Si Vin Diesel est indissociable de la « famille » Fast & Furious et du personnage de Dominic Toretto, il a trois autres franchises à son actif au sein de sa filmographie musclée. Les Gardiens de la Galaxie (et plus largement le Marvel Cinematic Universe) où il prête sa voix à Groot ; la trilogie xXx où il joue les espions tatoués et adeptes des sports extrêmes ; et l’univers SF consacré à Richard B. Riddick.
Riddick, c’est un anti-héros galactique, nyctalope et multimédia lancé sur les écrans en 2000 et décliné depuis en films, en jeux vidéo (Escape from Butcher Bay et Assault on Dark Athena) et en courts métrages (Les Chroniques de Riddick: Dark Fury et Riddick: Blindsided). Alors que le premier chapitre de ses chroniques spatiales fête ses 25 ans, JustWatch vous dit où voir et revoir ces classiques de la dark sci-fi !
Les Chroniques de Riddick: Pitch Black (2000)
Attention, pépite ! Deux ans après son rôle dans Il faut sauver le soldat Ryan (1998) et un an avant d’exploser sur la scène internationale avec Fast & Furious (2001), Vin Diesel prête son impressionnante carrure à un personnage qui marque instantanément les fans de science-fiction. Goggles noires, débardeur, crâne rasé : le mystérieux et mutique Richard B. Riddick fait ses débuts dans Pitch Black (2000). Avec quelques passagers, dont le chasseur de primes qui l’avait arrêté et le ramenait vers sa prison, le criminel nyctalope (il voit dans le noir depuis une opération chirurgicale prodiguée en prison) a survécu au crash de leur vaisseau sur une planète inconnue. Et il devient la meilleure chance de survie du groupe, alors que des créatures nocturnes profitent de la longue éclipse qui s’annonce pour émerger des profondeurs.
Malgré son budget limité, le survival de David Twohy est une réussite, qui devrait plaire aux amateurs de films de traque, où un petit groupe de survivants est pris en chasse par des créatures. On pense à des longs métrages comme Predator (1987), Tremors (1990), Planète Hurlante (1995), Starship Troopers (1997) ou la franchise Sans un bruit (2018). Mais Pitch Black trouve sa propre identité grâce à une approche visuelle efficace (soleil aveuglant puis une nuit noire qui donne son titre au film, et où l’on ne voit quasiment rien façon The Descent), des monstres inédits entre le requin marteau et le ptérodactyle imaginés par l’expert Patrick Tatopoulos (à l'œuvre sur Stargate, Independence Day et Underworld) et surtout ce personnage de anti-héros solitaire et nihiliste qui n’est pas sans rappeler le Snake Plissken de New York 1997 (1981) et Los Angeles 2013 (1996).
Les Chroniques de Riddick (2004)
Devenu l’un des nouveaux visages du cinéma d’action hollywoodien grâce à Fast & Furious (2001) et xXx (2002), Vin Diesel ne perd pas de vue son attachement à Riddick. Lui et David Twohy travaillent activement sur la saga dark sci-fi, avec un projet de trilogie d’envergure qui viendrait compléter Pitch Black de la même façon que les trois volets du Seigneur des Anneaux avaient prolongé Bilbo le Hobbit dans les écrits de Tolkien. C’est en tout cas leur ambition affichée et revendiquée. Le premier chapitre de ce triptyque est baptisé Les Chroniques de Riddick (2004).
Ici, on quitte l’approche minimaliste et survivaliste du film original pour une dimension plus épique, qui confronte le personnage aux légions Necromongers menée par le Lord Marshal (Colm Feore). A la tête de cette armée impitoyable qui fond sur les planètes comme un essaim de sauterelles, il mène une croisade religieuse pour atteindre l’anteverse (l'underverse en VO, une dimension parallèle prophétique). Les planètes envahies n’ont alors qu’une seule alternative : se convertir ou mourir. Riddick, en tant que dernier Furyen (son passé est exploré plus en détail dans la version Director’s Cut, rallongée de 16 minutes), pourrait alors bien être le dernier espoir de la galaxie…
Qu’on se le dise, Les Chroniques de Riddick est radicalement différent de Pitch Black. C’est à la fois sa grande qualité (oser surprendre, c’est rare dans le monde des franchises hollywoodiennes) mais ce qui pourra clairement décevoir les fans du film original. On est ici dans un univers plus vaste, qui développe sa propre mythologie entre politique, religions et civilisations. Gamer invétéré (en jeux vidéo mais aussi en jeux de plateau), on sent que Vin Diesel a envie de créer sa propre version de Warhammer, de Mass Effect ou de Dune. Au final, il y a presque un côté péplum spatial dans cette entreprise aux accents de Foundation (2021-) The Expanse (2015-2022) et Stargate SG-1 (1997-2007), qui invite Dame Judi Dench dans l’aventure (s’il vous plaît !) et livre des séquences impressionnantes (l’invasion Necromonger, la prison) dont une course entre ombre protectrice et soleil mortel en forme de clin d'œil appuyé à Pitch Black.
Riddick (2013)
Malgré l’ambition du tandem Diesel / Twohy, les résultats de ce premier chapitre sont mitigés. Les 115 millions de dollars de recettes mondiales ne remboursent pas le budget conséquent investi par Universal, et le projet de trilogie est mis en pause. Mais la fanbase est là, l’univers continue de se développer à travers un court métrage animé et un jeu vidéo plébiscité, et Vin Diesel a de la ressource : il négocie auprès du studio son retour en Dominic Toretto dans le final de Fast & Furious : Tokyo Drift (2006) et dans la suite de la saga motorisée en échange des droits sur la franchise Riddick. L’accord est trouvé, et c’est en indépendant qu’il monte le second volet de sa trilogie, hypothéquant carrément sa propre maison pour boucler le financement.
Ce cadre budgétaire impose de revenir à une approche plus minimaliste, et quand Riddick (2013) sort enfin sur les écrans, les spectateurs découvrent une série B plus proche de Pitch Black que des Chroniques de Riddick. Au-delà d’un rapide lien narratif raccrochant le long métrage à son prédécesseur (Karl Urban apparaît au début du film), on est ici de retour dans la pure survie avec une planète désolée, des monstres et des chasseurs de primes qui vont traquer notre anti-héros avant de devoir faire équipe avec lui pour espérer survivre. Riddick est au final un savant mélange entre Pitch Black, Assaut (1976), Outlander le dernier viking (2008), Un cri dans l’océan (1998) et The Mandalorian (2019-), soit un cocktail plutôt réussi entre science-fiction, survival, western et film de monstres, où on est ravi de croiser Dave Bautista ou Katee Sackhoff. Le retour aux sources est réussi, et la rentabilité à nouveau au rendez-vous. La trilogie aura bien une conclusion.
Riddick: Furya (prochainement)
En août 2024, Vin Diesel dévoile sur ses réseaux sociaux les premières photos du tournage de Riddick: Furya, qui évoquent une tonalité dans la lignée du film de 2013. Son anti-héros iconique devrait y faire ses adieux au public en revenant sur sa mystérieuse planète d’origine, jusqu’ici seulement évoquée dans les différents longs métrages. Peu de détails ont filtré sur le casting et l’intrigue du projet, toujours écrit et réalisé par David Twohy et produit par Vin Diesel et sa sœur Samantha Vincent, qui supervise la plupart des films de son grand frère.
L’acteur-producteur a aussi eu, un temps, l’ambition de développer une série au sein de la saga : Merc City, centrée sur les mercenaires et chasseurs de primes de l’univers. Si Riddick: Furya connaît un certain succès, le projet pourrait potentiellement être relancé. Ensuite, il sera temps de raccrocher les goggles (Vin Diesel va mine de rien sur ses 60 ans)... ou de se cantonner aux consoles, l’univers vidéoludique étant un terrain de jeu et de chasse idéal pour le personnage comme l’ont montré les très bons Escape from Butcher Bay et Assault on Dark Athena.















































































































