De Hérédité à Eddington, tous les films d’Ari Aster dans l’ordre

De Hérédité à Eddington, tous les films d’Ari Aster dans l’ordre

Publié le06 octobre 2026

Mis à jour le06 octobre 2026

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Si l’on parle d’« elevated horror », on pense immédiatement à Ari Aster, le cinéaste américain qui a permis au studio A24 de se distinguer et de se forger une identité de marque fondée sur une approche plus sophistiquée du cinéma de genre. Bien qu’Aster n’ait réalisé que quatre longs métrages à ce jour, l’impact culturel de ses films reste incommensurable. 

Au-delà de son travail derrière la caméra, le réalisateur s'est également lancé dans la production avec sa société Square Peg, qu’il a cofondée avec Lars Knudsen, en travaillant sur des films comme Primetime (2026), The Drama (2026) et Bugonia (2025).

À l’heure actuelle, le cinéaste se prépare à la production de son cinquième long-métrage, Scapegoat, dont le casting réunit Scarlett Johansson, Jacob Elordi, Jude Law, Caleb Landry Jones, Ella Purnell et Samba Schutte. En attendant d'en savoir plus sur ce projet, je vous propose de plonger dans sa filmographie complète !

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Hérédité
Hérédité

Hérédité

2018

Le premier long-métrage d’Ari Aster a compté parmi les plus grandes sensations du genre « elevated horror », aux côtés de réalisateurs comme Robert Eggers et Jordan Peele. Même s’il n’est pas aussi original sur le plan narratif que d'autres films d’horreur contemporains, Hérédité (2018) demeure le film le plus effrayant de toute la filmographie d’Aster. 

Le récit se concentre sur Annie Graham, une femme qui traverse une période de deuil après la mort de sa mère, aux côtés de son mari et de ses deux enfants. Ce qui commence comme un drame familial se transforme en un film d’horreur extrêmement déstabilisant sur la transmission intergénérationnelle des traumatismes. 

La performance de Toni Collette dans le rôle d’Annie est si viscérale que l’expressivité de son visage rend certaines scènes bien plus effrayantes que celles comportant des images explicites -oui, oui je parle de cette fameuse scène de décapitation. Sinon, Hérédité reste un opus très solide qui a su résister à l’épreuve du temps, prouvant que le talent d’Aster ne relève pas d’un simple engouement passager.

02

Midsommar
Midsommar

Midsommar

2019

Même si j’adore la maîtrise de la mise en scène et l’atmosphère oppressante de Hérédité, stylistiquement Midsommar (2019) reste à ce jour mon film préféré d’Ari Aster. Il est d’ailleurs l’un des rares exemples de films qui réussissent à instaurer une sensation de terreur en plein jour, sous la lumière éclatante de l’été. 

Dans le film, Dani et Christian, un couple en crise, et leur groupe d’amis partent en Suède pour assister aux fêtes du solstice d’été propres à la communauté Hårga. Mais leurs traditions ancestrales cachent une vérité plus sombre sur leurs rites, ce qui permettra à Dani de retrouver le sentiment d’appartenance que sa relation avec Christian ne lui donnait pas. Après les liens familiaux, on voit bien qu’Aster choisit de s’attaquer aux relations amoureuses dans Midsommar, mais son approche est beaucoup plus sophistiquée ici, en mélangeant l’horreur folklorique à la comédie noire. 

La centralité du personnage féminin du film et ses liens avec le monde surnaturel rappellent sans doute Suspiria (1977) et The Witch (2015). Célèbre pour sa photographie ravissante, le film reste également iconique grâce à la prestation sans égale de Florence Pugh, qui s’est vraiment donnée corps et âme pour incarner Dani.

03

Beau Is Afraid
Beau Is Afraid

Beau Is Afraid

2023

Aster n’a peut-être pas derrière lui une longue filmographie, mais son troisième long métrage a certainement confirmé la nouvelle direction que son cinéma allait prendre. Beau is Afraid (2023) est un film trop complexe et baroque dans son style pour être réduit à un genre unique. Ni simple film d’horreur ni pure comédie, le film est plus proche des enjeux du portrait psychologique à la manière de Synecdoche, New York (2008).

Au cœur du film se trouve un homme extrêmement angoissé nommé Beau Wassermann, que Joaquin Phoenix incarne avec brio. Comme le titre l’indique bien, il est tourmenté par tout ce qui se passe autour de lui dans le monde extérieur. Emprisonné dans ses angoisses et ses peurs, il essaie de rendre visite à sa mère et, lorsqu’il apprend qu’elle est décédée dans un accident, il se retrouve obligé de rentrer chez elle et de confronter des hostilités aussi bien intérieures qu’extérieures.

Avec une durée avoisinant les 3 heures, l’univers cauchemardesque et excessif de Beau is Afraid ne sera pas du goût de tout le monde. L’ambition d’Aster d'offrir un monde hyper-stylisé et dystopique est à saluer, mais les références psychanalytiques liées à la figure de la mère et à l'égo masculin sont parfois tellement évidentes que l’on finit par s’ennuyer, et les problèmes du rythme -notamment dans le deuxième tiers du film- se fait lourdement ressentir. En tant qu’expérimentation formelle, cela vaut le coup d'œil, mais la démarche du cinéaste, qui rappelle également celle d’Iñárritu, reste trop centrée sur une forme d'indulgence envers lui-même.

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Eddington
Eddington

Eddington

2025

Moins frustrant et moins complaisant envers ses propres ambitions, Eddington (2025) se situe dans la lignée formelle de Beau is Afraid. Ambitieux en durée, très sophistiqué dans le travail de l’image et de la mise en scène, et peuplé de personnages grotesques, le film cherche à peindre un panorama de la société américaine contemporaine sous l’influence inquiétante du trumpisme. 

Aster cherche à transposer son intérêt pour la psychologie à toute une couche de la société et à décrypter ses syndromes à l’ère des réseaux sociaux : le racisme, les théories du complot, l'extrémisme, la religion, etc. Se déroulant dans une petite ville fictive du Nouveau-Mexique, le film reste assez singulier dans sa façon d’aborder la crise du Coronavirus, non pas dans l’immédiat, mais avec un recul politique et social. 

Le récit porte principalement sur le conflit entre le shérif local, Joe Cross (Joaquin Phoenix), et le maire Ted Garcia (Pedro Pascal) à cause des mesures que ce dernier met en place contre la propagation du virus, mais Aster déploie autour d’eux une multitude de personnages excentriques, en particulier la femme de Cross, Louise, incarnée par une Emma Stone hilarante. Eddington n’est pas exempt de défauts, mais ne laissez pas l’accueil mitigé vous tromper : tout comme Southland Tales (2006) et The Master (2012), on le réévaluera une décennie plus tard en constatant combien le cinéaste aura été prescient à l’égard de sa propre époque !

À propos de cette liste

Titres

4

Coût total de visionnage

9,98 €

Durée totale

10h 1min

Genres

Drame, Horreur, Mystère & Thriller

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