« Rien ne m'empêchera de danser  » : le documentaire Netflix sur Raygun vous fera regretter tous les memes

« Rien ne m'empêchera de danser » : le documentaire Netflix sur Raygun vous fera regretter tous les memes

Publié le06 septembre 2026

Mis à jour le06 septembre 2026

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Elle est devenue, bien malgré elle, l’une des figures inoubliables des JO de Paris. Et la Bgirl la plus connue au monde. L’histoire de Rachael Gunn est celle d’un ratage sportif devant les caméras du monde entier : le 9 août 2024, sur la Place de la Concorde, la danseuse australienne livre une performance aussi « mémorable » que son outfit vert et doré, face à la crème de la crème du breakdance mondial.

Trois battles (contre l’Américaine Logistx, la Française Syssy et la Lituanienne Nicka) et trois 18-0 encaissés plus tard, elle devient un phénomène planétaire. « Oh non, je suis un meme… » raconte t-elle, alors que des centaines de millions de gens commentent se moquent de sa prestation. Anonymes comme célébrités (Adèle, Jimmy Fallon, Snoop Dogg…) participent à ce bad buzz global, qui tourne rapidement au lynchage en ligne saupoudré de théorie du complot.

La jeune femme prend alors conscience qu’il y aura un avant et un après Paris : « Ma vie ne serait plus jamais la même ». Et c’est cette vie, avant, pendant et après, que le documentaire Netflix Raygun: Breaking Badly (2026) explore en 1h12mn, avec une approche qui explique, rectifie, fait réfléchir… et inspire. C’est la surprise majeure de ce visionnage : on pensait se moquer (à nouveau) et découvrir les rouages d’une tricherie, on découvre une leçon de résilience plutôt émouvante.

Une Bgirl au pays des kangourous

Breaking Badly remonte ainsi dans les années 80/90, au moment où Sammy Sex, futur coach et mari de Rachael Gunn, découvre la culture hip-hop et le breakdance. C’est lui qui va initier la jeune femme à la discipline, devenant son plus fidèle soutien. Celle qui deviendra Raygun se prend de passion pour cette mélange de danse, de sport, de musique et d’attitude dans laquelle le genre et les diktats féminins ne comptent pas. Nous sommes en 2014, et elle devient vite (trop pour son ancienne consoeur Tinylocks) l’une des Bgirls à suivre aux Antipodes.

Six ans plus tard, le breaking est retenu comme nouvelle épreuve-test pour les futurs Jeux Olympique 2024. Devenue doctorante après une thèse remarquée sur cette culture urbaine, désormais mariée à Sammy, Rachael Gunn apprend qu’une sélection est organisée à Sydney pour toute l’Océanie : à la clé, la possibilité pour un danseur et une danseuse de rejoindre la délégation australienne envoyée en France. Malgré ses 41 ans, la Bgirl passe les battles et les rounds avec aisance et décroche son ticket pour Paris. L’histoire de Raygun est lancée.

Parallèlement à son travail d’enseignante, alors que sa maman (qui intervient dans le documentaire avec son époux) est confrontée de graves soucis de santé, Rachael Gunn se lance dans un entraînement drastique pour gagner en vitesse, en tonicité et en masse musculaire pour maîtriser les power moves susceptibles de marquer les futurs juges. Malgré ses efforts, elle est (très) loin d’être au niveau et ses tournois internationaux lui font très vite réaliser ses limites. « C’était brouillon, sans aucune maîtrise » se souviennent Tinylocks et Flix, une autre membre de la communauté des Bgirls. Mais les Jeux approchent, et il faut faire bonne figure devant les médias locaux… Tout en sachant, comme le partage Sammy, que si un juge sur neuf accorde son point à Raygun, ce sera une victoire.

Raygun

9 août 2024, le tournant d’une vie

En arrivant à Paris, Rachael est vite écrasée par la pression. Elle se perd en plein Village Olympique, multiplie les crises de panique et vit le début de son aventure hexagonale comme une imposture au milieu des vrais athlètes, avec le sentiment d’être dévisagée comme dans Inception. Parallèlement, elle peaufine une nouvelle chorégraphie sans power moves, avec une approche artistique très personnelle visant à honorer la culture australienne (les mouvements du crawl et de l’arrosoir automatique, comme son iconique pose du kangourou, viennent de là). « Quelle est votre plus grosse angoisse ? », lui avait demandé la psychologue qui la suivait en amont. « D’être ridicule devant le monde entier » lui confiait alors Raygun.

Il est minuit en Australie quand elle se lance dans sa première battle. « Elle n’avait aucune chance mais elle pouvait nous représenter dignement », confie Flix qui se dit « indignée et humiliée » par le passage de son amie. Bougeant au ralenti et complètement à contre courant de ses adversaires, Raygun enchaîne les « trucs chelous ». Elle sort ravie de ses rounds, boostée par l’adrénaline. Mais elle découvre vite l’ampleur des dégâts alors que médias et réseaux sociaux se moquent de sa proposition, d’abord avec humour puis avec virulence alors que des fake news racontent que Sammy faisait partie du comité de sélection australien et a placé sa femme devant de meilleures danseuses.

On apprendra par la suite (et ce documentaire le confirme) que l’information est totalement erronée et mensongère : Raygun était simplement la meilleure ce jour-là, au sein d’une scène australienne encore jeune. Mais le mal est fait. La danseuse sombre. Elle vit recluse, enchaîne psys et médicaments, tient un journal vidéo où elle partage son enfer mental et ses angoisses… Les memes Raygun étaient drôles, elle-même en convient aujourd’hui : mais l’acharnement a eu raison d’elle. Il faut alors réapprendre à vivre, autrement. Aidée par un ange gardien nommé Richard Branson.

Raygun

Danse ta vie

Le milliardaire, magnat et philanthrope est dans sa propriété des Îles Vierges, entouré de… kangourous, quand il découvre la performance de Raygun et le bad buzz qui s’abat sur elle dans la foulée. Charmé par sa proposition joyeuse, atypique et créative, il prend contact avec la danseuse et l’embarque dans une croisière où elle reprend goût à la vie. Sans le savoir, il participe à la renaissance de Rachael Gunn, qui va par la suite retrouver sa vie en Australie et même retourner aux événements breaking.

L’objectif de Rachael / Raygun, désormais, c’est de breaker à nouveau devant un public. « Rien ne m'empêchera de danser » déclare celle qui se ressource notamment dans l’esprit festif qui anime les Bboys et Bgirls de Taïwan. Elle a surtout décidé d’accepter et embrasser son alter ego, transformant une honte mondiale en échec magnifique. Après tout, peu de gens peuvent se vanter d’avoir ainsi impacté la culture « hip-pop », jusqu’à voir des Rayguns d’Halloween se balader en octobre dans les rues de Sydney. Sa plus belle victoire vient sans doute de ses retrouvailles avec Tinylocks, qui lui reprochait la figure de l’arrosoir automatique… pour finalement découvrir que c’est le plus bel hommage que Raygun pouvait faire à la culture nationale, le mouvement étant né dans les années 70 pendant la période disco australienne !

Ce moment, je dois l’avouer, m’a donné un petit frisson. Et une bonne leçon. Comme celles et ceux qui lancent le documentaire Raygun: Breaking Badly, je pensais rire à nouveau (et je l’ai d’ailleurs fait, à quelques reprises) et me délecter du désastre annoncé (le fameux meme popcorn qu’on se partage malicieusement face à un drama qu’on regarde de loin). Je ressors avec un enseignement très humain sur ce que chacun.e d’entre-nous peut (faire) subir dans ce tribunal social et digital permanent dans lequel nous vivons. J’en retiens que Raygun n’a rien fait de mal, juste une proposition hors norme, comme le Star Wars Kid en son temps. Qu’elle a été très solide pour traverser ce moment de sa vie et en renaître grandie. Qu’elle a créé un move kangourou désormais iconique. Et qu’elle est, finalement, la SEULE Bgirl connue mondialement. Big up, Raygun !

Lorsque la performance de Raygun aux Jeux olympiques de Paris 2024 est devenue virale du jour au lendemain, une avalanche de mèmes, de fausses informations et de théories du complot a suivi, tous remettant en question la manière dont elle avait réussi à atteindre la scène olympique.
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À propos de cette liste

Titres

1

Coût total de visionnage

7,99 €

Durée totale

1h 12min

Genres

Documentaire

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