
Pizza Movie et 8 films stoner, enfumés et WTF à regarder
L’arrivée de Pizza Movie (2026) sur Disney+ remet au goût du jour un sous-genre qui nous manquait : les « stoner movies ». Les années 2000 en étaient l’âge d’or, alors qu’on se régalait à les regarder avec notre bande de potes. Voir Gaten Matarazzo, l’inoubliable Dustin de Stranger Things (2016-2026), péter les plombs après avoir avalé des drogues et tenter de récupérer une malheureuse pizza au rez-de-chaussée de son immeuble, ravive instantanément l’envie de revoir les meilleurs films du genre. !
Je vous ai donc concocté une liste de films où toute logique narrative disparaît, et la moindre quête se transforme en mission impossible à cause d’un trip délirant. Surtout, ne faites pas l’erreur de prendre ces films au sérieux. Préparez vos meilleurs snacks, voici les huit délires cinématographiques les plus absurdes.
Génération rebelle arrive à donner beaucoup de tendresse au dernier jour de lycée des années 70. Richard Linklater, son réalisateur, nous emmène au Texas de 1976, alors que les vacances d’été sont imminentes. Au programme ? Aucune intrigue, et c’est ça qui fait tout le charme du film. Nous sommes de simples spectateurs face à une faune d’adolescents qui errent de bagnole en bagnole, qui cherchent des tickets pour un concert d’Aerosmith, qui font la fête et brûlent leur jeunesse avec une insouciance qui nous rendrait jaloux.
Au sein de ces joyeux lurons, Matthew McConaughey montre qu’il a toujours eu sa dégaine nonchalante en nous lâchant son premier « allright, allright, allright ». Ce film est un vrai antidote à toute forme d'anxiété moderne. Un peu comme un Everybody Wants Some!! (2016) du même réalisateur, ou American Graffiti (1973) de George Lucas.
Les frères Coen ont presque fondé une religion avec ce film totalement dingue. The Big Lebowski se base sur un point de départ complètement absurde : Jeff Lebowski, dit « Le Duc » (ou « The Dude » en anglais), se fait agresser à son domicile par deux malfrat idiots qui urinent sur son tapis préféré, pensant que le Duc est un millionnaire qui porte le même nom que lui. Mais Jeff Lebowski ne se laisse pas faire si facilement, et tel John Wick face à la mort de son chien, il est bien décidé à obtenir un dédommagement pour son précieux tapis !
Short, vieux pull, verre à la main, lunettes de soleil : Jeff Bridges incarne parfaitement notre glandeur professionnel, l'anti-héros ultime dans son peignoir qu’on se surprend à admirer. Entre lui et les crises de colère de John Goodman, le film est vraiment drôle avec des dialogues ciselés, source de références pour toute une génération.
Le livre de Hunter S. Thompson méritait bien une adaptation digne de ce nom, et Terry Gilliam a relevé le défi à la perfection. Las Vegas Parano est une sorte de joyeuse descente aux enfers colorée. Le journaliste sportif Raoul Duke et son avocat totalement fou, Dr Gonzo, se lancent en 1971 à toute allure vers Las Vegas pour y couvrir une course de motos. Le film est en réalité une quête hallucinée du rêve américain qui s’écroule avec la fin des années 1960.
Johnny Depp est hystérique, épaulé par un Benicio del Toro méconnaissable en homme de loi psychopathe sur les nerfs. Oubliez toute structure narrative conventionnelle et rappelez-vous que c’est un film de Terry Gilliam. Le récit est un délire cauchemardesque qui nous embarque dans une tempête sensorielle et nous donne la migraine. On y retrouve ce style visuel psychédélique du réalisateur qu’on pouvait déjà aimer dans Brazil (1985), qui nous présentait un monde bureaucratique dystopique.
Le summum incontesté de la crétinerie assumée à l'aube des années 2000. Eh mec ! Elle est où ma caisse ? s'attaque au fameux trou noir post-cuite. Ashton Kutcher et Seann William Scott incarnent deux fabuleux idiots et se réveillent avec une gueule de bois affreuse, aucun souvenir de la soirée, et leur voiture qui manque à l’appel. Ils essaient alors de se souvenir de leur nuit chaotique pendant laquelle ils ont croisé la route d’une secte extraterrestre.
Rien ne va, et c’est parfait comme ça. C’est une ode à l’idiotie, au fun sans pression et culpabilité, à la bêtise loufoque. Quand on regarde ce film, on régresse, et c’est exactement pour cela que j’adore : on peut se détendre dans ce monde trop sérieux ! Le film ne peut que plaire à celles et ceux qui ont rigolé devant Very Bad Trip (2009) ou Wayne’s World (1992).
Une banale envie de fast-food nocturne qui se transforme en odyssée homérique. Le ton est donné. Harold et Kumar chassent le burger a réussi à redéfinir le genre des stoner movies. Deux compères, un banquier d'affaires et son colocataire, un brillant étudiant en médecine, sont frappés d’une fringale après une soirée de fumette. Leur unique but consiste alors à traverser la ville en voiture pour aller se goinfrer de burgers dans le fast-food White Castle. Mais tout ce qu’ils entreprennent devient un vrai parcours du combattant.
Dans ce film, John Cho et Kal Penn pulvérisent les stéréotypes raciaux habituellement assignés aux acteurs asio-américains tout en subissant les pires crasses imaginables. Bienvenue en absurdie, le script ne recule devant rien : un guépard échappé de sa cage, une opération chirurgicale improvisée, Neil Patrick Harris qui apparaît… Un vrai road trip de stoner !
Jack Black et Kyle Gass transforment leur groupe de rock acoustique satirique en véritable épopée grandiloquente. Tenacious D et le médiator du destin est un opéra métal complètement dézingué. Les deux musiciens ratés décident d’unir leurs forces pour devenir le plus grand groupe de rock de tous les temps. Pour cela, ils se lancent dans un périple rocambolesque visant à dérober le médiator magique construit il y a des siècles dans une dent de Satan.
Jack Black est fabuleux. Je suis réellement fan de la sincérité de son épuisante énergie et l’acteur crève l’écran pendant tout le film. La bande originale est de la folie furieuse, et mérite d’être écoutée, encore et encore. C’est d’ailleurs pour cela que je me suis jeté sur l’album juste après avoir vu le film. Les caméos s’enchaînent pour notre plus grand plaisir (Ben Stiller, Tim Robbins ou encore Dave Grohl, méconnaissable en Belzébuth !). Du grand Jack Black, comme dans Rock Academy (2003).
Gregg Araki délaisse ses drames indés pour signer une comédie de défonce totalement sous-cotée. Smiley Face suit Jane (Anna Faris), une actrice paumée qui ingurgite accidentellement toute une fournée de space cakes surpuissants préparés par son colocataire. Hors de contrôle, elle se lance pourtant dans une mission impossible vu son état : rembourser un dealer menaçant, racheter de quoi remplacer les gâteaux et assister à une audition. Tout cela en étant totalement défoncée !
Le film devient une vraie expérience en adoptant le point de vue de son héroïne. Les visuels sont déroutants, les dialogues aussi, et rendent toute cette expédition tout aussi angoissante qu’hilarante. Au cœur de ce chaos, Anna Faris montre tous ses talents d’actrice en portant le film sur ses épaules avec des mimiques qui rendraient fier Jim Carrey.
C’est la fin porte bien son nom, puisque l’apocalypse s’abat sur la planète, et surtout sur les collines hollywoodiennes. Les grandes célébrités américaines décident alors de s’enfermer lâchement dans la luxueuse villa fortifiée de James Franco pour tenter de survivre à la fin des temps, se partager les rations d’eau, de nourriture et de drogue. Seth Rogen, Jonah Hill, Craig Robinson, Jay Baruchel et Danny McBride incarnent des versions détestables, paranoïaques et nombrilistes d’eux-mêmes, exagérant leurs pires défauts pour le plus grand plaisir des spectateurs.
Le film est en réalité un clash d’égos gigantesques face à des situations qui demandent courage, empathie et solidarité, autant de qualités totalement absentes de l’histoire. On rigole devant l’exorcisme de Jonah Hill, la chute de Rihanna, la bêtise de Michael Cera en jet-setteur cocaïné insupportable. Le film est un véritable défouloir qui ne s’impose pas de limites pour faire rire ou être ridicule. On reste dans le même genre que SuperGrave (2007) et Délire Express (2008), de la même équipe. Mais pour celles et ceux qui veulent monter en qualité et rigoler devant la fin du monde, regardez Shaun of the Dead (2004) d’Edgar Wright. Un chef-d'œuvre encore inégalé dans le domaine.







































