
Clown tueur, jeu mortel et chaussures trouées : 2025 était l’année Stephen King !
King of the… year ! Depuis 1976 et l’inoubliable Carrie au bal du diable de Brian De Palma -la toute première adaptation à l’écran d’une histoire imaginée par l’auteur-, Stephen King n’a cessé d’investir le cinéma, la télévision et le streaming. Mais aucune année n’a été aussi « kinguesque » que ce cru 2025, qui a célébré les récits du romancier du Maine à six reprises.
Alors que l’exercice cinéma / séries approche de son terme, avec en apothéose une chasse à l’homme portée par Glen Powell et le grand retour d’un clown-tueur mémorable dans la charmante ville de Derry, JustWatch vous invite à (re)découvrir les adaptations du « King » de l’horreur proposée aux spectatrices et spectateurs cette année.
Entre singe flippant, leçon de vie inspirante et chaussures trouées, suivez notre guide, dans l’ordre chronologique de sortie des œuvres en France !
Plébiscité pour son terrifiant Longlegs (2024) emmené par Maika Monroe et un Nicolas Cage méconnaissable, Osgood Perkins revisite l’univers de Stephen King avec The Monkey (2025), adapté d’une nouvelle écrite en 1980 et publiée en 1985 dans l'incontournable recueil Brume (où figure l’histoire qui inspirera The Mist, 2007). Comme le titre l’indique, il est ici question d’un singe -plus précisément d’un jouet en forme de singe- qui provoque la mort si on prend le risque d’actionner son mécanisme musical : dès que ses baguettes frappent un dernier coup sur son petit tambour, un accident terrible survient… Derrière la caméra, le fils d’Anthony Perkins (qui incarnait l’illustre Norman Bates de Psychose, 1960) s’amuse dès lors beaucoup avec des mises à mort spectaculaires.
La scène d’ouverture, qui suit Adam Scott alors qu’il tente de se débarrasser du pantin dans un magasin, donne le ton avec un décès gore qui rappelle les grandes heures de la saga Destination Finale (2000-2025) : le singe utilise l’environnement et les objets alentours pour tuer, et c’est toujours surprenant et (très) sanglant. C’est donc amusant de ce point de vue avec quelques séquences choc réussies. Mais le long métrage ne va jamais au-delà de cette compilation morbide, malgré le double-jeu intéressant de Theo James qui incarne des jumeaux confrontés à ce démon au sourire figé. Ce n’est donc pas déplaisant, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il y avait peut-être mieux -du moins plus profond- à raconter à partir du récit original (qui perd au passage ses cymbales meurtrières, sacrilège !).
Après un passage réussi au Festival de Toronto 2024 qui lui a valu le Prix du public, Life of Chuck (2025) est arrivé sur les écrans français quelques mois plus tard. Avec un joli succès d’estime (pas loin de 300 000 entrées) et un excellent accueil public et critique, certes, mais je reste persuadé que le film méritait beaucoup mieux. Et en même temps, c’est assez difficile de « vendre » ce récit qui parle de vie, de mort et de danse, et qui ne prend réellement son sens qu'à la dernière réplique, quand on a vécu l’expérience. Personnellement, je n’étais pas (du tout !) emballé par l’affiche et c’est sur le conseil insistant d’un ami que je me suis lancé… et je ne le regrette pas.
L'adaptation de La Vie de Chuck, parue en 2020 dans le recueil Si ça saigne, est confiée à Mike Flanagan. Déjà rompu à l’art de transposer Stephen King à l’écran (Jessie, 2017 ou Doctor Sleep, 2019), le réalisateur natif de Salem (!) a surtout été plébiscité pour les séries Netflix Hill House (2018), Bly Manor (2020), Sermons de minuit (2021) et La Maison Usher (2023). Des œuvres profondes, où il mêle fantastique, drame et réflexion sur la vie. Construit en trois chapitres présentés dans une chronologie inversée, Life of Chuck s’inscrit dans cette approche, avec un ton plus solaire et inspirant, à l’image de cette scène de danse inoubliable de Tom Hiddleston (j'étais admiratif, comme quand j'ai vu Hugh Jackman ou Christopher Walken se déhancher !). Quand le film se termine, on n’a qu’une vie : le revoir pour capter ce que l’on n’avait pas tout à fait saisi la première fois, comme avec Fight Club (1999) ou Sixième Sens (1999). Bref, c’est vraiment une pépite qui pourrait trouver une belle place dans votre cœur… et votre Top Films 2025. Pour ma part, il est dans les deux.
Des enfants kidnappés et étudiés dans un lieu secret pour leurs pouvoirs télépathiques et télékinésiques : toute ressemblance avec Stranger Things (2016-2025) serait purement fortuite, puisque la série L’Institut (2025-) est adaptée d’un best-seller de Stephen King, qui a trusté les sommets des ventes pendant plusieurs semaines en 2019, au point de devenir un des livres de chevet de George R.R. Martin (le papa de l’univers Game of Thrones). Je vais être honnête, autant j’ai beaucoup lu Stephen King, autant je suis passé à côté de cette histoire. Je vais donc me contenter de parler de la série disponible sur HBO Max en France.
Là aussi, soyons honnête, il n’y a clairement pas le potentiel de culte qui a accompagné Eleven et ses amis à Hawkins. La saison 1 de L’Institut, composée de 8 épisodes, est moins pop et moins marquante, même si elle livre un spectacle plutôt efficaces, notamment dans la façon dont elle montre ce que traversent des enfants et adolescents réduits à des rôles de rats de laboratoires par une mystérieuse organisation. Accompagnés de la révélation Joe Freeman (le fils de Martin « Bilbon » Freeman), les comédiens Mary-Louise Parker Ben Barnes parlent d’une « série sur l’inhumanité totale » portée par « une tension qui monte lentement ». A vous de juger, avec la certitude qu’il y aura une saison 2 et des réponses aux questions laissées en suspens.
Un battle royale de la randonnée, ça vous dit ? C’est le charmant programme de Marche ou Crève (2025) dont le titre français a le mérite d’être plus explicite que le nom original du film et du roman de Stephen King : The Long Walk. Publié en 1979 sous le pseudonyme de Richard Bachman, cette histoire nous plonge sur les routes d’une Amérique dystopique où 100 jeunes hommes s’engagent chaque année à participer à une marche à travers le pays, sans jamais s’arrêter, de jour comme de nuit, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. Ceux qui s’arrêtent, se blessent ou ralentissent sont abattus après trois avertissements sous les yeux du sinistre Major (campé par Mark Hamill, chouette grand-père de… Life of Chuck !).
Pour porter cette histoire à l’écran, on peut compter sur Francis Lawrence, spécialiste du « il ne peut en rester qu’un », lui qui est à la réalisation de la saga Hunger Games depuis le deuxième opus en 2013. Il réunit ici un casting habité (Cooper Hoffman, David Jonsson, Garrett Wareing, Tut Nyuot, Charlie Plummer, Ben Wang…) qu’on accompagne avec douleur le long de ce chemin de croix. Et même sans subir les centaines de kilomètres qu’ils arpentent, on sort épuisé et frigorifié de ce périple sans fin. Et on s’attache à chacun au fil du voyage, tout en sachant qu’un seul restera debout. C’est donc plutôt réussi, même si cette longue marche semble justement un peu longue malgré une durée limitée de 1h48. Je me dis qu’un format mini-série aurait sans doute été plus pertinent, mais ça n’engage que moi !
Trois ans après Marche ou Crève, Stephen King / Richard Bachman publiait The Running Man. Là encore une histoire de futur dystopique, et là encore une compétition mortelle dans laquelle des volontaires acceptent de s’engager pour un jeu télévisé afin de remporter une énorme somme d’argent. Lâchés dans la ville, ils sont traqués par des tueurs professionnels et doivent parvenir à survivre 30 jours devant les objectifs des caméras, alors que les citoyens peuvent décider de les aider ou les dénoncer et que la production (Josh Brolin et Colman Domingo sont savoureux) manipule allègrement les images et le récit de leur cavale. Mais la partie vécue par Ben Richards pourrait bien changer les choses…
Avec Running Man (2025), Edgar Wright signe son premier blockbuster hollywoodien, lui qui a livré des films cultes et pop comme Shaun of The Dead, Hot Fuzz (2007) ou Scott Pilgrim (2010). Les 110 millions de dollars de budget lui donnent les moyens de plonger Glen Powell dans une traque spectaculaire et enragée, qui donne au long métrage une dimension de road movie sanglant dans un univers aux mains des corporations. De la même manière que le film est au croisement de la patte Edgar Wright et de la grosse production, il se situe aussi entre le kitsch SF de Running Man version Schwarzenegger (1987) et le réalisme du méconnu Le Prix du Danger (1983) emmené par Gérard Lanvin.
Attention, voilà une série à déconseiller aux coulrophobes (les phobiques des clowns) ! Et plus largement aux spectateurs et spectatrices sensibles. Car Ça : Bienvenue à Derry (2025-) propose des scènes réellement cauchemardesques, à l’image de ce prologue apocalyptique dans une voiture, ce massacre sanglant dans un cinéma, cet accouchement terrifiant ou cette mutation oculaire aussi horrible qu’inédite. La terreur est ici assumée, et il faut au moins ça pour nourrir le clown-tueur Pennywise, dont le trio Andy Muschietti , Barbara Muschietti et Jason Fuchs dévoile les origines après leurs diptyque Ça - chapitre 1 (2017) et Ça - chapitre 2 (2019).
Mais plus que les frissons, j’ai surtout adoré les liens que la série tisse avec l’univers élargi de Stephen King. Avec Ça, évidemment, dont on reconnaît certains patronymes chez les différents protagonistes (Hanlon, Bowers…). Mais aussi avec un autre immense roman de l’auteur, dont je ne citerai pas le titre pour vous laisser la surprise (je me contenterai de dire qu’il a renié son adaptation cinéma pourtant mémorable, si cela vous rappelle quelque chose). A l’heure où j’écris ces lignes, j’ai vu quatre épisodes sur les neuf qui composent ce premier chapitre, sachant que le programme étirera l’histoire sur au moins trois saisons. Et j'ai vraiment hâte de voir où tout cela nous entraînera ! Et peur, aussi.








































