérables, qu’il décline en six épisodes pour la BBC en 2018. Avec la même approche que pour ses autres adaptations : décors et costumes majestueux et casting solide. On croise ici Dominic West (Jean Valjean), David Oyelowo (Javert), Olivia Colman (Madame Thénardier), Lily Collins (Fantine) ou Josh O'Connor (Marius)... et bien évidemment Joseph Quinn.

    Le comédien met ici sa beauté et son intensité au service d’Enjolras, leader de l’association révolutionnaire « Amis de l'A B C » décrit comme angéliquement beau dans le roman de Victor Hugo. Mais aussi -et surtout- son talent puisqu’il livre dans la deuxième moitié de la mini-série (épisodes 4, 5 et 6) une prestation charismatique et passionnée, avec toute la verve, l’héroïsme et le romantisme de ce militant idéaliste précédemment incarné par Aaron Tveit (Les Misérables, 2012), Lennie James (Les Misérables, 1998), Hervé Furic (Les Misérables, 1982) ou Serge Reggiani (Les Misérables, 1958).

    4. C.B. Strike (2020)

    Saviez-vous que J.K. Rowling, la créatrice de la saga Harry Potter, a écrit plusieurs romans policiers sous le pseudonyme de Robert Galbraith ? Rassemblés au sein de la collection Les Enquêtes de Cormoran Strike, les sept livres suivent le travail d’un détective privé et de sa fidèle secrétaire, et ont parallèlement été adaptés par la BBC One dans la série C.B. Strike. Quelque part entre Broadchurch (2013-1017), Sherlock (2010-2017), Les Enquêtes de Vera (2011-2025) et Dublin Murders (2019), la série propose tout ce qu’on aime dans le polar made in England, avec une petite touche de tension amoureuse façon Castle (2009-2016).

    Joseph Quinn apparaît dans la quatrième saison, qui transpose à l’écran le roman Blanc mortel (Lethal White), dans le rôle d’un jeune homme mentalement instable qui dévoile la mort d’une petite fille aux duo d’enquêteurs Tom Burke / Holliday Grainger. Sa prestation magnétique dans un rôle pour le moins complexe a marqué les spectateurs britanniques, quand bien même le comédien n’est que « de passage » dans la série.

    3 Dickensian (2015-2016)

    Voilà une pépite méconnue, qui devrait ravir les amatrices et amateurs de littérature britannique. Dickensian (2015-2016) propose en effet un parti-pris étonnant : rassembler les personnages imaginés par Charles Dickens dans une seule intrigue, dans le même quartier victorien, alors que l’inspecteur Bucket (Stephen Rea) mène l’enquête sur le meurtre de l’associé d’Ebenezer Scrooge. On y croise ainsi des héros issus de Un chant de Noël, Oliver Twist, La Maison d'Âpre-Vent, Le Magasin d'antiquités, L'Ami commun ou Les Grandes Espérances.

    C’est dans ce roman que Joseph Quinn trouve son premier grand rôle : sous le costume d’Arthur Havisham, il livre une prestation habitée et tragique, entre paranoïa et jalousie. Si le personnage était très secondaire dans le livre de Dickens, le comédien en fait un protagoniste marquant et tragique, dont il incarne la souffrance de manière nuancée et complexe.

    2 Retour à Howards End (2017)

    Après un rôle régulier dans la série Dickensian (2016) et un épisode de la saison 7 de Game of Thrones (2017), Joseph Quinn s’illustre dans les quatre épisodes de la mini-série Retour à Howards End (2017). L’adaptation BBC du roman de E.M. Forster suit les destins de trois familles dans l’Angleterre du début du XXe siècle. Face à Hayley Atwell, Matthew Macfadyen et Julia Ormond, l’acteur incarne Leonard Bast, un jeune homme idéaliste issu d’une famille ouvrière qui rêve de s’extraire de sa condition.

    Si cette nouvelle adaptation ne se hisse pas au niveau du film de 1992, elle est portée par une distribution solide et de magnifiques décors qui ne manqueront pas de ravir les amateurs de drames britanniques en costumes comme Les Vestiges du jour (1993), Gosford Park (2001) et l’incontournable Downton Abbey (2010-2015). Et Joseph Quinn y fait des merveilles, avec une proposition sensible et mélancolique.

    1. Stranger Things (2022)

    Cheveux longs, veste en jean, t-shirt frappé du logo Hellfire Club, doigts de métal dégainés : dans la saison 4 de Stranger Things, Joseph Quinn vole la vedette à tous les personnages (même Eleven !). Rebelle et attachant, son Eddie Munson, accusé à tort du meurtre d’une élève du lycée de Hawkins, va rejoindre la bande de Dustin et Cie pour prouver son innocence et affronter le maléfique Vecna. Jusqu'à un concert final apocalyptique face aux créatures du monde à l’envers…

    Véritable lettre d’amour au cinéma et à la littérature fantastique des années 80, teen-drama horrifique d’une générosité rare, la série Netflix est un phénomène pop mondial comme on n’en voit rarement : seules quelques shows comme Games of Thrones (2011-2018) et avant cela Friends (1994-2004) avaient eu un impact similaire sur les téléspectateurs. Et Joseph Quinn est un mini-phénomène au sein du phénomène : dès sa première scène, on devient immédiatement fan. Reviendra-t-il dans la saison finale ? Réponse en novembre 2025.

    BONUS - Les Beatles : le quadruple biopic-événement (prochainement)

    Du Rashōmon (1950) de Akira Kurosawa au Dernier Duel de Ridley Scott (2021), la variation autour d’un récit proposant plusieurs points de vue sur un même événement a toujours été passionnante à suivre. Sam Mendes (Skyfall, 2012) s’apprête encore plus fort avec son projet de biopic sur Les Beatles : quatre films dédiés à la formation légendaire, à raison d’un long métrage racontant leur histoire selon le regard de chaque membre du groupe. Joseph Quinn y jouera George Harrison face à Paul Mescal (Paul McCartney), Harris Dickinson (John Lennon) et Barry Keoghan (Ringo Starr). Découvrir la nouvelle vague du cinéma britannique dans la peau des « quatre garçons dans le vent » ? Dire qu’on a hâte serait un euphémisme ! Rendez-vous est pris pour le printemps 2028 ! Oui, il faudra être patient…

  • De « Freaky Friday » à « Mercredi » : les 10 meilleurs échanges de corps

    De « Freaky Friday » à « Mercredi » : les 10 meilleurs échanges de corps

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    C’est un sous-genre méconnu du cinéma : le body swap movie, ou « film d’échange de corps », a été abordé dès les débuts du cinéma (The Eye of Envy, 1917) avant de gagner en popularité et en récurrence après le succès de Un vendredi dingue, dingue, dingue / Freaky Friday (1976), emmené par une toute jeune Jodie Foster propulsée dans le corps de sa maman Barbara Harris.

    Depuis, la mécanique - à ne pas confondre avec le film de rajeunissement ou de vieillissement façon Big (1988) ou 30 ans sinon rien (2004) - est très régulièrement revisitée et réinventée sur grand et petit écran, le plus souvent dans des comédies. Mais pas uniquement. La preuve avec cette sélection spéciale body swap concoctée par JustWatch, pour découvrir les tentatives les plus réussies, marquantes ou étranges disponibles sur les plateformes de streaming en France. Bons visionnages… et bons échanges !

    10. Echange standard (2011)

    Il ne faut jamais faire de vœux quand on est alcoolisé ! Ryan Reynolds et Jason Bateman l’apprennent à leurs dépends dans Echange standard (2011). Le premier est un célibataire endurci qui se laisse porter par la vie. Le second est un papa entièrement dévoué à sa famille et à son travail. Et chacun rêve de vivre la vie de l’autre. Le destin (provoqué par… une envie pressante satisfaite dans une fontaine magique !) va alors leur permettre d’expérimenter cette possibilité et de se confronter à la réalité d’une autre vie fantasmée. Et quand le body swap est orchestré par le réalisateur de Serial noceurs (2005), l’humour est forcément au rendez-vous !

    Si Freaky Friday : Dans la peau de ma mère s’adressait à un public familial, Echange standard est clairement son pendant adulte, avec un script aux gags très crus concocté par les scénaristes de Very Bad Trip (2009). Si on aime les gags potaches façon Ted (2012) ou Crazy, Stupid, Love (2011), on rit donc beaucoup. En revanche, si on cherchait dans cette histoire un peu de la finesse d’un Family Man avec Nicolas Cage (dont le pitch façon « Et si… » est finalement très proche de ce body swap sur deux vies d’adulte très différentes) ou de la douceur du Baiser empoisonné (1992) avec Meg Ryan et Alec Baldwin, il vaut mieux passer son chemin.C’est d’ailleurs pour cela que Echange standard se place en dixième position de notre classement : le body swap est central, mais son humour en dessous de la ceinture peut vite être clivant et desservir le propos.

    9. Jumanji : Next Level (2019)

    Après le succès de Jumanji : Bienvenue dans la jungle (2017) qui réinventait le classique emmené par Robin Williams, Dwayne Johnson et sa bande vont encore plus loin en croisant gaming et body swap dans la suite. Baptisé Jumanji : Next Level (2019), le film redistribue à plusieurs reprises les rôles au fil de l’histoire, en faisant des protagonistes (et des deux seniors embarqués malgré eux dans cette nouvelle partie) un aventurier, une guerrière badass, un spécialiste des animaux, une voleuse émérite ou… un magnifique cheval. Sans qu’ils ne puissent contrôler ces « swaps ». C’est improbable, mais ça marche !

    Alors bien sûr, si on n’a pas accroché à la proposition du film de 2017 qui remplaçait le plateau du Jumanji original (1995) par un jeu vidéo, on pourra difficilement embarquer pour cette nouvelle partie. Et en même temps, il y a plus de personnages, un univers réinventé (la jungle laisse place au désert et aux montagnes) et surtout une belle réflexion sur l’amitié, la vieillesse, les regrets et le temps qui passe. A ce petit jeu, le tandem Dwayne Johnson / Kevin Hart (qui jouent Danny De Vito et Danny Glover) fonctionne à merveille. Il faut dire que l’alchimie entre les deux compères fonctionne très bien depuis Agents presque secrets (2016). Si l’effet de surprise n’est plus là, cette suite est plus aboutie et touchante que le précédent opus. Avec un mélange d’aventures et de comédie qui ravira les fans de Jungle Cruise (2021) et autres Secret de la cité perdue (2022).

    Mais dans un Jumanji, l’aventure prend clairement le pas sur le body swap, finalement un peu anecdotique : le film ne pouvait donc pas aller plus haut que la neuvième place.

    8. Freaky (2020)

    Freaky (2020), c’est en quelque sorte la version gore de Freaky Friday qui voit un terrifiant serial killer transféré dans le corps de l’une de ses victimes, cette dernière occupant désormais l’impressionnante carcasse de celui qu’on surnomme à juste titre « Le Boucher ». Poursuivie par la police, elle a 24 heures pour inverser le processus, sous peine de se retrouver coincée sous cette identité. Sachant que pendant ce temps-là, insoupçonnable sous les traits d’une innocente lycéenne, le criminel peut donner libre court à ses pulsions les plus violentes…

    Après avoir croisé l’horreur et la boucle temporelle avec Happy Birthdead (2017), Christopher Landon mélange avec la même réussite le slasher à la Halloween (2018) et le body swap. Son Freaky est un divertissement sanglant, décomplexé et drôle, qui vaut le coup d'œil pour ses mises à mort inventives et pour l’interprétation de ses comédiens principaux (Vince Vaughn et Kathryn Newton) dans un contre-emploi total. Voir ce visage d’ange commettre les pires atrocités et ce colosse (1m96) jouer les ados effrayées est assez savoureux. Il y a ici un dosage intéressant entre horreur et teen movie… mais qui pourra sans doute décevoir celles et ceux qui chercheraient surtout l’un des deux genres. Et un peu de fond.

    C’est justement la limite de cette proposition, qui ne va jamais au-delà du visionnage fun et popcorn. D’où cette huitième (mais honorable) place !

    7. Soul (2020)

    Sorti directement sur Disney+ en décembre 2020, Soul est une énième pépite animée des studios Pixar, déjà à l'œuvre sur Toy Story (1995), Ratatouille (2007), WALL-E (2008), Vice-Versa (2015) ou le poignant Coco (2017). Comme lui, Soul explore l’au-delà. Mais là où Coco abordait la mort, le deuil et le souvenir, Soul préfère célébrer la vie et tout ce qui donne du sel et du sens à l’existence. Et pour cela, on accompagne un pianiste de jazz tué dans un accident lors de son passage dans le « Grand Avant », où il croise 22, une âme qui n’a jamais saisi l’intérêt de vivre une vie humaine. Et c’est en lui faisant découvrir les petits bonheurs de la vie, lui dans le corps d’un chat et 22 dans son corps de musicien, qu’ils découvriront tous deux les réponses à leurs questions.

    En avril 2021, Soul repart avec deux statuettes dorées de la 93e cérémonie des Oscars : Meilleur film d’animation et Meilleure bande originale. Des prix qui viennent saluer l’audace narrative et visuelle de Pete Docter, déjà plébiscité pour Vice-Versa quelques années plus tôt, mais aussi la partition jazzy imaginée par le trio Trent Reznor / Atticus Ross / Jon Batiste. Car la musique -symbolisant la création, la passion et l’inspiration qui composent l’étincelle de la vie- est au centre d’un long métrage profond et touchant, qui parle aux petits comme aux grands, malheureusement passé un peu inaperçu en raison de sa sortie directement en streaming pendant la période COVID.

    Comme beaucoup de films Pixar, Soul est un bijou profond. Et dans un classement des films sur la vie et la mort, il arriverait bien plus haut : mais dans un Top 10 des body swap, qui n’est pas central dans le récit, la septième marche lui va bien !

    6. Get Out (2017)

    Avec Get Out (2017), Jordan Peele - qui signera par la suite Us (2019) et Nope (2022) - utilise le body swap pour nous glacer le sang. Et celui de son héros, un jeune homme afro-américain invité à rencontrer les parents de sa petite amie blanche le temps d’un week-end dans le domaine familial. En dire plus relèverait du spoiler malvenu (voire criminel). Mais si le film est dans cette liste, vous aurez compris qu’il y a du body swap dans l’air. Mais peut-être pas comme vous vous y attendez, alors que le long métrage prend des allures de cauchemar éveillé au fil du récit, avec en point d’orgue une séance d’hypnose qui a fait date. 

    Véritable claque, le film est un immense succès à travers le monde (255 millions de dollars de recettes pour un budget de 5 petits millions de billets verts), auréolé de l’Oscar du meilleur scénario original et d’une place dans le classement des 100 films incontournables du XXIe siècle publié par le New York Times. Car au-delà du film d’horreur, il y a dans Get Out un vrai commentaire social qui fait écho à des oeuvres comme Antebellum (2020) ou Them (2021-), et une ambiance malaisante qui monte crescendo, à l’image de Vivarium (2019) ou Substitution - Bring Her Back (2025). Et aussi, dans le même genre, La Porte des Secrets (2005), également très réussi.

    Alors pourquoi lui refuser le Top 5 ? Attention spoiler… Parce que le body swap n’est pas central dans Get Out : il ne porte pas le récit, il n’est « que » le twist final de ce dernier. Donc ambiance ultra réussie, oui, mais body swap trop en retrait (pour CE classement précis).

    5. Les Dissociés (2015)

    Qu’on se le dise, le body swap n’est pas uniquement réservé au cinéma américain. Côté français, il y a ainsi eu quelques tentatives, comme Le Sens de la famille (2021) qui voit l’ensemble de la maisonnée de Franck Dubosc et Alexandra Lamy changer de corps chaque nuit, ou L’un dans l’autre (2017) qui inverse les identités de Louise Bourgoin et Stéphane De Groodt. Mais la production hexagonale la plus réussie dans le genre n’est même pas sortie au cinéma ! Les Dissociés (2015), premier long métrage du collectif Suricate - Golden Moustache, est ainsi disponible gratuitement sur Youtube. Et c’est loin d’être sa seule qualité.

    Plus de 10 millions de visionnages ont salué cette comédie depuis sa mise en ligne en 2015. Le trio Raphaël Descraques / Julien Josselin / Vincent Tirel, présent devant et derrière la caméra, s’en donne à cœur joie dans cette histoire où un simple contact entre deux personnes dissociées provoque une inversion des personnalités. Court (1h15), efficace, ultra-inventif et très bien mené, le film est évidemment drôle mais également souvent touchant et toujours surprenant. Déjà grâce aux invité.es qui ne cessent de se succéder devant la caméra (Kyan Khojandi, Mcfly & Carlito, le Palmashow…), mais surtout grâce au jeu de son trio-vedette, qui change de corps de manière extrêmement crédible selon les situations. Au-delà des (très) nombreux fans de Golden Moustache/Studio Bagel, celles et ceux qui aiment l’esprit de Bref / Bref 2 (2011 & 2025) ou du Visiteur du Futur (2022) ne pourront qu’adhérer à la proposition.

    Un Top 5 sans film français, avouez que cela aurait été triste ! C’est un peu chauvin, certes, et je n’irai pas au-delà de la cinquième place. C’est déjà une belle exposition qui peut vous convaincre de donner sa chance à ces Dissociés qui sont, rappelons-le, visibles gratuitement. Et puis l’humour Suricate, qu’est-ce que c’est bon !

    4. Dans la peau d’une blonde (1991)

    De Diamants sur canapé (1961) à la saga La Panthère Rose (1963 - 1993) en passant par La Party (1968), Blake Edwards a été l’un des artisans majeurs de la comédie hollywoodienne. Quand il s’attaque au body swap avec Dans la peau d’une blonde (1991), il propose un film toujours aussi enlevé qui voit un imbuvable macho et incorrigible séducteur, tué par d’anciennes conquêtes trahies, être renvoyé sur Terre par le Diable dans la peau d’une femme pour gagner sa place au Paradis. A travers cette expérience, il/elle va porter un nouveau regard sur le beau sexe, l’amour et l’engagement.

    La blonde du titre, c’est Ellen Barkin. Actrice en vue dans les années 80 (Johnny Belle Gueule, Mélodie pour un meurtre), elle livre ici une performance assez géniale en rejouant les postures et attitudes d’une caricature de golden boy américain coincé dans la peau d’une femme. Dans la lignée de ses comédies Victor Victoria (1982) et Boire et déboires (1987), Blake Edwards interroge les stéréotypes, les rapports homme / femme, le sexisme et la misogynie, avec certes un peu moins d’élégance que ses films des années 60 mais une grande efficacité comique qui repose sur les quiproquos des situations, l’inversion des rôles et l’abattage de sa comédienne principale. Le tout porté par une morale qu’on jugera mièvre ou bienvenue, c’est selon. Bref, une pépite ‘90s à redécouvrir d’urgence.

    Parce qu’Ellen Barkin est une comédienne géniale mais un peu oubliée (sauf par les fans de la série Animal Kingdom, 2016-2022), parce que cette proposition féministe avant l’heure est très sympathique et parce que les films concept des années 90 sont à voir, on lui donne la quatrième place de notre classement ! 

    3. Freaky Friday : Dans la peau de ma mère (2003)

    C’est sans doute LE film le plus emblématique du body swap. Freaky Friday : Dans la peau de ma mère (2003) est une comédie Disney qui remet au goût du jour le Freaky Friday original de 1976. Devant la caméra du réalisateur de Lolita malgré moi (2004), Jamie Lee Curtis est une maman très sage sur le point de se remarier et Lindsay Lohan sa fille rock et rebelle. Les deux femmes ne se comprennent plus, ne s’entendent plus, ne se supportent plus. Mais grâce à la magie de fortune cookies chinois ingérés après un dîner théâtre d’une énième dispute, elles se retrouvent dans le corps l’une de l’autre et vont devoir apprendre à gérer cette situation improbable…

    Cette comédie familiale drôle et décalée est un pur produit des années 2000. Dans le style (la maman est un clone de Bree Van de Kamp, la fille une mini Avril Lavigne), l’humour et la bande-son pop-rock. Relativement sage (production Disney oblige), elle repose sur des stéréotypes très marqués, un comique de situation permanent et des quiproquos sympathiques qui permettent aux deux comédiennes de s’en donner à coeur joie. Avec une mention spéciale à Jamie Lee Curtis qui semble retrouver ses 15 ans. Entre Desperate Housewives (2004-2012) et une comédie teen à la College Attitude (1999), le film propose évidemment une belle morale sur la compréhension de l’autre. C’est d’ailleurs ce qui pourra déplaire aux allergiques aux productions Disney trop calibrées. Mais en tant que figure emblématique du genre, il aurait été injuste de ne pas intégrer Freaky Friday au tiercé de tête car TOUT ce qu’on aime dans le body swap est ici réuni !

    Succès au box-office (160 millions de dollars de recettes pour un budget huit fois inférieur !) et film culte de la décennie 2000, Freaky Friday : Dans la peau de ma mère donne lieu à une suite en 2025 (Freaky Friday 2 : Encore dans la peau de ma mère) où trois générations sont swappées ! A noter par ailleurs qu’un troisième Freaky Friday, produit en 2018, existe sur Disney+ : mais attention, il n’a aucun lien avec le film de 2003.

    2. Your Name (2016)

    Attention, chef d'œuvre ! Avec Your Name (2016), Makoto Shinkai livre un bijou animé qui voit Mitsuha, une jeune femme de la province japonaise, et Taki, un jeune homme vivant dans la frénésie tokyoïte rêver de la vie de l’autre, au point de partager des moments d’existence dans ce corps de substitution. Comme ces swaps sont totalement aléatoires, les deux protagonistes commencent à se laisser des messages pour tenter de comprendre ce qui leur arrive, et à nouer une relation profonde qui va mener Taki à une terrible découverte concernant cette « amie » inattendue…

    Envoûtant, poétique, romantique, sublime : les qualificatifs ne manquent pas pour célébrer ce conte unique en son genre, qui a propulsé son auteur comme un potentiel héritier de Hayao Miyazaki (Le Voyage de Chihiro, 2001) après le succès phénoménal du long métrage au Japon (c’est l’une des productions nippones les plus vues de l’histoire) et dans le monde entier. Conte écologique et réflexion sur le destin, le temps et la mémoire, Your Name fait évidemment écho à d’autres films de Makoto Shinkai comme 5 centimètres par seconde (2007), The Garden of Words (2013) ou Les Enfants du temps (2019). Les spectateurs transportés par la délicatesse et l’animation de La Traversée du Temps (2006) de Mamoru Hosoda ou Silent Voice (2018) de Naoko Yamada devraient également apprécier ce voyage.

    Contrairement à Soul, le body swap est ici au cœur du récit. Et contrairement aux films précédemment proposés, il y a une poésie, une subtilité, une finesse, une approche esthétique et un propos qui font définitivement de Your Name un incontournable pour petits et grands.

    1. Volte/Face (1997)

    Dans Volte/Face (1997), il n’est pas question de magie, de voeu ou de malédiction : l’échange de corps entre l’agent Sean Archer (John Travolta) et le criminel Castor Troy (Nicolas Cage) est volontaire (du moins pour le premier) et médicalisé, et vise à faire en sorte que l’enquêteur puisse récupérer des informations sur un futur attentat en se faisant passer pour le terroriste lors d’une immersion en prison. Mais il n’avait pas prévu que son pire ennemi se réveillerait de son coma et prendrait sa place dans les locaux de la CIA comme dans sa propre maison…

    Volte/Face est un condensé de tout ce qu’on adore chez John Woo depuis Le Syndicat du Crime (1986), The Killer (1988) et Une balle dans la tête (1989) : des gunfights impressionnants, des séquences d’action au ralenti… et des colombes ! Ce film, c’est finalement la rencontre entre le « gun-fu » (des fusillades filmées comme des ballets) popularisé par le réalisateur hongkongais et le divertissement hollywoodien dans ce qu’il a de plus généreux. Mais c’est surtout un numéro bluffant de deux comédiens qui s’amusent à se jouer l’un l’autre. Tel un Jekyll & Hyde, John Travolta est doux puis diabolique, face à un Nicolas Cage dans ses grandes heures de héros d’action : si vous l’avez aimé dans Rock (1996), Les Ailes de l’enfer (1997) et Snake Eyes (1998), vous allez l’adorer en Castor Troy !

    Cage joue Travolta et Travolta joue Cage pour John Woo : est-ce qu’il vous faut vraiment un autre argument pour justifier la première place de ce film aussi improbable que jouissif ??

    BONUS - Mercredi S2E6 (2025)

    Si vous êtes abonné.e à Netflix, vous avez pu constater que la plateforme aime régulièrement jouer avec le concept du body swap : on pense à la série Les 7 vies de Léa (2022-) qui voit une jeune femme revivre 1991 à travers sept personnes différents, à l’épisode Vendredi de m**** ! (S6E10) de Big Mouth (2017-2025) qui permute toutes les personnalités le temps d’une journée dingue, ou le k-drama Abyss (2019) qui croise réincarnation et échange de corps. Et il y a surtout l’épisode 6 de la saison 2 de Mercredi (2022-) dans lequel l’aînée des Addams va se retrouver dans la peau de sa camarade Enid Sinclair… et inversement !

    Ce switch malencontreux survient alors que Mercredi se rend de nuit sur la tombe de Rosaline Rotwood (incarnée par une Lady Gaga fantomatique et éthérée) pour la convaincre de lui rendre son don de voyance et refaire d’elle un « corbeau ». Cependant, quand le rituel est interrompu par Enid qui souhaite ramener son amie à Nevermore avant le couvre-feu, un surprenant prix est à payer pour les deux jeunes femmes : propulsées dans le corps l’une de l’autre, elles vont devoir faire bonne figure devant les autres élèves !

    C’est assez réjouissant de voir la délicieusement sinistre Jenna Ortega et la pétillante Emma Myers proposer autre chose, elles qui étaient tenues par les caractères très affirmés de leur personnage respectif depuis onze épisodes. Le chapitre S2E6 - Chacun son malheur leur offre ainsi une sympathique récréation, et on aime voir Mercredi -en réalité Enid- afficher un regard apeuré et des vêtements très colorés (auxquels elle fait une allergie !) quand Enid -habitée par Mercredi- affiche un comportement glacial à l’opposé de sa personnalité exubérante. Et ce sera l’occasion, pour les jeunes femmes, de mieux se comprendre et de porter un regard nouveau l’une sur l’autre. Du fun et de l’empathie : les ingrédients parfaits pour un body swap réussi !

  • Krypto superstar ! 11 films et séries où voir le superchien de Superman

    Krypto superstar ! 11 films et séries où voir le superchien de Superman

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Il a presque volé la vedette à David Corenswet dans le nouveau Superman (2025) : né dans les pages des comic-books en 1955, Krypto fait ses débuts au cinéma en prises de vues réelles dans la refonte de l’univers DC initiée par James Gunn.

    Tout en apportant un peu de légèreté bienvenue au long métrage, le cabot à la cape rouge a aussi amené les spectateurs à se mobiliser pour la cause animale, puisque les recherches liées à l’adoption de chiens ont bondi aux Etats-Unis depuis la sortie du film. Et notamment celles concernant les schnauzers !

    Vous aussi vous avez craqué pour Krypto ? Vous voulez découvrir le superchien dans d’autres super-aventures ? Avec ce guide JustWatch, vous saurez « toutou » sur les films et séries où il s’envole aux côtés de l’Homme d’Acier, listés dans l’ordre chronologique.

    Krypto le superchien (2005)

    Produite entre 2005 et 2006, cette série animée est entièrement consacrée à Krypto, qui débarque de Krypton pour être adopté par un jeune garçon (sans Superman, donc). Dans un style rétro rappelant les cartoons Hanna-Barbera (Scooby-Doo, Les Pierrafeu), on suit ses aventures durant 78 épisodes où il croise d’autres animaux, super ou non, dont Ace, futur chien de Batman qui l’intègrera dans la Dog Star Patrol. Le programme préfigure donc le film d’animation de 2022, mais aussi les crossovers de Scooby-Doo qui fonctionnent sur un ton similaire.

    Smallville - Saison 4 Episode 14 (2005)

    Pendant 10 saisons, Smallville (2001-2011) a raconté la jeunesse de Clark Kent (Tom Welling), sa rencontre avec Lana Lang, Lex Luthor et Lois Lane, et la découverte de ses pouvoirs. Sans jamais le montrer sous le costume de Superman, à l’exception des ultimes minutes de la série. Si cela a pu frustrer les fans, ils ont grandi aux côtés du super-héros pendant une décennie, à travers un show emblématique de l’esprit teen des années 2000, au croisement de Buffy (1997-2003) et Supernatural (2006-2020) pour l’approche « freak of the week » et Dawson (1998-2003) pour les amours adolescentes. Cette vibe si particulière, on la doit au tandem Miles Millar / Alfred Gough, à l'œuvre depuis sur Mercredi (2022-) pour Netflix.

    Au fil des 218 épisodes de Smallville, de nombreux personnages ont été introduits : Aquaman, Supergirl, Cyborg, Green Arrow, Martian Manhunter, Green Lantern, Ultraman, Batman… et Krypto ! En 2005, le superchien a ainsi eu droit à son propre épisode, sobrement baptisé Krypto. Le golden retriever, modifié en laboratoire dans le cadre d’une expérience à la kryptonite menée par LuthorCorp et doté d’une super force, y est utilisé par deux frères criminels pour leurs méfaits avant que Clark ne le libère et décide de l’adopter. S’il le baptise Shelby, en souvenir du chien de sa mère Martha, le patronyme « Krypto » est tout de même évoqué par le futur Superman comme une possibilité de nom avant d’être écarté. Et à la fin de l’épisode, après son bain, une serviette rouge posée sur le dos du cabot n’est pas sans évoquer la fameuse cape qu’il arbore dans les comic-books… 

    Superman/Batman: Apocalypse (2010)

    Les adaptations animées « matures » de l’univers DC sont souvent sombres et réussies. Superman/Batman: Apocalypse (2010) ne déroge pas à la règle, et confronte nos super-héros à une attaque menée par les légions de Doomsday et Darkseid contre la Terre. Krypto, moins sympathique que d'habitude, est présent le temps d’une scène -on le retrouvera également dans Batman and Superman: Battle of the Super Sons (2022)- dans la Forteresse de la Solitude, où il montre les crocs en voyant débarquer Kara Zor-El, la cousine de Kal-El / Superman, qui sera par la suite rebaptisée Supergirl.

    La super-héroïne est d’ailleurs ici le personnage central. Ce qui a pu surprendre certains fans qui ne s’attendaient pas à un triangle Superman / Batman / Supergirl servant d’origin story à cette dernière (doublée par Summer Glau, plébiscitée pour ses rôles dans Firefly et Arrow). Superman/Batman: Apocalypse est en tout cas une proposition de qualité au sein de l’écurie animée DC, avec un style graphique très réussi et des combats impressionnants, dans la lignée de longs métrages comme Superman/Batman: Public Enemies (2009), Justice League: Crisis on Two Earths (2010) ou Batman: The Dark Knight Returns (2012).

    Batman - L’Alliance des Héros - Saison 3 Episode 5 (2011)

    Krypto contre Superman ? C’est l’approche étonnante de cet épisode de la série Batman - L’Alliance des Héros (2008-2011) qui voit le superchien faire équipe avec le Chevalier Noir pour maîtriser son maître, contaminé par de la kryptonite rouge. Devenu un Superman maléfique saccageant Metropolis (dont il se proclame roi), il parvient à se défaire de Batman mais a plus de mal à lutter contre le superpouvoirs de son fidèle animal, similaires aux siens. Et c’est seulement après 24 heures qu’il finira par retrouver ses esprits. Krypto a donc sauvé la ville !

    Au-delà de cet affrontement improbable entre un super-maître et son superchien, la série animée L’Alliance des Héros a proposé durant trois saisons des collaborations ponctuelles entre le Dark Knight et différents personnages de l’univers DC. Volontairement léger, méta (les références pleuvent) et rétro, le show au design coloté et épuré tranche avec l’imagerie sombre habituellement associée au héros de Gotham City. Elle se rapproche en cela de La Ligue des justiciers : Action (2016) et propose quelques moments épiques, comme un Aquaman régulièrement en roue libre ou un épisode musical chanté par Neil Patrick Harris !

    La Ligue des justiciers : Action - Saison 1 Episode 51 (2016)

    Voilà une autre série animée rythmée, colorée, fun et résolument généreuse ! La Ligue des justiciers : Action (2016) n’a duré qu’une seule saison de 52 épisodes, mais elle a invité plus d’une centaine de personnages DC, héros et vilains, pour le plus grand plaisir des jeunes téléspectateurs qui ont pu profiter de réunions et affrontements parfois étonnants dans des épisodes très courts (une dizaine de minutes chacun). Bref, un excellent complément à Batman - L’Alliance des Héros, à réserver à un public jeunesse.

    Et Krypto dans tout ça ? Après une première courte apparition en milieu de saison, le superchien est au centre de l’avant-dernier épisode. Aux côtés de Plastic Man et du superchat Streaky, il affronte le redoutable félin Dex-Starr, aux ordres de Atrocitus et de ses Red Lanterns, qui menace de prendre le contrôle de la Tour de Guet de la Ligue des Justiciers. Mais quand la Terre est menacée, Krypto répond toujours présent !

    Teen Titans Go! (2018)

    Krypto s’est aussi invité dans Teen Titans Go!, lancée en 2013. Encore plus décalé que les deux précédentes séries animées, le programme est centré sur le quotidien et les mésaventures comiques et absurdes de Robin, Cyborg, Starfire, Raven et Changelin, également connus sous le nom des Jeunes Titans. Ultra-référencé et volontairement parodique (et même parfois irrévérencieux), le show est très identifié pour son style cartoon, son humour permanent et son rythme frénétique (voire hyperactif). Il est en cela proche de l’esprit Adventure Time (2010-2018) et Gumball (2011-2019).

    Au fil des épisodes (plus de 400 à ce jour !), Teen Titans Go! convie régulièrement d’autres personnages DC, à l’image du superchien de Superman. Il est ainsi apparu dans dix épisodes depuis la saison 5, dont un segment où il révèle être doté d’une voix humaine. Oui, Krypto est super fort, il vole, il a des yeux laser… et il parle ! L’animal est également au générique de l’adaptation cinéma, Teen Titans GO! Le film (2018), le temps d’une courte apparition.

    Titans - Saison 2 Episode 6 (2019)

    Pour celles et ceux qui préfèrent une version sérieuse et adulte de ces personnages, il y a la série Titans (2018-2023). Co-créé par Greg Berlanti (à l'œuvre sur tous les programmes de l’Arrowverse), le show tranche toutefois avec son imagerie sombre et son équipe de jeunes super-héros réunis autour de Dick Grayson/Nightwing (Brenton Thwaites). On est ici plus proche de Gotham (2014-2019), Gotham Knights (2023) et Doom Patrol (2019-2023) que des délires colorés des Teen Titans.

    Teasé dans la scène finale de la saison 1 de Titans, Krypto fait sa vraie première apparition en live action (le chien de Smallville n’était pas officiellement Krypto, souvenez-vous !) dans l’épisode 6 de la saison 2. Aux côtés du Sujet N°13, qui se baptise lui-même Conner et qui s’avèrera être une création génétique hybride mêlant les ADN de Superman et Lex Luthor développée par Cadmus Laboratories, le superchien ne quitte pas ce compagnon humain d’une semelle et l’aide à affronter ses poursuivants grâce à ses superpouvoirs. Mais une cage ou une laisse en kryptonite peuvent rapidement contrecarrer ses facultés…

    Krypto et les Super-Animaux (2022)

    Dans Superman (2025), Krypto est un chien qui aboie : dans Krypto et les Super-Animaux (2022), il donne carrément de la voix. Et pas n’importe laquelle puisque c’est Dwayne Johnson qui incarne le labrador retriever aux côtés du molosse Ace, de la tortue Merton, du cochon PB, et de l’écureuil Chip, qui se retrouvent tous dotés de super-pouvoirs. La mission de cette Justice League à quatre pattes : mettre hors d’état de nuire Lex Luthor… et son cochon d'inde !

    Production ambitieuse sortie au cinéma à grands renforts de marketing (et avec un casting vocal all star où les fans ont notamment pu apprécier Keanu Reeves en Batman), le film d’animation croise habilement l’univers DC avec une approche à hauteur d’animaux façon Comme des bêtes (2016). De quoi satisfaire le jeune public, cible principale du long métrage, mais aussi leurs parents qui apprécieront les nombreuses références, l’humour mais aussi l’émotion du récit (notamment à travers le personnage de Ace). Et pour une fois, Krypto n’est pas qu’un faire-valoir : le superchien et ses super-compagnons sont au premier plan, et les super-humains sont relégués au second.

    Scooby-Doo et Krypto ! (2023)

    Réunir deux des chiens les plus célèbres du bestiaire animé : c’est le concept de ce crossover étonnant imaginé par le studio Warner Bros. Dans Scooby-Doo et Krypto ! (2023), la Ligue des Justiciers a mystérieusement disparu, des super-méchants envahissent Metropolis et des fantômes font leur apparition. Il n’en faut pas plus pour que Fred, Daphné, Velma, Sammy et Scooby-Doo soient appelés à la rescousse. L’occasion pour le toutou froussard de faire la connaissance du super-compagnon de Superman, et aux deux univers de se croiser pour le plus grand plaisir des fans.

    Étrangement ici, Scooby parle… mais pas Krypto. Qu’à cela ne tienne, on appréciera cette rencontre pour ce qu’elle est : un long épisode de Scooby-Doo parsemé de références DC, où tous les personnages ont leur petit moment pour briller. Il ne faut donc pas s’attendre à une animation révolutionnaire ni à un scénario qui sort du traditionnel schéma narratif des enquêtes de la joyeuse bande de Mystère et compagnie. Si vous avez aimé des crossovers comme Scooby-Doo! et la folie du catch (2014), Scooby-Doo! et Batman : L'alliance des héros (2018) ou Scooby-Doo et compagnie (2019–2021), vous ne pourrez que valider !

    Superman & Lois - Saison 4 Episode 10 (2024)

    Smallville explorait la jeunesse de Superman, Lois & Clark (1993-1997) jouait la carte de la romance entre les deux personnages : Superman & Lois (2021-2024) raconte la vieillesse de L’Homme d’Acier, du moins sa vie de parent aux côtés de sa chère et tendre. Portée par le joli duo Tyler Hoechlin / Bitsie Tulloch, la série met (un peu) de côté les aventures super-héroïques pour se concentrer sur la dynamique familiale du couple et ses jumeaux. Certains ont ainsi comparé le show à un This Is Us (2016-2022) de l’univers DC. Bref, il ne faut pas le regarder pour ses scènes d’action, mais plus pour une variation dramatique autour des personnages.

    Et c’est aux côtés d’un Superman vieillissant et veuf -Lois a succombé à un cancer- qu’on retrouve Krypto dans le dernier épisode de la série. Sous l’apparence d’un golden retriever sans pouvoir particulier, le chien accompagne Clark Kent sur la fin de son existence, dans ses siestes, en promenade ou sur le porche de la maison familiale à admirer les couchers de soleil. Cette conclusion émouvante brille par sa simplicité, sa douceur et sa mélancolie. Et surtout par sa profonde humanité, avec un Homme d’Acier confronté au temps qui passe. Une force contre laquelle ses super-pouvoirs ne peuvent rien. Bref, un final super… poignant.

    Superman (2025)

    Krypto existe vraiment. Ou presque. C’est en effet le propre chien du réalisateur James Gunn, baptisé Ozu, qui a inspiré le comportement du superchien (généré par ordinateur) qui accompagne Clark Kent / Superman dans ce premier chapitre de l’arc Gods and Monsters. Facétieux, joueur, inarrêtable et indestructible (il a les mêmes pouvoirs que son maître) mais toujours craquant, Krypto intervient à plusieurs moments clés de Superman (2025), que ce soit pour sauver le héros et le ramener vers la Forteresse de la Solitude au début du long métrage ou pour l’aider au cours de ses différents affrontements contre Lex Luthor et autres.

    Joli succès critique et public, cette première pierre du reboot de l’univers DC et de l’arc Gods & Monsters initiés par James Gunn a consacré un nouveau Superman crédible. C’était compliqué de remplacer Henry Cavill, et David Corenswet y parvient avec les honneurs en incarnant un héros plus humain, plus vulnérable aussi. Léger et pop (et un peu politique, tout de même), le film tranche avec l’approche sombre de la Justice League de Zack Snyder et introduit des personnages moins connus de l’écurie DC, comme Mister Terrific, Green Lantern et Hawkgirl. Et Krypto, donc, qui ne cesse de voler au secours de son super-maître.

  • « Chair de Poule » et tous les films et séries adaptés de R.L. Stine

    « Chair de Poule » et tous les films et séries adaptés de R.L. Stine

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Depuis près de 40 ans, R.L. Stine terrorise chaque nouvelle génération de jeunes lectrices et lecteurs avec ses innombrables histoires de monstres, de fantômes, de pantins, de zombies, de tueurs et de malédictions.

    Avec des collections comme Chair de Poule (ou Goosebumps, pour les puristes), Fear Street, Mostly Ghostly, Aux portes du cauchemar ou Point Horror, celui qu’on surnomme le « Stephen King des enfants » a vendu plus de 400 millions d’exemplaires de ses livres, traduits dans une trentaine de langues à travers le monde. De quoi, forcément, inspirer le grand et le petit écran à partir des années 90.

    Si vous préparez le prochain Halloween, si vous voulez offrir quelques frissons à vos enfants ou si vous avez envie de replonger dans les cauchemars concoctés par R.L. Stine, une grande partie de l’univers imaginé par l’auteur est disponible sur vos plateformes de streaming en France. Alors suivez le guide JustWatch… si vous osez !

    Chair de Poule (1995-1998)

    Le Masque hanté, L'Horloge maudite, La Colo de la peur, Le Pantin maléfique, Sous-sol interdit, La Colère des citrouilles, Le Souffle du vampire, La Machine à écrire… Autant de titres qui résonnent avec nos souvenirs de lecteurs mais aussi de téléspectateurs ! Car parallèlement à la publication des romans de R.L. Stine, qui confrontent des ados à des phénomènes étranges et inquiétants, la série anthologique Chair de Poule (1995-1998) a transposé à l’écran les principaux titres de la collection. Durant quatre saisons et 74 segments, à raison d’un épisode (parfois deux) par histoire, le générique culte du programme a résonné comme une invitation au frisson pour le jeune public.

    Ce jeune public a grandi depuis, mais garde souvent un souvenir ému de ce rendez-vous, véritable madeleine de Proust télévisuelle qui a été la porte d’entrée vers le fantastique et l’horreur (gentille) pour de nombreux téléspectateurs et téléspectatrices. La série (souvent un peu cheap et parfois portée par un jeu d’acteur approximatifs, jeunes interprètes obligent) distille ce qu’il faut de frissons pour un public jeunesse, avec un bon équilibre entre peur et rire et une grande fidélité aux écrits de Stine. On est ici dans la même ambiance que les séries Fais-moi peur ! (1992) ou Aux frontières de l'étrange (1999-2001)

    Aux portes du cauchemar (2001-2002)

    « Quand la lumière disparaît et que la Lune se lève, tout peut arriver… » Après les romans Goosebumps, R.L. Stine se lance dans l’écriture d’une autre collection horrifique, abordant plus spécifiquement les peurs d’enfants et les cauchemars. « Ne vous endormez pas ! » avertit le générique de Aux portes du cauchemar (2001-2002), plus sombre et inquiétante que la série Chair de Poule (sans jamais traumatiser son public, qu’on se rassure). Plus confidentielle aussi, elle qui n’a duré qu’une seule petite saison.

    A la manière de Rod Serling dans La Quatrième Dimension (1959-1964) ou des Contes de la Crypte (1989-1996) et son gardien cadavérique, chaque épisode est introduit par R.L. Stine (campé par James Avery) et plonge le téléspectateur dans un mauvais rêve, entre fantômes, poupée maléfique, loup-garou et autres sorcières. Le tout dans une ambiance étrange façon Coraline (2009) Au générique des 13 épisodes, on retrouve de futurs visages connus comme Amanda Bynes, Frankie Muniz, Kaley Cuoco, Madeline Zima ou Shia LaBeouf.

    Halloween d’enfer (2001)

    Une fois n’est pas coutume, ce téléfilm a été écrit AVANT le roman. Halloween d’enfer (2001) ou When Good Ghouls Go Bad en version originale, est une histoire de zombies imaginée par R.L. Stine pour le petit écran puis déclinée en novélisation par la suite. Comme le titre l’indique, c’est pendant la célèbre fête des citrouilles qu’une petite ville va faire face à une malédiction impliquant des zombies. Parmi eux, le toujours très sympathique Christopher Lloyd, cultissime Doc Brown de la trilogie Retour vers le futur et non moins cultissime Fétide de La Famille Addams, dans le rôle du mort-vivant Oncle Fred.

    Soyons honnête, Halloween d’enfer accuse un peu le poids des années. Et sa dimension de téléfilm qui limite forcément l’ambition visuelle, en termes d’effets spéciaux notamment. Gentiment kitsch et parfois surjoué, ce long métrage dans la lignée du Fantôme d’Halloween (1999) et Dead Before Dawn (2012) s’adresse donc essentiellement à un public familial, avec une ambiance proche d’un train fantôme qui pourra être une porte d’entrée accessible (et garantie sans cauchemars) pour un jeune public qui voudrait se frotter pour la première fois au film de zombies. Par la suite, des films et séries un peu plus marquants les attendent…

    Haunted Lighthouse 4-D (2003)

    R. L. Stine a aussi eu droit à son film 4-D ! Il s’agit de Haunted Lighthouse (2003), court métrage bénéficiant de relief et d’effets physiques (vent, eau, mouvements des sièges…) diffusé dans les parcs d’attractions SeaWorld et Busch Gardens. Il y est question de jeunes fantômes résidant dans un phare abandonné, qui cherchent à attirer d’autres enfants pour leur tenir compagnie. Là aussi, l’histoire a donné lieu par la suite à un roman. Et là aussi, on y croise Christopher Lloyd, accompagné de sa partenaire de Retour vers le futur, Léa Thompson.

    Derrière la caméra, on retrouve un certain Joe Dante. Le papa des Gremlins et réalisateur de L’Aventure intérieure est un habitué des formats fantastiques courts, lui qui a signé un segment de La Quatrième Dimension, le film (1983) et des épisodes des séries Histoires fantastiques (1985-1987) et Masters of Horror (2005-2007). L’approche familiale et la courte durée imposées par une attraction limitent forcément les ambitions fantastiques du cinéaste, mais cet inédit en France est à prendre comme une vraie curiosité dans la filmographie de Joe Dante.

    Le Livre maléfique (2007)

    Dans Sixième Sens (1999), le jeune Haley Joel Osment voyait « des gens qui sont morts ». Huit ans plus tard, sa sœur Emily Osment (plébiscitée ici pour son interprétation de gothique) fait elle aussi l’expérience de la peur dans Le Livre maléfique (2007), inspiré par le recueil de nouvelles horrifiques jeune public The Haunting Hour publié par R.L. Stine en 2002. L’histoire de ce film est cependant originale, l’auteur ayant simplement donné son approbation (et ses conseils avisés) sur le scénario de ce frisson familial accessible dès 8 ans.

    Il est ici question d’un ouvrage maudit qui donne vie à une créature monstrueuse, qui n’apparaît que quand on y pense. Ce qui explique le sous-titre original : Don't Think About It. Le monstre -un peu kitsch mais très original- a marqué beaucoup de jeunes spectateurs des années 2000, qui ont fait de ce film un incontournable de leurs premières soirées d’Halloween. L’ambiance générale rappelle beaucoup Chair de Poule, bien sûr, et préfigure la série L’Heure de la peur. De quoi faire frissonner les enfants. Quant aux parents, ils seront ravis d’y apercevoir Tobin Bell, inoubliable Jigsaw de la saga Saw (2003).

    La trilogie Mostly Ghostly (2008 / 2014 / 2016)

    Voilà une collection qui n’est pas arrivée dans les mains des aficionados francophones de R.L. Stine. Inédite en France, Mostly Ghostly est une série de 8 romans destinés aux préadolescents publiés par l’auteur entre 2004 et 2006, et qui parlent de fantômes. Notamment de deux revenants, Tara et Nicky, qui font la rencontre de Max Doyle, un jeune garçon capable de voir les spectres : s’il accepte de les aider à résoudre le mystère de leur disparition, les deux fantômes l’aideront à devenir populaire dans son école.

    Ce concept façon « Sixième Sens des enfants » a donné lieu à trois longs métrages : Le Pacte mystérieux (2008), Mostly Ghostly: Have you met my ghoulfriend ? (2014) et Mostly Ghostly : Une nuit dans la maison hantée (2016), chaque fois emmenés par un nouvel interprète du héros médium. Ce qui peut à la fois perturber le spectateur, et en même temps rendre indépendants les visionnages des trois chapitres. Saluée pour son mélange entre approche familiale et ton « spooky », la trilogie s’inscrit dans un ton très Disney Channel, avec ce que cela suppose de personnages stéréotypés et de scénarios prévisibles. Si vous avez aimé les quatre volets des Sorcières d'Halloween / Halloweentown (1998-2006), vous devriez y trouver votre compte. Sinon, passez votre chemin.

    L’Heure de la peur (2010-2014)

    Trois ans après Le Livre maléfique, les nouvelles de la collection The Haunting Hour sont déclinées dans le programme anthologique baptisé L’Heure de la peur (2010-2014). Cette grande sœur de Chair de Poule, plus moderne, plus sombre et plus violente, adapte les histoires de R.L. Stine à travers quatre saisons et 76 épisodes malheureusement difficilement accessibles dans l’Hexagone. La série est à rapprocher de shows comme Les Chroniques de la peur (2017-2019) ou Fais-moi peur ! (2019-2022).

    Tête de citrouille, Vraiment toi, The Weeping Woman, La Toile du tisseur de rêve, La Mascotte, Mon meilleur ami ou L’Épouvantail font assurément partie des épisodes les plus appréciés -et les plus traumatisants- de L’Heure de la peur. Les fans louent l’ambition narrative et visuelle du programme, à l’image de jeunes comédiens inspirés (Jodelle Ferland, Dylan Minnette, Ariel Winter, Mackenzie Foy, Joey King, Willow Shields…) qui y faisaient leurs premières armes. 

    Chair de Poule - le film (2015)

    Jack Black est R.L. Stine. Voilà résumée la promesse de Chair de Poule - le film (2015), premier long métrage cinéma inspiré de la plus célèbre collection de l’auteur américain. Aux côtés de Dylan Minnette (qui s’était déjà illustré dans L'Heure de la Peur), le comédien incarne donc l’écrivain dont les cauchemars sont bien réels, et qu’il garde enfermés dans ses livres. Jusqu’à ce que les monstres se libèrent des pages qui les gardaient prisonniers… Une variation (gentiment) horrifique de Coeur d'encre (2008), en somme.

    Devant la caméra de Rob Letterman, futur réalisateur de Pokémon Détective Pikachu (2019), un large bestiaire est de sortie : clown-tueur, loup-garou, plantes carnivores, mante religieuse géante, yéti, femme-serpent, monstre des marais, morts-vivants, nains de jardin ou garçon invisible… Sans oublier l’incontournable pantin ventriloque Slappy. Cette monstrueuse réunion est à la fois respectueuse de l’imaginaire de Stine (avec des effets visuels réussis), mais offre aussi un côté « fourre-tout » qui peut nuire à l’ensemble, avec une approche frénétique et comique qui peut nuire au frisson attendu. On est finalement ici dans un Jumanji d’Halloween, qui rappelle les grandes heures de Monster Squad (1987).

    Monsterville : le couloir des horreurs (2015)

    R.L. Stine officie lui-même à la production de ce long métrage adapté de son roman homonyme publié en 2012. Monsterville : le couloir des horreurs (2015), qu’on peut parfois croiser sous le titre Le Cabinet des Âmes, revisite l’univers de la fête foraine et du freak show, ces exhibitions dévoilant au public des monstres de foire. Ici, les sujets exposés sous le chapiteau sont des adolescents dont les âmes ont été emprisonnées par le démoniaque Dr Hysteria. Du fantastique, de jeunes héros, un équilibre entre frissons et humour : on est ici dans du pur Stine, avec une ambiance qui rappelle Scream Girl (2015) ou Sacrées Sorcières (2020).

    Derrière la caméra de cette aventure horrifique familiale à l’esprit train-fantôme, idéale pour un Halloween sans trop de cauchemars, on retrouve Peter DeLuise, connu des fans de 21 Jump Street (1987-1991) pour avoir interprété le flic infiltré Doug Penhall aux côtés de Johnny Depp dans les 5 saisons de la série. Devant l’objectif, Dove Cameron livre une performance remarquée en scream-queen attachante.

    Eye Candy (2015)

    L’année 2015 est décidément un grand cru pour R.L. Stine, qui se décline aussi en série avec l’adaptation de son roman Eye Candy (2015). Lancé sur MTV, le programme suit les pas d’une hackeuse de génie (campée par la bien nommée Victoria Justice, ex star Nickelodeon), qui utilise ses capacités pour dénicher des indices pour élucider la disparition de sa sœur tout en mettant fin aux agissements d’un tueur en série.

    Le show surprend un peu si on s’attend à retrouver le fantastique auquel R.L. Stine nous a habitués. On est en effet ici dans le cyber thriller, qui pourrait trouver un écho favorable chez les mordu.es de You (2018-2025). A condition d’adhérer au (sur)montage façon MTV. Plébiscité pour ses rebondissements, a malheureusement été annulé au bout d’une saison de 10 épisodes, laissant de nombreuses pistes narratives inexplorées.

    Chair de Poule 2 : les Fantômes d'Halloween (2018)

    Dans Chair de Poule 2 : les Fantômes d'Halloween (2018), la marionnette maléfique Slappy est de retour avec un projet diabolique : faire qu’Halloween dure pour toujours en donnant vie aux déguisements et décorations du magasin local. C’est ainsi que des sorcières, des momies, des squelettes, des citrouilles, des fantômes, des bonbons nounours aux dents acérées (!) et le cavalier sans tête viennent terroriser la petite ville de Wardenclyffe le temps d’une nuit sympathiquement horrible (le spectacle reste familial, qu’on se rassure).

    Deux faits notables sont à signaler autour de cette suite qui n’a pas réussi à faire aussi bien que le premier volet : l’apparition clin d'œil du véritable R.L. Stine dans le rôle du Principal à la fin du film, et la présence vocale de Jeff Panacloc – dont c’est le tout premier rôle cinéma – dans le rôle de Slappy en version française. Plus familial et moins surprenant que son prédécesseur, Chair de Poule 2 est à réserver à un public jeune, friand de propositions comme Le Manoir hanté et les 999 Fantômes (2003) ou son reboot Le Manoir hanté (2023).

    Fear Street 1994 / 1978 / 1666 (2021)

    Bienvenue à Shadyside… Dans cette ville fictive, au centre de sa collection de romans Fear Street, les histoires de R.L. Stine brassent malédiction et sorcellerie, et les morts sont nombreuses et violentes avec des personnages plus âgés que les protagonistes habituels des histoires Chair de Poule. Sous la houlette de Netflix, trois films liés entre eux au fil des époques forment une trilogie qui navigue entre 1994, 1978 et 1666, portée par un joli casting puisqu’on y retrouve notamment Maya Hawke et Sadie Sink de Stranger Things (2016-2025) et qui fait la part belle aux références avec un ton rétro assumé et des scènes sanglantes voire gore.

    Le premier épisode va ainsi lorgner du côté du slasher des années 90 (Scream, Souviens-toi l’été dernier), le deuxième chapitre nous ramène dans les camps de vacances (Vendredi 13, Massacre au camp d'été) et le troisième segment explore la thématique des sorcières. Contrairement aux anthologies « stiniennes », les trois histoires sont dépendantes les unes des autres, et il faut donc regarder toute la trilogie pour saisir les tenants et les aboutissants de cette proposition déconseillée aux moins de 18 ans par la plateforme de streaming. Chacun.e choisira son opus préféré dans un triptyque qui s’inscrit dans les codes netflixiens.

    De l’autre côté (2021)

    « Au-delà de notre monde, il y en a un autre… » En octobre 2021, à l’approche d’Halloween, Disney+ dévoile De l’autre côté, une nouvelle série anthologique adaptée des histoires de R.L. Stine. La différence ? Ce ne sont pas des romans de l’auteur qui ont inspiré les huit épisodes mais des comic-books qu’il a développés avec l’éditeur Boom !. Qu’on se rassure, le matériau d’origine est certes différent, mais l’approche reste la même : des contes horrifiques indépendants les uns des autres, qui convoquent sorcières, extraterrestres ou monstre masqué.

    La série est supervisée par Seth Grahame-Smith, un habitué du genre puisqu’il a signé les scénarios de Dark Shadows (2012), Abraham Lincoln : chasseur de vampires (2012) ou Orgueil et Préjugés et Zombies (2016). Des films qui illustrent sa capacité à mêler le fantastique à une approche plus légère et décalée. Chaque épisode explore un genre différent et propose une morale destinée au public jeunesse, faisant de la série un croisement efficace entre Chair de poule et La Quatrième Dimension. Si les abonné.es Disney+ espéraient une saison 2, cela semble malheureusement mal engagé puisque De l’autre côté a carrément été supprimée de la plateforme pour d’obscures raisons stratégiques de coûts.

    Chair de Poule (2023-2025)

    En 2023, sous l’impulsion du réalisateur Rob Letterman (Chair de Poule - le film) qui avait dû laisser sa place sur le deuxième film en raison de conflits d’agenda, les histoires de la collection Goosebumps ont été revisitées par la (nouvelle) série Chair de Poule (2023-2025). Le ton est toutefois plus sombre que le programme de 1995, plus abouti aussi en termes de rendu, et les épisodes de chaque saison (10 pour la première, 8 pour la seconde) racontent une intrigue unique traversée des histoires des romans les plus marquants de R.L. Stine.

    Même si l’approche anthologique a donc été écartée de cette modernisation, les fans peuvent notamment y retrouver un masque hanté, Horrorland, des profanateurs de sous-sol, la colo du cauchemar et, bien sûr, Slappy le pantin. Bien reçue par la critique et le public, la série young-adult a malheureusement été annulée par Disney+. Dommage, la plateforme tenait sans doute ici son Stranger Things ou son Riverdale…

    Zombie Town (2023)

    Evidemment, les amateurs de films et séries de morts-vivants risquent d’être déçus en découvrant Zombie Town (2023), qui s’adresse avant tout à un public familial. En revanche, à l’image du Halloween d’enfer (2001) précédemment évoqué dans cette liste, le long métrage peut se présenter comme une première découverte du genre pour les plus jeunes, puisque les zombies sont ici relativement inoffensifs, et le ton léger voire parodique.

    Ils sont toutefois nombreux puisque cette adaptation du roman publié par R.L. Stine en 2000 voit une bobine de film d’horreur transformer tous les habitants d’une petite ville en goules : tous, sauf le projectionniste et son amie, qui vont tenter de contrecarrer la malédiction… et croiser sur leur chemin Dan Aykroyd, légendaire chasseur de fantômes de Ghostbusters, mais aussi Chevy Chase, légende de la comédie US. Deux visages qui égaieront assurément les parents qui accompagneront leur progéniture dans leur visionnage de ce frisson-jeunesse, à poursuivre avec Manuel de survie à l'apocalypse zombie (2015).

    Fear Street: Prom Queens (2025)

    Netflix et Shadyside, c’est une histoire qui est partie pour durer. D’autant que la collection Fear Street compte une cinquantaine de romans ! De quoi donner le champ libre aux équipes créatives de la plateforme, qui veulent faire de la saga LE rendez-vous horrifique des abonné.e.s. Et après la trilogie de 2021, c’est au tour de Prom Queen (2025) de faire son entrée dans le catalogue des Originals avec une histoire de bal de fin d'année qui va virer au cauchemar quand des candidates à la couronne se mettent à disparaître.

    Adapté du roman Le Bal de la mort, le film convoque encore de nombreuses « ref » dont la tragique et terrifiante Carrie (1976) de Stephen King, immortalisée à l’écran par Brian De Palma. Mais contrairement à la trilogie 1994 / 1978 / 1666, l’accueil des abonné.es a été bien plus timide malgré des records de visionnage au sein de la franchise. Reste un divertissement idéal pour les amateurs de slashers 80’s et de meurtres sanglants, qui ne chercheraient pas une proposition qui réinvente le genre façon Totally Killer (2023).

  • Les morts les plus marquantes des films « Jurassic Park » & « Jurassic World »

    Les morts les plus marquantes des films « Jurassic Park » & « Jurassic World »

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « Eh oui, c'est comme ça que ça commence… Et ensuite il y a les cris et les sauve qui peut ! » Dans la jungle d’un monde perdu, Ian Malcolm, le génial et rock’n’roll théoricien du chaos campé par Jeff Goldblum, résume avec son cynisme légendaire le ton de la saga Jurassic Park / Jurassic World.

    Un monde où l’émerveillement laisse invariablement la place à la terreur alors que les dinosaures s’offrent un festin mémorable à chaque nouveau chapitre. Quel que soit le menu (visiteurs, ouvriers, mercenaires, simples passants…), les sauriens se régalent. Et nous avec.

    Vous voulez (re)partir  à l’aventure sur Isla Nublar et Isla Sorna ? JustWatch vous propose le guide des morts les plus iconiques et incontournables des films de la franchise, de Jurassic Park (1993) à Jurassic World: Renaissance (2025). Avec en prime, le détail des plateformes de streaming où (re)voir ces longs métrages (et ces trépas douloureux).

    Jurassic Park (1993)

    Tout commence en 1993. En donnant vie aux dinosaures imaginés par le romancier Michael Crichton, Steven Spielberg révolutionne le cinéma d’aventures… et le cinéma tout court. Il y a dans cette première visite du parc un souffle unique qui a traversé les générations : je me souviens encore du choc de ma première séance en octobre 1993, qui a confirmé ma vocation, et j’ai depuis revu Jurassic Park un nombre incalculable de fois, comme une madeleine de Proust cinématographique. Il y a aussi des effets visuels qui n’ont pas pris une ride plus de trente ans après (l’équilibre entre CGI et animatroniques est un petit miracle en soi), une partition sublime signée John Williams, un réel sens du merveilleux (la découverte du brachiosaure, les soins au tricératops malade) et une tension de tous les instants (l’enclos du T-Rex, les raptors dans la cuisine). Et il y a des morts très marquantes, aussi !

    La cage de la mort

    « Elle fut la première » annonçait en 1975 l’iconique affiche des Dents de la Mer. Jophery, lui, fut le premier de la saga Jurassic Park. Chargé d’ouvrir la porte de la cage du vélociraptor dans la scène d’ouverture, l’employé du parc est projeté au sol alors que le dinosaure fonce contre la paroi : il est alors happé à l’intérieur, malgré les efforts du garde-chasse pour le retenir. Et même si Spielberg suggère plus qu’il ne montre, ses cris témoignent de la violence d’une attaque qui donne tout de suite le ton : la visite du parc s’annonce périlleuse. On aime particulièrement les plans furtifs sur l'œil noir et déterminé du raptor. Un œil sadique, intelligent et inarrêtable, comme celui du grand requin blanc dix-huit ans plus tôt, qui annonce ce prédateur -inconnu du grand public jusque-là, rappelons-le- comme LA menace du film.

    L’embuscade de la mort

    « Petite futée… » Ce seront les derniers mots de Robert Muldoon (Bob Peck), le garde-chasse de Jurassic Park, pourtant rompu à la traque et la gestion des grands prédateurs. Malgré son expérience au Kenya, déjà au service de John Hammond, il n’aura pas su anticiper l’attaque coordonnée des vélociraptors : croyant pouvoir éliminer facilement l’un d’eux, installé dans la végétation d’Isla Nublar, Muldoon réalise bien trop tard que le dinosaure n’était qu’un appât destiné à détourner son attention. Alors qu’il s’apprête à faire feu, un congénère surgit brusquement et lui saute dessus. Une attaque par un raptor qu’il n’avait pas encore vu : exactement comme l’avait prédit Alan Grant au début du film. La scène fait écho à l’ouverture du long métrage, en plus graphique car malgré les feuillages qui masquent un peu la morsure, on voit clairement la créature sauter directement (et sauvagement) à la tête. Le plan qui suit, un autre raptor qui semble contempler de loin le massacre, est glaçant…

    La voiture de la mort

    Si Jurassic Park a convoqué des espèces incontournables du bestiaire préhistorique (tyrannosaure, tricératops et brachiosaures), il a fait découvrir aux spectateurs des créatures moins connues. A l’image du dilophosaure, « petit » saurien à collerette capable de cracher un venin paralysant sur ses proies. L’informaticien Dennis Nedry (Wayne Knight) en fera les frais, alors que l’un de ces théropodes a décidé de faire de lui son repas du soir. Aveuglé par la bile visqueuse et empoisonnée du saurien, le traître du film croit trouver refuge dans sa jeep… où l’attend justement le prédateur. Ses cris hantent encore les routes d’Isla Nublar. Là encore, la mise en scène de Spielberg fait des merveilles, avec une présence de plus en pressante du dilophosaure, qui passe de mignon à terrifiant en quelques secondes. Ce qui a également marqué, c’est le cri de Nedry : on loue -à raison- la saga pour ses bruitages dinosauresques. Mais les cris des victimes, et en particulier celui-ci, proche d’un Tarzan qui aurait marché sur un clou rouillé (désolé, je n’ai pas mieux comme image !) sont souvent glaçants.

    Les toilettes de la mort

    C’est la mort la plus iconique de Jurassic Park : terrorisé à la vision du tyrannosaure s’échappant de son enclos, l’avocat Donald Gennaro (Martin Ferrero) trouve refuge dans le fragile cabanon des sanitaires situé aux abords du parcours de visite. Quand celui-ci s’écroule après une charge du dinosaure, on découvre notre froussard tremblant, assis sur la cuvette, sous le regard intrigué et affamé du dino. Après quelques secondes d’espoir, ce dernier ne fait qu’une bouchée du malheureux : agité telle une poupée de chiffon, le corps de l’avocat ne résiste pas à la morsure du T-Rex. Spielberg coupe juste avant que cela ne devienne trop sanglant, mais on comprendra un peu plus tard, quand Ellie et Muldoon se rendent sur les lieux de l’attaque, que l’homme a été « éparpillé façon puzzle ». De quoi définitivement marquer les spectateurs, petits et grands. Au passage, on se rappellera que le requin des Dents de la Mer était baptisé Bruce, en hommage à l’avocat de Spielberg : est-ce que voir le T-Rex dévorer ce requin d’avocat n’annoncerait pas de manière prémonitoire le plan du mosasaure dévorant le requin blanc dans le bassin de Jurassic World (2015) ?

    Le Monde Perdu : Jurassic Park (1997)

    Quatre ans après le triomphe de Jurassic Park (1993), Steven Spielberg revient pour une suite, là encore adaptée d’un ouvrage signé Michael Crichton. La visite du parc est ici réinventée en safari mortel, alors que Ian Malcolm (Jeff Goldblum), Sarah Harding (Julianne Moore) et leurs compagnons se rendent sur le « site B » d’Isla Sorna pour documenter la faune locale et tenter d’empêcher des mercenaires de la société InGen de capturer des dinosaures. Contrairement à son prédécesseur, Le Monde Perdu : Jurassic Park (1997) n’a plus à présenter la possibilité de ramener les créatures à la vie : il peut aller droit au but, et le fait dès sa mémorable scène d’ouverture (qui ne figure pas ici car la petite fille survit selon John Hammond). Très généreux en termes de dinos et en morts spectaculaires (le fameux adage « Bigger, Badder, Stronger » propre à toute suite), le film plonge ses protagonistes dans un univers hostile et sauvage qui n’appartient pas à l’Homme, façon Le Monde Perdu (1960), Congo (1995) King Kong (2005) et autres Skull Island (2017). Avec en bonus, un dernier tiers à San Diego qui lâche un monstre dans la ville à la Godzilla (1954). Personnellement, même s’il ne remplace par le premier opus dans mon coeur, j’aime beaucoup le film, pour ce double ton mais aussi pour le cynisme génial de Ian Malcolm.

    La cascade de la mort

    Une mort stupide, certes, mais spectaculaire et mémorable, qui illustre (encore une fois) le génie de la mise en scène de Spielberg. Réfugié dans une grotte derrière une cascade d’Isla Sorna pour échapper au T-Rex, le Dr. Robert Burke (Thomas F. Duffy) est hors d’atteinte mais se jette presque de lui-même entre les dents du tyrannosaure après avoir senti un serpent se glisser sous ses vêtements. On ne voit rien, certes, mais le bruit sec du craquement de ses os et le filet rougeâtre qui teinte la chute d’eau génèrent un effroi certain chez le spectateur (et chez Sarah Harding, qui détourne le regard face à ce spectacle sanglant). Le trépas est certes rapide, mais suffisamment marquant pour figurer dans cette sélection. Et pour l’anecdote, le personnage de Robert Burke est inspiré du véritable paléontologue Robert Bakker, rival de Jack Horner, consultant sur la saga et inspiration du personnage d’Alan Grant (Sam Neill).

    Le vidéoclub de la mort

    Nous sommes dans le dernier tiers du Monde Perdu. Lâché dans les rues de San Diego, le T-Rex fait des ravages entre un gentil chien de garde dévoré dans sa niche, une station essence explosée et un bus fracassé. Sans oublier ce passant anonyme, qui tente de trouver refuge dans un vidéoclub avant que les mâchoires du dinosaure ne se referment sur lui. Emporté par le monstre, il est mis en pièces derrière une voiture garée le long du trottoir, dans des gargouillis aussi horribles que cartoonesques. A travers quelques mouvements de gueule de son dinosaure, sans rien montrer, Spielberg arrive à suggérer une mort douloureuse et un prédateur qui se régale… Baptisé « Unlucky Bastard », le personnage est campé par nul autre que David Koepp, scénariste de Jurassic Park, Le Monde Perdu et Jurassic World: Renaissance. C’est lui-même qui a demandé à être mangé par un T-Rex. Requête accordée !

    Le cargo de la mort

    On aime bien la mort de Peter Ludlow (Arliss Howard), neveu de John Hammond et nouveau patron de InGen. Déjà parce qu’elle relève du karma. Le fiasco du safari sur Isla Sorna et la destruction de San Diego par le T-Rex sont à mettre à son crédit, rappelons-le. Et surtout parce qu’elle s’annonce douloureuse puisqu’il va payer son cynisme sans limite en servant de proie au jeune tyrannosaure. Après que le dinosaure adulte ait broyé ses jambes dans la cale du cargo, il jette Ludlow à sa progéniture pour lui enseigner l’art de la chasse. Et c’est sous les yeux attentifs de son aîné, qui le pousse avec bienveillance vers cette première proie, que le petit théropode se charge de le dévorer. Les cris de Ludlow laissent supposer que ce sera long car après tout, un tout jeune prédateur ne sait pas encore comment expédier la mise à mort…

    Les hautes herbes de la mort

    « Surtout, n’allez pas dans les hautes herbes !!! » Et que se passe-t-il ensuite ? Les mercenaires engagés par InGen y courent tous… notamment celui qui leur hurlait l’avertissement ! Voilà un choix assez incompréhensible de sa part, car le monsieur avait vu juste : dans les hautes herbes d’Isla Sorna, les vélociraptors sont en chasse. Et ils offrent à Steven Spielberg une nouvelle occasion de faire preuve de sa maestria visuelle. Le plan aérien d’une file indienne d’humains vers laquelle se dirigent plusieurs sillons implacables est tout simplement génial. Les mercenaires sont happés les uns après les autres, et puis c’est la panique générale. Et quand les raptors passent vraiment à l’attaque -notamment ce saut terrifiant toutes griffes dehors qui a l’air de faire très mal quand il se plante sur un pauvre malheureux-, il ne reste que des cris. Puis plus rien…

    La caravane de la mort

    Les fans de la saga n’ont sans doute pas retenu le nom d’Eddie Carr (Richard Schiff). Pourtant, cet expert en équipements d’expéditions a donné sa vie pour que Ian, Sarah et Nick puissent survivre. C’est en effet lui qui empêche le trio d’être emporté par la chute de la caravane sur la falaise d’Isla Sorna. Grâce au treuil de son tout-terrain, Eddie fait son possible pour faire remonter ses compagnons… même quand un couple de tyrannosaures s’attaque au véhicule. Alors qu’il appuie désespérément sur l’accélérateur, il est finalement attrapé par les terribles mâchoires pour être coupé en deux par les T-Rex en colère. Une fin sanglante et cruelle pour un héros trop souvent oublié. Et la première vraie mort graphique de la saga, car contrairement à la scène des toilettes de Jurassic Park, Spielberg montre ici le corps se faire déchirer. Une mise à mort qu’on retrouvera dans Jurassic World Fallen Kingdom (2018)... mais aussi chez les requins de Peur Bleue (1999) !

    Le ruisseau de la mort

    Décidément, ce deuxième film propose son lot de morts iconiques. La plus marquante est assurément celle de Dieter Stark (Peter Stormare), qui n’aurait peut-être pas dû envoyer une décharge électrique sur ce pauvre petit compsognathus à son arrivée sur l’île d’Isla Sorna. Car le karma jurassique va lui faire payer. C’est sous les assauts répétés d’une meute de compys que le chasseur chevronné finit par succomber dans le lit d’un ruisseau, seul, malgré ses appels à l’aide à ses compagnons qui ne l’entendent pas depuis les hauteurs où ils bivouaquent. A bout de force, traqué par les carnivores, Dieter pense trouver refuge derrière un tronc d’arbre, mais il y est finalement rejoint par les prédateurs. Ses hurlements et l’eau teintée de rouge ne laissent aucun doute quant à la suite des événements. Ou quand le nombre terrasse la taille. Expert dans l’art de créer de l’effroi, Spielberg utilise notamment un effet très efficace de caméra subjective (qui a fait ses preuves dans Les Dents de la Mer) pour montrer comment la meute, innombrable et implacable, fonce vers sa proie humaine. Et on sent vraiment l’impuissance du mercenaire, dépassé par cette attaque multiple et grouillante. Avec notamment ce plan marquant d’un compsognathus arrachant un bout de sa lèvre supérieure. Et ces piaillements incessants de compys qui attendent impatiemment de passer à table. On ne l’aime pas beaucoup ce Dieter, mais on compatit sincèrement.

    Jurassic Park 3 (2001)

    Sur Jurassic Park 3 (2001), Steven Spielberg passe la main à l’un de ses fidèles collaborateurs, Joe Johnston. A l’œuvre en coulisses sur la trilogie Star Wars originale (1977-1983), oscarisé pour les effets spéciaux des Aventuriers de l’arche perdue (1981), ce solide artisan hollywoodien passe par la suite à la mise en scène avec Chérie, j’ai rétréci les gosses (1989), Rocketeer (1991) et surtout Jumanji (1995). Autant de films qui témoignent de sa capacité à livrer du grand spectacle et des aventures immersives où les effets visuels ont toute leur place. Malheureusement, le cinéaste ne peut pas faire de miracle quand une date de sortie est fixée par le studio avant même que le scénario ne soit achevé… Et le tournage commence donc de manière précipitée, sans véritable ligne directrice, si ce n’est la volonté de livrer un récit plus condensé (1h32 à peine !) orienté survival, alors que Alan Grant (Sam Neill) est ramené malgré lui sur l’île aux dinos pour essayer d’y retrouver un enfant égaré. Mal reçu par la critique et les fans (on ne pardonnera JAMAIS la domination du spinosaure sur le T-Rex !), le film est une honnête série B qui privilégie l’aventure (avec la très réussie scène de la volière) au suspense et aux morts. Assez décevant donc, et de quoi mettre la saga en pause pour quelques années.

    L’avion de la mort

    Il y a un nouveau super prédateur sur Isla Sorna. Son nom : le spinosaurus aegyptiacus, un monstre au museau allongé aussi à l’aise sur terre que dans l’eau et capable de terrasser un tyrannosaure (au grand désarroi des fans, je me répète mais quand même…). Jurassic Park 3 ne fait pas durer le suspense en le gardant pour la conclusion du film façon « boss final », et on le découvre assez tôt alors que l’avion qui transporte les protagonistes s’écrase dans la jungle. Comme son partenaire Cooper (John Diehl), happé sur la piste de décollage quelques instants plus tôt par ce monstre qu’on devinait massif et féroce, Nash (Bruce A. Young) finit dans l’estomac du dinosaure après avoir été tiré du fuselage sous les yeux de ses compagnons (là encore un écho aux Dents de la Mer et à Quint glissant inéxorablement vers la gueule du grand requin blanc), jeté au sol, piétiné et décapité d’un coup de croc. C’est un peu trop rapide et pas du tout sanglant pour être vraiment terrifiant, mais au moins, le spinosaure annonce qu’il n’est pas là pour faire de la figuration.

    Le piège de la mort

    Depuis la mort de Robert Muldoon dans le premier film, on savait que les vélociraptors étaient des prédateurs intelligents capables d’élaborer des attaques coordonnées. On les découvre encore plus évolués dans Jurassic Park 3, alors qu’ils utilisent le pauvre Udesky (Michael Jeter) comme appât vivant, pour inciter ses compagnons à descendre des arbres où ils ont trouvé refuge afin de se porter à son secours. Avec, pour paralyser le monsieur, une griffe savamment plantée dans la colonne vertébrale… Et même si le piège échoue, hors de question pour les raptors de laisser le mercenaire en vie : d’un redoutable coup de dents et avec un bruitage horrible, l’un des dinos brise la nuque du malheureux, mettant enfin un terme à ses souffrances. On aime particulièrement le plan des pattes musclées du raptor courant vers le mercenaire pour porter planter sa griffe puissante : pas de CGI mais une animatronique plus vraie que nature qui confirme au spectateur que l’humain n’est ici qu’une proie potentielle et fragile.

    Jurassic World (2015)

    Il faut attendre douze ans pour retrouver le chemin d’Isla Nublar. Et quand il sort en 2015, en pleine année de blockbusters revivals (Fury Road, Terminator Genisys, Star Wars - Le Réveil de la Force), Jurassic World est un immense succès (plus de 1,6 milliards de dollars de recettes). Il faut dire que Universal a vu les choses en grand avec un parc enfin ouvert au public, le retour des créatures les plus appréciées de la trilogie originale (tyrannosaure et vélociraptors en tête), de nouveaux monstres (Indominus et mosasaure) et de nouveaux visages (Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Vincent D'Onofrio, Omar Sy…). A la fois film-hommage à Jurassic Park (le film déborde de fan-service) et film-catastrophe sur un parc d’attractions qui échappe au contrôle de ses créateurs (qui fait écho au Mondwest réalisé en 1973 par Michael Crichton en personne), Jurassic World va toutefois diviser les spectateurs. Quand certains lui reprochent de se calquer sur son modèle sans rien apporter de nouveau, d’autres regrettent un scénario basique et des personnages sans substance. Pour ma part, je défend constamment le long métrage pour son sous-texte méta : derrière l’apparente simplicité du projet se cache une formidable critique du cinéma américain. Il faut pour cela se dire que le parc est Hollywood, et l’Indominus, nouveau monstre avec « toujours plus de dents », le dernier blockbuster à la mode. Le fameux « Plus grand, plus fort ». Ne serait-il pas, d’ailleurs, Jurassic World lui-même ? On obtient ainsi une superproduction qui se critique elle-même et qui dénonce un système qui mènera à sa propre perte (le mosasaure qui mange le requin blanc est une métaphore parlante) et à la destruction de l’industrie (d’ailleurs prophétisée par Spielberg, ici producteur). Essayez de le (re)voir sous cet angle à l’occasion ?

    Le parking de la mort

    Bienvenue à Jurassic World ! Le rêve de John Hammond a enfin pris vie grâce aux dollars de Simon Masrani (Irrfan Khan), aux expériences de Henry Wu (BD Wong) et à la gestion de Claire Dearing (Bryce Dallas Howard). C’était sans compter l’Indominus Rex, créature hybride et déchaînée échappée de son enclos. C’est justement en sortant des murs de sa prison de béton que le monstre va marquer les esprits, en gobant d’une seule bouchée le responsable de la sécurité (Eric Edelstein) : caché derrière le pare-choc de sa voiture, l’homme espère échapper au monstre, mais ce dernier écarte d’un coup de patte le véhicule. Un dernier regard impuissant et résigné lancé à Owen (Chris Pratt) et les mâchoires impitoyables se referment sur lui. On apprécie ce plan glaçant, qui ne montre pas encore la nouvelle bestiole dans son intégralité mais qui suggère un monstre gigantesque et surtout férocement violent (il venait de croquer un premier gardien quelques instants plus tôt).

    Le labo de la mort

    La trilogie Jurassic World a fait de Blue un véritable personnage, auquel les fans se sont attachés. Mais il ne faudrait pas oublier que la femelle vélociraptor est un animal sauvage, imprévisible, dangereux et féroce. Comme ses congénères qui ont mis en pièces toute une escouade de mercenaires dans la jungle quelques minutes plus tôt, avec des plans en vision nocturne façon found footage du plus bel effet. Vic Hoskins (Vincent D'Onofrio) peut aussi en témoigner, lui qui rêvait de faire de Blue et ses congénères Charlie, Delta et Echo des armes biologiques. Le raptor lui rappelle à sa façon l’importance du bien-être animal dans le laboratoire, en attrapant son bras tendu (n’est pas Owen qui veut !) à pleines dents avant de le massacrer à coups de griffes. Mérité ? Sans doute. Sanglant ? Assurément. Et encore une fois, malgré la violence de l’assaut, ponctuée d’une explosion d’hémoglobine sur une vitre, on ne peut que valider ce karma jurassique. Il y a une justice au pays des dinosaures.

    La balise de la mort

    Envoyée sur les traces de l’Indominus, l’escouade de confinement menée par Katashi Hamada (Brian Tee) se retrouve rapidement dépassée : le dinosaure a en effet réussi à arracher sa balise, trompant ainsi leur vigilance. Et son ADN, qui lui offre la capacité de se camoufler dans les feuillages environnants, finit de lui donner l’avantage : le prédateur saisit et broie le chef de mission avec sa patte aux griffes acérées, avant de le jeter au sol et de l’écraser d’un puissant coup de patte. Aucun membre de l’équipe ne lui survivra, illustrant la férocité et la puissance inarrêtable de l’Indominus. Et on aime notamment cette contre-plongée d’un soldat croqué derrière des branches, avec une pluie rouge tombant sur le feuillage vert, ou ce dernier courageux qui fonce avec son arme vers le monstre qui le ramasse et le gobe telle une pelleteuse à écailles ! Pour l’anecdote, les deux gouttes de sang qui tombent des arbres sur l’avant-bras d’Hamada et prennent chacune une direction différente sont un clin d’œil à la fameuse théorie du chaos chère à Ian Malcolm, dont il faisait l’expérience avec deux gouttes d’eau dans le tout premier Jurassic Park.

    Le bassin de la mort

    Zara Young (Katie McGrath) nous a quittés trop jeune. Mais elle est au centre de LA séquence emblématique de Jurassic World. En l'occurrence une panique générale qui voit une nuée de reptiles volants foncer sur le centre d'accueil du parc et ses visiteurs paniqués (même l’homme aux margaritas !). Attrapée par un ptéranodon et emportée dans les airs, l’assistante personnelle de Claire Dearing est lâchée une première fois, rattrapée au vol puis lâchée une nouvelle fois directement dans le bassin du mosasaure. Une fois dans l’eau, elle est à nouveau prise pour cible par le volatile qui tente de la récupérer avec son bec puis ses serres, jusqu’à ce que le mosasaure happe le ptéranodon et la jeune femme en ouvrant grand sa gueule. On espère sincèrement que Zara est morte noyée (ou de peur) avant de visiter les entrailles du monstre. Zach et Gray  (Nick Robinson et Ty Simpkins) n’en reviennent pas, nous non plus, et cette mort est aussi marquante que celle des toilettes du film original. Et donc iconique.

    Jurassic World: Fallen Kingdom (2018)

    Dans Jurassic World: Fallen Kingdom (2018), il y a évidemment le cahier des charges de la saga, décliné à travers une approche « deux films en un ». Comme dans Le Monde Perdu qui se déclinait entre jungle et ville vingt ans plus tôt. Dans la première partie, Juan Antonio Bayona livre un spectacle finalement assez classique pour la saga (un parc en ruines et des dinosaures), agrémenté d’une impressionnante éruption volcanique (on sait que le cinéaste espagnol excelle dans la reconstitution immersive de catastrophes, en témoignent le mémorable tsunami de The Impossible en 2012 ou le crash du Cercle des Neiges en 2023). La deuxième moitié est très différente, plus proche du film de créatures voire de maison hantée avec des dinos enfermés dans un sombre manoir le temps d’une vente aux enchères et un terrifiant Indoraptor qui joue les monstres du placard face à la jeune Maisie Lockwood (Isabella Sermon). On est ici dans ce que le réalisateur sait également très bien faire (L’Orphelinat, 2007 ; Quelques minutes après minuit, 2016), avec une ambiance gothique réussie et une réelle beauté formelle. Il y a presque un peu de Resident Evil (2002) et de Relic (1997) dans ce nouvel opus, qui sert hélas essentiellement d’épisode de transition pour ramener les dinosaures sur le continent. Et il y a, aussi, quelques séquences mortelles notables.

    La charge de la mort

    Les exploiteurs cyniques de la saga Jurassic Park / Jurassic World ne retiennent-ils pas les leçons de leurs prédécesseurs ? On l’a vu, le karma jurassique frappe toujours les méchants. Eli Mills (Rafe Spall) en fait lui aussi les frais alors que les dinosaures prisonniers du Manoir Lockwood mènent une charge massive pour échapper au gaz empoisonné qui menace de les éradiquer. L’homme trouve refuge sous sa voiture de luxe, qui est piétinée par les herbivores qui fuient la propriété. Et on s’imagine le voir salement écrasé par les animaux, dans un juste retour des choses. Mais ce serait trop rapide. Une fois les dinosaures partis, Mills s’extrait tant bien que mal de l’épave et pense être hors de danger avant d’être happé par un T-Rex qui le secoue et le croque avec puissance façon « toilettes de la mort ». Mais avant de pouvoir avaler sa proie, un carnotaure se joint au festin pour tenter de subtiliser une jambe, qui finira comme encas pour quelques compsognathus. Mills ne s’était pas fait que des amis dans cette aventure… Et nous, on assiste à une séquence à la violence cartoonesque.

    Les dents de la mort

    Ce n’est jamais une bonne idée de pénétrer dans la cage d’un dinosaure. Quand bien même celui-ci serait anesthésié. Le chasseur Ken Wheatley (Ted Levine) en fait les frais en essayant de récupérer un trophée pour sa collection : une dent d’Indoraptor, espèce hybride croisant la férocité de l’Indominus avec la taille et la vélocité d’un vélociraptor. Feignant l’inconscience, l’animal attire l’homme derrière les barreaux, se laisse approcher, ouvre un œil où se lisent intelligence et sadisme puis passe à l’attaque : il arrache son bras droit, qu’il avale sous ses yeux, avant de contempler cette proie impuissante qu’il prend visiblement plaisir à mettre à mort. Quelques secondes plus tard, le dinosaure poursuit son massacre dans l'ascenseur du Manoir Lockwood où on trouvé refuge Gunnar Eversol (Toby Jones) et ses invités. Entre la cage et l'ascenseur, la scène joue avec efficacité sur deux peurs fondamentales : être pris au piège et être dévoré vivant.

    L’hélicoptère de la mort

    Dans la saga Jurassic, il ne faut jamais crier victoire trop vite. A l’image de Jack (Robert Emms), un mercenaire envoyé avec son équipe dans les ruines de Jurassic World pour mettre la main sur le squelette et l’ADN de l’Indominus Rex. Sous une pluie battante, il se retrouve poursuivi par le T-Rex et parvient à agripper l’échelle de l’hélicoptère. Une échelle que le dinosaure réussit lui aussi à attraper avec sa gueule, menaçant de faire s’écraser l’appareil. Les occupants décident alors de sacrifier Jack en détachant le cordage, mais l’échelle finit par échapper au tyrannosaure. Alors qu’il hurle sa joie d’avoir survécu, l’homme est happé par le mosasaure, qui s’extrait de son bassin d’un bond surpuissant. Comme Zara dans Jurassic World, on alterne entre effroi, soulagement et choc. Ces 5 minutes iconiques et sous tension donnent le ton plus sombre de cette suite, et seront revisitées à travers les yeux de Darius et ses compagnons dans la série animée La Colo du Crétacé.

    Jurassic World : Le Monde d’après (2022)

    Trop de fan-service tue-t-il le fan-service ? C’est ce sujet digne du bac philo qu’il faudrait proposer aux producteurs de Jurassic World : Le Monde d’après (2022). Car sur le papier, il y a dans ce sixième film TOUT pour plaire aux aficionados de la saga : la fusion entre les deux trilogies, et la rencontre tant attendue entre Owen et Claire d’un côté et Alan, Ellie et Ian de l’autre. Et plein de dinosaures. Dont l’impressionnant giganotosaure et le griffu therizinosaure. Pourtant, c’est l’épisode le moins apprécié par les spectateurs… La faute, sans doute, à un trop plein. De fan-service, donc. Mais aussi de personnages, d’intrigues (un complot mondial, des sauterelles génétiquement modifiées, un marché noir de dinosaures, un nouveau sanctuaire…) et de lieux. Le film a dès lors été perçu globalement comme un patchwork certes spectaculaire (on est parfois à deux doigts de Fast & Furious), mais confus, artificiel et désincarné et qui passe un peu à côté de son sujet : un monde où humains et dinos cohabitent. Peut-être demandait-on finalement trop à ce film, qu’il faut voir pour ce qu’il est : un divertissement (trop) généreux pour les fans de sauriens. Comme mon fiston, qui en a fait son film préféré de la franchise. Les goûts et les couleurs…

    Le marché de la mort

    On l’a vu, comme tant d’autres avant lui, Rainn Delacourt (Scott Haze) succombe au karma jurassique. Car comme la vie, le châtiment trouve lui aussi toujours un chemin. Pour le braconnier, adversaire d’Owen dans Le Monde d’après, son douloureux trépas a pour cadre un marché noir aux dinosaures situé à Malte, grâce aux efforts coordonnés de trois dinosaures (et d’Owen). Les bras mordus et maintenus respectivement par un lystrosaure et un carnotaure, Delacourt voit son interrogatoire interrompu par un jeune baryonyx affamé qui s’attaque à la seule partie accessible de ce déjeuner gratuit : la tête. Bon appétit ! Même si le monsieur mérite ce qu’il lui arrive, on frémit quand même à l’idée de se faire attaquer à la tête et au visage sans pouvoir se défendre. Plus que la morsure, c’est l’impuissance qui est terrifiante, non ?

    Le tunnel de la mort

    A l’instar d’Alan Grant, Ellie Sattler et Ian Malcolm, un autre personnage du film original fait son grand retour dans Le Monde d’après : Lewis Dodgson (Campbell Scott), le scientifique qui avait chargé Dennis Nedry de voler des embryons dans le tout premier film. Désormais patron tout-puissant de Biosyn, il poursuit sa conquête du monde en manipulant l’ADN des dinosaures et des insectes (les sauterelles géantes, c’est son œuvre). Aussi, on n’est donc pas tellement triste quand il est pris en chasse par des dilophosaures dans les tunnels de son sanctuaire des Dolomites. Comme Nedry avant lui, c’est seul, dans un véhicule qu’il pensait sûr et le visage recouvert de venin paralysant qu’il poussera son dernier hurlement. La boucle est bouclée, et même si le cri est moins marquant que dans le film original, la scène en elle-même est réussie.

    Jurassic World: Renaissance (2025)

    Nouvelle île, nouveaux enjeux, nouveaux dinosaures, nouveaux personnages mais scénariste original (David Koepp, déjà à l'œuvre sur Jurassic Park et Le Monde Perdu) : Jurassic World: Renaissance (2025) mise sur la réinvention dans la continuité pour poursuivre la saga. Et on peut dire que le cahier des charges est respecté avec un bestiaire généreux (dont des créatures mutantes assez hideuses) et des séquences spectaculaires (le tyrannosaure poursuivant le canot pneumatique dans la rivière) ou poétiques (la parade nuptiale des titanosaures) sur lesquelles excelle le réalisateur Gareth Edwards (Godzilla, Rogue One, The Creator). En fait, le cinéaste semble proposer ici un remake gonflé aux dollars de son Monsters, qui le révéla en 2010. Avec la même beauté plastique, la même aventure en pleine jungle… mais des personnages assez peu inspirants, malgré la présence au générique de comédiens solides comme Scarlett Johansson, Mahershala Ali et Jonathan Bailey. C’est clairement ce qui pourra décevoir dans ce septième chapitre, car sans cœur émotionnel, ça reste un spectacle certes époustouflant mais un peu désincarné. Et qui commence, peut-être, à tourner un peu en rond. Mais que les fans d’aventures se rassurent : entre mer, plage, jungle, plaine, falaise et labos abandonnés, ils seront servis en décors exotiques et en dinosaures. Et en morts, aussi.

    La plage de la mort

    Dans une aventure Jurassic, il ne faut jamais relâcher la garde. Même quand on a survécu à une chasse mortelle menée par le mosasaure et plusieurs spinosaures dans les eaux équatoriales. Bobby Atwater (Ed Skrein) a servi d’amuse-gueule sur le bateau, c’est maintenant au tour de sa sœur d’armes Nina (Philippine Velge) d’y passer. Arrivée vivante et entière sur la plage, la mercenaire pensait avoir déjoué la mort : c’était sans compter un spino très bien camouflé, qui se glisse discrètement derrière la malheureuse alors qu’elle tente de pousser du matériel vers le sable. L’attaque est rapide, et alors qu’elle tente de s’accrocher au filet qui retient les caisses, elle finit par être arrachée et traînée dans l’eau par le saurien sous le regard impuissant de ses compagnons. On apprécie ici la montée en tension de la scène, qui montre la mort s’approcher sans un bruit jusqu'à une explosion d’eau et de sable (et de sang ?). On espère juste que la malheureuse s’est noyée très vite, mais on en doute…

    Le mutant de la mort

    Vous l’aurez compris à la lecture de cette liste : le capitalisme cynique ne paye pas et ne paiera jamais dans la saga. Que ce soit dans la cale du cargo du Monde Perdu, dans la cour du manoir de Fallen Kingdom ou dans les tunnels du Monde d’après, les financiers sans scrupules finissent toujours entre les mâchoires des dinosaures. Martin Krebs (Rupert Friend) n’échappe pas à la règle dans Jurassic World: Renaissance, lui qui a manipulé tous les personnages depuis le début, en tentant même de se débarrasser de Teresa (Luna Blaise) sur le bateau avant d’abandonner Scarlett Johansson à un féroce mutadon (hybride entre ptéranodon et vélociraptor). Et c’est au redoutable D-Rex, hybride mutant libéré de son confinement au début du film, qu’il sert de dîner croquant. La scène ne manquera d’ailleurs pas de rappeler aux fans du Retour du Jedi (1983) la manière dont un garde de Jabba se fit croquer par le Rancor dans la fosse de son palais sur Tatooine. La séquence est toutefois un peu trop rapide et pas assez sanglante pour être la plus marquante du film, mais on appréciera qu’elle s’intègre au motif récurrent du « bras coupé » qu’on retrouve chez Star Wars et Marvel.

    La falaise de la mort

    Comme pour Nina, cette mort est terrible et injuste car elle touche un personnage sympathique (et francophone !), qui ne demandait qu’à aller au bout de sa mission. On parle ici de LeClerc (Bechir Sylvain), le mécano du bateau de Duncan Kincaid (Mahershala Ali). Fidèle, attachant et a priori increvable (le naufrage du navire en témoigne, on se demande comment il a survécu), LeClerc ne passera toutefois pas l’épreuve du quetzalcoatlus : alors qu’il tente de remonter une falaise, poursuivi par le ptérosaure de la taille d’un F-16, l’homme est finalement broyé et englouti par l’immense bec du volatile, qui s’y reprend à plusieurs reprises pour avaler cette proie humaine d’une traite. Pour le coup, même sans hémoglobine, on frémit devant ce spectacle funeste et douloureux qui rappelle Anaconda (1997). LeClerc ne méritait pas ça.

    La barre chocolatée de la mort

    Au début du film, dans un prologue daté en 2008, on découvre une nouvelle île qui n’avait jamais été évoquée : Saint-Hubert, située au large de la Guyane Française. C’est là que la société InGen développe ses dinosaures, et notamment des hybrides rappelant les grandes heures du monstrueux labo de Alien : la résurrection (1997). Évidemment, un incident va venir perturber cette organisation bien huilée, et l’un des scientifiques se retrouve piégé derrière la vitre qui retient le Distortus rex (D-Rex) sous les yeux de ses collègues terrifiés. On ne voit pas encore la créature dans son intégralité, mais on devine qu’elle est moche (il faut dire ce qui est), agressive et capable de se servir de ses pattes antérieures pour attraper ses proies. Baignée dans un rouge apocalyptique, la séquence rappelle les teintes et l’ambiance de Godzilla (2014), déjà signé Gareth Edwards, mais aussi la mort de Juliette Binoche, piégée derrière une porte condamnée face à un Bryan Cranston impuissant. On notera aussi un clin d'œil amusant à l’effet papillon : un simple emballage de barre chocolatée égaré dans un système de porte peut libérer le plus effrayant des monstres !

  • Vin Diesel est Riddick : tout sur « Pitch Black » et les films de la saga

    Vin Diesel est Riddick : tout sur « Pitch Black » et les films de la saga

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Si Vin Diesel est indissociable de la « famille » Fast & Furious et du personnage de Dominic Toretto, il a trois autres franchises à son actif au sein de sa filmographie musclée. Les Gardiens de la Galaxie (et plus largement le Marvel Cinematic Universe) où il prête sa voix à Groot ; la trilogie xXx où il joue les espions tatoués et adeptes des sports extrêmes ; et l’univers SF consacré à Richard B. Riddick.

    Riddick, c’est un anti-héros galactique, nyctalope et multimédia lancé sur les écrans en 2000 et décliné depuis en films, en jeux vidéo (Escape from Butcher Bay et Assault on Dark Athena) et en courts métrages (Les Chroniques de Riddick: Dark Fury et Riddick: Blindsided). Alors que le premier chapitre de ses chroniques spatiales fête ses 25 ans, JustWatch vous dit où voir et revoir ces classiques de la dark sci-fi !

    Les Chroniques de Riddick: Pitch Black (2000)

    Attention, pépite ! Deux ans après son rôle dans Il faut sauver le soldat Ryan (1998) et un an avant d’exploser sur la scène internationale avec Fast & Furious (2001), Vin Diesel prête son impressionnante carrure à un personnage qui marque instantanément les fans de science-fiction. Goggles noires, débardeur, crâne rasé : le mystérieux et mutique Richard B. Riddick fait ses débuts dans Pitch Black (2000). Avec quelques passagers, dont le chasseur de primes qui l’avait arrêté et le ramenait vers sa prison, le criminel nyctalope (il voit dans le noir depuis une opération chirurgicale prodiguée en prison) a survécu au crash de leur vaisseau sur une planète inconnue. Et il devient la meilleure chance de survie du groupe, alors que des créatures nocturnes profitent de la longue éclipse qui s’annonce pour émerger des profondeurs.

    Malgré son budget limité, le survival de David Twohy est une réussite, qui devrait plaire aux amateurs de films de traque, où un petit groupe de survivants est pris en chasse par des créatures. On pense à des longs métrages comme Predator (1987), Tremors (1990), Planète Hurlante (1995), Starship Troopers (1997) ou la franchise Sans un bruit (2018). Mais Pitch Black trouve sa propre identité grâce à une approche visuelle efficace (soleil aveuglant puis une nuit noire qui donne son titre au film, et où l’on ne voit quasiment rien façon The Descent), des monstres inédits entre le requin marteau et le ptérodactyle imaginés par l’expert Patrick Tatopoulos (à l'œuvre sur Stargate, Independence Day et Underworld) et surtout ce personnage de anti-héros solitaire et nihiliste qui n’est pas sans rappeler le Snake Plissken de New York 1997 (1981) et Los Angeles 2013 (1996). 

    Les Chroniques de Riddick (2004)

    Devenu l’un des nouveaux visages du cinéma d’action hollywoodien grâce à Fast & Furious (2001) et xXx (2002), Vin Diesel ne perd pas de vue son attachement à Riddick. Lui et David Twohy travaillent activement sur la saga dark sci-fi, avec un projet de trilogie d’envergure qui viendrait compléter Pitch Black de la même façon que les trois volets du Seigneur des Anneaux avaient prolongé Bilbo le Hobbit dans les écrits de Tolkien. C’est en tout cas leur ambition affichée et revendiquée. Le premier chapitre de ce triptyque est baptisé Les Chroniques de Riddick (2004).

    Ici, on quitte l’approche minimaliste et survivaliste du film original pour une dimension plus épique, qui confronte le personnage aux légions Necromongers menée par le Lord Marshal (Colm Feore). A la tête de cette armée impitoyable qui fond sur les planètes comme un essaim de sauterelles, il mène une croisade religieuse pour atteindre l’anteverse (l'underverse en VO, une dimension parallèle prophétique). Les planètes envahies n’ont alors qu’une seule alternative : se convertir ou mourir. Riddick, en tant que dernier Furyen (son passé est exploré plus en détail dans la version Director’s Cut, rallongée de 16 minutes), pourrait alors bien être le dernier espoir de la galaxie…

    Qu’on se le dise, Les Chroniques de Riddick est radicalement différent de Pitch Black. C’est à la fois sa grande qualité (oser surprendre, c’est rare dans le monde des franchises hollywoodiennes) mais ce qui pourra clairement décevoir les fans du film original. On est ici dans un univers plus vaste, qui développe sa propre mythologie entre politique, religions et civilisations. Gamer invétéré (en jeux vidéo mais aussi en jeux de plateau), on sent que Vin Diesel a envie de créer sa propre version de Warhammer, de Mass Effect ou de Dune. Au final, il y a presque un côté péplum spatial dans cette entreprise aux accents de Foundation (2021-) The Expanse (2015-2022) et Stargate SG-1 (1997-2007), qui invite Dame Judi Dench dans l’aventure (s’il vous plaît !) et livre des séquences impressionnantes (l’invasion Necromonger, la prison) dont une course entre ombre protectrice et soleil mortel en forme de clin d'œil appuyé à Pitch Black.

    Riddick (2013)

    Malgré l’ambition du tandem Diesel / Twohy, les résultats de ce premier chapitre sont mitigés. Les 115 millions de dollars de recettes mondiales ne remboursent pas le budget conséquent investi par Universal, et le projet de trilogie est mis en pause. Mais la fanbase est là, l’univers continue de se développer à travers un court métrage animé et un jeu vidéo plébiscité, et Vin Diesel a de la ressource : il négocie auprès du studio son retour en Dominic Toretto dans le final de Fast & Furious : Tokyo Drift (2006) et dans la suite de la saga motorisée en échange des droits sur la franchise Riddick. L’accord est trouvé, et c’est en indépendant qu’il monte le second volet de sa trilogie, hypothéquant carrément sa propre maison pour boucler le financement.

    Ce cadre budgétaire impose de revenir à une approche plus minimaliste, et quand Riddick (2013) sort enfin sur les écrans, les spectateurs découvrent une série B plus proche de Pitch Black que des Chroniques de Riddick. Au-delà d’un rapide lien narratif raccrochant le long métrage à son prédécesseur (Karl Urban apparaît au début du film), on est ici de retour dans la pure survie avec une planète désolée, des monstres et des chasseurs de primes qui vont traquer notre anti-héros avant de devoir faire équipe avec lui pour espérer survivre. Riddick est au final un savant mélange entre Pitch Black, Assaut (1976), Outlander le dernier viking (2008), Un cri dans l’océan (1998) et The Mandalorian (2019-), soit un cocktail plutôt réussi entre science-fiction, survival, western et film de monstres, où on est ravi de croiser Dave Bautista ou Katee Sackhoff. Le retour aux sources est réussi, et la rentabilité à nouveau au rendez-vous. La trilogie aura bien une conclusion.

    Riddick: Furya (prochainement)

    En août 2024, Vin Diesel dévoile sur ses réseaux sociaux les premières photos du tournage de Riddick: Furya, qui évoquent une tonalité dans la lignée du film de 2013. Son anti-héros iconique devrait y faire ses adieux au public en revenant sur sa mystérieuse planète d’origine, jusqu’ici seulement évoquée dans les différents longs métrages. Peu de détails ont filtré sur le casting et l’intrigue du projet, toujours écrit et réalisé par David Twohy et produit par Vin Diesel et sa sœur Samantha Vincent, qui supervise la plupart des films de son grand frère.

    L’acteur-producteur a aussi eu, un temps, l’ambition de développer une série au sein de la saga : Merc City, centrée sur les mercenaires et chasseurs de primes de l’univers. Si Riddick: Furya connaît un certain succès, le projet pourrait potentiellement être relancé. Ensuite, il sera temps de raccrocher les goggles (Vin Diesel va mine de rien sur ses 60 ans)... ou de se cantonner aux consoles, l’univers vidéoludique étant un terrain de jeu et de chasse idéal pour le personnage comme l’ont montré les très bons Escape from Butcher Bay et Assault on Dark Athena.

  • Del Toro, Bigelow, Ozon… : les films les plus attendus de Venise 2025

    Del Toro, Bigelow, Ozon… : les films les plus attendus de Venise 2025

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Quel film succèdera au bouleversant et élégant La Chambre d’à côté de Pedro Almodóvar, sacré à la Mostra 2024 par le très convoité Lion d’Or ? Réponse le 6 septembre prochain, quand le réalisateur Alexander Payne et son jury (les actrices Fernanda Torres et Zhao Tao ; les cinéastes Stéphane Brizé, Maura Delpero, Cristian Mungiu et Mohammad Rasoulof) décerneront le palmarès du 82e Festival International du Film de Venise.

    21 longs métrages en Compétition et 11 avant-premières Hors Compétition (dont une clôture française signée Cédric Jimenez) s’y dévoileront sous le regard exigeant et passionné de la planète cinéma. JustWatch vous dit tout des œuvres les plus attendues de cette édition 2025, qui s’ouvre le 27 août dans la Cité des Doges.  

    « Le Mage du Kremlin » de Olivier Assayas (Compétition)

    Jude Law est Vladimir Poutine. Le Mage du Kremlin (2025) va créer l’événement à Venise, en dévoilant les arcanes du pouvoir russe après la chute de l’URSS, à travers les yeux et les mémoires fictives d’un conseiller officieux du futur chef d'État. Ce thriller est adapté du roman de Giuliano da Empoli, plébiscité par le Grand Prix du roman décerné par L’Académie Française et finaliste du Prix Goncourt 2022).

    Dans ce film mis en scène par le réalisateur français Olivier Assayas (qui s’était déjà attaqué à l’exercice périlleux du biopic polémique avec Carlos, 2010) Paul Dano (dans le rôle de Vadim Baranov) sera entouré de Alicia Vikander, Jeffrey Wright, Zach Galifianakis et Jude Law en « Tsar ». Un an après le portrait de Donald Trump dans The Apprentice (2024), cette vision de son pendant soviétique devrait assurément faire du bruit sur la lagune : les premières réactions critiques sont à guetter dès le 31 août.

    « Jay Kelly » de Noah Baumbach (Compétition)

    La bande-annonce de Jay Kelly (2025), très réussie, annonce un film introspectif passionnant : face à un miroir, George Clooney déclame son nom (« Jay Kelly… ») sans trop y croire, comme s’il ne se connaissait pas alors que le monde entier connaît tout de lui. Car Jay Kelly est une immense star de cinéma, qui a tellement été coupé du monde qu’il ne sait plus trop qui il est… Ce pitch clairement méta (George Clooney, longtemps comparé à un Cary Grant moderne, cite explicitement l’acteur dans les images) est le prétexte à un road-movie intimiste et solaire qui va voir notre vedette se lancer sur les routes en compagnie de son manager (Adam Sandler).

    Après The Meyerowitz Stories (2017), Marriage Story (2019) et White Noise (2022), Noah Baumbach semble livrer ici une histoire de passage à l’âge adulte d’un adulte, au croisement de Birdman (2014) et The Descendants (2011), co-écrit avec la comédienne Emily Mortimer, et dans lequel Clooney devrait faire des merveilles. Avec un prix d'interprétation à la clé ? Ce serait un joli prix pour celui dont le tandem avec Brad Pitt dans Wolfs (2024) avait été plébiscité l’an dernier à Venise.

    « The Voice of Hind Rajab » de Kaouther Ben Hania (Compétition)

    En quinze ans, la réalisatrice Kaouther Ben Hania s’est imposée comme l’une des voix les plus intéressantes et singulières du cinéma tunisien. La réalisatrice de La Belle et la Meute (2017) et Les Filles d’Olfa (2023) devrait une nouvelle fois livrer une œuvre puissante, tournée en douze mois à peine. The Voice of Hind Rajab (2025) fera ainsi résonner la voix de la fillette palestinienne de six ans tuée avec plusieurs membres de sa famille par les forces israéliennes dans la bande de Gaza et dont l’appel au secours, alors qu’elle était coincée dans une voiture, bouleversa le monde.

    Dans un communiqué, la cinéaste déclare : « Au cœur de ce film se trouve une chose très simple, et très difficile à vivre. Je ne peux accepter un monde où un enfant appelle à l'aide et où personne ne vient. Cette douleur, cet échec, nous concerne tous. Cette histoire ne concerne pas seulement Gaza. Elle parle d'un deuil universel. Et je crois que la fiction (surtout lorsqu'elle s'inspire d'événements réels, douloureux et vérifiés) est l'outil le plus puissant du cinéma. Plus puissant que le bruit des breaking news ou l'oubli du scrolling. Le cinéma peut préserver la mémoire. Le cinéma peut résister à l'amnésie. Que la voix de Hind Rajab soit entendue ».

    « A House of Dynamite » de Kathryn Bigelow (Compétition)

    Cela fait huit ans que nous étions sans nouvelles de Kathryn Bigelow. La cinéaste américaine, première femme sacrée par l’Oscar de la Meilleur réalisation (pour Démineurs, 2008), n’avait en effet rien tourné depuis le passionnant Detroit en 2017. C’est au cœur de la Maison Blanche qu’elle fait son grand retour, avec A House Of Dynamite (2025) dont le titre est aussi explosif que son pitch : comment les Etats-Unis font face à une attaque de missiles dirigée contre le pays.

    Idris Elba, Rebecca Ferguson, Greta Lee, Moses Ingram, Jared Harris, Gabriel Basso et Anthony Ramos composeront l’équipe gouvernementale de ce film choral qui annonce un thriller sous haute tension, qui devrait aller lorgner du côté de Treize jours (2000) USS Alabama (1995), Point Limite (2000) et La Somme de toutes les peurs (2002).

    « Frankenstein » de Guillermo del Toro (Compétition)

    Voir le réalisateur de Hellboy (2004), Le Labyrinthe de Pan (2006) et La Forme de l'eau (2017) s’attaquer à l’une des plus célèbres icônes du cinéma et de la littérature fantastiques a quelque chose qui relève de l’évidence. Et de l’événement incontournable. Le Frankenstein (2025) de Guillermo Del Toro, immense amoureux des monstres, est l’un des films les plus attendus de l’automne. Oscar Isaac s’y glisse dans la blouse du Docteur Frankenstein dans des décors gothiques à souhait qui magnifient l’histoire imaginée par Mary Shelley, le tout emmené par une partition d’Alexandre Desplat.

    Comment Jacob Elordi (star montante de Euphoria, Saltburn, Priscilla et Oh Canada) va t-il revisiter une créature mythique déjà campée par Boris Karloff (Frankenstein, 1931), Christopher Lee (Frankenstein s'est échappé !, 1957), Robert De Niro (Frankenstein, 1994) ou Aaron Eckhart (I, Frankenstein, 2014) ? Réponse le 30 août à Venise et en novembre sur Netflix. Ensuite, ce sera à Christian Bale de se glisser sous le maquillage couturé (The Bride, 2026).

    « À pied d'oeuvre » de Valérie Donzelli (Compétition)

    À pied d'oeuvre (2025) marque la toute première sélection de Valérie Donzelli à la Mostra. Déjà passée par les marches de la Compétition du Festival de Cannes (Marguerite & Julien, 2015), la réalisatrice française adapte ici le roman de Franck Courtès (Gallimard, 2023), dans lequel il raconte comment il a glissé peu à peu dans la pauvreté, alors qu’il a abandonné son métier de photographe pour se consacrer à l’écriture. C’est ainsi qu’il va faire l’expérience de la précarité, et de la liberté, avec lucidité et autodérision.

    Le long métrage devrait trouver une place dans le cœur de celles et ceux qui ont vibré à des parcours intimistes comme L'Homme qui voulait vivre sa vie (2010), Into the Wild (2007), Nomadland (2020) ou Sur les chemins noirs (2023). Dans le rôle principal, on retrouve le talentueux Bastien Bouillon, visage de plus en plus incontournable du cinéma français après ses rôles dans La Nuit du 12 (2022), Le Comte de Monte-Cristo (2024) et Partir un Jour (2025).

    « After the Hunt » de Luca Guadagnino (Hors Compétition)

    Depuis la « claque » Call Me By Your Name (2017), Lucas Guadagnino est l’un des cinéastes les plus attendus par les cinéphiles et les plus courtisés par les stars d’Hollywood. Et un metteur en scène très prolifique, aussi. Et après Bones and All (2022), Challengers (2024) et Queer (2024), il revient déjà avec After the Hunt (2025) où il dirige l’iconique Julia Roberts. Centré sur les accusations d’une étudiante à l’encontre d’un professeur qui aurait « franchi la ligne », le film va interroger la justice, la rumeur, les apparences, les faux semblants et les rapports humains.

    Cette thématique, pertinente quelle que soit l’époque, a très souvent inspiré le cinéma. Et les grands comédien.nes. On pense à La Chasse (2012) qui accusait Mad Mikkelsen. À La Rumeur (1961) avec Audrey Hepburn et Shirley MacLaine. À Chronique d’un scandale (2006) porté par Cate Blanchett et Judi Dench. À Doute (2008) qui confrontait Meryl Streep et Philip Seymour Hoffman. Ou au récent Pas de vagues (2024) avec François Civil. Et désormais Julia Roberts, qui devrait livrer une performance mémorable devant la caméra de Guadagnino. Et après Venise ? Le réalisateur italien a un agenda chargé avec une nouvelle version de American Psycho, le film DC Sgt Rock, la suite de Call Me By Your Name et un biopic sur la création de OpenAI. Vous avez dit passionnant ?

    « Scarlet » de Mamoru Hosoda (Hors Compétition)

    Le cinéaste japonais Mamoru Hosoda, talent majeur de la nouvelle vague de l’animation nippone et grand habitué des festivals internationaux (Annecy mais aussi Cannes où il avait été convié en 2021), débarque au Festival de Venise avec son nouveau film Scarlet (2025). Sous la bannière de son Studio Chizu, qui adoptera pour l’occasion une approche animée inédite proposant une 3D stylisée,  le cinéaste racontera l’histoire d’une princesse qui doit parvenir à s’échapper du royaume des morts où elle se réveille pour éviter l’annihilation.

    Ce projet ambitieux, sombre et violent mêlant la fantasy et l’action vient compléter une filmographie sans faute depuis le phénomène La Traversée du temps (2006), qui resta à l’affiche pendant de longs mois au Japon. Plébiscité pour la modernité de sa mise en scène, Mamoru Hosoda a par la suite signé Summer Wars (2009), Les Enfants Loups, Ame & Yuki (2012), Le Garçon et la Bête (2015), Miraï, ma petite soeur (2018, nommé à l’Oscar du Meilleur film d’animation) et Belle (2021). Gageons que Scarlet saura se hisser au niveau de ces pépites.

    « Father Mother Sister Brother » de Jim Jarmusch (Compétition)

    Si Jim Jarmusch fait partie des « habitués » du Festival de Cannes, l’Américain n’avait jamais été convié par la Mostra. C’est chose faite en 2025, et le cinéaste à la chevelure argentée débarque enfin à Venise avec Father Mother Sister Brother (2025), qui revisite en trois histoires les relations entre des frères et sœurs adultes et leur(s) parent(s) quelque peu distant(s), alors qu’ils se retrouvent après plusieurs années de séparation.

    Tournée entre Paris, l’Irlande et les Etats-Unis, cette comédie réunit Cate Blanchett, Adam Driver, Vicky Krieps, Tom Waits et Charlotte Rampling. Le réalisateur annonce un long métrage très calme, très subtile et sans musique (!) : on devrait donc retrouver dans Father Mother Sister Brother un ton plus proche de Coffee and Cigarettes (2004) ou Broken Flowers (2005) que des zombies décalés de The Dead Don't Die qui avaient quelque peu divisé le public en 2019. Les amateurs de la patte Jarmusch devraient logiquement adouber ce nouvel opus, le dix-septième du cinéaste.

    « Chien 51 » de Cédric Jimenez (Hors Compétition)

    C’est sur un polar de science-fiction que tombera le rideau de la 82e Mostra. Et pas n’importe lequel puisque Chien 51 (2025) est l’un des projets français les plus ambitieux de l’année. Cédric Jimenez y adapte le roman de Laurent Gaudé (Actes Sud, 2022) et plonge Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos dans un Paris futuriste qui sépare les différentes classes sociales. Quand l’inventeur d’une IA qui a révolutionné le travail de la police est assassiné, ces deux inspecteurs que tout oppose vont devoir mener l’enquête ensemble… 

    Porté par un budget de 42 millions d’euros, le long métrage s’inscrit comme une nouvelle proposition hexagonale de science-fiction à résonance sociale dans la lignée de Renaissance (2006), Chrysalis (2007) et Arès (2016). Elle devrait également ravir les amateurs du cinéma sous tension proposé par Cédric Jimenez, révélé par Aux yeux de tous (2012) avant de s’installer comme l’une des valeurs sûres du polar français avec La French (2014), Bac Nord (2021) et Novembre (2022). Attendu le 15 octobre dans les salles françaises, Chien 51 sera présenté le 6 septembre aux festivaliers vénitiens.

    « Bugonia » de Yorgos Lanthimos (Compétition)

    Déjà un nouveau film pour le prolifique Yorgos Lanthimos ! Et comme toujours une intrigue qui attise la curiosité : « deux hommes obsédés par la conspiration kidnappent une grande PDG, convaincus qu'elle est un extraterrestre qui a l'intention de détruire la Terre ». Le décor décalé de Bugonia (2025) est posé et permettra au cinéaste de retrouver Emma Stone, à l’affiche de tous ses longs métrages depuis La Favorite (2018), elle qui a obtenu son second Oscar de la Meilleure actrice sous la direction du réalisateur avec Pauvres Créatures (2023).

    Révélé par Canine (2009) et Alps (2011) avant la consécration internationale de The Lobster (2015), le cinéaste grec signe ici le premier remake de sa carrière. Bugonia est en effet une réadaptation du film sud-coréen Save the Green Planet (2003) de Joon-Hwan Jang. Yorgos Lanthimos devrait une nouvelle fois en faire une œuvre inclassable, dans la lignée de Mise à mort du cerf sacré (2017). Les premières images, avec sa villa aux grandes vitres et aux lignes parfaites, évoquent également le Parasite (2019) de Bong Joon Ho. De bonne augure pour ce nouveau cru lanthimosien attendu en novembre sur les écrans français ?

    « Orphan » de László Nemes (Compétition)

    En 2015, László Nemes est révélé sur la scène internationale avec son premier long métrage, le film-choc Le Fils de Saul, qui replonge avec une puissance rare dans les horreurs des crématoriums d’Auschwitz-Birkenau, et reçoit des prix à Cannes, aux Oscars et aux Golden Globes. Entre autres. Sa deuxième réalisation, Sunset (2018), aura par la suite les honneurs d’une sélection en Compétition à Venise. Et c’est encore à la Mostra que le cinéaste hongrois dévoilera cette année son nouvel opus.

    Orphan (2025) racontera la vie d'un garçon à Budapest en 1957, un an après la tentative de révolution hongroise contre l'URSS. Le comédien français Grégory Gadebois se glisse au sein de la distribution du long métrage, à travers lequel László Nemes continue d’explorer le passé de son pays en croisant grande Histoire et drame intimiste. On devrait y retrouver la force brute et la patte esthétique des deux précédents films du cinéaste, qui travaille à nouveau avec la scénariste Clara Royer et le directeur de la photographie Mátyás Erdély.

    « L’Etranger » de François Ozon (Compétition)

    Pour son vingt-cinquième long métrage en un peu plus d’un quart de siècle, François Ozon s’attaque à un monument de la littérature : L’Etranger d’Albert Camus, l’un des romans en langue française les plus lus au monde. Étrangement, l'œuvre n’a été adaptée qu’une seule fois au cinéma, en 1967, par Luchino Visconti qui y dirigeait Marcello Mastroianni dans le rôle de Meursault.

    Devant la caméra d’Ozon, c’est Benjamin Voisin (révélé par le cinéaste dans Eté 85) qui campe ce jeune homme froid et détaché qui évolue dans l’Algérie de 1938. Comme Frantz (2016), également passé par Venise, L’Etranger a été tourné en noir et blanc. Le cinéaste devrait y proposer une lecture toute personnelle, « avec une grande liberté formelle », d’une œuvre difficilement adaptable, entre drame introspectif, solitude écrasante et banalité proche de l’absurde sous un soleil de plomb. On saura le 2 septembre si le pari est réussi.

    « Aucun autre choix » de Park Chan-wook (Compétition)

    Le cinéma sud-coréen sera au rendez-vous de la 85e Mostra grâce à Park Chan-wook. Primé à Venise il y a vingt ans pour Lady Vengeance (2005), le cinéaste revient avec Aucun autre choix (2025), remake du thriller français Le Couperet (2005). Dans ce film noir signé Costa-Gavras, un ingénieur au chômage, prêt à tout pour retrouver un emploi, éliminait tous les candidats répondant aux mêmes offres que lui. Dans la version coréenne, José Garcia est remplacé par Lee Byung-Hun, bien connu des abonné.es Netflix pour avoir récemment incarné le Front-Man de la série Squid Game (2021-2025).

    Cette histoire, on la retrouve initialement dans le roman The Ax publié par Donald E. Westlake en 1997. Voir cette comédie noire adaptée à la société coréenne -qui ne cesse d’inspirer les thrillers sociaux comme l’ont prouvé Parasite (2019), Squid Game (2021-2025) ou le récent 84 m² (2025)- par le cinéaste promet un film au sérieux « potentiel de culte ». Peut-être même à la hauteur de son indétrônable Old Boy (2003).

    « The Smashing Machine » de Benny Safdie (Compétition)

    Dwayne Johnson n’est pas qu’une star du cinéma d’action : l’ancien catcheur, connu des fans de la WWE sous le surnom « The Rock », fait très souvent des choix artistiques intéressants qui l’ont notamment amené sur les marches du Festival de Cannes (Southland Tales, 2007) et cette année sur le Lido de Venise. Dans The Smashing Machine (2025), nouvelle production du studio A24, le colosse remonte sur le ring dans le rôle de Mark Kerr, légende du MMA et immense champion UFC à la fin des années 90.

    Devant la caméra du réalisateur de Good Time (2017) et Uncut Gems (2019) et accompagné par Emily Blunt qu’il avait déjà côtoyée dans Jungle Cruise (2021), l’acteur est littéralement métamorphosé et devrait livrer une prestation d’ores et déjà annoncée comme la meilleure de sa carrière. The Smashing Machine pourrait ainsi bien être son The Wrestler (2008), sachant que le film devrait s’éloigner du biopic traditionnel en proposant une expérience immersive et brute grâce à une approche visuelle et un grain de pellicule proches du documentaire. Les premières réactions -qui valideront ou pas le « Oscar Buzz »- sont à guetter dès le 1er septembre.

    « In The Hand of Dante » de Julian Schnabel (Hors Compétition)

    Attention, casting sept étoiles : Al Pacino, Gal Gadot, Oscar Isaac, Jason Momoa, John Malkovich, Gerard Butler et… Martin Scorsese, entre autres ! Pour son grand retour à Venise où il a déjà présenté Basquiat (1996), Avant la nuit (2000), Miral (2010) et At Eternity’s Gate (2018), Julian Schnabel réunit un casting de rêve, sans doute le plus impressionnant de la sélection.

    In The Hand of Dante (2025) est un polar adapté du roman de Nick Tosches, qui mêlera deux histoires à deux époques différentes : une enquête contemporaine autour de la réapparition d’un manuscrit de La Divine Comédie, et le récit, justement, de la rédaction de l’œuvre en question. Annoncé par le cinéaste comme son projet le plus ambitieux, le long (2h31) métrage devrait une nouvelle fois proposer une expérience esthétique riche et puissante, doublée d’un hommage à l’art italien et à la création artistique.

    « Grace » de Paolo Sorrentino (Compétition)

    Acteur fétiche de Paolo Sorrentino (il a joué sous sa direction dans Il Divo, Silvio et les autres, La Grande Bellezza…), Toni Servillo retrouve le réalisateur italien pour la septième fois avec Grace / La Grazia (2025), qui fera l’ouverture à Venise. Peu de choses ont filtré sur le long métrage tourné entre Rome et Turin, qui parlera d’amour en racontant les derniers jours de la vie d’un Président fictif et « marquer les esprits par sa grande originalité et sa forte résonance avec l’actualité » selon les organisateurs du Festival.

    C’est la quatrième sélection de Paolo Sorrentino à la Mostra, où il avait présenté son tout premier long métrage (L’Homme en plus, 2001) et remporté le Lion d’Argent pour La Main de Dieu (2021). Se revendiquant d’une filiation esthétique avec François Truffaut, Grace / La Grazia est né d’une envie partagée et portée par le cinéaste et Toni Servillo depuis vingt ans. Les festivaliers devraient y retrouver l’élégance, l’humanité et la profondeur des films de Sorrentino.

    « Dead Man's Wire » de Gus Van Sant (Hors Compétition)

    Il y a un petit air de Un après-midi de chien (1975) qui plane sur Dead Man’s Wire (2025). Déjà parce que le film de Gus Van Sant revisitera une véritable prise d’otage fiévreuse et tendue, survenue en 1977 aux Etats-Unis. Et ensuite parce qu’Al Pacino, inoubliable braqueur du film de Sidney Lumet, est au générique du long métrage. Face à lui, on retrouve Bill Skarsgård en preneur d’otage et Dacre Montgomery en banquier… et entre les deux hommes, un fil ténu synonyme de vie ou de mort puisqu’il est relié au cou de la victime et à l’arme du « criminel » (un homme sans histoire acculé par les dettes).

    Le film marque le grand retour derrière la caméra du réalisateur de Will Hunting (1997) et Harvey Milk (2008), après sept ans d’absence. Si c’est donc un événement plus que notable (entre Bigelow, Jarmusch et Van Sant, c’est l’édition des grands retours américains), sa présence Hors Compétition semble promettre surtout un solide divertissement sous tension, entre thriller en huis-clos et critique sociale sous le feu des médias. Une proposition où la patte Van Sant devrait faire des merveilles.

  • Marvel : les 6 films de la Phase 1 dans l’ordre chronologie du MCU

    Marvel : les 6 films de la Phase 1 dans l’ordre chronologie du MCU

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    C’est un pari unique dans l’histoire du cinéma. Et une approche que beaucoup de studios hollywoodiens rêvent de réussir à leur tour. Le fameux Marvel Cinematic Universe, un univers étendu entre films, séries, séries animées et courts métrages, qui tisse des liens et connecte les personnages et les mondes nés dans les pages des comic-books. Initiée en 2005 sous la supervision du producteur Kevin Feige, cette initiative hybride voit concrètement le jour trois ans plus tard quand Robert Downey Jr. endosse pour la première fois l’armure de Iron Man.

    Une trentaine de longs métrages et une quinzaine de séries ont depuis vu le jour - répartis en « Phases » et liés par des séquences post-génériques savamment distillées - pour le plus grand plaisir des fans qui retrouvent à l‘écran la complexité de l’univers papier imaginé par Stan Lee, Jack Kirby et les plumes de la Maison des Idées. Les néophytes et les spectateurs occasionnels, eux, ont en revanche parfois un peu de mal à s’y retrouver au sein d’un MCU de plus en plus complexe, qui nécessite presque « de faire ses devoirs » pour saisir toutes les subtilités des connexions entre les  différentes œuvres.

    C’est votre cas ? JustWatch vous apporte un peu d’aide et quelques lumières avec le guide des six films de la Phase 1, classés dans l’ordre chronologique de l’histoire.

    Captain America : First Avenger (2011)

    La chronologie du Marvel Cinematic Universe débute officiellement en 1943, avec Captain America : First Avenger (2011). Ce n’est pas le premier film du MCU à sortir, mais c’est la première pierre du projet Avengers porté par Nick Fury (Samuel L. Jackson). Alors que la Seconde Guerre mondiale bat son plein, on y découvre un jeune homme maigrelet mais courageux, rêvant de s’engager pour défendre son pays et la démocratie. Transformé en Captain America grâce à la science, il va devenir l’incarnation de la liberté. Volontairement rétro, avec une approche oscillant entre film de guerre old-school et science-fiction super-héroïque, le long métrage étonne par son approche à l’ancienne, presque naïve et désuète, loin des vagues d’images de synthèse et de fonds verts qui suivront. Un feeling à la Indiana Jones plane sur cette aventure, que le réalisateur Joe Johnston (solide artisan hollywoodien déjà auteur de Rocketeer en 1991) a justement façonnée en la calquant sur Les Aventuriers de l’Arche perdue (1981).

    En raison de cette tonalité particulière, le long métrage pourra peut-être décontenancer celles et ceux qui chercheraient une aventure high-tech à la Iron Man ou le délire cosmique des Gardiens de la Galaxie. Mais il met solidement en place des personnages et éléments (Steve Rogers, le futur soldat de l’hiver Bucky Barnes, Peggy Carter qui fera battre le coeur du héros jusqu'à Avengers Endgame, Crâne Rouge, Howard Stark, le Tesseract, le sérum de « Super Soldat », l’Hydra, le bouclier en vibranium…) qui auront leur importance dans la suite de la grande histoire Marvel. Et dans le costume étoilé qui aurait pu être sincèrement ridicule et gênant, Chris Evans trouve LE rôle de sa carrière, entre force et innocence, sans jamais tomber dans un patriotisme appuyé et un américanisme bas du front. Au contraire, on se prend d’affection pour ce héros d’un autre temps, dépassé par sa propre image de super-justicier et qui deviendra le cœur battant des Vengeurs.

    Iron Man (2008)

    Si Iron Man (2008) est aujourd’hui indissociable du Marvel Cinematic Universe - au point que les films qui ont suivi Avengers : Endgame (2019) n’ont jamais réussi à se remettre totalement de son absence - faire du personnage le premier héros du MCU était un véritable pari. Un pari remporté haut la main grâce à la mise en scène spectaculaire et au ton adoptés par le réalisateur Jon Favreau (également interprète du sympathique chauffeur / garde du corps Happy Hogan), et surtout au choix de Robert Downey Jr. dans le rôle-titre. Aussi sympathique qu’arrogant, aussi attachant qu’énervant, aussi brillant que cynique, l’acteur excelle en Tony Stark / Iron Man. Mieux : il EST Iron Man, comme le personnage le claironnera d’ailleurs à la fin du film.

    Cette origin-story d’un homme détestable devenu super-héros raconte comment le milliardaire, marchand d’armes et inventeur de génie, va décider de donner un autre sens à son existence après avoir été enlevé en Afghanistan. Cette histoire de rédemption, qui traverse les enjeux industriels, high-tech et militaires du film, fait finalement écho à la propre réhabilitation du comédien, passé par la case prison avant sa renaissance marvelienne. Il y a aussi un parallèle plus qu’évident avec Bruce Wayne, lui aussi milliardaire sans super-pouvoirs devenu justicier chez DC : mais là où le Chevalier Noir de Batman Begins (2005) aime l’obscurité, Tony Stark, lui, préfère la lumière avec un charisme et un sens de la répartie qui font de lui le chef naturel des futurs Vengeurs.

    Iron Man 2 (2010)

    Les super-héros préfèrent traditionnellement la discrétion en menant une double vie entre identité secrète et costume (ou armure, c’est selon) de justicier. Pas Tony Stark, qui a dévoilé dans les dernières minutes du premier volet son statut de Iron Man au monde entier. Iron Man 2 (2010), dont la narration s’inscrit dans la continuité du précédent film, débute donc sur ce présupposé. Mais aussi sur un Tony mourant, car insidieusement contaminé par le palladium du réacteur ARK qui le maintient en vie depuis l’Afghanistan. A la fois dépressif et excentrique, le personnage dévoile ici de nouvelles facettes et défauts de son caractère : des traits qui le rendent définitivement humain et qui avaient déjà fait le succès du personnage dans les comic-books Marvel.

    Au-delà de son héros, le film -clairement mis en production trop vite, ce que le réalisateur Jon Favreau confirmera par la suite- déçoit quelque peu par rapport à son prédécesseur. Bien sûr les scènes d’action sont spectaculaires, notamment les moments où Tony retire ou endosse son armure pour affronter le méchant Whiplash (Mickey Rourke) et ses fouets électriques. Et il y a un sous-texte intéressant dans la façon dont Iron Man devient un enjeu de sécurité nationale convoité par le Département de la Défense (préfigurant le schisme de Captain America : Civil War, 2016). Mais l’équilibre du premier film n’est plus là, ni l’effet de surprise d’ailleurs, et on sent bien que ce second volet est surtout un épisode de transition et de connexion, qui sert essentiellement à introduire Black Widow (Scarlett Johansson) et War Machine (Don Cheadle remplace Terrence Howard sous l'uniforme et l'armure) pour préparer le terrain de la réunion à venir des Avengers.

    L’Incroyable Hulk (2008)

    Même s’il est sorti deux ans avant Iron Man 2, il est plus logique de regarder L’Incroyable Hulk (2008) après. Ce que confirme d’ailleurs la chronologie officielle du Marvel Cinematic Universe disponible sur Disney+. Traqué par l’armée américaine, le géant vert (en réalité le scientifique Bruce Banner, irradié par des rayons Gamma lors d’un accident de laboratoire) essaye de se libérer de sa condition tout en contrôlant ses accès de rage dévastateurs qui le transforment en monstre inarrêtable (et en arme biologique inestimable). Mis en scène par le Frenchie Louis Leterrier (par la suite à la barre du Choc des Titans et Fast & Furious X), le film est un divertissement efficace aux scènes d’action réussies (la séquence au Brésil, la scène à l’université, le combat final), avec une itération de Hulk qui transpire la rage.

    L’histoire en elle-même est par contre assez anecdotique au sein du MCU, sauf en prévision de Captain America: Brave New World (2025). D’autant que ce Jekyll / Hyde à la sauce Marvel est incarné par Edward Norton, qui sera par la suite évincé de la franchise et remplacé par Mark Ruffalo (avec un Hulk moins musculeux et plus rond). Mais il explique pourquoi Banner vit reclus quand Natasha Romanoff retrouve sa trace, et il met en place des personnages qui seront pertinents au sein de l’univers connecté, à l’image de Abomination (Tim Roth, revenu dans She-Hulk), du Général Thaddeus Ross (William Hurt), de Samuel Sterns (Tim Blake Nelson)... ou d’un certain Tony Stark, invité surprise de la scène post-générique alors qu’il poursuit son recrutement pour les Avengers.

    Thor (2011)

    Au sein du pari narratif, financier et logistique qu’est le Marvel Cinematic Universe, Thor (2011) représente un véritable défi en soi. Là où l’essentiel des précédentes productions super-héroïques conservaient une approche terre-à-terre, l’histoire prend ici une dimension cosmique en dévoilant le Royaume d’Asgard et les dieux qui y résident, à l’image de Odin (Anthony Hopkins) et ses deux fils, les frères ennemis Loki (Tom Hiddleston) et Thor (Chris Hemsworth). Exilé parmi les hommes pour y apprendre l’humilité et être digne des pouvoirs de son marteau (qu’on découvrait dans la scène post-générique de Iron Man 2), ce dernier va surtout y découvrir l’amour (Natalie Portman) et un attachement viscéral à notre planète. Quant à Loki, il met en place les enjeux du prochain film : la très attendue réunion des Avengers qui se déroule, selon la chronologie, quelques mois plus tard.

    Le film est confié au très shakespearien Kenneth Branagh (Henry V, Beaucoup de bruit pour rien, Hamlet). Un choix qui pourrait surprendre mais qui est finalement assez logique, tant l’intrigue de Thor a des allures de tragédie spatiale. Le cinéaste a par ailleurs grandi avec le comic-book et était donc le candidat idéal pour capter les problématiques très humaines de ces dieux et faire de ces divinités des êtres de chair. Le ton de l’adaptation évolue dès lors entre drame familial, pure fantasy digne d’un Warcraft, science-fiction façon Le Jour où la terre s'arrêta et découverte de la vie terrienne en mode Superman ou Starman avec son lot de quiproquos comiques. C’est peut-être d’ailleurs la faiblesse du long métrage, qui ne parvient jamais à choisir son identité et qui donne un peu de tout aux spectateurs, de manière globalement lisse. Mais il fait le boulot, en mettant en place les tout derniers pions avant la réunion des Vengeurs.

    Avengers (2012)

    Quatre ans après la sortie de Iron Man, les fans assistent enfin à la concrétisation de la grande promesse du Marvel Cinematic Universe : présenter des héros dans des films qui leur sont dédiés avant de les réunir au sein du même long métrage. Le résultat, c’est Avengers (2012) qui convoque Iron Man, Captain America, Thor, Black Widow, Hulk (désormais campé par Mark Ruffalo) et Hawkeye (Jeremy Renner, introduit au détour d’une scène de Thor) sous le commandement de Nick Fury pour affronter la menace de Loki et des Chitauris, une race extraterrestre en quête du Tesseract. Et ce qui aurait pu être un fourre-tout scénaristique et visuel est une franche réussite, qui laisse la place à chaque personnage tout en livrant de vrais morceaux de bravoure (à l’image de l’affrontement entre Thor, Iron Man et Captain America dans la forêt, ou l’attaque monumentale de New York qui couvre le dernier quart du film).

    Ultra-spectaculaire et très généreux (le fameux travelling autour des six héros réunis en cercle face à l’adversité a fait hurler d’innombrables salles de cinéma dans le monde à l’époque), le long métrage montre aussi des personnages certes soudés dans l’adversité, mais aux points de vue très différents quant à leurs prérogatives de super-héros. De quoi préfigurer la suite de leurs interactions au sein du MCU, tout en dévoilant au détour d’une séquence post-générique un certain Thanos, futur grand méchant de la « Saga de L’Infini » qui regroupe les trois premières phases de l’univers Marvel. En revanche, si on est allergique aux supers, au MCU ou aux images de synthèse, ce grand spectacle passera vite pour 2h23 de torture numérique.

  • « Ironheart » : 11 films et séries Marvel à voir avant la saison 1 !

    « Ironheart » : 11 films et séries Marvel à voir avant la saison 1 !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    En 2025, le Marvel Cinematic Universe continue de s’élargir ! Et parallèlement à l’affrontement entre Captain America et Red Hulk dans Brave New World, les missions explosives des Thunderbolts* et les premiers pas des 4 Fantastiques sur grand écran, Disney+ continue de proposer des séries ambitieuses. A l’image de Ironheart, qui suit le parcours de Riri Williams (Dominique Thorne) après son intervention au Wakanda en 2022.

    Mais pour bien comprendre comment cette première saison s’intègre au MCU et saisir tous les enjeux et références des 6 épisodes qui la composent, JustWatch vous propose quelques films et séries à voir ou revoir sur les plateformes de streaming en amont de votre visionnage. Car parfois, chez Marvel, il est préférable de « faire ses devoirs » pour ne pas être trop perdu.es. Après, on vous rassure, le show reste compréhensible même sans ces rattrapages. Mais si vous avez le temps, autant être à jour !

    Black Panther : Wakanda Forever (2022)

    C’est dans Black Panther : Wakanda Forever (2022) que les fans de l’univers Marvel ont fait pour la première fois connaissance avec Riri « Ironheart » Williams. Cette étudiante brillante du MIT, héritière spirituelle de Tony Stark, s’y joint aux femmes fortes du Wakanda (Shuri, Okoye, Nakia et la Reine Ramonda, entre autres) pour faire face à la menace de Namor (Tenoch Huerta) et de son peuple venu des profondeurs de l’océan après la disparition tragique de T'Challa. On y découvre le talent de la jeune femme pour la conception et la fabrication de dispositifs de très haute technologie, dont une armure que n’aurait pas renié un certain Iron Man et qui sera d’une grande utilité lors du combat final.

    Évidemment, l’ombre du regretté Chadwick Boseman plane sur ce second opus qui est traversé d’une grande tristesse, notamment l’ouverture du long métrage qui organise les funérailles du Roi, du héros et du comédien. Comme The Dark Knight Rises (2012) avait dû s’adapter à la disparition de Heath Ledger, cette suite doit composer avec l’omniprésente absence de son justicier griffu. Et elle ne peut échapper, de fait, à la comparaison avec Black Panther (2018). Néanmoins, Wakanda Forever trouve son identité propre, en laissant toute la place aux personnages féminins et en allant au-delà des frontières du royaume, que ce soit dans les rues américaines ou les eaux profondes de Talokan. Un nouvel univers aquatique qui permet à Marvel de dévoiler son pendant d’Aquaman (2018) mais aussi de creuser la thématique très sérieuse de la réaction face à la menace colonialiste. D’une durée conséquente (2h42 !), le film n’a pas manqué de diviser public et critique par sa construction et son rythme étrange, alternant séquences intimistes endeuillées et scènes d’action spectaculaires.

    La trilogie Iron Man (2008 - 2013)

    L’ombre de Tony Stark plane définitivement sur la série Ironheart, avec de multiples allusions au super-héros campé avec brio par Robert Downey Jr. dans les trois premières phases du MCU. L’excentrique et brillant milliardaire, qui avait forgé de ses mains sa première armure dans une grotte afghane, est d’ailleurs une figure majeure dans l’imaginaire de Riri Williams pour élaborer ses inventions. Et son intelligence artificielle J.A.R.V.I.S. n’a assurément pas manqué d’inspirer la jeune femme dans la création de N.A.T.A.L.I.E. (Lyric Ross). Mais d’autres références plus subtiles pourraient vous échapper : si vous avez oublié qui est Obadiah Stane ou ce qu’est un réacteur ARK, un (re)visionnage de la trilogie s’impose, en tout cas a minima le premier film.

    Personnage central du Marvel Cinematic Universe -et même membre fondateur puisque tout a commencé avec Iron Man (2008)- Tony Stark n’a peut-être pas tout à fait obtenu la trilogie qu’il méritait. A un premier volet flamboyant, spectaculaire, drôle et humain ont succédé deux chapitres moins aboutis qui pourront décontenancer les fans de l’homme de fer. Iron Man 2 (2010) a ainsi été tourné trop rapidement après le premier opus et souffre d’une construction et d’un rythme un peu bancals. Mais une continuité, tout de même, avec le premier film et l’introduction bienvenue de Black Widow (Scarlett Johansson) et War Machine (Don Cheadle).

    En changeant de réalisateur (Shane Black), Iron Man 3 (2013) emmène le héros vers un ton plus référencé 80’s et buddy movie (rappelons que Black a écrit L’Arme Fatale et réalisé Kiss kiss, bang bang). Restent tout de même, bien sûr, des séquences d’action ahurissantes, des armures toujours plus impressionnantes et surtout un arc narratif qui prend le temps de visiter les failles et la psychologie de Stark, personnage bien plus complexe que son image de milliardaire cynique. Sans oublier une furtive apparition d’une toute jeune Jenna Ortega !

    Doctor Strange & Doctor Strange in the Multiverse of Madness (2016 / 2022)

    Le MCU a rarement fait rimer technologie et magie, à l’exception des réunions de toutes les forces terriennes (et galactiques) pour affronter Thanos dans Avengers : Endgame (2019) et, par certains aspects, la série Wandavision (2021). Ironheart parvient à réconcilier ces deux pans a priori opposés de l’univers Marvel, en confrontant Riri Williams à Parker « Hood » Robbins (Anthony Ramos), un Robin des Bois moderne -du moins en apparence- vêtu d’une cape mystérieuse aux pouvoirs étranges et presque carnivores, qui va intégrer la jeune femme à sa bande de braqueurs/hackers.

    Voir ou revoir Doctor Strange (2016) affronter Kaecilius et Dormammu devrait vous aider à bien comprendre tous les ressorts de cette sous-intrigue mystique. En effet, c’était dans ce premier opus qu’on découvrait la sorcellerie protectrice de Kamar-Taj et des Saints des Saints, mais aussi le prix à payer pour utiliser la magie noire. Graphiquement impressionnant (si on aime les images de synthèse) avec une Dimension Miroir qui propose au spectateur une expérience visuelle entre Inception (2010), The Fountain (2006), Au-delà de nos rêves (1998) et un kaléidoscope, le film parvient également à donner chair à des enjeux et des affrontements se déroulant sur un plan astralo-mystique. Ce qui est loin d’être évident alors que le MCU avait jusqu'ici versé dans « la bagarre ». Et puis surtout, il présente un futur Sorcier Suprême certes arrogant mais très charismatique, campé par un Benedict Cumberbatch habité dont l’évolution n’est pas sans rappeler un certain… Kung Fu Panda (2008). Si, si ! Et tant que vous êtes sur votre lancée, embarquez aussi pour sa suite, Doctor Strange in the Multiverse of Madness (2022) : il y a la magie, il y a les mondes parallèles du multivers, mais il y a surtout un ton gentiment horrifique (merci Sam « Evil Dead » Raimi !) qui fait écho à certaines révélations de Ironheart.

    Agatha All Along (2024)

    Il serait impossible de vous expliquer précisément pourquoi nous recommandons cette série Marvel, du moins sans spoiler des événements majeurs de Ironheart. Mais pour bien comprendre les enjeux magiques du MCU, il est recommandé de passer un peu de temps avec la sorcière Agatha Harkness, introduite dans WandaVision en 2021 avant d’obtenir sa propre série quatre ans plus tard avec Agatha All Along (2024). En tendant bien l’oreille sur une réplique a priori anodine mais très importante de l’épisode 3, qui évoque un nouveau personnage auquel va être confrontée Riri Williams dans le dernier tiers de Ironheart.

    Porté par la géniale Kathryn Hahn (nommée au Golden Globe pour son interprétation), Agatha All Along reprend le récit et l’approche de WandaVision sous la supervision de la même showrunneuse, Jac Schaeffer : chacun des six épisodes est différent du précédent, et s’inscrit dans un genre et une époque bien particuliers. Drôle, étonnante, originale, la série aux allures de Wicked (2024) surprendra les fans du MCU tout comme les néophytes de l’univers. Et surtout, elle remet en avant des enchanteresses et autres magiciennes qui trouvent leur place dans la grande famille formée par Ma sorcière bien-aimée (1964-1972), Charmed (1998-2006) Les Nouvelles aventures de Sabrina (2018-2020)

    What If...? saison 3, épisode 5 (2024)

    Avec la série animée What If… ? (2021-), Marvel propose des histoires alternatives à la chronologie officielle de son univers cinématographique. Les différents épisodes, indépendants les uns des autres, explorent des possibilités différentes à partir du présupposé « Et si… ». Avec, parfois, des échos dans la timeline des longs métrages. Et si Captain Carter avait pris la place de Captain America, et si T'Challa était devenu Star-Lord, et si les Avengers affrontaient des zombies… Autant de propositions surprenantes mais toujours intéressantes qui offrent des chemins de traverse vis-à-vis de la trame principale du MCU.

    Dès lors, quel rapport avec Ironheart ? L’épisode 5 de la saison 3, qui lui est entièrement consacré (et auquel Dominique Thorne prête sa voix) : on y découvre le caractère de la jeune femme et ses capacités techniques sans limite alors qu’elle affronte Quentin Beck/Mysterio qui domine les ruines de notre monde avec l’aide de White Vision et de sa légion robotique après l’échec des Eternels à empêcher l’Emergence de Tiamut. Si ces quelques lignes vous ont semblé complexes à appréhender -je n’en prends pas ombrage- c’est que cet épisode demande des connaissances marveliennes poussées pour en saisir tous les enjeux !

    Hawkeye (2021) / Miss Marvel (2022) / Echo (2024)

    Comme Kate Bishop dans Hawkeye (2021), Kamala Khan dans Miss Marvel (2022) ou Maya Lopez dans Echo (2024), Riri « Ironheart » Williams sera assurément l’un des nouveaux visages à suivre au sein du Marvel Cinematic Universe. Les Avengers ne sont en effet plus tout jeunes, et on ignore le destin qui leur sera réservé par Doom dans Avengers: Doomsday en 2026. La relève pourrait donc être en partie assurée par ces jeunes héroïnes, qui apportent du girl power, de la diversité et une approche moderne et urbaine bienvenue à la franchise. Avec, pour chacune d’entre elles, un ton original et particulier. C’est donc bien l’avenir du MCU qui est en train de s’écrire sous nos yeux, et il est plus que temps de faire connaissance avec celles qui pourraient rejoindre les rangs des Young Avengers.

  • « Alien » : tous les films de la saga dans l’ordre de sortie

    « Alien » : tous les films de la saga dans l’ordre de sortie

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    L’exploration spatiale n’a jamais été aussi terrifiante qu’avec la série de films Alien. Depuis 45 ans, les spectateurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés et en redemandent puisqu’un neuvième volet est sorti en 2024, qu’une série (Alien Earth) a vu le jour en 2025 sur Disney+ et qu’un nouveau film a été commandé ! Avant de retourner suivre les aventures du dangereux xénomorphe, certains d’entre vous envisagent peut-être de se remettre en tête les 9 premiers films. Mais attention, sur JustWatch, personne ne vous entendra crier…

    Alien, le huitième passager (1979)

    Certains films changent le cinéma, et Alien, le huitième passager (1979) en fait partie. Avec ce chef d'œuvre intemporel, Ridley Scott transforme une simple mission spatiale en un huis clos terrifiant et visuellement stupéfiant. L’histoire tragique est celle de l’équipage du Nostromo qui, rentrant chez lui après une mission lointaine, se retrouve à lutter pour sa survie lorsqu’une espèce extraterrestre s’infiltre dans le vaisseau. On découvre alors l’extraordinaire courage d’Ellen Ripley, icône de la science-fiction campée par Sigourney Weaver qui devient une star du jour au lendemain… et joue dans quatre opus de la franchise. Alien, n’est pas qu’un film de monstre, c’est une démonstration de tension, de minimalisme et de contrôle absolu du cadre. On le redécouvre encore aujourd’hui avec la même fascination que lors de sa sortie. 

    Aliens, le retour (1986)

    Changer de ton tout en respectant l’esprit du film, le pari, risqué, a été relevé par James Cameron. Aliens, le retour (1986) transforme la peur solitaire en guerre de survie collective. Plus nerveux, plus spectaculaire, mais toujours profondément humain grâce à la relation entre Ripley et Newt, ce deuxième opus est devenu un classique de l’action des années 80. Si vous êtes plus Terminator (1984) que 2001: l’odyssée de l’espace (1968), c’est sans doute votre Alien préféré. À placer juste après le premier car il en est l’extension la plus logique et la plus brillante avec ses 2h17 de montée en tension qui ne faiblit jamais. 

    Alien 3 (1992)

    C’est le film maudit de la saga, celui qui a divisé et frustré certains fans dès la première scène. Même son réalisateur David Fincher le reniera. Et pourtant, avec le recul, Alien 3 (1992) possède une puissance mélancolique qui mérite qu’on s’y attarde. Le décor carcéral, le silence, la religion omniprésente : tout donne au film une noirceur quasi philosophique. Ce n’est pas un film d’horreur, ni un film d’action, plutôt une tragédie. Et si en plus vous aimez les œuvres crépusculaires, brutes et imparfaites... Malgré quelques défauts, il y a de l’audace dans ce long métrage.

    Alien, la résurrection (1997)

    Jean-Pierre Jeunet prend les rênes de la saga et livre Alien, la résurrection (1997), un film baroque où l’humour noir et le malaise cohabitent dans une ambiance de laboratoire déglingué. Ripley clonée, mi-femme mi-monstre, devient une figure troublante, plus ambiguë que jamais. Même s’il peut mettre du temps à être apprécié, le film trouve sa place dans la saga pour sa singularité. Ce n’est pas pour tout le monde : il faut aimer les films qui flirtent avec l’absurde et l’organique avec des scientifiques cinglés, comme aime à le faire le réalisateur français. En fermant un cycle et en ouvrant sur un autre, il ose pousser les mutations avec des scènes parfois dérangeantes.

    Alien vs Predator (2004)

    Le crossover tant rêvé entre deux monstres sacrés de la science-fiction devient réalité en 2004. Dans un registre très différent des précédents opus, Alien vs Predator assume d’être un pur divertissement pop, grâce à un concept simple : deux créatures cultes sur un champ de bataille en Antarctique avec une poignée d’humains au milieu. Film à regarder sans attente particulière, il n’en est néanmoins un excellent divertissement, orchestré par un Paul W.S. Anderson très en forme pour filmer la bagarre de monstres. Un mix inter-univers très accessible et plaisant pour qui accepte les règles du genre.

    Alien vs Predator : Requiem (2007)

    Moins inspiré que son prédécesseur, Alien vs Predator : Requiem (2007) est souvent vu comme le parent pauvre de la saga. Tourné dans une esthétique très sombre (certaines scènes sont difficiles à distinguer), ce film se déroule dans une petite ville américaine et adopte une narration proche du slasher. Amateurs de gore et de scènes chocs avec peu de profondeur narrative, ce film pourrait vous plaire, d’autant qu’il a aussi une fonction dans l’histoire de la franchise : celle de rappeler que même les mythes peuvent sombrer dans l’auto-parodie. Il a cependant permis à la production de se recentrer ensuite sur des projets plus ambitieux.

    Prometheus (2012)

    Avec Prometheus (2012), Ridley Scott revient à la source, mais pour choisir une approche radicalement différente : une quête philosophique, visuellement somptueuse, sur les origines de la vie. Prequel d’Alien, le film cherche à expliquer l’origine des xénomorphes, tout en posant de vastes questions sur la création, les dieux, et la responsabilité scientifique. Même si le scénario souffre de quelques raccourcis, la direction artistique ne manque pas d’ambition et l’expérience visuelle est très riche. 

    Alien : Covenant (2017)

    Onze ans après les événements de Prometheus (2012), l’équipage du vaisseau Covenant, en route vers une planète lointaine pour établir une colonie humaine, décide de dévier de sa trajectoire pour enquêter sur un monde apparemment habitable. Suite directe, Alien : Covenant (2017) tente de concilier le mythe philosophique avec l’horreur organique du premier film. Michael Fassbender y livre une double performance remarquable, avec la question de l’IA devenue centrale, et les Xénomorphes font leur grand retour, plus agressifs que jamais. Ce n’est pas un film parfait, mais il réussit à équilibrer les idées et le spectacle.  

    Alien : Romulus (2024)

    Le dernier-né de la saga, Alien : Romulus (2024), est considéré comme l’un des meilleurs. Avec un vrai retour aux fondamentaux : les mêmes codes que le Alien de 1979 avec des couloirs sombres et la menace physique. Réalisé par Fede Alvarez (Evil Dead, Don’t Breathe), ce volet fait le pari de la simplicité avec un huis clos spatial immersif et brutal, débarrassé des ambitions métaphysiques des deux opus précédents. Le pitch ? Un groupe de jeunes colons, inexpérimentés et livrés à eux-mêmes dans une station spatiale à la dérive, tombe sur une forme de vie inconnue qui va les traquer un à un. Un film destiné aux nostalgiques de l’époque Scott/Cameron, qui retrouveront la patte eighties des premiers films, et à une génération plus jeune, celle qui a grandi avec Stranger Things (2016-2025).

  • Studio Ghibli : les 26 films classés dans l’ordre de leur sortie

    Studio Ghibli : les 26 films classés dans l’ordre de leur sortie

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    De Nausicaä de la Vallée du vent sorti en 1984 au Garçon et le héron en 2023, beaucoup d’enfants et d’adultes ont un jour plongé dans l’univers onirique des films proposés par le studio d’animation japonais Ghibli a produit en 40 ans. En les classant du plus récent au plus ancien, on mesure l’incroyable richesse de tous ces récits d’aventures aux paysages souvent à la frontière du réel. Inventant son propre style reconnaissable entre tous, à la fois dans la narration, le dessin et la musique, le studio Ghibli s’est fait une place unique dans le cinéma d’animation.

    26. Le Garçon et le héron (2023)

    Hayao Miyazaki fait son grand retour après une décennie d’absence avec Le Garçon et le héron (2023), une œuvre à la fois intime et mystérieuse, explorant le deuil et la mémoire à travers les yeux d’un jeune garçon perdu entre deux mondes. Plus sombre et contemplatif que la plupart des classiques Ghibli, ce film parle moins aux enfants qu’aux adolescents et aux adultes, surtout à ceux qui ont été sensibles à la profondeur émotive de Souvenirs de Marnie (2014). C’est une déclaration artistique puissante, presque testamentaire et fidèle aux grandes thématiques du studio tout en étant capable de surprendre à nouveau.

    25. Aya et la sorcière (2020)

    Premier long-métrage en CGI du studio Ghibli, Aya et la sorcière (2020) marque une rupture stylistique. Adapté d’un roman de Diana Wynne Jones, il propose un récit magique à destination de tous, mais avec une esthétique numérique qui a pu diviser les fans du studio. Si vous êtes attaché aux dessins traditionnels de Miyazaki, ce sera peut-être une surprise, mais son histoire de courage et d’amitié reste universelle. 

    24. La Tortue rouge (2016)

    Co-production entre Ghibli et le réalisateur Michaël Dudok de Wit, La Tortue rouge (2016) est une fable sans dialogues où l’image et la musique prennent toute la place. C’est un film contemplatif et poétique, qui s’adresse à un public mature prêt à s’immerger dans une expérience sensorielle et méditative. Moins narratif que les autres Ghibli, il peut déconcerter mais offre une très belle réflexion sur la nature et le temps.

    23. Souvenirs de Marnie (2014)

    Souvenirs de Marnie (2014) clôt magnifiquement la liste des films réalisés sous la supervision de Miyazaki et Takahata. Cette histoire d’amitié mystérieuse et de passage à l’âge adulte séduit par sa mélancolie et sa douceur. Elle touche autant les adolescents que les adultes en quête d’émotions subtiles, avec un récit qui mêle réalisme et fantastique de manière délicate. C’est un film à redécouvrir pour ses qualités sensibles et graphiques.

    22. Le Conte de la princesse Kaguya (2013)

    Adapté d’une fable populaire japonaise, Le Conte de la princesse Kaguya (2013) attire immédiatement le regard par son style visuel façon fusain et aquarelle, unique en animation. C’est une œuvre contemplative, dramatique et poétique, qui s’adresse à ceux qui aiment les histoires classiques réinterprétées avec audace. C’est l’un des sommets artistiques de Ghibli, loin du merveilleux enfantin de Totoro (1988), et plus puissant émotionnellement.

    21. Le vent se lève (2013)

    Dernier long métrage d’animation traditionnelle d’Hayao Miyazaki avant sa retraite (finalement temporaire), Le Vent se lève (2013) est un film profondément personnel et mélancolique. Il s’éloigne du fantastique pour raconter, de manière romancée, la vie de Jiro Horikoshi, ingénieur aéronautique et concepteur d’avions de guerre. Porté par une animation somptueuse et un souffle poétique, le film interroge le rapport entre rêve et réalité. Une œuvre mature qui parle davantage aux adultes qu’aux enfants, une méditation sur l’art, l’amour et les contradictions de la création.

    20. La colline aux coquelicots (2011)

    Réalisé par Goro Miyazaki, La Colline aux coquelicots (2011) est un drame adolescent empreint de nostalgie, qui se déroule dans le Japon des années 60. Loin du fantastique, le film adopte un ton réaliste et délicat pour raconter une romance lycéenne sur fond de traumatisme historique et de transmission intergénérationnelle.Visuellement, il conserve le charme et le soin du détail propres au studio, mais est moins spectaculaire que d’autres Ghibli tout en évoquant avec douceur les bouleversements intimes d’une jeunesse en transition.

    19. Arrietty, le petit monde des chapardeurs (2010)

    Inspiré d’un roman de Mary Norton, Arrietty (2010) transpose dans un Japon contemporain l’histoire de petits êtres vivants cachés dans des maisons humaines. Réalisé par Hiromasa Yonebayashi, ce film conserve l’ADN Ghibli en mêlant poésie du quotidien et émerveillement face à la nature. La relation entre Arrietty et un jeune garçon malade donne lieu à une belle réflexion sur l’amitié, la fragilité et l’espoir. Somptueux, avec une attention portée aux textures et aux sons, c’est un conte doux-amer à destination des enfants comme des adultes.

    18. Ponyo sur la falaise (2008)

    Enchantement pur, Ponyo sur la falaise (2008) est un conte aquatique très coloré qui ravira les enfants et ravivera la nostalgie chez les adultes. Là où Kaguya (2013) captive par son élégance tragique, Ponyo charme par sa joie de vivre débordante et sa poésie enfantine. On y retrouve toute la mer et les vagues dessinées à la main par Miyazaki, avec un style inspiré des aquarelles.

    17. Les Contes de Terremer (2006)

    Premier long métrage de Goro Miyazaki, fils de Hayao, Les Contes de Terremer (2006) adapte un cycle littéraire fantasy. Le film mélange aventure et magie, mais a reçu un accueil plus mitigé que les classiques du studio. Plus sombre et moins abouti, il s’adresse surtout aux fans du studio curieux d’explorer une autre vision. Les amateurs de fantasy mature peuvent y trouver des scènes impressionnantes, même si l’ensemble reste en retrait.

    16. Le Château ambulant (2004)

    Ce film fantastique et romantique transporte dans un monde où la magie côtoie la guerre. Le Château ambulant (2004) est idéal pour les adolescents et adultes qui aiment les histoires à la fois poétiques et engagées. Sa richesse visuelle et thématique rappelle Princesse Mononoké mais avec une atmosphère plus féerique et légère. Il est souvent recommandé à ceux qui cherchent une introduction plus mature à Ghibli. 

    15. Le Royaume des chats (2002)

    Spin-off léger et fantaisiste de Si tu tends l’oreille, Le Royaume des chats (2002) met en scène une ado propulsée malgré elle dans un monde félin aux règles absurdes. Réalisé par Hiroyuki Morita, ce film adopte un ton plus drôle et enfantin que la moyenne des productions Ghibli, avec un bon rythme et une atmosphère décalée. Moins profond sur le plan thématique, il mise avant tout sur l’aventure, l’humour et la fantaisie. Une œuvre divertissante et accessible, parfaite pour un jeune public.

    14. Le Voyage de Chihiro (2001)

    Chef d'œuvre intemporel couronné d’un Oscar, Le Voyage de Chihiro (2001) reste le sommet de l’imaginaire visuel et narratif de Ghibli. Il parle à la fois aux plus jeunes, fascinés par ce monde spirituel bondé de créatures étranges, et aux adultes, émus par le parcours initiatique et humaniste de Chihiro. Plus dense et inventif que Totoro (1988), plus accessible que Kaguya (2013), c’est la playlist universelle. 

    13. Mes voisins les Yamada (1999)

    Très différent des autres productions, Mes voisins les Yamada (1999) est une comédie familiale construite en sketchs autour du quotidien décalé d’une famille japonaise typique. C’est un film léger et humoristique, idéal pour ceux qui cherchent un ton plus ancré dans la réalité sociale, sans magie ni fantasy. Sa narration fragmentée peut dérouter, mais il offre une belle fenêtre sur la vie ordinaire avec douceur et humour.

    12. Princesse Mononoké (1997)

    Avec Princesse Mononoké (1997), Ghibli bascule dans un récit épique et engagé, mêlant une mythologie riche à une critique écologique puissante. C’est une œuvre sombre, viscérale, qui interpelle les adolescents et adultes en quête de sens, bien plus que l’innocence de Ponyo (2008) ou la magie de Chihiro (2001). Sa violence poétique en fait un film fondateur pour comprendre l’évolution thématique de Miyazaki.

    11. Si tu tends l’oreille (1995)

    Avec Si tu tends l’oreille (1995), le studio Ghibli délaisse la fantasy pour une chronique adolescente douce et réaliste. On y suit Shizuku, une collégienne passionnée de lecture, qui découvre ses aspirations artistiques tout en rencontrant un garçon qui partage sa sensibilité. C’est un film sans créatures ni magie, mais avec une tendresse palpable, idéale pour les ados rêveurs ou les adultes nostalgiques de cette période de la vie. Moins spectaculaire que Le Voyage de Chihiro (2001), mais plus proche du quotidien, il trouve sa beauté dans les petits gestes.

    10. Pompoko (1994)

    Pompoko (1994) surprend souvent les spectateurs qui le découvrent : derrière ses tanukis rigolos (des chiens métamorphes) se cache un vrai récit écologique sur la destruction des forêts au Japon. C’est une fable militante, parfois burlesque, parfois tragique, qui ne laisse pas indifférent. Pour les enfants, certains passages peuvent être déroutants, mais les ados et adultes curieux y trouveront un film riche et atypique. Moins accessible qu’un Totoro (1988), mais plus engagé qu’un Ponyo (2008), c’est une pièce essentielle du puzzle Ghibli.

    9. Je peux entendre l’océan (1993)

    Produit pour la télévision, Je peux entendre l’océan (1993) est un des films les plus discrets du catalogue du studio. Il raconte une histoire d’amour adolescente toute simple, entre deux amis d’enfance et une nouvelle venue mystérieuse. C’est un récit sans fantastique, sans effets spéciaux, mais rempli de non-dits et d’émotions brutes. Il parlera surtout aux lycéens ou aux adultes qui aiment les histoires calmes, presque minimalistes. Moins connu que Si tu tends l’oreille (1995), il en est pourtant le cousin spirituel.

    8. Porco Rosso (1992)

    Aventure aérienne, romance désabusée et humour pince-sans-rire : Porco Rosso (1992) est un ovni dans la filmographie de Miyazaki, et c’est ce qui fait tout son charme. Ce pilote italien transformé en cochon incarne un héros fatigué mais profondément humain. Le film vise les adultes et jeunes adultes amateurs de récits romantiques à l’ancienne, avec un fond pacifiste fort. Beaucoup plus ironique que Chihiro (2001), mais tout aussi soigné visuellement, il reste un film culte du studio.

    7. Souvenirs goutte à goutte (1991)

    Sans doute le film le plus adulte du studio,Souvenirs goutte à goutte (1991) alterne entre le quotidien d’une trentenaire en quête de sens et les souvenirs de son enfance. Le rythme est lent, contemplatif, mais les émotions sont d’une justesse rare. Il séduira ceux qui ont aimé Si tu tends l’oreille (1995) ou Je peux entendre l’océan (1993), mais dans une version plus mature. Ce n’est pas un film pour enfants, clairement, mais une œuvre sensible à (re)découvrir avec un regard d’adulte. 

    6. Kiki la petite sorcière (1989)

    Kiki la petite sorcière (1989) est un classique touchant et lumineux, parfait pour toute la famille. Ce récit d’apprentissage suit une jeune sorcière indépendante qui découvre la vie adulte et ses défis. C’est un film plein d’espoir et de douceur, idéal pour les enfants à partir de 7 ans et les nostalgiques de l’enfance. Par rapport à Totoro (1988), il est plus orienté vers l’émancipation personnelle, moins sur la magie pure.

    5. Le tombeau des lucioles (1988)

    Réalisé par Isao Takahata, Le Tombeau des lucioles (1988) est sans doute le film le plus bouleversant du studio Ghibli. Tiré d’une nouvelle semi-autobiographique d’Akiyuki Nosaka, il raconte l’histoire de Seita et de sa petite sœur Setsuko, livrés à eux-mêmes dans un Japon en guerre. Avec une sobriété poignante, le film dépeint la souffrance des civils, la faim et l’amour fraternel face à l’horreur. Une œuvre profondément réaliste, qui évite le pathos facile pour offrir une dénonciation des ravages de la guerre. Inoubliable et d’une puissance rare.

    4. Mon voisin Totoro (1988)

    Mon voisin Totoro (1988) est sans doute le film qui a fait de Ghibli une légende mondiale. Avec son univers simple et merveilleux, il invite petits et grands à redécouvrir la magie de la nature et de l’enfance. Totoro, la créature iconique, est devenu un symbole du studio. C’est un film accessible dès le plus jeune âge, un vrai bonheur à regarder en famille.

    3. L’Histoire des canaux de Yanagawa (1987)

    Seul documentaire produit par le studio Ghibli, L’Histoire des canaux de Yanagawa (1987) est une œuvre atypique, réalisée par Isao Takahata. Le film retrace la lutte des habitants de Yanagawa, une ville du Japon, pour restaurer et préserver son ancien réseau de canaux. Un long hommage très contemplatif à l’ingéniosité humaine et à la relation entre l’homme et son environnement. Moins connu du grand public, il illustre la sensibilité écologique et environnementale propre au studio.

    2. Le Château dans le ciel (1986)

    Premier véritable film estampillé Ghibli, Le Château dans le ciel (1986) est une aventure fantastique rythmée et riche en émotions. C’est une excellente porte d’entrée dans l’univers du studio pour les enfants à partir de 8 ans et pour les adultes fans d’aventures épiques. Comparé à Kiki (1989) ou Totoro (1988), il est plus orienté action et quête.

    1. Nausicaä de la vallée du vent (1984)

    Même si techniquement antérieur à la fondation du studio Ghibli, Nausicaä (1984) est souvent considéré comme un film emblématique du studio. Son héroïne forte et pacifiste évolue dans un univers post-apocalyptique où la nature est à la fois menaçante et sacrée. Ce film éco-responsable séduira les adolescents et adultes sensibles à ces thématiques. C’est une œuvre fondatrice qui annonce les thèmes chers à Miyazaki.

  • 10 films comme Harry Potter à découvrir (et on vous dit où) !

    10 films comme Harry Potter à découvrir (et on vous dit où) !

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Avec une franchise cinématographique surpuissante (la quatrième la plus rentable de tous les temps), superposée à une fresque littéraire qui compte autant de best-sellers que de tomes (soit 7), Harry Potter a plié le game de la fantasy. 

    Le sorcier à la cicatrice vous manque ? Vous cherchez une autre saga ou un long métrage dotés d’une intrigue un peu similaire ?  En attendant la nouvelle série attendue en 2026 sur HBO Max, JustWatch vous a concocté un guide qui balaie largement toute l’offre concurrente.

    Vous y trouverez de nombreux autres films ressemblant de près ou de loin à ce que propose Harry Potter, à savoir du fantastique, de l’action, de l’aventure et de la magie !

    Les Animaux fantastiques (2016-2022)

    L’univers de Harry Potter sans Harry Potter ? C’est possible et pour cela il suffit de se plonger dans la saga Les Animaux fantastiques pour y goûter. Ces trois films, qui fonctionnent comme une extension de l’univers magique plus qu’un prequel, s’intéressent à un personnage déjà évoqué dans les manuels scolaires des sorciers : Norbert Dragonneau. Le scénario - son tout premier - est signé de la romancière J.K. Rowling en personne. L’action se passe en 1926 et le héros est un « magizoologiste » et ancien élève de Poudlard qui va devoir malgré lui lutter contre les forces des ténèbres.

    Adressé à un large public, Les Animaux fantastiques (2016), Les Crimes de Grindelwald (2018) et Les Secrets de Dumbledore (2022) viennent étancher la soif des fans d’HP en manque de l’univers magique des sorciers et des moldus. Moins abordables pour les enfants, ils s’adressent surtout aux ados et aux jeunes adultes. Si le premier film a séduit par sa fraîcheur, les suivants ont divisé.

    Le Monde de Narnia (2005-2010)

    Alternative intéressante à Harry Potter, l’univers enchanté porté par Le Monde de Narnia (2005) contient tous les ingrédients pouvant séduire le public du petit sorcier. D’abord il est lui aussi tiré d’un roman mais bien antérieur à HP puisqu’il a été publié en 1950 par C.S. Lewis. L’intrigue repose ensuite sur la découverte d’un monde magique parallèle qui ne connaît que l’hiver et dont la porte d’entrée se trouve au fond d’une armoire.

    Cet univers magique est peuplé de créatures fantastiques et propose un récit initiatique centré sur des enfants ordinaires confrontés à l’extraordinaire… comme HP. Deux suites existent à ce conte de fées très enfantin mais qui peut plaire à toute la famille : Le Prince Caspian (2008) et L’Odyssée du Passeur d’Aurore (2010). Dans le même genre, on peut se pencher sur À la croisée des mondes : la boussole d’or (2007) adapté de la trilogie de Philip Pullman (même si on lui préfèrera peut-être la série His Dark Materials).

    Percy Jackson, la série de films (2010-2013)

    Sorte de Harry Potter pour les dingues de mythologie, Percy Jackson : le voleur de fou_de (2010) partage avec le sorcier de nombreuses caractéristiques : l’adolescent apprend qu’il est un demi-dieu et part maîtriser ses pouvoirs surnaturels dans un école/camp adapté aux enfants de sang mêlé. Autre point commun : le film a été réalisé par Chris Columbus, derrière les deux premiers volets d’Harry Potter.

    À noter qu’après La Mer des monstres (2013), un troisième film sous-titré Le sort du Titan a été annulé. À la place, une série a vu le jour, Percy Jackson et les Olympiens disponible sur Disney+, avec déjà deux saisons disponibles. Moins british, plus américain dans le ton, Percy Jackson est une excellente alternative pour les jeunes spectateurs avides d’aventures.

    Le Seigneur des anneaux (2001-2003)

    Si vous cherchez une saga fantasy monumentale qui reprend l’amitié, la magie et l’aventure de Harry Potter, mais dans un cadre encore plus épique, la trilogie Le Seigneur des anneaux est tout simplement incontournable. Adaptée des romans cultes de J.R.R. Tolkien, l’histoire suit Frodon Sacquet (Elijah Wood), un Hobbit ordinaire chargé de détruire un anneau surpuissant avant qu’il ne tombe entre les mains du seigneur des ténèbres, Sauron. Ces films rassemblent tout ce qu’on attend d’un univers fantasy : des batailles grandioses, une mythologie dense, des décors somptueux et des personnages marquants comme Gandalf, Aragorn ou Gollum.

    Mais ce qui fait la véritable force de cette trilogie, ce n’est pas juste sa démesure : c’est son cœur. Là où Harry Potter explore la magie dans un cadre scolaire, la trilogie de Peter Jackson parle de courage, de loyauté et de sacrifice dans un monde au bord du chaos. Plus sombre, plus mature, mais tout aussi bouleversant. Si vous avez aimé les enjeux moraux et la montée en puissance de Harry face au mal, Frodon et La Communauté de l’Anneau (2001) vous feront vibrer de la même manière — avec peut-être un peu plus de larmes et beaucoup plus de kilomètres à pied avec Les Deux Tours (2002) et Le Retour du roi (2003).

    Le Hobbit (2012-2014)

    Pour ceux qui ont aimé l’univers magique et les créatures fantastiques de Harry Potter, Le Hobbit propose une aventure plus accessible que Le Seigneur des Anneaux, tout en conservant la richesse visuelle et narrative de la Terre du Milieu. On y suit Bilbon Sacquet, héros réticent embarqué dans une quête périlleuse aux côtés de Gandalf et d’une bande de Nains. L’univers reste riche, les créatures nombreuses, et l’ambiance, bien que plus légère, conserve une certaine majesté.

    Visuellement splendide, la trilogie pèche parfois par excès (trois films très longs de 2h30 à 3h pour un seul roman, c’est beaucoup !), mais elle offre une aventure plus adaptée aux jeunes spectateurs. Les amateurs de dragons – et donc de Norbert Dragonneau – seront servis. Après Un voyage inattendu (2012), les films qui ont suivi sont La Désolation de Smaug (2013) et La Bataille des Cinq Armées (2014).

    Hugo Cabret (2011)

    Pour ceux qui ont gardé leur âme d’enfant, Hugo Cabret (2011) est un petit bijou dans le joli écrin d’un Paris fantasmé. Hugo Cabret, c’est un peu un Harry Potter sans baguette, mais avec une clef en forme de cœur et un automate cassé, dirigé par le grand Martin Scorsese, bien décidé à parler aux enfants comme s’ils étaient déjà de futurs amoureux du cinéma !

    Pas de sortilèges ni de créatures fantastiques ici, mais une magie du réel qui apporte une alternative parfaite à Harry Potter pour les cinéphiles sensibles aux récits initiatiques baignés dans des décors peaufinés. Comme Harry, Hugo est orphelin et se lance dans une quête intime pour percer les mystères de son père. 

    Miss Peregrine et les enfants particuliers (2016)

    Asa Butterfield, qui incarne Hugo Cabret, est aussi celui d’un autre film, cette fois de Tim Burton : Miss Peregrine et les enfants particuliers (2016). Adapté du roman de Ransom Riggs, le long métrage imagine un ado découvrant un lieu pour petits pensionnaires doués de pouvoirs (une fillette plus légère que l’air, un garçon invisible, une adolescente capable d’animer les objets) qui, comme à Poudlard, vivent à l’écart du monde en apprenant à maîtriser leurs dons et se protéger des créatures dangereuses. A la tête de ce refuge hors du temps protégé par une boucle temporelle, Miss Peregrine, mystérieuse gardienne aux pouvoirs magiques.

    Avec ce conte fantastique, Tim Burton reste fidèle à son ADN : construire un monde merveilleux (tendance gothique) et inquiétant, peuplé d’êtres marginaux qu’on apprend à aimer pour leur étrangeté. Atmosphère gothique et poétique de mise, parfaite pour les préados, les ados et les jeunes adultes attirés par les univers décalés ! Moins magique que Harry Potter, ce film explore une autre forme de différence : non plus celle d’apprendre à cacher mais celle où on apprend à revendiquer.

    Le Secret de Terabithia (2007)

    Deux enfants solitaires se lient d’amitié et inventent ensemble un royaume imaginaire caché dans la forêt : Terabithia, peuplé de créatures fantastiques et accessible uniquement par leur imagination. Ce qui commence comme une échappée féerique devient rapidement un récit initiatique bouleversant. Le Secret de Terabithia (2007) parle de magie, oui, mais celle qui aide à affronter la douleur, le deuil et l’exclusion. Contrairement à d'autres films de cette sélection où la fantasy domine l’intrigue, l’élément magique reste ici en toile de fond, presque métaphorique.

    Le Secret de Terabithia est un film à hauteur d’enfant, mais à l’émotion profondément adulte. Destiné aux préados, ados et parents prêts à aborder des thèmes délicats avec douceur, c’est un bijou discret, souvent sous-estimé, mais d’une justesse rare. Si vos moments préférés dans Harry Potter sont ceux où la magie révèle les fragilités humaines (la perte des parents, le sentiment d’isolement, la puissance de l’amitié), alors ce film devrait profondément vous toucher. À voir, à ressentir, et à ne pas oublier.

    Eragon (2006)

    Un jeune fermier découvre un œuf de dragon, qui éclot sous ses yeux pour révéler une créature mythique liée à lui par un lien télépathique. Très vite, Eragon se retrouve entraîné dans une guerre entre les forces de l’ombre et un peuple opprimé, découvrant au passage qu’il est le dernier des Dragonniers — des guerriers légendaires dotés de pouvoirs magiques. Sur le papier, Eragon (2006) a tout du rêve de fantasy classique : un jeune héros ordinaire, une destinée extraordinaire, un univers peuplé d’elfes, de sorciers, de rois tyranniques et, bien sûr, de dragons.

    L’adaptation cinématographique, en revanche, n’a pas convaincu tout le monde. Les fans des romans de Christopher Paolini ont été déçus par un scénario trop condensé, un univers simplifié et des effets spéciaux inégaux. Pourtant, malgré ses failles, le film conserve un charme certain, notamment grâce à la relation touchante entre Eragon et son dragon Saphira — un lien qui évoque la complicité entre Harry et Buck, ou encore le rôle central des dragons dans Les Reliques de la Mort (2010). Le reboot de la saga est en développement chez Disney+.

    Le Labyrinthe de Pan (2006)

    Clôturons cette sélection avec une œuvre d’une richesse rare. Le Labyrinthe de Pan (2006) est un conte sombre, bouleversant, situé dans l’Espagne franquiste, où une jeune fille se réfugie dans un monde imaginaire pour échapper à la brutalité du réel. L’univers fantastique y est à la fois beau et terrifiant, et le récit, plus adulte, explore des thèmes de résistance, de douleur et de sacrifice.

    C’est la fantasy à son sommet artistique, bien plus grave que Harry Potter, mais tout aussi marquante dans sa manière de confronter l’innocence à l’horreur. Guillermo Del Toro nous offre ici le meilleur de son cinéma avec une esthétique 3 étoiles à la hauteur et un propos engagé contre le fascisme.

  • Inoxtag, Mister V, Natoo…  : 5 films d’influenceurs français à voir

    Inoxtag, Mister V, Natoo… : 5 films d’influenceurs français à voir

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Ils et elles sont né.es sur smartphones, sur les réseaux sociaux ou sur Youtube, avec des envies plus ou moins prononcées de pouvoir s’essayer, un jour, à l'expérience du grand écran. La notoriété -qui se mesure en millions d’abonnés- aidant, des opportunités ont dès lors pu se présenter ces dernières années aux influenceurs, youtubeurs et autres vidéastes.

    Il y a eu des apparitions vocales (Squeezie dans Ratchet et Clank, Cyprien dans Bob l'éponge, le film : Un héros sort de l'eau) ou physiques (McFly et Carlito dans Astérix et Obélix). Des rôles plus conséquents (Hugo Tout Seul dans Avis de Mistral, Andy Raconte dans Epouse-moi mon pote, Antton Racca dans Apaches). Et des projets en tête d’affiche (Riadh Belaïche dans A la belle étoile, Jimmy Labeeu dans Le Correspondant, Norman Thavaud dans Pas très normales activités… et prochainement Lena Situations dans Spider Island).

    Tout n’est évidemment pas réussi ou mémorable (loin de là, même !), mais il y a quelques œuvres notables que JustWatch vous propose de découvrir ci-dessous.

    5. Le Manoir (2017)

    Soyons clairs : Le Manoir (2017) n’est pas un grand film. Mais si j’en parle ici, c’est qu’il a son importance culturelle en étant le premier long métrage pour le cinéma à être entièrement porté -ou presque- par un casting « digital native ». En l'occurrence Kemar (également co-scénariste), Natoo, Ludovik, Mister V, Jérôme Niel, Vincent Tirel et Baptiste Lorber, réunis dans un slasher à la française qui va lorgner du côté de Scary Movie / Scary Movie 2 pour son croisement entre humour et frissons.

    Le cocktail n’est pas toujours réussi, le scénario est très mince et les gags sont assez lourds, et le résultat parlera surtout aux fans des différents influenceurs (en rappelant au passage que le film était accompagné d’une interdiction aux moins de 12 ans lors de sa sortie en salles). Mais certains d’entre eux tirent leur épingle du jeu dans la comédie, et on salue l'esthétique du réalisateur et ancien clippeur Tony Datis, qui a signé depuis Marius et les Gardiens de la Cité Phocéenne (2025) avec le chanteur Soprano.

    4. McWalter (2025)

    Alors que le spoof movie a fait un retour en force sur grand écran cet été avec Y’a t-il un flic pour sauver le monde (2025), Prime Video joue la carte de la french parodie en cette rentrée avec McWalter (2025). Projet de cœur de Mister V, alias Yvick Letexier, le film fait renaître de ses cendres l’agent secret qu’il avait imaginé et campé dans plusieurs courts métrages Youtube il y a de cela quelques années, en le confrontant à un complot mondial et explosif qui fait de lui l’ennemi public numéro 1.

    Un esprit « ZAZ » (la saga Y’a t-il un flic et Hot Shots notamment) se dégage du long métrage, dont le mélange entre situations absurdes et esthétique léchée ressemble à un croisement entre Alarme Fatale (1993) et Last Action Hero (1993), avec un peu de l’esprit Sentinelle (2023). C’est plutôt efficace, si du moins on adhère à l’esprit foutraque et l’humour potache du projet. Très à l'aise dans son rôle de super-flic à la mémoire défaillante, Mister V est entouré d’un joli casting (Géraldine Nakache, William Lebghil, Vincent Dedienne, François Berléand… et Richard Darbois en guest vocal !) sous la direction soignée de Simon Astier (qui signe son premier long métrage après pas mal de séries, dont Hero Corp et Mortel).

    3. Rapide (2023)

    Un peu avant que Brad Pitt ne s’envole sur les circuits automobiles et les cimes du box-office, la pole position était française et s'appelait Rapide (2025). Distribué sous la bannière Universal Pictures International France, le long métrage lance Paola Locatelli sur les pistes aux côtés d’un Alban Lenoir moustachu, dans le rôle d’une jeune championne de karting qui tente de se faire une place dans le monde très masculin de la Formule 1.

    Ambitieux et immersif, Rapide a pu compter sur le savoir-faire du réalisateur Morgan S. Dalibert (AKA), le pilotage de David Jullienne (qui perpétue l’héritage de son légendaire grand-père cascadeur Rémy Julienne) et l'écurie française Alpine. Et sur le talent naissant de Paola Locatelli, plutôt convaincante dans son rôle d’outsider malgré les clichés inhérents au genre. Maintenant, soyons honnête, on est plus ici dans l’esprit Michel Vaillant (2003) que dans la catégorie de F1® Le Film (2025) et Le Mans 66 (2019). Mais le film mérite le coup d'œil.

    2. Un stupéfiant Noël ! (2023)

    Stupéfiante proposition que cette comédie de fin d’année, sortie en décembre 2023 sur Prime Video. Car Un stupéfiant Noël ! croise l’esprit de Noël (forcément) avec le body swap (film d’échange de corps) et la confrontation entre réalité et fiction. Concrètement ? Un flic dur à cuire est propulsé dans le corps du gentil héros du film préféré de sa fille… et inversement. Chacun va donc devoir réussir la mission de son alter ego pour retrouver son univers : démanteler un réseau de trafic de drogue pour l’un, et remporter un concours de patinage artistique pour l’autre !

    Ce qui ressemble sur le papier à un gloubiboulga improbable est une franche réussite à la bonne humeur communicative, où Matthias Quiviger -alias Ragnar Le Breton- et Eric Judor (incarnation parfaite du Ned Flanders des Simpson !) forment un tandem très sympathique. On retrouve l’esprit de Last Action Hero (1993), de Maman j’ai raté l’avion (1990) et de La Vengeance au triple galop (2021). De Pleasantville (1998) et Les Rois du patin (2007 aussi, porté par un joli casting où on retrouve avec plaisir Laura Felpin, Philippe Lacheau (également producteur), Alex Lutz, Kim Higelin, Bruno Sanches, François Vincentelli ou Guy Lecluyse en Santa Claus. Le résultat ? Une comédie qui dynamite le film de Noël !

    1. Kaizen - 1 an pour gravir l’Everest (2024)

    En 2024, Kaizen : 1 an pour gravir l’Everest est un événement sans précédent dans l’histoire de l’exploitation française. Sorti au cinéma pour quelques séances exceptionnelles avant sa mise en ligne sur Youtube, le documentaire d’Inoxtag attire plus de 300 000 spectateurs dans les salles de cinéma avant d’enregistrer 46 millions de vues (à date) sur la toile. Mais au-delà du phénomène, il y a un défi humain et sportif incroyable, celui d’une ascension a priori impossible tentée par l’influenceur après une année intense de préparation.

    Je ne connaissais Inoxtag que de nom, n’étant pas le public cible de ses vidéos. Et ce que j’avais vu sur la toile ne m’avait pas vraiment parlé ni même emballé. C’est donc vraiment à reculons que je suis allé découvrir le long métrage (2h40mn)... et j’ai sincèrement été « cueilli » par l’aventure humaine, par le spectacle vertigineux (les plans au drone sont hallucinants) et par l’ambition qui se dégage de cette entreprise. Tout n’est pas idéal, bien sûr (l’impact écologique, les placements de produits, la chronologie des médias…), mais le résultat est vraiment bluffant. Et inspirationnel. Si, comme le souhaite le vidéaste, cela peut amener son public à décrocher des écrans et sortir voir le monde, tant mieux !

    Mention spéciale - Les Dissociés (2015)

    Le collectif Suricate étant avant tout une bande (douée) d’auteurs, réalisateurs et comédiens, très éloignés finalement de l’univers « youtubeurs », il n’aurait pas été tout à fait juste de les inclure dans ce classement. Mais je tenais tout de même à recommander leur génial Les Dissociés (2015), comédie de body swap qui voit les personnalités changer de corps au moindre contact. Extrêmement bien interprété (bravo au trio Raphaël Descraques / Julien Josselin / Vincent Tirel, également à la caméra, à la plume et au montage !), le film est une petite pépite ultra-inventive… et gratuite. Jetez un oeil sur Youtube, vous ne le regretterez pas !

  • 50 ans des « Dents de la mer » : 10 films de requins à voir absolument !

    50 ans des « Dents de la mer » : 10 films de requins à voir absolument !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    En 2025, Les Dents de la mer / Jaws (1975) fête ses 50 ans. Un chef d'œuvre indiscutable, qui a créé le blockbuster estival en même temps qu’une phobie mondiale. La scène d’ouverture, l’attaque sur la plage, les plans sous-marins où la caméra remplace le requin, la musique de John Williams, la traque finale confrontant trois hommes au grand blanc façon Moby Dick… Le long métrage est tout simplement un monument, maintes fois imité mais jamais égalé, qui a initié un véritable sous-genre prolifique du cinéma : « le film de requins ».

    A défaut d’être aussi talentueux que Steven Spielberg, les cinéastes n’ont pas manqué d’inventivité au fil des décennies pour s’amuser avec nos amis les squales (qui, rappelons-le, ne sont « méchants » qu’au cinéma : si vous en doutez regardez les formidables documentaires Les Seigneurs de la mer / Sharkwater Extinction). Il y a eu des nanars (beaucoup, retrouvez ici la liste des films les plus fous de cette sharksploitation) mais aussi quelques réussites qui, sans se hisser au niveau de Jaws, proposent une variation intéressante du genre. 

    Manipulations génétiques, traque en supermarché, survival en pleine mer, squale d’eau douce… : JustWatch vous recommande une sélection de films de requins dans lesquels planter vos dents de spectateur, classés du moins bon au meilleur. Ont été exclues les productions animées comme Gang de Requins (2004) ou Le Monde de Nemo (2003) et son génial grand blanc qui rêve de devenir végétarien.

    10. Sous la Seine (2024)

    Avec 102 millions de vues sur Netflix, Sous la Seine (2024) a été l’une des plus grandes surprises récentes sur la plateforme. Il faut dire que la proposition de Xavier Gens ne pouvait pas laisser indifférent : un requin affamé égaré dans les eaux de la capitale alors que se prépare une épreuve sportive. Dévoilé un peu en amont des Jeux de Paris (un vrai coup marketing !), le long métrage a immédiatement attiré les abonné.es, conquis par ce concept WTF. Chacun trouvera ce qu’il souhaite dans le film aux effets visuels réussis et aux références permanentes (dont, bien sûr, Les Dents de la Mer) : un divertissement improbable, un nanar assumé ou un navet imprévu. Car s’il fait clairement partie des films de requins qu’il faut avoir vus pour le phénomène streaming mondial qu’il a été, le résultat a divisé. Beaucoup. C’est pour cela que Sous la Seine émerge à la dixième place de notre classement. Et pas plus haut.

    9. Bait (2012)

    Dans Bait (2012), il y a une grosse… bête (pardon). La petite subtilité ici, c’est que le requin, immense et affamé comme toujours, se retrouve dans un supermarché après avoir été emporté par un tsunami ! Coincés avec l’animal, les clients vont donc tenter de survivre entre les différents allées et présentoirs de l’établissement, quitte à transformer des caddies en cages anti-requins. Dans la lignée de Peur Bleue (1999), avec tout de même moins de moyens, le film est à ranger au rayon série B improbable mais assumée, avec comme têtes de gondole des mises à mort inventives qui frappent des personnages un peu clichés. Mais soyons honnête, on ne regarde pas ce film pour sa profondeur psychologique mais uniquement pour voir les clients se faire croquer. C’est mieux que Sous la Seine donc, mais moins bien que ce qui suit.

    8. In the Deep (2017)

    Toute personne qui plonge dans une cage anti-requins pour observer les squales craint évidemment qu’un animal n’arrive à y pénétrer. In the Deep (2017) explore une autre peur que vous n’aviez peut-être pas envisagée : que la cage sombre au fond à moins 47 mètres, que le tuyau d’oxygène se détache et qu’il ne reste qu’une petite heure avant de vous noyer ! Remonter à la surface est possible, bien sûr, mais ce serait oublier les requins blancs qui rôdent autour de vous dans l’obscurité des profondeurs… C’est sur cette peur du noir (et des squales) que joue ce film claustrophobique et immersif, jusqu’à un twist final qui bouscule vos perceptions. Méconnue mais efficace, cette plongée oppressante et minimaliste mérite sa place dans notre Top 10, avec une suite (47 Meters Down : Uncaged, 2019) pour prolonger la tension. Mais ne venez surtout pas y chercher un bodycount massif : le nombre réduit de personnages limite les repas des squales. In the Deep est surtout à regarder (vivre ?) comme une expérience.

    7. Dangerous Animals (2025)

    « Pour une fois, le requin n’est pas le monstre. Le monstre, c’est l’homme. » Avec Dangerous Animals (2025), le réalisateur Sean Byrne propose un concept inédit mais ô combien jouissif : faire des squales les armes utilisées par un tueur en série obsédé par ces animaux. Après avoir kidnappé ses victimes, il les livre aux requins dans des mises en scène tordues qu’il filme et dont il conserve les images pour les revoir à loisir. Dans le rôle de ce personnage inquiétant, Jai Courtney (vu dans Terminator Genisys et Suicide Squad) s’éclate et livre une prestation mémorable entre Quint (Les Dents de la Mer) Buffalo Bill (Le Silence des agneaux) et Mick Taylor (Wolf Creek) face à une jeune femme badass (Hassie Harrison) bien décidée à ne pas servir de prochain repas. On est donc ici dans un survival marin à la Calme Blanc (1989), où les humains sont des animaux bien plus dangereux que les prédateurs à ailerons, d’ailleurs assez discrets à l’écran. Dangerous Animals est donc avant tout un serial thriller qui s’autorise quelques brasses dans le genre du film de requins. Il aurait donc été injuste de ne pas l'inclure dans ce top, mais injustifié de le classer plus haut.

    6. En eaux troubles (2018)

    « Il nous faudrait un plus gros bateau », lançait Roy Scheider dans une réplique mémorable des Dents de la mer. Le conseil est à prendre au pied de la lettre dans En eaux troubles (2018), qui voit Jason Statham affronter un requin préhistorique géant venu des profondeurs. Adapté du roman Meg de Steve Alten et nourri par l’idée qu’on ignore totalement quelles créatures gravitent dans les fonds marins, le long métrage a été pensé comme un divertissement estival, avec un esprit film d’aventures, du fun et Statham et sa mâchoire serrée dans leur rôle habituel. Et juste ce qu’il faut d’attaques et de sang pour ne pas traumatiser un jeune public (à partir de 10 ans) qui pourrait y trouver son premier film de requins (ne commencez pas par Les Dents de la mer, ça traumatise, nous sommes des millions à l’avoir vécu). C’est justement la limite du long métrage pour ce genre : le résultat reste un peu trop familial (on aurait aimé un vrai massacre sur la scène de plage, par exemple !) pour passer le palier du Top 5. A noter qu’une suite, En eaux très troubles, qui verse dans la surenchère avec de nouvelles créatures et une expédition sous-marine façon Abyss et Underwater, a vu le jour en 2023.

    5. Open Water : En eaux profondes (2003)

    C’est une tragique histoire vraie qui a inspiré Open Water : En eaux profondes (2003), véritable cauchemar qu’on ne souhaite à aucun vacancier ! Parti en excursion de plongée sous-marine, un couple réalise en remontant à la surface que le bateau est reparti sans eux… Oubliés en pleine mer, ils vont alors tenter de survivre alors que les requins commencent à les encercler. Ce film indépendant, sorte de Projet Blair Witch marin, mise avant tout sur la peur et les propres projections du spectateur. Car s’il ne se passe concrètement pas grand chose à l’écran, la tension est pourtant permanente. Un peu comme quand on guette les images nocturnes de Paranormal Activity pour y apercevoir (ou croire y apercevoir ?) un phénomène inexpliqué. On est donc actifs et viscéralement terrifiés devant cette proposition minimaliste et ultra-réaliste déconseillée aux thalassophobes, où les squales sont omniprésents tout en étant finalement très discrets. A l’écran du moins, car sur le tournage, les comédiens ont passé une centaine d’heures dans l’eau entourés d’une cinquantaine de vrais requins ! A noter que deux suites, sans rapport direct avec le film, ont vu le jour : Dérive mortelle (2006) et Open Water 3 : Les abîmes de la terreur (2017).

    4. Instinct de survie : The Shallows (2016)

    Oubliez la magnifique chanson de Lady Gaga et Bradley Cooper entonnée dans A Star is Born (2018). Dans Instinct de survie : The Shallows (2016), les « shallows » -ou « bas-fonds »- sont ceux où rôdent un requin très agressif, qui a été interrompu dans son repas (un festin sur une carcasse de baleine) par une surfeuse isolée. Bloquée à 200 mètres de la plage sur un rocher grignoté par la marée montante, la jeune femme va alors tout faire pour survivre… Inspirée par l’interprétation de son compagnon Ryan Reynolds dans Buried (2010) où il était enterré vivant, Blake Lively s’attaque au défi physique et psychologique de porter un survival en solitaire. Le résultat ? Une série B réussie et efficace sous les 90 minutes, sorte de huis-clos en plein air où le réalisateur Jaume Collet-Serra (Carry-On, Jungle Cruise) s’amuse. Et nous avec. C’est, là aussi, la petite limite du film, qui verse un peu trop dans le divertissement (notamment son final) pour totalement emporter l’adhésion et remonter vers la surface du classement.

    3. Les Dents de la mer, 2e partie (1978)

    Trois ans après le phénomène Jaws, les studios Universal veulent évidemment donner une suite au succès planétaire de Spielberg. Le cinéaste n’est pas disponible -ou ne veut pas l’être- et c’est un réalisateur français (!), Jeannot Szwarc, qui reprend le projet, toujours emmené par Roy Scheider, Lorraine Gary et Murray Hamilton. Dans Les Dents de la mer, 2e partie (1978), un squale mangeur d’hommes est de retour sur les côtes d’Amity et prend notamment en chasse le groupe de bateaux de plaisance des jeunes du coin… dont les fils du shérif Brody. Sans rivaliser avec le film original, ce deuxième opus est tout sauf honteux et même pas mal du tout, grâce notamment à sa deuxième partie réussie (voire traumatisante pour tout jeune spectateur s'apprêtant à partir en stage de voile) et des séquences efficaces (l’attaque du couple dans son dériveur, la mort de la skieuse nautique, le développement des photos sous-marine dans une ambiance rougeâtre fiévreuse…). Certes, le requin est un peu daté mais on valide cette terreur de jeunesse… en rappelant qu’il faut bien dire « partie » quand on prononce le titre français pour éviter un lamentable jeu de mots !

    2. The Reef (2010)

    Après l’efficace survival Black Water (2008) et son attaque de crocodile mangeur d’hommes en pleine mangrove, le réalisateur australien Andrew Traucki s’attaque à l’autre prédateur majeur des côtes de son pays : le grand requin blanc. Dans The Reef (2010), le squale prend en chasse un groupe de naufragés. Rien de très nouveau sur le papier sauf qu’ici, il n’y a ni images de synthèse ni animatroniques : ce sont de véritables animaux qui ont été filmés. Leurs apparitions et attaques sont savamment distillées au fil du montage et de l’histoire, décuplant l’angoisse et la paranoïa des protagonistes (tous attachants) et des spectateurs. Mais là encore, il ne faut pas chercher du sang, du gore ou une omniprésence des requins. Juste une expérience dans laquelle on se projette finalement très facilement, entre attente et terreur pendant moins d’1h30. Bref, une réussite qui fait mieux que Open Water côté trouille en évitant l’approche spectaculaire et divertissante de Instinct de survie. D’où cette deuxième place.

    1. Peur bleue (1999)

    On le sait, le requin est le prédateur ultime, forgé par 250 millions d’années d’évolution. Ajoutez-lui un cerveau surdéveloppé, et vous obtenez une véritable machine à tuer intelligente, capable de raisonner, d’élaborer des plans… et de nager en arrière ! C’est le concept du très sympathique Peur bleue (1999), qui s’inscrit comme un film emblématique du genre. Et assurément comme mon préféré (après Les Dents de la Mer), que je regarde avec un vrai plaisir coupable chaque fois que je tombe dessus ! Et oui, je sais parfaitement que je me contredis après avoir reproché à certains films de cette liste de trop verser dans le divertissement… mais c’est mon classement donc je fais ce que je veux :) Et puis Deep Blue Sea (son titre original) est un fan-favorite, donc je sais que beaucoup d’entre-vous seront d’accord avec moi ! Reposant sur un huis-clos dans une station sous-marine à la Abyss, le film voit des scientifiques doper l’intellect des squales pour étudier un potentiel remède à la maladie d'Alzheimer : malheureusement, une tempête va faire basculer l’expérience et la base où ils opèrent en plein cauchemar englouti. Un joli casting composé de Thomas Jane, Saffron Burrows, Stellan Skarsgård et LL Cool J est au générique du long métrage signé Renny Harlin (58 minutes pour vivre, Cliffhanger), qui offre à Samuel L. Jackson une scène aussi cultissime qu’inattendue. Croyez-moi, vous n’êtes pas prêt.es !

  • Stars de «Friends» : que sont-elles devenues et dans quels films et séries les voir ou les revoir ? 

    Stars de «Friends» : que sont-elles devenues et dans quels films et séries les voir ou les revoir ? 

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Leurs visages continuent d’accompagner des millions de fans à travers le monde, qui se passent et se repassent les meilleurs épisodes de Friends. Les six acteurs, devenus des icônes bien au-delà l’époque de diffusion de la série, portent des noms aussi connus que leurs personnages : Jennifer Aniston, Courteney Cox, Lisa Kudrow, Matt LeBlanc, Matthew Perry et David Schwimmer.

    La sitcom a transformé leurs vies mais leurs carrières ont ensuite pris différents chemins. Que sont devenus les comédiens après avoir quitté les appartements de Monica et Rachel ?

    Cet article JustWatch vous propose de faire le point sur les carrières des six stars de la série Friends (1994-2004) en 2025. Tout en vous rappelant dans quel épisode vous pouvez retrouver ces stars et où regarder la série en streaming.

    Jennifer Aniston (Rachel Green)

    Après Friends (1994-2004), Jennifer Aniston est sans doute celle du groupe qui a le mieux réussi sa transition vers le cinéma. Très vite, elle enchaîne avec des rôles marquants dans des comédies romantiques comme La rupture (2006) avec Vince Vaughn, Marley & moi (2009) avec Owen Wilson, et Comment tuer son boss ? (2011) avec Jason Bateman. Puis elle a fait une percée sur les plateformes de streaming en interprétant Alex Levy, présentatrice de télévision confrontée à une crise médiatique dans The Morning Show(2019-) dont la saison 4 comptera Marion Cotillard au casting. Elle est aussi à l’affiche de Murder Mystery (2020) où, avec Adam Sandler qui joue son mari, elle enquête sur l’assassinat d’un miliardaire sur son yacht.

    Courtney Cox (Monica Geller)

    Après les dix saisons de la série emblématique, Courteney Cox s’est éloignée un temps du rôle de Monica pour explorer d’autres facettes de son jeu. Elle a accepté des rôles plus dramatiques comme dans la série Dirt (2007-2008), où elle interprète une rédactrice de tabloïd sans scrupules. Elle trouve un second souffle avec Cougar Town (2009-2015), une comédie où elle joue une mère célibataire bien décidée à profiter de la vie. Au cinéma, elle revient dans la franchise Scream, reprenant son rôle iconique de Gale Weathers dans les volets sortis en 2022 et 2023. Elle est au casting de Scream 7, dont la date de sortie est prévue en 2026. Plus récemment, elle est à l’affiche de Shining Vale (2022-2023), une comédie horrifique dans une maison hantée.

    David Schwimmer (Ross Geller)

    Contrairement à ses deux premières camarades, David Schwimmer a opté pour une trajectoire plus discrète. Il a prêté sa voix au personnage de Melman, la girafe hypocondriaque dans la franchise animée Madagascar (2005). À la télévision, il se fait remarquer dans la mini-série de guerre Frères d’armes (2001), produite par Steven Spielberg en 2016 pour son rôle de Robert Kardashian dans la série American Crime Story : The People v. O.J. Simpson(2016), performance saluée qui lui vaut une nomination aux Emmy Awards. Particulièrement à Londres, il explore aussi le théâtre où il participe à plusieurs pièces acclamées. Dernière série en date, Intelligence(2020-2023), une comédie où il joue un agent exubérant de la NSA en mission au Royaume-Uni. En 2025 sort la saison 2 de Chair de poule : Disparitions (2025-) où il joue un scientifique qui enquête sur la disparition de son frère quelques années plus tôt.

    Matt LeBlanc (Joey Tribbiani)

    Matt LeBlanc est le seul à avoir surfer sur le succès de Friends avec le spin-off Joey (2004-2005), centré sur son personnage. Malheureusement, la série ne rencontre pas le même engouement et s’arrête au bout de deux saisons. Il connaît ensuite un véritable rebond grâce à Episodes (2011-2017), une série dans laquelle il joue une version fictionnalisée de lui-même. Le rôle très satirique lui permet de remporter un Golden Globe. Il continue sur sa lancée avec Papa a un plan (2016-2020), sitcom familiale où il joue un père de famille devant gérer ses enfants pendant que sa femme reprend le travail. Depuis 2020, le comédien se fait plus rare.

    Lisa Kudrow (Phoebe Buffay)

    Lisa Kudrow a su se forger une carrière singulière, en se distinguant par sa capacité à créer et produire ses propres projets. Dès 2005, elle lance Mon Comeback (2005), série mordante où elle incarne une ancienne star de sitcom tentant un retour sur le devant de la scène. Acclamée, la série est pourtant arrêtée, avant d’être relancée une décennie plus tard pour une deuxième saison. Lisa Kudrow est à l’origine aussi de Web Therapy (2011-2015), un projet où elle incarne une thérapeute improvisée. En 2020, elle intègre la série Space Force (2020-2022) avant de se transformer en cheffe de bande excentrique dans Bandits, bandits (2024), une adaptation du film de Terry Gilliam sorti en 1981. En 2025, elle est une des stars de Derrière la façade (2024), où trois familles très différentes rivalisent pour acheter la même villa dont elles pensent qu’elle résoudra tous leurs problèmes. Enfin à venir : la saison 3 de Mon Comeback en 2026 !

    Matthew Perry (Chandler Bing)

    La vie post-Friends de Matthew Perry a été marquée par des hauts artistiques et des combats personnels. Il poursuit une carrière télévisuelle avec des séries comme Studio 60 on the Sunset Strip (2006-2007), Mr. Sunshine (2011), Go On(2012-2013) et The Odd Couple (2015-2017). En 2022, il publie une autobiographie boulerversante où il raconte sans fard son combat contre l’addiction et ses moments de solitude. Un an plus tard, en octobre 2023, Matthew Perry décède à son domicile, emporté par une surdose de kétamine et autres substances prises dans des circonstances floues. Ses camarades de Friends lui rendent un hommage commun.

    Où voir en streaming les principaux films et séries des stars venues faire un caméo dans «Friends»?

    L’incontournable série Friends a rassemblé et fait connaître une bande d’acteurs restée chère dans le cœur du public. Nous vous avons listé aussi les principaux films et séries dans lesquels retrouver les stars de la sitcom américaine, par ordre de leur mention dans le texte ci-dessus.

  • Les 15 meilleurs anime romantiques à voir absolument

    Les 15 meilleurs anime romantiques à voir absolument

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Les anime ont cette force de pouvoir extrapoler les émotions, alors quand il y a de la romance dans le lot, c’est difficile de ne pas s’attacher. Un regard, des joues qui rougissent, une voix hésitante, tout est là pour nous faire flancher avec les protagonistes.

    Loin de se limiter aux clichés adolescents, ces récits explorent aussi bien le deuil, l’amitié et la résilience que la passion. Certains font rire, d’autres brisent le cœur, mais tous rappellent la beauté de tomber amoureux.

    Voici notre sélection JustWatch des 15 meilleurs anime de romance, entre classiques intemporels et pépites récentes qui redéfinissent le genre.

    15. Toradora! (2008-2009)

    Toradora! (25 épisodes) est un pilier de la comédie romantique. Ryuuji, au regard intimidant, mais au grand cœur, et Taiga, petite tornade imprévisible, concluent un pacte pour aider l’autre à séduire son crush. Ce qui commence comme un stratagème vire à une romance sincère et chaotique.

    L’équilibre parfait entre humour et émotion en fait une référence. Idéal pour ceux qui veulent une romance drôle, mais touchante. Sa quinzième place dans ce classement risque de faire grincer des dents tant cet anime est populaire, mais s’il fait toujours partie des meilleurs et qu’il est difficile de lui trouver un défaut, il ne m’est pas vraiment resté en tête après son visionnage… Si vous avez aimé Lovely Complex (2007), vous y retrouverez le même mélange de comédie et de tendresse.

    14. Je veux manger ton pancréas (2018)

    Sorti en 2018 (1h48), Je veux manger ton pancréas est un film bouleversant. Le récit suit une lycéenne atteinte d’une maladie incurable, déterminée à vivre pleinement le peu de temps qui lui reste, et un camarade de classe réservé qui, malgré lui, devient son confident. Leur relation, construite sur des instants simples – des promenades, des conversations apparemment banales, des silences partagés – se transforme en un lien profond qui change à jamais leur façon de voir la vie.

    Ce qui rend le film unique, c’est son équilibre entre mélancolie et joie de vivre. Plutôt que de se contenter d’arracher des larmes, il met en avant la beauté de l’instant présent et l’importance des rencontres. On y retrouve beaucoup de beauté dans la tristesse, et c’est une qualité qu’on retrouve dans Your Lie in April (2014). 

    13. Nana (2006-2007)

    Avec 47 épisodes, Nana explore les amours passionnés et destructeurs. L’histoire suit deux jeunes femmes partageant le même prénom mais menant des vies radicalement opposées. La première, Nana Osaki, est une chanteuse punk déterminée à réussir dans le monde de la musique, animée par une force brute et une volonté farouche. La seconde, Nana Komatsu, plus naïve et rêveuse, cherche avant tout la stabilité amoureuse et la chaleur d’un foyer. Leur rencontre les amène à partager un appartement à Tokyo, où leur amitié se développe.

    Nana est une œuvre réaliste, sans fard, qui montre la beauté comme la cruauté des relations. Ces dernières peuvent être belles, toxiques, douloureuses, intenses et parfois tout en même temps. Parfaite pour ceux qui veulent une romance adulte. Si vous avez aimé Beck (2004-2005) ou Kids on the Slope (2012), vous retrouverez ce même réalisme.

    12. Les Carnets de l’apothicaire (2023-)

    Les Carnets de l’apothicaire (Kusuriya no Hitorigoto) (24 épisodes) propose une romance subtile au cœur d’une fresque historique. Maomao, apothicaire vive et rusée, est entraînée dans les intrigues du palais impérial. Sa complicité grandissante avec Jinshi, haut fonctionnaire charismatique, apporte une tension romantique au milieu des mystères.

    Ce qui rend la série unique, c’est l’équilibre entre enquêtes, humour et nuances sentimentales. À conseiller à ceux qui aiment les intrigues raffinées et les romances lentes. Si Snow White with the Red Hair (2015-2016) ou Moribito (2007) vous ont séduit, vous serez emballés. 

    11. Rascal Does Not Dream of Bunny Girl Senpai (2018)

    Avec 13 épisodes et un film, Rascal Does Not Dream of Bunny Girl Senpai réussit à mélanger romance, fantastique et drame psychologique d’une manière singulière. L’histoire suit Sakuta, un lycéen au franc-parler un peu désabusé, qui croise Mai, une actrice célèbre touchée par un mystérieux « syndrome de la puberté » qui la rend invisible aux yeux des autres. Ce point de départ étrange sert à explorer des thèmes bien réels : l’isolement, la difficulté d’exister aux yeux du monde et l’impact des émotions adolescentes. Leur relation, née dans ce cadre décalé, se développe pourtant avec une sincérité surprenante et gagne rapidement en intensité.

    Ce qui rend l’anime marquant, c’est la qualité de son écriture : des dialogues percutants, parfois teintés de cynisme, contrebalancés par des moments de vulnérabilité et de tendresse. Idéal pour ceux qui aiment les romances originales et introspectives. Si vous avez apprécié Steins;Gate (2011-2015), vous y retrouverez cette même atmosphère. 

    10. Kaguya-sama: Love is War (2019-2023)

    Kaguya-sama: Love is War (37 épisodes) détourne la comédie romantique en champ de bataille psychologique. Kaguya et Miyuki, secrètement amoureux, refusent de se déclarer et transforment chaque interaction en duel absurde. L’humour domine, mais laisse place à des instants de tendresse inattendus.

    Cette série est idéale pour celles et ceux qui aiment les romances inventives et stratégiques comme  My Teen Romantic Comedy SNAFU (2013-2023). Mais Kaguya-sama: Love is War gagne sa place dans ce classement car il assume tout ce qu’il est : drôle et absurde. Parfois, tout est exagéré, des situations aux jeux des acteurs/actrices vocaux (qui sont remarquables, soit dit en passant), et ça fait un bien fou ! 

    9. 5 centimètres par seconde (2007)

    Sorti en 2007 (1h03), 5 centimètres par seconde de Makoto Shinkai est une méditation sur le temps et la distance, un film qui nous retourne le cœur. Le long métrage se déploie en trois segments qui suivent Takaki et Akari, deux amis d’enfance que la vie sépare peu à peu. Chaque chapitre illustre une étape de leur relation, de l’innocence des premiers sentiments aux regrets de l’âge adulte. Loin des romances idéalisées, Shinkai choisit de montrer la manière dont les rêves se heurtent aux réalités du quotidien et comment les sentiments, aussi sincères soient-ils, peuvent s’effacer sous le poids du temps. La bande originale poignante renforce encore cette atmosphère de nostalgie.

    Chaque silence, chaque plan fixe sur un paysage enneigé ou une gare vide traduit cette impossibilité de revenir en arrière. C’est une œuvre qui s’adresse aux spectateurs sensibles aux récits contemplatifs et mélancoliques, où l’émotion passe autant par l’image que par les mots. Si Your Name (2016) est un hymne à l’espoir, 5 centimètres par seconde est son pendant plus sombre.

    8. BLOOM - Kaoru Hana wa Rin to Saku  (2025-)

    Adapté du manga de BLOOM (12 épisodes) illustre la douceur d’une romance lycéenne. Kaoruko, discrète et réservée, croise la route de Rintarō, franc et bienveillant. Leur relation avance par petits gestes et maladresses, offrant un portrait réaliste des premiers émois.

    C’est une série parfaite pour ceux qui cherchent une romance tendre et sincère, loin des excès dramatiques. Dans BLOOM, on retrouve tous les éléments d’un bon anime romantique : ambiance lycéenne, amour impossible à première vue, et beaucoup de tendresse et de timidité. Si vous avez aimé Toradora! (2008-2009) ou Skip and Loafer (2023), vous serez conquis.

    7. The Ancient Magus Bride (2017-2023)

    Avec 48 épisodes, The Ancient Magus Bride (Mahō Tsukai no Yome) propose une romance atypique teintée de fantasy. On y suit Chise, une jeune fille brisée par l’abandon et le rejet, qui est achetée aux enchères par Elias, un magicien à l’apparence inquiétante, à la fois mentor, protecteur et futur époux. Leur relation, troublante et ambiguë au départ, évolue lentement vers un lien d’attachement sincère, où chacun apprend à comprendre l’autre et à combler ses blessures.

    Ce qui distingue l’anime, c’est son atmosphère poétique et sombre, où chaque créature et décor semble chargés de sens. Idéal pour ceux qui aiment les romances métaphoriques et les univers riches. Si Spice and Wolf (2008-2009) ou Vivy (2021) vous ont séduit, vous y retrouverez la même profondeur. 

    6. Yuri!! On Ice (2016-2017)

    Avec 12 épisodes, Yuri!! On Ice a marqué un tournant en 2016. Yuri Katsuki, patineur en perte de confiance, retrouve espoir grâce à Victor, son idole devenu coach. Leur relation évolue en une romance sincère, représentée sans détour ni cliché. L’anime brille par ses chorégraphies animées et son authenticité.

    On ne peut être que séduit par la fluidité des chorégraphies de patinage, l’animation soignée et dynamique, mais aussi par l’authenticité avec laquelle on explore la confiance, l’amour et la redécouverte de soi.  C’est un récit inspirant pour ceux qui aiment voir le sport devenir miroir des émotions. Si vous avez apprécié Free! (2013-2018) ou Given (2020), c’est une évidence. 

    5. My Dress-Up Darling (2022)

    My Dress-Up Darling (12 épisodes) surprend par sa fraîcheur. Wakana, passionné de couture mais réservé, croise Marin, une camarade extravertie fascinée par le cosplay. Leur relation, drôle et sincère, célèbre l’acceptation de soi et le respect des différences. Contrairement aux romances dramatiques, l’anime privilégie la complicité, l’humour, et une certaine joie qui fait du bien. 

    C’est une série parfaite pour celles et ceux qui cherchent une romance moderne, pétillante et positive. Si vous avez aimé Horimiya (2021) ou Toradora! (2008-2009), vous y retrouverez la même tendresse. Dans un autre registre, des comédies romantiques comme Love, Simon (2018) ou 10 bonnes raisons de te larguer (1999) rappellent cette joie de se découvrir à travers l’autre.

    4. Your Name (2016)

    Sorti en 2016 (1h52), Your Name de Makoto Shinkai a bouleversé le monde entier. Mitsuha, fille de campagne, et Taki, lycéen tokyoïte, échangent mystérieusement leur corps. Ce qui commence comme une comédie devient une réflexion poignante sur le destin, la mémoire et l’urgence de l’amour.

    L’animation somptueuse et la bande-son de RADWIMPS renforcent cette ode à l’émotion universelle. C’est le film parfait pour qui aime les romances où le temps et l’espace deviennent des adversaires. Si 5 centimètres par seconde (2007) vous a ému, vous ressentirez cette même mélancolie teintée d’espoir. Les cinéphiles aimeront Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004) qui partage cette idée d’un amour menacé par l’oubli.

    3. Clannad (2007-2009)

    Avec Clannad et Clannad: After Story (47 épisodes), on atteint une intensité émotionnelle rarement égalée. Tomoya, lycéen désabusé, rencontre Nagisa, une camarade fragile mais lumineuse. Leur histoire dépasse vite la romance scolaire pour devenir une fresque sur le passage à l’âge adulte, la vie de couple et la famille.

    Ce qui distingue Clannad, c’est sa volonté de montrer l’amour dans la durée, avec ses joies comme ses drames. C’est une série qui fait pleurer, mais qui célèbre aussi la beauté du quotidien et la force des liens. À recommander à ceux qui veulent une romance réaliste, sans artifices. Si vous avez aimé March Comes in Like a Lion (2016-2018), vous y trouverez la même sincérité.

    2. Fruits Basket (2019-2021)

    Avec ses 63 épisodes, Fruits Basket reste un monument. Tohru Honda, lycéenne optimiste malgré les épreuves, découvre le secret de la famille Sôma, maudite par le zodiaque chinois. Derrière la romance, c’est une fresque sur la guérison, la résilience et la famille choisie. Chaque personnage, qu’il soit blessé, maladroit ou en colère, bénéficie d’un développement rare.

    La romance agit comme fil conducteur, elle se développe lentement mais sûrement, à l’image de l’histoire qui prend son temps et nous permet d’admirer l’évolution de chaque personnage et de chaque intrigue. Le manga est incontournable et je ne peux que vous le conseiller, car il vous permettra de remarquer la qualité de cette adaptation. On y retrouve toute la complexité de l’histoire, sa douceur, mais aussi sa noirceur. Si vous avez aimé Orange (2016) ou Lovely Complex (2007), vous retrouverez ce même équilibre entre douceur et gravité. Fruits Basket aurait pu arriver en première position de cette liste, mais c’était sans compter… 

    1. You Lie in April (2014-2015)

    Your Lie in April (22 épisodes) est un incontournable du genre. Kōsei, pianiste prodige traumatisé par la mort de sa mère, rencontre Kaori, une violoniste pleine de vie qui bouleverse son univers figé. Derrière cette renaissance musicale se cache une tragédie inévitable, donnant à chaque performance une intensité unique. L’anime se distingue par sa mise en scène de la musique comme langage des émotions, transformant chaque note en déclaration d’amour.

    C’est une œuvre qui plaira à celles et ceux qui aiment les romances tragiques et inspirantes, où la beauté côtoie la douleur. Si Your Lie in April est tout en haut de cette liste, c’est grâce à ce que cet anime arrive à nous faire ressentir : on passe de l’espoir à la tristesse en une fraction de seconde, on pleure, on rigole, et on se laisse embarquer par cette histoire qui nous brise le cœur et nous fait aimer la vie. La musique est magnifique, les dessins sont remplis de joie et de lumière, et les personnages font un peu partie de nous le temps de l’anime et encore après. Si vous avez aimé Anohana (2011) ou A Silent Voice (2016), vous y retrouverez la même sincérité. Et si vous aimez la musique, alors le film Blue Giant (2023) ne pourra que vous séduire. 

  • Nosferatu : 5 films incontournables sur le célèbre vampire

    Nosferatu : 5 films incontournables sur le célèbre vampire

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Si Dracula est l’un des personnages les plus adaptés à l’écran (plus de 500 occurrences depuis 1931 !), il ne faudrait pas oublier que Nosferatu -alias le Comte Orlock- a eu l’honneur d’être la créature au centre du tout premier long métrage vampirique de l’histoire du cinéma.

    Cette figure inquiétante -et bien moins charmante que l’élégant dandy aux dents longues campé par Bela Lugosi devant la caméra de Tod Browning- hante le 7e Art depuis les années 20 et un film de F.W. Murnau considéré comme l’un des chefs-d'œuvre de l'expressionnisme.

    Retourné à son cercueil pendant quelques décennies, le vampire s’est ensuite réinvité régulièrement sur nos écrans depuis 1979, dont une dernière adaptation marquante signée Robert Eggers et emmenée par Bill Skarsgård et Lily-Rose Depp.

    JustWatch vous propose un guide des apparitions majeures d'un personnage devenu icône du cinéma fantastique, classées dans l’ordre des années de production des longs métrages. A regarder avec un pieu, un crucifix et une gousse d’ail à portée de main… et idéalement au lever du soleil !

    Nosferatu le vampire (1922)

    L’image de l’ombre décharnée et griffue du sinistre Comte Orlock, grimpant les escaliers vers la porte d’une chambre, est l’un des plus emblématiques du cinéma fantastique. Et même du cinéma tout court. Cela illustre l’impact de Nosferatu le vampire (1922) sur le 7e Art… alors même qu’il a manqué de disparaître totalement. En effet, cette histoire d’un agent immobilier envoyé dans les Carpathes pour faire signer un acte d’achat à un mystérieux Comte qui emménage par la suite dans sa ville en y apportant la mort, s’inspire très largement du roman Dracula de Bram Stoker publié en 1897. Et si la veuve de l’écrivain obtient justice pour contrefaçon, certaines copies du long métrage échappent à la destruction, consacrant un chef d'œuvre de l’expressionnisme allemand.

    Derrière la caméra, Friedrich Wilhelm Murnau, futur réalisateur de Faust (1926) et L’Aurore (1927), propose une atmosphère unique, avec des jeux d’ombres démesurées, des contrastes appuyés, des décors à l’architecture stylisée et une ambiance gothique et angoissante qui magnifient les apparitions d’Orlock. L’interprétation inhumaine et la silhouette sinistre de Max Schreck (regard fixe, corps raide, crâne chauve, oreilles pointues, costume noir) offrent aux spectateurs la première créature marquante du cinéma d’horreur, monstre maudit en quête de sang frais. Bien évidemment, plus de cent après, un film muet en noir et blanc au jeu très théâtral ne vous fera pas vraiment peur. Mais il faut l’avoir vu pour ce qu’il représente dans l’histoire du cinéma et dont d’innombrables films (Vampyr, La Nuit des morts-vivants, Les Vampires de Salem, Batman le défi, Dracula, The Lighthouse…) se sont nourris.

    Nosferatu : fantôme de la nuit (1979)

    57 ans après une hibernation dans les archives cinématographiques et les listes des plus grands films de l’Histoire, Nosferatu est extirpé de son cercueil par Werner Herzog. Le cinéaste, qui figure alors comme l’un des chefs de file de la nouvelle vague du cinéma germanique, souhaite revisiter -en couleurs et avec des dialogues (qui seront tournés en deux versions, allemande et anglaise)- le long métrage de Murnau qu’il considère comme une oeuvre immense de la cinématographie teutonne. Le résultat ? Nosferatu : fantôme de la nuit (1979). Aussi méconnaissable mais plus tragique et mélancolique que son modèle de 1922, Klaus Kinski (qui avait tourné Aguirre, la colère de dieu sept ans plus tôt avec Herzog) se glisse sous le maquillage de la créature, face à une Isabelle Adjani qui livre une interprétation marquante, plus habitée et sexualisée que Greta Schröder dans Nosferatu.

    Tout en reprenant exactement la même histoire (avec beaucoup plus de rats !), le film développe plus en profondeur la psychologie des personnages (rebaptisés comme les personnages de Dracula, à l’image de Jonathan et Mina Harker, Renfield et Abraham van Helsing), notamment l’errance d’un mort-vivant maudit, damné dans la solitude et l’éternité. L’esthétique picturale et glaciale fait baigner le long métrage dans une ambiance gothique morbide, et se permet quelques références appuyées aux ombres menaçantes et expressionnistes de Murnau. Comme dans son modèle, le rythme est lent et contemplatif, et on appréciera cette proposition pour l’exercice de style qu’elle est, à l’image de Gus Van Sant refaisant le Psychose d’Hitchcock (1960) dans Psycho (1998). Et pour sa fin inédite, aussi, qui a beaucoup divisé.

    A noter que Klaus Kinski a repris son rôle vampirique sans maquillage et avec sa chevelure blonde iconique dans Nosferatu à Venise (1988), qui n’est pas une suite mais une réinterprétation italienne et baroque du film de Murnau.

    L’Ombre du vampire (2000)

    Remarqué pour le très expérimental et radical Begotten (1991) et ses clips pour Marilyn Manson, le réalisateur underground E. Elias Merhige revisite le film de 1922 avec L’Ombre du vampire (2000), dont l’approche est pour le moins étonnante. A la fois remake de Murnau et documenteur sur les coulisses du tournage du film original, le long métrage navigue entre les genres et les époques et propose sa propre version de certaines séquences cultes (l’arrivée au château, le repas avec Orlock, le final dans la chambre…) devant et derrière la caméra, tout en racontant un tournage qui sombre de plus en plus dans la folie et l’horreur.

    La folie, c’est celle de Friedrich Wilhelm Murnau (John Malkovich), totalement habité par sa production et prêt à tout pour concrétiser sa vision. L’horreur, c’est celle incarnée par le mystérieux Max Schreck (Willem Dafoe), dont on ignore la véritable nature tout au long du récit. Acteur adepte de la « Méthode » totalement habité par son rôle… ou véritable goule invitée sur le tournage en échange de la promesse du sang de l’actrice principale ? L’Ombre du vampire joue constamment sur cette ambiguïté, renforcée par l’interprétation inquiétante de Dafoe (nommé aux Golden Globes et aux Oscars). Bref, une vraie curiosité méta à la Ed Wood (1994), entre histoire du cinéma et histoire fantastique, qui parlera surtout aux cinéphiles.

    Nosferatu: A Symphony of Horror (2023)

    Connaissez-vous Doug Jones ? Sans doute sans le savoir ! Car cet artiste unique est régulièrement plébiscité pour ses interprétations de créatures : Abe Sapien dans Hellboy (2004), le Pale Man du Labyrinthe de Pan (2006), le Surfer d’Argent des 4 Fantastiques (2007), l’amphibien de La Forme de l’eau (2016)... autant d’incarnations qui ont fait de ce mime et contorsionniste un « corps » incontournable du cinéma fantastique. Le voir reprendre le rôle du Comte Orlock est donc aussi évident que surprenant, et ça se passe dans le cadre du projet expérimental Nosferatu: A Symphony of Horror (2023).

    Avec ce film monté grâce à une campagne de financement participatif, le réalisateur David Lee Fisher signe un remake parlant de l'œuvre de Murnau -tombée dans le domaine public- en adoptant une approche visuelle innovante. Une nouvelle distribution est ainsi filmée sur fond vert et incrustée dans certains éléments de décors de 1922. C’est donc un véritable collage entre patrimoine et modernité qui est proposé ici, avec ce que cela a de fascinant mais également d’artificiel. Le résultat relève au final plus de la curiosité cinéphile (un peu bricolée) de festival que d’un véritable film, comme Fisher l’avait fait en 2005 avec une nouvelle version du classique Le Cabinet du Dr. Caligari (1920) de Robert Wiene. Le résultat est disponible sur Youtube pour les plus curieux.ses d’entre vous.

    Nosferatu (2024)

    Avec son approche formelle très stylisée, Robert Eggers (The VVitch, The Lighthouse, The Northman) a su imposer son style unique dans un cinéma fantastique US souvent stéréotypé. Voir le cinéaste américain -qui a commencé sa carrière dans la conception de décors, cela se sent et se voit !- reprendre le film de Murnau est donc des plus pertinents. Et excitant. Entre film d’horreur et film d’auteur, son Nosferatu (2024) adopte une imagerie glaciale et gothique, dans un clair-obscur proche du noir et blanc, et raconte sur 2h13mn (le film original durait 1h35mn) la même histoire avec de nouveaux effets d’ombres (à l’image de la silhouette derrière le rideau ou de cette main griffue qui s’étend sur la ville).

    Ce qui change ici, c’est la plus grande place laissée à la psychologie de l’héroïne, campée par une Lily-Rose Depp habitée et intense. Constamment au bord de la folie, obsédée par la figure du Comte Orlock, elle livre une performance à deux doigts du film d’exorcisme, face à un Nicholas Hoult plus intéressant et moins théâtral que son homologue de 1922. Comme un clin d'œil amusant, on notera aussi la présence au générique de Willem Dafoe en chasseur de monstre après l’avoir incarné dans L’Ombre du vampire (2000). Et ce monstre, alors, à quoi ressemble t-il cent ans plus tard ? Robert Eggers mise sur une réinvention totale d’Orlok, avec un look slave et bestial (et moustachu !). Bill Skarsgård, qui avait déjà marqué avec son interprétation du clown-tueur de Ça (2017 / 2019), donne ici une animalité viscérale au personnage : la scène où il « boit » l’une de ses victimes en chevauchant son torse est ainsi réellement dérangeante.

  • Force, honneur et péplum : les films de la saga « Gladiator » dans l’ordre

    Force, honneur et péplum : les films de la saga « Gladiator » dans l’ordre

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Le péplum est un genre cinématographique presque aussi vieux que le cinéma lui-même (on trouve les premières œuvres dès 1896). Héritier du théâtre et de l’opéra, il doit son nom au long vêtement grec, sorte de tunique ou de toge portée dans l’Antiquité, qui symbolise donc l’époque dans laquelle l’action prend place, que ce soit l’Egypte, la Grèce, l’Empire Romain, la Perse ou divers épisodes bibliques.

    Très impressionnant visuellement (du moins quand le moyens sont au rendez-vous, on pense aux gargantuesques Quo Vadis, Ben-Hur, Cléopâtre, La Tunique ou Les Dix Commandements durant l’âge d’or des années 50 et 60), le péplum peut aussi vite être « ringardisé », avec ses discours pompeux, sa surenchère visuelle, ses muscles huilés et son érotisme bon marché. C’est ainsi que le genre connaît un véritable déclin à partir des années 70, se cantonnant -exception faite de quelques films remarqués comme Caligula ou Le Choc des Titans- à des productions bis italiennes et laissant petit à petit la place à la fantasy de Conan et autres Willow.

    Et puis, au début des années 2000, les jupettes en cuir et les toges font leur grand retour. Essentiellement grâce à un film : immense réussite formelle, narrative et financière, Gladiator de Ridley Scott lance un nouvel âge d’or du péplum où émergent des superproductions comme Troie (2004), Alexandre (2004), La Passion du Christ (2004), Rome (2005-2007), Agora (2009), Centurion (2010), Le Choc des Titans (2010), Spartacus (2013-2013), Noé (2014), Hercule (2014), Pompéi (2014), Ben-Hur (2016) ou… Exodus: Gods and Kings (2014) encore signé Ridley Scott.

    Tout au long de ces deux décennies, le cinéaste continue de caresser l’idée et l’espoir de donner une suite à ses spectacles de gladiateurs. Un projet qui se concrétise en 2024 avec un second volet spectaculaire mais moins bien reçu que son prédécesseur. Just Watch vous dit tout sur les deux films. Avec force. Et honneur.

    Gladiator (2000)

    Ce n’est peut-être pas le plan le plus iconique de Gladiator (2000), et pourtant il raconte tout de son héros en quelques secondes : un soldat au visage fatigué jette un oeil à l’envol d’un rouge-gorge avec un petit sourire, avant de retrouver un regard sombre quand ses yeux se posent sur le champ de bataille germanique où il dirige l’armée romaine. Cette courte scène, la toute première tournée par Ridley Scott et Russell Crowe, montre avec subtilité ce que les deux hommes ont voulu incarner dans ce général émérite, laissé pour mort et devenu esclave puis gladiateur parce qu’il a refusé de prêter allégeance au nouvel Empereur…

    Car la force de Gladiator, c’est de ne jamais sacrifier ses personnages sur l’autel du grand spectacle. Totalement habité par le rôle, Russell Crowe EST Maximus, alias « L’Espagnol », un guerrier capable de fédérer n'importe quelle armée autour de lui. Dans le rôle de Commode, Joaquin Phoenix livre une interprétation fiévreuse et tourmentée, qui laisse apparaître les failles d’un fils et d’un frère mal-aimé derrière le tyran. Face à eux, Connie Nielsen, Djimon Hounsou, Derek Jacobi, Oliver Reed et Richard Harris sont eux aussi très justes. Et si le film traverse aussi bien les années, c’est justement parce qu’il ne repose pas uniquement sur ses séquences d’action mais bien sur des protagonistes tangibles, profonds et incarnés.

    Les scènes de combats, parlons-en. Elles sont dantesques et mémorables, avec à chaque fois exactement ce qu’il faut de durée, de chocs d’épées, de fracas de boucliers, d’éclaboussures de sang, et de feu, de poussière, de sable, de sueur et de larmes… Que ce soit dans une forêt européenne, une arène mauritanienne ou l’ovale du Colisée, face à des barbares, des chars ou des tigres, Ridley Scott orchestre les affrontements avec une maestria unique, magnifiée par la partition de Hans Zimmer et des plans vertigineux restituant le gigantisme de Rome. On y retrouve toute la violence brute et le sens de l’épique d’un Braveheart (1995), d’un Dernier Samouraï (2003) ou d’un Kingdom of Heaven (2005).

    5 Oscars (dont Meilleur film et Meilleur acteur pour Russell Crowe, propulsé star mondiale grâce à son rôle) sont venus saluer le long métrage qui croise Spartacus (1960) et La Chute de L’Empire romain (1964) avec certes quelques incohérences historiques, mais beaucoup de modernité, de souffle, d’envergure et de coeur. Dans le film, Maximus lancé à ses hommes « Ce que l'on fait dans sa vie résonne dans l'éternité ». L’aura de Gladiator, qu’aucun film n’est parvenu à égaler depuis sa sortie, n’a pas fini de résonner dans l’Histoire du cinéma.

    Gladiator II (2024)

    Le succès mondial de Gladiator (plus de 465 millions de dollars de recettes dans les salles en 2000) et son triomphe critique font de lui le film séminal d’une nouvelle vague de péplums. On l’a vu. Et donnent, évidemment, des envies et des idées de suite à Ridley Scott et ses producteurs. Au fil des années, le projet passe par plusieurs pistes narratives, incluant ou non Russell Crowe, jusqu’à trouver sa forme définitive un quart de siècle plus tard dans Gladiator II (2024). Avec une ambition démesurée.

    Pour ce second volet, on parle en effet d’un budget oscillant entre 250 et 310 millions de dollars selon les sources, qui permet à Ridley Scott de concrétiser à l’écran des affrontements ultra-spectaculaires et inédits, dont un siège maritime mené par une flotte de trirèmes, une lutte à mort contre des singes sanguinaires (!), un combat contre un rhinocéros monté par un gladiateur en armure (!!) ou une bataille navale en plein Colisée avec requins affamés en supplément (!!!). Là encore, la véracité historique n’est pas tout à fait respectée -comme Napoléon (2023), le film a fait hurler quelques historiens- mais le spectacle est plus que généreux même si un peu trop fantaisiste (on est plus ici dans la fantasmagorie de 300, 2007 et 300 : la naissance d’un empire, 2014).

    Le casting est lui aussi généreux et très « hype », emmené par la fine fleur du cinéma hollywoodien actuel où les désormais incontournables Paul Mescal, Pedro Pascal et Joseph Quinn côtoient Connie Nielsen et Derek Jacobi, qui reprennent leurs rôles et assurent une continuité avec le film original. Mais s’il y a un acteur qui vole la vedette à tout le monde, c’est bien Denzel Washington. Dans le rôle de l’intense et machiavélique Macrinus, qui tire les ficelles en coulisses et manipule empereurs et sénateurs, il livre une performance inoubliable, à la limite du cabotinage, qui « éteint » quelque peu Paul Mescal. Ce dernier ne parvient malheureusement jamais vraiment à s’imposer comme un digne successeur de Russell Crowe malgré des ramifications filiales entre les deux personnages.

    Le film pâtit clairement de cette comparaison entre les deux acteurs, mais plus globalement d’une ressemblance trop évidente avec Gladiator : au lieu de le réinventer, on refait le même film avec plus de moyens mais moins de surprises. On est donc déçu devant cette proposition, comme on a pu l’être face aux Terminator post-Jugement Dernier (1991), à Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal (2008) à Star Wars : Le Réveil de la Force (2015) ou à Matrix Resurrections (2021)... C’est spectaculaire, c’est bien fait, les comédiens sont solides, mais il y un sentiment de redite qui rend l’entreprise vite oubliable. Voire inutile. Les résultats au box-office (le film a engrangé moins que Gladiator) en attestent. Sauf… si on commence la saga par Gladiator II. Car c’est tout à fait possible ! Et dans ce cas, le premier opus fera office d’excellent prequel, teasé par le générique de Gladiator II qui revisite ses scènes les plus emblématiques (attention aux spoilers !). 

  • Godzilla, Kong et tous les films et séries du MonsterVerse dans l’ordre !

    Godzilla, Kong et tous les films et séries du MonsterVerse dans l’ordre !

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    Non, les univers connectés ne se limitent pas aux super-héros ! Ainsi, parallèlement au Marvel Cinematic Universe des Avengers (2012), au DC Universe rebooté par Superman (2025) et au SpiderVerse tissé par Sony autour de l’univers de Spider-Man (2017), les studios Warner Bros. ont développé leur propre univers de monstres. Il s’agit du bien nommé MonsterVerse, développé depuis 2014 sous la bannière de la société Legendary Entertainment de Thomas Tull et son magnifique logo frappé de nœuds celtiques, promesse de spectacles épiques.

    Comme son nom le laisse entendre, le MonsterVerse met en scène des créatures titanesques sur fond de destructions massives et de mythologies millénaires, dont les deux représentants les plus emblématiques sont Godzilla et Kong. D’abord introduits en solo dans des longs métrages à leur gloire, les deux monstres géants ont fini par se croiser dans des affrontements impressionnants, qui ont convié d’autres kaijus et fait trembler les salles de cinéma et le box-office mondial.

    Alors qu’un nouveau chapitre est déjà en cours de production pour une sortie en 2027, JustWatch vous liste les films et séries qui composent le MonsterVerse, dans l’ordre chronologique de l’histoire.

    Monarch: Legacy of Monsters (2023-)

    Si MONARCH, la société chargée d’étudier les titans, tisse un lien et une continuité narrative entre les différents films du MonsterVerse, elle y est finalement assez peu explorée et détaillée. Jusqu’à la série Monarch: Legacy of Monsters (2023-), qui explore les coulisses et les secrets de l’organisation sur plusieurs temporalités et leurs observations des créatures géantes depuis les années 50. Cette découverte est vécue à travers les yeux d’une survivante de la destruction de Godzilla (2014) et de son demi-frère, qui se lancent sur les traces de leur père et des liens de leur famille avec MONARCH avec des allers-retours entre passé et présent…

    Les fans de monstres pourraient être déçus -du moins frustrés- par cette série Apple TV+ qui mise surtout sur les protagonistes humains, laissant les titans en toile de fond malgré quelques apparitions marquantes. Les abonné.es qui veulent explorer la mythologie du MonsterVerse et de MONARCH seront en revanche ravis de découvrir une approche plus terre à terre et nuancée, qui raconte cette histoire à travers trois générations et notamment le regard de l’officier Lee Shaw (campé dans les années 50 par Wyatt Russell et en 2015 par son propre père Kurt Russell). Une filiation qui apporte un vrai plus aux épisodes, où apparaissent notamment John Goodman (au générique de Kong Skull Island) . Cette approche narrative -dont la saison 2 a été validée par la plateforme- devrait emballer celles et ceux qui ont apprécié les séries générationnelles comme Disparition (2002) ou Yellowstone (2018-2024) , ainsi que les amateurs d’organisations secrètes façon Les Agents of S.H.I.E.L.D. (2013–2020), Torchwood (2006–2011), Warehouse 13 (2009–2014) ou Sanctuary (2008–2011).

    Kong : Skull Island (2017)

    Si Gojira/Godzilla est le monstre le plus culte du bestiaire japonais, Kong est assurément son homologue américain. Le gorille géant, gardien mythique de la mystérieuse Île du Crâne, s’invite régulièrement sur les écrans depuis 1933, et notamment dans Kong : Skull Island (2017) qui voit une expédition scientifique encadrée par des militaires tourner court alors que le primate attaque les hélicoptères de transport. Éparpillés à travers l’archipel, les survivants (dont les « marvéliens » Tom Hiddleston, Brie Larson et Samuel L. Jackson) vont devoir affronter les innombrables dangers de Skull Island…

    Godzilla (2014) nous emmenait vers le film-catastrophe : Skull Island lorgne pour sa part du côté du film de guerre -avec Apocalypse Now (1979) et Platoon (1986) comme références assumées- et le film d’aventures dans la jungle façon Predator (1987), Congo (1995), Anaconda (1997) et Jurassic Park (1993). On y retrouve aussi tout l’imaginaire pop et pulp du tout premier King Kong (1933), notamment dans le bestiaire préhistorique qui entoure le singe. Ce dernier -révélé très tôt dans le récit- retrouve sa posture bipède et tranche résolument avec la version plus animale (et romantique) proposée par Peter Jackson dans son King Kong (2005). Pour ces raisons, le film est finalement assez différent de Godzilla et fait écho, quelque part, aux deux natures opposées mais complémentaires des deux titans. Ce qui les relie ? La société secrète MONARCH qui étudie les kaijus au sein du MonsterVerse, notamment dans une scène post-générique qui annonce l'arrivée imminente d’autres créatures…

    Skull Island (2023-)

    Souhaitant élargir le MonsterVerse à une approche transmédias, les producteurs de Legendary Entertainment décident d’explorer plus en profondeur le bestiaire de l’Île du Crâne en collaboration avec Netflix, dans une série animée sobrement baptisée Skull Island (2023-). Le showrunner Brian Duffield (plutôt calé en menaces monstrueuses et surnaturelles comme l’ont prouvé Underwater, Love and Monsters ou Traquée) a pensé le programme comme un « Goonies au pays de Kong » en échouant un groupe de jeunes naufragés sur le dangereux archipel. Pour pouvoir quitter l’île dont les eaux sont gardées par un kraken, ils vont devoir faire appel à la force brute de Kong qui règne sur les terres…

    Kong : Skull Island (2017) se déroulait dans les années 70, cette histoire entre aventure et survie prend place dans les années 90. C’est sans doute ce qui a justifié le choix d’une animation 2D, plutôt réussie, dont les coups de crayon rappellent l’épique Primal (2019-) de Genndy Tartakovsky. L’esprit est quant à lui à rapprocher de La Colo du Crétacé (2020-2022) dérivée de Jurassic World (2015) et Pacific Rim: The Black (2021-). Les créatures sont nombreuses et variées entre crabes géants, fourmis géantes, pieuvre géante, oiseaux géants, plantes carnivores géantes, chien géant, reptiles géants et autres « rampants » ! Sans oublier Kong, bien sûr, dont la présence reste relativement discrète jusqu'aux derniers épisodes où il peut enfin dévoiler sa puissance (et son émotion). Skull Island compte huit épisodes en saison 1, la seconde étant écrite et en attente d'un feu vert.

    Godzilla (2014)

    Immense icône japonaise depuis 1954, revisité par Hollywood à la fin des années 90, le roi des kaijus Godzilla est remis au goût du jour en 2014 devant la caméra de Gareth Edwards. Révélé par Monsters (2010), qui mêlait déjà spectaculaire et intime, le cinéaste confronte le monstre géant à deux autres créatures gigantesques et affamées de radiations entre le Japon, Hawaï et San Francisco, sous les yeux d’une distribution talentueuse et très « indé » où l’on retrouve Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen, Ken Watanabe, Sally Hawkins, David Strathairn, Bryan Cranston et notre Juliette Binoche nationale. Sans oublier Alexandre Desplat à la baguette de la bande originale, dont la partition retranscrit magnifiquement l’aspect massif du titan.

    Ce reboot, trentième apparition du kaiju qui sort pour les 60 ans de la franchise, surprend par son approche à hauteur d’hommes, qui se revendique du cinéma de Spielberg, notamment Les Dents de la Mer (1975), Rencontres du troisième type (1977) et La Guerre des mondes (2025) qui privilégient les personnages et distillent quelques touches visuelles d’envergure. Ce point de vue décuple (et magnifie) le gigantisme des créatures, et donne au final au long métrage des allures de film-catastrophe plus qu’un simple « film de monstres ». Il y aussi dans ce Godzilla la même ambiance rougeâtre et apocalyptique que celle qui accompagne les séquences du D-Rex dans Jurassic World : Renaissance (2025, également signé Gareth Edwards). Et bien évidemment, une vraie volonté de creuser des thèmes plus profonds, comme le premier Godzilla (1954) le faisait avec les blessures d’Hiroshima. Bref, une modernisation respectueuse et spectaculaire, entre le blockbuster et l’expérience immersive d’un Cloverfield (2008), qui pose la première pierre d’un univers plus large…

    Godzilla II : Roi des Monstres (2019)

    La séquence finale de Kong : Skull Island (2017) teasait la présence du ptéranodon Rodan, du papillon Mothra et du dragon à trois têtes Ghidorah. Godzilla II : Roi des Monstres (2019) tient ses promesses en conviant les trois titans (et beaucoup d’autres !) aux côtés du lézard géant, alors qu’un groupe écoterroriste met la main sur une technologie MONARCH capable de réveiller les différentes créatures sous la domination d’un « monstre zéro ». Son plan ? Éradiquer l’humanité et réinstaurer le règne des titans pour donner une nouvelle chance à la Terre. Le seul rempart contre l’annihilation totale va alors être le couple Godzilla / Mothra, roi et reine des monstres…

    Plus de créatures, plus de personnages, plus d’enjeux, plus de d'intrigues secondaires, plus de combats, plus d’effets visuels : Godzilla II joue totalement la carte de la surenchère pour un spectacle qui ravira les fans de la saga originale (notamment les films Mothra vs. Godzilla, Ghidorah le monstre à trois têtes ou Les Envahisseurs attaquent dans les années 60) mais aussi les amateurs de bastons géantes comme Pacific Rim (2013) ou Rampage (2018). Le réalisateur Michael Dougherty assume un film très (trop ?) généreux, qui tranche avec son prédécesseur, le comparant à ce que Aliens (1986) avait été pour Alien (1979) avec plus d’action, de monstres et d’humour. Si on aime voir des créatures se taper dessus et faire tomber les buildings comme des châteaux de cartes, on en a pour son argent. Mais si on cherche de la subtilité, les 2h11 pourraient sembler un peu longues…

    Godzilla vs. Kong (2021)

    C’est le face à face que tous les fans attendaient, opposant deux combattants légendaires ! A gauche, un lézard géant au souffle nucléaire intronisé « roi des monstres ». A droite, un gorille gigantesque prêt à rivaliser pour le titre de titan suprême. Et au sol, les humains de MONARCH qui jouent les arbitres de cet affrontement au sommet, qui survient presque soixante ans après une première tentative sous la bannière du studio japonais Toho (King Kong vs. Godzilla, 1962). Dans Godzilla vs. Kong (2021), les deux colosses semblent irrémédiablement attirés l'un par l’autre pour déterminer qui dominera le monde, alors qu’une nouvelle menace mécanique émerge d’un laboratoire secret de la société APEX…

    Annoncé à travers une peinture rupestre qui clôt Godzilla II : Roi des Monstres (2019), le duel entre Kong et Godzilla tient toutes ses promesses visuelles à travers des séquences ultra-spectaculaires sur un porte-avions ou dans une ville au rendu synthwave magnifique, qui rappellent beaucoup Pacific Rim Uprising (2018) et la saga Transformers. Et finalement, là où l’affrontement entre deux bestioles géantes aurait pu sembler stupide et vite tourner à vide, il trouve tout son sens au sein de la mythologie du MonsterVerse qui s’élargit encore en dévoilant la Terre Creuse, le monde souterrain et préhistorique d’où Kong est originaire. Le singe est d’ailleurs ici le vrai personnage central, et on s’attache à ce colosse aux poils grisonnants et au cœur tendre (sa relation avec la jeune Jia est plutôt touchante), qui offre plus d’ancrage émotionnel que ce cher Godzilla. Le point faible, comme dans Godzilla II, ce sont finalement des personnages humains assez peu développés dont l'intérêt scénaristique réside uniquement à dévoiler le complot autour de Mechagodzilla et à remplir des séquences « inter-monstres ». Comme dans Alien vs. Predator (2004) ou Freddy contre Jason (2003), on vient ici voir des créatures se taper dessus, et les protagonistes n’ont dès lors pas vraiment de densité…

    Godzilla x Kong : Le Nouvel Empire (2024)

    Ils étaient rivaux dans Godzilla vs. Kong (2021), il est temps pour eux de faire équipe dans Godzilla x Kong : Le Nouvel Empire (2024) ! Ce duo bestial n’apparaît toutefois qu’à la toute fin du long métrage (toujours signé Adam Wingard qui garantit une vraie unité de ton et d’approche visuelle), le temps pour l’intrigue de mettre en place une nouvelle menace planétaire. En l'occurrence celle incarnée par le tyrannique Scar King, un singe gigantesque et sadique qui règne sur une partie de la Terre Creuse et rêve de rejoindre notre monde pour le noyer sous un froid éternel grâce à un titan glacé qu’il tient en son pouvoir. Alors que Godzilla se recharge en surface en préparation de ce combat ultime, Kong explore de son côté son nouveau chez lui où se cache le mystérieux peuple Iwi qui attend la réalisation d’une prophétie majeure…

    Kong a encore pris de la bouteille (on valide sa barbichette blanche !) et du muscle dans cette aventure en Terre Creuse, qui lui permet enfin de renouer avec ses semblables. Et on apprécie la découverte de cette nouvelle civilisation de primates géants, qui rappelle La Planète des Singes (2011) et dont la narration « non verbale » permet de suivre et comprendre les enjeux et les émotions uniquement à travers des postures, des regards et des hurlements simiesques. Comme dans le film précédent, les membres de la #TeamGodzilla risquent en revanche d’être frustrés par la présence réduite du lézard, même si certains plans (son gros dodo dans le Colisée !) restent mémorables. Côté humain, il y a du mieux avec un humour bienvenu (grâce au duo Brian Tyree Henry / Dan Stevens) et des enjeux resserrés sur un nombre réduit de personnages. Résultat, on embarque ici pour une expédition immersive vers un monde perdu, qui rappelle Voyage au centre de la Terre (2008), L'Âge de glace 3 (2009) ou les Disney Atlantide l’empire perdu (2001) et Avalonia, l'étrange voyage (2022). Avec, en surface, une action globe-trotter qui nous entraîne de Rome à Rio en passant par l’Antarctique et les pyramides d’Egypte.

    Godzilla x Kong : Supernova (2027)

    Le succès mondial de Godzilla x Kong : Le Nouvel Empire (plus de 570 millions de dollars de recettes en 2024) a validé de fait la poursuite du MonsterVerse. On retrouvera donc les deux meilleurs ennemis, désormais alliés, dans Godzilla x Kong : Supernova, actuellement en tournage et attendu en mars 2027 sur les écrans. Si l’intrigue est gardée secrète, le titre laisse présager une menace d’ampleur cataclysmique, venant soit des étoiles (d’où était arrivé Ghidorah, rappelons-le), soit du cœur de la planète comme le laisse entendre un premier teaser énigmatique dévoilant une manifestation de titan à Sedona (Arizona) d’où était issue l'arachnoïde Scylla dans Godzilla II (2019).

    Il y a encore beaucoup de mystères et beaucoup de suppositions autour de ce sixième film donc… mais aussi, heureusement, quelques certitudes. Notamment une place plus importante accordée aux humains avec un casting de grande qualité où Dan Stevens reprend son rôle de Trapper, le vétérinaire rigolo et décontracté introduit dans le précédent opus, aux côtés de Kaitlyn Dever, Delroy Lindo, Matthew Modine, Jack O'Connell ou Sam Neill. Excusez du peu ! Derrière la caméra, Adam Wingard cède sa place à Grant Sputore, révélé par le film de science-fiction Netflix I Am Mother (2019), qui mettra en images un scénario co-écrit par Dave Callaham, auteur de l’histoire originale du Godzilla qui lança le MonsterVerse en 2014. Bref, une réunion de talents qui devrait offrir à nos deux titans préférés un nouvel écrin cinématographique à la hauteur de leurs immenses carcasses, alors que des spin-offs de la série Monarch: Legacy of Monsters sont également dans les projets de Legendary… et qu’on parle même d’un potentiel crossover avec l’univers de Pacific Rim. Qu’on se le dise, les fans de kaijus vont continuer à être gâtés !

  • « Avatar » : les films de la saga de James Cameron dans l’ordre

    « Avatar » : les films de la saga de James Cameron dans l’ordre

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    En 2009, après avoir marqué le cinéma de science-fiction avec Terminator (1984), Aliens le retour (1986), Abyss (1989) et Terminator 2 (1991), James Cameron entame un voyage vers une nouvelle planète avec Avatar. Visuellement révolutionnaire, le long métrage est la première pierre d’une épopée artistique et technologique qui va occuper le réalisateur pendant les deux décennies suivantes, lui qui a des envies d’un « ailleurs » extraterrestre depuis le collège… 

    En effet, pour le cinéaste canadien, la saga Avatar est le projet d’une vie. A la fin des années 60, il commence à imaginer les premières bribes de son aventure dans le monde des Na'vi. Fin 1994, avant même le tournage de son immense Titanic (1997) qui lui rapporte 11 Oscars, il couche sur le papier une première ébauche de l’univers de Pandora, présentant la faune, la flore, les personnages et les paysages de la planète. Et il attend patiemment que la technologie soit à la hauteur de son ambition, lui qui veut créer un environnement ultra-réaliste pour des protagonistes crédibles générés sans maquillage… En 2002, en découvrant le personnage de Gollum dans Le Seigneur des Anneaux : les Deux Tours, James Cameron sait que le moment est arrivé de concrétiser sa vision.

    Il lance officiellement le projet en 2005, avec d’abord deux années de recherche & développement sur l’univers visuel et sur la technologie de performance-capture nécessaire à la concrétisation des images. Deux ans plus tard, les acteurs le rejoignent pour mettre en boîte leurs scènes, tournées dans un gigantesque plateau vide qui capte tous leurs gestes et leurs expressions. Et quand Avatar débarque enfin sur les écrans en 2009, les spectateurs découvrent un spectacle inédit dans l’histoire du cinéma, où la 3D est au service d’une expérience immersive et narrative unique, qui pourra explorer ce monde et ses habitant.es au fil des longs métrages. Le reste appartient à l’histoire…

    Alors que le retour chez les Na’vis est proche, JustWatch vous propose son guide de la saga. Attachez vos ceintures : « Vous n'êtes plus au Kansas… vous êtes sur Pandora ! »

    Avatar (2009)

    La scène qui résume pour moi l’ambition et la révolution que représente Avatar (2009), c’est la découverte de Pandora à travers les yeux de Jake Sully (Sam Worthington). Ce militaire hémiplégique se voit offrir l’opportunité d’intégrer virtuellement le corps d’un hybride Na’vi (le peuple autochtone de la planète) afin d’explorer cet eldorado aussi luxuriant que dangereux dont les ressources sont convoitées par une grande corporation. Et c’est dans une forêt bioluminescente qu’il rencontre Neytiri (Zoe Saldaña), une guerrière qui va changer sa vision des choses et son allégeance… Comme son monde, l’alien bleue dégage une beauté à la fois étrange et sauvage, qui prend vie grâce à des effets visuels révolutionnaires.

    Fouler le sol de Pandora, c’est la promesse et la grande force du film. La planète existe vraiment, de la moindre fougère au moindre insecte, et tout est tangible entre jungle, cascade, arbres géants, montagnes flottantes et vols à dos d’Ikrans…On pense aux univers fabuleux de Zak et Crysta dans la forêt tropicale de FernGully (1992), de Epic : La Bataille du royaume secret (2013), de John Carter (2012) aussi, mais avec un réalisme immersif encore jamais vu. Même dans un Star Wars. C’est bien simple : James Cameron semble avoir vingt ans d’avance sur tout le monde. Alors après, bien sûr, on pourrait réduire Avatar à un « Danse avec les loups intergalactique » ou un « Pocahontas dans l’espace ». Et lui reprocher un propos simpliste et manichéen. Mais ce serait oublier que le film est avant tout une fable épique, écologique et anti-impérialiste (Princesse Mononoké n’est pas loin) portée par un spectacle inédit capable de parler aux grands comme aux plus jeunes. 

    Avatar : la voie de l’eau (2022)

    James Cameron avait promis un retour rapide sur Pandora. Les fans devront attendre 2022 pour découvrir Avatar : la voie de l’eau. Avec, là encore, une proposition visuelle inédite et sidérante. Dans cette suite, on quitte la jungle de Pandora pour découvrir une nouvelle région de la planète alors que le clan Sully (Jake est désormais un Na’vi à part entière) doit fuir le retour en force des forces armées terriennes. La famille trouve dès lors refuge sur le littoral, au sein de la tribu océanique des Metkayina. Mais les avatars de l’escouade lancée à leurs trousses vont venir mettre ce paradis maritime à feu et à sang…

    James Cameron peut à nouveau témoigner ici de sa passion pour l’eau, lui qui plonge dès que possible dans les profondeurs pour livrer des documentaires comme Les Fantômes du Titanic (2003) ou Aliens of the Deep (2004). Les séquences aquatiques sont tout simplement ahurissantes, bien au-delà du spectacle proposé par Aquaman (2018) ou Black Panther 2 (2022). La narration, elle, évolue vers le drame familial : on quitte le voyage initiatique du premier opus pour une dynamique plus complexe entre Neytiri, Jake et leurs enfants qui emmène la franchise vers une saga intergénérationnelle. Avec, comme en 2009, un récit simple et écologique (et un peu long… 3h12 !) qui assume une certaine naïveté en décrivant la relation fusionnelle entre les Na’vis et les Tulkuns (les baleines de Pandora). Si vous avez aimé Le Chant de la mer (2014), Ponyo sur la falaise (2008) et Abyss (1989), n’hésitez pas à plonger ! 

    Avatar : de feu et de cendres (2025)

    Après la jungle et les océans, le troisième film de la saga explore les flammes. Attendu en décembre 2025, Avatar : de feu et de cendres poursuit l’exploration de Pandora, une planète que James Cameron souhaite présenter comme un monde global et complexe où les apparences, les cultures et les enjeux diffèrent. Avec pour la première fois, des Na’vi « méchants », du moins plus sombres que les clans présentés jusque-là. La tribu Mangkwan, ou Peuple des Cendres, vit ainsi sur des terres désolées entre le rougeoiement de la lave et le gris des poussières de volcans. Avec une philosophie plus agressive qui s’incarne dans la redoutable Varang, campée par Oona Chaplin (petite fille de Charlie Chaplin, révélée par Game of Thrones) qui apporte une nouvelle voix féminine puissante aux côtés de Zoe Saldaña, Sigourney Weaver et Kate Winslet. Et un récit traitant de la destruction et ses conséquences…

    Encore très secret, le long métrage mettra Neytiri et Jake au second plan, l’histoire étant racontée du point de vue de l’un de leurs fils. Au vu des premières images, on sent également que Spider, le jeune humain adopté par les Na’vis, sera tiraillé entre ses deux cultures alors que son père a refait surface dans le film précédent. On pressent enfin que l’affrontement entre des idéologies Na’vi très différentes sera au cœur de l’histoire… Annoncé comme plus long que le précédent opus, Avatar 3 devrait assurément surprendre, James Cameron ayant teasé des choix narratifs très audacieux pour renouveler la franchise. Avant un Avatar 4 (2029) d’ores et déjà annoncé comme monumental qui fera un saut dans le temps, et un Avatar 5 (2031) totalement écrit mais pas encore tourné.

    Et ça pourrait ne pas s’arrêter là, puisque parallèlement aux jeux vidéo et comics déjà disponibles, le réalisateur développe des idées pour des épisodes 6 et 7 ! Lui qui a grandi avec Star Wars et Star Trek devrait à son tour laisser une trace profonde dans la science-fiction.

  • X-Men : les 14 films des mutants Marvel dans l’ordre chronologique

    X-Men : les 14 films des mutants Marvel dans l’ordre chronologique

    Yoann Sardet

    Yoann Sardet

    Rédacteur JustWatch

    « La mutation… C’est la clé de notre évolution. C’est elle qui nous a menés de l’état de simples cellules à l’espèce dominante sur notre planète. Le processus est long, et remonte à la nuit des temps. Mais tous les deux ou trois cents mille ans, l’évolution fait un bond en avant. » C’est ainsi que Charles Xavier, alias le Professeur X, lance la franchise X-Men au cinéma en 2000. Cette grande famille mutante fait partie des piliers de l’univers Marvel, au même titre que les Avengers et les 4 Fantastiques, et a été déclinée en 14 longs métrages en 24 ans.

    Dans la saga X-Men, le monde est donc confronté à des êtres génétiquement améliorés par Mère Nature : on ne parle pas ici de magie comme Doctor Strange, de science comme Captain America et Hulk ou d’accidents comme Spider-Man et Daredevil, mais de mutations génétiques qui confèrent à ces individus des super-pouvoirs variés, qui vont de la télépathie au contrôle des métaux, de la météo, du feu ou de la glace en passant par la régénération et la téléportation. Au sein de ce groupe minoritaire mais surpuissant, deux visions s’opposent : le pacifisme de Charles Xavier qui souhaite vivre en harmonie avec les Humains, et la domination prônée par Erik Lehnsherr qui voit dans les mutants le prochain stade de l’évolution.

    Pour des raisons financières -les droits de la franchise X-Men étaient détenus par la Fox alors que Disney intégrait Marvel dans son écurie en 2009-, les mutants n’ont jamais pu côtoyer les autres personnages du MCU à l’écran. Jusqu’au rachat du studio par The Walt Disney Company à la fin des années 2010, qui a ouvert de réjouissantes perspectives aux fans de super-héros. Ainsi, certains X-Men ont commencé à faire des apparitions dans les productions du Marvel Cinematic Universe (Quicksilver dans Wandavision, le Professeur X dans Doctor Strange in the Multiverse of Madness, le Fauve dans The Marvels), il y a eu la rencontre entre Wolverine & Deadpool qui tisse des liens profonds avec le multivers du MCU, et certains personnages iconiques ont depuis été annoncés au générique du très attendu Avengers : Doomsday (2026)... en attendant un reboot de la saga mutante espéré avant 2030.

    Pour patienter, JustWatch vous propose de redécouvrir la saga dans l’ordre de l’histoire pour un visionnage chronologique des aventures mutantes. Toutefois, on vous recommanderait plutôt de rester sur l’ordre de sortie des longs métrages. En effet, certains événements ou caméos auront une plus forte résonance si vous avez vu la trilogie originale avant.

    X-Men : Le Commencement (2011)

    Toute histoire a un commencement. Et si le tout premier mutant de l’Histoire (Apocalypse) ne sera dévoilé que deux films plus tard, X-Men : Le Commencement (2011) raconte les débuts du groupe super-héroïque et la rencontre entre deux amis qui deviendront frères ennemis. Flashback en 1962, alors que le monde est en pleine Guerre Froide. Le télépathe Charles Xavier (James McAvoy) fait la connaissance de Erik Lehnsherr (Michael Fassbender), survivant de la Shoah capable de contrôler le métal. Les deux hommes sont recrutés par le gouvernement pour former une unité afin d’empêcher un autre mutant surpuissant, Sebastian Shaw (Kevin Bacon), d’aggraver les hostilités entre les deux blocs…

    Sans l’iconique Wolverine (qui fait tout de même une apparition savoureuse au comptoir d’un bar), on ne donnait pas cher de ce prequel. C’est pourtant une réussite totale. Et l’un des meilleurs films -si ce n’est le meilleur- de la franchise. Devant la caméra de Matthew Vaughn (le film est au croisement de son Kick-Ass et de son Kingsman), on découvre une histoire certes spectaculaire mais qui ne laisse jamais l’action prendre le pas sur ses personnages et son émotion (le mal-être de Mystique et Hank, Charles aidant Erik avec ses pouvoirs et sa colère, l’amitié brisée des deux hommes…).

    En mêlant espionnage et super-héros dans une ambiance 60s parfaitement restituée, le film s’impose presque comme un James Bond mutant qui sert de cadre à la genèse du schisme entre les futurs Professeur X et Magneto, porté par deux comédiens dont l’alchimie et l’intensité font des merveilles. Avec une mention spéciale pour Michael Fassbender, dont la scène dans le bar argentin est une immense claque.

    X-Men : Days of Future Past (2014)

    Comme son titre le laisse entendre, X-Men : Days of Future Past (2014) navigue entre deux temporalités : un avenir sombre et apocalyptique où les mutants sont traqués et éliminés par des robots géants baptisés Sentinelles ; et les années 70 où Wolverine (Hugh Jackman) est renvoyé (du moins sa conscience dans son corps de l’époque) pour convaincre Charles et Magneto de refaire équipe pour mettre un terme aux travaux de Bolivar Trask (Peter Dinklage), le futur créateur des machines meurtrières. C’est un peu compliqué à la lecture, mais vous verrez que c’est limpide à l’écran !

    Au-delà du plaisir de voir les X-Men naviguer dans des décors et costumes 70’s, cette suite est un tour de force visuel et scénaristique, qui parvient à croiser deux temporalités de la même franchise avec cohérence (ou presque, les fans relèveront quelques petits soucis de continuité) et humanité. Si Wolverine (Hugh Jackman) et Mystique (Jennifer Lawrence) sont centraux dans le récit, on est ravis d’alterner entre le tandem James McAvoy / Michael Fassbender et le duo Patrick Stewart / Ian McKellen en Xavier / Magneto du passé et du futur, mais aussi de retrouver d’autres mutants iconiques (Halle Berry en Tornade, Shawn Ashmore en Iceberg, Elliot Page en Kitty Pride) tout en découvrant de nouveaux personnages comme Quicksilver (sa séquence au ralentie est un film dans le film) ou Bishop (joué par notre Omar Sy national !).

    A noter qu’en revisitant certains événements dans le même esprit que le casse temporel de Avengers: Endgame (2019), le long métrage sera peut-être un peu complexe à appréhender pour les non-initiés. Mais ça reste un épisode solide au casting digne d’un Comic-Con.

    X-Men Origins : Wolverine (2009)

    Certes, cette origin-story autour du mutant griffu débute en 1845, quand le jeune James Howlett découvre que des pointes osseuses lui sortent des mains. Mais l’essentiel de l’intrigue de X-Men Origins : Wolverine (2009) se déroule en 1979, alors que le personnage (l’incontournable Hugh Jackman) travaille comme bûcheron dans les forêts canadiennes après avoir opéré pour une unité spéciale du gouvernement américain composée de mutants (on y retrouve notamment son demi-frère Victor / Dents-de-Sabre et un certain… Wade Wilson / Deadpool !). Alors que les anciens membres du commandos sont éliminés les uns après les autres par Victor (Liev Schreiber), Wolverine est approché par son ancien supérieur pour le stopper grâce à une amélioration majeure : des griffes en adamantium.

    Qu’on se le dise, X-Men Origins : Wolverine n’est pas le film le plus abouti de la franchise. Certes, il lève le voile sur le passé du anti-héros (rendant de fait sa quête identitaire de la trilogie originale moins prenante pour le spectateur, c’est l’un des écueils du visionnage chronologique). Mais il propose un générique d’ouverture assez génial qui voit les deux frères mutants traverser toutes les guerres américaines ensemble. Et Hugh Jackman est toujours aussi charismatique.

    Toutefois, en faisant de Wolverine le personnage central (alors qu’il est plus efficace dans une distribution chorale), il occulte d’autres personnages adorés des fans (Gambit, dont le temps à l’écran est trop limité et surtout Deadpool dont le traitement a mis les spectateurs en colère). Et l’enjeu du long métrage n’est au final pas si passionnant que ça. C’est donc un épisode en demi-teinte, dont l’accueil critique a carrément stoppé les velléités de la Fox de développer d’autres spin-off originels. Mais au moins, on sait pourquoi Wolverine a un squelette métallique. Et pourquoi Ryan Reynolds se moque de cette version de Deadpool dans les autres films qu’il consacrera au « mercenaire à grande bouche ».

    X-Men Apocalypse (2016)

    Annoncé par l’énigmatique scène post-générique de X-Men : Days of Future Past (2014), X-Men Apocalypse (2016) confronte Charles Xavier et son équipe super-héroïque à une menace millénaire. Premier mutant de l’Histoire, immortel et invincible, le quasi-dieu Apocalypse (Oscar Isaac) se réveille en 1983 après des millénaires d’hibernation. Déçu par notre monde moderne, il décide de faire table rase de l’Humanité pour créer un monde à son image, avec l’aide de quatre lieutenants surpuissants (un équivalent marvélien des fameux cavaliers de l’Apocalypse évoqués dans le Nouveau Testament) : Tornade, Psylocke, Angel et… Magneto. Les X-Men vont tout faire pour l’en empêcher.

    Les fans avaient manifesté leur déception face à l’absence de mutants iconiques dans les deux précédents opus : ils ont été entendus et le long métrage intègre de jeunes Cyclope (Tye Sheridan), Jean Grey (Sophie Turner), Diablo (Kodi Smit-McPhee) et Tornade (Alexandra Shipp) aux côtés de nouveaux personnages (Psylocke, Caliban) et des protagonistes récurrents depuis X-Men : Le Commencement. Si sur le papier le film a tout pour emporter les suffrages des fans, il divise, la faute à un trop plein d’effets visuels, un méchant décevant (il y avait mieux à faire avec le brillant Oscar Isaac qu’un tyran violet au design peu engageant) et une intrigue finalement assez classique d’union contre une menace planétaire (à ce titre, c’est un peu le Justice League ou Les Eternels de la franchise X-Men).

    Il reste, heureusement, des éléments pour se réjouir : les jeunes X-Men, l’ambiance 80’s, un sauvetage au ralenti ultra-spectaculaire de Quicksilver, le crâne rasé de James McAvoy, l’interprétation intense de Michael Fassbender et l’apparition rapide de Hugh Jackman en Weapon X (version très violente de Wolverine).

    X-Men : Dark Phoenix (2019)

    On a revisité les 60’s avec X-Men : Le Commencement, les 70’s avec X-Men Days of Future Past et les 80’s avec X-Men : Apocalypse : place aux années 90 dans X-Men : Dark Phoenix (2019) qui, comme son titre le laisse entendre, se focalise sur Jean Grey (Sophie Turner) alias le Phoenix aux pouvoirs destructeurs. Après une mission spatiale durant laquelle un incident cosmique décuple sa puissance, la jeune femme devient instable, incontrôlable et donc dangereuse pour le monde, comme pour sa famille mutante, l’opposant ainsi à aux X-Men de Charles Xavier…et à Magneto.

    Quatrième et dernier volet de « l’arc prequel » de la franchise X-Men, Dark Phoenix n’a convaincu ni la critique ni le public. La faute à une intrigue déjà (mal) exploitée dans L’Affrontement final mais surtout à une formule mutante qui commence malheureusement à tourner un peu à vide alors qu’elle amène peu de nouveautés ici, si ce n’est une mystérieuse méchante extraterrestre campée par Jessica Chastain. Confronté à une production compliquée émaillée de reports, de réécritures, de reshoots et de la perspective d’un reboot de la franchise suite au rachat de la Fox par Disney, le film n’offre pas une conclusion à la hauteur de ce que promettaient les films précédents, notamment en sacrifiant l’importance de personnages attachants comme Quicksilver et Mystique. Même Wolverine est aux abonnés absents…

    En termes d’ambiance et de rendu, on est globalement dans un film proche de Captain Marvel sorti la même année. Néanmoins, convenons que Sophie Turner -qui a tourné le film entre deux saisons de Game of Thrones - est crédible en Jean déchaînée (la séquence spectaculaire du train en atteste), au point de dominer un Magneto (Michael Fassbender) dépassé.

    X-Men (2000)

    Le film X-Men (2000) s’ouvre sur une scène très forte (et très étonnante pour un film de super-héros). Dans un camp de concentration de la Seconde Guerre mondiale, un jeune homme séparé de ses parents par les gardiens dévoile son pouvoir de contrôle du métal sous l’effet de la peur et de la rage. Si vous avez regardé la saga dans l’ordre chronologique de cette liste, vous aurez reconnu le prologue de X-Men : Le Commencement (2011).Des années plus tard, on retrouve Erik Lehnsherr et Charles Xavier dans un congrès mondial dénonçant la menace mutante croissante et on saisit les deux visions qui opposent les deux hommes : l’un veut convaincre qu’une vie en harmonie entre humains et mutants est possible, l’autre est persuadé que l’humanité est déjà de l’histoire ancienne et échafaude un plan pour installer une nouvelle ère. Une jeune femme qui se fait appeler Malicia (Anna Paquin) et un mystérieux mutant amnésique baptisé Wolverine vont se retrouver malgré eux au centre de cet affrontement idéologique… et de l’école très spéciale du Professeur X.

    C’est le film qui a tout lancé. Et un vrai pari pour la Fox à l’époque, qui tentait ici une déclinaison sérieuse d’un matériau super-héroïque. Confié à Bryan Singer, étoile montante d’Hollywood après Usual Suspects (1995) et Un élève doué (1998), le film étonne par son approche mature et son esthétique post-Matrix qui évite le piège des costumes colorés. Et qui convoque des comédiens solides, à l’image de Patrick Stewart et Ian McKellen qui donnent une vraie aura à leurs personnages, version marvélienne de l'opposition Martin Luther King / Malcolm X.

    Le résultat ? Un divertissement réjouissant traversé de thèmes profonds, qui résonne comme une allégorie des luttes contre les discriminations. Le film inscrit instantanément les X-Men dans la pop culture (à part quelques lecteurs de comics, peu de gens connaissaient l’univers en France) et dévoile un comédien au charisme hallucinant immédiatement adoubé et adopté par les spectateurs (Hugh Jackman). Et surtout, il lance la nouvelle vague super-héroïque qui suivra (Spider-Man, Hellboy, Batman Begins, V pour Vendetta…). Finalement, le vrai gros défaut du film… c’est sa durée ! 1h44, c’est bien court. Et même frustrant.

    X-Men 2 / X2 (2003)

    Quand X-Men 2 (ou X2 pour les puristes) sort en 2003, il a des allures de X-Men 1.5 puisqu’il creuse essentiellement la plupart des thèmes qui étaient déjà au cœur du premier opus. Ici, les X-Men et la Confrérie de Magneto vont devoir temporairement unir leurs forces pour affronter un certain William Stryker (souvenez-vous, c’est le militaire qu’on voyait déjà dans X-Men : Days of Future Past et X-Men Origins : Wolverine), chargé par le gouvernement américain d’éradiquer la menace mutante. Un homme qui possède par ailleurs les clés du passé de Wolverine, enjeu scénaristique qui tombe complètement à plat si vous regardez les films dans l’ordre chronologique !

    Dans ce long métrage, l’enquête que mène le mutant n’avance pas forcément beaucoup, mais on découvre à travers ses yeux la base secrète où son squelette a entièrement été recouvert d’adamantium. L’occasion pour lui d’affronter une semblable, en la personne de Lady Deathstrike (Kelly Wu), sur les lieux même de sa transformation en Arme X. Le reste de ce chapitre est de très bonne facture, dans le haut du panier des films X-Men grâce à une meilleure maîtrise de l’univers (on sent que le premier opus n’était finalement qu’un « brouillon » pour convaincre le studio), un budget plus confortable et une ambition visuelle décuplée.

    A ce titre, le prologue qui voit Diablo (Alan Cumming) attaquer le Président des Etats-Unis au cœur de la Maison-Blanche grâce à son pouvoir de téléportation est un véritable ballet. Et on survalide l’évasion de Magneto et l’assaut sur l’école du Professeur X défendue par un Wolverine enragé. Comme Blade II (2002) et Spider-Man 2 (2004), X-Men 2 est considéré comme l’un des meilleurs films de super-héros des années 2000. Et c’est mérité.

    X-Men : l'Affrontement Final (2006)

    Le plan final de X-Men 2 (2003), dans lequel une forme enflammée semblait naviguer sous les eaux d’un lac, avait annoncé le retour de Jean Grey (Famke Janssen), sacrifiée à la fin du film pour sauver ses compagnons. Et surtout l’avènement du Phoenix. C’est ce qui survient dans X-Men : l'Affrontement Final (2006), qui voit la télépathe rejoindre la confrérie de Magneto alors qu’un nouveau traitement propose de guérir les mutants en effaçant leurs pouvoirs. Un choix qui divise jusqu’au sein des X-Men, et notamment Malicia (Anna Paquin) qui ne supporte plus sa condition et sa mutation qui la prive de pouvoir toucher autrui…

    En mai 2006, Hugh Jackman, Halle Berry et l’équipe de X-Men : l'Affrontement Final gravissent les marches du 59e Festival de Cannes. La présentation du long métrage Hors Compétition dans ce cadre prestigieux atteste de l’importance prise par les super-héros dans le cinéma mondial et de la place des mutants dans le cœur des spectateurs. Néanmoins, ce chapitre final de la trilogie originale laisse tout le monde de marbre. Beaucoup de personnages, beaucoup d’enjeux, beaucoup d’argent… mais un résultat assez décevant qui n’est pas à la hauteur de ce que les fans pouvaient attendre.

    La faute notamment à une durée limitée (à peine 1h44) qui précipite le récit vers des séquences certes spectaculaires (le rajeunissement numérique de Magneto et Xavier, la confrontation avec Jean proche d’un film d'exorcisme, le combat dans la forêt, la bataille du Golden Gate…) mais sans réelle profondeur. Comme Spider-Man 3 ou Les 4 fantastiques et le Surfer d'argent, sortis l’année suivante, on a un petit sentiment de gâchis devant tant de surenchère et de précipitation. Et si vous avez vu X-Men : Dark Phoenix (2019), vous aurez en plus une sensation de redite… 

    Wolverine : Le Combat de l'Immortel (2013)

    Le X-Men griffu au Japon : voilà un arc qui était extrêmement attendu par les lecteurs des comics imaginés par Chris Claremont et Frank Miller en 1982. Après les événements de X-Men : l'Affrontement Final (2006), Wolverine (Hugh Jackman, fidèle au poste) se rend au Pays du Soleil Levant à la demande d’un vieil ami, qu’il avait sauvé de l’explosion nucléaire de Nagasaki en août 1945. Mourant et très riche, ce dernier propose au mutant de le débarrasser de son pouvoir de régénération. L’occasion pour Wolverine de pouvoir enfin mourir, lui qui est rongé par la culpabilité de la disparition de Jean Grey ?

    En quittant le sol américano-canadien pour explorer avec respect l’univers des yakuzas, des ninjas, des samouraïs et du code d’honneur nippon (comme Tom Cruise l’avait fait avec Le Dernier Samouraï dix ans plus tôt), la franchise X-Men se réinvente visuellement (on pense à Tokyo Vice ou Black Rain) et permet à Hugh Jackman d’explorer d’autres facettes, plus sombres et plus torturées, de son personnage. Et de livrer, aussi, des combats dantesques où sa musculature et sa rage font forte impression (mention spéciale à sa marche déterminée alors que les flèches le criblent de tous côtés).

    Si on peut regretter un dernier tiers un peu kitsch (le Samouraï d’Argent est assez balourd), Wolverine : Le Combat de l'Immortel (2013) a le mérite de pouvoir creuser en profondeur les failles et la vulnérabilité de son personnage principal alors qu’il n’y a pas d’autres X-Men avec qui partager le temps d’écran. D’ailleurs, le titre original -The Wolverine- atteste de cette volonté de livrer un récit presque définitif autour du anti super-héros. Presque, car la rencontre entre Hugh Jackman et le réalisateur James Mangold va accoucher d’un excellent troisième opus quatre ans plus tard. On y reviendra.  

    Deadpool (2016)

    Souvenez-vous, Wade Wilson alias Deadpool avait fait ses premières armes dans X-Men Origins : Wolverine (2009), avec une utilisation du personnage qui avait déçu les fans comme Ryan Reynolds, immense fan du « mercenaire à grande bouche ». Oubliez tout ça pour découvrir LE vrai Deadpool (2016), un anti-héros unique dans l’univers Marvel qui ne respecte rien, qui verse très facilement dans l’ultra-violence et qui brise le quatrième mur dès qu’il le peut en s’adressant au spectateur. Dès sa première scène, à l’arrière d’un taxi, le ton est annoncé : ce film ne ressemblera à aucun autre au sein de la saga X-Men, et plus largement dans le monde des super-héros. L’intrigue -Deadpool veut retrouver celui qui l’a laissé défiguré et pour mort- est ici le prétexte à un délire méta totalement réjouissant.

    Deadpool est le projet de cœur de Ryan Reynolds, qu’il a porté pendant plus d’une décennie. Et on comprend très vite pourquoi : le comédien canadien ne joue pas Deadpool… il est littéralement Deadpool ! Et il se lâche sous la combinaison rouge et noire, entre mises à morts sanglantes, vannes vulgaires mais hilarantes, désinvolture totale et humour méta qui se moque du genre et de l’univers dans lequel il gravite. Et notamment des X-Men représentés par Colossus (Stefan Kapičić) et Negasonic Teenage Warhead (Brianna Hildebrand).

    Irrévérencieux et jouissif, -et visuellement solide avec des scènes d’actions réussies- le film fait souffler un vent de fraîcheur sur un monde de blockbusters qui commence gentiment à ressentir la « superhero fatigue ». Et il s’inscrit dans un ton pop et décomplexé qu’on retrouve dans Kick-Ass (2010), The Boys (2019-), The Suicide Squad (2021) ou Peacemaker (2022). 

    Les Nouveaux Mutants (2020)

    Voilà un véritable OVNI au sein de la saga X-Men. Car oui, Les Nouveaux Mutants (2020) se rattache bien à la franchise puisque le personnage de Illyana Rasputin / Magik est la sœur de Colossus. C’est à peu près le seul lien avec le reste de la saga, puisque le long métrage tend vers le huis-clos horrifique alors que cinq jeunes mutants se retrouvent dans une mystérieuse institution censée leur apprendre à contrôler leurs pouvoirs avant de rejoindre les X-Men. Seulement, les apparences sont trompeuses et les adolescents vont être rapidement confrontés à leurs propres peurs et cauchemars, dont un impressionnant Ours Démon…

    Tourné entre 2017 et 2018, Les Nouveaux Mutants ne sort que deux ans et demi plus tard. Sa durée très réduite (à peine 1h34) illustre sa production chaotique qu’on ressent à l’écran. Inaboutie et plombée par une sortie en pleine pandémie de COVID-19, cette tentative entre super-héros, horreur et teen drama ne convainc personne, malgré un réalisateur prometteur aux commandes (Josh Boon, révélé par Nos étoiles contraires en 2014) et un joli casting (Maisie Williams, Charlie Heaton, Anya-Taylor Joy…).

    Dommage. Comme dans les séries Runaways (2017-2019) et The Gifted (2017-2019), il y avait ici une vraie volonté de renouveler la franchise, entre traumas adolescents et diversité affichée (notamment une romance LGBTQI+, une première chez Marvel). On préfèrera largement le diptyque Ça (2017/2019), la série The Institute (2025-) ou l’incontournable Stranger Things (2016-2025) à ce qui restera le dernier film X-Men conçu sous la bannière de la Fox.

    Deadpool 2 (2018)

    Il l’avait annoncé en robe de chambre dans la cultissime scène post-générique du premier film : Deadpool a tenu promesse et convie Cable (Josh Brolin) dans Deadpool 2 (2018). Ce super soldat (il se définit lui-même comme un « enfant de la guerre ») débarque du futur pour éliminer un redoutable mutant dans son jeune âge afin d’empêcher qu’il ne tue sa famille une fois adulte. Dépressif et suicidaire après la mort de sa chère Vanessa (Morena Baccarin), Deadpool retrouve une raison de vivre en étant recruté par Colossus au sein des X-Men. Attaché à ce nouveau rôle de héros, il se met alors en tête de protéger l’adolescent de Cable, quitte à former sa propre super-équipe pour y parvenir…

    Grâce au succès mondial de Deadpool (2016) -plus de 700 millions de dollars de recettes, le plus gros succès d’un film X-Men à l’époque- Ryan Reynolds a les coudées franches pour cette suite un peu plus sombre. Et il se fait plaisir dans son rôle de chef d’équipe de la X-Force (où gravite la chanceuse Domino, incarnée avec coolitude par Zazie Beetz), de chaperon décalé d’un gamin instable et d’adversaire/allié de Cable (son opposition avec le bougon Josh Brolin est réjouissante). Certes, la surprise du premier opus n’est plus là, mais les séquences d’action sont spectaculaires (le réalisateur de John Wick est aux manettes), les vannes encore plus irrévérencieuses et le discours méta plus que jamais jubilatoire (ne ratez pas la scène post-générique qui revisite certaines temporalités !). Et il y a plein d’autres surprises qu’on ne voudrait pas vous gâcher ici…

    Logan (2017)

    Oui, Wolverine peut vieillir. Et c’est un héros diminué qu’on retrouve dans Logan (2017), alors que ses pouvoirs de régénération déclinent, empoisonnés par l’adamantium qui recouvre son squelette. Dans un futur où les mutants sont rares et traqués, il joue les chauffeurs de limousine tout en s’occupant d’un Charles Xavier à la santé déclinante et dont les crises télépathiques peuvent être extrêmement destructrices. Les deux amis acceptent d’aider une jeune mutante baptisée Laura (Dafne Keen) pour l’aider à rejoindre un hypothétique refuge situé à la frontière américaine. Un dernier baroud d’honneur qui va donner une dimension des plus tragiques à Wolverine…

    Très différent du reste de la franchise, le long métrage de James Mangold (touche-à-tout brillant à l'œuvre sur Copland, Walk the Line, Le Mans 66, Indiana Jones 5, Un parfait inconnu…) s’est unanimement imposé comme le meilleur film X-Men. Passée par le Festival de Berlin et les Oscars, cette adaptation du comic-book Old Man Logan de Mark Millar et Steve McNiven s’inscrit plus dans le western crépusculaire que dans le genre super-héroïque, avec une ambiance âpre et désespérée, un rythme lent et une approche intimiste et sans artifice. C’est en cela que Logan pourra décontenancer des spectateurs qui s'attendraient à une proposition pop et explosive : le film est totalement à l’opposé et propose un chant du cygne d’un personnage qu’on accompagne depuis 2000, porté par une interprétation habitée et bouleversante de Hugh Jackman. Souvent comparé à Clint Eastwood, le comédien livre ici son Impitoyable (1992), référence revendiquée de Mangold. Si vous avez aimé Les Fils de l’Homme (2006) et The Last of Us (2023-), vous devriez adhérer à cette œuvre qui fait se rencontrer auteur et blockbuster.

    Deadpool & Wolverine (2024)

    On pensait que Hugh Jackman avait raccroché les griffes pour de bon avec Logan (2017). Mais son amitié avec Ryan Reynolds a eu raison de sa retraite mutante et le comédien est retourné à la salle de gym pour la confrontation tant attendue entre Deadpool & Wolverine (2024). Avec ce film, le mercenaire à la langue trop pendue fait son entrée officielle dans le Marvel Cinematic Universe. Rapidement confronté au Tribunal des Variations Anachroniques en charge de la stabilité du multivers (introduit dans la série Loki), il se voit confier une mission de la plus haute importance pour sauver sa réalité… et pour cela, il va devoir faire équipe avec celui qu’il n’a cessé de charrier dans ses deux premiers films : Wolverine.

    Dire que le face-à-face entre Wolverine et Deadpool était attendu relève de l’euphémisme. Et même si la dynamique entre les deux héros fait un peu doublon avec celle qui animait Cable et Deadpool (le grincheux vs. le vanneur), on s’éclate à voir les deux compères s’amuser ensemble dans le Vortex, sorte de décharge cinématographique où terminent les franchises et personnages délaissés par leurs studios. On ne vous dira pas qui gravite dans cet univers régenté par la propre sœur de Charles Xavier (Emma Corrin), mais vous n’êtes pas au bout de vos surprises tant le fan-service est généreux ! Vous n’êtes pas non plus au bout de vos interrogations, car il faut être sacrément à jour sur vingt-cinq années de super-héros Fox pour saisir toutes allusions et références méta… En tout cas, quand le film s’achève, une seule question vous animera : est-ce que Deadpool et Wolverine vont faire équipe avec les Avengers dans Doomsday ? On croise les doigts (et les griffes) très fort !

  • Quentin Dupieux : ses 15 films dans l’ordre de sortie

    Quentin Dupieux : ses 15 films dans l’ordre de sortie

    Justine Charlet

    Justine Charlet

    Rédacteur JustWatch

    Un pneu serial killer, un homme à la recherche de son chien disparu, un spectateur qui interrompt une pièce, une victime de ripoux laissée pour morte qui se réveille… Les pitchs des films de Quentin Dupieux annoncent très vite la couleur : le quinqua français est un cinéaste à part, inclassable. Autant dans ses thématiques, souvent des comédies noires et/ou absurdes, que dans sa façon de créer.

    Très prolifique, le metteur en scène a signé 15 longs métrages en moins de vingt-cinq ans, dont 6 sortis ces trois dernières années ! Un rythme de fabrication effréné lié à un besoin de produire vite pour ne laisser aucune idée au fond d’un tiroir. Dans son entreprise, il a su séduire la fine fleur du cinéma français, qui n’hésite pas à embarquer dans ses expériences cinématographiques.

    JustWatch vous résume cette filmographie unique en son genre !

    Nonfilm (2001)

    Le premier film de Quentin Dupieux est un moyen métrage, Nonfilm (2001), qu’il a financé lui-même. Bien qu’il annonce les fondements de son esthétique absurde, le succès n’est pas au rendez-vous, mais le duo Éric Judor et Ramzy Bedia est séduit et participe à son premier long métrage.

    Steak (2007)

    Steak (2007) est une étrange proposition autour de deux jeunes subissant les diktats esthétiques farfelus d’une bande à laquelle ils veulent absolument appartenir. La rencontre entre Eric & Ramzy et Mr Oizo - le nom  du cinéaste sur la scène électro-pop - est remarquée et inscrit le nom de Quentin Dupieux dans la liste des cinéastes à suivre.

    Rubber (2010)

    Rubber (2010) fait d’un pneu tueur en série et télépathe le personnage principal de son film tourné dans le désert californien, non sans rappeler Steven Spielberg et son premier filmDuel (1971), où un camion prenait pour cible un automobiliste sans que l’on ne voit jamais le conducteur au volant. Un vrai film d’angoisse qui part d’un postulat absurde ! Et comme un manifeste de toute la filmographie du cinéaste qui suivra, et qui se retrouve sélectionné au passage à la Semaine de la critique au Festival de Cannes.

    Wrong (2012)

    Continuant à tracer sa route dans le cinéma de l’absurde, Dupieux tourne ensuite Wrong (2012), sur un homme aussi perdu que son chien. Une comédie surréaliste dans un monde où rien ne fonctionne comme prévu. Plus attachant que provocateur, le film file la métaphore de la solitude et du besoin d’attachement. Un façon pour Dupieux de montrer qu’il est aussi capable de récits plus sensibles.

    Wrong Cops (2013)

    Avec Wrong Cops (2013), Quentin Dupieux met en scène un flic ripou face à une victime laissée pour morte… qui se réveille. Satire plus trash pour les amateurs d’humour noir, le film, porté entre autres par Éric Judor, est inégal mais la liberté du réalisateur reste totale et le résultat très irrévérencieux. À prendre comme un objet de curiosité révélant la face la plus extrême du cinéma made in Dupieux.

    Réalité (2014)

    Avec Réalité (2014), premier film qu’il tourne en France après avoir vécu dix ans aux États-Unis, Quentin Dupieux embarque Alain Chabat dans le rôle d’un réalisateur qui s’apprête à tourner son premier film d’horreur mais à qui le producteur pose une condition à son financement : trouver le meilleur gémissement de l’histoire du cinéma. Les frontières s’effacent entre rêve, réalité et fiction et le récit se construit comme un puzzle narratif qui donne à penser.

    Au poste ! (2018)

    C’est au tour de Benoît Poelvoorde de jouer un commissaire pour un long interrogatoire très bavard avec un suspect dans Au Poste ! (2018), un film plus accessible que les précédents qui plaira aux amateurs de comédies dialoguées et de mises en scène minimalistes (l'essentiel du film se déroulant dans une pièce du commissariat). Jusqu'à un final méta aussi absurde que savoureux.

    Le Daim (2019)

    Assurément l’un des films les plus connus de Quentin Dupieux. Dans le pseudo western montagnard Le Daim (2019), Jean Dujardin est obsédé par son blouson à franges qui, selon lui, lui donne un style de malade, au point de sombrer dans une folie obsessionnelle. Quand le narcissisme finit en eau de boudin, on penche vers l’humour noir, très noir.

    Mandibules (2020)

    Dans Mandibules (2020), deux pieds nickelés (Grégoire Ludig et David Marsais du Palmashow) décident de se faire de l’argent avec une mouche géante coincée dans le coffre de leur voiture. Le scénario est à pleurer de rire, et Adèle Exarchopoulos compose un rôle secondaire tout aussi hilarant, avec une diction approximative. Un film totalement loufoque.

    Incroyable mais vrai (2022)

    Dans Incroyable mais vrai (2022), un couple achète une maison avec un conduit permettant de voyager dans le temps. Leur quotidien bascule alors dans l’irrationnel et de cette idée simple naît un film fort et une réflexion sur le désir et les conséquences de nos choix, le tout avec un ton plus intime et introspectif que les précédentes productions.

    Fumer fait tousser (2022)

    Fumer fait tousser (2022) raconte l’escapade de la Tabac Force, un groupe de cinq justiciers (Gilles Lellouche, Anaïs Demoustier, Vincent Lacoste, Jean-Pascal Zadi, Oulaya Amamra) envoyés en retraite au bord d’un lac pendant une semaine. Ce délire super héroïque croisé avec le film à sketchs s’adresse à un public amateur d’humour décalé et de parodies déjantées. Aucune subtilité recherchée ici, on nage en plein chaos joyeux où chaque scène est une surprise.

    Yannick (2023)

    Yannick (2023) met en scène un spectateur qui interrompt une pièce de théâtre qui lui déplaît pour reprendre l’écriture et la soirée en main. Porté par l’incontournable Raphaël Quenard, cette farce interroge sur la place du public et la frustration face à l’art. Un film provocateur, drôle, qui tourne à la satire sociale. 

    Daaaaaali ! (2024)

    Avec Daaaaaali ! (2024), Quentin Dupieux tente un biopic de l’artiste excentrique Salvador Dali, interprété par plusieurs acteurs. Il laisse libre cours à son imagination et restitue tous ses délires. La structure narrative se déploie en une série de tentatives d’interviews avortées, transformant le projet en un portrait cinématographique décalé. Absurde et expérimental cohabitent dans un joli écrin. 

    Le Deuxième acte (2024)

    Critique méta du cinéma et du star-system, Le Deuxième acte (2024) excelle, porté par un casting prestigieux (Léa Seydoux, Vincent Lindon et Louis Garrel). Dans ce film brillant et impertinent passé par le Festival de Cannes, les cinéphiles trouveront leur compte, et les autres aussi, embarqués par des dialogues très percutants.

    L’Accident de piano (2025)

    Dans la continuité de son travail, Quentin Dupieux a imaginé L’accident de piano (2025) et continué à pointer sa caméra sur l’absurde de notre époque : Magalie (Adèle Exarchopoulos) se prend un piano sur la tête en plein tournage. Elle part se reposer à la montagne avec son assistant mais le calme est de courte durée car une journaliste arrive avec un scoop compromettant. Une vraie réflexion sur la superficialité.

  • Anime : les 22 meilleures séries de tous les temps

    Anime : les 22 meilleures séries de tous les temps

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Réduire l’animation japonaise à quelques titres paraît impossible tant elle regorge de chefs-d’œuvre. Mais certains anime ont su dépasser le statut de simple divertissement pour devenir des œuvres majeures, capables de marquer des générations, d’influencer la culture mondiale et de redéfinir les standards narratifs.

    Qu’ils soient récents ou plus anciens, ces anime partagent un point commun : ils continuent de faire battre le cœur des spectateurs, de susciter des débats et de rallumer des passions des années après leur diffusion. Justwatch vous propose sa sélection des 22 meilleurs anime de tous les temps, entre sagas fleuves et bijoux intimistes.

    Frieren (2023-)

    Frieren (Sousou no Frieren) compte actuellement 29 épisodes et s’impose déjà comme l’un des plus beaux anime de fantasy de la décennie. L’histoire reprend après la victoire d’un groupe de héros contre le Roi Démon. Mais Frieren, mage elfe quasi immortelle, réalise que ses compagnons humains sont voués à disparaître. L’anime explore alors le temps qui passe, le deuil et l’importance des souvenirs.

    Ce qui le rend unique, c’est son ton contemplatif, entre aventure et mélancolie, sublimé par une réalisation d’une élégance rare. Plus qu’un récit de fantasy, Frieren est une méditation sur la mémoire et les liens qui transcendent la mort. À conseiller à ceux qui aiment les atmosphères lentes, poétiques et introspectives, dans la lignée de Mushishi (2005-2014) ou Vivy (2021). Les amateurs de récits philosophiques apprécieront aussi Le Tombeau des lucioles (1989) pour sa sensibilité, ou des séries comme Made in Abyss (2017-), qui mêlent exploration et réflexion sur l’existence.

    Fullmetal Alchemist: Brotherhood (2009-2010)

    Avec 64 épisodes, Fullmetal Alchemist: Brotherhood est sans conteste l’un des anime les plus complets et aboutis jamais créés. L’histoire des frères Edward et Alphonse Elric, marquée par leur tentative ratée de ramener leur mère à la vie grâce à l’alchimie, se déploie dans une fresque épique où quête personnelle et enjeux géopolitiques s’entremêlent. Chaque arc monte en puissance, porté par une galerie de personnages inoubliables, des Homonculus aux compagnons d’armes des frères.

    Ce qui rend la série intemporelle, c’est sa capacité à mélanger humour, action explosive et moments de pure émotion, le tout soutenu par une narration d’une précision chirurgicale. C’est un anime qui s’adresse autant aux néophytes qu’aux spectateurs aguerris, car il incarne parfaitement ce que le médium peut offrir : spectacle, réflexion et émotion réunis. À conseiller à ceux qui aiment les grandes fresques comme L’Attaque des Titans (2013-2023) ou Code Geass (2006-2008), mais aussi aux amateurs de récits universels façon Le Seigneur des Anneaux (2001-2003).

    Hunter x Hunter (2011-2014)

    Hunter x Hunter (148 épisodes) est une fresque magistrale du shōnen. On y suit Gon, un garçon parti sur les traces de son père disparu, qui devient Hunter pour découvrir le monde. Derrière ce point de départ classique se cache une œuvre incroyablement riche, capable de surprendre à chaque arc. Le Tournoi de la Tour Céleste installe les bases du combat stratégique, l’arc Yorkshin plonge dans les bas-fonds du crime, et l’arc Chimera Ants est l’un des plus sombres jamais écrits dans un shōnen.

    Yoshihiro Togashi dépasse ici les codes habituels du genre pour explorer la psychologie, la cruauté et l’évolution humaine. Cet anime est à la fois un divertissement haletant et une réflexion sur la nature du pouvoir. Parfait pour ceux qui cherchent une œuvre longue et exigeante, où rien n’est jamais prévisible. Les amateurs de récits d’apprentissage pourront aussi apprécier Fullmetal Alchemist (2009-2010) ou One Piece (1999-), tandis que les fans de thrillers narratifs trouveront un écho dans Monster (2004-2005).

    Steins;Gate (2011-2015)

    Composé de 24 épisodes (+ 1 OAV et un film), Steins;Gate est l’un des anime de science-fiction les plus marquants. Rintarō Okabe, étudiant fantasque et autoproclamé savant fou, découvre par hasard la possibilité d’envoyer des messages dans le passé via un micro-ondes bricolé. Ce qui commence comme une comédie décalée vire progressivement au thriller haletant, où chaque choix menace de détruire ce qu’il aime.

    L’anime est un mélange unique d’humour, de tension et de drame, porté par une écriture brillante et des personnages attachants. Kurisu et Mayuri incarnent deux pôles émotionnels qui donnent tout son poids à l’histoire. C’est une série parfaite pour ceux qui aiment les récits complexes et émotionnellement puissants. Si vous avez apprécié Erased (2016) ou The Tatami Galaxy (2010), vous y retrouverez une intensité encore plus marquée.

    Parasite : La Maxime (2014-2015)

    Parasite : La Maxime (24 épisodes) adapte le manga culte de Hitoshi Iwaaki avec une efficacité redoutable. Shinichi, lycéen ordinaire, voit sa main infectée par un parasite extraterrestre. Devenu malgré lui l’hôte de Migi, il se retrouve pris dans une guerre entre humains et créatures infiltrées…

    Ce qui distingue l’anime, c’est son mélange d’horreur viscérale, de questionnements philosophiques et de scènes d’action tendues. Derrière les combats sanglants se cache une réflexion sur l’évolution, la survie et l’éthique. L’anime réussit à faire de son atmosphère glauque une étude brillante de la nature humaine. Lorsque l’on a fini de le regarder, on ne peut s’empêcher de se poser des questions existentielles sur notre identité, notre humanité, notre existence. Idéal pour qui aime les récits sombres et intelligents, dans la lignée de Tokyo Ghoul (2014) mais avec une profondeur plus marquée. Et pour prolonger cette expérience, vous pouvez vous tourner vers des films comme Silent Voice (2016) pour l’émotion ou Perfect Blue (1998) pour l’aspect psychologique, ainsi que des anime sombres tels que Ergo Proxy (2006) ou Texhnolyze (2003). Côté séries occidentales, X-Files (1993-2018) ou Black Mirror (2011-) peuvent séduire les amateurs de fictions dérangeantes et réflexives.

    Demon Slayer (2019-2024)

    Demon Slayer (ou Kimetsu no Yaiba pour les puristes) compte 55 épisodes répartis en plusieurs saisons, et deux films (Le Train de l’Infini et La Forteresse Infinie) devenu un phénomène mondial. On y suit Tanjiro, jeune garçon dont la famille est massacrée par des démons et dont la sœur Nezuko est transformée en créature. Sa quête de guérison et de justice l’entraîne dans un récit rythmé par des combats d’une beauté visuelle rarement égalée.

    L’animation signée Ufotable repousse les limites du médium, chaque affrontement devenant un véritable spectacle. Mais derrière cette virtuosité se cache aussi une émotion sincère, des personnages attachants et un univers cohérent. C’est l’anime parfait pour ceux qui veulent découvrir la nouvelle vague du shōnen. Si vous avez aimé Jujutsu Kaisen (2020-), Bleach (2004-2023) ou encore Blue Exorcist (2011), vous serez conquis par son mélange de dark fantasy et d’émotion. 

    Violet Evergarden (2018)

    Avec 13 épisodes et un film, Violet Evergarden est une œuvre d’une délicatesse bouleversante. L’histoire suit Violet, ancienne enfant-soldat incapable d’exprimer ses sentiments, qui devient « poupée de souvenirs » : elle écrit des lettres pour ceux qui ne savent pas trouver les mots. Chaque épisode est une histoire indépendante, où Violet découvre un aspect de l’amour et de l’humanité.

    La réalisation signée Kyoto Animation est somptueuse, chaque plan ressemblant à une toile. C’est une série qui parle du deuil, de la reconstruction et de la naissance de l’émotion chez une héroïne marquée par la guerre. À conseiller à ceux qui veulent une romance dramatique et introspective. Si Your Lie in April (2014-2015) ou Anohana (2011) vous ont ému, cet anime vous bouleversera tout autant. On peut aussi rapprocher son atmosphère à des films comme Her (2013) de Spike Jonze ou Call Me by Your Name (2017), qui explorent avec justesse la fragilité des sentiments humains.

    Mushishi (2005-2014)

    Mushishi (46 épisodes répartis sur deux saisons et plusieurs OAV) est une expérience unique dans l’animation japonaise. On y suit Ginko, un homme capable de percevoir les mushi, des créatures invisibles proches de l’essence de la vie. Chaque épisode est une histoire indépendante, construite comme un conte poétique et souvent mélancolique.

    L’anime se distingue par son rythme lent, son atmosphère contemplative et son animation subtile qui sublime la nature. C’est une œuvre qui s’adresse à ceux qui veulent un anime apaisant mais profond, plus proche d’une méditation que d’une aventure classique. Si vous avez été emporté par Frieren (2023-), Mushishi est un passage obligé.

    One Piece (1999-)

    Avec plus de 1100 épisodes (et encore en cours), One Piece est la saga ultime du shōnen. Luffy et son équipage voguent à travers les mers à la recherche du One Piece, le trésor qui fera de lui le roi des pirates. Derrière son humour et ses combats déjantés, l’anime brille par la richesse de son univers, ses arcs narratifs ambitieux et son message universel sur la liberté et l’amitié.

    Chaque île est un monde en soi, et chaque personnage secondaire peut marquer durablement. C’est un investissement colossal, mais chaque minute passée en mer avec Luffy et ses amis vaut l’aventure. Si vous avez aimé Naruto (2002-2007) ou Dragon Ball Z (1996-2003), One Piece est incontournable. 

    L’Attaque des Titans (2013-2023)

    L’Attaque des Titans / Shingeki no Kyojin s’étend sur 87 épisodes et s’impose comme l’anime le plus marquant de la dernière décennie. Dans un monde assiégé par des titans dévoreurs, Eren, Mikasa et Armin se battent pour leur survie avant de découvrir des vérités qui dépassent l’entendement.

    La série se démarque par son intensité dramatique, ses retournements de situation et sa réflexion politique et philosophique. L’animation impressionnante et les musiques épiques participent à faire de chaque bataille un moment de cinéma. C’est une œuvre idéale pour les amateurs de récits sombres et imprévisibles, dans la veine de Game of Thrones (2011-2019). 

    Haikyu!! (2014-2020)

    Avec 85 épisodes répartis sur quatre saisons et plusieurs films, Haikyu!! a redonné ses lettres de noblesse à l’anime de sport. L’histoire suit Shōyō Hinata, passionné de volley, et son rival/partenaire Tobio Kageyama. Ensemble, ils transforment leur équipe en une véritable force.

    Ce qui fait la force de l’anime, c’est sa capacité à retranscrire l’adrénaline d’un match tout en développant des personnages attachants, qu’ils soient sur ou en dehors du terrain. Chaque point devient une épopée, chaque victoire un triomphe collectif. Idéal pour celles et ceux qui cherchent un récit motivant et dynamique, même sans réel intérêt pour le volleyball. Si vous avez aimé Yuri!! On Ice (2016-2017) ou Kuroko no Basket (2012-2015), vous vibreraz pour Haikyu!!.

    Monster (2004-2005)

    Monster (74 épisodes) est un thriller psychologique glaçant adapté du manga de Naoki Urasawa. On y suit le docteur Tenma, chirurgien brillant qui choisit de sauver la vie d’un enfant au lieu d’un politicien. Ce choix bouleverse sa vie, car l’enfant devient un tueur en série. Dès lors, Tenma se lance dans une traque angoissante pour réparer sa faute…

    Ce qui distingue Monster, c’est sa narration méthodique, presque clinique, et son exploration des dilemmes moraux. Loin des shōnen classiques, c’est une œuvre adulte, réaliste et dérangeante. À recommander aux spectateurs qui aiment les thrillers psychologiques et les récits sombres, dans l’esprit d’un roman noir. Les amateurs de drames policiers et de séries comme True Detective (2014-) ou d’anime tels que Ergo Proxy (2006) et Psycho-Pass (2012-2019), qui recherchent des récits méthodiques et moralement ambigus, trouveront ici un écho puissant. On peut également rapprocher Monster de films comme Zodiac (2007) ou Se7en (1995).

    Your Lie in April (2014-2015)

    Your Lie in April (22 épisodes) reste l’un des anime les plus émouvants de sa génération. Kōsei, prodige du piano traumatisé par la mort de sa mère, retrouve l’envie de jouer grâce à Kaori, violoniste solaire et imprévisible. Mais leur relation est marquée par une vérité cruelle qui donne à chaque note une intensité poignante.

    Ce qui rend la série inoubliable, c’est sa manière de transformer la musique en langage des émotions, transformant chaque performance en déclaration d’amour. À conseiller à ceux qui cherchent une romance tragique et inspirante. Si tu as aimé Violet Evergarden (2018) ou Silent Voice (2016), c’est un incontournable.

    Kids on the Slope (2012)

    Kids on the Slope (12 épisodes) est une perle intimiste réalisée par Shinichirō Watanabe. L’histoire se déroule dans les années 1960 et suit trois lycéens réunis par leur passion pour le jazz. Entre romances, amitiés et désirs contrariés, l’anime capte l’essence de l’adolescence.

    Ce qui rend cette série unique, c’est sa bande-son sublime composée par Yoko Kanno et ses scènes musicales animées avec un réalisme impressionnant. Loin des grandes fresques, c’est une histoire humaine, tendre et parfois douloureuse, qui parle de musique autant que d’amour et d’amitié. Idéal pour les spectateurs en quête d’une œuvre intimiste et élégante. On retrouve un peu cette ambiance insouciante et mélomane qu’on a tant aimé dans l’anime Beck (2004-2005). Pour les amateurs de cinéma, on peut le rapprocher de Whiplash (2014) et Blue Giant (2023).

    Chainsaw Man (2022)

    Chainsaw Man (12 épisodes pour la première saison) est l’un des phénomènes récents de l’animation. On suit Denji, jeune homme fauché qui fusionne avec son chien-démon-tronçonneuse pour devenir un chasseur de démons. L’anime se distingue par son mélange de violence débridée, d’humour noir et de vulnérabilité émotionnelle.

    Denji n’est pas un héros classique : il veut une vie simple, faite de plaisirs basiques. Mais dans ce monde brutal, chaque combat est une lutte pour conserver son humanité. C’est une série à recommander aux spectateurs qui aiment les récits crus et déjantés, dans la lignée de Devilman Crybaby (2018). Pour prolonger l’expérience, des séries comme The Boys (2019-) peuvent séduire par ce même mélange d’ultra-violence et de cynisme grinçant.

    Naruto (2002-2007)

    Avec 220 épisodes pour Naruto et 500 pour Naruto Shippuden, la saga de Naruto Uzumaki est une fresque incontournable. Orphelin rejeté par son village, il rêve de devenir Hokage, chef respecté de sa communauté. Derrière les combats épiques et les techniques spectaculaires, la série aborde la solitude, l’acceptation et la persévérance.

    Les arcs majeurs – examen Chûnin, combat contre Pain, guerre des ninjas – ont marqué des millions de fans. Plus qu’un shōnen, Naruto est un récit sur la résilience et l’importance des liens. À voir absolument si vous aimez les grandes sagas riches en personnages et en émotions. Dans un registre similaire, les amateurs de récits d’aventure et d’amitié trouveront un écho dans Hunter x Hunter (2011-2014) ou One Piece (1999-). 

    Jujutsu Kaisen (2020-)

    Jujutsu Kaisen compte actuellement 47 épisodes sur deux saisons, et s’impose comme l’un des meilleurs shōnen modernes. Yuji Itadori, lycéen ordinaire, voit sa vie basculer lorsqu’il avale un doigt maudit appartenant à Sukuna, le Roi des Fléaux. Devenu son hôte malgré lui, Yuji intègre l’école d’exorcisme où il se forme aux côtés de compagnons hauts en couleur et sous l’œil du charismatique Satoru Gojo. La série séduit autant par ses combats spectaculaires que par son équilibre entre humour, noirceur et émotion.

    Au-delà de l’action, Jujutsu Kaisen explore la valeur de la vie, la peur de la mort et l’importance de choisir sa voie malgré l’adversité. C’est une série à recommander aux amateurs de dark fantasy et de récits nerveux. Si vous avez aimé Demon Slayer (2019-2024), vous y retrouverez la même intensité dramatique.

    Death Note (2006-2007)

    Death Note (37 épisodes) est une œuvre culte qui a redéfini le genre du thriller psychologique dans l’animation. Light Yagami, lycéen brillant, découvre un cahier aux pouvoirs terrifiants : écrire un nom suffit à tuer la personne. Commence alors un duel intellectuel d’anthologie contre L, un détective excentrique prêt à tout pour l’arrêter.

    Ce qui rend Death Note unique, c’est sa tension constante et son exploration du pouvoir absolu. Chaque épisode est un jeu d’échecs où la morale s’efface devant l’ambition. Idéal pour ceux qui aiment les récits sombres et stratégiques. Si vous avez apprécié Se7en (1995) ou Mindhunter (2017-2019), vous serez conquis. Côté anime, Psycho-Pass (2012-2019) et Erased (2016) prolongent ce même mélange de suspense et de réflexion.

    Code Geass: Lelouch of the Rebellion (2006-2008)

    Avec 50 épisodes, Code Geass: Lelouch of the Rebellion reste une référence majeure. Dans un monde où l’Empire de Britannia domine la planète, Lelouch Lamperouge, prince déchu, reçoit un pouvoir surnaturel : le Geass, qui lui permet d’imposer sa volonté à quiconque croise son regard. Il se lance alors dans une croisade pour renverser l’empire et bâtir un monde meilleur, sous le masque de Zero.

    La force de Code Geass réside dans sa complexité morale : jusqu’où peut-on aller pour changer le monde ? C’est un récit qui séduira les amateurs de stratégies, de dilemmes et de retournements de situation spectaculaires. Si on aime Death Note (2006-2007), on y retrouve la même intensité psychologique. Les amateurs de grandes fresques politiques pourront aussi apprécier des séries comme House of Cards (2013-2018) ou des films comme V pour Vendetta (2006).

    Cowboy Bebop (1998-1999)

    Cowboy Bebop (26 épisodes) est un classique de l’animation japonaise. Suivant les aventures de Spike Spiegel et de son équipage de chasseurs de primes dans un univers rétrofuturiste, la série mélange jazz, science-fiction et western. Chaque épisode est conçu comme une petite histoire indépendante, explorant les thèmes de la solitude, de la rédemption et des choix passés qui hantent les personnages.

    Sa réalisation stylisée et sa bande-son signée Yoko Kanno en font un anime culte qui a marqué plusieurs générations et influencé de nombreux créateurs, jusqu’à Hollywood. Ce mélange de désinvolture et de gravité, de scènes d’action fulgurantes et de silences mélancoliques, en fait une œuvre unique qui transcende les genres. Si vous avez aimé des films comme Blade Runner (1982), vous y retrouverez la même mélancolie teintée d’action. On peut aussi le rapprocher de séries comme Firefly (2002-2003) pour son équipage atypique ou de films comme Ghost in the Shell (1995) pour son univers rétrofuturiste et existentiel.

    Trigun (1998)

    Trigun (26 épisodes) est un classique du space western animé. On y suit Vash the Stampede, un tireur légendaire au passé mystérieux, poursuivi pour les destructions qui jalonnent sa route. Mais derrière ses airs de clown maladroit, Vash est un pacifiste qui cherche à protéger les innocents dans un monde désertique et violent.

    Entre humour, action et drame, Trigun explore la valeur de la vie humaine et le poids de la culpabilité. C’est un anime parfait pour ceux qui aiment les récits de cow-boys solitaires à la Cowboy Bebop (1998-1999), mais aussi pour les amateurs de westerns classiques comme Impitoyable (1992).

    Les Carnets de l’Apothicaire (2023-)

    Les Carnets de l’Apothicaire est une série récente comptant actuellement 24 épisodes. Elle suit Maomao, une jeune apothicaire vive et observatrice, qui se retrouve malgré elle embarquée dans les intrigues du palais impérial chinois. Grâce à son savoir médical et son esprit affûté, elle résout des mystères tout en naviguant dans un monde de complots et de traditions.

    L’anime brille par son mélange d’enquête, d’histoire et de subtilité psychologique, offrant un portrait rare d’une héroïne intelligente et indépendante. C’est une œuvre qui parvient à concilier suspense, atmosphère historique et finesse d’écriture, tout en proposant une immersion dépaysante dans une époque rarement abordée en animation. 

  • K-dramas : les 12 meilleures séries coréennes à voir

    K-dramas : les 12 meilleures séries coréennes à voir

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Les dramas coréens ont gagné une place unique dans le paysage audiovisuel mondial. Mélange subtil de romances bouleversantes, de thrillers tendus et de fresques fantastiques, ils conjuguent spectacle et émotion avec un art du détail rarement égalé. Leur force réside dans leur capacité à raconter l’intime tout en abordant des thèmes universels.

    Ce guide JustWatch propose un classement des K-dramas incontournables, organisé comme un voyage à travers les œuvres qui ont façonné et popularisé le genre.

    La Vie portera ses Fruits (2025)

    La Vie portera ses Fruits (16 épisodes) suit Ae-sun et Gwan-sik, deux jeunes de l’île de Jeju, depuis leurs rêves d’adolescence dans les années 50 jusqu’aux blessures, joies et bouleversements d’une vie entière. Racontée par leur fille, cette chronique intime explore la manière dont un amour, tantôt discret, tantôt bouleversant, traverse les décennies et survit aux tempêtes de l’Histoire.

    Filmée dans les paysages majestueux de Jeju et servie par une écriture sensible, la série émeut par ses silences et ses gestes du quotidien, transformant de simples instants en émotions durables. Elle séduira les spectateurs sensibles aux récits générationnels et contemplatifs. Si Reply 1988 (2015-2016) vous a marqué ou si vous avez été touché par Minari (2021) ou This Is Us (2016-2022), vous y retrouverez cette même chaleur et une douce mélancolie qui s’attarde bien après le visionnage.

    Healer (2014–2015)

    Healer (20 épisodes) combine romance, enquête journalistique et scènes d’action avec une intensité rarement vue à la télévision coréenne. Ji Chang-wook y incarne un coursier nocturne surnommé « Healer », solitaire et insaisissable, dont l’existence bascule lorsqu’il se retrouve piégé dans une conspiration qui mêle politique, corruption et sentiments interdits.

    Portée par un rythme haletant, des séquences d’action bien chorégraphiées et une romance toute aussi tendre que brûlante, la série se démarque comme un excellent thriller. Son mélange de tension dramatique et d’émotion sincère lui confère un bel équilibre. C’est un choix incontournable pour celles et ceux qui recherchent à la fois adrénaline, intrigue et attachement aux personnages. Si vous aimé Nicky Larson (1987-1991) ou Vagabond (2019), vous trouverez dans Healer la même énergie, mais avec une touche de  tendresse et d’émotion en plus. 

    Reply 1988 (2015–2016)

    Reply 1988 (20 épisodes) est une fresque familiale et amicale qui plonge dans un quartier de Séoul à la fin des années 80. Entre rires, chamailleries, drames domestiques et romances naissantes, la série recréé une époque avec une authenticité désarmante.

    Sa force ? Des personnages attachants et une atmosphère qui respire la nostalgie et la simplicité. C’est un drama idéal pour qui aime les récits du quotidien, portés par la chaleur humaine, les liens familiaux et amicaux, et un humour tendre. C’est la série parfaite pour les fans de Our Blues (2022) ou Prison Playbook (2017-2018) qui aiment rire et pleurer à travers une histoire réaliste et humaine.

    Crash Landing on You (2019–2020)

    Crash Landing on You (16 épisodes) raconte l’histoire improbable d’une héritière sud-coréenne qui s’écrase accidentellement en Corée du Nord et trouve refuge auprès d’un officier qui choisit de la protéger et de l'aider à retourner chez elle.

    Entre romance impossible, humour et tension dramatique, la série a connu un succès bien au-delà de la Corée. L’alchimie entre Hyun Bin et Son Ye-jin y fait battre le cœur des spectateurs à chaque scène. Pour les amateurs de romances contrariées, teintées d’un contexte politique fort, ce drama est une référence. Ceux qui ont aimé Something in the Rain (2018) ou des classiques comme Roméo + Juliette (1996) y retrouveront la même intensité.

    Signal (2016)

    Signal (16 épisodes) est un thriller policier considéré comme l’un des sommets du K-drama. Inspirée de faits réels, l’histoire suit deux policiers, l’un dans le présent et l’autre dans le passé, qui communiquent grâce à un talkie-walkie mystérieux pour élucider des affaires restées sans réponse (comme dans le très sympathique Fréquence Interdite, 2000).

    La série captive par son écriture millimétrée et son suspense constant. Pour les amateurs de polars intelligents, qui aiment avoir leur attention totalement captée par l'intrigue et se creuser les méninges à chaque épisode, elle s’impose comme une évidence, dans la lignée de Mindhunter (2017-2019) ou True Detective (2014-). Et pour ceux qui souhaitent prolonger l’expérience, Through the Darkness (2022) offre une belle continuité.

    Descendants of the Sun (2016)

    Descendants of the Sun (16 épisodes) suit Yoo Si-jin, capitaine des forces spéciales, et Kang Mo-yeon, une médecin humanitaire qu’il rencontre lors d’une intervention à l’hôpital. Transféré dans le pays fictif d’Uruk, le soldat retrouve par hasard la jeune femme quand elle est envoyée sur place avec son équipe médicale. Ensemble, ils affrontent catastrophes naturelles, menaces criminelles et dilemmes moraux qui mettent à l’épreuve leur relation.La série, portée par la complicité de Song Joong-ki et Song Hye-kyo, mêle humour, moments de danger et romance brûlante. Menace, action, amour impossible : on a là un cocktail explosif qui plaît à un très large public. Véritable phénomène en Corée et à l’international, le drama séduit par son souffle épique et ses décors méditerranéens, et parle à ceux qui aiment les romances où la tendresse doit survivre au chaos de la guerre.

    Goblin (2016–2017)

    Goblin (16 épisodes + 3 spéciaux), aussi appelé Guardian: The Lonely and Great God, est une fresque fantastique où Gong Yoo incarne un gardien d'âmes de 939 ans condamné à errer jusqu’à rencontrer son épouse prédestinée. Entre humour, drame et mythologie, la série propose une vision poétique de l’amour et du destin.

    Voilà un incontournable pour les amateurs de romances surnaturelles et de récits empreints de symbolisme. Le scénariste de Goblin, Kim Eun-Sook, a aussi signé The King: Eternal Monarch (2020), Une série qui ne manquera pas de plaire à celles et ceux qui recherchent la même ambiance surnaturelle que dans Goblin.

    Alchemy of Souls (2022)

    Alchemy of Souls (30 épisodes en deux parties) plonge dans un univers de fantasy où la magie autorise les âmes à s’emparer d’autres corps. Entre romance, humour et séquences d’action, la série raconte l’histoire d’une redoutable guerrière piégée dans un corps fragile et d’un jeune mage dont la vie prend un tournant inattendu.

    Portée par de très beaux décors, des effets visuels excellents et une narration qui alterne drame et légèreté, la série est un plaisir à regarder. Alchemy of Souls peut plaire à un très large public puisqu'elle mélange fantastique, comédie, romance, magie, et a de quoi en mettre plein les yeux. On retrouve le même mix de romantisme et de fantastique, avec une touche d'aventure, dans Arthdal Chronicles (2019-2023).

    It’s Okay to Not Be Okay (2020)

    It’s Okay to Not Be Okay (16 épisodes) aborde la santé mentale à travers une romance singulière. Kim Soo-hyun joue un soignant en hôpital psychiatrique qui rencontre une autrice de contes marquée par de lourds traumatismes. Ensemble, ils entament un chemin de guérison mutuel.

    On remarque ici une esthétique visuelle tout aussi sombre que tendre, ce qui  plaira à de nombreux fans de kdrama. On apprécie aussi ce regard sensible sur des thèmes rarement explorés dans le drama coréen. Cependant, celles et ceux qui recherchent une représentation réaliste de certains troubles mentaux pourraient être déçus, tant ils sont romancés. Pour les spectateurs en quête de récits poignants et originaux, et qui ont apprécié Kill Me, Heal Me (2015), c’est un incontournable. 

    Héros fragile (2022)

    Héros fragile (8 épisodes), ou Weak Hero Class 1, raconte l’histoire d’un étudiant brillant, mais physiquement frêle qui, confronté aux violences scolaires, se défend avec intelligence et ingéniosité. Si, à première vue, nous sommes sur une série typique de lycéens, on remarque rapidement que Héros fragile traite du harcèlement scolaire d'une manière assez crue et difficile.

    Ce drama frappe par son énergie brute, son réalisme et la dureté de ses thèmes. C'est une très bonne série pour découvrir des problèmes bien installés en Corée du Sud : le harcèlement et la pression de la réussite scolaire. Si elle traite de thèmes sérieux, elle n'en est pas moins divertissante à regarder grâce à son rythme soutenu et à des combats très bien chorégraphiés. Un programme idéal pour ceux qui recherchent des récits de résilience et de lutte contre l’injustice. Les amateurs d’Extracurricular (2020) ou de My Name (2021) y trouveront une intensité similaire.

    Hospital Playlist (2020–2021)

    Hospital Playlist (24 épisodes sur deux saisons) suit cinq amis médecins dans un hôpital, qui se sont rencontrés en 1999 alors qu'ils entraient en fac de médecine. La série mêle chroniques médicales, amitié et musique, puisque les protagonistes se retrouvent régulièrement pour jouer ensemble dans un groupe.

    Apaisante et sincère, la série séduit par son ton tendre et réaliste et ne rentre pas dans le mélodrame et le romantisme exacerbé. D'ailleurs, Hospital Playlist est plutôt une série sur l'amitié qui perdure dans le temps. Elle s’adresse donc à celles et ceux qui aiment les récits du quotidien, et qui ne recherchent pas une histoire à l'eau de rose. Si Reply 1988 ou Grey’s Anatomy (2005-) vous ont touché, Hospital Playlist sera assurément un coup de cœur.

    Squid Game (2021-2025)

    Difficile de ne pas intégrer Squid Game dans ce classement tant la série de 22 épisodes est le phénomène mondial qui a propulsé le K-drama au rang de culture pop planétaire. En regardant Squid Game, on aurait presque l'impression de voir violence et cynisme écrabouiller notre enfance : des centaines de participants endettés acceptent de jouer à des jeux d’enfants mortels pour une somme colossale. C'est violent, c'est gore, et c'est divertissant. 

    Au-delà du suspense et de la violence, la série est une parabole sur les inégalités sociales et le désespoir humain. Jusqu’où peut-on aller pour tenter d’échapper à la misère ? Et jusqu’où d’autres sont-ils prêts à aller pour exploiter cette vulnérabilité ? Pour les amateurs de thrillers dystopiques, elle est incontournable. Ceux qui ont aimé Alice in Borderland (2020-) ou Battle Royale (2000) y retrouveront ce mélange de tension et de critique sociale.

  • Les meilleurs films romantiques avec Chris Evans

    Les meilleurs films romantiques avec Chris Evans

    Maëlle Beauget-Uhl

    Maëlle Beauget-Uhl

    Rédacteur JustWatch

    Chris Evans est à l'affiche de Materialists, le nouveau film de Celine Song, qui nous avait déjà fait chavirer en 2023 avec Past Lives. Il joue le rôle de John, un acteur de théâtre en devenir, toujours amoureux de son ex-petite amie, Lucy (Dakota Johnson). Lucy travaille dans une agence de matchmaking et alors qu’elle semble avoir développé un regard très pragmatique sur l’amour, elle rencontre Harry (Pedro Pascal) qui pourrait bientôt la faire changer d’avis sur les relations amoureuses et le mariage. Un triangle amoureux à New York avec Chris Evans, Dakota Johnson et Pedro Pascal? Il n’en faut pas plus pour nous convaincre d’aller voir Materialists, en ce moment au cinéma.Chris Evans n’en est pas à sa première romance sur grand écran. En effet, l’acteur qui a incarné Captain America pendant plusieurs années a souvent mentionné son amour pour les films romantiques. D’ailleurs, pour son premier film en tant que réalisateur, Before We Go (2014), l'acteur avait également choisi une de nous présenter une romance new-yorkaise, aux allures de Before Sunrise (1995). Si vous trouvez aussi que les comédies romantiques lui vont à merveille, nous vous avons préparé un petit guide des romances dans lequel l’acteur a tourné.

    Before we go (2014)

    Si Chris Evans a plusieurs fois mentionné son côté romantique ainsi que son amour pour les films de ce genre, il n’est pas étonnant de voir que son premier film en tant que réalisateur est également une romance. Dans Before We Go (2014), Chris Evans joue le rôle d’un musicien qui rencontre une femme s’étant fait voler son sac à main et ayant râté son train pour Boston. Les deux inconnus passent la nuit à arpenter les rues de New York, tout en apprenant à se connaître. Même si Before We Go a parfois du mal à s'écarter des clichés du genre, c’est un film touchant, sincère et par-dessus tout, très romantique. Si vous êtes déjà fan de la trilogie Before et des histoires d’amour qui se développent en temps réel, au cours d’une nuit ou d’une seule journée, Before We Go est parfait pour vous. 

    Comment Séduire une Amie (2024)

    Dans Comment Séduire une Amie (2024), Chris Evans est un scénariste cynique, très critique envers les comédies romantiques et encore plus envers l’amour et le mariage en général. Lors d’une soirée, il rencontre une jeune femme, jouée par Michelle Monaghan, avec qui le courant et son humour sarcastique passent tout de suite… jusqu’au moment où il découvre qu’elle est déjà fiancée à un autre homme. Si le côté plus humoristique de ce film ne sera pas au goût de tout le monde et n’en fera pas un classique du genre, il plaira tout de même aux avides de romance, et particulièrement aux fans du trope ‘’d'amis à amants’’. Si vous avez aiméLe Témoin Amoureux (2008), où deux amis tombent amoureux mais n’osent se l’avouer que la veille du mariage de l’un d’entre eux, Comment Séduire une Amie mérite le coup d'œil.

    The Loss of a Teardrop Diamond (2008)

    Adapté d’un scénario longtemps perdu et écrit par Tennessee Williams lui-même, The Loss of a Teardrop Diamond (2008) se passe dans les années 1930 dans le sud des Etats-Unis. Fisher Willow (Bryce Dallas Howard), est une jeune femme issue d’une famille aisée avec un penchant pour le scandale et la rébellion. Elle tombe sous le charme de Jimmy (Chris Evans), un jeune homme issu d’une famille de rang social bien inférieur à la sienne. Mais le jour où Fisher perd une de ses boucles d’oreilles en diamant, la relation entre les deux jeunes gens se voit être compromise. Avec ce titre, nous passons à un autre trop très apprécié des fans de romance, celui d’ennemis à amants. En effet, le charme principal de ce film réside dans la relation difficile qu'entretiennent les deux personnages principaux qui sont constamment en conflit, puisqu’ils viennent de deux mondes différents, à une époque où les classes sociales n'étaient pas supposées se mélanger. Cet amour interdit et inavoué fait réellement la force de ce drame romantique d'époque. 

    Ghosted (2023)

    Dans Ghosted (2023), Chris Evans tombe éperdument amoureux de Ana de Armas. Les deux tourtereaux, Cole et Sadie, commencent une romance passionnée, et Cole pense même que sa nouvelle petite-amie pourrait bien être le grand amour de sa vie. Mais du jour au lendemain, Sadie ne donne plus de nouvelles à Cole, qui se rend compte qu’il a été ghosté. En réalité, Sadie est une espionne et Cole se retrouve embarqué dans une mission très dangereuse, alors qu’il décide de retrouver Sadie pour la reconquérir. Bien que l’histoire soit d’abord plus axée sur la relation naissante entre Cole et Sadie, le film devient rapidement un pur film d’action, ce qui pourrait en perdre plus d’un, mais le côté romantique sera bel et bien tenu par Chris Evans, dont le personnage fera tout pour essayer de reconquérir Sadie. Ghosted se trouve à mi-chemin entre The Gray Man (2022), pour les scènes d’action, et L’Espion qui m’a larguée (2018) pour le côté un peu plus comique et romantique du film.

    (S)ex List (2011)

    (S)ex List (2011) met en scène Chris Evans et Anna Faris qui jouent Colin et Ally, des voisins de palier dans un immeuble New Yorkais. Après avoir lu un article selon lequel une femme aurait moins de chance de trouver un mari si elle a eu 20 amants ou plus, Ally se replonge dans son passé et fait le point sur ses 19 ex petits-amis. Paniquée à l'idée de ne jamais se marier, elle fait appel à son voisin, un bourreau des cœurs sans scrupule, pour l’aider à retrouver tous ses exs et découvrir si l’un d’entre eux pourrait être le bon... (S)ex List possède peut être plus le côté comédie que le côté romantique, ce qui en fait un film léger, sans prétention aucune de révolutionner le genre. Il reste tout de même un film très agréable et drôle à regarder, surtout pour le nombre de guest-star improbables à la minute qu’il possède. (S)ex List se trouve directement dans la lignée de L’Abominable Vérité (2009), où deux ennemis deviennent associés puis sont finalement pris à leur propre jeu et tombent amoureux. 

    Le Journal d’une Baby-Sitter (2007)

    Avant de faire partie des Avengers, Chris Evans et Scarlett Johansson étaient tous les deux à l'affiche du Journal d’une Baby-Sitter (2007), une comédie dans laquelle Annie, une jeune femme qui vient d'être diplômée, cherche encore quelle sera sa vocation et à quoi ressemblera sa vie. Le jour où elle sauve un petit garçon à deux doigts de se faire renverser, Annie rencontre la très riche mère du petit, qui lui offre un emploi de nounou.  Annie accepte et se retrouve propulsée dans l’univers mondain de l’Upper East Side, et fait par la même occasion la rencontre d’un étudiant d’Harvard qui habite dans l’immeuble dans lequel elle travaille désormais. La romance entre les personnages est parfois un peu secondaire dans ce film et pourtant, elle est l’un des charmes et des atouts principaux de l’histoire, car encore une fois, Chris Evans prouve que la romance est un genre qui lui va à merveille. Un film idéal si vous êtes en mal de cette atmosphère bien particulière des romances New-Yorkaises des années 2000. Digne successeur de Filles de Bonne Famille (2003), Le Journal d’une Baby-Sitter sera le choix parfait pour une soirée nostalgique, thème romance années 2000 à New York.

  • « Hunger Games » : tous les films de la saga dans l’ordre chronologique

    « Hunger Games » : tous les films de la saga dans l’ordre chronologique

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    La saga Hunger Games est revenue au premier plan avec la sortie en 2023 de La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur, un préquel qui a ravivé l’intérêt pour l’univers de Panem et rappelé à quel point cette fresque dystopique a marqué toute une génération. Plus de dix ans après le premier film, l’histoire imaginée par Suzanne Collins continue de trouver de nouveaux échos, tant par ses thématiques universelles que par la puissance de ses personnages.En 2026, la saga revient avec un nouvel opus, Hunger Games : Lever de soleil sur la moisson, c’est donc le moment idéal pour (re)plonger dans cet univers à la fois brutal et fascinant, qui reste l’une des franchises pour jeunes adultes les plus influentes du cinéma moderne. Mais par où commencer et dans quel ordre les voir pour suivre l’évolution de l’histoire de manière cohérente et complète ? Voici le guide chronologique des films Hunger Games, accompagné de quelques repères critiques pour mieux apprécier chaque étape de cette saga incontournable.

    Hunger Games (2012)

    Premier chapitre de la saga adaptée des romans de Suzanne Collins, Hunger Games (2012) pose les bases avec un mélange d’action, de drame et de critique sociale. Jennifer Lawrence incarne Katniss Everdeen, jeune héroïne du District 12, propulsée dans une arène où 24 adolescents doivent s’entretuer pour divertir le Capitole. Au-delà du concept, le film séduit par sa mise en scène tendue et son regard percutant sur la manipulation médiatique et la spectacularisation de la violence. C’est un excellent point d’ancrage pour les spectateurs qui découvrent Panem : un monde à la fois cruel et fascinant, miroir de nos obsessions pour le spectacle, le contrôle politique et la soif de divertissement qui peut parfois masquer l’horreur. D’une durée de 142 minutes, il installe un univers riche qui mêle tension dramatique et réflexion politique. Ce film est particulièrement recommandé aux fans des romans originaux, aux amateurs de dystopies comme Divergente (2014) ou Battle Royale (2000), mais aussi à ceux qui aiment les récits de survie où l’intime se mêle au spectaculaire. Pour d’autres, plus sensibles à la romance ou aux films plus légers, il pourra sembler trop sombre et violent. 

    Hunger Games : L’Embrasement (2013)

    Deuxième volet et souvent considéré comme le meilleur de la saga, L’Embrasement (2013) élargit le regard sur Panem et renforce le caractère politique de l’histoire. Katniss, devenue malgré elle un symbole de révolte, retourne dans l’arène pour les Jeux de l’Expiation. Le film prend le temps d’approfondir ses personnages et de mettre en place une atmosphère plus sombre, où la propagande et la surveillance deviennent centrales. Francis Lawrence, qui prend ici les commandes de la mise en scène, apporte une esthétique plus aboutie et une tension dramatique constante. Le long-métrage gagne aussi en ampleur visuelle, avec des décors plus imposants et une intensité dramatique qui annonce la bascule vers la guerre ouverte. C’est un incontournable pour ceux qui aiment les récits de rébellion, les alliances ambiguës et les thrillers politiques habillés en blockbusters, et qui recherchent une suite capable de dépasser son prédécesseur en profondeur et en tension. c’est ici que la saga prend toute son ampleur.

    Hunger Games : La Révolte – Partie 1 (2014)

    Avec ses 2h03, La Révolte – Partie 1 (2014) délaisse l’arène pour plonger dans les coulisses de la rébellion. Katniss devient le visage de la propagande contre le Capitole, un rôle qui la confronte à ses limites psychologiques autant qu’à son sens du sacrifice. Certains reprochent à ce film son rythme plus lent, mais il offre un regard intéressant sur la manipulation de l’image en temps de guerre et sur la construction d’un mythe politique. C’est une étape nécessaire pour comprendre la portée symbolique de l'héroïne et la manière dont la résistance se structure face à Snow. Plus centré sur l’intime que sur l’action, il explore aussi la fragilité des alliances et la difficulté de garder espoir dans un contexte d’oppression. Ce film parlera surtout aux spectateurs qui aiment les récits plus introspectifs, aux amateurs de drames politiques et à ceux qui préfèrent la tension psychologique à l’action brute.

    Hunger Games : La Révolte – Partie 2 (2015)

    Dernier chapitre de la saga originale, La Révolte – Partie 2 (2015) conclut l’affrontement entre Katniss et Snow dans une atmosphère de guerre totale. Plus sombre et brutal que ses prédécesseurs, il montre la bataille pour libérer Panem, avec son lot de pertes, de trahisons et de dilemmes moraux qui frappent de plein fouet aussi bien les héros que les spectateurs. Le film ne se contente pas de livrer un dénouement spectaculaire : il interroge la place du pouvoir, la légitimité de la violence et le prix de la liberté, tout en questionnant le poids de la mémoire et des traumatismes laissés par la guerre. Jennifer Lawrence y signe l’une de ses performances les plus marquantes, apportant une humanité bouleversante à Katniss, épaulée par un casting qui met en valeur l’ampleur tragique de ce final. Un dernier acte intense qui divise par sa noirceur, mais qui reste une conclusion fidèle à l’esprit des romans et au parcours de ses personnages. Les fans de Jennifer Lawrence seront comblés avec ce dernier opus, ainsi que celles et ceux qui aiment les récits de guerre avec une fin toute aussi puissante que marquante. 

    Hunger Games : La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur (2023)

    Ce préquel de 2h37 nous transporte bien avant les exploits de Katniss Everdeen. On y suit Coriolanus Snow, futur président tyrannique de Panem, à l’époque où il n’était encore qu’un étudiant ambitieux, prêt à tout pour gravir les échelons et prêt à trahir pour assurer son ascension. L’intérêt de ce film réside autant dans son regard sombre sur les origines des Jeux que dans la manière dont il déconstruit les codes de la rébellion et interroge les notions de pouvoir et de manipulation. Rachel Zegler et Tom Blyth apportent une intensité nouvelle, et la mise en scène de Francis Lawrence explore un Panem plus brut, encore marqué par la guerre civile et les cicatrices du passé. Pour les spectateurs, c’est une porte d’entrée idéale si l’on souhaite comprendre les racines du pouvoir, même si certains choisiront de le voir après la trilogie originale pour savourer davantage les échos narratifs et les contrastes entre la jeunesse de Snow et son futur rôle de despote. C’est un film qui parlera particulièrement aux spectateurs déjà familiers de la saga et qui souhaitent comprendre les racines du pouvoir, mais aussi aux amateurs de dystopies politiques comme V pour Vendetta (2006).

  • « Mad Max » : la saga post-apocalyptique dans l’ordre

    « Mad Max » : la saga post-apocalyptique dans l’ordre

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Née à la fin des années 70, la saga Mad Max a façonné l’imaginaire du cinéma post-apocalyptique. Avec son mélange unique de violence brute, de poursuites motorisées à haute intensité et d’univers visuellement marquants, elle s’impose comme une référence absolue de la science-fiction dystopique.

    De 1979 à aujourd’hui, c’est George Miller qui orchestre chaque film, faisant évoluer son héros et son univers à travers les âges. Le premier opus, tourné avec des moyens dérisoires, oblige le réalisateur à une grande créativité pour rivaliser avec les mastodontes que sontStar Wars (1977) et Indiana Jones (1981) qui sortent au même moment. Depuis, la saga n’a cessé depuis de repousser les limites du genre, pour devenir une superproduction qui allie succès critique et public.

    JustWatch vous propose le guide des films de la franchise dans l’ordre, pour (re)découvrir cette fresque mythique qui allie fureur, chaos et poésie apocalyptique et poussiéreuse.

    Mad Max (1979)

    Premier film de la saga, Mad Max (1979, 1h33) surprend par sa noirceur réaliste. Un monde dystopique, steampunk dans son esprit, où les immenses autoroutes australiennes deviennent des terrains de vengeance et de chaos. Max Rockatansky (Mel Gibson), policier des routes, affronte une bande de motards ultraviolents qui menacent sa famille. Avec un budget minuscule, George Miller livre un film cru, viscéral, où chaque cascade semble dangereusement réelle et impressionne encore aujourd’hui. 

    Très inspiré des westerns, où les chevaux sont remplacés par des motos rugissantes, plus proche d’un polar australien sur la vengeance que d’un film de science-fiction, ce premier Mad Max reste un choc de brutalité et de tension. Le budget limité, le montage parfois laborieux, et la créativité sans faille de Miller montrent qu'avec des moyens restreints, on peut réaliser des courses-poursuites qui font encore pâlir certaines superproductions. Encore aujourd'hui, on arracherait les accoudoirs de notre fauteuil face à autant de tension. Il annonce déjà l’univers chaotique qui deviendra culte, et a influencé des œuvres comme Terminator (1984).

    Mad Max 2 : Le Défi (1981)

    Deux ans plus tard, Mad Max 2 : Le Défi (1981, 1h36) transforme la légende. Exit la société en ruine, place au désert et à l’apocalypse totale. Max devient un anti-héros errant, solitaire, qui croise une communauté assiégée par des pillards motorisés. George Miller livre un film d’action virtuose, rythmé par des courses-poursuites à couper le souffle et une esthétique devenue culte : cuir, épaulettes, moteurs rugissants et violence tribale.

    Ce deuxième volet a redéfini le genre post-apocalyptique, influençant directement Fallout (2024-), Ken le survivant (1984-1987) ou encore Waterworld (1995). C’est encore aujourd’hui un modèle de mise en scène nerveuse, et pour beaucoup, l’un des sommets de la saga.

    Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre (1985)

    Mad Max : Au-delà du dôme du tonnerre (1985, 1h47) poursuit la transformation du mythe. Max arrive à la Ville du Troc, cité baroque dirigée par Entity (Tina Turner) où il doit entrer dans l’arène du Dôme du Tonnerre pour se livrer à de violents combats. Le film est plus décousu et alterne entre violence et des passages plus légers (la tribu des enfants perdus) qui tranchent avec le ton des précédents volets. 

    Moins brutal que ses prédécesseurs, ce troisième volet divise les fans. Certains apprécient son côté plus accessible, d’autres regrettent que Max ne soit plus si Mad que ça. Cela reste une œuvre marquante et visuellement audacieuse, mais c’est sans doute le film le moins réussi de la saga. Si vous aimez les dystopies plus théâtrales, ce film se rapproche par son énergie du Dune (1984) de David Lynch mais aussi Hook (1991) pour son clan de jeunes survivants.

    Mad Max: Fury Road (2015)

    Après trente ans d’absence, George Miller revient avec Mad Max: Fury Road (2015, 2h00), et signe l’un des films d’action les plus acclamés du 21e siècle. Tom Hardy reprend le rôle de Max, mais c’est Charlize Theron qui vole la vedette en Furiosa, guerrière déterminée à libérer un groupe de femmes prisonnières du tyran Immortan Joe. Le film est une course-poursuite hallucinante, visuellement sublime, où chaque plan est une explosion de couleurs et de chaos maîtrisé. C'est une véritable expérience sensorielle pendant laquelle notre ouïe est saturée de vrombissements, alors que le film, en mouvement perpétuel, n'accorde aucune pause pour que le spectateur reprenne son souffle.

    Récompensé par six Oscars, Fury Road a redéfini l’action moderne et prouvé qu’une saga née dans les années 70 pouvait encore être révolutionnaire. George Miller a tout simplement osé réinventer, évoluer, et réimaginer Mad Max. Il se place dans la lignée des grandes fresques comme Blade Runner 2049 (2017) ou même Les Chroniques de Riddick (2004) mais avec des moteurs et des flammes. En parlant de moteur, si ses vrombissements vous manquent à la sortie du film alors un film comme Boulevard de la mort (2007), de Quentin Tarantino, ne pourra que satisfaire vos oreilles. Bref, un chef-d’œuvre incontournable, dont l’intensité mythologique rejoint celles de Gladiator (2000) ou The Dark Knight (2008).

    Furiosa : une saga Mad Max (2024)

    Préquel de Fury Road (2015), Furiosa : une saga Mad Max (2024, 2h28) raconte l’ascension de Furiosa (Anya Taylor-Joy), de son enlèvement dans une communauté pacifique à sa transformation en guerrière intrépide. Aux côtés de Chris Hemsworth, méconnaissable en seigneur de guerre baroque, le film développe l’univers et la mythologie post apo de Mad Max tout en livrant des séquences d’action titanesques.

    Moins immédiat que Fury Road, Furiosa prend davantage le temps de construire ses personnages et son monde. C’est une origin story qui rappelle la puissance des grandes sagas tragiques. Pour ceux qui veulent prolonger le souffle apocalyptique, on peut le rapprocher des Fils de l’homme (2006). Mais si vous aimez les films chargés d’action, alors RRR (2022) ou Dredd (2012) sont les films à ne pas manquer, (sans oublier les pop-corn, parce que ça part dans tous les sens !).

  • De « Re:ZERO » à « Chihiro » : les 10 meilleurs anime isekai à voir !

    De « Re:ZERO » à « Chihiro » : les 10 meilleurs anime isekai à voir !

    Aurélien Bouron

    Aurélien Bouron

    Rédacteur JustWatch

    Entre mondes parallèles, réincarnations improbables et quêtes surprenantes, l’Isekai s’est imposé comme l’un des genres les plus marquants de l’animation japonaise. Chaque série transporte ses héros – et nous avec eux – dans un univers où tout est à recommencer, entre apprentissage, affrontements et renaissances.

    Dans ces anime, ce recommencement est souvent perçu comme une deuxième chance : de faire mieux, de vivre plus intensément, de mieux réussir. Mais parfois, c’est plutôt une malédiction, un piège duquel on aimerait s’extirper.

    Pour explorer tout cela, JustWatch vous propose un classement des meilleurs anime Isekai récents, qui ont marqué le public par leur intensité, leur humour ou leur univers foisonnant.

    10. The Rising of the Shield Hero (2019)

    The Rising of the Shield Hero (62 épisodes sur 4 saisons) suit Naofumi, projeté dans un monde dans lequel il est l’un des quatre héros légendaires. Mais ses capacités sont limitées et son armement réduit à un simple bouclier… Ce point de départ le plonge dans l’isolement alors qu’il ne peut compter que sur lui-même pour survivre. Là où Moi, quand je me réincarne en Slime (2018) respire la camaraderie et l’humour, Shield Hero s’attarde sur la douleur, la trahison et la lente quête de rédemption, en faisant un récit beaucoup plus âpre.

    Cette approche en fait un Isekai singulier, qui n’hésite pas à confronter son héros à la haine et au rejet avant de le laisser reconstruire sa dignité. La série séduira autant les amateurs de récits sombres comme Berserk (1997) ou Claymore (2007) que ceux qui apprécient les arcs de rédemption douloureux à la manière de Tokyo Ghoul (2014) ou L’Attaque des Titans (2013). La saison 1 est tout ce qu’on attend d’un Isekai et prend son temps pour adapter le manga que lequel elle est basée. Cependant, les deuxième et troisième saisons vont bien trop vite, des personnages apparaissent sans que l’on sache qui ils sont vraiment, et l’histoire a de plus en plus de trous qui cassent le rythme de l’anime. Un conseil, arrêtez-vous à la première saison. 

    9. Konosuba: Sois Béni Monde Merveilleux! (2016)

    Konosuba (33 épisodes sur 3 saisons) est une parodie irrésistible du genre, qui préfère tourner en dérision les codes de l’Isekai plutôt que de les glorifier. Kazuma, mort de façon ridicule, renaît dans un monde de fantasy accompagné d’alliées aussi charmantes qu’incompétentes, chacune multipliant les gaffes au lieu de sauver la situation. Cette inversion des attentes transforme chaque quête en farce et chaque combat en sketch, un ton qui tranche radicalement avec le sérieux de Mushoku Tensei (2021) ou la noirceur de Re:ZERO -Starting Life in Another World (2016).

    Loin des histoires sombres comme Shield Hero ou Overlord (2015), Konosuba dynamite le genre avec un humour absurde et des dialogues qui n’ont rien à envier à la folie comique de Gintama (2006). Comme One Punch Man (2015), il déconstruit son héros en le rendant ironique et désabusé, mais profondément attachant. C’est un Isekai comique qui rappelle aussi la fantaisie excentrique de The Devil is a Part-Timer! (2013) et qui prouve qu’on peut rire tout en s’attachant sincèrement à un groupe de personnages mémorables. Le reste du classement est moins drôle, mais plus marquant ! 

    8. Grimgar : Le Monde des cendres et de fantaisie (2016)

    Grimgar (12 épisodes) suit un groupe de jeunes sans mémoire projetés dans un monde inconnu, où la survie devient le seul objectif tangible. Les dessins semblent enfantins, et pourtant, il s’agit ici d’un anime où chaque pas, chaque combat maladroit et chaque perte marquent profondément les protagonistes, rappelant que l’Isekai peut aussi être une méditation sur la fragilité humaine.

    Pour les amateurs d’Isekai poétiques et contemplatifs, on peut le rapprocher de L'Odyssée de Kino (2003) ou de Made in Abyss (2017), qui partagent cette même capacité à transformer la douleur et la beauté en un voyage introspectif. Ici, nous faisons face au problème opposé de celui rencontré avec Shield Hero : l’anime s’arrête trop tôt. Une saison et c’est fini, alors qu’on en redemande et que le sentiment d’une histoire totalement finie n’est pas vraiment là.

    7. Overlord (2015)

    Overlord (52 épisodes sur 4 saisons) suit Momonga, joueur prisonnier de son avatar de seigneur mort-vivant. Devenu Ainz Ooal Gown, il prend goût à son rôle et se lance dans une conquête implacable, où puissance et manipulation deviennent son quotidien. Overlord adopte un ton cynique et brutal, avec un anti-héros charismatique.

    Batailles grandioses et humour noir font de cet anime une œuvre très divertissante à regarder, proche de Death Note pour ses jeux de pouvoir. Overlord s’impose comme l’Isekai de la toute-puissance corrompue, un récit hypnotique et dérangeant. Il complète parfaitement des récits plus lumineux comme Slime, mais séduira surtout ceux qui apprécient les ambiances oppressantes à la Berserk ou les intrigues stratégiques rappelant Code Geass (2006). Dans le même genre je ne peux que conseiller de regarder Sword Art Online (2012) où le personnage principal se retrouve lui aussi coincé dans un jeu vidéo. Cet anime avait fait sensation à sa sortie avec une première saison de haute qualité, mais s’est malheureusement essoufflé au fil du temps. 

    6. No Game No Life (2014)

    No Game No Life (12 épisodes) suit Sora et Shiro, deux prodiges du jeu vidéo transportés dans un monde où tout se décide par des compétitions. Leur talent intellectuel et leur complicité fraternelle deviennent les clés pour naviguer dans un univers flamboyant, où chaque défi est une nouvelle règle à inventer. L’esthétique ultra-colorée et le rythme effréné offrent un contraste total avec les tons graves et introspectifs de Mushoku Tensei ou Re:Zero, faisant de cette série un véritable feu d’artifice visuel et narratif.

    No Game No Life privilégie la malice et l’ingéniosité, rappelant les duels stratégiques de Death Note (2006), mais avec la folie visuelle d’un Kill la Kill (2013). La série plaira aux amateurs de récits qui transforment chaque affrontement en spectacle d’intelligence et de créativité. Les personnages ne sont pourtant pas très profonds et leur développement est assez limité, mais le but ici est de divertir et de surprendre, en étant décalé, intelligent et parfois assez absurde. C’est logiquement que l’anime se place en sixième position alors que le reste du classement présente des titres qui marquent plus profondément. 

    5. Moi, quand je me réincarne en Slime (2018)

    Moi, quand je me réincarne en Slime (48 épisodes) raconte l’histoire de Satoru, un homme ordinaire qui renaît sous la forme inattendue d’un slime, une espèce de substance visqueuse. Ce point de départ volontairement absurde ouvre la voie à une aventure qui alterne humour et batailles spectaculaires. Peu à peu, ce héros improbable se transforme en bâtisseur d’un royaume où diplomatie et alliances comptent autant que la force brute. La série jongle entre moments légers et combats, offrant un équilibre qui séduit autant les novices que les spectateurs aguerris du genre.

    Comparé aux deux anime suivants, Slime adopte une approche presque optimiste, misant sur la bienveillance et la stratégie. C’est un Isekai plus lumineux qui rappelle Fairy Tail (2009) ou One Piece (1999). C’est l’un des titres les plus accessibles de cette liste, mais son aspect grand public ne lui fait pas défaut. On en redemande, grâce à une histoire bien écrite, un ton rafraîchissant et une animation qui en met plein les yeux.

    4. Re:ZERO -Starting Life in Another World (2016)

    Re:Zero (50 épisodes) suit Subaru, propulsé dans un monde inconnu où il découvre qu’il revient systématiquement à la vie après chaque mort, le forçant à continuellement recommencer. Cette boucle infernale le confronte à des dilemmes psychologiques et émotionnels puissants, où la souffrance devient un outil narratif aussi cruel que fascinant. Le spectateur vit avec lui chaque désespoir, chaque échec, chaque sacrifice, jusqu’à ce que la frontière entre héroïsme et malédiction se brouille.

    Re:ZERO est une véritable surprise, car on ne s'attend pas à tant de violence. Plus sombre que Mushoku Tensei, l’anime s’impose par sa brutalité. On pense à Steins;Gate (2011) pour l’ingéniosité de ses paradoxes temporels et à Berserk (1997) pour la noirceur de son atmosphère. Là où Slime respire la chaleur et la camaraderie, Re:Zero nous enferme dans la solitude, la peur et le désespoir. La série rejoint ainsi la lignée des récits où l’angoisse psychologique prime, qui plaira sûrement aux fans de Tokyo Revengers (2021). Sa boucle temporelle n’est pas sans rappeler le film Edge of Tomorrow (2014) avec Tom Cruise. C’est un anime pour celles et ceux qui recherchent dans l’Isekai non pas l’évasion, mais une plongée brutale dans les tréfonds de la survie et de la douleur.

    3. Mushoku Tensei: Jobless Reincarnation (2021)

    Mushoku Tensei (23 épisodes) suit un homme au plus bas, qui, après s’être fait renverser par une voiture, renaît dans un monde magique en gardant les souvenirs de son ancienne vie. Réincarné dans le corps d’un enfant, il est doté d’un immense potentiel et est bien décidé à faire quelque chose de sa nouvelle vie. On le voit développer sa magie dans un univers où les arcs narratifs foisonnent, et l’animation sublime donne une ampleur rare à cette fresque.

    Il faut l’avouer, le genre de l’Isekai est saturé, et il est difficile pour un anime de s’y faire une place. C’est pourtant ce qu’a réussi à faire Mushoku Tensei en adoptant un rythme plus lent, et en misant sur une profondeur psychologique inattendue. Contrairement à No Game No Life, plus extravagant, ou à Konosuba: Sois Béni Monde Merveilleux! (2016), qui détourne les codes avec humour, Mushoku Tensei assume un ton grave et introspectif, préférant la profondeur émotionnelle aux gags ou à l’excentricité visuelle. Là où Re:Zero (2016) s’appuie sur la douleur répétée et la fatalité, Mushoku Tensei trouve sa force dans la reconstruction et l’intimité de ses personnages. L’anime plaira aussi aux fans de Fullmetal Alchemist: Brotherhood (2009), pour celles et ceux qui aiment les anime qui prennent leur temps avec une histoire qui se développe sous plusieurs angles. 

    2. Le Garçon et la Bête (2015)

    Le Garçon et la Bête ( 119 minutes) de Mamoru Hosoda raconte l’histoire de Ren, un jeune garçon livré à lui-même qui trouve refuge dans un monde fantastique peuplé de bêtes humanoïdes. Pris sous l’aile d’un maître bourru et imparfait, il apprend non seulement à combattre mais aussi à grandir, à accepter ses failles et à se forger une identité entre deux mondes. Hosoda privilégie ici un ton initiatique, mêlant aventure, humour et émotion brute.

    Ce film rappelle Les Enfants loups, Ame & Yuki (2012), lui aussi réalisé par Mamoru Hosoda, pour son intimité et le parcours de Chihiro dans un imaginaire foisonnant. C’est un Isekai lumineux et émouvant, à la fois accessible et profond, qui illustre à merveille la capacité du cinéma d’animation japonais à transformer une fable fantastique en réflexion universelle sur la famille et l’identité. Ne passez pas à côté de ce film qui aurait pu facilement être premier s’il n’y avait pas un mastodonte du cinéma d’animation japonais face à lui. 

    1. Le Voyage de Chihiro (2001)

    Le Voyage de Chihiro (125 minutes) est considéré comme un chef-d’œuvre intemporel et ne pouvait que se trouver sur la plus haute marche du podium. Le film suit Chihiro, une jeune fille qui bascule dans un univers peuplé d’esprits après être entrée dans un mystérieux bain public. Contrairement aux séries qui déploient des dizaines d’épisodes pour construire leurs mondes, Miyazaki condense ici l’émerveillement, la peur et la poésie en un seul long métrage, où chaque rencontre – de l’énigmatique Sans-Visage au majestueux Haku – devient un jalon initiatique.

    Difficile de comparer l’œuvre de Miyazaki au reste du classement car le registre est bien différent. Chihiro nous rappelle la force de l’émerveillement avec une douceur qui contraste avec la brutalité d’autres Isekai. Comme Alice au pays des merveilles (1951), il plonge dans l’absurde et le merveilleux, mais avec la mélancolie et la délicatesse d’un Made in Abyss (2017). On pourrait aussi le rapprocher de Your Name (2016) pour sa dimension initiatique et sa réflexion sur la construction de soi. Plus qu’un conte, c’est une expérience sensorielle et émotionnelle qui réussit à nous transporter entièrement en 2h de temps qui semblent s’étirer sur de longs jours. 

4 5 6

201-250 / 475

JustWatch | The Streaming Guide
We are hiring!
© 2026 JustWatch - Tout contenu externe reste la propriété du propriétaire légitime. (3.13.0)

Top 5 meilleurs films
  • La Femme de ménage
  • F1® Le Film
  • Sinners
  • Une bataille après l'autre
  • Team Démolition
Top 5 meilleures séries
  • A Knight of the Seven Kingdoms
  • Fallout
  • Pluribus
  • The Pitt
  • Stranger Things
Top 5 services de VàD
  • Netflix
  • Disney Plus
  • Amazon Prime Video
  • Apple TV
  • Apple TV Store
Top 5 nouveautés en VàD
  • Sorties Netflix
  • Sorties Disney Plus
  • Sorties Amazon Prime Video
  • Sorties Apple TV
  • Sorties Apple TV Store
Prochains films à venir
  • Changer l'eau des fleurs
  • Les Contes du pommier
  • Morlaix
  • Planètes
  • Allah n'est pas obligé
Prochaines séries à venir
  • The Valley Saison 3
  • Dune : Prophecy Saison 2
  • Gimbap and Onigiri Saison 1
  • Vrais voisins, faux amis Saison 2
  • She-Ra et les princesses au pouvoir Saison 1
Top 5 des dernières actualités
  • De Interstellar à Marty Supreme, les 10 rôles qui ont construit Timothée Chalamet
  • Connaissez-vous Allegra Coleman ? Voici l’étonnante histoire de l'actrice qui n'a jamais existé
  • César 2026 : où et comment voir L’Attachement et les films récompensés ?
  • César 2026 : 3 moments Carrey-ment inoubliables de la cérémonie
  • Aucune nomination ! Le meilleur film de l'année a été oublié par les César 2026