
Spider-Noir : explications de la fin de la série avec Nicolas Cage
« Pas de pouvoirs, pas de responsabilité ». Cette variation de la célèbre réplique qui traverse les différentes aventures de Spider-Man ne relève pas uniquement du fan-service amusant : elle raconte concrètement qui est Ben Reilly, un privé désabusé et tombé dans l’alcool depuis la mort de sa chère et tendre, qui rêve juste de se débarrasser du fardeau des super-facultés qui ont fait de lui un célèbre justicier. Alors que la nouvelle affaire sur laquelle il enquête le met sur la piste d’un antidote mystérieux, il accepte de ressortir son célèbre costume (trench coat, chapeau et lunettes lumineuses) de Spider-Noir (2026).
Des comics à l’animation au film noir
Ben Reilly / Spider-Noir a été imaginé par David Hine et Fabrice Sapolsky en 2009, dans une série de comic-books dédié à ce variant de Spider-Man pendant la Grande Dépression des années 30. Mais c’est avec son apparition dans Spider-Man : New Generation (2018) puis Spider-Man : Across the Spider-Verse (2023), aux côtés d'innombrables versions de l’Araignée, que le personnage a touché un large public, conquis par son look sombre et immédiatement iconique et l’interprétation vocale de Nicolas Cage. Il n’en fallait pas plus pour les showrunners Oren Uziel et Steve Lightfoot, épaulés par le tandem Phil Lord / Christopher Miller à la production, pour lancer une version live-action sur Prime Video.
Le show a deux particularités notables. La première, univers de film noir oblige, c’est d’embrasser totalement cette esthétique, entre privé fatigué, femme fatale, mafieux et hommes de main, politiciens corrompus, journaliste allié, pluie battante, rues menaçantes et ombres marquées : deux versions sont ainsi proposées aux abonnés, l’une en noir et blanc (que je recommande), l’autre en couleurs. La seconde particularité, c’est que la plateforme a exceptionnellement renoncé à son ADN « épisodique » pour livrer les huit épisodes d’une traite. On peut ainsi « binger » Spider-Noir comme un long film des années 30/40, et c’est ce qui m’amène à vous résumer le dénouement de cette première saison réussie (si on apprécie le genre).

Comment ça se termine, Spider-Noir ?
Comme dans tout film noir qui se respecte, la saison 1 de Spider-Noir suit une affaire confiée à Ben Reilly, portant initialement sur des histoires de mœurs mais dont les ramifications s’avèrent finalement bien plus complexes. Peut-être trop d’ailleurs, car comme le veut le genre, l’intrigue est parfois assez alambiquée entre fausses pistes, doubles-jeux et révélations. Quoi qu’il en soit, le vrai nœud de cette intrigue amène notre héros à remonter le fil de recherches secrètes menées par les Allemands sur des soldats américains pendant la Première Guerre mondiale : en utilisant l’ADN de différentes espèces (dont… une araignée) et les propriétés physiques de certaines matières, ces expérimentations ont créé des mutants ou méta-humains, dont il fait partie.
La série -et c’est l’un de ses points forts- apporte ainsi une « rationalité » bienvenue pour expliquer l’origine des différents personnages (Ben / Spider-Noir, Flint Marko / Sandman, Lonnie Lincoln / Tombstone, Dirk Leyden / Megawatt), leur offrant un ancrage narratif solide mais aussi une transposition réaliste à l’écran, qui s’appuie sur une approche « à l’ancienne » plutôt qu’une avalanche d’images de synthèse. On a l’impression d’assister à une aventure de Spider-Man « à la manière de », comme si elle avait justement été produite en parallèle de classiques comme Le Faucon Maltais (1941), Casablanca (1943), Le Grand Sommeil (1946) ou La Dame de Shanghai (1947). Clin d'œil savoureux : ces villains, qui font évidemment référence à des méchants iconiques des comics, apparaissent dans la série selon l’ordre de leur création dans les pages Marvel. Mais revenons à l’intrigue.
Ayant mis la main sur quelques doses de l’antidote, Ben Reilly est amené devant Silvermane (Brendan Gleeson), le baron du crime qui a recruté les méta-humains Sandman, Tombstone et Megawatt comme sbires, pour lui demander de faire venir Spider-Noir devant lui. Grâce à un stratagème un peu complexe durant lequel Robbie se fait passer pour l’Araignée et reçoit une dose d’antidote (inoffensive sur lui, par définition), Ben reprend la main et affronte les deux méchants. De son côté, Cat (Li Jun Li) abat Silvermane. Le combat se termine dans la rue, Spider-Noir se débarrassant de Megawatt sous un train tout en offrant la dernière dose d’antidote à Flint / Sandman. Alors que celui-ci part vivre son amour avec Cat, Ben embrasse ses pouvoirs et relance son agence, dont sa fidèle secrétaire Janet Ruiz (Karen Rodriguez) devient associée.

Y’aura t-il une saison 2 ?
La prolongation de l’aventure Spider-Noir dépendra évidemment du succès -ou non- de la série sur la plateforme. Sachant que le pari de proposer immédiatement les huit épisodes peut non seulement éviter une déperdition d’audience au fil des semaines (comme je le disais, la série se regarde comme un long film noir, découpé en huit fois trente minutes) mais également amener des fans de l’univers Marvel (a priori abonné.es à Disney+) à souscrire un accès temporaire à Prime Video. Les showrunners ont, en tout cas, très envie de poursuivre cette immersion dans un univers super-héroïque d’époque, qui réussit là où The Spirit (2008) avait échoué. Et on sent que Nicolas Cage, mordu de comics mais jusque-là mal servi par le genre, s’est éclaté dans ce rôle qui lui permet d’explorer sur la longueur de nombreux aspects du personnage (cynisme, trauma, héroïsme mais aussi folie quand il est pris de tics arachnéens).
Par ailleurs, le fait que le programme repose sur un détective privé offre aux showrunners un terrain de jeu infini, leur permettant de revisiter la mythologie Spider-Man à travers différentes affaires et époques. D’ailleurs, le téléphone ne sonne-t-il pas à la fin du dernier épisode, annonçant une nouvelle enquête ? Les deux seules contraintes apportées par cette fin de saison 1, finalement, ne sont pas liées à la narration en elle-même mais au personnage de Ben Reilly : il a embrassé à nouveau son statut de super-héros, acceptant cette malédiction dont il souhaitait se séparer (où accepte t-il son envie profonde de vouloir garder ses pouvoirs ?) ; et, surtout, son identité a été révélée à ses proches comme aux habitants de New York quand son masque a été en partie arraché dans le final. Comme Tom Holland dans No Way Home ou Tobey Maguire dans Spider-Man 3, il lui faudra désormais gérer cette identité « plus secrète ».
Personnellement, et c’est peut-être mon seul vrai regret sur cette première saison, j’attends que la saison nous propose un lien, même sous forme de clin d'œil, au Spider-Verse. Je rêvais secrètement de voir Ben Reilly, à la fin du dernier épisode, être aspiré dans un vortex coloré l’entraînant vers New Generation. J’ai même attendu, en vain, cette ref en scène post-générique… La saison 2 doit impérativement, selon moi, adresser ce sujet, pour créer un lien entre les oeuvres et montrer que les aventures de Spider-Noir se poursuivent au-delà de Prime Video.






































