
3 millions d’entrées par film : de Babysitting à Marsupilami, tous les films de Philippe Lacheau dans l’ordre !
C’est l’histoire d’une bande qui a conquis le box-office français et le cœur des spectateurs. Philippe Lacheau, Tarek Boudali, Julien Arruti, Elodie Fontan et Reem Kherici forment la bien nommée « Bande à Fifi », passée avec succès des plateaux de CANAL+ aux planches parisiennes puis au cinéma où les entrées pleuvent depuis 2013.
Près de 3 millions d’entrées par film !
Chef de file du groupe, Philippe Lacheau a réalisé sept longs métrages, avec la même approche décomplexée, populaire et bienveillante de l’humour, un sens du gag cartoonesque qui fait rire toute la famille, et une fidélité sans faille qui l'amène à construire tous les scénarios autour de la bande. Rarement pris en casting, les ami.es ont ainsi écrit leurs propres rôles et leur propre histoire, qui a fait d’eux un collectif aussi incontournable que le furent les Charlots, le Splendid ou les Inconnus.
Affichant une insolente moyenne au-delà des 2,8 millions d’entrées par film -que le Marsupilami (2026) va assurément encore faire grimper- Philippe Lacheau est devenu LA valeur sûre de la comédie hexagonale, que ce soit en salles sous la bannière de sa société BAF Prod, ou en streaming (il anime LOL qui rit sort sur Prime Video, dont la nouvelle saison est sortie ce 6 février). Pour JustWatch, je reviens sur les réalisations du monsieur, pas toujours appréciées des cinéphiles il est vrai, mais devant lesquelles je me marre. Beaucoup.
Un an après Paris à tout prix (2013), qui marquait la première réalisation de Reem Kherici avec Philippe Lacheau au scénario, ce dernier se lance dans le grand bain de la mise en scène, en binôme avec Nicolas Benamou. L’ambition est potache et familiale et détourne les codes du found footage (les films montées à partir d’images retrouvées) en dévoilant à deux parents atterrés (Gérard Jugnot et Clotilde Courau) ce qu’il est advenu de la soirée de Babysitting que devait assurer leur employé modèle auprès de leur fils unique.
Les images retrouvées, telles une loi de Murphy festive, sont légendaires. Entre Projet X (2012) et Le Jouet (1976), le film enchaîne les séquences culte, d’une soirée apocalyptique dans la maison du patron à une course façon Mario Kart en plein Bois de Vincennes en passant par une séance de Surra de Bunda (une danse brésilienne durant laquelle la danseuse gifle un homme… avec ses fesses). Avec deux prix au Festival de l’Alpe d’Huez, plus de 2,3 millions de spectateurs hilares et des critiques globalement positives, l’essai est transformé.
Succès oblige, la bande remet ça dès l’année suivante dans Babysitting 2 (2015). Comme un symbole, c’est un autre membre illustre du Splendid qui succède à Gérard Jugnot dans ce second volet : dans le rôle du père de la compagne de Franck (Philippe Lacheau), Christian Clavier invite sa fille, son gendre et leurs amis dans son hôtel écologique au Brésil. Ce qui devait être un séjour paradisiaque va vite tourner au cauchemar (hilarant, rassurez-vous), dont on découvre les péripéties grâce à une GoPro retrouvée…
Babysitting 2 repose sur la même structure que son prédécesseur : 20 minutes d’exposition en prises de vue traditionnelles, puis une alternance entre gags found footage et visages défaits de celles et ceux qui découvrent les images (dont le couple Jérôme Commandeur / Valérie Karsenti, très drôles). En changeant de cadre, le film parvient à réinventer l’original et offre même des séquences épiques qui, found footage oblige, ont forcé les comédiens à se passer de cascadeurs : c’est ainsi que le plongeon dans la rivière ou le saut en parachute ont été tournés sans doublure ! Et comme dans Babysitting, là encore, personne n’est oublié et chacun a ses moments de gloire, à commencer par une grand-mère destroy et hilarante.
Avec Alibi.com (2017), la bande intègre un nouveau membre : Elodie Fontan, rencontrée sur Babysitting 2 et devenue entre-temps la compagne de Philippe Lacheau. La comédienne amène une féminité bienvenue au sein du trio Lacheau / Boudali / Arruti, qui incarnent ici les fondateurs d’une société chargée de « couvrir » les mensonges et autres tromperies de ses clients. Alors que l’un d’eux tombe sous le charme de la demoiselle -qui déteste le mensonge-, il découvre que le père de son nouveau crush vient de faire appel à ses services pour couvrir son adultère…
On oublie le found footage : ici, on mise tout sur le quiproquo et le gag potache ! Entre un collègue narcoleptique, un kidnapping de zèbre, une starlette en quête de likes (Nawell Madani) et un faux voyage en Tanzanie, le délire est au rendez-vous, rehaussé par des petits clins d’oeil à Star Wars, Fast & Furious, Assassin’s Creed, Thor et Bloodsport. Preuve de la dimension qu’a pris la bande, Didier Bourdon et Nathalie Baye se joignent au délire, où l'on croise également Medi Sadoun, Michèle Laroque, Kad Merad, La Fouine et JoeyStarr. Et au-delà de l’humour, j’avoue être touché par l’amour qui se dégage du couple Lacheau / Fontan, notamment dans un love-montage très sympathique dans la première partie du film : on a l’impression d’assister à la naissance d’une idylle (qui dure depuis !), et c’est touchant !
Alors que tout le monde réclame un Babysitting 3 ou une suite à Alibi.com, le quatrième film de Philippe Lacheau est un choix surprenant. Et un vrai défi. Adapter en prises de vues réelles le manga culte City Hunter / Nicky Larson de Tsukasa Hojo, déjà transposé en anime entre 1987 et 1991 puis en live action par Jackie Chan en 1993. Biberonné au Club Dorothée dans sa jeunesse, le réalisateur-scénariste-acteur se lance ainsi dans son projet le plus ambitieux avec Nicky Larson et le Parfum de Cupidon (2019). Cheveux noir corbeau, veste bleue sur t-shirt rouge, le regard lubrique, Philippe Lacheau devient littéralement le célèbre détective, lancé sur les traces d’une phéromone qui provoque une attirance irrésistible.
Si on peut regretter un humour un peu trop tourné vers les quiproquos homosexuels (comme Epouse-moi mon pote de son compère Tarek Boudali), on adore les innombrables clins d’oeil à la génération Club Do, la prestation d’Élodie Fontan très convaincante en Laura, et les séquences visuellement très abouties (le combat dans l'hôpital, la baston dans la casse automobile, le gunfight final). Sans oublier Chantal Ladesou ET Pamela Anderson (!) sous le charme d’un Julien Arruti chevelu. C’est le film de Philippe Lacheau qui a le moins marché en salles… et c’est pourtant la suite qu’on lui réclame le plus ! Alors, bientôt un crossover avec les voleuses de la série Cat’s Eyes (2024-) qui appartient au même univers ?
Alors que Marvel et DC ont inondé la planète avec leurs personnages et leurs productions, Philippe Lacheau s’empare du genre super-héroïque, dans la foulée de quelques tentatives françaises (Black Snake en 2019 ou Comment je suis devenu super-héros en 2020). Mais il y ajoute évidemment sa patte et son sens du quiproquo, en mettant en scène un comédien, interprète de Badman à l’écran et devenu amnésique après un accident de voiture : découvrant son masque et son costume dans le véhicule, il pense alors être un vrai justicier !
Vous l’avez compris, on est ici dans la lignée de héros très normaux comme Super (2010) ou Kick-Ass (2010), mais passés à la moulinette de l’humour « Bande à Fifi ». C’est, de mon point de vue, le moins réussi des films de Philippe Lacheau. Les gags sont un peu poussifs, et renvoient même une sensation de déjà-vu, alors que le reste de la bande est mal exploité (mention spéciale, tout de même, à la relation beau-père / beau-fils de Tarek Boudali et Julien Arruti). Restent tout de même une belle mise en image, un plan Avengers très malin et un Georges Corraface surprenant en Joker du pauvre baptisé « Le Clown ».
Après deux films sous la barre des 2 millions d’entrées, il était temps de retrouver les cimes du box-office. C’est chose faite avec Alibi.com 2 (2023), qui reste le plus grand succès public de Philippe Lacheau à ce jour avec plus de 4 millions de spectateurs conquis par ce festivals de mensonges, de quiproquos et de gags. Alors qu’il a promis à sa chère et tendre de fermer son agence et de cesser ses mensonges, notre héros doit renoncer à son engagement et mettre en place un dernier stratagème pour empêcher sa belle-famille de rencontrer ses parents, respectivement escroc à la petite semaine et actrice de charme…
Évidemment, rien ne va se passer comme prévu, et on assiste à un double mariage dans deux maisons voisines, Philippe Lacheau devant passer de l’une à l’autre pour assurer une vraie union avec sa fiancée et une fausse union devant ses parents ! Pour l’occasion, du (très) beau monde est convié aux noces, entre Nathalie Baye, Didier Bourdon, Gérard Jugnot, Arielle Dombasle, Georges Corraface, Catherine Benguigui, Reem Kherici, Medi Sadoun, Redouane Bougheraba, Gad Elmaleh et des apparitions surprises de Pascal Obispo et Patrick Fiori ! Le délire culmine avec une garden party où le sens du gag de la bande fait une nouvelle fois merveille.
Attention, carton monumental ! Je vais partager ici une expérience familiale très personnelle : je n’ai JAMAIS vu mes enfants rire autant devant un film que ce Marsupilami (2026), découvert en avant-première il y a quelques jours. Quatorze ans après la version signée Alain Chabat (Sur la piste du Marsupilami, 2012), Philippe Lacheau orchestre une suite-reboot dans laquelle Jamel Debbouze reprend son rôle de Pablito Camaron, protecteur de la faune de la forêt palombienne. Il embarque ici en clandestin sur un bateau de croisière pour empêcher qu’un bébé Marsu ne soit ramené en France.
La très bonne idée du film, c’est de quitter la jungle pour concentrer l’action sur un immense paquebot. Dans cet univers clos, terrain de jeu gaguesque idéal, « Bibi » provoque d’innombrables catastrophes, qui bénéficient une nouvelle fois du timing comique texaveryesque de Philippe Lacheau. Il y a ainsi dans le film (au moins) trois séquences de chutes, de chocs et de gags qui devraient faire résonner les salles obscures de rires bruyants. Et, au-delà de cet humour burlesque et familial (et bien moins sous la ceinture que dans ses précédents films), il y a une vraie émotion touchante dans la relation qui se noue entre un petit garçon et la bestiole, qui prend vie grâce à un savant mélange d’animatroniques et d’images de synthèse. Finalement, ce Marsupilami, c’est un Gremlins très très très fun… et sans aucun doute le futur plus grand succès de son réalisateur (je prends le pari !).













































