Une silhouette sombre, une peau zébrée de rouge et de noir, un double sabre-laser : Dark Maul (ou Darth Maul pour les puristes de la version originale) est l’un des personnages les plus iconiques de l’univers Star Wars. Et, paradoxalement, l’un des plus méconnus. La plupart des spectateurs le réduisent en effet à son rôle dans La Menace Fantôme (1999), quand le Sith a vécu beaucoup d’autres aventures par la suite.
Alors qu’il fait son grand retour dans la série d’animation Star Wars : Maul - Seigneur de l'ombre (2026), JustWatch vous dit tout ce que vous devez savoir sur le guerrier zabrak et ses précédentes apparitions, à rattraper sur Disney+.
Star Wars, épisode I - La Menace fantôme (1999)
S’il y a un personnage sous-exploité dans les longs métrages Star Wars, c’est bien Dark Maul. L’antagoniste de l’Episode I avait pourtant grandement contribué à l’iconographie du film de George Lucas, premier chapitre d’une prélogie qui marquait le grand retour de la saga intergalactique seize ans après Le Retour du Jedi (1983). Elément central de l’affiche et des bandes-annonces (qu’est-ce que j’ai pu frissonner en le voyant déployer sa double-lame rouge !), il était au cœur de ce qui reste l’un des combats les plus mémorables de la franchise.
Sur l’épique morceau Duel of the Fates de John Williams, il affronte Qui-Gon Jinn (Liam Neeson) et Obi-Wan Kenobi (Ewan McGregor), entre les hangars et les réacteurs du palais de la capitale de Naboo, et déploie une virtuosité impressionnante (bravo à Ray Park !) qui relègue les combats de la trilogie originale à des affrontements de gentils amateurs (avec tout le respect que je dois à Luke Skywalker et Dark Vador). Son aura sera, malheureusement, de courte durée puisque l’apprenti de Dark Sidious termine coupé en deux. Et a priori mort. Dommage, Maul méritait tellement mieux… J’ai toujours adoré, personnellement, ces quelques secondes où il va et vient derrière la barrière-laser du réacteur, toisant Obi-Wan avec haine et suffisance. Il m’a toujours donné l’image d’un lion en cage, prêt à bondir, qui avait beaucoup de choses à raconter.
Clone Wars (2012-2020)
Si vous vous en êtes tenus aux neuf longs métrages du cycle des Skywalker, vous serez étonnés d’apprendre que Dark Maul n’a pas succombé à ses blessures. Maintenu en vie grâce à sa maîtrise du Côté Obscur et sa haine pour les Jedi, le guerrier a survécu, se confectionnant des jambes métalliques puis cybernétiques et orchestrant dans l’ombre sa vengeance contre Obi-Wan Kenobi et Dark Sidious. C’est ainsi qu’on le retrouve dans onze épisodes de la série animée Clone Wars, précisément dans les saisons 4, 5 et 7 d’un programme foisonnant qui raconte les événements survenus entre L’Attaque des Clones (2002) et La Revanche des Sith (2005).
Plus profond et plus bavard (il s’est trouvé une voix sombre et distinguée grâce à Sam Witwer) que la figure mutique et guerrière esquissée dans l’Episode I, Maul devient un antagoniste complexe et tragique, dévoré par la folie, la haine et l’ambition. On le découvre également fin stratège, alors qu’il tisse un empire criminel baptisé Collectif des Ombres et prend le pouvoir sur Mandalore. Si vous rêvez de le voir affronter Dark Sidious, Ahsoka Tano ou Obi-Wan Kenobi, j’ai une bonne nouvelle pour vous : tout ceci s’est concrétisé dans ce qui reste l’un des arcs majeurs de la série d’animation.
Star Wars Rebels (2016-2017)
Après sa fuite, c’est dans une autre série d’animation que Maul refait parler de lui. Dans Rebels, qui s’inscrit entre la prélogie et la trilogie originale durant une période où la galaxie est sous le joug de l’Empire, on suit les aventures d’Ezra Bridger et de l’équipage du Ghost durant soixante dix-sept épisodes. Maul s’illustre dans cinq d’entre eux, répartis entre les saisons 2 et 3. Comme à son habitude, le personnage est insaisissable, tantôt allié de nos nouveaux héros face aux Inquisiteurs, tantôt adversaire impitoyable capable d’aveugler Kanan Jarrus dans un combat sur Malachor. Une âme errante qui se cherche un nouveau clan, ou du moins un nouvel apprenti après la mort de son frère, mais qui n’y parvient jamais, rattrapé par sa nature ténébreuse. Et il y a un épisode en particulier à ne pas rater.
Et tant pis si je vous en spoile l’issue ici : même en connaissant le dénouement de Au cœur du désert / Twin Suns, on est happé par la puissance de ce qui se joue. Dans l’épisode 20 de la saison 3, Maul retrouve enfin la trace de celui qu’il s’est juré d’éliminer : Obi-Wan Kenobi (dont le design reprend les traits d’Alec Guinness !). Et c’est dans les sables de Tatooine, sous une nuit où brillent deux soleils jumeauxque se joue le round final entre les deux ennemis. Le combat est court, mais chargé en tension et en symbolique. Et il ne faudra que trois mouvements de la part de l’ancien Jedi pour terrasser définitivement Maul. Avant de succomber, ce dernier comprend que l’Elu -Luke Skywalker- vit dans ce désert, protégé par le vieil homme. Et il meurt en paix, en sachant qu'il sera vengé et que Palpatine et l’Empire tomberont.
Solo: A Star Wars Story (2018)
Ce n’est pas faire affront à Ron Howard de dire que son film Solo: A Star Wars Story (2018) n’était pas très réussi. Le cinéaste a pourtant fait de son mieux, appelé en urgence pour remplacer au pied levé Phil Lord et Christopher Miller (revenus avec brio à la science-fiction depuis avec Projet Dernière Chance), écartés par Lucasfilm en raison de divergences créatives alors qu’une grande partie du long métrage avait déjà été tournée. Ron Howard a donc dû reprendre à la hâte les rênes de ce spin-off centré sur la jeunesse du contrebandier iconique campé par Harrison Ford dans la trilogie originale et incarné ici par Alden Ehrenreich, qui raconte notamment sa rencontre avec Chewbacca, Lando Calrissian (Donald Glover)… et le Faucon Millenium.
Et Maul dans tout ça ? J’y viens ! De manière quelque peu incompréhensible -en tout cas pour celles et ceux qui n’avaient pas vu les séries animées-, le personnage s’invite à la toute fin du long métrage, dans un échange holographique avec Qi'ra (Emilia Clarke). Un peu plus âgé et abîmé, il retrouve les traits de Ray Park et dévoile son nouveau double-sabre ainsi que ses prothèses de jambe. Si les fans hardcore ont réussi à raccrocher les wagons et resituer le pourquoi du comment de sa présence, cela a été plus compliqué pour la grande majorité des spectateurs. Située entre Clone Wars et Rebels, cette séquence indique -en gros- que Maul dirige en réalité l’organisation criminelle L'Aube Écarlate / Crimson Dawn, opérant dans l’ombre de l’Empire. Dommage que l'échec au box-office ait freiné toutes velléités de suite, car c'est une histoire qui aurait assurément mérité un film. Ou une série ?
Maul - Seigneur de l’ombre (2026)
La nouvelle série d’animation de l’univers Star Wars est un vrai événement. Et une vraie curiosité. Maul - Seigneur de l’ombre fait enfin du personnage un protagoniste central, en racontant à la fois ses agissements criminels après les événements de Clone Wars, mais aussi sa rencontre avec une jeune padawan Jedi désabusée qui pourrait bien être l’apprentie qu’il recherche pour mener à bien sa quête vengeresse. On pourrait dès lors imaginer que les épisodes vont se lier avec les éléments narratifs plantés dans Solo: A Star Wars Story, et que L'Aube Écarlate naissante pourrait y avoir son importance (tout comme Qi'ra pourrait y faire une apparition).
Mais la vraie originalité du show, c’est son parti pris narratif et visuel. Dave Filoni et Matt Michnovetz, artisans chevronnés de l’univers Star Wars, y livrent une proposition inédite sous la forme d’un véritable polar néo-noir au sein de la galaxie imaginée par George Lucas. Policiers, criminels, mafieux, règlements de compte, assassinats, attaque de commissariat… le pilote plante un décor au croisement de Blade Runner, Heat et Collateral, dans une ambiance nocturne et pluvieuse du plus bel effet portée par une approche graphique stylisée « à la Arcane ». On n’a jamais vu ça dans la franchise, et c’est un vrai pari mature qui saura assurément séduire les plus grands… et initier les plus jeunes au thriller policier ! Et comme un symbole, les deux derniers des huit épisodes seront diffusés le 4 mai, Journée Mondiale Star Wars (May the Fourth).
Le saviez-vous ?
Maul en Parrain de la postlogie ? C’était le plan initial de George Lucas, avant que Star Wars ne devienne la propriété de Disney. Le cinéaste voulait en effet faire du personnage l’antagoniste principal des épisodes 7, 8 et 9, en faisant de lui le leader du crime organisé galactique après la chute de l’Empire, dans les années suivant Le Retour du Jedi. Luke Skywalker, Leia Organa et Han Solo y auraient affronté ses sbires, notamment l’apprentie Sith Darth Talon, une Twi'lek à la peau rouge et tatouée pensée comme une « nouvelle Dark Vador » et bras armé de Maul. Cette proposition ne sera hélas jamais concrétisée, Kathleen kennedy et J.J. Abrams décidant de partir dans un dynamique de Legacyquel avec les personnages de Rey, Finn et Poe (et BB-8 !). Mais il existe un monde parallèle où Maul affronte Luke. Et j’aime beaucoup cette idée.





















































































































