
Below : la fin expliquée, entre créature, climat et saison 2
Dans le top des séries les plus regardées sur Netflix cette semaine, on retrouve Below (2026) avec Josh Hartnett. Une série qui se présente comme une fable fantastique avec sa menace sous-marine, sa sorcière des flots bien flippante et toute une galerie de personnages hauts en couleur.
Vendue comme une version moderne des Dents de la Mer (1975) qui regarde pas mal en direction du très apprécié Widow’s Bay (2026) d’Apple TV, la série opère à mi-parcours un changement de cap inattendu et se pose en fait comme une ode écologique. Vous avez vu Below et vous voulez vérifier votre interprétation ? Vous avez arrêté en cours de route et vous voulez savoir comment ça se termine ? Vous voulez savoir si c’est une mini-série terminée ou si une autre saison est possible ? Attention, spoilers, on fait le point sur la fin de Below !
Quel est le monstre marin de Below, et que devient-il ?
Si Below joue la carte du flou pendant quelques épisodes sur la nature de la menace qui sévit à proximité de la communauté de Snooks Arm, la première hypothèse se révèle finalement être la bonne. Pas de monstre surnaturel, juste un céphalopode géant surnommé « Mutter » ou « Mudder » selon les traductions et la version que vous avez regardée. Une femelle calamar aux dimensions démesurées qui protège ses petits. Le problème, c’est qu’avec le réchauffement climatique, l’iceberg qui renferme ses œufs a dérivé jusque dans le port du village et que la future maman se montre particulièrement agressive avec la population locale, perçue comme une menace. La série réserve d’ailleurs une fin tragique à l’animal, puisqu’on nous explique dans le final que les femelles de cette espèce, une fois leurs petits en sûreté, se laissent mourir à côté de leurs rejetons à naître. Par extension, Mutter n’est donc pas non plus le calamar qui s’en est pris au père de Calvin quand il était jeune… Au final, la bête est plutôt une victime.
Pas de monstre en somme, juste la nature, déréglée par le réchauffement climatique. Une espèce qui dérive et sort de son territoire pour se retrouver au milieu des Hommes. Toutes les élucubrations qui pointaient une sorcière marine, une sorte de sirène ou des infectés sont de fausses pistes que les scénaristes ont délibérément choisi d’esquisser pour mieux les abandonner au fil des épisodes, parfois sans vraiment donner de réponses satisfaisantes. La fièvre marine ? Il suffit d’attendre 48 h. Les attaques d’animaux géants sur la berge ? Jamais vraiment expliquées : la maman calamar ne refera plus ça une fois qu’on connaît sa nature… A priori, il suffit de ne pas attaquer la glace pour ne pas être en danger… Mouais, on dira ça aux promeneurs et au maître-chanteur de Jay…
La partie surnaturelle, poussée par la mise en scène, se révèle au final être le fruit d’une substance hallucinogène qui déforme la perception des protagonistes. Une sécrétion qui une fois absorbée donne corps aux peurs latentes des victimes. Si vous voulez mon avis, c’est un peu facile, et ça se solde par des situations saugrenues qui n’ont pas de sens. Mais si la sorcière est une vraie jeune femme, comment a-t-elle pu disparaître aussi vite après sa visite chez Wade dans le deuxième épisode ? Et que devient-elle après l’évasion de Calvin et de son fils ?

Qui sont les vrais monstres ?
Sans monstre marin à abattre, qui donc pourrait enfiler le costume de l’antagoniste ? Un riche propriétaire terrien, bien sûr ! Papi Crocker sera celui-là. Présenté hors-champ comme le propriétaire des infrastructures de l’île, celui qui promet de jolies sommes aux habitants de Snooks Arm s’ils quittent leur caillou, est en fait le vrai méchant de l’histoire. En effet, il cache derrière cette mansuétude de surface un secret bien gardé : l’île est un gisement de minerais qu’il veut exploiter, comme il l’avait déjà fait à Little Pot Rock.
Une caricature sans finesse : un homme d’affaires vieillissant et sans scrupules, prêt à sacrifier le bien-être des populations locales, humaines comme animales, pour quelques dollars de plus. Évidemment, ses plans tombent à l’eau. Sa fille a beau s’infiltrer dans le village, elle ne parvient pas à convaincre les habitants de partir contre de l’argent. Qu’à cela ne tienne : Crocker profite de la présence du monstre pour manipuler l’armée. Mais là encore, les braves militaires canadiens se ravisent. Ceux qui avaient jusqu’ici suivi tous les ordres, aussi discutables soient-ils, changent leur fusil d’épaule au dernier moment. Ah ben ça, ça tombe bien alors ! Ils sont si gentils, en fait, les militaires… C’est bien connu.
De l’autre côté du spectre, on peut aussi considérer les Budgell comme un second groupe dangereux. Cette famille, qui vit en autarcie depuis des dizaines d’années, considère Mutter comme une divinité. Ils lui vouent un culte tordu qui mêle sacrifices humains et fascination morbide. Maggie, la jeune femme qu’on pense être une sorcière, est la fille de la famille Budgell. Isolée toute sa vie, elle est représentée comme à demi-sauvage. Après la mort de son père Walton, elle est bloquée seule sur son île avec son grand-père. On ne sait pas vraiment ce qu’il advient d’eux. Passé la révélation, ils sortent du tableau et du scénario par la petite porte.
Une fin heureuse (en apparence) ?
Au fond, le vrai méchant, c’est sans doute le changement climatique. C’est la fonte des glaces et la dérive de l’iceberg où sont stockés les œufs du calamar qui sont à l’origine de l’histoire. Sans cet événement, jamais la situation de Snooks Arm n’aurait changé. Le ton est d’ailleurs très pessimiste, puisqu’on nous explique que Mutter comme ses petits ne devraient pas survivre dans des eaux devenues trop chaudes, et ce, malgré les efforts des héros pour aider le céphalopode. Si, en l’état, Calvin a accepté de changer et a fini par gérer ses démons intérieurs, si Wade a enfin trouvé sa place dans sa famille et que toute la fratrie s’est retrouvée, la fin de la série reste douce-amère.
Tout redevient normal dans le village. Les héros ont évolué et la communauté est débarrassée de la menace financière du clan Crocker. Un répit mérité mais de courte durée, car, en toile de fond, le climat est toujours déréglé, et de nouveaux événements sont à prévoir. Mis à part la chercheuse de l’île, les scientifiques montrés dans l’histoire sont d’ailleurs décrits comme plus intéressés par leur réussite et leur gloire que par une quelconque vocation. Ce n’est pas d’eux que viendra le salut.

Que signifient les icebergs de la dernière scène ?
À la toute fin de la série, Calvin et Wade, repartis en mer, découvrent à l’horizon non plus un, mais plusieurs icebergs dérivant vers leurs côtes. Comme un éternel recommencement, cette vision peut être interprétée de plusieurs façons. Ça peut n’être que ça : un rappel en ellipse du premier épisode, comme pour signifier que le problème est toujours là.
On peut y voir un gimmick de film d’horreur, comme le coup du tueur qui n’est pas mort et se relève pour un dernier jump scare, ou une ouverture plus chargée de sens qui dresse un constat désabusé et fataliste de la situation globale. Dans tous les cas, si son interprétation reste ouverte, ce plan de fin était dans la tête du créateur de la série dès le lancement du projet.
Y aura-t-il une saison 2 de Below ?
En l’état, aucun renouvellement n’a été annoncé, même s’il est déjà arrivé par le passé que Netflix relance des mini-séries terminées sous la pression du public. Une semaine après son lancement, Below est toujours une série dite limitée et bouclée.
D’après les différentes interviews que le cast a données à la presse US, Josh Hartnett et Charlie Heaton parlent d’une même voix et considèrent d’ailleurs cette histoire comme une œuvre finie. Le plan de fin ne serait pas une ouverture vers la menace d’un nouveau calamar (ou plusieurs), mais bien une alerte par rapport au caractère inéluctable des ravages liés au bouleversement du climat.















