
« C’est un personnage vraiment incompris » : Lena Headey (Game of Thrones) partage sa passion pour ce film d’horreur incontournable
Quand une figure de la pop culture moderne célèbre une icône du cinéma d’horreur. Lena Headey a traversé plusieurs oeuvres « pop » majeures, qu’il s’agisse évidemment de Game of Thrones (2011-2019) où elle incarnait l’impitoyable Cersei Lannister, Les Chroniques de Sarah Connor (2008-2009) où elle reprenait le rôle immortalisé par Linda Hamilton face aux Terminators, 300 (2006) et sa suite 300 : la naissance d’un empire (2014) où elle intégrait le royaume violent des Spartiates ou encore Dredd (2013) où elle affrontait (à travers des ralentis sublimes) le flic-juge-bourreau réinventé par Karl Urban. Ca en fait des Funko potentielles !
La comédienne et réalisatrice britannique est actuellement à l’affiche, outre-Atlantique, du film indépendant Ballistic (2025) de Chad Faust, une histoire dramatique et vengeresse dans laquelle elle joue une mère, employée d’une usine de munitions, qui découvre que son fils a été tué en Afghanistan par l’une des balles produites par la société qui l’emploie. Une sorte de variation, plus personnelle et familiale, autour de Lord of War (2005), qui a amené l’actrice à échanger avec JustWatch. Et qui dit interview à notre micro, dit « Sorry Not Sorry », LA question incontournable qui offre aux talents l’occasion de partager leur plaisir coupable de cinéma, séries ou téléréalité. Pour Lena Headey, il n’y en a pas un, mais deux !

Cassavetes… et Leatherface !
« Deux films me viennent en tête, et ils sont tous les deux put*** d’excellents ! », explique t-elle. « Il n’y a même pas besoin de les défendre, selon moi. Je pense au Massacre à la tronçonneuse original, et à Une femme sous influence. Ce sont deux de mes étoiles polaires cinématographiques. » Coïncidence, les deux films sont sortis en 1974. Le second, réalisé par John Cassavetes, raconte l'histoire de Mabel, épouse, mère de famille et femme excentrique étouffée par sa famille et les conventions sociales alors que son mari la fait interner pour tenter de dompter cet esprit indépendant réfractaire au patriarcat et au moule de la femme domestique des années 70 : c’est LE chef d’oeuvre du cinéaste -et un incontournable du cinéma indépendant américain-, porté par l’interprétation majeure de Gena Rowlands. Quant au premier film, Lena Headey en parle plus longuement, avec une passion communicative.
Pourquoi Massacre à la tronçonneuse ? « Parce que c’est brillant, put*** ! Je peux le revoir tous les jours et j’y découvre à chaque fois quelque chose de nouveau. J’adore le fait que ce soit un film à petit budget, tourné rapidement, dans une ambiance folle, fabriqué par un groupe de potes avec zéro budget. Il a traversé les années, et c’est vraiment brillant. Je veux dire, rien que le travail sur le son… Je pourrais en parler pendant des heures.(...) Et puis c’est une œuvre tellement profonde… A mes yeux, Leatherface est un personnage vraiment incompris. »

Un monument de l'horreur
Alors autant je ne pourrais certainement pas regarder le film de Tobe Hooper tous les jours, autant je suis totalement aligné avec cette déclaration enflammée. Massacre à la tronçonneuse est un monument du cinéma d’horreur, maintes fois revisité et réinventé (notamment dans une version ultra-gore pour Netflix en 2022) mais jamais égalé. Plus qu’un film d’horreur (où le sang ne coule d’ailleurs jamais, contrairement à l’image qui reste collée au long métrage), c’est un monument poisseux et dérangeant, une plongée dans la folie d’une famille texane dégénérée, nourrie notamment par les méfaits de Ed Gein. La séquence du dîner reste un sommet du creepy pour moi, et je me sens tellement « sale » à chaque fois que je vois le film que j’évite de le revoir, justement (contrairement à Lena Headey). C’est ma manière de saluer sa puissance cinématographique.
Quant à Leatherface (littéralement « visage de cuir »), ce colosse affublé d’un masque en peau humaine qui traque ses victimes armé d’une tronçonneuse, il est iconique de cette franchise (sur)exploitée depuis cinq décennies. Lena Headey évoque un personnage incompris, c’est vrai… même s’il est véritablement terrifiant. Comme la saison 3 de la série Monstre l’a montré, Ed Gein était à la fois moteur et victime de ses déviances. C’est la même chose avec Leatherface, le petit dernier d’une famille cannibale, atteint de déficience mentale et utilisé comme bras armé (mais aussi comme… femme d’intérieur) par son clan dégénéré. Il est à la fois bourreau et victime, et totalement déshumanisé, comme le montre son utilisation de différents masques (le tueur, la vieille dame, la femme élégante) au cours du film. Derrière son imagerie brute, incarnation d’une terreur viscérale au cœur de l'Amérique profonde, il y a donc un personnage bien plus profond -et incompris- que ce que la culture populaire a véhiculé, Lena Headey a vu juste. Reste qu’il est VRAIMENT flippant.





















