
« Floor is lava ! » : les scènes de volcan les plus brûlantes du cinéma
Qu’ils explosent sur notre bonne vieille planète, dans les plaines désolées de la Terre du Milieu ou dans une galaxie lointaine très lointaine, les volcans nous ont offert des séquences marquantes depuis les débuts cinéma (dès 1908 avec The Last Days of Pompeii !). Des catastrophes de plus en plus impressionnantes à mesure que les effets spéciaux se sont développés et améliorés.
Fumée, lave, tremblements de terre… Les artisans des effets visuels n’ont jamais lésiné sur les moyens pour nous proposer des scènes aussi brûlantes qu’immersives, nourrissant ainsi nos imaginaires d’éruptions toujours plus mémorables. Et même si je sors assez frustré de Avatar : de feu et de cendres sur ce point précis (il y a au final beaucoup d'eau mais le vortex enflammé final est superbe !), c'est l'occasion d'accompagner le peuple de Varang (Oona Chaplin) à la redécouverte des grandes scènes de volcans qui ont marqué le cinéma.Pour JustWatch, je vous propose donc un classement très personnel des moments « chauds » les plus iconiques, terminant en apothéose avec le plus réussi (à mes yeux). Suivez le guide… et ne vous brûlez pas !
NB : je me suis concentré sur les éruptions volcaniques de fiction, mais que cela ne vous empêche pas de jeter un oeil aux documentaires très réussis que sont Into the Inferno (2016), Fire of Love (2022), Whakaari : Dans le piège du volcan (2022) ou Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft (2024).
3. Le Pic de Dante (1997) / Volcano (1997)
Impossible de dissocier ces deux propositions concurrentes, sorties la même année dans le cadre d’un face à face comme Hollywood en a le secret (Armageddon / Deep Impact feront la même chose l’année suivante avec la menace d’un astéroïde, tout comme 1001 Pattes et Fourmiz avec l’animation à hauteur d'insectes). Lancées dans les salles en 1997, dans un duel brûlant, les deux superproductions Le Pic de Dante et Volcano ont pris deux chemins différents dans le genre du « volcano movie » : le premier propose une catastrophe rurale dans une petite localité élue « deuxième ville américaine la plus agréable », quand le second fait émerger un cratère brûlant au coeur de… Los Angeles.
A l’écran, pourtant, les films se ressemblent beaucoup. Même couple de comédiens solides en tête d’affiche (Pierce Brosnan et Linda Hamilton d’un côté, Tommy Lee Jones et Anne Heche de l’autre). Même budget conséquent pour restituer une catastrophe spectaculaire à l’écran (respectivement 116 et 90 millions de dollars de budget). Même structure scénaristique (signes avant-coureurs, incrédulité générale, succession ininterrompue de catastrophes « même quand on pense que c’est terminé il y en a encore »). Même sacrifice marquant d’un personnage secondaire (la grand-mère dans le lac acide dans Le Pic de Dante, le pompier qui saute à pied joint dans le magma pour Volcano). Et surtout, même impact dans la culture populaire, car quand on dit « film de volcan », ces deux titres sont toujours cités.
« Tu essaieras… » J’adore cette réplique de Star Wars - Episode III : la Revanche des Sith (2005), lancée de manière sombre et implacable par Anakin Skywalker à son ancien mentor Obi-Wan Kenobi alors qu’il dégaine son sabre-laser pour arrêter celui qui est devenu un Seigneur Sith. Tranchant avec l’affection qui unissait les deux Jedi, cette phrase sonne comme une réplique cinglante du Padawan à celui qui fut son ami, et donne le coup d’envoi du combat entre les deux hommes. Un affrontement alors attendu depuis… 28 ans et le face-à-face entre Dark Vador et Obi-Wan (alors campé par Alec Guinness) de Star Wars - Episode IV : Un Nouvel Espoir (1977) dans les couloirs de l’Etoile de la Mort.
La planète volcanique Mustafar sert de cadre à ce duel fratricide, qui voit Hayden Christensen et Ewan McGregor croiser les lames dans une ambiance rougeoyante, entourés de fumées, de flammes, de cendres, de vapeurs et de roches noires. Le combat culmine avec une passe d’armes épique sur un frêle esquif chahuté par des flots de lave brûlante, et se termine sur la rive où Anakin devient Vador et se retrouve définitivement consumé par la haine du côté obscur de la Force. Pour son iconographie comme pour la tragédie qu’il porte, pour son statut de dernière pièce du puzzle Star Wars version George Lucas, ce moment ne peut que dominer ce classement, comme Obi-Wan « domine » (techniquement et géographiquement) un ancien petit garçon de Tatooine devenu son meilleur ennemi.
« Je ne peux le porter pour vous, mais je peux vous porter vous ! » Qu’est-ce que j’ai pu verser comme larmes devant cette réplique mémorable du Seigneur des Anneaux : le Retour du Roi (2003). Un moment puissant où le discret et fidèle Sam (Sean Astin) confirme son statut de vrai héros de la trilogie, sur les notes épiques de Howard Shore. C’est sur les flancs de la Montagne du Destin, entourés des cendres stériles et des vapeurs toxiques du Mordor, que lui et Frodon (Elijah Wood) achèvent leur quête pour détruire l’Anneau unique, pas après pas lors d’une ascension épuisante vers la porte cachée sur le flanc du volcan.
Ce paysage désolé va bientôt se transformer en fournaise, quand la puissance maléfique de Sauron se dissout dans la roche en fusion. S’enfuyant tant bien que mal, Frodon et Sam sont poursuivis par des torrents de lave et trouvent refuge sur un promontoire entouré par les flots rougeoyants, alors que le ciel est envahi de projectiles brûlants et de fumées noires, à la fin de toute chose. Ce presque-dénouement (Peter Jackson a chargé le final de ce troisième opus en conclusion successives !) est une apocalypse sublime, où le feu semble « nettoyer » le Mal imaginé par Tolkien. Un immense moment de cinéma, qui me transporte à chaque fois.
Qui a eu la bonne idée de construire un parc animalier dinosauresque aussi coûteux que Jurassic World sur une île volcanique ? Je ne vais même pas essayer d’apporter des réponses à ce débat qui concerne avant tout les assureurs d’InGen ! En revanche, je peux dire que ce qui était une idée fumeuse (!) nous offre une séquence ultra-spectaculaire dans Jurassic World : Fallen Kingdom (2018). Car la première partie du long métrage met en scène une opération de secours pour sauver le maximum de sauriens de l’explosion imminente qui menace l’archipel.
Avec l’impressionnant tsunami de The Impossible (2012), Juan Antonio Bayona a prouvé qu’il était un artisan talentueux pour orchestrer des catastrophes mémorables à l’écran. Et après l’eau, il démontre ici sa maîtrise du feu, de la fumée et de la lave alors que Chris Pratt, Bryce Dallas Howard et plein de dinos effrayés tentent d’échapper aux flammes et aux cendres qui déferlent sur les pentes autrefois vertes d’Isla Nublar. Même si le volcan en question ne respecte pas tout à fait les lois de la nature (il est à la fois explosif et effusif, ce qui a fait hurler plus d’un volcanologue !), et même si Owen ressort miraculeusement indemne de tout ce qu’il traverse, l’ensemble de la scène mérite de figurer haut dans ce classement.
Il était une fois la fin du monde par le réalisateur du Jour d’après (2004). 2012 (2009), c’est un peu l’Apocalypse selon Saint Roland Emmerich, qui s’inspire d’une prophétie maya pour orchestrer une destruction globale à l’échelle planétaire. Comme il sait parfaitement le faire, cet artisan du chaos confronte alors une distribution chorale et internationale (où se croisent notamment John Cusack, Chiwetel Ejiofor, Amanda Peet, Thandiwe Newton, Danny Glover…) à une succession de phénomènes aussi mortels qu’impressionnants.
Film-catastrophe ultime, 2012 ne lésine pas sur les moyens et offre des séquences de dégâts ultra-généreuses. Tsunamis, tremblements de terre, naufrage, crash aérien… il y en a pour tous les goûts ! Et notamment une éruption volcanique titanesque au panache proche de celui d’une explosion nucléaire, dont le souffle couche les forêts alentours et qui est commentée en direct depuis une colline adjacente par un Woody Harrelson attachant en Charlie Frost, un illuminé prophète de l’Apocalypse qui vit le moment au plus près pour ses auditeurs. Jusqu’à ce qu'un rocher de plusieurs tonnes l’amène à rendre l’antenne.
Sorti directement en vidéo en France, Skyfire (2019) est une production sino-américaine qui s’inscrit dans la veine du film de requins géants En eaux troubles (2018) avec Jason Statham : un popcorn movie assumé qui croise financements, techniciens et comédiens hollywoodiens et chinois, afin d’offrir un spectacle à ambition mondiale. Confié à Simon West (Les Ailes de l'enfer, Lara Croft : Tomb Raider), le long métrage assume son genre de « film de volcan », en confrontant les vacanciers d’une île paradisiaque à une éruption dévastatrice.
Comme le second volet de la saga Jurassic World (on y reviendra plus tard), il ne faut pas chercher ici la logique entrepreneuriale derrière la construction d’un complexe touristique de luxe sur une île volcanique. Ni la véracité scientifique. On est là pour le spectacle, et celui offert par Skyfire est vraiment au rendez-vous. Les scènes de destructions, d’explosions et de sauvetages sont impressionnantes, avec une mention spéciale à ce 4x4 suspendu à un treuil le long d’une paroi où s’écoulent des flots de lave. Dommage que les rebondissements et les personnages soient aussi clichés…
L’éruption du Vésuve, qui ensevelit la ville italienne en 79 après JC, est assurément l’une des plus célèbres de l’Histoire. Une catastrophe qui a régulièrement inspiré le cinéma et la télévision, notamment avec le classique du péplum Les Derniers jours de Pompéi (1959) mais aussi le blockbuster Pompei (2014) signé Paul W.S. Anderson. Soyons clairs, le long métrage ne brille pas par sa qualité scénaristique où Kit Harington (échappé de Game of Thrones), Carrie-Anne Moss, Emily Browning et Kiefer Sutherland semblent un peu perdus (heureusement que Adewale Akinnuoye-Agbaje est là !). Il est en revanche généreux en termes de spectacle volcanique.
Ce film, finalement, c’est un peu une tentative de croisement entre Gladiator (2000), la série Rome (2005-2007) et un film de volcan. Et c’est cette partie du cocktail qui fonctionne le mieux. Et c’est le minimum, me direz-vous ! C’est vrai, après tout : un film baptisé Pompei se doit de livrer une éruption digne de ce nom. Et pour le coup on est servi alors que la lave, les gaz, les cendres, les fumées et une pluie de feu déferlent sur les décors de la cité romaine, accompagnés de séismes et de tsunami. Ça tremble beaucoup, ça détruit beaucoup, ça meurt beaucoup… et en 3D, s’il vous plaît ! Bref, la promesse du titre est tenue et c’est essentiellement ce qu’on lui demandait. D’où cette place de choix sur cette page.
Vous vous souvenez de Te Kā, immense créature de lave, de roches et de cendres que l'intrépide Vaiana (2016) affronte à la fin du classique Disney ? Ce démon flamboyant chargé de colère a aisément gagné sa place ici, alors qu’il tente d'empêcher notre exploratrice et son acolyte Maui (et l'inénarrable poulet Hey Hey) de restituer le cœur de Te Fiti, une pierre magique subtilisée à la déesse de la vie. Véritable volcan vivant, Te Kā est une création impressionnante du bestiaire animé, avec une peau brûlée et craquelée laissant apparaître des lignes de feu et des mains en magma capables de lancer des projectiles enflammés sur nos héros.
J’aime beaucoup l’animation du personnage, et notamment son visage proche d’un masque de la commedia dell'arte où se lisent des émotions simples et pures. La séquence au ralenti où Te Kā se rue, tel un animal enragé, vers Vaiana qui vient vers elle en chantant, vaut à elle seule une place dans ce classement. J'ai hâte de voir ce que donnera la version live action de Vaiana en 2026. Si vous aimez les volcans animés made in Disney, Les Indestructibles (2004) propose un combat mémorable au bord d’un lac de lave, alors que le segment L'Oiseau de feu de Fantasia 2000 met en scène une somptueuse créature brûlante sur la musique d'Igor Stravinsky, comme un écho au Sacre du printemps du Fantasia original (1940). Sans oublier le court métrage Lava (2014), géniale histoire d’amour volcanique et musicale imaginée par le studio Pixar.
Techniquement, c’est vrai, on n’est pas tout à fait dans l'éruption volcanique. Mais voir une mission naviguer dans un sous-marin indestructible au cœur du manteau brûlant de la croûte terrestre pour tenter d’atteindre le noyau (à l’arrêt) de la planète et tenter de le relancer à grands coups d’explosions nucléaires, on peut quand même se dire que ça compte, vous ne pensez pas ? Surtout qu’il y a au final plus de lave dans Fusion - The Core (2003) que dans tous les films de cette page réunis ! Donc je me permets de l’intégrer à cette sélection, d’autant que l’une des séquences, au cœur d’une géode géante fissurée, nous offre une cascade de magma du plus bel effet.
Et puis vous l’aurez sans doute compris, j’ai une vraie affection pour ce film-catastrophe méconnu, au pitch certes improbable mais qui possède tous les ingrédients qu’on aime dans le genre : une brochette de personnages attachants, des dysfonctionnements terrestres inédits, des effets visuels plutôt réussis, un scénario qui élimine les protagonistes les uns après les autres avec une dimension sacrificielle qui décroche quelques larmes… et puis un casting vraiment chouette, où se croisent Aaron Eckhart, Hilary Swank, Delroy Lindo, Stanley Tucci, Bruce Greenwood, Richard Jenkins, Alfre Woodard et notre regretté Tchéky Karyo national. En plus, je l'ai vu à l'époque dans feu la salle parisienne de l'UGC Orient-Express, avec les vibrations du métro pour accompagner ma projection. De la 4DX avant l'heure !
























































