Ethan Kopek (Carry-On), Tyler Rake (Extraction), Terry Richmond (Rebel Ridge), Walker (Ravage), Sierra Six (The Gray Man), John Hartley (Red Notice), Un (6 Undeground), Adam Franco (AKA), Lino (Balle Perdue) : l’écurie Netflix était déjà riche en action-heroes. Elle accueille un « petit » (1m91) nouveau en la personne de 81, le héros de War Machine (2026), dont les débuts sont plus que prometteurs sur la plateforme.
C’est quoi « War Machine » ?
Imaginé par l’Australien Patrick Hughes (Expendables 3, Hitman & Bodyguard, The Man from Toronto), en collaboration avec le scénariste James Beaufort (qui joue 23 dans le film), War Machine est un condensé d’action efficace, qui flirte avec la science-fiction alors que des aspirants Rangers, lancés dans l’épreuve finale de la sélection (baptisée « la marche de la mort »), se retrouvent confrontés à une machine venue d’ailleurs. Suréquipé, infatigable, impitoyable : ce monstre de métal va les traquer et les éliminer un par un dans les montagnes du Colorado.
C’est avec qui ?
Dans le camp d’entraînement du 75ème régiment des Rangers, personne n’a de nom. Les aspirants se voient attribuer un numéro, qui va devenir leur seule identité au cours des huit semaines de ce programme de sélection exigeant, qui repousse leurs limites physiques et psychologiques. En tête d’affiche, on retrouve donc 81, campé par un Alan Ritchson qui trace doucement mais sûrement son chemin à Hollywood depuis ses débuts dans Smallville en 2005, entre la série Reacher (2022) sur Prime Video et des rôles remarqués dans Fast & Furious X (2023) et Le Ministère de la Sale Guerre (2024). Face à lui, on est ravi de retrouver les visages rugueux de Dennis Quaid, Esai Morales et Jai Courtney.
Dans War Machine, Alan Ritchson est de tous les plans. Il est le cœur (et le corps) du film. Pourtant rompu aux expériences physiques avec Reacher, il confie au Hollywood Reporter avoir repoussé ses limites sur ce tournage : « C’était dur. Je ne vais pas mentir, c’est la fois où j’ai été le plus poussé physiquement, et c’est la fois où j’ai le plus douté de ma capacité à terminer. » Patrick Hughes, qui développe le projet depuis 2018, a su immédiatement qu’il avait trouvé son anti-héros en le découvrant dans la série. Depuis, les deux hommes ne se quittent plus, et tournent actuellement un autre film de guerre, co-écrit par le comédien, qui retrace les faits d’armes du Navy SEAL Mike Thornton, coincé avec quelques hommes derrière les lignes ennemis pendant la Guerre du Vietnam. Un projet qui ira encore plus loin, Alan Ritchson ayant eu besoin d’oxygène pour se remettre d’une scène dès le premier jour ! On a hâte.
Pourquoi ça marche ?
Lancé le 6 mars dernier sur Netflix, War Machine a immédiatement pris d’assaut le sommet des consultations mondiales de la plateforme avec 39,3 millions de visionnages en quelques jours et une présence dans le Top 10 hebdomadaire de 93 pays (dont une première place dans 83 d’entre-eux) ! Et les raisons à ce succès sont assez évidentes. Déjà, il y a un synopsis aussi limpide et efficace que son affiche : un soldat expérimenté, un monstre mystérieux aux « yeux » rouges, une traque musclée. C’est le genre de film « simple » qui ne ment pas sur sa promesse, on est donc en territoire rassurant au moment de le lancer.
Ensuite, il y a le traitement narratif et visuel de Patrick Hughes : le film va droit au but (1h38), il assume son parti-pris de survival musclé, et il propose un spectacle réussi en termes d’action, de cascades (dont beaucoup ont été réalisée par Alan Ritchson) et d’effets spéciaux. Il y a aussi son personnage principal, très inspiré par les archétypes du western, un homme sans nom au passé traumatisant qui va se révéler face à l’adversité. Enfin, en ces temps troublés sur la scène internationale, le film a aussi cette approche de célébration de militaires d’élite entièrement dédiés à leur mission (la première demi-heure, dédiée aux séquences d’entraînement, est impressionnante) qui peut trouver un écho chez beaucoup d’abonnés. Soldat + Survival + Action + Effets Spéciaux + Extraterrestre = le cocktail pour un carton streaming.
Ça ressemble à quoi ?
Maintenant, ne vous attendez pas à prendre la claque de votre vie devant War Machine (qui n’a d’ailleurs aucun lien avec l’autre War Machine de Netflix emmené par Brad Pitt en 2017). Le film respecte sa promesse et ses enjeux, clairement. Et il le fait bien. Vraiment. Mais on doit concéder qu’il « recycle » quand même beaucoup de choses que l’on connaît. Et c’est aussi ce qui est rassurant, quelque part : être en territoire connu, surtout quand les références sont digérées avec talent et efficacité.
On pense évidemment ici à Predator (1987) et son escouade de mercenaires confrontée à un chasseur extraterrestre impitoyable. On pense à des survivals de guerre réalistes comme Forces Spéciales (2011), Du Sang et des larmes (2013), The Wall (2017), Horse Soldiers (2018), The Covenant (2023) ou Warfare (2025). On pense à l’ED-209 de Robocop (1988) en découvrant le design de la machine (qui a été imaginée par le réalisateur après… un cauchemar, comme James Cameron avec Terminator !). On pense à Independence Day (1996), Battleship (2012) ou même la saga Transformers avec cette menace de métal bien plus avancée que notre technologie.
Quelque part, j’ai même pensé à Robowar (1988) de Bruno Mattei avec Reb Brown, un nanar italien culte et ersatz honteux de Predator qui avait fleuri sur les présentoirs des vidéoclubs à la fin des années 80 ! En me disant, finalement, que sur un tel projet, l’histoire comptait peu (celle de Robowar est quasi-identique à celle de War Machine) : le talent d’un réalisateur, l’investissement d’un comédien et le budget (quand même !) permettent de proposer un spectacle spectaculaire et réussi. Qui fait le job, comme on dit. Comme Tomorrow War (2021), il y a dans War Machine un esprit « vidéoclub 2.0 » qui colle parfaitement avec ce qu'on peut -aussi- attendre du streaming.
Y aura t-il une suite ?
La fin de War Machine, sans spoiler, est plus qu’ouverte. Alan Ritchson et Patrick Hughes ont d’ailleurs annoncé avoir des envies -et beaucoup d’idées- pour poursuivre l’histoire de 81. Si les visionnages se maintiennent dans cette dynamique, il ne serait pas étonnant que Netflix valide (au moins) une deuxième mission, d’autant que le projet est tout de même beaucoup moins onéreux qu’un 6 Underground, qu’un Gray Man ou qu’un Red Notice. A l’image de Tyler Rake / Extraction et Balle Perdue, je ne serai pas étonné que la plateforme mise sur cet univers.
Cela permettra notamment d’élargir le champ de bataille, alors qu’on apprend à la fin du film que la menace extraterrestre dépasse le simple cadre du Colorado. Gare simplement à la surenchère, qui perdrait l’âme survival qui fait le succès actuel du film. Si une potentielle franchise War Machine pouvait reprendre l’ambition d’une saga action/SF malheureusement abandonnée (World Invasion : Battle Los Angeles que j’avais beaucoup aimé en 2011, qui avait une approche réaliste similaire et qui espérait déplacer la caméra dans différentes capitales au fil des films), j’en serais ravi !















































































































