Unabomber : de Harvard aux attentats, l’histoire vraie derrière le film Netflix

Unabomber : de Harvard aux attentats, l’histoire vraie derrière le film Netflix

Publié le19 septembre 2026

Mis à jour le19 septembre 2026

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On connaît le surnom, les colis piégés, la cabane dans le Montana. On connaît moins l’étudiant entré à Harvard à 16 ans et soumis à des expériences psychologiques. C’est à cette période que s’intéresse Janus Metz dans Unabomber, annoncé sur Netflix le 25 septembre 2026.  Jacob Tremblay incarne le futur tueur en série et donne la réplique à Russell Crowe, dans le rôle du psychologue Henry Murray. Le récit alterne entre ces années universitaires et la traque menée des années plus tard par une agente jouée par Shailene Woodley. 

Hollywood s’est déjà emparé à plusieurs reprises de ce récit si complexe par sa nature, par la pensée de Kaczynski, par l’horreur de ses crimes, et par ce fameux manifesto qui a traversé les décennies. Jusqu’où peut-on expliquer les crimes de Kaczynski par ce qu’il a vécu à Harvard ? Pour comprendre l’histoire vraie derrière Unabomber, il faut distinguer les événements documentés, les hypothèses et les personnages créés pour le cinéma.

Qui était Ted Kaczynski avant de devenir Unabomber ?

Les aptitudes de Kaczynski en mathématiques lui ouvrent les portes des meilleures universités américaines. Après Harvard, il obtient un doctorat à l'université du Michigan avant d’enseigner à Berkeley en Californie en 1967. Deux ans plus tard, il démissionne. Alors que ses collègues ont essayé de l’en dissuader, le jeune chercheur débordant de talent voulait quitter le monde des mathématiques. 

En 1971, il s’installe près de Lincoln, dans le Montana, où il construit une cabane pour vivre de presque rien. C’est cet homme isolé que le monde retiendra, et c’est sept ans plus tard, en 1978, que les attentats commencent. Il lui a fallu des années de préparation. 

Les expériences de Harvard ont-elles vraiment eu lieu ? 

Le film accorde beaucoup d’importance à ces expériences car elles ont effectivement eu lieu et le personnage de Russel Crowe, Henry Murray, a bien existé. Au début de l’année 1959, Kaczynski a accepté de participer à une étude sur les réactions au stress. Les étudiants doivent notamment exposer par écrit leurs convictions personnelles, utilisées ensuite comme matière à des confrontations destinées à les déstabiliser.

Le dispositif inclut des interrogatoires très agressifs sous grande pression, des lumières aveuglantes, des caméras et des électrodes qui enregistrent la moindre réaction des participants. Kaczynski a pris part à cette étude pendant plus de 200 heures étalées sur trois ans (1959 - 1962).

Si l’on comprend facilement que ces séances peuvent bouleverser quelqu’un, rien ne prouve encore aujourd’hui qu’elles sont la source de son esprit meurtrier. L’avocat de Kaczynski a bien affirmé que cette étude a exacerbé l’hostilité et la méfiance envers l’autorité du tueur en série, mais le principal concerné lui-même a avoué que cela n’avait pas un impact direct.  

Dix-sept ans d’attentats, trois morts et vingt-trois blessés

De 1978 à 1995, Kaczynski a posé ou envoyé seize bombes, tuant trois personnes et en blessant vingt-trois. Son surnom vient de UNABOM, le nom donné à l’enquête à partir des mots anglais désignant les universités, l’aviation – ses premières cibles –   et les attentats à la bombe. 

Pourquoi fait-il cela ? Car Kaczynski accuse la société industrielle et technologique de détruire l’autonomie des individus. D’ailleurs, ses attaques lui ont permis d’imposer ses convictions dans le débat public : il conditionnera l’arrêt de ses actes terroristes à la publication de son manifeste dans un grand journal. Ses victimes s’appelaient Hugh Scrutton, propriétaire d’un commerce informatique, Thomas Mosser, dirigeant dans la publicité, et Gilbert Murray, représentant de l’industrie forestière. 

Son manifeste, une condamnation radicale du progrès technique

En Septembre 1995, le Washington Post a publié Industrial Society and Its Future, un manifeste de 35 000 mots. 35 000 mots bien organisés, clairs, se rapprochant plus d’un essai sociologique que d’une déblatération irréfléchie. Les autorités fédérales donnent l’accord de la publication en espérant une chose : qu’un lecteur reconnaisse l’auteur par son écriture. 

Sa thèse repose sur la perte de liberté. Selon lui, la société industrielle rend le peuple dépendant des institutions sur lesquelles il n'a que très peu de contrôle. Le confort matériel engendrerait selon lui une autonomie toujours plus réduite. Il considère alors que l’humain a besoin de poursuivre des objectifs, de fournir des efforts et d’obtenir des résultats par lui-même pour s’épanouir. La vie moderne irait à l’encontre de ces besoins. 

Sa conclusion est radicale : il demande le démantèlement du système industriel et technologique qu’il juge impossible à réformer. Ce manifeste attaque aussi longuement et relativement le collectivisme de la gauche, pensant que cela cherche simplement à uniformiser la société. Finalement, les autorités ont eu ce qu’elles voulaient : quelqu’un a reconnu le style du tueur. 

Sa famille reconnaît sa manière d’écrire

La belle-sœur de Kaczynski, Linda Patrik, joue un rôle décisif dans sa capture. Certaines idées du manifeste lui semblent familières et elle pousse son mari, David Kaczynski, à le lire. Les ressemblances s’accumulent : sa façon d'argumenter, les tournures des phrases, le style d’écriture. David ne peut pas s’empêcher de penser aux lettres de son frère, particulièrement proches du contenu du manifeste. Le couple finit par transmettre ses soupçons aux enquêteurs. 

Le 3 avril 1996, la police arrête le tueur dans sa cabane. Parmi les documents retrouvés sur place, on y trouve ses propres récits des attentats. Kaczynski plaide coupable en 1998 et est condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle. Il meurt en détention le 10 juin 2023, à 81 ans. 

Ce que le film Netflix ajoute à l’histoire 

Oui, le psychologue Henry Murray a bien existé, mais un personnage est entièrement fictif. Joanne Miller, l’agente du FBI interprétée par Shailene Woodley, n’existe pas. Elle sert plutôt de représentation symbolique de la traque. En réalité, l’enquête mobilise de nombreux services et rassemble plus de 150 enquêteurs, analystes et autres collaborateurs à temps plein. Deux noms sortent du lot : Terry Turchie, responsable de l’équipe UNABOM, et Kathleen Pickett, qui travaille sur le profil du suspect.

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2026

Ce drame inspiré de faits réels raconte comment Ted Kaczynski, prodige de Harvard choisi comme sujet d'une étude, est devenu le tristement célèbre "Unabomber" traqué par le FBI.
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À propos de cette liste

Titres

1

Coût total de visionnage

7,99 €

Durée totale

1h 41min

Genres

Crime & Thriller, Drame, Mystère & Thriller

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