
Jaafar Jackson et 10 acteurs qui ont incarné un membre de leur propre famille à l’écran
Certains biopics jouent la carte de la transformation majeure, en amenant leur interprète à se fondre dans la peau de celui ou celle à qui ils donnent vie. Par exemple Rami Malek, bluffant en Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody (2018). D’autres productions prennent le contrepied, en misant sur la capacité d’un.e comédien.ne à saisir l’essence du modèle : la distribution de I’m not there (2007), Cate Blanchett en tête, avait ainsi retranscrit avec brio différentes facettes de Bob Dylan à l’écran.
Et puis il y a, parfois, des biopics qui vont chercher « la pomme non loin de l’arbre », en confiant le rôle à un membre de la famille, à l’image de Ian Shaw rejouant son père Robert Shaw dans la pièce de théâtre The Shark Is Broken, sur les coulisses du tournage des Dents de la Mer (1975). Entre mimétisme et hommage à un glorieux aïeul, je vous partage quelques exemples de stars qui ont interprété un.e de leurs proches à l’écran.
Jaafar Jackson a joué son oncle
C’est LA performance du moment. Dans Michael (2026), Jaafar Jackson se glisse dans le(s) costume(s) de son illustre oncle Michael Jackson. Les producteurs du long métrage ont longtemps cherché la perle rare, capable de redonner vie au Roi de la Pop, et c’est en croisant le jeune chanteur de Got Me Singing et Confused -et fils de Jermaine Jackson- qu’ils lui ont proposé un boot-camp intense pour saisir la gestuelle, la danse, la voix et la personnalité de la star. Avec, également, des cours de comédie car il s’agit de la première apparition au cinéma de Jaafar Jackson. Une apparition remarquée, qui est globalement plébiscitée là où le biopic réalisé par Antoine Fuqua divise critiques et spectateurs.
Dwayne Johnson a joué son père
Dans Young Rock (2021-2023), Dwayne Johnson revisite sa jeunesse et son parcours, assurant la narration de la série alors que Adrian Groulx, Bradley Constant et Uli Latukefu se succèdent au fil des épisodes et des époques pour incarner l’acteur-catcheur. Le show met également en scène l’incontournable Rocky Johnson (campé par Joseph Lee Anderson), père de The Rock et légende du catch des années 70. Ce dernier avait par le passé déjà incarné son illustre paternel : c’était dans la série That 70’s Show (S1E15, 1999). L’épisode That Wrestling Show, qui marquait le tout premier rôle de fiction de la future star d’Hollywood, plonge dans les coulisses d’un événement sportif, où Eric (Topher Grace) rencontre l’idole de son père : Rocky « The Soulman » Johnson à qui son fiston rend hommage grâce notamment à une perruque afro du plus bel effet. C’est non seulement un clin d'œil méta touchant, mais c’est aussi l'acte de naissance de « Dwayne Johnson acteur ».
Géraldine Chaplin a joué sa grand-mère
Dans la famille Chaplin, le talent traverse les générations. A l’image des cousins James Thierrée et Oona Chaplin, petits-enfants de la légende du cinéma muet. Ou de Géraldine Chaplin qui, après des débuts dans les films de son père, s’est forgée une très belle filmographie avec des rôles chez Carlos Saura, Claude Lelouch, David Lean, Jacques Rivette, James Ivory, Robert Altman, Alain Resnais ou Juan Antonio Bayona. Et je n’oublie évidemment pas Richard Attenborough qui, parallèlement au tournage de Jurassic Park (1993) où il campe John Hammond, réalise le biopic Chaplin (1992) avec Robert Downey Jr. dans le rôle-titre. Géraldine Chaplin y incarne alors sa propre grand-mère, Hannah Chaplin, qui a été centrale dans le parcours personnel et artistique de l'interprète de Charlot, avec qui elle avait une relation complexe. La comédienne a par ailleurs aidé Robert Downey Jr. à entrer dans ce rôle écrasant.
O’Shea Jackson a joué son père
On aurait pu crier (hurler, même) au nepo-baby : pourtant, on ne peut que valider la performance de O’Shea Jackson dans N.W.A: Straight Outta Compton (2015). Dans ce biopic dédié à la naissance du groupe culte du gangsta-rap à la fin des années 80 à Los Angeles, le comédien joue le rôle de Ice Cube, membre de la célèbre formation « Niggaz With Attitudes » aux côtés de Eazy-E, MC Ren, Dr. Dre et DJ Yella. Le rappeur (et acteur à ses heures perdues) n’est autre que le propre père du jeune comédien à la ville ! En tant que producteur du biopic, il a donc validé l’engagement de son rejeton et validé sa performance, fruit de deux ans de travail et de préparation pour restituer à l’écran la rage froide de son paternel.
Christopher Jordan Wallace a joué son père
On reste dans le biopic musical -et spécifiquement rap- avec Notorious B.I.G. (2009), qui retrace la vie, l'œuvre et la mort prématurée de Christopher Wallace, véritable légende du hip-hop de la Côte Est, mort assassiné en mars 1997 à l’âge de 24 ans. Porté par la mère du chanteur, le projet de biopic s’est concrétisé devant la caméra de George Tillman Jr. (The Hate U Give), avec Jamal Woolard dans le rôle de « Biggie Smalls » (l'acteur a pris une vingtaine de kilos pour le rôle). Les scènes présentant l’enfance du dealer de Brooklyn devenu artiste sont, elles, incarnées par Christopher Jordan Wallace, son propre fils. Elles sont donc traversées d’une émotion très particulière.
Sophia Loren a joué sa mère
Produit à partir de l'autobiographie de la comédienne (et totalement contrôlé par cette dernière), Sophia Loren: Her Own Story (1980) est un autobiopic (comme 8 Mile avec Eminem) qui retrace la jeunesse, la vie et le parcours de l’icône du cinéma italien. Devant la caméra de Mel Stuart, Sophia Loren joue non seulement son propre rôle à l'âge adulte, mais également celui de sa mère, Romilda Villani, ce qui apporte une vraie profondeur et une vraie émotion (Sophia Loren confiera avoir été bouleversée en tournant certaines séquences)... mais aussi un aspect presque vertigineux quand l’actrice joue sa mère face à la jeune Ritza Brown la jouant elle ! Si ce long téléfilm (près de 3 heures) tombe parfois dans l’hagiographie, il n’occulte pas certains aspects sombres de la vie de cette grande dame du 7ème art.
Mario Van Peebles a joué son père
Entre l’autobiopic et le making-of fictionné, Baadasssss! (2004) est à la fois un hommage au cinéma et un hommage d’un fils à son père. Mario Van Peebles y retrace le tournage de Sweet Sweetback's Baadasssss (1971), film-fondateur de la blacksploitation réalisé par son papa Melvin Van Peebles… et dans lequel Mario Van Peebles incarnait son géniteur enfant (vous suivez ?). L’acteur-réalisateur (que j’adore et qui n’a pas, à mon sens, eu la carrière qu’il méritait) connaît donc très bien les coulisses, et il retranscrit à l’écran cette page majeure de l’histoire du cinéma et l’énergie du plateau, mais aussi le caractère impétueux et obsessionnel d’un paternel habité par une rage de filmer et de créer. Un Melvin Van Peebles qui s’invite d’ailleurs à la fin du long métrage, comme une validation.
Ruth Wilson a joué sa grand-mère
Comme Géraldine Chaplin, Ruth Wilson a incarné sa propre aïeule à l’écran. Mais contrairement au biopic très classique qu'est Chaplin, la mini-série Mrs. Wilson (2018) explore des secrets de famille majeurs alors qu’Alison Wilson, la grand-mère de la comédienne, découvre, quand une autre Madame Wilson se présente à la porte, que son défunt mari menait une double, voire triple voire quadruple vie, entre différentes familles et des missions d’espionnage pour le MI6 ! Cette femme amoureuse devient dès lors une veuve brisée et trahie, qui va mener une enquête difficile pour comprendre qui pouvait bien être son époux tout en protégeant ses enfants (parmi lesquels figure le père de Ruth Wilson) de ces révélations. Cette histoire bouleversante racontée à travers trois épisodes a notamment permis à certains descendants d'Alexander Wilson (joué par Iain Glen) de se rencontrer pour la première fois.
Shia LaBeouf a joué son père
Si le talent de Shia LaBeouf n'est plus à prouver, le comédien s’est aussi illustré par de nombreuses frasques et un comportement problématique. Les racines de ses errances trouvent un éclairage dans Honey Boy (2019), qu’il a lui-même écrit dans le cadre d’une cure de désintoxication. Comme pour exorciser ses propres démons, l’acteur revient sur sa relation toxique et abusive avec son père, un ancien vétéran du Vietnam confronté à des problèmes d'alcool et de drogue et avec qui il vivait dans un motel miteux alors qu’il faisait ses débuts sur Disney Channel. Si le personnage principal a été rebaptisé Otis Lort (il est incarné par Noah Jupe puis par Lucas Hedges), c’est un véritable double de Shia LaBeouf qui campe, lui, son propre géniteur. C’est donc un journal intime à vif qui nous est proposé ici, où une victime incarne son agresseur à des fins thérapeutiques (et artistiques). Avec un prix à Sundance à la clé.
Melissa Rivers a joué sa mère
Dans Joy (2015) de David O. Russell, on suit le destin incroyable mais vrai de Joy Mangano (campée par Jennifer Lawrence), une mère divorcée qui invente, presque par accident, le balai-serpillère auto-essorant. Convaincue du potentiel de sa création, elle traverse de nombreuses épreuves et embûches, et passe notamment par des plateaux de télé-achat pour présenter son invention. C’est dans ce cadre que Melissa Rivers reprend le rôle de sa propre mère, Joan Rivers, icône de la télévision américaine qui participa grandement au succès de Joy Mangano. Décédée peu avant le tournage, l’animatrice est ramenée à la vie par sa fille, qui livre une prestation incarnée dans un rôle forcément chargé en émotions.
















































