Avant-propos indispensable : Jurassic Park (1993) est un film fondateur dans mon parcours de spectateur et d’amoureux du cinéma. Je me souviens précisément de ma découverte du film de Spielberg l’année de mes treize ans. J’ai toujours « les poils » à chaque fois que j’entends la musique de John Williams. J’ai vu et revu le long métrage « sans compter ». Donc ne doutez pas un seul instant que mon coeur bat pour JP . Et pourtant…
Trois erreurs majeures pour une scène majeure
Comme dit le vieil adage, « qui aime bien châtie bien ». Et c’est donc avec une vraie joie pop que je vous partage ici les trois gros soucis qui se sont glissés dans LA scène emblématique du long métrage, qui voit le T-Rex s’échapper de son enclos. Car si j'adore Jurassic Park, j’adore aussi traquer les erreurs dans les films et séries, qu’il s’agisse de fautes de raccord, de plans inversés, d’accessoires bancals, de figurants approximatifs, de doublures visibles, de techniciens malencontreusement apparus à l’écran ou de « plot holes », ces petits loupés de scénario qui font qu’une scène n’a plus aucun sens une fois levée la suspension d’incrédulité. La scène en question, iconique donc, en comporte justement trois qui vous avaient peut-être (sans doute ?) échappés.
3. Les rails
Souvenez-vous des voitures dans lesquelles Alan Grant, Ellie Sattler, Ian Malcolm, Donald Gennaro, Tim et Lex entament leur parcours. Il s’agit de véhicules de safari aux couleurs de Jurassic Park, autoguidés par des rails pour emmener les visiteurs découvrir les différentes espèces ramenées à la vie par InGen. Nous sommes dans un parc d’attractions, rien de choquant à cela. Ce qui est plus embêtant, c’est qu’il ne semble y avoir qu’une seule et unique voie ! C’est très visible devant l’enclos du T-Rex, avec des véhicules qui vont dans un sens à l’aller et dans l’autre sens au retour, sur les mêmes rails. La chèvre, censée attirer le dinosaure pour amuser les touristes, en atteste.
Alors que le circuit devrait plutôt faire une boucle autour des différents enclos pour revenir à son point de départ (comme dans la plupart des parcs zoologiques proposant des visites motorisées), il ramènerait ici -dans le cas où le parc serait ouvert- les voitures par le même parcours, provoquant de fait des blocages pare-choc contre pare-choc… voire des accidents ? Bref, ça n’a aucun sens, et je suis certain que John Hammond, prompt à dépenser sans compter, aurait normalement prévu un rail aller et un rail retour. Steven Spielberg devrait aller tirer les oreilles de son chef-décorateur !
2. Les toilettes
Au-delà des rails, le décor de l’enclos comporte un élément qui n’y a logiquement pas sa place, et qui est pourtant le cadre d’un plan inoubliable de Spielberg. Je parle des toilettes, dans lesquelles va se réfugier l’avocat Donald Gennaro en voyant le saurien sortir de son enclos avant de se faire croquer directement sur la cuvette. Une mort spectaculaire et douloureuse -voir le T-Rex agiter sa proie dans tous les sens est impressionnant- mais méritée pour celui qui a honteusement abandonné deux enfants dans la voiture !
Mais quand on y pense, rien ne justifie la présence de cet espace sanitaire à cet endroit précis, puisque les voitures sont censées être équipées d’une fermeture automatisée des portières -un dialogue rapide entre Hammond et son garde-chasse l’évoque-, indispensable pour que les visiteurs ne descendent pas dans des endroits dangereux (l'enclos des dilophosaures cracheurs de venin par exemple). Dès lors, si les portières sont bloquées, à quoi servent ces toilettes rutilantes au bord de la route ? Au vétérinaire ? Aux ouvriers du parc ? Là encore, ça n’a aucun sens ! Et c’est mon fils qui me l’a fait remarquer alors que nous revoyions le film ensemble et que ce détail m’avait échappé.
1. Le fossé
C’est sans doute la plus grosse erreur de la séquence. Et elle m’avait sauté aux yeux dès octobre 1993 pour le coup ! Je parle du fossé qui borde l’enclos du T-Rex. Pourtant, ce dernier est bien à hauteur de la route au début de la scène : la cage de la chèvre, tout comme les pattes du tyrannosaure, en attestent quand le monstre traverse la clôture pour venir attaquer les véhicules. Dès lors, d’où sort l’immense fossé dans lequel le dinosaure pousse la voiture de Tim et Lex ? Alan Grant et la jeune femme doivent y descendre avec un câble le long d’une paroi en béton pour échapper au saurien affamé puis à la voiture qu’il y jette, et le véhicule fait une longue chute avant de s’écraser en contrebas dans un arbre que Grant mettra ensuite un certain temps à gravir.
On est donc ici facilement sur un fossé de vingt à trente mètres, là où un T-Rex mesure entre trois et six mètres. Certains fans ont bien tenté d’imaginer une conception qui expliquerait ce problème, mais je n’imagine pas InGen et John Hammond prendre le risque de voir leur création à plusieurs millions de dollars s’écraser en contrebas dans le fossé en cas de terrain glissant (le climat est tropical sur Isla Nublar). A ce jour, cela reste un immense mystère, et si j’ai un jour la chance de rencontrer Steven Spielberg, c’est assurément LA question que je lui poserai !

















































































































