
Scrubs, Malcolm... : 5 suites de séries cultes qui valent le détour
Les écouteurs filaires ressortent des tiroirs, les années 2000 reviennent dans nos playlists, et le petit écran ne fait pas exception. Depuis quelques temps, les séries aussi recyclent leurs vieux fantômes à coups de suites tardives et de requels pensés pour réveiller la nostalgie. Le gros problème, c’est que beaucoup se contentent d’agiter les souvenirs sous les yeux des fans, sans vraiment avoir quoi que ce soit à raconter derrière.
Le retour de Scrubs (2001-2010) prouve pourtant qu’un come-back peut fonctionner, à condition de ne pas prendre le public pour des idiots, et de leur donner du neuf, de l’originalité, tout en restant cohérent avec l’âme de l’œuvre originale. Pour JustWatch, je vous partage donc cinq séries qui ont réussi à revenir sans décevoir, et parfois même en ayant une vraie raison d’exister.
Scrubs revient à Sacred Heart Hospital avec Zach Braff, Donald Faison et Sarah Chalke, et rien que cela suffit à réveiller une belle nostalgie en moi ! La bonne nouvelle est que le retour de cette série ne se contente pas de jouer sur le « vous vous souvenez » et faire du fan service. N'ayez crainte, l’alchimie des deux acteurs principaux est toujours aussi délicieusement débile ! Mais J.D. et Turk sont maintenant des quinquagénaires paumés, confrontés à des internes cyniques dans un monde médical qui n’a cessé d’évoluer.
Scrubs, l’originale, a toujours su être profondément -et délicieusement- idiote pour, deux scènes plus tard, nous faire couler une larme. Ce retour ne rate pas le coche et arrive à trouver le bon équilibre entre absurdité, bromance et mélancolie d’hôpital. La série parfaite pour les nostalgiques des sitcoms des années 2000, ou celles et ceux qui ont besoin d’un peu de baume au cœur, comme avec Ted Lasso (2020) ou Shrinking (2023).
Malcolm : Rien n’a changé a un titre presque trop parfait, et qui donne un peu l’impression que le retour de la série part dans la mauvaise direction : on prend les mêmes et on recommence. Mais sachant que c’est le projet de cœur de Bryan Cranston, on pouvait espérer que Malcolm avait plus d’un tour dans son sac pour nous surprendre. Le surdoué est devenu un adulte encore plus inadapté que ses parents, et on retrouve avec grande joie cette guerre domestique permanente, filmée avec une énergie cartoonesque, où chaque membre de la famille semble survivre à sa propre bataille intérieure.
Le retour aux affaires du trio originel -Frankie Muniz, l’immense Bryan Cranston et l’inégalable Jane Kaczmarek- est jouissif, d’autant plus que la série mord la réalité de 2026 à pleine dent. Pourtant, on a parfois l’impression que les personnages forcent pour redevenir ce qu’ils étaient dans la série originale. Malheureusement, relancer une série, rattraper le temps perdu, introduire de nouveaux personnages, en quatre épisodes, ça fait court ! La série pourra malgré tout raviver des souvenirs pour les fans de la première heure.
Dexter : New Blood avait une mission presque impossible : faire oublier que Dexter (2006) était devenu, malgré ses grandes années, « la série qui avait raté sa sortie ». Avant ce final désastreux, on parlait d’une œuvre originale, tendue, portée par un personnage fascinant, bien écrit, avec une morale tout aussi morbide que brillante. New Blood offre enfin au boucher de Miami une sortie digne de ce nom. Dans cette nouvelle série, on s’éloigne de la Floride pour aller dans la neige anxiogène d’Iron Lake, un lieu fictif de l'État de New York. Au fil des épisodes, l’histoire s’étire lentement, nous laissant voir un psychopathe vieillissant qui a réussi à ne pas tuer pendant plus d’une décennie.
Tout n’est pas parfait, mais Dexter : New Blood a le mérite de regarder son personnage droit dans les yeux. On se rapproche de l’ambiance et de la qualité des séries scandinaves, qui prennent leur temps pour construire l’histoire afin d’être plus percutantes. Pour celles et ceux qui ont été frustrés par la fin originale, New Blood est un immanquable. Et si vous aimez les thrillers sombres et qui prennent leur temps, comme Hannibal (2013-2015), Fargo (2014-) ou Bron / Broen (2011-2018), cette nouvelle plongée dans la tête de Dexter ne pourra que vous plaire !
Twin Peaks: The Return n’est pas seulement un bon retour de la série mythique. David Lynch a décidé de rouvrir les lourds rideaux rouges de la Loge Noire pour en faire quelque chose qui fait rêver les fans des bizarreries de l’esprit du réalisateur. Si vous n’aimez pas David Lynch, cette série n’est certainement pas pour vous. C’est parfois drôle, parfois terrifiant, parfois interminable, parfois magnifique. Le rythme est très étrange, les digressions sont souvent absurdes, mais c’est justement ce qui en fait une réussite.
Chaque silence est filmé comme une menace et Kyle MacLachlan livre une superbe performance. David Lynch a ce pouvoir de nous faire croire que la télévision est trop petite pour contenir toute sa créativité, qu’elle va finir par déborder sur nous, pour le meilleur ou pour le pire, et Twin Peaks: The Return en est la preuve. Ici, Lynch n’en a rien à faire de la nostalgie de la série originale et préfère nous emmener dans un trip horrifique et sensoriel. Un vrai pied de nez aux productions actuelles, qui fait un bien fou.
Cobra Kai a parfaitement compris comment continuer une histoire culte tout en évitant tous les pièges. La série prolonge l’univers de Karate Kid, saga culte lancée en 1984, mais se déroule des décennies plus tard avec une idée toute simple et efficace : changer de point de vue. Cette fois, Johnny Lawrence n’est plus la petite brute du film original. C’est un adulte paumé, coincé dans les années 80, persuadé d’avoir raté sa vie. Cette fragilité rend le personnage joué par William Zabka (le même acteur que dans le film de 1984) bien plus touchant qu'attendu. En face, Daniel LaRusso, toujours incarné par Ralph Macchio, est devenu un riche concessionnaire automobile, bourré de bonnes intentions, mais un brin suffisant.
La rivalité historique entre les deux hommes reprend lorsqu’ils ouvrent chacun leur dojo. Johnny veut ressusciter l’esprit dur et frontal de Cobra Kai, mais avec pour ambition d’aider des jeunes marginaux à savoir se battre, tandis que Daniel tente de faire vivre l’héritage plus sage de Mr. Miyagi. La série a parfois un peu trop tiré sur la corde des rivalités de dojos au fil des saisons, frôlant même parfois le ridicule. Mais elle garde une énergie vraiment réjouissante : les bastons sont fun, l’humour est potache, l’histoire est fluide, et j’ai beaucoup aimé voir Johnny et Daniel comprendre peu à peu qu’ils ne sont pas si différents. Cobra Kai n’est pas la meilleure série de la décennie, mais elle sait exactement ce qu’elle a à nous offrir : un divertissement généreux, nostalgique et facile à suivre. Les fans de K-drama pourraient aussi adorer Héros fragile (2022).

































