
Yoann Sardet
On réduit trop souvent la « Hallyu » -le nom donné à la vague culturelle venue de Corée du Sud depuis le début des années 2000- au cinéma de Bong Joon-ho (Parasite) et Park Chan-wook (Oldboy) et aux stars de la Kpop. Ce serait oublier l’impact des K-dramas, popularisés par les plateformes de streaming. Et certains de leurs visages incontournables, dont le comédien Lee Min-ho fait assurément partie.
Celui qui se rêvait un temps footballeur professionnel est ainsi devenu un acteur de premier plan, ainsi qu’un mannequin et chanteur parallèlement à sa carrière sur les plateaux. Depuis 2009, il s’est imposé, dans son pays mais aussi à l’international, comme l’un des nouveaux talents les plus populaires de la production sud-coréenne aux côtés de Hyun Bin, Kim Soo-hyun et Ji Chang-wook. JustWatch vous dit tout de ses rôles les plus notables.
Boys Over Flowers (2009)
C’est en 2009 que le public sud-coréen -et plus largement asiatique- s’enflamme pour Lee Min-ho. Dans la série Boys Over Flowers (2009), disponible par la suite sur Netflix, il incarne Gu Jun-pyo, leader d’un groupe de (très) riches élèves -baptisé F4- dans un lycée d’élite. Arrogant et méprisant, il va toutefois évoluer au contact de Geum Jan-di (Koo Hye-sun), une jeune femme d’origine modeste qui va changer ses perspectives et le révéler à lui-même. Adapté du manga japonais Hana Yori Dango de Yōko Kamio et transposé à la culture sud-coréenne, ce K-drama romantique à souhait est devenu un classique du genre, à rattraper en 25 épisodes seulement. D'autres versions de cette histoire existent : Meteor Garden (2001, Taïwan), Hana Yori Dango (2005, Japon), Le Jardin des Météores (2018, Chine), The Four Bad Boys and Me (2020, Philippines) ou encore F4 Thaïland : Boys Over Flowers (2021, Thaïlande)
Personal Taste (2010)
Un an plus tard, Lee Min-ho confirme son statut d’étoile montante avec une nouvelle série, Personal Taste (2010), qui lui vaut des citations pour des prix d’interprétation et qui montre surtout que sa palette de jeu ne se limite pas aux rôles de jeunes riches qu’on adore détester. Dans les 16 épisodes de cette romcom plus adulte, il incarne un architecte qui emménage avec une créatrice de meubles en se faisant passer pour gay à la suite de plusieurs quiproquos. Cette cohabitation va évidemment rapprocher les tourtereaux et faire battre le cœur des spectatrices et spectateurs, en dépit de clichés aujourd’hui quelque peu datés. Drôle, tendre et doux, le show vaut aussi pour ses décors et notamment une maison hanok traditionnelle assez peu vue à l’écran à l’époque.
City Hunter (2011)
Si vous espériez voir Lee Min-ho en Nicky Larson / Ryo Saeba, vous allez quelque peu déchanter. Dans City Hunter (2011), pourtant très librement inspiré du manga culte de Tsukasa Hōjō, le comédien ne campe pas un détective privé amateur de jolies femmes mais un jeune homme formé dès son plus jeune âge à venger les assassins de son père. Menant une double-vie, il parvient à s’infiltrer au cœur de la Maison-Bleue (la résidence officielle du Président de la République) où il va tomber amoureux d’une garde du corps (Park Min-young). Ce mélange réussi d’action, d’espionnage et de romance en 20 épisodes a été plébiscité en Corée du Sud et à l’international, et a valu à Lee Min-ho les Korea Drama Awards du Meilleur acteur et de la Hallyu Star. Pour d’autres visions, beaucoup plus fidèles, de l’œuvre de Tsukasa Hōjō, jetez un oeil à Nicky Larson (1987-1991), Niki Larson (1993), Nicky Larson et le Parfum de Cupidon (2019) et Nicky Larson (2024).
The Heirs / Inheritors (2013)
Retour au lycée d’élite pour Lee Min-ho. Quatre ans après Boys Over Flowers (2009), le comédien retrouve un rôle similaire à celui qui a fait sa renommée dans The Heirs / Inheritors (2013). Riche héritier d’un vaste conglomérat sud-coréen, charmeur mais tourmenté, il y est confronté à la rivalité, la trahison, l’amitié, le devoir familial et l’amour, alors qu’il doit faire des choix majeurs pour son avenir. Les 20 épisodes du programme, supervisés par la papesse du K-drama Kim Eun‑sook (Secret Garden, A Gentleman’s Dignity), ont eu là encore un impact très fort, grâce à leur écriture, au cadre luxueux, à la bande originale et à la romance impossible entre deux amants issus de classes sociales différentes.
Gangnam 1970 (2015)
Pour son premier long métrage en tête d’affiche, Gangnam 1970 (2015), Lee Min-ho casse son image de jeune premier de K-drama. Sous la direction de Ha Yoo -qui signe ici le dernier volet de son triptyque sur l’ambition et la misère sociale après Once Upon A Time in High School (2004) et A Dirty Carnival (2006), il plonge dans un univers violent, au moment où le quartier en devenir de Gangnam, à Séoul, est au centre de toutes les convoitises. Entre gangs criminels, arnaques immobilières et corruption politique, ce polar d'action néo-noir offre à Lee Min-ho l’un de ses rôles les plus sombres et complexes face à la violence, la trahison et la loyauté, et lui vaut de nombreux prix et nominations. Ainsi que la confirmation que son statut de star va bien au-delà des séries, puisque le long métrage attire plus de 2 millions de spectateurs au cinéma en Corée du Sud.
Bounty Hunters (2016)
Bounty Hunters (2016), c’est la rencontre entre deux stars en puissance : d’un côté, le Sud-Coréen Lee Min-ho ; de l’autre le Hongkongais Wallace Chung. Dans la peau de deux anciens agents d’Interpol reconvertis en chasseurs de primes, ils se retrouvent traqués par leurs confrères et consœurs alors qu’un complot international fait d’eux les principaux suspects d’une série d’attentats. Résolument fun et explosif, le film est un divertissement assumé, qui a pour ambition de proposer un blockbuster panasiatique, avec ce que cela suppose d’action, de comédie, de romance, de lieux paradisiaques et de comédiens en vogue. Dont Lee Min-ho, qui assoit un peu plus sa popularité en Asie et montre qu’il peut être crédible en héros de superproduction. Pensé comme le premier opus d’une franchise, Bounty Hunters n’a pas encore eu de suite.
The Legend of the Blue Sea (2016-2017)
The Legend of the Blue Sea (2016-2017, 20 épisodes) est un K-drama romantique, tragique, fantastique et… comique. Oui, tout ça à la fois ! Et c’est surtout un écrin ambitieux qui offre à Lee Min-ho l’occasion de briller dans un double rôle, historique et moderne, puisque la série, inspirée d’une légende sud-coréenne, raconte la romance entre une sirène et un humain à deux époques différentes à travers une histoire de réincarnation et de capsule temporelle. Au centre de cette production fantasy, l’alchimie du couple Lee Min-ho / Jun Ji-hyun est de tous les plans, au point de remporter le SBS Drama Award du Meilleur couple. Si vous avez aimé Chicago Typewriter (2017) ou Bride of the Water God (2017), n’hésitez pas à plonger pour ce show tourné entre la Corée du Sud et l’Espagne. Et pour voir Lee Min-ho revoyager à travers le temps, ça se passe dans Faith (2012).
The King: Eternal Monarch (2020)
Après son service militaire, réalisé entre 2017 et 2019, Lee Min-ho retrouve le chemin des plateaux avec The King: Eternal Monarch (2020). Dans cette série ambitieuse en 16 épisodes, il incarne l’Empereur du Royaume de Corée qui, à travers un portail magique, trouve le chemin d’un monde parallèle et alternatif où son pays est une République. Comme dans The Legend of the Blue Sea (2016-2017), le comédien s’illustre ici dans un double rôle (chaque personnage du show a un alter-ego dans l’autre univers) face à Kim Go-eun en policière / criminelle. Il retrouve pour l’occasion la scénariste Kim Eun-sook, déjà à l'œuvre sur The Heirs (2013), qui marie ici l’épique et l’intime tout en apportant un renouveau et une complexité aux codes du K-drama. Très attendu en Corée du Sud, The King: Eternal Monarch connaît toutefois un destin en deçà des attentes, marqué par des retours mitigés, des critiques sur des placements de produits très visibles et des polémiques sur certains choix narratifs et visuels. Cela n’a pas empêché le show de toucher un très large public international grâce à sa diffusion sur Netflix, notamment en Inde, aux Philippines et aux Etats-Unis. A recommander aux fans de Goblin (2016), Mr. Queen (2020) ou Queen In Hyun’s Man (2022).
Pachinko (2022-)
On ne le dira jamais assez : Apple TV+ est un vivier de pépites sérielles trop souvent méconnues… voire ignorées. A l’image de Pachinko (2 saisons et 16 épisodes depuis 2022), qui a fait son chemin jusqu’aux Emmy Awards, aux BAFTAs et aux Critics Choice Awards. Entre la Corée, le Japon et les Etats-Unis, on y suit les espoirs et les rêves de quatre générations d’une famille d’immigrés coréens, alors qu’ils quittent leur pays et cherchent inlassablement à survivre et s’épanouir. L'histoire est racontée à travers les destins de Sunja (Minha Kim / Youn Yuh-jung) au début du XXème siècle et de son petit-fils Solomon (Jin Ha) dans les années 1980, Lee Min-ho incarnant un homme d’affaires ambitieux, complexe et ambigu. Aussi dense que touchante, cette fresque supervisée par Soo Hugh d’après le roman de Min Jin Lee et mise en images -entre autres- par Kogonada, est un véritable bijou. Et même l'une des meilleures séries récentes. Bonne nouvelle, elle a été renouvelée pour une saison 3.
Ask the Stars (2025)
Un K-drama… dans l’espace ! C’est la promesse de Ask the Stars (2024), qui orchestre la rencontre entre un touriste spatial (Lee Min-ho) et une astronaute aux commandes d’une station orbitale (Gong Hyo-jin). Une romance dans les étoiles ? Oui… mais pas que pour cette série en 16 épisodes disponible sur Netflix en France, qui joue certes la carte de la romcom en apesanteur mais qui se permet d’aller chercher des enjeux plus dramatiques, notamment lors d’un final qui a surpris -pour ne pas dire choqué- les abonné.es. On retiendra aussi du show sa capacité à immerger le public au cœur de cette station spatiale, avec des décors crédibles et des effets visuels aboutis.































