Spider-Noir et 5 adaptations de comics sublimées par le noir et blanc

Spider-Noir et 5 adaptations de comics sublimées par le noir et blanc

Yoann Sardet
Yoann Sardet

Publié le 27 mai 2026

Mis à jour le 27 mai 2026

J’aime beaucoup le noir et blanc. Et c’est toujours réjouissant, dans ce monde plein de couleurs, de voir des cinéastes s’emparer de cette esthétique rétro. Je pense à Steven Spielberg (La Liste de Schindler, 1993), à Martin Scorsese (Raging Bull, 1980), à David Lynch (Elephant Man, 1980), aux frères Coen (The Barber, 2001), à David Fincher (Mank, 2020), à Steven Soderbergh (The Good German, 2006), à Christopher Nolan (Oppenheimer, 2023), à Michael Haneke (Le Ruban Blanc, 2009), à Mathieu Kassovitz (La Haine, 1995), à Michel Hazanavicius (The Artist, 2011)... Mais le noir et blanc n’est pas réservé aux auteurs et autrices, et certains comic-book movies n’ont pas hésité à proposer cette approche dont l’opposition entre ombre et lumière fait finalement écho au choc entre super-héros et villains. Pour JustWatch, j’ai classé les meilleures propositions du genre.

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The Spirit
The Spirit

The Spirit

2008

Sur le papier, The Spirit (2008) avait tout pour réussir : une bande dessinée majeure des années 40 signé Will Eisner, un immense nom du comics aux manettes (Frank Miller, pour son premier en solo), un casting impressionnant (le méconnu Gabriel Macht est entouré de Eva mendes, Sarah Paulson, Scarlett Johansson, Jaime King ou Paz Vega) et une proposition visuelle dans la lignée de Sin City (j’y reviens plus tard). Mais à l’écran, le film ne fonctionne malheureusement pas, entre rythme bancal, dialogues pompeux et cabotinage de Samuel L. Jackson en Octopus (au moins, lui semble s’amuser, c’est déjà ça). Et c’est bien dommage, tant la proposition visuelle est réussie.

Dans un noir et blanc réhaussé de quelques touches de couleurs (la cravate du héros, par exemple), l’univers rétro-futuriste proposé fondtionne à merveille, empruntant à la fois aux technologies actuelles et au film noir. On y retrouve tout ce qu’on aime dans le genre, entre ombres menaçantes dans les ruelles, femmes fatales et héroïsme naïf. Bref, c’est visuellement réussi mais narrativement tellement laborieux (préférez-lui The Shadow) que je ne peux que lui accorder le bas de ce classement. Échec à sa sortie, il est intéressant de noter que The Spirit a marqué la fin des expérimentations formelles propres aux années 2000 pour laisser la place au MCU (lancé la même année avec Iron Man) qui imposera l’esthétique du comic-book movie pour les deux décennies à suivre.

Si l’esthétique initiée par la première aventure de Tony Stark infuse dans tous les films qui composeront le Marvel Cinematic Universe, le studio n’écarte pas pour autant les expérimentations visuelles et narratives. Il faut dire que l’écrin proposé par Disney+ autorise justement cela, sans qu’il ne soit nécessaire de développer un long métrage pour le cinéma, par définition coûteux et risqué. C’est ainsi, par exemple, qu’on verra arriver la série animée What If… ? (2021-) qui explore différentes réalités autour des personnages de la Maison aux Idées : le récent The Punisher : One Last Kill (2026) qui emmène Frank Castle des séries vers le futur Spider-Man : A Brand New Day (2026) ; ou l’étonnant Werewolf By Night (2022).

Quelque part entre une aventure Marvel et un film Universal Monsters, ce moyen métrage (52 minutes) utilise l’esthétique noir et blanc pour explorer cette histoire gothique mêlant manoir, labyrinthe végétal et créatures mystérieuses. Confié au compositeur Michael Giacchino, le film célèbre le cinéma d’antan, avec un soin tout particulier accordé aux maquillages (pas de CGI !) et au travail sur les ombres et la lumière. C’est l’occasion pour les abonné.es de découvrir Jack Russell / Le Loup Garou, mais aussi l’étrange Man-Thing, alter-ego de la Créature des Marais de DC. Pour comparer le travail visuel opéré sur le film, n’hésitez pas à regarder la version noir et blanc et la version couleurs, toutes deux disponibles sur la plateforme.

Pendant que Marvel construisait habilement son MCU, film après film et avec un plan très clair en tête, le concurrent DC avait bien du mal à rattraper son retard. Après Man of Steel (2013) et Batman v. Superman : l’aube de la Justice (2016), Zack Snyder concrétise les espoirs des fans dans Justice League (2017), le Avengers du DC-verse qui rassemble Batman, Superman, Wonder Woman, Aquaman, Flash et Cyborg. Quand le cinéaste doit quitter la post-production pour gérer un drame familial, le studio engage Joss Whedon (réalisateur de… Avengers) pour reprendre le projet et en livrer une version plus légère et édulcorée (on pourrait dire le « marvéliser »). Le résultat détonne, forcément, dans cet univers construit sur le clair-obscur cher à Zack Snyder et il est unanimement rejeté, avec un échec au box-office à la clé.

C’est grâce à la mobilisation des fans (le fameux #ReleaseTheSnyderCut) que Zack Snyder pourra reprendre le long métrage et proposer sa vision grâce à une rallonge de 70 millions de dollars accordée par le studio. En l'occurrence un remontage de quatre heures (!), accompagné de scènes inédites, qui donne toute sa place à la narration et aux personnages sacrifiés dans la version précédente (Cyborg, notamment) : proposé dans un étonnant format 4:3 (carré, avec bandes noires sur les côtés), Zack Snyder's Justice League (2021) est même disponible en version noir et blanc, baptisée « Justice is Gray » et la plus proche possible de la vision du cinéaste, pour qui cette esthétique sied parfaitement aux figures mythologiques modernes que sont les super-héros. Si vous ne l’avez pas vue, elle pourrait vous convaincre.

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WandaVision
WandaVision

WandaVision

2021

En 2021, Marvel Studios lance la déclinaison en séries de son MCU, avec pour ambition d’explorer des récits et des personnages destinés à compléter la saga cinéma. C’est ainsi que WandaVision voit le jour, centrée sur le personnage de Wanda Maximoff alias Scarlet Witch (Elizabeth Olsen) et Vision (Paul Bettany), vivant une vie paisible dans un monde aseptisé reprenant tous les codes des programmes marquants du petit écran. Evidemment, cette réalité factice cache un mystère, qu’il faudra percer au cours des neuf épisodes qui composent cette mini-série qui fait suite aux événements de Avengers : Endgame (2019) et qui préfigure ceux de Doctor Strange and the Multiverse of Madness (2022) et Agatha All Along (2024).

Parmi les genres télévisuels explorés par WandaVision, les deux premiers épisodes sont notables puisqu’ils reposent sur l’esthétique des sitcoms des années cinquante (The Dick Van Dyke Show) et des années soixante (Ma sorcière bien-aimée), avec éclairages feutrés, plans fixes, décors emblématiques d’une époque, trucages à l’ancienne et rires du public de rigueur. Ce choix visuel et narratif (on change de genre à chaque épisode) permet immédiatement au show de se démarquer d’une production Marvel lambda, mais aussi de s’imposer immédiatement sur la carte des programmes dignes d’intérêt pour cette approche originale et son traitement du deuil. On n’attendait pas ça d’une série de super-héros !

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Spider-Noir
Spider-Noir

Spider-Noir

2026

Le personnage de Spider-Noir, ce variant de Spider-Man affublé d’un trench-coat, d’un chapeau old-school et de lunettes massives, a été introduit dans Spider-Man : New Generation (2018). Dans ce bijou animé croissant de multiples techniques d’animation, le jeune Miles Morales se retrouve non seulement affublé des pouvoirs du super-héros, mais également confronté aux « joies » du multivers en étant confronté aux autres formes et identités adoptées par le super-héros dans des réalités alternatives. Il y a Peter Parker, Spider-Gwen, Spider-Cochon et Peni Parker, venue d’un dessin animé japonais, sans oublier notre cher Spider-Man Noir. Et dans la suite, Across the Spider-Verse (2023), les Spideys deviennent innombrables !

Mais revenons-en à Spider-Noir (2026-), qui convoque Nicolas Cage sous le costume des années 30, lui qui doublait le personnage dans les films d’animation. On sait le comédien fan de super-héros, et il a enfin un écrin de qualité dans lequel s’illustrer, après les décevants Ghost Rider (2007) / Ghost Rider : l’esprit de vengeance (2011) et son caméo numérique en Superman dans The Flash (2023). Le format en huit épisodes lui permet d’embrasser tous les aspects de Ben Reilly, du privé cynique au justicier au grand cœur, en passant par le mutant en proie à quelques tics arachnéens. Quant au noir et blanc, il est parfait pour découvrir cette histoire qui décline tous les codes du film noir. Prime Video propose également la version en couleurs, mais je vous recommande fortement d’opter pour le Black & White Spider-Noir.

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Sin City
Sin City

Sin City

2005

C’est, je crois, la bande-annonce que j’ai le plus regardé de ma vie. Quand l’esthétique Sin City débarque en 2005, c’est une claque monumentale, qui propose une nouvelle forme hybride entre cinéma et comic-book. Grâce au numérique et aux fonds verts, Robert Rodriguez et Frank Miller (épaulés sur une scène par Quentin Tarantino) « bricolent » loin d’Hollywood cette plongée dans la ville du vice et du péché, où les histoires tragiques et violentes se croisent et se décroisent en noir et blanc. Des pointures du cinéma US (Bruce Willis, Mickey Rourke, Clive Owen, Benicio Del Toro, Rosario Dawson, Jessica Alba, Elijah Wood, Nick Stahl, Michael Clarke Duncan, Carla Gugino, Michael Madsen, Rutger Hauer, Jaime King, Brittany Murphy…) répondent présents pour cette histoire en quatre récits.

Frank Miller n’a jamais apprécié sa relation avec Hollywood, notamment après un Robocop 2 (1990) de sinistre mémoire. Il avait toujours refusé de voir ses histoires Sin City adaptées à l’écran… jusqu’à la proposition de Rodriguez, qui veut utiliser les décors des comics et leur mise en scène directement dans la production de l’adaptation. Après un test concluant avec Josh Hartnett et Marley Shelton, qui ouvrent le long métrage, l’artiste est conquis et rejoint le projet comme coréalisateur. Le reste appartient à l’histoire, avec une proposition unique (la suite Sin City : J’ai tué pour elle ne fera que redite) où chaque plan, ultra-travaillé, donne la sensation de voir des pages s’animer. J’aime beaucoup, personnellement, l’arc de Marv et son face à face avec un psychopathe cannibale, mais chacun.e trouvera dans ce film ultra-violent un personnage de cœur… ou rejettera l’oeuvre en bloc, comme le fit une partie de la critique au Festival de Cannes 2005 où Sin City était présenté en Compétition. Moi, j’ai choisi.

À propos de cette liste

Titres

6

Coût total de visionnage

15,96 €

Durée totale

19h 59min

Genres

Action & Aventure, Fantastique, Mystère & Thriller

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Il y a 6 titres dans cette liste et vous pouvez regarder 2 d'entre eux sur Molotov TV. 7 autres services de streaming ont également des titres disponibles aujourd'hui.

  1. 2 Titres Molotov TV
  2. 2 Titres Disney Plus
  3. 1 Titre Cine+ OCS Amazon Channel
  4. 1 Titre SFR Play
  5. 1 Titre HBO Max