Rocky Horror Picture Show, Legend, Ça : 3 rôles pour célébrer Tim Curry

Rocky Horror Picture Show, Legend, Ça : 3 rôles pour célébrer Tim Curry

Publié le27 août 2026

Mis à jour le27 août 2026

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Dans le genre « iconique », Tim Curry se pose là. En cinquante ans de carrière, si le comédien britannique n’a certes pas décroché un statut de star planétaire, il a toutefois créé des personnages mémorables, sur scène, à l’écran ou vocalement. En 2008, j’avais eu le privilège de pouvoir échanger avec lui durant une trentaine de minutes, au téléphone, et j’en garde un souvenir très ému : ce n’est pas tous les jours qu’on peut discuter avec celui qui a hanté votre enfance avec ses interprétations et créations cultes ! Sa triste disparition, ce mardi 25 août, à l’âge de 80 ans, m’offre l’opportunité de célébrer par trois fois son génie flamboyant, avec trois personnages qui étaient justement ses préférés. J’ai aussi par ailleurs, évidemment, une affection particulière pour ses apparitions dans Maman j’ai encore raté l’avion (1992) et Alarme Fatale (1993) !

L’excentrique Frank-N-Furter, le savant fou et icône queer de The Rocky Horror Picture Show (1975), est le tout premier personnage que Tim Curry ait interprété au cinéma. Entre glam rock et burlesque, vêtu de son corset, de ses bas résilles et de ses talons aiguilles, l'extraterrestre hermaphrodite -de la planète Transsexual située dans la galaxie de Transylvania- irradie l’écran après avoir mis le feu aux planches de Londres et de Los Angeles. A l’époque, l’acteur n'imaginait sans doute pas que le film ne quitterait JAMAIS l’affiche, avec des séquences hebdomadaires (hautes en couleurs et interactives) animées par les fans dans plusieurs grandes villes depuis plus de cinquante ans ! Hédoniste jusqu’à l’excès, cette variation subversive de Frankenstein est devenue un symbole d’émancipation, notamment à travers le morceau culte Sweet Transvestite. Si Tim Curry est absent de la suite Shock Treatment (1981) -il a pourtant failli y incarner trois rôles à un moment où Tim Burton était intéressé-, il fait une apparition clin d’oeil dans le remake The Rocky Horror Picture Show: Let's Do the Time Warp Again (2016) où Laverne Cox reprend son rôle.
Legend
Legend

Legend

1985

La postérité n’a pas forcément retenu Legend (1985) au sein des filmographies prestigieuses de Tom Cruise (alors au début de sa carrière, juste avant Top Gun) et Ridley Scott (qui venait d’enchaîner Alien et Blade Runner). La proposition visuelle et artistique du cinéaste est pourtant majeure dans cette pépite fantasy des années 80, qui s’inspire des contes des frères Grimm pour livrer une aventure féérique entre lumière et ombre. Au sein de cette obscurité, il y a le bien-nommé Darkness, prince des ténèbres campé par un Tim Curry magistral. Avec ses sabots, sa peau rouge, ses yeux jaunes et ses cornes immenses, le monstre s’impose instantanément comme l’un des plus beaux « diables » de nos imaginaires modernes. Tim Curry, qui subit six heures de maquillage chaque jour pour endosser cette peau maléfique, lui donne une dimension théâtrale et aristocratique, shakespearienne même, comme une sorte de variation démoniaque de la Bête (le film de Cocteau était d'ailleurs l’une inspirations de Ridley Scott sur ce film) allergique à la lumière et l’innocence. Cette imagerie, traumatisme d’enfance aussi marquant que la mort du cheval Artax dans L’Histoire sans fin (1984), a fortement influencé la fantasy : sans Darkness, pas de Diablo ou de Hellboy !
Vous avez dit traumatisme d’enfance ? Si vous avez grandi dans les années 90, vous avez de grandes chances d’avoir développé une coulrophobie (la peur des clowns) sévère avec Ça - Il est revenu (1990). Et vous pouvez remercier Tim Curry, qui est l’équivalent à nez rouge du requin des Dents de la mer (1975) : une terreur générationnelle à l’échelle mondiale. Dans les adaptations récentes (Ça, 2017 ; Ça : Chapitre 2, 2019 ; Ça : Bienvenue à Derry, 2025), Bill Skarsgård a certes réinventé Pennywise / Grippe-Sou, avec une approche plus inhumaine et bizarre. Mais la manière dont Tim Curry donne vie au clown-tueur de Stephen King reste pour moi la plus mémorable : chacun de ses gestes -je pense par exemple à la manière dont il pointe du doigt la bande de Bill Denbrough- est à la fois drôle, grotesque et terrifiant ; et on passe en une fraction de seconde d’une douceur désarmante et amusante à une sauvagerie totale. Vraie trouille que je vous partage ici : depuis ce téléfilm en deux parties, j’ai du mal à feuilleter des albums photos, de peur de voir un cliché s’animer, le clown Tim Curry me scruter de son regard mauvais depuis le polaroïd, et son bras traverser la photo pour m’attraper !

À propos de cette liste

Titres

3

Coût total de visionnage

5,98 €

Durée totale

6h 22min

Genres

Horreur, Comédie, Comédie Romantique

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