
Les 9 meilleures séries originales Amazon Prime Video
La plateforme de streaming d’Amazon propose un très vaste catalogue. Il y en a pour tout le monde, pour les cœurs tendres, les passionnés d’histoire, les fans d'hémoglobine à l’écran, ou encore celles et ceux qui recherchent des moments de rires ou des sensations fortes.
Mais dans tout ce catalogue, il y a forcément du moins bon, et je suis là pour vous aider à l’éviter et à vous diriger vers la crème de la crème des séries originales Amazon Prime Video. Oubliez donc la liste de recommandations générée par un algorithme et posez votre télécommande, car j’ai fouillé, trié et sélectionné neuf pépites incontournables. Des séries comiques, animées, musicales, documentaires, féministes, sanglantes et profondes.
Si vous n’avez pas encore vu Fleabag, je vous envie presque de pouvoir découvrir cet OVNI de la télévision pour la première fois. La géniale Phoebe Waller-Bridge dépoussière la comédie dramatique britannique avec une immense créativité et un humour très mordant. L’intrigue nous plonge dans le quotidien chaotique d’une jeune trentenaire londonienne cynique, naviguant à vue dans le deuil récent de sa meilleure amie.
Ce que j’adore avec Fleabag, c’est la manière qu’a Phoebe Waller-Bridge de briser le quatrième mur avec beaucoup de sarcasme et de regards taquins face caméra. Le spectateur devient son complice, son ami quelque peu voyeur. On rit à gorge déployée de ses névroses sexuelles et des réunions de famille totalement dysfonctionnelles (Olivia Colman se révèle être parfaitement capable de camper une odieuse belle-mère passive-agressive). Puis on pleure face aux drames que la vie envoie dans la tronche des personnages de la série. En deuxième saison, on voit l’arrivée d’Andrew Scott, toujours aussi extraordinaire, dans le rôle du « hot priest » (le prêtre sexy). C’est brillant, cru, tellement réaliste qu’on rigole autant qu’on pleure. La série parfaite pour les fans d’humour noir britannique, ou ceux qui aiment les héroïnes imparfaites, fortes et tourmentées, comme dans I May Destroy You (2020). Les fans de l’écriture de Phoebe Waller-Bridge peuvent aussi se diriger vers Killing Eve (2018), pour retrouver sa plume acérée dans un tout autre registre.
On continue dans la lignée des séries mettant en scène une femme aussi forte que brillante faisant face à un monde rempli d’obstacles. Après l'immense succès de Gilmore Girls (2000), la créatrice Amy Sherman-Palladino continue avec ses dialogues mitraillettes dans le New York scintillant des années 50 de La Fabuleuse Mme Maisel. La série s’ouvre sur le monde parfait (en apparence) de Miriam « Midge » Maisel, une jeune mère de famille juive de l’Upper West Side dont la vie bascule lorsque son mari, aspirant comédien sans talent, la plaque soudainement. Dévastée, ivre, elle se retrouve sur la scène du Gaslight Cafe, un bar / cabaret de Greenwich Village, où elle se découvre un don explosif pour le stand-up.
Rachel Brosnahan est exceptionnelle dans le rôle-titre, arrivant à manier les mots avec une vitesse et un talent particulièrement épatants. On peut en dire de même d’Alex Borstein qui incarne la manageuse de mauvaise humeur. Autant vous dire, ce n’est pas une série qui permet d’être sur son téléphone en même temps, car il faut être concentré pour vraiment l’apprécier. J’adore ce féminisme tout aussi joyeux que plein de colère de deux femmes qui se battent dans un monde d’hommes. On retrouve une énergie similaire dans Hacks (2021) ou GLOW (2017).
Daisy Jones and the Six est la claque musicale et la dose de nostalgie des seventies dont on a toutes et tous besoin. La mini-série prend la forme d’un faux documentaire et décortique l’ascension fulgurante mais éphémère d’un groupe de rock fictif, très ouvertement inspiré du légendaire Fleetwood Mac lors de l’enregistrement de leur album Rumours. L’intrigue gravite autour de l’histoire entre Daisy, une Californienne à la voix fêlée et magnifique, et Billy Dunne, le leader charismatique mais tourmenté du groupe The Six. Riley Keough et Sam Claflin incarnent ce duo avec une grande alchimie.
C’est vraiment la série parfaite pour les fans de musique car la bande-son est délicieuse : l’album original composé pour l’occasion est très bon et mérite d’être écouté à tête reposée une fois la série terminée. Cette adaptation du best-seller de Taylor Jenkins Reid est donc une réussite et nous permet de découvrir la face cachée du monde de la musique, un peu comme dans Vinyl (2016), la série créée par Martin Scorsese et Mick Jagger.
On reste dans la musique, mais cette fois-ci, sortons de la fiction. Dans Orelsan : Montre jamais ça à personne, le journaliste Clément Cotentin a filmé le quotidien de son grand frère, Aurélien, plus connu sous le nom d’Orelsan, et cela d’une manière presque maladive. On ressent chez Clément ce mélange d’admiration pour son frère et d’envie de tout documenter, tout filmer, tout comprendre. Résultat ? La série documentaire est un bol d’air frais, une source de motivation qui nous fait bondir de notre fauteuil pour nous lancer dans nos passions.
On y suit une bande de potes un peu paumés dans la grisaille de Caen. On les voit galérer dans des boulots alimentaires, bricoler des prods sur ordi, pour finalement braquer l’industrie musicale. Montre jamais ça à personne est si bien parce que c’est authentique. Nous sommes loin du star system, et la représentation de l’amitié y est émouvante. Orelsan doit beaucoup à Skread, mais aussi à Ablaye et Gringe, et ne s’en cache jamais. Quand j’ai besoin d’un boost de motivation, je regarde la série une énième fois, ou je lance le documentaire incroyable sur DJ Mehdi : DJ Mehdi - Made in France (2024).
The Legend of Vox Machina est une série animée née d’une vraie campagne de Donjons & Dragons par l’équipe de Critical Role. De mon côté, c’était la première fois que je voyais une adaptation de campagne de jeu de rôle ! On y voit une bande de mercenaires ratés, endettés, alcooliques, qui se retrouvent propulsés face à d’innombrables menaces, allant de vampires sadiques à une bande de dragons qui veulent détruire le royaume de Tal’Dorei.
Imaginez l’âme du Seigneur des anneaux (2001) mélangée à du gore, du vulgaire, de la violence exacerbée, de l’humour gras et lourd. Bref, j’adore. Nous sommes loin des héros qui veulent sauver la veuve et l’orphelin. Eux préfèrent boire et déclencher des bagarres générales. Mais, ne prenez pas tout cela pour un manque de profondeur, bien au contraire ! Les histoires de chaque personnage sont touchantes et donnent beaucoup de poids à l’intrigue. Visuellement, on ne peut qu’aimer avec une animation de qualité et des dessins qui s’améliorent au fil des saisons. C’est de la fantaisie pure, qui fera rire et pleurer les fans comme le grand public. Si vous aimez, Critical Role a réitéré l’exploit avec une autre série animée tout aussi bien : The Mighty Nein (2025)
Undone risque fortement de vous essorer le cerveau et de vous piétiner le cœur. Créée par Raphael Bob-Waksberg et Kate Purdy, les esprits brillants derrière BoJack Horseman (2014), cette série utilise la rotoscopie, une technique où l’animation est directement dessinée par-dessus les séquences filmées avec de véritables acteurs. On suit Alma, une jeune femme dont la vie bascule lorsqu'elle survit de justesse à un grave accident de la route. À son réveil, son rapport à la réalité change totalement : elle arrive à percevoir le temps de manière non linéaire, et peut même modifier l’espace-temps. Toujours accompagnée des visions du fantôme de son père (joué par l’excellent Bob Odenkirk), elle se donne pour mission destructrice de comprendre les raisons de sa mort il y a quelques années.
Tout au long de cette série, un certain malaise s’installe chez nous, le spectateur. Est-ce qu’Alma a réellement des dons cosmiques ? Ou est-elle atteinte de schizophrénie, comme sa grand-mère avant elle ? Tous ces questionnements, ajoutés au style particulier de l’animation qui permet de distordre les décors et confondre les rêves et la réalité, créent une poésie hallucinatoire déconcertante. C’est une œuvre qui ne laissera personne de marbre et qui explore la maladie mentale et les traumatismes avec douceur.
Robert Kirkman, le papa de The Walking Dead, nous a lâché Invincible et a réussi à surprendre tout le monde. Sous ses faux airs innocents de dessin animé du samedi façon Justice League (2001), l’œuvre cache une noirceur et une brutalité qui demandent un peu de préparation psychologique. Dans la série, Mark Grayson, banal lycéen de 17 ans, attend l’apparition de ses pouvoirs pour enfin ressembler un peu plus à son père, Omni-Man, le superhéros parfait. Sauf que, tout ne se passe pas comme prévu.
Les combats sont d’une violence inouïe, les os se brisent, le sang gicle, les viscères s’étalent sur le bitume, les yeux sortent de leurs orbites, les super-héros tombent en dépression. On croirait voir un Game of Thrones (2011) à l’échelle de l’univers où la diplomatie se fait entre planètes. Chaque saison réussit à nous choquer grâce à la maturité glaçante d’une série brillamment écrite.
Je suis certain que quand vous lisiez la partie sur Invincible, vous pensiez à The Boys ! Vous avez raison, les deux séries partagent de nombreuses similitudes. Là aussi, nous sommes loin des super-héros parfaits de Marvel qui se battent pour défendre l’ordre établi et protéger la planète entière. The Boys a décidé de se demander ce qu’il se passerait vraiment si une partie de la population avait des super-pouvoirs, leur donnant une immense supériorité sur le reste de l’Humanité. Ici, les Super ne sont pas des protecteurs, mais de vulgaires produits marketing gérés d’une main de fer par une multinationale cynique. Ce sont des stars capricieuses, narcissiques, psychopathes, avec une soif de pouvoir meurtrière.
Je mesure souvent le talent d’un acteur qui a le mauvais rôle par la haine que je ressens pour son personnage (comme Jack Gleeson en Joffrey Baratheon dans Game of Thrones, ou bien Paddy Considine en Père Hughes dans Peaky Blinders). Partant de ce postulat, Antony Starr livre une performance terrifiante et bourrée de talent en portant la cape de Homelander, l’un des personnages les plus détestables de l’histoire de la télévision. Si vous aimez The Boys, orientez-vous vers son spin-off, Gen V (2023), qui réussit à garder l’esprit de la série mère, même s’il manque parfois de rythme.
Terminons cette liste avec une série qui sort totalement du lot. Good Omens adapte l’univers littéraire des immenses Terry Pratchett et Neil Gaiman, un exercice périlleux sur le papier. Pourtant, la série est une réussite. L’Apocalypse approche et l'Antéchrist a été égaré à la naissance dans la paisible campagne anglaise. Un ange (Michael Sheen) et un démon (David Tennant) unissent leur force pour saboter la fin des temps, car ils aiment leur petite vie confortable sur Terre.
Le synopsis semble partir dans tous les sens, mais tout se tient, et c’est en grande partie grâce aux deux personnages principaux dont la bromance électrique, tendre et ambiguë, est le cœur battant de cette comédie britannique. C’est drôle, très théâtral, souvent touchant. Les effets spéciaux pourraient parfois être améliorés, mais comme dans Dr Who, cela ajoute du charme à la série. C’est plus qu’une simple farce biblique et deux niveaux au-dessus de la série Lucifer (2016), pourtant agréable à regarder. C’est le remède idéal contre la morosité.

































