Applaudi 14 minutes à Venise, ce film pourrait faire de l’ombre à L’Odyssée aux Oscars !

Applaudi 14 minutes à Venise, ce film pourrait faire de l’ombre à L’Odyssée aux Oscars !

Publié le08 septembre 2026

Mis à jour le08 septembre 2026

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Nous nous sommes habitués à parler des standing ovations dans les festivals – c’est sans doute une coutume davantage associée à Cannes, mais Venise n’est pas exempte de cette célébration exaltante du public envers les films.

Il faut quand même dire que cette 83ᵉ édition manque un peu de star-power -les studios américains préférant garder leurs films pour des festivals d'Amérique du Nord comme Toronto ou Telluride, par peur des plumes bien mordantes des critiques européens, ou tout simplement opter pour une sortie directement en salles. Mais le festival cherche quand même à maintenir le cap dans ses ambitions de buzz pré-Oscars. En ce sens, Wild Horse Nine (2026), le nouveau film de Martin McDonagh qui a reçu une standing ovation de 14 minutes et s'annonce déjà comme l’un des favoris de la saison, démontre que le festival semble continuer à tenir son rang.

Tout juste après les premières projections du film, alors que les festivaliers débattent encore des prix que le long métrage pourrait décrocher, voici tout ce que vous devez savoir sur l'œuvre et sur les catégories dans lesquelles elle a le plus de chances d'obtenir une nomination. 

De quoi parle Wild Horse Nine ? 

Martin McDonagh étant un cinéaste issu du milieu théâtral, connu aussi bien en tant que dramaturge, ses films sont traversés par des thématiques et des figures récurrentes. Bien que ses œuvres ne soient pas nombreuses, de Bons baisers de Bruges (2008) à Wild Horse Nine en passant par Les Banshees d’Inisherin (2022), il est possible de tracer une lignée de personnages masculins liés par une relation d'amour-haine, pleine d’humour et de violence.

Les rapports entre les personnages de Wild Horse Nine, Chris Carlisle (John Malkovich) et Lee Chesterfield (Sam Rockwell), sont aussi de cette nature : les deux collègues travaillent ensemble pour la CIA et on apprend que depuis quelque temps, ils sont basés au Chili. Le calendrier indique 1973 : en tant que spectateurs, nous savons que le coup d'État militaire va bientôt ravager le pays et le soumettre au totalitarisme ; en agents vétérans, Chris et Lee le savent d’ailleurs aussi. En amont du chaos imminent, les collègues partent en voyage sur l’Île de Pâques pour voir les statues monolithiques nommées Moaïs, que Chris préfère appeler tout simplement les « têtes ». Désillusionné, cynique et grincheux, il passe son temps à se plaindre et à se souvenir de ses réussites passées à Cuba, au Guatemala ou au Congo, tandis que Lee cherche à le garder sous contrôle -souvent sur les ordres de leur chef MJ, joué par un hilarant Steve Buscemi.

Très vite, on apprend que Chris souffre d’une maladie mortelle et qu’il a également commencé à perdre la mémoire. Pour apaiser ses souffrances, il aurait demandé à Lee de le tuer, leur voyage étant à la fois son dernier vœu et un prétexte pour mourir sans provoquer de soupçons. Cependant, la mort ne viendra pas facilement pour Chris et il devra d’abord confronter aussi bien ses démons (ses décisions, ses regrets, s’il y en a) et son amitié avec Lee -tout en essayant d’écrire son autobiographie- que la CIA, qui veut l’éliminer le plus vite possible à cause des secrets politiques qu’il détient.

Wild Horse Nine

Le film mérite-t-il vraiment cet accueil critique très positif ? 

La théâtralité assumée des scénarios de Martin McDonagh peut exaspérer certains spectateurs, mais ce qui est clair, c’est qu’il sait très bien créer des personnages profonds – même lorsqu’ils ont l’air très superficiels comme Lee – et surtout qu’il sait bien diriger ses comédiens. En ce sens, Wild Horse Nine doit beaucoup aux performances de ses deux acteurs principaux ; ce sont vraiment Malkovich et Rockwell qui nous font croire à l’authenticité des sentiments d’amitié, de confiance et de compassion qui relient Chris et Lee. Je dois quand même nuancer pour Rockwell, car sa prestation rappelle un peu trop son personnage dans Three Billboards : Les Panneaux de la vengeance (2017). Quant à Malkovich, sa manière très distinctive de parler d’une voix chevrotante est imprégnée d’une telle spontanéité qu'elle dote le film, grâce aux dialogues et monologues habilement écrits de McDonagh, d’un humour noir très accessible.

Même si les personnages que les comédiens incarnent ont commis des crimes très graves contre certaines populations du monde ainsi que contre certains hommes politiques -je ne vous dis pas lesquels, car cela fait partie d’une blague importante !-, McDonagh cherche à leur apporter des traits humains sans pour autant leur accorder le pardon. Les spectateurs auront donc certainement beaucoup de plaisir à suivre ces anti-héros qui deviennent finalement très sympathiques grâce à leur caractère antipathique.

Cependant, le film est imprégné d’un pessimisme qui n’est peut-être pas aussi visible que celui des Banshees d’Inisherin, mais qui exerce un impact considérable sur nous et nos ressentis. McDonagh semble en effet nous dire que tous les efforts de la jeunesse et des groupes minoritaires qui se battent pour défendre la démocratie et leurs libertés finiront toujours par être opprimés par les forces mondiales -comme s’il n’y avait jamais eu de libre arbitre et qu’il n’y en aura jamais sur la scène politique. C’est le seul aspect, mais peut-être le plus central, qui peut poser problème au public car, surtout à travers le traitement des personnages féminins, cette attitude du cinéaste ne manque pas d’infantiliser les nouvelles générations.

Et les Oscars ?

Dès le lendemain de la projection, les festivaliers ont déjà commencé à désigner John Malkovich comme le favori pour l’Oscar du meilleur acteur. Nous sommes certes encore très loin de l'annonce des nominations, mais vu le buzz que le film a suscité, ces nominations ne se limiteront sûrement pas à cette seule catégorie. On peut en effet s'attendre à ce que Sam Rockwell décroche lui aussi une citation, pour l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle.

Martin McDonagh a remporté son premier Oscar en 2005 dans la catégorie du meilleur court métrage en prises de vue réelles, mais lors de ses six autres nominations, il est rentré chez lui les mains vides. Cette saison, il a donc de très fortes chances de l'emporter dans les catégories de la meilleure réalisation et du meilleur scénario original. Ces nominations lui garantiront également une place dans la course à l’Oscar du meilleur film, où la concurrence sera encore plus rude entre L’Odyssée, Dune 3 et un potentiel outsider nommé Obsession.

Wild Horse Nine
Wild Horse Nine

Wild Horse Nine

2026

Peu avant le coup d'État chilien de 1973, deux agents de la CIA, Chris et Lee, sont envoyés de Santiago vers l'île de Pâques par leur supérieur, MJ. Au milieu des statues emblématiques de l'île, tandis que ces partenaires de longue date sont confrontés à leur sombre passé et aux complots en cours, Chris noue une relation avec deux étudiantes rebelles qui menace de faire basculer dans le chaos leur séjour dans ce paradis isolé…
Wild Horse Nine n'est pas disponible en streaming.
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À propos de cette liste

Titres

1

Durée totale

1h 56min

Genres

Action & Aventure, Comédie, Crime & Thriller

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