De Alien à Star Wars, 7 films qui prouvent que Sigourney Weaver est une icône SF

De Alien à Star Wars, 7 films qui prouvent que Sigourney Weaver est une icône SF

Yoann Sardet
Yoann Sardet

Publié le 24 mai 2026

Mis à jour le 24 mai 2026

« Telle est la voie » aurait pu lancer Sigourney Weaver en 1979, telle une Mandalorienne qui s’ignore, en ouvrant le chemin à des personnages féminins forts dans la science-fiction. Jusque-là, le genre avait globalement été très masculin, reléguant les comédiennes au second plan dans des rôles de princesse à sauver, de membre d’équipage sexy (que Weaver parodiera savoureusement en 1999, j'y reviens) ou de créatures étranges. Et puis, face à un xénomorphe terrifiant, l'actrice se révèle en héroïne forte, compétente, complexe. Une icône est née, qui marque incontestablement la SF mais plus largement le cinéma dans son intégralité, pavant la voie (on y revient) à des Sarah Connor, Thelma et Louise, Trinity, Neytiri, Rey Skywalker… Alors qu’elle rejoint aujourd’hui une galaxie lointaine, très lointaine, je reviens sur les rôles SF majeurs de la comédienne. 

On pourrait aisément croire que la franchise Alien se résume à ses bestioles et aux facehuggers, chestbusters et xénomorphes issus de l’imaginaire biomécanique de l’artiste Giger. Ce serait oublier que le coeur de la saga repose sur le personnage d’Ellen Ripley, dont l’absence se fait d’ailleurs cruellement sentir sur les opus Prometheus (2012), Covenant (2017), Romulus (2023) ou Alien Earth (2025-) qui proposent tous des héritières-ersatz de Ripley sans jamais parvenir à faire oublier le modèle. Quand le personnage est imaginé pour Alien (1979), il n’est volontairement pas genré, pour ouvrir le champ des possibles et permettre à un acteur comme à une actrice de se glisser dans la combinaison de l’officier du Nostromo.

Ce sera Sigourney Weaver, choisie après des essais jugés particulièrement marquants par les collaboratrices du studio. Le film, monument de la SF horrifique, prend à rebours toutes les attentes en faisant de celle qui n’aurait dû être qu’une demoiselle en détresse ou une victime du monstre son plus coriace adversaire.  Chacun.e a ensuite son film de cœur et sa Ripley préférée au sein de la tétralogie originelle. Version Ridley Scott, James Cameron, David Fincher ou Jean-Pierre Jeunet, le personnage est à chaque fois différent et réinventé. Personnellement, j’ai une affection toute particulière pour Aliens, le retour (1986)... et j’aurais adoré voir ce que Neill Blomkamp aurait fait de Ripley dans son Alien 5 hélas avorté.

Je vais aller droit au but : j’aime Galaxy Quest (1999) d’amour. C’est même le premier film que je conseille quand on me demande une recommandation ! Entre la parodie et l’hommage, le long métrage de Dean Parisot est un vrai petit miracle de cinéma, qui trouve constamment un équilibre parfait entre ces deux aspects de la comédie de science-fiction en célébrant la pop culture et ses fans avec humour et respect. Le pitch est savoureux : les comédiens d’une série SF kitsch annulée avant son dernier épisode n’ont jamais vraiment eu la carrière dont ils rêvaient et écument les conventions et événements publicitaires dans leurs costumes… jusqu’à ce que de vrais extraterrestres, les prenant pour de véritables guerriers de l’espace, les entraînent dans un conflit intergalactique.

Voir ces vétérans des plateaux prendre les commandes d’un vrai vaisseau (car les aliens se sont inspirés de la série, qu’ils prennent pour un documentaire historique, pour reproduire tous les accessoires à l’identique !) est dès lors hilarant, entre Tim Allen en capitaine égotique, Alan Rickman en sous-Spock amer et Sigourney Weaver en officier en décolleté dont la mission consiste uniquement à répéter ce que dit l’ordinateur de bord ! PERSONNE ne connait ce film en France (25 000 entrées au cinéma…), et j’ai décidé que ça allait changer. C’est la mission que je me suis donnée. Ne jamais abandonner, ne jamais se rendre. #TeamNSEAProtector

Wall-E
Wall-E

Wall-E

2008

Dans WALL-E (2008), il y a un petit robot nettoyeur curieux et fan de musicals, entièrement dédié à sa mission sur une Terre abandonnée jonchée de détritus. Il y a EVE, sa consœur high-tech -et son amoureuse- envoyée sur notre sol quand une plante verte, symbole du retour de la vie, est détectée. Il y a une Humanité réduite à de gros bébés en combinaison vautrés sur des chaises longues et cantonnés à leur rôle de consommateurs obéissants dans l’arche spatiale que représente l’Axiom. Et puis il y a l’ordinateur de bord du vaisseau, qui orchestre (dicte ?) la vie à bord depuis 700 ans, du planning des journées à la dernière tenue à la mode.

Derrière cette IA omnisciente a priori protectrice mais qui prive en réalité nos descendants de tout libre-arbitre, il y a la voix de Sigourney Weaver. Un clin d'œil génial des studios Pixar, qui n’ont pas oublié que la Ripley campée par la comédienne dans la franchise Alien a été confrontée à une IA impitoyable (M.O.T.H.E.R.) ainsi qu’à un androïde meurtrier (Ash, campé par Ian Holm) dans le premier film. La voir incarner cette autorité numérique maternante mais rigide dans le film d’animation donne une dimension toute particulière à l’ordinateur de bord. Pour l’anecdote, six ans plus tôt, Sigourney Weaver avait déjà joué un rôle similaire dans Futurama S4E4 : dans cet épisode baptisé Love and Rocket, elle devient la voix de l’IA du Planet Express, entame une liaison passionnée avec Bender… et décide de décimer l’équipage quand ce dernier la quitte ! 

Avatar
Avatar

Avatar

2009

Je me souviens avec émotion de ma rencontre avec Sigourney Weaver en 2009. La dame est d’une incroyable prestance, d’une totale intelligence et d’une bienveillante humanité. Pouvoir échanger avec elle sur sa relation avec James Cameron depuis son affrontement avec la Reine Alien en 1986 jusqu’à ses retrouvailles dans Avatar (2009) reste un immense moment de ma carrière. Ce genre d’instant suspendu où derrière la façade du professionnel en interview, un petit geek est en train de sauter de joie ! Bref, Aura fois 2154 pour la comédienne, comme l’année durant laquelle se déroule le premier opus de la franchise du réalisateur de Titanic, mélange d’épopée classique façon Danse avec les loups rencontre Pocahontas dans l’espace, et de world building où le cinéaste donne tout son sens à la notion de planet opera en créant de toute pièce un écosystème complet, entre faune, flore, paysages, langues et cultures.

Sur Pandora, magnifiée par la 3D immersive proposée par Cameron, Sigourney Weaver incarne le Docteur Grace Augustine, une spécialiste des Na’vis -le peuple autochtone de la planète- et directrice du programme Avatar qui permet à des humains de prendre le contrôle de géants bleus fabriqués en laboratoire. Si son personnage rejoint l’esprit de Eywa à la fin du premier opus, la magie de la performance capture permet à la comédienne de poursuivre l’aventure dans La Voie de l’eau (2022) et De feu et de cendres (2025) en incarnant Kiri, une adolescente Na’vi de quatorze ans (!) mystérieusement liée à Grace et dont la relation directe avec le cœur de la planète aura un impact majeur sur les événements. L’occasion pour la comédienne de donner la réplique à Zoe Saldaña, autre icône SF s’il en est.

Paul
Paul

Paul

2011

Comme Galaxy Quest, Paul (2011) est connu des initié.es et c’est un délire SF très sympa à (re)découvrir. On y suit les compères Simon Pegg et Nick Frost (le duo de Shaun of the Dead, Hot Fuzz et Le Dernier pub avant la fin du monde) confrontés à un extraterrestre très cool, doublé par Seth Rogen. « Le troisième type, c’est lui ! » s’amuse la tagline de l’affiche française, en l'occurrence un « petit gris » comme on les surnomme, installé sur Terre dans une base du gouvernement où il contribué à nourrir l’imaginaire autour des aliens (à ce titre, son échange avec Steven Spielberg sur le scénario de E.T. est mémorable). Mais alors qu’il a communiqué tout son savoir et qu’il réalise que la prochaine étape l’emmènerait en salle d’autopsie, il prend la fuite et tombe sur deux amis fans de SF qui vont le cacher dans leur camping-car.

Alors que le trio se lance dans un road-trip aussi drôle qu’improbable vers le point d’extraction où Paul sera récupéré par les siens, les autorités se lancent à leur poursuite, sous la direction d’un mystérieux grand chef. Quand il sort enfin de l’ombre, dans la dernière partie, on découvre non pas un homme mais une femme : c’était Sigourney Weaver qui tirait les ficelles, et c’est elle qui veut éliminer notre sympathique visiteur. Dans un renversement des valeurs avec Alien, c’est désormais elle le monstre et la créature le gentil. Et comme dans Alien, tout se jouera grâce à une porte de vaisseau, mais je n’en dis pas plus…

Chappie
Chappie

Chappie

2015

A défaut de voir se concrétiser l’incroyable projet qu’aurait été le Alien 5 imaginé par Neill Blomkamp, Sigourney Weaver joue sous la direction du réalisateur de District 9 dans Chappie (2015), sorte d’héritier de Court-Circuit, Robocop et I, Robot où elle incarne une nouvelle fois ce qu’elle affrontait dans la saga Alien : la bureaucratie inhumaine et mercantile des grandes corporations. Sous le tailleur de la dirigeante d’une société spécialisée dans la fabrication et la gestion d’androïdes de sécurité, elle se retrouve confronté à un ancien militaire qui a élaboré une machine de guerre pilotée à distance par des humains, et à un scientifique qui croit en la création d’une machine qui pense, ressent et prend ses propres décisions. Elle va alors charger le premier d’éliminer le projet du second…

Comme dans WALL-E et Paul, c’est presque un contre-emploi SF pour la comédienne, et c’est donc très intéressant de la voir dans ce rôle inattendu. Quant au projet Alien 5, il n’existera que dans nos rêves de fans et à travers quelques concept-arts partagés par Neill Blomkamp : effaçant la chronologie de Alien 3 et Alien : la résurrection, il devait mettre en scène une Ripley vieillissante et un Hicks (Michael Biehn) balafré, une vingtaine d’années après les événements de Aliens, le retour, alors qu’ils mènent une action terroriste pour éliminer un complexe militaro-scientifique de Weyland-Yutani développant des armes biologiques sur Terre. A la demande de Ridley Scott, la Fox a toutefois annulé le projet, lui préférant Prometheus. Et Sigourney Weaver a exprimé ses regrets alors que ce film aurait offert à son personnage une fin à la hauteur de sa légende.

Que ce soit pour affronter l’Empire et le Premier Ordre, ou pour reconstruire la démocratie intergalactique, la galaxie a besoin de femmes fortes. Le Colonel Ward en fait désormais partie, aux côtés de Leia Organa, Rey Skywalker ou Mon Mothma. Officier de la Nouvelle République, c’est elle qui assigne aux pilotes et chasseurs de primes comme Mando les missions pour traquer, arrêter et traduire en justice les anciens officiers impériaux. Assez peu encline aux sentiments, du moins en apparence, on sent toutefois dans ses échanges avec le Mandalorien et Grogu qu’elle est attachée à cet improbable duo, au point de lancer une mission de sauvetage sur Nal Hutta pour les sortir des mains des Hutt.

C’est justement pour Grogu que Sigourney Weaver a immédiatement accepté de rejoindre The Mandalorian & Grogu (2026), elle qui rêvait de pouvoir interagir avec cette animatronique décidément trop mignonne (même si cela suppose de le priver de friandises, comme lors de leur première scène commune). On se souvient qu’aux Oscars 2026, elle avait lancé -dans le cadre d’un sketch, rassurez-vous- son célèbre « Ne le touche pas, sale p*** ! » de Aliens à Kate Hudson, alors que la comédienne était assise à côté du petit bonhomme aux oreilles pointues dans la salle ! Sigourney Weaver a finalement une présence assez réduite dans le film, mais savoir qu’elle fait partie de cet univers -où on pourra assurément la recroiser, comme Paul Sun-Hyung Lee- m’enchante. Et puis voir Ripley aux commandes d’un X-Wing, quel kif !

À propos de cette liste

Titres

7

Coût total de visionnage

12,97 €

Durée totale

14h 3min

Genres

Science-Fiction, Action & Aventure, Comédie

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