
Spider-Man : vous devez absolument voir cette pépite avec Denzel Washington après Brand New Day
C’est une séquence marquante de Spider-Man : Brand New Day (2026), qui confronte Peter Parker à un pouvoir qu’il n'avait encore jamais vu. Vous non plus ? Pourtant, il existe un film qui propose quasiment la même scène, dans un cadre bien plus sombre. Une pépite un peu oubliée de la fin des années 90, emmenée par Denzel Washington. Et il est temps de faire (re)découvrir ce film que j’aime beaucoup.
Attention, spoilers : les lignes qui suivent révèlent des éléments majeurs sur les deux films.
Le « saut » télépathique de Brand New Day
Avant de prendre conscience que la véritable menace qui pèse sur les super-héros et autres humains améliorés est en réalité le Damage Control dirigé par William Metzger, Spider-Man doit affronter une mystérieuse méchante qui sème le chaos dans New York. Celle dont l’identité est gardée secrète toute la première moitié du film (en l’occurrence la mutante Jean Grey, campée par Sadie Sink) semble en mesure de déployer un pouvoir télépathique qui lui permet de prendre le contrôle de n’importe quelle personne (à l’exception de Peter) pour mener à bien sa quête, une mission très personnelle qui la voit rechercher sa soeur Sara, enlevée par le DODC.

Jean Grey est surpuissante et surtout insaisissable. En manipulant les un.es et les autres grâce à ses facultés, elle ne se confronte jamais directement au danger… ni à une arrestation puisque la personne contrôlée n’est qu’un vaisseau, une marionnette. La seule limite de son pouvoir est en réalité le champ d’action de ses intrusions mentales (du moins jusqu’au climax du film, où sa colère libère tout son pouvoir) : elle ne peut en effet pas s’introduire dans l’esprit d’une personne au-delà d’une dizaine de mètres. Sa sœur lui a dès lors appris à contourner cet écueil, en effectuant des « sauts » de personne en personne, jusqu’à atteindre l’individu visé.
Lors de ces « sauts », le pouvoir télépathique de Jean Grey se matérialise presque comme un virus psychique, une possession qui se transmet à l’infini (en tout cas tant qu’il reste quelqu’un à contaminer dans les environs). La scène dans une rue de la Grosse Pomme, dans laquelle Spidey assiste médusé à cette transmission télépathique, est impressionnante, chaque figurant-cascadeur étant comme frappé par un spasme avant d’être possédé par l’esprit de Jean (les répétitions sont à découvrir ici). Jusqu’à un face à face mémorable avec un jeune homme au sourire narquois (Niyi Akin) durant lequel notre héros est tout simplement impuissant : si Jean est bien aux manettes, impossible de s’en prendre à celui qui n’est qu’un véhicule.

Ce pouvoir rappelle beaucoup un film avec Denzel Washington
Le « saut » télépathique de Jean Grey m’a instantanément rappelé un film : le bien nommé Le Témoin du Mal (1998) en français, une dénomination qui résume beaucoup mieux le concept que le titre original Fallen. « Témoin » est à prendre ici au sens sportif du terme : dans le long métrage, le Mal -en l’occurrence l’esprit d’un tueur en série- se transmet par simple toucher, d’une personne à l’autre, rendant ses méfaits inarrêtables. Quand un policier cartésien (Denzel Washington) réalise que les meurtres se poursuivent malgré l’exécution du serial killer qu'il a arrêté, il va plonger dans une enquête trouble et ésotérique -où l'on croise John Goodman, Donald Sutherland, James Gandolfini, Embeth Davidtz ou Elias Koteas, excusez du peu !- qui le mène sur les traces du démon Azazel…
Il serait cruel d’en dire plus, notamment en raison de l’aspect insaisissable de la menace (personne n’est à l’abri), une approche dont le réalisateur Gregory Hoblit s’est fait une spécialité entre Intraçable (2008) et son tueur connecté en ligne ou le méconnu mais génial Peur Primale (1995) qui révéla tout le talent d’un jeune Edward Norton rongé par une double-identité angélique et criminelle face à Richard Gere. Rien que pour son dénouement mémorable (écoutez bien la voix-off du narrateur !), illustration parfaite des twists-endings made in 90s, Le Témoin du Mal vaut le visionnage. Dans le même genre, vous pourriez aussi beaucoup aimer Hidden (1987) de Jack Sholder.

Le film est notamment marquant pour une scène de rue, très proche de celle de Spider-Man : Brand New Day (il y a aussi un peu de Usual Suspects (1995) dedans, avec ce monstre caché parmi les passants), alors que notre inspecteur voit le Mal se transmettre depuis l’un des collègues du commissariat jusque sur le trottoir à travers de simples et doux contacts. C’est ainsi que différents policiers puis passants changent instantanément de personnalité, lançant des regards lourds de menace au héros les uns après les autres. Les plans de possession, en vue subjective décadrée aux couleurs désaturées (un avant-goût de Man on Fire !), amènent Denzel Washington à multiplier les regards-caméra incrédules, accentuant l'incompréhension et la détresse de son personnage. Avec une ritournelle récurrente : le morceau Time is on my side des Rolling Stones. Si vous avez justement deux heures de temps de votre côté, n’hésitez pas !




























