
Peter Jackson à Cannes : il y a 25 ans, le Festival a « sauvé » Le Seigneur des Anneaux
Un monde dans lequel la trilogie du Seigneur des Anneaux (2001-2003) n’est pas considérée comme un chef-d’œuvre et l’une des meilleures sagas cinématographiques de tous les temps (la meilleure pour moi) est tout simplement impensable. Mais on doit ces trois films à un pari énorme qu’avait pris Peter Jackson et le fondateur de la société de production New Line Cinema (qui appartient maintenant à Warner. Bros), Bob Shaye.
Le cinéaste néo-zélandais est en ce moment au Festival de Cannes, à l'occasion d’une Palme d’Or d’honneur qui lui a été décernée pour l’ensemble de sa filmographie. Si Peter Jackson a donné une longue masterclass devant une salle comble de festivaliers pour évoquer Tintin, Gollum et l’IA, c’est sur une partie bien précise de son discours que se penche JustWatch aujourd’hui, puisqu’il a expliqué comment le Festival de Cannes avait réellement aidé sa carrière non pas une, mais deux fois !

Cannes 1988 : et le photograveur devint réalisateur
Après avoir reçu le prix très prestigieux des mains d’Elijah Wood (Frodon Sacquet), le réalisateur néo-zélandais a remercié le festival pour ce « prix inattendu et miraculeux ». Avec émotion, il explique : « Je ne pensais pas recevoir un jour une Palme d’Or. Je ne fais pas des films qui sont forcément très ‘Palme d’Or’. »
Et pourtant, Jackson a expliqué qu’il ne s'était rendu au festival que deux fois auparavant. Mais à chaque fois, sa venue sur la Croisette avait marqué un tournant décisif dans sa carrière. La première fois, il était venu vendre Bad Taste (1988) au Marché du Film. Résultat : Le long métrage gore a été un véritable succès, et a été vendu dans une cinquantaine de pays. « Je suis partie de Nouvelle-Zélande, j'étais photograveur. Je suis revenu, j'étais devenu réalisateur. Cet événement a complètement lancé ma carrière. »
Cannes 2001 : une visite décisive
Mais la deuxième fois que Jackson s’est rendu à Cannes, on peut dire que l'Histoire du cinéma en a été, elle aussi, changée pour de bon. « Nous avions tourné le Seigneur des Anneaux pendant environ trois ans, trois ans et demi. Nous avions fait les trois films en même temps. La presse était un peu bizarre… c'était une période étrange, parce que Warner était en train d'être vendu. Tout se répète…»
« Ils s'étaient tous penchés sur la folie que ça avait été de tourner ces trois films simultanément. Il se demandaient ce qui allait se passer pour les deux autres (Les Deux Tours, 2002 ; Le Retour du Roi, 2003) si le premier film était un loupé. C'était vraiment un gros pari. Donc tous les médias annonçaient que ça allait être un échec. »
Et c’est là qu'entre en scène Bob Shaye, qui espérait que présenter un aperçu de quelques séquences de la trilogie au Festival de Cannes allait sûrement changer l’opinion de la presse. « Donc nous avons monté une vingtaine de minutes des films très rapidement, avec les effets spéciaux et la musique qui allait avec. Et nous avons ramené ces 20 minutes de films avec nous à Cannes, en mai 2001. Et nous avons parlé à la presse. »
D’ailleurs, une fête monumentale (je dirais même la fête du siècle) à l’ambiance très bon enfant sur le thème du Seigneur des Anneaux avait été organisée dans un château -transformé en Terre du Milieu pour l’occasion- sur les collines de Cannes. Ils n’en font vraiment plus des comme ça... « Et quand le film est sorti en décembre 2001, il y avait une anticipation qu’il n’y aurait pas eu si le film n’avait pas été présenté en partie à Cannes. »
Le changement de ton dans les médias s’est ressenti immédiatement : Variety racontait ici l'accueil plus qu’enthousiaste qui avait été fait à ces premières images. Et le Los Angeles Times annonçait que la frénésie autour du Seigneur des Anneaux avait bel et bien commencé, tandis que le quotidien racontait le buzz qui se dégageait des tables rondes avec les journalistes, et des interviews avec les acteurs.
Finalement, Peter Jackson et le Festival de Cannes, c’est une grande histoire d’amour et de confiance. En mai 2001, la carrière du cinéaste et l’Histoire du cinéma ont été complètement bouleversées, pour le meilleur.


































