« Ils ne savaient pas que c’était impossible… alors ils l’ont fait ! » Je fais mienne cette mémorable citation, attribuée entre autres à Mark Twain, pour la transformer et traduire ma démarche pour ce classement JustWatch : « Il savait que c’était impossible… et il l’a fait quand même ! ». En l'occurrence vous livrer le classement des dix meilleures séries de tous les temps.
Soyons clairs, il y a très peu de chances que nous soyons d’accord. J’ai pourtant essayé de composer une sélection incontestable, à partir de différents sites de notation majeurs. Mais j’ai bien conscience qu’il existe trop d’excellentes séries, entre productions anglo-saxonnes, créations françaises et propositions internationales, pour pouvoir composer un Top 10 définitivement indiscutable.
Mais j’ai essayé, en ne gardant que des séries majeures à l’influence durable (et terminées). A défaut d’être totalement en phase, j’espère que cela vous permettra, a minima, de lancer des programmes trop longtemps remisés sur votre Watchlist.
NB : pour un Top des animé, c’est par ici !
Breaking Bad (2008-2013)
« Say My Name ». Breaking Bad (5 saisons et 62 épisodes) explore comment un homme ordinaire se transforme en criminel. Et redéfinit les standards de la qualité sérielle. Le créateur Vince Gilligan livre ici une exploration psychologique détaillée et passionnante de son anti-héros, Walter White, professeur de chimie sans histoires qui se lance dans la fabrication de méthamphétamine après s’être vu diagnostiquer un cancer incurable. Afin de subvenir aux besoins de sa famille, il s’associe avec un ancien élève devenu trafiquant et va devenir Heisenberg, un véritable monstre capable de lancer à sa femme : « Je n’ai pas peur du danger, je suis le danger. » Dans le rôle principal, Bryan Cranston livre une interprétation absolument mémorable, qui a valu à l’acteur de nombreux prix (notamment 4 Emmy Awards) mais surtout une lettre de félicitations de Sir Anthony Hopkins en personne, subjugué par sa performance. Breaking Bad fait vraiment partie des indispensables à avoir cochés sur sa watchlist, à poursuivre avec la série dérivée Better Call Saul (2015-2022) -que certains trouvent encore meilleure- et le long métrage El Camino : Un film "Breaking Bad" (2019).
Les Soprano (1999-2007)
Les notions de « chef d'œuvre » et de « série indispensable » risquent de revenir souvent dans ce classement. En même temps, on parle de la crème de la crème de ce que la télévision et le streaming nous ont offerts. Les Soprano (6 saisons, 86 épisodes) en est un parfait exemple, elle qui a grandement participé, sous la bannière HBO, à faire entrer les séries dans une nouvelle ère où il n’est pas uniquement question de remplir des grilles de programmes et d’occuper le temps de cerveau disponible des téléspectateurs, mais de livrer des explorations d’univers et des arcs de personnages parfaitement maîtrisés, et des œuvres susceptibles de rivaliser avec le cinéma. Aux commandes du show, David Chase explore en parallèle le parcours criminel, la vie familiale et les séances de thérapie de Tony Soprano (formidable James Gandolfini), parrain d’une famille mafieuse du New Jersey qui partage ses crises d’angoisse avec sa psychiatre (Lorraine Bracco). Jusque dans son dernier épisode, volontairement ambigu, la série brille par sa profondeur psychologique, sa violence et sa volonté de « déglamouriser » le monde du crime à travers ce anti-héros cynique et amoral. Dans le même genre, je peux vous recommander Boardwalk Empire (2010-2014) et Peaky Blinders (2013-2022).
Game of Thrones (2011-2019)
Je ne le conteste pas : le final de Games of Thrones (8 saisons, 73 épisodes) a beaucoup divisé. Mais tout de même, quel monument de la culture séries, et même de la pop culture en général ! Avec des batailles qui ont rivalisé avec ce que peut proposer le cinéma, un univers médiéval de dark fantasy incroyablement réaliste adapté de la saga de George R.R. Martin, des enjeux narratifs et politiques fabuleux et une galerie de personnages mémorables (Tyrion, Jon Snow, Daenerys, Arya Stark, Le Limier, Brienne, Cersei et Jaime, Littlefinger…). Et, à chaque épisode, cette incertitude quant au sort de chacun, ou plutôt cette certitude que PERSONNE n’est à l’abri. Notamment lors des épisodes 9, traditionnel basculement de chaque saison. Si le monde entier a vibré lors des combats contre les Marcheurs Blancs, si personne ne s’est jamais vraiment remis des Noces Pourpres, si on a viscéralement détesté Joffrey Baratheon ou Ramsay Bolton, c’est grâce à l’ambition et l’investissement de D.B. Weiss et David Benioff. Grâce à eux, Westeros a pris vie et se prolonge désormais dans House of the Dragon (2022-) et A Knight of the Seven Kingdoms (2025). « Valar Morghulis ! »
Stranger Things (2016-2026)
Comme Game of Thrones, le grand final et la résolution des aventures de Eleven & Cie dans l’Upside Down a fortement divisé les fans (même si personnellement, j’aime beaucoup). Mais ça n’enlève rien à l'impact global de Stranger Things (5 saisons, 42 épisodes), qui s’est imposé comme un monument de la pop culture moderne, un phénomène collectif comme on en voit peu (le précédent étant… Game of Thrones) et la figure de proue de la vague du revival eighties qui a déferlé sur le monde. La ville de Hawkins, les parties de Donjons & Dragons, les costumes, les coupes de cheveux et les références innombrables qui traversent le programme imaginé par les frères Duffer ont offert aux abonnés Netflix une bouffée de nostalgie réjouissante. Mais ce n’est pas que ça, Stranger Things : c’est aussi une série qui a bouleversé le monde émergent des plateformes, en livrant la première IP streaming mondiale capable de rivaliser avec des blockbusters cinéma en termes de marketing, d’impact et d'envergure. Ce qui n’aurait pu être qu’un plaisir un peu geek est porté par une ambition visuelle folle, qui créé un univers immédiatement iconique (la ville, la cave, le monde à l’envers) nourri de Stephen King, John Carpenter et autres Steven Spielberg. Ce n’est pas qu’un phénomène : si la série a autant marqué, c’est qu’elle est réussie. Et même si la conclusion a déçu certain.es abonné.es, il ne faut pas oublier que le plus important n’est pas tant la destination que le voyage. Et cette épopée 80’s, vécue toutes et tous ensemble sur dix ans, en était un sacré.
Sur écoute (2002-2008)
Avant la claque Breaking Bad, tout amateur de séries à qui on demandait LA « reco » ultime avait de grandes chances de vous répondre Sur écoute (5 saisons, 60 épisodes). The Wire, pour les puristes, est une proposition brillante de David Simon (Treme, The Deuce, We Own This City), qui décrypte les jeux de pouvoirs et les failles systémiques de la ville de Baltimore à travers différents milieux : la police, la criminalité, la politique, les syndicats, la justice, l’éducation, les médias... Chaque saison explore et croise ces différents univers et l’ensemble dresse un tableau ample, tentaculaire, réaliste (la série est tournée en décors réels), passionnant et visionnaire de la société américaine. Le tout porté par un casting impeccable, où se croisent Dominic West, Lance Reddick, Sonja Sohn, Wendell Pierce, Aidan Gillen et les inoubliables Michael K. Williams et Idris Elba, dont les personnages de Omar Little et Stringer Bell sont inscrits au panthéon télévisuel. Complexe et exigeante -et donc plus « niche » que les productions HBO qui ont suivi, Sur écoute fait assurément partie des must-see sériephiles. Elle est d’ailleurs recommandée par Barack Obama, qui en a fait sa série préférée. A poursuivre avec Oz (1997-2003), Gomorra (2014-2021), Ozark (2017-2022) ou Engrenages (2005-2020).
Succession (2018-2023)
75 nominations et 19 trophées aux Emmy Awards -les Oscars de la télévision-, dont trois prix de la Meilleure série dramatique de l’année : Succession (4 saisons, 39 épisodes) est un bijou de noirceur et de cynisme, qui décrypte les relations et interactions personnelles et professionnelles de la famille d’un richissime magnat des médias alors que chacun des quatre enfants (sans compter le gendre et le cousin) se positionne comme un potentiel successeur sur le trône. Ne cherchez pas ici de personnages attachants et inspirants : tout le monde est détestable et dévoré par l’ambition comme par ses propres failles et blessures psychologiques. Autour du patriarche Brian Cox, on adore haïr tour à tour Jeremy Strong, Sarah Snook, Kieran Culkin, Alan Ruck, Matthew Macfadyen ou Nicholas Braun. L’ensemble est une tragédie shakespearienne moderne et une réussite chorale, acide et toxique, avec pour cerise sur le gâteau un générique entêtant et fascinant (qui n’a jamais changé au fil des saisons) qui mêle ritournelle au piano et images de famille en Super 8. Si vous appréciez ces univers où les calculs financiers prennent le pas sur l’humanité et où les dividendes sont préférés aux sentiments, vous devriez jeter un œil à Billions (2016-2023), Mad Men (2007-2015) et Industry (2020-).
Friends (1994-2004)
Durant une décennie, on a vécu au rythme du quotidien new-yorkais de Rachel, Monica, Phoebe, Ross, Joey et Chandler : les Friends (10 saisons, 235 épisodes) ont définitivement redéfini la sitcom américaine, emmenant le genre vers un phénomène culturel majeur. Bien sûr, la série s’inscrit dans une époque et peut sembler un peu en décalage avec les évolutions sociétales modernes (notamment sur les questions de diversité), mais il reste des dialogues hilarants, des séquences cultes devenues des memes (le « pivot !!! » de Ross revient à chaque déménagement), des guests incroyables (de Julia Roberts à Bruce Willis en passant par George Clooney ou Jean-Claude Van Damme !), et surtout une bande d’amis dont on avait toutes et tous l’impression de faire (un peu) partie. Leurs amours, leurs joies, leurs peines, leurs obsessions, leurs évolutions aussi : on a grandi avec Jennifer Aniston, Courteney Cox, Lisa Kudrow, Matt LeBlanc, David Schwimmer et le regretté Matthew Perry (dont la disparition a d’ailleurs été vécue comme un vrai deuil par beaucoup de fans). Le tout dans un huis clos limité à deux appartements et le canapé du Central Perk, qui n’a pourtant jamais donné l’impression de tourner en rond. Le succès du programme Friends : les retrouvailles (2021) a d’ailleurs confirmé l’impact de la série, dont les héritiers ou équivalents seraient Seinfeld (1989-1998), How I Met Your Mother (2005-2014) et The Big Bang Theory (2007-2019).
The Office (2005-2013)
Bien sûr, avant The Office US (9 saisons, 191 épisodes), il y a eu The Office (2001-2003), bijou britannique signé Ricky Gervais et Stephen Merchant. Certains préfèrent d’ailleurs l’original, mais il faut bien avouer que c’est sa cousine américaine qui a fait du faux documentaire dans les bureaux de l’entreprise de papier Dunder Mifflin un joyau télévisuel. En s’attachant à suivre des personnages banals et un peu médiocres -mais profondément attachants- dans un open space sinistre, et en embrassant les effets du genre documentaire (avec des silences souvent gênants ou des regards caméra mémorables), le show a porté le malaise et le cringe au rang d’art. Les personnages, qu’il s’agisse de Michael (Steve Carrell, absolument génial), Dwight (Rainn Wilson), Jim (John Krasinski) ou Pam (Jenna Fischer), sont devenus pour nous des collègues télévisuels. Et des sources infinies de GIFs qui inondent la moindre conversation Whatsapp. Quand le bureau de The Office a fermé ses portes, tout le monde s’est senti un peu orphelin, même si des héritiers (Parks and Recreation, Brooklyn Nine-Nine) ou des dérivés (The Paper, The Office, Le Bureau…) ont renoué avec l’esprit.
Frères d’armes (2001)
En s’attachant aux pas de la Easy Company, une unité de soldats américains pendant la Seconde Guerre mondiale, Steven Spielberg et Tom Hanks prolongent Il faut sauver le soldat Ryan (1998) dans un programme devenu LA série de guerre incontournable. Plus que M.A.S.H (1972-1983), Les Têtes brûlées (1976-1978) ou L'Enfer du devoir (1987-1990). Cette série, c’est Frères d’armes / Band of Brothers (1 saison, 10 épisodes), qui raconte le conflit à hauteur d’hommes. Comme dans Soldat Ryan, c’est le réalisme et l’humanité qui priment ici. Avec une escouade extrêmement attachante où l’on croise des visages qui feront le cinéma et les séries des années suivantes : Damian Lewis, Neal McDonough, Michael Fassbender, David Schwimmer, Colin Hanks, Stephen Graham, Tom Hardy, Simon Pegg, Dominic Cooper, James McAvoy, Andrew Scott… Il se dégage de l’ensemble un vrai sentiment de fraternité, mais aussi un respect des vétérans et une ambition cinématographique rare (à l’époque en tout cas). Et une retranscription des combats réellement saisissantes, comme avait pu l'être la scène d'ouverture de Soldat Ryan trois ans plus tôt. A poursuivre avec Band of Brothers : L’Enfer du Pacifique (2010) et Masters of the Air (2024).
Kaamelott (2005-2009)
Je sais que cette dernière entrée provoquera potentiellement des désaccords, voire des cris scandalisés. Mais j’assume d’intégrer Kaamelott (6 saisons, 458 épisodes) à cette sélection, car la série est pour moi un vrai incontournable. Au-delà de ses personnages décalés et de la volonté d'Alexandre Astier de revisiter la légende arthurienne par le prisme de l’humour et d’une approche terre-à-terre réjouissante (ici pas d’héroïsme, tout le monde est un peu nul), j’adore l’évolution du format. Kaamelott part d’une shortcom légère et amusante (et même du court métrage Dies Irae, 2003) pour se diriger vers des épisodes de plus en plus longs, ambitieux et sombres. A ce titre, le parcours d’Arthur Pendragon est réellement fascinant, passant d’un roi un peu taciturne entouré d’incapables à un homme suicidaire vidé de toute lumière. La série tourne en boucle chez moi, littéralement, et je continue à y découvrir des choses nouvelles à chaque visionnage. Avec un vrai coup de cœur pour la saison 6, qui revisite la jeunesse d’Arthur à Rome et les débuts de la Table Ronde. Au sein de la production française, j’ai bien conscience qu’on pourrait citer Le Bureau des légendes (2015-2020), Un village français (2009-2017), Dix pour cent (2015-2020) ou Bref / Bref 2 (2011-2025), mais Kaamelott reste mon chouchou, qui prolonge son univers en BD et au cinéma (Kaamelott Premier Volet, Kaamelott Deuxième Volet partie 1).
















































































































