
Et à part Le Seigneur des anneaux, il a fait quoi Peter Jackson ? On a classé ses meilleurs films !
Désormais couronné d’une Palme d’or d’honneur remise sur la scène du Palais du Festival de Cannes par son acteur chouchou Elijah Wood, Peter Jackson a de quoi fanfaronner aussi fort qu’un Hobbit revenant dans la Comté après une aventure extraordinaire en Terre du Milieu. Mais réduire le cinéaste au Seigneur des anneaux (2001-2003) et au Hobbit (2012-2014) serait oublier une filmographie aussi étrange qu’inventive, passant du drame psychologique au gore artisanal sans oublier le documentaire musical 5 étoiles et le blockbuster géant.
Avant de devenir l’un des réalisateurs les plus influents d’Hollywood, Peter Jackson s’est construit une réputation grâce à des films fauchés mais créatifs. Et même après son triomphe avec son interprétation de Tolkien, il a continué à explorer d’autres genres avec des résultats parfois sous-estimés. Je vous propose un guide JustWatch des meilleurs films de Peter Jackson à voir absolument, classés dans l’ordre de mes préférences.
Rendu célèbre en 1933, l’imposant gorille n’avait pas connu de remake majeur depuis 1976. Approché par Universal Pictures, Peter Jackson se lance dans ce projet : refaire King Kong (2005). Un projet qui relève presque de l’obsession : enfant, il avait déjà tourné sa propre version dans le jardin familial avec une figurine du singe géant et une maquette bricolée de l’Empire State Building. Sorti juste après l’immense succès du Seigneur des anneaux, King Kong représente alors le premier vrai film-passion de Peter Jackson à Hollywood. Avec ses décors gigantesques, sa reconstitution du New York des années 1930 et son île de Skull Island transformée en cauchemar préhistorique, le film pousse encore plus loin l’ambition visuelle du cinéaste.
Si certains critiques lui reprochent sa durée excessive (3h), le film reste une démonstration impressionnante de mise en scène et d’effets spéciaux. Porté par Naomi Watts, Adrien Brody, Jack Black et Andy Serkis (en cuisinier… et en gorille), King Kong remporte trois Oscars en 2006 et dépasse les 550 millions de dollars de recettes mondiales. Avec le temps, il s’est imposé comme l’un des derniers grands blockbusters d’aventure « à l’ancienne », mélange de romantisme tragique et de cinéma spectaculaire totalement assumé.
Dans sa filmographie, Peter Jackson compte un projet vraiment à part : The Beatles : Get Back (2021). Même s’il a été sollicité pour le faire, il fallait une sacrée dose de courage pour s’attaquer à un monument presque aussi intimidant que la Terre du Milieu : les derniers mois de vie collective du groupe britannique. À partir de plus de 60 heures d’archives tournées en 1969, il réalise une série documentaire immersive qui redonne vie à cette période longtemps associée à la fin du groupe. Là où les images originales de Let It Be (1970) montraient surtout des tensions, Jackson propose une lecture beaucoup plus nuancée : celle d’un groupe encore profondément créatif, en plein travail, entre disputes, humour et éclairs de génie. Son montage transforme des rushs bruts en récit fluide, presque intime.
Le projet impressionne aussi par sa restauration technique, qui permet de redécouvrir des images longtemps jugées difficiles à exploiter. Jackson ne se contente pas d’assembler des archives : il les rend vivantes, lisibles et émotionnellement accessibles. Get Back s’impose ainsi comme une œuvre à part dans sa filmographie, plus proche du documentaire historique que du grand spectacle, mais tout aussi ambitieuse dans sa manière de réécrire un mythe culturel.
Bien avant de devenir une star mondiale avec Titanic (1997), Kate Winslet fait ses débuts au cinéma dans Créatures célestes (1994), le premier film de Peter Jackson. Rien que pour ce côté « premières fois », ce film plutôt original mérite d’être vu. Inspiré d’un fait divers réel survenu en Nouvelle-Zélande dans les années 1950, le long métrage suit la relation obsessionnelle entre deux adolescentes dont l’imagination débordante finit par brouiller totalement la frontière entre fantasme et réalité.
Le scénario a plu à la critique puisque le film a été récompensé par le Lion d’argent à la Mostra de Venise et nommé à l’Oscar du Meilleur scénario original. Peter Jackson est dans un mélange de réalisme psychologique et envolées fantastiques avec une fluidité impressionnante. En creux, le film montre déjà ce qui fera la grandeur future du réalisateur néo-zélandais : sa capacité à construire des mondes imaginaires crédibles en surfant sur les émotions.
Adapté du roman phénomène d’Alice Sebold, Lovely Bones (2009) reste l’un des films les plus controversés de Peter Jackson. Le récit suit Susie Salmon, une adolescente assassinée qui observe depuis un étrange entre-deux spirituel le deuil de sa famille et l’enquête autour de sa disparition. Sur le papier, le projet semble parfait pour Jackson : un mélange de drame intime et d’imaginaire visuel. Pourtant, à sa sortie, le film divise fortement critiques et spectateurs. Certains reprochent au réalisateur d’avoir privilégié les effets visuels au détriment de l’émotion, tandis que d’autres saluent justement cette tentative très personnelle de représenter l’au-delà à travers un regard presque enfantin.
Malgré cet accueil mitigé, Lovely Bones mérite largement d’être redécouvert aujourd’hui, notamment pour la performance glaçante de Stanley Tucci, nommé à l’Oscar du Meilleur second rôle pour son interprétation du tueur. Et Saoirse Ronan y fait ses premiers pas de comédienne avec une grande justesse. Dans la filmographie de Jackson, le film représente surtout une œuvre de transition fascinante : celle d’un réalisateur essayant de retrouver une dimension plus intime après avoir signé l’une des plus grandes sagas de l’histoire du cinéma.
Avant de se lancer dans la Terre du Milieu, Peter Jackson réalise avec Fantômes contre fantômes (1996) un drôle d’objet hybride entre comédie noire, film d’horreur et blockbuster surnaturel. Porté par Michael J. Fox dans l’un de ses derniers grands rôles au cinéma, le film raconte l’histoire d’un homme capable de communiquer avec les morts qui se retrouve confronté à une entité meurtrière particulièrement terrifiante.
Produit par Robert Zemeckis, le film souffre à sa sortie d’un marketing confus : trop effrayant pour les enfants, trop loufoque pour les amateurs d’horreur pure. Résultat : un semi-échec commercial. Mais avec le temps, Fantômes contre fantômes est devenu un véritable film culte. Jackson y expérimente déjà les effets numériques qu’il perfectionnera plus tard sur Le Seigneur des anneaux. On retrouve aussi son mélange unique d’humour macabre, de personnages excentriques et de chaos visuel parfaitement orchestré.
Attention : gore absolu et humour délicieusement décapant. Avec Braindead (1992), Peter Jackson signe l’un des films les plus excessifs de l’histoire du cinéma. L’intrigue tient sur un ticket de caisse : un jeune homme voit sa mère transformée en zombie après la morsure d’un singe-rat mutant. Mais ce qui intéresse Jackson n’est évidemment pas le réalisme. Le réalisateur transforme cette série B néo-zélandaise en festival d’hémoglobine et d’inventions visuelles complètement folles. La fameuse scène de la tondeuse à gazon est d’ailleurs devenue légendaire auprès des amateurs de cinéma gore.
Récompensé notamment au Festival d’Avoriaz, Braindead prolonge le délire gore de Bad Taste (1987) et reste essentiel pour comprendre l’ADN de Peter Jackson. Derrière la violence cartoon et les litres de faux sang, on découvre déjà un cinéaste obsédé par le rythme, les effets spéciaux artisanaux et la création d’univers visuellement cohérents, même dans le chaos le plus total.
Probablement le film le plus étrange de toute la carrière de Peter Jackson. Avec Les Feebles (1989), le Néo-Zélandais imagine une parodie trash du Muppet Show dans laquelle des marionnettes anthropomorphes accumulent drogues, violences, jalousies et comportements totalement dépravés. Le film choque énormément à sa sortie et reste encore aujourd’hui difficile à classer. Vulgaire, provocateur, volontairement inconfortable, Les Feebles représente pourtant une étape importante dans l’évolution du cinéaste.
Peter Jackson y développe son goût pour les effets pratiques, les créatures grotesques et les productions techniquement ambitieuses malgré des budgets minuscules. Sous l’humour noir extrêmement corrosif, le film fonctionne comme une satire féroce du monde du spectacle. Une œuvre culte, dérangeante et totalement impossible à confondre avec quoi que ce soit d’autre.












































