Nicholas Hoult, c’est un caméléon. Il peut être le mutant le plus poli de l’univers Marvel, un zombie romantique, un tsar incontrôlable ou un lycéen manipulateur. Depuis ses débuts dans Pour un garçon, il trace une trajectoire pleine de virages : blockbusters, comédies acides, drames élégants.
Tour à tour lunaire, intense, drôle ou dérangeant, Hoult s’impose sans forcer, avec cette capacité rare à s’effacer dans le personnage. Il est de retour sur grand écran dans Superman (2025) en prenant le rôle d’un Lex Luthor redoutable, froid et méthodique. C’est l’occasion de revenir sur ses meilleurs rôles au cinéma ou à la télévision. Voici où (re)découvrir ses rôles les plus mémorables, entre gros budget et cinéma de caractère.
Mad Max: Fury Road (2015)
Dans un désert post-apocalyptique ravagé par la guerre et la pénurie, Max finit par s’allier à Furiosa dans une tentative de libération des épouses d’un tyran. « What a lovely day! » Dans Mad Max: Fury Road, Hoult campe Nux, un War Boy fanatique élevé dans le culte d’Immortan Joe. Physique décharné, crâne rasé, yeux fous : il part pour mourir glorieux. Mais au fil du chaos, sa trajectoire change, petit à petit. Hoult donne à ce personnage extrême une vulnérabilité inattendue. Il joue la dissonance : la foi absolue qui vacille, l’enfant-soldat qui découvre l’humanité. C’est un rôle de contrastes, de silences expressifs, de gestes hésitants, qui semble binaire dans un premier temps, mais se révèle être bien plus nuancé qu'on ne le pense. Dans ce monde rugissant, il devient un cœur battant. Une présence marquante, dans un film qui hurle — et pourtant, c’est lui qu’on retient, comme une voix intérieure au milieu du vacarme.
Superman (2025)
Clark Kent tente de concilier son héritage kryptonien avec les attentes du monde, face à un Lex Luthor redoutable. Avec Superman, James Gunn lance une nouvelle ère DC. Hoult y incarne Lex Luthor, version 2025 : pas de rire démoniaque, mais une froideur méthodique. Derrière le costume soigné, un cerveau affûté, un manipulateur sans éclat, mais redoutable. Hoult joue l’intelligence comme une arme silencieuse. Pas besoin de lever la voix, il suffit d’un ton posé, d’un regard coupant. Ce Lex-là est ancré dans le réel : businessman, stratège, presque crédible. Ce n’est pas un monstre, c’est un reflet déformé de notre époque. Et c’est ce qui le rend terrifiant. Hoult livre ici une performance de surface calme, sous laquelle bouillonne une ambition implacable.
La Favorite (2018)
En Angleterre au XVIIIe siècle, deux cousines se disputent les faveurs de la Reine Anne. Avec sa perruque imposante et ses manières doucereuses, Robert Harley pourrait n’être qu’un décor dans La Favorite (2018). Mais Hoult en fait un instrument de discorde. Il joue la cour avec le sourire, mais derrière les courbettes, l’œil est acéré. Harley n’est jamais là par hasard. Hoult distille la menace en costume d’apparat, le venin dans l’élégance. Il n’a pas besoin de monologue : un simple haussement de sourcil suffit. Il donne à ce rôle secondaire une texture délicieusement vénéneuse. Face à un trio féminin incendiaire, il trouve sa place en finesse, glissant dans les interstices du pouvoir. Une touche de poison dans ce ballet baroque.
Le Menu (2022)
Un couple se rend sur une île pour un dîner de prestige… mais le chef a un menu bien particulier en tête. Tyler, le foodie insupportable de Le Menu (2022), c’est l’un des rôles les plus irritants (et réussis) de Hoult. Tout dans sa performance sonne juste : la prétention creuse, l’admiration aveugle, l’absence totale de recul. Il ne joue pas un méchant, mais un homme vide, noyé dans son obsession. Hoult le rend pathétique sans forcer, avec une ironie douce. On ne le hait pas : on le plaint. Il représente l’élite qui veut appartenir à un monde qu’il ne comprend pas. Et il le fait avec une sincérité désarmante. Une satire brillante, et une leçon d’interprétation dans l’art de ne pas en faire trop.
A Single Man (2009)
En 1962, un professeur d’université tente de faire face à la perte brutale de son compagnon. Kenny, l’étudiant lumineux dans la grisaille d’un deuil, c’est le contrepoint silencieux à la douleur de Colin Firth. Hoult ne cabotine jamais. Dans A Single Man (2009), il glisse dans ce rôle avec une douceur rare. Il n’impose rien, mais il existe, pleinement. Par sa seule présence, il fait naître des possibilités, des échappées. Son jeu est fait d’infimes mouvements : une inflexion dans la voix, un léger sourire, un regard tenu un peu trop longtemps. Kenny devient l’incarnation du « et si… ». Une figure évanescente, mais essentielle. Dans ce film raffiné, Hoult est la brèche par où passe un peu de lumière.
The Banker (2020)
Deux entrepreneurs afro-américains contournent les lois raciales pour investir dans l’immobilier avec un prête-nom blanc. Matt Steiner, c’est le type banal qu’on met en première ligne parce qu’il a la bonne couleur de peau. Dans The Banker (2020), Hoult joue ce rôle inconfortable avec un mélange de gêne assumée et d’ambition vacillante. Il n’est ni complice, ni héros. Juste un maillon du système. Hoult n’en fait jamais trop : il laisse les dilemmes exister, sans les résoudre. Il incarne cette Amérique silencieuse, qui navigue entre opportunisme et malaise. Un rôle en creux, tout en demi-teinte, mais qui interroge sans poser de jugement. Sa performance est celle d’un homme qui comprend trop tard ce qu’il représente. Subtil, précis, troublant.
Juré n°2 (2024)
Un juré cache un lien personnel avec une affaire de meurtre et lutte avec sa conscience pendant le procès. Dans le thriller Juré n°2 (2024) signé Clint Eastwood, Hoult devient un homme ordinaire pris dans une situation impossible. Justin Kemp, juré apparemment sans histoire, cache une vérité compromettante. Et c’est tout le génie du film : faire monter la tension de l’intérieur. Hoult adopte une sobriété glaçante. Il ne fait pas de grands gestes, il laisse le doute s’installer. On lit tout sur son visage : la peur, la culpabilité, l’indécision. Il maîtrise l’art du silence inquiet. Ce rôle prouve qu’il sait porter un film sans en avoir l’air. Une performance sur le fil, tendue, étouffée, qui vous suit longtemps après le générique.
The Great (2020-2023)
Une version satirique et anachronique de l’ascension de Catherine II dans la Russie impériale. Pierre III de Russie, sous la plume acide de The Great (2020 - 2023), devient un tyran grotesque et hilarant. Hoult y va à fond : il hurle, ricane, pleure, aime et tue — parfois tout ça dans la même scène. Mais au-delà du clown tyrannique, il donne de l’épaisseur à ce souverain absurde. C’est du théâtre total, avec une jubilation contagieuse. Il joue avec la langue, le corps, les ruptures de ton. Rarement un acteur aura eu autant de liberté — et rarement il en aura fait un tel usage. Une performance explosive, qui prouve à quel point Hoult sait transformer la démesure en or.
Skins (2007-2008)
Des ados britanniques naviguent entre excès, amours et crises existentielles dans un lycée de Bristol. Tony, dans Skins (2007-2013), c’est le garçon trop intelligent pour son propre bien. Manipulateur, charmeur, parfois cruel. Et pourtant, on sent qu’il joue un rôle, qu’il cache quelque chose. Hoult, tout jeune, apporte déjà une intensité étonnante. Il capture l’arrogance adolescente, mais aussi les failles. Il donne à Tony une complexité rare pour un ado de série. Skins, c’est une révolution télévisuelle, et Hoult en est un pilier. Ce rôle l’a lancé, mais il reste marquant par sa finesse. Il aurait pu jouer l’insupportable. Il a préféré jouer l’humain.
Warm Bodies (2013)
Un zombie amorce sa transformation en humain après être tombé amoureux d’une jeune survivante. Un zombie qui tombe amoureux ? Sur le papier, Warm Bodies (2013) sent la parodie. Mais Hoult le prend au sérieux. Il joue « R » avec un mélange de gaucherie et de grâce. Son regard dit plus que les mots qu’il n’a pas. Il rend crédible une histoire d’amour entre un mort et une vivante. Il donne au zombie une âme, sans forcer. Le film devient une métaphore douce sur la solitude, la renaissance, la connexion. C’est bizarre, tendre, étrange. Et Hoult est le cœur battant de cette fable désaxée. Une prouesse d’équilibre entre l’absurde et l’émotion.
Tolkien (2019)
Le biopic retrace la jeunesse de J.R.R. Tolkien, entre amitié, amour et guerre, jusqu’à la naissance de son œuvre. Avant les anneaux et les orcs, il y avait un jeune homme qui aimait les mots. Dans Tolkien (2019), Hoult incarne l’auteur en devenir avec une retenue pleine de charme. Il ne fait pas du grandiloquent : il suggère. Chaque silence devient une phrase. Chaque regard, une idée en germe. Il dessine un portrait discret, mais chargé. On sent le poids des souvenirs, la blessure de la guerre, l’élan de la création. Il ne surjoue rien. Il écoute, il rêve, il doute. Et c’est ce qui rend ce Tolkien-là si touchant. Une performance fine, à l’image de son sujet.
Pour un garçon (2002)
Un garçon solitaire bouleverse la vie d’un célibataire immature dans Pour un garçon (2002), cette comédie dramatique touchante. Marcus, 12 ans, est loin des enfants stars. Il est maladroit, froncé, un peu cassé. Et Hoult, à cet âge, joue déjà juste. Il ne cherche pas à attendrir : il existe. Avec sa mère paumée, son pull moche et son regard perdu, il rend ce gamin inoubliable. Sa relation avec le personnage d’Hugh Grant est le cœur battant du film : bancale, drôle, salvatrice. C’est là que tout a commencé, mais ce n’est pas un simple « début prometteur ». C’est un vrai rôle, tenu à hauteur d’enfant, sans tricher. Et ça, c’est rare.
Où voir les films et séries avec Nicholas Hoult ?
De la comédie satirique à l’action post-apocalyptique en passant par les drames intimistes, Nicholas Hoult a exploré une grande variété de genres. Pour voir ces films et séries en streaming, cliquez sur les logos ci-dessous pour afficher ceux disponibles avec vos abonnements, ou utilisez « réinitialiser » pour explorer le meilleur de sa filmographie.


























































































































